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2009

   
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Liberté 509 de Lundi 25 mai 2009
Présidentielle 2010 : De la question de la candidature unique de l’opposition

Plus que neuf (09) mois et le Togo sera de plain-pied dans la fièvre électorale. Les candidats se bousculent aux portes du Palais de la Marina. Ils sont déjà six (06) à avoir déclaré leurs intentions de briguer la magistrature suprême : Gilchrist Olympio, Agbéyomé Kodjo, Nicolas Lawson, Komlan Noussoukpoé, Koffi  Yamgnane, Augustino Adéola Hospice Coco.  Le président sortant Faure Gnassingbé lui, est déjà en campagne. Quant aux réformes institutionnelles et constitutionnelles censées garantir la transparence, la crédibilité  et le caractère pacifique du scrutin, elles se font toujours  désirer et le débat électoral au Cadre permanent de dialogue et de concertation est au placard. Mais tout cela ne tue en rien l’enjeu de l’élection de l’année prochaine. Ce qu’en attend le peuple togolais est énormissime. On y voit l’ultime occasion de réaliser l’alternance au Togo régenté depuis un demi-siècle par le clan Gnassingbé. Mais donne-t-on la chance, au niveau de l’opposition démocratique, à cette alternance de se réaliser ?

L’idée de mettre en commun les énergies,  est partagée et la piste d’une candidature unique explorée. En fait le principe est acquis entre les deux partis majeurs de l’opposition crédible, l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et l’idée devrait être étalée à toute l’opposition. A moins  de dix (10) mois de ce rendez-vous  capital, le débat  est relancé sur la personne devant représenter l’opposition démocratique. De quel parti doit provenir ce candidat unique et quel profil  doit-il présenter ?

A l’UFC, on ne voit ce candidat que provenir  du parti  et qui ne serait personne d’autre que Gilchrist Olympio. Mais cette option  suscite  de la polémique. L’âge devient de plus en plus critiqué. Septuagénaire, ses détracteurs le trouvent fatigué pour occuper le Palais de la Marina. Chez l’intéressé lui-même et ses courtisans, on balaie d’un revers de la main cet alibi et on cite  pêle-mêle des septuagénaires et octogénaires qui sont au pouvoir en Afrique, Abdoulaye Wade, Omar Bongo et autres.

Au parti des déshérités, c’est-à-dire au CAR, on n’est pas prêt d’avaler une fois de plus une candidature  d’un membre de l’UFC et l’on parle  justement de retour de l’ascenseur, pour dire que c’est au CAR qu’il devrait  échoir de choisir ce candidat unique pour avoir laissé faire le parti de Gilchrist Olympio en avril 2005. Les premiers responsables du parti, Me Yawovi Agboyibo et Dodji Apevon l’ont réitéré à maintes reprises. C’est un dialogue de sourd  entre les deux parties et l’on ne peut prédire celui qui pourrait abdiquer. La logique aurait voulu que le candidat unique provienne du parti le plus représentatif au sein du groupe, de l’UFC donc. L’expérience de par le monde a toujours respecté ce principe. Mais Gilchrist Olympio pourra-t-il se présenter contre vents et marées ?

Son obstination à briguer pour la nième fois la magistrature suprême est interprétée comme une soif du pouvoir. On le taxe d’être animé de souci de vengeance. L’homme et ses suppôts  multiplient ces clichés par zéro, car pour eux, si Gilchrist Olympio était réellement animé d’un souci de vengeance, il n’aurait pas cherché à monter au pouvoir depuis lors par la voie des urnes, mais aurait pris les armes contre le clan Gnassingbé. D’ailleurs dans l’état actuel des choses, la candidature du leader de l’UFC sera rejetée car les écueils discriminatoires introduits dans la Constitution en décembre 2002 pour l’écarter sont toujours en vigueur, et les réformes constitutionnelles  recommandées par l’Accord Politique Global (APG) censées éliminer les critères de résidence et d’abandon de double nationalité  se font toujours désirer. Gilchrist Olympio sera donc contraint par la force des choses de laisser la place à un autre  partisan, que l’opinion voudrait plus jeune et vigoureux, en tout cas moins sénile.  C’est ici qu’on lorgne du côté du Secrétaire Général  du parti Jean-Pierre Fabre  et du 1er Vice-président Patrick Lawson. Un choix parmi ces personnages aurait peut-être l’effet de moins braquer  les détracteurs et susciter un peu plus d’adhésion populaire.

Pablo E.


« Tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat » : Kpatcha Gnassingbé considère que c’est une affaire plus familiale que politique

. La tenue du procès n’est pas pour aujourd’hui

L’affaire de coup d’Etat au Togo continue de susciter l’intérêt des médias internationaux. Alors que « Jeune Afrique » a annoncé la semaine dernière que Kpatcha Gnassingbé était détenu à la prison civile de Lomé, RFI rapporte que Kpatcha est au secret depuis plus d’un mois.

« Aujourd’hui, un mois après leur arrestation, on ne sait toujours pas où sont gardés les deux frères du chef de l’Etat : Kpatcha Gnassingbé et Essolizam Gnassingbé », constate « la radio mondiale ». Du côté du pouvoir et des autorités judiciaires, personne ne communique plus sur cette affaire de tentative de coup d’Etat. Après son ultimatum lancé aux médias, le Procureur de la République Robert Bakaï est devenu aphone.

Selon les informations, Kpatcha qui avait refusé de se faire assister par un avocat lorsqu’il avait été présenté au Juge d’instruction, resterait toujours dans sa logique. « Il considère sans doute que c’est une affaire plus familiale que politique », indique RFI.

Une vision que rejette son frère le Président de la République qui a, dans son discours du 17 avril dernier, déclaré que la justice se fera avec fermeté. En clair, Faure n’est pas dans la logique d’un règlement à l’amiable où les considérations familiales devront l’emporter sur les exigences d’un Etat de droit. C’est ce qui fait que les nombreuses interventions de la famille  sont restées sans suite.

Mais comment faire pour que ce procès ne dénude pas le régime de Faure qui a bénéficié en 2005 des actions des « nostalgiques du retour en arrière » ? Voilà la question qui doit sûrement tarauder les esprits de Faure et son entourage.

En revanche, l’affaire ne semble guère évoluée. Tout porte à croire que le procès n’aura pas lieu de si tôt. «Ce qui se fait dans cette affaire Kpatcha  n’est conforme à aucune procédure. Il y a un grand flou judiciaire autour de ce problème. En plus, le flagrant délit n’est qu’un bricolage pour contourner les dispositions constitutionnelles liées à la question de l’immunité parlementaire. La constitution des faits étant biaisée, la tenue du procès n’est pas pour aujourd’hui», explique un défenseur des droits de l’homme.

Certains pensent que le procès n’aura lieu qu’après la présidentielle 2010. D’autres par contre estiment qu’il n’y aura jamais de procès et qu’on trouvera des échappatoires pour libérer le détenu le plus populaire.

Comme les malheurs des uns font le bonheur des autres, Faure profite de cette affaire pour s’affirmer et conquérir petit à petit le vide. Le récent chamboulement dans la haute hiérarchie militaire s’inscrit dans cette dynamique. Selon une source gouvernementale citée par RFI, « il y a désormais un seul maître à bord pour gérer l’héritage du Général Eyadema. Que tous ceux qui ne soutiennent pas le président Faure Gnassingbé se le tiennent pour dit ».

E. Pierre


Le RPT et l’après-drame de 2005 : Remords au RPT après les centaines de morts occasionnés par Faure et Kpatcha?

          Le présent article aurait dû paraître le 4 mai 2009, coïncidant exactement avec le 4e anniversaire de la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé et survenant après les événements de la nuit du 12 avril dernier. Mieux vaut tard que jamais. Interroger le passé pour connaître le futur, a recommandé le philosophe. La démarche que nous conduisons ce jour est dictée par la nécessité de savoir si le RPT est prêt à faire la même chose que 2005. Il y a des indices qui nous poussent à le croire. Il y a une chose aujourd’hui qui ne manque pas d’étonner tous les observateurs avisés de l’art de faire la politique au sein du RPT. C’est la constance dans la médiocrité, l’erreur et la stagnation. Pourquoi ne pas y ajouter le non catégorique au progrès et à l’évolution.

Avec tout ce qui s’était passé au Togo lors de la présidentielle de 2005, il est arrivé un moment où des Togolais, tout en étant sceptiques, ont été tentés de croire qu’au moins à partir de 2005, le pic atteint par le RPT à la suite d’une élection, avec les événements dramatiques que tout le monde connaît, devrait pouvoir amener Faure et ses amis à faire un effort pour afficher un autre visage, un meilleur visage, faisant la politique autrement. Plusieurs années après la venue au pouvoir de Faure Gnassingbé, les choses sont demeurées telles et les comportements n’ont pas changé d’un iota.

          A dire vrai, plusieurs compatriotes pensaient qu’avec tant d’horreurs en 2005 (plusieurs morts et habitations détruites ainsi que des blessés graves et de nombreux exilés dans la précarité et le dénuement total hors du territoire national), ceux qui n’ont sur les lèvres que les mots : fin de l’impunité, réconciliation nationale, lutte contre la corruption, bonne gouvernance, « plus jamais ça au Togo !!! » (élections avec violences), allaient réellement traduire dans les faits leurs promesses et leurs beaux discours, et mettre un terme à tant de comportements qui entravent gravement le développement du pays et l’unité de la nation. Mais rien de tel.

          Il y a des actes, qui, une fois posés, donnent lieu à du remords de la part de leurs auteurs, au point qu’ils en arrivent à un effort d’actes compensatoires. Le caractère de compensation se sent sans grande peine, dès l’instant où l’on a affaire à des gens animés de bonne volonté et de bonne foi, à des gens qui ont horreur de la démesure, à des gens humains,  équilibrés, respectueux de la vie de leurs semblables et soucieux du meilleur devenir de leur  nation.

Depuis avril 2005 où plusieurs parents ont perdu des êtres qui leur sont chers, non pas pour cause d’une irruption volcanique ou d’un raz de marrée, mais pour simple élection, aucun signe vraiment encourageant de la part des responsables du Rassemblement du Peuple Togolais, parti au pouvoir, constituant au moins pour les parents, un petit soulagement, preuve au moins d’une reconnaissance que ces Togolais ne sont pas morts pour rien. Depuis avril 2005, le gouvernement en place n’a jamais rien imaginé pour consoler ceux qui devraient l’être, histoire de démontrer qu’au-delà du discours officiel du bout des lèvres, on pense traduire réellement les paroles dans du concret. Depuis 4 ans, Faure et ses amis n’ont pas encore trouvé le temps nécessaire pour mettre en route le processus « Vérité Juste et Réconciliation » appelé à apaiser les coeurs. On traîne volontairement les pas, sans doute, histoire de montrer que c’est bien le cadet de leurs soucis.

Depuis le 4 mai 2005, date de l’investiture de Faure Gnassingbé jusqu’à cette date du 25 mai 2009, soit quatre ans et trois semaines, aucun geste de la part du président d’honneur du RPT, en même temps président de tous les Togolais, à l’occasion du souvenir de la disparition de centaines de ses concitoyens. Une simple messe avec laquelle on a l’habitude de distraire les populations en en commandant à l’occasion d’un match des Eperviers ou pour des choses vraiment banales, pourrait suffire à calmer les cœurs meurtris et démontrer par voie de conséquence aux populations qu’au moins, à défaut de la Réconciliation nationale que Faure hésite tant à voir concrétiser (et lui seul sait pourquoi), il y a de la bonne volonté de bien faire. Du reste tous ceux qui prétendent du côté du pouvoir, qu’ils préfèrent prendre tout leur temps et ne rien faire dans la précipitation en vue d’une meilleure réussite, trompent eux-mêmes. De toutes les manières, les Togolais sont là et apprécieront le résultat par rapport au temps pris pour voir, si ce sont eux qui ont raison ou plutôt les septiques.

          Alors se pose la question de savoir comment Faure Gnassingbé et ses amis peuvent-ils, se prévaloir de la bonne volonté, de la bonne foi, du sens de la mesure, de l’humanisme, du respect de la vie des concitoyens, du sens du nationalisme, etc. Il est difficile de comprendre qu’après les extrémités vers lesquelles les Togolais ont été poussés en 2005 par une véritable chasse aux sorcières qui aura duré près de deux semaines, extrémités suite auxquelles Faure avait pris le pouvoir, en promettant de gouverner autrement (« lui c’est lui, moi c’est moi »), il n’en sera rien. On a vite fait d’oublier que plusieurs centaines de compatriotes ont été trucidés pour rien.

On constate qu’aux termes de « cet holocauste », il n’y a rien eu qui puisse s’apprécier en terme de regret d’être arrivé à la magistrature suprême en marchant sur des cadavres, au contraire, tout semble mis en œuvre pour narguer le peuple. La réticence à opérer les réformes prévues en est une illustration parmi tant d’autres ainsi que la réticence qui avait présidé à la création du CPDC. Si tant de sang doit être versé sans que de l’autre côté, il n’y ait une bonne foi manifeste et une réelle volonté d’ouverture,  alors, que chacun apprécie!

          La même politique pratiquée par Eyadèma et qui n’est pas appréciée par les Togolais, est en pleine promotion sous Faure. C’est le cas du maintien dans la misère des populations, afin de mieux les exploiter à l’occasion des élections par l’achat des consciences, c’est le cas de la crétinisation des populations par des marches de soutien qui refont surface avec distribution de sou, de l’interdiction des marches de protestation, tout en étant en démocratie, du gaspillage et de la dilapidation des fonds publics, du maintien des « fonctionnaires privilégiés et intouchables » à leur poste après avoir largement dépassé la limite d’âge, du silence face à la corruption et aux détournements des fonds, etc.

          Il est très regrettable que la disparition des centaines de nos compatriotes (400 à 500 selon les Nations Unies et 1000 selon la LTDH) en avril 2005 laisse entièrement indifférents le RPT et ceux qui se proclament aujourd’hui dirigeants. Ils ne semblent guère s’émouvoir. Ce qui nous paraît surprenant aujourd’hui, c’est bien cette course effrénée dans laquelle celui au profit de qui le RPT avait largué sa milice en 2005 sous la conduite de Kpatcha, se lance depuis 2008 en pré-campagne alors que sur le terrain rien n’a été concrètement fait pour pousser spontanément l’électorat à lui accorder son suffrage en 2010.

Ce qu’on a davantage du mal à comprendre et qui doit constamment susciter interrogation, c’est que le RPT étant un parti qui ne s’améliore jamais et n’évolue pas, il soutient toujours avoir gagné les élections. Or, pour mériter le suffrage des électeurs, il faut mettre ses 5 ans d’exercice du pouvoir à profit pour faire le bonheur des populations, réaliser des œuvres concrètes. Ce qui est du domaine du jamais vu et du jamais connu au RPT. Curieusement, prenant les Togolais pour des cancres, le pouvoir et le RPT prétendent qu’ils sont toujours les vainqueurs des joutes électorales.

Entre deux élections, les Togolais n’ont jamais constaté le moindre changement : les rues sont toujours ce qu’elles étaient avant les élections. Sans électrification et bien dégradées. Des quartiers depuis plusieurs années manquant d’électricité et d’eau, de même que de lignes téléphoniques. La construction d’infrastructures scolaires et hospitalières est inexistante. Il y a lieu de s’étonner qu’en 40 ans de règne du RPT, l’héritage, tout l’héritage laissé aux Togolais par ce parti qui refuse de pratiquer la démocratie tout en criant à la démocratie, ne fasse rien comme réalisation concrète dans le pays susceptible d’amener les électeurs à voter pour le RPT. Solution de rechange : il faut acheter les consciences à l’approche des élections en choisissant de maintenir les populations dans la misère. C’est ce qui explique que le pays demeure dans son délabrement et qu’à chaque fois, le RPT crie victoire. Rien d’étonnant que le Togo ne se construise pas au fil des ans.

Tout bien pesé, le RPT est à deux doigts de rééditer son exploit macabre de 2005 à la différence que, pour l’heure, l’un des acteurs clé des représailles et des soutiens de Faure n’est pas libre de ses mouvements, du moins pour le moment. Aucun remords ne semble habiter le RPT ni ceux pour qui ces meurtres sont survenus en 2005. La preuve la plus palpable c’est que depuis lors, rien n’a été fait par le parti au pouvoir pour permettre au peuple de se rendre compte que ce parti a fondamentalement changé de ligne d’action pour prendre un visage humain. Il est toujours demeuré dans sa logique suicidaire. Comme quoi 500 ou 1000 morts ne représentent rien pour le RPT.

Alain SIMOUBA


Le RPT et l’après-drame de 2005 : Remords au RPT après les centaines de morts occasionnés par Faure et Kpatcha?

          Le présent article aurait dû paraître le 4 mai 2009, coïncidant exactement avec le 4ème anniversaire de la prise du pouvoir par Faure Gnassingbé et survenant après les événements de la nuit du 12 avril dernier. Mieux vaut tard que jamais. Interroger le passé pour connaître le futur, a recommandé le philosophe. La démarche que nous conduisons ce jour est dictée par la nécessité de savoir si le RPT est prêt à faire la même chose que 2005. Il y a des indices qui nous poussent à le croire. Il y a une chose aujourd’hui qui ne manque pas d’étonner tous les observateurs avisés de l’art de faire la politique au sein du RPT. C’est la constance dans la médiocrité, l’erreur et la stagnation. Pourquoi ne pas y ajouter le non catégorique au progrès et à l’évolution.

Avec tout ce qui s’était passé au Togo lors de la présidentielle de 2005, il est arrivé un moment où des Togolais, tout en étant sceptiques, ont été tentés de croire qu’au moins à partir de 2005, le pic atteint par le RPT à la suite d’une élection, avec les événements dramatiques que tout le monde connaît, devrait pouvoir amener Faure et ses amis à faire un effort pour afficher un autre visage, un meilleur visage, faisant la politique autrement. Plusieurs années après la venue au pouvoir de Faure Gnassingbé, les choses sont demeurées telles et les comportements n’ont pas changé d’un iota.

          A dire vrai, plusieurs compatriotes pensaient qu’avec tant d’horreurs en 2005 (plusieurs morts et habitations détruites ainsi que des blessés graves et de nombreux exilés dans la précarité et le dénuement total hors du territoire national), ceux qui n’ont sur les lèvres que les mots : fin de l’impunité, réconciliation nationale, lutte contre la corruption, bonne gouvernance, « plus jamais ça au Togo !!! » (élections avec violences), allaient réellement traduire dans les faits leurs promesses et leurs beaux discours, et mettre un terme à tant de comportements qui entravent gravement le développement du pays et l’unité de la nation. Mais rien de tel.

          Il y a des actes, qui, une fois posés, donnent lieu à du remords de la part de leurs auteurs, au point qu’ils en arrivent à un effort d’actes compensatoires. Le caractère de compensation se sent sans grande peine, dès l’instant où l’on a affaire à des gens animés de bonne volonté et de bonne foi, à des gens qui ont horreur de la démesure, à des gens humains,  équilibrés, respectueux de la vie de leurs semblables et soucieux du meilleur devenir de leur  nation.

Depuis avril 2005 où plusieurs parents ont perdu des êtres qui leur sont chers, non pas pour cause d’une irruption volcanique ou d’un raz de marrée, mais pour simple élection, aucun signe vraiment encourageant de la part des responsables du Rassemblement du Peuple Togolais, parti au pouvoir, constituant au moins pour les parents, un petit soulagement, preuve au moins d’une reconnaissance que ces Togolais ne sont pas morts pour rien. Depuis avril 2005, le gouvernement en place n’a jamais rien imaginé pour consoler ceux qui devraient l’être, histoire de démontrer qu’au-delà du discours officiel du bout des lèvres, on pense traduire réellement les paroles dans du concret. Depuis 4 ans, Faure et ses amis n’ont pas encore trouvé le temps nécessaire pour mettre en route le processus « Vérité Juste et Réconciliation » appelé à apaiser les coeurs. On traîne volontairement les pas, sans doute, histoire de montrer que c’est bien le cadet de leurs soucis.

Depuis le 4 mai 2005, date de l’investiture de Faure Gnassingbé jusqu’à cette date du 25 mai 2009, soit quatre ans et trois semaines, aucun geste de la part du président d’honneur du RPT, en même temps président de tous les Togolais, à l’occasion du souvenir de la disparition de centaines de ses concitoyens. Une simple messe avec laquelle on a l’habitude de distraire les populations en en commandant à l’occasion d’un match des Eperviers ou pour des choses vraiment banales, pourrait suffire à calmer les cœurs meurtris et démontrer par voie de conséquence aux populations qu’au moins, à défaut de la Réconciliation nationale que Faure hésite tant à voir concrétiser (et lui seul sait pourquoi), il y a de la bonne volonté de bien faire. Du reste tous ceux qui prétendent du côté du pouvoir, qu’ils préfèrent prendre tout leur temps et ne rien faire dans la précipitation en vue d’une meilleure réussite, trompent eux-mêmes. De toutes les manières, les Togolais sont là et apprécieront le résultat par rapport au temps pris pour voir, si ce sont eux qui ont raison ou plutôt les septiques.

          Alors se pose la question de savoir comment Faure Gnassingbé et ses amis peuvent-ils, se prévaloir de la bonne volonté, de la bonne foi, du sens de la mesure, de l’humanisme, du respect de la vie des concitoyens, du sens du nationalisme, etc. Il est difficile de comprendre qu’après les extrémités vers lesquelles les Togolais ont été poussés en 2005 par une véritable chasse aux sorcières qui aura duré près de deux semaines, extrémités suite auxquelles Faure avait pris le pouvoir, en promettant de gouverner autrement (« lui c’est lui, moi c’est moi »), il n’en sera rien. On a vite fait d’oublier que plusieurs centaines de compatriotes ont été trucidés pour rien.

On constate qu’aux termes de « cet holocauste », il n’y a rien eu qui puisse s’apprécier en terme de regret d’être arrivé à la magistrature suprême en marchant sur des cadavres, au contraire, tout semble mis en œuvre pour narguer le peuple. La réticence à opérer les réformes prévues en est une illustration parmi tant d’autres ainsi que la réticence qui avait présidé à la création du CPDC. Si tant de sang doit être versé sans que de l’autre côté, il n’y ait une bonne foi manifeste et une réelle volonté d’ouverture,  alors, que chacun apprécie!

          La même politique pratiquée par Eyadèma et qui n’est pas appréciée par les Togolais, est en pleine promotion sous Faure. C’est le cas du maintien dans la misère des populations, afin de mieux les exploiter à l’occasion des élections par l’achat des consciences, c’est le cas de la crétinisation des populations par des marches de soutien qui refont surface avec distribution de sou, de l’interdiction des marches de protestation, tout en étant en démocratie, du gaspillage et de la dilapidation des fonds publics, du maintien des « fonctionnaires privilégiés et intouchables » à leur poste après avoir largement dépassé la limite d’âge, du silence face à la corruption et aux détournements des fonds, etc.

          Il est très regrettable que la disparition des centaines de nos compatriotes (400 à 500 selon les Nations Unies et 1000 selon la LTDH) en avril 2005 laisse entièrement indifférents le RPT et ceux qui se proclament aujourd’hui dirigeants. Ils ne semblent guère s’émouvoir. Ce qui nous paraît surprenant aujourd’hui, c’est bien cette course effrénée dans laquelle celui au profit de qui le RPT avait largué sa milice en 2005 sous la conduite de Kpatcha, se lance depuis 2008 en pré-campagne alors que sur le terrain rien n’a été concrètement fait pour pousser spontanément l’électorat à lui accorder son suffrage en 2010.

Ce qu’on a davantage du mal à comprendre et qui doit constamment susciter interrogation, c’est que le RPT étant un parti qui ne s’améliore jamais et n’évolue pas, il soutient toujours avoir gagné les élections. Or, pour mériter le suffrage des électeurs, il faut mettre ses 5 ans d’exercice du pouvoir à profit pour faire le bonheur des populations, réaliser des œuvres concrètes. Ce qui est du domaine du jamais vu et du jamais connu au RPT. Curieusement, prenant les Togolais pour des cancres, le pouvoir et le RPT prétendent qu’ils sont toujours les vainqueurs des joutes électorales.

Entre deux élections, les Togolais n’ont jamais constaté le moindre changement : les rues sont toujours ce qu’elles étaient avant les élections. Sans électrification et bien dégradées. Des quartiers depuis plusieurs années manquant d’électricité et d’eau, de même que de lignes téléphoniques. La construction d’infrastructures scolaires et hospitalières est inexistante. Il y a lieu de s’étonner qu’en 40 ans de règne du RPT, l’héritage, tout l’héritage laissé aux Togolais par ce parti qui refuse de pratiquer la démocratie tout en criant à la démocratie, ne fasse rien comme réalisation concrète dans le pays susceptible d’amener les électeurs à voter pour le RPT. Solution de rechange : il faut acheter les consciences à l’approche des élections en choisissant de maintenir les populations dans la misère. C’est ce qui explique que le pays demeure dans son délabrement et qu’à chaque fois, le RPT crie victoire. Rien d’étonnant que le Togo ne se construise pas au fil des ans.

Tout bien pesé, le RPT est à deux doigts de rééditer son exploit macabre de 2005 à la différence que, pour l’heure, l’un des acteurs clé des représailles et des soutiens de Faure n’est pas libre de ses mouvements, du moins pour le moment. Aucun remords ne semble habiter le RPT ni ceux pour qui ces meurtres sont survenus en 2005. La preuve la plus palpable c’est que depuis lors, rien n’a été fait par le parti au pouvoir pour permettre au peuple de se rendre compte que ce parti a fondamentalement changé de ligne d’action pour prendre un visage humain. Il est toujours demeuré dans sa logique suicidaire. Comme quoi 500 ou 1000 morts ne représentent rien pour le RPT.

Alain SIMOUBA


La COTEC fait des dégâts au Port de Lomé : L’importation des véhicules au Togo réduite à néant

Lomé naguère considérée comme la capitale ouest africaine du marché des voitures a perdu depuis quelques mois son prestige au profit des ports de Cotonou et de Tema. Et pour cause, depuis le 1er décembre 2008, la direction générale des douanes togolaises a mis en place la Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) sur les véhicules d’occasion en consommation et certaines marchandises. Le nouveau système introduit par l’Administration douanière avait engendré une augmentation spectaculaire des valeurs rendant très cher le coût des droits de douanes. A l’époque, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) et les syndicats de transitaires et déclarants en douane ont vivement protesté et exigé que soit mis fin aux activités de la COTEC. Les transitaires avaient même pendant une semaine observé un mouvement de grève qui avait paralysé les activités au port de Lomé. Rien n’y fit. Les actions des syndicats n’ont pas dissuadé les autorités douanières à revenir sur leur décision.

Bon gré mal gré, la COTEC fait son chemin. Mais six mois après l’installation du nouveau système d’évaluation de véhicules, la situation va mal en pis. L’importation des véhicules au Togo a sensiblement diminué. De sources généralement bien informées, de plus de 1000 voitures sorties par semaine vers les pays sahéliens, on est tombé aujourd’hui à moins de 500 par semaine. La baisse est encore plus remarquable au niveau de la consommation locale. Avant décembre 2008, on sortait plus de 500 véhicules par semaine. On enregistre actuellement moins de 50 par semaine.

La plupart des clients ont simplement abandonné le Port Autonome de Lomé pour faire passer leurs marchandises et leurs véhicules par le Port de Cotonou au Bénin, de Tema au Ghana ou d’Abidjan en Côte d’Ivoire. «Depuis que la COTEC a été créée, la plupart de nos clients ont quitté le Togo vers d’autres pays de la sous-région. Nous n’avons plus d’activités », déplore un déclarant en douane. Ce que confirme un inspecteur de douane. « La COTEC, ce n’est plus la grande affluence. Les clients tombent en compte goutte », reconnaît-il.

La nouvelle trouvaille des autorités douanières n’a pas seulement fait fuir les clients mais aussi elle a occasionné un chômage chez de nombreux Togolais de divers secteurs professionnels tels que les transitaires, les mécaniciens, les électriciens, les peintres… qui tiraient leur gagne-pain dans le commerce de véhicules d’occasion. Aujourd’hui avec la création de la COTEC, ces jeunes qui arrivent à survivre grâce à cette activité, sont mis sur le carreau.

