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2009

   
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Le Regard #634 du 24 fev. 2009
Ingrédients d’un dialogue de sourds : La présidence oppose les adversaires du CPDC à l’opposition parlementaire

         L’irruption subite des autres partis signataires de l’Accord Politique Global qui ne siègent pas au sein de cette structure et des autres formations politiques qui donnent de la voix vise sans doute un but inavoué. On tend vers une formule qui aboutira à terme au maintien du Code électoral ayant présidé aux élections législatives d’Octobre 2007, avec comme conséquence, la mise sous éteignoir du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation.

          Dans un communiqué de la Présidence en date du 19 février 2009, il est indiqué que «le Président de la République Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu au Palais de la Présidence de la République avec des responsables de partis politiques. Les échanges qui s’inscrivent dans le cadre des concertations régulières entre les acteurs politiques ont porté sur plusieurs questions d’intérêt national. Ces questions ont permis au Chef de l’Etat et à ses interlocuteurs de faire le point sur les questions politiques de l’heure.

          Ces responsables ont remercié le Chef de l’Etat pour cette initiative qui concourt à l’enracinement de l’Etat de droit et à l’instauration d’une démocratie apaisée dans notre pays».

          Ce communiqué laconique n’a pas dévoilé le nom des responsables politiques reçus par le Chef de l’Etat. Ceci sans doute pour semer la confusion et raviver les suspicions au sein de l’opposition. Qui a été reçu et pourquoi ? Sur quelle base a-t-on invité les participants à cette rencontre ? Top secret.

          Et la mayonnaise semble prendre. L’UFC et le CAR, les deux partis de l’opposition parlementaire qui siègent par ailleurs au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation et qui, par conséquent, ambitionnent de parler au nom de toute la classe politique s’indignent et déclarent n’avoir jamais été invités à une quelconque rencontre avec le Président de la République.

          Dans une interview récemment accordée à un confrère de la place, M. Patrick Lawson, Vice-président de l’UFC a été clair : «Nous apprenons un peu partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le Chef de l’Etat. Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire aux résultats de nos travaux. A l’heure où nous parlons, nous ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont rencontré le Chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est prévu pour être un fourre-tout et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes politiques».

          Tout porte à croire, au regard de ce qui se passe, que le pouvoir veut saboter la cohésion de l’opposition et mettre à mal toutes les tentatives de regroupement qui pourraient donner une certaine synergie à son action. En dépit de l’annonce d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC, les deux partis n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur une candidature unique. Pour rassembler toutes les forces démocratiques autour de la candidature de Gilchrist Olympio, l’UFC qui envisage de faire la cour à d’autres partis, se trouve coincée par son refus d’admettre d’autres partis au dialogue. En impliquant donc ces partis que l’opposition parlementaire ne veut pas voir au CPDC et dans les discussions de manière à le dresser contre l’opposition parlementaire, le pouvoir semble trouver la parade contre une grande alliance de l’opposition.

L. R.


Le cadre permanent de dialogue tourne à la pagaille

La situation créée par la mise en place du CPDC tend à montrer que le cadre de concertation, loin de trouver une solution aux problèmes politiques constitue en lui-même un véritable problème. Tout en déniant à l’Assemblée le droit de légiférer sur les réformes politiques, l’UFC  se fonde sur la légitimité conférée par cette même Assemblée, pour exiger un dialogue à trois  à l’exclusion des autres partis politiques qui n’arrêtent pas de crier à la  discrimination. Ces autres  signataires de l’APG disent ne pas comprendre la logique par laquelle le CPDCqui est une recommandation de l’accord de Ouaga n’inclut pas tous les signataires.

Et les dissensions apparues au sein du cadre permanent en témoignent les communiqués cacophoniques des trois partis tendent à donner raison aux partis contestataires. L’UFC  invoque la crise de confiance pour réclamer une facilitation. Dans les milieux favorables au pouvoir en place, on considère que l’intrusion d’un facilitateur place le chef de l’Etat qui a signé le décret dans une position de subordination vis-à-vis d’un élément extérieur. Ici on pense que l’UFC voudrait à travers la facilitation instaurer un dialogue Politique Bis. C’est en filigrane ce qu’on peut lire à travers le communiqué du RPT en date du 20 Février 2009 et qui fait savoir que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs »  Il faut d’ailleurs faire remarquer que le parti de Gilchrist Olympio n’a jamais accepté le CPDC dans sa forme actuelle surtout qu’il est une copie du décret signé par par Agboyibo qu’elle a toujours rejeté.  Mais quand on constate qu’il n’y a aucune avancée alors que  les divergences ne portent uniquement que sur la forme, il est à craindre que les discussions ne durent  plus d’un an quand on abordera les questions de fond. La pagaille se fait surtout remarquer dans les positions exprimées par les uns et les autres. Le RPT dit que l’UFC  a rejeté toutes les propositions de la délégation du RPT notamment celle de recourir en cas de blocage au chef de l’Etat pour trouver des solutions appropriées en concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC. Le CAR aussi  indique que sa proposition   de rendre compte au chef de l’Etat  en vue du déblocage de la situation a été rejetée. Pour l’UFC l’adoption d’un règlement intérieur, incluant le recours à la facilitation en cas de blocage est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des travaux du CPDC. 

Cette pagaille interne  au CPDC se retrouve déjà sur la place publique.  L’UFC qui  considère que ce qu’a dit le ministre Bodjona ne reflète pas la réalité des débats a servi sa version des faits dans les colonnes de notre confrère «Liberté» du 23 février 2008. Selon Patrick Lawson, lorsque l’UFC a demandé une suspension de séance jusqu’au vendredi 20 février pour permettre aux représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants et que chaque composante du CPDC  en profite pour un temps de réflexion,  le CAR a dit qu’il soutient le principe de la suspension et demandé qu’on en profite pour permettre au représentant du président du cadre de rendre compte au chef de l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une solution. Toujours selon Patrick Lawson, le RPT a dit qu’il faut poursuivre les travaux pour éviter de remettre en cause les acquis et le gouvernement a déclaré  qu’en dépit des divergences, sur un éventuel recours à la facilitation, les représentants  du gouvernement demandent que les discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage un recours soit fait au chef de l’Etat. Le 2e Vice Président de l’UFC considère que le ministre Bodjona  a refusé de publier toutes ces positions pour tenter de jeter l’UFC en pâture.

          Curieusement dans leurs communiqués respectifs le RPT n’a pas indiqué qu’il a opté pour la poursuite des travaux. Le CAR non plus n’a mentionné nulle part dans son communiqué qu’il a soutenu la suspension demandée par l’UFC. Qui ment et qui dit vrai ? Le CPDC est un marché de dupes.

