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2009

   
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Le Triangle 51 de mercredi 27 mai 2009
«... Il faut que sur la base des acquis, nous puissions répondre aux aspirations et aux attentes des Togolais en matière de services socio-éducatif, de santé, d’assainissement, de réhabilitation des infrastructures routières, de l’énergie...»

La situation socio politique et économique, le vécu quotidien du Togolais, la relation entre le Togo et les partenaires en développement et autre match de la deuxième journée des éliminatoires CAN/Mondial 2010, sont entre autres sujets qui préoccupent actuellement le commun des Togolais.

Et pour permettre à nos lecteurs d’avoir une idée réelle sur l’évolution du Togo en terme de développement ou de projet de développement, la rédaction de notre journal « Le Triangle des Enjeux » a eu un entretien avec le Ministre de la Coopération, Monsieur Gilbert Bawara. Nous s vous proposons  donc le contenu de l’interview. 

Le Triangle des Enjeux : Où en sommes nous aujourd’hui en terme de relations avec les partenaires en développement. ?

Gilbert Bawara : Je voudrais profiter de l’occasion que vous m’offrez pour insister et encourager les hommes de médias et la population togolaise toute entière à cesser de faire de la question de la reprise de la coopération un problème spécifique. La question se posait en des termes particuliers au moment où nous étions en rupture de coopération, ou quand nous étions en train d’œuvrer pour cette reprise. Cela fait plus d’une année que cette coopération a repris. Aujourd’hui la question qui se pose c’est le décalage évident qu’il y a entre cette reprise formelle de la coopération et l’impact visible et concret que les populations en escomptaient. D’un point de vue formel je vous dirais que le Togo est  pleinement de retour dans le concert des nations. Nous nous sommes actuellement réengagés avec l’ensemble de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux. L’Union Européenne, sur la base d’une évaluation de la mise en œuvre des 22 engagements, a estimé que des progrès importants avaient été accomplis et qu’elle était décidée à reprendre sa coopération avec le Togo au lendemain des élections législatives d’octobre 2007.

          Par ailleurs, les institutions financières internationales, la Banque Mondiale, le FMI, et la BAD et d’autres partenaires bilatéraux qui, dans le sillage de la suspension de la coopération avec l’UE, s’étaient en également désengagés, sont pleinement de retour avec le Togo. C’est un point de vue formel. Maintenant, concrètement nous savons que le nombre d’années qui se sont accumulées avec la crise sociopolitique, avec la grève générale et illimitée, avec la rupture de la coopération et avec les difficultés qui se sont accumulées, ont entraîné d’autres difficultés et des problèmes d’une ampleur telle qu’il n’est pas aisé de les résorber entièrement en  l’espace d’une année. C’est d’ailleurs pourquoi il y a ce sentiment de décalage réel entre la reprise formelle de la coopération et les effets palpables et concrets sur le vécu quotidien des populations. Mais je dois également dire que pendant les années de suspension de la coopération et les années de crise sociopolitique, les capacités de l’administration togolaise se sont considérablement affaiblies et donc notre capacité aujourd’hui à formuler les projets à assurer leur exécution diligente mais également correspondre aux procédures et règles des partenaires en développement qui se sont quelque peu effritées.

          En dernier lieu, nous cherchons à concilier d’un côté, le souci de répondre rapidement aux attentes et aux besoins des populations togolaises et les exigences de transparence et de rigueur qui nous conduisent à veiller au respect scrupuleux des règles de bonne gestion.

 

Monsieur le Ministre, en vous écoutant cela suppose que vous confirmez que la coopération totale et entière entre le Togo et les partenaires en développement est réelle.

