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Mouvement de la Force Alternative d’Opposition

Coordination provisoire
B.P. 13963  Lomé - Togo ; Tél. /Fax : (00 228) 250 86 88/ (00 228) 225 38 46 ; Fax : (00 228) 225 38 46

E-mail : c.mfao@orange.fr
Ensemble pour le MFAO, Ensemble pour la Démocratie

LA  BATAILLE :
le MFAO lance un appel à la vigilance au peuple togolais

Une bataille, semblable à celle des cochons d’un même enclos autour de l’auge se livre sous nos yeux. Elle n’a pas commencé dans la nuit du 12 avril, nuit de l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé par les forces fidèles à Faure Gnassingbé. Non contents de nous voir y assister en témoins consternés, attristés et impuissants, on veut nous faire croire que nous y sommes impliqués, que le peuple togolais y est impliqué.

Dans ce règlement de compte entre cochons d’une même porcherie, on veut instrumentaliser la Constitution togolaise, tout comme les hommes que ces mêmes adversaires d’aujourd’hui autour de l’auge ont mis en place au sein des institutions censées être celles de la République.

Non, la Constitution togolaise, la vraie, celle votée par le peuple togolais en 1992 n’est pas à chercher dans cette porcherie et le peuple togolais n’a rien à faire non plus dans cet enclos à cochons où l’on veut l’enfermer. Notre bataille est ailleurs.

Pour comprendre la bataille qui a été livrée le 12 avril au domicile de Kpatcha Gnassingbé entre les militaires soi-disant favorables à ce dernier qui se prépareraient à perpétrer un coup d’Etat et les éléments de la Force d’Intervention Rapide (FIR) des Forces Armées Togolaises, donc défendant le pouvoir de Faure Gnassingbé, il faut se référer aux conditions dans lesquelles ce dernier a été installé à  la Présidence de la République.

Il est clair pour tous que ce n’est pas par des élections, que ce n’est pas non plus sur la base de la Constitution, ni d’un texte quelconque régissant la République. Il a donc fallu des hommes (militaires togolais, politiciens togolais, non seulement ceux qu’on appelle barons du RPT mais aussi des hommes comme Edem Kodjo, des chefs d’Etat africains, de la sous-région ouest-africaine en particulier, Chirac de France, Françafrique) et tout un réseau d’intérêts pour désigner Faure Gnassingbé.

Il a fallu examiner le « dossier » de chacun des fils Gnassingbé pour savoir, lequel non seulement serait le mieux qualifié par des critères de personnalité, de diplômes d’études, de sa capacité à gérer les affaires de l’Etat, mais aussi serait le mieux à même de préserver les intérêts de tout ce beau monde qui, sûrement n’a pas fait un choix en fonction des beaux yeux de Faure, même si, physiquement, il fait plus «  Président » que Kpatcha.

J’ai même entendu, dans une analyse de journalistes sur TV5 (Kiosque), à la mort d’Eyadema que dans ce pays qui risquerait d’être déchiré par les conflits inter-ethniques, Faure, né d’une mère du Sud, serait mieux à même de réaliser l’unité du pays autour de sa présidence.

Drôle d’analyse, mais valable tout de même, parce que chacun sait que dans ce pays comme dans d’autres de l’Afrique des dictateurs, le vote des citoyens n’a jamais été et n’est pas un critère pour la mise en place d’un nouveau pouvoir. Et qui sait si  parmi tous ces hommes que nous avons cités, ces « faiseurs de roi », il n’y en avait pas qui donnaient dans une réflexion du même genre?

Faure l’a donc emporté, mais peut-on imaginer que ce fût sans négociation avec les autres enfants à Papa, sans contrepartie, sans promesse, surtout à celui qui paraissait avoir les appétits les plus aiguisés, Kpatcha?

Qu’on se rappelle que ce dernier, dans le premier gouvernement de son frère, détenait le ministère que l’on peut considérer comme le plus puissant, de la Défense Nationale et que par la suite, il en a démissionné (ou été évincé, personne ne peut le dire exactement). Dans le partage de l’héritage, qu’est-ce qui avait été accordé (ou promis) à chacun des fils Eyadema?

La présidence pour Faure, l’armée pour Kpatcha, les postes juteux à d’autres dont on parle moins... En attendant d’autres remous, que d’autres appétits se révèlent pour d’autres négociations, d’autres promesses en vue de les apaiser. Et toutes les promesses jusqu’ici faites, ont-elles été tenues?

