|
|
|
|
|
Liberté 509 de Lundi 25 mai 2009 |
|
Présidentielle 2010 : De la question de la candidature unique de
l’opposition |
|
Plus que neuf (09) mois et le Togo sera de plain-pied dans la fièvre
électorale. Les candidats se bousculent aux portes du Palais de
la Marina. Ils
sont déjà six (06) à avoir déclaré leurs intentions de briguer la
magistrature suprême : Gilchrist Olympio, Agbéyomé Kodjo, Nicolas Lawson,
Komlan Noussoukpoé, Koffi Yamgnane, Augustino Adéola Hospice Coco. Le
président sortant Faure Gnassingbé lui, est déjà en campagne. Quant aux
réformes institutionnelles et constitutionnelles censées garantir la
transparence, la crédibilité et le caractère pacifique du scrutin, elles se
font toujours désirer et le débat électoral au Cadre permanent de dialogue
et de concertation est au placard. Mais tout cela ne tue en rien l’enjeu de
l’élection de l’année prochaine. Ce qu’en attend le peuple togolais est
énormissime. On y voit l’ultime occasion de réaliser l’alternance au Togo
régenté depuis un demi-siècle par le clan Gnassingbé. Mais donne-t-on la
chance, au niveau de l’opposition démocratique, à cette alternance de se
réaliser ?
L’idée de mettre en commun les énergies, est partagée et la piste d’une
candidature unique explorée. En fait le principe est acquis entre les deux
partis majeurs de l’opposition crédible, l’Union des Forces de Changement (UFC)
et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et l’idée devrait être étalée
à toute l’opposition. A moins de dix (10) mois de ce rendez-vous capital,
le débat est relancé sur la personne devant représenter l’opposition
démocratique. De quel parti doit provenir ce candidat unique et quel profil
doit-il présenter ?
A
l’UFC, on ne voit ce candidat que provenir du parti et qui ne serait
personne d’autre que Gilchrist Olympio. Mais cette option suscite de la
polémique. L’âge devient de plus en plus critiqué. Septuagénaire, ses
détracteurs le trouvent fatigué pour occuper le Palais de la Marina. Chez
l’intéressé lui-même et ses courtisans, on balaie d’un revers de la main cet
alibi et on cite pêle-mêle des septuagénaires et octogénaires qui sont au
pouvoir en Afrique, Abdoulaye Wade, Omar Bongo et autres.
Au
parti des déshérités, c’est-à-dire au CAR, on n’est pas prêt d’avaler une
fois de plus une candidature d’un membre de l’UFC et l’on parle justement
de retour de l’ascenseur, pour dire que c’est au CAR qu’il devrait échoir
de choisir ce candidat unique pour avoir laissé faire le parti de Gilchrist
Olympio en avril 2005. Les premiers responsables du parti, Me Yawovi
Agboyibo et Dodji Apevon l’ont réitéré à maintes reprises. C’est un dialogue
de sourd entre les deux parties et l’on ne peut prédire celui qui pourrait
abdiquer. La logique aurait voulu que le candidat unique provienne du parti
le plus représentatif au sein du groupe, de l’UFC donc. L’expérience de par
le monde a toujours respecté ce principe. Mais Gilchrist Olympio pourra-t-il
se présenter contre vents et marées ?
Son
obstination à briguer pour la nième fois la magistrature suprême est
interprétée comme une soif du pouvoir. On le taxe d’être animé de souci de
vengeance. L’homme et ses suppôts multiplient ces clichés par zéro, car
pour eux, si Gilchrist Olympio était réellement animé d’un souci de
vengeance, il n’aurait pas cherché à monter au pouvoir depuis lors par la
voie des urnes, mais aurait pris les armes contre le clan Gnassingbé.
D’ailleurs dans l’état actuel des choses, la candidature du leader de l’UFC
sera rejetée car les écueils discriminatoires introduits dans la
Constitution en décembre 2002 pour l’écarter sont toujours
en vigueur, et les réformes constitutionnelles recommandées par l’Accord
Politique Global (APG) censées éliminer les critères de résidence et
d’abandon de double nationalité se font toujours désirer. Gilchrist Olympio
sera donc contraint par la force des choses de laisser la place à un autre
partisan, que l’opinion voudrait plus jeune et vigoureux, en tout cas moins
sénile. C’est ici qu’on lorgne du côté du Secrétaire Général du parti
Jean-Pierre Fabre et du 1er Vice-président
Patrick Lawson. Un choix parmi ces personnages aurait peut-être l’effet de
moins braquer les détracteurs et susciter un peu plus d’adhésion populaire.
Pablo E.
« Tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat » : Kpatcha Gnassingbé considère que c’est
une affaire plus familiale que politique
. La
tenue du procès n’est pas pour aujourd’hui
L’affaire de
coup d’Etat au Togo continue de susciter l’intérêt des médias
internationaux. Alors que « Jeune Afrique » a annoncé la semaine
dernière que Kpatcha Gnassingbé était détenu à la prison civile de Lomé, RFI
rapporte que Kpatcha est au secret depuis plus d’un mois.
«
Aujourd’hui, un mois après leur arrestation, on ne sait toujours pas où sont
gardés les deux frères du chef de l’Etat : Kpatcha Gnassingbé et Essolizam
Gnassingbé », constate « la radio mondiale ». Du côté du pouvoir
et des autorités judiciaires, personne ne communique plus sur cette affaire
de tentative de coup d’Etat. Après son ultimatum lancé aux médias, le
Procureur de
la République Robert
Bakaï est devenu aphone.
Selon les
informations, Kpatcha qui avait refusé de se faire assister par un avocat
lorsqu’il avait été présenté au Juge d’instruction, resterait toujours dans
sa logique. « Il considère sans doute que c’est une affaire plus
familiale que politique », indique RFI.
Une vision que
rejette son frère le Président de la République qui a, dans son discours du
17 avril dernier, déclaré que la justice se fera avec fermeté. En clair,
Faure n’est pas dans la logique d’un règlement à l’amiable où les
considérations familiales devront l’emporter sur les exigences d’un Etat de
droit. C’est ce qui fait que les nombreuses interventions de la famille
sont restées sans suite.
Mais comment
faire pour que ce procès ne dénude pas le régime de Faure qui a bénéficié en
2005 des actions des « nostalgiques du retour en arrière » ? Voilà la
question qui doit sûrement tarauder les esprits de Faure et son entourage.
En revanche,
l’affaire ne semble guère évoluée. Tout porte à croire que le procès n’aura
pas lieu de si tôt. «Ce qui se fait dans cette affaire Kpatcha n’est
conforme à aucune procédure. Il y a un grand flou judiciaire autour de ce
problème. En plus, le flagrant délit n’est qu’un bricolage pour contourner
les dispositions constitutionnelles liées à la question de l’immunité
parlementaire. La constitution des faits étant biaisée, la tenue du procès
n’est pas pour aujourd’hui», explique un défenseur des droits de
l’homme.
Certains
pensent que le procès n’aura lieu qu’après la présidentielle 2010. D’autres
par contre estiment qu’il n’y aura jamais de procès et qu’on trouvera des
échappatoires pour libérer le détenu le plus populaire.
Comme les
malheurs des uns font le bonheur des autres, Faure profite de cette affaire
pour s’affirmer et conquérir petit à petit le vide. Le récent chamboulement
dans la haute hiérarchie militaire s’inscrit dans cette dynamique. Selon une
source gouvernementale citée par RFI, « il y a désormais un seul maître à
bord pour gérer l’héritage du Général Eyadema. Que tous ceux qui ne
soutiennent pas le président Faure Gnassingbé se le tiennent pour dit ».
E. Pierre
Le RPT et
l’après-drame de 2005 : Remords au RPT après les centaines de morts
occasionnés par Faure et Kpatcha?
Le
présent article aurait dû paraître le 4 mai 2009, coïncidant exactement avec
le 4e anniversaire
de la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé et survenant après les
événements de la nuit du 12 avril dernier. Mieux vaut tard que jamais.
Interroger le passé pour connaître le futur, a recommandé le philosophe. La
démarche que nous conduisons ce jour est dictée par la nécessité de savoir
si le RPT est prêt à faire la même chose que 2005. Il y a des indices qui
nous poussent à le croire. Il y a une chose aujourd’hui qui ne manque pas
d’étonner tous les observateurs avisés de l’art de faire la politique au
sein du RPT. C’est la constance dans la médiocrité, l’erreur et la
stagnation. Pourquoi ne pas y ajouter le non catégorique au progrès et à
l’évolution.
Avec tout ce
qui s’était passé au Togo lors de la présidentielle de 2005, il est arrivé
un moment où des Togolais, tout en étant sceptiques, ont été tentés de
croire qu’au moins à partir de 2005, le pic atteint par le RPT à la suite
d’une élection, avec les événements dramatiques que tout le monde connaît,
devrait pouvoir amener Faure et ses amis à faire un effort pour afficher un
autre visage, un meilleur visage, faisant la politique autrement. Plusieurs
années après la venue au pouvoir de Faure Gnassingbé, les choses sont
demeurées telles et les comportements n’ont pas changé d’un iota.
A
dire vrai, plusieurs compatriotes pensaient qu’avec tant d’horreurs en 2005
(plusieurs morts et habitations détruites ainsi que des blessés graves et de
nombreux exilés dans la précarité et le dénuement total hors du territoire
national), ceux qui n’ont sur les lèvres que les mots : fin de l’impunité,
réconciliation nationale, lutte contre la corruption, bonne gouvernance, «
plus jamais ça au Togo !!! » (élections avec violences), allaient réellement
traduire dans les faits leurs promesses et leurs beaux discours, et mettre
un terme à tant de comportements qui entravent gravement le développement du
pays et l’unité de la nation. Mais rien de tel.
Il y
a des actes, qui, une fois posés, donnent lieu à du remords de la part de
leurs auteurs, au point qu’ils en arrivent à un effort d’actes
compensatoires. Le caractère de compensation se sent sans grande peine, dès
l’instant où l’on a affaire à des gens animés de bonne volonté et de bonne
foi, à des gens qui ont horreur de la démesure, à des gens humains,
équilibrés, respectueux de la vie de leurs semblables et soucieux du
meilleur devenir de leur nation.
Depuis avril
2005 où plusieurs parents ont perdu des êtres qui leur sont chers, non pas
pour cause d’une irruption volcanique ou d’un raz de marrée, mais pour
simple élection, aucun signe vraiment encourageant de la part des
responsables du Rassemblement du Peuple Togolais, parti au pouvoir,
constituant au moins pour les parents, un petit soulagement, preuve au moins
d’une reconnaissance que ces Togolais ne sont pas morts pour rien. Depuis
avril 2005, le gouvernement en place n’a jamais rien imaginé pour consoler
ceux qui devraient l’être, histoire de démontrer qu’au-delà du discours
officiel du bout des lèvres, on pense traduire réellement les paroles dans
du concret. Depuis 4 ans, Faure et ses amis n’ont pas encore trouvé le temps
nécessaire pour mettre en route le processus « Vérité Juste et
Réconciliation » appelé à apaiser les coeurs. On traîne volontairement les
pas, sans doute, histoire de montrer que c’est bien le cadet de leurs
soucis.
Depuis le 4 mai
2005, date de l’investiture de Faure Gnassingbé jusqu’à cette date du 25 mai
2009, soit quatre ans et trois semaines, aucun geste de la part du président
d’honneur du RPT, en même temps président de tous les Togolais, à l’occasion
du souvenir de la disparition de centaines de ses concitoyens. Une simple
messe avec laquelle on a l’habitude de distraire les populations en en
commandant à l’occasion d’un match des Eperviers ou pour des choses vraiment
banales, pourrait suffire à calmer les cœurs meurtris et démontrer par voie
de conséquence aux populations qu’au moins, à défaut de la Réconciliation
nationale que Faure hésite tant à voir concrétiser (et lui seul sait
pourquoi), il y a de la bonne volonté de bien faire. Du reste tous ceux qui
prétendent du côté du pouvoir, qu’ils préfèrent prendre tout leur temps et
ne rien faire dans la précipitation en vue d’une meilleure réussite,
trompent eux-mêmes. De toutes les manières, les Togolais sont là et
apprécieront le résultat par rapport au temps pris pour voir, si ce sont eux
qui ont raison ou plutôt les septiques.
Alors
se pose la question de savoir comment Faure Gnassingbé et ses amis
peuvent-ils, se prévaloir de la bonne volonté, de la bonne foi, du sens de
la mesure, de l’humanisme, du respect de la vie des concitoyens, du sens du
nationalisme, etc. Il est difficile de comprendre qu’après les extrémités
vers lesquelles les Togolais ont été poussés en 2005 par une véritable
chasse aux sorcières qui aura duré près de deux semaines, extrémités suite
auxquelles Faure avait pris le pouvoir, en promettant de gouverner autrement
(« lui c’est lui, moi c’est moi »), il n’en sera rien. On a vite fait
d’oublier que plusieurs centaines de compatriotes ont été trucidés pour
rien.
On constate
qu’aux termes de « cet holocauste », il n’y a rien eu qui puisse s’apprécier
en terme de regret d’être arrivé à la magistrature suprême en marchant sur
des cadavres, au contraire, tout semble mis en œuvre pour narguer le peuple.
La réticence à opérer les réformes prévues en est une illustration parmi
tant d’autres ainsi que la réticence qui avait présidé à la création du CPDC.
Si tant de sang doit être versé sans que de l’autre côté, il n’y ait une
bonne foi manifeste et une réelle volonté d’ouverture, alors, que chacun
apprécie!
La
même politique pratiquée par Eyadèma et qui n’est pas appréciée par les
Togolais, est en pleine promotion sous Faure. C’est le cas du maintien dans
la misère des populations, afin de mieux les exploiter à l’occasion des
élections par l’achat des consciences, c’est le cas de la crétinisation des
populations par des marches de soutien qui refont surface avec distribution
de sou, de l’interdiction des marches de protestation, tout en étant en
démocratie, du gaspillage et de la dilapidation des fonds publics, du
maintien des « fonctionnaires privilégiés et intouchables » à leur poste
après avoir largement dépassé la limite d’âge, du silence face à la
corruption et aux détournements des fonds, etc.
Il
est très regrettable que la disparition des centaines de nos compatriotes
(400 à 500 selon les Nations Unies et 1000 selon la LTDH) en avril 2005 laisse entièrement indifférents le RPT et ceux qui se
proclament aujourd’hui dirigeants. Ils ne semblent guère s’émouvoir. Ce qui
nous paraît surprenant aujourd’hui, c’est bien cette course effrénée dans
laquelle celui au profit de qui le RPT avait largué sa milice en 2005 sous
la conduite de Kpatcha, se lance depuis 2008 en pré-campagne alors que sur
le terrain rien n’a été concrètement fait pour pousser spontanément
l’électorat à lui accorder son suffrage en 2010.
Ce qu’on a
davantage du mal à comprendre et qui doit constamment susciter
interrogation, c’est que le RPT étant un parti qui ne s’améliore jamais et
n’évolue pas, il soutient toujours avoir gagné les élections. Or, pour
mériter le suffrage des électeurs, il faut mettre ses 5 ans d’exercice du
pouvoir à profit pour faire le bonheur des populations, réaliser des œuvres
concrètes. Ce qui est du domaine du jamais vu et du jamais connu au RPT.
Curieusement, prenant les Togolais pour des cancres, le pouvoir et le RPT
prétendent qu’ils sont toujours les vainqueurs des joutes électorales.
Entre deux
élections, les Togolais n’ont jamais constaté le moindre changement : les
rues sont toujours ce qu’elles étaient avant les élections. Sans
électrification et bien dégradées. Des quartiers depuis plusieurs années
manquant d’électricité et d’eau, de même que de lignes téléphoniques. La
construction d’infrastructures scolaires et hospitalières est inexistante.
Il y a lieu de s’étonner qu’en 40 ans de règne du RPT, l’héritage, tout
l’héritage laissé aux Togolais par ce parti qui refuse de pratiquer la
démocratie tout en criant à la démocratie, ne fasse rien comme réalisation
concrète dans le pays susceptible d’amener les électeurs à voter pour le RPT.
Solution de rechange : il faut acheter les consciences à l’approche des
élections en choisissant de maintenir les populations dans la misère. C’est
ce qui explique que le pays demeure dans son délabrement et qu’à chaque
fois, le RPT crie victoire. Rien d’étonnant que le Togo ne se construise pas
au fil des ans.
Tout bien pesé,
le RPT est à deux doigts de rééditer son exploit macabre de 2005 à la
différence que, pour l’heure, l’un des acteurs clé des représailles et des
soutiens de Faure n’est pas libre de ses mouvements, du moins pour le
moment. Aucun remords ne semble habiter le RPT ni ceux pour qui ces meurtres
sont survenus en 2005. La preuve la plus palpable c’est que depuis lors,
rien n’a été fait par le parti au pouvoir pour permettre au peuple de se
rendre compte que ce parti a fondamentalement changé de ligne d’action pour
prendre un visage humain. Il est toujours demeuré dans sa logique
suicidaire. Comme quoi 500 ou 1000 morts ne représentent rien pour le RPT.
Alain SIMOUBA
Le RPT et
l’après-drame de 2005 : Remords au RPT après les centaines de morts
occasionnés par Faure et Kpatcha?
Le
présent article aurait dû paraître le 4 mai 2009, coïncidant exactement avec
le 4ème anniversaire de
la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé et survenant après les événements
de la nuit du 12 avril dernier. Mieux vaut tard que jamais. Interroger le
passé pour connaître le futur, a recommandé le philosophe. La démarche que
nous conduisons ce jour est dictée par la nécessité de savoir si le RPT est
prêt à faire la même chose que 2005. Il y a des indices qui nous poussent à
le croire. Il y a une chose aujourd’hui qui ne manque pas d’étonner tous les
observateurs avisés de l’art de faire la politique au sein du RPT. C’est la
constance dans la médiocrité, l’erreur et la stagnation. Pourquoi ne pas y
ajouter le non catégorique au progrès et à l’évolution.
Avec tout ce
qui s’était passé au Togo lors de la présidentielle de 2005, il est arrivé
un moment où des Togolais, tout en étant sceptiques, ont été tentés de
croire qu’au moins à partir de 2005, le pic atteint par le RPT à la suite
d’une élection, avec les événements dramatiques que tout le monde connaît,
devrait pouvoir amener Faure et ses amis à faire un effort pour afficher un
autre visage, un meilleur visage, faisant la politique autrement. Plusieurs
années après la venue au pouvoir de Faure Gnassingbé, les choses sont
demeurées telles et les comportements n’ont pas changé d’un iota.
A
dire vrai, plusieurs compatriotes pensaient qu’avec tant d’horreurs en 2005
(plusieurs morts et habitations détruites ainsi que des blessés graves et de
nombreux exilés dans la précarité et le dénuement total hors du territoire
national), ceux qui n’ont sur les lèvres que les mots : fin de l’impunité,
réconciliation nationale, lutte contre la corruption, bonne gouvernance, «
plus jamais ça au Togo !!! » (élections avec violences), allaient réellement
traduire dans les faits leurs promesses et leurs beaux discours, et mettre
un terme à tant de comportements qui entravent gravement le développement du
pays et l’unité de la nation. Mais rien de tel.
Il y
a des actes, qui, une fois posés, donnent lieu à du remords de la part de
leurs auteurs, au point qu’ils en arrivent à un effort d’actes
compensatoires. Le caractère de compensation se sent sans grande peine, dès
l’instant où l’on a affaire à des gens animés de bonne volonté et de bonne
foi, à des gens qui ont horreur de la démesure, à des gens humains,
équilibrés, respectueux de la vie de leurs semblables et soucieux du
meilleur devenir de leur nation.
Depuis avril
2005 où plusieurs parents ont perdu des êtres qui leur sont chers, non pas
pour cause d’une irruption volcanique ou d’un raz de marrée, mais pour
simple élection, aucun signe vraiment encourageant de la part des
responsables du Rassemblement du Peuple Togolais, parti au pouvoir,
constituant au moins pour les parents, un petit soulagement, preuve au moins
d’une reconnaissance que ces Togolais ne sont pas morts pour rien. Depuis
avril 2005, le gouvernement en place n’a jamais rien imaginé pour consoler
ceux qui devraient l’être, histoire de démontrer qu’au-delà du discours
officiel du bout des lèvres, on pense traduire réellement les paroles dans
du concret. Depuis 4 ans, Faure et ses amis n’ont pas encore trouvé le temps
nécessaire pour mettre en route le processus « Vérité Juste et
Réconciliation » appelé à apaiser les coeurs. On traîne volontairement les
pas, sans doute, histoire de montrer que c’est bien le cadet de leurs
soucis.
Depuis le 4 mai
2005, date de l’investiture de Faure Gnassingbé jusqu’à cette date du 25 mai
2009, soit quatre ans et trois semaines, aucun geste de la part du président
d’honneur du RPT, en même temps président de tous les Togolais, à l’occasion
du souvenir de la disparition de centaines de ses concitoyens. Une simple
messe avec laquelle on a l’habitude de distraire les populations en en
commandant à l’occasion d’un match des Eperviers ou pour des choses vraiment
banales, pourrait suffire à calmer les cœurs meurtris et démontrer par voie
de conséquence aux populations qu’au moins, à défaut de la Réconciliation
nationale que Faure hésite tant à voir concrétiser (et lui seul sait
pourquoi), il y a de la bonne volonté de bien faire. Du reste tous ceux qui
prétendent du côté du pouvoir, qu’ils préfèrent prendre tout leur temps et
ne rien faire dans la précipitation en vue d’une meilleure réussite,
trompent eux-mêmes. De toutes les manières, les Togolais sont là et
apprécieront le résultat par rapport au temps pris pour voir, si ce sont eux
qui ont raison ou plutôt les septiques.
Alors
se pose la question de savoir comment Faure Gnassingbé et ses amis
peuvent-ils, se prévaloir de la bonne volonté, de la bonne foi, du sens de
la mesure, de l’humanisme, du respect de la vie des concitoyens, du sens du
nationalisme, etc. Il est difficile de comprendre qu’après les extrémités
vers lesquelles les Togolais ont été poussés en 2005 par une véritable
chasse aux sorcières qui aura duré près de deux semaines, extrémités suite
auxquelles Faure avait pris le pouvoir, en promettant de gouverner autrement
(« lui c’est lui, moi c’est moi »), il n’en sera rien. On a vite fait
d’oublier que plusieurs centaines de compatriotes ont été trucidés pour
rien.
On constate
qu’aux termes de « cet holocauste », il n’y a rien eu qui puisse s’apprécier
en terme de regret d’être arrivé à la magistrature suprême en marchant sur
des cadavres, au contraire, tout semble mis en œuvre pour narguer le peuple.
La réticence à opérer les réformes prévues en est une illustration parmi
tant d’autres ainsi que la réticence qui avait présidé à la création du CPDC.
Si tant de sang doit être versé sans que de l’autre côté, il n’y ait une
bonne foi manifeste et une réelle volonté d’ouverture, alors, que chacun
apprécie!
La
même politique pratiquée par Eyadèma et qui n’est pas appréciée par les
Togolais, est en pleine promotion sous Faure. C’est le cas du maintien dans
la misère des populations, afin de mieux les exploiter à l’occasion des
élections par l’achat des consciences, c’est le cas de la crétinisation des
populations par des marches de soutien qui refont surface avec distribution
de sou, de l’interdiction des marches de protestation, tout en étant en
démocratie, du gaspillage et de la dilapidation des fonds publics, du
maintien des « fonctionnaires privilégiés et intouchables » à leur poste
après avoir largement dépassé la limite d’âge, du silence face à la
corruption et aux détournements des fonds, etc.
Il
est très regrettable que la disparition des centaines de nos compatriotes
(400 à 500 selon les Nations Unies et 1000 selon la LTDH) en avril 2005 laisse entièrement indifférents le RPT et ceux qui se
proclament aujourd’hui dirigeants. Ils ne semblent guère s’émouvoir. Ce qui
nous paraît surprenant aujourd’hui, c’est bien cette course effrénée dans
laquelle celui au profit de qui le RPT avait largué sa milice en 2005 sous
la conduite de Kpatcha, se lance depuis 2008 en pré-campagne alors que sur
le terrain rien n’a été concrètement fait pour pousser spontanément
l’électorat à lui accorder son suffrage en 2010.
Ce qu’on a
davantage du mal à comprendre et qui doit constamment susciter
interrogation, c’est que le RPT étant un parti qui ne s’améliore jamais et
n’évolue pas, il soutient toujours avoir gagné les élections. Or, pour
mériter le suffrage des électeurs, il faut mettre ses 5 ans d’exercice du
pouvoir à profit pour faire le bonheur des populations, réaliser des œuvres
concrètes. Ce qui est du domaine du jamais vu et du jamais connu au RPT.
Curieusement, prenant les Togolais pour des cancres, le pouvoir et le RPT
prétendent qu’ils sont toujours les vainqueurs des joutes électorales.
Entre deux
élections, les Togolais n’ont jamais constaté le moindre changement : les
rues sont toujours ce qu’elles étaient avant les élections. Sans
électrification et bien dégradées. Des quartiers depuis plusieurs années
manquant d’électricité et d’eau, de même que de lignes téléphoniques. La
construction d’infrastructures scolaires et hospitalières est inexistante.
Il y a lieu de s’étonner qu’en 40 ans de règne du RPT, l’héritage, tout
l’héritage laissé aux Togolais par ce parti qui refuse de pratiquer la
démocratie tout en criant à la démocratie, ne fasse rien comme réalisation
concrète dans le pays susceptible d’amener les électeurs à voter pour le RPT.
Solution de rechange : il faut acheter les consciences à l’approche des
élections en choisissant de maintenir les populations dans la misère. C’est
ce qui explique que le pays demeure dans son délabrement et qu’à chaque
fois, le RPT crie victoire. Rien d’étonnant que le Togo ne se construise pas
au fil des ans.
Tout bien pesé,
le RPT est à deux doigts de rééditer son exploit macabre de 2005 à la
différence que, pour l’heure, l’un des acteurs clé des représailles et des
soutiens de Faure n’est pas libre de ses mouvements, du moins pour le
moment. Aucun remords ne semble habiter le RPT ni ceux pour qui ces meurtres
sont survenus en 2005. La preuve la plus palpable c’est que depuis lors,
rien n’a été fait par le parti au pouvoir pour permettre au peuple de se
rendre compte que ce parti a fondamentalement changé de ligne d’action pour
prendre un visage humain. Il est toujours demeuré dans sa logique
suicidaire. Comme quoi 500 ou 1000 morts ne représentent rien pour le RPT.
Alain SIMOUBA
La COTEC fait des dégâts au Port de Lomé : L’importation des
véhicules au Togo réduite à néant
Lomé naguère
considérée comme la capitale ouest africaine du marché des voitures a perdu
depuis quelques mois son prestige au profit des ports de Cotonou et de Tema.
Et pour cause, depuis le 1er décembre
2008, la direction générale des douanes togolaises a mis en place
la Compagnie Togolaise
d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) sur les véhicules d’occasion en
consommation et certaines marchandises. Le nouveau système introduit par
l’Administration douanière avait engendré une augmentation spectaculaire des
valeurs rendant très cher le coût des droits de douanes. A l’époque,
l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) et les syndicats de
transitaires et déclarants en douane ont vivement protesté et exigé que soit
mis fin aux activités de
la COTEC. Les transitaires avaient même pendant une semaine
observé un mouvement de grève qui avait paralysé les activités au port de
Lomé. Rien n’y fit. Les actions des syndicats n’ont pas dissuadé les
autorités douanières à revenir sur leur décision.
Bon gré mal
gré, la COTEC fait son chemin. Mais six mois après l’installation du nouveau système
d’évaluation de véhicules, la situation va mal en pis. L’importation des
véhicules au Togo a sensiblement diminué. De sources généralement bien
informées, de plus de 1000 voitures sorties par semaine vers les pays
sahéliens, on est tombé aujourd’hui à moins de 500 par semaine. La baisse
est encore plus remarquable au niveau de la consommation locale. Avant
décembre 2008, on sortait plus de 500 véhicules par semaine. On enregistre
actuellement moins de 50 par semaine.
La plupart des
clients ont simplement abandonné le Port Autonome de Lomé pour faire passer
leurs marchandises et leurs véhicules par le Port de Cotonou au Bénin, de
Tema au Ghana ou d’Abidjan en Côte d’Ivoire. «Depuis que
la COTEC a été créée, la plupart de nos clients ont quitté le Togo
vers d’autres pays de la sous-région. Nous n’avons plus d’activités »,
déplore un déclarant en douane. Ce que confirme un inspecteur de douane.
«
La COTEC, ce n’est plus la grande affluence. Les clients tombent en
compte goutte », reconnaît-il.
La nouvelle
trouvaille des autorités douanières n’a pas seulement fait fuir les clients
mais aussi elle a occasionné un chômage chez de nombreux Togolais de divers
secteurs professionnels tels que les transitaires, les mécaniciens, les
électriciens, les peintres… qui tiraient leur gagne-pain dans le commerce de
véhicules d’occasion. Aujourd’hui avec la création de la COTEC, ces jeunes qui arrivent à survivre grâce à cette activité, sont mis
sur le carreau.
M.A.
Sans
détour :
Gabon-Togo :
Dans le désordre
«
Aux victorieux – Ne vous écartez pas d’attitudes, d’allures, de manières
telles que qu’aucune circonstance ne vous inflige d’en changer du tout au
tout » (Paul Valéry, Mélange)
Les
éliminatoires combinées Coupe du monde et CAN 2010 vont se poursuivre dans
le mois de juin. Vingt (20) matches sont attendus en deux journées (deuxième
et troisième), la première étant disputée fin mars dernier. A l’issue des
deux prochains rounds, l’horizon va commencer à s’éclaircir et les vrais
candidats aux messes mondiale et continentale afficheront clairement leurs
ambitions. De même, ceux qui seront condamnés à suivre ces événements devant
leur poste téléviseur, se reconnaîtront. C’est la loi du football. Par
principe, certains doivent réussir et d’autres échouer. Il s’agit de vingt
prétendants pour cinq places pour le Mondial africain ou sud-africain, c’est
selon, et quinze pour la CAN angolaise.
Les
Eperviers du Togo et les Panthères du Gabon qui sont logés dans le groupe A
et dont personne ne vendait cher la peau, ont créé la sensation de la
première journée en s’imposant respectivement devant les Lions indomptables
du Cameroun et les Lions de l’Atlas (Maroc). Les Gabonais ont même fait le
plus dur en étouffant les enfants du Roi Mohammed VI sur leurs propres
installations. Mais le sort a voulu que ce soient les deux vainqueurs de
cette première journée qui s’affrontent le 6 juin prochain à Libreville. Des
retrouvailles entre fauves et rapaces. Le gagnant de ce duel prendra le
large dans le groupe. Mais un match nul permettra aux deux perdants
(Camerounais et Marocains) de rêver encore. Après sa qualification
historique à la Coupe du monde 2006, le Togo est devenu un modèle pour tous
les petits pays. Tout le monde veut dorénavant faire comme lui. Et c’est
dans cette logique que se trouvent le Gabon et tout son peuple. Ce bref
rappel pour dire que ce n’est pas un match facile qui attend l’actuel Ballon
d’or africain et ses coéquipiers. Les Gabonais ont envie de bouffer «
mondialistes ».
Cependant, comment préparons-nous ce déplacement périlleux ? Dans le
désordre, dans l’amateurisme et dans le mensonge. Les multiples rappels de
la presse invitant les membres de la Fédération à ne pas dormir sur les
lauriers et à commencer à temps les préparatifs du match du 6 juin, sont
visiblement tombés dans les oreilles de sourd. Rien n’a été fait et on a
attendu le dernier moment pour se jeter à l’eau. C’est d’abord le
sélectionneur et directeur technique Jean Thissen qui a réuni portes et
fenêtres closes, les journalistes pour dévoiler le programme qu’il a
concocté pour les deux prochaines journées. A peine a-t-il avalé sa dernière
salive qu’il s’envola pour la Belgique où les Eperviers devraient faire leur
regroupement. Tout devrait commencer le 24 mai.
Mais ce
programme a été annulé une semaine après l’annonce de la bonne nouvelle. La
cause, selon certaines indiscrétions, c’est que le ministre de l’Economie et
des Finances ne serait pas prêt à débloquer les fonds, tant que ceux
antérieurs décaissés n’auront pas été justifiés. Quoi de plus normal.
L’orthodoxie financière veut que quand on vous donne de l’argent, il faut
toujours le justifier. Un exercice en fait simple qui n’est pas encore entré
dans les habitudes des membres de
la Fédération qui sont à l’aise avec la gestion opaque.
Faux, le
problème n’est pas à ce niveau, rétorquent-ils, avançant la thèse de
l’indisponibilité des joueurs. C’est curieux que le puissantissime
planificateur et le sélectionneur ne soient pas au fait de la fin des
championnats européens. Eux au moins, ils savent tout planifier et leurs
calendriers sont disponibles sur tous les sites d’information. Pourquoi ne
les a-t-on pas consultés avant d’accoucher le programme ? On n’aura jamais
la réponse. Tout est sens dessus dessous
Zeus AZIADOUVO
Abus
d’autorité : Le ministre Titikpina et ses escortes font la misère à un jeune
au Grand Marché de Lomé
Depuis quelques
mois, des travaux de réfection ont été entrepris au Grand Marché de Lomé.
Mais les ouvriers ont, entre-temps, observé un mouvement d’humeur pour
exiger une rémunération conséquente. Logiquement, les travaux ont pris
beaucoup de retard. Ce qui a suscité en avril dernier la visite des lieux
par une délégation gouvernementale conduite par le ministre de
l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités locales, Pascal Bodjona. La semaine dernière, c’était
au tour du ministre de la Sécurité et de
la Protection
civile, le Colonel Atcha Titikpina, d’aller à Adawlato pour se faire une
idée sur lesdits travaux de réfection.
Après avoir
échangé, le ministre et la Directrice du marché sont descendus au niveau de
la Pharmacie Populaire. C’est là qu’un jeune homme qui passait dans les
environs, son téléphone fixé à l’oreille serait bousculé et interpellé par
deux des escortes du ministre. Il serait premièrement conduit manu militari
auprès de celui-ci avant d’être emmené au poste de police de la plage, où il
serait rejoint plus tard par les deux personnalités. Le jeune serait tout
simplement accusé d’avoir filmé le ministre avec son téléphone.
Suite à
quelques échanges et tractations, l’infortuné a été libéré après avoir
montré au ministre lui-même, qu’aucun de ses téléphones portables n’était
pourvu de caméras ni d’appareils photos. Heureusement pour lui.
Toutes nos
tentatives pour joindre le ministre ont été vaines. Il était inaccessible
E. Pierre
Ça
va se savoir : La récompense
Gustav, un jeune homme de la trentaine, très frivole et partisan
de moindre effort, vivait depuis quelques temps seulement à Anfamé où il
avait loué une chambre. Son seul boulot était la chasse aux filles. Il
n’avait ni goût ni préférence. Il sautait sur toute occasion qui s’offrait à
lui.
Dans le même quartier où il venait de s’installer, vivait une
fille prénommée Lili, aussi de la trentaine. Comme la peste, cette dernière
était crainte par les hommes du quartier par le simple fait qu’elle était
possédée par l’esprit de «Mamiwater » dont les manifestations à
certains jours de la semaine étaient incompatibles avec les relations
sexuelles. Alors qu’il était à la porte de sa maison, Gustav vit venir Lili
avec son teint clair rayonnant et éclatant, une corpulence moyenne
présentant une hanche bien développée avec des fesses soigneusement
modelées, bref, elle avait tout pour faire perdre la tête à un homme. Gustav
l’apostropha mais prit du temps à « tchatcher» Lili comme il en avait
l’habitude. Pour être restée trop longtemps en jachère, cette dernière ne
trouva aucun inconvénient à la sollicitude de Gustav et lui accorda sa
disponibilité pour une aventure matrimoniale.
Comme convenu, Lili était le lendemain chez Gustav qui
l’attendait. Il prit du temps à caresser sa proie qui resta insensible à
tous les gestes de Gustav. Et pourtant, Lili avait un ardent désir. C’était
aussi peut-être le fait qu’elle soit mise longtemps en jachère qui lui fit
perdre la manière. Gustav, lui, allait droit au but. Il aida Lili à se
déshabiller puis en fit autant. Il la coucha comme un bébé mais avec
beaucoup d’adresse. Il l’aida dans tous les gestes qui contribuent au jeu de
jambe à l’air. Gustav se fraya un chemin pour son canon qu’il implanta dans
la cité de la dame qui s’écria: « Oh ! Non ! Fais doucement car,
ça me fait mal». Et Gustav galopait et assenait des coups de
reins à Lili qui finalement feulait. En vrai play boy, il proposa plusieurs
positions dont chacune était sanctionnée par un déluge de liquide jouisseur.
Les deux amoureux se quittèrent et se donnèrent rendez-vous le lendemain.
Pour ce jour, Lili se connaissant n’avait pas agréé. Mais Gustav ignorait
tout de sa partenaire, insista et promit à cette dernière de passer prendre
un présent.
Lili se rendit chez Gustav, le lendemain. Ce dernier avait prit
goût et voulait de nouveau savourer sa jolie et belle créature qu’il ne
voulait plus quitter. Alors que ce jour en réalité, Lili le consacre
ordinairement à son Dieu. Ce qu’ignorait Gustav qui usait de sa ruse jusqu’à
se frayer un chemin pour son canon qu’il implanta comme à la veille. Du
coup, Lili commença à se métamorphoser. Contrairement à un cri ou un
feulement, c’étaient des gestes s’apparentant au serpent. Elle venait d’être
possédée par l’esprit auquel elle est fidèle, Alors geste brutal, elle
voulut repousser Gustav mais, ce dernier résista. Elle tenta à plusieurs
reprises sans succès. C’est ainsi qu’elle devint méconnaissable suite à un
cri strident dans un état psychique indescriptible. Lili sortit des griffes
par ici et des coups de dents par là. Gustav était presque dévoré. Ayant
senti l’étau se refermer sur lui, Gustav voulut fuir mais, Lili ne lui
donna aucune chance surtout qu’elle était devenue plus que puissante par la
force des esprits. Gustav eut la chance de s’évader tout nu grâce à
l’intervention des cohabitants ameutés par ses cris et qui avait réussi à
défoncer la porte.
Tonton D
Libertinage
Encore des révélations
« Tortue
panpour, envoyé augmentation remarquable, riposte attendue obtenue ».
Avez-vous pigé quelque chose dans ce baragouin ? Ne vous forcez pas les
méninges à comprendre le message qui s’y cache, vous n’y parviendrez
jamais. Seuls les initiés sont à même de décrypter ce charabia. Semble-t-il
que c’est le langage codé utilisé par les « mon pays » lors de
l’attaque du bunker du Gros la nuit pascale. Cette affaire familio-familiale
entre Faurevi-Kpatchagan n’en finit pas de révéler ses secrets. Chaque jour
que le bon Dieu fait apporte son lot d’informations. Et bonjour les
spéculations et les supputations. Les nouvelles sont si variées et si
diffuses que finalement on se perd comme dans le labyrinthe. Notre
«con-de-frère» Tribune d’Afrique rapporte par exemple que le coup
fomenté par « El Kpatcho » pour sauter « Faure-vi » du trône
royal avait été baptisé opération « Poings Plombés ». Ça veut dire quoi
même ? Ohoo ! L’Opération « Poings Plombés » consisterait en trois
plans. Le premier, appelé Segment Air, viserait à abattre le Président de
la République à l’aéroport « gnassional » de Lomé. C’est un officier
FATal qui serait chargé du sale boulot. Il devrait tirer à bout portant,
avec un pistolet de fabrication américaine sur le « p’ti» lorsque
celui-ci serait en train de monter dans le Boeing présidentiel. Le plan B,
dénommé Segment Ange consisterait, au cas « zoù » le premier
échouerait, à semer le trouble et l’anarchie dans la ville de Lomé et
obliger l’armée à accaparer le pouvoir. Ainsi le Gros ferait appel à «Natch-La-Barbichette»
pour diriger la transition. Enfin le plan C, baptisé Segment de la Jungle viserait à provoquer une mutinerie au camp d’Agoè et «
El Kpatcho » ferait pression sur les officiers pour prendre le pouvoir
en s’imposant comme l’homme de la situation. Toutes ces infos sont-elles
vraies ou fausses ? Seul le Gros est à même de répondre.
