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30 déc . 2004

Les relations UE-Togo relèvent d’un  monde d’hypocrisie fait de faux débats
Onyadon Alias

Comme il fallait s’y attendre, la décision floue du conseil de l’Union Européenne, en date du 15 Novembre 2004, faisant rebondir en réalité des nouvelles conditions strictes, sévères,
pour une reprise effective de la coopération économique avec le régime autocratique de Lomé 2 a provoqué un grand tollé au sein de la population qui paie aujourd’hui un lourd fardeau par manque de volonté de nos dirigeants qui ne cessent de s’embourber non seulement, dans la multiplication des erreurs mais aussi et surtout , dans l’entêtement absolue ne tenant pas compte de l’intérêt national.

C’est ainsi que,
l'annonce de la nouvelle, dans une situation sociale déjà extrêmement tendue, a immédiatement donné lieu à des  interprétations divergentes des données du problème dans le milieu politique Togolais, faisant une fois de plus apparaître le spectre d’une guerre de communiqués contradictoires faits de tensions et d’incompréhensions.

De ce fait
, les observateurs de la scène politique de notre pays s’inquiètent énormément de la tournure des avènements et tout le monde s’accorde à reconnaître publiquement que le Togo ne fait que subir les conséquences d’une politique étrangère structurellement lacunaire des démocraties européennes qui ne parviennent pas souvent à réaliser des stratégies diplomatiques communes (absence d’une véritable politique étrangère commune). Soulignons, à cet endroit précis, la force de constater maintenant que certains pays de l’UE font fi de façon malhonnête de l’évolution de la mentalité africaine, et continuent de consolider leurs méthodes de domination dans certains pays Africains , surtout francophones (comme c’est le cas flagrant du Togo) à travers des politiques néo-coloniales conservatrices très frileuses qui se contentent de  gérer le court terme et de colmater les brèches dont les issues sont inexorablement vouées à un échec cuisant, empilé  dans une panoplie de tactiques « de marginalisation » ou le sort des Africains  végètent  dans l’arbitraire faite d’une  situation désastreuse.

Dans cette cacophonie ou on sert les intérêts des autres
au détriment d’une population meurtrie et affamée injustement, les tenants de l’ordre ancien pensent tirer profit de la situation en criant honteusement déjà à la victoire.

Pour le vieux dictateur Général, président à vie, qui continue de gouverner illégitimement un peuple par la bénédiction de Chirac dont les choix personnels sont d’ailleurs critiqués actuellement par ses propres amis (Nicola Sarkozi), ou qualifiés de dérive monarchique par François Bayirou , et, les faucons « de l’école du parti » rodant chaque jour
autour du palais présidentiel, la décision controversée des vingt-cinq, est l’ultime occasion d’accélérer de  la plus belle manière, l’ensemble des techniques innovatrices de montages de toutes sortes afin de masquer les vraies réalités de l’environnement politique du pays.

Les responsables du RPT, parti unique confondu à l’Etat, et les institutions monocolores du pays, ont de ce fait instauré un climat de mensonges qui consistent à mobiliser massivement le peuple désespéré, pour faire croire à l’opinion nationale que les conditions de vie des citoyens seront désormais améliorées en raison de cette flatteuse  décision du vieux continent qualifiée selon les propres termes de Lomé
2de «  la reprise totale  de la coopération économique.» Il convient de noter dans cette attitude, concrètement parlant, que l’incohérence entre l’objectivité de la réalité sur le terrain et les spectacles organisés par les théoriciens de la manipulation est manifestement à l’origine du malheur qui a frappé plusieurs familles de nos compatriotes compressés inhumainement à des fins inutiles dans les jardins de la présidence de la république. Et comme, pour donner une autre connotation à l’événement en terme d’ironie, une journaliste française de TV5 déclarait : « Ce qui devait être une fête nationale s’est transformé en un drame » Dans tout cela le peuple pris impitoyablement dans un étau ne risque t-il pas de voir probablement son opposition affaiblie par toutes ces actions provocatrices ?

Alors que sympathisants nationaux et internationaux redoutaient une détérioration de l’audace, du moral des forces du réel changement, celles
-ci se sont au contraire lancées dans une rigoureuse offensive généralisée, sans merci, qui aboutira incontestablement à la chute   certaine du pouvoir despotique en place. Il nous est d’ailleurs donné de constater que cela a permis de renforcer une véritable alliance circonstancielle des formations de l’opposition traditionnellement reconnues pour leurs hostilités aux pratiques totalitaires d’un système dominé par l’armée.

