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19 juillet 2004

Les constats de la NDP de Gilbert A. au sujet des 22 engagements

Déclaration à l'issue de la marche de ce matin du 17 juillet 2004

Au titre de l’article 96 de la convention de Cotonou, notre pays le Togo plongé dans une crise socio-politique et sous sanction de l’Union Européenne depuis plus d’une décennie est entré en consultations avec l’Union Européenne le 14 avril 2004. Le Gouvernement Togolais a volontairement pris à Bruxelles 22 engagements visant au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit au togo.  Le Gouvernement s’est également engagé à fournir des rapports le 1er juin et le 1er juillet 2004 aux instances européennes sur les progrès réalisés dans les différents domaines du dialogue et sur l’accomplissement des engagements.

Un premier rapport a été transmis par le Gouvernement Togolais le 1er juin 2004 a une mission d’évaluation de l’Union Européenne au Togo.

Le 27 mai 2004 , le Président de la République a procédé à l’ouverture officielle du Dialogue National et a chargé le Premier Ministre de conduire le processus jusqu’à son terme. Malgré la bonne disponibilité des partis politiques de l’opposition, le Premier Ministre en lieu et place d’un vrai dialogue tel que libellé dans l’engagement 1.1, a préféré procéder à des consultations  qui font croire à l’ensemble des acteurs qu’on était en pré dialogue.

Contre toute attente, le Gouvernement transmet à toutes les organisations sa synthèse des consultations qu’il présente comme le résultat du Dialogue National.

 Cette synthèse qui a surpris plus d’un, traduit la volonté manifeste du Gouvernement de se soustraire subtilement de l’application de l’engagement 1.1 base fondamentale de la réussite du processus en cours.

Le 14 juillet 2004 marquait la fin des consultations entre l’UE et le Gouvernement Togolais. A l’heure du bilan et au regard des différents rapports fournis par les autorités Togolaises, la NDP constate avec inquiétude qu’aucun progrès notable et tangible n’a été véritablement accompli dans l’application des 22 engagements.

Face à cette situation, il importe aujourd’hui d’attirer l’attention de la Communauté Nationale et Internationale sur le double langage que tient régulièrement le Gouvernement Togolais pour se soustraire des engagements qu’il a toujours pris et juré de respecter. Pour illustrer ce constat , la NDP dresse le bilan de la tentative d’application de certains des engagements par les autorités Togolaises. 

1.Engagement 1.1:

Dans le but d’assurer le plein respect des principes démocratiques, annonce sans délai d’une reprise  ouverte et crédible du dialogue national avec l’opposition traditionnel et la société civile dans un cadre structuré et transparent :

Constat : Le Gouvernement substitue à cet engagement censé constituer le cadre de discussion des problèmes fondamentaux qui sous-tendent la crise , une application unilatérale de certains engagements sous la dénomination de dialogue thématique et sectoriel ; ce qui est contraire au libellé de l’engagement 1.1. Cette habileté du Gouvernement Togolais à éviter un vrai débat national n’est pas de nature à décrisper la situation politique de notre pays. 

2.Engagement 1.3:

Engagement de procéder en partant de l’accord cadre de Lomé à une révision du cadre électoral garantissant un processus électoral transparent et démocratique et acceptable pour toutes les parties dans un délai de 6 mois.

Constat : La NDP constate que le Gouvernement au titre de cet engagement a adressé une invitation aux partis politiques et associations à prendre part à une consultation le mercredi 30 juin au CASEF.  Le Premier Ministre sans aucune discussion préalable a demandé à chacune des organisations d’envoyer un représentant pour siéger au sein d’un comité technique chargé de revoir le code électoral. Malgré les réserves de certains organisations politiques, le Gouvernement est resté dans sa logique de fuite en avant en procédant le lundi 12 juillet 2004  à l’installation de ce comité. 

3.Engagement 1.4 :

Engagement de garantir à tous les partis politiques l’accès aux médias publics et d’instaurer un système équilibré d’accès aux fonds publics prévus pour le financement des partis politiques.

Constat : La NDP constate que le Gouvernement s’attelle timidement à mettre en application cet engagement tout en continuant de tolérer la lecture de déclarations injurieuses sur les médias d’Etat. 

4. Engagement 2.2:

Engagement de libérer l’ensemble des prisonniers politiques, clairement détenus en raison de leur opposition , de propos critiques à l’égard du gouvernement ou d’autres raisons qui ne justifient pas une détention. La liste des détenus concernés par cette mesure devrait être établie en collaboration avec une ou plusieurs ONG reconnues, compétentes en la matière et acceptée par toutes les parties. Cet engagement devrait être respecté dans un délai ne dépassant pas 6 semaines.

Constat : Sur ce point le Gouvernement Togolais dans un rapport transmis aux instances de l’UE le 1er juin 2004 dernier affirme avoir libérer l’ensemble des détenus politiques au Togo. La NDP constate que contrairement à ces affirmations, il existe encore dans nos prisons des citoyens arrêtés soit pour leurs opinions soit pour leurs relations supposées avec des partis politiques de l’opposition. 

5.Engagement 2.5:

Engagement de revoir le mandat et le statut de la CNDH en vue de garantir son indépendance effective par rapport aux autorités administratives dans un délai de 9 mois.

