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2009

   
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Le Regard 648 du mardi 2 juin 2009
Ouverture du CPDC : L’opposition va quitter les discussions

          Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a été recomposé et c’est l’ancien Ministre Savi de Tové de la CPP qui va le présider. Il faut noter que cette recomposition intervient au lendemain de la visite de Faure à Ouagadougou. Tout porte à croire que le Chef de l’Etat togolais a fait le déplacement de Ouagadougou pour s’assurer de l’adhésion du facilitateur à l’ouverture du CPDC recommandée par la dernière session du Comité de Suivi.

          Plusieurs personnalités de la société civile ont été nommées. Reste l’annonce officielle des autres signataires de l’APG, la CPP, le PDR et la CDPA.

          Suite à la recommandation du Comité de Suivi, l’opposition parlementaire représetée par le CAR et l’UFC ont annoncé qu’ils quitteraient le CPDC s’il était ouvert à d’autres partis politiques.

          Mais d’ores et déjà le fait de nommer Savi de Tové à la tête du CPDC est considéré par l’opposition parlementaire comme une provocation. Fils  de l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Jonathan Savi de Tové, Jean-Lucien Savi de Tové,  partisan de l’Ablodé avait été arrêté et incarcéré en 1977 suite à la tentative de coup d’Etat orchestrée selon la version officielle de l’époque, par les fils Olympio dont Gilchirst Olympio. Libéré à la suite d’une grâce présidentielle, Savi de Tové attendra le soulèvement du 05 Octobre pour créer le PDU (Parti pour la Démocratie et l’Unité) un parti membre du COD II. En pleine grève générale illimitée, le Collectif de l’opposition démocratique qui s’est retrouvé à Cotonou, réuni en conclave l’avait désigné comme Premier Ministre du Togo en exil. Ce ne fut qu’un coup d’épée dans l’eau.

          A la fin de la transition le 31 décembre 1991 conformément à l’article 7 de la Conférence  Nationale Souveraine, Eyadéma avait piégé le COD II en lui demandant de proposer une autre personnalité à nommer à la place du Premier Ministre de Transition Koffigoh. Le nom de Savi de Tové fut proposé par le COD II et Eyadéma s’en est servi pour reconduire Koffigoh dans le but  d’opposer le Premier Ministre de Transition à ses amis du COD II. Après avoir participé aux législatives de Février 1994 à l’issue desquelles son parti n’a obtenu aucun siège, Savi de Tové a décidé de fusionner son parti avec l’UTD de Edem Kodjo et d’autres pour constituer la CPP pour le compte de laquelle il a été nommé ministre d’Etat.

          Sa nomination à la tête du CPDC est loin de rassurer l’UFC et le CAR qui fort de leur présence à l’Assemblée se réservent l’exclusivité du dialogue politique. De là, à considérer que le boycott des deux partis de l’opposition parlementaire est déjà prévu il n’y a qu’un pas.

          Quelques jours auparavant, le Ministre Gilbert Bawara disait sur LCF en parlant du CAR et de l’UFC qu’ils sont libres de ne pas venir dans la mesure où les décisions du CPDC n’engagent pas l’Assemblée Nationale. Ces deux partis (le CAR et l’UFC) siègent à l’Assemblée et ils auront l’occasion de s’exprimer lorsque les textes seront soumis à l’Assemblée. De même que s’ils étaient là, l’Assemblée nationale peut aller dans le sens contraire du CPDC. Comme on peut le constater, le pouvoir en place décide d’assumer les conséquences qui découleront du départ du CAR et de l’UFC. On attend de voir ce dont sera capable l’opposition parlementaire pour amener le gouvernement à faire des concessions.

Liste des membres du CPDC

Président : Jean-Lucien Savi de Tové
Membres :
M. Koudjolou Dogo
Dr Ihou Ekoudè David
Me Loretta Acouetey
Me Alexis Aquéréburu
Me Botokro Komivi
Mme Tchémi N’Ma
Togbui Mawuto Djidjolé
M. Bouraïma Inoussa
Pasteur Klagbla Kodjovi Charles
M. Tchikplonou Ephrem Mokpli Komlan
M. Palanga Adi Yves


Déclaration

L’UFC ne participera pas au nouveau CPDC

Fidèles à la duplicité et à la mauvaise foi qui les caractérisent, le régime RPT et son gouvernement ont pris, le mercredi 27 Mai 2009 en Conseil des ministres, deux décrets qui concrétisent leur volonté de saborder le «CPDC» et de torpiller les négociations devant conduire à l’adoption et à la mise en œuvre consensuelles des réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG. Ces deux décrets nomment respectivement le président et les membres du «Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation» («CPDC»).

Ce énième coup de force du régime RPT appelle, de la part de l’Union des Forces de Changement (UFC), les observations suivantes :

1.   avec les deux nouveaux décrets, le CPDC aura fait l’objet d’une demi douzaine de décrets. Il aura fallu au total, six décrets en conseil des ministres, de Mai 2007 à Mai 2009, pour mettre en place un cadre de concertation, Ce qui témoigne de l’improvisation et de l’absence de volonté politique qui caractérisent la gouvernance du régime RPT ;

2.   c’est en raison de la mission assignée au CPDC (négociations sur les réformes politiques) et de sa composition (partis politiques ayant réuni 5% de suffrages au plan national), telles que définies par le 3ènie décret du genre en date du 04 Février 2009, que l’UFC a accepté d’y siéger;

3.   le cadre, dont le président et les membres viennent d’être nommés par décret, ne saurait discuter des réformes politiques préconisées par l’APG. L’UFC refuse de cautionner ce nouveau coup de force et réaffirme qu’elle ne participera pas à ce cadre ;

4.   au moment où la période de l’élection de 2010 vient d’être précisée par la Cour Constitutionnelle et que les retards déjà accumulés dans la préparation de cette élection constituent une source de préoccupations pour la classe politique et les populations togolaises, il urge que reprennent rapidement les discussions sur les réformes politiques prévues par l’APG.

En conséquence, l’UFC demande au chef de l’Etat de rechercher ensemble avec le CAR et l’UFC, les voies et moyens permettant de poursuivre et de parachever les négociations déjà entamées avec le RPT et le gouvernement sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles,

Le régime RPT et son gouvernement porteront l’entière responsabilité de l’aggravation de la crise togolaise qui découlerait de leur refus de rechercher un vrai consensus sur les réformes politiques.
Fait à Lomé, le 02 Juin 2009
Pour le Bureau National,
Le Vice-président
Patrick lawson


Rencontre CAR-UFC : Une cellule mixte pour définir la mission du candidat de l’opposition

La rencontre entre  les responsables du CAR et de l’UFC a  accouché d’un communiqué annonçant la volonté des deux partis de  s’entendre pour désigner un candidat commun. (Voir ci-dessous)

Et pourtant, nombreux sont les militants et même des responsables du CAR qui ont été furieux d’entendre un éventuel désistement de leur parti en faveur de l’UFC et l’on va même jusqu’à dire que c’est le «retour de l’ascenseur ou rien».

          Le 28 Mai, les deux partis ont convenu de constituer une cellule mixte en vue de définir la mission qui attend le candidat de l’opposition au prochain scrutin présidentiel. C’est dire donc que le CAR et l’UFC optent pour une candidature unique. Alors de deux choses l’une : ou bien tous les deux partis croient réellement à une candidature unique ou bien ils éprouvent du plaisir à se mentir à eux-mêmes. Dans ce dernier cas, ce communiqué  ne serait  que de la poudre aux yeux.