A. S.

Le recours au Facilitateur Compaoré s’impose

Hier lundi 23 février 2009, les olympiades de la chamaillerie se sont poursuivies au CPDC. Pour tout résultat, le porte-parole a annoncé que les débats se poursuivent aujourd’hui. Après donc sept semaines de dialogue bilatéral infructueux entre le RPT et l’UFC, on semble donc se complaire dans une foire de larrons. Interrogé sur l’espoir quant à l’issue des discussions, le représentant de l’UFC Jean-Pierre Fabre se dit  sceptique.

En principe, la question de la facilitation ne devrait pas poser problème au niveau du CPDC si l’on inscrit  le dialogue en cours au registre de l’APG. Mais le problème est de savoir si cet accord est toujours en vigueur.

En effet le point 5.8 de l’APG est pourtant clair. «En cas de différend sur l’interprétation de tout ou partie du présent accord, y compris les modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales, les parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du facilitateur». Au vu de cette disposition, on a l’impression que les acteurs du CPDC se disputent le sexe des anges alors que la solution est tout près. Comme cela a été le cas en 2006 pourquoi ne pas recourir au facilitateur Blaise Compaoré comme le recommande l’APG ? On se souvient que lors du dialogue inter togolais en août 2006  le président Compaoré s’était fait représenté par son ministre Djibril Bassolé.

On peut comprendre que les partis de l’opposition ne veuillent pas réclamer la facilitation burkinabé mais le peu d’empressement des autorités togolaises à saisir l’ancien facilitateur est plutôt surprenant et pour cause,lorsqu’il s’était agi de savoir le sort à réserver aux réformes à mener après les législatives,le représentant du facilitateur burkinabé avait déclaré sur les ondes d’une radio internationale qu’il appartient aux institutions issues des législatives notamment l’Assemblée nationale d’opérer ces réformes. Et depuis le RPT a repris ce refrain à son compte. Si l’on s’en tient à cette position le chef de l’Etat ne devrait pas dessaisir l’assemblée nationale des textes à elle soumis. Il lui fallait obtenir que le facilitateur réitère cette position conformément au point 5-8 pour que la polémique cesse. Tout porte donc à croire qu’on a  décidé de  faire perdurer les débats à dessein. Le refus délibéré de faire recours au facilitateur de l’APG participe donc d’une stratégie politique qui échappe aux profanes.

.A. S.


Contestation tardive de trois partis signataires de l’APG

Les partis politiques qui se sentent exclus du dialogue du CPDC dénoncent la discrimination. La désapprobation   est surtout  légitime pour les partis qui étaient étrangers au Décret du 14 mai 2007. Au-delà des arguments développés, l’agitation  qui s’empare des partis qui étaient au gouvernement à l’époque est pour le moins curieuse. Et pour cause la CPP le PDR et la CPP étaient au gouvernement Agboyibo quand ce décret avait été pris. Ce décret rédigé par Ahoomey-Zunu  de la CPP alors ministre de l’Administration Territoriale et signé par Agboyibo et Faure prévoyait déjà avant même les élections que le cadre à créer devrait regrouper les partis ayant au moins cinq pour cent du suffrage à l’issue du scrutin. Les ministres d’Etat Ayéva du PDR Gnininvi de la CDPA n’avaient pas contesté ce décret. C’est ce même décret qui a été réhabilité sous un nouvel habillage. D’où leur vient donc cette virulence subite contre ce qu’ils avaient approuvé ?  


Le ras-le-bol des mécontents de Togopharma

            Les agents de la défunte Togopharma ont observé hier un «mouvement de désespoir».

          Pour comprendre ce mouvement, il faut remonter à 2002, année où l’Etat a liquidé cette société. Les locaux de la Togopharma seront alors confiés à la CAMEG et au PNLS.

          Quant au personnel, un arrêté ministériel confie une partie aux formations sanitaires et la majorité des agents seront recrutés par la nouvelle société créée, la CAMEG à des conditions salariales modiques : «les agents qui gagnaient 80.000 F ne perçoivent maintenant que 15 ou 20.000 F», lance un agent. Malgré cela, 51 personnes sont «laissées sur les carreaux». Finalement, un syndicat créé par ces agents a transmis au Ministre de la Santé le 28 mars 2008 leurs revendications à savoir : «le payement de leurs droits y compris les indemnités de départ à la retraite, le tout chiffré à 883 millions de F CFA y compris les 21 mois et demi d’arriéré de salaires» et lui a fait part de l’état de désespérance totale dans lequel se trouvent les agents.

          C’est donc ces agents (les retraités et les «laissés sur les carreaux») qui ont déclenché hier une action de désespérance, action qui a reçu le soutien de leurs collègues recrutés à la CAMEG. Les manifestants qui affirment qu’ils n’accepteront plus du dilatoire mais des actions concrètes, disent remettre leur sort au Chef de l’Etat qui prône la justice sociale, l’apaisement et la réconciliation nationale. «Depuis 2002, 25 de nos camarades sont morts. Les survivants doivent vivre dans la misère et le désespoir total», déclare l’un d’entre eux. Pendant que le mouvement se poursuivait, une délégation rencontrait le Ministre de la Santé à son cabinet. Ce dernier a donné instruction à son Directeur de Cabinet qui s’est rendu sur les lieux des manifestations où il les a conviés à constituer une délégation qui se rendrait au Ministère jeudi prochain pour des négociations sur leur plate-forme de revendications.  

Albert Agbeko


La destruction de l’environnement, une activité florissante au Togo

L’office de Développement et d’Exploitation Forestier (ODEF) fait savoir qu’elle souffre cruellement de moyens financiers.

Le secteur est potentiellement riche, mais on vit dans la misère, faute de moyens financiers», a indiqué le Directeur Administratif de l’ODEF, Gnandi Gbandi.

Créé en Novembre 1971, l’ODEF gère près de 14500 ha de Tecks, Gmélina, Eucalyptus, Acassia et autres espèces, soit sur financement propres ou extérieurs soit sur préfinancement propre pour le compte de l’Etat. L’ODEF emploie aujourd’hui environ 246 agents.

Mais pendant  que l’ODEF se plaint du fait que les autorités ne tiennent pas compte de leurs revendications, Le teck est une principale source de revenu de bandes de réseaux.

