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Chers
Combattants,
Cette page est mise à la
disposition du MO5 en mémoire de

Tavio Amorin qui
a donné le nom au mouvement;
en mémoire du
soldat AMAO de Kara
qui est mort le 3
Decembre 1991, alors qu'il n'était même pas de garde à la Primature et qu'il s'y
était volontairement rendu par patriotisme.
Bref, en
Hommage à tous ceux qui sont morts pour la démocratie au Togo.
Cette
page a aussi pour but d'encourager toute équique dirigeante du MO5. La page
mettra donc à à la disposition du lecteur, toutes les activités menées par le
Mouvement pour porter haut la lutte de libération du peuple togolais.
CESSONS
DE NOUS DÉCHIRER, CAR UNIS ET ENSEMBLE, CHACUN DE NOUS SERA PLUS PRODUCTIF.
DÉSUNIS ET DÉCHIRÉS, NOUS TOMBERONS TOUS
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HOMMAGE À TAVIO AMORIN, LE
COMBATTANT SUPRÊME
«J’ai semé des
graines, et elles germeront immanquablement »
Kwame Nkrumah
Du
23 juillet 2006 |
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Publié sur togoforum
le 28 juillet 2006
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En ce
jour anniversaire de ta cruelle disparition, le
peuple Togolais et particulièrement tes amis et
compagnons de lutte du MO5 veulent t’exprimer la
reconnaissance et te rendre un vibrant hommage.
Nos pensées vont à ta famille, à ton fils unique
Eugénio. Patriote de toujours, nationaliste
jusqu’au fond de l’âme, tu resteras un modèle
pour notre peuple et surtout pour sa jeunesse.
Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d’une
empreinte ineffaçable. Pour nous qui portons
devant l’Histoire le terrible poids de faire
rayonner ce Mouvement, nous faisons, devant ta
mémoire, serment de poursuivre le combat, même
au prix de notre vie.
Tu nous as quittés au moment où nous avions eu
le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton
souvenir reste vivace dans nos cœurs. Même tes
ennemis, les ennemis du peuple te savent gré
pour ton courage, ton intelligence et ton
engagement politique.
Maintenant que peu à peu, du camp de ceux qui
hier encore nous donnaient la chasse dans les
rues de Lomé, s’éveille la conscience nationale,
nous voulons saisir l’occasion de ce 14e
anniversaire pour te dire que la semence, ta
semence commence à germer. Il poussera pour le
bien et le bonheur de tous les Togolais. Et
c’est ensemble un jour que tous, du nord au Sud,
de l’Est à l’Ouest, civils et militaires, nous
irons nous incliner pieusement sur ta sépulture. |
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Camarade Octave Tavio Tobias Ayao Amorin, le MO5
te salue! Reçois cet acrostiche comme une
libation: |
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T avio, ta vie reste un exemple
de lutte
A vec toi le MO5 a vu le jour
V aleur sûre de la jeunesse togolaise
I noubliable et immortel est ton nom
O ndulatoires seront tes idées
A moureux des causes nobles
M odèle pour la jeunesse panafricaine
O rfèvre de l’Or de l’Humanité
R ien ne pourra te faire oublier
I ndéniable est ton aura sur nous
N ous vaincrons car notre cause est juste!
U.S.A, le 23 juillet 2006.
Pour le Mouvement patriotique du 5 Octobre
(MO5),
Eloi Koussawo, Coordinateur Général |
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A LA MEMOIRE DE
TAVIO AMORIN : LE MO5 RECONNAISSANT
” Seuls vivent
les morts dont on chante le nom ”
L. S. Senghor. |
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Voici 14 ans que le bandit du 13
janvier a armé des bras pour te ravir à notre
affection. Camarade Tavio, le MO5 demeure
orphelin de ta tragique disparition ; mais tu
sais bien que la mort est un commencement.
Figure majestueuse de la jeunesse, tu ne seras
jamais oublié !
Hier comme aujourd’hui , nombreuses sont les
voix qui s’élèvent pour te rendre hommage, toi
qui a donné le nom MO5 à notre Mouvement.
Qu’il nous soit permis de
reprendre ici comme un témoignage , l’hommage
que monseigneur DOVI Ndanu t’a rendu il y a déjà
quelques années : |
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” Précieuse est la mort qui
achète la vie au prix du sang versé ! ”
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Mon cher TAVIO, permets à ton
ancien Directeur et professeur du collège Saint
Joseph d’apporter son joyau à la couronne de
gloire qui ceint désormais ta tête comme un
glorieux jeune martyr de la démocratie naissante
togolaise.
