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Le Regard #632 du 30 mars 2009 |
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Passage
en force : Le Gouvernement veut s'assurer de la complicité du facilitateur |
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Le Ministre
d'Etat Pascal Bodjona était au Burkina Faso le 26 Mars 2009. Officiellement
et selon la formule consacrée, il était porteur d'un message du Chef de
l'Etat à son frère et ami du Burkina Faso Blaise Compaoré. A l'issue de
l'audience que lui a accordé le président du Faso, M. Bodjona a indiqué que
"Tout le monde sait l'engagement du Président Compaoré aux côtés du peuple
togolais depuis deux ans, notamment le dialogue intertogolais qui a abouti à
l'APG. Il est tout à fait normal que nous fassions également au président du
Faso l'état d'avancement et l'évolution de la politique au Togo et
bénéficier de ses sages conseils".
La
dernière session du Comité de Suivi présidée par le représentant du
facilitateur avait approuvé l'ouverture du CPDC aux autres formations
politiques signataires de l'APG. Un projet de décret pris dans ce sens,
n'est toujours pas adopté pour concrétiser cette ouverture. Les deux partis
de l'opposition parlementaire ont menacé de boycotter le CPDC si jamais il
est ouvert à d'autres partis. En outre, les deux partis boycottent déjà la
session extraordinaire de l'Assemblée Nationale convoquée en vue de
l'adoption de l'article 21 réhabilitant l'ancienne CENI. Quelles seront les
conséquences du retrait du CAR et de l'UFC du CPDC au cas où il serait
ouvert à d'autres partis et que faut-il faire dans ce cas ?
Faut-il adopter
l'article 21 nonobstant le boycott de l'Assemblée par les deux partis ou
procéder autrement ?
De source
informée, le parti au pouvoir aurait prévu toutes les réactions possibles de
l'opposition et envisagé les voies et moyens d'y faire face. De là, à
considérer que le déplacement du Ministre Bodjona vise à s'assurer de
l'adhésion du facilitateur aux scénarii prévus avant de passer à la vitesse
supérieure, il n'y a qu'un pas qu'on peut franchir allégrement. Il est clair
que les sages conseils dont les autorités togolaises veulent bénéficier de
la part du président du Faso visent à s'assurer de sa complicité et partant
celle de la communauté internationale. De l'avis du facilitateur Compaoré
dépendra donc la suite à donner aux actions programmées. Le reste dépendra
de la capacité des forces de l'opposition à dissuader cette fuite en avant.
A.
S.
Le
RPT profite de la crise de confiance entre le
CAR et l’UFC
Sous prétexte
d'éviter la précipitation et l'improvisation, le gouvernement togolais a
fait convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale. Il
s'agit de permettre à l'ancienne CENI ayant organisé les dernières
législatives d'être maintenue en fonction pour procéder à l'exécution des
tâches techniques telles que la mise à jour du fichier électoral.
A l'ouverture de
la session jeudi dernier, les groupes parlementaires CAR et UFC ont boycotté
la séance pour protester contre ce qu'ils appellent un coup de force contre
le CPDC et la transparence des élections.
En effet, les
points de désaccord auraient été transmis au Chef de l'Etat qui, avec le
concours de la facilitation, devrait trancher. Dans ces conditions,
l'implication de l'Assemblée Nationale est pour le moins incongrue.
Lors des travaux
du CPDC, les deux partis de l'opposition parlementaire ont insisté et obtenu
que dans la répartition des membres de la CENI, six membres soient attribués
à l'opposition. Lors du meeting du 22 Mars 2009, un responsable de l'UFC a
déclaré publiquement qu'ils ont rejeté la proposition du RPT de répartir les
6 membres de la CENI à raison de trois pour le CAR et trois pour l'UFC. En
décidant ainsi, le pouvoir a voulu tester la confiance entre les deux
partis. Ce refus de l'UFC a suscité indignation au CAR où on estime que pour
éviter de faire le jeu du RPT, l'UFC devrait accepter le partage équitable
de six membres si tant est qu'elle veut faire confiance au CAR avec lequel
elle envisage de lutter ensemble pour l'organisation des élections
transparentes. Ce refus de l'UFC a galvanisé le RPT qui invoque la
mésentente entre les deux partis de l'opposition parlementaire pour
ressusciter l'ancienne CENI.
Face à la
réticence de l'UFC à supposer même que la répartition des membres de la CENI
à raison de six pour l'opposition soit soumise à l'Assemblée Nationale, le
parti au pouvoir, fort de sa majorité ne se privera pas de donner trois au
CAR et trois à l'UFC, ce qui ne fera qu'alimenter une querelle déjà vue. On
se rappelle qu'en 1998, le RPT avait opéré le même coup en préférant Amaglo
à Jean-Pierre Fabre comme membre de la CENI pour le compte de l'opposition.
La campagne de dénigrement qui s'en est suivie avait arrangé le RPT. En
janvier 2009, Lawson Patrick déclarait sur une radio locale que les deux
grands partis (CAR et l'UFC) ont décidé de coopérer pour le bonheur du
peuple togolais. "Nous avions un passé lourd. Nous l'avons analysé et nous
avons dit, il faut faire quelque chose pour ce peuple. On va appeler
également les autres camarades pour qu'on fasse quelque chose dans l'intérêt
supérieur de nos populations.
(…) Nous avons
tiré un trait rouge sur le passé. Ce passé c'est un échec. Si on fait
quelque chose pour 2010 il faut que cela continue après 2010 (…). Sur le
plan politique, c'est une question de vie ou de mort parce que nous avons
trop dilapidé l'effort des populations(...)
De toute façon,
quiconque veut faire cavalier seul pour les élections de 2010 n'aura pas le
soutien des populations. Nous en sommes conscients. Nous allons faire un
mariage de raison. La raison c'est l'intérêt de nos populations. L'erreur
d'où qu'elle vienne serait un suicide politique (….) Le CAR et l'UFC dans
ce pays sont majoritaires. Si nous prenons en plus de cela les voix des
autres partis politiques, le RPT ne nous dépassera pas.
Ils ont un
problème parce qu'ils ont basé toute leur stratégie sur la division de
l'opposition. Le RPT n'a qu'à s'en prendre à lui-même". Ces propos
apparemment ne se traduisent pas par les actes.
Car si tant est
que les deux partis ont la volonté de se battre pour une cause commune, ils
devront commencer à se faire confiance en évitant certains détails
accessoires qui profitent à l'adversaire.
Même si au CAR
on s'associe à l'UFC pour dénoncer les manœuvres du RPT, on ne comprend pas
très bien pourquoi, sachant que l'adversaire a fondé sa stratégie sur la
division de l'opposition, le parti de Gilchrist Olympio ne s'y prend pas
autrement pour éviter ce piège.
A. S.
L’UFC à l’heure de la mobilisation populaire :
Un
retour annoncé pour la bataille de la rue
«On
est une armée, les fantassins, c’est les militants. On a besoin des
militants pour obtenir les meilleures conditions. Sous la pression
populaire, le parti au pouvoir sera obligé de battre en retraite», ces
propos de Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC témoignent que
le parti de Gilchrist Olympio est prêt à faire descendre son «armée»
dans la rue.Le président du Parti est à juste titre attendu ce mercredi
pour patronner la mobilisation populaire visant à obtenir par la rue, ce
qu’il est impossible d’arracher par le dialogue et la concertation.
Lors du meeting du 22 Mars 2009, les responsables de l’UFC ont menacé de
recourir à la mobilisation populaire pour faire triompher leurs exigences.
On ignore si Gilchrist Olympio rencontrera le chef de l’Etat pour lui
réitérer ses exigences ou si le parti mettra directement ses menaces à
exécution. Outre la réforme du code électoral, l’UFC exige que la
constitution soit débarrassée des mesures jugées discriminatoires à
l’encontre de son candidat.
Lors d’une conférence de presse animée le 26 Mars 2009, l’UFC a mis en
garde Faure Gnassingbé contre les conséquences des blocages organisés à
dessein par le parti au pouvoir et annoncé qu’elle se verra contrainte de
quitter le processus de sortie de crise en cours et d’appeler les
populations à empêcher par tous les moyens, une énième mascarade électorale,
si le RPT persiste dans sa logique de fraudes. Elle exhorte les populations
togolaises à rester constamment vigilantes et mobilisées pour faire échec à
l’imposture, aux intimidations et autres manœuvres sordides orchestrées
La
situation est telle que le parti de Gilchrist sera obligé de mettre ses
menaces à exécution dès lors que le parti au pouvoir ne semble s’émouvoir
outre mesure. La dernière démonstration de force de ce parti remonte à
l’élection présidentielle de 2005 où les militants avaient été conviés à se
mobiliser pour faire échec au hold up électoral. Les barricades avaient été
dressées dans les quartiers fiefs de l’UFC. En réaction, des éléments de
l’armée ont entrepris une expédition punitive en pénétrant les domiciles
pour y molester les occupants.
Quatre ans après, la situation a évolué. Mais le souvenir de cette triste
période qui dissuadait toute velléité de contestation est –il estompé ?
Pour sa part, le parti au pouvoir feint de ne pas prendre les menaces de l’UFC
au sérieux. Un défi que Gilchrist Olympio se doit de relever.
A.
S.
Houngbo évoque des résistances au sein du parti au pouvoir
Dans une interview du Premier ministre publiée lundi 30 Mars 2009 dans
l’hebdomadaire Jeune Afrique, il y évoque la présidentielle de 2010, le
face-à-face RPT-UFC, le laborieux dialogue au sein du CPDC et les
résistances de certains au sein du parti au pouvoir. Ce qui accroche dans
cette interview est que le Premier Ministre a semblé avoir tout dit sur
l’avenir des réformes très attendues à l’Union des Forces de Changement. «Barons
du RPT ou pas, certains n’ont pas intérêt à ce que ces réformes aboutissent.
Lorsque des intérêts sont en jeu, il n’y a plus de couleur politique»,
a-t-il dit. En clair, il n’y a pas selon le PM, seulement qu’au sein du
parti au pouvoir qu’il y a des résistances à opérer les réformes prévues à
l’APG et qui devraient logiquement conduire à une élection inclusive.
Gilbert Houngbo constate que les tactiques électorales ont débuté à un an
des élections présidentielles. «Dès octobre 2007, au sortir des
législatives, la plupart pensaient déjà à 2010», indique-t-il assurant
que pour une jeune démocratie, «une pré campagne aussi longue est une
bonne chose». De ce point de vue, il n’a pas exclu que «le processus
soit ouvert sur la base des lois existantes parce que ces lois ont permis
d’organiser les législatives crédibles».
Sur la confrontation RPT–UFC, le Premier ministre estime qu’un système
bipolaire n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux et que «les clivages
nés des élections fragilisent la cohésion sociale». Mais il constate
cependant qu’au Togo, avec les derniers développements de la situation
politique qu’«on est loin de l’esprit de réconciliation nationale et de
l’Accord signé à Ouagadougou en 2006».
Un
autre point important sur lequel Gilbert Houngbo s’est prononcé est sa
coloration politique. Il dit n’avoir aucun parti politique mais que
lorsqu’on dirige un gouvernement largement dominé par un parti, il ne faut
pas s’étonner d’être combattu par l’opposition.
L. R.
Les rues bientôt à l’épreuve au Togo
Au lendemain des importants dommages causés par les
inondations qui ont frappé plusieurs régions de notre pays l’année dernière,
le gouvernement a annoncé des projets de réhabilitation et de construction
de routes et pistes rurales au Togo. Ces projets sont prévus pour se
réaliser aussi bien dans la capitale Lomé qu’à l’intérieur du pays.
A
Lomé, on a vu des hommes en uniforme procéder au replâtrage des avenues et
autres artères défoncées. On a aussi vu par endroits et à l’intérieur du
pays, retaper des routes avec du sable ou de la latérite. Ces travaux sont
souvent vantés et présentés à l’opinion comme de grands travaux réalisés par
le pouvoir en place. Mais l’appréciation de ces ouvrages est tout autre chez
les populations et les usagers des routes qui se plaignent de la poussière
qui est devenue la chose la mieux partagée sur nos routes. Il suffit
d’emprunter certains chemins pour réaliser l’ampleur du phénomène.
Face
à cette situation, on pourrait penser que la saison des pluies qui s’annonce
viendra, avec l’humidité, régler le problème. Malheureusement, il se trouve
que le problème ne sera remplacé que par un autre, plus grave encore : celui
de l’impraticabilité pure et simple des routes.
Il
est constant qu’à Lomé et à l’intérieur du pays, la majeure partie des rues
n’est pas équipée d’ouvrages d’évacuation des eaux de pluies. Conséquence, à
la moindre averse, les routes se perdent sous les eaux et la circulation
devient un parcours du combattant.
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’appréhension et la peur au ventre que les
Togolais attendent la saison des pluies. Combien de temps les routes
rafistolées avec du sable ou de la latérite tiendront-elles ? Et quels
sinistres, les populations éprouvées par les inondations l’année dernière
doivent-elles s’attendre à vivre ?
La
question est d’autant plus pertinente que depuis le retrait des eaux, pas
grand-chose n’a été fait pour mettre les populations à l’abri des sinistres
similaires à ceux de l’année dernière. Les mêmes causes produisant forcément
les mêmes effets, on devra donc s’attendre à tout. Même au pire, si l’on
sait que des prévisions annoncent une abondante pluviométrie cette année.
Il y
a quelques mois, au cours de la série des questions orales de l’Assemblée
aux Ministres, le problème de l’état des routes au Togo avait été évoqué. A
l’époque, le Ministre Célestin Talaki encore aux affaires avait été très peu
convainquant dans ses explications. Mais apparemment, jusqu’à ce jour, rien
n’a été fait pour l’amélioration de façon notable, de la qualité de nos
infrastructures routières. La situation est d’autant plus encore compliquée
que tous les ponts démolis l’année dernière n’ont pas été remis en état.
Il
n’y a donc pas de doute que des difficultés pointent à l’horizon.
L. R.
La grogne du
passif de Gnass
Depuis quelque
temps Faure Gnassingbé donne l’impression de renouer avec les habitudes qui
avaient cours sous Gnassingbé père. En fait l’héritage légué par celui-ci
n’est pas facile à gérer. Le réseau de fortunés barons constitué pendant
quarante ans de règne par son défunt père se montre omniprésent et s’impose
à lui. Ceux qui se considèrent comme «le passif de Gnass» (courtisans
à qui le Général offrait des billets de banque pour peu qu’ils excellent en
délation) s’estiment abandonnés à leur triste sort et ne décolèrent pas du
fait que le fils du timonier magnanime les abandonne au profit des anciens
opposants.
L’impossible
retour de l’ascenseur
Me
Apévon et les siens attendront toute l’éternité s’ils espèrent que l’UFC
renverra l’ascenseur qu’elle a «bloqué». Au niveau du parti de
Gilchrist Olympio, on considère que le soutien de l’UFC à un candidat du CAR
n’est pas à imaginer. Pour cette raison, on préfère donner un autre sens au
souhait du parti des déshérités. Ainsi donc pour le 2e Vice-président
de l’UFC «le retour de l’ascenseur veut dire qu’au cas où l’un des partis
est soutenu par l’autre, il ne faut pas qu’en cas de victoire, ce parti soit
livré à lui-même et abandonné».
Si
l’on considère que le soutien de l’UFC au CAR est impossible et que le
contraire est possible, le retour de l’ascenseur signifierait que le CAR
aura sa part du gâteau s’il aidait l’UFC à gagner la présidentielle.
Mystère autour
du départ du Ministre Nagou
Le limogeage ou
le remplacement du ministre Nagou suscite moult interrogations. Et tout
naturellement en l’absence d’une raison justifiant cet acte, chacun y va de
son imagination. En pareille circonstance, les commentaires prennent
l’allure du sentiment qu’on nourrit à l’égard du ministre sortant.
Si donc pour la
majorité des Togolais, le départ du ministre Nagou est un non événement,
d’autres considèrent que son éviction est un acte regrettable aux
conséquences fâcheuses. D’autres encore considèrent plutôt que son départ
est salutaire non sans lui trouver des circonstances aggravantes. Au Togo
et encore plus, par ces temps de crise aggravée, le meilleur ministre qui «travaille
pour le peuple» c’est celui qui sait partager. En un mot c’est celui la
qui est «magnanime». Par contre, les ministres qui sont des «boxeurs»
c’est-à-dire qui ont les poings fermés, qui évitent des rendez-vous et qui
s’arrangent pour fuir leur bureau le jour d’audience, sont considérés comme
de mauvais ministres.
Plus
généralement on attribue le départ du ministre Nagou aux problèmes dans le
secteur de l’éducation. En réalité, le mutisme entretenu par Faure
Gnassingbé qui en a décidé ainsi range les raisons invoquées par les uns et
les autres au placard de rumeurs et de vaines suppositions.
Il est trop tôt
de conclure à une sanction qu’aurait infligé Faure à son ministre et encore
moins à une quelconque rupture de relation entre les deux. On se rappelle le
cas du ministre des finances Payadowa Boukpessi qui avait été remplacé
dans les mêmes conditions. A l’époque, même le premier ministre
Agboyibo n’avait pas été informé des raisons de ce limogeage et plusieurs
commentaires avaient été secrétés pour montrer que le ministre Boukpessi
méritait son sort. Ses détracteurs avaient même fait la fête. Mais quelques
mois plus tard, le monsieur a effectué un retour en force a l’assemblée en
tant président de la commission des finances, poste qu’il n’aurait pas dû
occuper s’il avait comme on l’avait dit, perdu la confiance du président de
son parti. Fort de ce qui précède il faut donc se garder d’aller trop vite
en besogne au risque d’être contrarié par Faure Gnassingbé qui a plusieurs
tours dans son sac.
-
S.
Malgré la baisse, le trafic de pétrole continue
En
dépit d’une baisse des prix à la pompe au Togo, le trafic d’essence depuis
le Ghana se poursuit. C’est ce qu’indique lundi l’Agence ghanéenne de presse
(officielle). Les stations-service de la ville de Hohoe, dans la région de
la Volta, sont dévalisées dès l’aube. L’essence est chargée dans des
conteneurs, des bidons ou des réservoirs supplémentaires installés sur des
camions. Une fois chargés, les véhicules passent la frontière toute proche
pour aller revendre leur précieuse cargaison.
Le
litre de super sans plomb vaut un peu plus de 300 Fcfa au Ghana contre 445
au Togo.
Le
phénomène a pris une telle ampleur que la municipalité de Hohoe doit se
réunir dans les jours qui viennent pour prendre des mesures permettant de
mettre un terme à ce trafic.
Blague ou candidature ?
«Kofi
Yamgnane confirme qu’il sera candidat à la présidentielle de 2010» et
qu’il sera à Lomé dans les prochains jours pour l’annoncer officiellement à
ses compatriotes.
Naturalisé français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M.
Yamgnane 63 ans, a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à
laquelle il adhéré au parti socialiste français. Il a été élu conseiller
municipal à Saint-Coulitz en 1983 et Maire de la même localité en 1989.
Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les
gouvernements d’Edith Cresson (1991) et de Pierre Bérégovoy (1992). Tout
comme Gilchrist dont il espère qu’il se désiste en sa faveur, Kofi est
confronté au critère de nationalités et du quitus fiscal prévu par la loi.
Mais son cas va certainement susciter la curiosité car certains se demandent
si c’est pour amuser la galerie qu’il s’annonce. Sera-t-il à son retour et
comme auparavant hébergé par le Général du RPT Gnonfame ?
Corps rejetés
par la mer : La version du Colonel Titikpina démentie par le Procureur
Le lundi 23 mars 2009, des corps sans vie ont été rejetés par la mer sur la
plage de Lomé. Il s’agit de cadavres d’adolescents dont l’âge était compris
entre 13 et 17 ans. Les premières informations sur cette découverte macabre
divergeaient sur le nombre exact de corps rejetés par l’océan. On parlait de
6, 9 ou 13 et même plus selon les sources.
Toujours est-il que la nouvelle a suscité de l’émoi au sein de la population
où on s’interrogeait sur l’origine de ces corps.
La
première explication viendra de sources proches du Ministère de la Sécurité
et de la Protection Civile. Selon celles-ci, les corps rejetés par la mer
seraient ceux de jeunes gens qui après avoir fait du jogging à la plage au
cours du week-end, avaient décidé de se baigner dans l’océan.
Quelques jours plus tard, soit jeudi dernier, une autre version, celle du
Procureur de la République vient démentir les allégations du Colonel
Titikpina en expliquant autrement l’origine de ces corps. Il s’agit, selon
le Procureur, de corps de jeunes élèves qui étaient à un pique-nique
organisé à l’occasion de la semaine culturelle qui s’achevait. C’est à la
fin de ces festivités que les noyés avaient voulu prendre un bain.
Mieux, le Procureur parle d’un 7e corps
rejeté dans le même temps mais dont le cas est dissocié des six autres parce
que des indices montrent que ce dernier a été jeté à l’eau alors qu’il était
déjà sans vie.
Comme on peut le constater, les explications du Colonel Titikpina ne
convergent pas avec celles du Procureur de la République qui, d’après nos
informations, était en l’espèce, habilité à ouvrir une enquête judiciaire
afin que la lumière, la vraie, soit faite sur cette affaire. Si ces
informations sont exactes, on se demande pourquoi le Ministre de la Sécurité
s’était précipité pour donner une version des faits qui se révèle fausse
aujourd’hui ? Il aurait fallu identifier simplement un ou deux corps pour
savoir ce que ces adolescents faisaient à la plage avant de trouver la mort.
Mais au lieu de cela, on a préféré une autre démarche.
Ce
n’est pas la première fois que le Colonel Titikpina se jette sur une affaire
de corps rejeté par la mer à la plage. Le cas du Ministre Joachim Atsutsè
Agbobli est encore vivace dans les esprits. Quelques heures seulement après
l’annonce de la mort tragique de cet homme irremplaçable, et alors même que
les Togolais n’étaient pas encore revenus de leur choc, le Colonel Titikpina
avait, à la surprise générale, sorti un communiqué pour parler de suicide.
Cette version qui sera démentie par des résultats d’enquêtes sérieuses avait
soulevé le tollé général et révolté plus d’un Togolais.
Cette sortie malheureuse du Colonel Titikpina avait failli mettre le feu à
une situation déjà sulfureuse. Sur quelle base s’était-il fondé pour pondre
son communiqué et le faire diffuser ? Lui seul sait.
Aujourd’hui, au regard de ces deux exemples, on est fondé de dire que le
Colonel Titikpina est un homme dont les actes tendent à tout compliquer au
Togo. Reste à savoir le but qu’il poursuit en annonçant à tour de bras, des
informations qui se révèlent fausses après.
L. R.
L’école
ghanéenne attire des élèves du Togo
«I live
in
Lome but I go to school in Ghana».
Ils sont plusieurs dizaines d’élèves à traverser la frontière togolaise
chaque jour pour se rendre à l’école au Ghana. Pour la plupart des Togolais,
on y trouve également des ressortissants de pays anglophones d’Afrique
résidents à Lomé. Ces élèves, habitent pour la plupart les quartiers proches
de la frontière. Mais d’autres quittent les faubourgs de Lomé tels Djidjolé,
Agbalépédo, Kagomé et autres pour se rendre à l’école de l’autre côté de la
frontière. Chacun de ces élèves a une raison particulière dans la préférence
de l’enseigne-ment anglophone à celui de leur pays de résidence.
David, environ 15 ans, d’origine nigériane, vit à Lomé mais fréquente au
Ghana. Il explique : «Je fréquentais au Nigeria avant de suivre mon frère
au Togo. N’ayant pas de moyens pour m’inscrire au British School of Lome,
mon frère m’a inscrit à l’école ghanéenne puisque la frontière est à
quelques kilomètres de Lomé. L’objectif est de ne pas perturber mes études
car je peux regagner mon pays à n’importe quel moment».
Mais pour Doris
12 ans, une togolaise, le choix de l’école ghanéenne vient beaucoup plus de
la volonté de ses parents que de la sienne. Son père était beaucoup fasciné
par l’éducation anglo-saxonne et a voulu que sa fille aille à l’école
anglophone pour acquérir des connaissances du pays de Shakespeare. «Voilà
pourquoi je vais à l’école ghanéenne», dit-elle.
Pour Kodjo, 16
ans, c’est une autre histoire. C’est après avoir décroché le BEPC dans l’enseigne-ment
togolais qu’il s’est décidé à poursuivre ses études au Ghana. «Avec mon
niveau, affirme-t-il, on m’a mis en «class 6» l’équivalent du CM2 au
Togo. Au début, ça n’a pas été facile d’assimiler les cours mais les
enseignants sachant que je viens du Togo, étaient obligés d’ex-pliquer
certaines choses en Ewé afin que je puisse comprendre. Aujourd’hui,
poursuit-il, je n’éprouve aucune difficulté». S’agis-sant de ses
relations avec ses camarades ghanéens, elles sont bonnes mais seulement,
dit-il, «il arrive que nous parlions parfois français, entre nous
Togolais car il y a d’autres compatriotes aussi qui ont fait l’école
française comme moi et nos amis ghanéens croient qu’on parle mal d’eux.»
