B&B Electronics -bb-elec.com
Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Contact
Le Regard Contact email : leregard13@caramail.com
   

2009

   
Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin
Juillet Aout Septembre Octobre Novembre Decembre
Le Regard 644 du mard 05 mai 2009
Voici l’origine de l’intox sur la prochaine libération de Kpatcha

Une terrible rumeur qui traverse les continents à une vitesse comparable à celle de l’ouragan «katrina» en ce moment, fait état de ce que Kpatcha sera libéré dans quelques heures. Depuis NewYork Amsterdam, Munich Londres, des Togolais appellent pour avoir confirmation de cette imminente libération. Au nombre de ceux qui font passer ce genre de canular se trouve un certain Agbéyomé Kodjo, l’agité qu’on ne présente plus. «Hahahaha ! Kpatcha sera libéré plus tôt qu’on ne pense», ce sont là les termes contenus dans un SMS qu’il a envoyé à un journaliste quelques jours avant que la rumeur n’éclate. On ignore si c’est un commando spécial qui ira le sortir de son lieu de détention ou si c’est Agbéyomé lui-même qui ira l’extraire et le célébrer. Lors de la réunion Ewéto, il se faisait même le grand connaisseur de l’affaire. 

C’est bien Agbéyomé qui, sans pitié pour Kpatcha avait écrit que «70 millions de francs sont perçus par mois sous forme de taxe sur les ventes de véhicules par un réseau d’affaires familial proche du Chef de l’Etat sous le prétexte fallacieux de pourvoir au financement de la SAZOF (dont Kpatcha est D.G. ndlr) alors que cette dernière reçoit de l’Etat une subvention annuelle de 175 millions de F CFA».  Tout le monde a entendu Agbéyomé déclarer sur RFI   qu’il n’est ni pour l’un ni l’autre des deux frères. Pourtant quelques semaines auparavant, ce disciple attitré du «Général-dictateur» disait qu’il préfère Kpatcha à Faure parce que ce dernier l’aurait livré au chômage. L’auteur des fameux tracts dont on parle, rédigés au nom des FAT réclamant la libération inconditionnelle du présumé comploteur est donc facilement identifiable. A y voir de près, Agbéyomé et  ses semblables  s’amusent aux dépens du pauvre député qui a du mal à réaliser ce qui lui arrive. Tout en lui faisant croire qu’ils défendent sa cause, ils visent un  objectif précis. Soit on cherche à se faire arrêter pour se faire de la pub, soit on le fait  exprès pour enfoncer Kpatcha davantage par pur cynisme. Car à supposer même que sa libération soit négociée – ce qui serait d’ailleurs inconcevable – le fait de l’annoncer avec tambours, cymbales et castagnettes ne ferait que dissuader un éventuel arrangement. Faut-il y voir un signe de revanche ? L’ex premier ministre d’Eyadema avait par le passé accusé Kpatcha d’avoir financé une campagne de presse contre lui lorsqu’il avait déguerpi talons aux fesses pour Paris.

«Le pays est comme ça et nous sommes dedans»

Même si le député lui-même reconnaissait les faits qui lui sont reprochés, on trouverait à redire. C’est vrai que dans cette affaire, des tas de choses se racontent. Trop «d’informations fabriquées» circulent au point qu’on a du mal à distinguer le vrai du faux. Si cette affaire n’avait pas éclaté on ne saurait pas qu’il y a des «techno-sorciers»  chez nous qui, à partir de leur chambre à coucher, sont capables de se poser sur les lèvres de Bongo et de  Kadhafi pour  écouter comment par téléphone et avec quelle fureur, ils ont sermonné Faure comme leur garçon de chambre en lui enjoignant de libérer immédiatement son frère cadet avant qu’il ne soit trop tard. Terrible !

A remarquer que la rumeur a été intensifiée  après que le Procureur eût déclaré qu’«au niveau des civils comme des militaires, des aveux circonstanciés ont été faits par les principaux inculpés. Les discours qui devraient être prononcés après le renversement des institutions ont été saisis et mis sous scellés.»

Qu’il y ait pression ou pas, une chose est sûre, c’est qu’une éventuelle libération de Kpatcha Gnassingbé en ce moment serait un immense scandale, mieux une confirmation d’un gros mensonge d’Etat. Cela reviendrait à dire que cette affaire de coup d’Etat était une grosse plaisanterie, que le procureur a menti, et que tous ceux qui avaient apporté leur soutien au chef de l’Etat ont été floués. Dans ce cas, les autorités togolaises, à commencer par Faure Gnassingbé lui-même, devraient être poursuivies pour haute trahison. Cela reviendrait à dire que Faure reconnaît avoir été induit en erreur. Il n’aura donc qu’à ordonner l’emprisonnement des corps habillés et ses services spéciaux qui ont éventré le coup, avant de se débarrasser de ses proches collaborateurs dont Kpatcha exigeait qu’il se sépare avant qu’ils ne fassent la paix, pour enfin céder le pouvoir à son frère cadet et regagner la prison à sa place.

Le plus ubuesque dans cette affaire c’est que certaines personnes qui depuis plusieurs années dénoncent la gestion clanique du pouvoir togolais sont aujourd’hui les premiers à souhaiter sinon à réclamer qu’une affaire comme celle-là soit réglée «claniquement.» C’est- à dire que l’affaire soit traitée entre les Gnassingbé comme si tout le Togo était suspendu au sort de cette famille. Si Faure acceptait de traiter cette affaire de la sorte, il confirmerait que le pouvoir qu’il incarne est familial et alors il devrait déguerpir avant 2010 pour aller s’occuper de sa famille et laisser les Togolais s’occuper de ce qui les regarde. Faure Gnassingbé n’est pas le seul président au monde à avoir des frères. A lui de choisir entre sa famille et le Togo.

Une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne peut et ne doit pas être traitée dans un vestibule quelque part à Pya. Faure est président ou il ne l’est pas. Quelle que soit l’immensité de sa richesse, Kpatcha est un citoyen X avant d’être le frère du président. La justice doit aller jusqu’au bout pour que les Togolais découvrent la vérité dans cette affaire. Kpatcha doit parler. Il  faut que ses présumés complices aussi parlent pour qu’on sache si cette affaire est fausse ou vraie.

Quand bien même Faure se ferait humilier en ordonnant la libération de son frère cadet sans jugement pour, on ne sait quelle raison, il ferait mieux de se suicider puisque quelqu’un qui  n’a aucune teinture d’humilité et qui, parce qu’il a amassé une fortune colossale dont il se sert pour narguer les Togolais qu’il considère comme des marchandises et qui se moque des conseils de chefs d’Etat ne peut s’assagir.

Ce qu’il faut lui souhaiter, ce n’est pas sa libération sans jugement mais un procès en bonne et due forme afin qu’il démontre son innocence.

L’un des arguments qu’on agite comme un épouvantail, c’est que le député de la Kozah aurait tout le nord du pays avec lui. Une grave insulte puisque cela revient à dire que ces «fameux nordistes» - encore faudrait-il situer où s’arrête le sud et où commence le nord du Togo - sont si «maboulisés» qu’ils considèrent leur sort suspendu à celui d’un troisième Gnassingbé qui les aurait achetés comme du bétail. Tout le monde sait que la présumée popularité de Kpatcha découle du fait qu’il distribue de l’argent sans compter. Si c’est donc avec l’argent qu’on amène ces «nordistes» à être réfractaires au moindre changement, alors les candidats de l’opposition qui n’auront pas  assez d’argent à jeter par la fenêtre comme le député de la Kozah  feraient mieux de ne pas s’y aventurer.

A supposer  que le député de la  Kozah soit incontournable dans le fameux «nord», le moment est arrivé pour lui de le démontrer en oeuvrant  contre son propre parti et contre lui-même. Ce faisant, il aura alors débarrassé le Togo de l’emprise du clan Gnassingbé et les Togolais lui en seront infiniment reconnaissants.

Abass Mikaila Saibou


Un quatrième Gnassingbé embarqué à Cotonou

On l'appelle communément "Esso". Il se prénomme réellement Essozimna comme Faure. C’est l'une des âmes damnées du député qui se déplace rarement sans lui. Ce gentil garçon est l’un des confidents de Kpatcha qui porte souvent un sac contenant des billets de banque à distribuer. On le donnait pour "porté disparu". Certains disaient même qu'il avait été tué dans la fusillade du 12 Avril. Esso fils d'un des frères d'Eyadema  qui avait réussi à s'enfuir pour se retrouver au Bénin voisin a été localisé.  Il y a quelques jours, il a été ramené de Cotonou à bord d’un avion à Lomé. Fait troublant, il est le seul collaborateur du député à avoir pris la fuite. Son audition permettrait à coup sûr d'avoir des révélations fort intéressantes sur cette affaire.

A. S.


One man show inquiétant de Mey Gnassingbé le 27 Avril

C'était le 27 avril dernier sur le Boulevard de la nouvelle présidence. Toutes les personnalités avaient été installées sur la tribune. A leur arrivée, le Premier Ministre et le Président de l'Assemblée ont été déviés  puisqu'il est interdit de passer devant la tribune. Les autres enfants Gnassingbé étaient obligés de rejoindre la tribune à pied. Mais à l'arrivée de Meyibinesso Gnassingbé, un spectacle s’est produit. A bord de son véhicule de commandement, et encadré par une dizaine de gardes qui couraient, il a été autorisé à circuler là où le PM et le PA ont été «refoulés». Le hic, c'est que lorsque Mey est monté sur la tribune, tous les ministres, anciens ministres et barons - toute honte bue - qui étaient là avant lui, ont cru devoir se lever pour le saluer comme un Chef d'Etat. Seul le président de la Cour Constitutionnelle Aboudou Assouma était resté assis. Ce traitement particulier réservé à un fils Gnassingbé fût-il chargé de mission à la présidence de la République donne à penser. Est-ce une manière de préparer cet autre Gnassingbé à accéder un jour au pouvoir ? 

A. S.


Curieux alibi des nostalgiques du passé

Il nous revient que le principal argument tribal qui sous-tend l’action engagée par les «dignes représentants» de feu Eyadema est que Faure Gnassingbé  oeuvrerait à remettre le pouvoir à ses oncles Ewé réduisant ainsi à néant tout le risque qu’aurait pris Gnassingbé père pour domestiquer le pouvoir pendant plus de quarante ans. En un mot les tenants de la gestion clanique du pouvoir d’Etat, se réclamant de Kpatcha Gnassingbé  semblent convaincus que le pouvoir devrait être monopolisé ad vitam æternam par les  Gnassingbé et le groupe ethnique auquel ils appartiennent. Dans cette optique, la décrispation politique et le dialogue en cours, l’élargissement des espaces de liberté sont considérés comme étant des manœuvres visant à déposséder le clan du pouvoir. Un tel discours n’est ni plus ni moins qu’un alibi visant à séduire un groupe ethnique donné. Surtout qu’on rapporte que les conspirateurs prévoyaient le transfert  de la capitale à Kara. Alors donc que des membres du clan accusent Faure de vouloir faire la part belle à ses oncles. Il n’y a pas si longtemps, plusieurs journaux de la place avaient relayé un article constatant que des personnalités appartenant à l’ethnie du chef de l’Etat ont monopolisé les sociétés d’Etat qualifiées de juteuses telles que la CNSS, la LONATO la douane les postes et télécommunication et  autres.

Dans son discours marquant le 18e anniversaire des acquis d’avril 1991, le CAR a rappelé que les racines du mal togolais résident dans l’inéquitable répartition des emplois, des marchés et autres avantages de l’Etat entre les citoyens des différentes préfectures et ethnies du Togo. Le Togo n’est la propriété privée de personne et tous les Togolais quelle que soit l’ethnie à laquelle ils appartiennent ont le droit de bénéficier des richesses du pays.

L. R.


Après 18 ans de lutte : Le CAR revendique les acquis du processus démocratique

            Le Comité d’Action pour le Renouveau a commémoré ce 30 Avril, les 18 ans de sa création et des acquis démocratiques que le Togo a réalisés depuis Avril 1991. A l’époque, c’était sous le couvert du Front  des Associations pour le Renouveau. Au CAR, on justifie cette commémoration par la nécessité de rafraîchir la mémoire aux Togolais pour éviter que les martyrs de cette période ne tombent dans l’oubli.

          Devant des militants et sympathisants jeudi à la Foire Togo 2000, le président du parti, Me Dodji Apévon revenant sur ce passé a estimé que 18 ans, c’est l’âge de la majorité politique, et c’est le moment ou jamais pour sa formation politique de traduire dans les faits les aspirations de la population notamment l’alternance au pouvoir. Très vite, il a établi un pont entre la méthode utilisée à l’époque par le FAR pour réaliser des avancées et celle actuellement prônée par le CAR. «Notre parti est héritier des idéaux et de la méthode du FAR qui a permis aux Togolais d’obtenir des acquis… dont nous continuons d’être les défenseurs d’avant-garde», a d’abord estimé Me Apévon qui poursuit : «Nous savons qu’au cours des différentes crises que notre pays a vécues, aucune initiative de sortie de crise n’a connu de début de réussite sans ralliement des uns et des autres aux objectifs et aux valeurs qui sous-tendent les prises de position du CAR».

          Cela dit, les responsables du CAR ont dépoussiéré le passé pour révéler à la jeune génération, les points marquants du début de la lutte en faveur de la démocratie. Ici, l’accent est particulièrement mis sur le soulèvement du 05 Octobre 1990 considéré comme le coup d’envoi du mouvement de démocratisation au Togo. Ce jour, le jugement de deux jeunes Logo Dossouvi et Doglo Agbelenko accusés comme certains d’autres d’acte de sédition devrait être rendu au Palais de Justice de Lomé où les jeunes ont afflué pour manifester leur ras-le-bol. Au CAR, on considère que «le soulèvement du 05 Octobre 1990 avait une large part de spontanéité quand bien même on se rappelle du long processus d’éveil des consciences qui l’a précédé sous l’égide de la Commission Nationale des Droits de l’Homme». Mais plus tard, les événement qui vont suivre ne seront selon le CAR plus marqués du sceau de spontanéité mais plutôt la conséquence logique d’un travail de fond mené par le FAR dirigé par Me Agboyibo, actuel Président d’honneur du CAR. «Les événements du 16 mars 1991 ont été en revanche l’aboutissement d’un travail méthodique. C’est ce travail préalable qui explique le succès de la manifestation et des négociations que le FAR a eues avec le pouvoir à partir du lundi 18 mars 1991», indique-t-on. Et de passer en revue la liste des avancées d’avril 1991 qui vont de la promulgation de la charte rétablissant le multipartisme à l’accord entre le pouvoir et l’opposition en vue des consultations électorales, en passant par l’accord sur la dissolution du parlement et du gouvernement alors en place, et leur remplacement par des organes législatifs et exécutifs transitoires à composition comprenant le pouvoir et l’opposition… ; la promulgation d’une loi d’amnistie pour faciliter le retour au pays des compatriotes contraints à l’exil.

          Actualité oblige, le CAR n’a pas voulu faire l’impasse sur ce qu’il convient d’appeler l’affaire Kpatcha, du nom du demi-frère du Président de la République Faure Gnassingbé inculpé pour tentative de coup d’Etat. «A propos de cette affaire, le CAR tient à réitérer, conformément à la position qu’il a exprimée dans sa déclaration du 16 Avril 2009, qu’il est impératif que toute la lumière soit faite dans le respect des garanties prescrites en la matière».

K. Ségniagbéto


Dialogue social : Trois ans après la signature de l’Accord tripartite : Seulement 28,34 % des engagements ont été honorés

          Il y a trois ans, le 11 mai 2006 a été lancé le dialogue social tripartite qui a abouti à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement, le patronat et les organisations des travailleurs. L’accord signé comporte sept parties essentielles à savoir :

              1) La philosophie et le cadre du dialogue qui retrace les principes, les obligations des parties, le cadre du dialogue social et le mécanisme de suivi, 2 engagements ont été pris,

              2) Les questions économiques avec 48 engagements pris et repartis sur 12 titres,

              3) Les droits des travailleurs et conditions de travail avec 16 engagements pris repartis en 8 titres,

              4) La rémunération comporte 6 titres et 9 engagements,

              5) La protection sociale s’articule autour de 6 titres et 19 engagements

              6) Les revendications sectorielles avec 8 titres et 33 engagements,

              7) Les dispositions finales comportant l’entrée en vigueur, la mise en œuvre, le suivi et la révision.

          Soit un total de 127 engagements ont été pris dont :

. 101 par le gouvernement

. 18 par le gouvernement et les partenaires sociaux

. 01 par les organisations des travailleurs

. 06 par d’autres partenaires sociaux à savoir (CNSS, CRT, l’Université et la Fédération des Parents d’Elèves)

. 01 par le Conseil National du Patronat.

          A quelques jours du 3e anniversaire de la signature de cet accord, seulement 36 engagements sur les 127 ont été tenus. Soit un taux de réussite de 28,34 %.

A l’analyse, le gouvernement qui vient en tête en terme du nombre d’engagement pris (101) n’a honoré que 25 soit un taux de réalisation de 25,25 %. Le gouvernement et les partenaires sociaux réussissent 33,66 % de taux de réalisation. Viennent ensuite les autres partenaires sociaux avec 50,50 % et 100 % pour les syndicats.

          Beaucoup d’efforts reste à faire surtout du côté du gouvernement pour traduire dans les faits, les engagements contractés. Car il ne suffit pas seulement de signer des accords mais aussi veiller à leur réalisation. Voici le tableau bilan des engagements pris et ceux qui ont été mis en œuvre durant 3 ans.


Célébration du 1er Mai au Togo : Les travailleurs posent 19 revendications

La fête du travail a été célébrée au Togo cette année dans une atmosphère de morosité. Après le défilé parti de la Bourse du Travail pour déboucher sur le Palais des Congrès où on a noté une unité d’action des centrales syndicales regroupées au sein de l’Intersyndicale des Travailleurs du Togo (ISTT), chaque société a organisé la fête a sa manière dans ses locaux de façon non dispendieuse comme on le constatait auparavant.

          Les raisons qui peuvent expliquer cette sobriété dans l’organisation de la fête est sans aucun doute la vie chère doublée de crise financière qui entraînent la dégradation du pouvoir d’achat du travailleur togolais.

          Sacrifiant à la tradition établie des cahiers de doléances, l’ISTT a appelé le gouvernement à prendre d’urgence les dispositions qui s’imposent pour mettre en œuvre des politiques volontaristes audacieuses, pour sauver la situation des travailleurs et des populations des effets dévastateurs d’une crise qui ne peut qu’accentuer leur dramatique dénuement.

          Les revendications de l’Intersyndicale regroupées en 19 points, qui pour la plupart sont une reconduction de celle de l’année dernière faute de satisfaction, s’articulent comme suit :

          1. La révision immédiate de la grille indiciaire.

          2. Le relèvement du SMIG et du SMAG, à partir de l’étude effective du «panier de la ménagère».

          3. Le paiement de leurs allocations familiales aux «Agents permanents»

          4. Le paiement des arriérés de salaires des travailleurs de l’ICAT, de l’ITRA et des enseignants auxiliaires concernés.

5.   L’arrêt immédiat des licenciements, qui engendrent dans les familles, des drames sans nom et condamnent des dizaines de milliers de citoyens togolais à la pire des précarités et à la déchéance ; le redéploiement des travailleurs déjà victimes de licenciements.

6.   La résolution diligente des problèmes liés à la fermeture des sociétés d’Etat en cessation d’activités et le paiement de leurs droits aux travailleurs, conformément à l’engagement n° 118 du Protocole d’Accord du Dialogue social : OPAT, Hôtel de la Paix, Hôtel 2 Février, Togopharma, Togotex, SNI etc.

7.   Le paiement des arriérés d’allocations de départ à la retraite aux ayants droit et la reprise générale du paiement des dites allocations, conformément aux dispositions des Etats généraux de l’Administration publique (EGAP).

8.   L’application effective aux travailleurs du secteur parapublic et aux travailleurs de l’Enseignement privé confessionnel catholique, des augmentations de salaire de 5 et 3% appliquées aux salaires dans le secteur public, respectivement en janvier 2007 et janvier 2008, et ce, en attendant les négociations collectives dans ces secteurs.

9.   L’accélération du processus de décision relative à la prise en charge systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux publics.

10. L’accélération du processus de règlement des problèmes de la Caisse de retraites complémentaires des cadres (CRCC).

11. Le relèvement des pensions de retraite de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

12. Le renforcement du contrôle effectif des prix et la baisse significative du prix des produits de 1ère nécessité comme mesures participant d’une politique de lutte contre la vie chère.

13. Le démarrage effectif des travaux de la commission mixte de réflexion sur la vie chère, présidée par son Excellence M. le premier ministre, dont un document émanant de la Primature et daté du 22 mai 2008, affirme qu’elle a été mise « en place le 05 mai 2008 ».

14. Le rétablissement en la forme du système de couverture santé des agents de l’Etat et l’annulation de la Note d’information du directeur du CHU-Tokoin, en date du 23 octobre 2008, exigeant le paiement immédiat de 50% du montant des frais hospitaliers.

15. La révision à la baisse du taux de dédouanement des véhicules privés.

16. L’élargissement aux locaux des centrales syndicales de travailleurs des lieux de tenue de l’évaluation formative des apprentis, en vue de la délivrance d’un quitus.

17. La résolution définitive du problème récurrent des délestages dans la fourniture de l’énergie électrique, alors que les factures de nombreux ménages sont en constante augmentation.

18. L’extension du réseau d’adduction d’eau, en vue de faire face à la poussée démographique et à l’insuffisance de la fourniture d’eau dans les quartiers de Lomé et de ses environs.

19. La prise de mesures appropriées pour faire cesser la concurrence déloyale, pratiquée couramment par des commerçants libanais, indopakistanais et autres, pratique qui expose les commerçants nationaux à la ruine et participe à la dépression de l’économie du pays.»

 

          Même si l’Intersyndicale reconnaît les efforts que déploie le gouvernement pour tenter d’améliorer le quotidien des Togolais, elle juge cependant les résultats mitigés et trop étirés dans le temps.

          Il reste beaucoup à faire, notent les travailleurs surtout dans le cadre du respect des engagements issus du dialogue social tenu il y a de cela trois ans. Car sur 127 engagements pris par le gouvernement et les partenaires sociaux, seulement 36 ont été respectés, soit un taux de réalisation de 28,34 %.

Albert Agbeko


Ça vous regarde
A qui le tour ?

          Décidément, il ne fait plus bon vivre au pays des animaux. Aujourd’hui, leurs malheurs ne viennent plus seulement du fait de  l’homme qui aime plus les voir sur sa table, bien traités et assaisonnés, que dans leur milieu naturel. Des épidémies surgissent, on ne sait d’où et les déciment.

          Il y a quelque temps, on a parlé de la grippe aviaire qui a été à l’origine de l’abattage et de l’incinération d’un grand nombre de volailles.

          On a ensuite parlé de la peste bovine apparue dans la région septentrionale de notre pays et qui aurait été très rapidement circonscrite.

          Quelques mois plus tard, ce fut au tour des porcins de connaître l’hécatombe. Une épidémie de peste porcine a été signalée. Comme ce fut le cas pour les autres maladies animales, outre les bêtes tuées par le mal, on a eu recours à l’abattage systématique des cochons notamment à Danyi et ailleurs.

          Avant ces récentes épidémies, on se souvient qu’il y avait eu l’époque où consommer de la viande importée d’Europe était devenu dangereux à cause de la maladie de la vache folle.

          Aujourd’hui, c’est la grippe porcine qui fait rage.

          Serait-on à la fin du monde au pays des animaux ? Si on n’y est pas, on ne doit pas en être top loin. En tout cas, au train où vont les choses, on peut se demander à qui le tour ? Ce n’est pas nous qui serons surpris si demain, on nous parle d’une épidémie au pays des poissons, des crabes ou des crevettes.

Arguments végétaristes !

          Au regard de ce qui se passe aujourd’hui avec l’apparition de toutes sortes d’épidémies dans le règne animal, il devient de plus en plus certain que consommer de la viande n’est pas sans conséquence fâcheuse pour l’homme. En tout cas, l’on ne peut plus, comme par le passé, consommer de la viande sans au préalable prendre des précautions. La peur de contracter une maladie après un plaisir de table pourrait même décourager les amateurs de viande.

          A quelque chose, malheur est bon, dit-on. Ce qui se passe aujourd’hui, ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des végétariens qui ont choisi depuis toujours et par principe, de ne pas consommer des produits carnés et leurs dérivés.

Dans la galère !

          Vendredi dernier, a été célébrée au Togo comme dans plusieurs pays du monde la «Fête du Travail». Si cette célébration a connu beaucoup de faste ailleurs, au Togo, elle a été à l’image de la situation que vit le monde du travail. Ce n’est pas la présence de Faure aux manifestations qui le démentira. On a entendu beaucoup de discours. Un cahier de doléances a été remis aux autorités. Et puis, comme pour oublier le temps de quelques minutes leur galère, les syndicats ont organisé des réjouissances.

          C’est le train-train de tous les ans. Chaque fois, au 1er Mai, on assiste au défilé des travailleurs, on écoute des discours, on organise des réjouissances après avoir remis un cahier de doléances. La question se pose de savoir le sort qui est réservé à ce fameux cahier. La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, chaque année, il y a des mêmes doléances qui reviennent, preuve qu’aucune solution ne leur a été trouvée les années précédentes. On se retrouve ainsi dans le cercle vicieux de la galère. Jusqu’à quand ?

Dialogue social, où es-tu ?

          Il y a quelques années, un dialogue social a été initié au Togo. Ce dialogue a abouti à la signature d’un accord tripartite (Gouvernement, employeurs, syndicats). A l’époque, un impressionnant tapage médiatique avait entouré la chose. On laissait entendre à qui le voulait, que le Togo était le premier pays à organiser une telle assise, etc. On déclarait aussi volontiers qu’avec cet accord tripartite, le monde du travail allait connaître une amélioration et que dans ce domaine, plus rien ne sera comme avant au Togo. Comme pour joindre l’acte à la parole, un Conseil National du Dialogue Social a été mis en place.

          Mais à quoi a-t-on assisté finalement ? Aujourd’hui, tout ce qui a été promis semble tomber dans l’oubli. Le Conseil National du Dialogue Social  est mis en veilleuse et très peu de promesses ont été réalisées. Il a fallu que vienne le 1er Mai pour qu’on se souvienne du dialogue social. La galère des travailleurs a encore de beaux jours devant.

L’inversion des rôles

          Il n’y a pas longtemps, la fête du 27 Avril était banalisée au Togo. Le pouvoir en place à l’époque, s’était engagé dans une logique de réécriture de l’histoire de notre pays, ce qui le poussait à privilégier le 13 janvier au détriment du 27 Avril.

          En ces temps-là, les partis politiques de l’opposition, l’UFC en tête, s’organisaient pour célébrer avec faste, le 27 Avril. Mais depuis quelque temps, la donne a changé. Les hommes aux affaires ont entrepris de réhabiliter le 27 Avril. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette fête, plusieurs manifestations sont organisées. Des manifestations éclatantes qui doivent faire retourner Eyadema sept fois dans sa tombe.

          Seulement voilà. Malgré le changement observé, l’UFC ne semble pas vouloir s’associer à la célébration selon le programme du gouvernement. C’est ainsi que, alors que les pouvoirs publics avec les grands moyens de l’Etat célèbrent avec faste et éclat le 27 Avril, le parti des héritiers des «pères de l’Ablodé» commémore l’événement à sa manière et avec ses moyens limités.

          Aujourd’hui, lorsqu’on compare la célébration du 27 Avril par les pouvoirs publics avec celle de l’UFC, on se demande s’il n’y a pas inversion des rôles. Qui banalise le 27 Avril à la fin ?

Comme en 2005

          De toute l’histoire du Togo après la Conférence Nationale Souveraine, le 27 Avril 2005 aura été le plus mouvementé à Lomé. Cette année-là, pour dire vrai, il n’y avait pas eu de célébration de la fête de l’indépendance. Les résultats contestés de l’élection présidentielle du 24 Avril, avaient été proclamés la veille dans la matinée et le Togo était sur des charbons ardents. Le 27 Avril 2005, au lieu de coups de salves tirés pour saluer un important événement, c’était des coups de feu et des tirs de mitraillettes qui crépitaient un peu partout. On peut dire sans craindre d’être démenti que ce 27 Avril a été des plus chauds au Togo.

          Au lendemain de ces événements malheureux, nombreux étaient ceux qui avaient souhaité qu’il ne soit plus jamais donné aux Togolais de connaître des situations pareilles. Que plus jamais, la moindre détonation ne survienne un 27 Avril si ce n’est des coups de salves pour marquer la joie des populations.

          Malheureusement, ce n’est pas le cas puisque le 27 Avril dernier, on a assisté à des scènes lamentables. Certes, il n’y a pas eu de coups de feu, ni de morts ni de blessés. Mais on a une fois encore vécu des scènes d’affrontement entre des Togolais qui voulaient fêter à leur manière et les forces de l’ordre qui les en empêchaient. Des grenades lacrymogènes ont été lancées et leurs explosions ont rappelé au souvenir de plus d’un, les tristes époques de 2005.

La peur au ventre

          Les enquêtes se poursuivent dans l’affaire Kpatcha. Selon des informations reçues de sources crédibles, les hommes en charge du dossier ne dorment pas. Il semble qu’on procède à des arrestations à tours de bras. Certaines personnes, après avoir été entendues sont remises en liberté.

          Mais, d’une façon générale, dans l’entourage du député présumé cerveau du complot, l’heure est à la peur. On ne sait pas qui sera la prochaine personne à être arrêtée. Des gens qui, hier, se bombaient le torse et se réclamaient amis de Kpatcha rasent désormais les murs et se taisent. Pour tout dire, ils ne veulent plus s’afficher.

          C’est peut-être propre à la nature humaine. Même Jésus, selon les Saintes Ecritures a été renié par Pierre trois fois le soir même où le Maître avait été arrêté.

          Jusqu’où ira donc cette affaire ?

Liberté ou pas liberté ?

          A l’occasion de la célébration du 27 Avril, RFI a déposé son baluchon à Lomé pour quelques jours. Des émissions de grande écoute ont été enregistrées à Lomé et diffusées sur la «Radio Mondiale». Au menu, «Appel sur l’actualité» de Juan Gomez, «Médias d’Afrique» d’Alain Foka et «Couleurs Tropicales» de Claudie Siar.

          Mais ce qui aura le plus polarisé le débat était la question de la liberté de la presse au Togo. Si pour certains journalistes, cette liberté n’existe que dans les textes, pour les autorités publiques, notamment le Ministre de la Communication et le Président de la HAAC, cette liberté existe bel et bien.

          Mais entre nous soit dit. A-t-on vraiment besoin d’un débat pour savoir la vérité sur cette question ? Ce qui a été le plus étonnant, c’est que la passion avait tellement dominé les débats qu’à un moment, on avait cru qu’un Ministre allait en venir aux mains avec un interlocuteur qui n’était pas du même avis que lui.

          Les journalistes de RFI qui ont déjà fait l’expérience de ces émissions ailleurs, sont certainement repartis avec beaucoup de souvenirs du Togo. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne feront aucun effort pour trouver eux-mêmes les réponses à leurs questions.

          Liberté, oui ! Mais quelle liberté ?

Diversion !

          Au lendemain de l’attaque contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé et l’arrestation de l’homme au moment où il cherchait en vain à se réfugier dans l’enceinte de l’Ambassade d’Amérique au Togo, certains avaient émis la crainte que l’affaire de tentative de complot contre la sûreté de l’Etat ne vienne occulter le débat politique dans notre pays.

          Doit-on dire aujourd’hui que les faits leur donnent raison ? Toujours est-il qu’on constate que depuis, le dialogue au sein de la classe politique a connu un coup d’arrêt. Toute l’attention est focalisée par cette affaire. Le CPDC semble avoir vécu. Bien sûr, du côté du pouvoir, on dit qu’il n’en est rien. Mais le fait est que cette structure ne se réunit plus, alors que des problèmes restent à régler.

          La vérité, c’est qu’il y a des échéances en vue qu’on ne saurait évoquer l’affaire Kpatcha pour différer. Au même moment, les réformes institutionnelles et constitutionnelles attendues pour garantir des élections crédibles avec des résultats acceptables par tous ne sont pas opérées.

          Au sein de l’opinion, on s’inquiète et on parle de diversion.

Le Regard 643 du mard 28 avril 2009
A quand la contre-offensive des éléments de Kpatcha sur Lomé ?

Au début on  disait que si quelqu’un ose toucher à un seul cheveu du  «Gros» ça va chauffer. Mais quand on l’a pris comme un poulet, personne n’a levé son petit doigt .Du temps où Kpatcha était Kpatcha, les éléments de l’armée qui, après avoir mangé du tchitchinga  arrosé de 5 grosses bouteilles d’Awooyo,  juraient  par les «Tchotcho» (Prêtres traditionnels en pays kabyè) qu’on marcherait sur leur cadavre avant d’atteindre Kpatcha, se grattent la tête en rasant  les murs. Au lendemain de la fusillade qui a eu lieu chez lui, ses fanatiques avaient fait courir le bruit selon lequel la majorité des militaires qu’il contrôlerait s’apprêteraient à relever le défi. Après, ce n’était plus la majorité mais les para commando du camp Général Améyi qui allaient faire descendre l’enfer sur Lomé. On  attend toujours ces vaillants commandos prêts à réduire Lomé en cendre pour faire libérer le «Gros». Et le temps passe.

Pour se consoler d’autres ont annoncé que tout le nord qu’il aurait dans sa poche allait être en ébullition. Deux jours plus tard, ce n’était plus le nord mais plutôt la Kozah qui allait faire une spectaculaire démonstration de force. Trois jours après ce n’est plus la Kozah mais la ville de Kara. Et on attend toujours et le temps passe.

          La dernière nouvelle  c’est l’imminence de l’éclatement  du groupe parlementaire RPT où députés pro Kpatcha se rallieraient au groupe UFC pour opérer les réformes constitutionnelles favorables au parti de Gilchrist Olympio dans l’espoir que celui-ci enverrait l’ascenseur à Kpatcha quand il gagnera les élections. On attend  et le temps passe.

Le pays est comme ça et nous sommes dedans comme dira l’autre. Ce qui vient de se passer montre comment certains togolais aiment  se mentir à eux- mêmes  et à s’en contenter.

Quand Kpatcha leur distribuait de l’argent, ils le prenaient pour un dieu. Aujourd’hui qu’il est entre quatre murs, rares sont ceux qui se plaignent de son sort. Le cas Kpatcha rappelle celui du Colonel Djoua Yoma Narcisse alias DJYN. Ce redoutable officier chef de la FIR était devenu très populaire, admiré dans les milieux proches du pouvoir et avait des éléments totalement acquis à sa cause et qui étaient donc prêts à mourir pour lui. Il avait fait voir de toutes les couleurs au premier ministre Koffigoh et  contraint les opposants à se terrer comme des rats d’égout pendant la transition. Il était le seul à pouvoir entrer dans la chambre à coucher du Général Eyadèma avec l’arme et donc pouvait faire de lui ce qu’il voulait. Mais quand il a été attrapé comme un oiseau aucun togolais y compris ceux qui avaient bénéficié de ses actions ne s’est soucié de son sort. Il a été même oublié et est mort dans l’anonymat après sa libération.

Lorsque le Commandant BOKO avait eu le courage de poser son acte et quitté le pays, on avait dit que ses éléments qui lui sont fidèles allaient riposter mais personne n’a réagi.  Agbéyomé Péré et Natchaba  ayant été  mis à l’écart on avait aussi prédit que le RPT allait éclater à cause de la défection des trois membres de l’ex parti - Etat qui auraient derrière eux  des milliers de militants. Au contraire le RPT s’en est sorti avec 50 députés. Mais avec l’arrestation de Kpatcha, on attend de voir s’il en sera autrement.
A.S.
 


