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Le Regard 646 du mardi 19 mai 2009
Nouvelles révélations de Jeune Afrique : Kpatcha avait confié la présidence provisoire au Cdt ATTI

   Selon des sources internes à l’enquête que mène, depuis le 15 avril, le procureur Robert Bakaï, Kpatcha, le demi-frère du président Faure Gnassingbé, détenu à la prison civile de Lomé et interrogé au camp de la gendarmerie pour tentative de coup d’Etat, aurait reconnu être le propriétaire de la clé informatique USB saisie à son domicile et contenant une quinzaine de documents compromettants, aussitôt mis sous scellés par la justice. Parmi ces pièces, dont J. A. s’est procuré copie, figurent notamment un plan de contrôle militaire de la capitale et une proclamation de prise du pouvoir par les forces armées. Cette dernière fustige «le désordre» et «la gabegie» qui, selon les présumés putschistes, régneraient sur un pays «sans autorité visible», devenu «une grande plaque tournante de la drogue».

          Profitant d’un voyage du chef de l’Etat en Chine, les mutins projetaient de mettre en place un «comité national de rectification et de réconciliation» dont la présidence aurait été confiée au commandant Abi Atti, 46 ans, ancien patron des forces spéciales de la gendarmerie (la Fosep). Le CNRR s’engageait à organiser rapidement des élections «crédibles et transparentes» auxquelles Kpatcha Gnassingbé, selon d’autres documents, avait l’intention d’être candidat. Entre temps, ce dernier devait récupérer son poste de ministre de la Défense, dont il avait été écarté en décembre 2007.

          Parmi les fichiers figurant sur la clé USB se trouve d’ailleurs un projet de communiqué qui lui est attribué, dans lequel Kpatcha apporte son soutien à un coup d’Etat qu’il vient, dit-il, de «suivre avec une grande surprise mais avec beaucoup d’attention», avant de demander «à tous et à chacun d’éviter la chasse aux sorcières et les règlements de comptes». Si l’on en croit un procès-verbal récapitulatif d’interrogatoires de la gendarmerie en date du 5 mai, dont J. A. a également obtenu copie, l’agent de liaison entre Kpatcha et les militaires n’était autre qu’Essolizam Gnassingbé, 30 ans, patron d’une société de communication et demi-frère, lui aussi, du président. Toujours selon ce PV, les aveux d’Essolizam auraient entraîné ceux d’Atti, puis de Kpatcha. Une trentaine de militaires et de civils ont été arrêtés dans le cadre de ce complot présumé.

          Selon une source proche du chef de l’Etat, ce sont les services de renseignements de l’ambassade américaine à Lomé – auxquels Kpatcha aurait imprudemment tenté en vain de trouver refuge – qui, après avoir fait mine de l’encourager, ont prévenu Faure Gnassingbé de l’imminence du putsch «fratricide». Dans sa déposition aux gendarmes chargés de l’enquête, le commandant Atti aurait été explicite à ce sujet : «Le ministre Kpatcha m’a dit qu’il a reçu l’ambassadeur des Etats-Unis chez lui et qu’il est soutenu par les Américains. Il m’a dit qu’il leur a soumis une liste des officiers pouvant assurer la transition et que j’ai été préféré par ces derniers, parce que je ne suis pas entaché du problème de trafic de drogue ou de violation des droits de l’homme

Commentaire

Les révélations qui tombent  et dont on attend d’autres détails confirment les craintes des amis de Kpatcha qui s’évertuent avec l’énergie du désespoir à demander  qu’il  ne soit pas jugé et que l’affaire soit réglée en famille.  Lorsque des confrères de la place avaient évoqué cette affaire de clé USB on s’est empressé de les prendre pour des plumitifs en service commandé payés pour enfoncer Kpatcha. Le malheur chez nous c’est que souvent des informations publiées par des journaux étrangers sont jugées plus crédibles que celles diffusées par les locaux. La clé USB dont on parle, avait été  remise à Rock Gnassingbé qui l’avait à son tour transmise aux autorités qui auraient sollicité l’expertise française pour la décrypter.

Les derniers développements de l’affaire Kpatcha  ne feront qu’accentuer la colère de ceux qui se montrent déçus de l’échec du complot dont ils devraient profiter. On a l’impression que des gens qui ont des choses à se reprocher dans cette affaire, veulent qu’elle soit étouffée pour ne pas se faire découvrir. Pour se donner bonne conscience, il ne reste plus aux adeptes du kpatchatisme qu’à crier sans la moindre conviction que Jeune Afrique a été soudoyé par le pouvoir en place pour noyer Kpatcha.

A. S.


Kpatcha se voyait président
Depuis sa naissance, il a vu défiler pas mal de personnalités y compris des grands diplômés s’agenouiller devant son père. Il a vu des intellectuels venir ramper aux pieds de son père qui n’aurait pas dépassé le CEI. Enfant, il a savouré les délices du pouvoir. Tout petit, il a appris par l’expérience que les togolais savent se faire conduire comme des moutons.

Si donc Gnassingbé père, parti de rien du tout, s’est arrangé pour se retrouver à Lomé et a pu se saisir du pouvoir pour y demeurer pendant quarante ans, pourquoi pas lui, le digne fils qui sait aligner plus que les autres les "n’est-ce pas" de papa. Quand le Timonier distribuait de l’argent aux insulteurs publics, on criait à la manipulation des consciences et à la dilapidation de l’argent de l’Etat, pillé. Mais lorsque le digne fils en fait de même, ça s’appelle redistribution. Flatté par des courtisans stipendiés et imbibé dans l’illusion que le Togo est la propriété privée des Gnassingbé, il ne lui restait qu’à se retrouver à la place du Timonier.

Kpatcha se voyait déjà président puisqu’il ne ratait pas l’occasion de se moquer des membres du gouvernement. Un jour, il a eu le culot d’envoyer un ministre dire à un ancien Premier Ministre de danser avec les animateurs.

DJ Kpatcha qui sait battre le tam-tam avec ferveur comme il l’a démontré lors des cérémonies Kegbeleng de son père à Pya, a le droit de rêver et il n’a pas tort. A Madagascar, un jeune Disc Joker animateur de radio parti de rien, est devenu du jour au lendemain président à 34 ans et s’accroche malgré la condamnation de la communauté internationale. Depuis le 05 Février 2005, les velléités seigneuriales et les exhibitions tonitruantes que s’est offertes Kpatcha Gnassingbé, Ministre et Député étaient si envahissantes qu’on a pu dire que le Togo étant si petit comparé à sa taille, si l’occasion lui est donnée de prendre le pouvoir, il n’hésitera pas à annexer rapidement le Togo britannique avant de s’occuper des pays voisins.

Mais les Togolais sont-ils prêts à toujours rester soumis à la famille Gnassingbé ?

A. S.


Toilettage au sommet des FAT : Quel sort pour le Général Berenna ?

Dimanche dernier, alors que le journal de 20 heures tirait à sa fin, le Directeur de la Télévision Nationale est apparu à l’écran de télévision pour lire trois décrets pris par le Chef de l’Etat.

          Le Général Nandja, Chef d’Etat-major Général des FAT devient Ministre d’Etat. Le Général Ayéva jusque-là Chef de Cabinet du Président de la République remplace, le Général Nandja. En outre, le Colonel Bali Wiyao précédemment Chef de la garde présidentielle prend la place du Général Berenna Gnakoudè à la tête de l’Etat-major de l’Armée de terre.

          Le départ du Général Nandja n’est pas surprenant quand on sait qu’il était en position de partir à la retraite depuis au moins trois ans. En revanche, sa nomination comme Ministre d’Etat avec un portefeuille taillé sur mesure résonne comme une récompense méritée. On se souvient de sa déclaration, au soir du 05 février 2005 annonçant qu’il confie le pouvoir à Faure alors qu’à l’époque, en tant que Chef d’Etat-major Général, il pouvait se proclamer Président. Le Général Ayéva a été Chef d’Etat-major de l’Armée de l’air avant d’atterrir au cabinet de la présidence de la République. Très discret et rigoureux, il est considéré comme un des hommes de confiance de Faure Gnassingbé.  Beaucoup s’interrogent sur ce qui sous-tend cette relation «serrée» entre les deux hommes.

          Le Colonel Bali Wiyao a été aide de camp du Général Eyadèma et de Faure avant d’être remplacé par Titikpina qui ensuite a laissé sa place au Colonel Bakali. Le Colonel Bali qui ne cache pas son admiration pour le Chef de l’Etat fait partie du cercle des officiers qui, au temps fort des soulèvements populaires dans les moments difficiles sont restés fidèles au Général Eyadéma.

          Le Général Berenna Gnakoudè qui a également fait son temps quitte l’Etat-major Général des FAT mais l’on ignore sa destination. Faut-il y voir un changement normal dans la hiérarchie militaire ou le prolongement de l’Affaire Kpatcha ?

          Le fait que le Colonel Berenna n’ait pas été récompensé comme le Général Nandja, nourrit des spéculations. On le considère comme étant un inconditionnel de Kpatcha. Mais les jours à venir diront ce qu’il en est. Si Faure Gnassingbé seul maîtrise le sens de ces permutations au sommet de l’Armée, en revanche, ce qui intéresse les responsables de l’opposition est de savoir si ces nominations auront une incidence sur la prochaine présidentielle.

          Quoi qu’il en soit, d’autres nominations  sont inévitables, ne serait-ce que pour pourvoir aux postes de Directeur de Cabinet de la présidence de la République et de Chef de la garde présidentielle.

A. S.


Agbéyomé, l’intox et l’argent pour enfoncer «Le Gros»

          Le 24 Avril 2009 Agbéyomé Kodjo nous a envoyé un message «Hahahaha Kpatcha sera libéré plus tôt qu’on ne le pense», lequel message figure toujours dans notre boîte à message.

          Quelques jours après, des Togolais des quatre coins du monde ont appelé  pour en savoir plus sur la prochaine libération de Kpatcha.

          Dans notre édition N° 644 du 05 Mai 2009 à l’appui d’une analyse, nous avons présenté Agbéyomé comme étant à l’origine de l’intox sur la libération de Kpatcha. Aussitôt après la publication de l’article, le Président de OBUTS qui ment en prenant Dieu à témoin,  a bombardé notre portable de messages menaçants. Et comme à son habitude, on  ne doutait pas qu’il utilise ses coursiers qu’il a l’habitude d’envoyer déposer ses plaintes contre des journalistes pour passer à l’offensive en bon nostalgique de vieilles méthodes RPiTeuses. Depuis l’éclatement de l’affaire Kpatcha, ceux qui l’aiment lui attribuent une parcelle du pouvoir d’Etat au point d’exiger que son cas soit réglé familialement au mépris des lois de la République. Notre position est claire.

          Il s’agit d’une affaire d’Etat. Si Faure se hasardait à interférer dans le cours de la justice, cédant aux pressions claniques, pour régler l’affaire en famille, il aura apporté la preuve qu’il est au service exclusif du clan Gnassingbé et non de l’Etat togolais qui s’est doté de lois auxquelles tous les citoyens doivent se conformer. Il ne lui restera donc qu’à quitter le pouvoir pour aller s’occuper de la famille Gnassingbé à Pya. Le Togo n’est pas une case des Gnassingbé 18 ans passés dans cette corporation nous ont immunisé contre la délation et les manipulations politiciennes de tout genre.

          Lorsqu’il est pris à contre-pied, pour tenter de se tirer d’affaire devant une situation assez embarrassante, l’ex pleureur de la Conférence Nationale Souveraine dit toujours qu’on a pris de l’argent pour écrire. On cherchait la date, le lieu où la somme a été distribuée et le personnage qui a été chargé de le faire pour «prendre notre part» quand comme par hasard un proche du Président de OBUTS a évoqué la date du 14 Avril 2009.

          Doléance : On ignore si quelqu’un s’est présenté en notre nom pour encaisser l’argent. A présent que nous sommes cités parmi les bénéficiaires. Agbéyomé nous rendrait un grand service en dressant la liste des bénéficiaires et en nous communiquant le nom du distributeur. De l’argent nous en avons aussi besoin par les temps qui courent.

          (A suivre)

L. R.


Election  présidentielle : Le Gouvernement veut prendre de court l’opposition

Dans un communiqué fort curieux, la Cour constitutionnelle qui n’en avait pas l’habitude,   a cru devoir réagir aux écrits de la presse privée  qui se serait engagé dans une spéculation sur la date de l’élection présidentielle. La Cour Constitutionnelle rappelle que la question de la date de l’élection présidentielle est réglée par les articles 61 et 64 de la Constitution du 14 octobre 1992 et l’article 98 du Code électoral.

Aux termes desdites dispositions, l’élection présidentielle doit se dérouler soixante quinze (75) jours au plus tôt et soixante  (60) jours au plus tard avant la fin du mandat présidentiel en cours. Le mandat du président ayant débuté le 4 mai 2005, date de prestation de serment, il est donc aisé de déterminer la date de l’élection présidentielle de 2010 au regard de l’article 98 du Code électoral. Ainsi la date probable de l’élection présidentielle de 2010 se situe dans la période du 18 février au 5 mars 2010.

          En fait de réaction ce communiqué s’adresse en réalité aux partis politiques qui s’attendent à voir adoptées les réformes constitutionnelles et institutionnelles avant la convocation du corps électoral. C’est en fait une façon de leur dire qu’ils risquent d’être pris de court. Dans une décision rendue il y a quelques semaines, la  Cour constitutionnelle saisie par requêtes de l’UFC avait estimé  que la session extraordinaire de l’Assemblée nationale ouverte le 26 mars 2009 n’est pas compétente pour délibérer sur l’article 32 du code électoral. Mais depuis, le gouvernement n’a pas cru devoir y remédier. Cette soi-disant réaction de la Cour Constitutionnelle survient alors que le parti au pouvoir est  presqu’en campagne de séduction à travers le pays. Pendant ce temps  du côté de l’opposition les discussions n’ont pas encore commencé afin de dégager une candidature unique dont on dit qu’elle est indispensable pour l’alternance en 2010. Le CAR n’entend pas abandonner son exigence du retour de l’ascenseur mais à l’UFC on semble ne pas prendre cette position au sérieux.

L. R.


Le RPT confronté à des mouvements de jeunes Pro-Faure

          Depuis quelque temps, des jeunes se réclamant de Faure sillonnent les préfectures dans le but de mobiliser les populations en perspective de la présidentielle de 2010. Ces jeunes qui disent soutenir les actions de Faure Gnassingbé sans appartenir au RPT ont maille à partir avec les barons du régime qui estiment que tous ceux qui agissent au nom du Président du RPT doivent appartenir au parti.

          Il y a quelques jours, l’une de ces associations a organisé des manifestations dans la préfecture de Tône malgré l’insistance de certaines autorités locales militantes du parti au pouvoir qui ont suggéré que la manifestation soit organisée en concertation avec le parti.

          Mais le problème c’est que, bien de jeunes  considèrent le RPT comme un cercle fermé où ne peuvent être promus que ceux qui font allégeance à des barons inamovibles. Dans les villages et hameaux reculés, certains dignitaires du RPT n’ont pas bonne presse. Se montrant arrogants à l’égard des populations, ils ont fini par susciter le dégoût. D’autres encore  sont accusés d’user de leur influence et de leur aisance financière non pas pour soulager la misère des jeunes mais pour «arracher leurs petites amies». En tout cas, cette image qu’on donne de certains dignitaires du parti au pouvoir n’arrange pas du tout Faure Gnassingbé qui se veut rénovateur. Certains considèrent que s’ils battaient campagne pour Faure le fait pour ces dignitaires d’être vomis dans leur village, en raison de leur comportement irrévérencieux à l’égard des leurs, risqueraient de précipiter l’échec du candidat du RPT. Ces dignitaires pris entre deux feux qui savent que l’échec de Faure signifie la fin de leur privilège se voient obligés d’amener ces jeunes fauristes à composer avec eux. Des concertations ont lieu pour tenter d’harmoniser les positions et éviter la cacophonie dans la diffusion des messages.


Les parlementaires togolais à l’école du Droit International Humanitaire

          Une journée de réflexion a réuni jeudi au Palais des Congrès de Lomé les parlementaires togolais ainsi que les responsables du Comité International de la Croix-Rouge. A travers cette rencontre, il était question pour le CICR, tout en sensibilisant les élus togolais sur le Droit International Humanitaire, d’accompagner l’Etat togolais dans ses efforts de promotion et d’internationalisation des traités du Droit International Humanitaire dont il est le gardien.

          Le choix de ce groupe cible, selon  les responsables du Comité International de la Croix-Rouge n’est pas le fruit du hasard. Surtout qu’«en tant qu’institution de la République qui incarne le plus directement l’intérêt de la population, de par son autorité morale…, le Parlement est l’institution toute indiquée pour assurer au niveau de la société toute entière une prise de conscience pleine et accrue vis-à-vis des principes véhiculés par les différents traités du Droit International Humanitaire» ; selon Emmanuel Placca, Chef du bureau CICR-Lomé. Voilà pourquoi au cours de la rencontre, des communications tendant à faire comprendre le thème ont été données. Elles vont de la «présentation de la Croix-Rouge Togolaise» à la «participation du Togo aux traités du Droit International Humanitaire : du droit à l’action» en passant par la présentation du «Comité International de la Croix-Rouge (CICR) : Mandat et activités». Ainsi donc, au sortir de l’atelier, les parlementaires togolais ont été instruits sur les domaines d’interventions du mouvement international de la Croix-Rouge domaines qui concernent entre autres, la protection en période de guerre de ceux qui ne participent pas ou  ne participent plus au conflit.

          En participant à cet atelier, les parlementaires togolais ont réitéré leur engagement à respecter les engagements pris à l’échelle continentale dans le cadre du respect du Droit International Humanitaire. «Les parlementaires africains (UPA) se sont engagés lors de deux conférences interparlementaires africaines tenues à Niamey en février 2002 et à Cotonou en juin 2004 à assurer que [leurs] parlements respectifs jouent pleinement leur rôle dans le processus d’accession aux instruments internationaux… du Droit International Humanitaire ; dans l’adoption ou l’amendement de législations conformes aux normes internationales… Cette journée de réflexion nous permettra de faire l’état des lieux du Togo dans ce domaine», a indiqué le 1er Vice-Président de l’Assemblée Klassou Sélom à l’ouverture des travaux.

          Soulignons que pour marquer son adhésion aux idéaux du mouvement international de la Croix-Rouge le Togo a fait plusieurs efforts. Il a ratifié les principales conventions internationales régissant la situation des conflits armés telles que les conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977 ; le traité de 1993 sur les armes chimiques ; le traité d’Ottawa relatif à l’interdiction des mines anti-personnels ; le protocole facultatif relatif à l’implication des enfants dans les conflits armés ; la création d’une commission interministérielle chargée de la mise en œuvre du Droit International Humanitaire en 1997 sans oublier l’acceptation de l’existence sur son territoire de la Société Nationale de la Croix-Rouge et du Comité International de la Croix-Rouge.

K. Ségniagbéto


Le Réseau IDH au chevet des producteurs de céréales du Togo

Le Réseau Investir dans l’Humain de l’ex-Premier Ministre Klutsè Kwassi et la Centrale des Producteurs de Céréales du Togo (CPC-Togo) ont signé vendredi une convention de partenariat au siège du Réseau. Il s’agissait là d’un acte important dans la vie de la Centrale (créée en 2008) qui compte près de 628 coopératives avec plus de 21.000 agriculteurs.

Selon un communiqué conjoint rendu public à la fin de la cérémonie, la convention vise à rechercher les solutions aux problèmes qui minent la vie des agriculteurs. Ceci passe par une structuration des producteurs céréaliers en coopérative et sociétés coopératives, la mise en place d’infrastructures, d’équipements et d’intrants agricoles pour permettre à terme la réduction des coûts de production, la valorisation des produits agricoles dans la sous-région, la conception puis la réalisation de projets visant l’amélioration des conditions de travail pour le développement du sous-secteur et pour la création d’emplois décents en milieu rural, péri-urbain et urbain, la reconnaissance de l’identité paysanne (…). Un très ambitieux programme qui a enchanté la Centrale des Producteurs de Céréales dont les membres présents à la cérémonie n’ont pas caché leur émotion. «Dans le présent contrat, notre organisation prend acte et manifeste sa parfaite et pleine adhésion afin de conjuguer ensemble avec le Réseau IDH nos efforts pour le développement de notre activité, d’améliorer les conditions de travail et de vie et de défendre nos intérêts matériels et moraux», s’est réjoui M. Ayefoumi Olou-Adara, président de la CPC-Togo. Pour lui, à la Centrale, ils ont «pris l’engagement de saisir, à bras le corps, les opportunités qui sont offertes pour le Développement de notre activité en vue d’améliorer nos conditions de vie et de participer efficacement à notre manière à l’autosuffisance alimentaire au Togo», a-t-il ajouté en outre après avoir remercié le Premier Ministre Klutsè pour «ses efforts en faveur du monde rural».

Des propos qui ont rencontré un écho favorable auprès du Président du Conseil d’Administration du Réseau IDH, le Premier Ministre Klutsè pour qui, «cela constitue un plaisir d’être avec les producteurs de céréales, d’aider le CPC à se transformer en coopératives, améliorer leur productivité et leur donner des moyens financiers à travers le partenariat que nous avons avec les institutions financières notamment la BRS qui est notre partenaire privilégié». Pour le Premier Ministre, un Humaniste de renom, IDH trouvera les moyens pour le financement des équipements agricoles ainsi que pour l’ouverture de marchés intérieurs aux agriculteurs.

«Nous nous félicitons de la signature de ce contrat entre la CPC-Togo et IDH. Cela répond à nos préoccupations car depuis 2003, on a vu que les producteurs n’étaient pas organisés. Nous avons alors essayé de les organiser à travers les villages, les régions pour aboutir à la mise en place de la Centrale le 02 décembre 2008… C’est un outil mis en place pour que le Togo puisse répondre au rendez-vous de l’autosuffisance alimentaire. Voilà pourquoi nous nous réjouissons de ce rapprochement avec IDH et nous espérons que cet objectif sera atteint», a confié très heureux le Directeur de l’INADES Formation.

Rappelons qu’il y a seulement quelques jours, le Réseau IDH signait une pareille convention avec les conducteurs togolais. Tous ces efforts entraient dans le cadre du mouvement coopératif dont le Togo est le chantre sur le continent.

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

Toilettage Fatal

            Le changement intervenu à la tête des FAT, même s’il n’a pas l’air de surprendre les corps habillés suscite beaucoup d’interrogations. Si des chefs de garnison croisent les doigts et s’interrogent sur le sort qu’il leur sera réservé, pendant ce temps les hommes de troupe  qui se montrent plutôt indifférents s’interrogent sur les implications de ce changement intervenu à la tête de l’Armée. Ils ont hâte de savoir ces nominations leur apporteront concrètement.

Le temps des intronisations

          Alors qu’approchent inexorablement des échéances présidentielles, les cérémonies de remise de décret de nomination aux chefs traditionnels se multiplient. Apparemment, on a réservé ce genre de cérémonies à des fins électoralistes. L’opposition tout naturellement, crie à la récupération surtout que les responsables du parti au pouvoir s’arrangent pour transformer ce qui ne devrait être qu’une simple formalité administrative en une manifestation du parti au pouvoir, au point qu’on se demande si ce n’est pas une manière d’obliger les chefs intronisés à adhérer au parti malgré eux.

Un candidat sorti de nulle part

          Plusieurs candidats dont des plaisantins se sont déjà annoncés pour l’élection présidentielle de 2010. Les plus sérieux comme Gilchrist Olympio et bientôt le candidat du CAR, sont de la partie. Au nombre des prétendants, on cite aussi Agbéyomé Kodjo, le Président de OBUTS, Kofi Yamgnane le Franco-togolais, Lawson Nicolas. Comme si la prochaine élection n’était qu’une partie de rigolade, il y a quelques jours, des gens sont allés chercher, on ne sait où un certain Hospice Coco Adéola pour en faire un candidat. Le hic c’est que ce nommé Adéola est présenté comme un fils du très intègre Ministre de l’Economie et des Finances de Sylvanus Olympio, Hospice Coco. L’homme qui a osé défier le Général Eyadéma lorsque ce dernier avait voulu se servir des anciens collaborateurs du Père de l’Indépendance. Lors de la conférence marquant cette plaisanterie, on notait la présence de Horatio Beno Freitas, qui avait soutenu la politique du Timonier et qui avait été aperçu parmi les personnalités invitées au dernier congrès de l’UFC.

Lomé bientôt capitale des dos d’âne

          Les Loméens ne cessent de se plaindre des rues cahoteuses qu’ils sont obligés d’emprunter à longueur de journée. Comme si cela ne suffisait pas, certaines personnes  choisissent tout simplement d’ériger des dos d’âne devant leur domicile. Si rien n’est fait pour dissuader cette nouvelle habitude, Lomé risque d’ajouter à son palmarès le titre de capitale des dos d’âne.

Bientôt plus de chiens à Lomé

            A l’allure où vont les choses, le chien apparaît comme un animal en voie de disparition. Non pas qu’on ait dépisté au Togo une peste canine mais le nombre de mangeurs de chiens s’accroît à une vitesse exponentielle et de façon inquiétante. Il n’existe certes pas de chiffre des services statistiques indiquant l’augmentation du nombre de mangeurs de chien qui sont du reste connus. Mais de nos jours, ceux qui hier, brillaient par leurs mépris pour les consommateurs du chien, en raffolent au point qu’on assiste au vol de chiens qui errent en ville.

Experts mendiants à Lomé

          Ce ne sont pas des handicapés que vous voyez au carrefour de Déckon ou aux alentours des mosquées.

          Aujourd’hui, la situation difficile que connaissent les Togolais, a engendré une mendicité scientifique pratiquée par des hommes valides, qui ont de l’énergie à revendre. La tactique est simple. Certains se promènent avec des ordonnances et des papiers prouvant qu’ils sont des sidéens ayant besoin de l’aide pour survivre. D’autres font semblant d’être des sourds muets. D’autres encore inventent des histoires terribles de nature à vous faire vider vos poches par compassion pour eux. Malheureusement, la généralisation de ces cas risque de pénaliser les vrais mendiants.

Zaza est déjà prêt

          Il y a longtemps qu’on avait annoncé l’entrée au CPDC des autres partis signataires de l’APG. Depuis, les prochains candidats se sont mis au vert en attendant de prendre leur place au sein du cadre permanent de dialogue et de concertation. Sans doute parce que le CAR et l’UFC ont annoncé qu’ils se retireraient au cas où on faisait rentrer au CPDC des partis qui n’avaient pas obtenu 5 % de suffrages aux élections législatives comme le recommande le décret portant création du cadre permanent. Zarifou Ayéva, le très spécialiste des proverbes du pays Tem a sans doute peaufiné son dernier tome de proverbes qu’il pourrait faire connaître si on ouvrait le CPDC comme l’avait recommandé le Comité de Suivi. Pourquoi ne pas en donner la chance ?

Préfectures sans préfets

          Les deux plus anciens préfets du Togo ne sont plus de ce monde. Celui de la Préfecture de Kpendjal (appelée 6e continent en raison de enclavement) et celui de la Kozah. A ce jour, rien n’est fait pour pourvoir à leur remplacement. Le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales, porte-parole du gouvernement, a-t-il d’autres chats à fouetter que de procéder à leur remplacement, ou sont-ce les populations de ces préfectures qui se sentent à l’aise sans préfet ?

Agadazi ne s’avoue pas vaincu

          On ne l’a plus entendu il y a longtemps. Le président de l’ANSAT (Agence Nationale de la Sécurité Alimentaire du Togo) est bel et bien là. Il a tenu à le démontrer  la semaine dernière où ses éléments ont stoppé un camion gros porteur qui convoyait des produits vivriers à l’étranger. L’année dernière, le Colonel Sécurité Alimentaire avait eu maille à partir avec des commerçantes qu’il avait accusées de se livrer à l’exportation illicite des céréales. Cette affaire avait été dénouée grâce à l’intervention personnelle du Chef de l’Etat.

Pascal le campagnard

          Pascal Bodjona était à Asrama dans la préfecture de Haho samedi dernier pour la remise du décret de nomination du chef canton de la localité. Le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales, porte-parole du gouvernement après avoir remis le décret au chef, s’est installé dans un long discours de campagne. A la fin, il annonce un gros cadeau que le Chef de l’Etat promet aux populations de la localité et qui consistera à bitumer la route qui y mène. A voir l’énergie qu’il déployait pour rassurer les populations à des fins «campagnardes» (de campagne). On se demande s’il ne sera pas essoufflé avant la campagne électorale proprement dite.

Déception Kpatchatique

          Les dernières révélations de jeune Afrique ne vont pas seulement amener certains à se torturer les méninges pour la défense de Kpatcha. Y a qu’à redire que Jeune Afrique « a pris de l’argent »  pour enfoncer Kpatcha selon le terme désormais  consacré. Ces révélations ont de quoi énerver ceux qui considèrent que le Togo serait un paradis si Le Gros et ses hommes prenaient le pouvoir surtout quand ils imaginent les avantages qu’ils peuvent tirer du nouveau  régime.

Il a peur de son prénom

          Kpatcha habite quelque part dans une des banlieues de Lomé.  Au temps où le gros était le gros F. qui a le même prénom et de l’embonpoint comme lui n’éprouvait aucune gène à s’appeler Kpatcha.  Il était même fier et se bombait le torse lorsqu’on ajoutait Gnassingbé à son prénom Kpatcha. Mais depuis que l’ancien ministre de la défense s’est retrouvé entre quatre murs, notre Kpatcha ne rit plus et devient furieux quand on ajoute Gnassingbé à son prénom. Il a tellement peur de son prénom qu’il préfère qu’on l’appelle de son prénom chrétien. Cette histoire rappelle la vieille époque où des familles entières ont dû abandonner leur nom parce que quelqu’un qui le porte n’est pas en odeur de sainteté auprès du Timonier Bien aimé.

Regard 645 sont de mardi 12 mai 2009
Kpatcha Gnassingbé commence à parler…
 

          Ils commencent à parler. Ceux qui font croire que cette affaire de coup d’Etat est une bonne blague auront honte. Ainsi parlait un dignitaire du régime en place.

          Tenu de privilégier sa fonction de Chef de l’Etat loin de la palabre clanique, Faure Gnassingbé s’en est remis à la Justice pour que la lumière soit faite sur cette affaire. C’est sans doute pour cette raison que ceux qui confondent l’Etat à la cuisine Gnassingbé ont du mal à persuader le Chef de l’Etat afin qu’il influence le cours de la Justice pour faire libérer le citoyen Kpatcha Gnassingbé. Apparemment, ni la crainte de perdre le pouvoir, ni les menaces de quelque nature que ce soit n’ont aucun impact sur Faure Gnassingbé.

          Il est vrai que la seule manière de montrer qu’il y avait coup d’Etat à défaut de n’avoir pas laissé passer la nuit du 12 Avril, c’est de faire en sorte que son demi-frère, bénéficie de conditions d’un procès juste et équitable afin que la vérité soit connue.

          De nouvelles rumeurs font état de ce que Kpatcha Gnassingbé voudrait rencontrer son frère en tête à tête. Mais si réellement Kpatcha demande à rencontrer le Président face à face, c’est la preuve qu’il ne réalise toujours pas ce qui lui arrive. Cela revient à dire qu’il considère l’Etat togolais comme une affaire familiale. A la limite, c’est même une moquerie à l’égard du Chef de l’Etat qu’un citoyen X, fût-il un Gnassingbé, prévenu, exige une rencontre en tête-à-tête. Cela confirme même les considérations selon lesquelles il voit, en Faure non pas un Président de la République mais son égal. A moins que Kpatcha ne soit un prévenu très spécial au-dessus de la loi qui mérite un traitement spécial. Si tous les prévenus ont la possibilité de rencontrer en tête-à-tête le Président de la République pour régler des affaires relevant de la Justice, Faure Gnassingbé ferait mieux d’installer son siège à la gendarmerie ou quelque part au Palais de Justice pour discuter gentiment avec les présumés comploteurs.

          En revanche, ce que les Togolais attendent, c’est que l’occasion soit donnée à Kpatcha de prouver publiquement son innocence et de dire tout ce qu’il a dans la ventre contre son frère. Depuis quatre ans qu’il était libre de ses mouvements, le citoyen Kpatcha a eu tout le temps de discuter avec Faure en tant que son frère. Ils se sont dits ce qu’ils avaient à dire. Des Chefs d’Etat africains comme Kufuor, Compaoré, Bongo, Kadhafi sont intervenus pour faire la médiation. Tous les amis d’Eyadéma comme le Pasteur Roux et bien d’autres encore ont parlé. En vain.

          Si jamais Faure commettait l’imprudence de se prêter à ce jeu infâme, il confirmerait qu’il est à la tête non d’un Etat mais d’un clan. Il ferait mieux de quitter le pouvoir pour une palabre en tête-à-tête avec Kpatcha dans un vestibule à Pya Akéi.

Abass SAIB


Boko, Yamgnane et le duel Faure-Kpatcha

Décidément, cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre et de salive. On rapporte que le commandant Boko Akila-Esso François depuis Paris chercherait  à faire une sortie  médiatique sur une radio privée de la place. Une occase  pour revenir sur l’affaire  Kpatcha et consorts. On se souvient que  l’ancien ministre de l’intérieur avait été cité par des journaux de la place comme faisant partie de l’équipe gouvernementale du « Gros » au cas où le coup réussirait. François Boko avait alors démenti avec véhémence une telle allégation qu’il juge sans fondement. Mais depuis le début de cette affaire ses déclarations tendant à conclure de façon péremptoire que ce complot est un faux alors que tout le monde attend les suites judiciaires de cette affaire, le range automatiquement du côté de Kpatcha Gnassingbé.

Au moins Boko et Yamgnane se rejoignent de par leur position sur l’Affaire Kpatcha. Peut être que c’est la   logique d’opposition à tout prix  qui dicte cette prise de position mais l’empressement de certains démocrates à  prononcer le verdict avant le procès laisse croire qu’ils ont quelque chose à se reprocher dans cette affaire. Au début, et au grand étonnement des Togolais,  l’ UFC  était le premier parti politique à crier à la violation de l’immunité  parlementaire du député. Mais le CAR que l’UFC considère comme son acolyte estime que «suivant les textes en vigueur,  en cas de flagrant délit,  un député peut être arrêté et poursuivi sans levée préalable de son immunité». On s’interrogeait sur la position de l’UFC lorsque le président  de la jeunesse de l’UFC, Habia Nicodème, comme pour rectifier le tir a précisé que les déclarations de son parti «ne se situent pas dans un quelconque soutien à Kpatcha». De quoi énerver le député qui avait vite fait de remercier l’UFC pour son soutien. Aux dernières nouvelles la rumeur selon laquelle Kpatcha demanderait à rencontrer le président de la République fait dire à l’humoriste que le face à face en question ne serait qu’une invite à un duel, une empoignade  entre deux  Evala dignes fils du grand lutteur Gnassingbé père. Mais pour être un peu sérieux il vaut mieux exiger que justice soit faite pour que la vérité triomphe.

A. S.


Exclusif :  Usage de faux dans l’attribution des marchés : La Banque Mondiale découvre un gros scandale au TOGO

            Les Togolais qui empruntent le boulevard de l’Oti à partir du rond point de Bè Gakpoto en allant vers Bè-Kpota peuvent constater qu’à un certain niveau sur le côté gauche, le trottoir est un tout petit peu élargi. La raison en est que le boulevard de l’Oti figure parmi les infrastructures dont la Banque mondiale a financé  l’aménagement. Un appel d’offres a été lancé à cet effet mais depuis, les travaux n’ont jamais démarré. Nous avons cherché à savoir pourquoi. Les investigations menées ont permis de comprendre que  la Banque Mondiale a ordonné la suspension des travaux et qu’en fait, sous un problème apparemment anodin loge un gros scandale. Voici le pot aux roses.

Dans notre édition du 14 Avril 2009, il a été fait état de ce que les bailleurs de fonds s’inquiètent de la manière dont les attributions de marché s’effectuent au Togo.

          Dans le cadre des travaux d’aménagement  des infrastructures au Togo  financés par la Banque mondiale,  un appel d’offres a été lancé par l’AGETUR-TOGO pour l’aménagement et le pavage de la seconde partie du Boulevard de l’Oti. Le retard pris dans l’exécution des travaux a suscité notre curiosité .Et, voulant  en connaître les raisons, on a découvert que la Banque Mondiale a émis de sérieuses réserves sur le choix  de l’entreprise pressentie pour exécuter les travaux effectués au point de demander  la reprise de l’Appel d’offres. On s’est rendu compte que, pour se faire attribuer le  marché, la société IG-TOGO a utilisé les grands moyens. En effet, l’adjudication des travaux étant fonction des références techniques et financières des entreprises, IG TOGO a trafiqué les siennes en fournissant de fausses références, citant des travaux similaires déjà réalisés au Maroc en Tunisie  et en Algérie, lesquelles références devant lui permettre de déclarer un chiffre d’affaires de plus de 12 milliards de  francs CFA. Mais la Banque mondiale très vigilante  avait mis en doute toutes ces informations et demandé des éclaircissements.

