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Le Regard 646 du mardi 19 mai 2009 |
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Nouvelles
révélations de Jeune Afrique : Kpatcha avait confié la présidence provisoire
au Cdt ATTI |
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Selon des sources internes à l’enquête que mène, depuis le 15 avril, le
procureur Robert Bakaï, Kpatcha, le demi-frère du président Faure
Gnassingbé, détenu à la prison civile de Lomé et interrogé au camp de la
gendarmerie pour tentative de coup d’Etat, aurait reconnu être le
propriétaire de la clé informatique USB saisie à son domicile et contenant
une quinzaine de documents compromettants, aussitôt mis sous scellés par la
justice. Parmi ces pièces, dont J. A. s’est procuré copie, figurent
notamment un plan de contrôle militaire de la capitale et une proclamation
de prise du pouvoir par les forces armées. Cette dernière fustige «le
désordre» et «la gabegie» qui, selon les présumés
putschistes, régneraient sur un pays «sans autorité visible»,
devenu «une grande plaque tournante de la drogue».
Profitant d’un voyage du chef de l’Etat en Chine, les mutins
projetaient de mettre en place un «comité national de rectification et
de réconciliation» dont la présidence aurait été confiée au
commandant Abi Atti, 46 ans, ancien patron des forces spéciales de la
gendarmerie (la Fosep). Le CNRR s’engageait à organiser rapidement des
élections «crédibles et transparentes» auxquelles Kpatcha
Gnassingbé, selon d’autres documents, avait l’intention d’être candidat.
Entre temps, ce dernier devait récupérer son poste de ministre de la
Défense, dont il avait été écarté en décembre 2007.
Parmi les fichiers figurant sur la clé USB se trouve d’ailleurs un
projet de communiqué qui lui est attribué, dans lequel Kpatcha apporte son
soutien à un coup d’Etat qu’il vient, dit-il, de «suivre avec une
grande surprise mais avec beaucoup d’attention», avant de demander «à
tous et à chacun d’éviter la chasse aux sorcières et les règlements de
comptes». Si l’on en croit un procès-verbal récapitulatif
d’interrogatoires de la gendarmerie en date du 5 mai, dont J. A. a également
obtenu copie, l’agent de liaison entre Kpatcha et les militaires n’était
autre qu’Essolizam Gnassingbé, 30 ans, patron d’une société de communication
et demi-frère, lui aussi, du président. Toujours selon ce PV, les aveux d’Essolizam
auraient entraîné ceux d’Atti, puis de Kpatcha. Une trentaine de militaires
et de civils ont été arrêtés dans le cadre de ce complot présumé.
Selon une source proche du chef de l’Etat, ce sont les services de
renseignements de l’ambassade américaine à Lomé – auxquels Kpatcha aurait
imprudemment tenté en vain de trouver refuge – qui, après avoir fait mine de
l’encourager, ont prévenu Faure Gnassingbé de l’imminence du putsch «fratricide».
Dans sa déposition aux gendarmes chargés de l’enquête, le commandant Atti
aurait été explicite à ce sujet : «Le ministre Kpatcha m’a dit qu’il a
reçu l’ambassadeur des Etats-Unis chez lui et qu’il est soutenu par les
Américains. Il m’a dit qu’il leur a soumis une liste des officiers pouvant
assurer la transition et que j’ai été préféré par ces derniers, parce que je
ne suis pas entaché du problème de trafic de drogue ou de violation des
droits de l’homme.»
Commentaire
Les
révélations qui tombent et dont on attend d’autres détails confirment les
craintes des amis de Kpatcha qui s’évertuent avec l’énergie du désespoir à
demander qu’il ne soit pas jugé et que l’affaire soit réglée en famille.
Lorsque des confrères de la place avaient évoqué cette affaire de clé USB on
s’est empressé de les prendre pour des plumitifs en service commandé payés
pour enfoncer Kpatcha. Le malheur chez nous c’est que souvent des
informations publiées par des journaux étrangers sont jugées plus crédibles
que celles diffusées par les locaux. La clé USB dont on parle, avait été
remise à Rock Gnassingbé qui l’avait à son tour transmise aux autorités qui
auraient sollicité l’expertise française pour la décrypter.
Les derniers
développements de l’affaire Kpatcha ne feront qu’accentuer la colère de
ceux qui se montrent déçus de l’échec du complot dont ils devraient
profiter. On a l’impression que des gens qui ont des choses à se reprocher
dans cette affaire, veulent qu’elle soit étouffée pour ne pas se faire
découvrir. Pour se donner bonne conscience, il ne reste plus aux adeptes du
kpatchatisme qu’à crier sans la moindre conviction que Jeune Afrique a été
soudoyé par le pouvoir en place pour noyer Kpatcha.
A. S.
Kpatcha
se voyait président
Depuis sa naissance, il a vu défiler pas mal de personnalités y compris des
grands diplômés s’agenouiller devant son père. Il a vu des intellectuels
venir ramper aux pieds de son père qui n’aurait pas dépassé le CEI. Enfant,
il a savouré les délices du pouvoir. Tout petit, il a appris par
l’expérience que les togolais savent se faire conduire comme des moutons.
Si donc Gnassingbé père, parti de rien du tout, s’est arrangé pour se
retrouver à Lomé et a pu se saisir du pouvoir pour y demeurer pendant
quarante ans, pourquoi pas lui, le digne fils qui sait aligner plus que les
autres les "n’est-ce pas" de papa. Quand le Timonier
distribuait de l’argent aux insulteurs publics, on criait à la manipulation
des consciences et à la dilapidation de l’argent de l’Etat, pillé. Mais
lorsque le digne fils en fait de même, ça s’appelle redistribution. Flatté
par des courtisans stipendiés et imbibé dans l’illusion que le Togo est la
propriété privée des Gnassingbé, il ne lui restait qu’à se retrouver à la
place du Timonier.
Kpatcha se voyait déjà président puisqu’il ne ratait pas l’occasion de se
moquer des membres du gouvernement. Un jour, il a eu le culot d’envoyer un
ministre dire à un ancien Premier Ministre de danser avec les animateurs.
DJ Kpatcha qui sait battre le tam-tam avec ferveur comme il l’a démontré
lors des cérémonies Kegbeleng de son père à Pya, a le droit de rêver et il
n’a pas tort. A Madagascar, un jeune Disc Joker animateur de radio parti de
rien, est devenu du jour au lendemain président à 34 ans et s’accroche
malgré la condamnation de la communauté internationale. Depuis le 05 Février
2005, les velléités seigneuriales et les exhibitions tonitruantes que s’est
offertes Kpatcha Gnassingbé, Ministre et Député étaient si envahissantes
qu’on a pu dire que le Togo étant si petit comparé à sa taille, si
l’occasion lui est donnée de prendre le pouvoir, il n’hésitera pas à annexer
rapidement le Togo britannique avant de s’occuper des pays voisins.
Mais les Togolais sont-ils prêts à toujours rester soumis à la famille
Gnassingbé ?
A. S.
Toilettage au
sommet des FAT : Quel sort pour le Général Berenna ?
Dimanche
dernier, alors que le journal de 20 heures tirait à sa fin, le Directeur de
la Télévision Nationale est apparu à l’écran de télévision pour lire trois
décrets pris par le Chef de l’Etat.
Le
Général Nandja, Chef d’Etat-major Général des FAT devient Ministre d’Etat.
Le Général Ayéva jusque-là Chef de Cabinet du Président de la République
remplace, le Général Nandja. En outre, le Colonel Bali Wiyao précédemment
Chef de la garde présidentielle prend la place du Général Berenna Gnakoudè à
la tête de l’Etat-major de l’Armée de terre.
Le
départ du Général Nandja n’est pas surprenant quand on sait qu’il était en
position de partir à la retraite depuis au moins trois ans. En revanche, sa
nomination comme Ministre d’Etat avec un portefeuille taillé sur mesure
résonne comme une récompense méritée. On se souvient de sa déclaration, au
soir du 05 février 2005 annonçant qu’il confie le pouvoir à Faure alors qu’à
l’époque, en tant que Chef d’Etat-major Général, il pouvait se proclamer
Président. Le Général Ayéva a été Chef d’Etat-major de l’Armée de l’air
avant d’atterrir au cabinet de la présidence de la République. Très discret
et rigoureux, il est considéré comme un des hommes de confiance de Faure
Gnassingbé. Beaucoup s’interrogent sur ce qui sous-tend cette relation «serrée»
entre les deux hommes.
Le
Colonel Bali Wiyao a été aide de camp du Général Eyadèma et de Faure avant
d’être remplacé par Titikpina qui ensuite a laissé sa place au Colonel
Bakali. Le Colonel Bali qui ne cache pas son admiration pour le Chef de
l’Etat fait partie du cercle des officiers qui, au temps fort des
soulèvements populaires dans les moments difficiles sont restés fidèles au
Général Eyadéma.
Le
Général Berenna Gnakoudè qui a également fait son temps quitte l’Etat-major
Général des FAT mais l’on ignore sa destination. Faut-il y voir un
changement normal dans la hiérarchie militaire ou le prolongement de
l’Affaire Kpatcha ?
Le
fait que le Colonel Berenna n’ait pas été récompensé comme le Général Nandja,
nourrit des spéculations. On le considère comme étant un inconditionnel de
Kpatcha. Mais les jours à venir diront ce qu’il en est. Si Faure Gnassingbé
seul maîtrise le sens de ces permutations au sommet de l’Armée, en revanche,
ce qui intéresse les responsables de l’opposition est de savoir si ces
nominations auront une incidence sur la prochaine présidentielle.
Quoi qu’il en soit, d’autres nominations sont inévitables, ne serait-ce que
pour pourvoir aux postes de Directeur de Cabinet de la présidence de la
République et de Chef de la garde présidentielle.
A. S.
Agbéyomé,
l’intox et l’argent pour enfoncer «Le Gros»
Le
24 Avril 2009 Agbéyomé Kodjo nous a envoyé un message «Hahahaha
Kpatcha sera libéré plus tôt qu’on ne le pense», lequel message
figure toujours dans notre boîte à message.
Quelques jours après, des Togolais des quatre coins du monde ont appelé
pour en savoir plus sur la prochaine libération de Kpatcha.
Dans notre édition N° 644 du 05 Mai 2009 à l’appui d’une analyse, nous avons
présenté Agbéyomé comme étant à l’origine de l’intox sur la libération de
Kpatcha. Aussitôt après la publication de l’article, le Président de OBUTS
qui ment en prenant Dieu à témoin, a bombardé notre portable de messages
menaçants. Et comme à son habitude, on ne doutait pas qu’il utilise ses
coursiers qu’il a l’habitude d’envoyer déposer ses plaintes contre des
journalistes pour passer à l’offensive en bon nostalgique de vieilles
méthodes RPiTeuses. Depuis l’éclatement de l’affaire Kpatcha, ceux qui
l’aiment lui attribuent une parcelle du pouvoir d’Etat au point d’exiger que
son cas soit réglé familialement au mépris des lois de la République. Notre
position est claire.
Il
s’agit d’une affaire d’Etat. Si Faure se hasardait à interférer dans le
cours de la justice, cédant aux pressions claniques, pour régler l’affaire
en famille, il aura apporté la preuve qu’il est au service exclusif du clan
Gnassingbé et non de l’Etat togolais qui s’est doté de lois auxquelles tous
les citoyens doivent se conformer. Il ne lui restera donc qu’à quitter le
pouvoir pour aller s’occuper de la famille Gnassingbé à Pya. Le Togo n’est
pas une case des Gnassingbé 18 ans passés dans cette corporation nous ont
immunisé contre la délation et les manipulations politiciennes de tout
genre.
Lorsqu’il est pris à contre-pied, pour tenter de se tirer d’affaire devant
une situation assez embarrassante, l’ex pleureur de la Conférence Nationale
Souveraine dit toujours qu’on a pris de l’argent pour écrire. On cherchait
la date, le lieu où la somme a été distribuée et le personnage qui a été
chargé de le faire pour «prendre notre part» quand comme par hasard
un proche du Président de OBUTS a évoqué la date du 14 Avril 2009.
Doléance : On ignore si quelqu’un s’est présenté en notre nom pour encaisser
l’argent. A présent que nous sommes cités parmi les bénéficiaires. Agbéyomé
nous rendrait un grand service en dressant la liste des bénéficiaires et en
nous communiquant le nom du distributeur. De l’argent nous en avons aussi
besoin par les temps qui courent.
(A suivre)
L. R.
Election
présidentielle :
Le
Gouvernement veut prendre de court l’opposition
Dans un
communiqué fort curieux, la Cour constitutionnelle qui n’en avait pas
l’habitude, a cru devoir réagir aux écrits de la presse privée qui se
serait engagé dans une spéculation sur la date de l’élection présidentielle.
La Cour Constitutionnelle rappelle que la question de la date de l’élection
présidentielle est réglée par les articles 61 et 64 de la Constitution du 14
octobre 1992 et l’article 98 du Code électoral.
Aux termes
desdites dispositions, l’élection présidentielle doit se dérouler soixante
quinze (75) jours au plus tôt et soixante (60) jours au plus tard avant la
fin du mandat présidentiel en cours. Le mandat du président ayant débuté le
4 mai 2005, date de prestation de serment, il est donc aisé de déterminer la
date de l’élection présidentielle de 2010 au regard de l’article 98 du Code
électoral. Ainsi la date probable de l’élection présidentielle de 2010 se
situe dans la période du 18 février au 5 mars 2010.
En
fait de réaction ce communiqué s’adresse en réalité aux partis politiques
qui s’attendent à voir adoptées les réformes constitutionnelles et
institutionnelles avant la convocation du corps électoral. C’est en fait une
façon de leur dire qu’ils risquent d’être pris de court. Dans une décision
rendue il y a quelques semaines, la Cour constitutionnelle saisie par
requêtes de l’UFC avait estimé que la session extraordinaire de l’Assemblée
nationale ouverte le 26 mars 2009 n’est pas compétente pour délibérer sur
l’article 32 du code électoral. Mais depuis, le gouvernement n’a pas cru
devoir y remédier. Cette soi-disant réaction de la Cour Constitutionnelle
survient alors que le parti au pouvoir est presqu’en campagne de séduction
à travers le pays. Pendant ce temps du côté de l’opposition les discussions
n’ont pas encore commencé afin de dégager une candidature unique dont on dit
qu’elle est indispensable pour l’alternance en 2010. Le CAR n’entend pas
abandonner son exigence du retour de l’ascenseur mais à l’UFC on semble ne
pas prendre cette position au sérieux.
L. R.
Le RPT
confronté à des mouvements de jeunes Pro-Faure
Depuis quelque temps, des jeunes se réclamant de Faure sillonnent les
préfectures dans le but de mobiliser les populations en perspective de la
présidentielle de 2010. Ces jeunes qui disent soutenir les actions de Faure
Gnassingbé sans appartenir au RPT ont maille à partir avec les barons du
régime qui estiment que tous ceux qui agissent au nom du Président du RPT
doivent appartenir au parti.
Il
y a quelques jours, l’une de ces associations a organisé des manifestations
dans la préfecture de Tône malgré l’insistance de certaines autorités
locales militantes du parti au pouvoir qui ont suggéré que la manifestation
soit organisée en concertation avec le parti.
Mais le problème c’est que, bien de jeunes considèrent le RPT comme un
cercle fermé où ne peuvent être promus que ceux qui font allégeance à des
barons inamovibles. Dans les villages et hameaux reculés, certains
dignitaires du RPT n’ont pas bonne presse. Se montrant arrogants à l’égard
des populations, ils ont fini par susciter le dégoût. D’autres encore sont
accusés d’user de leur influence et de leur aisance financière non pas pour
soulager la misère des jeunes mais pour «arracher leurs petites amies».
En tout cas, cette image qu’on donne de certains dignitaires du parti au
pouvoir n’arrange pas du tout Faure Gnassingbé qui se veut rénovateur.
Certains considèrent que s’ils battaient campagne pour Faure le fait pour
ces dignitaires d’être vomis dans leur village, en raison de leur
comportement irrévérencieux à l’égard des leurs, risqueraient de précipiter
l’échec du candidat du RPT. Ces dignitaires pris entre deux feux qui savent
que l’échec de Faure signifie la fin de leur privilège se voient obligés
d’amener ces jeunes fauristes à composer avec eux. Des concertations ont
lieu pour tenter d’harmoniser les positions et éviter la cacophonie dans la
diffusion des messages.
Les
parlementaires togolais à l’école du Droit International Humanitaire
Une journée de réflexion a réuni jeudi au Palais des Congrès de Lomé les
parlementaires togolais ainsi que les responsables du Comité International
de la Croix-Rouge. A travers cette rencontre, il était question pour le
CICR, tout en sensibilisant les élus togolais sur le Droit International
Humanitaire, d’accompagner l’Etat togolais dans ses efforts de promotion et
d’internationalisation des traités du Droit International Humanitaire dont
il est le gardien.
Le
choix de ce groupe cible, selon les responsables du Comité International de
la Croix-Rouge n’est pas le fruit du hasard. Surtout qu’«en tant
qu’institution de
la
République qui incarne le plus directement l’intérêt de la population, de
par son autorité morale…, le Parlement est l’institution toute indiquée pour
assurer au niveau de la société toute entière une prise de conscience pleine
et accrue vis-à-vis des principes véhiculés par les différents traités du
Droit International Humanitaire» ;
selon Emmanuel Placca, Chef du bureau CICR-Lomé. Voilà pourquoi au cours de
la rencontre, des communications tendant à faire comprendre le thème ont été
données. Elles vont de la «présentation de
la
Croix-Rouge Togolaise»
à la «participation du Togo aux traités du Droit International
Humanitaire : du droit à l’action» en passant par la présentation du «Comité
International de
la
Croix-Rouge (CICR) : Mandat et activités».
Ainsi donc, au sortir de l’atelier, les parlementaires togolais ont été
instruits sur les domaines d’interventions du mouvement international de la
Croix-Rouge domaines qui concernent entre autres, la protection en période
de guerre de ceux qui ne participent pas ou ne participent plus au conflit.
En
participant à cet atelier, les parlementaires togolais ont réitéré leur
engagement à respecter les engagements pris à l’échelle continentale dans le
cadre du respect du Droit International Humanitaire. «Les parlementaires
africains (UPA) se sont engagés lors de deux conférences interparlementaires
africaines tenues à Niamey en février 2002 et à Cotonou en juin 2004 à
assurer que [leurs] parlements respectifs jouent pleinement leur rôle dans
le processus d’accession aux instruments internationaux… du Droit
International Humanitaire ; dans l’adoption ou l’amendement de législations
conformes aux normes internationales… Cette journée de réflexion nous
permettra de faire l’état des lieux du Togo dans ce domaine», a indiqué
le 1er Vice-Président
de l’Assemblée Klassou Sélom à l’ouverture des travaux.
Soulignons que pour marquer son adhésion aux idéaux du mouvement
international de la Croix-Rouge le Togo a fait plusieurs efforts. Il a
ratifié les principales conventions internationales régissant la situation
des conflits armés telles que les conventions de Genève de 1949 et leurs
protocoles additionnels de 1977 ; le traité de 1993 sur les armes
chimiques ; le traité d’Ottawa relatif à l’interdiction des mines
anti-personnels ; le protocole facultatif relatif à l’implication des
enfants dans les conflits armés ; la création d’une commission
interministérielle chargée de la mise en œuvre du Droit International
Humanitaire en 1997 sans oublier l’acceptation de l’existence sur son
territoire de la Société Nationale de la Croix-Rouge et du Comité
International de la Croix-Rouge.
K.
Ségniagbéto
Le Réseau IDH au
chevet des producteurs de céréales du Togo
Le Réseau
Investir dans l’Humain de l’ex-Premier Ministre Klutsè Kwassi et la Centrale des Producteurs de Céréales du Togo (CPC-Togo) ont signé
vendredi une convention de partenariat au siège du Réseau. Il s’agissait là
d’un acte important dans la vie de
la Centrale (créée en 2008) qui compte près de 628 coopératives avec
plus de 21.000 agriculteurs.
Selon un
communiqué conjoint rendu public à la fin de la cérémonie, la convention
vise à rechercher les solutions aux problèmes qui minent la vie des
agriculteurs. Ceci passe par une structuration des producteurs céréaliers en
coopérative et sociétés coopératives, la mise en place d’infrastructures,
d’équipements et d’intrants agricoles pour permettre à terme la réduction
des coûts de production, la valorisation des produits agricoles dans la
sous-région, la conception puis la réalisation de projets visant
l’amélioration des conditions de travail pour le développement du
sous-secteur et pour la création d’emplois décents en milieu rural,
péri-urbain et urbain, la reconnaissance de l’identité paysanne (…). Un très
ambitieux programme qui a enchanté la Centrale des Producteurs de Céréales dont les membres présents à la
cérémonie n’ont pas caché leur émotion. «Dans le présent contrat, notre
organisation prend acte et manifeste sa parfaite et pleine adhésion afin de
conjuguer ensemble avec le Réseau IDH nos efforts pour le développement de
notre activité, d’améliorer les conditions de travail et de vie et de
défendre nos intérêts matériels et moraux», s’est réjoui M. Ayefoumi Olou-Adara,
président de
la CPC-Togo.
Pour lui, à la Centrale, ils ont «pris l’engagement de saisir, à bras le corps,
les opportunités qui sont offertes pour le Développement de notre activité
en vue d’améliorer nos conditions de vie et de participer efficacement à
notre manière à l’autosuffisance alimentaire au Togo», a-t-il ajouté en
outre après avoir remercié le Premier Ministre Klutsè pour «ses efforts en
faveur du monde rural».
Des propos qui
ont rencontré un écho favorable auprès du Président du Conseil
d’Administration du Réseau IDH, le Premier Ministre Klutsè pour qui, «cela
constitue un plaisir d’être avec les producteurs de céréales, d’aider le CPC
à se transformer en coopératives, améliorer leur productivité et leur donner
des moyens financiers à travers le partenariat que nous avons avec les
institutions financières notamment la BRS qui est notre partenaire privilégié». Pour le Premier Ministre, un
Humaniste de renom, IDH trouvera les moyens pour le financement des
équipements agricoles ainsi que pour l’ouverture de marchés intérieurs aux
agriculteurs.
«Nous nous
félicitons de la signature de ce contrat entre la CPC-Togo et IDH. Cela
répond à nos préoccupations car depuis 2003, on a vu que les producteurs
n’étaient pas organisés. Nous avons alors essayé de les organiser à travers
les villages, les régions pour aboutir à la mise en place de la Centrale le
02 décembre
2008… C’est un outil mis en place pour que le Togo puisse
répondre au rendez-vous de l’autosuffisance alimentaire. Voilà pourquoi nous
nous réjouissons de ce rapprochement avec IDH et nous espérons que cet
objectif sera atteint», a confié très heureux le Directeur de l’INADES
Formation.
Rappelons qu’il
y a seulement quelques jours, le Réseau IDH signait une pareille convention
avec les conducteurs togolais. Tous ces efforts entraient dans le cadre du
mouvement coopératif dont le Togo est le chantre sur le continent.
K. Ségniagbéto
Ça
vous regarde
Toilettage Fatal
Le changement intervenu à la tête des FAT, même s’il n’a pas l’air de
surprendre les corps habillés suscite beaucoup d’interrogations. Si des
chefs de garnison croisent les doigts et s’interrogent sur le sort qu’il
leur sera réservé, pendant ce temps les hommes de troupe qui se montrent
plutôt indifférents s’interrogent sur les implications de ce changement
intervenu à la tête de l’Armée. Ils ont hâte de savoir ces nominations leur
apporteront concrètement.
Le temps
des intronisations
Alors qu’approchent inexorablement des échéances présidentielles, les
cérémonies de remise de décret de nomination aux chefs traditionnels se
multiplient. Apparemment, on a réservé ce genre de cérémonies à des fins
électoralistes. L’opposition tout naturellement, crie à la récupération
surtout que les responsables du parti au pouvoir s’arrangent pour
transformer ce qui ne devrait être qu’une simple formalité administrative en
une manifestation du parti au pouvoir, au point qu’on se demande si ce n’est
pas une manière d’obliger les chefs intronisés à adhérer au parti malgré
eux.
Un
candidat sorti de nulle part
Plusieurs candidats dont des plaisantins se sont déjà annoncés pour
l’élection présidentielle de 2010. Les plus sérieux comme Gilchrist Olympio
et bientôt le candidat du CAR, sont de la partie. Au nombre des prétendants,
on cite aussi Agbéyomé Kodjo, le Président de OBUTS, Kofi Yamgnane le
Franco-togolais, Lawson Nicolas. Comme si la prochaine élection n’était
qu’une partie de rigolade, il y a quelques jours, des gens sont allés
chercher, on ne sait où un certain Hospice Coco Adéola pour en faire un
candidat. Le hic c’est que ce nommé Adéola est présenté comme un fils du
très intègre Ministre de l’Economie et des Finances de Sylvanus Olympio,
Hospice Coco. L’homme qui a osé défier le Général Eyadéma lorsque ce dernier
avait voulu se servir des anciens collaborateurs du Père de l’Indépendance.
Lors de la conférence marquant cette plaisanterie, on notait la présence de
Horatio Beno Freitas, qui avait soutenu la politique du Timonier et qui
avait été aperçu parmi les personnalités invitées au dernier congrès de l’UFC.
Lomé
bientôt capitale des dos d’âne
Les Loméens ne cessent de se plaindre des rues cahoteuses qu’ils sont
obligés d’emprunter à longueur de journée. Comme si cela ne suffisait pas,
certaines personnes choisissent tout simplement d’ériger des dos d’âne
devant leur domicile. Si rien n’est fait pour dissuader cette nouvelle
habitude, Lomé risque d’ajouter à son palmarès le titre de capitale des dos
d’âne.
Bientôt
plus de chiens à Lomé
A
l’allure où vont les choses, le chien apparaît comme un animal en voie de
disparition. Non pas qu’on ait dépisté au Togo une peste canine mais le
nombre de mangeurs de chiens s’accroît à une vitesse exponentielle et de
façon inquiétante. Il n’existe certes pas de chiffre des services
statistiques indiquant l’augmentation du nombre de mangeurs de chien qui
sont du reste connus. Mais de nos jours, ceux qui hier, brillaient par leurs
mépris pour les consommateurs du chien, en raffolent au point qu’on assiste
au vol de chiens qui errent en ville.
Experts
mendiants à Lomé
Ce
ne sont pas des handicapés que vous voyez au carrefour de Déckon ou aux
alentours des mosquées.
Aujourd’hui, la situation difficile que connaissent les Togolais, a engendré
une mendicité scientifique pratiquée par des hommes valides, qui ont de
l’énergie à revendre. La tactique est simple. Certains se promènent avec des
ordonnances et des papiers prouvant qu’ils sont des sidéens ayant besoin de
l’aide pour survivre. D’autres font semblant d’être des sourds muets.
D’autres encore inventent des histoires terribles de nature à vous faire
vider vos poches par compassion pour eux. Malheureusement, la généralisation
de ces cas risque de pénaliser les vrais mendiants.
Zaza est
déjà prêt
Il
y a longtemps qu’on avait annoncé l’entrée au CPDC des autres partis
signataires de l’APG. Depuis, les prochains candidats se sont mis au vert en
attendant de prendre leur place au sein du cadre permanent de dialogue et de
concertation. Sans doute parce que le CAR et l’UFC ont annoncé qu’ils se
retireraient au cas où on faisait rentrer au CPDC des partis qui n’avaient
pas obtenu 5 % de suffrages aux élections législatives comme le recommande
le décret portant création du cadre permanent. Zarifou Ayéva, le très
spécialiste des proverbes du pays Tem a sans doute peaufiné son dernier tome
de proverbes qu’il pourrait faire connaître si on ouvrait le CPDC comme
l’avait recommandé le Comité de Suivi. Pourquoi ne pas en donner la chance ?
Préfectures sans préfets
Les deux plus anciens préfets du Togo ne sont plus de ce monde. Celui de la
Préfecture de Kpendjal (appelée 6e continent
en raison de enclavement) et celui de la Kozah. A ce jour, rien n’est fait
pour pourvoir à leur remplacement. Le Ministre de l’Administration
Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales,
porte-parole du gouvernement, a-t-il d’autres chats à fouetter que de
procéder à leur remplacement, ou sont-ce les populations de ces préfectures
qui se sentent à l’aise sans préfet ?
Agadazi
ne s’avoue pas vaincu
On
ne l’a plus entendu il y a longtemps. Le président de l’ANSAT (Agence
Nationale de la Sécurité Alimentaire du Togo) est bel et bien là. Il a tenu
à le démontrer la semaine dernière où ses éléments ont stoppé un camion
gros porteur qui convoyait des produits vivriers à l’étranger. L’année
dernière, le Colonel Sécurité Alimentaire avait eu maille à partir avec des
commerçantes qu’il avait accusées de se livrer à l’exportation illicite des
céréales. Cette affaire avait été dénouée grâce à l’intervention personnelle
du Chef de l’Etat.
Pascal le
campagnard
Pascal Bodjona était à Asrama dans la préfecture de Haho samedi dernier pour
la remise du décret de nomination du chef canton de la localité. Le Ministre
de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des
Collectivités Locales, porte-parole du gouvernement après avoir remis le
décret au chef, s’est installé dans un long discours de campagne. A la fin,
il annonce un gros cadeau que le Chef de l’Etat promet aux populations de la
localité et qui consistera à bitumer la route qui y mène. A voir l’énergie
qu’il déployait pour rassurer les populations à des fins «campagnardes» (de
campagne). On se demande s’il ne sera pas essoufflé avant la campagne
électorale proprement dite.
Déception
Kpatchatique
Les dernières révélations de jeune Afrique ne vont pas seulement amener
certains à se torturer les méninges pour la défense de Kpatcha. Y a qu’à
redire que Jeune Afrique « a pris de l’argent » pour enfoncer Kpatcha selon
le terme désormais consacré. Ces révélations ont de quoi énerver ceux qui
considèrent que le Togo serait un paradis si Le Gros et ses hommes prenaient
le pouvoir surtout quand ils imaginent les avantages qu’ils peuvent tirer du
nouveau régime.
Il a peur
de son prénom
Kpatcha habite quelque part dans une des banlieues de Lomé. Au temps où le
gros était le gros F. qui a le même prénom et de l’embonpoint comme lui
n’éprouvait aucune gène à s’appeler Kpatcha. Il était même fier et se
bombait le torse lorsqu’on ajoutait Gnassingbé à son prénom Kpatcha. Mais
depuis que l’ancien ministre de la défense s’est retrouvé entre quatre murs,
notre Kpatcha ne rit plus et devient furieux quand on ajoute Gnassingbé à
son prénom. Il a tellement peur de son prénom qu’il préfère qu’on l’appelle
de son prénom chrétien. Cette histoire rappelle la vieille époque où des
familles entières ont dû abandonner leur nom parce que quelqu’un qui le
porte n’est pas en odeur de sainteté auprès du Timonier Bien aimé. |
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Regard 645 sont de mardi 12 mai 2009 |
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Kpatcha
Gnassingbé commence à parler… |
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Ils commencent à parler. Ceux qui font croire que cette affaire de coup
d’Etat est une bonne blague auront honte. Ainsi parlait un dignitaire du
régime en place.
Tenu de privilégier sa fonction de Chef de l’Etat loin de la palabre
clanique, Faure Gnassingbé s’en est remis à la Justice pour que la lumière
soit faite sur cette affaire. C’est sans doute pour cette raison que ceux
qui confondent l’Etat à la cuisine Gnassingbé ont du mal à persuader le Chef
de l’Etat afin qu’il influence le cours de la Justice pour faire libérer le
citoyen Kpatcha Gnassingbé. Apparemment, ni la crainte de perdre le pouvoir,
ni les menaces de quelque nature que ce soit n’ont aucun impact sur Faure
Gnassingbé.
Il
est vrai que la seule manière de montrer qu’il y avait coup d’Etat à défaut
de n’avoir pas laissé passer la nuit du 12 Avril, c’est de faire en sorte
que son demi-frère, bénéficie de conditions d’un procès juste et équitable
afin que la vérité soit connue.
De
nouvelles rumeurs font état de ce que Kpatcha Gnassingbé voudrait rencontrer
son frère en tête à tête. Mais si réellement Kpatcha demande à rencontrer le
Président face à face, c’est la preuve qu’il ne réalise toujours pas ce qui
lui arrive. Cela revient à dire qu’il considère l’Etat togolais comme une
affaire familiale. A la limite, c’est même une moquerie à l’égard du Chef de
l’Etat qu’un citoyen X, fût-il un Gnassingbé, prévenu, exige une rencontre
en tête-à-tête. Cela confirme même les considérations selon lesquelles il
voit, en Faure non pas un Président de la République mais son égal. A moins
que Kpatcha ne soit un prévenu très spécial au-dessus de la loi qui mérite
un traitement spécial. Si tous les prévenus ont la possibilité de rencontrer
en tête-à-tête le Président de la République pour régler des affaires
relevant de la Justice, Faure Gnassingbé ferait mieux d’installer son siège
à la gendarmerie ou quelque part au Palais de Justice pour discuter
gentiment avec les présumés comploteurs.
En
revanche, ce que les Togolais attendent, c’est que l’occasion soit donnée à
Kpatcha de prouver publiquement son innocence et de dire tout ce qu’il a
dans la ventre contre son frère. Depuis quatre ans qu’il était libre de ses
mouvements, le citoyen Kpatcha a eu tout le temps de discuter avec Faure en
tant que son frère. Ils se sont dits ce qu’ils avaient à dire. Des Chefs
d’Etat africains comme Kufuor, Compaoré, Bongo, Kadhafi sont intervenus pour
faire la médiation. Tous les amis d’Eyadéma comme le Pasteur Roux et bien
d’autres encore ont parlé. En vain.
Si
jamais Faure commettait l’imprudence de se prêter à ce jeu infâme, il
confirmerait qu’il est à la tête non d’un Etat mais d’un clan. Il ferait
mieux de quitter le pouvoir pour une palabre en tête-à-tête avec Kpatcha
dans un vestibule à Pya Akéi.
Abass
SAIB
Boko, Yamgnane et le duel Faure-Kpatcha
Décidément,
cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat n’a pas fini de faire couler
beaucoup d’encre et de salive. On rapporte que le commandant Boko Akila-Esso
François depuis Paris chercherait à faire une sortie médiatique sur une
radio privée de la place. Une occase pour revenir sur l’affaire Kpatcha et
consorts. On se souvient que l’ancien ministre de l’intérieur avait été
cité par des journaux de la place comme faisant partie de l’équipe
gouvernementale du « Gros » au cas où le coup réussirait. François Boko
avait alors démenti avec véhémence une telle allégation qu’il juge sans
fondement. Mais depuis le début de cette affaire ses déclarations tendant à
conclure de façon péremptoire que ce complot est un faux alors que tout le
monde attend les suites judiciaires de cette affaire, le range
automatiquement du côté de Kpatcha Gnassingbé.
Au moins
Boko et Yamgnane se rejoignent de par leur position sur l’Affaire Kpatcha.
Peut être que c’est la logique d’opposition à tout prix qui dicte cette
prise de position mais l’empressement de certains démocrates à prononcer le
verdict avant le procès laisse croire qu’ils ont quelque chose à se
reprocher dans cette affaire. Au début, et au grand étonnement des
Togolais, l’ UFC était le premier parti politique à crier à la violation
de l’immunité parlementaire du député. Mais le CAR que l’UFC considère
comme son acolyte estime que «suivant les textes en vigueur, en cas de
flagrant délit, un député peut être arrêté et poursuivi sans levée
préalable de son immunité». On s’interrogeait sur la position de l’UFC
lorsque le président de la jeunesse de l’UFC, Habia Nicodème, comme pour
rectifier le tir a précisé que les déclarations de son parti «ne se
situent pas dans un quelconque soutien à Kpatcha». De quoi énerver le
député qui avait vite fait de remercier l’UFC pour son soutien. Aux
dernières nouvelles la rumeur selon laquelle Kpatcha demanderait à
rencontrer le président de la République fait dire à l’humoriste que le face
à face en question ne serait qu’une invite à un duel, une empoignade entre
deux Evala dignes fils du grand lutteur Gnassingbé père. Mais pour être un
peu sérieux il vaut mieux exiger que justice soit faite pour que la vérité
triomphe.
A. S.
Exclusif : Usage
de faux dans l’attribution des marchés : La Banque Mondiale découvre un gros
scandale au TOGO
Les Togolais
qui empruntent le boulevard de l’Oti à partir du rond point de Bè Gakpoto en
allant vers Bè-Kpota peuvent constater qu’à un certain niveau sur le côté
gauche, le trottoir est un tout petit peu élargi. La raison en est que le
boulevard de l’Oti figure parmi les infrastructures dont la Banque mondiale
a financé l’aménagement. Un appel d’offres a été lancé à cet effet mais
depuis, les travaux n’ont jamais démarré. Nous avons cherché à savoir
pourquoi. Les investigations menées ont permis de comprendre que la Banque
Mondiale a ordonné la suspension des travaux et qu’en fait, sous un problème
apparemment anodin loge un gros scandale. Voici le pot aux roses.
Dans notre
édition du 14 Avril 2009, il a été fait état de ce que les bailleurs de
fonds s’inquiètent de la manière dont les attributions de marché
s’effectuent au Togo.
Dans le cadre des travaux d’aménagement des infrastructures au Togo
financés par la Banque mondiale, un appel d’offres a été lancé par l’AGETUR-TOGO
pour l’aménagement et le pavage de la seconde partie du Boulevard de l’Oti.
Le retard pris dans l’exécution des travaux a suscité notre curiosité .Et,
voulant en connaître les raisons, on a découvert que la Banque Mondiale a
émis de sérieuses réserves sur le choix de l’entreprise pressentie pour
exécuter les travaux effectués au point de demander la reprise de l’Appel
d’offres. On s’est rendu compte que, pour se faire attribuer le marché, la
société IG-TOGO a utilisé les grands moyens. En effet, l’adjudication des
travaux étant fonction des références techniques et financières des
entreprises, IG TOGO a trafiqué les siennes en fournissant de fausses
références, citant des travaux similaires déjà réalisés au Maroc en Tunisie
et en Algérie, lesquelles références devant lui permettre de déclarer un
chiffre d’affaires de plus de 12 milliards de francs CFA. Mais la Banque
mondiale très vigilante avait mis en doute toutes ces informations et
demandé des éclaircissements.
La
version de IG -TOGO
Des
informations en notre possession indiquent qu’ une lettre a été envoyée à
IG –TOGO par la Banque Mondiale lui faisant ressortir tous les éléments de
fraude contenus dans son dossier de soumission en lui enjoignant de
s’expliquer sur les faux documents fournis dans les meilleurs délais. En
attendant sa réponse à la Banque Mondiale, IG TOGO que nous avons rencontré
reconnaît avoir présenté de faux documents. .Il confirme aussi avoir reçu
une lettre de la Banque mondiale au sujet de cette affaire. « Nous
sommes en train de préparer notre défense » a déclaré M Gnansounou qui
confirme avoir fait beaucoup de chiffre d’affaires avec AGETUR-TOGO qui, dit
–il, connaît la valeur de IG -Togo
Mais le plus
navrant c’est que IG TOGO a déclaré avoir envoyé une lettre à AGETUR- TOGO
pour lui demander d’intercéder auprès de la Banque mondiale pour plaider sa
cause. Expliquant l’origine du problème, le DG de IG- Togo s’est d’abord
plaint d’avoir engagé des frais pour un travail dont on demande la
suspension. Il considère qu’il s’agit d’un problème de personne et d’une
conspiration ourdie par ses détracteurs. Il prétend qu’au niveau de la
Banque Mondiale, certains de ses concurrents bénéficieraient des faveurs
d’un fonction-naire de la Banque, qui aurait donc voulu faire attribuer le
marché à une autre entreprise à son détriment. Il dit que les deux
problèmes majeurs relevés concernaient celui des moules et le quitus fiscal
mais qu’il avait rempli valablement les critères. En tout cas, M Geoffroy
Gnansounou se dit victime d’une injustice. Au sujet des faux documents
détectés par la Banque Mondiale, le responsable de IG-Togo considère qu’il
s’agit d’une erreur malencontreuse qui s’est glissée dans la constitution du
dossier de soumission, que l’erreur est humaine, qu’en fait ces documents
étaient destinés à d’autres fins et que sa société dispose de références
suffisantes et assez significatives hormis les dossiers visés par la Banque
Mondiale, pour arracher valablement les marchés. Il reste à démontrer que ce
n’est pas «une erreur voulue».
La
complicité de l’AGETUR–TOGO ?
Le Directeur
de l’AGETUR que nous avons rencontré dit avoir fait ce qu’il devait faire.
Il rejette sa complicité dans cette affaire et explique que l’Agence n’a pas
pour mission de contrôler la véracité des références fournies par les
soumissionnaires au plan national. Il ajoute que depuis que AGETUR travaille
avec IG TOGO, cette société n’a posé aucun acte pouvant jeter le doute sur
sa bonne foi. Le DG de AGETUR TOGO précise que lorsque la Banque Mondiale a
relevé les irrégularités, il a écrit à la société incriminée pour lui
demander d’arrêter le travail. En revanche, il a confirmé avoir reçu une
lettre de IG Togo le priant d’intercéder en sa faveur auprès de la Banque
Mondiale mais qu’il est hors de question pour lui de se livrer à ce jeu. En
clair, IG TOGO devrait assumer la responsabilité de ses actes.
Selon nos
sour-ces, la Banque Mondiale en réponse au premier rapport de non objection
envoyé par l’AGETUR lui avait demandé par lettre, de vérifier l’authenticité
et la véracité des documents fournis par certaines entreprises dont IG-TOGO.
En réponse à la lettre de la Banque mondiale, datée de décembre 2008, l’AGETUR
avait biaisé les réponses en invoquant les références fournies au Togo et au
Bénin oubliant à dessein les autres références incriminées par la Banque
Mondiale.
Le DG de l’AGETUR
TOGO a nié avoir évoqué une licence d’exclusivité du moule exigé, ce qui
mettrait en cause la transparence des appels d’offres. Or dans une
correspondance adressée à une société dans le cadre de cet appel d’offres,
AGETUR avait déclaré qu’il y a une entreprise qui a fourni la licence
d’exclusivité de la marque de moules exigée. Où est donc la transparence si
une société concurrente détient la licence d’exclusivité du moule ? De nos
investigations, il ressort qu’IG -TOGO n’a jamais produit de pavés au Togo.
On comprend alors aisément pourquoi cette société est partie aussi loin pour
chercher ses références techniques.
La fuite
en avant
Avant même
que cette affaire avec la Banque mondiale ne trouve son épilogue, on
constate que IG TOGO est en train d’exécuter des lots de travaux pour l’AGETUR
TOGO mais cette fois-ci financés par la BOAD. Il s’agit des travaux
d’aménagement et de pavage des rues Amemaka –Libla (Bè –Bassadji) et de
l’avenue des Evala (Lomégan-Djidjolé) ; travaux dont la durée d’exécution
est porté à huit mois au lieu de quatre mois comme le stipule le dossier
d’appel d’offres montrant ainsi l’incapacité technique et matérielle de IG
TOGO à exécuter tous ces travaux dans le délai prévu à l’appel d’offres. Il
faut se demander si la BOAD s’est assurée de la régularité des références
fournies par IG TOGO dans l’appel d’offres qu’elle finance et dont les
travaux sont en cours d’exécution.
On ignore si
les autorités togolaises sont au parfum de cette affaire ou non. Sous
d’autres cieux, le fait pour une société de reconnaître avoir produit du
faux suffit pour la dessaisir des travaux. Mais nous sommes au Togo où tout
est possible. Cette façon de procéder n’est pas de nature à persuader les
bailleurs de fonds quant à la réelle volonté politique des autorités
togolaises de lutter contre la corruption et promouvoir la bonne
gouvernance. Ce serait une insulte que de dire que le ministre de tutelle et
le premier ministre habitués aux circuits onusiens n’en savent rien. Alors
qu’on continue de dire à qui veut entendre que les efforts sont fournis en
vue de redresser le pays, cette affaire doit interpeller la conscience des
autorités togolaises. Il faut se demander si les faussaires n’ont pas les
mains solides au sein de l’appareil d’Etat (À suivre)
Abass
Mikaila SAIBOU
Le RPT comme à
la vieille époque
Le
séminaire organisé par le RPT en fin de semaine dernière a révélé que ce
parti n’a pas perdu les réflexes d’antan. En dépit des soubresauts
consécutifs à l’avènement du pluralisme politique, il est resté égal à
lui-même
Le
séminaire aura été l’occasion pour certains de faire étalage de leur aisance
matérielle : grands boubous brodés, voitures hauts de gamme rutilantes
étaient au rendez-vous. Des barons qu’on croyait à la retraite parce que
disparus du devant de la scène depuis plusieurs années ont refait leur
apparition. Même des fonctionnaires qu’on croyait du côté de l’opposition
s’ils ne sont pas tout simplement neutres, ont tenu à marquer leur présence.
Le
plus étonnant, c’est que tous les militants qu’on disait proches de Kpatcha
et dont on disait qu’ils allaient boycotter les travaux en signe de
protestation étaient là et se faisaient remarquer. Certains d’entre eux se
débattaient pour se mettre en évidence en occupant les premières places. Ils
étaient ceux-là qui avaient applaudi le plus, à la lecture de la motion de
soutien à Faure qui condamne sévèrement le coup d’Etat.
On
attendait de voir se manifester la division du RPT dont parlent certains
avec force conviction. Mais il n’en a rien été. Mais rien n’a été fait qui
puisse laisser croire que Kpatcha Gnassingbé a des partisans inconditionnels
au RPT.
Ce
qui s’est passé apporte la preuve que les Togolais ne sont pas sérieux et
qu’ils ne poursuivent que leurs intérêts personnels. Il y a seulement
quelques semaines, des gens qui vouent Kpatcha aux gémonies aujourd’hui
l’adulaient. Ils disaient du bien de lui et le présentaient comme un homme
providentiel. Fort de leurs flagorneries, le député de Kozah avait commencé
à se croire populaire au point de se faire des idées.
A
présent que les ambitions que ses supporters l’ont aidé à cultiver l’ont
conduit en détention, ceux qui hier chantaient ses louanges lui ont tourné
le dos et font bloc autour de Faure. Dans cette affaire, c’est l’artiste
togolais de la chanson Ali Jezz qui a raison, lui qui dans l’une de ses
chansons disait que lorsqu’on est dans l’abondance, on a beaucoup d’amis qui
veulent profiter de vos biens. Mais dès que survient le moindre problème,
tout le monde vous abandonne et trouve des raisons pour justifier vos
malheurs.
Selon M. Solitoki : «le RPT est l’initiateur depuis près de deux
décennies de ces transformations sociales, nous ne devons donc pas laisser
le monopole du langage de la modernité à nos adversaires politiques qui,
faute d’idées et de pragmatisme, tentent par tous les moyens de noircir les
résultats probants obtenus par notre Président depuis quatre ans d’exercice
du pouvoir».
Selon toujours le Secrétaire Général, «le Bureau Politique, élargi au
Collège des Sages a déjà condamné cet acte d’un autre temps» avant de
conseiller aux militants de «garder une totale sérénité vis-à-vis de ce
sujet en recherchant à renforcer la cohésion du parti et à soutenir le
Président de
la
République face à cette situation».
L’opposition qui compte se saisir de l’affaire Kpatcha et surtout de la
supposée division qu’induit cette affaire au RPT devrait revoir sa copie et
tabler sur une autre option.
En
tout état de cause, c’est plutôt le contraire de ce qui a été observé à
l’occasion de ce séminaire qui serait surprenant. Ceux qui, à l’ombre du RPT
ont amassé des fortunes colossales et des richesses ne sont pas prêts, pour
rien au monde, de laisser le pouvoir leur filer entre les doigts. C’est
peut-être de bonne guerre. Il appartient désormais à l’opposition de tenir
compte de ces réalités du terrain pour élaborer sa stratégie de conquête du
pouvoir.
L. R.
Les complots sous le régime Eyadéma
Sous le régime Eyadéma, les complots allaient devenir une stratégie de
renforcement du pouvoir. Au rythme des vraies ou fausses conspirations, le
régime s’enracinait. A l’annonce de chaque complot éventé, des
manifestations de soutien s’organisaient dans tout le pays et mobilisaient
les populations jusque dans les hameaux les plus reculés. Des tonnes de
messages de soutien parvenaient au Palais de la Présidence. La conséquence
immédiate de cette pratique a été le culte de la personnalité poussée
jusqu’à la dévotion.
Le 24
Avril 1967 : l’affaire Bokobosso
C’est dans ses toutes premières heures que le régime Eyadéma parlera d’un
attentat. C’était le lundi 24 Avril 1967. Eyadéma avait pris le pouvoir
depuis seulement dix jours. Arrivé au Palais de la Présidence aux premières
heures de la matinée, un gendarme de la garde qui lui rendait les honneurs
avait armé son fusil et tiré sur lui. Eyadéma parlera toujours de ce premier
attentat jusqu’à sa mort. Le gendarme Bokobosso, auteur du tir a été
maîtrisé et condamné à être passé par les armes. «Il devait être fusillé
à l’aube, aime raconter le Gal et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Je
suis croyant. Je ne lui avais pas donné la vie et je n’avais aucun droit de
la lui ravir. J’ai téléphoné au Colonel Assila, qui commandait le peloton
d’exécution pour lui signifier ma décision. Simplement nous avons exclu de
l’armée un si mauvais tireur».
Eyadéma aime aussi dire que le jour anniversaire de cet événement, il
trinque avec son agresseur. Toujours est-il qu’il y a belle lurette que
personne n’a plus vu la moindre trace de cet ancien gendarme. Mais jusqu’à
une date encore récente, le 24 Avril figurait au rang des fêtes légales au
Togo comme journée de la Victoire.
L’attentat de Sarakawa
Moins de sept ans après ces événements, le DC-3 des FAT qui transportait le
Gal Eyadéma et certains de ses proches à Kara s’était écrasé à Sarakawa.
C’était le 24 janvier 1974.
Très vite ce que certains avaient considéré comme un accident d’avion est
présenté comme un attentat ourdi par la haute finance internationale qui
voulait éliminer physiquement le Chef de l’Etat qui envisageait de revoir à
la hausse, la part du Togo dans le capital social de la CTMB.
Selon les tenants du pouvoir, la haute finance internationale en était venue
à cette extrémité après avoir vainement tenté de corrompre Eyadema en lui
proposant un château en Europe et 1 milliard 500 millions de F CFA.
Cet «attentat» précipitera la nationalisation de la CTMB et la date
du 24 Janvier sera fériée et célébrée au Togo comme le jour de la libération
économique.
Octobre
1977 et Novembre 1978 : l’affaire des mercenaires
Les années 1977 et 1978 ont été particulièrement agitées au Togo avec ce
qu’il est convenu d’appeler «l’affaire des mercenaires». Le régime
Eyadéma, naturellement, dans ce dossier avait vu la main des fils Olympio.
Plusieurs personnes ont été interpellées, jugées puis condamnées par une
Cour de Sûreté de l’Etat.
Outre Gilchrist et son frère Bonito considérés comme les commanditaires des
mercenaires qui avaient réussi à introduire des armes, des noms comme
Emmanuel Kodjovi de Souza, Kossivi de Souza, de Souza Komlan, de Souza Abalo,
Lawson Teyi Hetcheli, Sanvee Kouao, Béké Georges, Kondjossan Ayivi, Olympio
Toto, Olympio Guillaume, Lawson Francisco, Savi de Tove Jean, …. avaient été
associés à l’affaire. Mais celui dont le nom aura le plus, défrayé la
chronique était le lieutenant-Colonel Lawson Merlaud.
Au
cours d’une conférence de presse organisée à son bureau du camp RIT le 25
novembre 1978, le Gal Eyadéma a lui-même raconté les faits.
«C’était le
jeudi 13 octobre 1977, j’ai reçu à 9 heures, sur sa demande, l’ambassadeur
d’un grand pays. Il me disait qu’il était chargé de me remettre un message
très important. J’ai reçu ce message qui m’informait d’un débarquement
imminent de mercenaires étrangers pour m’assassiner et occuper pour une
semaine le pays. J’ai lu le message, et la seule question que j’ai posée à
cet ambassadeur, c’était de savoir à la solde de qui travaillaient ces
mercenaires. L’ambassadeur m’a dit que les autorités de son pays posent
elles aussi la même question.
Je l’ai
remercié. Et, avant de partir, il a fait demi-tour pour me dire ceci : «Monsieur
le Président, c’est très grave, il faut prendre cette information au
sérieux.» II est parti. Il avait ajouté que, selon les renseignements,
les mercenaires devaient débarquer le 15 octobre 1977 à Lomé. J’ai réfléchi
assez longuement. Puis, je me suis dit que les mercenaires ne peuvent
débarquer à Lomé sans qu’ils aient sur place des complices. Y avait-il sur
le plan militaire, dans l’armée, des personnes qui ont été contactées,
notamment parmi les officiers ? Sur le plan civil, j’étais moins préoccupé,
car les politiciens étant ce qu’ils sont, c’est leur droit le plus absolu de
tenter leur chance. J’étais seulement préoccupé par nos militaires. Je n’ai
presque rien dit à personne. Tout seul, j’ai longuement réfléchi. Et la
conclusion à laquelle je suis parvenu, c’est de ne rien dire à personne
jusqu’au jour J (le 15 octobre 1977), parce que j’ignorais qui, dans
l’armée, était au courant et qui ne l’était pas, qui avait pris ou pas
contact avec les mercenaires.
Le vendredi
14 octobre, j’ai eu les mêmes renseignements d’une autre source digne de
fois. Alors là, je me suis dit que cela devenait sérieux. Ce n’est que le
samedi 15 octobre que j’ai prévenu les officiers qu’il n’y aurait pas de
permission. Et, le soir du jour, à 20 h 45, j’ai convoqué dans mon bureau du
camp du R.I.T. tous les officiers en tenue. Je les ai mis au courant des
renseignements en ma possession tout en leur demandant de me dire s’il y en
a parmi eux qui sont au courant de près ou de loin de ce que se tramait. Si
oui, qu’ils le disent, sinon ce sera trop tard. Je leur ai donné dix minutes
de réflexion à l’issue desquelles je les ai réunis à nouveau. Tous ont
affirmé ne pas avoir été au courant ni été contactés.
