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L’irruption subite des autres partis signataires de l’Accord Politique
Global qui ne siègent pas au sein de cette structure et des autres
formations politiques qui donnent de la voix vise sans doute un but inavoué.
On tend vers une formule qui aboutira à terme au maintien du Code électoral
ayant présidé aux élections législatives d’Octobre 2007, avec comme
conséquence, la mise sous éteignoir du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation.
Dans un communiqué de la Présidence en date du 19 février 2009, il est
indiqué que «le Président de
la
République Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu au
Palais de la Présidence de la République avec des responsables de partis
politiques. Les échanges qui s’inscrivent dans le cadre des concertations
régulières entre les acteurs politiques ont porté sur plusieurs questions
d’intérêt national. Ces questions ont permis au Chef de l’Etat et à ses
interlocuteurs de faire le point sur les questions politiques de l’heure.
Ces responsables ont remercié le Chef de l’Etat pour cette initiative qui
concourt à l’enracinement de l’Etat de droit et à l’instauration d’une
démocratie apaisée dans notre pays».
Ce
communiqué laconique n’a pas dévoilé le nom des responsables politiques
reçus par le Chef de l’Etat. Ceci sans doute pour semer la confusion et
raviver les suspicions au sein de l’opposition. Qui a été reçu et pourquoi ?
Sur quelle base a-t-on invité les participants à cette rencontre ? Top
secret.
Et
la mayonnaise semble prendre. L’UFC et le CAR, les deux partis de
l’opposition parlementaire qui siègent par ailleurs au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation et qui, par conséquent, ambitionnent de parler
au nom de toute la classe politique s’indignent et déclarent n’avoir jamais
été invités à une quelconque rencontre avec le Président de la République.
Dans une interview récemment accordée à un confrère de la place, M. Patrick
Lawson, Vice-président de l’UFC a été clair : «Nous apprenons un peu
partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le Chef de l’Etat. Nous sommes
un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR
qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous
dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui
pourrait nuire aux résultats de nos travaux. A l’heure où nous parlons, nous
ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont
rencontré le Chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation est prévu pour être un fourre-tout
et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes
politiques».
Tout porte à croire, au regard de ce qui se passe, que le pouvoir veut
saboter la cohésion de l’opposition et mettre à mal toutes les tentatives de
regroupement qui pourraient donner une certaine synergie à son action. En
dépit de l’annonce d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC, les deux partis
n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur une candidature unique.
Pour rassembler toutes les forces démocratiques autour de la candidature de
Gilchrist Olympio, l’UFC qui envisage de faire la cour à d’autres partis, se
trouve coincée par son refus d’admettre d’autres partis au dialogue. En
impliquant donc ces partis que l’opposition parlementaire ne veut pas voir
au CPDC et dans les discussions de manière à le dresser contre l’opposition
parlementaire, le pouvoir semble trouver la parade contre une grande
alliance de l’opposition.
L. R.
Le cadre
permanent de dialogue tourne à la pagaille
La situation créée par la mise en place du CPDC tend à montrer que le cadre
de concertation, loin de trouver une solution aux problèmes politiques
constitue en lui-même un véritable problème. Tout en déniant à l’Assemblée
le droit de légiférer sur les réformes politiques, l’UFC se fonde sur la
légitimité conférée par cette même Assemblée, pour exiger un dialogue à
trois à l’exclusion des autres partis politiques qui n’arrêtent pas de
crier à la discrimination. Ces autres signataires de l’APG disent ne pas
comprendre la logique par laquelle le CPDCqui est une recommandation de
l’accord de Ouaga n’inclut pas tous les signataires.