Un penalty pour le Président
Womé l’antre du
« dépité » Améyivre, dit-on, est une véritable caverne d’Ali Baba. Le
grand magnat fait preuve d’une magnanimité débordante qui aiguise les
appétits et fait saliver certains comme le chien de Pavlov. Ainsi les hommes
en noir se bousculent au portillon de la FTF pour aller officier les matchs
du championnat à Womé. Les journalistes aussi ne sont pas en reste. Chacun
veut aller couvrir les rencontres dans le « dojo » du « dépité
». On n’y revient toujours les poches bien pleines. La manière dont
certains « con-de-frères » prennent fait et cause et jouent aux
avocats du diable du gourou de Womé en dit long. Au cours des rencontres à
Fiokpo, les hommes en noir ne manquent pas de témoigner toute leur
gratitude au grand manitou pour sa générosité. C’est ainsi qu’ils
s’arrangent pour trouver dans les 90 mn un coup de pied de réparation pour
l’équipe hôte. C’est le penalty pour Monsieur le Président. C’est comme à
l’époque coloniale, où après avoir administré des fessées aux autochtones,
on ajoutait un dernier coup, celui de l’empereur qu’on appelait « One
coup for Kaiser ». L’un de ces penalties généreusement accordé au «
dépité» a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il s’agit du
penalty sifflé lors de la 13è journée contre les Kondona de la Kozah, Asko
de Kara. Des « con-de-frères » ont failli en venir aux mains à ce
propos. Pour les uns, c’est un penalty imaginaire que l’arbitre a
gracieusement offert à Maranatha, pour les autres le penalty est
indiscutable. N’arrivant pas à accorder leur violon, ils ont décidé de se
référer à l’arbitre qui est le seul maître du terrain. Mais quand ce
dernier a choisi son camp, on peut aisément comprendre qui a tort et qui a
raison.
Quand Kossivi Reinhardt fait de l’esprit
Selon le Grand
planificateur, le Blatter togolais, son Excellentissime Kossivi Reinhardt,
il n’y a jamais eu de problèmes à la Fédération Togolaise de Football comme
le distillent les mauvais esprits dans l’opinion. C’est ce qu’il a clamé
haut et « faure » sur une radio privée le week-end. Depuis que le
nouveau bureau est installé, martèle-t-il, tout va pour le mieux dans le
meilleur des mondes possibles. Pour ceux qui doutent de sa parole, il les
invite à la Fédération pour voir de leurs propres yeux s’il y a des membres
du bureau exécutif qui se battent là-bas. Ainsi soit-il ! Pour son
Excellence Sepp Blatter Kossivi Reinhardt, cette histoire de crise, de
malaise, de division, de problème de personnes… à la FTF a été inventée de
toutes pièces par des journaux en mal de sensation forte pour pouvoir
vendre. Pour corroborer sa thèse, le Secrétaire général de la FTF a évoqué
la réunion tenue le 18 mai dernier au siège de la Fédération où 11 membres
du bureau sur 12 étaient présents. Pour lui, le nombre qui a pris part à
cette rencontre est largement suffisant pour rabattre le caquet aux jaloux
des acquis de
la Fédération. S’il
y avait vraiment des dissensions au sein du bureau, a-t-il dit, ce grand
nombre ne répondra pas à l’appel de la Fédé. Seulement, le Grand
Planificateur a oublié exprès de préciser que c’est celui qui est absent
qui constitue le nœud gordien. M. Reinhardt a beau jurer que le bureau se
porte comme un charme, cela ne trompe personne. Il y a bel et bien une
guerre de tranchée entre Rock et Améyi. Au lieu d’admettre la réalité en
face, il est là à faire de l’esprit. C’est sa propre figure qui est le
chemin.
Django a la « hontephobie »
Dans quelques
jours, les Éperviers du Togo vont en découdre avec les Panthères du Gabon
dans le cadre des éliminatoires CAN/Mondial 2010. Le tandem Amavi «
Patapato »-« Kayivi » Lawson a été délégué pour conduire nos
vaillants joueurs sur Libreville. Pour une fois encore, le prégo de
la Fédération Togolaise
de Foutaises (FTF) ne sera pas à la tête de la délégation pour ce match
capitalissime.
Pour le premier
match contre le Cameroun à Accra, c’était le duo Henri « Djagbanev »
et Fogan Daoune, chef de délégation, qui avait eu d’énormes problèmes de
difficultés. Le premier confiera plus tard qu’il s’était senti très bas
devant ses petits frères. Ces derniers l’ont arrosé des mots pas très doux
pour cause de la mauvaise organisation du voyage. Ainsi, tout porte à croire
que le Colonel ne veut pas se mettre devant sa troupe. Ce qui suscite des
interrogations au sein du public sportif. Pour l’heure, les spéculations
vont bon train. Il se murmure que l’ancien nouveau prégo de la Fédé a la «
hontephobie ». Qu’il ne sera pas capable de supporter une éventuelle défaite
des Éperviers. Il se dit aussi que le gars a encore en mémoire le feuilleton
de Wangen. Il n’entend plus, face aux problèmes de primes et consorts,
s’auto séquestrer dans sa chambre d’hôtel. D’aucuns aussi pensent que
Rockivi ne veut pas « manger » la honte suite à des improvisations
intempestives savamment organisées. Certains analystes, pas les moindres,
trouvent que « seuls les imbéciles ne changent pas » est dans sa
logique, celle de ne sortir aucun franc pour le bonheur du football
togolais. En tant que chef de délégation, il sera obligé de mettre la main à
la poche face à une situation délicate. Dans tous les cas, on espère que les
joueurs auront la témérité de dire à l’homme en treillis de se mettre devant
tout le monde comme ils l’ont fait à l’ex-prégo.
Des moustiquaires potilisées
Presque chaque
année des moustiquaires sont distribuées à la population. Sur les derrières
des moustiquaires mises à la disposition de la population, on pouvait lire,
l’ancienne devise du «Gnassingbéland », « Union, Paix, Solidarité
». Ce sont des moustiquaires potilisées, à très forte coloration blanche.
C’est à croire que les moustiques aussi font de la politique et qu’ils
militent pour tel ou tel parti. Beaucoup se sont rappelés les temps «
faure » du parti unique où on chantait « Ecartons… ». Mais cette
initiative est à saluer d’autant plus qu’elle permet de lutter contre les
moustiques qui donnent le paludisme, cette maladie qui tue plus que «
Dasi ». Si les moustiques parlaient, ils diraient à qui veut les
écouter que le « Gnassingbéland » est une nation qu’ils aiment
beaucoup à cause de l’insalubrité qui y règne avec des lagunes polluées, des
caniveaux qui puent...
La dernière
fois, lors de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le
paludisme, certains responsables de centre de santé ont affirmé que les
populations en viennent aux mains à chaque campagne pour recevoir les «
mousquitaires » mais ne les utilisent pas. Selon les indiscrétions, il
se dit que les « mousquitaires » ne sont pas assez longues pour bien
couvrir les matelas et qu’elles seraient si courtent qu’elles seraient
bonnes pour les pygmées de la forêt équatoriale. Ceux qui se plaignent plus
sont ceux qui se couchent sur les nattes. Il paraît qu’il vous faut prendre
des cordes kilométriques pour les faire descendre au sol. Certains pères de
famille se fâchent même la colère qu’elles sont très encombrantes car au
moment où ils veulent faire « Jacques où es-tu ? » avec leur femme
ils se retrouvent entremêlés comme une mouche dans une toile d’araignée. Les
mauvaises langues affirment qu’ils prennent une « mousquitaire» pour
en faire deux. Vrai ou faux. Dans tous les cas, il serait mieux que nos
donateurs fassent en sorte qu’elles ne soient plus si courtes pour
permettre aux gens de dormir tranquillement les quatre pieds en l’air.
Le championnat des nuls
On ne comprend
pas comment se déroule le championnat national de première division «Gnassingbélandais
». Depuis un certain temps, les rencontres n’enregistrent que des
scores nuls. Les attaquants n’arrivent pas à marquer et c’est des scores
microscopiques qu’enregistrent les nombreuses journées au cours de ce
championnat. Les 1-0 sont légion. On se demande si à la fin de ce
championnat on ne va pas enregistrer un nombre total de but aussi inférieur
que les matchs de petits poteaux des élèves du cours primaire. Les gens
veulent voir du nouveau, pas des matchs qui font dormir debout.
Il se raconte
que les attaquants, au lieu qu’ils se perfectionnent pour marquer
régulièrement font leur « glodjo glodjoé » et disent être victimes
d’envoûtement c’est pourquoi ils n’arrivent plus à marquer des buts.
Quelquefois
pour régler les comptes à leur coéquipier, ils simulent un envoutement au
point que certains de leurs coéquipiers sont même renvoyés de l’équipe. Il
y a de ces équipes qui coupent le gazon prématurément sous les pieds des
joueurs qui viennent à peine de commencer leur carrière footballistique chez
eux. Dans la rue, c’est eux qui jouent les stars et font tomber les nanas
comme des mouches. Alors que depuis le début du championnat ils n’ont pas
fait trembler le filet de leurs adversaires. « Gogbalo ! » !
Au cœur des
« mon pays »
Badiransa
: Class ! Tu as appris la nouvelle ?
Hodabalo
: « Lequel » nouvelle encore ?
Badiransa
: C’est toujours toi qui compliques les choses. Je ne comprends pas comment
tu as des problèmes de difficultés en conjugaison alors que tu as été un
peu. On dit laquelle.
Hodabalo
: Merci monsieur le « teatcher », j’ai compris. Mais est-ce que
c’est un problème de conjugaison ?
Badiransa
: Oui non ! C’est dans ça qu’on montre tout. Toi-même tu « savaissais»
que j’ai fréquenté beaucoup. J’ai réussi même à aller jusqu’en 4ème.
Hodabalo
: Aller jusque là, ce n’est pas petit affaire. Mais, moi aussi j’ai fait un
peu. Si ce n’est pas que le CMI a été difficile pour moi, je vais aller
loin.
Badiransa
: Donc, je comprends maintenant pourquoi tu n’es pas fort en conjugaison.
C’est d’ailleurs même pourquoi ton français est « clouya-clouya »
comme ça. Il faut te débrouiller un peu.
Hodabalo
: Bien reçu class. Maintenant, c’est quelle nouvelle tu veux me raconter?
Badiransa
: C’est sur le coach des « zéperviers ». Le gars-là, il a décidé de
muscler contre les gens dans ce pays.
Hodabalo
: Est-ce qu’il connaît bien le pays avant de faire tout ça ? Sur qui il a
fait sortir ses muscles ?
Badiransa
: Il veut faire une conférence et il a appelé les juliettes. Mais quand il
veut commencer, il a fait « déhorer » un « juliette » parce
qu’il a mal parlé de lui.
Hodabalo
: C’es maintenant qu’il est cuit. L’on peut avoir de problème avec tout le
monde mais avec ces gens-là, non. Ils sont dangereux comme la vipère.
Badiransa
: Quand j’ai appris cela, c’est ce que j’ai dit. Si tu veux vivre mieux dans
la vie, évite de tomber dans les affaires avec les juliettes. Ils vont te
rendre la vie très difficile.
Hodabalo
: Quand il a fait ça, les autres aussi doivent sortir directement et il va
rester seul. Comme ça on va voir s’il va faire ça ou non.
Badiransa
: Ils sont restés dedans sans rien dire. Tu vois que c’est terrible
Hodabalo
: En tout cas c’est là-bas qu’il pourra faire cette pagaille. Si c’est chez
nous, on va le remettre à sa place tranquillement.
Badiransa
: Sur tous les « journals », on l’a critiqué jusqu’à fatiguer. S’il
ne se transforme pas dans cette situation, il va avoir de sérieux problèmes.
Hodabalo
: Les autres coachs n’ont pas fait tout ça là avant que les Juliettes ne
tirent sur les « eux ».
Badiransa
: Il n’a qu’à essayer de leur dire pardon « kpooo » sinon…
Hodabalo
: Nous, on est là. Ils vont tout dire sur lui et on saura qui il est au
juste. Il va connaître que le Togo est un petit pays mais très compliqué. |
|
|
|
Les signes du déclin du RPT et du clan : Le pouvoir de Faure Gnassingbé
sérieusement ébranlé |
|
Tout le monde a souvenance de la manière dont l’actuel
président des Togolais est arrivé au pouvoir. En ignorant volontairement
tous les autres détails, nous rappelons qu’en 2005, c’était au prix de
centaines, voire d’un millier de compatriotes tués auxquels il faut ajouter
les nombreux blessés et handicapés à vie, que Faure Gnassingbé avait pris le
pouvoir dans son pays. Cela n’avait pas été le cas pour son père, qui
aurait, lui, revendiqué un crime de sang dont il ne serait pas le vrai
auteur.
La nature n’aura accordé que deux petites années de répit
et de délai de grâce au fils du défunt Eyadèma. Déjà en 2007, soit deux ans
après sa venue au pouvoir, alors qu’on s’activait à la préparation des
législatives de la même année, une première inondation due aux pluies
diluviennes dans la préfecture de Tône et qui avait détruit les cultures,
devait donner le signal de la grande catastrophe que le pays connaîtra
l’année d’après. Des habitations avaient été détruites ainsi que des salles
de classe. Tout ceci a fait repousser la date de la rentrée scolaire
initialement prévue pour septembre.
A la mi-2008, Faure aurait dû peut-être se rendre à
l’évidence, que la présidence pour lui ne devrait pas du tout être une
sinécure. Au fait, Faure n’était pas un chef d’Etat heureux ; et cela, il
devrait pouvoir se le dire, s’il est sincère avec lui-même. C’est à cette
période-là, qu’arriva la rupture de plusieurs ponts et ouvrages d’art dans
le pays, ainsi que la dégradation des voies de communication, rendant
pendant plusieurs jours et semaines des zones difficiles d’accès et des
routes impraticables, avec les conséquences économiques que cela comporte.
Cet événement fera le tour du monde.
Alors que les Togolais n’en avaient pas fini avec les
problèmes de la vie chère à dimension internationale et à répercussion au
plan national, la rupture des ponts et la dégradation des routes apportèrent
leur lot de malheurs aux Togolais sous Faure, exacerbant la souffrance des
populations dont le sort, de notre point de vue, ne semblait pas trop
préoccuper les premiers responsables du pays. Pour certains, les dieux du
pays se sont retournés contre Faure et le clan, faisant allusion au sang qui
avait coulé en 2005 et plongeant les Togolais raisonnablement dans
l’irrationnel. En effet, dans certaines zones, des eaux sourdaient sans
qu’il y eût pluie, entraînant l’inondation. Ce fut le cas à Baguida, Dévego,
Adakpamé, etc.
Certes, ce sont de pauvres Togolais, obligés d’abandonner
leurs logis et d’aller se mettre dans des salles de classe et autres abris
de fortune, qui en faisaient les frais. Néanmoins, il n’en demeurait pas
moins vrai qu’une telle situation n’est pas à l’avantage du pouvoir de Faure
qui est arrivé dans la duperie et la flagornerie vis-à-vis du peuple qu’il
continuait à maintenir dans la misère pendant que lui-même et son entourage
se pavanaient dans un luxe insolent. Conséquence : les élections à venir
permettront au peuple, une fois de plus, de sanctionner Faure et son RPT.
Signalons qu’entre 2005 et 2006, Faure était sérieusement
mis en difficulté par son jeune frère. Nous n’en voulons pour preuve entre
autres que l’image du 13 janvier 2006 où les Togolais ont vu le président
dans son Command-car et son frère Kpatcha, Ministre de
la défense
dans le sien, passant en revue le public. Plus tard des rumeurs de coup
d’Etat feront annuler des voyages de Faure hors du pays. Au moins deux fois,
les Togolais auront entendu parler de coup d’Etat, ce que le RPT et le
sérail ainsi que Faure lui-même balaieront du revers de la main. Mais
n’empêche. Tout fruit mûr tombe de lui-même.
Aujourd’hui, les Togolais sont en face d’une explosion du
clan depuis l’événement de la nuit du 12 avril et les arrestations qui ont
suivi, y compris celle du « cerveau du présumé putsch ». Faure
lui-même est aujourd’hui en difficulté, très en difficulté. Le
globe-trotter, durant plusieurs semaines, contre son gré, est resté cloué
au sol. Il a déjà raté plusieurs rendez-vous internationaux, ce qui n’est
sûrement pas fait pour le mettre dans son bain. Les réunions familiales
semblent se succéder sans se ressembler. D’après les indiscrétions, la
famille Gnassingbé ainsi que le clan seraient divisés suite à l’attaque du
domicile de Kpatcha et à son arrestation. Cela aurait déjà fait l’objet d’au
moins deux réunions.
Une très forte fièvre s’est emparée depuis quelques
semaines de l’héritage laissé par Eyadèma (RPT, Armée, et famille). Le
pauvre peuple togolais quant à lui, de Cinkassé à Djankassè, en passant par
Kara, à la fois intéressé mais aussi indifférent par rapport à l’événement
que vit le sérail, semble le plus préoccupé par sa pitance quotidienne,
attendant du Dieu suprême son moment pour lui choisir son vrai rédempteur et
mettre les amuseurs de galerie en vacances.
Beaucoup de Togolais parient aujourd’hui qu’après 40 ans de
règne (30 août 1969-30 août 2009) et suite à la mort de son « géniteur
», le RPT a atteint son apogée depuis belle lurette et est en plein déclin
et donc, condamné bon gré mal gré, à accoster le quai. Ce ne sont pas les
agitations du SG du parti et autres thuriféraires qui changeront la donne.
Bien malin qui pourra dire aujourd’hui aux Togolais, les doigts au feu, que
l’Armée d’Eyadèma, le RPT d’Eyadèma, la progéniture d’Eyadèma sont unis et
parlent d’une seule voix. Le diable est entré depuis dans la maison et s’est
durablement installé.
Ce diable a été introduit par le Gal Eyadèma lui-même par
sa conception d’une succession monarchique dans
la République
du Togo. Les indiscrétions font part d’une désapprobation de ce dont Kpatcha
a été l’objet de la part de son frère : l’attaque de son domicile par des
éléments armés. Est-ce cela qui justifie qu’une démarche aurait été engagée
en vue de remettre le domicile en état ? Il est possible d’y croire sans se
tromper. Les marches de soutien à Faure auront beau émaner de chefs
traditionnels sans dignité et autres pro-Faure, ce ne sont là que des
aspects de l’opération de charme et de séduction que l’on voudrait servir à
ceux des Togolais qui peuvent y croire.
La dernière nomination du Chef d’Etat-major général de
l’Armée, le Gal Zakari Nandja au Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et
de l’Hydraulique villageoise, poste créé spécialement et par ailleurs à ce
moment précis d’ébranlement du pouvoir, vient confirmer notre doute selon
lequel, tout ce monde d’officiers supérieurs que l’on disait avoir fait
allégeance à Faure en février 2005, aurait agi par conviction profonde. On
citerait le cas de l’Ex-ministre de l’intérieur et de la sécurité, en exil.
A lui, nous osons ajouter ce Général qui vient d’être sauté de l’Etat-major.
Pourquoi donc en ce moment ?
La confiance serait encore de mise, qu’il conserverait le
poste qu’il assumait depuis le temps d’Eyadèma, jusqu’à accéder à la
retraite. Même s’il devait quitter son poste, nous pensons que ce n’est pas
le moment indiqué. Rappelons que Zakari Nandja ayant atteint la limite
d’âge, devrait en principe, aller à la retraite depuis 2006. Si on l’a
maintenu jusqu’ici au poste, pourquoi n’est-il pas allé à la retraite
aujourd’hui d’abord, pour ensuite rentrer dans un prochain gouvernement
après, à l’occasion d’un remaniement ? C’est justement pour ne pas éveiller
l’attention des gens, c’est ce que pensent beaucoup. Mais le peuple n’est
pas dupe ! Nous pensons que c’est une manière de le remercier pour service
rendu et de se séparer de lui « en toute amitié ».
Alain Simouba
Tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat : Jeune Afrique
fait des révélations sur la manière dont Kpatcha comptait prendre le pouvoir
. Essolizam Gnassingbé, agent de liaison entre Kpatcha et
les militaires
Dans son dernier numéro sorti cette semaine, le magazine panafricain « Jeune
Afrique » fait des révélations dans l’affaire de « tentative d’atteinte à la
sûreté de l’Etat ». Il confirme la version de la clé USB qui aurait été
retrouvée chez le député Kpatcha et sur laquelle figureraient tous les
éléments du présumé putsch.
Mais là où il y a problème, c’est que Kpatcha n’est pas détenu à
la prison civile de Lomé mais bien dans une cellule à Lomé 2. Ces
informations contenues dans le JA viennent rajouter à la confusion et c’est
le démarrage effectif du procès qui permettra de savoir qui a fait et dit
quoi dans cette affaire de coup d’Etat.
Selon des sources internes à l’enquête que mène, depuis le 15 avril,
le procureur Robert Bakaï, Kpatcha, le demi-frère du président Faure
Gnassingbé, détenu à la prison civile de Lomé et interrogé au camp de la
gendarmerie pour tentative de coup d’Etat, aurait reconnu être le
propriétaire de la clé informatique USB saisie à son domicile et contenant
une quinzaine de documents compromettants, aussitôt mis sous scellés par
la Justice. Parmi
ces pièces, dont J. A. s’est procuré copie, figurent notamment un plan de
contrôle militaire de la capitale et une proclamation de prise du pouvoir
par les forces armées. Cette dernière fustige « le désordre» et
« la gabegie» qui, selon les présumés putschistes, régneraient sur un
pays « sans autorité visible», devenu « une grande plaque
tournante de la drogue».
Profitant d’un voyage du chef de l’Etat en Chine, les
mutins projetaient, de mettre en place un « comité national de
rectification et de réconciliation» dont la présidence aurait été
confiée au commandant Abi Atti, 46 ans, ancien patron des forces spéciales
de la gendarmerie (le Fosep). Le CNRR s’engageait à organiser rapidement des
élections «crédibles et transparentes» auxquelles Kpatcha Gnassingbé,
selon d’autres documents, avait l’intention d’être candidat. Entre-temps, ce
dernier devait récupérer son poste de ministre de
la Défense, dont il avait été écarté en décembre
2007.
Parmi les fichiers figurant sur la clé USB se trouve d’ailleurs un
projet de communiqué qui lui est attribué, dans lequel Kpatcha apporte son
soutien à un coup d’Etat qu’il vient, dit-il, de «suivre avec une grande
surprise mais avec beaucoup d’attention», avant de demander «à
tous et à chacun d’éviter la chasse aux sorcières et les règlements
de comptes». Si l’on en croit un procès-verbal récapitulatif
d’interrogatoires de la gendarmerie en date du 5 mai, dont J.A. a également
obtenu copie, l’agent de liaison entre Kpatcha et les militaires n’était
autre qu’Essolizam Gnassingbe, 30 ans, patron d’une société de communication
et demi-frère, lui aussi, du président. Toujours selon ce PV, les aveux d’Essolizam
auraient entraîné ceux d’Atti, puis de Kpatcha. Une trentaine de militaires
et de civils ont été arrêtés dans le cadre de ce complot présumé.
Selon une source proche du chef d’Etat, ce sont les services de
renseignements de l’ambassade américaine à Lomé - auxquels Kpatcha aurait
imprudemment confié son projet et auprès desquels il a ensuite tenté en vain
de trouver refuge - qui, après avoir fait mine de l’encourager, ont prévenu
Faure Gnassingbé de l’imminence du putsch « fratricide ». Dans sa
déposition aux gendarmes chargés de l’enquête, le commandant Atti aurait été
explicite à ce sujet : « le ministre Kpatcha m’a dit qu’il a reçu
l’ambassadeur des Etats-Unis chez lui et qu’il est soutenu par les
Américains. Il m’a dit qu’il leur a soumis une liste des officiers pouvant
assurer la transition et que j’ai été préféré par ces derniers, parce que je
ne suis pas entaché du trafic de drogue ou de violation des droits de
l’Homme ».
N°2523 du 17 au 23 mai 2009
Processus électoral : Faure et le RPT abandonnent les réformes au
profit de la campagne électorale
«
Toutes les parties prenantes au dialogue ont reconnu la nécessité d’apporter
au cadre électoral en vigueur les aménagements nécessaires pour garantir un
processus électoral libre, démocratique et transparent ouvert à tous les
Togolais
», lit-on dans l’Accord Politique Global (APG). Au crédit de ce chantier,
les réformes institutionnelles visant à consolider la démocratie, l’état de
droit, la bonne gouvernance et devant porter sur des questions d’intérêt
national : fonctionnement régulier des institutions républicaines, respect
des droits humains, sécurité et paix publiques, caractère républicain de
l’Armée et des forces de sécurité etc., puis celles constitutionnelles
censées réviser les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le
découpage électoral, le contentieux électoral et autres.
L’APG a été signé depuis le 20
août 2006 et on est à deux doigts de l’élection présidentielle de 2010, mais
ces réformes ne sont pas encore effectives. Faure Gnassingbé et le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) semblent abandonner ce chantier. En
tout cas, ils ne font montre d’aucune volonté pour ce faire.
Ils ont été contraints par
l’opposition parlementaire à mettre en place le Cadre permanent de dialogue
et de concertation (CPDC) et le pouvoir s’est fait violence pour entraver
les discussions. Tout est entrepris pour mettre le pied dans le plat et
l’opposition parlementaire devant le fait accompli. C’est ainsi qu’un
simulacre de session du Comité de Suivi de l’APG a été organisé le 07 mars
2007 pour décider de l’ouverture du Cadre aux satellites du RPT. Le
président du CPDC, Faure Gnassingbé n’a pas entrepris de consultations pour
concilier les positions autour du code électoral depuis près de deux (02)
ans que les débats ont été clos sur le sujet. Le pouvoir a voulu user de
force pour remettre en selle
la
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de Tozim
Potopérè, mais a été débouté par
la Cour Constitutionnelle.
Faure Gnassingbé et les siens
ne manifestent aucune envie d’entreprendre ces réformes, pourtant cruciales
pour la clarté, la transparence, le caractère pacifique du scrutin, mais
s’adonnent plutôt à une campagne électorale anticipée.
« La campagne électorale
est déclarée ouverte quinze (15) jours francs avant la date du scrutin. Elle
s’achève le vendredi précédant le scrutin à minuit. Nul ne peut, par quelque
moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors de la
période réglementaire ». Cette prescription du code électoral en son
article 85 est piétinée par le pouvoir. C’est une véritable campagne
électorale qui est enclenchée par et au profit de Faure Gnassingbé. Le
présumé complot contre la sûreté de l’Etat a servi de prétexte idéal.
Des manifestations publiques
sont improvisées pour condamner la tentative et on profite pour faire un
clin d’œil à l’électorat. Les déclarations faites à ces occasions en disent
long. On n’hésite pas à appeler ouvertement la population à voter Faure en
2010. Lors des marches de soutien qui ont suivi l’éclatement de l’affaire,
on a vu sur les écrans des manifestants habillés de tricots à l’effigie de
Faure Gnassingbé et bardés du message, à Blitta, à Dankpen. Les populations
sont mises à contribution pour simuler des soutiens au chef de l’Etat. Les
chefs traditionnels de la préfecture des Lacs se sont illustrés il y a
quelques semaines à travers une marche de soutien éhontée. Comme si le chef
de l’Etat est à l’écoute de ses compatriotes et répond promptement à tous
leurs appels, Faure Gnassingbé s’est rendu en personne à Aného, en bon
metteur en scène, pour remercier les gardiens des us et coutumes. Il n’a pas
résisté à la tentation de faire des clins d’œil à l’électorat du coin, à
coups de promesses de réfection d’infrastructures routières et autres.
La jeunesse togolaise n’est
pas du reste. De pseudo associations affiliées au RPT, au nombre de 100 se
sont retrouvées vendredi dernier au Palais des Congrès pour jouer leur
épisode du feuilleton. Habillés de tricot à l’image de Faure, ils n’avaient
d’yeux que pour lui. Le thème de la rencontre a été même délaissé au profit
de la louange à Faure Gnassingbé. Un collectif, le G100, a été formé pour le
soutenir. Au même moment, d’autres jeunes sillonnent le pays pour vanter ses
mérites. C’est le cas d’un pseudo Mouvement de Soutien à Faure (MSF) qui a
organisé récemment une tournée à travers le pays pour ce faire.
Faure Gnassingbé même est
descendu dans l’arène ce vendredi. Sa sortie l’a conduit dans le Wawa et
environs. Officiellement le chef de l’Etat est parti inaugurer les pistes
rurales. L’évènement nécessitait-il réellement sa présence ? Certainement
pas, mais le « Leader nouveau » a fait le déplacement des lieux, et a
profité pour draguer l’électorat du coin. Les propos tenus en disent long
sur les réels motifs de ce déplacement présidentiel.
Au demeurant, en abandonnant
les réformes institutionnelles et constitutionnelles au profit de la
campagne électorale, Faure Gnassingbé et les siens créent volontairement les
conditions d’une élection aux issues incertaines.
Pablo E.
Sans détour :
Les actes aux antipodes des mots
« Le gaullisme vit sans loi. Il avance au flair. D’un coup d’Etat à
l’autre, il prétend construire un Etat, ignorant qu’il n’a réussi qu’à
sacraliser l’aventure » (François Mitterrand, Le Coup d’Etat permanent)
La Cour Constitutionnelle,
la plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle, a tiré sur
la sonnette d’alarme. «Le mandat du président ayant débuté le 4 mai 2005,
date de prestation de serment, il est donc aisé de déterminer la date de
l’élection présidentielle de 2010 au regard de l’article 98 du code
électoral. Ainsi la date probable de l’élection présidentielle de 2010 se
situe dans la période du 18 février au 5 mars 2010», précise le juge
constitutionnel dans son communiqué du 13 mai 2009. Encore le chiffre 13 ?
Passons. En fait, c’est un rappel à l’endroit des acteurs politiques et des
médias surtout les «journaux privés » qui se seraient livrés à «
une spéculation relative à la date de l’élection ». Tout est donc dit,
les Togolais iront aux urnes dans moins de dix mois pour élire leur
président. Ce sera un scrutin à grand enjeu. Il y a déjà une kyrielle de
prétendants déclarés. On a d’une part ce qu’on appelle les « candidats
sérieux », et d’autre part les « plaisantins » qui veulent juste
enjoliver leur carte de visite.
Mais comment faire pour que le prochain scrutin présidentiel ne débouche pas
sur les actes de violence ? Comment faire pour que les représentants des
candidats dans les bureaux de vote ne soient pas empêchés de faire leur
travail ou chassés ? Comment faire pour que ces représentants puissent
entrer en possession des procès verbaux à l’issue du dépouillement public ?
Comment faire pour que les résultats réellement issus des urnes soient
publiés au lieu de ceux préétablis par la manipulation des ordinateurs ?
Comment faire pour qu’une fois, le vaincu reconnaisse sa défaite et félicite
le vainqueur ? Comment faire pour que les populations ne soient plus
obligées d’écrire sur leur maison « déjà frappés »… ? Comment faire
pour que le Togo entre dans le cercle fermé des meilleurs élèves en matière
électorale ?
Voilà des interrogations qui taraudent les esprits des Togolais habitués aux
scrutins avec violence. Ces inquiétudes seront dissipées si des réponses
adéquates et concrètes sont apportées à ces questions. « Nous voici
encore à la croisée des chemins, pour l’organisation des élections
présidentielles que nous voulons tous justes, transparentes, équitables et
non violentes. Quoi de plus légitime, dès lors que nous puissions ensemble,
rechercher les voies et moyens les meilleurs pour y parvenir »,
déclarait la semaine dernière le ministre de l’Administration territoriale
lors de la rencontre de restitution nationale des conclusions de l’atelier
de Conakry sur le rôle du secteur de la sécurité dans la sécurisation des
processus électoraux en Afrique de l’ouest. Le porte-parole du gouvernement
a fait la même profession de foi dans les colonnes d’un journal de la place
: « Je ne vois pas à l’heure actuelle des raisons évidentes qui puissent
faire croire aux Togolais que 2010 sera un rendez-vous de violence. Les
élections se tiendront dans les conditions de transparence et de non
violence ». Aussi le chef de l’Etat s’est-il inscrit dans les mêmes
veines en martelant devant les membres du corps diplomatique qu’il
s’inspirerait du modèle ghanéen.
Cependant, les faits et les comportements des principaux acteurs contrastent
avec ces bonnes intentions. Les discussions sur les réformes
constitutionnelles et institutionnelles sont au point mort juste avant et
après les événements de la nuit du 12 au 13 avril dernier. Malgré les
contestations de l’opposition, le gouvernement et le RPT ont, entre-temps,
remis en selle
la CENI historique de Tozim Potopéré dont le
rapport des législatives d’octobre 2007 se fait désirer. De même, le
gouvernement a, unilatéralement, commandé des kits pour la réactualisation
du fichier électoral… Bref, ce sont les mêmes causes qui risquent de
produire les mêmes effets. On va à l’aventure.
Zeus AZIADOUVO
Ça
va se savoir : La discorde
Dans les traditions africaines, le bon sens interdit aux hommes certaines
pratiques comme le partage d’une même femme par des frères ou des amis.
Mais, de nos jours, cette règle est foulée aux pieds. On assiste également à
une dépravation des mœurs.
Julien et Faustin étaient des amis inséparables depuis de longues dates. Ils
avaient beaucoup de choses en commun et vivaient d’ailleurs comme des
frères. Julien était âgé de 25 ans tout comme son ami et frère Faustin.
Julien est un informaticien chevronné et très actif dans son domaine
d’action, Faustin, lui, est technicien en communication. Les deux amis
avaient uni leurs forces et créé une entreprise de communication où chacun
mettait son savoir-faire en jeu en vue de préserver l’investissement, et par
ricochet l’emploi en ce moment où le taux de chômage va grandissant. Mais,
tout leur rêve vola en éclats un jour parce que le diable était entré dans
leur vie, pourtant solidement enracinée sur des pactes qui les unissaient.
Telle une incarnation d’un démon, Rachel, âgée de la trentaine et bien rodée
dans l’art du sexe, possédait toutes les qualités qui faisaient d’elle une
vraie professionnelle. Elle fit la rencontre de Julien un soir alors qu’elle
trottinait dans le quartier administratif de Lomé à la recherche d’un
client. Julien ignorait avec qui il avait affaire. Elle l’emmena
tranquillement ce soir chez elle et ils se découvrirent dans la joie. Une
fois à la maison, Rachel n’eut donné de temps à Julien qui perdit aussitôt
la tête sous le charme de sa compagne. Cette dernière possédait et
maîtrisait vraiment l’art de « gnapper» ; c’est son job. Elle avait
pris soin de bien modeler Julien la nuit-là de manière à l’immortaliser dans
sa mémoire. Julien eut du mal à quitter Rachel le lendemain matin. Mais, le
travail le contraignit à partir. Il lui donna pour la soirée, un
rendez-vous au service. Ce qui fut fait et c’était l’occasion pour Julien de
présenter Rachel à Faustin comme sa future épouse. Ils rentrèrent de nouveau
chez Rachel la dompteuse pour une seconde nuit consécutive. Julien était
soumis à d’autres phases du savoir-faire de cette dernière. Il prit goût et
élut désormais domicile chez Rachel.
Tout chamboula quand un soir, Rachel passa à la maison. Julien était absent.
Elle vit Faustin qui ne l’avait plus reconnue comme étant celle qui lui
avait été présentée un soir, il y avait de cela deux mois. Elle comprit et
se fit passer pour une nouvelle clientèle de la boîte. Faustin ne put
résister au charme envoûtant de Rachel qui passa par tous les moyens dont
elle disposait pour embarquer ce dernier chez elle. Tout comme elle l’avait
fait avec Julien, elle le fit avec Faustin. Tout allait bien comme sur des
roulettes. Faustin montrait de quoi il était capable, entrait et sortait
dans la citè interdite, c’est-à-dire qu’il dévorait avec appétit la pomme à
Julien quand subitement, l’on frappa à la porte. C’était Julien qui revenait
du service. Rachel sentit que c’était son amant et ne pouvant rien faire
d’autre parce que, obligée d’ouvrir la porte, elle indiqua sa grande armoire
à Faustin qui s’y engouffra avec ses effets vestimentaires ramassés
en hâte.
Julien entra et remarqua une anomalie dans le comportement de Rachel. Mais,
elle prit le dessus. Tout fut découvert lorsque Julien décida d’appeler
comme à l’accoutumée son collaborateur pour le compte rendu de sa sortie de
l’après-midi. La sonnerie de Faustin tout nu et transpirant, retentit dans
la chambre. Faustin ne pouvait même pas éteindre le portable qui était dans
l’une de ses poches introuvable dans l’obscurité qui régnait dans l’armoire.
Julien alla malgré la résidence de Rachel, l’ouvrir et découvrit son
collaborateur...
Tonton D
Libertinage
Le Commandant Atti comme le Capitaine Dadis Camara ?
On ne finira jamais de parler
de l’affaire « Faure-vi-Kpatchagan ». Chaque jour apporte son lot de
révélations fracassantes. La dernière en date est celle faite par nos «
con-de-frères » de Jeune Afrique, une révélation qui épingle «
énormément et massivement » le Gros. Ici ce ne sont pas les kalachnikov,
ni les roquettes, les obus, les pistolets automatiques et autres matériels
de transmission qui constituent le corps du délit, mais une clé anglaise,
kéi, une clé USB qui servirait à ouvrir les portes du Palais de
la Marina.
Selon le plan mijoté par les présumés putschistes, ceux-ci devaient prendre
l’exemple sur la vaillante et courageuse armée guinéenne qui n’avait trouvé
mieux que d’opérer en décembre dernier un coup d’Etat macabre contre le
cadavre de Lansana Conté. Ainsi comme le Capitaine Dadis Camara du CNDD
(Conseil National pour
la Démocratie
et le Développement), c’est le Commandant Abi Atti du CNRR (Comité National
de Rectification et de Réconciliation) qui serait le nouvel homme « Faure
» du Togo. Seulement, la junte au pouvoir à « Gnassingbéland » n’a
dirigé le pays que dans les rêves, le plan ayant été capoté avant les
capotes et les cerveaux du complot encagés. « Le ministre Kpatcha m’a dit
qu’il a le soutien des Américains et qu’il leur a soumis une liste des
officiers pouvant assurer la transition et que j’ai été préféré par ces
derniers », aurait confié le Cdt Atti avec beaucoup de remords. Mais le
fauteuil de « Faure-vi », il ne verra jamais sa couleur. L’éphémère
Présidence de
la République
n’aura duré que le temps où elle a été rêvée. Adieu pouvoir, honneur,
bonheur, grandeur !
Les « bitosards » reprennent du service
En cette période de dèche
ambiante où les Togolais tirent la queue par le diable, pardon, le diable
par la queue, des « bitosards » patentés qui ne manquent pas
d’imagination ont trouvé des moyens ingénieux pour se faire des sous : la
création d’associations fantoches. C’est ainsi que pour extorquer du pognon
au Fils du Père, un collectif d’ associations bidons,sorti de nulle part et
pompeusement baptisée G100 est mis sur pied pour soutenir le « p’ti »
en 2010. C’est à croire que « Faure-vi » est en train de tomber et
qu’il faille le maintenir debout.