          Je dis que le problème ne se pose plus, nous ne devons plus donner à notre pays, l’image d’un pays qui se singularise en matière de coopération. En revanche, il faut être conscient de ce que l’ampleur des problèmes que nous avions accumulés il y a longtemps sont tels qu’il est difficile de les résorber en l’espace d’une année. Par ailleurs, le Président de la République par sa sagesse a voulu que nous puissions régler les problèmes avec méthodes. D’abord commence a atténuer les récriminations, les ressentiments qui existaient dans la société togolaise, l’apaiser, récréer un sentiment de sérénité et de confiance, rendre possible un dialogue politique qui d’ailleurs a lieu et qui a permis l’instauration de gouvernement d’union nationale, la tenue d’élections législatives apaisées tranquilles et sécurisées, la reprise de la coopération. Maintenant, il faut que sur la base de ces acquis importants que nous devons d’ailleurs préserver nous puissions nous mobiliser pour répondre aux aspirations et aux attentes des populations togolaises en matière de services socio-éducatifs, de santé, d’assainissement et puis la modernisation et la réhabilitation des infrastructures routières, l’énergie, la création d’emploi, tous ces besoins auxquels notre pays et les populations sont confrontés.  

Vous avez déjà évoqué les difficultés de l’administration togolaise à élaborer des projets d’envergure pour absorber les fonds disponibles. Qu’ y a-t-il y a lieu de faire ?

          Comme je le disais, il faut avoir le courage de reconnaître que les capacités de l’administration se sont considérablement affaiblies. Les pouvoirs publics togolais n’ont pas eu la possibilité de continuer à recruter des agents de la fonction publique et de les former afin de nous adapter au fur et à mesure que les règles qui régissent la coopération avec nos partenaires sont en train d’évoluer. Entre 1991 et aujourd’hui, on est passé des conventions de Lomé aux accords de Cotonou avec des innovations importantes et qu’il y a exigence de nos partenaires en matière de bonne gouvernance. Ce sont des qualités qui obligent notre administration à être à la hauteur. Et pour y aller, il fallait que nous puissions nous définir un canevas de nos politiques, de nos stratégies  et de nos priorités de développement. Ce canevas nous permettra de canaliser la mobilisation des ressources pour répondre aux aspirations des populations togolaises. 

La plupart des fonds annoncés sont destinés à apurer la dette extérieure de l’Etat. Où en êtes vous avec le cycle de payement de la dette ?

          La priorité d’un pays c’est aussi de faire face au service de sa dette. Dans la sagesse qui détermine l’action du gouvernement, nous avons estimé qu’il n’aurait pas été très avisé de continuer à compromettre l’avenir des générations qui viennent ou de ceux qui auront la charge demain de diriger le pays en continuant à accumuler les dettes et les arriérés de la dette. C’est pourquoi, nous avons consacré la plupart des ressources que nous avions reçues auprès de nos partenaires à l’apurement des arriérés et au service de la dette. Naturellement, il y a une bonne partie de ces ressources qui n’a pas servi à l’apurement des arriérés mais qui peut être utilisée pour la réalisation d’un certain nombre de projets. C’est à propos de ces ressources et de ces projets que je dis qu’il faut améliorer nos capacités d’exécution, d’absorption des ressources de l’aide extérieure.  

La bonne gouvernance est l’un des principes recommandés par les partenaires en développement mais il se fait que depuis quelques jours, la Banque Mondiale a ordonné la cessation des travaux de pavages de certaines rues de Lomé pour attributions illégales de marchés. Quelles garanties de bonne gestion le Togo donne aujourd’hui à ces partenaires en développement ?

Je ne peux pas vous dire qu’il ne puisse pas avoir de dérapage ici et là. Justement c’est peut être la non maîtrise des procédures de passation de marché de la Banque Mondiale qui a pu conduire les structures chargées de la gestion de ce projet à se tromper. J’ose croire qu’il ne s’agit pas de manquement fautif mais plutôt d’un manque de maîtrise des règles et des procédures qui auraient dû être appliquées. Je ne connais pas bien la question dont vous parlez. Je vais m’informer.  Mais nous essayerons de faire en sorte que les structures qui gèrent les ressources des partenaires en développement essayent tant bien que mal de maîtriser les règles et les procédures surtout celles relatives aux passations de marchés qui doivent offrir toutes les garanties d’une compétition saine et loyale entre les entreprises qui soumissionnent. 