Donc, j’ai
procédé à la répartition des missions militaires qui devaient surveiller et
défendre au besoin les points stratégiques de notre capitale. Dans le même
temps, j’ai fait renforcer la vigilance à nos frontières. Mais ce 15
octobre, rien ne s’est passé. Cela en a été ainsi pendant une semaine, deux
mois, trois mois, etc. Après cela, nous avons commencé par avoir d’autres
renseignements concernant notamment le lieu où les mercenaires étaient
débarqués avant de venir chez nous. Car vous savez que les mercenaires ne
peuvent quitter l’Europe pour se rendre directement dans le pays d’Afrique
où ils doivent opérer sans faire escale dans un pays voisin, c’est-à-dire
proche du pays qui sera leur cible. Nous avons eu des renseignements de
source digne de foi, portant sur le lieu où ils étaient, sur leur nombre,
sur ce qu’ils projetaient de faire.
Aussitôt,
j’ai dû prendre contact avec certains de mes pairs (chefs d’Etat). Ces
derniers m’ont assuré que, dans l’intérêt de notre sous-région
ouest-africaine, il vaut mieux n’accuser personne. Effectivement, je n’ai
rien fait dans ce sens. C’est leur droit le plus absolu d’agir. S’ils ont
raison, ils vont réussir, s’ils n’ont pas raison et si Dieu n’est pas avec
eux, ils vont échouer. J’ai continué à garder ma patience. Et comme Dieu est
là pour défendre la cause des innocents, les mêmes mercenaires qui avaient
débarqué chez nous, mais n’ont pu agir, ont pris contact avec certains de
nos ambassadeurs en Europe. Ils ont dit à nos représentants qu’ils voulaient
venir à Lomé pour faire des révélations. J’ai accepté leur offre et les ai
reçus. C’est effrayant, c’est incroyable et c’est dommage.
Nous disons
que nous sommes membres de l’Organisation de l’unité africaine. Et à la
tribune de l’O.U.A. nous crions : «A bas les mercenaires!» Qui sont
les mercenaires ? C’est nous-mêmes qui sommes mercenaires !
Puisque
c’est nous qui allons à leur recherche. Si nous ne recevons pas les
mercenaires, jamais ils ne pourront venir ici. Les mercenaires qui ont
demandé à me voir ont fait des exposés à mon gouvernement et aux
ambassadeurs accrédités au Togo. Jusque-là, nous n’avons accusé personne.
Tout
récemment a surgi l’affaire Lawson. Le lieutenant-colonel Lawson a pris
contact avec un de ses subordonnés, un lieutenant deux galons pour savoir
s’il était possible de faire un coup de force. Ce lieutenant, dès que Lawson
l’a quitté, a cherché à me voir. J’ai estimé que c’était grave. J’ai
convoqué Lawson avec d’autres officiers supérieurs. Il y avait aussi le
lieutenant Lawani. Je les ai confrontés. Lawson, confondu, demande pardon.
Je lui ai infligé des sanctions militaires prévues par l’armée. Après il a
été exclu pour six mois des Forces armées togolaises, conformément à nos
statuts. Et ce n’est qu’après ce délai que la commission de discipline qui a
eu à statuer sur son sort, siégera à nouveau pour se pencher sur son cas. Il
y a une semaine de cela, on me téléphone un soir pour me dire que des
munitions ont été découvertes dans un puisard.
Comment la
chose est-elle arrivée ?
Un soldat
demande à un autre de lui rendre service et d’aller vidanger un puisard. A
côté du vrai puisard, se trouve un autre qui est en fait un faux puisard. On
l’ouvre. Au lieu des eaux usées on voit un puisard bien aménagé contenant
des munitions — quelque neuf cents cartouches, des chargeurs, des explosifs
et des détonateurs.
J’ai demandé
aux enquêteurs de continuer les recherches, car j’estimais qu’il ne pouvait
y avoir des munitions sans armes. Il peut à la rigueur y avoir des armes
sans munitions, mais pas le contraire. Ils ont continué les recherches.
J’étais dans le Nord un jeudi. Je devais revenir le dimanche ou le lundi
suivant. Mais j’ai décidé de rentrer à Lomé samedi matin. J’arrive dans la
capitale et l’officier qui est chargé de l’enquête me dit : «Monsieur le
Président, nous sommes très inquiets, car il y a un officier supérieur, le
lieutenant-colonel Merlaud Lawson qui est impliqué dans l’affaire.» J’ai
convoqué le colonel Assila et lui ai ordonné d’aller chercher le
lieutenant-colonel Lawson.
Le
colonel Assila avait pour mission de confronter Lawson et en même temps de
le perquisitionner. Arrivé chez Lawson, le colonel Assila ne l’a pas trouvé.
Il lui a été dit que Lawson est parti dans son village. On va sur place le
chercher en vain.
Vers 13 h 30, Lawson fait son apparition aux environs de sa villa. Il
trouve au portail deux ou trois gendarmes qui l’attendaient pour le
perquisitionner. Car j’ai donné comme instructions de ne jamais
perquisitionner son domicile en son absence. Donc, les trois gendarmes
attendaient là. Et dès qu’il les aperçoit il fait demi-tour avec sa
voiture, et repart à toute vitesse.
Pourquoi les
militaires ne l’ont-ils pas arrêté, en tirant, par exemple, sur sa voiture ?
C’est parce que j’ai donné au colonel Assila des consignes, pour qu’il ne
soit pas fait usage d’armes à cette occasion. Même s’il veut se sauver. Je
préfère le laisser partir plutôt que de l’abattre. On a aussitôt commencé à
le rechercher partout, mais il n’a pas été retrouvé. Mais sa maison a été
perquisitionnée en présence de sa femme. On y a trouvé un échantillon
d’explosifs et des détonateurs, les mêmes qu’on avait trouvés au domicile de
M. Emmanuel de Souza, celui-là qui s’est enfui avec les mercenaires. Il y
avait également une liste très compromettante. On était toujours à sa
recherche quand, le soir, un de ses amis est allé alerter la gendarmerie
pour lui signaler le passage de Lawson à son domicile. Cet ami disait qu’il
était absent et qu’à son retour son enfant lui a dit que Merlaud Lawson
était de passage avec sa voiture, qu’il était très excité. «Je laisse ma
voiture ici, on cherche à m’arrêter. Si ton père revient, dis-lui de jeter
la voiture dans la mer ou de la brûler», dit Merlaud Lawson à l’enfant
de son ami.
Deux
gendarmes gardant la maison de Lawson voit s’amener la nuit une personne qui
voulait le lieutenant-colonel Lawson. Elle dit aux militaires qu’elle
venait de
chez son ami qui est un cousin de Merlaud Lawson, mais que celui-ci était
absent et qu’elle venait voir si son ami ne se trouvait pas ici. Parce que,
a-t-elle ajouté, les deux cousins se fréquentaient. Les militaires ont
emmené cette personne chez son ami absent. Effectivement, les portes de son
domicile étaient fermées. Mais, dans la cour de cette maison, on trouve la
même chose comme au domicile d’Emmanuel de Souza, c’est-à-dire deux puisards
— un vrai et un faux. On veut y regarder de près, mais on s’aperçoit que,
malheureusement, le puisard — le faux — était vidé de ce qu’il contenait.
Nous pensons, quant à nous — il n’y a pas de doute —, qu’il s’agissait des
armes. Les concernés ont dû opérer dans la nuit de vendredi à samedi. Cela
veut dire que le lieutenant-colonel Lawson, s’il n’était pas rentré le
samedi, devait détruire ce qui était compromettant, et se sauver. Voilà ce
qui s’est passé. Je voudrais aussi vous dire que j’ai mis ma jeunesse, toute
ma jeunesse à forger cette armée. Parce que, très tôt, j’ai compris qu’on ne
peut pas parler de l’unité de la nation sans l’unité de l’armée.
C’est le
droit le plus absolu de Lawson de tenter sa chance. Le pouvoir ne m’appartient
pas, je suis là pour servir le pays. Le pays n’est pas ma propriété. Je
partirai peut-être demain. Mais c’est seulement le fait d’aller chercher les
mercenaires que je ne comprends pas. Vous connaissez l’action des
mercenaires quand ils rentrent dans un pays, ils détruisent tout ce qu’ils
trouvent sur leur passage. Pourquoi faire des victimes innocentes ?
J’ai actuellement ma conscience libre, elle ne me reproche rien. Lawson fait
partie des officiers de confiance. J’ai même eu à lui confier des postes
importants, je l’ai envoyé à plusieurs reprises en missions importantes à
l’extérieur de notre pays. Lawson, je le sais, est un officier négatif. Je
l’ai nommé lieutenant-colonel pour prendre rang le 1er janvier
dernier. Il n’était pas inscrit au tableau d’avancement. Chez nous, dans
l’armée, ce sont les officiers qui décident les avancements de tous les
militaires en nombre impair. Et, dans le cas contraire, ils essaient de
passer au vote. Donc, vous comprenez qu’il y a aussi la démocratie dans
l’armée. Mais j’ai nommé Lawson sans passer par la voie normale, parce que
je sais que les officiers devaient s’y opposer. C’est pourquoi j’ai pris
moi-même la décision de le promouvoir directement.
Or, je
voudrais vous dire ceci : au meeting populaire de jeudi dernier, certains
orateurs disaient que l’heure est grave. Je trouve cette affirmation un peu
exagérée. L’heure est grave pour celui-là qui est parti en laissant sa
femme, ses enfants, sans soutien. Mais, avant tout, j’ai eu à le dire déjà,
je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider la femme de Lawson à les
éduquer. Ils n’ont commis aucun crime. J’ai toujours dit que, dans la vie,
tout ce que l’on fait, si vous avez raison, Dieu est avec vous.
Lawson n’avait aucune raison de faire ce qu’il faisait. Il a tout ce qu’il
faut. Et il a ma confiance. Vous le savez, la confiance ne s’achète pas,
elle se mérite. Donc ce qu’il a voulu faire, c’est tout simplement pour
satisfaire peut-être son ambition.
Moi, je fais
confiance individuellement aux gens. Lawson n’est pas nécessairement lié
dans cette affaire à sa mère, à sa femme, ou bien à son village. Non, je
refuse une telle manière de voir. Chez moi, je ne fais jamais de procès
d’intention à qui que ce soit. Mais seulement, vous le savez, il n’est pas
seul. Ils sont trente-six militaires. Et j’ai, ici, une liste récupérée chez
M. Emmanuel de Souza qui a pris la fuite avec les mercenaires. Mais ces
trente-six militaires, ce sont des soldats de la région d’Emmanuel de Souza.
Ce dernier a voulu qu’on lui trouve des militaires de la même région que
lui, c’est-à-dire des Guins. Ces militaires, je ne vais même pas les
inquiéter. Les pauvres. Il se peut qu’ils ne soient au courant de rien. Mais
ils n’ont pas le choix, ils ne peuvent pas renier leur région. Il se peut
que Lawson ait pris leur nom. Je ne vais même pas les impliquer. A la
rigueur, on pourra leur demander ce qui s’est passé. Je dis ceci compte tenu
des expériences que j’ai vécues : vous le savez bien, en 1963 j’ai joué un
rôle important pour renverser le régime d’alors. Mais je n’avais pas cette
chance, comme Merlaud Lawson : je n’étais pas en activité dans l’armée et je
n’étais pas lieutenant-colonel. Lui, il est lieutenant-colonel et il peut
influencer. Mais, si le coup a réussi en 1963, ce n’est pas nous-mêmes qui
avons fait ce coup d’Etat. Nous ne pouvons pas nous glorifier. C’est Dieu
qui avait fait le coup d’Etat. Parce qu’il fallait absolument un
changement, et Dieu a inspiré des gens pour obtenir ce changement de 1963.
Mais, eux, ils sont trente-six, et peut-être plus. Ils sont allés même
chercher des mercenaires. Moi, je n’avais pas la chance d’avoir avec moi
trente-six personnes — ce qui fait déjà une section. Nous étions en tout
dix-neuf, et j’ai décidé de venir balayer le régime d’alors. Qu’est-ce que
je voulais, je voulais la liberté la liberté d’expression. Parce qu’on ne
peut pas bâtir une nation, ni la développer sans la stabilité. Construire
un pays, ce n’est pas l’affaire d’une personne, c’est l’affaire de tout le
monde. Or, à l’époque, en 1963, au moment même où l’armée intervenait,
pratiquement tous les intellectuels étaient obligés de s’expatrier et
d’autres malheureusement qui n’ont pas eu la chance de s’enfuir se
trouvaient jetés en prison».
Le 23
septembre 1986
Après ces événements, le Togo retrouva une sorte de quiétude. Le régime
s’était revigoré et baignait en plein, dans le culte de la personnalité.
Mais cette situation n’allait pas durer. En effet, le 23 septembre, un
commando d’hommes en armes avait pris Lomé d’assaut. Objectif, déstabiliser
le régime. Quelque temps avant l’attaque, une série d’explosions avait
secoué la capitale. Cette attaque qui n’était qu’un acte de dépit de
Togolais qui ont pris des armes contre le pouvoir en place a été présentée
par le régime comme une attaque terroriste.
Cette date est également célébrée comme fête légale au Togo.
25 Mars
1992
Un
commando d’hommes en armes avait attaqué le camp RIT. Ils avaient pénétré la
forteresse et seraient même allés à la villa du Gal Eyadéma. Tout comme
l’attaque du 23 septembre 1986, le bilan des événements du 25 Mars ne sera
jamais connu. On sait que des officiers ont été tués au cours de la
fusillade. Notamment le Gal Améyi et le Colonel Akpo Gnandi. Le Colonel Tépé
accusé de trahison a été lynché après la fusillade.
05 et 06
janvier 1993
Lomé a connu deux journées assez chaudes. Les combats entre l’armée et les
combattants de la liberté ont été violents. Le théâtre des fusillades était
la Place de la Colombe de la Paix et le Boulevard Eyadéma qu’empruntait le
Président de la République pour aller du camp RIT à Lomé 2. Sa Mercedes a
été atteinte par un tir de roquette. Au cours des affrontements, un certain
Alaza présenté comme membre de la «Brigade Rouge» à laquelle plusieurs
observateurs attribuent une lourde part de responsabilité dans les tueries
de Fréau Jardin a trouvé la mort.
Au
Togo, les complots se suivent et leurs suites se ressemblent, même si les
faits divergent. La vérité c’est que vrais ou faux, ces complots auront
permis au régime Eyadema d’incriminer les fils Olympio pour renforcer son
pouvoir.
L. R.
Les doléances
des chefs des Lacs déguisées en soutien à Faure
Aux temps forts du régime Eyadema où le parti unique mettait tout le monde
au pas, les rois de la Préfecture des Lacs avaient réussi à se hisser
au-dessus de la mêlée. Aussi ne les voyait-on pas s’impliquer dans les
nombreuses manifestations souvent organisées à la gloire du «Président
fondateur». Lorsque les chefs traditionnels avaient battu le pavé
chantant les louanges du Timonier national, ils étaient inscrits aux abonnés
absents. C’était plutôt réconfortant de constater que si une partie des
chefs traditionnels du Togo était instrumentalisée et prête à se prêter à
toutes les manœuvres du pouvoir, il y en avait qui gardaient encore toute
leur dignité.
Voilà pourquoi la manifestation organisée à Aného il y a quelques jours et
qui a été présentée comme une marche de soutien au Chef de l’Etat a surpris
plus d’un et suscité des interrogations. Elle a d’autant plus surpris qu’à
la tête des manifestants, se trouvaient les plus hautes autorités
traditionnelles de la ville.
On
en était là lorsque dimanche, le Président de la République et ses
collaborateurs débarquent à Aného où Faure assiste à une messe à la
Cathédrale SS Pierre et Paul avant de rencontrer les autorités
administratives et traditionnelles de la ville et de toute la Préfecture
arrivées à Aného pour la circonstance.
La
version officielle indique que le Président de la République était dans les
Lacs pour remercier les populations et les chefs pour leur soutien qui ne
lui a jamais fait défaut et qui a encore été récemment exprimé dans
l’affaire Kpatcha.
Comme c’est toujours le cas, Faure a été accueilli dans une ambiance
festive. On a joué du tam-tam, chanté et dansé. Il n’en fallait pas plus
pour susciter l’indignation à l’UFC qui a toujours considéré les Lacs comme
son fief. En effet, dans cette région acquise à l’opposition, l’UFC fait
toujours le plein des voix. Lors des dernières élections législatives, ce
parti a raflé tous les sièges en compétition dans la circonscription
électorale. On comprend alors que la visite de Faure dans la zone puisse
paraître aux yeux de certains comme une façon de marcher sur leur
plate-bande.
Mais selon nos informations, au cours de la rencontre entre Faure et les
représentants des populations, il s’était plus agi de doléances à
transmettre au Chef de l’Etat, que de soutien.
Tous ceux qui connaissent Aného savent qu’il s’y pose de sérieux problèmes
d’infrastructures. Le problème qui se pose avec le plus d’acuité aujourd’hui
est relatif à la route internationale Lomé–Cotonou qui traverse la ville.
L’usager qui vient de Lomé ou de Cotonou est frappé par l’état de
défectuosité avancée de la route. Une véritable honte pour la ville et le
pays.
Les autorités locales ont donc formulé au Chef de l’Etat, une doléance pour
le réaménagement de la route. Faure aurait prêté une oreille attentive à
cette doléance et promis que les travaux de réaménagement allaient démarrer
en juin prochain.
La
question se pose désormais de savoir s’il s’agit d’une promesse ferme ou de
propos électoralistes. Car, plus d’une fois déjà, des travaux de
réaménagement sur la route Lomé–Cotonou ont été annoncées. On a même parlé
de construction d’échangeurs dans la zone portuaire. Mais jamais, nul n’a vu
la couleur de ces échangeurs. Cette fois serait-elle la bonne ? On attend de
voir.
L. R.
Humeur :
L'autre visage de la presse privée togolaise
Le 03 mai
dernier, la journée internationale de la liberté de presse a été célébrée au
Togo. Et comme d'habitude, les autorités ont exhorté la presse à soutenir le
dialogue. Les journalistes de leur côté ne se reprochent rien et n'attendent
que l'aide de l'Etat. Mais il est un constat que les journalistes togolais
aptes à dénoncer les tares des autres et à les fustiger ne supportent pas
qu'on les rappelle à l'ordre même s'ils foulent aux pieds la déontologie de
la profession et font pire que ceux qu'ils dénoncent. Beaucoup considèrent
les dispositions du code de déontologie et du code de la presse et de la
communication comme des papiers de toilette s'ils ne les ignorent pas
royalement. S'ils considèrent à tort ou à raison que la HAAC est dirigée
contre eux, des responsables de médias ne sont pas non plus tendres à
l'égard de l'OTM (Observatoire Togolais des Médias) qu'ils ont eux-mêmes mis
en place pour assurer la police au sein de la corporation.
Lorsque
l'observatoire les invite suite à une plainte de tiers, certains refusent
de se présenter.
D'autres qui
obtempèrent font de la surenchère et se livrent à du dilatoire refusant de
reconnaître leur manquement au code de la déontologie. D'autres encore
font semblant de reconnaître les fautes à eux reprochées mais quelques
heures après nient ce qu'ils ont reconnu et écrivent des articles virulents
traitant l'OTM de tous les noms d'oiseaux.
Les membres
de l'observatoire sont considérés comme des zouaves qui n'ont rien à faire
et qui ne méritent que du mépris. Récemment, plusieurs publications
s'étaient coalisées pour tirer à boulets rouges sur l'Observatoire qui a
publié un communiqué sanctionnant l'audition d'un des leur. Une première
dans la sous région. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, les
journalistes qui se montrent irrévérencieux à l'égard de l'OTM ne trouvent
aucun inconvénient à réclamer son concours lorsqu'ils sont confrontés à des
problèmes avec les pouvoirs publics. On est loin de l'époque Pitang et du
Général Walla où on se ménageait des maquis pour échapper à la fureur des
autorités mais en général la dépénalisation des délits de presse apparaît
avec la bénédiction des autorités politiques et judiciaires elles-mêmes- et
c'est ce que beaucoup y compris des journalistes croient- que les acteurs de
médias sont intouchables et jouissent d'une impunité sans pareille. Cette
bénédiction tient au fait que les autorités togolaises vouent une
admiration et un respect religieux aux spécialistes de l'alarmisme, du
harcèlement médiatique. Devant cette situation "déconner" apparaît comme la
seule option possible. Le philosophe semble avoir raison qui disait que dans
un monde où la folie fait la sagesse il est fou d'être sage. Notre pays
étant donc anormal, ne faut-il donc pas inviter tous les journalistes à
faire les fous pour être dans les normes ?
A. S.
Présidentielle de 2010 : Le PSR appelle à l’Union de l’opposition
Le
Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) a ouvertement appelé à l’union
l’opposition togolaise dans la perspective de la présidentielle de 2010. Le
parti de Me Abi Tchessa qui était en journée de réflexion samedi 09 Mai 2009
au Relais de la Caisse, a relevé les difficultés de l’opposition à s’imposer
au pouvoir en place comme une force politique. Voilà pourquoi au cours de la
rencontre, il s’interrogeait à travers le thème évocateur : «Quelle
alternative pour le Togo».
«Le PSR
constate que l’opposition peine toujours à trouver ses marques. Plus que
jamais, elle doit prendre en compte la nécessité de constituer non seulement
une alternance mais aussi une alternative susceptible de relever le défi
immense dans lequel nous ont plongé plusieurs décennies d’errements», a
précisé la déclaration ayant sanctionné les travaux. Pour le PSR, face à la
situation actuelle du pays marquée par le refus du pouvoir de s’ouvrir
véritablement à la démocratie, seule l’union de l’opposition peut être une
alternative valable pour le Togo. «Il faut, dit-on au PSR, le
rassemblement des forces du progrès autour d’une plate-forme en vue de créer
les conditions d’une alternance et d’une alternative pour le Togo». Ceci
dit, il «invite l’opposition à une profonde réflexion en vue d’une
redéfinition d’une stratégie commune permettant de sortir le pays de
l’impasse».
Le
diagnostic de la situation du pays a permis de relever un certain nombre de
conditions à remplir avant de remettre le pays sur les rails, selon toujours
le PSR. Ici, l’accent est particulièrement mis sur «le retour à la lettre
et à l’esprit de
la
Constitution de 1992 avec une élection présidentielle à deux tours et la
reconnaissance de réels pouvoirs au Premier Ministre ; la mise en place
immédiate de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et la
traduction en justice des auteurs des violences de 2005…»
De plus, il
«rappelle au régime que la conservation du pouvoir ne saurait constituer une
finalité lorsque le gouvernement n’est pas capable d’assurer le mieux-être
des citoyens». Ce disant, le Porte-Parole du parti, le Professeur Wolou
Komi met l’accent sur les problèmes politique, social… que connaît le pays.
Sur le plan politique, M. Wolou estime que le dialogue politique titube. «La
volonté prétendue d’une réconciliation nationale se heurte à l’inaction du
gouvernement qui semble vouloir seulement gagner du temps alors que le
mandat présidentiel arrive déjà à son terme, et malgré les rapports
d’enquête, l’impunité triomphe et le comité de réconciliation n’a même pas
vu le jour», regrette-t-il avant de conclure en ajoutant sur le plan
social que «la réalisation des engagements du dialogue a du plomb dans
l’aile, le précarisation croissante des conditions de vie des populations
est aggravée par la récente crise financière internationale».
K.
Ségniagbéto
Conséquence des
dernières pluies : L’axe Akodésséwa–Zorro Bar sous les eaux
Les premières pluies qui ont commencé à s’abattre sur la capitale togolaise
ces derniers jours ont permis à chaque Togolais d’apprécier la qualité des
rues aménagées avec de la latérite dont le Premier Ministre Houngbo vient de
gratifier le peuple. Il nous en souvient qu’il y a quelques semaines, au
début de la mise en œuvre de ce projet, des acteurs politiques et même de
simples citoyens sont montés au créneau pour fustiger la réalisation de ces
travaux. Pour eux, il s’agissait d’une fuite en avant tant le résultat de
ces travaux n’aura qu’un effet de feu de paille. Aujourd’hui, les faits
semblent leur donner raison. Car certaines des rues concernées sont déjà
impraticables.
C’est le cas notamment de l’axe Akodésséwa-Zorro Bar. Ici, les dernières
pluies qu’enregistre la capitale ont rendu le passage impossible à quelques
encablures du marché d’Akodésséwa. «Je regrette simplement d’avoir
emprunté ce tronçon aujourd’hui», nous a déclaré mercredi, un cycliste
qui a dû faire demi-tour. De son côté, un chauffeur dit s’être embourbé et a
dû passer plusieurs heures avant de s’affranchir de la boue et ceci grâce à
des secours.
Cette situation qui a commencé à prévaloir à cet endroit de la ville fait
subir de lourds préjudices au Port Autonome de Lomé. Pour beaucoup, depuis
que la Nationale N° 2 qui relie les frontières du Ghana et du Bénin,
présente des difficultés de passage au niveau de CIMTOGO, c’est par l’axe
Akodésséwa-Zorro Bar que les clients en provenance ou à destination du Port
font des déviations. Mais aujourd’hui, avec la nouvelle situation qui se
crée, rallier le Port devient un véritable casse-tête chinois pour les
opérateurs économiques qui ne savent plus comment rallier ce point
stratégique. Ce que certains ont regretté sur ces rues en latérite, c’est le
manque de canalisation pour drainer l’eau de pluie. De l’avis de plusieurs
observateurs, c’est ce qui a précipité la dégradation de la situation à
Ahadji-Kpota. Mais du fait du rôle que joue cette voie dans le développement
des activités au Port, beaucoup pensent que l’idéal serait de la bitumer une
fois pour toutes. L’Etat togolais accédera-t-il à cette demande ? L’avenir
nous le dira ; surtout que l’on annonce l’imminence des grands travaux
d’urbanisation dans la ville de Lomé, travaux qui démarreront par la
réfection des rues.
Ailleurs, c’est la question des inondations qui revient à l’esprit. La
situation des populations des zones inondables qui était déjà précaire
depuis la catastrophe de l’an dernier risque de s’empirer dans les jours qui
viennent surtout que depuis, rien n’a été fait pour arranger la situation et
qu’aujourd’hui, les prévisions en pluviométrie n’augurent rien de bon.
L’Etat togolais se limitera-t-il encore à constater les dégâts ?
K. S.
Ça
vous regarde
Revoici
l’insécurité
Il
y a quelque temps, l’insécurité avait pris des proportions alarmantes dans
notre pays. Il ne se passait pas de jour où on n’annonçait pas des
cambriolages, des viols à main armée et surtout des morts dans nos villes et
campagnes. Face à la réprobation générale, le ministère de la Sécurité et de
la Protection Civile avait mené un certain nombre d’actions qui avaient
permis de démanteler des réseaux de malfrats. On montrait presque tous les
jours à la TVT, les images de bandits armés abattus par les éléments des
forces de sécurité.
La
force de frappe des forces de sécurité n’avait pas tardé à porter ses
fruits. Les actes de gangstérisme avaient considérablement baissé s’ils
n’avaient pas tout simplement cessé.
Malheureusement, depuis quelques jours, l’insécurité semble revenir. Dans le
courant des deux dernières semaines, des actes de gangstérisme ont été
enregistrés à Bè-Kpota. Il y a en effet quelques jours, les populations des
environs de l’Hôtel Bijou ont découvert le corps inanimé d’un homme gisant
par terre. Tout porte à croire qu’il a été victime du banditisme.
Quelques jours plus tard, c’est non loin de l’Eglise Catholique de Bè-Kpota
que des bandits en arme vont frapper. Un gérant de dépôt de Fan Milk était
dans sa boutique quand il a reçu aux environs de 20 h, la visite de deux
malabars qui lui demandaient de leur remettre tout ce qu’il avait comme
argent. Sous la menace de l’arme qui était pointée sur lui, le pauvre gérant
s’exécuta. Mais au moment où les bandits partaient, il eut l’idée de crier
pour ameuter l’entourage. Mal lui en prit car les gangsters qui ne voulaient
pas que leur passage soit remarqué n’eurent pas d’autre alternative que de
lui tirer dessus à bout portant, le tuant sur le coup.
Il
est donc clair que les forces de sécurité ne doivent pas baisser la garde.
Car les bandits ne dorment pas.
Faure à
l’épreuve des routes
Dimanche dernier, le Président de la République était à Aného. Pour se
rendre dans cette localité, Faure Gnassingbé a pris la route. Conséquence,
pour les raisons évidentes de sécurité, des perturbations ont été
enregistrées sur cet axe routier. Mais ces perturbations étaient loin de
déplaire aux usagers de la route. Non pas parce qu’ils adorent les
tracasseries. Mais parce que l’occasion sera donnée à celui qui dirige notre
pays depuis 2005, de constater par lui-même, l’état de dégradation de cette
route surtout sur le tronçon allant du Rond Point du Port à Avépézo (Hôtel
Tropicana). Il pourra également constater l’état de la route à l’intérieur
de la ville d’Aného. Et Dieu sachant toujours bien faire les choses, avait
arrosé tout le parcours d’une grande pluie, transformant ainsi la route en
patinoire. Même en voiture 4 x 4 blindée, on ne peut ne pas être secoué. Et
que dire des petites voitures ?
Le
seul avantage que peut tirer la population de cette randonnée
présidentielle, c’est que Faure prenne la mesure de la dégradation de cette
route pour procéder rapidement à sa reconstruction.
Comme au
temps «Gnassional»
La
présentation du corps du délit à la presse dans l’affaire Kpatcha a ramené
au souvenir de plusieurs Togolais, les temps où le Togo évoluait au rythme
des complots. En ces temps-là, on annonçait un complot déjoué. On présentait
de soi-disant éléments de preuves accablants à la presse, au corps
diplomatique, etc. En retour, ce sont des marches de soutien qui sont
organisées partout dans le pays pour soutenir le régime et fustiger les
comploteurs.
Aujourd’hui, même si avec l’affaire Kpatcha, on n’en est pas encore là, il
est vrai qu’on n’en est pas loin. Ces pratiques commencent toujours
timidement avant de prendre leur vitesse de croisière.
En
tout cas, que le RPT, qui a adopté au cours de son dernier séminaire une
motion de soutien à son Président et a déjà apporté la preuve qu’il reste
égal à lui-même retourne au temps «Gnassional», ne sera pour étonner
personne.
Vous avez
dit doléances ?
Le
1er Mai dernier, après
le défilé qui les avait conduits à travers les rues de Lomé et les discours
prononcés au Palais des Congrès, les représentants des centrales syndicales
ont remis aux autorités publiques, un cahier de doléances dont la prise en
compte devrait tendre à l’amélioration des conditions des travailleurs du
Togo.
Chaque année, c’est la même chose qui revient. Mais curieusement, la
situation du travailleur togolais ne s’est jamais améliorée.
La
question peut se poser de savoir si les gouvernants tiennent réellement
compte des doléances qu’on leur soumet chaque année. L’interrogation
retrouve toute sa pertinence si l’on sait qu’il y a au rang des doléances,
certaines qui reviennent chaque année. Preuve que malgré leur importance,
elles ne sont pas satisfaites.
Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se demandent s’il est encore utile de
remettre les cahiers de doléances aux gouvernants qui ne s’en préoccupent
guère.
L’HARRYviste
annonce son retour
De
source proche du RSDD, on annonce que l’HARRYviste Olympique sera bientôt de
retour au pays. On se souvient que le play-boy de la scène politique
togolaise avait dû prendre la clé des champs après avoir été impliqué dans
une affaire de cocktail Molotov balancé dans l’enceinte du camp de la
gendarmerie. Au lieu de faire preuve de courage pour assumer ce qu’on lui
reproche, il a déguerpi comme un lapin, abandonnant à leur triste sort, des
jeunes qu’il avait entraînés dans cette aventure.
On
raconte que si l’HARRYviste veut rentrer au pays aujourd’hui, c’est tout
simplement parce que Kpatcha Gnassingbé a été arrêté. En effet, Ministre de
la Défense au moment des faits, le fils du père aurait juré de tout faire
pour apprendre à Harry à respecter tout ce qui touche aux forces de
sécurité.
Comme quoi, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres.
Les
ambitions du play-boy
Selon certaines sources, si l’HARRYviste envisage de rentrer au pays, ce
n’est pas pour les beaux yeux des Togolais. L’homme aurait en effet,
l’intention de se porter candidat à la magistrature suprême l’année
prochaine. Bref, il a encore décidé de venir s’amuser.
En
tout cas, ce ne sera pas pour déplaire aux Togolais. Les rodomontades de
Nicolas ayant commencé à lasser, l’arrivée d’un autre plaisantin ne fera que
détendre l’atmosphère.
Mourir
pour le football
Depuis que le capitaine des Eperviers Emmanuel Adébayor évolue à Arsenal en
Angleterre, plusieurs Togolais sont devenus de farouches supporters de cette
équipe. Ainsi, chaque match disputé par Arsenal est suivi avec beaucoup
d’attention et de passion au Togo. Chaque fois que cette équipe gagne, c’est
la joie et la fête dans certains quartiers. De même, lorsque Arsenal perd un
match, c’est le deuil.
Ainsi, lors de la dernière rencontre livrée et perdue par Arsenal dans le
cadre de la demi-finale retour de la Ligue des Champions, nombreux étaient
les Togolais qui étaient tristes. On pouvait être tenté de croire que nos
compatriotes sont parmi ceux qui ont le plus souffert de l’élimination de
l’équipe de Shéyi. Erreur. Puisque, ailleurs, au Kenya par exemple, il y a
des supporters qui sont plus pour Arsenal que les fondateurs du club même.
La preuve, c’est que suite à l’élimination d’Arsenal, un jeune Kenyan de 29
ans s’était suicidé par pendaison. Voir une équipe perdre un match de foot
et mourir ! Cela peut s’appeler être plus royaliste que le roi.
Niger, la
honte !
Doit-on prendre les Chefs d’Etat africains au sérieux. C’est la question que
se posent beaucoup d’observateurs au regard de ce qui se passe aujourd’hui
au Niger. On se souvient que, alors que le Président français séjournait
récemment dans ce pays, le Président Mamadou Tandja avait laissé entendre
qu’il n’envisageait pas de modifier la Constitution pour briguer un
troisième mandat à la tête du pays.
Mais, malgré cette profession de foi, on assiste depuis quelque temps, à des
manifestations organisées pour réclamer une révision de la Constitution.
Ces manifestations rappellent aux Togolais, des faits de leur histoire
récente. Devant le Président Chirac, feu Eyadéma s’était engagé à ne pas
modifier la Constitution. Mais sa parole de militaire s’était révélée plus
tard, un serment d’ivrogne puisque la Constitution togolaise a été
proprement «toilettée» et réduite à la taille de l’homme qui voulait
demeurer Président à vie.
Que l’Afrique en soit là alors que le monde s’engage dans une donne de
démocratie et d’alternance est tout simplement honteux. Mais ce n’est pas
pour déplaire à Kadhafi, l’actuel Président en exercice de l’UA qui a
toujours fait l’apologie des coups de force et de la présidence à vie.
Sacré
Wade
Lorsque, en l’an 2000, le pape du «Sopi» arrivait au pouvoir au
Sénégal, nombreux étaient ceux qui avaient cru que ce pays allait devenir le
symbole d’une démocratie réussie en Afrique. Malheureusement, au fil des
jours, c’est la déception qui grandit. Malgré tout son bagage et tout le
bien qu’on a pu penser de lui, Wade ne fait pas mieux que les autres Chefs
d’Etat décriés. Il aura été jusqu’à ce jour, le Président sénégalais qui a
fait le plus de misères à ses adversaires. Il suffit de ne pas avoir la même
opinion que lui pour que rapidement, on trouve des arguments pour vous
accuser de détournement et vous faire un procès.
Sa
dernière trouvaille est de bombarder au poste de Ministre de la Coopération,
son fils Karim Wade. Naturellement, l’opposition s’était vivement élevée
contre la décision. Mais avec son mépris habituel, le vieux Président n’a
attaché aucune considération à leurs protestations.
Sacré Wade ! Qui aurait cru au moment où il était encore à l’opposition,
qu’il en arriverait là ? |
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Le Regard 644 du mard 05 mai 2009 |
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Voici
l’origine de l’intox sur la prochaine libération de Kpatcha |
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Une terrible
rumeur qui traverse les continents à une vitesse comparable à celle de
l’ouragan «katrina» en ce moment, fait état de ce que Kpatcha sera
libéré dans quelques heures. Depuis NewYork Amsterdam, Munich Londres, des
Togolais appellent pour avoir confirmation de cette imminente libération. Au
nombre de ceux qui font passer ce genre de canular se trouve un certain
Agbéyomé Kodjo, l’agité qu’on ne présente plus. «Hahahaha ! Kpatcha
sera libéré plus tôt qu’on ne pense», ce sont là les termes contenus
dans un SMS qu’il a envoyé à un journaliste quelques jours avant que la
rumeur n’éclate. On ignore si c’est un commando spécial qui ira le sortir de
son lieu de détention ou si c’est Agbéyomé lui-même qui ira l’extraire et le
célébrer. Lors de la réunion Ewéto, il se faisait même le grand connaisseur
de l’affaire.
C’est bien
Agbéyomé qui, sans pitié pour Kpatcha avait écrit que «70 millions de
francs sont perçus par mois sous forme de taxe sur les ventes de véhicules
par un réseau d’affaires familial proche du Chef de l’Etat sous le prétexte
fallacieux de pourvoir au financement de
la SAZOF
(dont Kpatcha est D.G. ndlr) alors que cette dernière reçoit de l’Etat une
subvention annuelle de 175 millions de F CFA».
Tout le monde a entendu Agbéyomé déclarer sur RFI qu’il n’est ni pour l’un
ni l’autre des deux frères. Pourtant quelques semaines auparavant, ce
disciple attitré du «Général-dictateur» disait qu’il préfère Kpatcha
à Faure parce que ce dernier l’aurait livré au chômage. L’auteur des fameux
tracts dont on parle, rédigés au nom des FAT réclamant la libération
inconditionnelle du présumé comploteur est donc facilement identifiable. A y
voir de près, Agbéyomé et ses semblables s’amusent aux dépens du pauvre
député qui a du mal à réaliser ce qui lui arrive. Tout en lui faisant croire
qu’ils défendent sa cause, ils visent un objectif précis. Soit on cherche à
se faire arrêter pour se faire de la pub, soit on le fait exprès pour
enfoncer Kpatcha davantage par pur cynisme. Car à supposer même que sa
libération soit négociée – ce qui serait d’ailleurs inconcevable – le fait
de l’annoncer avec tambours, cymbales et castagnettes ne ferait que
dissuader un éventuel arrangement. Faut-il y voir un signe de revanche ?
L’ex premier ministre d’Eyadema avait par le passé accusé Kpatcha d’avoir
financé une campagne de presse contre lui lorsqu’il avait déguerpi talons
aux fesses pour Paris.
«Le pays
est comme ça et nous sommes dedans»
Même si le
député lui-même reconnaissait les faits qui lui sont reprochés, on
trouverait à redire. C’est vrai que dans cette affaire, des tas de choses se
racontent. Trop «d’informations fabriquées» circulent au point qu’on
a du mal à distinguer le vrai du faux. Si cette affaire n’avait pas éclaté
on ne saurait pas qu’il y a des «techno-sorciers» chez nous qui, à
partir de leur chambre à coucher, sont capables de se poser sur les lèvres
de Bongo et de Kadhafi pour écouter comment par téléphone et avec quelle
fureur, ils ont sermonné Faure comme leur garçon de chambre en lui
enjoignant de libérer immédiatement son frère cadet avant qu’il ne soit trop
tard. Terrible !
A remarquer
que la rumeur a été intensifiée après que le Procureur eût déclaré qu’«au
niveau des civils comme des militaires, des aveux circonstanciés ont été
faits par les principaux inculpés. Les discours qui devraient être prononcés
après le renversement des institutions ont été saisis et mis sous scellés.»
Qu’il y ait
pression ou pas, une chose est sûre, c’est qu’une éventuelle libération de
Kpatcha Gnassingbé en ce moment serait un immense scandale, mieux une
confirmation d’un gros mensonge d’Etat. Cela reviendrait à dire que cette
affaire de coup d’Etat était une grosse plaisanterie, que le procureur a
menti, et que tous ceux qui avaient apporté leur soutien au chef de l’Etat
ont été floués. Dans ce cas, les autorités togolaises, à commencer par Faure
Gnassingbé lui-même, devraient être poursuivies pour haute trahison. Cela
reviendrait à dire que Faure reconnaît avoir été induit en erreur. Il n’aura
donc qu’à ordonner l’emprisonnement des corps habillés et ses services
spéciaux qui ont éventré le coup, avant de se débarrasser de ses proches
collaborateurs dont Kpatcha exigeait qu’il se sépare avant qu’ils ne fassent
la paix, pour enfin céder le pouvoir à son frère cadet et regagner la prison
à sa place.
Le plus
ubuesque dans cette affaire c’est que certaines personnes qui depuis
plusieurs années dénoncent la gestion clanique du pouvoir togolais sont
aujourd’hui les premiers à souhaiter sinon à réclamer qu’une affaire comme
celle-là soit réglée «claniquement.» C’est- à dire que l’affaire soit
traitée entre les Gnassingbé comme si tout le Togo était suspendu au sort de
cette famille. Si Faure acceptait de traiter cette affaire de la sorte, il
confirmerait que le pouvoir qu’il incarne est familial et alors il devrait
déguerpir avant 2010 pour aller s’occuper de sa famille et laisser les
Togolais s’occuper de ce qui les regarde. Faure Gnassingbé n’est pas le seul
président au monde à avoir des frères. A lui de choisir entre sa famille et
le Togo.
Une affaire
d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne peut et ne doit pas être traitée dans un
vestibule quelque part à Pya. Faure est président ou il ne l’est pas. Quelle
que soit l’immensité de sa richesse, Kpatcha est un citoyen X avant d’être
le frère du président. La justice doit aller jusqu’au bout pour que les
Togolais découvrent la vérité dans cette affaire. Kpatcha doit parler. Il
faut que ses présumés complices aussi parlent pour qu’on sache si cette
affaire est fausse ou vraie.
Quand bien
même Faure se ferait humilier en ordonnant la libération de son frère cadet
sans jugement pour, on ne sait quelle raison, il ferait mieux de se suicider
puisque quelqu’un qui n’a aucune teinture d’humilité et qui, parce qu’il a
amassé une fortune colossale dont il se sert pour narguer les Togolais qu’il
considère comme des marchandises et qui se moque des conseils de chefs
d’Etat ne peut s’assagir.
Ce qu’il
faut lui souhaiter, ce n’est pas sa libération sans jugement mais un procès
en bonne et due forme afin qu’il démontre son innocence.
L’un des
arguments qu’on agite comme un épouvantail, c’est que le député de la Kozah
aurait tout le nord du pays avec lui. Une grave insulte puisque cela revient
à dire que ces «fameux nordistes» - encore faudrait-il situer où
s’arrête le sud et où commence le nord du Togo - sont si «maboulisés»
qu’ils considèrent leur sort suspendu à celui d’un troisième Gnassingbé qui
les aurait achetés comme du bétail. Tout le monde sait que la présumée
popularité de Kpatcha découle du fait qu’il distribue de l’argent sans
compter. Si c’est donc avec l’argent qu’on amène ces «nordistes» à
être réfractaires au moindre changement, alors les candidats de l’opposition
qui n’auront pas assez d’argent à jeter par la fenêtre comme le député de
la Kozah feraient mieux de ne pas s’y aventurer.
A supposer
que le député de la Kozah soit incontournable dans le fameux «nord»,
le moment est arrivé pour lui de le démontrer en oeuvrant contre son propre
parti et contre lui-même. Ce faisant, il aura alors débarrassé le Togo de
l’emprise du clan Gnassingbé et les Togolais lui en seront infiniment
reconnaissants.
Abass
Mikaila Saibou
Un quatrième
Gnassingbé embarqué à Cotonou
On l'appelle
communément "Esso". Il se prénomme réellement Essozimna comme Faure.
C’est l'une des âmes damnées du député qui se déplace rarement sans lui. Ce
gentil garçon est l’un des confidents de Kpatcha qui porte souvent un sac
contenant des billets de banque à distribuer. On le donnait pour "porté
disparu". Certains disaient même qu'il avait été tué dans la fusillade
du 12 Avril. Esso fils d'un des frères d'Eyadema qui avait réussi à
s'enfuir pour se retrouver au Bénin voisin a été localisé. Il y a quelques
jours, il a été ramené de Cotonou à bord d’un avion à Lomé. Fait troublant,
il est le seul collaborateur du député à avoir pris la fuite. Son audition
permettrait à coup sûr d'avoir des révélations fort intéressantes sur cette
affaire.
A. S.
One man show
inquiétant de Mey Gnassingbé le 27 Avril
C'était le 27 avril dernier sur le Boulevard de la nouvelle présidence.
Toutes les personnalités avaient été installées sur la tribune. A leur
arrivée, le Premier Ministre et le Président de l'Assemblée ont été déviés
puisqu'il est interdit de passer devant la tribune. Les autres enfants
Gnassingbé étaient obligés de rejoindre la tribune à pied. Mais à l'arrivée
de Meyibinesso Gnassingbé, un spectacle s’est produit. A bord de son
véhicule de commandement, et encadré par une dizaine de gardes qui
couraient, il a été autorisé à circuler là où le PM et le PA ont été «refoulés».
Le hic, c'est que lorsque Mey est monté sur la tribune, tous les ministres,
anciens ministres et barons - toute honte bue - qui étaient là avant lui,
ont cru devoir se lever pour le saluer comme un Chef d'Etat. Seul le
président de la Cour Constitutionnelle Aboudou Assouma était resté assis. Ce
traitement particulier réservé à un fils Gnassingbé fût-il chargé de mission
à la présidence de la République donne à penser. Est-ce une manière de
préparer cet autre Gnassingbé à accéder un jour au pouvoir ?
A. S.
Curieux alibi des nostalgiques du passé
Il nous revient que le principal argument tribal qui sous-tend l’action
engagée par les «dignes représentants» de feu Eyadema est que Faure
Gnassingbé oeuvrerait à remettre le pouvoir à ses oncles Ewé réduisant
ainsi à néant tout le risque qu’aurait pris Gnassingbé père pour domestiquer
le pouvoir pendant plus de quarante ans. En un mot les tenants de la gestion
clanique du pouvoir d’Etat, se réclamant de Kpatcha Gnassingbé semblent
convaincus que le pouvoir devrait être monopolisé ad vitam æternam par les
Gnassingbé et le groupe ethnique auquel ils appartiennent. Dans cette
optique, la décrispation politique et le dialogue en cours, l’élargissement
des espaces de liberté sont considérés comme étant des manœuvres visant à
déposséder le clan du pouvoir. Un tel discours n’est ni plus ni moins qu’un
alibi visant à séduire un groupe ethnique donné. Surtout qu’on rapporte que
les conspirateurs prévoyaient le transfert de la capitale à Kara. Alors
donc que des membres du clan accusent Faure de vouloir faire la part belle à
ses oncles. Il n’y a pas si longtemps, plusieurs journaux de la place
avaient relayé un article constatant que des personnalités appartenant à
l’ethnie du chef de l’Etat ont monopolisé les sociétés d’Etat qualifiées de
juteuses telles que la CNSS, la LONATO la douane les postes et
télécommunication et autres.
Dans son discours marquant le 18e anniversaire
des acquis d’avril 1991, le CAR a rappelé que les racines du mal togolais
résident dans l’inéquitable répartition des emplois, des marchés et autres
avantages de l’Etat entre les citoyens des différentes préfectures et
ethnies du Togo. Le Togo n’est la propriété privée de personne et tous les
Togolais quelle que soit l’ethnie à laquelle ils appartiennent ont le droit
de bénéficier des richesses du pays.
L. R.
Après 18 ans
de lutte : Le CAR revendique les acquis du processus démocratique
Le Comité d’Action pour le Renouveau a commémoré ce 30 Avril, les 18 ans de
sa création et des acquis démocratiques que le Togo a réalisés depuis Avril
1991. A l’époque, c’était sous le couvert du Front des Associations pour le
Renouveau. Au CAR, on justifie cette commémoration par la nécessité de
rafraîchir la mémoire aux Togolais pour éviter que les martyrs de cette
période ne tombent dans l’oubli.
Devant des militants et sympathisants jeudi à la Foire Togo 2000, le
président du parti, Me Dodji Apévon revenant sur ce passé a estimé que 18
ans, c’est l’âge de la majorité politique, et c’est le moment ou jamais pour
sa formation politique de traduire dans les faits les aspirations de la
population notamment l’alternance au pouvoir. Très vite, il a établi un pont
entre la méthode utilisée à l’époque par le FAR pour réaliser des avancées
et celle actuellement prônée par le CAR. «Notre parti est héritier des
idéaux et de la méthode du FAR qui a permis aux Togolais d’obtenir des
acquis… dont nous continuons d’être les défenseurs d’avant-garde», a
d’abord estimé Me Apévon qui poursuit : «Nous savons qu’au cours des
différentes crises que notre pays a vécues, aucune initiative de sortie de
crise n’a connu de début de réussite sans ralliement des uns et des autres
aux objectifs et aux valeurs qui sous-tendent les prises de position du CAR».
Cela dit, les responsables du CAR ont dépoussiéré le passé pour révéler à la
jeune génération, les points marquants du début de la lutte en faveur de la
démocratie. Ici, l’accent est particulièrement mis sur le soulèvement du 05
Octobre 1990 considéré comme le coup d’envoi du mouvement de démocratisation
au Togo. Ce jour, le jugement de deux jeunes Logo Dossouvi et Doglo
Agbelenko accusés comme certains d’autres d’acte de sédition devrait être
rendu au Palais de Justice de Lomé où les jeunes ont afflué pour manifester
leur ras-le-bol. Au CAR, on considère que «le soulèvement du
05
Octobre 1990 avait une large part de spontanéité quand bien même on se
rappelle du long processus d’éveil des consciences qui l’a précédé sous
l’égide de la Commission Nationale des Droits de l’Homme».
Mais plus tard, les événement qui vont suivre ne seront selon le CAR plus
marqués du sceau de spontanéité mais plutôt la conséquence logique d’un
travail de fond mené par le FAR dirigé par Me Agboyibo, actuel Président
d’honneur du CAR. «Les événements du
16 mars 1991
ont été en revanche l’aboutissement d’un travail méthodique. C’est ce
travail préalable qui explique le succès de la manifestation et des
négociations que le FAR a eues avec le pouvoir à partir du lundi 18 mars
1991»,
indique-t-on. Et de passer en revue la liste des avancées d’avril 1991 qui
vont de la promulgation de la charte rétablissant le multipartisme à
l’accord entre le pouvoir et l’opposition en vue des consultations
électorales, en passant par l’accord sur la dissolution du parlement et du
gouvernement alors en place, et leur remplacement par des organes
législatifs et exécutifs transitoires à composition comprenant le pouvoir et
l’opposition… ; la promulgation d’une loi d’amnistie pour faciliter le
retour au pays des compatriotes contraints à l’exil.
Actualité oblige, le CAR n’a pas voulu faire l’impasse sur ce qu’il convient
d’appeler l’affaire Kpatcha, du nom du demi-frère du Président de la
République Faure Gnassingbé inculpé pour tentative de coup d’Etat. «A
propos de cette affaire, le CAR tient à réitérer, conformément à la position
qu’il a exprimée dans sa déclaration du
16 Avril
2009, qu’il est impératif que toute la lumière soit faite dans le respect
des garanties prescrites en la matière».
K.
Ségniagbéto
Dialogue social : Trois ans après la signature de l’Accord tripartite :
Seulement 28,34 % des engagements
ont été honorés
Il
y a trois ans, le 11 mai 2006 a été lancé le dialogue social tripartite qui
a abouti à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement, le
patronat et les organisations des travailleurs. L’accord signé comporte sept
parties essentielles à savoir :
1) La philosophie et le cadre du dialogue qui retrace les
principes, les obligations des parties, le cadre du dialogue social et le
mécanisme de suivi, 2 engagements ont été pris,
2) Les questions économiques avec 48 engagements pris et
repartis sur 12 titres,
3) Les droits des travailleurs et conditions de travail avec
16 engagements pris repartis en 8 titres,
4) La rémunération comporte 6 titres et 9 engagements,
5) La protection sociale s’articule autour de 6 titres et 19
engagements
6) Les revendications sectorielles avec 8 titres et 33
engagements,
7) Les dispositions finales comportant l’entrée en vigueur, la
mise en œuvre, le suivi et la révision.
Soit un total de 127 engagements ont été pris dont :
.
101 par
le gouvernement
.
18 par le gouvernement et les partenaires sociaux
.
01 par les organisations des travailleurs
. 06 par
d’autres partenaires sociaux à savoir (CNSS, CRT, l’Université et la
Fédération des Parents d’Elèves)
.
01 par le Conseil National du Patronat.
A
quelques jours du 3e anniversaire
de la signature de cet accord, seulement 36 engagements sur les 127 ont été
tenus. Soit un taux de réussite de 28,34 %.
A l’analyse,
le gouvernement qui vient en tête en terme du nombre d’engagement pris (101)
n’a honoré que 25 soit un taux de réalisation de 25,25 %. Le gouvernement et
les partenaires sociaux réussissent 33,66 % de taux de réalisation. Viennent
ensuite les autres partenaires sociaux avec 50,50 % et 100 % pour les
syndicats.
Beaucoup d’efforts reste à faire surtout du côté du gouvernement pour
traduire dans les faits, les engagements contractés. Car il ne suffit pas
seulement de signer des accords mais aussi veiller à leur réalisation. Voici
le tableau bilan des engagements pris et ceux qui ont été mis en œuvre
durant 3 ans.
Célébration du
1er Mai au Togo : Les
travailleurs posent 19 revendications
La fête du
travail a été célébrée au Togo cette année dans une atmosphère de morosité.