Dans tous les cas, concernant Kpatcha, si ces promesses avaient été tenues, il n’aurait certainement pas quitté le ministère de la Défense. Or Kpatcha, (il ne l’a jamais caché lui-même) revendique l’héritage paternel à 100%. Comprenne qui pourra, mais on peut être sûr d’une chose, c’est qu’il ne se contentera jamais d’un siège de député à l’Assemblée Nationale.

N’avait-il pas (que l’on me pardonne s’il s’agissait d’une simple rumeur), à l’occasion du premier anniversaire de la mort de leur père, cadenassé la porte d’entrée du caveau familial pour empêcher Faure d’avoir accès à la momie d’Eyadema?

Ce que certains peuvent qualifier de superstition a un sens ici: ni Kpatcha, ni Faure n’étant élu par le peuple togolais, c’est du père, et puisqu’il est mort, du cadavre du père que l’un ou l’autre pourrait détenir son pouvoir et sa puissance. Cette conception mystique, obscurantiste du pouvoir est tout aussi valable que le critère de l’origine de la mère de chacun des fils Gnassingbé.

La revendication du cadavre du père à 100%, comme de son pouvoir peut être interprétée comme l’appartenance à 100%,  de Kpatcha à l’ethnie de son père.

Les craintes que suscite la tuerie du 12 avril vont dans plusieurs sens.

Le premier sens et le pire me semble être que Kpatcha, diabolisé à 100%, certains de nos concitoyens trompés par les apparences et aussi par des analyses du genre de celle à laquelle j’ai fait allusion, se tournent tout naturellement vers celui qui ne constituerait qu’un danger à 50%.

 Nous ne savons pas ce que nous réserve Faure, quand il aura complètement assis son pouvoir, en massacrant qui lui barrera la route, y compris ses propres frères. La bataille du 12 avril au domicile de Kpatcha, il faut bien le comprendre, s’inscrit tout à fait dans la logique de la conquête et de la conservation du pouvoir au Togo, depuis le 13 janvier 1963.

L’attaque de la Primature du 28 novembre au 1er décembre 91 et la capture de Koffigoh sont dans les mœurs politiques inaugurées par Eyadema et sa clique en 1963.  Les massacres des 24 et 25 avril 2005, l’assassinat d’Atsutsé Agbobli sont dans cette même logique.

La deuxième crainte est que, d’une manière définitive, l’accès à la présidence de la République soit désormais lié à la règle du « qui tire le premier ». Implicitement, Kpatcha le reconnaît quand il déclare à un journaliste de RFI que « Moi aussi, on me rapporte que mon frère veut me tuer ».

La troisième crainte, celle qu’éprouvent sûrement beaucoup de Togolais est que l’élection présidentielle prévue en 2010, si elle a lieu, ne change rien à la situation: quel qu’en soit le vainqueur, quel que soit son camp, s’il veut réellement accéder au pouvoir et l’exercer, il faut, perpétuellement qu’il soit sur le qui-vive, pour être celui qui tire le premier.

Il n’y a pas très longtemps, un des candidats déclarés actuels à la présidence de la République écrivait une « lettre ouverte au Président de la République », pour lui demander de convoquer un forum national, en lieu et place de cette même élection. « La Providence » l’aurait ainsi voulu, selon l’auteur de la lettre ouverte! Ce n’est pas du messianisme politique remplaçant la démocratie.  Ce n’est pas non plus un paradoxe. C’est du réalisme, dans cette situation où nous nous sommes laissés aller. Je dis «  nous ». Que pourrais-je dire d’autre?

Pour réfuter ce réalisme-là, il faudrait commencer par dire que Faure n’à aucune légitimité, ni pour se faire appeler « Président de la République », ni pour convoquer un forum national. Et combien de Togolais sont prêts à le faire?

Combien de ministres sont prêts à quitter aujourd’hui ce gouvernement que l’un d’eux a, lui-même, qualifié d’enclos à cochons, pour laisser les cochons se battre entre eux autour de l’auge?

Nos «  faiseurs de roi » avaient-ils prévu cet état de choses et viendront-ils à notre aide?

Et nos bons facilitateurs, concepteurs et signataires de l’APG peuvent-ils, en leur âme et conscience, être fiers d’avoir conduit le peuple togolais dans ce gouffre?

