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13 avril 2007

LE TOGO ENTRE LA REVOLTE ET LA REVOLUTION
CONTRE LE PACTE DE REGRESSION ET LES TRAHISONS

Par Ayayi Togoata APEDO – AMAH

INTRODUCTION

Ayayi Togoata APEDO – AMAH

Le 20 août 2006 demeurera à jamais dans l’histoire de la lutte du peuple togolais pour l’émancipation, une date de triste mémoire. Ce jour – là, une pseudo – opposition dite démocratique (UFC – CAR – CDPA) a, au nom d’une realpolitik alimentaire totalement méprisable, poignardé le peuple togolais dans le dos nonobstant les quelque mille morts de l’élection présidentielle à la machette et à la kalachnikov organisée par le clan Gnassingbé et sa soldatesque le 24 avril 2005.

Les trois partis dominants (CAR, CDPA et UFC) auxquels quelques togolais naïfs se raccrochaient encore avec un espoir ténu, aussi mince qu’un fil à coudre, ont pactisé avec le RPT, le parti fasciste antidémocratique, responsable avec l’armée des massacres lors des événements liés au coup d’État du clan Gnassingbé, le 05 février 2005, date du décès du dictateur Gnassingbé Eyadéma, et à la mascarade électorale sanglante du 24 avril 2005, qui a servi au rejeton d’Eyadéma, Faure Gnassingbé, avec l’aval de la France mafieuse, à « légaliser » son putsch dynastique et tribaliste.

Au-delà de la trahison, que constitue l’Accord Politique Global (APG) et ses conséquences désastreuses pour la lutte du peuple togolais, il y a lieu de réfléchir sur la révolte du peuple comme perspective politique et la nécessité d’une révolution.

L’ACCORD POLITIQUE GLOBAL OU L’ACTE DE SODOMIE DE L’EX – OPPOSITION DEMOCRATIQUE PAR LE RPT

Par l’apg, les soi – disants opposants « démocrates » se sont fait sodomiser jusqu’à la garde par le pouvoir militaro – fasciste rptoche. Qu’on se le dise : il ne s’agit pas d’un viol, mais bel et bien d’un acte d’amour, un acte consentant dont le maquereau de service n’était autre que la France de Jacques Chirac, l’ami des dictateurs africains.

Les Togolais bien informés ont appris par plusieurs indiscrétions, dès le décès du despote Eyadéma, que Chirac avait désigné, au nom du pacte colonial, qui continue à lier la France colonialiste et esclavagiste à ses colonies, Faure Gnassingbé pour succéder à son père afin de préserver les intérêts de la France et ceux du clan Gnassingbé au pouvoir au Togo depuis des lustres et dont l’incompétence en matière de gouvernement est légendaire.

Cette politique interventionniste de la France, gouvernée, après la guerre de 1939–1945, qu’elle perdit devant d’Allemagne à armes égales, par une racaille politique, qui ne tire aucune leçon de la fessée allemande infligée à son pays, s’est toujours inscrite dans le plus pure respect du sacro – saint pacte colonial. Ce pacte colonial scélérat, n’a rien à envier au non moins scélérat Code noir, le document légal et officiel réglementant la traite des noirs daté de mars 1685 au xviie siècle sous le roi Louis xiv avec la bénédiction papale. La lecture des sévices, des tortures, des traitements inhumains et dégradants que la France poussa la cruauté jusqu’à les légiférer contre une race, fait froid dans le dos. Ne sont – ce pas les parlementaires français qui ont encore récidivé récemment, en 2005, en qualifiant la colonisation, véritable crime contre l’Humanité, d’acte positif ?

C’est à cette France en mal de décolonisation à laquelle nos grands politicards de l’opposition ont fait allégeance, faute d’imagination et de patriotisme. Dans leur petite tête, pour être président au Togo, il faut nécessairement l’aval de la France. Elle est le faiseur de roi incontournable, pensent – ils. Ainsi, lorsque Chirac et ses conseillers colonialistes chirachiens sifflèrent, nos cancres politiques togolais, la queue entre les jambes, comme de vulgaires toutous, obéirent en se couchant devant Faure Gnassingbé contre la promesse d’un os à ronger. Ils reçurent chacun un os à ronger mais une querelle éclata entre eux parce qu’ils étaient deux à convoiter l’os le plus gros, le plus viandeux, le poste de premier ministre ! Quel enjeu méprisable ! Quelle bassesse ! Et quel cynisme que de vouloir mobiliser la population autour d’une querelle alimentaire !

Qu’on veuille bien nous dire où se trouve l’enjeu stratégique national dans cette sordide querelle de chiffonniers et de lampeurs de soupe !

Ces Messieurs à l’appétit hippopotamesque et à la diduction athlétique de la mâchoire, mangent, pètent, chient et rôtent dans un concert cacophonique de claquements de dents et de langues, et de bruit de succion. Bon appétit, les gars ! Mais gare à la chiasse !

Ceux qui me lisent depuis un certain temps se souviennent de mes multiples mises en garde contre cette opposition opportuniste sans projets et avide de prébendes.

La signature de l’APG n’est donc pas une surprise pour l’analyste dès lors que les protagonistes de cette pseudo – opposition posent des actes assimilables à une reptation reptilienne, de ceux que posent les traîtres comme signes avant – coureurs avant de passer à la forfaiture.

Fin 2005, les Togolais, médusés, virent Yawovi Agboyibo du CAR, littéralement cassé en deux comme un bossu devant Faure Gnassingbé, pour lui présenter les vœux de nouvel an ! Hommage qu’il refusa toujours d’adresser au tyran Eyadéma mais dont il gratifia le fils qui sortait d’un bain de sang d’au moins un millier de morts !

En 2006, ce fut le tour de Gilchrist Olympio d’échanger des papouilles avec le RPT et Faure Gnassingbé grâce à la complicité du réseau papiste et mafieux Sant’Eggidio en Italie. L’on s’y fit plein de cadeaux et l’on s’embrassa sur la bouche en se tenant le nez pour oublier l’odeur de putréfaction des cadavres des coups de force de 2005. Cerise sur le gâteau, le dictateur promit à Olympio le poste de premier ministre !

Le 27 avril 2006, les rares togolais qui accordaient encore quelque crédit aux leaders de l’opposition frisèrent la crise d’apoplexie en s’essuyant les yeux devant leur poste de télévision en voyant, toute honte bue, Léopold Messan Gnininvi de la CDPA, droit comme une perche de bambou, au garde à vous, dans un complet neuf, cravaté et probablement poudré, se faire épingler sous le chaud soleil, sur son costume neuf, une médaille en chocolat, véritable médaille de la souillure, par les mains de Faure Gnassingbé qu’il remercia avec émotion et effusion. Gnininvi, fier comme Artaban, présenta au peuple togolais scandalisé un remake du Vieux nègre et la médaille !

Fermez le ban ! Circulez ! Il n’y a plus rien à voir ! Allez ! Zou !

Les Togolais se souviennent que, avant l’apg, un accord s’était dégagé entre l’opposition et le RPT et qui avait été contesté par l’ufc et la CDPA. Or cet accord qui comportait quelques éléments concrets quoique insuffisants, au regard de la culture de la tricherie électorale du RPT, a été liquidé au profit de l’apg qui est un accord vide dans lequel tous les points importants sont renvoyés devant le gouvernement d’« union nationale » dominé de façon écrasante par le RPT et dont le premier ministre n’est qu’un valet de pied du président de la République après le charcutage de la Constitution de 1992 par le despote Eyadema et son assemblée mouton.

L’appellation de l’apg relève de l’escroquerie politique. Il y a bien accord sur le dos du peuple entre la dictature et l’opposition, mais il n’y a rien de global puisque des points cruciaux comme la Constitution, l’impunité, la traduction en justice des putschistes, une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), n’ont pas été réglés. C’est le vide que les négociateurs ont voulu combler en l’appelant « global ».