M.A.


Sans détour : Gabon-Togo : Dans le désordre

          « Aux victorieux – Ne vous écartez pas d’attitudes, d’allures, de manières telles que qu’aucune circonstance ne vous inflige d’en changer du tout au tout » (Paul Valéry, Mélange)

          Les éliminatoires combinées Coupe du monde et CAN 2010 vont se poursuivre dans le mois de juin. Vingt (20) matches sont attendus en deux journées (deuxième et troisième), la première étant disputée fin mars dernier. A l’issue des deux prochains rounds, l’horizon va commencer à s’éclaircir et les vrais candidats aux messes mondiale et continentale afficheront clairement leurs ambitions. De même, ceux qui seront condamnés à suivre ces événements devant leur poste téléviseur, se reconnaîtront. C’est la loi du football. Par principe, certains doivent réussir et d’autres échouer. Il s’agit de vingt prétendants pour cinq places pour le Mondial africain ou sud-africain, c’est selon, et quinze pour la CAN angolaise.

          Les Eperviers du Togo et les Panthères du Gabon qui sont logés dans le groupe A et dont personne ne vendait cher la peau, ont créé la sensation de la première journée en s’imposant respectivement devant les Lions indomptables du Cameroun et les Lions de l’Atlas (Maroc). Les Gabonais ont même fait le plus dur en étouffant les enfants du Roi Mohammed VI sur leurs propres installations. Mais le sort a voulu que ce soient les deux vainqueurs de cette première journée qui s’affrontent le 6 juin prochain à Libreville. Des retrouvailles entre fauves et rapaces. Le gagnant de ce duel prendra le large dans le groupe. Mais un match nul permettra aux deux perdants (Camerounais et Marocains) de rêver encore. Après sa qualification historique à la Coupe du monde 2006, le Togo est devenu un modèle pour tous les petits pays. Tout le monde veut dorénavant faire comme lui. Et c’est dans cette logique que se trouvent le Gabon et tout son peuple. Ce bref rappel pour dire que ce n’est pas un match facile qui attend l’actuel Ballon d’or africain et ses coéquipiers. Les Gabonais ont envie de bouffer « mondialistes ».

          Cependant, comment préparons-nous ce déplacement périlleux ? Dans le désordre, dans l’amateurisme et dans le mensonge. Les multiples rappels de la presse invitant les membres de la Fédération à ne pas dormir sur les lauriers et à commencer à temps les préparatifs du match du 6 juin, sont visiblement tombés dans les oreilles de sourd. Rien n’a été fait et on a attendu le dernier moment pour se jeter à l’eau. C’est d’abord le sélectionneur et directeur technique Jean Thissen qui a réuni portes et fenêtres closes, les journalistes pour dévoiler le programme qu’il a concocté pour les deux prochaines journées. A peine a-t-il avalé sa dernière salive qu’il s’envola pour la Belgique où les Eperviers devraient faire leur regroupement. Tout devrait commencer le 24 mai.

Mais ce programme a été annulé une semaine après l’annonce de la bonne nouvelle. La cause, selon certaines indiscrétions, c’est que le ministre de l’Economie et des Finances ne serait pas prêt à débloquer les fonds, tant que ceux antérieurs décaissés n’auront pas été justifiés. Quoi de plus normal. L’orthodoxie financière veut que quand on vous donne de l’argent, il faut toujours le justifier. Un exercice en fait simple qui n’est pas encore entré dans les habitudes des membres de la Fédération qui sont à l’aise avec la gestion opaque.

Faux, le problème n’est pas à ce niveau, rétorquent-ils, avançant la thèse de l’indisponibilité des joueurs. C’est curieux que le puissantissime planificateur et le sélectionneur ne soient pas au fait de la fin des championnats européens. Eux au moins, ils savent tout planifier et leurs calendriers sont disponibles sur tous les sites d’information. Pourquoi ne les a-t-on pas consultés avant d’accoucher le programme ? On n’aura jamais la réponse. Tout est sens dessus dessous

Zeus AZIADOUVO


Abus d’autorité : Le ministre Titikpina et ses escortes font la misère à un jeune au Grand Marché de Lomé

Depuis quelques mois, des travaux de réfection ont été entrepris au Grand Marché de Lomé. Mais les ouvriers ont, entre-temps, observé un mouvement d’humeur pour exiger une rémunération conséquente. Logiquement, les travaux ont pris beaucoup de retard. Ce qui a suscité en avril dernier la visite des lieux par une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Bodjona. La semaine dernière, c’était au tour du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Atcha Titikpina, d’aller à Adawlato pour se faire une idée sur lesdits travaux de réfection.

Après avoir échangé, le ministre et la Directrice du marché sont descendus au niveau de la Pharmacie Populaire. C’est là qu’un jeune homme qui passait dans les environs, son téléphone fixé à l’oreille serait bousculé et interpellé par deux des escortes du ministre. Il serait premièrement conduit manu militari auprès de celui-ci avant d’être emmené au poste de police de la plage, où il serait rejoint plus tard par les deux personnalités. Le jeune serait tout simplement accusé d’avoir filmé le ministre avec son téléphone.

Suite à quelques échanges et tractations, l’infortuné a été libéré après avoir montré au ministre lui-même, qu’aucun de ses téléphones portables n’était pourvu de caméras ni d’appareils photos. Heureusement pour lui.

Toutes nos tentatives pour joindre le ministre ont été vaines. Il était inaccessible

E. Pierre


Ça va se savoir : La récompense

          Gustav, un jeune homme de la trentaine, très frivole et partisan de moindre effort, vivait depuis quelques temps seulement à Anfamé où il avait loué une chambre. Son seul boulot était la chasse aux filles. Il n’avait ni goût ni préférence. Il sautait sur toute occasion qui s’offrait à lui.

          Dans le même quartier où il venait de s’installer, vivait une fille prénommée Lili, aussi de la trentaine. Comme la peste, cette dernière était crainte par les hommes du quartier par le simple fait qu’elle était possédée par l’esprit de «Mamiwater » dont les manifestations à certains jours de la semaine étaient incompatibles avec les relations sexuelles. Alors qu’il était à la porte de sa maison, Gustav vit venir Lili avec son teint clair rayonnant et éclatant, une corpulence moyenne présentant une hanche bien développée avec des fesses soigneusement modelées, bref, elle avait tout pour faire perdre la tête à un homme. Gustav l’apostropha mais prit du temps à « tchatcher» Lili comme il en avait l’habitude. Pour être restée trop longtemps en jachère, cette dernière ne trouva aucun inconvénient à la  sollicitude de Gustav et lui accorda sa disponibilité pour une aventure matrimoniale.

          Comme convenu, Lili était le lendemain chez Gustav qui l’attendait. Il prit du temps à caresser sa proie qui resta insensible à tous les gestes de Gustav. Et pourtant, Lili avait un ardent désir. C’était aussi peut-être le fait qu’elle soit mise longtemps en jachère qui lui fit perdre la manière. Gustav, lui, allait droit au but. Il aida Lili  à se déshabiller puis en fit autant. Il la coucha comme un bébé mais avec beaucoup d’adresse. Il l’aida dans tous les gestes qui contribuent au jeu de jambe à l’air. Gustav se fraya un chemin pour son canon qu’il implanta dans la cité de la dame qui s’écria: « Oh ! Non ! Fais doucement car, ça me fait mal». Et Gustav galopait et  assenait des coups de reins à Lili qui finalement feulait. En vrai play boy, il proposa plusieurs positions dont chacune était sanctionnée par un déluge de liquide jouisseur. Les deux amoureux se quittèrent et se donnèrent rendez-vous le lendemain. Pour ce jour, Lili se connaissant n’avait pas agréé. Mais  Gustav ignorait tout de sa partenaire, insista et promit à cette dernière de passer prendre un présent.

          Lili se rendit chez Gustav, le lendemain. Ce dernier avait prit goût et voulait de nouveau savourer sa jolie et belle créature qu’il ne voulait plus quitter. Alors que ce jour en réalité, Lili le consacre ordinairement à son Dieu. Ce qu’ignorait Gustav qui usait de sa ruse jusqu’à se frayer un chemin pour son canon qu’il implanta comme à la veille. Du coup, Lili commença à se métamorphoser. Contrairement à un cri ou un feulement, c’étaient des gestes s’apparentant au serpent. Elle venait d’être possédée par l’esprit auquel elle est fidèle, Alors geste brutal, elle voulut repousser Gustav mais, ce dernier résista. Elle tenta à plusieurs reprises sans succès. C’est ainsi qu’elle devint méconnaissable suite à un cri strident dans un état psychique indescriptible. Lili sortit des griffes par ici et des coups de dents par là. Gustav était presque dévoré. Ayant senti l’étau se refermer sur lui, Gustav voulut fuir mais, Lili  ne lui donna aucune chance surtout qu’elle était devenue plus que puissante par la force des esprits. Gustav eut la chance de s’évader tout nu grâce à l’intervention des cohabitants  ameutés par ses cris et qui avait réussi à défoncer la porte.

Tonton D


Libertinage 

Encore des révélations

« Tortue panpour, envoyé augmentation remarquable, riposte attendue obtenue ». Avez-vous pigé quelque chose  dans ce baragouin ? Ne vous forcez pas les méninges à comprendre le message qui s’y cache, vous n’y parviendrez  jamais. Seuls les initiés  sont à même de décrypter ce charabia. Semble-t-il que c’est le langage  codé utilisé par  les « mon pays » lors de l’attaque du bunker du Gros la nuit pascale. Cette affaire familio-familiale entre  Faurevi-Kpatchagan n’en finit pas de révéler ses secrets. Chaque jour que le bon  Dieu fait apporte son lot d’informations. Et bonjour les spéculations et les supputations. Les nouvelles sont si variées et si diffuses que finalement on se perd comme dans le labyrinthe. Notre «con-de-frère» Tribune d’Afrique rapporte par exemple que le coup fomenté par « El Kpatcho » pour sauter « Faure-vi » du trône royal avait été baptisé opération « Poings Plombés ».  Ça veut dire quoi même ? Ohoo ! L’Opération « Poings Plombés » consisterait en trois plans. Le premier, appelé Segment Air,  viserait à abattre le Président de la République à l’aéroport « gnassional » de Lomé.  C’est un officier FATal qui serait chargé du sale boulot. Il devrait tirer à bout portant, avec un pistolet de  fabrication américaine sur le « p’ti» lorsque celui-ci serait en train de monter dans le Boeing présidentiel. Le plan B, dénommé Segment Ange  consisterait, au cas « zoù » le premier échouerait, à semer le trouble et l’anarchie dans la ville de Lomé et obliger l’armée à accaparer le pouvoir. Ainsi le Gros ferait appel à «Natch-La-Barbichette» pour diriger la transition. Enfin le plan C, baptisé Segment de la Jungle  viserait à provoquer une mutinerie au camp d’Agoè et « El Kpatcho » ferait pression sur les officiers pour prendre le pouvoir en s’imposant comme l’homme de la situation. Toutes ces infos sont-elles vraies ou fausses ? Seul le Gros est à même de répondre.

Un penalty pour le Président

Womé l’antre du « dépité » Améyivre, dit-on, est une véritable caverne d’Ali Baba. Le grand magnat fait preuve d’une magnanimité débordante qui aiguise les appétits et fait saliver certains comme le chien de Pavlov. Ainsi les hommes en noir se bousculent au portillon de la FTF pour aller officier les matchs du championnat à Womé. Les journalistes aussi ne sont pas en reste. Chacun veut aller couvrir  les rencontres dans le « dojo » du « dépité ».  On n’y revient toujours les poches bien pleines. La manière dont certains « con-de-frères » prennent fait et cause et jouent aux avocats du diable  du gourou de Womé en dit long. Au cours des rencontres à Fiokpo, les hommes en noir ne manquent pas de témoigner  toute leur gratitude au grand manitou pour sa générosité. C’est ainsi qu’ils s’arrangent pour trouver dans les 90 mn un coup de pied de réparation pour l’équipe hôte. C’est le penalty pour Monsieur le Président. C’est comme à l’époque coloniale, où après avoir administré des fessées aux autochtones, on ajoutait un dernier coup, celui de l’empereur qu’on appelait « One coup for Kaiser ».  L’un de ces penalties généreusement accordé au « dépité» a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Il s’agit du penalty sifflé  lors de la 13è journée contre les Kondona de la Kozah, Asko de Kara. Des « con-de-frères »  ont failli en venir aux mains à ce propos. Pour les uns, c’est un penalty imaginaire que l’arbitre a gracieusement offert à Maranatha, pour les autres le penalty est indiscutable. N’arrivant pas à accorder leur violon, ils ont décidé de se  référer  à l’arbitre qui est le seul maître du terrain. Mais quand ce dernier a choisi  son camp, on peut aisément comprendre qui a tort et qui a raison.

Quand Kossivi Reinhardt fait de l’esprit

Selon le Grand planificateur, le Blatter togolais, son Excellentissime Kossivi Reinhardt, il n’y a jamais eu de problèmes à la Fédération Togolaise de Football comme le distillent  les mauvais esprits dans l’opinion. C’est ce qu’il a clamé haut et « faure » sur une radio privée le week-end. Depuis que le nouveau bureau est installé, martèle-t-il, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour ceux qui doutent de sa parole, il les invite à la Fédération pour voir de leurs propres yeux s’il y a des membres du bureau exécutif qui se battent là-bas. Ainsi soit-il ! Pour son Excellence Sepp Blatter Kossivi Reinhardt, cette histoire  de crise, de malaise, de division, de problème de personnes… à la FTF a été inventée de toutes pièces par des journaux en mal de sensation forte pour pouvoir  vendre. Pour corroborer sa thèse, le Secrétaire général de la FTF a évoqué la réunion tenue le 18 mai dernier au siège de la Fédération où 11 membres du bureau sur 12 étaient présents. Pour lui, le nombre qui a pris part à cette rencontre est  largement suffisant pour rabattre le caquet aux jaloux des acquis de la Fédération. S’il y avait vraiment des dissensions au sein du bureau, a-t-il dit, ce grand nombre ne répondra pas à l’appel de la Fédé. Seulement, le Grand Planificateur a oublié  exprès  de préciser   que c’est celui qui est absent qui constitue le nœud gordien. M. Reinhardt a beau jurer que le bureau se porte comme  un charme, cela ne trompe personne. Il y a bel et bien une guerre de tranchée entre Rock et Améyi.  Au lieu d’admettre  la réalité  en face, il est là à faire de l’esprit. C’est sa propre figure qui est le chemin.

Django a la « hontephobie »

Dans quelques jours, les Éperviers du Togo vont en découdre avec les Panthères du Gabon dans le cadre des éliminatoires CAN/Mondial 2010. Le tandem Amavi « Patapato »-« Kayivi » Lawson a été délégué pour conduire nos vaillants joueurs sur Libreville. Pour une fois encore, le prégo de la Fédération Togolaise de Foutaises (FTF) ne sera pas à la tête de la délégation pour ce match capitalissime.

Pour le premier match contre le Cameroun à Accra, c’était le duo Henri « Djagbanev » et Fogan Daoune, chef de délégation, qui avait eu d’énormes problèmes de difficultés. Le premier confiera plus tard qu’il s’était senti très bas devant ses petits frères. Ces derniers l’ont arrosé des mots pas très doux pour cause de la mauvaise organisation du voyage. Ainsi, tout porte à croire que le Colonel ne veut pas se mettre devant sa troupe. Ce qui suscite des interrogations au sein du public sportif. Pour l’heure, les spéculations vont bon train. Il se murmure que l’ancien nouveau prégo de la Fédé a la « hontephobie ». Qu’il ne sera pas capable de supporter une éventuelle défaite des Éperviers. Il se dit aussi que le gars a encore en mémoire le feuilleton de Wangen. Il n’entend plus, face aux problèmes de primes et consorts, s’auto séquestrer dans sa chambre d’hôtel. D’aucuns aussi pensent que Rockivi ne veut pas « manger » la honte suite à des improvisations intempestives savamment organisées. Certains analystes, pas les moindres, trouvent que « seuls les imbéciles ne changent pas » est dans sa logique, celle de ne sortir aucun franc pour le bonheur du football togolais. En tant que chef de délégation, il sera obligé de mettre la main à la poche face à une situation délicate. Dans tous les cas, on espère que les joueurs auront la témérité de dire à l’homme en treillis de se mettre devant tout le monde comme ils l’ont fait à l’ex-prégo.

Des moustiquaires potilisées

Presque chaque année des moustiquaires sont distribuées à la population. Sur les derrières des moustiquaires mises à la disposition de la population, on pouvait lire, l’ancienne devise du «Gnassingbéland », « Union, Paix, Solidarité ».   Ce sont des moustiquaires potilisées, à très forte coloration blanche. C’est à croire que les moustiques aussi font de la politique et qu’ils militent pour tel ou tel parti. Beaucoup se sont rappelés les temps « faure » du parti unique où on chantait « Ecartons… ».  Mais cette initiative est à saluer d’autant plus qu’elle permet de lutter contre les moustiques qui donnent le paludisme, cette maladie qui tue plus que « Dasi ».  Si les moustiques parlaient, ils diraient à qui veut les écouter que le « Gnassingbéland » est une nation qu’ils aiment beaucoup à cause de l’insalubrité qui y règne avec des lagunes polluées, des caniveaux qui puent...

La dernière fois, lors de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, certains responsables de centre de santé ont affirmé que les populations en viennent aux mains à chaque campagne pour recevoir  les « mousquitaires » mais ne les utilisent pas. Selon les indiscrétions, il se dit que les « mousquitaires » ne sont pas assez longues pour bien couvrir les matelas et qu’elles seraient si courtent  qu’elles seraient bonnes pour les pygmées de la forêt équatoriale. Ceux qui se plaignent plus sont  ceux qui se couchent sur les nattes. Il paraît qu’il vous faut prendre des cordes kilométriques pour les faire descendre au sol.  Certains pères de famille se fâchent même la colère qu’elles sont très encombrantes car au moment où ils veulent faire « Jacques où es-tu ? » avec leur femme ils se retrouvent entremêlés comme une mouche dans une toile d’araignée. Les mauvaises langues affirment qu’ils prennent une « mousquitaire» pour en faire deux. Vrai ou faux. Dans tous les cas, il serait mieux que nos donateurs  fassent en sorte qu’elles ne soient plus si courtes pour permettre aux gens de dormir tranquillement les quatre pieds en l’air.

Le championnat des nuls

On ne comprend pas comment se déroule le championnat national de première division «Gnassingbélandais ». Depuis un certain temps,  les rencontres n’enregistrent que des scores nuls. Les attaquants n’arrivent pas à marquer et c’est des scores microscopiques qu’enregistrent les nombreuses journées au cours de ce championnat. Les 1-0 sont légion. On se demande si à la fin de ce championnat on ne va pas enregistrer un nombre total de but aussi inférieur que les  matchs de petits poteaux des élèves du cours primaire.  Les gens veulent voir du nouveau, pas des matchs qui font dormir debout.

Il se raconte que les attaquants, au lieu qu’ils se perfectionnent pour marquer régulièrement font leur « glodjo glodjoé »  et disent être victimes d’envoûtement c’est pourquoi ils n’arrivent plus à marquer des buts. 

Quelquefois pour régler les comptes à leur coéquipier, ils simulent un envoutement  au point  que certains de leurs coéquipiers sont même renvoyés de l’équipe.  Il y a de ces équipes  qui coupent le gazon prématurément sous les pieds des joueurs qui viennent à peine de commencer leur carrière footballistique chez eux. Dans la rue, c’est eux qui jouent les stars et font tomber les nanas comme des mouches. Alors que  depuis le début du championnat ils n’ont pas fait trembler le filet de  leurs adversaires.  « Gogbalo ! » !


Au cœur des « mon pays »

Badiransa : Class ! Tu as appris la nouvelle ?

Hodabalo : « Lequel »  nouvelle encore ?

Badiransa : C’est toujours toi qui compliques les choses. Je ne comprends pas comment tu as des problèmes de difficultés en conjugaison alors que tu as été un peu. On dit laquelle. 

Hodabalo : Merci monsieur le « teatcher », j’ai compris.  Mais est-ce que c’est un problème de conjugaison ?

Badiransa : Oui non ! C’est dans ça qu’on montre tout.  Toi-même tu « savaissais» que j’ai fréquenté beaucoup. J’ai réussi même à aller jusqu’en 4ème.

Hodabalo : Aller jusque là, ce n’est pas petit affaire. Mais, moi aussi j’ai fait un peu. Si ce n’est pas que le CMI a été difficile pour moi, je vais aller loin.

Badiransa : Donc, je comprends maintenant pourquoi tu n’es pas fort en conjugaison. C’est d’ailleurs même pourquoi ton français est « clouya-clouya » comme ça. Il faut te débrouiller un peu. 

Hodabalo : Bien reçu class. Maintenant, c’est quelle nouvelle tu veux me raconter?

Badiransa : C’est sur le coach des « zéperviers ». Le gars-là, il a décidé de muscler contre les gens dans ce pays.

Hodabalo : Est-ce qu’il connaît bien le pays avant de faire tout ça ? Sur qui il a fait sortir ses muscles ?

Badiransa : Il veut faire une conférence et il a appelé les juliettes. Mais quand il veut commencer, il a fait « déhorer » un « juliette »  parce qu’il a mal parlé de lui.

Hodabalo : C’es maintenant qu’il est cuit. L’on peut avoir de problème avec tout le monde mais avec ces gens-là, non. Ils sont dangereux comme la vipère.

Badiransa : Quand j’ai appris cela, c’est ce que j’ai dit. Si tu veux vivre mieux dans la vie, évite de tomber dans les affaires avec les juliettes. Ils vont te rendre la vie très difficile.

Hodabalo : Quand il a fait ça, les autres aussi doivent sortir directement et il va rester seul. Comme ça on va voir s’il va faire ça ou non.

Badiransa : Ils sont restés dedans sans rien dire. Tu vois que c’est terrible

Hodabalo : En tout cas c’est là-bas qu’il pourra faire cette pagaille. Si c’est chez nous, on va le remettre à sa place tranquillement.

Badiransa : Sur tous les « journals », on l’a critiqué jusqu’à fatiguer. S’il ne se transforme pas dans cette situation, il va avoir de sérieux problèmes.

Hodabalo : Les autres coachs n’ont pas fait tout ça là avant que les Juliettes ne tirent sur les « eux ».

Badiransa : Il n’a qu’à essayer de leur dire pardon « kpooo » sinon…

Hodabalo : Nous, on est là. Ils vont tout dire sur lui et on saura qui il est au juste. Il va connaître que le Togo est un petit pays mais très compliqué.

 
Les signes du déclin du RPT et du clan : Le pouvoir de Faure Gnassingbé sérieusement ébranlé

Tout le monde a souvenance de la manière dont l’actuel président des Togolais est arrivé au pouvoir. En ignorant volontairement tous les autres détails, nous rappelons qu’en 2005, c’était au prix de centaines, voire d’un millier de compatriotes tués auxquels il faut ajouter les nombreux blessés et handicapés à vie, que Faure Gnassingbé avait pris le pouvoir dans son pays. Cela n’avait pas été le cas pour son père, qui aurait, lui, revendiqué un crime de sang dont il ne serait  pas le vrai auteur.

La nature n’aura accordé que deux petites années de répit et de délai de grâce au fils du défunt Eyadèma. Déjà en 2007, soit deux ans après sa venue au pouvoir, alors qu’on s’activait à la préparation des législatives de la même année, une première inondation due aux pluies diluviennes dans la préfecture de Tône et qui avait détruit les cultures, devait donner le signal de la grande catastrophe que le pays connaîtra l’année d’après. Des habitations avaient été détruites ainsi que des salles de classe. Tout ceci a fait  repousser la date de la rentrée scolaire initialement prévue pour septembre.

A la mi-2008, Faure aurait dû peut-être se rendre à l’évidence, que la présidence pour lui ne devrait pas du tout être une sinécure. Au fait, Faure n’était pas un chef d’Etat heureux ; et cela, il devrait pouvoir se le dire, s’il est sincère avec lui-même. C’est à cette période-là, qu’arriva la rupture de plusieurs ponts et ouvrages d’art dans le pays, ainsi que la dégradation des voies de communication, rendant pendant plusieurs jours et semaines des zones difficiles d’accès et des routes impraticables, avec les conséquences économiques que cela comporte. Cet événement fera le tour du monde.

Alors que les Togolais n’en avaient pas fini avec les problèmes de la vie chère à dimension internationale et à répercussion au plan national, la rupture des ponts et la dégradation des routes apportèrent leur lot de malheurs aux Togolais sous Faure, exacerbant la souffrance des populations dont le sort, de notre point de vue, ne semblait pas trop préoccuper les premiers responsables du pays. Pour certains, les dieux du pays se sont retournés contre Faure et le clan, faisant allusion au sang qui avait coulé en 2005 et plongeant  les Togolais raisonnablement dans l’irrationnel. En effet, dans certaines zones, des eaux sourdaient sans qu’il y eût pluie, entraînant l’inondation. Ce fut le cas à Baguida, Dévego, Adakpamé, etc.

Certes, ce sont de pauvres Togolais, obligés d’abandonner leurs logis et d’aller se mettre dans des salles de classe et autres abris de fortune, qui en faisaient les frais. Néanmoins, il n’en demeurait pas moins vrai qu’une telle situation n’est pas à l’avantage du pouvoir de Faure qui est arrivé dans la duperie et la flagornerie vis-à-vis du peuple qu’il continuait à maintenir dans la misère pendant que lui-même et son entourage se pavanaient  dans un luxe insolent. Conséquence : les élections à venir permettront au peuple, une fois de plus, de sanctionner Faure et son RPT.

Signalons qu’entre 2005 et 2006, Faure était sérieusement mis en difficulté par son jeune frère. Nous n’en voulons pour preuve entre autres que l’image du 13 janvier 2006 où les Togolais ont vu le président dans son Command-car et son frère Kpatcha, Ministre de la défense dans le sien, passant en revue le public. Plus tard des rumeurs de coup d’Etat feront annuler des voyages de Faure hors du pays. Au moins deux fois, les Togolais auront entendu parler de coup d’Etat, ce que le RPT et le sérail ainsi que Faure lui-même balaieront du revers de la main. Mais n’empêche. Tout fruit mûr tombe de lui-même.

Aujourd’hui, les Togolais sont en face d’une explosion du clan depuis l’événement de la nuit du 12 avril et les arrestations qui ont suivi, y compris celle du « cerveau du présumé putsch ». Faure lui-même est aujourd’hui en difficulté, très en difficulté. Le globe-trotter, durant plusieurs semaines, contre son gré, est  resté  cloué au sol. Il a déjà raté plusieurs rendez-vous internationaux, ce qui n’est sûrement pas fait pour le mettre dans son bain. Les réunions familiales semblent se succéder sans se ressembler. D’après les indiscrétions, la famille Gnassingbé ainsi que le clan seraient divisés suite à l’attaque du domicile de Kpatcha et à son arrestation. Cela aurait déjà fait l’objet d’au moins deux réunions.

Une très forte fièvre s’est  emparée depuis quelques semaines de l’héritage laissé par Eyadèma (RPT, Armée, et famille). Le pauvre peuple togolais quant à lui, de Cinkassé à Djankassè, en passant par Kara, à la fois intéressé mais aussi indifférent par rapport à l’événement que vit le sérail, semble le plus préoccupé par sa pitance quotidienne, attendant du Dieu suprême son moment pour lui choisir son vrai rédempteur et mettre les amuseurs de galerie en vacances.

Beaucoup de Togolais parient aujourd’hui qu’après 40 ans de règne (30 août 1969-30 août 2009) et suite à la mort de son « géniteur », le RPT a atteint son apogée depuis belle lurette et est en plein déclin et donc, condamné bon gré mal gré, à accoster le quai. Ce ne sont pas les agitations du SG du parti et autres thuriféraires qui changeront la donne. Bien malin qui pourra dire aujourd’hui aux Togolais, les doigts au feu, que l’Armée d’Eyadèma, le RPT d’Eyadèma, la progéniture d’Eyadèma sont unis et parlent d’une seule voix. Le diable est entré depuis dans la maison et s’est durablement installé.