Le commerce des essences forestières est un des  plus florissants au Togo et tend même à devenir la principale activité économique dans certains milieux. Le conseil des ministres du 11 février 2009 a indiqué  que l’absence de politique nationale de financement de l’environnement de a longtemps porté préjudice à la réalisation  des projets d’amélioration des conditions et du cadre de vie de la population togolaise d’où une dégradation continue de l’environnement qui se manifeste aujourd’hui par la perturbation des écosystèmes. En  réalité  l’abattage systématique des arbres et leur commercialisation ont été institués dans notre pays où l’impunité tend à devenir  une vertu. 

En parcourant la nationale N°1 de Tsévié à Kara on peut remarquer comment d’immenses hectares de teckeraies sont dévastés. Les montagnes du Sud-Ouest Togo sont totalement dénudées. On est même horrifié par l’ampleur du massacre des essences forestières au point qu’on ne trouverait même pas à redire si l’on supprime purement et simplement le ministère chargé de l’environnement. Le gouvernement ne semble pas s’émouvoir devant ce scandale bien qu’on organise souvent des tintamarres sur  la protection de l’environnement à travers des colloques et séminaires. N’importe qui  aujourd’hui peut se munir d’une tronçonneuse et se mettre à abattre des arbres.

Des personnes qui n’ont jamais planté un seul arbre dans leur vie sont devenues du jour au lendemain producteurs et vendeurs de tecks et se sont immensément enrichis au vu et au su de tout le monde y compris des autorités locales si elles ne sont pas elles même complice. Des agents des eaux et forêts chargés de prévenir la destruction systématique de l’environnement feignent de ne rien voir. D’autres opèrent même en complicité avec les coupeurs de bois  avec qui ils se partagent les dividendes. Ainsi se sont multipliés sur le territoire des réseaux de coupeurs de bois toutes catégories confondues. Le hic c’est que certains de ces professionnels en matière d’abattage et de vente illicite de bois usent de trafic d’influence, se targuant d’être au service de tel ou tel haut placé.

A. S.


Ça vous Regarde

Le grand oubli

          Alors que les Togolais aux abois face à la montée exponentielle de l’insécurité ne savent plus où donner de la tête, le Colonel Titikpina a organisé à grands renforts de publicité les 20 et 21 Février courant, ses journées portes ouvertes sur la sécurité.

          Comme préalablement annoncé, plusieurs manifestations étaient au programme. On a pu assister à des démonstrations d’opération de neutralisation et de désarmement de bandits, à des séances foraines d’établissement de carte nationale d’identité, etc.

          Aujourd’hui que les rideaux sont tombés sur cette manifestation, nombreux sont ceux qui continuent à se demander à quoi elle a rimé en réalité. Car on ne désarme pas et on ne neutralise pas aussi facilement qu’on l’a vu dans les démonstrations, un bandit armé qui joue son va-tout pour ne pas se faire arrêter. Mais passons.

          Pour beaucoup d’autres Togolais, les journées portes ouvertes du Colonel Titikpina ont laissé un goût d’inachevé car, contrairement à ce qui a été annoncé, elles n’ont pas montré à la population, tout ce dont sont capables nos hommes en uniforme.

          En effet ceux qui circulent à Lomé et ailleurs sur les routes de notre pays savent que nos agents des forces de l’ordre excellent dans une pratique qui consiste à soutirer de l’argent aux usagers de la route. Il s’agit même d’une institution de fait contre laquelle les pauvres chauffeurs ne peuvent rien. Pourquoi n’a-t-on pas inscrit au programme des journées portes ouvertes, une démonstration d’extorsion de fonds ? S’agit-il d’un oubli ou d’un refus délibéré ? Si le Colonel Titikpina veut que les populations découvrent tout ce que font ses agents, il ne devrait pas choisir les démonstrations au menu.

          Nous espérons que pour n’avoir pas fait découvrir cette activité de nos hommes en uniforme aux populations, le Colonel Titikpina a décidé de l’enrayer définitivement. Autrement, on sera en droit de dire qu’une fois encore, on s’est moqué des Togolais.

Yves Madow Nagou sur tous les fronts

          Plus rien ne va au ministère de Yves Madow Nagou. Il y a quelques jours, les syndicats de l’enseignement ont lancé un mot d’ordre de grève. Pendant 48 heures, les écoles, lycées et collèges ont été fermés parce que le mouvement a été largement suivi sur toute l’étendue du territoire. Ce dossier n’est pas encore clos puisque les syndicats qui n’ont pas eu gain de cause menacent de durcir leur position.

          Comme si cela ne suffisait pas, c’est du côté de la Librairie des Mutuelles Scolaires (LIMUSCO) que le mécontentement monte. Pour protester contre leur situation et réclamer les dizaines de mois de salaire impayé, les agents de cette institution ont lancé pour hier lundi et ce mardi, un mot d’ordre de sit-in. Un mouvement qui, dans les jours qui viennent, pourrait devenir une grève si aucune solution n’est trouvée aux problèmes posés.

          Ajouter à ces deux mouvements sociaux, les problèmes créés par la dispense du paiement des frais de scolarité et on comprend que le ministre Nagou doit avoir perdu le sommeil ces derniers temps.

Zaza refuse d’être enterré

          Ceux qui pensent qu’ils peuvent procéder à l’inhumation du Prince KOMAteux parce qu’il est politiquement mort, doivent se refaire une opinion. Ce n’est pas parce que l’homme et son parti ont été proprement laminés lors des dernières élections législatives où ils ont obtenu zéro siège que l’histoire va se faire sans eux. En tout cas, A-Z refuse que ce soit ainsi.

          Dans une déclaration rendue publique le 16 Février 2009, Zarifou Ayéva s’est insurgé contre le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation au sein duquel se retrouvent le CAR, le RPT et l’UFC. L’homme aux mille proverbes ne comprend pas que son parti ne soit pas appelé à siéger dans cette structure alors qu’il est signataire de l’Accord Politique Global ayant préconisé la mise en place du CPDC. Pour lui, en limitant aujourd’hui les membres de cette structure à trois partis, le CAR, le RPT et l’UFC ont tout simplement violé l’APG.

          Même si on peut comprendre les récriminations de l’ancien Ministre d’Etat, il se trouve qu’au sein de l’opinion, on refuse d’être d’accord avec lui. Le CPDC ne doit pas être une nouvelle tribune où doivent se retrouver des partis qui n’existent pratiquement plus que de nom et qui n’ont aucun poids réel.

          Nous ne sommes pas là  pour dire si cette vision est juste ou fausse. Nous notons tout simplement que la sortie de Zaza est bien la preuve qu’il n’est pas encore totalement mort, même si, à cause de l’ingratitude des Togolais, il n’a pas pu obtenir au moins un siège à l’Assemblée Nationale.