Comment distinguer le vrai  coup d’Etat du faux

A l’évidence on considérerait comme un fou celui là qui après avoir raté sa cible commencerait à revendiquer la paternité du coup manqué. Quand on réussit on est héros. Quand on échoue on est traître ou assaillant. Il serait curieux que l’instigateur du coup reconnaisse les faits qui lui sont reprochés. Quand bien même il le reconnaîtrait, on trouverait toujours à redire.

Et souvent, pour les partisans du meneur c’est toujours un montage et pour celui qui a la situation en main  c’est du  vrai. Mais il n’y a pas de remède miracle pour savoir si une tentative de  complot qui a échoué est vraie ou fausse. Mais tout chef d’Etat qui négligerait les rapports de ses services spéciaux sur l’imminence d’une déstabilisation de son régime court à sa perte. Pour savoir s’il y a coup d’Etat ou pas il faut d’abord que le coup réussisse. Et s’il réussit il y a deux conséquences. Soit l’ancien président est zigouillé avant de savoir que ce n’était pas une bonne blague, soit il s’en rendra compte  quand ce serait trop  tard pour lui. Les textes légaux, la constitution ne lui seront d’aucun secours puisque le nouvel homme fort qui arrive  va dissoudre toutes les institutions et mettre en place de nouvelles. Sylvanus Olympio avant janvier 1963 eu à déjouer  des coups d’Etat. (Voir dossier) A l’époque les conspirateurs avaient  clamé leur innocence et crié au montage visant à se débarrasser des adversaires gênants .Jusqu’au 12 janvier le père de l’indépendance  avait les moyens de savoir qu’il allait lui arriver et son ministre de l’intérieur  le lui avait dit comme par le passé. Pour n’avoir pas cru i il en est mort avant de savoir que le coup était vrai. Nul doute que s’il avait déjoué le coup Eyadèma  Bodjolé Chango et compagnie auraient été mis en prison ou exécutés. Mais leurs sympathisants n’hésiteraient pas à crier au montage, à accuser Sylvanus puisque – c’est la raison avancée contre lui – qu’il n’aime pas «les gens du nord». Il est donc compréhensible que les partisans de Kpatcha Gnassingbé crient au montage dès lors qu’ils mesurent l’intérêt qu’ils auront à le voir à la place de Faure. A l’inverse les collaborateurs de Faure n’ont aucune raison de nier qu’il y a coup parce qu’ils s’imaginent au mieux en prison ou en exil et au pire morts puisqu’on parle d’une liste noire sur laquelle beaucoup se trouveraient. La seule façon  pour Faure de montrer qu’il y a tentative de coup d’Etat ou pas c’était de se comporter comme Sylvanus Olympio  dans la nuit du 12 au 13 janvier.

A.S.


Que faut-il pour réussir un coup d’Etat ?

Les événements du 12 au 13 avril 2009 ont révélé beaucoup de choses. Tout le monde est devenu  subitement polémologue spécialiste de coup d’Etat au  point même de ravir la vedette aux officiers nantis de diplômes d’Ecoles de guerre. Ces spécialistes sont formels. Les  armes montrées sont vielles et insuffisantes pour faire un coup d’Etat.

Mais pour les profanes ce n’est pas par hasard que les coups s’opèrent au petit matin. A ce moment on ne sait pas qui fait quoi ni qui est qui. Il suffit d’avoir des complices au niveau de l’aéroport et  la radio. La nuit tous les chats étant gris, tôt le matin les habitants se réveillent en écoutant le message annonçant que le nouvel homme fort a la situation en main, que les institutions sont  dissoutes et que le couvre-feu est décrété.

Pour les profanes donc, on n’a pas besoin d’associer les chefs de garnison au risque de tout gâter.  A la rigueur peut-on compter sur leur complicité passive.  L’essentiel c’est de maîtriser, de neutraliser ou  en tout cas de mettre hors d’état de nuire, les chefs de corps susceptibles d’organiser la contre-offensive. Les militaires se penchent toujours du côté où se trouve l’imperium. Quand ça change ils changent. Les demi-soldes qui sont allés à l’assaut du domicile du président Sylvanus Olympio dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963   n’avaient que des fusils de chasse.

Dans la nuit du 25 Mars 1993, il a fallu tout simplement une roquette, une vielle Toyota  bâchée peinturée pour la circonstance, immatriculée FAT et  surtout le mot de passe du jour qui a permis à «Tabriz» d’entrer  au camp RIT et de tirer sur la chambre à coucher du Général Eyadèma.  A l’époque puisque le coup n’avait pas réussi, on avait dit et écrit que c’était un montage organisé par la cible elle-même pour se débarrasser de ses collaborateurs Ameyi Akpo  Tépé devenus gênants pour son pouvoir. Avec le temps lorsque les artisans de ce coup  expliquent comment ils avaient procédé, on comprend qu’un coup d’Etat, c’est moins la quantité des armes que la stratégie mise en oeuvre.


Célébration parallèle du 27 Avril : Les militants  de l’UFC dispersés à coup de grenades lacrymogènes

          Tout est parti d'une marche que l'Union des Forces de Changement a voulu organiser à partir de l'Eglise Méthodiste où le parti venait de prendre part à la messe entrant dans le cadre de la célébration du 27 Avril 2009.

          C'est vers neuf heures quand la messe tirait à sa fin que des corps habillés ont commencé à encercler les lieux. A la sortie de la messe, les militants, tout de jaune (couleur de l'UFC) vêtus, qui s'organisaient pour prendre le boulevard du 13 janvier en direction de Déckon pour finalement arriver à la Plage, ont essuyé des jets de gaz lacrymogènes. Ce fut la débandade dans l'enceinte de l'Eglise. Certains ont même déploré avoir été pourchassé jusqu'à l'intérieur de la chapelle. Heureusement, cette situation n'a pas perduré et on n'a pas non plus enregistré de victime. «Ils ne nous ont même pas laissé sortir de l'Eglise avant de commencer à lancer les grenades lacrymogènes. On a juste inhalé des gaz ; ça a fait mal aux yeux mais il n'y a pas eu de blessés à proprement parler», confirmera plus tard Jean-Pierre Fabre, le Secrétaire Général du parti.

          Ce qui est sûr est que le pouvoir a réussi son pari, celui d'avoir empêché la marche que l'UFC voulait organiser. Le Président National de l'UFC Gilchrist Olympio a été habilement soustrait des manifestations violentes. Les militants se sont retrouvés tant bien que mal à la plage où deux déclarations ont été respectivement lues par Jean-Pierre Fabre et Gilchrist Olympio.  Pendant ce temps d'autres togolais réunis autour de Faure Gnassingbé ainsi que le corps diplomatique accrédité au Togo suivaient le défilé civil et militaire sur le boulevard de la nouvelle présidence. Les Togolais ont encore vécu hier une célébration à deux vitesses de l'accession de leur pays à l'indépendance. «Au regard de cette situation, jusqu'à quand ce dualisme va-t-il perdurer», se demandait hier un observateur de la vie politique togolaise. Les autorités étaient visiblement prêtes à en découdre avec cette habitude qu'a prise l'UFC depuis un certain temps de les défier. Il avait été pourtant signifié à l’UFC qu’elle peut faire la fête à la plage mais sans manifester dans la rue. 

          A en croire les tenants du pouvoir en place, Eyadéma avait effacé la fête du 27 avril sous prétexte que c'est à cette date que le CUT fut créé. Pour les tenants du pouvoir, en se comportant ainsi l'UFC apporte de l'eau au moulin de ceux qui pensent que le 27 avril ne concerne pas tous les Togolais, qu’il est un héritage de la famille Olympio. Cette récupération partisane du patrimoine commun est déplorée par les autorités togolaises. Quoiqu'il en soit cette double célébration montre que beaucoup reste à faire pour parvenir à la réconciliation entre tous les Togolais.

K. Ségniagbéto


Réaction de Jean-Pierre Fabre

            Suite à l’interdiction de la marche qui devrait conduire les militants de l’UFC du Temple Méthodiste Salem à la Plage où le parti devait organiser un rassemblement et aux grenades lacrymogènes lancées par les forces de sécurité, Le Regard a tendu son micro à M. Jean-Pierre Fabre, Secrétaire Général du parti et Président du Groupe parlementaire UFC à l’Assemblée Nationale qui s’est prêté à nos questions.

Que s’est-il véritablement passé ce matin à la sortie de l’Eglise amenant les forces de l’ordre lancer des gaz contre les militants et sympathisants de l’UFC ?

            C’est une volonté délibérée de ne pas appliquer les textes de la République. Car aucune disposition légale n’autorise le Ministre de la Sécurité à empêcher une marche du lieu du culte au lieu du meeting.

          Est-ce à dire que l’UFC n’a pas suivi les procédures légales d’organisation de la marche ?

            L’UFC a adressé deux demandes au Ministre de la Sécurité  et au Ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale, une lettre l’informant et lui communiquant le programme conformément à la loi. Donc, on ne peut pas dire que nous avons failli mais ils ont pris des dispositions contraires à la loi ; c’est tout. C’est parce que, je crois qu’ils sont fébriles, compte tenu de la situation ils ne savent plus à quel saint se vouer et où se donner la tête.

          Ne peut-on pas dire que c’est l’UFC qui n’a pas respecté la loi surtout qu’on vous aurait interdit de marcher et que vous avez voulu faire le forcing ?

            Non ! Ils n’ont pas de droit. Aucun texte ne les autorise à prendre une mesure d’interdiction. Nous les avons informés et la manifestation est placée sous le régime de l’information. Donc on les a informés pour qu’ils prennent les dispositions pour assurer la sécurité de la manifestation. C’est ce que nous avons fait.

          Y a-t-il eu des blessés ?

          Non ! Mais c’est qu’ils ne nous ont même pas laissé sortir de l’Eglise avant de commencer à lancer les grenades lacrymogènes. Mais on a juste inhalé des gaz lacrymogènes, ça a fait mal aux yeux mais il n’y a pas eu de blessés à proprement parler.

Propos recueillis par K. Ségniagbéto


Le CAR se démarque de l'UFC

Le RPT a été fondé par Eyadema. Kpatcha qui est le fils d'Eyadema est arrêté .Le RPT est sans pitié pour lui comme il l'a été pour Péré et Agbéyomé. C'est plutôt  l'UFC parti du fils d'un autre ancien président et farouche adversaire du RPT qui proteste contre la manière dont  le député RPT est traité. Logique d'utilisation d'un élément du système contre le système ? Le CAR quant à lui  se refuse à entrer dans ce débat fort embarrassant sans doute parce que son président d'honneur  que Kpatcha déteste a eu à assister à un épisode de ce long feuilleton. En 2007 peu avant les élections, le premier ministre Agboyibo avait été précipitamment convoqué par le président gabonais qui avait été informé que Kpatcha Gnassingbé allait profiter d'une manifestation qu'organisait l'UFC contre la vie chère, manif par laquelle Agbéyomé agissant pour le compte de Kpatcha avait fait imprimer des tracts pour créer une situation de nature à déstabiliser le régime. De plus, Kpatcha est l'un des durs du régime qui s'opposaient aux réformes que Me Agboyibo suggérait à Faure. Tout ceci peut expliquer la prudence observée par  le CAR depuis le début de cette affaire.

Koffi Yamgnane, protégé du Général Gnofame ?

Le candidat  à la prochaine présidentielle Kofi Yamgnane était au Togo depuis samedi 18 avril 2009 flanqué de deux gendarmes qui le  sécurisent. Le Général Gnofame  qui l'avait hébergé à son domicile à Bassar  apparaît comme son protecteur. Le Franco-togolais, futur candidat à la présidentielle  qui avait déclaré sur RFI qu'il ne croit pas à la thèse du coup d'Etat a été plusieurs  fois aperçu au  domicile du Général  au Quartier Djidjolé, lequel Général fut l'un des premiers à avoir rendu visite à Kpatcha à son domicile à la suite de la fusillade. Récemment, un journal français "La Lettre du Continent" rapportait que Yamgnane est soutenu par des officiers Bassar. Son autre frère  président de l'assemblée nationale Abass Bonfoh le considère comme un plaisantin.

Le paradoxe Faure

Depuis l'arrestation de Kpatcha, certains Togolais qui justifient la «clanisation» du pouvoir d'Etat  estiment que Faure  n'est pas kabyè pur sang   parce qu'un vrai Kabyè ne fait pas arrêter son frère. On va même jusqu'à dire que c'est le mélange «Ahouna»  (terme désignant indistinctement Ewé et Guin) qui a agi en lui et que c'est «sa maman qui le monte». Curieusement, c'est l'UFC, le parti des «ahouna» qui se décarcasse pour  Kpatcha  Kabyè de père et de mère, «digne représentant de son père» contre Faure dont la maman est «ahouna». Parmi ceux qui clament l'innocence de Kpatcha et qui organisent une campagne de presse auprès de la diaspora à son profit, se trouvent en majorité des «Ahouna» qui, il y a à peine quelques semaines, criaient que les Kabyè étaient majoritaires autour de Faure. C'est à ne rien comprendre !

Rock était là

          Beaucoup s’attendaient à voir Rock Gnassingbé bouder le défilé en signe de solidarité à l’égard du Gros. Et pour cause, Rock Gnassingbé serait aux dires de Kpatcha, celui qui lui aurait sauvé la vie dans la nuit du 12 au 13 avril 2009. Du coup, on avait considéré qu’il est son allié. C’est sans doute pourquoi sa présence au défilé a surpris plus d’un. Depuis le début de la crise, il ne s’est pas manifesté.

 

Le Colonel Kadanga a dribblé la presse

          Plusieurs Togolais avaient fait le déplacement de la place des fêtes sans doute pour voir l’homme dont on parle. Les chasseurs d’images attendaient le Colonel Kadanga de caméra ferme. Tout le monde attendait de voir à quoi ressemble celui là qui a eu la témérité d’aller démystifier le «digne représentant du père de la Nation» à son domicile. Mais au passage de la FIR, quelle n’a été la désagréable surprise de constater que le Colonel Kadanga n’était pas au rendez-vous.

Au moins quatre personnes interpellées remises  en liberté

Dans le cadre des enquêtes en cours, plusieurs personnes soupçonnées avaient été interpellées. Aux dernières nouvelles, trois proches de l’Adjudant Seydou interpellés à Tchamba  et l’ancienne secrétaire de la présidence ont regagné leur domicile après avoir été entendus. Il est difficile à l’heure qu’il est, de dénombrer les suspects retenus pour besoin de l’enquête car il est possible que pendant que certains sont mis en liberté d’autres encore soient interpellés.

 

Sommes-nous xénophobes ? Les Togolais vus par les communautés étrangères résidant à Lomé

          «Togo, terre d’accueil» proclamaient il y a quelques années, des affiches publicitaires de l’Office National du Tourisme. En effet, le pays est une oasis de paix pour les communautés étrangères. Contrairement à d’autres pays de la sous-région, au Togo, plusieurs nationalités cohabitent en parfaite harmonie avec les autochtones. Mais que pensent ces communautés étrangères de l’accueil de leurs hôtes.

          Pour Mariam, une nigérienne qui vit au Togo depuis sept ans, les Togolais «sont accueillants, sympathiques mais un peu xénophobes. Dans certaines situations, ils préfèrent être entre eux et s’aiment entre eux».

          «Quand je suis rentré pour la première en vacances à Libreville, j’ai dit à mes parents que les Togolais sont un peuple hospitalier», affirme Walter, un étudiant gabonais. Pour son compatriote Georges, les Togolais aiment trop parler mal des gens et des affaires qui ne les concernent pas. «C’est ce que je déteste chez eux mais malgré tout, ils sont accueillants».

          Mlle Rodriguez, une espagnole trouve les Togolais amusants mais parfois, dit-elle, «ils vous empêchent de travailler car ils passent leur temps à discuter avec vous».

          Parlant de son intégration au sein de la population togolaise, Mariam affirme que l’accent a été un handicap. «Quand les Togolais parlent entre eux, ils acceptent leur accent mais quand c’est un étranger, il disent, tu parles comme ci, tu prononces comme ça. Ce n’est pas du tout plaisant. Mais au même moment qu’on vous reproche votre accent, d’autres togolais essayent d’imiter votre prononciation».

          Pour Jean, un coopérant français, son intégration a réussi. Pour preuve, dit-il, «je ne vis pas à la Résidence du Bénin ni à la Cité OUA mais à Agoè, une banlieue de Lomé. Je parle Mina et dans le quartier, tout le monde me connaît. Je n’ai jamais subi de la discrimination du fait de ma nationalité», poursuit-il, au contraire parce que je suis «Yovo», je suis servi bien avant les Togolais». Même si Jean apprécie la chaleur de l’accueil des Togolais, il leur reproche de trop respecter la hiérarchie.

          Walter confie qu’au début, il est difficile de communiquer avec le Togolais car, avoue-t-il, ce dernier «ne peut tenir une conversation de plus de 30 minutes sans recourir au vernaculaire». Concernant la cuisine togolaise, il déclare qu’au départ, il a conservé les habitudes alimentaires du Gabon mais finalement il a constaté que s’il voulait continuer sur cette lancée, il ne pouvait pas tenir et maintenant aucun plat togolais n’a plus de secret pour lui. «J’adore surtout le fufu, la pâte avec la sauce d’adémè que moi-même je prépare ou les amis me préparent», dit-il.

          La culture togolaise notamment la musique et le sport ne laissent pas indifférents nos hôtes qui trouvent que le Togo regorge de talents dans ces domaines et qu’il faut tout simplement mettre les moyens à leur disposition pour pouvoir faire d’autres stars de la trempe de Adébayor, Boukpeti. Les vedettes de la chanson togolaise comme King Mensah, Jimi Hope, Afia Mala et les artistes montant du hip hop sont les plus écoutés dans les familles de ces communautés. Aussi, apprécient-ils, que ces artistes puisent dans la tradition togolaise leur source d’inspiration.

          Sur la situation politique togolaise, les personnes rencontrées n’ont pas voulu s’exprimer mais les rares personnes qui ont bien voulu briser le silence, c’est tout simplement pour souhaiter que l’élection présidentielle qui se profile à l’horizon se déroule dans un climat de paix et de sécurité car, disent-ils, si les choses tournent au vinaigre, les premières personnes à payer les pots cassés, ce sont les étrangers.

Albert AGBEKO


Ça vous regarde

Claude, où es-tu ?

          Depuis quelque temps, on ne l’entend plus. Le tonitruant patron du Parti des Travailleurs semble avoir perdu sa langue. Démission ou repli stratégique ? Toujours est-il qu’il s’est passé dans notre pays ces derniers temps, des événements qui auraient pu susciter des interventions pimentées de Claude Ameganvi.

          Selon certains observateurs, Claude recule pour mieux sauter. Pour d’autres, il attend de cerner tous les contours de ce qui se passe avant de parler.

          Mais notre constat ne s’arrête pas à l’affaire Kpatcha qui a sorti plusieurs partis politiques de leur mutisme ou de leur début de retraite. On se rappelle que l’année dernière, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Claude Ameganvi était sur tous les fronts. Il était invité sur les antennes de radios et télévisions où il racontait avec sa verve habituelle l’histoire de cette indépendance. Il avait rédigé et fait publier dans des journaux, la biographie et le parcours des nationalistes, artisans de l’indépendance. Il avait animé des conférences, etc.

          Il est pour le moins surprenant qu’un tel homme choisisse de se taire à l’occasion du 49e anniversaire de  notre indépendance. Où se cache donc Claude ? En tout cas, ce n’est pas nous qui serons surpris si un de ces quatre matins, l’homme opère un come-back fulgurant.

L’histoire se répète

          Il y a quelques jours, afin de mettre les populations au parfum des résultats de l’enquête concernant l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat dans laquelle est présumé impliqué Kpatcha Gnassingbé, le Procureur de la République a fait présenter à la presse, le corps du délit saisi à la faveur d’une perquisition opérée au domicile de l’ancien Ministre de la Défense et des Anciens Combattants.

          La télévision nationale a alors montré les images de jeeps militaires, d’armes à feu de divers calibres, de matériel de transmission, d’équipements d’optique, de téléphones portables, de plaques minéralogiques, de lots de tissus treillis, de cordelettes, de chaussures de combat, etc. Ce matériel exposé pour la circonstance au camp de la gendarmerie était présenté par le Commandant Amana qui donnait des explications sur chaque élément de l’arsenal.

          Cette présentation, si elle avait quelque chose de nouveau pour la jeune génération, a plutôt ramené plusieurs Togolais aux vieux souvenirs des temps où les complots vrais ou faux subjuguaient le peuple togolais.

          Il n’était en effet pas rare, au temps du parti unique pur et dur, de voir les autorités politiques de notre pays monter au créneau pour annoncer qu’un complot avait été déjoué. On alignait alors des présumés assaillants arrêtés, des véhicules et des armes, comme éléments de preuve. Comme cela avait été fait la dernière fois, un officier des FAT montrait un à un les armes saisies et donnait des explications sur leur fonctionnement, etc. Des chefs d’Etat, frères et amis du Timonier défilaient à Lomé pour regarder le matériel saisi, etc. Après quoi, des tonnes de motions de soutien au Timonier et de condamnation de l’impérialisme et ses valets locaux pleuvaient sur les bureaux de la Présidence de la République.

          Certes, le scénario n’a pas totalement été le même aujourd’hui qu’hier. Mais on y est presque. A preuve, outre l’exposition de l’arsenal militaire, n’a-t-on pas vu des gens soutenir le Chef de l’Etat ? En tout cas, l’histoire semble se répéter dans notre pays.

Sacrés petits curieux !

          En présentant l’arsenal de guerre saisi au domicile de Kpatcha Gnass, les autorités judiciaires et militaires du Togo avaient certainement voulu lever des équivoques dans l’esprit des Togolais. C’est sans doute pourquoi le Commandant Amana s’échinait à donner des explications au sujet de chaque pièce saisie.

          Seulement voilà. Nombreux sont ceux qui avaient quitté le camp de la gendarmerie après cette sortie, avec le sentiment de n’avoir pas eu toutes les informations qu’ils voulaient. Ces petits curieux voulaient par exemple savoir comment Kpatcha Gnass a pu entrer en possession de tout cet arsenal. D’autres auraient voulu tout simplement qu’on leur dise combien coûte chacune des armes saisies. Sacrés petits curieux !

Qui l’eût cru ?

          Chaque fois que le nom de Kpatcha Gnass est évoqué, nombreux sont ceux qui se rappellent la nuit du 05 Février 2005 où, quelques heures après l’annonce du décès du Timonier, ce fils à papa s’était planté à côté de son grand frère adoubé par l’armée, pour recevoir le serment d’allégeance des Officiers.

          L’homme venait d’afficher ainsi son ambition de jouer l’un des premiers rôles au sein de l’appareil d’Etat. De fait, il fut nommé Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Un portefeuille hautement sensible et stratégique. Dès lors, il n’hésitait pas à circuler bruyamment en treillis dans les casernes. On le disait alors très aimé des militaires. On le faisait passer pour un homme puissant qui pouvait tout se permettre.

          Mais les derniers événements ont démontré que Kpatcha est surestimé dans l’opinion. Qui eût cru au soir du 05 février 2005 qu’il y aurait au Togo en 2009, une tentative de coup d’Etat, que Kpatcha serait présenté comme le présumé cerveau de l’attentat et arrêté ?

          Nous osons croire que lui-même ne l’aurait jamais imaginé. Moralité. Dans la vie, tout peut arriver. Même les choses les plus impensables. Avis donc à ceux qui se croient intouchables.

Où sont-ils ?

          Il est courant d’entendre dire que Kpatcha est un homme très populaire et adulé surtout à Kara où il a été élu député. On dit qu’il est un homme généreux qui aime distribuer «les feuilles» à tous vents et que sur ce plan, il ressemble beaucoup à feu son père.

          C’est pourquoi dès le début de cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat, certains avaient laissé entendre que ses partisans ne se laisseraient pas faire. Plus d’une fois, on a entendu dire que les populations de la circonstance électorale où Kpatcha est élu député viendraient à Lomé pour libérer leur représentant.

          Mais au lieu de cela, à quoi assiste-t-on ? Tout se passe comme si Kpatcha a été abandonné à son sort. Toujours est-il qu’on ne voit bouger aucun de ses partisans. La délégation venue de Kara dans cette affaire était à Lomé pour apporter le soutien des populations de la Kozah non pas à Kpatcha mais plutôt à Faure Gnassingbé.

          Où sont donc les inconditionnels de Kpatcha ? En tout cas, au regard de ce qu’on voit aujourd’hui, on est tenté de croire que ceux qui pensent que Kpatcha n’est aimé que pour son argent, ont raison.

L’erreur fatale

          Selon certains observateurs, si Kpatcha qui avait voulu solliciter une protection diplomatique a échoué dans sa démarche et se retrouve aujourd’hui aux mains de la Justice, c’est tout simplement parce qu’il avait frappé à la mauvaise porte. On se demande ce qui a pu déterminer le fugitif à se présenter à l’Ambassade américaine. En réponse à cette question, certains parlent de la proximité de son domicile avec la chancellerie Yankee. C’est peut-être vrai.

          Mais pour beaucoup, le fils à papa aurait pu être accueilli à bras ouverts à l’Ambassade de Libye non loin de là. Et le Guide Libyen qui est un ami de la famille ne trouverait certainement pas d’inconvénient à jouer à la médiation dans cette affaire. Qui dit mieux ?

Faure comme Gnass ?

          Dimanche dernier, Faure Gnass a opéré sa première sortie publique depuis l’éclatement de l’affaire du coup d’Etat manqué. C’était à l’occasion de la ranimation de la flamme de l’indépendance.

          Fait inhabituel, après la cérémonie et avant de quitter la Place de l’Indépendance, Faure Gnassingbé s’est offert un bain de foule. Au lieu de se diriger vers sa voiture blindée après la sonnerie aux morts, il était plutôt allé vers la foule nombreuse amassée aux alentours pour recevoir les ovations et serrer les mains.

          A un moment, on avait cru que Faure allait regagner son domicile à pied comme l’avait fait son père Eyadema au lendemain des événements du 23 Septembre 1986.

Un 27 Avril chaud

          La décision de l’UFC de célébrer comme elle l’entend, la fête du 27 Avril n’a certainement pas été du goût des autorités publiques. Ainsi, la marche populaire qui devait conduire les militants et sympathisants de ce parti à la plage après un culte commémoratif au Temple Salem de Hanoukopé a eu du mal pour démarrer. Pour dire vrai, elle n’a pas eu lieu.

          Les éléments des forces de sécurité qui, en d’autres temps, auraient été réquisitionnés pour assurer le bon déroulement des marches s’étaient plutôt déployés pour empêcher les partisans des «héritiers biologiques» de l’Ablodé de battre le pavé. A certains moments, on a raté de peu l’affrontement.

          En tout cas, malgré la fraîcheur de ce lundi matin, le 27 Avril aura été chaud pour l’UFC.

Les revoici !

          Ceux qui, depuis la disparition du Timonier sont nostalgiques des «fêtes» que le régime de ce dernier organisait et qui faisaient couler de la bière ainsi que les amoureux des parades ont retrouvé le sourire hier.

          En effet, à l’occasion du 27 Avril, plusieurs manifestations avaient été organisées à Lomé. On a vu défiler tout joyeux, les inconditionnels des parades, fièrement drapés dans des tee-shirts et des pagnes à l’effigie du Chef de l’Etat.

          Un temps, ils ont opéré un retour dans le passé et revécu d’intenses moments de plaisir. Vive le 27 Avril !

27 Avril ? Quel 27 Avril ?

          Au Togo, plus les années passent, plus on a la conviction que le 27 Avril ne représente pas la même chose dans l’esprit de tous les Togolais. Comment peut-on comprendre autrement que, au lieu de rassembler et de réunir dans un seul et même élan tous les Togolais, cette fête ne parvient pas encore à sceller l’unité nationale ?

          Ainsi par exemple, hier, alors que certains se bombaient le torse sur le boulevard de la nouvelle Présidence, d’autres qui avaient voulu converger vers la plage ont dû affronter un cordon d’hommes en armes.

          La réconciliation a du parcours à faire dans ce pays !

Le Regard 642 du 21 avril 2009
Dossier : Retour sur les faits marquant l’inévitable clash entre les deux frères

Pour peu qu’on se donne la peine de décrypter les actes posés par  Kpatcha depuis la mort de leur père on ne peut être surpris de constater ce qui arrive aujourd’hui. Qu’on adore Kpatcha ou qu’on le déteste tout le monde a écouté notre confrère de RFI rapporter ces propos  selon lesquels il ne se reprocherait rien, que les officiers arrêtés parleront et qu’il est prêt à se présenter si on le lui demande.

Question-Si Kpatcha sait en son âme et conscience qu’il n’a rien fait, pourquoi  alors au lieu d’attendre qu’on lui demande de prouver son innocence il prend la clé des champs pour se retrouver devant l’Ambassade des Etats-Unis demandant l’asile politique ? De quoi a-t-il peur lui cet homme si puissant qui de l’avis de ses fans aurait la majorité de l’Armée et tout le Nord du pays derrière lui ? Et Pourquoi les Etats-Unis prompts à accueillir les personnalités politiques en danger lui ont fermé la porte au nez ?

Quoiqu-il en soit ce qui vient d’arriver est l’aboutissement d’une longue entreprise de défiance de l’autorité de l’Etat.

Aussitôt après l’annonce du décès du Gal Eyadèma, les généraux ne s’étaient pas fait prier pour faire allégeance à son successeur. Mais quand on revoit les images de cette scène du 5 Février au soir, on remarque que «Le gros» était juste à côté de Faure. Il  s’est donc fait à l’idée que cette allégeance des généraux le concernait également et qu’il était par conséquent solidairement responsable de la gestion du pouvoir. Kpatcha était alors convaincu que son frère devait co-gérer le pouvoir avec lui.

Le second en-couragement à la bicépha-lisation du pouvoir au sommet de l’Etat  c’était le fait que les généraux nostalgiques du temps du Général président et se sentant abandonnés dont on dit qu’ils mangent sans se rassasier  se sont tournés vers «Le Gros» et lui font croire que c’est lui qui est le digne représentant du Timonier et que le Togo serait un paradis si c’était lui qui était au pouvoir. Ces vieux barons qui défilaient  chez Kpatcha lui ont fait croire que c’est lui qui détient l’effectivité du pouvoir. Le sachant très vulnérable aux flatteries, ils l’ont tellement inondé de louanges que Kpatcha en est venu à se voir président du Togo. De l’argent et des cadeaux, ces nostalgiques en étaient comblés et ne cessaient de raconter partout que «Kpatcha est bon». A l’époque, son bureau à la SAZOF était devenu une présidence annexe où  des courtisans du Général Eyadèma, s’étant rendu compte que Faure leur est très peu accessible venaient se sucrer.

Quand au début, on l’appelait «Vice-président» Kpatcha affichait un petit sourire paradisiaque content d’être l’égal de son frère.

Plus d’un togolais s’étaient posé pas mal de questions lorsque les 23 septembre 2005 et 13 janvier 2006 ils ont vu Kpatcha à bord  d’une jeep de commandement identique a celui du  président. Quelques semaines plus tard il s’était  offert trois voitures luxueuses blindées au coût total de neuf cent millions.

Pour la première fois un simple ministre se fait flanquer d’un aide de camp et de plusieurs gardes armées jusqu’aux dents et se déplace avec un cortège plus soutenu que celui du chef de l’Etat. Plus d’une fois, il y a eu altercation entre les escortes de Kpatcha et ceux de Faure.

Depuis qu’il a été évincé du gouvernement il s’est employé à récupérer  et à entretenir tout ceux qui sont mécontents de Faure.

Lors des fêtes de fin d’année  malgré l’interdiction officielle Kpatcha faisait tonner les pétards à son domicile pour montrer à tout le monde qu’il est au-dessus des lois de la République.

Lors des  finales de lutte Evala  à  Pya Kpatcha   a pris l’habitude   d’organiser derrière  l’apatam ou se trouve son frère qui est en train de regarder les Evala lutter  un festin avec un « kilimandjaro » de viande de porc et s’arrange pour quitter les lieux avant la réception qu’organise le président à la fin. Le député qui n’aime pas passer inaperçu paie aussi les ovations.

Lors d’une rentrée parlementaire, Kpatcha avait été fort applaudi par les femmes de  ménage du palais des congrès apparemment avertis. Et pendant que les travaux se poursuivaient,  son garçon chargé de distribuer des billets de banques est arrivé avec un sac en bandoulière rempli de CFA  et s’est mis  à distribuer de l’argent aux femmes et à tous les gendarmes à l’entrée du palais des congrès.

Lors des funérailles de 2007, Kpatcha s’est permis de cacher la clé du caveau familial, perturbant ainsi les cérémonies officielles. Et pour la circonstance un lot de journaux au contenu conçus spécialement pour couvrir d’opprobre le président de la République et semer le scandale convoyés par un très proche de Kpatcha  a été distribué au palais des congrès en pleine cérémonie. Les écrits contenus dans ces journaux s’en prenaient aux collaborateurs de Faure dont Barry Moussa Barqué. Kpatcha voulait ainsi démontrer à la République qu’il détient une part de pouvoir. On peut multiplier beaucoup d’exemples montrant qu’il peut se permettre. Jusqu’à son arrestation Kpatcha nourrissait une haine implacable à l’égard des collaborateurs de son frère.

Le plus curieux dans cette affaire c’est que Faure laissait faire.   Conséquence : à l’étranger, le Togo est perçu comme un pays bizarre que deux héritiers dirigent.  De fait, quarante ans de pouvoir clanique ont fini par convaincre les membres du clan que le pouvoir d’Etat  est une propriété des Gnassingbé. Certains, avec Kpatcha à leur tête, estimaient que la République devrait être gérée comme une cuisine familiale. Ils accusent Faure de préférer ses amis à la famille. Pour eux, il devrait s’entourer essentiellement des membres de la famille et alliés mais si d’aventure,  il s’avère nécessaire que d’autres collaborateurs soient associés à la boustifaille, ils devraient obtenir le quitus de la famille. Faure devrait donc, avant de procéder à des nominations, requérir l’assentiment de Kpatcha, jugé digne représentant de son père.

Sur le plan économique, pendant que des mesures sont prises contre le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, ses protégés libanais se prévalaient de sa toute puissance pour résister au fisc. L’affaire Bassam en est un témoignage cinglant. Et pour justifier son soutien à ce réseau, Kpatcha invoquait souvent le rôle crucial de ces Libanais qui auraient aidé son père à maintenir  le Togo debout  pendant la grève générale illimitée qui a duré neuf mois.

Sur le plan médiatique, l’argent qu’il distribuait était un stimulant pour les journalistes. Si dans la presse privée, il suffit d’écrire un petit truc qui lui est favorable mais hostile à Faure  pour se voir appeler à empocher des sous, dans la presse d’Etat TVT et Togo-Presse surtout, il bénéficie d’un traitement particulier et des journalistes se battent  pour être  programmés  en vue des reportages sur les activités menées par Kpatcha.

Parmi les  sociétés d’Etat ruinées figure  la SOTOCO dont Kpatcha était président du conseil d’administration. L’audit commandé sur cette société révèle des choses incroyables mais Faure s’est évertué à le protéger au risque de déplaire à des partenaires en développement.

          Depuis quatre ans, Faure était pris entre deux feux. La famille et les vieux barons souhaitent qu’il gère le pays comme le faisait son père. S’il le fait, il n’inspirera pas confiance à la communauté internationale et ne favoriserait pas l’apaisement politique.

S’il ne  le fait pas, il est accusé d’enrayer la mémoire de son père et se met aux prises avec les nostalgiques du passé. Cette situation le pousse à jouer aux équilibristes en revisitant certaines vielles méthodes pour priver les nostalgiques d’argument tout en menant en profondeur, des réformes qui relèguent les vieux barons aux oubliettes. Les partisans de la gestion clanique du pouvoir en sont venus à  considérer que Faure manœuvre pour remettre le pouvoir à ses oncles (Ewé) principale ethnie votant opposition. Mais du côté de l’opposition, on trouve qu’il favorise le clan.