Ce diable a été introduit par le Gal Eyadèma lui-même par sa conception d’une succession monarchique dans la République du Togo. Les indiscrétions font part d’une désapprobation de ce dont Kpatcha a été l’objet de la part de son frère : l’attaque de son domicile par des éléments armés. Est-ce cela qui justifie qu’une démarche aurait été engagée en vue de remettre le domicile en état ? Il est possible d’y croire sans se tromper. Les marches de soutien à Faure auront beau émaner de chefs traditionnels sans dignité et autres pro-Faure, ce ne sont là  que des aspects de l’opération de charme et de séduction que l’on voudrait servir à ceux des Togolais qui peuvent y croire.

La dernière nomination du Chef d’Etat-major général de l’Armée, le Gal Zakari Nandja au Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise, poste créé spécialement et par ailleurs à ce moment précis d’ébranlement du pouvoir, vient confirmer notre doute selon lequel, tout ce monde d’officiers supérieurs que l’on disait avoir fait allégeance à Faure en février 2005, aurait agi par conviction profonde. On citerait le cas de l’Ex-ministre de l’intérieur et de la sécurité, en exil. A lui, nous osons ajouter ce Général qui vient d’être sauté de l’Etat-major. Pourquoi donc en ce moment ?

La confiance serait encore de mise, qu’il conserverait le poste qu’il assumait depuis le temps d’Eyadèma, jusqu’à accéder à la retraite. Même s’il devait quitter son poste, nous pensons que ce n’est pas le moment indiqué. Rappelons que Zakari Nandja ayant atteint la limite d’âge, devrait en principe, aller à la retraite depuis 2006. Si on l’a maintenu jusqu’ici au poste, pourquoi n’est-il pas allé à la retraite aujourd’hui d’abord, pour ensuite rentrer dans un prochain gouvernement après, à l’occasion d’un remaniement ? C’est justement pour ne pas éveiller l’attention des gens, c’est ce que pensent beaucoup. Mais le peuple n’est pas dupe ! Nous pensons que c’est une manière de le remercier pour service rendu et de se séparer de lui « en toute amitié ».                   

Alain Simouba


Tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat : Jeune Afrique fait des révélations sur la manière dont Kpatcha comptait prendre le pouvoir

. Essolizam Gnassingbé, agent de liaison entre Kpatcha et les militaires

            Dans son dernier numéro sorti cette semaine, le magazine panafricain « Jeune Afrique » fait des révélations dans l’affaire de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Il confirme la version de la clé USB qui aurait été retrouvée chez le député Kpatcha et sur laquelle figureraient tous les éléments du présumé putsch.

          Mais là où il y a problème, c’est que Kpatcha n’est pas détenu à la prison civile de Lomé mais bien dans une cellule à Lomé 2. Ces informations contenues dans le JA viennent rajouter à la confusion et c’est le démarrage effectif du procès qui permettra de savoir qui a fait et dit quoi dans cette affaire de coup d’Etat.

            Selon des sources internes à l’enquête que mène, depuis le 15 avril, le procureur Robert Bakaï, Kpatcha, le demi-frère du président Faure Gnassingbé, détenu à la prison civile de Lomé et interrogé au camp de la gendarmerie pour tentative de coup d’Etat, aurait reconnu être le propriétaire de la clé informatique USB saisie à son domicile et contenant une quinzaine de documents compromettants, aussitôt mis sous scellés par la Justice. Parmi ces pièces, dont J. A. s’est procuré copie, figurent notamment un plan de contrôle militaire de la capitale et une proclamation de prise du pouvoir par les forces armées. Cette dernière fustige « le désordre» et « la gabegie» qui, selon les présumés putschistes, régneraient sur un pays « sans autorité visible», devenu « une grande plaque tournante de la drogue».

          Profitant d’un voyage du chef de l’Etat en Chine, les mutins projetaient, de mettre en place un « comité national de rectification et de réconciliation» dont la présidence aurait été confiée au commandant Abi Atti, 46 ans, ancien patron des forces spéciales de la gendarmerie (le Fosep). Le CNRR s’engageait à organiser rapidement des élections «crédibles et transparentes» auxquelles Kpatcha Gnassingbé, selon d’autres documents, avait l’intention d’être candidat. Entre-temps, ce dernier devait récupérer son poste de ministre de la Défense, dont il avait été écarté en décembre 2007.

          Parmi les fichiers figurant sur la clé USB se trouve d’ailleurs un projet de communiqué qui lui est attribué, dans lequel Kpatcha apporte son soutien à un coup d’Etat qu’il vient, dit-il, de «suivre avec une grande surprise mais avec beaucoup d’attention», avant de demander «à tous et à chacun d’éviter la chasse aux sorcières et les règlements de comptes». Si l’on en croit un procès-verbal récapitulatif d’interrogatoires de la gendarmerie en date du 5 mai, dont J.A. a également obtenu copie, l’agent de liaison entre Kpatcha et les militaires n’était autre qu’Essolizam Gnassingbe, 30 ans, patron d’une société de communication et demi-frère, lui aussi, du président. Toujours selon ce PV, les aveux d’Essolizam auraient entraîné ceux d’Atti, puis de Kpatcha. Une trentaine de militaires et de civils ont été arrêtés dans le cadre de ce complot présumé.

Selon une source proche du chef d’Etat, ce sont les services de renseignements de l’ambassade américaine à Lomé - auxquels Kpatcha aurait imprudemment confié son projet et auprès desquels il a ensuite tenté en vain de trouver refuge - qui, après avoir fait mine de l’encourager, ont prévenu Faure Gnassingbé de l’imminence du putsch « fratricide ». Dans sa déposition aux gendarmes chargés de l’enquête, le commandant Atti aurait été explicite à ce sujet : « le ministre Kpatcha m’a dit qu’il a reçu l’ambassadeur des Etats-Unis chez lui et qu’il est soutenu par les Américains. Il m’a dit qu’il leur a soumis une liste des officiers pouvant assurer la transition et que j’ai été préféré par ces derniers, parce que je ne suis pas entaché du trafic de drogue ou de violation des droits de l’Homme ».

N°2523 du 17 au 23 mai 2009


Processus électoral : Faure et le RPT abandonnent les réformes au profit de la campagne électorale

            « Toutes les parties prenantes au dialogue ont reconnu la nécessité d’apporter au cadre électoral en vigueur les aménagements nécessaires pour garantir un processus électoral libre, démocratique et transparent ouvert à tous les Togolais », lit-on dans l’Accord Politique Global (APG). Au crédit de ce chantier, les réformes institutionnelles visant à consolider la démocratie, l’état de droit, la bonne gouvernance et devant porter sur des questions d’intérêt national : fonctionnement régulier des institutions républicaines, respect des droits humains, sécurité et paix publiques, caractère républicain de l’Armée et des forces de sécurité etc., puis celles constitutionnelles censées réviser les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral et autres.

          L’APG a été signé depuis le 20 août 2006 et on est à deux doigts de l’élection présidentielle de 2010, mais ces réformes ne sont pas encore effectives. Faure Gnassingbé et le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) semblent abandonner ce chantier. En  tout cas, ils ne font montre d’aucune volonté pour ce faire.

          Ils ont été contraints par l’opposition parlementaire à mettre en place le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) et le pouvoir s’est fait violence pour entraver les discussions. Tout est entrepris pour mettre le pied dans le plat et l’opposition parlementaire devant le fait accompli. C’est ainsi qu’un simulacre de session du Comité de Suivi de l’APG a été organisé le 07 mars 2007 pour décider de l’ouverture du Cadre aux satellites du RPT. Le président du CPDC, Faure Gnassingbé n’a pas entrepris de consultations pour concilier les positions autour du code électoral depuis près de deux (02) ans que les débats ont été clos sur le sujet. Le pouvoir a voulu user de force pour remettre en selle la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de Tozim Potopérè, mais a été débouté par la Cour Constitutionnelle.

          Faure Gnassingbé et les siens ne manifestent aucune envie d’entreprendre ces réformes, pourtant cruciales pour la clarté, la transparence, le caractère pacifique du scrutin, mais s’adonnent plutôt à une campagne électorale anticipée.

          « La campagne électorale est déclarée ouverte quinze (15) jours francs avant la date du scrutin. Elle s’achève le vendredi précédant le scrutin à minuit. Nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors de la période réglementaire ». Cette prescription du code électoral en son article 85 est piétinée par le pouvoir. C’est une véritable campagne électorale qui est enclenchée par et au profit de Faure Gnassingbé. Le présumé complot contre la sûreté de l’Etat a servi de prétexte idéal.

          Des manifestations publiques sont improvisées pour condamner la tentative et on profite pour faire un clin d’œil à l’électorat. Les déclarations faites à ces occasions en disent long. On n’hésite pas à appeler ouvertement la population à voter Faure en 2010. Lors des marches de soutien qui ont suivi l’éclatement de l’affaire, on a vu sur les écrans des manifestants habillés de tricots à l’effigie de Faure Gnassingbé et bardés du message, à Blitta, à Dankpen. Les populations sont mises à contribution pour simuler des soutiens au chef de l’Etat.  Les chefs traditionnels de la préfecture des Lacs se sont illustrés il y a quelques semaines à travers une marche de soutien éhontée. Comme si le chef de l’Etat est à l’écoute de ses compatriotes et répond promptement à tous leurs appels, Faure Gnassingbé s’est rendu en personne à Aného, en bon metteur en scène, pour remercier les gardiens des us et coutumes. Il n’a pas résisté à la tentation de faire des clins d’œil à l’électorat du coin, à coups de promesses de réfection d’infrastructures routières et autres.

          La jeunesse togolaise n’est pas du reste. De pseudo associations affiliées au RPT, au nombre de 100 se sont retrouvées vendredi dernier au Palais des Congrès pour jouer leur épisode du feuilleton.  Habillés de tricot à l’image de Faure, ils n’avaient d’yeux que pour lui. Le thème de la rencontre a été même délaissé au profit de la louange à Faure Gnassingbé. Un collectif, le G100, a été formé pour le soutenir. Au même moment, d’autres jeunes sillonnent le pays pour vanter ses mérites. C’est le cas d’un pseudo Mouvement de Soutien à Faure (MSF) qui a organisé récemment une tournée à travers le pays pour ce faire.

          Faure Gnassingbé même est descendu dans l’arène ce vendredi. Sa sortie l’a conduit dans le Wawa et environs. Officiellement le chef de l’Etat est parti inaugurer les pistes rurales. L’évènement nécessitait-il réellement sa présence ? Certainement pas, mais le « Leader nouveau » a fait le déplacement des lieux, et a profité pour draguer l’électorat du coin. Les propos tenus en disent long sur les réels motifs de ce déplacement présidentiel.

           Au demeurant, en abandonnant les réformes institutionnelles et constitutionnelles au profit de la campagne électorale, Faure Gnassingbé et les siens créent volontairement les conditions d’une élection aux issues incertaines.

Pablo E.

 

 

 

 

Sans détour : Les actes aux antipodes des mots

            « Le gaullisme vit sans loi. Il avance au flair. D’un coup d’Etat à l’autre, il prétend construire un Etat, ignorant qu’il n’a réussi qu’à sacraliser l’aventure » (François Mitterrand, Le Coup d’Etat permanent)

La Cour Constitutionnelle, la plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle, a tiré sur la sonnette d’alarme. «Le mandat du président ayant débuté le 4 mai 2005, date de prestation de serment, il est donc aisé de déterminer la date de l’élection présidentielle de 2010 au regard de l’article 98 du code électoral. Ainsi la date probable de l’élection présidentielle de 2010 se situe dans la période du 18 février au 5 mars 2010», précise le juge constitutionnel dans son communiqué du 13 mai 2009. Encore le chiffre 13 ? Passons. En fait, c’est un rappel à l’endroit des acteurs politiques et des médias surtout les «journaux privés » qui se seraient livrés à « une spéculation relative à la date de l’élection ». Tout est donc dit, les Togolais iront aux urnes dans moins de dix mois pour élire leur président. Ce sera un scrutin à grand enjeu. Il y a déjà une kyrielle de prétendants déclarés. On a d’une part ce qu’on appelle les « candidats sérieux », et d’autre part les « plaisantins » qui veulent juste enjoliver leur carte de visite.

Mais comment faire pour que le prochain scrutin présidentiel ne débouche pas sur les actes de violence ? Comment faire pour que les représentants des candidats dans les bureaux de vote ne soient pas empêchés de faire leur travail ou chassés ? Comment faire pour que ces représentants puissent entrer en possession des procès verbaux à l’issue du dépouillement public ? Comment faire pour que les résultats réellement issus des urnes soient publiés au lieu de ceux préétablis par la manipulation des ordinateurs ? Comment faire pour qu’une fois, le vaincu reconnaisse sa défaite et félicite le vainqueur ? Comment faire pour que les populations ne soient plus obligées d’écrire sur leur maison « déjà frappés »… ? Comment faire pour que le Togo entre dans le cercle fermé des meilleurs élèves en matière électorale ?

Voilà des interrogations qui taraudent les esprits des Togolais habitués aux scrutins avec violence. Ces inquiétudes seront dissipées si des réponses adéquates et concrètes sont apportées à ces questions. « Nous voici encore à la croisée des chemins, pour l’organisation des élections présidentielles que nous voulons tous justes, transparentes, équitables et non violentes. Quoi de plus légitime, dès lors que nous puissions ensemble, rechercher les voies et moyens les meilleurs pour y parvenir », déclarait la semaine dernière le ministre de l’Administration territoriale lors de la rencontre de restitution nationale des conclusions de l’atelier de Conakry sur le rôle du secteur de la sécurité dans la sécurisation des processus électoraux en Afrique de l’ouest. Le porte-parole du gouvernement a fait la même profession de foi dans les colonnes d’un journal de la place : « Je ne vois pas à l’heure actuelle des raisons évidentes qui puissent faire croire aux Togolais que 2010 sera un rendez-vous de violence. Les élections se tiendront dans les conditions de transparence et de non violence ». Aussi le chef de l’Etat s’est-il inscrit dans les mêmes veines en martelant devant les membres du corps diplomatique qu’il s’inspirerait du modèle ghanéen.

Cependant, les faits et les comportements des principaux acteurs contrastent avec ces bonnes intentions. Les discussions sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles sont au point mort juste avant et après les événements de la nuit du 12 au 13 avril dernier. Malgré les contestations de l’opposition, le gouvernement et le RPT ont, entre-temps, remis en selle la CENI historique de Tozim Potopéré dont le rapport des législatives d’octobre 2007 se fait désirer. De même, le gouvernement a, unilatéralement, commandé des kits pour la réactualisation du fichier électoral… Bref, ce sont les mêmes causes qui risquent de produire les mêmes effets. On va à l’aventure.

Zeus AZIADOUVO


Ça va se savoir : La discorde

Dans les traditions africaines, le bon sens interdit aux hommes certaines pratiques comme le partage d’une même femme par des frères ou des amis. Mais, de nos jours, cette règle est foulée aux pieds. On assiste également à une dépravation des mœurs.

Julien et Faustin étaient des amis inséparables depuis de longues dates. Ils avaient beaucoup de choses en commun et vivaient d’ailleurs comme des frères. Julien était âgé de 25 ans tout comme son ami et frère Faustin. Julien est un informaticien chevronné et très actif dans son domaine d’action, Faustin, lui, est technicien en communication. Les deux amis avaient uni leurs forces et créé une entreprise de communication où chacun mettait son savoir-faire en jeu en vue de préserver l’investissement, et par ricochet l’emploi en ce moment où le taux de chômage va grandissant. Mais, tout leur rêve vola en éclats un jour parce que le diable était entré dans leur vie, pourtant solidement enracinée sur des pactes qui les unissaient.

Telle une incarnation d’un démon, Rachel, âgée de la trentaine et bien rodée dans l’art du sexe, possédait toutes les qualités qui faisaient d’elle une vraie professionnelle. Elle fit la rencontre de Julien un soir alors qu’elle trottinait dans le quartier administratif de Lomé à la recherche d’un client. Julien ignorait avec qui il avait affaire. Elle l’emmena tranquillement ce soir chez elle et ils se découvrirent dans la joie. Une fois à la maison, Rachel n’eut donné de temps à Julien qui perdit aussitôt la tête sous le charme de sa compagne. Cette dernière possédait et maîtrisait vraiment l’art de « gnapper» ; c’est son job. Elle avait pris soin de bien modeler Julien la nuit-là de manière à l’immortaliser dans sa mémoire. Julien eut du mal à quitter Rachel le lendemain matin. Mais, le travail  le contraignit à partir. Il lui donna pour la soirée, un rendez-vous au service. Ce qui fut fait et c’était l’occasion pour Julien de présenter Rachel à Faustin comme sa future épouse. Ils rentrèrent de nouveau chez Rachel la dompteuse pour une seconde nuit consécutive. Julien était soumis à d’autres phases du savoir-faire de cette dernière. Il prit goût et élut désormais domicile chez Rachel.

Tout chamboula quand un soir, Rachel passa à la maison. Julien était absent. Elle vit Faustin qui ne l’avait plus reconnue comme étant celle qui lui avait été présentée un soir, il y avait de cela deux mois. Elle comprit et se fit passer pour une nouvelle clientèle de la boîte. Faustin ne  put  résister au charme envoûtant de Rachel qui passa par tous les moyens dont elle disposait pour embarquer ce dernier chez elle. Tout comme elle l’avait fait avec Julien, elle le fit avec Faustin. Tout allait bien comme sur des roulettes. Faustin montrait de quoi il était capable, entrait et sortait dans la citè interdite, c’est-à-dire qu’il dévorait avec appétit la pomme à Julien quand subitement, l’on frappa à la porte. C’était Julien qui revenait du service. Rachel sentit que c’était son amant et ne pouvant rien faire d’autre parce que, obligée d’ouvrir la porte, elle indiqua sa grande armoire à Faustin qui s’y engouffra avec ses effets vestimentaires ramassés en hâte.

Julien entra et remarqua une anomalie dans le comportement de Rachel. Mais, elle prit le dessus. Tout fut découvert lorsque Julien décida d’appeler comme à l’accoutumée son collaborateur pour le compte rendu de sa sortie de l’après-midi. La sonnerie de Faustin tout nu et transpirant, retentit dans la chambre. Faustin ne pouvait même pas éteindre le portable qui était  dans l’une de ses poches introuvable dans l’obscurité qui régnait dans l’armoire. Julien alla malgré la résidence de Rachel, l’ouvrir et découvrit son collaborateur...

Tonton D


Libertinage

Le Commandant Atti comme le Capitaine Dadis Camara ?

          On ne finira jamais de parler de l’affaire « Faure-vi-Kpatchagan ». Chaque jour apporte son lot de révélations fracassantes. La dernière en date est celle faite par nos « con-de-frères » de Jeune Afrique, une révélation qui épingle « énormément et massivement » le Gros. Ici ce ne sont pas les kalachnikov, ni les roquettes, les obus, les pistolets automatiques et autres matériels de transmission qui constituent le corps du délit, mais une clé anglaise, kéi, une clé USB qui servirait à ouvrir les portes du Palais de la Marina.

 Selon le plan mijoté par les présumés putschistes, ceux-ci devaient prendre l’exemple sur la vaillante et courageuse armée guinéenne qui n’avait trouvé mieux que d’opérer  en décembre dernier un coup d’Etat macabre contre  le cadavre de Lansana Conté. Ainsi comme le Capitaine Dadis Camara du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement), c’est le Commandant Abi Atti du CNRR (Comité National de Rectification et de Réconciliation) qui serait le nouvel homme « Faure » du Togo. Seulement, la junte au pouvoir à « Gnassingbéland » n’a dirigé le pays que dans les rêves, le plan ayant été capoté avant les capotes et les cerveaux du complot encagés. « Le ministre Kpatcha m’a dit qu’il a le soutien des Américains et qu’il leur a soumis une liste des officiers pouvant assurer la transition et que j’ai été préféré par ces derniers », aurait confié le Cdt Atti avec beaucoup de remords. Mais le fauteuil de « Faure-vi », il ne verra jamais sa couleur. L’éphémère Présidence de la République n’aura duré que le temps où elle a été rêvée. Adieu pouvoir, honneur, bonheur, grandeur !

Les « bitosards » reprennent du service

          En cette période de dèche ambiante où les Togolais tirent la queue par le diable, pardon, le diable par la queue, des « bitosards » patentés qui ne manquent pas d’imagination ont trouvé des moyens ingénieux pour se faire des sous : la création d’associations fantoches. C’est ainsi que pour extorquer du pognon au Fils du Père, un collectif d’ associations bidons,sorti de nulle part et pompeusement baptisée G100 est mis sur pied pour soutenir le « p’ti » en 2010. C’est à croire que « Faure-vi » est en train de tomber et qu’il faille le maintenir debout.

 Les mauvaises langues racontent que les membres du fameux G100 ne sont en fait que des anciens liseurs professionnels de motions, ceux que « Faure-vi » appelle les « nostalgiques  du retour en arrière » qui, dans un passé récent, se relayaient dans les jardins de Lomé II pour chanter des louanges au Timonier et vilipender les leaders de l’opposition. Mis en chômage technique avec l’avènement du « p’ti », ces nostalgiques du retour en arrière ont trouvé d’autres souliers à leurs pieds : se regrouper en  collecctif d’associations pour venir en appui au Fils de la Nation. L’idée n’est pas mal. Le 15 mai dernier, les membres du G100 ont été convoyés, comme des pilchards, par des camions au Palais des Congrès où ils ont organisé un forum national sur leur rôle dans le processus électoral. A la fin des assises, le pactole qui est d’ailleurs l’objectif premier visé par  la rencontre est tombé. Et comme on pouvait si attendre, les premiers responsables se sont taillé la part du lion et ont distribué 1000 F (1,53 euro) à chaque participant. Ce que beaucoup de jeunes ont considéré comme une insulte à leur endroit. C’est sous des déluges de jurons qu’ils se sont séparés. La prochaine fois qu’on les appellera, sûrement qu’ils ne répondront pas.

Kofi « Igname » et Faure Eyadéma en campagne

          Février-mars 2010, c’est à la fois loin et très proche. C’est presque demain. Il faut donc se lever tôt  car, comme l’enseigne le proverbe, ce sont les oiseaux matinaux qui arrivent à avoir les insectes dodus. « Faure-vi » Eyadéma et Kofi « Igname » l’ont bien compris. Les deux présidentiables ont engagé une course de fond contre 2010, une campagne avant la lettre, histoire de prendre de l’avance sur les autres prétendants au fauteuil « gnassional ». Le « Bassarois », affirme-t-on, a déjà installé son QG de campagne quelque part dans la belle poubelle à Lomé et sillonne actuellement avec une équipe de jeunes étudiants, le nord du pays dans tous les sens pour rallier les populations à sa cause. Semble-t-il qu’il a une forte chance (90%) de l’emporter en 2010. C’est ce que croit savoir son entourage. On attend 2010 pour voir si leur prévision est juste.

          De son côté, « Faure-vi » Eyadéma aussi ne se donne plus de repos. Utilisant généreusement les moyens de l’Etat, il multiplie les visites dans les localités de l’intérieur, harangue les foules et leur fait des promesses de Gascon. La semaine dernière, il était dans les plateaux où il promit monts et merveilles aux populations de cette région. La semaine d’avant, ce sont les têtes couronnées des Lacs qui ont réservé au Fils du Père un accueil authentiquement togolais, fait de marche de soutien et de lecture de motion. Ses ministres Komlan Bamako et Victoire Dogbé sont également sur tous les fronts et, au nom de la générosité sans nulle autre pareille du chef de l’Etat, font des dons aux populations. Cela suffira-t-il pour séduire l’électorat à lui accorder un second mandat en 2010 ?

Regain d’insécurité à « l’eau-mé »

          L’insécurité faisait il y a quelques mois la pluie et le beau temps à « Gnassingbéland », ce qui suscitait  la colère de la population. Les Togolais devaient s’armer pour lutter sur deux fronts : la faim et l’insécurité. Les gangsters badinaient avec la vie des citoyens. On comptait des morts, des blessés, des mutilés, des fessés, des appauvris, des violés, des sidéens. Sous le coup des critiques les plus amicales, le ministre de « l’insécurité », Atcha « Kplikplitina » trouva la solution miracle pour la  sécurité. Ce fut l’organisation en grande pompe des journées portes ouvertes sur son département. Sur les lieux, les «kpoliciers » se sont bien amusés avec les civils inoffensifs par des démonstrations de karaté et d’établissement des cartes d’identité. Les quelques rares brandits arrêtés, plutôt envoyés « apaisement » dans l’au-delà  avaient été bandits comme des trophées du siècle. On avait cru que le « p’ti » allait au moins épargner  la population de l’insécurité. Mais depuis un certain temps, dame insécurité signe son retour triomphal dans la cité.

On constate le regain des hold up, des cambriolages, des rackets. Il ne se passe pratiquement de jour où les malfrats n’opèrent dans les quartiers, notamment ceux de la périphérie. Il y a deux semaines à Attiégou,  deux maisons ont été visitées par des voleurs. Les habitants, après être allègrement fessés, se sont vu dépouiller des portables, des sous, des bijoux. Une boutiquière elle autre, a été cambriolée par des hommes cagoulés. Les mêmes scénarii se sont déroulés à Anfamé, Kodjoviakopé sous les yeux désabusés des victimes. Toute porte à croire que la vie des Togolais est le dernier souci du ministre. Il doit certainement passer son temps à gérer impeccablement les dossiers des marches de soutien au « p’ti ». Ainsi va la République !

Le « p’ti » s’entoure des hommes de confiance

          Depuis que cette affaire de coup d’Etat a déposé ses bagages à Lomé, les Togolais surveillent leur prégo comme du lait sur le feu. Toutes ses actions sont passées au peigne fin. On trouve que ses sorties infatigables et magnanimes à l’intérieur du pays sont organisées dans l’attente d’une suite favorable en 2010. Le nouveau travail attribué à son ex garçon de course Komlan Bamako, chargé de distribuer les médicaments et les matériels de santé n’est pas fortuit.

Il se dit que le prégo veut redorer son blason auprès d’une population médusée par cette affaire de déstabilisation du pays et la mise au gnouf de son frère « El Kpatcho ». On classe dans le même registre le banquet des jeunes organisé en fin de semaine dernière. On raconte que ce forum s’est terminé en queue de poisson. Les jeunes qui ne pensent  qu’à leurs panses se sont fâché la colère. La rémunération qui s’est limitée à un tee-shirt et une modique somme de 1000F pour avoir poétiquement chanté et déchanté ne leur a  pas plu.

Les détracteurs accusent aussi le « p’ti » de placer  ses pions au sommet de l’Etat à travers les mutations opérées dans la haute hiérarchie militaire. On dit qu’il veut s’assurer une sécurité 200% garantie et surtout dorée afin de pouvoir dormir avec ses deux yeux. Les mauvaises langues racontent que le désormais ex-chef d’Etat major est débarqué parce qu’il est « Bassarois » et qu’on ne sait jamais, il peut basculer vers l’autre « Bassarois », Kofi « Gnaoun Gnaoun » qui désire manger aussi prégo en 2010. Vrai ou faux ? On ne saurait le dire. Mais n’est-ce pas qu’il faut s’entourer des hommes de confiance pour sa sécurité ?

De qui a peur « Faure-vi » ?

Depuis la nuit du 12 au 13 avril, on dirait que notre prégo « gnassional » ne dort plus le sommeil. Tous ceux qui sont impliqués dans le fameux complot et le cerveau présumé « El Kpatcho » ont été mis aux arrêts. Le « p’ti » fait le ménage dans la maison et toutes les mesures sont mises  en œuvre pour que « les nostalgiques de l’ordre ancien » soient mis hors d’état de nuire.  Malgré toutes ces tractations, le « p’ti » ne semble pas satisfait.

