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Tribune Libre

27 juillet 2006

Convention pour une Fédération Africaine
(CFA)

Communiqué

Il fallait bien a Maître Yaowi Agboyibor, un résultat ou un semblant de résultat pour justifier sa caution au système en place. D’où ce  fameux accord politique agité comme une panacée.

Il est plus que temps pour les forces patriotiques d’expliquer à notre peuple que ledit accord politique non seulement est une insulte à la mémoire des victimes de ce régime depuis 40 ans mais encore une imposture à combattre.

Pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, il est en effet curieux de voir le bureau du dialogue s’auto-saisir entre autres points des faits de violences survenus a l’occasion des élections de 1958! Quel rapport avec la crise politique actuelle? Qu'ont à voir les acteurs de 1958 dans les tueuries du pouvoir qui nous régente depuis 1967, les seules à l'origine de la crise actuelle ? Faut-il rappeler que Eyadéma lui-même s'est chargé d'expédier certains de ces acteurs dans l'au-delà ? (Le cas de l'ancien Vice-Président, Antoine Méatchi par exemple). Lorsque l’on sait que le défunt Eyadema n’a eu de cesse, en référence à cette période, de  salir la mémoire du père de l’indépendance et  de la nation, feu Sylvanus Olympio, il est permis de se poser la question : «pour qui roule le bureau du dialogue intertogolais ? » (voir accord: chapitre: impunite). Au démeurant, Maître agboyibo semble mal inspiré de se référer à la période du “FAR” et à sa méthode très personnelle et antidémocratique pour défendre sa position de plus en plus incomfortable d' “allié objectif” d’Eyadema depuis ce jour de mars 1991 où il a perfidement scellé le sort du mouvement démocratique togolais en déclarant que «le depart du dictateur créerait un vide politique!».  On se serait attendu dès lors à ce que Maître agboyibo prenne sa retraite politique, lui qui venait de faire ainsi l’aveu de ne pouvoir répondre à l’espérance populaire née en octobre 1990.

A ce stade, la question de l’appartenance de Maître Agboyibo à l’opposition nationale ne se pose plus! Il y a simplement lieu de constater son éloignement de la la ligne de notre plate-forme revendicative et d'en tirer les conséquences, tant les indices de cet éloignement sont concordants et probants. Dès lors, on comprend le silence du fameux accord  sur les  trois enjeux fundamentaux de la crise togolaise.

1) «Quelle doit être la place de l’armée dans la vie politique nationale ?»
Il est significatif que même sur une question qui fait l’unanimité chez nous, comme ailleurs, le bureau n’ait pas cru devoir adopter une déclaration de principes à l’adresse de notre armée nationale. 

2) Est-il admissible que nous acceptions les tentatives ourdies ici et là et tendant à rendre «digérables» au peuple togolais les crimes qui ont permis le maintien du clan gnassingbe à la tête du pays avec son lot de honte et de malheurs ? Car, c’est bien de cela qu’il s’agit,  lorsque l’on évoque la question de l’impunité?

3)
Quand bien même dans son principe, le peuple togolais serait favorable a une réconciliation nationale, n'est-ce pas plutôt aux auteurs des crimes reconnus de faire acte de contrition et aux victimes de pardonner?

Notre devoir aujourd’hui et maintenant, c’est toujours de dire « NON » à  la manipulation et à la volonte morbide d’un clan plutôt soucieux de perpetuer un système  que la nature et les principes universels ont déjà condamné. Nous devons toujours garder présent à l'esprit que l''unanimisme est le pire ennemi de l'unité. Celle-ci pour être dynamique exige de nous un courage lucide et une capacité collective à identifier nos contradictions internes, au demeurant naturelles dans tout mouvement de masse, à en débattre et les transcender.

C’est pourquoi la convention pour une federation africaine (CFA) en appelle à la mise sur pied d’une opposition rénovée appuyée sur un front avec pour noyau central, l’UFC, la CDPA, la CDPA-BT,et la CFA, avec le seul souci de rester digne des sacrifices de notre peuple et de  sa jeunesse combattante. Des contacts sont déjà pris dans ce sens et nous espérons que les uns et les autres sauront tirer les lecons de nos échecs de ces 15 dernières années  pour enfin promouvoir l’esprit et l’attitude que requièrent les enjeux sus-rappelés.

  A Essen (Allemagne), le 22 juillet 2006
Pour la CFA le Secrétaire Executif,
Maxmibube Ayité Sitti

 
 
 
 

 

 
 

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