Je voudrais joindre ma
modeste voix à celle de Raoul pour appuyer
sa position pour la recherche d'actions
concrètes sur laquelle il nous faut, à mon
avis, orienter nos débats.
Beaucoup ont déja écrit sur les profondes
raisons qui sont la cause de la non-démocratisation
au Togo. Donc avec votre permission, je ne
vais pas ici chercher à faire endosser cette
responsabilité à X ou Y. Je crois plutot que
nous devions chercher les voies et moyens
pour trouver des approches et tactiques qui
nous débarasseront une fois pour toute de la
tyranie et de la médiocrité au Togo.
Il faut aussi avouer que tout n’est pas
échec au Togo. A mon humble avis, la
démocratisation est comme un fleuve en cru.
Son cour échappe à tous les controles et
dément toutes les prévisions. Je ne veux pas
dire que nous devions nous résigner aux
parodies démocratiques qu’on nous impose au
Togo et attendre la providence pour nous
amener avoir Ablodé Blibo.
Ce combat contre la dictature a connu ses
débuts depuis le 13 Janvier 1963. Depuis le
5 Octobre le peuple togolais a elevé son
combat avec d’autres moyens de lutte. Il
nous faut donc faire le recul et voir la ou
nous avions échoué dans nos stratégies, y
tirer les leçons qui s’imposent; voir la ou
nous avions eu des réussites pour voir si
nous pouvions continuer à utiliser les memes
méthodes. Il nous faut aussi voir ce que
d’autres, plus loin ou plus proche de nous
ont fait pour réussir leur combat.
Ce n’est pas facile de lutter contre une
dictature aussi vieille comme celle du Togo.
Il nous faut donc s’attendre à tout. Ce
n’est pas notre engagement contre la
dictature qui est la fin, mais ce que notre
engagement demande comme sacrifice, solide
conviction et persévérance.
Je
voudrais saisir l’occasion pour m’exprimer
sur un sujet qui cause friction au sein des
Togolais de la diaspora: le refus
d’engagement de quelques togolais. Je sais
bien qu’il est difficle d’admettre que des
togolais se disant réfugiés politiques, ne
veulent rien faire pour contribuer à
l’avancement de cette même cause qui aurait
causé leur départ du Togo. Ce n’est
certainement pas ce que beaucoup veulent
entendre, mais Il nous faut plutot laisser
ce débat à la postérité d’en porter son
jugement. Ne passons pas notre temps sur ce
sujet. On ne peut pas forcer d’honnetes gens
à lutter pour libérer leur pays. Cela se
fait spontanément. Dans la plupart des cas,
ce sont ces personnes qui détruisent la
lutte.
Si
deux ou trois personnes se retrouvent à la
fin pour organiser le combat, cela va
reussir, si et seulement si, ils
s’organisent bien et travaillent avec
efficacité. Par exemple, le 5 Octobre n’a
pas été organisé avec une centaine de
personnes.
En clair, nous avons besoin de solide
organisation, de cohésion, de vision et de
stratégies.
Je vais aussi inviter les uns et les autres
à prendre conseils chez les autres peuples
en lutte: les Palestiniens, les Israeliens,
les Irlandais, les Sud-Africains, les
Malgaches et que sais-je encore. Ceci parce
que ces peuples ont su avoir des
organisations avec lesquelles ils ont réussi
à collecter de l’argent. Nous pouvions avoir
une bonne organisation, de solide conviction
et des idées nobles, mais nous ne pouvons
rien faire si nous n’avons pas les fonds
nécessaires pour mettre en marche nos
volontés. Je pense que la DIASTODE a bien
commencé quelques choses en ce sens, mais
cela va demander beaucoup plus.
Enfin, les Togolais de la diaspora doivent
devenir un instrument ou vehicule de la
lutte au Togo. Il faut "internationaliser la
crise togolaise." Plus il y aura des gens
qui sauront sur le Togo, plus on gagnera
l’opinion dans ces sociétés. La plupart des
membres de ce groupe sont des étudiants qui
peuvent utiliser leurs organisations au sein
des campus pour attirer l’opinion sur le cas
Togolais et surtout les inviter à contacter
leur élus politiques pour faire ce que nous
VOULIONS qu’il fasse avec nous.
Je vous remercie,
Lionel Akpabie