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Monsieur le Commissaire,
Nos trois partis, le CAR, la
CDPA et l’UFC ont l’honneur de réitérer à l’Union
Européenne leur reconnaissance pour les efforts qu’elle
ne cesse de déployer pour aider le Togo à sortir de la
crise sociopolitique qu’il traverse depuis des années.
Cette crise, nul ne l’ignore, est
liée au refus persistant du régime en place à consentir
à un système électoral susceptible de garantir des
élections régulières aux résultats acceptables par tous.
Aussi est-ce à juste titre que pour remédier à ce
déficit démocratique, l’UE a placé au centre des 22
engagements et a recommandé comme thème prioritaire du
dialogue national, l’élaboration d’un cadre électoral
consensuel.
Il a fallu, malgré l’importance du sujet, attendre le 15
décembre 2004 soit 8 mois après les consultations du 14
avril 2004 à Bruxelles pour que le Gouvernement aborde
avec l’Opposition, le débat sur le contenu du cadre
électoral.
Nonobstant le court délai de 48
heures de préparation qui leur est imparti, nos trois
partis ont tout mis en œuvre pour remettre dès
l’ouverture de la réunion, au Chef du Gouvernement un
document contenant des propositions en 11 points
concernant le cadre électoral, dont copie en annexe.
Et étant donné que le cadre électoral à élaborer doit
être acceptable par tous, nos trois partis ont précisé
dans le document qu’au cas où les propositions formulées
ne rencontreraient pas l’accord de la délégation du
pouvoir, il faudrait avant toute discussion au fond
s’entendre sur une méthode de recherche du consensus
requis.
En réponse
aux propositions de nos trois formations politiques, la
délégation du parti au pouvoir le RPT a déclaré qu’elle
venait d’en avoir copie et qu’elle n’était pas en mesure
de réagir sur le champ.
Nos trois partis avaient compris qu’elle voulait à se
faire accorder par report de la séance, un délai
d’examen des propositions.
De façon pour le moins étrange, le parti au pouvoir
s’est vivement élevé contre cette compréhension de sa
position en déclarant en des termes violents qu’il n’a
pas demandé le report de la réunion. Invité alors par
plusieurs intervenants à indiquer parmi les propositions
celles qu’il accepte pour permettre d’identifier les
points nécessitant la recherche d’un consensus, il s’y
est refusé tout en continuant à marteler qu’il n’entend
pas demander un report de la séance.
La manœuvre d’obstruction était manifeste. Elle était
d’autant plus pénible que le Premier Ministre s’y est
prêté en s’abstenant délibérément de convier le parti au
pouvoir à dire clairement ce qu’il voulait.
Et c’est après avoir laissé la
délégation du pouvoir entretenir ce climat délétère
pendant plus de 4 heures que le Premier Ministre a fini
par clôturer la réunion sans la moindre indication sur
la suite des échanges concernant le cadre électoral.
L’attitude de la mouvance
présidentielle lors de cette réunion nous a permis de
comprendre que l’objectif poursuivi n’était pas de
discuter du cadre électoral. Cette réunion est à usage
extérieur, destinée à appuyer l’activiste actuel des
autorités togolaises auprès de l’Union Européenne, en
vue d’obtenir la notification du reliquat du 9e
FED sans satisfaire aux conditions énoncées par l’Union
Européenne dans la ‘’feuille de route’’ annexée à la
décision du Conseil de l’Europe en date du 15 novembre
2004.
Les conditions dans lesquelles la
réunion du 15 décembre 2004 s’est déroulée ont en
réalité illustré une fois de plus que le parti au
pouvoir n’est réellement pas disposé à œuvrer à
l’élaboration d’un cadre électoral acceptable par toutes
les parties.
Nous avons jugé nécessaire de
vous en informer.
Veuillez agréer, Monsieur le
Commissaire, l’expression de nos considérations
distinguées.
Pour |