La version de IG -TOGO

Des informations en notre possession  indiquent qu’ une lettre  a été envoyée à IG –TOGO par la Banque Mondiale lui  faisant ressortir tous les éléments de fraude contenus dans son dossier de soumission en lui enjoignant de s’expliquer sur les faux documents  fournis dans les meilleurs délais. En attendant sa réponse à la Banque Mondiale,  IG TOGO que nous avons rencontré reconnaît avoir présenté de faux documents. .Il  confirme aussi avoir reçu une lettre de la Banque mondiale au sujet de cette affaire. «  Nous sommes en train de préparer notre défense » a déclaré M Gnansounou  qui confirme avoir fait beaucoup de chiffre d’affaires avec AGETUR-TOGO qui, dit –il, connaît la valeur de IG -Togo

Mais le plus navrant c’est que IG TOGO a déclaré avoir envoyé une lettre à AGETUR- TOGO pour lui demander d’intercéder auprès de la Banque mondiale pour plaider sa cause. Expliquant l’origine du problème, le DG de IG- Togo s’est d’abord plaint d’avoir engagé des frais pour un travail dont on demande la suspension. Il considère qu’il s’agit d’un problème de personne et d’une conspiration ourdie par ses détracteurs. Il prétend qu’au niveau de la Banque Mondiale, certains de  ses concurrents bénéficieraient des faveurs d’un fonction-naire de la Banque,  qui aurait donc voulu  faire attribuer le marché à une autre entreprise à son détriment.  Il dit que les deux problèmes majeurs relevés concernaient celui des moules et le quitus fiscal mais qu’il avait rempli valablement les critères. En tout cas, M Geoffroy Gnansounou se dit victime d’une injustice. Au sujet des faux documents détectés par la Banque Mondiale, le responsable de IG-Togo considère qu’il s’agit d’une erreur malencontreuse qui s’est glissée dans la constitution du dossier de soumission, que l’erreur est humaine, qu’en fait ces documents étaient destinés à d’autres fins et que sa société dispose de références  suffisantes et assez significatives  hormis les dossiers visés par la Banque Mondiale, pour arracher valablement les marchés. Il reste à démontrer que ce n’est pas «une erreur voulue».

La complicité de l’AGETUR–TOGO ?

Le Directeur de l’AGETUR que nous avons rencontré dit avoir fait ce qu’il devait faire. Il rejette sa complicité dans cette affaire et explique que l’Agence n’a pas pour mission de contrôler la véracité des références fournies par les soumissionnaires au plan national. Il ajoute que depuis que AGETUR travaille avec IG TOGO, cette société n’a posé aucun acte pouvant  jeter le doute sur sa bonne foi. Le DG de AGETUR TOGO précise que lorsque la Banque Mondiale a relevé les irrégularités, il a écrit  à la société incriminée  pour lui demander d’arrêter le travail. En revanche, il a confirmé avoir reçu une lettre  de IG Togo le priant d’intercéder en sa faveur auprès de la Banque Mondiale mais qu’il est hors de question pour lui  de se livrer à ce jeu. En clair, IG TOGO devrait assumer la responsabilité de ses actes.

Selon nos sour-ces, la Banque Mondiale en réponse au premier rapport de non objection envoyé par l’AGETUR lui avait demandé par lettre, de vérifier l’authenticité et la véracité des documents fournis par certaines entreprises dont IG-TOGO. En réponse à la lettre de la Banque mondiale, datée de décembre 2008,  l’AGETUR avait biaisé les réponses en invoquant les références fournies au Togo et au Bénin oubliant à dessein les autres références incriminées par la Banque Mondiale.

Le DG de l’AGETUR TOGO a nié avoir évoqué une licence d’exclusivité du moule exigé, ce qui mettrait en cause la transparence  des appels d’offres. Or dans une correspondance adressée à une société dans le cadre de cet appel d’offres, AGETUR avait déclaré qu’il y a une entreprise qui a fourni la licence d’exclusivité de la marque de moules exigée. Où est donc la transparence si une société concurrente détient la licence  d’exclusivité du moule ? De nos investigations, il ressort qu’IG -TOGO  n’a jamais produit de pavés au Togo. On comprend alors aisément pourquoi cette société est partie aussi loin pour chercher ses références techniques.

La fuite en avant

Avant même que cette affaire avec la Banque mondiale ne trouve son épilogue, on constate  que IG TOGO est en train d’exécuter des lots de travaux pour l’AGETUR TOGO mais cette fois-ci financés par la BOAD. Il s’agit des travaux d’aménagement et de pavage des rues Amemaka –Libla (Bè –Bassadji) et de l’avenue des Evala (Lomégan-Djidjolé) ; travaux dont la durée d’exécution est porté à huit mois au lieu de quatre mois comme le stipule le dossier d’appel d’offres montrant ainsi l’incapacité technique et matérielle de IG TOGO à exécuter tous ces travaux dans le délai prévu à l’appel d’offres. Il faut se demander si la   BOAD s’est assurée de la régularité des références fournies par IG TOGO dans l’appel d’offres qu’elle finance et dont les travaux sont en cours d’exécution.

On ignore si les autorités togolaises sont au parfum de cette affaire ou non. Sous d’autres cieux, le fait pour une société de reconnaître avoir produit du faux suffit pour la dessaisir des travaux. Mais nous sommes au Togo où tout est possible. Cette façon de procéder n’est pas de nature à persuader les bailleurs de fonds quant à la réelle volonté politique des autorités togolaises de lutter contre la corruption et promouvoir la bonne gouvernance. Ce serait une insulte que de dire que le ministre de tutelle et le  premier ministre habitués aux circuits onusiens n’en savent  rien. Alors qu’on continue de dire à qui veut entendre que les efforts sont fournis en vue de redresser le pays, cette affaire doit interpeller la conscience des autorités togolaises. Il faut se demander si les faussaires n’ont pas  les mains solides au sein de l’appareil d’Etat  (À suivre)

Abass Mikaila SAIBOU


Le RPT comme à la vieille époque

          Le séminaire organisé par le RPT en fin de semaine dernière a révélé que ce parti n’a pas perdu les réflexes d’antan. En dépit des soubresauts consécutifs à l’avènement du pluralisme politique, il est resté égal à lui-même

          Le séminaire aura été l’occasion pour certains de faire étalage de leur aisance matérielle : grands boubous brodés, voitures hauts de gamme rutilantes étaient au rendez-vous. Des barons qu’on croyait à la retraite parce que disparus du devant de la scène depuis plusieurs années ont refait leur apparition. Même des fonctionnaires qu’on croyait du côté de l’opposition s’ils ne sont pas tout simplement neutres, ont tenu à marquer leur présence.

          Le plus étonnant, c’est que tous les militants qu’on disait proches de Kpatcha et dont on disait qu’ils allaient boycotter les travaux en signe de protestation étaient là et se faisaient remarquer. Certains d’entre eux se débattaient pour se mettre en évidence en occupant les premières places. Ils étaient ceux-là qui avaient applaudi le plus, à la lecture de la motion de soutien à Faure qui condamne sévèrement le coup d’Etat.

          On attendait de voir se manifester la division du RPT dont parlent certains avec force conviction. Mais il n’en a rien été. Mais rien n’a été fait qui puisse laisser croire que Kpatcha Gnassingbé a des partisans inconditionnels au RPT.

          Ce qui s’est passé apporte la preuve que les Togolais ne sont pas sérieux et qu’ils ne poursuivent que leurs intérêts personnels. Il y a seulement quelques semaines, des gens qui vouent Kpatcha aux gémonies aujourd’hui l’adulaient. Ils disaient du bien de lui et le présentaient comme un homme providentiel. Fort de leurs flagorneries, le député de Kozah avait commencé à se croire populaire au point de se faire des idées.

          A présent que les ambitions que ses supporters l’ont aidé à cultiver l’ont conduit en détention, ceux qui hier chantaient ses louanges lui ont tourné le dos et font bloc autour de Faure. Dans cette affaire, c’est l’artiste togolais de la chanson Ali Jezz qui a raison, lui qui dans l’une de ses chansons disait que lorsqu’on est dans l’abondance, on a beaucoup d’amis qui veulent profiter de vos biens. Mais dès que survient le moindre problème, tout le monde vous abandonne et trouve des raisons pour justifier vos malheurs.

          Selon M. Solitoki : «le RPT est l’initiateur depuis près de deux décennies de ces transformations sociales, nous ne devons donc pas laisser le monopole du langage de la modernité à nos adversaires politiques qui, faute d’idées et de pragmatisme, tentent par tous les moyens de noircir les résultats probants obtenus par notre Président depuis quatre ans d’exercice du pouvoir».

          Selon toujours le Secrétaire Général, «le Bureau Politique, élargi au Collège des Sages a déjà condamné cet acte d’un autre temps» avant de conseiller aux militants de «garder une totale sérénité vis-à-vis de ce sujet en recherchant à renforcer la cohésion du parti et à soutenir le Président de la République face à cette situation».

          L’opposition qui compte se saisir de l’affaire Kpatcha et surtout de la supposée division qu’induit cette affaire au RPT devrait revoir sa copie et tabler sur une autre option.

          En tout état de cause, c’est plutôt le contraire de ce qui a été observé à l’occasion de ce séminaire qui serait surprenant. Ceux qui, à l’ombre du RPT ont amassé des fortunes colossales et des richesses ne sont pas prêts, pour rien au monde, de laisser le pouvoir leur filer entre les doigts. C’est peut-être de bonne guerre. Il appartient désormais à l’opposition de tenir compte de ces réalités du terrain pour élaborer sa stratégie de conquête du pouvoir.

L. R.


Les complots sous le régime Eyadéma

          Sous le régime Eyadéma, les complots allaient devenir une stratégie de renforcement du pouvoir. Au rythme des vraies ou fausses conspirations, le régime s’enracinait. A l’annonce de chaque complot éventé, des manifestations de soutien s’organisaient dans tout le pays et mobilisaient les populations jusque dans les hameaux les plus reculés. Des tonnes de messages de soutien parvenaient au Palais de la Présidence. La conséquence immédiate de cette pratique a été le culte de la personnalité poussée jusqu’à la dévotion.

Le 24 Avril 1967 : l’affaire Bokobosso

          C’est dans ses toutes premières heures que le régime Eyadéma parlera d’un attentat. C’était le lundi 24 Avril 1967. Eyadéma avait pris le pouvoir depuis seulement dix jours. Arrivé au Palais de la Présidence aux premières heures de la matinée, un gendarme de la garde qui lui rendait les honneurs avait armé son fusil et tiré sur lui. Eyadéma parlera toujours de ce premier attentat jusqu’à sa mort. Le gendarme Bokobosso, auteur du tir a été maîtrisé et condamné à être passé par les armes. «Il devait être fusillé à l’aube, aime raconter le Gal et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je suis croyant. Je ne lui avais pas donné la vie et je n’avais aucun droit de la lui ravir. J’ai téléphoné au Colonel Assila, qui commandait le peloton d’exécution pour lui signifier ma décision. Simplement nous avons exclu de l’armée un si mauvais tireur».

          Eyadéma aime aussi dire que le jour anniversaire de cet événement, il trinque avec son agresseur. Toujours est-il qu’il y a belle lurette que personne n’a plus vu la moindre trace de cet ancien gendarme. Mais jusqu’à une date encore récente, le 24 Avril figurait au rang des fêtes légales au Togo comme journée de la Victoire.

L’attentat de Sarakawa

          Moins de sept ans après ces événements, le DC-3 des FAT qui transportait le Gal Eyadéma et certains de ses proches à Kara s’était écrasé à Sarakawa. C’était le 24 janvier 1974.

          Très vite ce que certains avaient considéré comme un accident d’avion est présenté comme un attentat ourdi par la haute finance internationale qui voulait éliminer physiquement le Chef de l’Etat qui envisageait de revoir à la hausse, la part du Togo dans le capital social de la CTMB.

          Selon les tenants du pouvoir, la haute finance internationale en était venue à cette extrémité après avoir vainement tenté de corrompre Eyadema en lui proposant un château en Europe et 1 milliard  500 millions de F CFA.

          Cet «attentat» précipitera la nationalisation de la CTMB et la date du 24 Janvier sera fériée et célébrée au Togo comme le jour de la libération économique.

Octobre 1977 et Novembre 1978 : l’affaire des mercenaires

          Les années 1977 et 1978 ont été particulièrement agitées au Togo avec ce qu’il est convenu d’appeler «l’affaire des mercenaires». Le régime Eyadéma, naturellement, dans ce dossier avait vu la main des fils Olympio. Plusieurs personnes ont été interpellées, jugées puis condamnées par une Cour de Sûreté de l’Etat.

          Outre Gilchrist et son frère Bonito considérés comme les commanditaires des mercenaires qui avaient réussi à introduire des armes, des noms comme Emmanuel Kodjovi de Souza, Kossivi de Souza, de Souza Komlan, de Souza Abalo, Lawson Teyi Hetcheli, Sanvee Kouao, Béké Georges, Kondjossan Ayivi, Olympio Toto, Olympio Guillaume, Lawson Francisco, Savi de Tove Jean, …. avaient été associés à l’affaire. Mais celui dont le nom aura le plus, défrayé la chronique était le lieutenant-Colonel Lawson Merlaud.

          Au cours d’une conférence de presse organisée à son bureau du camp RIT le 25 novembre 1978, le Gal Eyadéma a lui-même raconté les faits.

«C’était le jeudi 13 octobre 1977, j’ai reçu à 9 heures, sur sa demande, l’ambassadeur d’un grand pays. Il me disait qu’il était chargé de me remettre un message très important. J’ai reçu ce message qui m’informait d’un débarquement imminent de mercenaires étrangers pour m’assassiner et occuper pour une semaine le pays. J’ai lu le message, et la seule question que j’ai posée à cet ambassadeur, c’était de savoir à la solde de qui travaillaient ces mercenaires. L’ambassadeur m’a dit que les autorités de son pays posent elles aussi la même question.

Je l’ai remercié. Et, avant de partir, il a fait demi-tour pour me dire ceci : «Monsieur le Président, c’est très grave, il faut prendre cette information au sérieux.» II est parti. Il avait ajouté que, selon les renseignements, les mercenaires devaient débarquer le 15 octobre 1977 à Lomé. J’ai réfléchi assez longuement. Puis, je me suis dit que les mercenaires ne peuvent débarquer à Lomé sans qu’ils aient sur place des complices. Y avait-il sur le plan militaire, dans l’armée, des personnes qui ont été contactées, notamment parmi les officiers ? Sur le plan civil, j’étais moins préoccupé, car les politiciens étant ce qu’ils sont, c’est leur droit le plus absolu de tenter leur chance. J’étais seulement préoccupé par nos militaires. Je n’ai presque rien dit à personne. Tout seul, j’ai longuement réfléchi. Et la conclusion à laquelle je suis parvenu, c’est de ne rien dire à personne jusqu’au jour J (le 15 octobre 1977), parce que j’ignorais qui, dans l’armée, était au courant et qui ne l’était pas, qui avait pris ou pas contact avec les mercenaires.

Le vendredi 14 octobre, j’ai eu les mêmes renseignements d’une autre source digne de fois. Alors là, je me suis dit que cela devenait sérieux. Ce n’est que le sa­medi 15 octobre que j’ai prévenu les officiers qu’il n’y aurait pas de permission. Et, le soir du jour, à 20 h 45, j’ai convoqué dans mon bureau du camp du R.I.T. tous les officiers en tenue. Je les ai mis au courant des renseignements en ma possession tout en leur demandant de me dire s’il y en a parmi eux qui sont au courant de près ou de loin de ce que se tramait. Si oui, qu’ils le disent, sinon ce sera trop tard. Je leur ai donné dix minutes de réflexion à l’issue desquelles je les ai réunis à nouveau. Tous ont affirmé ne pas avoir été au courant ni été contactés.

Donc, j’ai procédé à la répartition des missions militaires qui devaient surveiller et défendre au besoin les points stratégiques de notre capitale. Dans le même temps, j’ai fait renforcer la vigilance à nos frontières. Mais ce 15 octobre, rien ne s’est passé. Cela en a été ainsi pendant une semaine, deux mois, trois mois, etc. Après cela, nous avons commencé par avoir d’autres renseignements concernant notamment le lieu où les mercenaires étaient débarqués avant de venir chez nous. Car vous savez que les mercenaires ne peuvent quitter l’Europe pour se rendre directement dans le pays d’Afrique où ils doivent opérer sans faire escale dans un pays voisin, c’est-à-dire proche du pays qui sera leur cible. Nous avons eu des renseignements de source digne de foi, portant sur le lieu où ils étaient, sur leur nombre, sur ce qu’ils projetaient de faire.

Aussitôt, j’ai dû prendre contact avec certains de mes pairs (chefs d’Etat). Ces derniers m’ont assuré que, dans l’intérêt de notre sous-région ouest-africaine, il vaut mieux n’accuser personne. Effectivement, je n’ai rien fait dans ce sens. C’est leur droit le plus absolu d’agir. S’ils ont raison, ils vont réussir, s’ils n’ont pas raison et si Dieu n’est pas avec eux, ils vont échouer. J’ai continué à garder ma patience. Et comme Dieu est là pour défendre la cause des innocents, les mêmes mercenaires qui avaient débarqué chez nous, mais n’ont pu agir, ont pris contact avec certains de nos ambassadeurs en Europe. Ils ont dit à nos représentants qu’ils voulaient venir à Lomé pour faire des révélations. J’ai accepté leur offre et les ai reçus. C’est effrayant, c’est incroyable et c’est dommage.

Nous disons que nous sommes membres de l’Organisation de l’unité africaine. Et à la tribune de l’O.U.A. nous crions : «A bas les mercenaires!» Qui sont les mercenaires ? C’est nous-mêmes qui sommes mercenaires !

Puisque c’est nous qui allons à leur recherche. Si nous ne recevons pas les mercenaires, jamais ils ne pourront venir ici. Les mercenaires qui ont demandé à me voir ont fait des exposés à mon gouvernement et aux ambassadeurs accrédités au Togo. Jusque-là, nous n’avons accusé personne.

Tout récemment a surgi l’affaire Lawson. Le lieutenant-colonel Lawson a pris contact avec un de ses subordonnés, un lieutenant deux galons pour savoir s’il était possible de faire un coup de force. Ce lieutenant, dès que Lawson l’a quitté, a cherché à me voir. J’ai estimé que c’était grave. J’ai convoqué Lawson avec d’autres officiers supérieurs. Il y avait aussi le lieutenant Lawani. Je les ai confrontés. Lawson, confondu, demande pardon. Je lui ai infligé des sanctions militaires prévues par l’armée. Après il a été exclu pour six mois des Forces armées togolaises, conformément à nos statuts. Et ce n’est qu’après ce délai que la commission de discipline qui a eu à statuer sur son sort, siégera à nouveau pour se pencher sur son cas. Il y a une semaine de cela, on me télé­phone un soir pour me dire que des munitions ont été découvertes dans un puisard.

Comment la chose est-elle arrivée ?

Un soldat demande à un autre de lui rendre service et d’aller vidanger un puisard. A côté du vrai puisard, se trouve un autre qui est en fait un faux puisard. On l’ouvre. Au lieu des eaux usées on voit un puisard bien aménagé contenant des munitions — quelque neuf cents cartouches, des chargeurs, des explosifs et des détonateurs.

J’ai demandé aux enquêteurs de continuer les recherches, car j’estimais qu’il ne pouvait y avoir des munitions sans armes. Il peut à la rigueur y avoir des armes sans munitions, mais pas le contraire. Ils ont continué les recherches. J’étais dans le Nord un jeudi. Je devais revenir le dimanche ou le lundi suivant. Mais j’ai décidé de rentrer à Lomé samedi matin. J’arrive dans la capitale et l’officier qui est chargé de l’enquête me dit : «Monsieur le Président, nous sommes très inquiets, car il y a un officier supérieur, le lieutenant-colonel Merlaud Lawson qui est impliqué dans l’affaire.» J’ai convoqué le colonel Assila et lui ai ordonné d’aller chercher le lieutenant-colonel Lawson.

          Le colonel Assila avait pour mission de confronter Lawson et en même temps de le perquisitionner. Arrivé chez Lawson, le colonel Assila ne l’a pas trouvé. Il lui a été dit que Lawson est parti dans son village. On va sur place le chercher en vain.

          Vers 13 h 30, Lawson fait son appari­tion aux environs de sa villa. Il trouve au portail deux ou trois gendarmes qui l’attendaient pour le perquisitionner. Car j’ai donné comme instructions de ne jamais perquisitionner son domicile en son absence. Donc, les trois gendarmes atten­daient là. Et dès qu’il les aperçoit il fait demi-tour avec sa voiture, et repart à toute vitesse.

Pourquoi les militaires ne l’ont-ils pas arrêté, en tirant, par exemple, sur sa voiture ? C’est parce que j’ai donné au colonel Assila des consignes, pour qu’il ne soit pas fait usage d’armes à cette occasion. Même s’il veut se sauver. Je préfère le laisser partir plutôt que de l’abattre. On a aussitôt commencé à le rechercher par­tout, mais il n’a pas été retrouvé. Mais sa maison a été perquisitionnée en présence de sa femme. On y a trouvé un échantillon d’explosifs et des détonateurs, les mêmes qu’on avait trouvés au domicile de M. Emmanuel de Souza, celui-là qui s’est enfui avec les mercenaires. Il y avait également une liste très compromettante. On était toujours à sa recherche quand, le soir, un de ses amis est allé alerter la gendarmerie pour lui signaler le passage de Lawson à son domicile. Cet ami disait qu’il était absent et qu’à son retour son enfant lui a dit que Merlaud Lawson était de passage avec sa voiture, qu’il était très ex­cité. «Je laisse ma voiture ici, on cherche à m’arrêter. Si ton père revient, dis-lui de je­ter la voiture dans la mer ou de la brûler», dit Merlaud Lawson à l’enfant de son ami.

Deux gendarmes gardant la maison de Lawson voit s’amener la nuit une personne qui voulait le lieutenant-colonel Lawson. Elle dit aux militaires qu’elle

venait de chez son ami qui est un cousin de Merlaud Lawson, mais que celui-ci était absent et qu’elle venait voir si son ami ne se trouvait pas ici. Parce que, a-t-elle ajouté, les deux cousins se fréquentaient. Les militaires ont emmené cette personne chez son ami absent. Effectivement, les portes de son domicile étaient fermées. Mais, dans la cour de cette maison, on trouve la même chose comme au domicile d’Emmanuel de Souza, c’est-à-dire deux puisards — un vrai et un faux. On veut y regarder de près, mais on s’aperçoit que, malheureusement, le puisard — le faux — était vidé de ce qu’il contenait. Nous pensons, quant à nous — il n’y a pas de doute —, qu’il s’agissait des armes. Les concernés ont dû opérer dans la nuit de vendredi à samedi. Cela veut dire que le lieutenant-colonel Lawson, s’il n’était pas rentré le samedi, devait détruire ce qui était compromettant, et se sauver. Voilà ce qui s’est passé. Je voudrais aussi vous dire que j’ai mis ma jeunesse, toute ma jeunesse à forger cette armée. Parce que, très tôt, j’ai compris qu’on ne peut pas parler de l’u­nité de la nation sans l’unité de l’armée.

C’est le droit le plus absolu de Lawson de tenter sa chance. Le pouvoir ne m’ap­partient pas, je suis là pour servir le pays. Le pays n’est pas ma propriété. Je partirai peut-être demain. Mais c’est seulement le fait d’aller chercher les mercenaires que je ne comprends pas. Vous connaissez l’action des mercenaires quand ils rentrent dans un pays, ils détruisent tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Pourquoi faire des victimes innocentes ?

          J’ai actuellement ma conscience libre, elle ne me reproche rien. Lawson fait par­tie des officiers de confiance. J’ai même eu à lui confier des postes importants, je l’ai envoyé à plusieurs reprises en missions importantes à l’extérieur de notre pays. Lawson, je le sais, est un officier négatif. Je l’ai nommé lieutenant-colonel pour prendre rang le 1er janvier dernier. Il n’était pas inscrit au tableau d’avancement. Chez nous, dans l’armée, ce sont les officiers qui décident les avancements de tous les militaires en nombre impair. Et, dans le cas contraire, ils essaient de passer au vote. Donc, vous comprenez qu’il y a aussi la démocratie dans l’armée. Mais j’ai nommé Lawson sans passer par la voie normale, parce que je sais que les officiers devaient s’y opposer. C’est pourquoi j’ai pris moi-même la décision de le promouvoir directement.

Or, je voudrais vous dire ceci : au meeting populaire de jeudi dernier, certains orateurs disaient que l’heure est grave. Je trouve cette affirmation un peu exagérée. L’heure est grave pour celui-là qui est parti en laissant sa femme, ses enfants, sans soutien. Mais, avant tout, j’ai eu à le dire déjà, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider la femme de Lawson à les éduquer. Ils n’ont commis aucun crime. J’ai toujours dit que, dans la vie, tout ce que l’on fait, si vous avez raison, Dieu est avec vous.

          Lawson n’avait aucune raison de faire ce qu’il faisait. Il a tout ce qu’il faut. Et il a ma confiance. Vous le savez, la confiance ne s’achète pas, elle se mérite. Donc ce qu’il a voulu faire, c’est tout simplement pour satisfaire peut-être son ambition.

Moi, je fais confiance individuellement aux gens. Lawson n’est pas nécessairement lié dans cette affaire à sa mère, à sa femme, ou bien à son village. Non, je refuse une telle manière de voir. Chez moi, je ne fais jamais de procès d’intention à qui que ce soit. Mais seulement, vous le savez, il n’est pas seul. Ils sont trente-six militaires. Et j’ai, ici, une liste récupérée chez M. Emmanuel de Souza qui a pris la fuite avec les mercenaires. Mais ces trente-six militaires, ce sont des soldats de la région d’Emmanuel de Souza. Ce dernier a voulu qu’on lui trouve des militaires de la même région que lui, c’est-à-dire des Guins. Ces militaires, je ne vais même pas les inquiéter. Les pauvres. Il se peut qu’ils ne soient au courant de rien. Mais ils n’ont pas le choix, ils ne peuvent pas renier leur région. Il se peut que Lawson ait pris leur nom. Je ne vais même pas les impliquer. A la rigueur, on pourra leur demander ce qui s’est passé. Je dis ceci compte tenu des expériences que j’ai vécues : vous le savez bien, en 1963 j’ai joué un rôle important pour renverser le régime d’alors. Mais je n’avais pas cette chance, comme Merlaud Lawson : je n’étais pas en activité dans l’armée et je n’étais pas lieutenant-colonel. Lui, il est lieutenant-colonel et il peut influencer. Mais, si le coup a réussi en 1963, ce n’est pas nous-mêmes qui avons fait ce coup d’Etat. Nous ne pouvons pas nous glorifier. C’est Dieu qui avait fait le coup d’Etat. Parce qu’il fallait absolu­ment un changement, et Dieu a inspiré des gens pour obtenir ce changement de 1963. Mais, eux, ils sont trente-six, et peut-être plus. Ils sont allés même chercher des mercenaires. Moi, je n’avais pas la chance d’avoir avec moi trente-six personnes — ce qui fait déjà une section. Nous étions en tout dix-neuf, et j’ai décidé de venir balayer le régime d’alors. Qu’est-ce que je voulais, je voulais la liberté la liberté d’expression. Parce qu’on ne peut pas bâtir une nation, ni la développer sans la sta­bilité. Construire un pays, ce n’est pas l’affaire d’une personne, c’est l’affaire de tout le monde. Or, à l’époque, en 1963, au moment même où l’armée intervenait, pratiquement tous les intellectuels étaient obligés de s’expatrier et d’autres malheureusement qui n’ont pas eu la chance de s’enfuir se trouvaient jetés en prison».

Le 23 septembre 1986

          Après ces événements, le Togo retrouva une sorte de quiétude. Le régime s’était revigoré et baignait en plein, dans le culte de la personnalité. Mais cette situation n’allait pas durer. En effet, le 23 septembre, un commando d’hommes en armes avait pris Lomé d’assaut. Objectif, déstabiliser le régime. Quelque temps avant l’attaque, une série d’explosions avait secoué la capitale. Cette attaque qui n’était qu’un acte de dépit de Togolais qui ont pris des armes contre le pouvoir en place a été présentée par le régime comme une attaque terroriste.

          Cette date est également célébrée comme fête légale au Togo.

25 Mars 1992

          Un commando d’hommes en armes avait attaqué le camp RIT. Ils avaient pénétré la forteresse et seraient même allés à la villa du Gal Eyadéma. Tout comme l’attaque du 23 septembre 1986, le bilan des événements du 25 Mars ne sera jamais connu. On sait que des officiers ont été tués au cours de la fusillade. Notamment le Gal Améyi et le Colonel Akpo Gnandi. Le Colonel Tépé accusé de trahison a été lynché après la fusillade.

05 et 06 janvier 1993

          Lomé a connu deux journées assez chaudes. Les combats entre l’armée et les combattants de la liberté ont été violents. Le théâtre des fusillades était la  Place de la Colombe de la Paix et le Boulevard Eyadéma qu’empruntait le Président de la République pour aller du camp RIT à Lomé 2. Sa Mercedes a été atteinte par un tir de roquette. Au cours des affrontements, un certain Alaza présenté comme membre de la «Brigade Rouge» à laquelle plusieurs observateurs attribuent une lourde part de responsabilité dans les tueries de Fréau Jardin a trouvé la mort.

          Au Togo, les complots se suivent et leurs suites se ressemblent, même si les faits divergent. La vérité c’est que vrais ou faux, ces complots auront permis au régime Eyadema d’incriminer les fils Olympio pour renforcer son pouvoir.

L. R.


Les doléances des chefs des Lacs déguisées en soutien  à Faure

          Aux temps forts du régime Eyadema où le parti unique mettait tout le monde au pas, les rois de la Préfecture des Lacs avaient réussi à se hisser au-dessus de la mêlée. Aussi ne les voyait-on pas s’impliquer dans les nombreuses manifestations souvent organisées à la gloire du «Président fondateur». Lorsque les chefs traditionnels avaient battu le pavé chantant les louanges du Timonier national, ils étaient inscrits aux abonnés absents. C’était plutôt réconfortant de constater que si une partie des chefs traditionnels du Togo était instrumentalisée et prête à se prêter à toutes les manœuvres du pouvoir, il y en avait qui gardaient encore toute leur dignité.

          Voilà pourquoi la manifestation organisée à Aného il y a quelques jours et qui a été présentée comme une marche de soutien au Chef de l’Etat a surpris plus d’un et suscité des interrogations. Elle a d’autant plus surpris qu’à la tête des manifestants, se trouvaient les plus hautes autorités traditionnelles de la ville.

          On en était là lorsque dimanche, le Président de la République et ses collaborateurs débarquent à Aného où Faure assiste à une messe à la Cathédrale SS Pierre et Paul avant de rencontrer les autorités administratives et traditionnelles de la ville et de toute la Préfecture arrivées à Aného pour la circonstance.

          La version officielle indique que le Président de la République était dans les Lacs pour remercier les populations et les chefs pour leur soutien qui ne lui a jamais fait défaut et qui a encore été récemment exprimé dans l’affaire Kpatcha.

          Comme c’est toujours le cas, Faure a été accueilli dans une ambiance festive. On a joué du tam-tam, chanté et dansé. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’indignation à l’UFC qui a toujours considéré les Lacs comme son fief. En effet, dans cette région acquise à l’opposition, l’UFC fait toujours le plein des voix. Lors des dernières élections législatives, ce parti a raflé tous les sièges en compétition dans la circonscription électorale. On comprend alors que la visite de Faure dans la zone puisse paraître aux yeux de certains comme une façon de marcher sur leur plate-bande.

          Mais selon nos informations, au cours de la rencontre entre Faure et les représentants des populations, il s’était plus agi de doléances à transmettre au Chef de l’Etat, que de soutien.

          Tous ceux qui connaissent Aného savent qu’il s’y pose de sérieux problèmes d’infrastructures. Le problème qui se pose avec le plus d’acuité aujourd’hui est relatif à la route internationale Lomé–Cotonou qui traverse la ville. L’usager qui vient de Lomé ou de Cotonou est frappé par l’état de défectuosité avancée de la route. Une véritable honte pour la ville et le pays.

          Les autorités locales ont donc formulé au Chef de l’Etat, une doléance pour le réaménagement de la route. Faure aurait prêté une oreille attentive à cette doléance et promis que les travaux de réaménagement allaient démarrer en juin prochain.

          La question se pose désormais de savoir s’il s’agit d’une promesse ferme ou de propos électoralistes. Car, plus d’une fois déjà, des travaux de réaménagement sur la route Lomé–Cotonou ont été annoncées. On a même parlé de construction d’échangeurs dans la zone portuaire. Mais jamais, nul n’a vu la couleur de ces échangeurs. Cette fois serait-elle la bonne ? On attend de voir.

L. R.


Humeur : L'autre visage de la presse privée togolaise

Le 03 mai dernier, la journée internationale de la liberté de presse a été célébrée au Togo. Et comme d'habitude, les autorités ont exhorté la presse à soutenir le dialogue. Les journalistes de leur côté ne se reprochent rien et n'attendent que l'aide de l'Etat. Mais il est  un constat que les journalistes togolais aptes à dénoncer les tares des autres et à les fustiger ne supportent pas qu'on les rappelle à l'ordre même s'ils foulent aux pieds la déontologie de la profession et font pire que ceux qu'ils dénoncent. Beaucoup considèrent les dispositions du code de déontologie et du code de la presse et de la communication comme des papiers de toilette s'ils ne les ignorent pas royalement. S'ils considèrent à tort ou à raison que la HAAC est dirigée contre eux, des responsables de médias ne sont pas  non plus tendres  à l'égard de l'OTM (Observatoire Togolais des Médias) qu'ils ont eux-mêmes mis en place pour assurer la police au sein de la corporation.

Lorsque l'observatoire les  invite suite à une plainte de tiers, certains refusent de se présenter.

D'autres qui obtempèrent font de la surenchère et  se livrent à du dilatoire refusant de reconnaître  leur manquement au code de la déontologie. D'autres encore  font semblant de reconnaître les fautes à eux reprochées mais quelques heures après nient ce qu'ils ont reconnu et écrivent des articles virulents  traitant  l'OTM de tous les noms d'oiseaux.

Les membres de l'observatoire sont considérés comme des zouaves qui n'ont rien à faire et qui ne méritent que du mépris. Récemment, plusieurs publications s'étaient coalisées pour tirer à boulets rouges sur l'Observatoire qui  a publié un communiqué sanctionnant l'audition d'un des leur. Une première dans la sous région.  Mais aussi curieux que cela puisse paraître, les journalistes qui se montrent irrévérencieux à l'égard de l'OTM ne trouvent aucun inconvénient à réclamer  son concours lorsqu'ils sont confrontés à des problèmes avec les pouvoirs publics. On est loin de l'époque Pitang et du Général Walla où on se ménageait des maquis pour échapper à la fureur des autorités mais en général la dépénalisation des délits de presse apparaît avec la bénédiction des autorités politiques et judiciaires elles-mêmes- et c'est ce que beaucoup y compris des journalistes croient- que les acteurs de médias sont intouchables et jouissent d'une impunité sans pareille. Cette bénédiction tient au fait  que les autorités togolaises vouent une admiration et un respect religieux aux spécialistes de l'alarmisme, du harcèlement médiatique. Devant cette situation "déconner" apparaît comme la seule option possible. Le philosophe semble avoir raison qui disait que dans un monde où  la folie fait la sagesse il est fou d'être sage. Notre pays étant donc anormal,  ne faut-il donc pas inviter  tous les journalistes à faire les fous pour être dans les normes ?

A. S.


Présidentielle de 2010 : Le PSR appelle à l’Union de l’opposition

          Le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) a ouvertement appelé à l’union l’opposition togolaise dans la perspective de la présidentielle de 2010. Le parti de Me Abi Tchessa qui était en journée de réflexion samedi 09 Mai 2009 au Relais de la Caisse, a relevé les difficultés de l’opposition à s’imposer au pouvoir en place comme une force politique. Voilà pourquoi au cours de la rencontre, il s’interrogeait à travers le thème évocateur : «Quelle alternative pour le Togo».

