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— le
samedi 4 août 2007, Elias Kuessan Biova
EKUE-HETTAH, agent de la CEET âgé de 48 ans, père
de 4 enfants, appelé d’urgence pour une
intervention à son travail, a été tué, écrasé par
deux camionnettes de la Police qui sortaient en
trombe des locaux de la Direction générale de la
Police nationale (Sûreté nationale)
alors que les forces de sécurité étaient sur la
brèche pour interdire la Grande marche pacifique
appelée par l’ADDI, le Parti des travailleurs,
l’UFC, Afrique tradition et l’ONUTA.
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dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 août 2007,
des jeunes recrues de la Police nationale
hébergées sur le site de la Foire d’exposition
Togo 2000, ont organisé une expédition punitive
contre les innocentes populations d’Attiégou,
quartier de Lomé voisin de l’Aéroport
international de Lomé occasionnant près d’une
centaine de blessés parmi lesquels des enfants
mineurs de 5 et 10 ans ainsi que des femmes.
Selon
les informations données par des sources
indépendantes, cette expédition punitive fait
suite à une dispute entre une jeune recrue de la
police et un habitant du quartier au sujet d’une
jeune fille du même quartier dont ce dernier était
le compagnon d’où l’apparition de cette rivalité
amoureuse qui a dégénéré en pugilat ayant tourné
au désavantage de l’élève policier.
Suite
à ces incidents, la jeune recrue s’est autorisé à
aller mobiliser ses camarades hébergés sur le site
de Togo 2000 pour cette expédition punitive
aveugle au cours de laquelle, la cohorte de jeunes
recrues de la police s’est déversée dans les rues
du quartier Attiégou en passant systématiquement à
tabac tous les habitants qu’ils trouvaient sur
leur chemin, en commettant des vols d’objet de
valeur et en saccageant des biens matériels.
De
l’aveu même du ministre de la Sécurité, le Colonel
TITIKPINA Atcha Mohamed, qui a rendu public un
Communiqué au sujet de ces graves événements le
mercredi 22 août 2007 :
« On relève cependant
des blessés légers qui ont été soumis à des soins
pris entièrement en charge par le ministère de la
Sécurité. »
Selon
divers témoignages, la rage répressive et
destructrice des jeunes recrues de la police, qui
ont ainsi excipé de leurs prérogatives d’agents
des forces de sécurité publique pour régler
abusivement un différend d’ordre strictement privé,
ne s’est arrêtée qu’avec l’intervention des
éléments de la Gendarmerie nationale suite aux
initiatives prises par les habitants du quartier
pour alerter différentes institutions.
Nous dénonçons et condamnons
Le Parti des travailleurs dénonce et condamne avec
la plus grande vigueur la bavure policière du 4
août 2007 et l’expédition punitive de la nuit du
20 au 21 août 2007, faits d’une exceptionnelle
gravité, d’autant plus inqualifiable en ce qui
concerne cette dernière qu’elle émane d’élèves
policiers en formation qui se sont fait justice
par eux-mêmes alors qu’ils sont censés œuvrer au
respect de l’Etat de droit.
Le
Parti des travailleurs tient à constater que ces
faits rappellent étrangement la répression barbare
organisée par l’armée, la gendarmerie, la police
et les milices du RPT pour réprimer les
manifestations de protestation de la population
contre le coup d’Etat militaire du 5 février 2005
à l’annonce du décès d’Etienne GNASSINGBE Eyadéma
et contre le coup d’Etat de l’élection
présidentielle d’avril 2005.
Le
Parti des travailleurs ne peut que constater que
ces nouvelles tragédies résultent de la totale
impunité qui couvre et favorise la réédition des
massacres de l’année 2005 en banalisant le recours
aux méthodes répressives barbares utilisées par
les forces de répression togolaises.
Alors
que le Togo est engagé dans un processus électoral
avec le recensement électoral qui vient de se
terminer, le Parti des travailleurs ne peut
qu’être vivement inquiet au moment même où la
tenue des élections législatives annoncées pour la
date du 14 octobre prochain, soit dans moins de
deux mois !
