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Si l’on
reconnaît à un entraîneur le droit absolu de
sanctionner ses poulains en cas de manquement à une
règle, il est aussi recommandé de veiller à ce que
la sanction ne nuise pas aux performances de
l’équipe. C’est malheureusement ce que illustre
l’acte posé par Késhi, le coach des Eperviers. Il
n’a laissé que libre cours à son orgueil car la
nature de la sanction qu’il a voulu infliger à
« la star » des Eperviers est disproportionnée,
inopportune, et risque d’être fatale pour la suite
de la compétition.
Késhi aurait été plus sage en évitant de soulever
l’impréparation d’Adébayor, « … plus préoccupé
ces derniers jours par les modalités de son
transfert à Arsenal que par les Eperviers »
comme il l’affirmait puisque c’est l’origine de la
dispute aux conséquences qui ont transcendé le cadre
des deux protagonistes. Si vraiment la mésentente
tient exclusivement de cette raison et qu’il n’ y a
pas d’autres faits non énumérés, l’on se doit de
dénoncer cette « maladresse » de Késhi qui
n’a fait preuve d’aucune sagesse que devrait
normalement lui conférer son âge. C’est lui qui a
délibérément « provoqué » le conflit. Sous
réserve d’éventuels vices de comportements et
d’écarts de langage du joueur à l’endroit de son
coach, Adébayor a toutes les raisons de s’absenter.
Comme le dit Késhi, si le joueur est préoccupé par
les modalités de son transfert à Arsenal, c’est de
bonne guère et il n’a pas à lui en vouloir. Adébayor
vit de son art et regretterait de ne pas signer ce
contrat avec Arsenal si c’était au cours de cette
période de préparation des Eperviers que le club
londonien exigeait de lui qu’il signe. Ç’aurait été
« idiot » de sa part de préférer rester avec
l’équipe nationale pour un « stage de
préparation » et laisser filer cette chance de
signer dans un club aussi prestigieux qu’Arsenal.
D’ailleurs, Adébayor n’est pas un nouveau joueur
pour rechercher la cohésion avec les autres. Si le
coach l’exclut, c’est certainement qu’il porte
d’autres griefs contre lui. Et là nous repensons à
l’intervention du joueur qui disait dimanche dernier
sur RFI que Késhi lui demandait de jouer la CAN et
que lui-même il se chargera de lui trouver un club
en Angleterre. Késhi voulait donc lui manager un
contrat avec les subsides qu’un transfert rapporte
au manager… Tout joueur « équilibré » ne se
contenterait pas d’une telle promesse, ferait la
même chose que Shéyi qui a été clair en déclarant ;
« je ne peux pas refuser un contrat à Arsenal et
me consacrer à l’équipe nationale ». L’attitude
de Késhi laisse entrevoir des signes évidents
d’envie nourrie à l’endroit du joueur qui a fait une
percée singulière dans sa carrière. Cet argument de
l’impréparation de Shéyi n’est qu’un cache-sexe.
Késhi a sciemment créé un conflit d’intérêt aux
conséquences qui dépassent une simple punition à
l’endroit de Shéyi.
Nous étions de ceux qui ont louangé Késhi en
l’appelant « messie ». Mais aujourd’hui le
moment est venu de lui signifier son
« irresponsabilité ». Il faudra appeler un chat
chat et non le petit animal à quatre pattes. Késhi
n’avait aucunement le droit de sanctionner Adébayor
en le privant de match. C’est très ingrat à
l’endroit de quelqu’un par qui le Togo se qualifie
pour la toute première fois pour un Mondial. Ça
l’est davantage à l’égard d’un joueur à qui les
dirigeants de Monaco ont fait des misères, car très
remontés par les joyeuses performances de
« l’Epervier » et son inefficacité à Monaco.
Adébayor ne gagne « rien » en jouant la CAN.
Que valent les 10 millions qu’il aurait reçus
« avec la manière » à côté des millions qu’il
gagne en club par mois ? Que vaudront les CFA qu’il
gagnerait par rapport aux milliers de Livre Sterling
qu’il devra gagner avec Arsenal ? En venant jouer la
CAN, il ne le fait que par amour pour son pays dont
il veut porter haut les couleurs. Et par ego
démesuré, Késhi l’en a privé contre la RDC.
Késhi pensait punir Adébayor en le sevrant de match.
C’est plutôt toute une nation qui a payé le prix…
C’est en cela que nous pensons que Késhi a badiné
avec l’honneur de plus de cinq millions d’âmes qui
sont à jamais marquées par cette défaite contre les
Simba. Les Togolais lui trouvent des circonstances
aggravantes, vu qu’il est censé savoir l’importance
de ce joueur dans le jeu des Eperviers. Shéyi est
pour le Togo ce que Zidane est pour la France,
Ronaldinho pour le Brésil… Couplés à Agassa Kossi,
ils représentent à eux deux 90% du potentiel des
Eperviers. Tout le monde en est conscient, même
leurs coéquipiers. Les Eperviers sans Adébayor ne
valent pas grand-chose. Coubadja Kader qui s’est
illustré au cours de la rencontre dernière par des
ratées phénoménales l’a dit en des termes à peine
voilés : « Quand il y a Adébayor, beaucoup de
choses changent… Parfois le nom joue… ».
En
voulant punir Adébayor, Késhi a joué avec les nerfs
des Togolais. Tout un pays est déçu à cause de son
ego.
Nous espérons qu’avec le dénouement, les mêmes
erreurs ne seront plus commises et l’ambiance sera
bon enfant au sein de l’équipe car cette affaire
Késhi-Shéyi a semé de la discorde au sein du groupe
au point d’amener Abalo Dosseh le capitaine à
vociférer, parlant de Shéyi, « Nous n’avons pas
besoin de lui… ». Que l’ambiance règne à nouveau
au sein du groupe pour une meilleure performance cet
après-midi contre les Lions Indomptables du
Cameroun.
Mais l’histoire retiendra que le Togo a perdu contre
la RDC à cause de l’ego de Keshi.
TINO Kossi |