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Faut-il qu’un seul, même si c’est le dernier des
togolais meure par la faute de nos gouvernants ? La
réponse est : NON ! Mais au Togo la mort du citoyen
ne semble pas préoccuper outre mesure, ceux qui se
réclament être à la tête de notre pays. La preuve
est que déjà à l’époque d’Eyadéma (je dis époque,
car qu’on le veuille ou non, cette période est bel
et bien révolue), les nids de poules, sur nos
routes, les tas d’ordures dans la capitale Lomé, les
fonctionnaires qui crevaient de faim à cause du
retard des salaires, les retraités qui ne touchaient
plus leurs pensions,… rien de tout cela n’empêchait
l’argent récupéré par nos douanes ou le port
autonome de Lomé, d’aller directement échouer à Lomé
II sans transiter par le Trésor public. Le simple
citoyen était laissé pour compte et pouvait crever
comme un chien dans la rue. Pire pendant que le
peuple était ainsi sacrifié sur l’autel des
ambitions personnelles,nos gouvernants n’avaient de
temps que pour crier si ce n’est après les bailleurs
de fonds, du moins après les partis politiques de
l’opposition. Une autre blague que je qualifierai
des meilleurs, est de voir la télévision nationale
projeter des images d’étudiants lisant des motions
de soutien au régime ou de diffamation à l’égard des
membres de l’opposition, au lieu de réclamer leurs
bourses qui n’étaient plus payées à temps sur le
campus universitaire. Il y avait toujours assez
d’argent comptant et bien frais pour les
manipulations de la jeunesse tandis que le
gouvernement continuait de soutenir devant le monde
entier, qu’aucun sacrifice n’était trop grand
lorsqu’il s’agit justement de cette jeunesse en
détresse.
Bref, lorsqu’on voit l’art avec lequel le régime
d’Eyadéma nous a manipulé au Togo pendant toutes ces
années, il n’était plus étonnant de voir que le
nouveau régime en place depuis la disparition du
dictateur ait hérité du même système. En effet, cela
fera bientôt un an que le nouveau régime aussi nous
casse les oreilles avec les mots tels que
changements, réconciliation ou paix. N’allez
toutefois pas me dire qu’il y a eu un seul
changement au Togo, quand le 13 janvier continue
d’être maintenu comme une fête de la libération de
notre peuple. Libération de qui ou de quoi, allez
savoir ? Et cela quand des milliers de nos
compatriotes croupissent encore dans les camps de
réfugiés juste aux portes de notre chère patrie, que
notre pays croule sous le poids de la dette, que des
innocents sont malmenés dans les prisons disséminés
à travers le pays, et que même notre politique
intérieure continue d’être dictée de l’extérieur.
Comme le disait récemment un de mes amis Kabye du
Togo, c’e n’est plus une question de « même pipe,
même tabac », mais maintenant c’est « même pipe et
même daba ». Autrement dit, on prend les mêmes
personnes (Edem Kodjo ou Savee de Tové) et on
recommence. C’est vrai qu’avec la même famille aux
commandes de l’Etat rien ne pourra vraiment changer
sous le ciel togolais. Qu’on arrête donc de nous
faire croire le contraire.
Lorsqu’il m’arrive en effet de voir avec quelle
finesse la « nouvelle machine» mise en place par le
« nouveau » gouvernement est arrivée à manipuler
toute la communauté internationale (on se rappelle
par exemple le changement de langage des plus grand
responsables de l’Union Africaine ou de la CEDEAO au
lendemain du coup d’Etat de février 2005 dans notre
pays), je ne peux que me demander : si aujourd’hui
le Togo n’est pas passé maître dans la manipulation
des consciences. Je me rappelle encore au cours de
la Conférence Nationale, de ces enfants qui avaient
rendu visite au Chef de l’Etat à son domicile et en
sont ressortis avec une histoire autour d’un certain
gecko tiré avec un fusil à lunette par Eyadéma, une
histoire où se retrouvaient des bouteilles d’Awooyo,
un bâton et deux grenades (entre les jambes), si
vous voyez de quoi je parle. Eh bien, déjà à
l’époque, le Ministre Barqué autant que je me
souvienne, ne se demandait-il pas « qui vraiment
manipulait qui... ? » La manipulation en effet
était déjà devenue une gangrène de notre société, au
point que aujourd’hui je me demande si ce n’est pas
la plus grande maladie à combattre dans notre pays
au même titre que l’injustice, les abus en matière
des droits humains, la violence, ou tout simplement
le Sida.
