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Thème : « Elections et Démocratie »
Lomé, le 25 novembre 2006
Camarade Secrétaire National,
Camarades membres du bureau national,
Camarades militants et sympathisants du parti, Horables
invités,
Mesdames, Messieurs.
Nous voudrions au nom du parti, au nom du secrétaire
national et au nom du bureau national vous dire combien
votre présence ici ce matin nous réjouit et nous
reconforte dans notre lutte en vue de la construction
d’une nouvelle société. Soyez-en remerciés.
Particulièrement, nous exprimons notre gratitude à tous
ceux qui, par leurs diverses contributions financières,
matérielles ou morales, ont rendu possibles les
présentes assises. Notre reconnaissance aux différents
organes d’information qui ont toujours accompagné le
parti dans ses activités et qui, quotidiennement,
apportent leurs contributions significatives à la
consolidation de la démocratie dans notre pays.
Camarades militants et sympathisants, mesdames,
messieurs, nous nous réjouissons que les universités
politiques soient devenues pour nous socialistes
togolais une tradition. Il ne pouvait en être autrement
si nous nous référons au fait que notre philosophie,
notre conviction profonde est qu’une formation politique
doit fondamntalement être axée sur des valeurs et non
sur des noms, des groupes d’’intérêts occultes,
ethniques claniques ou autres. Commment pourrions-nous
développer ces valeurs si nous ne multipliions pas les
occasions de formations, d’échanges, de discussions nous
permettant d’en avoir une vision claire et de les
enrichir ? Participent à cette démarche, les universités
politiques que nous organisons chaque année autour des
thèmes qui nous sont chers.
L’année dernière, notre rencontre avait porté sur
l’indépendance de la magistrature et sur le repect de la
dignité humaine comme éléments indispensables pour une
démocratie authentiique. Ce matin, il s’agit de
réfléchir ensemble ente les « élections et la démocrtie ».
Chers camarades, ce choix n’est pas neutre. En effet, la
démocratie n’est-elle pas un minimum de socialisme et le
socialisme un maximum de démocratie ?. N’avons-nous pas
dès lors le privilège et la charge d’être les ardents
défenseurs et batisseurs de la démocratie, d’une
démocratie réelle et non feinte, d’une démocratie qui
place le bien être commun au centre de ses
préoccupations ? C’est ce à quoi nous nous sommes
engagés et qui détermine nos choix politiques en des
moments clés de la vie de la nation.
Chers concitoyens, notre pays a une particularité qui ne
nous honore pas. Les élections ont souvent constitué une
occasion de deuil des familles, de douleurs,
d’affrontements, d’exil, de déchirements profonds de la
nation. Et pourtant, tous nous affirmons aspirer à la
démocratie. N’y a –t-il pas lieu de soupçonner des
manipulations qui s’alimentent de l’ignorance des
citoyens ? Que représentent les élections dans une
démocratie ? Quelles sont les incidences de la fraude et
des violences électorales sur la démocratie ? Ou plus
précisément est-il possible d’accéder à la démocratie
par des élections émaillées de violence ? Les fraudes
et violences électorales ne constituent-elles pas, en
définitive, un crime contre la nation, une atteinte à la
sécurité de l’Etat ?
Si l’on se réfère aux conséquences dévastatrices des
fraudes électorales en ce qu’elles générent des
violences et parfois des affrontements à cractère
ethnique, ne peut-on pas conclure qu’elles sont aussi
dangereuses que le génocide ?
Notre constitution a fait du coup d’Etat un crime
imprescriptible. Quelle différence fondamentale y a –t-
il entre celui qui tente de renverser l’ordre
constitutionnel et celui qui, en amont, par des
violences et des fraudes, empêche cet ordre de
s’installer ?
Quel sort la génération actuelle ou à défaut les
générations futures doivent-elles reserver aux
commanditaires et auteurs de ces actes barbares
d’aujourd’hui ?
La nation ne peut faire l’économie d’un débat public sur
cette question à un moment crucial de la vie de la
nation, à la veille des élections, peut-être de la
dernière chance. Nous invitons les médias à y
contribuer.