L’ironie de la situation créée par l’apg, c’est que le tandem de traîtres de service Edem Kodjo de la CPP et Zarifou Ayéva du PDR, des paléo – RPToches redevenus des néo – RPToches en retournant à leurs vieilles amours fascistes au service du père puis du fils du clan Gnassingbé, a été réhabilité par le trio Olympio, Agboyibo, Gnininvi. Finalement, le crime des soupeurs Edem Kodjo et Zarifou Ayéva, c’est d’avoir trahi trop tôt, d’être partis trop vite à la soupe sans attendre les autres cancres politiques !

Lorsque dans un pays engagé dans une lutte de libération, la cancrerie se substitue à la morale pour justifier les pires souillures, il y a un danger de régression au statu quo ante, c’est – à – dire à l’époque du parti unique.

N’est –ce pas déjà le cas, du moins formellement, dans la mesure où l’opposition officielle a rejoint le RPT au pouvoir pour le renforcer contre le peuple togolais ?

L’absence d’une opposition représentative, ramène de fait le Togo au parti unique. L’absence de l’UFC au gouvernement ne doit pas nous abuser. Ce parti est signataire de l’Accord Politique Global, ce qui ne rend pas sa trahison moins odieuse que celle des autres. Si l’UFC n’a pas voulu boire la coupe de la trahison jusqu’à la lie à cause d’une petite susceptibilité autour de la mangeoire (l’os le plus viandeux), les Togolais conscients et patriotes n’en ont rien à cirer.

Ils sont tous pourris ! Hum ! Vite un mouchoir parfumé sur le nez !

La stratégie qui a eu droit de cité jusqu’à présent, depuis 1990, au sein de l’ex – opposition dominante, a été celle des révoltes sporadiques.

DES REVOLTES EN FEUX DE PAILLE

Les faux démocrates ont basé jusqu’à présent leur opposition à la dictature militaro – fasciste sur les révoltes sporadiques du peuple qui sont des feux de paille sans lendemain. Les faits nous l’ont amplement démontré puisqu’elles n’ont jamais été suivies de plan B. La seule tentative qui eût été propice à un véritable plan B, fut la grève générale illimitée de 1992 – 1993. Mais malheureusement, ses initiateurs fuitèrent, la queue entre les jambes, piteusement, abandonnant le peuple à son triste sort dans la misère et l’exil.

Décidément, en matière de stratégie, le génie de nos grands leaders de l’opposition frise la débilité mentale !

A aucun moment, la politique de l’opposition dominante n’a voulu prendre en compte la nature réelle du pseudo – Etat togolais. Cette attitude s’explique par leur volonté de ne pas toucher à la nature néocoloniale de l’Etat et à son système politique dictatorial.

Toute leur lutte a eu pour unique objectif de chasser Eyadéma et ses comparses pour prendre leur place. Mais pas question de toucher au système politique et au néocolonialisme. Leur opposition à la canaillocratie du clan Gnassingbé se résume à une méprisable affaire de personnes.

A défaut d’avoir pu chasser Eyadéma, qui est mort sur son trône comme un chef de village, ce qu’il a toujours été, au fond, puisqu’il n’a jamais eu l’étoffe d’un Chef d’ Etat, les grandissimes stratèges pichrocoliens de l’opposition, lassés de voir leurs plans merdeux foirer à tous les coups, ont préféré faire allégeance et partager la soupe à la mangeoire avec le clan Gnassingbé. Bon appétit, Messieurs !

Les luttes émancipatrices, la sociologie politique l’a démontré, qui n’ont pour objectif que la révolte, débouchent infailliblement sur une régression politico – idéologique, un retour à l’ordre ancien.

En phagocytant l’opposition dominante, le RPT a ramené le Togo à l’époque du parti unique où tout le monde devait « regarder dans la même direction » au nom des intérêts du clan militaro – fasciste, de la cleptocratie et du pacte colonial français dont Eyadéma n’était que l’homme de paille.

La régression politico – idéologique consiste aussi, au Togo, à faire avaler au peuple ce que l’opposition lui avait demandé de vomir. Les discours et les débats médiatisés montrent les ministricules de l’ex – opposition parler de Faure Gnassingbé avec dévotion comme le messie de la démocratie togolaise. Et que dire du discours proféré par le premier ministre Agboyibo lors de la présentation des vœux de nouvel an 2007 à Faure Gnassingbé, flanqué de son petit copain Gnininvi et d’une ribambelle de ministricules qui opinaient tous du chef avec délectation comme des varans de Komodo.

De mémoire de Togolais, personne ne se souvient avoir entendu de la bouche des plus vils griots et caudataires du temps de l’animation politique à la gloire d’Eyadéma, des propos aussi cyniquement flagorneurs. Le summum de l’abjection !

Les dizaines de militants du CAR massacrés, au cours des coups de force de Faure Gnassingbé, en 2005, ont dû se retourner tant et tant dans leur tombe qu’ils ont dû en avoir le tournis. Nombreux sont les militants du CAR qui se sont senti humiliés et trahis par leur leader. Pauvre peuple togolais, ne mérites – tu que du sang et des larmes ? Jusqu’à quand les médiocres continueront – ils à te faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Le très médiocre et fantasque Amah Gnassingbé, ministricule d’Etat et dissident alimentaire de l’UFC, dont il est vice – président, a aussi effectué un retour aux sources. Il est le seul « chercheur » togolais, à ma connaissance, qui ait poussé la bêtise jusqu’à faire imprimer la photo et les paroles du Timonier National sur la couverture de sa thèse !

L’ouvrage rénéoté, dont la couverture m’inspirait de la nausée, figurant en bonne place dans la vitrine de l’Association Togolaise de la Recherche Scientifique (ATRS), des années durant, fut retiré subrepticement lorsque le sieur Amah Gnassingbé, un aigri du RPT parti unique, adhéra, par esprit de vengeance au mouvement démocratique en passant du MOCEP, un RPT bis, à l’UFC.

A l’instar des Edem Kodjo, fondateur et idéologue du RPT, Zarifou Ayéva, Amah Gnassingbé, et autres nabots politiques de leur acabit, tous les traîtres qui ont retourné leur boubou puant sont des agents de la régression de notre pays, des suppots du néocolonialisme.

Et tous les individus politiquement incultes et dont le cerveau n’excède pas la taille d’une crotte de bique, qui tentent par des arguties vaseuses de justifier l’injustifiable trahison des faux démocrates de l’opposition dominante, en se posant en donneurs de leçons « réalistes », sont aussi à classer dans l’infecte margouillis des ennemis du peuple togolais.

Le mouvement brownien qui les agite, ne doit pas nous faire oublier qu’ils sont intellectuellement incapables de tenir un simple raisonnement syllogistique : faire suivre la majeure d’une mineure leur donnerait des maux de tête insupportables.

Les ex – opposants, costumés, cravatés et poudrés en train de se pavaner en limousine de luxe et en 4 x 4 avec chauffeurs, affectant des attitudes de niquedouilles faussement blasées et dignes, offrent un spectacle drôlatique qui, malheureusement, fait phantasmer des Togolais sans principes, partisans de la corruption et du moindre effort. Ces individus qui tournent comme des girouettes mais qui prétendent que ce n’est pas eux qui tournent mais le vent, sont aussi nombreux dans la diaspora togolaise où ils sèment la confusion par leur opportunisme et leurs mensonges. Ils sont dangereux parce qu’ils banalisent la trahison en la justifiant. Ils cautionnent une régression réactionnaire qui nie le progrès et les acquis de la lutte du peuple togolais dont la faiblesse est de n’avoir pas eu la chance d’avoir à sa tête des leaders clairvoyants et patriotes.

Ces énergumènes gueulards au cerveau aussi vide que l’intérieur d’un tam–tam se font de plus en plus fébriles à l’approche des élections législatives. Ils espèrent la victoire de leur camp, celui de la régression, de la réaction afin de bénéficier d’un poste de conseiller, de ministre ou de prendre la direction d’une société d’État juteuse. Les conseils d’administration sont aussi de véritables sinécures pour les fainéants en quête de gain facile. Foutriquets ! Malmignattes ! Zozos ! Aliborons ! Marmousets ! Ganaches ! Théatins ! Ouaouarons ! Sot-l’y-laisse ! Cro – Magnonniens ! Pipistrelles !