Après le défilé parti de la Bourse du Travail pour déboucher sur le Palais
des Congrès où on a noté une unité d’action des centrales syndicales
regroupées au sein de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT),
chaque société a organisé la fête a sa manière dans ses locaux de façon non
dispendieuse comme on le constatait auparavant.
Les raisons qui peuvent expliquer cette sobriété dans l’organisation de la
fête est sans aucun doute la vie chère doublée de crise financière qui
entraînent la dégradation du pouvoir d’achat du travailleur togolais.
Sacrifiant à la tradition établie des cahiers de doléances, l’ISTT a appelé
le gouvernement à prendre d’urgence les dispositions qui s’imposent pour
mettre en œuvre des politiques volontaristes audacieuses, pour sauver la
situation des travailleurs et des populations des effets dévastateurs d’une
crise qui ne peut qu’accentuer leur dramatique dénuement.
Les revendications de l’Intersyndicale regroupées en 19 points, qui pour la
plupart sont une reconduction de celle de l’année dernière faute de
satisfaction, s’articulent comme suit :
1. La révision immédiate de la grille indiciaire.
2. Le relèvement du SMIG et du SMAG, à partir de l’étude effective du
«panier de la ménagère».
3. Le paiement de leurs allocations familiales aux «Agents permanents»
4. Le paiement des arriérés de salaires des travailleurs de l’ICAT, de
l’ITRA et des enseignants auxiliaires concernés.
5.
L’arrêt immédiat des licenciements, qui engendrent dans les familles, des
drames sans nom et condamnent des dizaines de milliers de citoyens togolais
à la pire des précarités et à la déchéance ; le redéploiement des
travailleurs déjà victimes de licenciements.
6.
La résolution diligente des problèmes liés à la fermeture des sociétés
d’Etat en cessation d’activités et le paiement de leurs droits aux
travailleurs, conformément à l’engagement n° 118 du Protocole d’Accord
du Dialogue social : OPAT, Hôtel de la Paix, Hôtel 2 Février, Togopharma,
Togotex, SNI etc.
7.
Le paiement des arriérés d’allocations de départ à la retraite aux ayants
droit et la reprise générale du paiement des dites allocations, conformément
aux dispositions des Etats généraux de l’Administration publique (EGAP).
8.
L’application effective aux travailleurs du secteur parapublic et aux
travailleurs de l’Enseignement privé confessionnel catholique, des
augmentations de salaire de 5 et 3% appliquées aux salaires dans le secteur
public, respectivement en janvier 2007 et janvier 2008, et ce, en attendant
les négociations collectives dans ces secteurs.
9.
L’accélération du processus de décision relative à la prise en charge
systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux
publics.
10.
L’accélération du processus de règlement des problèmes de la Caisse
de retraites complémentaires des cadres
(CRCC).
11.
Le relèvement des pensions de retraite de la Caisse
nationale de sécurité sociale
(CNSS).
12.
Le renforcement du contrôle effectif des prix et la baisse significative du
prix des produits de 1ère nécessité
comme mesures participant d’une politique de lutte contre la vie chère.
13.
Le démarrage effectif des travaux de la commission mixte de réflexion sur la
vie chère, présidée par son Excellence M. le premier ministre, dont un
document émanant de la Primature et daté du 22 mai 2008, affirme qu’elle a
été mise « en place le
05 mai 2008 ».
14.
Le rétablissement en la forme du système de couverture santé des agents de
l’Etat et l’annulation de la Note
d’information
du directeur du CHU-Tokoin, en date du 23 octobre 2008, exigeant le paiement
immédiat de 50% du montant des frais hospitaliers.
15.
La révision à la baisse du taux de dédouanement des véhicules privés.
16.
L’élargissement aux locaux des centrales syndicales de travailleurs des
lieux de tenue de l’évaluation formative des apprentis, en vue de la
délivrance d’un quitus.
17.
La résolution définitive du problème récurrent des délestages dans la
fourniture de l’énergie électrique, alors que les factures de nombreux
ménages sont en constante augmentation.
18.
L’extension du réseau d’adduction d’eau, en vue de faire face à la poussée
démographique et à l’insuffisance de la fourniture d’eau dans les quartiers
de Lomé et de ses environs.
19.
La prise de mesures appropriées pour faire cesser la concurrence déloyale,
pratiquée couramment par des commerçants libanais, indopakistanais et
autres, pratique qui expose les commerçants nationaux à la ruine et
participe à la dépression de l’économie du pays.»
Même si l’Intersyndicale reconnaît les efforts que déploie le gouvernement
pour tenter d’améliorer le quotidien des Togolais, elle juge cependant les
résultats mitigés et trop étirés dans le temps.
Il
reste beaucoup à faire, notent les travailleurs surtout dans le cadre du
respect des engagements issus du dialogue social tenu il y a de cela trois
ans. Car sur 127 engagements pris par le gouvernement et les partenaires
sociaux, seulement 36 ont été respectés, soit un taux de réalisation de
28,34 %.
Albert
Agbeko
Ça
vous regarde
A qui le tour ?
Décidément, il ne fait plus bon vivre au pays des animaux. Aujourd’hui,
leurs malheurs ne viennent plus seulement du fait de l’homme qui aime plus
les voir sur sa table, bien traités et assaisonnés, que dans leur milieu
naturel. Des épidémies surgissent, on ne sait d’où et les déciment.
Il
y a quelque temps, on a parlé de la grippe aviaire qui a été à l’origine de
l’abattage et de l’incinération d’un grand nombre de volailles.
On
a ensuite parlé de la peste bovine apparue dans la région septentrionale de
notre pays et qui aurait été très rapidement circonscrite.
Quelques mois plus tard, ce fut au tour des porcins de connaître
l’hécatombe. Une épidémie de peste porcine a été signalée. Comme ce fut le
cas pour les autres maladies animales, outre les bêtes tuées par le mal, on
a eu recours à l’abattage systématique des cochons notamment à Danyi et
ailleurs.
Avant ces récentes épidémies, on se souvient qu’il y avait eu l’époque où
consommer de la viande importée d’Europe était devenu dangereux à cause de
la maladie de la vache folle.
Aujourd’hui, c’est la grippe porcine qui fait rage.
Serait-on à la fin du monde au pays des animaux ? Si on n’y est pas, on ne
doit pas en être top loin. En tout cas, au train où vont les choses, on peut
se demander à qui le tour ? Ce n’est pas nous qui serons surpris si demain,
on nous parle d’une épidémie au pays des poissons, des crabes ou des
crevettes.
Arguments
végétaristes !
Au
regard de ce qui se passe aujourd’hui avec l’apparition de toutes sortes
d’épidémies dans le règne animal, il devient de plus en plus certain que
consommer de la viande n’est pas sans conséquence fâcheuse pour l’homme. En
tout cas, l’on ne peut plus, comme par le passé, consommer de la viande sans
au préalable prendre des précautions. La peur de contracter une maladie
après un plaisir de table pourrait même décourager les amateurs de viande.
A
quelque chose, malheur est bon, dit-on. Ce qui se passe aujourd’hui, ne fait
qu’apporter de l’eau au moulin des végétariens qui ont choisi depuis
toujours et par principe, de ne pas consommer des produits carnés et leurs
dérivés.
Dans la
galère !
Vendredi dernier, a été célébrée au Togo comme dans plusieurs pays du monde
la «Fête du Travail». Si cette célébration a connu beaucoup de faste
ailleurs, au Togo, elle a été à l’image de la situation que vit le monde du
travail. Ce n’est pas la présence de Faure aux manifestations qui le
démentira. On a entendu beaucoup de discours. Un cahier de doléances a été
remis aux autorités. Et puis, comme pour oublier le temps de quelques
minutes leur galère, les syndicats ont organisé des réjouissances.
C’est le train-train de tous les ans. Chaque fois, au 1er Mai,
on assiste au défilé des travailleurs, on écoute des discours, on organise
des réjouissances après avoir remis un cahier de doléances. La question se
pose de savoir le sort qui est réservé à ce fameux cahier. La question se
pose avec d’autant plus d’acuité que, chaque année, il y a des mêmes
doléances qui reviennent, preuve qu’aucune solution ne leur a été trouvée
les années précédentes. On se retrouve ainsi dans le cercle vicieux de la
galère. Jusqu’à quand ?
Dialogue
social, où es-tu ?
Il
y a quelques années, un dialogue social a été initié au Togo. Ce dialogue a
abouti à la signature d’un accord tripartite (Gouvernement, employeurs,
syndicats). A l’époque, un impressionnant tapage médiatique avait entouré la
chose. On laissait entendre à qui le voulait, que le Togo était le premier
pays à organiser une telle assise, etc. On déclarait aussi volontiers
qu’avec cet accord tripartite, le monde du travail allait connaître une
amélioration et que dans ce domaine, plus rien ne sera comme avant au Togo.
Comme pour joindre l’acte à la parole, un Conseil National du Dialogue
Social a été mis en place.
Mais à quoi a-t-on assisté finalement ? Aujourd’hui, tout ce qui a été
promis semble tomber dans l’oubli. Le Conseil National du Dialogue Social
est mis en veilleuse et très peu de promesses ont été réalisées. Il a fallu
que vienne le 1er Mai
pour qu’on se souvienne du dialogue social. La galère des travailleurs a
encore de beaux jours devant.
L’inversion des rôles
Il
n’y a pas longtemps, la fête du 27 Avril était banalisée au Togo. Le pouvoir
en place à l’époque, s’était engagé dans une logique de réécriture de
l’histoire de notre pays, ce qui le poussait à privilégier le 13 janvier au
détriment du 27 Avril.
En
ces temps-là, les partis politiques de l’opposition, l’UFC en tête,
s’organisaient pour célébrer avec faste, le 27 Avril. Mais depuis quelque
temps, la donne a changé. Les hommes aux affaires ont entrepris de
réhabiliter le 27 Avril. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette fête,
plusieurs manifestations sont organisées. Des manifestations éclatantes qui
doivent faire retourner Eyadema sept fois dans sa tombe.
Seulement voilà. Malgré le changement observé, l’UFC ne semble pas vouloir
s’associer à la célébration selon le programme du gouvernement. C’est ainsi
que, alors que les pouvoirs publics avec les grands moyens de l’Etat
célèbrent avec faste et éclat le 27 Avril, le parti des héritiers des «pères
de l’Ablodé» commémore l’événement à sa manière et avec ses moyens
limités.
Aujourd’hui, lorsqu’on compare la célébration du 27 Avril par les pouvoirs
publics avec celle de l’UFC, on se demande s’il n’y a pas inversion des
rôles. Qui banalise le 27 Avril à la fin ?
Comme en
2005
De
toute l’histoire du Togo après la Conférence Nationale Souveraine, le 27
Avril 2005 aura été le plus mouvementé à Lomé. Cette année-là, pour dire
vrai, il n’y avait pas eu de célébration de la fête de l’indépendance. Les
résultats contestés de l’élection présidentielle du 24 Avril, avaient été
proclamés la veille dans la matinée et le Togo était sur des charbons
ardents. Le 27 Avril 2005, au lieu de coups de salves tirés pour saluer un
important événement, c’était des coups de feu et des tirs de mitraillettes
qui crépitaient un peu partout. On peut dire sans craindre d’être démenti
que ce 27 Avril a été des plus chauds au Togo.
Au
lendemain de ces événements malheureux, nombreux étaient ceux qui avaient
souhaité qu’il ne soit plus jamais donné aux Togolais de connaître des
situations pareilles. Que plus jamais, la moindre détonation ne survienne un
27 Avril si ce n’est des coups de salves pour marquer la joie des
populations.
Malheureusement, ce n’est pas le cas puisque le 27 Avril dernier, on a
assisté à des scènes lamentables. Certes, il n’y a pas eu de coups de feu,
ni de morts ni de blessés. Mais on a une fois encore vécu des scènes
d’affrontement entre des Togolais qui voulaient fêter à leur manière et les
forces de l’ordre qui les en empêchaient. Des grenades lacrymogènes ont été
lancées et leurs explosions ont rappelé au souvenir de plus d’un, les
tristes époques de 2005.
La peur
au ventre
Les enquêtes se poursuivent dans l’affaire Kpatcha. Selon des informations
reçues de sources crédibles, les hommes en charge du dossier ne dorment pas.
Il semble qu’on procède à des arrestations à tours de bras. Certaines
personnes, après avoir été entendues sont remises en liberté.
Mais, d’une façon générale, dans l’entourage du député présumé cerveau du
complot, l’heure est à la peur. On ne sait pas qui sera la prochaine
personne à être arrêtée. Des gens qui, hier, se bombaient le torse et se
réclamaient amis de Kpatcha rasent désormais les murs et se taisent. Pour
tout dire, ils ne veulent plus s’afficher.
C’est peut-être propre à la nature humaine. Même Jésus, selon les Saintes
Ecritures a été renié par Pierre trois fois le soir même où le Maître avait
été arrêté.
Jusqu’où ira donc cette affaire ?
Liberté
ou pas liberté ?
A
l’occasion de la célébration du 27 Avril, RFI a déposé son baluchon à Lomé
pour quelques jours. Des émissions de grande écoute ont été enregistrées à
Lomé et diffusées sur la «Radio Mondiale». Au menu, «Appel sur
l’actualité» de Juan Gomez, «Médias d’Afrique» d’Alain Foka et «Couleurs
Tropicales» de Claudie Siar.
Mais ce qui aura le plus polarisé le débat était la question de la liberté
de la presse au Togo. Si pour certains journalistes, cette liberté n’existe
que dans les textes, pour les autorités publiques, notamment le Ministre de
la Communication et le Président de la HAAC, cette liberté existe bel et
bien.
Mais entre nous soit dit. A-t-on vraiment besoin d’un débat pour savoir la
vérité sur cette question ? Ce qui a été le plus étonnant, c’est que la
passion avait tellement dominé les débats qu’à un moment, on avait cru qu’un
Ministre allait en venir aux mains avec un interlocuteur qui n’était pas du
même avis que lui.
Les journalistes de RFI qui ont déjà fait l’expérience de ces émissions
ailleurs, sont certainement repartis avec beaucoup de souvenirs du Togo. Ce
qui est sûr, c’est qu’ils ne feront aucun effort pour trouver eux-mêmes les
réponses à leurs questions.
Liberté, oui ! Mais quelle liberté ?
Diversion !
Au
lendemain de l’attaque contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé et
l’arrestation de l’homme au moment où il cherchait en vain à se réfugier
dans l’enceinte de l’Ambassade d’Amérique au Togo, certains avaient émis la
crainte que l’affaire de tentative de complot contre la sûreté de l’Etat ne
vienne occulter le débat politique dans notre pays.
Doit-on dire aujourd’hui que les faits leur donnent raison ? Toujours est-il
qu’on constate que depuis, le dialogue au sein de la classe politique a
connu un coup d’arrêt. Toute l’attention est focalisée par cette affaire. Le
CPDC semble avoir vécu. Bien sûr, du côté du pouvoir, on dit qu’il n’en est
rien. Mais le fait est que cette structure ne se réunit plus, alors que des
problèmes restent à régler.
La
vérité, c’est qu’il y a des échéances en vue qu’on ne saurait évoquer
l’affaire Kpatcha pour différer. Au même moment, les réformes
institutionnelles et constitutionnelles attendues pour garantir des
élections crédibles avec des résultats acceptables par tous ne sont pas
opérées.
Au
sein de l’opinion, on s’inquiète et on parle de diversion. |
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Le Regard 643 du mard 28 avril 2009 |
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A quand la
contre-offensive des éléments de Kpatcha sur Lomé ? |
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Au
début on disait que si quelqu’un ose toucher à un seul cheveu du «Gros»
ça va chauffer. Mais quand on l’a pris comme un poulet, personne n’a levé
son petit doigt .Du temps où Kpatcha était Kpatcha, les éléments de l’armée
qui, après avoir mangé du tchitchinga arrosé de 5 grosses bouteilles d’Awooyo,
juraient par les «Tchotcho» (Prêtres traditionnels en pays kabyè)
qu’on marcherait sur leur cadavre avant d’atteindre Kpatcha, se grattent la
tête en rasant les murs. Au lendemain de la fusillade qui a eu lieu chez
lui, ses fanatiques avaient fait courir le bruit selon lequel la majorité
des militaires qu’il contrôlerait s’apprêteraient à relever le défi. Après,
ce n’était plus la majorité mais les para commando du camp Général Améyi qui
allaient faire descendre l’enfer sur Lomé. On attend toujours ces vaillants
commandos prêts à réduire Lomé en cendre pour faire libérer le «Gros».
Et le temps passe.
Pour se
consoler d’autres ont annoncé que tout le nord qu’il aurait dans sa poche
allait être en ébullition. Deux jours plus tard, ce n’était plus le nord
mais plutôt la Kozah qui allait faire une spectaculaire démonstration de
force. Trois jours après ce n’est plus la Kozah mais la ville de Kara. Et on
attend toujours et le temps passe.
La
dernière nouvelle c’est l’imminence de l’éclatement du groupe
parlementaire RPT où députés pro Kpatcha se rallieraient au groupe UFC pour
opérer les réformes constitutionnelles favorables au parti de Gilchrist
Olympio dans l’espoir que celui-ci enverrait l’ascenseur à Kpatcha quand il
gagnera les élections. On attend et le temps passe.
Le pays est
comme ça et nous sommes dedans comme dira l’autre. Ce qui vient de se passer
montre comment certains togolais aiment se mentir à eux- mêmes et à s’en
contenter.
Quand
Kpatcha leur distribuait de l’argent, ils le prenaient pour un dieu.
Aujourd’hui qu’il est entre quatre murs, rares sont ceux qui se plaignent de
son sort. Le cas Kpatcha rappelle celui du Colonel Djoua Yoma Narcisse alias
DJYN. Ce redoutable officier chef de la FIR était devenu très populaire,
admiré dans les milieux proches du pouvoir et avait des éléments totalement
acquis à sa cause et qui étaient donc prêts à mourir pour lui. Il avait fait
voir de toutes les couleurs au premier ministre Koffigoh et contraint les
opposants à se terrer comme des rats d’égout pendant la transition. Il était
le seul à pouvoir entrer dans la chambre à coucher du Général Eyadèma avec
l’arme et donc pouvait faire de lui ce qu’il voulait. Mais quand il a été
attrapé comme un oiseau aucun togolais y compris ceux qui avaient bénéficié
de ses actions ne s’est soucié de son sort. Il a été même oublié et est mort
dans l’anonymat après sa libération.
Lorsque le
Commandant BOKO avait eu le courage de poser son acte et quitté le pays, on
avait dit que ses éléments qui lui sont fidèles allaient riposter mais
personne n’a réagi. Agbéyomé Péré et Natchaba ayant été mis à l’écart on
avait aussi prédit que le RPT allait éclater à cause de la défection des
trois membres de l’ex parti - Etat qui auraient derrière eux des milliers
de militants. Au contraire le RPT s’en est sorti avec 50 députés. Mais avec
l’arrestation de Kpatcha, on attend de voir s’il en sera autrement.
A.S.
Comment
distinguer le vrai coup d’Etat du faux
A l’évidence
on considérerait comme un fou celui là qui après avoir raté sa cible
commencerait à revendiquer la paternité du coup manqué. Quand on réussit on
est héros. Quand on échoue on est traître ou assaillant. Il serait curieux
que l’instigateur du coup reconnaisse les faits qui lui sont reprochés.
Quand bien même il le reconnaîtrait, on trouverait toujours à redire.
Et souvent,
pour les partisans du meneur c’est toujours un montage et pour celui qui a
la situation en main c’est du vrai. Mais il n’y a pas de remède miracle
pour savoir si une tentative de complot qui a échoué est vraie ou fausse.
Mais tout chef d’Etat qui négligerait les rapports de ses services spéciaux
sur l’imminence d’une déstabilisation de son régime court à sa perte. Pour
savoir s’il y a coup d’Etat ou pas il faut d’abord que le coup réussisse. Et
s’il réussit il y a deux conséquences. Soit l’ancien président est zigouillé
avant de savoir que ce n’était pas une bonne blague, soit il s’en rendra
compte quand ce serait trop tard pour lui. Les textes légaux, la
constitution ne lui seront d’aucun secours puisque le nouvel homme fort qui
arrive va dissoudre toutes les institutions et mettre en place de
nouvelles. Sylvanus Olympio avant janvier 1963 eu à déjouer des coups
d’Etat. (Voir dossier) A l’époque les conspirateurs avaient clamé leur
innocence et crié au montage visant à se débarrasser des adversaires gênants
.Jusqu’au 12 janvier le père de l’indépendance avait les moyens de savoir
qu’il allait lui arriver et son ministre de l’intérieur le lui avait dit
comme par le passé. Pour n’avoir pas cru i il en est mort avant de savoir
que le coup était vrai. Nul doute que s’il avait déjoué le coup Eyadèma
Bodjolé Chango et compagnie auraient été mis en prison ou exécutés. Mais
leurs sympathisants n’hésiteraient pas à crier au montage, à accuser
Sylvanus puisque – c’est la raison avancée contre lui – qu’il n’aime pas «les
gens du nord». Il est donc compréhensible que les partisans de Kpatcha
Gnassingbé crient au montage dès lors qu’ils mesurent l’intérêt qu’ils
auront à le voir à la place de Faure. A l’inverse les collaborateurs de
Faure n’ont aucune raison de nier qu’il y a coup parce qu’ils s’imaginent au
mieux en prison ou en exil et au pire morts puisqu’on parle d’une liste
noire sur laquelle beaucoup se trouveraient. La seule façon pour Faure de
montrer qu’il y a tentative de coup d’Etat ou pas c’était de se comporter
comme Sylvanus Olympio dans la nuit du 12 au 13 janvier.
A.S.
Que faut-il
pour réussir un coup d’Etat ?
Les
événements du 12 au 13 avril 2009 ont révélé beaucoup de choses. Tout le
monde est devenu subitement polémologue spécialiste de coup d’Etat au
point même de ravir la vedette aux officiers nantis de diplômes d’Ecoles de
guerre. Ces spécialistes sont formels. Les armes montrées sont vielles et
insuffisantes pour faire un coup d’Etat.
Mais pour
les profanes ce n’est pas par hasard que les coups s’opèrent au petit matin.
A ce moment on ne sait pas qui fait quoi ni qui est qui. Il suffit d’avoir
des complices au niveau de l’aéroport et la radio. La nuit tous les chats
étant gris, tôt le matin les habitants se réveillent en écoutant le message
annonçant que le nouvel homme fort a la situation en main, que les
institutions sont dissoutes et que le couvre-feu est décrété.
Pour les
profanes donc, on n’a pas besoin d’associer les chefs de garnison au risque
de tout gâter. A la rigueur peut-on compter sur leur complicité passive.
L’essentiel c’est de maîtriser, de neutraliser ou en tout cas de mettre
hors d’état de nuire, les chefs de corps susceptibles d’organiser la
contre-offensive. Les militaires se penchent toujours du côté où se trouve
l’imperium. Quand ça change ils changent. Les demi-soldes qui sont allés à
l’assaut du domicile du président Sylvanus Olympio dans la nuit du 12 au 13
janvier 1963 n’avaient que des fusils de chasse.
Dans la nuit
du 25 Mars 1993, il a fallu tout simplement une roquette, une vielle Toyota
bâchée peinturée pour la circonstance, immatriculée FAT et surtout le mot
de passe du jour qui a permis à «Tabriz» d’entrer au camp RIT et de
tirer sur la chambre à coucher du Général Eyadèma. A l’époque puisque le
coup n’avait pas réussi, on avait dit et écrit que c’était un montage
organisé par la cible elle-même pour se débarrasser de ses collaborateurs
Ameyi Akpo Tépé devenus gênants pour son pouvoir. Avec le temps lorsque les
artisans de ce coup expliquent comment ils avaient procédé, on comprend
qu’un coup d’Etat, c’est moins la quantité des armes que la stratégie mise
en oeuvre.
Célébration
parallèle du 27 Avril : Les militants de l’UFC dispersés à coup de grenades
lacrymogènes
Tout est parti d'une marche que l'Union des Forces de Changement a voulu
organiser à partir de l'Eglise Méthodiste où le parti venait de prendre part
à la messe entrant dans le cadre de la célébration du 27 Avril 2009.
C'est vers neuf heures quand la messe tirait à sa fin que des corps habillés
ont commencé à encercler les lieux. A la sortie de la messe, les militants,
tout de jaune (couleur de l'UFC) vêtus, qui s'organisaient pour prendre le
boulevard du 13 janvier en direction de Déckon pour finalement arriver à la
Plage, ont essuyé des jets de gaz lacrymogènes. Ce fut la débandade dans
l'enceinte de l'Eglise. Certains ont même déploré avoir été pourchassé
jusqu'à l'intérieur de la chapelle. Heureusement, cette situation n'a pas
perduré et on n'a pas non plus enregistré de victime. «Ils ne nous ont
même pas laissé sortir de l'Eglise avant de commencer à lancer les grenades
lacrymogènes. On a juste inhalé des gaz ; ça a fait mal aux yeux mais
il n'y a pas eu de blessés à proprement parler», confirmera plus tard
Jean-Pierre Fabre, le Secrétaire Général du parti.
Ce
qui est sûr est que le pouvoir a réussi son pari, celui d'avoir empêché la
marche que l'UFC voulait organiser. Le Président National de l'UFC Gilchrist
Olympio a été habilement soustrait des manifestations violentes. Les
militants se sont retrouvés tant bien que mal à la plage où deux
déclarations ont été respectivement lues par Jean-Pierre Fabre et Gilchrist
Olympio. Pendant ce temps d'autres togolais réunis autour de Faure
Gnassingbé ainsi que le corps diplomatique accrédité au Togo suivaient le
défilé civil et militaire sur le boulevard de la nouvelle présidence. Les
Togolais ont encore vécu hier une célébration à deux vitesses de l'accession
de leur pays à l'indépendance. «Au regard de cette situation, jusqu'à
quand ce dualisme va-t-il perdurer», se demandait hier un observateur de
la vie politique togolaise. Les autorités étaient visiblement prêtes à en
découdre avec cette habitude qu'a prise l'UFC depuis un certain temps de les
défier. Il avait été pourtant signifié à l’UFC qu’elle peut faire la fête à
la plage mais sans manifester dans la rue.
A
en croire les tenants du pouvoir en place, Eyadéma avait effacé la fête du
27 avril sous prétexte que c'est à cette date que le CUT fut créé. Pour les
tenants du pouvoir, en se comportant ainsi l'UFC apporte de l'eau au moulin
de ceux qui pensent que le 27 avril ne concerne pas tous les Togolais, qu’il
est un héritage de la famille Olympio. Cette récupération partisane du
patrimoine commun est déplorée par les autorités togolaises. Quoiqu'il en
soit cette double célébration montre que beaucoup reste à faire pour
parvenir à la réconciliation entre tous les Togolais.
K.
Ségniagbéto
Réaction de
Jean-Pierre Fabre
Suite à
l’interdiction de la marche qui devrait conduire les militants de l’UFC du
Temple Méthodiste Salem à la Plage où le parti devait organiser un
rassemblement et aux grenades lacrymogènes lancées par les forces de
sécurité, Le Regard a tendu son micro à M. Jean-Pierre Fabre, Secrétaire
Général du parti et Président du Groupe parlementaire UFC à l’Assemblée
Nationale qui s’est prêté à nos questions.
Que
s’est-il véritablement passé ce matin à la sortie de l’Eglise amenant les
forces de l’ordre lancer des gaz contre les militants et sympathisants de l’UFC ?
C’est une
volonté délibérée de ne pas appliquer les textes de la République. Car
aucune disposition légale n’autorise le Ministre de la Sécurité à empêcher
une marche du lieu du culte au lieu du meeting.
Est-ce à dire que l’UFC n’a pas suivi les procédures légales
d’organisation de la marche ?
L’UFC a
adressé deux demandes au Ministre de la Sécurité et au Ministre d’Etat
chargé de l’Administration territoriale, une lettre l’informant et lui
communiquant le programme conformément à la loi. Donc, on ne peut pas dire
que nous avons failli mais ils ont pris des dispositions contraires à la
loi ; c’est tout. C’est parce que, je crois qu’ils sont fébriles, compte
tenu de la situation ils ne savent plus à quel saint se vouer et où se
donner la tête.
Ne peut-on pas dire que c’est l’UFC qui n’a pas respecté la loi surtout
qu’on vous aurait interdit de marcher et que vous avez voulu faire le
forcing ?
Non ! Ils
n’ont pas de droit. Aucun texte ne les autorise à prendre une mesure
d’interdiction. Nous les avons informés et la manifestation est placée sous
le régime de l’information. Donc on les a informés pour qu’ils prennent les
dispositions pour assurer la sécurité de la manifestation. C’est ce que nous
avons fait.
Y a-t-il eu des blessés ?
Non ! Mais c’est qu’ils ne nous ont même pas laissé sortir de l’Eglise avant
de commencer à lancer les grenades lacrymogènes. Mais on a juste inhalé des
gaz lacrymogènes, ça a fait mal aux yeux mais il n’y a pas eu de blessés à
proprement parler.
Propos
recueillis par K. Ségniagbéto
Le CAR se
démarque de l'UFC
Le RPT a été fondé par Eyadema. Kpatcha qui est le fils d'Eyadema est arrêté
.Le RPT est sans pitié pour lui comme il l'a été pour Péré et Agbéyomé.
C'est plutôt l'UFC parti du fils d'un autre ancien président et farouche
adversaire du RPT qui proteste contre la manière dont le député RPT est
traité. Logique d'utilisation d'un élément du système contre le système ? Le
CAR quant à lui se refuse à entrer dans ce débat fort embarrassant sans
doute parce que son président d'honneur que Kpatcha déteste a eu à assister
à un épisode de ce long feuilleton. En 2007 peu avant les élections, le
premier ministre Agboyibo avait été précipitamment convoqué par le président
gabonais qui avait été informé que Kpatcha Gnassingbé allait profiter d'une
manifestation qu'organisait l'UFC contre la vie chère, manif par laquelle
Agbéyomé agissant pour le compte de Kpatcha avait fait imprimer des tracts
pour créer une situation de nature à déstabiliser le régime. De plus,
Kpatcha est l'un des durs du régime qui s'opposaient aux réformes que Me
Agboyibo suggérait à Faure. Tout ceci peut expliquer la prudence observée
par le CAR depuis le début de cette affaire.
Koffi
Yamgnane, protégé du Général Gnofame ?
Le candidat
à la prochaine présidentielle Kofi Yamgnane était au Togo depuis samedi 18
avril 2009 flanqué de deux gendarmes qui le sécurisent. Le Général Gnofame
qui l'avait hébergé à son domicile à Bassar apparaît comme son protecteur.
Le Franco-togolais, futur candidat à la présidentielle qui avait déclaré
sur RFI qu'il ne croit pas à la thèse du coup d'Etat a été plusieurs fois
aperçu au domicile du Général au Quartier Djidjolé, lequel Général fut
l'un des premiers à avoir rendu visite à Kpatcha à son domicile à la suite
de la fusillade. Récemment, un journal français "La Lettre du Continent"
rapportait que Yamgnane est soutenu par des officiers Bassar. Son autre
frère président de l'assemblée nationale Abass Bonfoh le considère comme un
plaisantin.
Le paradoxe Faure
Depuis l'arrestation de Kpatcha, certains Togolais qui justifient la «clanisation»
du pouvoir d'Etat estiment que Faure n'est pas kabyè pur sang parce
qu'un vrai Kabyè ne fait pas arrêter son frère. On va même jusqu'à dire que
c'est le mélange «Ahouna» (terme désignant indistinctement Ewé et
Guin) qui a agi en lui et que c'est «sa maman qui le monte».
Curieusement, c'est l'UFC, le parti des «ahouna» qui se décarcasse
pour Kpatcha Kabyè de père et de mère, «digne représentant de son père»
contre Faure dont la maman est «ahouna». Parmi ceux qui clament
l'innocence de Kpatcha et qui organisent une campagne de presse auprès de la
diaspora à son profit, se trouvent en majorité des «Ahouna» qui, il y
a à peine quelques semaines, criaient que les Kabyè étaient majoritaires
autour de Faure. C'est à ne rien comprendre !
Rock
était là
Beaucoup s’attendaient à voir Rock Gnassingbé bouder le défilé en signe de
solidarité à l’égard du Gros. Et pour cause, Rock Gnassingbé serait aux
dires de Kpatcha, celui qui lui aurait sauvé la vie dans la nuit du 12 au 13
avril 2009. Du coup, on avait considéré qu’il est son allié. C’est sans
doute pourquoi sa présence au défilé a surpris plus d’un. Depuis le début de
la crise, il ne s’est pas manifesté.
Le
Colonel Kadanga a dribblé la presse
Plusieurs Togolais avaient fait le déplacement de la place des fêtes sans
doute pour voir l’homme dont on parle. Les chasseurs d’images attendaient le
Colonel Kadanga de caméra ferme. Tout le monde attendait de voir à quoi
ressemble celui là qui a eu la témérité d’aller démystifier le «digne
représentant du père de
la Nation»
à son domicile. Mais au passage de la FIR, quelle n’a été la désagréable
surprise de constater que le Colonel Kadanga n’était pas au rendez-vous.
Au moins
quatre personnes interpellées remises en liberté
Dans le
cadre des enquêtes en cours, plusieurs personnes soupçonnées avaient été
interpellées. Aux dernières nouvelles, trois proches de l’Adjudant Seydou
interpellés à Tchamba et l’ancienne secrétaire de la présidence ont regagné
leur domicile après avoir été entendus. Il est difficile à l’heure qu’il
est, de dénombrer les suspects retenus pour besoin de l’enquête car il est
possible que pendant que certains sont mis en liberté d’autres encore soient
interpellés.
Sommes-nous
xénophobes ? Les Togolais vus par les communautés étrangères résidant à Lomé
«Togo,
terre d’accueil» proclamaient il y a quelques années, des affiches
publicitaires de l’Office National du Tourisme. En effet, le pays est une
oasis de paix pour les communautés étrangères. Contrairement à d’autres pays
de la sous-région, au Togo, plusieurs nationalités cohabitent en parfaite
harmonie avec les autochtones. Mais que pensent ces communautés étrangères
de l’accueil de leurs hôtes.
Pour Mariam, une nigérienne qui vit au Togo depuis sept ans, les Togolais «sont
accueillants, sympathiques mais un peu xénophobes. Dans certaines
situations, ils préfèrent être entre eux et s’aiment entre eux».
«Quand
je suis rentré pour la première en vacances à Libreville, j’ai dit à mes
parents que les Togolais sont un peuple hospitalier», affirme Walter, un
étudiant gabonais. Pour son compatriote Georges, les Togolais aiment trop
parler mal des gens et des affaires qui ne les concernent pas. «C’est ce
que je déteste chez eux mais malgré tout, ils sont accueillants».
Mlle Rodriguez, une espagnole trouve les Togolais amusants mais parfois,
dit-elle, «ils vous empêchent de travailler car ils passent leur temps à
discuter avec vous».
Parlant de son intégration au sein de la population togolaise, Mariam
affirme que l’accent a été un handicap. «Quand les Togolais parlent entre
eux, ils acceptent leur accent mais quand c’est un étranger, il disent, tu
parles comme ci, tu prononces comme ça. Ce n’est pas du tout plaisant. Mais
au même moment qu’on vous reproche votre accent, d’autres togolais essayent
d’imiter votre prononciation».
Pour Jean, un coopérant français, son intégration a réussi. Pour preuve,
dit-il, «je ne vis pas à
la Résidence
du Bénin ni à la Cité OUA mais à Agoè, une banlieue de Lomé. Je parle Mina
et dans le quartier, tout le monde me connaît. Je n’ai jamais subi de la
discrimination du fait de ma nationalité»,
poursuit-il, au contraire parce que je suis «Yovo», je suis servi bien
avant les Togolais». Même si Jean apprécie la chaleur de l’accueil des
Togolais, il leur reproche de trop respecter la hiérarchie.
Walter confie qu’au début, il est difficile de communiquer avec le Togolais
car, avoue-t-il, ce dernier «ne peut tenir une conversation de plus de 30
minutes sans recourir au vernaculaire». Concernant la cuisine togolaise,
il déclare qu’au départ, il a conservé les habitudes alimentaires du Gabon
mais finalement il a constaté que s’il voulait continuer sur cette lancée,
il ne pouvait pas tenir et maintenant aucun plat togolais n’a plus de secret
pour lui. «J’adore surtout le fufu, la pâte avec la sauce d’adémè que
moi-même je prépare ou les amis me préparent», dit-il.
La
culture togolaise notamment la musique et le sport ne laissent pas
indifférents nos hôtes qui trouvent que le Togo regorge de talents dans ces
domaines et qu’il faut tout simplement mettre les moyens à leur disposition
pour pouvoir faire d’autres stars de la trempe de Adébayor, Boukpeti. Les
vedettes de la chanson togolaise comme King Mensah, Jimi Hope, Afia Mala et
les artistes montant du hip hop sont les plus écoutés dans les familles de
ces communautés. Aussi, apprécient-ils, que ces artistes puisent dans la
tradition togolaise leur source d’inspiration.
Sur la situation politique togolaise, les personnes rencontrées n’ont pas
voulu s’exprimer mais les rares personnes qui ont bien voulu briser le
silence, c’est tout simplement pour souhaiter que l’élection présidentielle
qui se profile à l’horizon se déroule dans un climat de paix et de sécurité
car, disent-ils, si les choses tournent au vinaigre, les premières personnes
à payer les pots cassés, ce sont les étrangers.
Albert
AGBEKO
Ça
vous regarde
Claude,
où es-tu ?
Depuis quelque temps, on ne l’entend plus. Le tonitruant patron du Parti des
Travailleurs semble avoir perdu sa langue. Démission ou repli stratégique ?
Toujours est-il qu’il s’est passé dans notre pays ces derniers temps, des
événements qui auraient pu susciter des interventions pimentées de Claude
Ameganvi.
Selon certains observateurs, Claude recule pour mieux sauter. Pour d’autres,
il attend de cerner tous les contours de ce qui se passe avant de parler.
Mais notre constat ne s’arrête pas à l’affaire Kpatcha qui a sorti plusieurs
partis politiques de leur mutisme ou de leur début de retraite. On se
rappelle que l’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de
l’indépendance, Claude Ameganvi était sur tous les fronts. Il était invité
sur les antennes de radios et télévisions où il racontait avec sa verve
habituelle l’histoire de cette indépendance. Il avait rédigé et fait publier
dans des journaux, la biographie et le parcours des nationalistes, artisans
de l’indépendance. Il avait animé des conférences, etc.
Il
est pour le moins surprenant qu’un tel homme choisisse de se taire à
l’occasion du 49e anniversaire
de notre indépendance. Où se cache donc Claude ? En tout cas, ce n’est pas
nous qui serons surpris si un de ces quatre matins, l’homme opère un
come-back fulgurant.
L’histoire se répète
Il
y a quelques jours, afin de mettre les populations au parfum des résultats
de l’enquête concernant l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat dans
laquelle est présumé impliqué Kpatcha Gnassingbé, le Procureur de la
République a fait présenter à la presse, le corps du délit saisi à la faveur
d’une perquisition opérée au domicile de l’ancien Ministre de la Défense et
des Anciens Combattants.
La
télévision nationale a alors montré les images de jeeps militaires, d’armes
à feu de divers calibres, de matériel de transmission, d’équipements
d’optique, de téléphones portables, de plaques minéralogiques, de lots de
tissus treillis, de cordelettes, de chaussures de combat, etc. Ce matériel
exposé pour la circonstance au camp de la gendarmerie était présenté par le
Commandant Amana qui donnait des explications sur chaque élément de
l’arsenal.
Cette présentation, si elle avait quelque chose de nouveau pour la jeune
génération, a plutôt ramené plusieurs Togolais aux vieux souvenirs des temps
où les complots vrais ou faux subjuguaient le peuple togolais.
Il
n’était en effet pas rare, au temps du parti unique pur et dur, de voir les
autorités politiques de notre pays monter au créneau pour annoncer qu’un
complot avait été déjoué. On alignait alors des présumés assaillants
arrêtés, des véhicules et des armes, comme éléments de preuve. Comme cela
avait été fait la dernière fois, un officier des FAT montrait un à un les
armes saisies et donnait des explications sur leur fonctionnement, etc. Des
chefs d’Etat, frères et amis du Timonier défilaient à Lomé pour regarder le
matériel saisi, etc. Après quoi, des tonnes de motions de soutien au
Timonier et de condamnation de l’impérialisme et ses valets locaux
pleuvaient sur les bureaux de la Présidence de la République.
Certes, le scénario n’a pas totalement été le même aujourd’hui qu’hier. Mais
on y est presque. A preuve, outre l’exposition de l’arsenal militaire,
n’a-t-on pas vu des gens soutenir le Chef de l’Etat ? En tout cas,
l’histoire semble se répéter dans notre pays.
Sacrés
petits curieux !
En
présentant l’arsenal de guerre saisi au domicile de Kpatcha Gnass, les
autorités judiciaires et militaires du Togo avaient certainement voulu lever
des équivoques dans l’esprit des Togolais. C’est sans doute pourquoi le
Commandant Amana s’échinait à donner des explications au sujet de chaque
pièce saisie.
Seulement voilà. Nombreux sont ceux qui avaient quitté le camp de la
gendarmerie après cette sortie, avec le sentiment de n’avoir pas eu toutes
les informations qu’ils voulaient. Ces petits curieux voulaient par exemple
savoir comment Kpatcha Gnass a pu entrer en possession de tout cet arsenal.
D’autres auraient voulu tout simplement qu’on leur dise combien coûte
chacune des armes saisies. Sacrés petits curieux !
Qui l’eût
cru ?
Chaque fois que le nom de Kpatcha Gnass est évoqué, nombreux sont ceux qui
se rappellent la nuit du 05 Février 2005 où, quelques heures après l’annonce
du décès du Timonier, ce fils à papa s’était planté à côté de son grand
frère adoubé par l’armée, pour recevoir le serment d’allégeance des
Officiers.
L’homme venait d’afficher ainsi son ambition de jouer l’un des premiers
rôles au sein de l’appareil d’Etat. De fait, il fut nommé Ministre de la
Défense et des Anciens Combattants. Un portefeuille hautement sensible et
stratégique. Dès lors, il n’hésitait pas à circuler bruyamment en treillis
dans les casernes. On le disait alors très aimé des militaires. On le
faisait passer pour un homme puissant qui pouvait tout se permettre.
Mais les derniers événements ont démontré que Kpatcha est surestimé dans
l’opinion. Qui eût cru au soir du 05 février 2005 qu’il y aurait au Togo en
2009, une tentative de coup d’Etat, que Kpatcha serait présenté comme le
présumé cerveau de l’attentat et arrêté ?
Nous osons croire que lui-même ne l’aurait jamais imaginé. Moralité. Dans la
vie, tout peut arriver. Même les choses les plus impensables. Avis donc à
ceux qui se croient intouchables.
Où
sont-ils ?
Il
est courant d’entendre dire que Kpatcha est un homme très populaire et adulé
surtout à Kara où il a été élu député. On dit qu’il est un homme généreux
qui aime distribuer «les feuilles» à tous vents et que sur ce plan,
il ressemble beaucoup à feu son père.
C’est pourquoi dès le début de cette affaire d’atteinte à la sûreté de
l’Etat, certains avaient laissé entendre que ses partisans ne se
laisseraient pas faire. Plus d’une fois, on a entendu dire que les
populations de la circonstance électorale où Kpatcha est élu député
viendraient à Lomé pour libérer leur représentant.
Mais au lieu de cela, à quoi assiste-t-on ? Tout se passe comme si Kpatcha a
été abandonné à son sort. Toujours est-il qu’on ne voit bouger aucun de ses
partisans. La délégation venue de Kara dans cette affaire était à Lomé pour
apporter le soutien des populations de la Kozah non pas à Kpatcha mais
plutôt à Faure Gnassingbé.
Où
sont donc les inconditionnels de Kpatcha ? En tout cas, au regard de ce
qu’on voit aujourd’hui, on est tenté de croire que ceux qui pensent que
Kpatcha n’est aimé que pour son argent, ont raison.
L’erreur
fatale
Selon certains observateurs, si Kpatcha qui avait voulu solliciter une
protection diplomatique a échoué dans sa démarche et se retrouve aujourd’hui
aux mains de la Justice, c’est tout simplement parce qu’il avait frappé à la
mauvaise porte. On se demande ce qui a pu déterminer le fugitif à se
présenter à l’Ambassade américaine. En réponse à cette question, certains
parlent de la proximité de son domicile avec la chancellerie Yankee. C’est
peut-être vrai.
Mais pour beaucoup, le fils à papa aurait pu être accueilli à bras ouverts à
l’Ambassade de Libye non loin de là. Et le Guide Libyen qui est un ami de la
famille ne trouverait certainement pas d’inconvénient à jouer à la médiation
dans cette affaire. Qui dit mieux ?
Faure
comme Gnass ?
Dimanche dernier, Faure Gnass a opéré sa première sortie publique depuis
l’éclatement de l’affaire du coup d’Etat manqué. C’était à l’occasion de la
ranimation de la flamme de l’indépendance.
Fait inhabituel, après la cérémonie et avant de quitter la Place de
l’Indépendance, Faure Gnassingbé s’est offert un bain de foule. Au lieu de
se diriger vers sa voiture blindée après la sonnerie aux morts, il était
plutôt allé vers la foule nombreuse amassée aux alentours pour recevoir les
ovations et serrer les mains.
A
un moment, on avait cru que Faure allait regagner son domicile à pied comme
l’avait fait son père Eyadema au lendemain des événements du 23 Septembre
1986.
Un 27
Avril chaud
La
décision de l’UFC de célébrer comme elle l’entend, la fête du 27 Avril n’a
certainement pas été du goût des autorités publiques. Ainsi, la marche
populaire qui devait conduire les militants et sympathisants de ce parti à
la plage après un culte commémoratif au Temple Salem de Hanoukopé a eu du
mal pour démarrer. Pour dire vrai, elle n’a pas eu lieu.
Les éléments des forces de sécurité qui, en d’autres temps, auraient été
réquisitionnés pour assurer le bon déroulement des marches s’étaient plutôt
déployés pour empêcher les partisans des «héritiers biologiques» de
l’Ablodé de battre le pavé. A certains moments, on a raté de peu
l’affrontement.
En
tout cas, malgré la fraîcheur de ce lundi matin, le 27 Avril aura été chaud
pour l’UFC.
Les
revoici !
Ceux qui, depuis la disparition du Timonier sont nostalgiques des «fêtes»
que le régime de ce dernier organisait et qui faisaient couler de la bière
ainsi que les amoureux des parades ont retrouvé le sourire hier.
En
effet, à l’occasion du 27 Avril, plusieurs manifestations avaient été
organisées à Lomé. On a vu défiler tout joyeux, les inconditionnels des
parades, fièrement drapés dans des tee-shirts et des pagnes à l’effigie du
Chef de l’Etat.
Un
temps, ils ont opéré un retour dans le passé et revécu d’intenses moments de
plaisir. Vive le 27 Avril !
27
Avril ? Quel 27 Avril ?
Au
Togo, plus les années passent, plus on a la conviction que le 27 Avril ne
représente pas la même chose dans l’esprit de tous les Togolais. Comment
peut-on comprendre autrement que, au lieu de rassembler et de réunir dans un
seul et même élan tous les Togolais, cette fête ne parvient pas encore à
sceller l’unité nationale ?
Ainsi par exemple, hier, alors que certains se bombaient le torse sur le
boulevard de la nouvelle Présidence, d’autres qui avaient voulu converger
vers la plage ont dû affronter un cordon d’hommes en armes.
La
réconciliation a du parcours à faire dans ce pays ! |
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Le Regard 642 du 21 avril 2009 |
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Dossier :
Retour sur les faits marquant l’inévitable clash entre les deux frères |
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Pour peu
qu’on se donne la peine de décrypter les actes posés par Kpatcha depuis la
mort de leur père on ne peut être surpris de constater ce qui arrive
aujourd’hui. Qu’on adore Kpatcha ou qu’on le déteste tout le monde a écouté
notre confrère de RFI rapporter ces propos selon lesquels il ne se
reprocherait rien, que les officiers arrêtés parleront et qu’il est prêt à
se présenter si on le lui demande.
Question-Si
Kpatcha sait en son âme et conscience qu’il n’a rien fait, pourquoi alors
au lieu d’attendre qu’on lui demande de prouver son innocence il prend la
clé des champs pour se retrouver devant l’Ambassade des Etats-Unis demandant
l’asile politique ? De quoi a-t-il peur lui cet homme si puissant qui de
l’avis de ses fans aurait la majorité de l’Armée et tout le Nord du pays
derrière lui ? Et Pourquoi les Etats-Unis prompts à accueillir les
personnalités politiques en danger lui ont fermé la porte au nez ?
Quoiqu-il en
soit ce qui vient d’arriver est l’aboutissement d’une longue entreprise de
défiance de l’autorité de l’Etat.
Aussitôt
après l’annonce du décès du Gal Eyadèma, les généraux ne s’étaient pas fait
prier pour faire allégeance à son successeur. Mais quand on revoit les
images de cette scène du 5 Février au soir, on remarque que «Le gros»
était juste à côté de Faure. Il s’est donc fait à l’idée que cette
allégeance des généraux le concernait également et qu’il était par
conséquent solidairement responsable de la gestion du pouvoir. Kpatcha était
alors convaincu que son frère devait co-gérer le pouvoir avec lui.
Le second
en-couragement à la bicépha-lisation du pouvoir au sommet de l’Etat c’était
le fait que les généraux nostalgiques du temps du Général président et se
sentant abandonnés dont on dit qu’ils mangent sans se rassasier se sont
tournés vers «Le Gros» et lui font croire que c’est lui qui est le
digne représentant du Timonier et que le Togo serait un paradis si c’était
lui qui était au pouvoir. Ces vieux barons qui défilaient chez Kpatcha lui
ont fait croire que c’est lui qui détient l’effectivité du pouvoir. Le
sachant très vulnérable aux flatteries, ils l’ont tellement inondé de
louanges que Kpatcha en est venu à se voir président du Togo. De l’argent et
des cadeaux, ces nostalgiques en étaient comblés et ne cessaient de raconter
partout que «Kpatcha est bon». A l’époque, son bureau à la SAZOF
était devenu une présidence annexe où des courtisans du Général Eyadèma,
s’étant rendu compte que Faure leur est très peu accessible venaient se
sucrer.
Quand au
début, on l’appelait «Vice-président» Kpatcha affichait un petit
sourire paradisiaque content d’être l’égal de son frère.
Plus d’un
togolais s’étaient posé pas mal de questions lorsque les 23 septembre 2005
et 13 janvier 2006 ils ont vu Kpatcha à bord d’une jeep de commandement
identique a celui du président. Quelques semaines plus tard il s’était
offert trois voitures luxueuses blindées au coût total de neuf cent
millions.
Pour la
première fois un simple ministre se fait flanquer d’un aide de camp et de
plusieurs gardes armées jusqu’aux dents et se déplace avec un cortège plus
soutenu que celui du chef de l’Etat. Plus d’une fois, il y a eu altercation
entre les escortes de Kpatcha et ceux de Faure.
Depuis qu’il
a été évincé du gouvernement il s’est employé à récupérer et à entretenir
tout ceux qui sont mécontents de Faure.
Lors des
fêtes de fin d’année malgré l’interdiction officielle Kpatcha faisait
tonner les pétards à son domicile pour montrer à tout le monde qu’il est
au-dessus des lois de la République.
Lors des
finales de lutte Evala à Pya Kpatcha a pris l’habitude d’organiser
derrière l’apatam ou se trouve son frère qui est en train de regarder les
Evala lutter un festin avec un « kilimandjaro » de viande de porc et
s’arrange pour quitter les lieux avant la réception qu’organise le président
à la fin. Le député qui n’aime pas passer inaperçu paie aussi les ovations.
Lors d’une
rentrée parlementaire, Kpatcha avait été fort applaudi par les femmes de
ménage du palais des congrès apparemment avertis. Et pendant que les travaux
se poursuivaient, son garçon chargé de distribuer des billets de banques
est arrivé avec un sac en bandoulière rempli de CFA et s’est mis à
distribuer de l’argent aux femmes et à tous les gendarmes à l’entrée du
palais des congrès.
Lors des
funérailles de 2007, Kpatcha s’est permis de cacher la clé du caveau
familial, perturbant ainsi les cérémonies officielles. Et pour la
circonstance un lot de journaux au contenu conçus spécialement pour couvrir
d’opprobre le président de la République et semer le scandale convoyés par
un très proche de Kpatcha a été distribué au palais des congrès en pleine
cérémonie. Les écrits contenus dans ces journaux s’en prenaient aux
collaborateurs de Faure dont Barry Moussa Barqué. Kpatcha voulait ainsi
démontrer à la République qu’il détient une part de pouvoir. On peut
multiplier beaucoup d’exemples montrant qu’il peut se permettre. Jusqu’à son
arrestation Kpatcha nourrissait une haine implacable à l’égard des
collaborateurs de son frère.
Le plus
curieux dans cette affaire c’est que Faure laissait faire. Conséquence : à
l’étranger, le Togo est perçu comme un pays bizarre que deux héritiers
dirigent. De fait, quarante ans de pouvoir clanique ont fini par convaincre
les membres du clan que le pouvoir d’Etat est une propriété des Gnassingbé.
Certains, avec Kpatcha à leur tête, estimaient que la République devrait
être gérée comme une cuisine familiale. Ils accusent Faure de préférer ses
amis à la famille. Pour eux, il devrait s’entourer essentiellement des
membres de la famille et alliés mais si d’aventure, il s’avère nécessaire
que d’autres collaborateurs soient associés à la boustifaille, ils devraient
obtenir le quitus de la famille. Faure devrait donc, avant de procéder à des
nominations, requérir l’assentiment de Kpatcha, jugé digne représentant de
son père.
Sur le plan
économique, pendant que des mesures sont prises contre le trafic de drogue
et le blanchiment d’argent, ses protégés libanais se prévalaient de sa toute
puissance pour résister au fisc. L’affaire Bassam en est un témoignage
cinglant. Et pour justifier son soutien à ce réseau, Kpatcha invoquait
souvent le rôle crucial de ces Libanais qui auraient aidé son père à
maintenir le Togo debout pendant la grève générale illimitée qui a duré
neuf mois.
