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Liberté Hebdo #486 du 30 mars 2009 |
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Processus électoral de 2010 : Quand le pouvoir évoque le facteur temps ! |
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Lors d’une séance, le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC)
a décidé la reconduction de la Commission Electorale Nationale Indépendante
(CENI) version Tozim Potopèrè, en attendant la mise en place d’une nouvelle
CENI. Faisant suite à cette décision, un projet de loi a été élaboré et
transmis à l’Assemblée nationale pour modification de l’article 21 du Code
électoral qui stipule : «
La CENI est
permanente. Toutefois, la fonction des membres de la CENI prend fin
quarante-cinq (45) jours après la proclamation des résultats définitifs du
scrutin pour lequel elle est installée. Le mandat des membres de la CENI est
renouvelable
».
Pour l’étude de ce projet de loi, certains députés ont été mis devant le
fait accompli. C’est le cas du groupe parlementaire CAR dont le Président
était venu au Parlement mercredi pour une conférence des présidents et s’est
vu brandir le projet. L’argument massue avancé par le pouvoir pour justifier
toute cette entreprise est le retard accusé dans l’enclenchement du
processus électoral. Le vin est tiré, et il faut le boire. Parlant justement
du retard, le pouvoir est mieux placé pour en parler ? Ce retard doit-il
légitimer la précipitation, le forcing du clan ?
Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) devrait être le
dernier à parler de retard. Car ce retard, on aurait pu l’éviter si Faure
Gnassingbé et les siens étaient animés d’une réelle volonté d’organiser un
processus électoral transparent et avaient joué franc jeu. Moins d’un an
pour l’organisation d’un scrutin d’un tel enjeu que la présidentielle de
2010, cela paraît très peu.
L’Accord Politique Global (APG) a le mérite d’anticiper tous ces problèmes.
Cet accord qui posait les bases d’une organisation efficiente a été signé
depuis le 20 août 2006. Depuis trois ans donc ! On avait tout ce temps pour
organiser les choses. Il fallait mettre en forme dès l’instant certaines
réformes, dont la mise en place du CPDC pour l’étude des grandes questions
dignes d’intérêt national. L’opposition démocratique s’est tuée à rappeler
cela aux gouvernants ; mais rien n’y fit. Guidé par son traditionnel
obscurantisme, le pouvoir ne s’est donné aucune peine pour réagir
positivement. On pouvait comprendre que juste après la signature de cet
accord, toute l’attention soit portée sur l’organisation des législatives
d’octobre 2007. Mais après, on avait tout ce temps pour penser aux
préparatifs de la présidentielle de 2010.
La
stratégie du pouvoir consiste à laisser passer le temps pour créer le
terreau à son forcing et lui permettre d’organiser les choses en toute
précipitation. C’est dans cette logique que se situe le coup de force opéré
par le RPT à travers l’élaboration unilatérale d’un projet de Code électoral
et l’introduction par le conseil des ministres au Parlement pour adoption.
Le pouvoir prenait de court l’opposition pour biaiser les réformes
recommandées. Il a fallu une levée de boucliers de l’UFC et du CAR assortie
de menaces de boycott du processus électoral pour le voir faire marche
arrière et mettre en place le CPDC. Mais ici, aussi, on a joué du dilatoire
autour de la question du recours au Facilitateur en cas de blocage et fait
prendre du temps. Les désaccords sur les sujets relatifs au processus
électoral sont assez nombreux et nécessairement beaucoup de temps pour une
conciliation des différentes positions.
Parallèlement au processus électoral, l’autre qui devrait aller de paire
avec est celui de réconciliation. Les élections présidentielles au Togo
offrent des occasions aux violences et ça, tout le monde le sait. L’exemple
d’avril 2005 est encore vivace dans les mémoires. Il fallait des actions
fortes pour exorciser le mal. Les parties prenantes à l’APG ont recommandé
un processus Vérité, Justice et Réconciliation qui devrait consister à
établir la vérité des faits, juger les coupables des violences ayant coûté
la vie au millier de compatriotes ; et ainsi, on créerait la voie à la
réconciliation. Un tel processus dure toujours dans le temps. Les résultats
de ces opérations ont été rendus depuis plus de sept (7) mois déjà, et a
priori, plus rien ne s’oppose au démarrage effectif du processus. Faure
Gnassingbé a entre-temps consulté les différentes confessions religieuses
et les universitaires pour le choix du président de la commission. Mais
jusqu’ici, c’est le silence radio. On sait pourtant qu’un tel processus est
nécessaire pour un scrutin pacifique en 2010 et qu’il dure dans le temps.
Mais le pouvoir fait à son rythme. Et c’est ce clan qui évoque plus tard le
facteur temps !
Pablo E.
Modification unilatérale du Code électoral : Le RPT utilise le Premier
ministre Houngbo pour opérer ses coups bas
Le
RPT reste une machine et le Premier Gilbert Fossoun Houngbo l’apprend à ses
dépens. Ceux qui tirent profit de l’immobilisme n’ont pas encore dit leur
dernier mot. Ils tiennent à la sauvegarde de leurs intérêts. Et pas question
de faire des réformes politiques indispensables à la tenue d’un scrutin
transparent, libre et démocratique. L’ancien Monsieur Afrique du PNUD est
aujourd’hui utilisé par le RPT dans ses nombreux coups bas.
Alors que le Premier ministre et son Directeur de cabinet, ainsi
que quatre ministres étaient à Paris dans le cadre de la Journée économique
du Togo, le gouvernement s’est réuni en conseil des ministres le 11 mars
dernier sous la présidence du chef de l’Etat. A cette réunion, d’importantes
décisions ont été prises. Un projet de loi portant modification de l’article
21 du Code électoral a été adopté. Le même jour, le Premier ministre qui a
une journée surchargée à Paris, a écrit à l’Assemblée nationale pour exposer
les motifs du projet de loi portant modification de l’article 21 du Code
électoral. Qui plus est, la lettre comporte sa signature. Curieux n’est-ce
pas ? Le PM a-t-il le don d’ubiquité ?
«
L’organisation de l’élection présidentielle répond à un impératif
constitutionnel. En effet, selon l’article 61 de la constitution, le
Président de
la République est
élu pour un mandat de 5 ans. La dernière élection ayant eu lieu en avril
2005, c’est donc naturellement que la prochaine élection aura lieu en 2010.
L’importance d’une telle échéance exige une préparation minutieuse. D’où la
nécessité de procéder à temps à la réalisation des tâches techniques
préliminaires telle que la mise à jour du fichier électoral qui représente
un maillon essentiel de tout processus électoral
». Voilà les propos qu’on prête au Premier ministre qui n’était pas à Lomé
et qui d’ailleurs n’a pas pris part au conseil des ministres. Dans la suite
de l’exposé des motifs, il est indiqué : « … afin d’éviter la
précipitation et l’improvisation pouvant conduire à des tensions
préjudiciables à la cohésion nationale, il nous a semblé utile, nonobstant
les concentrations en cours, de proposer la modification de l’article 21 du
codé électoral afin de permettre aux membres de
la CENI ayant
organisé les dernières élections législatives d’être maintenus en fonction
pour procéder à l’exécution des tâches techniques telle que la mise en jour
du fichier électoral
».
C’est ce mauvais rôle que le RPT fait jouer au Premier ministre.
Faure Gnassingbé, facilitateur maison qui devrait régler les points de
désaccords liés au Code électoral, envoie derrière le PM et en son nom un
avant projet de loi à l’Assemblée nationale alors que les travaux du Cadre
permanent du dialogue et de concertation (CPDC) ne sont pas rétroactifs. En
dépit des protestations des partis de l’opposition (CAR et UFC), le RPT
reste dans sa logique de passage en force. A l’allure où vont les choses, il
y a risque d’un retour à la case départ ou à l’aggravation de la crise. Et
la responsabilité du PM sera alors engagée pour s’être muré dans un silence
coupable.
E. Pierre
Lutte contre le tribalisme et le régionalisme au Togo : Réaction : Il n’y a
aucun malheur à être Kabyè !
La
parution n° 014 de février-mars 2009 du mensuel Focus-Infos a publié
un article intitulé: « Mon meilleur ami s’appelle Amouzou ». Cet
article qui dénonce une pratique qui dure depuis le temps du père, et que le
fils poursuit par des contorsions susceptibles de distraire ceux qui peuvent
l’être, sans doute, pour ne pas perdre son fauteuil présidentiel, est un
article judicieux que tout bon Togolais ayant à l’esprit le fondement d’une
nation et à l’heure où les autorités elles-mêmes parlent de « vérité,
justice et réconciliation », devrait pouvoir apprécier à sa juste
mesure.
Nous rappelons que nous avions eu, nous-mêmes, courant 2008, à faire
paraître un article dans lequel nous avions démontré que le défunt
président, tout en étant peu instruit et peu cultivé, avait tout, après
avoir créé le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), pour damer le
pion au Père de l’indépendance, en sortant ce pays de son tribalisme, si
tant il est vrai, que feu Olympio avait pratiqué le tribalisme pendant ses
trois années de présidence. Cela aurait été tout à son honneur, même après
sa mort. Tel ne fut pas le cas; au contraire, il avait exacerbé le
tribalisme et la haine tribale dans son pays « en tant que Père de la
nation». Et toutes les preuves en notre possession militent en faveur de
cette thèse. Personne ne nous convaincra du contraire.
Si
plusieurs journaux ont eu, à la parution de l’article de Focus-Infos,
à s’en faire l’écho, en vue d’une large diffusion, c’est justement parce
qu’ils sont conscients que beaucoup de Togolais souffrent du tribalisme et
du régionalisme dans leur chair et que tout le monde en parle. D’ailleurs,
les nominations du temps du Général Eyadèma étaient des occasions pour
narguer et provoquer le reste des Togolais. « Qui es-tu pour dire quoi et
à qui ? », semblait-on signifier à qui de droit. Le problème du
tribalisme au Togo est un problème crucial et les organes de presse ainsi
que tous les médias ont l’impérieux devoir d’en faire leur affaire, de le
combattre par tous les moyens; peu importe que l’on en soit victime ou
bénéficiaire. Ainsi, ensemble, les Togolais construiront leur avenir dans la
fraternité, l’union et la solidarité.
Notre combat, pour ceux qui ne le savent pas, est axé en partie sur la
dénonciation et l’éradication de ce mal institutionnalisé par le régime RPT
depuis des lustres en système de gouvernement et d’exploitation des
populations pour lesquelles on prétend lutter, donnant aveuglément dans le
tribalisme, tout en ignorant la mission première d’un dirigeant politique.
Notre démarche ici, tout en apportant notre soutien à l’initiative osée du
confrère Focus-Infos, consiste aussi à répondre à la réaction d’un
autre confrère.
Acceptable réaction d’un confrère
Nous avons lu avec intérêt la réaction du confrère
La Dépêche
et tenons à apporter notre appréciation. Il ne suffit pas d’être offusqué
parce qu’on se sent concerné par un article, étant donné sa propre origine
et se mettre à critiquer pour le plaisir de critiquer, au point de perdre
les pédales et prêter soi-même le flanc à la raillerie. Pour une fois, nous
saluons une bonne réaction de la part d’un confrère qui a su y aller avec
des arguments somme toute pertinents, quand bien même, il demeure des points
sur lesquels le trio d’auteurs peut être attaqué sans méchanceté.
Concernant le tribalisme au sein des partis politiques, le trio
prend le cas de la composition du bureau politique de l’UFC où il constate
que «presque tout le bureau est composé de neveux, frères, beaux-frères
du leader. S’il leur arrive de positionner des gens issus d’autres ethnies
et particulièrement ceux du nord, ces derniers ne sont réduits qu’au second
rôle ». Pour étayer leur affirmation, Joël, Vivien et Jacques se sont
rabattus sur le cas Amah Gnassingbé qui occupait le poste de 3è
vice-président de l’UFC, « bien que membre fondateur ». Et d’appuyer
par l’argumentaire selon lequel, c’est pour limiter ses chances de briguer
un mandat présidentiel au nom de l’UFC. Cela témoigne, disent-ils, du peu de
confiance placé en lui.
Nous partageons leur constat selon lequel ceux qui critiquent le tribalisme
en sont les vrais adeptes. Comment ne pas le partager, si l’on n’a pas su
devancer ces genres de critiques sur une si longue période ? Cela aurait-il
motivé « Le vrai Gnassingbé » à faire défection lorsque l’occasion
s’est offerte ? Ce n’est pas moins sûr. Par ailleurs, les auteurs de la
réaction se sont référés à une déclaration de ce parti faite en 2007 : « …
l’UFC a crié haut et fort lors des législatives passées qu’elle
gouvernerait seule et sans partage en cas de victoire ». Et de conclure,
que les gens du « Sud » sont plus tribalistes que ceux du « Nord
». Quel contenu l’UFC donnait-elle à une telle déclaration ? Et comment les
confrères ont-ils compris cette déclaration ? Toujours est-il que, dans ces
genres de situations délicates et précaires, il est préférable d’éviter des
propos à semer la confusion et le doute.
Poursuivant l’analyse, ils donnent un autre cas, celui des
sociétés privées dirigées par des gens du « Sud » qui n’engagent que
leurs frères et sœurs et où il est difficile de se faire embaucher « si
l’on ne comprend pas éwé ou mina ». Parlant du mensuel Focus-Infos,
qui dénonce le tribalisme dans les hautes sphères de l’Etat, le trio
d’auteurs lui renvoie le miroir où le mensuel et son équipe devront se mirer
et se situer par rapport à la pratique du tribalisme.
Des observations s’imposent
Dans l’ensemble, les auteurs n’ont pas réagi à l’article de
Focus-Infos de la même manière que le font ou le faisaient certaines
catégories de «journalistes » de la presse privée chez qui l’on
sentait d’emblée, qu’il leur fallait coûte que coûte, réagir à la parution
de tout article sensible, juste pour montrer qu’ils font bien le boulot pour
lequel « ils sont payés ». Même si les arguments sont tirés par les
cheveux, l’essentiel pour eux, c’était de jouer leur rôle de sentinelle et
donner la réplique à chaque fois, à la satisfaction des barons qui
s’enrichissent sur le dos de l’ethnie pour laquelle ils prétendent lutter.
Il faut préciser que, pour ce qui est d’une entreprise ou d’un
parti politique qu’on a créés soi-même, chacun est libre d’y engager ceux
qu’il veut. Tout est une question de confiance. Mais l’idéal serait de
commencer à faire l’effort de transcender les barrières linguistiques,
ethniques et régionalistes et tabler sur la compétence, le sérieux et la
confiance face au travail. A propos de la déclaration de l’UFC à l’approche
des législatives, à l’époque, certains en avaient été choqués tout en étant
sympathisants du parti. De là, la nécessité d’éviter au maximum les risques
d’erreur en tant qu’homme politique.
Concernant le personnel de Focus-Infos, pour avoir la preuve de
l’esprit tribaliste du mensuel, il va falloir s’assurer qu’un Togolais d’une
autre ethnie, se soit présenté à ce journal à la recherche d’une place et
qu’il ait été rejeté pour son origine. Et si Focus-Infos renvoyait la
balle dans le camp de
La Dépêche
? Il est vrai qu’il y en a, qui utilisent des prête-noms et ce n’est pas
évident que l’on puisse, à partir de l’ours d’un journal, prétendre
connaître avec risque d’erreur zéro, l’origine de tout le monde dans le
staff d’un organe de presse.
Il y a un point très important où nous ne sommes pas du tout
d’accord avec le trio Joël, Vivien et Jacques, mais alors, vraiment pas
d’accord, c’est là où il déclare : « Force est malheureusement de
constater que la presse togolaise qui est normalement censée contribuer à
l’apaisement et redonner aux Togolais l’espoir d’élections libres,
transparentes et surtout sans violences, se livre plutôt à des campagnes
d’incitation à la haine tribale ». Là, nos confrères se fourvoient
carrément et perdent pied. Dénoncer ce qui est réel n’est pas synonyme de se
livrer à une campagne d’incitation à la haine tribale. Se taire, serait au
contraire criminel de la part des organes d’information. Dénoncer des
dérives tribales est un impérieux devoir pour la presse en tant que
quatrième pouvoir. Cela demeure un combat de tous les instants à mener
jusqu’à éradication totale de ce virus inoculé aux Togolais.
Autre affirmation gratuite que nous sommes loin de partager : « Au Togo,
le RPT reste le seul parti rassembleur ». C’est du mensonge et du vrai
mensonge ! S’il est le seul parti rassembleur, c’est sûrement autour de
l’argent des Togolais, autour du gaspillage des fonds de l’Etat, et autour
de la recherche de la facilité. Tout cela a attiré certains Togolais qui y
sont arrivés et sont restés pour se mettre à l’abri des besoins et sans
aucune conviction politique. Nous insistons là-dessus, ils y sont sans
conviction, tout en étant convaincus que le RPT nuit au développement de la
nation togolaise et du peuple.
Autorités interpellées
Qu’on le veuille ou non, personne ne convaincra les Togolais que la
dénonciation faite par Focus-Infos est fausse ou qu’elle cultive la
haine tribale. A preuve, un Kabyè et pas n’importe lequel, un procureur de
la République qui se reconnaîtra certainement, déclarait un jour à propos
d’une affaire pendante au tribunal, et nous ignorons, piqué par quelle
mouche: «Les Kabyè sont incontournables en première instance ».
Ici, il nous plaît de nous tourner vers l’OTM (Observatoire togolais des
médias) pour savoir ce qu’il dit en revanche de tels propos venant d’un
procureur de la République. Entre Focus-Infos et Monsieur le
Procureur, qui d’entre les deux incite à la haine tribale ou expose une
ethnie à la haine des autres ?
Du
temps du Gal Eyadèma jusqu’à ce jour, les nominations à de hautes fonctions
administratives ou politiques ou à des « postes juteux », se font,
soit sur une base ethnique parfois au mépris de la compétence (se qui est
très répandu), soit sur la base de l’appartenance au RPT, ancien parti
unique, ou encore sur la base d’une caution apportée au parti au pouvoir par
un parti hybride en manque d’identité (Le Nid, la CPP, le PDR, etc.) Tout
cela n’est qu’un secret de polichinelle. A un moment où les autorités
parlent de réconciliation nationale et de pardon, il est indispensable que
les actes et propos des pouvoirs publics aillent dans ce sens.
On
ne peut pas prétendre s’engager en faveur de la réconciliation des
Togolais, puis adopter des attitudes anti-réconciliation, tribalistes et
régionalistes en tant que sommité. Les exemples sont édifiants tels que la
caution apportée au remplacement de la FICK par le SICKA par ceux-là qui
prétendent que le développement de la région de la Kara devrait se faire par
les fils de la région eux-mêmes; les recrutements sur une base ethnique dans
la police par exemple, et dans la fonction publique (environ 2500 Kabyè sur
4000 admis au dernier concours national sur l’ensemble des 40 ethnies).
Il
n’y a aucun malheur à être Kabyè ; qu’on s’en rassure ! Vraiment pas ! Que
les responsables politiques s’efforcent de leur côté de jouer le bon rôle,
le rôle dévolu à tout homme politique responsable, pour que tous les
Togolais se sentent demain comme des frères et sœurs sans animosité des uns
envers les autres. C’est au contraire le mauvais rôle que jouent souvent les
autorités, qui amène à faire croire à d’autres qu’il y aurait un malheur à
être Kabyè. Il nous plaît ici de terminer en disant qu’on ne devient pas
chef d’Etat, mais qu’on naît chef d’Etat. Cela signifie tout simplement que
celui qui est né chef d’Etat, tous les actes par lui posés, vont
prioritairement dans l’intérêt supérieur de la nation et non dans le sens de
son appartenance à telle ou telle ethnie.
Alain Simouba
Sans détour : Tandja sur les traces d’Eyadema ?
«
Le vrai moyen d’être trompé, c’est de se croire plus fin que les autres »
(La Rochefoucauld)
Le
Président Nicolas Sarkozy a terminé le vendredi 27 mars dernier un séjour
d’environ 72 heures en Afrique. C’était par le Niger. Pendant ce séjour,
tout comme ce fut le cas en 1999 au Togo lors du séjour de l’autre Président
français Jacques Chirac, « l’ami personnel d’Eyadèma », Mamadou
Tandja a laissé entendre que : « grandir, c’est partir la tête haute
». Tout porte à croire qu’il voudrait partir la tête haute. C’était à
l’occasion d’une déclaration au cours de laquelle le responsable nigérien
portait à la connaissance de son peuple et de l’opinion internationale qu’il
ne modifierait pas la constitution nigérienne pour se présenter une
troisième fois devant les électeurs. Autrement dit, en novembre prochain, à
la suite de la présidentielle, Tandja passera le témoin à un autre Nigérien
élu.
En
1999, le Gal Eyadèma déclara pendant le séjour de Jacques Chirac : « je
ne toucherai pas à une seule virgule de la constitution. En 2003, j’irai me
reposer ». A l’époque, les Togolais ainsi que la communauté
internationale pouvaient prendre le président français à témoin, d’autant
plus qu’il constituait une sorte de caution pour une telle déclaration. Le
Président Eyadèma était allé plus loin en parlant de parole de militaire. A
l’époque, les Togolais étaient à mille lieues de s’imaginer que l’auteur de
ces propos n’allait rien respecter. La suite, tout le monde la connaît. Aux
élections de 2003 où, ravalant sa parole de militaire, le Gal Eyadèma se
porta encore candidat, et à l’issue desquelles il fut battu à la régulière
avec comme événement majeur, le tripatouillage des résultats, le même
Jacques Chirac qui fut témoin de la promesse du Général, sans attendre la
validation par la Cour Constitutionnelle, curieusement sera le premier à
féliciter le perdant que la CENI proclamera vainqueur comme d’habitude.
Revenons à Mamadou Tandja. Que peut-on attendre de ce dernier d’ici à
novembre 2009, alors qu’en présence de Nicolas Sarkozy, l’autre Président
français, loin d’être la doublure de Jacques Chirac, il promettait le
vendredi 27 mars, de partir la tête haute sans toucher à la constitution de
son pays ? Il n’est pas exclu que Tandja, soit tenté de s’inspirer du cas
Eyadèma, un militaire comme lui, confondant Sarko et Chirac. Nous osons
croire qu’il ne manquera pas de le regretter. Le Niger est, certes, un grand
fournisseur de la France en uranium, mais de là, à vouloir flouer Sarko qui
lui aurait arraché une telle promesse ferme, ferait un bel événement en
Afrique. Sans être dans le secret de l’Elysée, ni des dieux, nous osons
parier que Sarko ne laissera pas une telle bourde passer inaperçue. On est
tenté de le croire, car Nicolas Sarkozy passe aux yeux de beaucoup, pour
être un homme de principes qui ne badine pas. Il faut reconnaître que
jusqu’ici il ne s’est pas écarté de son discours au lendemain de son arrivée
à l’Elysée. Il avait promis de revoir la politique africaine de la France et
il ne ménage pas ses efforts dans ce sens. Il est à l’œuvre quoiqu’ayant
consenti à remplacer Jean-Marie Bockel contre toute attente. Il faut croire
que le séjour nigérien de Sarko soit prioritairement destiné à dissuader
Tandja.
Mamadou Tandja prétend n’avoir jamais eu l’intention de briguer un troisième
mandat. Qui cet homme voudrait-il tromper ? Depuis près d’une année, les
manœuvres souterraines sûrement commandées par ses soins, avaient débuté et
c’est dans cette optique, qu’il s’acharnait contre certains hommes
politiques qu’il tentait de rendre inéligibles. Tandja peut-il déclarer
aujourd’hui, la main sur le cœur, qu’il n’avait pas conscience qu’autour de
lui, les manœuvres sont bien avancées en vue de l’amener à être candidat
pour la troisième fois ? Quel chef d’Etat normal pourrait bien choisir une
telle voie pour se blanchir dans un pareil cas ? Que Tandja parvienne
aujourd’hui, en dépit de toute la gymnastique faite au Niger depuis
plusieurs mois en vue de la modification de la constitution, à dire qu’il
n’a pas l’intention de modifier la constitution, revient à considérer
certains chefs d’Etat africains comme des malades qui s’ignorent. Les
Nigériens, le moment venu, auront à rendre grâce à Sarko qui tient vraiment
à soigner l’image de la France que d’autres chefs d’Etat avant lui ont
considérablement souillée. Affaire à suivre.
Alain Simouba
Eliminatoire CAN/Mondial 2010 : Victoire des Eperviers : Les Indomptables
domptés
Le choc de ce week-end d’éliminatoires couplées CAN/Mondial
2010 sur le continent a opposé samedi à Ohene Djan Stadium d’Accra le Togo
au Cameroun. Au finish, le duel entre les deux mondialistes a tourné à
l’avantage des Eperviers qui ont dompté les Lions (1-0). Dans le même
groupe, les Panthères du Gabon sont allés dicter leur loi aux Lions de
l’Atlas à Cassablanca (2-1). C’est la sensation du week-end.
Tout le continent a vibré ce week-end au rythme des matches comptant pour le
dernier tour qualificatif des éliminatoires couplées CAN-Mondial 2010. L’une
des affiches tant attendues lors de cette première journée est la rencontre
entre le Togo et le Cameroun, un duel qui a tenu toutes ses promesses.
La
rencontre avait commencé aux environs de 16 heures et ce sont les Eperviers
qui ont créé la première véritable occasion de but. Sur un centre de
Moustapha Salifou, le capitaine Adebayor, seul au milieu des défenseurs
camerounais a réussi à placer une belle tête piquée qui passe au dessus de
la barre transversale au grand soulagement d’Idriss Kameni, le goal des
Lions. A partir de cet instant, le néo Ballon d’or est surveillé de près
comme du lait sur le feu. Les Camerounais n’ont pas fini de digérer cette
grande frayeur quand à la 11ème minute
le pire leur arriva. Lancé en profondeur, le Nantais Thomas Dossevi, réussit
à trouver une faille sur son poursuivant pour adresser un centre en
direction de son capitaine dans la surface de réparation. Biqué qui était au
marquage, devrait résoudre l’équation de l’attaquant togolais derrière lui.
Et dans sa tentative de dégagement, il a plutôt mis sur orbite le Togolais.
Il a usé de ces dernières forces pour empêcher Shéyi de marquer mais ne
réussira qu’à lui déchirer son maillot. Ce dernier, en vrai buteur, n’a pas
eu de problème pour tromper la vigilance du pauvre Kameni. L’Epervier s’est
envolé avec sa proie et planait dans le ciel bleu d’Accra. C’est la
délivrance au Togo. Au Cameroun, on commence à se mordre les doigts. Eto’o
et ses coéquipiers ont tout fait mais ne sont pas parvenus à prendre à
défaut la défense togolaise où règne en maître le géant Nibombé Daré et le
vivace Serge Akakpo.
Le
système de jeu mis en place par le Belge Jean Thisssen a causé d’énormes
problèmes aux Camerounais. Améyou Komlan, le meilleur togolais du match,
Salifou et Obilalé, très en forme, compliquaient davantage la tâche aux
Lions qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Eto’o a déversé sa bile
sur M’bia qui venait d’adresser une frappe ridicule qui passe à quelques «
kilomètres » des buts du goal togolais. Dans le dernier quart d’heure,
Adebayor n’a pas réussi à crucifier les Camerounais en loupant un penalty,
compliquant encore un peu plus la souffrance de ses défenseurs qui se sont
déployés pour contrer les assauts répétés de l’attaque des Lions. L’entrée
en jeu de Sénaya Junior et de Floyd Ayité n’ont rien changé à la situation
finale. Le Togo empoche les 3 points de la rencontre. Mission accomplie.
Sur la feuille du match, le Cameroun, avec toute son armada de joueurs,
partait largement favori. Mais, le Gunner a imposé une nuit blanche aux
Camerounais.
Dès le coup de sifflet final, les populations qui étaient massées devant
leurs téléviseurs pour suivre la retransmission en direct de la rencontre
sont brusquement sorties de leurs maisons pour prendre d’assaut les rues
laissant exploser leur joie. Des manifestations de joie sont aussi signalées
à l’intérieur du pays. Dans cette folle ambiance, des accidents se sont
malheureusement produits entraînant mort d’hommes. Trois jeunes hommes ont
ainsi perdu leur vie ce samedi après le match dans un télescopage sur le
Boulevard Eyadema au niveau du Bar 3K.
Dans le même groupe, le Gabon est parti battre le Maroc chez lui par (2-1)
et prend du coup la tête de la poule devant le Togo. La prochaine journée
s’annonce décisive entre Camerounais et Marocains.
Coco Tchak & Didier Ledoux
Ça
va se savoir : Boa destructeur
Loin de profaner Dieu ou d’être jaloux de son critère d’octroi de beauté à
ses créatures, Elise est une beauté extraordinaire. Avec ses 22 ans révolus,
ses yeux écarquillés, son teint clair luisant et sa forme de mannequin
hollywoodien, Elise est la cible de nombreux hommes qui veulent la posséder.
Non pour en faire une épouse, mais pour être leur maîtresse. A force d’être
courtisée par les hommes de tout acabit, Elise se prenait pour l’héroïne de
son Agbélouvé natal. Décidément, sa présence et son existence dans cette
contrée avait rendu le village célèbre à cause des haltes des camionneurs
qui avaient pris l’habitude de s’abreuver là.
C’est ainsi qu’elle tomba un jour sur Boukary et Mamoudou, respectivement
chauffeur et assistant à bord de leur semi-remorque qu’ils venaient à peine
de garer. Ils la hélèrent puis elle vint à eux sans aucun protocole. Elle en
avait habitude. De la discussion engagée, les deux co-chauffeurs tombèrent
amoureux de la beauté de la contrée. Un rendez-vous fut pris pour le soir
auprès du véhicule. Jusqu’ici Elise ne savait pas qui des deux était son
cavalier à qui elle soutirerait davantage d’argent. Dès son départ, les deux
frangins tombèrent dans une discussion houleuse en (Moré), langue Mossi du
Burkina Faso. L’un d’eux céda sous réserve de mettre en branle son projet
dès la nuit venue. Ainsi, elle était ponctuelle ce soir au rendez-vous à
l’heure indiquée. Elle trouva Boukary, le plus âgé du duo à qui le plus
jeune avait implicitement laissé la main, se résignant pour des raisons
inavouées.
Couché sur le lit pico sous le camion, Boukary n’y eut pas de temps à perdre
après les salutations et formalités d’usage de l’arrivée d’Elise. Il se leva
du lit et fit asseoir cette dernière, enleva son « djalabya » qui
protégeait sa nuditè. Elise, malgré l’obscurité qui s’était abattue sur les
lieux, put constater la taille énorme du boa que cachait Boukary sous son
boubou. Entre-temps, comme dans un jeu d’enfant, Mamoudou s’était présenté à
la « pomme de discorde», lui mettant la puce à l’oreille au sujet du
boa, avant de disparaître. C’est bien ce qui avait permis à Elise de
découvrir à temps le boa destructeur qui allait lui défoncer sa petite
cuvette.
Elise se leva précipitamment et s’en alla. Mais Boukary la rattrapa aussitôt
sous le prétexte qu’elle n’avait pas le droit de voir ce qu’il avait de plus
intime. De là, Elise, sur la pointe des pieds, détala. Une course poursuite
s’engagea entre les deux amoureux. Elle réussit à distancer son poursuivant
gêné dans sa course par le gros serpent. Elle s’était fait rejoindre plus
tard sous un arbre par Mamoudou avec qui finalement les cœurs se parlaient,
mais avec l’idée d’intérêt de part et d’autre. Comme au champ de bataille,
les deux amoureux s’engagèrent dans un match inédit sur un pagne dressé pour
la circonstance et sous la belle étoile. Mamoudou pilait fortement Elise qui
fredonnait à tue-tête.
Les deux ne se souciaient de rien et fonçaient sans se défoncer quand
subitement leur apparut Boukary. Mamoudou pris de peur, se retira de Elise
et enfila de loin ses vêtements puis prit la fuite talon aux fesses. Mais
Elise, quant à elle, dans sa position couchée, était retenue par le colosse
qui tentait par tous les moyens de lui enfoncer son boa dans la profondeur.
Elise se débattit mais en vain. Au bout d’un moment, elle cria très fort.
Elle venait d’être défoncée. Ces cris de détresse ne s’étaient guère
estompés jusqu’à ce que ne lui vinssent des secours du village ameuté par
les cris. Elle s’en était sortie avec une forte douleur qui l’obligea à
marcher comme une mineure qui venait d’être déflorée.
Tonton D
Libertinage
Eto’o a dormi à 18 heures
Que de commentaires n’avait suscité le choc de samedi à Accra ! Au lieu de
Togo-Cameroun, toutes les attentions n’étaient focalisées que sur deux
hommes, deux stars : Eto’o – Adébayor, le pichichi contre le néo-Ballon d’Or
Africain, Barcelone contre Arsenal.
Bien évidemment, le buteur métronome de Barcelone avait la grosse côte
auprès des bookmakers. L’international camerounais a un palmarès
impressionnant : trois titres de ballon d’or africain, meilleur buteur dans
l’histoire de la CAN, meilleur buteur de la Liga et du championnat européen.
« Le Camerounais est le plus en forme du moment. Avec son complice
argentin du FC Barcelone, Lionel Messi, il a fait exploser les défenses qui
tentaient de s’opposer à eux. Il a le don d’être là où il faut pour faire la
différence. Il a atteint la plénitude de ses moyens. Il est le commandant en
chef de cette équipe, l’inspirateur et le finisseur de presque toutes les
actions offensives du Cameroun. Les défenseurs gabonais, marocains et
togolais sont prévenus », s’extasiait notre confrère de fifa.com.
En
revanche, on ne vendait pas très cher la peau de l’attaquant d’Arsenal qui
revenait de blessure et qui n’a plus joué depuis quelques semaines. Mais à
Ohene Djan Stadium d’Accra, on a vu qu’un seul homme : Adebay’OR. Même avec
le maillot rendu en lambeaux, il a limé les crocs des Lions, donné le
tournis au vieux Rigobert Song et ses camarades et arraché le sourire à des
millions de Camerounais. Il paraît que Eto’o Fils a retrouvé le lit à 18
heures. Mais qu’il avait eu du mal à fermer les « zoeils » et ne
faisait que des « réflexionnements ».
Adebay’OR, l’arme FATale des Camerounais
Eto’o n’est pas le seul à aller tôt au lit. Il se ronchonne que les 15
millions de Camerounais ont tous dormi à 18 heures « pile ». Ils
n’ont pas le choix. C’est comme ça aussi les Togolais. Ils sont méchants dê
! Imposer un sommeil forcé à des millions d’âmes, c’est un peu cruel.
Semble-t-il que Yaoundé, Douala, Bafoussam, Bamenda, Garoua... avaient
l’air des villes sous couvre-feu. Une ambiance de deuil a régné dans ces
villes samedi après le coup de sifflet final. On pouvait entendre, dit-on,
les bourdonnements des moustiques. Ceux qui ont apprêté des boissons pour
fêter, ont soulé la gueule pour se consoler. La faute à Adebay’OR qui a
donné du fil à retordre à Eto’o et les siens. Le Cameroun et ses superstars
n’ont vu que du feu. Le capitaine des Eperviers a été tout simplement leur
arme FATale. Pendant que dans les grandes villes camerounaises il y avait le
deuil, l’ambiance était à la surchauffe à Lomé, Kara, Sokodé…Une grande
clameur ponctuée de cris de joie, de concert de klaxons, de chants et danses
a accueilli la victoire des Eperviers sur les Lions.
La
performance hors commun d’Adebay’OR et ses coéquipiers a fait sortir de sa
torpeur le Réflexologue-maison « Fo Yovodévi » qui a bombardé les
Togolais de ses retrouvailles dithyrambiques dont lui seul détient le
secret. On espère que pour leur prochaine sortie, les Eperviers vont encore
arracher la crinière des Panthères pour encore donner du grain à moudre au «
Réflexologue ».
Le Togo et le Gabon sèment la panique dans le groupe A
Pour un groupe de la mort, c’en est vraiment un. Personne n’aurait misé un
centime sur Togolais et Gabonais dans cette poule. Mais c’est eux qui ont
fait parler la poudre pour le début de cette ultime phase de qualification.
Les deux ogres, les hyper favoris, le Cameroun et le Maroc ont mordu la
poussière. Décidément, il ne fallait pas se nommer Lions ce samedi. On
dirait que ces fauves ne sont plus rois de la forêt. Ils ont tout simplement
perdu la couronne. Pendant que les Eperviers domptaient les Lions
Indomptables à Accra, les Panthères eux croquaient à pleines dents les Lions
de l’Atlas à Cassablanca. Les deux Lions ont beau rugir, ils sont passés à
la trappe. Du coup, c’est la panique dans ce groupe A. Camerounais et
Marocains ne savent plus à quel saint se vouer. Les deux formations qui se
voyaient chacune de son côté en Afrique du Sud avant même le début des
hostilités doivent reménager leur monture parce que la route est très longue
et semée d’embuches.
La
prochaine journée s’annonce électrique pour les deux Lions blessés. Quand
deux Lions, qui plus est touchés, se battent, ça donne de l’adrénaline.
Match de tous les dangers pour deux grands favoris en difficulté. Il y a de
l’électricité dans l’air. Gare au vaincu qui risque de voir passer le train
de l’Afrique du Sud sous le nez…
« Ventocratie » quand tu nous tiens !
L’ex-ministre des Sports, Antoine « Faux-lit » se fait entendre de
temps en temps. On se rappelle qu’il a été débarqué du gouvernement Houngbo
suite à son cafouillage monstre dans la gestion de la crise à la Fédération
Togolaise des « Foutaises ». Ses homologues des micropartis font des
pieds et des mains pour avoir accès au Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation, mais lui, il ne s’y prononce pas. Le Secrétaire Général de
l’Union des Démocrates Socialistes branche du Togo (UDS-Togo), «
Antoine-vi » avait reproché tout récemment aux partis d’opposition de
n’avoir pas réglé tous les problèmes dans le cadre de l’Accord Politique
Global. Cependant, certains de ses propos tenus ont défrayé la chronique.
Il dit sans ambages que : « Ce que désirent en ce moment les populations
togolaises, c’est celui ou ceux qui pourront apporter une amélioration
conséquente à leurs conditions de vie. Ayons le courage de poser le problème
en termes de vision pour le Togo. Ce qui compte aujourd’hui, ce n’est pas le
fait que le président du Togo en 2010 soit du RPT, du CAR ou de l’UFC ».
C’est dire qu’il invite la population à renoncer à l’alternance et à se
soucier plutôt de leur ventre. Ce la n’étonne guère. Car c’est cette
politique de survie qui l’a amené au gouvernement. Seulement que la
mangeoire l’a vite échappé. S’il nous écoute, de grâce qu’il garde à lui
seul cette politique de « ventrocratie».
Relance de l’agriculture, dites-vous ?
Le
Syndicat National des Encadreurs Ruraux du Togo (SYNERTO) a observé la
semaine dernière une grève de 72 heures appuyée d’un sit-in. Ce débrayage
s’est déroulé à l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) à Agoè
Cacavéli et dans les directions régionales du Togo. Ce qui est surprenant,
c’est en ce moment juste que le PM, « Houngbossi » s’emploie
énergiquement à relancer la campagne agricole. Selon le secrétaire général
dudit syndicat, M. Koami Noaméssi, le gouvernement a écarté dangereusement
les encadreurs ruraux, conseillers agricoles qui devaient inculquer aux
paysans les techniques modernes de culture. Il paraît que ce même coup leur
a été fait pendant le fameux « Forum des paysans ». On se demande
pourquoi le « p’ti » pratique cette politique d’exclusion.
Trouve-t-il ces agents qui traînent treize mois d’arriérés de salaire
inutiles ? Sinon quelle agriculture pour quel rendement veut-on pour le pays
? Tout semble dire que le tapage médiatique fait autour de la relance de
l’agriculture n’est qu’un effet d’annonce, mieux c’est pour des raisons
électoralistes. Dans la négociation engagée avec le ministre de tutelle, il
se dit que son collègue de finances qui devait régler le problème est
absent. C’est donc rentré dans l’habitude du « gou-vraiment » qui
avance une certaine absence de l’argentier pour faire sa fuite en avant.
Malgré ça, la fête plutôt, la grève a bel et bien eu lieu. Si c’est de
cette manière que le pouvoir veut relancer l’agriculture,il a assez de
mauvaises herbes à sarcler.
Panique dans la cour du roi
La
nouvelle du limogeage de «l’arrogantissime» ministre de
l’Enseignement primaire et secondaire et de l’alphabétisation est tombée le
24 mars dernier comme la foudre dans un ciel serein. Personne ne s’attendait
à ce que le « p’ti » jette dehors son ami serré « Yves Madow
Nagouroscov». Depuis ce fameux jour, aucune « splication » n’est
donnée pour éclairer la lanterne des honnêtes citoyens. Mais selon ceux qui
ont leurs « zoreilles » reliées aux satellites, l’homme aurait fait «
Jacques ou es-tu ? », c’est-à-dire, un jeu de cache-cache avec un
fonds qui devait servir à financer un projet dont une partie devrait couvrir
les paiements prévus dans le cadre des travaux de constructions de salles
de classes, de blocs pédagogiques, de blocs sanitaires.
Quand nous disons qu’à « Gnassingbéland », il y a des individus qui
n’ont pas pitié des enfants des gens, on nous dit toujours que nous aimons
trop mettre du sel dans la sauce d’autrui. Alors que certains élèves du
cours primaire et secondaire de l’intérieur du pays s’assèyent sur des
troncs d’arbres à l’ombre des apatams pour étudier et des collégiens dans
les banlieues de Lomé sont 140 dans les classes, on se permet de gérer «
glama glama » les fonds.
Les mauvaises langues racontent que depuis que le super ministre a été
congédié, une peur bleue s’est emparée des autres. Ils craignent qu’eux
aussi soient dans la ligne de mire de « Faure-vi ». Il se dit que
certains parmi eux, qui sont en train de faire des « bitos » dans
leur ministère ont tout laissé tombé « piam ». Ils ont intérêt parce
que comme le disent les « Codivoiriens », « quand ça va pourrir,
ça va sentir ».
Les Lions ont été domptés
Comme prévu, le choc entre les « Zéperviers » du « Gnassingbéland
» et les Lions « Domptables» du « Biyaland », a tenu toutes
ses promesses à Accra. C’est le « Détia », plutôt le jaune qui a
remporté la partie. Si le seul but « Gnassingbélandais » avait été
égalisé et que les « Zéperviers » perdaient, beaucoup auraient piqué
de crise tellement leur tension avait monté au point qu’aucun tensiomètre ne
pouvait la mesurer. Parce qu’il paraît qu’à 10 mn de la fin de la partie,
tous les Togolais tenaient leur cœur dans la main et respiraient devant
leurs petits écrans comme au soir du « soucroutin » du 24 avril 2005.
Les Lions avaient sorti leurs griffes tranchantes et rugissaient à fendre
leur gueule. Le miraculé de Kodjoviakopé a failli être dévoré mais
heureusement c’est son maillot qui a subi les coups de griffes d’un Lion. On
a « jamaiment » vu un maillot d’un joueur déchirer de la sorte. Les
rugissements et les sauts des carnivores étaient si « faure » dans
les dernières quart d’heures que les « Zéperviers » étaient obligés
de voler très haut pour s’accrocher à leur goal « kpooo » afin de
conserver le but. Comme le dit si bien le réflexologue, « à ces Lions,
Dieu a tout donné sauf cette possibilité de voler et de planer ».
Au cœur des « mon pays »
Kambia
: Comment te portes-tu aujourd’hui ?
N’térantémou
: Je suis très « kankpé » ce matin. Sans te mentir, je suis très
content.
Kambia
: Maintenant, comment me trouves-tu ? Je vous dis toujours d’être toujours
sûr ce que je vous dis.
N’térantémou
: Vraiment, tu es comme un sorcier. Tu as vu juste le résultat.
Kambia
: Je vous ai dit que j’ai vu le match dans le sommeil.
N’térantémou
: Tu n’as pas menti. Maintenant, j’ai compris que tu as quelque chose en
toi.
Kambia
: J’ai « spliqué » aux gens que les Camerounais vont jouer mais on va
les gagner 1-0, mais beaucoup ne sont pas d’accord avec moi. Et voilà le
résultat.
N’térantémou
: Franchement, nos joueurs m’ont « planté » beaucoup la joie. Je ne
«savaissais » même pas quand j’étais sorti avec mon sifflet sur la
route.
Kambia
: Class, j’ai vu que notre coach est très bon. Tu as vu le choix qu’il a
fait?
N’térantémou
: C’est très « impec ». Il a fait un bon choix. Même les
changements, c’est sans commentaire.
Kambia
: C’est ce qu’on appelle un choix tactique. Les autres équipes vont «
peur» de nous.
N’térantémou
: Si c’est que le capitaine est en forme, je te jure que le Cameroun va
prendre plus que ce 1-0.
Kambia
: C’est clair. Mais pour moi, ce 1-0 me suffit déjà. Je ne veux que ça.
N’térantémou
: L’essentiel est qu’on a gagné le Cameroun.
Kambia
: Ce qui m’a un peu gêné, c’est le Gabon aussi qui est parti gagné le Maroc
chez lui.
N’térantémou
: Je n’ai pas écouté ça ! C’est depuis quand ils ont joué leur match?
Kambia
: C’est le samedi comme nous. Il a gagné le Maroc par 2-1. Maintenant, c’est
les « eux » qui sont premier dans le groupe.
N’térantémou
: Ça ne fait « rignin ». S’il gagne le Maroc chez lui, cela ne veut
pas dire qu’il va nous gagné chez nous aussi. On est devenu une grande
équipe maintenant.
Kambia
: C’est clair. Mais c’est nous qui « vont » aller là-bas
premièrement.
N’térantémou
: Chez lui ou pas, nous, on n’a plus peur de personne. Le jour J, toi-même
tu vas « verras » la surprise qu’on va encore faire.
Le
GRAD fait la revue de la situation sociopolitique d’octobre 2007 à février
2009
- Les facteurs de pérennisation de la crise togolaise
Le Groupe de
réflexion et d’action pour le dialogue, la démocratie et le développement (GRAD)
a sorti un document dans lequel il fait la revue de la situation
sociopolitique d’octobre 2007 à février 2009.
Sur les principaux événements de l’évolution politique récente, le GRAD a
axé sa réflexion sur la nomination du Premier ministre, la formation du
gouvernement, la table ronde de Bruxelles, la visite de Louis Michel,
les impacts de la crise alimentaire, des catastrophes naturelles et de la
flambée des prix, la publication des résultats des consultations nationales
pour combattre l’impunité, la gratuité des enseignements préscolaire et
primaire.
Après avoir traité le volet sur les catastrophes naturelles, et
invité à la nécessité de redoubler de vigilance, le GRAD expose
les facteurs de pérennisation de la crise togolaise. Une analyse de tout
ce qui précède permet d’identifier les éléments favorables ou défavorables
au processus de changement démocratique défini par l’APG. La réunion de
Bruxelles pourrait aider les partenaires togolais et européens à parfaire
l’application des vingt deux engagements. Il y va de la crédibilité même de
l’UE dont les efforts pour la promotion et l’instauration de la démocratie
dans le monde sont bien connus. Le rôle de l’UE dans la restauration de la
confiance des autres institutions internationales à l’égard du Togo est
également capital comme l’atteste l’attitude récente de coopération et de
compréhension de la Banque Mondiale (BM) et du Fonds monétaire international
(FMI), au lendemain de la reprise de la coopération de l’UE avec le Togo.
Tout semble fait pour renforcer la dimension de lobbying de l’UE auprès des
autres membres de la communauté internationale. Il convient de noter que
plusieurs pays de l’UE font partie du G8 dont les décisions sont
généralement déterminantes pour l’économie mondiale. C’est reconnaître
par-là, la forte influence de l’UE dans le système économique mondial. Et si
elle parraine un pays, celui-ci a beaucoup de chances d’aller de l’avant, de
bénéficier de sérieux atouts dans le concert des nations industrialisées et
démocratiques. Mais la crainte à ce niveau est que la vision de l’UE et de
la communauté internationale ne s’aligne sur celle des Etats qui
privilégient en matière de coopération les relations commerciales ou
économiques au détriment des autres. Elle réside aussi dans le fait que
certains responsables ou milieux européens cherchent à aller trop vite en
besogne en présentant la situation togolaise comme celle d’une crise
complètement jugulée, réglée. Ce qui semble encourager les autorités
togolaises à parler comme si le pays était parvenu à la fin de sa longue
crise. Le GRAD pense que cet excès d’optimisme dans la vision de la crise
togolaise pourrait entretenir le refus conscient ou inconscient des
dirigeants de soutenir effectivement le processus de réformes
constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG. Cette attitude
pourrait, en outre, conduire plutôt à la volonté de saupoudrage qu’à
celle d’un engagement réel en faveur d’un véritable processus de changement
démocratique
salutaire pour le peuple togolais toujours en souffrance. Elle pourrait
correspondre au désir du statu quo appelé à disparaître avec l’application
des réformes recommandées par l’APG. Ce qui serait contraire à la mission du
Dialogue intertogolais et à celle de l’APG qui l’a confirmée.
Ainsi, l’organisation des consultations nationales censées consacrer la
lutte contre l’impunité semble s’inspirer de cette stratégie de défense du
statu quo fondée sur la promotion d’initiatives et actions destinées à créer
l’illusion ou l’apparence d’un processus de changement qui reste
profondément marqué par des mécanismes internes de blocage. Les résultats
de ces consultations nationales sont actuellement disponibles et accessibles
au grand public. Ils soulèvent notamment la principale question de la mise
en place de la commission vérité, justice et réconciliation chargée
d’adopter les procédures requises pour une éradication effective de
l’impunité. L’Afrique subsaharienne présente une variété d’expériences
relatives au processus vérité, justice et réconciliation. Celles qui
semblent retenir l’attention des acteurs politiques togolais sont les cas de
l’Afrique du Sud, de la Sierra Leone et du Maroc. Et, une attention
particulière est portée à l’expérience marocaine par les autorités
togolaises à travers les responsables de la Ligue Togolaise des Droits de
l’Homme (LTDH). Celle-ci avait pris l’initiative d’accueillir une mission
marocaine à ce sujet. En quoi le régime marocain, une monarchie islamique
héréditaire, est-il comparable avec celui du Togo, une république laïque? Un
récent séminaire sur le thème : Des consultations nationales à la création
des commissions vérité, justice et réconciliation ; quelles sont les étapes
à franchir ?, permet d’identifier quelques éléments de réponse. Le WANEP-Togo,
une organisation de la société civile, est à la base de l’initiative de
cette rencontre propice à la réflexion et aux échanges sur ce processus de
réconciliation nationale décisif pour la sortie de la longue crise
togolaise. Les enseignements indiquent que l’expérience de chaque pays
dépend du contexte géographique et historique dans lequel la crise
incriminée a évolué. L’objectif est d’établir la vérité des faits, de
promouvoir la justice et la réparation en faveur des victimes, et
d’organiser la réconciliation entre tous les protagonistes. Il ressort de
l’analyse des expériences susmentionnées que les autorités marocaines
paraissent beaucoup plus préoccupées par le principe d’indemnisation des
victimes que par celui de la réconciliation nationale. En effet, les deux
comités créés dans le cadre du processus vérité, justice et réconciliation,
l’Instance d’Arbitrage Indépendant (AI) et l’Instance Equité et
Réconciliation (IER), sont décalés dans le temps et profondément opposés
quant à la composition des membres constitutifs et aux mandats définis à
chacun d’entre eux. L’IAI, composée des représentants du corps judiciaire et
du ministère de l’intérieur, prend des décisions exécutoires sur lesquelles
ni l’Etat ni les victimes n’ont plus à revenir. Il procède à des
indemnisations conditionnelles des victimes sans attendre la fin du
processus de vérification. L’accent est essentiellement mis sur la
réparation financière. Il est chargé d’examiner les violations graves des
droits de l’homme intervenues dans une période historique déterminée
(1956-1974). L’IER créée quatre ans plus tard dispose d’un mandat d’un an
pour identifier les violations graves en matière des droits de l’homme. Elle
est composée de personnalités indépendantes. Elle ne comporte aucun
représentant de l’Etat. Elle est astreinte à l’obligation de secret. Elle
n’a pas le temps nécessaire pour étudier l’ensemble des dossiers pendant le
mandat accordé. Les préoccupations de ces comités sont pratiquement limitées
aux seules actions de réparation financière sans aucune possibilité de
recours en justice. Le processus de réconciliation initié par le pouvoir en
place vise davantage à indemniser les citoyens victimes des violations et
agressions intolérables plutôt qu’à les réhabiliter en vue de réaliser le
vivre ensemble auquel aspire la majorité de la population nationale. Ce type
d’initiative signifierait-il que la réconciliation pourrait être décrétée
par les tenants du pouvoir face à des victimes assoiffées de justice et à
des populations traumatisées par de longues années de violences impunies? Ce
modèle d’approche de sortie de crise pourrait-il permettre d’obtenir une
véritable
réconciliation nationale, un climat social apaisé dénué de
tout sentiment d’animosité, de tout désir de vengeance ou celui de se faire
justice, à défaut de la justice réparatrice attendue des tenants du pouvoir
? Le GRAD saisit donc l’opportunité de ces interrogations pour rappeler que
la lutte contre l’impunité ne devrait pas se réduire à la banalisation des
mécanismes de réconciliation visant à renforcer l’impunité des auteurs
plutôt qu’à rendre réellement justice aux victimes des violences identifiées
au cours de la période considérée.
C’est pourquoi il convient de souligner qu’à ce stade les paroles et les
actes devraient concrétiser l’esprit de réconciliation qui aurait prévalu au
moment de la mise en place du processus de sortie de crise. Le GRAD reste
convaincu que cette méthode d’approche a des chances de redonner confiance
aux Togolais profondément perturbés par les derniers événements évoqués plus
haut, donnant une dimension aggravante à la crise du pays. Dans cette
optique, le GRAD se réjouit que les autorités aient pris conscience de
l’importance de l’impunité et de l’impact de la corruption à tous les
niveaux sur l’évolution de la vie des Togolais. Ainsi les consultations
nationales semblent un pas vers la bonne direction, mais elles risquent de
s’enfermer dans les contradictions qu’il faudrait résoudre par d’autres
initiatives suggérées par le GRAD dans l’une de ses précédentes
publications, que les promoteurs des consultations devraient avoir le
courage d’examiner avec attention. Le processus de réconciliation ne devrait
pas permettre à une catégorie de protagonistes d’être à la fois juge et
partie. Cela entamerait profondément la crédibilité attachée aux mécanismes
définis dans cette phase cruciale de sortie de crise. Il faut craindre de ce
fait que la volonté de redonner confiance aux acteurs politiques et aux
populations ne soit sérieusement affectée. C’est pourquoi le GRAD pense que
la réussite du processus de réconciliation implique une réconciliation
effective des Togolais, un regain authentique de confiance entre les
populations et la classe politique, d’une part, et entre les acteurs
politiques eux-mêmes, d’autre part.
Par ailleurs, l’autre volet de la réussite du processus de réconciliation
tiendrait à la lutte énergique contre la pauvreté, sapée chaque jour par les
mécanismes de corruption opérant dans tous les secteurs de la vie
économique et sociale. Il correspond en réalité à la lutte contre l’impunité
des crimes économiques qui ont fini par briser l’élan de développement
national et accélérer le rythme de paupérisation des populations. Cette
volonté de lutte contre la corruption ne devrait pas se limiter uniquement à
la création de structures formelles chargées de corriger la situation mise
en cause. Elle devra en outre refléter l’objectif de moralisation de la vie
sociopolitique et économique censé animer les promoteurs de cette initiative
de lutte contre les dérives antiéconomiques. Le choix des hommes de qualité
et de moralité exemplaires serait particulièrement déterminant. Le Togo ne
semble pas manquer de ce type de ressources humaines. Notre histoire
nationale a largement mis en relief ces hommes et femmes de valeur,
possédant un sens patriotique aigu. L’engagement des acteurs politiques en
vue de la réconciliation devrait répondre à une nécessaire transformation
individuelle et collective des personnalités concernées ainsi que les
populations qu’elles s’efforceraient de mobiliser en faveur de ce noble
objectif d’entente et de concorde nationale. Et cela ne paraît pas
impossible dans la mesure où cet engagement des acteurs politique est avant
tout une question de volonté politique, une condition d’action mise en œuvre
dans le cadre du Dialogue intertogolais et de la signature de l’APG, en août
2006. Ce défi relevé une fois par la classe politique togolaise pourra
l’être une fois encore, voire même davantage, chaque fois que les intérêts
supérieurs du pays l’exigent. Cette vision des choses apparaît étroitement
liée à une approche non violente de la résolution des crises préconisée
généralement par la communauté internationale (ONU, UE, AU, CEDEAO, UEMOA,
NEPAD). Elle cherche à privilégier l’esprit de consensus tel qu’il avait
prévalu au niveau des signataires de l’APG, actuellement présents au
gouvernement et au parlement. C’est pourquoi, au regard des réticences
observées dans l’application rigoureuse de l’APG, de l’absence de consensus
dans l’organisation des réformes prévues et de la faible attention accordée
au cadre
permanent de concertation préconisé par l’APG, le GRAD se
demande si la finalité des signataires de l’APG est de concrétiser leur
volonté de sortie de crise ou celle d’entretenir la pérennité de cette crise
par un ensemble de manœuvres politiciennes.
Le
GRAD estime que les risques de pérennisation de la crise ou du statu quo
existent encore à travers la permanence des pratiques et comportements des
tenants du pouvoir qui sont loin de refléter l’application des réformes
définies ou préconisées par la classe politique et entérinées par l’APG. La
volonté politique qui a animé les signataires de l’APG, aujourd’hui présents
au gouvernement et au parlement, commande d’adopter également une approche
consensuelle pour maîtriser le processus de réformes et de réconciliation.
Une telle approche consensuelle doit éviter de reproduire les pratiques et
comportements humains qui ont conduit à la situation socio-politique et
économique actuellement décriée, incriminée. Le GRAD est convaincu que cette
approche fondée sur le consensus, le patriotisme et la conscience de la
solidarité nationale doit aider à éviter les dérives de gouvernement
dénoncées par le mouvement de démocratisation enclenché dans les années
1990. Ainsi cette approche consensuelle doit permettre de bannir le retour
à des dérives antidémocratiques et autres pratiques peu compatibles avec
l’esprit de solidarité nationale et la bonne gouvernance. Le GRAD craint que
le défaut de consensus, de patriotisme et de conscience de solidarité
nationale dans l’application du processus de réformes et de réconciliation
ne conduise à des résultats superficiels incapables de résoudre
effectivement les problèmes identifiés et ne renforce, au demeurant, le
maintien du statu quo à travers des mesures ou des réformes qui ne visent
pas à attaquer le mal, la crise, par les racines pour le bien-être de la
communauté nationale.
Dans cette optique, le GRAD observe d’ores et déjà certaines des dérives du
régime RPT que le mouvement de démocratisation cherche à combattre depuis
près de deux décennies. Par exemple, le retour au culte de la personnalité,
visant à faire du Chef de l’Etat un dieu vivant dont les photos géantes ont
inondé, à un moment donné, l’espace national, en l’occurrence, les rues de
la capitale et des grandes villes du pays. Il est également constaté que les
Ministres, en commençant par le Premier Ministre, ne peuvent faire leurs
discours sans se référer au Président de la République comme au bon vieux
temps du parti unique. Le GRAD est profondément préoccupé par cette
évolution de la vie politique togolaise. Il rappelle que les ravages du
culte de la personnalité sont innombrables en ce qui concerne les blocages
de l’avènement de l’Etat de droit.
Le
GRAD note que le culte de la personnalité soutient et entretient en général
la culture de la violence, en particulier celle des violations massives des
droits humains et celle de l’impunité que les consultations nationales
récentes cherchent à combattre en vue de la réconciliation nationale. Le
GRAD s’interroge en outre sur la signification réelle des cérémonies des 5
et 13 janvier dans le processus de réconciliation amorcé dans le cadre de l’APG.
Quelle est la véritable portée de ces cérémonies organisées par les
autorités en ce début de l’année 2009 avec une participation importante des
militaires ? Les initiateurs de ces dernières manifestations de type
politico-militaire ont-ils le souci de contribuer positivement au processus
de réconciliation ? Les critères d’évaluation ayant motivé leur décision
ont-ils pris en compte les recommandations des travaux de la Commission
nationale chargée de la réhabilitation de l’histoire nationale ? La mise en
place de cette Commission nationale au lendemain de l’élection
présidentielle de 2005 n’avait-elle pas pour objectif avoué de restaurer la
confiance entre Togolais divisés, même en ce qui concerne la reconnaissance
du statut officiel de leurs personnages historiques ?
•
La cérémonie du 5 janvier est célébrée le 5 janvier 2009, en souvenir de
l’événement tragique du 5 janvier 1994, marqué par la perte en vies humaines
y compris celles des éléments des forces armées et de sécurité. Elle est
destinée à honorer à titre posthume des hommes du rang tombés dans ces
circonstances troublantes. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour penser à
eux, au moment où l’un des principaux témoins, le Président EYADEMA, était
encore là ? Il était censé mieux connaître plus que quiconque l’importance
de ses fidèles collaborateurs. Comment comprendre cette tentative tardive
pour introduire cet événement tragique dans l’histoire officielle de la
marche du Togo vers la démocratie et la construction de l’Etat de droit, en
une période où la classe politique et les populations se préoccupent de la
promotion et de l’efficience de la Commission Vérité, Justice et
Réconciliation ? Est-ce une manifestation ponctuelle organisée à titre
exceptionnel cette année ou est-elle appelée à se renouveler chaque année,
comme une célébration anniversaire à intégrer au répertoire des fêtes et
cérémonies de la République ?
•
La célébration du 13 janvier, organisée encore cette année 2009, avec un peu
plus de faste, en comparaison avec celle de 2006 (moins démonstratives et
plus discrètes, à l’intérieur des camps militaires, en quelque sorte à huis
clos) semble traduire un message de rupture en contradiction avec le langage
d’apaisement, de solidarité et de réconciliation développé par les tenants
du pouvoir depuis quelques mois. Comment comprendre ce revirement, cette
volonté de statut quo, face aux déclarations élogieuses d’avancées en
matière de démocratie et de changement formulées par des observateurs
nationaux et internationaux ? Le retour du 13 janvier célébré comme par le
passé signifierait au plan symbolique un refus de changement, celui du
processus de réformes et de réconciliation préconisé par les signataires de
l’APG. Il représenterait, de ce fait, la volonté de maintien du statut quo,
l’option de la démonstration de force, la culture de la violence et le recul
de l’Etat de droit. En effet, le 13 janvier rappelle à la classe politique
et aux populations le rôle déterminant des forces armées et de sécurité dans
le processus de déficit démocratique de notre pays. Le GRAD observe que
cette date, qu’elle concerne le 13 janvier 1963 ou le 13 janvier 1967,
évoque toujours une période sombre dans l’histoire de notre république en
construction, perturbée dans sa marche vers la démocratie et le
développement par un coup d’Etat militaire et une volonté de pouvoir à vie.
•
Les cérémonies de présentation des vœux de nouvel an au Chef de l’Etat ont
connu cette année 2009 une innovation qui semble rapprocher les populations
de leurs gouvernants et prendre en considération toutes les catégories
socioprofessionnelles. Limitées jusqu’ici à Lomé et à Pya, les localités
retenues pour la présentation des vœux au Chef de l’Etat et aux membres du
gouvernement sont étendues aux chefs-lieux des cinq régions administratives
et économiques du pays. En dehors de Lomé où les représentations
diplomatiques sont présentes, les capitales régionales accueillent les
délégations de fonctionnaires du secteur public, des employés du secteur
privé et des populations en provenance des différentes préfectures de la
région. L’organisation de ces rencontres ressemble davantage à celle des
campagnes préélectorales au cours desquelles les gouvernants cherchent à
défendre leur bilan et solliciter la compréhension et le soutien de leurs
administrés. Quelle stratégie des plus tentantes pour des candidats
potentiels à un an d’une échéance électorale majeure pour les Togolais
éprouvés par le scrutin présidentiel de 2005 ? Quelle est l’ampleur des
coûts liés à la mobilisation des principaux acteurs et des populations dans
un contexte économique marqué par la rareté des ressources et la vie chère?