L’éternel recommencement

          Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est-il une panacée pour les problèmes du Togo ? Nombreux sont ceux qui en doutent. D’ailleurs les nombreux blocages enregistrés au niveau du fonctionnement de cette structure n’autorisent aucun optimisme.

          En réalité, le CPDC tel qu’on le voit fonctionner a quelque chose de déjà vu pour les Togolais. Depuis le début de la crise togolaise jusqu’à ce jour, on a organisé plusieurs dialogues qui ont accouché d’accords qui finalement n’ont rien donné. On se souvient de l’Accord-cadre de Lomé avec des facilitateurs internationaux. A quoi a-t-il finalement abouti ? On a encore à l’esprit le Comité Paritaire de Suivi qui, après tout, n’aura été que du temps perdu. On a la triste impression que chaque fois, on trouve au Togo, des moyens pour donner de faux espoirs aux Togolais. Le RPT donne l’impression de négocier tout en sachant que le moment venu, il trouvera un argument pour imposer sa vision.

          Nous sommes, à n’en point douter, dans un cercle vicieux. C’est l’éternel recommencement. L’exception serait-elle pour cette fois-ci ? On attend de voir.

Les mirages du gouvernement

          La question du principe de désignation d’un facilitateur qui divise actuellement le CPDC est la preuve irréfutable du manque de confiance qui caractérise les relations entre les acteurs de la classe politique.

          Dans les milieux proches du RPT, on a tendance à considérer l’UFC comme un parti qui demande trop et qui reste intransigeant sur ses exigences. Mais à l’UFC on estime qu’avec le RPT, on n’a jamais été trop prudent. Il s’agit là, de considérations politiques qui n’engagent que les politiciens.

          Mais au sein de l’opinion, on se demande si le RPT et son gouvernement ne donnent pas raison à la méfiance de leurs interlocuteurs. Nos gouvernants ont en effet fait de nombreuses promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Nous ne voulons pas appuyer ce constat par des exemples sur le plan politique. Ils abondent aussi sur le plan socio-économique.

          On se souvient que quelque temps après l’avènement de Faure Gnassingbé au pouvoir, on avait annoncé de grands travaux d’aménagement de nos routes. On a ventilé à travers le quotidien gouvernemental «Togo Presse» la maquette d’un nouveau tronçon sur l’axe Aflao-Sanvee-Condji. Cette maquette présentait une route bien large avec des échangeurs au niveau du Port et au niveau de CIMAO. Cet ouvrage, selon le projet annoncé, devrait être déjà exécuté. Malheureusement, il n’en est rien. Il ne s’était agi que d’un mirage. Comment les acteurs politiques peuvent-ils se faire mutuellement confiance quand on fait des promesses qu’on ne tient pas ?

Pitié pour nos paysans

          L’annonce et la tenue effective d’un forum paysan au Togo a été favorablement accueilli dans plusieurs milieux. Dans un pays essentiellement agricole comme le nôtre, ce genre de rencontre ne peut qu’être encouragé et perpétué.

          Mais ce forum, tel qu’il s’est déroulé n’a pas manqué de susciter des interrogations. Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis quatre ans. Pourquoi est-ce seulement maintenant et à quelques mois de la prochaine présidentielle qu’il manifeste un si grand intérêt aux paysans ? Certains ont cru voir derrière le folklore qui a fini par entourer la chose, une forme de manipulation et de récupération politicienne.

          Le monde rural a de sérieux problèmes au Togo. En témoigne le physique même de certains paysans présents au forum. Nos gouvernants peuvent, si le cœur leur en dit exploiter le forum agricole comme ils l’entendent. Mais la situation est grave. Au-delà de toutes les manipulations, ils ont l’obligation et le devoir de trouver des solutions efficaces et durables aux problèmes qui se pose à nos agriculteurs.

Le réveil des treillis

          Après avoir sombré dans une léthargie apparente laissant le terrain aux bandits et aux gangsters qui règnent désormais en maîtres dans notre pays, nos hommes en uniforme semblent avoir finalement entendu les cris de détresse des populations aux abois. Pour combattre le banditisme, ils ont décidé de ne pas prendre des gants. C’est ainsi que depuis quelque temps, on annonce de plus en plus souvent, des affrontements entre des éléments des forces de sécurité et des bandits armés. Ces affrontements sanglants se soldent par la mort des malfrats.

          Nous sommes de ceux qui pensent qu’on ne doit pas faire de cadeau aux sinistres individus qui tuent, volent et endeuillent la paisible population. Mais beaucoup d’observateurs pensent que la propagande ne doit pas se mêler à un sujet aussi important. Il ne sert à rien par exemple d’exhiber des corps de bandits abattus alors que, dans le même temps, on ne fait jamais cas des victimes de l’insécurité.

Vous avez dit alternance ?

          L’alternance politique a toujours été réclamée à cor et à cri par la classe politique. Mais lorsqu’on observe comment fonctionnent les associations, les syndicats et autres groupes, on a la douloureuse impression que l’alternance restera pour longtemps encore, une simple vue de l’esprit dans nos pays.

          Les premiers responsables se sont toujours accrochés à leur poste. Depuis plus de 20 ans, on retrouve à la tête de certains syndicats, les mêmes individus. Au niveau des partis politiques, à une rare exception près, le même constat est valable.

          Comment peut-on vouloir l’alternance pour tout le pays alors que personne, à son niveau, ne l’a jamais expérimentée ? Voilà la grande question.

Les prétentions à la baisse

          Le Dr David Ihou aurait-il finalement tiré les conclusions sur sa popularité à l’issue des dernières élections législatives ? On peut bien se poser la question. En effet, l’ancien ministre de la Transition qui avait déjà plusieurs fois annoncé sa candidature à des élections présidentielles auxquelles il ne participera jamais est en train de revoir ses prétentions à la baisse. Actuellement, il ne vise plus la magistrature suprême, mais la Mairie de Lomé.

          «Populations de Lomé, si vous le voulez bien et si Dieu le permet, je serai votre prochain Maire». C’est en ces termes que le Dr Ihou, à travers l’une de ses nombreuses interviews a annoncé ses intentions. Naturellement, ce n’est pas pour plaire à tout le monde. On sait que depuis longtemps déjà, Petit Djo Gally lorgnait le fauteuil. Il a désormais un adversaire déclaré. On verra, le moment venu, ce que donnera cette joute.