Et les dissensions apparues au sein du cadre permanent en témoignent les
communiqués cacophoniques des trois partis tendent à donner raison aux
partis contestataires. L’UFC invoque la crise de confiance pour réclamer
une facilitation. Dans les milieux favorables au pouvoir en place, on
considère que l’intrusion d’un facilitateur place le chef de l’Etat qui a
signé le décret dans une position de subordination vis-à-vis d’un élément
extérieur. Ici on pense que l’UFC voudrait à travers la facilitation
instaurer un dialogue Politique Bis. C’est en filigrane ce qu’on peut lire à
travers le communiqué du RPT en date du 20 Février 2009 et qui fait savoir
que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de
ses objectifs » Il faut d’ailleurs faire remarquer que le parti de
Gilchrist Olympio n’a jamais accepté le CPDC dans sa forme actuelle surtout
qu’il est une copie du décret signé par par Agboyibo qu’elle a toujours
rejeté. Mais quand on constate qu’il n’y a aucune avancée alors que les
divergences ne portent uniquement que sur la forme, il est à craindre que
les discussions ne durent plus d’un an quand on abordera les questions de
fond. La pagaille se fait surtout remarquer dans les positions exprimées par
les uns et les autres. Le RPT dit que l’UFC a rejeté toutes les
propositions de la délégation du RPT notamment celle de recourir en cas de
blocage au chef de l’Etat pour trouver des solutions appropriées en
concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC. Le CAR aussi
indique que sa proposition de rendre compte au chef de l’Etat en vue du
déblocage de la situation a été rejetée. Pour l’UFC l’adoption d’un
règlement intérieur, incluant le recours à la facilitation en cas de blocage
est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des
travaux du CPDC.
Cette pagaille interne au CPDC se retrouve déjà sur la place publique. L’UFC
qui considère que ce qu’a dit le ministre Bodjona ne reflète pas la réalité
des débats a servi sa version des faits dans les colonnes de notre confrère
«Liberté» du 23 février 2008. Selon Patrick Lawson, lorsque l’UFC
a demandé une suspension de séance jusqu’au vendredi 20 février pour
permettre aux représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants
et que chaque composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion, le
CAR a dit qu’il soutient le principe de la suspension et demandé qu’on en
profite pour permettre au représentant du président du cadre de rendre
compte au chef de l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une
solution. Toujours selon Patrick Lawson, le RPT a dit qu’il faut poursuivre
les travaux pour éviter de remettre en cause les acquis et le gouvernement a
déclaré qu’en dépit des divergences, sur un éventuel recours à la
facilitation, les représentants du gouvernement demandent que les
discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage un recours soit fait au
chef de l’Etat. Le 2e Vice
Président de l’UFC considère que le ministre Bodjona a refusé de publier
toutes ces positions pour tenter de jeter l’UFC en pâture.
Curieusement dans leurs communiqués respectifs le RPT n’a pas
indiqué qu’il a opté pour la poursuite des travaux. Le CAR non plus n’a
mentionné nulle part dans son communiqué qu’il a soutenu la suspension
demandée par l’UFC. Qui ment et qui dit vrai ? Le CPDC est un marché de
dupes.
A. S.
Le recours au Facilitateur Compaoré s’impose
Hier lundi
23 février 2009, les olympiades de la chamaillerie se sont poursuivies au
CPDC. Pour tout résultat, le porte-parole a annoncé que les débats se
poursuivent aujourd’hui. Après donc sept semaines de dialogue bilatéral
infructueux entre le RPT et l’UFC, on semble donc se complaire dans une
foire de larrons. Interrogé sur l’espoir quant à l’issue des discussions, le
représentant de l’UFC Jean-Pierre Fabre se dit sceptique.
En principe,
la question de la facilitation ne devrait pas poser problème au niveau du
CPDC si l’on inscrit le dialogue en cours au registre de l’APG. Mais le
problème est de savoir si cet accord est toujours en vigueur.