C’est pourquoi le GRAD estime, à l’examen de tout ce qui précède, qu’il est
temps que la classe politique, en particulier le parti au pouvoir, retrouve
l’esprit de consensus qui a prévalu pendant le Dialogue intertogolais et a
conduit à la signature de l’APG. Il faut que les tenants du pouvoir
comprennent que la signature de l’APG représente aux yeux de la majorité des
Togolais, malgré ses insuffisances, une réelle manifestation contre la
division et celle de l’esprit de consensus dans le désir de vivre ensemble
de tous. |
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Liberté Hebdo #486 du 25 mars 2009 |
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CPDC/ Représentativité dans les CENI et CELI : Le RPT éprouve le
rapprochement UFC-CAR en gestation |
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L’enjeu de la présidentielle
de 2010 n’est plus à démontrer, et du côté du pouvoir, on ne lésine pas sur
les moyens pouvant amener à la victoire. La précampagne déguisée a débuté
depuis. Selon les indiscrétions, la tactique consistera à dissuader les
candidatures de natifs de la région septentrionale –allusion ici au
Franco-togolais Kofi Yamgnane qui en manifeste des velléités- et à
encourager celles de sudistes – participationnistes et autres
arrivistes-juste dans l’intention d’émietter les voix de l’opposition, de
l’Union des Forces de Changement (UFC) nommément. Les espèces sonnantes et
trébuchantes devraient faire le reste. Mais l’autre stratégie révélée
consiste à semer la discorde entre les deux poids lourds de l’opposition
parlementaire qui semblent pour l’instant les seules formations capables
d’affronter le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) aux urnes.
L’illustration
Les discussions ont été âpres
au Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) autour du code
électoral et les protagonistes se livrent à un combat rude pour la conquête
de
la
Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ses démembrements,
les CELI. Le RPT dans un premier temps brandit le nombre de sièges au
Parlement ; l’UFC quant à elle propose le nombre de suffrages aux dernières
législatives. Le parti de Faure Gnassingbé n’a pas fermé la porte aux
négociations.
En effet le RPT se dit prêt à
concéder la désignation de la composante politique par les partis
représentés à l’Assemblée nationale à raison de six (06) par la majorité
parlementaire et six (06) par l’opposition parlementaire aussi. Non sans
condition. L’accord du RPT est subordonné à une répartition à parité des
sièges de l’opposition parlementaire à raison de trois (03) pour l’UFC et
trois (03) pour le CAR.
Opposer le CAR à l’UFC
Voilà une proposition bien
unique en son genre qui devrait faire couler de la bile à l’UFC. Le RPT
n’est nullement animé d’une intention désintéressée de simplement lâcher du
lest. Au CAR, on acclamerait cette proposition à rompre les phalanges. Mais
à l’UFC c’est une énigme du sphinx, un véritable dilemme posé. La condition
est à tout regard scélérate.
Comment le RPT au nom de sa
suprématie à l’Assemblée, peut-il s’attribuer 06 postes et contraindre l’UFC
qui compte vingt-sept (27) élus au partage équitable des six (06) places
avec le CAR qui n’en compte que quatre (04) ? A l’UFC, il est fort à parier
qu’on rejettera tout naturellement une telle condition. Mais ce faisant,
Gilchrist Olympio et les siens se mettraient à dos les partisans du CAR. Au
grand bonheur du RPT et ses thuriféraires.
Cette condition posée n’est
qu’une volonté manifeste du clan d’éprouver l’union UFC-CAR dont les
velléités ont été manifestées depuis quelques temps. Cela ne confirmerait
que les craintes de nombre d’observateurs de la scène politique togolaise.
Le RPT n’a pas vu d’un bon œil la volonté de rapprochement exprimée par le
CAR et l’UFC lors d’une rencontre de concertation entre les deux partis en
fin janvier en réaction au coup de force opéré par le gouvernement en
introduisant à adoption un projet de code électoral. A cette réunion, les
deux partis ont manifesté leur volonté d’unir leurs forces pour combattre
l’unilatéralisme et les manœuvres obscurantistes du RPT visant à biaiser les
réformes institutionnelles et constitutionnelles. L’UFC et le CAR avaient
même émis le vœu de présenter un candidat commun à la présidentielle de
2010.
Ce rapprochement a porté ses
fruits. Les deux « ennemis intimes » ont mis la pression sur Faure
Gnassingbé qui a été contraint de mettre en place le CPDC. Les deux partis
ont commencé à être gênants et ont tenu la dragée haute au RPT durant
plusieurs séances au sujet du recours à
la Facilitation
en cas de blocage. Très enquiquiné, le pouvoir a dû recourir à des
manœuvres malhonnêtes pour ouvrir le CPDC à ses satellites.
Depuis un certain temps, le
CAR et l’UFC menacent de se retirer du processus. Cette condition du RPT est
un test grandeur nature pour l’union UFC-CAR que le peuple épris
d’alternance souhaite de tous ses vœux. Tout rejet de l’UFC de cette
proposition ne braquerait que davantage le CAR qui fait chanter depuis
quelques temps Gilchrist Olympio et les siens en demandant le retour à
l’ascenseur, c’est-à-dire le choix d’un candidat du CAR comme unique de
l’opposition. Et c’est le pouvoir qui s’en réjouirait.
Pablo E.
Ministère des Enseignements primaire et Secondaire : Yves Madow
Nagou paye le prix de ses propres turpitudes
Le 24 mars dernier, alors que les Togolais s’y attendaient
le moins, le ministre des Enseignements primaire, secondaire et de
l’Alphabétisation Yves Madow Nagou que l’on dit très proche du cénacle a été
relevé de ses fonctions et remplacé par M. Sambiana Sankaradja Laré.
Jusqu’alors aucune explication n’a été donnée sur les raisons de cette
éviction surprenante. Comme à son habitude, le pouvoir s’est vautré dans un
silence sépulcral. N’empêche, les spéculations, elles, vont bon train.
Selon des indiscrétions, la gestion ténébreuse faite par le
ministre d’un projet de
la Banque Islamique
de Développement (BIT) serait à la base de son limogeage.
On se rappelle, le gouvernement togolais avait obtenu un
prêt de
la
Banque Islamique de Développement (BID) en différentes monnaies pour
financer le coût du Projet BID Education II dans le cadre du «
Développement de l’enseignement de base au Togo ».
une partie des fonds accordés
au titre de ce prêt devrait être utilisée pour effectuer les paiements
prévus dans le cadre des travaux de construction de salles de classe, de
blocs pédagogiques, de blocs sanitaires...
Un appel d’offres a été lancé en février 2007 et cinq
sociétés avaient été retenues pour exécuter les travaux. Curieusement, les
autorités du Ministère des Enseignements primaire et secondaire avaient
exercé des pressions sur la commission technique pour que le travail soit
refait. A leur profit bien sûr.
En réaction à cette pagaille,
la BID avait annulé le projet avant de
l’autoriser à nouveau suite à un voyage du Premier ministre d’alors Komlan
Mally à Djedda en Arabie Saoudite, siège de la banque.
Ainsi en août 2008, une consultation restreinte entre les 5
sociétés retenues par
la
BID a été organisée par le ministère des Enseignements primaire et
secondaire, de l’Enseignement technique et de la Formation
professionnelle. Les résultats ont été rendus publics et le bon sens
recommande que les moins offrants emportent le marché. Mais une fois encore
les manœuvres ont été montées pour donner le marché aux enchérisseurs. Face
aux magouilles orchestrées au ministère des Enseignements primaire et
secondaire, le projet reste bloqué au grand dam des acteurs de l’éducation.
Par ailleurs, il se susurre que le ministre aurait payé son
poste à cause des difficultés rencontrées par le gouvernement dans la
suppression des frais de scolarité. En octobre 2008, on se rappelle, sans
aucune étude préalable, le gouvernement avait décrété l’école primaire et le
préscolaire gratuits. D’énormes problèmes s’étaient posés notamment
l’insuffisance des infrastructures scolaires, le surpeuplement des salles de
classe, le manque de personnel enseignant…dont la responsabilité est imputée
à Yves Madow Nagou.
A cela s’ajouterait l’arrogance avec laquelle le ministre
a traité le dossier des enseignants et qui a conduit ces derniers à observer
un mouvement de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo.
Aujourd’hui, Yves Madow Nagou paye le prix de ses
turpitudes. Mais beaucoup d’observateurs craignent que celui qui vient
d’être débarqué du ministère des Enseignements ne se retrouve
miraculeusement à
la Présidence
de
la République
pour se la couler douce là-bas. Au Togo, « rien ne se crée, rien ne se
perd, tout se transforme », pour parler comme Lavoisier.
M.A.
L’UFC
et le CAR boycottent la première session extraordinaire de l’année 2009
Après plus de deux mois de vacances parlementaire, les députés se sont
retrouvés hier au Parlement pour prendre part à l’ouverture de la 1ère session
extraordinaire de l’année 2009.
Cette session sera essentiellement consacrée à l’examen puis à l’adoption de
deux textes de lois. L’un, portant sur la modification de l’article 21 du
code électoral et l’autre projet de loi organique portant sur le statut des
magistrats de
la Cour des Comptes.
Pour le premier texte, «c’est dans le souci d’éviter la précipitation et
l’improvisation que le gouvernement a proposé cette modification », a
indiqué le président de l’Assemblée Nationale, Abass Bonfoh. Quant au second
texte, d’après le président de l’Assemblée Nationale, « il vise à donner
d’une part, les moyens de contrôle à ce corps spécifique, et d’autre part,
à préciser les modalités d’organisation et de fonctionnement du Conseil
supérieur de
la Cour
des Comptes».
Ces deux textes constituent des urgences que les Parlementaires examineront
au cours de cette présente session. A cet effet, il a exhorté le président
de la commission des lois Constitutionnelles et de la Législation de l’Administration Générale à prendre toutes
les dispositions qui s’imposent pour l’étude immédiate de ces deux textes.
Par
ailleurs, les Parlementaires ont écouté le compte rendu de la séance de
clôture de la 2ème session
ordinaire de l’année 2008.
Notons que lors de cette séance extraordinaire, seuls 44 députés dont 4 par
procuration ont répondu à l’appel. Aucun élu du Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR) ni de l’Union des Forces de Changement (UFC) n’était présent
à ce rendez-vous.
Le
résultat de ces travaux pourrait être connu avant le 7 avril prochain.
Coco Tchak
Débrayage à l’Institut de conseil et d’appui technique (ICAT) : Les
agents réclament 13 mois d’arriérés de salaire
Les
agents d’exécution et techniciens regroupés au sein du Syndicat National
des Encadreurs Ruraux du Togo (SYNERTO) observent depuis mercredi dernier
une grève d’avertissement de soixante-douze (72) heures, un sit-in à
l’appui. La manifestation se tient à la direction générale de l’Institut de
Conseil et d’Appui Technique (ICAT) sise à Agoè Cacavéli. La décision a été
prise suite à une assemblée générale extraordinaire tenue le 07 mars 2009 à
Tsévié sur le thème: «la
situation des agents de l’ICAT face à la relance de l’agriculture au Togo ».
Malgré le préavis de grève envoyé au directeur de l’ICAT,
rien n’y fait. Les raisons de ce débrayage, selon le Secrétaire général
dudit syndicat, M. Kpedja Komi Noamessi sont multiples : le non paiement de
treize (13) mois d’arriérés de salaire estimés à 670.728.702 FCFA, le
blocage délibéré des avancements depuis 1999 et la précarité des conditions
de travail et de vie des agents de terrain. « Nous réclamons le payement
intégral des treize mois d’arriérés et sept mois de solde de 1999. Nous
avons commencé des négociations depuis 8 ans. C’est le 4ème ministre
qui vient au département. On a à chaque fois posé le problème. On nous dit
que vous avez raison, on va régler ça. La base est fatiguée »,
peste-t-il. Nous sommes comme les enseignants encadreurs ruraux ; sans
conseillers agricoles, il n’y a pas d’agriculture ni de transfert de
technique moderne, indique une manifestante. « A l’heure où nous parlons
de la relance de l’agriculture au pays, voilà que nous qui sommes à la base,
nous qui allons transmettre les technologies modernes, nous sommes négligés
», renchérit un autre.
Les conditions de travail sont pénibles. « Il y a 8
ans que nous avons eu les motos qui sont amorties depuis. Nous recevons 10
litres de carburant par mois pour travailler sur un rayon minimum de 13 km
», martèle un responsable syndical qui demande si cette situation peut
booster l’agriculture togolaise.
Les responsables du syndicat estiment être victimes
d’intimidations de tous genres. « Pour bien travailler, il faut parler le
même langage que les paysans, et malgré ça, on a envoyé les gens de la
région maritime dans les Savanes et dans
la Kara. Parce
que nous avons réclamé nos droits les plus légitimes », relèvent-ils. Cependant, selon les informations, les grands
responsables de l’agriculture sont actuellement en atelier à Kpalimé pour
lancer la campagne agricole sans associer ces agents. De la même manière,
selon un gréviste, ils ne les ont pas invités au fameux « Forum des
paysans » tenu à Kara. « Et c’est face à ces conditions exécrables
que nous voudrions montrer notre ras-le-bol pour que l’opinion nationale et
internationale puisse être au courant et plaider notre cause pour qu’on
puisse relever le défi de la sécurité alimentaire », indique le
Secrétaire avant d’ajouter que « le travail humanise l’homme mais à l’ICAT,
le travail animalise ».
Par ailleurs, les délégués estiment avoir envoyé une
correspondance au Président de
la République
pour lui faire part de la situation.
Selon le ministre de l’Agriculture, M. Kossi Ewovor, le
Président aurait donné des consignes à son collègue des Finances pour régler
ce problème. Mais cela tarde à se réaliser et les manifestants estiment être
fatigués des promesses.
Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire tant prônée,
il urge que les gouvernants régularisent la situation de ces agents qui
tirent le diable par la queue.
Don Jean Kossi
Sans détour : Silence, notre capitale se modernise !
« La mort des autres nous aide à vivre » (Jules Renard)
Il
faut arriver à Lomé, la capitale du Togo, pour la voir se moderniser. Jamais
comme nulle part ailleurs. Nous sommes au 21ème siècle.
Comment se fait cette modernisation ? La modernisation de « Lomé
La Belle
», « Lomé
la Coquette
», « Lomé
La Suisse
de l’Afrique
»
se fait dans la poussière de la latérite. N’est-ce pas une moquerie pour le
peuple Togolais que cette trouvaille de Faure et Gilbert ? Et pourtant, on
est dans la capitale. Même l’ancienne route de Tchamba est bitumée ! Depuis
quelques mois, de gros camions dont certains immatriculés au Ghana,
sillonnent à grands coups de klaxon la ville de Lomé chargés de latérite qui
sert au revêtement de plusieurs rues de la capitale.
En
parcourant Lomé aujourd’hui, on découvre plusieurs rues qui ont été bitumées
peu avant ou peu après l’indépendance. Aujourd’hui, ces vieilles rues et
ruelles goudronnées, se retrouvent un peu partout. A Nyékonakpoè,
Kodjoviakopé, Amoutivé, Hanoukopé, Gbadago, dans la périphérie du Grand
marché, à Tokoin Hôpital et l’on en oublie. Les restes de ces toutes
premières rues asphaltées de la capitale sont encore visibles bien que
largement dégradées pour certaines, elles sont encore « kankpé » pour
d’autres, seulement, on les sent marquées par le poids de l’âge. La
comparaison entre les œuvres d’antan et celles d’aujourd’hui semble d’emblée
impossible, d’autan plus que celles auxquelles on assiste aujourd’hui en
matière d’infrastructures routières, ne résistent guère au temps. Les
preuves sont là.
Lorsque l’on se transporte dans les années 60 pour observer le peu
d’infrastructures routières qu’il y avait à l’époque, au vu du paysage que
présente Lomé en 2009, on a l’impression que le pays n’a pas évolué comme
il se devait. Nous n’avons pas l’intention de jouer aux nostalgiques, mais à
dire vrai, on a comme l’impression qu’il y a eu blocage quelque part. Un
séjour à Accra à côté, permet de constater qu’au Ghana les dirigeants
investissent abondamment dans le bâtiment et les infrastructures routières.
Le Ghana aussi n’a pas échappé à une longue crise économique et politique,
et pourtant. Et il suffit de trois années d’absence seulement d’Accra, Téma,
Hô etc, pour voir à quel rythme se fait le développement non loin de nous.
Même chose pour le Bénin qu’on ne peut pas comparer au Ghana, certes; tant
le développement des pays francophones n’a rien de comparable à celui des
pays anglophones.
Une
Togolaise installée à Accra depuis les années 70, et qui y a fondé son
foyer, actuellement en séjour chez elle au Togo depuis 48 heures déclarait
le jour de son arrivée : « Le pays n’a pas du tout évolué. Déjà à la vue
de Kodjoviakopé, j’ai senti que le Togo n’évolue pas » et d’ajouter : «
Viens à Accra et tu verras ! ». Signalons que son dernier voyage au
pays natal remonte à 17 ans. C’est une triste et dure réalité. Les
dirigeants togolais n’ont pas construit le Togo. C’est une question
d’orgueil national. Les dirigeants ont-ils jamais eu cet orgueil national
que les Togolais attendent tant et qui ne vient pas ?
Au
Rwanda, loin de nous, très loin de nous, il a suffi d’une initiative
personnelle de Paul Kagamé, le Président de la République, pour barrer la
route à l’inondation de Kigali, la capitale, par des sachets plastiques.
Depuis cinq ans au moins, la ville est propre et a changé d’aspect. Les
sachets plastiques ont cédé la place à des sacs fabriqués à partir de
plantes locales. C’est cela le progrès, le développement ! Partir d’un état
déplorable qui donne envie d’embrasser la mort, pour subitement aboutir à
une situation de mieux-être. Cela donne envie de vivre et de vivre encore
plus. Malheureusement ce que vivent les Togolais leur donne au contraire
l’envie de mourir et tout de suite même.
Au
Togo, les autorités n’aident pas les citoyens à mieux vivre. Elles les «
aident au contraire à vite mourir ». Aucune initiative louable. Et nous
n’en voulons pour preuve que cette nouvelle trouvaille qui consiste à
envahir les pauvres usagers de la voie, de tonnes de poussières rouges. Et
c’est ainsi qu’au Togo en plein 21e siècle,
on modernise Lomé,
la Capitale. Les
fonctionnaires sont obligés de se rendre à leur travail, tout couverts de
poussière, que ce soit en taxi ou sur une moto, narines, paupières, cils
envahis de poussière. C’est cela l’amour pour les Togolais. Vive la
modernisation de Lomé dans la poussière !
Alain Simouba
Ça va se savoir : Leçons particulières (3)
« Ouiiii ! Te voilà enfin ! A fond Professeur. J’ai
envie de bien te sentir au plafond de ma grotte », s’écriait Céline qui
pendant ce temps tentait en vain de prendre Désiré par ses fesses presque
inexistantes. « Vouvoie-moi plutôt, ma petite puce. Allons petit à petit car
cette bête n’est pas aussi gentille que tu le penses. J’ai peur qu’elle te
dévore », répondit le Maître assistant actif dans un interminable
va-et-vient, tenant fermement les deux collines sous lesquelles reste cachée
naturellement la pomme fendue et défendue. « T’inquiètes pas pour moi.
Malgré son insupportable volumineux et insoumis reptile, le Recteur est
passé par là sans inconvénient. Alors, fonce et défonce comme Alphonse sur
le gazon du terrain de football », cracha la go. « Oh… non, la vache ! Ne
bouge pas trop », marmonna l’enseignant qui alors tentait de maintenir sa
jument très agitée en équilibre.
Elle s’écria encore: « A fond !! » languisait Céline. Le
cavalier la voyait vraiment grossière, ce qui l’excitait beaucoup plus. Elle
était à ses yeux un peu racaille. Toujours insatisfaite parce que la bête
jusque-là n’avait parcouru que la moitié du chemin. Elle la voulait en elle
dans toute sa plénitude. D’un geste magistral, elle s’échappa du dard puis
aussitôt se retourna pour faire face à la bête. Elle la saisit puis cracha
dans sa main. Elle enduit le reptile. Elle le lécha de la tête au pied, ce
qui rendit le reptile non seulement reluisant mais aussi lubrifié. De
nouveau, telle la chienne du village, elle se tourna, maintenant toujours
dans sa main la bête beaucoup plus furieuse. L’homme revint à la charge,
orientant le reptile qui cette fois-ci se vit entièrement plongé dans une
grotte obscure. Il n’a laissé derrière que ses frères jumeaux qui
obéissaient au rythme que leur imposaient le maître et la bête dans leur
élan. L’enseignant se voyait hors de lui par l’effet de la contraction
musculaire qui se faisait pendant ce temps dans la cité. « Ca va mieux
maintenant, ma petite puce ? », interrogea-t-il la poulinière.
« Ouaaaaaaaaaaaaisssss !!! Que c’est boooooooooon »,
a gémissait Céline qui trémoussait davantage dans tous les sens telle une
vraie vicieuse. Désiré resta dans son rôle, cherchant à procurer encore du
plaisir en lieu et place de leçons particulières à son étudiante. L’homme
sentit que cette grotte était plus qu’un aspirateur dont les muscles
serraient sa bête et se contractaient vraiment tout autour pour masser le
reptile. L’étudiante s’accrocha aux coussins qu’elle réunit dans ses bras.
« Tu es vraiment le meilleur… », s’écria-t-elle pendant que la grotte
d’amour telle dans une forêt tropicale laissait pleuvoir une pluie
torrentielle de liquide jouisseur.
Désiré retira à la hâte sa bête alors que celle-ci n’eut
fini de cracher son venin. Une suite logique de jets s’abattirent sur les
petites fesses de la fée. La chaleur ambiante procura davantage du plaisir
à l’étudiante qui y plongea sa main puis s’enduit et les fesses et une
partie de ses cuisses sous le regard inquisiteur de son enseignant. Céline
de nouveau amena son « gnocotteur » à adopter une autre position. C’en
étaient suivies d’autres et chacune était couronnée par un flot de liquide
jouisseur et de venin. Les leçons étaient vraiment particulières que
l’enseignant et son apprenante perpétuèrent les séances mais sans toucher
vraiment à un chapitre de l’Anthropologie politique.
FIN
Tonton D
Libertinage
Et si le « p’ti » lui-même démissionnait ?
Depuis quelques temps, le « p’ti » a pris le
vilain plaisir de donner des congés de fout-le-camp à certains amis pourtant
jugés très proches de lui. Hier, c’était le tout-puissant ministre de
l’Economie Payadowa « Bouc-Kpessi » qui a été démissionné. Hier
encore, c’était le ministre des Travaux Publics « Tali Taki » et le
DG du FER Ferdinand Tchamsi qui ont été emportés par les flots
d’inondations qui ont frappé le pays en juillet 2008. Aujourd’hui, c’est
« Yvres Nagouroskov », le ministre des Enseignements primaire et
secondaire qui a été sauté comme un fusible. A qui le tour prochainement ? «
Kplikplitina » ? Peut-être. En tout cas, c’est la panique dans la
cour du roi. L’insomnie que le Fils donne à ses collabos n’existait pas sous
le règne du père. Pendant les 38 ans que le Général avait régenté «
Gnassingbéland», c’est rarement qu’on entendait parler de limogeage de
ses collabos. Même si ceux-ci s’illustraient par le pillage des deniers
publics, ils sont encouragés à le faire. Conséquence, le pays est retourné
« cent ans en arrière ».
Avec l’avènement du Fils qui
s’est entouré de ses amis d’enfance aux appétits gloutons, une course au
trésor s’est également engagée. C’est à qui pillerait plus les richesses du
pays. On n’en veut pour preuve que le train de vie sultanesque des jeunes
cadres qui gravitent autour de lui. Ce 200 mètres plats à la fortune auquel
se livre la nomenklatura dirigeante fait que le pays se développe à reculons
et plonge le peuple dans un océan de misère. Pour soulager les populations,
nombre d’observateurs se demandent s’il ne serait pas mieux que le « p’ti
» rende son tablier. Est-ce votre avis aussi ?
Des auditeurs nostalgiques
Les fidèles auditeurs de la « Légende » sont
nostalgiques. Et pour cause, depuis des jours ils sont sevrés des suaves et
douces voix des animateurs de cette boîte. Les auditeurs n’en sont pas du
tout contents. Ils ne comprennent pas que pendant qu’on clame la liberté de
presse et d’expression, on puisse les empêcher d’écouter la chaîne de leur
choix. Beaucoup restent convaincus que c’est une censure qui vient du haut
lieu. C’est l’info distillée par les micros-trottoirs. Mais quand nous
sommes allés aux nouvelles, il s’est révélé que c’est un tout petit vent
ennemi qui a fait cadavrer les pylônes de plusieurs tonnes qui soutenaient
les émetteurs de cette chaîne. Un vent assassin !
Depuis, la « Légende » peine à se remettre sur ses deux pieds, malgré
la pléthore de médecins qui s’acharnent à son chevet. Il paraît que le coup
est si dur et inattendu qu’elle a eu plusieurs côtes cassées. Aux dernières
nouvelles, les efforts des médecins ont porté leurs fruits : «
La Légende
» va mieux. Alléluia!! Seulement elle est dans le plâtre et souffrirait
encore des maux de gorge, ce qui ne lui permet pas de porter loin sa voix.
Le champ de couverture n’est que de quelques décimètres à la ronde. Pour
écouter votre chaîne préférée, il faut porter votre transistor à la place
Bonké ou vous percher au 36e étage
de l’hôtel 2 Février pour recevoir ses fréquences. On espère qu’elle se
rétablira complètement et retrouvera sa voix d’antan pour le plus grand
bonheur des auditeurs. Ceux qui ont chanté son requiem doivent encore
attendre. Nous, on lui souhaite une prompte guérison.
Django ne changera jamais
Le bruit avait couru que le nouveau ancien président de
la Fédération Togolaise
de Football avait choisi ses journalistes pour couvrir le match
Togo-Cameroun demain à Accra. Beaucoup n’y avaient pas cru et se disaient
que ce sont des rumeurs inventées de toute pièce pour nuire à l’image de
marque du fils du père. Eh bien non, la rumeur est bel et bien devenue une
clameur.
Le
mercredi dernier, lors de la distribution des badges, la porte a été fermée
au nez à certains «con-de-frères» jugés trop critiques vis-à-vis du
prince. Bien que les demandes d’accréditation aient été dûment adressées à
la Fédération, seuls les journalistes proches du prince, ceux qui le
caressent dans le sens du poil ont eu droit aux accréditations. Les
journalistes qui ne regardent pas dans la même direction que le fils du père
ont été priés d’aller se faire voir ailleurs.
C’est ainsi que commence la troisième mi-temps de Rock Gnassingbé. Au moment
où on prône l’union sacrée autour des Eperviers pour cette rencontre
décisive contre les Lions Indomptables, «Roc» a été capable de semer
la dichotomie au sein des journalistes sportifs. En se mettant déjà à dos
une catégorie de journalistes, « Roc » ne se facilite pas la tâche à
la Fédération. Le
prince a beau crier sur tous les toits que seuls les imbéciles ne changent
pas, il démontre à suffisance qu’il est un … qui ne changera jamais.
Les «particules» changent de stratégie
Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC)
continue de tenir le haut du podium dans l’actualité politique. Son
ouverture aux partis signataires de l’Accord politique global ne finit pas
d’aiguiser les appétits d’autres molécules de partis. Les actions menées en
solo tardent à apporter leurs fruits. Depuis mardi donc, 6 « particules
» (Le NID, MDC, RMC, NDP, PSR et UDPS) ont décidé d’unir leurs forces pour
se faire entendre par le « p’ti ». Lors d’une conférence de presse,
ils estiment ne pas comprendre aujourd’hui « Faure-vi » qui, pourtant
se considère comme un homme de dialogue.
« L’APG n’a jamais institué les 5% de suffrages que réclame l’opposition
traditionnelle comme condition d’entrée au CPDC », clame le désormais porte-parole des «particules»,
Me Tchassona Traoré avant de dénoncer la décision qui trouble leur sommeil.
« Ce qui est plus grave, on ouvre le CPDC aux partis signataires de l’APG
; qu’est-ce qui justifie cela ? Est-ce qu’ils ont eu les 5% ? Les chefs
traditionnels, la société civile ont eu les 5% ?», a-t-il pesté. C’est
pourquoi, ils entendent utiliser la constitution toilettée pour se faire
entendre. Comment ? Déposer une plainte contre le « p’ti » ?
Manifester dans les rues ? Nous, on leur conseille d’organiser un petit,
plutôt un grand meeting à Fréau Jardin comme l’UFC pour démontrer leur
popularité. Avec ça, on ne sait jamais, l’héritier peut faire encore une
ouverture frauduleuse. Et vous, qu’est-ce que vous leur proposez ?
Sarko oublie le Togo
Depuis hier, le président de
la
République gauloise, plutôt française, Nicolas Sarkozy est en visite sur le
continent africain. Dans son agenda, Sarko visitera trois pays : la
République Démocratique du Congo (RDC), le Congo Brazzaville et le
pays arc-en-ciel, l’Afrique du Sud. Le Togo a été encore boudé.
On
ne comprend pas l’attitude de l’apôtre de l’immigration choisie. Nous, on
n’a pas fini de porter le deuil suite à la non visite du Togo par sa
sainteté le Pape Benoît XVI, que Nicolas Sarkozy en augmente les pleurs. Il
paraît que le gars n’arrive pas à extirper de sa mémoire la manière dont le
« p’ti » est monté sur le trône. On se rappelle qu’on avait dénombré
des morts et des blessés. On ne sait pas pourquoi le « prégo » bling
bling de la France maintient ce divorce. Le « p’ti » n’a-t-il pas
organisé des élections législatives sans « diffusion » de sang ? Le
fils de la nation ne lui a-t-il pas rendu visite pour effacer l’image
cauchemardesque de cette élection du 24 avril ? Que veut Sarko au juste ? On
susurre qu’il attend deux choses : la mise en place de la commission
Vérité-Justice et Réconciliation et la fin de l’impunité dans le pays.
Doucement Miguélitov
A
beau mentir qui vient de loin, dit-on. Les go de Lomé font comme si les
chansons de nos artistes togolais ne sont bonnes que pour passer dans une
émission dénommée « Cimetière des chansons» au Bénin. Les chansons
interprétées par
la Chorale St
Crapaud de notre quartier rivaliseraient avec celles qui se jouent dans
cette émission. Voilà, depuis que le « p’ti » « zoiseau »
Miguélitov a préféré le «Gnassingbéland » de « Faure-vi » au
Bénin de « Yani Boyi », il est comme au paradis. Mais depuis un
certain temps, l’on ne fait que parler de lui en mal.
Il
paraît que depuis que l’homme a déposé son balluchon « à Togo » ici,
il ne fait que tirer sur tout ce qui bouge. On dirait que son entrejambe le
démange. Ses groupies qui prennent ses chansons comme des paroles d’Evangile
se laissent tourner et retourner par ce « p’ti » comme si elles n’ont
jamais vu un homme, un vrai auparavant. De sources dignes de foie et
d’intestins, l’artiste « Béninlais » gérerait deux ou même trois gos
à la fois dans un hôtel. Certains pensent qu’il aurait le don de «
gnapiquité », c’est-à-dire le pouvoir de « gnaper » plusieurs
guinguettes au même moment. Ces sources indiquent que le gars aurait «
gnocoté » à crédit dans un hôtel et que le gérant était obligé
d’hypothéquer sa voiturette. Il se dit qu’il saoule chaque week-end les gars
de son quartier de résidence pour être en bons termes avec eux au cas où il
« marcherait » par mégarde sur une de leurs « gnocopine s».
Ce qui est marrant, c’est qu’il semblerait qu’il y a dans le lot de ses
groupies, des femmes qui peuvent le mettre au monde. Les maris cocus
commencent à se demander en quoi ce « p’ti » qui les fait tant
danser les dépasse.
Nous, on a envie de lui donner un conseil « Montesquien » qui dit
que, pour vivre heureux, il faut vivre caché. Sinon, à cette allure, on a
peur que le petit oiseau ne fasse jamais son nid.
Qui aimerait se marier sur la lagune de Lomé ?
Le
mardi passé, l’un des feuilletons les plus prisés sur la télébidon a pris
fin. Nombre de «Gnassingbélandais » ont apprécié la scène montrant
les couples de mariés se promenant dans les barques un cours d’eau. Les gens
ont en « mêmetament » rêvé célébrer eux aussi leur mariage sur une
lagune comme celle-là. Mais lorsque nous leur avons proposé celle qui
traverse Lomé la Belle poubelle, ils ont dit un non qui résonne encore dans
nos « zoreilles ».
N’est-il pas possible pour nos dirigeants de transformer cette lagune en un
endroit idyllique? Il paraît que des gens sont venus pour y construire un
complexe touristique mais nos « gouvernailleurs » les en auraient
dissuadés. Vrai ou faux ? Alors que ceux qui n’ont pas de ces joyaux
construisent des lacs artificiels dans leur pays, au Togo cette lagune est
transformée en un fourre-tout où chacun jette du n’importe quoi. Togo
frigo, morgue, puisard, tels sont les noms par lesquels on la qualifie. Il
se dit que dernièrement, c’est un tuyau conduisant des matières fécales qui
y est canalisé. On dirait que sa fonction première est de drainer des
matières fécales, des eaux usées et que sait-on encore. Pauvre lagune !
Au cœur des mon pays »
Sankaradja :
Tu as appris les nouvelles ?
Apoudjak
:
Quelles nouvelles encore ? C’est toi toujours qui « appris » les
nouvelles.
Sankaradja
: Class, dans cette vie maintenant, il faut avoir les « zoreilles »
«longs», sinon tu vas être surpris.
Apoudjak
: En tout cas ce n’est pas moi qui « sera » surpris. Moi, je suis
vraiment prudent. Au fait, c’est quelle nouvelle tu veux me parler ?
Sankaradja
: C’est ce qui s’est « tombé » sur le ministre des enseignants.
Apoudjak
: J’ai entendu tout ça !
Sankaradja
: Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’on le chasse de son poste ?
Apoudjak
: Comment nous, on peut le savoir ? On est loin de ceux qui peuvent
comprendre tout ce qui s’est passé.
Sankaradja
: Mais c’est bizarre que cela arrive brusquement à lui alors qu’ils crient
là-bas que tout va bien.
Apoudjak
: Ou bien il a fait quelque chose qui a « nervé » le « p’tit »
?
Sankaradja
: Ça peut être vrai aussi. Toi-même tu sais que le « p’tit » fâche
très rapidement la « colère » si on l’embête.
Apoudjak
: Mais, le gars-là est trop cool pour embêter le « p’tit » ! S’il est
renvoyé, cela veut dire qu’il a fait quelque chose qui n’est pas bon. C’est
comme ça moi, je le prends.
Sankaradja
: En tout cas, depuis qu’il est arrivé, les choses ne font qu’aller «glama-glama
» dans l’enseignement.
Apoudjak
: C’est vrai, les gens ne font que faire grève. On ne comprend plus «rignin»
à la situation.
Sankaradja
: Les maîtres mêmes ont fait grève. Ça veut dire qu’il y a des choses
sombres qui se passent avec lui.
Apoudjak
: La place-là n’est pas créée pour lui seul. Les gens sont passés avant lui.
Donc moi, ça ne me dit plus quelque chose quand on renvoie un ministre.
Sankaradja
: Mais, pour lui ça fait un peu pitié.
Apoudjak
: Quelle pitié ? Ce qu’il a gagné là-bas-là, si tu vois ça, tu ne vas plus
travailler pour le pays. Tu vas aller te cacher dans un coin pour faire ton
propre boulot.
Sankaradja : Tu n’as pas menti.
Comme les autres sont là et c’est lui seul qui a été chassé, c’est pourquoi.
Apoudjak
: Leur tour aussi viendra. Ils le savent tous. Laisse-les gérer leur «renvoiement
» et occupe-toi de ton boulot. |
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Liberté Hebdo #483 du 23 mars 2009 |
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Les leçons de la visite du Pape Benoît XVI en Afrique : Après
la noce parfaite avec le pouvoir de Faure, l’Eglise catholique muette sur la
situation sociopolitique du pays |
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Etape du Cameroun
Ici, au-delà de l’euphorie qu’a suscitée cette visite du souverain Pontife -
ce qui est de bonne guerre, le continent compte une cinquantaine de pays
mais le choix a été porté sur le pays de Paul Biya ; et d’ailleurs une
visite papale, cela n’arrive pas tous les jours-, Benoît s’est plutôt
illustré par la polémique autour du Sida. Le souverain Pontife a déclaré que
le préservatif n’est pas le meilleur moyen de lutter contre le fléau. Le
successeur de Jean-Paul II n’en est pas resté là ; il a enfoncé le clou en
crachant que c’est plutôt la promotion du préservatif qui crée la débauche
et fait augmenter le fléau.
Cela n’étonne pas assez. C’est la traditionnelle position de l’Eglise
catholique qui n’a jamais vu la préservation d’un bon œil, la conçoit comme
une prime au libertinage sexuel et a toujours prôné l’abstinence comme la
meilleure voie de lutte. Une position assez discutable, d’un point de vue
pratique et scientifique. Bien évidemment ces déclarations ont suscité le
courroux des organisations de lutte contre le Sida qui prônent comme tout
premier moyen de lutte la préservation et s’époumonent à en faire la
promotion. Pour ces organisations, ces déclarations du Pape sont très mal
placées et viennent remettre en cause des années de lutte conte le fléau.
D’un point de vue pratique, parlant d’abstinence, combien de jeunes au sein
de l’église arrivent à la pratiquer ? Combien ne maculent pas leur
curriculum vitae sexuel d’activités intra-jambaires avant le mariage?
Passons.
En Angola
Ici, Benoît XVI a réinitialisé le rôle de l’église au regard de la
politique, s’illustrant comme un opposant au syndicat des chefs d’Etat
africains. Sans langue de bois, le souverain Pontife a fait la morale aux
gouvernants du continent. Lors d’une rencontre avec les membres du
gouvernement angolais et diplomates du continent, le Pape n’a pas pris de
gants et a évoqué devant eux les graves maux dont souffre l’Afrique par le
fait de son élite.
« Avec les armes de l’intégrité, de la magnanimité et de la compassion, vous
pouvez transformer ce continent et libérer votre peuple du fléau de la
cupidité, de la violence et des troubles et le mener sur la voie balisée des
principes indispensables à chaque démocratie civile moderne », a déclaré Benoît XVI, qui a appelé les
gouvernants africains à éradiquer la corruption et la violence et promouvoir
une presse libre, s’ils veulent vraiment transformer leur continent. Respect
et promotion des droits de l’homme, une gouvernance transparente, une
justice indépendante, une presse libre, la démocratie civile, un réseau
d’enfants scolarisés et d’hôpitaux performants et surtout une détermination
poursuivie dans la conversion des cœurs pour extirper une fois pour toutes
la corruption.
Le pouvoir de Lomé et l’Eglise catholique
Benoît XVI parlait à toute l’Afrique, mais on dirait au Togo seul. C’est le
régime de Faure Gnassingbé qui se retrouve merveilleusement peint. Tous les
maux énumérés y sont présents.
Respect et promotion des droits de l’Homme, Justice indépendante, c’est là
le tendon d’Achille du pouvoir de Faure. Fait assez illustratif, voilà
quatre (04) bonnes années que son accession à la magistrature suprême a
donné lieu à des violences inouïes qui ont coûté la vie à un millier de
Togolais. Les enquêtes effectuées, les auteurs de ces violences et leurs
bourreaux ont été bien identifiés. Mais depuis lors, ces coupables ne sont
guère inquiétés. On fixe des conditions irraisonnables pour examiner les
plaintes déposées. Le processus Vérité, Justice et Réconciliation n’est pas
enclenché jusqu’à ce jour.
La
corruption, la gouvernance obscure, la violence tant physique que verbale
sont des signes particuliers du pouvoir de Lomé. La gestion des sociétés
étatiques n’est pas des plus saines. C’est un grand réseau de prébende et
siphonage des ressources de l’Etat qui s’est installé, avec l’aval du sommet
même. Le cas de la gestion du Fonds d’Entretien Routier (FER) de Ferdinand
Tchamsi, des Phosphates togolais pour ne citer celles là sont témoins. Les
responsables créent des trous financiers pas possibles mais ils ne sont
guère inquiétés, ces sociétés « supprimées » sans autre forme de
procès. La corruption s’est érigée en système et a conquis le cœur même du
pouvoir. Les Travaux Publics rattachés entre temps à la Présidence de
la République
n’ont pas connu meilleur sort.
Autant de maux qui trucident donc la fameuse « démocratie civile moderne
» dont parle Benoît XVI.
Le grand débat
Cette sortie du souverain Pontife en Angola relance le rôle de veille sur la
politique qu’a toujours joué l’Eglise catholique dans le monde. Benoît XVI
dément ainsi les hommes d’église, toutes tendances confondues qui font la
dichotomie entre Dieu et la politique. Nous rapportant au cas togolais, les
citoyens ont de plus en plus l’impression que l’église catholique togolaise
d’aujourd’hui a démissionné de ce rôle.
On
se rappelle les sorties médiatiques de l’Eglise à l’époque d’Eyadéma. Elle
n’hésitait pas à condamner des cas de violences et de non respect des droits
de l’Homme, à prendre le parti du peuple togolais brimé. Elle a toujours
réagi directement ou indirectement et constitué un groupe de pression
intense. L’Eglise catholique a pris le devant des négociations entre le
pouvoir d’Eyadèma et l’opposition au moment fort de la longue crise
socio-politique togolaise par l’entremise de la fameuse communauté
Sant’Egidio. Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro a joué sa partition de
sentinelle. Il n’a pas hésité à prendre le devant de
la Conférence
nationale souveraine en 1991. Tout dernièrement après le décès d’Eyadéma et
lors des jonglages pour imposer Faure Gnassingbé, il n’a pas hésité à
participer à une manifestation avec le Barreau togolais pour dénoncer les
dérives et demander le report du scrutin d’avril 2005.
Ce
rôle de l’Eglise catholique est un lointain souvenir. Aujourd’hui, les
Togolais cherchent en vain l’Eglise catholique. « Elle se réduit
aujourd’hui à célébrer des messes demandées par les officiels lors des fêtes
qui divisent comme le 13 janvier et le 24 janvier », peste un
compatriote.
Il
se crée apparemment beaucoup plus d’affinités entre l’Eglise et le régime en
place. C’est ici que des langues racontent que la maman du chef de l’Etat,
une fervente fidèle de l’église en est pour quelque chose. Grâce à elle, le
fils a percé le « mystère » et est très chouchouté aujourd’hui par
l’Eglise catholique. Et lui aussi le lui rend bien en prenant part à toutes
les manifestations organisées par l’Eglise.
Au-delà de cette démission manifeste de l’église catholique vis-à-vis de la
politique, certains sentent ces accointances comme une conspiration, une
caution à la politique du « Leader nouveau». L’Eglise occupe une
place dorée au sein du pouvoir, par l’entreprise d’un de ses fidèles, le
conseiller diplomatique du chef de l’Etat. On en est davantage persuadé à
croire des indiscrétions selon lesquelles M. Robert Dussey serait même le
représentant de la communauté Sant’Egidio au Togo.
Il
s’est donc établi une embellie, mieux une noce parfaite entre Faure
Gnassingbé et l’Eglise catholique togolaise. Depuis lors, elle s’est imposé
un silence assourdissant sur la gestion à vue qui a cours dans le pays et la
misère ambiante dans laquelle baignent les Togolais. Au lieu d’inviter les
acteurs à se transcender pour organiser une élection présidentielle
transparente et sans violence, elle s’est tue pour faire in fine le médecin
après la mort.
Pablo E.
Sans détour :
Quel Ministère de
la Culture au Togo ?
« Ce que l’on conçoit bien
s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément »
(Boileau)
Malade depuis quelques années,
Ambroise Ouyi Tassane a tiré sa révérence le 2 mars dernier aux premières
heures de la journée à Bassar dans son Kabou natal où il s’était retiré
après avoir successivement occupé d’importants postes à Radio-Lomé, à
la
TVT puis celui de Directeur général de l’Office Togolais du Disque (OTODI).
Il a été inhumé à Bassar le samedi 14 mars 2009 en présence d’amis, de
sympathisants, de quelques anciens collègues et bien sûr, des parents.
«
Ne pleurez pas pour un homme comme moi ! », avait recommandé le
philosophe Ouyi Tassane de manière prémonitoire dès le début de sa carrière
musicale il y a plus d’une trentaine d’années. Se méprisait-il un peu trop
lui-même pour ne pas mériter de la part de la TVT, du Ministère de la
Communication et de
la Culture, les derniers hommages dus à tout Homme
ayant servi dans une structure donnée ? Nous ne le croyons pas du tout. En
tous cas, parents, amis, sympathisants n’avaient pu résister à sa consigne
pour se priver de pleurs ou réfréner les larmes ce samedi où le chanteur,
guitariste, compositeur, poète, arrangeur et homme de média, allait être
conduit à sa dernière demeure. Il y a deux semaines, nous déplorions la
rétention de l’information faite par la même TVT et le Ministère de
l’Information et de
la
Culture à propos de la sortie de deux ouvrages sur la Femme togolaise dont
l’auteur n’est autre que la journaliste et animatrice, Dorothée Tabiou. Elle
publiait deux ouvrages sur la Femme togolaise lors de la Journée
Internationale de
la Femme. Beaucoup
s’étaient dit surpris par ce comportement propre à décourager la promotion
de
la Culture et la création. Aujourd’hui, il est
question de la disparition d’un ancien Chef de programmes de
la TVT qui plus est, un artiste pétri de
talents, qui a eu entre autres, à mettre son talent et son savoir-faire au
service de
la
Culture togolaise.
Il faut remarquer que non
seulement
la Télévision
d’Etat, où le regretté avait servi, était absente du point de vue images;
plus encore, le Ministre de la Communication et de
la Culture lui-même n’avait pas cru nécessaire de
faire le déplacement. On ignore s’il avait pris soin de se faire représenter
au moins. C’est la formule consacrée qui n’est ni plus, ni moins que
l’expression du mépris pour
la
Culture. Quand des journalistes et autres acteurs culturels constatent un
pareil mépris, quel enthousiasme ou engouement voudrait-on susciter en eux ?
Le Ministre était plutôt préoccupé par une de ces fêtes traditionnelles
auxquelles toute
la
Culture togolaise semble se limiter malheureusement. C’est le lieu de
rappeler qu’il y a quelques mois, courant 2008, une initiative culturelle
appréciable avait été prise en vue de redynamiser la création artistique et
le théâtre togolais qui a presque cédé sa place aux produits culturels
d’importation. Cette initiative prise, semble-t-il, au niveau des
responsables de la TVT, n’avait pas pu aboutir, car tout aurait été mis en
œuvre pour faire capoter le projet de revitalisation de notre théâtre. Comme
quoi, au Togo, les dirigeants n’aiment pas la Culture, n’en connaissant
certainement pas la VALEUR. Ainsi le théâtre togolais continue son chemin de croix loin des
promesses du régime Faure.
Après avoir assisté depuis des décennies à de l’approximation culturelle au
Togo, en dépit des beaux discours qui laissent dans la sous-région nos
artistes (musiciens, plasticiens, dramaturges, cinéastes, ...) à la traîne
et qui finissent par mourir dans le plus grand dénuement, les uns après les
autres et dans la stricte indifférence de l’Etat, il y a lieu de se poser la
question de savoir s’il vaut vraiment la peine de continuer à parler au Togo
d’un Ministère de la « CULTURE » qui n’est au fait qu’une coquille
vide ? C’est très dommage qu’à l’heure de la mondialisation, les pouvoirs
publics togolais fassent encore preuve d’amateurisme et d’un manque
chronique d’ouverture d’esprit en des matières qui fondent l’essence même de
toute nation. Culture est en relations étroites avec instruction et
ouverture d’esprit. Seuls, ceux qui sont d’un certain niveau d’instruction
et ouverts d’esprit, sont en mesure de reconnaître l’importance et la place
qui reviennent à
la Culture
dans tout pays. Malheureusement, on n’a pas encore compris au Togo qu’il est
temps de se réveiller !
Alain Simouba
Grand meeting à la Place Anani Santos : L’UFC fait le point de la situation
et menace...
L’Union des Forces de Changement (UFC) a tenu hier dimanche 22 mars 2009, un
grand meeting d’information, de sensibilisation et de mobilisation
politiques. C’était vers 16 heures à la place Anani Santos qui a été prise
d’assaut cet après-midi du dimanche ensoleillé par une foule de militants et
sympathisants. Cette mobilisation est indispensable, selon les
organisateurs, pour des élections transparentes en perspective. « Le
message, c’est que les élections puissent être désormais transparentes au
Togo. Et pour cela, il faut la mobilisation de tous les jours », a
déclaré à la fin du meeting M. Patrick Lawson, 1er Vice-président.
« Par ailleurs, le message, c’est un message à l’endroit du peuple
togolais pour dire que nous sommes tous des frères et que dans l’intérêt
supérieur de la nation, les élections doivent être des moments de réunion
pour nous, en vue de la reconstitution de ce pays », a ajouté M. Patrick
Lawson.
Auparavant, Me Isabelle Améganvi, Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson, tous
des députés du groupe parlementaire UFC se sont succédé à la tribune.
C’était sur un ton menaçant et qui ne cachait pas une possible descente dans
la rue, que les orateurs ont harangué la foule. Me Isabelle Améganvi a, dans
son intervention, fait un bilan négatif des actions gouvernementales qui
selon elle, s’illustrent par le taux de chômage croissant, l’insécurité, et
autres.
Jean-Pierre Fabre a, quant à lui, fait voyager l’assistance au cœur des
séances du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC). « Nous
ne parlons pas des armes, ni des gourdins, mais pour la prochaine élection,
nous la gagnerons et nous l’aurons cette fois-ci dans nos mains. Ce ne sera
plus comme avant où nous la gagnons, puis après, il faut reprendre les
pourparlers», a-t-il introduit. A en croire l’orateur, il n’est plus
question de badiner en cette période d’organisation de l’élection pour que
cela leur porte préjudice plus tard. « C’est pourquoi, il faut s’y
atteler sérieusement. C’est bien ce qui se fait aujourd’hui », a-t-il
confié pour expliquer l’attitude du parti au CPDC.
«
Il n’est pas question de laisser entre les mains d’autrui son trésor.
Nous avons reçu des consignes de nos frères qui promettent de rester à nos
côtés, comme cela se passe ailleurs dans d’autres pays. Mais auparavant, il
faut que nous-mêmes, nous soyons forts pour que nous puissions faire le
préalable avant qu’ils ne nous viennent au secours», a expliqué Patrick
Lawson.
Concernant le CPDC, l’UFC considère que le cadre actuel permet de discuter
avec sérénité entre les partis qui, selon elle, constituent aujourd’hui la
représentation nationale. « A ce titre, nous n’avons pas de sujets tabous
», a-t-on indiqué.
« Ceci dit, si le gouvernement se hasarde à forcer les portes et à faire
entrer d’autres partis qui n’ont pas eu les 5%, ils discuteront entre eux.
Il n’y aura ni le CAR, ni l’UFC, je voudrais être clair là-dessus »,
a menacé le Vice-président. « Mais nous appellerons les populations et
nous les prendrons à témoin. Car, c’est avec les populations que nous
comptons aller à ces élections et non avec les mauvaises têtes susceptibles
de permettre encore à une partie de tricher », a-t-il ajouté.
Il
faut dire que c’est dans une ambiance de gaieté que ce meeting
d’information, de sensibilisation et de mobilisation politique a pris fin
peu avant 18 heures.
Il
faut rappeler que l’UFC a, à l’issue du meeting, remis à la presse un
document recensant les points d’accords et de désaccords du CPDC sur le Code
Electoral publié à la page 6.
Didier Ledoux
Contenu des
points d’accord et de désaccord du CPDC sur le code électoral
I-
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
1. Accord pour l’organisation et la
supervision des élections par
la CENI et pour la réaffirmation de son
autonomie et de son indépendance: maintien de l’article 3 du code actuel et
rejet de l’alinéa supplémentaire proposé par le GVT pour impliquer
l’administration.
2. Accord pour la désignation de la
composante politique par les partis représentés à l’Assemblée Nationale à
raison de 06 par la majorité parlementaire et 06 par l’opposition
parlementaire.
L’accord du RPT est subordonné à une
répartition à parité des sièges de l’opposition parlementaire, à raison de
03 pour l’UFC et 03 pour le CAR.
Désaccord de l’UFC sur cette condition
du RPT.
3. Accord sur 02 représentants de la
société civile qui seront désignés par l’Assemblée Nationale (sous entendu à
raison de 01 par la majorité et 01 par l’opposition)
4. Accord également pour une
représentation de l’Administration, mais désaccord sur l’effectif et le
statut de cette représentation, avec les positions suivantes :
- CAR: 01 représentant sans voix
délibérative;
- UFC: 00 représentant puis 01
représentant sans voix délibérative;
- RPT: 02 représentants avec voix
délibératives;
- GVT: 02 représentants avec voix
délibératives;
- GVT: 03 représentants dont 02 avec
voix délibératives, si la représentation des partis politiques devait être
de 12 avec 06 pour la majorité et 06 pour l’opposition.
5. Accord pour le renforcement de
l’efficacité technique de
la CENI :
Article 24:
«
la CENI est dotée d’un Secrétariat
Administratif Permanent composé d’un personnel qualifié »
Les agents d’appui proposés par le GVT
sont rejetés.
6.Accord sur la procédure de
remplacement des membres de
la
CENI en période de vacance de l’Assemblée Nationale:
Article 18, alinéa
2 : « en période de vacance de l’Assemblée Nationale, le remplacement
se fait par le Bureau de l’Assemblée Nationale, selon la procédure
d’urgence, conformément au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale ».
II-
Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI)
1. Accord pour la désignation de la
composante politique par les partis représentés à l’Assemblée Nationale mais
désaccord sur le nombre de membres dans chaque CELI, avec les positions
ci-après:
- UFC: composante politique répartie sur
la base des suffrages obtenus aux élections législatives d’Octobre 2007, à
raison de 04 pour l’opposition et 03 pour la majorité. Pas de représentant
de l’Administration,
- CAR: Parité entre majorité et
opposition. Pas de représentant de l’Administration.
- RPT: composante politique répartie sur
la base du nombre de sièges à l’Assemblée Nationale, soit 03 pour la
majorité et 02 pour l’opposition. Un représentant de l’Administration.
- GVT: composante politique à parité
soit 02 pour la majorité et 02 pour l’opposition.
Un représentant de l’Administration.
2.Désaccord sur la présence de
magistrats et sur la présidence ès qualité des magistrats avec les positions
ci-après:
- UFC: Pas de magistrats au sein des
CELI
- CAR: Présence des magistrats et
présidence ès qualité à conditions d’être nommés par
la CENI, sur la liste nationale des magistrats
et affectés dans les CELI.
- RPT: Présence et présidence ès qualité
des magistrats selon la procédure actuelle.
- GVT: Présence et présidence ès qualité
des magistrats selon la procédure actuelle,
3. Accord pour la création de 05 CEL!
dans la commune de Lomé, une CELI dans chaque sous-préfecture et si
nécessaire, augmentation du nombre de CEL! par préfecture;
III- Comités de Listes et Cartes (CLC)
1. Accord pour la désignation de la
composante politique par les partis représentés à l’Assemblée Nationale mais
désaccord sur la composition avec les positions suivantes:
- UFC: 03 pour l’opposition et 02 pour
la majorité (sur base suffrages). Pas de représentant de l’administration.
- CAR: réitère le principe de la parité:
02 pour la majorité et 02 pour l’opposition. Pas de représentant de
l’administration.
- RPT: 03 pour la majorité et 02 pour
l’opposition (sur la base du nombre de sièges) Indifférent à la présence de
l’administration.
- GVT: 02 pour la majorité, 02 pour
l’opposition et 01 pour l’administration.
2. Accord sur le maintien des
procédures de recours existants complètes par une procédure ultime avec
l’obligation pour
la
CENI d’afficher les listes électorales 72 heures avant le scrutin:
Article 72:
«Les listes électorales sont affichés 72 heures avant le scrutin et les
réclamations commencent immédiatement jusqu’à la veille du scrutin»
3.Accord sur le maintien des
témoignages· en zones urbaines et rurales pour l’inscription sur les listes
électorales:
Article 81
: «Le comité des listes et cartes est assisté d’un chef traditionnel ou d’un
notable légalement désigné en qualité de personnes ressources pour
l’identification des personnes ne disposant pas de pièces prévues à
l’article précédent.
La liste des notables et des chefs
traditionnels est établie par le ministère de l’administration
territoriale.»
IV· Bureaux de vote
1. Accord pour la désignation de la
composante politique par les partis représentés à l’Assemblée Nationale mais
désaccord sur la composition avec les positions suivantes:
- UFC: 08 membres à raison de 07 pour
les partis politiques dont 04 pour l’opposition, 03 pour la majorité (sur
base suffrages) et 01 pour
la Cour Constitutionnelle.
Rejette la présence de l’administration.
- CAR: réitère le principe de la parité:
02 pour la majorité et 02 pour l’opposition.
- RPT: 03 pour la majorité et 02 pour
l’opposition (sur base nombre de sièges) Indifférent à la présence de
l’administration.
- GVT: 05 membres à raison de 02 pour la
majorité, 02 pour l’opposition et 01 pour l’administration.
2. Accord pour une délivrance
systématique et non sur demande, d’une copie signée des résultats aux
délégués des candidats:
Article 122
: « Le président délivre copie signée des résultats affichés aux délégués
des candidats ».
3. Accord pour la sécurisation des
bulletins de vote, mais désaccord sur les modalités de cette sécurisation,
avec les positions ci-après:
- CAR: le bulletin de vote doit être
signé par deux membres du BV désignés l’un au titre de la majorité et
l’autre au titre de l’opposition;
- UFC: même proposition mais va plus
loin en demandant de tirer au sort les deux personnes de la majorité et de
l’opposition chargées de signer les bulletins, ainsi que l’emplacement où
ces signatures seront apposées;
- RPT: accord sur l’idée de la
sécurisation et de l’authentification des bulletins mais n’accepte pas la
signature qui peut entraîner des contestations au motif que les signatures
peuvent varier après un nombre important de bulletins signés;
- GVT: il revient à
la CENI de sécuriser les bulletins à la
commande et l’idée de signer les bulletins entraînera des contestations.
V·
Autres points d’accord et de désaccord
1.
Désaccord sur les votes par dérogation, par procuration et par anticipation,
avec les positions suivantes:
- UFC: supprimer le vote par
anticipation des militaires et agents de sécurité en raison du manque de
transparence dans la gestion des résultats, de l’utilisation abusive des
votes par dérogation et par procuration et, en outre, revoir les listes des
personnes habilitées à voter par dérogation, d’une part et par procuration,
d’autre part.
- CAR: reconnaît l’existence des
problèmes posés par le vote anticipé aux délégués des partis politiques dans
les bureaux de vote et pense qu’il y a des réflexions à mener sur ce sujet.
- RPT et GVT : le vote par anticipation
permet aux forces de sécurité d’être disponibles afin d’assurer la sécurité
du vote et la protection du territoire.
2-
Répression des actes de corruption en matière électorale
Accord sur la répression des actes de
corruption mais désaccord sur les modalités de cette répression, avec les
positions suivantes:
- CAR: propose d’améliorer les articles
157 et 158 du code actuel, d’une part, en considérant des « indices » plutôt
que des « faits établis », étant entendu qu’il revient au juge, d’établir
les faits à partir des indices et, d’autre part, en prévoyant une
possibilité de « citation directe ».
- UFC: soutient cette position ainsi que
les reformulations proposées par le CAR;
- GVT et RPT : estiment que tout cela
est sous-entendu dans le code électoral, qu’il n’est pas nécessaire de
l’inscrire dans le code et qu’il appartient aux partis politiques d’assurer
une bonne formation de leurs militants et candidats.
3.
Contentieux électoral.
- UFC: propose le rétablissement de la
sous-commission du contentieux de
la
CENI en vue du règlement du contentieux électoral en premier ressort.
- CAR: estime que cette proposition
mérite d’être prise en considération.
- GVT et RPT : estiment que la
sous-commission du contentieux à
la
CENI n’a jamais pu régler aucun contentieux et que de par
la Constitution,
cette prérogative relève de la Cour Constitutionnelle.
L’UFC entend réintroduire cette question
au moment des discussions portant sur les réformes constitutionnelles.
NB:
- Le CPDC convient que les listes des
points d’accord, d’une part, et des points de désaccord, d’autre part, sont
arrêtées sous réserve d’omissions éventuelles.
- En dehors des points d’accord et
des points de désaccord ci-dessus, le CPDC convient que certaines questions,
dont la liste n’est pas encore définitivement établie, feront l’objet de
recommandations à
la
CENI d’une part, et
à
la
Cour Constitutionnelle, d’autre part…
- Le critère de répartition des
places au sein de
la
CENI et de ses démembrements fait l’objet de divergences persistantes entre
l’UFC qui se base sur les suffrages recueillis au plan national par
l’opposition parlementaire et le RPT qui s’en tient au nombre de sièges
obtenus
à
l’Assemblée nationale, grâce à un découpage électoral inique et
à une annulation abusive de bulletins votés opposition. Le CAR opte
pour la parité opposition parlementaire et majorité parlementaire, à
défaut d’une CENI apolitique.
- Au cours des deux dernières
séances, le GVT a tenté de remettre en cause le règlement intérieur
adopté par le CPDC quant au sort des résultats des négociations. En
définitive, d’après le président de séance, ces résultats ont été transmis
au Chef de l’Etat dont la réaction est attendue, conformément aux
dispositions pertinentes du règlement intérieur du CPDC.
Lomé, le 22 Mars 2009
Ça va se
savoir : Leçons
particulières (1)
Céline était une fille à papa et maman. Une belle créature divine de 18 ans
que les parents entouraient de toutes leurs tendresses avec tout ce que cela
pouvait bien évidemment leur coûter. Intelligente, à l’allure d’un mannequin
de renommée, elle venait d’entrer sur le campus universitaire. Il faut
reconnaître que les sales habitudes ont la vie dure chez certaines
personnes. Céline était l’une de ces personnes qui ont du mal à s’adapter ou
à s’intégrer à de nouvel environnement. Ainsi, elle avait pris le soin de
trimbaler avec elle sur le campus ses vieilles habitudes du lycée. Elle
était de ces filles mordues des magazines de cultures étrangères et parfois
des revues pornographiques dont-elles ne se séparaient guère. Outre les
matières scolaires, Céline apprenait encore beaucoup dans ces bouquins
auxquels elle était tant attachée. Tout son habillement était extravagant.
De tout ce que l’on pouvait lui reprocher, elle était dans la logique de «
le chien aboie, la caravane passe ».
A la fac, elle prenait soin
d’être là la première afin d’occuper les premiers sièges, donnant parfois
l’impression d’avoir élu domicile à cette place que d’autres étudiants
n’arrivaient jamais à occuper. Et ceci pour une matière, l’Anthropologie
Politique qu’enseignait Désiré, le Maître Assistant. Ce dernier était
pourtant haï par les jeunes garçons parce qu’il leur arrachait leurs petites
copines. Certains même pour cette raison, conspiraient contre lui. Toujours
elle était là à sa place pour accueillir le prof avec son sourire coquin et
envoûtant. Elle aimait beaucoup porter de ces minijupes très courtes qui,
lorsqu’elle croisait même ses jambes, se retroussaient jusqu’aux reliefs de
derrière, laissant entrevoir tout ce qui pouvait lui être intime. Cette
situation ne laissait guère indifférent l’enseignant qui s’en régalait et
bien évidemment, prolongeait parfois ses heures de cours, rien que pour
savourer au mieux et à distance le trésor caché de l’apprenante.
Certainement qu’il se poserait des tas de questions sur le fait que le
rectorat laissait passer ces genres d’habillement sexy. Pour l’enseignant,
c’était plus qu’une torture morale que lui infligeait son étudiante et ce
depuis la rentrée académique.
La situation perdurait et
Désiré n’en pouvait plus à un moment donné. Ce samedi-là, Céline était vêtue
d’une minijupe plus courte que tout ce qu’elle avait porté les jours
antérieurs. Celle-ci laissait vraiment entrevoir la fente scindée en deux
par la bande d’un string rouge vermeil. C’était bien évidemment, le 14
février, le Saint Valentin, la fête des amoureux et cette couleur
symbolisait pour elle comme à de nombreuses autres personnes l’amour ardent.
