|
LA BATAILLE :
le
MFAO lance un appel à la vigilance au peuple togolais
Une bataille,
semblable à celle des cochons d’un même enclos autour de l’auge se livre
sous nos yeux. Elle n’a pas commencé dans la nuit du 12 avril, nuit de
l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé par les forces fidèles à Faure
Gnassingbé. Non contents de nous voir y assister en témoins consternés,
attristés et impuissants, on veut nous faire croire que nous y sommes
impliqués, que le peuple togolais y est impliqué.
Dans ce
règlement de compte entre cochons d’une même porcherie, on veut
instrumentaliser la Constitution togolaise, tout comme les hommes que ces
mêmes adversaires d’aujourd’hui autour de l’auge ont mis en place au sein
des institutions censées être celles de la République.
Non, la
Constitution togolaise, la vraie, celle votée par le peuple togolais en 1992
n’est pas à chercher dans cette porcherie et le peuple togolais n’a rien à
faire non plus dans cet enclos à cochons où l’on veut l’enfermer. Notre
bataille est ailleurs.
Pour comprendre
la bataille qui a été livrée le 12 avril au domicile de Kpatcha Gnassingbé
entre les militaires soi-disant favorables à ce dernier qui se prépareraient
à perpétrer un coup d’Etat et les éléments de la Force d’Intervention Rapide
(FIR) des Forces Armées Togolaises, donc défendant le pouvoir de Faure
Gnassingbé, il faut se référer aux conditions dans lesquelles ce dernier a
été installé à la Présidence de la République.
Il est clair
pour tous que ce n’est pas par des élections, que ce n’est pas non plus sur
la base de la Constitution, ni d’un texte quelconque régissant la
République. Il a donc fallu des hommes (militaires togolais, politiciens
togolais, non seulement ceux qu’on appelle barons du RPT mais aussi des
hommes comme Edem Kodjo, des chefs d’Etat africains, de la sous-région
ouest-africaine en particulier, Chirac de France, Françafrique) et tout un
réseau d’intérêts pour désigner Faure Gnassingbé.
Il a fallu
examiner le « dossier » de chacun des fils Gnassingbé pour savoir, lequel
non seulement serait le mieux qualifié par des critères de personnalité, de
diplômes d’études, de sa capacité à gérer les affaires de l’Etat, mais aussi
serait le mieux à même de préserver les intérêts de tout ce beau monde qui,
sûrement n’a pas fait un choix en fonction des beaux yeux de Faure, même si,
physiquement, il fait plus « Président » que Kpatcha.
J’ai même
entendu, dans une analyse de journalistes sur TV5 (Kiosque), à la mort
d’Eyadema que dans ce pays qui risquerait d’être déchiré par les conflits
inter-ethniques, Faure, né d’une mère du Sud, serait mieux à même de
réaliser l’unité du pays autour de sa présidence.
Drôle d’analyse,
mais valable tout de même, parce que chacun sait que dans ce pays comme dans
d’autres de l’Afrique des dictateurs, le vote des citoyens n’a jamais été et
n’est pas un critère pour la mise en place d’un nouveau pouvoir. Et qui sait
si parmi tous ces hommes que nous avons cités, ces « faiseurs de roi », il
n’y en avait pas qui donnaient dans une réflexion du même genre?
Faure l’a donc
emporté, mais peut-on imaginer que ce fût sans négociation avec les autres
enfants à Papa, sans contrepartie, sans promesse, surtout à celui qui
paraissait avoir les appétits les plus aiguisés, Kpatcha?
Qu’on se
rappelle que ce dernier, dans le premier gouvernement de son frère, détenait
le ministère que l’on peut considérer comme le plus puissant, de la Défense
Nationale et que par la suite, il en a démissionné (ou été évincé, personne
ne peut le dire exactement). Dans le partage de l’héritage, qu’est-ce qui
avait été accordé (ou promis) à chacun des fils Eyadema?
La présidence
pour Faure, l’armée pour Kpatcha, les postes juteux à d’autres dont on parle
moins... En attendant d’autres remous, que d’autres appétits se révèlent
pour d’autres négociations, d’autres promesses en vue de les apaiser. Et
toutes les promesses jusqu’ici faites, ont-elles été tenues?
Dans tous les
cas, concernant Kpatcha, si ces promesses avaient été tenues, il n’aurait
certainement pas quitté le ministère de la Défense. Or Kpatcha, (il ne l’a
jamais caché lui-même) revendique l’héritage paternel à 100%. Comprenne qui
pourra, mais on peut être sûr d’une chose, c’est qu’il ne se contentera
jamais d’un siège de député à l’Assemblée Nationale.