Quelque part, la mascarade commencée depuis janvier 1963, relayée depuis février 2005 après la mort d’Eyadema par son fils continue. Le procureur de la République, M. Robert Bakaï a fait une déclaration sur les événements, dans lesquels des citoyens ont laissé leur vie. Il annonce une enquête judiciaire pour élucider l’affaire. C’est bien beau.

Ce que nous sommes en droit d’attendre, c’est que les auteurs présumés des actes qui ont entraîné des morts d’hommes soient effectivement traduits en justice, que leur jugement soit public, équitable, avec la participation d’avocats nationaux et internationaux, qu’il y soit prononcé des condamnations si les faits sont avérés et des acquittements en faveur des innocents éventuels...Mais,  concernant l’arrestation effective de Kpatcha Gnassingbé lui-même et  son inculpation, la réserve et la vigilance sont de mise.

N’y aurait-il pas eu une réunion de famille à Lomé 2 au sujet de l’affaire? Á moins qu’il s’agisse d’une simple rumeur. Une tentative de coup d’Etat, est-elle une affaire familiale ou une affaire publique?

Saurions-nous jamais ce qui aurait été dit, décidé, au cours de la réunion de famille? Et, là, il ne s’agit nullement  d’une rumeur, dans quel sens Solitoki Tiburce Esso, Secrétaire Général du RPT, a-t-il publiquement déclaré qu’il faudra une solution d’apaisement?

Si l’attaque, de nuit, au domicile de Kpatcha avec des armes lourdes menée par la Force d’Intervention Rapide et non la police, l’interpellation musclée et intempestive en plein jour et en pleine ville de l’intéressé, la fermeté affichée du ton de son inculpation, suivies de l’arrestation d’un autre fils Gnassingbé (peut-être que demain deux, trois ou quatre autres viendront s’ajouter à la liste), alors que le lieu de la détention des prévenus demeure un secret selon le procureur Bakaï, si tout ce branle-bas devait finir dans l’apaisement, nous aurions quelque raison de penser que nous sommes bien dans l’un des scénarios du mélodrame joué dans un décor en trompe-l’oeil, auquel le système Eyadema nous a habitués.

Et si, parallèlement aux actions et déclarations publiques, d’autres actions étaient entreprises, d’autres propos étaient tenus en privé et en secret, ayant une incidence plus grave sur l’affaire que ce qui est révélé au grand jour, n’aurions-nous pas tendance à penser que le faire-semblant domine et cache les faits réels et surtout leur visée réelle ?

Du reste, la présentation des armes des conjurés aux journalistes et aux diplomates relève du déjà-vu du système Eyadema. Combien de fois la tactique a-t-elle été utilisée?

Les Togolais doivent se le rappeler et en tirer des leçons. On nous apprend sur le site de RFI que « le gouvernement togolais va mettre en place une cellule interministérielle, pour vérifier notamment si les conditions de détention des prévenus et le processus judiciaire sont conformes aux standards internationaux ».Franchement parlant, ne connaissons-nous pas déjà le résultat des travaux de cette cellule?

Le discours du soi-disant chef de l’Etat à la nation n’est qu’une grossièreté de plus, du genre de celles que nous connaissons, une vraie insulte à l’intelligence du peuple togolais.

Pour se dire « garant de la Constitution », il fallait d’abord nous préciser de  laquelle il parle. S’il s’agit de celle taillée par son père, puis rapiécée par lui-même, le jeu est clair.

Mais s’il s’agit de la Constitution de 1992, elle le disqualifie totalement du rôle dans lequel il s’est installé. Du reste, évoquer les nostalgiques du passé, c’est, non seulement ignorer lui-même qu’il est parfaitement le produit de ce passé, mais également chercher à nous faire prendre des vessies pour des lanternes: les méthodes, ou plutôt les recettes utilisées dans le montage du coup et dans ses visées de consolidation du pouvoir usurpé sont bien celles de Papa Gnassingbé, donc du passé.

Le RPT, après que son Secrétaire Général a recommandé une solution de l’apaisement, vient de condamner la tentative de coup d’Etat. Parfait. Restent les motions et les marches de soutien, ou quoi encore?

Pour Kpatcha comme pour les personnages de Sartre,  l’enfer, c’est les autres «  ceux qui font tout pour entrer dans la famille », entendez, pour lui voler tout ou partie du pouvoir qu’elle détient du père.