Des chefs d’Etat ont été mis à contribution pour rappeler Kpatcha à l’ordre. Bongo,  Compaoré, Kadhafi et tous les amis de Eyadèma ont tout fait pour attirer  l’attention de Kpatcha sur les conséquences de ses actes de défiance à l’égard du pouvoir de son frère mais rien n’y fît. Peut-être encouragé par les barons de l’aile dure du régime il se disait que l’Etat togolais est aussi son héritage et que, quoi qu’il fasse,  Faure ne toucherait pas à un seul de ses cheveux.

Le seuil de l’intolérable a été atteint dans la nuit du 12 au 13 avril. Le fait qu’aucune ambassade occidentale n’ait voulu l’héberger n’est pas fortuit. Kpatcha était pisté depuis le temps du Général Eyadèma par les services de renseignements occidentaux en raison de ses accointances avec certains personnages introduits dans les réseaux de trafic. Cette surveillance s’est poursuivie après la mort d’Eyadéma et s’est intensifiée depuis qu’il a été évincé du gouvernement.

En privilégiant le lien familial qui l’unit à Kpatcha,  Faure a laissé faire donnant l’impression qu’il soutient son frère.

Pour n’avoir pas pris tôt la situation en main en séparant les considérations sentimentales  familiale des affaires de l’Etat Faure a contribué à promouvoir un frère encombrant. Mais une chose est sûre, c’est que le Togo n’est pas une propriété privée des Gnassingbé.  Faure est et doit être le dernier des Gnassingbé président. S’il arrive qu’un autre Gnassingbé succède à celui-ci, la preuve sera faite que notre pays est maudit à jamais.

Abass SAIB


Les dessous de la solidarité de l’UFC à l’égard de Kpatcha

La célérité avec laquelle l’UFC a sorti le communiqué concernant l’affaire Kpatcha a surpris les diplomates accrédités au Togo. Si l’UFC était au pouvoir, elle prendrait à la légère tout renseignement indiquant l’imminence du  renversement de  son régime. Faut-il le rappeler, c’est cette banalisation d’informations alarmantes  à lui communiquées par son ministre de l’intérieur Théophile Mally et faisant état de l’imminence d’atteinte à la sûreté de l’Etat   que Sylanus Olympio  s’est fait facilement abattre. Jusqu’à la dernière heure, le père de l’indépendance croyait à une blague. 

Même si l’objectif était de voler au secours d’un collègue élu,  s’agissant d’un tel personnage qu’aucune Ambassade occidentale ne veut héberger, cette position venant d’un parti comme l’UFC qui lutte pour le changement,  est pour le moins troublante d’autant qu’il sera difficile de dissuader ceux qui croient que l’UFC appuie la conspiration menée par un dur du clan Gnassingbé. Surtout qu’il n’y a pas si longtemps, au jardin Fréau,  Lawson Patrick disait   qu’ils étaient en discussion avec leurs frères de l’Armée. Si les Etats-Unis sont souvent prompts à offrir l’asile politique à des personnalités persécutées pour leur opinion politique, en viennent à refouler un député, c’est qu’il y a anguille sous roche.

Quelle que soit la raison qu’invoque le parti de Gilcrist Olympio pour justifier l’opportunité de ce communiqué fort surprenant, il aura du mal à démontrer qu’il ne soutient pas Kpatcha Gnassingbé, encore que l’intéressé lui-même a remercié l’UFC pour son soutien. Politiquement, rien n’obligeait ce parti  à voler au secours de Kpatcha Gnassingbé. Quand une situation se présente et qu’on n’a pas tous les éléments d’appréciation, on réagit de façon circonspecte à défaut de se taire. Le CAR l’a si bien compris qui a sorti un communiqué délicat qui ne laisse aucune trace permettant de lui attribuer un parti pris dans cette affaire. (Lire le communiqué à la page7)

Présenter Kpatcha comme une victime de l’impunité du régime dans cette affaire paraît paradoxal quand on sait que sur la liste remise par l’UFC  à la commission Koffigoh en 2005,  figure Kpatcha Gnassingbé accusé d’avoir organisé la répression d’avril 2005.

Cette situation rappelle celle qui avait prévalu  a la suite de la mort du Général Eyadèma.   L’UFC avait fait descendre les femmes dans la rue pour soutenir Natchaba qui se trouve être l’un des cerveaux de la dictature. L’UFC réclamait que non seulement la constitution toilettée qu’elle condamne soit restaurée mais que le pouvoir soit aussi remis à ce Natchaba qui a plombé la constitution de 1992. Sans doute que la politique a sa logique que la logique ignore.

Machiavélisme à la togolaise

Comment est-il possible que l’UFC fasse preuve de zèle  en  défendant un élu du RPT lequel parti  se montre indifférent au sort de son député ?

La tentative de réponse à cette question nous fait revisiter Nicolas Machiavel (1469-1527)  qui, à travers Le prince avait peint les hommes politiques tels qu’ils sont et non comme ils devraient être. Pour lui, toute action politique implique un décalage entre la fin explicitement visée (la cible) et les moyens employés (la trajectoire réelle de la flèche). La société chez Machiavel ne se fonde plus sur la nature raisonnable de l’homme et la possibilité de délibérer collectivement sur le bien commun. Elle est au contraire le lieu où s’affrontent des désirs contradictoires. Ce n’est plus la raison, mais la passion qui organise la société. Ainsi, le désordre ne doit plus être pensé comme l’altération d’un régime, mais comme une situation normale. Les alliances les plus insoupçonnées relèvent alors de la banalité.

Cette apparente connivence entre l’UFC et Kpatcha Gnassingbé et le clash entre Faure et Kpatcha considéré à tort ou à raison comme le côté violent du pouvoir, rappelle la théorie de la circulation des élites du machiavélien Pareto pour qui,  le pouvoir tire son effectivité dans le mariage entre la ruse et la force. Une élite politique qui s’assimile les éléments les plus rusés de la population, laisse en dehors d’elle les individus aptes à employer la violence.  Cette sélection place d’un côté une élite de la ruse inapte à employer la force et de l’autre les individus doués de la force mais qui ignorent l’art de s’en servir. Si ces derniers s’offrent des chefs qui possèdent cet art parmi les dissidents de l’élite qui s’est imposée par la ruse ils remporteront la victoire et s’installeront au pouvoir.

Si l’on considère avec Machiavel que La fin justifie les moyens, l’UFC n’a pas tort si elle mise sur Kpatcha ou encourage la confrontation entre les deux frères de manière à ce que se présente une situation qui lui permettrait de prendre facilement le pouvoir.  Quelles que puissent être les conséquences sur la popu-lation, tout ce qui contribuerait à prendre le pouvoir est le bienvenu. En Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo n’aurait pas pu ramasser le pouvoir sans la confrontation entre les deux houphouétistes Ouattara et Bédié.

Ce qui compte pour tout politicien, c’est le pouvoir même, s’il faut marcher sur les cadavres pour y arriver. On peut même aller jusqu’à pactiser avec le diable. Le discours sur le soulagement de la misère du peuple n’est que mystification. Il est possible qu’à l’UFC, on pense que Faure plus instruit, moins frileux et rusé sur les bords soit difficile à combattre. Avec Kpatcha très impulsif sensible aux flatteries, manipulable à loisir  et qui selon un officier de l’armée «agit avant de réfléchir», il serait plus facile de récupérer le pouvoir s’il l’obtenait.

Ce rapprochement tactique de type machiavélien entre l’UFC et Kpatcha a été constaté en novembre 2007. Lors de la séance de l’Assemblée Nationale consacrée à l’élection des membres du bureau, la déclaration de l’UFC qui réclamait le poste de vice présidence a fait état de ce qu’un honorable député «et non des moindres» qui n’est autre que Kpatcha    les aurait rassurés. Quelques jours auparavant, on avait signalé que des députés du RPT soudoyés par le député Kpatcha  dans un but précis seraient allés rendre compte à qui de droit.

Abass Saibou


On attend le renfort de l’ami Agbey

                   «En tout cas, entre Faure et Kpatcha je préfère Kpatcha» disait Agbéyomé un jour à son domicile. Sans oublier que l’ex-premier ministre déchu prenait parfois  la plume pour traduire cette option, Agbéyomé est de ceux qui comptaient tirer profit du choc entre les deux frères pour retrouver sa place d’antan .Plus encore, des représentants de Obuts dans les villages dans le but d’attirer des sympathisants du parti au pouvoir leur racontent que derrière Agbey se trouve Kpatcha. Mais comme s’il avait peur, le président de Obuts qui raconte en privé à qui veut l’entendre qu’il s’agit d’une machination  n’a pas eu le courage de le dire expressément dans son communiqué. Puisque c’est dans le malheur qu’on reconnaît les vrais amis, l’ex premier ministre ne peut-il pas, à défaut d’user de ses obuts pour le libérer  se constituer prisonnier pour protester contre l’arrestation de son meilleur ami Kpatcha  et lui témoigner ainsi son soutien indéfectible? 

Fambaré Natchaba rompt le silence

«Il n'y a pas d'autre issue pour le Togo que de continuer sur la voie de la démocratie. L'ère Eyadéma est bien révolue et il faut aider le président»,  a confié à l'AFP l'ancien président de l'Assemblée nationale Fambaré Natchaba.

Homme de grande influence du temps du président Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays de 1967 jusqu'à son décès en février 2005, M. Natchaba admet que le passé est «lourd» et que Faure Gnassingbé «fait des efforts énormes».

Pour lui, la querelle fratricide qui secoue le clan est «un accident de parcours» qui ne doit pas remettre en cause le processus. «Nous n'avons pas d'autre choix que la démocratie. On ne peut pas reculer».

Fambaré Natchaba est de ceux qui étaient soupçonnés de rouler pour «Le gros». Il reste à savoir si ces propos laudateurs à l'égard de Faure sont sincères ou s'ils sont guidés par la situation du moment. 

Kpatcha bien protégé dans une chambre ventilée

Les responsables d'organisation des droits de l'homme qui ont rencontré Kpatcha Gnassingbé, et échangé avec lui ont fait remarquer qu'il a été la seule personne à leur dire qu'avant son interpellation il était sous surveillance médicale et  que cette surveillance se poursuit jusqu'à présent. Kpatcha Gnassingbé qui est  dans une chambre sous  bonne garde affiche apparemment un air serein. Mais il s'ennuie dans un tel biotope qui n'est pas le sien. On imagine ce que ressent un  homme comme lui, qui est né et a grandi dans l'aisance habitué à donner des ordres et à dormir dans un environnement paradisiaque, et qui se retrouve du jour au lendemain  dans une chambre  loin du beau monde qui l'adoubait. Ce n'est pas facile. La vie réserve parfois des surprises parce qu'il y a à peine dix jours Kpatcha considérerait comme fou, tout individu qui imaginerait la situation où il se trouve. Au bout du compte le vieux Zomblewou qui a raison. Dans la vie, il faut faire doucement doucement.  

«Crucifié» par des autorités de la Kozah

On s’attendait à ce que tout Kara descende spontanément dans la rue pour apporter son soutien total et son indéfectible attachement au seigneur de la Kozah pour son incommensurable magnanimité. Les éléments de l’Armée dont on dit qu’ils lui sont fidèles auraient pu organiser la contre-offensive totale et foudroyante pour prouver à la face du monde la puissance de feu de Kpatcha Gnassingbé et la popularité dont on il jouirait. Mais apparemment les inconditionnels du député qui se faisaient très remarquer lors de ses sorties fortement  médiatisés, gardent le profil bas. Les plus courageux se contentent- non sans tourner la tête pour éviter des oreilles indiscrètes- de dire que son frère a juste organisé un montage pour l’éliminer. Le comble c’est lorsque les autorités de la Kozah, conduites par le Chef du canton de Lama  qui il y a peu l’adoraient se précipitent pour le condamner au palais présidentiel. 

Au total neuf militaires arrêtés selon le commandement des FAT

Il «apparaît malheureusement que neuf militaires dont cinq officiers sont en cause dans le cadre de la procédure judiciaire», selon une déclaration lue par le chef d’Etat major des FAT, le général Zakari Nandja  devant le président Faure Gnassingbé au palais présidentiel.

«Il s’agit de manquements graves individuels qui connaîtront des suites conformes aux principes de l’Etat de droit», soulignent les forces armées.

Les FAT condamnent «avec force, toute action qui viserait à entraver le processus démocratique en marche au Togo» et se «tiennent prêtes à défendre sans réserve, les institutions de la république», selon la déclaration.

Outre des militaires, plusieurs autres personnes de l’entourage de Kpatcha Gnassingbé ont été interpellées et interrogées ces derniers jours portant le nombre à 20. 

Colonel Lèmou en toute liberté

Dès la parution de notre dernière édition où son nom figurait parmi les officiers arrêtés, le colonel Lèmou était surpris parce que n’étant impliqué ni de près ou de loin dans cette affaire. Le commandant de la garnison du camp Gal Ameyi de Kara était affligé d’autant que plusieurs confrères ont repris notre liste in extenso sans chercher à vérifier. Toutes nos excuses au Colonel Lèmou que nous remercions  pour ses remarques édifiantes. Le lieutenant Tchamiè ne figure pas non plus parmi les officiers arrêtés.


Les nouvelles recrues face à la dure réalité de l’Administration Publique

          Les autorités togolaises dans le souci de renforcer l’Administration publique ont organisé en août 2008, un concours de recrutement. Les résultats de ce concours proclamés fin décembre 2008 ont permis à 4.000 nouveaux agents d’intégrer la fonction publique le 23 février 2009. Aujourd’hui, deux mois après leur prise de fonction qu’en est-il de leur intégration dans l’administration?

          «Franchement, nous sommes désoeuvrés. Du matin au soir, on est là à ne rien faire. Notre quotidien depuis le 23 février est partagé entre dormir et discuter avec des collègues à l’intérieur des bureaux». C’est par cette déclaration que nous avons été accueillis dans un bureau à un ministère. Selon un nombre important de nouveaux agents rencontrés, «tout porte à croire que les autorités ont recruté parce qu’il faut recruter, et non pour un besoin en ressources humaines car depuis que nous sommes ici, nous ne faisons rien». Ce constat reste valable dans beaucoup de services et certains envisagent même exprimer ouvertement à leurs supérieurs hiérarchiques, leur opposition à cette situation qui les oblige à être contraint de passer toute la journée sans travailler sans pour autant avoir la possibilité de se rendre utile ailleurs. «C’est plus qu’un emprisonnement», conclut un autre. Quelques nouveaux fonctionnaires avec qui nous avons approfondi les discussions ont été amenés à reconnaître que faute de travail, certains des leurs n’hésitent pas à repartir aussitôt après avoir rempli la fiche de présence.

          Ailleurs, c’est la question de bureau qui préoccupe. Il ressort de nos investigations que jusqu’à ce jour, certains agents peinent à se voir attribué un bureau. Il y en a qui ont même avoué que dans les premiers moments qui ont suivi l’appel à la prise de fonction, ils sont obligés de s’agglutiner dans les salles de conférence de leur service. Dans un tel contexte, inutile de demander en quoi consiste leur occupation. Rien que des causeries entre camarades. C’est également ceux-ci qui s’exposent au risque de désertion du service avant l’heure réglementaire.

          Tout ne s’arrête pas là. Car, même si on a la chance d’avoir un bureau et du travail, la collaboration avec les anciens reste une autre paire de manches. «Il arrive des semaines entières où nos relations frisent le conflictuel alors que rien dans la réalité ne justifie cela. Nos discussions s’arrêtent à la salutation puis plus rien. Et quand devant certaines situations, tu sollicites le concours des anciens, ils disent furtivement ne rien savoir quant à ce qu’il y a lieu de faire», a précisé un agent dans un service. Beaucoup estiment que ce comportement peu orthodoxe des anciens fait qu’ils vivent dans les bureaux comme des sourds muets, et très peu préoccupés par le sort de leur prochain lorsqu’il en vient, pour une raison ou une autre, à s’absenter. Les plus heureux de cette situation sont naturellement les anciens qui verrouillent les circuits aux nouveaux qui ne savent pas à quel saint se vouer. La raison de cet état de fait, selon nos recoupements serait liée au niveau d’instruction des nouvelles recrues. Ils sont nombreux ces jeunes fonctionnaires à intégrer la fonction publique nantis de la maîtrise. Dès la première année, ils sont cadre A1 et ne mettront pas du temps à égaler, voire dépasser ces anciens qui, ayant débuté leur carrière avec le BEPC ont mis près de 20 ans pour avoir un salaire comparable à celui d’un agent de cadre A1. Les anciens digèrent donc très mal cette situation qui, en réalité, ne dépend nullement de ceux sur qui ils déversent à tort leur bile.

          Dans d’autres cas, il se dit que la raison du verrouillage est liée aux intérêts et autres privilèges que les anciens redoutent de partager avec les nouveaux qui, à leurs yeux, doivent attendre leur départ à la retraite pour découvrir le réseau. «Vous êtes d’abord en stage. Observez comment ça se fait et après, vous pourrez le faire aussi facilement», nous a rapporté un néophyte qui dit avoir approché un ancien pour se voir confier des dossiers à traiter.

          Sur un autre plan, c’est la question de l’engouement des anciens qui interpelle les nouveaux. Plusieurs d’entre eux déplorent la timidité des anciens dans l’accomplissement des tâches. «Ils passent tout leur temps à causer et de surcroît en vernaculaire. Et quand vous donnez l’impression de quelqu’un qui est laborieux, on vous dit ouvertement qu’ici, la promotion n’est ni le fruit du diplôme ni de l’assiduité au travail, mais bien de l’activisme politique ou des relations d’affinité avec le Chef. Dans ces conditions, comment le pays pourra-t-il évoluer ?», se demande un agent. Plus loin, le même agent fait un aveu intéressant. «Alors que je suis économiste et me suis fait recruter comme tel, on m’affecte dans un autre département où je ne sais en quoi consiste mes attributions. A ma place, on a mis quelqu’un qui dit avoir fait l’Anglais et nous tous, nous nous regardons sans jamais savoir ce qu’il y a lieu de faire».

Ce bref tour d’horizon montre à quel point des dysfonctionnements jalonnent la vie professionnelle des nouvelles recrues. Les autorités qui sont au parfum de cette réalité ont  intérêt à vite réagir avant que la rumeur d’organisation d’autres concours qui court ne devienne réalité. Sinon on risque de recruter des agents qu’on payera mais qui au fond ne seront pas productifs. Et dans ce cas, c’est le budget national qui paie le lourd tribut.

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

Du pain sur la planche

          Il y a quelques semaines, le Président de la République a pris un décret mettant fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou qui était jusqu’alors, Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation. Cette mesure avait suscité beaucoup de commentaires au sein de l’opinion où on s’accorde à reconnaître les nombreux problèmes qui minent ce département. On sait aussi que quelque temps avant la révocation de M. Yves Madow Nagou, son ministère avait enregistré un certain nombre de mouvements de grève.

          Aujourd’hui, quelques semaines seulement après la prise de fonction de M. Sambiani Sankardja, nouveau Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation, nombreux sont ceux qui réalisent de plus en plus que la tâche est immense au niveau de ce département. Le seul départ de Yves Madow Nagou qu’on disait peu communicateur et trop réservé ne suffit pas pour résoudre les problèmes de la maison.

          Aujourd’hui, tout porte à croire que le délai de grâce accordé de fait au  nouveau ministre arrive à son terme. Des agents de l’Education fatigués d’attendre des solutions à leurs problèmes murmurent. C’est le cas par exemple des enseignants auxiliaires engagés en Octobre 2008. A ce jour, six mois après leur prise de fonction, ils n’ont pas encore touché le moindre centime. Et comme ventre affamé n’a point d’oreilles, ils peuvent crier famine à leur manière à tout moment.

          Il en est de même pour ceux dont le cas avait conduit à la grève début Février. Certes, les discussions se poursuivent mais la base s’impatiente de voir ses problèmes réglés. Mais de quels moyens dispose le nouveau Ministre pour satisfaire toutes les sollicitations ? Toute la question est là. Le moins qu’on puisse dire au regard de cette situation, c’est que M. Sambiani Sakardja a du pain sur la planche.

SOS, routes en panne

          A peine deux pluies sont-elles tombées sur la Région Maritime que Lomé a les pieds dans l’eau. Comme on devait s’y attendre, les routes et les rues de la capitale ont «foutu le camp». Aujourd’hui, la mobilité urbaine et la circulation en ville surtout à Lomé sont devenues un véritable casse-tête. Comment peut-il en être autrement si l’on sait qu’au moment où on est en train de construire des routes avec des échangeurs un peu partout dans les pays de la sous-région, au Togo, on en est à rafistoler les routes avec de la latérite et du sable ?

          Au Togo, le réseau routier est en lui-même, un problème. Les artères et autres rues de la capitale sont, non seulement étroites, mais ne sont pas équipées de canaux d’évacuation des eaux de pluies. Les rares égouts qui existent ne sont plus fonctionnels parce que bouchés par des ordures et des sacs plastiques, etc.

          A un moment donné, les Togolais avaient cru que la suppression du FER et le rattachement des TP à la Présidence de la République allait faire bouger les choses. Il n’en a malheureusement rien été. Il a fallu nommer un nouveau Ministre des TP. Mais l’envol tarde à venir. Et pourtant, il est connu de tous que le développement passe par la route ! 

Le revers de la médaille

          Contrairement à ce qu’on peut penser, il n’y a pas que des routes en mauvais état au Togo. Il existe aussi des routes bien bitumées et matérialisées. Même si on ne peut pas parler de perfection, on doit concéder volontiers que ces routes sont bonnes et praticables en toute saison. C’est le cas par exemple de la route qui va de Lomé à la frontière de Sanvee-Condji sur son tronçon qui part d’Avépozo jusqu’à l’entrée de la ville d’Aného.

          Cette route, disons-nous, est en bon état. Seulement le revers de la médaille ici, c’est que le bon état de la route pousse les usagers à la vitesse. Des voitures, surtout celles venant du Bénin et du Nigeria roulent à tombeau ouvert. Les motocyclistes ne sont pas en reste non plus. Parfois, sur cette route, on a l’impression d’assister à une course de voiture. Or il se trouve que la voie n’est pas toujours dégagée. Conclusion, on enregistre de nombreux accidents avec malheureusement, à la clé, des morts d’hommes.

          Le week-end écoulé a encore été meurtrier sur cette route. Samedi, un gros camion semi-remorque a complètement dérapé de la chaussée pour se retrouver avec tout son chargement dans le mur d’une maison au niveau de Gbodjomé. Dimanche soir, à environ 500 mètres de ce camion, s’est produit un autre accident impliquant au moins deux voitures et une moto. Jusqu’à 21 h 30 mn, le corps sans vie du motocycliste gisait encore sur la chaussée. Une perte incommensurable pour sa famille et le pays.

          Comme quoi, il n’y a pas que les routes en mauvais état qui provoquent des accidents. Quel que soit l’état de la route, la prudence doit être de mise.

De la rumeur à la clameur

          La rumeur courait depuis longtemps, faisant état de rivalités entre Faure Gnass et son frère Kpatcha autour du pouvoir. Certains avaient même laissé entendre que le petit frère devenu député après avoir été évincé du gouvernement où il détenait le portefeuille de la Défense, s’apprêtait à se porter candidat contre le grand frère à la prochaine élection présidentielle. Quelle formation allait le positionner ? On n’en dit rien. Mais on raconte que l’homme est en train de mûrir sérieusement la réflexion avec plusieurs autres acteurs politiques du pays.

          En même temps qu’on inscrivait les ambitions de Kpatcha dans la logique des élections présidentielles, d’autres parlaient d’une prise de pouvoir par la force.

          Mais les deux frères n’ont jamais voulu parler ouvertement de leurs divergences. Ils déclaraient à qui veut l’entendre, que tout allait pour le mieux entre eux et qu’il ne se passait rien de grave.

          Les récents événements qui viennent de se produire au Togo donnent raison à ceux qui, depuis toujours, avaient soutenu que ça n’allait pas entre les deux frères. Depuis le dimanche de Pâques et surtout depuis l’arrestation et l’inculpation de Kpatcha dans une affaire d’attentat contre la sûreté de l’Etat, la rumeur est devenue clameur.

Le répit

          Depuis le lundi 13 Avril, tout semble s’être arrêté sur le plan politique au Togo. Le CPDC qui s’essoufflait déjà a tout simplement fermé ses portes. Les particules qui s’agitaient et réclamaient leur entrée à cette structure n’en parlent plus. Tous les regards et toutes les attentions sont focalisés sur l’affaire de complot et de tentative de déstabilisation qui défraie actuellement la chronique.

          Que ce soit à l’Assemblée nationale, au sein des partis politiques qui ont fait même publier des communiqués sur le dossier, dans les associations de la société civile, ou au sein de la population, tout le monde ne parle plus que de cette affaire. Au point même que les débats politiques qui intéressaient au premier chef les Togolais sont relégués au second plan.

          Des mauvaises langues estiment que le pouvoir en place tire argument de cette situation pour souffler et réajuster son tir en ce qui concerne la préparation des prochaines élections. D’autres pensent que les récents événements pourraient justifier une perturbation du processus. C’est pourquoi dans certains milieux, des voix s’élèvent pour dire que l’affaire de la tentative de déstabilisation ne doit pas occulter le débat politique.

A qui le tour ?

          Depuis le 12 Avril dernier, l’inquiétude grandit dans les milieux proches du député Kpatcha Gnassingbé. Dans le communiqué qu’il a rendu public le 13 Avril, le Procureur de la République a laissé entendre que dans le cadre des enquêtes ouvertes dans l’affaire d’attentat à la sûreté de l’Etat, des personnalités civiles et militaires ont été arrêtées. Cette information avait donné la peur au ventre à des gens qui s’estiment proches de Kpatcha.

          Cette peur a grandi lorsque le député lui-même, un homme que tout le monde croyait intouchable pour diverses raisons, a été arrêté après avoir vainement tenté de trouver refuge à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Togo.

          C’est le temps des inquiétudes et on se demande à qui le tour ?

Pas de chance avec la Chine

          Compte tenu de l’ampleur que prennent les transactions commerciales entre le Togo et la Chine, un voyage du Chef de l’Etat dans ce grand pays s’impose. Cependant, au regard de certains constats, on peut se demander si Faure finira par aller en Chine un de ces jours.

          En effet, le Chef de l’Etat togolais a toujours voulu se rendre en Chine. Ce n’est pas la volonté qui lui manque. Mais chaque fois qu’il décide d’effectuer le voyage, il se produit toujours au dernier moment, des événements qui font ajourner son déplacement.

          On se rappelle qu’il y a plusieurs mois déjà, Faure Gnass avait décidé de se rendre en Chine. Tout avait été préparé et il était sur le point de partir quand une grande inondation s’est déclarée dans la Région Maritime faisant un nombre important de sinistrés. Face à cette situation, le Président a dû surseoir à son voyage.

          Le lundi 13 Avril dernier, un voyage du Président Faure avait été programmé sur la Chine. Tout avait été une fois encore préparé pour le départ. Mais la veille, un complot a été éventé et Faure a dû redéposer ses valises.

          Décidément le voyage du Chef de l’Etat en Chine manque de chance au Togo.

Bakaï sur tous les fronts

          Le Procureur de la République, Robert Bakaï n’a plus de répit. Depuis le lundi de Pâques, il est devenu un magistrat très occupé qui gère une affaire des plus délicates. C’est en effet au parquet dont il est le chef et au juge d’instruction que revient la lourde et difficile mission de démêler les écheveaux et de faire la lumière afin que la vérité triomphe dans cette affaire.

          Entre le 13  et le 15 Avril, Robert Bakaï a rendu publics deux communiqués. Un record. Il s’était ensuite adressé à la presse pour annoncer les résultats de la perquisition opérée au domicile de Kpatcha Gnassingbé.

          Mais entre nous soit dit. S’il avait à choisir, l’homme n’aurait-il pas préféré être ailleurs qu’à son poste en ce moment ?

La hache de la HAAC

          Les émissions interactives sont interdites sur les radios et les télévisions togolaises. C’est la formule trouvée par la HAAC pour éviter les «dérives» dans les commentaires que suscite ce qu’on peut désormais appeler «l’affaire Kpatcha». Une mesure qui naturellement n’est pas pour plaire si l’on sait que beaucoup de Togolais sont abonnés aux émissions interactives, qu’ils ont plein de commentaires à faire sur cette affaire et que les promoteurs de radios et télévisions adorent de plus en plus laisser le soin aux auditeurs et téléspectateurs d’animer les antennes à la place des journalistes.

          Des protestations s’élèvent d’un peu partout. Mais pour l’heure, la HAAC reste inflexible. L’institution de réglementation aurait-elle pris cette mesure si cette affaire concernait un Togolais anonyme ? Voilà la question que se posent les auditeurs et téléspectateurs accrocs sevrés.

Le Regard N° 640 du mardi 7 avril 2009
L’UFC et le CAR poussés au boycott de l’élection de 2010

Selon un observateur de la vie politique togolaise, si l’UFC et le CAR perdent le combat de la mise en place d’un cadre électoral fiable, ils perdent, de facto, le combat pour des résultats électoraux justes et fiables.

La «technique de victoire» du parti au pouvoir réside dans le piège que le pouvoir est en train de tendre à l’UFC et au CAR. La conquête du pouvoir – et tous les politologues le savent – est fondée sur les rapports de force au-delà du discours hypocrite de l’égalité de chances pour tous les candidats. Le souhait de l’opposition aujourd’hui c’est de voir le pouvoir RPT mettre ses cinquante députés entre parenthèses et de lui faire des concessions en tenant compte, non pas du nombre de sièges, mais des suffrages exprimés. Ce que tout naturellement elle ne ferait pas si elle se trouvait à la place du RPT. Pour contraindre le parti au pouvoir à lâcher du lest, l’opposition devra créer une situation qui mette le pouvoir RPT à rude épreuve. Toutes les manœuvres préélectorales actuelles sont fondées sur la banalisation des menaces de l’opposition de recourir à la rue.

A noter que l’Assemblée Nationale a donné le ok pour la réhabilitation  de la CENI après que le ministre d’Etat  Pascal Bodjona se soit rendu  au Burkina  pour s’assurer de la complicité du facilitateur apparemment décidé à fermer les yeux sur les actes que pose le pouvoir pourvu qu’ils aient le sceau de la légalité.

Avec le feu vert donné à la CENI pour la prochaine révision des listes électorales, le processus est lancé. La stratégie du parti au pouvoir consiste  à contraindre l’opposition à la politique de la chaise vide, pour s’offrir l’occase d’opérer sans difficulté. Si le président du groupe parlementaire CAR  n’était pas présent  à la plénière du 31 mars 2009, il n’aurait pas décelé la forfaiture  qui a consisté en une proposition formulée sur le champ par le député DAMA Dramani en vue de modifier l’article 32 du code électoral ; ce en violation flagrante de l’article 55 de la Constitution qui dispose qu’une session extraordinaire ne peut débattre que des sujets figurant à l’ordre du jour sur lequel elle est convoquée. Il est vrai que la présence de l’opposition n’empêcherait pas le RPT d’user de sa majorité parlementaire pour faire ce qu’il veut. Mais l’anomalie décelée par le député Amégnonan montre clairement que les tenants du pouvoir avaient intégré l’absence de leurs adversaires au parlement dans leur stratégie car ils s’y prendraient autrement s’ils savaient qu’un député de l’opposition viendrait voir ce qui allait se passer.

La complexité de la situation c’est que l’opposition a boycotté la séance de l’Assemblée pour protester contre la forfaiture mais en même temps, elle se met à dos les partenaires européens qui ne supporteraient pas cette politique de la chaise vide. 

Si l’UFC et le CAR décident de ne pas siéger à la CENI de 2007 réhabilitée, cela permettrait au pouvoir de piéger le processus en amont. Des élections transparentes supposent une liste électorale fiable. Mais l’absence de l’opposition pourrait permettre au RPT de miner le processus  quitte à revenir à une nouvelle CENI après coup. Dans ce cas de figure, soit le CAR et l’UFC participent aux élections  dans un cadre verrouillé et programmé pour la victoire du pouvoir, soit ils boycottent les élections pour rendre encore plus facile la réélection de Faure Gnassingbé qui pour ce faire, pourrait compter sur quelques lièvres de course comme candidats à la place de l’opposition représentative.

On aura alors un scrutin démocratique en apparence sans que des militaires ne s’enfuient avec les urnes comme en 2005. Il s’ensuivra  une tentative de soulèvement vite maîtrisée puis l’instauration du treizième dialogue de Ouaga avec le soutien de la CEDEAO, l’UA, l’OIF etc.

Quatre hypothèses semblent conforter le pouvoir en place dans sa stratégie

Primo, il est vrai que l’opposition aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était en 2005. Les amis d’hier s’observent aujourd’hui en chiens de faïence. Les législatives de 2007 bien qu’ayant déterminé le poids de chacun ont plus que jamais rendu impossible toute coalition des forces démocratiques. La CPP le PDR et surtout la CDPA qui hier évoluaient la main dans la main sont devenus des ennemis jurés de l’UFC qui les considère comme des moins que rien, alliés du RPT. Inutile de dire que ces trois partis ne se priveront pas de militer pour l’échec de l’UFC en 2010 et déploieront toute leur énergie pour qu’il en soit ainsi.

Ces partis étant donc éloignés, seule la coalition CAR–UFC est susceptible de dérouter le parti au pouvoir. Mais là aussi, il n’est pas encore temps d’espérer. Les divergences  entre les deux partis qu’on dissimule et qui sont très profondes n’incitent pas à l’optimisme. Quand bien même le CAR et l’UFC sont tous opposés aux méthodes du RPT, ils ne semblent pas pour autant prêts à mener des actions de concert. Les deux partis ne se font pas confiance. Cette suspicion s’est aggravée lorsque l’UFC a refusé de partager équitablement avec le CAR les membres de la CENI pour le compte de toute l’opposition. Lors de l’adoption  de l’amendement du code électoral, aucun député de l’UFC  n’y était. Par contre, le président du groupe parlementaire CAR  s’y est présenté pour exprimer sa désapprobation.

Cette «mésentente amicale» entre les deux partis en rajoute aux difficultés qu’éprouve l’opposition à engager la bataille de la rue. Pour faire reculer le pouvoir RPT et faire prévaloir ses exigences, il lui faudra  mettre des dizaines de milliers de Loméens dans la rue. Mais avant que l’UFC ne se décide à lui renvoyer l’ascenseur, le CAR n’est pas disposé à s’associer aux initiatives du parti de Gilchrist Olympio pour la remobilisation des populations. Récemment, une démarche de la jeunesse de l’UFC  en direction de la jeunesse du CAR à cet effet n’a abouti à aucune décision. L’UFC est ainsi condamnée  à mettre seule sa menace à exécution. Ce qui n’est pas de nature à inquiéter l’adversaire commun qui, en plus de la violence légale dont il se prévaut, considère qu’il a la situation en main.

Secundo, c’est le peu d’enthousiasme affiché par la communauté internationale plusieurs fois sollicitée à intercéder en faveur de l’Opposition en vue des réformes institutionnelles. Cela est dû en partie au fait que ces partenaires internationaux font de plus en plus confiance au président du Faso surtout en raison de ses efforts unanimement salués pour le processus de paix en Côte d’ivoire. Désormais consacré Grand médiateur en Afrique de l’Ouest, Blaise Compaoré qui, comme en 2005, considèrerait que la réélection de Faure est un gage de stabilité  indispensable à l’usage du Port de Lomé n’aurait pas trop de difficulté à convaincre les partenaires européens au profit du pouvoir en place.

Tertio, le changement de régime au Ghana voisin aurait pu être un réconfort pour l’opposition. A l’issue d’une audience que le nouveau président ghanéen compagnon de J.J. Rawlings au cousin de ce dernier qu’est Gilchrist Olympio,un communiqué rendu public par l’UFC  avait annoncé la disponibilité du pouvoir de ATTA-MILLS à s’impliquer pour la réussite du processus électoral au Togo. Plus encore,  dans une interview  le président de l’UFC avait déclaré qu’il avait été installé comme un chef d’Etat lors de l’investiture de John Atta-Mills. 