N’avait-il pas
(que l’on me pardonne s’il s’agissait d’une simple rumeur), à l’occasion du
premier anniversaire de la mort de leur père, cadenassé la porte d’entrée du
caveau familial pour empêcher Faure d’avoir accès à la momie d’Eyadema?
Ce que certains
peuvent qualifier de superstition a un sens ici: ni Kpatcha, ni Faure
n’étant élu par le peuple togolais, c’est du père, et puisqu’il est mort, du
cadavre du père que l’un ou l’autre pourrait détenir son pouvoir et sa
puissance. Cette conception mystique, obscurantiste du pouvoir est tout
aussi valable que le critère de l’origine de la mère de chacun des fils
Gnassingbé.
La revendication
du cadavre du père à 100%, comme de son pouvoir peut être interprétée comme
l’appartenance à 100%, de Kpatcha à l’ethnie de son père.
Les craintes que
suscite la tuerie du 12 avril vont dans plusieurs sens.
Le premier sens
et le pire me semble être que Kpatcha, diabolisé à 100%, certains de nos
concitoyens trompés par les apparences et aussi par des analyses du genre de
celle à laquelle j’ai fait allusion, se tournent tout naturellement vers
celui qui ne constituerait qu’un danger à 50%.
Nous ne savons
pas ce que nous réserve Faure, quand il aura complètement assis son pouvoir,
en massacrant qui lui barrera la route, y compris ses propres frères. La
bataille du 12 avril au domicile de Kpatcha, il faut bien le comprendre,
s’inscrit tout à fait dans la logique de la conquête et de la conservation
du pouvoir au Togo, depuis le 13 janvier 1963.
L’attaque de la
Primature du 28 novembre au 1er décembre 91 et la capture de Koffigoh sont
dans les mœurs politiques inaugurées par Eyadema et sa clique en 1963. Les
massacres des 24 et 25 avril 2005, l’assassinat d’Atsutsé Agbobli sont dans
cette même logique.
La deuxième
crainte est que, d’une manière définitive, l’accès à la présidence de la
République soit désormais lié à la règle du « qui tire le premier ».
Implicitement, Kpatcha le reconnaît quand il déclare à un journaliste de RFI
que « Moi aussi, on me rapporte que mon frère veut me tuer ».
La troisième
crainte, celle qu’éprouvent sûrement beaucoup de Togolais est que l’élection
présidentielle prévue en 2010, si elle a lieu, ne change rien à la
situation: quel qu’en soit le vainqueur, quel que soit son camp, s’il veut
réellement accéder au pouvoir et l’exercer, il faut, perpétuellement qu’il
soit sur le qui-vive, pour être celui qui tire le premier.
Il n’y a pas
très longtemps, un des candidats déclarés actuels à la présidence de la
République écrivait une « lettre ouverte au Président de la République »,
pour lui demander de convoquer un forum national, en lieu et place de cette
même élection. « La Providence » l’aurait ainsi voulu, selon l’auteur de la
lettre ouverte! Ce n’est pas du messianisme politique remplaçant la
démocratie. Ce n’est pas non plus un paradoxe. C’est du réalisme, dans
cette situation où nous nous sommes laissés aller. Je dis « nous ». Que
pourrais-je dire d’autre?
Pour réfuter ce
réalisme-là, il faudrait commencer par dire que Faure n’à aucune légitimité,
ni pour se faire appeler « Président de la République », ni pour convoquer
un forum national. Et combien de Togolais sont prêts à le faire?
Combien de
ministres sont prêts à quitter aujourd’hui ce gouvernement que l’un d’eux a,
lui-même, qualifié d’enclos à cochons, pour laisser les cochons se battre
entre eux autour de l’auge?
Nos « faiseurs
de roi » avaient-ils prévu cet état de choses et viendront-ils à notre aide?
Et nos bons
facilitateurs, concepteurs et signataires de l’APG peuvent-ils, en leur âme
et conscience, être fiers d’avoir conduit le peuple togolais dans ce
gouffre?
Quelque part, la
mascarade commencée depuis janvier 1963, relayée depuis février 2005 après
la mort d’Eyadema par son fils continue. Le procureur de la République, M.
Robert Bakaï a fait une déclaration sur les événements, dans lesquels des
citoyens ont laissé leur vie. Il annonce une enquête judiciaire pour
élucider l’affaire. C’est bien beau.