Les périodes troubles de changement sont celles qui voient l’émergence des démagogues populistes et des martyrs de la régression.

Les démagogues populistes prennent le plus souvent le devant de la lutte parce qu’ils font dans la facilité. Il leur suffit de maîtriser la rhétorique, de passer la main dans le sens du poil du peuple en flattant ses bas instincts à coups de slogans vengeurs et utopiques.

Malheureusement pour le peuple, sensible à leur baratin, les démagogues ne proposent rien de concret pour le changement. Ils veulent seulement changer le personnel politique au pouvoir et prendre la place vacante. Les démagogues objecteront à notre argumentation en mettant en avant les programmes de leurs partis politiques. La réfutation est simple : si programme il y a, il s’agit en réalité d’un recueil de mesures plus ou moins pertinentes pour combler les lacunes de la politique de l’équipe fasciste dirigeante. Ce sont des mesures de replâtrage qui s’inscrivent dans une vision et une gestion néocolonialistes des États africains. Ces programmes ne sont en rien des projets d’émancipation révolutionnaires du peuple.

Il advient au cours des péripéties de la lutte, que certains démagogues populistes soient transformés en martyrs par la gestapo locale.

Joseph Kokou Koffigoh, Yawovi Agboyibo, Gilchrist Olympio, ont été chacun à sa façon des martyrs de la lutte du peuple togolais contre le régime militaire.

Koffigoh, élu premier ministre de la transition par la Conférence Nationale Souveraine, est encerclé et canonné par les chars d’Eyadéma en octobre – novembre 1991. Sa garde personnelle est massacrée et lui – même est capturé et conduit devant Eyadéma à Lomé 2 où il est sermonné et retourné comme un gant. Koffigoh a trahi le peuple togolais contre la promesse de demeurer premier ministre d’Eyadéma jusqu’en 1994, puis comme simple ministre encore cinq ou six ans. Dénoncé par ses pairs de l’opposition comme un traître, Koffigoh se justifiera en déclarant entre autres à tous ceux qui le critiquèrent : « Avez – vous jamais entendu le son d’une canonnade ? » Autrement dit, le baptême de feu qu’il avait connu en risquant sa vie lors de l’assaut des Forces Armées Togolaises (FAT) contre la primature, était devenu à ses yeux un prétexte pour jouir de tous les privilèges et des prébendes du pouvoir. Il a risqué sa vie donc il a le droit de demeurer premier ministre même si c’est d’Eyadéma et du RPT ! Le sang versé par les autres est transformé en privilège, en passe – droit par Koffigoh, lequel n’a jamais eu de projet pour le Togo. Tous ses projets se ramenant à son ventre !

Le 05 mai 1992, au niveau de Soudou, des officiers des FAT embusqués, mitraillent lâchement le cortège de Gilchrist Olympio en tournée de propagande dans le nord du Togo. Plusieurs morts restent sur le carreau et Gilchrist Olympio lui – même reçoit plusieurs balles dans le corps qui ont été préalablement amorties par le corps de feu Marc Attidepe que les balles ont transpercé avant de l’atteindre. Il est évacué sur Djougou au Bénin où son parrain le dictateur Félix Houphouët – Boigny de Côte d’Ivoire envoie précipitamment un jet pour le transporter en France où il sera soigné et guéri après une longue hospitalisation.

Pour une partie de la population, le miraculé Gilchrist Olympio est un protégé de Dieu. Si Eyadema n’a pas pu le tuer, c’est parce que Dieu ne l’a pas voulu ; sa volonté est qu’il gouverne le Togo. Dieu n’a pas voulu qu’il tue le fils après le père… Certains estiment même que son père Sylvanus Olympio l’a protégé depuis l’au – delà grâce à ses puissants grigris !

Fort de ce martyr que Eyadéma lui a imposé, Gilchrist Olympio et ses propagandistes populistes ont joué à fond la carte de la démagogie en inscrivant sa personne dans le mythe Olympio, une invention des thuriféraires du CUT de Sylvanus Olympio. Gilchrist Olympio, le plus médiocre politique des leaders de l’ex – opposition dominante, l’a confirmé de façon scandaleuse et fasciste, le 27 avril 2006, à Lomé, en proclamant : « Nous sommes les héritiers politiques et biologiques des pères de l’indépendance » ! Alors que reproche – t – il à Faure Gnassingbé qui est aussi l’héritier politique et biologique de Gnassingbé Eyadéma son père ?

Nous en concluons que les Olympio et les Gnassingbé ont instauré un droit du sang qui élimine toutes les autres familles togolaises de la fonction de président de la République pour instaurer une monarchie dans laquelle se disputent deux familles régnantes pour le trône. Non seulement Gilchrist Olympio ramène la lutte du peuple au règne dictatorial de son père mais aussi à celui d’Eyadéma qui a instauré une dynastie familiale à la tête de l’État. Son projet pour le Togo, c’est un mythe ! Le fantôme despotique de son père que les Togolais sont sommés d’adorer en se prosternant la face contre le sol !

Le projet de Gilchrist Olympio et de ses griots demi – lettrés consiste à ramener le Togo plus de cinquante ans en arrière, en pleine colonisation, au nom d’une politique, celle de son père Sylvanus Olympio, qui fut un échec total puisque d’indépendance jamais il n’y en eut, sinon le mythe. Là où le bât blesse, c’est que le mythe ne nourrit pas le peuple, au contraire, il l’abrutit.

Yawovi Agboyibo s’est fait connaître des Togolais en 1987, lorsqu’il a été nommé président de la Commission National des Droits de l‘Homme (CNDH) par Eyadéma. Il refusa de jouer le jeu de caution aux violations de droits humains et affronta le généralissime. Il démissionna et présida le Front des Associations pour le Renouveau (FAR) puis le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) créé par un noyau de démocrates hostiles au régime militaire qu’ils ont combattu à visage découvert au Togo et non en exil.

Sous le parti unique, le combat contre le régime à visage découvert ne se faisait qu’à l’étranger. Le leadership d’Agboyibo vient de ce courage qui lui valut l’incendie de sa maison par des militaires. Très vite, cet héroïsme allait se transformer en mythe sous l’impulsion d’une population naïve et superstitieuse et surtout de ses griots mystificateurs. Grâce à ses sortilèges, (grigris), Agboyibo aurait échappé à Eyadéma dans son bureau de la présidence de la République, en disparaissant avec le siège sur lequel il était assis. Ce téléportage que nous ne voyons que dans les films de science – fiction a convaincu le peuple togolais que c’est un homme puissant comme Agboyibo, doté de pouvoirs magico – religieux, qu’il faut pour combattre à armes égales un sorcier malfaisant comme Eyadéma.

La popularité d’Agboyibo surfait sur cet obscurantisme de la population jusqu’à ce que Eyadéma et Agbéyomé Kodjo, son premier ministre, le fasse accéder au martyr en 2002 – 2003. Suite à des assassinats et des vols perpétrés par une milice à la solde d’Agbéyomé Kodjo, dans le Yoto, selon le CAR, Koffi Kégbé, représentant local du CAR à Sendomé, fut assassiné devant sa famille par les miliciens du RPT d’Agbéyomé Kodjo, qui le dénudèrent, l’obligèrent à écarter les jambes, debout, le tronc baissé, avant de lui expédier une rafale dans les testicules et l’anus. Peu après ce crime odieux, une Commission d’Enquête sur les Droits de l’Homme déléguée conjointement par l’OUA et l’ONU vint enquêter sur l’état des Droits de l’Homme au Togo.