Désiré, pendant un bon bout de temps, était resté observateur de l’antre
depuis son pupitre qu’il ne voulait quitter même d’un centimètre. Le centre
de gravité du Maître Assistant prenait déjà du volume, ce qui l’obligea à
aller s’asseoir pour éviter que les étudiants ne le découvrent dans cet
état. Bien que ce soit le début de son heure de cours, il marqua une pause
puis il s’élança vers les toilettes. L’enseignant bandait comme il n’en
avait jamais eu. Face à l’urinoir, il sortit par-dessus son caleçon son gros
reptile prêt à tout démolir sur son passage.
Au fait, le Maître Assistant
suivait son étudiante qui entre-temps était sortie elle aussi pour les
toilettes. Céline le savait bien puisque c’était ce qu’elle appelait «
Bip » dans son jargon ou celui des jeunes filles de la capitale.
Sciemment, elle vint s’arrêter devant la cabine masculine, attendant la
sortie de son prof qu’elle admirait elle aussi depuis un temps. Au passage
de ce dernier, elle était la première à lui adresser la parole. «
Teatcher ! Vous êtes encore trop beau aujourd’hui. Je saisis cette
opportunité pour vous faire part de quelques lacunes que j’ai par rapport à
votre matière. Seriez-vous disposer à me donner des cours particuliers ?
», interrogea-t-elle pendant que le maître soumettait son reptile au
respect...
A suivre
Tonton D
Libertinage
Les provocations de Guy Lorenzo
Il y a certains de nos gouvernants qui prennent le peuple
pour des cons à qui ils peuvent venir raconter des cochonneries. Les
Togolais ne sont pas aussi dupes que peut le croire Guy Lorenzo. Le bon sens
voudrait que quand on n’a rien à dire on se tait. Le ministre aurait pu s’en
tenir aux nouveaux prix des produits pétroliers et rester là. Il aurait pu
épargner les populations de son spectacle de mauvais goût. Mais prenant des
Togolais pour des tarés qu’il peut tourner en bourrique, Guy Lorenzo est
venu sur les plateaux de la télévision faire son one man show et leur servir
un plat indigeste à même de rendre constipé pour plusieurs jours un porc.
Les contorsions intellectuelles auxquelles le ministre s’est livré jeudi
dernier sont cyniques et provocantes.
Depuis quelques temps, eu égard au prix très élevé du
carburant au Togo, de vastes réseaux de spéculations ont vu le jour dans les
pays limitrophes notamment au Ghana et au Bénin. Pour lutter contre le
phénomène, le gouvernement a décidé jeudi dernier de réviser à la baisse les
prix à la pompe. Une diminution qui s’apparente à une hausse quand on se
réfère aux prix pratiqués au Bénin et au Ghana. Alors que les prix du super
dans ces pays sont de l’ordre de 300 F, il est ramené à 445 F au Togo. On se
demande si les gouvernants se soucient vraiment du bien-être des Togolais.
Le comble de la provocation, c’est quand le ministre du Commerce apparaît
sur les écrans pour comparer l’incomparable.
Comment peut-on comparer
la Côte d’Ivoire et le Togo deux pays qui sont
à tout point de vue différents ? Est-ce que les Ivoiriens et les Togolais
ont le même niveau de vie ? Et puis comment Lorenzo peut-il se permettre de
comparer le Togo un pays côtier au Burkina Faso un pays enclavé ? Les
clowneries du ministre n’ont fait rire personne. Au contraire.
La colère verte de Fo Nico
Fo Nico, Fo Nico !!! L’homme ne cessera jamais de nous
étonner. Il joue bien son rôle d’opposant pétard et gueulard au régime en
place. Il ne manque aucune occasion pour ouvrir grandement la bouche et
fustiger vertement les gouvernants. C’est un éternel insatisfait qui trouve
toujours à redire. Le jour où Fo Nico prendra sa retraite politique, c’est
toute une bibliothèque d’insultes qui sera partie.
Tenez, le 19 mars dernier, le gouvernement a décidé de
revoir à la baisse, pour une seconde fois, les prix des produits pétroliers.
Une décision qui, selon Fo Lorenzo, a été prise pour soulager le panier de
la ménagère. Ces propos du ministre ont fait l’effet d’une bombe atomique au
QG du PRRigolo. « Nous sommes indignés parce que chacun sait aujourd’hui
les difficultés que traverse le pays, les souffrances du peuple togolais et
il n’est pas concevable que le prix du super soit à 350 F au Bénin, 300 F au
Ghana et que notre gouvernement ne puisse limiter le prix qu’à 445 F. Ce
n’est pas acceptable puisque ces pays, le Bénin et le Ghana, ont un niveau
de vie supérieur à celui de la population togolaise. On ne peut pas
comprendre sur quelle base ce gouvernement peut prétendre que nous puissions
payer plus cher les produits pétroliers que les pays voisins directs »,
s’est emporté Fo Nico. Et ça c’est l’urine et le caca même arrive. « On a
vu ce ministre venir à la télévision pour nous faire une comparaison par
rapport à
la Côte
d’Ivoire et au Burkina Faso alors qu’il sait pertinemment que le pouvoir
d’achat des Ivoiriens est largement 3 fois, 4 fois supérieur au pouvoir
d’achat des Togolais. Il sait aussi que le Burkina Faso doit acheter son
pétrole et le transporter tout le long du territoire togolais avant de
l’amener chez eux et forcément doit être plus cher que chez nous. Il n’a pas
fait la comparaison avec le Ghana ou le Bénin qui sont sur la côte. Ce n’est
pas sérieux. Ce gouvernement n’a pas pitié de la souffrance des Togolais.
C’est le gouvernement le plus trompeur qu’on ait eu depuis que notre pays
est soit disant indépendant. Ce gouvernement amuse et abuse des Togolais ». Yako!!!
Les journalistes et la sauce du porc
« Han là desi yéé fika yé makpô wole mà… » (La sauce du
porc, mon amour, où puis-je te trouver… ».
Vous connaissez cette chanson n’est-ce pas ? Eh bien, il paraît que les
journalistes sont dans tous leurs états quand ils entendent fredonner ce
morceau. Le spectacle auquel certains de nos « con-de-frères » se
sont adonnés lors de la conférence de presse, plutôt du déjeuner de presse
organisé au siège du Parti du Renouveau et de la Rédemption (PRR) est
hallucinant. Les professionnels des médias ont tout simplement perdu le
contrôle à la vue de la sauce du porc et du mouton. Telle une meute de loups
affamés comme on en voit dans les séries animalières, les journalistes ont
sauté sur les plats à eux servis par Fo Nico. Ce n’est pas capable ! La
façon dont certains déchiraient à pleines dents les cuisseaux de porc et les
cuissots de mouton dénote qu’une faim de loup les tenaillait. Ne mangent-ils
pas à la maison ? Ohooo!
Ce n’est pas la première fois que les journalistes
s’offrent ainsi en spectacle. Lors de l’anniversaire du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT), il y a quelques mois, les « con-de-frères » se
sont proprement battus pour des canettes de bière. Cette catégorie de
journalistes vraiment ! Hum !
La générosité non stop de Méimounatouvi
On dirait que la ministre « miam miam » du « gou-vraiment
», Ibrahima Méimounatouvi a décidé d’être généreuse tout au long de l’année
pas seulement lors de la saison pluvieuse. Elle ne va plus seulement courir
en bottes et en pantalon pour sauver les populations victimes d’inondation
mais elle sera au chevet des enfants orphelins. La semaine passée, elle
leur a rendu visite et les a gratifiés de vivres et non vivres. Vraiment, on
ne comprend pas certains dans ce pays. Et bien, les jaloux de ses acquis
racontent que tout ce qu’elle a remis dans ces centres sont les restes des
dons qu’elle a reçus des différents partenaires et des bonnes volontés pour
venir en aide aux sinistrés des dernières inondations. Vrai ou faux ? On ne
saurait le dire. Nous, on sait qu’il n’y a pas deux mois, nos amis indiens
ont remis des médicaments et vivres à au gouvernement togolais pour répondre
à l’appel qu’il a lancé à eux lors des inondations. Mieux vaut tard que
jamais dit-on. Il se dit que si vous allez voir tout ce que la ministre
Méimounatouvi a reçu pour secourir les sinistrés, vous n’allez pas croire à
vos « zoeils ». Les radios cancan rapportent que les «
Gnassingbélandais» peuvent vivre près de 40 ans avec les fonds et tout
ce que la « ministricule » a pu rassembler. Nous, on est content
qu’elle se décide enfin sans avoir fait aucun bilan à distribuer quelques
produits aux nécessiteux.
On s’amusait et puis c’est rentré ...
On ne sait pas si c’est seulement à « Gnassingbéland
» que ces genres de pratiques se font mais les officiers «
Gnassingbélandais » ont des « mon pays » à leur disposition, qui
les servent et qu’ils appellent communément « ordonnances ». Il
paraît que certaines femmes d’officiers les prennent vraiment comme des
domestiques à tout faire et qu’elles vont jusqu’à leur donner leur string à
laver. Cependant, dans certaines maisons, ils sont traités comme des membres
de la famille dans laquelle elles sont. Une «ordonnance» était mise à
la disposition d’un officier qui avait une fille de 16 ans. La maman qui
était une commerçante ne restait pas la plupart du temps à la maison. Mais
depuis un certain temps, notre « mon pays» remarquait qu’un jeune
homme rendait visite à la fille de son patron qu’elle lui avait présenté
comme un camarade de classe. Un vendredi matin, l’adolescente ne se rendit
pas à l’école et pour cause, elle avait mal au ventre. Toute la matinée
elle était à la maison avec l’ « ordonnance » qui lui servait de
garde. Le soir, le camarade de classe vint chez elle pour s’enquérir de
ses nouvelles et lui donner les cahiers des cours qu’elle avait manqués.
Quelques instants après, la fille héla le « mon pays » et l’envoya à
la pharmacie lui acheter quelques médicaments à elle prescrite par le
médecin de la famille. Sans hésiter celui-ci partit en trombe faire les
commissions et laissa les deux élèves dans la chambre. Lorsque l’ordonnance
revint de la pharmacie, elle les surprit à poil en train de s’envoyer en
l’air. Hébété, le « mon pays » cria : « Mais qu’est-ce que vous
faites » ? « Rien, on s’amusait et puis c’est rentré », répliqua
candidement la fille…
Le Congrès du parti « Alliance » boycotté
L’« Alliance » a organisé le week-end son tout
premier congrès statutaire. Il intervient après 3 ans de vie et de problème
de difficultés. Pour le président fondateur, M. Maurice Dahuku Péré, ce sont
les problèmes internes et externes qui ont coupé les ailes du parti.
L’ex-militant du RPT n’a surtout pas exclu la main noire des jaloux de son
bien. « Certains pensaient nous avoir enterrés mais nous sommes
devenus plus forts», a-t-il dit.
Plusieurs amis, partisans et sympathisants ont honoré de
leur présence les assises. Par contre, certains ont brillé par leur absence.
Il s’agit des ambassadeurs qui ont infligé à « Fovi Maurice » la
politique de la chaise vide. Sur les 30 partis invités, à peine une dizaine
a répondu à ce congrès. L’apprenti chrétien, a été touché par l’absence de
ses amis surtout d’Agbéyomé Kodjo, président du parti «OBUTS ». «
Beaucoup d’autres ne sont pas venus, pourtant on les a invités, mais ce
n’est pas un problème. Nous sommes en démocratie, chacun a le droit de
choisir ces nouveaux amis par rapport à ces anciens amis », a-t-il
indiqué avant d’ajouter que : « Ceux qui ne sont pas venus, je les
remercie. C’est un message que nous saurons lire au temps opportun au
niveau du parti ».
Il se dit qu’entre lui et Agbéyomé, c’était un amour
parfait. Qu’ils étaient plus serrés que les héritiers du pouvoir. L’envie
d’être « sief » a poussé chacun à créer son propre établissement
(parti). Tout compte fait, « Fovi Maurice » entend infliger une
gifle retentissante à ceux qui ont laissé les nombreuses places vides de la
salle du congrès.
Qui veut manger président ?
Dans à peu près un an aura lieu l’élection «
prégodentielle » à « Gnassingbéland ». Et déjà, des candidatures
fusent de tout côté. Même si le « p’ti » ne s’est pas encore
proclamé pardon, porté candidat, d’autres se sont annoncés sans l’attendre.
Si certaines comme celle de « Yovo-via » sont très prises au
sérieux, d’autres par contre ressemblent à du « blévi-blévi »
(amusement).
Dans ce lot, on retrouve le légendaire « Fo Nico »,
un habitué des scores infiniment petits qu’on ne peut que déceler à l’aide
d’un microscope électronique. Lors de la proclamation de la frauduleuse
d’avril 2005, il y a eu tellement de zéro au début de son score qu’on était
obligé de l’arrondir à zéro pour ne pas embrouiller nos petits frères du
cours primaire. Son score et celui de « Gbogboyagbo » sont comme des
frères siamois, se ressemblent beaucoup quoia.
L’autre candidature qui défraie la
chronique est celle de Kofi « l’igname ». Comment expliquer que celui
là qui a fait toute sa carrière « kpolitique » chez Sarko, qui a été
« ministricule» et maire, veuille devenir « prégo », si ce
n’est pour remplir son armoire, pardon, enrichir son palmarès ? On aura tout
vu.
Au cœur des
« mon pays »
Lorenzo :
Class, comment te portes-tu ce matin ? J’ai appris que tu étais tombé
malade.
Pouyi
: La maladie-là m’a vraiment pris. Maintenant, ça va un peux mieux.
Lorenzo
: Ça se voit sur toi. Tu as même perdu un peu ta forme.
Pouyi
: Class, si tu vois comment j’ai souffert ? Je ne pense pas être ici à ce
moment. C’est Dieu qui m’a aidé.
Lorenzo
: On ne peut pas « rien » contre les maladies. Tout ça c’est à cause de
notre boulot. On ne se repose pas bien.
Pouyi
J’ai fait banalement presque deux mois à la maison sans sortir.
Lorenzo
: Comme Dieu a fait que tu te retrouves sur tes deux pieds, on doit le
remercier. Je pense que cette fois c’est fini définitivement.
Pouyi
: Au fait class, comment vois-tu le match de samedi ?
Lorenzo
: C’est Dieu qui va nous sauver sinon, le Cameroun va nous massacrer.
Pouyi
: Comment tu peux parler comme si tu ne « savaissais » pas la force
de nos joueurs. Le Cameroun a toujours eu des problèmes de difficultés à
chaque fois qu’il joue contre nous !
Lorenzo
: C’est toi qui le dis ainsi. Toi-même tu sais comment sont les joueurs
camerounais et comment ils jouent ?
Pouyi
C’est chacun son système. Nous aussi, on a de bons joueurs qui jouent chez
les « teints clairs ».
Lorenzo
: Vous avez combien de grands joueurs ici ? Regarde dans l’équipe du
Cameroun ! Ils jouent tous dans leur club. Et nous ! Ceux qui jouent, on
peut les compter facilement.
Pouyi
: C’est comme ça nous sommes avant de les gagner à une CAN. Même lorsqu’ils
sont venus ici, on a fait match nul.
Lorenzo
: Je ne dis pas que le Togo ne peut pas gagner. Mais, il faut reconnaître
qu’ils sont plus forts que nous.
Pouyi
: Si on les gagne, il faut savoir qu’on est plus fort que les « eux
». Chez moi, en football, c’est le plus fort qui gagne.
Lorenzo
: C’est chez toi ça. Il faut savoir qu’on ne joue pas chez nous.
Pouyi
: Quand on les a gagnés à la CAN ce n’était pas chez nous. Les
Camerounais-là, il suffit de déposer la balle à terre et on va les gagner.
Lorenzo
: C’est ce que nous voulons tous. Mais on doit savoir qu’ils sont devant
nous.
Pouyi
: Ça, je ne refuse pas. Mais cela ne veut pas dire qu’ils vont nous gagner.
Dieu est avec nous et nous allons encore créer une surprise. |
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Liberté Hebdo #482 du 20 mars 2009 |
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Faure et la question de l’impunité : Le processus Vérité,
Justice et Réconciliation mis sous éteignoir |
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«
Les parties prenantes au Dialogue reconnaissent que l’impunité des actes
de violence à caractère politique est un phénomène grave que le Togo a connu
de tout temps, notamment à l’occasion des processus électoraux ». À cet
égard, entre autres démarches, elles « conviennent de la création d’une
Commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère
politique commis par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des
victimes », stipule l’Accord politique global (APG) signé le 20 août
2006 par les acteurs de la crise sociopolitique togolaise.
C’est un fait avéré, le Togo a
toujours connu des violences politiques à l’occasion des élections, et c’est
toute l’histoire politique du pays qui en est marquée. Cette constatation
faite par les protagonistes est assez juste, et le processus Vérité, Justice
Réconciliation pensé aussi légitime. A priori, mis en œuvre, chacun a à y
gagner, autant les gouvernants, les politiques que le peuple. Mais
apparemment, le régime Faure Gnassingbé n’est aucunement préoccupé par la
mise en branle de ce processus. En fait, il ne fait montre d’aucune volonté
allant dans ce sens, et on a de jour en jour la conviction que les tenants
du pouvoir veulent passer ce processus par perte et profit.
Les artifices
Le régime en place s’est
illustré en adepte avéré d’artifices, pour donner l’illusion de se
préoccuper de la lutte contre l’impunité et la réconciliation des Togolais.
Maints rapports ont été établis sur les différentes violences électorales et
autres politiques connues par le Togo, notamment celles d’avril 2005, et les
victimes et leurs proches ont émis le vœu que les bourreaux et leurs
commanditaires soient poursuivis par
la Justice. Cela
suffisait pour déterminer les gouvernants à agir. Mais obnubilés par le
souci de dévoyer le processus, ils ont inventé les fameuses Consultations
nationales.
Ces Consultations étaient
décrites par les griots du clan comme la condition sine qua non pour un
processus Vérité, Justice et Réconciliation efficace. Dans l’exclusion
totale des autres forces politiques, et en complicité avec le Haut
Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), sa
représente-résidante Mme Ige Olatokumbo nommément, le pouvoir mit en branle
ces fameuses Consultations qui furent lancées le 15 avril 2008. Les
populations prospectées ont donné leur avis, et les travaux bouclés après
une dizaine de semaines. Les résultats furent transmis au gouvernement
depuis septembre. A priori rien ne s’opposait plus au lancement proprement
du processus Vérité, Justice et Réconciliation. Mais depuis bientôt sept
(07) mois, ce processus n’est toujours pas lancé.
Second artifice, pour flouer
l’opinion, le chef de l’Etat a entrepris entre-temps des consultations
avec les confessions religieuses. C’est ainsi qu’il y a environ deux (02)
mois, Faure Gnassingbé reçut des dignitaires religieux dont les
représentants de la communauté musulmane, chrétienne, de
la Coordination Episcopale
Justice et Paix conduite par le Cardinal Raffaele Renato Martino, etc.
L’opinion pensait que le Chef de l’Etat était décidé à accélérer les choses.
Mais c’était se tromper sur son compte. Ces concertations étaient juste un
spectacle pour distraire le monde. En fin février, un décret a été pris
mettant en place
la Commission Vérité,
Justice et Réconciliation. Juste cela. Ce n’était pas synonyme de lancement
effectif du processus car jusqu’à ce jour, on ne connaît pas encore
l’identité de celui qui doit présider aux destinées de
la Commission. Et
depuis, du côté de Faure Gnassingbé et du gouvernement, c’est le silence
radio.
Jugement pas avant 2010
Les gouvernants ont-ils
vraiment envie de voir le processus Vérité, Justice Réconciliation mis en
œuvre ? Cette question, beaucoup se la posent et croient dur comme fer que
le pouvoir n’en a pas la volonté. Ce que viennent d’ailleurs confirmer les
indiscrétions.
En effet, des sources proches
du sérail indiquent que le pouvoir n’est pas dans une disposition d’esprit
de mettre en œuvre le processus avant la présidentielle de 2010, autant que
les grandes réformes institutionnelles et constitutionnelles prévues par l’APG.
Cette information ne viendrait que confirmer une attitude d’indifférence
manifestée depuis bientôt trois (03) ans, depuis la signature de l’APG. Et
cette position ne devrait pas étonner quand on sait que les responsables
cités de ces violences d’avril 2005 et des autres précédentes sont
majoritairement dans l’entourage du pouvoir RPT. Ils ont même reçu des
promotions et ont peur de perdre leurs privilèges.
Le fantôme de 2005
Cette situation n’est pas pour
créer les conditions d’une élection crédible et apaisée l’année prochaine,
comme chacun le désire. Il y a assez de craintes de récidive à nourrir quand
on sait que la présidentielle de 2010 est d’un enjeu capital. C’était juste
pour imposer Faure Gnassingbé et lui offrir le pouvoir sur un plateau d’or
que le plan de massacre a été mijoté en 2005, et l’enjeu n’est pas moindre
pour 2010.
Le meilleur moyen pour
décourager la récidive des évènements d’avril 2005, c’est sans nul doute le
jugement des auteurs des violences qui sont bien identifiés. Mais depuis
lors, rien n’est fait. Les bourreaux du millier de Togolais courent toujours
les rues, ainsi que leurs commanditaires, avec la bénédiction du clan.
Qu’est-ce qui les empêcherait alors de récidiver ? Rien !
et c’est ici qu’il faut
comprendre ceux qui font dans leurs frocs à l’approche de ce scrutin de
2010 et cherchent d’ores déjà des abris dans des pays voisins.
Pablo E.
Présidentielle 2010 et préparatifs : Quand l’Union Européenne joue avec le
destin de tout un peuple
Le principal bailleur de fonds du Togo n’est autre que
l’Union Européenne (UE). Lorsqu’une institution comme celle-ci, investissant
de gros sous dans le pays dans le cadre de l’aide au développement, avait, à
un moment donné et conformément à la procédure, décidé de la suspension de
cette aide et de la coopération pour cause de déficit démocratique et de
violation des droits de l’Homme, c’était certes, un manque à gagner pour le
Togo et le début d’une longue traversée du désert pour le peuple. Mais,
parce qu’on ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, celui-ci, en
dépit de la grande souffrance en vue, avait accueilli une telle décision
avec philosophie et soulagement. Il espérait qu’au bout d’un tel sacrifice,
arriverait le salut tant espéré pour tourner définitivement les pages
sombres du pays.
Par le passé et sur plusieurs années, cette organisation
avait eu à faire preuve de beaucoup d’attention et surtout d’humanisme à
l’endroit du peuple togolais. C’est justement cet humanisme ressenti à
l’époque très tôt par les Togolais en ce partenaire au développement qui
constituait pour le peuple togolais en lutte, un gage suffisant de preuves
qu’il était possible de compter sur
la
Communauté Européenne devenue entre-temps Union Européenne. Les
Togolais ont encore présentes à l’esprit les fermes et courageuses prises de
position des sommités de l’UE sans oublier l’ancien patron Romano Prodi,
qui, dépité par le manque de volonté des autorités togolaises, avait eu à
convoquer au début des années 2000 au siège de l’UE le défunt président
Eyadema pour l’entendre personnellement.
Les Togolais n’oublient pas non plus certaines critiques
fermes du Parlement Européen à l’occasion des différentes élections volées
par le pouvoir, notamment les élections présidentielles de 1998 et surtout
de 2003 avec comme pic le vol d’urnes par des militaires. Les Togolais
n’oublient surtout pas le rôle important et courageux joué en 2003 par
la Représentation
locale de l’UE en faveur de la transparence électorale. La scène s’est jouée
notamment à deux pas des bureaux de l’UE, à l’Hôtel de ville de Lomé. En
2005 et lors des législatives de 2007, l’UE commence à montrer des signes de
balbutiement et de faiblesse notoires.
On ne sent pas l’UE
Les Togolais ont l’impression que l’Union Européenne s’est
complètement dessaisie de cette crise politique togolaise et ne semble être
impliquée dans sa résolution qu’en apparence. Limitée à un simple rôle
d’observateur, elle semble laisser la voie à un Blaise Compaoré défaillant
sur toute la ligne comme acteur principal. Comment pouvait-il en être
autrement, si l’on se rappelle les conditions dans lesquelles il avait
lui-même pris le pouvoir dans son pays ? A observer de près, on a comme
l’impression que le chant du cygne de l’UE avait déjà été entonné par le
Commissaire Européen lors de son passage à Lomé en 2008 à grands bruits,
suite à la nomination de M. Houngbo comme nouveau PM du Togo.
En bon colon, le Belge savait que le Nègre, de par sa
nature, raffole tant des flatteries et il ne s’était donc pas privé pour
trouver les mots les plus laudatifs et flatteurs pour ensorceler Faure
Gnassingbé aux anges et tout heureux; de quoi l’enivrer et le mettre K.O.
pour s’assurer de mériter des largesses sans compter. Le prince venait ainsi
d’être porté au pinacle par l’envoyé de Dieu, le colon blanc. Aujourd’hui,
alors que l’institution européenne avait accompagné le Togo jusqu’aux
législatives dites anticipées d’octobre 2007 où elle a investi beaucoup de
fonds, en passant par le dialogue national qu’il a suivi d’un bout à
l’autre, il y a lieu de s’étonner que l’UE semble se tenir à l’écart du
processus qui doit conduire à la bonne organisation des élections
présidentielles de 2010.
Tout se passe aujourd’hui comme si l’UE n’est plus
concernée ni de près, ni de loin par les problèmes togolais, dès lors que
les législatives avaient eu lieu. Ce ne sont pas les déclarations sur fond
de satisfecit du dernier Chef de la délégation de
la Commission
de l’UE au Togo, Filiberto Sebregondi, qui feront croire aux Togolais que
l’UE a joué un bon rôle dans la résolution de la crise togolaise : « Je
termine mon mandat avec un sentiment de mission accomplie », disait-il
le 3 mars 2009. Le silence observé par l’UE depuis le déclenchement d’une
crise subséquente prévisible liée à la modification unilatérale du code
électoral, à la création du CPDC et à la recherche d’un facilitateur est
assez surprenant.
Jamais l’UE n’a eu, depuis les législatives, à se faire
entendre lorsque les autorités avaient commencé à piétiner les textes de l’APG
ayant prévu la création du CPDC. Face aux revendications du CAR et de l’UFC,
et au forcing du pouvoir, face à la modification unilatérale du code
électoral, quelle a été la réaction de l’UE, elle qui est tenue de suivre,
conformément aux engagements pris à Bruxelles en avril 2004, la bonne foi et
la volonté politique du gouvernement?
Quel résultat satisfaisant attend l’UE ?
Les attitudes saugrenues affichées ces derniers temps par
l’UE sont tout à fait décevantes, eu égard au temps perdu depuis les années
90 jusqu’ici par l’organisation, et surtout aux fonds engloutis par les
différentes recherches de solutions, afin que le Togo puisse retrouver une
vie politique normale. Est-il concevable que tant de temps et d’efforts de
la part de l’UE soient engloutis sans résultats susceptibles de faire école
sur le continent et dont le mérite serait de discipliner d’autres Etats
voyous du continent enclins à en faire à leur tête et à plonger leur peuple
dans des souffrances indescriptibles ?
Si l’UE avait su maintenir le cap et n’avait pas connu ce
fléchissement préjudiciable à son autorité sur le continent, on pouvait
espérer que demain, d’autres régimes tireraient des leçons en leur défaveur
en s’inspirant de la manière dont « les dirigeants togolais auraient été
contraints d’être corrects jusqu’au bout vis-à-vis de leur opposition et de
leur peuple ». Le cas du Zimbabwe est aussi là, qui nargue indéfiniment
l’UE. Qui dit que Robert Mugabe n’a pas tiré des leçons positives des
fléchissements çà et là de l’UE dans cette coopération ACP-UE, notamment
dans le cas du Togo et sous le règne de son compère Gnassingbé Eyadema ?
Aujourd’hui, une situation de précarité revient dans les
prisons togolaises après le temps passé par l’institution à jouer les
gendarmes en vue d’assurer des meilleures conditions de détention au Togo
dans le cadre du respect des droits de l’Homme. La sous-alimentation gagne
à nouveau certains centres pénitenciers au Togo. « Chassez le naturel, il
revient au galop ».
C’est ici le lieu d’attirer l’attention des responsables de
l’UE sur la pérennité des résultats acquis ou à acquérir. A quoi l’UE
s’attend après la tenue de la présidentielle de 2010 ? Que réellement le
meilleur gagne sans tricherie ni aucune trace de fraudes subtiles comme
celles des législatives de 2007, afin d’assurer l’alternance tant souhaitée
par les populations togolaises, doit être l’idéal. Car un seul parti
politique ne peut pas continuer à régner sur un peuple et à lui imposer ses
desiderata pendant 40 ans. C’est une folie.
L’Union Européenne, si elle veut continuer à avoir une
certaine crédibilité en Afrique dans le cadre du partenariat ACP-UE, doit
absolument se ressaisir et peser de tout son poids dans la solution à la
crise togolaise en donnant des orientations claires à ceux qui continuent,
vu ses fléchissements et sa démission, à se prendre pour des éternels
hors-la-loi qui violent les textes selon leur bon vouloir. Les élections de
2010 au Togo constituent un événement majeur dans la vie des Togolais après
une si longue traversée du désert pour ce peuple. Si l’UE continue à
banaliser la situation actuelle au Togo et qu’au finish il y a ratage pour
un nouveau plongeon du pays dans une crise ad vitam, elle aura à endosser
une lourde responsabilité historique. On ne peut pas répondre à un appel
puis aller se cacher.
Alain Simouba
Sans détour :
Le
Pouvoir, l’Argent et le Peuple
« Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime » (Corneille)
Qu’est-ce qui se passe au Togo
depuis l’arrivée de Faure à la tête du pays ? On dirait « une malédiction
plus » pour les Togolais comme ses fameux « vingt plus ». Comment
ne l’appellerait-on pas malédiction, étant donné que dès son arrivée au
pouvoir, malgré la haine fort justifiée dont il avait été la cible de tous
les côtés, le monsieur avait promis monts et merveilles à ses compatriotes
dans l’espoir de calmer leur colère et les amener à l’adopter. Malgré cela,
la mayonnaise n’avait pas pris en 2005. Chemin faisant, malgré eux, des
Togolais avides de changement avaient décidé de prendre leur mal en patience
et faire contre mauvaise fortune, bon cœur, comptant sur l’adage selon
lequel « de la marmite noire de la grand-mère est sortie la blanche
bouillie de maïs ». Cela veut tout dire. Comme pour renforcer la
crédibilité de ses promesses, le fils héritier du trône balança aux Togolais
ces paroles cabalistiques : « Lui c’est lui, moi c’est moi ».
Comment ne parlerait-on pas de malédiction, dès lors qu’à son accession au
pouvoir, l’argent et plus spécifiquement le franc CFA a plus que perdu de
sa valeur au Togo ? Personne ne comprend rien et tout le monde s’interroge.
Malgré les promesses, les fonctionnaires sont plus que misérables, les
familles plus qu’à plaindre et tout le monde se plaint inlassablement. Ceux
qu’on n’entend pas se plaindre, à s’y méprendre, donnent l’impression d’être
logés à la meilleure enseigne. Leur silence est plutôt synonyme de
lassitude, de débordement. Beaucoup de Togolais sont couverts de dettes de
la tête aux pieds. D’où vient-il que l’argent soit devenu si rare et si
insaisissable dans le pays ? D’où vient-il que l’argent soit devenu si
volatil au point de sembler ne plus avoir de valeur ? Ceux qui en viennent
difficilement à avoir en passant quelques billets de CFA entre les doigts,
hésitent à y toucher car dès que vous y touchez, plus rien ne reste et il
faut recommencer l’exercice. Pour certains, l’argent est devenu comme un
fétiche, intangible.
Il
y a quelques années seulement, des informations avaient circulé selon
lesquelles des liasses de billets (combien de millions ? combien de
milliards ?) avaient été enfouies dans des puisards spécialement construits
à cet effet par un baron du RPT à son domicile. Malgré les efforts de
démenti déployés à l’époque, plusieurs sources confirmeront l’information.
Du jamais vu ! Pourtant, il y a des institutions bancaires dans le pays et
ce n’est pas au moyen-âge. Que des gens prétendus instruits aient tellement
de liquidités au point d’en construire des gîtes sous terre spécialement
pour les accueillir, il faut dire que le régime RPT aura passé son temps à
surprendre désagréablement les Togolais. Rappelons-nous les rumeurs de
découverte d’anciennes coupures de CFA entassées quelque part et oubliées,
retrouvées seulement après que la BCEAO avait clôturé son opération de
récupération! Vrai ou faux ? Mais curieusement, on vous dira que c’est dans
les familles de ces gens qui ont de l’argent à stocker dans des puisards et
qui ne savent pas quoi en faire, que des gens ont faim et que d’autres
meurent de maladies bénignes.
Lorsque des gens possèdent de l’argent auquel ils vouent un culte et qu’ils
vénèrent comme une divinité (et Dieu seul sait comment ils se l’ont
procuré), mais que dans leur propre famille, la misère est endémique, il
faut se demander s’ils sont des êtres équilibrés. Au Togo, l’argent n’a pas
choisi son camp, mais on le lui a choisi, voire impos; ce camp, c’est celui
des gens sans bonne moralité, des gens véreux. Une étude minutieuse et une
statistique rondement menées prouveraient aisément que, ceux qui ont de
l’argent mais le gaspillent pour s’acheter la sympathie ou la conscience de
leurs concitoyens à l’approche des élections ne sont pas des gens généreux,
parce que leur générosité est intéressée. Des jeunes gens s’apprêtent à se
rendre dans
la Kozah pour pouvoir profiter du prochain
partage de sous et autres dons du grand et magnanime député de la région.
Eh, pauvre Togo !
De
l’autre côté, ceux qui sont follement riches, mais thésaurisent leur argent
et laissent crever des parents autour d’eux, ne sont pas meilleurs à la
première catégorie de riches. Ils sont tous nuisibles à la société togolaise
dans la mesure où ils ne sont pas vraiment utiles à leur société. Un bien
mal acquis ne profitant pas.
Alain Simouba
Un
mécontentement couve au Port Autonome de Lomé : Après les plaques, la COTEC,
Marc Antoine s’empare du marché de l’assurance des véhicules à nu
Pendant que
les discours sont à la lutte contre la pauvreté, l’homme d’affaires canadien
qui n’était rien en foulant le sol togolais, sème la désolation au Port
autonome de Lomé. Après avoir eu le monopole du marché d’immatriculation des
véhicules en transit, il a, avec la complicité du Directeur Général de la
Douane, Ably Bidamon, créé la Compagnie togolaise d’évaluation et de
contrôle (COTEC) qui enrhume depuis décembre le secteur des véhicules
d’occasion. S’assurant qu’il est en territoire conquis, il s’emploie
actuellement à accaparer aussi le domaine de l’assurance.
Selon les informations en notre possession, le Canadien Marc Antoine serait
venu au Togo en 2001 en provenance de Cotonou. Plusieurs sources font même
état de son expulsion de ce pays. Pour commencer, il aurait loué un terrain
auprès de
la Société Banamba
pour créer Uniparc où il exerçait avec un certain de Meideros. Mais les
choses se sont mal passées et il a dû relouer le parc à un groupe béninois.
Bien qu’ayant pris le terrain entre 500 et 600 000 FCFA, lui, il l’aurait
concédé au groupe béninois à plus de 5 millions FCFA. Le PDG de la Société
Banamba découvrira le pot aux roses plus tard et parle d’escroquerie.
L’affaire serait actuellement pendante devant le Tribunal de Lomé.
Dans la foulée, de concert
avec un autre Blanc, il a créé
la Société togolaise pour le contrôle des
automobiles (STCA). En dépit de l’obtention de l’agrément, ils n’ont pas pu
arracher le marché. De sources concordantes, feu Eyadèma se serait opposé à
ce projet à l’époque. Pendant ce temps, le sieur de Meideros multipliait les
contacts pour que le projet soit viable. Tout s’accélère avec la mort du
Général Eyadèma. Il réussira à arracher le marché d’immatriculation des
véhicules en transit. Ainsi, il reçoit 10 000 FCFA par plaque. Il faut donc
imaginer le chiffre d’affaires qu’il a pu réaliser depuis la mort du Général
Eyadèma à ce jour. A supposer que ce soient 5000 véhicules qui sont
immatriculés par mois, le Canadien engrangerait au moins 50 millions de
FCFA. Fort de ce succès, il a commencé à écarter ses anciens amis. Il a même
oublié les promesses mirobolantes qu’il a faites à son meilleur ami de
Meideros qui, rongé par les soucis parce que manquant de moyens pour payer
un traitement adéquat à sa fille malade, s’en est allé en janvier dernier.
Passons.
Après
la STCA,
il crée
la COTEC qui s’occupe depuis décembre de
l’évaluation des véhicules d’occasion. Ce marché qui lui a été attribué dans
des conditions opaques par le DG de
la
Douane, est décrié par les transitaires ainsi que par les consommateurs.
Actuellement, les frais de dédouanement sont deux voire trois fois plus
élevés que le prix du véhicule. Qui plus est, beaucoup de Togolais qui
travaillent dans ce secteur des véhicules d’occasion et qui nourrissent à
leur tour plusieurs bouches, sont laissés sur le carreau.
Comme si cela ne suffisait
pas, il s’attaque aujourd’hui à l’assurance des véhicules à nu. Il y a un
document qui circule actuellement à cet effet dans la zone portuaire. Pour
les camions ayant une puissance supérieure ou égale à 15 CV, la prime nette
TTC (Toutes Taxes Comprises) qui était de 15 000 F passe à 18 500. Quant à
la prime nette pour les voitures légères ayant une puissance inférieure à 15
CV, elle passe de 9000 F à 12000. On susurre que sur chaque véhicule, il
gagnerait entre 2000 et 2500. Pour ce projet, il est parvenu à tourner la
tête à certains patrons du monde des assureurs. « Il a cette manie de
mystifier son interlocuteur en l’aveuglant d’une kyrielle d’avantages.
Ensuite, il fait de lui son vassal », raconte-t-on.
Cette velléité de Marc Antoine de conquérir le marché de l’assurance suscite
des réactions aussi bien au PAL qu’au sein des compagnies d’assurance. On se
demande ce que vont devenir tous ces commissionnaires des différentes
sociétés d’assurance. Comme le cas de
la COTEC,
ils vont grossir le nombre des chômeurs.
Comme on le voit, renvoyé du Bénin, Marc Antoine fait
donc la pluie et le beau temps au Togo. Il est présentement au cœur de
toutes les activités dans la zone portuaire. Mieux, il est en territoire
conquis et rien ne lui résiste. Certaines indiscrétions rapportent qu’il
aurait aussi en projet la création d’une station d’essence dans la zone. Des
dégâts en perspective ! Ainsi, va le Togo où tout paria ailleurs devient
roi. Mais une chose est sûre, c’est que cette affaire suscite présentement
des bourdonnements au PAL.
E.
Pierre
Défense des Droits des Consommateurs : L’ATC visiblement inefficace
La Journée Mondiale
des Droits des Consommateurs a été célébrée dimanche dernier. Au Togo,
l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) qui fait partie de
l’Organisation Internationale des Consommateurs (OIC) a observé cette
journée. C’était à travers une journée de réflexion autour du thème « La
malbouffe des enfants ».
Cependant, beaucoup de consommateurs togolais doutent de l’efficacité de
cette association, et pour cause. On se souvient que c’est en janvier 2008
que la vie chère a empiré la situation de précarité des citoyens togolais.
Face aux cris de désolation et aux sonnettes d’alarme, le gouvernement a, au
contraire, choisi d’augmenter le prix du ciment. Et comme si cela ne
suffisait pas, l’autorité a décidé d’enfoncer le clou en revoyant à la
hausse le prix du carburant.
A
cette époque, s’il est vrai que l’ATC a réagi, cela ne s’est limité qu’aux
simples communiqués de dénonciation. Elle espérait par ce canal faire
attendre raison aux autorités qui refusent de fléchir. Dans la foulée, une
tentative de manifestation de l’ATC pour exprimer leur ras-le-bol a été
empêchée au dernier moment. A en croire l’actuel président de ladite
association, Togbui Doumassi Gbago V, le gouvernement a avancé des arguments
selon lesquels cette manifestation risque de mal se terminer.
Le
prix du pétrole sur le marché international a baissé d’un cran depuis
quelques temps. Il est à 300 F le litre au Ghana et à 350 F au Bénin. Par
contre au Togo, le prix de l’essence à la pompe est à 500 F. Et
legouvernement Houngbo ne se presse pas du tout à normaliser les choses.
Mais là aussi, c’est à peine que l’ATC a levé le petit doigt. « Nous ne
restons pas les bras croisés, même si nous ne pouvons plus descendre dans
les rues », s’est défendu un de ses membres avant d’ajouter : «Nous
entreprenons beaucoup d’actions qui ne se font pas voir. Il y a quelques
semaines, nous étions chez le Premier ministre. On lui a demandé de revoir à
la baisse le prix du ciment et surtout de l’essence ».
Comme on le voit, l’ATC semble inefficace. Tant que les ténors de cette
association seront des fonctionnaires d’Etat, ils n’auront pas les coudées
franches pour engager des actions de grande envergure face à la pression
éventuelle de l’Etat, pense un enseignant. Les membres de l’ATC, ne
décolèrent pas et entendent continuer quand même à défendre les intérêts des
consommateurs. Mais pour l’instant, les pauvres Togolais dépassés par les
évènements semblent se résigner.
D.J.K
Prison civile de Lomé : Le Greffier Bodé Adamou arrêté pour avoir libéré un
trafiquant de drogue
Le
Greffier de la prison civile de Lomé, Bodé Adamou croupit depuis le mardi 17
mars 2009 dans les geôles à Lomé. Il a été arrêté pour avoir écrit le nom
d’un détenu sur la fiche de mise en liberté du 4ème Substitut
de
la République
actuellement en mission à l’étranger. C’est ainsi que le 16 mars dernier, le
sieur Aderan Moussilou, un Béninois recherché pour trafic de drogue et
arrêté au Togo, a été relâché.
Selon nos informations, c’est une habitude à la prison civile de Lomé. Le
greffier et certains agents de l’administration pénitentiaire
s’entendraient pour libérer les prisonniers contre des espèces sonnantes et
trébuchantes. C’est une pratique qui dure depuis trois ans et serait un
secret de polichinelle à Azitimé là-bas. Curieusement, ce sont les soldats
qui payent les pots cassés. Ils sont arbitrairement accusés et envoyés en
taule. Les détenus s’insurgent contre cet état de chose. On exige que tout
comme le Greffier, les autres complices soient arrêtés. La tension couve à
la maison d’arrêt et personne ne sait de quoi demain sera fait. C’est le
lieu d’attirer l’attention des autorités, notamment le Garde des Sceaux,
ministre de
la Justice, le ministre de
la Sécurité
et le Procureur de
la République
sur la situation qui prévaut à la prison. Leur implication s’impose afin de
tirer cette affaire au clair.
Par
ailleurs, il est fait état de ce que les conditions de détention dépendent
de la tête du client. Les détenus les plus aisés bénéficieraient d’un
traitement spécial. Ils sont bien logés, nourris, entretenus etc. tandis que
les détenus les plus faibles et les plus vulnérables sont laissés à leur
propre sort. Une pratique discriminatoire qu’il faut corriger.
En
outre, il est rapporté que les prisonniers cotisent 50F par jour. Mais
personne ne sait la destination de ce fonds
M.A.
Ça
va se savoir : Les hôtes (4)
Gabin n’en pouvait plus sous cette pression ascendante sous laquelle il
ployait. Akpénè laissa tomber son pagne noué autour de sa taille et
comprit que l’hôte a mordu à l’hameçon. Elle le prit par la main puis ils
prirent le chemin de la porte principale. Sur la véranda, les amoureux
infidèles s’installèrent autour d’une table de verre. La femme s’accouda à
la table. Elle écarta ses jambes, offrant ses « Grandes Vitara ».
L’homme ne résista pas face à cette exposition qui lui arracha davantage le
cœur. Il s’approcha, prit les « tassaba » dans ses mains puis
commença à s’y enfoncer. Gabin saisit la maîtresse des lieux par ses
hanches. En gros plan, le cul du bonhomme, ses bourses, le membre durci,
puis les fesses de la femme, et le géant et robuste reptile commença à
pénétrer la grotte. Les chairs de la vulve refoulaient sous l’offense. La
femme en ce moment crucial avait hâte de posséder la bête qui la pénétrait.
Ainsi, par-dessous ses frêles cuisses, elle passa sa main pour aller à la
rescousse du reptile qui éprouvait des difficultés.
La
bête finit par s’implanter à moitié dans la grotte. « Vas-y mon brave!
Poursuis ta chasse mon amour ! Je veux te sentir en m… », dit-elle, et
l’homme poussa davantage et d’une rare vitesse le reptile. « Oh, non !
Pas si violemment. Fais-le avec un peu de tendresse, comme tu l’as fait
tantôt avec Piché », marmonna-t-elle. Gabin joua au sourd et accéléra la
cadence. Des flips et des flops accompagnaient la pénétration dans les
chairs humides. Pendant que reposaient sur la table de verre les prunes, la
dame s’écartait davantage afin de permettre la libre circulation de la bête
; maintenant entièrement implantée, ses frères jumeaux ne pouvaient
l’accompagner dans la cité défendue où désormais elle a élu domicile. «
Oui, c’est ça ! Que tu es vraiment merveilleux ! Il faut que vous restiez
ici avec nous le plus longtemps possible. J’aurai du mal à te voir repartir
un jour. Arrangeons-nous pour être beaucoup plus unis », exprima-t-elle
dans l’interminable va-et-vient de son corps auquel elle était assujettie
depuis quelques temps.
La
dame toute vibrante, d’une main tenait fortement le bord de la table pendant
que l’autre tenait une jambe de l’homme. « Oh ! Ouiiiii ! C’est bon ça
», cria-t-elle pendant que jaillissait dans sa grotte un flot de liquide
que rejetait son corps. La bête de l’hôte en reçut plein sur la tête pendant
que l’animal se voyait pris en étau par la contraction des portes internes
de la métropole. « Ouiii ! Que ta pluie me fait du bien. Tu es plus
merveilleuse que je le devinais il y a un instant », insinua l’homme
très actif, fouettant sans relâche son hôte. Soudain, Gabin, buste allongé
sur le dos de son cheval, passa ses mains sous les aisselles de sa
partenaire puis s’en prit aux prunes qu’il se mit à manipuler avec beaucoup
de tendresse. Il s’accrochait à son hôte pendant que le reptile crachait
abondamment son venin dans la caverne déjà mouillée.
Un
drôle de coïncidence se produisit dans la coquette maison. Dans cette nuit
profonde, François fut réveillé par une toux et constata l’absence de sa
femme à ses côtés. Il décida d’aller voir ce qu’elle pouvait en ce moment
faire encore au salon. Tel un diable entré dans la maison, Piché fit le même
constat de l’absence de son époux ; mais pour elle, il serait parti
chercher de l’eau ou du jus à la cuisine. Ainsi, les deux chercheurs se
rencontrèrent au salon et à chacun de faire part de sa préoccupation. Après
une fouille minutieuse de la maison sans résultat probant, à tout hasard,
ils se dirigèrent vers la terrasse. La surprise était grande. Les amoureux
infidèles, alors qu’ils changeaient de position pour amorcer le second
round, furent pris la main dans le sac. Fin
Tonton D
Libertinage
L’urbanisme à la togolaise
Depuis quelques temps la ville
de Lomé est en chantier. Les rues et les ruelles font leurs toilettes et
changent de look. C’est l’une des promesses faites par Fo Houngbo qui entend
faire de la capitale Lomé la ville la plus urbanisée au monde. Ce qui est
une bonne chose. Seulement voilà, les différents tronçons en plein cœur de
la capitale sont revêtus de latérite. Et en plein troisième millénaire.
Résultante, une nuée de poussière se dégage des rues en réfection. On dirait
qu’on assiste à une course d’éléphants dans le désert.
C’est un véritable parcours de
combattant pour les usagers et les riverains de circuler sur ces voies
nouvelle formule. La situation devient tout simplement insoutenable. Les
bonnes femmes qui ont leurs petits commerces au bord de ces routes ont rangé
leurs étalages. Les immeubles aux abords des rues ont été rebadigeonnés à la
poussière. Les meubles, les habits, les ustensiles…dans les maisons sont
chaque jour peints à neuf. Il se raconte que les vieux qui aiment priser le
tabac dans les agglomérations traversées par les tronçons revêtus de
latérite sont servis à satiété. Ils ne dépensent plus le moindre centime
dans l’achat de leur produit préféré. Après tout, le martyr que les
nouvelles routes de Houngbo imposent aux populations riveraines en temps
ordinaire, force est de constater qu’après une petite pluie, la situation
devient encore « plus pire ». Les voies transformées en boue
deviennent impraticables. C’est un double enfer que vivent les populations.
Les gesticulations stériles d’Anyronkopétô
« Ceux qui s’obstinent à vouloir enfermer le CPDC dans
l’atmosphère haineuse du RPT, du CAR et de l’UFC affichent une arrogance
d’une époque révolue; un tel complexe de supériorité n’a rien à envier aux
agissements des partis de l’extrême droite ». Ainsi pestait le transfuge
Anyronkopétô. Les Togolais ne connaissent pas en l’homme de telles joutes
oratoires.
Dans un entretien accordé à un « con-de-frère », le
président de la «particule» Le Nid a sévèrement fustigé ses
adversaires politiques qui, à ses yeux, cherchent à l’écarter du Cadre
permanent de dialogue et de concertation. Après donc l’ouverture du forum
aux «particules» signataires de l’APG, Anyronkopétô demande une autre
ouverture cette fois à tous les partis ayant pris part aux législatives du
14 octobre 2007. Selon nos infos, la salle où se tiennent les réunions du
CPDC n’arrive pas à contenir les délégués des trois formations politiques
qui y siègent. S’il faut y ajouter tous les partis qui ont participé au
scrutin de Potopoto plus les candidats indépendants, il va falloir déplacer
les discussions au palais des Congrès qui sera pour la circonstance exigu.
Déjà avec les trois partis représentés à l’Assemblée nationale,
les discussions ne font que tourner en rond, les délégués s’entendent plus
sur leurs désaccords que sur des points d’accord. A quoi servirait-il alors
d’ouvrir le Cadre aux partis agonisants dont les présidents, des
trouble-fête, ne cherchent qu’à se faire une santé ? On prendra un siècle,
on continuera toujours à danser le tango.
Le pied de nez du vieux briscard
L’attitude de certaines de nos
starlettes enlève parfois la « boucle dans les oreilles ». Convoqué
pour le capitalissime match entre le Togo et le Cameroun, le 28 mars
prochain à Accra, attaquant togolais d’Al Dhafra, Kader Cougbadja aurait
tout simplement décliné l’offre. « C’est un manque de respect de faire
partie d’une présélection ». C’est le pied de nez qu’il a fait à
la Fédération Togolaise
de Football et à Jean Thissen, le nouveau sélectionneur.
On
aura tout vu avec nos joueurs. Il y a longtemps que l’homme qu’on appelait
TGV (Train à Grande Vitesse) est en ménopause. Ses crampons sont usés et le
joueur n’est plus fertile comme avant. Sous d’autres cieux, on l’aurait
oublié et enterré depuis « faure » longtemps. Kader devrait se
réjouir qu’on l’a convoqué à la sélection et saisir au bond la perche à lui
tendue. Mais au lieu de cela, le vieux briscard a commencé à piquer la
grosse tête et à faire le dos rond. Or le championnat émirati dans lequel il
évolue n’est pas aussi huppé, et toute proportion gardée, ce championnat n’a
rien à envier au nôtre. Kader jouerait dans le championnat anglais, espagnol
ou italien qu’on comprendrait qu’on lui a vraiment manqué de respect. Comme
le dit si bien l’ancien président de
la Fédération
que j’étais, De Mass, « C’est à défaut du chien qu’on amène cabris à la
chasse ». Alors, que Kader fasse amende honorable et revienne à de
meilleurs sentiments.
A quand l’entrée des particules au CPDC ?
A peine le Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation (CPDC) a-t-il été mis en place que les partis
qui se sont exclus par leurs mauvais scores aux élections législatives
d’octobre 2007 ont commencé à gesticuler. Ils réclament avec la dernière
énergie que la porte du CPDC leur soit frauduleusement ouverte. Les
jérémiades et les pleurs des uns et des autres ont eu raison du « p’ti
». Avec la complicité du Comité de Suivi, le CPDC a été élargi aux
CPPutains, PDRien et CDPAysans suite à un décret pris par le fils de la
nation.
Cette ouverture a tapé sur les
couilles, pardon, les nerfs des leaders politiques. D’un côté, les nouveaux
leaders à l’instar de « Gilberto von Atsu » de
la Nouvelle Populaire, de « Dossevi Anyronkopétô » du parti
« Le Nid » qui ont désormais leurs propres « business »
(partis) estiment être autant impopulaires que Koqdjo de
la
CPP, Fo Léo de
la CDPA et Zaza du PDR, et exigent qu’on les
traite sur le même pied d’exclusion.
De l’autre côté, les partis
parlementaires (UFC et CAR) n’entendent pas voir les silhouettes de ces «
particules » dans la salle de banquet, plutôt de conférence de
la
Primature. Mais depuis la prise du décret repêchant ces partis, ils sont
difficilement introuvables dans la salle abritant le CPDC. De quoi ont-ils
peur ? On apprend qu’un accueil désagréablement « faure » leur sera
réservé.
« Dossêvi Anyronkopétô » déjà émoussé ?
Chaque jour que Dieu fait, les
responsables du parti « Le Nid » font parler d’eux. Les « Nidicons»
ne manquent pas d’occasion pour pondre des communiqués et exiger respect
et considération. Les jaloux du patron de ce parti, « Dossêvi
Anyronkopétô » disent qu’il est une molécule sur l’échiquier politique
«gnassional ». Cela s’explique par le fiasco subi lors des élections
législatives dernières où, « M. Grippe Aviaire » et ses innombrables
partisans ont récolté zéro député. Passons.
Malgré tout, nous, on était sûr que cette « particule » damerait le
pion à ses concurrents lors de la joute présidentielle de 2010 si son patron
se présentait. Mais contre toute attente, l’ex-ministre de
la Culture, Fo Dossêvi s’est déclaré non partant
à la prochaine élection, à en croire ses propos sur une chaîne de la place.
Pour lui, on n’a plus besoin d’appeler les Togolais au vote. Il suffit qu’un
collège de grands électeurs composé des députés et des maires, élise le
prochain chef d’Etat. Ce qui lsous-entend que si ça ne tenait qu’à lui,
« Faure-vi » est déjà élu président, à moins d’un séisme. On sait que le
pouvoir RPT est majoritaire à l’Assemblée tricolore. Ensuite, il paraît que
les maires sont nommés pour servir leur bienfaiteur. N’est-ce pas que ce
schéma ouvre le boulevard de la victoire aux RPTiles ? En tout cas, l’ex
UFCocu ne se trompe aucunement sur sa défaite prochaine. Selon des langues
de vipères, il est ainsi en train d’envoyer des signaux au « p’tit »
dans l’espoir d’une suite favorable.
Qui a peur de qui ?
On
a l’habitude de traiter les Togolais de peureux, mais il y en a parmi eux
qui ont le courage du lion et la ruse de lièvre. Dans ce pays, il y a
vraiment des gens qui sont jaloux des acquis du « p’ti ». De sources
proches des radios trottoirs, au cours d’un voyage de « Faure-vi » en
France, un de ses «ministricules » aurait goûté au fruit défendu et
fendu d’une de ses «gnocopines ». Tous deux feraient partie de la
délégation et n’ont pu échapper aux flèches amoureuses de Cupidon. Nous, on
croyait que le « p’ti» n’appréciait pas les bonnes choses.
D’ailleurs, pour certains, c’était la raison fondamentale qui ne lui
permettait pas de choisir une femme « miam miam » qui serait la
première dame du « Gnassingbéland ». Mais c’est mal le connaître. Il
paraît que notre prégo était dans tous ses états lorsqu’il apprit la
nouvelle. Depuis, on a attendait qu’il réagisse sur l’affaire, mais c’est un
silence télé qu’il observe sur cette histoire.
Beaucoup de Loméennes ont regretté amèrement ce qu’a fait cette directrice
car, disent-elles, on ne peut être là où coule le lait et le miel et se
permettre de faire des bêtises pareilles. D’autres sont allées jusqu’à se
demander si la dame était comblée au lit par… Ce n’est pas avec notre bouche
qu’elles vont manger leur sauce piquante.
Après la guérilla, les « gbass » de Fo Nico
Le
10 mars passé, le patron du PRRigolo, « Fo Nico » a annoncé sa
candidature à l’élection présidentielle de 2010 au cours d’une conférence de
presse. L’ « insultocrate » s’est engagé à sortir les Togolais de
leur misère ambiante. Il a promis combattre les partis « kpolitiques
» comme l’UFCocu, le aiRPéTé et le CARnage. « Je serai candidat en 2010.
Je n’accepte pas que les gens oublient que les togolais souffrent, et se
livrent à un jeu tragique pour ce pays, dans le but d’exclure les autres. Je
combattrai des formations politiques comme le RPT, l’UFC et le CAR »,
a-t-il déclaré. Cependant, le gars s’est fâché la colère et a rouspété :«
si cette année, quelqu’un prend mon argent et ne vote pas pour moi, il
mourra».
Nous, on ne comprend pas pourquoi lui qui a toujours insulté proprement le «
p’ti » et le prégo de la République annexe s’énerve pour si peu. Nous
sommes à « Gnassingbéland » et il y a plein de méthodes pour faire
voter les électeurs. Il n’a qu’à préparer la potion magique, comme l’a fait
quelqu’un lors de l’élection du Bureau exécutif de
la FTF et on verra qui est qui. Le peuple l’a
depuis remarqué, mais à part ouvrir sa grande ... et insulter, on ne lui
connaît pas d’autres compétences. Après la guérilla, c’est sur les «
gbass » qu’il compte pour briguer la magistrature suprême. L’homme a
plus d’un tour dans sa cartouche et on attend de voir ce qu’il va encore
nous inventer prochainement au cours de ses conférences de presse où coulent
les sauces de mouton et de porc.
Au cœur des
« mon pays »
Koutouka :
Class ! Class ! Arrête-toi.
Gnaro :
Je
ne te regardais pas. Tu vas où si pressé comme la diarrhée ?
Koutouka :
Je
cours au service ça. Mais je dois passer chez le mécanicien d’abord. C’est
pourquoi j’ai pris ce chemin.
Gnaro :
Moi, je dois aller d’abord régler une affaire en ville. C’est le soir que je
vais arriver au boulot.
Koutouka :
Là,
ça tombe bien pour moi. Si tu n’es pas trop pressé, « jette-moi »
chez le mécanicien.
Gnaro :
C’est sans problème. On y va.
Koutouka :
Tu
as appris que le Pape est venu faire un tour en Afrique ?
Gnaro :
C’est depuis quand ça ! Tu sais, ça fait un bon moment que je n’arrive plus
« jamais » à écouter les nouvelles.
Koutouka :
Il
est là depuis mardi. Et c’est son premier voyage en Afrique depuis qu’il a
pris ce poste.
Gnaro :
Actuellement il est où ?
Koutouka
: Il a atterri au Cameroun.
Gnaro
: Il sera au Togo quand ?
Koutouka
: Il ne va pas arriver chez nous. Il va « ira » en Angola et après,
il va quitter.
Gnaro
: Des choses comme ça, ça me « nerve » beaucoup.
Koutouka
: Qu’est-ce qui te « nerve » là dedans ?
Gnaro
: C’est parce que tu ne regardes pas loin dans l’affaire. Tu penses qu’il ne
va pas prier pour les « eux » que tout va bien pour le pays ?
Koutouka
: C’est normal.
Gnaro
: N’oublie pas qu’on a match avec le Cameroun. Pourquoi c’est là-bas et non
chez nous ? Tu vois déjà ?
Koutouka
: C’est maintenant que je comprends tout. Le gars-là a une idée derrière la
tête.
Gnaro
: Depuis qu’il a « mangé » Pape, c’est quand nous, nous allons jouer
contre le Cameroun qu’il a décidé venir en Afrique et dans ce pays !
Koutouka
: Pourquoi c’est maintenant qu’il doit venir ? Class, tu as bien vu le
problème.
Gnaro
: Nous, on connaît tout ça. Pourquoi il ne veut pas arriver chez nous ? Les
Togolais ont chié sur son caca ?
Koutouka
: Il peut tout faire, il peut être contre nous. C’est ce qui va se passer
qui va se passer. Nous, on n’a pas peur du Cameroun.
Gnaro : Depuis quand un Pape met ses yeux dans le football d’un
autre pays ? Soit il est contre nous soit il a quelque chose de précieux
là-bas. C’est ce que j’ai vu. |
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Liberté Hebdo #481 du 18 mars 2009 |
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Présidentielle de 2010 et la Facilitation : Le Président Blaise Compaoré
badine avec le sort des Togolais |
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 Lentement
mais sûrement, la présidentielle de 2010 se rapproche. Réglementairement, le
corps électoral doit être convoqué en moins d’un an pour élire celui qui va
présider aux destinées du Togo. C’est un scrutin des plus cruciaux jamais
organisé au Togo, et cela exige de chaque partie prenante du processus
électoral de jouer sa partition pour sa réussite. Mais le Facilitateur
Blaise Compaoré ne joue pas franc jeu, il prend visiblement parti pour le
pouvoir togolais.
L’enjeu
Ce
scrutin, disons-nous tantôt, est d’une importance capitale. Pour Faure
Gnassingbé, pas encore candidat officiel mais probable, à sa propre
succession, et le RPT, c’est le moment de la confirmation. On ne voit pas le
« Leader nouveau » déjà repu par cinq (05) ans seulement de gestion
au point de vouloir s’en aller. D’ailleurs l’intérêt que le clan porte à ce
scrutin de 2010 est manifeste. Ici, on ménage déjà sa monture, sachant qu’on
veut aller loin. Tout est d’ores et déjà entrepris pour verrouiller le
processus. Sur le plan juridique et institutionnel, on manœuvre pour biaiser
les réformes et contrôler les institutions compétentes. L’«esprit nouveau
» a déjà requis le soutien de l’armée pour cette joute électorale lors
de sa tournée de fin d’année dernière dans les casernes. La précampagne
électorale est enclenchée depuis un moment mais dissimulée sous des
prétextes de tournée d’échanges de vœux avec les populations de l’intérieur,
d’assistance aux fêtes traditionnelles et autres manifestations au cours
desquelles les populations se font accoutrer par la maison « Faure design
» et l’argent circule bien bon.
Du
côté de l’opposition, on fait de ce scrutin l’occasion de la dernière
chance. Les forces démocratiques ne veulent pas rééditer les erreurs de 2005
où elles avaient une aubaine de prendre le pouvoir, après la «
catastrophe nationale ». C’est pour cette raison que se manifestent des
velléités d’union entre les deux principaux partis de l’opposition. Les
forces de la diaspora ne veulent non plus se faire compter l’évènement. Une
candidature semble se confirmer, celle du Franco-togolais Koffi Yamgnane.
Si
dans les états-majors de partis politiques, c’est des calculs politiciens,
au sein du peuple, les préoccupations sont autres. On se fait des soucis
sur le caractère pacifique de ce scrutin. Pour une élection sans violence au
Togo, une chose est sûre, il faut la volonté du clan Gnassingbé. Au-delà,
la Communauté internationale, le faiseur de roi au Togo a son mot
à dire. Et justement, elle commence à se positionner, en faveur du camp de
l’obscurantisme, le clan au pouvoir.
Blaise Compaoré dans ses œuvres
Le
Facilitateur Blaise Compaoré est censé être neutre, se réduire à son rôle de
médiateur, de conciliateur des protagonistes togolais. Mais l’homme prend
visiblement position pour le pouvoir quarantenaire du Togo. Et ici on ne
saurait s’empêcher de rappeler le feuilleton de la session scandaleuse du
Comité de Suivi du samedi 07 mars dernier.