En effet le
point 5.8 de l’APG est pourtant clair. «En cas de différend sur
l’interprétation de tout ou partie du présent accord, y compris les
modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales, les
parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du
facilitateur». Au vu de cette disposition, on a l’impression que les
acteurs du CPDC se disputent le sexe des anges alors que la solution est
tout près. Comme cela a été le cas en 2006 pourquoi ne pas recourir au
facilitateur Blaise Compaoré comme le recommande l’APG ? On se souvient que
lors du dialogue inter togolais en août 2006 le président Compaoré s’était
fait représenté par son ministre Djibril Bassolé.
On peut
comprendre que les partis de l’opposition ne veuillent pas réclamer la
facilitation burkinabé mais le peu d’empressement des autorités togolaises à
saisir l’ancien facilitateur est plutôt surprenant et pour cause,lorsqu’il
s’était agi de savoir le sort à réserver aux réformes à mener après les
législatives,le représentant du facilitateur burkinabé avait déclaré sur les
ondes d’une radio internationale qu’il appartient aux institutions issues
des législatives notamment l’Assemblée nationale d’opérer ces réformes. Et
depuis le RPT a repris ce refrain à son compte. Si l’on s’en tient à cette
position le chef de l’Etat ne devrait pas dessaisir l’assemblée nationale
des textes à elle soumis. Il lui fallait obtenir que le facilitateur réitère
cette position conformément au point 5-8 pour que la polémique cesse. Tout
porte donc à croire qu’on a décidé de faire perdurer les débats à dessein.
Le refus délibéré de faire recours au facilitateur de l’APG participe donc
d’une stratégie politique qui échappe aux profanes.
.A. S.
Contestation tardive de trois partis signataires de l’APG
Les partis politiques qui se sentent exclus du dialogue du CPDC dénoncent la
discrimination. La désapprobation est surtout légitime pour les partis
qui étaient étrangers au Décret du 14 mai 2007. Au-delà des arguments
développés, l’agitation qui s’empare des partis qui étaient au gouvernement
à l’époque est pour le moins curieuse. Et pour cause la CPP le PDR et la CPP
étaient au gouvernement Agboyibo quand ce décret avait été pris. Ce décret
rédigé par Ahoomey-Zunu de la CPP alors ministre de l’Administration
Territoriale et signé par Agboyibo et Faure prévoyait déjà avant même les
élections que le cadre à créer devrait regrouper les partis ayant au moins
cinq pour cent du suffrage à l’issue du scrutin. Les ministres d’Etat Ayéva
du PDR Gnininvi de la CDPA n’avaient pas contesté ce décret. C’est ce même
décret qui a été réhabilité sous un nouvel habillage. D’où leur vient donc
cette virulence subite contre ce qu’ils avaient approuvé ?
Le ras-le-bol
des mécontents de Togopharma
Les agents de la défunte Togopharma ont observé hier un «mouvement de
désespoir».
Pour comprendre ce mouvement, il faut remonter à 2002, année où l’Etat a
liquidé cette société. Les locaux de la Togopharma seront alors confiés à la
CAMEG et au PNLS.
Quant au personnel, un arrêté ministériel confie une partie aux formations
sanitaires et la majorité des agents seront recrutés par la nouvelle société
créée, la CAMEG à des conditions salariales modiques : «les agents qui
gagnaient
80.000 F ne
perçoivent maintenant que 15 ou 20.000 F»,
lance un agent. Malgré cela, 51 personnes sont «laissées sur les carreaux».
Finalement, un syndicat créé par ces agents a transmis au Ministre de la
Santé le 28 mars 2008 leurs revendications à savoir : «le payement de
leurs droits y compris les indemnités de départ à la retraite, le tout
chiffré à 883 millions de F CFA y compris les 21 mois et demi d’arriéré de
salaires» et lui a fait part de l’état de désespérance totale dans
lequel se trouvent les agents.