Pour cet élève qui a une expérience de l’école togo-laise avant de
fréquenter au Ghana, sa préférence va à l’enseignement dis-pensé au Ghana.
Dans le système d’enseignement togolais, dit-il, beaucoup ont le diplôme
mais ne savent rien faire. Ce qui fait qu’on voit beaucoup de diplômés qui
sont devenus des conducteurs de taxi motos «alors qu’ici, en plus des
cours, on nous apprend certains travaux manuels mais aussi certains
comportements de la vie courante comme par exemple ne pas jeter des
plastiques dans la rue».
Les
jours fériés ne sont pas souvent les mêmes dans les deux pays et le système
éducatif ghanéen opte pour des journées continues. Ces élèves togolais
arrivent-ils à trouver du temps pour entretenir des relations avec leurs
amis du système togolais ? Kodjo, répond : «on a les week-ends et les
soirs après les classes pour nous amuser. Cette différence d’emploi du temps
n’a pas tellement d’impact sur nos relations avec nos proches ni avec nos
amis».
S’agissant de la traversée de la frontière, ils affirment, «nous on n’a
pas de problème. On traverse librement la frontière tant du côté
togolais que ghanéen. Les forces de l’ordre quand ils nous voient en tenue
scolaire nous cèdent le passage».
A la
question de savoir quel monnaie ils utilisent, tous répondent que leurs
parents leur remettent le F CFA mais une fois arrivés à la frontière, ils
l’échangent contre le cedi ghanéen.
Il
est à noter toutefois que pendant que des Togolais franchissent la frontière
pour se rendre à l’école au Ghana, d’autres enfants ghanéens font le chemin
inverse pour l’école togolaise.
Pour
ces élèves assez particuliers qui pas-sent le plus clair de leur temps dans
des institutions de formation autres que celles de leur pays d’origine,
maîtrisent-ils les lois de la République dont ils sont originaires ? Ont-ils
la même fibre patriotique que leurs compatriotes formés dans les écoles
locales ou encore pour quel pays bat leur cœur ? Les jeunes Togolais qui
fréquentent au Ghana vont à l’école le 27 avril jour d’indépendance de leur
pays mais restent à la maison le 06 mars qui est la date commémorative de
l’indépendance du Ghana.
Albert
Agbeko
Ça
vous regarde
Quoi pour
remplacer l’ATC ?
Chaque fois que les Togolais sont confrontés aux problèmes de la cherté de
la vie, des voix s’élèvent pour fustiger l’Association Togolaise des
Consommateurs (ATC). A en croire celles-ci, l’ATC ne fait rien et manque
d’efficacité dans le peu qu’elle fait. Mais la question peut se poser de
savoir de quels moyens dispose l’ATC pour régler les problèmes des
consommateurs togolais.
La
vérité, c’est que l’ATC est une association créée par des bonnes volontés et
qui ne peut fonctionner qu’avec les moyens dont elle dispose. Elle n’est pas
une institution de l’Etat, financée par le contribuable. Si tant est qu’on
trouve qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes, rien n’empêche ses
détracteurs ou d’autres Togolais de créer une autre association qui poursuit
les mêmes objectifs et qui peut faire mieux que l’ATC.
Dans
nos sociétés, il y a de plus en plus de gens qui passent le plus clair de
leur temps à condamner et à vilipender les autres alors qu’eux-mêmes ne
proposent rien de concret. Nous ne voulons jouer ni à l’avocat d’une partie,
ni au procureur de l’autre. Mais il semble que même si l’ATC éprouve des
difficultés pour donner de la visibilité à son action – ce qui reste
d’ailleurs à démontrer – ses promoteurs ont au moins le mérite indéniable de
l’avoir créée. Alors, trêve de balivernes !
L’apprenti
chrétien et l’amuseur Agbey
Il y
a quelques jours, l’Alliance de Dahuku Péré a tenu son congrès à Lomé. En
marge des travaux, l’occasion a été saisie par les médias pour interroger
l’«Apprenti Chrétien» sur un certain nombre de questions d’actualité.
C’est ainsi que, à un journaliste qui voulait savoir l’état actuel des
relations entre Péré et son ancien «Allié» Agbey, l’«Apprenti
Chrétien» avait répondu en substance qu’il n’avait pas du temps pour
s’amuser et qu’il préférait tourner la page en ne parlant même plus de cet
homme.
Cette réponse a donné à réfléchir à certains observateurs. Car des propos de
ce genre venant d’un homme qui a pratiqué pendant longtemps l’ancien Premier
Ministre doivent être pris au sérieux. Et ils ont raison parce que plusieurs
Togolais s’étaient fait une opinion sur cet homme depuis longtemps. Ils
savaient que ses rodomontades et ses vociférations n’étaient qu’une manière
d’amuser la galerie. «L’Apprenti Chrétien» vient de leur donner
raison.
Le prétexte
pour se saouler la gueule
La victoire des Eperviers samedi dernier a été saluée par une
liesse populaire. En attendant le retour des joueurs et des supporters ayant
fait le déplacement de la capitale ghanéenne, à Lomé, on avait commencé la
fête. Dès le coup de sifflet final, les rues ont été prises d’assaut par des
jeunes et moins jeunes des deux sexes, habillés aux couleurs des Eperviers.
En un rien de temps, les bars avaient fait leur plein et la bière avait
commencé à couler à flot. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’offrir la
belle «mousseuse» s’étaient rabattus sur les baraques où ils
pouvaient trouver des breuvages à la taille de leur portefeuille.
Mais
un petit tour en ville a permis de découvrir que ce n’était pas les mordus
du football ou les supporters des Eperviers seulement qui étaient dans les
rues et surtout dans les bars. Il a été donné de constater que parmi ceux
qui s’agitaient et «ambiancaient» les bars le plus, il y avait des
gens qui n’avaient jamais affiché ou manifesté un quelconque intérêt pour le
football auparavant. De là à en conclure que la victoire des Eperviers a été
pour certains, un prétexte pour se saouler la gueule, il n’y a qu’un pas
vite franchi.
La politique
de diversion
L’observation de ce qui se passe au plan politique au Togo permet à certains
analystes de dire qu’on se prépare à jouer un vilain tour aux Togolais.
Il
est une évidence que les échéances électorales de 2010 approchent à grands
pas. Dans les états-majors des partis politiques, c’est une réalité qu’on ne
perd pas de vue. Tous les acteurs politiques s’accordent pour dire que tout
doit être mis en œuvre pour que la prochaine élection présidentielle soit
démocratique et transparente. Malheureusement, dans le même temps, on semble
marquer les pas pour réaliser les conditions devant garantir la transparence
et l’équité.
Aujourd’hui, le CPDC paraît plus comme un machin créé pour distraire les
partis politiques que pour régler réellement des problèmes d’intérêt
national. Actuellement, au lieu de s’occuper de choses sérieuses, on cherche
à focaliser l’attention de l’opinion sur la question de l’ouverture du CPDC.
On élargit le cadre à certains partis. De quoi réveiller d’autres formations
qui réclament aussi leur entrée pendant que le CAR et l’UFC s’opposent à
toute forme d’ouverture.
Comme si cela ne suffisait pas, c’est l’opinion qui s’empoisonne avec un
vicieux débat autour du tribalisme
Pendant ce temps, les jours passent, pavant la voie à un processus bâclé
qu’on évoquera l’insuffisance de temps pour justifier.
Lorenzo le
moraliste
Suite à l’annonce de la baisse du prix du carburant à la pompe, le Ministre
Guy Lorenzo en charge du Commerce était sur les plateaux de la TVT pour
répondre à quelques questions. Aux interrogations du journaliste qui voulait
avoir des réponses sur le fait que le pétrole continue à coûter cher au
Togo, le ministre, après avoir essayé une comparaison entre le prix du
carburant au Togo et celui pratiqué dans certains pays de la sous-région
s’était employé à faire la morale aux Togolais qu’il appelait au civisme,
etc.
En
tant qu’économiste, M. Lorenzo sait que le commerce a ses règles et que la
loi de l’offre et de la demande n’a rien à foutre avec le civisme, et que
face aux intérêts mercantiles, il n’y a pas de morale qui tienne.
Après avoir écouté le ministre, nombreux sont ceux qui étaient parvenus à la
conclusion qu’il s’était trompé de vocation et qu’il avait plutôt sa place
dans une église plutôt que sur un plateau de télévision, en train de parler
de questions strictement économiques.
Au-delà de la
fête
Au-delà de la victoire des Eperviers et de la fête qui s’en est suivie, les
dirigeants de la FTF doivent se prendre au sérieux pour tirer des leçons de
la rencontre. Si les Eperviers ont pu «dompter» les Lions
Indomptables du Cameroun qu’on ne présente pas, c’est parce qu’ils ont des
potentialités qui autorisent à croire qu’ils peuvent valablement en découdre
et terrasser les autres équipes de leur poule.
Il
appartient désormais à la Fédération d’instaurer dans notre football, une
atmosphère de sérénité propice à un bon travail. Les dissensions intestines
et les querelles d’hommes qui ont miné l’équipe dirigeante de notre football
ces dernières années ont négativement affecté l’équipe nationale. De fait,
les Eperviers qui faisaient rêver les Togolais divisés par des questions
d’ordre politique, avaient quitté le camp des vainqueurs.
Aujourd’hui que les espoirs de la normalisation sont nés, Rock Gnass et les
siens doivent faire en sorte qu’on n’ait plus à revivre sur la terre de nos
aïeux, les tristes épisodes comme ce qu’on a vécu à Wangen en 2006. Il
s’agit d’un défi à relever.
A qui le
tour ?
La
nouvelle était tombée mardi soir : par décret pris par le Président de la
République, il est mis fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque-là
Ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation.
Naturellement, le même décret qui nomme à ce poste M. Laré Sankardja n’a
donné aucun détail sur les raisons de ce limogeage que certains ont senti
comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.
En
effet, au sein de l’opinion, Yves Madow Nagou est considéré comme un ami
fidèle de Faure Gnass et qui, de ce fait, est indéboulonnable. Son éviction
sans commentaire suscite beaucoup de spéculations. Il se dit un peu partout
qu’avec le limogeage de M. Yves Madow Nagou, tout peut arriver à tout le
monde au sein du gouvernement et qu’il n’y a pas d’intouchable.
Nous
ne demandons qu’à croire. Mais si tel est le cas, Faure doit continuer le
ménage en virant tous ceux qui, par leur zèle ou leur suffisance, sont en
train de défrayer la chronique en ce moment.
Le retour des
Eperviers
Samedi dernier, les Eperviers du Togo ont reçu à Accra, dans le cadre des
qualificatifs pour la phase finale de la CAN/Mondiale 2010, les Lions
Indomptables du Cameroun. A l’issue du temps réglementaire, les Togolais ont
infligé une défaite à leurs homologues Camerounais : score final, un but
contre zéro.
En
réalité, très peu d’observateurs donnaient le Togo favori dans ce match.
Nombreux étaient ceux qui avaient pronostiqué contre les Eperviers. Et pour
cause. On sait que le Cameroun est une grande nation de football et que
l’équipe nationale camerounaise regorge de joueurs de talent. Mais on semble
avoir oublié qu’en matière de football, le Togo n’est pas rien et que ses
déboires sont dus, plus à la pagaille et à l’indiscipline qui s’emparent de
temps à autre de l’équipe nationale qu’à la qualité des joueurs.
Les
Eperviers du Togo ont démontré qu’il suffit d’avoir de la volonté pour
soulever des montagnes. Pour avoir fait ce choix, ils ont renoué avec la
victoire, consacrant leur retour dans le camp des gagnants. Souhaitons que
ça dure !
Accra mon
amour
La
rencontre qui s’était déroulée entre les Eperviers du Togo et les Lions
Indomptables du Cameroun samedi dernier a donné l’occasion à plusieurs
Togolais de découvrir ou de redécouvrir la capitale ghanéenne. «La
majestueuse de l’Afrique de l’Ouest» n’a rien à voir avec Lomé la
prétendue «Belle» qui ressemble à un gros village à côté d’elle.
Accra qui, il y a encore quelques années était en décrépitude, est
aujourd’hui, une somme d’immeubles imposants, de rues bien tracées,
d’avenues propres, d’échangeurs, de places publiques fleuries, etc. Il faut
être quelqu’un qui déteste le bien et le beau pour ne pas tomber amoureux de
cette ville en qui tout plaît.
Ce
qui a été possible au Ghana voisin est aussi possible au Togo, pour peu
qu’on y mette de la volonté. Si seulement nos dirigeants qui voyagent tout
le temps pouvaient s’inspirer de toutes les belles choses qu’ils voient à
l’étranger ! |
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Le Regard #63i du 24 mars 2009 |
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Vers la
suppression du poste de premier ministre
au Togo |
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Dans les milieux
proches du pouvoir on se rend compte que l’exécutif bicéphale c’est-à-dire
un président de la République flanqué d’un premier ministre n’est pas
nécessaire aujourd’hui.
«A quoi sert un premier ministre alors que c’est le président de
la République qui nomme les
ministres, à des hautes fonctions, préside les conseils des ministres et
instruit le premier ministre sur la politique intérieure et extérieure»
s’interroge le CRATERE qui considère que le maintien de ce poste de premier
ministre, loin de créer une valeur ajoutée à notre démocratie risque
d’engendrer des conflits de tous ordres. Et de proposer que le Togo
s’inspire des exemples de nos voisins immédiats le Ghana et le Bénin dont
les démocraties sont citées en exemple et dont les constitutions ne
prévoient pas de premier ministre.
En fait, la conférence nationale en adoptant le régime bicéphale n’avait pas
pris en compte la position du délégué Gilchrist Olympio qui deviendra deux
ans an plus tard le président de l’UFC. Dans sa communication sur le régime
politique à la conférence nationale souveraine, Gilchrist Olympio avait opté
pour le régime présidentiel.
La constitution du 1er Mars
1961 sous Sylvanus Olympio fait du président de la République le seul chef
de l’exécutif. Si donc l’UFC accepte d’assumer la position exprimée par son
président à la conférence nationale et l’héritage constitutionnel du premier
président dont elle se réclame il est fort probable que le poste de premier
ministre soit supprimé. Les députés UFC et RPT réunis soit 77 députés
peuvent donc modifier la constitution dans ce sens. Si le consensus se
réalise entre l’UFC et le RPT sur ce point, Fossoun Houngbo serait alors le
dernier Premier Ministre de la IVe République depuis Joseph Koffigoh.
-
S.
L’épreuve de
force engagée sur la constitution
Le débat sur les
réformes constitutionnelles est lancé. Mais quelques jours auparavant, le
quotidien gouvernemental Togo-Presse, dans son édition
du 19 mars 2009 a donné le ton en publiant le point de vue d’un certain
Cratère (Club de Réflexion
sur l’Avenir du Togo à l’ère du réalisme)sur la problématique de la
révision constitutionnelle. En fait ce point de vue ne fait que confirmer
les informations persistantes faisant état de ce que le pouvoir n’entend
accepter aucune réforme, en tout cas pas avant 2010.On peut objecter que ce
n’est qu’un point de vue mais aucun Togolais ne peut être assez naïf au
point de croire que le quotidien gouvernemental de notre pays que nous
connaissons bien puisse refléter une opinion qui ne concorde pas avec celle
du pouvoir en place. A l’évidence, on n’a pas besoin d’être fakir pour
savoir que le CRATERE n’est que le cache sexe d’un «laborantin politique»
du pouvoir.
On sait que
l’exigence du principal parti d’opposition est le rétablissement de la
constitution de 1992 approuvée à une très large majorité. Mais pour
banaliser cette large adhésion populaire on raconte que cette
constitution «cachait de profondes divergences dont témoignent à souhait
les violentes turbulences que la vie politique nationale a connues depuis
l’adoption de la nouvelle constitution et jusqu’à un passé récent». Pour
donc le pouvoir sous couvert du CRATERE, «le bloc constitutionnel de 1992
portait en lui les germes de sa propre destruction». Pour donc justifier
les toilettages qui ont rendu cette constitution aberrante et monstrueuse,
on dit que le HCR n’avait aucune légitimité populaire et que donc, les
textes adoptés par elle ne peuvent qu’être contestés.
Limitation du
mandat présidentiel et critères divers
Le CRATERE
suggère qu’on porte le mandat du président élu à sept ans renouvelable une
seule fois. La constitution sous Sylvanus Olympio Article 33 dispose que le
président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel
direct et secret et sans limite. Mais cette constitution ne comportait pas
les critères d’âge limite ni de nationalité ni de critère de résidence et de
quitus fiscal.
Selon le Club, «un
coup d’oeil sur les pays dont les présidents sont au moins septuagénaires
nous montre des situations déplorables, soit des dérives autoritaires ou de
gestion calamiteuses». Sous prétexte qu’ un peuple comme celui du Togo
doit refuser de faire les malheureuses et amères expériences d’ailleurs,le
CRATERE propose le plafonnement de l’age de la présidentielle à 70 ans.
C’est le cas au
Bénin voisin mais au Togo où les problèmes politiques sont souvent
personnalisés cette disposition fait penser à Gilchrist Olympio qui aura 74
ans en 2010. De là à conclure qu’on veut l’exclure de la course aux
présidentielles, il n’y a qu’un pas.
Le CRATERE
considère que «la résidence sur le territoire national pendant au moins
un an est une bonne disposition car pour diriger un pays, il est important
de vivre tous ses problèmes sur place et au quotidien avec le peuple (….) Il
est inacceptable qu’un candidat ayant plus d’une nationalité prétende être
élu président de
la République dans un pays».
En outre, il propose que la disposition exigeant le quitus fiscal ne fasse
l’objet d’une modification mais qu’elle soit maintenue en l’état ou
renforcée davantage.
Au-delà des
propositions relevées l’objet du point de vue publié par Togo-Presse
vise vraisemblablement à donner le signal du rejet de toute révision
constitutionnelle avant 2010. La conclusion du fameux point de vue que voici
est claire.
«Au regard de
ce qui précède il est évident que la révision de la constitution est
nécessaire pour améliorer le fonctionnement des institutions.
Mais il faut
le rappeler le Togo vit depuis trois ans un climat d’apaisement et de
décrispation politiques. Faut-il vraiment remettre en cause cette sérénité
pour engager une révision constitutionnelle surtout à la veille d’un scrutin
présidentiel ? Une telle initiative serait à notre avis porteuse de joutes
verbales pouvant déboucher sur un climat politique délétère. Une révision
constitutionnelle qui interviendrait après 2010 quand la fièvre et
l’agitation électorales seront retombées dans la sérénité nous paraît
raisonnable».
Traduction concrète. La révision de la constitution n’est pas possible avant
2010.L’UFC semble avoir perçu le stratagème. Lors de son meeting tenu
dimanche dernier au jardin Fréau le parti de Gilchrist Olympio a menacé de
faire descendre les populations dans la rue pour contraindre le pouvoir à
accepter ses exigences. L’épreuve de force est donc engagée.
AS
Tout est
possible en politique
«Nul ne peut
se prévaloir de ses propres turpitudes » c’est ce que disent les
juristes pour signifier grosso modo qu’on ne peut se plaindre d’une
situation découlant d’une décision à laquelle on a consenti auparavant.
Mais en politique, c’est possible. La preuve ? A l’issue des discussions de
Ouaga en 2006, l’UFC a signé l’APG qui souligne le maintien du découpage
électoral actuel. De même le CAR avait battu seul le RPT lors des
législatives de Février 1994 de même l’UFC était sûr d’occasionner le
raz-de-marée électoral en octobre 2007. C’est sur la base de ce même
découpage que le vice président de l’UFC avait publiquement déclaré que son
parti aura au moins 69 députés lui permettant de refaire toutes les lois
iniques fabriquées par le pouvoir. Ce souhait n’étant pas concrétisé, l’UFC
revient sur le déséquilibre du découpage pour se positionner sur le champ du
suffrage exprimé et dénie au pouvoir le droit de faire prévaloir le nombre
de ses députés. La politique c’est aussi ça.
Effet de
fanatisme
Lors du meeting
de l’UFC, Me Isabelle Ameganvi, démontrant l’incongruité de l’ouverture du
CPDC, à la CPP le PDR et la CDPA a donné le suffrage obtenu par les trois
partis qu’elle a additionné pour montrer qu’ils n’ont pas les 5 pour cent
requis pour y siéger comme l’UFC et le CAR. Dans la foule, un fanatique
surexcité s’écria. «Hélu na wo !» (Malheur à eux). Mais le hic c’est
que celui qui jette ainsi l’anathème sur ces anciens partis amis de l’UFC
portait un gros boubou sur lequel figuraient entre autres les photos des
leaders des trois partis Ayeva, Kodjo, Gnininvi avec l’inscription «Coalition
pour le Changement». Lequel vêtement avait tout naturellement servi à
la campagne électorale de 2005 pour le compte de Bob Akitani. Ce militant
ignorait sans doute qu’il portait sur son corps ceux qu’il pourfend.
Gymnastique
verbale devant la foule
Les orateurs ont
rivalisé de gymnastique chaque fois qu’il s’est agi de parler du CAR. Dans
son arithmétique politico électorale, l’UFC a ajouté son suffrage à
celui du CAR pour montrer la suprématie de l’opposition sur le RPT mais
évite soigneusement de parler des points de divergences qui existent entre
le parti de Gilchrist Olympio et celui de Me Apevon au sujet du code
électoral. Et comme s’il mesurait l’impact de l’absence du CAR dans cette
manifestation censée réunir les amis Lawson Patrick a fait part de
l’engagement du CAR aux côtés de l’UFC et expliqué que cette absence est due
au fait que le CAR veut s’assurer du sérieux de leur union avant de s’y
engager. Le fait d’éviter d’évoquer le retour de l’ascenseur réclamé par le
CAR avant toute action commune avec l’UFC est assez révélateur du peu
d’importance que ce parti accorde à l’exigence du parti de Me Apevon.
Abass
Bonfoh très remonté contre Yamgnane
«Il
n’a jamais été question de soutien des cadres et officiers Bassar à Yamgnane
lorsque ce dernier a séjourné au Togo. Tout ça c’est faux».
C’est du moins ce qu’il faut retenir à en croire Abass Bonfoh le président
de l’Assemblée nationale qui réagissait à un extrait de l’article de «La
Lettre du Continent»
du 12 mars 2009 publié dans notre précédente édition. Un proche de Yamgnane
sur place à Lomé qui confirme ces propos du président de l’Assemblée
nationale a plutôt l’impression que «l’info » glissée par la lettre
du continent a été fabriquée dans un laboratoire du pouvoir pour torpiller
les actions de Kofi Yamgnane. De fait cette histoire de soutien à Kofi
ravive la brouille entre Abass et lui.
Après la mort du
Général Eyadèma, le président de la République par intérim a été en France
où il allait être reçu par le président du parlement français. Mais dans une
lettre qu’il avait alors adressée au président du parlement français, Kofi
demandait à ce dernier de ne pas recevoir Abass parce qu’il a les mains
tâchées de sang. En dépit de cela, Abass a été reçu. Mais l’acte posé par
son frère Kofi a profondément choqué Abass.
Le Professeur
Lantame Sey Sanda reconnaît que c’est sur l’initiative de leur association
CAURIS que Yamgnane est rentré au Togo après plus de neuf ans d’absence pour
se réconcilier avec ses frères contre qui il aurait des griefs. Il aurait
été reçu a Kabou en présence de 20 cadres Bassars dont les généraux Bonfoh
et Gnofame. Ce jour là, assure Abass Bonfoh «on lui a dit les quatre
vérités». Kofi aurait publiquement présenté des excuses à ceux qui se
sentent offensés par lui. Le Général Gnofame avait mis son domicile à sa
disposition durant son séjour à Bassar. Kofi avait également effectué la
même démarche en direction de Faure Gnassingbe.
L’intox
serait-elle donc venue de ceux qui redoutent les effets d’une réconciliation
entre Kofi et ses frères ? A l’évidence, elle fait d’une pierre deux coup.
Raviver la tension entre les Bonfoh et Yamgnane et présenter ce dernier
comme un politicien qui compte sur son ethnie pour parvenir au pouvoir.
L’annonce de la
candidature de l’ancien ministre français ajoute à cette confusion. Des
cadres et officiers favorables ou militants convaincus du RPT s’imaginent
mal en train de soutenir un autre candidat contre leur parti. Toujours
est-il que la méfiance s’est installée lorsqu’ils ont appris que Yamgnane
aurait demandé aux personnalités de la société civile de le soutenir et même
suggéré que Gilchrist Olympio se désiste en sa faveur.Abass Bonfoh
n’arrête pas de rigoler quand on évoque une telle candidature qu’il
considère comme le fait d’un rêveur. Mais pour le collaborateur du
franco-togolais, Lantame Sey Sanda, nul n’a le droit de dissuader la
candidature de Kofi Yamgnane si tant est sa volonté.
A.S.