La
convocation d’une session de cet organe est du ressort du Président Blaise
Compaoré, et c’est d’ailleurs lui qui l’assurait jusqu’ici. Mais pour la
dernière réunion, c’est Faure Gnassingbé qui a joué à son substitut et
envoyé les invitations aux partis prenantes de l’APG. Les protestations de
l’Union des Forces de Changement (UFC) et du Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR) n’ont rien changé à la situation. Malgré cette usurpation de
prérogative, le Facilitateur s’est empressé d’envoyer à Lomé des émissaires
au dernier moment. La présence de MM. Sadio Lamine Sow, son conseiller
spécial et Alain Bédouma Yoda, son ministre des Affaires étrangères et de la
Coopération régionale a eu l’effet d’encourager le RPT dans son forcing. Au
finish, le clan aura atteint son objectif : ouvrir le Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation (CPDC) à ses « satellites » pour venir y
foutre le bordel. Tout a l’air d’un complot savamment ourdi entre Faure
Gnassingbé et Blaise Compaoré. Et justement certains croient dur comme fer
que le plan aurait été peaufiné à l’occasion de la visite à Ouagadougou
quelques jours plus tôt du numéro un togolais accompagné de son « clando
» Yayi Boni.
Cette
caution du Facilitateur au pouvoir de Lomé surprend le bon sens quand on
sait qu’il s’est passé une suite d’évènements qui frisent la violation
fragrante de l’esprit et la lettre de l’APG. Le CPDC est une recommandation
de cet accord signé depuis le 20 août 2006, et au regard de ses tâches, il
devrait être mis en place sans tarder. Mais Faure Gnassingbé et les siens se
ne sont pas gênés pour y donner suite, ce qui leur donna les coudées
franches pour imprimer leurs couleurs au processus.
Les appels
incessants de l’opposition n’ont en rien ému le Facilitateur pour rappeler
le RPT à la raison. Faure et les siens enclenchent un forcing et
introduisent un projet de code électoral inique à l’Assemblée nationale pour
adoption, violant l’esprit et la lettre de l’APG. Il a fallu la levée de
boucliers de l’opposition parlementaire pour les ramener à la raison, et au
chef de l’Etat de prendre un décret le 04 février érigeant le CPDC. Ici non
plus, le Facilitateur Blaise Compaoré ne s’est pas senti interpellé.
La question du
recours à lui en cas de blocage a opposé durant plusieurs séances les
membres du CPDC et créé un blocage, le RPT ne voulant pas céder par pur
obscurantisme. Et pourtant ce n’était qu’une simple mesure de transparence
et de clarté. L’UFC et le CAR se sont retrouvés seuls contre le RPT et le
Gouvernement. Blaise Compaoré aurait pu intervenir là aussi. Mais il est
resté muet tout ce temps. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il a réagi
quand il s’est agi de cautionner le RPT dans son forcing pour ouvrir le CPDC
aux « trouble-fête », violant une fois de plus l’esprit et la lettre
de l’APG, le décret officiel pris et la volonté populaire qui s’est exprimée
en octobre 2007.
Le Facilitateur
n’a pas levé le petit doigt quand le pouvoir a outrepassé la recommandation
de cette session du 07 mars du Comité de Suivi et pris en Conseil des
ministres du mercredi 11 mars dernier un décret ouvrant le CPDC, au-delà des
autres signataires de l’APG écartés par les législatives du 14 octobre 2007
que sont le PDR, la CPP, la CDPA, le REFAMPT et le GF2D, à des personnalités, représentants des
confessions religieuses, d’organisations syndicales, des associations
représentatives de la société civile non signataires de l’APG.
La hantise d’avril 2005
Ce
parti pris manifeste de Blaise Compaoré pour le RPT ne rappelle que trop
bien le scénario qui a abouti en avril 2005 aux violences électorales avec
leur cortège de décès.
La Communauté internationale, l’Union Africaine et
la CEDEAO nommément avaient pris fait et cause pour le clan
Gnassingbé, au point de ne même pas entendre raison. L’opposition
démocratique, au regard des conditions de préparation avait appelé au
report du scrutin présidentiel. Le ministre de l’Intérieur d’alors a pensé
émouvoir
la Communauté internationale en éventant le plan de massacre
mijoté au sommet de l’Etat juste pour imposer Faure Gnassingbé. Rien n’y
fit. François Boko fut plutôt taxé d’ « irresponsable » par le
président nigérien Mamadou Tanja. Mais le drame est tout de même survenu. Un
millier de compatriotes seront tués, 5000 blessés et près de 60.000 autres
envoyés sur les chemins de l’exil.
Ce
passé macabre que les Togolais ont du mal à exorciser risque d’être réédité,
les mêmes causes produisant les mêmes effets. C’est ici le lieu
d’interpeller l’Organisation des nations
Unies (ONU) d’agir très tôt, de ne pas attendre comme en 2005, et débarquer
après avec une mission pour compter les morts. Blaise
compaoré est en train de
badiner avec le sort du peuple togolais et il urge qu’on l’arrête très tôt
dans ses dérives avant qu’il ne soit trop tard.
Pablo E.
Lutte politique
et nationalisme au Ghana : Un « Togolais » ministre dans le gouvernement de
John Atta-Mills, au centre d’une vive polémique à Accra
Le
nouveau ministre adjoint des Finances du Ghana, Fiifi Fiavi Frankline Kwetey,
est au centre d’une polémique entre la majorité et l’opposition. L’origine
de ce militant du Congrès national démocratique (NDC) est mise en cause.
L’opposition affirme qu’il n’est pas Ghanéen mais Togolais et exige
l’annulation de cette nomination. Le Nouveau parti patriotique (NPP) indique
disposer d’éléments concrets, et notamment d’une vidéo dans laquelle on
découvre la famille du ministre installée à Vogan. Le père serait Sousa
Kweitey qui avait quitté le Togo avec sa famille pour le Ghana à l’époque où
le pays était dirigé par le président Eyadema. Le film montre la famille du
ministre, l’oncle paternel, la tante, l’école primaire de Vogan où a étudié
Fiifi Kwetey. Les professeurs interrogés parlent d’un élève intelligent.
«
Malgré les évidences, Fiifi Kwetey refuse de reconnaître qu’il est
Togolais », affirme un responsable de l’opposition.
Pour Samuel Atta Akyea du NPP, « quelqu’un qui n’est pas Ghanéen ne peut
accéder à un poste officiel ». Dans une interview accordée au journal «
The Chronicle », il soutenait que le passage de Fiifi Kwetey devant
le Comité de Désignation du parlement est une honte pour la nation et qu’il
ne méritait pas d’être examiné pour ce poste. Dans l’opinion, on indique que
Kwetey ferait mieux de continuer à servir son parti au lieu d’occuper un
poste de ministre adjoint de l’Economie et des Finances. « Ce serait
mieux qu’il joue son rôle au sommet du NDC. Mais avec le très stratégique
ministère des Finances, il sera difficile pour lui », faisait-il
remarquer.
Il
faut le rappeler, avant sa nomination, Fiifi Kwetey était Secrétaire à la
propagande du NDC. Lors des dernières élections générales marquées par le
retour aux affaires de l’opposition, il n’avait cessé de lancer des piques
au régime de John Kufuor en colportant de fausses informations. Il était
également chef d’édition du journal « Lens », et avait accusé le
gouvernement NPP d’avoir vendu toutes les réserves d’or du pays.
C’est la raison pour laquelle il a été proprement malmené par le Comité de
Désignation qui a consacré à lui seul quatre heures d’horloge. Il a été
bombardé de questions sur son origine, son cursus scolaire, ses expériences
professionnelles et ses opinions politiques controversées. Les
parlementaires de l’opposition l’ont présenté comme un menteur et un
arrogant qui n’a aucune compétence à diriger l’économie du pays dans ce
contexte de crise économique et financière mondiale. Pour le chef de la
minorité, Osei Kyei Mensah Bonsu, Kwetey est une personne impulsive à qui ce
crucial portefeuille ne doit pas être confié.
Mais heureusement, il a survécu à cette bataille au parlement même si la
polémique continue par médias interposés. Le ministre adjoint désigné a
déclaré dans « Daily Guide » plus tard qu’il n’est pas surpris par
les tentatives de mettre en cause sa compétence, expliquant au passage que
certaines critiques n’ont pas pris en compte sa capacité dans le domaine de
l’économie et des finances. Il a ajouté qu’il n’est nullement perturbé par
la menace de la minorité et a promis tenir bon par sa « conviction »
et qu’il est prêt « à mourir pour le Ghana ». « Je ne suis pas un
homme arrogant. Je sais comment faire évoluer mon pays et c’est important
d’être un homme de conviction… Notre hymne national nous enseigne que nous
devons être audacieux à défendre ce que nous croyons être la vérité »,
a-t-il dit. En outre, il est disposé à relever le défi en rompant le statu
quo dans l’économie du pays et en apportant de la fraîcheur dans le secteur
de l’économie et des finances.
R.
Kédjagni
De l’insécurité
aux exécutions extrajudiciaires : Quatre présumés voleurs brûlés vifs à Lomé
L’insécurité au Togo, on ne finira jamais d’en parler. C’est la chose la
mieux partagée aujourd’hui. Il ne se passe pratiquement plus de jour où on
n’annonce des braquages, des vols à main armée, des agressions…Malgré
l’indignation que le phénomène suscite au sein de la population et la
dénonciation de la presse, l’insécurité et le banditisme continuent
allègrement de gagner du terrain. Au plus grand bonheur des malfrats. Quatre
de ces gangsters qui font la loi à Lomé et dans les quartiers environnants
ont payé leur vie à Baguida lundi dernier en dépouillant une femme et son
frère qui revenaient de la banque. Les quatre présumés voleurs ont été tout
simplement lynchés et brûlés vifs par la foule en colère.
Selon
les témoignages, la femme et son frère ont pris un taxi à côté de Ecobank à
Lomé et arrivés à l’entrée de Baguida, le chauffeur ordonna à la femme et à
son frère de descendre pour éviter de se faire réprimer par les policiers
car ils sont en surcharge. C’est en descendant du véhicule que la femme
s’est rendue compte qu’elle a été dépouillée de son argent. Alertés, les
taxi-motos ont pris en chasse le taxi qu’ils ont arrêté à Dévégo. Après
avoir passé à tabac les occupants du véhicule, la foule sans autre forme de
procès les a exécutés par le feu.
Parallèlement à l’insécurité, se développe également dans notre pays un
autre phénomène non moins inquiétant : la vindicte populaire. Chaque fois
que la population parvient à mettre la main sur de présumés malfrats, elle
les exécute purement et simplement. Le phénomène devient récurrent et
alarmant. Estimant que les forces de sécurité et les juges ne font pas leur
travail comme il se doit, les citoyens se transforment en justiciers en
procédant à des exécutions extrajudiciaires. C’est une véritable anarchie
qui s’instaure dans le pays. Le fait pour les forces de sécurité d’abattre
les malfrats et de les exhiber comme des trophées de chasse conforte la
population dans sa conviction qu’elle peut se livrer à ce genre d’actes. Or
Dieu seul sait combien d’innocents sont parfois tués.
Selon
un défenseur des droits de l’Homme, la vindicte populaire est un homicide
volontaire, un crime puni par la loi notamment l’article 44 du code pénal
qui stipule que « quiconque commet volontairement un homicide, sera puni
de la réclusion perpétuelle ».
Nul
ne peut se faire justice. Il est impérieux que les auteurs de ces vindictes
populaires qui ne répondent à aucune norme démocratique soient poursuivis
et punis conformément à la loi. C’est la seule manière d’endiguer ce
phénomène qui est tout aussi dangereux que l’insécurité.
M.A.
Sans détour : Blaise le magicien et la facilitation
« Ce
qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue » (Simone
de Beauvoir)
Le «
magicien » Blaise Compaoré, le facilitateur-maison de la sous-région,
l’homme qui a, à la fois, le don et le secret de produire et livrer en moins
de 72 heures, trois millions de vignettes non prévues au départ pour des
élections au Togo, est toujours là dans ses œuvres obscures. Cet homme est
un gros point d’interrogation dans la crise que continue à vivre notre pays.
Depuis qu’il officie dans cette crise, jamais il n’a eu à prendre une
décision qui ait pu une seule fois, avoir le mérite de convaincre le peuple
et l’Opposition. L’autre gros point d’interrogation, car ils sont deux,
c’est le Belge Louis Michel qui aurait bien pu, lui, s’appeler Eyadèma. Il
paraît que ce prénom en kabyè signifie la même chose en éwé (Amévo),
c’est-à-dire : « Il n’y a plus d’homme ». Oui, c’est sûrement parce
qu’il n’y a plus d’homme pour être Commissaire Européen au Développement et
à l’Action Humanitaire que le dévolu a été jeté sur ce Belge. Pour le
reste, pour ceux qui le connaissent bien, comment ce griot, ce diplomate
partial et un peu vulgaire, ce lugubre individu, ne serait-il pas
aujourd’hui impliqué dans des détournements et escroqueries qui circulent ?
Ces deux noms, juste pour montrer comment
la Communauté internationale s’est liguée contre ce peuple,
l’empêchant de se faire une place au soleil comme les autres.
Revenons à notre président-magicien. Beaucoup croient qu’il suffit d’être
président de
la République pour jouer le rôle de médiateur ou de facilitateur.
Cette tâche exige tact, bon sens, impartialité (du moins un effort soutenu
pour ne pas laisser transparaître l’antinomie), respect des accords, bonne
moralité et beaucoup de diplomatie. A ceux-là qui l’ignorent, il y a lieu de
faire comprendre qu’en matière de médiation ou de facilitation, Blaise a
beaucoup à apprendre de ses grands parents n’ayant jamais mis les pieds à
l’école. Il n’est donc pas question de savoir lire et écrire et encore moins
d’être pompeusement appelé président de
la République, pour devenir un bon facilitateur. Après la
disparition de deux « sages » francophones de l’Ouest-africain,
Houphouet-Boigny et Gnassingbé (encore aurait-il fallu qu’ils l’eussent été
vraiment), il fallait, pour
la France,
trouver un « Ersatz ». Aujourd’hui, voilà un Blaise Compaoré auréolé du
titre de facilitateur, présent sur deux fronts : la Côte d’Ivoire et le
Togo. Mais pour quel résultat, si ce n’est celui de la politique du gros
bâton, sans diplomatie véritable susceptible d’amener deux ennemis à tourner
définitivement dos au passé !
Dans le cas du
Togo précisément, et concernant le facilitateur qu’on aurait pu appeler «complicateur
», Blaise Compaoré ne fait pas mieux aujourd’hui qu’en 2006 et 2007. Il est
demeuré le même, complice du pouvoir. Ou un pays est en crise depuis plus de
18 ans et l’on veut l’aider à en sortir une fois pour de bon, ou bien, le
peuple n’est pas en crise et l’on vous trompe en vous demandant de l’amener
à en finir avec. Alors, vous le maintenez dans son état, sous prétexte que
cela ne s’appelle pas « crise ». Au fait, à voir tout ce que Blaise
avait fait avec l’Opposition en penchant du côté du pouvoir et que nous
avions dénoncé, il faut s’étonner que, revenu récemment d’un voyage au
Burkina-Faso, alors que prévalait une autre crise au sein du CPDC, Faure ait
pu avoir le culot de maintenir sa position et celle de son parti d’avant le
voyage de Ouaga. Et, fort d’un éventuel soutien dont il y aurait bénéficié,
il se plaît à convoquer une réunion du Comité de suivi. A quel titre ? Et
dire par ailleurs qu’il se soit plu à faire entrer dans le CPDC
contrairement à ce que disent les textes, des partis tels que le PDR, la CPP et
la CDPA qui
n’avaient pas eu les 5% requis! Décidément, ce club s’amuse avec le destin
du pays!
Pourquoi
n’avoir pas tout simplement, en plus large violation des textes, ouvert ce
cadre aux autres partis légalement constitués ? Curieusement, l’envoyé
spécial de Compaoré participant au CS était allé dans le même sens que les
autorités, cautionnant une violation des textes. A cette allure, si les
Togolais retombaient dans une crise et une violence similaires à celles de
2005, la responsabilité du facilitateur qui fait ouvertement le jeu du
pouvoir RPT et sans le voiler le moins du monde sera largement engagée.
N’est-ce pas parce que l’Opposition togolaise n’est pas armée et que sa
seule et unique arme demeure le DIALOGUE qu’elle n’a pas droit aux égards ?
Il faut le croire.
Alain Simouba
Le transport
routier togolais miné par le problème des surcharges
Le transport
routier au Togo est gangréné par un sérieux problème. Il s’agit des
surcharges. C’est un fléau qui s’est érigé en système voire « loi » et
presque tous les conducteurs s’y adonnent. Ils surchargent à tout bout de
champs leur engin et circulent sans inquiétude sur toute l’étendue du
territoire. Ces genres de pratiques sont souvent à la base de plusieurs
accidents de circulation que connaît le pays.
L’un des maux dont souffre le transport routier au Togo, est le problème de
surcharge. Que ce soient les conducteurs de taxi-motos ou de voitures (tous
poids confondus), tous ont pris cette mauvaise habitude de surcharger leur
engin. Circuler avec trois personnes sur une moto, avoir 7 à 8 personnes
dans un taxi de cinq places est devenu monnaie courante dans la capitale. La
manière dont les surcharges se font laisse à désirer. C’est devenu un
phénomène qui a pris de l’ampleur, car se pratique au vu et au su des
syndicalistes et même des forces de sécurité.
«
Dans un minibus de 9 places, nous sommes 14 personnes à bord, en
direction de la ville de Kara. Chemin faisant, deux autres passagers
viennent s’ajouter avec chacun, un enfant de 7 à 9 ans qu’ils portent sur
les genoux. Nous nous retrouvons chacun assis sur une fesse, les pieds
immobilisés. Les lamentations des uns et des autres ne dissuadent point le
chauffeur qui, avec flegme, a continué paisiblement son trajet»,
raconte un passager. Tout ce passe comme si les surcharges ne sont plus
contrôlées, ni punies dans le pays. Les taxis sont pleins s’ils ont 7
personnes abord. La situation est pire dans les zones enclavées où même le
capot est susceptible d’être occupé par les passagers.
«
Notre métier n’est plus bénéfique car nous payons beaucoup de taxes
parallèles. En plus de ce que nous dépensons à nos postes de contrôle, on
est encore pillé par certaines forces de sécurité. Alors pour combler le
déficit, nous sommes obligés de surcharger », expliquent souvent les
conducteurs.
A en croire
certains, c’est un phénomène qui s’est érigé en système. « Quand on est dans
cette situation, on paie une caution et le tour est joué. Il n’y a pas
question de sanctions ». « Qui va t’arrêter pour faute de surcharge ? Il
suffit de glisser quelque chose à la personne et tu es libre. Entre forces
de sécurité et nous, il n’y a pas de problème. Il faut te soumettre à la
règle. Chacun doit manger et on se comprend », ironise un conducteur.
Les gros
camions sont souvent chargés sans un contrôle adéquat du poids qu’ils
doivent transporter. C’est le cas souvent au PAL (Port Autonome de Lomé) où
ces camions sont surchargés et ont toutes les peines du monde à rouler. Qui
plus est, ils endommagent les routes qui sont déjà dans un état pas trop
enviable. Ce comportement des conducteurs, couplé à la largesse dont les
autorités font preuve sur les différents axes routiers sont à l’origine de
plusieurs accidents de circulation que connaît le pays. La dernière en date
est le drame qui s’est produit à Togblékopé où les 19 passagers à bord du
minibus de 15 places ont perdu leur vie. Les témoins oculaires de
l’opération de « sauvetage » ne sont pas passés par quatre chemins pour
manifester leur étonnement au vu des bagages que le véhicule transportait.
«Avec ces passagers, comment a-t-il pu transporter tous ces bagages ?», «
Quelle partie de la voiture a pu contenir tous ces bagages ? » « Avec tous
ces bagages, quelles places ont été réservées aux passagers ? », autant de
questions que se posaient les uns et les autres.
Que ce soient
les forces de sécurité, les douaniers, les syndicalistes, tous se
complaisent dans cette anomalie puisque chacun y tire son profit et la vie
du passager n’est point considérée.
Pour éviter de
tels drames, le ministre de la Sécurité Atcha Titikpina a recommandé aux
syndicalistes d’œuvrer davantage à la sensibilisation de leurs membres. Ce
qui a étonné plus d’un dans l’intervention du ministre, rien n’a été dit à
l’endroit des forces de sécurité qui sont accusés par les conducteurs
d’être la cause de ces genres de pratiques. Si nous prenons l’exemple de
l’accident de Togblékopé, nous dira-t-on que le bus, dans cet état anormal,
n’a dépassé aucun poste de contrôle des forces de sécurité avant d’arriver
au niveau du pont ? Et quelle a été la réaction de ces dernières ? Ne
cherchez pas longtemps. Tout s’est résumé au « taméa » (pourboire).
Il urge que les
institutions concernées planchent davantage sur ce fléau qui fait perdre
beaucoup de vies humaines.
Coco Tchak
Ça va se
savoir : Les hôtes (3)
«
En tout, et même ce que tu n’imagines peut-être pas », a répondu Akpénè
aux yeux écarquillés et luisant d’angoisse. Gabin baissa la tête pour
imaginer un petit instant là où voudrait en venir la maîtresse des lieux.
Il releva la tête puis il prit la bouteille du jus d’orange et commença par
en boire quelques goulots. Ceci lui rafraîchit pour quelques instants le
cœur. De nouveau l’homme plongea dans ses imaginations afin de pouvoir
déceler ce qui en ce moment pouvait intriguer leur hôte à tel point qu’elle
ait de l’insomnie. Il fut sorti de son songe par la voix suave mais saquée
par l’angoisse de son interlocutrice. « Tu n’arrives toujours pas à
deviner mon problème ? Et bien ! Evidemment c’est toi. Arrête alors de
déranger tes méninges pour une histoire que l’on trouvera certainement
absurde. Mais, une fois encore, je te répète que c’est toi tout mon problème
», ronronnait-elle quand elle fut coupée par l’hôte très apeuré.
« Nous vous
avons offensée durant ces quelques heures que nous sommes arrivés chez vous
? Ma femme vous aurait-elle brimée déjà parce qu’elle est capable de tout ?
Je vous présente par anticipation toutes nos excuses », commençait par
s’indigner Gabin quand, la maîtresse des lieux lui posa ses fins doigts plus
que magiques sur les cuisses poilues. « Loin de là. Mais, à vrai dire, tu
m’as offensée par ta séduction. Depuis votre arrivée dans cette maison, tu
m’as arraché le cœur. Et le comble, c’est bien la scène que vous m’aviez
gracieusement offerte ce soir. Tu es vraiment magnifique dans ton rôle
d’homme. J’ai envie de toi. Et bien, arrange-toi afin qu’une solution soit
trouvée à ma doléance, sinon… », cracha-t-elle sur un ton de menace.
L’hôte voulait sur ces mots se lever quand il fut retenu à la taille par son
interlocutrice. « Peux-tu m’accorder un petit temps pour apporter le jus
à ma femme puis réfléchir un peu sur ta préoccupation ? », a répondu
l’homme avant de disparaître dans le vestibule.
Pendant que
Gabin revivait son entretien avec la reine, la toute-puissante de la maison,
Piché, elle autre sirotait avec beaucoup de plaisir le jus que lui a apporté
son époux complètement séché. « Pourquoi as-tu duré avant de revenir?»,
interrogea-t-elle, caressant la poitrine poilue de son ange. « J’ai fait
un tour au dehors pour prendre un peu d’air. Et aussi, je pensais à des
instructions que je n’ai pu donner à mes collègues avant de partir. Il va
falloir que je fasse cela au plus vite. Il me faut griffonner quelque chose
que je dois impérativement faxer aux miens à la première heure demain »,
bluffait-il sa femme qu’il cajolait, telle une petite fille qu’on berce.
Cette dernière évidemment ne tarda pas à s’endormir.
Entre-temps
Akpénè était montée dans leur chambre pour voir ce qu’il en était avec son
mari qui dormait. Celui-ci était vraiment sur une autre planète, ronflant
tel une locomotive des temps immémoriaux. Elle retourna aussitôt au salon où
elle attendait impatiemment la réponse au terme d’une réflexion que lui
avait promise leur hôte il y avait quelques instants. Elle était même tentée
de retourner voir ce qu’il en était encore dans la chambre des hôtes. Mais
elle préféra gérer son impatience avec l’espoir que ce dernier revienne.
Elle se faisait des idées floues quand soudain, tel un fantôme, Gabin lui
apparaît. Hâtivement, elle se lança à sa rencontre. Elle lui passa, sans
attendre la réponse, ses frêles bras autour de son cou. Elle appliqua à
Gabin une bise qui lui resta collée à la joue pendant longtemps. Dans sa
rage, elle lui prit les lèvres puis envoya sa langue chercher celle de
l’homme. Elle réussit à la sortir astucieusement puis l’embrigada dans sa
bouche. Debout, tous deux étaient emportés. A suivre
Tonton D
Libertinage
Le
prix de « Roc » boudé par le « dépité Améyivre »
Ils étaient nombreux, ces Togolais à être convaincus que la liste
« Perdons ensemble » commandée par le fils du père « Roc » est
un panier à crabes et que les membres de cette liste ne vont jamais
s’entendre. Les deux capitaines tiennent trop à leur égo pour être le
porte-sac de l’un ou l’autre. A peine deux mois qu’ils sont aux affaires,
déjà le ciel commence à s’assombrir.
Au-delà de son apparence trompeuse, l’actuel bureau exécutif de
la Fédération
traverserait des zones de turbulence. A en croire les mauvaises langues, les
relations entre les deux capitaines sont au très « vilain fixe » et
la fissure serait très profonde. Des factions se seraient constituées et
chacune organiserait des réunions secrètes, au camp Général Améyi pour Gabi
et au Sous-groupement blindé pour le Colonel. Passons.
Le
14 mars dernier, une association fantoche des supporters des Eperviers en
Allemagne a décerné un trophée à l’ancien nouveau président de
la Fédération,
pour avoir qualifié l’équipe nationale à la Coupe du Monde 2006 en
Allemagne. Alors qu’on s’attendait à voir le gourou de Womé à ce cirque pour
apporter son soutien à son président, le « dépité » a plutôt brillé
par son absence. Ce boycott quoique anodin est plein de symbole. Il traduit
la bisbille entre le magnat de Womé et Django, le fils du père. C’est connu.
Une maison bâtie sur les œuvres de Satan ne peut jamais tenir
longtemps…Enseignement tiré de Améyi 18: Roc 35.
« Salaud » Koffi, un griot aux talents indéniables
Le directeur des sports, Eloi « Salaud » Koffi a-t-il fait
carrière dans la lecture de motion ? Tout porte à le croire. L’homme dispose
des qualités de griotisme avéré. Il faut le voir à l’œuvre pour se
convaincre de ses talents cachés.
Le
directeur des sports de Christophe Tchao qui s’est transformé en attaché de
presse particulier de « Roc » Gnassingbé fait parler de lui dans le
landerneau sportif togolais. « Salaud » Koffi s’est sinistrement
distingué lors de la grosse farce organisée par
la Fédération Togolaise
de Football samedi dernier pour récompenser son président « Roc »
Gnassingbé. Comme le dit si bien l’autre, « Salaud » Koffi est un
cas. Jouant au chairman à la cérémonie, le type, dans l’espoir d’une suite
favorable, s’est mué en liseur professionnel de motion hors pair pour
magnifier le Fils à papa. Il a tout simplement bombardé l’assistance de ses
trouvailles dithyrambiques. C’est une véritable machine à pondre des
réflexions ronflantes et lénifiantes à la gloire de l’ancien nouveau
locataire de
la FTF.
Zèle, quand tu nous tiens ! A cette allure, il n’est pas exclu que «
Salaud » Koffi prenne des tambours et des cymbales pour sillonner le
Togo profond pour chanter des louanges à « Roc » Gnassingbé.
Le
« p’ti » oublié par le souverain
pontife
Depuis hier, le Père des catholiques, Sa Sainteté le Pape Bénoît
XVI est en visite sur le continent. Dans son agenda, seuls deux pays seront
visités : le Cameroun et l’Angola. Le Togo a été tout simplement oublié. Et
dans certains milieux, on ne décolère pas.
On ne comprend pas l’attitude de certaines personnalités mondiales
à ignorer le Togo considéré naguère comme un havre de paix, la Suisse de
l’Afrique. Il n’y a pas longtemps, le Gendarme du Monde, George « Bouche
» était en Afrique. Il a visité le Bénin et le Ghana mais n’a même pas
daigné survoler le ciel togolais pour qu’on puisse voir passer ne serait-ce
que l’avion « prégodentiel » Air Force One. Aujourd’hui, c’est le
souverain Pontife qui fait le
même coup à notre pays. Et pourtant, depuis quelques temps, le « p’ti»
est devenu un enfant de chœur, un fervent chrétien qui ne rate aucune
occasion pour se rendre au Vatican et recevoir l’onction papale. Il y a des
moments mêmes où le fils va chez le Pape sans que certains de ses ministres,
même les plus irréductibles ne soient au courant. Le Vatican est devenu
comme une seconde maison pour « Faure-vi », et le
souverain pontife
son second père. C’est pourquoi certains s’attendaient à voir Benoît XVI au
Togo pour renforcer le lien parental entre les deux hommes. Le
pape a certainement ses
raisons que « Faure-vi » ne connaît point. Il a décidé de bouder
l’étape togolaise. Un boycott pas très catholique de sa part.
«
Gilbert von Atsu » ne décolère pas
Depuis la création du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC), on a observé une kyrielle de réactions au sein de la
classe politique. Finalement les « particules » de l’Accord politique
global ont eu gain de cause. Le « p’ti », certainement en manque de
soutien, a ouvert le CPDC à ses partis satellites légendaires. Quant aux
autres partis, « Faure-vi » leur a fermé la porte. Il paraît que ces
partis ne sont pas extrêmement « faure » en soutien déguisé. Mais
quand les réactions de ces partis deviennent redondantes, cela devient
inquiétant. C’est le cas de
la Nouvelle Déception
Populaire (NDP).
Son
patron, « Gilbert von Atsu » est, selon ses élèves en karaté, très
fâché. Le gars ne comprend pas pourquoi le fils de la nation hésite de
l’appeler. L’ex-ministre des Sports par intérim vient de pondre encore un
communiqué dans lequel il fait appel à la magnanimité du « p’ti ». Il
interdit formellement aux CPPutain, PDRien et CDPAysan de parler au nom du
peuple. Pour finir, le passionné de karaté pense que cette ouverture limitée
ne contribue pas à asseoir la paix dans le pays. Si le président nous
écoute, il n’a qu’à l’inviter au CPDC « Kpoo », car on apprend que sa
colère peut dynamiter les rues de « l’eau-mé ».
Mouammar « Adjafi », l’apôtre du désordre ?
Aujourd’hui le temps a donné raison à ceux qui ont critiqué
sévèrement Mouammar « Adjafi » pour sa nomination à la «
prégodence » de l’Union Africaine. Tout se passe comme si le Guide
libyen ne veut pas les démentir. Sa dernière visite en Mauritanie a fait
couler beaucoup d’encre et de salive au sein de la classe politique. Mine de
rien, le colonel président a apporté son soutien sans faille aux putschistes
mauritaniens. Tout comme le jour de son investiture à
la Présidence
de l’UA, certains participants au débat qu’il a organisé au parlement
mauritanien lui ont faussé joliment compagnie. Comme le ridicule ne tue pas
les dictateurs en Afrique, le Roi des rois d’Afrique a encore fait parler de
sa vision moyenâgeuse de la démocratie. Le N°1 libyen a invité tous ceux qui
veulent devenir président en Afrique à faire des coups d’Etats leur sport
favori. Le plus « pire » est que le père adoptif du « p’ti »
a donné carte blanche au toilettage des constitutions pour sauter le verrou
de la limitation des mandats. Il estime que, eux qui sont nés présidents,
ils ont le droit d’en jouir jusqu’à la mort, plutôt à l’éternité. Ce qui a
provoqué une avalanche de réactions de l’opposition nigérienne. Celle-ci a
proprement conspué le Guide africain, kéi, libyen.
Par ailleurs, on ne sait pas ce qu’il a dit à « Faure-vi »
lors de ses nombreuses visites en Libye. On prie seulement que le « p’ti
» désavoue honteusement son papa adoptif qui se fait l’apôtre du désordre.
Du
pur amateurisme
Le
championnat « gnassional » de première division made by « Roc
» commencé il y a quelques semaines, continue son bonhomme de chemin. Les
joueurs des différentes équipes s’affrontent sur les stades nus, pleurant
l’absence des spectateurs qui, faute de moyens ou de motivations,
préfèrent suivre les résumés des différentes journées sur leurs petits
écrans.
La
télé grand-mère en voie de modernisation est celle qui est la mieux placée
pour montrer aux téléspectateurs les résumés nets et concis de ce
championnat, organisé par l’autre fils de la « gnassion». Entre nous,
est-ce qu’en ce 21ème siècle,
on peut se permettre d’amener une seule caméra sur un stade pour filmer un
match ? C’est pourtant ce que fait la télé chérie. Dans leurs magazines de
sport, alors que les gens s’attendaient à voir les actions d’éclats et les
buts, c’est « gnè n’importe quoi» qu’on leur sert. Après, le
commentateur sans aucune honte, dit à la fin : « on n’a pas pu filmer le
but ».
Nous sommes dans un pays où on ne connaît pas la honte. Mais il
est tant que nous cessions de nous ridiculiser à la face du monde. Faire des
cent mètres plats pour capter les images, ou courir dans tous les sens pour
avoir une image floue avec une caméra en forme de bazooka, ces manières de
faire, on le sait, sont d’un autre temps.
Les
mauvaises langues disent que si c’est pour couvrir une manifestation du
aiRPéTé, l’anniversaire du décès de tel ou tel qui était la belle-mère,
l’oncle, la tante, la copine, le copain de l’un des fils de la « gnassion
», plusieurs caméras seront mobilisées pour filmer des cérémonies «
trizarres » qui n’apportent « rignin » pour améliorer le
quotidien des populations. Le sport et surtout le « foutoubolou » est
la seule chose qui apporte un peu de baume au cœur des «
Gnassingbélandais ». Alors, ne les privez pas de ces quelques actions
d’éclat. Faites l’effort de filmer tous les buts, s’il vous plaît.
Faut-il revenir ou rester ?
Il
y a quelques semaines, le prégo du Haut Commissariat aux Rapatriés et à
l’Action Humanitaire (HCRAH), M. Kokou Tchariè déclarait dans l’émission
Colline, que dis-je, Plateau de la semaine qu’il restait encore 4 683
refugiés au Bénin dont plus de 3 000 au Camp d’Agamé et environ 2 000 au
Ghana. Ces refugiés, on se rappelle, ont fui leur pays suite aux violences
survenues avant , pendant et après la frauduleuse de 2005. Depuis sa
création cette même année, cette institution n’a pas réussi à ramener tous
les refugiés. On craint que le nombre de refugiés dans ces deux pays
n’augmente dans quelques mois, parce qu’il paraît que certains commencent
déjà à faire leurs valises.
Selon eux, aucune élection « prégodentielle » n’a jamais été
organisée dans ce pays sans qu’on ne frappe, viole, tue les enfants des
gens. Le gars avait laissé entendre qu’au cours du mois prochain, une
réunion de la commission tripartite aura lieu pour évaluer la « siiation
» de ces réfugiés. On dirait qu’il pense que quelque chose va encore se
passer lors des élections de 2010. Si c’est le cas, vivement que cette
réunion se tienne pour que ces camps accueillent de nouveaux venus car
certains disent qu’après les différentes réunions du CPDC, il n’y aura «
rignin » de nouveau sous le soleil du « Gnassingbéland ». Vrai ou
faux ? En tout cas, prévenir vaut mieux que guérir.
Au cœur des « mon pays »
Ayeva : Class,
c’est comment dans l’ensemble?
Labtiong : Pas
mal. On bouge avec le temps. Quand ça plonge vers la gauche, on va avec lui
et quand ça tire vers la droite, on va aussi vers la droite.
Ayeva : Ce qui
veut dire que tu dandines avec le temps ?
Labtiong : Ne
fais pas ça pour voir si tu vas trouver à manger ?
Ayeva : Tu vois
ça pour moi ! Mais de toutes les façons, on ne va pas « jamais » se
laisser faire.
Labtiong :
C’est comme ça l’homme. Si ça refuse d’aller, on va pousser.
Ayeva : C’est
vous qui « est parti » à Dévégo pour l’affaire des voleurs?
Labtiong : Oui.
Mais avant qu’on «atterrit» là-bas, les choses se sont compliquées
depuis. Les populations-là ont terminé les voleurs.
Ayeva : Moi, je
pensais que c’est vous qui les avez abattus !
Labtiong : Si
c’est nous, on devait les amener au camp. Sauf s’ils voulaient nous tenter
avec des armes.
Ayeva :
Comment, les gens de là ont pu réagir vite comme ça ? Vous n’êtes pas vite
partis sur les lieux ?
Labtiong : En
même temps qu’on a appris les nouvelles, on n’a pas trainé. On a vite réagi.
Ce sont les « eux » qui nous ont devancés.
Ayeva : Au
fait, qu’est-ce qui s’est même passé ?
Labtiong : Il
s’agit de quatre voleurs qui ont volé l’argent d’une dame et ont fui.
Ayeva : Et ils
ont fait comment pour qu’on les prenne dans une voiture?
Labtiong :
C’est la voiture même qu’ils ont «pris» pour faire l’opération. Et ce
sont les « Z » qui les ont rattrapés.
Ayéva : Les «
Z »-là aussi sont vraiment forts. Mais moi, je ne suis pas d’accord
que les civils tuent comme ça. Ce n’est pas bon.
Labtiong :
Personne n’est d’accord. Le problème est qu’ils le font avant qu’on
n’arrive.
Ayeva :
Normalement, ceux qui font cela, on doit leur tirer un peu les «
zoreilles ».
Labtiong : On
va les trouver comment ? Ils disparaissent après avoir mis le feu sur les
gens. Et les autres ne vont jamais les signaler.
Ayeva : Il va
falloir qu’on interdise ça dans le pays. A part nous, personne n’a le droit
de tuer quelqu’un.
Labtiong : Qui
te dit qu’ils ne connaissent pas ça ? Sinon, pourquoi ils fuient après avoir
tué les voleurs ? C’est nous qui «doit» savoir comment réagir si on nous
appelle pour ces situations. |
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Liberté Hebdo #480 du 16 mars 2009 |
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Les paradis fiscaux cèdent à la pression : 400 milliards de
dollars ont été investis hors du continent africain en 30 ans, soit deux
fois la dette de l’Afrique |
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Le sommet
du G20 à Londres s’annonce à grands pas et les paradis fiscaux comme la
Belgique, Andorre, le Liechtenstein, la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg
acceptent de faire sauter le verrou du secret bancaire. Face aux effets
dévastateurs de la crise économique et financière mondiale, le G20 trouve
anormal que d’importants fonds dorment dans les banques de ces pays.
Redoutant des sanctions, les pays indexés ont promis de donner des
informations bancaires en cas d’enquête sur des fraudes fiscales avérées,
sur requête des autorités étrangères. Une nouvelle qui ne fera pas plaisir
aux dirigeants africains qui y ont placé des sommes colossales.
Les paradis fiscaux flanchent
Dans la perspective du sommet du G20 à Londres le 2 avril, d’intenses
pressions sont exercées sur les paradis fiscaux. Jeudi 12 mars dernier, le
Président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angel Merkel
ont prôné la création d’« un mécanisme de sanction » qui pourrait
passer par l’obligation faite aux banques, qui ont des filiales dans les
zones opaques, à accroître leurs provisions de façon significative. Le même
jour, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
devait communiquer au G20 une liste de pays qui refusent de répondre aux
requêtes fiscales de pays tiers. L’appréhension de se retrouver sur le ban
de la communauté internationale a incité un certain nombre de pays à
revisiter leur position. Il s’agit de la Belgique, Andorre et du
Liechtenstein. Ils seront suivis vendredi par
la Suisse, le centre financier «off-shore
» le plus important au monde, l’Autriche et le Luxembourg. En rappel, la
première banque suisse, UBS, avait, en février dernier, cédé aux pressions
de la justice américaine et divulgué les noms de 300 de ses clients
américains, soupçonnés de fraude fiscale. Seul Monaco résiste aux pressions
et n’a pas encore réagi.
«
Nous ne voulons plus être sur la liste noire des paradis fiscaux. Et nous
voulons que cesse la retenue à la source de 33,33 % que l’Etat français
prélève sur toutes nos exportations de services. Nous souhaitons également
qu’Andorre soit un membre à part entière de la communauté internationale
», a déclaré dans les colonnes du quotidien français « Le Monde »
Albert Pintat, chef du gouvernement d’Andorre depuis 2005,
En outre, les îles
Anglo-Normandes de Jersey et Guernesey ont déjà promis de répondre aux
demandes de l’administration fiscale britannique. Les Antilles
néerlandaises, Aruba et les Bermudes ont commencé à faire preuve de
souplesse dans l’échange de renseignements bancaires. En février, Singapour,
Hongkong et les Iles Caïmans ont annoncé des projets de lois visant à
changer leurs pratiques fiscales.
L’Afrique et les paradis fiscaux
Au
lieu de développer leur pays et de donner à manger à leur peuple, la plupart
des dirigeants africains brillent dans le détournement des fonds publics.
Ensuite, ces fonds sont placés dans les paradis fiscaux. L’acceptation de
ces pays de communiquer dorénavant sur leurs institutions bancaires ne doit
pas certainement être vue d’un bon œil par les chefs d’Etats africains et
leurs proches.
L’ONG britannique Oxfam évalue à 500 à 800 milliards de dollars les flux qui
s’évadent des pays du Sud. Des flux qui comprennent la fraude fiscale mais
aussi l’argent du crime et de la corruption. La Conférence des Nations Unies
pour le commerce et le développement (CNUCED estime que 400 milliards de
dollars ont été investis hors du continent africain en 30 ans, soit deux
fois la dette de l’Afrique.
Par exemple, le Gabon,
la
Guinée Equatoriale et le Congo Brazzaville, des pays riches en
pétrole, empochent des milliards de dollars mais restent englués dans la
pauvreté.
En juillet 2008, le
spécialiste suisse des questions africaines et auteur du livre « Togo,
del’esclavage au libéralisme mafieux », rapportait : « Entre 100 et
180 milliards de dollars : ce serait la somme des magots détournés par des
dictateurs ces dernières décennies. S’il fallait aussi tenir compte des
détournements opérés par leurs proches, les chiffres dépasseraient 1000
milliards, selon une estimation de Michel Camdessus, ancien directeur
général du Fonds monétaire international (FMI) ». «Où s’envole tout
cet argent spolié aux populations locales principalement du Sud, toujours «
en développement»? », se demandait-il. Pour lui, en grande partie, ces
fonds vont vers les paradis fiscaux et des Etats qui soutiennent ces régimes
corrompus. «
La Suisse
est un lieu de séjour privilégié pour des potentats vieillissants qui
souhaitent poursuivre leurs affaires au calme. Outre le secret bancaire et
les connexions avec de nombreuses filiales de banques suisses établies dans
les Caraïbes, certains en profitent pour se refaire une santé à la fameuse
clinique privée de Genolier, surnommée « la clinique des chefs d’Etat africains », qui dispose même
d’une suite présidentielle », poursuivait-il.
Après avoir donné leur accord, ces paradis fiscaux ont
décidé de revoir leurs textes pour l’adapter à la situation actuelle. Les
organisations internationales comme Transparency International, SHERPA,
Survie… qui, depuis un certain temps, mènent la vie dure aux despotes
africains, peuvent aussi profiter de la nouvelle donne pour avoir des
informations précises sur la fortune de ces dirigeants.
E.
Pierre avec Le Monde & Le Figaro
Insécurité grandissante au Togo : Encore un cadavre retrouvé dans les rails
Un corps sans vie, dépiécé a
été découvert le vendredi 13 mars dernier dans les rails entre les quartiers
Tokoin Trésor et Adéwi. Il s’agit du corps d’un homme certainement de
corpulence mince. Le corps était non identifiable parce que la tête n’y
était pas. Elle était complètement broyée par le train immatriculé CC 1651.
Avec les petits indices (vêtements, chaussures et bagues) que portait la
victime, il était difficile à tous ceux qui ont fait le déplacement pour
constater ce drame de l’identifier.
Plus que jamais les Togolais ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour
cause, ils sont hantés par la mort au quotidien. L’insécurité reste le
facteur prédominant de cette psychose. La découverte tous azimuts de
cadavres dans presque tous les coins du pays devient récurrent. Ceci
témoigne de l’ampleur que prend l’insécurité dans nos cités en dépit des «
efforts » des autorités en charge de la sécurité dans le pays. C’est aussi
une preuve que la stratégie de lutte contre l’insécurité au Togo a
lamentablement échoué.
«
Il a été certainement tué ailleurs puis ses assassins l’ont amené déposer
ici afin qu’on dise que c’est le train qui l’a tué », se lamenta un
curieux très touché par ce drame. Même son de cloche chez une dame qui
pleurait le mort en ne voyant que le bras. « Qu’ont-ils (assassins) fait
de l’enfant à quelqu’un ? C’est vraiment cruel et méchant ce qu’ils ont
fait-là. Ils le payeront à coup sûr sur cette terre avant de mourir. C’est
peut-être un pauvre Zémidjan (conducteur de taxi - moto) qu’ils ont
lâchement tué comme ça», s’est-elle indignée.
Ces
témoignages sont confirmés par une source proche de Togo - Rails. « Selon
le conducteur, le corps était placé sur les rails. Il s’en est aperçu trop
tard. Et comme le freinage n’est pas aussi automatique, il l’a ramassé avant
d’immobiliser le train à quelques distances plus loin», a affirmé la
source qui a requis l’anonymat. Cette affirmation peut être plausible dans
la mesure où du lieu du premier contact entre le train et le corps et sur la
distance où sont éparpillés les membres de la victime, il n’y a pas eu de
goutte de sang comme dans un accident mortel.
D’aucuns estiment qu’il s’agit des assassinats savamment orchestrés par des
individus probablement organisés et dont les cibles sont connues pour des
raisons à rechercher. Aujourd’hui, l’on peut s’en apercevoir que les
présumés criminels font en sorte que leurs victimes ne puissent pas être
identifiées. Mais, pourquoi ? Seule une enquête diligentée peut permettre de
déceler le mode opératoire et le mobile de ses assassinats. Il faut
souligner qu’il y a de cela quelques mois qu’un autre cadavre a été trouvé à
moins de deux cents mètres du lieu de ce nouveau drame.
Il
urge que le Procureur Général diligente une enquête sur ce cas et ceux
antérieurs en vue de faire la lumière sur ces crimes Le Ministre de la
sécurité est également interpellé à trouver une formule adéquate à la
situation afin d’endiguer l’insécurité dans le pays. Le phénomène a même mis
certains quartiers sous un couvre-feu qui ne dit pas son nom à telle
enseigne que les populations sont vite terrées chez elles à la tombée de la
nuit. Aussi, la population doit-elle contribuer à sa propre sécurité dans
une franche collaboration avec les forces de l’ordre et de sécurité surtout
qu’aujourd’hui les moyens de communication sont à la portée de tous, en
dénonçant tout acte suspect. Egalement, seule la promptitude de l’Opération
Araignée pourra constituer un remède contre l’insécurité qui est devenue le
lot quotidien des Togolais.
Didier Ledoux
Cadre permanent
de dialogue et de concertation : Un fiasco par anticipation
L’enjeu de la présidentielle de 2010 n’est plus à démontrer. Si ce n’est pas
la toute première fois que le Togo va organiser une élection présidentielle,
ce scrutin à venir semble ne pas ressembler aux autres. Du côté du pouvoir,
on le conçoit comme l’occasion de confirmation pour Faure Gnassingbé, et on
ne fait pas les choses à moitié. Une précampagne électorale est enclenchée
depuis un bon moment, dissimulée sous des prétextes de tournées et sorties
officielles, à coup d’espèces sonnantes et trébuchantes. Et selon les
dispositions mijotées, l’argent va circuler à flot lors de la campagne
proprement dite. Du côté de l’opposition, on donne l’impression de prendre
aussi la mesure de ce scrutin. Cette même présidentielle est conçue comme
l’ultime chance, l’occasion de rattrapage après celle ratée de 2005. Raison
pour laquelle on ne se limite plus aux forces de l’opposition traditionnelle
surplace. La piste de la diaspora est aussi exploitée. C’est ainsi que les
bruits citent pêle-mêle le Franco-togolais Koffi Yamgnane le patron de
Sursaut-Togo, Me François Akila-Esso Boko l’ancien ministre de l’Intérieur
et aujourd’hui avocat au Barreau de Paris, bien que ce dernier ait démenti
plus d’une fois déjà.
L’enjeu est donc de taille et il fallait une préparation judicieuse pour
éviter les erreurs du passé, conjurer le sort d’avril 2005. Raison pour
laquelle les acteurs politiques ont institué lors des pourparlers ayant
abouti à la signature de l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août
2006 un Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) censé créer
les conditions d’un scrutin crédible et apaisé. Si le cadre a été mis en
place au forceps et les discussions ont débuté depuis belle lurette, ce
cadre risque d’être un fiasco, un véritable gâchis et du temps perdu. On
n’en voudra pour preuve que la dernière sortie de Pascal Bodjona, ministre
de l’Administration territoriale, membre influent du Rassemblement du Peuple
Togolais (RPT) et représentant du Chef de l’Etat au CPDC. Invité sur une
chaîne télé de la place, l’homme a fait des déclarations qui dissuadent
d’espérer grand’chose de ce cadre.
Réformes et vote
Le
CPDC est une instance de concertation et c’est le consensus qui est
recherché a priori lors des débats sur les grandes questions d’intérêt
national, axés, compte tenu du temps, sur le processus électoral, a reconnu
M. Pascal Bodjona. Le ministre a encore signifié qu’il n’y aura pas de vote
au CPDC. Ce n’est pas de son ressort, et là encore, il n’a que trop raison.
Le Chef de l’Etat a pour rôle d’amener les parties au CPDC à un consensus,
a-t-il encore dit, mais d’ajouter que si ce consensus n’arrive pas à se
faire, on est obligé d’aller au vote, le Parlement est là pour ça.
Voilà exposées les réelles intentions du RPT dans ce CPDC. Ainsi dit, le
pouvoir a encore toutes les armes nécessaires pour faire pencher la balance
de son côté. Pour ce faire, il lui suffira d’abord de créer de l’impasse en
se calquant sur une position figée, comme par exemple au sujet du recours à
la Facilitation. Le
CPDC recourra à la « sagesse » du Chef de l’Etat en tant que
Président du Cadre et si Faure Gnassingbé n’arrive pas à concilier les
parties, dans ce cas, la solution est toute trouvée : l’Assemblée nationale
pour le vote des députés. Le blocage pourrait aussi venir de l’opposition
qui camperait sur sa position ; mais cela donne toujours la possibilité au
RPT de toujours s’en sortir gagnant à la fin avec la majorité au Parlement.
Et là, toutes ces discussions au sein du CPDC seraient du temps perdu, du
gâchis. Il faudrait s’attendre à un tel scénario lorsque seront abordées les
questions des réformes institutionnelles dont celle de
la Constitution.
Recours à
la Facilitation
au CPDC
La
question a mis dos-à-dos le RPT et l’opposition parlementaire pendant
plusieurs séances aux points d’entraîner un blocage et une suspension des
travaux. Un compromis (sic) a été finalement trouvé et a permis de débloquer
la situation. Dans les commentaires, il a abondamment dit que la poire a été
partagée en deux quand il est stipulé dans le règlement intérieur que les
parties recourent à la conciliation du Chef de l’Etat d’abord, et que c’est
en cas de blocage persistant qu’il fait appel au Facilitateur (sic).
Dans l’entendement du commun des Togolais, et certainement du CAR et de l’UFC,
ce Facilitateur devrait être naturellement Blaise Compaoré. Faux, à suivre
les propos du ministre Pascal Bodjona qui est venu restituer les choses,
comme ils l’entendent au RPT. Il parle d’ « un » Facilitateur. «
Si le Chef de l’Etat estime qu’il a besoin d’un ami, d’un frère ou d’un pair
comme Facilitateur, c’est à lui de voir », a-t-il pesté.
Ces
propos ont le mérite de lever tout voile sur ce sujet de
la Facilitation. Là
aussi finalement, l’opposition parlementaire n’aura rien réglé. Si Faure
Gnassingbé a cette largesse de choisir « un » Facilitateur pour
concilier les positions et que son parti le RPT est engagé dans ces
discussions, alors là le tour sera vite joué.
Les
griots du RPT criaient à qui voulait les entendre que le cadre idéal pour
les discussions et les réformes c’est l’Assemblée nationale, une façon de
balayer du revers de la main le CPDC. Finalement, tout concourt à cette
thèse. Toute la violence que s’est faite l’opposition parlementaire pour la
mise en place de ce Cadre permanent de dialogue et de concertation n’aura
été que vaine. Le tremplin du CPDC semble véritablement du gâchis, du temps
perdu pour …rien !
Pablo E.
Sans détour :
La Boucle
des six mois bouclée: Les leçons
« Les mauvais entretiens
gâtent les bonne mœurs » (I Corinthiens 15, 33)
16
septembre 2008-16 mars 2009, cela fait aujourd’hui exactement six mois que
le Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo, après sa nomination, s’était
présenté devant l’Assemblée nationale avec son programme de gouvernement. Il
boucle ainsi ses six mois de promesse et Dieu seul sait, s’il se refuse à le
reconnaître lui-même, qu’il a laissé un peuple en deçà de ses attentes, un
peuple déçu et amer, vu les espoirs suscités dès sa prise de fonction par sa
volonté de relever de nombreux défis. Jamais PM au Togo n’aura éveillé en
son peuple à la fois autant de respect, d’admiration, de polémiques, mais
surtout d’espoirs vite emportés par le vent.
Lorsqu’en septembre 2008, presque avec candeur mais très confiant, Gilbert
Houngbo, il faut être honnête pour le reconnaître, promettait six mois à son
peuple pour commencer à sentir le changement dans son vécu quotidien, il
n’était animé que de bonne foi et de volonté indéniable. Malheureusement, le
PM semblait ignorer un facteur important caractéristique du pouvoir au Togo
: jamais il n’a été possible à ces dirigeants de travailler pour le bien de
ce peuple qui, pour eux, n’existerait même pas, d’autant qu’ils ne se
soucient jamais de son bien-être. Ils excellent dans le mensonge en faisant
à ce peuple, rien que pour le tromper, des promesses qu’ils oublient. Ils
élaborent « les plus beaux textes du monde », des livres verts, etc,
dont le contenu est oublié le lendemain de leur élaboration. A preuve, Faure
qui a fait confiance à Gilbert Houngbo, a produit un catalogue de vœux pieux
pour séduire ce peuple en 2005. Au finish, sur une période de 4 ans, pas
même le tiers de ses promesses n’a été tenu à ce jour.
Comment Gilbert Houngbo pourrait-il, lui, se leurrer en imaginant pouvoir
mieux faire que son patron qui l’a nommé ? Pour lui porter ombrage et se
voir coller l’ambition de se positionner en politique pour le remplacer
demain, même s’il n’a pas cette ambition et ne l’aura jamais ? De là, il
fallait le freiner dans son élan, en le mettant en garde qu’il n’y a pas
d’argent et qu’il fallait aller doucement. Nous l’avions dénoncé en son
temps. Pourtant l’Etat n’a pas changé de train de vie et des voitures à
donner le tournis par leur prix sont entrées au Togo et bien d’autres
folies. De « doucement » en «doucement », voilà où nous en
sommes aujourd’hui au bout des six mois promis par le PM. Même le plus
instruit de cette planète aura beau s’armer d’amour pour le peuple et de
volonté à soulever des montagnes, s’il n’a pas les mains libres pour
travailler et si le mandant n’a pas le sens du bien commun, il ne réussira
absolument rien.
Le
PM Houngbo a fait son bilan à mi-parcours entre-temps qu’il semblait
apprécier favorablement lui-même. Aujourd’hui, que la boucle est bouclée,
nous nous permettons de faire en deux mots notre bilan de ses actions que
nous trouvons décevantes pour la grande personnalité et le grand espoir
qu’il incarnait. Le peuple au nom duquel il prétendait agir saura
l’apprécier aussi. Le PM ne saurait convaincre personne qu’après ces six
mois, les Togolais vivent mieux. Le PM ne saurait convaincre personne que
les problèmes auxquels les Togolais étaient confrontés avant sa prise de
fonction se sont résorbés. S’ils ne sont pas restés en l’état, ils se sont
au contraire aggravés, compliquant le vécu quotidien des citoyens. Les prix
des denrées alimentaires et généralement des produits de première nécessité
ont augmenté par rapport à ce qu’ils étaient en septembre
2008. A
la fin, rattrapés par le temps, voilà que Faure et Gilbert se dépêchent de
couvrir les rues de latérite. Les replâtrages de rues faits par les FAT se
dégradent à nouveau et en si peu de temps.
Les
grandes leçons que doit retenir le PM c’est d’abord, qu’il faut avoir le
courage de partir quand ça ne va pas, au lieu de défendre l’indéfendable
pour devenir ennemi du peuple. La seconde leçon, c’est qu’au Togo, le
pouvoir conduit à devenir menteur, mais alors gros menteur. Le PM, pour ces
6 mois, n’a pas comblé les attentes du peuple. Enfin au Togo, pour être
dans les bonnes grâces du chef de l’Etat et du RPT, il ne faut jamais se
déclarer en faveur du peuple, plutôt s’afficher comme son ennemi. Ainsi
fonctionne le Togo.
Alain Simouba
Libertinage
Aveu d’impuissance de Houngbo
Les 180 jours promis avec tambour et trompette par Fo
Houngbo pour transformer le Togo en pays de Canaan, une terre promise où
couleront le miel et le lait, où les Togolais n’auront plus faim ni ne
souffriront plus de maladie, bref une terre où tout ne sera que rose, sont
arrivés à échéance aujourd’hui. Les 6 mois promis solennellement pour donner
le sourire aux Togolais qui ploient sous le poids implacable de la misère
sont expirés. La boucle a été donc bouclée. Evidemment nos confrères de la
radio mondiale n’ont pas manqué de poser la question à Gilbert Houngbo.
Comme on pouvait s’y attendre, le technocrate a donné une réponse
métaphysique. « Ce serait irresponsable de la part d’un dirigeant, peu
importe le pays, de donner l’impression qu’en six mois on pourrait bâtir
Rome », a dit Gilbert le fils de Houngbo. Aveu d’impuissance! Et
pourtant personne ne l’a obligé à faire le serment. On espère qu’il était en
possession de toutes ses facultés quand il s’était engagé devant Dieu et
devant les hommes à reconstruire en 6 mois un pays que le clan a pris 40 ans
à détruire. Si Fo Houngbo trouve aujourd’hui que c’est une mission
impossible alors qu’il ne s’en prenne qu’en lui-même. Estimant qu’on ne peut
pas danser et s’apprécier soi-même, le Premier des ministres a laissé aux
Togolais le soin d’apprécier eux-mêmes le travail fait en 180 jours.
Fondamentalement, rien n’a changé pour nous. Le diable continue à nous tirer
par la queue. Et vous ? Qu’est-ce qui a changé dans votre vie quotidienne en
6 mois ?
Une farce de mauvais goût
Le fils du père, Django a été honoré, samedi dernier par
une soi-disant association des supporters des Eperviers en Allemagne, pour
avoir qualifié le Togo à
la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. La
cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel Mercure Sarakawa où le prince a reçu son
prix. Le sourire jaune qu’il affichait cachait mal son malaise. Il n’était
tout simplement pas dans sa peau. Bon gré, mal gré, « Roc » s’est
laissé aller à quelques pas de danse pour témoigner toute sa gratitude aux
donateurs. Même si on n’a observé aucun art, aucune poésie dans sa façon de
danser, on ne va pas lui en tenir rigueur. Ce n’est pas son « faure
». N’est-ce pas qu’il n’a été élevé que pour le métier des armes ? Passons.
Nombreux sont les Togolais qui s’interrogent sur l’opportunité de cette
récompense en ce moment. Une chose est de qualifier le Togo pour la coupe du
monde, une autre est d’adopter à la face du monde un comportement digne des
humains. Là, le fils du père a péché et sous d’autres cieux, il aurait
mérité la guillotine. Django a tout simplement traîné le nom du Togo dans la
boue en Allemagne. Point n’est besoin de revenir sur le psychodrame de
Wangen. Après toute la honte subie par le Togo à la face du monde entier par
la faute de « Roc », primer ce dernier est tout simplement absurde.
Ce qui fait dire à certains que nous sommes tombés sur la tête au Togo. Tout
compte fait, cette cérémonie est une plaisanterie de mauvais goût, un «bitos»
qui ne trompe personne pas même « Roc». Et son attitude est
symptomatique de tout le malaise qu’il éprouvait.
Armée républicaine, vous avez dit ?
L’armée togolaise est-elle prête à permettre l’alternance
en 2010 ? C’est une question qui triture les méninges des Togolais. Quand on
connaît la coloration très blanche des hommes en tenue dans notre pays,
personne ne peut s’empêcher de relever cette inquiétude. On a encore en
mémoire comment les « mon pays » ont « sécurisé » les urnes en
2005 où l’un d’eux a fait
200 m plat avec l’urne dans les aisselles
comme un joueur de rugby. C’est une image qui a fait le tour du monde et
qui va sûrement permettre à notre pays d’entrer dans le livre Guiness des
Records.
On se rappelle encore comment les « civils en uniforme
» ont rendu vilain les gens parce que ceux-ci réclamaient que les résultats
sortis des urnes soient sexuellement, pardon, textuellement proclamés. Les
populations ont dû griffonner sur leur portail « déjà frappé », «
déjà violé » ou encore « déjà tué », pour échapper aux bottes de
la soldatesque lancée à leurs trousses. A l’approche de l’échéance de 2010,
les images horrifiantes vécues par les Togolais reviennent comme une
rengaine. Ils veulent savoir s’ils vont encore vivre les mêmes horreurs. Et
la question a été posée samedi au ministre Gros, Fo Bodj sur
La
Chaîne de Faure (LCF). C’est comme si on a versé de l’acide sulfurique sur
un métal. Le ministre a piqué une colère verte et a commencé à pester et à
tempêter que l’armée togolaise est une armée républicaine. Fo Bodj
s’égosillait si « faure » au point que certains ont pris peur qu’il
ne s’éclate « gboya » en live sur les plateaux de la télévision. Au
fait, a-t-on besoin d’être dans tous ses états et de beugler tant pour
démontrer une évidence si tant est que l’armée togolaise est vraiment
républicaine ?
La promesse de Houngbo accouche d’une souris
Les 6 mois que s’est donnés le technocrate pour changer
le vécu quotidien des Togolais s’achèvent aujourd’hui. Il nous souvient que
le 16 septembre 2008, le Premier ministre, Gilbert von « Houngbossi »
a présenté son programme aux « dépités ». Il s’est alors engagé à
combler les attentes des Togolais en 6 mois. Pour ce faire, il a concocté
une panoplie de programmes. La réfection des routes, la réhabilitation des
infrastructures sanitaires, le soutien au monde scolaire... faisaient partie
de ses priorités. Comme pour rentrer dans les bonnes grâces des «
Gnassingbélandais », le fils de Houngbo a juré de changer la situation
misérable des citoyens dans un délai de 180 jours ni plus ni moins. Et à
chaque fois qu’il fait ses sorties médiatiques, il confirme son engagement
devant le peuple qu’il prenait à témoin. A cette époque, beaucoup
d’observateurs de la politique du père et du fils de la nation se
demandaient sur quoi le PM comptait pour faire ces promesses? Certains mêmes
se sont demandés si le keynésien a eu le quitus du « p’ti » avant de
semer des promesses à tout vent. Aujourd’hui les 6 mois sont bouclés.
Malheureusement les Togolais continuent de tirer joyeusement le diable par
la queue. Le paradis sur terre promis n’a accouché que d’une souris. Malgré
les initiatives et les bonnes intentions du PM, tout semble reculer «
faurtement » à cent ans en arrière. On est à l’étape première des
promesses. « Houngbossi » va-t-il donner un autre délai utopique ou
scientifique? Attendons de voir.