C’est donc ces agents (les retraités et les «laissés sur les carreaux») qui
ont déclenché hier une action de désespérance, action qui a reçu le soutien
de leurs collègues recrutés à la CAMEG. Les manifestants qui affirment
qu’ils n’accepteront plus du dilatoire mais des actions concrètes, disent
remettre leur sort au Chef de l’Etat qui prône la justice sociale,
l’apaisement et la réconciliation nationale. «Depuis 2002, 25 de nos
camarades sont morts. Les survivants doivent vivre dans la misère et le
désespoir total», déclare l’un d’entre eux. Pendant que le mouvement se
poursuivait, une délégation rencontrait le Ministre de la Santé à son
cabinet. Ce dernier a donné instruction à son Directeur de Cabinet qui s’est
rendu sur les lieux des manifestations où il les a conviés à constituer une
délégation qui se rendrait au Ministère jeudi prochain pour des négociations
sur leur plate-forme de revendications.
Albert
Agbeko
La destruction
de l’environnement, une activité florissante au Togo
L’office de Développement et d’Exploitation Forestier (ODEF) fait savoir
qu’elle souffre cruellement de moyens financiers.
Le secteur est potentiellement riche, mais on vit dans la misère, faute de
moyens financiers», a indiqué le Directeur Administratif de l’ODEF, Gnandi
Gbandi.
Créé en Novembre 1971, l’ODEF gère près de 14500 ha de Tecks, Gmélina,
Eucalyptus, Acassia et autres espèces, soit sur financement propres ou
extérieurs soit sur préfinancement propre pour le compte de l’Etat. L’ODEF
emploie aujourd’hui environ 246 agents.
Mais pendant que l’ODEF se plaint du fait que les autorités ne tiennent pas
compte de leurs revendications, Le teck est une principale source de revenu
de bandes de réseaux.
Le commerce des essences forestières est un des plus florissants au Togo et
tend même à devenir la principale activité économique dans certains milieux.
Le conseil des ministres du 11 février 2009 a indiqué que l’absence de
politique nationale de financement de l’environnement de a longtemps porté
préjudice à la réalisation des projets d’amélioration des conditions et du
cadre de vie de la population togolaise d’où une dégradation continue de
l’environnement qui se manifeste aujourd’hui par la perturbation des
écosystèmes. En réalité l’abattage systématique des arbres et leur
commercialisation ont été institués dans notre pays où l’impunité tend à
devenir une vertu.
En parcourant la nationale N°1 de Tsévié à Kara on peut remarquer comment
d’immenses hectares de teckeraies sont dévastés. Les montagnes du Sud-Ouest
Togo sont totalement dénudées. On est même horrifié par l’ampleur du
massacre des essences forestières au point qu’on ne trouverait même pas à
redire si l’on supprime purement et simplement le ministère chargé de
l’environnement. Le gouvernement ne semble pas s’émouvoir devant ce scandale
bien qu’on organise souvent des tintamarres sur la protection de
l’environnement à travers des colloques et séminaires. N’importe qui
aujourd’hui peut se munir d’une tronçonneuse et se mettre à abattre des
arbres.
Des personnes qui n’ont jamais planté un seul arbre dans leur vie sont
devenues du jour au lendemain producteurs et vendeurs de tecks et se sont
immensément enrichis au vu et au su de tout le monde y compris des autorités
locales si elles ne sont pas elles même complice. Des agents des eaux et
forêts chargés de prévenir la destruction systématique de l’environnement
feignent de ne rien voir. D’autres opèrent même en complicité avec les
coupeurs de bois avec qui ils se partagent les dividendes. Ainsi se sont
multipliés sur le territoire des réseaux de coupeurs de bois toutes
catégories confondues. Le hic c’est que certains de ces professionnels en
matière d’abattage et de vente illicite de bois usent de trafic d’influence,
se targuant d’être au service de tel ou tel haut placé.
A. S.
Ça
vous Regarde
Le grand
oubli
Alors que les Togolais aux abois face à la montée exponentielle de
l’insécurité ne savent plus où donner de la tête, le Colonel Titikpina a
organisé à grands renforts de publicité les 20 et 21 Février courant, ses
journées portes ouvertes sur la sécurité.