«Le PSR constate que l’opposition peine toujours à trouver ses marques. Plus que jamais, elle doit prendre en compte la nécessité de constituer non seulement une alternance mais aussi une alternative susceptible de relever le défi immense dans lequel nous ont plongé plusieurs décennies d’errements», a précisé la déclaration ayant sanctionné les travaux. Pour le PSR, face à la situation actuelle du pays marquée par le refus du pouvoir de s’ouvrir véritablement à la démocratie, seule l’union de l’opposition peut être une alternative valable pour le Togo. «Il faut, dit-on au PSR, le rassemblement des forces du progrès autour d’une plate-forme en vue de créer les conditions d’une alternance et d’une alternative pour le Togo». Ceci dit, il «invite l’opposition à une profonde réflexion en vue d’une redéfinition d’une stratégie commune permettant de sortir le pays de l’impasse».

          Le diagnostic de la situation du pays a permis de relever un certain nombre de conditions à remplir avant de remettre le pays sur les rails, selon toujours le PSR. Ici, l’accent est particulièrement mis sur «le retour à la lettre et à l’esprit de la Constitution de 1992 avec une élection présidentielle à deux tours et la reconnaissance de réels pouvoirs au Premier Ministre ; la mise en place immédiate de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et la traduction en justice des auteurs des violences de 2005…» De plus, il «rappelle au régime que la conservation du pouvoir ne saurait constituer une finalité lorsque le gouvernement n’est pas capable d’assurer le mieux-être des citoyens». Ce disant, le Porte-Parole du parti, le Professeur Wolou Komi met l’accent sur les problèmes politique, social… que connaît le pays.

          Sur le plan politique, M. Wolou estime que le dialogue politique titube. «La volonté prétendue d’une réconciliation nationale se heurte à l’inaction du gouvernement qui semble vouloir seulement gagner du temps alors que le mandat présidentiel arrive déjà à son terme, et malgré les rapports d’enquête, l’impunité triomphe et le comité de réconciliation n’a même pas vu le jour», regrette-t-il avant de conclure en ajoutant sur le plan social que «la réalisation des engagements du dialogue a du plomb dans l’aile, le précarisation croissante des conditions de vie des populations est aggravée par la récente crise financière internationale».

K. Ségniagbéto


Conséquence des dernières pluies : L’axe Akodésséwa–Zorro Bar sous les eaux

          Les premières pluies qui ont commencé à s’abattre sur la capitale togolaise ces derniers jours ont permis à chaque Togolais d’apprécier la qualité des rues aménagées avec de la latérite dont le Premier Ministre Houngbo vient de gratifier le peuple. Il nous en souvient qu’il y a quelques semaines, au début de la mise en œuvre de ce projet, des acteurs politiques et même de simples citoyens sont montés au créneau pour fustiger la réalisation de ces travaux. Pour eux, il s’agissait d’une fuite en avant tant le résultat de ces travaux n’aura qu’un effet de feu de paille. Aujourd’hui, les faits semblent leur donner raison. Car certaines des rues concernées sont déjà impraticables.

          C’est le cas notamment de l’axe Akodésséwa-Zorro Bar. Ici, les dernières pluies qu’enregistre la capitale ont rendu le passage impossible à quelques encablures du marché d’Akodésséwa. «Je regrette simplement d’avoir emprunté ce tronçon aujourd’hui», nous a déclaré mercredi, un cycliste qui a dû faire demi-tour. De son côté, un chauffeur dit s’être embourbé et a dû passer plusieurs heures avant de s’affranchir de la boue et ceci grâce à des secours.

          Cette situation qui a commencé à prévaloir à cet endroit de la ville fait subir de lourds préjudices au Port Autonome de Lomé. Pour beaucoup, depuis que la Nationale N° 2 qui relie les frontières du Ghana et du Bénin, présente des difficultés de passage au niveau de CIMTOGO, c’est par l’axe Akodésséwa-Zorro Bar que les clients en provenance ou à destination du Port font des déviations. Mais aujourd’hui, avec la nouvelle situation qui se crée, rallier le Port devient un véritable casse-tête chinois pour les opérateurs économiques qui ne savent plus comment rallier ce point stratégique. Ce que certains ont regretté sur ces rues en latérite, c’est le manque de canalisation pour drainer l’eau de pluie. De l’avis de plusieurs observateurs, c’est ce qui a précipité la dégradation de la situation à Ahadji-Kpota. Mais du fait du rôle que joue cette voie dans le développement des activités au Port, beaucoup pensent que l’idéal serait de la bitumer une fois pour toutes. L’Etat togolais accédera-t-il à cette demande ? L’avenir nous le dira ; surtout que l’on annonce l’imminence des grands travaux d’urbanisation dans la ville de Lomé, travaux qui démarreront par la réfection des rues.

          Ailleurs, c’est la question des inondations qui revient à l’esprit. La situation des populations des zones inondables qui était déjà précaire depuis la catastrophe de l’an dernier risque de s’empirer dans les jours qui viennent surtout que depuis, rien n’a été fait pour arranger la situation et qu’aujourd’hui, les prévisions en pluviométrie n’augurent rien de bon. L’Etat togolais se limitera-t-il encore à constater les dégâts ?

K. S.


Ça vous regarde

Revoici l’insécurité

          Il y a quelque temps, l’insécurité avait pris des proportions alarmantes dans notre pays. Il ne se passait pas de jour où on n’annonçait pas des cambriolages, des viols à main armée et surtout des morts dans nos villes et campagnes. Face à la réprobation générale, le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile avait mené un certain nombre d’actions qui avaient permis de démanteler des réseaux de malfrats. On montrait presque tous les jours à la TVT, les images de bandits armés abattus par les éléments des forces de sécurité.

          La force de frappe des forces de sécurité n’avait pas tardé à porter ses fruits. Les actes de gangstérisme avaient considérablement baissé s’ils n’avaient pas tout simplement cessé.

          Malheureusement, depuis quelques jours, l’insécurité semble revenir. Dans le courant des deux dernières semaines, des actes de gangstérisme ont été enregistrés à Bè-Kpota. Il y a en effet quelques jours, les populations des environs de l’Hôtel Bijou ont découvert le corps inanimé d’un homme gisant par terre. Tout porte à croire qu’il a été victime du banditisme.

          Quelques jours plus tard, c’est non loin de l’Eglise Catholique de Bè-Kpota que des bandits en arme vont frapper. Un gérant de dépôt de Fan Milk était dans sa boutique quand il a reçu aux environs de 20 h, la visite de deux malabars qui lui demandaient de leur remettre tout ce qu’il avait comme argent. Sous la menace de l’arme qui était pointée sur lui, le pauvre gérant s’exécuta. Mais au moment où les bandits partaient, il eut l’idée de crier pour ameuter l’entourage. Mal lui en prit car les gangsters qui ne voulaient pas que leur passage soit remarqué n’eurent pas d’autre alternative que de lui tirer dessus à bout portant, le tuant sur le coup.

          Il est donc clair que les forces de sécurité ne doivent pas baisser la garde. Car les bandits ne dorment pas.

Faure à l’épreuve des routes

          Dimanche dernier, le Président de la République était à Aného. Pour se rendre dans cette localité, Faure Gnassingbé a pris la route. Conséquence, pour les raisons évidentes de sécurité, des perturbations ont été enregistrées sur cet axe routier. Mais ces perturbations étaient loin de déplaire aux usagers de la route. Non pas parce qu’ils adorent les tracasseries. Mais parce que l’occasion sera donnée à celui qui dirige notre pays depuis 2005, de constater par lui-même, l’état de dégradation de cette route surtout sur le tronçon allant du Rond Point du Port à Avépézo (Hôtel Tropicana). Il pourra également constater l’état de la route à l’intérieur de la ville d’Aného. Et Dieu sachant toujours bien faire les choses, avait arrosé tout le parcours d’une grande pluie, transformant ainsi la route en patinoire. Même en voiture 4 x 4 blindée, on ne peut ne pas être secoué. Et que dire des petites voitures ?

          Le seul avantage que peut tirer la population de cette randonnée présidentielle, c’est que Faure prenne la mesure de la dégradation de cette route pour procéder rapidement à sa reconstruction.

Comme au temps «Gnassional»

          La présentation du corps du délit à la presse dans l’affaire Kpatcha a ramené au souvenir de plusieurs Togolais, les temps où le Togo évoluait au rythme des complots. En ces temps-là, on annonçait un complot déjoué. On présentait de soi-disant éléments de preuves accablants à la presse, au corps diplomatique, etc. En retour, ce sont des marches de soutien qui sont organisées partout dans le pays pour soutenir le régime et fustiger  les comploteurs.

          Aujourd’hui, même si avec l’affaire Kpatcha, on n’en est pas encore là, il est vrai qu’on n’en est pas loin. Ces pratiques commencent toujours timidement avant de prendre leur vitesse de croisière.

          En tout cas, que le RPT, qui a adopté au cours de son dernier séminaire une motion de soutien à son Président et a déjà apporté la preuve qu’il reste égal à lui-même retourne au temps «Gnassional», ne sera pour étonner personne.

Vous avez dit doléances ?

          Le 1er Mai dernier, après le défilé qui les avait conduits à travers les rues de Lomé et les discours prononcés au Palais des Congrès, les représentants des centrales syndicales ont remis aux autorités publiques, un cahier de doléances dont la prise en compte devrait tendre à l’amélioration des conditions des travailleurs du Togo.

          Chaque année, c’est la même chose qui revient. Mais curieusement, la situation du travailleur togolais ne s’est jamais améliorée.

          La question peut se poser de savoir si les gouvernants tiennent réellement compte des doléances qu’on leur soumet chaque année. L’interrogation retrouve toute sa pertinence si l’on sait qu’il y a au rang des doléances, certaines qui reviennent chaque année. Preuve que malgré leur importance, elles ne sont pas satisfaites.

          Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se demandent s’il est encore utile de remettre les cahiers de doléances aux gouvernants qui ne s’en préoccupent guère.

L’HARRYviste annonce son retour

          De source proche du RSDD, on annonce que l’HARRYviste Olympique sera bientôt de retour au pays. On se souvient que le play-boy de la scène politique togolaise avait dû prendre la clé des champs après avoir été impliqué dans une affaire de cocktail Molotov balancé dans l’enceinte du camp de la gendarmerie. Au lieu de faire preuve de courage pour assumer ce qu’on lui reproche, il a déguerpi comme un lapin, abandonnant à leur triste sort, des jeunes qu’il avait entraînés dans cette aventure.

          On raconte que si l’HARRYviste veut rentrer au pays aujourd’hui, c’est tout simplement parce que Kpatcha Gnassingbé a été arrêté. En effet, Ministre de la Défense au moment des faits, le fils du père aurait juré de tout faire pour apprendre à Harry à respecter tout ce qui touche aux forces de sécurité.

          Comme quoi, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres.

Les ambitions du play-boy

          Selon certaines sources, si l’HARRYviste envisage de rentrer au pays, ce n’est pas pour les beaux yeux des Togolais. L’homme aurait en effet, l’intention de se porter candidat à la magistrature suprême l’année prochaine. Bref, il a encore décidé de venir s’amuser.

          En tout cas, ce ne sera pas pour déplaire aux Togolais. Les rodomontades de Nicolas ayant commencé à lasser, l’arrivée d’un autre plaisantin ne fera que détendre l’atmosphère.

Mourir pour le football

          Depuis que le capitaine des Eperviers Emmanuel Adébayor évolue à Arsenal en Angleterre, plusieurs Togolais sont devenus de farouches supporters de cette équipe. Ainsi, chaque match disputé par Arsenal est suivi avec beaucoup d’attention et de passion au Togo. Chaque fois que cette équipe gagne, c’est la joie et la fête dans certains quartiers. De même, lorsque Arsenal perd un match, c’est le deuil.

          Ainsi, lors de la dernière rencontre livrée et perdue par Arsenal dans le cadre de la demi-finale retour de la Ligue des Champions, nombreux étaient les Togolais qui étaient tristes. On pouvait être tenté de croire que nos compatriotes sont parmi ceux qui ont le plus souffert de l’élimination de l’équipe de Shéyi. Erreur. Puisque, ailleurs, au Kenya par exemple, il y a des supporters qui sont plus pour Arsenal que les fondateurs du club même. La preuve, c’est que suite à l’élimination d’Arsenal, un jeune Kenyan de 29 ans s’était suicidé par pendaison. Voir une équipe perdre un match de foot et mourir ! Cela peut s’appeler être plus royaliste que le roi.

Niger, la honte !

          Doit-on prendre les Chefs d’Etat africains au sérieux. C’est la question que se posent beaucoup d’observateurs au regard de ce qui se passe aujourd’hui au Niger. On se souvient que, alors que le Président français séjournait récemment dans ce pays, le Président Mamadou Tandja avait laissé entendre qu’il n’envisageait pas de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat à la tête du pays.

          Mais, malgré cette profession de foi, on assiste depuis quelque temps, à des manifestations organisées pour réclamer une révision de la Constitution.

          Ces manifestations rappellent aux Togolais, des faits de leur histoire récente. Devant le Président Chirac, feu Eyadéma s’était engagé à ne pas modifier la Constitution. Mais sa parole de militaire s’était révélée plus tard, un serment d’ivrogne puisque la Constitution togolaise a été proprement «toilettée» et réduite à la taille de l’homme qui voulait demeurer Président à vie.

          Que l’Afrique en soit là alors que le monde s’engage dans une donne de démocratie et d’alternance est tout simplement honteux. Mais ce n’est pas pour déplaire à Kadhafi, l’actuel Président en exercice de l’UA qui a toujours fait l’apologie des coups de force et de la présidence à vie.

Sacré Wade

          Lorsque, en l’an 2000, le pape du «Sopi» arrivait au pouvoir au Sénégal, nombreux étaient ceux qui avaient cru que ce pays allait devenir le symbole d’une démocratie réussie en Afrique. Malheureusement, au fil des jours, c’est la déception qui grandit. Malgré tout son bagage et tout le bien qu’on a pu penser de lui, Wade ne fait pas mieux que les autres Chefs d’Etat décriés. Il aura été jusqu’à ce jour, le Président sénégalais qui a fait le plus de misères à ses adversaires. Il suffit de ne pas avoir la même opinion que lui pour que rapidement, on trouve des arguments pour vous accuser de détournement et vous faire un procès.

          Sa dernière trouvaille est de bombarder au poste de Ministre de la Coopération, son fils Karim Wade. Naturellement, l’opposition s’était vivement élevée contre la décision. Mais avec son mépris habituel, le vieux Président n’a attaché aucune considération à leurs protestations.

          Sacré Wade ! Qui aurait cru au moment où il était encore à l’opposition, qu’il en arriverait là ?

Le Regard 644 du mard 05 mai 2009
Voici l’origine de l’intox sur la prochaine libération de Kpatcha

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Flash- Assileassime
 

Une terrible rumeur qui traverse les continents à une vitesse comparable à celle de l’ouragan «katrina» en ce moment, fait état de ce que Kpatcha sera libéré dans quelques heures. Depuis NewYork Amsterdam, Munich Londres, des Togolais appellent pour avoir confirmation de cette imminente libération. Au nombre de ceux qui font passer ce genre de canular se trouve un certain Agbéyomé Kodjo, l’agité qu’on ne présente plus. «Hahahaha ! Kpatcha sera libéré plus tôt qu’on ne pense», ce sont là les termes contenus dans un SMS qu’il a envoyé à un journaliste quelques jours avant que la rumeur n’éclate. On ignore si c’est un commando spécial qui ira le sortir de son lieu de détention ou si c’est Agbéyomé lui-même qui ira l’extraire et le célébrer. Lors de la réunion Ewéto, il se faisait même le grand connaisseur de l’affaire. 

C’est bien Agbéyomé qui, sans pitié pour Kpatcha avait écrit que «70 millions de francs sont perçus par mois sous forme de taxe sur les ventes de véhicules par un réseau d’affaires familial proche du Chef de l’Etat sous le prétexte fallacieux de pourvoir au financement de la SAZOF (dont Kpatcha est D.G. ndlr) alors que cette dernière reçoit de l’Etat une subvention annuelle de 175 millions de F CFA».  Tout le monde a entendu Agbéyomé déclarer sur RFI   qu’il n’est ni pour l’un ni l’autre des deux frères. Pourtant quelques semaines auparavant, ce disciple attitré du «Général-dictateur» disait qu’il préfère Kpatcha à Faure parce que ce dernier l’aurait livré au chômage. L’auteur des fameux tracts dont on parle, rédigés au nom des FAT réclamant la libération inconditionnelle du présumé comploteur est donc facilement identifiable. A y voir de près, Agbéyomé et  ses semblables  s’amusent aux dépens du pauvre député qui a du mal à réaliser ce qui lui arrive. Tout en lui faisant croire qu’ils défendent sa cause, ils visent un  objectif précis. Soit on cherche à se faire arrêter pour se faire de la pub, soit on le fait  exprès pour enfoncer Kpatcha davantage par pur cynisme. Car à supposer même que sa libération soit négociée – ce qui serait d’ailleurs inconcevable – le fait de l’annoncer avec tambours, cymbales et castagnettes ne ferait que dissuader un éventuel arrangement. Faut-il y voir un signe de revanche ? L’ex premier ministre d’Eyadema avait par le passé accusé Kpatcha d’avoir financé une campagne de presse contre lui lorsqu’il avait déguerpi talons aux fesses pour Paris.

«Le pays est comme ça et nous sommes dedans»

Même si le député lui-même reconnaissait les faits qui lui sont reprochés, on trouverait à redire. C’est vrai que dans cette affaire, des tas de choses se racontent. Trop «d’informations fabriquées» circulent au point qu’on a du mal à distinguer le vrai du faux. Si cette affaire n’avait pas éclaté on ne saurait pas qu’il y a des «techno-sorciers»  chez nous qui, à partir de leur chambre à coucher, sont capables de se poser sur les lèvres de Bongo et de  Kadhafi pour  écouter comment par téléphone et avec quelle fureur, ils ont sermonné Faure comme leur garçon de chambre en lui enjoignant de libérer immédiatement son frère cadet avant qu’il ne soit trop tard. Terrible !

A remarquer que la rumeur a été intensifiée  après que le Procureur eût déclaré qu’«au niveau des civils comme des militaires, des aveux circonstanciés ont été faits par les principaux inculpés. Les discours qui devraient être prononcés après le renversement des institutions ont été saisis et mis sous scellés.»

Qu’il y ait pression ou pas, une chose est sûre, c’est qu’une éventuelle libération de Kpatcha Gnassingbé en ce moment serait un immense scandale, mieux une confirmation d’un gros mensonge d’Etat. Cela reviendrait à dire que cette affaire de coup d’Etat était une grosse plaisanterie, que le procureur a menti, et que tous ceux qui avaient apporté leur soutien au chef de l’Etat ont été floués. Dans ce cas, les autorités togolaises, à commencer par Faure Gnassingbé lui-même, devraient être poursuivies pour haute trahison. Cela reviendrait à dire que Faure reconnaît avoir été induit en erreur. Il n’aura donc qu’à ordonner l’emprisonnement des corps habillés et ses services spéciaux qui ont éventré le coup, avant de se débarrasser de ses proches collaborateurs dont Kpatcha exigeait qu’il se sépare avant qu’ils ne fassent la paix, pour enfin céder le pouvoir à son frère cadet et regagner la prison à sa place.

Le plus ubuesque dans cette affaire c’est que certaines personnes qui depuis plusieurs années dénoncent la gestion clanique du pouvoir togolais sont aujourd’hui les premiers à souhaiter sinon à réclamer qu’une affaire comme celle-là soit réglée «claniquement.» C’est- à dire que l’affaire soit traitée entre les Gnassingbé comme si tout le Togo était suspendu au sort de cette famille. Si Faure acceptait de traiter cette affaire de la sorte, il confirmerait que le pouvoir qu’il incarne est familial et alors il devrait déguerpir avant 2010 pour aller s’occuper de sa famille et laisser les Togolais s’occuper de ce qui les regarde. Faure Gnassingbé n’est pas le seul président au monde à avoir des frères. A lui de choisir entre sa famille et le Togo.

Une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne peut et ne doit pas être traitée dans un vestibule quelque part à Pya. Faure est président ou il ne l’est pas. Quelle que soit l’immensité de sa richesse, Kpatcha est un citoyen X avant d’être le frère du président. La justice doit aller jusqu’au bout pour que les Togolais découvrent la vérité dans cette affaire. Kpatcha doit parler. Il  faut que ses présumés complices aussi parlent pour qu’on sache si cette affaire est fausse ou vraie.

Quand bien même Faure se ferait humilier en ordonnant la libération de son frère cadet sans jugement pour, on ne sait quelle raison, il ferait mieux de se suicider puisque quelqu’un qui  n’a aucune teinture d’humilité et qui, parce qu’il a amassé une fortune colossale dont il se sert pour narguer les Togolais qu’il considère comme des marchandises et qui se moque des conseils de chefs d’Etat ne peut s’assagir.

Ce qu’il faut lui souhaiter, ce n’est pas sa libération sans jugement mais un procès en bonne et due forme afin qu’il démontre son innocence.

L’un des arguments qu’on agite comme un épouvantail, c’est que le député de la Kozah aurait tout le nord du pays avec lui. Une grave insulte puisque cela revient à dire que ces «fameux nordistes» - encore faudrait-il situer où s’arrête le sud et où commence le nord du Togo - sont si «maboulisés» qu’ils considèrent leur sort suspendu à celui d’un troisième Gnassingbé qui les aurait achetés comme du bétail. Tout le monde sait que la présumée popularité de Kpatcha découle du fait qu’il distribue de l’argent sans compter. Si c’est donc avec l’argent qu’on amène ces «nordistes» à être réfractaires au moindre changement, alors les candidats de l’opposition qui n’auront pas  assez d’argent à jeter par la fenêtre comme le député de la Kozah  feraient mieux de ne pas s’y aventurer.

A supposer  que le député de la  Kozah soit incontournable dans le fameux «nord», le moment est arrivé pour lui de le démontrer en oeuvrant  contre son propre parti et contre lui-même. Ce faisant, il aura alors débarrassé le Togo de l’emprise du clan Gnassingbé et les Togolais lui en seront infiniment reconnaissants.

Abass Mikaila Saibou


Un quatrième Gnassingbé embarqué à Cotonou

On l'appelle communément "Esso". Il se prénomme réellement Essozimna comme Faure. C’est l'une des âmes damnées du député qui se déplace rarement sans lui. Ce gentil garçon est l’un des confidents de Kpatcha qui porte souvent un sac contenant des billets de banque à distribuer. On le donnait pour "porté disparu". Certains disaient même qu'il avait été tué dans la fusillade du 12 Avril. Esso fils d'un des frères d'Eyadema  qui avait réussi à s'enfuir pour se retrouver au Bénin voisin a été localisé.  Il y a quelques jours, il a été ramené de Cotonou à bord d’un avion à Lomé. Fait troublant, il est le seul collaborateur du député à avoir pris la fuite. Son audition permettrait à coup sûr d'avoir des révélations fort intéressantes sur cette affaire.

A. S.


One man show inquiétant de Mey Gnassingbé le 27 Avril

C'était le 27 avril dernier sur le Boulevard de la nouvelle présidence. Toutes les personnalités avaient été installées sur la tribune. A leur arrivée, le Premier Ministre et le Président de l'Assemblée ont été déviés  puisqu'il est interdit de passer devant la tribune. Les autres enfants Gnassingbé étaient obligés de rejoindre la tribune à pied. Mais à l'arrivée de Meyibinesso Gnassingbé, un spectacle s’est produit. A bord de son véhicule de commandement, et encadré par une dizaine de gardes qui couraient, il a été autorisé à circuler là où le PM et le PA ont été «refoulés». Le hic, c'est que lorsque Mey est monté sur la tribune, tous les ministres, anciens ministres et barons - toute honte bue - qui étaient là avant lui, ont cru devoir se lever pour le saluer comme un Chef d'Etat. Seul le président de la Cour Constitutionnelle Aboudou Assouma était resté assis. Ce traitement particulier réservé à un fils Gnassingbé fût-il chargé de mission à la présidence de la République donne à penser. Est-ce une manière de préparer cet autre Gnassingbé à accéder un jour au pouvoir ? 

A. S.


Curieux alibi des nostalgiques du passé

Il nous revient que le principal argument tribal qui sous-tend l’action engagée par les «dignes représentants» de feu Eyadema est que Faure Gnassingbé  oeuvrerait à remettre le pouvoir à ses oncles Ewé réduisant ainsi à néant tout le risque qu’aurait pris Gnassingbé père pour domestiquer le pouvoir pendant plus de quarante ans. En un mot les tenants de la gestion clanique du pouvoir d’Etat, se réclamant de Kpatcha Gnassingbé  semblent convaincus que le pouvoir devrait être monopolisé ad vitam æternam par les  Gnassingbé et le groupe ethnique auquel ils appartiennent. Dans cette optique, la décrispation politique et le dialogue en cours, l’élargissement des espaces de liberté sont considérés comme étant des manœuvres visant à déposséder le clan du pouvoir. Un tel discours n’est ni plus ni moins qu’un alibi visant à séduire un groupe ethnique donné. Surtout qu’on rapporte que les conspirateurs prévoyaient le transfert  de la capitale à Kara. Alors donc que des membres du clan accusent Faure de vouloir faire la part belle à ses oncles. Il n’y a pas si longtemps, plusieurs journaux de la place avaient relayé un article constatant que des personnalités appartenant à l’ethnie du chef de l’Etat ont monopolisé les sociétés d’Etat qualifiées de juteuses telles que la CNSS, la LONATO la douane les postes et télécommunication et  autres.

Dans son discours marquant le 18e anniversaire des acquis d’avril 1991, le CAR a rappelé que les racines du mal togolais résident dans l’inéquitable répartition des emplois, des marchés et autres avantages de l’Etat entre les citoyens des différentes préfectures et ethnies du Togo. Le Togo n’est la propriété privée de personne et tous les Togolais quelle que soit l’ethnie à laquelle ils appartiennent ont le droit de bénéficier des richesses du pays.

L. R.


Après 18 ans de lutte : Le CAR revendique les acquis du processus démocratique

            Le Comité d’Action pour le Renouveau a commémoré ce 30 Avril, les 18 ans de sa création et des acquis démocratiques que le Togo a réalisés depuis Avril 1991. A l’époque, c’était sous le couvert du Front  des Associations pour le Renouveau. Au CAR, on justifie cette commémoration par la nécessité de rafraîchir la mémoire aux Togolais pour éviter que les martyrs de cette période ne tombent dans l’oubli.

          Devant des militants et sympathisants jeudi à la Foire Togo 2000, le président du parti, Me Dodji Apévon revenant sur ce passé a estimé que 18 ans, c’est l’âge de la majorité politique, et c’est le moment ou jamais pour sa formation politique de traduire dans les faits les aspirations de la population notamment l’alternance au pouvoir. Très vite, il a établi un pont entre la méthode utilisée à l’époque par le FAR pour réaliser des avancées et celle actuellement prônée par le CAR. «Notre parti est héritier des idéaux et de la méthode du FAR qui a permis aux Togolais d’obtenir des acquis… dont nous continuons d’être les défenseurs d’avant-garde», a d’abord estimé Me Apévon qui poursuit : «Nous savons qu’au cours des différentes crises que notre pays a vécues, aucune initiative de sortie de crise n’a connu de début de réussite sans ralliement des uns et des autres aux objectifs et aux valeurs qui sous-tendent les prises de position du CAR».

          Cela dit, les responsables du CAR ont dépoussiéré le passé pour révéler à la jeune génération, les points marquants du début de la lutte en faveur de la démocratie. Ici, l’accent est particulièrement mis sur le soulèvement du 05 Octobre 1990 considéré comme le coup d’envoi du mouvement de démocratisation au Togo. Ce jour, le jugement de deux jeunes Logo Dossouvi et Doglo Agbelenko accusés comme certains d’autres d’acte de sédition devrait être rendu au Palais de Justice de Lomé où les jeunes ont afflué pour manifester leur ras-le-bol. Au CAR, on considère que «le soulèvement du 05 Octobre 1990 avait une large part de spontanéité quand bien même on se rappelle du long processus d’éveil des consciences qui l’a précédé sous l’égide de la Commission Nationale des Droits de l’Homme». Mais plus tard, les événement qui vont suivre ne seront selon le CAR plus marqués du sceau de spontanéité mais plutôt la conséquence logique d’un travail de fond mené par le FAR dirigé par Me Agboyibo, actuel Président d’honneur du CAR. «Les événements du 16 mars 1991 ont été en revanche l’aboutissement d’un travail méthodique. C’est ce travail préalable qui explique le succès de la manifestation et des négociations que le FAR a eues avec le pouvoir à partir du lundi 18 mars 1991», indique-t-on. Et de passer en revue la liste des avancées d’avril 1991 qui vont de la promulgation de la charte rétablissant le multipartisme à l’accord entre le pouvoir et l’opposition en vue des consultations électorales, en passant par l’accord sur la dissolution du parlement et du gouvernement alors en place, et leur remplacement par des organes législatifs et exécutifs transitoires à composition comprenant le pouvoir et l’opposition… ; la promulgation d’une loi d’amnistie pour faciliter le retour au pays des compatriotes contraints à l’exil.

          Actualité oblige, le CAR n’a pas voulu faire l’impasse sur ce qu’il convient d’appeler l’affaire Kpatcha, du nom du demi-frère du Président de la République Faure Gnassingbé inculpé pour tentative de coup d’Etat. «A propos de cette affaire, le CAR tient à réitérer, conformément à la position qu’il a exprimée dans sa déclaration du 16 Avril 2009, qu’il est impératif que toute la lumière soit faite dans le respect des garanties prescrites en la matière».

K. Ségniagbéto


Dialogue social : Trois ans après la signature de l’Accord tripartite : Seulement 28,34 % des engagements ont été honorés

          Il y a trois ans, le 11 mai 2006 a été lancé le dialogue social tripartite qui a abouti à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement, le patronat et les organisations des travailleurs. L’accord signé comporte sept parties essentielles à savoir :

              1) La philosophie et le cadre du dialogue qui retrace les principes, les obligations des parties, le cadre du dialogue social et le mécanisme de suivi, 2 engagements ont été pris,

              2) Les questions économiques avec 48 engagements pris et repartis sur 12 titres,

              3) Les droits des travailleurs et conditions de travail avec 16 engagements pris repartis en 8 titres,

              4) La rémunération comporte 6 titres et 9 engagements,

              5) La protection sociale s’articule autour de 6 titres et 19 engagements

              6) Les revendications sectorielles avec 8 titres et 33 engagements,

              7) Les dispositions finales comportant l’entrée en vigueur, la mise en œuvre, le suivi et la révision.

          Soit un total de 127 engagements ont été pris dont :

. 101 par le gouvernement

. 18 par le gouvernement et les partenaires sociaux

. 01 par les organisations des travailleurs

. 06 par d’autres partenaires sociaux à savoir (CNSS, CRT, l’Université et la Fédération des Parents d’Elèves)

. 01 par le Conseil National du Patronat.

          A quelques jours du 3e anniversaire de la signature de cet accord, seulement 36 engagements sur les 127 ont été tenus. Soit un taux de réussite de 28,34 %.

A l’analyse, le gouvernement qui vient en tête en terme du nombre d’engagement pris (101) n’a honoré que 25 soit un taux de réalisation de 25,25 %. Le gouvernement et les partenaires sociaux réussissent 33,66 % de taux de réalisation. Viennent ensuite les autres partenaires sociaux avec 50,50 % et 100 % pour les syndicats.

          Beaucoup d’efforts reste à faire surtout du côté du gouvernement pour traduire dans les faits, les engagements contractés. Car il ne suffit pas seulement de signer des accords mais aussi veiller à leur réalisation. Voici le tableau bilan des engagements pris et ceux qui ont été mis en œuvre durant 3 ans.


Célébration du 1er Mai au Togo : Les travailleurs posent 19 revendications

La fête du travail a été célébrée au Togo cette année dans une atmosphère de morosité. Après le défilé parti de la Bourse du Travail pour déboucher sur le Palais des Congrès où on a noté une unité d’action des centrales syndicales regroupées au sein de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), chaque société a organisé la fête a sa manière dans ses locaux de façon non dispendieuse comme on le constatait auparavant.

          Les raisons qui peuvent expliquer cette sobriété dans l’organisation de la fête est sans aucun doute la vie chère doublée de crise financière qui entraînent la dégradation du pouvoir d’achat du travailleur togolais.

          Sacrifiant à la tradition établie des cahiers de doléances, l’ISTT a appelé le gouvernement à prendre d’urgence les dispositions qui s’imposent pour mettre en œuvre des politiques volontaristes audacieuses, pour sauver la situation des travailleurs et des populations des effets dévastateurs d’une crise qui ne peut qu’accentuer leur dramatique dénuement.

          Les revendications de l’Intersyndicale regroupées en 19 points, qui pour la plupart sont une reconduction de celle de l’année dernière faute de satisfaction, s’articulent comme suit :

          1. La révision immédiate de la grille indiciaire.

          2. Le relèvement du SMIG et du SMAG, à partir de l’étude effective du «panier de la ménagère».

          3. Le paiement de leurs allocations familiales aux «Agents permanents»

          4. Le paiement des arriérés de salaires des travailleurs de l’ICAT, de l’ITRA et des enseignants auxiliaires concernés.

5.   L’arrêt immédiat des licenciements, qui engendrent dans les familles, des drames sans nom et condamnent des dizaines de milliers de citoyens togolais à la pire des précarités et à la déchéance ; le redéploiement des travailleurs déjà victimes de licenciements.

6.   La résolution diligente des problèmes liés à la fermeture des sociétés d’Etat en cessation d’activités et le paiement de leurs droits aux travailleurs, conformément à l’engagement n° 118 du Protocole d’Accord du Dialogue social : OPAT, Hôtel de la Paix, Hôtel 2 Février, Togopharma, Togotex, SNI etc.

7.   Le paiement des arriérés d’allocations de départ à la retraite aux ayants droit et la reprise générale du paiement des dites allocations, conformément aux dispositions des Etats généraux de l’Administration publique (EGAP).

8.   L’application effective aux travailleurs du secteur parapublic et aux travailleurs de l’Enseignement privé confessionnel catholique, des augmentations de salaire de 5 et 3% appliquées aux salaires dans le secteur public, respectivement en janvier 2007 et janvier 2008, et ce, en attendant les négociations collectives dans ces secteurs.

9.   L’accélération du processus de décision relative à la prise en charge systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux publics.

10. L’accélération du processus de règlement des problèmes de la Caisse de retraites complémentaires des cadres (CRCC).

11. Le relèvement des pensions de retraite de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

12. Le renforcement du contrôle effectif des prix et la baisse significative du prix des produits de 1ère nécessité comme mesures participant d’une politique de lutte contre la vie chère.

13. Le démarrage effectif des travaux de la commission mixte de réflexion sur la vie chère, présidée par son Excellence M. le premier ministre, dont un document émanant de la Primature et daté du 22 mai 2008, affirme qu’elle a été mise « en place le 05 mai 2008 ».

14. Le rétablissement en la forme du système de couverture santé des agents de l’Etat et l’annulation de la Note d’information du directeur du CHU-Tokoin, en date du 23 octobre 2008, exigeant le paiement immédiat de 50% du montant des frais hospitaliers.

15. La révision à la baisse du taux de dédouanement des véhicules privés.

16. L’élargissement aux locaux des centrales syndicales de travailleurs des lieux de tenue de l’évaluation formative des apprentis, en vue de la délivrance d’un quitus.

17. La résolution définitive du problème récurrent des délestages dans la fourniture de l’énergie électrique, alors que les factures de nombreux ménages sont en constante augmentation.

18. L’extension du réseau d’adduction d’eau, en vue de faire face à la poussée démographique et à l’insuffisance de la fourniture d’eau dans les quartiers de Lomé et de ses environs.

19. La prise de mesures appropriées pour faire cesser la concurrence déloyale, pratiquée couramment par des commerçants libanais, indopakistanais et autres, pratique qui expose les commerçants nationaux à la ruine et participe à la dépression de l’économie du pays.»

 

          Même si l’Intersyndicale reconnaît les efforts que déploie le gouvernement pour tenter d’améliorer le quotidien des Togolais, elle juge cependant les résultats mitigés et trop étirés dans le temps.

          Il reste beaucoup à faire, notent les travailleurs surtout dans le cadre du respect des engagements issus du dialogue social tenu il y a de cela trois ans. Car sur 127 engagements pris par le gouvernement et les partenaires sociaux, seulement 36 ont été respectés, soit un taux de réalisation de 28,34 %.

Albert Agbeko


Ça vous regarde
A qui le tour ?

          Décidément, il ne fait plus bon vivre au pays des animaux. Aujourd’hui, leurs malheurs ne viennent plus seulement du fait de  l’homme qui aime plus les voir sur sa table, bien traités et assaisonnés, que dans leur milieu naturel. Des épidémies surgissent, on ne sait d’où et les déciment.

          Il y a quelque temps, on a parlé de la grippe aviaire qui a été à l’origine de l’abattage et de l’incinération d’un grand nombre de volailles.

          On a ensuite parlé de la peste bovine apparue dans la région septentrionale de notre pays et qui aurait été très rapidement circonscrite.