Ce que nous
sommes en droit d’attendre, c’est que les auteurs présumés des actes qui ont
entraîné des morts d’hommes soient effectivement traduits en justice, que
leur jugement soit public, équitable, avec la participation d’avocats
nationaux et internationaux, qu’il y soit prononcé des condamnations si les
faits sont avérés et des acquittements en faveur des innocents
éventuels...Mais, concernant l’arrestation effective de Kpatcha Gnassingbé
lui-même et son inculpation, la réserve et la vigilance sont de mise.
N’y aurait-il
pas eu une réunion de famille à Lomé 2 au sujet de l’affaire? Á moins qu’il
s’agisse d’une simple rumeur. Une tentative de coup d’Etat, est-elle une
affaire familiale ou une affaire publique?
Saurions-nous
jamais ce qui aurait été dit, décidé, au cours de la réunion de famille? Et,
là, il ne s’agit nullement d’une rumeur, dans quel sens Solitoki Tiburce
Esso, Secrétaire Général du RPT, a-t-il publiquement déclaré qu’il faudra
une solution d’apaisement?
Si l’attaque, de
nuit, au domicile de Kpatcha avec des armes lourdes menée par la Force
d’Intervention Rapide et non la police, l’interpellation musclée et
intempestive en plein jour et en pleine ville de l’intéressé, la fermeté
affichée du ton de son inculpation, suivies de l’arrestation d’un autre fils
Gnassingbé (peut-être que demain deux, trois ou quatre autres viendront
s’ajouter à la liste), alors que le lieu de la détention des prévenus
demeure un secret selon le procureur Bakaï, si tout ce branle-bas devait
finir dans l’apaisement, nous aurions quelque raison de penser que nous
sommes bien dans l’un des scénarios du mélodrame joué dans un décor en
trompe-l’oeil, auquel le système Eyadema nous a habitués.
Et si,
parallèlement aux actions et déclarations publiques, d’autres actions
étaient entreprises, d’autres propos étaient tenus en privé et en secret,
ayant une incidence plus grave sur l’affaire que ce qui est révélé au grand
jour, n’aurions-nous pas tendance à penser que le faire-semblant domine et
cache les faits réels et surtout leur visée réelle ?
Du reste, la
présentation des armes des conjurés aux journalistes et aux diplomates
relève du déjà-vu du système Eyadema. Combien de fois la tactique a-t-elle
été utilisée?
Les Togolais
doivent se le rappeler et en tirer des leçons. On nous apprend sur le site
de RFI que « le gouvernement togolais va mettre en place une cellule
interministérielle, pour vérifier notamment si les conditions de détention
des prévenus et le processus judiciaire sont conformes aux standards
internationaux ».Franchement parlant, ne connaissons-nous pas déjà le
résultat des travaux de cette cellule?
Le discours du
soi-disant chef de l’Etat à la nation n’est qu’une grossièreté de plus, du
genre de celles que nous connaissons, une vraie insulte à l’intelligence du
peuple togolais.
Pour se dire
« garant de la Constitution », il fallait d’abord nous préciser de laquelle
il parle. S’il s’agit de celle taillée par son père, puis rapiécée par
lui-même, le jeu est clair.
Mais s’il s’agit
de la Constitution de 1992, elle le disqualifie totalement du rôle dans
lequel il s’est installé. Du reste, évoquer les nostalgiques du passé,
c’est, non seulement ignorer lui-même qu’il est parfaitement le produit de
ce passé, mais également chercher à nous faire prendre des vessies pour des
lanternes: les méthodes, ou plutôt les recettes utilisées dans le montage du
coup et dans ses visées de consolidation du pouvoir usurpé sont bien celles
de Papa Gnassingbé, donc du passé.
Le RPT, après
que son Secrétaire Général a recommandé une solution de l’apaisement, vient
de condamner la tentative de coup d’Etat. Parfait. Restent les motions et
les marches de soutien, ou quoi encore?
Pour Kpatcha
comme pour les personnages de Sartre, l’enfer, c’est les autres « ceux qui
font tout pour entrer dans la famille », entendez, pour lui voler tout ou
partie du pouvoir qu’elle détient du père.
Favorables à
Faure ou à Kpatcha, ces « autres » paient pour les crimes et les bêtises de
la sainte famille. Nous ne serons donc pas étonnés de voir ces « autres »
condamnés, puis éventuellement, peut-être, graciés, ou même, toujours dans
cette logique de mascarade dont on use au Togo, payés pour être jugés,
condamnés...et graciés.
