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Les nuits du dimanche 12 au lundi 13 impliquant l’armée et les Gnassingbé
n’inscrivent rien de bon à l’histoire de notre jeune nation le Togo. La
première nuit folle s’est déroulée il y a 46 ans et nous a coûté le père de
la nation devant l’ambassade des États-Unis. La seconde bien moins tragique
se termine également devant l’ambassade Américaine avec quelques jours de
décalage.
Une fois de plus, une partie de l’armée sort de son rôle traditionnel pour
s’immiscer dans la politique et pourchasser un civil.
Que reproche t-on au juste à Kpatcha Gnassingbé?
Selon la version officielle, on est venu interroger des gens à son domicile
un dimanche soir pour une question d’atteinte à la sûreté de l’état. Une
fusillade de trois heures s’en suit.
Deux jours plus tard on arrête un député encore couvert par l’immunité
parlementaire arguant que nous avons un cas de flagrant délit et que selon
la constitution on peut donc procéder.
D’aucun trouve acceptable ce qui arrive à Kpatcha Gnassingbé d’autres s’en
réjouissent et vont jusqu’à jeter des fleurs à Faure…Erreur, Erreur grave,
souvenez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, le député Jean Pierre Fabre de
l’UFC avait été empêché de voyager dans des conditions inacceptables. Les
députés sont alignés à la présidence pour présenter leurs vœux chaque année
au président sans que celui-ci n’ait la courtoisie de venir présenter son
bilan à celle-ci au moins une fois par année. Il n’y a pas si longtemps,
plus précisément en février 2005, après l’installation de Faure Gnassingbé
par l’armée, l’assemblée était convoquée manu militari pour transformer un
membre du gouvernement en député, puis en président de l’Assemblée
nationale et finalement Président de la République et comme par hasard il
s’agissait encore et toujours de monsieur Faure Gnassingbé.
Il semble de ce qui précède que le pouvoir exécutif n’a aucun respect pour
le pouvoir législatif dans ce pays. C’est grave, très grave, plus grave que
les histoires d’atteinte à la sûreté de l’état d’un pouvoir exécutif
illégal et illégitime. Au Togo de 2009, le pouvoir législatif est plus
légitime que le pouvoir exécutif.
Dépassons la question du respect des institutions et poussons la réflexion
un peu plus loin. Pourquoi arrêter Kpatcha Gnassingbé à ce moment précis?
Tout observateur avisé de la vie politique Togolaise sait que c’est grâce à
Kpatcha entre autre que Faure a pu tenir en 2005 et conserver la présidence.
On lui crédite le commandement de milices et cela a lourdement à tort ou à
raison entaché sa réputation .Tout le monde murmure également que ce serait
grâce à Kpatcha que le RPT aurait réussi ses fraudes dans le nord en versant
des commissions aux délégués des autres partis en échange de signatures de
procès verbaux en faveur du RPT. Ce serait grâce à cela que le RPT peut se
vanter d’avoir 50 députés sur 81 dans la seule institution plus ou moins
légitime que compte ce pays. Il va s’en dire que Kpatcha est de facto un
poids lourd, un membre influent et incontournable du RPT. Pourquoi certains
pensent qu’ils sont si malins et qu’ils doivent continuellement tirer
profit de l’effort et du sacrifice d’autrui?
Pour qui les ambitions présidentielles légitimes et fondées de Kpatcha
Gnassingbé sont –ils un obstacle au Togo ? Pour Gilchrist Olympio? Je ne
crois pas, aucun candidat ne peut battre notre patron au vote. Les
ambitions de Kpatcha sont un obstacle politique pour Faure Gnassingbé et lui
seul .Il est aussi le seul véritable bénéficiaire d’une disparition de
l’échiquier politique de Kpatcha Gnassingbé.