          Quelques mois plus tard, ce fut au tour des porcins de connaître l’hécatombe. Une épidémie de peste porcine a été signalée. Comme ce fut le cas pour les autres maladies animales, outre les bêtes tuées par le mal, on a eu recours à l’abattage systématique des cochons notamment à Danyi et ailleurs.

          Avant ces récentes épidémies, on se souvient qu’il y avait eu l’époque où consommer de la viande importée d’Europe était devenu dangereux à cause de la maladie de la vache folle.

          Aujourd’hui, c’est la grippe porcine qui fait rage.

          Serait-on à la fin du monde au pays des animaux ? Si on n’y est pas, on ne doit pas en être top loin. En tout cas, au train où vont les choses, on peut se demander à qui le tour ? Ce n’est pas nous qui serons surpris si demain, on nous parle d’une épidémie au pays des poissons, des crabes ou des crevettes.

Arguments végétaristes !

          Au regard de ce qui se passe aujourd’hui avec l’apparition de toutes sortes d’épidémies dans le règne animal, il devient de plus en plus certain que consommer de la viande n’est pas sans conséquence fâcheuse pour l’homme. En tout cas, l’on ne peut plus, comme par le passé, consommer de la viande sans au préalable prendre des précautions. La peur de contracter une maladie après un plaisir de table pourrait même décourager les amateurs de viande.

          A quelque chose, malheur est bon, dit-on. Ce qui se passe aujourd’hui, ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des végétariens qui ont choisi depuis toujours et par principe, de ne pas consommer des produits carnés et leurs dérivés.

Dans la galère !

          Vendredi dernier, a été célébrée au Togo comme dans plusieurs pays du monde la «Fête du Travail». Si cette célébration a connu beaucoup de faste ailleurs, au Togo, elle a été à l’image de la situation que vit le monde du travail. Ce n’est pas la présence de Faure aux manifestations qui le démentira. On a entendu beaucoup de discours. Un cahier de doléances a été remis aux autorités. Et puis, comme pour oublier le temps de quelques minutes leur galère, les syndicats ont organisé des réjouissances.

          C’est le train-train de tous les ans. Chaque fois, au 1er Mai, on assiste au défilé des travailleurs, on écoute des discours, on organise des réjouissances après avoir remis un cahier de doléances. La question se pose de savoir le sort qui est réservé à ce fameux cahier. La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, chaque année, il y a des mêmes doléances qui reviennent, preuve qu’aucune solution ne leur a été trouvée les années précédentes. On se retrouve ainsi dans le cercle vicieux de la galère. Jusqu’à quand ?

Dialogue social, où es-tu ?

          Il y a quelques années, un dialogue social a été initié au Togo. Ce dialogue a abouti à la signature d’un accord tripartite (Gouvernement, employeurs, syndicats). A l’époque, un impressionnant tapage médiatique avait entouré la chose. On laissait entendre à qui le voulait, que le Togo était le premier pays à organiser une telle assise, etc. On déclarait aussi volontiers qu’avec cet accord tripartite, le monde du travail allait connaître une amélioration et que dans ce domaine, plus rien ne sera comme avant au Togo. Comme pour joindre l’acte à la parole, un Conseil National du Dialogue Social a été mis en place.

          Mais à quoi a-t-on assisté finalement ? Aujourd’hui, tout ce qui a été promis semble tomber dans l’oubli. Le Conseil National du Dialogue Social  est mis en veilleuse et très peu de promesses ont été réalisées. Il a fallu que vienne le 1er Mai pour qu’on se souvienne du dialogue social. La galère des travailleurs a encore de beaux jours devant.

L’inversion des rôles

          Il n’y a pas longtemps, la fête du 27 Avril était banalisée au Togo. Le pouvoir en place à l’époque, s’était engagé dans une logique de réécriture de l’histoire de notre pays, ce qui le poussait à privilégier le 13 janvier au détriment du 27 Avril.

          En ces temps-là, les partis politiques de l’opposition, l’UFC en tête, s’organisaient pour célébrer avec faste, le 27 Avril. Mais depuis quelque temps, la donne a changé. Les hommes aux affaires ont entrepris de réhabiliter le 27 Avril. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette fête, plusieurs manifestations sont organisées. Des manifestations éclatantes qui doivent faire retourner Eyadema sept fois dans sa tombe.

          Seulement voilà. Malgré le changement observé, l’UFC ne semble pas vouloir s’associer à la célébration selon le programme du gouvernement. C’est ainsi que, alors que les pouvoirs publics avec les grands moyens de l’Etat célèbrent avec faste et éclat le 27 Avril, le parti des héritiers des «pères de l’Ablodé» commémore l’événement à sa manière et avec ses moyens limités.

          Aujourd’hui, lorsqu’on compare la célébration du 27 Avril par les pouvoirs publics avec celle de l’UFC, on se demande s’il n’y a pas inversion des rôles. Qui banalise le 27 Avril à la fin ?

Comme en 2005

          De toute l’histoire du Togo après la Conférence Nationale Souveraine, le 27 Avril 2005 aura été le plus mouvementé à Lomé. Cette année-là, pour dire vrai, il n’y avait pas eu de célébration de la fête de l’indépendance. Les résultats contestés de l’élection présidentielle du 24 Avril, avaient été proclamés la veille dans la matinée et le Togo était sur des charbons ardents. Le 27 Avril 2005, au lieu de coups de salves tirés pour saluer un important événement, c’était des coups de feu et des tirs de mitraillettes qui crépitaient un peu partout. On peut dire sans craindre d’être démenti que ce 27 Avril a été des plus chauds au Togo.

          Au lendemain de ces événements malheureux, nombreux étaient ceux qui avaient souhaité qu’il ne soit plus jamais donné aux Togolais de connaître des situations pareilles. Que plus jamais, la moindre détonation ne survienne un 27 Avril si ce n’est des coups de salves pour marquer la joie des populations.

          Malheureusement, ce n’est pas le cas puisque le 27 Avril dernier, on a assisté à des scènes lamentables. Certes, il n’y a pas eu de coups de feu, ni de morts ni de blessés. Mais on a une fois encore vécu des scènes d’affrontement entre des Togolais qui voulaient fêter à leur manière et les forces de l’ordre qui les en empêchaient. Des grenades lacrymogènes ont été lancées et leurs explosions ont rappelé au souvenir de plus d’un, les tristes époques de 2005.

La peur au ventre

          Les enquêtes se poursuivent dans l’affaire Kpatcha. Selon des informations reçues de sources crédibles, les hommes en charge du dossier ne dorment pas. Il semble qu’on procède à des arrestations à tours de bras. Certaines personnes, après avoir été entendues sont remises en liberté.

          Mais, d’une façon générale, dans l’entourage du député présumé cerveau du complot, l’heure est à la peur. On ne sait pas qui sera la prochaine personne à être arrêtée. Des gens qui, hier, se bombaient le torse et se réclamaient amis de Kpatcha rasent désormais les murs et se taisent. Pour tout dire, ils ne veulent plus s’afficher.

          C’est peut-être propre à la nature humaine. Même Jésus, selon les Saintes Ecritures a été renié par Pierre trois fois le soir même où le Maître avait été arrêté.

          Jusqu’où ira donc cette affaire ?

Liberté ou pas liberté ?

          A l’occasion de la célébration du 27 Avril, RFI a déposé son baluchon à Lomé pour quelques jours. Des émissions de grande écoute ont été enregistrées à Lomé et diffusées sur la «Radio Mondiale». Au menu, «Appel sur l’actualité» de Juan Gomez, «Médias d’Afrique» d’Alain Foka et «Couleurs Tropicales» de Claudie Siar.

          Mais ce qui aura le plus polarisé le débat était la question de la liberté de la presse au Togo. Si pour certains journalistes, cette liberté n’existe que dans les textes, pour les autorités publiques, notamment le Ministre de la Communication et le Président de la HAAC, cette liberté existe bel et bien.

          Mais entre nous soit dit. A-t-on vraiment besoin d’un débat pour savoir la vérité sur cette question ? Ce qui a été le plus étonnant, c’est que la passion avait tellement dominé les débats qu’à un moment, on avait cru qu’un Ministre allait en venir aux mains avec un interlocuteur qui n’était pas du même avis que lui.

          Les journalistes de RFI qui ont déjà fait l’expérience de ces émissions ailleurs, sont certainement repartis avec beaucoup de souvenirs du Togo. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne feront aucun effort pour trouver eux-mêmes les réponses à leurs questions.

          Liberté, oui ! Mais quelle liberté ?

Diversion !

          Au lendemain de l’attaque contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé et l’arrestation de l’homme au moment où il cherchait en vain à se réfugier dans l’enceinte de l’Ambassade d’Amérique au Togo, certains avaient émis la crainte que l’affaire de tentative de complot contre la sûreté de l’Etat ne vienne occulter le débat politique dans notre pays.

          Doit-on dire aujourd’hui que les faits leur donnent raison ? Toujours est-il qu’on constate que depuis, le dialogue au sein de la classe politique a connu un coup d’arrêt. Toute l’attention est focalisée par cette affaire. Le CPDC semble avoir vécu. Bien sûr, du côté du pouvoir, on dit qu’il n’en est rien. Mais le fait est que cette structure ne se réunit plus, alors que des problèmes restent à régler.

          La vérité, c’est qu’il y a des échéances en vue qu’on ne saurait évoquer l’affaire Kpatcha pour différer. Au même moment, les réformes institutionnelles et constitutionnelles attendues pour garantir des élections crédibles avec des résultats acceptables par tous ne sont pas opérées.

          Au sein de l’opinion, on s’inquiète et on parle de diversion.

Le Regard 643 du mard 28 avril 2009
A quand la contre-offensive des éléments de Kpatcha sur Lomé ?

Au début on  disait que si quelqu’un ose toucher à un seul cheveu du  «Gros» ça va chauffer. Mais quand on l’a pris comme un poulet, personne n’a levé son petit doigt .Du temps où Kpatcha était Kpatcha, les éléments de l’armée qui, après avoir mangé du tchitchinga  arrosé de 5 grosses bouteilles d’Awooyo,  juraient  par les «Tchotcho» (Prêtres traditionnels en pays kabyè) qu’on marcherait sur leur cadavre avant d’atteindre Kpatcha, se grattent la tête en rasant  les murs. Au lendemain de la fusillade qui a eu lieu chez lui, ses fanatiques avaient fait courir le bruit selon lequel la majorité des militaires qu’il contrôlerait s’apprêteraient à relever le défi. Après, ce n’était plus la majorité mais les para commando du camp Général Améyi qui allaient faire descendre l’enfer sur Lomé. On  attend toujours ces vaillants commandos prêts à réduire Lomé en cendre pour faire libérer le «Gros». Et le temps passe.

Pour se consoler d’autres ont annoncé que tout le nord qu’il aurait dans sa poche allait être en ébullition. Deux jours plus tard, ce n’était plus le nord mais plutôt la Kozah qui allait faire une spectaculaire démonstration de force. Trois jours après ce n’est plus la Kozah mais la ville de Kara. Et on attend toujours et le temps passe.

          La dernière nouvelle  c’est l’imminence de l’éclatement  du groupe parlementaire RPT où députés pro Kpatcha se rallieraient au groupe UFC pour opérer les réformes constitutionnelles favorables au parti de Gilchrist Olympio dans l’espoir que celui-ci enverrait l’ascenseur à Kpatcha quand il gagnera les élections. On attend  et le temps passe.

Le pays est comme ça et nous sommes dedans comme dira l’autre. Ce qui vient de se passer montre comment certains togolais aiment  se mentir à eux- mêmes  et à s’en contenter.

Quand Kpatcha leur distribuait de l’argent, ils le prenaient pour un dieu. Aujourd’hui qu’il est entre quatre murs, rares sont ceux qui se plaignent de son sort. Le cas Kpatcha rappelle celui du Colonel Djoua Yoma Narcisse alias DJYN. Ce redoutable officier chef de la FIR était devenu très populaire, admiré dans les milieux proches du pouvoir et avait des éléments totalement acquis à sa cause et qui étaient donc prêts à mourir pour lui. Il avait fait voir de toutes les couleurs au premier ministre Koffigoh et  contraint les opposants à se terrer comme des rats d’égout pendant la transition. Il était le seul à pouvoir entrer dans la chambre à coucher du Général Eyadèma avec l’arme et donc pouvait faire de lui ce qu’il voulait. Mais quand il a été attrapé comme un oiseau aucun togolais y compris ceux qui avaient bénéficié de ses actions ne s’est soucié de son sort. Il a été même oublié et est mort dans l’anonymat après sa libération.

Lorsque le Commandant BOKO avait eu le courage de poser son acte et quitté le pays, on avait dit que ses éléments qui lui sont fidèles allaient riposter mais personne n’a réagi.  Agbéyomé Péré et Natchaba  ayant été  mis à l’écart on avait aussi prédit que le RPT allait éclater à cause de la défection des trois membres de l’ex parti - Etat qui auraient derrière eux  des milliers de militants. Au contraire le RPT s’en est sorti avec 50 députés. Mais avec l’arrestation de Kpatcha, on attend de voir s’il en sera autrement.
A.S.
 


Comment distinguer le vrai  coup d’Etat du faux

A l’évidence on considérerait comme un fou celui là qui après avoir raté sa cible commencerait à revendiquer la paternité du coup manqué. Quand on réussit on est héros. Quand on échoue on est traître ou assaillant. Il serait curieux que l’instigateur du coup reconnaisse les faits qui lui sont reprochés. Quand bien même il le reconnaîtrait, on trouverait toujours à redire.

Et souvent, pour les partisans du meneur c’est toujours un montage et pour celui qui a la situation en main  c’est du  vrai. Mais il n’y a pas de remède miracle pour savoir si une tentative de  complot qui a échoué est vraie ou fausse. Mais tout chef d’Etat qui négligerait les rapports de ses services spéciaux sur l’imminence d’une déstabilisation de son régime court à sa perte. Pour savoir s’il y a coup d’Etat ou pas il faut d’abord que le coup réussisse. Et s’il réussit il y a deux conséquences. Soit l’ancien président est zigouillé avant de savoir que ce n’était pas une bonne blague, soit il s’en rendra compte  quand ce serait trop  tard pour lui. Les textes légaux, la constitution ne lui seront d’aucun secours puisque le nouvel homme fort qui arrive  va dissoudre toutes les institutions et mettre en place de nouvelles. Sylvanus Olympio avant janvier 1963 eu à déjouer  des coups d’Etat. (Voir dossier) A l’époque les conspirateurs avaient  clamé leur innocence et crié au montage visant à se débarrasser des adversaires gênants .Jusqu’au 12 janvier le père de l’indépendance  avait les moyens de savoir qu’il allait lui arriver et son ministre de l’intérieur  le lui avait dit comme par le passé. Pour n’avoir pas cru i il en est mort avant de savoir que le coup était vrai. Nul doute que s’il avait déjoué le coup Eyadèma  Bodjolé Chango et compagnie auraient été mis en prison ou exécutés. Mais leurs sympathisants n’hésiteraient pas à crier au montage, à accuser Sylvanus puisque – c’est la raison avancée contre lui – qu’il n’aime pas «les gens du nord». Il est donc compréhensible que les partisans de Kpatcha Gnassingbé crient au montage dès lors qu’ils mesurent l’intérêt qu’ils auront à le voir à la place de Faure. A l’inverse les collaborateurs de Faure n’ont aucune raison de nier qu’il y a coup parce qu’ils s’imaginent au mieux en prison ou en exil et au pire morts puisqu’on parle d’une liste noire sur laquelle beaucoup se trouveraient. La seule façon  pour Faure de montrer qu’il y a tentative de coup d’Etat ou pas c’était de se comporter comme Sylvanus Olympio  dans la nuit du 12 au 13 janvier.

A.S.


Que faut-il pour réussir un coup d’Etat ?

Les événements du 12 au 13 avril 2009 ont révélé beaucoup de choses. Tout le monde est devenu  subitement polémologue spécialiste de coup d’Etat au  point même de ravir la vedette aux officiers nantis de diplômes d’Ecoles de guerre. Ces spécialistes sont formels. Les  armes montrées sont vielles et insuffisantes pour faire un coup d’Etat.

Mais pour les profanes ce n’est pas par hasard que les coups s’opèrent au petit matin. A ce moment on ne sait pas qui fait quoi ni qui est qui. Il suffit d’avoir des complices au niveau de l’aéroport et  la radio. La nuit tous les chats étant gris, tôt le matin les habitants se réveillent en écoutant le message annonçant que le nouvel homme fort a la situation en main, que les institutions sont  dissoutes et que le couvre-feu est décrété.

Pour les profanes donc, on n’a pas besoin d’associer les chefs de garnison au risque de tout gâter.  A la rigueur peut-on compter sur leur complicité passive.  L’essentiel c’est de maîtriser, de neutraliser ou  en tout cas de mettre hors d’état de nuire, les chefs de corps susceptibles d’organiser la contre-offensive. Les militaires se penchent toujours du côté où se trouve l’imperium. Quand ça change ils changent. Les demi-soldes qui sont allés à l’assaut du domicile du président Sylvanus Olympio dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963   n’avaient que des fusils de chasse.

Dans la nuit du 25 Mars 1993, il a fallu tout simplement une roquette, une vielle Toyota  bâchée peinturée pour la circonstance, immatriculée FAT et  surtout le mot de passe du jour qui a permis à «Tabriz» d’entrer  au camp RIT et de tirer sur la chambre à coucher du Général Eyadèma.  A l’époque puisque le coup n’avait pas réussi, on avait dit et écrit que c’était un montage organisé par la cible elle-même pour se débarrasser de ses collaborateurs Ameyi Akpo  Tépé devenus gênants pour son pouvoir. Avec le temps lorsque les artisans de ce coup  expliquent comment ils avaient procédé, on comprend qu’un coup d’Etat, c’est moins la quantité des armes que la stratégie mise en oeuvre.


Célébration parallèle du 27 Avril : Les militants  de l’UFC dispersés à coup de grenades lacrymogènes

          Tout est parti d'une marche que l'Union des Forces de Changement a voulu organiser à partir de l'Eglise Méthodiste où le parti venait de prendre part à la messe entrant dans le cadre de la célébration du 27 Avril 2009.

          C'est vers neuf heures quand la messe tirait à sa fin que des corps habillés ont commencé à encercler les lieux. A la sortie de la messe, les militants, tout de jaune (couleur de l'UFC) vêtus, qui s'organisaient pour prendre le boulevard du 13 janvier en direction de Déckon pour finalement arriver à la Plage, ont essuyé des jets de gaz lacrymogènes. Ce fut la débandade dans l'enceinte de l'Eglise. Certains ont même déploré avoir été pourchassé jusqu'à l'intérieur de la chapelle. Heureusement, cette situation n'a pas perduré et on n'a pas non plus enregistré de victime. «Ils ne nous ont même pas laissé sortir de l'Eglise avant de commencer à lancer les grenades lacrymogènes. On a juste inhalé des gaz ; ça a fait mal aux yeux mais il n'y a pas eu de blessés à proprement parler», confirmera plus tard Jean-Pierre Fabre, le Secrétaire Général du parti.

          Ce qui est sûr est que le pouvoir a réussi son pari, celui d'avoir empêché la marche que l'UFC voulait organiser. Le Président National de l'UFC Gilchrist Olympio a été habilement soustrait des manifestations violentes. Les militants se sont retrouvés tant bien que mal à la plage où deux déclarations ont été respectivement lues par Jean-Pierre Fabre et Gilchrist Olympio.  Pendant ce temps d'autres togolais réunis autour de Faure Gnassingbé ainsi que le corps diplomatique accrédité au Togo suivaient le défilé civil et militaire sur le boulevard de la nouvelle présidence. Les Togolais ont encore vécu hier une célébration à deux vitesses de l'accession de leur pays à l'indépendance. «Au regard de cette situation, jusqu'à quand ce dualisme va-t-il perdurer», se demandait hier un observateur de la vie politique togolaise. Les autorités étaient visiblement prêtes à en découdre avec cette habitude qu'a prise l'UFC depuis un certain temps de les défier. Il avait été pourtant signifié à l’UFC qu’elle peut faire la fête à la plage mais sans manifester dans la rue. 

          A en croire les tenants du pouvoir en place, Eyadéma avait effacé la fête du 27 avril sous prétexte que c'est à cette date que le CUT fut créé. Pour les tenants du pouvoir, en se comportant ainsi l'UFC apporte de l'eau au moulin de ceux qui pensent que le 27 avril ne concerne pas tous les Togolais, qu’il est un héritage de la famille Olympio. Cette récupération partisane du patrimoine commun est déplorée par les autorités togolaises. Quoiqu'il en soit cette double célébration montre que beaucoup reste à faire pour parvenir à la réconciliation entre tous les Togolais.

K. Ségniagbéto


Réaction de Jean-Pierre Fabre

            Suite à l’interdiction de la marche qui devrait conduire les militants de l’UFC du Temple Méthodiste Salem à la Plage où le parti devait organiser un rassemblement et aux grenades lacrymogènes lancées par les forces de sécurité, Le Regard a tendu son micro à M. Jean-Pierre Fabre, Secrétaire Général du parti et Président du Groupe parlementaire UFC à l’Assemblée Nationale qui s’est prêté à nos questions.

Que s’est-il véritablement passé ce matin à la sortie de l’Eglise amenant les forces de l’ordre lancer des gaz contre les militants et sympathisants de l’UFC ?

            C’est une volonté délibérée de ne pas appliquer les textes de la République. Car aucune disposition légale n’autorise le Ministre de la Sécurité à empêcher une marche du lieu du culte au lieu du meeting.

          Est-ce à dire que l’UFC n’a pas suivi les procédures légales d’organisation de la marche ?

            L’UFC a adressé deux demandes au Ministre de la Sécurité  et au Ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale, une lettre l’informant et lui communiquant le programme conformément à la loi. Donc, on ne peut pas dire que nous avons failli mais ils ont pris des dispositions contraires à la loi ; c’est tout. C’est parce que, je crois qu’ils sont fébriles, compte tenu de la situation ils ne savent plus à quel saint se vouer et où se donner la tête.

          Ne peut-on pas dire que c’est l’UFC qui n’a pas respecté la loi surtout qu’on vous aurait interdit de marcher et que vous avez voulu faire le forcing ?

            Non ! Ils n’ont pas de droit. Aucun texte ne les autorise à prendre une mesure d’interdiction. Nous les avons informés et la manifestation est placée sous le régime de l’information. Donc on les a informés pour qu’ils prennent les dispositions pour assurer la sécurité de la manifestation. C’est ce que nous avons fait.

          Y a-t-il eu des blessés ?

          Non ! Mais c’est qu’ils ne nous ont même pas laissé sortir de l’Eglise avant de commencer à lancer les grenades lacrymogènes. Mais on a juste inhalé des gaz lacrymogènes, ça a fait mal aux yeux mais il n’y a pas eu de blessés à proprement parler.

Propos recueillis par K. Ségniagbéto


Le CAR se démarque de l'UFC

Le RPT a été fondé par Eyadema. Kpatcha qui est le fils d'Eyadema est arrêté .Le RPT est sans pitié pour lui comme il l'a été pour Péré et Agbéyomé. C'est plutôt  l'UFC parti du fils d'un autre ancien président et farouche adversaire du RPT qui proteste contre la manière dont  le député RPT est traité. Logique d'utilisation d'un élément du système contre le système ? Le CAR quant à lui  se refuse à entrer dans ce débat fort embarrassant sans doute parce que son président d'honneur  que Kpatcha déteste a eu à assister à un épisode de ce long feuilleton. En 2007 peu avant les élections, le premier ministre Agboyibo avait été précipitamment convoqué par le président gabonais qui avait été informé que Kpatcha Gnassingbé allait profiter d'une manifestation qu'organisait l'UFC contre la vie chère, manif par laquelle Agbéyomé agissant pour le compte de Kpatcha avait fait imprimer des tracts pour créer une situation de nature à déstabiliser le régime. De plus, Kpatcha est l'un des durs du régime qui s'opposaient aux réformes que Me Agboyibo suggérait à Faure. Tout ceci peut expliquer la prudence observée par  le CAR depuis le début de cette affaire.

Koffi Yamgnane, protégé du Général Gnofame ?

Le candidat  à la prochaine présidentielle Kofi Yamgnane était au Togo depuis samedi 18 avril 2009 flanqué de deux gendarmes qui le  sécurisent. Le Général Gnofame  qui l'avait hébergé à son domicile à Bassar  apparaît comme son protecteur. Le Franco-togolais, futur candidat à la présidentielle  qui avait déclaré sur RFI qu'il ne croit pas à la thèse du coup d'Etat a été plusieurs  fois aperçu au  domicile du Général  au Quartier Djidjolé, lequel Général fut l'un des premiers à avoir rendu visite à Kpatcha à son domicile à la suite de la fusillade. Récemment, un journal français "La Lettre du Continent" rapportait que Yamgnane est soutenu par des officiers Bassar. Son autre frère  président de l'assemblée nationale Abass Bonfoh le considère comme un plaisantin.

Le paradoxe Faure

Depuis l'arrestation de Kpatcha, certains Togolais qui justifient la «clanisation» du pouvoir d'Etat  estiment que Faure  n'est pas kabyè pur sang   parce qu'un vrai Kabyè ne fait pas arrêter son frère. On va même jusqu'à dire que c'est le mélange «Ahouna»  (terme désignant indistinctement Ewé et Guin) qui a agi en lui et que c'est «sa maman qui le monte». Curieusement, c'est l'UFC, le parti des «ahouna» qui se décarcasse pour  Kpatcha  Kabyè de père et de mère, «digne représentant de son père» contre Faure dont la maman est «ahouna». Parmi ceux qui clament l'innocence de Kpatcha et qui organisent une campagne de presse auprès de la diaspora à son profit, se trouvent en majorité des «Ahouna» qui, il y a à peine quelques semaines, criaient que les Kabyè étaient majoritaires autour de Faure. C'est à ne rien comprendre !

Rock était là

          Beaucoup s’attendaient à voir Rock Gnassingbé bouder le défilé en signe de solidarité à l’égard du Gros. Et pour cause, Rock Gnassingbé serait aux dires de Kpatcha, celui qui lui aurait sauvé la vie dans la nuit du 12 au 13 avril 2009. Du coup, on avait considéré qu’il est son allié. C’est sans doute pourquoi sa présence au défilé a surpris plus d’un. Depuis le début de la crise, il ne s’est pas manifesté.

 

Le Colonel Kadanga a dribblé la presse

          Plusieurs Togolais avaient fait le déplacement de la place des fêtes sans doute pour voir l’homme dont on parle. Les chasseurs d’images attendaient le Colonel Kadanga de caméra ferme. Tout le monde attendait de voir à quoi ressemble celui là qui a eu la témérité d’aller démystifier le «digne représentant du père de la Nation» à son domicile. Mais au passage de la FIR, quelle n’a été la désagréable surprise de constater que le Colonel Kadanga n’était pas au rendez-vous.

Au moins quatre personnes interpellées remises  en liberté

Dans le cadre des enquêtes en cours, plusieurs personnes soupçonnées avaient été interpellées. Aux dernières nouvelles, trois proches de l’Adjudant Seydou interpellés à Tchamba  et l’ancienne secrétaire de la présidence ont regagné leur domicile après avoir été entendus. Il est difficile à l’heure qu’il est, de dénombrer les suspects retenus pour besoin de l’enquête car il est possible que pendant que certains sont mis en liberté d’autres encore soient interpellés.

 

Sommes-nous xénophobes ? Les Togolais vus par les communautés étrangères résidant à Lomé

          «Togo, terre d’accueil» proclamaient il y a quelques années, des affiches publicitaires de l’Office National du Tourisme. En effet, le pays est une oasis de paix pour les communautés étrangères. Contrairement à d’autres pays de la sous-région, au Togo, plusieurs nationalités cohabitent en parfaite harmonie avec les autochtones. Mais que pensent ces communautés étrangères de l’accueil de leurs hôtes.

          Pour Mariam, une nigérienne qui vit au Togo depuis sept ans, les Togolais «sont accueillants, sympathiques mais un peu xénophobes. Dans certaines situations, ils préfèrent être entre eux et s’aiment entre eux».

          «Quand je suis rentré pour la première en vacances à Libreville, j’ai dit à mes parents que les Togolais sont un peuple hospitalier», affirme Walter, un étudiant gabonais. Pour son compatriote Georges, les Togolais aiment trop parler mal des gens et des affaires qui ne les concernent pas. «C’est ce que je déteste chez eux mais malgré tout, ils sont accueillants».

          Mlle Rodriguez, une espagnole trouve les Togolais amusants mais parfois, dit-elle, «ils vous empêchent de travailler car ils passent leur temps à discuter avec vous».

          Parlant de son intégration au sein de la population togolaise, Mariam affirme que l’accent a été un handicap. «Quand les Togolais parlent entre eux, ils acceptent leur accent mais quand c’est un étranger, il disent, tu parles comme ci, tu prononces comme ça. Ce n’est pas du tout plaisant. Mais au même moment qu’on vous reproche votre accent, d’autres togolais essayent d’imiter votre prononciation».

          Pour Jean, un coopérant français, son intégration a réussi. Pour preuve, dit-il, «je ne vis pas à la Résidence du Bénin ni à la Cité OUA mais à Agoè, une banlieue de Lomé. Je parle Mina et dans le quartier, tout le monde me connaît. Je n’ai jamais subi de la discrimination du fait de ma nationalité», poursuit-il, au contraire parce que je suis «Yovo», je suis servi bien avant les Togolais». Même si Jean apprécie la chaleur de l’accueil des Togolais, il leur reproche de trop respecter la hiérarchie.

          Walter confie qu’au début, il est difficile de communiquer avec le Togolais car, avoue-t-il, ce dernier «ne peut tenir une conversation de plus de 30 minutes sans recourir au vernaculaire». Concernant la cuisine togolaise, il déclare qu’au départ, il a conservé les habitudes alimentaires du Gabon mais finalement il a constaté que s’il voulait continuer sur cette lancée, il ne pouvait pas tenir et maintenant aucun plat togolais n’a plus de secret pour lui. «J’adore surtout le fufu, la pâte avec la sauce d’adémè que moi-même je prépare ou les amis me préparent», dit-il.

          La culture togolaise notamment la musique et le sport ne laissent pas indifférents nos hôtes qui trouvent que le Togo regorge de talents dans ces domaines et qu’il faut tout simplement mettre les moyens à leur disposition pour pouvoir faire d’autres stars de la trempe de Adébayor, Boukpeti. Les vedettes de la chanson togolaise comme King Mensah, Jimi Hope, Afia Mala et les artistes montant du hip hop sont les plus écoutés dans les familles de ces communautés. Aussi, apprécient-ils, que ces artistes puisent dans la tradition togolaise leur source d’inspiration.

          Sur la situation politique togolaise, les personnes rencontrées n’ont pas voulu s’exprimer mais les rares personnes qui ont bien voulu briser le silence, c’est tout simplement pour souhaiter que l’élection présidentielle qui se profile à l’horizon se déroule dans un climat de paix et de sécurité car, disent-ils, si les choses tournent au vinaigre, les premières personnes à payer les pots cassés, ce sont les étrangers.

Albert AGBEKO


Ça vous regarde

Claude, où es-tu ?

          Depuis quelque temps, on ne l’entend plus. Le tonitruant patron du Parti des Travailleurs semble avoir perdu sa langue. Démission ou repli stratégique ? Toujours est-il qu’il s’est passé dans notre pays ces derniers temps, des événements qui auraient pu susciter des interventions pimentées de Claude Ameganvi.

          Selon certains observateurs, Claude recule pour mieux sauter. Pour d’autres, il attend de cerner tous les contours de ce qui se passe avant de parler.

          Mais notre constat ne s’arrête pas à l’affaire Kpatcha qui a sorti plusieurs partis politiques de leur mutisme ou de leur début de retraite. On se rappelle que l’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Claude Ameganvi était sur tous les fronts. Il était invité sur les antennes de radios et télévisions où il racontait avec sa verve habituelle l’histoire de cette indépendance. Il avait rédigé et fait publier dans des journaux, la biographie et le parcours des nationalistes, artisans de l’indépendance. Il avait animé des conférences, etc.

          Il est pour le moins surprenant qu’un tel homme choisisse de se taire à l’occasion du 49e anniversaire de  notre indépendance. Où se cache donc Claude ? En tout cas, ce n’est pas nous qui serons surpris si un de ces quatre matins, l’homme opère un come-back fulgurant.

L’histoire se répète

          Il y a quelques jours, afin de mettre les populations au parfum des résultats de l’enquête concernant l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat dans laquelle est présumé impliqué Kpatcha Gnassingbé, le Procureur de la République a fait présenter à la presse, le corps du délit saisi à la faveur d’une perquisition opérée au domicile de l’ancien Ministre de la Défense et des Anciens Combattants.

          La télévision nationale a alors montré les images de jeeps militaires, d’armes à feu de divers calibres, de matériel de transmission, d’équipements d’optique, de téléphones portables, de plaques minéralogiques, de lots de tissus treillis, de cordelettes, de chaussures de combat, etc. Ce matériel exposé pour la circonstance au camp de la gendarmerie était présenté par le Commandant Amana qui donnait des explications sur chaque élément de l’arsenal.

          Cette présentation, si elle avait quelque chose de nouveau pour la jeune génération, a plutôt ramené plusieurs Togolais aux vieux souvenirs des temps où les complots vrais ou faux subjuguaient le peuple togolais.

          Il n’était en effet pas rare, au temps du parti unique pur et dur, de voir les autorités politiques de notre pays monter au créneau pour annoncer qu’un complot avait été déjoué. On alignait alors des présumés assaillants arrêtés, des véhicules et des armes, comme éléments de preuve. Comme cela avait été fait la dernière fois, un officier des FAT montrait un à un les armes saisies et donnait des explications sur leur fonctionnement, etc. Des chefs d’Etat, frères et amis du Timonier défilaient à Lomé pour regarder le matériel saisi, etc. Après quoi, des tonnes de motions de soutien au Timonier et de condamnation de l’impérialisme et ses valets locaux pleuvaient sur les bureaux de la Présidence de la République.

          Certes, le scénario n’a pas totalement été le même aujourd’hui qu’hier. Mais on y est presque. A preuve, outre l’exposition de l’arsenal militaire, n’a-t-on pas vu des gens soutenir le Chef de l’Etat ? En tout cas, l’histoire semble se répéter dans notre pays.

Sacrés petits curieux !

          En présentant l’arsenal de guerre saisi au domicile de Kpatcha Gnass, les autorités judiciaires et militaires du Togo avaient certainement voulu lever des équivoques dans l’esprit des Togolais. C’est sans doute pourquoi le Commandant Amana s’échinait à donner des explications au sujet de chaque pièce saisie.

          Seulement voilà. Nombreux sont ceux qui avaient quitté le camp de la gendarmerie après cette sortie, avec le sentiment de n’avoir pas eu toutes les informations qu’ils voulaient. Ces petits curieux voulaient par exemple savoir comment Kpatcha Gnass a pu entrer en possession de tout cet arsenal. D’autres auraient voulu tout simplement qu’on leur dise combien coûte chacune des armes saisies. Sacrés petits curieux !

Qui l’eût cru ?

          Chaque fois que le nom de Kpatcha Gnass est évoqué, nombreux sont ceux qui se rappellent la nuit du 05 Février 2005 où, quelques heures après l’annonce du décès du Timonier, ce fils à papa s’était planté à côté de son grand frère adoubé par l’armée, pour recevoir le serment d’allégeance des Officiers.

          L’homme venait d’afficher ainsi son ambition de jouer l’un des premiers rôles au sein de l’appareil d’Etat. De fait, il fut nommé Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Un portefeuille hautement sensible et stratégique. Dès lors, il n’hésitait pas à circuler bruyamment en treillis dans les casernes. On le disait alors très aimé des militaires. On le faisait passer pour un homme puissant qui pouvait tout se permettre.

          Mais les derniers événements ont démontré que Kpatcha est surestimé dans l’opinion. Qui eût cru au soir du 05 février 2005 qu’il y aurait au Togo en 2009, une tentative de coup d’Etat, que Kpatcha serait présenté comme le présumé cerveau de l’attentat et arrêté ?

          Nous osons croire que lui-même ne l’aurait jamais imaginé. Moralité. Dans la vie, tout peut arriver. Même les choses les plus impensables. Avis donc à ceux qui se croient intouchables.

Où sont-ils ?

          Il est courant d’entendre dire que Kpatcha est un homme très populaire et adulé surtout à Kara où il a été élu député. On dit qu’il est un homme généreux qui aime distribuer «les feuilles» à tous vents et que sur ce plan, il ressemble beaucoup à feu son père.

          C’est pourquoi dès le début de cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat, certains avaient laissé entendre que ses partisans ne se laisseraient pas faire. Plus d’une fois, on a entendu dire que les populations de la circonstance électorale où Kpatcha est élu député viendraient à Lomé pour libérer leur représentant.