Le régime reprocha à Agboyibo d’avoir informé la commission sur la campagne de terreur organisée dans le Yoto par le régime. A cette occasion, le CAR présenta à ladite commission des dizaines de victimes dont de nombreuses femmes violées. Les maris étaient obligés de tenir une torche éclairant le sexe de leur épouse pendant que les violeurs sadiques passaient à l’acte.

Furieux, Eyadéma, au lieu d’expédier en prison son premier ministre Agbéyomé Kodjo, le présumé commanditaire de cette milice de voyous et d’assassins, jeta Agboyibo en prison après une mascarade de jugement où la justice togolaise s’illustra de la manière la plus vile, la plus criminelle qui soit. Cette justice injuste fut instrumentalisée par Eyadéma et Agbéyomé Kodjo pour assouvir une vengeance politique. Le jour de la condamnation scandaleuse d’Agboyibo, des milliers de ses supporters et sympathisants fondirent en larmes. Agboyibo accéda au martyr oint par une pluie de larmes.

Suite à cette condamnation, beaucoup de Togolais et surtout ses militants acquirent la conviction religieuse que Agboyibo, comme Mandela, serait président du Togo après sa sortie de prison et que son ennemi politique Agbéyomé Kodjo connaîtrait à son tour tôt ou tard la prison. La prophétie se réalisa en partie puisque Agbéyomé Kodjo fut exclu du RPT, s’exila, puis connu la prison de retour d’exil. Quant à Agboyibo, à défaut d’être président, il est sur la marche inférieure, celle de premier ministre depuis le 16 septembre 2006.

Au CAR, le parcours politique singulier d’Agboyibo s’est substitué au projet de société. La personnalité d’Agboyibo est devenue son fonds de commerce. Conscient de la personnalisation outrée du « débat » politique, les ennemis du CAR au sein de l’ex – opposition n’ont toujours pu développer comme « argument » politique que des attaques plus ou moins calomnieuses contre la personne d’Agboyibo. Le RPT avait Eyadéma comme « Guide éclairé », le CAR avait Agboyibo pour jouer ce rôle et l’UFC Gilchrist Olympio.

Ce mimétisme politique est troublant et montre à quel point le CAR et l’UFC ont développé la même stratégie que le RPT pour présenter au peuple togolais un homme providentiel, un miraculé protégé de Dieu.

Comme sous le régime liberticide du RPT, le recours à tout bout de champ à Dieu et aux bondieuseries est une manie de l’ex – opposition dominante.

Eyadéma a mis son règne sous la protection et la garantie de Dieu : « Si je fais mal, Dieu n’a qu’a m’arrêter » Il n’avait de compte à rendre qu’à Dieu et non aux Togolais puisqu’il ne leur devait pas son poste. Il instrumentalisa les clergés corrompus des religions étrangères colonialistes et esclavagistes. Ainsi, les cathos, les mahométans et les parpaillots lui mangeaient dans la main comme des larves apprivoisées. Il érigea même un temple à son domicile à Pya parachevant de la sorte la confusion entre lui et Dieu. Ses propagandistes ne le surnommèrent – ils pas « Dieu de la terre » ?

L’irruption du sacré dans la politique telle qu’organisée par Eyadéma et son fils a pour effet la remise en cause de la laïcité de l’État togolais telle que proclamée par la Constitution de 1992.

Toutes les cérémonies et fêtes officielles d’Eyadéma voyaient la participation des ecclésiastiques scélérats qui le déifiaient avec sa mère à travers des sermons débiles et bêtement flagorneurs. L’essentiel était d’empocher des enveloppes dodues après le culte.

Dans l’ex – opposition dominante, ce sont les mêmes bondieuseries stupides. Pour un oui ou un non, l’on invoque Dieu, genoux brisés, pour qu’il débarrasse le Togo d’Eyadéma et de sa clique et mette au pouvoir le leader préféré. Ils commandent tant de cultes qu’ils font la fortune de la prêtraille.

La reproduction des tares du RPT par de soi-disant démocrates qui ignorent tout de la laïcité, l’un des piliers de l’État démocratique, est affligeante. Outre l’inculture politique, cette attitude confirme tout refus de changement par rapport au modèle fasciste et néocolonialiste instauré par Eyadéma et le RPT.

Le décor ne serait pas complet si l’on n’y ajoutait pas la foultitude de sectes les unes plus débiles que les autres et dont les pasteurs, apôtres, gourous, mages et tutti quanti sont pour la plupart des escrocs et des cancres quart – lettrés.

Dans ces sectes d’origine nord – américaine à 90 %, il suffit de savoir gueuler et de connaître approximativement quelques passages de la Bible pour être nommé gourou au bout de trois mois !

Ces bandits à la solde de l’hégémonie idéologique américaine squattent toutes les télévisions et radios privées du Togo. Matin, midi et soir, tournez le bouton de votre appareil et c’est toujours ces religieux braillards intellectuellement débraillés, qui cultivent l’ignardise comme d’aucuns cultivent leur jardin. Ces commerçants de Dieu aiment l’argent par – dessus tout… et les femmes dont ils font une grande consommation parmi leurs paroissiennes dont certaines ont la fente touffue partageuse et assoiffée de l’eau bénite polluée des reins agiles de leur pasteur. L’appétit sexuel de ces hommes d’église d’une nouvelle race n’a rien à envier à celui des lapins. Chenapans ! Violeurs ! Bonobos ! Bachi – bouzouks ! Milégos ! Margouillats à tête orange ! Ourangs – outans ensoutanés ! Judas cravatés !

Après l’échec du christianisme officiel en Afrique (catholicisme, protestantisme) auquel les colons européens avaient assigné un rôle essentiel dans l’œuvre de colonisation comme la destruction et le dénigrement des cultures nationales, l’aliénation et l’imposition d’un complexe d’infériorité au nègre face au blanc, le racisme, la résignation, l’infantilisation du nègre, la justification de l’esclavage… les Etats – Unis d’Amérique, nouveaux maîtres du monde, ont pris la relève en inondant l’Afrique de leurs sectes bidon pour reprendre la mission d’abrutissement des Africains à l’heure où les luttes des peuples d’Afrique pour leur libération reposent le problème de l’indépendance à conquérir en même temps que le développement.

L’impérialisme occidental n’entend pas que l’Afrique s’émancipe de sa tutelle et de son pillage systématique. Sa prospérité dépend de la misère des Africains.

L’alliance entre ces nouvelles églises et les pouvoirs néocoloniaux du continent africain s’explique par un objectif commun : maintenir les Africains dans le sous – développement, l’obscurantisme, la résignation. Les gourous des sectes, le clergé chrétien officiel et les dictateurs mènent le même combat pour le compte de maîtres occidentaux oppresseurs et pillards qui se repaissent de la sueur et du sang des nègres.

Le plus grand danger actuel sur le terrain idéologique, qui constitue une menace mortelle pour l’Afrique, est l’existence de ces maudites sectes chrétiennes. Elles font plus de ravage que les barbus islamistes farfelus qui s’agitent ça et là en prétendant ramener l’Afrique au siècle de Mahomet et voiler les femmes jusqu’au trou du cul.

Qu’il plaise au lecteur que nous lui rappelions la mission criminelle assignée au christianisme par les colons à travers ce qu’ils ont appelé les devoirs des missionnaires dans les Colonies. Il s’agit ici du Congo belge mais cela vaut pour toute l’Afrique comme le confirme le discours de Jules Renquin Ministre belge des Colonies aux missionnaires à la longue barbe poivre et sel expédiés au Congo belge pour y abrutir et humilier les nègres en 1920 :

« […] Le but essentiel de votre mission n’est donc point d’apprendre aux Noirs à connaître Dieu. Ils le connaissent déjà […] Ayons le courage de l’avouer, vous ne venez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle consiste essentiellement à faciliter la tâche aux administratifs et aux industriels. C’est donc dire que vous interpréterez l’évangile de la façon qui sert le mieux nos intérêts […] Pour ce faire, vous veillerez entre autres à :

- Désintéresser nos sauvages des richesses naturelles dont regorgent leur sol et sous – sol pour éviter que s’y intéressant, ils ne nous fassent une concurrence meurtrière et rêvent un jour à nous déloger.