« Henrivi Djagbanev », un autre griot du prince
Le Togo a un match capitalissime avec le Cameroun le 28
mars prochain. C’est une rencontre qui rentre dans le cadre des
éliminatoires combinées CAN/Coupe du Monde 2010. Selon les informations,
les Lions Indomptables sont totalement fin prêts pour dérover les Eperviers.
La liste de leurs joueurs est connue, les problèmes de primes sont réglés.
Même les primes pour la qualification des phases finales de
la Can en Angola et de
la Coupe du Monde en Afrique du Sud sont
arrêtées.
Par contre, au Togo,
la
Fédération Togolaise des Foutaises se dépêche lentement dans les
préparatifs de cette rencontre. Le pire, certains béni-oui-oui de «
Rockvi » ne veulent pas qu’on en parle. C’est le cas du président du
comité de Togo Football Awards et membre de
la
Fédé, Henrivi « Djagbanev». Celui-ci s’est invité dans un débat
sportif sur une chaîne de la place. Ce qui n’est pas de son habitude. Depuis
que l’homme a été mis à la tête de la commission media de la Fédé, il veut
se faire gendarme des journalistes. On n’a jamais su qu’il abhorre autant
les critiques. Comme lui-même ne regarde pas plus loin que son nez, il
veut que les journalistes en fassent autant. Tous ceux qui ne s’y plient
pas sont taxés de semeurs de zizanie dans le football togolais. On sait que
les Eperviers ont des arriérés de primes. Les «con-de-frères » en
parlent pour que cela soit réglé afin que les Eperviers soient mentalement à
l’aise. « Je ne sais pas pourquoi vous parlez des primes des joueurs.
Vous avez des ristournes à y prendre ? », a pesté Henrivi avant
d’amortir : « le problème ne se pose aucunement ». Au même moment,
Nibombé Daré déclarait sur une chaîne : « Dès notre arrivée, on va
discuter des anciennes primes et des primes éventuelles quant à la
qualification à
la CAN
ou du Mondiale ».
Qui
trompe qui ?
Méïmounatou-vi, une rénégate?
Franchement, on ne sait plus à quel jeu joue
l’indétrônable « ministricule » des inondations, que dis-je, chargée
de l’action sociale, « Wétao Méïmounatou-vi ». Les musulmans sérieux
se demandent si elle « musulme » ou bien comment ? Tantôt on la voit
porter le voile lorsqu’elle est dans une localité où la majorité de la
population est musulmane. « Tantard », elle laisse admirer ses
jolies coiffures. Qui trompe qui dans ce pays? Soit on est musulman ou on ne
l’est pas. C’est à prendre ou à laisser. Ce n’est pas en voyant les
musulmans ou plutôt en voyant les femmes avec des voiles sur la tête qu’il
faut se précipiter pour faire « mazin mazin » en les imitant. De
toutes les façons, on sait qui est qui et qui fait quoi dans ce pays. Le
prégo de l’Assemblée « gnassionale » « musulme » et il est
même allé à
la Mecque, le ministre « Kplikplitina »
aussi. Ce sont tous des « El Hadj ». Pourquoi «Méïmounatou-vi»
joue-t-elle au caméléon avec sa rélégion?
Beaucoup de ses admirateurs disent qu’il la préfère sans
voile car c’est comme cela qu’ils apprécient vraiment sa beauté qui fait
bander mêmes les eunuques. Alors qu’elle fasse son choix ...
Ouf ! Ils sont partis !
Enfin les « mon pays » qui doivent maintenir la paix au Tchad sont
partis. C’est un soulagement lisible et palpable qui se traduisait sur leur
visage le samedi dernier juste avant leur départ pour le pays d’Idriss «
DEBYle ». Ils étaient tellement contents qu’on aurait dit des jeunes
garçons fraîchement dépucelés. On doit les comprendre parce qu’il n’est pas
facile de faire partie d’un contingent de maintien de la paix dans un pays
étranger. Il se dit que bien que l’Etat togolais diminue un peu leur perdiem,
ces missions sont bien rémunérées c’est pourquoi chacun se bouscule pour y
participer. De sources difficilement vérifiables, des gens ont dû taper à
des portes qui ne s’ouvrent jamais et ont consulté des marabouts spéciaux
avant de faire partie des membres de cette expédition. Quelqu’un nous a
confié exclusivement qu’il est possible que votre nom disparaisse le jour
même du départ sur la liste si vous n’avez pas une «tête solide » ou
si vous ne vous êtes pas blindé correctement. C’est des bœufs, des moutons,
des CPP, pardon, des coqs qui ont encore malheureusement fait les frais.
Pour certains, c’est leur rêve qui est devenu réalité parce qu’il paraît
que, qui a une fois été à ses expéditions est sûr d’avoir un terrain, une
maison, un moyen de déplacement et pourquoi pas une nouvelle « gnocopine
».
Ça va se
savoir : Les hôtes (2)
Akpénè, toujours à la porte,
suivait depuis son observatoire la scène en live. Elle s’imaginait encore
les raisons qui motivent la grande différence entre le reptile de son mari
et celui de l’hôte qui, apparemment, devrait faire le triple de celui de
François. En plus de cela, il était moins entreprenant. Elle n’en croyait
pas à ses yeux. L’homme, pendant ce temps, se contentant de quelques
caresses de sa bête, l’orienta vers la cité perdue de Piché qui, jusqu’alors
était très active comme si c’était la première fois. C’était un merveilleux
spectacle plein de suspens pour la maîtresse des lieux inamovible dans son
observatoire. Elle fit encore un pas en avant pour mieux suivre la scène en
gros plan. D’un mouvement presque acrobatique et la cavalière se retrouva à
quatre pattes comme un animal. Les yeux grandement écarquillés, Akpénè les
avait braqués sur l’énorme reptile durci qui avançait irrésistiblement vers
les « Grandes Vitara » de la femme suspendues en l’air.
Alors que la bête était
presque au seuil du tunnel, l’homme fit une pause inattendue puis, prit
l’animal devant lui par les hanches. D’une tendre fessée à une autre et la
bête enragée s’offrit l’opportunité de franchir en fracas les barrières de
la cité. Contrairement à un probable cri de détresse qu’attendait
l’observatrice dans son coin, elle fut surprise d’un feulement. « Allez !
Vas-y ! Ouiiiii ! Que tu me combles de joie mon ange », poussa-t-elle
alors que la bête n’était qu’à mi-parcours. De son observatoire, Akpénè
voyait la femme de l’hôte s’écarter davantage, ce qu’elle n’avait jamais eu
la chance de faire. Elle jalousait cette dernière et s’imaginait être à sa
place en ce moment. Face à cette scène, elle avait du dégoût pour son époux
et se faisait déjà des idées absurdes. Gabin, pendant ce temps refoulait
presque en entier son reptile et poussa son truc qui faisait feuler sa
partenaire à outrance et. La maîtresse des lieux salivait à tel point
qu’inconsciemment elle laissa couler de la salive sur son torse. Sous
l’effet glacial que produisit la salive sur son corps elle se rendit à
l’évidence d’une chose et rapidement ferma sa bouche.
La scène était bien évidemment
très fascinante pour l’observatrice à telle enseigne point qu’elle s’envoya
dans sa cité un doigt. Elle le seconda d’un autre puis les fit explorer sa
grotte intime. Elle voudrait bien plutôt voir dans son antre la bête de
l’hôte. Elle prit ses jolies petites prunes l’une après l’autre dans la main
libre. Elle avait ses yeux toujours rivés sur la scène qui la tordait de
plaisir. « Cala devrait être moi. Cette brute a vraiment de la chance de
tomber sur un bon mari prêt à défoncer à tout moment. Le mien n’est qu’un
lâche. Il n’est qu’un vaurien en plus, il n’a même pas un reptile dompté
comme celui-la qui me brûle d’envie », se disait-elle pendant que
l’homme s’agrippa aux hanches de sa cavalière. Il retira son reptile de la
tanière qui se mit à cracher un flot de venin qui s’abattit sur les « Vitara
» de sa compagne. « Non ! Pas là. Dedans mon ange », marmonna Piché,
toujours dans sa position animale, fortement accoudée aux taies d’oreiller.
Alors que la cavalière
changeait de position, Akpénè vit son visage tout rayonnant. Ce qui la fit
renfrogner le sien par le grain de jalousie semé en elle depuis un moment. «
Il y a de quoi qu’elle soit gaie. Mais, je parie que… », se
disait-elle quand l’hôte se leva puis descendit du lit. Elle s’enfuit sur la
pointe des pieds et regagna aussitôt le salon où elle s’allongea dans le
canapé. Gabin allait à la cuisine pour chercher certainement un jus de fruit
pour se remonter. « Ne dormez-vous pas Madame ? Avez-vous un problème ?
», demanda l’hôte tout transpirant. « Evidemment oui », s’empressa de
répondre la maîtresse des lieux. « Puis-je alors vous aider ? »,
reprit l’homme. « Ce serait avec beaucoup de plaisir si vous le voulez
bien », répondit sèchement l’anxieuse. L’hôte prit alors place près
d’elle dans le canapé pour mieux l’écouter. « En quoi puis-je vous êtes
utile ? », s’enquit-il de nouveau. A suivre
Tonton D
Au cœur des
« mon pays »
Kougnigan :
Class, c’est comme si les bandits ont fuit le pays !
Lantaga
: Moi, je ne suis pas sûr. Ces gens-là, ils ont les oreilles trop dures.
Kougnigan
: Sinon, depuis que nous avons commencé à leur compliquer la vie, ils ne se
manifestent plus.
Lantaga
: C’est vrai que depuis que nous avons commencé par se promener, on n’a plus
entendu quelqu’un crié qu’on lui a volé.
Kougnigan
: C’est pourquoi je disais qu’ils ont fuit le pays.
Lantaga
: Je ne pense pas qu’ils vont quitter si rapidement le pays. Peut-être
qu’ils ont eu peur et ont reculé un peu.
Kougnigan
: Tu as peut-être raison. Comme ils ont vu comment on a fusillé leurs
amis-là, ils ne vont plus chercher à se montrer.
Lantaga
: Maintenant, ils vont chercher à nous calculer. Si on recule un peu, ils
vont réapparaître.
Kougnigan
: Si c’est comme ça ils pensent, ils se trompent. Cette fois-ci, on est
décidé et ils ne seront plus jamais tranquilles.
Lantaga
: C’est une guerre qui ne va pas finir aujourd’hui ni demain.
Kougnigan
: Ils vont le regretter d’avoir cherché à voler et tuer les gens. S’ils font
ça dans d’autres pays, chez nous, ça ne passe pas.
Lantaga
: Les gens sont libres à présent.
Kougnigan
: C’est maintenant que les civils vont reconnaître comment on lutte pour le
pays ?
Lantaga
: Tu penses qu’ils vont le reconnaître ? Moi, je les connais en parabole.
Ils savent bien que c’est à cause de nous qu’ils sont tranquilles. Mais ils
ne vont jamais le dire.
Kougnigan
: Ça fait le problème. Au moins, ils ont vu comment on s’est débrouillé pour
que les bandits ne les dérangent plus.
Lantaga
: Moi, je ne les regarde même pas. Je sais que mon travail, c’est de lutter
pour le pays. Le reste, je m’en fous.
Kougnigan
: Au fait class, tu as appris que certains de nos camarades sont partis «
sécuriser » les gens du Tchad ?
Lantaga
: J’étais même parti à l’aéroport pour leur dire au revoir.
Kougnigan
: Cela déjà montre que nous ne sommes pas des hommes simples. Sinon, on ne
peut pas nous faire signe pour sécuriser d’autres gens.
Lantaga
: Je suis sûr qu’ils vont encore nous monter en haut. Ils n’ont qu’à revenir
nous « spliquer » comment ils se sont débrouillés.
Gilbert Fossoun Houngbo sur RFI : «Ce serait irresponsable de la
part d’un dirigeant de donner l’impression qu’en 6 mois on pourrait bâtir
Rome »
Le Togo a
organisé le 11 mars 2009 à Paris une journée économique où notre pays a
offert ses charmes aux investisseurs étrangers. En marge de ce forum, le
Premier ministre togolais Gilbert Fossoun Hougbo a été l’invité de
l’émission Médias d’Afrique sur RFI. Voici un extrait des échanges entre le
Premier ministre et les journalistes.
Benjamin Agon (Radio Tokpa, Bénin): Monsieur le Premier ministre,
concrètement à quoi ça sert d’organiser une journée économique à Paris ?
Houngbo:
Ecoutez, j’aurais fallu vous avoir ici à Paris, vous auriez répondu
vous-même à cette question. Après avoir stabilisé la situation au niveau
politique, sur la question des droits de l’homme, nous travaillons sur le
social, il nous faut désormais démarrer le secteur privé. Nous sommes donc
ici pour présenter le dossier Togo aux investisseurs et les inviter à
investir au Togo, y venir et apprécier par eux-mêmes les efforts qui ont été
réalisés.
Alain Foka: Imaginez que je sois un investisseur, qu’est-ce qui peut
m’attirer au Togo aujourd’hui ? Quels sont les charmes qu’offre le Togo?
Nous avons plusieurs avantages comparatifs, notamment l’activité portuaire,
les mines, le phosphate, le marbre et autres. Nous avons aussi un secteur
agricole très porteur qui peut intéresser l’agro-industrie. Il y a également
le secteur des services, notamment le secteur financier et les transports.
Les BTP sont une opportunité car nous sommes un vaste chantier.
Si
les opportunités existent, pourquoi ça n’a pas marché jusque-là et pourquoi
ça devrait marcher encore un peu plus maintenant que vous êtes à Paris pour
présenter le Togo ?
Le
Togo sort d’une crise socio-polilique qui a atteint son sommet par quinze
années de coupure de la coopération avec les partenaires au développement,
ce qui a entraîné un ralentissement de l’activité économique et de
l’investissement. Nous cherchons maintenant à rattraper ce temps perdu.
Benjamin Agon:Pourquoi
avez-vous choisi Paris? Est-ce simplement pour avoir l’onction?
Ça
c’est une question classique. Si ç’avait été Lomé, la question aurait été
pourquoi Lomé? Pour des raisons stratégiques, nous avons ciblé les
investisseurs français mais aussi européens, mais aussi parce que les
investisseurs qui sont en France incluent les investisseurs français,
togolais, africains et européens.
Avec tout ce qui a été organisé tout autour de l’évènement avant le jour J.
On a comme l’impression que c’est une opération de communication !
Il
me semble qu’il n’y a rien de mauvais dans une opération de communication.
Vous-même, vous êtes dans une opération de communication que je sache. Ce
qui est important ici, c’est la réalité togolaise que nous présentons à
travers cette opération de communication.
Alain Foka: C’est quoi la réalité aujourd’hui ?
La
réalité, c’est le moment d’investir au Togo. Au moment où la coopération a
repris, au moment où tous les signaux sont verts en fonction des rapports du
FMI et de
la Banque mondiale, au moment où
la BAD et
la BOAD, tous ces acteurs sont en train de nous
aider pour reconstruire. Quand on parle de reconstruction, on parle aussi
d’investissement, donc c’est le meilleur moment d’investir au Togo.
Pierrot Kossi Attiogbe (Nana FM, Togo): Il y a une contrebande de produits
pétroliers qui s’est installée entre le Togo et le Ghana, liée au prix du
pétrole plus cher dans notre pays. Au Bénin voisin, le litre d’essence à la
pompe est vendu 350 Cfa contre 500 Cfa au Togo. Comment l’expliquez-vous et
qu’allez-vous faire pour mettre fin à cette contrebande, parfois dangereuse
pour la sécurité des populations ?
Le
gouvernement est très conscient et nos services sont actuellement à l’étude
de la structure de prix. Comme j’ai eu à l’indiquer lors de la conférence de
mes cent jours, tout est cyclique en fonction de nos commandes. Nous sommes
en train de revoir la situation actuelle et si nécessaire le gouvernement va
prendre une décision dans les jours qui suivent.
Alain Foka: Dans les semaines à venir, les prix seront-ils les mêmes qu’au
Ghana ?
Pas
nécessairement le même qu’au Ghana ni au Bénin, II faut savoir que la
problématique est différente selon chaque pays. Le Bénin ayant énormément de
problèmes de contrebande du pétrole émanant du Nigeria, doit prendre cela en
considération. La problématique n’est également pas la même au Ghana. II est
plutôt facile de passer par des comparaisons avec des pays qui offrent des
prix moins élevés que les nôtres, il faut chercher à élargir la fourchette.
Mais est-ce que la tentation n’est pas grande d’aller chercher moins cher à
côté, d’autant plus que Lomé n’est pas loin de la frontière du Ghana ?
Effectivement la contrebande est préjudiciable pour tous. Le
gouvernement est très sensible à la question et nos services sont à
l’étude.
Pierrot Kossi Attiogbe : Onze ponts dont celui d’Amakpapé se sont écroulés
l’année dernière à la suite des graves inondations. Celui d’Amakpapé dessert
le pays par
la Nationale
1 en direction du Burkina Faso, du Niger et du Mali. Les travaux de
reconstruction commencés depuis mais on a l’impression qu’ils connaissent
une certaine lenteur. A quoi cela est dû M. le Premier ministre?
Nous travaillons avec nos partenaires chinois, cela ressort à une question
de mise en place du chantier.
Alain Foka: N’est-il pas plutôt dû au désengagement, à la réticence des
Chinois, leur frilosité devant la crise économique mondiale?
Non
pas du tout. Dès qu’ils atteindront la vitesse de croisière, tout va aller
très vite. Nous estimons qu’ils finiront le travail avant la grande saison
pluvieuse de juin et juillet.
Pierrot Kossi Attiogbe : Bientôt la saison des pluies, est-ce que le
gouvernement va prendre des mesures pour sauvegarder les ponts, les routes,
les habitations et les cultures
Nous sommes très soucieux de l’impact de la saison des pluies sur nos
populations, sur notre activité économique. Nous avons tiré des leçons des
années écoulées, notamment de l’année dernière, et avons pris des mesures.
Mais est-ce qu’on est à 100% à l’abri, c’est évidement non. Aucun pays au
monde ne peut estimer avoir un système d’alerte et de prévention qui
couvrirait le risque à 100%. Mais nos services au niveau de la gestion des
crises sont plus préparés. Il y a même eu une simulation avec les services
des Nations Unies et autres.
Cheick Ivan (Radio Nostalgie, Côte d’Ivoire): « Le Togo est sur la bonne
voie», disait le 3 octobre 2008, le commissaire européen à l’action
humanitaire Louis Michel. Est-ce qu’on peut parler de bonne voie lorsque
les élections manquent toujours à l’appel?
Honnêtement Togo est sur la bonne voie, et ce n’est pas par hasard que tous
les partenaires ont repris. Je vous invite à lire le rapport d’une mission
du FMI à Lomé il y a deux semaines. En ce qui concerne les élections, vous
savez qu’il y a eu l’accord politique global, des élections législatives
libres et démocratiques sans violence, qui a reçu le satisfecit de la
communauté internationale. Vous savez également que nous sommes dans les
préparatifs pour l’organisation de la présidentielle pour le premier
trimestre 2010. Et je m’engage à organiser des élections au moins aussi
transparentes qu’en oc-tobre2007.
Alain Foka: Cela voudrait-il dire que dans ces élections tout le monde
pourra-t-il se présenter ? Cela voudrait-il dire qu’il n’y aura pas
d’exclusion cette fois-ci?
Je
ne vois pas pourquoi un Togolais qui voudrait se présenter ne le pourrait
pas. Evidement, comme dans toute démocratie, il y a des conditions à
remplir, c’est tout.
Vous imaginez qu’on regarde du côté de Gilchrist OIympio. Est-ce que
Gilchrist Olympio pourra être candidat? Est-ce qu’il remplit toutes les
conditions ? Est-ce qu’on a fait sauter tous les verrous constitutionnels
qui ne lui permettaient pas?
Le
débat pour l’avenir d’un pays ne doit pas se résumer à une personne
spécifique. Nous n’avons pas d’objection à voir M. Olympio à être candidat.
S’il y a condition, c’est à lui-même effectivement de voir. Il y a des
discussions qui sont aussi en cours. Mais a priori, le gouvernement n’a
intérêt à écar-ter personne manu militari. Le Togo a changé et nous sommes
en démocratie. Vous voyez la tournure qu’a prise le pays depuis que le
Président Faure Gnassingbé est au pouvoir.
Est-ce que le verrou de la résidence a sauté ?
Jusqu’à preuve du contraire je n’ai aucune raison de croire que M. Olympio
ne réside pas au Togo.
C’est votre sentiment ?
Tout a fait. Mais nous devons nous assurer pour le succès de la démocratie
d’éviter de donner l’impression qu’une constitution doit être modelée selon
les exigences d’un individu.
Vous avez l’impression que Gilchrist essaie d’influencer la constitution ?
Non, ce serait faire un procès d’intention. Mais parfois à travers certaines
questions, on a comme l’impression que l’on nous demanderait de modifier
la Constitution
pour accommoder un candidat.
N’est-ce pas la même chose qu’on disait pour la Côte d’Ivoire?
Je
ne sais pas, je laisse ces commentaires à Cheick Ivan. Mais nous
n’avons aucun intérêt à écarter un candidat ici et là, mais en même temps
nous sommes un Etat de droit et dans tout Etat de droit il y a des règles.
Vous avez promis le changement aux Togolais dans six mois. Ça fait
exactement six mois, y a-t-il le changement ?
C’est une question récurrente même dans la presse togolaise et nous avons eu
l’occasion de la clarifier à l’occasion de nos cent jours. Il appartient aux
Togolais d’apprécier. Depuis sep-tembre, est-ce qu’il n’y a pas un début de
changement ?
Alain Foka: Mais vous qui l’aviez promis est-ce que vous n’avez le sentiment
d’avoir apporté le changement et dans quels domaines?
Il
y a tout à fait un début de changement. Est-ce que c’est au point où on
l’aurait souhaité? Je dis non. Les attentes des populations sont énormes et
elles sont légitimes. Ce serait irresponsable de la part d’un dirigeant, peu
importe le pays, de donner l’impression qu’en six mois on pourrait bâtir
Rome. Mais ce que nous avons dit, c’est qu’il faut que la population
togolaise retrouve l’espoir et l’optimisme à travers des signes forts
qu’elle constate sur le terrain.
Quels sont ces signaux forts ?
Honnêtement, aujourd’hui vous allez à Lomé et à l’intérieur du pays. Il y a
deux ans, on a encore de la difficulté à assurer de l’engrais aux paysans.
Aujourd’hui nous sommes prêts pour la campagne agricole. Nous avons démarré
des financements pour les groupements agricoles et générer des revenus pour
nos paysans (...)
Source RFI |
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Liberté Hebdo #475 du 11 mars 2009 |
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Ces routes
qui tuent au Togo : Trois accidents en deux jours dont le plus tragique à
Togblékopé: 19 morts |
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Le mini-bus écrasé par le titan |
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Le titan renversé |
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Les victimes couvertes de ciment |
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Les 19 corps exposés couverts de ciment |
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Le mini-bus méconnaissable |
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Les routes du
Togo tuent. Les accidents de la circulation avec leurs cortèges de morts et
de blessés sont le lot quotidien des populations. Chaque jour apporte son
lot d’accidents. Trois accidents graves ont eu lieu cette semaine et sont
venus s’ajouter à la série noire sur nos routes. Le premier sur le Boulevard
Eyadèma, le second à Avépozo et le troisième sur la nationale N° 1 à
Togblékopé, le plus tragique.
Sur
le Boulevard Eyadèma, au niveau du Garage Central, s’est produit un accident
dans la journée du lundi 9 mars 2009. Un minibus de neuf places dont les
freins auraient lâché, a percuté un train au passage à niveau sur le
Boulevard. Heureusement, il n’y avait pas de passagers à bord du véhicule.
Le conducteur qui était seul a été grièvement blessé.
A
Avépozo, c’est un véhicule de l’Opération Araignée n° 154 qui a tamponné
deux personnes sur une moto qui revenaient d’Aného dans la nuit du dimanche
8 mars 2009 aux environs de 19 heures. L’accident s’est produit juste avant
la plaque de l’église catholique érigée au bord de la route. Selon les
témoins du drame, l’équipe de patrouille qui sortait d’une rue adjacente n’a
pas fait le contrôle adéquat avant de s’engager sur la voie principale. Les
policiers se sont arrêtés après l’accident mais avaient opposé un refus
catégorique d’amener les deux accidentés à l’hôpital, malgré l’intervention
des habitants du quartier.
Les deux
personnes ont passé plus d’une heure gisant dans le sang, avant qu’une bonne
volonté ne les évacue dans un centre hospitalier. « Le retour à la vie des
deux hommes relèverait d’un miracle. Si les victimes avaient été sauvées à
temps, peut-être qu’elles auraient survécu. Mais elles ont perdu beaucoup de
sang face au refus des policiers de les amener à l’hôpital », s’est indigné
un témoin. Comme on le voit, le problème d’assistance à personne en danger
se pose. Avant que le constat ne soit établi, l’équipe de patrouille aurait
pu porter secours aux victimes.
N’est-ce pas
juste qu’à l’occasion des accidents dont les citoyens sont victimes, dans
nos villes, ce sont les forces de sécurité, notamment les policiers et les
gendarmes qui s’occupent de secourir les accidentés en les évacuant
d’urgence dans les centres de soin, en vue de sauver leur vie ? Comment dans
ce cas précis, des hommes en uniforme à bord de leur véhicule de service
ayant été à l’origine de l’accident, ont-ils pu refuser de porter secours à
des blessés qui probablement, pour avoir perdu beaucoup de sang, seraient
plus proches de la mort que de la vie ? Quelle indifférence face à la
souffrance de l’autre et face à l’imminence de la mort de son prochain ?
Comment peut-on s’expliquer pareille attitude ? Où va le Togo ? Ce n’est pas
à nous de répondre à cette question ? La question à tous les Togolais.
Togblékopé : 19
morts
L’accident de
Togblékopé survenu dans la nuit du lundi 9 mars 2009 aux environs de 20 h 30
est le plus tragique. 19 personnes ont péri dans le drame. Il s’agit de 8
hommes, 9 femmes et 2 enfants, passagers d’un minibus de 15 places. Parti de
Lomé à destination de Tchamba, le bus a été percuté sur le pont par un poids
lourd chargé de 40 tonnes de ciment et les deux véhicules se sont retrouvés
au fond de la mare. Les sapeurs pompiers qui s’évertuaient le lendemain à
dégager les deux véhicules, ont passé plusieurs heures sous le pont sans
malheureusement retrouver de survivant.
« Un
véhicule Titan, dans sa manœuvre de dépassement, a heurté un minibus qui
ralentissait au niveau du pont et les deux véhicules sont tombés dans le
ravin. Nous déplorons malheureusement 19 morts », a expliqué le ministre
de la Sécurité et de
la Protection
civile Atcha Titikpina avant de lancer un appel à l’endroit des usagers de
la route. « Nous saisissons encore l’occasion pour rappeler à nos
conducteurs que nous sommes en train de vivre ces derniers temps des
situations déplorables d’accidents de circulation. Nous demandons aux uns et
autres de bien respecter le code de la route », a indiqué le ministre.
A cause de leur
étroitesse, les ponts au Togo de façon générale et celui de Togblékopé en
particulier sont des pièges mortels. La traversée de ces ponts exige des
conducteurs une vigilance extrême dont malheureusement ces chauffeurs n’ont
pas fait preuve. Le réseau routier togolais est dans un état défectueux. A
cela s’ajoutent l’étroitesse de la chaussée, l’absence d’accotements
stabilisés, une signalisation insuffisante, un manque d’équipement de
sécurité et d’éclairage… Autant d’anomalies et de pièges qui entraînent
chaque année la mort de milliers de personnes.
M. A.
CPDC et processus électoral : Faure Gnassingbé, une somme de
violations des textes
- La
CENI inique de Potopérè ressuscitée
L’évènement du
week-end aura été cette session spéciale du Comité de Suivi organisée par le
chef de l’Etat Faure Gnassingbé à l’Hôtel Sarakawa, une rencontre qui a fait
couler de l’encre et de la salive. Du côté des nouveaux élus au Cadre
permanent de dialogue et de concertation (CPDC), l’heure est certes à la
réjouissance. Mais pour ce faire, il a fallu que Faure Gnassingbé viole les
textes sur toute la ligne. Ce qui n’est pas prêt de participer à la paix
clamée dans les discours.
Violation de l’APG
Selon
les dispositions de cet accord signé le 20 août 2006, le Facilitateur Blaise
Compaoré est le Président du Comité de Suivi, donc seul compétent pour
convoquer les réunions de ce comité. Et d’ailleurs c’est lui qui le faisait
depuis lors, en envoyant des lettres d’invitation aux parties signataires.
Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est Faure Gnassingbé qui a
joué à son substitut le mercredi 04 mars 2009 en envoyant des convocations
aux parties pour une session du Comité de Suivi le samedi 07 mars.
Volonté populaire et décret piétinés
Au
terme de la signature de l’Accord Politique Global, la conduite de certaines
préparations ou la matérialisation de certaines recommandations ont été
confiées au Gouvernement d’Union Nationale qui en étant issu, dont la mise
en place du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). C’est
ainsi que l’équipe d’alors dirigée par Me Yawovi Agboyibo a pris un décret
créant ce cadre. Le texte fixait comme condition fondamentale pour faire
partie de cet organe un taux de 5% de suffrage aux législatives du 14
octobre 2007. Ce décret a été pris bien avant ce scrutin, et en présence des
« repêchés » au CPDC, c’est-à-dire la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA),
la Convergence Patriotique
Panafricaine (CPP) et le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR). Ils
ont donc a priori consenti à ces conditions. Ce décret n’a pas été appliqué
jusqu’à récemment, pour des mobiles d’obscurantisme du pouvoir. Le scrutin
législatif est venu trancher et les vraies formations politiques ont émergé.
Il a fallu que
l’opposition parlementaire crie haro sur les manœuvres dilatoires et le
forcing du pouvoir qui a soumis un projet inique de code électoral pour
adoption, pour que Faure Gnassingbé prenne un décret pour mettre en place le
Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Ce décret du mercredi
04 février 2009 reprenait les mêmes conditions de 5% de suffrages aux
dernières législatives. C’est ainsi que trois (03) formations politiques à
savoir le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), l’Union des Forces de
Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) se sont
retrouvées dans cet organe, étant les seules à avoir rempli ces conditions.
Mais voilà aujourd’hui, le pouvoir qui a pris ce décret il y a seulement un
(1) mois fait volte-face et met le pied dans le plat, juste pour satisfaire
ses satellites qui ont reçu la fessée électorale d’octobre 2007. Non
seulement le décret est foulé au pied, mais c’est aussi la volonté populaire
qui est piétinée par Faure Gnassingbé, le RPT, la CPP, le PDR et la CDPA, bien aidés par la Facilitation.
Prolongation pour Potopérè et sa CENI
Lundi, le CPDC s’est réuni après le feuilleton du week-end, la nième session
du Comité de Suivi de l’APG à rebondissements. Les «admissibles » de
la liste additive n’ont pas participé aux travaux, qui ont tourné autour du
code électoral. Au-delà du blablabla, la grande décision prise aura été de
maintenir la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de Tozim
Potopérè en place jusqu’à la mise sur pied d’une nouvelle CENI. Une autre
violation des textes, ou mieux, une caution de l’imposture.
Parlant justement de cette CENI, le code électoral statue à propos. «
La
CENI est permanente. Toutefois, la fonction des membres de
la CENI prend fin quarante-cinq (45) jours après la proclamation
des résultats définitifs du scrutin pour lequel elle est installée
», stipule l’article 21. Si Tozim Potopérè et les siens ont pris fonction
avec trompette et tintamarre, on ignore si leur mission est arrivée à terme.
En tout cas officiellement, aucun rituel n’a consacré la fin de leur
mission.
«
La CENI
dépose son rapport général d’activités à toutes les institutions concernées
par les élections quarante-cinq (45) jours au plus, après la proclamation
des résultats définitifs du scrutin », dispose l’article 22. Les résultats définitifs des
législatives du 14 octobre 2007 ont été proclamés il y a belle lurette.
Mais Dieu seul sait si M. Tozim Potopérè a élaboré un rapport général
d’activités et l’a déposé comme demandé.
Qui dit CENI
doit forcément parler finance. Et justement, l’arrêté n°001/2007/P/CENI
portant règlement intérieur de la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) stipule que « les ressources de
la CENI sont constituées par les fonds prévus au budget général
pour son fonctionnement et pour les élections, les fonds recueillis par
l’Etat à cet effet et mis à sa disposition, les dons, legs, subventions et
autres contributions »
à son article 47, et complète à l’article 50 que « les comptes et la
gestion de
la CENI sont soumis au contrôle de
la Cour des Comptes ».
Le hic ici est que
la Cour des comptes n’existe pas au Togo. Qui a alors contrôlé la gestion
financière de Tozim Potopérè ? Pour les législatives du 14 octobre 2007, les
sources parlent d’un pactole de plus de 10 milliards de F CFA qui a été
accordé à
la CENI. Mais on ignore si Potopérè a présenté un bilan financier
de ces élections.
Au-delà de ces violations flagrantes, la CENI de Tozim Potopérè qu’on
proroge n’a pas laissé une bonne impression dans la mémoire collective. Elle
a pris fait et cause pour le pouvoir aux dépens de l’opposition. Des
bulletins votés en faveur de ses partis, et particulièrement de l’UFC ont
été annulés de manière fantaisiste pour réduire ses voix. Malgré les
protestations, elle a avalisé les résultats comme tels. Elle s’est illustrée
à travers un feuilleton rocambolesque dans Lomé Commune. Pour avoir le temps
nécessaire pour jongler les choses, les résultats de tout le Togo ont été
donnés sauf pour
la Capitale. Et
à la fin, un siège a été injustement accordé au candidat du RPT, Charles
Agba Kondi.
On le
voit bien, le pouvoir s’illustre dans une série de violations et imprime au
processus électoral une allure inquiétante. Ce qui n’augure pas d’une
présidentielle sereine en 2010.
Pablo E.
Sans détour : La CIF, pour quoi faire ?
« Ne flatte pas le peuple qui veut » (Georges Bernanos)
Le
dimanche 8 mars dernier, c’était la journée internationale de la Femme. Au
Togo, l’événement n’est pas passé inaperçu. Ailleurs dans le monde, il a été
célébré selon la place faite par chaque Etat et les autorités à la femme. Si
certains pays et leurs premiers responsables ont marqué des signes visibles
et sincères d’amélioration des conditions de vie ainsi que de promotion de
la gent féminine, tel n’est pas le cas au Togo où l’on a cru nécessaire de
créer un Centre Informatique de la Femme (CIF) pour lui jeter la poudre aux
yeux, alors qu’elle a faim.
Au
Togo, beaucoup de bruit ont été faits à l’occasion de la journée du 8 mars
2009. Déjà, le 6 mars, le CIF, construit dans
la Région des Plateaux où les fils de la région,
y compris
la
Femme, ont payé le plus lourd tribut en 2005, a été inauguré par
la Ministre
de l’action sociale et de
la promotion
féminine. Comment expliquer ce choix, si ce n’est par une supercherie
politique ? Selon les autorités, le CIF équipé d’une dizaine d’ordinateurs,
est destiné à aider les Femmes à se former gratuitement.
La
question se pose de savoir, pourquoi avoir attendu le 8 mars 2009, année où
le président Faure « s’est réveillé » et s’acharne à réaliser «
entre le 1er janvier et
le 31 décembre 2009» les 2/3 ou les 3/4 restants de ses fameux « 20
Plus» oubliés pendant les 4 premières années de mandat? Depuis le début
d’année, le raclage des rues non goudronnées de la capitale et leur
revêtement à la latérite, scellent entre les populations et ces ouvrages
inconsistants en pleine capitale, le pacte avec la poussière, et ravissent
la vedette à la construction des dix hôtels de classe promis et à la
construction d’une autoroute reliant Lomé à Dapaong.
Pour revenir à la journée de la Femme, dans la tête des hommes au pouvoir,
depuis des décennies, il suffisait de promettre l’ouverture du gouvernement
aux Femmes, pour apporter la preuve que l’on s’occupe du sort de celles-ci.
L’actuel compte 4 contre 24 hommes. Mais alors, qu’est-ce qui a pu changer
dans les conditions de vie de la Femme togolaise jusqu’ici ? Faire la
promotion de la Femme, c’est un ensemble. On ne peut pas promouvoir la
Femme, lutter contre la violence faite à celle-ci en tant que pouvoirs
publics et être les premiers à la brimer. Ce n’est pas de la création d’un
CIF que la Femme togolaise a besoin pour son affirmation et son
épanouissement. Trêve d’hypocrisie, de comédie et de futilités !
Dans les années 90, sous l’autre, lorsque les Femmes du marché, y compris
les «Nana Benz », avaient pacifiquement battu le pavé pour réclamer
plus de liberté, de démocratie et de respect de la vie humaine, elles
avaient été prises en chasse, tabassées par les hommes en uniforme. Il y eut
beaucoup de blessées. En février 2005, nos mères, sœurs, épouses et filles
ont été brutalisées lorsqu’elles avaient, de rouge vêtues, marché encore
pacifiquement pour réclamer le retour à la légalité constitutionnelle.
Résultat : de nombreuses blessées une fois de plus.
Malgré la place faite à la Femme dans les gouvernements successifs, la
souffrance depuis toujours est le lot quotidien de nos mères, sœurs et
épouses. La Femme est plus que jamais confrontée aux rudes épreuves de la
vie. La vie chère est là et la défie chaque jour. Le bonheur de la femme
passe avant tout, par une solution à la cherté de la vie et par
l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Cela passe aussi par
l’arrêt de la brutalité faite à
la Femme par les autorités elles-mêmes, au lieu
de faire la loi pour les autres uniquement.
Qu’on soit sérieux pour comprendre que « le ventre affamé n’a
point d’oreilles ». Le CIF n’est pas la solution immédiate aux problèmes
de
la Femme. Où
a-t-on trouvé pareille idée ? Le vrai problème, c’est la faim liée à la
cherté de la vie qui pousse la Femme à se jeter dans les bras de n’importe
quel cancre et à la recherche d’un hypothétique salut. Il faut que les
pouvoirs publics trouvent des solutions idoines et pérennes aux problèmes de
la vie chère. Cela doit passer aussi par une seconde baisse du prix du
carburant.
Alain Simouba
En plus de
l’insécurité : Des populations terrifiées par certains agents des forces de
sécurité
L’insécurité
est devenue un phénomène récurrent dans tout le pays. Les populations sont
devenues les cibles des malfrats. On assiste quotidiennement à des actes de
braquages de tout genre, de vols, d’agressions… organisés par les gangs.
Certaines zones sont interdites aux paisibles citoyens car étant leurs
fiefs. De même, il n’est plus conseillé à tout individu de circuler à une
heure tardive dans la capitale sous peine de se voir pointer une arme sur
la nuque ou sur l’abdomen. Et pour soulager cette peine terrible aux
populations, les forces de l’ordre et de sécurité sont entrées dans la
bataille. Les gangs ont subi de sérieux revers de la part des hommes en
uniforme ces dernières semaines. Lomé et ses environs semblent devenir un
champ de tir. Des échanges de coups de feu ont eu lieu et plusieurs de ces
malfrats ont perdu leur vie.
Décidées à
débarrasser la capitale de ces individus de mauvaise foi, l’ « Opération
Araignée» entre-temps visible uniquement qu’à Déckon, a refait surface
et les véhicules sillonnent les artères de la ville. Les agents ont
redoublé d’ardeur et de vigilance, et se déplacent beaucoup plus en grand
nombre. Une chose à saluer.
Mais ce qui
retient l’attention des citoyens, c’est le comportement de certains agents
des forces de l’ordre et de sécurité et se croient tout permis. Ils
s’érigent en maître des lieux qui se permettent de donner des punitions
corporelles aux passants qu’ils interpellent. Ils infligeraient aussi
souvent certaines punitions inconcevables à ces derniers. Tous ceux qui ne
sont pas munis de leurs pièces d’identité sont tout simplement passés à
tabac et soumis à des scènes horribles. C’est les habitants du quartier
Nukafu qui ont été victimes de ces genres de comportements dans la nuit du
mercredi dernier. Des pleurs, des lamentations, des bruits de coup de «
bâtons » se fait entendre. « Nos agents-là n’ont aucune pitié pour
l’homme. Ils se comportent des fois comme des animaux féroces. Et si cela
doit être ainsi, il serait difficile qu’il y ait une entente entre les
civils et les forces de l’ordre », s’est indigné une dame qui a été
témoin d’une scène devant sa maison. « Ce ne sont pas ces punitions qui
vont faire venir la carte d’identité qu’ils demandent. Je ne comprends pas
pourquoi ils continuent d’agir ainsi puisque après tout, ils vont te libérer
», a renchéri un autre qui avait été une fois victime.
Cette situation
est monnaie courante et a été à maintes reprises déplorée par les
populations.
Au moment où
plusieurs actions sont en train d’être menées pour réinstaurer l’amour et la
confiance entre civils et militaires, il est inconcevable que certains
posent encore de ces genres d’actes. Avec l’insécurité qui règne en maître
dans le pays, il faut une union sacrée entre les deux corps pour arriver à
endiguer le fléau.
Il urge que les
responsables de la Sécurité nationale trouvent une solution idoine à cette
situation.
Coco Tchak
Ça va se
savoir : L’Ascenseur (3)
Bien qu’ils fussent un peu inquiets de ce que le petit local
public qu’ils occupent depuis quelques temps redémarre de lui-même, ils se
frottèrent comme si de rien n’était. Tout vibrant de peur, Serge et Naka
étaient quand même attentifs à toute improvisation de cette machine qui les
abritait. Mais ils comptèrent bien profiter de cet instant fatidique. Encore
électrisés par leurs vibrations individuelles complices, ils se serrèrent à
nouveau. De part et d’autre, les câlins reprirent orageusement. La jolie
fille braqua son amant par ses prunes solidement érigées telles des
mitrailleuses, sur sa poitrine. L’un contre l’autre et face-à-face, ils se
couvraient de mignons baisers par la langue ; les mains, même les pieds,
tout était mis à contribution pour faire du « gogoligo-zan » (la fête
de nudité) une réussite. Face à un canon tendu à l’extrême, la cité de la
jeune fille ne pouvait que se tremper d’excitation. Pendant que le bonhomme
boulottait avec ses lèvres, laissant sa langue se livrer au jeu de
titillement, sa main divaguait à l’entrée de la grotte d’amour.
« Eh ma douce, laisse-moi te prendre. J’ai envie de toi dans ta
plénitude. Je suis prêt pour découvrir ton île dont j’ai tant rêvé… »,
chuchota l’homme à l’oreille de la jolie demoiselle. Naka ne pouvait plus
résister à l’invitation de son co-détenu de l’ascenseur. Elle courba
l’échine et s’offrit. Lentement mais sûrement, le jeune homme se laissa
glisser le long de la fente. La courbée sentit le reptile frôler les portes
d’entrée de la grotte et tourna autour. Ce qui lui fait languir. Elle envoya
aussitôt sa main au secours de la bête qui éprouvait quelques difficultés.
Sa main rejoignit alors le reptile sur la sentinelle surchauffée et gonflée
qu’elle caressa avec beaucoup de tendresse. Elle guida la bête vers son
antre d’amour et celle-ci s’introduit d’un coup franc direct au plus profond
de son être. La fille poussa un cri assourdissant avant de se retenir
aussitôt, de peur d’ameuter un veilleur éventuel qui se trouverait dans les
environs. Elle s’appuya contre le mur de fortune puis se cambra plus
fortement. L’homme s’agrippa fortement aux fines hanches. Il s’arc-bouta
plus fortement, pistonna les portes de la grotte par de mignons coups de
reins. Cependant, la collusion à répétition entre leurs moiteurs faisait de
petits bruits de clapotis en cadence.
Ils atteignirent rapidement ce point de non retour, le 7ème ciel
à la vitesse de la lumière, oubliant ainsi l’environnement du vaisseau en
feulant à tue-tête. Naka resserra la porte de la cité sur le reptile pour le
garder au fond d’elle. Ils se chuchotaient de doux mots quand soudain,
l’homme s’agrippa aux hanches de la fée. « Ma douce chérie, je viens… oh
ouiiiii… », haleta-t-il et à la cavalière de répondre langoureusement :
« Bon anniversaire mon ange. Tout l’honneur est à toi ». « Quel
merveilleux cadeau d’anniversaire ma chérie ? Merci ma douce ». Il fit
jaillir sa chaude semence au fond de la cité devenue presque une fournaise
ardente. Même son de cloche chez la fée dont la cité, tel un volcan crachait
ses larves. Ils feulèrent tous les deux ensemble sans aucune retenue.
Les agents de sécurité alors ameutés par ces bruits étranges
accoururent au secours. « Qui sont là ? Vous êtes bloqués ? Encore un peu
de patience, le temps d’appeler le technicien… », crièrent-ils. «
D’accord ! Faites vite sinon, nous allons mourir asphyxiés. Nous sommes
coincés ici depuis un moment », crièrent les amoureux de l’intérieur de
l’ascenseur qui, bizarrement, tomba réellement en panne. Ils n’ont pu être
secourus que le lendemain pendant que les travailleurs arrivaient ce
matin-là au boulot.
FIN
Tonton D
Libertinage
De la cogestion au retour de l’ascenseur
Au
commencement était la cogestion, et la cogestion était avec le CAR, et le
CAR était la cogestion. Le concept de Baguida a été la devise du parti des
déshérités. Que de bien n’avait-on pas dits sur la cogestion ! Hélas, le
Bélier Noir de Kouvé n’avait pas été suivi. La cogestion a fait son chemin
et aujourd’hui, le concept est abandonné lamentablement comme une vieille
chaussure usée. Les CARistes ont trouvé une formule « yéyétsoin » qui
leur va comme des gants : le retour de l’ascenseur.
Militantes et
militants, sympathisants du CAR, vieux, enfants, tous n’ont que cette
formule à la bouche. Les jeunes du parti qui étaient en convention le samedi
dernier à Lomé en ont fait un slogan qu’ils scandaient à tout vent. Ne
comprenant rien à cette histoire, un vieux a demandé l’autrefois, avec un
air sérieux, si l’ascenseur du siège du parti est tombé en panne. Il
recommandait qu’on appelle un technicien pour le réparer afin que les
CARistes cessent de lui rebattre les oreilles. Poussés par la curiosité,
nous nous sommes rendus au siège du CAR au cours de la semaine, mais
bizarrement, nous n’avons vu aucun ascenseur. De quel ascenseur parle-t-on
au juste ? Que celui qui l’a bloqué ait l’amabilité de le lâcher pour
permettre aux militants du CAR de monter à bord. C’est une dérogation.
A quand la « Journée de l’Homme» ?
Les
femmes étaient à l’honneur le dimanche dernier où elles ont été célébrées à
travers une journée internationale dédiée à leur intention. A l’occasion, on
envoie un coucou à nos mères, sœurs, maîtresses et « gnocopines ».
Les hommes qui se considèrent supérieurs aux femmes (les différences
biologiques et psychologiques entre l’homme et la femme sont
scientifiquement établies et indéniables puisque les rythmes de croissance,
les centres d’intérêts, les performances physiques ne sont pas
statistiquement les mêmes chez les deux sexes) ont eu l’ingénieuse idée de
trouver une journée dans l’année pour les magnifier. C’est ainsi que le 8
mars a été retenu.
Pourquoi le 8
mars et non le 4 février ou le 20 septembre ? On ne saurait répondre à cette
question. Mais nous estimons pour notre part que pour qu’il y ait égalité
entre l’homme et la femme, que les hommes aussi aient leur journée
exclusivement vouée à eux. Une Journée Internationale de l’Homme serait une
tribune pour les époux qui se font proprement rosser par leur femme de
réfléchir sur leurs conditions, et soumettre des cahiers de doléances à
leurs bourreaux.
Lorsqu’on évoque le problème de violence au foyer, les femmes sont les
premières à lever le pouce. Mais ce que les gens ne savent pas, ou ce qu’on
ne dit pas souvent, c’est que beaucoup d’hommes sont victimes de violence
conjugale. Pour un oui ou un non, pour l’argent de la popote par exemple et
autre frivolité et infidélité, nombre d’hommes se font corriger bien bon par
leurs épouses. Et puis quand la femme décrète l’embargo sur la chose, ça
aussi ce n’est pas de la violence ça ?
SOS, championnat cherche supporters !
Après
plusieurs années de léthargie, le championnat national de football a repris
son droit de cité il y a deux semaines. A l’ouverture de la compétition, le
dimanche le 22 février, le stade municipal de Lomé était plein comme un
œuf, au grand bonheur du prince Django perché à la première loge. Le
sourire clignotant que lançait le fils du père témoignait toute la joie qui
l’animait. Sur les médias, les « con-de-frères» dans leurs analyses
et commentaires ont manqué de relever cet aspect de la chose : le
déplacement du public au stade. Ils ont tous oublié exprès d’ajouter que
l’entrée au stade était gratuite. Et comme les Togolais aiment le «adoufouli
», ils s’étaient rués comme des fourmis magnans sur le stade. Même ceux qui
habitaient Djankassé ont fait le déplacement pour suivre le premier acte du
championnat.
Ainsi lors de
la deuxième journée, beaucoup s’attendaient à voir le stade faire son plein
comme au premier jour. Mais quelle ne fut leur désillusion. On dirait que le
stade était sous le coup d’une suspension. On pouvait entendre le bruit de
mouches sur le stade. A peine une cinquantaine de personnes étaient visibles
dans les tribunes. C’est à croire que les clubs qui jouaient n’ont pas de
supporters. Certains se demandent si c’est la menace du boycott du stade
évoquée par des observateurs avisés qui est déjà mise à exécution. Nous, on
ne voudrait pas le croire. Mais à ce train, le budget de la Fédération et
des clubs, surtout ceux de Lomé risque d’être gravement entamé. Les Togolais
aussi ! On ne les comprend pas. Ils pensent que le colonel va sortir chaque
fois l’argent de sa poche pour leur payer l’entrée au stade ? Qu’ils se
détrompent parce que « Roc » n’est pas « El Kpatcho ».
Les « particules » retrouvent le sourire
Les «
Gnassingbélandais » vont tout droit à une parodie d’élection
présidentielle en 2010. Le Fils à papa, depuis quelques mois, a entrepris
sa précampagne. Au Togo tout comme à l’extérieur, notamment au Burkina
Faso, l’argent du pays, que dis-je, l’argent hérité de « Gnass 1er »
est mis à contribution. Comme si ça ne suffisait pas, le « p’ti »
utilise ses partis satellites pour torpiller le processus électoral.
Il y
a quelques jours, le «sief de le tas» avait rencontré en catimini
certains partis politiques. Jusqu’aujourd’hui, on ne connaît pas la
physionomie de ces partis fantômes qui tiennent à rester dans l’ombre, pour
torpiller les choses. Mais au lendemain de cette rencontre nébuleuse, comme
par enchantement, ces « particules » en question ont retrouvé de la
voix et leur sourire perdu depuis les élections législatives dernières,
incapables qu’ils étaient de recueillir 5% des suffrages. Mis à
contribution, le Comité de Suivi demande l’élargissement du CPDC aux partis
CPPutain, CDPAysan, PDRien. Cette « siiiation » pousse les partis
nés de la dernière inondation à réclamer leur partition au CPDC. Au même
moment, l’UFC et le CAR n’entendent pas sentir l’odeur de ces partis qui
semblent défendre énergiquement leurs ventres et le RPT. Selon des
informations de sources dignes de pancréas, c’est une situation savamment
organisée et entretenue par le parti au pouvoir afin de semer la zizanie au
sein de la classe politique. Nous, on attend de voir comment le « p’ti
» va faire pour organiser une élection à la ghanéenne.
Sacré Agboblack !
S’il y a un
leader politique qui fait trop de calculs politiques, c’est sans nul doute
« Fo Madji» Agboblack. Selon des informations recueillies
auprès des membres déshérités du parti, le natif de Kouvé passe ses journées
à faire des calculs « kilométriquement » politiques. Ce qui fait que
face à un calcul de la classe de CP1, le gars mélange les torchons et les
serviettes.
Aux
élections législatives de 1994, Edem « Koqdjo » a été nommé à
la Primature à sa place. Contre toute attente, il accepta le
poste de Vice-président de l’Assemblée à la place de
la Présidence. Beaucoup
de Togolais n’ont pas compris « calculmentalement » jusqu’aujourd’hui
le choix opéré par « Fo Madji ». Il paraît que 1 et 1 ne font pas 2
chez lui.
Après
les élections législatives sans rapport de Potopoto, les CARistes se sont
retrouvés en dehors du gouvernement. Après quelques jours, l’ex-PM invente
la cogestion. Ainsi, chaque jour que Dieu fait, on nous rebat les oreilles
avec cette notion. Aujourd’hui, la trouvaille c’est le « retour de
l’ascenseur», c’est-à-dire que le CAR veut le soutien en retour de l’UFC
à l’élection de 2010. Aujourd’hui tous les CARistes ne parlent que de cela.
Ainsi avec Fo Madji, il faut s’attendre à des notions « calculmentelement
» incroyables. Selon les informations, un comité a été créé pour passer au
peigne fin tous les termes qui seront employés par Agboblack.
«Abassi» sur les traces du
«gros»
On ne «
savaissait » pas que les RePTiles étaient aussi généreux et que c’est «
si tu tombes je tombe » qu’ils aiment appliquer dans leur parti. Il
nous souvient qu’il y a quelques jours, l’autre fils de la « gnassion
», El Kpatcho avait fait un don de matériels à l’hôpital de Kara. On dirait
que l’ancien formateur des muscles et prégo de l’Assemblée Abass «
Bon-Faux » n’a pas aimé la manière dont les médias ont parlé toute cette
semaine, du geste du gros aux populations de cette localité.
Selon ses
détracteurs, durant toute cette semaine, il n’a eu que des nuits blanches.
Il n’a pas voulu être du reste et a décidé d’imiter le « frèro » de
son mentor en remettant un chèque de plus d’un «millignon » aux
responsables du centre médico-social de Kabou pour l’achat et
l’installation d’un panneau solaire ainsi que pour l’acquisition des doses
de sérum antivenimeux. Dans cette localité, il se dit que les serpents
croquent les gens comme du « gonazo ». Certains jaloux de ses acquis
disent que depuis qu’il est à la mangeoire, c’est maintenant qu’il a jugé
bon d’assister le centre médico-social de son Kabou natal. Il paraît que par
ce geste, l’homme entend réaliser les promesses qu’il avait faites à son
électorat lors des élections « Potopotoïques » d’octobre 2007 et
contribuer ainsi au mieux être de la population. Peut-être que dans les
prochains jours, l’homme va trouver des partenaires pour créer une radio qui
pourrait s’appeler Kangbéni ou Gbandi pour faire « beaucousement »
d’Atalakou au « p’ti ». Paraît-il que ça paie toujours.
Sarko s’est-il fâché la colère ?
On ne comprend
plus les actes que pose le prégo français, « Sakomi », mille pardons,
Sarkozy. Il n’a pas encore fini son premier mandat, mais on dirait qu’il
veut faire voir de toutes les couleurs à nos dirigeants africains. Ne
sait-il pas que les prégos « nez-gros » sont aussi des présidents au
même titre que lui ? Ou bien n’est-il pas leur « l’ami personnel » ?
D’après nos «
con-de-frères » du journal « Vieille Afrique », le «
Gnassingbéland » ne bénéficiera plus du caleçon, que dis-je, du soutien
militaire de
la France. Il paraît qu’il y a un an, le Franco-Hongrois avait
annoncé au Cap que les accords de défense entre
la France et les anciennes colonies allaient connaître des
malédictions, plutôt des modifications. Ce qui est marrant, c’est notre pays
qui a été choisi en premier pour signer cet accord qui sera uniquement
cantonné sur les instructions.
Ce n’est pas
seulement le « Gnassingbéland » qui est visé puisque la dernière
fois, les « con-de-frères » français ont enlevé le voile sur le
patrimoine immobilier du géantissime prégo Gabonais en France. Le «doignin»
a été jugé et condamné dans une affaire civile à Bordeaux et des comptes
ouverts en son nom ont été bloqués. Le prégo serait en ce moment dans tous
ses états ; il paraît qu’il s’est fâché la colère contre
la France. Sa formation politique le RPT, kéi, le Parti
Démocratique Gabonais serait en train de prendre des mesures pour «
broquer » les intérêts de
la France au
Gabon. Nous, on va déposer nos «zoeils » pour voir celui qui est le
plus « faure ».
Pour le moment,
notre « Faure-vi » « gnassional » ne dit « rignin »,
mais nous sommes sûrs qu’étant un digne fils du « Baobabier », ça ne
sera pas facile. Wait and see.
Au cœur des
« mon pays »
Gilbert :
Bonjour class !
Dadza
:
Bonjour ! Dans l’ensemble c’est comment ?
Gilbert
: On se défend pas mal.
Dadza
:
C’est devenu maintenant comment prendre pour faire. Seul Dieu peut nous
enlever dedans.
Gilbert
:
On ne peut « pas » « rignin ». On est là pour travailler pour
le pays et on doit le faire jusqu’au bout.
Dadza
: Au fait class, comment vous avez fêté la fête dans ta famille ?
Gilbert
: C’est quelle fête encore ?
Dadza
: La fête qui parle que les hommes doivent préparer pour les femmes.
Gilbert
: C’est
la Journée internationale de
la Femme qu’on appelle ça!
Dadza
: C’est exactement de ça que je te parle. Comment tu t’es débrouillé à la
maison ?
Gilbert
: Class, cette fête-là même, je n’ai pas compris pourquoi on l’a créée ?
Dadza
: Tu es comme moi aussi. Je crois que c’est une histoire pour rendre nos
femmes malheureuses.
Gilbert
: Comme c’est dans tout le monde entier qu’on la« mange », on ne
peut «pas» rien.
Dadza
: Avec moi, ça ne passe pas. Comment quelqu’un va revenir du boulot fatigué
et c’est lui qui va préparer pour la famille ?
Gilbert
: C’est la loi de la fête. Moi, je me suis débrouillé pour faire la cuisine
à ma manière.
Dadza
: Moi, je n’ai même pas de cuisine.
Gilbert
: Donc, tu n’a rien fait pour ta famille !
Dadza
: Je ne suis pas son boy. Et ce n’est pas elle qui m’a marié. Donc c’est moi
qui commande.
Gilbert
: Quand même tu devais faire quelque chose pour la rendre contente ce
jour-là.
Dadza
: Laisse les femmes-là quelque part. Il suffit de faire ça et c’est fini.
Chaque jour, elles vont te déranger pour leur préparer. Je les connais très
bien.
Gilbert
: C’est moi qui « a » préparé et tout le monde a mangé.
Dadza
: Class, un homme c’est un homme. Si je prépare pour elle, est-ce qu’elle va
aller au boulot pour moi ?
Gilbert
: Comme c’est un jour seulement, ça ne fait rien. Et moi je l’ai fait.
Dadza
: On est là. Tu vas voir comment demain tu seras avec elle. |
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Liberté Hebdo #474 du 2 mars 2009 |
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Inquiétudes
après l’arrivée au pouvoir du NDC : Un émissaire de John Atta-Mills à Lomé
pour rassurer les autorités togolaises |
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Si le retour
au pouvoir au Ghana du Congrès national démocratique (NDC) de John Jerry
Rawlings a été bien accueilli par l’opposition togolaise, il n’est pas vu
d’un bon œil par le pouvoir de Lomé qui entretient de bonnes relations avec
le Nouveau parti patriotique (NPP) de John Kufuor. Même pendant la campagne
électorale, la crainte d’un come back de l’opposition aux affaires était
palpable.
Et ce
n’était pas fortuit que « Daily Guide », un journal proche du NPP, avait
accusé, dans sa parution du 18 décembre 2008, l’ancien Capitaine d’aviation
de nourrir des velléités de déstabilisation du régime de Faure Gnassingbé.
Selon cette publication, Rawlings aurait dit aux électeurs de
la Volta
Region
de « voter massivement pour le retour du NDC afin que nous (les dirigeants
du NDC) donnions aux enfants d’Eyadèma une amère leçon pour la
présidentielle de 2010 ». Des allégations qui étaient reprises à son compte
par le site officiel de
la
République
du Togo « republicoftogo.com » qui s’était interrogé : « Jerry Rawlings
a-t-il dérapé ? ». Traitant ces déclarations d’étonnantes, le site avait
rappelé les propos tenus par l’ancien président ghanéen à l’issue d’une
rencontre avec le chef de l’Etat togolais : « Faure Gnassingbé est un
authentique leader politique qui travaille à installer la démocratie dans
son pays et je lui apporte mon soutien ».
Aussi, pour
nombre d’observateurs, la célébration cette année de l’agression du 5
janvier 1994, un événement même ignoré par feu Gnassingbé dans sa longue
liste de fêtes, était-elle un signal fort à l’endroit des nouvelles
autorités ghanéennes. En somme une démonstration de forces pour dire que
rien ne sera plus comme avant.
Concernant
le changement de régime au Ghana, « La Lettre du Continent » N°558 du 12
février 2009 titrait : « Un mauvais vent venu d’Accra?». Le journal
d’Antoine Glaser revient sur l’appréhension de Lomé après la victoire du
Prof. John Evans Atta-Mills sur Nana Akufo-Addo du NPP.
Est-ce pour
calmer les esprits qu’un émissaire du Président ghanéen a été reçu en
audience le mercredi 25 février dernier par Faure Gnassingbé ? Tout porte à
le croire. Victor Gbeho, Conseiller spécial du président Ghanéen John Atta-Mills,
ne s’est pas dérobé au langage diplomatique et a dit avoir transmis au
Président Gnassingbé, « les salutations fraternelles » de son homologue
ghanéen. « M. Atta-Mills a réaffirmé sa volonté de collaborer étroitement
avec le gouvernement togolais, pour le développement des deux nations »,
a-t-il ajouté. Cette audience a été également abordée par «republicoftogo»
qui s’enthousiasmait : « Atta-Mills rassure Faure Gnassingbé ».
En rappel,
au temps de Rawlings, les relations entre les deux pays étaient toujours
tendues. Feu Eyadèma accusait souvent Accra de servir de base arrière à son
opposition.
E. Pierre
Enquête : La
bonne Gouvernance a du plomb dans l’aile au Togo : Ministres et Cadres
impliqués dans le détournement de fonds publics
. Plus de
105 millions de F CFA destinés aux travaux de curage et de pavage
volatilisés
Le
Togo est malade de ses gouvernants. Les rumeurs sur le détournement de fonds
destinés aux Travaux de Curage du Grand Canal d’équilibre et de Pavage de la
voie Sud Lagunaire sont devenues des clameurs. Une enquête alors diligentée
par notre rédaction confirme sans ambages le détournement des millions de F
CFA. L’enquête révèle la complicité et la participation active de plusieurs
ministres et cadres de l’Administration togolaise.
En fait, c’est dans le cadre de l’exécution du projet : «Travaux de Curage
du Grand Canal d’équilibre et de Pavage de la voie Sud Lagunaire » qui est
un volet du Projet intitulé : « Travaux d’Assainissement, d’Amélioration des
Conditions de Transport, de Circulation et d’Evacuation des Déchets Solides
Urbains dans la ville de Lomé » dont le coût était estimé à 361.311.900 F
CFA. L’Entreprise GER citée dans notre parution N° 472 du 25 février 2009
dans l’affaire de l’octroi des marchés gré à gré à
la Primature
qui, à elle seule s’était arrogée 20,83% des marchés, est l’attributaire. Il
s’agit d’un marché négocié selon les informations à notre disposition.
Sont
présumés impliqués dans cette malversation financière les Ministres : Marc
Aklesso AQUITEME alors Ministre de la Ville, Yandja YENTCHABRE alors
Ministre du Développement et de l’Aménagement du Territoire, Payadowa
BOUKPESSI Ministre de l’Economie, des Finances et des Privatisations à
l’époque des faits et Edem KODJO alors Premier Ministre. Sont également mis
à contribution des cadres de l’administration togolaise : Abirhé AKPO,
Directrice du Financement et du Contrôle de l’Exécution du Plan , M.
Essohanam ADEWI, Directeur du Contrôle Financier, Radanam PATOKI, Directeur
Général du Trésor et de
la
Comptabilité Publique.