          Mais au lieu de cela, à quoi assiste-t-on ? Tout se passe comme si Kpatcha a été abandonné à son sort. Toujours est-il qu’on ne voit bouger aucun de ses partisans. La délégation venue de Kara dans cette affaire était à Lomé pour apporter le soutien des populations de la Kozah non pas à Kpatcha mais plutôt à Faure Gnassingbé.

          Où sont donc les inconditionnels de Kpatcha ? En tout cas, au regard de ce qu’on voit aujourd’hui, on est tenté de croire que ceux qui pensent que Kpatcha n’est aimé que pour son argent, ont raison.

L’erreur fatale

          Selon certains observateurs, si Kpatcha qui avait voulu solliciter une protection diplomatique a échoué dans sa démarche et se retrouve aujourd’hui aux mains de la Justice, c’est tout simplement parce qu’il avait frappé à la mauvaise porte. On se demande ce qui a pu déterminer le fugitif à se présenter à l’Ambassade américaine. En réponse à cette question, certains parlent de la proximité de son domicile avec la chancellerie Yankee. C’est peut-être vrai.

          Mais pour beaucoup, le fils à papa aurait pu être accueilli à bras ouverts à l’Ambassade de Libye non loin de là. Et le Guide Libyen qui est un ami de la famille ne trouverait certainement pas d’inconvénient à jouer à la médiation dans cette affaire. Qui dit mieux ?

Faure comme Gnass ?

          Dimanche dernier, Faure Gnass a opéré sa première sortie publique depuis l’éclatement de l’affaire du coup d’Etat manqué. C’était à l’occasion de la ranimation de la flamme de l’indépendance.

          Fait inhabituel, après la cérémonie et avant de quitter la Place de l’Indépendance, Faure Gnassingbé s’est offert un bain de foule. Au lieu de se diriger vers sa voiture blindée après la sonnerie aux morts, il était plutôt allé vers la foule nombreuse amassée aux alentours pour recevoir les ovations et serrer les mains.

          A un moment, on avait cru que Faure allait regagner son domicile à pied comme l’avait fait son père Eyadema au lendemain des événements du 23 Septembre 1986.

Un 27 Avril chaud

          La décision de l’UFC de célébrer comme elle l’entend, la fête du 27 Avril n’a certainement pas été du goût des autorités publiques. Ainsi, la marche populaire qui devait conduire les militants et sympathisants de ce parti à la plage après un culte commémoratif au Temple Salem de Hanoukopé a eu du mal pour démarrer. Pour dire vrai, elle n’a pas eu lieu.

          Les éléments des forces de sécurité qui, en d’autres temps, auraient été réquisitionnés pour assurer le bon déroulement des marches s’étaient plutôt déployés pour empêcher les partisans des «héritiers biologiques» de l’Ablodé de battre le pavé. A certains moments, on a raté de peu l’affrontement.

          En tout cas, malgré la fraîcheur de ce lundi matin, le 27 Avril aura été chaud pour l’UFC.

Les revoici !

          Ceux qui, depuis la disparition du Timonier sont nostalgiques des «fêtes» que le régime de ce dernier organisait et qui faisaient couler de la bière ainsi que les amoureux des parades ont retrouvé le sourire hier.

          En effet, à l’occasion du 27 Avril, plusieurs manifestations avaient été organisées à Lomé. On a vu défiler tout joyeux, les inconditionnels des parades, fièrement drapés dans des tee-shirts et des pagnes à l’effigie du Chef de l’Etat.

          Un temps, ils ont opéré un retour dans le passé et revécu d’intenses moments de plaisir. Vive le 27 Avril !

27 Avril ? Quel 27 Avril ?

          Au Togo, plus les années passent, plus on a la conviction que le 27 Avril ne représente pas la même chose dans l’esprit de tous les Togolais. Comment peut-on comprendre autrement que, au lieu de rassembler et de réunir dans un seul et même élan tous les Togolais, cette fête ne parvient pas encore à sceller l’unité nationale ?

          Ainsi par exemple, hier, alors que certains se bombaient le torse sur le boulevard de la nouvelle Présidence, d’autres qui avaient voulu converger vers la plage ont dû affronter un cordon d’hommes en armes.

          La réconciliation a du parcours à faire dans ce pays !

Le Regard 642 du 21 avril 2009
Dossier : Retour sur les faits marquant l’inévitable clash entre les deux frères

Pour peu qu’on se donne la peine de décrypter les actes posés par  Kpatcha depuis la mort de leur père on ne peut être surpris de constater ce qui arrive aujourd’hui. Qu’on adore Kpatcha ou qu’on le déteste tout le monde a écouté notre confrère de RFI rapporter ces propos  selon lesquels il ne se reprocherait rien, que les officiers arrêtés parleront et qu’il est prêt à se présenter si on le lui demande.

Question-Si Kpatcha sait en son âme et conscience qu’il n’a rien fait, pourquoi  alors au lieu d’attendre qu’on lui demande de prouver son innocence il prend la clé des champs pour se retrouver devant l’Ambassade des Etats-Unis demandant l’asile politique ? De quoi a-t-il peur lui cet homme si puissant qui de l’avis de ses fans aurait la majorité de l’Armée et tout le Nord du pays derrière lui ? Et Pourquoi les Etats-Unis prompts à accueillir les personnalités politiques en danger lui ont fermé la porte au nez ?

Quoiqu-il en soit ce qui vient d’arriver est l’aboutissement d’une longue entreprise de défiance de l’autorité de l’Etat.

Aussitôt après l’annonce du décès du Gal Eyadèma, les généraux ne s’étaient pas fait prier pour faire allégeance à son successeur. Mais quand on revoit les images de cette scène du 5 Février au soir, on remarque que «Le gros» était juste à côté de Faure. Il  s’est donc fait à l’idée que cette allégeance des généraux le concernait également et qu’il était par conséquent solidairement responsable de la gestion du pouvoir. Kpatcha était alors convaincu que son frère devait co-gérer le pouvoir avec lui.

Le second en-couragement à la bicépha-lisation du pouvoir au sommet de l’Etat  c’était le fait que les généraux nostalgiques du temps du Général président et se sentant abandonnés dont on dit qu’ils mangent sans se rassasier  se sont tournés vers «Le Gros» et lui font croire que c’est lui qui est le digne représentant du Timonier et que le Togo serait un paradis si c’était lui qui était au pouvoir. Ces vieux barons qui défilaient  chez Kpatcha lui ont fait croire que c’est lui qui détient l’effectivité du pouvoir. Le sachant très vulnérable aux flatteries, ils l’ont tellement inondé de louanges que Kpatcha en est venu à se voir président du Togo. De l’argent et des cadeaux, ces nostalgiques en étaient comblés et ne cessaient de raconter partout que «Kpatcha est bon». A l’époque, son bureau à la SAZOF était devenu une présidence annexe où  des courtisans du Général Eyadèma, s’étant rendu compte que Faure leur est très peu accessible venaient se sucrer.

Quand au début, on l’appelait «Vice-président» Kpatcha affichait un petit sourire paradisiaque content d’être l’égal de son frère.

Plus d’un togolais s’étaient posé pas mal de questions lorsque les 23 septembre 2005 et 13 janvier 2006 ils ont vu Kpatcha à bord  d’une jeep de commandement identique a celui du  président. Quelques semaines plus tard il s’était  offert trois voitures luxueuses blindées au coût total de neuf cent millions.

Pour la première fois un simple ministre se fait flanquer d’un aide de camp et de plusieurs gardes armées jusqu’aux dents et se déplace avec un cortège plus soutenu que celui du chef de l’Etat. Plus d’une fois, il y a eu altercation entre les escortes de Kpatcha et ceux de Faure.

Depuis qu’il a été évincé du gouvernement il s’est employé à récupérer  et à entretenir tout ceux qui sont mécontents de Faure.

Lors des fêtes de fin d’année  malgré l’interdiction officielle Kpatcha faisait tonner les pétards à son domicile pour montrer à tout le monde qu’il est au-dessus des lois de la République.

Lors des  finales de lutte Evala  à  Pya Kpatcha   a pris l’habitude   d’organiser derrière  l’apatam ou se trouve son frère qui est en train de regarder les Evala lutter  un festin avec un « kilimandjaro » de viande de porc et s’arrange pour quitter les lieux avant la réception qu’organise le président à la fin. Le député qui n’aime pas passer inaperçu paie aussi les ovations.

Lors d’une rentrée parlementaire, Kpatcha avait été fort applaudi par les femmes de  ménage du palais des congrès apparemment avertis. Et pendant que les travaux se poursuivaient,  son garçon chargé de distribuer des billets de banques est arrivé avec un sac en bandoulière rempli de CFA  et s’est mis  à distribuer de l’argent aux femmes et à tous les gendarmes à l’entrée du palais des congrès.

Lors des funérailles de 2007, Kpatcha s’est permis de cacher la clé du caveau familial, perturbant ainsi les cérémonies officielles. Et pour la circonstance un lot de journaux au contenu conçus spécialement pour couvrir d’opprobre le président de la République et semer le scandale convoyés par un très proche de Kpatcha  a été distribué au palais des congrès en pleine cérémonie. Les écrits contenus dans ces journaux s’en prenaient aux collaborateurs de Faure dont Barry Moussa Barqué. Kpatcha voulait ainsi démontrer à la République qu’il détient une part de pouvoir. On peut multiplier beaucoup d’exemples montrant qu’il peut se permettre. Jusqu’à son arrestation Kpatcha nourrissait une haine implacable à l’égard des collaborateurs de son frère.

Le plus curieux dans cette affaire c’est que Faure laissait faire.   Conséquence : à l’étranger, le Togo est perçu comme un pays bizarre que deux héritiers dirigent.  De fait, quarante ans de pouvoir clanique ont fini par convaincre les membres du clan que le pouvoir d’Etat  est une propriété des Gnassingbé. Certains, avec Kpatcha à leur tête, estimaient que la République devrait être gérée comme une cuisine familiale. Ils accusent Faure de préférer ses amis à la famille. Pour eux, il devrait s’entourer essentiellement des membres de la famille et alliés mais si d’aventure,  il s’avère nécessaire que d’autres collaborateurs soient associés à la boustifaille, ils devraient obtenir le quitus de la famille. Faure devrait donc, avant de procéder à des nominations, requérir l’assentiment de Kpatcha, jugé digne représentant de son père.

Sur le plan économique, pendant que des mesures sont prises contre le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, ses protégés libanais se prévalaient de sa toute puissance pour résister au fisc. L’affaire Bassam en est un témoignage cinglant. Et pour justifier son soutien à ce réseau, Kpatcha invoquait souvent le rôle crucial de ces Libanais qui auraient aidé son père à maintenir  le Togo debout  pendant la grève générale illimitée qui a duré neuf mois.

Sur le plan médiatique, l’argent qu’il distribuait était un stimulant pour les journalistes. Si dans la presse privée, il suffit d’écrire un petit truc qui lui est favorable mais hostile à Faure  pour se voir appeler à empocher des sous, dans la presse d’Etat TVT et Togo-Presse surtout, il bénéficie d’un traitement particulier et des journalistes se battent  pour être  programmés  en vue des reportages sur les activités menées par Kpatcha.

Parmi les  sociétés d’Etat ruinées figure  la SOTOCO dont Kpatcha était président du conseil d’administration. L’audit commandé sur cette société révèle des choses incroyables mais Faure s’est évertué à le protéger au risque de déplaire à des partenaires en développement.

          Depuis quatre ans, Faure était pris entre deux feux. La famille et les vieux barons souhaitent qu’il gère le pays comme le faisait son père. S’il le fait, il n’inspirera pas confiance à la communauté internationale et ne favoriserait pas l’apaisement politique.

S’il ne  le fait pas, il est accusé d’enrayer la mémoire de son père et se met aux prises avec les nostalgiques du passé. Cette situation le pousse à jouer aux équilibristes en revisitant certaines vielles méthodes pour priver les nostalgiques d’argument tout en menant en profondeur, des réformes qui relèguent les vieux barons aux oubliettes. Les partisans de la gestion clanique du pouvoir en sont venus à  considérer que Faure manœuvre pour remettre le pouvoir à ses oncles (Ewé) principale ethnie votant opposition. Mais du côté de l’opposition, on trouve qu’il favorise le clan.

Des chefs d’Etat ont été mis à contribution pour rappeler Kpatcha à l’ordre. Bongo,  Compaoré, Kadhafi et tous les amis de Eyadèma ont tout fait pour attirer  l’attention de Kpatcha sur les conséquences de ses actes de défiance à l’égard du pouvoir de son frère mais rien n’y fît. Peut-être encouragé par les barons de l’aile dure du régime il se disait que l’Etat togolais est aussi son héritage et que, quoi qu’il fasse,  Faure ne toucherait pas à un seul de ses cheveux.

Le seuil de l’intolérable a été atteint dans la nuit du 12 au 13 avril. Le fait qu’aucune ambassade occidentale n’ait voulu l’héberger n’est pas fortuit. Kpatcha était pisté depuis le temps du Général Eyadèma par les services de renseignements occidentaux en raison de ses accointances avec certains personnages introduits dans les réseaux de trafic. Cette surveillance s’est poursuivie après la mort d’Eyadéma et s’est intensifiée depuis qu’il a été évincé du gouvernement.

En privilégiant le lien familial qui l’unit à Kpatcha,  Faure a laissé faire donnant l’impression qu’il soutient son frère.

Pour n’avoir pas pris tôt la situation en main en séparant les considérations sentimentales  familiale des affaires de l’Etat Faure a contribué à promouvoir un frère encombrant. Mais une chose est sûre, c’est que le Togo n’est pas une propriété privée des Gnassingbé.  Faure est et doit être le dernier des Gnassingbé président. S’il arrive qu’un autre Gnassingbé succède à celui-ci, la preuve sera faite que notre pays est maudit à jamais.

Abass SAIB


Les dessous de la solidarité de l’UFC à l’égard de Kpatcha

La célérité avec laquelle l’UFC a sorti le communiqué concernant l’affaire Kpatcha a surpris les diplomates accrédités au Togo. Si l’UFC était au pouvoir, elle prendrait à la légère tout renseignement indiquant l’imminence du  renversement de  son régime. Faut-il le rappeler, c’est cette banalisation d’informations alarmantes  à lui communiquées par son ministre de l’intérieur Théophile Mally et faisant état de l’imminence d’atteinte à la sûreté de l’Etat   que Sylanus Olympio  s’est fait facilement abattre. Jusqu’à la dernière heure, le père de l’indépendance croyait à une blague. 

Même si l’objectif était de voler au secours d’un collègue élu,  s’agissant d’un tel personnage qu’aucune Ambassade occidentale ne veut héberger, cette position venant d’un parti comme l’UFC qui lutte pour le changement,  est pour le moins troublante d’autant qu’il sera difficile de dissuader ceux qui croient que l’UFC appuie la conspiration menée par un dur du clan Gnassingbé. Surtout qu’il n’y a pas si longtemps, au jardin Fréau,  Lawson Patrick disait   qu’ils étaient en discussion avec leurs frères de l’Armée. Si les Etats-Unis sont souvent prompts à offrir l’asile politique à des personnalités persécutées pour leur opinion politique, en viennent à refouler un député, c’est qu’il y a anguille sous roche.

Quelle que soit la raison qu’invoque le parti de Gilcrist Olympio pour justifier l’opportunité de ce communiqué fort surprenant, il aura du mal à démontrer qu’il ne soutient pas Kpatcha Gnassingbé, encore que l’intéressé lui-même a remercié l’UFC pour son soutien. Politiquement, rien n’obligeait ce parti  à voler au secours de Kpatcha Gnassingbé. Quand une situation se présente et qu’on n’a pas tous les éléments d’appréciation, on réagit de façon circonspecte à défaut de se taire. Le CAR l’a si bien compris qui a sorti un communiqué délicat qui ne laisse aucune trace permettant de lui attribuer un parti pris dans cette affaire. (Lire le communiqué à la page7)

Présenter Kpatcha comme une victime de l’impunité du régime dans cette affaire paraît paradoxal quand on sait que sur la liste remise par l’UFC  à la commission Koffigoh en 2005,  figure Kpatcha Gnassingbé accusé d’avoir organisé la répression d’avril 2005.

Cette situation rappelle celle qui avait prévalu  a la suite de la mort du Général Eyadèma.   L’UFC avait fait descendre les femmes dans la rue pour soutenir Natchaba qui se trouve être l’un des cerveaux de la dictature. L’UFC réclamait que non seulement la constitution toilettée qu’elle condamne soit restaurée mais que le pouvoir soit aussi remis à ce Natchaba qui a plombé la constitution de 1992. Sans doute que la politique a sa logique que la logique ignore.

Machiavélisme à la togolaise

Comment est-il possible que l’UFC fasse preuve de zèle  en  défendant un élu du RPT lequel parti  se montre indifférent au sort de son député ?

La tentative de réponse à cette question nous fait revisiter Nicolas Machiavel (1469-1527)  qui, à travers Le prince avait peint les hommes politiques tels qu’ils sont et non comme ils devraient être. Pour lui, toute action politique implique un décalage entre la fin explicitement visée (la cible) et les moyens employés (la trajectoire réelle de la flèche). La société chez Machiavel ne se fonde plus sur la nature raisonnable de l’homme et la possibilité de délibérer collectivement sur le bien commun. Elle est au contraire le lieu où s’affrontent des désirs contradictoires. Ce n’est plus la raison, mais la passion qui organise la société. Ainsi, le désordre ne doit plus être pensé comme l’altération d’un régime, mais comme une situation normale. Les alliances les plus insoupçonnées relèvent alors de la banalité.

Cette apparente connivence entre l’UFC et Kpatcha Gnassingbé et le clash entre Faure et Kpatcha considéré à tort ou à raison comme le côté violent du pouvoir, rappelle la théorie de la circulation des élites du machiavélien Pareto pour qui,  le pouvoir tire son effectivité dans le mariage entre la ruse et la force. Une élite politique qui s’assimile les éléments les plus rusés de la population, laisse en dehors d’elle les individus aptes à employer la violence.  Cette sélection place d’un côté une élite de la ruse inapte à employer la force et de l’autre les individus doués de la force mais qui ignorent l’art de s’en servir. Si ces derniers s’offrent des chefs qui possèdent cet art parmi les dissidents de l’élite qui s’est imposée par la ruse ils remporteront la victoire et s’installeront au pouvoir.

Si l’on considère avec Machiavel que La fin justifie les moyens, l’UFC n’a pas tort si elle mise sur Kpatcha ou encourage la confrontation entre les deux frères de manière à ce que se présente une situation qui lui permettrait de prendre facilement le pouvoir.  Quelles que puissent être les conséquences sur la popu-lation, tout ce qui contribuerait à prendre le pouvoir est le bienvenu. En Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo n’aurait pas pu ramasser le pouvoir sans la confrontation entre les deux houphouétistes Ouattara et Bédié.

Ce qui compte pour tout politicien, c’est le pouvoir même, s’il faut marcher sur les cadavres pour y arriver. On peut même aller jusqu’à pactiser avec le diable. Le discours sur le soulagement de la misère du peuple n’est que mystification. Il est possible qu’à l’UFC, on pense que Faure plus instruit, moins frileux et rusé sur les bords soit difficile à combattre. Avec Kpatcha très impulsif sensible aux flatteries, manipulable à loisir  et qui selon un officier de l’armée «agit avant de réfléchir», il serait plus facile de récupérer le pouvoir s’il l’obtenait.

Ce rapprochement tactique de type machiavélien entre l’UFC et Kpatcha a été constaté en novembre 2007. Lors de la séance de l’Assemblée Nationale consacrée à l’élection des membres du bureau, la déclaration de l’UFC qui réclamait le poste de vice présidence a fait état de ce qu’un honorable député «et non des moindres» qui n’est autre que Kpatcha    les aurait rassurés. Quelques jours auparavant, on avait signalé que des députés du RPT soudoyés par le député Kpatcha  dans un but précis seraient allés rendre compte à qui de droit.

Abass Saibou


On attend le renfort de l’ami Agbey

                   «En tout cas, entre Faure et Kpatcha je préfère Kpatcha» disait Agbéyomé un jour à son domicile. Sans oublier que l’ex-premier ministre déchu prenait parfois  la plume pour traduire cette option, Agbéyomé est de ceux qui comptaient tirer profit du choc entre les deux frères pour retrouver sa place d’antan .Plus encore, des représentants de Obuts dans les villages dans le but d’attirer des sympathisants du parti au pouvoir leur racontent que derrière Agbey se trouve Kpatcha. Mais comme s’il avait peur, le président de Obuts qui raconte en privé à qui veut l’entendre qu’il s’agit d’une machination  n’a pas eu le courage de le dire expressément dans son communiqué. Puisque c’est dans le malheur qu’on reconnaît les vrais amis, l’ex premier ministre ne peut-il pas, à défaut d’user de ses obuts pour le libérer  se constituer prisonnier pour protester contre l’arrestation de son meilleur ami Kpatcha  et lui témoigner ainsi son soutien indéfectible? 

Fambaré Natchaba rompt le silence

«Il n'y a pas d'autre issue pour le Togo que de continuer sur la voie de la démocratie. L'ère Eyadéma est bien révolue et il faut aider le président»,  a confié à l'AFP l'ancien président de l'Assemblée nationale Fambaré Natchaba.

Homme de grande influence du temps du président Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays de 1967 jusqu'à son décès en février 2005, M. Natchaba admet que le passé est «lourd» et que Faure Gnassingbé «fait des efforts énormes».

Pour lui, la querelle fratricide qui secoue le clan est «un accident de parcours» qui ne doit pas remettre en cause le processus. «Nous n'avons pas d'autre choix que la démocratie. On ne peut pas reculer».

Fambaré Natchaba est de ceux qui étaient soupçonnés de rouler pour «Le gros». Il reste à savoir si ces propos laudateurs à l'égard de Faure sont sincères ou s'ils sont guidés par la situation du moment. 

Kpatcha bien protégé dans une chambre ventilée

Les responsables d'organisation des droits de l'homme qui ont rencontré Kpatcha Gnassingbé, et échangé avec lui ont fait remarquer qu'il a été la seule personne à leur dire qu'avant son interpellation il était sous surveillance médicale et  que cette surveillance se poursuit jusqu'à présent. Kpatcha Gnassingbé qui est  dans une chambre sous  bonne garde affiche apparemment un air serein. Mais il s'ennuie dans un tel biotope qui n'est pas le sien. On imagine ce que ressent un  homme comme lui, qui est né et a grandi dans l'aisance habitué à donner des ordres et à dormir dans un environnement paradisiaque, et qui se retrouve du jour au lendemain  dans une chambre  loin du beau monde qui l'adoubait. Ce n'est pas facile. La vie réserve parfois des surprises parce qu'il y a à peine dix jours Kpatcha considérerait comme fou, tout individu qui imaginerait la situation où il se trouve. Au bout du compte le vieux Zomblewou qui a raison. Dans la vie, il faut faire doucement doucement.  

«Crucifié» par des autorités de la Kozah

On s’attendait à ce que tout Kara descende spontanément dans la rue pour apporter son soutien total et son indéfectible attachement au seigneur de la Kozah pour son incommensurable magnanimité. Les éléments de l’Armée dont on dit qu’ils lui sont fidèles auraient pu organiser la contre-offensive totale et foudroyante pour prouver à la face du monde la puissance de feu de Kpatcha Gnassingbé et la popularité dont on il jouirait. Mais apparemment les inconditionnels du député qui se faisaient très remarquer lors de ses sorties fortement  médiatisés, gardent le profil bas. Les plus courageux se contentent- non sans tourner la tête pour éviter des oreilles indiscrètes- de dire que son frère a juste organisé un montage pour l’éliminer. Le comble c’est lorsque les autorités de la Kozah, conduites par le Chef du canton de Lama  qui il y a peu l’adoraient se précipitent pour le condamner au palais présidentiel. 

Au total neuf militaires arrêtés selon le commandement des FAT

Il «apparaît malheureusement que neuf militaires dont cinq officiers sont en cause dans le cadre de la procédure judiciaire», selon une déclaration lue par le chef d’Etat major des FAT, le général Zakari Nandja  devant le président Faure Gnassingbé au palais présidentiel.

«Il s’agit de manquements graves individuels qui connaîtront des suites conformes aux principes de l’Etat de droit», soulignent les forces armées.

Les FAT condamnent «avec force, toute action qui viserait à entraver le processus démocratique en marche au Togo» et se «tiennent prêtes à défendre sans réserve, les institutions de la république», selon la déclaration.

Outre des militaires, plusieurs autres personnes de l’entourage de Kpatcha Gnassingbé ont été interpellées et interrogées ces derniers jours portant le nombre à 20. 

Colonel Lèmou en toute liberté

Dès la parution de notre dernière édition où son nom figurait parmi les officiers arrêtés, le colonel Lèmou était surpris parce que n’étant impliqué ni de près ou de loin dans cette affaire. Le commandant de la garnison du camp Gal Ameyi de Kara était affligé d’autant que plusieurs confrères ont repris notre liste in extenso sans chercher à vérifier. Toutes nos excuses au Colonel Lèmou que nous remercions  pour ses remarques édifiantes. Le lieutenant Tchamiè ne figure pas non plus parmi les officiers arrêtés.


Les nouvelles recrues face à la dure réalité de l’Administration Publique

          Les autorités togolaises dans le souci de renforcer l’Administration publique ont organisé en août 2008, un concours de recrutement. Les résultats de ce concours proclamés fin décembre 2008 ont permis à 4.000 nouveaux agents d’intégrer la fonction publique le 23 février 2009. Aujourd’hui, deux mois après leur prise de fonction qu’en est-il de leur intégration dans l’administration?

          «Franchement, nous sommes désoeuvrés. Du matin au soir, on est là à ne rien faire. Notre quotidien depuis le 23 février est partagé entre dormir et discuter avec des collègues à l’intérieur des bureaux». C’est par cette déclaration que nous avons été accueillis dans un bureau à un ministère. Selon un nombre important de nouveaux agents rencontrés, «tout porte à croire que les autorités ont recruté parce qu’il faut recruter, et non pour un besoin en ressources humaines car depuis que nous sommes ici, nous ne faisons rien». Ce constat reste valable dans beaucoup de services et certains envisagent même exprimer ouvertement à leurs supérieurs hiérarchiques, leur opposition à cette situation qui les oblige à être contraint de passer toute la journée sans travailler sans pour autant avoir la possibilité de se rendre utile ailleurs. «C’est plus qu’un emprisonnement», conclut un autre. Quelques nouveaux fonctionnaires avec qui nous avons approfondi les discussions ont été amenés à reconnaître que faute de travail, certains des leurs n’hésitent pas à repartir aussitôt après avoir rempli la fiche de présence.

          Ailleurs, c’est la question de bureau qui préoccupe. Il ressort de nos investigations que jusqu’à ce jour, certains agents peinent à se voir attribué un bureau. Il y en a qui ont même avoué que dans les premiers moments qui ont suivi l’appel à la prise de fonction, ils sont obligés de s’agglutiner dans les salles de conférence de leur service. Dans un tel contexte, inutile de demander en quoi consiste leur occupation. Rien que des causeries entre camarades. C’est également ceux-ci qui s’exposent au risque de désertion du service avant l’heure réglementaire.

          Tout ne s’arrête pas là. Car, même si on a la chance d’avoir un bureau et du travail, la collaboration avec les anciens reste une autre paire de manches. «Il arrive des semaines entières où nos relations frisent le conflictuel alors que rien dans la réalité ne justifie cela. Nos discussions s’arrêtent à la salutation puis plus rien. Et quand devant certaines situations, tu sollicites le concours des anciens, ils disent furtivement ne rien savoir quant à ce qu’il y a lieu de faire», a précisé un agent dans un service. Beaucoup estiment que ce comportement peu orthodoxe des anciens fait qu’ils vivent dans les bureaux comme des sourds muets, et très peu préoccupés par le sort de leur prochain lorsqu’il en vient, pour une raison ou une autre, à s’absenter. Les plus heureux de cette situation sont naturellement les anciens qui verrouillent les circuits aux nouveaux qui ne savent pas à quel saint se vouer. La raison de cet état de fait, selon nos recoupements serait liée au niveau d’instruction des nouvelles recrues. Ils sont nombreux ces jeunes fonctionnaires à intégrer la fonction publique nantis de la maîtrise. Dès la première année, ils sont cadre A1 et ne mettront pas du temps à égaler, voire dépasser ces anciens qui, ayant débuté leur carrière avec le BEPC ont mis près de 20 ans pour avoir un salaire comparable à celui d’un agent de cadre A1. Les anciens digèrent donc très mal cette situation qui, en réalité, ne dépend nullement de ceux sur qui ils déversent à tort leur bile.

          Dans d’autres cas, il se dit que la raison du verrouillage est liée aux intérêts et autres privilèges que les anciens redoutent de partager avec les nouveaux qui, à leurs yeux, doivent attendre leur départ à la retraite pour découvrir le réseau. «Vous êtes d’abord en stage. Observez comment ça se fait et après, vous pourrez le faire aussi facilement», nous a rapporté un néophyte qui dit avoir approché un ancien pour se voir confier des dossiers à traiter.

          Sur un autre plan, c’est la question de l’engouement des anciens qui interpelle les nouveaux. Plusieurs d’entre eux déplorent la timidité des anciens dans l’accomplissement des tâches. «Ils passent tout leur temps à causer et de surcroît en vernaculaire. Et quand vous donnez l’impression de quelqu’un qui est laborieux, on vous dit ouvertement qu’ici, la promotion n’est ni le fruit du diplôme ni de l’assiduité au travail, mais bien de l’activisme politique ou des relations d’affinité avec le Chef. Dans ces conditions, comment le pays pourra-t-il évoluer ?», se demande un agent. Plus loin, le même agent fait un aveu intéressant. «Alors que je suis économiste et me suis fait recruter comme tel, on m’affecte dans un autre département où je ne sais en quoi consiste mes attributions. A ma place, on a mis quelqu’un qui dit avoir fait l’Anglais et nous tous, nous nous regardons sans jamais savoir ce qu’il y a lieu de faire».

Ce bref tour d’horizon montre à quel point des dysfonctionnements jalonnent la vie professionnelle des nouvelles recrues. Les autorités qui sont au parfum de cette réalité ont  intérêt à vite réagir avant que la rumeur d’organisation d’autres concours qui court ne devienne réalité. Sinon on risque de recruter des agents qu’on payera mais qui au fond ne seront pas productifs. Et dans ce cas, c’est le budget national qui paie le lourd tribut.

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

Du pain sur la planche

          Il y a quelques semaines, le Président de la République a pris un décret mettant fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou qui était jusqu’alors, Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation. Cette mesure avait suscité beaucoup de commentaires au sein de l’opinion où on s’accorde à reconnaître les nombreux problèmes qui minent ce département. On sait aussi que quelque temps avant la révocation de M. Yves Madow Nagou, son ministère avait enregistré un certain nombre de mouvements de grève.

          Aujourd’hui, quelques semaines seulement après la prise de fonction de M. Sambiani Sankardja, nouveau Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation, nombreux sont ceux qui réalisent de plus en plus que la tâche est immense au niveau de ce département. Le seul départ de Yves Madow Nagou qu’on disait peu communicateur et trop réservé ne suffit pas pour résoudre les problèmes de la maison.

          Aujourd’hui, tout porte à croire que le délai de grâce accordé de fait au  nouveau ministre arrive à son terme. Des agents de l’Education fatigués d’attendre des solutions à leurs problèmes murmurent. C’est le cas par exemple des enseignants auxiliaires engagés en Octobre 2008. A ce jour, six mois après leur prise de fonction, ils n’ont pas encore touché le moindre centime. Et comme ventre affamé n’a point d’oreilles, ils peuvent crier famine à leur manière à tout moment.

          Il en est de même pour ceux dont le cas avait conduit à la grève début Février. Certes, les discussions se poursuivent mais la base s’impatiente de voir ses problèmes réglés. Mais de quels moyens dispose le nouveau Ministre pour satisfaire toutes les sollicitations ? Toute la question est là. Le moins qu’on puisse dire au regard de cette situation, c’est que M. Sambiani Sakardja a du pain sur la planche.

SOS, routes en panne

          A peine deux pluies sont-elles tombées sur la Région Maritime que Lomé a les pieds dans l’eau. Comme on devait s’y attendre, les routes et les rues de la capitale ont «foutu le camp». Aujourd’hui, la mobilité urbaine et la circulation en ville surtout à Lomé sont devenues un véritable casse-tête. Comment peut-il en être autrement si l’on sait qu’au moment où on est en train de construire des routes avec des échangeurs un peu partout dans les pays de la sous-région, au Togo, on en est à rafistoler les routes avec de la latérite et du sable ?

          Au Togo, le réseau routier est en lui-même, un problème. Les artères et autres rues de la capitale sont, non seulement étroites, mais ne sont pas équipées de canaux d’évacuation des eaux de pluies. Les rares égouts qui existent ne sont plus fonctionnels parce que bouchés par des ordures et des sacs plastiques, etc.

          A un moment donné, les Togolais avaient cru que la suppression du FER et le rattachement des TP à la Présidence de la République allait faire bouger les choses. Il n’en a malheureusement rien été. Il a fallu nommer un nouveau Ministre des TP. Mais l’envol tarde à venir. Et pourtant, il est connu de tous que le développement passe par la route ! 

Le revers de la médaille

          Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’y a pas que des routes en mauvais état au Togo. Il existe aussi des routes bien bitumées et matérialisées. Même si on ne peut pas parler de perfection, on doit concéder volontiers que ces routes sont bonnes et praticables en toute saison. C’est le cas par exemple de la route qui va de Lomé à la frontière de Sanvee-Condji sur son tronçon qui part d’Avépozo jusqu’à l’entrée de la ville d’Aného.

          Cette route, disons-nous, est en bon état. Seulement le revers de la médaille ici, c’est que le bon état de la route pousse les usagers à la vitesse. Des voitures, surtout celles venant du Bénin et du Nigeria roulent à tombeau ouvert. Les motocyclistes ne sont pas en reste non plus. Parfois, sur cette route, on a l’impression d’assister à une course de voiture. Or il se trouve que la voie n’est pas toujours dégagée. Conclusion, on enregistre de nombreux accidents avec malheureusement, à la clé, des morts d’hommes.

          Le week-end écoulé a encore été meurtrier sur cette route. Samedi, un gros camion semi-remorque a complètement dérapé de la chaussée pour se retrouver avec tout son chargement dans le mur d’une maison au niveau de Gbodjomé. Dimanche soir, à environ 500 mètres de ce camion, s’est produit un autre accident impliquant au moins deux voitures et une moto. Jusqu’à 21 h 30 mn, le corps sans vie du motocycliste gisait encore sur la chaussée. Une perte incommensurable pour sa famille et le pays.

          Comme quoi, il n’y a pas que les routes en mauvais état qui provoquent des accidents. Quel que soit l’état de la route, la prudence doit être de mise.

De la rumeur à la clameur

          La rumeur courait depuis longtemps, faisant état de rivalités entre Faure Gnass et son frère Kpatcha autour du pouvoir. Certains avaient même laissé entendre que le petit frère devenu député après avoir été évincé du gouvernement où il détenait le portefeuille de la Défense, s’apprêtait à se porter candidat contre le grand frère à la prochaine élection présidentielle. Quelle formation allait le positionner ? On n’en dit rien. Mais on raconte que l’homme est en train de mûrir sérieusement la réflexion avec plusieurs autres acteurs politiques du pays.

          En même temps qu’on inscrivait les ambitions de Kpatcha dans la logique des élections présidentielles, d’autres parlaient d’une prise de pouvoir par la force.

          Mais les deux frères n’ont jamais voulu parler ouvertement de leurs divergences. Ils déclaraient à qui veut l’entendre, que tout allait pour le mieux entre eux et qu’il ne se passait rien de grave.

          Les récents événements qui viennent de se produire au Togo donnent raison à ceux qui, depuis toujours, avaient soutenu que ça n’allait pas entre les deux frères. Depuis le dimanche de Pâques et surtout depuis l’arrestation et l’inculpation de Kpatcha dans une affaire d’attentat contre la sûreté de l’Etat, la rumeur est devenue clameur.

Le répit

          Depuis le lundi 13 Avril, tout semble s’être arrêté sur le plan politique au Togo. Le CPDC qui s’essoufflait déjà a tout simplement fermé ses portes. Les particules qui s’agitaient et réclamaient leur entrée à cette structure n’en parlent plus. Tous les regards et toutes les attentions sont focalisés sur l’affaire de complot et de tentative de déstabilisation qui défraie actuellement la chronique.

          Que ce soit à l’Assemblée nationale, au sein des partis politiques qui ont fait même publier des communiqués sur le dossier, dans les associations de la société civile, ou au sein de la population, tout le monde ne parle plus que de cette affaire. Au point même que les débats politiques qui intéressaient au premier chef les Togolais sont relégués au second plan.