Il se dit que les jours suivant le coup d’Etat avorté, « Faure-vi Vodoua» allait à la présidence et faisait ses courses incognito sans bruit, sans fanfare et son cortège ne gênait plus les gens sur la route avant de passer. Ses  détracteurs racontent qu’il aurait peur de tout le monde, même de son ombre. Maintenant que la tension a un peu baissé, tout le tralala a encore commencé. On se rappelle même que le jour de la célébration du quarantième anniversaire de l’indépendance, il s’est caché derrière une vitre blindée pour suivre le défilé « kpooo ».  Mauvaise vie vaut mieux que la mort, nous a-t-on appris. Dans le cadre toujours de l’atteinte à la sûreté de son fauteuil, le « p’ti » a ajouté un de ses amis « mon pays » au  «gou-vraiment ».   Les mauvaises langues disent que cette nomination n’est pas fortuite, que c’est une manière pour le « p’ti » de s’entourer de ses amis serrés  et aussi remercier le « Zénéral » pour son soutien indéfectible. On se rappelle qu’au lendemain de la catastrophe « gnassionale » bis déjouée de la dernière fois, le « zénéral »  était à la tête de la haute hiérarchie militaire pour soutenir  « Faure-vi » dans ces instants « fidiciles ».  Qui a dit que le « p’ti » n’a pas un cœur aussi grand que l’océan atlantique ?

Le Général Nandjan et son nouveau job

A « Gnassingbéland », lorsque le directeur de la TéVéTé, Kuessan le « Yovodévilois » débarque sur la télé des RePTiles, c’est qu’il y a quelque de très important. C’est ainsi que le dimanche dernier, le « con-de-frère » a encore fait une entrée catastrophique, comme il sait le faire,  à la fin du journal de 20h pour lire un communiqué tout chaud faisant état de nouvelles nominations. C’est ainsi que le « zénéral » Zak  a été nommé pour laisser le treillis et porter la  veste et cravate au Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise. C’est le « zénéral » de brigade aérienne,  Ayéva Essofa  qui va le remplacer. Le passement de jambe, que dis-je, la passation de service s’est déroulée le lundi dernier à l’Etat-major général des forces FATales à Lomé. 

Il paraît que le nouveau ministre était le premier sur les lieux. Les « kpakpatos » affirment même qu’il avait dormi là-bas. Lors de la cérémonie, l’ancien chef d’Etat-major « sourissait » jusqu’aux « zoreilles ».  On pouvait voir aisément la joie débordante qui l’animait. Alors qu’un  sentiment de fierté et de soulagement se lisait sur le visage du natif de Bassar, c’est un sentiment contraire qui se lisait sur celui de son remplaçant. Serait-il un cadeau empoisonné que lui laisse son prédécesseur ? En tout  cas, on verra comment l’ancien « mon pays » gâtera  les « Gnassingbélandais » de nos  coins reculés en eau potable. 


Au cœur des « mon pays »

Dogomangue : C’est comment ? J’ai appris qu’on a sauté votre chef de sa place.

Essozimna : C’est la vérité. C’est ici on est et la nouvelle est venue nous cogner comme ça.

Dogomangue : Mais c’est bizarre ce qui se passe maintenant dans le pays. On ne comprend plus  « rignin » de la « siiation ».

Essozimna : On va faire comment class ? On doit seulement faire doucement-doucement pour ne pas tomber dans des problèmes.

Dogomangue : Tu as raison parce que on ne sait plus qui est qui ? Comment vous avez  appris les nouvelles mêmes ?

Essozimna : C’est toujours chez les « Juliettes ». Toi-même tu connais comment ils sont. Mais certains ont vu ça sur notre télé. 

Dogomangue : Et quand vous avez appris ça, comment ça vous fait ?

Essozimna : On va faire comment ? Nous que tu vois ici là, on est qui ? Ce n’est pas nous qui donnons les ordres. On est là pour exécuter seulement.

Dogomangue : Est-ce que votre nouveau chef vient déjà dans la clôture ?

Essozimna : Déjà. Je « n’ai » pas encore rentré mais je sais qu’il sera dedans.

Dogomangue : Ce changement-là, c’est arrivé brusquement et on a plus cherché un autre poste au chef. C’est étonnant quoi.

Essozimna : Ne te bouscule pas trop. Tu ne vas jamais trouver quelque chose. Tu vas te fatiguer pour zéro.

Dogomangue : Et l’autre continue de venir ?

Essozimna : Il va rester où ? Il n’a pas perdu son grade et on ne l’a pas renvoyé de l’armée. Donc il a toujours sa place dans la clôture.

Dogomangue : Mais je vois qu’il ne va pas être content.

Essozimna : Tu fais comme si tu ne connais pas ce pays. Quand l’ordre tombe  «gbim » comme ça, c’est exécution directe.

Dogomangue : Ces changements rapides de dernières minutes m’ont beaucoup fait peur. Et je vois que ce n’est pas encore terminé.

Essozimna : On peut même emmener un enfant « bébé », ça ne me dit « rignin ». On peut même apporter la mer au Nord, je m’en fous. L’essentiel est que je garde mon boulot.

Dogomangue : Je vois que tout ceci accroche le problème de coup d’Etat au «p’tit». Qu’en penses-tu ?

Essozimna : Je ne qu’en pense « rignin ». D’ailleurs, il faut qu’on stoppe cette discussion pour ne pas tomber dans des problèmes.

Dogomangue : Tu a bien parlé. En tout cas moi je vais partir en même temps. Je dois courir quelque part.

Essozimna : Donc, on se croise après chez notre dame vers le soir.

Liberté N°506 du 18 mai 2009
Processus électoral de 2010 : Vers le sabordage des réformes institutionnelles et constitutionnelles

            Depuis quelques jours, on en sait un peu plus sur la date de la tenue du scrutin présidentiel de 2010. La Cour Constitutionnelle est venue préciser une fourchette, du 18 février au 5 mars 2010, comme devant voir le scrutin organisé. Cette sortie de l’institution d’Aboudou Assouma a le mérite de mettre un terme aux spéculations autour de cette date, mais met à jour par la même occasion un autre problème non moins sérieux, celui du sort des réformes recommandées par l’Accord Politique Global (APG).

          En effet, l’APG signé le 20 août 2006 avait le mérite de jeter  les bases d’élections apaisées au Togo. Il était recommandé une série de réformes institutionnelles et constitutionnelles visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Sur le plan institutionnel, étaient visées les questions d’intérêt national comme le fonctionnement régulier des institutions républicaines, le respect des droits humains, le caractère républicain de l’armée et des Forces de sécurité, les conditions d’éligibilité aux élections, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral. Les parties prenantes aux dialogues se sont également engagées à étudier la révision constitutionnelle, notamment le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier ministre, les conditions d’éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel, l’institution d’un sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle. Autant de chantiers auxquels s’ajoutent la lutte contre l’impunité, le processus Vérité-Justice-Réconciliation, entre autres. Il est constant que les discussions sur ces questions durent dans le temps. Le drame aujourd’hui est qu’on ne dispose plus d’assez de temps. Il ne reste qu’à peine dix (10) mois pour l’organisation de ce scrutin. Un délai assez court. Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) créé au forceps en février 2009 et qui a entamé les débats, est entré en hibernation durant un bon moment et n’a qu’à peine ébauché  le chantier. Même s’il est censé reprendre ses travaux incessamment, on a bien peur qu’ils n’apportent aucune avancée. On évolue donc vers le sabordage de ces réformes. Les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets. La volonté d’exclusion dont a toujours fait preuve le clan Gnassingbé est à l’origine des crises sociopolitiques. Des écueils discriminatoires ont été introduits dans la Constitution et dans le Code électoral juste pour écarter un candidat, Gilchrist Olympio. Et justement « toutes  les Parties prenantes au Dialogue ont reconnu la nécessité d’apporter au cadre électoral en vigueur les aménagements nécessaires pour garantir un processus électoral libre, démocratique et transparent, ouvert à tous les Togolais. A cet égard, elles ont convenu que des dispositions relatives aux délais de résidence et à l’exigence de présenter une copie légalisée de l’acte de renonciation à toute nationalité étrangère dont le candidat pourrait être titulaire soient supprimées pour les prochaines législatives », stipule l’APG en son point 1.2.2. Mais l’exclusion risque encore d’être au rendez-vous, en l’état actuel des choses.

          Ces critères ne sont pas supprimés, comme le recommande l’APG et le clan au pouvoir n’en manifeste d’ailleurs aucune volonté. Ses tenants réclament à tout bout de champ le passage par l’Assemblée nationale pour ce faire, sachant le RPT majoritaire. On se cachera certainement derrière la Loi constitutionnelle pour écarter d’éventuels concurrents.  Mais c’est oublier que c’est parce qu’il y a eu des problèmes que le Dialogue national s’est posé comme une étape nécessaire, et l’APG a le mérite de décrisper un tant soit peu l’atmosphère politique togolaise. Les écueils discriminatoires étaient introduits à l’époque dans la Constitution par le RPT pour écarter un rival, Gilchrist Olympio. Mais aujourd’hui en l’état actuel des choses, c’est deux (02) voire plusieurs candidats qui seront écartés de la course en 2010. Outre le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC), le patron de Sursaut-Togo, Kofi Yamgnane qui a dévoilé ses intentions, sera frappé par le critère de résidence et de double nationalité. Il ne reste que dix (10) mois pour le scrutin, alors que le délai de résidence est de douze (12) mois. Il y a déjà problème. Au-delà de ces leaders, c’est toute la diaspora togolaise qui sera écartée de ce scrutin pour lequel il a commencé à se mobiliser depuis un bon bout de temps, à travers des réflexions, des rencontres citoyennes et des propositions tous azimuts. Ce scrutin que l’on veut  crédible, apaisé et consensuel partirait sur de fausses bases. Les frustrations et les rancœurs seront davantage attisées et les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets. Un autre dialogue serait initié après l’élection, pour un éternel recommencement.

Pablo E.


Ménage au sommet de l’Etat : Léger remaniement ministériel et changement dans la haute hiérarchie militaire

Il a été procédé hier à un léger remaniement ministériel ainsi qu’à un changement dans la haute hiérarchie militaire.

Noupokou Dammipi qui dirigeait le ministère des Mines, de l’Energie et Eau, a dû céder une partie de son portefeuille au Général de Division aérienne Zakari Nandja nommé ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hydraulique villageoise. C’est un changement de poste pour ce natif de Kabou qui fut pendant longtemps Chef d’Etat major des Forces armées togolaises (FAT).

L’autre surprise est le départ du Général de Brigade aérienne Essofa Ayéva de la Présidence de la République. L’ancien Directeur du cabinet (DC) est nommé Chef d’Etat major des FAT. Cet officier très proche de Faure Gnassingbé fut un puissant DC qui était entre-temps ministre du Transport et des Travaux publics non déclaré.

Enfin, le Colonel Bally Wiyao, chef  corps de la Garde présidentielle, est nommé chef d’Etat major de l’Armée de Terre en remplacement du Général Béréna Gnakoudè qui n’est pas pour l’heure appelé à d’autres fonctions.

Y a-t-il une corrélation entre ces nominations et l’affaire d’« atteinte à la sûreté de l’Etat » ? C’est ce que croit un militant des droits de l’homme qui déclare que « Faure est en train de faire le ménage et de placer ses éléments les plus sûrs ».

E. Pierre


Retour sur l’affaire d’évasion à la prison de Lomé : Deux sergents-chefs réformés puis remis à la gendarmerie

            Le 13 mars 2009, nous publiions dans nos colonnes un article dans lequel nous informions le public de l’évasion du sieur Hermès Woamédé da Silveira, président de « Alliance des Patriotes pour l’Unité et l’Action », détenu à la prison civile de Lomé sans jugement depuis 2005. Il avait été arrêté à l’époque en même temps que cinq autres compagnons dans une affaire supposée de « coup d’Etat contre Faure Gnassingbé ». Eh ! Encore ! A l’époque, les autorités avaient déclaré avoir trouvé à son domicile des armes ainsi que 400 complets de treillis.

Le sieur da Silveira aurait réussi à tromper la vigilance de ses gardes dans la nuit du 10 mars 2009 aux environs de 23 heures. Sa fuite avait entraîné la mise aux arrêts des sergents-chefs (ou maréchaux des logis chefs) Kombaté Sougoulieb et Ayoda Bawibadi dit Doudou internés au camp militaire d’Adidogomé, siège du camp des gardiens de préfecture, pour les besoins de l’enquête. Aujourd’hui, soit un peu plus de deux mois après la survenue de cette disparition mystérieuse, les gardes du détenu directement concernés par cette affaire viennent d’être transférés du camp militaire d’Adidogomé à la gendarmerie de Lomé, menottes aux poignets. C’était le mercredi 13 mai dernier.

Rappelons brièvement les circonstances de cette évasion. Conformément à une habitude qui aurait cours à la prison civile de Lomé, et moyennant rétribution, les deux sergents-chefs s’étaient mis d’accord pour permettre au sieur da Silveira de se rendre à son domicile. Il fut à cet effet accompagné par le sergent-chef Ayoda Bawibadi. Arrivé au domicile où se trouvait Madame da Silveira, le détenu offrit un rafraîchissement à son garde, de quoi le préserver de tout ennui, le temps de refaire le chemin à l’envers. Il trahit la confiance du Sgt-chef en lui faussant compagnie. Le lendemain, l’information parvint aux supérieurs hiérarchiques. Et l’on connaît la suite.

Depuis le mercredi 13 mai 2009, suite au rapport du chef de corps à son supérieur hiérarchique, le Ministre Mohamed Atcha Titikpina, les deux hommes en uniforme ont été réformés (en jargon militaire, cela signifie : radiés du corps des gardiens de préfecture) et remis à la disposition de la gendarmerie qui devra s’occuper de les déférer à la prison pour prendre la place de celui qui les a semés si habilement, en attendant d’être jugés et condamnés.

Commentaire

Il convient de dire qu’à LIBERTE, nous n’avions pas hésité à prendre cette affaire d’évasion avec circonspection et beaucoup de méfiance, eu égard au pays dans lequel on vit. En effet, à l’époque nous nous étions dit, qu’il ne serait pas à exclure que l’on pouvait faire disparaître le détenu par homicide, et puis, prendre ces deux gardiens de préfecture comme des faire-valoir que l’on ferait semblant, dans un premier temps, d’arrêter puis les libérer en catimini ensuite. Ainsi, jours après jours, mois après mois, le dossier sera rangé au placard et définitivement clos. Ainsi vit le Togo.

Aujourd’hui que nous avons la certitude qu’il s’agit de fait réel allégué en mars dernier, nous reconnaissons que le sieur da Silveira Hermès Woamédé a effectivement pris le large. Autrement, les deux maréchaux des logis chefs ne seraient pas réformés et remis à la disposition de la gendarmerie nationale. Mais la question qu’il y a lieu de se poser est celle-ci  : pourquoi da Silveira et ses co-détenus dans cette affaire demeurent depuis 4 ans sans jugement et qu’ils continuent à croupir dans les geôles ? Le dossier est-il vide par hasard ?

Quelle leçon retenir de cette triste mésaventure ? La leçon va prioritairement à nos frères en uniforme puis à tous ceux qui ont perdu toute notion de dignité, d’honnêteté et d’honneur : Il faut apprendre à se contenter du peu que nous procure notre travail quotidien fait honnêtement, au lieu de vouloir s’enrichir sur le dos des autres (même des malheureux) à tous les prix et sans honte. L’excès de « gourmandise » et l’insatiabilité conduisent à la perte. L’Etat y a une grande part de responsabilité, il faut le dire net.             

   Alain SIMOUBA


Préfecture de l’Avé : Un jeune homme englouti par la terre à Noépé

Dans la journée du samedi 16 mai, aux environs de 9 heures, un jeune dont l’âge oscille entre 15 et 16 ans travaillant à Noépé, dans le quartier Agblékpui, à l’érection d’un puits, a été englouti par le sable suite à un éboulement. Le propriétaire des travaux, alerté par le chef chantier est arrivé sur les lieux du drame sans pouvoir rien trouver comme solution.

C’est alors que le chef chantier s’est rendu à la brigade de Gendarmerie du village pour faire un rapport. Il convient de signaler que dans cette préfecture, le problème d’eau se pose avec acuité. C’est ainsi qu’ils en étaient au troisième puits sur le même terrain à la recherche d’eau. Cette denrée rare n’avait pu être atteinte avant la survenue du drame.

Plus tard, les sapeurs pompiers arriveront sur les lieux. Ils ne pourront rien faire pour retirer la victime des décombres. Ils repartiront. Selon les informations que nous avons reçues, le Chef de la brigade de Gendarmerie conseilla aux villageois que, compte tenu de la précaire  stabilité du terrain et craignant un autre éboulement susceptible de faire d’autres victimes, il était préférable de remblayer le puits en érection, enterrant la victime dans cette abîme.

Les villageois n’avaient pas voulu entendre cela de leurs oreilles. Ils se sont mobilisés pour l’en sortir coûte que coûte. Hier dimanche, une foule estimée à environ un millier de personnes s’affairait autour des décombres pour arriver à ses fins, y compris bien sûr des curieux, comme c’est le cas souvent dans de pareilles situations.

Il faut signaler que l’infortuné est un orphelin de père et de mère. La population parviendra-t-elle à extraire le mort ? N’y parviendra-t-elle pas? C’est la grande interrogation. Au moment où nous bouclions hier, les travaux de dégagement du sable se poursuivaient.

Alain SIMOUBA


Élections apaisées au Togo : Les acteurs impliqués dans le processus en atelier  de restitution

Un atelier de restitution nationale des conclusions de l’atelier de Conakry sur le rôle du secteur de le sécurité dans la sécurisation des processus électoraux en Afrique de l’Ouest s’est tenu les 13 et 14 mai derniers dans un hôtel de la place.

Organisé par le Haut commissariat des nations  unies pour les droits de l’homme (HCDH) et le Centre de nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC), cet atelier a regroupé les différents acteurs impliqués dans le processus des élections. L’objectif, selon les organisateurs, est de procéder à une appropriation nationale de l’atelier de Conakry (24 au 28 novembre 2008) qui s’adresse à un certain nombre d’acteurs étatiques et non étatiques dans le but d’œuvrer  pour la tenue en Afrique de l’Ouest, d’élections non violentes et conformes aux standards internationaux.

Après deux jours d’intenses travaux, les participants ont formulé certaines recommandations indispensables pour la tenue des élections dans un contexte autre que celui de la violence auquel la sous-région ouest africaine était habituée.

La réforme du secteur de la sécurité, les bonnes pratiques  en matière de sécurisation des processus électoraux, les campagnes de sensibilisation à la culture de la paix et à la prévention de la violence, la professionnalisation  des forces de sécurité afin qu’elles soient parfaitement professionnelles, le rôle des ONG, des médias, les partenaires en développement, sont entre autres les  points proéminents inscrits dans les recommandations. 

A la clôture, le ministre de l’Administration territoriale de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Bodjona a rassuré les organisateurs de la bonne mise en œuvre  de ces recommandations par le gouvernement togolais. « Le gouvernement le fera d’autant plus qu’il entend par là démontrer à la famille des partenaires en développement  et à la communauté internationale, sa capacité à encadrer, conformément aux textes en vigueur, les actions des uns et des autres, afin que ce scrutin ne soit du point de vue organisationnel, qu’une étape atteinte et non une destination par excellence », a-t-il dit avant d’ajouter que « c’est le lieu de continuer à tendre la main aux acteurs de ce processus, en premier aux chefs des partis politiques, pour que la cohésion nationale soit intacte à toutes les phases du processus électoral ».

M. Musa Gassama et Mme Jacqueline Seck Diouf, respectivement Représentant du HCDH au Togo et Directrice de l’UNREC ont rassuré les acteurs du soutien  de leur département pour l’organisation d’élections apaisées.

Coco Tchak


Sans détour : Faure et le développement par les marches de soutien

            « Pour le reste, plus une cause est grande, plus elle offre un grand asile à l’hypocrisie et au mensonge… » (André Malraux, L’Espoir)

            « C’est un message de paix que je viens porter, ce message de paix que vous-mêmes, vous avez délivré à travers la télévision à la nation tout entière et à moi-même. Je viens vous dire que j’ai été tout à fait réconforté par cette manifestation et par le soutien que vous nous avez apporté. […] C’est pour cela que j’ai été touché par ce que vous avez fait, et à travers vous je sais que, ce sont vos populations, ce sont les sentiments que ressentent vos populations et vous avez voulu me délivrer. Et cela d’autant plus que nous ne le faisons pas pour des intérêts politiciens ». Voilà les propos qu’a tenus le chef de l’Etat devant les chefs et prêtres traditionnels de la préfecture des Lacs après avoir assisté à une messe catholique à Aného. Sans langue de bois, Faure Gnassingbé se reconnaît dans la dernière sortie des têtes couronnées de cette localité et en est même heureux. Il a certainement apprécié la chanson  que cette vieille dame a exécutée à son honneur.

          Ces déclarations démentent le discours hypocrite de Faure Gnassingbé qui, au début de son arrivée au pouvoir, assénait que « lui c’est lui, moi c’est moi ». La formule consacrée pour marquer la rupture entre l’ancienne corde incarnée par son géniteur feu Eyadèma et la nouvelle dont il est le porte-flambeau. Mais plus les jours passent, plus Faure montre qu’il est le digne fils de papa, confirmant l’adage « tel père, tel fils ». Lui qui traitait tout récemment certains Togolais dont ses propres frères de « nostalgiques du retour en arrière », s’accommode des pratiques du passé et des comportements qui ont retardé ce pays. Avec ces histoires de marche de soutien, son père avait habitué une partie des Togolais à la vie facile et à la paresse. Au lieu de cultiver leur jardin pour faire du pays « l’or de l’humanité », ils passaient tout leur temps à inventer une histoire pour arracher au « Guide éclairé » les billets neufs. Ainsi, il était courant de voir des loubards réclamer la paternité de nombreux crimes commis au Togo et demander auprès du Général-président la rémission de leurs péchés. Pour leur permettre de renaître de nouveau, il les gratifiait des billets de banque. A l’époque, en dehors du recrutement dans l’armée, c’était la seule affaire qui marchait au Togo. Ce qui n’avait pas laissé indifférentes les populations des pays limitrophes qui venaient servir au père de Faure les déclarations qu’il aimait écouter.

          Aujourd’hui, le « leader nouveau » reprend à son compte les mêmes pratiques rétrogrades qui avaient marqué le long règne du  Père de la nation ». C’est connu de tous que Faure a aliéné ses compatriotes de la Région de la Kara en les transformant en machines de danses qui agrémentent ses séjours ainsi que ceux de ses hôtes dans la localité. De l’aéroport de Niamtougou à la résidence familiale à Pya en passant par Kara, des gens sont toujours présents pour déhancher et chanter à la gloire du fils qui a « brillamment » succédé à son père. Le tout contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes, juste ce qu’il faut pour soulever une boule de pâte.

          Dans la même logique, il affectionne les marches de soutien comme son père. Ceux qui disent que  ces manifestations de soutien sont le fait de son entourage, doivent changer d’avis. Elles sont une émanation du chef de l’Etat lui-même qui veut être flatté et « réconforté » après que son demi-frère eut voulu « attenter » à sa vie et à son pouvoir. Peut-être, c’est la nouvelle trouvaille de Faure : le développement par les marches de soutien. On croit savoir qu’avec cette politique, le Togo va atteindre d’ici 2010 les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Zeus AZIADOUVO


Ça va se savoir : L’asile

          Depuis quelques semaines, Alice était dans le collimateur de ses parents parce qu’elle avait été découverte en train de se masturber avec un engin de la forme d’un cobra humain qu’elle s’était procuré auprès d’une touriste de passage dans le pays. Depuis le départ de cette dernière qui, sûrement, avait  initié la jeune demoiselle à un nouveau mode de vie surtout en ce qui concerne les relations sexuelles, elle ne s’ennuyait guère. Elle se contentait bien évidemment de son objet en daim flexible qui n’avait rien n’à envier du vrai reptile d’un homme. Les rumeurs allaient vraiment bon train dans la famille sous le prétexte que leur fille était malade, qu’elle avait la folie puisque pour les parents, ce comportement était anormal.

          Ce matin-là encore, Alice avait terriblement soif de la chose. Elle alla tirer de la cachette son objet. Couchée, jambes grandement écartées, elle enfouit l’engin dans sa grotte intime et le manipula avec beaucoup de tendresse. Tandis que le reptile artificiel fermement tenu dans une main vrillait, la seconde manoeuvrait l’une des jolies prunes sur sa poitrine. Elle se tordait de plaisir et feulait sans se rendre compte  qu’elle ameutait son entourage. Découverte dans son action comme une personne malintentionnée prise en flagrant délit, toute la maisonnée s’était réunie à sa fenêtre pour vivre en direct l’événement. Tous alors se liguèrent quelques temps après et pénétrèrent la chambre. Tous chamaillèrent et à chacun de dire ce qui lui passa par la tête. Ils décidèrent alors d’évacuer sanitairement leur fille dans un asile du pays.

          Désemparée par l’absence de son engin depuis peu de temps, Alice, internée, voudrait bien se procurer du plaisir. Dans sa cellule, ses doigts qu’elle utilisait en ce moment ne suffisaient point pour se substituer à son engin préféré quand lui apparut, tel un ange un personnel soignant. Il était envoyé par le Psychiatre qui devrait s’entretenir avec elle. La « patiente » ne perdit pas de temps et se rendit aussitôt au bureau du jeune psy. « Quel est réellement ton problème ? Mignonne que tu es, je te prie de bien vouloir m’aider à t’aider », dit le toubib qui la fixa droit dans les yeux. Elle était évidemment belle. Elle ricana un petit moment puis reprit ses esprits et répondit à son interlocuteur. « Je ne cacherai pas de vous avouer que vous êtes aussi très mignon. J’aurai un mec comme vous, je ne serai pas amenée ici par ces fous qui me prennent pour une folle. De toutes les façons, je sais que je suis saine dans ma tête et que c’est plutôt eux-mêmes qui sont malades  et qui ont surtout besoin de votre aide. Bref, tout mon problème est amour », narra-t-elle quand elle quitta son siège et vint s’asseoir sur les genoux du médecin.

          Hâtivement elle plongea sa main dans le pantalon du toubib et saisit son boa qu’elle sortit. Celui-ci resta inactif, tel un monument, la regarda faire jusqu’à ce qu’ils se retrouvèrent dans la tenue d’Adam et  Eve. Elle enfouit le joli reptile dans sa tanière puis se lança dans une interminable montée et descente. Le médecin prit le train en marche quelques temps après, fouettant sans vergogne la fameuse patiente qui venait de lui faire part de son réel problème. La grotte fut aussitôt inondée des pluies torrentielles tombées de part et d’autre. A peine qu’ils se levèrent du fauteuil que la jolie demoiselle revint en arrière puis tint le bureau et courba l’échine, exposant alors la caverne qui se contractait encore à son hôte. L’envie s’empara de nouveau du toubib qui se tint derrière elle, la tenant par ses hanches superbement développées. Et ils reprirent les hostilités de jambes en l’air. L’homme, en lieu et place de seringue, assenait de vaillants coups à sa patiente qui feulait à outrance quand soudain surgit un gardien de l’institution accompagnée d’un autre patient très malade. « Ohhh ! Docteur !! Que se passe-t-il ? », interrogea le gardien. « Toutes ne sont pas folles, comme vous le prétendez. Je romps désormais avec mon statut de célibataire », répondit-il, chassant l’ouvrier pour enfin progresser dans ses œuvres.

Tonton D


Libertinage

Django n’était pas blindé

          On se rappelle, en sollicitant le corps électoral pour la présidence de la Fédération Togolaise de Football, le fils du père, Django, qui conduisait la liste « Perdons ensemble » avait déclamé à qui veut l’entendre qu’il est blindé contre les critiques et qu’il ne rougirait point si on lui décochait les flèches empoisonnées. Parole d’honneur, parole de militaire avait-il juré comme papa. Pour mettre un point d’orgue à son serment d’ivrogne, il signa et persista : « seuls les imbéciles ne changent pas ». Le fils du père avait tant et si bien ressassé cette assertion que beaucoup étaient parvenus à la conclusion qu’en fait Django  ne comprenait pas le sens de ce qu’il avançait. Aujourd’hui les faits semblent leur donner raison. A peine quatre mois qu’il est aux affaires il a déjà tourné casaque et montré à suffisance qu’il est un imb... qui ne changera jamais. Ne le connaissant que trop bien, on était de ceux qui l’avaient  prévenu qu’on n’entendrait pas « hoin hoin hoin » lorsque les critiques vont s’abattre sur lui comme un essaim d’abeilles. Tenez, il est certifié que les employés de la FTF que Django considère comme ses esclaves puisqu’il n’a aucune considération pour eux, trainent trois mois d’arriérés de leurs misérabilismes salaires.  Nos « con-de-frères » de Victoire Fm ont alors interpellé le président  de la FTF. Crime de lèse-Rock ! Django piqua une de ses crises de nerf et pendant un bon quart d’heure, il pêta, tempeta, vociféra et menaça nos « con-de-frères » au téléphone. Ça n’étonne personne, son attitude démontre qu’il est un fils à papa gâté qui a les larmes faciles. Rock Gnassingbé rouspète que le tiers des « ouvriers » qui travaillent à la Fédération sont des « gnocopines », des deuxièmes et  troisièmes bureaux d’Assogbavi  Espoir et de Tino Adjété et qu’il ne va pas sortir son argent à lui  pour les payer. A qui se plaint-il ? Passons.