Aussi impliqués MM. AWISSI Lodé, Vice-Président de
la
Délégation Spéciale
et LEQUESSIM Massamessoh, représentant GER (Grande Entreprise Routière, de
Bâtiment et de Génie Civil).
Contacté sur
le sujet M. Lodé AwOUissi,
Vice-président de
la
Délégation Spéciale
de la ville de Lomé a envoyé la balle dans le camp du Ministère des Mines et
de l’Eau parce que c’est lui le Maître d’ouvrage et à l’AGETUR (Agence
d’Exécution des Travaux Urbains) qui est l’agent d’exécution. « Si vous
voulez avoir de plus amples renseignements, vous vous approchez du Ministre
de l’Energie et de l’Eau », a-t-il indiqué. Pour en savoir un peu sur son
contrôle d’un projet qu’il a présenté et qui de surcroît a obtenu du
financement, il a déclaré : « C’est quand les ouvrages sont terminés qu’on
les remet à la ville de Lomé ». En effet, étant donné que le projet était
financé depuis août 2006 et avec un délai d’exécution de cinq (5) mois, le
doute persiste du fait qu’aucune réalisation n’est faite et surtout visible.
«Mais, c’est bizarre ! Ou bien vous n’êtes pas à Lomé. Vous n’avez pas vu
qu’on est en train de mettre beaucoup de mottes de terre là-bas sur le lac
Ouest ? Faites un tour sur les lieux. Allez voir ceux qui ont le dossier en
main. Ou bien vous voyez l’AGETUR si vous voulez écrire un article », a
ajouté le Vice-président.
Même son de
cloche chez M. Yandja Yentchabré qui était alors Ministre du Développement
et de l’Aménagement du territoire. « Adressez-vous au Ministre dans le
domaine », a-t-il déclaré avant de nous raccrocher au nez.
Toutes nos
tentatives pour joindre d’autres incriminés comme l’ancien Premier ministre
Edem Kodjo, l’ancien ministre Payadowa Boukpkessi se sont révélées vaines.
Ils étaient injoignables sur leur portable. De même, il nous a été difficile
d’avoir le contact de l’ancien ministre de la Ville Marc Aquitème.
Il est
évident aujourd’hui qu’il y a dépôt de mottes de terre comme l’a si bien dit
le Vice-président de
la
Délégation Spéciale,
sur le côté du lac Ouest en vue du démarrage des mêmes travaux. Mais cette
fois-ci avec AGETUR comme agent d’exécution et avec un autre financement. Il
faut souligner que le projet est supposé être déjà exécuté et livré, en
témoignent les certifications du ministre de la ville de l’époque Marc
Aklesso Aquiteme. Pour
exemple, une attestation de fin de prestation de la composante :
«Réhabilitation des voies urbaines et assainissement » délivrée à AGECET–BTP
Ingénieurs Conseils dont la teneur suit : « Nous soussigné, Monsieur Marc
Aklésso AQUITEME, Ministre de la ville, certifions que le Bureau AGECET–BTP
Ingénieurs Conseils dont le siège est à Lomé au Togo… a réalisé les
prestations de Maîtrise d’œuvre relatives aux travaux d’assainissement et de
pavage de la rue lagunaire-sud allant de
la Place
Bonké
au Cinéma Le TOGO ainsi que le curage du canal d’équilibre et des caniveaux.
Le Bureau AGECET– BTP Ingénieurs Conseils a exercé la mission qui lui a été
confiée conformément aux prescriptions de la lettre de commande n°
080/2006/MV/ML pour un montant de TRENTE HUIT MILLIONS CINQ CENT MILLE
(38.500.000) Francs CFA Hors taxes…».
Mais, force
est de constater aujourd’hui qu’en lieu et place d’une voie pavée dont les
fonds ont été dûment encaissés par l’entreprise qui est supposée exécuter
les travaux, il n’y a encore que de la piste beaucoup plus cabossée
qu’auparavant. Il en est de même pour la Maîtrise d’œuvres relatives aux
travaux d’assainissement et de pavage de la rue lagunaire sud (tronçon n°3)
– allant de l’immeuble Cinéma Le TOGO à la rue Maman N’danida (1,270 km),
recommandés pour une durée de quatre (4) mois et d’un coût de 28.900.000 F
CFA selon les prescriptions de la lettre de commande n° 078/2006/MV/ML. Le
troisième volet est relatif aux travaux d’assainissement et de pavage de la
rue lagunaire nord : Site de BOKA – Place Bonké recommandés pour une durée
de cinq (5) mois d’un montant de 38.080.000 F CFA selon la lettre de
commande n° 056/2006/MV/ML. En effet, les trois projets d’un montant total
de 105.480.000 F CFA soit 29,19 % sur les 361.311.900 F CFA du coût total du
projet général, sont théoriquement achevés et constatés le 28 août 2006,
date de la certification de fin de prestation du ministre de
la Ville.
Mais,
sur le terrain, ils sont invisibles et c’est là où le bât blesse.
Sur le
terrain aujourd’hui, les tas de sable qui illustrent le démarrage des
travaux d’assainissement selon certaines sources relèvent d’un autre
financement. Auparavant, ils étaient financés sur le Budget de l’Etat,
Gestion 2006, en témoigne le payement fait sur un compte à l’UTB. Ces tas de
sable que l’on brandit pour faire croire au démarrage réel des travaux sont
en réalité destinés aux « Travaux de Dragage du Lac Est et de Curage du
Canal d’Equilibre de
la Lagune
de Lomé ». Un projet financé par la France
au titre de
la
Convention
de Financement CTG 3002 01P (confère AFD: Agence Française de
Développement). Ils ne peuvent, en tout état de cause, servir d’éléments de
prestidigitation qui doit dissiper les traces des millions. Il faut
souligner que c’est la deuxième fois que le volet « Curage du Canal
d’Equilibre» est financé. Ce nouveau projet malheureusement ne prend pas en
compte le pavage ni du Sud ni du Nord lagunaire. Pour ce projet dont les tas
de sable servent à duper les Togolais, c’est évidemment le Ministre des
Mines, de l’Energie et de l’Eau qui est Maître d’ouvrage et AGETUR – TOGO
comme Maître d’ouvrage délégué.
De toutes
les façons, les investigations se poursuivent en vue de l’établissement des
parts de responsabilité individuelle des présumés impliqués dans le
détournement de cette somme importante. Dossier à suivre
Didier
Ledoux
Ministère des
Travaux Publics et des Transports : Le vaste chantier et le défi qui
attendent Comla Kadjé
Lundi 23
février, les entrepreneurs ont poussé un ouf de soulagement car le chef de
l’Etat venait d’accéder à une de leurs exigences fondamentales, la
nomination d’un « ministre des Travaux Publics… dont le profil correspond
réellement aux tâches qui seront les siennes ». Ainsi était nommé Comla
Kadjé. Passé le temps de l’euphorie, il se pose la question de la liberté
d’actions du nouveau titulaire.
Profil idéal
C’est peut-être le profil idéal pour ce poste. Comla Kadjé n’est pas de ces
anonymes sans aucune connaissance du domaine qu’on parachute à un poste par
calculs politiciens ou pour des raisons de copinage. Même si ces raisons ont
quelque part prévalu dans ce choix, l’homme est un professionnel du secteur.
Comla Kadjé est un ingénieur des ponts et chaussées, docteur en calcul des
structures. Sa carrière plaide même en sa faveur. Le nouveau ministre des
Travaux Publics et des Transports était le Directeur Général des Travaux
Publics au ministère de l’Equipement, des Transports et des
Télécommunications dans le gouvernement
Kodjo. Sur le plan international, il était Commissaire chargé des
Infrastructures routières de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique
de l’Ouest (CEDEAO). Comla Kadjé est donc une tête bien faite et on peut
d’ores et déjà gager sur ses compétences à ce poste. Mais cela suffira-t-il
pour relever le défi qui se pose au secteur du bâtiment et des Travaux
Publics ?
Le chantier
gargantuesque
Le
défi qui attend le nouveau ministre est énormissime quand on se réfère à
l’état des lieux fait par les entrepreneurs regroupés au sein du Syndicat
National des Entrepreneurs en Bâtiment et Travaux Publics (SNEBTPT).
L’ancien titulaire du ministère célestin
Ekpaou Talaki et le Directeur Général de l’ex-fonds d’Entretien Routier
(FER) ont été virés après les inondations de juillet-août 2008 et le
ministère des Travaux Publics rattaché à la Présidence de
la
République. Cette
initiative était saluée à l’époque et, à en croire les sources, visait à
faire redorer le blason au secteur. Mais malgré cela, le secteur des Travaux
Publics se porte plus mal qu’auparavant. L’état des infrastructures
routières et des Travaux Publics reste calamiteux. Le pont effondré d’Amakpapé
et la dizaine d’autres peinent à être construits ; malgré les promesses. Les
tronçons Tsévié-Tabligbo, Lomé-Vogan, pour ne citer que ceux-là donnent des
cauchemars et les emprunter est un parcours de combattant. L’état des lieux,
disons-nous, n’est pas enviable ; mais c’est plutôt du côté humain et
organisationnel que le nouveau ministre doit faire avec ses tripes pour
faire « retrouver ses lettres de noblesse » au secteur des Travaux Publics,
comme le réclame M. Hervé Piza, le Secrétaire Général du SNBTPT.
Le
rattachement du ministère à la Présidence de
la
République
a plutôt envenimé les choses. « Nous n’avons constaté qu’un désordre »,
s’exclament les entrepreneurs. Il s’est constitué un réseau de fossoyeurs,
sous la bénédiction du maître des lieux. « Les ministères qui ne devraient
pas jouer une partition dans ce secteur très délicat se sont introduits
forcés dans le jeu », constatent les frondeurs qui indiquent avoir assisté à
« des querelles et même des bagarres interministérielles», des « malaises
choquants » en somme. L’allusion est faite ici aux fameuses « chaudes
discussions à la limite du respect mutuel » entre les ministres Pascal
Bodjona et Okoulou Issifou Kantchati qui avaient défrayé la chronique. « Le
secteur des Travaux Publics est laissé à la merci des fossoyeurs. Le Génie
militaire…a pris la commande, le ministre de l’Administration Territoriale,
s’interpose ». C’est un véritable réseau qui s’est créé, des « garde-fous »
sont érigés en vue d’écarter, de « mettre fin à la plupart des entreprises
exerçant dans le secteur du Bâtiment et des travaux Publics » qui n’en font
pas partie. C’est ainsi que des appels d’offres nationaux sont lancés à des
prix d’achat de dossiers non remboursables de …deux millions (2.000.000) F
CFA.
Parlant justement d’appel d’offres, il n’existe presque plus et les marchés
sont offerts gré à gré à des entreprises écrans, qui appartiennent le plus
souvent aux décideurs eux-mêmes, mais bardées de prête-noms. Le cas qui
défraie aujourd’hui la chronique est celui qui s’est récemment passé à
la
Primature
dans le cadre du projet de reprofilage de 1500 km de pistes rurales dans les
trente (30) préfectures. La plus gâtés des entreprises aura été GER qui s’en
est sortie, par magie, avec quinze (15) lots, alors que de nombreuses autres
sont laissées sur le carreau. Le premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo
lors de sa descente folklorique de vendredi sur le terrain pour constater
l’état d’avancement des travaux, s’est caché derrière des arguments de temps
pour se justifier. « Les plus grandes instances du pays ont décidé
d’organiser les secteurs des Travaux Publics et de les remplacer par un
réseau de profanes qui engloutissent de faramineuses sommes pour des travaux
mal faits, et quelques fois même inutiles », pestent les entrepreneurs.
C’est donc tout un réseau de fossoyeurs que doit s’attaquer le nouveau
ministre et il lui faut les armes nécessaires. Pendant les six mois de
gestion de
la
Présidence
de la
République, ce sont les hommes du Chef de l’Etat qui ont fait la loi et si
les prérogatives qui étaient les leurs pendant cette période transitoire ne
leur sont pas retirées, M. Comla Kadjé n’aura plus les coudées franches pour
mener à bien sa mission. Et on n’aurait rien résolu comme problème. Les
entrepreneurs ont même fait des propositions de sortie de crise, des
recommandations. « Qu’une commission composée des cadre des services des
travaux Publics et des Chefs d’entreprises élargie éventuellement à d’autres
secteurs soient mise sur pied pour élaborer les nouvelles méthodes de
gestion de ce secteur ; que les modes de passation de marché fassent l’objet
d’un projet de lois à l’Assemblée Nationale en vue de leur actualisation »,
ont-ils recommandé. Voilà des pistes, entre autres, à explorer. Mais quand
déjà un groupe d’entrepreneurs est mis à contribution pour dénoncer la
sortie salvatrice du SNEBTPT et M. Hervé Piza, on se demande si le sommet a
vraiment la volonté de voir les choses mieux organisées.
Pablo E.
Signature de
contrat avec le nouveau sélectionneur : un mauvais coup de la Fédération
Plus que
trois semaines et les hostilités du 3ème tour
des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010 vont s’ouvrir. Le Togo qui est
en course dans cette compétition hérite d’un gros morceau d’entrée : le
Cameroun. La rencontre est prévue le 28 mars à Accra. La performance des
Eperviers lors de cette première journée des éliminatoires déterminera
leurs ambitions à participer à leur deuxième Coupe du Monde consécutive ou
non. Tout dépendra des résultats de cette rencontre capitalissime pour les
deux nations. Une victoire des Eperviers leur permettra de nourrir une
ambition légitime de goûter au gratin du football mondial pour une seconde
fois mais une défaite les contraindra à revoir leurs ambitions à la baisse.
Pour produire de bons résultats, le Togo doit disposer d’un entraîneur de
haut niveau pour monter une équipe compétitive capable de tenir la dragée
haute à la redoutable équipe camerounaise. Le match amical livré le 11
février dernier contre le Burkina Faso pour jauger la forme des joueurs n’a
pas produit un résultat probant. Nibombé Daré et ses coéquipiers ont été
lamentables et fait montre des lacunes criardes qui ont inquiété plus d’un.
Le correspondant de notre confrère « Global Sport » qui a suivi le
match titrait à juste titre : « Un nul et rien d’autre » pour
qualifier le jeu insipide et sans relief produit par les poulains de Kodjovi
Mawuena. C’est dire que le chantier qui attend le nouveau sélectionneur est
vaste et le travail énorme. Il va falloir donc se mettre tôt au travail pour
relever le défi du Cameroun.
Curieusement, à 26 jours de cette confrontation, le Togo ne dispose pas
toujours d’entraîneur. La cérémonie de signature de contrat entre Jean
Thissen et les Eperviers annoncée pour vendredi dernier n’a tout simplement
pas eu lieu. Raison annoncée : le prince a raté son vol. Ce qui vient encore
jeter le doute dans l’esprit du public sportif togolais qui n’y croit plus
trop. Depuis plusieurs mois, les sélectionneurs se bousculent au portillon
du ministère des Sports et de
la
Fédération
mais les autorités sportives peinent à dénicher l’oiseau rare. Et le
feuilleton et ses suspenses ne font que perdurer. Le nouveau bureau de
la
FTF en a encore servi au public en début du week-end.
Bien que le
prince soit absent et sachant pertinemment que tout dépend de lui, la
Fédération a convié et l’entraîneur et la presse à l’Hôtel Ibis pour la
signature du contrat. Après des heures d’attente, c’est par des voix
discordantes qu’on vient annoncer aux journalistes qui faisaient des pieds
de grue dans la salle que la cérémonie ne tient plus. Pendant que le
Secrétaire Général Reinhardt Kossivi envoyait le doyen Komlan Eklou qui l’a
rencontré par hasard pour dire aux journalistes que le ministre des Sports
est en voyage, c’est M. Eloi Salokofi, membre de la commission qualification
et homologation qui annonce que le Président de
la
Fédération
a raté son vol.
N’ayant
aucun égard pour les journalistes et pour l’entraîneur, ils les ont fait
trainer à l’hôtel pour rien. Ils auraient pu annoncer tôt la mauvaise
nouvelle mais ils ont préféré les faire déplacer inutilement. C’est ainsi
que commence la troisième mi-temps de Rock Gnassingbé.
La signature
du contrat est prévue de nouveau pour aujourd’hui. On espère que ce ne sera
pas encore un mauvais coup de la Fédération.
M.A.
Sans détour :
Liberté souffle ses quatre bougies
« Pour
connaître le chemin qui est devant soi, il faut interroger ceux qui sont de
retour » (Georges Duhamel)
2 mars 2005
- 2 mars 2009, cela fait aujourd’hui quatre ans jour pour jour que le
journal Liberté est né. Quatre ans dans la vie d’un être humain, ce n’est
rien, mais dans la vie d’un journal, c’est beaucoup. Des confrères ici ou
ailleurs, pour des raisons diverses, n’ont pas eu la chance de connaître 48
mois de vie comme c’est le cas de Liberté aujourd’hui. Ainsi, toute l’équipe
de la rédaction se réjouit d’avoir, chacun, en ce qui le concerne, apporté
sa modeste pierre pour que le trihebdomadaire puisse connaître son succès de
l’heure.
L’idée
fondatrice de Liberté est de contribuer à l’enracinement de
la
Démocratie
et de l’Etat de droit dans notre pays. Pour ce faire, le journal n’a jamais
lésiné sur les moyens. Il a toujours dénoncé les pratiques liées à la
mauvaise gouvernance, aux crimes économiques, aux abus de pouvoir et
d’autorité, aux violations des droits humains, etc. Liberté, comme le nom
l’indique, se veut un organe de presse entièrement libre ; et qui n’a jamais
été et ne sera jamais la caisse de résonance de quelque parti politique que
ce soit. Sa liberté réside principalement dans cette option. De sa naissance
à ce jour, que du chemin parcouru!
Hebdomadaire
à sa naissance et assez ambitieux, ce journal n’a même pas attendu d’avoir
un an de vie pour se convertir en bihebdomadaire. Il le sera en décembre de
la même année. Deux années après sa fondation, le bihebdomadaire s’est mué
en trihebdomadaire et paraît aujourd’hui tous les lundis, mercredis et
vendredis. Depuis février 2007 donc, à défaut d’avoir au sein de la presse
privée togolaise un quotidien indépendant comme il en existe ailleurs,
Liberté se veut pour le moment, l’un des rares organes de la presse privée
détenant le plus grand nombre de parutions hebdomadaires.
Aucun organe
de presse ne saurait se rendre crédible s’il ne dispose d’un siège qui
constitue en quelque sorte son cordon ombilical. Notre journal n’a pas
failli à ce devoir et dans la foulée de ses ambitions mesurées, il se dotera
d’un siège en mars 2007. Soucieux de se faire un nom parmi les journaux du
pays, voire du continent, Liberté a depuis octobre 2008 son propre site
Internet qui peut être consulté à tout moment.
On ne peut
pas s’appeler Liberté sans être heureux de la disparition de cette loi
liberticide modifiée par la loi numéro 2004-015 du 27 Août 2004. Pour
mémoire, il faut dire que c’est grâce aux 22 engagements auxquels avaient
souscrit les autorités togolaises auprès de l’UE, que l’actuel code togolais
de la presse s’est débarrassé de la pratique du harcèlement, de la censure
ainsi que de l’intimidation. C’est le lieu de reconnaître que cet effort
consenti par les autorités togolaises permet au monde médiatique togolais
aujourd’hui de connaître par rapport à la période antérieure à 2004 une plus
grande liberté d’information loin des pressions. Il faut saluer un tel état
de choses.
Le journal
boucle ce jour quatre années de réussite. Les quatre années de vie dans la
quiétude et le progrès, nous les appelons volontiers années de réussite.
Nous souhaitons que les années que nous avons encore devant nous, portent le
même sceau et soient plus porteuses d’espoir pour toute la presse privée
dans son ensemble y compris télévisions et radios, pour une plus grande
avancée de
la
Démocratie
dans le pays. Nous ne pouvons pas souffler les 4 bougies de notre journal
sans faire un clin d’œil amical à tous les sympathisants et amis de Liberté,
ceux qui les lisent de manière inconditionnelle, ainsi que tous ceux qui
nous assistent par leurs observations et leurs conseils pour plus de
réussite.
Ce serait
être ingrat de ne pas devoir aux autorités leur mérite, ne serait-ce que sur
ce plan, mérite qui a consisté en le respect de leur engagement de libérer
la presse privée du harcèlement, de la censure et de l’intimidation.
Alain
Simouba
Ça va se
savoir : Des rêves brisés (1)
Elle doit avoir une quarantaine d’années. Catherine, une européenne est une
blonde aux cheveux courts, maintenus par un gel parfumé. Elle était bien
plantureuse sans être ronde et elle doit beaucoup aimer son corps, pour
choisir ce jour-là un chemisier un peu étroit, dont le boutonnage était bien
tendu par une poitrine qui se laissait entrevoir dans l’échancrure. La forme
de ses hanches était aussi fort bien prise. Son visage fait partie de ceux
qui révèlent les plus grands appétits de jouissance. Elle est l’une de ses
femmes qui profitent de tous les plaisirs. Elle rêvait d’Afrique pour se
trouver un concubin parce qu’elle a eu l’écho de ce continent qui regorge de
jeunes capables de tout. Ainsi, depuis quelques semaines, elle avait
débarqué au Togo, parcourant toutes les rues et ruelles à la recherche d’une
âme sœur. Seule la nature savait où se cachait celui qui pouvait rendre
peut-être heureuse l’aventurière. Elle avait passé en revue quelques jeunes
mais son objectif n’était pas toujours atteint. Telle une chercheuse, elle
poursuivait ses recherches dans l’attente d’une suite favorable. Cathy,
comme l’appelaient affectueusement ses proches, était stressée et même
déprimait déjà.
Sur l’un des bancs publics en béton était allongé un jeune homme d’à peine
30 ans. Il s’appelle Paul et habite à Kodjoviakopé. Comme un certain nombre
de jeunes de son quartier, il rêvait d’Europe qui, pour lui, était un
Eldorado. Mais, le contraste, c’est qu’il était un partisan de moindre
effort. Il était devenu plus qu’un obsédé de l’occident. La place étant un
lieu de loisirs et de rencontres des personnes, devint le domicile du jeune
qui, fermement, croyait y trouver un jour une opportunité pour s’envoler
vers l’hexagone. Il sifflotait une mélodie Reggae de Bob Marley quand lui
apparut, tel un fantôme, une silhouette qui lui adressa ses salutations. Une
illustration d’une parfaite intégration de Cathy quand on sait que cette
pratique de saluer à tout bout de champ n’est pas le propre des occidentaux.
Assise sans se faire prier, elle fixait adroitement le bonhomme dans les
yeux et ceux-ci pétillaient déjà à la vue du banquet. Quelques minutes de
discussions permirent aux deux de se sympathiser. Chacun des deux a fit part
de ses désirs.
Au
cours d’une balade improvisée qu’ils s’étaient imposée, Paul l’emmena
découvrir son quartier. Une trouvaille pour que les gens le voient en
compagnie d’une nana blanche. Un tour dans un restaurant chic aux
spécialités européennes fut une aubaine pour Cathy de gaver Paul comme une
oie. C’était bien l’heure de la sieste pour l’européenne surtout qu’il
faisait terriblement chaud et qu’elle voulait profiter de la climatisation
de son hôtel, il invita poliment son hôte à l’accompagner. A peine
s’introduisirent-ils dans la chambre d’hôtel que la dame mit à fond la
climatisation. Soudain, elle commençait dans la tenue d’Eve puis s’approcha
de son hôte qu’elle tira contre elle. Elle se mit à l’embrasser sauvagement,
ce qui dénota sa folle envie de la chose.
Paul, pendant ce temps, était plongé davantage dans un interminable rêve
mêlé de beaucoup d’interrogations. Est-ce réellement une femme ou une «Mami
water » métamorphosée ? Si c’est une vraie personne, pourquoi a-t-elle si
envie de moi ? Pourra-t-elle au moins absorber mon reptile qui n’avait plus
de preneur depuis le départ de Ayélé ? Toutes ces questions n’avaient pas
encore eu de réponse quand la dame, par ses doigts fins, déboutonnait son
hôte avec tant de tendresse. Le centre de gravité du jeune homme prenait
alors du volume. Une fois, deux fois et trois fois, une main de la
sauvageonne frôla la masse mais, elle ne s’était pas du tout fait une idée
de ce qui pouvait se cacher là-dedans. La même main, par-dessus la ceinture
enlevée, s’aventura et toucha l’anaconda. A suivre
Tonton D
Au cœur des
« mon pays »
Kombaté :
Class, moi je ne comprends plus rien de la situation.
Kamina : Tu
sais que beaucoup de choses ne marchent pas chez nous. Quelle situation de
compliqué encore ?
Kombaté :
Nous, on ne va pas « jamais » avoir un coach pour notre équipe nationale?
Kamina :
Bientôt tout sera réglé.
Kombaté :
Tout sera réglé, tout sera réglé et c’est fini. Il faut dire quand tout sera
réglé pour qu’on soit tranquille dans notre peau.
Kamina : Moi
aussi, je ne comprends pas exactement ce qui se passe encore.
Kombaté :
Normalement, c’est vendredi passé que les choses devaient être claires. Mais
rien n’a été fait.
Kamina :
C’est vrai. Sinon, j’ai appris même que l’entraîneur allait signer vendredi.
Après, il n’a pas pu signer alors qu’il est arrivé sur les lieux.
Kombaté : Tu
as appris les nouvelles où, Class ?
Kamina :
J’étais là-bas en chair et en « or ».
Kombaté :
C’est où même il doit signer ?
Kamina :
C’est à l’Hôtel Ibis. J’étais là depuis avant même que les « juliettes » ne
viennent. On a attendu jusqu’à fatiguer et tout le monde est parti.
Kombaté :
Maintenant, tu peux me « spliquer » pourquoi, l’entraîneur a refusé de
signer,
Kamina : Toi
aussi ! Ce n’est pas lui qui a refusé. Il était arrivé là-bas. Je l’ai vu de
mes propres « zoeils ».
Kombaté :
S’il est arrivé, « comment » le contrat n’est pas signé ?
Kamina :
C’est le ministre des Sports et le Colonel qui ne sont pas arrivés.
Kombaté : Si
je comprends bien, c’est à cause de les « eux » que le coach n’a pas signé
le contrat ?
Kamina :
C’est exactement ça. On a « rignin » compris de la « siiation ».
Kombaté : Tu
sais pourquoi ils ne sont pas arrivés ?
Kamina :
Certains disent que le Colonel est en voyage et il a raté son avion. Donc,
on ne peut « rignin » faire dans son dos.
Kombaté :
Vraiment les gens sont dans ce pays. Toi, tu es d’accord avec ça ?
Kamina :
Même si ce n’est pas vrai, ce n’est pas dans ma figure qu’on va « verra» ça.
Libertinage
La recette
Rock fait des émules
²Les
journalistes sportifs du Togo organisent le 6 mars prochain leur congrès
électif en vue de redonner des couleurs à leur association mise en léthargie
depuis plusieurs années. La présidence de l’association fait l’objet de
toutes les convoitises où de grosses cylindrées, des confrères de carrure et
d’expérience ont fait acte de candidature. Déjà des factions se forment et
les postulants cristallisent des votants autour de leur personne.
Pour maximiser leur chance et rafler la mise le 6 mars, on apprend de
sources Dubaï , c’est- à-dire pas trop fiable que certains candidats à la
magistrature veulent aller à l’école de Rock Gnassingbé : la potion magique.
Puisque la recette a merveilleusement marché pour le président de
la
Fédération,
elle fait des émules dans la corporation. Les confrères sont tentés de
l’expérimenter eux aussi. Et pourquoi pas ? Comme ça a fonctionné pour
Balakyèm, ça peut fonctionner pour Kodjo aussi. On ne « sait pas jamais » !
Pour ceux
qui ne le savent pas, la recette Rock Gnassingbé consiste à acheter la
conscience des électeurs et à leur faire ingurgiter une potion mystique
d’alliance sacrée préparée par un marabout. En présence de celui-ci, le
votant encaisse l’argent boit la potion et jure de voter Django. Au cas «
zoù », il prend l’argent et ne vote pas le Fils du père, il récolte les
conséquences. La méthode a fonctionné à merveille. Les « con-de-frères »
veulent aussi s’essayer à cette méthode. L’Hôtel Excellence serait
réquisitionné pour ce faire. Les journalistes n’ayant pas de moyens
colossaux comme Rock pour promettre 5 millions à chaque électeur (ils
dépassent la centaine), il est promis à chacun un repas copieux à l’hôtel
plus un paquet de «gonazo » (amuse-gueule). Qui dit mieux?
Django égal
à lui-même
Il
a beau crier sur tous les toits que seuls les imbéciles ne changent pas,
l’autre fils du père qui trône à la tête de
la
Fédération Togolaise
de Football(FTF) ne changera jamais. N’allez surtout pas croire qu’il est
un imbécile. L’improvisation, la cacophonie et le cafouillage sont les
choses les mieux partagées chez lui. Il a encore démontré cela le vendredi
dernier.
En
effet, c’est ce jour-là où devrait être signé le contrat avec le technicien
Bèlge Jean Thissen. La nouvelle a été annoncée sur les médias la veille, et
les journalistes ont été conviés à l’Hôtel Ibis où devrait se dérouler la
cérémonie. Le lendemain comme convenu les paparazzis ont pris d’assaut
l’hôtel. L’entraîneur, les journalistes, les nouveaux membres de
la
Commission
médias bien tirés à quatre épingle, tout le monde était là et faisaient des
pieds de grue sauf Rock et ses ouailles. Après plus de deux heures d’attente
inutile pour les uns et une heure et demie pour les autres, tous ont été
tous priés de disposer. La raison invoquée : le Prince a raté son vol.
D’abord, c’est le Secrétaire Administratif de
la
Fédération
qui envoya un émissaire pour informer les journalistes que la cérémonie
n’aura plus lieu parce que le ministre a voyagé avec l’argent. Quelques
minutes plus tard, c’est « Salaud » Koffi qui vient leur annoncer que le
ministre n’a pas voyagé mais plutôt c’est Rock qui a raté son vol. On ne
sait pas qui dit vrai et qui dit faux.
Au
fait, est-ce que c’est ce vendredi matin-là que le Prince devait quitter
l’Italie pour arriver à Lomé et prendre part à la cérémonie ? S’il avait
raté son avion la veille parce qu’il a trop dormi pourquoi n’a-t-il pas
informé tôt les autres membres de la Fédé
pour qu’on annule la cérémonie ? Et dire que les membres de
la
Commission
médias n’étaient pas aussi informés. Drôle de Fédération ! Pourvu que le
fils du père ne rate pas aujourd’hui le «Zémidjan».
Améyi dans
le rang
Depuis l’élection d’un nouveau bureau à la tête de
la
Fédération,
le premier vice-président Gabriel Améyi se fait très minuscule. Le gourou de
Womé est très discret et ne se dresse plus sur ses ergots comme avant. Ce
n’est pourtant pas de sa nature. Quand on se rappelle tout le bordel que
l’homme a semé à
la
Fédération,
beaucoup s’étonnent qu’il puisse rentrer si rapidement dans le rang et
devenir un enfant de chœur, un béni-oui-oui de Rock Gnassingbé. Hier tout
était à l’humeur et l’expression d’égo du Grand manitou de Womé. Quand le
président de
la
Fédération fait son choix, le vice-président opte pour la position
contraire. Conséquence, la Fédé
n’arrivait pas à parler d’une seule voix et ne faisait que tourner en rond.
Mais depuis le retour du commandant en chef du Régiment Blindé de
Reconnaissance et d’Appui avec ses méthodes militaro-gendarmesques, Améyi
semble perdre ses ardeurs nuisibles dont il faisait preuve sous Tata Avlessi.
Le
fils du père, pour faire ramper ceux qui lui tiennent tête, ne manque pas de
leur dire qu’il conduit les chars d’assauts. Le président du CNOT n’a pas
hésité à rappeler lui aussi aux anciens nouveaux membres de
la
Fédération
lors de leur prise de fonction qu’ils ont maintenant sous leur direction un
militaire. Depuis, Gabriel Améyi est rentré dans le rang. La peur du
gendarme est le début de la sagesse n’est-ce pas?
La
Croix-Rouge Togolaise
très fâchée contre les «particules»
La
Croix-Rouge Togolaise
(CRT) fête son jubilé d’or depuis le jeudi 26 février 2009. A cette
occasion, elle a profité pour « spliquer » aux uns et aux autres le
fonctionnement de son organe. Et pour cause. Les gens la traitent de tous
les noms d’oiseaux pour son absence sur certains lieux de manifs. Selon des
informations, il suffit qu’on organise une danse de « Kamou » agrémentée de
« Tchouk » (boisson locale) quelque part, que les organisateurs attendent
que la CRT vienne secourir les ivrognes. Il semble même que certains
Togolais espèrent l’intervention de cette institution dans les scènes de
coépouses, de l’infidélité pour éteindre les querelles. Au regard de ceci,
elle tient à réaffirmer sa non ingérence dans ces genres d’affaires.
Par ailleurs, à quelques mois de l’élection présidentielle et vu son
engouement,
la
Croix-Rouge
s’est montrée très critique à l’endroit des partis qui demandent ses
services. Son responsable s’est mis à déverser sa colère sur les
«particules», les petites formations politiques qui pour lui, ne savent pas
faire des demandes de couverture, mais font des critiques naïves à l’endroit
de son organe qui est impartial. En retour, il minimise leur
représentativité et les multiplie même par zéro. N’est-ce pas gravissime
quand on sait tout ce que ces partis ( PDR, Le Nid, NDP…) ont apporté au
RPT, que dis-je, au Togo ? Si ces partis sont à l’ecoute, qu’ils apprennent
dorénavant à rédiger les demandes comme le font les partis représentatifs.
Payer 1000 F
pour avoir son bulletin de paye
Malgré tous les boucans qu’on fait pour lutter contre la corruption, force
est de constater que ce phénomène suit son petit bonhomme de chemin. On se
demande si la commission anti-corruption et du sabotage économique existe
encore dans ce pays. Son « prégo », Assiongbon Folivi s’est totalement
éclipsé depuis des lustres. S’il ne veut plus travailler, qu’il le dise pour
qu’on lui délivre un certificat de poltron, plutôt de retraite. C’est depuis
l’ère du Gnassingbé père qu’il a essayé de capturer dans ses filets les
poids plumes parmi le lot de corrupteurs. Mais avec le fils, c’est le
silence radio qui continue malgré les ateliers, les séminaires et la
célébration en pompe de la journée internationale de lutte contre la
corruption. On ne sait pas pourquoi le gars préfère rester dans sa tour
d’ivoire. Y-a-t-il quelqu’un qui lui barre la route ? On n’ose pas croire
que le « p’ti » et ses jeunes « carnassiers » peuvent constituer des
obstacles pour sa noble mission. On aimerait l’informer sur la corruption
qui bat son plein dans l’enceinte de la direction de LIMUSCO. Selon des
informations, les agents de la Direction de l’Inspection du 1er degré
exigent 1000F CFA à chaque enseignant qui veut obtenir son bulletin de paye.
Celui qui ne veut pas corrompre, se voit refuser le bulletin. Les jeunes
recrues qui ne veulent pas suivre l’habitude de l’inspection ont fait des
va-et-vient jusqu’à fatiguer. « C’est mal nous connaître » ne cessent de
répéter ces agents à qui veut les entendre.
C’est la
main droite « Missié » l’agent
La famille
des « cotiseurs », pardon, des douaniers s’est agrandie. La semaine
passée, les nouveaux « mon pays » qui vont cotiser, que dis-je, travailler à
la Douane
« Gnassingbélandaise » ont prêté serment. Ils étaient tellement nombreux
que certains opérateurs économiques ont eu la chair de dindon «rignin »
qu’en les voyant sur les petits écrans. Il se dit que le jour de la
prestation de serment, l’un d’eux s’est trompé sur la main qu’il devait
lever pour « jirer ». Ce n’est pas « capable ». Un « mon pays » qui se
trompe de main pour dire « Je le jire », on n’a « jamaiment » vu ni entendu
ça quelque part. Notre ami avait premièrement levé sa main gauche. A cet
instant, il paraît que ses parents et amis avaient eu honte des pieds
jusqu’aux racines des cheveux et que c’est grâce à l’aide du public, qui
lui soufflait « droite, droite» qu’il à fini par lever sa main droite au
grand soulagement de ceux-ci. Si le gars avait entendu tout ce qu’on avait
dit sur lui le jour là, il allait tout simplement dégainer son fusil et
envoyer ses détracteurs en enfer. Nous, on ne comprend pas les gens. Où est
son mal s’il s’est trompé de main ? Lever la main ne fait pas partie de leur
entraînement. Mais seulement on a peur qu’on l’envoie prématurément en taule
avant même qu’il n’ait goûté au fruit de ce travail dans lequel coulent le
miel et le lait. Parce qu’on sait qu’il ne faut pas blaguer avec les « mon
pays ». Et ça ce n’est pas les anciens qui vont nous démentir.
La TéVéTé
et ses séries
Beaucoup
reconnaissent qu’ils ne peuvent pas se passer de certains feuilletons,
séries, émissions de la TéVéTé
malgré les nombreuses imperfections dans l’exécution de ses programmes.
Cependant, ce n’est pas une raison pour qu’elle persiste dans ses habitudes
qui frisent l’impertinence. Parce qu’elle sait que les téléspectateurs
suivent avec plaisir surtout leurs feuilletons font du « gn’importe» quoi.
Qui ne sait pas que le feuilleton intitulé «
La Belle
mère » est presque arrivé à sa fin. Au lieu de passer raisonnablement les
derniers épisodes pour permettre aux gens de bien suivre et de tirer la
moralité, elle est là à les émietter. Avant donc d’ouvrir les yeux pour
suivre le feuilleton, on se retrouve déjà à la fin comme par enchantement.
En ce qui
concerne le feuilleton « Munèca Brava », c’est « plus pire ». Les
téléspectateurs se demandent quand il va se terminer. Avant, on le passait à
19h 25 de lundi à jeudi. Sans préavis, on le passe le samedi et le dimanche.
Au lieu de montrer les phases intéressantes, on se focalise sur les parties
où des filles en forme spaghetti exhibent leur corps en dansant en string ou
en petites culottes avec des fesses à faire baver même le plus vieux des
eunuques. N’est-ce pas que c’est la TéVéTé
elle-même qui en un moment donné cachait avec son logo toute image qui
montrait les corps nus ou des séances chaudes ? Franchement, les
téléspectateurs en ont marre de voir ses filles se trémousser dans chaque
épisode de cette série. Il serait bon de couper un peu ses séquences pour
qu’ils puissent voir le dénouement de ce film. A quand la fin du supplice ?
Certains élèves étaient au CP2 quand on commencé cette série. Ces enfants
ont reçu leur CPDC, kéi, CEPD mais la série n’est toujours pas arrivée à son
terme. |
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Liberte Hebdo # 468 du
24 fev. 2009 |
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Interview exclusive de Patrick Lawson : « Ce que nous
avons entendu au sortir de la réunion du 17 février, ne reflète en rien la
réalité des débats » |
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Le premier vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), Patrick
Lawson, se prononce sur les discussions au sein du Cadre permanent du
dialogue et de concertation (CPDC). Dans cette interview, il revient sur la
séance du mardi 17 février qui a abouti à la suspension des travaux, la
question de la facilitation et expose les préoccupations de son parti en ce
qui concerne les réformes politiques. Il affirme en outre que son parti n’a
jamais rencontré le chef de l’Etat depuis le démarrage des travaux du CPDC.
« Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos
collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle
rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine
ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire au résultat de nos travaux »,
déclare-t-il. Lisez plutôt. |
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Monsieur
le Président, pourquoi faites-vous de la question du recours à la
facilitation une nécessité ?
Gouverner, c’est prévoir. Prévoir, c’est organiser et envisager l’avenir
avec sérénité. C’est dire que nous ne voudrions pas faire croire aux
populations une fois encore que tout va bien sans envisager que c’est une
œuvre humaine que nous accomplissons et qui peut être pleine d’embûches.
C’est ainsi que la question de la facilitation se pose.
Pour faire simple, le chef de l’Etat a
pris un décret qui englobe en un, deux chapitres importants de l’Accord
politique global issu du dialogue inter togolais de Ouagadougou.
Les
réformes politiques sont prévues pour être faites dans un temps donné dans
le but d’aller vers des élections apaisées, équitables et vers la
réconciliation nationale. Il s’agit des réformes politiques (conditions de
participation aux élections, réformes institutionnelles et
constitutionnelles). Des sujets qui ont toujours divisé les Togolais et qui
les ont exposés aux violences meurtrières inouïes. Dans ce domaine, il n’est
pas évident que les ententes soient harmonieuses. Et jusqu’à ce que nous
retrouvions l’harmonie et la concorde nationale, nous avons encore besoin
d’être accompagnés par les amis du Togo et nos partenaires en développement
qui n’acceptent de nous aider qu’à condition d’organiser des élections
libres, transparentes et équitables, et la bonne gouvernance politique. Et
donc, conformément à l’esprit de l’APG, le consensus doit prévaloir et le
recours à tous ceux qui peuvent nous amener à nous entendre pour sortir de
cette crise s’impose : d’où la nécessité du dispositif de la facilitation.
Si en définitive, on n’en a
pas
eu besoin, tant mieux pour nous tous.
Le
deuxième chapitre concerne tous les problèmes qui peuvent survenir après
cette paix retrouvée et qui concerne la gestion quotidienne du pays et tous
les autres problèmes d’intérêt national. Un chef d’Etat issu d’élections
transparentes, jouira de légitimité populaire. De plus, les fonctions
régaliennes de l’Etat l’autorisent à consulter qui il veut et quand il veut.
Point n’est besoin que le chef de l’Etat recourt à un facilitateur pour
savoir s’il doit lutter contre la vie chère, doter le pays
d’infrastructures, relancer la croissance économique, lutter contre les
licenciements. Il lui est loisible de consulter qui il veut, comme il veut
et quand il veut chaque fois qu’il le jugera nécessaire et utile pour la
nation. C’est cette confusion qui bloque les travaux du CPDC. En lisant bien
le décret, vous vous rendriez compte.
Dans les dispositions générales, l’article premier prévoit : « Il est créé
un Cadre permanent de dialogue et de Concertation (CPDC) pour connaître des
questions d’intérêt national » alors que l’article 2 dispose : « Le Cadre
permanent de dialogue et de concertation regroupe les partis politiques
représentés à l’Assemblée
nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le Gouvernement…
».
Dans les attributions et fonctionnement, l’article dit : Le CPDC est chargé
:
-decréer,
par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation
des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et
des principes démocratiques et républicains notamment :
. la constitution ;
. la charte des partis politiques ;
. le code électoral et la régularité des scrutins ;
. les prérogatives constitutionnelles des institutions ;
. l’accès équitable aux médias d’Etat ;
. les droits et devoirs de l’opposition ;
. le code de bonne conduite.
-et de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de
la culture citoyenne au sein des populations ».
Et c’est cet article 3 qui prend pour le compte du CPDC, les attributions
visées par l’APG. Les points listés par cet article sont hautement
politiques, ont divisé les Togolais et sont les problèmes qui nous ont
conduit aux différents dialogues avec facilitateurs, singulièrement au
dialogue inter togolais d’août 2006.
La main sur la conscience, serait-il responsable de notre part de penser que
ces problèmes seraient réglés au point de ne pas prévoir des amis qui
peuvent nous aider en cas de difficultés ? C’est la raison et nulle autre,
qui nous a amenés à demander au CPDC de prévoir cet arsenal et éviter de ne
chercher des issues qu’une fois face aux difficultés.
Que
s’est-il passé donc le mardi 17 février 2009 dans la salle de conférence de
la Primature
?
Je
voudrais dire que si d’autres ne s’étaient pas répandus sur le sujet
publiquement à la sortie de ce jour, je me serais gardé de le faire.
Mais ce que nous avons entendu dire ne reflète en rien la réalité des
débats. En effet, la question de la facilitation n’a pas permis dès la 2ème séance
d’adopter le Règlement intérieur. Or, toute organisation humaine qui
n’adopte pas des règles de conduite dès le départ, est vouée à l’échec. Et
nous avons soutenu cette position dès le départ.
Seulement, pour prouver notre bonne volonté et justement pour ne pas donner
l’impression de vouloir bloquer les travaux du CPDC, nous avons accepté que
les débats se poursuivent sur les autres points.
De peur d’accumuler les points de désaccords sans prévoir qui nous aidera
d’une manière neutre à les régler, le CAR et l’UFC ont demandé qu’à la
séance du 17 février, ce point qui n’est pas un simple problème de forme,
soit discuté et réglé.
En dehors de notre position qui a consisté à dire : « En raison de la crise
de confiance au plan national, l’UFC demande le recours à la facilitation en
cas de blocage des discussions sur tous les sujets relatifs aux réformes
politiques (loi électorale ; réformes constitutionnelles et
institutionnelles) prévues par l’APG. Pour ce faire, l’UFC demande une
suspension de séance jusqu’à vendredi 20 février inclus. Cela permettra aux
représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants et que chaque
composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion.
le CAR a dit : « Nous
soutenons le principe de la suspension et demandons qu’on en profite pour
permettre au représentant du Président du cadre, de rendre compte au chef de
l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une solution ».
Le RPT a dit qu’« il faut poursuivre les travaux ; cela nous évitera de
remettre en cause les acquis auxquels nous sommes parvenus ».
Le gouvernement a déclaré: « En dépit des divergences sur un éventuel
recours à la facilitation, les représentants du gouvernement demandent que
les discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage, un recours soit fait
au chef de l’Etat ».
Mais le président du CPDC a refusé de publier leurs positions pour tenter de
jeter l’UFC en pâture. Faire croire que cette demande de suspension, somme
toute salutaire pour une poursuite lucide de nos débats, est l’œuvre de la
seule UFC qui voudrait voir échouer les travaux du CPDC, est une véritable
inexactitude qui ne correspond pas à ce qui s’est passé et que je viens de
vous relater.
S’il y a des membres du CPDC qui recherchent le consensus et cherchent à ce
que ces dissensions aboutissent, c’est bien l’UFC. Car, les lois scélérates
qui ont régi les processus électoraux au Togo ont fait trop de victimes. Ce
que nous ne voudrions plus pour la terre de nos aïeux.
Jeudi dernier, il a été fait état
d’une rencontre entre le chef de l’Etat et les partis politiques. Que
peut-on retenir de cette rencontre ?
A ce que je sache, les partis membres du CPDC n’ont pas rencontré le
chef de l’Etat depuis que nous avons commencé à travailler sur les sujets de
l’heure. Depuis le 17 février, il y a une suspension qui donne le temps de
réflexion à chacune des composantes. Mais nous apprenons un peu partout
qu’une rencontre aurait eu lieu avec le chef de l’Etat. Nous sommes un peu
surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne
semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que
nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait
nuire au résultat de nos travaux. Voyez vous-même, c’est par voie de presse
qu’on a appris qu’on a rencontré le chef de l’Etat. Nous sommes allés
acheter Togo-Presse pour voir de quoi il s’agissait et on a lu le communiqué
disant que le Chef de l’Etat a rencontré les membres des partis
politiques. A l’heure où nous parlons, nous ne connaissons ni la teneur des
discussions ni les composantes qui ont rencontré le chef de l’Etat. C’est
vous dire qu’en réalité, le Cadre permanent de dialogue et de concertation
est prévu pour être un fourre-tout et ne sied pas en principe aux
discussions ayant trait aux réformes politiques. Mais c’est ce qu’on nous a
proposé, c’est pour cela que nous nous battons pour que ça puisse bien se
dérouler. Donc nous n’avons jamais été invités par le président du CPDC.
J’espère que bientôt on identifiera les partis qu’il a rencontrés.
Après ces quelques jours de réflexions et de suspension, quelle est votre
position sur la question de la facilitation ?
Notre position est celle qui consiste à rassurer. Je vous l’ai dit tout à
l’heure, nous sommes des humains et nous nous connaissons. Les sujets dont
il s’agit sont des sujets hautement politiques et qui préoccupent les
Togolais. Nous disons tout simplement qu’il arrivera un moment où il nous
serait difficile de trouver des solutions comme dans du beurre. Et si ce
moment advenait, que ce ne soit pas en ce moment qu’on aille chercher qui va
nous aider à nous comprendre et à résoudre les problèmes. Recherchons-le dès
maintenant et s’il advient qu’il n’a servi à rien, nous dirons tant mieux.
Mais nous disons qu’il faut mettre à profit ce temps pour aller vers
l’acceptation du principe d’un facilitateur. Voilà ce que nous avons fait
pendant ce temps. Nous avons eu des contacts avec nos populations, avec le
bureau national et avec le groupe parlementaire UFC. Ils nous ont dit que
notre analyse est bonne et correcte et qu’il faut prévoir cette facilitation
pour que le Togo ne retombe pas dans une situation de blocage.
A
un an de la présidentielle, pensez-vous qu’on puisse discuter de tous les
problèmes ayant trait aux réformes institutionnelles et constitutionnelles?
Nous, nous pensons qu’il est possible qu’on puisse discuter de ces
problèmes. Mais nous pensons également que ce n’est pas une honte que de
prévoir que des amis puissent nous aider en cas de difficultés. Donc, notre
préoccupation c’est que rapidement on puisse finir la loi électorale pour
permettre à nos partenaires et bailleurs de fonds d’enclencher le processus
électoral. Nous sommes également préoccupés par le contenu de ces textes. Le
contenu de ces textes qui nous évitera à l’avenir les affres du passé. C’est
pour cela que nous essayons de trouver l’équilibre nécessaire dans la
composition de la CENI, de même que les points qui ont posé des problèmes
par le passé. Nous discuterons forcément et clairement sur les conditions
d’éligibilité, donc de participation à ces prochaines élections. Nous
discuterons de la situation des Togolais qui peuvent être omis sur la liste
électorale. Quel sort leur sera réservé ? Ce sont des problèmes qui nous
préoccupent. De l’autre côté, nous discuterons des réformes
institutionnelles et constitutionnelles ; par exemple, de la réforme de
la Haute Autorité
de l’Audiovisuelle et de la Communication pour qu’elle devienne un organe de
régulation et non une institution à la solde du régime. Nous voudrions nous
pencher là-dessus. Il en est de même de
la Cour constitutionnelle. Désormais, nous
voudrions que
la
Cour Constitutionnelle elle-même puisse aller chercher les résultats
dans les bureaux de vote et pouvoir faire l’état de rapprochement avec ce
qu’amènera
la
CENI, etc. Dans les discussions que nous avons, nous avons d’autres
problèmes très importants, le financement des partis politiques qui n’est
pas un problème réglé puisque le critère choisi ne permet même pas aux trois
partis à l’Assemblée nationale d’en bénéficier et nous ne savons pas comment
cette répartition est faite. Il y a la question du statut de l’opposition
qui, face à tous les problèmes qui se posent, devient aujourd’hui une cerise
sur le gâteau parce que des problèmes de loin plus sérieux sont posés
actuellement. Et je n’oublierais pas
la Cour des comptes qui doit être mise en place
pour un meilleur contrôle, une meilleure gouvernance économique dans le
pays. C’est seulement avec
la
Cour des comptes que l’Assemblée nationale pourra également exercer son
contrôle sur l’exécutif. En ce sens que sans la Cour des comptes,
aujourd’hui, nous ne pouvons pas avoir ce qu’on appelle la loi de règlement.
Voilà, grosso modo ce qui nous préoccupe et nous voudrions qu’on puisse le
faire consensuellement et être aidées pendant cette période.
Votre adversaire politique souhaiterait que vous mettiez un peu d’eau dans
votre vin, qu’en dites-vous?
Je
ne sais pas ce que ça veut dire parce qu’à chaque fois qu’on nous a dit de
mettre de l’eau dans notre vin, on en a mis et on s’est rendu compte que
finalement on buvait de la mauvaise eau puisqu’il n’y a même plus de vin,
il y a eu trop d’eau. C’est pour vous dire tout simplement que nous ne
sommes en rien aujourd’hui exigeants sur un point. Avoir recours à la
facilitation conformément à l’APG, est-ce que c’est demander trop ? Nous ne
demandons pas la facilitation pour tous les problèmes à caractère national
qui pourront surgir au Togo. Nous insistons sur les problèmes qui nous ont
divisés et qui nous ont amenés au dialogue. Ces problèmes, nous n’avons pas
achevé leurs discussions, on veut les achever, il faut que nos partenaires
en développement, ceux qui aident dans le processus électoral puissent être
là, et qu’un facilitateur puisse aider, pas forcément pour nous imposer
quelque chose mais pour nous aider à nous comprendre peut-être, c’est ce que
nous disons. En quoi nous sommes extrêmement exigeants ? Je ne vois pas.
Maintenant sur la composition de
la CENI, nous avons fait beaucoup de
concessions d’ailleurs. Puisque notre souhait était de ne pas voir du tout
un membre du gouvernement dans
la
CENI, nous avons fini par accepter qu’il en ait un qui puisse servir de lien
entre le gouvernement et la CENI, dans les cas où
la CENI
aurait besoin des services de l’Etat. Nous l’avons accepté de bon cœur. Nous
avons contribué à ce qu’on trouve une solution pour la représentation au
titre de la société civile, pour les partis politiques, ce n’est pas nous
qui faisons les calculs mesquins. Ce que nous avons dit est le suivant : il
faut rechercher un certain équilibre. Qu’est-ce que nous appelons équilibre
? Pour le RPT et le gouvernement, ils sont majoritaires à l’Assemblée
nationale en sièges. Nous, UFC et le CAR, nous sommes majoritaires en voix.
Ce sont ces voix-là qui ont permis de redistribuer les sièges ;
malheureusement le découpage électoral inique et l’achat des consciences
n’ont pas permis de proclamer les résultats reflétant la volonté populaire.
Mais pour cette raison et faire court, nous avons dit qu’il n’est pas
nécessaire qu’on continue à se chamailler sur ces deux notions mais
considérons qu’il y a une partie qui est majoritaire en voix et l’autre qui
est majoritaire en siège, trouvons l’équilibre. Et l’équilibre qu’on a
trouvé c’est six pour chaque composante mais quand une composante demande à
l’autre à connaître comment elle va répartir le nombre qu’elle a obtenu en
son sein. A partir de là, cette composante qui est le pouvoir se mêle de ce
qui ne la regarde pas. Voilà des problèmes, ils sont simples, nous ne voyons
pas qu’on formule des exigences qui ne peuvent pas trouver de réponses
aujourd’hui. Et c’est en cela que nous sommes inquiets. Sur des sujets qui
sont aussi accessibles, on ne parvient pas à nous entendre. Qu’est-ce que ça
va être avec des problèmes beaucoup plus ardus. Et nous disons donc qu’il
faut dès maintenant qu’on se prémunisse en recherchant un facilitateur.
Qu’est-ce qui sous-tend la tournée de sensibilisation qu’a entreprise votre
parti depuis quelques semaines ?
En
fait, c’est une demande forte des populations qui veulent comprendre ce qui
se passe. Ces populations nous encouragent à aller dans la voie de la
clarté, afin que les prochaines élections ne soient plus conflictuelles et
sanglantes. Elles se disent partout prêtes pour nous soutenir dans toutes
les actions républicaines que nous envisagerons.
Au Togo, on oublie souvent que les manifestations même de rues, sont prévues
par
la République
et l’Etat de droit. Ce sont des moments de symbiose et d’encouragement pour
nous.
réalisée
par Didier Ledoux
Financement de
la Presse : Un vœu pieux des autorités ?
Nous étions en 2008 lorsque les autorités togolaises, conformément au code
de la presse et de la communication, prirent en conseil des ministres un
décret portant aide de l’Etat à la presse. Dans un premier temps, cette aide
à la presse avait été envisagée pour être effective dans le courant de la
même année. Puis, prétextant que l’année 2008 allait presque à son terme,
les autorités auraient décidé après, de reporter la matérialisation de
ladite aide sur l’année 2009. L’enveloppe prévue à l’époque s’élevait à 300
millions de FCFA que les médias privés (radio, télé et presse écrite)
étaient sommés de consommer avant le 31 décembre 2008. Rapidement une équipe
s’était constituée pour étudier les modalités d’attribution. Rappelons que
ce qui avait été voté par l’Assemblée à l’époque et pour le compte de
l’année 2008 était de 50 millions et qui avait été jugé insuffisant par
certains partis.
On en était là, lorsqu’au début de cette année 2009, le
président de
la
République, lors de la présentation des vœux, informa les bénéficiaires,
qu’il faisait passer cette enveloppe budgétaire de 75 millions (?) à 350
millions de francs CFA. Globalement dans cette histoire d’aide à la presse,
c’est du flou. Que sont devenus entre-temps les 300 millions de francs
retenus en 2008 pour être distribués à la presse à titre d’aide ? Depuis la
première semaine de janvier jusqu’à ce jour, plus rien. La moindre
information ne circule plus à propos de cette aide à la presse. Un flou
complet sur la période de son effectivité prévaut. Dans une telle situation
de flou, n’est-on pas en train de s’acheminer vers la fin de l’année 2009
sans que les directeurs de médias privés ne puissent entrer dans ces fonds,
étant donné qu’au Togo les effets d’annonce ont pris le pas sur la
concrétisation des intentions ? S’achemine-t-on vers un report bis sur 2010
?
Cela ne doit être une surprise pour personne, car nous
sommes au Togo où tout est possible. De toutes les façons, depuis leur
création, certains média privés se sont toujours débrouillés avec leurs
propres moyens, (un à 15 ans, voire plus pour certains médias) sans l’aide
de l’Etat et ce n’est pas l’annonce ou l’attente d’une éventuelle aide de
l’Etat qui va constituer un frein au fonctionnement normal de ces structures
de communication. Il n’est pas inutile de faire un rapprochement entre
l’aide de l’Etat aux partis politiques et celle à la presse pour dire qu’il
suffit pour l’Etat de prendre pour une fois l’initiative de donner le coup
de pouce aux institutions privées pour y voir une œuvre extraordinaire à
leur endroit. Or, dans d’autres pays d’Afrique, c’est une pratique tout à
fait normale qui passe sans sourciller. Pour la première fois au Togo que
cela doit se passer, on semble en faire l’EVENEMENT du siècle.
Pour peu qu’une fois l’Etat décide de concéder un avantage
à des structures créées par le privé, il faut déplorer l’esprit mesquin et
obscurantiste dont on entoure la chose. Il n’y a qu’à se rappeler la «
querelle » ou la polémique inutile créée par le RPT et le pouvoir à
propos des critères de répartition des 100 millions destinés aux partis
politiques. Or les textes avaient déjà réglé le problème de manière
explicite et sans aucune ambiguïté. Entre-temps, le pouvoir avait prétendu
avoir déjà remis à chaque parti le chèque relatif à sa quote-part. Et au
même moment certains déclaraient n’avoir absolument rien reçu.
Pour ce qui est des journaux privés, aujourd’hui sur tout
le territoire, on en dénombre un peu plus de 80 journaux privés. Pour la
radio, on comptabilise environ 80 chaînes et une douzaine de chaînes de
télévision privée. Il convient de signaler dans ce lot de plus d’une
quatre-vingtaine de journaux privés, des confrères que l’on s’amuse à
désigner parfois sous le vocable sans méchanceté de « raromadaire »,
parce que ne respectant pas le rythme hebdomadaire de parution. Face à cette
pléiade de journaux privés, de radios et de télés (au total environ 175
médias), quelle est la consistance même de la quote-part qui devra en
définitive revenir à chacun des directeurs de média ? Faites le calcul et à
vos stylos !
De grâce, que les autorités se prononcent et situent
clairement les responsables de médias sur le chronogramme à propos de la
jouissance effective de ce don. Assez de ces effets d’annonces. Et si
l’octroi de ces fonds ne tient plus, qu’on se dépêche d’en faire part aux
ayants droit, plutôt que de les laisser dans une attente
indéterminée.
Alain Simouba
Ministère de la Santé : Le ministre Komlan Mally accusé de népotisme et
d’attribution de marchés gré à gré
Au Togo, le népotisme étant la
chose la mieux partagée, chaque heureux nommé à un poste ministériel fait
entrer des membres de sa famille, de son village ou de son ethnie dans le
département dont il a la charge. Dans de pareilles conditions, le pas est
vite franchi pour les dérapages. Actuellement, beaucoup de personnes,
surtout les partenaires du Togo, se plaignent de la manière dont le
ministère de
la
Santé est géré.
L’ancien Premier ministre Komlan Mally à qui a échu ce portefeuille lors du
dernier remaniement, est accusé d’avoir fait des recrutements qui ne cadrent
pas avec les dispositions des textes relatifs à
la Fonction Publique
au Togo. Il a engagé un certain Assedi qui n’est pas un agent de la fonction
publique et qui était avec lui à la Primature. Nommé Attaché de cabinet à la place d’un agent de l’Etat qui est
affecté et garé dans un autre service, le sieur Assedi serait payé sur le
budget des différents centres hospitaliers. Selon les informations en notre
possession, il règnerait en maître dans ce ministère et mènerait ses
collègues par le bout du nez. « Il joue au super cadre du ministère et il
n’a d’égards pour personne. Comme c’est l’un des bras droits du ministre, il
se croit tout permis. C’est un véritable enfer que nous vivons », se
plaint un employé qui a requis l’anonymat.
L’autre commis du ministère qui défraie la chronique est le sieur Potchona
qui est fait Conseiller à la Communication. Il se comporte également comme bon lui semble.
Par
ailleurs, dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée
nationale, le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a établi un programme
d’urgence qui touche cinq secteurs : infrastructures et transports,
agriculture, santé et éducation. Au niveau de la santé, les actions
sélectionnées dans le cadre du plan d’urgence visent entre autres à
développer les équipements de stockage des centres de santé ; l’amélioration
et la disponibilité des médicaments (antirétroviraux notamment) ; le
développement des ouvrages d’assainissement ; une contribution à la mise en
œuvre du programme élargi de vaccination (PEV)… C’est dans cette optique que
le ministre de la Santé Komlan Mally a engagé un certain nombre de travaux
et se voit régulièrement sur le terrain. Mais les marchés ne seraient pas
attribués selon les règles de l’art. Certains parlent des contrats gré à gré
alors que d’autres affirment que parmi les entreprises choisies pour
l’exécution des travaux, la plupart gravitent autour du ministre. On susurre
également que le sieur Assédi posséderait une société qui obtient souvent
les marchés. Selon nos informations, c’est sa société qui exécute les
travaux de peinture du CHU Kara à 56 700 000 FCFA.
Joint par notre rédaction sur la question de nomination des deux personnes
qui ne sont pas de la fonction publique, le ministre a indiqué que le poste
d’Attaché de cabinet est un
poste politique. « C’est l’homme du ministre. Il n’a pas besoin d’être de
la Fonction Publique.
Ce n’est pas le seul cas de toutes les façons aujourd’hui
», a-t-il déclaré. Sur le cas du sieur Potchona, il a mentionné : « En
tout cas, moi je suis venu le retrouver. C’est le ministre d’Etat Agba qui
l’avait mis là-bas. Je ne sais pas dans quelle circonstance. Moi, je suis
venu le retrouver ».
Concernant les marchés gré à gré gagnés par Assédi, le ministre a dit ceci :
« Il est entrepreneur ? depuis
que je suis venu, on n’a jamais fait de gré à gré. C’est une consultation au
niveau de
la
Commission nationale des marchés. Je ne sais pas s’il a une entreprise. On
n’a pas donné de marchés gré à gré. C’est une consultation pour les travaux
d’urgence. C’est
la Commission
nationale qui a dirigé les travaux et qui a attribué les marchés. Ce n’est
pas le ministère qui est impliqué. J’avoue que je ne sais pas qu’il est
entrepreneur. Ça m’échappe un peu. Mais, pour le poste d’Attaché, je crois
qu’on n’a pas besoin d’être un fonctionnaire. C’est l’homme du ministre.
C’est bien un truc politique ».
Affaire à suivre.
E. Pierre
CPDC : Vers une crise politique de grande ampleur : Les positions des
protagonistes inconciliables
La
suspension des discussions du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
(CPDC) requise par l’Union des Forces de Changement (UFC) est arrivée à
terme vendredi et les travaux sont censés reprendre ce matin. Cette
interruption devrait permettre des tractations pour résoudre la crise de
confiance manifeste qui a éclaté au sujet du recours à la Facilitation.
