Au Nom de L’Holocauste rwandais je
prends acte de la mort de Jean Hélène
Ali Camus
"Le pire
n'est pas la méchanceté des hommes
mauvais, mais le silence des hommes bons."
Norbert Zongo
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Jean Hélène |
Etonnant!
Même
Dimas est tombé sous le charme d'un grand
ennemi de la Démocratie en Afrique. Quand
des régimes monarco-despotiques éhontés
atteints d'une carence sans égale comme
celui de l'ogre togolais en viennent à
compatir, mieux à pleurer la mort d'un
journaliste, il va sans dire qu'il y a
anguille sous roche.
D'abord sur la
personne du journaliste et ensuite sur les
relations qui peuvent le lier aux tyrans
africains. Le grand Norbert Zongo
n'avait pas eu cette faveur,
rappelons-nous! Dans un premier temps
Eyadéma embastille et tue tous ceux qui
luttent pour la survie du 4ième pouvoir au
Togo, en un deuxième temps son site de
propagande dit qu'il est consterné par la
mort d'un journaliste.
Tout un symbole.
Les Africains avisés apprécieront!
Qui est Jean
Hélène?
Alsacien
d'origine, Jean Hélène a fait ses premiers
pas au journal le Monde. Journal qu a fait
justement douter de sa déontologie en
octobre 1961 quand il a omis de rapporter
la mort de 200 algériens tués par la
police à Paris. Emboîtant les dérives de
ce journal où il était journaliste, Jean
Hélène est le seul homme, alors qu'il
couvrait l'holocauste rwandais pour le
compte du Monde, à ne pas avoir vu de
génocide mais plutôt une simple querelle
entre Rwandais.
Dans un cynisme
digne d'un Français, on a pu lire sous sa
plume alors que le génocide avec en amont
l'état major français, l'Elysée et
Matignon, en aval l'akazu, branche
milicienne de la veuve de Habyarimana et
le Hutu Power, écrasaient de concert la
minorité tutsi, ses quelques lignes: dans
son journal du 13 avril 1994, relisons
comment Jean Hélène tente de minimiser la
mort de 100000 hommes, chiffre que venait
de lui remettre un responsable de Médecins
sans frontières: "quelque huit morts et "deux"
la veille dans les fossés, plusieurs
villas dévastées, une petite entreprise
dévalisée". Et comme le cynisme en Afrique
est français, pour couronner la tâche qui
lui était demandée, Jean Hélène est le
seul journaliste à avoir vu le jour le
plus long dans l'histoire du Rwanda où
150000 hommes, femmes enfants tombèrent
dans l'horreur de la folie humaine sous le
coup des fusils, machettes et gourdins le
jour le plus calme du génocide.
Comme pour nier
la mort de ses vies pour le compte de
l'entreprise, c'est-à-dire l'État français
pour lequel il travaillait par le
truchement du journal le Monde, relisons
Jean Hélène ce 15 avril 1994:
«La fièvre des
massacres et des pillages semble être
cependant retombée. Il s'agit maintenant
de traquer l'ennemi: les combattants tutsi
du front patriotique rwandais».
Que dire des
éloges que Jean Hélène a fait a l'abbé
milicien Wenceslas Munyeshyaka dans le
Monde du 16 mai 1994? Non content d'avoir
effacé d'une plume la vie de 1 million de
Hutus et de Tutsi, il va même étendre son
cynisme au Burundi voisin. En Janvier
1996, il va être arrêté par les autorités
de Bujumbura. Pour connivence avec les
extrémistes hutu burundais, alors même
qu'il avait dans son sac de vrais faux
passeports, l'un sous son vrai nom
alsacien, l'autre sous son pseudonyme
formé des prénoms de son père et de sa
mère. Libéré, il va regagner en catimini
la France.
De retour en
France, Jean-Marie Colombani son directeur
de journal, va montrer à Jean Hélène des
tas de milliers de lettres des lecteurs
mécontents de sa manière partiale avec
laquelle il a couvert le génocide Rwandais.
Viré après que le Monde ait porté plainte
contre Jean-Paul Gouteux pour avoir écrit
un petit livre au titre évocateur:
"Le Monde, un contre pouvoir?
Désinformation et Manipulation sur le
génocide Rwandais". Jean Hélène y
est le personnage clé. Quelques jours
d'errance, et le voilà désormais
correspondant à la radio RFI.
Une sagesse en
pays Bassar d'où je viens dit qu'il y a
aussi des morts positives. Dès lors, je
prends acte de la mort de Jean Hélène tout
en priant pour le repos de son âme!
D'ailleurs, François Soudan de
l'Intelligent Jeune-à-fric devrait
commencer par y méditer.
Allemagne, 31 octobre 2003
Camus Ali