Si Kpatcha qui a tout fait pour maintenir ce régime en place est traité
avec autant de méchanceté, d’ingratitude et humilié de la sorte sur la
place publique afin qu’il ne constitue plus un obstacle qu’est ce qui nous
attend, nous de l’opposition en 2010 alors que le réformes
institutionnelles ne sont pas encore faites, que nous sommes minoritaires à
l’assemblée, absents du gouvernement et qu’après 3 ans de sommeil l’armée
réapparait dans le jeu politique et remet au pas l’assemblée nationale. Mes
chers compatriotes, rien de bon ne nous attend et il ne faut pas que
quiconque trompe son ami sur ce sujet.
Parlant de l’armée et de son rôle, on a longtemps clamé que l’armée doit
se tenir en dehors du jeu politique, si elle ne peut résister aux sirènes de
la politique il faut faire preuve de créativité et voir de quelle façon non
seulement elle peut s’impliquer positivement dans la vie politique mais
surtout voir de quelle façon elle peut contribuer au développement de ce
pays. Les manœuvres militaires récentes de Kara sont une belle illustration
du rôle qu’elle pourrait jouer, il y a de grands chantiers dormants ou son
rôle pourrait être déterminant notamment les chemins de fer, les routes et
les constructions d’école et de dispensaires. Autrement dit, au lieu de
traquer les civils et maintenant les députés, le tout sur fonds de salaire
de misère, nous voulons travailler avec une armée bien payée sur des
projets d’intérêts nationaux.
Ma conclusion de l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé est que le régime RPT
ne se respecte pas, il ne respecte pas ses piliers, il ne respecte pas
l’opposition, il ne respecte pas les autres institutions, il ne respecte pas
la constitution, il ne respecte pas le peuple et finalement il ne respecte
Rien ni personne.
Un peu de respect pour le peuple…
Que faire d’un régime aussi irrespectueux ?
Ce régime qui ne respecte rien fera une passation de pouvoir en 2010?
Les derniers évènements nous rappellent qu’au Togo, plus ca change plus
c’est pareil et que des jours difficiles nous attendent. Ces évènements
remettent en cause ce que nous considérions comme des acquis d’un début de
réforme.
L’injustice, la barbarie et le déni du droit frappent à la porte de monsieur
Kpatcha Gnassingbé en ce moment, nous entendons tous et nous voyons tous,
c’est une épreuve d’intégrité que nous avons en face de nous, c’est une
question de principe, de principes démocratiques qui nous interpelle, un
test de nos valeurs. Ce n’est pas une question de monsieur Kpatcha mais une
question de comment nos députés doivent ils être traités.
Nous pouvons accepter ce qui se fait dans l’indifférence ou bien refuser.
Dans mon cas je suis contre l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, le
traitement qui lui est réservé et je suis d’avis qu’il doit être libéré afin
que si quelqu’un a quelque chose à lui reprocher, comme cela fait dans les
pays de droit on suive la procédure normale et que les choses se fassent
dans les règles de l’art.
Si nous laissons faire Faure Gnassingbé sur ce coup, en 2010, au lendemain
de notre victoire il tentera de répéter une formule qui a marché en 2005, en
2007 et qui marche encore en 2009. Si en 2009, cette méthode marche si bien,
il n’y a rien qui expliquerait qu’elle ne marche pas en 2010. Tel est
l’enjeu de ce qui se passe.
Nous le respectons comme chef d’état de fait, il faut qu’à son tour il
respecte les autres institutions et le peuple et lorsqu’un député est
soupçonné, il faut saisir l’assemblée nationale qui peut lever son immunité
en cas de besoin. Il ne sert à rien d’aller bombarder la maison d’un civil,
nous dire qu’on voulait interroger son entourage et finalement nous dire
qu’il y a flagrant délit de tentative d’atteinte à la sûreté de l’État.
Un peu de respect pour le peuple, c’est tout ce qu’on demande.
J’invite tout ceux qui pensent pour toutes sortes de raisons ( politiques,
économiques, familiales etc.) que le député Kpatcha Gnassingbé doit être
libéré à nous rejoindre sur le groupe internet Face book à l’adresse
ci-dessous pour signifier au gouvernement que nous demandons du respect
pour le peuple et ses institutions.
La lutte continue.
Séna Alipui.
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