Depuis quelques semaines, le pouvoir est secoué par une présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat impliquant l’honorable Kpatcha Gnassingbé, le frère du Chef de l’Etat. Quelle idée faites-vous de ces événements ?

          Je n’ai pas d’appréciation à exprimer sur une affaire qui aujourd’hui est totalement entre les mains de la justice. Permettez que je m’abstienne de commenter un processus judiciaire dans la mesure où il s’agit des faits présumés et ensuite les personnes présumées coupables bénéficient de la présomption d’innocence. Il  faut se garder de tout commentaire et de toute spéculation dans un sens ou dans un autre. 

Nous sommes à moins d’un an de la présidentielle de 2010 et les réformes institutionnelles tardent à se matérialiser. Que répondez-vous à ceux qui disent que le RPT bloquent volontairement les choses pour organiser de nouveau un passage en force ?  

C’est de la comédie. Vous savez, je ne connais pas de reformes constitutionnelles et institutionnelles qui détermineraient l’issue ou les conditions d’organisation de la prochaine échéance présidentielle. Je pense aujourd’hui qu’il y a un cadre électoral qui existe, qu’il y a une constitution qui existe et un code électoral qui existe. Naturellement que ces textes dont le texte fondamental peuvent receler un certain nombre de faiblesses, d’insuffisances, qu’on aurait envie d’améliorer et de perfectionner. Mais s’il faut le faire, il faut le faire dans la sérénité. C’est pourquoi le Président de la République a pris l’initiative de la mise en place du Cadre permanant de dialogue et de concertation. Il convient donc à ce que chacun fasse preuve d’engagement et de bonne foi et surtout que nous ne substituons pas à ces mécanismes aux institutions républicaines et démocratiques de l’Etat de droit qui existe.

Voilà où se trouve le problème. Autre hypothèse, je dirai que le cadre qui existe aujourd’hui peut permettre d’organiser des élections dans de bonnes conditions. Il s’agit de  ce que chacun apporte sa contribution. Ce qui signifie que les partis politiques, la société civile, les médias, les citoyens togolais doivent faire preuve du même comportement civique et citoyen que nous avons démontré de manière éloquente lors des législatives d’octobre 2007 où les partis politiques ont contribué à la sensibilisation et à l’éducation civique des populations en les appelant à la non violence, au renforcement d’une culture démocratique et de respect mutuel.

Du coté du pouvoir public, il y a deux impératifs. Le premier est de s’assurer que le processus électoral est conforme au standard international relatif à des compétitions électorales crédibles transparentes et libres. De l’autre côté, c’est de mettre en place toutes les conditions de sécurisation de ce processus en tirant les enseignements par rapport aux difficultés que nous avons eu par le passé. Vous savez que nous avions commencé depuis 2005. Le gouvernement a entamé le renforcement des effectifs et moyens d’action de la police et de la gendarmerie et en dissociant la mission des forces de maintien de l’ordre de celles des forces de défense. C’est alors des innovations extrêmement importantes qu’il s’agit de consolider et préserver. Alors je voudrais tout simplement réitérer l’engagement et la ferme détermination du chef de l’Etat tel qu’il l’a exprimé lors des échanges de vœux avec les populations sur le terrain, de veiller à ce que le processus réponde aux normes internationales surtout qu’il y a lieu dans un environnement apaisé et autant que faire se peut dans un contexte consensuel.  

Vous confirmez donc la détermination du gouvernement à organiser en 2010 une présidentielle transparente, libre, démocratique et sans violence ?

Je n’ai pas à le confirmer. Je vous dis que le gouvernement et le Président de la République en ont pris le ferme engagement et nous oeuvrons pour qu’il en soit ainsi. Le gouvernement a commencé à poser des actes concrets pour faire en sorte que le processus se déroule dans de bonnes conditions.  