Les autorités togolaises ayant perçu ces déclarations comme annonçant le soutien du pouvoir ghanéen à l’opposition togolaise auraient mis la pression sur le nouveau pouvoir ghanéen qui, pour éviter des ennuis avec un voisin devant une opposition ghanéenne aux aguets, multiplie en ce moment  des gestes pour rassurer Faure Gnassingbé. A cet effet, des émissaires du président ghanéen ont effectué des missions à Lomé. Comme pour isoler Gilchrist Olympio qui compterait sur le soutien des autorités ghanéennes.

Quarto, les soubresauts  politiques qui se signalent un peu partout en Afrique rendent la situation togolaise moins préoccupante. En ce moment, les projecteurs sont braqués sur Madagascar où un président illégitime a le soutien de l’armée. Le Zimbabwe où rien n’est encore joué entre Mugabé et son adversaire Premier ministre Tzvanguirai, le Soudan où l’inculpation de Omar El Béchir n’arrange rien à la situation au Darfour,  la Guinée Bissau guettée  par l’anarchie, la Guinée Conakry où la junte  a maille à partir avec la classe politique et la société civile, la Mauritanie où le Général putschiste s’oppose au retour à l’ordre constitutionnel et enfin la  Côte d’Ivoire où règne une paix fragile après la guerre. Dans les cinq derniers pays, tous de l’Afrique de l’Ouest, presque en Etat d’exception, des élections sont annoncées dans l’incertitude totale. Il n’en faudrait donc pas plus pour reléguer le Togo au rang des pays où la situation est moins préoccupante. En tout état de cause, le peu d’intérêt accordé à la situation politique au Togo en raison  des crises déclarées ailleurs en Afrique permettent au pouvoir togolais d’évoluer à sa guise.

 

A.S.


Le séjour de la mobilisation : Gilchrist Olympio veut rencontrer les dirigeants du CAR

                Une délégation de l’Union des Forces de Changement (UFC) conduite par son président national Gilchrist Olympio était en tournée ce week-end dans plusieurs fédérations de la capitale. Cette tournée, à en croire le Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre, vise à s’enquérir de la mobilisation à la base et ensuite inviter les uns et les autres à se tenir prêts pour la prochaine présidentielle.

            La présente tournée va s’étendre sur l’ensemble du pays. A chacune des six étapes de la tournée de ce week-end (Nyékonakpoè, boulevard (Avenida), Tokoin (Hôtel du Plateau), Bè-Kpota, Bè et Wuiti) des militants et sympathisants ont écouté les explications du président national de l’UFC. Des explications sur les dernières évolutions de la situation politique du pays marquée par les discussions au CPDC ainsi que la modification unilatérale de l’article 21 du code électoral par le Rassemblement du PeupleTogolais au pouvoir en vue de réhabiliter la CENI de 2007 ont été données aux populations par le Secrétaire Général.

            Pour Gilchrist Olympio, il n’est plus question de paniquer. «Des gens ont peur qu’au sortir de la prochaine présidentielle, ils seront encore contraints à accepter la fraude par l’action militaire. Mais il y a des forces de l’ordre parmi nous. Nous leur disons que si le pays ne va pas,ça nous concerne tous, vous-mêmes et vos enfants qui ne pourront pas aller à l’école. Donc, on doit s’unir, ramener la paix et rebâtir ce pays», a-t-il déclaré au public à Wuiti en mina.

            Au plan diplomatique, le leader de l’opposition togolaise dit ne pas désarmer dans sa lutte en faveur du peuple togolais. Il affirme sillonner les capitales et chancelleries occidentales pour expliquer la situation du pays pour obtenir l’accord de ces dernières d’accompagner le Togo dans la mise en place des conditions d’une élection sans entrave. «Sur ce plan, dit-il, tout est en bonne voie».

            Invité à se prononcer sur les discussions en cours en vue d’aboutir à l’Union CAR-UFC dans la perspective de la prochaine présidentielle, Gilchrist Olympio n’a pas mâché ses mots. «Pour épouser une femme, il faut faire les premiers pas. Donc, pour l’instant, on se rapproche mais le mariage n’est pas encore consommé». C’est dans cette logique qu’il n’écarte pas l’éventualité d’une rencontre avec les dirigeants du «parti des déshérités» dans les tout prochains jours. Dans le cadre de la présidentielle de 2010, dit-il en outre, l’UFC compte ratisser large dans l’opposition. En ce sens, l’Union UFC-ADDI, est déjà une réalité selon Gilchrist Olympio.

            Du reste, le président national de l’UFC a profité de la circonstance pour fustiger la modification récente de l’article 21 du code électoral, le piétinement des débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, les hésitations du pouvoir à procéder aux réformes relatives à la nationalité devant lui ouvrir la voie pour la présidentielle.

K. Ségniagbéto


Paradoxe de la violation des droits humains : Amnesty dénonce les USA qui épinglent le Togo

Quelques jours après que le Département d’Etat américain  eût publié  un rapport sur les Droits de l’Homme au Togo, la Commission parlementaire des Droits de l’Homme présidée par l’honorable Christine Mensah et composée de députés du pouvoir et de l’opposition a rencontré vendredi la presse au Palais des Congrès. Le but de cette rencontre est de livrer à la presse les conclusions d’une tournée nationale qui a conduit la commission dans les maisons d’arrêt des régions des Plateaux, des Savanes et bien évidemment de Lomé entre le 23 et le 30 mars 2009.

Selon le département d’Etat américain dans son rapport de mars 2009, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants formellement proscrits par la Constitution continuent à être pratiqués en milieu carcéral togolais. Ce qui est particulièrement mis en exergue, c’est la surpopulation. Dans ce domaine, on souligne que la prison civile de Lomé construite pour 500 prisonniers abrite 1.557 détenus dont une quarantaine de femmes. Ce que semble confirmer la commission quand elle plaide pour le désengorgement ou quand on parle de 285 détenus à Dapaong contre une capacité de 150. Le manque d’intérêt pour les équipements médicaux a été aussi relevé. Curieusement, la drogue également s’invite dans le débat au moment où on souligne que dans certains cas, des détenus malades sont astreints au versement illicite de 1.500 F CFA soit 3.30 dollars américains aux gardes avant d’avoir accès aux soins…

«Nous avons constaté que la plupart des prisons méritent de se voir désengorgées. Il faut initier des maisons d’arrêt dans beaucoup de préfectures», a aussi confié Madame le Chef de la Commission qui rapporte au passage le vœu de certains détenus notamment ceux de Mango, relatif à la mise à leur disposition «des nattes pour leur éviter de dormir à même le sol».

            Par ailleurs, elle souligne qu’à Dapaong, la surpopulation de la maison d’arrêt (285 détenus pour une capacité de 150) qui contraste avec la chaleur qui y règne a développé chez certains prisonniers, des maladies cutanées notamment la gale.

            Ainsi donc, la commission qui nie toute torture dans les prisons estime qu’«il y a plus de peur que de mal» et conclut par sa volonté de soumettre les résultats de cette tournée à l’Exécutif avec qui elle étudiera l’éventualité d’une tournée de sensibilisation en direction des différents acteurs du monde carcéral.

Paradoxe des paradoxes

Il serait ridicule de nier les violations des droits de l’homme au Togo mais le paradoxe c’est qu’aux Etats-Unis, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes en matière des Droits de l’Homme. Les cas de Guantanamo  et de la  guerre injustifiée de l’IRAQ n’illustrent pas le bon respect des droits humains. Ironie du sort, dans le même mois de Mars où le département d’Etat publiait son rapport sur Les droits de l’Homme, l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a publié un rapport dénonçant les conditions de détention des immigrés emprisonnés aux Etats-Unis.

Parmi les personnes emprisonnées figuraient «des demandeurs d’asile, des survivants de la torture, des victimes de trafic d’êtres humains, des résidents permanents légaux de longue date, et des parents d’enfants ayant la nationalité américaine», ainsi que des enfants, note Amnesty dans ce rapport de 51 pages.

Le nombre d’immigrés détenus aux Etats-Unis a triplé depuis 1996 et a concerné 30.000 personnes en 2008, indique le groupe dans ce rapport baptisé «Emprisonné sans justice: la détention des immigrés aux Etats-Unis». Amnesty prévient en outre que «ces chiffres devraient augmenter en 2009».

Selon l’organisation, les conditions de détention «ne respectent pas les normes internationales en matière de droits de l’homme ou les règles édictées par le service des douanes et de l’immigration (ICE)».

Les immigrés détenus sont parfois vêtus d’uniformes de prisonniers et retenus «dans des centres de détention avec des barbelés et des cellules, aux côtés de personnes condamnées pour des actes criminels», dénonce Amnesty qui note que les aspirants à l’immigration dont la demande est rejetée «peuvent languir en détention indéfiniment si leur pays d’origine n’accepte pas leur retour ou n’a pas de relations diplomatiques» avec Washington, souligne Amnesty.

Et en raison de mauvaises conditions médicales, 74 personnes sont mortes au cours des cinq dernières années, selon le rapport.

Selon l’ICE environ 40% des personnes détenues sont des «étrangers criminels», un terme qui désigne aussi bien des immigrés en voie d’expulsion après une peine de prison aux Etats-Unis, que des résidents permanents expulsés après de sérieuses violations du code de la route.

Par ailleurs Le rapport annuel d’Amnesty International sur la peine de mort montre combien les exécutions sont devenues «de plus en plus un phénomène régional et isolé» aux Etats-Unis,

«Les exécutions aux Etats-Unis sont devenues de plus en plus un phénomène régional et isolé», a estimé Sue Gunawardena-Vaughn, directrice de la campagne d’Amnesty USA pour l’abolition. «Ailleurs, des préoccupations comme le coût, le risque d’exécuter un innocent ou les discriminations raciales ont mené à un déclin important des soutiens à la peine capitale», a-t-elle ajouté. .En 2008, 2.390 condamnés à mort ont été exécutés dans le monde, dont près des trois-quarts en Chine, selon le rapport annuel d’Amnesty International. Il serait plus conséquent  que les Etats-Unis s’efforcent d’être irréprochables en matière des  droits de l’homme pour ne pas servir d’exemple à ceux qui érigent la violation des droits de l’homme en système de gouvernement.           

L. R.


Le Président de l’UFC invité par le facilitateur à Ouaga

                De source proche de l’Union des Forces de Changement, le leader Gilchrist Olympio se rendra incessamment à Ouagadougou. L’objet précis de cette visite n’est pas officiellement révélé. Quelques jours auparavant, le Ministre d’Etat Pascal Bodjona s’était rendu à Ouaga pour livrer au facilitateur, sa version de la situation politique au Togo. C’était le 26 mars dernier.

            A Ouaga, Gilchrist Olympio discutera avec le président et facilitateur du dialogue togolais Blaise Compaoré de la situation politique au Togo s’est exacerbée ces derniers temps avec l’adoption des dispositions réhabilitant l’ancienne CENI et l’annonce de l’ouverture du CPDC aux autres signataires de l’APG.  Démarches unanimement condamnée par le CAR et l’UFC déjà absents aux travaux en commission ayant balisé la voie à cette modification. Le Rassemblement du Peuple Togolais RPT au pouvoir, fort de ses 50 députés à l’Assemblée tente de faire passer toutes les réformes prévues à l’agenda de l’APG devant l’Assemblée ; L’opposition parlementaire, redoutant les manœuvres du pouvoir exige que tout soit débattu au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation sans les partis signataires de l’APG n’ayant pas obtenu 5 % aux dernières législatives. De plus,les réformes institutionnelles et constitutionnelles notamment sur les conditions d’éligibilité très attendues par l’UFC semblent hypothéquées

           

             Le leader de l’Union des Forces de Changement qui, lors d’une interview avait déclaré compter sur le facilitateur pour le règlement des problèmes en suspens saisira sans doute l’occasion pour appréhender la position et l’allure de l’arbitrage du facilitateur sur les questions qui oppose l’UFC au parti au pouvoir. Au sortir des discussions avec le facilitateur Gilchrist Olympio aura donc une idée claire de l’intention des tenants du pouvoir togolais.  

Sébastien


La problématique de la redynamisation du transport ferroviaire au Togo

Le transport au Togo et particulièrement celui des passagers constitue un véritable casse-tête chinois. Face à une telle situation, le transport ferroviaire devrait venir renforcer le transport routier. Mais près d'une dizaine d'années après la concession du transport ferroviaire à Togo-Rail, le constat est saisissant : absence de transport de passagers, le transport ne se limitant qu'au transport de fret, l'impraticabilité de certaines voies, le matériel roulant désuet non renouvelé qui cause parfois des accidents, la coupe et le vol des rails... La société peine à relancer le secteur.

Le désengagement de l'Etat

Le secteur du transport ferroviaire est un domaine de souveraineté de l'Etat. La rentabilité du secteur devenant faible, il a fallu de multiples subventions de l'Etat pour rétablir souvent l'équilibre. Ainsi, sur insistance des partenaires en développement, l'Etat a fini par se désengager du secteur et confier sa gestion à des privés. Le 16 décembre 2002, la gestion des chemins de fer du Togo a été concédée à Togo-Rail pour 25 ans. Les missions assignées à cette société sont entre autres, la réhabilitation des infrastructures ferroviaires, la remise en l'état des chemins de fer dans une perspective nouvelle, mettre fin à l'essentiel de la dégradation des voies et l'amélioration du transport ferroviaire. Selon les clauses de la concession, la nouvelle société doit améliorer le transport ferroviaire, mais près de dix ans après, l'attente d'un meilleur résultat est encore grande et se double avec l'absence de visibilité des efforts entrepris par Togo-Rail. Certes, Togo-Rail n'est qu'à ces débuts mais il a fort à faire s'il veut respecter les clauses.

Le transport de passagers

Le transport est un domaine qui demande beaucoup d’investissements Le transport de passagers est un transport conventionnel qui, selon un responsable contacté à Togo-Rail, «nécessite le respect d'un certain nombre de mesures à savoir les mesures sécuritaires : éviter les accidents de circulation, ce qui suppose des rails solides. Les mesures de respect des horaires, les mesures de confort des wagons, lumière à l'intérieur, WC, sièges confortables». Ces mesures ont un coût que doivent forcément payer les passagers. Mais en tenant compte de la bourse de la population togolaise en général, on peut sans risque de se tromper, affirmer qu'une telle entreprise est vouée à l'échec sans aide extérieure.

Or «Togo-Rail n'a pas la vocation de faire du social, le social est du domaine de l'Etat», poursuit notre interlocuteur. «Nous avons donc suspendu provisoirement le transport de passagers en attendant une subvention de l'Etat». Argument que ne réfute pas la direction des transports.

Mais le directeur des transports M. Mawutoè Fatonzoun relativise. «Les chemins de fer étaient dégradés à tel enseigne qu'il va falloir chercher des moyens de recours de financement pour remettre le système ferroviaire à un niveau raisonnable de trafic. Dans ces conditions de voies dégradées, matériels roulants dégradés, si vous êtes gestionnaires de l'Etat, vous ne pouvez pas autoriser le transport de la vie des passagers dans du matériel qui ne tient pas et qui déraille à tout moment». Il poursuit en affirmant que «pour l'heure, nous attendons que le niveau de réhabilitation soit requis, le respect du cahier de charge et que le concessionnaire qui est Togo-Rail, engage une convention de partenariat avec l'Etat puisque nous reconnaissons que au niveau du transport de passagers, il y a lieu d'apporter une petite subvention à cette unité pour qu'elle puisse couvrir les charges sociales».

En attendant ces travaux, les Togolais peuvent encore prendre leur mal en patience et attendre encore  car ce n'est pas demain que ces travaux seront réalisés.

Pour l'heure, l'essentiel du trafic de Togo-Rail se limite au fret de minerais sur les voies Lomé-Blitta pour le ciment et Lomé-Tabligbo pour le clinker.

Vers la redynamisation du secteur

A l'heure actuelle, il semble que le secteur des chemins de fer n'est pas une priorité du gouvernement. Mais comme on le dit «la route du développement passe par le développement de la route» y compris les chemins de fer. Au moment où le Togo amorce une étape décisive de la relance de son économie, ce secteur ne doit pas être négligé. Le désengagement de l'Etat ne doit pas signifier son désintéressement total. L'Etat doit toujours avoir son droit de regard sur le patrimoine qu'il concède aux opérateurs privés.

La redynamisation du secteur ferroviaire serait une des clés de la relance et ceci suppose la réhabilitation des infrastructures et l'injection des financements nécessaires à son décollage. Elle passe également par une revue du fonctionnement de tout le système ferroviaire qui doit répondre aux besoins de compétitivité et de rapidité car un projet d'interconnexion des réseaux ferroviaires des pays membres de la CEDEAO se profile à l'horizon.

Pour la plupart, vestige de la colonisation allemande, les transports ferroviaires au Togo étaient dirigés de 1904 à 1968 par le Réseau des Chemins de Fer du Togo et du Wharf, de 1968 à 1995 par le Réseau des Chemins de Fer du Togo (CFT), de 1995 à 2002 par la Société Nationale des Chemins de Fer du Togo (SNCT), à partir de 2002 par Togo-Rail qui vient de céder depuis l'année dernière une partie de son monopole à Minning S.A. Le réseau ferroviaire au Togo dispose 550 km de voie.

Albert Agbeko


La hausse du prix des produits de la BB vue par les Togolais

                Par un mémo publié la semaine dernière, la Brasserie BB a procédé à l’augmentation du prix de ses produits. Désormais, les consommateurs togolais doivent débourser plus qu’avant pour étancher leur soif. C’est ainsi que la bouteille de la bière Flag par exemple est passée de 500 à 550 F CFA. Pareil pour celle de Eku qui passe de 550 à 600 F CFA. Officiellement, on lie cette hausse aux droits d’accises et au changement des fiscalités. Le taux élevé de contribution de la Brasserie aux recettes budgétaires de l’Etat soit 42 % du prix de vente de chaque produit est également évoqué. Selon le mémo, «BB étant le 1er contributeur aux recettes de l’Etat (42 %), il faut noter que la nouvelle structure tarifaire générera des recettes supplémentaires non négligeables pour l’Etat et qui seront profitables pour l’économie togolaise (financement des infrastructures comme les routes, les ponts, les écoles, les hôpitaux, etc.) en bref, des investissements au Togo soit 2 milliards sur le budget de l’Etat».

            Cinq jours après cette décision, la population continue d’épiloguer sur cette mesure qu’elle qualifie de couleuvre à avaler en ces temps de soudure. Partout, on ne cesse de la dénoncer. Le tour d’horizon d’un nombre important de bars ou de dépôts de boissons dans divers quartiers de Lomé a permis d’établir ce constat.

«D’habitude, avec mille francs, j’ai deux bouteilles de Flag. Mais hier, quand j’ai encore tendu les mille francs, on m’a dit d’ajouter cent francs. Cela a failli créer un malentendu entre les serveuses et moi», a affirmé un consommateur qui reproche surtout à la Brasserie le manque d’informations qui a entouré cette révision à la hausse. «Dans aucun pays au monde, on ne procède jamais ainsi. Au moins on prévient le consommateur des semaines à l’avance», a-t-il ajouté. Et un autre de renchérir «C’est l’habitude des dirigeants togolais. En décembre dernier, quand il était question de faire venir la COTEC au Port Autonome de Lomé, c’est sans avertissement que cela avait été fait. Du jour au lendemain, on a vu le prix des voitures d’occasion tripler».

D’autres estiment qu’après avoir été contraints de réviser à la baisse le prix des produits pétroliers, le pouvoir tente de récupérer le manque à gagner sur les produits de la BB.

            Ailleurs, on dénonce surtout l’attitude de certains commerçants véreux qui ont saisi l’occasion pour exagérer dans la fixation des prix. Dans certains quartiers où les gérants ne se sentent pas concurrencés, ils vendent, au lieu de 550, la bouteille de la bière Awooyo à 600 F CFA.

            «Que la Brasserie instaure la Police des bars pour amener tous les gérants à harmoniser les prix de ses produits», a laissé entendre un client. Cette position a été reprise par plusieurs autres consommateurs qui ne digèrent pas cette attitude des gérants qu’ils accusent de s’associer à la Brasserie pour faire de la surenchère.

Dans le même temps, les bars aussi se plaignent de la rareté des clients. «Depuis vendredi, mes recettes ont chuté. Des clients qui initialement prennent trois ou quatre bouteilles ont revu à la baisse leur consommation».

Ce qui a également retenu l’attention de certains dans cette affaire est l’attitude des partis politiques de l’opposition qu’on qualifie d’amorphe. Pour ceux-ci, l’opposition togolaise ne sait même pas l’occasion qu’elle peut saisir pour se faire entendre et bien gagner la confiance de la population. «De jeudi à dimanche, aucun parti de l’opposition n’est monté au créneau pour dénoncer cette attitude de la Brasserie et appeler à la mobilisation générale. C’est dommage», déclare un interlocuteur.

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

La bière à prix d’or

            Les amoureux des produits de la Brasserie ont du souci à se faire. En effet, cette société vient de réviser à la hausse, les prix des boissons. Il faut débourser désormais 50 F CFA de plus pour s’offrir une bière et 25 F CFA de plus pour une sucrerie ou une petite bouteille de bière.

            Bien que les rumeurs sur la question se faisaient persistantes depuis quelque temps, l’annonce a fait l’objet d’un coup de tonnerre dans un ciel serein. Et pour cause. Le commun des consommateurs n’a vu aucune raison pouvant justifier cette mesure. Au contraire, certains indices laissaient penser que les prix n’allaient pas changer de si tôt. Non seulement le coût du kilowatt/heure est inchangé, mais il y a quelque temps, le prix des produits pétroliers a baissé à la pompe.

            Pour justifier cette mesure qui risque d’assoiffer plus d’un, la Brasserie évoque des arguments qui ne tiennent pas devant les poches trouées des consommateurs.

            A Lomé, les amoureux de la «mousseuse» ne décolèrent pas. Une réflexion est sérieusement en cours pour savoir la conduite à tenir. Faut-il prendre de nouvelles habitudes en cessant de boire la bière ? Difficile. Non seulement les vrais consommateurs ne peuvent pas tenir une journée sans prendre leur breuvage fétiche, mais le fait est aussi qu’ils sont nombreux, ceux qui peuvent sacrifier la papote de la famille pour une bouteille de bière.

            La vérité, c’est que si la Brasserie se permet certaines mesures, c’est tout simplement parce que cette société évolue dans une situation de quasi monopole.

La nouvelle équation

            Il ne sera désormais plus facile de s’offrir une bouteille de bière ou d’en offrir à des amis. Et pour cause. La bière coûte maintenant 10 % de plus qu’avant. Et en ces temps de la cherté de la vie où il faut tirer le diable par la queue pour joindre les deux bouts, il va falloir faire et refaire ses calculs avant de franchir le seuil  d’un débit de boissons.

            Avec leur pouvoir d’achat extrêmement faible, les Togolais qui voudront s’aventurer dans les bars doivent résoudre une équation. Il sera question pour beaucoup de choisir entre la mesure du maïs qui profitera à toute la famille et la bouteille de bière qui partira en fumée juste après le décapsulage.

            Une chose est sûre, c’est que, contrairement à ce qu’elle paraît, cette équation est bien difficile et pourrait laisser plus d’un, dans la position de l’âne de Buridan.

Du boulot pour les distillateurs

            Si les consommateurs d’alcool ne trouvent pas satisfaction chez les brasseurs, c’est naturellement vers les distillateurs qu’ils se retourneront. La nouvelle révision à la hausse du prix des produits BB agira certainement sur la consommation. Nombreux sont ceux qui, faute de pouvoir s’acheter de la bière, jetteront leur dévolu sur d’autres boissons. En tête des alternatives se trouvent le Sodabi, le tchouk et le vin de palme. Les malafoutiers et autres distillateurs auront donc du boulot.

            Mais ici comme ailleurs, la consommation de ces boissons locales n’est pas toujours sans danger. Il se pose en effet à ce niveau, un sérieux problème de qualité. Le Sodabi frelaté est celui qui court les rues le plus. Aujourd’hui, le vin de palme se fabrique à base de produits chimiques et le tchouk qui se prépare en principe avec du mil est aujourd’hui préparé avec du maïs et d’autres céréales.

            Comme on le voit, s’abreuver à la Brasserie est un problème. Se replier sur les boissons locales est aussi un problème. Ne vaut-il pas mieux de retourner tout simplement à l’eau, la meilleure des boissons pour couper court à tout ?

Le CPDC en panne

            Lorsque début Février, le Chef de l’Etat avait pris un décret mettant en place le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation dans les termes prévus par l’APG et conformément à un décret pris en Conseil des Ministres au temps du Gouvernement d’Union Nationale, plusieurs Togolais avaient entrevu une lueur d’espoir pour le Togo. Mais d’autres, instruits par des expériences récentes, étaient plutôt restés sceptiques, attendant de voir pour croire.

            Aujourd’hui, les faits semblent malheureusement leur donner raison. Les espoirs suscités au départ sont en train de s’amenuiser au fil des jours. Le CPDC qui suscite la convoitise des partis qui n’y siègent pas donne plutôt l’image d’une foire d’empoigne où on tourne en rond. Tout se passe comme s’il s’agissait d’une perte de temps. Deux mois après sa mise en place, le CPDC montre de l’essoufflement. Ses réunions se font de plus en plus rares. A telle enseigne que plusieurs observateurs s’accordent à dire que cette structure est en panne.

            S’il est une chose qui est sûre aujourd’hui, c’est que le CPDC n’est pas mis en place pour régler les nombreux problèmes auxquels le Togo est confronté.

Le Togo, un pays en retard

            Il y a quelques années, le Togo était considéré comme un petit joyau en Afrique de l’Ouest. Lomé La Belle, Lomé La Coquette était devenue un grand carrefour. En ces temps-là, des villes comme Accra et Cotonou étaient considérées chez nous avec mépris. C’était même des sujets de moquerie. Mais comme il est écrit quelque part que les premiers seront les derniers, le vent a tourné en faveur des capitales béninoise et ghanéenne.

            En effet, aujourd’hui, la capitale togolaise qu’on magnifiait est devenue un gros village à côté de Cotonou et d’Accra. Dans notre dernière parution, nous écrivons ici même que les Togolais qui s’étaient rendus à Accra pour suivre le match Togo-Cameroun étaient tombés amoureux de cette mégalopole qui est une somme d’immeubles imposants, de rues et autres boulevards bien larges, de places publiques bien entretenues, etc. Ce n’est pas faux. Accra, c’est aussi des échangeurs et un parc automobile neuf. Rien à voir avec Lomé.

            Chez nos voisins de l’Est, on ne dort pas non plus. Cotonou est en chantier. Chaque jour, des immeubles sortent de terre. Un vaste projet d’aménagement du réseau routier urbain est en cours. Des échangeurs sont prévus pour les tout prochains jours. Histoire de faciliter la mobilité urbaine.

            Pendant que chez nos voisins, on fait du sérieux, au Togo, on procède, à grands renforts de publicité, au replâtrage des rues. Il y a plus d’un an, on avait promis le réaménagement de la route d’Anèho dans la zone portuaire. On a parlé de la construction d’échangeurs au niveau du Port et au niveau de CIMTOGO. Mais jusqu’ici, on n’a rien vu. Comme s’ils s’adressaient à des enfants de chœur à qui on peut faire avaler autant de couleuvres qu’on veut, nos dirigeants ont remis encore, il y a seulement quelques semaines, ce projet sur la table.

            Le Togo est un pays en retard. C’est le moins qu’on puisse dire.

Consensus, où es-tu ?

            Depuis le dialogue national qui a conduit à la signature de l’Accord Politique Global, la classe politique togolaise semble avoir opté pour le consensus pour régler les problèmes politiques. Malheureusement, force est de constater que le consensus en question reste la chose la moins partagée au Togo.

            Certes, le consensus ne se décrète pas. C’est parfois le résultat de débats difficiles et houleux. Mais au Togo on peut, sans se tromper, dire qu’on ne parvient au consensus que sur des questions mineures. Sur les vraies questions d’intérêt national, chacun campe sur ses positions. Et si on semble jeter du lest, c’est tout simplement parce qu’on a trouvé le moyen de remettre en cause plus tard tout ce qu’on avait concédé. Les partis de l’opposition parlementaire sont en train d’en faire l’amère expérience. Ils sont nombreux ceux qui, pour cette raison, se demandent à quoi sert le CPDC, une structure où on trouve des solutions consensuelles à des problèmes qui n’en sont pas, tandis que les vrais problèmes sont renvoyés ailleurs pour être réglés sur des bases qui n’ont rien de consensuel.

Et voici la justice privée

            Il y a quelque temps, les Togolais avaient crié leur ras-le-bol face à l’insécurité qui prenait des proportions inquiétantes dans le pays. En réaction à cette situation, les autorités publiques ont mis en place, un dispositif pour endiguer le mal. Désormais des patrouilles sont organisées la nuit.

            Depuis, il n’est plus rare de voir à la télévision nationale, l’image de bandits présumés abattus par les forces de sécurité. A l’appui de ces images, il est toujours précisé que les malfrats en question ont été abattus alors qu’ils avaient ouvert le feu sur les éléments des forces de sécurité qui voulaient les arrêter.

            Mais à côté des forces de sécurité qui abattent des présumés malfrats, il se développe un phénomène à Lomé et ses environs : celui de la vengeance ou de la justice privée. En effet, aujourd’hui, dès qu’un malfrat est arrêté, les populations lui font passer un mauvais quart d’heure. Après quoi, il est simplement aspergé d’essence et brûlé vif. Le supplice du feu est devenu comme une mode au Togo aujourd’hui. Vraiment dur, dur d’être bandit dans notre pays aujourd’hui.

Sacré Kadhafi !

            Ceux qui croient qu’ils peuvent empêcher le Guide Libyen d’être une autorité pour le continent africain tout entier se trompent. Et pour cause. L’homme a plus d’imagination qu’on le croit. Voyant que son histoire de gouvernement des Etats-Unis d’Afrique n’intéresse pas les Chefs d’Etats africains qui préfèrent s’accrocher à leur pouvoir, Kadhafi s’est rabattu sur les rois et chefs traditionnels qui ont fait de lui, le roi des rois d’Afrique. A défaut de ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on a.

            Mais depuis quelque temps, c’est vers les dictateurs africains que le Guide Libyen lorgne. Il magnifie les coups d’Etat et louange la présidence à vie. Il ouvre les bras aux criminels de guerre et s’en prend au TPI. Histoire de s’attirer la sympathie de ceux qui sont décriés par leurs peuples et la communauté internationale.

            Mais Kadhafi croit-il réaliser ses ambitions en faisant ce qu’il fait ? En tout cas, en l’état actuel des choses, les Etats-Unis d’Afrique font plus peur qu’ils ne suscitent d’espoirs.

Le Regard #632 du  30 mars 2009
Passage en force : Le Gouvernement veut s'assurer de la complicité du facilitateur

Le Ministre d'Etat Pascal Bodjona était au Burkina Faso le 26 Mars 2009. Officiellement et selon la formule consacrée, il était porteur d'un message du Chef de l'Etat à son frère et ami du Burkina Faso Blaise Compaoré. A l'issue de l'audience que lui a accordé le président du Faso, M. Bodjona a indiqué que "Tout le monde sait l'engagement du Président Compaoré aux côtés du peuple togolais depuis deux ans, notamment le dialogue intertogolais qui a abouti à l'APG. Il est tout à fait normal que nous fassions également au président du Faso l'état d'avancement et l'évolution de la politique au Togo et bénéficier de ses sages conseils".

            La dernière session du Comité de Suivi présidée par le représentant du facilitateur avait approuvé l'ouverture du CPDC aux autres formations politiques signataires de l'APG. Un projet de décret pris dans ce sens, n'est toujours pas adopté pour concrétiser cette ouverture. Les deux partis de l'opposition parlementaire ont menacé de boycotter le CPDC si jamais il est ouvert à d'autres partis. En outre, les deux partis boycottent déjà la session extraordinaire de l'Assemblée Nationale convoquée en vue de l'adoption de l'article 21 réhabilitant l'ancienne CENI.  Quelles seront les conséquences du retrait du CAR et de l'UFC du CPDC au cas où il serait ouvert à d'autres partis et que faut-il faire dans ce cas ?

Faut-il adopter l'article 21 nonobstant le boycott de l'Assemblée par les deux partis ou procéder autrement ?

De source informée, le parti au pouvoir aurait prévu toutes les réactions possibles de l'opposition et envisagé les voies et moyens d'y faire face. De là, à considérer que le déplacement du Ministre Bodjona vise à s'assurer de l'adhésion du facilitateur aux scénarii prévus avant de passer à la vitesse supérieure, il n'y a qu'un pas qu'on peut franchir allégrement. Il est clair que les sages conseils dont les autorités togolaises veulent bénéficier de la part du président du Faso visent à s'assurer de sa complicité et partant celle de la communauté internationale. De l'avis  du facilitateur Compaoré dépendra donc la suite à donner aux actions programmées. Le reste dépendra de la capacité des forces de l'opposition à dissuader cette fuite en avant.

A.      S.


Le RPT profite de la crise de confiance entre le CAR et l’UFC

Sous prétexte d'éviter la précipitation et l'improvisation, le gouvernement togolais a fait convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée Nationale. Il s'agit de permettre à l'ancienne CENI ayant organisé les dernières législatives d'être maintenue en fonction pour procéder à l'exécution des tâches techniques telles que la mise à jour du fichier électoral.

A l'ouverture de la session jeudi dernier, les groupes parlementaires CAR et UFC ont boycotté la séance pour protester contre ce qu'ils appellent un coup de force contre le CPDC et la transparence des élections.

En effet, les points de désaccord auraient été transmis au Chef de l'Etat qui, avec le concours de la facilitation, devrait trancher. Dans ces conditions, l'implication de l'Assemblée Nationale est pour le moins incongrue.

Lors des travaux du CPDC, les deux partis de l'opposition parlementaire ont insisté et obtenu que dans la répartition des membres de la CENI, six membres soient attribués à l'opposition. Lors du meeting du 22 Mars 2009, un responsable de l'UFC a déclaré publiquement qu'ils ont rejeté la proposition du RPT de répartir les 6 membres de la CENI à raison de trois pour le CAR et trois pour l'UFC. En décidant ainsi, le pouvoir a voulu tester la confiance entre les deux partis. Ce refus de l'UFC a suscité indignation au CAR où on estime que pour éviter de faire le jeu du RPT, l'UFC devrait accepter le partage équitable de six membres si tant est qu'elle veut faire confiance au CAR avec lequel elle envisage de lutter ensemble pour l'organisation des élections transparentes. Ce refus de l'UFC a galvanisé le RPT qui invoque la mésentente entre les deux partis de l'opposition parlementaire pour ressusciter l'ancienne CENI.

Face à la réticence de l'UFC à supposer même que la répartition des membres de la CENI à raison de six pour l'opposition soit soumise à l'Assemblée Nationale, le parti au pouvoir, fort de sa majorité ne se privera pas de donner trois au CAR et trois à l'UFC, ce qui ne fera qu'alimenter une querelle déjà vue. On se rappelle qu'en 1998, le RPT avait opéré le même coup en préférant Amaglo à Jean-Pierre Fabre comme membre de la CENI pour le compte de l'opposition. La campagne de dénigrement qui s'en est suivie avait arrangé le RPT. En janvier 2009, Lawson Patrick déclarait sur une radio locale que les deux grands partis (CAR et l'UFC) ont décidé de coopérer pour le bonheur du peuple togolais. "Nous avions un passé lourd. Nous l'avons analysé et nous avons dit, il faut faire quelque chose pour ce peuple. On va appeler également les autres camarades pour qu'on fasse quelque chose dans l'intérêt supérieur de nos populations.