Dans les années 1971-1977 tu
étais déjà un garçon décidé, très brillant qui
avait de la rigueur dans le travail où
transparaissait un sens de responsabilité en
éclosion. Il y a des années et des promotions
dans la vie d’un collège qui font resplendir son
image de marque, dorent les blasons et font
grand honneur à l’établissement. Je pense à
cette illustre promotion de l’année 1976-1977 et
en particulier cette classe de Terminale C où tu
brillais comme une étoile parmi d’autres, et où
se sont donnés comme rendez-vous des génies en
herbe pour ainsi dire. Et je me souviens par
ailleurs de ces cours de catéchèse où tu
montrais ton culte de la vérité, ton sens élevé
de la liberté et ton respect de l’autre en tant
qu’autre. Cela ne m’avait donc pas surpris de te
savoir admis dans les Grandes écoles des ponts
et chaussées et d’autres études de hauts niveaux.
Ton esprit imaginatif et inventif t’a permis
d’avoir beaucoup de cordes à ton arc. Tu as
démontré ta culture socio-politique, juridique
et économique à la Conférence Nationale
Souveraine.
Oui c’est à la Conférence
Nationale Souveraine que tu t’es fait distingué
et personne ne se trompait sur ton avenir
radieux. Tes interventions intelligentes et
pertinentes, d’une vigueur et d’une rigueur
secouaient tout le monde dans la salle Fasao.
Tes analyses d’une acuité extraordinaire et tes
diagnostics sans complaisance sidéraient tout le
monde. On a beau te classer dans les rangs des
dits ” extrémistes “, mais force était de
reconnaître que tu n’étais pas de ceux qui se
sont salis les mains et que tu voulais la vérité
et rien que la vérité. On sentait dans tes
propos cet amour du peuple Africain, de ton
peuple Togolais et tu lui voulais un lendemain
meilleur, mais planifié, dépouillé de toute
compromission ; un lendemain fait de justice, de
vérité, d’amour et de paix véritable.
Je me souviens ! Dans la salle
Fasao, à la sortie d’une des premières assises,
tu me rencontras dans les couloirs et entre deux
pauses ; et tu me dis : ” père Directeur, me
reconnaissez-vous ? C’est vous qui avez fait de
nous ce que nous sommes aujourd’hui “. Mon
humilité de Directeur et de professeur de
collège en avait pris un coup. Mais j’étais fier
! Fier de toi !
Oui je t’ai reconnu dans ton
dévouement courageux et généreux sans détour .
Jeune homme tout d’une pièce, et qui ne fait
rien à moitié. Jeune homme convaincu de la
noblesse de la cause qu’il défend : tu voulais
un Togo nouveau, prospère, vraiment démocratique
d’une démocratie authentique. Tu souffrais de ce
que des gens maîtrisaient mal ce qu’ils disaient
et faisaient. Tu veux que tous les aspects de ce
renouveau Togolais soient bien cernés et dans
toutes les dimensions. Tu me confias un matin
deux semaines avant l’attentat qui t’a coûté la
vie, dans la salle du palais des Congrès, ton
désaveu de ce que certaines discussions au HCR
accusaient trop du juridisme et ne tenaient pas
assez compte des aspects politiques.
Ta détermination pour
l’accouchement d’une vraie démocratie sans
bavure au Togo, va coûter le sacrifice de ta
vie. De tout ton être, de toute ton âme, de
toutes tes forces tu t’es plongé dans cette
fièvre de la démocratie qui a fini par te
consumer. Ce jeudi 23 juillet 1992, cette nuit
là-même j’étais en train de donner une causerie
sur notre Conférence Nationale Souveraine aux
moines Bénédictins dans leur Couvent à Encalcat
dans le Sud de la France à Tarn. A cette heure
là-même tu tombais sous les balles scélérates de
ton lâche et pervers assassin.
TAVIO, tu as vécu comme
quelqu’un qui ne voulait rien, n’attendait rien,
n’aspirait à rien que la liberté pour le Togo,
une liberté génératrice de paix et de prospérité.
TAVIO, tu rejoins la phalange de ceux qui ont
versé leur sang pour que le processus
démocratique aboutisse au Togo. Sur ce fond de
nobles témoins, ta figure se révèle éminente de
jeunesse et d’avenir. En toi nous saisissons
l’âpre secret du grain qui meurt, le sang versé,
l’amour vainqueur, et cette croix qui nous
relève.