Sur le plan
médiatique, l’argent qu’il distribuait était un stimulant pour les
journalistes. Si dans la presse privée, il suffit d’écrire un petit truc qui
lui est favorable mais hostile à Faure pour se voir appeler à empocher des
sous, dans la presse d’Etat TVT et Togo-Presse
surtout, il bénéficie d’un traitement particulier et des journalistes se
battent pour être programmés en vue des reportages sur les activités
menées par Kpatcha.
Parmi les
sociétés d’Etat ruinées figure la SOTOCO dont Kpatcha était président du
conseil d’administration. L’audit commandé sur cette société révèle des
choses incroyables mais Faure s’est évertué à le protéger au risque de
déplaire à des partenaires en développement.
Depuis quatre ans, Faure était pris entre deux feux. La famille et les vieux
barons souhaitent qu’il gère le pays comme le faisait son père. S’il le
fait, il n’inspirera pas confiance à la communauté internationale et ne
favoriserait pas l’apaisement politique.
S’il ne le
fait pas, il est accusé d’enrayer la mémoire de son père et se met aux
prises avec les nostalgiques du passé. Cette situation le pousse à jouer aux
équilibristes en revisitant certaines vielles méthodes pour priver les
nostalgiques d’argument tout en menant en profondeur, des réformes qui
relèguent les vieux barons aux oubliettes. Les partisans de la gestion
clanique du pouvoir en sont venus à considérer que Faure manœuvre pour
remettre le pouvoir à ses oncles (Ewé) principale ethnie votant opposition.
Mais du côté de l’opposition, on trouve qu’il favorise le clan.
Des chefs
d’Etat ont été mis à contribution pour rappeler Kpatcha à l’ordre. Bongo,
Compaoré, Kadhafi et tous les amis de Eyadèma ont tout fait pour attirer
l’attention de Kpatcha sur les conséquences de ses actes de défiance à
l’égard du pouvoir de son frère mais rien n’y fît. Peut-être encouragé par
les barons de l’aile dure du régime il se disait que l’Etat togolais est
aussi son héritage et que, quoi qu’il fasse, Faure ne toucherait pas à un
seul de ses cheveux.
Le seuil de
l’intolérable a été atteint dans la nuit du 12 au 13 avril. Le fait
qu’aucune ambassade occidentale n’ait voulu l’héberger n’est pas fortuit.
Kpatcha était pisté depuis le temps du Général Eyadèma par les services de
renseignements occidentaux en raison de ses accointances avec certains
personnages introduits dans les réseaux de trafic. Cette surveillance s’est
poursuivie après la mort d’Eyadéma et s’est intensifiée depuis qu’il a été
évincé du gouvernement.
En
privilégiant le lien familial qui l’unit à Kpatcha, Faure a laissé faire
donnant l’impression qu’il soutient son frère.
Pour n’avoir
pas pris tôt la situation en main en séparant les considérations
sentimentales familiale des affaires de l’Etat Faure a contribué à
promouvoir un frère encombrant. Mais une chose est sûre, c’est que le Togo
n’est pas une propriété privée des Gnassingbé. Faure est et doit être le
dernier des Gnassingbé président. S’il arrive qu’un autre Gnassingbé succède
à celui-ci, la preuve sera faite que notre pays est maudit à jamais.
Abass
SAIB
Les dessous de
la solidarité de l’UFC à l’égard de Kpatcha
La célérité
avec laquelle l’UFC a sorti le communiqué concernant l’affaire Kpatcha a
surpris les diplomates accrédités au Togo. Si l’UFC était au pouvoir, elle
prendrait à la légère tout renseignement indiquant l’imminence du
renversement de son régime. Faut-il le rappeler, c’est cette banalisation
d’informations alarmantes à lui communiquées par son ministre de
l’intérieur Théophile Mally et faisant état de l’imminence d’atteinte à la
sûreté de l’Etat que Sylanus Olympio s’est fait facilement abattre.
Jusqu’à la dernière heure, le père de l’indépendance croyait à une blague.
Même si
l’objectif était de voler au secours d’un collègue élu, s’agissant d’un tel
personnage qu’aucune Ambassade occidentale ne veut héberger, cette position
venant d’un parti comme l’UFC qui lutte pour le changement, est pour le
moins troublante d’autant qu’il sera difficile de dissuader ceux qui croient
que l’UFC appuie la conspiration menée par un dur du clan Gnassingbé.
Surtout qu’il n’y a pas si longtemps, au jardin Fréau, Lawson Patrick
disait qu’ils étaient en discussion avec leurs frères de l’Armée. Si les
Etats-Unis sont souvent prompts à offrir l’asile politique à des
personnalités persécutées pour leur opinion politique, en viennent à
refouler un député, c’est qu’il y a anguille sous roche.
Quelle que
soit la raison qu’invoque le parti de Gilcrist Olympio pour justifier
l’opportunité de ce communiqué fort surprenant, il aura du mal à démontrer
qu’il ne soutient pas Kpatcha Gnassingbé, encore que l’intéressé lui-même a
remercié l’UFC pour son soutien. Politiquement, rien n’obligeait ce parti à
voler au secours de Kpatcha Gnassingbé. Quand une situation se présente et
qu’on n’a pas tous les éléments d’appréciation, on réagit de façon
circonspecte à défaut de se taire. Le CAR l’a si bien compris qui a sorti un
communiqué délicat qui ne laisse aucune trace permettant de lui attribuer un
parti pris dans cette affaire. (Lire le communiqué à la page7)
Présenter
Kpatcha comme une victime de l’impunité du régime dans cette affaire paraît
paradoxal quand on sait que sur la liste remise par l’UFC à la commission
Koffigoh en 2005, figure Kpatcha Gnassingbé accusé d’avoir organisé la
répression d’avril 2005.
Cette
situation rappelle celle qui avait prévalu a la suite de la mort du Général
Eyadèma. L’UFC avait fait descendre les femmes dans la rue pour soutenir
Natchaba qui se trouve être l’un des cerveaux de la dictature. L’UFC
réclamait que non seulement la constitution toilettée qu’elle condamne soit
restaurée mais que le pouvoir soit aussi remis à ce Natchaba qui a plombé la
constitution de 1992. Sans doute que la politique a sa logique que la
logique ignore.
Machiavélisme à la togolaise
Comment
est-il possible que l’UFC fasse preuve de zèle en défendant un élu du RPT
lequel parti se montre indifférent au sort de son député ?
La tentative
de réponse à cette question nous fait revisiter Nicolas Machiavel
(1469-1527) qui, à travers Le prince avait peint les hommes
politiques tels qu’ils sont et non comme ils devraient être. Pour lui, toute
action politique implique un décalage entre la fin explicitement visée (la
cible) et les moyens employés (la trajectoire réelle de la flèche). La
société chez Machiavel ne se fonde plus sur la nature raisonnable de l’homme
et la possibilité de délibérer collectivement sur le bien commun. Elle est
au contraire le lieu où s’affrontent des désirs contradictoires. Ce n’est
plus la raison, mais la passion qui organise la société. Ainsi, le désordre
ne doit plus être pensé comme l’altération d’un régime, mais comme une
situation normale. Les alliances les plus insoupçonnées relèvent alors de la
banalité.
Cette
apparente connivence entre l’UFC et Kpatcha Gnassingbé et le clash entre
Faure et Kpatcha considéré à tort ou à raison comme le côté violent du
pouvoir, rappelle la théorie de la circulation des élites du machiavélien
Pareto pour qui, le pouvoir tire son effectivité dans le mariage entre la
ruse et la force. Une élite politique qui s’assimile les éléments les plus
rusés de la population, laisse en dehors d’elle les individus aptes à
employer la violence. Cette sélection place d’un côté une élite de la ruse
inapte à employer la force et de l’autre les individus doués de la force
mais qui ignorent l’art de s’en servir. Si ces derniers s’offrent des chefs
qui possèdent cet art parmi les dissidents de l’élite qui s’est imposée par
la ruse ils remporteront la victoire et s’installeront au pouvoir.
Si l’on
considère avec Machiavel que La fin justifie les moyens, l’UFC
n’a pas tort si elle mise sur Kpatcha ou encourage la confrontation entre
les deux frères de manière à ce que se présente une situation qui lui
permettrait de prendre facilement le pouvoir. Quelles que puissent être les
conséquences sur la popu-lation, tout ce qui contribuerait à prendre le
pouvoir est le bienvenu. En Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo n’aurait pas pu
ramasser le pouvoir sans la confrontation entre les deux houphouétistes
Ouattara et Bédié.
Ce qui
compte pour tout politicien, c’est le pouvoir même, s’il faut marcher sur
les cadavres pour y arriver. On peut même aller jusqu’à pactiser avec le
diable. Le discours sur le soulagement de la misère du peuple n’est que
mystification. Il est possible qu’à l’UFC, on pense que Faure plus instruit,
moins frileux et rusé sur les bords soit difficile à combattre. Avec Kpatcha
très impulsif sensible aux flatteries, manipulable à loisir et qui selon un
officier de l’armée «agit avant de réfléchir», il serait plus facile
de récupérer le pouvoir s’il l’obtenait.
Ce
rapprochement tactique de type machiavélien entre l’UFC et Kpatcha a été
constaté en novembre 2007. Lors de la séance de l’Assemblée Nationale
consacrée à l’élection des membres du bureau, la déclaration de l’UFC qui
réclamait le poste de vice présidence a fait état de ce qu’un honorable
député «et non des moindres»
–
qui n’est autre que Kpatcha
–
les aurait rassurés. Quelques jours auparavant, on avait signalé que des
députés du RPT soudoyés par le député Kpatcha dans un but précis seraient
allés rendre compte à qui de droit.
Abass
Saibou
On attend
le renfort de l’ami Agbey
«En tout cas, entre Faure et Kpatcha je préfère
Kpatcha» disait Agbéyomé un jour à son domicile. Sans oublier que
l’ex-premier ministre déchu prenait parfois la plume pour traduire cette
option, Agbéyomé est de ceux qui comptaient tirer profit du choc entre les
deux frères pour retrouver sa place d’antan .Plus encore, des représentants
de Obuts dans les villages dans le but d’attirer des sympathisants du parti
au pouvoir leur racontent que derrière Agbey se trouve Kpatcha. Mais comme
s’il avait peur, le président de Obuts qui raconte en privé à qui veut
l’entendre qu’il s’agit d’une machination n’a pas eu le courage de le dire
expressément dans son communiqué. Puisque c’est dans le malheur qu’on
reconnaît les vrais amis, l’ex premier ministre ne peut-il pas, à défaut
d’user de ses obuts pour le libérer se constituer prisonnier pour protester
contre l’arrestation de son meilleur ami Kpatcha et lui témoigner ainsi son
soutien indéfectible?
Fambaré Natchaba rompt le silence
«Il n'y a pas d'autre issue pour le Togo que de continuer sur la voie de
la démocratie. L'ère Eyadéma est bien révolue et il faut aider le président»,
a confié à l'AFP l'ancien président de l'Assemblée nationale Fambaré
Natchaba.
Homme de grande influence du temps du président Gnassingbé Eyadéma, qui a
dirigé le pays de 1967 jusqu'à son décès en février 2005, M. Natchaba admet
que le passé est «lourd» et que Faure Gnassingbé «fait des efforts
énormes».
Pour lui, la querelle fratricide qui secoue le clan est «un accident de
parcours» qui ne doit pas remettre en cause le processus. «Nous
n'avons pas d'autre choix que la démocratie. On ne peut pas reculer».
Fambaré Natchaba est de ceux qui étaient soupçonnés de rouler pour «Le
gros». Il reste à savoir si ces propos laudateurs à l'égard de Faure
sont sincères ou s'ils sont guidés par la situation du moment.
Kpatcha
bien protégé dans une chambre ventilée
Les
responsables d'organisation des droits de l'homme qui ont rencontré Kpatcha
Gnassingbé, et échangé avec lui ont fait remarquer qu'il a été la seule
personne à leur dire qu'avant son interpellation il était sous surveillance
médicale et que cette surveillance se poursuit jusqu'à présent. Kpatcha
Gnassingbé qui est dans une chambre sous bonne garde affiche apparemment
un air serein. Mais il s'ennuie dans un tel biotope qui n'est pas le sien.
On imagine ce que ressent un homme comme lui, qui est né et a grandi dans
l'aisance habitué à donner des ordres et à dormir dans un environnement
paradisiaque, et qui se retrouve du jour au lendemain dans une chambre
loin du beau monde qui l'adoubait. Ce n'est pas facile. La vie réserve
parfois des surprises parce qu'il y a à peine dix jours Kpatcha
considérerait comme fou, tout individu qui imaginerait la situation où il se
trouve. Au bout du compte le vieux Zomblewou qui a raison. Dans la vie, il
faut faire doucement doucement.
«Crucifié» par des autorités de la Kozah
On s’attendait à ce que tout Kara descende spontanément dans la rue pour
apporter son soutien total et son indéfectible attachement au seigneur de la
Kozah pour son incommensurable magnanimité. Les éléments de l’Armée dont on
dit qu’ils lui sont fidèles auraient pu organiser la contre-offensive totale
et foudroyante pour prouver à la face du monde la puissance de feu de
Kpatcha Gnassingbé et la popularité dont on il jouirait. Mais apparemment
les inconditionnels du député qui se faisaient très remarquer lors de ses
sorties fortement médiatisés, gardent le profil bas. Les plus courageux se
contentent- non sans tourner la tête pour éviter des oreilles indiscrètes-
de dire que son frère a juste organisé un montage pour l’éliminer. Le comble
c’est lorsque les autorités de la Kozah, conduites par le Chef du canton de
Lama qui il y a peu l’adoraient se précipitent pour le condamner au palais
présidentiel.
Au total
neuf militaires arrêtés selon le commandement des FAT
Il «apparaît malheureusement que neuf militaires dont cinq officiers sont en
cause dans le cadre de la procédure judiciaire», selon une déclaration lue
par le chef d’Etat major des FAT, le général Zakari Nandja devant le
président Faure Gnassingbé au palais présidentiel.
«Il s’agit de manquements graves individuels qui connaîtront des suites
conformes aux principes de l’Etat de droit», soulignent les forces armées.
Les FAT condamnent «avec force, toute action qui viserait à entraver le
processus démocratique en marche au Togo» et se «tiennent prêtes à défendre
sans réserve, les institutions de la république», selon la déclaration.
Outre des militaires, plusieurs autres personnes de l’entourage de Kpatcha
Gnassingbé ont été interpellées et interrogées ces derniers jours portant le
nombre à 20.
Colonel
Lèmou en toute liberté
Dès la
parution de notre dernière édition où son nom figurait parmi les officiers
arrêtés, le colonel Lèmou était surpris parce que n’étant impliqué ni de
près ou de loin dans cette affaire. Le commandant de la garnison du camp Gal
Ameyi de Kara était affligé d’autant que plusieurs confrères ont repris
notre liste in extenso sans chercher à vérifier. Toutes nos excuses au
Colonel Lèmou que nous remercions pour ses remarques édifiantes. Le
lieutenant Tchamiè ne figure pas non plus parmi les officiers arrêtés.
Les nouvelles recrues face à la dure réalité de l’Administration
Publique
Les autorités togolaises dans le souci de renforcer l’Administration
publique ont organisé en août 2008, un concours de recrutement. Les
résultats de ce concours proclamés fin décembre 2008 ont permis à 4.000
nouveaux agents d’intégrer la fonction publique le 23 février 2009.
Aujourd’hui, deux mois après leur prise de fonction qu’en est-il de leur
intégration dans l’administration?
«Franchement,
nous sommes désoeuvrés. Du matin au soir, on est là à ne rien faire. Notre
quotidien depuis le 23 février est partagé entre dormir et discuter avec des
collègues à l’intérieur des bureaux». C’est par cette déclaration que
nous avons été accueillis dans un bureau à un ministère. Selon un nombre
important de nouveaux agents rencontrés, «tout porte à croire que les
autorités ont recruté parce qu’il faut recruter, et non pour un besoin en
ressources humaines car depuis que nous sommes ici, nous ne faisons rien».
Ce constat reste valable dans beaucoup de services et certains envisagent
même exprimer ouvertement à leurs supérieurs hiérarchiques, leur opposition
à cette situation qui les oblige à être contraint de passer toute la journée
sans travailler sans pour autant avoir la possibilité de se rendre utile
ailleurs. «C’est plus qu’un emprisonnement», conclut un autre.
Quelques nouveaux fonctionnaires avec qui nous avons approfondi les
discussions ont été amenés à reconnaître que faute de travail, certains des
leurs n’hésitent pas à repartir aussitôt après avoir rempli la fiche de
présence.
Ailleurs, c’est la question de bureau qui préoccupe. Il ressort de nos
investigations que jusqu’à ce jour, certains agents peinent à se voir
attribué un bureau. Il y en a qui ont même avoué que dans les premiers
moments qui ont suivi l’appel à la prise de fonction, ils sont obligés de
s’agglutiner dans les salles de conférence de leur service. Dans un tel
contexte, inutile de demander en quoi consiste leur occupation. Rien que des
causeries entre camarades. C’est également ceux-ci qui s’exposent au risque
de désertion du service avant l’heure réglementaire.
Tout ne s’arrête pas là. Car, même si on a la chance d’avoir un bureau et du
travail, la collaboration avec les anciens reste une autre paire de manches.
«Il arrive des semaines entières où nos relations frisent le conflictuel
alors que rien dans la réalité ne justifie cela. Nos discussions s’arrêtent
à la salutation puis plus rien. Et quand devant certaines situations, tu
sollicites le concours des anciens, ils disent furtivement ne rien savoir
quant à ce qu’il y a lieu de faire», a précisé un agent dans un service.
Beaucoup estiment que ce comportement peu orthodoxe des anciens fait qu’ils
vivent dans les bureaux comme des sourds muets, et très peu préoccupés par
le sort de leur prochain lorsqu’il en vient, pour une raison ou une autre, à
s’absenter. Les plus heureux de cette situation sont naturellement les
anciens qui verrouillent les circuits aux nouveaux qui ne savent pas à quel
saint se vouer. La raison de cet état de fait, selon nos recoupements serait
liée au niveau d’instruction des nouvelles recrues. Ils sont nombreux ces
jeunes fonctionnaires à intégrer la fonction publique nantis de la maîtrise.
Dès la première année, ils sont cadre A1 et
ne mettront pas du temps à égaler, voire dépasser ces anciens qui, ayant
débuté leur carrière avec le BEPC ont mis près de 20 ans pour avoir un
salaire comparable à celui d’un agent de cadre A1.
Les anciens digèrent donc très mal cette situation qui, en réalité, ne
dépend nullement de ceux sur qui ils déversent à tort leur bile.
Dans d’autres cas, il se dit que la raison du verrouillage est liée aux
intérêts et autres privilèges que les anciens redoutent de partager avec les
nouveaux qui, à leurs yeux, doivent attendre leur départ à la retraite pour
découvrir le réseau. «Vous êtes d’abord en stage. Observez comment ça se
fait et après, vous pourrez le faire aussi facilement», nous a rapporté
un néophyte qui dit avoir approché un ancien pour se voir confier des
dossiers à traiter.
Sur un autre plan, c’est la question de l’engouement des anciens qui
interpelle les nouveaux. Plusieurs d’entre eux déplorent la timidité des
anciens dans l’accomplissement des tâches. «Ils passent tout leur temps à
causer et de surcroît en vernaculaire. Et quand vous donnez l’impression de
quelqu’un qui est laborieux, on vous dit ouvertement qu’ici, la promotion
n’est ni le fruit du diplôme ni de l’assiduité au travail, mais bien de
l’activisme politique ou des relations d’affinité avec le Chef. Dans ces
conditions, comment le pays pourra-t-il évoluer ?», se demande un agent.
Plus loin, le même agent fait un aveu intéressant. «Alors que je suis
économiste et me suis fait recruter comme tel, on m’affecte dans un autre
département où je ne sais en quoi consiste mes attributions. A ma place, on
a mis quelqu’un qui dit avoir fait l’Anglais et nous tous, nous nous
regardons sans jamais savoir ce qu’il y a lieu de faire».
Ce bref tour
d’horizon montre à quel point des dysfonctionnements jalonnent la vie
professionnelle des nouvelles recrues. Les autorités qui sont au parfum de
cette réalité ont intérêt à vite réagir avant que la rumeur d’organisation
d’autres concours qui court ne devienne réalité. Sinon on risque de recruter
des agents qu’on payera mais qui au fond ne seront pas productifs. Et dans
ce cas, c’est le budget national qui paie le lourd tribut.
K.
Ségniagbéto
Ça
vous regarde
Du pain
sur la planche
Il
y a quelques semaines, le Président de la République a pris un décret
mettant fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou qui était jusqu’alors,
Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation.
Cette mesure avait suscité beaucoup de commentaires au sein de l’opinion où
on s’accorde à reconnaître les nombreux problèmes qui minent ce département.
On sait aussi que quelque temps avant la révocation de M. Yves Madow Nagou,
son ministère avait enregistré un certain nombre de mouvements de grève.
Aujourd’hui, quelques semaines seulement après la prise de fonction de M.
Sambiani Sankardja, nouveau Ministre des Enseignements Primaire et
Secondaire et de l’Alphabétisation, nombreux sont ceux qui réalisent de plus
en plus que la tâche est immense au niveau de ce département. Le seul départ
de Yves Madow Nagou qu’on disait peu communicateur et trop réservé ne suffit
pas pour résoudre les problèmes de la maison.
Aujourd’hui, tout porte à croire que le délai de grâce accordé de fait au
nouveau ministre arrive à son terme. Des agents de l’Education fatigués
d’attendre des solutions à leurs problèmes murmurent. C’est le cas par
exemple des enseignants auxiliaires engagés en Octobre 2008. A ce jour, six
mois après leur prise de fonction, ils n’ont pas encore touché le moindre
centime. Et comme ventre affamé n’a point d’oreilles, ils peuvent crier
famine à leur manière à tout moment.
Il
en est de même pour ceux dont le cas avait conduit à la grève début Février.
Certes, les discussions se poursuivent mais la base s’impatiente de voir ses
problèmes réglés. Mais de quels moyens dispose le nouveau Ministre pour
satisfaire toutes les sollicitations ? Toute la question est là. Le moins
qu’on puisse dire au regard de cette situation, c’est que M. Sambiani
Sakardja a du pain sur la planche.
SOS,
routes en panne
A
peine deux pluies sont-elles tombées sur la Région Maritime que Lomé a les
pieds dans l’eau. Comme on devait s’y attendre, les routes et les rues de la
capitale ont «foutu le camp». Aujourd’hui, la mobilité urbaine et la
circulation en ville surtout à Lomé sont devenues un véritable casse-tête.
Comment peut-il en être autrement si l’on sait qu’au moment où on est en
train de construire des routes avec des échangeurs un peu partout dans les
pays de la sous-région, au Togo, on en est à rafistoler les routes avec de
la latérite et du sable ?
Au
Togo, le réseau routier est en lui-même, un problème. Les artères et autres
rues de la capitale sont, non seulement étroites, mais ne sont pas équipées
de canaux d’évacuation des eaux de pluies. Les rares égouts qui existent ne
sont plus fonctionnels parce que bouchés par des ordures et des sacs
plastiques, etc.
A
un moment donné, les Togolais avaient cru que la suppression du FER et le
rattachement des TP à la Présidence de la République allait faire bouger les
choses. Il n’en a malheureusement rien été. Il a fallu nommer un nouveau
Ministre des TP. Mais l’envol tarde à venir. Et pourtant, il est connu de
tous que le développement passe par la route !
Le revers
de la médaille
Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’y a pas que des routes en mauvais
état au Togo. Il existe aussi des routes bien bitumées et matérialisées.
Même si on ne peut pas parler de perfection, on doit concéder volontiers que
ces routes sont bonnes et praticables en toute saison. C’est le cas par
exemple de la route qui va de Lomé à la frontière de Sanvee-Condji sur son
tronçon qui part d’Avépozo jusqu’à l’entrée de la ville d’Aného.
Cette route, disons-nous, est en bon état. Seulement le revers de la
médaille ici, c’est que le bon état de la route pousse les usagers à la
vitesse. Des voitures, surtout celles venant du Bénin et du Nigeria roulent
à tombeau ouvert. Les motocyclistes ne sont pas en reste non plus. Parfois,
sur cette route, on a l’impression d’assister à une course de voiture. Or il
se trouve que la voie n’est pas toujours dégagée. Conclusion, on enregistre
de nombreux accidents avec malheureusement, à la clé, des morts d’hommes.
Le
week-end écoulé a encore été meurtrier sur cette route. Samedi, un gros
camion semi-remorque a complètement dérapé de la chaussée pour se retrouver
avec tout son chargement dans le mur d’une maison au niveau de Gbodjomé.
Dimanche soir, à environ 500 mètres de ce camion, s’est produit un autre
accident impliquant au moins deux voitures et une moto. Jusqu’à 21 h 30 mn,
le corps sans vie du motocycliste gisait encore sur la chaussée. Une perte
incommensurable pour sa famille et le pays.
Comme quoi, il n’y a pas que les routes en mauvais état qui provoquent des
accidents. Quel que soit l’état de la route, la prudence doit être de mise.
De la
rumeur à la clameur
La
rumeur courait depuis longtemps, faisant état de rivalités entre Faure Gnass
et son frère Kpatcha autour du pouvoir. Certains avaient même laissé
entendre que le petit frère devenu député après avoir été évincé du
gouvernement où il détenait le portefeuille de la Défense, s’apprêtait à se
porter candidat contre le grand frère à la prochaine élection
présidentielle. Quelle formation allait le positionner ? On n’en dit rien.
Mais on raconte que l’homme est en train de mûrir sérieusement la réflexion
avec plusieurs autres acteurs politiques du pays.
En
même temps qu’on inscrivait les ambitions de Kpatcha dans la logique des
élections présidentielles, d’autres parlaient d’une prise de pouvoir par la
force.
Mais les deux frères n’ont jamais voulu parler ouvertement de leurs
divergences. Ils déclaraient à qui veut l’entendre, que tout allait pour le
mieux entre eux et qu’il ne se passait rien de grave.
Les récents événements qui viennent de se produire au Togo donnent raison à
ceux qui, depuis toujours, avaient soutenu que ça n’allait pas entre les
deux frères. Depuis le dimanche de Pâques et surtout depuis l’arrestation et
l’inculpation de Kpatcha dans une affaire d’attentat contre la sûreté de
l’Etat, la rumeur est devenue clameur.
Le répit
Depuis le lundi 13 Avril, tout semble s’être arrêté sur le plan politique au
Togo. Le CPDC qui s’essoufflait déjà a tout simplement fermé ses portes. Les
particules qui s’agitaient et réclamaient leur entrée à cette structure n’en
parlent plus. Tous les regards et toutes les attentions sont focalisés sur
l’affaire de complot et de tentative de déstabilisation qui défraie
actuellement la chronique.
Que ce soit à l’Assemblée nationale, au sein des partis politiques qui ont
fait même publier des communiqués sur le dossier, dans les associations de
la société civile, ou au sein de la population, tout le monde ne parle plus
que de cette affaire. Au point même que les débats politiques qui
intéressaient au premier chef les Togolais sont relégués au second plan.
Des mauvaises langues estiment que le pouvoir en place tire argument de
cette situation pour souffler et réajuster son tir en ce qui concerne la
préparation des prochaines élections. D’autres pensent que les récents
événements pourraient justifier une perturbation du processus. C’est
pourquoi dans certains milieux, des voix s’élèvent pour dire que l’affaire
de la tentative de déstabilisation ne doit pas occulter le débat politique.
A qui le
tour ?
Depuis le 12 Avril dernier, l’inquiétude grandit dans les milieux proches du
député Kpatcha Gnassingbé. Dans le communiqué qu’il a rendu public le 13
Avril, le Procureur de la République a laissé entendre que dans le cadre des
enquêtes ouvertes dans l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat, des
personnalités civiles et militaires ont été arrêtées. Cette information
avait donné la peur au ventre à des gens qui s’estiment proches de Kpatcha.
Cette peur a grandi lorsque le député lui-même, un homme que tout le monde
croyait intouchable pour diverses raisons, a été arrêté après avoir
vainement tenté de trouver refuge à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au
Togo.
C’est le temps des inquiétudes et on se demande à qui le tour ?
Pas de
chance avec la Chine
Compte tenu de l’ampleur que prennent les transactions commerciales entre le
Togo et la Chine, un voyage du Chef de l’Etat dans ce grand pays s’impose.
Cependant, au regard de certains constats, on peut se demander si Faure
finira par aller en Chine un de ces jours.
En
effet, le Chef de l’Etat togolais a toujours voulu se rendre en Chine. Ce
n’est pas la volonté qui lui manque. Mais chaque fois qu’il décide
d’effectuer le voyage, il se produit toujours au dernier moment, des
événements qui font ajourner son déplacement.
On
se rappelle qu’il y a plusieurs mois déjà, Faure Gnass avait décidé de se
rendre en Chine. Tout avait été préparé et il était sur le point de partir
quand une grande inondation s’est déclarée dans la Région Maritime faisant
un nombre important de sinistrés. Face à cette situation, le Président a dû
surseoir à son voyage.
Le
lundi 13 Avril dernier, un voyage du Président Faure avait été programmé sur
la Chine. Tout avait été une fois encore préparé pour le départ. Mais la
veille, un complot a été éventé et Faure a dû redéposer ses valises.
Décidément le voyage du Chef de l’Etat en Chine manque de chance au Togo.
Bakaï sur
tous les fronts
Le
Procureur de la République, Robert Bakaï n’a plus de répit. Depuis le lundi
de Pâques, il est devenu un magistrat très occupé qui gère une affaire des
plus délicates. C’est en effet au parquet dont il est le chef et au juge
d’instruction que revient la lourde et difficile mission de démêler les
écheveaux et de faire la lumière afin que la vérité triomphe dans cette
affaire.
Entre le 13 et le 15 Avril, Robert Bakaï a rendu publics deux communiqués.
Un record. Il s’était ensuite adressé à la presse pour annoncer les
résultats de la perquisition opérée au domicile de Kpatcha Gnassingbé.
Mais entre nous soit dit. S’il avait à choisir, l’homme n’aurait-il pas
préféré être ailleurs qu’à son poste en ce moment ?
La hache
de la HAAC
Les émissions interactives sont interdites sur les radios et les télévisions
togolaises. C’est la formule trouvée par la HAAC pour éviter les «dérives»
dans les commentaires que suscite ce qu’on peut désormais appeler «l’affaire
Kpatcha». Une mesure qui naturellement n’est pas pour plaire si l’on
sait que beaucoup de Togolais sont abonnés aux émissions interactives,
qu’ils ont plein de commentaires à faire sur cette affaire et que les
promoteurs de radios et télévisions adorent de plus en plus laisser le soin
aux auditeurs et téléspectateurs d’animer les antennes à la place des
journalistes.
Des protestations s’élèvent d’un peu partout. Mais pour l’heure, la HAAC
reste inflexible. L’institution de réglementation aurait-elle pris cette
mesure si cette affaire concernait un Togolais anonyme ? Voilà la question
que se posent les auditeurs et téléspectateurs accrocs sevrés.
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Le Regard N° 640 du mardi 7 avril 2009 |
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L’UFC et le CAR poussés au boycott de l’élection de 2010 |
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Selon un observateur de la
vie politique togolaise, si l’UFC et le CAR perdent le combat de la mise
en place d’un cadre électoral fiable, ils perdent, de facto, le combat pour
des résultats électoraux justes et fiables.
La «technique de victoire»
du parti au pouvoir réside dans le piège que le pouvoir est en train de
tendre à l’UFC et au CAR. La conquête du pouvoir – et tous les politologues
le savent – est fondée sur les rapports de force au-delà du discours
hypocrite de l’égalité de chances pour tous les candidats. Le souhait de
l’opposition aujourd’hui c’est de voir le pouvoir RPT mettre ses cinquante
députés entre parenthèses et de lui faire des concessions en tenant compte,
non pas du nombre de sièges, mais des suffrages exprimés. Ce que tout
naturellement elle ne ferait pas si elle se trouvait à la place du RPT. Pour
contraindre le parti au pouvoir à lâcher du lest, l’opposition devra créer
une situation qui mette le pouvoir RPT à rude épreuve. Toutes les manœuvres
préélectorales actuelles sont fondées sur la banalisation des menaces de
l’opposition de recourir à la rue.
A noter que l’Assemblée
Nationale a donné le ok pour la réhabilitation de la CENI après que le
ministre d’Etat Pascal Bodjona se soit rendu au Burkina pour s’assurer de
la complicité du facilitateur apparemment décidé à fermer les yeux sur les
actes que pose le pouvoir pourvu qu’ils aient le sceau de la légalité.
Avec le feu vert donné à la
CENI pour la prochaine révision des listes électorales, le processus est
lancé. La stratégie du parti au pouvoir consiste à contraindre l’opposition
à la politique de la chaise vide, pour s’offrir l’occase d’opérer sans
difficulté. Si le président du groupe parlementaire CAR n’était pas
présent à la plénière du 31 mars 2009, il n’aurait pas décelé la
forfaiture qui a consisté en une proposition formulée sur le champ par le
député DAMA Dramani en vue de modifier l’article 32 du code électoral ; ce
en violation flagrante de l’article 55 de la Constitution qui dispose qu’une
session extraordinaire ne peut débattre que des sujets figurant à l’ordre du
jour sur lequel elle est convoquée. Il est vrai que la présence de
l’opposition n’empêcherait pas le RPT d’user de sa majorité parlementaire
pour faire ce qu’il veut. Mais l’anomalie décelée par le député Amégnonan
montre clairement que les tenants du pouvoir avaient intégré l’absence de
leurs adversaires au parlement dans leur stratégie car ils s’y prendraient
autrement s’ils savaient qu’un député de l’opposition viendrait voir ce qui
allait se passer.
La complexité de la situation
c’est que l’opposition a boycotté la séance de l’Assemblée pour protester
contre la forfaiture mais en même temps, elle se met à dos les partenaires
européens qui ne supporteraient pas cette politique de la chaise vide.
Si l’UFC et le CAR décident
de ne pas siéger à la CENI de 2007 réhabilitée, cela permettrait au pouvoir
de piéger le processus en amont. Des élections transparentes supposent une
liste électorale fiable. Mais l’absence de l’opposition pourrait permettre
au RPT de miner le processus quitte à revenir à une nouvelle CENI après
coup. Dans ce cas de figure, soit le CAR et l’UFC participent aux élections
dans un cadre verrouillé et programmé pour la victoire du pouvoir, soit ils
boycottent les élections pour rendre encore plus facile la réélection de
Faure Gnassingbé qui pour ce faire, pourrait compter sur quelques lièvres de
course comme candidats à la place de l’opposition représentative.
On aura alors un scrutin
démocratique en apparence sans que des militaires ne s’enfuient avec les
urnes comme en 2005. Il s’ensuivra une tentative de soulèvement vite
maîtrisée puis l’instauration du treizième dialogue de Ouaga avec le soutien
de la CEDEAO, l’UA, l’OIF etc.
Quatre hypothèses semblent
conforter le pouvoir en place dans sa stratégie
Primo, il est vrai que
l’opposition aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était en 2005. Les amis
d’hier s’observent aujourd’hui en chiens de faïence. Les législatives de
2007 bien qu’ayant déterminé le poids de chacun ont plus que jamais rendu
impossible toute coalition des forces démocratiques. La CPP le PDR et
surtout la CDPA qui hier évoluaient la main dans la main sont devenus des
ennemis jurés de l’UFC qui les considère comme des moins que rien, alliés du
RPT. Inutile de dire que ces trois partis ne se priveront pas de militer
pour l’échec de l’UFC en 2010 et déploieront toute leur énergie pour qu’il
en soit ainsi.
Ces partis étant donc
éloignés, seule la coalition CAR–UFC est susceptible de dérouter le parti au
pouvoir. Mais là aussi, il n’est pas encore temps d’espérer. Les
divergences entre les deux partis qu’on dissimule et qui sont très
profondes n’incitent pas à l’optimisme. Quand bien même le CAR et l’UFC sont
tous opposés aux méthodes du RPT, ils ne semblent pas pour autant prêts à
mener des actions de concert. Les deux partis ne se font pas confiance.
Cette suspicion s’est aggravée lorsque l’UFC a refusé de partager
équitablement avec le CAR les membres de la CENI pour le compte de toute
l’opposition. Lors de l’adoption de l’amendement du code électoral, aucun
député de l’UFC n’y était. Par contre, le président du groupe parlementaire
CAR s’y est présenté pour exprimer sa désapprobation.
Cette «mésentente amicale»
entre les deux partis en rajoute aux difficultés qu’éprouve l’opposition à
engager la bataille de la rue. Pour faire reculer le pouvoir RPT et faire
prévaloir ses exigences, il lui faudra mettre des dizaines de milliers de
Loméens dans la rue. Mais avant que l’UFC ne se décide à lui renvoyer
l’ascenseur, le CAR n’est pas disposé à s’associer aux initiatives du parti
de Gilchrist Olympio pour la remobilisation des populations. Récemment, une
démarche de la jeunesse de l’UFC en direction de la jeunesse du CAR à cet
effet n’a abouti à aucune décision. L’UFC est ainsi condamnée à mettre
seule sa menace à exécution. Ce qui n’est pas de nature à inquiéter
l’adversaire commun qui, en plus de la violence légale dont il se prévaut,
considère qu’il a la situation en main.
Secundo, c’est le peu
d’enthousiasme affiché par la communauté internationale plusieurs fois
sollicitée à intercéder en faveur de l’Opposition en vue des réformes
institutionnelles. Cela est dû en partie au fait que ces partenaires
internationaux font de plus en plus confiance au président du Faso surtout
en raison de ses efforts unanimement salués pour le processus de paix en
Côte d’ivoire. Désormais consacré Grand médiateur en Afrique de l’Ouest,
Blaise Compaoré qui, comme en 2005, considèrerait que la réélection de Faure
est un gage de stabilité indispensable à l’usage du Port de Lomé n’aurait
pas trop de difficulté à convaincre les partenaires européens au profit du
pouvoir en place.
Tertio, le changement de
régime au Ghana voisin aurait pu être un réconfort pour l’opposition. A
l’issue d’une audience que le nouveau président ghanéen compagnon de J.J.
Rawlings au cousin de ce dernier qu’est Gilchrist Olympio,un communiqué
rendu public par l’UFC avait annoncé la disponibilité du pouvoir de ATTA-MILLS
à s’impliquer pour la réussite du processus électoral au Togo. Plus encore,
dans une interview le président de l’UFC avait déclaré qu’il avait été
installé comme un chef d’Etat lors de l’investiture de John Atta-Mills.
Les autorités togolaises
ayant perçu ces déclarations comme annonçant le soutien du pouvoir ghanéen à
l’opposition togolaise auraient mis la pression sur le nouveau pouvoir
ghanéen qui, pour éviter des ennuis avec un voisin devant une opposition
ghanéenne aux aguets, multiplie en ce moment des gestes pour rassurer Faure
Gnassingbé. A cet effet, des émissaires du président ghanéen ont effectué
des missions à Lomé. Comme pour isoler Gilchrist Olympio qui compterait sur
le soutien des autorités ghanéennes.
Quarto, les soubresauts
politiques qui se signalent un peu partout en Afrique rendent la situation
togolaise moins préoccupante. En ce moment, les projecteurs sont braqués sur
Madagascar où un président illégitime a le soutien de l’armée. Le Zimbabwe
où rien n’est encore joué entre Mugabé et son adversaire Premier ministre
Tzvanguirai, le Soudan où l’inculpation de Omar El Béchir n’arrange rien à
la situation au Darfour, la Guinée Bissau guettée par l’anarchie, la
Guinée Conakry où la junte a maille à partir avec la classe politique et la
société civile, la Mauritanie où le Général putschiste s’oppose au retour à
l’ordre constitutionnel et enfin la Côte d’Ivoire où règne une paix fragile
après la guerre. Dans les cinq derniers pays, tous de l’Afrique de l’Ouest,
presque en Etat d’exception, des élections sont annoncées dans l’incertitude
totale. Il n’en faudrait donc pas plus pour reléguer le Togo au rang des
pays où la situation est moins préoccupante. En tout état de cause, le peu
d’intérêt accordé à la situation politique au Togo en raison des crises
déclarées ailleurs en Afrique permettent au pouvoir togolais d’évoluer à sa
guise.
A.S.
Le séjour de la mobilisation :
Gilchrist Olympio veut rencontrer les dirigeants du CAR
Une délégation de
l’Union des Forces de Changement (UFC) conduite par son président national
Gilchrist Olympio était en tournée ce week-end dans plusieurs fédérations de
la capitale. Cette tournée, à en croire le Secrétaire Général Jean-Pierre
Fabre, vise à s’enquérir de la mobilisation à la base et ensuite inviter les
uns et les autres à se tenir prêts pour la prochaine présidentielle.
La présente
tournée va s’étendre sur l’ensemble du pays. A chacune des six étapes de la
tournée de ce week-end (Nyékonakpoè, boulevard (Avenida), Tokoin (Hôtel du
Plateau), Bè-Kpota, Bè et Wuiti) des militants et sympathisants ont écouté
les explications du président national de l’UFC. Des explications sur les
dernières évolutions de la situation politique du pays marquée par les
discussions au CPDC ainsi que la modification unilatérale de l’article 21 du
code électoral par le Rassemblement du PeupleTogolais au pouvoir en vue de
réhabiliter la CENI de 2007 ont été données aux populations par le
Secrétaire Général.
Pour Gilchrist
Olympio, il n’est plus question de paniquer. «Des gens ont peur qu’au
sortir de la prochaine présidentielle, ils seront encore contraints à
accepter la fraude par l’action militaire. Mais il y a des forces de l’ordre
parmi nous. Nous leur disons que si le pays ne va pas,ça nous concerne tous,
vous-mêmes et vos enfants qui ne pourront pas aller à l’école. Donc, on doit
s’unir, ramener la paix et rebâtir ce pays», a-t-il déclaré au public à
Wuiti en mina.
Au plan
diplomatique, le leader de l’opposition togolaise dit ne pas désarmer dans
sa lutte en faveur du peuple togolais. Il affirme sillonner les capitales et
chancelleries occidentales pour expliquer la situation du pays pour obtenir
l’accord de ces dernières d’accompagner le Togo dans la mise en place des
conditions d’une élection sans entrave. «Sur ce plan, dit-il, tout
est en bonne voie».
Invité à se
prononcer sur les discussions en cours en vue d’aboutir à l’Union CAR-UFC
dans la perspective de la prochaine présidentielle, Gilchrist Olympio n’a
pas mâché ses mots. «Pour épouser une femme, il faut faire les premiers
pas. Donc, pour l’instant, on se rapproche mais le mariage n’est pas encore
consommé». C’est dans cette logique qu’il n’écarte pas l’éventualité
d’une rencontre avec les dirigeants du «parti des déshérités» dans
les tout prochains jours. Dans le cadre de la présidentielle de 2010, dit-il
en outre, l’UFC compte ratisser large dans l’opposition. En ce sens, l’Union
UFC-ADDI, est déjà une réalité selon Gilchrist Olympio.
Du reste, le
président national de l’UFC a profité de la circonstance pour fustiger la
modification récente de l’article 21 du code électoral, le piétinement des
débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, les hésitations du
pouvoir à procéder aux réformes relatives à la nationalité devant lui ouvrir
la voie pour la présidentielle.
K. Ségniagbéto
Paradoxe de la violation des droits humains : Amnesty dénonce les USA qui
épinglent le Togo
Quelques jours après que le
Département d’Etat américain eût publié un rapport sur les Droits de
l’Homme au Togo, la Commission parlementaire des Droits de l’Homme présidée
par l’honorable Christine Mensah et composée de députés du pouvoir et de
l’opposition a rencontré vendredi la presse au Palais des Congrès. Le but de
cette rencontre est de livrer à la presse les conclusions d’une tournée
nationale qui a conduit la commission dans les maisons d’arrêt des régions
des Plateaux, des Savanes et bien évidemment de Lomé entre le 23 et le 30
mars 2009.
Selon le département d’Etat
américain dans son rapport de mars 2009, la torture et autres traitements
cruels, inhumains ou dégradants formellement proscrits par la Constitution
continuent à être pratiqués en milieu carcéral togolais. Ce qui est
particulièrement mis en exergue, c’est la surpopulation. Dans ce domaine, on
souligne que la prison civile de Lomé construite pour 500 prisonniers abrite
1.557 détenus dont une quarantaine de femmes. Ce que semble confirmer la
commission quand elle plaide pour le désengorgement ou quand on parle de 285
détenus à Dapaong contre une capacité de 150. Le manque d’intérêt pour les
équipements médicaux a été aussi relevé. Curieusement, la drogue également
s’invite dans le débat au moment où on souligne que dans certains cas, des
détenus malades sont astreints au versement illicite de 1.500 F CFA soit
3.30 dollars américains aux gardes avant d’avoir accès aux soins…
«Nous avons constaté que
la plupart des prisons méritent de se voir désengorgées. Il faut initier des
maisons d’arrêt dans beaucoup de préfectures», a aussi confié Madame le
Chef de la Commission qui rapporte au passage le vœu de certains détenus
notamment ceux de Mango, relatif à la mise à leur disposition «des nattes
pour leur éviter de dormir à même le sol».
Par ailleurs,
elle souligne qu’à Dapaong, la surpopulation de la maison d’arrêt (285
détenus pour une capacité de 150) qui contraste avec la chaleur qui y règne
a développé chez certains prisonniers, des maladies cutanées notamment la
gale.
Ainsi donc, la
commission qui nie toute torture dans les prisons estime qu’«il y a plus
de peur que de mal» et conclut par sa volonté de soumettre les résultats
de cette tournée à l’Exécutif avec qui elle étudiera l’éventualité d’une
tournée de sensibilisation en direction des différents acteurs du monde
carcéral.
Paradoxe des paradoxes
Il serait ridicule de nier
les violations des droits de l’homme au Togo mais le paradoxe c’est qu’aux
Etats-Unis, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes en
matière des Droits de l’Homme. Les cas de Guantanamo et de la
guerre injustifiée de l’IRAQ n’illustrent pas le bon respect des droits
humains. Ironie du sort, dans le même mois de Mars où le département d’Etat
publiait son rapport sur Les droits de l’Homme,
l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a
publié un rapport dénonçant les conditions de détention des immigrés
emprisonnés aux Etats-Unis.
Parmi les
personnes emprisonnées figuraient «des
demandeurs d’asile, des survivants de la torture, des victimes de trafic
d’êtres humains, des résidents permanents légaux de longue date, et des
parents d’enfants ayant la nationalité américaine»,
ainsi que des enfants, note Amnesty dans ce rapport de 51 pages.
Le nombre d’immigrés détenus
aux Etats-Unis a triplé depuis 1996 et a concerné 30.000 personnes en 2008,
indique le groupe dans ce rapport baptisé «Emprisonné sans justice: la
détention des immigrés aux Etats-Unis». Amnesty prévient en outre que «ces
chiffres devraient augmenter en 2009».
Selon l’organisation, les
conditions de détention «ne respectent pas les normes internationales en
matière de droits de l’homme ou les règles édictées par le service des
douanes et de l’immigration (ICE)».
Les immigrés détenus sont
parfois vêtus d’uniformes de prisonniers et retenus «dans des centres de
détention avec des barbelés et des cellules, aux côtés de personnes
condamnées pour des actes criminels», dénonce Amnesty qui note que les
aspirants à l’immigration dont la demande est rejetée «peuvent languir en
détention indéfiniment si leur pays d’origine n’accepte pas leur retour ou
n’a pas de relations diplomatiques» avec Washington, souligne Amnesty.
Et en raison de mauvaises
conditions médicales, 74 personnes sont mortes au cours des cinq dernières
années, selon le rapport.
Selon l’ICE environ 40% des
personnes détenues sont des «étrangers criminels», un terme qui
désigne aussi bien des immigrés en voie d’expulsion après une peine de
prison aux Etats-Unis, que des résidents permanents expulsés après de
sérieuses violations du code de la route.
Par ailleurs Le
rapport annuel d’Amnesty International sur la peine de mort montre combien
les exécutions sont devenues «de
plus en plus un phénomène régional et isolé»
aux Etats-Unis,
«Les exécutions aux
Etats-Unis sont devenues de plus en plus un phénomène régional et isolé»,
a estimé Sue Gunawardena-Vaughn, directrice de la campagne d’Amnesty USA
pour l’abolition. «Ailleurs, des préoccupations comme le coût, le risque
d’exécuter un innocent ou les discriminations raciales ont mené à un déclin
important des soutiens à la peine capitale», a-t-elle ajouté. .En 2008,
2.390 condamnés à mort ont été exécutés dans le monde, dont près des
trois-quarts en Chine, selon le rapport annuel d’Amnesty International. Il
serait plus conséquent que les Etats-Unis s’efforcent d’être irréprochables
en matière des droits de l’homme pour ne pas servir d’exemple à ceux qui
érigent la violation des droits de l’homme en système de gouvernement.
L. R.
Le Président de l’UFC invité par le facilitateur à Ouaga
De source proche
de l’Union des Forces de Changement, le leader Gilchrist Olympio se rendra
incessamment à Ouagadougou. L’objet précis de cette visite n’est pas
officiellement révélé. Quelques jours auparavant, le Ministre d’Etat Pascal
Bodjona s’était rendu à Ouaga pour livrer au facilitateur, sa version de la
situation politique au Togo. C’était le 26 mars dernier.
A Ouaga,
Gilchrist Olympio discutera avec le président et facilitateur du dialogue
togolais Blaise Compaoré de la situation politique au Togo s’est exacerbée
ces derniers temps avec l’adoption des dispositions réhabilitant l’ancienne
CENI et l’annonce de l’ouverture du CPDC aux autres signataires de l’APG.
Démarches unanimement condamnée par le CAR et l’UFC déjà absents aux travaux
en commission ayant balisé la voie à cette modification. Le Rassemblement du
Peuple Togolais RPT au pouvoir, fort de ses 50 députés à l’Assemblée tente
de faire passer toutes les réformes prévues à l’agenda de l’APG devant
l’Assemblée ; L’opposition parlementaire, redoutant les manœuvres du pouvoir
exige que tout soit débattu au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation sans les partis signataires de l’APG n’ayant pas obtenu 5 % aux
dernières législatives. De plus,les réformes institutionnelles et
constitutionnelles notamment sur les conditions d’éligibilité très attendues
par l’UFC semblent hypothéquées
Le leader de
l’Union des Forces de Changement qui, lors d’une interview avait déclaré
compter sur le facilitateur pour le règlement des problèmes en suspens
saisira sans doute l’occasion pour appréhender la position et l’allure de
l’arbitrage du facilitateur sur les questions qui oppose l’UFC au parti au
pouvoir. Au sortir des discussions avec le facilitateur Gilchrist Olympio
aura donc une idée claire de l’intention des tenants du pouvoir togolais.
Sébastien
La problématique de la redynamisation du transport ferroviaire au Togo
Le transport au
Togo et particulièrement celui des passagers constitue un véritable
casse-tête chinois. Face à une telle situation, le transport ferroviaire
devrait venir renforcer le transport routier. Mais près d'une dizaine
d'années après la concession du transport ferroviaire à Togo-Rail, le
constat est saisissant : absence de transport de passagers, le transport ne
se limitant qu'au transport de fret, l'impraticabilité de certaines voies,
le matériel roulant désuet non renouvelé qui cause parfois des accidents, la
coupe et le vol des rails... La société peine à relancer le secteur.
Le
désengagement de l'Etat
Le secteur du
transport ferroviaire est un domaine de souveraineté de l'Etat. La
rentabilité du secteur devenant faible, il a fallu de multiples subventions
de l'Etat pour rétablir souvent l'équilibre. Ainsi, sur insistance des
partenaires en développement, l'Etat a fini par se désengager du secteur et
confier sa gestion à des privés. Le 16 décembre 2002, la gestion des chemins
de fer du Togo a été concédée à Togo-Rail pour 25 ans. Les missions
assignées à cette société sont entre autres, la réhabilitation des
infrastructures ferroviaires, la remise en l'état des chemins de fer dans
une perspective nouvelle, mettre fin à l'essentiel de la dégradation des
voies et l'amélioration du transport ferroviaire. Selon les clauses de la
concession, la nouvelle société doit améliorer le transport ferroviaire,
mais près de dix ans après, l'attente d'un meilleur résultat est encore
grande et se double avec l'absence de visibilité des efforts entrepris par
Togo-Rail. Certes, Togo-Rail n'est qu'à ces débuts mais il a fort à faire
s'il veut respecter les clauses.
Le transport
de passagers
Le transport
est un domaine qui demande beaucoup d’investissements Le transport de
passagers est un transport conventionnel qui, selon un responsable contacté
à Togo-Rail, «nécessite le respect d'un certain nombre de mesures à
savoir les mesures sécuritaires : éviter les accidents de circulation, ce
qui suppose des rails solides. Les mesures de respect des horaires,
les mesures de confort des wagons, lumière à l'intérieur, WC, sièges
confortables». Ces mesures ont un coût que doivent forcément payer les
passagers. Mais en tenant compte de la bourse de la population togolaise en
général, on peut sans risque de se tromper, affirmer qu'une telle entreprise
est vouée à l'échec sans aide extérieure.
Or «Togo-Rail
n'a pas la vocation de faire du social, le social est du domaine de l'Etat»,
poursuit notre interlocuteur. «Nous avons donc suspendu provisoirement le
transport de passagers en attendant une subvention de l'Etat». Argument
que ne réfute pas la direction des transports.