C’est
pourquoi le Parti des travailleurs, qui ne cesse
d’exiger que la question de l’impunité soit réglée
avant tout processus électoral, ne peut à nouveau
constater, l’impunité appelant l’impunité, qu’il y
a lieu d’alerter dès à présent le peuple togolais
et l’opinion internationale sur les graves menaces
que ces bavure et expédition punitive font peser à
l’horizon sur cette échéance électorale. En effet,
la situation actuelle est d’autant plus
inquiétante que les jeunes recrues de la police en
formation, auteurs des représailles du 20 au 21
août 2007, font partie d’un corps censé être
déployé pour assurer la sécurité de ces élections.
Dans l’unité, disons : « Non, à
l’impunité ! »
Le Parti des travailleurs appelle toutes
les organisations qui se réclament de la
démocratie : partis, syndicats et associations à
ne pas considérer les bavure et exactions
policières des 4 et 20/21août 2007 comme des
événements mineurs sans conséquence pour l’avenir
immédiat de notre pays.
Car,
au moment même où la préparation des prochaines
élections législatives est d’ores et déjà engagée
avec la fin des opérations de recensement
électoral, il convient d’agir avant qu’il ne soit
trop tard et que nous n’ayons à déplorer à nouveau
des pertes de vies humaines, des viols, des
passages à tabac occasionnant aux citoyens
innocents des blessures graves invalidantes dans
de nombreux cas, des vols et exactions de toutes
sortes à l’occasion de cette consultation
électorale.
C’est
pourquoi le Parti des travailleurs en appelle à
l’unité de toutes les organisations qui se
réclament de la démocratie et de la défense des
droits de l’Homme pour que les bavure et exactions
policières des 4 et 20/21 août 2007 ne restent pas
impunis en exigeant :
— 1°)
la constitution d’une Commission d’enquête
indépendante sur l’accident mortel du 4 août 2007
devant les locaux de la Sûreté nationale et
l’expédition punitive de la nuit du 20 au 21 août
2007 au quartier Attiégou. En effet, à propos des
représailles d’Attiégou, on peut d’autant moins
faire confiance au ministre de la Sécurité que,
d’une part, le communiqué qu’il a rendu public
présente une version mensongère des événements au
profit des mis en cause, version contestée par les
autorités locales-mêmes. D’autre part, ledit
communiqué ayant annoncé qu’« Une enquête est
ouverte pour déterminer les auteurs et complices
de ces graves incidents afin de les punir
conformément aux lois et règlements en vigueur »
alors qu’il a lui-même été mis en cause dans
l’organisation des massacres de l’année 2005, il
est disqualifié pour instruire ce dossier dans
lequel il ne peut prétendre être juge et partie en
tant que supérieur hiérarchique des jeunes recrues
mises en cause.
— 2°)
la traduction de toutes les jeunes recrues
impliquées dans cette expédition punitive devant
les tribunaux pour y répondre des délits dont
elles se sont rendues coupables à l’endroit des
innocentes populations pour les chefs d’accusation
effectivement constitués qui sont les suivants :
1. coups et blessures volontaires avec
préméditation ; 2. violences sur enfants mineurs ;
3. vols qualifiés ; 4. voies de faits avec
destruction de biens matériels ; 5. abus de
pouvoir.
— 3°)
la révocation inconditionnelle et immédiate de
toutes les jeunes recrues impliquées dans cette
expédition punitive
dont le comportement rappelle étrangement celui
des tristement célèbres miliciens du RPT qui ne
peuvent avoir de place ni dans la police, ni dans
la gendarmerie, ni dans l’armée d’un Etat de droit
que le Togo doit être sans délai.
— 4°)
les nécessaires réparations pour la famille de
Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH qui laisse une
veuve et quatre orphelins et les victimes de
l’expédition punitive d’Attiégou.
— 5°)
la fin de l’impunité au Togo. |