          Si  cette fameuse rencontre s’inscrit dans la logique du vieil adage selon lequel «quand quelqu’un fait semblant de mourir, il faut faire semblant de l’enterrer» ce serait dommage pour les deux partis. Mais il serait dangereux de faire saliver les populations qui espèrent une candidature unique de l’opposition pour, au bout de compte, se présenter en rangs dispersés comme ce fut le cas  en 2003 avec le Coalition des Forces Démocratiques (CFD). Tous les leaders de l’opposition s’étaient engagés la main sur le cœur à présenter un candidat unique face à Eyadema. Au fond, chacun était pour un candidat unique à condition que ce soit lui. Au final tous les chefs de parti se sont portés candidats. On attend de voir si les deux partis iront loin dans leur détermination. 

 A. S.


Communiqué conjoint

(Concernant la rencontre CAR-UFC du jeudi 28 mai 2009)

Le jeudi 28 mai 2009, une délégation de l’UFC, composée de son Président National, M. Gilchrist OLYMPIO et de son 1er Vice Président, M. Patrick LAWSON, a rencontré une délégation du CAR composée du Président National Me Paul Dodji APEVON et du Président d’Honneur Me Yawovi AGBOYIBO.

Les deux délégations ont trouvé préoccupante la situation sociopolitique du Togo au regard du blocage des réformes constitutionnelles et institutionnelles prescrites par l’APG et aux entraves à la bonne tenue du scrutin présidentiel de 2010.

Elles ont, dans la droite ligne de leur communiqué du 28 janvier 2009, réaffirmé la décision d’unir leur force pour combattre les obstacles à l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.

L’UFC et le CAR ont, lors de la rencontre, examiné la question de la candidature de l’opposition à l’élection présidentielle de 2010.

L’UFC a réitéré que son parti a désigné à son dernier congrès, un candidat en la personne de M. Gilchrist Olympio.

Le CAR a, de son côté, rappelé qu’à son congrès des 17 et 18 octobre 2008, il a désigné un candidat en la personne de Me Yawovi AGBOYIBO et qu’il a demandé le retour de l’ascenseur.

Les deux formations ont renouvelé leur détermination à tout mettre en œuvre pour s’entendre sur un candidat commun.

Elles ont, dans cette perspective, convenu de constituer une cellule mixte en vue de définir la mission qui attend le candidat de l’opposition au prochain scrutin présidentiel.

L’UFC et le CAR saluent l’esprit de coopération qui a prévalu entre eux depuis leur communiqué conjoint du 28 janvier 2009 et s’engagent à maintenir le même climat pour la poursuite des discussions.

Fait à Lomé, le 28 mai 2009
Le Président National

Me Dodji APEVON
Me Yawovi M. AGBOYIBO
Le candidat du CAR
Le Président National de l’UFC du CAR
M. Gilchrist OLYMPIO


A quand la révision des listes électorales ?

Malgré la mise au point de la cour constitutionnelle, beaucoup continuent à se demander si l’élection aura lieu à la date prévue. Le ministre de l’administration territoriale, porte-parole du gouvernement rassure que les élections se dérouleront dans des conditions de transparence et d’équité. Mais à sept mois seulement de l’élection, rien ne montre que cette élection se prépare dans la transparence.

La loi électorale en vigueur dispose en son article 62 que «les listes électorales sont permanentes. Elles font l’objet d’une révision annuelle placée sous la responsabilité et la direction de la CENI

L’élection est faite sur la base de  la liste révisée pendant toute l’année qui suit la clôture de cette révision

Toutefois, avant chaque élection générale, une révision exceptionnelle peut être décidée par décret pris en conseil des ministres sur proposition de la CENI».

Une élection fiable suppose un fichier électoral sain. Mais à pratiquement sept mois de l’élection présidentielle la commission électorale nationale n’est toujours pas mise en place.

L. R.


Commission Vérité–Justice et Réconciliation : Faure lance un défi à l’Eglise Catholique

          Le mercredi 27 mai dernier par décret signé du Chef de l’Etat les membres de la  commission Vérité, Justice et Réconciliation de 11 membres présidée par l’Evêque d’Atakpamé, Mgr Nicodème Barrigah ont été désignés. Recommandée par l’APG, la Commission Justice, Vérité et Réconciliation est chargée de faire la  lumière sur les violences et violations graves des droits de l’Homme perpétrées entre 1958 à 2005.

          Cette commission comme l’ont révélées les consultations est présidée par une autorité religieuse.  Ce n’est pas la première fois qu’un prélat préside une institution dans un processus transitionnel. Première expérience quelques mois après  le soulèvement du 5 octobre c’est à un évêque qu’avait été confiée la lourde charge de conduire la conférence nationale ouverte en Août 1991. Monseigneur Kpodzro qui par le passé, a eu maille à partir avec le pouvoir en place  comme son prédécesseur Ogouki Atakpa, était dès le départ soupçonné par le régime d’être animé d’un esprit de revanche.  Des délégués ne lui ont rendus la tâche aisée. Le  rendez-vous de la grande salle Fazao  de l’Hôtel 2 Février fut transformé en une foire de pagailleurs et la conférence fut  vidée de son objectif  justifiant ainsi la réaction musclée du pouvoir dictatorial. Le président du présidium de la Conférence ne maîtrisait plus rien dans une salle contrôlée par des «venus de France» et des gueulards  comme Antoine Folly et consorts qui n’avaient pas les moyens de leur discours, compliquant la tâche à Mgr Kpodzro. Les tentatives de l’évêque pour instaurer une relation de confiance avec Eyadema ont été dénoncées avec véhémence. Mgr Kpodzro  accusé de trahison n’avait d’autre choix que de laisser faire. C’est dans cette ambiance plus que révolutionnaire que la conférence avait proclamé sa souveraineté. Un acte avait même été pris pour proclamer la destitution de  Eyadéma qui, sentant son pouvoir menacé, a  retiré l’armée des assises et sorti l’artillerie lourde. Tous les gueulards qui juraient d’en finir avec le Général Président avaient pris leurs jambes au cou abandonnant à son triste sort  le pauvre évêque considéré par le pouvoir RPT comme le principal ennemi. La conférence ne pouvait que se terminer en queue de poisson. Les institutions de la transition ont pris un coup terrible.

          Mgr Kpodzro, une fois la conférence clôturée, sera propulsée à la tête du Haut Conseil de la République (HCR), le parlement transitoire. Là aussi  les relations de ce parlement avec le régime en place ont été tumultueuses mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été sa décision de dissoudre le RPT. Comme toujours, l’armée a été mise à contribution pour dénoncer une telle décision. Des éléments armés  n’avaient pas hésité à prendre en otage les hauts conseillers de la République pour réclamer la restitution des cotisations qu’ils ont données pour le compte du RPT, le parti unique à l’époque. Certains hauts conseillers dont Agboyibo, Ayéva, Kodjo ont été proprement tabassés sans ménagement et le chef du parlement transitoire Mgr Kpodzro fut humilié sous un soleil de plomb sur l’esplanade du Palais des Congrès. Invité au quartier général des FAT en octobre 1991, Kpodzro s’était retrouvé en exil au Bénin.

Et depuis, la méfiance a prévalu entre l’Eglise Catholique et le régime togolais jusqu’à la mort du Général Président.

Après un long silence, l’Eglise catholique ne réagira sur la situation politique du Togo qu’en 2005 aux lendemains du décès du Chef de l’Etat. Concomitamment avec le barreau du Togo, la Ligue des Droits de l’Homme, l’Eglise catholique a organisé une marche pour demander au président de la République par intérim de repousser de peu la date du scrutin présidentiel. Une telle démarche n’a pas du tout été appréciée par les autorités et le Chef de l’Eglise Catholique, Mgr Kpodzro a été l’objet des critiques les plus acerbes sur les médias d’Etat. Le scrutin fut maintenu. La suite tout le monde la  connaît. Des violences qui ont occasionné des pertes en vies humaines : près de 500 morts selon les Nations Unies.