Votre connaissance de l’évangile vous permettra de trouver facilement des textes qui recommandent et font aimer la pauvreté. Exemple : ‘‘Heureux sont les pauvres car le royaume des cieux est à eux.’’ et ‘‘c’est plus difficile à un riche d’entrer au ciel qu’à un chameau d’entrer par le trou d’une aiguille’’. Vous ferez donc tout pour que ces Nègres aient peur de s’enrichir pour mériter le ciel […]. Il ne faudra pas que les Nègres ripostent et nourrissent des sentiments de vengeance. Pour cela, vous leur enseignerez de tout supporter. Vous commenterez et les inviterez à suivre l’exemple de tous les saints qui ont tendu la deuxième joue, qui ont pardonné les offenses, qui ont reçu sans tressaillir les crachats et les insultes […].

- Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance aveugles. Cette vertu se pratique mieux quand il y a absence d’esprit critique. Donc évitez de développer l’esprit critique dans nos écoles. Apprenez – leur à croire et non à raisonner. Instituez la confession qui fera de vous de bons détectives pour dénoncer tout Noir ayant une prise de conscience et qui revendiquerait l’indépendance nationale.

- Enseignez – leur une doctrine que vous ne mettrez pas vous – mêmes les principes en pratique. […].

- Dites – leur que leurs statuettes sont l’œuvre de Satan. Confisquez – les et allez remplir nos musées : de Tervueren, du Vatican. Faites oublier aux Noirs leurs ancêtres. […].

- Considérez tous les Noirs comme de petits enfants que vous devez continuer à tromper. Exigez qu’ils vous appellent tous ‘‘mon père’’ […] »

Que dire de plus à ce sujet sans tomber dans la redondance ? La libération de l’Afrique passe par la révolution qui signifie une rupture avec l’ordre actuel et sa superstructure idéologique pourrie.

DE LA NECESSITE D’UNE REVOLUTION

Quand on parle de révolution, le citoyen lambda pense en général qu’il s’agit de tout casser et de s’asseoir après sur des ruines fumantes. Ceux qui n’ont pas intérêt à voir la révolution abolir l’ordre qui prévaut avec ses privilèges ont tout intérêt à le conforter dans cette mauvaise compréhension de la révolution afin d’effrayer le peuple avec un processus émancipateur dont l’objectif, en Afrique en général et au Togo en particulier, consiste à transformer, dans le sens du progrès, l’économie, la société et l’État, c’est – à – dire enclencher le développement qui créera l’indépendance.

Le développement et la modernité sont un mode particulier d’organisation de la société autour de la production. Il échoit à l’État, c’est – à – dire au politique de l’organiser à travers un projet de développement à long terme.

Si les chefs d’État africains et leurs ministres avaient du travail, du vrai travail au service d’un vrai développement, ils ne passeraient pas leur temps à faire du tourisme entre deux avions en quête de perdiems et à mendier auprès des pays développés.

Au Togo, ceux qui ont usurpé le pouvoir sont incapables de gérer quoi que ce soit. Les comptes ne sont jamais nets. L’opacité est sciemment organisée pour encourager la corruption, la gabegie. Il suffit d’interroger n’importe quel cacique milliardaire du régime kleptocrate sur sa fortune miraculeuse pour qu’il commence à bégayer même s’il n’est pas bègue.

La Cour des Comptes, institution qui figure dans la Constitution togolaise depuis 1992, n’a jamais été mise sur pied par Eyadéma père et fils. De quoi ont – ils peur ? Le rôle de la Cour des Comptes est justement d’éplucher les comptes de l’État et d’attirer l’attention sur la mauvaise gestion et les détournements de deniers publics. La moindre entreprise privée qui exerce ses activités se dote toujours d’une comptabilité. Alors pourquoi l’État togolais s’y refuse – t – il ?

La réponse à cette question légitime se trouve dans l’évaluation du degré de corruption des dirigeants togolais. Quand la tête est pourrie, tout le corps suit : police, gendarmerie, armée, justice, éducation nationale, clergé, administration publique, santé etc.

Toute bonne gestion passe par une comptabilité saine. Les sociétés d’État sont pour la plupart transformées en champ de maïs pour les charançons et les mange-mil de la République. Elles sont même les principales pourvoyeuses de fonds de la fête illégale et immorale du 13 janvier, date du lâche assassinat de Sylvanus Olympio par Etienne Gnassingbé Eyadéma qui déclara à Paris Match en 1963 : « Il refusait d’avancer, alors je lui ai tiré trois balles dans le dos ». Belle leçon de courage militaire !

La classe politique et les membres de l’élite togolaise doivent étudier l’histoire de leur pays pour en tirer des leçons pour le présent. Cela s’avère d’autant plus nécessaire que la courte histoire du Togo, créé par les colonialistes allemands, en 1884, lors du charcutage de l’Afrique par les prédateurs européens à la Conférence de Berlin, doit être démystifiée. Que la vérité historique se substitue enfin aux mythes qui ne sont qu’une façon de déformer la réalité historique en l’aménageant de la façon qui arrange ceux que gêne la vérité toute nue.

La démystification dont il est question concerne surtout la période de 1946, date de la création des deux premiers partis politique togolais : d’abord le Parti Togolais du Progrès (PTP) de Pedro Olympio, Nicolas Grunitzky et Robert Ajavon ; puis le Comité de l’Unité Togolaise (CUT) de Jonathan Savi de Tove et Sylvanus Olympio ; jusqu’à nos jours.

Cette période qui place la lutte de libération du peuple togolais sous le signe de l’indépendance est méconnue de la plupart des Togolais. Quand elle n’est pas délibérément occultée (sous le règne d’Eyadéma cette occultation avait valeur de négationnisme dans la mesure où la période de la lutte pour l’indépendance le situait en Algérie et en Indochine comme mercenaire tirailleur combattant les colonisés pour le compte des colonialistes français. Le RPT proclama même le 13 janvier 1967 comme la date de l’indépendance du Togo et cessa de célébrer le 27 avril), elle fait l’objet de tripatouillages mensongers en fonction de l’appartenance ou de la sympathie politique des nostalgiques du passé.

Pour rompre ce cycle de négationnisme, d’occultation et de mystification de notre histoire, les historiens doivent se mettre sérieusement au travail afin de ne pas laisser les idéologues semer la confusion.

Parmi les idéologues militants qui abattent un travail important sur l’histoire du Togo, le plus important au niveau de la production est notre compatriote Godwin Tete-Adjalogo. Son travail de fourmi a une valeur documentaire incontournable par la mine d’informations qu’il livre aux lecteurs.

Mais la faiblesse des recherches de Godwin Tete – Adjalogo, c’est de se comporter en idéologue, en militant, en nostalgique prisonnier du mythe Olympio. Aussi ses analyses sont – elles tendancieuses, partiales et incompatibles avec la science historique qui est soumise à des règles d’impartialité et d’honnêteté. C’est de la démagogie !

Le travail de Godwin Tete – Adjalogo ne vise qu’à entretenir le mythe Olympio en donnant une fausse image de l’homme et de son parcours politique. Le mythe est une illusion que la conscience collective a de la réalité en la percevant sous forme symbolique ; il en est ainsi du panafricanisme, de la démocratie, et de la nation étatique en Afrique de nos jours.

Les Togolais ont besoin de la restitution de leur vraie histoire pour, non pas adorer des personnages historiques érigés en fétiches tutélaires, mais s’en servir pour en tirer des leçons pour le présent. La restitution de notre vraie histoire débarrassée des scories de la manipulation des consciences et du militantisme partisan des nostalgiques du passé aurait pu servir de garde – fou au peuple togolais pour se détourner de tous les leaders pseudo – démocrates qui lui proposent la régression réactionnaire en guise de libération.

Il n’y a pas pire sourd que celui qui refuse d’entendre, comme j’ai pu le constater, en 1991, lorsque la charte des partis politiques a été promulguée, autorisant le multipartisme au Togo.