          « C’est parce que je suis un Gnassingbé que chaque fois vous me critiquez », a pleurniché le fils du père à nos « con-de-frères ». Mais il avait promis changer de nom. Où en est-il? En tout cas, il n’a encore rien vu. Ça c’est l’urine, le caca même est derrière.

«Faure-vi» le bon samaritain

          A un an de la présidentielle de 2010, le « p’ti » a engagé une véritable course contre la montre. Comme un globe-trotter, le prégo chéri des nanettes de Lomé  ne se donne plus de répit. Arborant la tunique du bon Dieu, il sème à tout vent, dans les quatre coins du pays, le bonheur dans le cœur des « Gnassingbélandais». Ce sont  ses envoyés spéciaux, le ministre de la « maladie », Komlan Bamako et sa collègue du sous-développement à la base, Victorire Dogbé qui administrent des jouvences de sourire aux populations. Pendant que Komlan Bamako rénove les hôpitaux, gratifie les populations des dons de matériels de maladie plutôt de santé et de médicaments par-là, Dogbé Victoire, elle, distribue des matériels agricoles aux paysans au nom de la magnanimité légendaire du fils du père. Elle était la semaine dernière chez les oncles, tantes, cousines…de « Faure-vi » à Agou Avédje où elle a remis à 14 groupements du matériel agropastoral à hauteur de 8,5 « millignons » de F CFA et d’un appui financier direct de 7 « millignons ». «Nous avons pu équiper ces groupements grâce à l’appui personnel du chef de l’Etat qui a compris la préoccupation des communautés à la base », a glosé notre « ministricule ». Amen !!! C’est à croire que c’est à l’approche des échéances électorales que le « p’ti » a senti le besoin des populations. On a bien compris Madame la ministre. Le moment venu les populations le lui rendront au centuple. Tous les chemins sont bons pour acheter  la conscience de la populace. Il se ronchonne que le « p’ti » s’est transformé en un guichet automatique et octroie personnellement des crédits aux gens. Toute cette générosité dont le fils du père fait étalage le fera-t-il élire en 2010 ? Les Togolais étant ce qu’ils sont, vont-ils pérenniser la dynastie «gnassionale»? Wait and see!

M. « Milégoh » hanté par le fantôme?

            Qu’est-ce qui se passe au juste au ministère de la Communication et de la Culture ? Certains croient savoir que le ministre est hanté par le fantôme d’un vivant. Le spectre d’un être vivant, susurre-t-on, est plus redoutable que celui d’un mort. Il se passerait des choses incroyables là-bas. Il paraît que le fantôme de l’ex-ministre de la Communication Cornelius Aïdam troublerait  le sommeil de l’actuel locataire « Milégoh» Keyewa. De jour comme de nuit, il le voit partout en train de l’effrayer. La paranoïa est telle que le ministre « Milégoh » a décidé de se débarrasser de tout ce qui est associé ou porte le sceau de son prédécesseur. C’est ainsi que le 5 mai   dernier, rapporte-t-on, les meubles acquis auprès de  la société Togo Métal par Cornélius Aïdam auraient été retirés de la salle de conférence du ministère et remplacés au pied levé par d’autres mobiliers. M. « Milégoh » dit-on, est décidé à effacer toute marque de son ancien patron. C’est à croire que ce dernier est atteint de la peste ou de la grippe porcine.

          Semble-t-il  qu’il y a belle lurette que le courant ne passe pas entre les deux hommes qui se détestent amicalement bien. C’est en somme Barrabas et Jésus ou encore Tom et Jerry. Quand l’un a été sauté du ministère, le sort a voulu que ce soit son ennemi intime qui le remplace. Alors le successeur a décidé de régler les comptes au prédécesseur. La rancœur, quand tu nous tiens !

« Harryviste » attendu pour amuser la galerie

          Depuis quelques jours, on fait état du retour imminent de l’« Harryviste » Olympio, président du RSDD. Celui que les mauvaises langues appellent l’amuseur public a pris la poudre d’escampette quand la gendarmerie s’est lancée à ses  trousses. Il serait amusement impliqué dans une affaire de cocktail Molotov balancé dans l’enceinte de la Brigade de la gendarmerie nationale à Lomé. Cette affaire avait estomaqué les Togolais qui n’ont pas saisi  le mobile de cette vraie-fausse action. Pense-t-il déstabiliser le pays avec un tel corps du délit suffisamment inférieur à celui d’El « Kpatcho » ? On se le demande.

          On raconte que ce retour s’explique par la politique de la réconciliation  et de la main tendue du « p’ti ». Ne risque-t-il pas d’être chaleureusement cueilli ? Telle est la question que se posent bon nombre de Togolais qui croient dur comme fer que la réconciliation annoncée à grands renforts de publicité n’est qu’un serpent de mer. On assimile ce retour aussi à l’arrestation d’« El Kpatcho ». Il se dit dans les milieux non autorisés que c’est lui qui veut appréhender l’« Harryviste ».

          L’exilé baptisé show boy, entend participer dans la complaisance à l’élection présidentielle de 2010. Il faut donc s’attendre à ce qu’il dame le pion à son coéquipier, Fo Nico, prégo du « PRRigolo» qui doit certainement s’ennuyer faute de concurrent. En effet, les deux politicards sont connus pour être des plaisantins, des guignols d’Abidjan qui n’hésitent pas à entretenir l’ambiance. De toute façon, l’atmosphère trop tendue sera détendue avec ce retour probable de l’ « Harryviste » au grand bonheur des  nombreux stressés de la république.

Une noix de coco à la présidence

          La liste des candidats à la course au trésor de 2010 s’agrandit. Après Fo Gil de l’UFC, Kofi «Gnaoun Gnaoun » du sursaut-Togo et l’ange Gabriel du parti OBUTS, c’est le tour du grand inconnu Hospice « Cocovi » de révéler son appétit de gouverner ce pays. C’était lors d’une conférence de presse tenue mardi dernier à son siège pardon, dans son domicile. Aura-t-il des arguments à faire valoir devant les poids lourds comme  UFC, RPT, CAR et même face aux partis microscopiques ?   « Cocovi » dit  compter sur le soutien du peuple plutôt des nationalistes togolais en tant que petit fils d’un nationaliste de l’époque coloniale, Augustino Pa de Souza.

          Par ailleurs, pour sa première sortie, l’ancien taximan n’a pas été tendre avec le régime. « Un président qui accumule mandat sur mandat ne peut jamais être à l’écoute de son peuple, il n’en fait qu’à sa guise puisqu’il est sûr d’être réélu d’une part grâce à une fraude électorale massive sans compter, d’autre part, de gigantesques pillages et détournement de fonds publics auxquels il peut se livrer en tout impunité puisque toute la nation devient sa propriété privée », a-t-il  fustigé.

          La soixantaine, homme d’affaires, directeur de société, « Cocovi » estime que l’UFC n’arrive pas à assumer ses victoires électorales, le défi que lui il pense relever. Nous autres, on aimera savoir ce qu’il fera lorsqu’au cours de la présidentielle prochaine l’armée, pardon, le peuple lui fait confiance. On lui souhaite tout de même bonne chance dans la politique atypique togolaise.

La politique de la poudre aux « zoeils »

Nos « zotorités » aiment faire du « mazin mazin ». A son accession à la souveraineté suprême de façon « glama glama » suite à par l’élection frauduleusement claire de 2005, l’homme était discret et parlait peu. Les populations se demandaient même si leur « prégo » était devenu  muet. Sur d’importantes questions alors que tout le monde attend qu’il prenne position, il ne dit rien et l’unique chose qui le préoccupait est le voyage.  Mais à l’orée de 2010, l’année où se déroulera l’élection « prégodentielle »,  le « p’ti » est devenu plus que « voyable ».  Il n’y a de manifestation qu’il ne patronne ou ne parraine. Que ce soit un jeu de petit poteau, de marelle, de « Jaskélé », de pique-nique à la plage les dimanches, le «prégo» est partant pour parrainer toutes ces manifs. Tout ceci dans l’espoir d’une suite favorable.  Par ailleurs, il y a eu des recrutements ça et là dans la fonction publique. Il paraît que depuis que ces nouveaux fonctionnaires ont été enrôlés, ils ne savent pas quoi faire sur leur lieu de travail. Certains n’ont trouvé mieux à faire que de se cacher dans les bras de morphée ou de jouer au ludo ou aux cartes.  Au moins eux, ils ont trouvé des moyens pour s’occuper. Ceux qui sont plus à plaindre, ce sont les nouveaux enseignants. Il se dit que depuis qu’ils ont été recrutés sur instruction du chef de l’Etat, ils n’ont depuis là reçu un seul centime. Peut-être que l’Etat est en train de leur épargner leur sou mais on craint qu’ils ne craquent sous le poids de la misère et des dettes. On dirait que les problèmes se sont multipliés après que ces enseignants ont trouvé du boulot. Alors qu’ils ont à payer le loyer, la scolarité de leurs enfants, ils sont contraints à  un carême «no limit» alors que le jeûn ne dure que 30 jours chez ceux qui « musulment » et 40 jours chez les  catholiques.

Quand les « mon pays» se fâchent

On ne parlera jamais assez des voleurs. Chaque jour que « Faure-vi » fait, ils font toujours parler d’eux. Ils volent tout le monde même les « mon pays ».  La semaine dernière, ils sont partis chiper deux motos à des « mon pays ». Ceux-ci garaient toujours leurs motos à la devanture de leur chambre et les retrouvaient chaque matin à leur réveil. Mais ce jour-là, ils ne retrouvèrent pas leurs engins. Leur sang ne fit qu’un tour. Ils sortirent pour voir s’ils pouvaient trouver un indice qui leur permettrait   de retrouver leurs motos. Ils retrouvèrent les traces des motos mais ne savaient pas où les trouver. C’est alors qu’une fille  de la maison voisine qui balayait la devanture a été sommée de cesser le ménage comme quoi les traces de leurs motos sont là et qu’ils ne veulent pour rien au monde qu’elles soient effacées. Ils allèrent ensuite signaler la disparition de leurs  engins au camp. A leur retour, ils remarquèrent que les traces avaient disparu. Ils se pointèrent au domicile de la jeune fille et l’interrogèrent. Ils en conclurent qu’elle savait quelque chose c’est pourquoi, elle n’avait pas obéït aux ordres. Ils embarquèrent la fille sous les plaintes de ses parents et l’enfermèrent  sous prétexte qu’elle connaissait les voleurs c’est pourquoi elle avait balayé la devanture pour faire disparaître les traces des roues.  La raison du plus fort n’est-elle pas toujours la meilleure ? Et quand les « mon pays » se fâchent  la colère ce n’est pas une mince  affaire. 


Visite du chef de l’Etat sur les  pistes rurales réhabilitées dans la Région des Plateaux

Le Togo est un pays essentiellement agricole,  une agriculture fortement marquée par les cultures de rente, à savoir le café, le cacao et le coton.

La Région des Plateaux, considérée comme le « grenier  du Togo», constitue la terre d’élection de la caféiculture et de la cacaoculture. Etant la région la plus arrosée, la majorité des plantations y sont concentrées surtout dans les territoires des préfectures d’Agou, de Kloto, d’Amou et de Wawa entre Atakpamé et la frontière du Ghana. Malheureusement, la région ne dispose pas de pistes rurales dignes de ce nom pour désenclaver les zones de production.

Pour permettre aux paysans d’écouler leurs produits, une convention  de financement sur les fonds STABEX 1990-94 a été signée entre le gouvernement togolais et l’Union Européenne  en vue de réfectionner entièrement les pistes rurales.

Au total, 145 km de pistes ont été réhabilitées et concernent la zone Nord Ouest de la Région des Plateaux, la préfecture de Wawa et la sous préfecture  d’Akébou. Démarrés le 1er octobre 2008, les travaux, qui s’élèvent à hauteur de 731 289 205 F CFA, ont pris fin le 31 mars 2009 et ont consisté au reprofilage lourd ou léger, au rechargement systématique ou ponctuel avec matériaux sélectionnés, à la construction  des ouvrages d’assainissement dalots, caniveaux etc et à des travaux de signalisation et divers.

Les 145 km de pistes rurales réhabilitées se répartissent comme suit : Katchabo-Route Mangoassé (16, 50 km) ; Danyikonda-Béthel (7, 60 km) ; Dzogbé-Atikpa (6, 10 km) ; Mangbé-Aboré (4, 50 km) ; Odomi Abra-Kpété Bibi (18, 60 km) ; Kougnohou-Brounfou (38 km); Wampakopé-Ovlogbofou (12 km) Zogbégan-Tétébé (42 km).

Le vendredi 15 mai dernier, le chef de l’Etat accompagné des ministres de la Coopération, de la Sécurité et celle  chargée du Développement à la base ont effectué une visite sur le terrain pour se rendre compte des travaux réalisés.

Partie  de Lomé à 7 heures par voie terrestre, la délégation est arrivée aux environs de 11 heures dans la région où elle a eu à   visiter  la plupart des pistes pour apprécier la qualité des ouvrages. Dans toutes les zones traversées, un accueil chaleureux a été réservé au chef de l’Etat et à sa délégation.

M.A.


Au cœur des « mon pays »

Blandé : Class, décidément l’affaire de « manger » président là, c’est tout le monde qui veut ça quoi !

Aboudou : Comment  toi, tu crois que c’est ? Être président ce n’est pas petite affaire. 

Blandé : Je sais ça très bien. Mais c’est comment les gens veulent à tout prix être à  cette place qui m’étonne.

Aboudou : Moi aussi, je ne les comprends pas. Pourquoi ils cherchent même à prendre la place du « p’tit » ?

Blandé : Qui peut le savoir à part les « eux » mêmes ? Chaque jour qui va se  lever, tu vas écouter que quelqu’un a déposé candidature.

Aboudou : Entends class. A part les anciens-là, il y a encore un nouveau qui est entré dans la liste ?

Blandé : Donc, tu vas me dire que tu n’as pas appris les nouvelles ?

Aboudou : J’ai appris beaucoup de choses sur tout  ce qui se passe chez nous mais je n’ai pas entendu que quelqu’un veut déposer candidature.

Blandé : Quelqu’un veut déposer ou a déjà déposé ?

Aboudou : Comment ?  J’étais où et je n’ai pas écouté ça ? Donc nos opposants sont beaucoup alors !

Blandé : C’est ce que j’ai constaté. C’est  l’élection présidentielle qui les fait montrer leur vrai visage.

Aboudou : Donc, ils sont nombreux mais ils se cachent. On va les connaître un à un avec cette élection-là.

Blandé : Au fait class, qu’est-ce que le « p’tit » leur a fait et ils veulent le changer?

Aboudou : Comment je vais le savoir ? C’est comme ça l’homme. Il voit toujours le mal dans ce que fait son voisin.

Blandé : Donc, les candidats-là pensent que c’est n’importe qui, qui peut être président de la république ?

Aboudou : Laisse-les. S’ils veulent qu’on les appelle président, ils n’ont qu’à aller créer quelque chose et être son président et laisser le « p’tit » en paix. 

Blandé : J’ai appris que le gars qui vient de déposer candidature-là, est un « mon pays » chez les teints clairs.

Aboudou : Comme c’est là-bas il a travaillé, pourquoi ne pas « manger» président là-bas. Nous, c’est le « p’tit » on cherche. 

Blandé : En tout cas class, ils n’ont qu’à déposer. C’est le jour-là qu’on verra  qui est qui dans ce pays.

Aboudou : C’est le vrai mot que tu as dit ça. 2010 n’est plus loin et la figure de chaque personne sera claire. Pour le moment, ils n’ont qu’à continuer à déposer leur candidature.     

Liberté 504 de vendredi 15 mai 2009
Présidentielle 2010 : La Cour Constitutionnelle annonce les couleurs

          Le mercredi 13 mai 2009, le Président de la Cour Constitutionnelle du Togo, M. Aboudou Assouma a publié un communiqué dans lequel il rappelait que la question de la date de l’élection présidentielle est réglée par les articles 61 et 64 de la Constitution du 14 octobre 1992 et l’article 98 du code électoral et que, de ce fait, il n’y a pas lieu pour les médias privés et particulièrement la presse écrite, de s’engager dans une spéculation relative à la date de l’élection présidentielle de 2010, tel qu’il a été donné de le constater. Certaines publications, selon le Président de la Cour Constitutionnelle (CC), iraient jusqu’à envisager le report du scrutin.

          Aux termes de ces dispositions, annonce le communiqué, l’élection présidentielle doit se dérouler 75 jours au plus tôt et 60 jours au plus tard, avant la fin du mandat présidentiel en cours. La date probable de l’élection présidentielle de 2010 se situe donc dans la période du 18 février au 5 mars 2010.

Interrogations au détriment de la Cour Constitutionnelle

Un tel communiqué, dès sa diffusion, n’a pas manqué de susciter des interrogations inquiétantes aussi bien que rassurantes. D’abord, on est tenté de se demander, pourquoi une telle sortie du Président de la Cour Constitutionnelle à ce moment précis où tout semble bloqué au plan des discussions politiques devant déboucher sur l’organisation d’une élection sans violence en 2010. Ceci, depuis les événements de la nuit du 12 avril dernier relatifs à la prétendue tentative de coup d’Etat. Le pouvoir même semblait manifester très peu d’enthousiasme vis-à-vis des réformes institutionnelles et constitutionnelles devant s’opérer avant la tenue de la prochaine présidentielle, conformément à l’Accord politique globale (APG).

A preuve, le manque de volonté de la part du pouvoir de créer le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Ce qui fut fait visiblement contre le gré des autorités. La suite tous les Togolais la connaissent. On en était au blocage du CPDC, quand unilatéralement le gouvernement déposa à l’Assemblée un projet de loi portant modification de l’article 21 du code électoral que celle-ci modifia en session extraordinaire et ayant pour but de ressusciter l’ancienne CENI. Par ignorance des règles législatives, les députés RPT modifièrent l’article 32 du même code. Du coup, ils tombèrent dans l’illégalité.

Déjà l’intention de ressusciter la défunte CENI avait amené beaucoup d’observateurs à penser que le pouvoir voulait faire un forcing et démarrer les préparatifs de la présidentielle unilatéralement sans consensus, prenant prétexte du manque de temps. Or le pouvoir et le RPT avaient volontairement tout mis en œuvre pour mettre longuement en veilleuse les recommandations de l’APG. L’opinion nationale, dès lors, n’arrivait pas à comprendre pourquoi le gouvernement avait marqué si longuement peu d’empressement à s’engager dans la préparation de la présidentielle pendant qu’il était encore temps.

Si aujourd’hui, tel un cheveu sur la soupe, la Cour Constitutionnelle sort un communiqué sans qu’il y ait péril en la demeure, précisant la période à laquelle doit se tenir la présidentielle, les Togolais ont des raisons de s’inquiéter, car par le passé, et conformément à ses habitudes et à son attachement à l’illégalité, le pouvoir pond ce genre de communiqué qui cache mal des mauvaises intentions en préparation. Les Togolais se demandent avec raison, si avec la complicité de la CC, le pouvoir ne s’apprêterait pas à annoncer dans les tout prochains jours, des décisions unilatérales prenant de court toute l’Opposition avec le soutien et la complicité du facilitateur et de Communauté internationale aujourd’hui peu respectueuse d’elle-même. Car, il est de notoriété publique, que le pouvoir togolais est collé au respect des textes là où cela l’arrange et le foule au pied quand ça ne l’arrange pas.

Interrogations à l’honneur de la CC

          Dans un tout autre registre, les observateurs sont tentés de concéder le bénéfice du doute à la CC par rapport à l’analyse précédente. Cela est motivé par trois raisons fondamentales. D’abord du 2 au 7 mars dernier, la CC du Togo, pour la première fois de son histoire et sous le régime RPT, a eu à organiser un séminaire sur le thème : « Le contentieux électoral dans la perspective du perfectionnement des scrutins ultérieurs » à la suite duquel de nombreux dysfonctionnements ont été relevés et auxquels la CC voudrait remédier pour plus de crédibilité, ce qui ne pourrait qu’être à l’honneur de la Cour Constitutionnelle togolaise fortement décriée par le passé.

          Deuxième chose, il y a quelques semaines, cette Cour présidée par M. Aboudou Assouma, a eu à donner raison à l’UFC qui avait introduit des recours aux fins d’invalidation, à la suite de la modification en session extraordinaire par l’Assemblé nationale de l’article 32 mentionné plus loin. Cela aussi constituait une première au Togo, car il n’est pas de l’habitude de la CC de dire le droit, rien que le droit. Cela avait été salué par les Togolais qui ne vont cependant pas jusqu’à se faire d’illusion, attendant d’autres actes du genre pour croire que la CC au Togo fait peau neuve.

          Troisième et dernière raison, le juge Assouma, en 2008 avait eu à critiquer vertement la corruption au sein de la corporation et souhaité une réforme en son sein. Il n’avait pas été du tout tendre envers certains de ses collègues. C’est de bonne guerre. Seuls les imbéciles ne changent jamais, disait quelqu’un. Si le juge Aboudou Assouma, après avoir servi une mauvaise cause se rend compte, à la mort de son mentor, faisant confiance au discours de  Faure et à son équipe avec leur fameuse réforme de la justice, et décide d’aller dans le bon sens, où est son mal ?

Tout compte fait, dans un sens comme dans l’autre, on peut dire que la CC annonce les couleurs. Mais les Togolais ne veulent pas la voir aller dans le mauvais sens. Cela veut dire qu’après tous ces efforts positifs à mettre à l’actif de la CC du Togo et de son Président, il n’y a pas lieu d’observer une marche arrière. Ce sera au moins à l’honneur du pouvoir malgré toute la mauvaise foi et la mauvaise volonté du RPT observées jusqu’ici. En tout état de cause, prions que la mise au point faite dans son communiqué du 13 mai 2009 ne relève que de l’unique autonomie de la CC. La Cour Constitutionnelle doit jouer la carte de la crédibilité surtout après le séminaire de mars 2009.

Alain Simouba


Processus électoral : Reprise imminente des travaux du CPDC avec l’entrée effective des « trouble-fête »

Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC), personne n’en parle depuis les évènements de la nuit du 12 au 13 avril dernier, et même bien avant. Les membres ne se sont plus réunis depuis que les discussions ont été bouclées sur le Code électoral. Assez inquiétant, car c’est le processus électoral devant aboutir à la présidentielle de 2010 qui est dans l’impasse. L’attention de tous les politiques est retenue par  cette fameuse affaire Kpatcha Gnassingbé. Les gouvernants la brandissent comme argument pour mettre en veilleuse le processus. Ce qui ne fait qu’en rajouter au retard déjà accusé.

          Selon les indiscrétions, les travaux du CPDC devront incessamment reprendre. Ainsi on verra à nouveau les discussions renouées sur le processus.  Mais voilà, on devra encore compter  avec les coups fourrés du pouvoir. Cette reprise des travaux se ferait  avec le ralliement effectif des appelés de la dernière heure au CPDC, les parties signataires de l’Accord Politique Global (APG) écartées par les législatives d’octobre 2007, en fait les satellites du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et les autres bénéficiaires du clin d’œil du pouvoir dont les représentants syndicaux, les chefs traditionnels, les associations de la société civile et les personnalités. Il se révèle en plus que le chef de l’Etat se proposerait de déléguer son pouvoir  au CPDC à l’un de ces appelés de la dernière heure. Ainsi le clan se cacherait derrière cette nomination pour continuer ses coups tordus.

          Les agissements du RPT dans ce Cadre ne sont  d’ailleurs qu’une série de coups de force et de mauvaise foi. Le décret instituant cette structure a été pris dans sa forme primaire par le gouvernement de Me Yawovi Agboyibo et fixait comme critère de participation un taux de 5% aux législatives d’octobre 2007, bien avant ce scrutin. Le même décret a été repris par l’équipe de Komlan Mally. Mais ils ne sont jamais entrés en application à cause de la mauvaise foi du pouvoir. Il a fallu que l’opposition parlementaire hausse le ton en février dernier pour décider Faure Gnassingbé à créer le Cadre.

          Les discussions ont buté pendant plusieurs séances sur le recours en cas de blocage à la Facilitation et lorsque ce problème a été résolu, le RPT en a créé un autre. Bien coincé par l’opposition parlementaire au CPDC, Faure Gnassingbé et les siens vont manigancer pour l’élargissement du Cadre  aux satellites du RPT. Il a fallu juste une session bizarroïde du Comité de suivi le 7 mars pour ce faire. Champion dans les piétinements des textes, le pouvoir a outrepassé les recommandations de ce Comité de Suivi et ouvert le Cadre, outre aux PDR, CPP, CDPA, GF2D et REFAMPT, à des personnes et institutions qui n’y ont pas trop leur place. Les discussions sur le Code électoral à peine terminées, alors  que l’on attendait les concertations du Président du CPDC Faure Gnassingbé pour concilier les positions, le pouvoir s’empressa d’introduire discrètement un projet de modification des articles 21 et 32 visant très simplement la remise en selle de la CENI inique de Tozim Potopérè. Ce complot a été exécuté par les députés RPT avant que la Cour Constitutionnelle ne désavoue le pouvoir en rejetant ce nième coup de force.

          Si ces révélations se réalisaient, l’entrée effective des appelés de la dernière heure au CPDC sonnerait les glas du CPDC  quand on se rappelle la menace que brandissait l’opposition parlementaire. En effet l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) n’ont cessé de menacer de boycotter le CPDC si ces satellites du RPT le ralliaient effectivement. Les leaders de ces formations politiques sont revenus à maintes reprises sur cette menace au cours de leurs interventions publiques. Le risque est donc grand de voir ces partis la mettre  à exécution. Au grand bonheur du pouvoir.

          Faure Gnassingbé et les siens ont toujours voulu pousser à bout de nerf l’UFC et le CAR à boycotter le processus électoral pour leur donner toute la latitude d’organiser les choses selon leur bon vouloir. Le pouvoir ne manquera d’ailleurs pas d’arguments, dans l’état actuel des choses, pour ce faire, car la Cour Constitutionnelle vient de lui en fournir. L’organe d’Aboudou Assouma a fait une sortie il y a quelques jours pour préciser que le scrutin présidentiel de 2010 devrait s’organiser entre 18 février et  le 5 mars. Le risque est donc  grand qu’au regard du laps de temps qui reste- à peine 10 mois- et du retard accusé dans le démarrage du processus et des chantiers qui restent à entamer, le pouvoir ne verse sciemment dans la précipitation, un terrain favorable aux fraudes électorales. 

   Pablo E.


Œuvre de tant d’années en un an effacée : Le jeu malsain de l’UE contre le peuple togolais

          Dire que tout ce que l’Union Européenne et le facilitateur burkinabé Blaise Compaoré ont organisé entre 2006 et 2007 et continuent d’organiser jusqu’à ce jour, n’a été et n’est qu’un sale jeu délibéré concocté au profit du pouvoir en place et l’une des comédies les plus insipides contre les intérêts d’un pauvre peuple qui aura tout donné, jusqu’à ses pauvres  sandales usées, à la recherche de son émancipation, de sa promotion, de son affirmation et de son développement, il ne saurait y avoir, ma foi, rien de plus sournois, de plus capricieux, de plus malicieux, de plus dangereux et de plus criminel au monde contre un peuple, en dehors d’une guerre.