Un mystérieux
policier togolais cité dans l’assassinat d’un bossu au Bénin
Une histoire
d’assassinat de bossu est au centre d’une controverse entre les autorités
togolaises et leurs homologues béninoises. Tout est parti de trois
adolescents qui auraient été arrêtés dans le mois de février pour avoir
abattu et dépouillé de sa bosse,un certain olivier handicapé mendiant très
connu à la paroisse saint Michel de Cotonou. Selon notre confrère béninois
Le Matin, à en croire le commissaire de Fifadji, le complice, Germain
Falana qui serait le cerveau de ce meurtre aurait cité le nom d’un
inspecteur de police à la retraite qui résiderait à Lomé. L’affaire a été
prise au sérieux par les autorités policières togolaises qui auraient
demandé à leurs homologues béninoises à aller jusqu’au bout en fournissant
les informations susceptibles d’aider à démasquer ce fameux inspecteur de
police (sic). Si le nom et le lieu de résidence du cerveau de l’assassinat
est donc connu comme le laisse croire le commissaire béninois, son
arrestation ne serait qu’une question d’heure. La situation est d’autant
plus inquiétante qu’il existe une collaboration policière entre les deux
pays pour combattre la criminalité transfrontalière. Dans ces conditions
l’implication d’un policier dans un crime de ce genre si elle se confirmait
serait tout simplement scandaleuse.
A. S.
Ça vous regarde
Chassez le
naturel…
Ceux
qui avaient cru que l’élection d’un nouveau Bureau Exécutif à la tête de la
Fédération Togolaise de Football (FTF) allait ramener la sérénité au sein de
l’équipe dirigeante de notre sport-roi doivent se faire une nouvelle
opinion. En effet de plus en plus d’informations poussent à réaliser
qu’après l’euphorie des lendemains de la victoire électorale de Rock Gnass,
l’atmosphère a tourné au gris à la FTF.
De
source proche de cette structure, on indique que plus rien ne va entre Rock
et son Premier Vice-Président qui n’est autre que Gabriel Améyi. On raconte
aussi que l’homme de Womé se fait aussi rare comme les larmes de chien, aux
réunions du Bureau de la Fédération.
Bien
que nous aurions voulu que tout cela soit faux, ces informations ne sont
malheureusement pas pour nous étonner. Il n’y a pas longtemps, Gaby de Womé
qui ne s’entendait pas avec Tata Avlessi de Mass, alors Président de la FTF,
avait brillé par son absentéisme notoire aux réunions. Il avait fait montre
d’une indiscipline caractérisée, dans le seul but de paralyser l’instance de
gestion de notre football.
Lorsque cet homme et ceux avec qui il foutait le bordel s’étaient investis
pour faire élire Rock au dernier congrès, nombreux étaient ceux qui
subodoraient déjà la cacophonie. Chassez le naturel, il revient au galop,
dit-on. Si Améyi a pu faire ce qu’il a fait avec Tata Avlessi, il n’y a pas
de raison qu’il recommence la même chose avec Rock, surtout si l’on sait
qu’ici, il a une position de faiseur de roi.
A
quand donc la paix pour une gestion sereine de notre football ?
Baptême de
feu
Samedi prochain, le Togo jouera un match déterminant dans le cadre des
qualifications pour les phases finales du CAN/Mondial 2010. La rencontre se
déroulera à Accra (Ghana) parce que le Togo n’a pas encore purgé sa peine de
suspension de stade. Ceux qui voudraient supporter l’équipe nationale
devront donc se rendre dans la capitale ghanéenne comme ils en ont déjà pris
l’habitude depuis quelque temps.
Ce
match qui tient à cœur à tous les fans des Eperviers constitue le baptême de
feu pour M. Jean Thiessen, le nouvel entraîneur national. On se souvient
qu’il y a quelques jours, la FTF avait signé un contrat avec le technicien
belge. A la cérémonie de signature, M. Thiessen a pris l’engagement de
qualifier le Togo pour les phases finales de la CAN et du Mondial 2010. Il
devra donc commencer à faire ses preuves samedi prochain.
Nous
ne doutons pas des qualités de l’homme. Seulement, il y a que le Togo n’est
pas un pays comme les autres. Si notre équipe nationale a souvent échoué là
où on l’attend le moins, ce n’est pas parce qu’elle ne dispose pas d’un
encadrement technique de qualité. Mais c’est plutôt parce qu’elle évolue
dans un contexte délétère où les membres de la Fédération sont à couteaux
tirés. Nous voilà par exemple à la veille d’un match décisif. Et au même
moment, on parle de profondes dissensions entre les deux premiers
responsables de la Fédération. Est-on sûr qu’une telle situation n’aura pas
de répercussion sur les résultats ? Ajouter à cela le fait que l’adversaire
de samedi s’appelle le Cameroun et on comprend que la partie ne sera pas une
sinécure.
Bonne chance quand même !
Mention «peut
mieux faire»
Le
Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a bouclé six mois à la Primature.
Mais contrairement à ce à quoi on s’attendait, le quotidien des Togolais n’a
pas connu d’amélioration.
Certes, à son arrivée, le Premier ministre avait adopté un plan d’urgence
dont la mise en œuvre était de nature à améliorer la vie des Togolais.
Certaines décisions ont été prises dans le sens de l’allègement des charges
des ménages. Mais des mesures comme la dispense du paiement de l’écolage
dans les écoles primaires et pré-scolaires du secteur public n’ont été
qu’une goutte d’eau dans la mer.
Malgré la révision à la hausse du SMIG et du SMAG, les Togolais continuent à
tirer le diable par la queue. Le panier de la ménagère reste désespérément
vide.
C’est vrai qu’au regard de ce qui se passe, on ne peut pas dire que rien n’a
été fait. Mais c’est aussi vrai que trop de choses restent encore à faire et
que les espoirs suscités par le PM Houngbo sont en train de s’étioler. C’est
pourquoi certains pensent que s’il faut donner une appréciation à l’action
du Premier Ministre, on lui donnerait la mention «peut mieux faire».
Qui dit mieux ?
Le paradoxe
Les
félicitations adressées au gouvernement par une mission du FMI qui a
récemment séjourné au Togo a surpris plus d’un Togolais. Nombreux sont ceux
qui n’ont pas compris qu’on parle d’efforts réalisés et de progrès sur le
plan économique, alors que les populations manquent du minimum vital. Ils
refusent qu’on parle d’avancées au moment où les Togolais meurent de faim.
Il
est vrai que les institutions financières ont leur langage et leurs données
d’appréciation qui ne sont pas malheureusement les mêmes que celles des
populations qui croupissent dans la misère. Comment peut-on comprendre qu’on
jette des fleurs au gouvernement au moment où on vient de licencier par
centaines, les employés de la SNPT (ex OTP) et que ceux de l’ex SOTOCO aussi
s’attendent à un sort similaire ? Comment peut-on parler d’efforts et de
progrès pendant que les pilleurs de sociétés et les prédateurs qu’on connaît
bien se la coulent douce dans une totale impunité ?
Tout
cela relève d’un paradoxe et d’une équation difficile à équilibrer.
L’UFC dans
l’arène
L’UFC
aurait-elle finalement décidé de se jeter à l’eau pour renouer avec les
manifestations populaires ? C’est en tout cas ce que pensent plusieurs
observateurs après le meeting de dimanche dernier.
Depuis quelque temps, les partis politiques togolais et surtout ceux de
l’opposition qui aimaient soulever les foules ont plutôt brillé par ce que
certains appellent une «politique de bureau» et qui consiste à se
retrancher dans les Etats-majors pour inonder les médias de communiqués de
presse.
Depuis quelque temps, le parti de Gilchrist Olympio ne cesse de menacer de
faire appel à la rue pour régler un certain nombre de problèmes. Mais
certains, évoquant une démobilisation et une désaffection des populations
avaient laissé entendre dans leurs analyses que les membres du bureau du
parti risquent de se retrouver seuls parce que l’engouement avait quitté le
peuple.
Le
meeting de dimanche aura été comme un test pour voir si les populations
étaient encore prêtes à sortir à l’appel des partis politiques. Nous ne
sommes pas là pour donner des chiffres. Mais il est désormais certain que
les Togolais ne sont pas aussi désintéressés de la chose politique qu’on le
pense. Et si l’on sait que l’appétit vient en mangeant, on peut conclure que
tout peut encore arriver.
A qui profite
la baisse ?
Jeudi dernier, le gouvernement a pris une décision révisant à la baisse, le
prix des produits pétroliers à la pompe. Cette mesure qui n’est qu’une
conséquence de la baisse considérable du coût du brut sur le marché
international a été justifiée par le souci de nos gouvernants d’alléger les
charges des ménages et de combattre la cherté de la vie au Togo.
Mais
aujourd’hui, quelques jours après l’entrée en vigueur de cette mesure, on se
demande à qui profite la baisse. Et pour cause. Aucune mesure
d’accompagnement n’a été décidée pour que la baisse du prix du carburant
puisse immédiatement profiter à tous les Togolais. Aujourd’hui, seuls ceux
qui possèdent des engins ou des véhicules en bénéficient. Les transporteurs
et autres exploitants de véhicules de transport en commun gagnent le gros
lot et il en sera ainsi tant qu’une nouvelle grille tarifaire ne sera
élaborée.
Togo : Le
dialogue sans fin
Le
dialogue est devenu une sorte de cercle vicieux, un piège sans fin au Togo.
En effet, depuis 1990, année du déclenchement du processus démocratique au
Togo, on est allé d’un dialogue à l’autre sans réellement avancer. Malgré
les dialogues qu’on a eu, parfois avec le soutien de facilitateurs,
l’essentiel des questions qui se posaient dans les années 1990 restent
encore d’actualité aujourd’hui.
Selon plusieurs observateurs, le dialogue est l’instrument par excellence
pour régler les problèmes politiques. Mais si au Togo, le dialogue est
devenu un éternel recommencement, c’est tout simplement parce que le manque
de sincérité et de bonne foi l’ont toujours caractérisé chez nous. Si cela
est vrai, on devrait certainement se résoudre à tourner éternellement en
rond dans notre pays.
Le cadre
diviseur
La
décision du Comité de Suivi de l’APG d’ouvrir le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation à toutes les parties signataires de l’APG même à ceux qui
ne sont pas représentés à l’Assemblée risque de poser plus de problèmes
qu’elle n’apporte de solution. Au sein de la classe politique, même les plus
petites formations s’agitent et réclament aussi une place au CPDC. Ils
dénoncent une politique d’exclusion délibérée et une pratique de deux poids
deux mesures. Ils ne comprennent pas au nom de quoi on veut faire siéger au
CPDC des partis qui comme eux, n’ont aucun député à l’Assemblée nationale
alors qu’on leur refuse le même privilège.
A
cette allure, si Faure ne fait pas attention, le dialogue tournera carrément
à la pagaille avec l’entrée en scène de partis qui ne représentent que
l’ombre d’eux-mêmes.
Mais
toujours est-il que aujourd’hui, la classe politique est divisée sur le CPDC.
Il y a d’un coté, ceux qui veulent qu’on s’en tienne au décret du 04 Février
et de l’autre ceux qui trouvent divers arguments pour réclamer l’ouverture
du CPDC.
Les nouveaux
boubous de El Béchir
Depuis qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui par le TPI,
le Président soudanais Oumar El Béchir est comme pris par une agitation
hystérique. Il sillonne bruyamment le pays, organise des meetings un peu
partout et danse frénétiquement.
Oumar El Béchir qui, pendant de longues années a méprisé le Darfour et le
Sud de son pays semble y attacher aujourd’hui, un intérêt particulier. Comme
quoi, la peur du TPI est le début de la sagesse chez les tyrans. |
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Le Regard #637 du 17 mars 2009 |
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Un candidat unique pour l’opposition ? |
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Dans un communiqué daté du 28 Janvier 2009, le CAR et l’UFC exprimaient leur
volonté de se mettre ensemble pour lutter contre les manœuvres unilatérales
du pouvoir RPT. Il n’en fallait pas plus pour spéculer sur l’éventualité
d’une union sacrée entre les deux partis de l’opposition parlementaire en
vue de l’élection présidentielle de 2010.
En
avril 2009, le CAR va désigner son candidat à l’élection présidentielle de
2010 comme il l’avait promis. Le parti de Me Apévon avait réaffirmé qu’il
entend prendre activement part à ce scrutin en vue d’une alternance
effective.
Avant le CAR, l’UFC qui s’était donné son candidat, Gilchrist Olympio s’est
engagé à réaliser autour de sa candidature une union des forces politiques
pour le changement. Et selon toute vraisemblance, il est exclu que l’UFC
renvoie l’ascenseur au CAR comme le réclame ce parti. A dessein les deux
partis s’abstiennent d’afficher officiellement leurs divergences mais tous
sont désormais convain-cus de l’impossibilité d’une candidature commune.
Ceci étant, le combat devrait se porter sur l’obtention des meilleures
conditions d’organisation des élections. Dès lors que les deux partis sont
préoccupés par la transparence des élections, il n’existe apparemment aucun
obstacle à l’union autour de cet objectif commun. Mais là aussi le défaut
d’harmonisation des vues sur la composition et le fonctionnement de la CENI
est surprenant.
En
outre, selon l’article 168 du code électoral, le candidat à l’élection du
Président de la République jouissant d’une ou de plusieurs nationalités
étrangères doit apporter la preuve qu’il y a effectivement renoncé par un
acte régulier ayant valeur légale.
Les candidats doivent également justifier d’une domiciliation effective au
Togo d’une année au moins au moment du dépôt de leur candidature.
La
déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces dont une copie
légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité étrangère le cas
échéant, un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente.
(Article 170).
Interrogé sur ces dispositions jugées discriminatoires, le Premier Ministre
Gilbert Houngbo a fait remarquer que «nous devons nous assurer pour le
succès de la démocratie, d’éviter de donner l’impression qu’une Constitution
doit être modelée selon les exigences d’un individu». Mais apparemment,
le CAR ne se sentant pas visé par ces dispositions, ne s’en préoccupe guère.
Au
moment où le pouvoir en place se montre réfractaire à toute concession, les
Togolais avides d’alternance auraient souhaité que les deux partis soient
soudés. S’il était possible de mettre les fondateurs de l’UFC et du CAR
ensemble malgré eux, le candidat idéal de l’opposition parlementaire fait
penser à l’image ci-contre.
A. S.
Une candidature
qui crée des problèmes à des officiers des
FAT
Dans sa
parution N° 560 du 4 Mars 2008 La Lettre
du Continent
paraissant en France indiquait que "Kofi Yamgnane nouveau candidat à la
magistrature suprême a reçu le soutien des officiers Bassar notamment celui
du Général Bouraïma Bonfoh, ancien Chef d'Etat-major de l'Armée de l'Air".
Kofi Yamgnane est rentré en France après plusieurs jours passés au Togo.
L'information telle que balancée semble semer la confusion à dessein. S'il
s'agit du Général Bonfoh, ce dernier à la retraite depuis plusieurs années
n'appartenait pas à l'armée de l'air. Par contre, le Bonfoh de l'armée de
l'air est un Colonel en fonction. En outre, il n'est pas sûr que le fait
d'annoncer publiquement que des officiers de l'armée soutiennent une
candidature arrange le candidat lui-même.
A son retour
au Togo en 2008 après plusieurs années d'absence, Yamgnane avait rencontré
les officiers originaires de sa préfecture pour discuter des questions
touchant au développement de la localité. Hormis les officiers, il avait
partagé cette préoccu-pation avec les cadres Bassar du parti au pouvoir.
Il est vrai
qu'au départ, les officiers Bassar et cadres étaient réticents à l'approcher
et pour cause. Kofi Yamgnane n'avait pas hésité à dénoncer le fait que
Eyadéma eût violé sa parole de militaire pour se présenter à l'élection
présidentielle de 2003. Cette sortie inattendue avait été considérée comme
un scandale à l'époque où les conséquences de tout acte politique jugé
hostile au Timonier posé par un citoyen, rejaillissaient sur l'ensemble de
l'ethnie à laquelle il appartient.
Et pour
montrer qu'ils n'étaient associés ni de près ni de loin aux invectives de
Kofi Yamgnane contre le Timonier, les cadres du RPT originaires de la
préfecture avaient rendu public, un document injurieux à son égard,
rappelant les faveurs dont il bénéficiait de la part du Général Eyadéma
quand il arrivait au Togo en tant que député et maire français.
Mais depuis,
beau-coup d'eau a coulé sous le pont. Le Yamgnane, représentant de la
coalition en Europe lors de l'élection présidentielle de 2005 pour le compte
du candidat Bob Akitani de l'UFC s'est montré de moins en moins hostile au
fils du Général président. Il avait d'ailleurs été reçu en audience par
Faure Gnassingbé en 2008, audience à l'issue de laquelle il a approuvé le
fait que les réformes constitutionnelles devraient se faire à l'Assem-blée.
Ses déclarations dans l'ensemble favorables au pouvoir RPT l'ont quelque peu
rapproché des officiers et cadres du régime dès lors qu'il n'avait pas
évoqué sa candidature. Il n'était donc pas rejeté par le Général Gnonfame et
Abass Bonfoh, tous du RPT.
Mais depuis
que l'article de la Lettre du Continent a présenté Yamgnane comme quelqu'un
qui compte sur les officiers de sa préfecture, des soupçons pèsent sur des
hauts gradés Bassar. Et cette suspicion pousse certains à vouloir démontrer
qu'ils ne sont mêlés ni de près, ni de loin à ce qui s'apparente à une «rébellion».
La situation créée par cette allégation est telle qu'il n'est pas exclu que
certains cadres et militaires Bassar se décident à mener une action visant à
persuader le président du RPT comme au bon vieux temps, que «tout le
peuple Bassar adhère à la politique de Faure Gnassingbé».
Quoiqu'il en
soit, le fait d'annoncer que Yamgnane compte sur les officiers Bassar tend à
présenter l'ancien ministre français comme un candidat qui veut prendre
appui sur une ethnie. Et à moins que cette stratégie ne vise un but autre
que la victoire à la présidentielle, au Togo, il est évident qu’aucun
candidat ne peut être élu en comptant uniquement sur son village, sa
préfecture ou son ethnie.
A. S.
Présidentielle
de 2010 : Les caciques du pouvoir rejettent les réformes constitutionnelles
A 12 mois de
l’élection présidentielle, les chances d’une réforme constitutionnelle sont
compromises. A moins que d’autres circonstances ne viennent influer sur le
cours de la situation politique actuelle. Selon certaines indiscrétions, les
caciques du régime seraient hostiles au retrait d’une virgule de la
constitution actuelle optant ainsi pour le jusqu’au-boutisme en signe de
défiance à l’égard de Gilchrist Olympio. Apparemment ceux qui, dans
l’entourage de Faure Gnassingbé militent pour des concessions en faveur de
l’opposition ont perdu la face. Les «durs» du régime qui ont le vent
en poupe estiment que ni leur président et encore moins le parti n’a aucun
intérêt à se faire hara-kiri pour plaire à l’opposition et en particulier
au président de l’UFC «qui de toutes façons ne sera satisfait que
lorsqu’on lui offrira le pouvoir». Selon la constitution togolaise, il
faut 64 députés pour modifier directement les dispositions
constitutionnelles et 54 pour le faire par référendum. Sans donc l’aval des
députés du parti au pouvoir toute révision constitutionnelle est vouée à
l’échec. C’est justement pour cette raison que le RPT invite l’UFC à
instaurer le débat sur les réformes qu’elle souhaite à l’Assemblée où elle
n’a aucune chance de faire triompher ses points de vue avec 27 députés. La
balle est donc dans le camp de Gilchrist Olympio et son parti qui ont tout
intérêt à relever le défi.
L’impossible Médiation de Edem Kodjo
Les actions de l’ex secrétaire général de l’OUA Edem Kodjo désigné par l’OIF
ne sont pour le moment pas visibles. Au moment où nous mettions sous presse,
on ignore où il était. Depuis l’annonce de sa nomination, tout porte à
croire que l’organisation francophone l’a envoyé dans un guêpier. Comment
peut-il opérer alors même que le dialogue est rompu entre les protagonistes
qui ont opté pour la confrontation ?
Devant cette situation insurrectionnelle, même l’Union africaine
est désemparée. L’Union africaine (UA) tenait elle lundi à son siège d’Addis
Abeba, une réunion d’urgence de son Conseil de paix et sécurité sur la crise
malgache.
«La position de l’UA a déjà été annoncée à plusieurs reprises: il s’agit
de rejeter toute forme de changement anticonstitutionnel de pouvoir», a
indiqué à l’AFP un responsable du Département paix et sécurité de l’UA, à
l’ouverture des débats qui se tiennent à huis clos. L’Union africaine (UA) a
assimilé la demande de destitution du président malgache par l’opposition à
«une tentative de coup d’Etat» et a appelé la population de la Grande
Ile de l’océan Indien au respect de la Constitution. Aussi ridicule que cela
puisse paraître, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA se borne à
appeler au dialogue alors que la preuve est faite que ce dialogue est
rompu. La France a demandé de son côté l’instauration d’un dialogue
«conforme à l’Etat de droit». Autant de discours hypocrites qui n’ont
aucune prise sur la réalité qui prévaut sur place. Des appels visiblement
ignorés par l’opposition. Si le chef de file de l’opposition soutenu par
l’armée malgache se moque des mises en garde de l’UA visiblement dépassée
par les événements, il est évident que la médiation de l’OIF ne serve pas à
grand-chose. Ce qui se passe à Madagascar montre clairement que l’Afrique
n’a pas rompu avec les coups d’Etat qui peuvent se présenter sous plusieurs
facettes.
L. R.
Ça
vous regarde
En
attendant les investisseurs
La semaine
dernière s’est déroulée à Paris en France, la Journée Economique du Togo.
Cette manifestation, selon ses organisateurs visait à promouvoir les
entreprises togolaises et à permettre aux opérateurs économiques de notre
pays et de France, de nouer des relations. Les opérateurs économiques
togolais ont été invités à prendre massivement part à cette journée.
Dans une intervention sur RFI, le Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo
qui avait conduit la délégation togolaise dans la capitale française avait
estimé que la manifestation a connu un grand succès. Nous ne demandons qu’à
le croire. En effet, lorsqu’on sait qu’on a au Togo un secteur privé
moribond avec des entreprises qui peinent à prendre leur envol, on ne peut
rien souhaiter de mieux.
Seulement voilà. Ailleurs, on refuse de verser dans l’optimisme. On se
demande combien a coûté cette fameuse journée. En plus, on met au défi le
Premier Ministre de donner dans les tout prochains mois, le nombre de
nouveaux investisseurs qui viendront entreprendre dans notre pays à la suite
de cette Journée économique du Togo.
En
attendant d’en arriver là, nombreux sont ceux qui se souviennent d’une
époque pas très lointaine où le Togo était un véritable «marché aux
investisseurs». Tous les jours que Dieu faisait, des individus, pour la
plupart, des affabulateurs ou des imposteurs défilaient dans les salons de
Lomé 2. Dans ses commentaires, la télévision nationale les présentait comme
des investisseurs venus investir dans notre pays. Et puis, on n’entendait
plus jamais parler d’eux. Des informations avaient après tout fait état de
ce que ces fameux «investisseurs» n’étaient pas des opérateurs
économiques, mais des gens qui venaient «investir» Lomé 2 pour
soutirer des sous au maître des lieux.
Plus que jamais, la vigilance s’impose afin que la Journée économique du
Togo à Paris ne réveille pas les faux investisseurs qui dorment.
Houngbo
et les «Togolaideries»
Ils étaient nombreux, ceux qui avaient applaudi lorsque le Premier Ministre
Houngbo, dans son discours programme à l’Assemblée Nationale, s’était donné
un délai de six mois pour apporter un début de changement au quotidien des
Togolais. Comme pour joindre l’acte à la parole, dès les premiers jours,
d’importantes décisions avaient été prises, notamment la dispense du
paiement de l’écolage dans les primaire et préscolaire, etc. D’autres
mesures suivront plus tard. Entre autres, le relèvement du SMIG et du SMAG,
etc.
Mais s’il faut faire un bilan objectif de l’action du PM aujourd’hui que les
six mois sont passés, on dira que, même si on ne peut pas soutenir qu’il n’a
rien fait, on ne saurait affirmer non plus que le quotidien du Togolais
moyen a connu une quelconque amélioration.
Au
contraire, pour beaucoup, la situation s’est plutôt détériorée. Boucler le
mois reste un véritable parcours du combattant et le panier de la ménagère
demeure désespérément vide. Il y a quelques semaines, des employés de l’ex-OTP
ont été licenciés par centaines. La SOTOCO a été dissoute et dans les
coulisses, on annonce des licenciements en perspective.
Entre temps, on avait l’impression que le PM avait lui-même perdu
l’enthousiasme du début. Face à l’immensité de la tâche, il a revu son
optimisme à la baisse. De plus en plus, on l’a vu prendre la parole pour
haranguer les foules lors des sorties folkloriques du Président à
l’intérieur du pays. On l’a vu aux côtés de Faure Gnass au cours de
manifestations qui visaient tout sauf l’amélioration des conditions de vie
des Togolais. Pour tout dire, Houngbo, l’homme nouveau s’est mis au goût des
«Togolaideries».
On
ne peut pas échouer partout. N’est-ce pas ?
Le retour
de Fo Nico
Depuis qu’il a refait surface il y a quelques jours après plusieurs semaines
d’absence, Fo Nico n’est plus passé derrière le rideau. Il organise
régulièrement des conférences de presse au siège de son parti, publie des
communiqués, adresse des lettres au Président de la République et sillonne
bruyamment les stations de radio et de télévision pour se prononcer sur les
questions de l’heure. Cela n’étonne personne car c’est dans les habitudes de
l’homme.