Mais le
directeur des transports M. Mawutoè Fatonzoun relativise. «Les chemins de
fer étaient dégradés à tel enseigne qu'il va falloir chercher des moyens de
recours de financement pour remettre le système ferroviaire à un niveau
raisonnable de trafic. Dans ces conditions de voies dégradées, matériels
roulants dégradés, si vous êtes gestionnaires de l'Etat, vous ne
pouvez pas autoriser le transport de la vie des passagers dans du matériel
qui ne tient pas et qui déraille à tout moment». Il poursuit en
affirmant que «pour l'heure, nous attendons que le niveau de
réhabilitation soit requis, le respect du cahier de charge et que le
concessionnaire qui est Togo-Rail, engage une convention de partenariat avec
l'Etat puisque nous reconnaissons que au niveau du transport de passagers,
il y a lieu d'apporter une petite subvention à cette unité pour qu'elle
puisse couvrir les charges sociales».
En attendant
ces travaux, les Togolais peuvent encore prendre leur mal en patience et
attendre encore car ce n'est pas demain que ces travaux seront réalisés.
Pour l'heure,
l'essentiel du trafic de Togo-Rail se limite au fret de minerais sur les
voies Lomé-Blitta pour le ciment et Lomé-Tabligbo pour le clinker.
Vers la
redynamisation du secteur
A l'heure
actuelle, il semble que le secteur des chemins de fer n'est pas une priorité
du gouvernement. Mais comme on le dit «la route du développement passe
par le développement de la route» y compris les chemins de fer. Au
moment où le Togo amorce une étape décisive de la relance de son économie,
ce secteur ne doit pas être négligé. Le désengagement de l'Etat ne doit pas
signifier son désintéressement total. L'Etat doit toujours avoir son droit
de regard sur le patrimoine qu'il concède aux opérateurs privés.
La
redynamisation du secteur ferroviaire serait une des clés de la relance et
ceci suppose la réhabilitation des infrastructures et l'injection des
financements nécessaires à son décollage. Elle passe également par une revue
du fonctionnement de tout le système ferroviaire qui doit répondre aux
besoins de compétitivité et de rapidité car un projet d'interconnexion des
réseaux ferroviaires des pays membres de la CEDEAO se profile à l'horizon.
Pour la
plupart, vestige de la colonisation allemande, les transports ferroviaires
au Togo étaient dirigés de 1904 à 1968 par le Réseau des Chemins de Fer du
Togo et du Wharf, de 1968 à 1995 par le Réseau des Chemins de Fer du Togo
(CFT), de 1995 à 2002 par la Société Nationale des Chemins de Fer du Togo (SNCT),
à partir de 2002 par Togo-Rail qui vient de céder depuis l'année dernière
une partie de son monopole à Minning S.A. Le réseau ferroviaire au Togo
dispose 550 km de voie.
Albert
Agbeko
La hausse du prix des produits de
la BB vue par les Togolais
Par un mémo publié la
semaine dernière, la Brasserie BB a procédé à l’augmentation du prix de ses
produits. Désormais, les consommateurs togolais doivent débourser plus
qu’avant pour étancher leur soif. C’est ainsi que la bouteille de la bière
Flag par exemple est passée de 500 à 550 F CFA. Pareil pour celle de Eku qui
passe de 550 à 600 F CFA. Officiellement, on lie cette hausse aux droits
d’accises et au changement des fiscalités. Le taux élevé de contribution de
la Brasserie aux recettes budgétaires de l’Etat soit 42 % du prix de vente
de chaque produit est également évoqué. Selon le mémo, «BB étant le 1er contributeur
aux recettes de l’Etat (42 %), il faut noter que la nouvelle structure
tarifaire générera des recettes supplémentaires non négligeables pour l’Etat
et qui seront profitables pour l’économie togolaise (financement des
infrastructures comme les routes, les ponts, les écoles, les hôpitaux, etc.)
en bref, des investissements au Togo soit 2 milliards sur le budget de
l’Etat».
Cinq jours après
cette décision, la population continue d’épiloguer sur cette mesure qu’elle
qualifie de couleuvre à avaler en ces temps de soudure. Partout, on ne cesse
de la dénoncer. Le tour d’horizon d’un nombre important de bars ou de dépôts
de boissons dans divers quartiers de Lomé a permis d’établir ce constat.
«D’habitude, avec mille
francs, j’ai deux bouteilles de Flag. Mais hier, quand j’ai encore tendu les
mille francs, on m’a dit d’ajouter cent francs. Cela a failli créer un
malentendu entre les serveuses et moi», a affirmé un consommateur qui
reproche surtout à la Brasserie le manque d’informations qui a entouré cette
révision à la hausse. «Dans aucun pays au monde, on ne procède jamais
ainsi. Au moins on prévient le consommateur des semaines à l’avance»,
a-t-il ajouté. Et un autre de renchérir «C’est l’habitude
des dirigeants togolais. En décembre dernier, quand il était question de
faire venir la
COTEC au Port Autonome de Lomé, c’est sans avertissement que cela avait été
fait. Du jour au lendemain, on a vu le prix des voitures d’occasion tripler».
D’autres estiment qu’après
avoir été contraints de réviser à la baisse le prix des produits pétroliers,
le pouvoir tente de récupérer le manque à gagner sur les produits de la BB.
Ailleurs, on
dénonce surtout l’attitude de certains commerçants véreux qui ont saisi
l’occasion pour exagérer dans la fixation des prix. Dans certains quartiers
où les gérants ne se sentent pas concurrencés, ils vendent, au lieu de 550,
la bouteille de la bière Awooyo à 600 F CFA.
«Que
la Brasserie
instaure la Police des bars pour amener tous les gérants à harmoniser les
prix de ses produits»,
a laissé entendre un client. Cette position a été reprise par plusieurs
autres consommateurs qui ne digèrent pas cette attitude des gérants qu’ils
accusent de s’associer à la Brasserie pour faire de la surenchère.
Dans le même temps, les bars
aussi se plaignent de la rareté des clients. «Depuis vendredi, mes
recettes ont chuté. Des clients qui initialement prennent trois ou quatre
bouteilles ont revu à la baisse leur consommation».
Ce qui a également retenu
l’attention de certains dans cette affaire est l’attitude des partis
politiques de l’opposition qu’on qualifie d’amorphe. Pour ceux-ci,
l’opposition togolaise ne sait même pas l’occasion qu’elle peut saisir pour
se faire entendre et bien gagner la confiance de la population. «De jeudi
à dimanche, aucun parti de l’opposition n’est monté au créneau pour dénoncer
cette attitude de
la Brasserie et appeler à la
mobilisation générale. C’est dommage»,
déclare un interlocuteur.
K. Ségniagbéto
Ça
vous regarde
La bière à prix d’or
Les amoureux des
produits de la Brasserie ont du souci à se faire. En effet, cette société
vient de réviser à la hausse, les prix des boissons. Il faut débourser
désormais 50 F CFA de plus pour s’offrir une bière et 25 F CFA de plus pour
une sucrerie ou une petite bouteille de bière.
Bien que les
rumeurs sur la question se faisaient persistantes depuis quelque temps,
l’annonce a fait l’objet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Et pour
cause. Le commun des consommateurs n’a vu aucune raison pouvant justifier
cette mesure. Au contraire, certains indices laissaient penser que les prix
n’allaient pas changer de si tôt. Non seulement le coût du kilowatt/heure
est inchangé, mais il y a quelque temps, le prix des produits pétroliers a
baissé à la pompe.
Pour justifier
cette mesure qui risque d’assoiffer plus d’un, la Brasserie évoque des
arguments qui ne tiennent pas devant les poches trouées des consommateurs.
A Lomé, les
amoureux de la «mousseuse» ne décolèrent pas. Une réflexion est
sérieusement en cours pour savoir la conduite à tenir. Faut-il prendre de
nouvelles habitudes en cessant de boire la bière ? Difficile. Non seulement
les vrais consommateurs ne peuvent pas tenir une journée sans prendre leur
breuvage fétiche, mais le fait est aussi qu’ils sont nombreux, ceux qui
peuvent sacrifier la papote de la famille pour une bouteille de bière.
La vérité, c’est
que si la Brasserie se permet certaines mesures, c’est tout simplement parce
que cette société évolue dans une situation de quasi monopole.
La nouvelle équation
Il ne sera
désormais plus facile de s’offrir une bouteille de bière ou d’en offrir à
des amis. Et pour cause. La bière coûte maintenant 10 % de plus qu’avant. Et
en ces temps de la cherté de la vie où il faut tirer le diable par la queue
pour joindre les deux bouts, il va falloir faire et refaire ses calculs
avant de franchir le seuil d’un débit de boissons.
Avec leur pouvoir
d’achat extrêmement faible, les Togolais qui voudront s’aventurer dans les
bars doivent résoudre une équation. Il sera question pour beaucoup de
choisir entre la mesure du maïs qui profitera à toute la famille et la
bouteille de bière qui partira en fumée juste après le décapsulage.
Une chose est
sûre, c’est que, contrairement à ce qu’elle paraît, cette équation est bien
difficile et pourrait laisser plus d’un, dans la position de l’âne de
Buridan.
Du boulot pour les
distillateurs
Si les
consommateurs d’alcool ne trouvent pas satisfaction chez les brasseurs,
c’est naturellement vers les distillateurs qu’ils se retourneront. La
nouvelle révision à la hausse du prix des produits BB agira certainement sur
la consommation. Nombreux sont ceux qui, faute de pouvoir s’acheter de la
bière, jetteront leur dévolu sur d’autres boissons. En tête des alternatives
se trouvent le Sodabi, le tchouk et le vin de palme. Les malafoutiers et
autres distillateurs auront donc du boulot.
Mais ici comme
ailleurs, la consommation de ces boissons locales n’est pas toujours sans
danger. Il se pose en effet à ce niveau, un sérieux problème de qualité. Le
Sodabi frelaté est celui qui court les rues le plus. Aujourd’hui, le vin de
palme se fabrique à base de produits chimiques et le tchouk qui se prépare
en principe avec du mil est aujourd’hui préparé avec du maïs et d’autres
céréales.
Comme on le voit,
s’abreuver à la Brasserie est un problème. Se replier sur les boissons
locales est aussi un problème. Ne vaut-il pas mieux de retourner tout
simplement à l’eau, la meilleure des boissons pour couper court à tout ?
Le CPDC en panne
Lorsque début
Février, le Chef de l’Etat avait pris un décret mettant en place le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation dans les termes prévus par l’APG et
conformément à un décret pris en Conseil des Ministres au temps du
Gouvernement d’Union Nationale, plusieurs Togolais avaient entrevu une lueur
d’espoir pour le Togo. Mais d’autres, instruits par des expériences
récentes, étaient plutôt restés sceptiques, attendant de voir pour croire.
Aujourd’hui, les
faits semblent malheureusement leur donner raison. Les espoirs suscités au
départ sont en train de s’amenuiser au fil des jours. Le CPDC qui suscite la
convoitise des partis qui n’y siègent pas donne plutôt l’image d’une foire
d’empoigne où on tourne en rond. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une
perte de temps. Deux mois après sa mise en place, le CPDC montre de
l’essoufflement. Ses réunions se font de plus en plus rares. A telle
enseigne que plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette structure
est en panne.
S’il est une
chose qui est sûre aujourd’hui, c’est que le CPDC n’est pas mis en place
pour régler les nombreux problèmes auxquels le Togo est confronté.
Le Togo, un pays en retard
Il y a quelques
années, le Togo était considéré comme un petit joyau en Afrique de l’Ouest.
Lomé La Belle, Lomé La Coquette était devenue un grand carrefour. En ces
temps-là, des villes comme Accra et Cotonou étaient considérées chez nous
avec mépris. C’était même des sujets de moquerie. Mais comme il est écrit
quelque part que les premiers seront les derniers, le vent a tourné en
faveur des capitales béninoise et ghanéenne.
En effet,
aujourd’hui, la capitale togolaise qu’on magnifiait est devenue un gros
village à côté de Cotonou et d’Accra. Dans notre dernière parution, nous
écrivons ici même que les Togolais qui s’étaient rendus à Accra pour suivre
le match Togo-Cameroun étaient tombés amoureux de cette mégalopole qui est
une somme d’immeubles imposants, de rues et autres boulevards bien larges,
de places publiques bien entretenues, etc. Ce n’est pas faux. Accra, c’est
aussi des échangeurs et un parc automobile neuf. Rien à voir avec Lomé.
Chez nos voisins
de l’Est, on ne dort pas non plus. Cotonou est en chantier. Chaque jour, des
immeubles sortent de terre. Un vaste projet d’aménagement du réseau routier
urbain est en cours. Des échangeurs sont prévus pour les tout prochains
jours. Histoire de faciliter la mobilité urbaine.
Pendant que chez
nos voisins, on fait du sérieux, au Togo, on procède, à grands renforts de
publicité, au replâtrage des rues. Il y a plus d’un an, on avait promis le
réaménagement de la route d’Anèho dans la zone portuaire. On a parlé de la
construction d’échangeurs au niveau du Port et au niveau de CIMTOGO. Mais
jusqu’ici, on n’a rien vu. Comme s’ils s’adressaient à des enfants de chœur
à qui on peut faire avaler autant de couleuvres qu’on veut, nos dirigeants
ont remis encore, il y a seulement quelques semaines, ce projet sur la
table.
Le Togo est un
pays en retard. C’est le moins qu’on puisse dire.
Consensus, où es-tu ?
Depuis le
dialogue national qui a conduit à la signature de l’Accord Politique Global,
la classe politique togolaise semble avoir opté pour le consensus pour
régler les problèmes politiques. Malheureusement, force est de constater que
le consensus en question reste la chose la moins partagée au Togo.
Certes, le
consensus ne se décrète pas. C’est parfois le résultat de débats difficiles
et houleux. Mais au Togo on peut, sans se tromper, dire qu’on ne parvient au
consensus que sur des questions mineures. Sur les vraies questions d’intérêt
national, chacun campe sur ses positions. Et si on semble jeter du lest,
c’est tout simplement parce qu’on a trouvé le moyen de remettre en cause
plus tard tout ce qu’on avait concédé. Les partis de l’opposition
parlementaire sont en train d’en faire l’amère expérience. Ils sont nombreux
ceux qui, pour cette raison, se demandent à quoi sert le CPDC, une structure
où on trouve des solutions consensuelles à des problèmes qui n’en sont pas,
tandis que les vrais problèmes sont renvoyés ailleurs pour être réglés sur
des bases qui n’ont rien de consensuel.
Et voici la justice privée
Il y a quelque
temps, les Togolais avaient crié leur ras-le-bol face à l’insécurité qui
prenait des proportions inquiétantes dans le pays. En réaction à cette
situation, les autorités publiques ont mis en place, un dispositif pour
endiguer le mal. Désormais des patrouilles sont organisées la nuit.
Depuis, il n’est
plus rare de voir à la télévision nationale, l’image de bandits présumés
abattus par les forces de sécurité. A l’appui de ces images, il est toujours
précisé que les malfrats en question ont été abattus alors qu’ils avaient
ouvert le feu sur les éléments des forces de sécurité qui voulaient les
arrêter.
Mais à côté des
forces de sécurité qui abattent des présumés malfrats, il se développe un
phénomène à Lomé et ses environs : celui de la vengeance ou de la justice
privée. En effet, aujourd’hui, dès qu’un malfrat est arrêté, les populations
lui font passer un mauvais quart d’heure. Après quoi, il est simplement
aspergé d’essence et brûlé vif. Le supplice du feu est devenu comme une mode
au Togo aujourd’hui. Vraiment dur, dur d’être bandit dans notre pays
aujourd’hui.
Sacré Kadhafi !
Ceux qui croient
qu’ils peuvent empêcher le Guide Libyen d’être une autorité pour le
continent africain tout entier se trompent. Et pour cause. L’homme a plus
d’imagination qu’on le croit. Voyant que son histoire de gouvernement des
Etats-Unis d’Afrique n’intéresse pas les Chefs d’Etats africains qui
préfèrent s’accrocher à leur pouvoir, Kadhafi s’est rabattu sur les rois et
chefs traditionnels qui ont fait de lui, le roi des rois d’Afrique. A défaut
de ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a.
Mais depuis
quelque temps, c’est vers les dictateurs africains que le Guide Libyen
lorgne. Il magnifie les coups d’Etat et louange la présidence à vie. Il
ouvre les bras aux criminels de guerre et s’en prend au TPI. Histoire de
s’attirer la sympathie de ceux qui sont décriés par leurs peuples et la
communauté internationale.
Mais Kadhafi
croit-il réaliser ses ambitions en faisant ce qu’il fait ? En tout cas, en
l’état actuel des choses, les Etats-Unis d’Afrique font plus peur qu’ils ne
suscitent d’espoirs. |
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Le Regard #632 du 30 mars 2009 |
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Passage
en force : Le Gouvernement veut s'assurer de la complicité du facilitateur |
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Le Ministre
d'Etat Pascal Bodjona était au Burkina Faso le 26 Mars 2009. Officiellement
et selon la formule consacrée, il était porteur d'un message du Chef de
l'Etat à son frère et ami du Burkina Faso Blaise Compaoré. A l'issue de
l'audience que lui a accordé le président du Faso, M. Bodjona a indiqué que
"Tout le monde sait l'engagement du Président Compaoré aux côtés du peuple
togolais depuis deux ans, notamment le dialogue intertogolais qui a abouti à
l'APG. Il est tout à fait normal que nous fassions également au président du
Faso l'état d'avancement et l'évolution de la politique au Togo et
bénéficier de ses sages conseils".
La
dernière session du Comité de Suivi présidée par le représentant du
facilitateur avait approuvé l'ouverture du CPDC aux autres formations
politiques signataires de l'APG. Un projet de décret pris dans ce sens,
n'est toujours pas adopté pour concrétiser cette ouverture. Les deux partis
de l'opposition parlementaire ont menacé de boycotter le CPDC si jamais il
est ouvert à d'autres partis. En outre, les deux partis boycottent déjà la
session extraordinaire de l'Assemblée Nationale convoquée en vue de
l'adoption de l'article 21 réhabilitant l'ancienne CENI. Quelles seront les
conséquences du retrait du CAR et de l'UFC du CPDC au cas où il serait
ouvert à d'autres partis et que faut-il faire dans ce cas ?
Faut-il adopter
l'article 21 nonobstant le boycott de l'Assemblée par les deux partis ou
procéder autrement ?
De source
informée, le parti au pouvoir aurait prévu toutes les réactions possibles de
l'opposition et envisagé les voies et moyens d'y faire face. De là, à
considérer que le déplacement du Ministre Bodjona vise à s'assurer de
l'adhésion du facilitateur aux scénarii prévus avant de passer à la vitesse
supérieure, il n'y a qu'un pas qu'on peut franchir allégrement. Il est clair
que les sages conseils dont les autorités togolaises veulent bénéficier de
la part du président du Faso visent à s'assurer de sa complicité et partant
celle de la communauté internationale. De l'avis du facilitateur Compaoré
dépendra donc la suite à donner aux actions programmées. Le reste dépendra
de la capacité des forces de l'opposition à dissuader cette fuite en avant.
A.
S.
Le
RPT profite de la crise de confiance entre le
CAR et l’UFC
Sous prétexte
d'éviter la précipitation et l'improvisation, le gouvernement togolais a
fait convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale. Il
s'agit de permettre à l'ancienne CENI ayant organisé les dernières
législatives d'être maintenue en fonction pour procéder à l'exécution des
tâches techniques telles que la mise à jour du fichier électoral.
A l'ouverture de
la session jeudi dernier, les groupes parlementaires CAR et UFC ont boycotté
la séance pour protester contre ce qu'ils appellent un coup de force contre
le CPDC et la transparence des élections.
En effet, les
points de désaccord auraient été transmis au Chef de l'Etat qui, avec le
concours de la facilitation, devrait trancher. Dans ces conditions,
l'implication de l'Assemblée Nationale est pour le moins incongrue.
Lors des travaux
du CPDC, les deux partis de l'opposition parlementaire ont insisté et obtenu
que dans la répartition des membres de la CENI, six membres soient attribués
à l'opposition. Lors du meeting du 22 Mars 2009, un responsable de l'UFC a
déclaré publiquement qu'ils ont rejeté la proposition du RPT de répartir les
6 membres de la CENI à raison de trois pour le CAR et trois pour l'UFC. En
décidant ainsi, le pouvoir a voulu tester la confiance entre les deux
partis. Ce refus de l'UFC a suscité indignation au CAR où on estime que pour
éviter de faire le jeu du RPT, l'UFC devrait accepter le partage équitable
de six membres si tant est qu'elle veut faire confiance au CAR avec lequel
elle envisage de lutter ensemble pour l'organisation des élections
transparentes. Ce refus de l'UFC a galvanisé le RPT qui invoque la
mésentente entre les deux partis de l'opposition parlementaire pour
ressusciter l'ancienne CENI.
Face à la
réticence de l'UFC à supposer même que la répartition des membres de la CENI
à raison de six pour l'opposition soit soumise à l'Assemblée Nationale, le
parti au pouvoir, fort de sa majorité ne se privera pas de donner trois au
CAR et trois à l'UFC, ce qui ne fera qu'alimenter une querelle déjà vue. On
se rappelle qu'en 1998, le RPT avait opéré le même coup en préférant Amaglo
à Jean-Pierre Fabre comme membre de la CENI pour le compte de l'opposition.
La campagne de dénigrement qui s'en est suivie avait arrangé le RPT. En
janvier 2009, Lawson Patrick déclarait sur une radio locale que les deux
grands partis (CAR et l'UFC) ont décidé de coopérer pour le bonheur du
peuple togolais. "Nous avions un passé lourd. Nous l'avons analysé et nous
avons dit, il faut faire quelque chose pour ce peuple. On va appeler
également les autres camarades pour qu'on fasse quelque chose dans l'intérêt
supérieur de nos populations.
(…) Nous avons
tiré un trait rouge sur le passé. Ce passé c'est un échec. Si on fait
quelque chose pour 2010 il faut que cela continue après 2010 (…). Sur le
plan politique, c'est une question de vie ou de mort parce que nous avons
trop dilapidé l'effort des populations(...)
De toute façon,
quiconque veut faire cavalier seul pour les élections de 2010 n'aura pas le
soutien des populations. Nous en sommes conscients. Nous allons faire un
mariage de raison. La raison c'est l'intérêt de nos populations. L'erreur
d'où qu'elle vienne serait un suicide politique (….) Le CAR et l'UFC dans
ce pays sont majoritaires. Si nous prenons en plus de cela les voix des
autres partis politiques, le RPT ne nous dépassera pas.
Ils ont un
problème parce qu'ils ont basé toute leur stratégie sur la division de
l'opposition. Le RPT n'a qu'à s'en prendre à lui-même". Ces propos
apparemment ne se traduisent pas par les actes.
Car si tant est
que les deux partis ont la volonté de se battre pour une cause commune, ils
devront commencer à se faire confiance en évitant certains détails
accessoires qui profitent à l'adversaire.
Même si au CAR
on s'associe à l'UFC pour dénoncer les manœuvres du RPT, on ne comprend pas
très bien pourquoi, sachant que l'adversaire a fondé sa stratégie sur la
division de l'opposition, le parti de Gilchrist Olympio ne s'y prend pas
autrement pour éviter ce piège.
A. S.
L’UFC à l’heure de la mobilisation populaire :
Un
retour annoncé pour la bataille de la rue
«On
est une armée, les fantassins, c’est les militants. On a besoin des
militants pour obtenir les meilleures conditions. Sous la pression
populaire, le parti au pouvoir sera obligé de battre en retraite», ces
propos de Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC témoignent que
le parti de Gilchrist Olympio est prêt à faire descendre son «armée»
dans la rue.Le président du Parti est à juste titre attendu ce mercredi
pour patronner la mobilisation populaire visant à obtenir par la rue, ce
qu’il est impossible d’arracher par le dialogue et la concertation.
Lors du meeting du 22 Mars 2009, les responsables de l’UFC ont menacé de
recourir à la mobilisation populaire pour faire triompher leurs exigences.
On ignore si Gilchrist Olympio rencontrera le chef de l’Etat pour lui
réitérer ses exigences ou si le parti mettra directement ses menaces à
exécution. Outre la réforme du code électoral, l’UFC exige que la
constitution soit débarrassée des mesures jugées discriminatoires à
l’encontre de son candidat.
Lors d’une conférence de presse animée le 26 Mars 2009, l’UFC a mis en
garde Faure Gnassingbé contre les conséquences des blocages organisés à
dessein par le parti au pouvoir et annoncé qu’elle se verra contrainte de
quitter le processus de sortie de crise en cours et d’appeler les
populations à empêcher par tous les moyens, une énième mascarade électorale,
si le RPT persiste dans sa logique de fraudes. Elle exhorte les populations
togolaises à rester constamment vigilantes et mobilisées pour faire échec à
l’imposture, aux intimidations et autres manœuvres sordides orchestrées
La
situation est telle que le parti de Gilchrist sera obligé de mettre ses
menaces à exécution dès lors que le parti au pouvoir ne semble s’émouvoir
outre mesure. La dernière démonstration de force de ce parti remonte à
l’élection présidentielle de 2005 où les militants avaient été conviés à se
mobiliser pour faire échec au hold up électoral. Les barricades avaient été
dressées dans les quartiers fiefs de l’UFC. En réaction, des éléments de
l’armée ont entrepris une expédition punitive en pénétrant les domiciles
pour y molester les occupants.
Quatre ans après, la situation a évolué. Mais le souvenir de cette triste
période qui dissuadait toute velléité de contestation est –il estompé ?
Pour sa part, le parti au pouvoir feint de ne pas prendre les menaces de l’UFC
au sérieux. Un défi que Gilchrist Olympio se doit de relever.
A.
S.
Houngbo évoque des résistances au sein du parti au pouvoir
Dans une interview du Premier ministre publiée lundi 30 Mars 2009 dans
l’hebdomadaire Jeune Afrique, il y évoque la présidentielle de 2010, le
face-à-face RPT-UFC, le laborieux dialogue au sein du CPDC et les
résistances de certains au sein du parti au pouvoir. Ce qui accroche dans
cette interview est que le Premier Ministre a semblé avoir tout dit sur
l’avenir des réformes très attendues à l’Union des Forces de Changement. «Barons
du RPT ou pas, certains n’ont pas intérêt à ce que ces réformes aboutissent.
Lorsque des intérêts sont en jeu, il n’y a plus de couleur politique»,
a-t-il dit. En clair, il n’y a pas selon le PM, seulement qu’au sein du
parti au pouvoir qu’il y a des résistances à opérer les réformes prévues à
l’APG et qui devraient logiquement conduire à une élection inclusive.
Gilbert Houngbo constate que les tactiques électorales ont débuté à un an
des élections présidentielles. «Dès octobre 2007, au sortir des
législatives, la plupart pensaient déjà à 2010», indique-t-il assurant
que pour une jeune démocratie, «une pré campagne aussi longue est une
bonne chose». De ce point de vue, il n’a pas exclu que «le processus
soit ouvert sur la base des lois existantes parce que ces lois ont permis
d’organiser les législatives crédibles».
Sur la confrontation RPT–UFC, le Premier ministre estime qu’un système
bipolaire n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux et que «les clivages
nés des élections fragilisent la cohésion sociale». Mais il constate
cependant qu’au Togo, avec les derniers développements de la situation
politique qu’«on est loin de l’esprit de réconciliation nationale et de
l’Accord signé à Ouagadougou en 2006».
Un
autre point important sur lequel Gilbert Houngbo s’est prononcé est sa
coloration politique. Il dit n’avoir aucun parti politique mais que
lorsqu’on dirige un gouvernement largement dominé par un parti, il ne faut
pas s’étonner d’être combattu par l’opposition.
L. R.
Les rues bientôt à l’épreuve au Togo
Au lendemain des importants dommages causés par les
inondations qui ont frappé plusieurs régions de notre pays l’année dernière,
le gouvernement a annoncé des projets de réhabilitation et de construction
de routes et pistes rurales au Togo. Ces projets sont prévus pour se
réaliser aussi bien dans la capitale Lomé qu’à l’intérieur du pays.
A
Lomé, on a vu des hommes en uniforme procéder au replâtrage des avenues et
autres artères défoncées. On a aussi vu par endroits et à l’intérieur du
pays, retaper des routes avec du sable ou de la latérite. Ces travaux sont
souvent vantés et présentés à l’opinion comme de grands travaux réalisés par
le pouvoir en place. Mais l’appréciation de ces ouvrages est tout autre chez
les populations et les usagers des routes qui se plaignent de la poussière
qui est devenue la chose la mieux partagée sur nos routes. Il suffit
d’emprunter certains chemins pour réaliser l’ampleur du phénomène.
Face
à cette situation, on pourrait penser que la saison des pluies qui s’annonce
viendra, avec l’humidité, régler le problème. Malheureusement, il se trouve
que le problème ne sera remplacé que par un autre, plus grave encore : celui
de l’impraticabilité pure et simple des routes.
Il
est constant qu’à Lomé et à l’intérieur du pays, la majeure partie des rues
n’est pas équipée d’ouvrages d’évacuation des eaux de pluies. Conséquence, à
la moindre averse, les routes se perdent sous les eaux et la circulation
devient un parcours du combattant.
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’appréhension et la peur au ventre que les
Togolais attendent la saison des pluies. Combien de temps les routes
rafistolées avec du sable ou de la latérite tiendront-elles ? Et quels
sinistres, les populations éprouvées par les inondations l’année dernière
doivent-elles s’attendre à vivre ?
La
question est d’autant plus pertinente que depuis le retrait des eaux, pas
grand-chose n’a été fait pour mettre les populations à l’abri des sinistres
similaires à ceux de l’année dernière. Les mêmes causes produisant forcément
les mêmes effets, on devra donc s’attendre à tout. Même au pire, si l’on
sait que des prévisions annoncent une abondante pluviométrie cette année.
Il y
a quelques mois, au cours de la série des questions orales de l’Assemblée
aux Ministres, le problème de l’état des routes au Togo avait été évoqué. A
l’époque, le Ministre Célestin Talaki encore aux affaires avait été très peu
convainquant dans ses explications. Mais apparemment, jusqu’à ce jour, rien
n’a été fait pour l’amélioration de façon notable, de la qualité de nos
infrastructures routières. La situation est d’autant plus encore compliquée
que tous les ponts démolis l’année dernière n’ont pas été remis en état.
Il
n’y a donc pas de doute que des difficultés pointent à l’horizon.
L. R.
La grogne du
passif de Gnass
Depuis quelque
temps Faure Gnassingbé donne l’impression de renouer avec les habitudes qui
avaient cours sous Gnassingbé père. En fait l’héritage légué par celui-ci
n’est pas facile à gérer. Le réseau de fortunés barons constitué pendant
quarante ans de règne par son défunt père se montre omniprésent et s’impose
à lui. Ceux qui se considèrent comme «le passif de Gnass» (courtisans
à qui le Général offrait des billets de banque pour peu qu’ils excellent en
délation) s’estiment abandonnés à leur triste sort et ne décolèrent pas du
fait que le fils du timonier magnanime les abandonne au profit des anciens
opposants.
L’impossible
retour de l’ascenseur
Me
Apévon et les siens attendront toute l’éternité s’ils espèrent que l’UFC
renverra l’ascenseur qu’elle a «bloqué». Au niveau du parti de
Gilchrist Olympio, on considère que le soutien de l’UFC à un candidat du CAR
n’est pas à imaginer. Pour cette raison, on préfère donner un autre sens au
souhait du parti des déshérités. Ainsi donc pour le 2e Vice-président
de l’UFC «le retour de l’ascenseur veut dire qu’au cas où l’un des partis
est soutenu par l’autre, il ne faut pas qu’en cas de victoire, ce parti soit
livré à lui-même et abandonné».
Si
l’on considère que le soutien de l’UFC au CAR est impossible et que le
contraire est possible, le retour de l’ascenseur signifierait que le CAR
aura sa part du gâteau s’il aidait l’UFC à gagner la présidentielle.
Mystère autour
du départ du Ministre Nagou
Le limogeage ou
le remplacement du ministre Nagou suscite moult interrogations. Et tout
naturellement en l’absence d’une raison justifiant cet acte, chacun y va de
son imagination. En pareille circonstance, les commentaires prennent
l’allure du sentiment qu’on nourrit à l’égard du ministre sortant.
Si donc pour la
majorité des Togolais, le départ du ministre Nagou est un non événement,
d’autres considèrent que son éviction est un acte regrettable aux
conséquences fâcheuses. D’autres encore considèrent plutôt que son départ
est salutaire non sans lui trouver des circonstances aggravantes. Au Togo
et encore plus, par ces temps de crise aggravée, le meilleur ministre qui «travaille
pour le peuple» c’est celui qui sait partager. En un mot c’est celui la
qui est «magnanime». Par contre, les ministres qui sont des «boxeurs»
c’est-à-dire qui ont les poings fermés, qui évitent des rendez-vous et qui
s’arrangent pour fuir leur bureau le jour d’audience, sont considérés comme
de mauvais ministres.
Plus
généralement on attribue le départ du ministre Nagou aux problèmes dans le
secteur de l’éducation. En réalité, le mutisme entretenu par Faure
Gnassingbé qui en a décidé ainsi range les raisons invoquées par les uns et
les autres au placard de rumeurs et de vaines suppositions.
Il est trop tôt
de conclure à une sanction qu’aurait infligé Faure à son ministre et encore
moins à une quelconque rupture de relation entre les deux. On se rappelle le
cas du ministre des finances Payadowa Boukpessi qui avait été remplacé
dans les mêmes conditions. A l’époque, même le premier ministre
Agboyibo n’avait pas été informé des raisons de ce limogeage et plusieurs
commentaires avaient été secrétés pour montrer que le ministre Boukpessi
méritait son sort. Ses détracteurs avaient même fait la fête. Mais quelques
mois plus tard, le monsieur a effectué un retour en force a l’assemblée en
tant président de la commission des finances, poste qu’il n’aurait pas dû
occuper s’il avait comme on l’avait dit, perdu la confiance du président de
son parti. Fort de ce qui précède il faut donc se garder d’aller trop vite
en besogne au risque d’être contrarié par Faure Gnassingbé qui a plusieurs
tours dans son sac.
-
S.
Malgré la baisse, le trafic de pétrole continue
En
dépit d’une baisse des prix à la pompe au Togo, le trafic d’essence depuis
le Ghana se poursuit. C’est ce qu’indique lundi l’Agence ghanéenne de presse
(officielle). Les stations-service de la ville de Hohoe, dans la région de
la Volta, sont dévalisées dès l’aube. L’essence est chargée dans des
conteneurs, des bidons ou des réservoirs supplémentaires installés sur des
camions. Une fois chargés, les véhicules passent la frontière toute proche
pour aller revendre leur précieuse cargaison.
Le
litre de super sans plomb vaut un peu plus de 300 Fcfa au Ghana contre 445
au Togo.
Le
phénomène a pris une telle ampleur que la municipalité de Hohoe doit se
réunir dans les jours qui viennent pour prendre des mesures permettant de
mettre un terme à ce trafic.
Blague ou candidature ?
«Kofi
Yamgnane confirme qu’il sera candidat à la présidentielle de 2010» et
qu’il sera à Lomé dans les prochains jours pour l’annoncer officiellement à
ses compatriotes.
Naturalisé français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M.
Yamgnane 63 ans, a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à
laquelle il adhéré au parti socialiste français. Il a été élu conseiller
municipal à Saint-Coulitz en 1983 et Maire de la même localité en 1989.
Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les
gouvernements d’Edith Cresson (1991) et de Pierre Bérégovoy (1992). Tout
comme Gilchrist dont il espère qu’il se désiste en sa faveur, Kofi est
confronté au critère de nationalités et du quitus fiscal prévu par la loi.
Mais son cas va certainement susciter la curiosité car certains se demandent
si c’est pour amuser la galerie qu’il s’annonce. Sera-t-il à son retour et
comme auparavant hébergé par le Général du RPT Gnonfame ?
Corps rejetés
par la mer : La version du Colonel Titikpina démentie par le Procureur
Le lundi 23 mars 2009, des corps sans vie ont été rejetés par la mer sur la
plage de Lomé. Il s’agit de cadavres d’adolescents dont l’âge était compris
entre 13 et 17 ans. Les premières informations sur cette découverte macabre
divergeaient sur le nombre exact de corps rejetés par l’océan. On parlait de
6, 9 ou 13 et même plus selon les sources.
Toujours est-il que la nouvelle a suscité de l’émoi au sein de la population
où on s’interrogeait sur l’origine de ces corps.
La
première explication viendra de sources proches du Ministère de la Sécurité
et de la Protection Civile. Selon celles-ci, les corps rejetés par la mer
seraient ceux de jeunes gens qui après avoir fait du jogging à la plage au
cours du week-end, avaient décidé de se baigner dans l’océan.
Quelques jours plus tard, soit jeudi dernier, une autre version, celle du
Procureur de la République vient démentir les allégations du Colonel
Titikpina en expliquant autrement l’origine de ces corps. Il s’agit, selon
le Procureur, de corps de jeunes élèves qui étaient à un pique-nique
organisé à l’occasion de la semaine culturelle qui s’achevait. C’est à la
fin de ces festivités que les noyés avaient voulu prendre un bain.
Mieux, le Procureur parle d’un 7e corps
rejeté dans le même temps mais dont le cas est dissocié des six autres parce
que des indices montrent que ce dernier a été jeté à l’eau alors qu’il était
déjà sans vie.
Comme on peut le constater, les explications du Colonel Titikpina ne
convergent pas avec celles du Procureur de la République qui, d’après nos
informations, était en l’espèce, habilité à ouvrir une enquête judiciaire
afin que la lumière, la vraie, soit faite sur cette affaire. Si ces
informations sont exactes, on se demande pourquoi le Ministre de la Sécurité
s’était précipité pour donner une version des faits qui se révèle fausse
aujourd’hui ? Il aurait fallu identifier simplement un ou deux corps pour
savoir ce que ces adolescents faisaient à la plage avant de trouver la mort.
Mais au lieu de cela, on a préféré une autre démarche.
Ce
n’est pas la première fois que le Colonel Titikpina se jette sur une affaire
de corps rejeté par la mer à la plage. Le cas du Ministre Joachim Atsutsè
Agbobli est encore vivace dans les esprits. Quelques heures seulement après
l’annonce de la mort tragique de cet homme irremplaçable, et alors même que
les Togolais n’étaient pas encore revenus de leur choc, le Colonel Titikpina
avait, à la surprise générale, sorti un communiqué pour parler de suicide.
Cette version qui sera démentie par des résultats d’enquêtes sérieuses avait
soulevé le tollé général et révolté plus d’un Togolais.
Cette sortie malheureuse du Colonel Titikpina avait failli mettre le feu à
une situation déjà sulfureuse. Sur quelle base s’était-il fondé pour pondre
son communiqué et le faire diffuser ? Lui seul sait.
Aujourd’hui, au regard de ces deux exemples, on est fondé de dire que le
Colonel Titikpina est un homme dont les actes tendent à tout compliquer au
Togo. Reste à savoir le but qu’il poursuit en annonçant à tour de bras, des
informations qui se révèlent fausses après.
L. R.
L’école
ghanéenne attire des élèves du Togo
«I live
in
Lome but I go to school in Ghana».
Ils sont plusieurs dizaines d’élèves à traverser la frontière togolaise
chaque jour pour se rendre à l’école au Ghana. Pour la plupart des Togolais,
on y trouve également des ressortissants de pays anglophones d’Afrique
résidents à Lomé. Ces élèves, habitent pour la plupart les quartiers proches
de la frontière. Mais d’autres quittent les faubourgs de Lomé tels Djidjolé,
Agbalépédo, Kagomé et autres pour se rendre à l’école de l’autre côté de la
frontière. Chacun de ces élèves a une raison particulière dans la préférence
de l’enseigne-ment anglophone à celui de leur pays de résidence.
David, environ 15 ans, d’origine nigériane, vit à Lomé mais fréquente au
Ghana. Il explique : «Je fréquentais au Nigeria avant de suivre mon frère
au Togo. N’ayant pas de moyens pour m’inscrire au British School of Lome,
mon frère m’a inscrit à l’école ghanéenne puisque la frontière est à
quelques kilomètres de Lomé. L’objectif est de ne pas perturber mes études
car je peux regagner mon pays à n’importe quel moment».
Mais pour Doris
12 ans, une togolaise, le choix de l’école ghanéenne vient beaucoup plus de
la volonté de ses parents que de la sienne. Son père était beaucoup fasciné
par l’éducation anglo-saxonne et a voulu que sa fille aille à l’école
anglophone pour acquérir des connaissances du pays de Shakespeare. «Voilà
pourquoi je vais à l’école ghanéenne», dit-elle.
Pour Kodjo, 16
ans, c’est une autre histoire. C’est après avoir décroché le BEPC dans l’enseigne-ment
togolais qu’il s’est décidé à poursuivre ses études au Ghana. «Avec mon
niveau, affirme-t-il, on m’a mis en «class 6» l’équivalent du CM2 au
Togo. Au début, ça n’a pas été facile d’assimiler les cours mais les
enseignants sachant que je viens du Togo, étaient obligés d’ex-pliquer
certaines choses en Ewé afin que je puisse comprendre. Aujourd’hui,
poursuit-il, je n’éprouve aucune difficulté». S’agis-sant de ses
relations avec ses camarades ghanéens, elles sont bonnes mais seulement,
dit-il, «il arrive que nous parlions parfois français, entre nous
Togolais car il y a d’autres compatriotes aussi qui ont fait l’école
française comme moi et nos amis ghanéens croient qu’on parle mal d’eux.»
Pour cet élève qui a une expérience de l’école togo-laise avant de
fréquenter au Ghana, sa préférence va à l’enseignement dis-pensé au Ghana.
Dans le système d’enseignement togolais, dit-il, beaucoup ont le diplôme
mais ne savent rien faire. Ce qui fait qu’on voit beaucoup de diplômés qui
sont devenus des conducteurs de taxi motos «alors qu’ici, en plus des
cours, on nous apprend certains travaux manuels mais aussi certains
comportements de la vie courante comme par exemple ne pas jeter des
plastiques dans la rue».
Les
jours fériés ne sont pas souvent les mêmes dans les deux pays et le système
éducatif ghanéen opte pour des journées continues. Ces élèves togolais
arrivent-ils à trouver du temps pour entretenir des relations avec leurs
amis du système togolais ? Kodjo, répond : «on a les week-ends et les
soirs après les classes pour nous amuser. Cette différence d’emploi du temps
n’a pas tellement d’impact sur nos relations avec nos proches ni avec nos
amis».
S’agissant de la traversée de la frontière, ils affirment, «nous on n’a
pas de problème. On traverse librement la frontière tant du côté
togolais que ghanéen. Les forces de l’ordre quand ils nous voient en tenue
scolaire nous cèdent le passage».
A la
question de savoir quel monnaie ils utilisent, tous répondent que leurs
parents leur remettent le F CFA mais une fois arrivés à la frontière, ils
l’échangent contre le cedi ghanéen.
Il
est à noter toutefois que pendant que des Togolais franchissent la frontière
pour se rendre à l’école au Ghana, d’autres enfants ghanéens font le chemin
inverse pour l’école togolaise.
Pour
ces élèves assez particuliers qui pas-sent le plus clair de leur temps dans
des institutions de formation autres que celles de leur pays d’origine,
maîtrisent-ils les lois de la République dont ils sont originaires ? Ont-ils
la même fibre patriotique que leurs compatriotes formés dans les écoles
locales ou encore pour quel pays bat leur cœur ? Les jeunes Togolais qui
fréquentent au Ghana vont à l’école le 27 avril jour d’indépendance de leur
pays mais restent à la maison le 06 mars qui est la date commémorative de
l’indépendance du Ghana.
Albert
Agbeko
Ça
vous regarde
Quoi pour
remplacer l’ATC ?
Chaque fois que les Togolais sont confrontés aux problèmes de la cherté de
la vie, des voix s’élèvent pour fustiger l’Association Togolaise des
Consommateurs (ATC). A en croire celles-ci, l’ATC ne fait rien et manque
d’efficacité dans le peu qu’elle fait. Mais la question peut se poser de
savoir de quels moyens dispose l’ATC pour régler les problèmes des
consommateurs togolais.
La
vérité, c’est que l’ATC est une association créée par des bonnes volontés et
qui ne peut fonctionner qu’avec les moyens dont elle dispose. Elle n’est pas
une institution de l’Etat, financée par le contribuable. Si tant est qu’on
trouve qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes, rien n’empêche ses
détracteurs ou d’autres Togolais de créer une autre association qui poursuit
les mêmes objectifs et qui peut faire mieux que l’ATC.
Dans
nos sociétés, il y a de plus en plus de gens qui passent le plus clair de
leur temps à condamner et à vilipender les autres alors qu’eux-mêmes ne
proposent rien de concret. Nous ne voulons jouer ni à l’avocat d’une partie,
ni au procureur de l’autre. Mais il semble que même si l’ATC éprouve des
difficultés pour donner de la visibilité à son action – ce qui reste
d’ailleurs à démontrer – ses promoteurs ont au moins le mérite indéniable de
l’avoir créée. Alors, trêve de balivernes !
L’apprenti
chrétien et l’amuseur Agbey
Il y
a quelques jours, l’Alliance de Dahuku Péré a tenu son congrès à Lomé. En
marge des travaux, l’occasion a été saisie par les médias pour interroger
l’«Apprenti Chrétien» sur un certain nombre de questions d’actualité.
C’est ainsi que, à un journaliste qui voulait savoir l’état actuel des
relations entre Péré et son ancien «Allié» Agbey, l’«Apprenti
Chrétien» avait répondu en substance qu’il n’avait pas du temps pour
s’amuser et qu’il préférait tourner la page en ne parlant même plus de cet
homme.
Cette réponse a donné à réfléchir à certains observateurs. Car des propos de
ce genre venant d’un homme qui a pratiqué pendant longtemps l’ancien Premier
Ministre doivent être pris au sérieux. Et ils ont raison parce que plusieurs
Togolais s’étaient fait une opinion sur cet homme depuis longtemps. Ils
savaient que ses rodomontades et ses vociférations n’étaient qu’une manière
d’amuser la galerie. «L’Apprenti Chrétien» vient de leur donner
raison.
Le prétexte
pour se saouler la gueule
La victoire des Eperviers samedi dernier a été saluée par une
liesse populaire. En attendant le retour des joueurs et des supporters ayant
fait le déplacement de la capitale ghanéenne, à Lomé, on avait commencé la
fête. Dès le coup de sifflet final, les rues ont été prises d’assaut par des
jeunes et moins jeunes des deux sexes, habillés aux couleurs des Eperviers.
En un rien de temps, les bars avaient fait leur plein et la bière avait
commencé à couler à flot. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’offrir la
belle «mousseuse» s’étaient rabattus sur les baraques où ils
pouvaient trouver des breuvages à la taille de leur portefeuille.
Mais
un petit tour en ville a permis de découvrir que ce n’était pas les mordus
du football ou les supporters des Eperviers seulement qui étaient dans les
rues et surtout dans les bars. Il a été donné de constater que parmi ceux
qui s’agitaient et «ambiancaient» les bars le plus, il y avait des
gens qui n’avaient jamais affiché ou manifesté un quelconque intérêt pour le
football auparavant. De là à en conclure que la victoire des Eperviers a été
pour certains, un prétexte pour se saouler la gueule, il n’y a qu’un pas
vite franchi.
La politique
de diversion
L’observation de ce qui se passe au plan politique au Togo permet à certains
analystes de dire qu’on se prépare à jouer un vilain tour aux Togolais.
Il
est une évidence que les échéances électorales de 2010 approchent à grands
pas. Dans les états-majors des partis politiques, c’est une réalité qu’on ne
perd pas de vue. Tous les acteurs politiques s’accordent pour dire que tout
doit être mis en œuvre pour que la prochaine élection présidentielle soit
démocratique et transparente. Malheureusement, dans le même temps, on semble
marquer les pas pour réaliser les conditions devant garantir la transparence
et l’équité.
Aujourd’hui, le CPDC paraît plus comme un machin créé pour distraire les
partis politiques que pour régler réellement des problèmes d’intérêt
national. Actuellement, au lieu de s’occuper de choses sérieuses, on cherche
à focaliser l’attention de l’opinion sur la question de l’ouverture du CPDC.
On élargit le cadre à certains partis. De quoi réveiller d’autres formations
qui réclament aussi leur entrée pendant que le CAR et l’UFC s’opposent à
toute forme d’ouverture.
Comme si cela ne suffisait pas, c’est l’opinion qui s’empoisonne avec un
vicieux débat autour du tribalisme
Pendant ce temps, les jours passent, pavant la voie à un processus bâclé
qu’on évoquera l’insuffisance de temps pour justifier.
Lorenzo le
moraliste
Suite à l’annonce de la baisse du prix du carburant à la pompe, le Ministre
Guy Lorenzo en charge du Commerce était sur les plateaux de la TVT pour
répondre à quelques questions. Aux interrogations du journaliste qui voulait
avoir des réponses sur le fait que le pétrole continue à coûter cher au
Togo, le ministre, après avoir essayé une comparaison entre le prix du
carburant au Togo et celui pratiqué dans certains pays de la sous-région
s’était employé à faire la morale aux Togolais qu’il appelait au civisme,
etc.
En
tant qu’économiste, M. Lorenzo sait que le commerce a ses règles et que la
loi de l’offre et de la demande n’a rien à foutre avec le civisme, et que
face aux intérêts mercantiles, il n’y a pas de morale qui tienne.
Après avoir écouté le ministre, nombreux sont ceux qui étaient parvenus à la
conclusion qu’il s’était trompé de vocation et qu’il avait plutôt sa place
dans une église plutôt que sur un plateau de télévision, en train de parler
de questions strictement économiques.
Au-delà de la
fête
Au-delà de la victoire des Eperviers et de la fête qui s’en est suivie, les
dirigeants de la FTF doivent se prendre au sérieux pour tirer des leçons de
la rencontre. Si les Eperviers ont pu «dompter» les Lions
Indomptables du Cameroun qu’on ne présente pas, c’est parce qu’ils ont des
potentialités qui autorisent à croire qu’ils peuvent valablement en découdre
et terrasser les autres équipes de leur poule.
Il
appartient désormais à la Fédération d’instaurer dans notre football, une
atmosphère de sérénité propice à un bon travail. Les dissensions intestines
et les querelles d’hommes qui ont miné l’équipe dirigeante de notre football
ces dernières années ont négativement affecté l’équipe nationale. De fait,
les Eperviers qui faisaient rêver les Togolais divisés par des questions
d’ordre politique, avaient quitté le camp des vainqueurs.
Aujourd’hui que les espoirs de la normalisation sont nés, Rock Gnass et les
siens doivent faire en sorte qu’on n’ait plus à revivre sur la terre de nos
aïeux, les tristes épisodes comme ce qu’on a vécu à Wangen en 2006. Il
s’agit d’un défi à relever.
A qui le
tour ?
La
nouvelle était tombée mardi soir : par décret pris par le Président de la
République, il est mis fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque-là
Ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation.
Naturellement, le même décret qui nomme à ce poste M. Laré Sankardja n’a
donné aucun détail sur les raisons de ce limogeage que certains ont senti
comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.
En
effet, au sein de l’opinion, Yves Madow Nagou est considéré comme un ami
fidèle de Faure Gnass et qui, de ce fait, est indéboulonnable. Son éviction
sans commentaire suscite beaucoup de spéculations. Il se dit un peu partout
qu’avec le limogeage de M. Yves Madow Nagou, tout peut arriver à tout le
monde au sein du gouvernement et qu’il n’y a pas d’intouchable.
Nous
ne demandons qu’à croire. Mais si tel est le cas, Faure doit continuer le
ménage en virant tous ceux qui, par leur zèle ou leur suffisance, sont en
train de défrayer la chronique en ce moment.
Le retour des
Eperviers
Samedi dernier, les Eperviers du Togo ont reçu à Accra, dans le cadre des
qualificatifs pour la phase finale de la CAN/Mondiale 2010, les Lions
Indomptables du Cameroun. A l’issue du temps réglementaire, les Togolais ont
infligé une défaite à leurs homologues Camerounais : score final, un but
contre zéro.
En
réalité, très peu d’observateurs donnaient le Togo favori dans ce match.
Nombreux étaient ceux qui avaient pronostiqué contre les Eperviers. Et pour
cause. On sait que le Cameroun est une grande nation de football et que
l’équipe nationale camerounaise regorge de joueurs de talent. Mais on semble
avoir oublié qu’en matière de football, le Togo n’est pas rien et que ses
déboires sont dus, plus à la pagaille et à l’indiscipline qui s’emparent de
temps à autre de l’équipe nationale qu’à la qualité des joueurs.
Les
Eperviers du Togo ont démontré qu’il suffit d’avoir de la volonté pour
soulever des montagnes. Pour avoir fait ce choix, ils ont renoué avec la
victoire, consacrant leur retour dans le camp des gagnants. Souhaitons que
ça dure !
Accra mon
amour
La
rencontre qui s’était déroulée entre les Eperviers du Togo et les Lions
Indomptables du Cameroun samedi dernier a donné l’occasion à plusieurs
Togolais de découvrir ou de redécouvrir la capitale ghanéenne. «La
majestueuse de l’Afrique de l’Ouest» n’a rien à voir avec Lomé la
prétendue «Belle» qui ressemble à un gros village à côté d’elle.
Accra qui, il y a encore quelques années était en décrépitude, est
aujourd’hui, une somme d’immeubles imposants, de rues bien tracées,
d’avenues propres, d’échangeurs, de places publiques fleuries, etc. Il faut
être quelqu’un qui déteste le bien et le beau pour ne pas tomber amoureux de
cette ville en qui tout plaît.
Ce
qui a été possible au Ghana voisin est aussi possible au Togo, pour peu
qu’on y mette de la volonté. Si seulement nos dirigeants qui voyagent tout
le temps pouvaient s’inspirer de toutes les belles choses qu’ils voient à
l’étranger ! |
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Le Regard #63i du 24 mars 2009 |
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Vers la
suppression du poste de premier ministre
au Togo |
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Dans les milieux
proches du pouvoir on se rend compte que l’exécutif bicéphale c’est-à-dire
un président de la République flanqué d’un premier ministre n’est pas
nécessaire aujourd’hui.