          Des mauvaises langues estiment que le pouvoir en place tire argument de cette situation pour souffler et réajuster son tir en ce qui concerne la préparation des prochaines élections. D’autres pensent que les récents événements pourraient justifier une perturbation du processus. C’est pourquoi dans certains milieux, des voix s’élèvent pour dire que l’affaire de la tentative de déstabilisation ne doit pas occulter le débat politique.

A qui le tour ?

          Depuis le 12 Avril dernier, l’inquiétude grandit dans les milieux proches du député Kpatcha Gnassingbé. Dans le communiqué qu’il a rendu public le 13 Avril, le Procureur de la République a laissé entendre que dans le cadre des enquêtes ouvertes dans l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat, des personnalités civiles et militaires ont été arrêtées. Cette information avait donné la peur au ventre à des gens qui s’estiment proches de Kpatcha.

          Cette peur a grandi lorsque le député lui-même, un homme que tout le monde croyait intouchable pour diverses raisons, a été arrêté après avoir vainement tenté de trouver refuge à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Togo.

          C’est le temps des inquiétudes et on se demande à qui le tour ?

Pas de chance avec la Chine

          Compte tenu de l’ampleur que prennent les transactions commerciales entre le Togo et la Chine, un voyage du Chef de l’Etat dans ce grand pays s’impose. Cependant, au regard de certains constats, on peut se demander si Faure finira par aller en Chine un de ces jours.

          En effet, le Chef de l’Etat togolais a toujours voulu se rendre en Chine. Ce n’est pas la volonté qui lui manque. Mais chaque fois qu’il décide d’effectuer le voyage, il se produit toujours au dernier moment, des événements qui font ajourner son déplacement.

          On se rappelle qu’il y a plusieurs mois déjà, Faure Gnass avait décidé de se rendre en Chine. Tout avait été préparé et il était sur le point de partir quand une grande inondation s’est déclarée dans la Région Maritime faisant un nombre important de sinistrés. Face à cette situation, le Président a dû surseoir à son voyage.

          Le lundi 13 Avril dernier, un voyage du Président Faure avait été programmé sur la Chine. Tout avait été une fois encore préparé pour le départ. Mais la veille, un complot a été éventé et Faure a dû redéposer ses valises.

          Décidément le voyage du Chef de l’Etat en Chine manque de chance au Togo.

Bakaï sur tous les fronts

          Le Procureur de la République, Robert Bakaï n’a plus de répit. Depuis le lundi de Pâques, il est devenu un magistrat très occupé qui gère une affaire des plus délicates. C’est en effet au parquet dont il est le chef et au juge d’instruction que revient la lourde et difficile mission de démêler les écheveaux et de faire la lumière afin que la vérité triomphe dans cette affaire.

          Entre le 13  et le 15 Avril, Robert Bakaï a rendu publics deux communiqués. Un record. Il s’était ensuite adressé à la presse pour annoncer les résultats de la perquisition opérée au domicile de Kpatcha Gnassingbé.

          Mais entre nous soit dit. S’il avait à choisir, l’homme n’aurait-il pas préféré être ailleurs qu’à son poste en ce moment ?

La hache de la HAAC

          Les émissions interactives sont interdites sur les radios et les télévisions togolaises. C’est la formule trouvée par la HAAC pour éviter les «dérives» dans les commentaires que suscite ce qu’on peut désormais appeler «l’affaire Kpatcha». Une mesure qui naturellement n’est pas pour plaire si l’on sait que beaucoup de Togolais sont abonnés aux émissions interactives, qu’ils ont plein de commentaires à faire sur cette affaire et que les promoteurs de radios et télévisions adorent de plus en plus laisser le soin aux auditeurs et téléspectateurs d’animer les antennes à la place des journalistes.

          Des protestations s’élèvent d’un peu partout. Mais pour l’heure, la HAAC reste inflexible. L’institution de réglementation aurait-elle pris cette mesure si cette affaire concernait un Togolais anonyme ? Voilà la question que se posent les auditeurs et téléspectateurs accrocs sevrés.

Le Regard N° 640 du mardi 7 avril 2009
L’UFC et le CAR poussés au boycott de l’élection de 2010

Selon un observateur de la vie politique togolaise, si l’UFC et le CAR perdent le combat de la mise en place d’un cadre électoral fiable, ils perdent, de facto, le combat pour des résultats électoraux justes et fiables.

La «technique de victoire» du parti au pouvoir réside dans le piège que le pouvoir est en train de tendre à l’UFC et au CAR. La conquête du pouvoir – et tous les politologues le savent – est fondée sur les rapports de force au-delà du discours hypocrite de l’égalité de chances pour tous les candidats. Le souhait de l’opposition aujourd’hui c’est de voir le pouvoir RPT mettre ses cinquante députés entre parenthèses et de lui faire des concessions en tenant compte, non pas du nombre de sièges, mais des suffrages exprimés. Ce que tout naturellement elle ne ferait pas si elle se trouvait à la place du RPT. Pour contraindre le parti au pouvoir à lâcher du lest, l’opposition devra créer une situation qui mette le pouvoir RPT à rude épreuve. Toutes les manœuvres préélectorales actuelles sont fondées sur la banalisation des menaces de l’opposition de recourir à la rue.

A noter que l’Assemblée Nationale a donné le ok pour la réhabilitation  de la CENI après que le ministre d’Etat  Pascal Bodjona se soit rendu  au Burkina  pour s’assurer de la complicité du facilitateur apparemment décidé à fermer les yeux sur les actes que pose le pouvoir pourvu qu’ils aient le sceau de la légalité.

Avec le feu vert donné à la CENI pour la prochaine révision des listes électorales, le processus est lancé. La stratégie du parti au pouvoir consiste  à contraindre l’opposition à la politique de la chaise vide, pour s’offrir l’occase d’opérer sans difficulté. Si le président du groupe parlementaire CAR  n’était pas présent  à la plénière du 31 mars 2009, il n’aurait pas décelé la forfaiture  qui a consisté en une proposition formulée sur le champ par le député DAMA Dramani en vue de modifier l’article 32 du code électoral ; ce en violation flagrante de l’article 55 de la Constitution qui dispose qu’une session extraordinaire ne peut débattre que des sujets figurant à l’ordre du jour sur lequel elle est convoquée. Il est vrai que la présence de l’opposition n’empêcherait pas le RPT d’user de sa majorité parlementaire pour faire ce qu’il veut. Mais l’anomalie décelée par le député Amégnonan montre clairement que les tenants du pouvoir avaient intégré l’absence de leurs adversaires au parlement dans leur stratégie car ils s’y prendraient autrement s’ils savaient qu’un député de l’opposition viendrait voir ce qui allait se passer.

La complexité de la situation c’est que l’opposition a boycotté la séance de l’Assemblée pour protester contre la forfaiture mais en même temps, elle se met à dos les partenaires européens qui ne supporteraient pas cette politique de la chaise vide. 

Si l’UFC et le CAR décident de ne pas siéger à la CENI de 2007 réhabilitée, cela permettrait au pouvoir de piéger le processus en amont. Des élections transparentes supposent une liste électorale fiable. Mais l’absence de l’opposition pourrait permettre au RPT de miner le processus  quitte à revenir à une nouvelle CENI après coup. Dans ce cas de figure, soit le CAR et l’UFC participent aux élections  dans un cadre verrouillé et programmé pour la victoire du pouvoir, soit ils boycottent les élections pour rendre encore plus facile la réélection de Faure Gnassingbé qui pour ce faire, pourrait compter sur quelques lièvres de course comme candidats à la place de l’opposition représentative.

On aura alors un scrutin démocratique en apparence sans que des militaires ne s’enfuient avec les urnes comme en 2005. Il s’ensuivra  une tentative de soulèvement vite maîtrisée puis l’instauration du treizième dialogue de Ouaga avec le soutien de la CEDEAO, l’UA, l’OIF etc.

Quatre hypothèses semblent conforter le pouvoir en place dans sa stratégie

Primo, il est vrai que l’opposition aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était en 2005. Les amis d’hier s’observent aujourd’hui en chiens de faïence. Les législatives de 2007 bien qu’ayant déterminé le poids de chacun ont plus que jamais rendu impossible toute coalition des forces démocratiques. La CPP le PDR et surtout la CDPA qui hier évoluaient la main dans la main sont devenus des ennemis jurés de l’UFC qui les considère comme des moins que rien, alliés du RPT. Inutile de dire que ces trois partis ne se priveront pas de militer pour l’échec de l’UFC en 2010 et déploieront toute leur énergie pour qu’il en soit ainsi.

Ces partis étant donc éloignés, seule la coalition CAR–UFC est susceptible de dérouter le parti au pouvoir. Mais là aussi, il n’est pas encore temps d’espérer. Les divergences  entre les deux partis qu’on dissimule et qui sont très profondes n’incitent pas à l’optimisme. Quand bien même le CAR et l’UFC sont tous opposés aux méthodes du RPT, ils ne semblent pas pour autant prêts à mener des actions de concert. Les deux partis ne se font pas confiance. Cette suspicion s’est aggravée lorsque l’UFC a refusé de partager équitablement avec le CAR les membres de la CENI pour le compte de toute l’opposition. Lors de l’adoption  de l’amendement du code électoral, aucun député de l’UFC  n’y était. Par contre, le président du groupe parlementaire CAR  s’y est présenté pour exprimer sa désapprobation.

Cette «mésentente amicale» entre les deux partis en rajoute aux difficultés qu’éprouve l’opposition à engager la bataille de la rue. Pour faire reculer le pouvoir RPT et faire prévaloir ses exigences, il lui faudra  mettre des dizaines de milliers de Loméens dans la rue. Mais avant que l’UFC ne se décide à lui renvoyer l’ascenseur, le CAR n’est pas disposé à s’associer aux initiatives du parti de Gilchrist Olympio pour la remobilisation des populations. Récemment, une démarche de la jeunesse de l’UFC  en direction de la jeunesse du CAR à cet effet n’a abouti à aucune décision. L’UFC est ainsi condamnée  à mettre seule sa menace à exécution. Ce qui n’est pas de nature à inquiéter l’adversaire commun qui, en plus de la violence légale dont il se prévaut, considère qu’il a la situation en main.

Secundo, c’est le peu d’enthousiasme affiché par la communauté internationale plusieurs fois sollicitée à intercéder en faveur de l’Opposition en vue des réformes institutionnelles. Cela est dû en partie au fait que ces partenaires internationaux font de plus en plus confiance au président du Faso surtout en raison de ses efforts unanimement salués pour le processus de paix en Côte d’ivoire. Désormais consacré Grand médiateur en Afrique de l’Ouest, Blaise Compaoré qui, comme en 2005, considèrerait que la réélection de Faure est un gage de stabilité  indispensable à l’usage du Port de Lomé n’aurait pas trop de difficulté à convaincre les partenaires européens au profit du pouvoir en place.

Tertio, le changement de régime au Ghana voisin aurait pu être un réconfort pour l’opposition. A l’issue d’une audience que le nouveau président ghanéen compagnon de J.J. Rawlings au cousin de ce dernier qu’est Gilchrist Olympio,un communiqué rendu public par l’UFC  avait annoncé la disponibilité du pouvoir de ATTA-MILLS à s’impliquer pour la réussite du processus électoral au Togo. Plus encore,  dans une interview  le président de l’UFC avait déclaré qu’il avait été installé comme un chef d’Etat lors de l’investiture de John Atta-Mills. 

Les autorités togolaises ayant perçu ces déclarations comme annonçant le soutien du pouvoir ghanéen à l’opposition togolaise auraient mis la pression sur le nouveau pouvoir ghanéen qui, pour éviter des ennuis avec un voisin devant une opposition ghanéenne aux aguets, multiplie en ce moment  des gestes pour rassurer Faure Gnassingbé. A cet effet, des émissaires du président ghanéen ont effectué des missions à Lomé. Comme pour isoler Gilchrist Olympio qui compterait sur le soutien des autorités ghanéennes.

Quarto, les soubresauts  politiques qui se signalent un peu partout en Afrique rendent la situation togolaise moins préoccupante. En ce moment, les projecteurs sont braqués sur Madagascar où un président illégitime a le soutien de l’armée. Le Zimbabwe où rien n’est encore joué entre Mugabé et son adversaire Premier ministre Tzvanguirai, le Soudan où l’inculpation de Omar El Béchir n’arrange rien à la situation au Darfour,  la Guinée Bissau guettée  par l’anarchie, la Guinée Conakry où la junte  a maille à partir avec la classe politique et la société civile, la Mauritanie où le Général putschiste s’oppose au retour à l’ordre constitutionnel et enfin la  Côte d’Ivoire où règne une paix fragile après la guerre. Dans les cinq derniers pays, tous de l’Afrique de l’Ouest, presque en Etat d’exception, des élections sont annoncées dans l’incertitude totale. Il n’en faudrait donc pas plus pour reléguer le Togo au rang des pays où la situation est moins préoccupante. En tout état de cause, le peu d’intérêt accordé à la situation politique au Togo en raison  des crises déclarées ailleurs en Afrique permettent au pouvoir togolais d’évoluer à sa guise.

 

A.S.


Le séjour de la mobilisation : Gilchrist Olympio veut rencontrer les dirigeants du CAR

                Une délégation de l’Union des Forces de Changement (UFC) conduite par son président national Gilchrist Olympio était en tournée ce week-end dans plusieurs fédérations de la capitale. Cette tournée, à en croire le Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre, vise à s’enquérir de la mobilisation à la base et ensuite inviter les uns et les autres à se tenir prêts pour la prochaine présidentielle.

            La présente tournée va s’étendre sur l’ensemble du pays. A chacune des six étapes de la tournée de ce week-end (Nyékonakpoè, boulevard (Avenida), Tokoin (Hôtel du Plateau), Bè-Kpota, Bè et Wuiti) des militants et sympathisants ont écouté les explications du président national de l’UFC. Des explications sur les dernières évolutions de la situation politique du pays marquée par les discussions au CPDC ainsi que la modification unilatérale de l’article 21 du code électoral par le Rassemblement du PeupleTogolais au pouvoir en vue de réhabiliter la CENI de 2007 ont été données aux populations par le Secrétaire Général.

            Pour Gilchrist Olympio, il n’est plus question de paniquer. «Des gens ont peur qu’au sortir de la prochaine présidentielle, ils seront encore contraints à accepter la fraude par l’action militaire. Mais il y a des forces de l’ordre parmi nous. Nous leur disons que si le pays ne va pas,ça nous concerne tous, vous-mêmes et vos enfants qui ne pourront pas aller à l’école. Donc, on doit s’unir, ramener la paix et rebâtir ce pays», a-t-il déclaré au public à Wuiti en mina.

            Au plan diplomatique, le leader de l’opposition togolaise dit ne pas désarmer dans sa lutte en faveur du peuple togolais. Il affirme sillonner les capitales et chancelleries occidentales pour expliquer la situation du pays pour obtenir l’accord de ces dernières d’accompagner le Togo dans la mise en place des conditions d’une élection sans entrave. «Sur ce plan, dit-il, tout est en bonne voie».

            Invité à se prononcer sur les discussions en cours en vue d’aboutir à l’Union CAR-UFC dans la perspective de la prochaine présidentielle, Gilchrist Olympio n’a pas mâché ses mots. «Pour épouser une femme, il faut faire les premiers pas. Donc, pour l’instant, on se rapproche mais le mariage n’est pas encore consommé». C’est dans cette logique qu’il n’écarte pas l’éventualité d’une rencontre avec les dirigeants du «parti des déshérités» dans les tout prochains jours. Dans le cadre de la présidentielle de 2010, dit-il en outre, l’UFC compte ratisser large dans l’opposition. En ce sens, l’Union UFC-ADDI, est déjà une réalité selon Gilchrist Olympio.

            Du reste, le président national de l’UFC a profité de la circonstance pour fustiger la modification récente de l’article 21 du code électoral, le piétinement des débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, les hésitations du pouvoir à procéder aux réformes relatives à la nationalité devant lui ouvrir la voie pour la présidentielle.

K. Ségniagbéto


Paradoxe de la violation des droits humains : Amnesty dénonce les USA qui épinglent le Togo

Quelques jours après que le Département d’Etat américain  eût publié  un rapport sur les Droits de l’Homme au Togo, la Commission parlementaire des Droits de l’Homme présidée par l’honorable Christine Mensah et composée de députés du pouvoir et de l’opposition a rencontré vendredi la presse au Palais des Congrès. Le but de cette rencontre est de livrer à la presse les conclusions d’une tournée nationale qui a conduit la commission dans les maisons d’arrêt des régions des Plateaux, des Savanes et bien évidemment de Lomé entre le 23 et le 30 mars 2009.

Selon le département d’Etat américain dans son rapport de mars 2009, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants formellement proscrits par la Constitution continuent à être pratiqués en milieu carcéral togolais. Ce qui est particulièrement mis en exergue, c’est la surpopulation. Dans ce domaine, on souligne que la prison civile de Lomé construite pour 500 prisonniers abrite 1.557 détenus dont une quarantaine de femmes. Ce que semble confirmer la commission quand elle plaide pour le désengorgement ou quand on parle de 285 détenus à Dapaong contre une capacité de 150. Le manque d’intérêt pour les équipements médicaux a été aussi relevé. Curieusement, la drogue également s’invite dans le débat au moment où on souligne que dans certains cas, des détenus malades sont astreints au versement illicite de 1.500 F CFA soit 3.30 dollars américains aux gardes avant d’avoir accès aux soins…

«Nous avons constaté que la plupart des prisons méritent de se voir désengorgées. Il faut initier des maisons d’arrêt dans beaucoup de préfectures», a aussi confié Madame le Chef de la Commission qui rapporte au passage le vœu de certains détenus notamment ceux de Mango, relatif à la mise à leur disposition «des nattes pour leur éviter de dormir à même le sol».

            Par ailleurs, elle souligne qu’à Dapaong, la surpopulation de la maison d’arrêt (285 détenus pour une capacité de 150) qui contraste avec la chaleur qui y règne a développé chez certains prisonniers, des maladies cutanées notamment la gale.

            Ainsi donc, la commission qui nie toute torture dans les prisons estime qu’«il y a plus de peur que de mal» et conclut par sa volonté de soumettre les résultats de cette tournée à l’Exécutif avec qui elle étudiera l’éventualité d’une tournée de sensibilisation en direction des différents acteurs du monde carcéral.

Paradoxe des paradoxes

Il serait ridicule de nier les violations des droits de l’homme au Togo mais le paradoxe c’est qu’aux Etats-Unis, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes en matière des Droits de l’Homme. Les cas de Guantanamo  et de la  guerre injustifiée de l’IRAQ n’illustrent pas le bon respect des droits humains. Ironie du sort, dans le même mois de Mars où le département d’Etat publiait son rapport sur Les droits de l’Homme, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a publié un rapport dénonçant les conditions de détention des immigrés emprisonnés aux Etats-Unis.

Parmi les personnes emprisonnées figuraient «des demandeurs d’asile, des survivants de la torture, des victimes de trafic d’êtres humains, des résidents permanents légaux de longue date, et des parents d’enfants ayant la nationalité américaine», ainsi que des enfants, note Amnesty dans ce rapport de 51 pages.

Le nombre d’immigrés détenus aux Etats-Unis a triplé depuis 1996 et a concerné 30.000 personnes en 2008, indique le groupe dans ce rapport baptisé «Emprisonné sans justice: la détention des immigrés aux Etats-Unis». Amnesty prévient en outre que «ces chiffres devraient augmenter en 2009».

Selon l’organisation, les conditions de détention «ne respectent pas les normes internationales en matière de droits de l’homme ou les règles édictées par le service des douanes et de l’immigration (ICE)».

Les immigrés détenus sont parfois vêtus d’uniformes de prisonniers et retenus «dans des centres de détention avec des barbelés et des cellules, aux côtés de personnes condamnées pour des actes criminels», dénonce Amnesty qui note que les aspirants à l’immigration dont la demande est rejetée «peuvent languir en détention indéfiniment si leur pays d’origine n’accepte pas leur retour ou n’a pas de relations diplomatiques» avec Washington, souligne Amnesty.

Et en raison de mauvaises conditions médicales, 74 personnes sont mortes au cours des cinq dernières années, selon le rapport.

Selon l’ICE environ 40% des personnes détenues sont des «étrangers criminels», un terme qui désigne aussi bien des immigrés en voie d’expulsion après une peine de prison aux Etats-Unis, que des résidents permanents expulsés après de sérieuses violations du code de la route.

Par ailleurs Le rapport annuel d’Amnesty International sur la peine de mort montre combien les exécutions sont devenues «de plus en plus un phénomène régional et isolé» aux Etats-Unis,

«Les exécutions aux Etats-Unis sont devenues de plus en plus un phénomène régional et isolé», a estimé Sue Gunawardena-Vaughn, directrice de la campagne d’Amnesty USA pour l’abolition. «Ailleurs, des préoccupations comme le coût, le risque d’exécuter un innocent ou les discriminations raciales ont mené à un déclin important des soutiens à la peine capitale», a-t-elle ajouté. .En 2008, 2.390 condamnés à mort ont été exécutés dans le monde, dont près des trois-quarts en Chine, selon le rapport annuel d’Amnesty International. Il serait plus conséquent  que les Etats-Unis s’efforcent d’être irréprochables en matière des  droits de l’homme pour ne pas servir d’exemple à ceux qui érigent la violation des droits de l’homme en système de gouvernement.           

L. R.


Le Président de l’UFC invité par le facilitateur à Ouaga

                De source proche de l’Union des Forces de Changement, le leader Gilchrist Olympio se rendra incessamment à Ouagadougou. L’objet précis de cette visite n’est pas officiellement révélé. Quelques jours auparavant, le Ministre d’Etat Pascal Bodjona s’était rendu à Ouaga pour livrer au facilitateur, sa version de la situation politique au Togo. C’était le 26 mars dernier.

            A Ouaga, Gilchrist Olympio discutera avec le président et facilitateur du dialogue togolais Blaise Compaoré de la situation politique au Togo s’est exacerbée ces derniers temps avec l’adoption des dispositions réhabilitant l’ancienne CENI et l’annonce de l’ouverture du CPDC aux autres signataires de l’APG.  Démarches unanimement condamnée par le CAR et l’UFC déjà absents aux travaux en commission ayant balisé la voie à cette modification. Le Rassemblement du Peuple Togolais RPT au pouvoir, fort de ses 50 députés à l’Assemblée tente de faire passer toutes les réformes prévues à l’agenda de l’APG devant l’Assemblée ; L’opposition parlementaire, redoutant les manœuvres du pouvoir exige que tout soit débattu au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation sans les partis signataires de l’APG n’ayant pas obtenu 5 % aux dernières législatives. De plus,les réformes institutionnelles et constitutionnelles notamment sur les conditions d’éligibilité très attendues par l’UFC semblent hypothéquées

           

             Le leader de l’Union des Forces de Changement qui, lors d’une interview avait déclaré compter sur le facilitateur pour le règlement des problèmes en suspens saisira sans doute l’occasion pour appréhender la position et l’allure de l’arbitrage du facilitateur sur les questions qui oppose l’UFC au parti au pouvoir. Au sortir des discussions avec le facilitateur Gilchrist Olympio aura donc une idée claire de l’intention des tenants du pouvoir togolais.  

Sébastien


La problématique de la redynamisation du transport ferroviaire au Togo

Le transport au Togo et particulièrement celui des passagers constitue un véritable casse-tête chinois. Face à une telle situation, le transport ferroviaire devrait venir renforcer le transport routier. Mais près d'une dizaine d'années après la concession du transport ferroviaire à Togo-Rail, le constat est saisissant : absence de transport de passagers, le transport ne se limitant qu'au transport de fret, l'impraticabilité de certaines voies, le matériel roulant désuet non renouvelé qui cause parfois des accidents, la coupe et le vol des rails... La société peine à relancer le secteur.

Le désengagement de l'Etat

Le secteur du transport ferroviaire est un domaine de souveraineté de l'Etat. La rentabilité du secteur devenant faible, il a fallu de multiples subventions de l'Etat pour rétablir souvent l'équilibre. Ainsi, sur insistance des partenaires en développement, l'Etat a fini par se désengager du secteur et confier sa gestion à des privés. Le 16 décembre 2002, la gestion des chemins de fer du Togo a été concédée à Togo-Rail pour 25 ans. Les missions assignées à cette société sont entre autres, la réhabilitation des infrastructures ferroviaires, la remise en l'état des chemins de fer dans une perspective nouvelle, mettre fin à l'essentiel de la dégradation des voies et l'amélioration du transport ferroviaire. Selon les clauses de la concession, la nouvelle société doit améliorer le transport ferroviaire, mais près de dix ans après, l'attente d'un meilleur résultat est encore grande et se double avec l'absence de visibilité des efforts entrepris par Togo-Rail. Certes, Togo-Rail n'est qu'à ces débuts mais il a fort à faire s'il veut respecter les clauses.

Le transport de passagers

Le transport est un domaine qui demande beaucoup d’investissements Le transport de passagers est un transport conventionnel qui, selon un responsable contacté à Togo-Rail, «nécessite le respect d'un certain nombre de mesures à savoir les mesures sécuritaires : éviter les accidents de circulation, ce qui suppose des rails solides. Les mesures de respect des horaires, les mesures de confort des wagons, lumière à l'intérieur, WC, sièges confortables». Ces mesures ont un coût que doivent forcément payer les passagers. Mais en tenant compte de la bourse de la population togolaise en général, on peut sans risque de se tromper, affirmer qu'une telle entreprise est vouée à l'échec sans aide extérieure.

Or «Togo-Rail n'a pas la vocation de faire du social, le social est du domaine de l'Etat», poursuit notre interlocuteur. «Nous avons donc suspendu provisoirement le transport de passagers en attendant une subvention de l'Etat». Argument que ne réfute pas la direction des transports.

Mais le directeur des transports M. Mawutoè Fatonzoun relativise. «Les chemins de fer étaient dégradés à tel enseigne qu'il va falloir chercher des moyens de recours de financement pour remettre le système ferroviaire à un niveau raisonnable de trafic. Dans ces conditions de voies dégradées, matériels roulants dégradés, si vous êtes gestionnaires de l'Etat, vous ne pouvez pas autoriser le transport de la vie des passagers dans du matériel qui ne tient pas et qui déraille à tout moment». Il poursuit en affirmant que «pour l'heure, nous attendons que le niveau de réhabilitation soit requis, le respect du cahier de charge et que le concessionnaire qui est Togo-Rail, engage une convention de partenariat avec l'Etat puisque nous reconnaissons que au niveau du transport de passagers, il y a lieu d'apporter une petite subvention à cette unité pour qu'elle puisse couvrir les charges sociales».

En attendant ces travaux, les Togolais peuvent encore prendre leur mal en patience et attendre encore  car ce n'est pas demain que ces travaux seront réalisés.

Pour l'heure, l'essentiel du trafic de Togo-Rail se limite au fret de minerais sur les voies Lomé-Blitta pour le ciment et Lomé-Tabligbo pour le clinker.

Vers la redynamisation du secteur

A l'heure actuelle, il semble que le secteur des chemins de fer n'est pas une priorité du gouvernement. Mais comme on le dit «la route du développement passe par le développement de la route» y compris les chemins de fer. Au moment où le Togo amorce une étape décisive de la relance de son économie, ce secteur ne doit pas être négligé. Le désengagement de l'Etat ne doit pas signifier son désintéressement total. L'Etat doit toujours avoir son droit de regard sur le patrimoine qu'il concède aux opérateurs privés.

La redynamisation du secteur ferroviaire serait une des clés de la relance et ceci suppose la réhabilitation des infrastructures et l'injection des financements nécessaires à son décollage. Elle passe également par une revue du fonctionnement de tout le système ferroviaire qui doit répondre aux besoins de compétitivité et de rapidité car un projet d'interconnexion des réseaux ferroviaires des pays membres de la CEDEAO se profile à l'horizon.

Pour la plupart, vestige de la colonisation allemande, les transports ferroviaires au Togo étaient dirigés de 1904 à 1968 par le Réseau des Chemins de Fer du Togo et du Wharf, de 1968 à 1995 par le Réseau des Chemins de Fer du Togo (CFT), de 1995 à 2002 par la Société Nationale des Chemins de Fer du Togo (SNCT), à partir de 2002 par Togo-Rail qui vient de céder depuis l'année dernière une partie de son monopole à Minning S.A. Le réseau ferroviaire au Togo dispose 550 km de voie.

Albert Agbeko


La hausse du prix des produits de la BB vue par les Togolais

                Par un mémo publié la semaine dernière, la Brasserie BB a procédé à l’augmentation du prix de ses produits. Désormais, les consommateurs togolais doivent débourser plus qu’avant pour étancher leur soif. C’est ainsi que la bouteille de la bière Flag par exemple est passée de 500 à 550 F CFA. Pareil pour celle de Eku qui passe de 550 à 600 F CFA. Officiellement, on lie cette hausse aux droits d’accises et au changement des fiscalités. Le taux élevé de contribution de la Brasserie aux recettes budgétaires de l’Etat soit 42 % du prix de vente de chaque produit est également évoqué. Selon le mémo, «BB étant le 1er contributeur aux recettes de l’Etat (42 %), il faut noter que la nouvelle structure tarifaire générera des recettes supplémentaires non négligeables pour l’Etat et qui seront profitables pour l’économie togolaise (financement des infrastructures comme les routes, les ponts, les écoles, les hôpitaux, etc.) en bref, des investissements au Togo soit 2 milliards sur le budget de l’Etat».

            Cinq jours après cette décision, la population continue d’épiloguer sur cette mesure qu’elle qualifie de couleuvre à avaler en ces temps de soudure. Partout, on ne cesse de la dénoncer. Le tour d’horizon d’un nombre important de bars ou de dépôts de boissons dans divers quartiers de Lomé a permis d’établir ce constat.

«D’habitude, avec mille francs, j’ai deux bouteilles de Flag. Mais hier, quand j’ai encore tendu les mille francs, on m’a dit d’ajouter cent francs. Cela a failli créer un malentendu entre les serveuses et moi», a affirmé un consommateur qui reproche surtout à la Brasserie le manque d’informations qui a entouré cette révision à la hausse. «Dans aucun pays au monde, on ne procède jamais ainsi. Au moins on prévient le consommateur des semaines à l’avance», a-t-il ajouté. Et un autre de renchérir «C’est l’habitude des dirigeants togolais. En décembre dernier, quand il était question de faire venir la COTEC au Port Autonome de Lomé, c’est sans avertissement que cela avait été fait. Du jour au lendemain, on a vu le prix des voitures d’occasion tripler».

D’autres estiment qu’après avoir été contraints de réviser à la baisse le prix des produits pétroliers, le pouvoir tente de récupérer le manque à gagner sur les produits de la BB.

            Ailleurs, on dénonce surtout l’attitude de certains commerçants véreux qui ont saisi l’occasion pour exagérer dans la fixation des prix. Dans certains quartiers où les gérants ne se sentent pas concurrencés, ils vendent, au lieu de 550, la bouteille de la bière Awooyo à 600 F CFA.

            «Que la Brasserie instaure la Police des bars pour amener tous les gérants à harmoniser les prix de ses produits», a laissé entendre un client. Cette position a été reprise par plusieurs autres consommateurs qui ne digèrent pas cette attitude des gérants qu’ils accusent de s’associer à la Brasserie pour faire de la surenchère.

Dans le même temps, les bars aussi se plaignent de la rareté des clients. «Depuis vendredi, mes recettes ont chuté. Des clients qui initialement prennent trois ou quatre bouteilles ont revu à la baisse leur consommation».

Ce qui a également retenu l’attention de certains dans cette affaire est l’attitude des partis politiques de l’opposition qu’on qualifie d’amorphe. Pour ceux-ci, l’opposition togolaise ne sait même pas l’occasion qu’elle peut saisir pour se faire entendre et bien gagner la confiance de la population. «De jeudi à dimanche, aucun parti de l’opposition n’est monté au créneau pour dénoncer cette attitude de la Brasserie et appeler à la mobilisation générale. C’est dommage», déclare un interlocuteur.

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

La bière à prix d’or

            Les amoureux des produits de la Brasserie ont du souci à se faire. En effet, cette société vient de réviser à la hausse, les prix des boissons. Il faut débourser désormais 50 F CFA de plus pour s’offrir une bière et 25 F CFA de plus pour une sucrerie ou une petite bouteille de bière.

            Bien que les rumeurs sur la question se faisaient persistantes depuis quelque temps, l’annonce a fait l’objet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Et pour cause. Le commun des consommateurs n’a vu aucune raison pouvant justifier cette mesure. Au contraire, certains indices laissaient penser que les prix n’allaient pas changer de si tôt. Non seulement le coût du kilowatt/heure est inchangé, mais il y a quelque temps, le prix des produits pétroliers a baissé à la pompe.

            Pour justifier cette mesure qui risque d’assoiffer plus d’un, la Brasserie évoque des arguments qui ne tiennent pas devant les poches trouées des consommateurs.

            A Lomé, les amoureux de la «mousseuse» ne décolèrent pas. Une réflexion est sérieusement en cours pour savoir la conduite à tenir. Faut-il prendre de nouvelles habitudes en cessant de boire la bière ? Difficile. Non seulement les vrais consommateurs ne peuvent pas tenir une journée sans prendre leur breuvage fétiche, mais le fait est aussi qu’ils sont nombreux, ceux qui peuvent sacrifier la papote de la famille pour une bouteille de bière.

            La vérité, c’est que si la Brasserie se permet certaines mesures, c’est tout simplement parce que cette société évolue dans une situation de quasi monopole.

La nouvelle équation

            Il ne sera désormais plus facile de s’offrir une bouteille de bière ou d’en offrir à des amis. Et pour cause. La bière coûte maintenant 10 % de plus qu’avant. Et en ces temps de la cherté de la vie où il faut tirer le diable par la queue pour joindre les deux bouts, il va falloir faire et refaire ses calculs avant de franchir le seuil  d’un débit de boissons.

            Avec leur pouvoir d’achat extrêmement faible, les Togolais qui voudront s’aventurer dans les bars doivent résoudre une équation. Il sera question pour beaucoup de choisir entre la mesure du maïs qui profitera à toute la famille et la bouteille de bière qui partira en fumée juste après le décapsulage.

            Une chose est sûre, c’est que, contrairement à ce qu’elle paraît, cette équation est bien difficile et pourrait laisser plus d’un, dans la position de l’âne de Buridan.

Du boulot pour les distillateurs

            Si les consommateurs d’alcool ne trouvent pas satisfaction chez les brasseurs, c’est naturellement vers les distillateurs qu’ils se retourneront. La nouvelle révision à la hausse du prix des produits BB agira certainement sur la consommation. Nombreux sont ceux qui, faute de pouvoir s’acheter de la bière, jetteront leur dévolu sur d’autres boissons. En tête des alternatives se trouvent le Sodabi, le tchouk et le vin de palme. Les malafoutiers et autres distillateurs auront donc du boulot.

            Mais ici comme ailleurs, la consommation de ces boissons locales n’est pas toujours sans danger. Il se pose en effet à ce niveau, un sérieux problème de qualité. Le Sodabi frelaté est celui qui court les rues le plus. Aujourd’hui, le vin de palme se fabrique à base de produits chimiques et le tchouk qui se prépare en principe avec du mil est aujourd’hui préparé avec du maïs et d’autres céréales.

            Comme on le voit, s’abreuver à la Brasserie est un problème. Se replier sur les boissons locales est aussi un problème. Ne vaut-il pas mieux de retourner tout simplement à l’eau, la meilleure des boissons pour couper court à tout ?

Le CPDC en panne

            Lorsque début Février, le Chef de l’Etat avait pris un décret mettant en place le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation dans les termes prévus par l’APG et conformément à un décret pris en Conseil des Ministres au temps du Gouvernement d’Union Nationale, plusieurs Togolais avaient entrevu une lueur d’espoir pour le Togo. Mais d’autres, instruits par des expériences récentes, étaient plutôt restés sceptiques, attendant de voir pour croire.

            Aujourd’hui, les faits semblent malheureusement leur donner raison. Les espoirs suscités au départ sont en train de s’amenuiser au fil des jours. Le CPDC qui suscite la convoitise des partis qui n’y siègent pas donne plutôt l’image d’une foire d’empoigne où on tourne en rond. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une perte de temps. Deux mois après sa mise en place, le CPDC montre de l’essoufflement. Ses réunions se font de plus en plus rares. A telle enseigne que plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette structure est en panne.

            S’il est une chose qui est sûre aujourd’hui, c’est que le CPDC n’est pas mis en place pour régler les nombreux problèmes auxquels le Togo est confronté.