Ces comportements ont trop créé de tort à notre pays qui
est davantage connu à l’étranger pour son déficit
démocratique que pour l’exploit de ses valeureux fils et
filles.
Aujourd’hui encore, dans certaines régions du pays,
certaines autorités, certains préfets exigent que des
formations politiques obtiennent d’abord des
autorisations avant de tenir leurs réunions ou de mener
leurs activités. Elles sont relayées par des chefs
cantons soit zélés ou simplement intimidés. Ces
comportements attestent que certains citoyens, certaines
autorités ne sont pas prêts à s’inscrire dans le sens de
l’Histoire. Ceci démontre également que s’ils en ont
l’occasion, ils pourraient encore recourir aux violences
et fraudes électorales. Camarades socialistes, chers
concitoyens, nous devons les combattre sans concessions.
Les partis politiques sont les moyens que la démocratie
offre pour aider les citoyens à choisir entre les
différents points de vue sur les meilleurs moyens de
favoriser le bien public. Leurs actions ne doivent être
soumises à aucune entrave. La loi nous le garantit et
nous devons en jouir pleinement, n’en déplaise aux
ennemis de la démocratie.
Pour nous, aucun gouvernement n’est légitime si son
autorité et ses fonctions ne découlent pas du
consentement des gouvernés, le peuple. Un gouvernement
ne peut, dans une démocratie, exercer un pouvoir auquel
le peuple n’a pas donné son consentement. Ce sont les
élections qui, seules, permettent au peuple de donner ce
consentement. Et lorsque les élections sont émaillées de
fraudes ou de violences, le consentement est vicié. Le
consentement n’est pas valable. Le peuple est pris en
otage. Le gouvernement n’est pas légitime. Vous
appréhendez déjà, j’en suis convaincu, l’importance des
élections dans une démocratie. Je ne dois pas en dire
plus. Je laisse le soin au camarade LAWSON, - plus avisé
sur la question- de nous instruire davantage puisque le
premier sous –thème de ces universités portera sur cette
question précisément.
Camarades, les modes de désignation de nos dirigeants
doivent permettre d’éviter dans nos systèmes
démocratiques naissants, que les responsables ne
deviennent des représentants de groupuscules de
personnes ou des garants de quelques groupes d’intérêts.
Les modes de désigantion doivent permettre d’établir un
lien fort entre le peuple et ses dirigeants. Ici encore,
une voix plus autorisée nous apportera sa lumière
puisque le second sous-thème portera sur les différents
modes de scrutin. Il sera développé par le camarade AFO.
Nous voudrions au nom du parti remercier les deux
conférenciers, militants actifs du parti. Ceci atteste,
s’il en était besoin, les ressources humaines dont
dispose le parti et qui constituent notre force malgré
nos difficultés financières.
Nous comptons également sur les apports de chacun afin
d’enrichir les débats. Nous devons faire preuve de
rigueur et de discipline afin que ces travaux soient
profitables à tous.
Camarades militants, nous devons continuer notre combat.
Nous devons encore nous mobiliser, mieux former le
peuple, le préparer à une démocratie rélle.
Quotidiennement nous devons répandre notre conception de
la politique et nos valeurs. Nous ne gouvernerons jamais
ce pays par la contrainte. Nous le ferons certainement
par la persuasion car les valeurs que nous incarnons
sont nobles. Notre combat est juste.
Nous devons relever le défi lors des prochaines
élections. Notre parti, de façon discriminatoire et
contre tout principe démocratique, a été exclu non
seulement du dialogue mais aussi des structures chargées
de la mise en œuvre des décisons. Est-il convenable que
nous ne soyons pas représentés dans les bureaux de
vote ? Nous croyons qu’il est encore possible d’y
rémédier. Face à cette situation, nous avons des raisons
sérieuses de douter de leur volonté à vouloir vraiment
une réelle démocratie.
Le parti réaffirme son attachement aux principes
démocratiques et est disposé à coopérer avec tous ceux
qui résolument et sincèrement sont engagés dans la
construction d’un Etat de droit et d’une démocratie
authentique.
Vive la démocratie, Vive le PSR, Vive le Togo et que
Dieu protège et bénisse la patrie. Je vous remercie. |