Constat : La NDP constate que le Gouvernement vient de mettre en place une commission technique chargée de revoir le mandat et le statut de la CNDH.  Contrairement aux affirmations du Ministre Chargé de la Promotion de l’Etat de Droit et de la Démocratie, aucun parti politique de l’opposition et aucune association de la société civile n’a été consulté avant la mise sur pied de cette commission. Le Gouvernement, au gré de son humeur, choisit qui il veut pour siéger dans cette commission. 

6.Engagement 2.6:

Engagement de faire poursuivre par des mesures juridiques ou disciplinaires les auteurs avérés des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des traitements inhumains. Cet engagement devrait aussi comprendre l’amendement des textes législatifs et réglementaires respectifs là où cela est nécessaire.

Constat : Aucune mesure juridique ou disciplinaire n’a été prise jusqu’à présent contre les auteurs de ces actes. Il est important que des dispositions soient prises dans un bref délai pour amender les textes législatifs en question. 

7.Engagement 2.7:

Engagement d’assurer par des mesures adéquates à préciser ultérieurement un fonctionnement de la justice impartial et indépendant du pouvoir exécutif. Un diagnostic permettant l’établissement  d’un plan d’action est attendu avant la fin des consultations.

Constat : A la fin de ces consultations le 14 juillet dernier, la NDP note avec inquiétude qu’aucune disposition n’est, jusqu’à présent, prise par le Gouvernement en accord avec les organisations politiques et de la société civile pour  revoir à travers des mesures concrètes le fonctionnement normal de la justice. Cette justice aux ordres du pouvoir au lieu de protéger les citoyens a contribué à faire plus de tort aux Togolais et aux différents processus électoraux que nous avons connus. Il est nécessaire donc que cet engagement soit traduit dans les faits dans un bref délai. 

8. Engagement 3.6:

Engagement de revoir dans un délai de 6 mois le mandat et le statut de la HAAC en vue de garantir son indépendance effective par rapport aux autorités administratives et à toutes les forces politiques.

Constat : le Ministre de la Communication et de la Formation civique a, de manière unilatérale, installé une commission technique visant à revoir le statut et le mandat de la HAAC.

La NDP estime qu’au regard de tout ce que nous assistons sur les médias publics, le statut et le mandat de la HAAC ne peuvent être uniquement l’affaire des spécialistes de la communication. 

Au vu de tout ce qui précède, il ressort ce qui suit.

-         le dialogue suppose deux protagonistes au moins et éventuellement  un médiateur. Mais dans le cas d’espèce de ce que nous assistons, le Gouvernement se comporte comme un maître d’école qui convoque des élèves pour les interroger sur des questions précises et se charge de faire une synthèse en foulant ainsi aux pieds les principes du dialogue.

-         La NDP estime que la crise togolaise est tellement grave qu’on veuille la résoudre avec tant de légèreté.

-         La NDP constate que le pouvoir en choisissant cette nouvelle manœuvre de dilatoire et de diversion visant à tourner en bourrique les acteurs , démontre une fois de plus que son souci majeur n’est pas le bien être de tous les Togolais mais son maintien au pouvoir quelque soit le prix à payer. 

Face à ce nouveau marché de dupes qui risque de déboucher sur la non reprise de la coopération entre notre pays et son principal bailleur de fonds (UE), la NDP demande expressément au Gouvernement de :

1-      Prendre un acte  politique visant à libérer tous les détenus politiques.

2-      Libérer l’ensemble des étudiants récemment condamnés afin qu’ils puissent passer leurs examens de 2eme session.

3-      Reprendre le dialogue de façon crédible et transparent selon les termes de l’engagement 1.1

4-      Rechercher le consensus dans l’application des autres engagements. 

Fait à Lomé le 17 juillet 2004 

La NDP
Le Président
Gilbert K. ATSU

15 juillet 2004

NDP NDP NDP
NOUVELLE DYNAMIQUE POPULAIRE  

BP : 12955 Lomé- TOGO Tél. : 947 43 06 Fax : 225 93 30
e-mail
ndp.as@caramail.com  
APPEL A UNE GRANDE MARCHE DE PROTESTATION PACIFIQUE 

Peuple togolais , le 14 juillet 2004 sera la fin des consultations entre notre pays et l'Union Européenne.

Nous avons le regret de constater avec amertume que le gouvernement ne respecte pas à la lettre le 22 engagements pris à Bruxelles le 14 avril 2004.

Face à ce constat, la population togolaise ne peut rester inactive car du respect de ces 22 engagements dépend son avenir.

Conscient du fait que la liberté ne s'octroie jamais, et que seule la mobilisation populaire peut faire reculer le régime RPT , la NDP appelle l'ensemble de la population de Lomé et de ses environs et en particulier la jeunesse à se mobiliser pour une marche pacifique de protestation contre:

  • la manière cavalière dont le gouvernement conduit le dialogue
  • la volonté tacite d'exclure certaines organisations
  • la lenteur dans la mise en application des 22 engagements
  • le double langage du gouvernement visant à tourner en bourrique l'ensemble des togolais et la Communauté Internationale.

Date: samedi 17 juillet 2004

Départ: Château d'eau de Bé

Avenue Augustino de Souza, Boulevard Félix Houphouët Boigny, Boulevard circulaire, LONATO, Avenue Nicolas Grunisky,

Point de chute: la primature (siège du gouvernement)

Tous à cette marche pour dénoncer les méthodes du pouvoir et exiger l'application stricte des 22 engagements.

fait à lomé le 13 juillet 2004
la NDP
LE Président
Gilbert K. ATSU

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