Comme préalablement annoncé, plusieurs manifestations étaient au programme.
On a pu assister à des démonstrations d’opération de neutralisation et de
désarmement de bandits, à des séances foraines d’établissement de carte
nationale d’identité, etc.
Aujourd’hui que les rideaux sont tombés sur cette manifestation, nombreux
sont ceux qui continuent à se demander à quoi elle a rimé en réalité. Car on
ne désarme pas et on ne neutralise pas aussi facilement qu’on l’a vu dans
les démonstrations, un bandit armé qui joue son va-tout pour ne pas se faire
arrêter. Mais passons.
Pour beaucoup d’autres Togolais, les journées portes ouvertes du Colonel
Titikpina ont laissé un goût d’inachevé car, contrairement à ce qui a été
annoncé, elles n’ont pas montré à la population, tout ce dont sont capables
nos hommes en uniforme.
En
effet ceux qui circulent à Lomé et ailleurs sur les routes de notre pays
savent que nos agents des forces de l’ordre excellent dans une pratique qui
consiste à soutirer de l’argent aux usagers de la route. Il s’agit même
d’une institution de fait contre laquelle les pauvres chauffeurs ne peuvent
rien. Pourquoi n’a-t-on pas inscrit au programme des journées portes
ouvertes, une démonstration d’extorsion de fonds ? S’agit-il d’un oubli ou
d’un refus délibéré ? Si le Colonel Titikpina veut que les populations
découvrent tout ce que font ses agents, il ne devrait pas choisir les
démonstrations au menu.
Nous espérons que pour n’avoir pas fait découvrir cette activité de nos
hommes en uniforme aux populations, le Colonel Titikpina a décidé de
l’enrayer définitivement. Autrement, on sera en droit de dire qu’une fois
encore, on s’est moqué des Togolais.
Yves
Madow Nagou sur tous les fronts
Plus rien ne va au ministère de Yves Madow Nagou. Il y a quelques jours, les
syndicats de l’enseignement ont lancé un mot d’ordre de grève. Pendant 48
heures, les écoles, lycées et collèges ont été fermés parce que le mouvement
a été largement suivi sur toute l’étendue du territoire. Ce dossier n’est
pas encore clos puisque les syndicats qui n’ont pas eu gain de cause
menacent de durcir leur position.
Comme si cela ne suffisait pas, c’est du côté de la Librairie des Mutuelles
Scolaires (LIMUSCO) que le mécontentement monte. Pour protester contre leur
situation et réclamer les dizaines de mois de salaire impayé, les agents de
cette institution ont lancé pour hier lundi et ce mardi, un mot d’ordre de
sit-in. Un mouvement qui, dans les jours qui viennent, pourrait devenir une
grève si aucune solution n’est trouvée aux problèmes posés.
Ajouter à ces deux mouvements sociaux, les problèmes créés par la dispense
du paiement des frais de scolarité et on comprend que le ministre Nagou doit
avoir perdu le sommeil ces derniers temps.
Zaza
refuse d’être enterré
Ceux qui pensent qu’ils peuvent procéder à l’inhumation du Prince KOMAteux
parce qu’il est politiquement mort, doivent se refaire une opinion. Ce n’est
pas parce que l’homme et son parti ont été proprement laminés lors des
dernières élections législatives où ils ont obtenu zéro siège que l’histoire
va se faire sans eux. En tout cas, A-Z refuse que ce soit ainsi.
Dans une déclaration rendue publique le 16 Février 2009, Zarifou Ayéva s’est
insurgé contre le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation au sein
duquel se retrouvent le CAR, le RPT et l’UFC. L’homme aux mille proverbes ne
comprend pas que son parti ne soit pas appelé à siéger dans cette structure
alors qu’il est signataire de l’Accord Politique Global ayant préconisé la
mise en place du CPDC. Pour lui, en limitant aujourd’hui les membres de
cette structure à trois partis, le CAR, le RPT et l’UFC ont tout simplement
violé l’APG.