Des partis nostalgiques, obtus et politiquement incultes, ne comprenant rien aux enjeux nouveaux et au système démocratique, se sont constitués pour se revendiquer des partis d’avant « l’indépendance » qui ont trahi le peuple togolais. Parmi ceux-ci ont peut citer le Parti des Démocrates pour l’Unité (PDU) du traître et néo- RPTiste Jean – Lucien Savi de Tove, revendiquant à la fois l’héritage du CUT et du PTP ; le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) du traître RPTiste Zarifou Ayéva, revendiquant l’héritage du PTP ; et le Parti des Républicains Indépendants (PRI) de Goyo Grunitzky, s’alignant sur le PTP de son défunt père en tant qu’« héritier politique et biologique » selon la formule de son cousin germain Gilchrist Olympio.

La question essentielle que je posais alors à certains des membres fondateurs de ces partis, qui ont presque tous rejoint le RPT avec armes et bagages, depuis lors, était la suivante : « comment pouvez– vous faire de la démocratie en vous réclamant d’un héritage antidémocratique de partis comme le CUT et le PTP ? » Seize années plus tard, ma question dérangeante est demeurée sans réponse.

Pour aider les jeunes générations à mieux saisir la portée et la pertinence de ma question, il suffit de prendre un exemple actuel. C’est comme si, aujourd’hui, des nazillons nostalgiques du RPT, parti unique, parti – Etat, se constituaient en un nouveau parti pour proposer la démocratie aux Togolais !

Il est symptomatique que quelques vieilles peaux de la Juvento disparue ont exhumé autour de 2000 ce vieux parti allié du CUT pour baver sur Sylvanus Olympio avec l’argent du RPT. La poignée de militants alimentaires encore couverts de décennies de poussière comme des momies fantomatiques sont âgés de 80 à 95 ans ! Des vieux sages ou des vieux cons ? En matière de régression passéiste, il est difficile de faire mieux.

La mise sur pied, par Faure Gnassingbé, en 2006, d’une Commission pour la réhabilitation de l’histoire du Togo, une véritable escroquerie politique à laquelle se sont prêtés des vieillards sans dignité et grassement payé pour participer à la désinformation historique, a soulevé un tollé dans l’opinion publique au niveau des conclusions qui proclamaient Eyadéma « père de la nation » et Sylvanus Olympio « père de l’indépendance ». Il faut préciser que cette Commission bidon était présidée par l’archevêque Robert Dosseh–Anyron, un griot éhonté du dictateur Eyadéma. Quelques historiens, vulgaires faire–valoir alimentaires, étaient aussi de la partie.

Voici le discours, véritable provocation, que prononça le triste sire Robert Casimir Tonyui Dosseh-Anyron, le 11 septembre 2004, cinq mois avant le décès d’Eyadema, au sortir de Lomé 2 : « J’ai saisi l’occasion pour remercier le président Eyadema pour l’attention qu’il accorde à ma personne, au pays, et comme il l’a toujours fait, il est le bon père à l’ombre duquel tous les enfants peuvent bien croître et grandir ». (Togo Presse, n° 6862 du 13 sept. 2004)

Les Togolais,, qui ne sont pas des idiots, ont compris la supercherie qui vise à réhabiliter Eyadema, car, pour la proclamation « père de la nation », ils savent, que l’Etat togolais existe mais pas la nation togolaise. Eyadéma, par son tribalisme exacerbé, a éloigné, durablement, du Togo, toute idée de nation. La tribu demeure le premier repère des Togolais.

Quant à la proclamation « père de l’indépendance », elle sonne aussi fausse que l’autre puisque le Togo a été et demeure une colonie sous la cruelle botte française. Il n’y a donc jamais eu d’indépendance au Togo sauf dans l’esprit malade de quelques niaiseux qui croient encore à leur âge au père Noël.

A la politique – spectacle, il faut substituer un projet de développement basé sur l’industrialisation et la recherche scientifique. C’est autour de la production de richesses générant des emplois et la prospérité que se fera le consensus des différents couches et groupes d’intérêts du peuple togolais.

Notre pays, comme les autres pays d’Afrique, n’est pas partie prenante de la mondialisation, le nouveau masque de l’impérialisme et du libéralisme sauvage. La mondialisation concerne les pays industrialisés qui veulent abolir les frontières pour faciliter le commerce des produits manufacturés des industries. C’est dire que l’Afrique et le Togo n’ayant pas d’industries et donc de produits industrialisés, subissent la mondialisation. Ils n’en sont pas des acteurs, mais des objets, des victimes passives et résignées se contentant de programmes d’ajustement structurel, de remises de dettes et de mendicité.

L’échec politique et surtout économique des politiciens africains est aussi un échec des élites de notre continent. Trop aliénées et impliquées dans le mimétisme de l’Occident, elles sont incapables de copier chez les Occidentaux ce qui fait leurs forces, c’est–à–dire leur mode d’organisation du travail et la bonne gestion économique. Elles se contentent des apparences. C’est le paraître qui les intéresse. Le personnel politique africain, d’une rare médiocrité, se recrute au sein de l’élite.

Dépourvues de patriotisme et promptes aux réflexes tribalistes, les élites togolaises sont en général incultes et partisanes de l’immobilisme et de la régression. L’élite intellectuelle ne lit pas, n’écrit pas, et donc ne réfléchit pas. C’est un ramassis de cancres diplômés. Dans ces conditions, on comprend pourquoi il y a une telle pénurie de vrais intellectuels au Togo. Les vrais intellectuels togolais que je connais se comptent sur les doigts d’une main !

L’une des conditions du développement est l’existence d’une masse critique importante de vrais intellectuels (à ne pas confondre avec les travailleurs intellectuels ou diplômés) pour opérer la critique de la société, éduquer, et faire des propositions. Ce travail d’intérêt national est au – dessus des capacités intellectuelles des plagiaires, des hâbleurs, des médiocres, des ignorantins et des philistins.

Or il se fait que c’est dans cette catégorie, purs produits de la médiocratie, que se recrutent les leaders d’opinion. Il existe un complot visant à marginaliser les voix des vrais intellectuels, livrant de la sorte la formation de l’opinion publique à des leaders d’opinion, véritables cancres incultes ou demi – lettrés.

Ces leaders d’opinion tarés (religieux, journalistes, hommes politiques, dirigeants de la société civile, enseignants, représentants de la société traditionnelle…) constituent deux catégories d’acteurs sociaux. Les uns exercent leur magistère en mission commandée pour orienter la conscience collective dans le sens de l’obscurantisme, des préjugés et de la résignation. Les autres jouent le même jeu malgré leur bonne foi, parce qu’ils sont intellectuellement limités et trop peu cultivés. Leurs limites sont celles de leur médiocrité et de leur inculture.

Livrer la formation de l’imaginaire collectif à des cancres est l’expression d’une grande misère intellectuelle et morale. C’est la caractéristique d’une société sous – développée dont l’imaginaire collectif est orienté de l’extérieur à travers les mass – média, la propagande religieuse des religions colonialistes et l’idéologie en général.

Il va sans dire que le changement véritable, dont il est question, ne pourra se faire avec la classe politique actuelle résolument hostile au progrès et à la solde des puissances étrangères, ennemies de l’Afrique. Ces politicards prévaricateurs et prébendiers, authentiques milégo, constituent un boulet aux pieds du peuple togolais qu’ils ont réduit, à travers la misère, à un état de semi – esclavage. Pour le tyran Eyadéma, le baromètre de la misère se mesurait au nombre de mendiants qui participaient à ses marches de soutien périodiques après lesquelles se distribuaient des billets de banque. Quel cynisme !

Le peuple togolais doit se débarrasser de cette engeance criminelle en tournant le dos aux faux opposants qui ont pactisé avec le régime militaro – fasciste sur son dos. Les complets civils de Faure Gnassingbé ne doivent pas faire oublier aux Togolais qu’il est militaire et a fait carrière dans l’armée.