Malgré tout ce que vous avez dit, on a comme l’impression que les reformes ne sont plus une priorité pour le pouvoir ?

Vous savez, aujourd’hui si vous me demandez mon point de vue, je vous dirai également la même chose. Je vous dirai qu’il faut continuer à préparer ce processus électoral qui est une échéance majeure pour notre pays et qui est également un tournant. Mais je vous dirai également, est important l’engagement du gouvernement à résorber les problèmes de chômage, le déficit en matière d’éducation, de santé, l’amélioration des infrastructures, la création d’infrastructure socio collectives pour les jeunes et la relance de la production agricole. Autant donc de sujets à régler. Vous savez, un pays qui sort d’une situation de crise comme le notre, qui a énormément de besoins et dont les moyens sont limités, il faut laisser se faire un certain arbitrage, veillez  à ce que les ressources soient consacrées à ce qui est prioritaire. Autant préparer il faut bien préparer le processus électoral, au tant, il ne faut pas négliger les services sociaux, les conditions de vie des populations et d’assainissement. Nous sommes en période de pluie, il faut veiller à ce que le Togo ne soit plus le théâtre des inondations avec son lot de personnes sinistrées. Tout cela constitue des priorités. Il ne faut pas mettre un accent sur les questions politiques et oublier le reste. Il faut donc travailler de manière équitable, répartir les fonds sur l’ensemble des secteurs de la vie nationale.  

Quelle est la position de votre partie le RPT par rapport à la présidentielle de 2010 ?

Vous savez que le Président de la République est issue de nos rangs, nous avons un gouvernement qui est l’émanation d’une majorité venant du RPT. La vocation aujourd’hui de se situe à trois niveaux. En premier lieu, continuer à soutenir et à accompagner le Président de la République pour qu’il remplisse et efficacement sa mission à la tête du pays. En deuxième lieu, soutenir l’action du gouvernement qui est l’émanation de notre majorité parlementaire et en troisième lieu participer au débat démocratique y compris la préparation pour les enjeux électoraux. Vous voyez que dans tout cela, on n’a pas de préférence. Nous ne sommes pas obsédés par l’échéance présidentielle. J’ai constaté dans un rapport d’une mission d’observation électorale de 2007, en l’occurrence, la mission d’observation de l’UE qui constatait dans le paysage politique togolais. Que le RPT a une forte implantation sur l’ensemble du territoire national, regorgé de cadres et il s’agit de s’appuyer sur ces atouts potentiels et, naturellement, dans un élan d’humilité et de modestie, nous allons vers les citoyens togolais dans un dialogue démocratique et républicain leur dire que nous avons investi depuis 2005, que nous avons assaini le climat politique et social, nous avons amélioré le cadre de sécurité et assaini les finances publiques et renoué avec nos partenaires en développement. Aujourd’hui, il s’agit tout en continuant à consolider l’apaisement et la réconciliation nationale, de nous mobiliser davantage pour la réconciliation et la modernisation de notre pays. Voilà les langages du RPT. Nous ne sommes pas dans l’incantation ni dans les marchés d’illusion.

Nous parlons de choses concrètes. Nous sommes partis d’une situation où il y avait une résignation et que chaque citoyen s’interrogeait sur le lendemain de notre pays. Aujourd’hui, le Président Faure a démontré qu’un lendemain meilleur pour notre pays est possible.

Je ne dis pas que tout ce qui a été fait est parfait. Il faut tirer des leçons de ce qui a été défaillant. Toujours est-il que tous les Togolais constatent qu’il y a un léger mieux. Faut-il remettre en cause ce léger mieux pour des incertitudes ou faut- il  partir de là pour faire mieux encore ?  C’est le choix que les Togolais auront à opérer dans les mois qui viendront. 