Les mauvaises langues racontent que les membres du fameux G100 ne sont en
fait que des anciens liseurs professionnels de motions, ceux que «
Faure-vi » appelle les « nostalgiques du retour en arrière »
qui, dans un passé récent, se relayaient dans les jardins de Lomé II pour
chanter des louanges au Timonier et vilipender les leaders de l’opposition.
Mis en chômage technique avec l’avènement du « p’ti », ces
nostalgiques du retour en arrière ont trouvé d’autres souliers à leurs pieds
: se regrouper en collecctif d’associations pour venir en appui au Fils de
la Nation. L’idée n’est pas mal. Le 15 mai dernier, les membres du G100 ont
été convoyés, comme des pilchards, par des camions au Palais des Congrès où
ils ont organisé un forum national sur leur rôle dans le processus
électoral. A la fin des assises, le pactole qui est d’ailleurs l’objectif
premier visé par la rencontre est tombé. Et comme on pouvait si attendre,
les premiers responsables se sont taillé la part du lion et ont distribué
1000 F (1,53 euro) à chaque participant. Ce que beaucoup de jeunes ont
considéré comme une insulte à leur endroit. C’est sous des déluges de jurons
qu’ils se sont séparés. La prochaine fois qu’on les appellera, sûrement
qu’ils ne répondront pas.
Kofi « Igname » et Faure Eyadéma en campagne
Février-mars 2010, c’est à la
fois loin et très proche. C’est presque demain. Il faut donc se lever tôt
car, comme l’enseigne le proverbe, ce sont les oiseaux matinaux qui arrivent
à avoir les insectes dodus. « Faure-vi » Eyadéma et Kofi « Igname
» l’ont bien compris. Les deux présidentiables ont engagé une course de fond
contre 2010, une campagne avant la lettre, histoire de prendre de l’avance
sur les autres prétendants au fauteuil « gnassional ». Le «
Bassarois », affirme-t-on, a déjà installé son QG de campagne quelque
part dans la belle poubelle à Lomé et sillonne actuellement avec une équipe
de jeunes étudiants, le nord du pays dans tous les sens pour rallier les
populations à sa cause. Semble-t-il qu’il a une forte chance (90%) de
l’emporter en 2010. C’est ce que croit savoir son entourage. On attend 2010
pour voir si leur prévision est juste.
De son côté, « Faure-vi
» Eyadéma aussi ne se donne plus de repos. Utilisant généreusement les
moyens de l’Etat, il multiplie les visites dans les localités de
l’intérieur, harangue les foules et leur fait des promesses de Gascon. La
semaine dernière, il était dans les plateaux où il promit monts et
merveilles aux populations de cette région. La semaine d’avant, ce sont les
têtes couronnées des Lacs qui ont réservé au Fils du Père un accueil
authentiquement togolais, fait de marche de soutien et de lecture de motion.
Ses ministres Komlan Bamako et Victoire Dogbé sont également sur tous les
fronts et, au nom de la générosité sans nulle autre pareille du chef de
l’Etat, font des dons aux populations. Cela suffira-t-il pour séduire
l’électorat à lui accorder un second mandat en 2010 ?
Regain d’insécurité à «
l’eau-mé »
L’insécurité faisait il y a
quelques mois la pluie et le beau temps à « Gnassingbéland », ce qui
suscitait la colère de la population. Les Togolais devaient s’armer pour
lutter sur deux fronts : la faim et l’insécurité. Les gangsters badinaient
avec la vie des citoyens. On comptait des morts, des blessés, des mutilés,
des fessés, des appauvris, des violés, des sidéens. Sous le coup des
critiques les plus amicales, le ministre de « l’insécurité », Atcha «
Kplikplitina » trouva la solution miracle pour la sécurité. Ce fut
l’organisation en grande pompe des journées portes ouvertes sur son
département. Sur les lieux, les «kpoliciers » se sont bien amusés
avec les civils inoffensifs par des démonstrations de karaté et
d’établissement des cartes d’identité. Les quelques rares brandits arrêtés,
plutôt envoyés « apaisement » dans l’au-delà avaient été bandits
comme des trophées du siècle. On avait cru que le « p’ti » allait au
moins épargner la population de l’insécurité. Mais depuis un certain temps,
dame insécurité signe son retour triomphal dans la cité.
On
constate le regain des hold up, des cambriolages, des rackets. Il ne se
passe pratiquement de jour où les malfrats n’opèrent dans les quartiers,
notamment ceux de la périphérie. Il y a deux semaines à Attiégou, deux
maisons ont été visitées par des voleurs. Les habitants, après être
allègrement fessés, se sont vu dépouiller des portables, des sous, des
bijoux. Une boutiquière elle autre, a été cambriolée par des hommes
cagoulés. Les mêmes scénarii se sont déroulés à Anfamé, Kodjoviakopé sous
les yeux désabusés des victimes. Toute porte à croire que la vie des
Togolais est le dernier souci du ministre. Il doit certainement passer son
temps à gérer impeccablement les dossiers des marches de soutien au «
p’ti ». Ainsi va
la République
!
Le « p’ti » s’entoure des hommes de confiance
Depuis que cette affaire de
coup d’Etat a déposé ses bagages à Lomé, les Togolais surveillent leur prégo
comme du lait sur le feu. Toutes ses actions sont passées au peigne fin. On
trouve que ses sorties infatigables et magnanimes à l’intérieur du pays sont
organisées dans l’attente d’une suite favorable en 2010. Le nouveau travail
attribué à son ex garçon de course Komlan Bamako, chargé de distribuer les
médicaments et les matériels de santé n’est pas fortuit.
Il
se dit que le prégo veut redorer son blason auprès d’une population médusée
par cette affaire de déstabilisation du pays et la mise au gnouf de son
frère « El Kpatcho ». On classe dans le même registre le banquet des
jeunes organisé en fin de semaine dernière. On raconte que ce forum s’est
terminé en queue de poisson. Les jeunes qui ne pensent qu’à leurs panses se
sont fâché la colère. La rémunération qui s’est limitée à un tee-shirt et
une modique somme de 1000F pour avoir poétiquement chanté et déchanté ne
leur a pas plu.
Les
détracteurs accusent aussi le « p’ti » de placer ses pions au sommet
de l’Etat à travers les mutations opérées dans la haute hiérarchie
militaire. On dit qu’il veut s’assurer une sécurité 200% garantie et surtout
dorée afin de pouvoir dormir avec ses deux yeux. Les mauvaises langues
racontent que le désormais ex-chef d’Etat major est débarqué parce qu’il est
« Bassarois » et qu’on ne sait jamais, il peut basculer vers l’autre
« Bassarois », Kofi « Gnaoun Gnaoun » qui désire manger aussi
prégo en 2010. Vrai ou faux ? On ne saurait le dire. Mais n’est-ce pas qu’il
faut s’entourer des hommes de confiance pour sa sécurité ?
De qui a peur « Faure-vi » ?
Depuis la nuit du 12 au 13 avril, on dirait que notre prégo « gnassional
» ne dort plus le sommeil. Tous ceux qui sont impliqués dans le fameux
complot et le cerveau présumé « El Kpatcho » ont été mis aux arrêts.
Le « p’ti » fait le ménage dans la maison et toutes les mesures sont
mises en œuvre pour que « les nostalgiques de l’ordre ancien »
soient mis hors d’état de nuire. Malgré toutes ces tractations, le «
p’ti » ne semble pas satisfait.
Il
se dit que les jours suivant le coup d’Etat avorté, « Faure-vi Vodoua»
allait à la présidence et faisait ses courses incognito sans bruit, sans
fanfare et son cortège ne gênait plus les gens sur la route avant de passer.
Ses détracteurs racontent qu’il aurait peur de tout le monde, même de son
ombre. Maintenant que la tension a un peu baissé, tout le tralala a encore
commencé. On se rappelle même que le jour de la célébration du quarantième
anniversaire de l’indépendance, il s’est caché derrière une vitre blindée
pour suivre le défilé « kpooo ». Mauvaise vie vaut mieux que la
mort, nous a-t-on appris. Dans le cadre toujours de l’atteinte à la sûreté
de son fauteuil, le « p’ti » a ajouté un de ses amis « mon pays
» au «gou-vraiment ». Les mauvaises langues disent que cette
nomination n’est pas fortuite, que c’est une manière pour le « p’ti »
de s’entourer de ses amis serrés et aussi remercier le « Zénéral »
pour son soutien indéfectible. On se rappelle qu’au lendemain de la
catastrophe « gnassionale » bis déjouée de la dernière fois, le «
zénéral » était à la tête de la haute hiérarchie militaire pour
soutenir « Faure-vi » dans ces instants « fidiciles ». Qui a
dit que le « p’ti » n’a pas un cœur aussi grand que l’océan
atlantique ?
Le Général Nandjan et son nouveau job
A «
Gnassingbéland », lorsque le directeur de la TéVéTé, Kuessan le «
Yovodévilois » débarque sur la télé des RePTiles, c’est qu’il y a
quelque de très important. C’est ainsi que le dimanche dernier, le «
con-de-frère » a encore fait une entrée catastrophique, comme il sait le
faire, à la fin du journal de 20h pour lire un communiqué tout chaud
faisant état de nouvelles nominations. C’est ainsi que le « zénéral »
Zak a été nommé pour laisser le treillis et porter la veste et cravate au
Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise.
C’est le « zénéral » de brigade aérienne, Ayéva Essofa qui va le
remplacer. Le passement de jambe, que dis-je, la passation de service s’est
déroulée le lundi dernier à l’Etat-major général des forces FATales à Lomé.
Il
paraît que le nouveau ministre était le premier sur les lieux. Les «
kpakpatos » affirment même qu’il avait dormi là-bas. Lors de la
cérémonie, l’ancien chef d’Etat-major « sourissait » jusqu’aux «
zoreilles ». On pouvait voir aisément la joie débordante qui l’animait.
Alors qu’un sentiment de fierté et de soulagement se lisait sur le visage
du natif de Bassar, c’est un sentiment contraire qui se lisait sur celui de
son remplaçant. Serait-il un cadeau empoisonné que lui laisse son
prédécesseur ? En tout cas, on verra comment l’ancien « mon pays »
gâtera les « Gnassingbélandais » de nos coins reculés en eau
potable.
Au cœur des
« mon pays »
Dogomangue
: C’est comment ? J’ai appris qu’on a sauté votre chef de sa place.
Essozimna
: C’est la vérité. C’est ici on est et la nouvelle est venue nous cogner
comme ça.
Dogomangue
: Mais c’est bizarre ce qui se passe maintenant dans le pays. On ne comprend
plus « rignin » de la « siiation ».
Essozimna
: On va faire comment class ? On doit seulement faire doucement-doucement
pour ne pas tomber dans des problèmes.
Dogomangue
: Tu as raison parce que on ne sait plus qui est qui ? Comment vous avez
appris les nouvelles mêmes ?
Essozimna
: C’est toujours chez les « Juliettes ». Toi-même tu connais comment
ils sont. Mais certains ont vu ça sur notre télé.
Dogomangue
: Et quand vous avez appris ça, comment ça vous fait ?
Essozimna
: On va faire comment ? Nous que tu vois ici là, on est qui ? Ce n’est pas
nous qui donnons les ordres. On est là pour exécuter seulement.
Dogomangue
: Est-ce que votre nouveau chef vient déjà dans la clôture ?
Essozimna
: Déjà. Je « n’ai » pas encore rentré mais je sais qu’il sera dedans.
Dogomangue
: Ce changement-là, c’est arrivé brusquement et on a plus cherché un autre
poste au chef. C’est étonnant quoi.
Essozimna
: Ne te bouscule pas trop. Tu ne vas jamais trouver quelque chose. Tu vas te
fatiguer pour zéro.
Dogomangue
: Et l’autre continue de venir ?
Essozimna
: Il va rester où ? Il n’a pas perdu son grade et on ne l’a pas renvoyé de
l’armée. Donc il a toujours sa place dans la clôture.
Dogomangue
: Mais je vois qu’il ne va pas être content.
Essozimna
: Tu fais comme si tu ne connais pas ce pays. Quand l’ordre tombe «gbim
» comme ça, c’est exécution directe.
Dogomangue
: Ces changements rapides de dernières minutes m’ont beaucoup fait peur. Et
je vois que ce n’est pas encore terminé.
Essozimna
: On peut même emmener un enfant « bébé », ça ne me dit « rignin ».
On peut même apporter la mer au Nord, je m’en fous. L’essentiel est que je
garde mon boulot.
Dogomangue
: Je vois que tout ceci accroche le problème de coup d’Etat au «p’tit».
Qu’en penses-tu ?
Essozimna
: Je ne qu’en pense « rignin ». D’ailleurs, il faut qu’on stoppe
cette discussion pour ne pas tomber dans des problèmes.
Dogomangue
: Tu a bien parlé. En tout cas moi je vais partir en même temps. Je dois
courir quelque part.
Essozimna : Donc, on se croise après chez notre dame
vers le soir. |
|
Liberté N°506 du 18 mai 2009 |
|
Processus électoral de 2010 : Vers le sabordage des réformes
institutionnelles et constitutionnelles |
|
Depuis quelques jours, on en sait un peu plus sur la date de la tenue du
scrutin présidentiel de 2010. La Cour Constitutionnelle est venue préciser une fourchette, du 18
février au 5 mars 2010, comme devant voir le scrutin organisé. Cette sortie
de l’institution d’Aboudou Assouma a le mérite de mettre un terme aux
spéculations autour de cette date, mais met à jour par la même occasion un
autre problème non moins sérieux, celui du sort des réformes recommandées
par l’Accord Politique Global (APG).
En effet, l’APG signé le 20
août 2006 avait le mérite de jeter les bases d’élections apaisées au Togo.
Il était recommandé une série de réformes institutionnelles et
constitutionnelles visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la
bonne gouvernance. Sur le plan institutionnel, étaient visées les questions
d’intérêt national comme le fonctionnement régulier des institutions
républicaines, le respect des droits humains, le caractère républicain de
l’armée et des Forces de sécurité, les conditions d’éligibilité aux
élections, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux
électoral. Les parties prenantes aux dialogues se sont également engagées à
étudier la révision constitutionnelle, notamment le régime politique, la
nomination et les prérogatives du Premier ministre, les conditions
d’éligibilité du Président de
la République,
la durée et la limitation du mandat présidentiel, l’institution d’un sénat,
la réforme de
la Cour Constitutionnelle.
Autant de chantiers auxquels s’ajoutent la lutte contre l’impunité, le
processus Vérité-Justice-Réconciliation, entre autres. Il est constant que
les discussions sur ces questions durent dans le temps. Le drame aujourd’hui
est qu’on ne dispose plus d’assez de temps. Il ne reste qu’à peine dix (10)
mois pour l’organisation de ce scrutin. Un délai assez court. Le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) créé au forceps en février
2009 et qui a entamé les débats, est entré en hibernation durant un bon
moment et n’a qu’à peine ébauché le chantier. Même s’il est censé reprendre
ses travaux incessamment, on a bien peur qu’ils n’apportent aucune avancée.
On évolue donc vers le sabordage de ces réformes. Les mêmes causes risquent
de produire les mêmes effets. La volonté d’exclusion dont a toujours fait
preuve le clan Gnassingbé est à l’origine des crises sociopolitiques. Des
écueils discriminatoires ont été introduits dans
la Constitution
et dans le Code électoral juste pour écarter un candidat, Gilchrist Olympio.
Et justement « toutes les Parties prenantes au Dialogue ont reconnu la
nécessité d’apporter au cadre électoral en vigueur les aménagements
nécessaires pour garantir un processus électoral libre, démocratique et
transparent, ouvert à tous les Togolais. A cet égard, elles ont convenu que
des dispositions relatives aux délais de résidence et à l’exigence de
présenter une copie légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité
étrangère dont le candidat pourrait être titulaire soient supprimées pour
les prochaines législatives », stipule l’APG en son point 1.2.2. Mais
l’exclusion risque encore d’être au rendez-vous, en l’état actuel des
choses.
Ces critères ne sont pas
supprimés, comme le recommande l’APG et le clan au pouvoir n’en manifeste
d’ailleurs aucune volonté. Ses tenants réclament à tout bout de champ le
passage par l’Assemblée nationale pour ce faire, sachant le RPT majoritaire.
On se cachera certainement derrière
la Loi constitutionnelle pour écarter
d’éventuels concurrents. Mais c’est oublier que c’est parce qu’il y a eu
des problèmes que le Dialogue national s’est posé comme une étape
nécessaire, et l’APG a le mérite de décrisper un tant soit peu l’atmosphère
politique togolaise. Les écueils discriminatoires étaient introduits à
l’époque dans
la Constitution
par le RPT pour écarter un rival, Gilchrist Olympio. Mais aujourd’hui en
l’état actuel des choses, c’est deux (02) voire plusieurs candidats qui
seront écartés de la course en 2010. Outre le leader de l’Union des Forces
de Changement (UFC), le patron de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane qui a dévoilé
ses intentions, sera frappé par le critère de résidence et de double
nationalité. Il ne reste que dix (10) mois pour le scrutin, alors que le
délai de résidence est de douze (12) mois. Il y a déjà problème. Au-delà de
ces leaders, c’est toute la diaspora togolaise qui sera écartée de ce
scrutin pour lequel il a commencé à se mobiliser depuis un bon bout de
temps, à travers des réflexions, des rencontres citoyennes et des
propositions tous azimuts. Ce scrutin que l’on veut crédible, apaisé et
consensuel partirait sur de fausses bases. Les frustrations et les rancœurs
seront davantage attisées et les mêmes causes risquent de produire les mêmes
effets. Un autre dialogue serait initié après l’élection, pour un éternel
recommencement.
Pablo E.
Ménage au sommet de l’Etat : Léger remaniement ministériel et
changement dans la haute hiérarchie militaire
Il a été procédé hier à un léger remaniement ministériel
ainsi qu’à un changement dans la haute hiérarchie militaire.
Noupokou Dammipi qui dirigeait le ministère des Mines, de
l’Energie et Eau, a dû céder une partie de son portefeuille au Général de
Division aérienne Zakari Nandja nommé ministre de l’Eau, de l’Assainissement
et de l’Hydraulique villageoise. C’est un changement de poste pour ce natif
de Kabou qui fut pendant longtemps Chef d’Etat major des Forces armées
togolaises (FAT).
L’autre surprise est le départ du Général de Brigade
aérienne Essofa Ayéva de
la
Présidence de
la République. L’ancien
Directeur du cabinet (DC) est nommé Chef d’Etat major des FAT. Cet officier
très proche de Faure Gnassingbé fut un puissant DC qui était entre-temps
ministre du Transport et des Travaux publics non déclaré.
Enfin, le Colonel Bally Wiyao, chef corps de
la Garde présidentielle, est nommé chef d’Etat
major de l’Armée de Terre en remplacement du Général Béréna Gnakoudè qui
n’est pas pour l’heure appelé à d’autres fonctions.
Y a-t-il une corrélation entre ces nominations et l’affaire
d’« atteinte à la sûreté de l’Etat » ? C’est ce que croit un militant
des droits de l’homme qui déclare que « Faure est en train de faire le
ménage et de placer ses éléments les plus sûrs ».
E.
Pierre
Retour sur l’affaire d’évasion à la prison de Lomé : Deux sergents-chefs
réformés puis remis à la gendarmerie
Le
13 mars 2009, nous publiions dans nos colonnes un article dans lequel nous
informions le public de l’évasion du sieur Hermès Woamédé da Silveira,
président de « Alliance des Patriotes pour l’Unité et l’Action »,
détenu à la prison civile de Lomé sans jugement depuis 2005. Il avait été
arrêté à l’époque en même temps que cinq autres compagnons dans une affaire
supposée de « coup d’Etat contre Faure Gnassingbé ». Eh ! Encore ! A
l’époque, les autorités avaient déclaré avoir trouvé à son domicile des
armes ainsi que 400 complets de treillis.
Le
sieur da Silveira aurait réussi à tromper la vigilance de ses gardes dans la
nuit du 10 mars 2009 aux environs de 23 heures. Sa fuite avait entraîné la
mise aux arrêts des sergents-chefs (ou maréchaux des logis chefs) Kombaté
Sougoulieb et Ayoda Bawibadi dit Doudou internés au camp militaire d’Adidogomé,
siège du camp des gardiens de préfecture, pour les besoins de l’enquête.
Aujourd’hui, soit un peu plus de deux mois après la survenue de cette
disparition mystérieuse, les gardes du détenu directement concernés par
cette affaire viennent d’être transférés du camp militaire d’Adidogomé à la
gendarmerie de Lomé, menottes aux poignets. C’était le mercredi 13 mai
dernier.
Rappelons brièvement les circonstances de cette évasion. Conformément à une
habitude qui aurait cours à la prison civile de Lomé, et moyennant
rétribution, les deux sergents-chefs s’étaient mis d’accord pour permettre
au sieur da Silveira de se rendre à son domicile. Il fut à cet effet
accompagné par le sergent-chef Ayoda Bawibadi. Arrivé au domicile où se
trouvait Madame da Silveira, le détenu offrit un rafraîchissement à son
garde, de quoi le préserver de tout ennui, le temps de refaire le chemin à
l’envers. Il trahit la confiance du Sgt-chef en lui faussant compagnie. Le
lendemain, l’information parvint aux supérieurs hiérarchiques. Et l’on
connaît la suite.
Depuis le mercredi 13 mai 2009, suite au rapport du chef de corps à son
supérieur hiérarchique, le Ministre Mohamed Atcha Titikpina, les deux hommes
en uniforme ont été réformés (en jargon militaire, cela signifie : radiés du
corps des gardiens de préfecture) et remis à la disposition de la
gendarmerie qui devra s’occuper de les déférer à la prison pour prendre la
place de celui qui les a semés si habilement, en attendant d’être jugés et
condamnés.
Commentaire
Il
convient de dire qu’à LIBERTE, nous n’avions pas hésité à prendre cette
affaire d’évasion avec circonspection et beaucoup de méfiance, eu égard au
pays dans lequel on vit. En effet, à l’époque nous nous étions dit, qu’il ne
serait pas à exclure que l’on pouvait faire disparaître le détenu par
homicide, et puis, prendre ces deux gardiens de préfecture comme des
faire-valoir que l’on ferait semblant, dans un premier temps, d’arrêter puis
les libérer en catimini ensuite. Ainsi, jours après jours, mois après mois,
le dossier sera rangé au placard et définitivement clos. Ainsi vit le Togo.
Aujourd’hui que nous avons la certitude qu’il s’agit de fait réel allégué en
mars dernier, nous reconnaissons que le sieur da Silveira Hermès Woamédé a
effectivement pris le large. Autrement, les deux maréchaux des logis chefs
ne seraient pas réformés et remis à la disposition de la gendarmerie
nationale. Mais la question qu’il y a lieu de se poser est celle-ci :
pourquoi da Silveira et ses co-détenus dans cette affaire demeurent depuis 4
ans sans jugement et qu’ils continuent à croupir dans les geôles ? Le
dossier est-il vide par hasard ?
Quelle leçon retenir de cette triste mésaventure ? La leçon va
prioritairement à nos frères en uniforme puis à tous ceux qui ont perdu
toute notion de dignité, d’honnêteté et d’honneur : Il faut apprendre à se
contenter du peu que nous procure notre travail quotidien fait honnêtement,
au lieu de vouloir s’enrichir sur le dos des autres (même des malheureux) à
tous les prix et sans honte. L’excès de « gourmandise » et
l’insatiabilité conduisent à la perte. L’Etat y a une grande part de
responsabilité, il faut le dire net.
Alain SIMOUBA
Préfecture de l’Avé : Un jeune homme englouti par la terre à Noépé
Dans la journée du samedi 16 mai, aux environs de 9 heures, un jeune dont
l’âge oscille entre 15 et 16 ans travaillant à Noépé, dans le quartier
Agblékpui, à l’érection d’un puits, a été englouti par le sable suite à un
éboulement. Le propriétaire des travaux, alerté par le chef chantier est
arrivé sur les lieux du drame sans pouvoir rien trouver comme solution.
C’est alors que le chef chantier s’est rendu à la brigade de Gendarmerie du
village pour faire un rapport. Il convient de signaler que dans cette
préfecture, le problème d’eau se pose avec acuité. C’est ainsi qu’ils en
étaient au troisième puits sur le même terrain à la recherche d’eau. Cette
denrée rare n’avait pu être atteinte avant la survenue du drame.
Plus tard, les sapeurs pompiers arriveront sur les lieux. Ils ne pourront
rien faire pour retirer la victime des décombres. Ils repartiront. Selon les
informations que nous avons reçues, le Chef de la brigade de Gendarmerie
conseilla aux villageois que, compte tenu de la précaire stabilité du
terrain et craignant un autre éboulement susceptible de faire d’autres
victimes, il était préférable de remblayer le puits en érection, enterrant
la victime dans cette abîme.
Les
villageois n’avaient pas voulu entendre cela de leurs oreilles. Ils se sont
mobilisés pour l’en sortir coûte que coûte. Hier dimanche, une foule estimée
à environ un millier de personnes s’affairait autour des décombres pour
arriver à ses fins, y compris bien sûr des curieux, comme c’est le cas
souvent dans de pareilles situations.
Il
faut signaler que l’infortuné est un orphelin de père et de mère. La
population parviendra-t-elle à extraire le mort ? N’y parviendra-t-elle pas?
C’est la grande interrogation. Au moment où nous bouclions hier, les travaux
de dégagement du sable se poursuivaient.
Alain SIMOUBA
Élections apaisées au Togo : Les acteurs impliqués dans le
processus en atelier de restitution
Un
atelier de restitution nationale des conclusions de l’atelier de Conakry sur
le rôle du secteur de le sécurité dans la sécurisation des processus
électoraux en Afrique de l’Ouest s’est tenu les 13 et 14 mai derniers dans
un hôtel de la place.
Organisé par le Haut commissariat des nations unies pour les droits de
l’homme (HCDH) et le Centre de nations unies pour la paix et le désarmement
en Afrique (UNREC), cet atelier a regroupé les différents acteurs impliqués
dans le processus des élections. L’objectif, selon les organisateurs, est de
procéder à une appropriation nationale de l’atelier de Conakry (24 au 28
novembre 2008) qui s’adresse à un certain nombre d’acteurs étatiques et non
étatiques dans le but d’œuvrer pour la tenue en Afrique de l’Ouest,
d’élections non violentes et conformes aux standards internationaux.
Après deux jours d’intenses travaux, les participants ont formulé certaines
recommandations indispensables pour la tenue des élections dans un contexte
autre que celui de la violence auquel la sous-région ouest africaine était
habituée.
La
réforme du secteur de la sécurité, les bonnes pratiques en matière de
sécurisation des processus électoraux, les campagnes de sensibilisation à la
culture de la paix et à la prévention de la violence, la
professionnalisation des forces de sécurité afin qu’elles soient
parfaitement professionnelles, le rôle des ONG, des médias, les partenaires
en développement, sont entre autres les points proéminents inscrits dans
les recommandations.
A
la clôture, le ministre de l’Administration territoriale de
la Décentralisation
et des Collectivités locales, Pascal Bodjona a rassuré les organisateurs de
la bonne mise en œuvre de ces recommandations par le gouvernement togolais.
« Le gouvernement le fera d’autant plus qu’il entend par là démontrer à
la famille des partenaires en développement et à la communauté
internationale, sa capacité à encadrer, conformément aux textes en vigueur,
les actions des uns et des autres, afin que ce scrutin ne soit du point de
vue organisationnel, qu’une étape atteinte et non une destination par
excellence », a-t-il dit avant d’ajouter que « c’est le lieu de
continuer à tendre la main aux acteurs de ce processus, en premier aux chefs
des partis politiques, pour que la cohésion nationale soit intacte à toutes
les phases du processus électoral ».
M.
Musa Gassama et Mme Jacqueline Seck Diouf, respectivement Représentant du
HCDH au Togo et Directrice de l’UNREC ont rassuré les acteurs du soutien de
leur département pour l’organisation d’élections apaisées.
Coco Tchak
Sans détour :
Faure et le développement par les marches de
soutien
« Pour le reste, plus une cause est grande, plus elle offre un grand
asile à l’hypocrisie et au mensonge… » (André Malraux, L’Espoir)
«
C’est un message de paix que je viens porter, ce message de paix que
vous-mêmes, vous avez délivré à travers la télévision à la nation tout
entière et à moi-même. Je viens vous dire que j’ai été tout à fait
réconforté par cette manifestation et par le soutien que vous nous avez
apporté. […] C’est pour cela que j’ai été touché par ce que vous avez fait,
et à travers vous je sais que, ce sont vos populations, ce sont les
sentiments que ressentent vos populations et vous avez voulu me délivrer. Et
cela d’autant plus que nous ne le faisons pas pour des intérêts politiciens
». Voilà les propos qu’a tenus le chef de l’Etat devant les chefs et prêtres
traditionnels de la préfecture des Lacs après avoir assisté à une messe
catholique à Aného. Sans langue de bois, Faure Gnassingbé se reconnaît dans
la dernière sortie des têtes couronnées de cette localité et en est même
heureux. Il a certainement apprécié la chanson que cette vieille dame a
exécutée à son honneur.
Ces déclarations démentent le
discours hypocrite de Faure Gnassingbé qui, au début de son arrivée au
pouvoir, assénait que « lui c’est lui, moi c’est moi ». La formule
consacrée pour marquer la rupture entre l’ancienne corde incarnée par son
géniteur feu Eyadèma et la nouvelle dont il est le porte-flambeau. Mais plus
les jours passent, plus Faure montre qu’il est le digne fils de papa,
confirmant l’adage « tel père, tel fils ». Lui qui traitait tout
récemment certains Togolais dont ses propres frères de « nostalgiques du
retour en arrière », s’accommode des pratiques du passé et des
comportements qui ont retardé ce pays. Avec ces histoires de marche de
soutien, son père avait habitué une partie des Togolais à la vie facile et à
la paresse. Au lieu de cultiver leur jardin pour faire du pays « l’or de
l’humanité », ils passaient tout leur temps à inventer une histoire pour
arracher au « Guide éclairé » les billets neufs. Ainsi, il était
courant de voir des loubards réclamer la paternité de nombreux crimes commis
au Togo et demander auprès du Général-président la rémission de leurs
péchés. Pour leur permettre de renaître de nouveau, il les gratifiait des
billets de banque. A l’époque, en dehors du recrutement dans l’armée,
c’était la seule affaire qui marchait au Togo. Ce qui n’avait pas laissé
indifférentes les populations des pays limitrophes qui venaient servir au
père de Faure les déclarations qu’il aimait écouter.
Aujourd’hui, le « leader
nouveau » reprend à son compte les mêmes pratiques rétrogrades qui
avaient marqué le long règne du Père de la nation ». C’est connu de
tous que Faure a aliéné ses compatriotes de
la
Région de
la Kara en les transformant en machines de
danses qui agrémentent ses séjours ainsi que ceux de ses hôtes dans la
localité. De l’aéroport de Niamtougou à la résidence familiale à Pya en
passant par Kara, des gens sont toujours présents pour déhancher et chanter
à la gloire du fils qui a « brillamment » succédé à son père. Le tout
contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes, juste ce qu’il faut pour
soulever une boule de pâte.
Dans la même logique, il
affectionne les marches de soutien comme son père. Ceux qui disent que ces
manifestations de soutien sont le fait de son entourage, doivent changer
d’avis. Elles sont une émanation du chef de l’Etat lui-même qui veut être
flatté et « réconforté » après que son demi-frère eut voulu «
attenter » à sa vie et à son pouvoir. Peut-être, c’est la nouvelle
trouvaille de Faure : le développement par les marches de soutien. On croit
savoir qu’avec cette politique, le Togo va atteindre d’ici 2010 les
Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Zeus AZIADOUVO
Ça va se
savoir : L’asile
Depuis quelques semaines,
Alice était dans le collimateur de ses parents parce qu’elle avait été
découverte en train de se masturber avec un engin de la forme d’un cobra
humain qu’elle s’était procuré auprès d’une touriste de passage dans le
pays. Depuis le départ de cette dernière qui, sûrement, avait initié la
jeune demoiselle à un nouveau mode de vie surtout en ce qui concerne les
relations sexuelles, elle ne s’ennuyait guère. Elle se contentait bien
évidemment de son objet en daim flexible qui n’avait rien n’à envier du vrai
reptile d’un homme. Les rumeurs allaient vraiment bon train dans la famille
sous le prétexte que leur fille était malade, qu’elle avait la folie puisque
pour les parents, ce comportement était anormal.
Ce matin-là encore, Alice
avait terriblement soif de la chose. Elle alla tirer de la cachette son
objet. Couchée, jambes grandement écartées, elle enfouit l’engin dans sa
grotte intime et le manipula avec beaucoup de tendresse. Tandis que le
reptile artificiel fermement tenu dans une main vrillait, la seconde
manoeuvrait l’une des jolies prunes sur sa poitrine. Elle se tordait de
plaisir et feulait sans se rendre compte qu’elle ameutait son entourage.
Découverte dans son action comme une personne malintentionnée prise en
flagrant délit, toute la maisonnée s’était réunie à sa fenêtre pour vivre en
direct l’événement. Tous alors se liguèrent quelques temps après et
pénétrèrent la chambre. Tous chamaillèrent et à chacun de dire ce qui lui
passa par la tête. Ils décidèrent alors d’évacuer sanitairement leur fille
dans un asile du pays.
Désemparée par l’absence de
son engin depuis peu de temps, Alice, internée, voudrait bien se procurer du
plaisir. Dans sa cellule, ses doigts qu’elle utilisait en ce moment ne
suffisaient point pour se substituer à son engin préféré quand lui apparut,
tel un ange un personnel soignant. Il était envoyé par le Psychiatre qui
devrait s’entretenir avec elle. La « patiente » ne perdit pas de
temps et se rendit aussitôt au bureau du jeune psy. « Quel est réellement
ton problème ? Mignonne que tu es, je te prie de bien vouloir m’aider à
t’aider », dit le toubib qui la fixa droit dans les yeux. Elle était
évidemment belle. Elle ricana un petit moment puis reprit ses esprits et
répondit à son interlocuteur. « Je ne cacherai pas de vous avouer que
vous êtes aussi très mignon. J’aurai un mec comme vous, je ne serai pas
amenée ici par ces fous qui me prennent pour une folle. De toutes les
façons, je sais que je suis saine dans ma tête et que c’est plutôt eux-mêmes
qui sont malades et qui ont surtout besoin de votre aide. Bref, tout mon
problème est amour », narra-t-elle quand elle quitta son siège et vint
s’asseoir sur les genoux du médecin.
Hâtivement elle plongea sa
main dans le pantalon du toubib et saisit son boa qu’elle sortit. Celui-ci
resta inactif, tel un monument, la regarda faire jusqu’à ce qu’ils se
retrouvèrent dans la tenue d’Adam et Eve. Elle enfouit le joli reptile dans
sa tanière puis se lança dans une interminable montée et descente. Le
médecin prit le train en marche quelques temps après, fouettant sans
vergogne la fameuse patiente qui venait de lui faire part de son réel
problème. La grotte fut aussitôt inondée des pluies torrentielles tombées de
part et d’autre. A peine qu’ils se levèrent du fauteuil que la jolie
demoiselle revint en arrière puis tint le bureau et courba l’échine,
exposant alors la caverne qui se contractait encore à son hôte. L’envie
s’empara de nouveau du toubib qui se tint derrière elle, la tenant par ses
hanches superbement développées. Et ils reprirent les hostilités de jambes
en l’air. L’homme, en lieu et place de seringue, assenait de vaillants coups
à sa patiente qui feulait à outrance quand soudain surgit un gardien de
l’institution accompagnée d’un autre patient très malade. « Ohhh !
Docteur !! Que se passe-t-il ? », interrogea le gardien. « Toutes ne
sont pas folles, comme vous le prétendez. Je romps désormais avec mon statut
de célibataire », répondit-il, chassant l’ouvrier pour enfin progresser
dans ses œuvres.
Tonton D
Libertinage
Django n’était pas blindé
On se rappelle, en sollicitant
le corps électoral pour la présidence de
la Fédération Togolaise
de Football, le fils du père, Django, qui conduisait la liste « Perdons
ensemble » avait déclamé à qui veut l’entendre qu’il est blindé contre
les critiques et qu’il ne rougirait point si on lui décochait les flèches
empoisonnées. Parole d’honneur, parole de militaire avait-il juré comme
papa. Pour mettre un point d’orgue à son serment d’ivrogne, il signa et
persista : « seuls les imbéciles ne changent pas ». Le fils du père
avait tant et si bien ressassé cette assertion que beaucoup étaient parvenus
à la conclusion qu’en fait Django ne comprenait pas le sens de ce qu’il
avançait. Aujourd’hui les faits semblent leur donner raison. A peine quatre
mois qu’il est aux affaires il a déjà tourné casaque et montré à suffisance
qu’il est un imb... qui ne changera jamais. Ne le connaissant que trop bien,
on était de ceux qui l’avaient prévenu qu’on n’entendrait pas « hoin
hoin hoin » lorsque les critiques vont s’abattre sur lui comme un essaim
d’abeilles. Tenez, il est certifié que les employés de la FTF que Django
considère comme ses esclaves puisqu’il n’a aucune considération pour eux,
trainent trois mois d’arriérés de leurs misérabilismes salaires. Nos «
con-de-frères » de Victoire Fm ont alors interpellé le président de
la FTF. Crime
de lèse-Rock ! Django piqua une de ses crises de nerf et pendant un bon
quart d’heure, il pêta, tempeta, vociféra et menaça nos « con-de-frères »
au téléphone. Ça n’étonne personne, son attitude démontre qu’il est un fils
à papa gâté qui a les larmes faciles. Rock Gnassingbé rouspète que le tiers
des « ouvriers » qui travaillent à la Fédération sont des «
gnocopines », des deuxièmes et troisièmes bureaux d’Assogbavi Espoir
et de Tino Adjété et qu’il ne va pas sortir son argent à lui pour les
payer. A qui se plaint-il ? Passons.
« C’est parce que je suis
un Gnassingbé que chaque fois vous me critiquez », a pleurniché le fils
du père à nos « con-de-frères ». Mais il avait promis changer de nom.
Où en est-il? En tout cas, il n’a encore rien vu. Ça c’est l’urine, le caca
même est derrière.
«Faure-vi» le bon samaritain
A un an de la présidentielle
de 2010, le « p’ti » a engagé une véritable course contre la montre.
Comme un globe-trotter, le prégo chéri des nanettes de Lomé ne se donne
plus de répit. Arborant la tunique du bon Dieu, il sème à tout vent, dans
les quatre coins du pays, le bonheur dans le cœur des « Gnassingbélandais».
Ce sont ses envoyés spéciaux, le ministre de la « maladie », Komlan
Bamako et sa collègue du sous-développement à la base, Victorire Dogbé qui
administrent des jouvences de sourire aux populations. Pendant que Komlan
Bamako rénove les hôpitaux, gratifie les populations des dons de matériels
de maladie plutôt de santé et de médicaments par-là, Dogbé Victoire, elle,
distribue des matériels agricoles aux paysans au nom de la magnanimité
légendaire du fils du père. Elle était la semaine dernière chez les oncles,
tantes, cousines…de « Faure-vi » à Agou Avédje où elle a remis à 14
groupements du matériel agropastoral à hauteur de 8,5 « millignons »
de F CFA et d’un appui financier direct de 7 « millignons ». «Nous
avons pu équiper ces groupements grâce à l’appui personnel du chef de l’Etat
qui a compris la préoccupation des communautés à la base », a
glosé notre « ministricule ». Amen !!! C’est à croire que c’est à
l’approche des échéances électorales que le « p’ti » a senti le
besoin des populations. On a bien compris Madame la ministre. Le moment venu
les populations le lui rendront au centuple. Tous les chemins sont bons pour
acheter la conscience de la populace. Il se ronchonne que le « p’ti
» s’est transformé en un guichet automatique et octroie personnellement des
crédits aux gens. Toute cette générosité dont le fils du père fait étalage
le fera-t-il élire en 2010 ? Les Togolais étant ce qu’ils sont, vont-ils
pérenniser la dynastie «gnassionale»? Wait and see!
