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Il
est 16 heures 3 temps universel lorsque l’arbitre
tunisien Murad Daami donne le coup de sifflet de la
finale de cette 25ème coupe d’Afrique
des Nations. C’est le top two des 16 équipes
africaines qualifiées pour la phase finale de la
CAN 2006.
L’Egypte,
est-il besoin de le rappeler, est le pays
organisateur et a donc cet avantage d’avoir tout
son peuple avec lui. Surtout c’est le 5ème
titre que convoitent les Pharaons. L’Egypte
voudrait bien être le premier pays à posséder le
titre continental et dépasser du coup ses
co-détenteurs du trophée, le Ghana et le Cameroun.
Outre cette ambition et l’honneur de défendre les
couleurs devant tous les Egyptiens, les Pharaons
ont un effectif soudé, techniquement puissant
déployant un football européen. Mais depuis cette
CAN, ils pèchent par excès de fatigue passées les
70 minutes. Le handicap, si on peut le dire ainsi
est l’absence de leur joker, Mido qui, lors du
match des demies finales contre le Sénégal, avait
traité son entraîneur Hassan Shehata d’ « âne » ;
et répondant aux journalistes, il avait ajouté,
« c’est qui Shehata, je le ne connais pas ;
qu’est-ce qu’il a fait pour le football
égyptien ? ». Une telle impertinence lui a valu 6
mois de suspension en équipe nationale. Ce soir il
regarde le match dans la tribune de la presse. Le
prix d’une grosse tête.
Seulement, ils ont en face d’eux, des Eléphants
super motivés en bloc, vaillants qui veulent aller
en Allemagne en juin 2006 avec une nouvelle carte
de visite qui impose le respect et inspire la
crainte, celle des maîtres de l’Afrique. Les
Ivoiriens voudraient posséder pour la deuxième fois
après 1992, le sacre africain. Pour cela, il va
falloir séduire Cléopâtre et courtiser
ToutanKhamon. Mission pas impossible. Mais
courageuse !
Tout
dépend aussi de l’arbitrage. Il faut remarquer que
les arbitres volontairement ou pas favorisent les
pays organisateurs.
11ème
minute, coup franc dans les 25 mètres. Ce sont ces
genres de situation qui peut inquiéter les
ivoiriens. Mais la frappe de El Sakha, rase le
poteau de Jean-Jacques Tizié. C’était une belle
occasion perdue. Mais on sent les Eléphants un peu
fébriles dans leurs arrières rangs.
Pour
l’instant la mention bien peut aller aux joueurs
égyptiens, pleins de vivacité et de mobilité.
C’est un football chatoyant, plaisant, empreint
pour le moment d’ambiance. Mais les Pharaons
doivent se méfier des contres attaques ivoiriennes.
Très peu ou pas d’occasion depuis la demie heure
maintenant. Un match fermé.
34ème
minute, chaleur dans le camp ivoirien sous la
pression égyptienne qui oblige les Eléphants à
reculer.
Ces
deux-là se connaissent très bien. Ils étaient dans
le même groupe dans les phases éliminatoires avec
le Cameroun et le Soudan. La dernière rencontre
remonte au troisième match du premier tour où la
Côte d’Ivoire avait été battue par les Egyptien sur
un score de 3 – 1. Les enjeux étaient différents.
35ème
minute, contre ivoirien. Didier Drogba se la joue
trop perso. A deux Ivoiriens contre 1 Egyptien, les
Eléphants avait la balle du 1 – 0 si Drogba avait
donné à Akalé démarqué sur sa gauche. Seul.
les 45
premières minutes s’achèvent sur un score nul et
vierge mais sur une note de confiance de Akalé, le
joueur ivoirien qui d’une frappe pivotée met à
contribution le gardien égyptien El Hadary.
Coup de
siffler relançant les deux équipes. La pression
change : tantôt ce sont les Pharaons qui pressent ;
tantôt la pression est ivoirienne.
54ème
minute, Eboué tacle une balle et un joueur égyptien
s’écroule. L’arbitre voit jaune. Pourtant Eboué n’a
stoppé que la balle. On peut dire que le Tunisien
Murad Daami est un peu sévère pour les Ivoiriens.
S’il glisse vers ce favoritisme accordé aux pays
organisateurs, c’est la débâcle. La CAF et la FIFA
notamment se devaient de sanctionner des arbitres
comme le Camerounais qui a laissé passer le penalty
pour les Sénégalais alors que c’était le coup de 2
buts partout.
Meilleure
possession de la balle par les Egyptiens mais on ne
peut pas parler de domination outrageuse.
69ème
minute faute sur Drogba dans les 25 mètres. Très
intéressant. Il faudrait un orfèvre pour marquer en
finesse. Mais la frappe de Drogba heurte un joueur
sorti du mur. Cela à ce niveau de la compétition
mérite un carton. Le joueur n’a pas le droit de
sortir du mur avant qu’on tire. Sinon carton. Mais
l’arbitre tunisien laisse jouer.
Depuis
plus de 10 minutes maintenant, ce sont les
Ivoiriens qui paraissent plus frais que les
Egyptiens. Ils gagnent les duels et pressent plus
en avant qu’au début. Nous le disions au début, les
Ivoiriens ne peuvent avoir les Egyptiens qu’à la
fatigue.