Revoyez seulement un peu avec moi comment étaient
traités les informations dans les années 1970, et
dites moi s’il n’y avait pas déjà manipulation de
nos pauvres consciences de citoyens. Ne nous
faisait-on pas croire par exemple que Eyadéma
voulait démissionner du pouvoir. Pour cela autant
que je me rappelle, et à cause des pleurs du
Ministre Kpotivi Laclé, nos pauvres parents avaient
du veiller toute la nuit pour supplier le Président
de rester (pas éternellement bien sur) au pouvoir ?
Admettons que la démocratie à cette époque n’était
pas encore née au Togo, pourquoi alors a-t-il fallu
plus tard changer la Constitution afin qu’ Eyadéma
puisse se re-présenter en 2003 et cela pour la
troisième fois depuis justement l’avènement de la
soit disant démocratie au Togo, lui qui une
vingtaine d’années plus tôt, se disait déjà fatigué
du pouvoir ? Quand je vous dis que nos gouvernants
prennent le peuple pour un regroupement d’aveugles
et d’idiots…
Qu’on ne vienne pas me dire aujourd’hui que la
maladie n’a pas gagné tous les politiciens du Togo,
car quelqu’un alors devra m’expliquer, pourquoi et
comment Mr Edem Kodjo qui disait avoir pris sa
retraite politique il y a peu de temps, se retrouve
aujourd’hui à la tête du gouvernement sans même
avoir eu à être candidat d’un quelconque parti
politique ayant participé à l’élection d’Avril 2005.
Bien sur que nous autres ne sommes que de simples
citoyens ne connaissant rien aux rouages de la
politique, mais cela est un peu trop dur à avaler,
et je crois que l’éveil des consciences n’est pas
réservé au Togo qu’aux seuls politiciens. Il est
temps que les togolais ouvrent grand les yeux et
commencent par parler et surtout par agir.
Nous ne devons plus tolérer que nos gouvernants nous
racontent des histoires à dormir debout. Il n’y a
plus lieu de fermer les yeux sur les diverses
manipulations du peuple ou de l’opinion
internationale par l’actuel régime en place. Il est
temps que les togolais de tous bords commencent par
poser des actes responsables, mais alors palpables,
et visibles en vue de changer l’image de notre pays.
Pour la reconstruction réelle du Togo, nous devons
exiger un langage de vérité de nos dirigeants. Que
l’actuel Président de la République arrête de nous
dire qu’il prône la paix quand il se prépare à
célébrer une fête de la division comme le 13
janvier. L’argent qui permettra de faire les parades
militaires, ne pourra-t-il pas servir à commencer
par dédommager les familles des victimes des crimes
commis par les milices du RPT sur la population
civile lors de la dernière élection, ou encore à
payer les salaires ? (Simple exemple parmi tant
d’autres). Et si vraiment le nouveau gouvernement
est prêt à entamer les réformes démocratiques
pourquoi ne pas arrêter définitivement les
magouilles et prendre le taureau par les cornes, à
savoir :
-
Redonner
sa place à la justice dans notre pays
-
Réagir aux
multiples abus en droits humains dénoncés dans les
rapports
-
œuvrer
véritablement pour l’organisation de nouvelles
élections présidentielles transparentes sous l’égide
des Nations Unis par exemple, avec toutes les unités
de l’armée confinées pour une fois dans les casernes
à l’occasion des votes.
-
entamer un
réel dialogue avec le peuple, j’entends avec tous
les togolais, qu’ils soient à l’intérieur ou à
l’extérieur du pays et pas seulement avec les
associations fantoches acquises aux aspirations du
RPT.
Ne me dites pas que cela est impossible ou que cela
demandera de grands moyens, car il ne s’agira plus
d’organiser coûte que coûte une Conférence Nationale
bis, mais des Etats Généraux dans chaque secteur
d’activité de notre nation, qui déboucheraient sur
les réformes concrètes à entreprendre, et un
referendum qui demanderait si oui ou non, les
togolais doivent retourner aux urnes pour élire leur
Président de la République, ou encore si oui ou non
il faut amnistier les assassins du peuple ?
Je vous assure que ce simple consensus entre tous
les assoiffés de pouvoir suffira pour résoudre la
crise togolaise. C’est une question de volonté et je
ne le dirais jamais assez les Togolais manquent de
courage politique.
Prions pour que cette nouvelle année 2006 apporte la
paix à notre pays, même s’il faut pour cela que le
« grain des ambitions » semé dans notre population
par des années de dictature « ne meure » pour germer
plus fort plus grand, et plus beau. Notre pays a
besoin d’hommes intègres, responsables,
désintéressés du pouvoir et épris de vérité. Il nous
faut de nouveaux leaders politiques non formés pour
la manipulation des consciences, mais de dignes fils
du pays capables de mourir pour la patrie et qui non
seulement donnent l’occasion au peuple de librement
s’exprimer, mais respectent ce que leur dit ce
peuple, et respectent la parole qu’ils donnent à ce
peuple. |