M. « Milégoh » hanté par le fantôme?
Qu’est-ce qui se passe au juste au ministère de
la
Communication et de
la Culture ? Certains croient savoir que le
ministre est hanté par le fantôme d’un vivant. Le spectre d’un être vivant,
susurre-t-on, est plus redoutable que celui d’un mort. Il se passerait des
choses incroyables là-bas. Il paraît que le fantôme de l’ex-ministre de
la Communication Cornelius
Aïdam troublerait le sommeil de l’actuel locataire « Milégoh» Keyewa.
De jour comme de nuit, il le voit partout en train de l’effrayer. La
paranoïa est telle que le ministre « Milégoh » a décidé de se
débarrasser de tout ce qui est associé ou porte le sceau de son
prédécesseur. C’est ainsi que le 5 mai dernier, rapporte-t-on, les meubles
acquis auprès de la société Togo Métal par Cornélius Aïdam auraient été
retirés de la salle de conférence du ministère et remplacés au pied levé par
d’autres mobiliers. M. « Milégoh » dit-on, est décidé à effacer toute
marque de son ancien patron. C’est à croire que ce dernier est atteint de la
peste ou de la grippe porcine.
Semble-t-il qu’il y a belle
lurette que le courant ne passe pas entre les deux hommes qui se détestent
amicalement bien. C’est en somme Barrabas et Jésus ou encore Tom et Jerry.
Quand l’un a été sauté du ministère, le sort a voulu que ce soit son ennemi
intime qui le remplace. Alors le successeur a décidé de régler les comptes
au prédécesseur. La rancœur, quand tu nous tiens !
« Harryviste » attendu pour amuser la galerie
Depuis quelques jours, on fait
état du retour imminent de l’« Harryviste » Olympio, président du
RSDD. Celui que les mauvaises langues appellent l’amuseur public a pris la
poudre d’escampette quand la gendarmerie s’est lancée à ses trousses. Il
serait amusement impliqué dans une affaire de cocktail Molotov balancé dans
l’enceinte de
la Brigade de la gendarmerie nationale à Lomé.
Cette affaire avait estomaqué les Togolais qui n’ont pas saisi le mobile de
cette vraie-fausse action. Pense-t-il déstabiliser le pays avec un tel corps
du délit suffisamment inférieur à celui d’El « Kpatcho » ? On se le
demande.
On raconte que ce retour
s’explique par la politique de la réconciliation et de la main tendue du «
p’ti ». Ne risque-t-il pas d’être chaleureusement cueilli ? Telle est
la question que se posent bon nombre de Togolais qui croient dur comme fer
que la réconciliation annoncée à grands renforts de publicité n’est qu’un
serpent de mer. On assimile ce retour aussi à l’arrestation d’« El
Kpatcho ». Il se dit dans les milieux non autorisés que c’est lui qui
veut appréhender l’« Harryviste ».
L’exilé baptisé show boy,
entend participer dans la complaisance à l’élection présidentielle de 2010.
Il faut donc s’attendre à ce qu’il dame le pion à son coéquipier, Fo Nico,
prégo du « PRRigolo» qui doit certainement s’ennuyer faute de
concurrent. En effet, les deux politicards sont connus pour être des
plaisantins, des guignols d’Abidjan qui n’hésitent pas à entretenir
l’ambiance. De toute façon, l’atmosphère trop tendue sera détendue avec ce
retour probable de l’ « Harryviste » au grand bonheur des nombreux
stressés de
la république.
Une noix de coco
à la présidence
La liste des candidats à la
course au trésor de 2010 s’agrandit. Après Fo Gil de l’UFC, Kofi «Gnaoun
Gnaoun » du sursaut-Togo
et l’ange Gabriel du parti OBUTS, c’est le tour du grand inconnu Hospice «
Cocovi » de révéler son appétit de gouverner ce pays. C’était lors
d’une conférence de presse tenue mardi dernier à son siège pardon, dans son
domicile. Aura-t-il des arguments à faire valoir devant les poids lourds
comme UFC, RPT, CAR et même face aux partis microscopiques ? « Cocovi
» dit compter sur le soutien du peuple plutôt des nationalistes togolais en
tant que petit fils d’un nationaliste de l’époque coloniale, Augustino Pa de
Souza.
Par ailleurs, pour sa première
sortie, l’ancien taximan n’a pas été tendre avec le régime. « Un
président qui accumule mandat sur mandat ne peut jamais être à l’écoute de
son peuple, il n’en fait qu’à sa guise puisqu’il est sûr d’être réélu d’une
part grâce à une fraude électorale massive sans compter, d’autre part, de
gigantesques pillages et détournement de fonds publics auxquels il peut se
livrer en tout impunité puisque toute la nation devient sa propriété privée
», a-t-il fustigé.
La soixantaine, homme
d’affaires, directeur de société, « Cocovi » estime que l’UFC
n’arrive pas à assumer ses victoires électorales, le défi que lui il pense
relever. Nous autres, on aimera savoir ce qu’il fera lorsqu’au cours de la
présidentielle prochaine l’armée, pardon, le peuple lui fait confiance. On
lui souhaite tout de même bonne chance dans la politique atypique togolaise.
La politique de la poudre aux « zoeils »
Nos
« zotorités » aiment faire du « mazin mazin ». A son accession
à la souveraineté suprême de façon « glama glama » suite à par
l’élection frauduleusement claire de 2005, l’homme était discret et parlait
peu. Les populations se demandaient même si leur « prégo » était
devenu muet. Sur d’importantes questions alors que tout le monde attend
qu’il prenne position, il ne dit rien et l’unique chose qui le préoccupait
est le voyage. Mais à l’orée de 2010, l’année où se déroulera l’élection «
prégodentielle », le « p’ti » est devenu plus que «
voyable ». Il n’y a de manifestation qu’il ne patronne ou ne parraine.
Que ce soit un jeu de petit poteau, de marelle, de « Jaskélé », de
pique-nique à la plage les dimanches, le «prégo» est partant pour
parrainer toutes ces manifs. Tout ceci dans l’espoir d’une suite favorable.
Par ailleurs, il y a eu des recrutements ça et là dans la fonction publique.
Il paraît que depuis que ces nouveaux fonctionnaires ont été enrôlés, ils ne
savent pas quoi faire sur leur lieu de travail. Certains n’ont trouvé mieux
à faire que de se cacher dans les bras de
morphée ou de jouer au ludo ou aux cartes. Au moins eux, ils
ont trouvé des moyens pour s’occuper. Ceux qui sont plus à plaindre, ce sont
les nouveaux enseignants. Il se dit que depuis qu’ils ont été recrutés sur
instruction du chef de l’Etat, ils n’ont depuis là reçu un seul centime.
Peut-être que l’Etat est en train de leur épargner leur sou mais on craint
qu’ils ne craquent sous le poids de la misère et des dettes. On dirait que
les problèmes se sont multipliés après que ces enseignants ont trouvé du
boulot. Alors qu’ils ont à payer le loyer, la scolarité de leurs enfants,
ils sont contraints à un carême «no limit» alors que le jeûn ne dure
que 30 jours chez ceux qui « musulment » et 40 jours chez les
catholiques.
Quand les « mon pays» se fâchent
On ne parlera jamais assez des voleurs. Chaque jour que «
Faure-vi » fait, ils font toujours parler d’eux. Ils volent tout le
monde même les « mon pays ». La semaine dernière, ils sont partis
chiper deux motos à des « mon pays ». Ceux-ci garaient toujours leurs
motos à la devanture de leur chambre et les retrouvaient chaque matin à leur
réveil. Mais ce jour-là, ils ne retrouvèrent pas leurs engins. Leur sang ne
fit qu’un tour. Ils sortirent pour voir s’ils pouvaient trouver un indice
qui leur permettrait de retrouver leurs motos. Ils retrouvèrent les traces
des motos mais ne savaient pas où les trouver. C’est alors qu’une fille de
la maison voisine qui balayait la devanture a été sommée de cesser le ménage
comme quoi les traces de leurs motos sont là et qu’ils ne veulent pour rien
au monde qu’elles soient effacées. Ils allèrent ensuite signaler la
disparition de leurs engins au camp. A leur retour, ils remarquèrent que
les traces avaient disparu. Ils se pointèrent au domicile de la jeune fille
et l’interrogèrent. Ils en conclurent qu’elle savait quelque chose c’est
pourquoi, elle n’avait pas obéït aux ordres. Ils embarquèrent la fille sous
les plaintes de ses parents et l’enfermèrent sous prétexte qu’elle
connaissait les voleurs c’est pourquoi elle avait balayé la devanture pour
faire disparaître les traces des roues. La raison du plus fort n’est-elle
pas toujours la meilleure ? Et quand les « mon pays » se fâchent la
colère ce n’est pas une mince affaire.
Visite du chef
de l’Etat sur les pistes rurales réhabilitées dans la Région des Plateaux
Le
Togo est un pays essentiellement agricole, une agriculture fortement
marquée par les cultures de rente, à savoir le café, le cacao et le coton.
La Région des Plateaux, considérée comme le «
grenier du Togo», constitue la terre d’élection de la caféiculture et
de la cacaoculture. Etant la région la plus arrosée, la majorité des
plantations y sont concentrées surtout dans les territoires des préfectures
d’Agou, de Kloto, d’Amou et de Wawa entre Atakpamé et la frontière du Ghana.
Malheureusement, la région ne dispose pas de pistes rurales dignes de ce nom
pour désenclaver les zones de production.
Pour permettre aux paysans d’écouler leurs produits, une convention de
financement sur les fonds STABEX 1990-94 a été signée entre le gouvernement
togolais et l’Union Européenne en vue de réfectionner entièrement les
pistes rurales.
Au
total,
145 km
de pistes ont été réhabilitées et concernent la zone Nord Ouest de
la Région des Plateaux, la préfecture de Wawa et
la sous préfecture d’Akébou. Démarrés le 1er octobre
2008, les travaux, qui s’élèvent à hauteur de
731
289 205 F CFA, ont pris fin le 31 mars 2009 et ont consisté au reprofilage
lourd ou léger, au rechargement systématique ou ponctuel avec matériaux
sélectionnés, à la construction des ouvrages d’assainissement dalots,
caniveaux etc et à des travaux de signalisation et divers.
Les
145 km
de pistes rurales réhabilitées se répartissent comme suit : Katchabo-Route
Mangoassé (16,
50 km) ; Danyikonda-Béthel (7,
60 km) ; Dzogbé-Atikpa (6,
10 km) ; Mangbé-Aboré (4,
50 km) ; Odomi Abra-Kpété Bibi (18,
60 km) ; Kougnohou-Brounfou (38 km); Wampakopé-Ovlogbofou (12 km) Zogbégan-Tétébé (42 km).
Le
vendredi 15 mai dernier, le chef de l’Etat accompagné des ministres de
la Coopération,
de
la Sécurité
et celle chargée du Développement à la base ont effectué une visite sur le
terrain pour se rendre compte des travaux réalisés.
Partie de Lomé à 7 heures par voie terrestre, la délégation est arrivée aux
environs de 11 heures dans la région où elle a eu à visiter la plupart
des pistes pour apprécier la qualité des ouvrages. Dans toutes les zones
traversées, un accueil chaleureux a été réservé au chef de l’Etat et à sa
délégation.
M.A.
Au cœur des
« mon pays »
Blandé
: Class, décidément l’affaire de « manger » président là, c’est tout
le monde qui veut ça quoi !
Aboudou
: Comment toi, tu crois que c’est ? Être président ce n’est pas petite
affaire.
Blandé
: Je sais ça très bien. Mais c’est comment les gens veulent à tout prix être
à cette place qui m’étonne.
Aboudou
: Moi aussi, je ne les comprends pas. Pourquoi ils cherchent même à prendre
la place du « p’tit » ?
Blandé
: Qui peut le savoir à part les « eux » mêmes ? Chaque jour qui va
se lever, tu vas écouter que quelqu’un a déposé candidature.
Aboudou
: Entends class. A part les anciens-là, il y a encore un nouveau qui est
entré dans la liste ?
Blandé
: Donc, tu vas me dire que tu n’as pas appris les nouvelles ?
Aboudou
: J’ai appris beaucoup de choses sur tout ce qui se passe chez nous mais je
n’ai pas entendu que quelqu’un veut déposer candidature.
Blandé
: Quelqu’un veut déposer ou a déjà déposé ?
Aboudou
: Comment ? J’étais où et je n’ai pas écouté ça ? Donc nos opposants sont
beaucoup alors !
Blandé
: C’est ce que j’ai constaté. C’est l’élection présidentielle qui les fait
montrer leur vrai visage.
Aboudou
: Donc, ils sont nombreux mais ils se cachent. On va les connaître un à un
avec cette élection-là.
Blandé
: Au fait class, qu’est-ce que le « p’tit » leur a fait et ils
veulent le changer?
Aboudou
: Comment je vais le savoir ? C’est comme ça l’homme. Il voit toujours le
mal dans ce que fait son voisin.
Blandé
: Donc, les candidats-là pensent que c’est n’importe qui, qui peut être
président de la république ?
Aboudou
: Laisse-les. S’ils veulent qu’on les appelle président, ils n’ont qu’à
aller créer quelque chose et être son président et laisser le « p’tit
» en paix.
Blandé
: J’ai appris que le gars qui vient de déposer candidature-là, est un «
mon pays » chez les teints clairs.
Aboudou
: Comme c’est là-bas il a travaillé, pourquoi ne pas « manger»
président là-bas. Nous, c’est le « p’tit » on cherche.
Blandé
: En tout cas class, ils n’ont qu’à déposer. C’est le jour-là qu’on verra
qui est qui dans ce pays.
Aboudou
: C’est le vrai mot que tu as dit ça. 2010 n’est plus loin et la figure de
chaque personne sera claire. Pour le moment, ils n’ont qu’à continuer à
déposer leur candidature. |
|
Liberté 504 de vendredi 15 mai 2009 |
|
Présidentielle 2010 : La Cour Constitutionnelle annonce les couleurs |
|
Le mercredi
13 mai 2009, le
Président de
la Cour Constitutionnelle
du Togo, M. Aboudou Assouma a publié un communiqué dans lequel il rappelait
que la question de la date de l’élection présidentielle est réglée par les
articles 61 et 64 de
la Constitution
du 14 octobre 1992
et l’article 98 du code électoral et que, de ce fait, il n’y a pas lieu pour
les médias privés et particulièrement la presse écrite, de s’engager dans
une spéculation relative à la date de l’élection présidentielle de 2010, tel
qu’il a été donné de le constater. Certaines publications, selon le
Président de
la Cour Constitutionnelle
(CC), iraient jusqu’à envisager le report du scrutin.
Aux termes de ces dispositions, annonce le
communiqué, l’élection présidentielle doit se dérouler 75 jours au plus tôt
et 60 jours au plus tard, avant la fin du mandat présidentiel en cours. La
date probable de l’élection présidentielle de 2010 se situe donc dans la
période du 18 février au
5 mars 2010.
Interrogations au détriment de
la Cour Constitutionnelle
Un tel
communiqué, dès sa diffusion, n’a pas manqué de susciter des interrogations
inquiétantes aussi bien que rassurantes. D’abord, on est tenté de se
demander, pourquoi une telle sortie du Président de
la Cour Constitutionnelle
à ce moment précis où tout semble bloqué au plan des discussions politiques
devant déboucher sur l’organisation d’une élection sans violence en 2010.
Ceci, depuis les événements de la nuit du 12 avril dernier relatifs à la
prétendue tentative de coup d’Etat. Le pouvoir même semblait manifester très
peu d’enthousiasme vis-à-vis des réformes institutionnelles et
constitutionnelles devant s’opérer avant la tenue de la prochaine
présidentielle, conformément à l’Accord politique globale (APG).
A preuve, le
manque de volonté de la part du pouvoir de créer le Cadre permanent de
dialogue et de concertation (CPDC). Ce qui fut fait visiblement contre le
gré des autorités. La suite tous les Togolais la connaissent. On en était au
blocage du CPDC, quand unilatéralement le gouvernement déposa à l’Assemblée
un projet de loi portant modification de l’article 21 du code électoral que
celle-ci modifia en session extraordinaire et ayant pour but de ressusciter
l’ancienne CENI. Par ignorance des règles législatives, les députés RPT
modifièrent l’article 32 du même code. Du coup, ils tombèrent dans
l’illégalité.
Déjà
l’intention de ressusciter la défunte CENI avait amené beaucoup
d’observateurs à penser que le pouvoir voulait faire un forcing et démarrer
les préparatifs de la présidentielle unilatéralement sans consensus, prenant
prétexte du manque de temps. Or le pouvoir et le RPT avaient volontairement
tout mis en œuvre pour mettre longuement en veilleuse les recommandations de
l’APG. L’opinion nationale, dès lors, n’arrivait pas à comprendre pourquoi
le gouvernement avait marqué si longuement peu d’empressement à s’engager
dans la préparation de la présidentielle pendant qu’il était encore temps.
Si aujourd’hui,
tel un cheveu sur la soupe, la Cour Constitutionnelle sort un communiqué
sans qu’il y ait péril en la demeure, précisant la période à laquelle doit
se tenir la présidentielle, les Togolais ont des raisons de s’inquiéter, car
par le passé, et conformément à ses habitudes et à son attachement à
l’illégalité, le pouvoir pond ce genre de communiqué qui cache mal des
mauvaises intentions en préparation. Les Togolais se demandent avec raison,
si avec la complicité de la CC, le pouvoir ne s’apprêterait pas à annoncer dans les tout prochains
jours, des décisions unilatérales prenant de court toute l’Opposition avec
le soutien et la complicité du facilitateur et de Communauté internationale
aujourd’hui peu respectueuse d’elle-même. Car, il est de notoriété publique,
que le pouvoir togolais est collé au respect des textes là où cela l’arrange
et le foule au pied quand ça ne l’arrange pas.
Interrogations à l’honneur de la CC
Dans un tout autre registre, les
observateurs sont tentés de concéder le bénéfice du doute à
la CC par
rapport à l’analyse précédente. Cela est motivé par trois raisons
fondamentales. D’abord du 2 au 7 mars dernier, la CC du Togo, pour la
première fois de son histoire et sous le régime RPT, a eu à organiser un
séminaire sur le thème : « Le contentieux électoral dans la perspective
du perfectionnement des scrutins ultérieurs » à la suite duquel de
nombreux dysfonctionnements ont été relevés et auxquels la CC voudrait remédier pour plus de crédibilité, ce qui ne pourrait qu’être
à l’honneur de
la Cour Constitutionnelle
togolaise fortement décriée par le passé.
Deuxième chose, il y a quelques semaines,
cette Cour présidée par M. Aboudou Assouma, a eu à donner raison à l’UFC qui
avait introduit des recours aux fins d’invalidation, à la suite de la
modification en session extraordinaire par l’Assemblé nationale de l’article
32 mentionné plus loin. Cela aussi constituait une première au Togo, car il
n’est pas de l’habitude de
la CC de dire le droit, rien que le droit. Cela avait été salué par les
Togolais qui ne vont cependant pas jusqu’à se faire d’illusion, attendant
d’autres actes du genre pour croire que
la CC au Togo
fait peau neuve.
Troisième et dernière raison, le juge
Assouma, en 2008 avait eu à critiquer vertement la corruption au sein de la
corporation et souhaité une réforme en son sein. Il n’avait pas été du tout
tendre envers certains de ses collègues. C’est de bonne guerre. Seuls les
imbéciles ne changent jamais, disait quelqu’un. Si le juge Aboudou Assouma,
après avoir servi une mauvaise cause se rend compte, à la mort de son
mentor, faisant confiance au discours de Faure et à son équipe avec leur
fameuse réforme de la justice, et décide d’aller dans le bon sens, où est
son mal ?
Tout compte
fait, dans un sens comme dans l’autre, on peut dire que la CC annonce les
couleurs. Mais les Togolais ne veulent pas la voir aller dans le mauvais
sens. Cela veut dire qu’après tous ces efforts positifs à mettre à l’actif
de la CC du Togo et de son Président, il n’y a pas lieu d’observer une marche
arrière. Ce sera au moins à l’honneur du pouvoir malgré toute la mauvaise
foi et la mauvaise volonté du RPT observées jusqu’ici. En tout état de
cause, prions que la mise au point faite dans son communiqué du
13 mai 2009
ne relève que de l’unique autonomie de la CC. La Cour Constitutionnelle doit
jouer la carte de la crédibilité surtout après le séminaire de mars 2009.
Alain
Simouba
Processus
électoral : Reprise imminente des travaux du CPDC avec l’entrée effective
des « trouble-fête »
Le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC), personne n’en parle depuis
les évènements de la nuit du 12 au 13 avril dernier, et même bien avant. Les
membres ne se sont plus réunis depuis que les discussions ont été bouclées
sur le Code électoral. Assez inquiétant, car c’est le processus électoral
devant aboutir à la présidentielle de 2010 qui est dans l’impasse.
L’attention de tous les politiques est retenue par cette fameuse affaire
Kpatcha Gnassingbé. Les gouvernants la brandissent comme argument pour
mettre en veilleuse le processus. Ce qui ne fait qu’en rajouter au retard
déjà accusé.
Selon les indiscrétions, les travaux du
CPDC devront incessamment reprendre. Ainsi on verra à nouveau les
discussions renouées sur le processus. Mais voilà, on devra encore compter
avec les coups fourrés du pouvoir. Cette reprise des travaux se ferait avec
le ralliement effectif des appelés de la dernière heure au CPDC, les parties
signataires de l’Accord Politique Global (APG) écartées par les législatives
d’octobre 2007, en fait les satellites du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
et les autres bénéficiaires du clin d’œil du pouvoir dont les représentants
syndicaux, les chefs traditionnels, les associations de la société civile et
les personnalités. Il se révèle en plus que le chef de l’Etat se proposerait
de déléguer son pouvoir au CPDC à l’un de ces appelés de la dernière heure.
Ainsi le clan se cacherait derrière cette nomination pour continuer ses
coups tordus.
Les agissements du RPT dans ce Cadre ne
sont d’ailleurs qu’une série de coups de force et de mauvaise foi. Le
décret instituant cette structure a été pris dans sa forme primaire par le
gouvernement de Me Yawovi Agboyibo et fixait comme critère de participation
un taux de 5% aux législatives d’octobre 2007, bien avant ce scrutin. Le
même décret a été repris par l’équipe de Komlan Mally. Mais ils ne sont
jamais entrés en application à cause de la mauvaise foi du pouvoir. Il a
fallu que l’opposition parlementaire hausse le ton en février dernier pour
décider Faure Gnassingbé à créer le Cadre.
Les discussions ont buté pendant plusieurs
séances sur le recours en cas de blocage à
la Facilitation
et lorsque ce problème a été résolu, le RPT en a créé un autre. Bien coincé
par l’opposition parlementaire au CPDC, Faure Gnassingbé et les siens vont
manigancer pour l’élargissement du Cadre aux satellites du RPT. Il a fallu
juste une session bizarroïde du Comité de suivi le 7 mars pour ce faire.
Champion dans les piétinements des textes, le pouvoir a outrepassé les
recommandations de ce Comité de Suivi et ouvert le Cadre, outre aux PDR, CPP,
CDPA, GF2D et REFAMPT, à des personnes et institutions qui n’y ont pas trop
leur place. Les discussions sur le Code électoral à peine terminées, alors
que l’on attendait les concertations du Président du CPDC Faure Gnassingbé
pour concilier les positions, le pouvoir s’empressa d’introduire
discrètement un projet de modification des articles 21 et 32 visant très
simplement la remise en selle de
la CENI
inique de Tozim Potopérè. Ce complot a été exécuté par les députés RPT avant
que la Cour Constitutionnelle
ne désavoue le pouvoir en rejetant ce nième coup de force.
Si ces révélations se réalisaient,
l’entrée effective des appelés de la dernière heure au CPDC sonnerait les
glas du CPDC quand on se rappelle la menace que brandissait l’opposition
parlementaire. En effet l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR) n’ont cessé de menacer de boycotter le CPDC
si ces satellites du RPT le ralliaient effectivement. Les leaders de ces
formations politiques sont revenus à maintes reprises sur cette menace au
cours de leurs interventions publiques. Le risque est donc grand de voir ces
partis la mettre à exécution. Au grand bonheur du pouvoir.
Faure Gnassingbé et les siens ont toujours
voulu pousser à bout de nerf l’UFC et le CAR à boycotter le processus
électoral pour leur donner toute la latitude d’organiser les choses selon
leur bon vouloir. Le pouvoir ne manquera d’ailleurs pas d’arguments, dans
l’état actuel des choses, pour ce faire, car
la Cour Constitutionnelle
vient de lui en fournir. L’organe d’Aboudou Assouma a fait une sortie il y a
quelques jours pour préciser que le scrutin présidentiel de 2010 devrait
s’organiser entre 18 février et le 5 mars. Le risque est donc grand qu’au
regard du laps de temps qui reste- à peine 10 mois- et du retard accusé dans
le démarrage du processus et des chantiers qui restent à entamer, le pouvoir
ne verse sciemment dans la précipitation, un terrain favorable aux fraudes
électorales.
Pablo
E.
Œuvre de tant
d’années en un an effacée : Le jeu malsain de l’UE contre le peuple togolais
Dire que tout ce que l’Union Européenne et
le facilitateur burkinabé Blaise Compaoré ont organisé entre 2006 et 2007 et
continuent d’organiser jusqu’à ce jour, n’a été et n’est qu’un sale jeu
délibéré concocté au profit du pouvoir en place et l’une des comédies les
plus insipides contre les intérêts d’un pauvre peuple qui aura tout donné,
jusqu’à ses pauvres sandales usées, à la recherche de son émancipation, de
sa promotion, de son affirmation et de son développement, il ne saurait y
avoir, ma foi, rien de plus sournois, de plus capricieux, de plus malicieux,
de plus dangereux et de plus criminel au monde contre un peuple, en dehors
d’une guerre.
Si ce que
connaît aujourd’hui le peuple togolais ne s’appelle pas guerre, il faut
dire tout de même qu’il n’en est pas très éloigné; une guerre qui ne dit pas
son nom et qui ronge ce peuple lentement et au fil des ans, tel un cancer,
pour finir par avoir raison de l’être tout entier. Cette mésaventure des
Togolais semble, à y voir de près, amuser ce monde à la peau blanche qui, à
tort, se prend pour civilisé. Franchement, l’indifférence et le silence
actuels de l’UE face à la lenteur et au laisser-aller affichés par le
pouvoir en matière de réformes dans la perspective de la présidentielle de
2010 n’arrête d’étonner plus d’un.
Les Togolais
n’ont pas imaginé tous seuls ce dialogue ouvert en 2006 à Lomé. C’est bien
une initiative de l’UE qui, selon l’illusion des naïfs que nous étions,
devrait conduire les Togolais à la résolution finale de l’interminable crise
qui les mine et dont le seul auteur se trouve être le régime quarantenaire
qui refuse de se sortir de la tête, que la gestion d’une nation n’est pas
une affaire d’un seul parti, encore moins d’une famille. Et, quand on prend
une initiative dans laquelle on met des forces antagonistes face à face, on
est lié par un devoir, et c’est la moindre des choses : celui de les
assister jusqu’à la résolution totale des points qui constituent les
écueils. Autrement, on n’aura rien fait. Les œuvres de tant d’années, ne
peuvent pas être sacrifiées en une seule année. Malheureusement c’est ce que
tout le monde constate aujourd’hui de la part de l’Union Européenne.
C’est, lorsque,
les deux camps auront pu surmonter, avec le minimum de bon sens, leurs
divergences et faire de la prochaine présidentielle de 2010 une réussite,
que le monde entier appréciera comme ce fut le cas pour le Ghana, que l’UE
pourrait se frotter les mains en poussant un ouf de soulagement et se disant
: « Nous avons remporté une extraordinaire victoire en réglant
définitivement le casse-tête chinois togolais ». Nous ne le dirons
jamais assez, l’UE est en train de faillir gravement à sa mission.
Quand on se dit
issu d’une race ou d’un peuple civilisé, on n’abandonne pas en si bon chemin
et à leur sort, et quelles que puissent être les raisons, « des gens
qu’on est venu civiliser en vain » et qui s’opposent au 21ème
siècle, armés de machettes et de gourdins cloutés pour régler un
simple différend politique dont on est censé détenir en tant que gens
nourris de la sève vivifiante de
la Démocratie européenne, la clé de la résolution de cet
antagonisme : le rationalisme kantien et le respect des textes et
conventions auxquels on a volontairement adhéré. A défaut de le comprendre,
les responsables de l’Union Européenne deviennent des êtres difficiles de
fréquentation et du reste des juges dangereux.
Que coûte-t-il
à l’UE, face aux interprétations volontairement fantaisistes et erronées des
textes de l’APG, d’appeler le RPT et le pouvoir de Faure Gnassingbé, du
reste très mal élu, au respect de ce qui avait été convenu dans l’Accord
politique global que les naïfs de tout bord parmi lesquels, l’Union
Européenne elle-même, avaient qualifié le 20 août 2006 de très bel accord
qui allait sortir les Togolais de leur crise, oubliant peut-être sciemment
le jeu dangereux auquel le RPT et le pouvoir se sont toujours adonnés à
loisir et sans vergogne ? Aussi longtemps que les responsables de l’UE
garderont le silence sur nos nombreux articles les mettant en cause pour
leur silence coupable, il sera clair pour le peuple que son adversaire
numéro un n’est plus le pouvoir togolais, mais bien le principal bailleur de
fonds du pays, un complice éhonté et dévergondé du régime qui affame le
peuple.
Qu’attend donc
notre éminentissime UE, celle qui a jusqu’ici investi énormément de sous
dans les différentes joutes électorales togolaises et dans les multiples
dialogues inter-togolais, pour rappeler le pouvoir à l’ordre ? Si
aujourd’hui, le ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona,
après la signature de l’APG dont il a participé aux travaux, se permet
d’éructer sur RFI et donc à la face du monde, toute honte bue, que « le
Cadre permanent de dialogue et de concertation n’est pas faite pour les
élections de 2010 » et que de l’autre côté, son collègue Hamadou
Yacoubou, ministre des droits de l’homme déclare que « la réconciliation
nationale ne peut pas se faire avant les élections de 2010 », il y a
lieu de dénoncer une banalisation par les autorités, des problèmes togolais
qui font le lit de cette interminable crise et du coup, pointer un doigt
accusateur contre l’UE qui a en charge l’aboutissement de tout ce processus
de règlement de la crise togolaise, mais qui ne dit jamais rien. Alors, que
de temps gaspillés pour rien depuis la frauduleuse de 2005 !
Allant dans le
même sens, le sieur Eric Kpadé, ancien député RPT déclarait sur une radio
locale, il y a quelques semaines, que sans la réconciliation nationale, le
Togo continuera d’exister après 2010, cela veut dire clairement que
réconcilier les Togolais est le cadet des soucis du RPT et de Faure. Si ce
dernier et ses amis n’avaient pas le soutien de l’UE, engagée sans doute
aveuglément aux côtés du pouvoir et de manière suicidaire pour ce peuple,
Faure lui-même, tout en sachant que le caractère républicain de l’armée
était devenu une exigence de la communauté internationale, n’aurait pas eu
le courage de déclarer en décembre dernier devant les militaires du camp d’Adidogomé
: « Est-ce que je peux compter sur vous pour 2010 ? ».
L’Union
Européenne seule sait le sale jeu auquel elle s’adonne et aussi longtemps
qu’elle ne sortira pas de son silence et de son indifférence face aux
manœuvres du pouvoir tendant à prolonger indéfiniment la crise togolaise et
la misère des Togolais, elle suscitera de l’indignation au sein du peuple.
Les Togolais ne peuvent pas trimer dur pour pouvoir s’offrir « le luxe
» d’un repas par jour, pendant qu’un ministre de l’actuel gouvernement
s’offre celui de climatiser le garage qui abrite son véhicule. De la folie !
Le même ministre se serait offert un portail d’entrée de son domicile digne
d’un vrai prince saoudien et dans cette misère ambiante. Le coût de ce chef
d’œuvre s’élèverait, tenez-vous bien, à cinquante millions de francs CFA, ce
qu’il n’hésite pas à vanter et à exhiber lui-même, selon certaines
indiscrétions.
Comment des
gens dits civilisés, à l’instar de ceux de l’Union Européenne peuvent-ils
soutenir ceux qui n’ont cure de la souffrance de leurs concitoyens, contre
ces derniers et qui se sucrent sur leur dos ? En toute chose, il y a bien
des limites à ne pas franchir. Aider ou ne pas aider, c’est un choix à
faire et clairement. On ne peut pas se proclamer partisan ou promoteur de la
bonne gouvernance, du développement, du respect des droits de l’homme et de
la démocratie et soutenir ceux qui vont dans le sens contraire. C’est une
grosse aberration et une incongruité.
Peut-on brandir
pendant des années le carton rouge à un régime, puis soudainement, sans une
réelle volonté affichée et éprouvée sur toute la ligne, en faire un ami ?
Nous rappelons que toutes les conditions contenues dans les 22 engagements
n’avaient pas été totalement respectées par le pouvoir avant que, dans la
précipitation, l’annonce pompeuse de Louis Michel de la reprise pleine et
entière de la « coopération » ne fût faite en 2008. L’année 2006
aura-t-elle suffi à elle seule pour amener l’UE après la signature de l’APG
à se renier, oubliant qu’elle s’était fixé un idéal ? Elle a détruit presque
en un seul jour, tout le beau combat pour lequel elle s’était engagée aux
côtés du peuple togolais opprimé par la dictature d’Eyadèma depuis 1993.
Alain
Simouba
Sans
détour :
Pitoyables, les routes togolaises
«Le beau
plaît immédiatement. Il plaît en dehors de tout intérêt» (E. Kant)
Au cours du
mois d’avril dernier, une Togolaise d’une trentaine d’années se rendit à
Cotonou pour des raisons familiales. Aussitôt descendue de la voiture, elle
héla un taxi-moto qui devait la conduire chez sa sœur. Chemin faisant, elle
aperçut un échangeur made by Yayi Boni qui, sur le plan politique, s’emploie
à clochardiser l’opposition et les médias. Curiosité oblige, elle dit au
conducteur de la faire passer sur cette route «suspendue en l’air ».
Ce dernier lui fit savoir que la voie qu’ils avaient empruntée ne permettait
pas de traduire dans les faits les souhaits de la jeune femme. Bien qu’il
lui signifiât qu’ils couraient le risque d’une sanction policière, elle
insista. Le conducteur se résolut à faire un trait sur la prévention
routière et s’engagea sur l’échangeur, pour le bonheur de notre compatriote.
Quelques secondes plus tard, le Zémidjan fut interpellé par un policier.
Habilement, elle s’empressa de prendre les devants des discussions : « Je
vous en prie, Monsieur le policier. Le Zémidjan n’en est pour rien. Je suis
Togolaise et je n’ai jamais vu ni emprunté ces genres de routes. C’est moi
qui le lui ai demandé », avoua-t-elle sous le regard railleur du
policier qui lui demanda : « Etes-vous DVT ? ». « Pardon, je n’ai
pas compris », dit-elle. Et le policier de se reprendre : « Vous ne
comprenez pas DVT ? Je voulais juste savoir si vous êtes directement venue
du Togo ». Tous éclatèrent de rire et le policier leur ordonna de
partir.
Cette histoire
illustre bien la situation dans laquelle se trouvent les Togolais qui sont
devenus de gros villageois par rapport à leurs sœurs et frères de la
sous-région. Ils sont dépaysés quand ils se rendent au Ghana, au Bénin, même
au Burkina Faso enclavé. La suspension du stade de Kégué et le transfert des
matches des Eperviers à Accra ont permis à nombre de nos compatriotes de
découvrir les merveilles de cette ville et ses nombreuses voies «
suspendues à l’air ». Le récit de ces découvertes a toujours fait
saliver les autres qui regrettent la levée de la sanction de la CAF. Ces
échangeurs, ils ne les verront pas de si tôt.
Bien
évidemment, « les nostalgiques du retour en arrière », une expression
que nous avons tirée du dernier discours du chef de l’Etat, nous
rétorqueront que le fait d’avoir des échangeurs ne signifie pas qu’on a
atteint le summum du développement. Mais il faut reconnaître que notre pays
a accusé un grand retard dans le domaine des infrastructures routières. Le
Togo ne tient pas la comparaison devant ses voisins immédiats. Lomé, la
capitale, a reculé « cent ans en arrière » par rapport à Accra,
Cotonou, Ouagadougou et même Niamey. Les autorités togolaises ne sont pas en
mesure d’entretenir les quelques sentiers dont le pays dispose. A chaque
pluie, toutes les voies sont inondées et deviennent impraticables. Les rues
replâtrées par le génie militaire se révèlent aujourd’hui un fiasco. Les
trous bouchés il y a quelques mois par nos vaillants militaires sont
rouverts et avalent tout usager. La latérite du keynésien Premier ministre,
la nouvelle trouvaille qui a, entre-temps, enrhumé les Loméens, est déjà
emportée par les eaux de ruissellement. A certains endroits, les populations
riveraines n’hésitent pas à donner des coups de houe à ces routes pour y
faire des canaux et drainer leurs maisons qui sont transformées en rigoles
après le miracle du génie militaire. C’est le retour à la case départ, un
perpétuellement recommencement.
Qui plus est,
la plupart des routes de l’intérieur endommagées par les inondations de
2008, ne sont pas encore réparées. D’ailleurs, elles se dégradent davantage,
obligeant les usagers à faire beaucoup de manèges et de zigzags. La
conséquence de cette incapacité de nos gouvernants est la multiplication des
accidents de circulation. Pendant ce temps, c’est le silence sur les
nombreux appels d’offre qui ont été lancés au début de l’année en vue de la
réfection de ces infrastructures.
Zeus
Aziadouvo
Ça va se
savoir : « Candaulisme » involontaire (3)
Caroline se
releva mais tenait le mini boa de Marc dans sa main. Elle se mit à
califourchon sur celui-ci puis enfouit la petite bête dans son antre. Elle
prit par la taille le mec dont les pieds étaient plaqués au sol par les deux
autres assaillants. Buste poussé en avant, Caro, comme l‘appelaient si
affectueusement ses compagnons, telle une mère allaitant son bébé, poussa sa
petite prune gauche entre les lèvres de l’embrigadé. Le prisonnier s’en
saisit, regardant piocher son épouse à à peine un mètre de lui. «
Occupe-toi de moi au lieu de t’intéresser à ce qui se fait ailleurs ! »,
déclarait la brute pendant que l’homme commençait par s’activer. Il a
maintenant mordu à l’hameçon. Il se lança dans la course de « montée et
descente » par un timide va-et-vient amorti par le poids de sa cavalière
circonstancielle.
Marc vint à
recouvrer sa liberté. Les deux assaillants lui lâchèrent ses jambes clouées
au sol dans le sable fin depuis quelques temps. Ils le quittèrent, le
laissant à la charge de Caroline. Ils vinrent alors à la rescousse au chef
du gang qui leur a fait signe de la main. Ils n’en étaient pas à leur
première expérience. Déjà, des mains caressaient tout le corps d’Estelle,
pétrissaient ses prunes, fouillaient son anatomie, et elle gémit et se
laissait aller. Estelle était maintenant à quatre pattes et les types la
prirent à tour de rôle. Son époux la vit méconnaissable. Elle feignait de se
remuer, allant à l’ encontre de ses amants. Ce n’était certainement qu’une
sorte de préalable car avec Emile, ils en étaient à leur énième expérience
de cette pratique sauf qu’elle n’a jamais connu ces deux nouvelles têtes.