«A quoi sert un premier ministre alors que c’est le président de
la République qui nomme les
ministres, à des hautes fonctions, préside les conseils des ministres et
instruit le premier ministre sur la politique intérieure et extérieure»
s’interroge le CRATERE qui considère que le maintien de ce poste de premier
ministre, loin de créer une valeur ajoutée à notre démocratie risque
d’engendrer des conflits de tous ordres. Et de proposer que le Togo
s’inspire des exemples de nos voisins immédiats le Ghana et le Bénin dont
les démocraties sont citées en exemple et dont les constitutions ne
prévoient pas de premier ministre.
En fait, la conférence nationale en adoptant le régime bicéphale n’avait pas
pris en compte la position du délégué Gilchrist Olympio qui deviendra deux
ans an plus tard le président de l’UFC. Dans sa communication sur le régime
politique à la conférence nationale souveraine, Gilchrist Olympio avait opté
pour le régime présidentiel.
La constitution du 1er Mars
1961 sous Sylvanus Olympio fait du président de la République le seul chef
de l’exécutif. Si donc l’UFC accepte d’assumer la position exprimée par son
président à la conférence nationale et l’héritage constitutionnel du premier
président dont elle se réclame il est fort probable que le poste de premier
ministre soit supprimé. Les députés UFC et RPT réunis soit 77 députés
peuvent donc modifier la constitution dans ce sens. Si le consensus se
réalise entre l’UFC et le RPT sur ce point, Fossoun Houngbo serait alors le
dernier Premier Ministre de la IVe République depuis Joseph Koffigoh.
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S.
L’épreuve de
force engagée sur la constitution
Le débat sur les
réformes constitutionnelles est lancé. Mais quelques jours auparavant, le
quotidien gouvernemental Togo-Presse, dans son édition
du 19 mars 2009 a donné le ton en publiant le point de vue d’un certain
Cratère (Club de Réflexion
sur l’Avenir du Togo à l’ère du réalisme)sur la problématique de la
révision constitutionnelle. En fait ce point de vue ne fait que confirmer
les informations persistantes faisant état de ce que le pouvoir n’entend
accepter aucune réforme, en tout cas pas avant 2010.On peut objecter que ce
n’est qu’un point de vue mais aucun Togolais ne peut être assez naïf au
point de croire que le quotidien gouvernemental de notre pays que nous
connaissons bien puisse refléter une opinion qui ne concorde pas avec celle
du pouvoir en place. A l’évidence, on n’a pas besoin d’être fakir pour
savoir que le CRATERE n’est que le cache sexe d’un «laborantin politique»
du pouvoir.
On sait que
l’exigence du principal parti d’opposition est le rétablissement de la
constitution de 1992 approuvée à une très large majorité. Mais pour
banaliser cette large adhésion populaire on raconte que cette
constitution «cachait de profondes divergences dont témoignent à souhait
les violentes turbulences que la vie politique nationale a connues depuis
l’adoption de la nouvelle constitution et jusqu’à un passé récent». Pour
donc le pouvoir sous couvert du CRATERE, «le bloc constitutionnel de 1992
portait en lui les germes de sa propre destruction». Pour donc justifier
les toilettages qui ont rendu cette constitution aberrante et monstrueuse,
on dit que le HCR n’avait aucune légitimité populaire et que donc, les
textes adoptés par elle ne peuvent qu’être contestés.
Limitation du
mandat présidentiel et critères divers
Le CRATERE
suggère qu’on porte le mandat du président élu à sept ans renouvelable une
seule fois. La constitution sous Sylvanus Olympio Article 33 dispose que le
président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel
direct et secret et sans limite. Mais cette constitution ne comportait pas
les critères d’âge limite ni de nationalité ni de critère de résidence et de
quitus fiscal.
Selon le Club, «un
coup d’oeil sur les pays dont les présidents sont au moins septuagénaires
nous montre des situations déplorables, soit des dérives autoritaires ou de
gestion calamiteuses». Sous prétexte qu’ un peuple comme celui du Togo
doit refuser de faire les malheureuses et amères expériences d’ailleurs,le
CRATERE propose le plafonnement de l’age de la présidentielle à 70 ans.
C’est le cas au
Bénin voisin mais au Togo où les problèmes politiques sont souvent
personnalisés cette disposition fait penser à Gilchrist Olympio qui aura 74
ans en 2010. De là à conclure qu’on veut l’exclure de la course aux
présidentielles, il n’y a qu’un pas.
Le CRATERE
considère que «la résidence sur le territoire national pendant au moins
un an est une bonne disposition car pour diriger un pays, il est important
de vivre tous ses problèmes sur place et au quotidien avec le peuple (….) Il
est inacceptable qu’un candidat ayant plus d’une nationalité prétende être
élu président de
la République dans un pays».
En outre, il propose que la disposition exigeant le quitus fiscal ne fasse
l’objet d’une modification mais qu’elle soit maintenue en l’état ou
renforcée davantage.
Au-delà des
propositions relevées l’objet du point de vue publié par Togo-Presse
vise vraisemblablement à donner le signal du rejet de toute révision
constitutionnelle avant 2010. La conclusion du fameux point de vue que voici
est claire.
«Au regard de
ce qui précède il est évident que la révision de la constitution est
nécessaire pour améliorer le fonctionnement des institutions.
Mais il faut
le rappeler le Togo vit depuis trois ans un climat d’apaisement et de
décrispation politiques. Faut-il vraiment remettre en cause cette sérénité
pour engager une révision constitutionnelle surtout à la veille d’un scrutin
présidentiel ? Une telle initiative serait à notre avis porteuse de joutes
verbales pouvant déboucher sur un climat politique délétère. Une révision
constitutionnelle qui interviendrait après 2010 quand la fièvre et
l’agitation électorales seront retombées dans la sérénité nous paraît
raisonnable».
Traduction concrète. La révision de la constitution n’est pas possible avant
2010.L’UFC semble avoir perçu le stratagème. Lors de son meeting tenu
dimanche dernier au jardin Fréau le parti de Gilchrist Olympio a menacé de
faire descendre les populations dans la rue pour contraindre le pouvoir à
accepter ses exigences. L’épreuve de force est donc engagée.
AS
Tout est
possible en politique
«Nul ne peut
se prévaloir de ses propres turpitudes » c’est ce que disent les
juristes pour signifier grosso modo qu’on ne peut se plaindre d’une
situation découlant d’une décision à laquelle on a consenti auparavant.
Mais en politique, c’est possible. La preuve ? A l’issue des discussions de
Ouaga en 2006, l’UFC a signé l’APG qui souligne le maintien du découpage
électoral actuel. De même le CAR avait battu seul le RPT lors des
législatives de Février 1994 de même l’UFC était sûr d’occasionner le
raz-de-marée électoral en octobre 2007. C’est sur la base de ce même
découpage que le vice président de l’UFC avait publiquement déclaré que son
parti aura au moins 69 députés lui permettant de refaire toutes les lois
iniques fabriquées par le pouvoir. Ce souhait n’étant pas concrétisé, l’UFC
revient sur le déséquilibre du découpage pour se positionner sur le champ du
suffrage exprimé et dénie au pouvoir le droit de faire prévaloir le nombre
de ses députés. La politique c’est aussi ça.
Effet de
fanatisme
Lors du meeting
de l’UFC, Me Isabelle Ameganvi, démontrant l’incongruité de l’ouverture du
CPDC, à la CPP le PDR et la CDPA a donné le suffrage obtenu par les trois
partis qu’elle a additionné pour montrer qu’ils n’ont pas les 5 pour cent
requis pour y siéger comme l’UFC et le CAR. Dans la foule, un fanatique
surexcité s’écria. «Hélu na wo !» (Malheur à eux). Mais le hic c’est
que celui qui jette ainsi l’anathème sur ces anciens partis amis de l’UFC
portait un gros boubou sur lequel figuraient entre autres les photos des
leaders des trois partis Ayeva, Kodjo, Gnininvi avec l’inscription «Coalition
pour le Changement». Lequel vêtement avait tout naturellement servi à
la campagne électorale de 2005 pour le compte de Bob Akitani. Ce militant
ignorait sans doute qu’il portait sur son corps ceux qu’il pourfend.
Gymnastique
verbale devant la foule
Les orateurs ont
rivalisé de gymnastique chaque fois qu’il s’est agi de parler du CAR. Dans
son arithmétique politico électorale, l’UFC a ajouté son suffrage à
celui du CAR pour montrer la suprématie de l’opposition sur le RPT mais
évite soigneusement de parler des points de divergences qui existent entre
le parti de Gilchrist Olympio et celui de Me Apevon au sujet du code
électoral. Et comme s’il mesurait l’impact de l’absence du CAR dans cette
manifestation censée réunir les amis Lawson Patrick a fait part de
l’engagement du CAR aux côtés de l’UFC et expliqué que cette absence est due
au fait que le CAR veut s’assurer du sérieux de leur union avant de s’y
engager. Le fait d’éviter d’évoquer le retour de l’ascenseur réclamé par le
CAR avant toute action commune avec l’UFC est assez révélateur du peu
d’importance que ce parti accorde à l’exigence du parti de Me Apevon.
Abass
Bonfoh très remonté contre Yamgnane
«Il
n’a jamais été question de soutien des cadres et officiers Bassar à Yamgnane
lorsque ce dernier a séjourné au Togo. Tout ça c’est faux».
C’est du moins ce qu’il faut retenir à en croire Abass Bonfoh le président
de l’Assemblée nationale qui réagissait à un extrait de l’article de «La
Lettre du Continent»
du 12 mars 2009 publié dans notre précédente édition. Un proche de Yamgnane
sur place à Lomé qui confirme ces propos du président de l’Assemblée
nationale a plutôt l’impression que «l’info » glissée par la lettre
du continent a été fabriquée dans un laboratoire du pouvoir pour torpiller
les actions de Kofi Yamgnane. De fait cette histoire de soutien à Kofi
ravive la brouille entre Abass et lui.
Après la mort du
Général Eyadèma, le président de la République par intérim a été en France
où il allait être reçu par le président du parlement français. Mais dans une
lettre qu’il avait alors adressée au président du parlement français, Kofi
demandait à ce dernier de ne pas recevoir Abass parce qu’il a les mains
tâchées de sang. En dépit de cela, Abass a été reçu. Mais l’acte posé par
son frère Kofi a profondément choqué Abass.
Le Professeur
Lantame Sey Sanda reconnaît que c’est sur l’initiative de leur association
CAURIS que Yamgnane est rentré au Togo après plus de neuf ans d’absence pour
se réconcilier avec ses frères contre qui il aurait des griefs. Il aurait
été reçu a Kabou en présence de 20 cadres Bassars dont les généraux Bonfoh
et Gnofame. Ce jour là, assure Abass Bonfoh «on lui a dit les quatre
vérités». Kofi aurait publiquement présenté des excuses à ceux qui se
sentent offensés par lui. Le Général Gnofame avait mis son domicile à sa
disposition durant son séjour à Bassar. Kofi avait également effectué la
même démarche en direction de Faure Gnassingbe.
L’intox
serait-elle donc venue de ceux qui redoutent les effets d’une réconciliation
entre Kofi et ses frères ? A l’évidence, elle fait d’une pierre deux coup.
Raviver la tension entre les Bonfoh et Yamgnane et présenter ce dernier
comme un politicien qui compte sur son ethnie pour parvenir au pouvoir.
L’annonce de la
candidature de l’ancien ministre français ajoute à cette confusion. Des
cadres et officiers favorables ou militants convaincus du RPT s’imaginent
mal en train de soutenir un autre candidat contre leur parti. Toujours
est-il que la méfiance s’est installée lorsqu’ils ont appris que Yamgnane
aurait demandé aux personnalités de la société civile de le soutenir et même
suggéré que Gilchrist Olympio se désiste en sa faveur.Abass Bonfoh
n’arrête pas de rigoler quand on évoque une telle candidature qu’il
considère comme le fait d’un rêveur. Mais pour le collaborateur du
franco-togolais, Lantame Sey Sanda, nul n’a le droit de dissuader la
candidature de Kofi Yamgnane si tant est sa volonté.
A.S.
Un mystérieux
policier togolais cité dans l’assassinat d’un bossu au Bénin
Une histoire
d’assassinat de bossu est au centre d’une controverse entre les autorités
togolaises et leurs homologues béninoises. Tout est parti de trois
adolescents qui auraient été arrêtés dans le mois de février pour avoir
abattu et dépouillé de sa bosse,un certain olivier handicapé mendiant très
connu à la paroisse saint Michel de Cotonou. Selon notre confrère béninois
Le Matin, à en croire le commissaire de Fifadji, le complice, Germain
Falana qui serait le cerveau de ce meurtre aurait cité le nom d’un
inspecteur de police à la retraite qui résiderait à Lomé. L’affaire a été
prise au sérieux par les autorités policières togolaises qui auraient
demandé à leurs homologues béninoises à aller jusqu’au bout en fournissant
les informations susceptibles d’aider à démasquer ce fameux inspecteur de
police (sic). Si le nom et le lieu de résidence du cerveau de l’assassinat
est donc connu comme le laisse croire le commissaire béninois, son
arrestation ne serait qu’une question d’heure. La situation est d’autant
plus inquiétante qu’il existe une collaboration policière entre les deux
pays pour combattre la criminalité transfrontalière. Dans ces conditions
l’implication d’un policier dans un crime de ce genre si elle se confirmait
serait tout simplement scandaleuse.
A. S.
Ça vous regarde
Chassez le
naturel…
Ceux
qui avaient cru que l’élection d’un nouveau Bureau Exécutif à la tête de la
Fédération Togolaise de Football (FTF) allait ramener la sérénité au sein de
l’équipe dirigeante de notre sport-roi doivent se faire une nouvelle
opinion. En effet de plus en plus d’informations poussent à réaliser
qu’après l’euphorie des lendemains de la victoire électorale de Rock Gnass,
l’atmosphère a tourné au gris à la FTF.
De
source proche de cette structure, on indique que plus rien ne va entre Rock
et son Premier Vice-Président qui n’est autre que Gabriel Améyi. On raconte
aussi que l’homme de Womé se fait aussi rare comme les larmes de chien, aux
réunions du Bureau de la Fédération.
Bien
que nous aurions voulu que tout cela soit faux, ces informations ne sont
malheureusement pas pour nous étonner. Il n’y a pas longtemps, Gaby de Womé
qui ne s’entendait pas avec Tata Avlessi de Mass, alors Président de la FTF,
avait brillé par son absentéisme notoire aux réunions. Il avait fait montre
d’une indiscipline caractérisée, dans le seul but de paralyser l’instance de
gestion de notre football.
Lorsque cet homme et ceux avec qui il foutait le bordel s’étaient investis
pour faire élire Rock au dernier congrès, nombreux étaient ceux qui
subodoraient déjà la cacophonie. Chassez le naturel, il revient au galop,
dit-on. Si Améyi a pu faire ce qu’il a fait avec Tata Avlessi, il n’y a pas
de raison qu’il recommence la même chose avec Rock, surtout si l’on sait
qu’ici, il a une position de faiseur de roi.
A
quand donc la paix pour une gestion sereine de notre football ?
Baptême de
feu
Samedi prochain, le Togo jouera un match déterminant dans le cadre des
qualifications pour les phases finales du CAN/Mondial 2010. La rencontre se
déroulera à Accra (Ghana) parce que le Togo n’a pas encore purgé sa peine de
suspension de stade. Ceux qui voudraient supporter l’équipe nationale
devront donc se rendre dans la capitale ghanéenne comme ils en ont déjà pris
l’habitude depuis quelque temps.
Ce
match qui tient à cœur à tous les fans des Eperviers constitue le baptême de
feu pour M. Jean Thiessen, le nouvel entraîneur national. On se souvient
qu’il y a quelques jours, la FTF avait signé un contrat avec le technicien
belge. A la cérémonie de signature, M. Thiessen a pris l’engagement de
qualifier le Togo pour les phases finales de la CAN et du Mondial 2010. Il
devra donc commencer à faire ses preuves samedi prochain.
Nous
ne doutons pas des qualités de l’homme. Seulement, il y a que le Togo n’est
pas un pays comme les autres. Si notre équipe nationale a souvent échoué là
où on l’attend le moins, ce n’est pas parce qu’elle ne dispose pas d’un
encadrement technique de qualité. Mais c’est plutôt parce qu’elle évolue
dans un contexte délétère où les membres de la Fédération sont à couteaux
tirés. Nous voilà par exemple à la veille d’un match décisif. Et au même
moment, on parle de profondes dissensions entre les deux premiers
responsables de la Fédération. Est-on sûr qu’une telle situation n’aura pas
de répercussion sur les résultats ? Ajouter à cela le fait que l’adversaire
de samedi s’appelle le Cameroun et on comprend que la partie ne sera pas une
sinécure.
Bonne chance quand même !
Mention «peut
mieux faire»
Le
Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a bouclé six mois à la Primature.
Mais contrairement à ce à quoi on s’attendait, le quotidien des Togolais n’a
pas connu d’amélioration.
Certes, à son arrivée, le Premier ministre avait adopté un plan d’urgence
dont la mise en œuvre était de nature à améliorer la vie des Togolais.
Certaines décisions ont été prises dans le sens de l’allègement des charges
des ménages. Mais des mesures comme la dispense du paiement de l’écolage
dans les écoles primaires et pré-scolaires du secteur public n’ont été
qu’une goutte d’eau dans la mer.
Malgré la révision à la hausse du SMIG et du SMAG, les Togolais continuent à
tirer le diable par la queue. Le panier de la ménagère reste désespérément
vide.
C’est vrai qu’au regard de ce qui se passe, on ne peut pas dire que rien n’a
été fait. Mais c’est aussi vrai que trop de choses restent encore à faire et
que les espoirs suscités par le PM Houngbo sont en train de s’étioler. C’est
pourquoi certains pensent que s’il faut donner une appréciation à l’action
du Premier Ministre, on lui donnerait la mention «peut mieux faire».
Qui dit mieux ?
Le paradoxe
Les
félicitations adressées au gouvernement par une mission du FMI qui a
récemment séjourné au Togo a surpris plus d’un Togolais. Nombreux sont ceux
qui n’ont pas compris qu’on parle d’efforts réalisés et de progrès sur le
plan économique, alors que les populations manquent du minimum vital. Ils
refusent qu’on parle d’avancées au moment où les Togolais meurent de faim.
Il
est vrai que les institutions financières ont leur langage et leurs données
d’appréciation qui ne sont pas malheureusement les mêmes que celles des
populations qui croupissent dans la misère. Comment peut-on comprendre qu’on
jette des fleurs au gouvernement au moment où on vient de licencier par
centaines, les employés de la SNPT (ex OTP) et que ceux de l’ex SOTOCO aussi
s’attendent à un sort similaire ? Comment peut-on parler d’efforts et de
progrès pendant que les pilleurs de sociétés et les prédateurs qu’on connaît
bien se la coulent douce dans une totale impunité ?
Tout
cela relève d’un paradoxe et d’une équation difficile à équilibrer.
L’UFC dans
l’arène
L’UFC
aurait-elle finalement décidé de se jeter à l’eau pour renouer avec les
manifestations populaires ? C’est en tout cas ce que pensent plusieurs
observateurs après le meeting de dimanche dernier.
Depuis quelque temps, les partis politiques togolais et surtout ceux de
l’opposition qui aimaient soulever les foules ont plutôt brillé par ce que
certains appellent une «politique de bureau» et qui consiste à se
retrancher dans les Etats-majors pour inonder les médias de communiqués de
presse.
Depuis quelque temps, le parti de Gilchrist Olympio ne cesse de menacer de
faire appel à la rue pour régler un certain nombre de problèmes. Mais
certains, évoquant une démobilisation et une désaffection des populations
avaient laissé entendre dans leurs analyses que les membres du bureau du
parti risquent de se retrouver seuls parce que l’engouement avait quitté le
peuple.
Le
meeting de dimanche aura été comme un test pour voir si les populations
étaient encore prêtes à sortir à l’appel des partis politiques. Nous ne
sommes pas là pour donner des chiffres. Mais il est désormais certain que
les Togolais ne sont pas aussi désintéressés de la chose politique qu’on le
pense. Et si l’on sait que l’appétit vient en mangeant, on peut conclure que
tout peut encore arriver.
A qui profite
la baisse ?
Jeudi dernier, le gouvernement a pris une décision révisant à la baisse, le
prix des produits pétroliers à la pompe. Cette mesure qui n’est qu’une
conséquence de la baisse considérable du coût du brut sur le marché
international a été justifiée par le souci de nos gouvernants d’alléger les
charges des ménages et de combattre la cherté de la vie au Togo.
Mais
aujourd’hui, quelques jours après l’entrée en vigueur de cette mesure, on se
demande à qui profite la baisse. Et pour cause. Aucune mesure
d’accompagnement n’a été décidée pour que la baisse du prix du carburant
puisse immédiatement profiter à tous les Togolais. Aujourd’hui, seuls ceux
qui possèdent des engins ou des véhicules en bénéficient. Les transporteurs
et autres exploitants de véhicules de transport en commun gagnent le gros
lot et il en sera ainsi tant qu’une nouvelle grille tarifaire ne sera
élaborée.
Togo : Le
dialogue sans fin
Le
dialogue est devenu une sorte de cercle vicieux, un piège sans fin au Togo.
En effet, depuis 1990, année du déclenchement du processus démocratique au
Togo, on est allé d’un dialogue à l’autre sans réellement avancer. Malgré
les dialogues qu’on a eu, parfois avec le soutien de facilitateurs,
l’essentiel des questions qui se posaient dans les années 1990 restent
encore d’actualité aujourd’hui.
Selon plusieurs observateurs, le dialogue est l’instrument par excellence
pour régler les problèmes politiques. Mais si au Togo, le dialogue est
devenu un éternel recommencement, c’est tout simplement parce que le manque
de sincérité et de bonne foi l’ont toujours caractérisé chez nous. Si cela
est vrai, on devrait certainement se résoudre à tourner éternellement en
rond dans notre pays.
Le cadre
diviseur
La
décision du Comité de Suivi de l’APG d’ouvrir le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation à toutes les parties signataires de l’APG même à ceux qui
ne sont pas représentés à l’Assemblée risque de poser plus de problèmes
qu’elle n’apporte de solution. Au sein de la classe politique, même les plus
petites formations s’agitent et réclament aussi une place au CPDC. Ils
dénoncent une politique d’exclusion délibérée et une pratique de deux poids
deux mesures. Ils ne comprennent pas au nom de quoi on veut faire siéger au
CPDC des partis qui comme eux, n’ont aucun député à l’Assemblée nationale
alors qu’on leur refuse le même privilège.
A
cette allure, si Faure ne fait pas attention, le dialogue tournera carrément
à la pagaille avec l’entrée en scène de partis qui ne représentent que
l’ombre d’eux-mêmes.
Mais
toujours est-il que aujourd’hui, la classe politique est divisée sur le CPDC.
Il y a d’un coté, ceux qui veulent qu’on s’en tienne au décret du 04 Février
et de l’autre ceux qui trouvent divers arguments pour réclamer l’ouverture
du CPDC.
Les nouveaux
boubous de El Béchir
Depuis qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui par le TPI,
le Président soudanais Oumar El Béchir est comme pris par une agitation
hystérique. Il sillonne bruyamment le pays, organise des meetings un peu
partout et danse frénétiquement.
Oumar El Béchir qui, pendant de longues années a méprisé le Darfour et le
Sud de son pays semble y attacher aujourd’hui, un intérêt particulier. Comme
quoi, la peur du TPI est le début de la sagesse chez les tyrans. |
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Le Regard #637 du 17 mars 2009 |
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Un candidat unique pour l’opposition ? |
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Dans un communiqué daté du 28 Janvier 2009, le CAR et l’UFC exprimaient leur
volonté de se mettre ensemble pour lutter contre les manœuvres unilatérales
du pouvoir RPT. Il n’en fallait pas plus pour spéculer sur l’éventualité
d’une union sacrée entre les deux partis de l’opposition parlementaire en
vue de l’élection présidentielle de 2010.
En
avril 2009, le CAR va désigner son candidat à l’élection présidentielle de
2010 comme il l’avait promis. Le parti de Me Apévon avait réaffirmé qu’il
entend prendre activement part à ce scrutin en vue d’une alternance
effective.
Avant le CAR, l’UFC qui s’était donné son candidat, Gilchrist Olympio s’est
engagé à réaliser autour de sa candidature une union des forces politiques
pour le changement. Et selon toute vraisemblance, il est exclu que l’UFC
renvoie l’ascenseur au CAR comme le réclame ce parti. A dessein les deux
partis s’abstiennent d’afficher officiellement leurs divergences mais tous
sont désormais convain-cus de l’impossibilité d’une candidature commune.
Ceci étant, le combat devrait se porter sur l’obtention des meilleures
conditions d’organisation des élections. Dès lors que les deux partis sont
préoccupés par la transparence des élections, il n’existe apparemment aucun
obstacle à l’union autour de cet objectif commun. Mais là aussi le défaut
d’harmonisation des vues sur la composition et le fonctionnement de la CENI
est surprenant.
En
outre, selon l’article 168 du code électoral, le candidat à l’élection du
Président de la République jouissant d’une ou de plusieurs nationalités
étrangères doit apporter la preuve qu’il y a effectivement renoncé par un
acte régulier ayant valeur légale.
Les candidats doivent également justifier d’une domiciliation effective au
Togo d’une année au moins au moment du dépôt de leur candidature.
La
déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces dont une copie
légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité étrangère le cas
échéant, un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente.
(Article 170).
Interrogé sur ces dispositions jugées discriminatoires, le Premier Ministre
Gilbert Houngbo a fait remarquer que «nous devons nous assurer pour le
succès de la démocratie, d’éviter de donner l’impression qu’une Constitution
doit être modelée selon les exigences d’un individu». Mais apparemment,
le CAR ne se sentant pas visé par ces dispositions, ne s’en préoccupe guère.
Au
moment où le pouvoir en place se montre réfractaire à toute concession, les
Togolais avides d’alternance auraient souhaité que les deux partis soient
soudés. S’il était possible de mettre les fondateurs de l’UFC et du CAR
ensemble malgré eux, le candidat idéal de l’opposition parlementaire fait
penser à l’image ci-contre.
A. S.
Une candidature
qui crée des problèmes à des officiers des
FAT
Dans sa
parution N° 560 du 4 Mars 2008 La Lettre
du Continent
paraissant en France indiquait que "Kofi Yamgnane nouveau candidat à la
magistrature suprême a reçu le soutien des officiers Bassar notamment celui
du Général Bouraïma Bonfoh, ancien Chef d'Etat-major de l'Armée de l'Air".
Kofi Yamgnane est rentré en France après plusieurs jours passés au Togo.
L'information telle que balancée semble semer la confusion à dessein. S'il
s'agit du Général Bonfoh, ce dernier à la retraite depuis plusieurs années
n'appartenait pas à l'armée de l'air. Par contre, le Bonfoh de l'armée de
l'air est un Colonel en fonction. En outre, il n'est pas sûr que le fait
d'annoncer publiquement que des officiers de l'armée soutiennent une
candidature arrange le candidat lui-même.
A son retour
au Togo en 2008 après plusieurs années d'absence, Yamgnane avait rencontré
les officiers originaires de sa préfecture pour discuter des questions
touchant au développement de la localité. Hormis les officiers, il avait
partagé cette préoccu-pation avec les cadres Bassar du parti au pouvoir.
Il est vrai
qu'au départ, les officiers Bassar et cadres étaient réticents à l'approcher
et pour cause. Kofi Yamgnane n'avait pas hésité à dénoncer le fait que
Eyadéma eût violé sa parole de militaire pour se présenter à l'élection
présidentielle de 2003. Cette sortie inattendue avait été considérée comme
un scandale à l'époque où les conséquences de tout acte politique jugé
hostile au Timonier posé par un citoyen, rejaillissaient sur l'ensemble de
l'ethnie à laquelle il appartient.
Et pour
montrer qu'ils n'étaient associés ni de près ni de loin aux invectives de
Kofi Yamgnane contre le Timonier, les cadres du RPT originaires de la
préfecture avaient rendu public, un document injurieux à son égard,
rappelant les faveurs dont il bénéficiait de la part du Général Eyadéma
quand il arrivait au Togo en tant que député et maire français.
Mais depuis,
beau-coup d'eau a coulé sous le pont. Le Yamgnane, représentant de la
coalition en Europe lors de l'élection présidentielle de 2005 pour le compte
du candidat Bob Akitani de l'UFC s'est montré de moins en moins hostile au
fils du Général président. Il avait d'ailleurs été reçu en audience par
Faure Gnassingbé en 2008, audience à l'issue de laquelle il a approuvé le
fait que les réformes constitutionnelles devraient se faire à l'Assem-blée.
Ses déclarations dans l'ensemble favorables au pouvoir RPT l'ont quelque peu
rapproché des officiers et cadres du régime dès lors qu'il n'avait pas
évoqué sa candidature. Il n'était donc pas rejeté par le Général Gnonfame et
Abass Bonfoh, tous du RPT.
Mais depuis
que l'article de la Lettre du Continent a présenté Yamgnane comme quelqu'un
qui compte sur les officiers de sa préfecture, des soupçons pèsent sur des
hauts gradés Bassar. Et cette suspicion pousse certains à vouloir démontrer
qu'ils ne sont mêlés ni de près, ni de loin à ce qui s'apparente à une «rébellion».
La situation créée par cette allégation est telle qu'il n'est pas exclu que
certains cadres et militaires Bassar se décident à mener une action visant à
persuader le président du RPT comme au bon vieux temps, que «tout le
peuple Bassar adhère à la politique de Faure Gnassingbé».
Quoiqu'il en
soit, le fait d'annoncer que Yamgnane compte sur les officiers Bassar tend à
présenter l'ancien ministre français comme un candidat qui veut prendre
appui sur une ethnie. Et à moins que cette stratégie ne vise un but autre
que la victoire à la présidentielle, au Togo, il est évident qu’aucun
candidat ne peut être élu en comptant uniquement sur son village, sa
préfecture ou son ethnie.
A. S.
Présidentielle
de 2010 : Les caciques du pouvoir rejettent les réformes constitutionnelles
A 12 mois de
l’élection présidentielle, les chances d’une réforme constitutionnelle sont
compromises. A moins que d’autres circonstances ne viennent influer sur le
cours de la situation politique actuelle. Selon certaines indiscrétions, les
caciques du régime seraient hostiles au retrait d’une virgule de la
constitution actuelle optant ainsi pour le jusqu’au-boutisme en signe de
défiance à l’égard de Gilchrist Olympio. Apparemment ceux qui, dans
l’entourage de Faure Gnassingbé militent pour des concessions en faveur de
l’opposition ont perdu la face. Les «durs» du régime qui ont le vent
en poupe estiment que ni leur président et encore moins le parti n’a aucun
intérêt à se faire hara-kiri pour plaire à l’opposition et en particulier
au président de l’UFC «qui de toutes façons ne sera satisfait que
lorsqu’on lui offrira le pouvoir». Selon la constitution togolaise, il
faut 64 députés pour modifier directement les dispositions
constitutionnelles et 54 pour le faire par référendum. Sans donc l’aval des
députés du parti au pouvoir toute révision constitutionnelle est vouée à
l’échec. C’est justement pour cette raison que le RPT invite l’UFC à
instaurer le débat sur les réformes qu’elle souhaite à l’Assemblée où elle
n’a aucune chance de faire triompher ses points de vue avec 27 députés. La
balle est donc dans le camp de Gilchrist Olympio et son parti qui ont tout
intérêt à relever le défi.
L’impossible Médiation de Edem Kodjo
Les actions de l’ex secrétaire général de l’OUA Edem Kodjo désigné par l’OIF
ne sont pour le moment pas visibles. Au moment où nous mettions sous presse,
on ignore où il était. Depuis l’annonce de sa nomination, tout porte à
croire que l’organisation francophone l’a envoyé dans un guêpier. Comment
peut-il opérer alors même que le dialogue est rompu entre les protagonistes
qui ont opté pour la confrontation ?
Devant cette situation insurrectionnelle, même l’Union africaine
est désemparée. L’Union africaine (UA) tenait elle lundi à son siège d’Addis
Abeba, une réunion d’urgence de son Conseil de paix et sécurité sur la crise
malgache.
«La position de l’UA a déjà été annoncée à plusieurs reprises: il s’agit
de rejeter toute forme de changement anticonstitutionnel de pouvoir», a
indiqué à l’AFP un responsable du Département paix et sécurité de l’UA, à
l’ouverture des débats qui se tiennent à huis clos. L’Union africaine (UA) a
assimilé la demande de destitution du président malgache par l’opposition à
«une tentative de coup d’Etat» et a appelé la population de la Grande
Ile de l’océan Indien au respect de la Constitution. Aussi ridicule que cela
puisse paraître, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA se borne à
appeler au dialogue alors que la preuve est faite que ce dialogue est
rompu. La France a demandé de son côté l’instauration d’un dialogue
«conforme à l’Etat de droit». Autant de discours hypocrites qui n’ont
aucune prise sur la réalité qui prévaut sur place. Des appels visiblement
ignorés par l’opposition. Si le chef de file de l’opposition soutenu par
l’armée malgache se moque des mises en garde de l’UA visiblement dépassée
par les événements, il est évident que la médiation de l’OIF ne serve pas à
grand-chose. Ce qui se passe à Madagascar montre clairement que l’Afrique
n’a pas rompu avec les coups d’Etat qui peuvent se présenter sous plusieurs
facettes.
L. R.
Ça
vous regarde
En
attendant les investisseurs
La semaine
dernière s’est déroulée à Paris en France, la Journée Economique du Togo.
Cette manifestation, selon ses organisateurs visait à promouvoir les
entreprises togolaises et à permettre aux opérateurs économiques de notre
pays et de France, de nouer des relations. Les opérateurs économiques
togolais ont été invités à prendre massivement part à cette journée.
Dans une intervention sur RFI, le Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo
qui avait conduit la délégation togolaise dans la capitale française avait
estimé que la manifestation a connu un grand succès. Nous ne demandons qu’à
le croire. En effet, lorsqu’on sait qu’on a au Togo un secteur privé
moribond avec des entreprises qui peinent à prendre leur envol, on ne peut
rien souhaiter de mieux.
Seulement voilà. Ailleurs, on refuse de verser dans l’optimisme. On se
demande combien a coûté cette fameuse journée. En plus, on met au défi le
Premier Ministre de donner dans les tout prochains mois, le nombre de
nouveaux investisseurs qui viendront entreprendre dans notre pays à la suite
de cette Journée économique du Togo.
En
attendant d’en arriver là, nombreux sont ceux qui se souviennent d’une
époque pas très lointaine où le Togo était un véritable «marché aux
investisseurs». Tous les jours que Dieu faisait, des individus, pour la
plupart, des affabulateurs ou des imposteurs défilaient dans les salons de
Lomé 2. Dans ses commentaires, la télévision nationale les présentait comme
des investisseurs venus investir dans notre pays. Et puis, on n’entendait
plus jamais parler d’eux. Des informations avaient après tout fait état de
ce que ces fameux «investisseurs» n’étaient pas des opérateurs
économiques, mais des gens qui venaient «investir» Lomé 2 pour
soutirer des sous au maître des lieux.
Plus que jamais, la vigilance s’impose afin que la Journée économique du
Togo à Paris ne réveille pas les faux investisseurs qui dorment.
Houngbo
et les «Togolaideries»
Ils étaient nombreux, ceux qui avaient applaudi lorsque le Premier Ministre
Houngbo, dans son discours programme à l’Assemblée Nationale, s’était donné
un délai de six mois pour apporter un début de changement au quotidien des
Togolais. Comme pour joindre l’acte à la parole, dès les premiers jours,
d’importantes décisions avaient été prises, notamment la dispense du
paiement de l’écolage dans les primaire et préscolaire, etc. D’autres
mesures suivront plus tard. Entre autres, le relèvement du SMIG et du SMAG,
etc.
Mais s’il faut faire un bilan objectif de l’action du PM aujourd’hui que les
six mois sont passés, on dira que, même si on ne peut pas soutenir qu’il n’a
rien fait, on ne saurait affirmer non plus que le quotidien du Togolais
moyen a connu une quelconque amélioration.
Au
contraire, pour beaucoup, la situation s’est plutôt détériorée. Boucler le
mois reste un véritable parcours du combattant et le panier de la ménagère
demeure désespérément vide. Il y a quelques semaines, des employés de l’ex-OTP
ont été licenciés par centaines. La SOTOCO a été dissoute et dans les
coulisses, on annonce des licenciements en perspective.
Entre temps, on avait l’impression que le PM avait lui-même perdu
l’enthousiasme du début. Face à l’immensité de la tâche, il a revu son
optimisme à la baisse. De plus en plus, on l’a vu prendre la parole pour
haranguer les foules lors des sorties folkloriques du Président à
l’intérieur du pays. On l’a vu aux côtés de Faure Gnass au cours de
manifestations qui visaient tout sauf l’amélioration des conditions de vie
des Togolais. Pour tout dire, Houngbo, l’homme nouveau s’est mis au goût des
«Togolaideries».
On
ne peut pas échouer partout. N’est-ce pas ?
Le retour
de Fo Nico
Depuis qu’il a refait surface il y a quelques jours après plusieurs semaines
d’absence, Fo Nico n’est plus passé derrière le rideau. Il organise
régulièrement des conférences de presse au siège de son parti, publie des
communiqués, adresse des lettres au Président de la République et sillonne
bruyamment les stations de radio et de télévision pour se prononcer sur les
questions de l’heure. Cela n’étonne personne car c’est dans les habitudes de
l’homme.
La
semaine dernière, Fo Nico qui, au demeurant, n’avait jamais caché son
ambition de présider aux destinées du Togo est passé à la vitesse supérieure
en annonçant sa candidature pour l’élection présidentielle de 2010.
Ce
n’est pour étonner personne si on sait que l’homme est désormais, avec plus
d’une candidature, un habitué des élections présidentielles. Cependant, cela
n’empêche pas des observateurs de se poser des questions sur le sérieux des
candidatures de Fo Nico. A quoi sert-il par exemple de se porter candidat à
une élection pour ne s’en sortir qu’avec un résultat microscopique ?
On
peut apposer à ces observateurs que la réalité commence toujours par un
rêve. Mais ils auront beau jeu de nous opposer qu’il faut savoir jusqu’où ne
pas rêver.
En
tout état de cause, Fo Nico doit avoir ses raisons. Attendons donc de voir
jusqu’où il pourra aller cette fois.
Le
paradoxe COTEC
Lorsque, au lendemain de l’implantation de la Compagnie Togolaise
d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) au Port Autonome de Lomé, les
transitaires et d’autres usagers du Port étaient montés au créneau pour
dénoncer le renchérissement des frais dans le domaine des véhicules
d’occasion, plusieurs observateurs avaient pensé que les autorités publiques
allaient prendre la juste mesure de la situation pour reculer. Mais au fil
des jours, on se rend compte qu’on en est loin et que COTEC risque d’être
maintenu.
Pour justifier le bien-fondé de cette société, on indique qu’elle supprime
les réseaux de corruption et d’enrichissement illicite. On soutient qu’elle
ne fait que du bien à l’économie togolais en faisant rentrer dans les
caisses, beaucoup plus d’argent au titre des dédouanements, etc.
Seulement voilà. Selon plusieurs informations, le renchérissement des frais
de dédouanement provoque une baisse sensible dans les affaires au Port
Autonome de Lomé. Selon certains chiffres seulement 324 voitures ont été
immatriculées à Lomé en février 2009 contre 1200 en Février 2008, soit 27 %
du total de la même période de l’année dernière.
Si
moins de véhicules sont immatriculés aujourd’hui, c’est tout simplement
parce que moins de véhicules ont été sortis du Port pour la consommation
locale.
Il
appartient à COTEC et ses promoteurs d’expliquer aux Togolais qui refusent
de comprendre, comment une telle situation peut contribuer au développement
de notre pays et de son économie.
Le gâchis
Il
ne se passe pratiquement plus de jour où on n’enregistre pas des accidents
sur nos routes. Mais la semaine dernière, tous les records ont été battus en
termes de pertes en vies humaines. En effet, un camion semi-remorque chargé
de ciment qui se dirigeait vers un pays de l’hinterland a percuté sur le
pont de Togblékopé, un minibus de 15 places qu’il voulait doubler. Le
minibus a été projeté avec occupants dans le ravin avant que le camion
semi-remorque ne vienne atterrir sur lui avec toute sa cargaison.
Plus de cinq heures d’horloge ont été mis pour sortir les cadavres des
décombres. A l’heure du bilan, on a compté 22 corps. Un véritable gâchis.
Il
est vrai que nos routes sont meurtrières. Mais il est aussi vrai que ce sont
des hommes qui portent la lourde responsabilité d’une telle situation. Il
suffit de prendre quelques mesures pour éviter l’hécatombe. Nos gouvernants
doivent construire de bonnes routes avec des vrais ponts équipés de
garde-fous dans le pays. Les conducteurs doivent observer les règles de
prudence et du code de la route. Les agents de Police et de Gendarmerie
préposés au contrôle sur les routes doivent cesser de soutirer de l’argent
aux chauffeurs qu’ils autorisent de rouler en état de surcharge et avec des
véhicules non en règle.
Aujourd’hui, 22 personnes sont mortes à cause de la bêtise humaine. C’est
bien triste. Il pourra arriver pire si des dispositions ne sont pas prises
pour discipliner la conduite sur nos routes et pour doter notre pays de
routes dignes de ce nom.
Potopéré
reprend service
Il y
a quelques jours, les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation étaient parvenus à un consensus sur la nécessité du maintien de
la CENI de 2007 jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI. En clair,
Potopéré et son équipe vont devoir reprendre du service et poser des actes
rentrant dans la préparation de la prochaine présidentielle.
Seulement voilà. Deux personnes de l’équipe ne répondront pas à l’appel. Pas
parce qu’ils ont claqué la porte à l’institution. Mais tout simplement parce
qu’ils ont été entre temps, appelé à d’autres fonctions qui ne les
autorisent plus à siéger à la CENI. Il s’agit de M. Kokou Tozoun et Mme
Henriette Kouevi tous deux actuellement ministres dans le Gouvernement
Houngbo.
Mais pour l’essentiel, on prend les mêmes et on recommence… en attendant.
Salut les
artistes !
Les Togolais n’aiment pas les produits locaux. Cette assertion se vérifie
non seulement sur le plan des biens de consommation courante, mais aussi et
surtout sur celui de production artistique. C’est une vérité indéniable, que
les Togolais préfèrent par exemple la musique étrangère à celle produite par
les artistes de la chanson togolaise. Il est vrai qu’on ne peut pas demander
aux Togolais d’acheter ou d’écouter du n’importe quoi, tout simplement parce
qu’il s’agit d’une production nationale. Il est aussi vrai que tout ce que
produisent nos artistes ne sont pas toujours de bonne facture. Mais il est
vrai, bien vrai que les artistes togolais se sont beaucoup améliorés et que
plusieurs d’entre eux font actuellement du bon travail.
Malheureusement et curieusement, l’engouement que devait susciter cette
avancée tarde à venir. Conséquence, nos artistes vivent dans le dénuement et
la précarité totale. Plusieurs ont cessé depuis longtemps d’être artistes
pour devenir des «as-tristes». C’est vraiment triste. Vivement une
politique digne de ce nom pour sauver les artistes togolais.
L’apologie du coup d’Etat
Ceux qui avaient cru que le Guide Libyen Kadhafi pourrait faire quelque
chose de bon en Mauritanie dans le cadre de la médiation qu’il a entreprise
dans ce pays doivent se refaire une opinion. L’homme a plutôt jeté de
l’huile sur le feu en prenant ouvertement fait et cause pour les
putschistes. Dans une intervention sur la crise née du coup d’Etat et des
réclamations d’un retour à l’ordre constitutionnel, le Guide Libyen a
déclaré que le Président chassé du pouvoir par les militaires doit accepter
le fait accompli.
En
d’autres termes, le Président démocratiquement élu de Mauritanie chassé du
pouvoir, arrêté puis assigné à résidence plusieurs mois durant avant d’être
remis en liberté, doit passer l’éponge et se mettre au pas comme si de rien
n’était.
La
pilule du Guide est d’autant plus amère qu’elle constitue un encouragement
aux coups d’Etat en Afrique.
Kadhafi
et la présidence à vie
Le
Guide Libyen ne fait pas que l’apologie des coups d’Etat. C’est un
détracteur de la limitation des mandats présidentiels. Au Niger où il a
effectué une visite, il a estimé que les peuples ont le droit d’élire à la
Présidence de la République, qui ils veulent et autant de fois qu’ils le
désirent même si c’est pour l’éternité.
Cette déclaration venant d’un homme au pouvoir depuis plusieurs décennies et
que l’idée d’une retraite n’effleure pas n’étonne personne. Ce qui choque
c’est qu’elle risque de provoquer dans plusieurs pays, la ruée vers un
tripatouillage des constitutions pour empêcher l’alternance au pouvoir.
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Le Regard #636 du 10 mars 2009 |
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Décision controversée du Comité de Suivi de l’APG
:
Conflit en vue entre l’UFC et le facilitateur de l’APG |
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Depuis que
les partis non membres du CPDC ont commencé à donner de la voix, on
s’attendait à ce que le cadre permanent soit vidé de sa substance et élargi
à d’autres formations politiques. Mais pour passer à l’acte, le pouvoir
devait d’abord s’assurer de l’adhésion et du facilitateur et de la CEDEAO et
de l’Union Européenne. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la réunion du
Comité de suivi mis en sourdine depuis un an est annoncée quelques jours
après que Faure Gnassingbé eût discuté avec Blaise Compaoré à Ouaga.
Les
arguments du CAR et de l’UFC sont séduisants d’abord parce que les parties
signataires qui réclament qu’on les associe au dialogue du CPDC étaient au
gouvernement d’Union lorsque le décret pris avant les législatives a
subordonné la participation au Cadre permanent à l’obtention de 5 pour
cent de suffrage aux élections. Ils avaient tous accepté la proposition
puisqu’ils ne l’avaient pas contestée à l’époque. L’honnêteté voudrait
qu’ils respectent le choix du peuple qui a désigné seulement trois partis
pour siéger à la représentation nationale. Le CAR a noté un amalgame entre
l’arbitrage des divergences d’interprétation de l’APG et l’évaluation du
niveau de réalisation des engagements convenus par les parties prenantes au
dialogue national. (voir réaction page 5). Blaise Compaoré lui-même a tout
fait pour que le décret portant création du cadre permanent soit pris. Et
qui plus est, lui-même à travers le communiqué de la 6e session
du Comité de Suivi CS/APG/006/05/07 en date du 14 mai 2007 à Ouagadougou a
cité l’instauration par décret pris en Conseil des Ministres d’un Conseil
National de Concertation et de Dialogue Politique. Il est pour le moins
paradoxal qu’il se rende complice de la remise en cause de ce dont il a
favorisé la création. . Mais il semble qu’en politique la bonne ou mauvaise
foi n’a pas de sens dès lors que la fin justifie les moyens.
Ainsi,
quelles que soient les raisons invoquées pour justifier le boycott du comité
de suivi le fait que l’initiative ait la bénédiction du facilitateur et de
l’Union européenne met le CAR et l’UFC en délicate situation. Accepter le
fait accompli ou boycotter jusqu’au bout ?
Le piège
du point 5-8
«En cas
de différend sur l’interprétation de tout ou partie de l’Accord y compris
les modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales,
les parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du
facilitateur».
Pour le CAR et l’UFC, le règlement des divergences de l’interprétation des
dispositions de l’APG relève de la compétence du facilitateur à qui il
revient de procéder le cas échéant à la consultation des parties entre
lesquelles existent les dissensions relevées. A preuve, les organisations de
la société civile le GF2D et REFAMPT n’ont pas comme d’autres partis
politiques, réclamé leur présence au CPDC.
Mais si la
polémique sur la procédure de convocation et les raisons justifiant ce
boycott sont considérés comme un différend sur l’interprétation de l’APG, le
fait même que Compaoré qui préside le Comité de suivi ait donné le feu vert
à son ministre des affaires étrangères pour siéger en son nom signifie que
le facilitateur a tranché et que son accord vaut donc arbitrage. Dans ce cas
l’UFC et le CAR auraient dû y aller quitte à exprimer leur désaccord avant
de se retirer du moins pour ne pas irriter l’Union européenne qui
désapprouve la politique de la chaise vide.
Dans une
récente interview accordée au Nouvel Afrique Asie, Gilchrist
Olympio déclarait : «Nous avons besoin que l’on
nous soutienne dans l’adoption et la mise en œuvre consensuelle des réformes
préélectorales. Nous voudrions pour cela compter sur le Président Blaise
Compaoré du Burkina-Faso, Facilitateur du dialogue inter togolais et
Président du comité de suivi de l’APG et sur tous les partenaires du Togo »
Mieux à plusieurs reprises l’UFC s’est
adressé à Blaise Compaoré afin qu’il intervienne pour faire accélérer le
dialogue sur les réformes institutionnelles. Il a suffi qu’il se décide à
bouger après son long silence c’est pour faire grincer les dents.
Blaise sur les traces d’Obasanjo
Et si ce facilitateur a donc la confiance de l’UFC, celle-ci aura du mal à
contester son arbitrage même s’il fait la part belle au pouvoir RPT. Mais
sur quoi comptait Gil pour faire confiance au président burkinabé ? Sans
doute n’a-t-il pas pris en compte cette réalité que les chefs d’Etat
s’arrangent toujours pour ne pas déplaire à leurs pairs. On se souvient que
le président de l’UFC avait fait la même confiance à Obasanjo qu’il
considérait presque comme son ami au point de compter sur lui pour régler la
crise togolaise. Qu’on se le rappelle, au lendemain de l’élection
calamiteuse qui a eu lieu à la suite du décès du Général Eyadema en avril
2005 cette confiance que Gilchrist faisait à Obasanjo l’a poussé à répondre
à un appel urgent de ce dernier en se rendant précipitamment à Abuja le 25
avril 2005 à l’insu de la coalition et de son coordonnateur Agboyibo. Alors
que sur place les habitants de quartiers fiefs de l’UFC étaient pris
d’assaut par des militaires qui entraient dans les maisons pour y molester
les occupants, Obasanjo avait monté un semblant de discussion entre
Gilchrist et Faure, discussion à l’issue de laquelle les deux protagonistes
ont été invités à se donner l’accolade devant des caméras. Cette accolade
diffusée par les médias avait été assaisonnée d’un communiqué du
porte-parole d’Obasanjo, Olurémi Oyo annonçant que les deux parties se sont
engagées pour la formation du gouvernement d’union et à résoudre leur
différend. Quelques heures après, Gilchrist a démenti avoir signé un
quelconque pacte, dénonçant ainsi le montage de son ami. Ce comportement n’a
pas plu au président nigérian qui a tenu à le manifester. Ceux qui ont
assisté au conclave d’Abuja le 19 mai 2005 se rappellent comment Obasanjo a
humilié Gilchrist Olympio ce jour là ,lui enjoignant presque de se soumettre
à la volonté du tout jeune président. Et depuis, les deux amis ne se
fréquentent plus.
Au vu de la caution apportée par le facilitateur Compaoré aux résultats des
travaux du Comité de Suivi, on se demande si cela valait la peine comme l’UFC
s’était évertué à le faire au CPDC, de réclamer la facilitation.
Abass Saib
L’union CAR–UFC
mise à l’épreuve par le Comité de Suivi
Le
rappel du Comité de Suivi à savoir que le CPDC demeure un lieu de dialogue
et de concertation et non une nouvelle instance de négociation résonne comme
un défi lancé à l’UFC. Une manière de dire à ce parti que les décisions du
CPDC ne s’imposent pas aux institutions de la République alors que les
partisans de Gilchrist Olympio comptaient obtenir les réformes souhaitées à
travers le Cadre Permanent. Devant cette situation, l’UFC est contraint de
revoir sa stratégie. Il est clair que l’allié et d’ailleurs le seul qui
puisse lui être d’une utilité capitale est bien entendu le CAR. Le parti de
Me Apévon par son boycott de la séance du Comité de Suivi malgré les
pressions de la facilitation a montré qu’il défend la même cause que l’UFC.
Il
se peut que le pouvoir ait choisi la fuite en avant en misant sur
l’impossibilité du CAR et de l’UFC à se donner un seul candidat face à Faure
Gnassingbé. Et il est vrai que le RPT tirera profit d’une double candidature
de l’opposition parlementaire.
Si
les conditions d’organisation d’élection ne sont pas suffisamment
transparentes, c’est l’UFC qui sera le plus grand perdant. Mais pour un
combat plus efficace en vue d’obtenir de meilleures conditions
d’organisation de la présidentielle, il lui faut avoir le soutien du CAR.
En
principe, la situation qui se présente aujourd’hui condamne les deux partis
à envisager d’autres moyens de lutte. Or au moment où nous mettions sous
presse, aucune initiative de ce genre n’est entreprise. Chaque parti, évolue
en solo.
Il
y a quelques semaines le parti de Gilchrist Olympio menaçait de prendre la
rue si le pouvoir s’entête à ne pas accepter ses exigences. Le moment est
venu de mettre cette menace à exécution pour dissuader le bâclage du
processus électoral en perspective.
Dans les milieux proches du CAR, on se dit très disposé à lutter main dans
la main avec l’UFC pour réaliser l’alternance en 2010. Mais à condition que
Gilchrist Olympio fasse preuve de sagesse pour soutenir le candidat du CAR à
l’élection présidentielle. A cet effet, la Convention de la Jeunesse du CAR
a pris l’engagement de sillonner et mobiliser les populations sur la
nécessité du retour de l’ascenseur, c’est-à-dire que l’UFC soutienne à son
tour la candidature du CAR comme le CAR l’avait fait les années précédentes.
Cette question du retour de l’ascenseur préoccupe tant les plus hauts
responsables du CAR qui n’entendent pas transiger là-dessus. Pour le parti
des déshérités, l’UFC devra s’engager à soutenir le candidat du CAR avant
toute initiative commune face au pouvoir RPT. Ainsi donc l’UFC se retrouve
face à une situation des plus complexes, obligé à la fois de gérer la
situation créée par l’attitude du facilitateur et l’Union Européenne et
d’obtenir vaille que vaille le soutien du CAR ou boycotter les élections
faute d’avoir les moyens de faire triompher ses exigences. En tout état de
cause, la concrétisation de l’ouverture du CPDC et les réactions qui
s’ensuivront permettront de savoir si l’attelage CAR-UFC peut se réaliser.