Le Togo joue contre le Gabon le 6 juin prochain dans le cadre de la 2ème journée des éliminatoires CAN/Mondial 2010. Monsieur le ministre, vous êtes forcément un sportif. Que ressentez-vous et que direz-vous aux Eperviers si vous êtes à la place de Jean Thissen l’entraîneur national ?

Je n’ai pas de conseil à donner, mais je crois qu’il y a un grand investissement patriotique de la part de nos joueurs. Nous tous Togolais, nous devons nous unir en un seul homme pour les soutenir et les accompagner pour une victoire sur le Gabon. Même s’il advenait qu’il n’y ait pas de victoire, ce n’est pas une fin en soi et nous devons nous mobiliser pour les encourager. Je suis un fan de foot. C’est l’une de mes distractions préférées, je suis scotché  pratiquement devant mon poste téléviseur, ou je suis souvent sur le terrain dans mon quartier à Agoè pour voir les jeunes jouer. Il m’arrive parfois de jouer avec eux. Donc nous allons prier pour que la prochaine bataille des Eperviers soit couronnée de succès. Qu’ils sachent que nous les soutenons et que nous sommes derrière eux.

Propos recueillis par Jérôme SOSSOU

Rebondissement dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé : Le Guide Mohamed Kadhafi convoque Faure et Kpatcha

Le feuilleton qu’il est désormais convenu d’appeler affaire Kpatcha Gnassingbé continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive. Depuis donc le 17 mai où le présumé comploteur de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat a été arrêté lorsqu’il essayait de se réfugier dans l’enceinte de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Togo, les informations ne cessent de révéler  des aspects qui parfois compliquent l’évolution de l’affaire.

          Après la faramineuse clé USB qui comporterait le secret du plan de déstabilisation du sommet de l’Etat, c’est le tour aujourd’hui des ordinateurs qui seraient saisis au domicile de l’Honorable Kpatcha qui auraient parlé. Si l’honorable Kpatcha est aujourd’hui accusé de flagrant délit, aucune preuve tangible n’est produite par le gouvernement pour convaincre les Togolais et la communauté internationale de la véracité des charges dont il est accusé.

          Cette affaire est de plus en plus ténébreuse. Ce qui explique les rebondissements qu’il y a lieu de constater. On annonce d’une raison à une autre, la bipolarisation de l’armée togolaise qui serait aujourd’hui à près de 16000 hommes. Cet effectif pléthorique crée de grandes divisions en son sein. Il existerait des pro-Kpatcha qui pour des raisons de sécurité gardent actuellement leur mutisme et des pro-Faure qui sont quelques vieux officiers et sous officiers qui ont servi sous son feu père. Il se murmurerait qu’ils n’approuvent pas eux non plus la gestion que Faure fait du pays. Ils se plaindraient d’être un peu écartés. Et pourtant pour les influencer, Faure leur aurait donné une enveloppe qui se situerait entre 25 et 35 millions.

            L’histoire des ordinateurs

          Après celle de la faramineuse clé USB qui aurait fait le tour du monde après la publication d’un article dans Jeune Afrique, c’est le tour des ordinateurs. Suite aux échanges de tirs au domicile de Kpatcha, trois ordinateurs ont été ramassés. Selon des informations le premier était à l’usage de ses enfants et de sa femme. Un autre contiendrait des textes dans lesquels, on lui aurait fait des éloges. Ces textes seraient même en contradiction avec ce que Jeune Afrique évoquait sur le capitaine Attih.

Des personnalités du RPT seraient assassinées

          Selon d’autres sources, des documents numérisés comporteraient la liste des personnes qui   auraient été assassinées après le putsch s’il avait réussi. Parmi donc ces personnes, il y aurait : Solitoki Esso, Ingrid Awadé, Moussa Barqué, Gilbert Bawara, Pascal Bodjona, Charles Debbasch, Ibrahima Méimounatou, puis Nathalie Bitho. Il y aurait également le général Ayéva et certains sous officiers et d’autres personnalités civiles. Il serait très difficile de reconnaître l’authenticité de cette liste même si des sources auraient affirmé que Kpatcha aurait reconnu également l’authenticité de cette liste. Si l’opinion pourrait rencontrer l’intéressé aujourd’hui sous haute surveillance elle pourrait faire la part des choses entre la version du gouvernement et la sienne. Tout ressemble donc à une manipulation qui ne dit pas son nom et jette un flou total sur l’affaire dans la mesure où les versions ne sont plus les mêmes et varient selon les humeurs. 