La
semaine dernière, Fo Nico qui, au demeurant, n’avait jamais caché son
ambition de présider aux destinées du Togo est passé à la vitesse supérieure
en annonçant sa candidature pour l’élection présidentielle de 2010.
Ce
n’est pour étonner personne si on sait que l’homme est désormais, avec plus
d’une candidature, un habitué des élections présidentielles. Cependant, cela
n’empêche pas des observateurs de se poser des questions sur le sérieux des
candidatures de Fo Nico. A quoi sert-il par exemple de se porter candidat à
une élection pour ne s’en sortir qu’avec un résultat microscopique ?
On
peut apposer à ces observateurs que la réalité commence toujours par un
rêve. Mais ils auront beau jeu de nous opposer qu’il faut savoir jusqu’où ne
pas rêver.
En
tout état de cause, Fo Nico doit avoir ses raisons. Attendons donc de voir
jusqu’où il pourra aller cette fois.
Le
paradoxe COTEC
Lorsque, au lendemain de l’implantation de la Compagnie Togolaise
d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) au Port Autonome de Lomé, les
transitaires et d’autres usagers du Port étaient montés au créneau pour
dénoncer le renchérissement des frais dans le domaine des véhicules
d’occasion, plusieurs observateurs avaient pensé que les autorités publiques
allaient prendre la juste mesure de la situation pour reculer. Mais au fil
des jours, on se rend compte qu’on en est loin et que COTEC risque d’être
maintenu.
Pour justifier le bien-fondé de cette société, on indique qu’elle supprime
les réseaux de corruption et d’enrichissement illicite. On soutient qu’elle
ne fait que du bien à l’économie togolais en faisant rentrer dans les
caisses, beaucoup plus d’argent au titre des dédouanements, etc.
Seulement voilà. Selon plusieurs informations, le renchérissement des frais
de dédouanement provoque une baisse sensible dans les affaires au Port
Autonome de Lomé. Selon certains chiffres seulement 324 voitures ont été
immatriculées à Lomé en février 2009 contre 1200 en Février 2008, soit 27 %
du total de la même période de l’année dernière.
Si
moins de véhicules sont immatriculés aujourd’hui, c’est tout simplement
parce que moins de véhicules ont été sortis du Port pour la consommation
locale.
Il
appartient à COTEC et ses promoteurs d’expliquer aux Togolais qui refusent
de comprendre, comment une telle situation peut contribuer au développement
de notre pays et de son économie.
Le gâchis
Il
ne se passe pratiquement plus de jour où on n’enregistre pas des accidents
sur nos routes. Mais la semaine dernière, tous les records ont été battus en
termes de pertes en vies humaines. En effet, un camion semi-remorque chargé
de ciment qui se dirigeait vers un pays de l’hinterland a percuté sur le
pont de Togblékopé, un minibus de 15 places qu’il voulait doubler. Le
minibus a été projeté avec occupants dans le ravin avant que le camion
semi-remorque ne vienne atterrir sur lui avec toute sa cargaison.
Plus de cinq heures d’horloge ont été mis pour sortir les cadavres des
décombres. A l’heure du bilan, on a compté 22 corps. Un véritable gâchis.
Il
est vrai que nos routes sont meurtrières. Mais il est aussi vrai que ce sont
des hommes qui portent la lourde responsabilité d’une telle situation. Il
suffit de prendre quelques mesures pour éviter l’hécatombe. Nos gouvernants
doivent construire de bonnes routes avec des vrais ponts équipés de
garde-fous dans le pays. Les conducteurs doivent observer les règles de
prudence et du code de la route. Les agents de Police et de Gendarmerie
préposés au contrôle sur les routes doivent cesser de soutirer de l’argent
aux chauffeurs qu’ils autorisent de rouler en état de surcharge et avec des
véhicules non en règle.
Aujourd’hui, 22 personnes sont mortes à cause de la bêtise humaine. C’est
bien triste. Il pourra arriver pire si des dispositions ne sont pas prises
pour discipliner la conduite sur nos routes et pour doter notre pays de
routes dignes de ce nom.
Potopéré
reprend service
Il y
a quelques jours, les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation étaient parvenus à un consensus sur la nécessité du maintien de
la CENI de 2007 jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI. En clair,
Potopéré et son équipe vont devoir reprendre du service et poser des actes
rentrant dans la préparation de la prochaine présidentielle.
Seulement voilà. Deux personnes de l’équipe ne répondront pas à l’appel. Pas
parce qu’ils ont claqué la porte à l’institution. Mais tout simplement parce
qu’ils ont été entre temps, appelé à d’autres fonctions qui ne les
autorisent plus à siéger à la CENI. Il s’agit de M. Kokou Tozoun et Mme
Henriette Kouevi tous deux actuellement ministres dans le Gouvernement
Houngbo.
Mais pour l’essentiel, on prend les mêmes et on recommence… en attendant.
Salut les
artistes !
Les Togolais n’aiment pas les produits locaux. Cette assertion se vérifie
non seulement sur le plan des biens de consommation courante, mais aussi et
surtout sur celui de production artistique. C’est une vérité indéniable, que
les Togolais préfèrent par exemple la musique étrangère à celle produite par
les artistes de la chanson togolaise. Il est vrai qu’on ne peut pas demander
aux Togolais d’acheter ou d’écouter du n’importe quoi, tout simplement parce
qu’il s’agit d’une production nationale. Il est aussi vrai que tout ce que
produisent nos artistes ne sont pas toujours de bonne facture. Mais il est
vrai, bien vrai que les artistes togolais se sont beaucoup améliorés et que
plusieurs d’entre eux font actuellement du bon travail.
Malheureusement et curieusement, l’engouement que devait susciter cette
avancée tarde à venir. Conséquence, nos artistes vivent dans le dénuement et
la précarité totale. Plusieurs ont cessé depuis longtemps d’être artistes
pour devenir des «as-tristes». C’est vraiment triste. Vivement une
politique digne de ce nom pour sauver les artistes togolais.
L’apologie du coup d’Etat
Ceux qui avaient cru que le Guide Libyen Kadhafi pourrait faire quelque
chose de bon en Mauritanie dans le cadre de la médiation qu’il a entreprise
dans ce pays doivent se refaire une opinion. L’homme a plutôt jeté de
l’huile sur le feu en prenant ouvertement fait et cause pour les
putschistes. Dans une intervention sur la crise née du coup d’Etat et des
réclamations d’un retour à l’ordre constitutionnel, le Guide Libyen a
déclaré que le Président chassé du pouvoir par les militaires doit accepter
le fait accompli.
En
d’autres termes, le Président démocratiquement élu de Mauritanie chassé du
pouvoir, arrêté puis assigné à résidence plusieurs mois durant avant d’être
remis en liberté, doit passer l’éponge et se mettre au pas comme si de rien
n’était.
La
pilule du Guide est d’autant plus amère qu’elle constitue un encouragement
aux coups d’Etat en Afrique.
Kadhafi
et la présidence à vie
Le
Guide Libyen ne fait pas que l’apologie des coups d’Etat. C’est un
détracteur de la limitation des mandats présidentiels. Au Niger où il a
effectué une visite, il a estimé que les peuples ont le droit d’élire à la
Présidence de la République, qui ils veulent et autant de fois qu’ils le
désirent même si c’est pour l’éternité.
Cette déclaration venant d’un homme au pouvoir depuis plusieurs décennies et
que l’idée d’une retraite n’effleure pas n’étonne personne. Ce qui choque
c’est qu’elle risque de provoquer dans plusieurs pays, la ruée vers un
tripatouillage des constitutions pour empêcher l’alternance au pouvoir.
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Le Regard #636 du 10 mars 2009 |
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Décision controversée du Comité de Suivi de l’APG
:
Conflit en vue entre l’UFC et le facilitateur de l’APG |
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Depuis que
les partis non membres du CPDC ont commencé à donner de la voix, on
s’attendait à ce que le cadre permanent soit vidé de sa substance et élargi
à d’autres formations politiques. Mais pour passer à l’acte, le pouvoir
devait d’abord s’assurer de l’adhésion et du facilitateur et de la CEDEAO et
de l’Union Européenne. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la réunion du
Comité de suivi mis en sourdine depuis un an est annoncée quelques jours
après que Faure Gnassingbé eût discuté avec Blaise Compaoré à Ouaga.
Les
arguments du CAR et de l’UFC sont séduisants d’abord parce que les parties
signataires qui réclament qu’on les associe au dialogue du CPDC étaient au
gouvernement d’Union lorsque le décret pris avant les législatives a
subordonné la participation au Cadre permanent à l’obtention de 5 pour
cent de suffrage aux élections. Ils avaient tous accepté la proposition
puisqu’ils ne l’avaient pas contestée à l’époque. L’honnêteté voudrait
qu’ils respectent le choix du peuple qui a désigné seulement trois partis
pour siéger à la représentation nationale. Le CAR a noté un amalgame entre
l’arbitrage des divergences d’interprétation de l’APG et l’évaluation du
niveau de réalisation des engagements convenus par les parties prenantes au
dialogue national. (voir réaction page 5). Blaise Compaoré lui-même a tout
fait pour que le décret portant création du cadre permanent soit pris. Et
qui plus est, lui-même à travers le communiqué de la 6e session
du Comité de Suivi CS/APG/006/05/07 en date du 14 mai 2007 à Ouagadougou a
cité l’instauration par décret pris en Conseil des Ministres d’un Conseil
National de Concertation et de Dialogue Politique. Il est pour le moins
paradoxal qu’il se rende complice de la remise en cause de ce dont il a
favorisé la création. . Mais il semble qu’en politique la bonne ou mauvaise
foi n’a pas de sens dès lors que la fin justifie les moyens.
Ainsi,
quelles que soient les raisons invoquées pour justifier le boycott du comité
de suivi le fait que l’initiative ait la bénédiction du facilitateur et de
l’Union européenne met le CAR et l’UFC en délicate situation. Accepter le
fait accompli ou boycotter jusqu’au bout ?
Le piège
du point 5-8
«En cas
de différend sur l’interprétation de tout ou partie de l’Accord y compris
les modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales,
les parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du
facilitateur».
Pour le CAR et l’UFC, le règlement des divergences de l’interprétation des
dispositions de l’APG relève de la compétence du facilitateur à qui il
revient de procéder le cas échéant à la consultation des parties entre
lesquelles existent les dissensions relevées. A preuve, les organisations de
la société civile le GF2D et REFAMPT n’ont pas comme d’autres partis
politiques, réclamé leur présence au CPDC.
Mais si la
polémique sur la procédure de convocation et les raisons justifiant ce
boycott sont considérés comme un différend sur l’interprétation de l’APG, le
fait même que Compaoré qui préside le Comité de suivi ait donné le feu vert
à son ministre des affaires étrangères pour siéger en son nom signifie que
le facilitateur a tranché et que son accord vaut donc arbitrage. Dans ce cas
l’UFC et le CAR auraient dû y aller quitte à exprimer leur désaccord avant
de se retirer du moins pour ne pas irriter l’Union européenne qui
désapprouve la politique de la chaise vide.
Dans une
récente interview accordée au Nouvel Afrique Asie, Gilchrist
Olympio déclarait : «Nous avons besoin que l’on
nous soutienne dans l’adoption et la mise en œuvre consensuelle des réformes
préélectorales. Nous voudrions pour cela compter sur le Président Blaise
Compaoré du Burkina-Faso, Facilitateur du dialogue inter togolais et
Président du comité de suivi de l’APG et sur tous les partenaires du Togo »
Mieux à plusieurs reprises l’UFC s’est
adressé à Blaise Compaoré afin qu’il intervienne pour faire accélérer le
dialogue sur les réformes institutionnelles. Il a suffi qu’il se décide à
bouger après son long silence c’est pour faire grincer les dents.
Blaise sur les traces d’Obasanjo
Et si ce facilitateur a donc la confiance de l’UFC, celle-ci aura du mal à
contester son arbitrage même s’il fait la part belle au pouvoir RPT. Mais
sur quoi comptait Gil pour faire confiance au président burkinabé ? Sans
doute n’a-t-il pas pris en compte cette réalité que les chefs d’Etat
s’arrangent toujours pour ne pas déplaire à leurs pairs. On se souvient que
le président de l’UFC avait fait la même confiance à Obasanjo qu’il
considérait presque comme son ami au point de compter sur lui pour régler la
crise togolaise. Qu’on se le rappelle, au lendemain de l’élection
calamiteuse qui a eu lieu à la suite du décès du Général Eyadema en avril
2005 cette confiance que Gilchrist faisait à Obasanjo l’a poussé à répondre
à un appel urgent de ce dernier en se rendant précipitamment à Abuja le 25
avril 2005 à l’insu de la coalition et de son coordonnateur Agboyibo. Alors
que sur place les habitants de quartiers fiefs de l’UFC étaient pris
d’assaut par des militaires qui entraient dans les maisons pour y molester
les occupants, Obasanjo avait monté un semblant de discussion entre
Gilchrist et Faure, discussion à l’issue de laquelle les deux protagonistes
ont été invités à se donner l’accolade devant des caméras. Cette accolade
diffusée par les médias avait été assaisonnée d’un communiqué du
porte-parole d’Obasanjo, Olurémi Oyo annonçant que les deux parties se sont
engagées pour la formation du gouvernement d’union et à résoudre leur
différend. Quelques heures après, Gilchrist a démenti avoir signé un
quelconque pacte, dénonçant ainsi le montage de son ami. Ce comportement n’a
pas plu au président nigérian qui a tenu à le manifester. Ceux qui ont
assisté au conclave d’Abuja le 19 mai 2005 se rappellent comment Obasanjo a
humilié Gilchrist Olympio ce jour là ,lui enjoignant presque de se soumettre
à la volonté du tout jeune président. Et depuis, les deux amis ne se
fréquentent plus.
Au vu de la caution apportée par le facilitateur Compaoré aux résultats des
travaux du Comité de Suivi, on se demande si cela valait la peine comme l’UFC
s’était évertué à le faire au CPDC, de réclamer la facilitation.
Abass Saib
L’union CAR–UFC
mise à l’épreuve par le Comité de Suivi
Le
rappel du Comité de Suivi à savoir que le CPDC demeure un lieu de dialogue
et de concertation et non une nouvelle instance de négociation résonne comme
un défi lancé à l’UFC. Une manière de dire à ce parti que les décisions du
CPDC ne s’imposent pas aux institutions de la République alors que les
partisans de Gilchrist Olympio comptaient obtenir les réformes souhaitées à
travers le Cadre Permanent. Devant cette situation, l’UFC est contraint de
revoir sa stratégie. Il est clair que l’allié et d’ailleurs le seul qui
puisse lui être d’une utilité capitale est bien entendu le CAR. Le parti de
Me Apévon par son boycott de la séance du Comité de Suivi malgré les
pressions de la facilitation a montré qu’il défend la même cause que l’UFC.
Il
se peut que le pouvoir ait choisi la fuite en avant en misant sur
l’impossibilité du CAR et de l’UFC à se donner un seul candidat face à Faure
Gnassingbé. Et il est vrai que le RPT tirera profit d’une double candidature
de l’opposition parlementaire.
Si
les conditions d’organisation d’élection ne sont pas suffisamment
transparentes, c’est l’UFC qui sera le plus grand perdant. Mais pour un
combat plus efficace en vue d’obtenir de meilleures conditions
d’organisation de la présidentielle, il lui faut avoir le soutien du CAR.
En
principe, la situation qui se présente aujourd’hui condamne les deux partis
à envisager d’autres moyens de lutte. Or au moment où nous mettions sous
presse, aucune initiative de ce genre n’est entreprise. Chaque parti, évolue
en solo.
Il
y a quelques semaines le parti de Gilchrist Olympio menaçait de prendre la
rue si le pouvoir s’entête à ne pas accepter ses exigences. Le moment est
venu de mettre cette menace à exécution pour dissuader le bâclage du
processus électoral en perspective.
Dans les milieux proches du CAR, on se dit très disposé à lutter main dans
la main avec l’UFC pour réaliser l’alternance en 2010. Mais à condition que
Gilchrist Olympio fasse preuve de sagesse pour soutenir le candidat du CAR à
l’élection présidentielle. A cet effet, la Convention de la Jeunesse du CAR
a pris l’engagement de sillonner et mobiliser les populations sur la
nécessité du retour de l’ascenseur, c’est-à-dire que l’UFC soutienne à son
tour la candidature du CAR comme le CAR l’avait fait les années précédentes.
Cette question du retour de l’ascenseur préoccupe tant les plus hauts
responsables du CAR qui n’entendent pas transiger là-dessus. Pour le parti
des déshérités, l’UFC devra s’engager à soutenir le candidat du CAR avant
toute initiative commune face au pouvoir RPT. Ainsi donc l’UFC se retrouve
face à une situation des plus complexes, obligé à la fois de gérer la
situation créée par l’attitude du facilitateur et l’Union Européenne et
d’obtenir vaille que vaille le soutien du CAR ou boycotter les élections
faute d’avoir les moyens de faire triompher ses exigences. En tout état de
cause, la concrétisation de l’ouverture du CPDC et les réactions qui
s’ensuivront permettront de savoir si l’attelage CAR-UFC peut se réaliser.
L. R.
Le ras-le-bol
des expropriés de Lomé 2 : Les victimes veulent rencontrer Faure Gnassingbé
La
construction du Palais Présidentiel de Lomé 2 avait nécessité beaucoup
d’espace. Outre le domaine foncier devant abriter le Palais, des raisons
relevant de la sécurité du Chef de l’Etat ont été évoquées pour confisquer
aux propriétaires terriens de la zone, plusieurs hectares de terres. Des
gens qui vivaient ou travaillaient tranquillement la terre dans le périmètre
sollicité ont été tout simplement dépossédés de leurs biens. Depuis, ils ont
tout perdu et vivent dans la galère.
Les victimes de cette mesure d’expropriation ont plus d’une fois déjà,
engagé des démarches pour obtenir réparation. Mais leurs complaintes
semblent toujours tomber dans des oreilles de sourds.
On
en était là lorsque, dans le cadre des préparatifs du sommet de l’OUA qui
devait se tenir à Lomé en 2000, il a été prévu la construction d’une cité
avec des villas de grand standing qui devraient servir à loger les chefs
d’Etat. Et comme pour bien faire, c’est le site de Lomé 2 qui a été choisi
pour abriter cette cité. Suite aux appels de l’Etat, des particuliers et
autres entreprises s’étaient portés candidats pour la construction desdites
villas. Afin de leur faciliter la tâche, l’Etat avait mis gracieusement les
terrains à leur disposition. Dès lors que l’Etat offre gracieusement des
terrains à des particuliers pour construire des villas qui en définitive
restent des biens privés, les terrains qui étaient naguère considérés comme
faisant partie d’une réserve administrative sortent du patrimoine de l’Etat
pour devenir la propriété des particuliers en question.
Il
n’en fallait pas plus pour que l’affaire des terrains de Lomé 2 ressuscite.
Les premiers propriétaires qui estiment avoir été spoliés au profit d’autres
exigent que leurs terres leur soient rétrocédées. Ils ne comprennent pas au
nom de quoi l’Etat peut faire cadeau de leur domaine foncier à des
particuliers. Et puis, à partir du moment où les terrains confisqués doivent
servir à d’autres fins que celles évoquées au moment de la confiscation, ils
estiment que le problème de la sécurité du Chef de l’Etat ne se pose plus et
qu’ils peuvent rentrer dans leurs biens.
Au
cours de leurs démarches, il avait été proposé à certaines victimes, de
choisir entre garder leur terrain ou se faire reloger ailleurs. Mais en
réalité, il ne s’agissait que d’une grosse arnaque car toutes les victimes
sont encore aujourd’hui logées à la même enseigne. Ceux qui ont accepté de
se faire reloger ailleurs ont été, après moult péripéties, réinstallés. Mais
en fin de compte, ils ont été chassés par les propriétaires des lieux avec
la complicité – passive ou active – de la Justice et sous le regard cynique
des autorités. Aujourd’hui, tout comme ceux qui avaient rejeté l’offre de la
réinstallation, ils se retrouvent sur le carreau, sans rien et vivent dans
le dénuement total. Certains parmi eux ploient sous le poids de l’âge et
sont minés par la maladie mais ne peuvent même pas se soigner.
Selon des informations largement répandues, sous le prétexte de la sécurité
du Palais Présidentiel, des hauts galonnés et des barons du régime auraient
fait main basse sur des hectares entiers qu’ils se sont partagés au
détriment de pauvres populations qui en détiennent les titres fonciers.
C’est, dit-on, pour cette raison que les démarches des victimes
n’aboutissent pas.
Depuis plusieurs années, tous les ministres en charge de l’urbanisme et de
l’habitat saisis du dossier se sont contentés et se contentent encore de
tromper les victimes et de les tourner en bourrique en faisant des promesses
qu’ils ne tiennent pas. Certains de ces ministres reconnaissent en privé le
bien-fondé des démarches des victimes mais s’avouent impuissants, au motif
que cette affaire les dépasse. Jusqu’à quand laissera-t-on perdurer cette
situation d’injustice flagrante ?
Dans un pays qui se respecte et au nom de la Justice, il serait indiqué de
procéder à l’évaluation des terrains confisqués et au dédommagement des
victimes.
Des informations indiquent que les victimes envisagent de s’organiser pour
rencontrer le Chef de l’Etat afin de lui exposer la situation. Mais Dieu
seul sait si les grands voleurs de terrain au nom de l’Etat qu’ils
trouveront malheureusement sur le chemin ne leur barreront pas la route qui
mène au Palais présidentiel.
Affaire à suivre.
L. R.
Conséquence de
la cherté du prix du carburant : L’essence vole au Ghana et vendu moins cher
au Togo
Le
prix élevé du pétrole au Togo par rapport aux pays voisins alimente la
spéculation. Le super sans plomb coûte 500f au Togo alors qu’il est acheté
entre 250F et 300F au Ghana et 350 f au Bénin. Et tout naturellement. De
nombreux togolais traversent de plus en plus les frontières pour
s’approvisionner. Des camions et voitures traversent les frontières à
longueur de journée pour faire le plein de leurs véhicules au niveau et au
delà des frontières du Bénin et du Ghana ne se comptent plus. A cette
allure, il est à craindre que nos stations d’essence perdent leurs clients.
Le
trafic d’essence entre le Ghana et le Togo a atteint un niveau tel qu’Accra
entend prendre des mesures répressives. Les compagnies de distribution
semblent incapables de mettre un terme à un vol à grande échelle dans les
stations-service des environs d’Aflao, à la frontière avec le Togo.
Les cuves des stations sont littéralement siphonnées par des gangs
spécialisés qui font ensuite passer l’essence au Togo par camion ou par
bateau.
Le
trafic s’est amplifié depuis décembre dernier quand le litre de super sans
plomb a baissé à la pompe au Ghana.
Certains gérants de stations-service travaillent main dans la main avec les
réseaux mafieux pour voler l’essence, selon la police ghanéenne. Cette
situation qui constitue un lourd préjudice pour les distributeurs locaux
était prévisible dès lors que le prix de l’essence est élevé au Togo alors
qu’il a chuté dans les pays voisins. Dans ces conditions la lutte contre la
vente de carburant illicite s’avère difficile voire impossible. On se
souvient que lorsque le problème de pénurie du ciment s’était posé les
autorités avaient procédé à une augmentation du prix du ciment sous prétexte
de l’homologuer avec celui des pays voisins dans le but de mettre un terme à
la spéculation. Pourquoi alors ne pas aligner le prix de l’essence au Togo
sur celui pratiqué dans les pays voisins soit une moyenne de 300 F pour
éviter que les togolais n’abandonnent les stations d’essence pour
s’approvisionner à l’extérieur ou chez les clandestins avec toutes les
conséquences que cela suppose ?
La
manière dont les points clandestins d’essence se multiplient comme ceux de
vente d’eau glacée à Lomé est si inquiétante que bientôt, toute l’armée
togolaise mobilisée ne pourra rien contre ce phénomène.
L. R
Un 4e décret
pour ouvrir le CPDC
La
décision du Comité de Suivi de l’APG d’élargir le CPDC à d’autres acteurs
risque d’accentuer la tension perceptible entre les acteurs politiques à
l’approche de l’élection présidentielle.
Pourtant quelques jours plus tôt, les participants au CPDC ont arrêté une
liste de points sur lesquels ils souhaitent faire des propositions de
modifications du code électoral. Les participants se seraient convenus de
recenser les points d’accord et de désaccord pour gagner du temps. L’actuel
CPDC est consacré par le troisième décret. Un quatrième serait envisagé pour
concrétiser son ouverture aux autres signataires de l’APG. L’irruption
d’autres signataires de l’APG dans le Cadre Permanent est un stratagème pour
transformer les débats politiques du CPDC en une confrontation entre les
amis d’hier, c’est-à-dire la CPP, la CDPA, le PDR d’une part et le CAR et l’UFC
de l’autre. Cette confrontation est d’ailleurs inévitable quand on sait que
l’opposition parlementaire milite pour la mise à l’écart des partis qui ne
sont pas représentés à l’Assemblée Nationale. Mieux, l’UFC qui se prévaut de
son poids politique pour revendiquer une place égale avec le RPT considère
ces anciens camarades de lutte comme des métayers du pouvoir. Ainsi au lieu
d’un seul adversaire, l’opposition parlementaire en aura deux. Par ce
stratagème, le RPT espère sans doute profiter de la guéguerre entre les
anciens amis pour se tailler une marge de manœuvre encore plus grande.