Le Togo, un pays en retard

            Il y a quelques années, le Togo était considéré comme un petit joyau en Afrique de l’Ouest. Lomé La Belle, Lomé La Coquette était devenue un grand carrefour. En ces temps-là, des villes comme Accra et Cotonou étaient considérées chez nous avec mépris. C’était même des sujets de moquerie. Mais comme il est écrit quelque part que les premiers seront les derniers, le vent a tourné en faveur des capitales béninoise et ghanéenne.

            En effet, aujourd’hui, la capitale togolaise qu’on magnifiait est devenue un gros village à côté de Cotonou et d’Accra. Dans notre dernière parution, nous écrivons ici même que les Togolais qui s’étaient rendus à Accra pour suivre le match Togo-Cameroun étaient tombés amoureux de cette mégalopole qui est une somme d’immeubles imposants, de rues et autres boulevards bien larges, de places publiques bien entretenues, etc. Ce n’est pas faux. Accra, c’est aussi des échangeurs et un parc automobile neuf. Rien à voir avec Lomé.

            Chez nos voisins de l’Est, on ne dort pas non plus. Cotonou est en chantier. Chaque jour, des immeubles sortent de terre. Un vaste projet d’aménagement du réseau routier urbain est en cours. Des échangeurs sont prévus pour les tout prochains jours. Histoire de faciliter la mobilité urbaine.

            Pendant que chez nos voisins, on fait du sérieux, au Togo, on procède, à grands renforts de publicité, au replâtrage des rues. Il y a plus d’un an, on avait promis le réaménagement de la route d’Anèho dans la zone portuaire. On a parlé de la construction d’échangeurs au niveau du Port et au niveau de CIMTOGO. Mais jusqu’ici, on n’a rien vu. Comme s’ils s’adressaient à des enfants de chœur à qui on peut faire avaler autant de couleuvres qu’on veut, nos dirigeants ont remis encore, il y a seulement quelques semaines, ce projet sur la table.

            Le Togo est un pays en retard. C’est le moins qu’on puisse dire.

Consensus, où es-tu ?

            Depuis le dialogue national qui a conduit à la signature de l’Accord Politique Global, la classe politique togolaise semble avoir opté pour le consensus pour régler les problèmes politiques. Malheureusement, force est de constater que le consensus en question reste la chose la moins partagée au Togo.

            Certes, le consensus ne se décrète pas. C’est parfois le résultat de débats difficiles et houleux. Mais au Togo on peut, sans se tromper, dire qu’on ne parvient au consensus que sur des questions mineures. Sur les vraies questions d’intérêt national, chacun campe sur ses positions. Et si on semble jeter du lest, c’est tout simplement parce qu’on a trouvé le moyen de remettre en cause plus tard tout ce qu’on avait concédé. Les partis de l’opposition parlementaire sont en train d’en faire l’amère expérience. Ils sont nombreux ceux qui, pour cette raison, se demandent à quoi sert le CPDC, une structure où on trouve des solutions consensuelles à des problèmes qui n’en sont pas, tandis que les vrais problèmes sont renvoyés ailleurs pour être réglés sur des bases qui n’ont rien de consensuel.

Et voici la justice privée

            Il y a quelque temps, les Togolais avaient crié leur ras-le-bol face à l’insécurité qui prenait des proportions inquiétantes dans le pays. En réaction à cette situation, les autorités publiques ont mis en place, un dispositif pour endiguer le mal. Désormais des patrouilles sont organisées la nuit.

            Depuis, il n’est plus rare de voir à la télévision nationale, l’image de bandits présumés abattus par les forces de sécurité. A l’appui de ces images, il est toujours précisé que les malfrats en question ont été abattus alors qu’ils avaient ouvert le feu sur les éléments des forces de sécurité qui voulaient les arrêter.

            Mais à côté des forces de sécurité qui abattent des présumés malfrats, il se développe un phénomène à Lomé et ses environs : celui de la vengeance ou de la justice privée. En effet, aujourd’hui, dès qu’un malfrat est arrêté, les populations lui font passer un mauvais quart d’heure. Après quoi, il est simplement aspergé d’essence et brûlé vif. Le supplice du feu est devenu comme une mode au Togo aujourd’hui. Vraiment dur, dur d’être bandit dans notre pays aujourd’hui.

Sacré Kadhafi !

            Ceux qui croient qu’ils peuvent empêcher le Guide Libyen d’être une autorité pour le continent africain tout entier se trompent. Et pour cause. L’homme a plus d’imagination qu’on le croit. Voyant que son histoire de gouvernement des Etats-Unis d’Afrique n’intéresse pas les Chefs d’Etats africains qui préfèrent s’accrocher à leur pouvoir, Kadhafi s’est rabattu sur les rois et chefs traditionnels qui ont fait de lui, le roi des rois d’Afrique. A défaut de ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a.

            Mais depuis quelque temps, c’est vers les dictateurs africains que le Guide Libyen lorgne. Il magnifie les coups d’Etat et louange la présidence à vie. Il ouvre les bras aux criminels de guerre et s’en prend au TPI. Histoire de s’attirer la sympathie de ceux qui sont décriés par leurs peuples et la communauté internationale.

            Mais Kadhafi croit-il réaliser ses ambitions en faisant ce qu’il fait ? En tout cas, en l’état actuel des choses, les Etats-Unis d’Afrique font plus peur qu’ils ne suscitent d’espoirs.

Le Regard #632 du  30 mars 2009
Passage en force : Le Gouvernement veut s'assurer de la complicité du facilitateur

Le Ministre d'Etat Pascal Bodjona était au Burkina Faso le 26 Mars 2009. Officiellement et selon la formule consacrée, il était porteur d'un message du Chef de l'Etat à son frère et ami du Burkina Faso Blaise Compaoré. A l'issue de l'audience que lui a accordé le président du Faso, M. Bodjona a indiqué que "Tout le monde sait l'engagement du Président Compaoré aux côtés du peuple togolais depuis deux ans, notamment le dialogue intertogolais qui a abouti à l'APG. Il est tout à fait normal que nous fassions également au président du Faso l'état d'avancement et l'évolution de la politique au Togo et bénéficier de ses sages conseils".

            La dernière session du Comité de Suivi présidée par le représentant du facilitateur avait approuvé l'ouverture du CPDC aux autres formations politiques signataires de l'APG. Un projet de décret pris dans ce sens, n'est toujours pas adopté pour concrétiser cette ouverture. Les deux partis de l'opposition parlementaire ont menacé de boycotter le CPDC si jamais il est ouvert à d'autres partis. En outre, les deux partis boycottent déjà la session extraordinaire de l'Assemblée Nationale convoquée en vue de l'adoption de l'article 21 réhabilitant l'ancienne CENI.  Quelles seront les conséquences du retrait du CAR et de l'UFC du CPDC au cas où il serait ouvert à d'autres partis et que faut-il faire dans ce cas ?

Faut-il adopter l'article 21 nonobstant le boycott de l'Assemblée par les deux partis ou procéder autrement ?

De source informée, le parti au pouvoir aurait prévu toutes les réactions possibles de l'opposition et envisagé les voies et moyens d'y faire face. De là, à considérer que le déplacement du Ministre Bodjona vise à s'assurer de l'adhésion du facilitateur aux scénarii prévus avant de passer à la vitesse supérieure, il n'y a qu'un pas qu'on peut franchir allégrement. Il est clair que les sages conseils dont les autorités togolaises veulent bénéficier de la part du président du Faso visent à s'assurer de sa complicité et partant celle de la communauté internationale. De l'avis  du facilitateur Compaoré dépendra donc la suite à donner aux actions programmées. Le reste dépendra de la capacité des forces de l'opposition à dissuader cette fuite en avant.

A.      S.


Le RPT profite de la crise de confiance entre le CAR et l’UFC

Sous prétexte d'éviter la précipitation et l'improvisation, le gouvernement togolais a fait convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale. Il s'agit de permettre à l'ancienne CENI ayant organisé les dernières législatives d'être maintenue en fonction pour procéder à l'exécution des tâches techniques telles que la mise à jour du fichier électoral.

A l'ouverture de la session jeudi dernier, les groupes parlementaires CAR et UFC ont boycotté la séance pour protester contre ce qu'ils appellent un coup de force contre le CPDC et la transparence des élections.

En effet, les points de désaccord auraient été transmis au Chef de l'Etat qui, avec le concours de la facilitation, devrait trancher. Dans ces conditions, l'implication de l'Assemblée Nationale est pour le moins incongrue.

Lors des travaux du CPDC, les deux partis de l'opposition parlementaire ont insisté et obtenu que dans la répartition des membres de la CENI, six membres soient attribués à l'opposition. Lors du meeting du 22 Mars 2009, un responsable de l'UFC a déclaré publiquement qu'ils ont rejeté la proposition du RPT de répartir les 6 membres de la CENI à raison de trois pour le CAR et trois pour l'UFC. En décidant ainsi, le pouvoir a voulu tester la confiance entre les deux partis. Ce refus de l'UFC a suscité indignation au CAR où on estime que pour éviter de faire le jeu du RPT, l'UFC devrait accepter le partage équitable de six membres si tant est qu'elle veut faire confiance au CAR avec lequel elle envisage de lutter ensemble pour l'organisation des élections transparentes. Ce refus de l'UFC a galvanisé le RPT qui invoque la mésentente entre les deux partis de l'opposition parlementaire pour ressusciter l'ancienne CENI.

Face à la réticence de l'UFC à supposer même que la répartition des membres de la CENI à raison de six pour l'opposition soit soumise à l'Assemblée Nationale, le parti au pouvoir, fort de sa majorité ne se privera pas de donner trois au CAR et trois à l'UFC, ce qui ne fera qu'alimenter une querelle déjà vue. On se rappelle qu'en 1998, le RPT avait opéré le même coup en préférant Amaglo à Jean-Pierre Fabre comme membre de la CENI pour le compte de l'opposition. La campagne de dénigrement qui s'en est suivie avait arrangé le RPT. En janvier 2009, Lawson Patrick déclarait sur une radio locale que les deux grands partis (CAR et l'UFC) ont décidé de coopérer pour le bonheur du peuple togolais. "Nous avions un passé lourd. Nous l'avons analysé et nous avons dit, il faut faire quelque chose pour ce peuple. On va appeler également les autres camarades pour qu'on fasse quelque chose dans l'intérêt supérieur de nos populations.

(…) Nous avons tiré un trait rouge sur le passé. Ce passé c'est un échec. Si on fait quelque chose pour 2010 il faut que cela continue après 2010 (…). Sur le plan politique, c'est une question de vie ou de mort parce que nous avons trop dilapidé l'effort des populations(...)

De toute façon, quiconque veut faire cavalier seul pour les élections de 2010 n'aura pas le soutien des populations. Nous en sommes conscients. Nous allons faire un mariage de raison. La raison c'est l'intérêt de nos populations. L'erreur d'où qu'elle vienne serait un suicide politique (….)  Le CAR et l'UFC dans ce pays sont majoritaires. Si nous prenons en plus de cela les voix des autres partis politiques, le RPT ne nous dépassera pas.

Ils ont un problème parce qu'ils ont basé toute leur stratégie sur la division de l'opposition. Le RPT n'a qu'à s'en prendre à lui-même". Ces propos apparemment ne se traduisent pas par les actes.

Car si tant est que les deux partis ont la volonté de se battre pour une cause commune, ils devront commencer à se faire confiance en évitant certains détails accessoires qui profitent à l'adversaire.

Même si au CAR on s'associe à l'UFC pour dénoncer les manœuvres du RPT, on ne comprend pas très bien pourquoi, sachant que l'adversaire a fondé sa stratégie sur la division de l'opposition, le parti de Gilchrist Olympio ne s'y prend pas autrement pour éviter ce piège.

A. S.


L’UFC à l’heure de la mobilisation populaire : Un retour annoncé pour la bataille de la rue

«On est une armée, les fantassins, c’est les militants. On a besoin des militants pour obtenir les meilleures conditions. Sous la pression populaire, le parti au pouvoir sera obligé de battre en retraite», ces propos de  Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC témoignent que le parti de Gilchrist Olympio est prêt à faire descendre son «armée» dans la rue.Le président du Parti est à juste titre attendu  ce mercredi pour patronner la mobilisation populaire visant à obtenir par la rue, ce qu’il est impossible d’arracher par le dialogue et la concertation.

Lors du meeting du 22 Mars 2009, les responsables de l’UFC  ont menacé de recourir à la mobilisation populaire pour faire triompher leurs exigences. On ignore si Gilchrist Olympio rencontrera le chef de l’Etat pour lui réitérer ses exigences ou si le parti mettra directement ses menaces à exécution. Outre  la réforme du code électoral, l’UFC exige que la constitution soit débarrassée  des mesures jugées discriminatoires à l’encontre de son candidat.

Lors d’une conférence de presse animée le 26 Mars 2009, l’UFC a mis  en garde Faure Gnassingbé contre les conséquences des blocages organisés à dessein  par le  parti au pouvoir et annoncé qu’elle se verra contrainte de quitter le processus de sortie de crise en cours et d’appeler les populations à empêcher par tous les moyens, une énième mascarade électorale, si le RPT persiste dans sa logique de fraudes. Elle exhorte les populations togolaises à rester constamment vigilantes et mobilisées pour faire échec à l’imposture, aux intimidations et autres manœuvres sordides orchestrées

La situation est telle que le parti de Gilchrist  sera obligé de mettre ses menaces à exécution dès lors que le parti au pouvoir ne semble s’émouvoir outre mesure. La dernière démonstration de force de ce parti remonte à l’élection présidentielle de 2005 où les militants  avaient été conviés à se mobiliser pour faire échec au hold up électoral. Les barricades avaient été dressées dans les quartiers fiefs de l’UFC. En réaction, des éléments de l’armée  ont entrepris une expédition punitive en  pénétrant  les domiciles pour y molester les occupants.

Quatre ans après, la situation a évolué. Mais le souvenir de cette triste période qui dissuadait toute velléité de contestation  est –il estompé ? Pour sa part, le parti au pouvoir feint de ne pas prendre les menaces de l’UFC au sérieux. Un défi que Gilchrist Olympio se doit de relever.

A. S.


Houngbo évoque des résistances au sein du parti au pouvoir

Dans une interview du Premier ministre publiée lundi 30 Mars 2009 dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, il y évoque la présidentielle de 2010, le face-à-face RPT-UFC, le laborieux dialogue au sein du CPDC et les résistances de certains au sein du parti au pouvoir. Ce qui accroche dans cette interview est que le Premier Ministre a semblé avoir tout dit sur l’avenir des réformes très attendues à l’Union des Forces de Changement. «Barons du RPT ou pas, certains n’ont pas intérêt à ce que ces réformes aboutissent. Lorsque des intérêts sont en jeu, il n’y a plus de couleur politique», a-t-il dit. En clair, il n’y a pas selon le PM, seulement qu’au sein du parti au pouvoir qu’il y a des résistances à opérer les réformes prévues à l’APG et qui devraient logiquement conduire à une élection inclusive. Gilbert Houngbo constate que les tactiques électorales ont débuté à un an des élections présidentielles. «Dès octobre 2007, au sortir des législatives, la plupart pensaient déjà à 2010», indique-t-il assurant que pour une jeune démocratie, «une pré campagne aussi longue est une bonne chose». De ce point de vue, il n’a pas exclu que «le processus soit ouvert sur la base des lois existantes parce que ces lois ont permis d’organiser les législatives crédibles».

Sur la confrontation RPT–UFC, le Premier ministre estime qu’un système bipolaire n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux et que «les clivages nés des élections fragilisent la cohésion sociale». Mais il constate cependant qu’au Togo, avec les derniers développements de la situation politique qu’«on est loin de l’esprit de réconciliation nationale et de l’Accord signé à Ouagadougou en 2006». 

Un autre point important sur lequel Gilbert Houngbo s’est prononcé est sa coloration politique. Il dit n’avoir aucun parti politique mais que lorsqu’on dirige un gouvernement largement dominé par un parti, il ne faut pas s’étonner d’être combattu par l’opposition.

L. R.


Les rues bientôt à l’épreuve au Togo
Au lendemain des importants dommages causés par les inondations qui ont frappé plusieurs régions de notre pays l’année dernière, le gouvernement a annoncé des projets de réhabilitation et de construction de routes et pistes rurales au Togo. Ces projets sont prévus pour se réaliser aussi bien dans la capitale Lomé qu’à l’intérieur du pays.

            A Lomé, on  a vu des hommes en uniforme procéder au replâtrage des avenues  et autres artères défoncées. On a aussi vu par endroits et à l’intérieur du pays, retaper des routes avec du sable ou de la latérite. Ces travaux sont souvent vantés et présentés à l’opinion comme de grands travaux réalisés par le pouvoir en place. Mais l’appréciation de ces ouvrages est tout autre chez les populations et les usagers des routes qui se plaignent de la poussière qui est devenue la chose la mieux partagée sur nos routes. Il suffit d’emprunter certains chemins pour réaliser l’ampleur du phénomène.

            Face à cette situation, on pourrait penser que la saison des pluies qui s’annonce viendra, avec l’humidité, régler le problème. Malheureusement, il se trouve que le problème ne sera remplacé que par un autre, plus grave encore : celui de l’impraticabilité pure et simple des routes.

            Il est constant qu’à Lomé et à l’intérieur du pays, la majeure partie des rues n’est pas équipée d’ouvrages d’évacuation des eaux de pluies. Conséquence, à la moindre averse, les routes se perdent sous les eaux et la circulation devient un parcours du combattant.

            Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’appréhension et la peur au ventre que les Togolais attendent la saison des pluies. Combien de temps les routes rafistolées avec du sable ou de la latérite tiendront-elles ? Et quels sinistres, les populations éprouvées par les inondations l’année dernière doivent-elles s’attendre à vivre ?

            La question est d’autant plus pertinente que depuis le retrait des eaux, pas grand-chose n’a été fait pour mettre les populations à l’abri des sinistres similaires à ceux de l’année dernière. Les mêmes causes produisant forcément les mêmes effets, on devra donc s’attendre à tout. Même au pire, si l’on sait que des prévisions annoncent une abondante pluviométrie cette année.

            Il y a quelques mois, au cours de la série des questions orales de l’Assemblée aux Ministres, le problème de l’état des routes au Togo avait été évoqué. A l’époque, le Ministre Célestin Talaki encore aux affaires avait été très peu convainquant dans ses explications. Mais apparemment, jusqu’à ce jour, rien n’a été fait pour l’amélioration de façon notable, de la qualité de nos infrastructures routières. La situation est d’autant plus encore compliquée que tous les ponts démolis l’année dernière n’ont pas été remis en état.

            Il n’y a donc pas de doute que des difficultés pointent à l’horizon.

L. R.


La grogne du passif de Gnass

Depuis quelque temps Faure Gnassingbé donne l’impression de renouer avec les habitudes qui avaient cours sous Gnassingbé père. En fait l’héritage légué par celui-ci n’est pas facile à gérer. Le réseau de fortunés barons constitué pendant quarante ans de règne par son défunt  père se montre omniprésent et s’impose à lui. Ceux qui se considèrent comme «le passif de Gnass» (courtisans à qui le Général offrait des billets de banque pour peu qu’ils excellent en délation) s’estiment abandonnés à leur triste sort et ne décolèrent pas du fait que le fils du timonier magnanime les abandonne au profit des anciens opposants.

L’impossible retour de l’ascenseur

            Me Apévon et les siens attendront toute l’éternité s’ils espèrent que l’UFC renverra  l’ascenseur qu’elle a «bloqué».  Au niveau du parti de Gilchrist Olympio, on considère que le soutien de l’UFC à un candidat du CAR n’est pas à imaginer. Pour cette raison, on préfère donner un autre sens au souhait du parti des déshérités. Ainsi donc pour le 2e Vice-président de l’UFC «le retour de l’ascenseur veut dire qu’au cas où l’un des partis est soutenu par l’autre, il ne faut pas qu’en cas de victoire, ce parti soit livré à lui-même et abandonné».

            Si l’on considère que le soutien de l’UFC au CAR est impossible et que le contraire est possible, le retour de l’ascenseur signifierait que le CAR aura sa part du gâteau s’il aidait l’UFC à gagner la présidentielle.


Mystère autour du départ du Ministre Nagou

Le limogeage ou  le remplacement du ministre Nagou suscite moult interrogations. Et tout naturellement en l’absence d’une raison  justifiant cet acte, chacun y va de son imagination. En pareille circonstance, les commentaires prennent l’allure du sentiment qu’on nourrit à l’égard du ministre sortant.

Si donc pour la majorité des Togolais, le départ du ministre Nagou est un non événement, d’autres considèrent que son éviction est un acte regrettable aux conséquences fâcheuses. D’autres encore  considèrent plutôt que son départ est  salutaire non sans lui trouver des circonstances aggravantes. Au Togo et encore plus, par ces temps de crise aggravée, le meilleur ministre qui «travaille pour le peuple» c’est celui qui sait partager. En un mot c’est celui la qui est «magnanime». Par contre, les ministres qui sont des «boxeurs» c’est-à-dire qui ont les poings fermés, qui évitent des rendez-vous et qui s’arrangent pour fuir leur bureau le jour d’audience, sont considérés comme de mauvais ministres.

Plus généralement on attribue le départ du ministre Nagou aux problèmes dans le secteur  de l’éducation. En réalité, le mutisme entretenu  par Faure Gnassingbé qui en a décidé ainsi range les raisons invoquées par les uns et les autres au placard de rumeurs et de vaines suppositions.

Il est trop tôt de conclure à une sanction qu’aurait infligé Faure à son ministre et encore moins à une quelconque rupture de relation entre les deux. On se rappelle le cas du ministre des finances Payadowa Boukpessi qui avait été remplacé dans   les   mêmes conditions. A l’époque, même le premier ministre  Agboyibo n’avait pas été informé des raisons de ce limogeage et plusieurs commentaires avaient été secrétés pour montrer que le ministre Boukpessi méritait son sort. Ses détracteurs avaient même fait la fête. Mais quelques mois plus tard, le monsieur a effectué un retour en force a l’assemblée en tant président de la commission des finances, poste qu’il n’aurait pas dû occuper s’il avait comme on l’avait dit, perdu la confiance du président de son parti. Fort de ce qui précède il faut donc se garder d’aller trop vite en besogne au risque d’être contrarié par Faure Gnassingbé qui a plusieurs tours dans son sac.

  1. S.

Malgré la baisse, le trafic de pétrole continue

En dépit d’une baisse des prix à la pompe au Togo, le trafic d’essence depuis le Ghana se poursuit. C’est ce qu’indique lundi l’Agence ghanéenne de presse (officielle). Les stations-service de la ville de Hohoe, dans la région de la Volta, sont dévalisées dès l’aube. L’essence est chargée dans des conteneurs, des bidons ou des réservoirs supplémentaires installés sur des camions. Une fois chargés, les véhicules passent la frontière toute proche pour aller revendre leur précieuse cargaison.

Le litre de super  sans plomb vaut un peu plus de 300 Fcfa au Ghana contre 445 au Togo.

Le phénomène a pris une telle ampleur que la municipalité de Hohoe doit se réunir dans les jours qui viennent pour prendre des mesures permettant de mettre un terme à ce trafic.

Blague ou candidature ?

«Kofi Yamgnane confirme qu’il sera candidat à la présidentielle de 2010» et qu’il sera à Lomé dans les prochains jours pour l’annoncer officiellement à ses compatriotes.

Naturalisé français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M. Yamgnane 63 ans, a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à laquelle il adhéré au parti socialiste français. Il a été élu conseiller municipal à Saint-Coulitz en 1983 et Maire de la même localité en 1989. Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson (1991) et de Pierre Bérégovoy (1992). Tout comme Gilchrist dont il espère qu’il se désiste en sa faveur, Kofi est confronté au critère de nationalités et du quitus fiscal prévu par la loi. Mais son cas va certainement susciter la curiosité car certains se demandent si c’est pour amuser la galerie qu’il s’annonce. Sera-t-il à son retour  et comme auparavant hébergé par le Général du RPT Gnonfame ?


Corps rejetés par la mer : La version du Colonel Titikpina démentie par le Procureur

                Le lundi 23 mars 2009, des corps sans vie ont été rejetés par la mer sur la plage de Lomé. Il s’agit de cadavres d’adolescents dont l’âge était compris entre 13 et 17 ans. Les premières informations sur cette découverte macabre divergeaient sur le nombre exact de corps rejetés par l’océan. On parlait de 6, 9 ou 13 et même plus selon les sources.

            Toujours est-il que la nouvelle a suscité de l’émoi au sein de la population où on s’interrogeait sur l’origine de ces corps.

            La première explication viendra de sources proches du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Selon celles-ci, les corps rejetés par la mer seraient ceux de jeunes gens qui après avoir fait du jogging à la plage au cours du week-end, avaient décidé de se baigner dans l’océan.

            Quelques jours plus tard, soit jeudi dernier, une autre version, celle du Procureur de la République vient démentir les allégations du Colonel Titikpina en expliquant autrement l’origine de ces corps. Il s’agit, selon le Procureur, de corps de jeunes élèves qui étaient à un pique-nique organisé à l’occasion de la semaine culturelle qui s’achevait. C’est à la fin de ces festivités que les noyés avaient voulu prendre un bain.

            Mieux, le Procureur parle d’un 7e corps rejeté dans le même temps mais dont le cas est dissocié des six autres parce que des indices montrent que ce dernier a été jeté à l’eau alors qu’il était déjà sans vie.

            Comme on peut le constater, les explications du Colonel Titikpina ne convergent pas avec celles du Procureur de la République qui, d’après nos informations, était en l’espèce, habilité à ouvrir une enquête judiciaire afin que la lumière, la vraie, soit faite sur cette affaire. Si ces informations sont exactes, on se demande pourquoi le Ministre de la Sécurité s’était précipité pour donner une version des faits qui se révèle fausse aujourd’hui ? Il aurait fallu identifier simplement un ou deux corps pour savoir ce que ces adolescents faisaient à la plage avant de trouver la mort. Mais au lieu de cela, on a préféré une autre démarche.

            Ce n’est pas la première fois que le Colonel Titikpina se jette sur une affaire de corps rejeté par la mer à la plage. Le cas du Ministre Joachim Atsutsè Agbobli est encore vivace dans les esprits. Quelques heures seulement après l’annonce de la mort tragique de cet homme irremplaçable, et alors même que les Togolais n’étaient pas encore revenus de leur choc, le Colonel Titikpina avait, à la surprise générale, sorti un communiqué pour parler de suicide. Cette version qui sera démentie par des résultats d’enquêtes sérieuses avait soulevé le tollé général et révolté plus d’un Togolais.

            Cette sortie malheureuse du Colonel Titikpina avait failli mettre le feu à une situation déjà sulfureuse. Sur quelle base s’était-il fondé pour pondre son communiqué et le faire diffuser ? Lui seul sait.

            Aujourd’hui, au regard de ces deux exemples, on est fondé de dire que le Colonel Titikpina est un homme dont les actes tendent à tout compliquer au Togo. Reste à savoir le but qu’il poursuit en annonçant à tour de bras, des informations qui se révèlent fausses après.

L. R.


L’école ghanéenne attire des élèves du Togo

                «I live in Lome but I go to school in Ghana». Ils sont plusieurs dizaines d’élèves à traverser la frontière togolaise chaque jour pour se rendre à l’école au Ghana. Pour la plupart des Togolais, on y trouve également des ressortissants de pays anglophones d’Afrique  résidents à Lomé. Ces élèves, habitent pour la plupart les quartiers proches de la frontière. Mais d’autres quittent les faubourgs de Lomé tels Djidjolé, Agbalépédo, Kagomé et autres pour se rendre à l’école de l’autre côté de la frontière. Chacun de ces élèves a une raison particulière dans la préférence de l’enseigne-ment anglophone à celui de leur pays de résidence.

            David, environ 15 ans, d’origine nigériane, vit à Lomé mais fréquente au Ghana. Il explique : «Je fréquentais au Nigeria avant de suivre mon frère au Togo. N’ayant pas de moyens pour m’inscrire au British School of Lome, mon frère m’a inscrit à l’école ghanéenne puisque la frontière est à quelques kilomètres de Lomé. L’objectif est de ne pas perturber mes études car je peux regagner mon pays à n’importe quel moment».

Mais pour Doris 12 ans, une togolaise, le choix de l’école ghanéenne vient beaucoup plus de la volonté de ses parents que de la sienne. Son père était beaucoup fasciné par l’éducation anglo-saxonne et a voulu que sa fille aille à l’école anglophone pour acquérir des connaissances du pays de Shakespeare. «Voilà pourquoi je vais à l’école ghanéenne», dit-elle.

Pour Kodjo, 16 ans, c’est une autre histoire. C’est après avoir décroché le BEPC dans l’enseigne-ment togolais qu’il s’est décidé à poursuivre ses études au Ghana. «Avec mon niveau, affirme-t-il, on m’a mis en «class 6» l’équivalent du CM2 au Togo. Au début, ça n’a pas été facile d’assimiler les cours mais les enseignants sachant que je viens du Togo, étaient obligés d’ex-pliquer certaines choses en Ewé afin que je puisse comprendre. Aujourd’hui, poursuit-il, je n’éprouve aucune difficulté». S’agis-sant de ses relations avec ses camarades ghanéens, elles sont bonnes mais seulement, dit-il, «il arrive que nous parlions parfois français, entre nous Togolais car il y a d’autres compatriotes aussi qui ont fait l’école française comme moi et nos amis ghanéens croient qu’on parle mal d’eux.» Pour cet élève qui a une expérience de l’école togo-laise avant de fréquenter au Ghana, sa préférence va à l’enseignement dis-pensé au Ghana. Dans le système d’enseignement togolais, dit-il, beaucoup ont le diplôme mais ne savent rien faire. Ce qui fait qu’on voit beaucoup de diplômés qui sont devenus des conducteurs de taxi motos «alors qu’ici, en plus des cours, on nous apprend certains travaux manuels mais aussi certains comportements de la vie courante comme par exemple ne pas jeter des plastiques dans la rue».

            Les jours fériés ne sont pas souvent les mêmes dans les deux pays et le système éducatif ghanéen opte pour des journées continues. Ces élèves togolais arrivent-ils à trouver du temps pour entretenir des relations avec leurs amis du système togolais ? Kodjo, répond : «on a les week-ends et les soirs après les classes pour nous amuser. Cette différence d’emploi du temps n’a pas tellement d’impact sur nos relations avec nos proches ni avec nos amis».

            S’agissant de la traversée de la frontière, ils affirment, «nous on n’a pas de problème. On traverse librement la frontière tant du côté togolais que ghanéen. Les forces de l’ordre quand ils nous voient en tenue scolaire nous cèdent le passage».

            A la question de savoir quel monnaie ils utilisent, tous répondent que leurs parents leur remettent le F CFA mais une fois arrivés à la frontière, ils l’échangent contre le cedi ghanéen.

            Il est à noter toutefois que pendant que des Togolais franchissent la frontière pour se rendre à l’école au Ghana, d’autres enfants ghanéens font le chemin inverse pour l’école togolaise.

            Pour ces élèves assez particuliers qui pas-sent le plus clair de leur temps dans des institutions de formation autres que celles de leur pays d’origine, maîtrisent-ils les lois de la République dont ils sont originaires ? Ont-ils la même fibre patriotique que leurs compatriotes formés dans les écoles locales ou encore pour quel pays bat leur cœur ? Les jeunes Togolais qui fréquentent au Ghana vont à l’école le 27 avril jour d’indépendance de leur pays mais restent à la maison le 06 mars qui est la date commémorative de l’indépendance du Ghana.

Albert Agbeko


Ça vous regarde

Quoi pour remplacer l’ATC ?

            Chaque fois que les Togolais sont confrontés aux problèmes de la cherté de la vie, des voix s’élèvent pour fustiger l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC). A en croire celles-ci, l’ATC ne fait rien et manque d’efficacité dans le peu qu’elle fait. Mais la question peut se poser de savoir de quels moyens dispose l’ATC pour régler les problèmes des consommateurs togolais.

            La vérité, c’est que l’ATC est une association créée par des bonnes volontés et qui ne peut fonctionner qu’avec les moyens dont elle dispose. Elle n’est pas une institution de l’Etat, financée par le contribuable. Si tant est qu’on trouve qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes, rien n’empêche ses détracteurs ou d’autres Togolais de créer une autre association qui poursuit les mêmes objectifs et qui peut faire mieux que l’ATC.

            Dans nos sociétés, il y a de plus en plus de gens qui passent le plus clair de leur temps à condamner et à vilipender les autres alors qu’eux-mêmes ne proposent rien de concret. Nous ne voulons jouer ni à l’avocat d’une partie, ni au procureur de l’autre. Mais il semble que même si l’ATC éprouve des difficultés pour donner de la visibilité à son action – ce qui reste d’ailleurs à démontrer – ses promoteurs ont au moins le mérite indéniable de l’avoir créée. Alors, trêve de balivernes !

L’apprenti chrétien et l’amuseur Agbey

            Il y a quelques jours, l’Alliance de Dahuku Péré a tenu son congrès à Lomé. En marge des travaux, l’occasion a été saisie par les médias pour interroger l’«Apprenti Chrétien» sur un certain nombre de questions d’actualité. C’est ainsi que, à un journaliste qui voulait savoir l’état actuel des relations entre Péré et son ancien «Allié» Agbey, l’«Apprenti Chrétien» avait répondu en substance qu’il n’avait pas du temps pour s’amuser et qu’il préférait tourner la page en ne parlant même plus de cet homme.

            Cette réponse a donné à réfléchir à certains observateurs. Car des propos de ce genre venant d’un homme qui a pratiqué pendant longtemps l’ancien Premier Ministre doivent être pris au sérieux. Et ils ont raison parce que plusieurs Togolais s’étaient fait une opinion sur cet homme depuis longtemps. Ils savaient que ses rodomontades et ses vociférations n’étaient qu’une manière d’amuser la galerie. «L’Apprenti Chrétien» vient de leur donner raison.

Le prétexte pour se saouler la gueule

            La victoire des Eperviers samedi dernier a été saluée par une liesse populaire. En attendant le retour des joueurs et des supporters ayant fait le déplacement de la capitale ghanéenne, à Lomé, on avait commencé la fête. Dès le coup de sifflet final, les rues ont été prises d’assaut par des jeunes et moins jeunes des deux sexes, habillés aux couleurs des Eperviers. En un rien de temps, les bars avaient fait leur plein et la bière avait commencé à couler à flot. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’offrir la belle «mousseuse» s’étaient rabattus sur les baraques où ils pouvaient trouver des breuvages à la taille de leur portefeuille.

            Mais un petit tour en ville a permis de découvrir que ce n’était pas les mordus du football ou les supporters des Eperviers seulement qui étaient dans les rues et surtout dans les bars. Il a été donné de constater que parmi ceux qui s’agitaient et «ambiancaient» les bars le plus, il y avait des gens qui n’avaient jamais affiché ou manifesté un quelconque intérêt pour le football auparavant. De là à en conclure que la victoire des Eperviers a été pour certains, un prétexte pour se saouler la gueule, il n’y a qu’un pas vite franchi.

La politique de diversion

            L’observation de ce qui se passe au plan politique au Togo permet à certains analystes de dire qu’on se prépare à jouer un vilain tour aux Togolais.

            Il est une évidence que les échéances électorales de 2010 approchent à grands pas. Dans les états-majors des partis politiques, c’est une réalité qu’on ne perd pas de vue. Tous les acteurs politiques s’accordent pour dire que tout doit être mis en œuvre pour que la prochaine élection présidentielle soit démocratique et transparente. Malheureusement, dans le même temps, on semble marquer les pas pour réaliser les conditions devant garantir la transparence et l’équité.

            Aujourd’hui, le CPDC paraît plus comme un machin créé pour distraire les partis politiques que pour régler réellement des problèmes d’intérêt national. Actuellement, au lieu de s’occuper de choses sérieuses, on cherche à focaliser l’attention de l’opinion sur la question de l’ouverture du CPDC. On élargit le cadre à certains partis. De quoi réveiller d’autres formations qui réclament aussi leur entrée pendant que le CAR et l’UFC s’opposent à toute forme d’ouverture.

            Comme si cela ne suffisait pas, c’est l’opinion qui s’empoisonne avec un vicieux débat autour du tribalisme

            Pendant ce temps, les jours passent, pavant la voie à un processus bâclé qu’on évoquera l’insuffisance de temps pour justifier.

Lorenzo le moraliste

            Suite à l’annonce de la baisse du prix du carburant à la pompe, le Ministre Guy Lorenzo en charge du Commerce était sur les plateaux de la TVT pour répondre à quelques questions. Aux interrogations du journaliste qui voulait avoir des réponses sur le fait que le pétrole continue à coûter cher au Togo, le ministre, après avoir essayé une comparaison entre le prix du carburant au Togo et celui pratiqué dans certains pays de la sous-région s’était employé à faire la morale aux Togolais qu’il appelait au civisme, etc.

            En tant qu’économiste, M. Lorenzo sait que le commerce a ses règles et que la loi de l’offre et de la demande n’a rien à foutre avec le civisme, et que face aux intérêts mercantiles, il n’y a pas de morale qui tienne.