Si ce que connaît aujourd’hui le peuple togolais  ne s’appelle pas guerre, il faut dire tout de même qu’il n’en est pas très éloigné; une guerre qui ne dit pas son nom et qui ronge ce peuple lentement et au fil des ans, tel un cancer, pour finir par avoir raison de l’être tout entier. Cette mésaventure des Togolais semble, à y voir de près, amuser ce monde à la peau blanche qui, à tort, se prend pour civilisé. Franchement, l’indifférence et le silence actuels de l’UE face à la lenteur et au laisser-aller affichés par le pouvoir en matière de réformes dans la perspective de la présidentielle de 2010 n’arrête d’étonner plus d’un.

Les Togolais n’ont pas imaginé tous seuls ce dialogue ouvert en 2006 à Lomé. C’est bien une initiative de l’UE qui, selon l’illusion des naïfs que nous étions, devrait conduire les Togolais à la résolution finale de l’interminable crise qui les mine et dont le seul auteur se trouve être le régime quarantenaire qui refuse de se sortir de la tête, que la gestion d’une nation n’est pas une affaire d’un seul parti, encore moins d’une famille. Et, quand on prend une initiative dans laquelle on met des forces antagonistes face à face, on est lié par un devoir, et c’est la moindre des choses : celui de les assister jusqu’à la résolution totale des points qui constituent les écueils. Autrement, on n’aura rien fait. Les œuvres de tant d’années, ne peuvent pas être sacrifiées en une seule année. Malheureusement c’est ce que tout le monde constate aujourd’hui de la part de l’Union Européenne.

C’est, lorsque, les deux camps auront pu surmonter, avec le minimum de bon sens, leurs divergences et faire de la prochaine présidentielle de 2010 une réussite, que le monde entier appréciera comme ce fut le cas pour le Ghana, que l’UE pourrait se frotter les mains en poussant un ouf de soulagement et se disant : « Nous avons remporté une extraordinaire victoire en réglant définitivement le casse-tête chinois togolais ». Nous ne le dirons jamais assez, l’UE est en train de faillir gravement à sa mission.

Quand on se dit issu d’une race ou d’un peuple civilisé, on n’abandonne pas en si bon chemin et à leur sort, et quelles que puissent être les raisons, « des gens qu’on est venu civiliser en vain » et qui s’opposent au 21ème siècle, armés de machettes et de gourdins cloutés pour régler un simple différend politique dont on est censé détenir en tant que gens nourris de la sève vivifiante de la Démocratie européenne, la clé de la résolution de cet antagonisme : le rationalisme kantien et le respect des textes et conventions auxquels on a volontairement adhéré. A défaut de le comprendre, les responsables de l’Union Européenne deviennent des êtres difficiles de fréquentation et du reste des juges dangereux.

Que coûte-t-il à l’UE, face aux interprétations volontairement fantaisistes et erronées des textes de l’APG, d’appeler le RPT et le pouvoir de Faure Gnassingbé, du reste très mal élu, au respect de ce qui avait été convenu dans l’Accord politique global que les naïfs de tout bord parmi lesquels, l’Union Européenne elle-même, avaient qualifié le 20 août 2006 de très bel accord qui allait sortir les Togolais de leur crise, oubliant peut-être sciemment le jeu dangereux auquel le RPT et le pouvoir se sont toujours adonnés à loisir et sans vergogne ? Aussi longtemps que les responsables de l’UE garderont le silence sur nos nombreux articles  les mettant en cause pour leur silence coupable, il sera clair pour le peuple que son adversaire numéro un n’est plus le pouvoir togolais, mais bien le principal bailleur de fonds du pays, un complice éhonté et dévergondé du régime qui affame le peuple.

Qu’attend donc notre éminentissime UE, celle qui a jusqu’ici investi énormément de sous dans les différentes joutes électorales togolaises et dans les multiples dialogues inter-togolais, pour rappeler le pouvoir à l’ordre ? Si aujourd’hui, le ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, après la signature de l’APG dont il a participé aux travaux, se permet d’éructer sur RFI et donc à la face du monde, toute honte bue, que « le Cadre permanent de dialogue et de concertation n’est pas faite pour les élections de 2010 » et que de l’autre côté, son collègue Hamadou Yacoubou, ministre des droits de l’homme déclare que « la réconciliation nationale ne peut pas se faire avant les élections de 2010 », il y a lieu de dénoncer une banalisation par les autorités, des problèmes togolais qui font le lit de cette interminable crise et du coup, pointer un doigt accusateur contre l’UE qui a en charge l’aboutissement de tout ce processus de règlement de la crise togolaise, mais qui ne dit jamais rien. Alors, que de temps gaspillés pour rien depuis la frauduleuse de 2005 !

Allant dans le même sens, le sieur Eric Kpadé, ancien député RPT déclarait sur une radio locale, il y a quelques semaines, que sans la réconciliation nationale, le Togo continuera d’exister après 2010, cela veut dire clairement que réconcilier les Togolais est le cadet des soucis du RPT et de Faure. Si ce dernier et ses amis n’avaient pas le soutien de l’UE, engagée sans doute aveuglément aux côtés du pouvoir et de manière suicidaire pour ce peuple, Faure lui-même, tout en sachant que le caractère républicain de l’armée était devenu une exigence de la communauté internationale, n’aurait pas eu le courage de déclarer en décembre dernier devant les militaires du camp d’Adidogomé : « Est-ce que je peux compter sur vous pour 2010 ? ».

L’Union Européenne seule sait le sale jeu auquel elle s’adonne et aussi longtemps qu’elle ne sortira pas de son silence et de son indifférence face aux manœuvres du pouvoir tendant à prolonger indéfiniment la crise togolaise et la misère des Togolais, elle suscitera de l’indignation au sein du peuple. Les Togolais ne peuvent pas trimer dur pour pouvoir s’offrir « le luxe » d’un repas par jour, pendant qu’un ministre de l’actuel gouvernement s’offre celui de climatiser le garage qui abrite son véhicule. De la folie ! Le même ministre se serait offert un portail d’entrée de son domicile digne d’un vrai prince saoudien et dans cette misère ambiante. Le coût de ce chef d’œuvre s’élèverait, tenez-vous bien, à cinquante millions de francs CFA, ce qu’il n’hésite pas à vanter et à exhiber lui-même, selon certaines indiscrétions.

Comment des gens dits civilisés, à l’instar de ceux de l’Union Européenne peuvent-ils soutenir ceux qui n’ont cure de la souffrance de leurs concitoyens, contre ces derniers et qui se sucrent sur leur dos ? En toute chose, il y a bien des limites à ne pas franchir. Aider ou ne pas aider,  c’est un choix à faire et clairement. On ne peut pas se proclamer partisan ou promoteur de la bonne gouvernance, du développement, du respect des droits de l’homme et de la démocratie et soutenir ceux qui vont dans le sens contraire. C’est une grosse aberration et une incongruité.

Peut-on brandir pendant des années le carton rouge à un régime, puis soudainement, sans une réelle volonté affichée et éprouvée sur toute la ligne, en faire un ami ? Nous rappelons que toutes les conditions contenues dans les 22 engagements n’avaient pas été totalement respectées par le pouvoir avant que, dans la précipitation, l’annonce pompeuse de Louis Michel de la reprise pleine et entière de la « coopération » ne fût faite en 2008. L’année 2006 aura-t-elle suffi à elle seule pour amener l’UE après la signature de l’APG à se renier, oubliant qu’elle s’était fixé un idéal ? Elle a détruit presque en un seul jour, tout le beau combat pour lequel elle s’était engagée aux côtés du peuple togolais opprimé par la dictature d’Eyadèma  depuis 1993.

Alain Simouba


Sans détour : Pitoyables, les routes togolaises

«Le beau plaît immédiatement. Il plaît en dehors de tout intérêt» (E. Kant)

Au cours du  mois d’avril dernier, une Togolaise d’une trentaine d’années se rendit à Cotonou pour des raisons familiales. Aussitôt descendue de la voiture, elle héla un taxi-moto qui devait la conduire chez sa sœur. Chemin faisant, elle aperçut un échangeur made by Yayi Boni qui, sur le plan politique, s’emploie à clochardiser l’opposition et les médias. Curiosité oblige, elle dit au conducteur de la faire passer sur cette route «suspendue en l’air ». Ce dernier lui fit savoir que la voie qu’ils avaient empruntée ne permettait pas de traduire dans les faits les souhaits de la jeune femme. Bien qu’il lui signifiât qu’ils couraient le risque d’une sanction policière, elle insista. Le conducteur se résolut à faire un trait sur la prévention routière et s’engagea sur l’échangeur, pour le bonheur de notre compatriote. Quelques secondes plus tard, le Zémidjan fut interpellé par un policier. Habilement, elle s’empressa de prendre les devants des discussions : « Je vous en prie, Monsieur le policier. Le Zémidjan n’en est pour rien. Je suis Togolaise et je n’ai jamais vu ni emprunté ces genres de routes. C’est moi qui le lui ai demandé », avoua-t-elle sous le regard railleur du policier qui lui demanda : « Etes-vous DVT ? ». « Pardon, je n’ai pas compris », dit-elle. Et le policier de se reprendre : « Vous ne comprenez pas DVT ? Je voulais juste savoir si vous êtes directement venue du Togo ». Tous éclatèrent de rire et le policier leur ordonna de partir.

Cette histoire illustre bien la situation dans laquelle se trouvent les Togolais qui sont devenus de gros villageois par rapport à leurs sœurs et frères de la sous-région. Ils sont dépaysés quand ils se rendent au Ghana, au Bénin, même au Burkina Faso enclavé. La suspension du stade de Kégué et le transfert des matches des Eperviers à Accra ont permis à nombre de nos compatriotes de découvrir les merveilles de cette ville et ses nombreuses voies « suspendues à l’air ». Le récit de ces découvertes a toujours fait saliver les autres qui regrettent la levée de la sanction de la CAF. Ces échangeurs, ils ne les verront pas de si tôt.

Bien évidemment, « les nostalgiques du retour en arrière », une expression que nous avons tirée du dernier discours du chef de l’Etat, nous rétorqueront que le fait d’avoir des échangeurs ne signifie pas qu’on a atteint le summum du développement. Mais il faut reconnaître que notre pays a accusé un grand retard dans le domaine des infrastructures routières. Le Togo ne tient pas la comparaison devant ses voisins immédiats. Lomé, la capitale, a reculé « cent ans en arrière » par rapport à Accra, Cotonou, Ouagadougou et même Niamey. Les autorités togolaises ne sont pas en mesure d’entretenir les quelques sentiers dont le pays dispose. A chaque pluie, toutes les voies sont inondées et deviennent impraticables. Les rues replâtrées par le génie militaire se révèlent aujourd’hui un fiasco. Les trous bouchés il y a quelques mois par nos vaillants militaires sont rouverts et avalent tout usager. La latérite du keynésien Premier ministre, la nouvelle trouvaille qui a, entre-temps, enrhumé les Loméens, est déjà emportée par les eaux de ruissellement. A certains endroits, les populations riveraines n’hésitent pas à donner des coups de houe à ces routes pour y faire des canaux et drainer leurs maisons qui sont transformées en rigoles après le miracle du génie militaire. C’est le retour à la case départ, un perpétuellement recommencement.

Qui plus est, la plupart des routes de l’intérieur endommagées par les inondations de 2008, ne sont pas encore réparées. D’ailleurs, elles se dégradent davantage, obligeant les usagers à faire beaucoup de manèges et de zigzags. La conséquence de cette incapacité de nos gouvernants est la multiplication des accidents de circulation. Pendant ce temps, c’est le silence sur les nombreux appels d’offre qui ont été lancés au début de l’année en vue de la réfection de ces infrastructures.

Zeus Aziadouvo


Ça va se savoir : « Candaulisme » involontaire (3)

Caroline se releva mais tenait le mini boa de Marc dans sa main. Elle se mit à califourchon sur celui-ci puis enfouit la petite bête dans son antre. Elle prit par la taille le mec dont les pieds étaient plaqués au sol par les deux autres assaillants. Buste poussé en avant, Caro, comme l‘appelaient si affectueusement ses compagnons, telle une mère allaitant son bébé, poussa sa petite prune gauche entre les lèvres de l’embrigadé. Le prisonnier s’en saisit, regardant piocher son épouse à à peine un mètre de lui. « Occupe-toi de moi au lieu de t’intéresser à ce qui se fait ailleurs ! », déclarait la brute pendant que l’homme commençait par s’activer. Il a maintenant mordu à l’hameçon. Il se lança dans la course de « montée et descente » par un timide va-et-vient amorti par le poids de sa cavalière circonstancielle.

Marc vint à recouvrer sa liberté. Les deux assaillants lui lâchèrent ses jambes clouées au sol dans le sable fin depuis quelques temps. Ils le quittèrent, le laissant à la charge de Caroline. Ils vinrent alors à la rescousse au chef du gang qui leur a fait signe de la main. Ils n’en étaient pas à leur première expérience. Déjà, des mains caressaient tout le corps d’Estelle, pétrissaient ses prunes, fouillaient son anatomie, et elle gémit et se laissait aller. Estelle était maintenant à quatre pattes et les types la prirent à tour de rôle. Son époux la vit méconnaissable. Elle feignait de se remuer, allant à l’ encontre de ses amants. Ce n’était certainement qu’une sorte de préalable car avec Emile, ils en étaient à leur énième expérience de cette pratique sauf qu’elle n’a jamais connu ces deux nouvelles têtes. Marc depuis son observatoire regardait sa femme entretenue par plusieurs mecs. L’époux vit que sa femme se lâcha et voudrait bien en profiter à fond. « Allez-y plus fort », cria-t-elle.

Estelle, les yeux écarquillés, regardait son mari en train de labourer à sa manière la vache sous lui. C’est alors qu’un des types se plaça sous elle, puis elle se mit à califourchon sur sa queue. Vint alors le deuxième type qui se plaça derrière. Celui-ci essaya lui de l’enfoncer sa grosse et longue queue dans la grotte annexe. Elle ne disait toujours rien, mais se mordait les lèvres, fixant des yeux grandement ouverts son mari comme pour lui demander comment ça allait de son côté. L’homme se rappela que sous l’exigence de sa femme une fois, il était aussi passé par la caverne annexe, ce qui lui avait fait énormément plaisir et qu’elle avait si bien apprécié.

En cadence, ils rentraient et sortaient doucement, puis, de plus en plus vite. Marc suivait les interminables assauts des assaillants pendant que sa bien-aimée poussait des « han ! han ! ». A chaque coup de queue, ses yeux s’écarquillaient par réflexe et un filet de bave coulait de sa bouche qui lubrifiait le « truc » d’Emile, l’ex-copain. Estelle s’écarta davantage en guise de plaisir. « Oh oui ! Que c’est magnifique ! A fond… ! », s’écria-t-elle en prenant ses pieds. Des pluies torrentielles tombèrent de partout dans la grotte ; à côté, Marc et Caro vinrent à jaillir aussi abondamment. « J’avoue que tu es bien et je jalouse ta femme que je tenterai à tout prix d’évincer du foyer», chuchota Caro à son embrigadé. D’un coup, les assaillants disparurent, laissant le couple seul près de leur voiture.

Marc et  Estelle se regardèrent pendant un bon bout de temps sans se dire mot, puis reprirent leurs esprits. « La soirée a été pour moi très belle », poussèrent-ils en chœur en se prenant bras dessus, bras dessous. Autant de fois que le couple avait envie de cette ambiance, il se rendait au même lieu. Fin

Tonton D


Libertinage

« Faure-vi » cloué au sol

          Le « p’ti » ne doit pas être du tout content en ce moment. Depuis quelques temps, il ne s’adonne plus à son sport favori : les voyages. Il est connu de tous que « Faure-vi » est un oiseau migrateur. Il est sans conteste le plus grand voyageur de tous les temps. C’est un prégo qui aime les pérégrinations et qui est toujours entre deux avions. Il y a quelques jours, il s’apprêtait à prendre encore les airs pour le tourisme chez les Hin Hon quand les dieux de Pya Haut l’avertirent d’un coup de « tas » en préparation contre son fauteuil. Depuis, le « p’ti » est pris de la claustrophobie et cloué au sol. Lui qui raffole des périgrinations a dû décliner l’invitation à lui adressée pour l’investiture du « Prégo » danseur Jacob « Azumi », j’allais dire Zuma. Tout compte fait, il n’a pas le choix. Ou il s’entête à aller voir Hu Jintao et il va diriger le pays depuis l’extérieur, comme eux-mêmes ils ont contraint « Natch-La-Barbichette » à le faire en 2005 après la catastrophe «gnassionale », ou il reste pour surveiller personnellement son trône. Il a pris la seconde option. C’est la solution la meilleure.

          Selon des « con-de-frère » qui sont dans le secret des dieux, « El Kpatcho » et ses complices avaient envisagé deux scenarii possibles. Le premier,  un peu humain, visait à contraindre le « p’ti», une fois en Chine, à l’exil. Il devait alors changer de nationalité et s’appeler Tang Faure Gaozong. Le second scenario, macabre, consisterait à abattre l’avion « prégodentiel ». Ça c’est trop méchant de la part des présumés putschistes. Au demeurant, « Faure-vi » peut se réjouir de  l’avoir échappé bel. Il doit aller à Pya Haut pour faire des offrandes aux « adibossou » de son papa en guise de reconnaissance.

Qui a bouffé les dons des sinistrés ?

          Les dons collectés par la ministre des Affaires sociales « Mémounatouvi » et son collègue de la Sécurité « Kplikplitina » lors des inondations de juillet 2008 font couler beaucoup d’encre et de salive en cette période où de fortes précipitations sont annoncées. La gestion qui a été faite des vivres et non vivres  ainsi que des espèces sonnantes et trébuchantes est au cœur d’une vive polémique. Il n’y a pratiquement plus de jour où la presse n’en parle. Qui a bouffé les dons des sinistrés ? C’est la question que se posent les uns et les autres.

Le couple « Kplikplitina »-« Mémounatouvi » est intempestivement interpellé. La panique s’est alors emparée du foyer. Les deux « ministricules » qui étaient unis comme les doigts de la main lorsqu’il s’était agi de recevoir les dons, se regardent aujourd’hui en chien et chat au moment où il faut faire les comptes. Assaillie, la nounou des sinistrés a décidé de rompre le silence. « Je n’ai géré qu’une infime partie», jure-t-elle, la main sur le coran. Qui a alors géré la plus grande partie ? « Kplikplitina » ? Elle ne nous le dit pas. Tout compte fait, on ne va pas leur apporter  la balance pour peser et déterminer la part des dons que chacun a eu à gérer. On avait vu comment  ils souriaient tous les deux  jusqu’aux oreilles lorsqu’ils étaient bombardés des dons. Qu’ils se mettent dans le même état d’esprit pour rendre compte de la gestion  qui en a été faite.

Que mijotent encore les RePTiles ?

          Alors qu’on s’y  attendait le moins, le président de la Cour constitutionnelle, « Aboudouboudou Assoumanique » a cru bon de jeter de la pierre dans le jardin de la presse privée, notamment la presse écrite en l’accusant de se livrer à des conjectures en ce qui concerne la date de l’élection présidentielle frauduleusement transparente qui se prépare en 2010. Au même moment où l’ennemi juré de Abalo Pétchélébia taxe les journalistes de s’engager dans la spéculation, lui-même se verse dans la spéculation.

M. « Assoumani » n’a pas été en mesure d’étayer ses allégations par des exemples concrets. Quel journal a avancé quelle date ou a annoncé  le report de l’élection ? Que M. « Assoumani » nous le dise. C’est trop facile d’accuser sans preuve. Dans certains milieux, on estime que cette sortie « assoumanique» n’est pas fortuite et que les RePTiles trament quelque chose sur le dos des populations togolaises.

Il n’est un secret pour personne que les tenants du pouvoir abhorrent les réformes politiques. La façon dont ils se dépêchent très lentement  quand il s’agit de mettre le pays sur la voie démocratique en dit long. Le Cadre permanent de dialogue et de concertation mis en place pour plancher sur les questions d’intérêt national est plombé. On dirait que « El Kpatcho » l’a définitivement enterré. C’est dans cet imbroglio togolo-togolais qu’on se trouvait quand « Abouboudou Assoumanique » a cru nécessaire de passer à la vitesse supérieure en situant dans le temps et dans l’espace la date de la présidentielle. Certains pensent que c’est une manière d’invoquer le manque de temps pour renvoyer aux calendes grecques les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Qui dit mieux?

MSF, vendeur d’illusions

          A l’approche des échéances électorales au Togo, des associations, groupements et mouvements de jeunes se créent à la va-vite pour apporter leur « expertise » aux différents partis. Et  cela commence déjà pour 2010. mais aussi bizarre que cela ne puisse paraître, les Forces Nouvelles (FN) du CDPAysan Hilaire Logo von Dossouvi sont muettes. Créées il y a quelques mois, les FN vivent et se complaisent dans l’anonymat. Un mouvement mort-né ? Tout porte à le croire. Pourtant Hilaire et les siens avaient des idées on ne peut plus louables. Ils entendaient mettre en déroute les vendeurs du « p’ti », que dis-je, d’illusions opérant à l’intérieur du pays. Aussi promettent-ils de démasquer les pires candidats.  Malheureusement les membres des FN font plutôt parler d’eux dans l’ombre. Ce qui fait le bonheur des partisans de moindre effort, libres de tout marquage.

          En effet, depuis quelques temps, un mouvement regroupant des jeunes à la recherche de gain facile sillonne le pays sous la bénédiction de « Faure-vi ». Dénommé MSF, c’est-à-dire Médecin Sans Frontière, kéi, Mouvement de Soutien à Faure, ce groupe miroite des choses pas possibles  à la pauvre population au nom du « prégo » de la République. Tout récemment ils étaient à Bassar, village du formateur des muscles, Abass « Bon-Faux ». Les « Bassarois » ont été invités à voter massivement le « p’ti » en échange des échangeurs, quoi, des routes latérisées et plâtrées. On aura tout vu et entendu avec ce mouvement.

Vous avez dit  alternance ?

          Les hostilités de 2010 se précisent. Les partis politiques affûtent leurs armes. La liste des candidats s’allonge. Le dernier en date qui se déclare sous la coupole du candidat dépendant, plutôt indépendant, est Augustin Hospice Coco. Fo Gil de l’UFC, Fo Gabriel d’OBUTS etc, « Kofagan » de la diaspora togolaise avaient déjà exprimé leur envie « faure » de capturer le fauteuil du « p’ti ». Mais est-il prêt à remettre le titre foncier du « Gnassingbéland » à un autre challenger ? Telle est la question qui taraude les esprits.

Le peu de crédit restant au « lui, c’est lui, moi c’est moi » s’est évaporé depuis la révélation de l’intention du pouvoir RPT au sujet du CPDC. C’était lors de l’émission de notre « con-de-frère » Juan Gomez de la Radio mondiale. En effet, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, « Fo Bodj » avait eu l’ingénieuse idée de dire tout  haut ce que son parti pense bas. « Comme son nom  l’indique, il s’agit d’un cadre de dialogue et de concertation qui n’a pas pour vocation de pouvoir décider à la place d’une institution issue des élections. Le CPDC n’est pas fait pour  les élections de 2010, il est fait pour que le débat ne soit pas dans la rue », argue « l’immensissime » ministre. Aujourd’hui, selon des informations, il serait très fâché contre ses propos d’hier. Le gars dit à qui veut l’entendre que ce n’était pas l’esprit de son idée et s’en prend à sa langue qu’il traite de traîterait.

          Malheureusement les réformes politiques annoncées, à cause de l’impasse au CPDC, se débattent dans les rues cabossées. On raconte même qu’ « El Kpatcho », connaissant de quoi est capable frauduleusement en matière électorale sa famille politique, aurait choisi d’opérer ce fameux coup d’Etat fraternel. Vrai ou faux ?

L’heure des gymnastiques

Les « Gnassingbélandais » se rapprochent de 2010, l’année où se déroulera l’élection présidentielle. Déjà des ateliers de formations, journées de réflexion, réunions, sont organisés ça et là par les partenaires en développement pour que cette élection se déroule de façon opaque, que dis-je, transparente, claire et sans violence. Les mauvaises  langues disent que les « Gnassingbélandais » aiment voter,  mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil.  On dirait que tous ceux qui veulent résoudre la crise togolaise réfléchissent comme « Totolitoto » ou qu’ils font semblant de ne pas connaître la cause du problème.  Ceux qui disent que  ces gens se moquent du peuple ont-ils tort ou raison ?

Un proverbe dit qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mais nous, on a envie de dire à ces gens là qu’il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. S’ils ont du mal à voir, on leur conseille des lunettes antiéclipses pour bien identifier les vrais coupables pour qu’enfin on puisse trouver une solution une fois pour toute  pour éviter qu’on sacrifie encore les enfants des gens. Entre nous, est-ce qu’on a besoin de faire des calculs astronomiques de midi à quatorze heures pour identifier ce qui provoque la violence pendant les élections dans notre pays ? Pour l’instant, la « kominoté » internationale laisse les RePTiles poser des actes tendant à barricader le processus électoral sans mot dire et après,  ses observateurs viendront  faire une promenade de santé pour dire que l’élection s’est bien déroulée et que les nombreuses irrégularités enregistrées ne peuvent entacher la crédibilité du « soucroutin». Encore une fois ils laisseront les « Gnassingbélandais » à leur pauvre sort.  

Dur dur  d’être manœuvre à Lomé

Depuis un certain temps, le grand marché d’Adawlato est en réfection. Les femmes ont été chassées et les travaux ont commencé « klouya klouya »,  comme si on pouvait en trois jours construire de nouveaux magasins pour les revendeuses. Le marché ressemble à un vaste champ de mine.  Il paraît que les travaux n’avancent pas malgré les paroles mielleuses de l’autre Gros du « gou-vraiment », que dis-je, le prégo adjoint de la République, « Fo Bodj ».   Les revendeuses qui ont fait « assiyôè », c’est-à-dire du gris-gris pour attirer des clients ont été toutes renvoyées dans l’immeuble. C’est ainsi que lorsque vous arrivez au grand marché, il vous serait difficile de retrouver vos anciennes revendeuses qui sont perdues dans des coins inexplorés et inconnus. Les pauvres femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Passons.

Il se dit qu’au commencement de ces travaux, les manœuvres étaient payés à 2 500 F par jour. Par la suite, les patrons ont rabaissé le prix à 2000 F,   puis à 1 500 F, et  maintenant à 100 F l’heure. Mais si vous voyez comment les enfants des gens travaillent pendant une heure de temps pour avoir  ces 100 F, vous allez avoir pitié d’eux. Ne pouvant plus supporter cette servitude, nombreux sont ceux qui ont abandonné,  préférant leur misère. Selon des sources dignes de foie et d’intestin, les manœuvres qui travaillent sur le site de la résidence Les Cocotiers sont payés eux aussi à 2 500 F la journée, mais si vous voyez le travail qu’ils abattent, vous allez regrettez d’être venu. Il se dit que nombreux sont ceux qui après 10 jours de travail, se retrouvent à l’hôpital et abandonnent ainsi. Mais s’il  y en a qui peuvent tenir le coup, l’avis est donc lancé.


Au cœur des « mon pays »

Toulougou : Class, ça fait très « longueur » on ne se voit plus. Tu es parti quelque part ou comment ?

Marinawa : Je suis là. C’est ma santé qui m’a sérieusement dérangé.

Toulougou : Quand on te regarde, on sait en même temps qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

Marinawa : Quand tu me vois debout, il faut savoir que je suis maintenant « kankpé», sinon je ne serai pas ici devant toi.

Toulougou : Je n’ai rien entendu de ta maladie. Tu as eu au juste quoi ?

Marinawa : Toi-même tu « savaissais » que mon organisme ne supporte pas la poussière. Donc, le fait d’inspirer ça beaucoup a fait réveiller ma maladie.

Toulougou : J’ai dit ça depuis que le fait de « planter » le chemin avec du sable rouge, c’est dangereux. Et voilà ce que ça donne.

Marinawa : Ce qui m’ « a » arrivé là, m’a fait trop souffrir. Et je te dis que je ne suis pas le seul dans la « siiation ».

Toulougou : Je n’ai plus jamais vu quelque part où on fait une route avec du sable rouge, si ce n’est pas ici.

Marinawa : Tout le pays est rempli de poussière et l’homme ne peut plus respirer un bon air dans son « ventre ».

Toulougou : C’est vraiment terrible ce que nous vivons ici. Et on ne pas le dire. Même moi qui « est » ici, je suis malade à cause de cette poussière.