Et de deux

          La Commission Vérité, Justice et Réconciliation n’est pas une conférence nationale bis mais elle est installée à un moment critique de l’histoire de notre pays. Tout comme Mgr Kpodzro à l’époque  Mgr Barrigah  est évêque d’Atakpamé, une localité où la violence a  été terrible. On se rappelle que les violences qui ont émaillé l’ascension de Faure au pouvoir, la ville d’Atakpamé a payé un lourd tribut.  C’est dans cette ville que Faure avait  lancé son fameux slogan  «Plus jamais ça». Mais si Kpodzro a été imposé à Eyadema, c’est librement que Faure a nommé le nouvel Evêque d’Atakpamé, mais Mgr Barrigah n’est pas seul à travailler. Il est assisté de personnalités venues d’horizons divers. Mais le danger qui avait plané sur la conférence Nationale souveraine guette la commission actuelle. Si elle se fait prendre en otage par des politiciens soucieux de  la diriger dans un sens qui leur est favorable, ce serait un échec et pour le pays et pour l’église. Il appartient à l’évêque et aux siens de démentir tout le mal qu’on pense de cette commission.  En considérant la très lourde histoire du Togo, on peut penser qu’à 46 ans juste (Barrigah est né le 19 mai 1963) la mission lui sera de trop mais aux âmes bien nées… Certains ont même déjà parié sur l’échec de la commission avant même qu’elle ne commence son travail. Car déjà des voix s’élèvent pour dénoncer la présence en son sein de personnalités pour des actes qu’elles ont eu à poser par le passé. Un autre grief porté contre la commission est qu’elle comprend également des personnes ayant milité ou qui militeraient au sein du RPT alors qu’il est dit qu’elle prend sa distance à l’égard des partis politiques. Dans notre pays où la confiance est la chose la moins partagée quoiqu’on fasse, il y a toujours matière à contestation. La bipolarisation excessive de la vie politique rend très délicate toute tentative de dialogue visant l’apaisement dès lors que la conquête du pouvoir l’emporte sur toute autre considération. Les membres de la commission doivent être sûrs d’une chose, c’est que les politiciens qui sont aux aguets  ne manqueront pas de leur jeter des peaux de banane lorsqu’ils sentiront, que la commission s’éloigne de leurs intérêts. Puisqu’il s’agit d’un défi historique à relever par le clergé,  Mgr Barrigah devra s’enquérir de quelques conseils auprès de son aîné Kpodzro et faire preuve de doigté pour enrayer tout ce qui pourrait  contribuer à dévier la commission de sa mission principale.     

L.R.


Menace contre les intérêts des caciques du régime : Faure sème la panique dans son entourage

          A l’allure où vont les choses, plus personne ne peut plus se prévaloir d’une prétendue confiance de Faure Gnassingbé. Avec la fuite du patron de Progosa, plusieurs barons qui se croyaient intouchables ne savent plus à quel saint se vouer. Leur sort n’est pas enviable. Ils sont, comme dirait l’autre «assis sur une seule fesse». Le doyen Charles Debbasch l’incontournable conseiller juridique du président s’est vu obligé de lâcher son ami Dupuydauby Jacques. Il est difficile à l’heure qu’il est, de prévoir la moindre réaction de Faure qui, apparemment ne fait plus confiance à personne. Comment peut-il en être autrement quand son propre frère et des membres de sa famille sont au gnouf pour avoir tenté de le chasser du pouvoir ? Même les coquins et les copains dont on dit qu’il s’est entouré ne sont assurés de rien. Ils peuvent être débarqués à tout moment. L’ex Directeur Général du FER Tchamsi Ferdinand qu’on classait parmi les hommes de confiance de Faure  a dû prendre la poudre d’escampette à l’annonce de l’audit de la société qu’il a eu à diriger. Après la nomination d’un non-RPTiste en la personne de Ahoomey-Zunu Arthème comme Secrétaire Général de la Présidence,  Madame Dogbé Tomégah qui elle aussi n’a aucune teinture «RPTique» vient d’être nommée Directrice de cabinet du Chef de l’Etat qui a choisi de dribbler tous ceux qui dans son entourage s’attendaient à voir à ce poste très envié parce que stratégique, un militant convaincu.  Cette nomination est surprenante quand l’on sait que des ministres qui se disent plus proches du président de la République, il y a seulement quelques jours n’avaient aucune considération pour elle quand elle était Ministre Déléguée. Ceux qui après quarante ans de gestion villageoise des affaires de l’Etat ont fini par se persuader qu’il n’y a qu’eux seuls qui ont le droit d’occuper certains postes commencent à déchanter.

          A qui sera le prochain tour ?

A. S.

 

 

 

Retour sur le long combat judiciaire de Bolloré contre son ex employé

Après plus de deux ans de dilatoire, la vérité a triomphé. La justice Togolaise confirme que le Groupe Bolloré est l’actionnaire majoritaire de SE2M-Togo et de SE3M –Togo.

La Cour d’Appel de Lomé a rendu le 28 mai 2009, deux (2) arrêts n°089/09 et n°090/09 qui confirment en tous points les jugements rendus, en 2006, par le Tribunal de Première instance de Première classe de Lomé en faveur du Groupe Bolloré.

          La Cour d’Appel de Lomé a ainsi confirmé que le Groupe Bolloré est l’actionnaire majoritaire de SE2M Togo (90% du capital) et l’actionnaire unique de SE3M Togo (100% du capital)

          Le Groupe Bolloré se félicite d’avoir  toujours fait confiance à la Justice du Togo pour recouvrer ses actifs détournés dans SE2M Togo et SE3M Togo.

Ce fut un long feuilleton à plusieurs épisodes.

Se prévalant de l’accord des autorités togolaises à l’époque du Général Eyadéma, Dupuydauby avait détourné les actifs de Bolloré dont il était pourtant  employé. Pour couvrir ce vol, Jacques Dupuydauby avait constitué un réseau de profiteurs composé de barons du régime et des juges  stipendiés avec qui il se partageait les prébendes et qui se prévalent de leur position pour se livrer à du trafic d’influence.  

En dehors de ce réseau dont il s’est servi comme bouclier, Dupuydauby a mis en place une cellule de campagne de presse pour se présenter comme  le modernisateur du port autonome de Lomé,  présentant le Groupe Bolloré comme une société diabolique qui menace  la souveraineté du Togo.

En Février 2006 quatre Bolloristes arrivés à Lomé pour rencontrer le chef de l’Etat, Gilles Alix le responsable pour l’Afrique francophone,Georges Cognon ainsi que Dany Chuteaux son adjoint Pascal Cotti le patron du Groupe au Togo ont été arrêtés et incarcérés à Lomé pendant 36 heures. Ils n’ont dû leur libération qu’au versement d’une caution de cent millions de F CFA chacun. En fait, le coup était monté par Dupuydauby  pour montrer a Bolloré qu’il est désormais le seul maître à bord du navire Togo. Un délit imaginaire leur a été  collé:  «corruption active de magistrats». Sur le site republicoftogo, on apprend que ces personnes sont inculpées pour avoir soudoyé le président du tribunal de Grande instance qu’on n’a jamais nommé. Preuve que c’était du bidon, à ce jour, ceux qui ont participé à cette conspiration éhontée sont incapables de citer le ou les magistrats que le groupe Bolloré aurait corrompus. Le nom  de Théodose Tékoé alors  Président de la Cour Suprême avait été cité comme celui qui aurait rejeté l’argent de la corruption. M. Tékoé que nous avons rencontré à l’époque  a nié avoir été approché par le groupe Bolloré pour quelque affaire que ce soit. C’était un coup monté  pour lequel on cherchait  vainement un porteur de masque.

En fait les raisons d’une telle manœuvre  étaient ailleurs.