          Cette histoire prend de plus en plus de l’ampleur et suscite des réactions qui fusent de partout. Ce qui semble mettre une pression sur Faure Gnassingbé qui ne sait quoi faire pour résoudre le problème. Il survole alors les pays. Après le Nigeria, le mardi 12 mai 2009, où il aurait rencontré Olousegoun Obassandjo, qui lui aurait conseillé de libérer son frère, il était hier au Burkina Faso auprès du facilitateur Blaise Compaoré. Il s’apprêterait à rencontrer dans les jours prochains Kpatcha devant Kadhafi.

          En tout état de cause, l’affaire Kpatcha donne plus de vertige à Faure même s’il envisage encore plus de remaniements dans son entourage. Mais ce qui est sûr est que la grande muette que constitue l’armée togolaise est une bombe à retardement qui pourrait exploser à tout moment quand on sait que cette affaire y fait des aigris.

Jérôme SOSSOU


Lucarne : Présidentielle de 2010 :L’urgence d’un ménage au sommet de la hiérarchie militaire

            Les mutations politiques issues du «vent de l’est» ont favorisé l’enclenchement du processus de démocratisation des pays subsahariens notamment. Si dans certains pays de la sous-région, les autorités politiques au pouvoir, soucieux du bien être de leur peuple, ont mérité de la patrie en permettant à leur pays de prendre l’envol démocratique pour atteindre aujourd’hui un niveau considérable de développement incontestable, dans d’autres pays par contre la démocratie peine à décoller.

          Au Togo, les hommes qui sont aux affaires de l’Etat, étant obsédés et possédés par le pouvoir, refusent de donner la démocratie au peuple. Or, le soubassement du développement durable d’un pays est la bonne gouvernance, la gestion saine et transparente des fonds publics, l’indépendance des différentes institutions de la république, l’alternance politique, etc.., dont le fer de lance est indéniablement la démocratie. Depuis donc 1990, notre pays peine à suivre le train du renouveau à cause de la mauvaise foi du régime dictatorial et la volonté manifeste du RPT à voir le peuple notamment sa jeunesse descendre aux enfers.

          Après la disparition brutale du général président en février 2005, l’armée de Zakari Nandja, l’ex-chef d’état major aujourd’hui indésirable, avait porté Faure Gnassingbé derrière qui se cachait Kpatcha Gnassingbé, au pouvoir. Ainsi, une certaine harmonie paraissait exister entre les faucons du régime. Et la famille Gnassingbé, soutenue par l’armée de pacotille façonnée par le père défunt, faisait preuve d’une sérénité indéniable pour profiter en toute quiétude du patrimoine familial légué par feu Eyadéma : le Togo.

          Avec cette comédie de coup d’état  mise en scène par les griots du régime, rien ne semble plus marcher pour le RPT et son armée. Le climat devient délétère et la crise de confiance manifeste.

            Faure Gnassingbé, en dépit de ses fonctions de chef d’Etat et de ses prérogatives de président de la république, apparemment, se sent mal à l’aise ou plutôt dans l’insécurité parmi les siens c’est-à-dire sa famille politique et l’armée qui décide du sort du peuple après chaque scrutin présidentiel.         

          Ce n’est pas la vitrine blindée derrière laquelle il s’était abrité lors du défilé militaire et civil ayant marqué la célébration du 49è anniversaire de l’indépendance du Togo qui nous démentira.