On s’est rendu compte que du  principal opposant historique
et charismatique Gilchrist  Olympio, en passant par le rigoureux professeur Léopold Mèssan Gnininvi, le redoutable maître Agboyibo Yawo, à la nouvelle force rénovatrice de maître Abi Tchessi, l’heure de canaliser tous les efforts consentis  jusqu’ici, a sonné et l’on doit désormais œuvrer dans un cadre idéal de lutte commune pouvant aboutir à l’instauration de  la démocratie qui garantira la transparence des élections et les principes fondamentaux d’un Etat de droit tant souhaité par la majorité des Togolais.

Pour les leaders de l’opposition vraie, les mouvements et les associations engagés dans un combat dure contre la tyrannie d’Eyadema, c’est un point de non retour, et le moment est bien tombé pour faire comprendre au peuple que, à l’instar de certains pays d’Afrique qui connaissent des mutations ces derniers temps, le Togo ne veut plus des dictateurs, le Togo doit renoncer à l’arbitraire, à la brutalité
qui induisent systématiquement la destruction des vies humaines, la gestion opaque des ressources de l’Etat ou la corruption, et enfin le Togo doit impérativement  prôner les principes des valeurs démocratiques. Reconnaissons clairement, que, d’une manière générale, le vrai problème du Togo aujourd’hui est que, bientôt 40 ans, le dictateur Eyadema règne sans partage et le système politique dominé par l’armée n’est pas prêt à accepter le jeux de la démocratie et du pluralisme politique. Ajoutons aussi la question fondamentale des élections qui sont régulièrement  truquées, pour ne pas dire, volées et l’ illustration flagrante  de cette mauvaise foi, est la modification de la constitution par le régime actuel, pour se maintenir au pouvoir.

Une analyse objective de l’évolution de la  situation politique Togolaise, nous amène à interroger l’UE en ces termes : En quoi, elle peut garantir aux Togolais la transparence des élections législatives actuellement envisagées par le pouvoir
; et si le peuple doit encore revivre un énième cauchemar, à quels jeux cette institution crédible et respecté se livre face au désir de la population d’obtenir coûte que coûte un réel changement ? L’Europe  doit être plus concrète dans ces actes, en évitant surtout de nourrir aux gens des espoirs qui placeront inutilement ceux-ci à leur disposition. C’est en étant le vraie catalyseur de la démocratie différente de la propagande, que l’action de Bruxelles sera  positivement appréciée sur le plan international.

La nouvelle génération ne cherche a  aspirer qu’à la liberté, elle désire aussi la mise en place des conditions de vie heureuse dans une société moderne faite de tolérance, de respect des lois, d’autrui, de même que
des engagements. Nous invitons incessamment cette jeunesse à laquelle nous appartenons, à  ne pas se lasser aller au découragement, à  prendre conscience de la responsabilité qui lui incombe afin de participer à la mise en place des principes du monde libre pour les générations futures, car si la nuit paraît trop longue, nous devons avoir en esprit la déclaration d’ un haut responsable politique Européen  qui disait «Mieux vaut tard que jamais » Nous devons être vigilants, mobilisés désormais à travers nos modestes contributions qui doivent vibrer en harmonie avec un soutient indéfectible  que nous ne devons pas manquer à nos leaders perçus comme les  tenants de l’ordre du renouveau.

Pour finir nous réaffirmons notre foi en la démocratie, notre engagement en faveur d’un changement réel au Togo malgré  que nous
ayons été victimes de l’arbitraire et que notre vie demeure dangereusement menacée au regard d’énormes risques puis ennuis encourus. L’obligation nous est ici de faire ce serment: Quelque soit ce qui nous arrive du moins celui qui osera mettre fin à notre vie en raison de notre conviction politique, ou participera de très près ou de très loin à ces actes crapuleux fréquents au Togo, nous demandons avec insistance  aux hommes de bon cœur animés par la justice, aux associations puis organismes de lutte contre l’arbitraire d’ exiger que les responsabilités soient situées afin que justice soit faite.

Je souhaite une bonne et heureuse année à tous les Togolais sans exclusion
ONYADON ALIAS
La voie des jeunes défenseurs des valeurs démocratiques
aliasonya2000@yahoo.fr

 

 
 
 

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