Le 3 février 2006, le tribunal de première instance avait rendu un jugement favorable au Groupe Bolloré dans le bras de fer qui l’oppose à Dupuydauby son ex-employé. La décision de justice reconnaît les droits de Bolloré (ceux de PII Espagne filiale de Progosa Espagne qui appartient au Groupe Bolloré) sur SE2M (75% du capital et SE3M (70 %).Le 6 février le groupe Bolloré obtient qu’un mandataire de justice nommé par le Tribunal de première instance de Lomé puisse convoquer et tenir les Assemblées générales de SE2M et  SE3M pour le 17  février 2006. C’était dans ce cadre que les Bolloristes sont arrivés à Lomé. Paniqués, Progosa et ses complices au sein de l’appareil d’Etat sont donc passés à la vitesse supérieure.  Parallèlement à cette arrestation,  Progosa s’est appuyé sur un personnage sulfureux qui fait et défait la justice pour amener la Cour d’appel à suspendre le jugement. Dupuydauby intensifie sa campagne de dénigrement contre Bolloré tant sur les médias nationaux qu’internationaux. 

Le 08 février 2006 le mandataire de justice  a convoqué les assemblées générales de SE2M et SE3M pour le 17 février.

C’est pour éviter la tenue de ces Assemblées que  Dupuydauby et son réseau d’influence ont orchestré le coup. Cette gymnastique éhontée  a porté un coup dur à notre pays présenté comme un pays où règne l’insécurité judicaire au moment où Faure s’égosillait à faire comprendre à qui veut l’entendre qu’il est pour une justice moderne susceptible d’attirer les investisseurs étrangers. «Bolloré aurait gagné. Ce qui est assez curieux c’est que le gouvernement togolais par un de ses organes officiels déclare l’inverse et avant même les résultats officiels du tribunal, le gouvernement togolais a clairement fait connaître qu’il était en faveur du Groupe Progosa dirigé par Dupuydauby et qui a arrangé ce contrat avec Eyadèma»,  avait souligné Gilles La Barthe un journaliste suisse.

Dupuydauby a pourtant reconnu avoir détourné les actifs de Bolloré  mais au lieu de dire le droit  en autorisant le groupe spolié  à récupérer ses actifs,  la Cour d’appel  a choisi la forfaiture en demandant au voleur Dupuydauby et à la victime Bolloré de se concerter pour s’entendre. Là aussi, Progosa  a choisi le dilatoire et pour faire croire qu’il a les pieds solides au sein du pouvoir français, Dupuydauby recrute comme conseiller stratégie et développement du Groupe Progosa, Remy Chardon ancien président des autoroutes Rhin-Rhône et qui fut directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris. Faisant confiance à la justice le Groupe Bolloré qui savait qu’il aura tôt ou tard raison pourvu que les autorités togolaises soient du côté du droit, s’est refusé à s’engager dans la polémique médiatique et le dénigrement engagé par Dupuydauby.

          Ce dénouement judiciaire renforce la détermination du Groupe Bolloré à poursuivre sa politique  de développement de ses activités logistiques et portuaires au Togo.

          Le Groupe Bolloré annonce qu’il entend  investir et conduire sa politique sociale conformément à ses engagements de développement durable.

          Par ailleurs, il manifeste  son intérêt à investir au Togo dans ses autres domaines d’activités que sont les secteurs agricole et agro-industriel et le secteur de la communication.

Que feront donc tous ceux qui, se prévalant de la confiance de Faure Gnassingbé, se sont rendus complices d’un tel déni de justice attentant à l’honneur de notre pays ?  AS
 


Fin de dilatoire pour un voleur d’actifs : Dupuydauby et son fils Vianney en fuite

Depuis quelques jours, le président du groupe Progosa savait  que sa bataille contre le groupe Bolloré dans ce pays est perdue. Il pensait pouvoir s’en sortir avec l’énergie du désespoir.  Le 25 mai, il a procédé au licenciement de plusieurs de ses salariés qui lui ont affirmé ne pas vouloir travailler pour ce groupe.Et selon certaines sources, c’est pour tenter de se tirer d’affaires qu’il est allé à Ouaga pour solliciter le concours de Compaoré .Et comme presqu’au même moment Faure était à Ouaga, il pensait trouver l’occasion idéale.

C’est donc depuis Ouagadougou, que le président du groupe Progosa a  appris que les forces de police ont investi sa villa à Lomé. Il a  préféré regagner l’Espagne plutôt que le Togo et pour cause .Le Procureur de la République du Togo, Robert Bakai, a lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre du Franco-espagnol Jacques Dupuydauby.

«J’ai été informé que les forces de police togolaises avaient pris possession de ma villa où sont entreposées toutes les archives et les pièces comptables de mes sociétés» a expliqué Jacques Dupuydauby,  qui a  été aussitôt rejoint par son fils Vianney ainsi que son directeur juridique, l’ancien avocat Gérard Perrier, qui étaient tous deux à Lomé. Avant de prendre le large, les collaborateurs de Dupuydauby ont fait disparaître les disques durs des ordinateurs et tout ce qui peut permettre de déceler le système de vol qu’ils avaient érigé compliquant  les travaux de manutention au Port autonome de Lomé.

Proches des anciens président Gnassingbé Eyadema du Togo et Jacques Chirac de la France, Dupuydauby serait redevable de 12 milliards de francs CFA au titre de redevances portuaires non acquittées.

Selon nos sources, il a été alerté par des personnages considérés comme ses protecteurs et qui se sont rendus compte qu’ils ne lui sont plus d’aucun secours. Il est vrai que si la gendarmerie réussissait à mettre la main sur lui, les barons du régime qui étaient payés par lui pour couvrir sa forfaiture seraient facilement démasqués. Le fait qu’une décision de justice consacre la victoire de Bolloré sur Progosa intervienne au même moment que la mesure de redressement fiscal, est une manifestation du séisme au sein de l’appareil d’Etat. Si les gros barons sur qui il comptait  et qui se sont évertués à le soutenir du bout des bras depuis plusieurs années s’avouent incapables de le sauver, c’est  qu’ils ne maîtrisent plus la situation. Mieux vaut tard que jamais. Si certains y voient un clin d’œil  de Faure à Sarkozy à quelques mois de l’élection présidentielle, il est tout de même curieux qu’un voleur du genre de Dupuydauby ait pu bénéficier durant tout ce temps de faveurs.

A. S.


Ça Vous Regarde

Faure l’alchimiste

Plus jamais personne dans l’entourage de Faure ne peut se sentir intouchable. Même ceux qui croient avoir sa bénédiction commencent à déchanter ne sachant quelle surprise il leur réserve. Personne ne peut se sentir intouchable. Avec Eyadèma, rien qu’à considérer ses humeurs, on peut savoir s’il est mécontent ou pas .Mais avec son fils qui est au pouvoir, on ne sait même pas ce qu’il a dans la tête. Du jour au lendemain il peut prendre une décision à laquelle on ne s’attend guère. On ne sait pas quand il est content et quand il est fâché. Lui seul connaît ce qu’il va faire et le fait sans état d’âme.

Encore d’autres malheureux

Quand Dupuydauby avait fait main basse sur les actions de son ancien patron Bolloré, bien de Togolais l’avaient encouragé. Il faisait vivre pas mal de Togolais. Même des  juges et des hautes personnalités «mangeaient dans sa main».Le franco-espagnol se sentait en territoire conquis au Togo parce qu’il partageait les fruits de son vol avec pas mal de profiteurs. Aujourd’hui qu’il a pris le large, ces profiteurs se mordent le doigt et regardent le ciel leur tomber sur la tête. La vie réserve trop de surprise. Comment ceux qui hier se prévalaient de la toute puissance de Dupuydauby pour narguer leurs concitoyens vont-ils se comporter à présent.

La vaillance d’un fuyard

Après s’être rendu compte qu’il ne pouvait plus se tirer d’affaire, Dupuydauby a pris la poudre d’escampette pour se retrouver à Séville. Interrogé sur RFI il a  nié avoir fui le Togo Mais quand on lui a posé la question de savoir à quand son retour à Lomé, il a répondu qu’il n’y a pas que le Togo en Afrique. S’il n’a pas fui, il lui suffit  de revenir pour le démontrer. Espèce de lâche.

