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Hommage au
combattant et ami Tchagnao BABA
Atounouvi Joseph
Le décès de Tchagnao BABA
(Maître) ce samedi 12.07.2003 à Düsseldorf en
Allemagne est un choc indescriptible voire un
séisme. Nous ne voulions pas y croire ni
l’accepter, mais malheureusement c’est un de ces
destins tragiques et incommensurables que les
« mortels » – que nous sommes – ne peuvent
influencer.
S’il est de
notoriéte publique que l’on ne dit généralement
d’un mort que du bien (par courtoisie), il y a
surtout de ces morts qui de part leur vie, très
courte mais remplie, ne méritent rien que du
respects, admiration et qui inspirent plus d’un.
Car même si on veut leur trouver des tords, on
n’y parvient tout simplement pas.
« Maître » fait
parti des ces très rares personnalités de la
scène politique togolaise, qui portent l’homme
dans leur cœur, sans distinction aucune. Il est
d’une intelligence vivace, d’une extraordinaire
honnêteté intellectuelle et politique. Et
comment ne pas faire cas de sa candeur, de son
humilité, de sa grâce du cœur et d’esprit.
Certes Seul Dieu peut porter le dernier jugement,
mais encore une fois il y a de ces «hommes »
rares qui par leur vie laissent une odeur
indélébile.
Tchagnao BABA est
un des plus courageux, audacieux sans être
téméraires. On ne peut dire de lui qu’il a été
tout simplement un frère, un fils, un époux ou
un ami. Il est surtout le « Maître » et un « renard
politique ». Oh combien de fois il n’a séduit,
convaincu et inspiré par ces conseils,
réflexions, analyses, visions,...
Je ne le verrai
jamais hausser la voix, frapper du point sur la
table, dénigrer ou calomnier son interlocuteur
ou adversaire (politique). Il a le don d’écouter
l’autre, de le mettre à lettre et enfin le
convaincre. Et son sourire qui accompagnait
presque toujours ses interventions... Il est
avant la « franchise politique » et a su se
mettre au dessus de toutes influences
politico-socio-ethnique. Il a des amis dans tous
les camps politiques du Togo, qui affectionnent
d’ailleurs sa compagnie. Il est devenu par ces
temps difficiles de la vie politique togolaise
le nœud entre les différents courants au sein de
la diaspora togolaise en Allemagne.
Emile Olivier
disait « ... les êtres humains peuvent être
divisés en deux catégories : les sédentaires et
les errants,... ». Tchagnao BABA devint de part
sa conviction et son engagement politique un « errants
dans le sens « d’Emile ». Et restons toujours
avec Emile Olivier qui dira une autre fois : « J’ai
traversé ma vie en courant, coudes au corps,
sans jamais me retourner. » Oh que le « maître »
est arrivé trop vite et trop tôt au bout. Quel
destin.... ?
Ce destin l’a
toujours placé aux moments et lieux décisifs et/ou
tragiques de l’histoire politique récente du
Togo. Lorsque la contestation ouverte était
amorcée en 1990, il fut étudiant sur le Campus
et fit parti des combattants des premières
heures. Il a pris des risques énormes et les
avaient assumés et il en paiera malheureusement
un prix exorbitant, comme très peu l’ont eu à
faire.
Il était du
convoi de l’UFC attaqué au nord du Togo le
05.05.92 par des éléments des Formes armées
togolaises (FAT), - attaque connue sous le nom
de : l’attentat de Soudou. Il y sera blessé et
fuira le Togo pour vivre après en exil. Il
suivra d’ailleurs en Allemagne plusieurs
opérations au pieds pour en retrouver l’usage
normal.
Malgré tout cela
il ne baissera jamais la garde et ne laisse
percevoir d’aucune manière que ce soit le poids
de ce « destin tragique ». Il préféra le rire
aux larmes, sans être fataliste. Il était et est
toujours porteur d’espoir et de visions. Ce qui
l’a surtout embarrassé, est le fait qu’ « il
y a au Togo énormément plus d’activistes
politiques que de militants » ; aimait-il a
dire. Aussi longtemps qu’on y remédiera pas, le
changement sera difficile à entreprendre au
Togo. Ta mort subite et douloureuse nous rend
orphelin.
Il fait parti de
ces « héros » qui ne sont pas et ne seront peut
être pas connus de la grande masse. Il a vécu
sans tambours ni fanfares, mais à poser des
actes héroïques. Pour ce qui l’ont connu, c’est
sans conteste un jeune de la trempe de « Tavio
Amorin » en terme de conviction, de rêves, de
franchise et d’engagements politiques. Le
malheurs est qu’ils nous quittent trop tôt, ces
« fourmis infatigables et incorruptibles ». Leur
intégrité doit nous inspirer, car c’est de cette
manière l’a que nous pouvons honorer leur
mémoires.
Tchagnao BABA,
nous regrettons ton départ. Nous te remercions
du fonds du cœur pour ton engagement, tes
convictions, ta conception de la vie,... Tu as
fait et fera encore des émules.
Un de tes
admirateurs et amis,
Atounouvi Joseph,
Mönchengladbach (16.07.03)
akou01@yahoo.com
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