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L’année 2008 s’achève pour laisser la place à l’année 2009. L’année 2008
aura été marquée par trois grandes crises et un évènement inattendu et de
portée mondiale. En effet, 2008 a connu une crise alimentaire sans
précédent, une flambée du prix du pétrole qui a atteint des niveaux jamais
égalés, et, comme si cela ne suffisait pas, la grande crise financière qui a
frappé de plein fouet tous les pays industriels développés. Ces crises ne
sont pas sans conséquence pour les pays africains. Leurs répercussions se
sont traduites pour eux par la vie chère et l’aggravation de la pauvreté.
Mais, un évènement heureux que la monde entier a salué est,
incontestablement, la victoire de Barak OBAMA élu à la présidence de la
nation la plus puissante du monde à tous les points de vue : les Etats-Unis
d’Amérique. La crise financière est venue rappeler au monde capitaliste que
le néolibéralisme qu’on impose à tous les pays du monde sans nuance et sans
discernement n’est pas une panacée à tous les maux dont souffrent ces pays.
Elle l’appelle à une réorientation de la pensée unique économique libérale
qui a montré ces limites. L’élection d’un noir à une telle haute fonction
dans le monde occidental, sans aucunement faire oublier les crises, marque
la fin d’une ère d’humiliation et d’assujettissement des peuples nègres du
fait des phénomènes que constituent l’esclavage, la colonisation, le
néocolonialisme et la discrimination raciale. Elle marque aussi, résolument,
le début d’une nouvelle ère pour les peuples nègres du monde entier ainsi
réhabilités par cet évènement. Ils retrouvent leur dignité, leur fierté et,
au demeurant, la confiance en eux-mêmes et peuvent, désormais, sans complexe
vis-à-vis des autres peuples, envisager leur avenir dans une nouvelle
perspective, une perspective de progrès et d’émancipation.
L’Afrique doit saisir cette occasion, celle qu’offrent ces quatre évènements
– les crises et l’élection de OBAMA – pour amorcer une mutation profonde,
une restructuration économique et sociale afin de cesser d’être toujours
l’appendice du monde occidental, l’éternel partenaire cadet. Oui, son élite
militante et engagée doit œuvrer pour la remise en cause de toutes les
institutions politiques, économiques et sociales qui lui ont été imposées au
temps colonial et qu’on essaie encore de perpétuer avec la complicité naïve
et coupable de ses dirigeants politiques. Les peuples africains aspirent
profondément au changement de système. Ils veulent un changement, un
changement de système politique et économique qui conduise au progrès
social, au bien-être et à leur émancipation culturelle et spirituelle.
Le GRAD souhaite vivement donc, pour la nouvelle année 2009, que le Togo,
notre cher pays, s’inscrive dans cette perspective et qu’il soit - pourquoi
pas - le premier à en prendre l’initiative. A cet égard, l’échéance
électorale de 2010 qu’attendent tous les Togolais doit être perçue dans
cette nouvelle perspective, perspective d’un véritable changement de
système. Nous devons avoir l’ambition et la volonté d’opérer ce changement,
tous, dans un élan patriotique. Ce n’est pas impossible.
Lomé le 27 décembre 2008
M ALIPUI Victor
victor_alipui@yahoo.fr
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