Quoi de neuf  à la FSK ?

Au  laboratoire  de la Faculté des Sciences Kpatchatiques, apparemment  les produits chimiques se raréfient parce qu’on en a utilisés abondamment au point que les résultats n’ont plus  la même importance qu’avant. La dernière  trouvaille c’est que Faure ne dort pas d’un bon sommeil parce que ses nuits seraient hantées par Kpatcha. Il aurait alors tellement de l’insomnie qu’il chercherait des chefs d’Etat qui peuvent lui permettre de libérer son frère en prétextant un dialogue. En attendant, il aurait déjà libéré son demi- frère qui se reposerait tranquillement chez lui  dans l’attente de la réponse qui lui permettra de prendre l’avion avec lui pour la fameuse réconciliation. A la semaine prochaine pour une nouvelle blague.

Et la journée pour l’entretien de l’arbre ?

La journée de l’Arbre a été célébrée dans notre pays comme d’habitude sur fond de discours et de médiatisation. Plusieurs plants ont été mis en terre, dit-on. Mais le hic, c’est qu’on n’a jamais fait le bilan des journées précédentes de l’arbre. Et quand on constate l’ampleur du déboisement dans notre pays, on peut se demander si la journée de l’arbre vaut la peine d’être célébrée. Les grands destructeurs d’essences forestières  sont ceux qui   n’ont jamais mis un seul arbre en terre. Mais le plus ubuesque c’est que le peu d’arbres plantés chaque premier juin ne sont jamais entretenus. Alors pourquoi ne pas prévoir une journée pour s’occuper du sort des arbres plantés ?

Fo Nico  le messie des corps habillés

«Je m’engage à doubler vos salaires dans les six mois de mon accession  à la direction du pays, de vous refaire des statuts plus favorables». C’est ainsi que Nicolas Lawson s’est adressé à des militaires et forces de sécurité publiques dans un communiqué. Et Fo Nico ajoute parlant des militaires et forces de sécurité. «Je vous demande  de vous laisser dorénavant mouvoir par la raison plutôt que par l’instinct. Le militaire d’aujour-d’hui n’est pas celui d’hier et ceux qui ne conaissent pas papier sont à la retraite». Ils n’ont pas besoin de prof  de philo pour leur expliquer que c’est l’animal qui agit par instinct. En disant aux corps habillés de se laisser dorénavant mouvoir par la raison plutôt que par l’INSTINCT, il  considère que ses frères militaires agissaient par le passé comme  des animaux. S’ils apprennent que Fo Nico a dit qu’ils sont des animaux  nous on  n’est pas dedans ! 

Vodoua entre Faure et la CDPA

Hilaire Dossouvi Logo alias Vodoua n’est plus à présenter. L’évocation de son nom fait rappeler le soulèvement du 5 octobre 1990. Il y a  quelques jours «Vodoua» a annoncé son soutien indéfectible à Faure Gnassingbé. Son compère Doglo Agbelengo lui, s’est installé chez les blancs pour toujours. Interrogé lors de l’émission le plateau de la semaine dimanche dernier sur cette prise de position de ce membre fondateur de la CDPA, le secrétaire Général adjoint  de la CDPA, le  ministre Martin Adimado Aduayom apparemment furieux,  a déclaré que cette position de Logo Dossouvi n’engage que lui et non la CDPA qui ne s’est pas encore prononcé sur l’échéance de 2010.Vodoua sera –t-il donc exclu pour indiscipline ou est-ce la CDPA qui lui donnera raison ?

Et les autres 5 octobristes ?

Pour ceux qui ne le savent pas, Logo Dossouvi n’est pas le seul activiste de la démocratie a avoir eu maille à partir avec le régime Eyadèma dans l’affaire des tracts en 1990.Plusieurs membres de son réseau ont été également torturés.  Nabine Ouyi Mensah,  les frères Aboli,Kossi Efoui ; Djobo Adjayé Baolé, Alfa Boda Rehim, Ahadji Gustave, Karakoro Bitchinidi et d’autres encore avaient été torturés à la chaise électrique pour avoir défié le pouvoir du Général Président en raison de leur option pour un Togo démocratique. A la suite de leur libération  certains comme Nabine , Djobo,  Alfa-Boda  en raison de leur origine ethnico-régionale ont été transportés à Pya au domicile du Général Président pour y être humiliés en présence de leur parents et  leurs camarades étudiants. Depuis, Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Logo Dossouvi vient d’être réhabilité sur ordre du fils d’Eyadèma qu’il avait combattu. Ses autres compagnons cités plus haut vivant au Togo tirent le diable par la queue. Est-ce à  dire qu’ils doivent aussi s’engager à soutenir la candidature de Faure avant d’être réhabilités ?

Inquiétude et réconciliation

L’installation de la  Commission Vérité Justice et Réconciliation souhaitée par les uns  inquiète les autres à commencer par  ceux qui avaient joué un  rôle sinistre à la suite des soulèvements consécutifs à la mort du Général Eyadèma puis à l’élection du 24 avril 2005.Ceux-là sont les premiers à s’inquiéter parce qu’ils trouvent inadmissibles qu’au lieu de les récompenser d’une fort belle manière, Faure n’a trouvé mieux à faire que de mettre sur pied une commission qui va leur ôter le masque.

L’autre boulot de Yovodévi

Sous Eyadèma, les importantes  nominations  étaient annoncées à la suite de conseils des ministres  et les remaniements ministériels se faisaient autrement. Mais avec Faure, on peut démettre un ministre  à tout moment  ou en nommer comme Nandja. Apparemment en plus de son rôle de Directeur de la TVT, Kouessan Yovodévi a un boulot supplémentaire.  Désormais, chaque fois que survient une importante nomination, c’est lui qui apparaît à l’écran  et parfois au moment où les   téléspectateurs ont les yeux ailleurs pour lire les nominations.

Calcul mental contre le tribalisme

Le Togo est gangrené par le tribalisme. Les politiciens le disent  et on en parle abondamment. Le Togo appartient à tous ses fils et le gâteau national ne doit pas être accaparé par certains au détriment des autres. Mais si tout le monde dénonce le phénomène, à ce jour, personne  ne peut ou n’est capable de dire quels postes il faut répartir entre les togolais  ou si la répartition devra se faire par  région,  par préfecture, par ethnie, par village, par clan ou par famille et comment désigner ceux qui devraient en bénéficier. Le Togo compte plus de quarante ethnies. Comme tout vrai faux problème le tribalisme est plus facile à  dénoncer qu’à combattre.

Le Regard 647 du 26 mai 2009
L’opposition parlementaire en conclave : Vers un désistement du CAR en faveur de l’UFC à l’élection de 2010

Lors du Congrès du CAR du 17 octobre 2008 consacrant le désistement de Me Agboyibo en faveur de Me Dodji Apévon, il avait été dit que le CAR se donnait un temps de réflexion de six mois pour faire connaître son candidat à l’élection présidentielle de 2010.

Les six mois se sont écoulés et le CAR n’a pas cru devoir donner publiquement les raisons de ce  rendez-vous manqué.

Mais en lieu et place de la désignation du candidat du CAR, c’est plutôt une concertation à huis-clos entre le CAR et l’UFC qu’on apprend. Rien ne transparaît de ces discussions mais déjà des indiscrétions relayées par des Zémidjan  font état de ce que Gilchrist Olympio aurait réussi à dissuader le CAR non seulement de se porter candidat mais aussi et surtout d’abandonner son histoire de retour de l’ascenseur pour soutenir  «Détia».