Même si on peut comprendre les récriminations de l’ancien Ministre d’Etat,
il se trouve qu’au sein de l’opinion, on refuse d’être d’accord avec lui. Le
CPDC ne doit pas être une nouvelle tribune où doivent se retrouver des
partis qui n’existent pratiquement plus que de nom et qui n’ont aucun poids
réel.
Nous ne sommes pas là pour dire si cette vision est juste ou fausse. Nous
notons tout simplement que la sortie de Zaza est bien la preuve qu’il n’est
pas encore totalement mort, même si, à cause de l’ingratitude des Togolais,
il n’a pas pu obtenir au moins un siège à l’Assemblée Nationale.
L’éternel
recommencement
Le
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est-il une panacée pour les
problèmes du Togo ? Nombreux sont ceux qui en doutent. D’ailleurs les
nombreux blocages enregistrés au niveau du fonctionnement de cette structure
n’autorisent aucun optimisme.
En
réalité, le CPDC tel qu’on le voit fonctionner a quelque chose de déjà vu
pour les Togolais. Depuis le début de la crise togolaise jusqu’à ce jour, on
a organisé plusieurs dialogues qui ont accouché d’accords qui finalement
n’ont rien donné. On se souvient de l’Accord-cadre de Lomé avec des
facilitateurs internationaux. A quoi a-t-il finalement abouti ? On a encore
à l’esprit le Comité Paritaire de Suivi qui, après tout, n’aura été que du
temps perdu. On a la triste impression que chaque fois, on trouve au Togo,
des moyens pour donner de faux espoirs aux Togolais. Le RPT donne
l’impression de négocier tout en sachant que le moment venu, il trouvera un
argument pour imposer sa vision.
Nous sommes, à n’en point douter, dans un cercle vicieux. C’est l’éternel
recommencement. L’exception serait-elle pour cette fois-ci ? On attend de
voir.
Les
mirages du gouvernement
La
question du principe de désignation d’un facilitateur qui divise
actuellement le CPDC est la preuve irréfutable du manque de confiance qui
caractérise les relations entre les acteurs de la classe politique.
Dans les milieux proches du RPT, on a tendance à considérer l’UFC comme un
parti qui demande trop et qui reste intransigeant sur ses exigences. Mais à
l’UFC on estime qu’avec le RPT, on n’a jamais été trop prudent. Il s’agit
là, de considérations politiques qui n’engagent que les politiciens.
Mais au sein de l’opinion, on se demande si le RPT et son gouvernement ne
donnent pas raison à la méfiance de leurs interlocuteurs. Nos gouvernants
ont en effet fait de nombreuses promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous
ne voulons pas appuyer ce constat par des exemples sur le plan politique.
Ils abondent aussi sur le plan socio-économique.
On
se souvient que quelque temps après l’avènement de Faure Gnassingbé au
pouvoir, on avait annoncé de grands travaux d’aménagement de nos routes. On
a ventilé à travers le quotidien gouvernemental «Togo Presse» la
maquette d’un nouveau tronçon sur l’axe Aflao-Sanvee-Condji. Cette maquette
présentait une route bien large avec des échangeurs au niveau du Port et au
niveau de CIMAO. Cet ouvrage, selon le projet annoncé, devrait être déjà
exécuté. Malheureusement, il n’en est rien. Il ne s’était agi que d’un
mirage. Comment les acteurs politiques peuvent-ils se faire mutuellement
confiance quand on fait des promesses qu’on ne tient pas ?
Pitié
pour nos paysans
L’annonce et la tenue effective d’un forum paysan au Togo a été
favorablement accueilli dans plusieurs milieux. Dans un pays essentiellement
agricole comme le nôtre, ce genre de rencontre ne peut qu’être encouragé et
perpétué.