Marc depuis son observatoire regardait sa femme entretenue par plusieurs
mecs. L’époux vit que sa femme se lâcha et voudrait bien en profiter à fond.
« Allez-y plus fort », cria-t-elle.
Estelle, les
yeux écarquillés, regardait son mari en train de labourer à sa manière la
vache sous lui. C’est alors qu’un des types se plaça sous elle, puis elle se
mit à califourchon sur sa queue. Vint alors le deuxième type qui se plaça
derrière. Celui-ci essaya lui de l’enfoncer sa grosse et longue queue dans
la grotte annexe. Elle ne disait toujours rien, mais se mordait les lèvres,
fixant des yeux grandement ouverts son mari comme pour lui demander comment
ça allait de son côté. L’homme se rappela que sous l’exigence de sa femme
une fois, il était aussi passé par la caverne annexe, ce qui lui avait fait
énormément plaisir et qu’elle avait si bien apprécié.
En cadence, ils
rentraient et sortaient doucement, puis, de plus en plus vite. Marc suivait
les interminables assauts des assaillants pendant que sa bien-aimée poussait
des « han ! han ! ». A chaque coup de queue, ses yeux s’écarquillaient par
réflexe et un filet de bave coulait de sa bouche qui lubrifiait le « truc
» d’Emile, l’ex-copain. Estelle s’écarta davantage en guise de plaisir. «
Oh oui ! Que c’est magnifique ! A fond… ! », s’écria-t-elle en prenant
ses pieds. Des pluies torrentielles tombèrent de partout dans la grotte ; à
côté, Marc et Caro vinrent à jaillir aussi abondamment. « J’avoue que tu
es bien et je jalouse ta femme que je tenterai à tout prix d’évincer du
foyer», chuchota Caro à son embrigadé. D’un coup, les assaillants
disparurent, laissant le couple seul près de leur voiture.
Marc et
Estelle se regardèrent pendant un bon bout de temps sans se dire mot, puis
reprirent leurs esprits. « La soirée a été pour moi très belle »,
poussèrent-ils en chœur en se prenant bras dessus, bras dessous. Autant de
fois que le couple avait envie de cette ambiance, il se rendait au même
lieu. Fin
Tonton D
Libertinage
« Faure-vi » cloué au sol
Le
« p’ti » ne doit pas être du tout content en ce moment. Depuis quelques
temps, il ne s’adonne plus à son sport favori : les voyages. Il est connu de
tous que « Faure-vi » est un oiseau migrateur. Il est sans conteste
le plus grand voyageur de tous les temps. C’est un prégo qui aime les
pérégrinations et qui est toujours entre deux avions. Il y a quelques jours,
il s’apprêtait à prendre encore les airs pour le tourisme chez les Hin Hon
quand les dieux de Pya Haut l’avertirent d’un coup de « tas » en
préparation contre son fauteuil. Depuis, le « p’ti » est pris de la
claustrophobie et cloué au sol. Lui qui raffole des périgrinations a dû
décliner l’invitation à lui adressée pour l’investiture du « Prégo »
danseur Jacob « Azumi », j’allais dire Zuma. Tout compte fait, il n’a pas le
choix. Ou il s’entête à aller voir Hu Jintao et il va diriger le pays depuis
l’extérieur, comme eux-mêmes ils ont contraint « Natch-La-Barbichette
» à le faire en 2005 après la catastrophe «gnassionale », ou il reste
pour surveiller personnellement son trône. Il a pris la seconde option.
C’est la solution la meilleure.
Selon
des « con-de-frère » qui sont dans le secret des dieux, « El
Kpatcho » et ses complices avaient envisagé deux scenarii possibles. Le
premier, un peu humain, visait à contraindre le « p’ti», une fois en
Chine, à l’exil. Il devait alors changer de nationalité et s’appeler Tang
Faure Gaozong. Le second scenario, macabre, consisterait à abattre l’avion «
prégodentiel ». Ça c’est trop méchant de la part des présumés
putschistes. Au demeurant, « Faure-vi » peut se réjouir de l’avoir
échappé bel. Il doit aller à Pya Haut pour faire des offrandes aux «
adibossou » de son papa en guise de reconnaissance.
Qui a bouffé les dons des sinistrés ?
Les
dons collectés par la ministre des Affaires sociales « Mémounatouvi »
et son collègue de la Sécurité « Kplikplitina » lors des inondations de juillet
2008 font couler beaucoup d’encre et de salive en cette période où de fortes
précipitations sont annoncées. La gestion qui a été faite des vivres et non
vivres ainsi que des espèces sonnantes et trébuchantes est au cœur d’une
vive polémique. Il n’y a pratiquement plus de jour où la presse n’en parle.
Qui a bouffé les dons des sinistrés ? C’est la question que se posent les
uns et les autres.
Le couple « Kplikplitina »-« Mémounatouvi » est
intempestivement interpellé. La panique s’est alors emparée du foyer. Les
deux « ministricules » qui étaient unis comme les doigts de la main
lorsqu’il s’était agi de recevoir les dons, se regardent aujourd’hui en
chien et chat au moment où il faut faire les comptes. Assaillie, la nounou
des sinistrés a décidé de rompre le silence. « Je n’ai géré qu’une infime
partie», jure-t-elle, la main sur le coran. Qui a alors géré la plus
grande partie ? « Kplikplitina » ? Elle ne nous le dit pas. Tout
compte fait, on ne va pas leur apporter la balance pour peser et déterminer
la part des dons que chacun a eu à gérer. On avait vu comment ils
souriaient tous les deux jusqu’aux oreilles lorsqu’ils étaient bombardés
des dons. Qu’ils se mettent dans le même état d’esprit pour rendre compte de
la gestion qui en a été faite.
Que mijotent encore les RePTiles ?
Alors
qu’on s’y attendait le moins, le président de la Cour constitutionnelle, « Aboudouboudou Assoumanique » a cru bon de
jeter de la pierre dans le jardin de la presse privée, notamment la presse
écrite en l’accusant de se livrer à des conjectures en ce qui concerne la
date de l’élection présidentielle frauduleusement transparente qui se
prépare en 2010. Au même moment où l’ennemi juré de Abalo Pétchélébia taxe
les journalistes de s’engager dans la spéculation, lui-même se verse dans la
spéculation.
M. « Assoumani » n’a pas été en mesure d’étayer ses allégations
par des exemples concrets. Quel journal a avancé quelle date ou a annoncé
le report de l’élection ? Que M. « Assoumani » nous le dise. C’est
trop facile d’accuser sans preuve. Dans certains milieux, on estime que
cette sortie « assoumanique» n’est pas fortuite et que les RePTiles
trament quelque chose sur le dos des populations togolaises.
Il n’est un secret pour personne que les tenants du pouvoir abhorrent
les réformes politiques. La façon dont ils se dépêchent très lentement
quand il s’agit de mettre le pays sur la voie démocratique en dit long. Le
Cadre permanent de dialogue et de concertation mis en place pour plancher
sur les questions d’intérêt national est plombé. On dirait que « El
Kpatcho » l’a définitivement enterré. C’est dans cet imbroglio togolo-togolais
qu’on se trouvait quand « Abouboudou Assoumanique » a cru nécessaire
de passer à la vitesse supérieure en situant dans le temps et dans l’espace
la date de la présidentielle. Certains pensent que c’est une manière
d’invoquer le manque de temps pour renvoyer aux calendes grecques les
réformes constitutionnelles et institutionnelles. Qui dit mieux?
MSF, vendeur d’illusions
A
l’approche des échéances électorales au Togo, des associations, groupements
et mouvements de jeunes se créent à la va-vite pour apporter leur «
expertise » aux différents partis. Et cela commence déjà pour 2010.
mais aussi bizarre que cela ne puisse paraître, les Forces Nouvelles (FN) du
CDPAysan Hilaire Logo von Dossouvi sont muettes. Créées il y a quelques
mois, les FN vivent et se complaisent dans l’anonymat. Un mouvement mort-né
? Tout porte à le croire. Pourtant Hilaire et les siens avaient des idées on
ne peut plus louables. Ils entendaient mettre en déroute les vendeurs du
« p’ti », que dis-je, d’illusions opérant à l’intérieur du pays. Aussi
promettent-ils de démasquer les pires candidats. Malheureusement les
membres des FN font plutôt parler d’eux dans l’ombre. Ce qui fait le bonheur
des partisans de moindre effort, libres de tout marquage.
En
effet, depuis quelques temps, un mouvement regroupant des jeunes à la
recherche de gain facile sillonne le pays sous la bénédiction de «
Faure-vi ». Dénommé MSF, c’est-à-dire Médecin Sans Frontière, kéi,
Mouvement de Soutien à Faure, ce groupe miroite des choses pas possibles à
la pauvre population au nom du « prégo » de
la République. Tout
récemment ils étaient à Bassar, village du formateur des muscles, Abass «
Bon-Faux ». Les « Bassarois » ont été invités à voter massivement
le « p’ti » en échange des échangeurs, quoi, des routes latérisées et
plâtrées. On aura tout vu et entendu avec ce mouvement.
Vous avez dit alternance ?
Les
hostilités de 2010 se précisent. Les partis politiques affûtent leurs armes.
La liste des candidats s’allonge. Le dernier en date qui se déclare sous la
coupole du candidat dépendant, plutôt indépendant, est Augustin Hospice
Coco. Fo Gil de l’UFC, Fo Gabriel d’OBUTS etc, « Kofagan » de la
diaspora togolaise avaient déjà exprimé leur envie « faure » de
capturer le fauteuil du « p’ti ». Mais est-il prêt à remettre le
titre foncier du « Gnassingbéland » à un autre challenger ? Telle est
la question qui taraude les esprits.
Le peu de crédit restant au « lui, c’est lui, moi c’est moi »
s’est évaporé depuis la révélation de l’intention du pouvoir RPT au sujet du
CPDC. C’était lors de l’émission de notre « con-de-frère » Juan Gomez
de la Radio
mondiale. En effet, le ministre de l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités locales, « Fo Bodj » avait eu l’ingénieuse idée
de dire tout haut ce que son parti pense bas. « Comme son nom
l’indique, il s’agit d’un cadre de dialogue et de concertation qui n’a pas
pour vocation de pouvoir décider à la place d’une institution issue des
élections. Le CPDC n’est pas fait pour les élections de 2010, il est fait
pour que le débat ne soit pas dans la rue », argue « l’immensissime
» ministre. Aujourd’hui, selon des informations, il serait très fâché contre
ses propos d’hier. Le gars dit à qui veut l’entendre que ce n’était pas
l’esprit de son idée et s’en prend à sa langue qu’il traite de traîterait.
Malheureusement les réformes politiques annoncées, à cause de l’impasse au
CPDC, se débattent dans les rues cabossées. On raconte même qu’ « El
Kpatcho », connaissant de quoi est capable frauduleusement en matière
électorale sa famille politique, aurait choisi d’opérer ce fameux coup
d’Etat fraternel. Vrai ou faux ?
L’heure des gymnastiques
Les «
Gnassingbélandais » se rapprochent de 2010, l’année où se déroulera
l’élection présidentielle. Déjà des ateliers de formations, journées de
réflexion, réunions, sont organisés ça et là par les partenaires en
développement pour que cette élection se déroule de façon opaque, que
dis-je, transparente, claire et sans violence. Les mauvaises langues disent
que les « Gnassingbélandais » aiment voter, mais il n’y a rien de
nouveau sous le soleil. On dirait que tous ceux qui veulent résoudre la
crise togolaise réfléchissent comme « Totolitoto » ou qu’ils font
semblant de ne pas connaître la cause du problème. Ceux qui disent que ces
gens se moquent du peuple ont-ils tort ou raison ?
Un proverbe dit
qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mais nous, on
a envie de dire à ces gens là qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne
veut pas voir. S’ils ont du mal à voir, on leur conseille des lunettes
antiéclipses pour bien identifier les vrais coupables pour qu’enfin on
puisse trouver une solution une fois pour toute pour éviter qu’on sacrifie
encore les enfants des gens. Entre nous, est-ce qu’on a besoin de faire des
calculs astronomiques de midi à quatorze heures pour identifier ce qui
provoque la violence pendant les élections dans notre pays ? Pour l’instant,
la « kominoté » internationale laisse les RePTiles poser des actes
tendant à barricader le processus électoral sans mot dire et après, ses
observateurs viendront faire une promenade de santé pour dire que
l’élection s’est bien déroulée et que les nombreuses irrégularités
enregistrées ne peuvent entacher la crédibilité du « soucroutin».
Encore une fois ils laisseront les « Gnassingbélandais » à leur
pauvre sort.
Dur dur
d’être manœuvre à Lomé
Depuis un
certain temps, le grand marché d’Adawlato est en réfection. Les femmes ont
été chassées et les travaux ont commencé « klouya klouya », comme si
on pouvait en trois jours construire de nouveaux magasins pour les
revendeuses. Le marché ressemble à un vaste champ de mine. Il paraît que
les travaux n’avancent pas malgré les paroles mielleuses de l’autre Gros du
« gou-vraiment », que dis-je, le prégo adjoint de
la République, « Fo Bodj ». Les revendeuses qui ont fait
« assiyôè », c’est-à-dire du gris-gris pour attirer des clients ont
été toutes renvoyées dans l’immeuble. C’est ainsi que lorsque vous arrivez
au grand marché, il vous serait difficile de retrouver vos anciennes
revendeuses qui sont perdues dans des coins inexplorés et inconnus. Les
pauvres femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Passons.
Il se dit qu’au commencement de ces travaux, les
manœuvres étaient payés à
2 500 F par
jour. Par la suite, les patrons ont rabaissé le prix à 2000 F, puis à
1 500 F, et maintenant à
100 F l’heure. Mais si vous voyez comment les enfants des gens
travaillent pendant une heure de temps pour avoir ces
100 F, vous allez avoir pitié d’eux. Ne pouvant plus supporter
cette servitude, nombreux sont ceux qui ont abandonné, préférant leur
misère. Selon des sources dignes de foie et d’intestin, les manœuvres qui
travaillent sur le site de la résidence Les Cocotiers sont payés eux aussi à
2 500 F la journée, mais si vous voyez le travail qu’ils abattent,
vous allez regrettez d’être venu. Il se dit que nombreux sont ceux qui après
10 jours de travail, se retrouvent à l’hôpital et abandonnent ainsi. Mais
s’il y en a qui peuvent tenir le coup, l’avis est donc lancé.
Au cœur des
« mon pays »
Toulougou
: Class, ça fait très « longueur » on ne se voit plus. Tu es parti
quelque part ou comment ?
Marinawa
: Je suis là. C’est ma santé qui m’a sérieusement dérangé.
Toulougou
: Quand on te regarde, on sait en même temps qu’il y a quelque chose qui ne
va pas.
Marinawa
: Quand tu me vois debout, il faut savoir que je suis maintenant « kankpé»,
sinon je ne serai pas ici devant toi.
Toulougou
: Je n’ai rien entendu de ta maladie. Tu as eu au juste quoi ?
Marinawa
: Toi-même tu « savaissais » que mon organisme ne supporte pas la
poussière. Donc, le fait d’inspirer ça beaucoup a fait réveiller ma maladie.
Toulougou
: J’ai dit ça depuis que le fait de « planter » le chemin avec du
sable rouge, c’est dangereux. Et voilà ce que ça donne.
Marinawa
: Ce qui m’ « a » arrivé là, m’a fait trop souffrir. Et je te dis que
je ne suis pas le seul dans la « siiation ».
Toulougou
: Je n’ai plus jamais vu quelque part où on fait une route avec du sable
rouge, si ce n’est pas ici.
Marinawa
: Tout le pays est rempli de poussière et l’homme ne peut plus respirer un
bon air dans son « ventre ».
Toulougou
: C’est vraiment terrible ce que nous vivons ici. Et on ne pas le dire. Même
moi qui « est » ici, je suis malade à cause de cette poussière.
Marinawa
: C’est tout le monde. Il faut faire l’enquête pour voir ce qui se passe
exactement. C’est à l’hôpital que j’ai tout vu.
Toulougou
: Quand la pluie a commencé à tomber, je suis très content. Et je veux que
ça dure un peu.
Marinawa
: La pluie-là a fait du bien à tout le monde. Même si elle dérange certains,
au moins elle a diminué la poussière.
Toulougou
: Au moins, elle a sauvé ta santé et tous ceux qui ont les mêmes problèmes
comme toi.
Marinawa
: C’est vrai. Chez nous, la pluie a dégagé une partie de ces sables-là. Et
si elle peut tout enlever, ça ne me dira rien.
Toulougou
: Class, ne parle pas comme ça. Ce n’est pas bon pour quelqu’un qui
travaille pour le pays.
Toulougou
: Si tu « savaissais » comment j’ai mangé « l’air » pour ma
santé, tu vas me donner raison.
Marinawa
: C’est moi-même qui sais comment j’ai dépensé. Là que je suis, je suis trop
« nervé ».
Toulougou
: Tu as raison, mais tombe dedans un peu. C’est pour ta propre «sécrité».
Marinawa
: J’ai compris. Donc, class, je vais courir à l’hôpital. Je reviens tout de
suite. |
|
Liberté 504 de mercredi 13 mai 2009 |
|
Accès
équitable aux médias d’Etat : un vœu pieux |
|
«
Les parties prenantes au Dialogue conviennent du principe de l’accès
équitable des partis, des candidats et de la société civile aux médias
d’Etat. Elles ont reconnu les efforts actuellement réalisés dans le secteur
des médias d’Etat et ont souhaité que ces efforts soient poursuivis et
consolidés », lit-on dans l’Accord Politique Global (APG) au point
1.2.10 intitulé « Accès équitable des partis et
des candidats aux médias d’Etat ». Ces dispositions ont été prises pour
permettre à chaque Togolais et sensibilité politique de jouir des organes
étatiques ; mais elles restent des vœux pieux.
Sur
le terrain, les médias d’Etat donnent toujours l’impression d’être au
service exclusif du pouvoir, s’illustrant comme sa caisse de résonance. La
Télévision nationale, Radio Lomé, Radio Kara et Togo Presse sont au
rendez-vous de toutes les manifestations organisées par le clan. Ces organes
ont élu domicile dans les couloirs de la Présidence et sont prêts à
rapporter avec force détail le moindre geste du chef de l’Etat : audience,
visite à l’extérieur, descente sur le terrain, dîner de gala. C’est tout à
fait normal que le Président de
la République
soit primé. Mais si seulement il y avait un petit égard pour les autres
leaders et sensibilités politiques !
Cet
accès équitable recommandé n’est qu’un vœu pieux. L’illustration a été faite
la semaine passée seulement par la TVT. La Télévision nationale s’est fait
violence pour rapporter point par point le séminaire de formation organisé
par le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) il y a une dizaine de jours à
l’intention de ses cadres et militants. L’évènement a mobilisé les tout
premiers jours au moins dix (10) minutes des trente (30) que dure l’édition
du journal de 20 heures. Le sujet a été traité en différents angles et tous
les discours passés. Ce n’était là qu’un séminaire. Le Parti Socialiste
pour le Renouveau (PSR) n’a pas bénéficié de cet intérêt quelques jours plus
tard. La formation politique de Me Abi Tchessa qui était en journée de
réflexion n’a vu l’évènement que survolé par
la TVT qui lui a consacré à peine le dixième
de ce temps accordé au RPT. Togo Presse lui a réservé à peine un quart de
page, contre plus d’une page entière au séminaire du RPT.
C’est une constante à
la TVT, quand elle accepte couvrir une
manifestation des autres sensibilités politiques que le RPT et associés,
elle y met toujours son humeur. On se rappelle un meeting tenu entre-temps
par l’Union des Forces de Changement (UFC) pour dénoncer la mauvaise foi
manifeste du RPT dans le cadre des discussions au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation (CPDC). Cet évènement a été rapporté de façon
expéditive et
la
TVT ne s’est même pas donné la peine de passer l’extrait d’un seul discours
des leaders du parti. Cela s’entend. On voit pourtant ce qui se fait, quand
c’est un petit atelier des cousins des dignitaires du clan au fin fond du
Togo, ou une danse Kamou organisée un dimanche par les ressortissants d’une
région à Lomé.
Cette inféodation des médias d’Etat au pouvoir les amène à censurer à
volonté les prestations qui portent les sceaux des leaders de l’opposition.
Jean-Pierre Fabre en a récemment fait les frais. L’homme a fait une
intervention au Parlement en tant que Président du Groupe parlementaire UFC
à propos du Budget de l’Etat. Mais elle a été sciemment amputée de la partie
relative aux dépenses exorbitantes, au train de vie princier de
la Présidence
de
la République
et du gouvernement, tout simplement parce que le député n’a pas mâché ses
mots. Le Censeur de la TVT est passé par là. Me Djovi Gally qui a
entre-temps rejoint avec armes et bagages l’UFC en a aussi fait les frais.
Son intervention dans «Plateau de
la Semaine
»
sur
la TVT n’a pas été repassée en rediffusion le
lendemain. Allez-y savoir. Les exemples sont légion.
Ces
comportements de ces médias passeraient inaperçus s’il s’agissait de privés.
Mais voilà, ce sont des médias d’Etat, financés donc par le contribuable
togolais, et tous les citoyens et toutes sensibilités politiques doivent en
bénéficier. Si ce n’est pas le cas, il n’y a là pas moins de l’injustice.
Cette situation d’accès inéquitable aux médias publics a été d’ailleurs
soulignée dans maints rapports d’organisations de défense des droits de
l’Homme et des recommandations ont été faites. Mais les habitudes ayant la
peau dure, le naturel chassé revient au galop.
Les
médias d’Etat s’identifient encore comme au service exclusif du pouvoir. Et
une telle attitude n’est pas pour booster la réconciliation nationale clamée
sur tous les toits. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la
Communication (HAAC) ne doit pas qu’être championne dans le
harcèlement des journaux privés et autres interdictions d’émissions
interactives à coups d’arguments mécaniques et tirés par les cheveux. Philip
Evegno et compagnie doivent être aussi regardants sur ce principe d’accès
équitable aux médias d’Etat, et donner suite aux plaintes déposées devant
elle par des personnes brimées. Leur notoriété s’en sortirait grandie.
Pablo E.
Les ex-employés de
la
SNPT en grève : Les ristournes des IRPP et les mesures d’accompagnement au
cœur des revendications
Les
employés de
la Société Nouvelle
du Phosphate du Togo (SNPT) licenciés, constitués en collectif, ont observé
un mouvement de grève hier. Venus de Hahotoé et de Kpémé, les lieux où sont
implantées les sociétés, ils ont pris d’assaut
la Direction Générale
du Travail et des Lois Sociales où ils ont organisé un sit-in pour faire
part de l’extrême précarité dans laquelle ils vivent depuis le jour où leur
travail leur a été arraché.
Selon les manifestants, 4 mois après leur licenciement, les promesses qui
leur ont été faites, n’ont pas été tenues. « Les délégués et l’employeur
nous ont rassurés qu’il n’y aurait plus de licenciement après que nous avons
été reversés à
la
SNPT le 1er août 2008.
C’est pourquoi l’employeur nous a signé des papiers d’engagement avec nos
institutions bancaires. Les droits qui nous ont été versés ont donc été
avalés par nos prêts dans ces banques. Le président du conseil
d’administration de la SNPT, M. Maganawé nous a bien dit que le chef de
l’Etat a donné des instructions pour que nos droits et les mesures
d’accompagnement nous soient versés et ce dans les meilleurs délais. Il a,
lui-même déclaré sur la TVT le 02 février que l’Etat a déjà débloqué 1 500
000 000 pour nos droits et les mesures d’accompagnement. Mais jusqu’au jour
d’aujourd’hui, nous ne comprenons rien à la situation. Nous ne comprenons
pas pourquoi les instructions du chef de l’Etat ne sont pas respectées. Le
14 avril 2009,
nous nous sommes transportés à l’Inspection du Travail d’Aného et il nous a
été promis que les mesures d’accompagnement et les ristournes de l’Impôt
sur le Revenu par Personne Physique (IRPP) nous seront versés à la fin du
mois d’avril. A ce jour, rien n’a été fait et Dieu seul sait comment nous
vivons avec nos familles
», a expliqué le porte-parole du collectif
M. Agoda.
Ces
ex-employés de
la SNPT réclament deux choses. « Depuis
janvier 2009, le gouvernement a pris des mesures pour revoir à la baisse les
impôts mais nos chefs nous ont calculé ça sur la base de 2008. Ceux qu’on
n’a pas licenciés et qui sont en fonction ont bénéficié de leur part,
c’est-à-dire leur trop perçu. Nous qui sommes à la maison et qui n’avons
rien à faire, ils ont refusé de nous le faire. Ce que nous réclamons
d’abord, c’est la ristourne de l’IRPP. Deuxième chose, ils nous ont promis
des mesures d’accompagnement qui n’ont pas été payées. Or l’Inspecteur nous
a dit que c’est bien contenu dans le procès verbal. Puisque c’est signifié
dans le procès-verbal, cela devient un droit car c’est sur la base de cela
qu’ils nous ont renvoyés», explique un manifestant. « Nous sommes
donc décidés à aller jusqu’au bout de nos revendications, et si le Directeur
Général ne nous promet pas quelque chose de concret, on ne quittera pas
», peste un autre.
Une
délégation des manifestants avec à sa tête leur Président a été reçue par
Faustin Ekoué Amoussou-Kouetété, Directeur Général du Travail et des Lois
Sociales pour discuter de la situation. Selon le porte-parole au sortir de
la rencontre, en ce qui concerne les ristournes, le Directeur a rassuré
qu’elles ont été déjà signées. Pour les mesures d’accompagnement, une
réunion est prévue à cet effet et il les a exhortés à calmer la masse et
attendre les résultats de la réunion pour discuter des modalités de
paiement, a-t-il ajouté. « Il nous a rassuré et nous a expliqué comment
les choses se passent. Pour le moment nous voulons lui faire confiance en
attendant de voir les résultats, et ce n’est qu’après que nous saurons si
réellement nous avions eu raison de lui faire confiance ou pas. Et comme
aucun délai n’a été fixé, on ose croire que jusqu’au début de la semaine
prochaine tout serait rentré dans l’ordre », a déclaré le porte-parole.
Pour le directeur, le problème se situe au niveau du manque d’information.
« Sur l’IRPP, je crois qu’il y a un problème de communication entre eux
et l’entreprise. Ce fonds a déjà été libéré depuis hier et aujourd’hui ils
doivent en principe commencer par rentrer dans leurs fonds. Pour les mesures
d’accompagnement, il y a une réunion d’appoint qui est prévue ce matin avec
l’Inspecteur de zone et le staff de
la SNPT
pour voir comment déclencher les formalités pour libérer ces mesures. Je
crois que l’information n’a pas bien circulé, c’est pour cela qu’il y a
cette manifestation », a-t-il indiqué avant de rassurer qu’ «
aujourd’hui, les manifestants auront une meilleure visibilité quant aux
formalités de liquidation des mesures d’accompagnement ».
Mais, la délégation a eu toutes les peines du monde pour calmer leurs
camarades. « Nos collègues ne sont pas d’accord et je les comprends. La
situation est très grave, si on doit laisser des gens qui ont des bouches à
nourrir durant 4 mois à mourir de faim. Si nous sommes licenciés pour
raison économique, cela ne veut pas dire que nous sommes des indésirables !
La manière dont notre Direction et le Président du Conseil d’administration
nous traitent, c’est comme si nous sommes des indésirés. Moi-même qui suis
ici, je suis dépassé mais en tant que responsable, je ferai de mon mieux
pour que le calme revienne », a fait remarquer le SG du collectif Paul
Hounkpati.
«
On ne peut pas travailler pendant plusieurs années à l’OTP sans rien
avoir. Je ne comprends pas comment on peut vendre du sable pour faire
faillite. Ça ne peut jamais se passer dans un pays normal. Depuis lors,
c’est comme ça quand nos responsables viennent, on les calme et ils
repartent et quand on revient, c’est le même disque. On fait 4 mois à la
maison, on va prendre quoi pour subvenir à nos besoins en tant que
responsables de famille ? Au moment où on licencie, on recrute encore des
gens. On a vu des gens qu’on a embauchés chez nous lorsqu’on partait. Si on
ne nous montre pas la copie des chèques qui paient nos ristournes, on ne
quittera pas ce lieu. Il faut que le Directeur sorte pour nous donner sa
parole d’abord », a fulminé une manifestante.
La
discussion était houleuse entre le bureau et le reste du collectif. Mais aux
dernières nouvelles, l’entente a prévalu et les manifestants ont décidé de
rentrer, dans l’espoir de voir la promesse de M. Amoussou-Kouetété se
réaliser. Affaire à suivre.
Coco Tchak
Réfection du grand marché de Lomé : Les travaux mis à rude épreuve
par la pluie
Dame pluie s’est invitée dans
les travaux de réfection entrepris au grand marché d’Adawato à Lomé. Ce qui
met plus en difficulté les techniciens tout comme les commerçants qui sont
aux alentours du grand immeuble du marché. Un tour sur les lieux permet
d’observer une insalubrité ambiante occasionnée par des caniveaux en
construction.
En effet, les nouveaux égouts,
non couverts, sont transformés en dépotoirs. « Nous sommes en face
d’énormes problèmes avec ces caniveaux remplis d’eau. Malheureusement des
gens y versent des plastiques et des emballages », déclare Daniella,
revendeuse de tissus. Même son de cloche chez une revendeuse de produits
cosmétiques, Mme Lili qui déclare:« on n’arrive pas à exposer
convenablement nos produits avec ces travaux auxquels viennent s’ajouter ces
eaux de pluie. Les uns et les autres déplorent cette nouvelle situation qui
malheureusement va s’étendre pendant toute la saison pluvieuse ». Le
gouvernement peut nous éviter ce pétrin, estiment certains commerçants qui
avancent diverses raisons. « On constate que les travaux tournent au
ralenti. L’engouement observé au début chez les manœuvres s’estompe. Il
paraît qu’on les triche au niveau de leurs dus », confie un gérant d’un
établissement « Import Export» de chaussures ; par contre, Mme Amivi,
commerçante de pagnes, trouve la raison ailleurs :« les travaux devaient
normalement commencer un peu plus tôt. On aurait pu éviter cette saison
pluvieuse qui risque de nous causer beaucoup de dommages », dit-elle.
D’autre part, certains
problèmes et non des moindres assaillent les revendeurs. Il s’agit de
l’éternel problème de place. Compte tenu des travaux, certains ne sont pas
à leurs places habituelles. Moussa, commerçant de nationalité nigérienne
raconte: «l’aménagement engagé par les responsables du marché est à
saluer vu la renommée grandissante du marché. Mais nous qui sommes devenus
ambulants, on a perdu la trace de nos clients ». D’autres se préoccupent
plutôt d’une éventuelle perte de leurs places ; les caniveaux, disent-ils,
occupent leurs espaces de vente, et ils ne savent plus si on leur trouvera
d’autres sites. Raison pour laquelle, les plus malins se pointent chaque
jour à leurs lieux de vente ; il s’agit pour eux, de veiller sur ces lieux
pour empêcher d’autres de les usurper.
Au cœur du marché, on observe
des caniveaux qui attendent d’être couverts, mieux, dallés. Pour l’instant,
on érige des ponts de fortune avec des planchettes qui servent d’accès à
certains établissements ou carrément à l’exposition des produits. Nombreux
parmi eux espèrent que les eaux seront aspirées dans les caniveaux et que
les travaux finiront bien avant le début des fêtes de fin d’année. Période
pendant laquelle beaucoup de revendeurs réalisent de gros chiffres
d’affaires. Confiants, d’autres espèrent qu’avec l’entame des travaux
nocturnes, tout sera fin prêt avant ces fêtes.
Comme on le voit, il y a nécessité de lutter contre la nouvelle insalubrité
créée par ces travaux et de veiller à la redistribution convenable des
places aux propriétaires.
Don
Jean Kossi
Un Libanais tué et un autre blessé dans un braquage à
Kodjoviakopé
La
présence des forces de l’ordre dans les coins de rue de Lomé ne dissuade
nullement les braqueurs. Ceux-ci ont encore fait parler d’eux mercredi 6 mai
aux alentours de 19h à Kodjoviakopé. Deux hommes cagoulés, circulant sur
une moto non immatriculée, se sont présentés devant le super marché Azar
tenu par un Libanais nommé Sassime Azar.
A
en croire les témoignages, le conducteur de la moto serait resté à l’entrée
du supermarché sans éteindre le contact de son engin. Son complice, pistolet
à la main, aurait sommé les employés de la boutique de sortir, les menaçant
de tirer sur eux en cas de résistance. Il se serait ensuite adressé au
propriétaire qui lui aurait remis l’argent de la caisse.
Une fois les braqueurs dehors,
le propriétaire aurait tenté d’alerter les passants. L’un des malfrats lui
aurait alors tiré trois balles sur la poitrine. Conduit à une clinique de la
place, le malheureux n’a pu arriver à destination. Il succombera à ses
blessures.
Un
de ses collaborateurs et compatriote qui a voulu s’interposer, aurait lui,
reçu une balle au bras droit.
On
rapporte que les braqueurs auraient, dans leur fuite, perdu leurs cagoules
récupérées par les policiers venus faire les constats. Deux agents de
sécurité d’une société de gardiennage de la place qui sont en charge de la
surveillance des lieux, auraient été interpellés.
Il
nous revient que les Libanais entendent protester contre l’insécurité
grandissante dont ils sont de plus en plus victimes à Lomé.
E.
Pierre
Le colon belge dans ses œuvres : Jean Thissen empêche un
journaliste du Groupe de Presse Liberté de faire son travail
Dans la journée du dimanche 10 mai 2008, l’un des membres de la Commission
médias de
la Fédération
togolaise de football (FTF) a joint notre Directeur de
la Publication
pour l’informer de la conférence de presse qu’allait organiser mardi le
sélectionneur et directeur technique Jean Thissen. Il lui a été dit
d’informer en même temps la rédaction de « Calliope Sport » qui est
une composante du Groupe de Presse Liberté. Et comme convenu, le Groupe a
envoyé hier au siège de
la Fédération
un journaliste-reporter pour couvrir cette rencontre. Mais, celui-ci a été
proprement humilié par le Belge et sommé de quitter la salle.
« Bonjour les médias. Très
heureux de vous rencontrer à nouveau. Ce point de presse est lié aux
préparatifs des matches Gabon-Togo et Maroc-Togo. Le deuxième point concerne
la
DTN (Direction technique nationale, ndlr) avec les candidatures qui ont été
reçues et la nomination des directeurs techniques régionaux. Avant d’aborder
le premier point, je vais faire une parenthèse. Est-ce qu’il y a parmi vous
un journaliste de «Calliope Sport » qui est présent ici ?
», a demandé Thissen. Notre reporter s’est présenté. Et il poursuit : «
C’est vous qui m’avez appelé la dernière fois ? Il y a d’abord un
journaliste et puis votre directeur qui m’a appelé. Alors, aujourd’hui, vous
me faites un plaisir, on va rouvrir la porte… Il n’y a pas de point de
presse pour vous. Je vous invite pour la prochaine conférence de presse, je
laisse la porte ouverte et je vous invite à renouer le contact. Je ne peux
pas tolérer ce genre de chose. Deux journalistes m’ont appelé, j’ai donné ma
position et derrière, on raconte du n’importe quoi. Ça, je ne peux pas le
permettre. Excusez-moi, je vous prie de nous quitter, on reprécisera les
choses. C’est que ma porte reste ouverte pour la suite ».
Quelle suite ? Croit-il que
nous allons courir vers lui, le tout-puissant sélectionneur des Eperviers du
Togo, et nous répandre en excuses ? Non. Nous ne sommes pas nés de la
dernière pluie et ce colon belge ne nous impressionne outre mesure.
Dans cet article que nous avons publié dans « Calliope Sport » (lire
le texte ci-dessous), on ne s’en est pas pris au technicien belge dont on
était de ceux qui ont vanté les qualités lors du processus de recrutement.
Il y avait un réel problème et notre souci majeur, était de faire en sorte
que le match importantissime du 6 juin soit préparé dans de bonnes
conditions. On a même parlé d’un programme de mise au vert des Eperviers
hors du Togo qu’il aurait, dans la perspective du match contre le Gabon,
concocté et qui aurait été rejeté par les autorités togolaises, faute de
moyens. Grâce à cet article, les choses se sont améliorées entre Jean
Thissen et le Président de
la Fédération
depuis jeudi dernier. A la suite d’une réunion au ministère des Sports qui a
regroupé ministre, membres de la Fédération et staff technique, les
différends ont été aplanis et son programme pour les préparatifs de la
rencontre de Libreville a été accepté.
Voilà quelqu’un, bien que tirant profit de l’article, nous humilie et nous
empêche de faire notre travail. Peut-il faire la même chose chez lui en
Belgique ? Nous ne le pensons pas. En France, Raymond Domenech a été souvent
l’objet des critiques les plus acerbes dans la presse. Mais il n’a jamais
interdit à un journaliste de venir assister à ses rencontres avec la
presse. Comme Jean Thissen est chez les « nez-gros », il se croit
tout permis. Il les prend pour des sous-hommes « ridiculisables » à
merci. On s’en souvient, lors d’un séminaire avec les entraîneurs, il a
humilié l’ancien directeur technique Akoussah Camélio et le Président de
l’association des entraîneurs Abrawo Samer en leur criant dessus : «
Qu’est-ce que vous venez chercher ici ? Dehors ! ». Un comportement vil.
Avec ce qui s’est passé hier au siège de la Fédération, on a le sentiment
qu’il nous a fait inviter exprès pour nous ridiculiser publiquement. Il peut
se réjouir d’avoir atteint son objectif. Mais qu’il retienne la formule
populaire selon laquelle « Rira bien, qui rira le dernier ».
Il
sied de rappeler que Thissen est un incorrigible entraîneur et qu’il aurait
déjà giflé un journaliste lors de ses pérégrinations dans le Maghreb.
L’incident d’hier ne nous décourage guère. Au contraire, il nous dope et
nous serons présents sur tous les fronts avec nos vaillants Eperviers.
R.
Kédjagni
ça
grogne à
la FTF :
Jean Thissen dénonce le manque de communication et menace de jeter l’éponge
Depuis le
18 janvier 2009,
un nouveau bureau a été élu, qui a remplacé l’ancien dans les conditions que
tout le monde sait. A la tête du nouveau bureau, le Lt-colonel Rock
Gnassingbé a signé son retour. Beaucoup de Togolais s’attendaient à ce que
ce come-back marque une rupture significative par rapport au passé. Nenni !
C’est mal connaître le personnage. Après le départ de l’ancien sélectionneur
national Henri Stambouli,
la FTF
a procédé au recrutement tout récemment d’un nouveau sélectionneur en même
temps, directeur technique national. C’était peu avant le match
Togo-Cameroun.
Ce qui se passe aujourd’hui à
la
Fédération togolaise de football ne permet pas de s’imaginer que c’est Rock
Gnassingbé qui avait déclaré en janvier dernier que « ce sont les
imbéciles qui ne changent jamais », qui serait l’actuel patron de
la FTF. Autrement
dit, le Président de
la FTF n’est pas un imbécile et il ne fera pas
ce que font les imbéciles. Depuis l’installation du nouveau bureau et le
recrutement du nouveau sélectionneur, Rock est redevenu le même. Il a refusé
de changer. De quoi le qualifier ? Pas à nous de le dire.