(…) Nous avons tiré un trait rouge sur le passé. Ce passé c'est un échec. Si on fait quelque chose pour 2010 il faut que cela continue après 2010 (…). Sur le plan politique, c'est une question de vie ou de mort parce que nous avons trop dilapidé l'effort des populations(...)

De toute façon, quiconque veut faire cavalier seul pour les élections de 2010 n'aura pas le soutien des populations. Nous en sommes conscients. Nous allons faire un mariage de raison. La raison c'est l'intérêt de nos populations. L'erreur d'où qu'elle vienne serait un suicide politique (….)  Le CAR et l'UFC dans ce pays sont majoritaires. Si nous prenons en plus de cela les voix des autres partis politiques, le RPT ne nous dépassera pas.

Ils ont un problème parce qu'ils ont basé toute leur stratégie sur la division de l'opposition. Le RPT n'a qu'à s'en prendre à lui-même". Ces propos apparemment ne se traduisent pas par les actes.

Car si tant est que les deux partis ont la volonté de se battre pour une cause commune, ils devront commencer à se faire confiance en évitant certains détails accessoires qui profitent à l'adversaire.

Même si au CAR on s'associe à l'UFC pour dénoncer les manœuvres du RPT, on ne comprend pas très bien pourquoi, sachant que l'adversaire a fondé sa stratégie sur la division de l'opposition, le parti de Gilchrist Olympio ne s'y prend pas autrement pour éviter ce piège.

A. S.


L’UFC à l’heure de la mobilisation populaire : Un retour annoncé pour la bataille de la rue

«On est une armée, les fantassins, c’est les militants. On a besoin des militants pour obtenir les meilleures conditions. Sous la pression populaire, le parti au pouvoir sera obligé de battre en retraite», ces propos de  Jean-Pierre Fabre, le secrétaire général de l’UFC témoignent que le parti de Gilchrist Olympio est prêt à faire descendre son «armée» dans la rue.Le président du Parti est à juste titre attendu  ce mercredi pour patronner la mobilisation populaire visant à obtenir par la rue, ce qu’il est impossible d’arracher par le dialogue et la concertation.

Lors du meeting du 22 Mars 2009, les responsables de l’UFC  ont menacé de recourir à la mobilisation populaire pour faire triompher leurs exigences. On ignore si Gilchrist Olympio rencontrera le chef de l’Etat pour lui réitérer ses exigences ou si le parti mettra directement ses menaces à exécution. Outre  la réforme du code électoral, l’UFC exige que la constitution soit débarrassée  des mesures jugées discriminatoires à l’encontre de son candidat.

Lors d’une conférence de presse animée le 26 Mars 2009, l’UFC a mis  en garde Faure Gnassingbé contre les conséquences des blocages organisés à dessein  par le  parti au pouvoir et annoncé qu’elle se verra contrainte de quitter le processus de sortie de crise en cours et d’appeler les populations à empêcher par tous les moyens, une énième mascarade électorale, si le RPT persiste dans sa logique de fraudes. Elle exhorte les populations togolaises à rester constamment vigilantes et mobilisées pour faire échec à l’imposture, aux intimidations et autres manœuvres sordides orchestrées

La situation est telle que le parti de Gilchrist  sera obligé de mettre ses menaces à exécution dès lors que le parti au pouvoir ne semble s’émouvoir outre mesure. La dernière démonstration de force de ce parti remonte à l’élection présidentielle de 2005 où les militants  avaient été conviés à se mobiliser pour faire échec au hold up électoral. Les barricades avaient été dressées dans les quartiers fiefs de l’UFC. En réaction, des éléments de l’armée  ont entrepris une expédition punitive en  pénétrant  les domiciles pour y molester les occupants.

Quatre ans après, la situation a évolué. Mais le souvenir de cette triste période qui dissuadait toute velléité de contestation  est –il estompé ? Pour sa part, le parti au pouvoir feint de ne pas prendre les menaces de l’UFC au sérieux. Un défi que Gilchrist Olympio se doit de relever.

A. S.


Houngbo évoque des résistances au sein du parti au pouvoir

Dans une interview du Premier ministre publiée lundi 30 Mars 2009 dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, il y évoque la présidentielle de 2010, le face-à-face RPT-UFC, le laborieux dialogue au sein du CPDC et les résistances de certains au sein du parti au pouvoir. Ce qui accroche dans cette interview est que le Premier Ministre a semblé avoir tout dit sur l’avenir des réformes très attendues à l’Union des Forces de Changement. «Barons du RPT ou pas, certains n’ont pas intérêt à ce que ces réformes aboutissent. Lorsque des intérêts sont en jeu, il n’y a plus de couleur politique», a-t-il dit. En clair, il n’y a pas selon le PM, seulement qu’au sein du parti au pouvoir qu’il y a des résistances à opérer les réformes prévues à l’APG et qui devraient logiquement conduire à une élection inclusive. Gilbert Houngbo constate que les tactiques électorales ont débuté à un an des élections présidentielles. «Dès octobre 2007, au sortir des législatives, la plupart pensaient déjà à 2010», indique-t-il assurant que pour une jeune démocratie, «une pré campagne aussi longue est une bonne chose». De ce point de vue, il n’a pas exclu que «le processus soit ouvert sur la base des lois existantes parce que ces lois ont permis d’organiser les législatives crédibles».

Sur la confrontation RPT–UFC, le Premier ministre estime qu’un système bipolaire n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux et que «les clivages nés des élections fragilisent la cohésion sociale». Mais il constate cependant qu’au Togo, avec les derniers développements de la situation politique qu’«on est loin de l’esprit de réconciliation nationale et de l’Accord signé à Ouagadougou en 2006». 

Un autre point important sur lequel Gilbert Houngbo s’est prononcé est sa coloration politique. Il dit n’avoir aucun parti politique mais que lorsqu’on dirige un gouvernement largement dominé par un parti, il ne faut pas s’étonner d’être combattu par l’opposition.

L. R.


Les rues bientôt à l’épreuve au Togo
Au lendemain des importants dommages causés par les inondations qui ont frappé plusieurs régions de notre pays l’année dernière, le gouvernement a annoncé des projets de réhabilitation et de construction de routes et pistes rurales au Togo. Ces projets sont prévus pour se réaliser aussi bien dans la capitale Lomé qu’à l’intérieur du pays.

            A Lomé, on  a vu des hommes en uniforme procéder au replâtrage des avenues  et autres artères défoncées. On a aussi vu par endroits et à l’intérieur du pays, retaper des routes avec du sable ou de la latérite. Ces travaux sont souvent vantés et présentés à l’opinion comme de grands travaux réalisés par le pouvoir en place. Mais l’appréciation de ces ouvrages est tout autre chez les populations et les usagers des routes qui se plaignent de la poussière qui est devenue la chose la mieux partagée sur nos routes. Il suffit d’emprunter certains chemins pour réaliser l’ampleur du phénomène.

            Face à cette situation, on pourrait penser que la saison des pluies qui s’annonce viendra, avec l’humidité, régler le problème. Malheureusement, il se trouve que le problème ne sera remplacé que par un autre, plus grave encore : celui de l’impraticabilité pure et simple des routes.

            Il est constant qu’à Lomé et à l’intérieur du pays, la majeure partie des rues n’est pas équipée d’ouvrages d’évacuation des eaux de pluies. Conséquence, à la moindre averse, les routes se perdent sous les eaux et la circulation devient un parcours du combattant.

            Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’appréhension et la peur au ventre que les Togolais attendent la saison des pluies. Combien de temps les routes rafistolées avec du sable ou de la latérite tiendront-elles ? Et quels sinistres, les populations éprouvées par les inondations l’année dernière doivent-elles s’attendre à vivre ?

            La question est d’autant plus pertinente que depuis le retrait des eaux, pas grand-chose n’a été fait pour mettre les populations à l’abri des sinistres similaires à ceux de l’année dernière. Les mêmes causes produisant forcément les mêmes effets, on devra donc s’attendre à tout. Même au pire, si l’on sait que des prévisions annoncent une abondante pluviométrie cette année.

            Il y a quelques mois, au cours de la série des questions orales de l’Assemblée aux Ministres, le problème de l’état des routes au Togo avait été évoqué. A l’époque, le Ministre Célestin Talaki encore aux affaires avait été très peu convainquant dans ses explications. Mais apparemment, jusqu’à ce jour, rien n’a été fait pour l’amélioration de façon notable, de la qualité de nos infrastructures routières. La situation est d’autant plus encore compliquée que tous les ponts démolis l’année dernière n’ont pas été remis en état.

            Il n’y a donc pas de doute que des difficultés pointent à l’horizon.

L. R.


La grogne du passif de Gnass

Depuis quelque temps Faure Gnassingbé donne l’impression de renouer avec les habitudes qui avaient cours sous Gnassingbé père. En fait l’héritage légué par celui-ci n’est pas facile à gérer. Le réseau de fortunés barons constitué pendant quarante ans de règne par son défunt  père se montre omniprésent et s’impose à lui. Ceux qui se considèrent comme «le passif de Gnass» (courtisans à qui le Général offrait des billets de banque pour peu qu’ils excellent en délation) s’estiment abandonnés à leur triste sort et ne décolèrent pas du fait que le fils du timonier magnanime les abandonne au profit des anciens opposants.

L’impossible retour de l’ascenseur

            Me Apévon et les siens attendront toute l’éternité s’ils espèrent que l’UFC renverra  l’ascenseur qu’elle a «bloqué».  Au niveau du parti de Gilchrist Olympio, on considère que le soutien de l’UFC à un candidat du CAR n’est pas à imaginer. Pour cette raison, on préfère donner un autre sens au souhait du parti des déshérités. Ainsi donc pour le 2e Vice-président de l’UFC «le retour de l’ascenseur veut dire qu’au cas où l’un des partis est soutenu par l’autre, il ne faut pas qu’en cas de victoire, ce parti soit livré à lui-même et abandonné».

            Si l’on considère que le soutien de l’UFC au CAR est impossible et que le contraire est possible, le retour de l’ascenseur signifierait que le CAR aura sa part du gâteau s’il aidait l’UFC à gagner la présidentielle.


Mystère autour du départ du Ministre Nagou

Le limogeage ou  le remplacement du ministre Nagou suscite moult interrogations. Et tout naturellement en l’absence d’une raison  justifiant cet acte, chacun y va de son imagination. En pareille circonstance, les commentaires prennent l’allure du sentiment qu’on nourrit à l’égard du ministre sortant.

Si donc pour la majorité des Togolais, le départ du ministre Nagou est un non événement, d’autres considèrent que son éviction est un acte regrettable aux conséquences fâcheuses. D’autres encore  considèrent plutôt que son départ est  salutaire non sans lui trouver des circonstances aggravantes. Au Togo et encore plus, par ces temps de crise aggravée, le meilleur ministre qui «travaille pour le peuple» c’est celui qui sait partager. En un mot c’est celui la qui est «magnanime». Par contre, les ministres qui sont des «boxeurs» c’est-à-dire qui ont les poings fermés, qui évitent des rendez-vous et qui s’arrangent pour fuir leur bureau le jour d’audience, sont considérés comme de mauvais ministres.

Plus généralement on attribue le départ du ministre Nagou aux problèmes dans le secteur  de l’éducation. En réalité, le mutisme entretenu  par Faure Gnassingbé qui en a décidé ainsi range les raisons invoquées par les uns et les autres au placard de rumeurs et de vaines suppositions.

Il est trop tôt de conclure à une sanction qu’aurait infligé Faure à son ministre et encore moins à une quelconque rupture de relation entre les deux. On se rappelle le cas du ministre des finances Payadowa Boukpessi qui avait été remplacé dans   les   mêmes conditions. A l’époque, même le premier ministre  Agboyibo n’avait pas été informé des raisons de ce limogeage et plusieurs commentaires avaient été secrétés pour montrer que le ministre Boukpessi méritait son sort. Ses détracteurs avaient même fait la fête. Mais quelques mois plus tard, le monsieur a effectué un retour en force a l’assemblée en tant président de la commission des finances, poste qu’il n’aurait pas dû occuper s’il avait comme on l’avait dit, perdu la confiance du président de son parti. Fort de ce qui précède il faut donc se garder d’aller trop vite en besogne au risque d’être contrarié par Faure Gnassingbé qui a plusieurs tours dans son sac.

  1. S.

Malgré la baisse, le trafic de pétrole continue

En dépit d’une baisse des prix à la pompe au Togo, le trafic d’essence depuis le Ghana se poursuit. C’est ce qu’indique lundi l’Agence ghanéenne de presse (officielle). Les stations-service de la ville de Hohoe, dans la région de la Volta, sont dévalisées dès l’aube. L’essence est chargée dans des conteneurs, des bidons ou des réservoirs supplémentaires installés sur des camions. Une fois chargés, les véhicules passent la frontière toute proche pour aller revendre leur précieuse cargaison.

Le litre de super  sans plomb vaut un peu plus de 300 Fcfa au Ghana contre 445 au Togo.

Le phénomène a pris une telle ampleur que la municipalité de Hohoe doit se réunir dans les jours qui viennent pour prendre des mesures permettant de mettre un terme à ce trafic.

Blague ou candidature ?

«Kofi Yamgnane confirme qu’il sera candidat à la présidentielle de 2010» et qu’il sera à Lomé dans les prochains jours pour l’annoncer officiellement à ses compatriotes.

Naturalisé français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M. Yamgnane 63 ans, a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à laquelle il adhéré au parti socialiste français. Il a été élu conseiller municipal à Saint-Coulitz en 1983 et Maire de la même localité en 1989. Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson (1991) et de Pierre Bérégovoy (1992). Tout comme Gilchrist dont il espère qu’il se désiste en sa faveur, Kofi est confronté au critère de nationalités et du quitus fiscal prévu par la loi. Mais son cas va certainement susciter la curiosité car certains se demandent si c’est pour amuser la galerie qu’il s’annonce. Sera-t-il à son retour  et comme auparavant hébergé par le Général du RPT Gnonfame ?


Corps rejetés par la mer : La version du Colonel Titikpina démentie par le Procureur

                Le lundi 23 mars 2009, des corps sans vie ont été rejetés par la mer sur la plage de Lomé. Il s’agit de cadavres d’adolescents dont l’âge était compris entre 13 et 17 ans. Les premières informations sur cette découverte macabre divergeaient sur le nombre exact de corps rejetés par l’océan. On parlait de 6, 9 ou 13 et même plus selon les sources.

            Toujours est-il que la nouvelle a suscité de l’émoi au sein de la population où on s’interrogeait sur l’origine de ces corps.

            La première explication viendra de sources proches du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile. Selon celles-ci, les corps rejetés par la mer seraient ceux de jeunes gens qui après avoir fait du jogging à la plage au cours du week-end, avaient décidé de se baigner dans l’océan.

            Quelques jours plus tard, soit jeudi dernier, une autre version, celle du Procureur de la République vient démentir les allégations du Colonel Titikpina en expliquant autrement l’origine de ces corps. Il s’agit, selon le Procureur, de corps de jeunes élèves qui étaient à un pique-nique organisé à l’occasion de la semaine culturelle qui s’achevait. C’est à la fin de ces festivités que les noyés avaient voulu prendre un bain.

            Mieux, le Procureur parle d’un 7e corps rejeté dans le même temps mais dont le cas est dissocié des six autres parce que des indices montrent que ce dernier a été jeté à l’eau alors qu’il était déjà sans vie.

            Comme on peut le constater, les explications du Colonel Titikpina ne convergent pas avec celles du Procureur de la République qui, d’après nos informations, était en l’espèce, habilité à ouvrir une enquête judiciaire afin que la lumière, la vraie, soit faite sur cette affaire. Si ces informations sont exactes, on se demande pourquoi le Ministre de la Sécurité s’était précipité pour donner une version des faits qui se révèle fausse aujourd’hui ? Il aurait fallu identifier simplement un ou deux corps pour savoir ce que ces adolescents faisaient à la plage avant de trouver la mort. Mais au lieu de cela, on a préféré une autre démarche.

            Ce n’est pas la première fois que le Colonel Titikpina se jette sur une affaire de corps rejeté par la mer à la plage. Le cas du Ministre Joachim Atsutsè Agbobli est encore vivace dans les esprits. Quelques heures seulement après l’annonce de la mort tragique de cet homme irremplaçable, et alors même que les Togolais n’étaient pas encore revenus de leur choc, le Colonel Titikpina avait, à la surprise générale, sorti un communiqué pour parler de suicide. Cette version qui sera démentie par des résultats d’enquêtes sérieuses avait soulevé le tollé général et révolté plus d’un Togolais.

            Cette sortie malheureuse du Colonel Titikpina avait failli mettre le feu à une situation déjà sulfureuse. Sur quelle base s’était-il fondé pour pondre son communiqué et le faire diffuser ? Lui seul sait.

            Aujourd’hui, au regard de ces deux exemples, on est fondé de dire que le Colonel Titikpina est un homme dont les actes tendent à tout compliquer au Togo. Reste à savoir le but qu’il poursuit en annonçant à tour de bras, des informations qui se révèlent fausses après.

L. R.


L’école ghanéenne attire des élèves du Togo

                «I live in Lome but I go to school in Ghana». Ils sont plusieurs dizaines d’élèves à traverser la frontière togolaise chaque jour pour se rendre à l’école au Ghana. Pour la plupart des Togolais, on y trouve également des ressortissants de pays anglophones d’Afrique  résidents à Lomé. Ces élèves, habitent pour la plupart les quartiers proches de la frontière. Mais d’autres quittent les faubourgs de Lomé tels Djidjolé, Agbalépédo, Kagomé et autres pour se rendre à l’école de l’autre côté de la frontière. Chacun de ces élèves a une raison particulière dans la préférence de l’enseigne-ment anglophone à celui de leur pays de résidence.

            David, environ 15 ans, d’origine nigériane, vit à Lomé mais fréquente au Ghana. Il explique : «Je fréquentais au Nigeria avant de suivre mon frère au Togo. N’ayant pas de moyens pour m’inscrire au British School of Lome, mon frère m’a inscrit à l’école ghanéenne puisque la frontière est à quelques kilomètres de Lomé. L’objectif est de ne pas perturber mes études car je peux regagner mon pays à n’importe quel moment».

Mais pour Doris 12 ans, une togolaise, le choix de l’école ghanéenne vient beaucoup plus de la volonté de ses parents que de la sienne. Son père était beaucoup fasciné par l’éducation anglo-saxonne et a voulu que sa fille aille à l’école anglophone pour acquérir des connaissances du pays de Shakespeare. «Voilà pourquoi je vais à l’école ghanéenne», dit-elle.

Pour Kodjo, 16 ans, c’est une autre histoire. C’est après avoir décroché le BEPC dans l’enseigne-ment togolais qu’il s’est décidé à poursuivre ses études au Ghana. «Avec mon niveau, affirme-t-il, on m’a mis en «class 6» l’équivalent du CM2 au Togo. Au début, ça n’a pas été facile d’assimiler les cours mais les enseignants sachant que je viens du Togo, étaient obligés d’ex-pliquer certaines choses en Ewé afin que je puisse comprendre. Aujourd’hui, poursuit-il, je n’éprouve aucune difficulté». S’agis-sant de ses relations avec ses camarades ghanéens, elles sont bonnes mais seulement, dit-il, «il arrive que nous parlions parfois français, entre nous Togolais car il y a d’autres compatriotes aussi qui ont fait l’école française comme moi et nos amis ghanéens croient qu’on parle mal d’eux.» Pour cet élève qui a une expérience de l’école togo-laise avant de fréquenter au Ghana, sa préférence va à l’enseignement dis-pensé au Ghana. Dans le système d’enseignement togolais, dit-il, beaucoup ont le diplôme mais ne savent rien faire. Ce qui fait qu’on voit beaucoup de diplômés qui sont devenus des conducteurs de taxi motos «alors qu’ici, en plus des cours, on nous apprend certains travaux manuels mais aussi certains comportements de la vie courante comme par exemple ne pas jeter des plastiques dans la rue».

            Les jours fériés ne sont pas souvent les mêmes dans les deux pays et le système éducatif ghanéen opte pour des journées continues. Ces élèves togolais arrivent-ils à trouver du temps pour entretenir des relations avec leurs amis du système togolais ? Kodjo, répond : «on a les week-ends et les soirs après les classes pour nous amuser. Cette différence d’emploi du temps n’a pas tellement d’impact sur nos relations avec nos proches ni avec nos amis».

            S’agissant de la traversée de la frontière, ils affirment, «nous on n’a pas de problème. On traverse librement la frontière tant du côté togolais que ghanéen. Les forces de l’ordre quand ils nous voient en tenue scolaire nous cèdent le passage».

            A la question de savoir quel monnaie ils utilisent, tous répondent que leurs parents leur remettent le F CFA mais une fois arrivés à la frontière, ils l’échangent contre le cedi ghanéen.

            Il est à noter toutefois que pendant que des Togolais franchissent la frontière pour se rendre à l’école au Ghana, d’autres enfants ghanéens font le chemin inverse pour l’école togolaise.

            Pour ces élèves assez particuliers qui pas-sent le plus clair de leur temps dans des institutions de formation autres que celles de leur pays d’origine, maîtrisent-ils les lois de la République dont ils sont originaires ? Ont-ils la même fibre patriotique que leurs compatriotes formés dans les écoles locales ou encore pour quel pays bat leur cœur ? Les jeunes Togolais qui fréquentent au Ghana vont à l’école le 27 avril jour d’indépendance de leur pays mais restent à la maison le 06 mars qui est la date commémorative de l’indépendance du Ghana.

Albert Agbeko


Ça vous regarde

Quoi pour remplacer l’ATC ?

            Chaque fois que les Togolais sont confrontés aux problèmes de la cherté de la vie, des voix s’élèvent pour fustiger l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC). A en croire celles-ci, l’ATC ne fait rien et manque d’efficacité dans le peu qu’elle fait. Mais la question peut se poser de savoir de quels moyens dispose l’ATC pour régler les problèmes des consommateurs togolais.

            La vérité, c’est que l’ATC est une association créée par des bonnes volontés et qui ne peut fonctionner qu’avec les moyens dont elle dispose. Elle n’est pas une institution de l’Etat, financée par le contribuable. Si tant est qu’on trouve qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes, rien n’empêche ses détracteurs ou d’autres Togolais de créer une autre association qui poursuit les mêmes objectifs et qui peut faire mieux que l’ATC.

            Dans nos sociétés, il y a de plus en plus de gens qui passent le plus clair de leur temps à condamner et à vilipender les autres alors qu’eux-mêmes ne proposent rien de concret. Nous ne voulons jouer ni à l’avocat d’une partie, ni au procureur de l’autre. Mais il semble que même si l’ATC éprouve des difficultés pour donner de la visibilité à son action – ce qui reste d’ailleurs à démontrer – ses promoteurs ont au moins le mérite indéniable de l’avoir créée. Alors, trêve de balivernes !

L’apprenti chrétien et l’amuseur Agbey

            Il y a quelques jours, l’Alliance de Dahuku Péré a tenu son congrès à Lomé. En marge des travaux, l’occasion a été saisie par les médias pour interroger l’«Apprenti Chrétien» sur un certain nombre de questions d’actualité. C’est ainsi que, à un journaliste qui voulait savoir l’état actuel des relations entre Péré et son ancien «Allié» Agbey, l’«Apprenti Chrétien» avait répondu en substance qu’il n’avait pas du temps pour s’amuser et qu’il préférait tourner la page en ne parlant même plus de cet homme.

            Cette réponse a donné à réfléchir à certains observateurs. Car des propos de ce genre venant d’un homme qui a pratiqué pendant longtemps l’ancien Premier Ministre doivent être pris au sérieux. Et ils ont raison parce que plusieurs Togolais s’étaient fait une opinion sur cet homme depuis longtemps. Ils savaient que ses rodomontades et ses vociférations n’étaient qu’une manière d’amuser la galerie. «L’Apprenti Chrétien» vient de leur donner raison.

Le prétexte pour se saouler la gueule

            La victoire des Eperviers samedi dernier a été saluée par une liesse populaire. En attendant le retour des joueurs et des supporters ayant fait le déplacement de la capitale ghanéenne, à Lomé, on avait commencé la fête. Dès le coup de sifflet final, les rues ont été prises d’assaut par des jeunes et moins jeunes des deux sexes, habillés aux couleurs des Eperviers. En un rien de temps, les bars avaient fait leur plein et la bière avait commencé à couler à flot. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’offrir la belle «mousseuse» s’étaient rabattus sur les baraques où ils pouvaient trouver des breuvages à la taille de leur portefeuille.

            Mais un petit tour en ville a permis de découvrir que ce n’était pas les mordus du football ou les supporters des Eperviers seulement qui étaient dans les rues et surtout dans les bars. Il a été donné de constater que parmi ceux qui s’agitaient et «ambiancaient» les bars le plus, il y avait des gens qui n’avaient jamais affiché ou manifesté un quelconque intérêt pour le football auparavant. De là à en conclure que la victoire des Eperviers a été pour certains, un prétexte pour se saouler la gueule, il n’y a qu’un pas vite franchi.

La politique de diversion

            L’observation de ce qui se passe au plan politique au Togo permet à certains analystes de dire qu’on se prépare à jouer un vilain tour aux Togolais.

            Il est une évidence que les échéances électorales de 2010 approchent à grands pas. Dans les états-majors des partis politiques, c’est une réalité qu’on ne perd pas de vue. Tous les acteurs politiques s’accordent pour dire que tout doit être mis en œuvre pour que la prochaine élection présidentielle soit démocratique et transparente. Malheureusement, dans le même temps, on semble marquer les pas pour réaliser les conditions devant garantir la transparence et l’équité.

            Aujourd’hui, le CPDC paraît plus comme un machin créé pour distraire les partis politiques que pour régler réellement des problèmes d’intérêt national. Actuellement, au lieu de s’occuper de choses sérieuses, on cherche à focaliser l’attention de l’opinion sur la question de l’ouverture du CPDC. On élargit le cadre à certains partis. De quoi réveiller d’autres formations qui réclament aussi leur entrée pendant que le CAR et l’UFC s’opposent à toute forme d’ouverture.

            Comme si cela ne suffisait pas, c’est l’opinion qui s’empoisonne avec un vicieux débat autour du tribalisme

            Pendant ce temps, les jours passent, pavant la voie à un processus bâclé qu’on évoquera l’insuffisance de temps pour justifier.

Lorenzo le moraliste

            Suite à l’annonce de la baisse du prix du carburant à la pompe, le Ministre Guy Lorenzo en charge du Commerce était sur les plateaux de la TVT pour répondre à quelques questions. Aux interrogations du journaliste qui voulait avoir des réponses sur le fait que le pétrole continue à coûter cher au Togo, le ministre, après avoir essayé une comparaison entre le prix du carburant au Togo et celui pratiqué dans certains pays de la sous-région s’était employé à faire la morale aux Togolais qu’il appelait au civisme, etc.

            En tant qu’économiste, M. Lorenzo sait que le commerce a ses règles et que la loi de l’offre et de la demande n’a rien à foutre avec le civisme, et que face aux intérêts mercantiles, il n’y a pas de morale qui tienne.

            Après avoir écouté le ministre, nombreux sont ceux qui étaient parvenus à la conclusion qu’il s’était trompé de vocation et qu’il avait plutôt sa place dans une église plutôt que sur un plateau de télévision,  en train de parler de questions strictement économiques.

Au-delà de la fête

            Au-delà de la victoire des Eperviers et de la fête qui s’en est suivie, les dirigeants de la FTF doivent se prendre au sérieux pour tirer des leçons de la rencontre. Si les Eperviers ont pu «dompter» les Lions Indomptables du Cameroun qu’on ne présente pas, c’est parce qu’ils ont des potentialités qui autorisent à croire qu’ils peuvent valablement en découdre et terrasser les autres équipes de leur poule.

            Il appartient désormais à la Fédération d’instaurer dans notre football, une atmosphère de sérénité propice à un  bon travail. Les dissensions intestines et les querelles d’hommes qui ont miné l’équipe dirigeante de notre football ces dernières années ont négativement affecté l’équipe nationale. De fait, les Eperviers qui faisaient rêver les Togolais divisés par des questions d’ordre politique, avaient quitté le camp des vainqueurs.

            Aujourd’hui que les espoirs de la normalisation sont nés, Rock Gnass et les siens doivent faire en sorte qu’on n’ait plus à revivre sur la terre de nos aïeux, les tristes épisodes comme ce qu’on a vécu à Wangen en 2006. Il s’agit d’un défi à relever.

A qui le tour ?

            La nouvelle était tombée mardi soir : par décret pris par le Président de la République, il est mis fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque-là Ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Naturellement, le même décret qui nomme à ce poste M. Laré Sankardja n’a donné aucun détail sur les raisons de ce limogeage que certains ont senti comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.

            En effet, au sein de l’opinion, Yves Madow Nagou est considéré comme un ami fidèle de Faure Gnass et qui, de ce fait, est indéboulonnable. Son éviction sans commentaire suscite beaucoup de spéculations. Il se dit un peu partout qu’avec le limogeage de M. Yves Madow Nagou, tout peut arriver à tout le monde au sein du gouvernement et qu’il n’y a pas d’intouchable.

            Nous ne demandons qu’à croire. Mais si tel est le cas, Faure doit continuer le ménage en virant tous ceux qui, par leur zèle ou leur suffisance, sont en train de défrayer la chronique en ce moment.

Le retour des Eperviers

            Samedi dernier, les Eperviers du Togo ont reçu à Accra, dans le cadre des qualificatifs pour la phase finale de la CAN/Mondiale 2010, les Lions Indomptables du Cameroun. A l’issue du temps réglementaire, les Togolais ont infligé une défaite à leurs homologues Camerounais : score final, un but contre zéro.

            En réalité, très peu d’observateurs donnaient le Togo favori dans ce match. Nombreux étaient ceux qui avaient pronostiqué contre les Eperviers. Et pour cause. On sait que le Cameroun est une grande nation de football et que l’équipe nationale camerounaise regorge de joueurs de talent. Mais on semble avoir oublié qu’en matière de football, le Togo n’est pas rien et que ses déboires sont dus, plus à la pagaille et à l’indiscipline qui s’emparent de temps à autre de l’équipe nationale qu’à la qualité des joueurs.

            Les Eperviers du Togo ont démontré qu’il suffit d’avoir de la volonté pour soulever des montagnes. Pour avoir fait ce choix, ils ont renoué avec la victoire, consacrant leur retour dans le camp des gagnants. Souhaitons que ça dure !

Accra mon amour

            La rencontre qui s’était déroulée entre les Eperviers du Togo et les Lions Indomptables du Cameroun samedi dernier a donné l’occasion à plusieurs Togolais de découvrir ou de redécouvrir la capitale ghanéenne. «La majestueuse de l’Afrique de l’Ouest» n’a rien à voir avec Lomé la prétendue «Belle» qui ressemble à un gros village à côté d’elle.

            Accra qui, il y a encore quelques années était en décrépitude, est aujourd’hui, une somme d’immeubles imposants, de rues bien tracées, d’avenues propres, d’échangeurs, de places publiques fleuries, etc. Il faut être quelqu’un qui déteste le bien et le beau pour ne pas tomber amoureux de cette ville en qui tout plaît.

            Ce qui a été possible au Ghana voisin est aussi possible au Togo, pour peu qu’on y mette de la volonté. Si seulement nos dirigeants qui voyagent tout le temps pouvaient s’inspirer de toutes les belles choses qu’ils voient à l’étranger !

Le Regard #63i du  24 mars 2009
Vers la suppression du  poste de premier ministre au Togo

Dans les milieux proches du pouvoir  on se rend compte que l’exécutif bicéphale c’est-à-dire un président de la République flanqué d’un premier ministre n’est pas nécessaire aujourd’hui.

«A quoi sert un premier ministre alors que c’est le président de
la République qui nomme les ministres, à des hautes fonctions, préside les conseils des ministres et instruit le premier ministre sur la politique intérieure et extérieure» s’interroge le CRATERE qui considère que le maintien de ce poste de premier ministre, loin de créer une valeur ajoutée à notre démocratie risque d’engendrer des conflits de tous ordres. Et de proposer que le Togo s’inspire des exemples de nos voisins immédiats le Ghana et le Bénin dont les démocraties sont citées en exemple et dont les constitutions ne prévoient pas de premier ministre.

En fait, la conférence nationale en adoptant le régime bicéphale n’avait pas pris en compte la position du délégué Gilchrist Olympio qui deviendra deux ans  an plus tard le président de l’UFC. Dans sa communication sur le régime politique à la conférence nationale souveraine, Gilchrist Olympio avait opté pour le régime présidentiel.

La constitution du 1er Mars 1961 sous Sylvanus Olympio fait du  président de la République le seul chef de l’exécutif. Si donc l’UFC accepte d’assumer la position exprimée par son président à la conférence nationale et l’héritage constitutionnel du premier président dont elle se réclame il est fort probable que le poste de premier ministre soit supprimé. Les députés UFC et RPT réunis soit 77 députés peuvent donc modifier la constitution dans ce sens. Si le consensus se réalise entre l’UFC et le RPT sur ce point, Fossoun Houngbo serait alors le dernier Premier Ministre de la IVe République depuis Joseph Koffigoh.

  1. S.

L’épreuve de force engagée sur la constitution 

Le débat sur les réformes constitutionnelles est lancé. Mais quelques jours auparavant, le quotidien gouvernemental Togo-Presse, dans son édition du 19 mars 2009 a donné le ton en publiant le point de vue  d’un certain Cratère (Club de Réflexion  sur l’Avenir du Togo  à l’ère du réalisme)sur la problématique de la révision constitutionnelle. En fait   ce point de vue ne fait que confirmer les informations persistantes faisant état de ce que le pouvoir n’entend accepter aucune réforme, en tout cas pas avant 2010.On peut objecter que ce n’est qu’un point de vue mais aucun Togolais ne peut être assez naïf au point de croire que le quotidien gouvernemental de notre pays que nous connaissons bien puisse refléter une opinion qui ne concorde pas avec celle du pouvoir en place. A l’évidence, on n’a pas besoin d’être fakir pour savoir que le CRATERE n’est que le cache sexe d’un «laborantin politique» du pouvoir.

On sait que l’exigence du principal parti d’opposition est le rétablissement de la constitution de 1992 approuvée à une très large majorité. Mais pour banaliser  cette large adhésion populaire on raconte que cette constitution «cachait de profondes divergences dont témoignent à souhait les violentes turbulences que la vie politique nationale a connues depuis l’adoption de la nouvelle constitution et jusqu’à un passé récent». Pour donc le pouvoir sous couvert du CRATERE, «le bloc constitutionnel de 1992 portait en lui les germes de sa propre destruction». Pour donc justifier les toilettages qui ont rendu cette constitution aberrante et monstrueuse, on dit que le HCR n’avait aucune légitimité populaire et que donc, les textes adoptés par elle ne peuvent qu’être contestés.

Limitation du mandat présidentiel et critères divers

Le CRATERE suggère  qu’on porte le mandat du président élu à sept ans renouvelable une seule fois. La constitution sous Sylvanus Olympio Article 33 dispose que le président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct et secret et sans limite. Mais cette constitution ne comportait pas les critères d’âge limite ni de nationalité ni de critère de résidence et de quitus fiscal.

Selon le Club, «un coup d’oeil sur  les pays dont les présidents sont au moins septuagénaires nous montre des situations déplorables, soit des dérives autoritaires ou de gestion calamiteuses». Sous prétexte qu’ un peuple comme celui du Togo doit refuser de faire les malheureuses et amères expériences d’ailleurs,le CRATERE propose le plafonnement de l’age de la présidentielle à 70 ans.

C’est le cas au Bénin voisin mais au Togo où les problèmes politiques sont souvent personnalisés cette disposition fait penser à Gilchrist Olympio qui  aura 74 ans en 2010. De là à conclure qu’on veut l’exclure de la course aux présidentielles, il n’y a qu’un pas.

