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Il fallait
bien a Maître Yaowi Agboyibor, un résultat ou un
semblant de résultat pour justifier sa caution au
système en place. D’où
ce fameux accord politique agité comme une panacée.
Il est plus que temps pour les forces patriotiques
d’expliquer à notre peuple que ledit accord
politique non seulement est une insulte à la mémoire
des victimes de ce régime depuis 40 ans mais encore
une imposture à combattre.
Pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, il est
en effet curieux de voir le bureau du dialogue
s’auto-saisir entre autres points des faits de
violences survenus a l’occasion des élections de
1958! Quel rapport avec la crise politique actuelle?
Qu'ont à voir les acteurs de 1958 dans les tueuries du
pouvoir qui nous régente depuis 1967, les seules à
l'origine de la crise actuelle ? Faut-il rappeler que
Eyadéma lui-même s'est chargé d'expédier certains de ces
acteurs dans l'au-delà ? (Le cas de l'ancien Vice-Président,
Antoine Méatchi par exemple). Lorsque l’on sait que le défunt
Eyadema n’a eu de cesse, en référence à cette
période, de salir la mémoire du père de
l’indépendance et de la nation, feu Sylvanus Olympio, il est permis de se poser la question :
«pour qui roule le bureau du dialogue intertogolais ? »
(voir
accord: chapitre: impunite). Au démeurant, Maître agboyibo
semble mal inspiré de se référer à la période du
“FAR” et à sa méthode très personnelle et
antidémocratique pour défendre sa position de plus
en plus incomfortable d' “allié objectif” d’Eyadema depuis ce jour de mars 1991 où il a
perfidement scellé
le sort du mouvement démocratique togolais en
déclarant que «le depart du dictateur créerait un
vide politique!». On se serait attendu
dès lors à ce que Maître agboyibo prenne sa retraite
politique, lui qui venait de
faire ainsi l’aveu de ne pouvoir répondre à
l’espérance populaire née en octobre 1990.
A ce stade, la question de l’appartenance de Maître
Agboyibo à l’opposition nationale ne se pose plus!
Il y a simplement lieu de constater son éloignement
de la la ligne de notre plate-forme revendicative et
d'en tirer les conséquences, tant les indices de cet
éloignement sont concordants et probants. Dès lors, on comprend le silence
du fameux accord sur les trois enjeux fundamentaux
de la crise togolaise.
1) «Quelle
doit être la place de l’armée dans la vie politique
nationale ?» Il est significatif que même sur une question qui fait
l’unanimité chez nous, comme ailleurs, le bureau
n’ait pas cru devoir adopter une déclaration de
principes à l’adresse de notre armée nationale.
2) Est-il
admissible que nous acceptions les tentatives
ourdies ici et là et tendant à rendre «digérables» au
peuple togolais les crimes qui ont permis le
maintien du clan gnassingbe à la tête du pays avec
son lot de honte et de malheurs ? Car, c’est bien de
cela qu’il s’agit, lorsque l’on évoque la question de
l’impunité?
3) Quand
bien même dans son principe, le peuple togolais
serait favorable a une réconciliation nationale,
n'est-ce pas plutôt aux auteurs des crimes reconnus
de faire acte de contrition et aux victimes de pardonner?
Notre devoir aujourd’hui et maintenant, c’est toujours de
dire « NON » à la manipulation et à la volonte
morbide d’un clan plutôt soucieux de perpetuer un
système que la nature et les principes universels
ont déjà condamné. Nous devons toujours garder
présent à l'esprit que l''unanimisme est le pire ennemi
de l'unité. Celle-ci pour être dynamique exige de nous
un courage lucide et une capacité collective à
identifier nos contradictions internes, au demeurant
naturelles dans tout mouvement de masse, à en débattre
et les transcender.
C’est pourquoi la convention pour
une federation africaine (CFA) en appelle à la mise sur
pied d’une opposition rénovée appuyée sur un front
avec pour noyau central, l’UFC, la CDPA, la CDPA-BT,et la
CFA, avec le seul souci de
rester digne des sacrifices de notre peuple et de
sa jeunesse combattante. Des contacts sont déjà pris
dans ce sens et nous espérons que les uns et les
autres sauront tirer les lecons de nos échecs de ces
15 dernières années pour enfin promouvoir l’esprit
et l’attitude que requièrent les enjeux sus-rappelés. |