          Avant de tenter toute action contre son frère, Faure devait avoir en principe la délicatesse de mesurer l’ampleur de l’événement afin de prévoir les éventuelles conséquences qui pourront en découler. Malheureusement, c’est l’école du RPT où l’ignorance et le cynisme l’emporteraient sur la sagesse et les convenances.

          La seule et unique alternance de Faure après avoir bu le vin tiré, reste ce fameux ménage au sommet de la hiérarchie militaire pour penser assainir la maison avant la présidentielle de 2010 qu’il perdra indubitablement. Car, l’homme n’a plus tellement confiance en certains hauts gradés de l’armée alors que le rôle de celle-ci dans la conservation du pouvoir au terme du processus électoral est prépondérant. Pourquoi Faure devrait-il avoir peur aujourd’hui de l’armée qui hier, l’avait aidé à conserver le pouvoir de son feu père? Cela suppose que l’armée est minée par un schisme sans précédent. Faure, conscient du fait qu’il n’arrive pas à cerner tous les rouages de l’armée qu’il croit également échapper à Zakari Nandja, pour sa sécurité ce qui d’ailleurs est normal et aussi pour la conservation du pouvoir en 2010, se doit donc de démettre de ses fonctions de chef d’état major général des FAT ce dernier pour y placer quelqu’un qui lui inspire plus de confiance afin de briguer un second mandat.

          Nandja, qui a démontré toute sa loyauté au père et montré sa vélocité et sa véhémence à imposer le fils au peuple en 2005, devrait peut-être se trouver blessé dans son amour-propre. Comme pour le soulager et pour ne pas le ridiculiser, on l’élève au rang de ministre d’Etat en vertu de la loi que le peuple ne connaîtra jamais. Par contre, d’autres officiers soupçonnés d’être proches de Kpatcha sont aussi demis de leur fonction. Quel sort alors leur réserve-t-on ? Si, Faure Gnassingbé dans la résolution des problèmes afférents à l’Etat crée encore d’autres scissions au sein des populations togolaises, il va sans dire que la crise politique que connaît le pays et l’impasse qui y règne ne pourront facilement connaître un aboutissement heureux. Et le peuple qui subit le coup, ne peut véritablement pas réagir parce que la mesure de rétorsion sera aux conséquences incalculables alors que le RPT, dans son laboratoire machiavélique, continue de jouer cyniquement avec le destin du peuple.

Peter S.



Un autre séisme en perspective à la FTF Le BE au bord de l’effondrement Qui de Rock Gnassingbé ou de Gabriel Améyi joue à «l’insurgé»

Le Congrès électif du 18 janvier 2009 qui a conduit le colonel Rock Gnassingbé au sommet de la Fédération Togolaise de Football  a semblé mettre fin à la longue crise qu’avait  connue le Bureau exécutif conduit par Tata Adaglo Avlessi après son élection le 9 janvier 2007.

Malheureusement, tout semble être un scénario monté pour flouer le public sportif et les amoureux du ballon rond  et les entraîner dans un désastre qui ne dit pas son nom

Vu tout le dérapage qui avait miné la constitution des  dossiers pouvant amener les candidats au congrès du 18 janvier 2009, notamment l’implication du ministre des sports dans le soutien d’une candidature, la refonte de certaines listes nuitamment au ministère de l’Administration territoriale, sous la caution justement du Ministre Bodjona, avait entraîné à une alliance contre nature dont les conséquences sont ces divergences visibles au sein de la Fédération.

« Je voudrais faire comprendre au public sportif que dans une vie associative  il faut une certaine confiance. Au cours du récent congrès, nous reconnaissons que c’était une alliance contre nature. Et justement le congrès s’était déroulé  en l’absence de la CAF  qui est l’institution qui couvre le  continent Africain en matière de football. En plus au delà de tout cela, imaginez comment les dépôts de candidatures se sont passés, et aussi comment la FTF a suggéré cette histoire diplomatiquement en prolongeant la date de clôture d’une dizaine de jours.