          Mais les prétendants à la Mairie doivent prendre leurs ambitions en patience car visiblement, les élections municipales semblent être le cadet des soucis de nos gouvernants qui ne trouvent aucun mal à maintenir nos communes dans la situation d’exception des Délégations spéciales.

Le Regard #633 du 17 fev. 2009
Au sujet de la composition de la CENI : L’attitude du CAR et de l’UFC devant le RPT

Dans les débats qui agitent le CPDC, on fait état de mésententes entre le parti au pouvoir et l’opposition. Mais l’on parle peu de divergences entre les deux partis de l’opposition qui avaient conjointement signé un communiqué le 28 janvier 2009 annonçant qu’ils se mettraient ensemble pour combattre les manœuvres unilatérales du RPT. C’est plutôt en rangs dispersés que le CAR et l’UFC défendent leurs positions devant l’adversaire au risque de faire le jeu du parti au pouvoir.

L’UFC propose que la CENI soit composée de 14 membres, dont

11 membres désignés par les partis représentés à l’Assemblée nationale et répartis suivant les suffrages obtenus à raison de

05 membres pour la Majorité parlementaire

06 membres pour l’Opposition parlemen-taire

Deux (02) membres désignés au titre de la société civile togolaise à raison de

Un (01) par la majorité parlementaire

Un (01) par l’opposition parlementaire

Un (01) membre recruté par appel à candidature pour jouer le rôle de président de la CENI doit correspondre au profil et critère ci-après

Etre de nationalité togolaise.

Jouir de ses droits civils et politiques être de bonne moralité et faire preuve de loyauté de probité et d’impartialité

Etre accepté et soutenu aussi bien par la majorité que par l’opposition parlementaire

- Par contre  le CAR propose que La CENI
soit composée de 15 mem-bres :

-   6 membres désignés par la majorité,

-   6 membres désignés par l’opposition parlementaire,

-   2  membres désignés par la société civile,

-   1  membre désigné par le gouvernement, sans voix délibérative.

            Les membres sont désignés en raison de leur compétence en matière électorale et de leur probité ».

            En outre, alors que le CAR trouve inutiles des contre-propositions sur la composition des CELI et des CLC, l’UFC réclame leur recomposition.

Les deux partis ayant rejeté ensemble le projet soumis par le gouvernement, il était souhaitable qu’ils puissent élaborer un seul document de base.

Les partisans du rapprochement entre le CAR et l’UFC doivent prendre leur mal en patience. L’allure que prennent les débats au sein du cadre de concertation montre qu’il y a beaucoup à faire pour parvenir à l’Alliance souhaitée. Annoncer que le CAR et l’UFC se mettent ensemble pour combattre les manoeuvres du RPT suppose que les deux partis aient préalablement harmonisé leurs propositions avant de se retrouver devant l’adversaire commun Visiblement, ce n’est pas le cas. Chacun défendant sa  chapelle on voit donc  que la méfiance entre les deux partis est réelle et qu’elle ne peut disparaître que lorsqu’ils se seraient entendus sur une candidature unique. Dans la situation actuelle, le RPT va à travers l’Assemblée Nationale peut réserver le droit de désigner qui il veut au sein de l’opposition comme ce fut le cas en 1998. A l’époque Amaglo avait été préféré à Jean Pierre Fabre et la tension entre les deux partis avait été ainsi alimentée.

Dans tous les cas, tant que le CAR et l’UFC n’harmoniseront pas leurs positions sur les conditions d’une élection crédible, il n’y a pas lieu de croire à une quelconque alliance électorale entre les deux partis. Mais alors à quoi aura servi le communiqué annonçant l’union si on n’est même pas en mesure de parler d’une seule voix face à l’adversaire?

A.     S.


Palabre sur la dévaluation de l’Assemblée Nationale

Le débat qui agite le cadre permanent porte sur la suite à donner aux conclusions des travaux du CPDC. L’opposition dans une moindre mesure le CAR voudrait que l’Assemblée nationale soit transformée en une chambre d’enregistrement. Le CPDC serait alors une hyper institution dont les décisions auraient force de loi et s’imposeraient à tous.

Aux dernières nouvelles, on apprend que le parti au pouvoir, fort de sa posture légale n’entend faire aucune concession quant aux prérogatives de l’Assemblée.

On laisse entendre qu’il est inadmissible que l’UFC réclame ce qu’elle n’entendait pas faire si elle avait eu la majorité.

A titre de rappel, on fait remarquer qu’en pleine campagne électorale en octobre 2007, Lawson Patrick avait déclaré que son parti aura 69 députés et agirait seul. Evidemment avec ce nombre de députés non seulement l’UFC gérerait seule le pays et  changerait la constitution sans consensus avec qui que ce soit elle imposerait sa politique au chef de l’Etat qu,i à terme, devra démissionner pour faire place à l’Etat UFC.

Aujourd’hui l’UFC demande au RPT d’accepter ce qu’elle n’accepterait jamais  si elle avait la majorité à l’Assemblée c’est –à- dire de mettre sa majorité des cinquante députés entre parenthèses ce qui revient à dire qu’on se retrouve de facto dans une période transitoire où les institutions sont en veilleuse. En acceptant ce schéma Faure Gnassingbé violerait la constitution dont il est censé garantir l’application. Le débat sur la légitimité du chef de l’Etat va donc refaire surface. Lorsqu’il avait rencontré Faure Gnassingbé à la présidence de la République Gilchrist Olympio avait fait son entrée au palais avec «mes respects Monsieur le président».Mais dans son interview accordé à  notre confrère gratuit Focus Info du 25 janvier 2009, le président de l’UFC dit ne reconnaître aucune légitimité à Faure.

En fait L’UFC n’a pas tort d’exiger que s’établisse sa volonté puisqu’en politique chacun  tire la couverture de son côté. Tout dépend donc de l’efficacité de la pression mise en branle. D’ailleurs, Gilchrist Olympio multiplie les contacts avec les partenaires extérieurs pour amener le pouvoir en place à céder à ses exigences. Il ne faut pas s’attendre à ce que le parti au pouvoir se fasse hara-kiri en acceptant de son plein gré ce qu’exige ses adversaires.  Tout dépend des rapports de force. Si la pression mise par l’UFC lui permet d’arracher des réformes souhaitées ce serait une  victoire avant la lettre. Mais si toutes les mesures prises n’ont pas d’effet sur le pouvoir, alors telle une machine infernale,  le RPT  se servira de ses 50 députés pour faire tout ce qui lui permettra de s’assurer la victoire en 2010.