Mais elle n’aura malheureusement servi à rien, puisque les positions sont
restées figées, chaque camp campant sur les siennes.
Jeudi, le Bureau national et le Groupe parlementaire de la partie
requérante, l’UFC ont tenu des réunions, qui n’auront rien apporté de
nouveau. Dans une déclaration datée de ce jour, le parti réaffirme que «
la crise de confiance qui prévaut dans notre pays exige le recours à
la Facilitation
en cas de blocage ». On persiste et signe que «l’adoption d’un règlement
intérieur incluant cette disposition, est donc fondamentale pour la reprise
et la poursuite sérieuse et sereine des travaux du CPDC ». Ici, on se
dit guidé par « le souci de transparence, de justice et d’équité »,
confirme «sa volonté de contribuer activement à l’adoption et à la mise
en œuvre consensuelles des réformes politiques » et appelle le pouvoir à
épouser aussi ces valeurs. « L’UFC souhaite que le même souci de
transparence, de justice et d’équité anime le régime RPT et le conduise à
aller dans le sens des attentes des populations togolaises ». Par-dessus
tout, le parti appelle le peuple à la vigilance et interpelle la communauté
internationale à « accompagner le Togo dans cette phase cruciale de la
préparation de l’élection présidentielle de 2010».
Le
lendemain, c’est le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui sort un
communiqué. Ici apparemment, on n’a même pas tenu des réunions pour tenter
de désamorcer la crise. En tout cas, le communiqué daté du vendredi 20
février ne le mentionne nulle part. On communique que l’UFC « a fait de
sa position un point de fixation » et « rejeté toutes propositions de
la délégation du RPT, notamment celle de recourir en cas de blocage au Chef
de l’Etat pour trouver les solutions appropriées en concertation avec les
leaders des partis politiques du CPDC ». Pour finir, le RPT a tenu à
préciser que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être
détourné de ses objectifs et estime que ce cadre mis en place par le
Président de
la République
est conçu pour rechercher des solutions consensuelles par le dialogue et la
concertation ».
Selon les indiscrétions, le Chef de l’Etat aurait rencontré dans son antre
les différentes parties prenantes pour tenter de concilier les positions.
Mais rien n’y a fait. Les positions des deux principaux protagonistes, à
savoir le RPT et l’UFC sont restées figées, apprend-on. Un communiqué a été
même fait officiellement dans ce sens. Mais voilà, cette pseudo rencontre de
conciliation ne serait que pur mensonge car les responsables des deux partis
de l’opposition ne reconnaissent aucune rencontre tenue dans ce sens. Ce qui
signifie qu’il y a eu mensonge officiel. A supposer même qu’une telle
rencontre ait eu lieu, le maintien des positions ne montrerait que trop
bien, l’incapacité de Faure Gnassingbé à trouver « les solutions
appropriées » comme on l’allègue au RPT, car il est juge et partie.
Celui qui est censé être l’arbitre n’aurait donc pas été à la hauteur de sa
tâche.
La Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA) a aussi sorti un communiqué vendredi. Le parti
du Professeur Léopold Gnininvi, évidemment, comme tout parti ayant reçu la
fessée électorale d’octobre 2007, pleurniche d’être écarté des discussions
au CPDC. Dans le langage assez diplomatique qu’on lui connaît,
la CDPA a, concernant le sujet, regretté le
blocage au sein du CPDC et « demande expressément au RPT, à l’UFC et au
CAR d’éviter de se comporter comme si la démocratie est déjà établie au Togo
et les invite à cultiver l’esprit d’ouverture et de large consensus »,
après avoir fait des observations.
C’est manifeste, la crise de confiance est consommée et l’impasse est une
réalité tangible aujourd’hui. C’est une autre crise politique qui est ainsi
en gestation car, selon des indiscrétions, le pouvoir s’activerait déjà pour
mettre en œuvre son plan secret, celui d’organiser les choses en solitaire,
comme en 1999 après la signature de l’Accord Cadre de Lomé (ACL). Et nous le
rappelions dans une de nos précédentes parutions. On se rappelle, il a été
mis en place un Comité Paritaire de Suivi (CPS) pour suivre l’application
des recommandations et conduire le processus d’organisation des élections
législatives anticipées. Mais le RPT a créé le blocage et mis le CPS dans
l’incapacité de fonctionner, ce qui lui a fourni des arguments nécessaires
pour faire les choses en solitaire. Par son obscurantisme, son forcing et
ses procédés antidémocratiques, il a réussi à dégouter l’opposition
démocratique qui s’est retirée du processus et l’a laissé faire. Les
conséquences ont suivi. Le scrutin législatif a été organisé en octobre 2002
et bien évidemment les partis d’opposition l’ont boudé et le RPT s’en est
sorti haut les mains. Le RPT se trouve donc dans une telle disposition
d’esprit encore et voudrait bien appliquer la même recette pour organiser la
présidentielle de 2010.
Au demeurant, ce sont les
conséquences de ce même coup de force qu’on redoute. Les évènements d’avril
2005 sont encore vivaces dans les mémoires. Et c’est le lieu d’appeler
la
Communauté internationale à jouer sa partition, avant qu’il ne soit trop
tard.
Pablo E.
Profond malaise à la LIMUSCO : 17 mois d’arriérés de salaires: Les agents
organisent un sit-in de 48 heures à partir d’aujourd’hui
La
vie des agents de la Librairie des Mutuelles Scolaires (LIMUSCO) ne
s’apparente à rien d’autre qu’un enfer. Ils traînent avec eux 17 mois
d’arriérés de salaires. « A ce jour, près de 172 familles vivent dans une
misère sans précédent à
la LIMUSCO
»,
se plaignent-ils. Curieusement, leur situation miséreuse ne semble guère
préoccuper la direction de la LIMUSCO encore moins le ministre des
Enseignants primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Face donc au
mépris dont les agents de la LIMUSCO font l’objet, ils ont décidé de monter
au créneau. Ils observent à partir d’aujourd’hui un mot d’ordre de sit-in de
48 heures dans l’enceinte de
la Direction
de
la LIMUSCO.
« Nous avons l’honneur de venir très respectueusement porter à votre
connaissance les nombreuses difficultés auxquelles les agents de
la LIMUSCO
sont confrontés après plusieurs mois sans salaires (17 mois) et vous
présenter une doléance.
Suite à la politique d’apaisement et de réconciliation
que prône le Chef de l’Etat, son Excellence le Président Faure Essozimna
Gnassingbé qui œuvre inlassablement pour améliorer la vie de tous Togolais
en général et des travailleurs des secteurs public, para-public et privé en
particulier, nous pensons que
la LIMUSCO
ne peut rester en marge de cette décision gouvernementale
», a écrit le Syndicat du Personnel de LIMUSCO (SYNPERLIM) le 16février
dernier au ministre des Enseignements primaire et secondaire et au Directeur
Général de la société.
Les agents, à cause des 17 mois impayés, sont confrontés
à d’énormes difficultés à savoir, des problèmes de frais de scolarité de
leurs progénitures, des engagements pris auprès des banques de la place, le
manque de moyens pour les soins médicaux, les frais de déplacements pour se
rendre au travail, des difficultés pour subvenir aux besoins alimentaires
dans leurs foyers…
Ils demandent aux autorités de faire diligence pour
verser 5 mois d’arriérés afin de soulager leur misère.
Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le
SYNPERLIM interpelle les autorités de tutelle. Le 14 novembre 2008, le
Syndicat avait adressé des doléances au ministre des Enseignants primaire et
secondaire et à
la Direction Générale,
des doléances qui se sont malheureusement heurtées à l’indifférence et à
l’arrogance de Yves Madow Nagou et de Edoh Kougblénou.
Eu égard au mépris dont font preuve les autorités à leur
endroit, les agents de
la LIMUSCO ont décidé donc de passer à l’étape
supérieure.
A l’expiration d’un préavis de 5 jours, ils organisent un
sit-in aujourd’hui et demain à la direction de
la
LIMUSCO. « Nos revendications pacifiques font partie des recommandations
formelles du régime en place qui a choisi la négociation comme porte de
sortie de tous les problèmes », a indiqué M. Issofa Gnande, Secrétaire
Général de
la SYNPERLIM.
Créée en 1974,
la LIMUSCO s’est fixée comme objectif de vendre
les fournitures scolaires à des prix relativement bas afin que dans toutes
les préfectures, chaque élève quelle que soit sa condition sociale puisse
les acheter à peu de frais.
Dans les années 90,
la LIMUSCO
a réalisé un chiffre d’affaires d’un milliard grâce à ses performances. La
structure s’est alors lancée dans le développement du système éducatif au
Togo. Elle a ainsi apporté un certain nombre d’aides au ministère en termes
de constructions des bâtiments scolaires, équipements en matériels et
mobiliers de bureau ou dons d’ouvrages pédagogiques, des aides qui sont
chiffrées à 159.867.762F de 1992 à 1996.
Outre cette assistance,
la
LIMUSCO pourvoyait de l’emploi en recrutant à partir de 1985 des jeunes
diplômés sans emploi. Toutes ces contributions de la LIMUSCO ont permis au
Togo d’être classé parmi les meilleurs taux de scolarisation dans la sous
région. Le succès était tel qu’avant l’an 2000, les autorités de l’éducation
des pays voisins venaient s’inspirer de l’expérience togolaise.
Mais les difficultés de cette société ont commencé en
2001 suite à un changement à la tête de la direction. Selon certains
employés rencontrés, cette nomination n’a pas respecté les procédures
administratives en son point relatif au profit qu’il faut avoir pour occuper
le poste de Directeur Général. Ce dysfonctionnement est à la base des
problèmes de gestion que connaît
la LIMNUSCO
jusqu’à ce jour avec des difficultés financières marquées par 17 mois
d’arriérés de salaires et la baisse du chiffre d’affaires de 1 milliard
dans les années 90 à 115 millions en 2007.
Aujourd’hui, les agents estiment que malgré ses problèmes
financiers,
la LIMUSCO dispose de denses réseaux de
distribution que le gouvernement peut utiliser à bon scient dans le cadre de
la gratuité de l’école au Togo. Pour ce faire, ils demandent que la société
soit soutenue et aidée financièrement pour la relance de ses activités.
M.A.
Sans détour : CPDC : Le pouvoir sera-t-il assez fort pour relever le défi?
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est
porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites»
(Montesquieu)
Aujourd’hui, après une semaine
de suspension, les travaux du CPDC reprennent. Il y a une semaine, ces
travaux ont connu une suspension à la demande de l’UFC, suspension due à
l’intransigeance des hommes au pouvoir face à l’exigence du CAR et de l’UFC
de recourir à la facilitation. Nous n’irons pas demander au pouvoir et à
l’Opposition, de mettre de l’eau dans leur vin, s’ils ont de l’amour pour
leur pays, comme le demandait un confrère il y a quelques jours. Pour notre
part, nous interpellons directement et sans équivoque le pouvoir et le RPT,
seuls responsables de la crise que vit le CPDC depuis sa mise sur pied à
contrecœur par l’exécutif, il y a bientôt trois semaines. En principe, en
aucun cas, cette demande ne devrait entraîner de blocage. Pourtant!
Selon un responsable de l’UFC, une telle demande de suspension avait pour
objectif de permettre au pouvoir, de rentrer en lui-même, pour méditer et
comprendre qu’une telle exigence n’avait pas de raison de constituer un
sujet de blocage. La nuit portant conseil, les Togolais espèrent que les six
nuits qui ont séparé la 7eséance
du CPDC et la 8e qui
s’ouvre ce jour, permettront au pouvoir de relever le défi à lui, lancé par
l’Opposition. Car au fait, si les politiciens togolais ont eu à recourir à
la facilitation pour parvenir à l’Accord politique global (APG), il n’y a
pas de raison de réfuter la même facilitation pour les discussions sur des
sujets aussi coriaces que les réformes institutionnelles et
constitutionnelles renvoyées sciemment au CPDC par les partenaires en
développement qui n’avaient fait les choses qu’à moitié entre 2006 et 2007.
Comment comprendre que le pouvoir puisse admettre le principe de la
facilitation au terme d’une discussion ardue, tout en écartant la
consignation par écrit, s’il était vraiment animé de bonne foi et de volonté
politique ? Et c’est avec raison d’ailleurs que lors d’un débat radiodiffusé
la semaine dernière, un confrère évoquait le fait que, lors des négociations
à Ouagadougou après l’APG, entre l’UFC et le RPT, en présence de Blaise
Compaoré, il aurait été convenu que le poste de Premier Ministre reviendrait
au parti de Gilchrist Olympio. Etant donné que cela n’avait pas fait l’objet
d’un accord écrit, mais limité seulement à un simple accord verbal, de
retour au Togo, la mauvaise foi du pouvoir ajoutée à la complicité du
facilitateur Compaoré qui pouvait bien servir de caution, mais s’était tu,
permettra aux autorités togolaises de ne jamais reconnaître la véracité des
allégations du camp UFC.
Dès
lors, tout le monde comprend aisément que c’est de bonne guerre que l’UFC et
le CAR exigent aujourd’hui que la facilitation acceptée dans son principe
par le pouvoir soit consignée par écrit. Qui a été mordu par un serpent,
craint le ver de terre, dit-on vulgairement chez nous. C’est aussi
l’occasion de dénoncer le laxisme et le manque de sérieux de tous ceux qui
prétendent accompagner le Togo dans l’apaisement du climat sociopolitique et
conduire le pays vers la réconciliation nationale, notamment l’UE, le
facilitateur Blaise Compaoré.
Il
est un peu curieux que depuis environ un an qu’aura duré la réclamation de
la mise en place du CPDC par le CAR et l’UFC sans suite favorable de la part
du pouvoir qui prétendait que moins, il y aurait de cadres pour les
discussions et mieux cela vaudrait, et qu’il y a déjà l’Assemblée nationale
où les problèmes de réformes pouvaient être débattus, alors que ce sont les
textes de l’APG qui avaient prévu cette structure, tout en sachant bien
qu’il y aurait une Assemblée, ni l’Union Européenne, ni le facilitateur
n’avaient jamais réagi officiellement pour dénoncer la marche à reculons du
pouvoir RPT.
De
là, à dire que les «accompagnateurs » des Togolais pour sortir de la
crise, ne sont pas de bonne foi et font plutôt le jeu du pouvoir et du RPT,
ce n’est pas exagéré. La grande question qui se pose ce jour aux Togolais
est de savoir si le pouvoir sera assez fort pour relever le défi que
l’Opposition a cru devoir lui lancer, en lui accordant une semaine de repos
et de réflexion. La fumée blanche sortira-t-elle aujourd’hui du toit
abritant les bureaux du PM Houngbo ? La fin de cette journée du 23 février
nous situera.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Au coin de la boutique (1)
Un expatrié de la communauté
africaine tint depuis quelques mois une petite boutique de prêt-à-porter à
Adoboukomé, un quartier de la capitale. Depuis l’inauguration, c’était bien
ces nombreuses demoiselles du quartier et celles environnantes qui étaient
fréquentes. Non pas pour acheter les fringues, les parfums, les savons,
bref, tous les produits cosmétiques féminins mais, « juste pour le
plaisir des yeux ». Il s’agit d’une initiative du Nigérien Moussa, un
jeune homme à peine âgé de 20 ans. D’un teint noir digne d’un négro, le gars
est de corpulence maigre et de taille élancée. L’on note une absence totale
de fesses chez ce boutiquier mais, son altruisme sans borne faisait de lui
un « gentilhomme » du quartier. Bien évidemment, il avait plus la
sympathie des filles du coin et était très admiré.
En
cette fin de journée, Moussa commençait à s’ennuyer dans sa boutique, où la
clientèle ne s’était pas bousculée. Rien de bien étonnant, la période des
soldes se terminait. Encore une petite demi-heure, et il pourrait rentrer.
Alors il passait le temps comme il pouvait, en regardant l’heure.
Vérification des articles sur les étagères, bien mettre en valeur la
dernière bougie parfumée, les eaux de toilette et leurs lignes de gels
douches, laits pour le corps, crèmes, savons aux senteurs assorties. Cette
boutique, il faut l’avouer est un lieu agréablement odorant qui maintient en
éveil la sensualité de quiconque qui y passe un moment. Mais aussi, le jeune
commerçant chômait de compagnie des jeunes filles qui se bousculaient il y
avait quelques temps autour de lui. Aucun signe extérieur ne justifiait ce
recul extrémiste des allumeuses du quartier qui, étaient déjà passées en
revue par « Yéti, le géant d’un autre monde ».
Finalement, une cliente était entrée à vingt minutes de la fermeture… Comme
elle semblait s’être arrêtée pour de bon devant un présentoir, c’était le
moment pour l’informer, l’inciter. Une jolie cliente d’ailleurs, à peine 18
ans, de teint clair naturel, aux cheveux mi-longs, crantés, artificiels bien
sûrs et aux yeux marron très purs et d’une expression vraiment juvénile,
Laurence s’appelle-t-elle. Aussi, avait-elle un corps aux courbes parfaites,
des fines prunes rondes, haut placées et de forme idéale qu’elle sait mettre
en valeur dans l’échancrure de ses corsages. Elle était d’une taille fine et
des jambes longues et harmonieuses, à la fois charnues et musclées…
Elle était l’une de ces filles aux yeux semblables aux projecteurs d’un
aéronef, symbole d’avidité de gain facile. Elle n’était pas là pour acheter
du parfum, ni une robe quelconque mais elle était là pour charmer le
tenancier de la boutique. C’était parce qu’elle était bien au parfum de la
largesse de cet expatrié. Mais d’autres caractéristiques de l’homme lui
avaient sévèrement manqué. Le boutiquier emporté par le charme de celle-ci,
s’approcha d’elle dans les rayons. «Puis-je vous aider, Mademoiselle ?
», interrogea-t-il d’une voix douce et peu hésitante. « Oui, volontiers.
J’aimerais sentir cette eau de toilette », répondit assez promptement la
cliente qui se tourna vers le jeune patron des lieux dont elle avait cru
avoir tous les détails sur sa personne.
Elle écarquilla davantage ses yeux puis fixa l’homme dans les yeux. Moussa
lui présenta alors le papier imbibé. « Hum, très agréable. Et ceci ?
», demanda-t-elle en touchant exprès du bout solide de ses prunes l’homme.
C’était plus qu’un envoûtement. Le jeune commerçant était emporté. Elle crut
déjà avoir arraché le cœur de l’homme par les petits jeux de ses fins
doigts. Moussa hésita un instant puis lui souffla à l’oreille : « Tu es
vraiment charmante ». Ainsi, elle sélectionna autant d’articles dont
elle n’avait même pas les moyens de se procurer de toute sa vie. A suivre
Tonton D
Au
cœur des « mon pays »
Kolani :
Class, comment vont les affaires chez toi ?
Tchabri
: Est-ce qu’il y a affaires dans ce pays ?
Kolani
: Il n’y a pas affaires et les gens circulent avec de « gros »
voitures ?
Tchabri
: En tout cas moi, je ne sais pas. Si tu connais là où il y a les affaires,
tu peux me le dire.
Kolani
: Il n’y a pas affaires mais tu manges ?
Tchabri
: Ça, c’est comment faire pour prendre. Le ventre, c’est autre chose. Lui,
il ne sait pas si tu as l’argent ou pas. Tu dois le remplir toujours.
Kolani
: De toutes les façons, je pense que tu ne te lèves pas pour mettre les
deux mains dans les cuisses. Tu bouges quand même ?
Tchabri
: C’est normal. Et puis, je suis un garçon et j’ai ma famille sur qui je
dois voir !
Kolani
: C’est ce que j’appelle affaires. Au fait, ce n’est pas pour ça qu’on est
là ce matin.
Tchabri
: Comme toi-même tu le « savaissais ». Au fait pays, comment toi, tu
as trouvé la force du Colonel à la FTF ?
Kolani
: Moi, pour dire vrai vrai, il se précipite trop comme la diarrhée.
Tchabri
: Class, ce que tu dis est trop méchant. Cela a trop duré quand on n’a plus
jamais vu le championnat. Mais lui, il est venu et le ballon a commencé
automatiquement.
Kolani
: Je sais mais c’est que les choses ont été forcées.
Tchabri
: Qui sont les choses qui ont été forcées ? On n’a pas forcé quelqu’un pour
venir faire le championnat !
Kolani
: Je parle des conditions qui ne sont pas bonnes pour le championnat. Les
terrains ne sont pas bien pour un bon football.
Tchabri
: Pour nous, l’essentiel est que le championnat commence. « Bdèma ».
Kolani
: C’est ce que tout le monde veut. Mais il faut que les conditions soient
bonnes. J’ai peur que les joueurs se blessent au cours des matches.
Tchabri
: Si quelqu’un se blesse, un autre va rentrer. Le public veut le
championnat, le colonel est venu et l’a organisé.
Kolani
: En tout cas, moi, je l’ai dit. On va entendre les jours qui vont arriver
pour voir si des problèmes ne vont pas arriver. D’abord, il y a les
licences, les terrains, les prêts…
Tchabri
: N’oublie pas que c’est un « mon pays » qui les dirige. Et si quelqu’un ne
veut pas respecter les ordres, il va directement en taule.
Kolani
: Class, le football n’est pas affaire d’armée.
Tchabri : Tu me fais fâcher la colère. Je vois que tu
es un opposant contre nous. Je te quitte.
Libertinage :
A potion magique,
baguette magique
Les Togolais amoureux du ballon rond se sont vu rebattre les
oreilles comme quoi « Roc », l’autre fils du père, est l’homme qu’il
faut à la place qu’il faut. Il a alors déployé des moyens colossalement
déloyaux pour se hisser à la tête de
la Fédé. Après
avoir utilisé la potion magique pour parvenir à ses fins, beaucoup pensaient
qu’il avait aussi une baguette magique pour faire marcher
la FTF comme sur des roulettes. Aujourd’hui,
la machine semble grippée. Le premier obstacle devant lequel le Fils du père
danse le Rock and roll et le tango est le choix d’un sélectionneur pour les
Eperviers. Là, le lieutenant « Loconel » dont on dit qu’il est dur
comme un roc peine à prendre ses marques. Et pourtant, il se ronchonne que
les techniciens se bousculent au portillon de
la Fédération. La
potion magique est-elle finie ou bien c’est comment ? Si tel est le cas, on
lui propose de jouer à pile ou face ou encore de faire « kôkôta kôkôta
». C’est simple comme solution, vous ne trouvez pas ? Le second couac du
nouvel ancien bureau de la Fédération est le championnat national de
première division. Le fils du père imbu de lui-même fait montre d’un
cafouillage et d’une cacophonie qui l’ont toujours caractérisés durant les
huit « zans » qu’il a passé à
la FTF. Certains
« con-de-frères » courtisans qui veulent rentrer dans les bonnes
grâces du « Rock and roll » se muent en avocat de diable pour
défendre l’indéfendable. Ils ânonnent sur les antennes que l’actuel bureau
exécutif ne peut pas réaliser tous les préalables dans un mois. Est-ce que
c’est nous qui avons donné le délai d’un mois au bureau ? Le comble, c’est
ce pseudo technicien « MALInCKé » qui ne parle et ne réfléchit que
par Rock. Lui qui prétend donner des cours de journalisme à certains
confrères, s’est versé dans les élucubrations et autres sornettes, appelant
les journalistes à regarder dans la même direction. Que de niaiseries ! On
l’avait fait pendant des années avec le père, on sait là où ça a conduit le
peuple.
En tout cas, si de cette manière que le fils du père veut
faire remonter les Eperviers à la première place du classement de
la
FIFA, il a du « Sakomi » sur la planche.
La course aux feuilletons
Inéluctablement, les feuilletons sud-américains sont en
train de ravir la vedette aux autres programmes sur nos chaînes de
télévision. Chaque jour, ces télénovelas tiennent en haleine des milliers de
téléspectateurs qui sacrifient tout à l’heure de leur diffusion.
Il est rapporté qu’au Mexique par exemple, les
téléspectateurs s’identifient tant aux héros et héroïnes que certains
écrivent pour demander qu’on fasse cesser l’injustice subie par un
personnage alors que ce n’était que de la fiction. En Côte d’Ivoire, il y a
quelques années, rapporte-t-on également, des mosquées d’Abidjan avaient
même avancé l’heure de la prière du Ramadan pour qu’elles ne coïncident pas
avec celle de « Marimar ». Face donc aux succès fous que connaissent
ces séries télévisées dans les pays africains et particulièrement au Togo,
une course effreinée aux feuilletons s’est donc engagée sur nos chaînes de
télévision. La chaîne qui ne programme pas ces sitcoms a l’impression d’être
boudée.
La
TVT seule en diffuse quatre. Elle est talonnée par la TV7 dont le début du
second feuilleton est programmé pour aujourd’hui. Viennent ensuite
la TV2,
la
RTDS et la LCF avec un feuilleton chacune. Ce qui fait 9 feuilletons par
jour pour alors que nous n’avons que deux yeux. Le problème, c’est que ces
feuilletons se diffusent tous presque à la même heure. Les jeunes filles
n’apprennent plus leurs leçons et ne consacrent leur temps qu’à ces séries.
Le lendemain à l’école, c’est le principal sujet d’actualité.
Malheureusement, ces feuilletons ne sont pas seulement l’apanage des femmes.
Les hommes aussi s’en accommodent. Chut ! Notre Rédacteur en Chef adore
tellement la chose que gare à toi si tu veux disputer la télécommande avec
lui à l’heure de son feuilleton du soir. Ne t’avise surtout pas de toucher à
son feuilleton…
Yves Nagou ivre de problèmes
S’il y a un ministre qui doit souffrir le martyr c’est
bien celui des Enseignements primaire et secondaire, son Excellence Yves «
Nagouroskov ». Il a des problèmes plus que
la
Somalie. Pendant que dans certains ministères, les locataires
s’ennuient et sont là à tourner le pouce parce qu’ils n’ont rien trouvé à «
bouloter », M. « Yvres » Nagou, lui, a hérité d’un département
qui lui donne de l’insomnie. Son moral doit être au « vilain fixe ».
Ses ennuis ont commencé avec le mot d’ordre de grève lancé en début du mois
et qui a paralysé les établissements publics. Et les enseignants menacent
d’une grève plus renforcée si rien n’est fait pour améliorer leurs
conditions. « Nagouroskov » n’a pas encore trouvé de solutions à
leurs problèmes qu’il est confronté à un autre front : celui des agents de
la
LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) qui menacent de descendre dans
la rue plutôt sur leur direction si au moins 5 des 17 mois d’arriérés de
salaires qu’ils traînent depuis des lustres ne sont pas versés pour soulager
leur misère. Pendant que lui, il meurt d’ingestion parce qu’il a trop mangé,
ses administrés, eux, meurent d’inanition parce qu’ils n’ont rien trouvé à
mettre sous la dent. Ils n’entendent pas se laisser faire et sont déterminés
à le marquer à la culotte. On parie que « Nagouroskov » ne va pas
dormir le sommeil pendant la nuit. Même quand après mille efforts, il finit
par s’endormir, il ne fera que des cauchemars.
Le « PDRien » sort de sa cachette
Même si le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
n’a rien produit de bon encore, il peut se prévaloir d’avoir titillé
certains leaders politiques de leurs comas. Après les balbutiements des
Kodjo, Gilbert, « Anyronkopéto », « Aviyomé », Nico, c’est le
tour du prince KOMAteux de sortir de sa cachette. Sûrement que le prégo du
PDRien s’est débarrassé de la rédaction du 12ème tome
de son ouvrage proverbial. Comme ses prédécesseurs, le chantre des proverbes
vient de produire un communiqué pour dénoncer l’instauration du CPDC. Pour
lui, la révision constitutionnelle est à la charge des parties prenantes au
dialogue. C’est pourquoi il multiplie par zéro le CPDC. Ainsi, il entend
faire ses bagages pour se rendre au pays des hommes intègres. Là, il veut
demander à Blaise Compaoré du Burkina Faso de toiletter le CPDC. Seulement
que « Zaza » ne tenait pas ces genres de critiques quand il faisait
la pluie et le beau temps à la mangeoire. Maintenant qu’il sent ses intérêts
menacés, il sort ses griffes. Il se plaint à qui ? Et ce qui frise le
ridicule, c’est quand il taxe l’UFC et le CAR des partis acolytes du RPT.
N’est-ce pas le monde à l’envers quand c’est « Zaza » qui tient ces
genres de propos ? Ce n’est pas lui qui avait fait un long copinage avec les
RePTiles en mélangeant les Togolais ? Au fait, si les partis radicaux sont
des acolytes, les modérés auxquels il prétend appartenir ne deviennent-ils
pas des partis «alcooliques» ?
Agent de joueurs ou argent de « Rockvi »
On dit souvent que quand tu te noies, les petits caïmans
aussi peuvent se permettre de venir te lécher ou te caresser avec leurs
dents. A « Gnassingbéland », n’importe quel aventurier aussi se lève
un des quatre matins et veut se faire donneur de leçons à la presse. Et
puis, il fallait les voir dans leur « dé-raisonnement». Vous aurez
pitié de ces soi-disant moralisateurs. La dernière en date, c’est un certain
agent de joueurs qui a fait parler de lui le week-end dernier. Il a fait
montre d’un griotisme qui ne dit pas son nom.
a analyser ses prises de
possition, on comprend vite qu’il ne vise que l’argent de Rockvi. En tout
cas, le public sportif n’est pas aussi dupe comme il le croit. Qu’il cesse
de se tromper. Ses interventions sur une chaîne de la place, avant et après
l’élection du bureau actuel de
la FTF ne trompent guère. Personne ne lui
refuse d’être un fanatique de Rock. Mais qu’il cesse d’intoxiquer les
auditeurs avec ses démonstrations « technico-floues ». Cela ne fait
pas honneur à son métier. Tous ceux qui ne cogitent pas comme lui, ce taré
d’agent de joueurs les multiplie par zéro. Pour lui, les journalistes
sportifs ne maîtrisent absolument rien sur ce qu’on appelle technique en
football. Mais à la fin, on a su que le gars n’a rien techniquement dans la
tête quand il demande aux « con-de-frères » de fermer les yeux sur
les manquements de
la FTF et de regarder dans la même direction
que « Rockvi ». Si c’est ça qu’il appelle technique, qu’il nous en
épargne. Qu’il garde ses leçons pour lui-même.
Quand les hommes FATales s’exercent
Les hommes « FATales » viennent de se doter d’un
Centre d’Entraînement aux Opérations de Maintien de
la Paix (CEOMP). On se souvient que c’est le 19
février dernier que le « p’ti » a inauguré ce centre en présence de
son garçon de course, « Fo Gilberto de Houngbo ». Il paraît que
c’est un cadre approprié et moderne pour la préparation des contingents
nationaux et étrangers pour des missions de paix dans des pays en conflit.
Il a, dans son discours destiné au contingent de
la MINURCAT,
fait un clin d’œil à son père défunt qui, selon lui, a eu l’ «
aveuglance » que dis-je, la clairvoyance et la sagesse de plaider au
sommet de l’OUA à Tunis pour la création d’une force de maintien de la paix.
Après l’inauguration de ce centre, les « Gnassingbélandais » sérieux
se posent beaucoup de questions. Pourquoi c’est à l’approche des «
prégodentielles » de 2010 que « Faure-vi » et ses hommes «
FATales » ont jugé bon de créer ce centre? N’ont-ils pas quelque chose
derrière la tête ? Il n’y a pas la guerre dans le pays qu’on sache mais
avec la manière dont les « mon pays » eux-mêmes faisaient leurs
entraînements et entraient dans les maisons en faisant semblant de frapper
les gens, on a eu la chair de dindon que dis-je, de la poule. On s’est
souvenu du moment où « Faure-vi Vodoua » a capturé le pouvoir et que
les « mon pays » sont entrés dans les maisons pour refaire le
portrait des gens. Il se dit que certains quand ils ont vu ces
entraînements durs durs-là ont commencé à faire leurs bagages pour traverser
les frontières avant les échéances de 2010.
Des mauvais génies d’« Amebaba cel »
Depuis qu’on sait porter caleçon, on nous a appris que le
client est président, plutôt, roi. Mais, on dirait que le réseau «
Amébaba cel » (suivez nos regards) ne le sait pas. A chaque fois c’est
des messages qu’il envoie aux abonnés pour les exhorter à recharger leur
crédit autrement leurs numéros seront carrément supprimés. Franchement, il
y a des gens à « Gnassingbéland » qui n’ont pas pitié de leurs
prochains et ne savent pas que c’est difficilement que des gens arrivent à
manger une seule fois dans ce pays. Le comble, c’est que ces messages de
bonus et surtout de suppression de numéro ne sont « jamaiment »
envoyés dans la journée mais tard dans la nuit quand les gens sont
sérieusement scotchés dans les bras de Morphée. On se rappelle qu’un jour un
homme nous a raconté qu’il dormait profondément quand on lui envoya un
message à 1h 30 du matin qu’il avait reçu un bonus périodique de 35F.
Les mauvaises langues disent que des fois, les messages
sont écrits avec des charabias puissants et un baragouin inintelligible à
vous donner de la migraine et la nausée. Un des sms que ce réseau envoie en
ce moment à ses abonnés qui ne participent pas aux nombreux jeux qui se
déroulent sur les radios et les chaînes de télé, c’est « Votre compte est
inactive ». Notre maître du CE1 nous appris en nous fessant bien bon
que le mot compte est toujours au masculin. Peut-être que c’est dans le
nouveau dico qu’utilise ce réseau que ce mot est au féminin. |
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Liberte Hebdo # 471 du
23 fev. 2009 |
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Présidentielle 2010 : Les forces démocratiques réclament un
scrutin à deux tours |
Au-delà du folklore,
de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise
Présidentielle
2010 : Le peuple dans l’expectative
L’insécurité
prend une tournure inquiétante au Togo
Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au
Togo
Ça
va se savoir : A l’Amphithéâtre (1)
Libertinage |
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Le débat électoral est entamé depuis un bon bout de temps déjà, même s’il
reste encore pas mal de temps pour amorcer le dernier virage, celui qui
devra conduire tout droit à l’élection du Président de la République en
2010. Dans les états-majors des partis politiques, que ce soit au sein de
la mouvance présidentielle ou de l’opposition, l’heure est d’ores et déjà
aux calculs politiciens. Quel candidat présenter ? Quoi faire pour séduire
l’électorat ? Ainsi se résument les préoccupations. La classe politique a
actuellement la tête aux réformes institutionnelles et constitutionnelles
au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation. Mais le débat
semble occulter un aspect non moins important de la chose : le type de
scrutin.
Scrutin à un tour, un legs du passé
La constitution de 1992 approuvée consensuellement a prévu un
scrutin uninominal à deux (02) tours. Mais le pouvoir des Gnassingbé en a
décidé autrement. Ce texte fondamental a été sodomisé à maintes reprises
pour finir par faire place à un scrutin uninominal à un (01) tour. C’est le
résultat du toilettage de décembre 2002 qui permit à feu Eyadema de jouer la
prolongation au pouvoir en 2003 avant que la providence ne dispose autrement
en février 2005. Quelle en était la motivation?
Ce toilettage de plus ne répondait qu’à des soucis
d’obscurantisme. A un moment où la représentation du « Père de
la Nation
» au mandat de trop était mal perçue par l’opinion nationale, le risque
était grand que l’électorat le sanctionne. En plus, la constitution en
l’état qui prévoyait un scrutin à deux tours était un risque énorme pour
lui, car ce texte offrait des armes essentielles à l’opposition démocratique
pour s’organiser et le bouter hors. Avec ce type de scrutin, les partis de
l’opposition pouvaient former des alliances au second tour autour du
candidat ayant reçu plus de suffrages au premier round et la messe serait
ainsi dite pour feu Eyadéma. Surtout que la mouvance présidentielle se
réduisait au RPT et à ses satellites, des « particules » dont la
popularité se résumait à leur président et les membres de leur famille, à
côté des partis comme l’Union des Forces de Changement (UFC) ou le Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR) entre autres, qui le rivalisent en
suffrages. Il fallait donc pour le clan Gnassingbé des moyens pour éviter
ces surprises désagréables, d’où le toilettage constitutionnel pour ramener
le scrutin à un seul tour. Cela a permis au RPT de fabriquer un score d’au
moins 51% à offrir à son candidat et le tour est joué. Les 49% autres sont
partagés aux autres concurrents selon des critères dont seuls les tenants de
l’ordre ancien ont le secret.
Comme on s’en rend compte, le scrutin uninominal à un seul tour
est loin de professer la démocratie. C’est un procédé d’obscurantisme pour
entraver l’alternance. Ce type de scrutin est d’ailleurs en voie de
disparition dans le monde et n’est encore que l’apanage des régimes
totalitaires et dictatoriaux d’Asie et d’Amérique centrale. Dans les
démocraties occidentales, il n’existe plus. La norme aujourd’hui, c’est le
scrutin à deux tours, d’ailleurs épousé dans nombre de pays africains, dont
le Ghana à côté dont les élections générales de décembre dernier ont été
unanimement saluées par l’opinion, et aussi par Faure Gnassingbé.
Le scrutin à deux (02) tours professe la démocratie et donne un
peu plus de chances à l’alternance au pouvoir. Et c’est ici qu’il faut
reconnaître la légitimité de certaines réactions et propositions ces
derniers temps à propos du type de scrutin. L’opinion penche de plus en plus
vers un scrutin à deux tours. Les dernières en date sont celles émanant de
la diaspora togolaise et du groupe parlementaire UFC.
Pour un scrutin à deux tours
En effet, à en croire les indiscrétions, les organisations et
associations de la diaspora regroupées au sein de Synergie-Togo se sont
réunies samedi dernier pour réfléchir à l’actualité politique au Togo. Et
comme il fallait s’y attendre, la question de la présidentielle de 2010
s’est invitée. Pour les besoins de transparence, de clarté et de crédibilité
et comme alternative au changement, elles militent pour un scrutin à deux
tours, un retour donc à la Constitution de 1992. Même son de cloche au parti
de Gilchrist Olympio. Dans un document exclusif parvenu à notre rédaction et
dont nous avons fait large écho dans la parution de lundi, l’UFC fait une
proposition de code électoral. Abordant la question, cette formation
politique propose aussi un retour du scrutin à deux tours. Ces réactions ne
viennent que conforter le dernier né dans le landerneau politique,
l’Organisation pour Bâtir dans l’Unité un Togo Solidaire (OBUTS). Dans un
communiqué, le parti de Messan Agbéyomé Kodjo a requis aussi le scrutin à
deux tours. Des vues qui n’expriment que trop bien l’aspiration du peuple
togolais.
Faure Gnassingbé tout récemment s’extasiait sur la réussite
ghanéenne. Le numéro 1 togolais s’est fondu en éloges à propos des
élections au pays de Kwame N’Krumah, louant le caractère démocratique,
transparent et pacifique de la présidentielle et des législatives de
décembre dernier, des élections qui se sont conclues par l’alternance au
pouvoir. Il a, par-dessus tout, promis s’inspirer du cas ghanéen pour
organiser la présidentielle de 2010 au Togo. C’est le moment des discussions
au CPDC autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et il a
donc l’occasion de commencer à traduire sa bonne foi dans les faits en
concédant ce scrutin à deux tours, si tant est que ces professions de foi
sont sincères.
Pablo E.
Forum national des
paysans togolais à Kara : Au-delà du folklore, de sérieux problèmes se
posent à l’agriculture togolaise
La première
édition du Forum national des paysans togolais (FNPT) tenue du 12 au 14
février 2009 au Palais des congrès de Kara, s’est terminée avec de nombreux
prix décernés aux meilleurs producteurs et groupements oeuvrant dans
l’agriculture, l’élevage et la pêche. Au-delà du côté folklorique de cet
événement, de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise : la
question des intrants agricoles et celle de l’agriculture de subsistance.
Le forum proprement dit
Placé sous le thème : « Les paysans au centre de la relance agricole et
économique du Togo», ce forum a été une occasion pour les paysans
d’échanger avec les plus hautes autorités du pays sur les problèmes du monde
rural.
« Je voudrais vous parler avec mon coeur pour vous témoigner de la
reconnaissance du gouvernement et du peuple togolais pour tout ce que vous
faites pour nourrir le Togo », a déclaré le chef de l’Etat avant
d’ajouter : « Je me réjouis de votre mobilisation; c’est grâce à vous que
notre pays à pu éviter la famine et je pense qu’il est de notre devoir de
vous soutenir et de vous encourager à mieux produire ». « Grâce à
votre travail, à vos efforts malgré l’affaiblissement continu des capacités
d’intervention de l’Etat, vous vous êtes pris en charge et vous avez donné
le meilleur de vous-mêmes pour éviter au pays, l’une des pires calamités :
la famine », a-t-il poursuivi.
En retour, les producteurs ont promis d’être plus performants à compter de
la campagne 2008-2009. Ils ont en outre formulé des recommandations
relatives à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail pour une
bonne production agricole au Togo.
Ensuite, le Président de la République a décoré dix paysans méritants en
qualité d’Officiers de l’ordre du mérite agricole. Avant lui, le Premier
ministre Gilbert Houngbo et le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de
la Pêche, Kossi Ewovor, avaient distingué trente producteurs régionaux au
grade de Chevalier de l’ordre du mérite agricole. Quelle est alors la portée
de ces distinctions aux allures ronflantes ? Là est la question. Au total,
plus de 220 prix ont été décernés aux meilleurs producteurs et groupements
oeuvrant dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. En rappel, plus de 1.000
délégués dont 800 paysans ont assisté à cette manifestation. Sans oublier
les speeches des ministres Yves Madow Nagou, Adji Ottèth Ayassor, Dammipi
Noupokou et Kossivi Ayikoé. Même si c’est la relance de l’agriculture qui
est mise en avant, il faut reconnaître que cette manifestation rentre dans
l’opération de séduction de Faure Gnassingbé. Présidentielle de 2010 oblige…
Les problèmes des intrants agricoles
Selon le chef de l’Etat, ce forum a été initié par lui-même afin de
permettre aux «producteurs de réfléchir sur l’épineuse question de
gestion des intrants agricoles et de débattre de tous les problèmes pour
l’éclosion et l’épanouissement du métier d’agriculteur ». Depuis
plusieurs années, il y a une mauvaise gestion des engrais. Les différents
ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche n’ont pas pu régler
ce problème. Certains parmi eux étaient même complices du détournement des
fertilisants. Et comme il n’y a jamais de sanction, le phénomène continue
normalement.
On se souvient, lors de sa tournée dans les chefs-lieux des régions
administratives du Togo, Faure Gnassingbé a abordé le sujet. A Tsévié, il a
laissé entendre qu’on ne sait pas si les engrais qui quittent Lomé arrivent
dans les champs. Dans la foulée, il a promis mettre fin à cette situation.
« Nous ne voulons plus revivre la même situation. Car les engrais mis à
la disposition des paysans étaient devenus un fonds de commerce pour
certains », a déclaré un paysan cité par l’agence de presse « Savoir
News ». Pour lui, « L’Etat souffre pour nous trouver ces
fertilisants. Il faudrait que les dispositions soient prises pour sa bonne
distribution. Que les paysans bénéficient réellement de ces engrais». Le
circuit de distribution est opaque et parfois, les engrais offerts par les
partenaires du Togo pour améliorer la productivité sont vendus très cher aux
paysans. Il arrive aussi que ces fertilisants traversent la frontière pour
se retrouver dans les pays voisins où les prix semblent élevés.
En plus, d’autres paysans profitent de leur accointance avec ceux qui sont
chargés de distribuer les engrais. Après les avoir reçus, ils les revendent.
« D’autres paysans n’hésitent pas à revendre ces engrais. En tout cas,
cette fois-ci, nous serons vigilants », a indiqué un autre paysan au
micro de « Savoir News ».
Pour la relance de l’agriculture qui occupe plus de 70% de la population
active, il faut régler la question des intrants en assainissant le circuit
de distribution. Il est important que les engrais subventionnés par le
gouvernement ou offerts par les différents partenaires aillent effectivement
aux paysans.
La question de l’agriculture de subsistance
A voir les choses de près, le forum de Kara ne prend en compte qu’une
catégorie de paysans, c’est-à-dire ceux qui ont les moyens pour de fortes
productions. La plupart des Togolais dépendant de l’agriculture de
subsistance sont oubliés. Or, leur apport à la sécurité alimentaire n’est
pas négligeable. Il faut même dire que cet apport est direct. Ces paysans
vendent leurs produits aux fins de rembourser les prêts consentis auprès des
tontines traditionnelles ou subvenir aux besoins de leur famille. Par
exemple, les produits vivriers sont moins chers pendant la rentrée des
classes. La raison, les parents n’ont que ça pour faire face aux frais
scolaires. C’est en ce moment que les commerçants véreux entrent dans la
danse en fixant des prix fantaisistes. Pendant ce temps, les autorités
gouvernementales se murent dans un silence sépulcral, laissant les
commerçants faire la loi aux dépens de ceux qui ont confiance en la terre.
Cette situation fait que le paysan qui a vendu le bol de maïs à 200 F pour
procurer les fournitures scolaires à ses enfants, est obligé d’acheter le
même bol à 900F voire 1 200 F en pleine saison sèche. Comme c’est le cas
présentement.
Par contre, les gros producteurs restent sereins et ne déversent leurs
produits sur le marché qu’en cas de pénurie. Des fois, ils créent des
pénuries artificielles en vue de faire de bonnes affaires.
Actuellement, presque tous les paysans achètent cher les produits vivriers.
Dans certaines localités, il leur est même difficile de trouver des semences
pour la nouvelle saison agricole. Mais dès que les produits arrivent à
maturation, ils les récupèrent et les vendent à vil prix.
Comme on le voit, ce sont là quelques problèmes auxquels fait face le monde
rural. Il faut donc des solutions idoines pour relancer ce secteur. La
question qui revient comme un leitmotiv, est de savoir comment le
gouvernement s’est pris pour identifier les 800 paysans qui ont pris part au
forum et les 220 qui ont été décorés.
E. Pierre
Présidentielle
2010 : Le peuple dans l’expectative : La Communauté internationale
va-t-elle être complice d’un drame bis au Togo ?
Lors de la présidentielle de 2005, le Togo a perdu un millier de ses fils
pour avoir légitimement réclamé la victoire qui leur avait été volée par le
pouvoir en place. A l’époque, la Communauté internationale et l’ONU
principalement, avaient pourtant la possibilité de s’impliquer directement
et efficacement dans ce processus électoral vicié dès le départ par
l’irruption du fils du président défunt dans la vie politique du pays, et
qui prétendait terminer le mandat de son père avec le soutien de l’armée.
A l’époque Kofi Annan était le SG de l’ONU et le Ghana, avec à sa tête John
Kuffuor, vivait la lune de miel avec le régime en place au Togo après le
départ de Rawlings. Avec l’inamovible Ibn Chambas à la CEDEAO (présidée
elle-même par un Mamadou Tandja qui se cherchait encore avec l’idée de
s’éterniser au pouvoir dans son pays), qui sait peser de tout son poids dans
les négociations, ce trio ghanéen aurait-il essayé d’arranger les choses en
faveur du pouvoir togolais au détriment de l’Opposition ? C’est du moins ce
que beaucoup d’observateurs avaient pensé à l’époque. Ce n’est pas à
exclure, car dans ce genre de situation, il ne faut jamais perdre de vue la
diplomatie souterraine.
Le simulacre de retour à la légalité constitutionnelle de février 2005 ne
saurait distraire personne. Du début jusqu’à la fin, la CEDEAO, en
complicité avec l’UA qui avait à sa tête l’imprévisible Obasanjo, a joué à
la comédie, à l’exception d’un Alpha Oumar Konaré, toujours égal à lui-même,
l’homme qui n’a jamais marchandé son propre honneur, ni celui de l’Afrique.
Si la Communauté internationale avait joué franc jeu et entendu le cri de
cœur de quelques dignes fils d’Afrique et pas des moindres, qui n’avaient de
parti pris que pour le bon sens et la raison, la longue crise togolaise se
serait résorbée depuis quelques années déjà et les Togolais auraient vu le
bout du tunnel et poussé un ouf de soulagement. Aujourd’hui ils
respireraient la liberté, le renouveau et la prospérité retrouvée.
Malheureusement, la Communauté internationale, avec ce qu’elle semble
devenue au jour d’aujourd’hui, fonctionne elle-même comme une grande maffia
organisée et bien sûr, comme toutes les maffias du monde, dépourvue de
moralité. Dans la réalité, si un pays est en crise et vit une instabilité
sociopolitique, cela devrait préoccuper au plus haut point, les institutions
auxquelles il appartient ou est affilié, en commençant prioritairement par
celle de la sous-région. Ainsi, il aurait suffi que la CEDEAO fût une
structure crédible, pour s’impliquer sérieusement dans la crise togolaise
née de la mort d’Eyadema pour éviter aux Togolais aujourd’hui le bis
repetita. Malheureusement le cas du Togo avait été abordé avec légèreté par
des individus et institutions eux-mêmes légers de la tête jusqu’aux pieds,
comme on traite les affaires de larcins commis par des petits délinquants,
alors qu’il était question d’assurer le destin de tout un peuple et la
survie d’une nation.
Qui l’aurait cru ?
Qui aurait cru que, vu les circonstances dans lesquelles Faure Gnassingbé et
son club de copains avaient pris le pouvoir, et après mille et une promesses
fermes selon lesquelles ce qui s’était passé en 2005 ne se reproduirait plus
au Togo (cf. entre autres discours, celui prononcé à Atakpamé en 2007 à la
cérémonie de lancement du processus « vérité-justice-réconciliation»),
les ingrédients pour la réédition du scénario d’il y a 4 ans seraient en
voie de mise en place ? Ces ingrédients ont pour nom : création volontaire
de mécontentements au sein des populations et de la classe politique qui
constitue l’Opposition.
Nous avons écrit chaque fois que l’opportunité nous le permet, que nous
sommes à la recherche des actes positifs à mettre à l’actif de la clique au
pouvoir, mais que malheureusement cela se révèle un luxe insaisissable au
Togo; le pacte étant fortement scellé avec le diable, de ne jamais poser
d’actes qui vaillent la peine de susciter des louanges. Au nombre de ce que
nous mettons dans le panier « création volontaire de mécontentements
», il y a entre autres : le refus par le pouvoir pendant plus d’une année,
de créer le CPDC exigé par l’APG; l’audace d’une décision unilatérale de
modification du code électoral ; la commande unilatérale des kits
électroniques pour le recensement en l’absence de la CENI ; la volonté
délibérée de Faure, de faire traîner la concrétisation de la réconciliation
nationale, soutenue par 7 mois de silence après la réception du rapport de
la Commission ; le blocage volontaire créé par le gouvernement au sein du
CPDC dû à la question de facilitation évoquée à juste titre par
l’Opposition, simple question de logique ; les multiples promesses et
engagements faits personnellement et solennellement par le Président de la
République et qu’il a à chaque fois foulé aux pieds ; etc. La dernière
promesse de s’inspirer de l’expérience ghanéenne en matière électorale, ne
peut qu’être prise comme une promesse d’ivrogne et vite oubliée.
Le peuple attend un signal fort
Les Togolais dans leur grande majorité, tout bien pesé, seraient déçus de
constater que déjà « au petit matin », Faure joue avec leur destin
après tant de misères endurées sous le père. Qui pouvait imaginer qu’après
avoir créé un statut pour l’armée depuis au moins deux ans et qui fait des
FAT, une armée apolitique, Faure pouvait se donner la liberté de se
présenter dans les casernes, demandant aux militaires, s’il pourra compter
sur eux en 2010 ? Face à cette hypocrisie, à ce double langage, on est en
droit de se demander quelle sera l’attitude de la Communauté internationale
face à une éventuelle réédition des violences de 2005. Il serait hors de
question d’attendre que des gens qui n’ont aucun respect de la vie humaine,
détruisent une fois de plus d’innocentes vies, pour se mettre à rechercher
des solutions qui ne sont d’ailleurs que de la poudre aux yeux.
Si les gens au pouvoir avaient le sens de l’honneur et de la dignité, ils se
seraient dit : « Nous avons assez fait preuve de mauvaise foi et de
mauvaise volonté politique comme ça, donnons à présent l’opportunité à
l’opinion internationale de découvrir qu’en nous se cache aussi un
petit brin de dignité humaine ! ». Quelles sont les dispositions
sécuritaires que la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’UE et l’UA
(l’éternel médecin après la mort) est en train de prendre dans la
perspective de la présidentielle de 2010 au Togo, au regard du manque de
sérieux décelable sans loupe et affiché jusqu’ici par les hommes au pouvoir
?
Va-t-on assister une fois de plus en 2010, aux actes qui avaient conduit un
millier de Togolais à l’abattoir, poussé des dizaines de milliers d’autres
sur les routes de l’exil et occasionné des mutilés à vie ? Ce qu’il faut
d’ailleurs mettre au compte de la complicité de la Communauté internationale
qui pouvait bel et bien aider les Togolais à éviter un tel bain de sang et
des souffrances inutiles, mais avait regardé faire. Dans le meilleur des
cas, compte tenu de la mesquinerie, de la sournoiserie et de la duplicité de
ceux qui nous gouvernent, il est à souhaiter que les Nations unies, pour une
fois après les élections de 1958, dépêchent au Togo des observateurs
militaires comme civils pour sécuriser tout le processus, afin d’avoir au
moins cette fois, des élections réellement apaisées et claires comme une eau
de source.
Ce peuple très attaché à la présidentielle à venir qu’il considère comme la
dernière grande occasion pour se débarrasser de Faure que beaucoup
considèrent comme un imposteur venu aggraver le sort des Togolais, au lieu
de l’améliorer, attend vraiment un signal fort de la Communauté
internationale pour ne pas aller voter encore pour rien. C’est le lieu de
lancer un appel pressant à tous les partis qui rêvent de voir le Togo
gouverner autrement, de mettre leurs efforts en commun, pour trouver un vrai
candidat unique de l’Opposition par un sacrifice suprême. Le peuple leur en
saura gré éternellement.
Alain Simouba
L’insécurité
prend une tournure inquiétante au Togo : De la nécessité d’un plan de
lutte plus efficace pour Atcha Titikpina
La question de l’insécurité est aujourd’hui un casse-tête chinois pour les
populations togolaises sur toute l’étendue du territoire national.
L’insécurité au Togo semble un phénomène cyclique. Car elle rappelle aux
Togolais la sombre période de braquages avec en toile de fond des vols de
voitures dans les années 91, 92 et 93. Cette situation avait su camoufler
nombre d’assassinats politiques sous le prétexte de braquages. Mais il a
suffi qu’un jour le feu Gnassingbé Eyadema, alors Président de la République
tape du poing sur la table pour dire : « Ça suffit et que cela cesse
», pour que réellement un terme soit mis à cette situation.
Alors que l’on n’a pas pu venir à bout des vols à la tire des
portables ou sacs à main considérés comme de petits larcins, la situation
est devenue beaucoup plus préoccupante. Car des machettes, l’on passe à la
vitesse supérieure, celle des armes à feu. Il faut reconnaître aujourd’hui
que l’insécurité que vivent les Togolais est caractérisée essentiellement
par des braquages à mains armées. Ce regain d’insécurité sème de la psychose
au sein des paisibles populations qui n’aspirent qu’à une sécurité pouvant
leur permettre de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.
Cette situation alarmante empreinte de violences inouïes est
diversement appréciée. D’une source proche du Ministère de la Sécurité, l’on
évoque l’impuissance des pays de la sous région face à la circulation
illicite des armes légères en provenance des zones où a sévi la guerre. «
N’eut été la vigilance de nos forces de l’ordre et de sécurité, la situation
serait beaucoup plus catastrophique; en témoigne ce qui se passe dans
d’autres pays de la sous région ouest africaine. Nous y sommes et nous
parviendrons d’ici peu à des résultats probants qui feront du Togo un vrai
havre de paix », affirme cette source à la question de savoir ce qui
justifie ce regain d’insécurité.
Cet avis est loin d’être partagé par un observateur de la scène
politique togolaise. « Cette situation est inquiétante. A voir ce que les
Togolais ont vécu il y a quelques années, il est impérieux qu’une solution
adéquate soit trouvée au plus vite afin d’endiguer cette insécurité à relent
purement politique. Que diriez-vous si demain on retrouve un politique ou un
leader d’opinion tué et sa voiture emportée? L’on vous parlera certainement
de crime crapuleux alors qu’il s’agira d’un acte délibérément orchestré.
Rappelez-vous que sur le nombre de braquages en 91,92 et 93, nombre de
victimes étaient des gens qui, apparemment étaient, contre le régime»,
confie-t-il.
Il s’agit en réalité d’un rappel d’une période très douloureuse
que les Togolais ont vécue. Il est vraiment impérieux que le Colonel
Titikpina, ministre en charge de la Sécurité soit interpellé sur la question
en vue d’une stratégie appropriée pour contenir le mal. Loin de demander à
celui-ci de rendre le tablier pour insuffisance de résultats comme cela peut
se passer sous d’autres cieux. Mais il faut, surtout à l’orée des échéances
électorales, trouver le plus rapidement possible une solution idoine. A ce
sujet, un Togolais rétorque ironiquement : « N’est-ce pas eux qui clament
haut et fort sur tous les toits qu’ils détiennent la clé de la sécurité ?
L’ont-ils finalement perdue ? Ils ont alors l’obligation de la retrouver,
puisque c’est en ça seul que nous pouvons les croire ».
A voir ce qui se passe aujourd’hui, la psychose viendrait des
rumeurs selon lesquelles, il s’agirait d’une situation savamment orchestrée
pour régler des comptes aux réfractaires du pouvoir en place et surtout à
tous ceux qui tapissent dans l’ombre pour faire du tort au régime en place.
En effet, si ces rumeurs se confirment, elles auront sans nul doute d’effet
sur notre économie agonisante pour le simple fait que l’insécurité est un
facteur indéniable de fuite de capitaux. Ainsi, les autorités togolaises ont
la lourde responsabilité de remédier à cette situation qui, non seulement
inquiète les citoyens togolais mais aussi les étrangers résidant au Togo
qui, pour la plupart, sont des investisseurs. C’est aussi le lieu pour le
Chef de l’Etat d’user de ses prérogatives de garant de la sécurité des
populations pour mettre un terme à cette situation dramatique. Car pour les
Togolais, il n’est plus question de compter dans les rues, au bord des
lagunes, sur les plages, etc. des cadavres dont les circonstances de leur
mort restent toujours non élucidées.
Didier Ledoux
Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au
Togo
Depuis la dernière baisse du prix du carburant à la pompe au Togo, le baril
du pétrole ne cesse de chuter sur le marché international. Mais force est de
constater que le gouvernement togolais maintient toujours l’ancien prix de
l’essence à la pompe. Ce qui est incompréhensible. Le bon sens exige que
l’Etat diminue le prix du litre de l’essence qui est à 500F. Car le baril du
pétrole est en dessous de 40$. Dans les pays voisins, on observe une baisse
sensible du prix de l’essence. Au Ghana, il est à moins de 200F le litre et
à 350F au Bénin. Ce maintien inexplicable au Togo fait grincer des dents au
sein de la population et des associations, notamment l’Association Togolaise
des Consommateurs (ATC). Ainsi des démarches ont été entreprises mais le
gouvernement continue de faire la sourde oreille.
« On n’arrive pas à l’expliquer. Quand il s’agit de monter les
prix, le gouvernement est champion », déclare un conducteur de taxi.
Même son de cloche chez Junior, conducteur de bus : « l’Etat nous triche
en maintenant ce même prix. Quand le prix était à la hausse sur le marché,
nous avons tous subi ce coût onéreux. Face à la nouvelle donne, le
gouvernement doit revoir à la baisse ce prix ».
Il nous souvient que c’est difficilement que l’Etat avait accepté
de diminuer le prix de l’essence à 500F malgré la dégringolade sans cesse du
prix de baril de pétrole. A cette époque, l’Etat avançait des arguments peu
crédibles. On disait que les pétroliers avaient fait des stocks, et il
fallait attendre que ceux-ci soient évacués avant toute revue du prix. «
C’est un faux argument. Il ne faut pas qu’on nous trompe. On sait que la
plupart des pétroliers sont ces mêmes barons qui font la pluie et le beau
temps. Donc, ce n’est qu’une complicité pour nous voler », fait observer
un étudiant.
Par ailleurs, le ministre du Commerce, Guy Lorenzo, avait annoncé
entre-temps que ce prix serait revu à la baisse, avant la chute actuelle du
baril. Mais depuis cette annonce, rien n’est fait. Les jours passent et les
pétroliers font de gros bénéfices sur le dos de la population. Alors qu’une
prochaine baisse de ce prix aura des impact sur les tarifs des transports et
par ricochet sur les prix des céréales et des autres denrées alimentaires
qui connaissent une flambée incessante. Si l’Etat se soucie vraiment de la
population, on ne sait alors pas ce qui l’empêche de baisser le prix pour
améliorer ses conditions de vie. Pourtant à la première diminution, les
termes du communiqué sorti au conseil des ministres stipulait que « dans
le souci du chef de l’Etat de contribuer à la réduction de la pauvreté des
populations togolaises, le gouvernement décide de rabaisser le prix des
produits pétroliers à la pompe ». Où se trouve donc ce souci s’il faut
continuer à faire des misères à la population? Sûrement que les pétroliers
ne sont pas encore rassasiés de tricher la population.
Il urge que le Premier ministre et le chef de l’Etat réagissent à
temps pour « harmoniser » le prix de l’essence avec les autres pays.
D.J.K
Sans détour :
Le CPDC dans la
valse-hésitation
« C’est facile, c’est tellement plus facile de mourir de ses
contradictions que de les vivre » (Jean-Paul Sartre)
La mauvaise foi en action au RPT n’est plus à démontrer. Elle est évidente
et si flagrante que nul n’a besoin d’une loupe pour la déceler. L’Accord
politique global (APG) avait bel et bien prévu la mise en place d’un Cadre
permanent de dialogue et de concertation (CPDC). En principe, ce cadre
aurait dû voir le jour, juste après les législatives et comme le nom
l’indique si bien, en dehors de l’Assemblée nationale, il devrait être un
lieu de dialogue et de concertation pour trouver des solutions concertées
aux problèmes en suspens relatifs aux réformes institutionnelles et
constitutionnelles. Le pouvoir aurait été animé de bonne foi, que nul
n’aurait eu besoin de le lui rappeler. Sa création allait donc de soi.
Pourtant, il avait fallu que, pendant plusieurs mois, le CAR et l’UFC
s’acharnent à réclamer à cor et à cri la mise sur pied d’une telle
structure, mais en vain. Finalement il aura fallu l’année 2009 et suite à la
décision de modification unilatérale du code électoral, pour voir ces deux
partis de l’opposition parlementaire se rebiffer et prendre le taureau par
les cornes avec bien sûr, la pression de la Communauté internationale, pour
faire entendre raison. C’est dans un tel contexte que toute honte bue, les
autorités, la queue entre les pattes, en arrivent à un décret portant
création du CPDC, ce qui aurait dû être fait depuis au moins un an et qui
conférerait une certaine respectabilité à son ou ses auteurs. C’était le 4
février dernier.
Au fait, ces gens-là, il faut seulement un petit effort individuel pour les
comprendre. Mais, entendons-nous bien, cela ne les disculpe pas. Imaginez un
pouvoir pris par la force et non dans les règles de l’art démocratique. Ce
pouvoir conquis par la force a besoin d’être conservé et entretenu par la
force. Ainsi, à force d’user de la force pour un oui ou un non, gymnastique
favorite de l’usurpateur, il en avait habitué les gens de sa cour qui en ont
été si bien imprégnés qu’avec le temps, il est devenu presque impossible
pour eux de résister à l’esbroufe, à la tentation de faire usage de la
force, de montrer leurs muscles et parfois l’arme qui les protège d’un
éventuel agresseur. Naturellement, des individus comme ceux-là n’ont rien de
commun avec des gens comme vous et nous. Et vous ne pouvez pas vous comparer
à eux, parce qu’ils ont grandi et évolué dans un contexte différent dont ils
sont des prisonniers à vie. Imaginez des individus comme ceux-là un jour
devant un tribunal laissés à eux-mêmes ! Vous aurez pitié d’eux de par le
raisonnement. Oh, que la dictature et l’usage abusif de la force déforment
l’homme !