L’ancienne CENI réhabilitée par consensus au CPDC
Selon le communiqué rendu public à l’issue des travaux du CPDC du lundi 9
mars 2009, les membres du CPDC sont arrivés à un consensus sur la nécessité
du maintien des membres de la CENI en place jusqu’à la désignation d’une
nouvelle CENI.
Ils se sont également entendus sur la nécessité de la prorogation des délais
légaux relatifs au dépôt et à la publication de la liste des candidatures
pour les élections présidentielles et législatives.
Il
est fort probable que les points de consensus soient adoptés par l’Assemblée
si par la suite, les divergences subsistent au sujet de sa composition.
Cette CENI dirigée par Potopéré Tozim compte 19 membres. L’opposition
parlementaire est représentée dans cette ancienne CENI par 4 membres. 2 pour
le CAR et 2 pour l’UFC. Elle répond à l’ouverture préconisée par le Comité
de Suivi lors de sa session du 7 mars 2009.
Togo : SOS pour
bibliothèque nationale en décrépitude
L’état de délabrement des murs de ce symbole de l’intelligentsia togolais en
plus du manque d’informatisation de ses services au moment où toutes les
bibliothèques se sont engagées dans la révolution informatique mérite qu’on
s’y attarde. Paradoxalement, les autorités togolaises ne semblent se
rappeler l’existence de la bibliothèque nationale que lorsqu’ils ont besoin
d’un document d’archive. Sa protection et sa conservation importent très
peu.
C’est par arrêté N° 608 du 12 octobre 1933 que ce qui est appelé communément
aujourd’hui la Bibliothèque Nationale a pris corps sous l’Administration
Française.
A
l’époque, on l’appelait Bibliothèque Centrale du Togo. Quatre ans plus tard,
elle prendra le nom du Service de Documentation Générale par arrêté N° 529
du 16 Octobre 1937. Peu après, un autre arrêté, celui N° 241-D-G du 15 mai
1945 lui conférera la dénomination de «Service Local de l’Institut
Français d’Afrique Noire». Cette appellation sera conservée jusqu’à
l’indépendance où elle deviendra conformément à l’arrêté N° 197/PM/MTAS/FP
du 16 Novembre 1960 l’Institut Togolais des Sciences Humaines. Près d’une
décennie après, en 1969, le décret N° 69-178 du 1er Octobre
fera d’elle la Direction de la Bibliothèque Nationale et par celui du 12
Août 1992 elle est devenue la «Direction de
la
Bibliothèque et des Archives Nationales» ;
(Appellation Vraie). C’est dire donc que le parcours de cette institution
qui comporte une Bibliothèque et un département des archives avec
aujourd’hui près de 18.500 documents est assez riche.
Mais curieusement, le constat aujourd’hui est que cet intérêt a fait place à
l’abandon. Interrogés, les principaux responsables de la structure qui
devraient se prononcer sur la situation réelle se sont montrés très évasifs,
sans doute pour éviter des ennuis des autorités gouvernementales. L’état
même des locaux de la bibliothèque nationale témoigne qu’elle est reléguée
aux oubliettes. Du point de vue infrastructures, les besoins sont
flagrants. Les magasins pour le stockage des documents sont exigus, de même
que les salles de lecture qui ne répondent plus à l’affluence actuelle. Pour
couronner le tout, le bâtiment en lui-même est en état de délabrement
avancé. Il se dit que la Direction prévoyait réaménager certains endroits
des locaux mais les fonds d’investissement et d’équipement qu’on octroie
généralement et à base desquels elle entendait le faire se font toujours
attendre cette année.
Voilà la situation dans laquelle se trouve la Bibliothèque au moment où l’on
célèbre des fêtes à coups de milliards. A la bibliothèque nationale,
l’ordinateur est un objet rare. On en trouve à peine pour la gestion des
documents. Dans un tel contexte, il ne faut même plus penser à la connexion
Internet. Certains agents estiment que quand le Directeur doit, pour des
urgences professionnelles, se connecter, il est obligé de sortir du service
ou, lorsqu’il n’est pas sous l’emprise du temps, attendre midi ou le soir
pour aller en ville. En plus de cela, il n’y a pas de poste téléviseur, pas
de vidéo caméra, de rétroprojecteur, de magnétoscope… Des carences qui ne
sauraient se justifier à cette époque où l’on parle de village planétaire.
Du point de
vue document, la situation est aussi moins reluisante. On affirme que la
capacité du centre en document peut-être évaluée à environ 18.000 ou 18.500
ouvrages mais dont l’écrasante majorité datent d’il y a longtemps. Les
approvisionnements ne sont pas faits et même s’ils devraient se faire, avec
un budget qui ne permet pas d’acheter les documents en quantité et en
qualité. D’où le déficit en nouveaux documents qu’accuse l’institution, ce
qui cause d’énormes problèmes aux étudiants et enseignants chercheurs.
A
l’heure où les nouvelles technologies de l’information offrent des
opportunités de meilleure conservation de documents sur des supports
sécurisés, les documents de la bibliothèque nationale sont exposés à la
poussière et à l’humidité.
Quelques agents de qui nous avons soutiré subrepticement des informations
sur la situation de la Bibliothèque en ce qui concerne les ressources
humaines ont avoué de réels besoins dans ce domaine. «Je suis seul à
surveiller toute cette salle et quand il y a de l’affluence, des lecteurs
véreux partent avec des documents sans que je ne m’en rende compte»,
déplore un agent de surveillance. Au fond, il se dit que la situation
dépasse le simple cadre d’agents de surveillance et s’étend à tout le
personnel. En tout et pour tout, on dénombrait avant le récent concours 13
agents (y compris le Directeur) dont 2 professionnels de Bibliothèque et 2
archivistes professionnels. Le recrutement a permis d’y envoyer 08 autres
agents. La question est de savoir si ceux qui ont répondu à l’appel sont
formés pour exercer efficacement leur fonction. Et dire que c’est cette
structure qui constitue la principale source de documentation pour tous les
étudiants et chercheurs du pays !c
K.
Ségniagbéto
Ça
vous regarde
Journée de la femme. Et après ?
Depuis plusieurs années, la date du 08 mars est célébrée comme la
journée internationale de la Femme. Conscients de l’important rôle que
jouent les femmes dans nos sociétés, nous n’avons rien contre la chose. Au
contraire, nous sommes de ceux qui pensent que nos mères, nos épouses et nos
sœurs ne sont pas assez honorées.
Au Togo où on ne veut pas être en reste, on célèbre aussi la
journée de la femme. Malheureusement, ici, alors que la gente féminine est
confrontée à d’énormes problèmes, on semble tout limiter à de beaux
discours. On privilégie l’aspect festif aux réflexions de fond pouvant
conduire à l’amélioration des conditions de la femme.
C’est toujours bien de s’amuser. C’est toujours bien de se
défouler et de demander aux hommes de faire plaisir ou d’honorer leurs
femmes en allant à la cuisine le 08 Mars. Mais limiter la journée
internationale de la femme à ces plaisanteries est tout simplement
irresponsable.
Les gouvernants qui nous ont déjà servi des discours à l’occasion
de cette journée, continueront à nous en inonder. Mais tout cela ne rime à
rien tant que la condition de la Femme n’évoluera pas positivement. Il faut
qu’on pense sérieusement à la promotion, à la vraie promotion de la femme
dans nos pays. C’est cela l’enjeu de la célébration du 08 Mars.
Vous avez dit sexe faible ?
La femme est généralement considérée comme le sexe faible. Les
hommes ont souvent tendance à les regarder de haut avec une condescendance
avérée. Dans nos sociétés africaines, elles sont pratiquement réduites à
l’état d’êtres de «seconde zone». Si aujourd’hui, on se trouve dans
l’obligation de créer des événements pour les honorer ou pour les
promouvoir, c’est parce que d’une façon générale, la femme a été pendant
longtemps «ghet-toisée» et ses droits bafoués. Au moment où nous
écrivons ces lignes, dans certaines régions, les jeunes filles, femmes de
demain n’ont pas droit à l’école. Les mariages forcés ou précoces, les
viols, l’inceste, le lévirat, le harcèlement sexuel et le mépris sont leur
lot quotidien. Tout cela est vrai.
Mais comme les règles ont toujours des exceptions, heureusement ou
malheureusement – c’est selon – toutes les femmes ne sont pas faibles. Il y
a en a qui portent bien la culotte et tiennent la dragée haute aux hommes.
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et il faut bien cacher des
choses pour sauver les apparences. Mais ils sont en réalité bien plus
nombreux qu’on peut le croire, les hommes qui sont malmenés, maltraités et
même battus par leur femme. C’est malheureusement des affaires et des
questions qu’on n’aime pas aborder en public. Autrement, il y a longtemps
que la communauté internationale aurait institué une journée internationale
de l’homme.
Comme quoi, le sexe dont on dit qu’il est faible peut se révéler
plus fort que le sexe fort.
Dur, dur d’être à l’EAMAU
Payer 2.500.000 F CFA pour embarquer dans la galère, c’est
certainement le choix opéré par les élèves de l’Ecole Africaine des Métiers
d’Architecture et d’Urbanisme (EAMAU). En effet, depuis quelque temps, des
informations font état de ce qu’il ne fait plus bon de fréquenter cette
école où on manque de tout. Les conditions d’étude et de vie y sont tout
simplement exécrables.
Il y a quelques semaines, les élèves qui voulaient manifester
contre leur condition ont dû rentrer dans leur coquille. Les dirigeants de
l’école avaient tout simplement fait appel aux forces de sécurité pour les
mater.
Dans leurs discours, nos gouvernants aiment parler de la jeunesse
en termes élogieux. On a tendance à croire, lorsqu’on les écoute, qu’ils
attachent du prix à la formation de la jeunesse. Mais lorsque viennent à se
poser des problèmes relatifs justement à la formation de la jeunesse, leurs
actions divergent avec leurs discours.
Ainsi par exemple, face à ce qui se passe à l’EAMAU, le Conseil
d’Administration qui s’est réuni a demandé aux élèves de reprendre le chemin
de l’école. Mais qu’est-ce qui a été décidé concrètement au sujet de leurs
conditions d’étude ? A l’EAMAU même, on ne le sait pas.
Le paradoxe du droit de la femme
La journée internationale de la femme a une fois encore donné
l’occasion de parler du droit de la femme. Selon plusieurs observateurs, la
femme, parce qu’elle est faible, a besoin de protection. Et cette protection
doit venir des hommes qui constituent le sexe fort. Curieusement, dans le
même temps, la femme se proclame égale à l’homme. La protégée pourrait-elle
être l’égale de son protecteur ? C’est ça le paradoxe.
En réalité, le problème de l’égalité des sexes ne devrait pas se
poser. C’est une question réglée par les Saintes Ecritures. Parler d’égalité
entre l’homme et la femme serait une sorte de blasphème et ferait appel à
une révolution biblique. C’est pourquoi certains pensent qu’il vaut mieux
privilégier la complémentarité entre l’homme et la femme que de s’accrocher
à l’égalité des sexes.
On réclame l’ouverture de l’ouverture
Les partis signataires de l’Accord Politique Global qui n’ont pas
eu la chance d’avoir 5 % de voix au moins ou un siège à l’Assemblée
nationale vont finalement siéger au CPDC. C’est en tout cas, ce qui vient
d’être décidé à Lomé le week-end dernier.
Cette décision a fait et continue de faire au sein de la classe
politique togolaise, l’effet d’une course au clocher. En effet, à peine le
CPDC a-t-il été ouvert à toutes les formations signataires de l’APG que
d’autres partis non signataires cette fois-ci élèvent la voix pour réclamer
une autre ouverture pouvant leur permettre de participer aux travaux du CPDC.
A cette allure, le CPDC risque de devenir un panier à crabes, une
véritable foire. Et plus on sera nombreux, plus on s’amusera. La pagaille ne
sera que plus grande, pendant que l’essentiel attend.
AZ prépare ses missiles de proverbes
Ceux qui ont voulu se précipiter pour enterrer Zaza doivent se
raviser. Ce n’est pas parce que son parti n’a pas obtenu le moindre siège à
l’Assemblée nationale et qu’il n’a pas fait un score d’au moins 5 % de voix
sur le plan national qu’on doit chanter son requiem. On peut dire qu’il est
en voie de mourir politiquement, mais il n’est pas encore prêt à aller au
cimetière. La preuve, c’est que comme ses pairs signataires de l’APG qui ne
siègent pas au CPDC, le Prince KOMAteux Zaza est finalement repêché et
prendra désormais bien part aux travaux de cette structure. On ne perd rien
pour attendre. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’homme est
certainement en train de s’échauffer et de préparer ses missiles de
proverbes. C’est tant pis pour ceux qui le croyaient fini.
Les félicitations qui fâchent
A l’occasion d’une réception organisée pour la fin de mission
Filiberto Sébrégondi au Togo, le diplomate européen a prononcé un important
discours dans lequel il a rendu un hommage appuyé au Ministre de la
Coopération, Gilbert Bawara. «Je veux ensuite rendre hommage à mon ami et
petit frère (…) le Ministre Gilbert Bawara qui, avec sa sagacité d’homme
politique, ses compétences professionnelles acquises au long d’une brillante
carrière internationale, son talent de communicateur et ses qualités
humaines a été pour moi un partenaire indispensable sans lequel ma propre
réussite n’aurait pu être aussi complète et fructueuse. Nous sommes aussi
devenus et resterons de grands amis», avait-il déclaré.
Si ces hommages sont allés droit au cœur de Bawara et ses proches,
il n’en a pas été ainsi partout ailleurs, si l’on sait que le ministre de la
Coopération compte bien de détracteurs au sein de la classe politique
nationale. Ces derniers doivent avoir certainement très mal considéré les
hommages de Sébrégondi.
Pourvu que ça marche
Les Eperviers du Togo ont finalement un sélectionneur et
entraîneur national. Jean Thiessen, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a
signé son contrat avec la FTF la semaine dernière. Il remplace à ce poste le
Français Patrice Neveu. A la signature de ce contrat, il s’est engagé à
qualifier le Togo aux phases finales de la CAN et du Mondial 2010.
Nous ne pouvons que souhaiter beaucoup de chance au nouvel
entraîneur. Mais la question se pose de savoir si sa seule détermination
suffira pour mener le football togolais à bon port. Le Togo a connu de
grands entraîneurs qui, tout comme M. Thiessen, ne déméritent pas de par
leur compétence. Mais l’atmosphère polluée dans laquelle ils sont appelés à
travailler a finalement eu raison de leur talent.
M. Thiessen a-t-il pris le pouls de la situation avant de
s’engager ? Bon vent quand même !
Quand Bongo se fâche
Le soleil n’est plus au beau fixe entre Bongo Ondimba et ses amis français.
Le Chef de l’Etat gabonais a été jugé et condamné dans une affaire civile à
Bordeaux. Des comptes en banque ouverts en son nom ont été bloqués, avec à
la clé, 4,2 millions d’euros. Avant cette odyssée, la presse s’était
abondamment consacrée au patrimoine immobilier de Bongo en France.
Il n’en faut pas plus pour susciter le courroux du maître de
Libreville. Le Parti Démocratique Gabonais dont Bongo est le Président est
en train de se préparer à prendre des mesures de rétorsion contre les
intérêts de la France au Gabon.
On se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, pour s’être attaqué de
front à la Françafrique, provoquant ainsi la colère de Bongo Ondimba, un
ministre français avait perdu son poste.
Le juge français pourra-t-il, pour sa part, aller au bout de ce
bras de fer ? On attend de voir.
Entre nous
Mon frère, comment que ça va aujourd'hui ? L'autre fois, j'ai vu que tu te
fâchais beaucoup la colère. Tu sais, dans pays ici, les quelques choses qui
se passent ne sont pas bons. Si tu veux prendre tout pour travailler, tu vas
devenir maigre et puis les gens vont parler tu as "trappé" le Sida.
Moi-même quand je pense la tête, je ne content pas. Je ne sais pas ce qu'on
a fait et puis Dieu a fait notre pays comme ça. Mais quand nous mangeons
l'air comme ça, le gouvraiment est content. C'est pourquoi il ne fait rignin
pour que nos problèmes vont finir.
Tu
veux savoir affaire de CPDC-là, c'est quoi même. Tu as raison. Moi-même j'ai
regardé kakaka… je crois qu'il ne faut pas attendre quelque chose. Parce que
tout ça, c'est s'amusement seulement. On va rester ici et puis on va
fatiguer. On n'aura rignin.
L'autre fois, quelqu'un m'a parlé que Aviyomé partage l'argent. Je ne sais
pas si c'est vrai. Je vais voir si c'est vrai et puis je vais te dire pour
que tu vas aller toi aussi. Tu sais, les gens-là, ils n'ont pas les
problèmes. Ils ont l'argent parce qu'ils ont beaucoup volé. Si quelqu'un
veut te donner, il faut prendre pour bouffer.
Mon frère, tu sais, là où que moi je suis, j'ai peur. Toi-même tu sais que
la pluie va venir dans quelques jours. Tu sais aussi que dans Lomé ici,
quand la pluie pleut, c'est les problèmes qui viennent. Tout le monde se
retrouve dans l'eau.
L'année dernière l'eau a pris les maisons et les gens sont partis poser avec
leurs bagages dans les écoles. Cette année je ne sais pas comment on va
faire. Il faut donc qu'on va faire la prière pour que Dieu va nous faire la
faveur.
A
bientôt Sanblag |
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Le Regard #635 du 3 mars 2009 |
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L’artiste
togolais de la chanson Ouyi Tassane n’est plus |
|
L’intellectuel de la chanson togolaise, inégalé dans son talent de chanteur,
musicien compositeur, arrangeur… Ambroise Ouyi Tassane n’est plus. Il est
mort hier lundi 02 mars 2009 au petit matin dans son Bassar natal où il a dû
se replier depuis quelques années déjà. Cette mort survient à la suite d’une
maladie qui a soustrait cet artiste complet de la vie publique voilà quelque
temps.
Pendant sa carrière musicale, Ouyi Tassane a marqué les hommes et les cœurs
de son époque. Véritable touche à tout, les thèmes qu’il abordait dans ses
chansons aux compositions poétiques étaient tout aussi variés que l’amour,
la condition humaine, la vie, la mort, etc.
Qui n’a jamais fredonné ou écouté avec plaisir des morceaux de son
répertoire comme «Rejaki», «Tu ne m’écris plus», «Le
Combattant», «Ne pleurez pas pour un homme comme moi», «Le
géant fromager», «Terre natale», «Sacré Bon Dieu»…
Avec la disparition de Tassane, c’est un monument de la chanson togolaise et
africaine qui s’effondre. C’est une bibliothèque qui a brûlé, un philosophe
engagé qui s’en est allé, la voix des sans voix qui vient de s’éteindre.
A
travers son œuvre, Ambroise Ouyi Tassane est et demeure inoubliable pour
nous au Togo tout comme tant d’autres grandes figures de la chanson au Togo,
en Afrique et dans le monde.
Ouyi Tassane, écrivions-nous tantôt était un véritable touche à tout. C’est
vrai. L’homme n’est pas une référence en matière musicale seulement. C’était
aussi un homme des médias. A ce titre, il avait occupé d’importantes
fonctions à Radio Lomé et à la Télévision Togolaise avant de se retrouver à
la tête de Office Togolais du Disque (OTODI), une maison de production
discographique.
Ambroise Ouyi Tassane a fini sa course avant d’avoir livré tous les secrets
de son talent. Son nom sera à jamais gravé dans les annales de la chanson
togolaise.
Puisse Dieu le recevoir dans son royaume céleste.
L. R.
(Avec le concours de Agbotcho Madatina)
Le piège de la
facilitation : Un compromis pour repousser les problèmes à plus tard
La classe
politique togolaise, du moins les partis qui monopolisent l’échiquier
politique ont sacrifié à la tradition en ajournant le problème faute de
pouvoir le régler. En cas de blocage des discussions, le CPDC est arrivé à
une formulation consensuelle libellée comme suit.
«En cas
de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le président de la
République. Le chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres
du cadre, les solutions appropriées avec le recours à la facilitation
le cas échéant».
Le compromis tel que proposé, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Il
s’agit là d’une politique de gribouille, allusion faite à ce personnage qui,
voyant venir la pluie, s’est précipité dans le fleuve de peur de se
mouiller. Il en a toujours été ainsi depuis 1992. (Voir rappel page 5).
D’abord, il est question de se référer au chef de l’Etat qui lui-même est
déjà président du dialogue. En cas de blocage donc, il appartient au
président de la République d’instaurer un autre dialogue avec les
responsables du CAR de l’UFC et du RPT avec l’aide de la facilitation le cas
échéant c’est-à-dire si la nécessité se fait sentir. Dans le cas d’espèce,
celui qui doit juger de l’opportunité de cette facilitation c’est le chef de
l’Etat. Or celui-ci n’est astreint à quelque obligation que ce soit et il
n’est nulle part indiqué le consentement préalable des parties au dialogue
avant le recours à la facilitation. En outre, il n’est pas certain que tous
les «dialogueurs» du CPDC ont la même interprétation de ce concept.
Dans l’esprit UFCiste, par «facilitateur» on entend un personnage de
préférence un non Togolais qui aurait pour mission de départager les
protagonistes en proposant des compromis lorsque les parties au dialogue ne
s’accordent pas. Dans l’entendement du parti de Gilchrist Olympio, «Facilitation»
est assimilée à «médiation». Mais la facilitation selon Larousse
c’est l’action de faciliter. Le mot facilitateur que Zarifou Ayeva
semble-t-il se vante d’avoir introduit dans le jargon politique au Togo est
à définir parce qu’ignoré par le dictionnaire de la langue française. Mais
en attendant de le définir sans équivoque avec le concours de l’académie
française, chacun l’interprète comme il l’entend. Le soi-disant compromis
parle de facilitation et non de facilitateur. N’importe qui peut être donc
désigné pour faciliter encore qu’il n’est pas indiqué que ce soit une
facilitation étrangère. Selon Larousse, la médiation est une
entremise destinée à amener un accord. Le médiateur est une tierce
personne chargée de proposer une solution de conciliation aux parties en
litige.
Quand bien
même le chef de l’Etat candidat à sa propre succession déciderait de
confier la facilitation à un étranger, il ne commettra pas l’imprudence de
désigner quelqu’un qui ferait la part belle à ses adversaires.
Le diable se
trouve dans le détail, dit-on souvent. Lorsque les politiciens tels les
larrons en foire se donnent un compromis boiteux c’est que chacun en a sa
propre idée et se prépare pour tirer la couverture de son côté le moment
venu. Or quand survient le désaccord, c’est souvent celui qui a la force
légale et militaire qui impose sa loi. Le problème togolais est d’abord un
problème de conquête et de conservation du pouvoir selon qu’on soit dans un
camp ou dans l’autre. La méfiance qui pousse à faire appel à des pompiers
étrangers n’arrêtera pas tant qu’il en sera ainsi. A la limite, on trouvera
une formule pour renvoyer le problème sine die. En fait, cette histoire de
facilitation n’est qu’une petite manœuvre pour continuer les discussions au
CPDC, recenser les points convergents, accumuler les divergences pour
alimenter de nouvelles querelles politiciennes plus tard.
Abass
SAIB
Faure Gnassingbé à Ouaga : «Si les discussions
durent trop… il faut envisager d’autres moyens»
La situation togo-aise a été au menu des discussions entre les présidents
Compaoré et Faure Gnassingbé dimanche 1er mars
2009 à Ouagadougou. Le Chef de l’Etat a échangé avec son homologue burkinabé
au sujet du dialogue en cours au sein du CPDC. La question des réformes
politiques et institutionnelles, sans oublier la présidentielle de l’année
prochaine ont été les probables sujets de discussion avec le facilitateur
de l’APG.
A sa sortie d’audience, le chef de l’Etat togolais répondant à une question
de la presse sur ce qu’il fait face au rejet par l’opposition parlementaire
de la mouture du code électoral soumis à l’Assemblée nationale, a déclaré :
«Vous savez que, depuis 2007, nous faisons tout pour nous en tenir à la
méthode qui marche. Le facilitateur, Blaise Compaoré, est toujours à nos
côtés. Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous
venez d’évoquer, seulement, à l’impossible nul n’est tenu. Si les
discussions durent trop, il y a des délais, en ce moment, il faut envisager
d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter. Il faut tout
faire pour rapprocher les points de vue, les problèmes, il y en aura
toujours, il faut tout faire pour les résoudre. Moi, j’ai choisi le dialogue
et le consensus».