A. S.


Une union qui crée déjà des malentendus

Des militants du CAR attendent une clarification de leurs dirigeants au sujet du rapprochement avec l’UFC et pour cause ; le communiqué du 28 janvier 2009 est diversement interprété selon qu’on soit militant d’un parti ou de l’autre. Pour les partisans de Gilchrist Olympio, se mettre ensemble pour lutter contre le RPT veut dire que le CAR qui souhaite l’alternance accepte de soutenir la candidature de l’UFC à la prochaine présidentielle. En revanche pour les fanatiques du CAR  l’acte du 28 janvier veut dire que l’UFC accepte de renvoyer l’ascenseur au CAR en soutenant le candidat de ce dernier qui sera désigné dans quelques semaines. Dans cette confusion l’illusion d’une union entre les deux partis profite surtout à l’UFC. Les militants de ce parti n’éprouvent d’ailleurs aucune difficulté à convaincre les électeurs qu’il appartient logiquement au «petit» de soutenir le «grand» et non le contraire. Dans cette optique le retour de l’ascenseur ne serait qu’une bonne blague. Quelle est la portée réelle de cette union ? Le CAR va-t-il se battre pour le sacre de l’UFC pour être ensuite remercié en monnaie de singe comme d’habitude ? Qu’arriverait-il  si en pleine campagne les préfectures de Vo et de Yoto venaient à être inondées  de tee-shirts symbolisant l’union des deux partis autour du palmier à huile symbole de l’UFC ? Autant de préoccupations qui poussent des fanatiques du CAR à exiger des clarifications.

L. R.


Le cadre permanent s’enlise dans les désaccords

. Le piège d’une élection à risque

A la cinquième séance du CPDC, les choses n’ont guère évolué et l’ont tend vers l’impasse. L’UFC dans un  communiqué  demandait aux populations de se tenir prêtes à toute éventualité. Le deuxième vice président du parti, Lawson Patrick n’avait d’ailleurs pas exclu le recours aux actions extraparlementaires mais légales  pour faire aboutir les revendications de son parti. Si le pouvoir RPT choisit de ne pas réaliser les réformes politiques prévues par l’APG, déclare Isabelle Ameganvi  dans une interview, c’est qu’il choisit ipso facto, de ne pas organiser des élections honnêtes, transparentes et démocratiques. Dans ce cas, il n’y aura pas d’élection du tout parce que les populations togolaises sont déterminées à se mobiliser ensemble avec toutes les forces en lutte pour le changement, afin d’empêcher par tous les moyens, une énième mascarade électorale.

C’est probablement pour cela que l’UFC a entrepris une tournée de sensibilisation à travers ses structures de base pour la mobilisation en perspective de la présidentielle de 2010.

Samedi dernier à Hedzranawoe au Nord-Est de Lomé, Me Ameganvi Isabelle a appelé les populations à se mobiliser pour organiser une résistance et empêcher la préparation par le RPT d’une mascarade électorale en 2010.

Ce genre de rencontres qui seront multipliées visent sans doute à prendre le pouls de l’opinion en vue de se mettre en condition pour contraindre le pouvoir à lâcher du lest.

A entendre les responsables du parti au pouvoir, il n’y a plus de doute quant à l’issue du dialogue en cours. Il est évident qu’on ira de blocage en blocage jusqu’à ce que l’Assemblée soit saisie pour trancher. A moins que Faure Gnassingbé ne décide autrement. Le pouvoir semble jouer sur le facteur temps. D’abord les débats sur le code électoral risquent de prendre du temps. Si l’on en juge par  les divergentes propositions des trois partis, même un mois ne suffira pas pour trouver un consensus  sur seulement quelques  points. Plus encore la réforme de la constitution  qui constitue le plus gros problème n’a pas encore commencé. Or selon la constitution en vigueur, le scrutin est ouvert sur convocation du corps électoral par décret pris en conseil des ministres soixante jours au moins et  soixante quinze jours au plus avant l’expiration du mandat du président en exercice (Article 61).

C’est dire que l’élection présidentielle doit avoir lieu en février 2010. A ce jour, 17 février 2009 il ne reste que douze mois pour préparer et organiser l’élection. Au Bénin voisin, les études réalisées par les partenaires prouvent que, la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ne peut être possible pour les échéances de 2011 que si sa phase pratique commence au plus tard le 02 mars prochain.

Chez nous, à un an, rien n’est entrepris. On en est à des palabres inutiles qui semblent déboucher sur l’impasse. Après quoi, l’Assemblée sera saisie pour réinstaurer un autre débat sur les questions déjà débattues. Le risque est donc grand qu’on s’éternise sur les discussions oiseuses pour laisser passer le temps qu’il faut pour préparer de bonnes élections. On invoquera alors le risque de vide juridique pour précipiter les opérations électorales. Or c’est dans la précipitation que les irrégularités se préparent en amont. Il est donc possible que le pouvoir invoque le délai pour justifier le bâclage de certaines opérations et l’application des textes en vigueur faute de consensus.  Le gouvernement qui avait déjà commandé des Kits avant la mise en place de la Commission Electorale semble préparé à toute éventualité.

Dans ces conditions l’opposition n’aura pour seul recours que la rue pour faire aboutir ses exigences. Il va donc falloir aller au-delà des incantations.

Un député du parti au pouvoir considère que nul n’a le monopole de la rue  qui appartient d’ailleurs à tout le monde. Mais tout dépendra alors  des moyens que l’opposition mettra en jeu pour empêcher la tenue d’une élection sans une prise en compte de ses revendications.   

L. R.

Le Regard #632 du 10 fev. 2009
Agbéyomé Kodjo s’attaque à l’initiative de  Me Agboyibo

          Dans un communiqué rendu public le 06 février 2009, M. Messan Agbéyomé Kodjo l’ancien Premier ministre d’Eyadéma constate que «le CPDC est réduit à sa portion congrue en ne comprenant que les partis représentés à l’Assemblée nationale et des membres de l’Exécutif» et qu’«en ce sens, il ne prend pas en compte la réalité politique actuelle et les aspirations du peuple togolais».

          Selon Agbéyomé Kodjo qui demande au Chef de l’Etat de se retirer de la présidence du CPDC et d’en confier la responsabilité à une personnalité de la société civile «reconnue pour son impartialité, son expérience et sa probité morale et intellectuelle», le CPDC devait réunir en son sein, toutes les forces vives de la nation représentées par l’ensemble des forces poli-tiques, syndicales, sociales et religieuses, les ONG, les anciens hauts responsables de la République, etc. Ceci, pour mettre fin à «l’ostracisme et à la discrimination».