Le CRATERE considère que «la résidence sur le territoire national pendant au moins un an est une bonne disposition car pour diriger un pays, il est important de vivre tous ses problèmes sur place et au quotidien avec le peuple (….) Il est inacceptable qu’un candidat ayant plus d’une nationalité prétende être élu président de la République dans un pays». En outre, il propose que la disposition exigeant le quitus fiscal ne fasse l’objet d’une modification mais qu’elle soit maintenue en l’état ou renforcée davantage.

Au-delà des propositions relevées l’objet du point de vue publié par Togo-Presse vise vraisemblablement  à donner le signal du rejet  de toute révision constitutionnelle avant 2010. La conclusion du fameux point de vue que voici est claire.

«Au regard de ce qui précède il est évident que la révision de la constitution est nécessaire pour améliorer le fonctionnement des institutions.

Mais il faut le rappeler le Togo vit depuis trois ans un climat d’apaisement et de décrispation politiques. Faut-il vraiment remettre en cause cette sérénité pour engager une révision constitutionnelle surtout à la veille d’un scrutin présidentiel ? Une telle initiative serait à notre avis porteuse de joutes verbales pouvant déboucher sur un climat politique délétère. Une révision constitutionnelle qui interviendrait après 2010 quand la fièvre et l’agitation électorales seront retombées dans la sérénité nous paraît raisonnable». Traduction concrète. La révision de la constitution n’est pas possible avant 2010.L’UFC semble avoir perçu le stratagème. Lors de son meeting tenu dimanche dernier au jardin Fréau le parti de Gilchrist Olympio  a menacé de faire descendre les populations dans la rue pour contraindre le pouvoir à accepter ses exigences. L’épreuve de force est donc engagée. AS


Tout est possible en politique

«Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » c’est ce que disent les juristes pour signifier  grosso modo qu’on ne peut  se plaindre d’une situation  découlant d’une décision à laquelle on a consenti auparavant. Mais en  politique, c’est possible. La preuve ? A l’issue des discussions de Ouaga en 2006,  l’UFC a signé l’APG qui souligne le maintien du découpage électoral actuel. De même le CAR avait battu seul  le RPT  lors des législatives de Février 1994 de même l’UFC était sûr d’occasionner le raz-de-marée électoral en octobre 2007. C’est sur la base de ce même découpage que le vice président de l’UFC avait  publiquement déclaré que son parti aura au moins 69 députés lui permettant  de refaire toutes les lois iniques fabriquées par le pouvoir. Ce souhait n’étant pas concrétisé, l’UFC revient sur le déséquilibre du découpage pour se positionner sur le champ du suffrage exprimé et dénie au pouvoir  le droit de faire prévaloir le nombre de ses députés. La politique c’est aussi ça.

Effet de fanatisme

Lors du meeting de l’UFC, Me Isabelle Ameganvi, démontrant l’incongruité de l’ouverture du CPDC, à  la CPP le PDR et la CDPA  a donné le suffrage obtenu par les trois partis qu’elle  a additionné pour montrer qu’ils n’ont pas les 5 pour cent requis pour y siéger comme l’UFC et le CAR. Dans la foule, un fanatique surexcité s’écria. «Hélu na wo !» (Malheur à eux). Mais le hic c’est que celui qui jette  ainsi l’anathème sur ces anciens partis amis de l’UFC portait un gros boubou sur lequel figuraient entre autres les photos des leaders des trois partis Ayeva, Kodjo, Gnininvi  avec l’inscription «Coalition pour  le Changement». Lequel vêtement avait tout naturellement servi à la campagne électorale de 2005 pour le compte de Bob Akitani. Ce militant ignorait sans doute qu’il portait sur son corps ceux qu’il pourfend.

Gymnastique verbale devant la foule

Les orateurs ont rivalisé de gymnastique chaque fois qu’il s’est agi de parler du CAR. Dans son arithmétique politico électorale, l’UFC a   ajouté  son suffrage  à celui du CAR pour montrer la suprématie de l’opposition sur le RPT mais évite soigneusement de parler des points de divergences qui existent entre le parti de Gilchrist Olympio et celui de Me Apevon au sujet du code électoral. Et comme s’il mesurait l’impact de l’absence du CAR dans cette manifestation censée réunir les amis Lawson Patrick a fait part de l’engagement du CAR aux côtés de l’UFC et expliqué que cette absence est due au fait que le CAR veut s’assurer du sérieux de leur union avant de s’y engager. Le fait d’éviter d’évoquer le retour de l’ascenseur réclamé par le CAR avant toute action commune avec l’UFC est assez révélateur du peu d’importance que ce parti accorde à l’exigence du parti de Me Apevon.


Abass Bonfoh très remonté contre Yamgnane

«Il n’a jamais été question de soutien des cadres et officiers Bassar à Yamgnane lorsque ce dernier a séjourné au Togo. Tout ça c’est faux». C’est du moins ce qu’il faut retenir à en croire Abass Bonfoh le président de l’Assemblée nationale qui réagissait à un extrait de l’article de «La Lettre du Continent» du 12 mars 2009 publié dans notre précédente édition. Un proche de Yamgnane sur place à Lomé qui confirme ces propos du président de l’Assemblée nationale a plutôt l’impression que  «l’info » glissée par la lettre du continent a été fabriquée dans un laboratoire du pouvoir pour torpiller les actions de Kofi Yamgnane. De fait cette histoire de soutien à Kofi  ravive la brouille entre Abass et lui.

Après la mort du Général Eyadèma, le président de la République par intérim a été en France où il allait être reçu par le président du parlement français. Mais dans une lettre qu’il avait alors adressée au président du parlement français, Kofi demandait à ce dernier de ne pas recevoir Abass parce qu’il a les mains tâchées de sang. En dépit de cela, Abass a été reçu. Mais l’acte posé par son frère  Kofi a profondément choqué Abass.

Le  Professeur Lantame Sey Sanda reconnaît que c’est sur l’initiative de leur association CAURIS que Yamgnane est rentré au Togo après plus de neuf ans d’absence pour se réconcilier avec ses frères contre qui il aurait des griefs. Il aurait été  reçu a Kabou  en présence de 20 cadres Bassars dont les généraux Bonfoh  et Gnofame. Ce jour là, assure Abass Bonfoh  «on lui a dit les quatre vérités». Kofi aurait publiquement présenté des excuses à ceux qui se sentent offensés par lui. Le Général Gnofame avait mis son domicile à sa disposition durant son séjour à Bassar. Kofi avait également effectué la même démarche en direction de  Faure Gnassingbe.

L’intox serait-elle donc venue de ceux qui redoutent les effets d’une réconciliation entre Kofi et ses frères ? A l’évidence, elle fait d’une pierre deux coup. Raviver la tension entre  les Bonfoh et Yamgnane et présenter ce dernier comme un politicien qui compte sur son ethnie pour parvenir au pouvoir.

L’annonce de la candidature de l’ancien ministre français ajoute à cette confusion. Des cadres et officiers favorables ou militants convaincus du RPT s’imaginent mal en train de soutenir un autre candidat contre leur parti. Toujours est-il que la méfiance s’est installée lorsqu’ils ont appris que Yamgnane aurait demandé aux personnalités de la société civile de le soutenir et même suggéré que Gilchrist Olympio  se désiste en sa faveur.Abass Bonfoh n’arrête  pas de rigoler quand on évoque une telle candidature qu’il considère comme le fait d’un rêveur. Mais pour le collaborateur du franco-togolais, Lantame Sey Sanda, nul n’a le droit de dissuader la candidature de Kofi Yamgnane si tant est sa volonté.

A.S.


Un mystérieux  policier togolais  cité dans l’assassinat d’un bossu au Bénin

Une histoire d’assassinat de bossu  est au centre d’une controverse  entre les autorités togolaises et leurs homologues béninoises. Tout est parti de trois adolescents qui auraient été arrêtés dans le mois de février pour avoir abattu  et dépouillé de sa bosse,un certain olivier handicapé mendiant très connu à la paroisse saint Michel de Cotonou. Selon notre confrère béninois Le Matin, à en croire le commissaire de Fifadji, le complice, Germain Falana  qui serait le cerveau de ce meurtre aurait cité le nom d’un inspecteur de police à la retraite qui résiderait à Lomé. L’affaire a été  prise au sérieux par les autorités policières togolaises qui  auraient demandé à leurs homologues béninoises à aller jusqu’au bout en fournissant les informations susceptibles d’aider à démasquer ce fameux inspecteur de police (sic). Si le nom et le lieu de résidence du cerveau de l’assassinat est donc connu comme le laisse croire le commissaire béninois, son arrestation ne serait qu’une question d’heure. La situation est d’autant plus inquiétante qu’il existe une collaboration policière entre les deux pays pour combattre la criminalité transfrontalière. Dans ces conditions l’implication d’un policier dans un crime de ce genre si elle se confirmait serait tout simplement scandaleuse.

A. S.


Ça vous regarde

Chassez le naturel…

            Ceux qui avaient cru que l’élection d’un nouveau Bureau Exécutif à la tête de la Fédération Togolaise de Football (FTF) allait ramener la sérénité au sein de l’équipe dirigeante de notre sport-roi doivent se faire une nouvelle opinion. En effet de plus en plus d’informations poussent à réaliser qu’après l’euphorie des lendemains de la victoire électorale de Rock Gnass, l’atmosphère a tourné au gris à la FTF.

            De source proche de cette structure, on indique que plus rien ne va entre Rock et son Premier Vice-Président qui n’est autre que Gabriel Améyi. On raconte aussi que l’homme de Womé se fait aussi rare comme les larmes de chien, aux réunions du Bureau de la Fédération.

            Bien que nous aurions voulu que tout cela soit faux, ces informations ne sont malheureusement pas pour nous étonner. Il n’y a pas longtemps, Gaby de Womé qui ne s’entendait pas avec Tata Avlessi de Mass, alors Président de la FTF, avait brillé par son absentéisme notoire aux réunions. Il avait fait montre d’une indiscipline caractérisée, dans le seul but de paralyser l’instance de gestion de notre football.

            Lorsque cet homme et ceux avec qui il foutait le bordel s’étaient investis pour faire élire Rock au dernier congrès, nombreux étaient ceux qui subodoraient déjà la cacophonie. Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Si Améyi a pu faire ce qu’il a fait avec Tata Avlessi, il n’y a pas de raison qu’il recommence la même chose avec Rock, surtout si l’on sait qu’ici, il a une position de faiseur de roi.

            A quand donc la paix pour une gestion sereine de notre football ?

Baptême de feu

            Samedi prochain, le Togo jouera un match déterminant dans le cadre des qualifications pour les phases finales du CAN/Mondial 2010. La rencontre se déroulera à Accra (Ghana) parce que le Togo n’a pas encore purgé sa peine de suspension de stade. Ceux qui voudraient supporter l’équipe nationale devront donc se rendre dans la capitale ghanéenne comme ils en ont déjà pris l’habitude depuis quelque temps.

            Ce match qui tient à cœur à tous les fans des Eperviers constitue le baptême de feu pour M. Jean Thiessen, le nouvel entraîneur national. On se souvient qu’il y a quelques jours, la FTF avait signé un contrat avec le technicien belge. A la cérémonie de signature, M. Thiessen a pris l’engagement de qualifier le Togo pour les  phases finales de la CAN et du Mondial 2010. Il devra donc commencer à faire ses preuves samedi prochain.

            Nous ne doutons pas des qualités de l’homme. Seulement, il y a que le Togo n’est pas un pays comme les autres. Si notre équipe nationale a souvent échoué là où on l’attend le moins, ce n’est pas parce qu’elle ne dispose pas d’un encadrement technique de qualité. Mais c’est plutôt parce qu’elle évolue dans un contexte délétère où les membres de la Fédération sont à couteaux tirés. Nous voilà par exemple à la veille d’un match décisif. Et au même moment, on parle de profondes dissensions entre les deux premiers responsables de la Fédération. Est-on sûr qu’une telle situation n’aura pas de répercussion sur les résultats ? Ajouter à cela le fait que l’adversaire de samedi s’appelle le Cameroun et on comprend que la partie ne sera pas une sinécure.

            Bonne chance quand même !

Mention «peut mieux faire»

            Le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a bouclé six mois à la Primature. Mais contrairement à ce à quoi on s’attendait, le quotidien des Togolais n’a pas connu d’amélioration.

            Certes, à son arrivée, le Premier ministre avait adopté un plan d’urgence dont la mise en œuvre était de nature à améliorer la vie des Togolais. Certaines décisions ont été prises dans le sens de l’allègement des charges des ménages. Mais des mesures comme la dispense du paiement de l’écolage dans les écoles primaires et pré-scolaires du secteur public n’ont été qu’une goutte d’eau dans la mer.

            Malgré la révision à la hausse du SMIG et du SMAG, les Togolais continuent à tirer le diable par la queue. Le panier de la ménagère reste désespérément vide.

            C’est vrai qu’au regard de ce qui se passe, on ne peut pas dire que rien n’a été fait. Mais c’est aussi vrai que trop de choses restent encore à faire et que les espoirs suscités par le PM Houngbo sont en train de s’étioler. C’est pourquoi certains pensent que s’il faut donner une appréciation à l’action du Premier Ministre, on lui donnerait la mention «peut mieux faire». Qui dit mieux ?

Le paradoxe

            Les félicitations adressées au gouvernement par une mission du FMI qui a récemment séjourné au Togo a surpris plus d’un Togolais. Nombreux sont ceux qui n’ont pas compris qu’on parle d’efforts réalisés et de progrès sur le plan économique, alors que les populations manquent du minimum vital. Ils refusent qu’on parle d’avancées au moment où les Togolais meurent de faim.

            Il est vrai que les institutions financières ont leur langage et leurs données d’appréciation qui ne sont pas malheureusement les mêmes que celles des populations qui croupissent dans la misère. Comment peut-on comprendre qu’on jette des fleurs au gouvernement au moment où on vient de licencier par centaines, les employés de la SNPT (ex OTP) et que ceux de l’ex SOTOCO aussi s’attendent à un sort similaire ? Comment peut-on parler d’efforts et de progrès pendant que les pilleurs de sociétés et les prédateurs qu’on connaît bien se la coulent douce dans une totale impunité ?

            Tout cela relève d’un paradoxe et d’une équation difficile à équilibrer.

L’UFC dans l’arène

            L’UFC aurait-elle finalement décidé de se jeter à l’eau pour renouer avec les manifestations populaires ? C’est en tout cas ce que pensent plusieurs observateurs après le meeting de dimanche dernier.

            Depuis quelque temps, les partis politiques togolais et surtout ceux de l’opposition qui aimaient soulever les foules ont plutôt brillé par ce que certains appellent une «politique de bureau» et qui consiste à se retrancher dans les Etats-majors pour inonder les médias de communiqués de presse.

            Depuis quelque temps, le parti de Gilchrist Olympio ne cesse de menacer de faire appel à la rue pour régler un certain nombre de problèmes. Mais certains, évoquant une démobilisation et une désaffection des populations avaient laissé entendre dans leurs analyses que les membres du bureau du parti risquent de se retrouver seuls parce que l’engouement avait quitté le peuple.

            Le meeting de dimanche aura été comme un test pour voir si les populations étaient encore prêtes à sortir à l’appel des partis politiques. Nous ne sommes pas là pour donner des chiffres. Mais il est désormais certain que les Togolais ne sont pas aussi désintéressés de la chose politique qu’on le pense. Et si l’on sait que l’appétit vient en mangeant, on peut conclure que tout peut encore arriver.

A qui profite la baisse ?

            Jeudi dernier, le gouvernement a pris une décision révisant à la baisse, le prix des produits pétroliers à la pompe. Cette mesure qui n’est qu’une conséquence de la baisse considérable du coût du brut sur le marché international a été justifiée par le souci de nos gouvernants d’alléger les charges des ménages et de combattre la cherté de la vie au Togo.

            Mais aujourd’hui, quelques jours après l’entrée en vigueur de cette mesure, on se demande à qui profite la baisse. Et pour cause. Aucune mesure d’accompagnement n’a été décidée pour que la baisse du prix du carburant puisse immédiatement profiter à tous les Togolais. Aujourd’hui, seuls ceux qui possèdent des engins ou des véhicules en bénéficient. Les transporteurs et autres exploitants de véhicules de transport en commun gagnent le gros lot et il en sera ainsi tant qu’une nouvelle grille tarifaire ne sera élaborée.

Togo : Le dialogue sans fin

            Le dialogue est devenu une sorte de cercle vicieux, un piège sans fin au Togo. En effet, depuis 1990, année du déclenchement du processus démocratique au Togo, on est allé d’un dialogue à l’autre sans réellement avancer. Malgré les dialogues qu’on a eu, parfois avec le soutien de facilitateurs, l’essentiel des questions qui se posaient dans les années 1990 restent encore d’actualité aujourd’hui.

            Selon plusieurs observateurs, le dialogue est l’instrument par excellence pour régler les problèmes politiques. Mais si au Togo, le dialogue est devenu un éternel recommencement, c’est tout simplement parce que le manque de sincérité et de bonne foi l’ont toujours caractérisé chez nous. Si cela est vrai, on devrait certainement se résoudre à tourner éternellement en rond dans notre pays.

Le cadre diviseur

            La décision du Comité de Suivi de l’APG d’ouvrir le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation à toutes les parties signataires de l’APG même à ceux qui ne sont pas représentés à l’Assemblée risque de poser plus de problèmes qu’elle n’apporte de solution. Au sein de la classe politique, même les plus petites formations s’agitent et réclament aussi une place au CPDC. Ils dénoncent une politique d’exclusion délibérée et une pratique de deux poids deux mesures. Ils ne comprennent pas au nom de quoi on veut faire siéger au CPDC des partis qui comme eux, n’ont aucun député à l’Assemblée nationale alors qu’on leur refuse le même privilège.

            A cette allure, si Faure ne fait pas attention, le dialogue tournera carrément à la pagaille avec l’entrée en scène de partis qui ne représentent que l’ombre d’eux-mêmes.

            Mais toujours est-il que aujourd’hui, la classe politique est divisée sur le CPDC. Il y a d’un coté, ceux qui veulent qu’on s’en tienne au décret du 04 Février et de l’autre ceux qui trouvent divers arguments pour réclamer l’ouverture du CPDC.

Les nouveaux boubous de El Béchir

            Depuis qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui par le TPI, le Président soudanais Oumar El Béchir est comme pris par une agitation hystérique. Il sillonne bruyamment le pays, organise des meetings un peu partout et danse frénétiquement.

            Oumar El Béchir qui, pendant de longues années a méprisé le Darfour et le Sud de son pays semble y attacher aujourd’hui, un intérêt particulier. Comme quoi, la peur du TPI est le début de la sagesse chez les tyrans.

Le Regard #637 du  17 mars 2009
Un candidat unique pour l’opposition ?

            Dans un communiqué daté du 28 Janvier 2009, le CAR et l’UFC exprimaient leur volonté de se mettre ensemble pour lutter contre les manœuvres unilatérales du pouvoir RPT. Il n’en fallait pas plus pour spéculer sur l’éventualité d’une union sacrée entre les deux partis de l’opposition parlementaire en vue de l’élection présidentielle de 2010.

          En avril 2009, le CAR va désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2010 comme il l’avait promis. Le parti de Me Apévon avait réaffirmé qu’il entend prendre activement part à ce scrutin en vue d’une alternance effective.

          Avant le CAR, l’UFC qui s’était donné son candidat, Gilchrist Olympio s’est engagé à réaliser autour de sa candidature une union des forces politiques pour le changement. Et selon toute vraisemblance, il est exclu que l’UFC renvoie l’ascenseur au CAR comme le réclame ce parti. A dessein les deux partis s’abstiennent d’afficher officiellement leurs divergences mais tous sont désormais convain-cus de l’impossibilité d’une candidature commune. Ceci étant, le combat devrait se porter sur l’obtention des meilleures conditions d’organisation des élections. Dès lors que les deux partis sont préoccupés par la transparence des élections, il n’existe apparemment aucun obstacle à l’union autour de cet objectif commun. Mais là aussi le défaut d’harmonisation des vues sur la composition et le fonctionnement de la CENI est surprenant.

          En outre, selon l’article 168 du code électoral, le candidat à l’élection du Président de la République jouissant d’une ou de plusieurs nationalités étrangères doit apporter la preuve qu’il y a effectivement renoncé par un acte régulier ayant valeur légale.

          Les candidats doivent également justifier d’une domiciliation effective au Togo d’une année au moins au moment du dépôt de leur candidature.

          La déclaration de candidature doit être accompagnée des pièces dont une copie légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité étrangère le cas échéant, un acte de domiciliation délivré par l’autorité compétente. (Article 170).

          Interrogé sur ces dispositions jugées discriminatoires, le Premier Ministre Gilbert Houngbo a fait remarquer que «nous devons nous assurer pour le succès de la démocratie, d’éviter de donner l’impression qu’une Constitution doit être modelée selon les exigences d’un individu». Mais apparemment, le CAR ne se sentant pas visé par ces dispositions, ne s’en préoccupe guère.

          Au moment où le pouvoir en place se montre réfractaire à toute concession, les Togolais avides d’alternance auraient souhaité que les deux partis soient soudés. S’il était possible de mettre les fondateurs de l’UFC et du CAR ensemble malgré eux, le candidat idéal de l’opposition parlementaire fait penser à l’image ci-contre.

                                                              A. S.


Une candidature qui crée des problèmes à des officiers des FAT

Dans sa parution N° 560 du 4 Mars 2008 La Lettre du Continent paraissant en France indiquait que "Kofi Yamgnane nouveau candidat à la magistrature suprême a reçu le soutien des officiers Bassar notamment celui du Général Bouraïma Bonfoh, ancien Chef d'Etat-major de l'Armée de l'Air". Kofi Yamgnane est rentré en France après plusieurs jours passés au Togo. L'information telle que balancée semble semer la confusion à dessein. S'il s'agit du Général Bonfoh, ce dernier à la retraite depuis plusieurs années n'appartenait pas à l'armée de l'air. Par contre, le Bonfoh de l'armée de l'air est un Colonel en fonction. En outre, il n'est pas sûr que le fait d'annoncer publiquement que des officiers de l'armée soutiennent une candidature arrange le candidat lui-même.

A son retour au Togo en 2008 après plusieurs années d'absence, Yamgnane avait rencontré les officiers originaires de sa préfecture pour discuter des questions touchant au développement de la localité. Hormis les officiers, il avait partagé cette préoccu-pation avec les cadres Bassar du parti au pouvoir.

Il est vrai qu'au départ, les officiers Bassar et cadres étaient réticents à l'approcher et pour cause. Kofi Yamgnane n'avait pas hésité à dénoncer le fait que Eyadéma eût violé sa parole de militaire pour se présenter à l'élection présidentielle de 2003. Cette sortie inattendue avait été considérée comme un scandale à l'époque où les conséquences de tout acte politique jugé hostile au Timonier posé par un citoyen, rejaillissaient sur l'ensemble de l'ethnie à laquelle il appartient.

Et pour montrer qu'ils n'étaient associés ni de près ni de loin aux invectives de Kofi Yamgnane contre le Timonier, les cadres du RPT originaires de la préfecture avaient rendu public, un document injurieux à son égard, rappelant les faveurs dont il bénéficiait de la part du Général Eyadéma quand il arrivait au Togo en tant que député et maire français.

Mais depuis, beau-coup d'eau a coulé sous le pont. Le Yamgnane, représentant de la coalition en Europe lors de l'élection présidentielle de 2005 pour le compte du candidat Bob Akitani de l'UFC s'est montré de moins en moins hostile au fils du Général président. Il avait d'ailleurs été reçu en audience par Faure Gnassingbé en 2008, audience  à l'issue de laquelle il a approuvé le fait que les réformes constitutionnelles devraient se faire à l'Assem-blée. Ses déclarations dans l'ensemble favorables au pouvoir RPT l'ont quelque peu rapproché des officiers et cadres du régime dès lors qu'il n'avait pas évoqué sa candidature. Il n'était donc pas rejeté par le Général Gnonfame et Abass Bonfoh, tous du RPT.

Mais depuis que l'article de la Lettre du Continent a présenté Yamgnane comme quelqu'un qui compte sur les officiers de sa préfecture, des soupçons pèsent sur des hauts gradés Bassar. Et cette suspicion pousse certains à vouloir démontrer qu'ils ne sont mêlés ni de près, ni de loin à ce qui s'apparente à une «rébellion». La situation créée par cette allégation est telle qu'il n'est pas exclu que certains cadres et militaires Bassar se décident à mener une action visant à persuader le président du RPT comme au bon vieux temps, que «tout le peuple  Bassar adhère à la politique de Faure Gnassingbé».

Quoiqu'il en soit, le fait d'annoncer que Yamgnane compte sur les officiers Bassar tend à présenter l'ancien ministre français comme un candidat qui veut prendre appui sur une ethnie. Et à moins que cette stratégie ne vise un but autre que la victoire à la présidentielle, au Togo, il est évident qu’aucun candidat ne peut être élu en comptant uniquement sur son village, sa préfecture ou son ethnie.

A. S.


Présidentielle de 2010 : Les caciques du pouvoir rejettent les réformes constitutionnelles

A 12 mois de l’élection présidentielle, les chances d’une réforme constitutionnelle sont compromises. A moins que d’autres circonstances  ne viennent influer sur le cours de la situation politique actuelle. Selon certaines indiscrétions, les caciques du régime seraient hostiles au retrait d’une virgule de la constitution actuelle optant ainsi pour le jusqu’au-boutisme  en signe de défiance à l’égard  de Gilchrist Olympio. Apparemment ceux qui, dans l’entourage de Faure Gnassingbé militent pour des concessions en faveur de l’opposition ont perdu la face. Les «durs» du régime qui ont le vent en poupe estiment que ni leur président  et encore moins le parti n’a aucun intérêt à se faire hara-kiri pour plaire à l’opposition et en particulier  au président de l’UFC «qui  de toutes façons ne sera satisfait que lorsqu’on lui offrira le pouvoir». Selon la constitution togolaise, il faut 64 députés pour modifier directement les dispositions constitutionnelles et 54 pour le faire par référendum. Sans donc l’aval des députés du parti au pouvoir toute révision constitutionnelle est vouée à l’échec. C’est justement pour cette raison que le RPT invite l’UFC à instaurer le débat sur les réformes qu’elle souhaite à l’Assemblée où elle n’a aucune chance de faire triompher ses points de vue avec 27 députés. La balle est donc dans le camp de Gilchrist Olympio et son parti qui ont  tout intérêt à relever le défi.

 

L’impossible  Médiation de Edem Kodjo

Les actions de l’ex secrétaire général de l’OUA  Edem Kodjo désigné par l’OIF ne sont pour le moment pas visibles. Au moment où nous mettions sous presse, on ignore où il était. Depuis l’annonce de sa nomination, tout porte à croire que l’organisation francophone l’a envoyé dans un guêpier. Comment peut-il opérer alors même que le dialogue est rompu entre les protagonistes qui ont opté pour la confrontation ?

          Devant cette situation insurrectionnelle, même l’Union africaine est désemparée.  L’Union africaine (UA) tenait elle lundi à son siège d’Addis Abeba, une réunion d’urgence de son Conseil de paix et sécurité sur la crise malgache.

«La position de l’UA a déjà été annoncée à plusieurs reprises: il s’agit de rejeter toute forme de changement anticonstitutionnel de pouvoir», a indiqué à l’AFP un responsable du Département paix et sécurité de l’UA, à l’ouverture des débats qui se tiennent à huis clos. L’Union africaine (UA) a assimilé la demande de destitution du président malgache par l’opposition à «une tentative de coup d’Etat» et a appelé la population de la Grande Ile de l’océan Indien au respect de la Constitution. Aussi ridicule que cela puisse paraître, le Conseil de Sécurité et de Paix de l’UA se borne à appeler au dialogue alors que la preuve est faite que ce dialogue est rompu.  La France a demandé de son côté l’instauration d’un dialogue «conforme à l’Etat de droit». Autant de discours hypocrites qui n’ont aucune prise sur la réalité qui prévaut sur place. Des appels visiblement ignorés par l’opposition.  Si le chef de file de l’opposition soutenu par l’armée malgache se moque  des mises en garde de l’UA visiblement dépassée par les événements, il est évident que la médiation de l’OIF ne serve pas à grand-chose. Ce qui se passe à Madagascar montre clairement que l’Afrique n’a pas rompu avec les coups d’Etat qui peuvent se présenter sous plusieurs facettes.

L. R.


Ça vous regarde

En attendant les investisseurs

La semaine dernière s’est déroulée à Paris en France, la Journée Economique du Togo. Cette manifestation, selon ses organisateurs visait à promouvoir les entreprises togolaises et à permettre aux opérateurs économiques de notre pays et de France, de nouer des relations. Les opérateurs économiques togolais ont été invités à prendre massivement part à cette journée.

          Dans une intervention sur RFI, le Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo qui avait conduit la délégation togolaise dans la capitale française avait estimé que la manifestation a connu un grand succès. Nous ne demandons qu’à le croire. En effet, lorsqu’on sait qu’on a au Togo un secteur privé moribond avec des entreprises qui peinent à prendre leur envol, on ne peut rien souhaiter de mieux.

          Seulement voilà. Ailleurs, on refuse de verser dans l’optimisme. On se demande combien a coûté cette fameuse journée. En plus, on met au défi le Premier Ministre de donner dans les tout prochains mois, le nombre de nouveaux investisseurs qui viendront entreprendre dans notre pays à la suite de cette Journée économique du Togo.

          En attendant d’en arriver là, nombreux sont ceux qui se souviennent d’une époque pas très lointaine où le Togo était un véritable «marché aux investisseurs». Tous les jours que Dieu faisait, des individus, pour la plupart, des affabulateurs ou des imposteurs défilaient dans les salons de Lomé 2. Dans ses commentaires, la télévision nationale les présentait comme des investisseurs venus investir dans notre pays. Et puis, on n’entendait plus jamais parler d’eux. Des informations avaient après tout fait état de ce que ces fameux «investisseurs» n’étaient pas des opérateurs économiques, mais des gens qui venaient «investir» Lomé 2 pour soutirer des sous au maître des lieux.

          Plus que jamais, la vigilance s’impose afin que la Journée économique du Togo à Paris ne réveille pas les faux investisseurs qui dorment.

Houngbo et les «Togolaideries»

          Ils étaient nombreux, ceux qui avaient applaudi lorsque le Premier Ministre Houngbo, dans son discours programme à l’Assemblée Nationale, s’était donné un délai de six mois pour apporter un début de changement au quotidien des Togolais. Comme pour joindre l’acte à la parole, dès les premiers jours, d’importantes décisions avaient été prises, notamment la dispense du paiement de l’écolage dans les primaire et préscolaire, etc. D’autres mesures suivront plus tard. Entre autres, le relèvement du SMIG et du SMAG, etc.

          Mais s’il faut faire un bilan objectif de l’action du PM aujourd’hui que les six mois sont passés, on dira que, même si on ne peut pas soutenir qu’il n’a rien fait, on ne saurait affirmer non plus que le quotidien du Togolais moyen a connu une quelconque amélioration.

          Au contraire, pour beaucoup, la situation s’est plutôt détériorée. Boucler le mois reste un véritable parcours du combattant et le panier de la ménagère demeure désespérément vide. Il y a quelques semaines, des employés de l’ex-OTP ont été licenciés par centaines. La SOTOCO a été dissoute et dans les coulisses, on annonce des licenciements en perspective.

          Entre temps, on avait l’impression que le PM avait lui-même perdu l’enthousiasme du début. Face à l’immensité de la tâche, il a revu son optimisme à la baisse. De plus en plus, on l’a vu prendre la parole pour haranguer les foules lors des sorties folkloriques du Président à l’intérieur du pays. On l’a vu aux côtés de Faure Gnass au cours de manifestations qui visaient tout sauf l’amélioration des conditions de vie des Togolais. Pour tout dire, Houngbo, l’homme nouveau s’est mis au goût des «Togolaideries».

          On ne peut pas échouer partout. N’est-ce pas ?

Le retour de Fo Nico

          Depuis qu’il a refait surface il y a quelques jours après plusieurs semaines d’absence, Fo Nico n’est plus passé derrière le rideau. Il organise régulièrement des conférences de presse au siège de son parti, publie des communiqués, adresse des lettres au Président de la République et sillonne bruyamment les stations de radio et de télévision pour se prononcer sur les questions de l’heure. Cela n’étonne personne car c’est dans les habitudes de l’homme.

          La semaine dernière, Fo Nico qui, au demeurant, n’avait jamais caché son ambition de présider aux destinées du Togo est passé à la vitesse supérieure en annonçant sa candidature pour l’élection présidentielle de 2010.

          Ce n’est pour étonner personne si on sait que l’homme est désormais, avec plus d’une candidature, un habitué des élections présidentielles. Cependant, cela n’empêche pas des observateurs de se poser des questions sur le sérieux des candidatures de Fo Nico. A quoi sert-il par exemple de se porter candidat à une élection pour ne s’en sortir qu’avec un résultat microscopique ?

          On peut apposer à ces observateurs que la réalité commence toujours par un rêve. Mais ils auront beau jeu de nous opposer qu’il faut savoir jusqu’où ne pas rêver.

          En tout état de cause, Fo Nico doit avoir ses raisons. Attendons donc de voir jusqu’où il pourra aller cette fois.

Le paradoxe COTEC

          Lorsque, au lendemain de l’implantation de la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) au Port Autonome de Lomé, les transitaires et d’autres usagers du Port étaient montés au créneau pour dénoncer le renchérissement des frais dans le domaine des véhicules d’occasion, plusieurs observateurs avaient pensé que les autorités publiques allaient prendre la juste mesure de la situation pour reculer. Mais au fil des jours, on se rend compte qu’on en est loin et que COTEC risque d’être maintenu.

          Pour justifier le bien-fondé de cette société, on indique qu’elle supprime les réseaux de corruption et d’enrichissement illicite. On soutient qu’elle ne fait que du bien à l’économie togolais en faisant rentrer dans les caisses, beaucoup plus d’argent au titre des dédouanements, etc.

          Seulement voilà. Selon plusieurs informations, le renchérissement des frais de dédouanement provoque une baisse sensible dans les affaires au Port Autonome de Lomé. Selon certains chiffres seulement 324 voitures ont été immatriculées à Lomé en février 2009 contre 1200 en Février 2008, soit 27 % du total de la même période de l’année dernière.

          Si moins de véhicules sont immatriculés aujourd’hui, c’est tout simplement parce que moins de véhicules ont été sortis du Port pour la consommation locale.

          Il appartient à COTEC et ses promoteurs d’expliquer aux Togolais qui refusent de comprendre, comment une telle situation peut contribuer au développement de notre pays et de son économie.

Le gâchis

          Il ne se passe pratiquement plus de jour où on n’enregistre pas des accidents sur nos routes. Mais la semaine dernière, tous les records ont été battus en termes de pertes en vies humaines. En effet, un camion semi-remorque chargé de ciment qui se dirigeait vers un pays de l’hinterland a percuté sur le pont de Togblékopé, un minibus de 15 places qu’il voulait doubler. Le minibus a été projeté avec occupants dans le ravin avant que le camion semi-remorque ne vienne atterrir sur lui avec toute sa cargaison.

          Plus de cinq heures d’horloge ont été mis pour sortir les cadavres des décombres. A l’heure du bilan, on a compté 22 corps. Un véritable gâchis.

          Il est vrai que nos routes sont meurtrières. Mais il est aussi vrai que ce sont des hommes qui portent la lourde responsabilité d’une telle situation. Il suffit de prendre quelques mesures pour éviter l’hécatombe. Nos gouvernants doivent construire de bonnes routes avec des vrais ponts équipés de garde-fous dans le pays. Les conducteurs doivent observer les règles de prudence et du code de la route. Les agents de Police et de Gendarmerie préposés au contrôle sur les routes doivent cesser de soutirer de l’argent aux chauffeurs qu’ils autorisent de rouler en état de surcharge et avec des véhicules non en règle.