Il
y a quelques jours, la rumeur nous est parvenue selon laquelle, depuis
pratiquement la signature du contrat du nouveau sélectionneur, celui-ci
aurait toutes les peines du monde à entrer en contact avec son employeur, en
vue de lui soumettre ses projets et propositions dans le cadre de sa
mission. Selon les dernières informations que nous avons réussi à glaner,
Jean Thissen serait assez furieux et il faut craindre qu’il en arrive à
jeter l’éponge comme vient de le faire dignement l’entraîneur de
Togo-Télécom, Sow Baldé, un autre expatrié qui aurait tiré sur la sonnette
d’alarme depuis quelques jours. Comme quoi, il faut apprendre à laisser les
Togolais dans leurs togolaiseries, s’ils refusent d’évoluer.
Au
moment où nous mettions sous presse, la rumeur nous est parvenue selon
laquelle Jean Thissen aurait, depuis quelques jours déjà, attiré l’attention
de l’ancien nouveau Président de la FTF sur le risque que comporterait le
déficit de communication actuel qu’il constate au sein de
la Fédération. Mais
il paraît que malgré cette lettre dont ampliation aurait été faite au chef
de l’Etat, la situation reste désespérément la même. Rock est demeuré
imperturbable, à un mois d’un match capital que devra livrer l’équipe des
Eperviers face aux Gabonais. Il y a environ deux semaines, Rock Gnassingbé,
serait parti à Genève dans le cadre de ses activités à la FTF en compagnie
de deux autres, sans se donner la peine d’en informer le sélectionneur qui
tentait en vain à l’époque de le rencontrer. Pourtant, le choix de ce
technicien avait été fait avec l’assentiment de Rock lui-même. C’est à juste
titre que Nibombé Daré parle d’un second scénario de Wangen en préparation.
Contacté au téléphone par la rédaction de Calliope Sport, Jean Thissen a
laissé entendre qu’il n’a pas de commentaire à faire à ce propos et qu’il
tiendra une conférence préparatoire dans la perspective du match Togo-Gabon
pour situer l’opinion.
Il
faut dire aussi que Jean Thissen aurait concocté un programme de mise au
vert de ses joueurs hors du Togo pour quelques jours avant la grande
rencontre du 6 juin contre les Panthères du Gabon. Les autorités auraient
répliqué qu’il n’y a pas de sou et opteraient pour la ville de Kpalimé. Il y
a pourtant bien de choses moins importantes dans ce pays que le football
dont on reconnaît qu’il est un facteur d’unité. Et pour les réaliser, on n’a
jamais trouvé qu’il n’y a pas de sou. Il n’est pas inutile de poser la
question de savoir : « Les choses sont ainsi après la victoire sur les
Lions indomptables. Qu’en aurait-il été si les Eperviers avaient perdu leur
première sortie ? »
Par
ailleurs, depuis au moins deux mois, le vice-Président et le Président de
la FTF sont en froid et se livrent une
guéguerre qui ne dit pas son nom. Ils ne se côtoient pas. Pour l’heure, tout
le bureau de
la
FTF semble réduit à M. Kossivi Reinhardt, secrétaire administratif et
financier. On n’a pas l’impression que la FTF soit étendue à d’autres
membres, et tout porte à croire que le bureau n’existe même pas. Le Togo
est-il obligé de faire du football ? A-t-on réinstallé Rock Gnassingbé à la
présidence de la fédération pour enfoncer davantage le football national
aujourd’hui plus qu’hier et ne pas tirer les leçons du passé ?
Il
faut rappeler qu’entre novembre et décembre 2008, plusieurs journaux avaient
élevé la voix pour dénoncer l’implication personnelle de Faure dans la
remise en selle de son grand frère à la tête de la FTF, juste pour se
dédouaner d’avoir contribué à sa chute par son silence en 2007 comme
l’aurait fait croire Rock, si l’on s’en tient à certaines publications.
Tout porte à croire que le Togo est en voie de perdre son prochain match
contre le Gabon, et de baliser la voie à l’élimination de la phase finale de
la CAN et de
la Coupe du monde. La plus belle femme du monde,
dit un proverbe gabonais, ne peut donner que ce qu’elle a. Jean Thissen, ce
grand technicien du football qui aurait, de plein gré, opté pour le Togo,
alors qu’il avait d’autres choix plus sérieux, serait en train de déchanter.
Il
y a lieu de regretter, que jusqu’ici le Président de
la République
n’ait, lui non plus, jamais demandé personnellement à rencontrer le nouvel
entraîneur national. S’il l’avait fait, cela donnerait l’impression qu’il
s’intéresse réellement au football togolais et à sa réussite en tant
qu’autre canal d’union des Togolais.
Si
rien n’est fait par les autorités, il y a à craindre que le technicien belge
ne jette l’éponge comme ce fut le cas pour Otto Pfister à Wangen. Mais Jean
Thissen dont beaucoup parlent de la rigueur et de la fermeté n’est pas Otto
Pfister, pour revenir sur sa décision quand il sera trop tard. Bien des gens
le disent très amer en ce moment. Jamais Fédération de football n’aura été
aussi minable. Certains susurrent que ce qui se passe en ce moment est «
plus pire » que du temps de Tata Avlessi qui doit mettre la main au
menton et regarder faire les Rock, Améyi, Reinhardt et consorts. Au Togo,
avec Rock on a une fédération de foolish-ball et non de football. Ce qu’on y
voit de plus, c’est tout sauf de la compétence et le management des hommes.
Matthieu L.
Sans détour :
Ces opposants qui se cherchent
« Vous leur fîtes Seigneur/ En les croquant beaucoup
d’honneur » (Jean de
La Fontaine)
Il
est connu de tous qu’« On ne scie pas la branche sur laquelle on est
assis ». La même formule est reprise d’une façon simple: « On ne chie
pas dans l’assiette dans laquelle on mange ». Cette leçon est bien
retenue par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner,
ce transfuge du Parti socialiste français (PS) qui avait favorablement
accueilli la politique d’ouverture de Sarkozy. Face au dilemme né des
élections européennes, le « flying doctor » avait déclaré samedi
qu’il attend de voir les programmes pour décider de son vote. Deux jours
seulement ont suffi pour qu’il change d’avis. A-t-il reçu des pressions de
la part de la machine des partisans de la politique « bling bling» ?
Là est la question. De toutes les façons, il a fait publier un communiqué
depuis New York où il se trouve pour une réunion du Conseil de Sécurité des
Nations unies consacrée au
Moyen-Orient et au Sri Lanka. « C’est la conception du gouvernement
auquel j’appartiens, celle dont s’inspire le programme présenté par Michel
Barnier aux Français. C’est naturellement celle que je soutiens aujourd’hui
et que je soutiendrai le 7 juin. Je sers la politique étrangère du Président
de
la
République, que j’estime nécessaire pour la France
», affirme l’ancien socialiste qui veut prouver sa fidélité à Sarko. A
l’allure où vont les choses, il a totalement fermé les portes d’un come-back
au PS grugé par l’actuel locataire de l’Elysée. « Le pouvoir a contraint
Bernard Kouchner à se déjuger. Il aura fallu une très forte pression de l’UMP
et du gouvernement pour que Bernard Kouchner soutienne, contraint et forcé,
la liste et le programme de Michel Barnier et Rachida Dati », critique
un député socialiste.
Ce virage à 180° de Kouchner
n’est pas une surprise. Au contraire, il est dans la logique de
conservation. Un fait auquel nous autres Africains sommes habitués. La
transhumance politique reste la chose la mieux partagée dans les pays
africains d’expression française. Ici, l’alternance au pouvoir est proscrite
et si l’opposition veut gouverner, elle doit passer par la fameuse politique
de main tendue. Elle entre au gouvernement pour légitimer le pouvoir mal en
point et pour simplement « avoir son œil dedans » ou « manger un
peu ». Sur le « Noir continent », ça s’appelle un gouvernement
d’union ou d’ouverture. Cette aberration démocratique est renforcée par la
migration politique. Ainsi, il est courant de voir des ténors de
l’opposition se renier et devenir des porteurs de valise du parti au
pouvoir. Depuis bientôt une décennie, l’opposant gabonais Paul Mba Abessole
a vendu son âme au diable. Et comme la bouche qui mange ne parle pas, il
n’ose plus critiquer son bienfaiteur. Il en est de même pour Djibo Leyti Kâ,
cet ex-militant du Parti socialiste sénégalais qui a fondé son propre parti
et qui, après un bref séjour dans l’opposition, a rejoint le camp
d’Abdoulaye Wade.
Les adeptes de cette
prostitution politique ne réussissent jamais. Nous avons le cas du
Congolais Bernard Korelas qui n’a jamais su ce qu’il cherche en politique.
Il s’est souvent prostitué entre le Président démocratiquement élu Pascal
Lissouba et l’ancien chef de guerre Denis Sassou N’Guesso. Après plusieurs
années d’exil, il est rentré à Brazzaville et est devenu l’un des soutiens
du beau père de Bongo. Le Béninois Adrien Houngbédji qui ne cherchait que la
direction du bonheur en s’engageant dans les alliances contre-nature, l’a
toujours payé cher. En 2006 par exemple, il a été proprement laminé par le
novice Yayi Boni. Le sosie de Houngbédji au Togo est un certain Edem Kodjo,
« le visionnaire incompris », selon l’un de ses admirateurs. Malgré
ses compétences, il a été détruit par ses multiples va-et-vient entre le
pouvoir et l’opposition. Totalement effacé ces derniers jours, il a dû
abandonner le navire à trois de ses lieutenants. Ça s’appelle «
alternance » même si entre-temps, on est allé consolider le parti qu’on
est censé combattre.
Zeus AZIADOUVO
Ça va se savoir
« Candaulisme » involontaire (2)
C’était presque un film porno,
mais pour les spectateurs qu’ils étaient, ce n’était rien du tout. Car, en
maîtres des lieux, ils en ont souvent vu pire. Le chef du gang, lui, en
savait sur cette présence. Ce qui valait effectivement la présence de ses
lieutenants qui, eux, pensaient avoir affaire à des égarés avec lesquels ils
ont le plus souvent des accrochages et sur lesquels ils prenaient toujours
le dessus. Par-dessus la vitre de la portière, Emile, le chef du gang vint
s’accouder puis s’adressa à Marc couché sur la banquette arrière et sur qui
était à quatre pattes Estelle qui le pipait soigneusement. « Eh mon gars
! Elle a l’air bonne ta meuf. Veux-tu bien me la céder pour un laps de temps
pour que je m’en réjouisse aussi un peu ? », lui lança-t-il, envoyant
déjà sa main qui se posa sur les portes de la grotte intime bien exposée. «
Fichez-nous la paix, sinon je vous écrase les mâchoires », rétorqua
le jeune homme en ce moment dans son évasion au 7ème ciel.
En dépit de cette position
délicate, Marc, tel un acrobate, d’un geste magistral, envoya sa main dans
l’entrecuisse de son épouse. Alors qu’elle écartait davantage ses jambes
pour faciliter l’accès d’une main assaillante qui, jusqu’ici la limait avec
beaucoup de tendresse, les deux mains se croisèrent. La caverne était
sacrément mouillée. Emile, le chef du gang fixait pendant ce temps la grotte
en l’air sans vouloir détourner un seul instant son regard alors que Estelle
gardait toujours sa position animale, pipant merveilleusement son homme à
lui faire perdre entièrement la tête. Le revers de la médaille se produit
car, c’est au tour de l’époux de passer à l’acte comme lui a demandé sa
femme. Marc s’exécuta tant bien que mal, titillant par sa langue la
sentinelle de la cité de sa bien aimée à son tour en évasion. Les amoureux
offraient un spectacle plaisant aux visiteurs surprise alors que les pieds
des jambes grandement écartées de l’épouse touchaient déjà le plafond de la
voiture.
Mais soudain tout chamboula. Marc tel un sac de charbon, était pris par les
assaillants – spectateurs, tiré hors du véhicule puis rapidement plaqué au
sol. Il était immobilisé et ne pouvait plus bouger. C’est en ce moment qu’il
s’était rendu à l’évidence que dans leur folie d’amour, ils n’avaient pas
pris le soin de fermer les portières. Estelle tentait de reprendre ses
esprits, tandis qu’un homme rentrait dans la voiture, la queue à la main.
C’était Emile qui alors plongea dans l’habitacle, puis sans aucune
formalité, pénétra Estelle qui lâcha un râlement, un de ces «Aaaaaahhhhhhh
!! » qui en disait vraiment long. L’homme la labourait sans aucune
retenue. Elle poussait des feulements qui retentissaient aux oreilles de
Marc comme des cris de détresse. Seuls les deux acteurs en scène en ce
moment savaient ce qu’il en était vraiment.
Ce
qui était étrange aux yeux de l’homme, c’est que sa femme ne protestait pas
contre ce qu’il pensait être un viol ; et pire, le cri s’estompa
rapidement. Il vit sa bien-aimée écarter davantage ses jambes, pieds en
l’air. Toujours maîtrisé par le reste des assaillants, le jeune homme
regardait impuissant les interminables assauts de l’anaconda d’un intrus
dans sa « propriété », sans savoir que c’est un «ex-gnocotteur
» de son épouse. Une drôle de sensation l’envahit, un mélange de jalousie et
d’impuissance, mais la scène l’excitait fort bien.
Assise, jambes écartées et maintenues de part et d’autre par les deux autres
membres du gang dans le sable fin, la jolie fille du groupe vint se coucher
et prit le petit boa bien tendu dans sa main.Elle contempla un petit moment
le reptile puis l’envoya naviguer dans sa petite bouche. Sa langue était
mise à contribution, titillant fiévreusement la bête qui tentait vainement
de grandir davantage. Tel de la potasse sur le légume, Marc cessa de se
débattre. En même temps qu’il continuait de regarder fouetter sa bien-aimée,
il procurait du plaisir dans la bouche et entre les lèvres de Caroline,
l’autre assaillante.
A
suivre
Tonton D
Libertinage
Quand le négrier Jean Thissen tombe bas
Il y a de ces Blancs
pacotilles qui ne valent même pas un centime dans leur propre pays mais une
fois débarqués en Afrique, se croient en territoire conquis et agissent
selon leurs sautes d’humeur. Prenant les airs d’un grand manitou, ils font
la pluie et le beau temps sur le continent noir. L’un de ces colons blancs
n’est autre que le Belge Jean Thissen, le sélectionneur des Eperviers.
Adepte de la pensée unique, l’homme est allergique à toute critique. Il
s’est permis d’humilier un des journalistes de « Calliope Sport » en
le renvoyant de la conférence de presse qu’il a organisée hier au siège de
la Fédération Togolaise
de Football tout simplement parce que celui-ci n’a pas caressé son mentor
Rock Gnassingbé dans le sens de ses moustaches. Dans un article intitulé
« Jean Thissen dénonce le manque de communication et menace de jeter
l’éponge » paru dans « Calliope Sport » N°50 du
7 mai 2009, le sélectionneur estime qu’on « a raconté
n’importe quoi » et s’en prend à un des nôtres. Or selon les échos qui
nous sont parvenus, grâce à cet article, certaines de ses doléances sur
lesquelles le président de
la
Fédération était réticent, lui ont été concédées. Au lieu d’être
reconnaissant, le négrier Jean Thissen nous remercie en monnaie de singe.
C’est comme ça un colon blanc. Dans sa Belgique natale, Jean Thissen peut-il
renvoyer un journaliste parce que celui-ci n’est pas sur la même longueur
d’onde que lui ?
En France, on voit les
critiques virulentes que subit Raymond Domenech de la part des médias. Mais
il n’est jamais tombé aussi bas. Il a toujours su prendre de la hauteur.
C’est ça un vrai entraîneur. Alors, que Jean Thissen nous colle la paix !
Abass « Bon-Faux » dans la peau d’un démocrate : faut-il en
rire ou pleurer ?
On n’a jamais su que l’ancien
nouveau président de l’Assemblée mouton, Abass « Bon-Faux » aime les
bonnes choses. Démon dans son pays, il joue à l’ange une fois à l’étranger.
Tenez, du 6 au 8 mai dernier, l’ancien formateur des muscles a effectué une
visite officielle en Belgique au cours de laquelle il a rencontré le
président du Senat et le président de
la Chambre de ce pays. Vous n’en croirez pas à vos
yeux. Devant ses hôtes, Abass « Bon-Faux » s’est mis dans la peau d’un
démocrate, jasant que « les élections présidentielles de 2010 se
dérouleront dans la transparence la plus totale ».
Le
président de l’Assemblée mouton qui promet des élections démocratiques au
Togo, faut-il en rire ou pleurer ? On dirait que l’homme de Kabou a la
mémoire c.... Cela fait à peine quatre semaines que ce Berger et ses
moutons, en bons militants zélés et dévoués à la cause du RPT ont violé les
textes de loi en modifiant les articles 21 et 32 du
code électoral afin de remettre en selle
la CENI inique de Potopoto.
Beaucoup de Togolais sont
restés éberlués devant les propos d’Abass « Bon-Faux », lui qui
faisait et défaisait
la
Constitution togolaise au gré de ses humeurs. La forfaiture
la plus abominable commise sous sa coupole en 2005 à la suite de la
catastrophe « gnassionale » est encore vivace dans les esprits. En
moins de 24 heures, Abass « Bon-Faux » et ses ouailles par un tour de
passe-passe, ont fait de « Faure-vi» qui était alors ministre
député, Président de l’Assemblée nationale puis Président de
la
République. On ne cessera de lui rafraîchir la mémoire. Abass
« Bon-Faux » peut tromper tout le monde, mais pas les Togolais.
Le Fils sur les traces du Père
En usurpant de façon macabre
le trône royal en 2005, « Faure-vi » déclamait à qui veut l’entendre
que « lui, c’est lui, moi, c’est moi ». En clair, le Fils entend se
départir des méthodes décriées du Père. Dans l’entendement des cinq millions
de Togolais, avec l’avènement de « Faure-vi », il n’y aura plus le
culte de la personnalité, les marches de soutien, l’animation politique, la
politique spectacle… toutes sortes de pratiques qui avaient déifié le Père.
Mais chassez le naturel, il revient au galop. Le Fils a oublié ses
engagements et se met, lien parental oblige, sur les traces de son papa.
L’animation politique a signé son retour fracassant. Chaque fois que le «
p’ti » se rend dans son « mon beau village » à Kara là-bas, il
est accueilli en grande pompe par les groupes chocs d’animation politique.
Hommes, femmes et enfants au ventre plat comme des serpents, et avec des
derrières de pic d’Agou, habillés par la maison « Gnassingbé design »
se déhanchent au rythme des chansons à la gloire du Fils du Père. Les
marches de soutien sont également de retour. Cette affaire de tentative de
coup d’Etat est l’occasion toute trouvée pour renouer avec les pratiques
archaïco-préhistoriques.
Les militants du RPT ont été
les premiers à donner le ton. Ils seront suivis par les chefs
traditionnelles des Lacs qui ont prouvé aux yeux des Togolais qu’ils n’ont
aucune dignité. Sûrement que d’autres moutons de Panurge vont se jeter dans
la danse. Il ne reste que les montages grotesques à la télévision nationale
pour faire du Fils la photocopie conforme du Père.
Vous avez dit ministère à problèmes ?
Décidément le ministère des
Enseignements primaire et secondaire est un département à problèmes. Son
excellence Yves « Nagouroskov » en avait fait l’amère expérience. Au
moment où il s’époumonait à gérer les mécontentements de ses administrés,
ses collègues s’ennuyaient dans leurs départements. Ses soucis avaient
commencé avec le mot d’ordre de grève des enseignants qui ne trouvent rien à
mettre sous la dent. Le gars n’a pas fini de canaliser leur colère quand les
agents de
la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires)
enfoncèrent impitoyablement le clou. Ils avaient menacé de descendre dans la
rue parce qu’ils traînent depuis des lustres 17 mois d’arriérés de salaire.
Raison pour laquelle certains pensent que son limogeage fracassant provient
de son incapacité à gérer tous ces problèmes.
Selon des informations, le nouveau ministre n’a pas du tout du répit face
aux menaces de grève depuis qu’il a déposé son cul dans ce département. La
négociation entre les enseignants non titulaires de 2001 à 2003 et les
enseignants volontaires a accouché d’une jolie souris. Ils estiment être
ivres de promesses du « gouvraiment » et veulent de l’argent en
liquidité. Raison pour laquelle ils entament une grève d’avertissement de 48
heures sur toute l’étendue du territoire à partir d’aujourd’hui. Si rien
n’est fait, ils n’entendent pas se laisser faire et sont déterminés à le
marquer à la culotte. N’est-ce pas que le nouveau ministre est sur les pas
de son prédécesseur ? On attend de voir.
« Zaza » de nouveau dans le mutisme
A l’approche de la
présidentielle de 2010, l’actualité togolaise s’enrichit d’évènements
familiaux. Chaque citoyen trouve l’occasion d’en parler. Les partis
politiques ne sont pas du reste. Les macros (UFC, CAR), les confidentiels (PRR,
NDP…) font chaque jour l’autopsie chirurgicale de la « siiation »
sociopolitique au Togo. Les particules (CPP, CDPA, PDR) en parlent à peine.
Ils avaient perdu leur latin suite à leur fiasco retentissant des
législatives du
14 octobre 2007.
Il a fallu la mise en place du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC) pour qu’ils sortent de leur tour d’ivoire. Le patron des
RePTiles, en quête de soutien dans ce cadre, va enfin les intégrer
frauduleusement. Il va l’élargir à toutes les parties signataires de l’APG
(Accord Politique Global) lors d’un conseil des ministres. Les particules
avaient ainsi gagné la bataille et non la guerre, car ils continuent de
faire le pied de grue à la porte d’un CPDC agonissant.
Nombreux étaient les Togolais
qui avaient savouré le retour triomphal annoncé de Zaza, le prégo du PDRien
qu’on annonçait entre-temps prendre sa retraite politique. Ils attendaient
d’être gavés de ses trouvailles proverbiales. Mais le CPDC en panne, ils
sont restés sur leur soif. Le gars qu’on dit fâché, est obligé de
s’enfermer de nouveau dans le mutisme. On raconte que cette attente lui
donne de l’insomnie. En tout cas, s’il nous écoute, qu’il sorte de son trou
et donne « proverbiablement » son point de vue sur l’actualité.
Les Araignées « bitosards »
Vraiment, nos dirigeants ne cesseront de nous « tonner ». Lors de la
célébration de fête de l’accession de notre pays à la souveraineté
internationale, le 27 avril dernier, tout le monde a vu pendant le défilé
les jolies voitures de l’Opération Araignée. Tous ceux qui disaient que
cette opération était morte et enterrée se sont mordu les doigts. Les gens
étaient sûrs qu’on n’allait plus jamais parler de voleurs dans ce pays à
cause de la façon dont les « mon pays » et les citoyens les «
terminaient ». Mais, c’est mal les connaître. Tant qu’il vit, le voleur
ne peut arrêter de voler, a-t-on l’habitude de dire.
C’est ainsi que la semaine dernière, les voleurs ont rendu visite à une
maisonnée à Attiégou. Ils ont au cours de cette nuit, pillé au moins 11
chambres. Dans la maison, il y avait même la femme d’un « mon pays »,
mais les voleurs n’ont pas eu peur. Les habitants ont appelé plusieurs fois
les Araignées, mais à chaque fois on leur a signalé que la voiture chargée
de faire la patrouille cette nuit-là était au niveau d’Atikoumé. Jusqu’à ce
qu’ils n’arrivent, les voleurs qui étaient armés de fusils artisanaux ont
tout emporté. Il paraît que la nuit suivante les mêmes voleurs sont revenus,
mais tous les occupants ont fui la maison. Et dire qu’il y a des « mon
pays » dans ce pays!
Les
mauvaises langues racontent que c’est une seule voiture qui sécurise toute
la ville de Lomé et que ce sont les « zotorités » et les gros
bonnets qui chaque fois, leur font du « taméa » qui sont choyés. Il
paraît que si vous leur glissez quelque chose à chaque fin du mois, vous
pouvez être sûrs qu’ils passeront au moins cinq fois devant votre portail
une même nuit.
« Faure-vi », un nom prédestiné ?
A «
Gnassingbéland », aucun prénom n’est donné au hasard. Chaque prénom
à sa signification. C’est ainsi que dans le septentrion, on a des prénoms
comme Eyadéma (les gens sont finis), Balakiyem (il se donne de la peine
pour rien), Essozimna (Dieu seul sait). Au Sud on a des prénoms comme
Kossikpui, pour dire que l’homme est de taille courte, Gabarra (l’argent
est mauvais), Mawuéna (c’est Dieu qui a donné) etc. Passons.
Les gens commencent à comprendre à
travers les actes du « p’ti » le vrai sens du nom que le Timonier lui
a donné. L’atterrissage catastrophique du prince sur le tabouret «
prégodentiel » en dit long sur sa personne. Nul ne peut nier sa
forteresse, que dis-je, sa force. L’homme est, selon « Fo Bodj »,
plus « faure » que Barack Obama, car lorsque lui, il dit «Yes We
can», «Faure-vi » lui, a déjà le changement dans sa poche. «
The change, «we made it », a-t-il dit. Même ceux qui lors de l’élection
frauduleusement claire de 2005 ont été mis à poil, jetés dans la boue,
emprisonnés et ceux à qui on a repeint le portrait disent qu’il est le seul
prégo qu’il leur faut. Ceux qui meurent sur leur lit d’hôpital se
ressuscitent pour applaudir le « p’ti ». Ce qui est bizarre, c’est
qu’après le passage du « p’t’i », beaucoup ne sortent plus de chez
eux du fait de la honte. On se souvient que du vivant de Gnass 1er,
une délégation de retraités avait sollicité une audience pour lui soumettre
des doléances. Arrivés à Lomé II, c’est un autre discours qu’on a donné à la
porte-parole de lire. Les retraités ont tant et si bien encensé le timonier
qu’ils avaient oublié leurs revendications. Depuis ce jour, la pauvre dame
n’arrive plus à sortir de chez elle pendant la journée. Elle est devenue
une chauve-souris et ne pointe le nez dehors que la nuit. Il se dit
qu’avec un mandat, « Faure-vi » totalise plus de marches de «
soutien-gorge » que son papa. Vrai ou faux ?
Au cœur des
« mon pays »
Mazalo : Camarade, c’est comment chez toi ?
Solange : Comment prendre pour faire ? Même si ça ne
va pas, on ne peut rien faire.
Mazalo : C’est la vie. Nous, on est dedans et on ne peut pas
changer quelque chose.
Solange : Moi, je prends les choses comme elles
arrivent. Si c’est bon, c’est bon. Si c’est mauvais, c’est mauvais.
Mazalo : Décidément camarade, je ne comprends pas ce qui arrive à
nos routes ! On ne dirait pas que nos hommes ont travaillé sur ça.
Solange : Tu n’es pas la seule que cela étonne.
Moi-même, j’ai cherché beaucoup mais je n’ai rien compris dedans.
Mazalo
: Tu as encore fait un tour dans la ville depuis que la pluie a commencé
par tomber dans le pays ?
Solange : Toi-même tu connais ma « siiation ».
Je suis calée ici pour trois mois. Je vais faire comment pour circuler ?
Mazalo : Si je te raconte ce qui se passe, tu ne vas pas me
croire.
Solange : Le travail n’a pas résisté à l’eau ou
comment ? « Splique »-moi ce qui se passe exactement.
Mazalo : Quand tu regardes avec tes propres « zoeils » comment
les routes sont maintenant, tu ne peux jamais croire qu’on a travaillé sur
ça.
Solange : C’est devenu « gnama-gnama » comme ça
?
Mazalo : Tout est devenu comme avant. Certains endroits sont même
« plus » pires que ce qui était avant.
Solange : Comment nos hommes même ont travaillé et
cela ne fait pas longueur et tout est gâté ?
Mazalo : Qui va comprendre cette « siiation » ? Mais, ils
ont quand même fait un bon travail et tout le monde les a qualifiés.
Solange : C’est toi qui le vois comme ça. Si c’est un
bon travail, comment ça peut gâter brusquement ?
Mazalo : En tout cas, on ne sait pas jamais, la pluie aussi a
quelque chose à voir dedans. Ce ne sont pas les « eux » qui
ont fait un travail mal.
Solange : Il faut qu’on creuse les longs trous qui se
trouvent tout le long des routes sinon, c’est toujours ces problèmes de
difficultés qu’on va voir.
Mazalo : Tu as raison. C’est surtout ça qui cause les problèmes.
Le jour où toi-même tu vas voir la réalité, tu seras étonnée.
Solange : Camarade, tu sais que c’est cette «
siiation » des routes qui nous complique plus notre boulot ? Les
voitures à chaque fois vont « déchirer l’eau sur toi ». Le travail me
fatigue maintenant ! |
|
Liberté 503 du lundi 11 mai 2009 |
|
Sauf coup de théâtre, le Niger emboîtera le pas au Togo : La
France travaillerait-elle pour le recul de la démocratie en Afrique ? |
|
Après
le Togo,
la Guinée, le Gabon, le Congo,
la Tunisie, le Tchad, le Cameroun … et tout
récemment l’Algérie, le dernier pays de l’Afrique francophone en date, c’est
bientôt le Niger sous la houlette de Mamadou Tandja qui va entrer dans les
pays de mauvais exemple en matière de toilettage unilatéral de la
constitution, en vue de l’obtention de mandat illimité. Il y a quelques
semaines que Nicolas Sarkozy a brièvement séjourné sur le continent
africain, notamment au Congo, en RDC, puis au Niger.
Pendant son séjour nigérien, l’hôte de Sarko, Mamadou Tandja avait tenu des
propos qui laissaient croire qu’il ne toucherait pas à la constitution de
son pays, allant jusqu’à faire allusion à la dignité et sur un ton assez
sérieux. C’était bien en présence du président français. Cela nous avait
inspiré en son temps un titre du genre : « Tandja sur les traces d’Eyadèma
? ». A l’époque, dans le développement nous nous étions aventuré dans
une déduction osée qui laissait croire que Nicolas Sarkozy n’étant pas
Jacques Chirac, il n’y avait pas lieu d’imaginer que la France de Sarko
permettrait à Tandja de rééditer le même scénario que Eyadèma sous le règne
de Chirac. Nous sommes en train de nous convaincre que nous nous étions
trompé.
Aujourd’hui, soit environ huit semaines après le retour en France de Nicolas
Sarkozy, le langage de Tandja semble ne plus être le même. L’intéressé
déclare que si le peuple lui demandait de rester, il respecterait sa
volonté. Déjà, les manœuvres sont en cours pour faire croire que c’est le
peuple nigérien qui demande au chef de l’Etat de demeurer encore à la tête
du pays. L’Opposition bien avertie de la supercherie, n’entend pas se
laisser faire et samedi dernier elle a organisé sa première grande
manifestation de dénonciation au cours de laquelle, une foule estimée à
près de vingt mille personnes, ce qui n’est pas rien, s’est mobilisée pour
dire non à Mamadou Tandja.
Cet
imbroglio rappelle aux Africains le cas du Togo et le complot que Jacques
Chirac et Gnassingbé Eyadèma avaient monté sur le dos du peuple togolais en
1999. Après avoir déclaré qu’il ne toucherait pas à une seule virgule de la
constitution togolaise et qu’il irait se reposer en 2003, Eyadèma sera
candidat cette année-là encore avant que, deux ans plus tard, le vrai Dieu,
l’unique, ne le rappelât à lui pour le repos éternel. Chirac ne réagira pas,
lorsque quelques mois plus tard, la constitution sera modifiée, faisant
sauter la limitation du mandat au Togo. Pire, Jacques Chirac sera le premier
à adresser ses félicitations à celui qui avait promis sous ses yeux qu’il ne
modifierait pas la constitution. Pourtant,
la Cour Constitutionnelle
n’avait pas encore validé les résultats provisoires.
Qui
pouvait croire que le même Tandja, qui entre mars et mai 2009, tenait un
langage qui le mettait hors de soupçon, tiendrait aujourd’hui un langage en
porte-à-faux avec celui tenu quelques semaines plus tôt ? Mamadou Tandja,
négociant pour s’éterniser au pouvoir, a dû ravaler sa langue, pour
commencer à tenir en respect la rébellion touareg, lui qui avait toujours
refusé d’aller à sa rencontre pour un quelconque dialogue. Et c’est ainsi
qu’il a rencontré dernièrement ces rebelles qu’il qualifiait de bande de
voyous. La mine d’Uranium d’Imourarem, deuxième mine dont l’exploitation
revient également à
la Société française AREVA, constitue-t-elle le
grand appât pour Tandja qui l’empêche de partir, espérant s’en mettre encore
plein les poches avec cette deuxième mine qui attire tant les Français ?
De
l’autre côté, au Tchad, la France, toujours elle, apporte son soutien à
l’armée tchadienne pour faire face à la rébellion décidée à faire partir
Idriss Deby accroché au pouvoir vaille que vaille, à cause du pétrole dont
la France tire de précieux profits. Si tout récemment Bouteflika, le chef de
l’Etat algérien, a pu modifier la constitution en toute tranquillité sans un
mot de
la France, on comprend dès lors que le dernier
cinéma fait à Niamey en mars 2009 par Sarko et Tandja n’est qu’un remake du
cinéma Chirac-Eyadèma. Tout porte à croire que
la France, malgré les discours flatteurs, met
tout en œuvre pour maintenir l’Afrique et plus précisément ses anciennes
colonies dans le recul de la démocratie. Tout bien pesé,
la France travaille activement pour le maintien
au pouvoir des antidémocrates, ceux qui préfèrent détruire leur propre
nation au profit des intérêts de
la
France qui n’a pas d’amis, mais rien que des intérêts.
L’appel lancé en février dernier depuis Addis-Abeba par le Président en
exercice sortant de l’Union Africaine, le Tanzanien Jakaya Kikwete lors du
12ème sommet de cette
organisation, est tombé dans des oreilles de sourds. Il avait demandé à ses
pairs chefs d’Etat africains, de s’abstenir de modifier la constitution de
leur pays pour s’éterniser au pouvoir et les a exhortés à concentrer leurs
efforts sur l’amélioration de la situation économique de l’Afrique. Au
contraire, l’appel semble entendu dans le sens inverse : empirer la
situation économique du continent en s’érigeant en fossoyeurs de son
économie.
Au
moment où les Africains vivent la résurgence des coups d’Etats
(Centrafrique, Mauritanie à deux reprises, Guinée Bissau, Guinée Conakry,
Madagascar, Togo (?), ...) comme dans les années 60-70, mettant à mal la
stabilité politique, sociale et économique, n’est-il pas opportun pour
la France de tout mettre en œuvre, pour sauver la
démocratie sur le continent et plus précisément dans ses anciennes colonies,
au lieu de s’attacher à ses intérêts propres, en apportant son appui à des
affameurs de leurs peuples. Pourquoi doit-on se taire et encourager en
sous-main ces chefs d’Etat qui veulent s’ériger en présidents à vie ? Il
faut dire que si l’Afrique connaît en ce moment le retour à l’instabilité,
cela est dû en grande partie au manque d’alternance qu’il faudra aider à
corriger impérativement.
Alain Simouba
Affaire de coup d’Etat : Kpatcha Gnassingbé cherche à rencontrer
Faure en tête-à-tête
Depuis la nuit du 12 au 13 avril dernier, le microcosme togolais est marqué
par une affaire de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Il
y a aujourd’hui, des faits nouveaux dans cette affaire qui est au centre de
toutes les conversations.
De sources concordantes, le
principal accusé Kpatcha Gnassingbé chercherait à rencontrer en tête-à-tête
son frère, le chef de l’Etat. Mais ce dernier qui n’aurait pas totalement
fermé toutes les portes de discussion, aurait donné son accord à condition
que d’autres témoins assistent à l’entrevue. Ce qui ne serait pas du goût du
présumé cerveau. Et c’est sur ce point qu’achoppent pour l’heure les choses.
En
outre dans un communiqué publié le 30 avril dernier, le Procureur de
la République
a indiqué que « 10 cils ont été déférés, inculpés et mis sous mandat de
dépôt. En revanche, 18 militaires dont 5 officiers, 10 sous-officiers et 3
hommes de rang ainsi qu’un officier adjoint de police sont sous sanction
disciplinaire de leur corps respectif avant leur remise aux autorités
judiciaires ». « Que ce soit au niveau des civils comme des
militaires, des aveux circonstanciés ont été faits par les principaux
inculpés. Les discours qui devaient être prononcés après le renversement des
institutions de
la République
ont été saisis et mis sous scellés », poursuit le communiqué.
De
source judiciaire, on indique que « cette sortie du Procureur n’est pas
gratuite » et que les personnes inculpées seraient passées aux aveux. «
La plupart des gens arrêtés ont reconnu qu’il y avait un projet de
déstabilisation du régime en cours d’exécution », ajoute notre source.
Selon les informations en notre possession, l’ancien ministre de
la Défense et des anciens Combattants aurait avoué
les faits qui lui sont reprochés. Confronté aux révélations des autres
personnes interpellées, Kpatcha serait passé aux aveux en mettant en avant
les mêmes griefs qu’ils portent contre son frère, à savoir : le fait qu’il
communique peu et celui d’avoir privilégié ses amis au détriment de la
famille. Ce qui reste à confirmer par sa déposition. « Il y a une
manipulation des faits dans l’entourage de Faure. Cette information est à
prendre avec des pincettes », observe un proche de Kpatcha.
La
même source rapporte que les autorités togolaises n’entendent pas régler
cette affaire dans le cadre familial. « La justice est en marche dans
cette affaire. La logique est d’aller jusqu’au bout pour que les Togolais
sachent qu’il n’y a aucun montage dans cette affaire. Le procès va commencer
d’ici à la fin de l’année », ajoute-t-elle.
Aussi la version de la clé USB est-elle confirmée par plusieurs sources
proches du dossier. Ce disque amovible contiendrait le plan d’attaque
détaillé ainsi que d’autres informations ayant trait au putsch en
préparation. Cette affaire est sérieuse. On ne peut pas l’inventer pour
atteindre un quelconque dessein. Ceux qui doutaient avant et qui ont ensuite
suivi les faits ont commencé par se raviser », affirme l’une de ses
sources.
«
Il y a une part de vérité dans ce qui s’est passé. Mais le problème, c’est
que les autorités togolaises se sont mal prises », fait remarquer un
diplomate qui a requis l’anonymat. Affaire à suivre.
R.
Kédjagni
Quel président
idéal pour le Togo en 2010 ?
La présidentielle de l’année prochaine, ce n’est qu’une
question de mois. Bien que toute la vie politique soit rythmée par le
dossier Kpatcha, cela ne saurait occulter cette échéance importantissime qui
attend le Togo. Dans tous les Etats-majors, l’heure est aux calculs
politiciens sans grand égard aux aspirations profondes du peuple, qui a soif
d’alternance. Ce défi peut-il être relevé par les politiques traditionnels
qui se frottent sur le terrain depuis l’aube des temps ? Ou bien est-ce par
une voix alternative ?
Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est forclos pour
relever ce défi, lui qui est à l’origine des problèmes du Togo. Le parti a
fait du pouvoir une propriété privée depuis 40 ans, créant des frustrations
et instrumentalisant les clivages, une situation que le Président idéal du
peuple devra corriger, à travers une gouvernance aux allures de transition
démocratique. Il devra alors recueillir le consensus, et au regard de ce
critère, aucun candidat provenant du clan au pouvoir ne pourra faire
l’affaire, quand on sait qu’il est aujourd’hui divisé par cette affaire
Kpatcha. Que ce soit le député ou son demi-frère, le choix de l’un
braquerait l’autre camp, et là le Togo ne serait pas sorti de l’auberge.