Favorables à Faure ou à Kpatcha, ces « autres » paient pour les crimes et les bêtises de la sainte famille. Nous ne serons donc pas étonnés de voir ces « autres » condamnés, puis éventuellement, peut-être, graciés, ou même, toujours dans cette logique de mascarade dont on use au Togo, payés pour être jugés, condamnés...et graciés.

Et quant aux morts du 12 avril (combien sont-ils? nous ne le saurons jamais), tant pis pour eux: ils n’avaient pas à être là, « à entrer dans la famille » quand une bataille propre à cette famille se déroule gentiment entre frères. On ne va pas nous faire croire qu’au bout de deux heures de fusillade, il n’y a eu que quelques cartons troués! On nous a montré les armes des insurgés. Mais où sont les morts?

Peut-être, dans le meilleur des cas, on consolera leurs proches par de l’argent ou des postes dans l’administration du pays. On a déjà vu cela sous Eyadema.

L’essentiel est que tout rentre dans l’ordre, c’est-à-dire que le pouvoir soit une affaire des seuls Gnassingbé, les « autres » n’étant que des instruments que l’on utilise à  cette fin.

S’il en était autrement, que l’on dise ce qui a été fait des morts de l’accident d’avion de Sarakawa ou de leurs proches: l’essentiel n’a-t-il pas été la «fabrication du Miraculé de Sarakawa »  parfaitement réussie?

Le « Miraculé » de l’après 2010 se prépare, se fabrique aujourd’hui, petit à petit, sous nos propres yeux et certains ne semblent pas s’en rendre compte. Ou bien nous nous en rendons tous compte, mais que guettant quelques miettes qui seront laissées dans l’auge ou répandues ça et là dans la porcherie quand les cochons seront rassasiés, certains, dans leurs calculs, jouent à ne pas savoir qu’ils contribuent à la destruction du Togo des valeurs.

Ceux qui ont signé l’APG, savent-ils aujourd’hui que ce sont des perles, des vies précieuses, des valeurs républicaines, qu’ils ont jetées aux pourceaux? Et combien de perles précieuses de ce Togo seront encore jetées aux pourceaux, foulées au pied par des pourceaux, si nous ne nous réveillons pas et ne réagissons pas vite?

Doit-on dire aussi que l’histoire de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation „ est également dans l’enclos tout comme le reste des institutions de l’Etat, tout comme l’APG? Comment peut-on attendre de gens qui entre eux-mêmes ne se tolèrent que lorsqu’ils sont menacés de l’extérieur de la famille, qu’ils nous conduisent à la réconciliation nationale?

Peut-être iront-ils demander au cadavre du père, la prochaine fois qu’ils entreront dans le caveau, si toutefois ils y entrent ensemble et que l’un n’en confisque pas la clé, les recettes pour devenir réconciliateur professionnel, tout en massacrant tranquillement les « autres », c’est-à-dire qui on veut. Réconciliateur professionnel, c’est bien ce qu’était le père! Et ceux, aujourd’hui ministres, officiers, magistrats, députés... qui servent la famille dans tel ou tel camp, sont-ils seulement conscients que demain, ils peuvent simplement être classés ou rejetés dans la catégorie des « autres »? Je ne citerai pas d’exemple. Mais que l’on prenne garde!

Nous avons affaire à un système qui ne mérite qu’une chose: qu’on le combatte, jusqu’à sa destruction totale!

Quoi qu’il en soit, même si nous sommes conscients que la solution ne viendra pas de l’élection de 2010, nous avons le devoir de ne pas nous laisser tous enfermer dans l’enclos à cochons.

Nous avons le devoir d’agir, le devoir de nous entendre au sein de l’opposition, le devoir de mobiliser le peuple hors de l’enclos pour détruire l’enclos. Nous avons notre bataille: c’est la bataille contre l’enclos à cochons. C’est à cela qu’un mouvement comme le MFAO invite les Togolais désabusés par les habitudes de l’enclos.

Sénouvo Agbota ZINSOU 

Publication du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) du 18 avril  2008

e-mail : c.mfao@orange.fr

Rencontre de la Coordination du MFAO
Paris, 27-29 Février 2009

Synthèse & Résolution

Les 27, 28 et 29 février 2009, s’est tenue à Paris une rencontre de travail de la coordination provisoire du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO), élargie à des personnes-ressources et acteurs politiques et sociaux venus d’Allemagne et du Canada, et sous la direction du professeur Emmanuel Gu-Konu (Coordonnateur Provisoire du MFAO) entouré de ses proches collaborateurs. L'objectif principal de la Réunion était d'examiner les conditions de lancement du Mouvement.