Et quant aux morts du 12 avril (combien sont-ils? nous ne le saurons
jamais), tant pis pour eux: ils n’avaient pas à être là, « à entrer dans la
famille » quand une bataille propre à cette famille se déroule gentiment
entre frères. On ne va pas nous faire croire qu’au bout de deux heures de
fusillade, il n’y a eu que quelques cartons troués! On nous a montré les
armes des insurgés. Mais où sont les morts?
Peut-être, dans le meilleur des cas, on consolera leurs proches par de
l’argent ou des postes dans l’administration du pays. On a déjà vu cela sous
Eyadema.
L’essentiel est que tout rentre dans l’ordre, c’est-à-dire que le pouvoir
soit une affaire des seuls Gnassingbé, les « autres » n’étant que des
instruments que l’on utilise à cette fin.
S’il en était autrement, que l’on dise ce qui a été fait des morts de
l’accident d’avion de Sarakawa ou de leurs proches: l’essentiel n’a-t-il pas
été la «fabrication du Miraculé de Sarakawa » parfaitement réussie?
Le « Miraculé » de l’après 2010 se prépare, se fabrique aujourd’hui, petit à
petit, sous nos propres yeux et certains ne semblent pas s’en rendre compte.
Ou bien nous nous en rendons tous compte, mais que guettant quelques miettes
qui seront laissées dans l’auge ou répandues ça et là dans la porcherie
quand les cochons seront rassasiés, certains, dans leurs calculs, jouent à
ne pas savoir qu’ils contribuent à la destruction du Togo des valeurs.
Ceux qui ont signé l’APG, savent-ils aujourd’hui que ce sont des perles, des
vies précieuses, des valeurs républicaines, qu’ils ont jetées aux pourceaux?
Et combien de perles précieuses de ce Togo seront encore jetées aux
pourceaux, foulées au pied par des pourceaux, si nous ne nous réveillons pas
et ne réagissons pas vite?
Doit-on dire aussi que l’histoire de la Commission Vérité-Justice et
Réconciliation „ est également dans l’enclos tout comme le reste des
institutions de l’Etat, tout comme l’APG? Comment peut-on attendre de gens
qui entre eux-mêmes ne se tolèrent que lorsqu’ils sont menacés de
l’extérieur de la famille, qu’ils nous conduisent à la réconciliation
nationale?
Peut-être iront-ils demander au cadavre du père, la prochaine fois qu’ils
entreront dans le caveau, si toutefois ils y entrent ensemble et que l’un
n’en confisque pas la clé, les recettes pour devenir réconciliateur
professionnel, tout en massacrant tranquillement les « autres »,
c’est-à-dire qui on veut. Réconciliateur professionnel, c’est bien ce
qu’était le père! Et ceux, aujourd’hui ministres, officiers, magistrats,
députés... qui servent la famille dans tel ou tel camp, sont-ils seulement
conscients que demain, ils peuvent simplement être classés ou rejetés dans
la catégorie des « autres »? Je ne citerai pas d’exemple. Mais que l’on
prenne garde!
Nous avons affaire à un système qui ne mérite qu’une chose: qu’on le
combatte, jusqu’à sa destruction totale!
Quoi qu’il en soit, même si nous sommes conscients que la solution ne
viendra pas de l’élection de 2010, nous avons le devoir de ne pas nous
laisser tous enfermer dans l’enclos à cochons.
Nous avons le devoir d’agir, le devoir de nous entendre au sein de
l’opposition, le devoir de mobiliser le peuple hors de l’enclos pour
détruire l’enclos. Nous avons notre bataille: c’est la bataille contre
l’enclos à cochons. C’est à cela qu’un mouvement comme le MFAO invite les
Togolais désabusés par les habitudes de l’enclos.
Sénouvo Agbota ZINSOU
Publication du
Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO)
du 18 avril 2008
e-mail :
c.mfao@orange.fr |
|
Rencontre de la
Coordination du MFAO
Paris, 27-29 Février 2009
Synthèse & Résolution
Les 27, 28 et 29
février 2009, s’est tenue à Paris une rencontre de travail de la
coordination provisoire du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO),
élargie à des personnes-ressources et acteurs politiques et sociaux venus
d’Allemagne et du Canada, et sous la direction du professeur Emmanuel Gu-Konu
(Coordonnateur Provisoire du MFAO) entouré de ses proches collaborateurs.
L'objectif principal de la Réunion était d'examiner les conditions de
lancement du Mouvement.