L’opposition traditionnelle, même si elle a bien
d’arguments pour prétendre assurer cette tâche et en manifeste la ferme
volonté, elle n’affiche pas la sérénité qu’il faut et ses leaders semblent
tomber sous le coup de l’usure, émoussés qu’ils sont par une lutte sans
issue. Les opposants traditionnels sont d’ailleurs victimes de clichés
ethnocentristes. Ils sont présentés par le pouvoir comme des revanchards aux
populations du Nord, qui sont aussi souvent braquées.
Le besoin d’une voix alternative se fait donc
sentir avec acuité, une voix qui recueillera le consensus. C’est ici qu’on
idéalise la piste de la candidature à cette présidentielle des hommes de
Dieu qui se fait de plus en plus avec insistance.
En effet, depuis quelques temps, des indicréditions font de
plus en plus état d’un Evêque comme présidentiable. Si cela advenait, cet
état de chose ne peut qu’être salué car avec un homme de Dieu, le coup est
jouable. Les hommes de Dieu ont une conception appréciée de la chose
publique qui tranche avec celle des vrais politiques qui priorisent les
intérêts. Le sens élevé de la nation des Hommes d’Eglise, les vrais, est
l’idéal de la nation. On n’en voudra pour preuve que la dernière sortie
médiatique des Evêques du Togo.
En prélude au Jubilé d’or de l’accession du Togo à la
souveraineté internationale qui se célébrera l’année prochaine, les Evêques
du Togo, à travers une déclaration rendue publique le 21 avril dernier, ont
fait un joli diagnostic de la situation politique togolaise et un certain
nombre de recommandations pour la paix et la réconciliation au Togo.
Les Evêques n’ont pas eu la langue de bois et ont dénoncé
certaines anomalies dans la gestion du pays. « Le Togo appartient à tous
ses fils…Nous devons éviter de vouloir faire de l’Etat une propriété privée
au service d’intérêts personnels ou partisans », ont-ils dit. Les
concernés devront certainement se retrouver dans ces propos. Les Evêques du
Togo dénoncent sous cap le non respect de
la
Constitution par le clan au pouvoir. « Il nous semble indispensable et de
volonté populaire de … respecter les dispositions légales de notre Loi
Fondamentale… » et « la volonté populaire clairement discernée ».
Faire triompher la vérité, aimer le Togo, servir le peuple et non se servir,
sont entre autres les recommandations faites par les Evêques. Par cette
sortie, l’Eglise retrouve ainsi son rôle avant-gardiste, de sentinelle
abandonné depuis un bon bout de temps. « Avoir un homme de telles vertus
comme Président du Togo en 2010 serait l’idéal », souhaite un
observateur.
Pablo E.
Marche de soutien tous azimuts : Les chefs traditionnels des Lacs
étalent leur inconséquence au grand jour
Incroyable
mais vrai. Le jeudi 7 mai 2009, quatre ans jour pour jour après la
répression sanglante qui s’est abattue sur les populations des Lacs, les
chefs traditionnels de cette préfecture sont descendus dans les rues d’Aného
pour apporter leur soutien à Faure Gnassingbé, celui par qui est arrivé leur
malheur en avril 2005. Le ridicule ne tue pas ces têtes couronnées qui ont
battu le pavé en chantant « RPT ényé ha nyoedé… » (RPT est un bon parti).
C’était dans son édition de nuit du jeudi 7 mai que la TVT a passé pour la
première fois cette triste sortie des chefs traditionnels des Lacs. Environ
cinq minutes ont été consacrées à cet événement de l’année. Comme
l’initiative venait d’une préfecture supposée acquise à l’opposition, il
fallait la relayer abondamment pour qu’elle fasse des émules dans le reste
du pays. Logiquement,
la TVT l’a reprise dans toutes ses éditions du
vendredi et jusqu’à dimanche.
Mais cette manifestation n’a pas laissé indifférents
nombre de Togolais. « Ces chefs traditionnels ne sont pas sérieux »,
« Il faut les oublier, ces chefs se sont égarés », « Ils ont la
mémoire courte », « C’est malheureux, ils ont manqué d’égards à leurs
administrés qui ont souffert en 2005 », « Même le chef Lawson Zankli
qui a pris un bain d’égout, a participé à ce folklore »… Voilà les
quelques réactions suite à la marche organisée par les garants des us et
coutumes pour fustiger la tentative de coup d’Etat, saluer la politique de
réconciliation et remercier le chef de l’Etat d’avoir créé de l’emploi. «
Nous présentons notre gratitude à votre sens de devoir et à votre
attachement à la démocratisation du pays », dixit les chefs
traditionnels. Une preuve que ces gens ne sont pas conséquents avec
eux-mêmes. Si Faure était attaché à la « démocratisation du pays
», il n’allait pas marcher sur les cadavres pour venir aux affaires, on
n’allait pas tuer ces filles et fils des Lacs. Ceux-ci seraient présentement
vivants pour participer à la construction de leur préfecture et par ricochet
de leur pays. « Dans la ville d’Aného, le Préfet a indiqué qu’une seule
personne est décédée. En recoupant les informations, il ressort que près
d’une vingtaine de morts ont été recensés à Aného, entre le 26 et le 27
avril 2005. Ces chiffres semblent également être en deçà de la réalité. La
mission a reçu des informations faisant état de cas d’exécutions sommaires
par des soldats tirant sur la population à partir d’un hélicoptère qui
survolait la ville d’Aného », indique le rapport de la mission
d’établissement des faits. Même le chef de la ville d’Aného Togbé Ahuawoto
Savado Zankli Lawson VIII a subi de pires humiliations. Il a lui-même
raconté le récit des faits dans lesquels il a nommément accusé le capitaine
Casimir Dontéma embastillé aujourd’hui dans cette affaire de coup d’Etat
(Lire le compte rendu des événements malheureux survenus dans la ville d’Aneho
et au palais royal Lolan les 23, 24, 26 et 27 avril 2005).
Quatre ans après, les chefs traditionnels ont pris d’assaut
le bureau de la préfecture où les attendait le préfet Adossi, ancien député
du CAR et qui avait eu chaud en 1994 lorsqu’il était Directeur du CEG ville
II de Tsévié. Après la motion de soutien lue de manière brouillonne par le
porte-parole, le Préfet a félicité les manifestants et promis de transmettre
le message à qui de droit. Dans la foule, il y avait aussi le roi Zankli
Lawson qui était mal à l’aise et qui baissait de temps en temps la tête pour
sûrement échapper aux projecteurs des cameramen. De même, il était chiffonné
lors des traditionnelles acclamations qui bouclent ces genres de
déclarations. Qu’est-ce qu’il avait de la peine à suivre le rythme des
zélés. Une double humiliation pour lui.
Le comble, c’est la chanson entonnée par cette vieille
dame et reprise en chœur par la « Chorale « Saint Faure » des chefs
traditionnels des Lacs ». Pour cette septuagénaire habillée par la
maison « Gnassingbé design », « Fôlouvi » est un choix du
destin, un choix de Dieu. Et d’ajouter : « Quand « Fôlouvi » est
venu au pouvoir, les enfants le prennent pour de l’amusement ».
Voilà, les gens qui ont vécu les pires atrocités en 2005,
trouvent aujourd’hui que « Fôlouvi » est un choix de Dieu. Ces chefs
traditionnels qui sont toujours des symboles sacrés de la traduction vivante
des coutumes et leur continuité, reliant en trait d’union les morts, les
ancêtres et les vivants, sont tombés très bas en se livrant à ce spectacle
indigne. Est-ce la condition posée par le chef de l’Etat avant son passage
hier à Aného?
R. Kédjagni
Accident de circulation : Une voiture en route pour Aného pour
couvrir une manifestation de Faure fait plusieurs tonneaux
Hier, le chef de l’Etat était à Aného où il a assisté à une messe et
rencontré les chefs traditionnels et les prêtres qui, quatre jours plus tôt,
avaient organisé une marche de soutien à son endroit. Pour couvrir cet
événement,
la TVT a dépêché très tôt le matin une équipe
de journalistes dans l’ancienne capitale du Togo.
Mais contre toute attente, l’équipe qui est en poste à
la Présidence,
a décidé de faire le déplacement. Comme elle voudrait être à Aného avant
l’arrivée du chef de l’Etat, le chauffeur roulait à tombeau ouvert, oubliant
la réalité selon laquelle au Togo, « c’est un peu de route, un peu de
trou ». A Baguida, la voiture fit plusieurs tonneaux avant de
s’immobiliser. Bilan quatre blessés.
Les témoins de l’accident parlent de miracle. « Ces journalistes
ont la chance. L’accident était grave. C’est un miracle qu’ils soient encore
en vie », confie une jeune femme.
E.
Pierre
Libertinage
Pouah quelle vilenie !
En parlant des « nostalgiques du retour en arrière
» dans son message à la nation au lendemain de la tentative de coup d’Etat,
« Faure-vi » ne savait certainement pas que ceux-ci pullulent dans
ses rangs. Ces nostalgiques du retour en arrière signent leur retour
vrombissant par les pratiques immémoriales décriées au temps du Père. Les
chefs traditionnels des Lacs, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, se sont
négativement illustrés en organisant jeudi dernier une marche de soutien à «
Faure-vi ». Tous ceux qui ont suivi les têtes couronnées des Lacs
dans leur prestation n’en revenaient pas. Avec les pires atrocités que les
populations des Lacs particulièrement celles d’Aného ont subis 2005, comment
peuvent-ils se livrer à une telle de bassesse? Se demandant de nombreux
Togolais. Les fils et petits-fils de ces chefs sont encore en exil au
Bénin. Beaucoup d’autres ont perdu leur vie. Et aussi absurde que cela puise
paraître, ce sont les parents des martyrs de 2005 qui montent au créneau
pour se fondre en flagornerie pour le Fils du père. Guidés par des espèces
sonnantes et trébuchantes, les chefs traditionnels des Lacs ont perdu leur
dignité. Pouah, quelle vilenie ! Les téléspectateurs étaient tombés des nues
quand ils ont vu les têtes couronnées, toute honte bue, chanter des
louanges et des hommages au fils du père pour avoir fait massacrer leurs
fils et filles en 2005. Les élucubrations immondes débitées par les garants
des us et coutumes d’Aného ont convaincu beaucoup de Togolais qu’ils sont
tombés sur la tête. Il n’y a plus d’autres mots pour les qualifier.
Le temps des soucis pour les Loméens
Depuis quelques semaines, le Togo est entré de plain-pied
dans la saison pluvieuse. Les pluies ne cessent d’arroser la capitale qui se
retrouve sous les eaux. Des maisons, des rues, des écoles…sont inondées.
Lomé devient ainsi «l’eau-mé». Circuler à Lomé ces temps-ci relève
d’un véritable parcours de combattant. Chaque année, c’est le même cauchemar
que vivent les populations. Un éternel recommencement. Curieusement, les
dirigeants ne semblent guère se préoccuper de la situation des sinistrés
abandonnés à leur propre sort. Ce qui est encore révoltant, c’est qu’après
les inondations, certains ministres chaussés de bottes et de rangers
descendent dans les eaux boueuses pour compatir à la douleur des sinistrés
et leur offrir quelques morceaux de sucre, de l’huile, des bols de maïs et
de riz et des nattes pour essuyer leurs larmes. Et ils attendent encore la
saison pluvieuse pour s’adonner au même spectacle. L’année dernière la
pluviométrie était telle qu’elle a provoqué de graves inondations qui ont
occasionné d’importants dégâts matériels et des pertes en vie humaine.
Malgré les promesses de la part des autorités, rien n’a été fait pour éviter
d’éventuelles inondations. Cette année la pluviométrie s’annonce abondante.
Du coup c’est le temps des soucis chez les populations qui se demandent si
elles vont revivre les mêmes scénarii que l’année dernière. Pendant que
l’inquiétude est grande chez les populations, certains ministres eux se
frottent les mains. Ils n’attendent que le moment opportun pour se faire
bombarder de dons de toutes sortes. A quelque chose malheur est bon,
n’est-ce pas ?
Le « p’ti » usurpe le fief de « El Kpatcho »
Le détenu spécial « El Kpatcho », à l’époque où il
était libre de tout marquage, avait transformé Kozaland en un territoire
autonome sur lequel il règne en Papa Noël. Chaque jour que Dieu fait, il
sème le bonheur dans le cœur des Karalais. On a encore en mémoire comment
ce « dépité » RePTile avait décrété le collège et le lycée gratuits à
Kara. Aussi faisait-il des dons de matériel de médicaments exclusivement aux
centres médicaux de
la Kara dans l’attente d’une suite favorable de
ses administrés pour le plébisciter au cas où il déclarait sa candidature
au nez et à la barbe de son demi-frère « Faure-vi ». Beaucoup
s’étaient préparés pour voir ce derby du siècle entre les deux princes.
Mais cette affaire de tentative de coup de poing que dis-je, d’Etat a coupé
l’herbe sous leurs pieds.
Maintenant que l’héritier 100% du Timonier, « El
Kpatcho » passe des séjours paradisiaques au gnouf, les Karalais ne
peuvent plus lui être reconnaissants. Selon des informations, le « p’ti »
cherche à être le père adoptif de ces orphelins Karalais. Pour preuve, le
fils du père occupe depuis un certain temps le fief de son frangin. En tout
cas, il a fallu que le Gros soit au trou qu’on dépêche le ministre de la
santé, Koffi Bamako à l’intérieur du pays notamment à Kara pour faire des
dons de matériels et de médicaments aux centres de santé au nom du
président. Certains observateurs pensent que « Faure-vi » veut faire
oublier et enterrer « El Kpatcho » de ses fans. Vrai ou faux ?
Silence, les RePTiles se modernisent !
Le RPT est-il prêt à se moderniser ? C’est une question
qui a longtemps trituré les méninges des Togolais. Quand on connaît tous les
moyens pas possibles que ce parti engage pour se maintenir au pouvoir,
personne ne peut s’empêcher de relever cette inquiétude. On se souvient
encore de comment le « p’ti » et son parti ont marché sur des
cadavres pour s’emparer du fauteuil présidentiel. En tout cas, le parti a
organisé samedi dernier une session de formation à l’endroit des cadres du
parti. Il s’agit à en croire le Secrétaire Général, d’extirper de la tête de
ces cadres des vieilles habitudes, en somme les moderniser. Pour lui, le
monde bouge, il fallait que le RPT aussi évolue. Cela mérite donc des cours
intensifs à ces cadres sous informés sur les nouvelles mutations sociales.
Pourquoi maintenant ? Certains pensent que c’est du bluff et que c’est
l’affaire « El Kpatcho » qui trouble le sommeil des responsables du
parti à l’approche de l’échéance de 2010. En effet depuis que cette affaire
a pointé son nez, les mauvaises langues racontent que le parti traverse un
véritable tsunami. Cela n’engage qu’eux.
On espère qu’il ne s’agit pas d’un trompe-l’œil et que
dorénavant les cadres se comporteront impeccablement sur le terrain surtout
à l’intérieur du pays. Qu’on ne verra plus les préfets mobiliser avant la
campagne électorale, la population avec des pancartes sur lesquelles sont
inscrites n’importe quoi à l’instar de « M. le président, la préfecture
vous soutient ». Aussi que les fonctionnaires des autres partis ne se
plaindront pas des intimidations et des affectations punitives. On attend de
voir.
Des marches de «slip» no limit
Avec cette histoire d’atteinte à la sûreté du fauteuil de «
Faure-vi » les vieux démons se sont réveillés de leur long sommeil.
Depuis, on se croirait au temps du parti unique. Les RePTiles ne dorment
plus le sommeil. On dirait qu’ils ont le diable sur le corps. Beaucoup ne
comprennent pas comment un petit incident peut ébranler autant un parti qui
préside à la destinée d’un peuple pendant près de 40 ans et que le Père de
la « Gnassion » même a royalement fondé. Depuis que cette affaire a
éclaté c’est à des courses, plutôt des marches de slip, de string, des
ateliers de renforcement de capacité, des meetings à n’en plus en finir
qu’on assiste dans le pays. Comme si on a avait que cela à faire. Ce n’est
pas le « Gnassingbéland » qui est plus prospère que les Etats-Unis,
la
France ou l’Allemagne. Mais on a « jamaiment » vu les « Sarkosiens
», ni les « Etatsuniens » ou les « Allemagnais » organiser des
marches de soutien pour montrer qu’ils sont derrière leur prégo ou pour lui
dire de rester éternellement scotché au tabouret « prégodentiel ». Le
plus étonnant c’est que l’Etat ne veut plus qu’aucun parti politique
organise des marches hormis le aiRPéTé. La preuve, le 27 avril passé les
militants de l’UFCocu ont été pimentés à la sortie de l’église par des gaz
lacrymogènes. Veut-on dire à la population que le pays est la propriété
privée du aiRPéTé? Après c’est pour nous rebattre les « zoreilles »
avec la « réconcilia-shuan ».
La semaine derrière, ce sont les « siefs »
traditionnels de la région des Lacs qui ont laissé leur trône et leurs
nombreuses femmes pour faire marche de string, plutôt de soutien-gorge au «
p’ti ». Au lieu de demander au « p’ti » d’aménager la route qui
vient dans leur village, ils sont là à chanter des louanges à « Faure-vi
» et à débiter des sornettes fétides. On aura tout vu avec ces «
siefs ».
Des routes ou des pistes de cross country ?
On se demande si nos dirigeants adorent leur pays et qu’ils
se donnent la peine d’aller voir nos infrastructures routières. Certains
vont jusqu’à se poser la question de savoir les dossiers que traitent le
« ministridicule » de l’équipement.
Ce n’est pas capable. Les routes n’ont rien à envier aux pistes de cross
country. Les trous, les crevasses, des dépressions, des lacs, des étangs et
des lagunes qui jonchent ces routes sont tels que si vous ne faites pas
attention, c’est avec une grue du PAL qu’on va vous sortir. Par endroits,
vous devez laisser la route proprement dite pour passer en bordure pour que
les trous ne vous engloutissent pas. A Baguida ou Avépozo, les engins sont
obligés de rouler à pas de caméléon. Vous allez mettre un temps fou avant
d’arriver à destination. Cependant, c’est sur ces voies que les « mon
pays » prennent mille francs par jour aux chauffeurs de taxi qui font
semblant d’être des voitures perso. Lorsque vous voulez être récalcitrant
comme un cabri vous en aurez pour votre compte. C’est sur ces mêmes routes
qu’on récolte l’argent du péage comme de la manne tombée du ciel. Malgré
tous les fonds collectés, les routes sont dans un état comateux. Jusqu’à
quand cette « siation » va durer ?
« Mémounatou-vi » et « Kplikplitina » aiguisent les crocs…
Ce n’est qu’une question de jours. Le « Gnassigbéland
» sera encore sous les eaux. Le pire est d’ores et déjà annoncé par les
services de la météorologie qui prédisent une catastrophe « gnassionale»
dans les jours à venir. Avec toute cette précipitation déjà enregistrée en
ce début de saison pluvieuse, on se demande si jusqu’en fin de saison on ne
deviendrait pas tous des batraciens. Une prophétie qui est en train de
prendre déjà forme dans certaines localités. « Agoèyi-zongo » par
exemple est déjà transformé en un village lacustre, qui n’a rien n’en envié
au célèbre village de Ganvié chez Yayi Boni.
Malheureusement, on a l’impression que cette situation
n’émeut guère les « zotorités » en charge de ce problème. Au lieu de
prendre les taureaux par les cornes, et de mettre sur pied une véritable
stratégie pour faire face efficacement aux éventuelles conséquences, la «
ministricule » des affaires catastrophiques chargée des inondations et
de la gestion des dons, l’incontournable « Mémounatouvi » ne semble
guère se soucier des risques imminents que courent les populations. Elle et
l’autre « ministricule» en charge de la « sékrité », l’homme
dont l’affaire « Faure-vi- Kpatchagan » à cloué le bec, le nommé «Kplikplitina
» ont déjà, de source «dubaii», aiguisé les crocs prêts à avaler les
prochains dons.
Ça
va se savoir « Candaulisme » involontaire (1)
Le candaulisme se pratique
désormais chez nous. Il s’agit de ce plaisir, tout simple parent du
voyeurisme qui consiste à regarder son partenaire en pleine relation
sexuelle avec une autre personne et y prendre soi-même autant du plaisir…
Aujourd’hui, à certains endroits de la capitale particulièrement dans
certains coins de la plage, des jeunes se livrent à cœur joie à cette
pratique faisant quelques fois des victimes parmi les conservateurs, rendant
aussi heureux ces « grottos » richissimes ayant séjourné loin de la
patrie mère.
Il y a presque un an que
Estelle et Marc s’étaient mariés. Ils avoisinaient la trentaine et chacun
avait bien évidemment fait son temps. Alors que Marc lui faisait ses études
sous d’autres cieux, Estelle, elle autre, faisait la compagnie des personnes
de peu de moralité. Elle fut des fois l’appât pour des bandes de gangs et
s’adonnait même à la vie de débauche. Tous ces détails étaient ignorés par
Marc qui rencontra celle-ci à tout hasard au cours d’une soirée récréative.
Tout avait marché bien cette nuit-là entre les amoureux parce que Estelle,
au vu de ses expériences, n’avait pas fait les choses à moitié. Elle sut
entretenir son cavalier au plus haut degré à telle enseigne que celui-ci lui
resta coller comme une puce. Ainsi, ils finirent par se marier comme tout
adulte qui doit fonder un foyer. Mais, depuis lors, il y avait bien quelque
chose qui clochait, l’insatisfaction était presque totale chez la cavalière
eu égard à ce qu’elle faisait. Et pourtant, l’homme en bon chef de famille,
faisait tout ce qui était à son pouvoir pour satisfaire sa compagne. Surtout
sur le plan matériel, il ne badinait point. Il comblait celle-ci de toute
sorte de présents afin de la rendre heureuse. En contrepartie, Estelle était
presque une prisonnière, confinée au rôle de femme de maison.
Marc, par moment et selon son
humeur, gratifiait son épouse de quelques sorties intempestives. Il y eut
quelques jours, cette épouse du jeune homme avait, sur le chemin du marché,
rencontré l’un de ses anciens acolytes qui n’était autre que son copain
titulaire et aussi le chef du gang. Ils échangèrent pendant un petit moment
et les deux furent pris d’envie de revivre le passé dans le sable, dans les
gargotes, dans les coins bidons. Ils mijotèrent alors un plan qui leur était
très familier. De l’entreprise, le jeune très content d’une affaire juteuse
dont il venait de signer le contrat, prit son téléphone. Il appela son
épouse : « Ma poule ! Ce soir, nous dînons dehors puis après, nous allons
nous amuser quelque part où tu voudras». Aussitôt qu’elle raccrocha
qu’elle appela son vieux copain pour l’aviser de la mise en exécution du
plan. Le jeune homme d’affaire arriva ce soir à l’heure à la maison comme il
était convenu entre lui et sa femme en milieu d’après-midi. Estelle était
prête et l’attendait. Le choix du restaurant était déjà fait, d’où ils
prirent aussitôt la route. Les mets étaient copieux et l’homme mangeait avec
beaucoup de plaisir et d’appétit tandis que son épouse avait la tête
ailleurs. « Qu’as-tu ma biche ? Qu’est-ce qui te tracasse ? Le coin ne te
plaît pas ? », interrogea l’homme qui finissait alors son plat avec le
dernier morceau de la daurade. « Tout va bien sauf que j’ai envie de me
balader comme prévu afin de me retrouver dans tes bras dans la nature comme
si c’était pour la première fois », répondit la jeune femme toujours
anxieuse du fait qu’elle ignorait la suite du stratagème en place. «
Allons à la plage », proposa-t-elle pendant que sa main parcourait la
cuisse de son mari, qui démarrait en trombe.
Le couple atterrit sur la
plage prisée de Lomé en face d’un hôtel abandonné et en état de délabrement
avancé. Déjà en tenue d’Adam et d’Eve dans la voiture, ils s’embrassaient
tendrement. Entre les lèvres de la femme, le chétif boa de l’homme était
pris en étau et subissait le titillement de la langue de la salope dans son
avidité. Soudain, trois mecs et une jolie demoiselle vinrent et regardèrent
la scène de l’intérieur du véhicule. A suivre
Tonton D
Sans détour :
Le Togo des malheurs
« Elle avait de l’imagination du malheur, et, de fait, ce qu’elle craignait
arriva
» (Jean Guéhenno, Changer la vie)
«
Un malheur suit un autre », enseigne le poète comique latin Publius
Terentius Afer Térence dans son ouvrage « L’Eunuque ». Cette
assertion rend bien la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les
Togolais. Le pays fait face à une succession d’événements malheureux qui
engendrent parfois des morts et des blessés et qui sèment l’affliction dans
les familles.
Le
premier malheur, le plus important d’ailleurs, a commencé dans la nuit
pascale après que les chrétiens eurent commémoré la résurrection de
Jésus-Christ. Les armes ont crépité au domicile du député Kpatcha
Gnassingbé, demi-frère du chef de l’Etat. Au coeur de cet assaut, le patron
de la fameuse Force d’intervention rapide (FIR). Dans la matinée du lundi de
Pâques, les Togolais s’interrogeaient sur les mobiles de cette attaque,
quand le Procureur de
la République
laissa entendre plus tard que cette action était destinée à interpeller
certains proches de Kpatcha impliqués dans une affaire de « tentative à
la sûreté de l’Etat ». Il y avait eu des morts et des blessés mais on
n’en a jamais parlé.
Cet
incident du 12 avril a eu des répercussions qui ont conduit à
l’interpellation de plusieurs personnes dont plusieurs Gnassingbé. Le chef
de l’Etat a même déclaré que la justice agira avec fermeté alors que les
partis de l’opposition continuent de dénoncer le non-respect du principe
d’immunité parlementaire dont jouit le principal accusé. Bref, cette affaire
de coup d’Etat est devenue l’unique préoccupation de Faure et son
gouvernement qui ont mis un trait sur les discussions politiques au sein du
Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Pendant ce temps, le
chef de l’Etat s’impose une session de rattrapage en occupant le « vide
» laissé dans la région de
la Kara par son petit frère et mène sa campagne
électorale déguisée. Cet événement malheureux a fait que le « fils de la
nation » a dû revisiter son calendrier de voyage. Le globe-trotter qui
aimait prendre part à toutes les grandes manifestations dans le monde
entier, n’a pas pu assister samedi dernier à l’investiture du danseur Jacob
Zuma.
On
en était là quand le mercredi 6 mai dernier, un cousin du chef de l’Etat
qui, après avoir fait une escale dans un bar, est parti avec sa RAV4 heurter
les deux derniers wagons d’un train au passage à niveau sur le boulevard
Gnassingbé Eyadèma. Ce lieutenant membre de l’escorte de Faure aurait eu
plusieurs fractures et suivrait actuellement des soins intensifs.
Hier, c’était la voiture de TVT qui allait dans les Lacs pour
couvrir une manifestation à laquelle participe Faure, qui a fait un tonneau
au niveau de Baguida. Selon les témoins, il y a eu quatre blessés.
Qui
peut penser qu’en ce moment où les forces de l’ordre sont en état d’alerte
maximal, les populations soient encore victimes de braquage? Personne. Mais
le mercredi 6 mai aux alentours de 19h, le super marché Azar tenu par un
Libanais nommé Sassime Azar a été la cible des braqueurs. Après s’être
emparé de l’argent de la caisse, l’un des malfrats aurait tiré à bout
portant sur le Libanais qui succombera quelques minutes plus tard. Un autre
a été blessé.
Ces
malheurs qui se succèdent n’augurent rien de bon. Tout porte à croire que le
chemin de croix est loin d’être fini. Avec la saison des pluies, d’autres
malheurs sont attendus puisqu’il est une lapalissade que les mêmes causes
produisent les mêmes effets. Qui plus est, le blocage des discussions
politiques risque d’envenimer la situation et de conduire à un scrutin
violent en 2010. Inexorablement, le drame de 2005 se profile à l’horizon.
Zeus Aziadouvo
Au cœur des
« mon pays »
Follykoé
: Comment tu te portes aujourd’hui, class ?
Boèvi
: Pas mal quand même. Pour le moment, ça a l’air d’aller un peu. Et toi,
c’est comment?
Follykoé
: Au fait class, est-ce que tu as appris les nouvelles ?
Boèvi
: « Quelles » les nouvelles encore ?
Follykoé
: Tu n’es pas au courant de ce qu’on a montré dans le journal sur notre
télé vendredi passé ?
Boèvi
: Sois clair class, je ne comprends pas bien ce que tu voulais dire. Le
vendredi-là, j’ai passé tout mon temps à voir la télé seulement.
Follykoè
: Là, ça tombe bien. Comment tu as regardé ce que les chefs d’Aného ont fait
pour encourager le « p’tit » ?
Boèvi
: Toi aussi tu as regardé ça ? Ne revenons plus sur cette comédie-là. Je ne
sais pas ce qu’ils ont pensé avant de faire cette blague.
Follykoè
: Quand j’ai vu ça, c’est la honte qui m’a pris immédiatement. Je n’ai pas
compris jusqu’à maintenant ce qui les a poussés à faire ce geste.
Boèvi
: sans te mélanger class, nos
chefs-là, ils sont là seulement pour le ventre.
Follykoé
: C’est la vérité. Si ce n’est pas le ventre qu’ils ont mis devant,
qu’est-ce qui va les pousser à venir saboter notre village.
Boèvi
: Cela dépasse même le niveau de sabotage. Ils ont plutôt vendu notre
village. Les gens vont se moquer de nous.
Follykoé
: Ils nous ont diminués devant les autres. C’est vrai que les gens de notre
village sont capables de tout quand ils voient l’argent.
Boèvi
: On parle depuis que les gens d’Aného ont deux langues et je suis contre.
Maintenant, je vois qu’ils ont raison.
Follykoé
: Avec tout ce qui s’est passé là-bas et avec les « héloulo héloulo
» qu’ils ont dits, je n’ai jamais imaginé que ces mêmes personnes vont
réagir comme ça un jour.
Boèvi
: En tout cas, c’est leur propre figure qui est le chemin. J’attends le
jour où quelqu’un des « eux » va encore dire que le « p’tit »
est comme ça ou comme ça. Ils vont connaître leur fils ce jour-là.
Follykoé
: Sois tranquille dans ta peau. On verra qui est qui dans ce pays. S’ils
pensent qu’en faisant ça, ils vont sortir de leur souffrance, ils se
trompent.
Boèvi : Laisse-les. Ils pensent que le « p’tit » est
comme son papa. Ils n’ont qu’à enlever cette idée de leur tête. On va
déposer nos « zoeils » pour les voir. Ils seront surpris. |
|
Liberté 502 du vendredi 8 mai 2009 |
|
Retour à l’Université de Lomé avec RFI : Le Ministre Bodjona
et la mutation interne à l’Opposition |
|
Lors
des débats qui avaient opposé le représentant de l’UFC, Patrick Lawson et
celui du RPT, Pascal Bodjona sur le campus universitaire de Lomé à
l’occasion du passage de l’équipe de Radio France International au Togo, le
Ministre insistait face à son interlocuteur sur la nécessité pour
l’Opposition de réaliser sa mutation interne. Il déclara en substance : «
Je souhaite qu’elle soit non seulement unie mais qu’elle fasse sa mutation
interne».
Beaucoup avaient, ce jour-là, trouvé un peu bizarre qu’un membre ou cadre
d’un autre parti, adverse en plus, soit si préoccupé par la vie interne à un
parti, pour demander à ses membres de procéder à une mutation interne. En
quoi cela regardait-il le sieur Pascal Bodjona ? Nul ne saurait le dire.
Plus loin, répondant à la question d’un auditeur, il se félicitait en
délirant: « S’il y a un parti qui a réussi sa mutation, c’est bien le RPT.
C’est le RPT qui a réussi sa mutation interne et depuis quelques jours,
quelques mois, nous sommes en train d’apprécier que certains leaders de
partis de l’Opposition commencent à emboîter le pas au RPT».
La
réponse appropriée de son challenger ne tarda pas à tomber tel un couperet,
et sur ce sujet. Notre éminentissime ministre perdit son latin, lui, si
prompt à trouver des réponses à tout, même s’il doit se rendre ridicule : «
Je constate tout simplement que n’eût été la mort du Gal Eyadèma, il n’y
aurait pas eu la jeunesse qui est au pouvoir », lui avait rétorqué
Patrick Lawson. Cette réponse fut saluée par un grand applaudissement de la
part du public. Voilà comment des gens profitent des concours de
circonstance pour tromper les non avisés et les gens peu vigilants, puis
faire croire qu’ils fonctionnent sur des principes et qu’ils sont un parti
sérieux qui a un programme qu’il respecte. Or ils sont loin d’une telle
performance.
Alors, il faut que Pascal Bodjona sache que son parti n’a rien à apprendre
aux autres et qu’en matière de mutation, le RPT n’a rien d’un pionner.
Combien de personnes n’avaient pas lancé des appels à une réforme interne au
sein du parti depuis plusieurs années déjà pour se retrouver exclus du RPT
auquel ils appartenaient, rien que pour avoir émis ce voeu ? Jusqu’ici, le
RPT est demeuré le même parti égal à lui-même, où même si tout va mal, on
crie fort que tout va bien. « Le RPT se porte bien. Il est un parti qui
se porte bien », disait Bodjona devant le public le 27 avril dernier. Or
tout le monde sait ce qui se passe depuis quelques années au RPT après la
mort de son géniteur.
Malgré des appels à une réforme interne, il avait fallu la mort d’Eyadèma
effectivement pour amener un club d’amis à jouer les premiers rôles au parti
et dans le gouvernement actuel. La réponse faite au ministre valait son
pesant d’or. Il faut s’étonner que M. Bodjona eût pu avoir l’audace de
vouloir tromper tout un peuple que dans ce pays, le RPT a été le premier
parti à faire sa mutation interne et que c’est le CAR et le « particule
» de CPP qui prennent ensuite exemple sur eux. Balivernes !
Et
c’est ainsi qu’on avait toujours nié l’existence d’un conflit entre les deux
fils d’Eyadèma jusqu’à ce que la guéguerre se transforme le 12 avril 2009 en
guerre ouverte. Même quelques jours avant l’attaque du domicile de Kpatcha
Gnassingbé, le Secrétaire général du parti, Solitoki Esso continuait à nier
qu’entre Kpatcha et Faure il y a avait des problèmes.
Alain Simouba
Un proche de
Faure Gnassingbé victime d’un grave accident de circulation
Décidément, rien ne semble aller pour la Famille Gnassingbé. Un proche du
Chef de l’Etat, membre de la famille présidentielle a été victime mercredi
dernier, d’un grave accident de circulation, ajoutant au pétrin dans lequel
se trouve actuellement la famille.
L’accident s’est produit dans la nuit du mercredi 6 mai aux environs de 22
heures. La victime, dans sa RAV4 a heurté de plein fouet les deux derniers
wagons d’un train au passage à niveau sur le boulevard Eyadema près du
Garage Central. Le choc a été si violent que la voiture a été projetée loin
et se trouve dans un état irrécupérable.
Selon nos informations, la victime, Lieutenant-colonel de son état, venait
de quitter un bar en face du Garage Central avec ses camarades et se
dirigeait vers la Colombe de la Paix quand le drame a eu lieu. «Ils
étaient quatre personnes dont une fille et c’est cette dernière qui les
poussait à partir car elle devait rentrer. On n’a pas trop vu comment
l’accident s’est produit. Mais, il faut reconnaître que la voiture filait
à vive allure», a confié un témoin. A en croire les uns et les
autres, les quatre personnes qui se trouvaient à bord du véhicule seraient
grièvement blessées et l’on doute fort que le conducteur puisse s’en
sortir.
Selon certaines sources, le Lieutenant-colonel avait servi sous feu Eyadema
et est actuellement membre de l’équipe d’escortes de Faure Gnassingbé. Il
serait, selon les témoignages, le premier à être évacué sur CHU Campus,
puis plus tard à la clinique Saint Joseph au vu de la gravité de ses
blessures.
Coco Tchak
Enquête dans l’affaire de coup d’Etat ? La Police interpelle les
propriétaires des voitures aux vitres fumées
Dans la journée d’hier, la police a fait une descente musclée dans les rues
cabossées gorgées d’eau de Lomé. Elle laissait tout passer, sauf les
véhicules aux vitres fumées.
« Nous ne comprenons rien. Quand nous sommes arrivés à leur
niveau, ils nous ont fait signe d’observer un arrêt. Ce que nous avons fait,
croyant qu’il s’agit d’un contrôle de routine. Mais curieusement, ils se
sont emparés des pièces et des clés de la voiture et nous ont conduit à
l’école de police en face de la prison civile de Lomé. Là, ils nous ont
demandé si nous avons obtenu une autorisation de mettre les vitres fumées.
Après plusieurs échanges, la voiture nous a été retournée avec l’injonction
de changer les vitres », raconte un cadre.
Pour certains, l’usage d’une voiture aux vitres fumées serait
interdit alors que d’autres affirment qu’il n’existerait aucune loi dans ce
domaine. « Je n’ai pas connaissance de cette interdiction. J’ai acheté la
voiture avec les mêmes vitres. Je fais toutes les formalités administratives
et personne n’a rien trouvé à dire. C’est maintenant qu’on voit que je dois
changer les vitres. Il y a quelque chose qui ne va pas dans cette affaire
», s’emporte un jeune opérateur économique.
En
principe, les autorités policières devraient rendre public un communiqué
sommant les détenteurs des véhicules aux vitres fumées de se conformer à la
normale dans un délai donné. Mais ce n’était pas le cas. Ce qui amène
certains à faire une corrélation entre cette sortie et l’affaire d’«
atteinte à la sûreté de l’Etat ». « En suivant les faits et gestes
des policiers, on comprend en même temps qu’ils cherchent quelqu’un. Avec
l’affaire de coup d’Etat, on épie tout le monde », indique une femme.
Au Togo, il est connu de tous que ce sont souvent les gros
pontes du régime qui mettent souvent des vitres fumées aux fins de passer
inaperçus avec les « deuxièmes bureaux ». En dehors des véhicules
officiels, la plupart des ministres, des directeurs de sociétés, des
députés, des officiers des FAT… circulent à bord de ces véhicules. De même,
il est loisible de voir dans ces véhicules aux vitres noires la plupart de
ces jeunes filles désoeuvrées qui chauffent leur lit. Une situation qu’ils
ont créée et entretenue et qu’ils ont de la peine à gérer aujourd’hui. Hier
par exemple, on a vu des jeunes filles qui n’ont perdu aucune seconde sur
les lieux d’interpellation. Leur voiture aux vitres noires n’était pas
concernée par cette sortie de la police.
E.
Pierre
Report sine die d’une session de l’Assemblée nationale sur la gestion des
inondations de 2008 : Les ministres Titikpina et Ibrahima Mémounatou ont
échappé aux questions des députés
L’une des
fonctions régaliennes de l’Assemblée nationale est l’interpellation des
membres du gouvernement sur certains sujets brûlants. Mais la séance d’hier
consacrée aux questions réponses sur la question des inondations, a été
reportée et renvoyée à une date ultérieure.
«
Les membres du gouvernement ont accès à l’Assemblée nationale, au Sénat
et à leurs commissions. Ils peuvent être entendus sur leur demande. Ils sont
également entendus sur interpellation, par l’Assemblée nationale, sur des
questions écrites ou orales qui leur sont adressées», stipule l’article
96 de la Constitution togolaise. Ainsi, plusieurs ministres ont été entendus
au cours de la séance plénière. Des thèmes comme la vie chère, la
problématique des infrastructures, la situation de la filière des
phosphates… ont été déjà abordés et ceux qui ont en charge ces portefeuilles
se sont prêtés aux questions des élus du peuple.