Lorsque l’horizon politique sera dégagé de tout ce qui l’encombre aujourd’hui, les élites politiques, intellectuelles, du monde des affaires, de la société civile, devront être rassemblées pour réfléchir sur le modèle de société que nous voulons bâtir et les moyens d’y parvenir avec comme objectifs le développement et l’indépendance.

L’un des instruments indispensables à la construction d’un Etat fort (au sens de l’interventionnisme visant à corriger le tir au cours du processus de développement) est l’armée.

Nous constatons avec désolation que tous ceux qui s’expriment sur le futur d’un Togo sans dictature et domination néocoloniale, négligent complètement l’armée dans leur analyse. Sans une véritable armée, une armée forte capable de se faire respecter par les forces extérieures, nos ennemis ne nous laisseront jamais bâtir un Etat puissant car ils continueront à semer des troubles, susciteront des guerres civiles, des rébellions armées, toutes situations peu favorables au développement.

Du fait de la haine compréhensible que suscitent auprès de l’immense majorité des Togolais les Forces Armées Togolaises (FAT), d’aucuns, plus émotifs que rationnels, prônent avec naïveté l’abolition pure et simple de l’armée à cause des torts incalculables infligés au Togo par ce corps en près d’un demi – siècle au cours duquel il s’est imposé, contre la volonté du peuple, comme le principal acteur politique du pays. Echec total.

Les conséquences de ce leadership politique illégitime sont désastreuses. Comment pouvait – il en être autrement avec un régime militaire illégitime, archaïque, bête et méchant ? L’armée moderne au xxie siècle ne peut plus se permettre d’être une armée de tirailleurs semi – analphabètes dont la mission première est de maintenir au pouvoir un tyran impopulaire et sa clique et de protéger leurs biens mal acquis. Tel est le rôle d’une armée prétorienne qui fonctionne comme un garde du corps du tyran poltron de service qui la dirige.

L’armée togolaise a toutes les caractéristiques de l’armée coloniale. Les analyses de la sociologie politique ont démontré que l’armée coloniale n’a qu’un ennemi héréditaire, et cet ennemi est intérieur : le peuple. C’est logique dans la mesure où il s’agit pour une puissance étrangère de mater un peuple et de l’assujettir afin de l’exploiter.

Les FAT répondent aux critères des armées néocoloniales africaines dont l’ennemi héréditaire est le peuple. L’objectif de ce ciblage vise au maintien de la dictature ou d’un régime néocolonialiste à la solde des ex–puissances coloniales impérialistes. Les termes de références fixés par la puissance étrangère au régime fantoche étant le développement du sous–développement. La preuve : au Togo, Eyadéma a accompli l’exploit rare en 2005, de rendre le peuple plus pauvre qu’en 1960, date de l’« indépendance ». Les fonctionnaires clochardisés, les retraités, les veuves et orphelins traînent plusieurs mois d’arriérés de salaires et de pension.

La faim est devenue une réalité sordide dans les foyers. Les jeunes et les plus vieux fuient le pays vers des eldorados, souvent au prix de leur vie, sur des embarcations de fortune suicidaires qui ont fini par transformer la méditerranée en cimetière marin d’un pays devenu un enfer pour ses habitants.

L’Afrique actuelle est à l’image de ces embarcations de fortune qui sombrent dans la mer à cause de multiples voies d’eau qui s’appellent la dictature, le chômage, le tribalisme, la corruption, le mensonge, les élections à la machette made in Togo, l’absence de perspective d’avenir, les violations massives et répétées des Droits de l’Homme, le développement du sous – développement et le néocolonialisme.

Les Africains, empêchés d’élire librement leurs dirigeants, comme au Togo, votent avec leurs pieds. Massivement. En fuyant un continent dont le sol leur brûle les pieds. Contre l’usurpation et les dérives des dirigeants putschistes ou l’illégitimité et l’incurie des fantoches démocratiquement élus, il faut encourager l’engagement citoyen, le structurer, le coordonner à travers les organisations de la société civile. Seule une société civile forte peut servir de contre – poids au pouvoir politique qui croit n’avoir de compte à rendre à personne.

Sur le terrain de la mobilisation de la société civile, le Togo a pris beaucoup de retard par rapport aux pays voisins comme le Ghana, le Bénin, le Burkina-Faso, le Nigeria et plus loin encore le Mali à cause de la persistance anachronique d’un régime militaire des plus médiocres. D’où vient que beaucoup de personnes ont encore peur de s’engager publiquement.

La lente émergence d’une société civile au Togo, à travers des organisations aux buts variés, est un facteur qui favorisera l’installation puis le renforcement de la démocratie dans un avenir plus ou moins lointain. Mais malheureusement, au Togo, on a l’impression que tout ce que le peuple construit pour son émancipation, des individus antipatriotes sont toujours prêts à le détruire.

Certains énergumènes semblent vouloir prendre notre jeune société civile en otage. Ces flibustiers, qui ont infiltré les rangs des associations, agissent en mission commandée pour le compte des partis politiques rétrogrades qui veulent inféoder la société civile. Déjà, ils y transposent les querelles et les clivages des rivalités au sein des ex – partis de l’opposition démocratique. Au vu de la taille réduite des associations de la société civile, c’est l’implosion garantie.

Les ennemis farouches de l’indépendance de la société civile togolaise avancent masqués et posent leurs banderilles en attendant la mise à mort.

Conscientes que l’union fait la force, plusieurs ONG ont créé le Collectif des Associations de la Société Civile et des Organisations Syndicales du Togo (CASCOST) dans le but d’être plus indépendantes et de peser davantage sur les décisions et les orientations politiques du pays afin qu’elles prennent en compte l’intérêt national. Plusieurs associations membres du CASCOST se sont plaintes des méfaits de deux hommes politiques membres de la CPP d’Edem Kodjo, le joker du clan Gnassingbé.

L’un d’eux, un certain Zeus Ata Messan Ajavon, ancien dirigeant « charnière » de l’ex-UTD, le «parti charnière» qui vendit la victoire du peuple aux législatives de 1994 à Eyadéma en constituant une majorité parlementaire avec le RPT, a tenté de détruire la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), en 2006, en manipulant deux pieds nickelés minables au chômage qui étaient en train de la privatiser à des fins alimentaires. L’un des deux aventuriers a même sollicité le parrainage de Kpatcha Gnassingbé, le vice-roi du pays. Cet Ajavon que le CASCOST a refusé comme dirigeant à deux reprises à cause de son parcours politique (UTD – CPP : deux RPT bis) qui ressemble davantage à une longue traînée de souillure qu’à une démarche démocratique en faveur du peuple, est en train de discréditer la société civile. Les militants de la LTDH ont heureusement désavoué les taupes de la dictature au cours d’une Assemblée Générale.

Déjà, d’aucuns s’interrogent, en raison de l’image politique trouble d’Ajavon qui suscite beaucoup de méfiance, sur le discrédit de sa présence à la tête de la Coalition des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) qu’il dirige. Son engagement est-il sincère, se demande– t – on, en se retournant contre le camp des antidémocrates avec lequel il a collaboré et partagé le bilan criminel et les privilèges avec l’UTD et la CPP ? Encore une ruse du RPT ?

Cet Ajavon – là et les individus de son espèce constituent un véritable danger pour la société civile togolaise, laquelle a intérêt à se débarrasser rapidement d’eux sans sentimentalisme pour ne pas avoir à le regretter plus tard ; personnellement, je n’ai aucune confiance en ce personnage. La démocratie, je ne cesse de le répéter, ne se bâtit qu’avec des démocrates. Vigilance ! Ce grand médiocre est un antidémocrate notoire !

S’il y a tant de trahisons au Togo, c’est parce que l’ennemi extérieur exploite à fond nos contradictions, nos faiblesses et surtout la vénalité d’énergumènes peu recommandables.