          Aux termes d’un communiqué conjoint UFC-CAR rendu public le 28 janvier 2009, le parti de Me Apévon avait réitéré son souci de voir l’UFC lui renvoyer l’ascenseur en soutenant la candidature du CAR comme ce parti l’avait fait pour l’UFC en 2005. Les deux partis s’étant rendus compte que seule une candidature unique de l’opposition faciliterait  l’alternance, les efforts pour une synergie d’actions ne peuvent qu’être salués. En 2005, en dépit des résistances, le CAR  a assuré la coordination de la coalition et soutenu fortement la candidature de Bob Akitani de l’UFC.  On se souvient que pendant la campagne électorale, Me Apévon avait démontré son talent de fils du terroir en entonnant des chansons en langue locale et dansant avec frénésie en faveur de l’UFC. Mais depuis, les relations entre les deux partis se sont détériorées. Aujourd’hui, sans doute y a-t-il une réelle volonté de tourner la page ?

A l’UFC la seule concession qui vaille en contre- partie du soutien  du CAR c’est de lui réserver des postes dans le gouvernement en cas de victoire de l’opposition. Cette position qui se rapproche de la co-gestion prônée par le CAR tranche avec la détermination maintes fois réitérée par les responsables de l’UFC lors des législatives d’octobre 2007 de gouverner seuls le pays une fois au pouvoir. Il n’empêche que des inconditionnels du Détia invoque le droit d’âinesse comme une valeur africaine qui devrait guider les pas du CAR dans cette affaire de candidature. On  rappelle d’ailleurs pour montrer la nécessité pour le CAR de s’éffacer au profit de l’UFC  le désistement empreint de courage et de réalisme de Me Anani Santos au profit de Sylvanus Olympio.

          En effet   à l’annonce des premiers résultats de l’élection référendum  du 27 avril 1958 sanctionnant la victoire des partisans de l’Ablodé, le Haut Commissaire de la République,  Georges Spénale, s’est adressé à Me Ignacio Anani Santos de la Juvento pour lui proposer le poste de premier ministre. Le brillant avocat rejeta l’offre en invoquant ce proverbe éwé : «Dans ce pays-ci , là où  la tête est, on ne coiffe pas le genou».

Ce refus a contraint le Haut Commissaire à amnistier Sylvanus (qui était sous le coup d’une condamnation à la suite d’un procès politique) lui permettant ainsi d’accéder à la primature. Le brillant avocat Anani Santos a été un temps ministre de la justice, des Transports et des PTT dans le nouveau gouvernement du père de l’indépendance avant d’être emprisonné.

Me Agboyibo et Apevon  eux-aussi  brillants avocats comme Santos pourront-ils faire leur ce fameux proverbe en acceptant d’être le «genou» pour permettre à Gilchrist de porter le «chapeau» et conduire le pays à l’alternance ? Cependant, un problème de taille, c’est que si l’effacement du CAR au profit de l’UFC se réalise, le parti de Gilchrist a tout à gagner mais le CAR par contre, risquerait de vendre ses électeurs au palmier à huile et pourrait être  menacé d’évanescence et Dieu sait s’il pourrait obtenir un seul siège lors des prochaines législatives. C’est pourquoi, au cas où le désistement du CAR  serait acquis, les responsables du parti des déshérités n’auront pas une tâche aisée quand il faudra convaincre leurs militants soucieux de la survie de leur formation politique.

A.S.


Question d’abandon de  nationalité étrangère : Le risque plane sur les candidatures de Gilchrist et Yamgnane

Certains prétendants à la magistrature suprême ont annoncé leur candidature. Parmi eux,  Gilchrist Olympio mais aussi le franco-togolais Kofi Yamgnane. Selon la Cour Constitutionnelle qui réagissait à ce qu’elle a appelé les spéculations de la presse, l’élection présidentielle aura lieu le dix huit février 2010. Autrement dit, un éventuel report du scrutin est exclu.

A la fin du mois de mai, on est à seulement septmois du début de la campagne électorale proprement dite. Mais apparemment, les réformes constitutionnelles et institutionnelles n’auront pas lieu. A moins que le pouvoir ne veuille faire plaisir à ceux qui les réclament. Dans ce cas de figure, les candidats sont tenus de se conformer à la loi au lieu d’espérer qu’elle se conforme à leur désir. Et parmi les conditions d’éligibilité, celle qui posait problème, porte sur les critères de résidence. Selon l’alinéa 5 de l’article 52 de la constitution togolaise, pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut résider  sur le territoire national depuis douze mois. A l’heure qu’il est, Gilchrist  et Kofi remplissent valablement cette condition parce qu’ils sont fréquents au Togo. Ils y entrent et ressortent sans problème. Même Gilchrist Olympio dont l’entrée au pays à l’époque du Général président  était un événement mondial retransmis sur les ondes de radios internationales, séjourne désormais au Togo sans susciter la curiosité. Arrivé dans le cadre de la célébration parallèle de la fête du 27 avril le président de l’UFC est en ce moment à Lomé. Pareil pour Kofi Yamgnane,qui est  actuellement    en tournée à l’intérieur du pays. De source autorisée, il passera trois mois au Togo avant de regagner provisoirement la France. Les entrées et sorties de Gilchrist  et Kofi  se font au vu et au su des autorités togolaises puisqu’ils sont sécurisés par des éléments de la gendarmerie nationale.

Si au regard de la Constitution,  leur candidature est recevable, c’est au niveau du code électoral que le problème semble se poser. A l’article 170 du code électoral en vigueur alinéa 2, il est écrit que le candidat doit joindre à son dossier de candidature, «une copie légalisée de l’acte de renonciation de toute nationalité étrangère». En outre, ils doivent présenter un quitus fiscal délivré par les services compétents (Alinéa 9). Mais s’ils peuvent se débrouiller pour avoir facilement un quitus fiscal, il est difficile de savoir comment ils s’y prendront pour produire l’acte de renonciation à leur nationalité étrangère afin de pouvoir briguer le mandat présidentiel. Officiellement, dans l’entourage des deux candidats,  on rejette cette disposition. L’UFC fait  de l’abrogation de ce qu’elle appelle les «manœuvres d’exclusion» une exigence fondamentale. Par contre, les détracteurs de Kofi Yamgnane racontent qu’il n’accepterait pas d’abandonner sa nationalité française et qu’il n’attend que l’invalidation de son dossier pour crier sur tous les toits que si sa candidature avait été acceptée, il battrait tous les autres candidats à plate couture.  Mais le peu d’intérêt accordé à ce problème de nationalité  porte à croire que les deux candidats attendent la l’heure du  dépôt  des candidatures pour lancer la contestation mais la cour constitutionnelle prendra -t-elle en compte leur préoccupation ?

A. S.


Quoi de 9 : Kpatcha confond le Togo à la cuisine des Gnassingbé

Kpatcha Gnassingbé continue de croire que son affaire est  familiale. Voilà qui est clair.  Si Gnass père a dirigé le Togo quarante ans durant comme une épicerie de Pya Akei, il est compréhensible que ses fils, du moins ceux qui se réclament de lui à cent pour cent, considèrent que quand Dieu a créé le Togo il a fait de ses habitants des sujets de la Famille Gnassingbé qui aurait le droit de vie ou de mort sur eux. Cette conception familiale qu’a Kpatcha des affaires de l’Etat, constitue une insulte pour les Togolais parce qu’à l’accession pourtant controversée de Etienne Eyadema au pouvoir, ils se sont comportés comme des moutons en se laissant berner par sa propagande mystificatrice. Non seulement ils n’ont rien fait pour le persuader qu’ils méritent un sort meilleur que celui qu’il leur réserve mais  pour des espèces sonnantes et trébuchantes des gens dans ce pays ont remplacé le nom de Dieu par Eyadema dans les chansons religieuses. Il y en a qui ont même renié leurs enfants parce qu’ils ont osé dire non à Eyadema. Et si le père, parti de rien a pu  faire ramper les togolais quarante ans durant, pourquoi certains de ses fils n’auront-ils pas envie de lui emboîter les pas?. Pourquoi aussi s’étonner de ce que certains togolais dont les géniteurs ont participé à la déification de Eyadema en présence de ses fils s’époumonent aujourd’hui à réclamer que cette affaire se résolve en famille,  renforçant ainsi l’idée que Kpatcha se fait de notre pays ?