Hier une séance était prévue dans le même sens et un communiqué
signé du 1er vice-président
de l’Assemblée nationale a été publié sur les médias. Cette séance devait
être consacrée à la gestion des problèmes d’inondations. A fortiori, la
pluie a déjà commencé à déloger certaines populations. Au cours de cette
séquence, les députés qui ont mis la main à la poche pour gérer les
inondations, poseront sûrement des questions sur ce qui a été fait des dons
de 2008 et les mesures prises pour cette année. Sont concernés par ces
sujets les ministres Atcha Titikpina de la Sécurité et de la Protection
civile et Ibrahima Mémounatou de l’Action sociale, de la Promotion de la
Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées.
Présents au Palais des Congrès, les députés apprendront par le
biais du bureau que la séance est reportée à une date ultérieure. La raison,
c’est que les ministres n’étaient pas disponibles. Bien qu’informés
d’avance, les ministres étaient pris ailleurs et n’ont pu venir répondre aux
questions des élus. Ils l’ont échappé bel.
« C’est l’argument donné par le bureau. Les ministres ne
seraient pas disponibles pour venir répondre à nos questions. Ce n’est que
partie remise. Les problèmes d’inondations préoccupent tout le monde et nous
osons croire que ce n’est pas une fuite en avant », confiait hier un
député. A l’en croire, les députés entendent savoir beaucoup de choses sur
la manière dont ces dons ont été gérés. « Nous voulons avoir des réponses
précises sur les questions qui seront posées. Il y a beaucoup de rumeurs
sur la gestion des dons et ce sera l’occasion pour les ministres concernés
d’éclairer la lanterne des Togolais », a-t-il poursuivi.
En rappel, les inondations auraient, selon le rapport
confidentiel du système des Nations Unies (lire extrait), fait six (6)
morts, trois (3) disparus, quatre (4) blessés graves. « On note également
d’importants dégâts matériels (infrastructures routières et communales). Au
niveau du chiffre des sinistrés, basé sur des projections établies dans le
cadre des enquêtes des zones accessibles, approximativement 4.000 ménages
auraient été affectés, soit 20.000 personnes. Les chiffres officiels font
état de 10.000 sujets touchés. Notons toutefois que le nombre de personnes
rendues vulnérables d’un point de vue épidémique dépasse largement ce
chiffre, étant donné que ce dernier représente le total des populations des
communautés touchées par les inondations.
Un pont
stratégique, celui d’Amakpape sur le Fleuve Haho, à environ 85 km au Nord de
Lomé sur la Nationale n°1. Au total, neuf (9) ponts et un (1) pont rail se
sont effondrés causant l’impraticabilité des principaux axes routiers et des
voies ferroviaires. Sur ce dernier plan, rappelons que le transport
ferroviaire du phosphate et du clinker a été sérieusement perturbé »,
y lit-on.
En dehors des vivres et non vivres, les dons en espèce mobilisés
par les partenaires sont estimés à plus de 2 milliards de FCFA.
R. Kédjagni
Extrait du
rapport sur la gestion des inondations en 2008 au Togo
Le
Coordonnateur Humanitaire a initié et maintenu un contact permanent avec les
autorités nationales à savoir la Primature, le Ministère de la Sécurité et
de la Protection civile, le Ministère de l’Action sociale, de la Promotion
de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées et leurs
divisions respectives.
De
même, des séances d’échanges d’informations entre partenaires humanitaires
ont été souvent organisées à l’initiative du Coordonnateur avec l’appui du
Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) qui venait de
s’installer au Togo le 1er juillet
2008.
Le
Coordonnateur Humanitaire du SNU, sur la base du rapport de l’évaluation
rapide des besoins, a organisé, dans le cadre de ces inondations, des
réunions de concertation de la communauté humanitaire et des partenaires.
L’action du SNU a été déterminante dans l’organisation de la première
évaluation rapide qui a été conduite le 1er août
2008. Cet appui du SNU au gouvernement s’est effectué en terme de logistique
de transport et de prise en charge des évaluateurs du Gouvernement, des ONG
humanitaires et des agences des Nations Unies. Cette évaluation dont le
rapport a été partagé avec tous les partenaires, a permis d’estimer les
dégâts et des besoins en vue de l’assistance aux populations touchées. Elle
a donc abouti à la mobilisation rapide des aides aussi bien du SNU lui-même
que de nombreux autres partenaires au développement, des ONG et associations
caritatives.
Le
Système des Nations Unies à travers ses différentes agences notamment
l’OMS, le PAM, le PNUD, l’UNFPA et l’UNICEF a mis à la disposition des
sinistrés des vivres et non vivres constitués notamment de plusieurs
milliers de moustiquaires imprégnés, de médicaments, de kits de médicaments,
de kits d’hygiène, de kits SR (Santé de la Reproduction) d’urgences pour les
femmes enceintes, allaitantes et en difficulté, de bâches, de tarpaulins, de
réservoirs d’eau pliant, de plate-forme de latrines en plastique, de tonnes
de maïs et de farine de soja, de savon, etc.
Plus spécifiquement, la contribution de l’OMS s’est matérialisée par la mise
à disposition de lots de médicaments, de matériels et équipements médicaux
pour la prévention et la prise en charge des cas de maladies pour un montant
de vingt-deux mille (22 000) USD, un appui technique et financier estimée à
5000 USD pour la gestion de l’épidémie de choléra dans la commune de Lomé,
la participation à la tournée de sensibilisation et d’installation des
organes régionaux du Plan ORSEC qui s’est déroulée du 11 au 19 août 2008 à
travers toutes les chefs-lieux de régions, l’appui technique apporté
ensemble avec le PNUD, l’UNICEF et l’OMS à la formation des points focaux
centraux du Plan ORSEC du 28 au 30 octobre 2008 conduite par un formateur
international en gestion des catastrophes du bureau de OCHA à Genève. Cette
formation s’est poursuivie avec des sessions à l’intention des acteurs
régionaux du Plan ORSEC à Kara du 26 au 28 novembre pour les régions
Centrale, Kara et Savanes et à Kpalimé du 3 au 5 décembre pour les régions
Maritime et Plateaux.
L’UNICEF a contribué à la mise en place et à la formation au niveau national
et régional des groupes thématiques Eau, Hygiène et Assainissement (Cluster
WASH) pour la réponse aux urgences, au pré positionnement de matériels et
équipements WASH dans les régions Maritimes, Kara, et savanes, à
l’approvisionnement régulier en eau potable des sites de regroupement des
familles, à un appui aux sapeurs pompiers, à la réalisation de latrines pour
femmes et hommes et à la distribution de kits famille. Toutes ces
interventions se chiffrent à 379,617USD.
L’UNFPA
quant à lui a apporté son appui technique et financier à la formation de 30
travailleurs sociaux en conseil psychosocial pour le soutien aux victimes
des inondations Cette formation a été réalisée pour le renforcement des
capacités du personnel social du Ministère de l’Action sociale, de la
Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées.
Il a appuyé les formations sanitaires par 4,5 tonnes de matériels,
médicaments, et consommables hygiénique et médicaux dits kits SR d’urgence
d’une valeur de 72000 USD, appuyé 2000 femmes victimes en kits d’hygiène (31
000 USD), 72 groupements de femmes et mixtes, de victimes des localités
restées inaccessibles lors de l’assistance, en matériels et outils de
transformation (60 000 USD), la sensibilisation dans les camps et au sein
des communauté sinistrées sur la prévention des IST/VIH, violences sexuelles
et des grossesses non désirées (10 000 USD).
Le
HCR a apporté son appui à travers la remise de cent (100) bâches au
ministère de la Sécurité et de la Protection civile.
Le
PAM a fourni un mois de ration pour 20 000 victimes soit quatre cents (400)
tonnes de vivres et des ustensiles de cuisine pour dix mille (10 000)
dollars US. Des distributions de vivres ont été faites dans la région
septentrionale du pays comme réponse à l’insécurité alimentaire provoquée,
entre autres facteurs, par les inondations de 2007. En outre, le PAM a
également fait convoyer deux (2) zodiacs pour appuyer le gouvernement dans
le sauvetage des sinistrées. Dans le cadre de l’Appel éclair CERF du Système
des Nations Unies, le Programme Alimentaire Mondial a mobilisé la somme d’un
million cent huit mille six cent soixante trois (1.108.663) dollars US.
La
FAO a mobilisé 601 586 $ US des fonds CERF pour appuyer 6 000 producteurs
agricoles sur les 24 900 affectés par les inondations de 2007 dans les
Savanes, et 2008 dans les régions Centrale et Maritime.
L’UNICEF a également bénéficié de 363 800 $US des fonds CERF afin de
répondre aux besoins de 3500 enfants touchés par la malnutrition sévère
aiguë, et 20 000 par la malnutrition sévère, et dont la situation a été
aggravée par les inondations. Dans le domaine de l’eau et de
l’assainissement, l’UNICEF a contribué pour 4,100,000 F.CFA à un accord
d’appui financier et matériel à petite échelle avec PLAN Togo et CREPA Togo,
dénommé «Mise en œuvre et coordination des interventions d’urgence
WASH».
Le
PNUD a quant à lui mobilisé 100 000 $US (dont 95 000 du BCPR) afin de mener
des missions d’évaluation rapide et des activités de renforcement des
capacités nationales de préparation et de réponse aux inondations, puis 400
000 $US (totalement du BCPR) afin renforcer les capacités opérationnelles
des forces de secours et de protection civile.
Dans leur ensemble, les agences ont participé aux deux missions d’évaluation
des dégâts et des besoins ainsi qu’au suivi des activités de prise en charge
des sinistrés dans les centres d’accueil. Des points focaux ont été désignés
pour effectuer des déplacements à tour de rôle en vue d’assurer le suivi de
l’assistance dans les centres. Cette opération a impliqué le PAM, l’UNFPA,
l’UNICEF, le HCDH, l’OMS, le HCR et OCHA. Des comptes rendus ont été établis
et partagés entre les points focaux en vue de propositions de mesures
d’amélioration des conditions de vie des personnes assistées. Grâce à cette
initiative, des insuffisances ont été identifiées et vite corrigées.
Le
Coordonnateur Humanitaire remettra courant janvier 2009 des lots de
matériels et d’équipements de secours et de protection civile au Ministère
de la Sécurité et de la Protection civile dont cent (100) tentes et 15
bladders à eau convoyés par le Bureau pour la Coordination des Affaires
Humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Rappelons qu’en juillet 2008, l’Equipe de pays a reçu l’assistance technique
de OCHA pour l’actualisation pour six mois du Plan de Contingence inter
agences pour la gestion des catastrophes. Ce plan vient d’être révisé en
janvier 2009 pour les six prochains mois. Il servira donc de cadre
d’intervention du Système des Nations Unies et des Partenaires jusqu’en juin
2009.
Le
Coordonnateur Humanitaire tient, à l’intention de la Communauté humanitaire,
une liste des disponibilités exprimant les intentions de dons et
d’assistance des partenaires. La dernière mise à jour de cette liste remonte
au 8 septembre 2008. Ce mécanisme a renforcé la mobilisation de
l’assistance.
Le
Coordonnateur Humanitaire tient, à l’intention de la Communauté humanitaire,
une liste des moyens annoncés par les partenaires pour la réponse aux
besoins immédiats. La dernière mise à jour de cette liste remonte au 8
septembre 2008. Ce mécanisme a renforcé la mobilisation de l’assistance.
Il
est important de noter que cette liste des disponibilités n’est pas
exhaustive, n’ayant pas pu enregistrer tous les dons faits au gouvernement à
travers soit le Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme,
de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées, soit le Ministère de la
Sécurité et de la Protection civile.
En
terme de contribution des partenaires, le Président de la BOAD a, dès le 31
juillet 2008, adressé une correspondance au Président de la République du
Togo pour lui indiquer que la Banque se propose d’apporter son appui au
Gouvernement Togolais pour construire un nouvel ouvrage en lieu et place du
pont détruit par les pluies et que l’Institution est disposée à mettre en
place un financement pour la réalisation des études et la reconstruction des
ouvrages structurants nécessaires sur la Nationale n°1. Le Président de la
BOAD a également indiqué que la Banque envisage d’identifier, lors de cette
opération, les actions urgentes à engager pour la protection des ouvrages
importants sur l’axe. En réponse, le Togo a salué l’initiative de la BOAD et
soumis une requête à la Banque pour le financement des études et des travaux
de l’ouvrage sur le Habo, pour un montant de 1,9 milliard FCFA.
La
procédure pour la mise en place d’un financement pour études étant
différente de celle relative à la mise en place d’un financement pour les
travaux, la BOAD a demandé à la partie togolaise de lui adresser une requête
pour la mise en place du financement pour la réalisation des études. Cela
permettrait, par la suite, de financer les travaux. En attendant la
transmission de cette requête par le Togo, les services techniques
compétents de la Banque ont pris contact avec les responsables de la
Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) du Togo pour cerner, sur le
plan technique, tous les contours de cette opération. La partie togolaise a
soumis à la BOAD une nouvelle requête annulant la première, pour le
financement de huit (8) ouvrages sur toute l’étendue du territoire, pour un
montant total de 8,1 milliard FCFA, y compris l’ouvrage sur le Haho. La
réalisation des travaux relatifs à ces ouvrages nécessite des études et la
BOAD a de nouveau rappelé à la partie togolaise la nécessité de lui adresser
une requête pour le financement desdites études. Cette requête n’est pas
encore parvenue à la BOAD.
Par la suite, la BOAD a été sollicitée par le Togo pour cofinancer avec la
Banque Islamique de Développement (BID), le projet d’aménagement de la route
Aflao-Port, d’un montant global de 11,8 milliards FCFA. La Banque a
cofinancé ce projet en décembre 2008 à hauteur de 5 000 MFCFA.
Par lettre n° 0098/MCDAT/CAB du 26 janvier 2009, en remplacement de la
requête du 20 août 2008 ci-dessus citée, le Togo a soumis une nouvelle
requête à la BOAD pour le financement du projet de reconstruction des
ouvrages de franchissement de types ponts sur les routes en terre et pistes
dans la région des Savanes. Nous avons demandé à la Direction Générale
des Travaux Publics (DGTP) du Togo de transmettre à la BOAD, les rapports
d’études relatifs audit projet, lesquels sont attendus pour que le dossier
soit instruit. La BOAD a toutefois relevé que cette nouvelle requête ne
concerne pas les ouvrages détruits par les inondations. La partie togolaise
n’a pas encore informé des dispositions retenues pour le financement des
travaux de reconstruction des ouvrages détruits. La BOAD envisage de
clarifier cette situation les prochains jours avec la partie togolaise.
La
BIDC (Banque d’Investissement pour le Développement de la CEDEAO) a fait un
don de cinq millions (5 000 000) francs CFA au gouvernement du Togo. De son
côté, la Commission de la CEDEAO basée à Abudja a apporté son soutien à
travers un don de cinquante millions (50 000 000) francs CFA.
La
Croix-Rouge Togolaise (CRT) était, elle, présente à toutes les phases de
l’assistance. Elle a participé aux évaluations et apporté du secours aux
personnes touchées sur le terrain et dans les centres d’accueil. Elle a
distribué des pains de savon, des moustiquaires, des couvertures, des
jerricanes et des comprimés aquatab pour la désinfection de l’eau de
boisson. Quelques mois après la fermeture des centres d’accueil, les
interventions de la Croix-Rouge ont ciblé les personnes touchées par
inondations mais qui n’étaient pas enregistrées dans centres. En effet, cinq
cent quatre-vingt dix huit (598) sinistrés ont reçu le samedi 8 novembre,
des dons de la Croix-Rouge Togolaise (CRT). Il s’agit de 200 familles de
Bénomé-Lom-Nava (Baguida) de 223 d’Attiegou et de 175 de Zogbédji (Kélégougan).
L’assistance est constituée de 598 couvertures, 598 nattes, 598
moustiquaires imprégnées, 1196 pains de savon, 375 sceaux en plastique, 29
900 Aquatab (comprimés de purification d’eau), 30 ballots de friperie et de
cartons de détergent. Les interventions de la Croix-Rouge constituées des
moyens mis à sa disposition par ses partenaires, sont évaluées à 80 millions
de francs CFA. Pour toutes ces interventions, la Croix-Rouge Togolaise a pu
mobiliser environ 233 679$US, soit 116 839 355 francs CFA qui se décomposent
comme suit :
-50 000 US$ auprès de l’Ambassade des Etats Unis d’Amérique
-15000 Euros auprès de la Croix-Rouge Espagnole
-66 000 000 de Francs auprès du Comité International de la Croix-Rouge
-16 000 000 de F. CFA auprès de la Fédération Internationale des Sociétés de
la Croix-Rouge et du Croissant Rouge.
L’OCDI,
quant à elle a engagé et distribué pour 86 511 250 FCFA de vivres (haricot,
riz, maïs, sucre, huile végétale) et de non vivres (nattes, pagnes,
moustiquaires imprégnées, savons, bics cahiers) dans les trois diocèses
d’Aného, Atakpamé et Lomé dans une opération dénommée «Pain pour Tous»
lancée par Mgr Denis Amouzou-Dzakpah, Archevêque de Lomé.
ADRA Togo (Adventist Development and Relief Agency) a, quant à elle, réussi
à mobiliser onze mille (11 000) dollars US pour la mise à disposition de 500
ménages sinistrés de 1317 draps et 110 cartons de 60 pains de savons.
PLAN Togo a contribué pour un million cinq cent mille (1.500.000) francs CFA
destiné aux frais de Fabrication du matériel d’adaptation et autres
accessoires d’assainissement et à la promotion des bonnes pratiques
d’hygiène au niveau des groupes et familles sinistrées, dans un accord
d’appui financier et matériel à petite échelle avec l’UNICEF et CREPA Togo.
Le projet était dénommé «Mise en œuvre et coordination des interventions
d’urgence WASH».
ECHO, la section humanitaire de l’Union Européenne a, dans ce contexte de
mobilisation générale, dépêché une mission de reconnaissance aérienne pour
identifier les zones les plus touchées et surtout celles qui étaient
inaccessibles ou difficiles d’accès.
Des pays amis ont également apporté leur assistance. Parmi eux, on doit
citer les pays voisins que sont le Ghana et le Bénin. En effet, le Chef de
l’Etat ghanéen a envoyé des éléments de la marine ghanéenne pour apporter
son assistance notamment à travers le sauvetage de personnes isolées dans
des zones inaccessibles voire perchées dans des arbres ou au dessus des
toits d’habitation.
Le
Chef de l’Etat béninois a envoyé une délégation ministérielle pour apporter
la sympathie du Bénin au Togo. La délégation a remis au gouvernement
togolais un lot de vivres et non vivres évalué à cent (100) millions de
francs CFA.
Les Etats-Unis, par le biais de leur Ambassade à Lomé, ont, le 7 août 2008,
octroyé à la Croix-Rouge un fonds de cinquante mille (50 000) dollars US
soit vingt et un millions deux cents mille (21 200 000) francs CFA en vue de
l’assistance aux populations touchées par les inondations.
La
Chine, après une assistance deux cent dix millions (210 000 000) francs CFA
en équipements spéciaux (motopompes, bottes, boussoles, caméras, gants,
caves), matériel de couchage (tentes, draps de lit, couvertures) et
matériels de bureau (ordinateurs PC complets et portatifs), s’est engagée à
reconstruire les ponts d’Amakpape, et de Togblekope et à réhabiliter celui
de Lilikope, tous sur la Nationale 1. Le pont d’Amakpape aura une longueur
de 107 mètres contre 52 auparavent et celui de Togblekope 53 mètres contre
11 précedemment. Les travaux sont estimés à 2,7 milliards de francs CFA et
sont prévus pour être achevés en juin-juillet 2009.
Gestion des dons a la suite des inondations
Au
départ le gouvernement a débloqué cinquante deux millions (52 000 000)
francs CFA pour apporter du secours d’urgence.Plusieurs bonnes volontés ont
manifesté leur soutien en sommes d’argent, en vivres, en non vivres et en
fournitures scolaires.
A
la date du 6 septembre, le ministère de l’Action sociale, de la Promotion de
la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées a enregistré
une cinquantaine de donateurs dont des institutions de la République comme
l’Assemblée Nationale, des organisations de la société civile notamment des
organisations humanitaires et caritatives d’obédience religieuse ou laïque,
des entreprises commerciales, des organismes de développement, des
communautés africaines et étrangères installées au Togo, d’individus à
l’instar de l’international de football togolais d’Arsenal (Grand Bretagne)
Adebayor Sheyi.
Au
niveau du Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la
Protection de l’Enfant et des Personnes âgées, les dons en espèces
recueillis s’élèveraient à environ 82 millions de francs CFA.
Nous ne disposons pas encore de données du côté du Ministère de la Sécurité
et de la Protection civile.
Dégâts enregistres sur les centres d’accueil des déplacés
Le
Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection
de l’Enfant et des Personnes âgées a évalué les dégâts matériels causés par
les sinistrés sur les sites d’accueil dont les écoles. Ces dégâts portent
sur des tables, des tables-bancs, des chaises, des tableaux mobiles, des
cadenas, des robinets, des ampoules et des verrous et sont estimés à plus de
6 600 000 francs CFA pour les réparations et remplacements à effectuer.
9 octobre 2008 : Fin du plan ORSEC
Après les inondations de juillet-août 2008, le Colonel Titikpina Atcha,
Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Coordonnateur du Plan
d’Organisation et de secours (ORSEC) a officiellement mis fin le jeudi 9
octobre 2008 à ce plan déclenché le 1er août
2008. C’était à l’occasion d’une réunion qu’il a organisée avec les
principaux acteurs et partenaires qui ont œuvré au soulagement des
souffrances des populations touchées.
Réhabilitation des infrastructures endommagées : Le pont d’Amakpapé
Suite à la réunion du mardi 21 octobre 2008 à la Primature présidée par le
ministre Gilbert Bawara de la Coopération, du Développement et de
l’Aménagement du Territoire et Simfetchéou Pré, Directeur de Cabinet du
Premier ministre, le pont temporaire et le pont permanent d’Amakpape seront
réalisés par la Chine.
En
conséquence, toutes autres initiatives, que ce soit de la part du PAM ou du
PNUD qui a reçu un financement du BCPR New York d’un montant de 400 000
dollars comme contribution à l’acquisition d’un pont mobile, ne peuvent plus
aboutir.
Il
a été envisagé d’acquérir en ce début d’année 2009 des équipements
d’assainissement et de protection civile en complément des 100 tentes et 15
bacs à eau déjà rendus disponibles par OCHA
Sans détour :
France –Afrique: Deux ans de Sarko, deux ans de statu quo
«
En France, nous savons cautériser une plaie, mais nous n’y connaissons
pas encore de remède au mal que produit une phrase » (Honoré de Balazc,
La Peau de chagrin)
Mercredi 6 mai 2009, Nicolas Sarkozy fêtait le deuxième anniversaire de son
élection à la magistrature suprême. Et ses partisans le lui ont bien rendu.
« Happy birthday to you », a chanté la ministre de l’Economie
Christine Lagarde. « Bon anniversaire, mes voeux les plus sincères »,
a lancé pour sa part le ministre de l’Immigration, l’ancien socialiste Eric
Besson. Quant au Premier ministre François Fillon, il a vanté « l’audace
» et « le sang-froid » du chef de l’Etat et affirmé que «
l’élan réformiste » se poursuivrait jusqu’en 2012.
Non, Sarko n’a pas « le sang-froid ». Il a plutôt le sang surchauffé
qui l’amène le plus souvent à dépasser le seuil de retenue recommandée pour
sa fonction. « Casse-toi, pauvre con » ! C’est de cette manière que
Monsieur le Président a répondu au refus d’un de ses compatriotes de le
saluer. De même, il a tenu des propos controversés sur les autorités
espagnoles qui ont suscité l’ire des médias de ce pays. Sans oublier le
climat d’inimitié qu’il a entre-temps entretenu avec Prague qui est
l’actuelle capitale de l’Union européenne. Même «l’élan réformiste »
sur lequel glosait Fillon est sujet à polémique dans l’hexagone.
Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, assène dans son livre
« Abus de pouvoir », paru jeudi aux éditions Plon, des coups à
l’époux chéri de Carla Bruni. Pour Bayrou, l’actuel locataire de l’Elysée a
préféré le modèle de société « bushiste » (du nom de l’ancien
président américain George W. Bush) au modèle français. Goût de l’argent,
goût de la puissance... : « Les choix de valeurs qui sont ceux de Nicolas
Sarkozy ne collent pas avec ce que la fonction devrait exiger. Un président
de
la République
française c’est quelqu’un qui voit la réussite ailleurs que dans l’argent
». L’institut de sondage Thomas More qui a noté les actions du successeur de
Jacques Chirac, lui donne un petit 10,5/20 et remarque au passage des «
contradictions substantielles » dans le discours de Sarko, qui apparaît
ainsi à la fois libéral et interventionniste.
Quel bilan faisons-nous, nous autres Africains, des deux ans de pouvoir du
candidat de l’UMP ? En fait, la rupture annoncée dans les relations
franco-africaines lors de la fièvre électorale tarde à connaître un début de
concrétisation. Plutôt il s’échine aujourd’hui à renforcer ces relations
dont son pays reste le grand gagnant. L’ancien Secrétaire d’Etat chargé de
la Coopération et de la Francophonie Jean-Marie Bockel qui avait eu foi en
son discours électoraliste et qui avait voulu changer les choses, a été
coincé et confiné dans un rôle de comparse avec le portefeuille des Anciens
combattants. C’était sous la pression du « roi du Gabon ».
En
outre, la France tient à ses intérêts et ne lésine pas sur les moyens pour
les sauvegarder. C’est en cela qu’il faut comprendre l’assistance de l’armée
française à celle d’Idriss Deby malmenée par des mouvements rebelles. C’est
dans la suite logique que Sarko a enfanté la mission de maintien de la paix
de l’Union européenne au Tchad dont le pétrole suscite des convoitises.
C’est dans ce même esprit qu’il s’est rendu en mars dernier au Niger pour
arracher au profit d’Areva l’exploitation du gisement d’uranium d’Imourarem.
La
seule rupture qu’on peut mettre à son actif est son discours prononcé à
Dakar où il affirmait que les Africains ne sont pas très bien intégrés dans
l’histoire. Une allocution qui a été condamnée par les intellectuels
africains qui ont dû écrire un livre en guise de réponse. Et puis, c’est
tout. Ah, j’oubliais, Ségo est récemment venue confesser les péchés de son
challenger il y a deux ans et demander pardon. C’est la nouvelle trouvaille
de la candidate socialiste qui est disposée à demander pardon là où Sarko
commet des gaffes.
Zeus Aziadouvo
Ça va se savoir :
Le travesti (3)
Akounou retourna comme pour maintenant se soulager. La dame
empressée revint à la file où des questions lui parvinrent de toute part :
« Qu’il y a-t-il? Est-ce trop sale ? » Ébahie, elle ne savait quoi
répondre. « Elle est encore occupée», finit-elle par déclarer à la
surprise générale de toutes celles qui attendaient impatiemment. « Par
qui ? », demanda une des femmes de la queue. Le commérage ainsi allait
bon train quand sortit le travesti bien déguisé qui passa le long de la
queue, mine renfrognée.
Le lendemain, Vivi demanda la permission à sa mère pour aller se
soulager car l’heure du rendez-vous avait sonné. Mais elle se vit réserver
une fin de non recevoir. Akounou qui attendait depuis plus d’une demi
-heure près des toilettes publiques décida de faire un tour devant le
magasin en vue de s’enquérir de la situation. Déguisé, il joua à une cliente
et, près de la fille, lui souffla à l’oreille: « Que se passe-t-il ? Je
t’attends encore ». « D’accord, je vais arriver dans un instant »,
répondit discrètement Vivi. À peine le/la client(e) partit-il que la fille
poussa un grand cri de détresse pour faire croire que le besoin était plus
pressant. « Maman ! Je ne pourrais pas atteindre la maison à l’allure où
va la chose. Je risque de gâter le coin», cria-t-elle, puis fila en
direction du WC public telle une endiablée, sans attendre l’autorisation de
sa maman très attentive au rangement des affaires. « Reviens vite»,
lança Da Akou en direction de sa fille courant comme une athlète aux jeux
olympiques.
Comme hier, la cabine n° 5 venait d’être libérée. Il n’y avait
pas aussi d’affluence et les amoureux saisirent cette occasion de calme
précaire pour s’y introduire. « No time to loose », pas de temps à
perdre. Ils échangèrent quelques mots à voix basse alors qu’ils étaient déjà
dans leur tenue originelle et prêts à naviguer vers le 7
ème ciel. Tout comme la
veille, à la même heure, la demoiselle courba l’échine exposant
merveilleusement la grotte intime que lubrifiait déjà son amant debout
derrière elle en position de tir, tel un tirailleur sénégalais au front dans
les Ardennes pendant la Première Guerre Mondiale. Akounou orienta son géant
reptile vers la caverne.
La bête lubrifiée n’éprouva aucune difficulté, comme la veille,
pour s’engouffrer convenablement dans la tanière. Le jeune homme se
cramponna aux hanches vachement développées de la go, s’activant dans un
interminable va-et-vient qui faisait feuler la jolie biche à l’échine
courbée. Pour maintenir à fond la bête, la galopée envoya par derrière ses
deux bras pour embrigader les fesses plates de son amant toujours actif.
Celui-ci, pour ne faire les choses à moitié, oubliant les contraintes du
temps auxquelles il était assujetti, envoya ses deux bras pour occuper les
deux petites prunes qui collaient à la poitrine de la « gnocottée ».
Les hostilités allaient merveilleusement bien quand du coup, le «
gnocotteur » s’agrippa aux prunes toujours bien fortement maintenues
dans ses mains. Une pluie torrentielle de venin s’abattit sur la cité,
faisant pousser à la fille un cri inattendu. Coïncidence, sa Maman Vivi à la
recherche de sa fille vociféra dans le couloir : « Où es-tu ? ».
L’écho de sa voix parvint à sa mère qui ouvrit avec fracas la porte.
Surprise ! Fin
Tonton D
Libertinage
En avant la concurrence!
Kéi ! Les Togolais aiment « adoufouli ». Ce n’est pas capable !
Depuis que Moov a institué cette histoire de 10 minutes gratuites de 21h à
08 h, tous les abonnés du réseau n’attendent que ces périodes-là pour
communiquer. Déjà à partir de 20h 59, le réseau est saturé. Certains qui ont
des appels urgents à passer dans la journée, attendent 21 heures pour le
faire. « Adoufoulisme» oblige ! Résultante, le réseau est encombré;
plus aucun appel sur Moov ne passe. La mesure censée soulager les abonnés,
les pénalise d’autant que les clients qui ne sont câblés que sur ce réseau
ne peuvent plus passer des appels de 21h à 08 h du matin.
Décidément, on dirait que c’est la période des bonus. Les deux sociétés de
téléphonie mobile, Togocel et Moov qui ont embrigadé le marché, se livrent à
une opération de charme qui ne dit pas son nom à l’endroit de leur
clientèle. C’était à celle qui flatterait plus ses abonnés. Dans le seul
mois d’avril, Moov a fait au moins 3 ou 4 fois le bonus 100%. En outre le
coût de l’appel a été considérablement réduit. Togocel qui ne veut pas être
en reste avait fait bénéficier à ses abonnés un bonus de 27%, le 27 avril
s’entend. Comme si ça ne suffisait pas, elle fait une augmentation, pardon,
une réduction de 40% sur tous les appels nationaux. Les consommateurs ne
peuvent pas être plus gâtés. Si la rude concurrence pourrait se poursuivre,
ça ne ferait que du bien aux « Gnassingbélandais ». On l’avait dit
et redit, à l’heure de la révolution technologique, le Togo est l’un des
rares pays au monde où la communication demeure un luxe. On ne peut que
remercier Dieu d’avoir illuminé les tenants de l’ordre ancien pour
comprendre que le téléphone fait partie des biens de première nécessité.
Vivement que le marché soit ouvert à d’autres opérateurs pour rendre la
concurrence beaucoup plus épicée. Déjà la révolution orange annoncée au pays
est virée au vinaigre. Les Togolais attendent d’autres opérateurs.
Vous avez dit liberté de presse ?
La liberté de presse a été internationalement célébrée le 3 mai
dernier. Au Togo, les organisations de presse ont mis à profit cette journée
pour plancher sur la situation chez nous. Il ressort des réflexions qu’au
Togo la liberté est emprisonnée. La liberté de presse est bel et bien
donnée, mais avec un gendarme derrière. Son nom : Fo Philippe Dekassou le
président de la HAAChe. L’Etat a mis gracieusement à sa disposition les
Nouvelles Technologies d’Immobilisation de la Communication (NTIC). Ces
nouvelles technologies sont classées en cinq catégories :
-Le « Kpatchamètre » consistant à veiller à une rétention
d’information sur l’affaire de coup d’Etat dans laquelle le fils du père «
El Kpatcho » est impliqué.
-
Le « sermonmètre » servant à convoquer dans le bureau du
président de la HAAChe tout journaliste qui enfreint les règles pour le
sermonner copieusement.
-
Le « susceptimètre » servant à réprimer sévèrement les écrits
de nature à froisser la susceptibilité des valeureux dirigeants de la
République monarchique du Togo.
-
Le « diffamomètre » destiné à mesurer le taux de diffamation à
l’endroit des institutions de la République.
-
Le « sanctiomètre » servant à définir les mesures de
répressions adéquates pour chaque délit de presse.
Le
président de la HAAChe applique si bien ces dispositions que d’aucuns n’ont
pas hésité à l’appeler le « Censeur de la presse » pour sa propension
à bâillonner la presse au Togo.
Les «partis confidentiels» demandent la suspension du CPDC
La présidentielle arrive au galop. Le Cadre Permanant de
Dialogue et de Concertation et de Dialogue (CPDC) est toujours en panne. Les
partis confidentiels, c’est-à-dire impopulaires faisaient hier des pieds et
des mains pour intégrer ce cadre. Mais depuis que la résidence du demi-frère
du « p’ti » a été joliment crépitée de balles, le parti au pouvoir a
mis sciemment en jachère ce cadre. Malgré la sonnette d’alarme, «Faure-vi
» se complait à le maintenir entre parenthèses.
Il
nous souvient que l’installation de ce cadre a vexé plus d’un parti extra
parlementaire. La colère était plus accentuée chez les molécules de partis
quand « Faure-vi » a voulu s’attacher le soutien des partis
signataires de l’Accord Politique Global (APG) mais fessés par le scrutin «
Potopotoiique » d’octobre 2007, (CPPutain, PDRien, CDPaysan) en leur ouvrant
la porte du CPDC. Il se dit même que certains leaders de ces particules ont
versé des larmes pour n’avoir pas accès à cette nouvelle mangeoire. Pour
montrer leur courroux, les micro-partis se sont regroupés en syndicat des
exclus du CPDC. Dans le lot se trouvait la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP).
Mais aujourd’hui face au blocage, la NDP trouve que le débat qui s’y fait
doit se faire à l’Assemblée Nationale majoritairement « RePTile » et
demande la suppression pure et simple du CPDC. Ce changement de veste a
surpris plus d’un Togolais qui se demande ce que la NDP veut au juste.
Les ex-sinistrés sur le qui-vive
Bientôt un an que Dame pluie s’est fâchée la colère contre les
Togolais. La nature avait abondamment pleuré sur la terre de nos aïeux. Les
dégâts étaient incalculables. Habitations, champs, pistes, ponts n’ont pas
eu de grâce devant la pluie. Le « p’ti » et ses ouailles, dans leur
sommeil plaisant, se sont réveillés difficilement. Il a fallu
l’intervention des partenaires, des associations de la société civile, des
Eglises par leurs dons pour permettre de sauver un tant soit peu les
meubles. Tout ce que l’Etat s’est efforcé de faire, c’est de transformer les
ministres « Kplikplitina » et « Méimounatouvi » en super
mendiants des vivres et non vivres. Les recommandations de l’atelier de «
redynamisation de la plate-forme nationale pour la prévention des
catastrophes naturelles » sont rangées au placard. Mais, la pluie depuis
quelques jours, refais surface. Et c’est la psychose au sein de la
population qui a déjà goûté à sa furie.
Le
constat est déjà catastrophique. Ce ne sont pas les usagers, les riverains,
les commerçants, les boutiquiers d’Agoyi Assiyéyé, Zongo ou du Camp FIR qui
le démentiront. Face au laxisme des autorités, les ex-sinistrés sont sur le
qui-vive et se préparent. Les habitants des quartiers Togblékopé, Kélégougan,
Afanou, Dévégo s’achètent des ordures et du sable pour boucher le lit des
eaux. Peuvent-ils affronter l’eau dans sa fureur ? Prions plutôt que Dame
pluie soit magnanime, comme le Papa de quelqu’un.
Une défunte très choyée
Le
samedi passé, nous étions à l’enterrement de la mère de l’un de nos
lointains cousins dans un village très célèbre du « Gnassingbéland
». Il y avait comme d’habitude, à boire et à manger à gogo. Ceux qui
avaient des panses géantes ont bu « kakaka » et ceux qui mangeaient
d’habitude comme Gargantua ont battu leur record personnel. Tout cela
montrait que les enfants de la défunte étaient cotés en bourse.
Durant ces funérailles, le moment qui a retenu l’attention des gens, c’est
l’heure où on devait amener la défunte à sa derrière demeure. Avant de
partir au cimetière, les enfants ont apporté deux casiers de bière. Tout le
monde se demandait ce qu’ils allaient en faire. A chaque dix mètres, un des
enfants ouvrait une bouteille et versait le contenu sur le cercueil.
Arrivés au cimetière, les enfants ont versé tous les contenue des autres
bouteilles sur le cercueil avant qu’on ne ferme la tombe sous les yeux
interrogateurs de tous ceux qui étaient venus assister aux obsèques de
l’illustre disparue. Les questionnements allaient bon train. Personne ne
comprenait ce qui se passait. C’est après l’inhumation, lorsqu’on a posé la
question aux enfants pour comprendre ce geste, qu’ils nous ont dit que
c’était un des vœux les plus chers de leur mère de mettre des boissons
alcoolisées sur son cercueil, surtout de la bière qu’elle affectionne
énormément. Les enfants ont fait cette volonté, mais ont préféré arroser le
cercueil pour faire plus de « mazin mazin » aux yeux des invités.
Comme nous le savons tous en Afrique, la volonté d’un mort est sacrée, mais
on aura tout vu dans ce pays. On se demande si la quantité de bière qu’a
ingurgitée la pauvre vieille ne va pas la saouler au point qu’elle ne puisse
se tenir debout devant Saint Pierre pour répondre à ses questions super
difficiles. Alors que d’autres cherchent 6 00 F pour payer un bol de maïs
et le gérer pendant deux semaines, d’autres font « gn’importe » quoi
avec l’argent. N’est-ce pas qu’on n’a pas les mêmes problèmes au même
moment?
Prêts pour aller où ?
Quelques fois, on se demande si c’est le « Gnassingbéland
» même qui cherche les problèmes ou ce sont les problèmes mêmes qui viennent
à lui. Les problèmes sont si récurrents que les « Gnassingbélandais »
ne savent plus à quel saint se vouer. La saison des inondations, plutôt,
des pluies vient de débuter et les gens dorment déjà les pieds dans l’eau
en compagnie des batraciens, de leurs petits fils et de leurs arrières
arrières grands-parents. Cette tragédie se déroule chaque année, mais nos «gouvernailleurs
» font des gesticulations pour soi-disant chercher des solutions. On se
demande si ce sont les pluies qui sont récalcitrantes ou si ce sont les
dirigeants qui sont des « tototolitoto », c’est-à-dire nuls et
incompétents.
L’année dernière, lorsque les inondations ont sorti les gens de leur propre
maison, c’est dans les salles de classe qu’ils se sont refugiés. Voilà que
cette année la pluie commence à déloger les gens alors que les élèves n’ont
pas encore terminé leurs examens. Il se dit que certains ont déjà fait leurs
bagages pour regagner leurs anciens domiciles que sont les écoles, mais
elles ne sont pas encore vacant
| | | |