          Aujourd’hui, 22 personnes sont mortes à cause de la bêtise humaine. C’est bien triste. Il pourra arriver pire si des dispositions ne sont pas prises pour discipliner la conduite sur nos routes et pour doter notre pays de routes dignes de ce nom.

Potopéré reprend service

          Il y a quelques jours, les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation étaient parvenus à un consensus sur la nécessité du maintien de la CENI de 2007 jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI. En clair, Potopéré et son équipe vont devoir reprendre du service et poser des actes rentrant dans la préparation de la prochaine présidentielle.

          Seulement voilà. Deux personnes de l’équipe ne répondront pas à l’appel. Pas parce qu’ils ont claqué la porte à l’institution. Mais tout simplement parce qu’ils ont été entre temps, appelé à d’autres fonctions qui ne les autorisent plus à siéger à la CENI. Il s’agit de M. Kokou Tozoun et Mme Henriette Kouevi tous deux actuellement ministres dans le Gouvernement Houngbo.

          Mais pour l’essentiel, on prend les mêmes et on recommence… en attendant.

Salut les artistes !

          Les Togolais n’aiment pas les produits locaux. Cette assertion se vérifie non seulement sur le plan des biens de consommation courante, mais aussi et surtout sur celui de production artistique. C’est une vérité indéniable, que les Togolais préfèrent par exemple la musique étrangère à celle produite par les artistes de la chanson togolaise. Il est vrai qu’on ne peut pas demander aux Togolais d’acheter ou d’écouter du n’importe quoi, tout simplement parce qu’il s’agit d’une production nationale. Il est aussi vrai que tout ce que produisent nos artistes ne sont pas toujours de bonne facture. Mais il est vrai, bien vrai que les artistes togolais se sont beaucoup améliorés et que plusieurs d’entre eux font actuellement du bon travail.

          Malheureusement et curieusement, l’engouement que devait susciter cette avancée tarde à venir. Conséquence, nos artistes vivent dans le dénuement et la précarité totale. Plusieurs ont cessé depuis longtemps d’être artistes pour devenir des «as-tristes». C’est vraiment triste. Vivement une politique digne de ce nom pour sauver les artistes togolais.

L’apologie du coup d’Etat

          Ceux qui avaient cru que le Guide Libyen Kadhafi pourrait faire quelque chose de bon en Mauritanie dans le cadre de la médiation qu’il a entreprise dans ce pays doivent se refaire une opinion. L’homme a plutôt jeté de l’huile sur le feu en prenant ouvertement fait et cause pour les putschistes. Dans une intervention sur la crise née du coup d’Etat et des réclamations d’un retour à l’ordre constitutionnel, le Guide Libyen a déclaré que le Président chassé du pouvoir par les militaires doit accepter le fait accompli.

          En d’autres termes, le Président démocratiquement élu de Mauritanie chassé du pouvoir, arrêté puis assigné à résidence plusieurs mois durant avant d’être remis en liberté, doit passer l’éponge et se mettre au pas comme si de rien n’était.

          La pilule du Guide est d’autant plus amère qu’elle constitue un encouragement aux coups d’Etat en Afrique.

Kadhafi et la présidence à vie

          Le Guide Libyen ne fait pas que l’apologie des coups d’Etat. C’est un détracteur de la limitation des mandats présidentiels. Au Niger où il a effectué une visite, il a estimé que les peuples ont le droit d’élire à la Présidence de la République, qui ils veulent et autant de fois qu’ils le désirent même si c’est pour l’éternité.

          Cette déclaration venant d’un homme au pouvoir depuis plusieurs décennies et que l’idée d’une retraite n’effleure pas n’étonne personne. Ce qui choque c’est qu’elle risque de provoquer dans plusieurs pays, la ruée vers un tripatouillage des constitutions pour empêcher l’alternance au pouvoir.

 

Le Regard #636 du  10 mars 2009
Décision controversée du Comité de Suivi de l’APG : Conflit en vue entre l’UFC et le facilitateur de l’APG

Depuis que les partis non membres du CPDC ont commencé à donner de la voix, on s’attendait à ce que le cadre permanent soit vidé de sa substance et élargi à d’autres formations politiques. Mais pour passer à l’acte, le pouvoir devait d’abord s’assurer de l’adhésion et du facilitateur et de la CEDEAO et de l’Union Européenne. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la réunion du Comité de suivi mis en sourdine depuis un an est annoncée quelques jours après que Faure Gnassingbé eût discuté avec Blaise Compaoré  à Ouaga.

Les arguments du CAR et de l’UFC sont séduisants  d’abord parce que  les parties signataires qui réclament qu’on les associe au dialogue du CPDC étaient au gouvernement d’Union lorsque le décret pris avant les législatives a  subordonné la participation au  Cadre  permanent à l’obtention de 5 pour cent de suffrage aux élections. Ils avaient tous accepté la proposition puisqu’ils ne l’avaient pas contestée à l’époque. L’honnêteté voudrait qu’ils respectent le choix du peuple qui a désigné seulement trois partis pour siéger à la représentation nationale. Le CAR a noté un amalgame entre l’arbitrage des divergences d’interprétation de l’APG et l’évaluation du niveau de réalisation des engagements convenus par les parties prenantes au dialogue national. (voir réaction page 5).  Blaise Compaoré lui-même  a tout fait pour  que le décret portant  création  du cadre permanent soit pris. Et qui plus est,  lui-même à travers le communiqué de la 6e session du Comité de Suivi CS/APG/006/05/07 en date du 14 mai 2007 à Ouagadougou a cité l’instauration par décret pris en Conseil des Ministres d’un Conseil National de Concertation et de Dialogue Politique. Il est pour le moins paradoxal qu’il se rende complice de la remise en cause de ce dont il a favorisé la création. . Mais il semble qu’en politique la bonne ou mauvaise foi  n’a pas de sens dès lors que la fin justifie les moyens.

Ainsi, quelles que soient les raisons invoquées pour justifier le boycott du comité de suivi le fait que l’initiative ait la bénédiction du facilitateur et de l’Union européenne met le CAR et l’UFC en délicate situation. Accepter le fait accompli ou boycotter jusqu’au bout ?

Le piège du point 5-8

«En cas de différend sur l’interprétation de tout ou partie de l’Accord y compris les modalités d’organisation et de déroulement des opérations électorales, les parties signataires conviennent de s’en remettre à l’arbitrage du facilitateur». Pour le CAR et l’UFC, le règlement des divergences de l’interprétation des dispositions de l’APG relève de la compétence du facilitateur à qui il revient  de procéder le cas échéant à la consultation des parties entre lesquelles existent les dissensions relevées. A preuve, les organisations de la société civile le GF2D et REFAMPT n’ont pas comme d’autres partis politiques, réclamé leur présence au CPDC.

Mais si la polémique sur la procédure de convocation et les raisons justifiant ce boycott sont considérés comme un différend sur l’interprétation de l’APG, le fait même que Compaoré qui préside le Comité de suivi ait donné le feu vert à son ministre des affaires étrangères pour siéger en son nom signifie que le facilitateur a tranché et que son accord vaut donc arbitrage. Dans ce cas l’UFC et le CAR auraient dû y aller quitte à exprimer leur désaccord avant de se retirer du moins pour ne pas irriter l’Union européenne qui désapprouve la politique de la chaise vide.

Dans une récente interview accordée au Nouvel Afrique Asie, Gilchrist Olympio déclarait : «Nous avons besoin que l’on nous soutienne dans l’adoption et la mise en œuvre consensuelle des réformes préélectorales. Nous voudrions pour cela compter sur le Président Blaise Compaoré du Burkina-Faso, Facilitateur du dialogue inter togolais et Président du comité de suivi de l’APG et sur tous les partenaires du Togo » Mieux à plusieurs reprises l’UFC s’est adressé à Blaise Compaoré afin qu’il intervienne pour faire accélérer le dialogue  sur  les réformes institutionnelles. Il a suffi qu’il se décide à bouger après son long silence c’est pour faire grincer les dents.

 Blaise sur les traces d’Obasanjo

Et si ce facilitateur a donc la confiance de l’UFC, celle-ci aura du mal à contester son arbitrage même s’il fait la part belle au pouvoir RPT. Mais sur quoi comptait Gil pour faire confiance au président burkinabé ? Sans doute n’a-t-il  pas pris en compte cette réalité que les chefs d’Etat s’arrangent toujours pour ne pas déplaire à leurs pairs. On se souvient que le président de l’UFC avait fait la même confiance à Obasanjo qu’il considérait presque comme son ami au point de compter sur lui pour régler la crise togolaise. Qu’on se le rappelle, au lendemain de l’élection calamiteuse qui a eu lieu à la suite du décès du Général Eyadema en avril 2005 cette confiance que Gilchrist faisait à Obasanjo l’a poussé à répondre à un appel urgent de ce dernier en se rendant précipitamment à Abuja le 25 avril 2005 à l’insu de la coalition et de son coordonnateur Agboyibo. Alors que sur place les habitants de quartiers fiefs de l’UFC étaient pris d’assaut par des militaires qui entraient dans les maisons pour y molester les occupants, Obasanjo avait monté un semblant de discussion entre Gilchrist et Faure, discussion à l’issue de laquelle les deux protagonistes ont été invités à se donner l’accolade devant des caméras. Cette accolade diffusée par les médias avait été assaisonnée d’un communiqué du porte-parole d’Obasanjo, Olurémi Oyo annonçant que les deux parties se sont engagées pour la formation du gouvernement d’union et à résoudre leur différend. Quelques heures après, Gilchrist a démenti avoir signé un quelconque pacte, dénonçant ainsi le montage de son ami. Ce comportement n’a pas plu au président nigérian qui a tenu à le manifester. Ceux qui ont assisté au conclave d’Abuja le 19 mai 2005 se rappellent  comment Obasanjo a humilié Gilchrist Olympio ce jour là ,lui enjoignant presque de se soumettre à la volonté du tout jeune président. Et depuis, les deux amis ne se fréquentent plus.

Au vu de la caution apportée par le facilitateur Compaoré aux résultats des travaux du Comité de Suivi, on se demande si cela valait la peine comme l’UFC s’était évertué à le faire au CPDC, de réclamer la facilitation.

Abass Saib


L’union CAR–UFC mise à l’épreuve par le Comité de Suivi

          Le rappel du Comité de Suivi à savoir que le CPDC demeure un lieu de dialogue et de concertation et non une nouvelle instance de négociation résonne comme un défi lancé à l’UFC. Une manière de dire à ce parti que les décisions du CPDC ne s’imposent pas aux institutions de la République alors que les partisans de Gilchrist Olympio comptaient obtenir les réformes souhaitées à travers le Cadre Permanent. Devant cette situation, l’UFC est contraint de revoir sa stratégie. Il est clair que l’allié et d’ailleurs le seul qui puisse lui être d’une utilité capitale est bien entendu le CAR. Le parti de Me Apévon par son boycott de la séance du Comité de Suivi malgré les pressions de la facilitation a montré qu’il défend la même cause que l’UFC.

          Il se peut que le pouvoir ait choisi la fuite en avant en misant sur l’impossibilité du CAR et de l’UFC à se donner un seul candidat face à Faure Gnassingbé. Et il est vrai que le RPT tirera profit d’une double candidature de l’opposition parlementaire.

          Si les conditions d’organisation d’élection ne sont pas suffisamment transparentes, c’est l’UFC qui sera le plus grand perdant. Mais pour un combat plus efficace en vue d’obtenir de meilleures conditions d’organisation de la présidentielle, il lui faut avoir le soutien du CAR.

          En principe, la situation qui se présente aujourd’hui condamne les deux partis à envisager d’autres moyens de lutte. Or au moment où nous mettions sous presse, aucune initiative de ce genre n’est entreprise. Chaque parti, évolue en solo.

          Il y a quelques semaines le parti de Gilchrist Olympio menaçait de prendre la rue si le pouvoir s’entête à ne pas accepter ses exigences. Le moment est venu de mettre cette menace à exécution pour dissuader le bâclage du processus électoral en perspective.

          Dans les milieux proches du CAR, on se dit très disposé à lutter main dans la main avec l’UFC pour réaliser l’alternance en 2010. Mais à condition que Gilchrist Olympio fasse preuve de sagesse pour soutenir le candidat du CAR à l’élection présidentielle. A cet effet, la Convention de la Jeunesse du CAR a pris l’engagement de sillonner et mobiliser les populations sur la nécessité du retour de l’ascenseur, c’est-à-dire que l’UFC soutienne à son tour la candidature du CAR comme le CAR l’avait fait les années précédentes.

          Cette question du retour de l’ascenseur préoccupe tant les plus hauts responsables du CAR qui n’entendent pas transiger là-dessus. Pour le parti des déshérités, l’UFC devra s’engager à soutenir le candidat du CAR avant toute initiative commune face au pouvoir RPT. Ainsi donc l’UFC se retrouve face à une situation des plus complexes, obligé à la fois de gérer la situation créée par l’attitude du facilitateur et l’Union Européenne et d’obtenir vaille que vaille le soutien du CAR ou boycotter les élections faute d’avoir les moyens de faire triompher ses exigences. En tout état de cause, la concrétisation de l’ouverture du CPDC et les réactions qui s’ensuivront permettront de savoir si l’attelage CAR-UFC peut se réaliser.

L. R.


Le ras-le-bol des expropriés de Lomé 2 : Les victimes veulent rencontrer Faure Gnassingbé

          La construction du Palais Présidentiel de Lomé 2 avait nécessité beaucoup d’espace. Outre le domaine foncier devant abriter le Palais, des raisons relevant de la sécurité du Chef de l’Etat ont été évoquées pour confisquer aux propriétaires terriens de la zone, plusieurs hectares de terres. Des gens qui vivaient ou travaillaient tranquillement la terre dans le périmètre sollicité ont été tout simplement dépossédés de leurs biens. Depuis, ils ont tout perdu et vivent dans la galère.

          Les victimes de cette mesure d’expropriation ont plus d’une fois déjà, engagé des démarches pour obtenir réparation. Mais leurs complaintes semblent toujours tomber dans des oreilles de sourds.

          On en était là lorsque, dans le cadre des préparatifs du sommet de l’OUA qui devait se tenir à Lomé en 2000, il a été prévu la construction d’une cité avec des villas de grand standing qui devraient servir à loger les chefs d’Etat. Et comme pour bien faire, c’est le site de Lomé 2 qui a été choisi pour abriter cette cité. Suite aux appels de l’Etat, des particuliers et autres entreprises s’étaient portés candidats pour la construction desdites villas. Afin de leur faciliter la tâche, l’Etat avait mis gracieusement les terrains à leur disposition. Dès lors que l’Etat offre gracieusement des terrains à des particuliers pour construire des villas qui en définitive restent des biens privés, les terrains qui étaient naguère considérés comme faisant partie d’une réserve administrative sortent du patrimoine de l’Etat pour devenir la propriété des particuliers en question.

          Il n’en fallait pas plus pour que l’affaire des terrains de Lomé 2 ressuscite. Les premiers propriétaires qui estiment avoir été spoliés au profit d’autres exigent que leurs terres leur soient rétrocédées. Ils ne comprennent pas au nom de quoi l’Etat peut faire cadeau de leur domaine foncier à des particuliers. Et puis, à partir du moment où les terrains confisqués doivent servir à d’autres fins que celles évoquées au moment de la confiscation, ils estiment que le problème de la sécurité du Chef de l’Etat ne se pose plus et qu’ils peuvent rentrer dans leurs biens.

          Au cours de leurs démarches, il avait été proposé à certaines victimes, de choisir entre garder leur terrain ou se faire reloger ailleurs. Mais en réalité, il ne s’agissait que d’une grosse arnaque car toutes les victimes sont encore aujourd’hui logées à la même enseigne. Ceux qui ont accepté de se faire reloger ailleurs ont été, après moult péripéties, réinstallés. Mais en fin de compte, ils ont été chassés par les propriétaires des lieux avec la complicité – passive ou active – de la Justice et sous le regard cynique des autorités. Aujourd’hui, tout comme ceux qui avaient rejeté l’offre de la réinstallation, ils se retrouvent sur le carreau, sans rien et vivent dans le dénuement total. Certains parmi eux ploient sous le poids de l’âge et sont minés par la maladie mais ne peuvent même pas se soigner.

          Selon des informations largement répandues, sous le prétexte de la sécurité du Palais Présidentiel, des hauts galonnés et des barons du régime auraient fait main basse sur des hectares entiers qu’ils se sont partagés au détriment de pauvres populations qui en détiennent les titres fonciers. C’est, dit-on, pour cette raison que les démarches des victimes n’aboutissent pas.

          Depuis plusieurs années, tous les ministres en charge de l’urbanisme et de l’habitat saisis du dossier se sont contentés et se contentent encore de tromper les victimes et de les tourner en bourrique en faisant des promesses qu’ils ne tiennent pas. Certains de ces ministres reconnaissent en privé le bien-fondé des démarches des victimes mais s’avouent impuissants, au motif que cette affaire les dépasse. Jusqu’à quand laissera-t-on perdurer cette situation d’injustice flagrante ?

          Dans un pays qui se respecte et au nom de la Justice, il serait indiqué de procéder à l’évaluation des terrains confisqués et au dédommagement des victimes.

          Des informations indiquent que les victimes envisagent de s’organiser pour rencontrer le Chef de l’Etat afin de lui exposer la situation. Mais Dieu seul sait si les grands voleurs de terrain au nom de l’Etat qu’ils trouveront malheureusement sur le chemin ne leur barreront pas la route qui mène au Palais présidentiel.

          Affaire à suivre.

L. R.


Conséquence de la cherté du prix du carburant : L’essence vole au Ghana et vendu moins cher au Togo

          Le prix élevé du pétrole au Togo par rapport aux pays voisins alimente la spéculation. Le super sans plomb coûte 500f au Togo alors qu’il est acheté entre 250F et 300F au Ghana et 350 f au Bénin. Et tout naturellement. De nombreux togolais traversent de plus en plus les frontières pour s’approvisionner. Des camions et voitures traversent les frontières à longueur de journée pour faire le plein de leurs véhicules au niveau et au delà des frontières du   Bénin et du  Ghana ne se comptent plus. A cette allure, il est à craindre que nos stations d’essence perdent leurs clients.

          Le trafic d’essence entre le Ghana et le Togo a atteint un niveau tel qu’Accra entend prendre des mesures répressives. Les compagnies de distribution semblent incapables de mettre un terme à un vol à grande échelle dans les stations-service des environs d’Aflao, à la frontière avec le Togo.

          Les cuves des stations sont littéralement siphonnées par des gangs spécialisés qui font ensuite passer l’essence au Togo par camion ou par bateau.

          Le trafic s’est amplifié depuis décembre dernier quand le litre de super sans plomb a baissé à la pompe au Ghana.

          Certains gérants de stations-service travaillent main dans la main avec les réseaux mafieux pour voler l’essence, selon la police ghanéenne. Cette situation  qui  constitue un lourd préjudice pour les distributeurs locaux était prévisible dès lors que le prix de l’essence est élevé au Togo alors qu’il a chuté dans les pays voisins. Dans ces conditions la lutte contre la vente de carburant illicite s’avère difficile voire impossible. On se souvient que lorsque le problème de pénurie du ciment s’était posé les autorités avaient procédé à une augmentation du prix du ciment sous prétexte de l’homologuer avec celui des pays voisins dans le but de mettre un terme à la spéculation. Pourquoi alors ne pas aligner le prix de l’essence au Togo sur celui pratiqué dans les pays voisins soit une moyenne de 300 F pour éviter que les togolais n’abandonnent les stations d’essence pour s’approvisionner à l’extérieur ou chez les clandestins avec toutes les conséquences que cela suppose ?

          La manière dont les points clandestins d’essence se multiplient comme ceux de vente d’eau glacée à Lomé est si inquiétante que bientôt, toute l’armée togolaise mobilisée ne pourra rien contre ce phénomène.

L. R


Un 4e décret pour ouvrir le CPDC

          La décision du Comité de Suivi de l’APG d’élargir le CPDC à d’autres acteurs risque d’accentuer la tension perceptible entre les acteurs politiques à l’approche de l’élection présidentielle.

          Pourtant quelques jours plus tôt, les participants au CPDC ont arrêté une liste de points sur lesquels ils souhaitent faire des propositions de modifications du code électoral. Les participants se seraient convenus de recenser les points d’accord et de désaccord pour gagner du temps. L’actuel CPDC est consacré par le troisième décret. Un quatrième serait envisagé pour concrétiser son ouverture aux autres signataires de l’APG. L’irruption d’autres signataires de l’APG dans le Cadre Permanent est un stratagème pour transformer les débats politiques du CPDC en une confrontation entre les amis d’hier, c’est-à-dire la CPP, la CDPA, le PDR d’une part et le CAR et l’UFC de l’autre. Cette confrontation est d’ailleurs inévitable quand on sait que l’opposition parlementaire milite pour la mise à l’écart des partis qui ne sont pas représentés à l’Assemblée Nationale. Mieux, l’UFC qui se prévaut de son poids politique pour revendiquer une place égale avec le RPT considère ces anciens camarades de lutte comme des métayers du pouvoir. Ainsi au lieu d’un seul adversaire, l’opposition parlementaire en aura deux. Par ce stratagème, le RPT espère sans doute profiter de la guéguerre entre les anciens amis pour se tailler une marge de manœuvre encore plus grande.

 

L’ancienne CENI réhabilitée par consensus au CPDC

          Selon le communiqué rendu public à l’issue des travaux du CPDC du lundi 9 mars 2009, les membres du CPDC sont arrivés à un consensus sur la nécessité du maintien des membres de la CENI en place jusqu’à la désignation d’une nouvelle CENI.

          Ils se sont également entendus sur la nécessité de la prorogation des délais légaux relatifs au dépôt et à la publication de la liste des candidatures pour les élections présidentielles et législatives.

          Il est fort probable que les points de consensus soient adoptés par l’Assemblée si par la suite, les divergences subsistent au sujet de sa composition. Cette CENI dirigée par Potopéré Tozim compte 19 membres. L’opposition parlementaire est représentée dans cette ancienne CENI par 4 membres. 2 pour le CAR et 2 pour l’UFC. Elle répond à l’ouverture préconisée par le Comité de Suivi lors de sa session du 7 mars 2009.


Togo : SOS pour bibliothèque nationale en décrépitude

          L’état de délabrement des murs de ce symbole de l’intelligentsia togolais en plus du manque d’informatisation de ses services au moment où toutes les bibliothèques se sont engagées dans la révolution informatique mérite qu’on s’y attarde. Paradoxalement, les autorités togolaises ne semblent se rappeler l’existence de la bibliothèque nationale que lorsqu’ils ont besoin d’un document d’archive. Sa protection et sa conservation importent très peu.

          C’est par arrêté N° 608 du 12 octobre 1933 que ce qui est appelé communément aujourd’hui la Bibliothèque Nationale a pris corps sous l’Administration Française.

          A l’époque, on l’appelait Bibliothèque Centrale du Togo. Quatre ans plus tard, elle prendra le nom du Service de Documentation Générale par arrêté N° 529 du 16 Octobre 1937. Peu après, un autre arrêté, celui N° 241-D-G du 15 mai 1945 lui conférera la dénomination de «Service Local de l’Institut Français d’Afrique Noire». Cette appellation sera conservée jusqu’à l’indépendance où elle deviendra conformément à l’arrêté N° 197/PM/MTAS/FP du 16 Novembre 1960 l’Institut Togolais des Sciences Humaines. Près d’une décennie après, en 1969, le décret N° 69-178 du 1er Octobre fera d’elle la Direction de la Bibliothèque Nationale  et par celui du 12 Août 1992 elle est devenue la «Direction de la Bibliothèque et des Archives Nationales» ; (Appellation Vraie). C’est dire donc que le parcours de cette institution qui comporte une Bibliothèque et un département des archives avec aujourd’hui près de 18.500 documents est assez riche.

          Mais curieusement, le constat aujourd’hui est que cet intérêt a fait place à l’abandon. Interrogés, les principaux responsables de la structure qui devraient se prononcer sur la situation réelle se sont montrés très évasifs, sans doute pour éviter des ennuis des autorités gouvernementales. L’état même des locaux de la bibliothèque nationale témoigne qu’elle est reléguée aux oubliettes.  Du point de vue infrastructures, les besoins sont flagrants. Les magasins pour le stockage des documents sont exigus, de même que les salles de lecture qui ne répondent plus à l’affluence actuelle. Pour couronner le tout, le bâtiment en lui-même est en état de délabrement avancé. Il se dit que la Direction prévoyait réaménager certains endroits des locaux mais les fonds d’investissement et d’équipement qu’on octroie généralement et à base desquels elle entendait le faire se font toujours attendre cette année.

          Voilà la situation dans laquelle se trouve la Bibliothèque au moment où l’on célèbre des fêtes à coups de milliards. A la bibliothèque nationale, l’ordinateur est un objet rare. On en trouve à peine pour la gestion des documents. Dans un tel contexte, il ne faut même plus penser à la connexion Internet. Certains agents estiment que quand le Directeur doit, pour des urgences professionnelles, se connecter, il est obligé de sortir du service ou, lorsqu’il n’est pas sous l’emprise du temps, attendre midi ou le soir pour aller en ville. En plus de cela, il n’y a pas de poste téléviseur, pas de vidéo caméra, de rétroprojecteur, de magnétoscope… Des carences qui ne sauraient se justifier à cette époque où l’on parle de village planétaire.

Du point de vue document, la situation est aussi moins reluisante. On affirme que la capacité du centre  en document peut-être évaluée à environ 18.000 ou 18.500 ouvrages mais dont l’écrasante majorité datent d’il y a longtemps. Les approvisionnements ne sont pas faits et même s’ils devraient se faire, avec un budget qui ne permet pas d’acheter les documents en quantité et en qualité. D’où le déficit en nouveaux documents qu’accuse l’institution, ce qui cause d’énormes problèmes aux étudiants et enseignants chercheurs.

          A l’heure où les nouvelles technologies de l’information offrent des opportunités de meilleure conservation de documents sur des supports sécurisés, les documents de la bibliothèque nationale sont exposés à la poussière et à l’humidité.

          Quelques agents de qui nous avons soutiré subrepticement des informations sur la situation de la Bibliothèque en ce qui concerne les ressources humaines ont avoué de réels besoins dans ce domaine. «Je suis seul à surveiller toute cette salle et quand il y a de l’affluence, des lecteurs véreux partent avec des documents sans que je ne m’en rende compte», déplore un agent de surveillance. Au fond, il se dit que la situation dépasse le simple cadre d’agents de surveillance et s’étend à tout le personnel. En tout et pour tout, on dénombrait avant le récent concours 13 agents (y compris le Directeur) dont 2 professionnels de Bibliothèque et 2 archivistes professionnels. Le recrutement a permis d’y envoyer 08 autres agents. La question est de savoir si ceux qui ont répondu à l’appel sont formés pour exercer efficacement leur fonction. Et dire que c’est cette structure qui constitue la principale source de documentation pour tous les étudiants et chercheurs du pays !c

K. Ségniagbéto


Ça vous regarde

Journée de la femme. Et après ?

          Depuis plusieurs années, la date du 08 mars est célébrée comme la journée internationale de la Femme. Conscients de l’important rôle que jouent les femmes dans nos sociétés, nous n’avons rien contre la chose. Au contraire, nous sommes de ceux qui pensent que nos mères, nos épouses et nos sœurs ne sont pas assez honorées.

          Au Togo où on ne veut pas être en reste, on célèbre aussi la journée de la femme. Malheureusement, ici, alors que la gente féminine est confrontée à d’énormes problèmes, on semble tout limiter à de beaux discours. On privilégie l’aspect festif aux réflexions de fond pouvant conduire à l’amélioration des conditions de la femme.

          C’est toujours bien de s’amuser. C’est toujours bien de se défouler et de demander aux hommes de faire plaisir ou d’honorer leurs femmes en allant à la cuisine le 08 Mars. Mais limiter la journée internationale de la femme à ces plaisanteries est tout simplement irresponsable.

          Les gouvernants qui nous ont déjà servi des discours  à l’occasion de cette journée, continueront à nous en inonder. Mais tout cela ne rime à rien tant que la condition de la Femme n’évoluera pas positivement. Il faut qu’on pense sérieusement à la promotion, à la vraie promotion de la femme dans nos pays. C’est cela l’enjeu de la célébration du 08 Mars.

Vous avez dit sexe faible ?

          La femme est généralement considérée comme le sexe faible. Les hommes ont souvent tendance à les regarder de haut avec une condescendance avérée. Dans nos sociétés africaines, elles sont pratiquement réduites à l’état d’êtres de «seconde zone». Si aujourd’hui, on se trouve dans l’obligation de créer des événements pour les honorer ou pour les promouvoir, c’est parce que d’une façon générale, la femme a été pendant longtemps «ghet-toisée» et ses droits bafoués. Au moment où nous écrivons ces lignes, dans certaines régions, les jeunes filles, femmes de demain n’ont pas droit à l’école. Les mariages forcés ou précoces, les viols, l’inceste, le lévirat, le harcèlement sexuel et le mépris sont leur lot quotidien. Tout cela est vrai.

          Mais comme les règles ont toujours des exceptions, heureusement ou malheureusement – c’est selon – toutes les femmes ne sont pas faibles. Il y a en a qui portent bien la culotte et tiennent la dragée haute aux hommes. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et il faut bien cacher des choses pour sauver les apparences. Mais ils sont en réalité bien plus nombreux qu’on peut le croire, les hommes qui sont malmenés, maltraités et même battus par leur femme. C’est malheureusement des affaires et des questions qu’on  n’aime pas aborder en public. Autrement, il y a longtemps que la communauté internationale aurait institué une journée internationale de l’homme.

          Comme quoi, le sexe dont on dit qu’il est faible peut se révéler plus fort que le sexe fort.

Dur, dur d’être à l’EAMAU

          Payer 2.500.000 F CFA pour embarquer dans la galère, c’est certainement le choix opéré par les élèves de l’Ecole Africaine des Métiers d’Architecture et d’Urbanisme (EAMAU). En effet, depuis quelque temps, des informations font état de ce qu’il ne fait plus bon de fréquenter cette école où on manque de tout. Les conditions d’étude et de vie y sont tout simplement exécrables.

          Il y a quelques semaines, les élèves qui voulaient manifester contre leur condition ont dû rentrer dans leur coquille. Les dirigeants de l’école avaient tout simplement fait appel aux forces de sécurité pour les mater.

          Dans leurs discours, nos gouvernants aiment parler de la jeunesse en termes élogieux. On a tendance à croire, lorsqu’on les écoute, qu’ils attachent du prix à la formation de la jeunesse. Mais lorsque viennent à se poser des problèmes relatifs justement à la formation de la jeunesse, leurs actions divergent avec leurs discours.

          Ainsi par exemple, face à ce qui se passe à l’EAMAU, le Conseil d’Administration qui s’est réuni a demandé aux élèves de reprendre le chemin de l’école. Mais qu’est-ce qui a été décidé concrètement au sujet de leurs conditions d’étude ? A l’EAMAU même, on ne le sait pas.

Le paradoxe du droit de la femme

          La journée internationale de la femme a une fois encore donné l’occasion de parler du droit de la femme. Selon plusieurs observateurs, la femme, parce qu’elle est faible, a besoin de protection. Et cette protection doit venir des hommes qui constituent le sexe fort. Curieusement, dans le même temps, la femme se proclame égale à l’homme. La protégée pourrait-elle être l’égale de son protecteur ? C’est ça le paradoxe.

          En réalité, le problème de l’égalité des sexes ne devrait pas se poser. C’est une question réglée par les Saintes Ecritures. Parler d’égalité entre l’homme et la femme serait une sorte de blasphème et ferait appel à une révolution biblique. C’est pourquoi certains pensent qu’il vaut mieux privilégier la complémentarité entre l’homme et la femme que de s’accrocher à l’égalité des sexes.

On réclame l’ouverture de l’ouverture

          Les partis signataires de l’Accord Politique Global qui n’ont pas eu la chance d’avoir 5 % de voix au moins ou un siège à l’Assemblée nationale vont finalement siéger au CPDC. C’est en tout cas, ce qui vient d’être décidé à Lomé le week-end dernier.

          Cette décision a fait et continue de faire au sein de la classe politique togolaise, l’effet d’une course au clocher. En effet, à peine le CPDC a-t-il été ouvert à toutes les formations signataires de l’APG  que d’autres partis non signataires cette fois-ci élèvent la voix pour réclamer une autre ouverture pouvant leur permettre de participer aux travaux du CPDC.

          A cette allure, le CPDC risque de devenir un panier à crabes, une véritable foire. Et plus on sera nombreux, plus on s’amusera. La pagaille ne sera que plus grande, pendant que l’essentiel attend.

AZ prépare ses missiles de proverbes

          Ceux qui ont voulu se précipiter pour enterrer Zaza doivent se raviser. Ce n’est pas parce que son parti n’a pas obtenu le moindre siège à l’Assemblée nationale et qu’il n’a pas fait un score d’au moins 5 % de voix sur le plan national qu’on doit chanter son requiem. On peut dire qu’il est en voie de mourir politiquement, mais il n’est pas encore prêt à aller au cimetière. La preuve, c’est que comme ses pairs signataires de l’APG qui ne siègent pas au CPDC, le Prince KOMAteux Zaza est finalement repêché et prendra désormais bien part aux travaux de cette structure. On ne perd rien pour attendre. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’homme est certainement en train de s’échauffer et de préparer ses missiles de proverbes. C’est tant pis pour ceux qui le croyaient fini.

Les félicitations qui fâchent

          A l’occasion d’une réception organisée pour la fin de mission Filiberto Sébrégondi au Togo, le diplomate européen a prononcé un important discours dans lequel il a rendu un hommage appuyé au Ministre de la Coopération, Gilbert Bawara. «Je veux ensuite rendre hommage à mon ami et petit frère (…) le Ministre Gilbert Bawara qui, avec sa sagacité d’homme politique, ses compétences professionnelles acquises au long d’une brillante carrière internationale, son talent de communicateur et ses qualités humaines a été pour moi un partenaire indispensable sans lequel ma propre réussite n’aurait pu être aussi complète et fructueuse. Nous sommes aussi devenus et resterons de grands amis», avait-il déclaré.

          Si ces hommages sont allés droit au cœur de Bawara et ses proches, il n’en a pas été ainsi partout ailleurs, si l’on sait que le ministre de la Coopération compte bien de détracteurs au sein de la classe politique nationale. Ces derniers doivent avoir certainement très mal considéré les hommages de Sébrégondi.

Pourvu que ça marche

          Les Eperviers du Togo ont finalement un sélectionneur et entraîneur national. Jean Thiessen, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a signé son contrat avec la FTF la semaine dernière. Il remplace à ce poste le Français Patrice Neveu. A la signature de ce contrat, il s’est engagé à qualifier le Togo aux phases finales de la CAN et du Mondial 2010.

          Nous ne pouvons que souhaiter beaucoup de chance au nouvel entraîneur. Mais la question se pose de savoir si sa seule détermination suffira pour mener le football togolais à bon port. Le Togo a connu de grands entraîneurs qui, tout comme M. Thiessen, ne déméritent pas de par leur compétence. Mais l’atmosphère polluée dans laquelle ils sont appelés à travailler a finalement eu raison de leur talent.

          M. Thiessen a-t-il pris le pouls de la situation avant de s’engager ? Bon vent quand même !

Quand Bongo se fâche

            Le soleil n’est plus au beau fixe entre Bongo Ondimba et ses amis français. Le Chef de l’Etat gabonais a été jugé et condamné dans une affaire civile à Bordeaux. Des comptes en banque ouverts en son nom ont été bloqués, avec à la clé, 4,2 millions d’euros. Avant cette odyssée, la presse s’était abondamment consacrée au patrimoine immobilier de Bongo en France.

          Il n’en faut pas plus pour susciter le courroux du maître de Libreville. Le Parti Démocratique Gabonais dont Bongo est le Président est en train de se préparer à prendre des mesures de rétorsion contre les intérêts de la France au Gabon.