L. R.
Le ras-le-bol
des expropriés de Lomé 2 : Les victimes veulent rencontrer Faure Gnassingbé
La
construction du Palais Présidentiel de Lomé 2 avait nécessité beaucoup
d’espace. Outre le domaine foncier devant abriter le Palais, des raisons
relevant de la sécurité du Chef de l’Etat ont été évoquées pour confisquer
aux propriétaires terriens de la zone, plusieurs hectares de terres. Des
gens qui vivaient ou travaillaient tranquillement la terre dans le périmètre
sollicité ont été tout simplement dépossédés de leurs biens. Depuis, ils ont
tout perdu et vivent dans la galère.
Les victimes de cette mesure d’expropriation ont plus d’une fois déjà,
engagé des démarches pour obtenir réparation. Mais leurs complaintes
semblent toujours tomber dans des oreilles de sourds.
On
en était là lorsque, dans le cadre des préparatifs du sommet de l’OUA qui
devait se tenir à Lomé en 2000, il a été prévu la construction d’une cité
avec des villas de grand standing qui devraient servir à loger les chefs
d’Etat. Et comme pour bien faire, c’est le site de Lomé 2 qui a été choisi
pour abriter cette cité. Suite aux appels de l’Etat, des particuliers et
autres entreprises s’étaient portés candidats pour la construction desdites
villas. Afin de leur faciliter la tâche, l’Etat avait mis gracieusement les
terrains à leur disposition. Dès lors que l’Etat offre gracieusement des
terrains à des particuliers pour construire des villas qui en définitive
restent des biens privés, les terrains qui étaient naguère considérés comme
faisant partie d’une réserve administrative sortent du patrimoine de l’Etat
pour devenir la propriété des particuliers en question.
Il
n’en fallait pas plus pour que l’affaire des terrains de Lomé 2 ressuscite.
Les premiers propriétaires qui estiment avoir été spoliés au profit d’autres
exigent que leurs terres leur soient rétrocédées. Ils ne comprennent pas au
nom de quoi l’Etat peut faire cadeau de leur domaine foncier à des
particuliers. Et puis, à partir du moment où les terrains confisqués doivent
servir à d’autres fins que celles évoquées au moment de la confiscation, ils
estiment que le problème de la sécurité du Chef de l’Etat ne se pose plus et
qu’ils peuvent rentrer dans leurs biens.
Au
cours de leurs démarches, il avait été proposé à certaines victimes, de
choisir entre garder leur terrain ou se faire reloger ailleurs. Mais en
réalité, il ne s’agissait que d’une grosse arnaque car toutes les victimes
sont encore aujourd’hui logées à la même enseigne. Ceux qui ont accepté de
se faire reloger ailleurs ont été, après moult péripéties, réinstallés. Mais
en fin de compte, ils ont été chassés par les propriétaires des lieux avec
la complicité – passive ou active – de la Justice et sous le regard cynique
des autorités. Aujourd’hui, tout comme ceux qui avaient rejeté l’offre de la
réinstallation, ils se retrouvent sur le carreau, sans rien et vivent dans
le dénuement total. Certains parmi eux ploient sous le poids de l’âge et
sont minés par la maladie mais ne peuvent même pas se soigner.
Selon des informations largement répandues, sous le prétexte de la sécurité
du Palais Présidentiel, des hauts galonnés et des barons du régime auraient
fait main basse sur des hectares entiers qu’ils se sont partagés au
détriment de pauvres populations qui en détiennent les titres fonciers.
C’est, dit-on, pour cette raison que les démarches des victimes
n’aboutissent pas.
Depuis plusieurs années, tous les ministres en charge de l’urbanisme et de
l’habitat saisis du dossier se sont contentés et se contentent encore de
tromper les victimes et de les tourner en bourrique en faisant des promesses
qu’ils ne tiennent pas. Certains de ces ministres reconnaissent en privé le
bien-fondé des démarches des victimes mais s’avouent impuissants, au motif
que cette affaire les dépasse. Jusqu’à quand laissera-t-on perdurer cette
situation d’injustice flagrante ?
Dans un pays qui se respecte et au nom de la Justice, il serait indiqué de
procéder à l’évaluation des terrains confisqués et au dédommagement des
victimes.
Des informations indiquent que les victimes envisagent de s’organiser pour
rencontrer le Chef de l’Etat afin de lui exposer la situation. Mais Dieu
seul sait si les grands voleurs de terrain au nom de l’Etat qu’ils
trouveront malheureusement sur le chemin ne leur barreront pas la route qui
mène au Palais présidentiel.
Affaire à suivre.
L. R.
Conséquence de
la cherté du prix du carburant : L’essence vole au Ghana et vendu moins cher
au Togo
Le
prix élevé du pétrole au Togo par rapport aux pays voisins alimente la
spéculation. Le super sans plomb coûte 500f au Togo alors qu’il est acheté
entre 250F et 300F au Ghana et 350 f au Bénin. Et tout naturellement. De
nombreux togolais traversent de plus en plus les frontières pour
s’approvisionner. Des camions et voitures traversent les frontières à
longueur de journée pour faire le plein de leurs véhicules au niveau et au
delà des frontières du Bénin et du Ghana ne se comptent plus. A cette
allure, il est à craindre que nos stations d’essence perdent leurs clients.
Le
trafic d’essence entre le Ghana et le Togo a atteint un niveau tel qu’Accra
entend prendre des mesures répressives. Les compagnies de distribution
semblent incapables de mettre un terme à un vol à grande échelle dans les
stations-service des environs d’Aflao, à la frontière avec le Togo.
Les cuves des stations sont littéralement siphonnées par des gangs
spécialisés qui font ensuite passer l’essence au Togo par camion ou par
bateau.
Le
trafic s’est amplifié depuis décembre dernier quand le litre de super sans
plomb a baissé à la pompe au Ghana.
Certains gérants de stations-service travaillent main dans la main avec les
réseaux mafieux pour voler l’essence, selon la police ghanéenne. Cette
situation qui constitue un lourd préjudice pour les distributeurs locaux
était prévisible dès lors que le prix de l’essence est élevé au Togo alors
qu’il a chuté dans les pays voisins. Dans ces conditions la lutte contre la
vente de carburant illicite s’avère difficile voire impossible. On se
souvient que lorsque le problème de pénurie du ciment s’était posé les
autorités avaient procédé à une augmentation du prix du ciment sous prétexte
de l’homologuer avec celui des pays voisins dans le but de mettre un terme à
la spéculation. Pourquoi alors ne pas aligner le prix de l’essence au Togo
sur celui pratiqué dans les pays voisins soit une moyenne de 300 F pour
éviter que les togolais n’abandonnent les stations d’essence pour
s’approvisionner à l’extérieur ou chez les clandestins avec toutes les
conséquences que cela suppose ?
La
manière dont les points clandestins d’essence se multiplient comme ceux de
vente d’eau glacée à Lomé est si inquiétante que bientôt, toute l’armée
togolaise mobilisée ne pourra rien contre ce phénomène.
L. R
Un 4e décret
pour ouvrir le CPDC
La
décision du Comité de Suivi de l’APG d’élargir le CPDC à d’autres acteurs
risque d’accentuer la tension perceptible entre les acteurs politiques à
l’approche de l’élection présidentielle.
Pourtant quelques jours plus tôt, les participants au CPDC ont arrêté une
liste de points sur lesquels ils souhaitent faire des propositions de
modifications du code électoral. Les participants se seraient convenus de
recenser les points d’accord et de désaccord pour gagner du temps. L’actuel
CPDC est consacré par le troisième décret. Un quatrième serait envisagé pour
concrétiser son ouverture aux autres signataires de l’APG. L’irruption
d’autres signataires de l’APG dans le Cadre Permanent est un stratagème pour
transformer les débats politiques du CPDC en une confrontation entre les
amis d’hier, c’est-à-dire la CPP, la CDPA, le PDR d’une part et le CAR et l’UFC
de l’autre. Cette confrontation est d’ailleurs inévitable quand on sait que
l’opposition parlementaire milite pour la mise à l’écart des partis qui ne
sont pas représentés à l’Assemblée Nationale. Mieux, l’UFC qui se prévaut de
son poids politique pour revendiquer une place égale avec le RPT considère
ces anciens camarades de lutte comme des métayers du pouvoir. Ainsi au lieu
d’un seul adversaire, l’opposition parlementaire en aura deux. Par ce
stratagème, le RPT espère sans doute profiter de la guéguerre entre les
anciens amis pour se tailler une marge de manœuvre encore plus grande.
L’ancienne CENI réhabilitée par consensus au CPDC
Selon le communiqué rendu public à l’issue des travaux du CPDC du lundi 9
mars 2009, les membres du CPDC sont arrivés à un consensus sur la nécessité
du maintien des membres de la CENI en place jusqu’à la désignation d’une
nouvelle CENI.
Ils se sont également entendus sur la nécessité de la prorogation des délais
légaux relatifs au dépôt et à la publication de la liste des candidatures
pour les élections présidentielles et législatives.
Il
est fort probable que les points de consensus soient adoptés par l’Assemblée
si par la suite, les divergences subsistent au sujet de sa composition.
Cette CENI dirigée par Potopéré Tozim compte 19 membres. L’opposition
parlementaire est représentée dans cette ancienne CENI par 4 membres. 2 pour
le CAR et 2 pour l’UFC. Elle répond à l’ouverture préconisée par le Comité
de Suivi lors de sa session du 7 mars 2009.
Togo : SOS pour
bibliothèque nationale en décrépitude
L’état de délabrement des murs de ce symbole de l’intelligentsia togolais en
plus du manque d’informatisation de ses services au moment où toutes les
bibliothèques se sont engagées dans la révolution informatique mérite qu’on
s’y attarde. Paradoxalement, les autorités togolaises ne semblent se
rappeler l’existence de la bibliothèque nationale que lorsqu’ils ont besoin
d’un document d’archive. Sa protection et sa conservation importent très
peu.
C’est par arrêté N° 608 du 12 octobre 1933 que ce qui est appelé communément
aujourd’hui la Bibliothèque Nationale a pris corps sous l’Administration
Française.
A
l’époque, on l’appelait Bibliothèque Centrale du Togo. Quatre ans plus tard,
elle prendra le nom du Service de Documentation Générale par arrêté N° 529
du 16 Octobre 1937. Peu après, un autre arrêté, celui N° 241-D-G du 15 mai
1945 lui conférera la dénomination de «Service Local de l’Institut
Français d’Afrique Noire». Cette appellation sera conservée jusqu’à
l’indépendance où elle deviendra conformément à l’arrêté N° 197/PM/MTAS/FP
du 16 Novembre 1960 l’Institut Togolais des Sciences Humaines. Près d’une
décennie après, en 1969, le décret N° 69-178 du 1er Octobre
fera d’elle la Direction de la Bibliothèque Nationale et par celui du 12
Août 1992 elle est devenue la «Direction de
la
Bibliothèque et des Archives Nationales» ;
(Appellation Vraie). C’est dire donc que le parcours de cette institution
qui comporte une Bibliothèque et un département des archives avec
aujourd’hui près de 18.500 documents est assez riche.
Mais curieusement, le constat aujourd’hui est que cet intérêt a fait place à
l’abandon. Interrogés, les principaux responsables de la structure qui
devraient se prononcer sur la situation réelle se sont montrés très évasifs,
sans doute pour éviter des ennuis des autorités gouvernementales. L’état
même des locaux de la bibliothèque nationale témoigne qu’elle est reléguée
aux oubliettes. Du point de vue infrastructures, les besoins sont
flagrants. Les magasins pour le stockage des documents sont exigus, de même
que les salles de lecture qui ne répondent plus à l’affluence actuelle. Pour
couronner le tout, le bâtiment en lui-même est en état de délabrement
avancé. Il se dit que la Direction prévoyait réaménager certains endroits
des locaux mais les fonds d’investissement et d’équipement qu’on octroie
généralement et à base desquels elle entendait le faire se font toujours
attendre cette année.
Voilà la situation dans laquelle se trouve la Bibliothèque au moment où l’on
célèbre des fêtes à coups de milliards. A la bibliothèque nationale,
l’ordinateur est un objet rare. On en trouve à peine pour la gestion des
documents. Dans un tel contexte, il ne faut même plus penser à la connexion
Internet. Certains agents estiment que quand le Directeur doit, pour des
urgences professionnelles, se connecter, il est obligé de sortir du service
ou, lorsqu’il n’est pas sous l’emprise du temps, attendre midi ou le soir
pour aller en ville. En plus de cela, il n’y a pas de poste téléviseur, pas
de vidéo caméra, de rétroprojecteur, de magnétoscope… Des carences qui ne
sauraient se justifier à cette époque où l’on parle de village planétaire.
Du point de
vue document, la situation est aussi moins reluisante. On affirme que la
capacité du centre en document peut-être évaluée à environ 18.000 ou 18.500
ouvrages mais dont l’écrasante majorité datent d’il y a longtemps. Les
approvisionnements ne sont pas faits et même s’ils devraient se faire, avec
un budget qui ne permet pas d’acheter les documents en quantité et en
qualité. D’où le déficit en nouveaux documents qu’accuse l’institution, ce
qui cause d’énormes problèmes aux étudiants et enseignants chercheurs.
A
l’heure où les nouvelles technologies de l’information offrent des
opportunités de meilleure conservation de documents sur des supports
sécurisés, les documents de la bibliothèque nationale sont exposés à la
poussière et à l’humidité.
Quelques agents de qui nous avons soutiré subrepticement des informations
sur la situation de la Bibliothèque en ce qui concerne les ressources
humaines ont avoué de réels besoins dans ce domaine. «Je suis seul à
surveiller toute cette salle et quand il y a de l’affluence, des lecteurs
véreux partent avec des documents sans que je ne m’en rende compte»,
déplore un agent de surveillance. Au fond, il se dit que la situation
dépasse le simple cadre d’agents de surveillance et s’étend à tout le
personnel. En tout et pour tout, on dénombrait avant le récent concours 13
agents (y compris le Directeur) dont 2 professionnels de Bibliothèque et 2
archivistes professionnels. Le recrutement a permis d’y envoyer 08 autres
agents. La question est de savoir si ceux qui ont répondu à l’appel sont
formés pour exercer efficacement leur fonction. Et dire que c’est cette
structure qui constitue la principale source de documentation pour tous les
étudiants et chercheurs du pays !c
K.
Ségniagbéto
Ça
vous regarde
Journée de la femme. Et après ?
Depuis plusieurs années, la date du 08 mars est célébrée comme la
journée internationale de la Femme. Conscients de l’important rôle que
jouent les femmes dans nos sociétés, nous n’avons rien contre la chose. Au
contraire, nous sommes de ceux qui pensent que nos mères, nos épouses et nos
sœurs ne sont pas assez honorées.
Au Togo où on ne veut pas être en reste, on célèbre aussi la
journée de la femme. Malheureusement, ici, alors que la gente féminine est
confrontée à d’énormes problèmes, on semble tout limiter à de beaux
discours. On privilégie l’aspect festif aux réflexions de fond pouvant
conduire à l’amélioration des conditions de la femme.
C’est toujours bien de s’amuser. C’est toujours bien de se
défouler et de demander aux hommes de faire plaisir ou d’honorer leurs
femmes en allant à la cuisine le 08 Mars. Mais limiter la journée
internationale de la femme à ces plaisanteries est tout simplement
irresponsable.
Les gouvernants qui nous ont déjà servi des discours à l’occasion
de cette journée, continueront à nous en inonder. Mais tout cela ne rime à
rien tant que la condition de la Femme n’évoluera pas positivement. Il faut
qu’on pense sérieusement à la promotion, à la vraie promotion de la femme
dans nos pays. C’est cela l’enjeu de la célébration du 08 Mars.
Vous avez dit sexe faible ?
La femme est généralement considérée comme le sexe faible. Les
hommes ont souvent tendance à les regarder de haut avec une condescendance
avérée. Dans nos sociétés africaines, elles sont pratiquement réduites à
l’état d’êtres de «seconde zone». Si aujourd’hui, on se trouve dans
l’obligation de créer des événements pour les honorer ou pour les
promouvoir, c’est parce que d’une façon générale, la femme a été pendant
longtemps «ghet-toisée» et ses droits bafoués. Au moment où nous
écrivons ces lignes, dans certaines régions, les jeunes filles, femmes de
demain n’ont pas droit à l’école. Les mariages forcés ou précoces, les
viols, l’inceste, le lévirat, le harcèlement sexuel et le mépris sont leur
lot quotidien. Tout cela est vrai.
Mais comme les règles ont toujours des exceptions, heureusement ou
malheureusement – c’est selon – toutes les femmes ne sont pas faibles. Il y
a en a qui portent bien la culotte et tiennent la dragée haute aux hommes.
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et il faut bien cacher des
choses pour sauver les apparences. Mais ils sont en réalité bien plus
nombreux qu’on peut le croire, les hommes qui sont malmenés, maltraités et
même battus par leur femme. C’est malheureusement des affaires et des
questions qu’on n’aime pas aborder en public. Autrement, il y a longtemps
que la communauté internationale aurait institué une journée internationale
de l’homme.
Comme quoi, le sexe dont on dit qu’il est faible peut se révéler
plus fort que le sexe fort.
Dur, dur d’être à l’EAMAU
Payer 2.500.000 F CFA pour embarquer dans la galère, c’est
certainement le choix opéré par les élèves de l’Ecole Africaine des Métiers
d’Architecture et d’Urbanisme (EAMAU). En effet, depuis quelque temps, des
informations font état de ce qu’il ne fait plus bon de fréquenter cette
école où on manque de tout. Les conditions d’étude et de vie y sont tout
simplement exécrables.
Il y a quelques semaines, les élèves qui voulaient manifester
contre leur condition ont dû rentrer dans leur coquille. Les dirigeants de
l’école avaient tout simplement fait appel aux forces de sécurité pour les
mater.
Dans leurs discours, nos gouvernants aiment parler de la jeunesse
en termes élogieux. On a tendance à croire, lorsqu’on les écoute, qu’ils
attachent du prix à la formation de la jeunesse. Mais lorsque viennent à se
poser des problèmes relatifs justement à la formation de la jeunesse, leurs
actions divergent avec leurs discours.
Ainsi par exemple, face à ce qui se passe à l’EAMAU, le Conseil
d’Administration qui s’est réuni a demandé aux élèves de reprendre le chemin
de l’école. Mais qu’est-ce qui a été décidé concrètement au sujet de leurs
conditions d’étude ? A l’EAMAU même, on ne le sait pas.
Le paradoxe du droit de la femme
La journée internationale de la femme a une fois encore donné
l’occasion de parler du droit de la femme. Selon plusieurs observateurs, la
femme, parce qu’elle est faible, a besoin de protection. Et cette protection
doit venir des hommes qui constituent le sexe fort. Curieusement, dans le
même temps, la femme se proclame égale à l’homme. La protégée pourrait-elle
être l’égale de son protecteur ? C’est ça le paradoxe.
En réalité, le problème de l’égalité des sexes ne devrait pas se
poser. C’est une question réglée par les Saintes Ecritures. Parler d’égalité
entre l’homme et la femme serait une sorte de blasphème et ferait appel à
une révolution biblique. C’est pourquoi certains pensent qu’il vaut mieux
privilégier la complémentarité entre l’homme et la femme que de s’accrocher
à l’égalité des sexes.
On réclame l’ouverture de l’ouverture
Les partis signataires de l’Accord Politique Global qui n’ont pas
eu la chance d’avoir 5 % de voix au moins ou un siège à l’Assemblée
nationale vont finalement siéger au CPDC. C’est en tout cas, ce qui vient
d’être décidé à Lomé le week-end dernier.
Cette décision a fait et continue de faire au sein de la classe
politique togolaise, l’effet d’une course au clocher. En effet, à peine le
CPDC a-t-il été ouvert à toutes les formations signataires de l’APG que
d’autres partis non signataires cette fois-ci élèvent la voix pour réclamer
une autre ouverture pouvant leur permettre de participer aux travaux du CPDC.
A cette allure, le CPDC risque de devenir un panier à crabes, une
véritable foire. Et plus on sera nombreux, plus on s’amusera. La pagaille ne
sera que plus grande, pendant que l’essentiel attend.
AZ prépare ses missiles de proverbes
Ceux qui ont voulu se précipiter pour enterrer Zaza doivent se
raviser. Ce n’est pas parce que son parti n’a pas obtenu le moindre siège à
l’Assemblée nationale et qu’il n’a pas fait un score d’au moins 5 % de voix
sur le plan national qu’on doit chanter son requiem. On peut dire qu’il est
en voie de mourir politiquement, mais il n’est pas encore prêt à aller au
cimetière. La preuve, c’est que comme ses pairs signataires de l’APG qui ne
siègent pas au CPDC, le Prince KOMAteux Zaza est finalement repêché et
prendra désormais bien part aux travaux de cette structure. On ne perd rien
pour attendre. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’homme est
certainement en train de s’échauffer et de préparer ses missiles de
proverbes. C’est tant pis pour ceux qui le croyaient fini.
Les félicitations qui fâchent
A l’occasion d’une réception organisée pour la fin de mission
Filiberto Sébrégondi au Togo, le diplomate européen a prononcé un important
discours dans lequel il a rendu un hommage appuyé au Ministre de la
Coopération, Gilbert Bawara. «Je veux ensuite rendre hommage à mon ami et
petit frère (…) le Ministre Gilbert Bawara qui, avec sa sagacité d’homme
politique, ses compétences professionnelles acquises au long d’une brillante
carrière internationale, son talent de communicateur et ses qualités
humaines a été pour moi un partenaire indispensable sans lequel ma propre
réussite n’aurait pu être aussi complète et fructueuse. Nous sommes aussi
devenus et resterons de grands amis», avait-il déclaré.
Si ces hommages sont allés droit au cœur de Bawara et ses proches,
il n’en a pas été ainsi partout ailleurs, si l’on sait que le ministre de la
Coopération compte bien de détracteurs au sein de la classe politique
nationale. Ces derniers doivent avoir certainement très mal considéré les
hommages de Sébrégondi.
Pourvu que ça marche
Les Eperviers du Togo ont finalement un sélectionneur et
entraîneur national. Jean Thiessen, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a
signé son contrat avec la FTF la semaine dernière. Il remplace à ce poste le
Français Patrice Neveu. A la signature de ce contrat, il s’est engagé à
qualifier le Togo aux phases finales de la CAN et du Mondial 2010.
Nous ne pouvons que souhaiter beaucoup de chance au nouvel
entraîneur. Mais la question se pose de savoir si sa seule détermination
suffira pour mener le football togolais à bon port. Le Togo a connu de
grands entraîneurs qui, tout comme M. Thiessen, ne déméritent pas de par
leur compétence. Mais l’atmosphère polluée dans laquelle ils sont appelés à
travailler a finalement eu raison de leur talent.
M. Thiessen a-t-il pris le pouls de la situation avant de
s’engager ? Bon vent quand même !
Quand Bongo se fâche
Le soleil n’est plus au beau fixe entre Bongo Ondimba et ses amis français.
Le Chef de l’Etat gabonais a été jugé et condamné dans une affaire civile à
Bordeaux. Des comptes en banque ouverts en son nom ont été bloqués, avec à
la clé, 4,2 millions d’euros. Avant cette odyssée, la presse s’était
abondamment consacrée au patrimoine immobilier de Bongo en France.
Il n’en faut pas plus pour susciter le courroux du maître de
Libreville. Le Parti Démocratique Gabonais dont Bongo est le Président est
en train de se préparer à prendre des mesures de rétorsion contre les
intérêts de la France au Gabon.
On se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, pour s’être attaqué de
front à la Françafrique, provoquant ainsi la colère de Bongo Ondimba, un
ministre français avait perdu son poste.
Le juge français pourra-t-il, pour sa part, aller au bout de ce
bras de fer ? On attend de voir.
Entre nous
Mon frère, comment que ça va aujourd'hui ? L'autre fois, j'ai vu que tu te
fâchais beaucoup la colère. Tu sais, dans pays ici, les quelques choses qui
se passent ne sont pas bons. Si tu veux prendre tout pour travailler, tu vas
devenir maigre et puis les gens vont parler tu as "trappé" le Sida.
Moi-même quand je pense la tête, je ne content pas. Je ne sais pas ce qu'on
a fait et puis Dieu a fait notre pays comme ça. Mais quand nous mangeons
l'air comme ça, le gouvraiment est content. C'est pourquoi il ne fait rignin
pour que nos problèmes vont finir.
Tu
veux savoir affaire de CPDC-là, c'est quoi même. Tu as raison. Moi-même j'ai
regardé kakaka… je crois qu'il ne faut pas attendre quelque chose. Parce que
tout ça, c'est s'amusement seulement. On va rester ici et puis on va
fatiguer. On n'aura rignin.
L'autre fois, quelqu'un m'a parlé que Aviyomé partage l'argent. Je ne sais
pas si c'est vrai. Je vais voir si c'est vrai et puis je vais te dire pour
que tu vas aller toi aussi. Tu sais, les gens-là, ils n'ont pas les
problèmes. Ils ont l'argent parce qu'ils ont beaucoup volé. Si quelqu'un
veut te donner, il faut prendre pour bouffer.
Mon frère, tu sais, là où que moi je suis, j'ai peur. Toi-même tu sais que
la pluie va venir dans quelques jours. Tu sais aussi que dans Lomé ici,
quand la pluie pleut, c'est les problèmes qui viennent. Tout le monde se
retrouve dans l'eau.
L'année dernière l'eau a pris les maisons et les gens sont partis poser avec
leurs bagages dans les écoles. Cette année je ne sais pas comment on va
faire. Il faut donc qu'on va faire la prière pour que Dieu va nous faire la
faveur.
A
bientôt Sanblag |
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Le Regard #635 du 3 mars 2009 |
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L’artiste
togolais de la chanson Ouyi Tassane n’est plus |
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L’intellectuel de la chanson togolaise, inégalé dans son talent de chanteur,
musicien compositeur, arrangeur… Ambroise Ouyi Tassane n’est plus. Il est
mort hier lundi 02 mars 2009 au petit matin dans son Bassar natal où il a dû
se replier depuis quelques années déjà. Cette mort survient à la suite d’une
maladie qui a soustrait cet artiste complet de la vie publique voilà quelque
temps.
Pendant sa carrière musicale, Ouyi Tassane a marqué les hommes et les cœurs
de son époque. Véritable touche à tout, les thèmes qu’il abordait dans ses
chansons aux compositions poétiques étaient tout aussi variés que l’amour,
la condition humaine, la vie, la mort, etc.
Qui n’a jamais fredonné ou écouté avec plaisir des morceaux de son
répertoire comme «Rejaki», «Tu ne m’écris plus», «Le
Combattant», «Ne pleurez pas pour un homme comme moi», «Le
géant fromager», «Terre natale», «Sacré Bon Dieu»…
Avec la disparition de Tassane, c’est un monument de la chanson togolaise et
africaine qui s’effondre. C’est une bibliothèque qui a brûlé, un philosophe
engagé qui s’en est allé, la voix des sans voix qui vient de s’éteindre.
A
travers son œuvre, Ambroise Ouyi Tassane est et demeure inoubliable pour
nous au Togo tout comme tant d’autres grandes figures de la chanson au Togo,
en Afrique et dans le monde.
Ouyi Tassane, écrivions-nous tantôt était un véritable touche à tout. C’est
vrai. L’homme n’est pas une référence en matière musicale seulement. C’était
aussi un homme des médias. A ce titre, il avait occupé d’importantes
fonctions à Radio Lomé et à la Télévision Togolaise avant de se retrouver à
la tête de Office Togolais du Disque (OTODI), une maison de production
discographique.
Ambroise Ouyi Tassane a fini sa course avant d’avoir livré tous les secrets
de son talent. Son nom sera à jamais gravé dans les annales de la chanson
togolaise.
Puisse Dieu le recevoir dans son royaume céleste.
L. R.
(Avec le concours de Agbotcho Madatina)
Le piège de la
facilitation : Un compromis pour repousser les problèmes à plus tard
La classe
politique togolaise, du moins les partis qui monopolisent l’échiquier
politique ont sacrifié à la tradition en ajournant le problème faute de
pouvoir le régler. En cas de blocage des discussions, le CPDC est arrivé à
une formulation consensuelle libellée comme suit.
«En cas
de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le président de la
République. Le chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres
du cadre, les solutions appropriées avec le recours à la facilitation
le cas échéant».
Le compromis tel que proposé, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Il
s’agit là d’une politique de gribouille, allusion faite à ce personnage qui,
voyant venir la pluie, s’est précipité dans le fleuve de peur de se
mouiller. Il en a toujours été ainsi depuis 1992. (Voir rappel page 5).
D’abord, il est question de se référer au chef de l’Etat qui lui-même est
déjà président du dialogue. En cas de blocage donc, il appartient au
président de la République d’instaurer un autre dialogue avec les
responsables du CAR de l’UFC et du RPT avec l’aide de la facilitation le cas
échéant c’est-à-dire si la nécessité se fait sentir. Dans le cas d’espèce,
celui qui doit juger de l’opportunité de cette facilitation c’est le chef de
l’Etat. Or celui-ci n’est astreint à quelque obligation que ce soit et il
n’est nulle part indiqué le consentement préalable des parties au dialogue
avant le recours à la facilitation. En outre, il n’est pas certain que tous
les «dialogueurs» du CPDC ont la même interprétation de ce concept.
Dans l’esprit UFCiste, par «facilitateur» on entend un personnage de
préférence un non Togolais qui aurait pour mission de départager les
protagonistes en proposant des compromis lorsque les parties au dialogue ne
s’accordent pas. Dans l’entendement du parti de Gilchrist Olympio, «Facilitation»
est assimilée à «médiation». Mais la facilitation selon Larousse
c’est l’action de faciliter. Le mot facilitateur que Zarifou Ayeva
semble-t-il se vante d’avoir introduit dans le jargon politique au Togo est
à définir parce qu’ignoré par le dictionnaire de la langue française. Mais
en attendant de le définir sans équivoque avec le concours de l’académie
française, chacun l’interprète comme il l’entend. Le soi-disant compromis
parle de facilitation et non de facilitateur. N’importe qui peut être donc
désigné pour faciliter encore qu’il n’est pas indiqué que ce soit une
facilitation étrangère. Selon Larousse, la médiation est une
entremise destinée à amener un accord. Le médiateur est une tierce
personne chargée de proposer une solution de conciliation aux parties en
litige.
Quand bien
même le chef de l’Etat candidat à sa propre succession déciderait de
confier la facilitation à un étranger, il ne commettra pas l’imprudence de
désigner quelqu’un qui ferait la part belle à ses adversaires.
Le diable se
trouve dans le détail, dit-on souvent. Lorsque les politiciens tels les
larrons en foire se donnent un compromis boiteux c’est que chacun en a sa
propre idée et se prépare pour tirer la couverture de son côté le moment
venu. Or quand survient le désaccord, c’est souvent celui qui a la force
légale et militaire qui impose sa loi. Le problème togolais est d’abord un
problème de conquête et de conservation du pouvoir selon qu’on soit dans un
camp ou dans l’autre. La méfiance qui pousse à faire appel à des pompiers
étrangers n’arrêtera pas tant qu’il en sera ainsi. A la limite, on trouvera
une formule pour renvoyer le problème sine die. En fait, cette histoire de
facilitation n’est qu’une petite manœuvre pour continuer les discussions au
CPDC, recenser les points convergents, accumuler les divergences pour
alimenter de nouvelles querelles politiciennes plus tard.
Abass
SAIB
Faure Gnassingbé à Ouaga : «Si les discussions
durent trop… il faut envisager d’autres moyens»
La situation togo-aise a été au menu des discussions entre les présidents
Compaoré et Faure Gnassingbé dimanche 1er mars
2009 à Ouagadougou. Le Chef de l’Etat a échangé avec son homologue burkinabé
au sujet du dialogue en cours au sein du CPDC. La question des réformes
politiques et institutionnelles, sans oublier la présidentielle de l’année
prochaine ont été les probables sujets de discussion avec le facilitateur
de l’APG.
A sa sortie d’audience, le chef de l’Etat togolais répondant à une question
de la presse sur ce qu’il fait face au rejet par l’opposition parlementaire
de la mouture du code électoral soumis à l’Assemblée nationale, a déclaré :
«Vous savez que, depuis 2007, nous faisons tout pour nous en tenir à la
méthode qui marche. Le facilitateur, Blaise Compaoré, est toujours à nos
côtés. Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous
venez d’évoquer, seulement, à l’impossible nul n’est tenu. Si les
discussions durent trop, il y a des délais, en ce moment, il faut envisager
d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter. Il faut tout
faire pour rapprocher les points de vue, les problèmes, il y en aura
toujours, il faut tout faire pour les résoudre. Moi, j’ai choisi le dialogue
et le consensus».
Puisqu’il n’avait pas été fait mention du nom du facilitateur burkinabé
dans le compromis du 24 Février, on pourrait penser que Blaise Compaoré
n’est plus impliqué dans la gestion des suites de l’APG. Or voilà que Faure
Gnassingbé qui est chargé de rechercher les solutions appropriées avec le
recours à la facilitation déclare que «le facilitateur Blaise Compaoré
est toujours à nos côtés». Si au sortir des discussions avec le
facilitateur, Faure Gnassingbé déclare qu’à l’impossible nul n’est
tenu et que si les discussions durent trop, il peut être fait recours
à l’Assemblée, il faut s’attendre à ce que le palabre du CPDC se termine
en queue de poisson surtout que les positions du RPT et de l’UFC
apparaissent si irréconciliables et que le CAR se refuse à s’aligner sur la
position de l’un ou l’autre.
Faisant allusion à ceux qui veulent ralentir le rythme pour après les mettre
devant le fait accompli, Jean-Pierre Fabre estime que «si la bonne
volonté prévaut partout, le temps est suffisant pour organiser de bonnes
élections. Il faut surtout éviter sous prétexte de temps et de délai, de
bâcler la préparation de ces élections».
L’UFC ayant donc menacé de recourir aux manifestations de rues pour faire
triompher ses exigences, on attend de voir ce qu’il en sera dans les
prochains jours.
-
S.
Des observateurs
de la CEDEAO et l’Union Européenne au dialogue du cadre permanent
Le
représentant de la CEDEAO au dialogue intertogolais, le Nigérien Maï Manga
Boukar et le représentant de l’Union Européenne Joao de Melo Sampaïo ont
assisté aux discussions du CPDC hier 02 mars 2009. Au sortir des débats,
aucune déclaration n’a été faite à la presse. De sources concordantes, les
représentants du parti au pouvoir reprocheraient aux représentants de l’UFC
de vouloir les obliger à transformer l’Assemblée Nationale en un godillot du
CPDC.
L’UFC
tient à ce qu’elle appelle la «légalisation des procédures». Pour le
Secrétaire Général de l’UFC, «il ne faut pas laisser
la Cour
Constitutionnelle faire ce qu’elle veut pour finalement proclamer n’importe
quel résultat définitif. Il ne faut pas non plus que la CENI ait la liberté
d’organiser le traitement et la proclamation des résultats fantaisistes. Il
faut que toute la procédure soit inscrite dans le code de telle sorte que si
la procédure n’est pas suivie, on puisse dire voilà par où la procédure
pêche et ça, on y tient parce que nous avons constaté que lors des dernières
élections, la CENI livrée à elle-même n’a pas proclamé les résultats réels».
Pour l’UFC, l’administration doit être à la disposition de la CENI pour
exécuter à la demande de celle-ci les tâches qu’elle juge nécessaire.
Pour
Jean-Pierre Fabre, «Quand on parle de l’indépendance de
la CENI,
c’est par rapport au pouvoir en place et le pouvoir en place c’est
l’administration. Il vaut mieux que l’administration se tienne à la
disposition de la CENI pour, en cas de besoin, contribuer à
l’accomplissement des tâches qu’on lui demande.»
Le parti au
pouvoir et le gouvernement trouvent les exigences de l’UFC inacceptables
parce qu’elles tendraient à dépouiller les institutions de leurs
prérogatives.
Faure reçoit
séparément l’UFC et le CAR
Sans doute conformément au règlement intérieur du CPDC et suite au nouveau
blocage des travaux, les deux partis de l’opposition parlementaire seront
reçus ce jour mardi 03 mars 2009. Compte tenu de l’enthousiasme suscité par
l’annonce d’une unité d’action entre les deux partis, il eût été souhaitable
qu’ils fussent reçus ensemble pour parler d’une même voix. Mais le fait
qu’ils aient présenté des propositions différentes risque de dévoyer l’unité
annoncée. Chaque parti se contentant de défendre ses propres intérêts. En
lisant attentivement les propositions de chacun des deux partis s’agissant
du code électoral, on constate que les deux formations politiques ont
beaucoup à faire pour être sur la même longueur d’onde. Pourvu que
l’adversaire d’en face ne tire profit de cette discorde.
Les
félicitations provocantes du FMI au Togo
Le Fonds Monétaire International (FMI) a salué jeudi à Lomé, les «bonnes
performances» enregistrées ces dernières années par le Togo qui a
entrepris une vaste réforme de redressement de son économie.
«Les performances du Togo (…) sont très bonnes. Les autorités togolaises
ont honoré leurs engagements et nous sommes très satisfaits», a affirmé
Marshall Mills, responsable d’une délégation du FMI après un entretien avec
le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé. La délégation du FMI entend
faire des propositions aux plus hautes instances de l’Institution pour une
augmentation des ressources à mettre à la disposition du Togo.
«Nous ferons des propositions au Conseil, afin qu’il augmente les
ressources à allouer au Togo pour l’aider, compte tenu des performances
réalisées», a souligné M Mills. Alors que l’écrasante majorité des
togolais espèrent plutôt une nouvelle leur annonçant le moindre soulagement,
ce discours résonne comme une inacceptable provocation pour les associations
de consommateurs et des syndicats las d’espérer que ces prétendues
performances se ressentent au niveau du panier de la ménagère.
Apparemment, ces félicitations du FMI ont de quoi énerver les togolais qui
continuent de tirer le diable par la queue. Au-delà des considérations
macroéconomiques et du langage barbare des institutions financières, bien
des Togolais pensent que les performances qu’évoque l’institution monétaire
internationale profite plutôt à des hauts perchés, des ministres et une
minorité de nantis qui ne sont pas touchés par le phénomène de la vie chère.
En lieu et place de redressement et de performances, les Togolais ne voient
que du feu. Il n’ y a pas de jour qui passe sans que la presse ne fasse
état de gaspillage et de pillage des ressources de l’Etat sur fond
d’impunité.
Au Togo et cela saute aux yeux, les pauvres poursuivent leur descente aux
enfers et les riches s’enrichissent insolemment. Et si c’est au prix de la
désolation que se concrétisent les réformes saluées par le FMI les
prochaines félicitations de cette institution à nos autorités seront
couronnés par les obsèques nationales grandioses en l’honneur des milliers
de togolais » crevés de faim au nom de la patrie» grâce aux
performances recherchées par le FMI.
Voilà qui justifie l’opinion selon laquelle les résultats souvent salués par
les institutions de Brettons Wood sont ceux qui accentuent la misère des
populations.
A. S.
Imminence d’un
nouvel accord de défense Togo –France
Le Togo devrait être le premier pays africain à signer un nouvel accord de
défense avec la France. C’est ce que révèle l’hebdomadaire Jeune Afrique. Il
y a un an au Cap, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé une révision
des accords militaires liant Pars aux capitales d’Afrique francophone. Selon
le journal, la clause secrète qui permettait à la France de protéger le
régime togolais aura disparu de la nouvelle mouture ; l’armée française se
limitant à la seule formation. Jeune Afrique ajoute que le document sera
dans quelques jours à la signature sur les bureaux des présidents Faure
Gnassingbé et Nicolas Sarkozy ; il devrait ensuite être rendu public et
soumis aux Parlements des deux pays.
L’Accord de défense entre la République française en vigueur a été signé à
Paris le 10 juillet 1963 et la ratification a été autorisée par la loi
n°63-1253 du
21 février 1963, publiée au JORF le 22 février 1963.
Les accords de défense sont des textes de coopération en matière de défense
qui prévoient des mécanismes de consultations et une intervention
éventuelle en cas de menaces ou d’attaques contre l’Etat partenaire.
Historiquement, la France est liée à plusieurs pays africains par des
accords de défense prévoyant l’intervention éventuelle des forces armées
françaises en cas de menace grave ou d’agression, et pouvant contenir des
clauses relatives à la possibilité d’intervention en vue du maintien de
l’ordre intérieur.
En outre, dans les années 1990, la France en a conclu plusieurs,
avec certains pays du Golfe persique (Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït).
La démarche du Livre blanc, fondée sur une approche radicalement
nouvelle, se traduit par quatre décisions majeures :
1.
l’existence de la totalité des accords de défense est rendue publique ;
2.
les clauses ou conventions relatives aux possibilités d’intervention
de la France en vue du maintien de l’ordre intérieur dans certains
pays, comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Togo, seront abrogées.
3.
le Parlement sera à l’avenir régulièrement informé de la conclusion
de ces accords et de leur teneur. Il sera par ailleurs associé à
l’approbation des accords de défense pour ceux qui, aux termes de la
Constitution, doivent faire l’objet d’une approbation et d’une ratification
;
4.
la préparation de nouveaux accords, en particulier avec les Etats
africains si elle est jugée souhaitable par les deux parties, aura pour
objet de fonder une relation de coopération nouvelle, ne reposant
plus sur l’assistance militaire, mais sur un partenariat de défense et de
sécurité, et revêtant une dimension à la fois régionale et européenne.
La libre
circulation à l’épreuve dans l’Espace CEDEAO
A
l’initiative de l’Unité Pilote chargée de la question de la libre
circulation des personnes dans l’Espace CEDEAO et du Forum de la Société
Civile de l’Afrique de l’Ouest, un atelier a réuni mercredi à la frontière
de Sanvee-Condji à Aného policiers, douaniers, transitaires, transporteurs,
responsables administratifs de la Préfecture des Lacs.
Au
centre de cette rencontre, la question de la libre circulation des personnes
au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Les communicatrices, ont expliqué aux participants à l’atelier le bien-fondé
de la décision recommandant la libre circulation des personnes au sein de la
communauté. C’est à ce titre que Mme Kassah Traoré, Directrice de la Cellule
Nationale de la CEDEAO-UEMOA est revenue de long en large sur les différents
textes en vigueur dans l’Espace CEDEAO et qui prônent cette facilité pour
les citoyens de cette zone d’aller et de revenir sans entraves ni
perturbations.
Ici, l’accent est particulièrement mis sur le protocole du 29 Mai 1979 qui
dispose pour les citoyens de la CEDEAO le droit d’entrer, de séjour, de
résidence, le droit d’établissement ainsi que le droit d’accès à la Cour de
Justice de la Communauté. Après avoir évoqué la nécessité d’un passeport
CEDEAO pour faciliter la libre circulation, elle a regretté que «sur les
15 pays de la communauté, 9 utilisent déjà le passeport CEDEAO et seulement
6 pays dont le Togo sont encore en retard pour son établissement».
Depuis 2006, l’Unité pilote s’emploie à réduire les tracasseries aux postes
frontières et contribuer ainsi à la réalisation de l’objectif fixé depuis
1979 relatif à la libre circulation et qui visiblement a du plomb dans
l’aile.
Selon la présidente, Mme Bamezon-Léguédé, l’Unité pilote multiplie les
visites inspirées sur le terrain (à Aflao et à Sanvee-Condji-Aného),
organise des caravanes et procède à des sensibilisations. Elle a donc
profité de cette tribune pour rappeler aux agents des postes frontières, ce
que doit être leur rôle afin que le défi de la libre circulation dans la
sous-région devienne une réalité.
Or, tout porte à croire que les multiples actions menées dans ce domaine
ressemblent pour l’heure à de l’eau versée au dos du canard. Car, si les
agents aux postes frontières prennent l’engagement de ne plus rançonner les
personnes en transit aux ateliers, une fois retournés sur le terrain, ils
oublient leurs engagements. D’aucuns disent qu’il s’agit d’un réseau
organisé soutenu par de hautes personnalités fortement impliquées dans les
prises de décision. Pour les tenants de cette thèse, tant que ces agents de
douane bénéficieront de la caution de ces supérieurs, la question de la
libre circulation restera à l’étape des discours. Un tour à la frontière d’Aflao
permet d’apprécier la situation.
K.
Ségniagbéto
Affaire de terrain à Dagué : Vers un accord amiable entre les parties :
L’huissier de Justice Agbéméhin Marcel démontre sa bonne foi
Dans la parution N°624 du 09 Décembre 2008 de votre hebdomadaire «LE
REGARD» sous le titre : «spoliation de terrain à Dague.
L’Huissier de Justice AGBEMEHIN Marcel fait parler de lui», nous avions
fait état des faits relatifs à la vente d’un immeuble appartenant à la dame
DOGBE Améyo. Les contours de cette transaction réalisée, écrivions-nous,
sous l’autorité de l’Huissier AGBEMEHIN Marcel, avaient laissé entrevoir,
selon les informations dont nous disposions, que l’officier ministériel ne
s’était pas acquitté convenablement des tâches que lui impose sa charge dans
une opération de genre de l’espèce.
Aussi, avions-nous vigoureusement pris à partie Maître AGBEMEHIN suspecté
d’abuser de la situation précaire de la dame DOGBE pour s’accaparer, à son
profit et à son compte personnel, de l’immeuble en question à un prix
dérisoire alors même que dame DOGBE Améyo avait sous la main, un acquéreur
qui, du reste, s’était acquitté du prix convenu entre les parties. Il est à
noter, toutefois, que les développements ultérieurs de cette affaire ont
révélé des quiproquos et des malentendus qui n’établissent aucune collusion
au passif de l’Huissier.
Dans tous les cas, les parties prenantes de cette affaire sont parvenues à
rapprocher leurs points de vue respectifs et sont en mesure de parvenir à un
accord amiable dans le respect des droits et obligations des uns et des
autres.
II va sans dire, dans de telles conditions, que l’évolution actuelle de
cette affaire et toutes les conséquences que les parties sont en droit d’en
tirer décharge de facto Me AGBEMEHIN de toute suspicion dans la transaction
querellée.
L. R.
Ça
vous regarde
Du pain sur la planche
Mardi dernier, le Président de la République a pris un décret,
nommant M. Comlan Kadjè, Ministre des Travaux Publics et des Transports. On
se souvient que, pour des raisons qui n’échappent à personne, le Chef de
l’Etat avait décidé de rattacher ce ministère aux services de la Présidence
de la République.
En effet, le secteur des Travaux Publics et du Bâtiment est pourri
au Togo. Il est miné par des réseaux de profiteurs qui ne pensent qu’à
s’enrichir sur le dos des populations. L’attribution des marchés publics qui
devait répondre à une orthodoxie rigoureuse est devenue dans ce secteur, une
affaire de copinage. Parce que disposant de connaissances dans les cercles
du pouvoir, des individus qui n’ont aucune expérience en la matière, ont
créé des entreprises de bâtiment et de travaux publics, avec lesquelles ils
raflent tous les marchés qu’ils exécutent mal ou qu’ils n’exécutent pas du
tout. L’essentiel pour eux se limite seulement à l’encaissement de l’argent
qu’ils empochent après avoir mouillé leurs bienfaiteurs ou plutôt leurs
complices.
Aujourd’hui, le secteur est d’autant plus en difficulté que même
les membres du Syndicat des Entreprises de Bâtiment et de Travaux Publics du
Togo n’arrivent pas à parler d’une même voix. Les uns dénoncent les
passe-droits qu’utilisent les autres pour avoir accès à des privilèges.
C’est dans cette situation que Faure Gnassingbé fait appel à
Comlan Kadjè un homme de terrain qui avait déjà eu à occuper de hautes
fonctions dans le secteur. On peut dire d’entrée que si cette nomination
doit être considérée comme un cadeau, il s’agit forcément d’un cadeau
empoisonné. Car Kadjè aura du pain sur la planche avec les réseaux mafieux
qui s’affrontent dans le secteur des Bâtiments et des Travaux Publics.
Ils reviennent !
Au lendemain des journées portes ouvertes organisées par le
Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, plusieurs usagers de la
route ont été heureux de constater l’absence des policiers racketteurs sur
nos routes. Ils s’étaient alors mis à rêver à une circulation paisible où on
ne verrait plus des hommes en uniforme arrêter les chauffeurs de taxi pour
leur demander, non pas les pièces de leurs véhicules, mais des pièces
sonnantes et trébuchantes.
Erreur. Car cette trêve n’aura duré que quelques jours. Hier
lundi, les racketteurs ont repris du service à leurs places habituelles.
Mais déjà, dans le courant du week-end, on a vu, fidèles au poste, les «vendeurs
de route» sur le tronçon Lomé-Aného.
Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Et c’est bien
vrai.
Peur sur la ville
Nous sommes aux portes de la saison des pluies. Et selon des avis
compétents, cette année, la pluviométrie s’annonce abondante. Du coup, c’est
la peur qui gagne les cœurs.
En effet, il est connu de tous que les saisons des pluies ne sont
pas de tout repos pour les habitants de Lomé et ses environs. Il suffit
d’une simple averse pour que la capitale se retrouve les pieds dans l’eau,
rendant la mobilité urbaine difficile.
L’année dernière, on n’avait pas parlé d’une quelconque abondance
des pluies. Mais tout le monde a vu ce qui s’était passé. On avait
enregistré des inondations un peu partout dans la Région Maritime, dans la
Région des Savanes, etc. Qu’en sera-t-il cette année où on annonce de
grandes pluies alors que nos autorités n’ont pas réussi à prendre entre
temps, les dispositions et les mesures devant mettre les populations hors de
danger ?
L’hécatombe
Ces derniers temps, la vie ne fait pas de cadeau à nos paysans et
à tous ceux qui s’impliquent un tant soit peu dans l’élevage.
Il y a quelque temps, l’attention de l’opinion était focalisée sur
le secteur de la volaille en proie aux ravages de la grippe aviaire. Des
aviculteurs ont vu leurs exploitations réduites à néant à cause du virus de
cette maladie qu’on ne combat que par l’abattage systématique des volailles
dans l’élevage infecté. Certes, on a parlé de dédommagement. Mais cela ne
représente rien par rapport aux pertes subies.
Alors que les aviculteurs n’ont pas encore séché leurs larmes,
c’est du côté des porcins qu’une nouvelle épidémie est annoncée. Le mal a
quitté la basse cour pour se retrouver dans la porcherie.
En effet, on parle de plus en plus de la peste porcine qui fait
des ravages. Là aussi, le traitement commence par l’abattage systématique
des animaux. Les éleveurs assistent impuissants à l’hécatombe qui s’abat sur
leurs cochons qu’on trucide avant de brûler.
Ils sont nombreux dans la Région Maritime, ceux qui se souviennent
d’une épidémie de peste porcine qui avait, il y a quelques années, provoqué
une sorte d’extermination de cochons. Des éleveurs prospères s’étaient
retrouvés ainsi du jour au lendemain, dans la pauvreté.
Il ne reste donc plus qu’à croiser les doigts et à prier afin que
le mal cette fois-ci, soit vite circonscrit.
Plus de peur que de mal
Il y a quelques jours, la CEET avait donné des sueurs froides aux
Togolais. En effet, on avait assisté à Lomé et ses environs, à de longues
coupures d’électricité. Pendant des heures, les populations ont affronté
l’obscurité. D’autres ont vu leurs activités profondément perturbées.
A l’époque, la CEET avait, à travers un communiqué, justifié la
situation par une panne sur le réseau d’interconnexion de la CEB. Mais très
peu de gens avaient cru à ces propos.
De fait, ceux qui disposaient de groupes électrogènes ont sorti
ceux-ci des garages et les ont époussetés en attendant la suite des
événements. Mais apparemment, il semble qu’il y a plus de peur que de mal,
car la situation s’est régularisée et les coupures, si elles interviennent,
n’excèdent pas un dizaine de minutes. Pourvu que ça dure !
Le grand handicap
L’un des plus grands freins de l’épanouissement du Togo et des
Togolais a pour nom, la politique. Oui, dans notre pays, tout est politisé
et tout ne s’apprécie qu’à travers un prisme politique. Vous gagnerez en
sympathie et ou antipathie, selon que vous soyiez proches du pouvoir ou de
l’opposition. Il est aujourd’hui difficile, voire impossible de demander à
un Togolais, au nom de l’intérêt national de faire ou de ne pas faire
quelque chose. Il pensera d’abord à l’avantage que pourrait en tirer sa
famille politique, à l’exclusion des autres.
Ainsi donc, la politique à elle seule focalise toutes les
énergies. Pendant ce temps, les autres secteurs, tout aussi importants sont
relégués aux oubliettes. On ne pense et ne parle par exemple de la culture
que lorsqu’on veut en faire une exploitation politicienne. Et pourtant des
talents existent chez nous et sont contraints au sommeil. On attend que des
gens, par leurs propres efforts et leurs sacrifices percent et gagnent des
prix pour qu’on les brandisse comme un trophée politique.
Le Togo et les Togolais ne méritent-ils pas plus que ça ?
La diversion
Ceux qui avaient cru qu’avec la création du Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation, le Togo allait enregistrer une avancée dans la
recherche des solutions à ses problèmes politiques doivent se raviser pour
se refaire une opinion. Car chaque jour apporte au niveau de cette
structure, son lot de désenchantement. Nombreux sont ceux qui, de plus en
plus, pensent qu’il s’agit d’un «machin» créé pour faire diversion.
En effet, tout se passe comme si cette structure a pour rôle de
faire perdre leur temps aux deux partis de l’opposition parlementaire,
pendant que le parti au pouvoir qui sait toujours ce qu’il fait, consacre en
secret, son temps à des choses plus sérieuses. Des mois passeront ainsi sans
rien de concret jusqu’au jour où, évoquant les délais constitutionnels,le
pouvoir passera à l’action. Vigilance donc et attention à la surprise.