Puisqu’il n’avait pas été fait mention du nom du facilitateur burkinabé
dans le compromis du 24 Février, on pourrait penser que Blaise Compaoré
n’est plus impliqué dans la gestion des suites de l’APG. Or voilà que Faure
Gnassingbé qui est chargé de rechercher les solutions appropriées avec le
recours à la facilitation déclare que «le facilitateur Blaise Compaoré
est toujours à nos côtés». Si au sortir des discussions avec le
facilitateur, Faure Gnassingbé déclare qu’à l’impossible nul n’est
tenu et que si les discussions durent trop, il peut être fait recours
à l’Assemblée, il faut s’attendre à ce que le palabre du CPDC se termine
en queue de poisson surtout que les positions du RPT et de l’UFC
apparaissent si irréconciliables et que le CAR se refuse à s’aligner sur la
position de l’un ou l’autre.
Faisant allusion à ceux qui veulent ralentir le rythme pour après les mettre
devant le fait accompli, Jean-Pierre Fabre estime que «si la bonne
volonté prévaut partout, le temps est suffisant pour organiser de bonnes
élections. Il faut surtout éviter sous prétexte de temps et de délai, de
bâcler la préparation de ces élections».
L’UFC ayant donc menacé de recourir aux manifestations de rues pour faire
triompher ses exigences, on attend de voir ce qu’il en sera dans les
prochains jours.
-
S.
Des observateurs
de la CEDEAO et l’Union Européenne au dialogue du cadre permanent
Le
représentant de la CEDEAO au dialogue intertogolais, le Nigérien Maï Manga
Boukar et le représentant de l’Union Européenne Joao de Melo Sampaïo ont
assisté aux discussions du CPDC hier 02 mars 2009. Au sortir des débats,
aucune déclaration n’a été faite à la presse. De sources concordantes, les
représentants du parti au pouvoir reprocheraient aux représentants de l’UFC
de vouloir les obliger à transformer l’Assemblée Nationale en un godillot du
CPDC.
L’UFC
tient à ce qu’elle appelle la «légalisation des procédures». Pour le
Secrétaire Général de l’UFC, «il ne faut pas laisser
la Cour
Constitutionnelle faire ce qu’elle veut pour finalement proclamer n’importe
quel résultat définitif. Il ne faut pas non plus que la CENI ait la liberté
d’organiser le traitement et la proclamation des résultats fantaisistes. Il
faut que toute la procédure soit inscrite dans le code de telle sorte que si
la procédure n’est pas suivie, on puisse dire voilà par où la procédure
pêche et ça, on y tient parce que nous avons constaté que lors des dernières
élections, la CENI livrée à elle-même n’a pas proclamé les résultats réels».
Pour l’UFC, l’administration doit être à la disposition de la CENI pour
exécuter à la demande de celle-ci les tâches qu’elle juge nécessaire.
Pour
Jean-Pierre Fabre, «Quand on parle de l’indépendance de
la CENI,
c’est par rapport au pouvoir en place et le pouvoir en place c’est
l’administration. Il vaut mieux que l’administration se tienne à la
disposition de la CENI pour, en cas de besoin, contribuer à
l’accomplissement des tâches qu’on lui demande.»
Le parti au
pouvoir et le gouvernement trouvent les exigences de l’UFC inacceptables
parce qu’elles tendraient à dépouiller les institutions de leurs
prérogatives.
Faure reçoit
séparément l’UFC et le CAR
Sans doute conformément au règlement intérieur du CPDC et suite au nouveau
blocage des travaux, les deux partis de l’opposition parlementaire seront
reçus ce jour mardi 03 mars 2009. Compte tenu de l’enthousiasme suscité par
l’annonce d’une unité d’action entre les deux partis, il eût été souhaitable
qu’ils fussent reçus ensemble pour parler d’une même voix. Mais le fait
qu’ils aient présenté des propositions différentes risque de dévoyer l’unité
annoncée. Chaque parti se contentant de défendre ses propres intérêts. En
lisant attentivement les propositions de chacun des deux partis s’agissant
du code électoral, on constate que les deux formations politiques ont
beaucoup à faire pour être sur la même longueur d’onde. Pourvu que
l’adversaire d’en face ne tire profit de cette discorde.
Les
félicitations provocantes du FMI au Togo
Le Fonds Monétaire International (FMI) a salué jeudi à Lomé, les «bonnes
performances» enregistrées ces dernières années par le Togo qui a
entrepris une vaste réforme de redressement de son économie.
«Les performances du Togo (…) sont très bonnes. Les autorités togolaises
ont honoré leurs engagements et nous sommes très satisfaits», a affirmé
Marshall Mills, responsable d’une délégation du FMI après un entretien avec
le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé. La délégation du FMI entend
faire des propositions aux plus hautes instances de l’Institution pour une
augmentation des ressources à mettre à la disposition du Togo.
«Nous ferons des propositions au Conseil, afin qu’il augmente les
ressources à allouer au Togo pour l’aider, compte tenu des performances
réalisées», a souligné M Mills. Alors que l’écrasante majorité des
togolais espèrent plutôt une nouvelle leur annonçant le moindre soulagement,
ce discours résonne comme une inacceptable provocation pour les associations
de consommateurs et des syndicats las d’espérer que ces prétendues
performances se ressentent au niveau du panier de la ménagère.
Apparemment, ces félicitations du FMI ont de quoi énerver les togolais qui
continuent de tirer le diable par la queue. Au-delà des considérations
macroéconomiques et du langage barbare des institutions financières, bien
des Togolais pensent que les performances qu’évoque l’institution monétaire
internationale profite plutôt à des hauts perchés, des ministres et une
minorité de nantis qui ne sont pas touchés par le phénomène de la vie chère.
En lieu et place de redressement et de performances, les Togolais ne voient
que du feu. Il n’ y a pas de jour qui passe sans que la presse ne fasse
état de gaspillage et de pillage des ressources de l’Etat sur fond
d’impunité.
Au Togo et cela saute aux yeux, les pauvres poursuivent leur descente aux
enfers et les riches s’enrichissent insolemment. Et si c’est au prix de la
désolation que se concrétisent les réformes saluées par le FMI les
prochaines félicitations de cette institution à nos autorités seront
couronnés par les obsèques nationales grandioses en l’honneur des milliers
de togolais » crevés de faim au nom de la patrie» grâce aux
performances recherchées par le FMI.
Voilà qui justifie l’opinion selon laquelle les résultats souvent salués par
les institutions de Brettons Wood sont ceux qui accentuent la misère des
populations.
A. S.
Imminence d’un
nouvel accord de défense Togo –France
Le Togo devrait être le premier pays africain à signer un nouvel accord de
défense avec la France. C’est ce que révèle l’hebdomadaire Jeune Afrique. Il
y a un an au Cap, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé une révision
des accords militaires liant Pars aux capitales d’Afrique francophone. Selon
le journal, la clause secrète qui permettait à la France de protéger le
régime togolais aura disparu de la nouvelle mouture ; l’armée française se
limitant à la seule formation. Jeune Afrique ajoute que le document sera
dans quelques jours à la signature sur les bureaux des présidents Faure
Gnassingbé et Nicolas Sarkozy ; il devrait ensuite être rendu public et
soumis aux Parlements des deux pays.
L’Accord de défense entre la République française en vigueur a été signé à
Paris le 10 juillet 1963 et la ratification a été autorisée par la loi
n°63-1253 du
21 février 1963, publiée au JORF le 22 février 1963.
Les accords de défense sont des textes de coopération en matière de défense
qui prévoient des mécanismes de consultations et une intervention
éventuelle en cas de menaces ou d’attaques contre l’Etat partenaire.
Historiquement, la France est liée à plusieurs pays africains par des
accords de défense prévoyant l’intervention éventuelle des forces armées
françaises en cas de menace grave ou d’agression, et pouvant contenir des
clauses relatives à la possibilité d’intervention en vue du maintien de
l’ordre intérieur.
En outre, dans les années 1990, la France en a conclu plusieurs,
avec certains pays du Golfe persique (Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït).
La démarche du Livre blanc, fondée sur une approche radicalement
nouvelle, se traduit par quatre décisions majeures :
1.
l’existence de la totalité des accords de défense est rendue publique ;
2.
les clauses ou conventions relatives aux possibilités d’intervention
de la France en vue du maintien de l’ordre intérieur dans certains
pays, comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Togo, seront abrogées.
3.
le Parlement sera à l’avenir régulièrement informé de la conclusion
de ces accords et de leur teneur. Il sera par ailleurs associé à
l’approbation des accords de défense pour ceux qui, aux termes de la
Constitution, doivent faire l’objet d’une approbation et d’une ratification
;
4.
la préparation de nouveaux accords, en particulier avec les Etats
africains si elle est jugée souhaitable par les deux parties, aura pour
objet de fonder une relation de coopération nouvelle, ne reposant
plus sur l’assistance militaire, mais sur un partenariat de défense et de
sécurité, et revêtant une dimension à la fois régionale et européenne.
La libre
circulation à l’épreuve dans l’Espace CEDEAO
A
l’initiative de l’Unité Pilote chargée de la question de la libre
circulation des personnes dans l’Espace CEDEAO et du Forum de la Société
Civile de l’Afrique de l’Ouest, un atelier a réuni mercredi à la frontière
de Sanvee-Condji à Aného policiers, douaniers, transitaires, transporteurs,
responsables administratifs de la Préfecture des Lacs.
Au
centre de cette rencontre, la question de la libre circulation des personnes
au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Les communicatrices, ont expliqué aux participants à l’atelier le bien-fondé
de la décision recommandant la libre circulation des personnes au sein de la
communauté. C’est à ce titre que Mme Kassah Traoré, Directrice de la Cellule
Nationale de la CEDEAO-UEMOA est revenue de long en large sur les différents
textes en vigueur dans l’Espace CEDEAO et qui prônent cette facilité pour
les citoyens de cette zone d’aller et de revenir sans entraves ni
perturbations.
Ici, l’accent est particulièrement mis sur le protocole du 29 Mai 1979 qui
dispose pour les citoyens de la CEDEAO le droit d’entrer, de séjour, de
résidence, le droit d’établissement ainsi que le droit d’accès à la Cour de
Justice de la Communauté. Après avoir évoqué la nécessité d’un passeport
CEDEAO pour faciliter la libre circulation, elle a regretté que «sur les
15 pays de la communauté, 9 utilisent déjà le passeport CEDEAO et seulement
6 pays dont le Togo sont encore en retard pour son établissement».
Depuis 2006, l’Unité pilote s’emploie à réduire les tracasseries aux postes
frontières et contribuer ainsi à la réalisation de l’objectif fixé depuis
1979 relatif à la libre circulation et qui visiblement a du plomb dans
l’aile.
Selon la présidente, Mme Bamezon-Léguédé, l’Unité pilote multiplie les
visites inspirées sur le terrain (à Aflao et à Sanvee-Condji-Aného),
organise des caravanes et procède à des sensibilisations. Elle a donc
profité de cette tribune pour rappeler aux agents des postes frontières, ce
que doit être leur rôle afin que le défi de la libre circulation dans la
sous-région devienne une réalité.
Or, tout porte à croire que les multiples actions menées dans ce domaine
ressemblent pour l’heure à de l’eau versée au dos du canard. Car, si les
agents aux postes frontières prennent l’engagement de ne plus rançonner les
personnes en transit aux ateliers, une fois retournés sur le terrain, ils
oublient leurs engagements. D’aucuns disent qu’il s’agit d’un réseau
organisé soutenu par de hautes personnalités fortement impliquées dans les
prises de décision. Pour les tenants de cette thèse, tant que ces agents de
douane bénéficieront de la caution de ces supérieurs, la question de la
libre circulation restera à l’étape des discours. Un tour à la frontière d’Aflao
permet d’apprécier la situation.
K.
Ségniagbéto
Affaire de terrain à Dagué : Vers un accord amiable entre les parties :
L’huissier de Justice Agbéméhin Marcel démontre sa bonne foi
Dans la parution N°624 du 09 Décembre 2008 de votre hebdomadaire «LE
REGARD» sous le titre : «spoliation de terrain à Dague.
L’Huissier de Justice AGBEMEHIN Marcel fait parler de lui», nous avions
fait état des faits relatifs à la vente d’un immeuble appartenant à la dame
DOGBE Améyo. Les contours de cette transaction réalisée, écrivions-nous,
sous l’autorité de l’Huissier AGBEMEHIN Marcel, avaient laissé entrevoir,
selon les informations dont nous disposions, que l’officier ministériel ne
s’était pas acquitté convenablement des tâches que lui impose sa charge dans
une opération de genre de l’espèce.
Aussi, avions-nous vigoureusement pris à partie Maître AGBEMEHIN suspecté
d’abuser de la situation précaire de la dame DOGBE pour s’accaparer, à son
profit et à son compte personnel, de l’immeuble en question à un prix
dérisoire alors même que dame DOGBE Améyo avait sous la main, un acquéreur
qui, du reste, s’était acquitté du prix convenu entre les parties. Il est à
noter, toutefois, que les développements ultérieurs de cette affaire ont
révélé des quiproquos et des malentendus qui n’établissent aucune collusion
au passif de l’Huissier.
Dans tous les cas, les parties prenantes de cette affaire sont parvenues à
rapprocher leurs points de vue respectifs et sont en mesure de parvenir à un
accord amiable dans le respect des droits et obligations des uns et des
autres.
II va sans dire, dans de telles conditions, que l’évolution actuelle de
cette affaire et toutes les conséquences que les parties sont en droit d’en
tirer décharge de facto Me AGBEMEHIN de toute suspicion dans la transaction
querellée.
L. R.
Ça
vous regarde
Du pain sur la planche
Mardi dernier, le Président de la République a pris un décret,
nommant M. Comlan Kadjè, Ministre des Travaux Publics et des Transports. On
se souvient que, pour des raisons qui n’échappent à personne, le Chef de
l’Etat avait décidé de rattacher ce ministère aux services de la Présidence
de la République.
En effet, le secteur des Travaux Publics et du Bâtiment est pourri
au Togo. Il est miné par des réseaux de profiteurs qui ne pensent qu’à
s’enrichir sur le dos des populations. L’attribution des marchés publics qui
devait répondre à une orthodoxie rigoureuse est devenue dans ce secteur, une
affaire de copinage. Parce que disposant de connaissances dans les cercles
du pouvoir, des individus qui n’ont aucune expérience en la matière, ont
créé des entreprises de bâtiment et de travaux publics, avec lesquelles ils
raflent tous les marchés qu’ils exécutent mal ou qu’ils n’exécutent pas du
tout. L’essentiel pour eux se limite seulement à l’encaissement de l’argent
qu’ils empochent après avoir mouillé leurs bienfaiteurs ou plutôt leurs
complices.
Aujourd’hui, le secteur est d’autant plus en difficulté que même
les membres du Syndicat des Entreprises de Bâtiment et de Travaux Publics du
Togo n’arrivent pas à parler d’une même voix. Les uns dénoncent les
passe-droits qu’utilisent les autres pour avoir accès à des privilèges.
C’est dans cette situation que Faure Gnassingbé fait appel à
Comlan Kadjè un homme de terrain qui avait déjà eu à occuper de hautes
fonctions dans le secteur. On peut dire d’entrée que si cette nomination
doit être considérée comme un cadeau, il s’agit forcément d’un cadeau
empoisonné. Car Kadjè aura du pain sur la planche avec les réseaux mafieux
qui s’affrontent dans le secteur des Bâtiments et des Travaux Publics.
Ils reviennent !
Au lendemain des journées portes ouvertes organisées par le
Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, plusieurs usagers de la
route ont été heureux de constater l’absence des policiers racketteurs sur
nos routes. Ils s’étaient alors mis à rêver à une circulation paisible où on
ne verrait plus des hommes en uniforme arrêter les chauffeurs de taxi pour
leur demander, non pas les pièces de leurs véhicules, mais des pièces
sonnantes et trébuchantes.
Erreur. Car cette trêve n’aura duré que quelques jours. Hier
lundi, les racketteurs ont repris du service à leurs places habituelles.
Mais déjà, dans le courant du week-end, on a vu, fidèles au poste, les «vendeurs
de route» sur le tronçon Lomé-Aného.
Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Et c’est bien
vrai.
Peur sur la ville
Nous sommes aux portes de la saison des pluies. Et selon des avis
compétents, cette année, la pluviométrie s’annonce abondante. Du coup, c’est
la peur qui gagne les cœurs.
En effet, il est connu de tous que les saisons des pluies ne sont
pas de tout repos pour les habitants de Lomé et ses environs. Il suffit
d’une simple averse pour que la capitale se retrouve les pieds dans l’eau,
rendant la mobilité urbaine difficile.
L’année dernière, on n’avait pas parlé d’une quelconque abondance
des pluies. Mais tout le monde a vu ce qui s’était passé. On avait
enregistré des inondations un peu partout dans la Région Maritime, dans la
Région des Savanes, etc. Qu’en sera-t-il cette année où on annonce de
grandes pluies alors que nos autorités n’ont pas réussi à prendre entre
temps, les dispositions et les mesures devant mettre les populations hors de
danger ?
L’hécatombe
Ces derniers temps, la vie ne fait pas de cadeau à nos paysans et
à tous ceux qui s’impliquent un tant soit peu dans l’élevage.
Il y a quelque temps, l’attention de l’opinion était focalisée sur
le secteur de la volaille en proie aux ravages de la grippe aviaire. Des
aviculteurs ont vu leurs exploitations réduites à néant à cause du virus de
cette maladie qu’on ne combat que par l’abattage systématique des volailles
dans l’élevage infecté. Certes, on a parlé de dédommagement. Mais cela ne
représente rien par rapport aux pertes subies.
Alors que les aviculteurs n’ont pas encore séché leurs larmes,
c’est du côté des porcins qu’une nouvelle épidémie est annoncée. Le mal a
quitté la basse cour pour se retrouver dans la porcherie.
En effet, on parle de plus en plus de la peste porcine qui fait
des ravages. Là aussi, le traitement commence par l’abattage systématique
des animaux. Les éleveurs assistent impuissants à l’hécatombe qui s’abat sur
leurs cochons qu’on trucide avant de brûler.
Ils sont nombreux dans la Région Maritime, ceux qui se souviennent
d’une épidémie de peste porcine qui avait, il y a quelques années, provoqué
une sorte d’extermination de cochons. Des éleveurs prospères s’étaient
retrouvés ainsi du jour au lendemain, dans la pauvreté.
Il ne reste donc plus qu’à croiser les doigts et à prier afin que
le mal cette fois-ci, soit vite circonscrit.
Plus de peur que de mal
Il y a quelques jours, la CEET avait donné des sueurs froides aux
Togolais. En effet, on avait assisté à Lomé et ses environs, à de longues
coupures d’électricité. Pendant des heures, les populations ont affronté
l’obscurité. D’autres ont vu leurs activités profondément perturbées.
A l’époque, la CEET avait, à travers un communiqué, justifié la
situation par une panne sur le réseau d’interconnexion de la CEB. Mais très
peu de gens avaient cru à ces propos.
De fait, ceux qui disposaient de groupes électrogènes ont sorti
ceux-ci des garages et les ont époussetés en attendant la suite des
événements. Mais apparemment, il semble qu’il y a plus de peur que de mal,
car la situation s’est régularisée et les coupures, si elles interviennent,
n’excèdent pas un dizaine de minutes. Pourvu que ça dure !
Le grand handicap
L’un des plus grands freins de l’épanouissement du Togo et des
Togolais a pour nom, la politique. Oui, dans notre pays, tout est politisé
et tout ne s’apprécie qu’à travers un prisme politique. Vous gagnerez en
sympathie et ou antipathie, selon que vous soyiez proches du pouvoir ou de
l’opposition. Il est aujourd’hui difficile, voire impossible de demander à
un Togolais, au nom de l’intérêt national de faire ou de ne pas faire
quelque chose. Il pensera d’abord à l’avantage que pourrait en tirer sa
famille politique, à l’exclusion des autres.
Ainsi donc, la politique à elle seule focalise toutes les
énergies. Pendant ce temps, les autres secteurs, tout aussi importants sont
relégués aux oubliettes. On ne pense et ne parle par exemple de la culture
que lorsqu’on veut en faire une exploitation politicienne. Et pourtant des
talents existent chez nous et sont contraints au sommeil. On attend que des
gens, par leurs propres efforts et leurs sacrifices percent et gagnent des
prix pour qu’on les brandisse comme un trophée politique.
Le Togo et les Togolais ne méritent-ils pas plus que ça ?
La diversion
Ceux qui avaient cru qu’avec la création du Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation, le Togo allait enregistrer une avancée dans la
recherche des solutions à ses problèmes politiques doivent se raviser pour
se refaire une opinion. Car chaque jour apporte au niveau de cette
structure, son lot de désenchantement. Nombreux sont ceux qui, de plus en
plus, pensent qu’il s’agit d’un «machin» créé pour faire diversion.
En effet, tout se passe comme si cette structure a pour rôle de
faire perdre leur temps aux deux partis de l’opposition parlementaire,
pendant que le parti au pouvoir qui sait toujours ce qu’il fait, consacre en
secret, son temps à des choses plus sérieuses. Des mois passeront ainsi sans
rien de concret jusqu’au jour où, évoquant les délais constitutionnels,le
pouvoir passera à l’action. Vigilance donc et attention à la surprise.
La gouvernance par les effets d’annonce
Les autorités de notre pays aiment les effets d’annonce. C’est en
tout cas ainsi que les Togolais comprennent les nombreuses promesses jamais
réalisées du pouvoir en place. L’une des stratégies du régime est d’annoncer
à grands renforts de publicité, des projets ambitieux, chaque fois que le
peuple veut manifester une forme de lassitude. C’est ainsi que outre les
échangeurs promis, plusieurs autres projets ont été annoncés avec des
chiffres qui donnent parfois le tournis.
Malheureusement, le temps passe et on ne voit rien se concrétiser.
Où sont les grandes infrastructures promises ? Qu’en est-il de la
réalisation des «20 plus» de Faure Gnassingbé ? Certains assimilent
cette façon de faire de fausses promesses à de la supercherie politique. Ne
nous demandez pas s’ils ont tort ou raison.
Voyage au bout de la galère
Les Togolais n’ont vraiment pas de chance. En effet, on a toute
l’impression que ceux qui les gouvernent ne se soucient pas assez de leur
bien-être. C’est bien ce que pensent de nous, certains ressortissants des
pays de la sous-région.
On se souvient en effet qu’avec l’apparition du phénomène de la
vie chère, le gouvernement avait adopté un train de mesures par lesquelles
il entendait soulager les ménages. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se
demandent si nos gouvernants se préoccupent réellement de nos bourses.
Un exemple dans le tas. Depuis plusieurs mois déjà, le cours du
pétrole a considérablement baissé sur le marché international. Conséquence,
le prix des produits pétroliers a sensiblement diminué dans tous les pays de
la sous-région ouest africaine. Mais au Togo, le Super sans plomb se vend à
500 F CFA le litre contre 300 F CFA au Bénin et un peu moins au Ghana.
Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cet état de fait.
Comment peut-on vouloir combattre la vie chère en maintenant l’essence, la
première source d’énergie, base de toutes les activités, à un tarif aussi
prohibitif ?
La vérité, d’après plusieurs observateurs serait qu’on veut
conduire les Togolais jusqu’au bout de la galère. Et tout tend à leur donner
raison. |
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Le Regard #634 du 24 fev. 2009 |
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Ingrédients
d’un dialogue de sourds : La présidence oppose les adversaires du CPDC à
l’opposition parlementaire |
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L’irruption subite des autres partis signataires de l’Accord Politique
Global qui ne siègent pas au sein de cette structure et des autres
formations politiques qui donnent de la voix vise sans doute un but inavoué.
On tend vers une formule qui aboutira à terme au maintien du Code électoral
ayant présidé aux élections législatives d’Octobre 2007, avec comme
conséquence, la mise sous éteignoir du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation.
Dans un communiqué de la Présidence en date du 19 février 2009, il est
indiqué que «le Président de
la
République Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu au
Palais de la Présidence de la République avec des responsables de partis
politiques. Les échanges qui s’inscrivent dans le cadre des concertations
régulières entre les acteurs politiques ont porté sur plusieurs questions
d’intérêt national. Ces questions ont permis au Chef de l’Etat et à ses
interlocuteurs de faire le point sur les questions politiques de l’heure.
Ces responsables ont remercié le Chef de l’Etat pour cette initiative qui
concourt à l’enracinement de l’Etat de droit et à l’instauration d’une
démocratie apaisée dans notre pays».
Ce
communiqué laconique n’a pas dévoilé le nom des responsables politiques
reçus par le Chef de l’Etat. Ceci sans doute pour semer la confusion et
raviver les suspicions au sein de l’opposition. Qui a été reçu et pourquoi ?
Sur quelle base a-t-on invité les participants à cette rencontre ? Top
secret.
Et
la mayonnaise semble prendre. L’UFC et le CAR, les deux partis de
l’opposition parlementaire qui siègent par ailleurs au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation et qui, par conséquent, ambitionnent de parler
au nom de toute la classe politique s’indignent et déclarent n’avoir jamais
été invités à une quelconque rencontre avec le Président de la République.
Dans une interview récemment accordée à un confrère de la place, M. Patrick
Lawson, Vice-président de l’UFC a été clair : «Nous apprenons un peu
partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le Chef de l’Etat. Nous sommes
un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR
qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous
dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui
pourrait nuire aux résultats de nos travaux. A l’heure où nous parlons, nous
ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont
rencontré le Chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation est prévu pour être un fourre-tout
et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes
politiques».