I-
Après avoir fait la genèse du Mouvement et brossé un tableau de son
développement, le Coordonnateur Provisoire, le prof. Emmanuel Gu-Konu, a
rappelé que depuis 1992, la CDPA-BT incitait la classe politique
d’opposition à revoir l’orientation qu’elle donnait à la lutte et à
constituer une Force Alternative d’Opposition (FAO). L’idée de la FAO a
conduit à la nécessité de la concrétiser par un mouvement, le MFAO. Les
initiateurs du Mouvement ont fondé la nécessité du Mouvement sur une analyse
de la situation sociopolitique du Togo présentée dans un document intitulé
le Document MFAO.
1- Les
participants à la rencontre ont eu des échanges approfondis sur la situation
politique, sociale et économique au Togo. Force leur a été de constater que
cette situation est caractérisée par une perte de jour en jour plus grande
des valeurs républicaines, voire des valeurs tout court.
Il en résulte un
état de désolation généralisée, état douloureux pour les citoyens et
comparable à une plaie gangréneuse facile à déceler que le système en place
depuis plus de quarante ans, loin de panser, cherche plutôt à cacher sous
des faux-semblants, des dehors de pratique démocratique, des manoeuvres
politiciennes, que nous connaissons:
- les semblants d'élection en 2005 et en
2007,
b- la signature
de l'Accord Politique Global (APG) qui n'a jamais reçu l'aval du peuple
togolais et ne peut donc pas remplacer les textes constitutionnels votés par
voie de référendum, cet APG dont certains articles sont déjà régulièrement
violés par les tenants du RPT chaque fois que leurs intérêts le leur
commandent,
c-
l'existence d'une Assemblée Nationale entièrement aux mains du pouvoir
RPT,
d- les prétendues
reformes institutionnelles et constitutionnelles qui n'ont d'autre but que
le renforcement du système RPT, contre la volonté du peuple togolais
souverain.
2- Les
participants à la rencontre ont noté avec un amer sentiment
d'insatisfaction, et même de déception, les différentes réactions, timides
et ambiguës, de certains responsables politiques de l'opposition face à ces
manœuvres.
3- Ils ont pris
conscience que nous nous acheminons dangereusement vers l'échéance de 2010
qui peut, avec l'élection présidentielle prévue, installer dans notre pays,
le Togo, pour des décennies, voire de manière définitive le régime
foncièrement antidémocratique et antirépublicain qu'a toujours été et que
veut demeurer l'État RPT, en se livrant à ces manoeuvres que nous lui
connaissons déjà.
4- Ils ont aussi
constaté que plusieurs patriotes togolais, tant de l'intérieur que de
l'extérieur du pays se lèvent et tentent, tant bien que mal, de trouver le
remède à cette situation de désolation qui nous tourmente et qui risque de
s'aggraver après 2010,
5- Mais ils
tiennent à relever que la multiplication habituelle et actuelle
d’initiatives et d’associations sur la scène politique et sociale n’est pas
la meilleure façon de chercher des solutions à la grave situation du Togo,
et y voient plutôt un besoin urgent de concertation au sein du grand
mouvement démocratique pour harmoniser les vues, les projets et les
stratégies autour de l’objectif minimal national inaliénable et convenable
pour tous, celui de la libération-démocratisation-refondation du pays, et
partager le travail à faire pour réaliser cet objectif commun.
Toujours sur ce
même aspect organisationnel, et face au danger d’éparpillement des
ressources et à la confusion que cette multiplication d’initiatives et de
dénominations fait peser sur l’avenir de la lutte, les participants à la
rencontre ont reconnu que l’idée d’une synergie des forces de
l’opposition constitue le fondement même du projet MFAO, et se sont réjouis
de ce que déjà en juin 2008, le prof. Gu-Konu ait mis un accent particulier
là-dessus, tel que relevé lors d’une interview par le journal Golfe Info
publiée sur togocity.com le 1er octobre 2008 et en ces termes :
« 1-
Golfe Info : M. Emmanuel Gu-Konu, lors de la toute première conférence de
presse de la CDPA-BT le 10 juin dernier, vous avez appelé à une synergie des
forces de l’opposition à travers la création du MFAO (Mouvement de la Force
Alternative de l’opposition). Où en êtes-vous aujourd’hui avec cette
initiative ?