” Si l’espérance t’a fait
marcher
plus loin que ta peur,
Tu auras les yeux levés.
Alors tu pourras tenir
Jusqu’au soleil de Dieu ”
” Heureux qui donne sans compter
jusqu’à sa propre chair !
Il trouve en Dieu sa liberté,
Visage découvert . ”
Adieu TAVIO, tu pousseras comme
un grain de sénevé !
Mgr DOVI Ndanu.
U.S.A, le 23 juillet 2006.
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TAVIO AMORIN AVAIT UN SCEPTRE A
LA MAIN |
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Par Tino Agbélenko Doglo ( MO5 ) |
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«Je
préfère leur histoire plutôt que leur éloge ;
car on ne doit aux morts que ce qui est utile
aux vivants : la vérité et la justice.»
Condorcet |
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L’assassinat de Tavio Amorin est
plus qu’un drame national. C’est une perte
inestimable pour une jeune nation comme le Togo
qui a plus que besoin du talent et de
l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout.
Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont
approché, Tavio était tout simplement né pour
conduire et indiquer la voie.
En effet, il y a 14 ans jour pour jour, la
nation entière s’était réveillée sous l’onde de
choc que les médias et le bouche-à-oreille ont
entraînée dès l’annonce du lâche et cruel
attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce
compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie
commandité par les ennemis du peuple togolais,
les assassins de la liberté : Eyadéma et ses
partisans.
Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce
jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont
connues. Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais
attend le jour de vérité et de justice.
En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son
appellation compacte et sonnante à
l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-
fondateur regretté, invite la nation toute
entière à prier avec ferveur pour le repos de
son âme.
Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre
compagnon et propose aux visiteurs du site cette
biographie intitulée TAVIO …COMME UN METEORE,
publiée il y a 14 ans par un journaliste
Togolais de talent : Léopold Ayivi qui périra,
lui-même, ironie du sort, sous les balles
meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma.
Tavio est né en 1958, année où la lutte pour
l’indépendance battait son plein. Son père
Carlos Amorin, à l’époque agent de la UAC, était
engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus
Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel
Folly…De sa mère, Adolé née Goeh-Akué,
commercante de naissance, mais anciennement
caissière à la BCEAO, Tavio était le premier
garcon et le dernier enfant après ses trois
sœurs : Sophie, Henriane et Chantal.
Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la
maison familiale, maison Amorin, sise Avenue
Thiers à l’époque. C’était une grande maison
qui, pendant les grandes vacances, arrivait à
rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre
lui a permis de développer l’esprit d’équipe et
de cultiver la tolérance.
Il fit ses premières années scolaires à l’école
catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il
était admis à la garderie. Il suivit le cours
normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec
mention très bien, en 1970, date à laquelle il
entame ses études secondaires au collège Saint
Joseph.
Un très bon élève Tavio était un très bon élève,
toujours classé parmi les premiers. Il était le
potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait
comme un …crabe. Et il a gardé cette caligraphie
extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte.
Le football était son violon d’ingres. Cela a
failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à
Kokétimé, où il avait été élève quelques années
auparavant. La partie était âpre, comme on
savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle
aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle
de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à
enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son
chevet : ce médecin était un certain Dr Marc
Attidépé.
Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis
après-midi, il retournait à l’école catholique
de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance.
Son autre grande passion était les bandes
dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le
Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et
suivait Tintin et Milou dans toutes leurs
pérégrinations. Même devenu homme politique, il
ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neuveux.
Ce fils unique, seul garcon parmi trois fille,
n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation
fut tout à fait spartiate, comme la petite
bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses
rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre
coupable de quelques menus méfaits, il recevait
fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman
l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il
refusait d’obtempérer, il était tout simplement
privé du prochain repas.
Après son baccalauréat au collège Saint Joseph
en 1977, (mention bien), il part en France, à
Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris
disant qu’il en avait ras-le-bol de la province,
de poitiers et de ses maths-physiques. Il reste
donc à Paris où il étudie l’informatique et
l’organisation : Plusieurs stages dont un chez
Matra, la grande firme francaise, l’aide à
affûter ses armes.
Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il
est inventif et imaginatif . Témoin cette
histoire dont les téléspectateurs francais se
souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une
des chaînes francaises. Pour arrondir ses fins
de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio
Amorin avait monté une petite affaire tout à
fait surprenante de simplicité et d’originalité
: il avait passé une annonce, s’était constitué
un fichier. Les clients l’appelaient pour lui
communiquer l’heure à laquelle ils voudraient
avoir leurs croissants pour le petit déjeuner.
Tavio passait alors commande au boulanger,
livrait les croissants, et palpait à son tour la
galette sous forme de ristournes et de
pourboires. Cette initiative lui a valu les
honneurs de la troisième chaîne francaise dans
une émission de jeunes.
Il travaille ensuite chez des importateurs de
produits tropicaux en qualité de responsable des
achats. Quand il décide de revenir en Afrique,
c’est par cette filière qu’il est envoyé à
Abidjan.
Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des
raisons politiques. Venu en vacances au Togo en
1980, et eu égards à ses liens familiaux avec
Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu
maille à partir avec un officier supérieur de
l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des
menaces à son endroit : « où que tu sois, on te
retrouvera ». A la suite de cet incident, il n’a
plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation
de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il
obtient en France le statut de réfugié politique,
mais n’a jamais pris la nationalité francaise,
contrairement à ce que beaucoup croient.
Admirateur de Nkrumah
Pour son âge, il avait une culture politique
tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait
jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas
fait des études de droit, il s’est interessé à
la chose juridique, et à la chose politique. Sa
formation politique est à la foi livresque et
recue « sur le tas » avec les jeunesses du parti
communiste francais, puis avec les jeunesses du
parti socialiste francais tendance Jean-Pierre
Chevènement.
Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George
Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les
grandes figures du mouvement panafricaniste,
Tavio considérait que la plus grave offense qui
ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut
la balkanisation du continent. D’où son
admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux
apparaissent comme les pionniers de l’unité
africaine.
Entre le père et le fils, les rapports étaient
ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui
s’estimaient mutuellement et se comprenaient à
demi mot. Et si l’éducation spartiate dont il
avait été question plus haut ne permettait pas
entre le père et le fils une familiarité trop
grande, Tavio à force d’être resté constamment
dans le sillage de son père, d’humer et de
s’imprégner de son parfum, a fini par
s’identifier totalement à ce patriote courageux
et généreux.
A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une
véritable vénération. La mère et le fils étaient
pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement
sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le
goût prononcé que manifestait son fils pour la
politique. Elle ne ratait aucune occasion pour
le lui faire comprendre. Elle revendiquait son
droit d’attendre de son fils qu’il entame une
carrière véritable, fonde un foyer et fasse «
plein de petits ».
Mais pour le fils, la politique était au-dessus
de tout et passait avant tout. La maman, dès le
début du renouveau démocratique et vu la part
prise par son fils aux travaux de la conférence
nationale souveraine, avait très peur pour lui.
Elle était convaincue que la politique était un
jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se
mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils,
le sort en était jeté, le destin s’était mis en
branle. L’enfant était hapé par le flot
impétueux des courants irrésistibles qui
conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio
était de tout son être, de toute son âme, plongé
dans la fièvre démocratique qui a fini par le
consumer.
Prémonition
Mercredi, la veille de l’attentat qui devait
l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il
revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et
c’était la première fois depuis son retour de
mission que la mère revoyait son enfant. Elle le
fixa longuement. La soudaine intensité du regard
maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui
fit remarquer . « Mais tu me regardes tout le
temps !(…) Ca me fait de la peine parce qu’un
beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur…Non
je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur »
Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio
tombait sous les balles de son assassin.
La maman avait beaucoup souffert moralement des
dangers et des risques énormes de la vie
qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3
décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il
revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil
de la République. Sa mère le voyant arrivé à la
maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut
un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée
de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio
qui revenait…
Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était
jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet
pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait :
« Même si je prenais des gardes du corps, si
cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes
qui vont me tirer dessus ». Mais quand il était
rentré du voyage lundi, il était un peu plus
corpulent que d’habitude. Il portait un gilet
pare-balles : « Voilà, dit-il ce que j’ai ramené
pour me protéger ». Il avait donc son gilet
lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait
pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément
ce jour que les balles l’ont fauché.
N.B. J’en appelle à l’indulgence du
lecteur pour le défaut de c cédille dont je ne
dispose pas sur mon clavier allemand. |
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Karlsruhe, le 23 juillet 2006
Pour le MO5, Tino Agbélenko Doglo
Porte-parole |
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