75ème
minute, Didier Drogba rate l’immanquable. Gri-gri
de Kalou et de Koné qui centre pour Drogba dont la
frappe passe au-dessus de la barre transversale.
Quelles maladresses de Drogba aujourd’hui. Hassan
Shehata a les yeux hors des orbites. Le milieu de
terrain est inexistant. La pression du public et la
peur de perdre pèsent sur les Pharaons. Tandis que
les Ivoiriens sentent qu’ils ont un coup à jouer.
Les Pharaons chancellent et les Eléphants cherchent
l’estocade.
83ème
minute, coup de théâtre, frappe égyptienne contrée
par Tizié, refrappe, re-contre puis Shawky empêche
le gardien ivoirien de se saisir de la balle et Amr
Zakhy prolonge la balle dans les filets. Tout le
stade est au ange. Mais l’arbitre tunisien prend
une énorme responsabilité et siffle faute sur le
gardien ivoirien. Au repassage vidéo, l’arbitre a
bien raison de refuser ce but. Il y avait faute sur
Jean-Jacques Tizié. Bien arbitrer de la part du
Tunisien. Chapeau !
C’est la
frustration dans le camp égyptien. Un ouf dans le
camp ivoirien. Se laisser mener à 7 minutes de la
fin après avoir résister pendant 83 minutes, c’est
le dénouement catastrophe.
Les 90
minutes sont finies. 4 minutes de temps
additionnel. Et coup franc ivoirien dans les 28
mètres. Mais exécution stérile. 2 minutes à tenir
pour passer aux prolongations.
Fin de
partie et pourtant ça continue. Prolongation.
Première
partie des prolongations. Les ivoiriens engagent.
Entrée de Bakari Koné que les journalistes
affectueusement désignent par « le taureau fou ».
C’est lui qui avait ouvert la marque contre le
Nigeria. Aujourd’hui contre les Egyptiens, ils ont
la même option : marquer et éviter de prendre un
but.
90
minutes +4 minutes : scandale de l’arbitre qu’on
venait de saluer le geste courageux. Dommage pour
le foot africain. Sur une simulation de Barakat qui
rate son contrôle, le tunisien offre un penalty.
Inouï !
Ahmed
Hassan exécute et rate. Les Egyptiens s’ils doivent
se qualifier ne doivent pas profiter des inepties
des arbitres. Après le Sénégal, ce ne sera pas la
Côte d’ivoire. Le dieu du ballon rond a rendu
justice. Si les Egyptiens perdent cette CAN, ce
sera une sorte d’ordalie.
90 + 10
minutes, on sert sur la droite Bakari Koné qui,
plein gaz, frappe une balle cadrée. Il faut une
détente de El Hadary pour mettre la balle en
corner.
Fin de la
première partie des prolongations.
A la
reprise les Pharaons semblent avoir trouvé
l’énergie qui leur manque.
90 +18
minutes : ça se joue à une touche entre Koné et un
partenaire mais la balle est subtilisée au dernier
moment face à El Hadary. Trop d’occasions perdues.
C’était une belle occasion rondement menée.
90 + 28
minutes, corner égyptien. Le marquoir ne change
pas.
90 + 30.
On s’achemine vers la séance fatale des tirs au
but.
Fin des
prolongations. On passe aux tirs au but. En 1992,
les Eléphants avaient remporté le trophée en
battant le Ghana par 11 tirs au buts contre 10 côté
Black Stars. Pour se défaire du Cameroun, les
Ivoiriens ont dû tiré 12 contre 11 pour les Lions.
Colossale
intensité dramatique contenue dans ces séances de
tir au but. Interdit aux cardiaques. Ce sont deux
peuples, c’est tout le continent africain qui
retient son souffle.
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|
Egypte |
Résultats |
|
|
Côte d’Ivoire |
Résultats |
|
1 |
Ahmed Hassan |
1 |
1 |
Didier Drogba |
0 |
|
2 |
Abdel Wahab |
1 |
2 |
Kolo Touré |
1 |
|
3 |
Abdel Halim |
0 |
3 |
Bakari Koné |
0 |
|
4 |
Amr Zakhy |
1 |
4 |
Eboué |
1 |
|
5 |
Abdel Terika |
1 |
- |
- |
- |
|
|
4
|
|
2 |
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L’Egypte
remporte cette 25ème CAN 2006, devant
plus de 80 mille spectateurs, devant toute l’Egypte
et devant Hosni Moubarak, le président égyptien
depuis 1981. Victoire méritée mais on continuera à
disserter longtemps encore sur le penalty que
l’arbitre n’a pas siffler pour le Sénégal. Et s’il
l’avait sifflé ? Si le Sénégal avait égalisé sur ce
penalty, l’Egypte serait-elle allée en finale ?
L’EGypte
tient sa 5ème coupe d’Afrique et devance
le Ghana et le Cameroun avec 4 sacres. Et c’est la
deuxième coupe gagnée à domicile. L'Egypte
conservera cette coupe en or et la CAF devra
s'offrir une autre coupe pour les CAN futures.
La Côte
d’Ivoire n’a pas à rougir de cette deuxième place.
Il lui reste les épreuves mondiales à affronter.
D’ici à quelques jours, ce ne sera plus qu’un
souvenir égrillard. Belle CAN pour tous ! Il
fallait un vainqueur !
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