            Après avoir écouté le ministre, nombreux sont ceux qui étaient parvenus à la conclusion qu’il s’était trompé de vocation et qu’il avait plutôt sa place dans une église plutôt que sur un plateau de télévision,  en train de parler de questions strictement économiques.

Au-delà de la fête

            Au-delà de la victoire des Eperviers et de la fête qui s’en est suivie, les dirigeants de la FTF doivent se prendre au sérieux pour tirer des leçons de la rencontre. Si les Eperviers ont pu «dompter» les Lions Indomptables du Cameroun qu’on ne présente pas, c’est parce qu’ils ont des potentialités qui autorisent à croire qu’ils peuvent valablement en découdre et terrasser les autres équipes de leur poule.

            Il appartient désormais à la Fédération d’instaurer dans notre football, une atmosphère de sérénité propice à un  bon travail. Les dissensions intestines et les querelles d’hommes qui ont miné l’équipe dirigeante de notre football ces dernières années ont négativement affecté l’équipe nationale. De fait, les Eperviers qui faisaient rêver les Togolais divisés par des questions d’ordre politique, avaient quitté le camp des vainqueurs.

            Aujourd’hui que les espoirs de la normalisation sont nés, Rock Gnass et les siens doivent faire en sorte qu’on n’ait plus à revivre sur la terre de nos aïeux, les tristes épisodes comme ce qu’on a vécu à Wangen en 2006. Il s’agit d’un défi à relever.

A qui le tour ?

            La nouvelle était tombée mardi soir : par décret pris par le Président de la République, il est mis fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque-là Ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Naturellement, le même décret qui nomme à ce poste M. Laré Sankardja n’a donné aucun détail sur les raisons de ce limogeage que certains ont senti comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.

            En effet, au sein de l’opinion, Yves Madow Nagou est considéré comme un ami fidèle de Faure Gnass et qui, de ce fait, est indéboulonnable. Son éviction sans commentaire suscite beaucoup de spéculations. Il se dit un peu partout qu’avec le limogeage de M. Yves Madow Nagou, tout peut arriver à tout le monde au sein du gouvernement et qu’il n’y a pas d’intouchable.

            Nous ne demandons qu’à croire. Mais si tel est le cas, Faure doit continuer le ménage en virant tous ceux qui, par leur zèle ou leur suffisance, sont en train de défrayer la chronique en ce moment.

Le retour des Eperviers

            Samedi dernier, les Eperviers du Togo ont reçu à Accra, dans le cadre des qualificatifs pour la phase finale de la CAN/Mondiale 2010, les Lions Indomptables du Cameroun. A l’issue du temps réglementaire, les Togolais ont infligé une défaite à leurs homologues Camerounais : score final, un but contre zéro.

            En réalité, très peu d’observateurs donnaient le Togo favori dans ce match. Nombreux étaient ceux qui avaient pronostiqué contre les Eperviers. Et pour cause. On sait que le Cameroun est une grande nation de football et que l’équipe nationale camerounaise regorge de joueurs de talent. Mais on semble avoir oublié qu’en matière de football, le Togo n’est pas rien et que ses déboires sont dus, plus à la pagaille et à l’indiscipline qui s’emparent de temps à autre de l’équipe nationale qu’à la qualité des joueurs.

            Les Eperviers du Togo ont démontré qu’il suffit d’avoir de la volonté pour soulever des montagnes. Pour avoir fait ce choix, ils ont renoué avec la victoire, consacrant leur retour dans le camp des gagnants. Souhaitons que ça dure !

Accra mon amour

            La rencontre qui s’était déroulée entre les Eperviers du Togo et les Lions Indomptables du Cameroun samedi dernier a donné l’occasion à plusieurs Togolais de découvrir ou de redécouvrir la capitale ghanéenne. «La majestueuse de l’Afrique de l’Ouest» n’a rien à voir avec Lomé la prétendue «Belle» qui ressemble à un gros village à côté d’elle.

            Accra qui, il y a encore quelques années était en décrépitude, est aujourd’hui, une somme d’immeubles imposants, de rues bien tracées, d’avenues propres, d’échangeurs, de places publiques fleuries, etc. Il faut être quelqu’un qui déteste le bien et le beau pour ne pas tomber amoureux de cette ville en qui tout plaît.

            Ce qui a été possible au Ghana voisin est aussi possible au Togo, pour peu qu’on y mette de la volonté. Si seulement nos dirigeants qui voyagent tout le temps pouvaient s’inspirer de toutes les belles choses qu’ils voient à l’étranger !

Le Regard #63i du  24 mars 2009
Vers la suppression du  poste de premier ministre au Togo

Dans les milieux proches du pouvoir  on se rend compte que l’exécutif bicéphale c’est-à-dire un président de la République flanqué d’un premier ministre n’est pas nécessaire aujourd’hui.

«A quoi sert un premier ministre alors que c’est le président de
la République qui nomme les ministres, à des hautes fonctions, préside les conseils des ministres et instruit le premier ministre sur la politique intérieure et extérieure» s’interroge le CRATERE qui considère que le maintien de ce poste de premier ministre, loin de créer une valeur ajoutée à notre démocratie risque d’engendrer des conflits de tous ordres. Et de proposer que le Togo s’inspire des exemples de nos voisins immédiats le Ghana et le Bénin dont les démocraties sont citées en exemple et dont les constitutions ne prévoient pas de premier ministre.

En fait, la conférence nationale en adoptant le régime bicéphale n’avait pas pris en compte la position du délégué Gilchrist Olympio qui deviendra deux ans  an plus tard le président de l’UFC. Dans sa communication sur le régime politique à la conférence nationale souveraine, Gilchrist Olympio avait opté pour le régime présidentiel.

La constitution du 1er Mars 1961 sous Sylvanus Olympio fait du  président de la République le seul chef de l’exécutif. Si donc l’UFC accepte d’assumer la position exprimée par son président à la conférence nationale et l’héritage constitutionnel du premier président dont elle se réclame il est fort probable que le poste de premier ministre soit supprimé. Les députés UFC et RPT réunis soit 77 députés peuvent donc modifier la constitution dans ce sens. Si le consensus se réalise entre l’UFC et le RPT sur ce point, Fossoun Houngbo serait alors le dernier Premier Ministre de la IVe République depuis Joseph Koffigoh.

  1. S.

L’épreuve de force engagée sur la constitution 

Le débat sur les réformes constitutionnelles est lancé. Mais quelques jours auparavant, le quotidien gouvernemental Togo-Presse, dans son édition du 19 mars 2009 a donné le ton en publiant le point de vue  d’un certain Cratère (Club de Réflexion  sur l’Avenir du Togo  à l’ère du réalisme)sur la problématique de la révision constitutionnelle. En fait   ce point de vue ne fait que confirmer les informations persistantes faisant état de ce que le pouvoir n’entend accepter aucune réforme, en tout cas pas avant 2010.On peut objecter que ce n’est qu’un point de vue mais aucun Togolais ne peut être assez naïf au point de croire que le quotidien gouvernemental de notre pays que nous connaissons bien puisse refléter une opinion qui ne concorde pas avec celle du pouvoir en place. A l’évidence, on n’a pas besoin d’être fakir pour savoir que le CRATERE n’est que le cache sexe d’un «laborantin politique» du pouvoir.

On sait que l’exigence du principal parti d’opposition est le rétablissement de la constitution de 1992 approuvée à une très large majorité. Mais pour banaliser  cette large adhésion populaire on raconte que cette constitution «cachait de profondes divergences dont témoignent à souhait les violentes turbulences que la vie politique nationale a connues depuis l’adoption de la nouvelle constitution et jusqu’à un passé récent». Pour donc le pouvoir sous couvert du CRATERE, «le bloc constitutionnel de 1992 portait en lui les germes de sa propre destruction». Pour donc justifier les toilettages qui ont rendu cette constitution aberrante et monstrueuse, on dit que le HCR n’avait aucune légitimité populaire et que donc, les textes adoptés par elle ne peuvent qu’être contestés.

Limitation du mandat présidentiel et critères divers

Le CRATERE suggère  qu’on porte le mandat du président élu à sept ans renouvelable une seule fois. La constitution sous Sylvanus Olympio Article 33 dispose que le président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct et secret et sans limite. Mais cette constitution ne comportait pas les critères d’âge limite ni de nationalité ni de critère de résidence et de quitus fiscal.

Selon le Club, «un coup d’oeil sur  les pays dont les présidents sont au moins septuagénaires nous montre des situations déplorables, soit des dérives autoritaires ou de gestion calamiteuses». Sous prétexte qu’ un peuple comme celui du Togo doit refuser de faire les malheureuses et amères expériences d’ailleurs,le CRATERE propose le plafonnement de l’age de la présidentielle à 70 ans.

C’est le cas au Bénin voisin mais au Togo où les problèmes politiques sont souvent personnalisés cette disposition fait penser à Gilchrist Olympio qui  aura 74 ans en 2010. De là à conclure qu’on veut l’exclure de la course aux présidentielles, il n’y a qu’un pas.

Le CRATERE considère que «la résidence sur le territoire national pendant au moins un an est une bonne disposition car pour diriger un pays, il est important de vivre tous ses problèmes sur place et au quotidien avec le peuple (….) Il est inacceptable qu’un candidat ayant plus d’une nationalité prétende être élu président de la République dans un pays». En outre, il propose que la disposition exigeant le quitus fiscal ne fasse l’objet d’une modification mais qu’elle soit maintenue en l’état ou renforcée davantage.

Au-delà des propositions relevées l’objet du point de vue publié par Togo-Presse vise vraisemblablement  à donner le signal du rejet  de toute révision constitutionnelle avant 2010. La conclusion du fameux point de vue que voici est claire.

«Au regard de ce qui précède il est évident que la révision de la constitution est nécessaire pour améliorer le fonctionnement des institutions.

Mais il faut le rappeler le Togo vit depuis trois ans un climat d’apaisement et de décrispation politiques. Faut-il vraiment remettre en cause cette sérénité pour engager une révision constitutionnelle surtout à la veille d’un scrutin présidentiel ? Une telle initiative serait à notre avis porteuse de joutes verbales pouvant déboucher sur un climat politique délétère. Une révision constitutionnelle qui interviendrait après 2010 quand la fièvre et l’agitation électorales seront retombées dans la sérénité nous paraît raisonnable». Traduction concrète. La révision de la constitution n’est pas possible avant 2010.L’UFC semble avoir perçu le stratagème. Lors de son meeting tenu dimanche dernier au jardin Fréau le parti de Gilchrist Olympio  a menacé de faire descendre les populations dans la rue pour contraindre le pouvoir à accepter ses exigences. L’épreuve de force est donc engagée. AS


Tout est possible en politique

«Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » c’est ce que disent les juristes pour signifier  grosso modo qu’on ne peut  se plaindre d’une situation  découlant d’une décision à laquelle on a consenti auparavant. Mais en  politique, c’est possible. La preuve ? A l’issue des discussions de Ouaga en 2006,  l’UFC a signé l’APG qui souligne le maintien du découpage électoral actuel. De même le CAR avait battu seul  le RPT  lors des législatives de Février 1994 de même l’UFC était sûr d’occasionner le raz-de-marée électoral en octobre 2007. C’est sur la base de ce même découpage que le vice président de l’UFC avait  publiquement déclaré que son parti aura au moins 69 députés lui permettant  de refaire toutes les lois iniques fabriquées par le pouvoir. Ce souhait n’étant pas concrétisé, l’UFC revient sur le déséquilibre du découpage pour se positionner sur le champ du suffrage exprimé et dénie au pouvoir  le droit de faire prévaloir le nombre de ses députés. La politique c’est aussi ça.

Effet de fanatisme

Lors du meeting de l’UFC, Me Isabelle Ameganvi, démontrant l’incongruité de l’ouverture du CPDC, à  la CPP le PDR et la CDPA  a donné le suffrage obtenu par les trois partis qu’elle  a additionné pour montrer qu’ils n’ont pas les 5 pour cent requis pour y siéger comme l’UFC et le CAR. Dans la foule, un fanatique surexcité s’écria. «Hélu na wo !» (Malheur à eux). Mais le hic c’est que celui qui jette  ainsi l’anathème sur ces anciens partis amis de l’UFC portait un gros boubou sur lequel figuraient entre autres les photos des leaders des trois partis Ayeva, Kodjo, Gnininvi  avec l’inscription «Coalition pour  le Changement». Lequel vêtement avait tout naturellement servi à la campagne électorale de 2005 pour le compte de Bob Akitani. Ce militant ignorait sans doute qu’il portait sur son corps ceux qu’il pourfend.

Gymnastique verbale devant la foule

Les orateurs ont rivalisé de gymnastique chaque fois qu’il s’est agi de parler du CAR. Dans son arithmétique politico électorale, l’UFC a   ajouté  son suffrage  à celui du CAR pour montrer la suprématie de l’opposition sur le RPT mais évite soigneusement de parler des points de divergences qui existent entre le parti de Gilchrist Olympio et celui de Me Apevon au sujet du code électoral. Et comme s’il mesurait l’impact de l’absence du CAR dans cette manifestation censée réunir les amis Lawson Patrick a fait part de l’engagement du CAR aux côtés de l’UFC et expliqué que cette absence est due au fait que le CAR veut s’assurer du sérieux de leur union avant de s’y engager. Le fait d’éviter d’évoquer le retour de l’ascenseur réclamé par le CAR avant toute action commune avec l’UFC est assez révélateur du peu d’importance que ce parti accorde à l’exigence du parti de Me Apevon.


Abass Bonfoh très remonté contre Yamgnane

«Il n’a jamais été question de soutien des cadres et officiers Bassar à Yamgnane lorsque ce dernier a séjourné au Togo. Tout ça c’est faux». C’est du moins ce qu’il faut retenir à en croire Abass Bonfoh le président de l’Assemblée nationale qui réagissait à un extrait de l’article de «La Lettre du Continent» du 12 mars 2009 publié dans notre précédente édition. Un proche de Yamgnane sur place à Lomé qui confirme ces propos du président de l’Assemblée nationale a plutôt l’impression que  «l’info » glissée par la lettre du continent a été fabriquée dans un laboratoire du pouvoir pour torpiller les actions de Kofi Yamgnane. De fait cette histoire de soutien à Kofi  ravive la brouille entre Abass et lui.

Après la mort du Général Eyadèma, le président de la République par intérim a été en France où il allait être reçu par le président du parlement français. Mais dans une lettre qu’il avait alors adressée au président du parlement français, Kofi demandait à ce dernier de ne pas recevoir Abass parce qu’il a les mains tâchées de sang. En dépit de cela, Abass a été reçu. Mais l’acte posé par son frère  Kofi a profondément choqué Abass.

Le  Professeur Lantame Sey Sanda reconnaît que c’est sur l’initiative de leur association CAURIS que Yamgnane est rentré au Togo après plus de neuf ans d’absence pour se réconcilier avec ses frères contre qui il aurait des griefs. Il aurait été  reçu a Kabou  en présence de 20 cadres Bassars dont les généraux Bonfoh  et Gnofame. Ce jour là, assure Abass Bonfoh  «on lui a dit les quatre vérités». Kofi aurait publiquement présenté des excuses à ceux qui se sentent offensés par lui. Le Général Gnofame avait mis son domicile à sa disposition durant son séjour à Bassar. Kofi avait également effectué la même démarche en direction de  Faure Gnassingbe.

L’intox serait-elle donc venue de ceux qui redoutent les effets d’une réconciliation entre Kofi et ses frères ? A l’évidence, elle fait d’une pierre deux coup. Raviver la tension entre  les Bonfoh et Yamgnane et présenter ce dernier comme un politicien qui compte sur son ethnie pour parvenir au pouvoir.

L’annonce de la candidature de l’ancien ministre français ajoute à cette confusion. Des cadres et officiers favorables ou militants convaincus du RPT s’imaginent mal en train de soutenir un autre candidat contre leur parti. Toujours est-il que la méfiance s’est installée lorsqu’ils ont appris que Yamgnane aurait demandé aux personnalités de la société civile de le soutenir et même suggéré que Gilchrist Olympio  se désiste en sa faveur.Abass Bonfoh n’arrête  pas de rigoler quand on évoque une telle candidature qu’il considère comme le fait d’un rêveur. Mais pour le collaborateur du franco-togolais, Lantame Sey Sanda, nul n’a le droit de dissuader la candidature de Kofi Yamgnane si tant est sa volonté.

A.S.


Un mystérieux  policier togolais  cité dans l’assassinat d’un bossu au Bénin

Une histoire d’assassinat de bossu  est au centre d’une controverse  entre les autorités togolaises et leurs homologues béninoises. Tout est parti de trois adolescents qui auraient été arrêtés dans le mois de février pour avoir abattu  et dépouillé de sa bosse,un certain olivier handicapé mendiant très connu à la paroisse saint Michel de Cotonou. Selon notre confrère béninois Le Matin, à en croire le commissaire de Fifadji, le complice, Germain Falana  qui serait le cerveau de ce meurtre aurait cité le nom d’un inspecteur de police à la retraite qui résiderait à Lomé. L’affaire a été  prise au sérieux par les autorités policières togolaises qui  auraient demandé à leurs homologues béninoises à aller jusqu’au bout en fournissant les informations susceptibles d’aider à démasquer ce fameux inspecteur de police (sic). Si le nom et le lieu de résidence du cerveau de l’assassinat est donc connu comme le laisse croire le commissaire béninois, son arrestation ne serait qu’une question d’heure. La situation est d’autant plus inquiétante qu’il existe une collaboration policière entre les deux pays pour combattre la criminalité transfrontalière. Dans ces conditions l’implication d’un policier dans un crime de ce genre si elle se confirmait serait tout simplement scandaleuse.

A. S.


Ça vous regarde

Chassez le naturel…

            Ceux qui avaient cru que l’élection d’un nouveau Bureau Exécutif à la tête de la Fédération Togolaise de Football (FTF) allait ramener la sérénité au sein de l’équipe dirigeante de notre sport-roi doivent se faire une nouvelle opinion. En effet de plus en plus d’informations poussent à réaliser qu’après l’euphorie des lendemains de la victoire électorale de Rock Gnass, l’atmosphère a tourné au gris à la FTF.

            De source proche de cette structure, on indique que plus rien ne va entre Rock et son Premier Vice-Président qui n’est autre que Gabriel Améyi. On raconte aussi que l’homme de Womé se fait aussi rare comme les larmes de chien, aux réunions du Bureau de la Fédération.

            Bien que nous aurions voulu que tout cela soit faux, ces informations ne sont malheureusement pas pour nous étonner. Il n’y a pas longtemps, Gaby de Womé qui ne s’entendait pas avec Tata Avlessi de Mass, alors Président de la FTF, avait brillé par son absentéisme notoire aux réunions. Il avait fait montre d’une indiscipline caractérisée, dans le seul but de paralyser l’instance de gestion de notre football.

            Lorsque cet homme et ceux avec qui il foutait le bordel s’étaient investis pour faire élire Rock au dernier congrès, nombreux étaient ceux qui subodoraient déjà la cacophonie. Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Si Améyi a pu faire ce qu’il a fait avec Tata Avlessi, il n’y a pas de raison qu’il recommence la même chose avec Rock, surtout si l’on sait qu’ici, il a une position de faiseur de roi.

            A quand donc la paix pour une gestion sereine de notre football ?

Baptême de feu

            Samedi prochain, le Togo jouera un match déterminant dans le cadre des qualifications pour les phases finales du CAN/Mondial 2010. La rencontre se déroulera à Accra (Ghana) parce que le Togo n’a pas encore purgé sa peine de suspension de stade. Ceux qui voudraient supporter l’équipe nationale devront donc se rendre dans la capitale ghanéenne comme ils en ont déjà pris l’habitude depuis quelque temps.

            Ce match qui tient à cœur à tous les fans des Eperviers constitue le baptême de feu pour M. Jean Thiessen, le nouvel entraîneur national. On se souvient qu’il y a quelques jours, la FTF avait signé un contrat avec le technicien belge. A la cérémonie de signature, M. Thiessen a pris l’engagement de qualifier le Togo pour les  phases finales de la CAN et du Mondial 2010. Il devra donc commencer à faire ses preuves samedi prochain.

            Nous ne doutons pas des qualités de l’homme. Seulement, il y a que le Togo n’est pas un pays comme les autres. Si notre équipe nationale a souvent échoué là où on l’attend le moins, ce n’est pas parce qu’elle ne dispose pas d’un encadrement technique de qualité. Mais c’est plutôt parce qu’elle évolue dans un contexte délétère où les membres de la Fédération sont à couteaux tirés. Nous voilà par exemple à la veille d’un match décisif. Et au même moment, on parle de profondes dissensions entre les deux premiers responsables de la Fédération. Est-on sûr qu’une telle situation n’aura pas de répercussion sur les résultats ? Ajouter à cela le fait que l’adversaire de samedi s’appelle le Cameroun et on comprend que la partie ne sera pas une sinécure.

            Bonne chance quand même !

Mention «peut mieux faire»

            Le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a bouclé six mois à la Primature. Mais contrairement à ce à quoi on s’attendait, le quotidien des Togolais n’a pas connu d’amélioration.

            Certes, à son arrivée, le Premier ministre avait adopté un plan d’urgence dont la mise en œuvre était de nature à améliorer la vie des Togolais. Certaines décisions ont été prises dans le sens de l’allègement des charges des ménages. Mais des mesures comme la dispense du paiement de l’écolage dans les écoles primaires et pré-scolaires du secteur public n’ont été qu’une goutte d’eau dans la mer.

            Malgré la révision à la hausse du SMIG et du SMAG, les Togolais continuent à tirer le diable par la queue. Le panier de la ménagère reste désespérément vide.

            C’est vrai qu’au regard de ce qui se passe, on ne peut pas dire que rien n’a été fait. Mais c’est aussi vrai que trop de choses restent encore à faire et que les espoirs suscités par le PM Houngbo sont en train de s’étioler. C’est pourquoi certains pensent que s’il faut donner une appréciation à l’action du Premier Ministre, on lui donnerait la mention «peut mieux faire». Qui dit mieux ?

Le paradoxe

            Les félicitations adressées au gouvernement par une mission du FMI qui a récemment séjourné au Togo a surpris plus d’un Togolais. Nombreux sont ceux qui n’ont pas compris qu’on parle d’efforts réalisés et de progrès sur le plan économique, alors que les populations manquent du minimum vital. Ils refusent qu’on parle d’avancées au moment où les Togolais meurent de faim.

            Il est vrai que les institutions financières ont leur langage et leurs données d’appréciation qui ne sont pas malheureusement les mêmes que celles des populations qui croupissent dans la misère. Comment peut-on comprendre qu’on jette des fleurs au gouvernement au moment où on vient de licencier par centaines, les employés de la SNPT (ex OTP) et que ceux de l’ex SOTOCO aussi s’attendent à un sort similaire ? Comment peut-on parler d’efforts et de progrès pendant que les pilleurs de sociétés et les prédateurs qu’on connaît bien se la coulent douce dans une totale impunité ?

            Tout cela relève d’un paradoxe et d’une équation difficile à équilibrer.

L’UFC dans l’arène

            L’UFC aurait-elle finalement décidé de se jeter à l’eau pour renouer avec les manifestations populaires ? C’est en tout cas ce que pensent plusieurs observateurs après le meeting de dimanche dernier.

            Depuis quelque temps, les partis politiques togolais et surtout ceux de l’opposition qui aimaient soulever les foules ont plutôt brillé par ce que certains appellent une «politique de bureau» et qui consiste à se retrancher dans les Etats-majors pour inonder les médias de communiqués de presse.

            Depuis quelque temps, le parti de Gilchrist Olympio ne cesse de menacer de faire appel à la rue pour régler un certain nombre de problèmes. Mais certains, évoquant une démobilisation et une désaffection des populations avaient laissé entendre dans leurs analyses que les membres du bureau du parti risquent de se retrouver seuls parce que l’engouement avait quitté le peuple.

            Le meeting de dimanche aura été comme un test pour voir si les populations étaient encore prêtes à sortir à l’appel des partis politiques. Nous ne sommes pas là pour donner des chiffres. Mais il est désormais certain que les Togolais ne sont pas aussi désintéressés de la chose politique qu’on le pense. Et si l’on sait que l’appétit vient en mangeant, on peut conclure que tout peut encore arriver.

A qui profite la baisse ?

            Jeudi dernier, le gouvernement a pris une décision révisant à la baisse, le prix des produits pétroliers à la pompe. Cette mesure qui n’est qu’une conséquence de la baisse considérable du coût du brut sur le marché international a été justifiée par le souci de nos gouvernants d’alléger les charges des ménages et de combattre la cherté de la vie au Togo.

            Mais aujourd’hui, quelques jours après l’entrée en vigueur de cette mesure, on se demande à qui profite la baisse. Et pour cause. Aucune mesure d’accompagnement n’a été décidée pour que la baisse du prix du carburant puisse immédiatement profiter à tous les Togolais. Aujourd’hui, seuls ceux qui possèdent des engins ou des véhicules en bénéficient. Les transporteurs et autres exploitants de véhicules de transport en commun gagnent le gros lot et il en sera ainsi tant qu’une nouvelle grille tarifaire ne sera élaborée.

Togo : Le dialogue sans fin

            Le dialogue est devenu une sorte de cercle vicieux, un piège sans fin au Togo. En effet, depuis 1990, année du déclenchement du processus démocratique au Togo, on est allé d’un dialogue à l’autre sans réellement avancer. Malgré les dialogues qu’on a eu, parfois avec le soutien de facilitateurs, l’essentiel des questions qui se posaient dans les années 1990 restent encore d’actualité aujourd’hui.

            Selon plusieurs observateurs, le dialogue est l’instrument par excellence pour régler les problèmes politiques. Mais si au Togo, le dialogue est devenu un éternel recommencement, c’est tout simplement parce que le manque de sincérité et de bonne foi l’ont toujours caractérisé chez nous. Si cela est vrai, on devrait certainement se résoudre à tourner éternellement en rond dans notre pays.

Le cadre diviseur

            La décision du Comité de Suivi de l’APG d’ouvrir le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation à toutes les parties signataires de l’APG même à ceux qui ne sont pas représentés à l’Assemblée risque de poser plus de problèmes qu’elle n’apporte de solution. Au sein de la classe politique, même les plus petites formations s’agitent et réclament aussi une place au CPDC. Ils dénoncent une politique d’exclusion délibérée et une pratique de deux poids deux mesures. Ils ne comprennent pas au nom de quoi on veut faire siéger au CPDC des partis qui comme eux, n’ont aucun député à l’Assemblée nationale alors qu’on leur refuse le même privilège.

            A cette allure, si Faure ne fait pas attention, le dialogue tournera carrément à la pagaille avec l’entrée en scène de partis qui ne représentent que l’ombre d’eux-mêmes.

            Mais toujours est-il que aujourd’hui, la classe politique est divisée sur le CPDC. Il y a d’un coté, ceux qui veulent qu’on s’en tienne au décret du 04 Février et de l’autre ceux qui trouvent divers arguments pour réclamer l’ouverture du CPDC.

Les nouveaux boubous de El Béchir

            Depuis qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui par le TPI, le Président soudanais Oumar El Béchir est comme pris par une agitation hystérique. Il sillonne bruyamment le pays, organise des meetings un peu partout et danse frénétiquement.

            Oumar El Béchir qui, pendant de longues années a méprisé le Darfour et le Sud de son pays semble y attacher aujourd’hui, un intérêt particulier. Comme quoi, la peur du TPI est le début de la sagesse chez les tyrans.

Le Regard #637 du  17 mars 2009
Un candidat unique pour l’opposition ?

            Dans un communiqué daté du 28 Janvier 2009, le CAR et l’UFC exprimaient leur volonté de se mettre ensemble pour lutter contre les manœuvres unilatérales du pouvoir RPT. Il n’en fallait pas plus pour spéculer sur l’éventualité d’une union sacrée entre les deux partis de l’opposition parlementaire en vue de l’élection présidentielle de 2010.

          En avril 2009, le CAR va désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2010 comme il l’avait promis. Le parti de Me Apévon avait réaffirmé qu’il entend prendre activement part à ce scrutin en vue d’une alternance effective.

          Avant le CAR, l’UFC qui s’était donné son candidat, Gilchrist Olympio s’est engagé à réaliser autour de sa candidature une union des forces politiques pour le changement. Et selon toute vraisemblance, il est exclu que l’UFC renvoie l’ascenseur au CAR comme le réclame ce parti. A dessein les deux partis s’abstiennent d’afficher officiellement leurs divergences mais tous sont désormais convain-cus de l’impossibilité d’une candidature commune. Ceci étant, le combat devrait se porter sur l’obtention des meilleures conditions d’organisation des élections. Dès lors que les deux partis sont préoccupés par la transparence des élections, il n’existe apparemment aucun obstacle à l’union autour de cet objectif commun. Mais là aussi le défaut d’harmonisation des vues sur la composition et le fonctionnement de la CENI est surprenant.

          En outre, selon l’article 168 du code électoral, le candidat à l’élection du Président de la République jouissant d’une ou de plusieurs nationalités étrangères doit apporter la preuve qu’il y a effectivement renoncé par un acte régulier ayant valeur légale.

          Les candidats doivent également justifier d’une domiciliation effective au Togo d’une année au moins au moment du dépôt de leur candidature.

          La déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces dont une copie légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité étrangère le cas échéant, un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente. (Article 170).

          Interrogé sur ces dispositions jugées discriminatoires, le Premier Ministre Gilbert Houngbo a fait remarquer que «nous devons nous assurer pour le succès de la démocratie, d’éviter de donner l’impression qu’une Constitution doit être modelée selon les exigences d’un individu». Mais apparemment, le CAR ne se sentant pas visé par ces dispositions, ne s’en préoccupe guère.

          Au moment où le pouvoir en place se montre réfractaire à toute concession, les Togolais avides d’alternance auraient souhaité que les deux partis soient soudés. S’il était possible de mettre les fondateurs de l’UFC et du CAR ensemble malgré eux, le candidat idéal de l’opposition parlementaire fait penser à l’image ci-contre.

                                                              A. S.


Une candidature qui crée des problèmes à des officiers des FAT

Dans sa parution N° 560 du 4 Mars 2008 La Lettre du Continent paraissant en France indiquait que "Kofi Yamgnane nouveau candidat à la magistrature suprême a reçu le soutien des officiers Bassar notamment celui du Général Bouraïma Bonfoh, ancien Chef d'Etat-major de l'Armée de l'Air". Kofi Yamgnane est rentré en France après plusieurs jours passés au Togo. L'information telle que balancée semble semer la confusion à dessein. S'il s'agit du Général Bonfoh, ce dernier à la retraite depuis plusieurs années n'appartenait pas à l'armée de l'air. Par contre, le Bonfoh de l'armée de l'air est un Colonel en fonction. En outre, il n'est pas sûr que le fait d'annoncer publiquement que des officiers de l'armée soutiennent une candidature arrange le candidat lui-même.

A son retour au Togo en 2008 après plusieurs années d'absence, Yamgnane avait rencontré les officiers originaires de sa préfecture pour discuter des questions touchant au développement de la localité. Hormis les officiers, il avait partagé cette préoccu-pation avec les cadres Bassar du parti au pouvoir.

Il est vrai qu'au départ, les officiers Bassar et cadres étaient réticents à l'approcher et pour cause. Kofi Yamgnane n'avait pas hésité à dénoncer le fait que Eyadéma eût violé sa parole de militaire pour se présenter à l'élection présidentielle de 2003. Cette sortie inattendue avait été considérée comme un scandale à l'époque où les conséquences de tout acte politique jugé hostile au Timonier posé par un citoyen, rejaillissaient sur l'ensemble de l'ethnie à laquelle il appartient.

Et pour montrer qu'ils n'étaient associés ni de près ni de loin aux invectives de Kofi Yamgnane contre le Timonier, les cadres du RPT originaires de la préfecture avaient rendu public, un document injurieux à son égard, rappelant les faveurs dont il bénéficiait de la part du Général Eyadéma quand il arrivait au Togo en tant que député et maire français.

Mais depuis, beau-coup d'eau a coulé sous le pont. Le Yamgnane, représentant de la coalition en Europe lors de l'élection présidentielle de 2005 pour le compte du candidat Bob Akitani de l'UFC s'est montré de moins en moins hostile au fils du Général président. Il avait d'ailleurs été reçu en audience par Faure Gnassingbé en 2008, audience  à l'issue de laquelle il a approuvé le fait que les réformes constitutionnelles devraient se faire à l'Assem-blée. Ses déclarations dans l'ensemble favorables au pouvoir RPT l'ont quelque peu rapproché des officiers et cadres du régime dès lors qu'il n'avait pas évoqué sa candidature. Il n'était donc pas rejeté par le Général Gnonfame et Abass Bonfoh, tous du RPT.

Mais depuis que l'article de la Lettre du Continent a présenté Yamgnane comme quelqu'un qui compte sur les officiers de sa préfecture, des soupçons pèsent sur des hauts gradés Bassar. Et cette suspicion pousse certains à vouloir démontrer qu'ils ne sont mêlés ni de près, ni de loin à ce qui s'apparente à une «rébellion». La situation créée par cette allégation est telle qu'il n'est pas exclu que certains cadres et militaires Bassar se décident à mener une action visant à persuader le président du RPT comme au bon vieux temps, que «tout le peuple  Bassar adhère à la politique de Faure Gnassingbé».

Quoiqu'il en soit, le fait d'annoncer que Yamgnane compte sur les officiers Bassar tend à présenter l'ancien ministre français comme un candidat qui veut prendre appui sur une ethnie. Et à moins que cette stratégie ne vise un but autre que la victoire à la présidentielle, au Togo, il est évident qu’aucun candidat ne peut être élu en comptant uniquement sur son village, sa préfecture ou son ethnie.

A. S.


Présidentielle de 2010 : Les caciques du pouvoir rejettent les réformes constitutionnelles

A 12 mois de l’élection présidentielle, les chances d’une réforme constitutionnelle sont compromises. A moins que d’autres circonstances  ne viennent influer sur le cours de la situation politique actuelle. Selon certaines indiscrétions, les caciques du régime seraient hostiles au retrait d’une virgule de la constitution actuelle optant ainsi pour le jusqu’au-boutisme  en signe de défiance à l’égard  de Gilchrist Olympio. Apparemment ceux qui, dans l’entourage de Faure Gnassingbé militent pour des concessions en faveur de l’opposition ont perdu la face. Les «durs» du régime qui ont le vent en poupe estiment que ni leur président  et encore moins le parti n’a aucun intérêt à se faire hara-kiri pour plaire à l’opposition et en particulier  au président de l’UFC «qui  de toutes façons ne sera satisfait que lorsqu’on lui offrira le pouvoir». Selon la constitution togolaise, il faut 64 députés pour modifier directement les dispositions constitutionnelles et 54 pour le faire par référendum. Sans donc l’aval des députés du parti au pouvoir toute révision constitutionnelle est vouée à l’échec. C’est justement pour cette raison que le RPT invite l’UFC à instaurer le débat sur les réformes qu’elle souhaite à l’Assemblée où elle n’a aucune chance de faire triompher ses points de vue avec 27 députés. La balle est donc dans le camp de Gilchrist Olympio et son parti qui ont  tout intérêt à relever le défi.

 

L’impossible  Médiation de Edem Kodjo

Les actions de l’ex secrétaire général de l’OUA  Edem Kodjo désigné par l’OIF ne sont pour le moment pas visibles. Au moment où nous mettions sous presse, on ignore où il était. Depuis l’annonce de sa nomination, tout porte à croire que l’organisation francophone l’a envoyé dans un guêpier. Comment peut-il opérer alors même que le dialogue est rompu entre les protagonistes qui ont opté pour la confrontation ?

          Devant cette situation insurrectionnelle, même l’Union africaine est désemparée.  L’Union africaine (UA) tenait elle lundi à son siège d’Addis Abeba, une réunion d’urgence de son Conseil de paix et sécurité sur la crise malgache.

«La position de l’UA a déjà été annoncée à plusieurs reprises: il s’agit de rejeter toute forme de changement anticonstitutionnel de pouvoir», a indiqué à l’AFP un responsable du Département paix et sécurité de l’UA, à l’ouverture des débats qui se tiennent à huis clos. L’Union africaine (UA) a assimilé la demande de destitution du président malgache par l’opposition à «une tentative de coup d’Etat» et a appelé la population de la Grande Ile de l’océan Indien au respect de la Constitution. Aussi ridicule que cela puisse paraître, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA se borne à appeler au dialogue alors que la preuve est faite que ce dialogue est rompu.  La France a demandé de son côté l’instauration d’un dialogue «conforme à l’Etat de droit». Autant de discours hypocrites qui n’ont aucune prise sur la réalité qui prévaut sur place. Des appels visiblement ignorés par l’opposition.  Si le chef de file