Pour revenir aux travaux du CPDC, après sept séances de travail,
on n’est pas parvenu à grand-chose. Les communiqués sanctionnant les
rencontres ne semblent pas trop différer l’un de l’autre. Après la séance
d’hier, il est observé une suspension d’une semaine. Elle intervient suite
au blocage provoqué depuis quelques jours déjà par la non adhésion du
pouvoir à la proposition du CAR et de l’UFC de recourir à la facilitation.
Ces partis, connaissant la mauvaise foi légendaire de l’adversaire qu’ils
ont en face d’eux, n’ont que trop raison de souhaiter la présence d’un
facilitateur.
Et c’est ici qu’il faut s’interroger sur la réticence du pouvoir qui
n’adhère pas à cette exigence. Selon le ministre Bodjona, « Les vraies
solutions sont d’abord entre les mains des Togolais. Il faudrait que les
Togolais sachent que nous avons plus à nous entendre que
d’aller vers le pessimisme. … ». Venant d’une autre
source, nul ne saurait se faire du souci. On ne les connaît que trop bien.
Ce pessimisme est dicté justement par le manque de volonté manifeste du
pouvoir. Comment être optimiste et s’entendre avec des gens qui ont fait du
dilatoire, du manque de sérieux et de l’esbroufe leur principal cheval de
bataille, alors qu’il s’agit de mettre fin à la souffrance de tout un peuple
? Assez de cette valse-hésitation, et un peu plus de sérieux à partir du 23
février pour aller aux choses essentielles. Le pouvoir a trop perdu du temps
comme ça. Il lui revient de montrer sa bonne foi aujourd’hui plus qu’hier.
Alain Simouba
Ça va se
savoir :
A l’Amphithéâtre
(1)
Il se passe beaucoup de choses inimaginables dans les amphithéâtres.
Barbara, une jeune et jolie étudiante d’à peine 18 ans en Lettres modernes
en a fait son lieu de conquête. Il y a quelques jours de cela, en plein
cours de littérature africaine qui devrait durer deux heures, elle
commençait à s’ennuyer sérieusement. C’était elle qui était pourtant
désignée par ses camarades ce jour pour suivre assidûment les cours, alors
qu’elles étaient parties faire des courses en ville. Il s’agissait bien
évidemment d’un système qu’elles avaient mis en place afin de ne pas rater
les cours. Elles se relaient et cela profitait à chacune du réseau parce que
ça leur permettait évidemment de se décompresser de temps en temps,
disaient-elles. Mais ce jour-là, la fée n’était vraiment pas motivée pour
suivre le cours. La seule chose qui la tenait éveillée dans l’amphi ce jour,
c’était le Maître Assistant, un homme d’une quarantaine d’années, très
craquant.
Barbara s’était mise alors au fond de l’amphi. Un mec qu’elle avait déjà
aperçu était assis à côté d’elle. Il avait l’air très concentré et prenait
des notes. Il n’y avait pas grand monde à l’arrière pour ce cours parce que
nombre d’étudiants boycottaient non le cours, mais l’enseignant qu’ils
qualifiaient de trop sévère et pire adepte du chichi. A part l’étudiant à
côté d’elle, la personne la plus proche se trouvait à une dizaine de sièges
sur sa gauche. Elle essayait en vain de se concentrer parce que tout ce
qu’elle avait en tête, c’était bien son prof qu’elle imaginait en train de
la prendre dans un couloir ou sur un bureau. Avec une de ses mains, elle se
caressait les cuisses pendant qu’elle rêvassait. Cette situation n’avait
d’ailleurs pas échappé à son camarade qui la matait du coin de l’œil. Gênée,
elle retira brusquement sa main pour la camoufler sous la table. Mais le mal
était déjà fait. L’étudiant Georges ne cessait de lancer des coups d’œil
vers les frêles jambes de sa camarade. Il se rabaissait à plusieurs reprises
pour essayer de voir ce qui pouvait se cacher sous la petite jupe de cette
dernière. Le regard de l’étudiant l’avait bien mise mal à l’aise mais au
même moment, ça l’excitait à fond. Alors, elle s’amusait à croiser et à
décroiser ses petites et frêles jambes quand soudain, Georges prit son
courage des deux mains puis posa sa main sur sa cuisse.
Elle lui lança un regard un peu confus, mais le jeune homme ne cessait de
regarder le prof, l’air absorbé par ce que ce dernier expliquait. Elle se
prêta au jeu et regarda aussi en direction de l’algarade. L’étudiant envoya
sa main en patrouille de reconnaissance. Il commença par tripoter tout
doucement la cuisse, faisant de petits mouvements, remontant du genou
jusqu’à la frontière de la mini jupe sans jamais passer dessous, de
l’extérieur vers l’intérieur, et hop, il redescendait. Le jeu était très
agréable et plaisant à la fée. Barbara a commencé par se détendre, quand
d’un mouvement ferme, le bonhomme prit ses jambes qu’il mit sur ses genoux.
Elle se vit jambes écartées et jupe remontée, laissant apparaître le string
bleu turquoise en dentelle. La main mit alors les doigts au service en
remontant et cette fois-ci « No limit », comme dirait l’autre, tout
en haut des frêles cuisses avec une petite escale au bord du string.
L’étudiante était plus que jamais excitée. Ses petites prunes au bout solide
pointaient à travers son haut moulant et elle avait une envie folle de les
pétrir elle-même. Pendant que discrètement d’une main, la fée se prit l’une
de ses prunes qu’elle titillait merveilleusement, Georges, du bout des
doigts caressait le haut de la cité fait de forêt de poils par-dessus le
string. Il exerçait déjà de petites pressions sur la sentinelle de la cité
bien au garde-à-vous. A suivre
Tonton D
Libertinage
Lomé gravement malade de sécurité
« C’est celui qui est prês des toilettes qui sent l’odeur du
caca », aime à répéter feu président Eyadéma. Si tout le monde crie à
l’insécurité à Lomé, c’est que la « siation » est préoccupante et
qu’il faut prendre les taureaux par les cornes. Kplikplitina et ses
araignées doivent agir et au plus vite.
Depuis quelques temps, la capitale togolaise se trouve particulièrement
confrontée au quotidien à des braquages et agressions de toutes sortes
perpétrées par des délinquants. Il ne se passe pratiquement de jour où on
n’annonce des braquages, des cambriolages, des vols à main armée ici et là …
La question que les Loméens et Loméennes se posent naturellement est de
savoir ce qu’est devenue l’«opération araignée» annoncée à grand coup
de propagande il y a un temps. Le Chef de l’Etat, nous avait-on dit, dans le
souci de ramener la paix et la quiétude au sein des populations, a demandé
au ministre de la Sécurité de mettre en place un dispositif sécuritaire
surtout dans la ville de Lomé. C’est ainsi que l’opération «crevette»,
plutôt « araignée » est née. 300 agents de la police et de la
gendarmerie, dotés de matériels roulant plus adéquats, de moyens de
communication et de lignes téléphoniques gratuites patrouillaient
minutieusement à Lomé jour et nuit pour dissuader les éventuels malfrats.
Mais depuis quelques mois, les araignées et leurs véhicules 4x4 ne sont plus
visibles dans la capitale. Résultante, Lomé havre de paix, renoue avec
l’insécurité et le banditisme. Les cris de détresse de la population ne
semblent guère émouvoir les autorités. Ont-elles du plomb dans le tympan ?
Qu’attendent Faure et Houngbo pour venir au secours de la population ?
Refuge doré pour Patassé
On n’est mieux que chez soi, dit le proverbe. Après de longues
années d’exil passées au Togo, beaucoup avaient pensé à la fin du chemin de
croix de l’ex-homme « Faure » de Bangui lorsqu’il était rentré chez
lui en décembre dernier à la faveur du dialogue inclusif organisé dans son
pays. Eh bien non ! Le refugié centrafricain se plaît tellement de
l’hospitalité légendaire à lui accordée par le Père puis le Fils et bientôt
par le Saint Esprit qu’il ne veut plus retourner chez lui. Humm ! Les
délices togolaises!
Le président à la barbe potassée était lundi à Pyayung où il a tenu à
honorer la mémoire du père de la « gnassion
». Après avoir déposé une gerbe de fleurs dans le caveau familial, Ange
Félix Patassé s’est confié à la presse. « J’avais sollicité de mon fils
Faure de m’autoriser à revenir à Pya pour déposer officiellement une gerbe
sur la tombe de mon grand-frère, car lors des obsèques il y a 4 ans, je n’ai
pas pu faire cela… », a-t-il débité. Et ça change quoi dans le quotidien
des Togolais ? Après avoir semé le bordel chez lui, il a fui comme un petit
lapin pour se mettre à l’abri dans son refuge doré à Lomé quand ça pétait le
nez à Bangui. L’autre fois il faisait la bouche comme Georges « Bouche
» qu’il était prêt à attendre de barbe ferme le président de la Cour Pénale
Internationale (CPI) Luis Moréno Ocampo pour porter le même pantalon.
Pourquoi a-t-il une fois encore pris la clé des champs s’il était un vrai
garçon comme il le prétendait ? Monsieur le président, Ocampo vous attend à
Bangui pour éclaircir une fois de bon cette histoire de viol des centaines
de femmes centrafricaines, de massacre, de crime contre l’humanité. C’est
trop facile de rester à Lomé et faire le faro.
Qui aime bien ...
Chaque fois qu’ils prennent une décision impopulaire qui crucifie
les populations, les dirigeants font des comparaisons avec ce qui se passe
dans les pays voisins. Il y a quelques mois, les autorités togolaises ont
décidé contre toute attente de revoir à la hausse le prix de la tonne de
ciment. Raison invoquée : c’est à ce prix que le ciment se vend au Bénin et
au Ghana. Alors que le ciment est produit au Togo, il est vendu plus cher
aux Togolais. Après, c’est pour dégoter sans vergogne qu’ils se soucient du
mieux- être de leur peuple. Hypocrites va !
Depuis un temps, la tendance du prix du baril de pétrole est à la
baisse. Le pétrole étant la principale source énergétique dans la plupart
des pays africains, les gouvernants n’ont pas hésité à baisser les prix à
la pompe pour soulager les populations. Pour ne pas être en reste, le Togo
aussi a à contrecœur revu à la baisse le prix des produits pétroliers, une
diminution qui s’apparente à une hausse quand on se réfère aux prix
pratiqués dans les pays voisins.
Aujourd’hui au Bénin l’essence est à 350 F et autour de 200F au
Ghana. Curieusement, le Togo qui en toute chose se compare à ces deux pays a
maintenu le prix à la pompe à 500F, presque le double du prix pratiqué dans
les pays frontaliers. Quand on a posé la question à Papa Boussômékpo, il a
répondu que c’est parce que nos gouvernants nous portent dans leur cœur
qu’ils ont décidé de nous asphyxier car, a-t-il dit, qui aime bien, châtie
bien. Ahan !
Gilberto von Atsu sort de son mutisme
Ouf ! Un des « particules » politiques au Togo est sorti de sa
léthargie. Il s’agit de la Nouvelle Dynamique « im-Populaire » (NDP).
On le croyait enterré dans le sous-sol. Mais on s’est lourdement trompé.
Aujourd’hui on donne raison à ceux qui n’ont cessé de dire que l’élection de
2010 fera sortir des « bitosards», pardon, des leaders politiques qui
ne sont que l’ombre d’eux-mêmes.
Le président de la NDP, Gilberto von Atsu, ex-ministre, est enfin sorti de
son mutisme. Le gars n’a plus ronronné depuis que le vent des élections
législatives de Potopoto l’avait emporté. Depuis cette défaite «
dynamique », on susurre qu’il avait regagné son dojo de Karaté. Le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) lui a servi d’alibi pour
sortir de son trou. Le politicien « shaolin » et les leaders de son
calibre doivent certainement jubiler sur la mise en place du CPDC qui leur a
donné l’opportunité de jacasser.
Comme ses prédécesseurs, le parti du jeune essoufflé a pondu
dimanche un communiqué oiseux. C’est avec des termes de « kung-fu »,
c’est-à-dire enflammés qu’il critique la manière dont les RePTiles et
l’opposition parlementaire mangent des repas succulents à la Primature.
C’est pourquoi il entend combattre cette injustice et cette discrimination.
Pour ce faire, il alerte la communauté nationale et internationale. On aura
tout vu avec ces dealers, pardon, ces leaders des particules.
Le paradoxe
Depuis un certains temps, l’insécurité fait partie du vécu
quotidien des Togolais. Les gangsters font parler d’eux dangereusement dans
les divers quartiers de la capitale. Ces hors la loi défient le ministre de
la Sécurité, disons plutôt qu’il n’y a pas match entre eux du moment où on
observe une absence criarde des «araignées» sur les rues et les
ruelles. Ainsi les braqueurs sont libres de tout marquage. Les cris de
détresse de la population ne trouvent pas d’échos favorables. Le Premier
ministre « Houngbossi » et son ministre de l’« insékrité »,
Kplikplitina n’entreprennent aucune initiative d’envergure pour dérouter ces
malfaiteurs. Comme pour se moquer des gens, «Kplikplitina» organise
des journées portes ouvertes sur la sécurité. N’est-ce pas-là un paradoxe ?
Peut-être c’est avec ces journées qu’on va annoncer des actions
coups de poing. Pour le moment, les braquages et les vols à mains armées
continuent à la vitesse de croisière. La semaine dernière, un lycéen vivant
à Attiégou a été attaqué vers 19 heures par des bandits. La veille, c’est
un conducteur de taxi-moto qui remet malgré lui sa moto à des truands armés
des manchettes tranchantes aux environs de 5 heures du matin dans le
quartier Koklognipé. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Ce
qu’on ne comprend pas, c’est la réussite avec laquelle ces bandits opèrent.
On dirait qu’ils sont assurés de leurs sales besognes. Certains pensent même
qu’ils ont des soutiens de poids. Vrai ou faux ? Si le Pm
ne peut plus changer le vécu quotidien des Togolais, ne peut-il pas assurer
du moins la sécurité des urnes, plutôt des citoyens ?
Out, « Faure-vi » veut prier !
On dirait que notre prégo veut garder Dieu pour lui tout seul. Depuis un
certain temps, nos mamans du grand marché d’Adawlato ne dorment plus le
sommeil. Ce n’est pas seulement les travaux de réaménagement qui les
préoccupent, mais surtout la conversion « brusquementale » de «
Faure-vi ». Maintenant, lorsqu’elles sont dans le marché et qu’on
prononce le nom du Fils de la « Gnassion », c’est la panique
générale. Certaines sont au bord de la crise des nerfs et d’autres tombent
dans les pommes. Elles n’oublieront « jamaiment » la semaine au cours
de laquelle le « p’ti » s’est rendu trois fois à la Cathédrale de
Lomé pour assister à des messes. Le jour le « plus pire » a
été ce mardi que les uns ont qualifié de noir, jour où « Faure-vi Vodoua
» a assisté dans la soirée à la messe pontificale célébrée à l’occasion
de la visite pastorale de son Eminence Renato Raffaele Martino, président du
Conseil pontifical Justice et Paix.
Le jour-là, on se croirait à Lomé au temps où il suffisait de dire «
égba djô ké » pour que les enfants des gens ramassent leurs affaires et
détalent comme s’ils avaient rencontré le diable en personne. Il se dit
qu’on avait chassé les gens au moins trois heures avant que le « p’ti »
ne pointe son nez et que vous ne verrez même pas de mouches survoler les
lieux. L’endroit était quadrillé par les « mon pays » qui faisaient
la « sékrité ». Il paraît qu’à cause des nombreuses gymnastiques pour
ranger rapidement leurs affaires, les bras de nombreuses vendeuses
commencent à ressembler à ceux des gars qui pratiquent le sport «kankpé
», c’est-à-dire le body building. Entre nous, est-ce qu’on a besoin de
déployer toute une armée et chasser tous les vendeurs du grand marché avant
que « Faure-vi » n’assiste à une messe ? De qui a-t-il si peur ? Ou
bien veut-il capturer Dieu pour l’amener à Lomé « naoulè » ?
Heureusement que Dieu n’appartient à personne.
Houngbo aux anges
Le lundi dernier, un groupe de notaires est allé saluer « Fo Gilberto
», pas celui de Siouville, mais celui qui a promis changer le quotidien des
« gnassingbélandais » en six ans, que dis-je, en six mois, «
Fo Houngbossi ». Selon la dame qui était à la tête de la délégation,
le but de leur visite était de présenter les vœux au Premier ministre et
surtout le féliciter pour sa nomination à ce poste. Kéi ! Où étaient-ils?
Pour les vœux, on peut comprendre puisque nous sommes seulement dans le
mois de février. Même si c’est en juin, ça ne fait « rignin ». On
connaît des gens qui, jusqu’en novembre vous réclament le calendrier de
l’année en cours. Alors qu’il ne reste que quelques jours au locataire de la
Primature pour arriver au terme des six mois pendant lesquels il a offert le
bonheur virtuel aux «Gnassingbélandais », c’est le moment qu’eux ils
ont trouvé pour venir le féliciter. Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce
pas ? Il paraît qu’il est très difficile d’obtenir une audience pour voir
les Premiers ministres « Gnassingbélandais ». Peut-être que depuis
sa nomination, c’est maintenant qu’on a pu donner une autorisation à nos
chers notaires pour qu’ils puissent voir leur cher Premier ministre et le
féliciter «beaucousement ». En tout cas, cette visite a énormément
plu à « Fo Houngbossi » qui riait jusqu’aux « zoreilles ».
N’en déplaise aux jaloux de ses acquis.
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Liberte Hebdo # 467 du 16 fev. 2009 |
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Libertinage :
Le temps des
soucis pour Fo Houngbo |
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Les
6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un
paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera
bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que
la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.
Le
miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant
l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à
divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante.
La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol
face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48
heures.
Pour
leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent
depuis près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les
activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et
comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole Africaine
des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le
ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant,
c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des
Auxiliaires médicaux qui
étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est
tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le
pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.
La CPP sort de
sa torpeur
Ouf
! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime «
Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on
n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule.
Depuis que les premiers responsables ont atterri à la mangeoire, ils se
sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne
parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de
la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de
la voix.
Le parti a pondu
lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la
position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la
CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au
début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais
les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont
poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est
prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors
en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ».
Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de
l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive,
« tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La
CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.
L’insécurité de
retour
L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres togolais doit se faire
beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent
pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en
toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à
Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak où nous devons vivre en
permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher
tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.
Depuis un
certain temps, l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un
retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont
devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe pratiquement de
jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des
vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le
ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des
citoyens ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus
d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font
la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler
allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan. La vie
des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la
bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à
Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?
TVT, indésirable
à l’EAMAU
Les
étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de
l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont
opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la
CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils
demandent. Passons.
Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de
couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de
l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question
posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A
part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant
les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les
vêtements, même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. «
TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici
couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut
plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces «
con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils
déposer leur figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa
crédibilité?
Jérémiade des
CPPutains
Dans
un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et
institutionnelles, le pouvoir RPT a été arrêté par l’opposition
parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à
l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux »
a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans
la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que
vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand
on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à
négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti
un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.
Pour eux, les
partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la
compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces
gens sont tombés sur la tête. Qui leur a dit de n’avoir aucun député
pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que
leurs yeux pour pleurer.
Les « vingte
»-mille dévalués
On dirait que
nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait
pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les «
zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille
francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour
quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la
galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus
pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent
qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes
» qui sont logées. Vrai ou faux ?
Bien qu’étant
insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au
lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos «
galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables,
avec le système LMD adopté cette année, une aide de 15 000F avait été
promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon
pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils
n’ont pas eu les 15 000 F, mais en plus les « vingte »-mille ont
été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir
de recevoir cette somme soi-disant destinée à la recherche, a emprunté 15
000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa
double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et
donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due »,
dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?
En ce moment,
des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de
l’Université de Lomé. Au début des travaux, on croyait que c’était tout le
campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ».
Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec
l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le
travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains
« zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les
cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur
aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce
n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.
A vos marques,
partez !
Le jeudi
prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille
pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le «
prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa
» ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise
aux jaloux de ses acquis.
Ce jour là,
c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le
lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de
sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter
les marabouts, les puissants « goti goti » et autres. Il se dit
qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont
ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à
cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les
filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur
famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont
jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement,
elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par
ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto »
et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu
leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule demoiselle qui sera
élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand
même.
Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et Réconciliation ?
Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des
différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour
recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en
croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre
du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la
question des violences politiques et électorales. Cette prise de langue de
Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions
des Consultations nationales.
Sept mois après
En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi à imposer leurs
désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations
nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus
a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces
opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont
été bouclées trois (03) mois plus tard. A en croire les conclusions, les
populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et
c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi
avec les dignitaires religieux.
Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public
depuis juillet 2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les
confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu
sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de
lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté
populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait
tuer !
Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au
processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de
s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit
du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre
échéance électorale, la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins
importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de
l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais,
dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la
volonté de faire aboutir le processus.
Des déclarations qui sèment la confusion
La consultation des organisations religieuses devrait a priori
booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre
de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués
dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à
travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président
du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal
Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la
réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors
des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt
prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la
main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et
électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la
chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en
occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux
pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de
temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.
Quel espoir pour le processus ?
Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les
populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission
Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi
controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent
pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein
du pouvoir, on se plaît plutôt à envenimer les clivages, les frustrations.
Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent :
05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…
Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit
des discours. Comme sous Gnassingbé 1er,
l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté
». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette
fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les
tenants du pouvoir font preuve de discrimination.
Le
05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même
manière. Jeudi dernier qui marquait le 4ème anniversaire
de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela.
Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux
et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on
en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé
le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là,
une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation
officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités
étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur.
Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout
l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête pour l’assassinat de
Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres
présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont
eux, mis aux oubliettes.
La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce
jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans
vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado
et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une
seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé
et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de
cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur
cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.
Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril
2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le
pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions
exorbitantes pour décourager les plaignants.
Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse
du processus Vérité, Justice et Réconciliation.
Pablo E.
Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les
autorités
Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et
d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur
plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur.
Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour
promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la
portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en
misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps,
les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot
d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5
et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en
rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée
générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail
à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social
à l’endroit des autorités togolaises.
Ils réclament entre autres des avancements de grade avec
jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations
administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire
d’octobre 1999 pour d’autres.
Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement
relatif à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du
décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il
leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de
recherche et logement.
Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers
comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à
l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe
une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail,
perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne
bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette
situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et
constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.
Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la
condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits
notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie
d’avancements et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans
la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de
carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont
débuté l’auxiliariat en 2003.
Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien
n’est fait pour satisfaire leurs conditions, le secteur de l’Education
risque de connaître des jours mouvementés.
M.A.
Réformes politiques au Togo : Entretien entre Gilchrist
Olympio et Bruno Joubert, Responsable de la
cellule africaine de l’Elysée
-
Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo
De
sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC),
Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno
Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au
menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.
« Les deux personnalités ont échangé sur la situation
sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes
institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection
présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au
niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des
listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans
un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos
partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections
propres et sans violence au Togo », nous confie une source.
Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et
les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu
avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le
Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain
Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux
ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble
des Togolais,
la France
souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous
avons quelque chose de commun avec la France…
», avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine
« New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une
petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la
direction de
la France et de
l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité
».
Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est
annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de
l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de
l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de
l’année 2008, des consultations avec le Togo.
E. Pierre
Le régime à l’heure de la séduction :
Politique nationale des petits travaux, rien que des petits travaux
Depuis
quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions
transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite
sont destinés au remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les
pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies,
ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement
dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être
pas avant longtemps.
Ces
travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris
depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que
partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la
capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté
par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible
».
A défaut
d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009,
c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En
parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du
Golfe notamment), on fait deux types de constats.
Le
premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une
certaine distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus
attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En
revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour
quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les
cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se
pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des
distances relativement longues une vaste couche de sable.
De là,
très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo.
L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les
gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière.
Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la
laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se
mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose.
Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures
et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux
des passants et des riverains.
Le
deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les
habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures
ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre
procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la
voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes)
de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu
vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions
utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces
déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.
Il faut le
dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire
du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la
paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à
presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ?
Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de
plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale.
Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers
Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.
A dire
vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti,
qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas
d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à
classer dans « la politique des petits travaux » si cette
dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la
voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande
trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que
beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines
voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des
feux tricolores de l’hôtel Todman.
Eu égard à
tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu
s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un
tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces
rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de
raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville
et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour
voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien
n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien
et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la
présidentielle.
Prions que
les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De
grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des
réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question
de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers
publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera
toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la
politique des grands travaux. Alain SIMOUBA
Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG
N’Guessan Kouadio
Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de
l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les
responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications,
celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué
musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de
la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat
siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les
étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai,
les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le
communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait
plutôt durcir leur position.
Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève
depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un
communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation
que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager
une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe
d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des
étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le
communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN
a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre
togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la
commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les
étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter
avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec
le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a
accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait faux bond et
exigé qu’ils reprennent leurs cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en
compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe
», a fait savoir une étudiante en 4e année.
Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du
comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les
étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée
plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux
millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les
boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une
étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un
Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis
dans une insécurité notoire.
Cette insécurité, selon un membre de la commission, était
l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in
pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs
propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré
leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions
très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma.
D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs dans le quartier »,
déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.
Vêtus de noir et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités
différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant
des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire
« Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc
», « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », «
Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».
Don Jean Kossi
Sans détour :
Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?
«
Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour
moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)
Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la
préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de
délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance de tous
les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de
compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les
environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays
est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la
perspective de la fête du 27 avril 2006.
Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé
le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au
pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le
Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à
éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de
fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de
la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical
qui liait Eyadèma à notre Indépendance.
Au
Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu
Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu
Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que
celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion
jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique
et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge
et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la
vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges
n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La
date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des
Togolais.
Le
27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première
fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des
manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a
commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la
faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient
instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait
couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril
2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à
disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.
Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant
du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont
allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si
le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les
autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture
togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : «
Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en
soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le
monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage
d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de
l’indépendance.
Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable.
L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés,
les jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous
apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans
la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la
Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie
au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national.
Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette
démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui
divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l
es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Sous la table (2)
La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières
qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui
s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan
n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de
sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La
jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux
soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré
dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.
Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce
qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce
qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de
sélection. Il fit asseoir rose
sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente.
Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son
propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière
pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au
cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de
lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit
tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à
introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui
procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le
majeur rejoignit l’index dans la cité, l’homme entreprit une fouille
libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au
poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage
pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt
sèche et maintenant avide de câlins.
Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara »
sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes,
son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée.
Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char
d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le
combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de
ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea
cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le
point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette
fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le
père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en
pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les
barrières.
Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix
essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé
par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes
involontaires, ils renversa des piles de dossiers sur le bureau. C’était
bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement
dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune
demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous
feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui
dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher abondamment du
venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même
l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres
concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins
d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la
jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en
otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois
quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils
s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le
dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le
bureau.
Tonton D
Libertinage :
Le temps des
soucis pour Fo Houngbo
Les
6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un
paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera
bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que
la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.
Le
miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant
l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à
divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante.
La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol
face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48
heures.
Pour
leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent
depuis près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les
activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et
comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole Africaine
des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le
ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant,
c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des
Auxiliaires médicaux qui
étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est
tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le
pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.
La CPP sort de
sa torpeur
Ouf
! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime «
Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on
n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule.
Depuis que les premiers responsables ont atterri à la mangeoire, ils se
sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne
parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de
la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de
la voix.
Le parti a pondu
lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la
position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la
CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au
début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais
les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont
poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est
prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors
en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ».
Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de
l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive,
« tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La
CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.
L’insécurité de
retour
L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres togolais doit se faire
beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent
pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en
toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à
Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak où nous devons vivre en
permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher
tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.
Depuis un
certain temps, l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un
retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont
devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe pratiquement de
jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des
vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le
ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des
citoyens ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus
d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font
la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler
allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan. La vie
des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la
bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à
Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?
TVT, indésirable
à l’EAMAU
Les
étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de
l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont
opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la
CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils
demandent. Passons.
Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de
couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de
l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question
posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A
part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant
les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les
vêtements, même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. «
TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici
couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut
plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces «
con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils
déposer leur figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa
crédibilité?
Jérémiade des
CPPutains
Dans
un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et
institutionnelles, le pouvoir RPT a été arrêté par l’opposition
parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à
l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux »
a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans
la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que
vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand
on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à
négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti
un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.
Pour eux, les
partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la
compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces
gens sont tombés sur la tête. Qui leur a dit de n’avoir aucun député
pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que
leurs yeux pour pleurer.
Les « vingte
»-mille dévalués
On dirait que
nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait
pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les «
zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille
francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour
quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la
galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus
pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent
qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes
» qui sont logées. Vrai ou faux ?
Bien qu’étant
insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au
lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos «
galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables,
avec le système LMD adopté cette année, une aide de 15 000F avait été
promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon
pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils
n’ont pas eu les 15 000 F, mais en plus les « vingte »-mille ont
été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir
de recevoir cette somme soi-disant destinée à la recherche, a emprunté 15
000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa
double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et
donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due »,
dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?
En ce moment,
des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de
l’Université de Lomé. Au début des travaux, on croyait que c’était tout le
campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ».
Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec
l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le
travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains
« zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les
cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur
aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce
n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.
A vos marques,
partez !
Le jeudi
prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille
pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le «
prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa
» ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise
aux jaloux de ses acquis.
Ce jour là,
c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le
lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de
sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter
les marabouts, les puissants « goti goti » et autres. Il se dit
qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont
ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à
cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les
filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur
famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont
jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement,
elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par
ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto »
et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu
leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule demoiselle qui sera
élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand
même. |
|
Liberte Hebdo # 466 du 11 fev. 2009 |
|
Réformes politiques au Togo : Entretien entre
Gilchrist Olympio et Bruno Joubert,
Responsable de la cellule
africaine de l’Elysée |
-
Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo
De
sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC),
Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno
Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au
menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.
« Les deux personnalités ont échangé sur la situation
sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes
institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection
présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au
niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des
listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans
un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos
partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections
propres et sans violence au Togo », nous confie une source.
Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et
les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu
avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le
Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain
Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux
ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble
des Togolais,
la France
souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous
avons quelque chose de commun avec la France…
», avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine
« New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une
petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la
direction de
la France et de
l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité
».
Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est
annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de
l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de
l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de
l’année 2008, des consultations avec le Togo.
E. Pierre
Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et
Réconciliation ?
Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des
différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour
recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en
croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre
du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la
question des violences politiques et électorales. Cette prise de langue de
Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions
des Consultations nationales.
Sept mois après
En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi à imposer leurs
désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations
nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus
a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces
opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont
été bouclées trois (03) mois plus tard. A en croire les conclusions, les
populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et
c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi
avec les dignitaires religieux.
Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public
depuis juillet 2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les
confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu
sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de
lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté
populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait
tuer !
Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au
processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de
s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit
du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre
échéance électorale, la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins
importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de
l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais,
dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la
volonté de faire aboutir le processus.
Des déclarations qui sèment la confusion
La consultation des organisations religieuses devrait a priori
booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre
de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués
dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à
travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président
du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal
Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la
réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors
des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt
prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la
main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et
électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la
chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en
occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux
pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de
temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.
Quel espoir pour le processus ?
Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les
populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission
Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi
controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent
pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein
du pouvoir, on se plaît plutôt à envenimer les clivages, les frustrations.
Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent :
05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…
Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit
des discours. Comme sous Gnassingbé 1er,
l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté
». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette
fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les
tenants du pouvoir font preuve de discrimination.
Le
05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même
manière. Jeudi dernier qui marquait le 4ème anniversaire
de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela.
Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux
et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on
en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé
le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là,
une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation
officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités
étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur.
Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout
l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête pour l’assassinat de
Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres
présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont
eux, mis aux oubliettes.
La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce
jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans
vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado
et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une
seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé
et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de
cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur
cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.
Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril
2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le
pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions
exorbitantes pour décourager les plaignants.
Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse
du processus Vérité, Justice et Réconciliation.
Pablo E.
Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les
autorités
Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et
d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur
plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur.
Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour
promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la
portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en
misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps,
les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot
d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5
et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en
rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée
générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail
à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social
à l’endroit des autorités togolaises.
Ils réclament entre autres des avancements de grade avec
jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations
administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire
d’octobre 1999 pour d’autres.
Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement
relatif à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du
décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il
leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de
recherche et logement.
Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers
comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à
l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe
une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail,
perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne
bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette
situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et
constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.
Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la
condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits
notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie
d’avancements et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans
la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de
carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont
débuté l’auxiliariat en 2003.
Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien
n’est fait pour satisfaire leurs conditions, le secteur de l’Education
risque de connaître des jours mouvementés.
M.A.
Le
régime à l’heure de la séduction :
Politique nationale des
petits travaux, rien que des petits travaux
Depuis
quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions
transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite
sont destinés au remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les
pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies,
ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement
dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être
pas avant longtemps.
Ces
travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris
depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que
partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la
capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté
par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible
».
A défaut
d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009,
c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En
parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du
Golfe notamment), on fait deux types de constats.
Le
premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une
certaine distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus
attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En
revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour
quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les
cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se
pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des
distances relativement longues une vaste couche de sable.
De là,
très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo.
L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les
gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière.
Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la
laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se
mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose.
Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures
et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux
des passants et des riverains.
Le
deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les
habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures
ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre
procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la
voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes)
de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu
vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions
utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces
déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.
Il faut le
dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire
du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la
paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à
presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ?
Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de
plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale.
Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers
Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.
A dire
vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti,
qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas
d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à
classer dans « la politique des petits travaux » si cette
dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la
voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande
trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que
beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines
voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des
feux tricolores de l’hôtel Todman.
Eu égard à
tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu
s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un
tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces
rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de
raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville
et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour
voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien
n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien
et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la
présidentielle.
Prions que
les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De
grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des
réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question
de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers
publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera
toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la
politique des grands travaux. Alain SIMOUBA
Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG
N’Guessan Kouadio
Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de
l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les
responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications,
celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué
musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de
la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat
siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les
étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai,
les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le
communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait
plutôt durcir leur position.
Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève
depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un
communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation
que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager
une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe
d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des
étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le
communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN
a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre
togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la
commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les
étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter
avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec
le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a
accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait faux bond et
exigé qu’ils reprennent leurs cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en
compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe
», a fait savoir une étudiante en 4e année.
Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du
comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les
étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée
plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux
millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les
boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une
étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un
Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis
dans une insécurité notoire.
Cette insécurité, selon un membre de la commission, était
l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in
pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs
propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré
leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions
très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma.
D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs dans le quartier »,
déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.
Vêtus de noir et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités
différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant
des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire
« Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc
», « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », «
Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».
Don Jean Kossi
Sans détour :
Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?
«
Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour
moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)
Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la
préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de
délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance de tous
les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de
compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les
environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays
est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la
perspective de la fête du 27 avril 2006.
Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé
le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au
pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le
Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à
éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de
fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de
la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical
qui liait Eyadèma à notre Indépendance.
Au
Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu
Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu
Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que
celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion
jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique
et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge
et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la
vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges
n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La
date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des
Togolais.
Le
27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première
fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des
manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a
commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la
faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient
instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait
couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril
2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à
disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.
Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant
du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont
allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si
le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les
autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture
togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : «
Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en
soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le
monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage
d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de
l’indépendance.
Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable.
L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés,
les jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous
apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans
la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la
Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie
au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national.
Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette
démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui
divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l
es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Sous la table (2)
La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières
qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui
s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan
n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de
sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La
jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux
soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré
dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.
Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce
qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce
qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de
sélection. Il fit asseoir rose
sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente.
Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son
propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière
pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au
cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de
lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit
tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à
introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui
procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le
majeur rejoignit l’index dans la cité, l’homme entreprit une fouille
libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au
poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage
pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt
sèche et maintenant avide de câlins.
Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara »
sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes,
son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée.
Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char
d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le
combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de
ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea
cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le
point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette
fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le
père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en
pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les
barrières.
Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix
essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé
par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes
involontaires, ils renversa des piles de dossiers sur le bureau. C’était
bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement
dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune
demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous
feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui
dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher abondamment du
venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même
l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres
concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins
d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la
jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en
otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois
quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils
s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le
dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le
bureau.
Tonton D
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Liberte Hebdo #
465 du 10 fev. 2009 |
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Cadre
permanent : la vigilance des forces démocratiques et la question de
l’impartialité du Président |
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On
savait le pouvoir togolais pas trop adepte de la transparence. Mais avec le
coup de force qui a prévalu à l’introduction du projet de loi made by RPT
portant modification du Code électoral à l’Assemblée nationale,
l’obscurantisme a été étalé une fois de plus au grand jour, annonçant de
facto les couleurs en perspective de ce que sera 2010 : un scrutin
verrouillé d’avance et une fois le réveil des forces démocratiques a eu
raison de cet obscurantisme légendaire.
Réaction fructueuse
Le pouvoir pensait avoir fait l’essentiel en faisant passer le
texte le 23 janvier au Parlement. C’était compter sans la détermination de
l’Union des Forces de Changement (UFC) et du Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR). Promptement, le mercredi 28 janvier, les deux formations
politiques qui ont plus offert au peuple ces derniers temps leurs capacités
à se bouffer, décident de se concerter. Des délégations de ces partis qui
constituent l’opposition parlementaire se sont rencontrées et ont décidé de
mettre en commun les énergies pour mener un combat efficace contre les
mesures antidémocratiques et l’unilatéralisme du RPT. Ces deux partis
auraient aussi décidé de boycotter les séances plénières à l’Assemblée
nationale en guise de protestation à ce coup de force et de quitter
carrément le processus. Joignant l’acte à la parole, leurs représentants,
après avoir formulé leurs griefs, ont quitté vendredi 30 janvier la salle où
avait lieu la conférence des présidents. «Le projet de loi portant
modification du code électoral…marque un recul très grave de la transparence
de l’organisation et de la suppression des élections. Il ruine l’autonomie
et l’indépendance de
la CENI en
rétablissant et en renforçant l’intervention de l’Administration dans le
processus. Il réintroduit des mesures supplémentaires de discrimination et
d’exclusion »,
fait-on remarquer à l’UFC. Et à l’honorable Kossi Amégnona de préciser que
« ces textes …méritent d’être discutés d’abord dans le cadre permanent de
dialogue prévu par l’APG avant d’être portés devant l’Assemblée nationale ».
Ils vont récidiver 72 heures après, à la rencontre de lundi en se retirant,
mettant ainsi la pression sur le pouvoir RPT. Devant ce blocage manifeste,
le Président de l’Assemblée n’a eu autre recours que de porter le problème
devant le chef de l’Etat.
Outre l’UFC et le CAR, l’unilatéralisme du RPT est dénoncé par
l’opposition extraparlementaire dans son ensemble. Les forces démocratiques
de la diaspora n’ont pas été du reste. C’est le cas de l’ex-ministre de
l’Intérieur François Akila-Esso Boko, dont le nom est constamment cité
parmi les éventuels présidentiables. L’avocat au Barreau de Paris a fustigé
cette démarche obscurantiste du pouvoir et appelé particulièrement Faure
Gnassingbé à jouer franc jeu et montrer à l’opinion nationale et
internationale qu’il est réellement animé d’un esprit nouveau.
Cette levée de boucliers a porté ses fruits. Puisque mercredi dernier, un
décret a été pris créant le fameux Cadre permanent de dialogue et de
concertation réclamé à cor et à cri. il a donc fallu ce tollé avant que le
pouvoir ne bouge le cul.
Baisser la garde ?
Cette concession est loin d’être une fin en soi et les forces
démocratiques ne doivent pas se contenter que de ça. Les virages
comportementaux faits par le RPT durant l’histoire politique du Togo ne
donne d’ailleurs pas le courage à l’opposition de dormir sur ses lauriers.
Au RPT, on est capable de méconnaître le soir ce qu’on a concédé le matin.
Les différents accords politiques connus ont toujours ont été toujours
remis en cause par le pouvoir qui use de forcing, au dernier moment. Au RPT,
la parole donnée n’a aucun sens, la duplicité et la mauvaise foi sont les
choses les mieux partagées. En tout cas, une chose est sûre, cette
concession de création du Cadre permanent de dialogue et de concertation
faite par le pouvoir
est loin d’être un cadeau de Noël, une offrande de bon cœur.
Des pièges sont toujours posés à des endroits. Les forces démocratiques ne
perdraient donc rien en restant vigilantes.
D’ores et déjà, il se pose l’équation de l’impartialité du
président de ce cadre permanent de dialogue et de concertation. Le forcing
opéré par le RPT et qui a suscité la levée de boucliers de l’opposition
parlementaire et extraparlementaire a été rendu possible grâce à l’expertise
de Pascal Bodjona qui a gribouillé un projet de code électoral et l’a
introduit au gouvernement. Saura-t-il être au-dessus de la mêlée quand il a
déjà fait un passage en force pour la cause de son parti ? La question reste
posée. D’où la vigilance des forces démocratiques.
Pablo E.
Débarquement d’armes de guerre au Port autonome de Lomé
Les Togolais savent bien que depuis son accession à la souveraineté
internationale, leur pays n’a jamais eu à livrer une guerre à un quelconque
Etat comme c’est le cas pour d’autres pays pour lesquels, livrer bataille
est devenu une pratique coutumière. Pourtant, chaque année, le recrutement
dans l’armée nationale n’a jamais connu de répit. Et Dieu sait que le rythme
du départ à la retraite dans l’armée n’a aucune corrélation avec celui des
recrutements. D’où un effectif somme toute pléthorique pour l’armée
togolaise qui comme toutes les armées du monde, est cruellement budgétivore.
Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février dernier, un navire du nom de
LEOPARD consigné par une société de consignation de la place, aurait
débarqué au Port autonome de Lomé et plus précisément au poste 4, des
roquettes, lance-roquettes et munitions. Ce matériel de guerre et ces
munitions seraient-ils destinés à l’armée nationale (FAT) ? Si cette
hypothèse est confirmée, il y a lieu de se poser la question de savoir
pourquoi une telle commande d’armement. Car, passer pareille commande
supposerait que le Togo serait en guerre et que son stock de roquettes,
lance-roquettes et munitions aurait été épuisé, d’où l’urgence de le
renouveler.
Le
Togo n’étant pas en guerre, passer pareille commande à pareil moment de la
part des hommes au pouvoir, serait synonyme de faire preuve de méchanceté,
en banalisant les multiples problèmes existentialistes qui minent
quotidiennement la vie de millions de Togolais, pour donner la priorité à
l’achat de matériel de guerre. L’Etat n’est même pas en mesure d’assurer le
déplacement d’une catégorie de ses fonctionnaires à raison de 5000 FCFA par
tête et par mois, sur une longue période. Alors que le carburant est à 350 F
le litre au Bénin à côté, tout ce qui a pu être accordé aux Togolais c’est
de le ramener de 600 à 500 F, ce qui fait dire à beaucoup que les autorités
togolaises font des affaires sur le dos de leurs compatriotes.
Dans la mesure où le Togo n’est pas en guerre, ce ne serait pas aussi sans
objet, de faire le lien avec le récent redéploiement intempestif d’une
impressionnante artillerie lors du 13 janvier 2009 auquel un bémol a été mis
entre-temps en guise d’harmonisation avec l’esprit de réconciliation
nationale tant prôné. Dans cet esprit, l’arrivée d’une telle cargaison
répondrait-elle à l’idée selon laquelle, pour certains compatriotes, les
autorités togolaises voudraient lancer un avertissement au nouveau pouvoir
ghanéen ?
On peut encore se demander si cette commande d’armes et munitions entre
dans le cadre de la menace dernièrement adressée aux Togolais depuis Kara.
Il
y a une autre question à se poser dans cette affaire. Seraient-ce des armes
commandées par la Côte d’Ivoire et qui transiteraient par le Togo ? La
question n’est pas sans importance dans la mesure où, dans la même journée
du jeudi 5 février 2009, tous les Togolais ont aperçu le PM ivoirien,
Guillaume Soro dans leurs murs. Serait-ce une simple coïncidence ? La
question reste posée.
En
tout état de cause, au cas où cet achat d’armes serait fait par le pouvoir
togolais pour les besoins des FAT, il y a lieu de regretter ce qui suit : Le
budget togolais souffre d’un déficit à combler, les médecins togolais et le
corps médical en général ont un cahier de doléances non encore satisfait
entièrement par les autorités et la menace de grève n’est pas définitivement
écartée. On n’oublie surtout pas les étudiants de l’ENAM qui ont rencontré
leur ministre de tutelle il y a quelques jours pour des négociations et
n’auraient obtenu que des promesses. Les structures sanitaires manquent
toujours de moyens pour la prise en charge des malades. Les fonctionnaires
togolais traînent toujours leurs problèmes irrésolus jusqu’ici malgré le
dialogue social tripartite auquel le pouvoir ne semble pas donner toute
l’importance qu’il mérite.
A
toutes les demandes d’amélioration de leurs conditions de vie formulées par
les fonctionnaires, les étudiants et autres acteurs de la vie publique
nationale, la réponse toute trouvée des autorités est : « Il n’y a pas de
sou ». Et pourtant !
Alain Simouba
Sans détour :
Deux pas en avant, un en arrière !
« La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on
n’a pas ri. » (Chamfort)
C’est la marche conventionnelle du RPT. Cette démarche amène
toujours à se hâter lentement. Elle porte indubitablement le sceau de la
mauvaise foi. Il faut reconnaître qu’il n’est pas aisé dans la vie, d’avoir
affaire à des gens de mauvaise volonté et de mauvaise foi. Tous les Togolais
ont souvenance des difficiles conditions dans lesquelles avait été signé le
20 août 2006 à Lomé, l’Accord Politique Globale (APG). A un moment donné,
tout avait failli capoter, parce que, à l’époque, certains trouvaient dans
tout ce qui allait conduire à la signature dudit accord, et avec raison, une
compromission de la part de quelques-uns.
Lorsque les parties prenantes avaient abouti à la signature, le folklore
traditionnel des diplomates et hommes politiques « tous proches du
pouvoir » qu’on évitait d’indisposer et dont on s’efforçait de se
maintenir dans les bonnes grâces, avait été mis en branle. Beaucoup avaient
applaudi naïvement et au plan diplomatique, cet accord avait été salué comme
étant un succès remporté par toute la classe politique togolaise et partant,
par le peuple. Une partie des Togolais, les plus avertis, avaient toujours
été sceptiques, et ce, jusqu’à ce jour, face à l’enthousiasme béat de
ceux-là qui, de l’intérieur comme de l’extérieur vendaient la peau de l’ours
avant de l’avoir tué.
Clopin-clopant, eurent lieu les législatives, visée principale de l’APG,
d’autant plus que, c’est, selon la Communauté internationale et l’UE
notamment, au sein de l’Assemblée que devraient se poursuivre les débats
pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Bonne manière de
se débarrasser en douceur et « par les urnes » du casse-tête
togolais. « Débarqués à l’Assemblée » sans grands incidents par l’UE
de Louis Michel, l’UFC et le CAR auront fort affaire au parti «
majoritaire » qui n’a aucun intérêt à opérer une sérieuse réforme. L’UE,
mieux que quiconque le savait bien. Tout porte à croire que cette situation
l’arrangeait, d’autant plus que, face aux coups de tête du RPT, et face aux
multiples réactions du CAR et de l’UFC qui réclamaient la mise en place à
l’époque d’un Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) exigé
par l’APG, motus et bouche cousue chez l’UE, principal parrain du dialogue
intertogolais. Véritable marché de dupes!
Le
parti au pouvoir a désormais les coudées franches pour donner dans la
diversion. Le 19/11/07, Pascal Bodjona fut envoyé à Paris chez le leader de
l’UFC. La discussion avait tourné autour de l’entrée de l’UFC dans le
gouvernement. Le pouvoir, connaissant bien les exigences de Gilchrist et son
inflexibilité, savait qu’il n’entrerait jamais dans un gouvernement à
n’importe quel prix. Faure donnera juste l’illusion d’ouverture d’esprit.
Tout porte à croire que c’était le sens de cette nouvelle entrée en
discussion à Lomé avec Gilchrist. Comme on devait s’y attendre, les
discussions n’auront abouti à rien, car le pouvoir de son côté, savait que
jamais, il ne ferait droit aux desiderata du leader de l’UFC.
La
suite permettra à tous, de découvrir une fois de plus le RPT. Du refus
délibéré du pouvoir de mettre en place un CPDC que le CAR et l’UFC auront
passé un temps fou à réclamer en vain, à la modification unilatérale du code
électoral, en passant par le refus d’organiser les locales avant la
présidentielle conformément aux 22 engagements, et en passant aussi par la
commande unilatérale des kits électroniques par le gouvernement, en
l’absence d’une CENI et le piétinement du consensus retenu comme base sur
laquelle devraient se prendre les décisions, le pouvoir aura suffisamment
montré sa mauvaise foi et toute sa mauvaise volonté politique aux yeux des
Togolais.
Si
la bonne foi et la bonne volonté étaient au rendez-vous, jamais le pouvoir
ne devrait se permettre, pendant que les autres réclamaient à juste titre le
CPDC et une décision consensuelle en ce qui concerne la révision du cadre
électoral, de foncer tête baissée et puis faire un retour en arrière
aujourd’hui après que la pression fut mise sur lui par les partis politiques
et la « Communauté internationale ». Cela s’appelle perte inutile de
temps !
Alain Simouba |
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Liberte Hebdo #
464 du 6 fev. 2009 |
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Une bataille de gagnée pour l’opposition parlementaire : Le RPT concède la
création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation |
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Première réunion prévue pour ce matin
Depuis mercredi, le ciel s’est un tout petit peu dégagé dans l’atmosphère
politique togolais. Un décret portant création du fameux Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation recommandé par l’Accord Politique Global (APG)
du 20 août 2006
et dont le rôle est important dans le processus électoral et de
réconciliation a été pris.
la toute première réunion de
cet organe est prévue pour ce matin à la Primature. Comment
en est-on arrivé là quand on sait que le pouvoir incarné par le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a toujours fait les pieds et les
mains pour entraver sa création ?
Le levé de bouclier de l’opposition parlementaire
Le vendredi 23 janvier dernier, le conseil des ministres décida
l’introduction à l’Assemblée nationale de deux projets de lois portant
modification du Code électoral et statut de l’opposition. Le gouvernement venait ainsi de
court-circuler les partis de l’opposition qui s’attendaient, après la
rencontre du 4 décembre avec le ministre de l’Administration Territoriale
Pascal Bodjona, débattre du sujet lors d’une prochaine réunion en vue de
l’élaboration d’un texte consensuel. La réaction de l’opposition
parlementaire ne s’est pas fait attendre. Elle a rejeté en bloc le projet de
loi sur le code électoral, tant sur la forme que sur le fond.
Pour l’une des rares fois, l’Union des Forces de Changement (UFC)
et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont parlé d’une voix. Les deux
groupes parlementaires ont tout d’abord fustigé la démarche du gouvernement,
avant de toucher le fond. On a découvert dans le texte introduit plein de
dispositions partisanes faisant la part belle au RPT. L’UFC fait observer
que l’article 3 Nouveau sonne le glas de l’indépendance de
la
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), transfère certains
pouvoirs importants de la CENI, en matière de régularité et de la sincérité
des consultations au ministère chargé de l’Administration territoriale et
consacre sa mainmise sur la CENI et celle des préfets sur les CELI. Ce
parti ressort aussi que l’article 15 Nouveau offre au RPT, fort de sa
majorité au Parlement, le pouvoir de peser indûment sur la CENI
en choisissant ses membres comme bon lui semble, tout en excluant les
candidats de l’opposition. Les insuffisances de l’article 70 abrogé, 81
Nouveau, 88 Nouveau et bien d’autres ont été révélées.
Le CAR et l’UFC, convaincus que le RPT veut brader les réformes
institutionnelles et constitutionnelles, se sont rencontrés le mercredi 28
janvier et ont décidé d’unir leur force pour combattre ces démarches
antidémocratiques du RPT. Ces partis se proposaient même de boycotter les
séances plénières à l’Assemblée et menaçaient de quitter carrément le
processus électoral. Ils ont signifié leur humeur lors de la conférence des
présidents qui s’est tenue le vendredi 30 janvier dernier, en vue de
l’affection aux différentes commissions des projets de lois introduits par
le gouvernement.
La rencontre s’est terminée en queue de poisson, le CAR et l’UFC
exigeant le retrait pur et simple des textes. Des déclarations des
présidents des deux groupes parlementaires, on retient la dénonciation du
manque de consensus. il a été
aussi dénoncé l’unilatéralisme du RPT et l’abscence du Cadre permanent de
dialogue et de concertation. «Nous avons fait remarquer que la plupart
des textes qui nous étaient soumis relevaient de l’Accord Politique Global (APG),
donc nécessitent le dialogue et le consensus, et qu’en l’absence de dialogue
et de consensus, le gouvernement ne peut unilatéralement adresser à la
représentation nationale des textes qui relèvent de l’APG en vue de leur
adoption. Il n’est pas question que ces textes soient examinés aussi bien en
commission qu’en plénière sur la base de la volonté unilatérale du RPT. Nous
demandons le retrait pur et simple de ces textes… », a pesté Jean-Pierre
Fabre, le président du groupe parlementaire UFC. « Le texte que nous
avions eu à affecter est un texte hautement politique et nous avons demandé
justement à la conférence des Présidents de se référer à l’Accord Politique
Global qui a prévu un Cadre permanent de dialogue dans lequel on doit
normalement discuter d’abord de ces textes avant qu’ils reviennent à
l’Assemblée Nationale. Donc nous avons demandé que ces textes soient retirés
et retournés au Cadre permanent d’abord… », a renchéri son alter ego du
CAR, Kossi Amégnona. Ce sont les mêmes griefs qui ont été ressortis lors de
la rencontre de lundi 02 février entre les présidents des Groupes
Parlementaires. Et comme lors de la rencontre du 30 janvier, les députés du
CAR et de l’UFC se sont retirés de la salle.
Bras de fer productif…mais vigilance !
L’opposition parlementaire peut se réjouir car le bras de fer
qu’elle a engagé avec le pouvoir semble porter ses fruits. Le Conseil des
ministres a donc concédé la mise en place du fameux Cadre permanent de
dialogue et de concertation réclamé. Et selon les indiscrétions, le texte à
problème portant code électoral aurait aussi été retiré. Au CAR et à l’UFC,
on peut s’estimer heureux. L’opposition parlementaire vient ainsi de
remporter une bataille. Mais le pouvoir a-t-il fait ces concessions pour les
beaux yeux du CAR et de l’UFC ?
Voilà la question que l’on devrait se poser. Quand on connaît la
vraie nature du parti au pouvoir, on devrait plutôt tempérer les ardeurs et
rester vigilant. Le RPT est passé maître dans l’art de la duplicité, de la
ruse et la mauvaise foi est la chose la mieux partagée dans ce parti, que
certains se plaisent à appeler une secte au regard de la place réservée à
ces «vertus» de bas étage. A travers l’histoire politique du Togo, le
RPT a montré qu’il n’est pas un parti à qui on peut se fier. « Le RPT
reprend toujours par la gauche ce qu’il donne par la droite. L’opposition
parlementaire doit éviter de dormir sur ses lauriers, et donc avoir ses sens
en éveil », confie un compatriote.
Les comportements des tenants du pouvoir lors des nombreux
pourparlers sont assez illustratifs. Le pouvoir est capable de ravaler son
vomi, de remettre en cause le soir sa parole donnée le matin. Le RPT ne fait
aucune concession sans arrière-pensée, il sait toujours là où il peut
gruger. Me Agboyibo était le président du directoire du dernier dialogue
intertogolais qui a abouti à la signature de l’APG, mais cela n’a pas
empêché que ce texte fasse l’affaire du RPT. Il était Premier ministre lors
de l’échéance électorale du
14 octobre 2007,
mais cela n’a pas empêché le RPT de s’en sortir haut les mains.
La vigilance reste donc de mise.
Pablo E.
Présidentielle 2010 : Retour sur les promesses de Faure aux Togolais en
avril 2005
Hier c’était le 5 février, une date que les Togolais ne sauraient évoquer
sans un double pincement au cœur. Le premier c’est la perte d’un être humain
qui nous était tous familier. Nous ne dirions pas cher, mais familier. Les
Togolais auraient aimé voir aujourd’hui le Gal Eyadèma, en tant qu’ancien
chef de l’Etat à la retraite depuis 2003, se pavanant dans les rues de Lomé,
de Kara ou de Pya et avec qui, amicalement, ils échangeraient des
salutations de la main comme cela se passe entre Kérékou et ses concitoyens.
Que cela aurait été beau ! Mais deux fois hélas ! Que la terre lui soit tout
de même légère.
Le
deuxième pincement au cœur, est l’irruption d’un illustre inconnu de la
grande majorité des Togolais, en la personne de son fils Faure Essozimna à
qui, d’une manière impromptue, dans cette nuit fatidique du 5 février 2005,
une brochette d’officiers supérieurs des FAT prétendait faire allégeance et
apporter son soutien pour continuer l’œuvre de son père dans
la
République. La
pilule fut difficile et très amère à avaler au peuple. Nous ne reviendrons
plus sur les contorsions juridico-politiques du clan pour en arriver à ce
que le peuple vit aujourd’hui, mais il nous plaît, pour consigner et
consolider la mémoire active des Togolais, de rappeler que c’est bien plus
tard, dans la nuit du 22 au 23 avril de cette année-là, que la chose devint
claire pour tous : certains avaient fait allégeance contre leur gré.
Faure Gnassingbé qui deviendra, après un simulacre d’élection amenée
elle-même par un simulacre de retour à la légalité constitutionnelle avec la
complicité de la CEDEAO et sous le couvert d’un certain Jacques Chirac,
déterminé à l’époque à enterrer les Togolais même vivants et sans pitié,
lors de sa campagne électorale il y a 4 ans, fit un chapelet de promesses
qui se révèlent aujourd’hui un catalogue de vœux pieux. C’est ce catalogue
de promesses consignées dans une sorte d’opuscule dénommé : « Mon
engagement pour le Togo » et dont nous laissons l’appréciation du degré
de réalisation aux lecteurs et à tous les compatriotes, que nous avons
choisi exprès la date de ce double événement pour servir au peuple et amener
ce dernier à réfléchir dès maintenant et assez profondément sur l’échéance
de 2010, vu la bougeotte qui s’est emparée de Faure et vu ses opérations de
charme qui risquent de ne séduire personne.
Nous avons reproduit intégralement cet ouvrage en prenant simplement soin
d’apporter des virgules là où elles manquent et procéder à de petites
corrections syntaxiques. « Qu’est-ce qui fait tant courir le
leader nouveau, esprit
nouveau, depuis quelques mois ? ». Se demandent beaucoup de Togolais. Ce
programme, pensent les Togolais, aurait été réalisé au moins à 75% que Faure
serait tout tranquille aujourd’hui, qu’il aurait carte blanche pour faire le
dos rond devant ses compatriotes. Cela fait mal de savoir que de loin, des
gens dans ce pays continuent après tant d’années de duperies et de
mesquineries de toutes sortes à l’endroit de ce peuple, après tant d’années
de flagorneries, à considérer qu’ils peuvent toujours continuer à tirer les
Togolais du dernier des paysans au dernier des cadres par le bout du nez.
Prendre les autres éternellement pour des malfamés, des cancres, cela fait
mal au cœur, très mal au cœur.
Voici le contenu de l’opuscule flatteur de celui qui court aujourd’hui à la
conquête de l’estime des millions de Togolais déconcertés, désabusés et
menés ces derniers temps dans la flagornerie la plus révoltante.
Alain Simoub
Face à leurs conditions de travail déplorables : Les enseignants observent
depuis hier une grève de 48 heures
Ils
réclament des états généraux de l’Education
Les enseignants des écoles publiques n’en peuvent plus de supporter leurs
conditions de travail inadmissibles et observent depuis hier un mouvement de
grève de 48 heures, pour inciter les autorités togolaises à prendre en
compte leurs revendications.
A
la veille du mouvement, le ministre des Enseignements primaire et secondaire
Yves Madow Nagou avait sorti un communiqué dans lequel, il invite la
Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) à surseoir à la
grève. « Suite au mot d’ordre de grève lancé par
la Fédération des
Syndicats de l’Education Nationale sur la base d’un certain nombre de
préoccupations, des discussions sont ouvertes avec les représentants de
cette Fédération. Actuellement, les primes de déplacement des directeurs et
les dépenses diverses de fonctionnement sont en cours de payement au niveau
de chaque région. Les discussions se poursuivent pour que satisfaction soit
donnée aux autres revendications
», indique le communiqué.
Malgré la sortie du ministre, les enseignants ont tenu à manifester. Hier
tous les établissements scolaires publics à Lomé ont fermé leurs portes et
les élèves ont été priés de rentrer chez eux.
Selon le Secrétaire Général de la FESEN, Essozina Boyodé, les réponses
données par le ministre des Enseignements primaire et secondaire et son
collègue de l’Economie et des Finances lors de leurs négociations n’ont pas
été convaincantes.
Par rapport aux primes dont parle le ministre, M. Boyodé estime que c’est
une goutte d’eau dans la mer. « Ce sont des fonds de menues dépenses. Ça
fait à peine 300 millions qui sont décaissés et qui viennent d’être déversés
dans les préfectures et au niveau des DRE. Or nous avons besoin des craies,
des cahiers, des registres, des tables-bancs…Nous sommes en février et les
chefs d’établissements n’ont rien. Ils font sortir l’argent de leur proche
pour payer des bâtons de craie aux enseignants pour écrire. Depuis octobre
jusqu’aujourd’hui, les enseignants volontaires ne sont pas payés. Comment
peuvent-ils enseigner ?», se demande-t-il.
M.
Boyodé estime que les établissements font face à d’interminables problèmes
et recommande des états généraux de l’éducation. « Les indemnités de
fonction à part le préscolaire et le primaire sont bloquées depuis avril
2008 pour les chefs d’établissements, les inspecteurs…Il y a plein de
problèmes dans l’éducation et si les autorités veulent les prendre un à un,
elles ne vont jamais s’en sortir. Il faut des états généraux de l’éducation
pour prendre en compte tous les problèmes », préconise-t-il.
En
effet, parmi les problèmes soulevés par la FESEN, on peut souligner les
conditions de vie et de travail difficiles des enseignants, des apprenants
et personnels d’encadrement; la non réalisation des mesures d’accompagnement
annoncées à la suppression des frais de scolarité ; le retard accusé dans
l’adoption du décret relatif aux indemnités de fonction des chefs
d’établissements du secondaire 1er et
2e cycles, des
inspecteurs et des conseillers pédagogiques ; la non reconnaissance par le
gouvernement des enseignants des écoles spécialisées ; la non interpellation
des premiers responsables de l’Enseignement Confessionnel par le
gouvernement en vue d’aplanir les problèmes des enseignants de cet ordre.
C’est sur la base de ces revendications que la Fédération des Syndicats de
l’Education Nationale a appelé tous les enseignants et élèves sur toute
l’étendue du territoire national à rester chez eux hier et aujourd’hui.
Au
dernier trimestre 2008, le gouvernement avait décrété l’école primaire et le
préscolaire gratuits sans préparer au préalable un budget conséquent en
fonction du manque à gagner.
Ainsi du jour au lendemain, les écoles se sont-elles retrouvées dans le
dénuement matériel total, sans livres pour élèves ni livres pédagogiques
pour enseignants, ni outils de travail.
M.A. |
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