Tout porte à croire, au regard de ce qui se passe, que le pouvoir veut
saboter la cohésion de l’opposition et mettre à mal toutes les tentatives de
regroupement qui pourraient donner une certaine synergie à son action. En
dépit de l’annonce d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC, les deux partis
n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur une candidature unique.
Pour rassembler toutes les forces démocratiques autour de la candidature de
Gilchrist Olympio, l’UFC qui envisage de faire la cour à d’autres partis, se
trouve coincée par son refus d’admettre d’autres partis au dialogue. En
impliquant donc ces partis que l’opposition parlementaire ne veut pas voir
au CPDC et dans les discussions de manière à le dresser contre l’opposition
parlementaire, le pouvoir semble trouver la parade contre une grande
alliance de l’opposition.
L. R.
Le cadre
permanent de dialogue tourne à la pagaille
La situation créée par la mise en place du CPDC tend à montrer que le cadre
de concertation, loin de trouver une solution aux problèmes politiques
constitue en lui-même un véritable problème. Tout en déniant à l’Assemblée
le droit de légiférer sur les réformes politiques, l’UFC se fonde sur la
légitimité conférée par cette même Assemblée, pour exiger un dialogue à
trois à l’exclusion des autres partis politiques qui n’arrêtent pas de
crier à la discrimination. Ces autres signataires de l’APG disent ne pas
comprendre la logique par laquelle le CPDCqui est une recommandation de
l’accord de Ouaga n’inclut pas tous les signataires.
Et les dissensions apparues au sein du cadre permanent en témoignent les
communiqués cacophoniques des trois partis tendent à donner raison aux
partis contestataires. L’UFC invoque la crise de confiance pour réclamer
une facilitation. Dans les milieux favorables au pouvoir en place, on
considère que l’intrusion d’un facilitateur place le chef de l’Etat qui a
signé le décret dans une position de subordination vis-à-vis d’un élément
extérieur. Ici on pense que l’UFC voudrait à travers la facilitation
instaurer un dialogue Politique Bis. C’est en filigrane ce qu’on peut lire à
travers le communiqué du RPT en date du 20 Février 2009 et qui fait savoir
que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de
ses objectifs » Il faut d’ailleurs faire remarquer que le parti de
Gilchrist Olympio n’a jamais accepté le CPDC dans sa forme actuelle surtout
qu’il est une copie du décret signé par par Agboyibo qu’elle a toujours
rejeté. Mais quand on constate qu’il n’y a aucune avancée alors que les
divergences ne portent uniquement que sur la forme, il est à craindre que
les discussions ne durent plus d’un an quand on abordera les questions de
fond. La pagaille se fait surtout remarquer dans les positions exprimées par
les uns et les autres. Le RPT dit que l’UFC a rejeté toutes les
propositions de la délégation du RPT notamment celle de recourir en cas de
blocage au chef de l’Etat pour trouver des solutions appropriées en
concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC. Le CAR aussi
indique que sa proposition de rendre compte au chef de l’Etat en vue du
déblocage de la situation a été rejetée. Pour l’UFC l’adoption d’un
règlement intérieur, incluant le recours à la facilitation en cas de blocage
est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des
travaux du CPDC.
Cette pagaille interne au CPDC se retrouve déjà sur la place publique. L’UFC
qui considère que ce qu’a dit le ministre Bodjona ne reflète pas la réalité
des débats a servi sa version des faits dans les colonnes de notre confrère
«Liberté» du 23 février 2008. Selon Patrick Lawson, lorsque l’UFC
a demandé une suspension de séance jusqu’au vendredi 20 février pour
permettre aux représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants
et que chaque composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion, le
CAR a dit qu’il soutient le principe de la suspension et demandé qu’on en
profite pour permettre au représentant du président du cadre de rendre
compte au chef de l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une
solution. Toujours selon Patrick Lawson, le RPT a dit qu’il faut poursuivre
les travaux pour éviter de remettre en cause les acquis et le gouvernement a
déclaré qu’en dépit des divergences, sur un éventuel recours à la
facilitation, les représentants du gouvernement demandent que les
discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage un recours soit fait au
chef de l’Etat. Le 2e Vice
Président de l’UFC considère que le ministre Bodjona a refusé de publier
toutes ces positions pour tenter de jeter l’UFC en pâture.
Curieusement dans leurs communiqués respectifs le RPT n’a pas
indiqué qu’il a opté pour la poursuite des travaux. Le CAR non plus n’a
mentionné nulle part dans son communiqué qu’il a soutenu la suspension
demandée par l’UFC. Qui ment et qui dit vrai ? Le CPDC est un marché de
dupes.
A. S.
Le recours au Facilitateur Compaoré s’impose
Hier lundi
23 février 2009, les olympiades de la chamaillerie se sont poursuivies au
CPDC. Pour tout résultat, le porte-parole a annoncé que les débats se
poursuivent aujourd’hui. Après donc sept semaines de dialogue bilatéral
infructueux entre le RPT et l’UFC, on semble donc se complaire dans une
foire de larrons. Interrogé sur l’espoir quant à l’issue des discussions, le
représentant de l’UFC Jean-Pierre Fabre se dit sceptique.
En principe,
la question de la facilitation ne devrait pas poser problème au niveau du
CPDC si l’on inscrit le dialogue en cours au registre de l’APG. Mais le
problème est de savoir si cet accord est toujours en vigueur.
En effet le
point 5.8 de l’APG est pourtant clair. «En cas de différend sur
l’interprétation de tout ou partie du présent accord, y compris les
modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales, les
parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du
facilitateur». Au vu de cette disposition, on a l’impression que les
acteurs du CPDC se disputent le sexe des anges alors que la solution est
tout près. Comme cela a été le cas en 2006 pourquoi ne pas recourir au
facilitateur Blaise Compaoré comme le recommande l’APG ? On se souvient que
lors du dialogue inter togolais en août 2006 le président Compaoré s’était
fait représenté par son ministre Djibril Bassolé.
On peut
comprendre que les partis de l’opposition ne veuillent pas réclamer la
facilitation burkinabé mais le peu d’empressement des autorités togolaises à
saisir l’ancien facilitateur est plutôt surprenant et pour cause,lorsqu’il
s’était agi de savoir le sort à réserver aux réformes à mener après les
législatives,le représentant du facilitateur burkinabé avait déclaré sur les
ondes d’une radio internationale qu’il appartient aux institutions issues
des législatives notamment l’Assemblée nationale d’opérer ces réformes. Et
depuis le RPT a repris ce refrain à son compte. Si l’on s’en tient à cette
position le chef de l’Etat ne devrait pas dessaisir l’assemblée nationale
des textes à elle soumis. Il lui fallait obtenir que le facilitateur réitère
cette position conformément au point 5-8 pour que la polémique cesse. Tout
porte donc à croire qu’on a décidé de faire perdurer les débats à dessein.
Le refus délibéré de faire recours au facilitateur de l’APG participe donc
d’une stratégie politique qui échappe aux profanes.
.A. S.
Contestation tardive de trois partis signataires de l’APG
Les partis politiques qui se sentent exclus du dialogue du CPDC dénoncent la
discrimination. La désapprobation est surtout légitime pour les partis
qui étaient étrangers au Décret du 14 mai 2007. Au-delà des arguments
développés, l’agitation qui s’empare des partis qui étaient au gouvernement
à l’époque est pour le moins curieuse. Et pour cause la CPP le PDR et la CPP
étaient au gouvernement Agboyibo quand ce décret avait été pris. Ce décret
rédigé par Ahoomey-Zunu de la CPP alors ministre de l’Administration
Territoriale et signé par Agboyibo et Faure prévoyait déjà avant même les
élections que le cadre à créer devrait regrouper les partis ayant au moins
cinq pour cent du suffrage à l’issue du scrutin. Les ministres d’Etat Ayéva
du PDR Gnininvi de la CDPA n’avaient pas contesté ce décret. C’est ce même
décret qui a été réhabilité sous un nouvel habillage. D’où leur vient donc
cette virulence subite contre ce qu’ils avaient approuvé ?
Le ras-le-bol
des mécontents de Togopharma
Les agents de la défunte Togopharma ont observé hier un «mouvement de
désespoir».
Pour comprendre ce mouvement, il faut remonter à 2002, année où l’Etat a
liquidé cette société. Les locaux de la Togopharma seront alors confiés à la
CAMEG et au PNLS.
Quant au personnel, un arrêté ministériel confie une partie aux formations
sanitaires et la majorité des agents seront recrutés par la nouvelle société
créée, la CAMEG à des conditions salariales modiques : «les agents qui
gagnaient
80.000 F ne
perçoivent maintenant que 15 ou 20.000 F»,
lance un agent. Malgré cela, 51 personnes sont «laissées sur les carreaux».
Finalement, un syndicat créé par ces agents a transmis au Ministre de la
Santé le 28 mars 2008 leurs revendications à savoir : «le payement de
leurs droits y compris les indemnités de départ à la retraite, le tout
chiffré à 883 millions de F CFA y compris les 21 mois et demi d’arriéré de
salaires» et lui a fait part de l’état de désespérance totale dans
lequel se trouvent les agents.
C’est donc ces agents (les retraités et les «laissés sur les carreaux») qui
ont déclenché hier une action de désespérance, action qui a reçu le soutien
de leurs collègues recrutés à la CAMEG. Les manifestants qui affirment
qu’ils n’accepteront plus du dilatoire mais des actions concrètes, disent
remettre leur sort au Chef de l’Etat qui prône la justice sociale,
l’apaisement et la réconciliation nationale. «Depuis 2002, 25 de nos
camarades sont morts. Les survivants doivent vivre dans la misère et le
désespoir total», déclare l’un d’entre eux. Pendant que le mouvement se
poursuivait, une délégation rencontrait le Ministre de la Santé à son
cabinet. Ce dernier a donné instruction à son Directeur de Cabinet qui s’est
rendu sur les lieux des manifestations où il les a conviés à constituer une
délégation qui se rendrait au Ministère jeudi prochain pour des négociations
sur leur plate-forme de revendications.
Albert
Agbeko
La destruction
de l’environnement, une activité florissante au Togo
L’office de Développement et d’Exploitation Forestier (ODEF) fait savoir
qu’elle souffre cruellement de moyens financiers.
Le secteur est potentiellement riche, mais on vit dans la misère, faute de
moyens financiers», a indiqué le Directeur Administratif de l’ODEF, Gnandi
Gbandi.
Créé en Novembre 1971, l’ODEF gère près de 14500 ha de Tecks, Gmélina,
Eucalyptus, Acassia et autres espèces, soit sur financement propres ou
extérieurs soit sur préfinancement propre pour le compte de l’Etat. L’ODEF
emploie aujourd’hui environ 246 agents.
Mais pendant que l’ODEF se plaint du fait que les autorités ne tiennent pas
compte de leurs revendications, Le teck est une principale source de revenu
de bandes de réseaux.
Le commerce des essences forestières est un des plus florissants au Togo et
tend même à devenir la principale activité économique dans certains milieux.
Le conseil des ministres du 11 février 2009 a indiqué que l’absence de
politique nationale de financement de l’environnement de a longtemps porté
préjudice à la réalisation des projets d’amélioration des conditions et du
cadre de vie de la population togolaise d’où une dégradation continue de
l’environnement qui se manifeste aujourd’hui par la perturbation des
écosystèmes. En réalité l’abattage systématique des arbres et leur
commercialisation ont été institués dans notre pays où l’impunité tend à
devenir une vertu.
En parcourant la nationale N°1 de Tsévié à Kara on peut remarquer comment
d’immenses hectares de teckeraies sont dévastés. Les montagnes du Sud-Ouest
Togo sont totalement dénudées. On est même horrifié par l’ampleur du
massacre des essences forestières au point qu’on ne trouverait même pas à
redire si l’on supprime purement et simplement le ministère chargé de
l’environnement. Le gouvernement ne semble pas s’émouvoir devant ce scandale
bien qu’on organise souvent des tintamarres sur la protection de
l’environnement à travers des colloques et séminaires. N’importe qui
aujourd’hui peut se munir d’une tronçonneuse et se mettre à abattre des
arbres.
Des personnes qui n’ont jamais planté un seul arbre dans leur vie sont
devenues du jour au lendemain producteurs et vendeurs de tecks et se sont
immensément enrichis au vu et au su de tout le monde y compris des autorités
locales si elles ne sont pas elles même complice. Des agents des eaux et
forêts chargés de prévenir la destruction systématique de l’environnement
feignent de ne rien voir. D’autres opèrent même en complicité avec les
coupeurs de bois avec qui ils se partagent les dividendes. Ainsi se sont
multipliés sur le territoire des réseaux de coupeurs de bois toutes
catégories confondues. Le hic c’est que certains de ces professionnels en
matière d’abattage et de vente illicite de bois usent de trafic d’influence,
se targuant d’être au service de tel ou tel haut placé.
A. S.
Ça
vous Regarde
Le grand
oubli
Alors que les Togolais aux abois face à la montée exponentielle de
l’insécurité ne savent plus où donner de la tête, le Colonel Titikpina a
organisé à grands renforts de publicité les 20 et 21 Février courant, ses
journées portes ouvertes sur la sécurité.
Comme préalablement annoncé, plusieurs manifestations étaient au programme.
On a pu assister à des démonstrations d’opération de neutralisation et de
désarmement de bandits, à des séances foraines d’établissement de carte
nationale d’identité, etc.
Aujourd’hui que les rideaux sont tombés sur cette manifestation, nombreux
sont ceux qui continuent à se demander à quoi elle a rimé en réalité. Car on
ne désarme pas et on ne neutralise pas aussi facilement qu’on l’a vu dans
les démonstrations, un bandit armé qui joue son va-tout pour ne pas se faire
arrêter. Mais passons.
Pour beaucoup d’autres Togolais, les journées portes ouvertes du Colonel
Titikpina ont laissé un goût d’inachevé car, contrairement à ce qui a été
annoncé, elles n’ont pas montré à la population, tout ce dont sont capables
nos hommes en uniforme.
En
effet ceux qui circulent à Lomé et ailleurs sur les routes de notre pays
savent que nos agents des forces de l’ordre excellent dans une pratique qui
consiste à soutirer de l’argent aux usagers de la route. Il s’agit même
d’une institution de fait contre laquelle les pauvres chauffeurs ne peuvent
rien. Pourquoi n’a-t-on pas inscrit au programme des journées portes
ouvertes, une démonstration d’extorsion de fonds ? S’agit-il d’un oubli ou
d’un refus délibéré ? Si le Colonel Titikpina veut que les populations
découvrent tout ce que font ses agents, il ne devrait pas choisir les
démonstrations au menu.
Nous espérons que pour n’avoir pas fait découvrir cette activité de nos
hommes en uniforme aux populations, le Colonel Titikpina a décidé de
l’enrayer définitivement. Autrement, on sera en droit de dire qu’une fois
encore, on s’est moqué des Togolais.
Yves
Madow Nagou sur tous les fronts
Plus rien ne va au ministère de Yves Madow Nagou. Il y a quelques jours, les
syndicats de l’enseignement ont lancé un mot d’ordre de grève. Pendant 48
heures, les écoles, lycées et collèges ont été fermés parce que le mouvement
a été largement suivi sur toute l’étendue du territoire. Ce dossier n’est
pas encore clos puisque les syndicats qui n’ont pas eu gain de cause
menacent de durcir leur position.
Comme si cela ne suffisait pas, c’est du côté de la Librairie des Mutuelles
Scolaires (LIMUSCO) que le mécontentement monte. Pour protester contre leur
situation et réclamer les dizaines de mois de salaire impayé, les agents de
cette institution ont lancé pour hier lundi et ce mardi, un mot d’ordre de
sit-in. Un mouvement qui, dans les jours qui viennent, pourrait devenir une
grève si aucune solution n’est trouvée aux problèmes posés.
Ajouter à ces deux mouvements sociaux, les problèmes créés par la dispense
du paiement des frais de scolarité et on comprend que le ministre Nagou doit
avoir perdu le sommeil ces derniers temps.
Zaza
refuse d’être enterré
Ceux qui pensent qu’ils peuvent procéder à l’inhumation du Prince KOMAteux
parce qu’il est politiquement mort, doivent se refaire une opinion. Ce n’est
pas parce que l’homme et son parti ont été proprement laminés lors des
dernières élections législatives où ils ont obtenu zéro siège que l’histoire
va se faire sans eux. En tout cas, A-Z refuse que ce soit ainsi.
Dans une déclaration rendue publique le 16 Février 2009, Zarifou Ayéva s’est
insurgé contre le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation au sein
duquel se retrouvent le CAR, le RPT et l’UFC. L’homme aux mille proverbes ne
comprend pas que son parti ne soit pas appelé à siéger dans cette structure
alors qu’il est signataire de l’Accord Politique Global ayant préconisé la
mise en place du CPDC. Pour lui, en limitant aujourd’hui les membres de
cette structure à trois partis, le CAR, le RPT et l’UFC ont tout simplement
violé l’APG.
Même si on peut comprendre les récriminations de l’ancien Ministre d’Etat,
il se trouve qu’au sein de l’opinion, on refuse d’être d’accord avec lui. Le
CPDC ne doit pas être une nouvelle tribune où doivent se retrouver des
partis qui n’existent pratiquement plus que de nom et qui n’ont aucun poids
réel.
Nous ne sommes pas là pour dire si cette vision est juste ou fausse. Nous
notons tout simplement que la sortie de Zaza est bien la preuve qu’il n’est
pas encore totalement mort, même si, à cause de l’ingratitude des Togolais,
il n’a pas pu obtenir au moins un siège à l’Assemblée Nationale.
L’éternel
recommencement
Le
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est-il une panacée pour les
problèmes du Togo ? Nombreux sont ceux qui en doutent. D’ailleurs les
nombreux blocages enregistrés au niveau du fonctionnement de cette structure
n’autorisent aucun optimisme.
En
réalité, le CPDC tel qu’on le voit fonctionner a quelque chose de déjà vu
pour les Togolais. Depuis le début de la crise togolaise jusqu’à ce jour, on
a organisé plusieurs dialogues qui ont accouché d’accords qui finalement
n’ont rien donné. On se souvient de l’Accord-cadre de Lomé avec des
facilitateurs internationaux. A quoi a-t-il finalement abouti ? On a encore
à l’esprit le Comité Paritaire de Suivi qui, après tout, n’aura été que du
temps perdu. On a la triste impression que chaque fois, on trouve au Togo,
des moyens pour donner de faux espoirs aux Togolais. Le RPT donne
l’impression de négocier tout en sachant que le moment venu, il trouvera un
argument pour imposer sa vision.
Nous sommes, à n’en point douter, dans un cercle vicieux. C’est l’éternel
recommencement. L’exception serait-elle pour cette fois-ci ? On attend de
voir.
Les
mirages du gouvernement
La
question du principe de désignation d’un facilitateur qui divise
actuellement le CPDC est la preuve irréfutable du manque de confiance qui
caractérise les relations entre les acteurs de la classe politique.
Dans les milieux proches du RPT, on a tendance à considérer l’UFC comme un
parti qui demande trop et qui reste intransigeant sur ses exigences. Mais à
l’UFC on estime qu’avec le RPT, on n’a jamais été trop prudent. Il s’agit
là, de considérations politiques qui n’engagent que les politiciens.
Mais au sein de l’opinion, on se demande si le RPT et son gouvernement ne
donnent pas raison à la méfiance de leurs interlocuteurs. Nos gouvernants
ont en effet fait de nombreuses promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous
ne voulons pas appuyer ce constat par des exemples sur le plan politique.
Ils abondent aussi sur le plan socio-économique.
On
se souvient que quelque temps après l’avènement de Faure Gnassingbé au
pouvoir, on avait annoncé de grands travaux d’aménagement de nos routes. On
a ventilé à travers le quotidien gouvernemental «Togo Presse» la
maquette d’un nouveau tronçon sur l’axe Aflao-Sanvee-Condji. Cette maquette
présentait une route bien large avec des échangeurs au niveau du Port et au
niveau de CIMAO. Cet ouvrage, selon le projet annoncé, devrait être déjà
exécuté. Malheureusement, il n’en est rien. Il ne s’était agi que d’un
mirage. Comment les acteurs politiques peuvent-ils se faire mutuellement
confiance quand on fait des promesses qu’on ne tient pas ?
Pitié
pour nos paysans
L’annonce et la tenue effective d’un forum paysan au Togo a été
favorablement accueilli dans plusieurs milieux. Dans un pays essentiellement
agricole comme le nôtre, ce genre de rencontre ne peut qu’être encouragé et
perpétué.
Mais ce forum, tel qu’il s’est déroulé n’a pas manqué de susciter des
interrogations. Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis quatre ans. Pourquoi
est-ce seulement maintenant et à quelques mois de la prochaine
présidentielle qu’il manifeste un si grand intérêt aux paysans ? Certains
ont cru voir derrière le folklore qui a fini par entourer la chose, une
forme de manipulation et de récupération politicienne.
Le
monde rural a de sérieux problèmes au Togo. En témoigne le physique même de
certains paysans présents au forum. Nos gouvernants peuvent, si le cœur leur
en dit exploiter le forum agricole comme ils l’entendent. Mais la situation
est grave. Au-delà de toutes les manipulations, ils ont l’obligation et le
devoir de trouver des solutions efficaces et durables aux problèmes qui se
pose à nos agriculteurs.
Le réveil
des treillis
Après avoir sombré dans une léthargie apparente laissant le terrain aux
bandits et aux gangsters qui règnent désormais en maîtres dans notre pays,
nos hommes en uniforme semblent avoir finalement entendu les cris de
détresse des populations aux abois. Pour combattre le banditisme, ils ont
décidé de ne pas prendre des gants. C’est ainsi que depuis quelque temps, on
annonce de plus en plus souvent, des affrontements entre des éléments des
forces de sécurité et des bandits armés. Ces affrontements sanglants se
soldent par la mort des malfrats.
Nous sommes de ceux qui pensent qu’on ne doit pas faire de cadeau aux
sinistres individus qui tuent, volent et endeuillent la paisible population.
Mais beaucoup d’observateurs pensent que la propagande ne doit pas se mêler
à un sujet aussi important. Il ne sert à rien par exemple d’exhiber des
corps de bandits abattus alors que, dans le même temps, on ne fait jamais
cas des victimes de l’insécurité.
Vous avez
dit alternance ?
L’alternance politique a toujours été réclamée à cor et à cri par la classe
politique. Mais lorsqu’on observe comment fonctionnent les associations, les
syndicats et autres groupes, on a la douloureuse impression que l’alternance
restera pour longtemps encore, une simple vue de l’esprit dans nos pays.
Les premiers responsables se sont toujours accrochés à leur poste. Depuis
plus de 20 ans, on retrouve à la tête de certains syndicats, les mêmes
individus. Au niveau des partis politiques, à une rare exception près, le
même constat est valable.
Comment peut-on vouloir l’alternance pour tout le pays alors que personne, à
son niveau, ne l’a jamais expérimentée ? Voilà la grande question.
Les
prétentions à la baisse
Le
Dr David Ihou aurait-il finalement tiré les conclusions sur sa popularité à
l’issue des dernières élections législatives ? On peut bien se poser la
question. En effet, l’ancien ministre de la Transition qui avait déjà
plusieurs fois annoncé sa candidature à des élections présidentielles
auxquelles il ne participera jamais est en train de revoir ses prétentions à
la baisse. Actuellement, il ne vise plus la magistrature suprême, mais la
Mairie de Lomé.
«Populations
de Lomé, si vous le voulez bien et si Dieu le permet, je serai votre
prochain Maire». C’est en ces termes que le Dr Ihou, à travers l’une de
ses nombreuses interviews a annoncé ses intentions. Naturellement, ce n’est
pas pour plaire à tout le monde. On sait que depuis longtemps déjà, Petit
Djo Gally lorgnait le fauteuil. Il a désormais un adversaire déclaré. On
verra, le moment venu, ce que donnera cette joute.
Mais les prétendants à la Mairie doivent prendre leurs ambitions en patience
car visiblement, les élections municipales semblent être le cadet des soucis
de nos gouvernants qui ne trouvent aucun mal à maintenir nos communes dans
la situation d’exception des Délégations spéciales. |
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Le Regard #633 du 17 fev. 2009 |
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Au sujet de
la composition de la CENI : L’attitude du CAR et de l’UFC
devant le RPT |
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Dans les débats qui agitent le CPDC, on fait état de mésententes entre
le parti au pouvoir et l’opposition. Mais l’on parle peu de divergences
entre les deux partis de l’opposition qui avaient conjointement signé un
communiqué le
28 janvier 2009
annonçant qu’ils se mettraient ensemble pour combattre les manœuvres
unilatérales du RPT. C’est plutôt en rangs dispersés que le CAR et l’UFC
défendent leurs positions devant l’adversaire au risque de faire le jeu du
parti au pouvoir.