Pour nous tout ce qui s’était passé en ce moment là devrait être pour nous une occasion d’entreprendre autrement et nous permettre de repartir sur une base solide afin de désillusionner et minimiser toute considération. Malheureusement, je suis aujourd’hui très désolé que nous vivons actuellement un moment de cafouillage et de prise de décision uni- latérale au niveau du bureau exécutif. Le président Rock Gnassingbé qui vient et qui désigne des gens pour des voyages sur une simple humeur sous prétexte que chacun aura son tour, comme si le fait de voyager importe aux membres du bureau que les véritables activités qui s’y déroulent.

Naturellement nous voudrions être beaucoup plus impliqués dans la gestion de l’institution, étant donné que c’était une candidature de liste. Il faudra qu’on nous donne aussi de la valeur, qu’on nous prenne  au sérieux dans certains propos. Nous sommes des présidents de clubs de première, deuxième division et de ligue regroupés au sein de ce bureau, on ne peut nous minimiser de la sorte,  comme si nous sommes en déphasage avec la réalité qui se passe. En tout cas, si on ne prend pas garde, pour qu’on puisse redresser rapidement et convenablement la barre, ça va être très dangereux pour l’avenir de ce bureau et j’en suis pessimiste » s’est indigné M. Tino Adjété membre du bureau exécutif de la FTF avant de conclure que  «  Cette alliance contre nature ne respectant pas les statuts adoptés à Sokodé donne droit à tout ce qui se passe aujourd’hui au sein de ce bureau ».

Tout confirme donc qu’il y a un véritable séisme en perspective qui risque d’effondrer l’actuel bureau exécutif de la Fédération togolaise de Football.

Voilà encore à quoi se confronte le développement du football togolais.

À qui donc attribuer cet énième « affrontement » des membres de la FTF élus sur la base  d’une liste qui aurait résolu toutes les divergences qui avaient minées la FTF ces deux dernières années. Le sport en général, et le football en particulier, est un élément unificateur mais comme le Togo est une nation entièrement à part le football divise plus d’un. Va-t-on encore parler aujourd’hui de l’ambition démesurée des hommes et femmes qui la  composent ? Peut être non ! Plutôt on serait tenté de dire que la gestion unilatérale faite par le Président Rock Gnassingbé, si cela est le cas, ou encore cette façon de vouloir croire que les autres membres du BE n’ont pas la prérogative de savoir comment fonctionne l’institution et qu’il faut leur intimer des ordres, il y a de quoi dire qu’il y a péril  en la demeure. En tout état de cause, il y a une véritable crise qui ne dit  pas encore son nom au sein de la FTF. Il faudra alors que rapidement on arrive à panser cette plaie afin de permettre à l’équipe nationale de poursuivre son petit bonhomme de chemin pour se retrouver à la CAN et au mondial 2010.

De Rock Balakyèm Gnassingbé souvent accusé d’homme fermé et dictateur, très habile et malin au dernier membre du bureau, en passant par le 1er vice Président, Gabriel Améyi qui entre temps semble éloigné des activités de la FTF, et le 2e vice-Président Essoyaba Boukpessi qui aussi depuis  lors fait semblant d’oublier le rôle qui lui est confié. Il va falloir que chacun d’entre eux soit conscient de la nécessité de travailler ensemble pour l’honneur du football togolais. Car trop c’est trop. Dans le cas contraire, qu’ils disparaissent tranquillement  au profit de nouvelles têtes capables de rester ensemble et travailler pour l’intérêt du football togolais.

Si aujourd’hui il faut parler de divergences ou de querelle d’hommes, qui alors de Rock Gnassingbé ou de Gabriel Améyi constitue le venin qui intoxique l’évolution harmonieuse du groupe ou qui joue à l’insurgé entre les deux compagnons d’hier?

Nous trouverons des réponses à cette question dans notre prochaine parution.

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Jérôme Sossou

 
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