Marinawa : C’est tout le monde. Il faut faire l’enquête pour voir ce qui se passe exactement. C’est à l’hôpital que j’ai tout vu.

Toulougou : Quand la pluie a commencé à tomber, je suis très content. Et je veux que ça dure un peu.

Marinawa : La pluie-là a fait du bien à tout le monde. Même si elle dérange certains, au moins elle a diminué la poussière.

Toulougou : Au moins, elle a sauvé ta santé et tous ceux qui ont les mêmes problèmes comme toi.

Marinawa : C’est vrai. Chez nous, la pluie a dégagé une partie de ces sables-là. Et si elle peut tout enlever, ça ne me dira rien.

Toulougou : Class, ne parle pas comme ça. Ce n’est pas bon pour quelqu’un qui travaille pour le pays.

Toulougou : Si tu « savaissais » comment j’ai mangé « l’air » pour ma santé, tu vas me donner raison.

Marinawa : C’est moi-même qui sais comment j’ai dépensé. Là que je suis, je suis trop « nervé ».

Toulougou : Tu as raison, mais tombe dedans un peu. C’est pour ta propre «sécrité».

Marinawa : J’ai compris. Donc, class, je vais courir à l’hôpital. Je reviens tout de suite.

Liberté 504 de mercredi 13 mai 2009
Accès équitable aux médias d’Etat : un vœu pieux

« Les parties prenantes au Dialogue conviennent du principe de l’accès équitable des partis, des candidats et de la société civile aux médias d’Etat. Elles ont reconnu les efforts actuellement réalisés dans le secteur des médias d’Etat et ont souhaité que ces efforts soient poursuivis et consolidés », lit-on dans l’Accord Politique Global (APG) au point 1.2.10 intitulé « Accès équitable des partis et des candidats aux médias d’Etat ».  Ces dispositions ont été prises pour permettre à chaque Togolais et sensibilité politique de jouir des organes étatiques ; mais elles restent des vœux pieux.

Sur le terrain, les médias d’Etat  donnent toujours l’impression d’être au service exclusif du pouvoir, s’illustrant comme sa caisse de résonance. La Télévision nationale, Radio Lomé, Radio Kara et Togo Presse sont au rendez-vous de toutes les manifestations organisées par le clan. Ces organes ont élu domicile dans les couloirs de la Présidence  et sont prêts à rapporter avec force détail le moindre geste du chef de l’Etat : audience, visite à l’extérieur, descente sur le terrain, dîner de gala. C’est tout à fait normal que le Président  de la République soit primé. Mais si seulement il y avait un petit égard pour les autres leaders et sensibilités politiques !

Cet accès équitable recommandé n’est qu’un vœu pieux. L’illustration a été faite la semaine passée seulement par la TVT. La Télévision nationale s’est fait violence pour rapporter point par point le séminaire de formation organisé par le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) il y a une dizaine de jours à l’intention de ses cadres et militants. L’évènement a mobilisé les tout premiers jours au moins dix (10) minutes des trente (30) que dure l’édition du journal de 20 heures. Le sujet a été traité en différents angles  et tous les discours passés. Ce n’était là qu’un séminaire. Le Parti Socialiste  pour le Renouveau (PSR) n’a pas bénéficié de cet intérêt quelques jours plus tard. La formation politique de Me Abi Tchessa qui était en journée de réflexion n’a vu l’évènement que survolé par la TVT qui lui a consacré à peine le dixième de ce temps accordé au RPT. Togo Presse lui a réservé à peine un quart de page, contre plus d’une page entière au séminaire du RPT.

C’est une constante à la TVT, quand elle accepte couvrir une manifestation des autres sensibilités politiques que le RPT et associés, elle y met toujours son humeur. On se rappelle un meeting tenu entre-temps par l’Union des Forces de Changement (UFC) pour dénoncer  la mauvaise  foi manifeste du RPT dans le cadre des discussions au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC). Cet évènement a été rapporté de façon expéditive et la TVT ne s’est même pas donné la peine de passer l’extrait  d’un seul discours des leaders du parti. Cela s’entend. On voit pourtant ce qui se fait, quand c’est un petit atelier  des  cousins des dignitaires du clan au fin fond du Togo, ou une danse Kamou organisée un dimanche par les ressortissants d’une région à Lomé.

Cette inféodation des médias d’Etat au pouvoir les amène à censurer à volonté les prestations qui portent les sceaux des leaders de l’opposition. Jean-Pierre Fabre en a récemment fait les frais. L’homme a fait une intervention au Parlement en tant que Président du Groupe parlementaire UFC à propos du Budget de l’Etat. Mais elle a été sciemment amputée de la partie relative aux dépenses exorbitantes, au train de vie  princier de la Présidence de la République et du gouvernement, tout simplement  parce que le député n’a pas mâché ses mots. Le Censeur de la TVT est passé par là. Me Djovi Gally qui a entre-temps rejoint avec armes et bagages l’UFC en a aussi fait les frais. Son intervention dans «Plateau de la Semaine » sur la TVT n’a pas été repassée en rediffusion le lendemain. Allez-y savoir. Les exemples sont légion.

Ces comportements de ces médias passeraient inaperçus s’il s’agissait de privés. Mais voilà, ce sont des médias d’Etat, financés donc par le contribuable togolais, et tous les citoyens et toutes sensibilités politiques  doivent en bénéficier. Si ce n’est pas le cas, il n’y a là pas moins de l’injustice. Cette situation d’accès inéquitable aux médias publics a été d’ailleurs soulignée dans maints rapports d’organisations de défense des droits de l’Homme et des recommandations ont été faites. Mais les habitudes ayant la peau dure, le naturel chassé revient au galop.

Les médias d’Etat s’identifient encore comme au service exclusif du pouvoir. Et une telle attitude n’est pas pour booster la réconciliation nationale clamée sur tous les toits. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ne doit pas qu’être championne dans le harcèlement des journaux privés et autres interdictions d’émissions interactives à coups d’arguments mécaniques et tirés par les cheveux. Philip Evegno et compagnie doivent être aussi regardants sur ce principe d’accès équitable aux médias d’Etat, et donner suite aux plaintes déposées devant elle par des personnes brimées. Leur notoriété s’en sortirait grandie.

Pablo E.


Les ex-employés de la SNPT en grève : Les ristournes des IRPP et les mesures d’accompagnement au cœur des revendications

Les employés de la Société Nouvelle du Phosphate du Togo (SNPT) licenciés, constitués en collectif,  ont observé un mouvement de grève  hier. Venus de Hahotoé et de Kpémé, les lieux où sont implantées les sociétés, ils ont pris d’assaut la Direction Générale du Travail et des Lois Sociales où ils ont organisé un sit-in pour faire part de l’extrême précarité dans laquelle ils vivent depuis le jour où leur travail leur a été arraché.

Selon  les manifestants, 4 mois après leur licenciement, les promesses qui leur ont été faites, n’ont pas été tenues. « Les délégués et l’employeur  nous ont rassurés qu’il n’y aurait plus de licenciement après que nous avons été reversés à la SNPT le 1er août 2008. C’est pourquoi l’employeur nous a signé des papiers d’engagement avec nos institutions bancaires. Les droits qui nous ont été versés ont donc été avalés par nos prêts  dans ces banques. Le président du conseil d’administration de la SNPT, M. Maganawé nous a bien dit que le chef de l’Etat a donné des instructions  pour que nos droits  et les mesures d’accompagnement  nous soient versés et ce dans les meilleurs délais. Il a, lui-même déclaré sur la TVT le 02 février que l’Etat a déjà débloqué 1 500 000 000 pour nos droits et les mesures d’accompagnement. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous ne comprenons rien à la situation. Nous ne comprenons pas pourquoi les instructions du chef de l’Etat ne sont pas respectées.  Le 14 avril 2009, nous nous sommes transportés à l’Inspection du Travail d’Aného et  il nous a été promis que les mesures d’accompagnement  et les ristournes de l’Impôt sur le  Revenu par Personne Physique (IRPP) nous seront versés à la fin du mois d’avril. A ce jour, rien n’a été fait et Dieu seul sait comment nous vivons avec nos familles », a expliqué le porte-parole du collectif  M. Agoda.

Ces ex-employés de la SNPT réclament deux choses. « Depuis janvier 2009, le gouvernement a pris des mesures pour revoir à la baisse les impôts mais nos chefs nous ont calculé ça sur la base de 2008. Ceux qu’on n’a pas licenciés et qui sont en fonction ont bénéficié de leur part,  c’est-à-dire leur trop perçu. Nous qui sommes à la maison et qui n’avons rien à faire, ils ont refusé de nous le faire. Ce que nous réclamons d’abord, c’est la ristourne de l’IRPP. Deuxième chose, ils nous ont promis des mesures d’accompagnement qui n’ont pas été payées. Or l’Inspecteur nous a dit que c’est bien contenu dans le procès verbal. Puisque c’est signifié dans le procès-verbal, cela devient un droit car c’est sur la base de cela qu’ils nous ont renvoyés», explique un manifestant. « Nous sommes donc décidés à aller jusqu’au bout de nos revendications, et si le Directeur Général ne nous promet  pas  quelque chose de concret, on ne quittera pas », peste un autre.

Une délégation des manifestants avec à sa tête leur Président a été reçue par Faustin Ekoué Amoussou-Kouetété, Directeur Général du Travail et des Lois Sociales pour discuter de la situation. Selon le porte-parole au sortir de la rencontre,  en ce qui concerne les ristournes, le Directeur a rassuré qu’elles ont été déjà signées. Pour les mesures d’accompagnement, une réunion est prévue  à cet effet et il les a  exhortés à calmer la masse et attendre les résultats de la réunion pour discuter des  modalités de paiement, a-t-il ajouté. « Il nous a rassuré et nous a expliqué comment les choses se passent. Pour le moment nous voulons lui faire confiance en attendant de voir les résultats, et ce n’est qu’après  que nous saurons si réellement nous avions eu raison de lui faire confiance ou pas. Et comme aucun délai n’a été fixé, on ose croire que jusqu’au début de la semaine prochaine tout serait rentré dans l’ordre », a déclaré le porte-parole.

Pour le directeur, le problème se situe au niveau du manque  d’information. « Sur l’IRPP, je crois qu’il y a un problème de communication entre eux et l’entreprise. Ce fonds a déjà été libéré depuis hier et aujourd’hui ils doivent en principe commencer par rentrer dans leurs fonds. Pour les mesures d’accompagnement, il y a une réunion d’appoint qui est prévue ce matin avec l’Inspecteur de zone et le staff de la SNPT pour voir comment déclencher  les formalités pour libérer ces mesures. Je crois que l’information n’a pas bien circulé, c’est pour cela qu’il y a cette manifestation », a-t-il indiqué avant de rassurer qu’ « aujourd’hui, les manifestants auront une meilleure visibilité quant aux formalités de liquidation des mesures d’accompagnement ». 

Mais, la délégation a eu toutes les peines du monde pour calmer  leurs camarades. « Nos collègues ne sont pas d’accord et je les comprends. La situation est très grave, si on doit laisser des gens qui ont des bouches à nourrir durant 4 mois à mourir de faim. Si nous  sommes licenciés pour raison économique, cela ne veut pas dire que nous sommes des indésirables ! La manière dont notre Direction et le Président du Conseil d’administration nous traitent, c’est comme si nous sommes des indésirés.  Moi-même qui suis ici, je suis dépassé mais en tant que responsable, je ferai de mon mieux pour que le calme revienne », a fait remarquer le SG du collectif Paul Hounkpati.  

« On ne peut pas travailler pendant plusieurs années à l’OTP sans rien avoir. Je ne comprends pas comment on peut vendre du sable pour faire faillite. Ça ne peut jamais se passer dans un pays normal. Depuis lors, c’est comme ça quand nos responsables viennent, on les calme et ils repartent et quand on revient, c’est le même disque. On fait 4 mois à la maison, on va prendre quoi pour subvenir à nos besoins en tant que responsables de famille ? Au moment où on licencie, on recrute encore des gens. On a vu des gens qu’on a embauchés chez nous lorsqu’on partait. Si on ne nous montre pas la copie des chèques qui paient nos ristournes, on ne quittera pas ce lieu. Il faut que le Directeur sorte pour nous donner sa parole d’abord », a fulminé une manifestante.

La discussion était houleuse entre le bureau et le reste du collectif. Mais aux dernières nouvelles, l’entente a prévalu et les manifestants ont décidé de rentrer,  dans l’espoir de voir la promesse de M. Amoussou-Kouetété se réaliser.   Affaire à suivre.

Coco Tchak


Réfection du grand marché de Lomé : Les travaux mis à rude épreuve par la pluie

          Dame pluie s’est invitée dans les travaux de réfection entrepris au grand marché d’Adawato à Lomé. Ce qui met plus en difficulté les techniciens tout comme les commerçants qui sont aux alentours du grand immeuble du marché. Un tour sur les lieux permet d’observer une insalubrité ambiante occasionnée par des caniveaux en construction.

          En effet, les nouveaux égouts, non couverts, sont transformés en dépotoirs. « Nous sommes en face d’énormes problèmes avec ces caniveaux remplis d’eau. Malheureusement des gens y versent des plastiques et des emballages », déclare Daniella, revendeuse de tissus. Même son de cloche chez une revendeuse de produits cosmétiques, Mme Lili qui déclare:« on n’arrive pas à exposer convenablement nos produits avec ces travaux auxquels viennent s’ajouter ces eaux de pluie. Les uns et les autres déplorent cette nouvelle situation qui malheureusement va s’étendre pendant toute la saison pluvieuse ». Le gouvernement peut nous éviter ce pétrin, estiment certains commerçants qui avancent diverses raisons. « On constate que les travaux tournent au ralenti. L’engouement observé au début chez les manœuvres s’estompe. Il paraît qu’on les triche au niveau de leurs dus », confie un gérant d’un établissement « Import Export» de chaussures ; par contre, Mme Amivi, commerçante de pagnes, trouve la raison ailleurs :« les travaux devaient normalement commencer un peu plus tôt. On aurait  pu éviter cette saison pluvieuse qui risque de nous causer beaucoup de dommages », dit-elle.

          D’autre part, certains problèmes et non des moindres assaillent les revendeurs. Il s’agit de l’éternel problème de place. Compte tenu des travaux,  certains ne sont pas à leurs places habituelles. Moussa, commerçant de nationalité nigérienne raconte: «l’aménagement engagé par les responsables du marché est à saluer vu la  renommée grandissante du marché. Mais nous qui sommes devenus ambulants, on a perdu la trace de nos clients ». D’autres se préoccupent plutôt d’une éventuelle perte de leurs places ; les caniveaux, disent-ils, occupent leurs espaces de vente, et  ils ne savent plus si on leur trouvera d’autres sites. Raison pour laquelle, les plus malins se pointent chaque  jour à leurs lieux de vente ; il s’agit pour eux, de veiller sur ces lieux pour empêcher d’autres de les usurper.

          Au cœur du marché, on observe des caniveaux qui attendent d’être couverts, mieux, dallés. Pour l’instant, on érige des ponts de fortune avec des planchettes qui servent  d’accès à certains établissements ou carrément à l’exposition des produits.  Nombreux parmi eux espèrent que les eaux seront aspirées dans les caniveaux et que les travaux finiront bien avant le début des fêtes de fin d’année. Période pendant laquelle beaucoup de revendeurs réalisent de gros chiffres d’affaires. Confiants, d’autres espèrent qu’avec l’entame des travaux nocturnes, tout sera fin prêt avant ces fêtes.

Comme on le voit, il y a nécessité de lutter contre la nouvelle insalubrité créée par  ces travaux et de veiller à la redistribution convenable des places aux propriétaires.

Don Jean Kossi


Un Libanais tué et un autre blessé dans un braquage à Kodjoviakopé

La présence des forces de l’ordre dans les coins de rue de Lomé ne dissuade nullement les braqueurs. Ceux-ci ont encore fait parler d’eux mercredi 6 mai aux alentours de 19h à Kodjoviakopé. Deux hommes cagoulés, circulant  sur une moto non immatriculée, se sont présentés  devant le super marché Azar tenu par un Libanais nommé Sassime Azar.

A en croire les témoignages, le conducteur de la moto serait resté à l’entrée du supermarché sans éteindre le contact de son engin. Son complice, pistolet à la main, aurait sommé les employés de la boutique de sortir, les menaçant de tirer sur eux en cas de résistance. Il se serait ensuite adressé au propriétaire qui lui aurait remis l’argent de la caisse.

          Une fois les braqueurs dehors, le propriétaire aurait tenté d’alerter les passants. L’un des malfrats lui aurait alors tiré trois balles sur la poitrine. Conduit à une clinique de la place, le malheureux n’a pu arriver à destination. Il succombera à ses blessures.

Un de ses collaborateurs et compatriote  qui a voulu s’interposer, aurait lui, reçu une balle au bras droit.

On rapporte que les braqueurs auraient, dans leur fuite, perdu leurs cagoules récupérées par les policiers venus faire les constats. Deux agents de sécurité d’une société de gardiennage de la place qui sont en charge de la surveillance des lieux, auraient été interpellés.

Il nous revient que les Libanais entendent protester contre l’insécurité grandissante dont ils sont de plus en plus victimes à Lomé.

E. Pierre


Le colon belge dans ses œuvres : Jean Thissen empêche un journaliste du Groupe de Presse Liberté de faire son travail

Dans la journée du dimanche 10 mai 2008, l’un des membres de la Commission médias de la Fédération togolaise de football (FTF) a joint notre Directeur de la Publication pour l’informer de la conférence de presse qu’allait organiser mardi le sélectionneur et directeur technique Jean Thissen. Il lui a été dit d’informer en même temps la rédaction de « Calliope Sport » qui est une composante du Groupe de Presse Liberté. Et comme convenu, le Groupe a envoyé hier au siège de la Fédération un journaliste-reporter pour couvrir cette rencontre. Mais, celui-ci a été proprement humilié par le Belge et sommé de quitter la salle.

          « Bonjour les médias. Très heureux de vous rencontrer à nouveau. Ce point de presse est lié aux préparatifs des matches Gabon-Togo et Maroc-Togo. Le deuxième point concerne la DTN (Direction technique nationale, ndlr) avec les candidatures qui ont été reçues et la nomination des directeurs techniques régionaux. Avant d’aborder le premier point, je vais faire une parenthèse. Est-ce qu’il y a parmi vous un journaliste de «Calliope Sport » qui est présent ici ? », a demandé Thissen. Notre reporter s’est présenté. Et il poursuit : « C’est vous qui m’avez appelé la dernière fois ? Il y a d’abord un journaliste et puis votre directeur qui m’a appelé. Alors, aujourd’hui, vous me faites un plaisir, on va rouvrir la porte… Il n’y a pas de point de presse pour vous. Je vous invite pour la prochaine conférence de presse, je laisse la porte ouverte et je vous invite à renouer le contact. Je ne peux pas tolérer ce genre de chose. Deux journalistes m’ont appelé, j’ai donné ma position et derrière, on raconte du n’importe quoi. Ça, je ne peux pas le permettre. Excusez-moi, je vous prie de nous quitter, on reprécisera les choses. C’est que ma porte reste ouverte pour la suite ».

          Quelle suite ? Croit-il que nous allons courir vers lui, le tout-puissant sélectionneur des Eperviers du Togo, et nous répandre en excuses ? Non. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie et ce colon belge ne nous impressionne outre mesure.

Dans cet article que nous avons publié dans « Calliope Sport » (lire le texte ci-dessous), on ne s’en est pas pris au technicien belge dont on était de ceux qui ont vanté les qualités lors du processus de recrutement. Il y avait un réel problème et notre souci majeur, était de faire en sorte que le match importantissime du 6 juin soit préparé dans de bonnes conditions. On a même parlé d’un programme de mise au vert des Eperviers hors du Togo qu’il aurait, dans la perspective du match contre le Gabon, concocté et qui aurait été rejeté par les autorités togolaises, faute de moyens. Grâce à cet article, les choses se sont améliorées entre Jean Thissen et le Président de la Fédération depuis jeudi dernier. A la suite d’une réunion au ministère des Sports qui a regroupé ministre, membres de la Fédération et staff technique, les différends ont été aplanis et son programme pour les préparatifs de la rencontre de Libreville a été accepté.

Voilà quelqu’un, bien que tirant profit de l’article, nous humilie et nous empêche de faire notre travail. Peut-il faire la même chose chez lui en Belgique ? Nous ne le pensons pas. En France, Raymond Domenech a été souvent l’objet des critiques les plus acerbes dans la presse. Mais il n’a jamais interdit à un journaliste de venir assister à ses rencontres avec la presse.  Comme Jean Thissen est chez les « nez-gros », il se croit tout permis. Il les prend pour des sous-hommes « ridiculisables » à merci. On s’en souvient, lors d’un séminaire avec les entraîneurs, il a humilié l’ancien directeur technique Akoussah Camélio et le Président de l’association des entraîneurs Abrawo Samer en leur criant dessus : « Qu’est-ce que vous venez chercher ici ? Dehors ! ». Un comportement vil.

Avec ce qui s’est passé hier au siège de la Fédération, on a le sentiment qu’il nous a fait inviter exprès pour nous ridiculiser publiquement. Il peut se réjouir d’avoir atteint son objectif. Mais qu’il retienne  la formule populaire selon laquelle « Rira bien, qui rira le dernier ». 

Il sied de rappeler que Thissen est un incorrigible entraîneur et qu’il aurait déjà giflé un journaliste lors de ses pérégrinations dans le Maghreb.

L’incident d’hier ne nous décourage guère. Au contraire, il nous dope et nous serons présents sur tous les fronts avec nos vaillants Eperviers.

R. Kédjagni


ça grogne à la FTF : Jean Thissen dénonce le manque de communication et menace de jeter l’éponge

            Depuis le 18 janvier 2009, un nouveau bureau a été élu, qui a remplacé l’ancien dans les conditions que tout le monde sait. A la tête du nouveau bureau, le Lt-colonel Rock Gnassingbé a signé son retour. Beaucoup de Togolais s’attendaient à ce que ce come-back marque une rupture significative par rapport au passé. Nenni ! C’est mal connaître le personnage. Après le départ de l’ancien sélectionneur national Henri Stambouli, la FTF a procédé au recrutement tout récemment d’un nouveau sélectionneur en même temps, directeur technique national. C’était peu avant le match Togo-Cameroun.

          Ce qui se passe aujourd’hui à la Fédération togolaise de football ne permet pas de s’imaginer que c’est Rock Gnassingbé qui avait déclaré en janvier dernier que « ce sont les imbéciles qui ne changent jamais », qui serait l’actuel patron de la FTF. Autrement dit, le Président de la FTF n’est pas un imbécile et il ne fera pas ce que font les imbéciles. Depuis l’installation du nouveau bureau et le recrutement du nouveau sélectionneur, Rock est redevenu le même. Il a refusé de changer. De quoi le qualifier ? Pas à nous de le dire.

Il y a quelques jours, la rumeur nous est parvenue selon laquelle, depuis pratiquement la signature du contrat du nouveau sélectionneur, celui-ci aurait toutes les peines du monde à entrer en contact avec son employeur, en vue de lui soumettre ses projets et propositions dans le cadre de sa mission. Selon les dernières informations que nous avons réussi à glaner, Jean Thissen serait assez furieux et il faut craindre qu’il en arrive à jeter l’éponge comme vient de le faire dignement l’entraîneur de Togo-Télécom, Sow Baldé, un autre expatrié qui aurait tiré sur la sonnette d’alarme depuis quelques jours. Comme quoi, il faut apprendre à laisser les Togolais dans leurs togolaiseries, s’ils refusent d’évoluer.

Au moment où nous mettions sous presse, la rumeur nous est parvenue selon laquelle Jean Thissen aurait, depuis quelques jours déjà, attiré l’attention de l’ancien nouveau Président de la FTF sur le risque que comporterait le déficit de communication actuel qu’il constate au sein de la Fédération. Mais il paraît que malgré cette lettre dont ampliation aurait été faite au chef de l’Etat, la situation reste désespérément la même. Rock est demeuré imperturbable, à un mois d’un match capital que devra livrer l’équipe des Eperviers face aux Gabonais. Il y a environ deux semaines, Rock Gnassingbé, serait parti à Genève dans le cadre de ses activités à la FTF en compagnie de deux autres, sans se donner la peine d’en informer le sélectionneur qui tentait en vain à l’époque de le rencontrer. Pourtant, le choix de ce technicien avait été fait avec l’assentiment de Rock lui-même. C’est à juste titre que Nibombé Daré parle d’un second scénario de Wangen en préparation.

Contacté au téléphone par la rédaction de Calliope Sport, Jean Thissen a laissé entendre qu’il n’a pas de commentaire à faire à ce propos et qu’il tiendra une conférence préparatoire dans la perspective du match Togo-Gabon pour situer l’opinion.

Il faut dire aussi que Jean Thissen aurait concocté un programme de mise au vert de ses joueurs hors du Togo pour quelques jours avant la grande rencontre du 6 juin contre les Panthères du Gabon. Les autorités auraient répliqué qu’il n’y a pas de sou et opteraient pour la ville de Kpalimé. Il y a pourtant bien de choses moins importantes dans ce pays que le football dont on reconnaît qu’il est un facteur d’unité. Et pour les réaliser, on n’a jamais trouvé qu’il n’y a pas de sou. Il n’est pas inutile de poser la question de savoir : « Les choses sont ainsi après la victoire sur les Lions indomptables. Qu’en aurait-il été si les Eperviers avaient perdu leur première sortie ? »

Par ailleurs, depuis au moins deux mois, le vice-Président et le Président de la FTF sont en froid et se livrent une guéguerre qui ne dit pas son nom. Ils ne se côtoient pas. Pour l’heure, tout le bureau de la FTF semble réduit à M. Kossivi Reinhardt, secrétaire administratif et financier. On n’a pas l’impression que la FTF soit étendue à d’autres membres, et tout porte à croire que le bureau n’existe même pas. Le Togo est-il obligé de faire du football ? A-t-on réinstallé Rock Gnassingbé à la présidence de la fédération pour enfoncer davantage le football national aujourd’hui plus qu’hier et ne pas tirer les leçons du passé ?

Il faut rappeler qu’entre novembre et décembre 2008, plusieurs journaux avaient élevé la voix pour dénoncer l’implication personnelle de Faure dans la remise en selle de son grand frère à la tête de la FTF, juste pour se dédouaner d’avoir contribué à sa chute par son silence en 2007 comme l’aurait fait croire Rock, si l’on s’en tient à certaines publications.

Tout porte à croire que le Togo est en voie de perdre son prochain match contre le Gabon, et de baliser la voie à l’élimination de la phase finale de la CAN et de la Coupe du monde. La plus belle femme du monde, dit un proverbe gabonais, ne peut donner que ce qu’elle a. Jean Thissen, ce grand technicien du football qui aurait, de plein gré, opté pour le Togo, alors qu’il avait d’autres choix plus sérieux, serait en train de déchanter.

Il y a lieu de regretter, que jusqu’ici le Président de la République n’ait, lui non plus, jamais demandé personnellement à rencontrer le nouvel entraîneur national. S’il l’avait fait, cela donnerait l’impression qu’il s’intéresse réellement au football togolais et à sa réussite en tant qu’autre canal d’union des Togolais.

Si rien n’est fait par les autorités, il y a à craindre que le technicien belge ne jette l’éponge comme ce fut le cas pour Otto Pfister à Wangen. Mais Jean Thissen dont beaucoup parlent de la rigueur et de la fermeté n’est pas Otto Pfister, pour revenir sur sa décision quand il sera trop tard. Bien des gens le disent très amer en ce moment. Jamais Fédération de football n’aura été aussi minable. Certains susurrent que ce qui se passe en ce moment est « plus pire » que du temps de Tata Avlessi qui doit mettre la main au menton  et regarder faire les Rock, Améyi, Reinhardt et consorts. Au Togo, avec Rock on a une fédération de foolish-ball et non de football. Ce qu’on y voit de plus, c’est tout sauf de la compétence et le management des hommes.

Matthieu L.