Une honte nationale

Quelqu’un a pu dire que les togolais ne savent pas ce qu’ils veulent parce qu’ils sont capables de vouloir une chose et son contraire. Que celui-là ait raison ou non, l’on constate qu’il y  en a  qui, en même temps qu’ils souhaitent le changement radical, sont prêts à tout, pour qu’on revienne à l’époque du Général Eyadema. C’est dans ce sens qu’il faut appréhender les rumeurs distillées sur les fameuses rencontres entre le taulard et le Président qui, dit-on, chercherait la formule idoine pour libérer son jeune frère, lesquelles rumeurs cachent mal l’espoir que les pressions familiales l’emporteront sur la volonté de passer l’affaire au crible de la justice.  La  rumeur, de la semaine qui vient tout fraîchement  du laboratoire de la Faculté des Sciences Kpatchatiques (LSK), c’est que «le Gros refuse de rencontrer son frère aîné et lui donne un ultimatum  d’une semaine»   pour ordonner sa libération, faute de quoi, il passera à l’offensive.

L’objectif d’un telle gymnastique consiste à faire croire à l’opinion que  la justice ne devrait pas s’occuper de cette affaire. Dans cette logique, Kpatcha est présenté comme un prisonnier spécial qui, étant au-dessus de la loi a le droit de dicter ses désirs à tous.

Et pourtant sous Gnassingbé père, des innocents ont été jetés en prison pour des raisons politiques et d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Certains en sont morts sans avoir bénéficié du moindre soutien. Aujourd’hui qu’un de ses fils tente l’expérience carcérale, on crie au scandale. Bizarre n’est-ce pas ?

A. S. 


Les réformes fiscales, source d’une conspiration

Faure s’était engagé à assainir les finances publiques. Ce pari était osé car quarante ans de pouvoir politico- familial ont transformé le pays en un véritable foutoir. Le fait qu’un membre de la famille promette de démanteler le réseau d’affaire familial apparaissait comme une gageure. On attendait de voir s’il irait jusqu’à scier la branche sur laquelle il est assis. Pour rassurer les institutions financières internationales et les partenaires en développement il fallait une révolution à la tête des sociétés d’Etat y compris le secteur des impôts. Faure fait appel à madame  Ingrid Awadé-Nanan  à la tête de la Direction Générale des Impôts à la place du Colonel De Souza. C’etait le point de départ du désaccord  entre Faure et son démi- frère  qui trouve qu’au lieu de promouvoir des gens qui ont la bénédiction du clan, il se permet de placer ses amis à la tête des secteurs stratégiques. Faure qui trouvait en la directrice des impôts, la personne idéale pour mener à bien ses réformes en matière fiscale, est resté sourd aux critiques les plus acerbes et aux menaces du réseau. Ingrid  a eu le culot d’affronter le réseau de la fraude et l’évasion fiscale protégé par Kpatcha et les barons qui au temps du Général-président,  vivaient du trafic d’influence. Le bras de fer entre le Libanais Bassam et consorts  protégé de Kpatcha en est une illustration patente de la témérité de cette dame. Résultat :  de 18  à 30 millions versés mensuellement sous l’ancien directeur des impôts à la BCEAO, on est passé à  quatre milliards et plus. Quand on constate  la différence (soit plus de 3,7 milliards de F CFA) de manque à gagner par mois, on ne peut qu’être scandalisé par les dégâts causés par les professionnels de la fraude et l’évasion fiscale. Il était évident que les profiteurs n’allaient pas rester les bras croisés.

Sur le plan social, les Togolais ne perçoivent pas encore la répercussion de toutes ces réformes sur leur vécu quotidien.  De là, à considèrer que la directrice de la DGI fait partie du club de copains et de coquins que Faure  a placés pour piller les ressources de l’Etat, il n’y a qu’un pas. Mais cette considération contraste avec les satisfécit  quasi –récurrents que les partenaires en développement décernent au gouvernement en saluant les réformes menées.

Outre  les institutions de Bretton Wood et les partenaires bilatéraux  l’Union européenne, depuis 2007, débourse chaque année environ 27 millions d’euros au Togo. Selon un haut responsable Européen, l’objectif de l’UE est de parvenir à débourser  40 millions d’euros, soit environ 26,23 milliards de F.CFA en 2009. Nul doute que si le coup du 12 au 13 Avril avait réussi, les profiteurs de la fraude fiscale fêteraient leur retour en force et les coquins et les copains considérés comme de empêcheurs de bouffer en rond seraient les premières victimes. Le fait que  les partenaires occidentaux aient contribué à déjouer le coup témoigne qu’on ne peut pas encourager  les réformes et laisser triompher les ennemis de ces réformes.

L. R.

 

Mme Dogbé Tomégah remplace le Gal Ayéva au cabinet de la présidence

Selon le décret signé hier lundi, 25 mai 2009 Madame Dogbé-Tomegah Victoire est nommée directrice de cabinet du président de la République avec rang de Ministre. Elle est donc le troisième directeur de cabinet sous Faure Gnassingbé après Bodjona et le Général Ayéva.

Mme Victoire Tomegah était Représentante Résidente Adjointe du PNUD au Bénin. C’est le poste qu’elle occupait lorsqu’elle a été rappelée par le Premier Ministre Houngbo Gilbert pour occuper le poste de Secrétaire d’Etat chargée de développement à la base.

Après des études de gestion sanctionnées par une maîtrise en gestion d’entreprise à l’Université de Lomé, complétées par un Programme spécial en General Management, option marketing et finance au Jutland Technology Institute de AARHUS (DANEMARK). Sidemeho Victoire DOGBE née TOMEGAH rentre dans le privé notamment à l’Industrie Togolaise des Plastiques (ITP).

En novembre 1999 elle fait son entrée dans le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Elle est employée, successivement comme Assistante Représentant Résident chargée des Opérations à Lomé au Togo puis à Brazzaville au Congo.

En 2004, elle est nommée Représentante Résidente Adjointe Directeur des Opérations au PNUD à Ouagadougou (BURKINA FASO).

Titulaire d’un Diplôme de spécialisation de troisième cycle en Économie du Développement obtenu au Virtual Development Academy (VDA) Université virtuelle mise en ligne par le PNUD en association avec la Jones International University, Mme DOGBE est mariée et mère de trois filles.

L. R.


Ça vous regarde

Ayassor l’intraitable

Il paraît que le ministre Ayassor  a son œil sur les dépenses qu’on fait au nom de l’Etat .On dit même qu’il a eu le culot de rappeler au personnel de la présidence jusqu’où il ne peut aller dans les dépenses. Dans le cadre du match comptant pour la CAN –MONDIAL 2010,  la FTF,  confrontée à la rigueur du ministre, est obligée de justifier les dépenses effectuées pour les rencontres précédentes avant de bénéficier des subsides de l’Etat pour la suite des matches. Cette rigueur  saluée par les bailleurs de fonds n’est pas nécessairement applaudie chez nous où on s’arrange autrement avec l’argent de l’Etat. Tout le monde prône la démocratie et la bonne gouvernance mais ces deux choses ne sont pas du tout paradisiaques surtout lorsqu’on est habitué  à la magouille.

Un concert pour marquer l’année ?