L’UFC propose que
la CENI soit
composée de 14 membres, dont
11 membres
désignés par les partis représentés à l’Assemblée nationale et répartis
suivant les suffrages obtenus à raison de
05 membres pour
la Majorité parlementaire
06 membres pour
l’Opposition parlemen-taire
Deux (02)
membres désignés au titre de la société civile togolaise à raison de
Un (01) par la
majorité parlementaire
Un (01) par
l’opposition parlementaire
Un (01) membre
recruté par appel à candidature pour jouer le rôle de président de la CENI doit correspondre au profil et critère ci-après
Etre de
nationalité togolaise.
Jouir de ses
droits civils et politiques être de bonne moralité et faire preuve de
loyauté de probité et d’impartialité
Etre accepté et
soutenu aussi bien par la majorité que par l’opposition parlementaire
- Par contre le CAR propose que La CENI soit composée de 15 mem-bres :
- 6
membres désignés par la majorité,
- 6
membres désignés par l’opposition parlementaire,
- 2
membres désignés par la société civile,
- 1
membre désigné par le gouvernement, sans voix délibérative.
Les
membres sont désignés en raison de leur compétence en matière électorale et
de leur probité ».
En
outre, alors que le CAR trouve inutiles des contre-propositions sur la
composition des CELI et des CLC, l’UFC réclame leur recomposition.
Les deux partis ayant rejeté ensemble le projet soumis par le
gouvernement, il était souhaitable qu’ils puissent élaborer un seul document
de base.
Les partisans du rapprochement entre le CAR et l’UFC doivent prendre
leur mal en patience. L’allure que prennent les débats au sein du cadre de
concertation montre qu’il y a beaucoup à faire pour parvenir à l’Alliance
souhaitée. Annoncer que le CAR et l’UFC se mettent ensemble pour combattre
les manoeuvres du RPT suppose que les deux partis aient préalablement
harmonisé leurs propositions avant de se retrouver devant l’adversaire
commun Visiblement, ce n’est pas le cas. Chacun défendant sa chapelle on
voit donc que la méfiance entre les deux partis est réelle et qu’elle ne
peut disparaître que lorsqu’ils se seraient entendus sur une candidature
unique. Dans la situation actuelle, le RPT va à travers l’Assemblée
Nationale peut réserver le droit de désigner qui il veut au sein de
l’opposition comme ce fut le cas en
1998. A l’époque Amaglo avait été préféré à Jean Pierre Fabre et
la tension entre les deux partis avait été ainsi alimentée.
Dans tous les cas, tant que le CAR et l’UFC n’harmoniseront pas leurs
positions sur les conditions d’une élection crédible, il n’y a pas lieu de
croire à une quelconque alliance électorale entre les deux partis. Mais
alors à quoi aura servi le communiqué annonçant l’union si on n’est même pas
en mesure de parler d’une seule voix face à l’adversaire?
A.
S.
Palabre sur la
dévaluation de l’Assemblée Nationale
Le débat qui agite le cadre permanent porte sur la suite à donner aux
conclusions des travaux du CPDC. L’opposition dans une moindre mesure le CAR
voudrait que l’Assemblée nationale soit transformée en une chambre
d’enregistrement. Le CPDC serait alors une hyper institution dont les
décisions auraient force de loi et s’imposeraient à tous.
Aux dernières nouvelles, on apprend que le parti au pouvoir, fort de sa
posture légale n’entend faire aucune concession quant aux prérogatives de
l’Assemblée.
On laisse entendre qu’il est inadmissible que l’UFC réclame ce qu’elle
n’entendait pas faire si elle avait eu la majorité.
A titre de rappel, on fait remarquer qu’en pleine campagne électorale
en octobre 2007, Lawson Patrick avait déclaré que son parti aura 69 députés
et agirait seul. Evidemment avec ce nombre de députés non seulement l’UFC
gérerait seule le pays et changerait la constitution sans consensus avec
qui que ce soit elle imposerait sa politique au chef de l’Etat qu,i à terme,
devra démissionner pour faire place à l’Etat UFC.
Aujourd’hui l’UFC demande au RPT d’accepter ce qu’elle n’accepterait
jamais si elle avait la majorité à l’Assemblée c’est –à- dire de mettre sa
majorité des cinquante députés entre parenthèses ce qui revient à dire qu’on
se retrouve de facto dans une période transitoire où les institutions sont
en veilleuse. En acceptant ce schéma Faure Gnassingbé violerait la
constitution dont il est censé garantir l’application. Le débat sur la
légitimité du chef de l’Etat va donc refaire surface. Lorsqu’il avait
rencontré Faure Gnassingbé à la présidence de
la République Gilchrist
Olympio avait fait son entrée au palais avec «mes respects Monsieur le
président».Mais dans son interview accordé à notre confrère gratuit Focus
Info du 25 janvier 2009, le président de l’UFC dit ne reconnaître aucune
légitimité à Faure.
En fait L’UFC n’a pas tort d’exiger que s’établisse sa volonté
puisqu’en politique chacun tire la couverture de son côté. Tout dépend donc
de l’efficacité de la pression mise en branle. D’ailleurs, Gilchrist Olympio
multiplie les contacts avec les partenaires extérieurs pour amener le
pouvoir en place à céder à ses exigences. Il ne faut pas s’attendre à ce que
le parti au pouvoir se fasse hara-kiri en acceptant de son plein gré ce
qu’exige ses adversaires. Tout dépend des rapports de force. Si la pression
mise par l’UFC lui permet d’arracher des réformes souhaitées ce serait une
victoire avant la lettre. Mais si toutes les mesures prises n’ont pas
d’effet sur le pouvoir, alors telle une machine infernale, le RPT se
servira de ses 50 députés pour faire tout ce qui lui permettra de s’assurer
la victoire en 2010.
A. S.
Une union qui
crée déjà des malentendus
Des militants du CAR attendent une clarification de leurs dirigeants au
sujet du rapprochement avec l’UFC et pour cause ; le communiqué du
28 janvier 2009
est diversement interprété selon qu’on soit militant d’un parti ou de
l’autre. Pour les partisans de Gilchrist Olympio, se mettre ensemble pour
lutter contre le RPT veut dire que le CAR qui souhaite l’alternance accepte
de soutenir la candidature de l’UFC à la prochaine présidentielle. En
revanche pour les fanatiques du CAR l’acte du 28 janvier veut dire que l’UFC
accepte de renvoyer l’ascenseur au CAR en soutenant le candidat de ce
dernier qui sera désigné dans quelques semaines. Dans cette confusion
l’illusion d’une union entre les deux partis profite surtout à l’UFC. Les
militants de ce parti n’éprouvent d’ailleurs aucune difficulté à convaincre
les électeurs qu’il appartient logiquement au «petit» de soutenir le
«grand» et non le contraire. Dans cette optique le retour de
l’ascenseur ne serait qu’une bonne blague. Quelle est la portée réelle de
cette union ? Le CAR va-t-il se battre pour le sacre de l’UFC pour être
ensuite remercié en monnaie de singe comme d’habitude ? Qu’arriverait-il si
en pleine campagne les préfectures de Vo et de Yoto venaient à être
inondées de tee-shirts symbolisant l’union des deux partis autour du
palmier à huile symbole de l’UFC ? Autant de préoccupations qui poussent des
fanatiques du CAR à exiger des clarifications.
L. R.
Le cadre
permanent s’enlise dans les désaccords
. Le
piège d’une élection à risque
A la cinquième
séance du CPDC, les choses n’ont guère évolué et l’ont tend vers l’impasse.
L’UFC dans un communiqué demandait aux populations de se tenir prêtes à
toute éventualité. Le deuxième vice président du parti, Lawson Patrick
n’avait d’ailleurs pas exclu le recours aux actions extraparlementaires mais
légales pour faire aboutir les revendications de son parti. Si le pouvoir
RPT choisit de ne pas réaliser les réformes politiques prévues par l’APG,
déclare Isabelle Ameganvi dans une interview, c’est qu’il choisit ipso
facto, de ne pas organiser des élections honnêtes, transparentes et
démocratiques. Dans ce cas, il n’y aura pas d’élection du tout parce que les
populations togolaises sont déterminées à se mobiliser ensemble avec toutes
les forces en lutte pour le changement, afin d’empêcher par tous les moyens,
une énième mascarade électorale.
C’est
probablement pour cela que l’UFC a entrepris une tournée de sensibilisation
à travers ses structures de base pour la mobilisation en perspective de la
présidentielle de 2010.
Samedi dernier à Hedzranawoe au Nord-Est de Lomé, Me
Ameganvi Isabelle a appelé les populations à se mobiliser pour organiser une
résistance et empêcher la préparation par le RPT d’une mascarade électorale
en 2010.
Ce genre de
rencontres qui seront multipliées visent sans doute à prendre le pouls de
l’opinion en vue de se mettre en condition pour contraindre le pouvoir à
lâcher du lest.
A entendre les
responsables du parti au pouvoir, il n’y a plus de doute quant à l’issue du
dialogue en cours. Il est évident qu’on ira de blocage en blocage jusqu’à ce
que l’Assemblée soit saisie pour trancher. A moins que Faure Gnassingbé ne
décide autrement. Le pouvoir semble jouer sur le facteur temps. D’abord les
débats sur le code électoral risquent de prendre du temps. Si l’on en juge
par les divergentes propositions des trois partis, même un mois ne suffira
pas pour trouver un consensus sur seulement quelques points. Plus encore
la réforme de la constitution qui constitue le plus gros problème n’a pas
encore commencé. Or selon la constitution en vigueur, le scrutin est ouvert
sur convocation du corps électoral par décret pris en conseil des ministres
soixante jours au moins et soixante quinze jours au plus avant l’expiration
du mandat du président en exercice (Article 61).
C’est dire que
l’élection présidentielle doit avoir lieu en février 2010. A ce jour,
17 février 2009 il ne reste que douze mois pour préparer et organiser
l’élection. Au Bénin voisin, les études réalisées
par les partenaires prouvent que, la réalisation de
la Liste électorale permanente informatisée (Lépi)
ne peut être possible pour les échéances de 2011 que si sa phase pratique
commence au plus tard le 02 mars prochain.
Chez nous, à un an, rien n’est entrepris. On en est à des palabres inutiles
qui semblent déboucher sur l’impasse. Après quoi, l’Assemblée sera saisie
pour réinstaurer un autre débat sur les questions déjà débattues. Le risque
est donc grand qu’on s’éternise sur les discussions oiseuses pour laisser
passer le temps qu’il faut pour préparer de bonnes élections. On invoquera
alors le risque de vide juridique pour précipiter les opérations
électorales. Or c’est dans la précipitation que les irrégularités se
préparent en amont. Il est donc possible que le pouvoir invoque le délai
pour justifier le bâclage de certaines opérations et l’application des
textes en vigueur faute de consensus. Le gouvernement qui avait déjà
commandé des Kits avant la mise en place de
la Commission Electorale
semble préparé à toute éventualité.
Dans ces conditions l’opposition n’aura pour seul recours que la rue pour
faire aboutir ses exigences. Il va donc falloir aller au-delà des incantations.
Un
député du parti au pouvoir considère que nul n’a le monopole de la rue qui
appartient d’ailleurs à tout le monde. Mais tout dépendra alors des moyens
que l’opposition mettra en jeu pour empêcher la tenue d’une élection sans
une prise en compte de ses revendications.
L. R. |
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Le Regard #632 du 10 fev. 2009 |
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Agbéyomé
Kodjo s’attaque à l’initiative de Me Agboyibo |
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Dans un communiqué rendu public le 06 février 2009, M. Messan Agbéyomé Kodjo
l’ancien Premier ministre d’Eyadéma constate que «le CPDC est réduit à sa
portion congrue en ne comprenant que les partis représentés à l’Assemblée
nationale et des membres de l’Exécutif» et qu’«en ce sens, il ne
prend pas en compte la réalité politique actuelle et les aspirations du
peuple togolais».
Selon Agbéyomé Kodjo qui demande au Chef de l’Etat de se retirer de la
présidence du CPDC et d’en confier la responsabilité à une personnalité de
la société civile «reconnue pour son impartialité, son expérience et sa
probité morale et intellectuelle», le CPDC devait réunir en son sein,
toutes les forces vives de la nation représentées par l’ensemble des forces
poli-tiques, syndicales, sociales et religieuses, les ONG, les anciens hauts
responsables de la République, etc. Ceci, pour mettre fin à «l’ostracisme
et à la discrimination».
«Lorsque
j’ai lu le décret, explique Me Apévon, je pense que ces deux textes
là sont en phase. La seule chose qui a changé, c’est le nom. Mais ça n’a pas
de conséquence» (voir page 5). C’est dire donc que le CAR y adhère à 100
%.
En
s’attaquant au décret présidentiel qui réhabilite dans son essence le décret
du 14 mai 2007 dont Me Agboyibo n’a jamais cessé de réclamer le
rétablissement, Agbéyomé Kodjo s’en prend indirectement au Président
d’honneur du CAR.
Les dispositions prévues à l’article 7 permettent à tous les acteurs
politiques de participer et de voir leurs préoccupations prises en compte
par le CPDC qui ne devrait pas être considéré comme un «fourre-tout».
Apparemment, l’ancien Premier Ministre et Président de l’Assemblée nationale
est plutôt mu par un sentiment d’hostilité qu’il nourrit depuis longtemps
contre son frère ennemi de Yoto, qu’il a souvent peur d’affronter aux
élections.
Au
lendemain de la signature des 22 engagements dans le cadre des consultations
Togo–UE en Avril 2004, le Gouvernement Sama avait tenté un dialogue avec
toute la classe politique et la société civile. Ce dialogue qu’il inscrivait
dans la mise en œuvre des engagements avait tout simplement tourné à la
pagaille. Des associations bidon et des partis politiques qui se limitaient
à leur sigle s’étaient réveillés. On a vu à longueur de journée, défiler
dans les bureaux du Premier ministre, au nom des consultations, des
individus se disant représentants d’organisations qui ne pèsent pas plus
qu’eux-mêmes et qui avaient cessé de vivre depuis longtemps. Ce dialogue
mort-né avait disparu comme il était apparu. Avant Koffi Sama, Agbéyomé
Premier Ministre avait orchestré ce genre de marché de dupes par lequel il a
torpillé l’Accord Cadre de Lomé en faisant adopter le code électoral
unilatéralement. Et il était viscéralement contre tout dialogue avec
l’opposition.
L. R.
Les sérieuses
réserves de l’UFC sur le cadre de concertation
En fait l’UFC
n’a véritablement pas adhéré au cadre de concertation. Jusqu’à la veille,
rien ne présageait de son éventuelle participation à la réunion du 06
février 2009. Dans sa déclaration du 05 février 2009, «l’UFC a rappelé
celle du
31 octobre
2008 relative à la création du 2ème cadre
du genre. L’UFC a rappelé à juste titre que le règlement de la crise
actuelle, qui relève de l’APG, ne saurait être confié au cadre permanent de
dialogue, un organe consultatif qui ne saurait prendre des décisions
politiques. L’UFC a également rappelé la mission de ce cadre qui consiste à
prévenir de nouvelles crises par la concertation et le dialogue et non à
conduire les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG.
S’il devait en être autrement, il appartiendrait aux principales forces
politiques, notamment celles représentées à l’Assemblée nationale, d’en
convenir et de fixer consensuellement les attributions, la composition, les
modalités de fonctionnement de cette structure, ainsi que le sort à
réserver à ses décisions, afin qu’aucune institution ne puisse les remettre
en cause.
En tentant d’imposer de manière unilatérale cette troisième version du CPDC
non conforme, aussi bien en termes de procédure qu’en termes de mission, à
celui prévu par l’APG, le régime RPT viole une fois encore l’esprit et la
lettre de l’APG».
Pour faire politiquement joli, on a
dit que tout le monde adhère au décret. Mais contrairement aux autres
acteurs qui ont exprimé leur totale satisfaction, l’UFC représentée par deux
membres a émis des réserves sur le nombre de membres que doit fournir les
partis politiques d’une part et du sort à réserver aux discussions de
l’autre.
Selon Jean Pierre Fabre, « il a été décidé de faire des propositions pour
voir si des réaménagements pourraient avoir lieu soit dans le décret soit
dans le règlement intérieur.»
Les inquiétudes de l’UFC sont sans ambiguïté quand on connaît la position
hostile qu’elle avait adoptée s’agissant du CPDC. Accepter ce qu’elle avait
rejeté lui paraît une couleuvre difficile à avaler. Le fait que le décret
ait été pris quelques jours après que le CAR et l’UFC eurent réaffirmé leur
volonté de se mettre ensemble pour combattre les manœuvres du RPT est
significatif.
L’embarras
de l’UFC vient du fait qu’elle a été piégée parce qu’elle ne s’attendait pas
du tout à ce que le gouvernement ramène – en tout cas pour l’essentiel –
le décret qui avait été signé sous le gouvernement d’union Nationale,
gouvernement que ce parti avait pourfendu.
Pour éviter
ce qui s’apparenterait du moins à une capitulation sinon à une
reconnaissance de l’œuvre du Premier Ministre Agboyibo, il fallait trouver
une formule nouvelle. Or pour rien au monde, le CAR n’accepterait une telle
initiative.
Il
n’en demeure pas moins que l’inquiétude sur le sort à réserver aux
résultats des discussions est fondée. Plus encore, rien n’indique que le
consensus sera facile au sein de ce cadre quand on considère les forces en
présence et leurs acteurs.
Dans les
colonnes de notre confrère Forum de la semaine le fauriste
patenté Gilbert Bawara un des représentants du gouvernement au CPDC que
certains surnomment «anti- UFC» a donné le ton.
Pour lui, «Il
s’agit de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour
autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le
sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de
leur réalité de leurs prérogatives constitutionnelles au risque de
transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée
nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette
tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et
l’Assemblée nationale »
Et
Bawara de poursuivre : «Nulle part, l’APG n’a institué un organe ou un
mécanisme comme antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme
étape préalable aux délibérations de l’assemblée nationale où les députés
disposent des prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat
impératif. Et contrairement à certaines affirmations, l’Union Européenne
n’est pas partie prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette
institution à contraindre les institutions républicaines du Togo à
rechercher impérativement le consensus sur les réformes projetées».
Eu égard aux
considérations qui précèdent, la cause est entendue, confortant l’opinion
selon laquelle le gouvernement a réhabilité ce cadre permanent parce qu’il
est sûr que cela ne changera pas ce que le parti au pouvoir a programmé.
Quand l’on
sait que c’est justement ce que rejette Bawara que l’UFC souhaite, on
imagine le sort réservé aux discussions au sein du cadre permanent .Car
quelque soit ce qui aura été retenu c’est à l’Assemblée que reviendrait le
dernier mot. Apparemment le fait de donner raison au CAR au détriment de l’UFC
n’est pas pour arranger une éventuelle union entre les deux partis de
l’opposition parlementaire.
Le vrai
problème est que si l’UFC boude le cadre de concertation alors que le CAR
reste, l’union des deux partis se conjuguerait désormais au passé composé.
Si le RPT cherche à donner suite aux propositions du CAR pour éloigner les
deux partis, le Parti des déshérités peut-il s’en servir pour arracher un
compromis comme ce fut le cas lors de l’Accord Cadre de Lomé en 1999 ?
L’UFC
va-t-elle donc prendre le risque d’affirmer ouvertement ses différences avec
le CAR ou acceptera-t-elle de s’y prendre autrement à l’égard de ce parti
avec lequel elle est sûre de battre le RPT à la prochaine élection
présidentielle ? L’adoption du règlement intérieur prévu pour ce jour
donnera des indications claires sur le sort à réserver aux discussions au
sein du CPDC.
A. S.
Conflit d’intérêts au sommet de la CEET
Le conseil d’administration a mis fin aux fonctions de M. Pédassou a qui il
reprocherait beaucoup de manquements. Lesquels manquements ont été exposés
aux cadres et aux syndicats de la CEET. Entre autres le laxisme et
incompétence parce que depuis sa nomination il n’a pas produit les dossiers
demandés par le Conseil d’Administration.
Par décision N° 015/CA/CEET du 02/02/09 : Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi,
précédemment Directeur de la Planification et des Investissements, est nommé
Directeur Général Adjoint de la CEET.
En attendant la nomination du nouveau Directeur Général, l’intérim du
Directeur Général est assuré par Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi, Directeur
Général Adjoint de la CEET.(Décision N° 017/CA/CEET du 03/02/09) : Beaucoup
ont trouvé bizarre le fait qu’une information datée du 05 février 2009
annonce le recrutement de Monsieur TIEM Bolidja à la CEET le 04 février
2009 en qualité de Directeur de la Planification et des Investissements
(DPI). Et qui plus est , ce recrutement a été fait dès le lendemain du
limogeage du DG, à la veille de la passation de service entre l’ancien DG et
le DG par intérim et pendant l’absence du Directeur des Ressources Humaine.
M. TIEM arrive de l’Autorité de Réglementation du Secteur de
l’Électricité (ARSE). M. TIEM aurait été recruté à l’ARSE en qualité de
Directeur Technique par l’actuel ministre des Mines et de l’Énergie dont il
serait un proche parent. Il y a alors de quoi donner raison à ceux qui
pensent que le départ de M. PEDASSOU de la CEET a été l’œuvre du ministre
NOUPOKOU Damipi .Ce qui s’apparenterait à la résultante d’un conflit
d’intérêt entre les deux amis.
Comme tout responsable de société et en pareilles circonstances M. Pédassou
a des admirateurs et des détracteurs. Mais beaucoup à la CEET pensent que
c’est le ministre qui dirige la CEET et non le Conseil d’administration. On
raconte dans la boîte que ce n’est pas de gaîté de cœur que Damipi avait
quitté la Direction de la CEET lorsqu’il avait été nommé ministre. Et bien
que nommé membre du gouvernement il avait quelque temps cumulé les deux
fonctions. De là à penser que c’est justement parce que l’ex DG n’exécute
pas ses quatre volontés qu’il a été débarqué il n’y a qu’un pas que certains
ont vite franchi.
Ces considérations alimentent la spéculation à la CEET au point que l’ancien
DG commence déjà à trouver, auprès de beaucoup d’agents, des circonstances
atténuantes. Il est vrai que la mise en place d’un conseil d’administration
a été une conditionnalité pour l’octroi du financement de la BOAD à la CEET.
Mais la question se pose. A quoi sert cette conditionnalité si réellement le
ministre de tutelle peut de loin tirer les ficelles à la CEET ?
L. R.
Qui se cache derrière les Forces nouvelles du Togo ?
Conscientes des maux qui minent notre société
–
tribalisme, pauvreté, exclusion, corruption, intolérance, impunité
–
les FN s’engagent à adresser des messages civiques aux populations et à les
réveiller de leur sommeil dogmatique entretenu par les prismes déformants
des différents partis politiques»,
ainsi parlait le Coordonnateur d’une nouvelle association dénommée Forces
Nouvelles, Hilaire Dossouvi Logo.
Hilaire Dossouvi Logo fait partie des jeunes engagés comme Doglo Agbelenko
Tino, Nabine Ouyi (Mensah), Alfa Boda Rahim, Karakoro Bitchinidi, Djobo
Adjayé Baolé, Kossi Efoui, les frères Aboli, Yovodévi Djolé... qui avaient
édité et publié, à la fin des années 80 et début 90, des tracts jugés «diffa-matoires»
contre le régime de l’ancien président du Togo le Général Gnassingbé Eyadéma
Ils avaient été arrêtés, torturés et jugés. Cette affaire est à l’origine
des soulèvements populaires du 05 octobre 1990 à Lomé, qui sont le point de
départ du processus démocratique au Togo.
Pour Logo Dossouvi, «la priorité sera la campagne pour la prochaine
élection présidentielle de 2010.
On voit bien que cette association a un caractère éminemment politique. Et
si l’on sait que Logo Dossouvi , membre fondateur de la CDPA, n’a pas
démissionné de son parti et affirme partout qu’il a toujours de très bonnes
relations avec le professeur Gnininvi, on n’ a pas besoin de réfléchir pour
savoir qu’il ne prendra aucune position contraire à celle de son parti. Pour
le fait que les responsables de la CDPA sont toujours au gouvernement au
moment où des pourparlers s’engagent sur les réformes en perspective de la
prochaine présidentielle, on a vite fait de croire que le candidat qui sera
soutenu par les Forces Nouvelles est celui que soutiendra le gouvernement.
En tout cas, il est hors de question que la CDPA soutienne le candidat du
CAR ou de l’UFC. Mais la démagogie consiste à clamer sur tous les toits que
ce regroupement est composé de jeunes d’horizons politiques divers et que
pour cela, ils ne visent pas un intérêt partisan.
Il semble que la stratégie de la CDPA consistait à l’époque du CODII
triomphant, à investir les mouvements politiques les syndicats, et la
société civile pour les orienter dans le sens voulu par ce parti. Il en a
été ainsi du MO5 qu’on avait présenté à l’époque comme une association
politiquement neutre alors qu’elle était noyautée par des jeunes de la CDPA
qui amenaient progressivement les autres membres appartenant à d’autres
formations politiques à adhérer aux idéaux de ce parti. Conséquence, le
Mouvement du 05 octobre est au centre des intrigues qui agitent ses membres.
Koussawo Eloi qui se présente comme le coordonnateur de ce mouvement n’a
pas officiellement adhéré aux Forces Nouvelles qui compte pourtant en leur
sein le MO5. Mais tôt ou tard, on finira par tout savoir.
A. S. |
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