La gouvernance par les effets d’annonce
Les autorités de notre pays aiment les effets d’annonce. C’est en
tout cas ainsi que les Togolais comprennent les nombreuses promesses jamais
réalisées du pouvoir en place. L’une des stratégies du régime est d’annoncer
à grands renforts de publicité, des projets ambitieux, chaque fois que le
peuple veut manifester une forme de lassitude. C’est ainsi que outre les
échangeurs promis, plusieurs autres projets ont été annoncés avec des
chiffres qui donnent parfois le tournis.
Malheureusement, le temps passe et on ne voit rien se concrétiser.
Où sont les grandes infrastructures promises ? Qu’en est-il de la
réalisation des «20 plus» de Faure Gnassingbé ? Certains assimilent
cette façon de faire de fausses promesses à de la supercherie politique. Ne
nous demandez pas s’ils ont tort ou raison.
Voyage au bout de la galère
Les Togolais n’ont vraiment pas de chance. En effet, on a toute
l’impression que ceux qui les gouvernent ne se soucient pas assez de leur
bien-être. C’est bien ce que pensent de nous, certains ressortissants des
pays de la sous-région.
On se souvient en effet qu’avec l’apparition du phénomène de la
vie chère, le gouvernement avait adopté un train de mesures par lesquelles
il entendait soulager les ménages. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se
demandent si nos gouvernants se préoccupent réellement de nos bourses.
Un exemple dans le tas. Depuis plusieurs mois déjà, le cours du
pétrole a considérablement baissé sur le marché international. Conséquence,
le prix des produits pétroliers a sensiblement diminué dans tous les pays de
la sous-région ouest africaine. Mais au Togo, le Super sans plomb se vend à
500 F CFA le litre contre 300 F CFA au Bénin et un peu moins au Ghana.
Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cet état de fait.
Comment peut-on vouloir combattre la vie chère en maintenant l’essence, la
première source d’énergie, base de toutes les activités, à un tarif aussi
prohibitif ?
La vérité, d’après plusieurs observateurs serait qu’on veut
conduire les Togolais jusqu’au bout de la galère. Et tout tend à leur donner
raison. |
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Le Regard #634 du 24 fev. 2009 |
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Ingrédients
d’un dialogue de sourds : La présidence oppose les adversaires du CPDC à
l’opposition parlementaire |
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L’irruption subite des autres partis signataires de l’Accord Politique
Global qui ne siègent pas au sein de cette structure et des autres
formations politiques qui donnent de la voix vise sans doute un but inavoué.
On tend vers une formule qui aboutira à terme au maintien du Code électoral
ayant présidé aux élections législatives d’Octobre 2007, avec comme
conséquence, la mise sous éteignoir du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation.
Dans un communiqué de la Présidence en date du 19 février 2009, il est
indiqué que «le Président de
la
République Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu au
Palais de la Présidence de la République avec des responsables de partis
politiques. Les échanges qui s’inscrivent dans le cadre des concertations
régulières entre les acteurs politiques ont porté sur plusieurs questions
d’intérêt national. Ces questions ont permis au Chef de l’Etat et à ses
interlocuteurs de faire le point sur les questions politiques de l’heure.
Ces responsables ont remercié le Chef de l’Etat pour cette initiative qui
concourt à l’enracinement de l’Etat de droit et à l’instauration d’une
démocratie apaisée dans notre pays».
Ce
communiqué laconique n’a pas dévoilé le nom des responsables politiques
reçus par le Chef de l’Etat. Ceci sans doute pour semer la confusion et
raviver les suspicions au sein de l’opposition. Qui a été reçu et pourquoi ?
Sur quelle base a-t-on invité les participants à cette rencontre ? Top
secret.
Et
la mayonnaise semble prendre. L’UFC et le CAR, les deux partis de
l’opposition parlementaire qui siègent par ailleurs au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation et qui, par conséquent, ambitionnent de parler
au nom de toute la classe politique s’indignent et déclarent n’avoir jamais
été invités à une quelconque rencontre avec le Président de la République.
Dans une interview récemment accordée à un confrère de la place, M. Patrick
Lawson, Vice-président de l’UFC a été clair : «Nous apprenons un peu
partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le Chef de l’Etat. Nous sommes
un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR
qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous
dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui
pourrait nuire aux résultats de nos travaux. A l’heure où nous parlons, nous
ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont
rencontré le Chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation est prévu pour être un fourre-tout
et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes
politiques».
Tout porte à croire, au regard de ce qui se passe, que le pouvoir veut
saboter la cohésion de l’opposition et mettre à mal toutes les tentatives de
regroupement qui pourraient donner une certaine synergie à son action. En
dépit de l’annonce d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC, les deux partis
n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur une candidature unique.
Pour rassembler toutes les forces démocratiques autour de la candidature de
Gilchrist Olympio, l’UFC qui envisage de faire la cour à d’autres partis, se
trouve coincée par son refus d’admettre d’autres partis au dialogue. En
impliquant donc ces partis que l’opposition parlementaire ne veut pas voir
au CPDC et dans les discussions de manière à le dresser contre l’opposition
parlementaire, le pouvoir semble trouver la parade contre une grande
alliance de l’opposition.
L. R.
Le cadre
permanent de dialogue tourne à la pagaille
La situation créée par la mise en place du CPDC tend à montrer que le cadre
de concertation, loin de trouver une solution aux problèmes politiques
constitue en lui-même un véritable problème. Tout en déniant à l’Assemblée
le droit de légiférer sur les réformes politiques, l’UFC se fonde sur la
légitimité conférée par cette même Assemblée, pour exiger un dialogue à
trois à l’exclusion des autres partis politiques qui n’arrêtent pas de
crier à la discrimination. Ces autres signataires de l’APG disent ne pas
comprendre la logique par laquelle le CPDCqui est une recommandation de
l’accord de Ouaga n’inclut pas tous les signataires.
Et les dissensions apparues au sein du cadre permanent en témoignent les
communiqués cacophoniques des trois partis tendent à donner raison aux
partis contestataires. L’UFC invoque la crise de confiance pour réclamer
une facilitation. Dans les milieux favorables au pouvoir en place, on
considère que l’intrusion d’un facilitateur place le chef de l’Etat qui a
signé le décret dans une position de subordination vis-à-vis d’un élément
extérieur. Ici on pense que l’UFC voudrait à travers la facilitation
instaurer un dialogue Politique Bis. C’est en filigrane ce qu’on peut lire à
travers le communiqué du RPT en date du 20 Février 2009 et qui fait savoir
que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de
ses objectifs » Il faut d’ailleurs faire remarquer que le parti de
Gilchrist Olympio n’a jamais accepté le CPDC dans sa forme actuelle surtout
qu’il est une copie du décret signé par par Agboyibo qu’elle a toujours
rejeté. Mais quand on constate qu’il n’y a aucune avancée alors que les
divergences ne portent uniquement que sur la forme, il est à craindre que
les discussions ne durent plus d’un an quand on abordera les questions de
fond. La pagaille se fait surtout remarquer dans les positions exprimées par
les uns et les autres. Le RPT dit que l’UFC a rejeté toutes les
propositions de la délégation du RPT notamment celle de recourir en cas de
blocage au chef de l’Etat pour trouver des solutions appropriées en
concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC. Le CAR aussi
indique que sa proposition de rendre compte au chef de l’Etat en vue du
déblocage de la situation a été rejetée. Pour l’UFC l’adoption d’un
règlement intérieur, incluant le recours à la facilitation en cas de blocage
est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des
travaux du CPDC.
Cette pagaille interne au CPDC se retrouve déjà sur la place publique. L’UFC
qui considère que ce qu’a dit le ministre Bodjona ne reflète pas la réalité
des débats a servi sa version des faits dans les colonnes de notre confrère
«Liberté» du 23 février 2008. Selon Patrick Lawson, lorsque l’UFC
a demandé une suspension de séance jusqu’au vendredi 20 février pour
permettre aux représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants
et que chaque composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion, le
CAR a dit qu’il soutient le principe de la suspension et demandé qu’on en
profite pour permettre au représentant du président du cadre de rendre
compte au chef de l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une
solution. Toujours selon Patrick Lawson, le RPT a dit qu’il faut poursuivre
les travaux pour éviter de remettre en cause les acquis et le gouvernement a
déclaré qu’en dépit des divergences, sur un éventuel recours à la
facilitation, les représentants du gouvernement demandent que les
discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage un recours soit fait au
chef de l’Etat. Le 2e Vice
Président de l’UFC considère que le ministre Bodjona a refusé de publier
toutes ces positions pour tenter de jeter l’UFC en pâture.
Curieusement dans leurs communiqués respectifs le RPT n’a pas
indiqué qu’il a opté pour la poursuite des travaux. Le CAR non plus n’a
mentionné nulle part dans son communiqué qu’il a soutenu la suspension
demandée par l’UFC. Qui ment et qui dit vrai ? Le CPDC est un marché de
dupes.
A. S.
Le recours au Facilitateur Compaoré s’impose
Hier lundi
23 février 2009, les olympiades de la chamaillerie se sont poursuivies au
CPDC. Pour tout résultat, le porte-parole a annoncé que les débats se
poursuivent aujourd’hui. Après donc sept semaines de dialogue bilatéral
infructueux entre le RPT et l’UFC, on semble donc se complaire dans une
foire de larrons. Interrogé sur l’espoir quant à l’issue des discussions, le
représentant de l’UFC Jean-Pierre Fabre se dit sceptique.
En principe,
la question de la facilitation ne devrait pas poser problème au niveau du
CPDC si l’on inscrit le dialogue en cours au registre de l’APG. Mais le
problème est de savoir si cet accord est toujours en vigueur.
En effet le
point 5.8 de l’APG est pourtant clair. «En cas de différend sur
l’interprétation de tout ou partie du présent accord, y compris les
modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales, les
parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du
facilitateur». Au vu de cette disposition, on a l’impression que les
acteurs du CPDC se disputent le sexe des anges alors que la solution est
tout près. Comme cela a été le cas en 2006 pourquoi ne pas recourir au
facilitateur Blaise Compaoré comme le recommande l’APG ? On se souvient que
lors du dialogue inter togolais en août 2006 le président Compaoré s’était
fait représenté par son ministre Djibril Bassolé.
On peut
comprendre que les partis de l’opposition ne veuillent pas réclamer la
facilitation burkinabé mais le peu d’empressement des autorités togolaises à
saisir l’ancien facilitateur est plutôt surprenant et pour cause,lorsqu’il
s’était agi de savoir le sort à réserver aux réformes à mener après les
législatives,le représentant du facilitateur burkinabé avait déclaré sur les
ondes d’une radio internationale qu’il appartient aux institutions issues
des législatives notamment l’Assemblée nationale d’opérer ces réformes. Et
depuis le RPT a repris ce refrain à son compte. Si l’on s’en tient à cette
position le chef de l’Etat ne devrait pas dessaisir l’assemblée nationale
des textes à elle soumis. Il lui fallait obtenir que le facilitateur réitère
cette position conformément au point 5-8 pour que la polémique cesse. Tout
porte donc à croire qu’on a décidé de faire perdurer les débats à dessein.
Le refus délibéré de faire recours au facilitateur de l’APG participe donc
d’une stratégie politique qui échappe aux profanes.
.A. S.
Contestation tardive de trois partis signataires de l’APG
Les partis politiques qui se sentent exclus du dialogue du CPDC dénoncent la
discrimination. La désapprobation est surtout légitime pour les partis
qui étaient étrangers au Décret du 14 mai 2007. Au-delà des arguments
développés, l’agitation qui s’empare des partis qui étaient au gouvernement
à l’époque est pour le moins curieuse. Et pour cause la CPP le PDR et la CPP
étaient au gouvernement Agboyibo quand ce décret avait été pris. Ce décret
rédigé par Ahoomey-Zunu de la CPP alors ministre de l’Administration
Territoriale et signé par Agboyibo et Faure prévoyait déjà avant même les
élections que le cadre à créer devrait regrouper les partis ayant au moins
cinq pour cent du suffrage à l’issue du scrutin. Les ministres d’Etat Ayéva
du PDR Gnininvi de la CDPA n’avaient pas contesté ce décret. C’est ce même
décret qui a été réhabilité sous un nouvel habillage. D’où leur vient donc
cette virulence subite contre ce qu’ils avaient approuvé ?
Le ras-le-bol
des mécontents de Togopharma
Les agents de la défunte Togopharma ont observé hier un «mouvement de
désespoir».
Pour comprendre ce mouvement, il faut remonter à 2002, année où l’Etat a
liquidé cette société. Les locaux de la Togopharma seront alors confiés à la
CAMEG et au PNLS.
Quant au personnel, un arrêté ministériel confie une partie aux formations
sanitaires et la majorité des agents seront recrutés par la nouvelle société
créée, la CAMEG à des conditions salariales modiques : «les agents qui
gagnaient
80.000 F ne
perçoivent maintenant que 15 ou 20.000 F»,
lance un agent. Malgré cela, 51 personnes sont «laissées sur les carreaux».
Finalement, un syndicat créé par ces agents a transmis au Ministre de la
Santé le 28 mars 2008 leurs revendications à savoir : «le payement de
leurs droits y compris les indemnités de départ à la retraite, le tout
chiffré à 883 millions de F CFA y compris les 21 mois et demi d’arriéré de
salaires» et lui a fait part de l’état de désespérance totale dans
lequel se trouvent les agents.
C’est donc ces agents (les retraités et les «laissés sur les carreaux») qui
ont déclenché hier une action de désespérance, action qui a reçu le soutien
de leurs collègues recrutés à la CAMEG. Les manifestants qui affirment
qu’ils n’accepteront plus du dilatoire mais des actions concrètes, disent
remettre leur sort au Chef de l’Etat qui prône la justice sociale,
l’apaisement et la réconciliation nationale. «Depuis 2002, 25 de nos
camarades sont morts. Les survivants doivent vivre dans la misère et le
désespoir total», déclare l’un d’entre eux. Pendant que le mouvement se
poursuivait, une délégation rencontrait le Ministre de la Santé à son
cabinet. Ce dernier a donné instruction à son Directeur de Cabinet qui s’est
rendu sur les lieux des manifestations où il les a conviés à constituer une
délégation qui se rendrait au Ministère jeudi prochain pour des négociations
sur leur plate-forme de revendications.
Albert
Agbeko
La destruction
de l’environnement, une activité florissante au Togo
L’office de Développement et d’Exploitation Forestier (ODEF) fait savoir
qu’elle souffre cruellement de moyens financiers.
Le secteur est potentiellement riche, mais on vit dans la misère, faute de
moyens financiers», a indiqué le Directeur Administratif de l’ODEF, Gnandi
Gbandi.
Créé en Novembre 1971, l’ODEF gère près de 14500 ha de Tecks, Gmélina,
Eucalyptus, Acassia et autres espèces, soit sur financement propres ou
extérieurs soit sur préfinancement propre pour le compte de l’Etat. L’ODEF
emploie aujourd’hui environ 246 agents.
Mais pendant que l’ODEF se plaint du fait que les autorités ne tiennent pas
compte de leurs revendications, Le teck est une principale source de revenu
de bandes de réseaux.
Le commerce des essences forestières est un des plus florissants au Togo et
tend même à devenir la principale activité économique dans certains milieux.
Le conseil des ministres du 11 février 2009 a indiqué que l’absence de
politique nationale de financement de l’environnement de a longtemps porté
préjudice à la réalisation des projets d’amélioration des conditions et du
cadre de vie de la population togolaise d’où une dégradation continue de
l’environnement qui se manifeste aujourd’hui par la perturbation des
écosystèmes. En réalité l’abattage systématique des arbres et leur
commercialisation ont été institués dans notre pays où l’impunité tend à
devenir une vertu.
En parcourant la nationale N°1 de Tsévié à Kara on peut remarquer comment
d’immenses hectares de teckeraies sont dévastés. Les montagnes du Sud-Ouest
Togo sont totalement dénudées. On est même horrifié par l’ampleur du
massacre des essences forestières au point qu’on ne trouverait même pas à
redire si l’on supprime purement et simplement le ministère chargé de
l’environnement. Le gouvernement ne semble pas s’émouvoir devant ce scandale
bien qu’on organise souvent des tintamarres sur la protection de
l’environnement à travers des colloques et séminaires. N’importe qui
aujourd’hui peut se munir d’une tronçonneuse et se mettre à abattre des
arbres.
Des personnes qui n’ont jamais planté un seul arbre dans leur vie sont
devenues du jour au lendemain producteurs et vendeurs de tecks et se sont
immensément enrichis au vu et au su de tout le monde y compris des autorités
locales si elles ne sont pas elles même complice. Des agents des eaux et
forêts chargés de prévenir la destruction systématique de l’environnement
feignent de ne rien voir. D’autres opèrent même en complicité avec les
coupeurs de bois avec qui ils se partagent les dividendes. Ainsi se sont
multipliés sur le territoire des réseaux de coupeurs de bois toutes
catégories confondues. Le hic c’est que certains de ces professionnels en
matière d’abattage et de vente illicite de bois usent de trafic d’influence,
se targuant d’être au service de tel ou tel haut placé.
A. S.
Ça
vous Regarde
Le grand
oubli
Alors que les Togolais aux abois face à la montée exponentielle de
l’insécurité ne savent plus où donner de la tête, le Colonel Titikpina a
organisé à grands renforts de publicité les 20 et 21 Février courant, ses
journées portes ouvertes sur la sécurité.
Comme préalablement annoncé, plusieurs manifestations étaient au programme.
On a pu assister à des démonstrations d’opération de neutralisation et de
désarmement de bandits, à des séances foraines d’établissement de carte
nationale d’identité, etc.
Aujourd’hui que les rideaux sont tombés sur cette manifestation, nombreux
sont ceux qui continuent à se demander à quoi elle a rimé en réalité. Car on
ne désarme pas et on ne neutralise pas aussi facilement qu’on l’a vu dans
les démonstrations, un bandit armé qui joue son va-tout pour ne pas se faire
arrêter. Mais passons.
Pour beaucoup d’autres Togolais, les journées portes ouvertes du Colonel
Titikpina ont laissé un goût d’inachevé car, contrairement à ce qui a été
annoncé, elles n’ont pas montré à la population, tout ce dont sont capables
nos hommes en uniforme.
En
effet ceux qui circulent à Lomé et ailleurs sur les routes de notre pays
savent que nos agents des forces de l’ordre excellent dans une pratique qui
consiste à soutirer de l’argent aux usagers de la route. Il s’agit même
d’une institution de fait contre laquelle les pauvres chauffeurs ne peuvent
rien. Pourquoi n’a-t-on pas inscrit au programme des journées portes
ouvertes, une démonstration d’extorsion de fonds ? S’agit-il d’un oubli ou
d’un refus délibéré ? Si le Colonel Titikpina veut que les populations
découvrent tout ce que font ses agents, il ne devrait pas choisir les
démonstrations au menu.
Nous espérons que pour n’avoir pas fait découvrir cette activité de nos
hommes en uniforme aux populations, le Colonel Titikpina a décidé de
l’enrayer définitivement. Autrement, on sera en droit de dire qu’une fois
encore, on s’est moqué des Togolais.
Yves
Madow Nagou sur tous les fronts
Plus rien ne va au ministère de Yves Madow Nagou. Il y a quelques jours, les
syndicats de l’enseignement ont lancé un mot d’ordre de grève. Pendant 48
heures, les écoles, lycées et collèges ont été fermés parce que le mouvement
a été largement suivi sur toute l’étendue du territoire. Ce dossier n’est
pas encore clos puisque les syndicats qui n’ont pas eu gain de cause
menacent de durcir leur position.
Comme si cela ne suffisait pas, c’est du côté de la Librairie des Mutuelles
Scolaires (LIMUSCO) que le mécontentement monte. Pour protester contre leur
situation et réclamer les dizaines de mois de salaire impayé, les agents de
cette institution ont lancé pour hier lundi et ce mardi, un mot d’ordre de
sit-in. Un mouvement qui, dans les jours qui viennent, pourrait devenir une
grève si aucune solution n’est trouvée aux problèmes posés.
Ajouter à ces deux mouvements sociaux, les problèmes créés par la dispense
du paiement des frais de scolarité et on comprend que le ministre Nagou doit
avoir perdu le sommeil ces derniers temps.
Zaza
refuse d’être enterré
Ceux qui pensent qu’ils peuvent procéder à l’inhumation du Prince KOMAteux
parce qu’il est politiquement mort, doivent se refaire une opinion. Ce n’est
pas parce que l’homme et son parti ont été proprement laminés lors des
dernières élections législatives où ils ont obtenu zéro siège que l’histoire
va se faire sans eux. En tout cas, A-Z refuse que ce soit ainsi.
Dans une déclaration rendue publique le 16 Février 2009, Zarifou Ayéva s’est
insurgé contre le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation au sein
duquel se retrouvent le CAR, le RPT et l’UFC. L’homme aux mille proverbes ne
comprend pas que son parti ne soit pas appelé à siéger dans cette structure
alors qu’il est signataire de l’Accord Politique Global ayant préconisé la
mise en place du CPDC. Pour lui, en limitant aujourd’hui les membres de
cette structure à trois partis, le CAR, le RPT et l’UFC ont tout simplement
violé l’APG.
Même si on peut comprendre les récriminations de l’ancien Ministre d’Etat,
il se trouve qu’au sein de l’opinion, on refuse d’être d’accord avec lui. Le
CPDC ne doit pas être une nouvelle tribune où doivent se retrouver des
partis qui n’existent pratiquement plus que de nom et qui n’ont aucun poids
réel.
Nous ne sommes pas là pour dire si cette vision est juste ou fausse. Nous
notons tout simplement que la sortie de Zaza est bien la preuve qu’il n’est
pas encore totalement mort, même si, à cause de l’ingratitude des Togolais,
il n’a pas pu obtenir au moins un siège à l’Assemblée Nationale.
L’éternel
recommencement
Le
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est-il une panacée pour les
problèmes du Togo ? Nombreux sont ceux qui en doutent. D’ailleurs les
nombreux blocages enregistrés au niveau du fonctionnement de cette structure
n’autorisent aucun optimisme.
En
réalité, le CPDC tel qu’on le voit fonctionner a quelque chose de déjà vu
pour les Togolais. Depuis le début de la crise togolaise jusqu’à ce jour, on
a organisé plusieurs dialogues qui ont accouché d’accords qui finalement
n’ont rien donné. On se souvient de l’Accord-cadre de Lomé avec des
facilitateurs internationaux. A quoi a-t-il finalement abouti ? On a encore
à l’esprit le Comité Paritaire de Suivi qui, après tout, n’aura été que du
temps perdu. On a la triste impression que chaque fois, on trouve au Togo,
des moyens pour donner de faux espoirs aux Togolais. Le RPT donne
l’impression de négocier tout en sachant que le moment venu, il trouvera un
argument pour imposer sa vision.
Nous sommes, à n’en point douter, dans un cercle vicieux. C’est l’éternel
recommencement. L’exception serait-elle pour cette fois-ci ? On attend de
voir.
Les
mirages du gouvernement
La
question du principe de désignation d’un facilitateur qui divise
actuellement le CPDC est la preuve irréfutable du manque de confiance qui
caractérise les relations entre les acteurs de la classe politique.
Dans les milieux proches du RPT, on a tendance à considérer l’UFC comme un
parti qui demande trop et qui reste intransigeant sur ses exigences. Mais à
l’UFC on estime qu’avec le RPT, on n’a jamais été trop prudent. Il s’agit
là, de considérations politiques qui n’engagent que les politiciens.
Mais au sein de l’opinion, on se demande si le RPT et son gouvernement ne
donnent pas raison à la méfiance de leurs interlocuteurs. Nos gouvernants
ont en effet fait de nombreuses promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous
ne voulons pas appuyer ce constat par des exemples sur le plan politique.
Ils abondent aussi sur le plan socio-économique.
On
se souvient que quelque temps après l’avènement de Faure Gnassingbé au
pouvoir, on avait annoncé de grands travaux d’aménagement de nos routes. On
a ventilé à travers le quotidien gouvernemental «Togo Presse» la
maquette d’un nouveau tronçon sur l’axe Aflao-Sanvee-Condji. Cette maquette
présentait une route bien large avec des échangeurs au niveau du Port et au
niveau de CIMAO. Cet ouvrage, selon le projet annoncé, devrait être déjà
exécuté. Malheureusement, il n’en est rien. Il ne s’était agi que d’un
mirage. Comment les acteurs politiques peuvent-ils se faire mutuellement
confiance quand on fait des promesses qu’on ne tient pas ?
Pitié
pour nos paysans
L’annonce et la tenue effective d’un forum paysan au Togo a été
favorablement accueilli dans plusieurs milieux. Dans un pays essentiellement
agricole comme le nôtre, ce genre de rencontre ne peut qu’être encouragé et
perpétué.
Mais ce forum, tel qu’il s’est déroulé n’a pas manqué de susciter des
interrogations. Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis quatre ans. Pourquoi
est-ce seulement maintenant et à quelques mois de la prochaine
présidentielle qu’il manifeste un si grand intérêt aux paysans ? Certains
ont cru voir derrière le folklore qui a fini par entourer la chose, une
forme de manipulation et de récupération politicienne.
Le
monde rural a de sérieux problèmes au Togo. En témoigne le physique même de
certains paysans présents au forum. Nos gouvernants peuvent, si le cœur leur
en dit exploiter le forum agricole comme ils l’entendent. Mais la situation
est grave. Au-delà de toutes les manipulations, ils ont l’obligation et le
devoir de trouver des solutions efficaces et durables aux problèmes qui se
pose à nos agriculteurs.
Le réveil
des treillis
Après avoir sombré dans une léthargie apparente laissant le terrain aux
bandits et aux gangsters qui règnent désormais en maîtres dans notre pays,
nos hommes en uniforme semblent avoir finalement entendu les cris de
détresse des populations aux abois. Pour combattre le banditisme, ils ont
décidé de ne pas prendre des gants. C’est ainsi que depuis quelque temps, on
annonce de plus en plus souvent, des affrontements entre des éléments des
forces de sécurité et des bandits armés. Ces affrontements sanglants se
soldent par la mort des malfrats.
Nous sommes de ceux qui pensent qu’on ne doit pas faire de cadeau aux
sinistres individus qui tuent, volent et endeuillent la paisible population.
Mais beaucoup d’observateurs pensent que la propagande ne doit pas se mêler
à un sujet aussi important. Il ne sert à rien par exemple d’exhiber des
corps de bandits abattus alors que, dans le même temps, on ne fait jamais
cas des victimes de l’insécurité.
Vous avez
dit alternance ?
L’alternance politique a toujours été réclamée à cor et à cri par la classe
politique. Mais lorsqu’on observe comment fonctionnent les associations, les
syndicats et autres groupes, on a la douloureuse impression que l’alternance
restera pour longtemps encore, une simple vue de l’esprit dans nos pays.
Les premiers responsables se sont toujours accrochés à leur poste. Depuis
plus de 20 ans, on retrouve à la tête de certains syndicats, les mêmes
individus. Au niveau des partis politiques, à une rare exception près, le
même constat est valable.
Comment peut-on vouloir l’alternance pour tout le pays alors que personne, à
son niveau, ne l’a jamais expérimentée ? Voilà la grande question.
Les
prétentions à la baisse
Le
Dr David Ihou aurait-il finalement tiré les conclusions sur sa popularité à
l’issue des dernières élections législatives ? On peut bien se poser la
question. En effet, l’ancien ministre de la Transition qui avait déjà
plusieurs fois annoncé sa candidature à des élections présidentielles
auxquelles il ne participera jamais est en train de revoir ses prétentions à
la baisse. Actuellement, il ne vise plus la magistrature suprême, mais la
Mairie de Lomé.
«Populations
de Lomé, si vous le voulez bien et si Dieu le permet, je serai votre
prochain Maire». C’est en ces termes que le Dr Ihou, à travers l’une de
ses nombreuses interviews a annoncé ses intentions. Naturellement, ce n’est
pas pour plaire à tout le monde. On sait que depuis longtemps déjà, Petit
Djo Gally lorgnait le fauteuil. Il a désormais un adversaire déclaré. On
verra, le moment venu, ce que donnera cette joute.
Mais les prétendants à la Mairie doivent prendre leurs ambitions en patience
car visiblement, les élections municipales semblent être le cadet des soucis
de nos gouvernants qui ne trouvent aucun mal à maintenir nos communes dans
la situation d’exception des Délégations spéciales. |
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Le Regard #633 du 17 fev. 2009 |
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Au sujet de
la composition de la CENI : L’attitude du CAR et de l’UFC
devant le RPT |
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Dans les débats qui agitent le CPDC, on fait état de mésententes entre
le parti au pouvoir et l’opposition. Mais l’on parle peu de divergences
entre les deux partis de l’opposition qui avaient conjointement signé un
communiqué le
28 janvier 2009
annonçant qu’ils se mettraient ensemble pour combattre les manœuvres
unilatérales du RPT. C’est plutôt en rangs dispersés que le CAR et l’UFC
défendent leurs positions devant l’adversaire au risque de faire le jeu du
parti au pouvoir.
L’UFC propose que
la CENI soit
composée de 14 membres, dont
11 membres
désignés par les partis représentés à l’Assemblée nationale et répartis
suivant les suffrages obtenus à raison de
05 membres pour
la Majorité parlementaire
06 membres pour
l’Opposition parlemen-taire
Deux (02)
membres désignés au titre de la société civile togolaise à raison de
Un (01) par la
majorité parlementaire
Un (01) par
l’opposition parlementaire
Un (01) membre
recruté par appel à candidature pour jouer le rôle de président de la CENI doit correspondre au profil et critère ci-après
Etre de
nationalité togolaise.
Jouir de ses
droits civils et politiques être de bonne moralité et faire preuve de
loyauté de probité et d’impartialité
Etre accepté et
soutenu aussi bien par la majorité que par l’opposition parlementaire
- Par contre le CAR propose que La CENI soit composée de 15 mem-bres :
- 6
membres désignés par la majorité,
- 6
membres désignés par l’opposition parlementaire,
- 2
membres désignés par la société civile,
- 1
membre désigné par le gouvernement, sans voix délibérative.
Les
membres sont désignés en raison de leur compétence en matière électorale et
de leur probité ».
En
outre, alors que le CAR trouve inutiles des contre-propositions sur la
composition des CELI et des CLC, l’UFC réclame leur recomposition.
Les deux partis ayant rejeté ensemble le projet soumis par le
gouvernement, il était souhaitable qu’ils puissent élaborer un seul document
de base.
Les partisans du rapprochement entre le CAR et l’UFC doivent prendre
leur mal en patience. L’allure que prennent les débats au sein du cadre de
concertation montre qu’il y a beaucoup à faire pour parvenir à l’Alliance
souhaitée. Annoncer que le CAR et l’UFC se mettent ensemble pour combattre
les manoeuvres du RPT suppose que les deux partis aient préalablement
harmonisé leurs propositions avant de se retrouver devant l’adversaire
commun Visiblement, ce n’est pas le cas. Chacun défendant sa chapelle on
voit donc que la méfiance entre les deux partis est réelle et qu’elle ne
peut disparaître que lorsqu’ils se seraient entendus sur une candidature
unique. Dans la situation actuelle, le RPT va à travers l’Assemblée
Nationale peut réserver le droit de désigner qui il veut au sein de
l’opposition comme ce fut le cas en
1998. A l’époque Amaglo avait été préféré à Jean Pierre Fabre et
la tension entre les deux partis avait été ainsi alimentée.
Dans tous les cas, tant que le CAR et l’UFC n’harmoniseront pas leurs
positions sur les conditions d’une élection crédible, il n’y a pas lieu de
croire à une quelconque alliance électorale entre les deux partis. Mais
alors à quoi aura servi le communiqué annonçant l’union si on n’est même pas
en mesure de parler d’une seule voix face à l’adversaire?
A.
S.
Palabre sur la
dévaluation de l’Assemblée Nationale
Le débat qui agite le cadre permanent porte sur la suite à donner aux
conclusions des travaux du CPDC. L’opposition dans une moindre mesure le CAR
voudrait que l’Assemblée nationale soit transformée en une chambre
d’enregistrement. Le CPDC serait alors une hyper institution dont les
décisions auraient force de loi et s’imposeraient à tous.
Aux dernières nouvelles, on apprend que le parti au pouvoir, fort de sa
posture légale n’entend faire aucune concession quant aux prérogatives de
l’Assemblée.
On laisse entendre qu’il est inadmissible que l’UFC réclame ce qu’elle
n’entendait pas faire si elle avait eu la majorité.
A titre de rappel, on fait remarquer qu’en pleine campagne électorale
en octobre 2007, Lawson Patrick avait déclaré que son parti aura 69 députés
et agirait seul. Evidemment avec ce nombre de députés non seulement l’UFC
gérerait seule le pays et changerait la constitution sans consensus avec
qui que ce soit elle imposerait sa politique au chef de l’Etat qu,i à terme,
devra démissionner pour faire place à l’Etat UFC.
Aujourd’hui l’UFC demande au RPT d’accepter ce qu’elle n’accepterait
jamais si elle avait la majorité à l’Assemblée c’est –à- dire de mettre sa
majorité des cinquante députés entre parenthèses ce qui revient à dire qu’on
se retrouve de facto dans une période transitoire où les institutions sont
en veilleuse. En acceptant ce schéma Faure Gnassingbé violerait la
constitution dont il est censé garantir l’application. Le débat sur la
légitimité du chef de l’Etat va donc refaire surface. Lorsqu’il avait
rencontré Faure Gnassingbé à la présidence de
la République Gilchrist
Olympio avait fait son entrée au palais avec «mes respects Monsieur le
président».Mais dans son interview accordé à notre confrère gratuit Focus
Info du 25 janvier 2009, le président de l’UFC dit ne reconnaître aucune
légitimité à Faure.
En fait L’UFC n’a pas tort d’exiger que s’établisse sa volonté
puisqu’en politique chacun tire la couverture de son côté. Tout dépend donc
de l’efficacité de la pression mise en branle. D’ailleurs, Gilchrist Olympio
multiplie les contacts avec les partenaires extérieurs pour amener le
pouvoir en place à céder à ses exigences. Il ne faut pas s’attendre à ce que
le parti au pouvoir se fasse hara-kiri en acceptant de son plein gré ce
qu’exige ses adversaires. Tout dépend des rapports de force. Si la pression
mise par l’UFC lui permet d’arracher des réformes souhaitées ce serait une
victoire avant la lettre. Mais si toutes les mesures prises n’ont pas
d’effet sur le pouvoir, alors telle une machine infernale, le RPT se
servira de ses 50 députés pour faire tout ce qui lui permettra de s’assurer
la victoire en 2010.
A. S.
Une union qui
crée déjà des malentendus
Des militants du CAR attendent une clarification de leurs dirigeants au
sujet du rapprochement avec l’UFC et pour cause ; le communiqué du
28 janvier 2009
est diversement interprété selon qu’on soit militant d’un parti ou de
l’autre. Pour les partisans de Gilchrist Olympio, se mettre ensemble pour
lutter contre le RPT veut dire que le CAR qui souhaite l’alternance accepte
de soutenir la candidature de l’UFC à la prochaine présidentielle. En
revanche pour les fanatiques du CAR l’acte du 28 janvier veut dire que l’UFC
accepte de renvoyer l’ascenseur au CAR en soutenant le candidat de ce
dernier qui sera désigné dans quelques semaines. Dans cette confusion
l’illusion d’une union entre les deux partis profite surtout à l’UFC. Les
militants de ce parti n’éprouvent d’ailleurs aucune difficulté à convaincre
les électeurs qu’il appartient logiquement au «petit» de soutenir le
«grand» et non le contraire. Dans cette optique le retour de
l’ascenseur ne serait qu’une bonne blague. Quelle est la portée réelle de
cette union ? Le CAR va-t-il se battre pour le sacre de l’UFC pour être
ensuite remercié en monnaie de singe comme d’habitude ? Qu’arriverait-il si
en pleine campagne les préfectures de Vo et de Yoto venaient à être
inondées de tee-shirts symbolisant l’union des deux partis autour du
palmier à huile symbole de l’UFC ? Autant de préoccupations qui poussent des
fanatiques du CAR à exiger des clarifications.
L. R.
Le cadre
permanent s’enlise dans les désaccords
. Le
piège d’une élection à risque
A la cinquième
séance du CPDC, les choses n’ont guère évolué et l’ont tend vers l’impasse.
L’UFC dans un communiqué demandait aux populations de se tenir prêtes à
toute éventualité. Le deuxième vice président du parti, Lawson Patrick
n’avait d’ailleurs pas exclu le recours aux actions extraparlementaires mais
légales pour faire aboutir les revendications de son parti. Si le pouvoir
RPT choisit de ne pas réaliser les réformes politiques prévues par l’APG,
déclare Isabelle Ameganvi dans une interview, c’est qu’il choisit ipso
facto, de ne pas organiser des élections honnêtes, transparentes et
démocratiques. Dans ce cas, il n’y aura pas d’élection du tout parce que les
populations togolaises sont déterminées à se mobiliser ensemble avec toutes
les forces en lutte pour le changement, afin d’empêcher par tous les moyens,
une énième mascarade électorale.
C’est
probablement pour cela que l’UFC a entrepris une tournée de sensibilisation
à travers ses structures de base pour la mobilisation en perspective de la
présidentielle de 2010.
Samedi dernier à Hedzranawoe au Nord-Est de Lomé, Me
Ameganvi Isabelle a appelé les populations à se mobiliser pour organiser une
résistance et empêcher la préparation par le RPT d’une mascarade électorale
en 2010.
Ce genre de
rencontres qui seront multipliées visent sans doute à prendre le pouls de
l’opinion en vue de se mettre en condition pour contraindre le pouvoir à
lâcher du lest.
A entendre les
responsables du parti au pouvoir, il n’y a plus de doute quant à l’issue du
dialogue en cours. Il est évident qu’on ira de blocage en blocage jusqu’à ce
que l’Assemblée soit saisie pour trancher. A moins que Faure Gnassingbé ne
décide autrement. Le pouvoir semble jouer sur le facteur temps. D’abord les
débats sur le code électoral risquent de prendre du temps. Si l’on en juge
par les divergentes propositions des trois partis, même un mois ne suffira
pas pour trouver un consensus sur seulement quelques points. Plus encore
la réforme de la constitution qui constitue le plus gros problème n’a pas
encore commencé. Or selon la constitution en vigueur, le scrutin est ouvert
sur convocation du corps électoral par décret pris en conseil des ministres
soixante jours au moins et soixante quinze jours au plus avant l’expiration
du mandat du président en exercice (Article 61).
C’est dire que
l’élection présidentielle doit avoir lieu en février 2010. A ce jour,
17 février 2009 il ne reste que douze mois pour préparer et organiser
l’élection. Au Bénin voisin, les études réalisées
par les partenaires prouvent que, la réalisation de
la Liste électorale permanente informatisée (Lépi)
ne peut être possible pour les échéances de 2011 que si sa phase pratique
commence au plus tard le 02 mars prochain.
Chez nous, à un an, rien n’est entrepris. On en est à des palabres inutiles
qui semblent déboucher sur l’impasse. Après quoi, l’Assemblée sera saisie
pour réinstaurer un autre débat sur les questions déjà débattues. Le risque
est donc grand qu’on s’éternise sur les discussions oiseuses pour laisser
passer le temps qu’il faut pour préparer de bonnes élections. On invoquera
alors le risque de vide juridique pour précipiter les opérations
électorales. Or c’est dans la précipitation que les irrégularités se
préparent en amont. Il est donc possible que le pouvoir invoque le délai
pour justifier le bâclage de certaines opérations et l’application des
textes en vigueur faute de consensus. Le gouvernement qui avait déjà
commandé des Kits avant la mise en place de
la Commission Electorale
semble préparé à toute éventualité.
Dans ces conditions l’opposition n’aura pour seul recours que la rue pour
faire aboutir ses exigences. Il va donc falloir aller au-delà des incantations.
Un
député du parti au pouvoir considère que nul n’a le monopole de la rue qui
appartient d’ailleurs à tout le monde. Mais tout dépendra alors des moyens
que l’opposition mettra en jeu pour empêcher la tenue d’une élection sans
une prise en compte de ses revendications.
L. R. |
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Le Regard #632 du 10 fev. 2009 |
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Agbéyomé
Kodjo s’attaque à l’initiative de Me Agboyibo |
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Dans un communiqué rendu public le 06 février 2009, M. Messan Agbéyomé Kodjo
l’ancien Premier ministre d’Eyadéma constate que «le CPDC est réduit à sa
portion congrue en ne comprenant que les partis représentés à l’Assemblée
nationale et des membres de l’Exécutif» et qu’«en ce sens, il ne
prend pas en compte la réalité politique actuelle et les aspirations du
peuple togolais».
Selon Agbéyomé Kodjo qui demande au Chef de l’Etat de se retirer de la
présidence du CPDC et d’en confier la responsabilité à une personnalité de
la société civile «reconnue pour son impartialité, son expérience et sa
probité morale et intellectuelle», le CPDC devait réunir en son sein,
toutes les forces vives de la nation représentées par l’ensemble des forces
poli-tiques, syndicales, sociales et religieuses, les ONG, les anciens hauts
responsables de la République, etc. Ceci, pour mettre fin à «l’ostracisme
et à la discrimination».
«Lorsque
j’ai lu le décret, explique Me Apévon, je pense que ces deux textes
là sont en phase. La seule chose qui a changé, c’est le nom. Mais ça n’a pas
de conséquence» (voir page 5). C’est dire donc que le CAR y adhère à 100
%.
En
s’attaquant au décret présidentiel qui réhabilite dans son essence le décret
du 14 mai 2007 dont Me Agboyibo n’a jamais cessé de réclamer le
rétablissement, Agbéyomé Kodjo s’en prend indirectement au Président
d’honneur du CAR.
Les dispositions prévues à l’article 7 permettent à tous les acteurs
politiques de participer et de voir leurs préoccupations prises en compte
par le CPDC qui ne devrait pas être considéré comme un «fourre-tout».
Apparemment, l’ancien Premier Ministre et Président de l’Assemblée nationale
est plutôt mu par un sentiment d’hostilité qu’il nourrit depuis longtemps
contre son frère ennemi de Yoto, qu’il a souvent peur d’affronter aux
élections.
Au
lendemain de la signature des 22 engagements dans le cadre des consultations
Togo–UE en Avril 2004, le Gouvernement Sama avait tenté un dialogue avec
toute la classe politique et la société civile. Ce dialogue qu’il inscrivait
dans la mise en œuvre des engagements avait tout simplement tourné à la
pagaille. Des associations bidon et des partis politiques qui se limitaient
à leur sigle s’étaient réveillés. On a vu à longueur de journée, défiler
dans les bureaux du Premier ministre, au nom des consultations, des
individus se disant représentants d’organisations qui ne pèsent pas plus
qu’eux-mêmes et qui avaient cessé de vivre depuis longtemps. Ce dialogue
mort-né avait disparu comme il était apparu. Avant Koffi Sama, Agbéyomé
Premier Ministre avait orchestré ce genre de marché de dupes par lequel il a
torpillé l’Accord Cadre de Lomé en faisant adopter le code électoral
unilatéralement. Et il était viscéralement contre tout dialogue avec
l’opposition.
L. R.
Les sérieuses
réserves de l’UFC sur le cadre de concertation
En fait l’UFC
n’a véritablement pas adhéré au cadre de concertation. Jusqu’à la veille,
rien ne présageait de son éventuelle participation à la réunion du 06
février 2009. Dans sa déclaration du 05 février 2009, «l’UFC a rappelé
celle du
31 octobre
2008 relative à la création du 2ème cadre
du genre. L’UFC a rappelé à juste titre que le règlement de la crise
actuelle, qui relève de l’APG, ne saurait être confié au cadre permanent de
dialogue, un organe consultatif qui ne saurait prendre des décisions
politiques. L’UFC a également rappelé la mission de ce cadre qui consiste à
prévenir de nouvelles crises par la concertation et le dialogue et non à
conduire les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG.
S’il devait en être autrement, il appartiendrait aux principales forces
politiques, notamment celles représentées à l’Assemblée nationale, d’en
convenir et de fixer consensuellement les attributions, la composition, les
modalités de fonctionnement de cette structure, ainsi que le sort à
réserver à ses décisions, afin qu’aucune institution ne puisse les remettre
en cause.
En tentant d’imposer de manière unilatérale cette troisième version du CPDC
non conforme, aussi bien en termes de procédure qu’en termes de mission, à
celui prévu par l’APG, le régime RPT viole une fois encore l’esprit et la
lettre de l’APG».
Pour faire politiquement joli, on a
dit que tout le monde adhère au décret. Mais contrairement aux autres
acteurs qui ont exprimé leur totale satisfaction, l’UFC représentée par deux
membres a émis des réserves sur le nombre de membres que doit fournir les
partis politiques d’une part et du sort à réserver aux discussions de
l’autre.
Selon Jean Pierre Fabre, « il a été décidé de faire des propositions pour
voir si des réaménagements pourraient avoir lieu soit dans le décret soit
dans le règlement intérieur.»
Les inquiétudes de l’UFC sont sans ambiguïté quand on connaît la position
hostile qu’elle avait adoptée s’agissant du CPDC. Accepter ce qu’elle avait
rejeté lui paraît une couleuvre difficile à avaler. Le fait que le décret
ait été pris quelques jours après que le CAR et l’UFC eurent réaffirmé leur
volonté de se mettre ensemble pour combattre les manœuvres du RPT est
significatif.
L’embarras
de l’UFC vient du fait qu’elle a été piégée parce qu’elle ne s’attendait pas
du tout à ce que le gouvernement ramène – en tout cas pour l’essentiel –
le décret qui avait été signé sous le gouvernement d’union Nationale,
gouvernement que ce parti avait pourfendu.
Pour éviter
ce qui s’apparenterait du moins à une capitulation sinon à une
reconnaissance de l’œuvre du Premier Ministre Agboyibo, il fallait trouver
une formule nouvelle. Or pour rien au monde, le CAR n’accepterait une telle
initiative.
Il
n’en demeure pas moins que l’inquiétude sur le sort à réserver aux
résultats des discussions est fondée. Plus encore, rien n’indique que le
consensus sera facile au sein de ce cadre quand on considère les forces en
présence et leurs acteurs.
Dans les
colonnes de notre confrère Forum de la semaine le fauriste
patenté Gilbert Bawara un des représentants du gouvernement au CPDC que
certains surnomment «anti- UFC» a donné le ton.
Pour lui, «Il
s’agit de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour
autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le
sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de
leur réalité de leurs prérogatives constitutionnelles au risque de
transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée
nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette
tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et
l’Assemblée nationale »
Et
Bawara de poursuivre : «Nulle part, l’APG n’a institué un organe ou un
mécanisme comme antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme
étape préalable aux délibérations de l’assemblée nationale où les députés
disposent des prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat
impératif. Et contrairement à certaines affirmations, l’Union Européenne
n’est pas partie prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette
institution à contraindre les institutions républicaines du Togo à
rechercher impérativement le consensus sur les réformes projetées».
Eu égard aux
considérations qui précèdent, la cause est entendue, confortant l’opinion
selon laquelle le gouvernement a réhabilité ce cadre permanent parce qu’il
est sûr que cela ne changera pas ce que le parti au pouvoir a programmé.
Quand l’on
sait que c’est justement ce que rejette Bawara que l’UFC souhaite, on
imagine le sort réservé aux discussions au sein du cadre permanent .Car
quelque soit ce qui aura été retenu c’est à l’Assemblée que reviendrait le
dernier mot. Apparemment le fait de donner raison au CAR au détriment de l’UFC
n’est pas pour arranger une éventuelle union entre les deux partis de
l’opposition parlementaire.
Le vrai
problème est que si l’UFC boude le cadre de concertation alors que le CAR
reste, l’union des deux partis se conjuguerait désormais au passé composé.
Si le RPT cherche à donner suite aux propositions du CAR pour éloigner les
deux partis, le Parti des déshérités peut-il s’en servir pour arracher un
compromis comme ce fut le cas lors de l’Accord Cadre de Lomé en 1999 ?
L’UFC
va-t-elle donc prendre le risque d’affirmer ouvertement ses différences avec
le CAR ou acceptera-t-elle de s’y prendre autrement à l’égard de ce parti
avec lequel elle est sûre de battre le RPT à la prochaine élection
présidentielle ? L’adoption du règlement intérieur prévu pour ce jour
donnera des indications claires sur le sort à réserver aux discussions au
sein du CPDC.
A. S.
Conflit d’intérêts au sommet de la CEET
Le conseil d’administration a mis fin aux fonctions de M. Pédassou a qui il
reprocherait beaucoup de manquements. Lesquels manquements ont été exposés
aux cadres et aux syndicats de la CEET. Entre autres le laxisme et
incompétence parce que depuis sa nomination il n’a pas produit les dossiers
demandés par le Conseil d’Administration.
Par décision N° 015/CA/CEET du 02/02/09 : Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi,
précédemment Directeur de la Planification et des Investissements, est nommé
Directeur Général Adjoint de la CEET.
En attendant la nomination du nouveau Directeur Général, l’intérim du
Directeur Général est assuré par Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi, Directeur
Général Adjoint de la CEET.(Décision N° 017/CA/CEET du 03/02/09) : Beaucoup
ont trouvé bizarre le fait qu’une information datée du 05 février 2009
annonce le recrutement de Monsieur TIEM Bolidja à la CEET le 04 février
2009 en qualité de Directeur de la Planification et des Investissements
(DPI). Et qui plus est , ce recrutement a été fait dès le lendemain du
limogeage du DG, à la veille de la passation de service entre l’ancien DG et
le DG par intérim et pendant l’absence du Directeur des Ressources Humaine.
M. TIEM arrive de l’Autorité de Réglementation du Secteur de
l’Électricité (ARSE). M. TIEM aurait été recruté à l’ARSE en qualité de
Directeur Technique par l’actuel ministre des Mines et de l’Énergie dont il
serait un proche parent. Il y a alors de quoi donner raison à ceux qui
pensent que le départ de M. PEDASSOU de la CEET a été l’œuvre du ministre
NOUPOKOU Damipi .Ce qui s’apparenterait à la résultante d’un conflit
d’intérêt entre les deux amis.
Comme tout responsable de société et en pareilles circonstances M. Pédassou
a des admirateurs et des détracteurs. Mais beaucoup à la CEET pensent que
c’est le ministre qui dirige la CEET et non le Conseil d’administration. On
raconte dans la boîte que ce n’est pas de gaîté de cœur que Damipi avait
quitté la Direction de la CEET lorsqu’il avait été nommé ministre. Et bien
que nommé membre du gouvernement il avait quelque temps cumulé les deux
fonctions. De là à penser que c’est justement parce que l’ex DG n’exécute
pas ses quatre volontés qu’il a été débarqué il n’y a qu’un pas que certains
ont vite franchi.
Ces considérations alimentent la spéculation à la CEET au point que l’ancien
DG commence déjà à trouver, auprès de beaucoup d’agents, des circonstances
atténuantes. Il est vrai que la mise en place d’un conseil d’administration
a été une conditionnalité pour l’octroi du financement de la BOAD à la CEET.
Mais la question se pose. A quoi sert cette conditionnalité si réellement le
ministre de tutelle peut de loin tirer les ficelles à la CEET ?
L. R.
Qui se cache derrière les Forces nouvelles du Togo ?
Conscientes des maux qui minent notre société
–
tribalisme, pauvreté, exclusion, corruption, intolérance, impunité
–
les FN s’engagent à adresser des messages civiques aux populations et à les
réveiller de leur sommeil dogmatique entretenu par les prismes déformants
des différents partis politiques»,
ainsi parlait le Coordonnateur d’une nouvelle association dénommée Forces
Nouvelles, Hilaire Dossouvi Logo.
Hilaire Dossouvi Logo fait partie des jeunes engagés comme Doglo Agbelenko
Tino, Nabine Ouyi (Mensah), Alfa Boda Rahim, Karakoro Bitchinidi, Djobo
Adjayé Baolé, Kossi Efoui, les frères Aboli, Yovodévi Djolé... qui avaient
édité et publié, à la fin des années 80 et début 90, des tracts jugés «diffa-matoires»
contre le régime de l’ancien président du Togo le Général Gnassingbé Eyadéma
Ils avaient été arrêtés, torturés et jugés. Cette affaire est à l’origine
des soulèvements populaires du 05 octobre 1990 à Lomé, qui sont le point de
départ du processus démocratique au Togo.
Pour Logo Dossouvi, «la priorité sera la campagne pour la prochaine
élection présidentielle de 2010.
On voit bien que cette association a un caractère éminemment politique. Et
si l’on sait que Logo Dossouvi , membre fondateur de la CDPA, n’a pas
démissionné de son parti et affirme partout qu’il a toujours de très bonnes
relations avec le professeur Gnininvi, on n’ a pas besoin de réfléchir pour
savoir qu’il ne prendra aucune position contraire à celle de son parti. Pour
le fait que les responsables de la CDPA sont toujours au gouvernement au
moment où des pourparlers s’engagent sur les réformes en perspective de la
prochaine présidentielle, on a vite fait de croire que le candidat qui sera
soutenu par les Forces Nouvelles est celui que soutiendra le gouvernement.
En tout cas, il est hors de question que la CDPA soutienne le candidat du
CAR ou de l’UFC. Mais la démagogie consiste à clamer sur tous les toits que
ce regroupement est composé de jeunes d’horizons politiques divers et que
pour cela, ils ne visent pas un intérêt partisan.
Il semble que la stratégie de la CDPA consistait à l’époque du CODII
triomphant, à investir les mouvements politiques les syndicats, et la
société civile pour les orienter dans le sens voulu par ce parti. Il en a
été ainsi du MO5 qu’on avait présenté à l’époque comme une association
politiquement neutre alors qu’elle était noyautée par des jeunes de la CDPA
qui amenaient progressivement les autres membres appartenant à d’autres
formations politiques à adhérer aux idéaux de ce parti. Conséquence, le
Mouvement du 05 octobre est au centre des intrigues qui agitent ses membres.
Koussawo Eloi qui se présente comme le coordonnateur de ce mouvement n’a
pas officiellement adhéré aux Forces Nouvelles qui compte pourtant en leur
sein le MO5. Mais tôt ou tard, on finira par tout savoir.
A. S. |
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