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Sauf un changement de dernier moment, une
délégation de « sbires stipendiés de la
dictature » togolaise, avec à sa tête, le
Premier ministre Koffi Sama, sera le 2
octobre à Bruxelles, siège de l’Union
européenne. Elle aura des entretiens avec
les principaux responsables de la
commission, notamment son Président
l’italien Romano Prodi .
L’envoyé du pouvoir togolais corrompu
viendra à Bruxelles avec pour mission de
préparer les esprits en vue d’une levée
prochaine des sanctions économiques qui
planent depuis plus d’une décennie sur le
Togo en raison du refus obstiné de ses
dirigeants, qui voulant à tout prix demeurer
au pouvoir, dirigent les affaires de manière
monarcho-despotique.
Selon le programme concocté, les sbires de
Lomé 2, auront à effectuer leur mission en
deux étapes. Il s’agira pour eux, dans une
première phase, d’informer les responsables
de la Commission européenne sur la tenue
prochaine des élections locales telles
qu’annoncées au lendemain du controversé
scrutin présidentiel du 1er Juin
2003, sur injonction de Paris; d’organiser
des élections locales avec la participation
de l’opposition pour apaiser la furie de
cette dernière. C’est à ce titre que
l’Assemblée nationale issue des législatives
du 27 octobre 2002 a procédé le 15 septembre
dernier au renouvellement des membres de
la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI).
Des neufs membres qui siègent au sein de
cet organe de supervision électorale
présidé par le juge Abalo Pétchélébia, on y
note quatre représentants du Rassemblement
du Peuple Togolais (RPT), fidèle à
sa gourmandise; deux de l’opposition
traditionnelle: à savoir Ata Messan Zeus
Ajavon de la Convention Patriotique
Panafricaine (CPP) d’Edem Kodjo et
Henri Kinam Kolani du Parti pour la
Démocratie et le Renouveau (PDR) de
Zarifou Ayéva. Deux mouvements politiques
prêts à appuyer le vieux pouvoir togolais
dans sa recherche de l’ « onction » de la
communauté internationale, et un membre de
l’opposition dite constructive, représentée
au sein de l’actuelle assemblée.
Elle sera
ardue la mission qu’entend effectuer la
délégation du pouvoir RPT à Bruxelles. Pour
appâter ses interlocuteurs, Koffi Sama,
entend selon les prescriptions à lui données,
insister sur la « transparence » et la « régularité »
qui vont entourer les prochaines
consultations électorales. Selon le schéma
arrêté, la dictature togolaise entend
laisser les partis participationnistes à ce
nouveau marché de dupes, gagner dans
certaines localités du pays dont Lomé la
capitale, histoire d’apaiser les nombreuses
tension nées après la proclamation des
résultats du dernier scrutin présidentiel du
1er juin 2003, favorables au
dictateur Eyadema au pouvoir depuis avril
1967 qui par deux fois déjà a
frauduleusement gagné en août 1993 et en
juin 1998.
Au terme des
résultats qui découleront des prochaines
élections locales, Koffi Sama retournera de
nouveau à Bruxelles pour effectuer la
deuxième phase de sa mission. Il rencontrera
alors ses interlocuteurs de l’UE avec comme
argument, la tenue des élections avec la
participation comme promise de l’opposition
traditionnelle. Avec l’appui de la France
chiraquienne dont le soutien au régime
Eyadema est connu de tous, la délégation des
« sbires stipendiés de la dictature »
togolaise, entrera dans une nouvelle
bataille, celle d’obtenir la levée des
sanctions économiques prises à l’encontre du
Togo après l’humiliante séquestration des
membres du Haut Conseil de la République (HCR)
-Parlement de Transition- en octobre 1992
par des militaires en mission commandée et
la répression sanglante d’une manifestation
pacifique de l’opposition en janvier 1993 à
la Place Fréau à Lomé.
Pour mémoire,
le despote Eyadema, après les tentatives
infructueuses de ses collaborateurs dont feu
Koffi Panou auprès des responsables de la
Commission européenne pour la levée des
sanctions économiques, avait pris sur lui,
le « devoir » de se rendre à Bruxelles pour
peser de tout son poids dans la balance.
Reçu le 24 juin 2002 par Romano Prodi, le
vieux dinosaure qui était retourné
bredouille dans son bunker de Lomé 2, avait
été conspué par de nombreux manifestants
togolais de la diaspora, descendus dans les
rues de Bruxelles.
Pourtant « réélu »
le 1er juin 2003 après avoir
obtenu la modification de la Constitution
togolaise, le plus vieux chef d’Etat en
poste en Afrique, qui se remet d’une
affection pulmonaire qui l’a récemment
contraint à se faire soigner dans une
clinique catholique en Italie, veut une
nouvelle fois, par des manèges, faire croire
à la communauté internationale que son
régime a la volonté de faire « évoluer » le
Togo selon les principes de la démocratie.
Narcisse
Toï
Tomdè (Kara)
le 27.09.03
narcisse_to@yahoo.fr |