I- Après avoir fait la genèse du Mouvement et brossé un tableau de son développement, le Coordonnateur Provisoire, le prof. Emmanuel Gu-Konu, a rappelé que depuis 1992, la CDPA-BT incitait la classe politique d’opposition à revoir l’orientation qu’elle donnait à la lutte et à constituer une Force Alternative d’Opposition (FAO). L’idée de la FAO a conduit à la nécessité de la concrétiser par un mouvement, le MFAO. Les initiateurs du Mouvement ont fondé la nécessité du Mouvement sur une analyse de la situation sociopolitique du Togo présentée dans un document intitulé le Document MFAO.

1- Les participants à la rencontre ont eu des échanges approfondis sur la situation politique, sociale et économique au Togo. Force leur a été de constater que cette situation est caractérisée par une perte de jour en jour plus grande des valeurs républicaines, voire des valeurs tout court.

Il en résulte un état de désolation généralisée, état douloureux pour les citoyens et comparable à une plaie gangréneuse facile à déceler que le système en place depuis plus de quarante ans, loin de panser, cherche plutôt à cacher sous des faux-semblants, des dehors de pratique démocratique, des manoeuvres politiciennes, que nous connaissons:

    1. les semblants d'élection en 2005 et en 2007,

b- la signature de l'Accord Politique Global (APG) qui n'a jamais reçu l'aval du peuple togolais et ne peut donc pas remplacer les textes constitutionnels votés par voie de référendum, cet APG dont certains articles sont déjà régulièrement violés par les tenants du RPT chaque fois que leurs intérêts le leur commandent,

c- l'existence d'une Assemblée Nationale entièrement aux mains du pouvoir RPT,

d- les prétendues reformes institutionnelles et constitutionnelles qui n'ont d'autre but que le renforcement du système RPT, contre la volonté du peuple togolais souverain.

2- Les participants à la rencontre ont noté avec un amer sentiment d'insatisfaction, et même de déception, les différentes réactions, timides et ambiguës, de certains responsables politiques de l'opposition face à ces manœuvres.

3- Ils ont pris conscience que nous nous acheminons dangereusement vers l'échéance de 2010 qui peut, avec l'élection présidentielle prévue, installer dans notre pays, le Togo, pour des décennies, voire de manière définitive le régime foncièrement antidémocratique et antirépublicain qu'a toujours été et que veut demeurer l'État RPT, en se livrant à ces manoeuvres que nous lui connaissons déjà.

4- Ils ont aussi constaté que plusieurs patriotes togolais, tant de l'intérieur que de l'extérieur du pays se lèvent et tentent, tant bien que mal, de trouver le remède à cette situation de désolation qui nous tourmente et qui risque de s'aggraver après 2010,

5- Mais ils tiennent à relever que la multiplication habituelle et actuelle d’initiatives et d’associations sur la scène politique et sociale n’est pas la meilleure façon de chercher des solutions à la grave situation du Togo, et y voient plutôt un besoin urgent de concertation au sein du grand mouvement démocratique pour harmoniser les vues, les projets et les stratégies autour de l’objectif minimal national inaliénable et convenable pour tous, celui de la libération-démocratisation-refondation du pays, et partager le travail à faire pour réaliser cet objectif commun.

Toujours sur ce même aspect organisationnel, et face au danger d’éparpillement des ressources et à la confusion que cette multiplication d’initiatives et de dénominations fait peser sur l’avenir de la lutte, les participants à la rencontre ont reconnu que l’idée d’une synergie des forces de l’opposition constitue le fondement même du projet MFAO, et se sont réjouis de ce que déjà en juin 2008, le prof. Gu-Konu ait mis un accent particulier là-dessus, tel que relevé lors d’une interview par le journal Golfe Info publiée sur togocity.com le 1er octobre 2008 et en ces termes :

« 1- Golfe Info : M. Emmanuel Gu-Konu, lors de la toute première conférence de presse de la CDPA-BT le 10 juin dernier, vous avez appelé à une synergie des forces de l’opposition à travers la création du MFAO (Mouvement de la Force Alternative de l’opposition). Où en êtes-vous aujourd’hui avec cette initiative ?