«Lorsque j’ai lu le décret, explique Me Apévon, je pense que ces deux textes là sont en phase. La seule chose qui a changé, c’est le nom. Mais ça n’a pas de conséquence» (voir page 5). C’est dire donc que le CAR y adhère à 100 %.

          En s’attaquant au décret présidentiel qui réhabilite dans son essence le décret du 14 mai 2007 dont Me Agboyibo n’a jamais cessé de réclamer le rétablissement, Agbéyomé Kodjo s’en  prend  indirectement au Président d’honneur du CAR.

          Les dispositions prévues à l’article 7 permettent à tous les acteurs politiques de participer et de voir leurs préoccupations prises en compte par le CPDC qui ne devrait pas être considéré comme un «fourre-tout».

          Apparemment, l’ancien Premier Ministre et Président de l’Assemblée nationale est plutôt mu par un sentiment d’hostilité qu’il nourrit depuis longtemps contre son frère ennemi de Yoto, qu’il a souvent peur d’affronter aux élections.

          Au lendemain de la signature des 22 engagements dans le cadre des consultations Togo–UE en Avril 2004, le Gouvernement Sama avait tenté un dialogue avec toute la classe politique et la société civile. Ce dialogue qu’il inscrivait dans la mise en œuvre des engagements avait tout simplement tourné à la pagaille. Des associations bidon et des partis politiques qui se limitaient à leur sigle s’étaient réveillés. On a vu à longueur de journée, défiler dans les bureaux du Premier ministre, au nom des consultations, des individus se disant représentants d’organisations qui ne pèsent pas plus qu’eux-mêmes et qui avaient cessé de vivre depuis longtemps. Ce dialogue mort-né avait disparu comme il était apparu. Avant Koffi Sama, Agbéyomé Premier Ministre avait orchestré ce genre de marché de dupes par lequel il a torpillé l’Accord Cadre de Lomé en faisant adopter le code électoral unilatéralement. Et il était viscéralement contre tout dialogue avec l’opposition.

L. R.


Les sérieuses réserves de l’UFC sur le cadre de concertation

En fait l’UFC n’a véritablement pas adhéré au cadre de concertation. Jusqu’à la veille, rien ne présageait  de son éventuelle participation à la réunion du 06 février 2009. Dans sa déclaration du 05 février 2009, «l’UFC a rappelé celle du 31 octobre 2008 relative à la création du 2ème cadre du genre. L’UFC a rappelé à juste titre que le règlement de la crise actuelle, qui relève de l’APG, ne saurait être confié au cadre permanent de dialogue, un organe consultatif qui ne saurait prendre des décisions politiques. L’UFC a également rappelé la mission de ce cadre qui consiste à prévenir de nouvelles crises par la concertation et le dialogue et non à conduire les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG.

S’il devait en être autrement, il appartiendrait aux principales forces politiques, notamment celles représentées à l’Assemblée nationale, d’en convenir et de fixer consensuellement les attributions, la composition, les modalités de fonctionnement de cette structure, ainsi que le sort à réserver à ses décisions, afin qu’aucune institution ne puisse les remettre en cause.

En tentant d’imposer de manière unilatérale cette troisième version du CPDC non conforme, aussi bien en termes de procédure qu’en termes de mission, à celui prévu par l’APG, le régime RPT viole une fois encore l’esprit et la lettre de l’APG».                                       Pour faire politiquement joli, on a dit que tout le monde adhère au décret. Mais contrairement aux autres acteurs qui ont exprimé leur totale satisfaction, l’UFC représentée par deux membres a émis des réserves sur le nombre de membres que doit fournir les partis politiques d’une part  et du sort à réserver aux discussions de l’autre.

          Selon Jean Pierre Fabre, « il a été décidé de faire des propositions pour voir si des réaménagements pourraient avoir lieu soit  dans le décret soit dans le règlement intérieur

          Les inquiétudes de l’UFC sont sans ambiguïté quand on connaît la position hostile qu’elle avait adoptée s’agissant du CPDC. Accepter ce qu’elle avait rejeté lui paraît une couleuvre difficile à avaler. Le fait  que le décret ait été pris quelques jours après que le CAR et l’UFC eurent réaffirmé leur volonté de se mettre ensemble pour combattre les manœuvres du RPT est significatif.

L’embarras de l’UFC vient du fait qu’elle a été piégée parce qu’elle ne s’attendait pas du tout à ce que le gouvernement   ramène – en tout cas pour l’essentiel –  le décret qui avait été signé sous le gouvernement d’union Nationale, gouvernement que ce parti avait pourfendu.

Pour éviter ce qui s’apparenterait du moins à une capitulation sinon à une reconnaissance de l’œuvre du Premier Ministre Agboyibo, il fallait trouver une formule nouvelle. Or pour rien au monde, le CAR n’accepterait une telle initiative.

          Il n’en demeure pas moins que l’inquiétude sur  le sort à réserver aux résultats des discussions est fondée. Plus encore, rien n’indique que le consensus sera facile au sein de ce cadre quand on considère les forces en présence et leurs acteurs.

Dans les colonnes de notre confrère Forum de la semaine le fauriste patenté Gilbert Bawara un des représentants du gouvernement au CPDC que certains surnomment «anti- UFC» a donné le ton.

Pour lui, «Il s’agit de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de leur réalité de leurs prérogatives constitutionnelles  au risque de transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et l’Assemblée nationale »

          Et Bawara de poursuivre : «Nulle part, l’APG n’a institué un organe ou un mécanisme comme antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme étape préalable aux délibérations de l’assemblée nationale où les députés disposent des prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat impératif. Et contrairement à certaines affirmations, l’Union Européenne n’est pas partie prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette institution à contraindre les institutions républicaines du Togo à rechercher impérativement le consensus sur les réformes projetées».

Eu égard aux considérations qui précèdent, la cause est entendue, confortant l’opinion selon laquelle  le gouvernement a réhabilité ce cadre permanent parce qu’il est sûr que cela ne changera pas ce que le parti au pouvoir a programmé.

Quand l’on sait que c’est justement ce que rejette Bawara que l’UFC souhaite, on imagine le sort réservé aux discussions au sein du cadre permanent .Car quelque soit ce qui aura été retenu c’est à l’Assemblée que reviendrait le dernier mot. Apparemment le fait de donner raison au CAR au détriment de l’UFC n’est pas pour arranger une éventuelle union entre les deux partis de l’opposition parlementaire.