          On se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, pour s’être attaqué de front à la Françafrique, provoquant ainsi la colère de Bongo Ondimba, un ministre français avait perdu son poste.

          Le juge français pourra-t-il, pour sa part, aller au bout de ce bras de fer ? On attend de voir.

Entre nous

          Mon frère, comment que ça va aujourd'hui ? L'autre fois, j'ai vu que tu te fâchais beaucoup la colère. Tu sais, dans pays ici, les quelques choses qui se passent ne sont pas bons. Si tu veux prendre tout pour travailler, tu vas devenir maigre et puis les gens vont parler tu as "trappé" le Sida.

          Moi-même quand je pense la tête, je ne content pas. Je ne sais pas ce qu'on a fait et puis Dieu a fait notre pays comme ça. Mais quand nous mangeons l'air comme ça, le gouvraiment est content. C'est pourquoi il ne fait rignin pour que nos problèmes vont finir.

          Tu veux savoir affaire de CPDC-là, c'est quoi même. Tu as raison. Moi-même j'ai regardé kakaka… je crois qu'il ne faut pas attendre quelque chose. Parce que tout ça, c'est s'amusement seulement. On va rester ici et puis on va fatiguer. On n'aura rignin.

          L'autre fois, quelqu'un m'a parlé que Aviyomé partage l'argent. Je ne sais pas si c'est vrai. Je vais voir si c'est vrai et puis je vais te dire pour que tu vas aller toi aussi. Tu sais, les gens-là, ils n'ont pas les problèmes. Ils ont l'argent parce qu'ils ont beaucoup volé. Si quelqu'un veut te donner, il faut prendre pour bouffer.

          Mon frère, tu sais, là où que moi je suis, j'ai peur. Toi-même tu sais que la pluie va venir dans quelques jours. Tu sais aussi que dans Lomé ici, quand la pluie pleut, c'est les problèmes qui viennent. Tout le monde se retrouve dans l'eau.

          L'année dernière l'eau a pris les maisons et les gens sont partis poser avec leurs bagages dans les écoles. Cette année je ne sais pas comment on va faire. Il faut donc qu'on va faire la prière pour que Dieu va nous faire la faveur.

A bientôt Sanblag

Le Regard #635 du  3 mars 2009
L’artiste togolais de la chanson Ouyi Tassane n’est plus

          L’intellectuel de la chanson togolaise, inégalé dans son talent de chanteur, musicien compositeur, arrangeur… Ambroise Ouyi Tassane n’est plus. Il est mort hier lundi 02 mars 2009 au petit matin dans son Bassar natal où il a dû se replier depuis quelques années déjà. Cette mort survient à la suite d’une maladie qui a soustrait cet artiste complet de la vie publique voilà quelque temps.

          Pendant sa carrière musicale, Ouyi Tassane a marqué les hommes et les cœurs de son époque. Véritable touche à tout, les thèmes qu’il abordait dans ses chansons aux compositions poétiques étaient tout aussi variés que l’amour, la condition humaine, la vie, la mort, etc.

          Qui n’a jamais fredonné ou écouté avec plaisir des morceaux de son répertoire comme «Rejaki», «Tu ne m’écris plus», «Le Combattant», «Ne pleurez pas pour un homme comme moi», «Le géant fromager», «Terre natale», «Sacré Bon Dieu»…

          Avec la disparition de Tassane, c’est un monument de la chanson togolaise et africaine qui s’effondre. C’est une bibliothèque qui a brûlé, un philosophe engagé qui s’en est allé, la voix des sans voix qui vient de s’éteindre.

          A travers son œuvre, Ambroise Ouyi Tassane est et demeure inoubliable pour nous au Togo tout comme tant d’autres grandes figures de la chanson au Togo, en Afrique et dans le monde.

          Ouyi Tassane, écrivions-nous tantôt était un véritable touche à tout. C’est vrai. L’homme n’est pas une référence en matière musicale seulement. C’était aussi un homme des médias. A ce titre, il avait occupé d’importantes fonctions à Radio Lomé et à la Télévision Togolaise avant de se retrouver à la tête de Office Togolais du Disque (OTODI), une maison de production discographique.

          Ambroise Ouyi Tassane a fini sa course avant d’avoir livré tous les secrets de son talent. Son nom sera à jamais gravé dans les annales de la chanson togolaise.

          Puisse Dieu le recevoir dans son royaume céleste.

L. R.  (Avec le concours de Agbotcho Madatina)


Le piège de la facilitation : Un compromis pour repousser les problèmes à plus tard

La  classe politique togolaise, du moins les partis qui monopolisent l’échiquier politique ont sacrifié à la tradition en ajournant le problème faute de pouvoir le régler. En cas de blocage des discussions, le CPDC est arrivé à une formulation consensuelle libellée comme suit.

«En cas de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le président de la République. Le chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres du cadre, les solutions appropriées avec le recours à la facilitation le cas échéant».  Le compromis tel que proposé, pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Il s’agit là d’une politique de gribouille, allusion faite à ce personnage qui, voyant venir la pluie, s’est précipité dans le fleuve de peur de se mouiller.  Il en a toujours été ainsi depuis 1992. (Voir rappel page 5).

          D’abord, il est question de se référer au chef de l’Etat qui lui-même est déjà président du dialogue. En cas de blocage donc, il appartient au  président de la République  d’instaurer un autre dialogue avec les responsables du CAR de l’UFC et du RPT avec l’aide de la facilitation le cas échéant c’est-à-dire si la nécessité se fait sentir. Dans le cas d’espèce, celui qui doit juger de l’opportunité de cette facilitation c’est le chef de l’Etat. Or celui-ci n’est astreint à quelque obligation que ce soit et il n’est nulle part indiqué le consentement préalable des parties au dialogue avant le recours à la facilitation. En outre, il n’est pas certain que tous les «dialogueurs» du CPDC ont  la même interprétation de ce concept.

          Dans l’esprit UFCiste, par «facilitateur» on entend un personnage de préférence un non  Togolais qui aurait pour mission de départager les protagonistes en proposant des compromis lorsque les parties au dialogue ne s’accordent pas. Dans l’entendement du parti de Gilchrist Olympio, «Facilitation» est assimilée à «médiation». Mais la facilitation selon Larousse c’est l’action de faciliter. Le mot facilitateur que Zarifou Ayeva semble-t-il se vante d’avoir introduit dans le jargon politique au Togo est à définir parce qu’ignoré par le dictionnaire  de la langue française. Mais en attendant de le définir sans équivoque avec le concours de l’académie française, chacun  l’interprète comme il l’entend. Le soi-disant compromis parle de facilitation et non de facilitateur. N’importe qui peut être donc désigné pour faciliter encore qu’il n’est pas indiqué que ce soit une facilitation étrangère.  Selon Larousse, la médiation est une entremise destinée à amener un accord. Le médiateur  est une tierce personne  chargée de proposer une solution de conciliation aux parties en litige.

Quand bien même le chef de l’Etat candidat à sa propre succession déciderait  de confier la facilitation à un étranger, il ne commettra pas l’imprudence de désigner quelqu’un qui ferait la part belle à ses adversaires.

Le diable se trouve dans le détail, dit-on souvent. Lorsque les politiciens tels les larrons en foire se donnent un compromis boiteux c’est que chacun en a sa propre idée et se prépare pour tirer la couverture de son côté le moment venu. Or quand survient le désaccord, c’est souvent celui qui a la force légale et militaire qui impose sa loi. Le problème togolais est d’abord un problème de conquête et de conservation du pouvoir selon qu’on soit dans un camp ou dans l’autre. La méfiance qui pousse à faire appel à des pompiers étrangers n’arrêtera pas tant qu’il en sera ainsi. A la limite, on trouvera une formule pour renvoyer le problème sine die.  En fait, cette histoire de facilitation n’est qu’une petite manœuvre pour continuer les discussions au CPDC, recenser les points convergents, accumuler les divergences pour alimenter de nouvelles querelles politiciennes plus tard.

Abass SAIB


Faure Gnassingbé à Ouaga : «Si les discussions durent trop… il faut envisager d’autres moyens»

La situation togo-aise a été au menu des discussions entre les présidents Compaoré et Faure Gnassingbé dimanche 1er mars 2009 à Ouagadougou. Le Chef de l’Etat a échangé avec son homologue burkinabé au sujet du dialogue en cours au sein du CPDC. La question des réformes politiques et institutionnelles, sans oublier la présidentielle de l’année prochaine  ont  été les  probables sujets de discussion avec le facilitateur de l’APG.

A sa sortie d’audience, le chef de l’Etat togolais répondant à une question de la presse sur ce qu’il fait face au rejet par l’opposition parlementaire de la mouture du code électoral soumis à l’Assemblée nationale, a déclaré :

«Vous savez que, depuis 2007, nous faisons tout pour nous en tenir à la méthode qui marche. Le facilitateur, Blaise Compaoré, est toujours à nos côtés. Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous venez d’évoquer, seulement, à l’impossible nul n’est tenu. Si les discussions durent trop, il y a des délais, en ce moment, il faut envisager d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter. Il faut tout faire pour rapprocher les points de vue, les problèmes, il y en aura toujours, il faut tout faire pour les résoudre. Moi, j’ai choisi le dialogue et le consensus».

Puisqu’il n’avait pas  été fait mention du nom du facilitateur burkinabé dans le compromis du 24 Février, on pourrait penser que Blaise Compaoré n’est plus impliqué dans la gestion des suites de l’APG. Or voilà que Faure Gnassingbé qui est chargé de rechercher les solutions appropriées avec le recours à la facilitation déclare que «le facilitateur Blaise Compaoré est toujours à nos côtés». Si au sortir des discussions avec le facilitateur, Faure Gnassingbé déclare qu’à l’impossible nul n’est tenu et que si les discussions durent trop, il peut être fait recours à l’Assemblée, il faut s’attendre à ce que le palabre du CPDC se termine en queue de poisson surtout que les positions du RPT et de l’UFC apparaissent si irréconciliables et que le CAR se refuse à s’aligner sur la position de l’un ou l’autre.

Faisant allusion à ceux qui veulent ralentir le rythme pour après les mettre devant le fait accompli, Jean-Pierre Fabre estime que «si la bonne volonté prévaut partout, le temps est suffisant pour organiser de bonnes élections. Il faut surtout éviter sous prétexte de temps et de délai, de bâcler la préparation de ces élections».

L’UFC ayant donc menacé de recourir aux manifestations de rues pour faire triompher ses exigences, on attend de voir ce qu’il en sera dans les prochains jours.

  1. S.

Des observateurs de la CEDEAO et l’Union Européenne au dialogue du cadre permanent

          Le représentant de la CEDEAO au dialogue intertogolais, le Nigérien Maï Manga Boukar et le représentant de l’Union Européenne Joao de Melo Sampaïo ont assisté aux discussions du CPDC hier 02 mars 2009. Au sortir des débats, aucune déclaration n’a été faite à la presse. De sources concordantes, les représentants du parti au pouvoir reprocheraient aux représentants de l’UFC de vouloir les obliger à transformer l’Assemblée Nationale en un godillot du CPDC.

          L’UFC tient à ce qu’elle appelle la «légalisation des procédures». Pour le Secrétaire Général de l’UFC, «il ne faut pas laisser la Cour Constitutionnelle faire ce qu’elle veut pour finalement proclamer n’importe quel résultat définitif. Il ne faut pas non plus que la CENI ait la liberté d’organiser le traitement et la proclamation des résultats fantaisistes. Il faut que toute la procédure soit inscrite dans le code de telle sorte que si la procédure n’est pas suivie, on puisse dire voilà par où la procédure pêche et ça, on y tient parce que nous avons constaté que lors des dernières élections, la CENI livrée à elle-même n’a pas proclamé les résultats réels». Pour l’UFC, l’administration doit être à la disposition de la CENI pour exécuter à la demande de celle-ci les tâches qu’elle juge nécessaire.

Pour Jean-Pierre Fabre, «Quand on parle de l’indépendance de la CENI, c’est par rapport au pouvoir en place et le pouvoir en place c’est l’administration. Il vaut mieux que l’administration se tienne à la disposition de la CENI pour, en cas de besoin, contribuer à l’accomplissement des tâches qu’on lui demande

Le parti au pouvoir et le gouvernement trouvent les exigences de l’UFC inacceptables parce qu’elles tendraient à dépouiller les institutions de leurs prérogatives.


Faure reçoit séparément l’UFC et le CAR

          Sans doute conformément au règlement intérieur du CPDC et suite au nouveau blocage des travaux, les deux partis de l’opposition parlementaire seront reçus ce jour mardi 03 mars 2009. Compte tenu de l’enthousiasme suscité par l’annonce d’une unité d’action entre les deux partis, il eût été souhaitable qu’ils fussent reçus ensemble pour parler d’une même voix. Mais le fait qu’ils aient présenté des propositions différentes risque de dévoyer l’unité annoncée. Chaque parti se contentant de défendre ses propres intérêts. En lisant attentivement les propositions de chacun des deux partis s’agissant du code électoral, on constate que les deux formations politiques ont beaucoup à faire pour être sur la même longueur d’onde. Pourvu que l’adversaire d’en face ne tire profit de cette discorde.


Les félicitations provocantes du FMI au Togo

Le Fonds Monétaire International (FMI) a salué jeudi à Lomé, les «bonnes performances» enregistrées ces dernières années par le Togo qui a entrepris une vaste réforme de redressement de son économie.

«Les performances du Togo (…) sont très bonnes. Les autorités togolaises ont honoré leurs engagements et nous sommes très satisfaits», a affirmé Marshall Mills, responsable d’une délégation du FMI après un entretien avec le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé. La délégation du FMI entend faire des propositions aux plus hautes instances de l’Institution pour une augmentation des ressources à mettre à la disposition du Togo.

«Nous ferons des propositions au Conseil, afin qu’il augmente les ressources à allouer au Togo pour l’aider, compte tenu des performances réalisées», a souligné M Mills. Alors que l’écrasante majorité des togolais espèrent plutôt une nouvelle leur annonçant le moindre soulagement, ce discours résonne comme une inacceptable provocation pour les associations de consommateurs et des syndicats las d’espérer que ces prétendues performances se ressentent  au niveau du panier de la ménagère.

Apparemment, ces félicitations du FMI ont de quoi énerver les togolais qui continuent de tirer le diable par la queue. Au-delà des considérations macroéconomiques et du langage barbare des institutions financières, bien des Togolais pensent  que les performances qu’évoque l’institution monétaire internationale profite plutôt à des hauts perchés, des ministres et une minorité de nantis qui ne sont pas touchés par le phénomène de la vie chère.

En lieu et place de redressement et de performances, les Togolais ne voient que du feu.  Il n’ y a pas de jour qui passe sans que la presse ne fasse état de gaspillage et de pillage des ressources de l’Etat sur fond d’impunité.

Au Togo et cela saute aux yeux, les pauvres poursuivent leur descente aux enfers et les riches s’enrichissent insolemment. Et si c’est au prix de la désolation que se concrétisent les réformes saluées par le FMI les prochaines félicitations de cette institution à nos autorités seront couronnés par les obsèques nationales grandioses en l’honneur des milliers de togolais » crevés de faim au nom de la patrie» grâce aux performances recherchées par le FMI.

Voilà qui justifie l’opinion selon laquelle les résultats souvent salués par les institutions de Brettons Wood sont ceux qui accentuent la misère des populations.

A. S.


Imminence d’un nouvel accord de défense Togo –France

Le Togo devrait être le premier pays africain à signer un nouvel accord de défense avec la France. C’est ce que révèle l’hebdomadaire Jeune Afrique. Il y a un an au Cap, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé une révision des accords militaires liant Pars aux capitales d’Afrique francophone. Selon le journal, la clause secrète qui permettait à la France de protéger le régime togolais aura disparu de la nouvelle mouture ; l’armée française se limitant à la seule formation. Jeune Afrique ajoute que le document sera dans quelques jours à la signature sur les bureaux des présidents Faure Gnassingbé et Nicolas Sarkozy ; il devrait ensuite être rendu public et soumis aux Parlements des deux pays.

L’Accord de défense entre la République française en vigueur a été  signé à Paris le 10 juillet 1963 et la ratification a été autorisée par la loi n°63-1253 du 21 février 1963, publiée au JORF le 22 février 1963.

Les accords de défense sont des textes de coopération en matière de défense qui prévoient des mécanismes de consultations et une intervention éventuelle en cas de menaces ou d’attaques contre l’Etat partenaire.

Historiquement, la France est liée à plusieurs pays africains par des accords de défense prévoyant l’intervention éventuelle des forces armées françaises en cas de menace grave ou d’agression, et pouvant contenir des clauses relatives à la possibilité d’intervention en vue du maintien de l’ordre intérieur.

          En outre, dans les années 1990, la France en a conclu plusieurs, avec certains pays du Golfe persique (Emirats Arabes Unis, Qatar, Koweït).

            La démarche du Livre blanc, fondée sur une approche radicalement nouvelle, se traduit par quatre décisions majeures :

1. l’existence de la totalité des accords de défense est rendue publique ;

2. les clauses ou conventions relatives aux possibilités d’intervention de la France en vue du maintien de l’ordre intérieur dans certains pays, comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Togo, seront abrogées.

3. le Parlement sera à l’avenir régulièrement informé de la conclusion de ces accords et de leur teneur. Il sera par ailleurs associé à l’approbation des accords de défense pour ceux qui, aux termes de la Constitution, doivent faire l’objet d’une approbation et d’une ratification ;

4. la préparation de nouveaux accords, en particulier avec les Etats africains si elle est jugée souhaitable par les deux parties, aura pour objet de fonder une relation de coopération nouvelle, ne reposant plus sur l’assistance militaire, mais sur un partenariat de défense et de sécurité, et revêtant une dimension à la fois régionale et européenne


La libre circulation à l’épreuve dans l’Espace CEDEAO

          A l’initiative de l’Unité Pilote chargée de la question de la libre circulation des personnes dans l’Espace CEDEAO et du Forum de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest, un atelier a réuni mercredi à la frontière de Sanvee-Condji à Aného policiers, douaniers, transitaires, transporteurs, responsables administratifs de la Préfecture des Lacs.

          Au centre de cette rencontre, la question de la libre circulation des personnes au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les communicatrices, ont expliqué aux participants à l’atelier le bien-fondé de la décision recommandant la libre circulation des personnes au sein de la communauté. C’est à ce titre que Mme Kassah Traoré, Directrice de la Cellule Nationale de la CEDEAO-UEMOA est revenue de long en large sur les différents textes en vigueur dans l’Espace CEDEAO et qui prônent cette facilité pour les citoyens de cette zone d’aller et de revenir sans entraves ni perturbations.

          Ici, l’accent est particulièrement mis sur le protocole du 29 Mai 1979 qui dispose pour les citoyens de la CEDEAO le droit d’entrer, de séjour, de résidence, le droit d’établissement ainsi que le droit d’accès à la Cour de Justice de la Communauté. Après avoir évoqué la nécessité d’un passeport CEDEAO pour faciliter la libre circulation, elle a regretté que «sur les 15 pays de la communauté, 9 utilisent déjà le passeport CEDEAO et seulement 6 pays dont le Togo sont encore en retard pour son établissement».

          Depuis 2006, l’Unité pilote s’emploie à réduire les tracasseries aux postes frontières et contribuer ainsi à la réalisation de l’objectif fixé depuis 1979 relatif à la libre circulation et qui visiblement a du plomb dans l’aile.

          Selon la présidente, Mme Bamezon-Léguédé, l’Unité pilote multiplie les visites inspirées sur le terrain (à Aflao et à Sanvee-Condji-Aného), organise des caravanes et procède à des sensibilisations. Elle a donc profité de cette tribune pour rappeler aux agents des postes frontières, ce que doit être leur rôle afin que le défi de la libre circulation dans la sous-région devienne une réalité.

          Or, tout porte à croire que les multiples actions menées dans ce domaine ressemblent pour l’heure à de l’eau versée au dos du canard. Car, si les agents aux postes frontières prennent l’engagement de ne plus rançonner les personnes en transit aux ateliers, une fois retournés sur le terrain, ils oublient leurs engagements. D’aucuns disent qu’il s’agit d’un réseau organisé soutenu par de hautes personnalités fortement impliquées dans les prises de décision. Pour les tenants de cette thèse, tant que ces agents de douane bénéficieront de la caution de ces supérieurs, la question de la libre circulation restera à l’étape des discours. Un tour à la frontière d’Aflao permet d’apprécier la situation.

K. Ségniagbéto


Affaire de terrain à Dagué : Vers un accord amiable entre les parties : L’huissier de Justice Agbéméhin Marcel démontre sa bonne foi

Dans la parution N°624 du 09 Décembre 2008 de votre hebdomadaire «LE REGARD» sous le titre : «spoliation de terrain à Dague. L’Huissier de Justice AGBEMEHIN Marcel fait parler de lui», nous avions fait état des faits relatifs à la vente d’un immeuble appartenant à la dame DOGBE Améyo. Les contours de cette transaction réalisée, écrivions-nous, sous l’autorité de l’Huissier AGBEMEHIN Marcel, avaient laissé entrevoir, selon les informations dont nous disposions, que l’officier ministériel ne s’était pas acquitté convenablement des tâches que lui impose sa charge dans une opération de genre de l’espèce.

Aussi, avions-nous vigoureusement pris à partie Maître AGBEMEHIN suspecté d’abuser de la situation précaire de la dame DOGBE pour s’accaparer, à son profit et à son compte personnel, de l’immeuble en question à un prix dérisoire alors même que dame DOGBE Améyo avait sous la main, un acquéreur qui, du reste, s’était acquitté du prix convenu entre les parties. Il est à noter, toutefois, que les développements ultérieurs de cette affaire ont révélé des quiproquos et des malentendus qui n’établissent aucune collusion au passif de l’Huissier.

Dans tous les cas, les parties prenantes de cette affaire sont parvenues à rapprocher leurs points de vue respectifs et sont en mesure de parvenir à un accord amiable dans le respect des droits et obligations des uns et des autres.

II va sans dire, dans de telles conditions, que l’évolution actuelle de cette affaire et toutes les conséquences que les parties sont en droit d’en tirer décharge de facto Me AGBEMEHIN de toute suspicion dans la transaction querellée.

L. R.


Ça vous regarde

Du pain sur la planche

          Mardi dernier, le Président de la République a pris un décret, nommant M. Comlan Kadjè, Ministre des Travaux Publics et des Transports. On se souvient que, pour des raisons qui n’échappent à personne, le Chef de l’Etat avait décidé de rattacher ce ministère aux services de la Présidence de la République.

          En effet, le secteur des Travaux Publics et du Bâtiment est pourri au Togo. Il est miné par des réseaux de profiteurs qui ne pensent qu’à s’enrichir sur le dos des populations. L’attribution des marchés publics qui devait répondre à une orthodoxie rigoureuse est devenue dans ce secteur, une affaire de copinage. Parce que disposant de connaissances dans les cercles du pouvoir, des individus qui n’ont aucune expérience en la matière, ont créé des entreprises de bâtiment et de travaux publics, avec lesquelles ils raflent tous les marchés qu’ils exécutent mal ou qu’ils n’exécutent pas du tout. L’essentiel pour eux se limite seulement à l’encaissement de l’argent qu’ils empochent après avoir mouillé leurs bienfaiteurs ou plutôt leurs complices.

          Aujourd’hui, le secteur est d’autant plus en difficulté que même les membres du Syndicat des Entreprises de Bâtiment et de Travaux Publics du Togo n’arrivent pas à parler d’une même voix. Les uns dénoncent les passe-droits qu’utilisent les autres pour avoir accès à des privilèges.

          C’est dans cette situation que Faure Gnassingbé fait appel à Comlan Kadjè un homme de terrain qui avait déjà eu à occuper de hautes fonctions dans le secteur. On peut dire d’entrée que si cette nomination doit être considérée comme un cadeau, il s’agit forcément d’un cadeau empoisonné. Car Kadjè aura du pain sur la planche avec les réseaux mafieux qui s’affrontent dans le secteur des Bâtiments et des Travaux Publics.

Ils reviennent !

          Au lendemain des journées portes ouvertes organisées par le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, plusieurs usagers de la route ont été heureux de constater l’absence des policiers racketteurs sur nos routes. Ils s’étaient alors mis à rêver à une circulation paisible où on ne verrait plus des hommes en uniforme arrêter les chauffeurs de taxi pour leur demander, non pas les pièces de leurs véhicules, mais des pièces sonnantes et trébuchantes.

          Erreur. Car cette trêve n’aura duré que quelques jours. Hier lundi, les racketteurs ont repris du service à leurs places habituelles. Mais déjà, dans le courant du week-end, on a vu, fidèles au poste, les «vendeurs de route» sur le tronçon Lomé-Aného.

          Chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Et c’est bien vrai.

Peur sur la ville

          Nous sommes aux portes de la saison des pluies. Et selon des avis compétents, cette année, la pluviométrie s’annonce abondante. Du coup, c’est la peur qui gagne les cœurs.

          En effet, il est connu de tous que les saisons des pluies ne sont pas de tout repos pour les habitants de Lomé et ses environs. Il suffit d’une simple averse pour que la capitale se retrouve les pieds dans l’eau, rendant la mobilité urbaine difficile.

          L’année dernière, on n’avait pas parlé d’une quelconque abondance des pluies. Mais tout le monde a vu ce qui s’était passé. On avait enregistré des inondations un peu partout dans la Région Maritime, dans la Région des Savanes, etc. Qu’en sera-t-il cette année où on annonce de grandes pluies alors que nos autorités n’ont pas réussi à prendre entre temps, les dispositions et les mesures devant mettre les populations hors de danger ?

L’hécatombe

          Ces derniers temps, la vie ne fait pas de cadeau à nos paysans et à tous ceux qui s’impliquent un tant soit peu dans l’élevage.

          Il y a quelque temps, l’attention de l’opinion était focalisée sur le secteur de la volaille en proie aux ravages de la grippe aviaire. Des aviculteurs ont vu leurs exploitations réduites à néant à cause du virus de cette maladie qu’on ne combat que par l’abattage systématique des volailles dans l’élevage infecté. Certes, on a parlé de dédommagement. Mais cela ne représente rien par rapport aux pertes subies.

          Alors que les aviculteurs n’ont pas encore séché leurs larmes, c’est du côté des porcins qu’une nouvelle épidémie est annoncée. Le mal a quitté la basse cour pour se retrouver dans la porcherie.

          En effet, on parle de plus en plus de la peste porcine qui fait des ravages. Là aussi, le traitement commence par l’abattage systématique des animaux. Les éleveurs assistent impuissants à l’hécatombe qui s’abat sur leurs cochons qu’on trucide avant de brûler.

          Ils sont nombreux dans la Région Maritime, ceux qui se souviennent d’une épidémie de peste porcine qui avait, il y a quelques années, provoqué une sorte d’extermination de cochons. Des éleveurs prospères s’étaient retrouvés ainsi du jour au lendemain, dans la pauvreté.

          Il ne reste donc plus qu’à croiser les doigts et à prier afin que le mal cette fois-ci, soit vite circonscrit.

Plus de peur que de mal

          Il y a quelques jours, la CEET avait donné des sueurs froides aux Togolais. En effet, on avait assisté à Lomé et ses environs, à de longues coupures d’électricité. Pendant des heures, les populations ont affronté l’obscurité. D’autres ont vu leurs activités profondément perturbées.

          A l’époque, la CEET avait, à travers un communiqué, justifié la situation par une panne sur le réseau d’interconnexion de la CEB. Mais très peu de gens avaient cru à ces propos.

          De fait, ceux qui disposaient de groupes électrogènes ont sorti ceux-ci des garages et les ont époussetés en attendant la suite des événements. Mais apparemment, il semble qu’il y a plus de peur que de mal, car la situation s’est régularisée et les coupures, si elles interviennent, n’excèdent pas un dizaine de minutes. Pourvu que ça dure !

Le grand handicap

          L’un des plus grands freins de l’épanouissement du Togo et des Togolais a pour nom, la politique. Oui, dans notre pays, tout est politisé et tout ne s’apprécie qu’à travers un prisme politique. Vous gagnerez en sympathie et ou antipathie, selon que vous soyiez proches du pouvoir ou de l’opposition. Il est aujourd’hui difficile, voire impossible de demander à un Togolais, au nom de l’intérêt national de faire ou de ne pas faire quelque chose. Il pensera d’abord à l’avantage que pourrait en tirer sa famille politique, à l’exclusion des autres.

          Ainsi donc, la politique à elle seule focalise toutes les énergies. Pendant ce temps, les autres secteurs, tout aussi importants sont relégués aux oubliettes. On ne pense et ne parle par exemple de la culture que lorsqu’on veut en faire une exploitation politicienne. Et pourtant des talents existent chez nous et sont contraints au sommeil. On attend que des gens, par leurs propres efforts et leurs sacrifices percent et gagnent des prix pour qu’on les brandisse comme un trophée politique.

          Le Togo et les Togolais ne méritent-ils pas plus que ça ?

La diversion

          Ceux qui avaient cru qu’avec la création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, le Togo allait enregistrer une avancée dans la recherche des solutions à ses problèmes politiques doivent se raviser pour se refaire une opinion. Car chaque jour apporte au niveau de cette structure, son lot de désenchantement. Nombreux sont ceux qui, de plus en plus, pensent qu’il s’agit d’un «machin» créé pour faire diversion.

          En effet, tout se passe comme si cette structure a pour rôle de faire perdre leur temps aux deux partis de l’opposition parlementaire, pendant que le parti au pouvoir qui sait toujours ce qu’il fait, consacre en secret, son temps à des choses plus sérieuses. Des mois passeront ainsi sans rien de concret jusqu’au jour où, évoquant les délais constitutionnels,le pouvoir passera à l’action. Vigilance donc et attention à la surprise.

La gouvernance par les effets d’annonce

          Les autorités de notre pays aiment les effets d’annonce. C’est en tout cas ainsi que les Togolais comprennent les nombreuses promesses jamais réalisées du pouvoir en place. L’une des stratégies du régime est d’annoncer à grands renforts de publicité, des projets ambitieux, chaque fois que le peuple veut manifester une forme de lassitude. C’est ainsi que outre les échangeurs promis, plusieurs autres projets ont été annoncés avec des chiffres qui donnent parfois le tournis.

          Malheureusement, le temps passe et on ne voit rien se concrétiser. Où sont les grandes infrastructures promises ? Qu’en est-il de la réalisation des «20 plus» de Faure Gnassingbé ? Certains assimilent cette façon de faire de fausses promesses à de la supercherie politique. Ne nous demandez pas s’ils ont tort ou raison.

Voyage au bout de la galère

          Les Togolais n’ont vraiment pas de chance. En effet, on a toute l’impression que ceux qui les gouvernent ne se soucient pas assez de leur bien-être. C’est bien ce que pensent de nous, certains ressortissants des pays de la sous-région.

          On se souvient en effet qu’avec l’apparition du phénomène de la vie chère, le gouvernement avait adopté un train de mesures par lesquelles il entendait soulager les ménages. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se demandent si nos gouvernants se préoccupent réellement de nos bourses.

          Un exemple dans le tas. Depuis plusieurs mois déjà, le cours du pétrole a considérablement baissé sur le marché international. Conséquence, le prix des produits pétroliers a sensiblement diminué dans tous les pays de la sous-région ouest africaine. Mais au Togo, le Super sans plomb se vend à 500 F CFA le litre contre 300 F CFA au Bénin et un peu moins au Ghana.

          Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cet état de fait. Comment peut-on vouloir combattre la vie chère en maintenant l’essence, la première source d’énergie, base de toutes les activités, à un tarif aussi prohibitif ?

          La vérité, d’après plusieurs observateurs serait qu’on veut conduire les Togolais jusqu’au bout de la galère. Et tout tend à leur donner raison.

Le Regard #634 du 24 fev. 2009
Ingrédients d’un dialogue de sourds : La présidence oppose les adversaires du CPDC à l’opposition parlementaire

         L’irruption subite des autres partis signataires de l’Accord Politique Global qui ne siègent pas au sein de cette structure et des autres formations politiques qui donnent de la voix vise sans doute un but inavoué. On tend vers une formule qui aboutira à terme au maintien du Code électoral ayant présidé aux élections législatives d’Octobre 2007, avec comme conséquence, la mise sous éteignoir du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation.

          Dans un communiqué de la Présidence en date du 19 février 2009, il est indiqué que «le Président de la République Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu au Palais de la Présidence de la République avec des responsables de partis politiques. Les échanges qui s’inscrivent dans le cadre des concertations régulières entre les acteurs politiques ont porté sur plusieurs questions d’intérêt national. Ces questions ont permis au Chef de l’Etat et à ses interlocuteurs de faire le point sur les questions politiques de l’heure.

          Ces responsables ont remercié le Chef de l’Etat pour cette initiative qui concourt à l’enracinement de l’Etat de droit et à l’instauration d’une démocratie apaisée dans notre pays».

          Ce communiqué laconique n’a pas dévoilé le nom des responsables politiques reçus par le Chef de l’Etat. Ceci sans doute pour semer la confusion et raviver les suspicions au sein de l’opposition. Qui a été reçu et pourquoi ? Sur quelle base a-t-on invité les participants à cette rencontre ? Top secret.

          Et la mayonnaise semble prendre. L’UFC et le CAR, les deux partis de l’opposition parlementaire qui siègent par ailleurs au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation et qui, par conséquent, ambitionnent de parler au nom de toute la classe politique s’indignent et déclarent n’avoir jamais été invités à une quelconque rencontre avec le Président de la République.

          Dans une interview récemment accordée à un confrère de la place, M. Patrick Lawson, Vice-président de l’UFC a été clair : «Nous apprenons un peu partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le Chef de l’Etat. Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire aux résultats de nos travaux. A l’heure où nous parlons, nous ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont rencontré le Chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est prévu pour être un fourre-tout et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes politiques».

          Tout porte à croire, au regard de ce qui se passe, que le pouvoir veut saboter la cohésion de l’opposition et mettre à mal toutes les tentatives de regroupement qui pourraient donner une certaine synergie à son action. En dépit de l’annonce d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC, les deux partis n’arrivent toujours pas à accorder leurs violons sur une candidature unique. Pour rassembler toutes les forces démocratiques autour de la candidature de Gilchrist Olympio, l’UFC qui envisage de faire la cour à d’autres partis, se trouve coincée par son refus d’admettre d’autres partis au dialogue. En impliquant donc ces partis que l’opposition parlementaire ne veut pas voir au CPDC et dans les discussions de manière à le dresser contre l’opposition parlementaire, le pouvoir semble trouver la parade contre une grande alliance de l’opposition.

L. R.


Le cadre permanent de dialogue tourne à la pagaille

La situation créée par la mise en place du CPDC tend à montrer que le cadre de concertation, loin de trouver une solution aux problèmes politiques constitue en lui-même un véritable problème. Tout en déniant à l’Assemblée le droit de légiférer sur les réformes politiques, l’UFC  se fonde sur la légitimité conférée par cette même Assemblée, pour exiger un dialogue à trois  à l’exclusion des autres partis politiques qui n’arrêtent pas de crier à la  discrimination. Ces autres  signataires de l’APG disent ne pas comprendre la logique par laquelle le CPDCqui est une recommandation de l’accord de Ouaga n’inclut pas tous les signataires.

Et les dissensions apparues au sein du cadre permanent en témoignent les communiqués cacophoniques des trois partis tendent à donner raison aux partis contestataires. L’UFC  invoque la crise de confiance pour réclamer une facilitation. Dans les milieux favorables au pouvoir en place, on considère que l’intrusion d’un facilitateur place le chef de l’Etat qui a signé le décret dans une position de subordination vis-à-vis d’un élément extérieur. Ici on pense que l’UFC voudrait à travers la facilitation instaurer un dialogue Politique Bis. C’est en filigrane ce qu’on peut lire à travers le communiqué du RPT en date du 20 Février 2009 et qui fait savoir que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs »  Il faut d’ailleurs faire remarquer que le parti de Gilchrist