EGK : Pour ne rien vous cacher, nous avons organisé cette conférence de presse dans le cadre de notre campagne pour le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (le MFAO). Dès 1992 déjà, pendant que d’autres partis se sont lancés dans une pré campagne pour les présidentielles de 1993, chacun de son côté, la CDPA-BT avait estimé que les partis d’opposition devaient se consacrer en priorité à l’organisation de la population pour la mettre en mesure de s’impliquer massivement et activement dans la lutte politique, et le faire en toute connaissance de cause.

Et nous avons estimé qu’ils devaient aussi, et surtout, travailler ensemble sur la base d’un programme minimum commun pour faire émerger de la masse des opposants une force politique bien organisée et capable, grâce à cette bonne organisation, de faire pression sur le régime aux moments cruciaux de la lutte pour la démocratisation du système politique.

Pour aller dans ce sens, nous avions ainsi, dès ce moment déjà, proposé aux autres partis un document dénommé « la charte d’alliance ». Depuis 2002, nous avons intensifié la campagne pour le MFAO en sollicitant tout le monde, en particulier les partis d’opposition, par des écrits, des rencontres, des appels. Nous avons toujours rencontré silence et dérision. Et nous avons toujours paru comme un parti « qui ne veut pas le pouvoir » !...

Nous avons la conviction que, tant qu’il n’existera pas derrière les partis d’opposition un vaste mouvement, uni, bien structuré et fort, l’opposition togolaise prise globalement ne sera jamais vraiment crédible. Et les chances de venir à bout du régime seront toujours minces et aléatoires. » 

II- À l’issue des travaux, les participants ont d’abord tenu à réaffirmer les objectifs prioritaires du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) :

1- Se constituer comme un cadre où tous ceux qui veulent une alternative à l’évolution politique actuelle (individus, organisations associatives, syndicats, partis politiques alliés…) peuvent se retrouver, afin d’agir ensemble pour donner plus de cohérence et plus d’efficacité à la lutte pour la démocratie.

2- Fédérer les forces démocratiques dans une alliance nationale et patriotique pour l’aboutissement de la lutte.

3- Être un cadre permanent pour la mobilisation et l’engagement des populations dans les efforts de refondation et de développement du pays.

4- Jouer un rôle prépondérant dans l’orientation des choix des électeurs lors du scrutin présidentiel de 2010, et se battre pour empêcher le régime illégal et dictatorial de voler la victoire des populations.

5- Se maintenir au-delà de 2010 pour deux raisons :

a- Continuer d’exercer sa pression sur l’évolution de la situation politique pour

Permettre le changement démocratique, si le régime et son parti continuent de se maintenir au pouvoir empêchant ainsi l’alternance démocratique.

b- Servir de garde-fous pour empêcher le dévoiement de la démocratie par le parti d’opposition, la coalition de partis d’opposition ou le candidat indépendant, qui parviendraient à prendre le pouvoir.  

III- Les participants à la rencontre se sont ensuite mis d’accord sur les tâches urgentes suivantes à accomplir :

1- Diffuser les idées du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) au sein de la population, au sein des organisations citoyennes au Togo et dans la diaspora afin de les encourager à intégrer le Mouvement.

2- Chercher les ressources nécessaires à la mise en œuvre et à la réalisation du plan d’action du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO). 

IV- Estimant que, par ses objectifs et par ses modalités spécifiques d’action, le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) offre une perspective nouvelle pour réaliser les aspirations de la population à la démocratie et améliorer les conditions de vie de l’immense majorité des togolais, les participants à la rencontre des 27-29 février 2009 appellent tous ceux qui veulent le changement démocratique à s’engager massivement pour la construction et le bon fonctionnement du Mouvement. 

RÉSOLUTION : 

Compte tenu de toutes les considérations énumérées plus haut, les participants à la rencontre de Paris ont pris la résolution ferme de rendre effective la convocation du Congrès Constitutif du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO), en tant que mouvement rassembleur incontournable, qui prône :

1- l'organisation et la structuration du peuple togolais pour la conquête et la défense de ses droits à la pratique démocratique,

2- le retour des valeurs républicaines que garantissait la Constitution de 1992, votée par Référendum,

3- un élan nouveau pour la création d'une société togolaise unie, harmonieuse, et prospère tournée vers le progrès. 

Fait à Paris, le 29 Février 2009
Joel .K.AMOVIN

 
 
 

 
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