EGK : Pour ne
rien vous cacher, nous avons organisé cette conférence de presse dans le
cadre de notre campagne pour le Mouvement de la Force Alternative
d’Opposition (le MFAO). Dès 1992 déjà, pendant que d’autres partis se sont
lancés dans une pré campagne pour les présidentielles de 1993, chacun de son
côté, la CDPA-BT avait estimé que les partis d’opposition devaient se
consacrer en priorité à l’organisation de la population pour la mettre en
mesure de s’impliquer massivement et activement dans la lutte politique, et
le faire en toute connaissance de cause.
Et nous avons
estimé qu’ils devaient aussi, et surtout, travailler ensemble sur la base
d’un programme minimum commun pour faire émerger de la masse des opposants
une force politique bien organisée et capable, grâce à cette bonne
organisation, de faire pression sur le régime aux moments cruciaux de la
lutte pour la démocratisation du système politique.
Pour aller dans
ce sens, nous avions ainsi, dès ce moment déjà, proposé aux autres partis un
document dénommé « la charte d’alliance ». Depuis 2002, nous avons
intensifié la campagne pour le MFAO en sollicitant tout le monde, en
particulier les partis d’opposition, par des écrits, des rencontres, des
appels. Nous avons toujours rencontré silence et dérision. Et nous avons
toujours paru comme un parti « qui ne veut pas le pouvoir » !...
Nous avons la
conviction que, tant qu’il n’existera pas derrière les partis d’opposition
un vaste mouvement, uni, bien structuré et fort, l’opposition togolaise
prise globalement ne sera jamais vraiment crédible. Et les chances de venir
à bout du régime seront toujours minces et aléatoires. »
II-
À l’issue des travaux, les participants ont d’abord tenu à réaffirmer les
objectifs prioritaires du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) :
1- Se constituer
comme un cadre où tous ceux qui veulent une alternative à l’évolution
politique actuelle (individus, organisations associatives, syndicats, partis
politiques alliés…) peuvent se retrouver, afin d’agir ensemble pour donner
plus de cohérence et plus d’efficacité à la lutte pour la démocratie.
2- Fédérer les
forces démocratiques dans une alliance nationale et patriotique pour
l’aboutissement de la lutte.
3- Être un cadre
permanent pour la mobilisation et l’engagement des populations dans les
efforts de refondation et de développement du pays.
4- Jouer un rôle
prépondérant dans l’orientation des choix des électeurs lors du scrutin
présidentiel de 2010, et se battre pour empêcher le régime illégal et
dictatorial de voler la victoire des populations.
5- Se maintenir
au-delà de 2010 pour deux raisons :
a- Continuer
d’exercer sa pression sur l’évolution de la situation politique pour
Permettre le
changement démocratique, si le régime et son parti continuent de se
maintenir au pouvoir empêchant ainsi l’alternance démocratique.
b- Servir de
garde-fous pour empêcher le dévoiement de la démocratie par le parti
d’opposition, la coalition de partis d’opposition ou le candidat
indépendant, qui parviendraient à prendre le pouvoir.
III-
Les participants à la rencontre se sont ensuite mis d’accord sur les tâches
urgentes suivantes à accomplir :
1- Diffuser les
idées du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) au sein de la
population, au sein des organisations citoyennes au Togo et dans la diaspora
afin de les encourager à intégrer le Mouvement.
2- Chercher les
ressources nécessaires à la mise en œuvre et à la réalisation du plan
d’action du Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO).
IV-
Estimant que, par ses objectifs et par ses modalités spécifiques d’action,
le Mouvement de la Force Alternative d’Opposition (MFAO) offre une
perspective nouvelle pour réaliser les aspirations de la population à la
démocratie et améliorer les conditions de vie de l’immense majorité des
togolais, les participants à la rencontre des 27-29 février 2009 appellent
tous ceux qui veulent le changement démocratique à s’engager massivement
pour la construction et le bon fonctionnement du Mouvement.
RÉSOLUTION :
Compte tenu de
toutes les considérations énumérées plus haut, les participants à la
rencontre de Paris ont pris la résolution ferme de rendre effective la
convocation du Congrès Constitutif du Mouvement de la Force Alternative
d’Opposition (MFAO), en tant que mouvement rassembleur incontournable, qui
prône :
1- l'organisation
et la structuration du peuple togolais pour la conquête et la défense de ses
droits à la pratique démocratique,
2- le retour des
valeurs républicaines que garantissait la Constitution de 1992, votée par
Référendum,
3- un élan
nouveau pour la création d'une société togolaise unie, harmonieuse, et
prospère tournée vers le progrès.
Fait à Paris, le
29 Février 2009
Joel .K.AMOVIN |