La France est le grand marionnettiste qui tire les ficelles. Dès 1963, elle a organisé et fait exécuter l’assassinat de Sylvanus Olympio par ses tirailleurs mercenaires, traîtres à la patrie et à l’Afrique. En 1967, même scénario. La France fait écarter Nicolas Grunitzky par Eyadéma, son homme au Togo. En 1994, après les législatives gagnées par l’opposition démocratique, la France nomme Edem Kodjo premier ministre avec seulement six députés et lui ordonne de s’allier au RPT contre le CAR, disposant de près de quarante députés. Edem Kodjo devint dès lors pour les Togolais et la presse l’homme de la France, l’ennemi du peuple, le traître méprisable sans honneur.

Depuis l’avènement de son homme lige Eyadéma, la France ne tolère pas que le peuple togolais choisisse librement ses dirigeants. Les élections truquées par Eyadéma depuis 1993 l’ont démontré. Agboyibo et le CAR sont écartés en 1994 malgré leur victoire aux législatives, au profit d’Edem Kodjo, un RPToche notoire. La France reproche à Agboyibo d’être trop lié à l’Allemagne. En 1998, 2003 et 2005, ce fut le tour de Gilchrist Olympio et l’UFC d’être évincés par la France. Olympio avait le tort, à ses yeux, d’être trop lié aux Anglo – Saxons comme son père. En 2005, c’est encore la France qui donna son feu vert à la succession dynastique d’Eyadéma par son fils.

De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac, sont cinq tocards fascistes et esclavagistes qui se sont comportés au Togo en gangsters politiques. Ces gougnafiers racistes à la moralité douteuse, ont fait d’un grand pays, la France, un petit pays par leurs magouilles minables avec la Françafrique, leur copinage éhonté avec les petits dictateurs africains, authentiques rois fainéants.

Ces politichiens français qui imposent à l’Afrique, et plus particulièrement au Togo, les plus médiocres politicards à la tête de l’Etat pour empêcher le développement et la libération du peuple, se comportent dans leur pré carré africain en véritables nazillons.

Le plus minable, le plus cynique et stupide n’est autre que Jacques Chirac. C’est le roi des rois nègres. Sous son règne obscur, l’Afrique a vu défiler une ribambelle de politichiens chirachiens devant les dictateurs de pacotille pour repartir avec des valises bourrées de fric. Les diamants de Bokassa sous Giscard d’Estaing sont peu de chose à côté du système mafieux mis en place par les politichiens chirachiens pour piller les ressources de l’Afrique. Les leçons de bonne gouvernance du zigoto Chirac sont en fait des leçons de bonne corruption. Vive la Françafrique ! Françafrique Oyé ! Agbé ! Wézu ! Alafia !

La France qui n’a droit au rang de grande puissance que grâce à ses colonies d’Afrique, lesquelles lui assurent une vingtaine de voix automatiques à l’ONU, a écarté la morale de la politique en se dotant systématiquement de dirigeants criminels qui se comportent en esclavagistes en Afrique.

Ces petits Chefs d’Etat français sont des lilliputiens politiques, des pygmoïdes scélérats, racistes et falots, totalement dépourvus de vision politique à long terme. L’intérêt à long terme de la France est d’aider au développement et à la libération de l’Afrique qui a assuré sa prospérité. Qu’elle le veuille ou non, l’Afrique se débarrassera d’elle tôt ou tard. Si cette libération se fait contre elle, elle aura des soucis à se faire, car l’Afrique à l’horizon de 2050, sera une puissance démographique de deux milliards d’habitants. Un marché immense et des ressources minières phénoménales. Dans le même temps, la population de l’Europe aura diminué par rapport à son niveau de 2007.

L’extraordinaire rapacité qui aveugle aujourd’hui la France au point de ravaler des êtres humains, les Négro – Africains, au rang d’infra – humains, de bêtes de somme, exposés à tous les traitements cruels, inhumains et dégradants, aux génocides, lui fera regretter demain de s’être donné des escobars de politichiens chirachiens qui ont fait d’un pays prédisposé à la grandeur, une républiquette betteravière européenne à l’image des républiques bananières africaines fabriquées par le colonialisme français, un colonialisme d’une rare médiocrité. Habrobracons ! Turpins ! Chafouins ! Balluches ! Chenapans ! Voyous ! Trous du cul ! Arsouilles !

L’histoire nous rappelle que les Britanniques, entre autres, ont sauvé la France, au cours de la seconde guerre mondiale, de l’annexion pure et simple par l’Allemagne. Au cours de la querelle sur l’intervention des Occidentaux en Irak derrière les Américains, la presse britannique, peu diplomatique, a tenu à rappeler quelques vérités à la France en fustigeant son ingratitude en ces termes : « Qu’est –ce que c’est qu’un groupe de cent mille hommes les mains en l’air ? L’armée française » (The Sun du 12 février 2003)

La pire insulte que les colonialistes français puissent nous adresser, c’est de nous considérer comme moins intelligents qu’eux. Nous voulons seulement rappeler à ces esprits tarés un propos de leur compatriote éclairé, André Gide, qui fustigeait, au début du xxe siècle, le comportement criminel et ubuesque des colons d’Afrique : « Moins le blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête ».

Quant à Honoré de Balzac, en écrivant les lignes suivantes dans Le Père Goriot, on eût dit qu’il s’adressait à Jacques Chirac : « Une des plus détestables habitudes des esprits lilliputiens est de supposer leurs petitesses chez les autres ».

CONCLUSION

Des politiciens qui prétendent combattre la dictature aux côtés du peuple ne peuvent se permettre de signer des accords bidon pour rouler le peuple dans la farine.

Treize accords signés pour rien depuis 1991, cela relève non pas de la récidive, mais de la complicité entre les faux opposants et les RPToches. L’Accord Politique Global est le plus inique des accords signés sur le dos du peuple par les traîtres qui prétendent le représenter.

Les soubresauts socio – politiques provoqués par les ambitions contrariées d’une classe politique opposante, qui a basé toute sa stratégie de conquête du pouvoir sur les révoltes du peuple, révoltes à répétition écrasées dans le sang par la soldatesque du clan Gnassingbé, sont l’expression d’une vision politique rétrograde hostile au changement.

Une telle stratégie, nous l’avons vu, aboutit à la régression, au retour en arrière. En politique, la rupture avec l’ordre ancien, au niveau du système politique, se fait à travers une révolution. La révolution est un changement de système dans le sens du progrès, du développement, de la modernité. Il ne s’agit pas de remplacer une équipe de politichiens par une autre équipe de politichiens comme c’est le cas en Afrique. C’est pourquoi la perception de la démocratie par l’imaginaire populaire en Afrique relève du mythe.

En effet, la démocratie n’est pas le moyen pour le développement et la libération des pays africains, elle ne peut être que l’aboutissement, le résultat d’un processus de développement et donc d’organisation des Etats africains. Malheureusement, la plupart des politicards et des élites croient de bonne foi que la démocratie est la clé du développement et du progrès. Ils mettent la charrue avant les bœufs. Pourquoi s’étonner alors qu’à un problème mal posé, on n’ait que des mauvaises réponses ?

La misère intellectuelle de nos élites politiques et intellectuelles depuis 1960 a consisté à penser que les idéologies étrangères sont des prêt – à – porter. Incapables d’imaginer le vrai changement, la révolution, ils ignorent que tous les « ismes » idéologiques comme le libéralisme capitaliste, le socialisme, etc. se situent à la fin et non au début d’un processus.

Les chenapans ont toujours cru et continuent de croire qu’il suffit de se proclamer libéraux ou socialistes pour que surgissent du néant une société capitaliste libérale, socialiste ou communiste. Qu’ils relisent donc tous les théoriciens des systèmes politiques et économiques avec une feuille de papier et un crayon et non plus avec des lunettes noires. Après la monstrueuse sodomie de nos leaders de l’opposition démocratique et des brimborions de leur staff, il y a fort à parier que tout ce beau monde ait le trou du cul en forme de chou-fleur, et ce jusqu’au trognon ! Il fallait le dire. /.

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

 

 
 
 
 
 

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