«Enu vidé lé asiwoa, amesiame la no djibé anayé. Problèm vidé né va nawo…». Ces mots d’une chanson du rappeur togolais Ali-Jezz résument mieux ce qui arrive aujourd’hui au frère cadet du chef de l’Etat. On connait des personnalités de ce pays qui fréquentaient régulièrement Kpatcha et qui, après lui avoir soutiré ce qu’ils veulent, disaient que si c’était lui qui était président, le pays se porterait mieux. D’autres encore lui disaient que c’est plutôt lui qui détient la réalité du pouvoir. Aujourd’hui, tous ceux-là se cachent et ne veulent pas être cités parmi ceux qui le fréquentaient. Si la justice pouvait l’autoriser, un concert  en  duo  Ali-jezz–Kpatch Gnass connaîtrait un succès éclatant.

Bientôt l’enfer pour les «campagnards»

La campagne qui va démarrer dans sept mois sera vertigineuse  parce que réservée à ceux qui savent courir, parler et crier à haute voix à travers les hameaux les plus reculés. Mais peu de ses collaborateurs et surtout ministre  font du sport. La plupart se contentent tout simplement du «hanche Ball». Parmi ceux qui ont la confiance du chef de l’Etat et qui veulent faire plus pour continuer à être dans ses bonnes grâces se trouvent le ministre d’Etat Pascal Bodjona et bien d’autres encore. Sortir des bureaux et de voitures luxueuses climatisés pour descendre dans les ruelles poussiéreuses et les sentiers boueux et s’égosiller à perdre haleine pendant plusieurs jours n’est pas chose aisée. Faure a l’obligation de multiplier les centres de santé mieux équipés dans tous les villages et retaper les pistes rurales s’il ne veut pas enregistrer les décès parmi les siens. On se rappelle ce qui était arrivé  au ministre Panou lorsqu’il avait voulu danser lors des obsèques de sa mère à Kabou .Dans cette localité qui a donné au Général Eyadèma les plus grands cadres militaires, il n’y avait pas de centre de santé pour sauver le ministre.

Drôle d’hommage

Le 27 avril 2009, certains avaient défilé dans des accoutrements confectionnés avec des tissus aux effigies des Présidents que le Togo a connus. Il paraît que c’est pour rendre  hommage à tous les présidents que cela a été fait. Mais il y a quelque chose qui a échappé à l’attention des Togolais. Apparemment, les tailleurs ont eu des consignes puisque sur la plupart de ces accoutre-ments, si Eyadèma et Faure sont placés l’un  au dos et l’autre à la poitrine, en revanche, Dadjo, Sylvanus et Grunitzky sont positionnés sur les fesses ou en tout cas en dessous de la ceinture. Ça veut dire ce que ça veut dire.

Si Bob Denard de la FTF était là…

Suite à son élection à la tête de la Fédération togolaise de football, Rock Gnassingbé  avait préféré au poste de secrétaire Général, Kossivi Reinhardt à Espoir Assogbavi suggéré par Gabriel Ameyi. Le vice président de la FTF, comme à son habitude, a commencé à défier Rock créant  une atmosphère invivable au sein de la fédé. L’atmosphère est devenue si malsaine au point que l’Association des Journalistes sportifs du Togo a dû publier un communiqué pour attirer l’attention des uns et des autres. Mais la crise aurait pris de l’ampleur si un certain Assogbavi était dans le Bureau. Rock avait sans doute flairé le danger. Ce juge surnommé  Bob Denard en raison de son ingéniosité en matière de coups tordus pouvait aider Ameyi à mieux  en finir avec lui s’il l’avait nommé.

De l’eau et des ponts sur Bassar?

Même si la  préfecture de Bassar est en décrépitude comme toutes les autres, elle est connue pour son soutien inconditionnel au RPT. Le Général Nandja qui devait partir à la retraite vient d’obtenir la recompense (Ministre d’Etat) pour avoir transmis le pouvoir à Gnassingbé fils le 5 février 2005.Mais les proches de Yamgnane y voient une manœuvre visant  à compliquer la situation à ce dernier. Le Franco- togolais  a annoncé sa candidature avec fanfare. Yamgnane est ingénieur des ponts et chaussés et le Général Nandja est ministre de l’eau. Pour mettre leur énergie ensemble, il suffit que le Général Nandja promette de faire jaillir l’eau sur Bassar et que Yamgnane s’engage d’ériger des ponts susceptibles de protéger les populations des inondations dans Bassar.

Le piège de la diversion

C’est tout de même curieux que la presse privilégie l’affaire Kpatcha. Mais si elle le fait c’est parce qu’elle constate que les Togolais en font une préoccupation. Mais le piège, c’est qu’à force de s’intéresser au sort du Gros et d’imaginer des épisodes du «feuilleton des Frères Gnass», on s’éloigne de choses sérieuses et l’on fait passer au second plan les problèmes qui nécessitent une solution urgente. On a oublié le pont d’Amakpapé qui n’est toujours pas prêt. Le dialogue au CPDC, personne n’en parle et les conditions d’organisation des élections sont classées au registre des faits divers. Cela n’arrange que le pouvoir.

Drôle de rectification

          Comité National de Rectification et de Réconciliation. Ainsi s’appelle l’autorité de transition qui devrait être mise en place si le coup avait réussi. On sait que le mot réconciliation depuis Eyadéma devenu togolais ne manque jamais aux discours politiques. C’est plutôt le mot Rectification qui est nouveau. En 1987 lorsque le camarade Compaoré avait pris le pouvoir à la suite de l’assassinat de son ami et presque frère Sankara, il avait parlé de Rectification de la Révo-lution, histoire de signifier que Sankara s’est écarté de ce qu’ils avaient convenu ensemble. Tout porte donc à croire que Kpatcha qui se considère comme co-président du Togo pense que son frère aîné s’est écarté de ce qu’ils s’étaient convenus de faire. Mais en fait, cette rectification dont Kpatcha serait l’initiateur, n’est-elle pas retour au bon vieux temps de Gnassingbé père puisqu’il déclare incarner son Père à 100% ?

On a raté l’occasion en or

          Bien des Togolais ont été étonnés de la prompte réaction de certains opposants suite aux événements survenus au domicile de Kpatcha Gnassingbé, laquelle réaction avait été considérée par Kpatcha comme un soutien à sa personne. Mais tous ceux qui publiquement haïssent les Gnassingbé mais qui se montrent aujourd’hui très sympathiques à l’égard du digne héritier du Timonier soutenant mordicus qu’il n’y a jamais eu coup d’Etat, le font par regret. Beaucoup considèrent que si Kpatcha réussissait à faire évincer son frère aîné, étant naïf et ne bénéficiant d’aucun soutien dans les milieux diplomatiques, plus réceptif aux honneurs qu’aux choses sérieuses, le pouvoir serait tout simplement par terre et il suffirait pour l’opposition radicale de se baisser pour le prendre comme Gbagbo l’avait fait en profitant de la querelle entre les héritiers de Houphouët. Il ne faut guère s’étonner si l’opposition mettait des avocats à contribution pour défendre Kpatcha à l’occasion du procès. La politique, c’est aussi ça et Machiavel l’a dit. Elle ne connaît de morale. Tous les moyens sont bons pour parvenir au pouvoir.

L’inquiétude des amis RPTistes du Gros

          Depuis que «Le Gros» est au gnouf, des barons du régime qui ne juraient que par lui, multiplient des gestes acrobatiques pour persuader Faure qu’ils sont avec lui. Malgré tout cela, on dit que c’est juste pour éviter les ennuis qu’ils font les hypocrites et qu’en fait, ils attendent le moment opportun pour montrer de quel bois ils se chauffent. Mais là aussi, il y a problème parce que le dilemme est profond. Si le pouvoir échappe au RPT, l’ouragan de l’alternance réglera les comptes à tous les barons proches de Kpatcha ou non et qui se sont insolemment et frauduleusement enrichis sur le dos des pauvres populations. On les connaît tous et ils se connaissent. Alors question rouge. Pour témoigner sincèrement leur reconnaissance au «Gros», ses inconditionnels vont-ils en finir avec Faure en battant campagne pour Gilchrist Olympio ou vont-ils vouloir sauver leurs privilèges en se rangeant derrière Faure.

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