Mais ce forum, tel qu’il s’est déroulé n’a pas manqué de susciter des
interrogations. Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis quatre ans. Pourquoi
est-ce seulement maintenant et à quelques mois de la prochaine
présidentielle qu’il manifeste un si grand intérêt aux paysans ? Certains
ont cru voir derrière le folklore qui a fini par entourer la chose, une
forme de manipulation et de récupération politicienne.
Le
monde rural a de sérieux problèmes au Togo. En témoigne le physique même de
certains paysans présents au forum. Nos gouvernants peuvent, si le cœur leur
en dit exploiter le forum agricole comme ils l’entendent. Mais la situation
est grave. Au-delà de toutes les manipulations, ils ont l’obligation et le
devoir de trouver des solutions efficaces et durables aux problèmes qui se
pose à nos agriculteurs.
Le réveil
des treillis
Après avoir sombré dans une léthargie apparente laissant le terrain aux
bandits et aux gangsters qui règnent désormais en maîtres dans notre pays,
nos hommes en uniforme semblent avoir finalement entendu les cris de
détresse des populations aux abois. Pour combattre le banditisme, ils ont
décidé de ne pas prendre des gants. C’est ainsi que depuis quelque temps, on
annonce de plus en plus souvent, des affrontements entre des éléments des
forces de sécurité et des bandits armés. Ces affrontements sanglants se
soldent par la mort des malfrats.
Nous sommes de ceux qui pensent qu’on ne doit pas faire de cadeau aux
sinistres individus qui tuent, volent et endeuillent la paisible population.
Mais beaucoup d’observateurs pensent que la propagande ne doit pas se mêler
à un sujet aussi important. Il ne sert à rien par exemple d’exhiber des
corps de bandits abattus alors que, dans le même temps, on ne fait jamais
cas des victimes de l’insécurité.
Vous avez
dit alternance ?
L’alternance politique a toujours été réclamée à cor et à cri par la classe
politique. Mais lorsqu’on observe comment fonctionnent les associations, les
syndicats et autres groupes, on a la douloureuse impression que l’alternance
restera pour longtemps encore, une simple vue de l’esprit dans nos pays.
Les premiers responsables se sont toujours accrochés à leur poste. Depuis
plus de 20 ans, on retrouve à la tête de certains syndicats, les mêmes
individus. Au niveau des partis politiques, à une rare exception près, le
même constat est valable.
Comment peut-on vouloir l’alternance pour tout le pays alors que personne, à
son niveau, ne l’a jamais expérimentée ? Voilà la grande question.
Les
prétentions à la baisse
Le
Dr David Ihou aurait-il finalement tiré les conclusions sur sa popularité à
l’issue des dernières élections législatives ? On peut bien se poser la
question. En effet, l’ancien ministre de la Transition qui avait déjà
plusieurs fois annoncé sa candidature à des élections présidentielles
auxquelles il ne participera jamais est en train de revoir ses prétentions à
la baisse. Actuellement, il ne vise plus la magistrature suprême, mais la
Mairie de Lomé.
«Populations
de Lomé, si vous le voulez bien et si Dieu le permet, je serai votre
prochain Maire». C’est en ces termes que le Dr Ihou, à travers l’une de
ses nombreuses interviews a annoncé ses intentions. Naturellement, ce n’est
pas pour plaire à tout le monde. On sait que depuis longtemps déjà, Petit
Djo Gally lorgnait le fauteuil. Il a désormais un adversaire déclaré. On
verra, le moment venu, ce que donnera cette joute.
Mais les prétendants à la Mairie doivent prendre leurs ambitions en patience
car visiblement, les élections municipales semblent être le cadet des soucis
de nos gouvernants qui ne trouvent aucun mal à maintenir nos communes dans
la situation d’exception des Délégations spéciales. |