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Réaction du Président du CAR à
l’annonce de la dissolution de l’Assemblée Nationale à
la suite du Conseil des Ministres du 22 décembre 2004
La dissolution annoncée de l’Assemblée
RPT du 27 octobre 2002 à la suite du Conseil des
Ministres du 22 décembre 2004 n’est pour l’instant
qu’une simple intention du Chef de l’Etat. Il faut
attendre les mois à venir pour voir si ce dernier est
réellement à même de prendre le risque de sacrifier une
Assemblée monocolore dont il se sert pour gérer le pays
à sa guise. Je crains que pour l’instant il ne s’agisse
davantage d’un clin d’œil de charme en direction de
l’Union Européenne.
Car, on se rappelle encore tous de la
déclaration solennelle faite par le Chef de l’Etat lors
des discussions inter togolaises de juillet 1999. Il
avait alors annoncé aux populations togolaises et au
monde entier qu’il allait dissoudre quelques mois après
l’Assemblée RPT nommée en mars 1999. De nombreux
observateurs s’étaient montrés sceptiques sur les
lendemains de cette annonce. Pendant près de 3 ans, le
Chef de l’Etat s’est attelé à vider les élections
anticipées annoncées de tout intérêt en mettant par
terre l’Accord cadre et le Code consensuel de 05 avril
2000. Et c’est une fois qu’il a ainsi acculé
l’opposition à s’abstenir de déposer ses dossiers de
candidatures, qu’il a procédé le 09 octobre 2002 à la
dissolution de l’Assemblée en vue des nouvelles
élections législatives qui eurent lieu quelques jours
après, le 27 octobre 2002.
On se demande s’il n’est pas aujourd’hui
dans la même logique de manipulation.
Ce qui est pour le moment primordial et
peut permettre de savoir si le Chef de l’Etat est
réellement préoccupé de faire remplacer l’Assemblée
monocolore actuelle par une Assemblée pluraliste
reflétant la configuration politique du pays, c’est
l’achèvement du cadre électoral consensuel par le
dialogue national en cours. A la suite de quoi pourra
être installée la CENI à habiliter pour fixer les dates
des élections. Ce que l’Union Européenne attend du Togo,
ce sont ces dates et non une période électorale annoncée
de façon vague et sans base légale par le Chef de
l’Etat. |