Le vrai problème est que si l’UFC boude le cadre de concertation alors que le CAR reste, l’union des deux partis se conjuguerait désormais au passé composé. Si le RPT cherche à donner suite aux propositions du CAR pour éloigner les deux partis,  le Parti des déshérités peut-il s’en servir pour arracher un compromis comme ce fut le cas lors de l’Accord Cadre de Lomé en 1999 ?

 L’UFC va-t-elle donc prendre le risque d’affirmer ouvertement ses différences avec le CAR ou  acceptera-t-elle de s’y prendre autrement à l’égard de ce parti avec lequel elle est sûre de battre le RPT à la prochaine élection présidentielle ? L’adoption du règlement intérieur prévu pour ce jour donnera des indications claires sur le sort à réserver aux discussions au sein du CPDC.

A. S.


Conflit d’intérêts au sommet de la CEET

Le conseil d’administration a mis fin  aux fonctions de M. Pédassou a qui il reprocherait  beaucoup de manquements. Lesquels manquements ont été exposés aux cadres et aux syndicats de  la CEET. Entre autres le laxisme et incompétence parce que depuis sa nomination il n’a pas produit les dossiers demandés par le Conseil d’Administration.

Par     décision N° 015/CA/CEET du 02/02/09 : Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi, précédemment Directeur de la Planification et des Investissements, est nommé Directeur Général Adjoint de la CEET.

En attendant la nomination du nouveau Directeur Général, l’intérim du Directeur Général est assuré par Monsieur KAKATSI Kossi Mawusi, Directeur Général Adjoint de la CEET.(Décision N° 017/CA/CEET du 03/02/09) : Beaucoup ont trouvé bizarre le fait qu’une information datée du 05 février 2009 annonce le recrutement de Monsieur TIEM Bolidja  à la CEET le 04 février 2009 en qualité de Directeur de la Planification et des Investissements (DPI). Et qui plus est , ce recrutement a été  fait dès le lendemain du limogeage du DG, à la veille de la passation de service entre l’ancien DG et le DG par intérim et pendant l’absence du Directeur des Ressources Humaine.

          M. TIEM arrive de l’Autorité de Réglementation du Secteur de l’Électricité (ARSE). M. TIEM aurait été recruté à l’ARSE en qualité de Directeur Technique par l’actuel ministre des Mines et de l’Énergie dont il serait un proche parent. Il y a alors de quoi donner raison à ceux qui pensent que le départ de M. PEDASSOU de la CEET a été l’œuvre du ministre NOUPOKOU Damipi .Ce qui s’apparenterait à la résultante d’un conflit d’intérêt entre les deux amis.

Comme tout responsable de société  et en pareilles circonstances M. Pédassou a des admirateurs et des détracteurs.  Mais  beaucoup à la CEET pensent que c’est le ministre  qui dirige la CEET et non le Conseil d’administration. On raconte dans la boîte que ce n’est pas de gaîté de cœur  que Damipi avait quitté la  Direction de la CEET lorsqu’il avait été nommé ministre. Et bien que nommé membre du gouvernement il avait quelque temps cumulé les deux fonctions. De là à penser que c’est justement parce que  l’ex DG n’exécute pas ses quatre volontés qu’il a été débarqué il n’y a qu’un pas que certains ont vite franchi.

Ces considérations alimentent la spéculation à la CEET au point que l’ancien DG commence déjà à trouver, auprès de beaucoup d’agents, des circonstances atténuantes. Il est vrai  que la mise en place d’un conseil d’administration a été une conditionnalité pour l’octroi du financement de la BOAD à la CEET. Mais la question se pose. A quoi sert cette conditionnalité si réellement le ministre de tutelle peut de loin tirer les ficelles à la CEET ?

L. R.


Qui se cache derrière les Forces nouvelles du Togo ?

Conscientes des maux qui minent notre société tribalisme, pauvreté, exclusion, corruption, intolérance, impunité   les FN s’engagent à adresser des messages civiques aux populations et à les réveiller de leur sommeil dogmatique entretenu par les prismes déformants des différents partis politiques», ainsi parlait le Coordonnateur d’une nouvelle association dénommée Forces Nouvelles, Hilaire Dossouvi Logo.

Hilaire Dossouvi Logo fait partie des jeunes engagés comme Doglo Agbelenko Tino, Nabine Ouyi (Mensah), Alfa Boda Rahim, Karakoro Bitchinidi,  Djobo Adjayé Baolé, Kossi Efoui, les frères Aboli, Yovodévi Djolé... qui avaient édité et publié, à la fin des années 80 et début 90, des tracts jugés «diffa-matoires» contre le régime de l’ancien président du Togo le Général Gnassingbé Eyadéma

Ils avaient été arrêtés, torturés et jugés. Cette affaire est à l’origine des soulèvements populaires du 05 octobre 1990 à Lomé, qui sont le point de départ du processus démocratique au Togo.

Pour Logo Dossouvi, «la priorité sera la campagne pour la prochaine élection présidentielle de 2010.

On voit bien que cette association a un caractère éminemment politique. Et si l’on sait que Logo Dossouvi , membre fondateur de la CDPA,  n’a pas  démissionné de son parti et affirme partout qu’il a toujours de très bonnes relations avec le professeur Gnininvi, on n’ a pas besoin de réfléchir pour savoir qu’il ne prendra aucune position contraire à celle de son parti. Pour le fait que les responsables de la CDPA sont  toujours au gouvernement au moment où  des pourparlers s’engagent sur les réformes en perspective de la prochaine présidentielle, on a vite fait de croire que le candidat qui sera soutenu par les Forces Nouvelles est celui que soutiendra le gouvernement. En tout cas, il est hors de question que la CDPA soutienne le candidat du CAR ou de l’UFC. Mais la démagogie consiste à clamer sur tous les toits que ce regroupement est composé de jeunes d’horizons politiques divers et que pour cela, ils ne visent pas un intérêt partisan.

Il semble que la stratégie de la CDPA consistait à l’époque du CODII triomphant, à investir les mouvements politiques les syndicats, et la société civile pour les orienter dans le sens voulu par ce parti. Il en a été ainsi du MO5 qu’on avait présenté à l’époque comme une association politiquement neutre alors qu’elle était noyautée par des jeunes de la  CDPA  qui amenaient progressivement les autres membres appartenant à d’autres formations politiques à adhérer aux idéaux de ce parti.  Conséquence, le Mouvement du 05 octobre est au centre des intrigues qui agitent ses membres. Koussawo Eloi  qui se présente comme le coordonnateur de ce mouvement n’a pas officiellement adhéré aux Forces Nouvelles qui compte pourtant en leur sein le MO5. Mais tôt ou tard, on finira par tout savoir.

A. S.

 

 
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