Sans détour : Ces opposants qui se cherchent

            « Vous leur fîtes Seigneur/ En les croquant beaucoup d’honneur » (Jean de La Fontaine)

            Il est connu de tous qu’« On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis ». La même formule est reprise d’une façon simple: « On ne chie pas dans l’assiette dans laquelle on mange ». Cette leçon est bien retenue par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ce transfuge du Parti socialiste français (PS) qui avait favorablement accueilli la politique d’ouverture de Sarkozy. Face au dilemme né des élections européennes, le « flying doctor » avait déclaré samedi qu’il attend de voir les programmes pour décider de son vote. Deux jours seulement ont suffi pour qu’il change d’avis. A-t-il reçu des pressions de la part de la machine des partisans de la politique « bling bling» ? Là est la question. De toutes les façons, il a fait publier un communiqué depuis New York où il se trouve pour une réunion du Conseil de Sécurité des Nations unies consacrée au Moyen-Orient et au Sri Lanka. « C’est la conception du gouvernement auquel j’appartiens, celle dont s’inspire le programme présenté par Michel Barnier aux Français. C’est naturellement celle que je soutiens aujourd’hui et que je soutiendrai le 7 juin. Je sers la politique étrangère du Président de la République, que j’estime nécessaire pour la France », affirme l’ancien socialiste qui veut prouver sa fidélité à Sarko. A l’allure où vont les choses, il a totalement fermé les portes d’un come-back au PS grugé par l’actuel locataire de l’Elysée. « Le pouvoir a contraint Bernard Kouchner à se déjuger. Il aura fallu une très forte pression de l’UMP et du gouvernement pour que Bernard Kouchner soutienne, contraint et forcé, la liste et le programme de Michel Barnier et Rachida Dati », critique un député socialiste.

          Ce virage à 180° de Kouchner n’est pas une surprise. Au contraire, il est dans la logique de conservation. Un fait auquel nous autres Africains sommes habitués. La transhumance politique reste la chose la mieux partagée dans les pays africains d’expression française. Ici, l’alternance au pouvoir est proscrite et si l’opposition veut gouverner, elle doit passer par la fameuse politique de main tendue. Elle entre au gouvernement pour légitimer le pouvoir mal en point et pour simplement « avoir son œil dedans » ou « manger un peu ». Sur le « Noir continent », ça s’appelle un gouvernement d’union ou d’ouverture. Cette aberration démocratique est  renforcée par la migration politique. Ainsi, il est courant de voir des ténors de l’opposition se renier et devenir des porteurs de valise du parti au pouvoir. Depuis bientôt une décennie, l’opposant gabonais Paul Mba Abessole a vendu son âme au diable. Et comme la bouche qui mange ne parle pas, il n’ose plus critiquer son bienfaiteur. Il en est de même pour Djibo Leyti Kâ, cet ex-militant du Parti socialiste sénégalais qui a fondé son propre parti et qui, après un bref séjour dans l’opposition, a rejoint le camp d’Abdoulaye Wade.

          Les adeptes de cette prostitution politique ne réussissent jamais. Nous avons le cas du   Congolais Bernard Korelas qui n’a jamais su ce qu’il cherche en politique. Il s’est souvent prostitué entre le Président démocratiquement élu Pascal Lissouba et l’ancien chef de guerre Denis Sassou N’Guesso. Après plusieurs années d’exil, il est rentré à Brazzaville et est devenu l’un des soutiens du beau père de Bongo. Le Béninois Adrien Houngbédji qui ne cherchait que la direction du bonheur en s’engageant dans les alliances contre-nature, l’a toujours payé cher. En 2006 par exemple, il a été proprement laminé par le novice Yayi Boni. Le sosie de Houngbédji au Togo est un certain Edem Kodjo, « le visionnaire incompris », selon l’un de ses admirateurs. Malgré ses compétences, il a été détruit par ses multiples va-et-vient entre le pouvoir et l’opposition. Totalement effacé ces derniers jours, il a dû abandonner le navire à trois de ses lieutenants. Ça s’appelle « alternance » même si entre-temps, on est allé consolider le parti qu’on est censé combattre.

Zeus AZIADOUVO


Ça va se savoir « Candaulisme » involontaire (2)

          C’était presque un film porno, mais pour les spectateurs qu’ils étaient, ce n’était rien du tout. Car, en maîtres des lieux, ils en ont souvent vu pire. Le chef du gang, lui, en savait sur cette présence. Ce qui valait effectivement la présence de ses lieutenants qui, eux, pensaient avoir affaire à des égarés avec lesquels ils ont le plus souvent des accrochages et sur lesquels ils prenaient toujours le dessus. Par-dessus la vitre de la portière, Emile, le chef du gang vint s’accouder puis s’adressa à Marc couché sur la banquette arrière et sur qui était à quatre pattes Estelle qui le pipait soigneusement. « Eh mon gars ! Elle a l’air bonne ta meuf. Veux-tu bien me la céder pour un laps de temps pour que je m’en réjouisse aussi un peu ? », lui lança-t-il, envoyant déjà sa main qui se posa sur les portes de la grotte intime bien exposée. « Fichez-nous la paix, sinon je vous écrase les mâchoires », rétorqua le jeune homme en ce moment dans son évasion au 7ème ciel.

          En dépit de cette position délicate, Marc, tel un acrobate, d’un geste magistral, envoya sa main dans l’entrecuisse de son épouse. Alors qu’elle écartait davantage ses jambes pour faciliter l’accès d’une main assaillante qui, jusqu’ici la limait avec beaucoup de tendresse, les deux mains se croisèrent. La caverne était sacrément mouillée. Emile, le chef du gang fixait pendant ce temps la grotte en l’air sans vouloir détourner un seul instant son regard alors que Estelle gardait  toujours sa position animale, pipant merveilleusement son homme à lui faire perdre entièrement la tête. Le revers de la médaille se produit car, c’est au tour de l’époux de passer à l’acte comme lui a demandé sa femme. Marc s’exécuta tant bien que mal, titillant par sa langue la sentinelle de la cité de sa bien aimée à son tour en évasion. Les amoureux offraient un spectacle plaisant aux visiteurs surprise alors que les pieds des jambes grandement écartées de l’épouse touchaient déjà le plafond de la voiture.

Mais soudain tout chamboula. Marc tel un sac de charbon, était pris par les assaillants – spectateurs, tiré hors du véhicule puis rapidement plaqué au sol. Il était immobilisé et ne pouvait plus bouger. C’est en ce moment qu’il s’était rendu à l’évidence que dans leur folie d’amour, ils n’avaient pas pris le soin de fermer les portières. Estelle tentait de reprendre ses esprits, tandis qu’un homme rentrait dans la voiture, la queue à la main. C’était Emile qui alors plongea dans l’habitacle, puis sans aucune formalité, pénétra Estelle qui lâcha un râlement, un de ces «Aaaaaahhhhhhh !! » qui en disait vraiment long. L’homme la labourait sans aucune retenue. Elle poussait des feulements qui retentissaient aux oreilles de Marc comme des cris de détresse. Seuls les deux acteurs en scène en ce moment savaient  ce qu’il en était vraiment.

Ce qui était étrange aux yeux de l’homme, c’est que sa femme ne protestait pas contre ce qu’il pensait être un viol ; et pire, le cri s’estompa  rapidement. Il vit sa bien-aimée écarter davantage ses jambes, pieds en l’air. Toujours maîtrisé par le reste des assaillants, le jeune homme regardait impuissant les interminables assauts de l’anaconda d’un intrus dans sa « propriété », sans savoir que c’est un «ex-gnocotteur » de son épouse. Une drôle de sensation l’envahit, un mélange de jalousie et d’impuissance, mais la scène l’excitait fort bien.

Assise, jambes écartées et maintenues de part et d’autre par les deux autres membres du gang dans le sable fin, la jolie fille du groupe vint se coucher et prit le petit boa bien tendu dans sa main.Elle contempla un petit moment le reptile puis l’envoya naviguer dans sa petite bouche. Sa langue était mise à contribution, titillant fiévreusement la bête qui tentait vainement de grandir davantage. Tel de la potasse sur le légume, Marc cessa de se débattre. En même temps qu’il continuait de regarder fouetter sa bien-aimée, il procurait du plaisir dans la bouche et entre les lèvres de Caroline, l’autre assaillante.

A suivre

Tonton D


Libertinage

Quand le négrier Jean Thissen tombe bas

          Il y a de ces Blancs pacotilles qui ne valent même pas un centime dans leur propre pays mais une fois débarqués en Afrique, se croient en territoire  conquis et agissent selon leurs sautes d’humeur. Prenant les airs d’un grand manitou, ils font la pluie et le beau temps sur le continent noir. L’un de ces colons blancs n’est autre que le Belge Jean Thissen, le sélectionneur des Eperviers.

Adepte de la pensée unique, l’homme est allergique à toute critique. Il s’est permis d’humilier un des journalistes de « Calliope Sport » en le renvoyant de la conférence de presse qu’il a organisée hier au siège de la Fédération Togolaise de Football tout simplement parce que celui-ci n’a pas caressé son mentor Rock  Gnassingbé dans le sens de ses moustaches. Dans un  article intitulé « Jean Thissen dénonce le manque de communication et menace de jeter l’éponge » paru dans « Calliope Sport » N°50 du 7 mai 2009, le sélectionneur estime qu’on « a raconté n’importe quoi » et s’en prend à un des nôtres. Or selon les échos qui nous sont parvenus, grâce à cet article, certaines de ses doléances sur lesquelles le président de la Fédération était réticent, lui ont été concédées. Au lieu d’être reconnaissant, le négrier Jean Thissen nous remercie en monnaie de singe. C’est comme ça un colon blanc. Dans sa Belgique natale, Jean Thissen peut-il renvoyer un journaliste parce que celui-ci n’est pas sur la même longueur d’onde que lui ?

          En France, on voit les critiques virulentes que subit Raymond Domenech de la part des médias. Mais il n’est jamais tombé aussi bas. Il a toujours su prendre de la hauteur. C’est ça un vrai entraîneur. Alors, que Jean Thissen nous colle la paix !

Abass « Bon-Faux » dans la peau d’un démocrate : faut-il en rire ou pleurer ?

          On n’a jamais su que l’ancien nouveau président de l’Assemblée mouton, Abass « Bon-Faux » aime les bonnes choses. Démon dans son pays, il joue à l’ange une fois à l’étranger. Tenez, du 6 au 8 mai dernier, l’ancien formateur des muscles a effectué une visite officielle en Belgique au cours de laquelle il a rencontré le président du Senat et le président de la Chambre de ce pays. Vous n’en croirez pas à vos yeux. Devant ses hôtes, Abass « Bon-Faux » s’est mis dans la peau d’un démocrate, jasant que « les élections présidentielles de 2010 se dérouleront dans la transparence la plus totale ».

Le président de l’Assemblée mouton qui promet des élections démocratiques au Togo, faut-il en rire ou pleurer ? On dirait que l’homme de Kabou a la mémoire c.... Cela fait à peine quatre semaines que ce Berger et ses moutons, en bons militants zélés et dévoués à la cause du  RPT ont violé les textes de loi en modifiant les articles 21 et 32 du code électoral afin de remettre en selle la CENI inique de Potopoto.

          Beaucoup de Togolais sont restés éberlués devant les propos d’Abass « Bon-Faux », lui qui faisait et défaisait la Constitution togolaise au gré de ses humeurs. La forfaiture la plus abominable commise sous sa coupole en 2005 à la suite de la catastrophe « gnassionale » est encore vivace dans les esprits. En moins de 24 heures, Abass « Bon-Faux » et ses ouailles par un tour de passe-passe, ont fait de « Faure-vi» qui était alors  ministre député, Président de l’Assemblée nationale puis Président de la République. On ne cessera de lui rafraîchir la mémoire. Abass « Bon-Faux » peut tromper tout le monde, mais pas les Togolais.

Le Fils sur les traces du Père

          En usurpant de façon macabre le trône royal en 2005, « Faure-vi » déclamait à qui veut l’entendre que « lui, c’est lui, moi, c’est moi ». En clair, le Fils entend se départir des méthodes décriées du Père. Dans l’entendement des cinq millions de Togolais, avec l’avènement de « Faure-vi », il n’y aura plus le culte de la personnalité, les marches de soutien, l’animation politique, la politique spectacle… toutes sortes de pratiques qui avaient déifié le Père. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Le Fils a oublié ses engagements  et se met, lien parental oblige, sur les traces de son papa. L’animation politique a signé son retour fracassant. Chaque fois que le « p’ti » se rend dans son « mon beau village » à Kara là-bas, il est accueilli en grande pompe par les groupes chocs d’animation politique. Hommes, femmes et enfants au ventre plat comme des serpents, et avec des derrières de pic d’Agou, habillés par la maison « Gnassingbé design » se déhanchent au rythme des chansons à la gloire du Fils du Père. Les marches de soutien sont également de retour. Cette affaire de tentative de coup d’Etat est l’occasion toute trouvée pour renouer avec les pratiques archaïco-préhistoriques.

          Les militants du RPT ont été les premiers à donner le ton. Ils seront suivis par les chefs traditionnelles des Lacs qui ont prouvé aux yeux des Togolais qu’ils n’ont aucune dignité. Sûrement que d’autres moutons de Panurge vont se jeter dans la danse. Il ne reste que les montages grotesques à la télévision nationale pour faire du Fils la photocopie conforme du Père.

Vous avez dit ministère à problèmes ?

          Décidément le ministère des Enseignements primaire et secondaire est un département à problèmes. Son excellence Yves « Nagouroskov » en avait fait l’amère expérience. Au moment où il s’époumonait à gérer les mécontentements de ses administrés, ses collègues s’ennuyaient  dans leurs départements. Ses soucis avaient commencé avec le mot d’ordre de grève des enseignants qui ne trouvent rien à mettre sous la dent. Le gars n’a pas fini de canaliser leur colère quand les agents de la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) enfoncèrent impitoyablement le clou. Ils avaient menacé de descendre dans la rue parce qu’ils traînent depuis des lustres 17 mois d’arriérés de salaire. Raison pour laquelle certains pensent que son limogeage fracassant provient de son incapacité à gérer tous ces problèmes.

Selon des informations, le nouveau ministre n’a pas du tout du répit face aux menaces de grève depuis qu’il a déposé son cul dans ce département. La négociation entre les enseignants non titulaires de 2001 à 2003 et les enseignants volontaires a accouché d’une jolie souris. Ils estiment être ivres de promesses du « gouvraiment » et veulent de l’argent en liquidité. Raison pour laquelle ils entament une grève d’avertissement de 48 heures sur toute l’étendue du territoire à partir d’aujourd’hui. Si rien n’est fait, ils n’entendent pas se laisser faire et sont déterminés à le marquer à la culotte. N’est-ce pas que le nouveau ministre est sur les pas de son prédécesseur ? On attend de voir.

« Zaza » de nouveau dans le mutisme

          A l’approche de la présidentielle de 2010, l’actualité togolaise s’enrichit d’évènements familiaux. Chaque citoyen trouve l’occasion d’en parler. Les partis politiques ne sont pas du reste. Les macros (UFC, CAR), les confidentiels (PRR, NDP…) font chaque jour l’autopsie chirurgicale de la  « siiation » sociopolitique au Togo. Les particules (CPP, CDPA, PDR) en parlent à peine. Ils avaient perdu leur latin suite à leur fiasco retentissant des législatives du 14 octobre 2007. Il a fallu la mise en place du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) pour qu’ils sortent de leur tour d’ivoire. Le patron des RePTiles, en quête de soutien dans ce cadre, va enfin les intégrer frauduleusement. Il va l’élargir à toutes les parties signataires de l’APG (Accord Politique Global) lors d’un conseil des ministres. Les particules avaient ainsi gagné la bataille et non la guerre, car ils continuent de faire le pied de grue à la porte d’un CPDC agonissant.

          Nombreux étaient les Togolais qui avaient savouré le retour triomphal annoncé  de Zaza, le prégo du PDRien qu’on annonçait entre-temps prendre sa retraite politique. Ils attendaient d’être gavés de ses  trouvailles proverbiales. Mais le CPDC en panne, ils sont restés sur leur soif. Le gars qu’on dit fâché,  est obligé de s’enfermer de nouveau dans le mutisme. On raconte que cette attente lui donne de l’insomnie. En tout cas, s’il nous écoute, qu’il sorte de son trou et donne « proverbiablement » son point de vue sur l’actualité.

Les  Araignées  « bitosards »

Vraiment, nos dirigeants ne cesseront de nous « tonner ». Lors de la célébration de fête de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, le 27 avril dernier, tout le monde a vu pendant le défilé les jolies voitures de l’Opération Araignée. Tous ceux  qui disaient que cette opération était morte et enterrée se sont mordu les doigts. Les gens  étaient sûrs qu’on n’allait plus jamais parler de voleurs dans ce pays à cause de la façon dont les « mon pays » et les citoyens les « terminaient ».  Mais, c’est mal les connaître. Tant qu’il vit, le voleur ne peut arrêter de voler, a-t-on l’habitude de dire.

C’est ainsi que la semaine dernière, les voleurs ont rendu visite à une maisonnée à Attiégou. Ils ont au cours de  cette nuit, pillé au moins 11 chambres. Dans la maison, il y avait même la femme d’un « mon pays », mais les voleurs n’ont pas eu peur. Les habitants ont appelé plusieurs fois les Araignées, mais à chaque fois on leur  a signalé que la voiture chargée de faire la patrouille cette nuit-là était au niveau d’Atikoumé. Jusqu’à ce qu’ils n’arrivent, les voleurs qui étaient armés de fusils artisanaux ont tout emporté. Il paraît que la nuit suivante les mêmes voleurs sont revenus, mais tous les occupants ont fui la maison.  Et dire qu’il y a des « mon pays » dans ce pays!

Les mauvaises langues racontent que c’est une seule voiture qui sécurise toute la ville de Lomé et  que  ce sont les « zotorités » et les gros bonnets qui chaque fois, leur font du « taméa » qui sont choyés. Il paraît que si vous leur glissez quelque chose à chaque fin du mois, vous pouvez être sûrs qu’ils passeront au moins cinq fois devant votre portail une même nuit.

« Faure-vi », un nom prédestiné ?

A « Gnassingbéland », aucun prénom  n’est donné au hasard. Chaque prénom à sa signification. C’est ainsi que dans le septentrion, on a des prénoms comme  Eyadéma (les gens sont  finis), Balakiyem (il se donne de la peine pour rien), Essozimna (Dieu seul sait). Au Sud on a des prénoms comme Kossikpui,  pour dire que l’homme est de taille courte, Gabarra (l’argent est mauvais), Mawuéna (c’est Dieu qui a donné) etc. Passons.

Les gens commencent à comprendre à travers les actes du « p’ti » le vrai sens du nom que le Timonier lui a donné. L’atterrissage catastrophique du prince sur le tabouret  « prégodentiel » en dit long sur sa personne. Nul ne peut nier sa forteresse, que dis-je, sa force. L’homme est, selon « Fo Bodj », plus « faure » que Barack Obama, car lorsque lui, il dit  «Yes We can», «Faure-vi » lui, a  déjà le changement dans sa poche. « The change, «we made it », a-t-il dit.  Même ceux qui lors de l’élection frauduleusement claire de 2005 ont été mis à poil, jetés dans la boue, emprisonnés et ceux à qui on a repeint le portrait disent qu’il est le seul prégo qu’il leur faut. Ceux qui meurent sur leur  lit d’hôpital se ressuscitent pour applaudir le « p’ti ». Ce qui est bizarre, c’est qu’après le passage du « p’t’i », beaucoup  ne sortent plus de chez eux du fait de la honte. On se souvient que du vivant de Gnass 1er,  une  délégation de retraités avait sollicité une audience pour lui soumettre des doléances. Arrivés à Lomé II, c’est un autre discours qu’on a donné à la porte-parole de lire. Les retraités ont tant et si bien encensé le timonier qu’ils avaient oublié  leurs revendications. Depuis ce jour, la pauvre dame n’arrive  plus à sortir de chez elle pendant la journée.  Elle est devenue une chauve-souris  et ne pointe le nez dehors que la nuit.  Il se dit qu’avec un mandat, « Faure-vi » totalise plus de marches de « soutien-gorge » que son papa. Vrai ou faux ?


Au cœur des « mon pays »

Mazalo : Camarade, c’est comment chez toi ?

Solange : Comment prendre pour faire ? Même si ça ne va pas, on ne peut  rien faire.

Mazalo : C’est la vie. Nous, on est dedans et on ne peut pas changer quelque chose.

Solange : Moi, je prends les choses comme elles arrivent. Si c’est bon, c’est bon. Si c’est mauvais, c’est mauvais.

Mazalo : Décidément camarade, je ne comprends pas ce qui arrive à nos routes ! On ne dirait pas que nos hommes ont travaillé sur ça.

Solange : Tu n’es pas la seule que cela étonne. Moi-même, j’ai cherché beaucoup mais  je n’ai rien compris dedans.

Mazalo : Tu as encore fait  un tour dans la ville depuis que la pluie a commencé par tomber dans le pays ?

Solange : Toi-même tu connais ma « siiation ». Je suis calée ici pour trois mois. Je vais faire comment pour circuler ?

Mazalo : Si je te raconte ce qui se passe, tu ne vas pas me croire.

Solange : Le travail  n’a pas résisté à l’eau ou comment ? « Splique »-moi ce qui se passe exactement.

Mazalo : Quand tu regardes avec tes propres « zoeils » comment les routes sont maintenant, tu ne peux jamais croire qu’on a travaillé sur ça.

Solange : C’est devenu « gnama-gnama » comme ça ?

Mazalo : Tout est devenu comme avant. Certains endroits sont même « plus » pires que ce qui était avant.

Solange : Comment nos hommes même ont travaillé et cela ne fait pas  longueur  et tout est gâté ?

Mazalo : Qui va comprendre cette « siiation » ? Mais, ils ont quand même fait un bon travail et tout le monde les a qualifiés.

Solange : C’est toi qui le vois comme ça. Si c’est un bon travail, comment ça peut gâter brusquement ?

Mazalo : En tout cas, on ne sait pas jamais, la pluie aussi a quelque chose à voir dedans. Ce ne sont pas les « eux » qui ont fait un travail mal.

Solange : Il faut qu’on creuse les longs trous qui se trouvent tout le long des routes sinon, c’est toujours ces problèmes de difficultés qu’on va voir.

Mazalo : Tu as raison. C’est surtout ça qui cause les problèmes. Le jour où toi-même tu vas voir la réalité, tu seras étonnée.

Solange : Camarade, tu sais que c’est cette « siiation » des routes qui nous complique plus notre boulot ?  Les voitures à chaque fois vont « déchirer l’eau sur toi ». Le travail me fatigue maintenant !

Liberté 503 du lundi 11 mai 2009
Sauf coup de théâtre, le Niger emboîtera le pas au Togo : La France travaillerait-elle pour le recul de la démocratie en Afrique ?

Après le Togo, la Guinée, le Gabon, le Congo, la Tunisie, le Tchad, le Cameroun … et tout récemment l’Algérie, le dernier pays de l’Afrique francophone en date, c’est bientôt le Niger sous la houlette de Mamadou Tandja qui va entrer dans les pays de mauvais exemple en matière de toilettage unilatéral de la constitution, en vue de l’obtention de mandat illimité. Il y a quelques semaines que Nicolas Sarkozy a brièvement séjourné sur le continent africain, notamment au Congo, en RDC, puis au Niger.

Pendant son séjour nigérien, l’hôte de Sarko, Mamadou Tandja avait tenu des propos qui laissaient croire qu’il ne toucherait pas à la constitution de son pays, allant jusqu’à faire allusion à la dignité et sur un ton assez sérieux. C’était bien en présence du président français. Cela nous avait inspiré en son temps un titre du genre : « Tandja sur les traces d’Eyadèma ? ». A l’époque, dans le développement nous nous étions aventuré dans une déduction osée qui laissait croire que Nicolas Sarkozy n’étant pas Jacques Chirac, il n’y avait pas lieu d’imaginer que la France de Sarko permettrait à Tandja de rééditer le même scénario que Eyadèma sous le règne de Chirac. Nous sommes en train de nous convaincre que nous nous étions trompé.

Aujourd’hui, soit environ huit semaines après le retour en France de Nicolas Sarkozy, le langage de Tandja semble ne plus être le même. L’intéressé déclare que si le peuple lui demandait de rester, il respecterait sa volonté. Déjà, les manœuvres sont en cours pour faire croire que c’est le peuple nigérien qui demande au chef de l’Etat de demeurer encore à la tête du pays. L’Opposition bien avertie de la supercherie, n’entend pas se laisser faire et samedi dernier elle a organisé sa première grande manifestation de  dénonciation au cours de laquelle, une foule estimée à près de vingt mille personnes, ce qui n’est pas rien, s’est mobilisée pour dire non à Mamadou Tandja.

Cet imbroglio rappelle aux Africains le cas du Togo et le complot que Jacques Chirac et Gnassingbé Eyadèma avaient monté sur le dos du peuple togolais en 1999. Après avoir déclaré qu’il ne toucherait pas à une seule virgule de la constitution togolaise et qu’il irait se reposer en 2003, Eyadèma sera candidat cette année-là encore avant que, deux ans plus tard, le vrai Dieu, l’unique, ne le rappelât à lui pour le repos éternel. Chirac ne réagira pas, lorsque quelques mois plus tard, la constitution sera modifiée, faisant sauter la limitation du mandat au Togo. Pire, Jacques Chirac sera le premier à adresser ses félicitations à celui qui avait promis sous ses yeux qu’il ne modifierait pas la constitution. Pourtant, la Cour Constitutionnelle n’avait pas encore validé les résultats provisoires.

Qui pouvait croire que le même Tandja, qui entre mars et mai 2009, tenait un langage qui le mettait hors de soupçon, tiendrait aujourd’hui un langage en porte-à-faux avec celui tenu quelques semaines plus tôt ? Mamadou Tandja, négociant pour s’éterniser au pouvoir, a dû ravaler sa langue, pour commencer à tenir en respect la rébellion touareg, lui qui avait toujours refusé d’aller à sa rencontre pour un quelconque dialogue. Et c’est ainsi qu’il a rencontré dernièrement ces rebelles qu’il qualifiait de bande de voyous. La mine d’Uranium d’Imourarem, deuxième mine dont l’exploitation revient également à la Société française  AREVA, constitue-t-elle le grand appât pour Tandja qui l’empêche de partir, espérant s’en mettre encore plein les poches avec cette deuxième mine qui attire tant les Français ?

De l’autre côté, au Tchad, la France, toujours elle, apporte son soutien à l’armée tchadienne pour faire face à la rébellion décidée à faire partir Idriss Deby accroché au pouvoir vaille que vaille, à cause du pétrole dont la France tire de précieux profits. Si tout récemment Bouteflika, le chef de l’Etat algérien, a pu modifier la constitution en toute tranquillité sans un mot de la France, on comprend dès lors que le dernier cinéma fait à Niamey en mars 2009 par Sarko et Tandja n’est qu’un remake du cinéma Chirac-Eyadèma. Tout porte à croire que la France, malgré les discours flatteurs, met tout en œuvre pour maintenir l’Afrique et plus précisément ses anciennes colonies dans le recul de la démocratie. Tout bien pesé, la France travaille activement pour le maintien au pouvoir des antidémocrates, ceux qui préfèrent détruire leur propre nation au profit des intérêts de la France qui n’a pas d’amis, mais rien que des intérêts.

L’appel lancé en février dernier depuis Addis-Abeba par le Président en exercice sortant de l’Union Africaine, le Tanzanien Jakaya Kikwete lors du 12ème sommet de cette organisation, est tombé dans des oreilles de sourds. Il avait demandé à ses pairs chefs d’Etat africains, de s’abstenir de modifier la constitution de leur pays pour s’éterniser au pouvoir et les a exhortés à concentrer leurs efforts sur l’amélioration de la situation économique de l’Afrique. Au contraire, l’appel semble entendu dans le sens inverse : empirer la situation économique du continent en s’érigeant en fossoyeurs de son économie.

Au moment où les Africains vivent la résurgence des coups d’Etats (Centrafrique, Mauritanie à deux reprises, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Madagascar, Togo (?), ...) comme dans les années 60-70, mettant à mal la stabilité politique, sociale et économique, n’est-il pas opportun pour la France de tout mettre en œuvre, pour sauver la démocratie sur le continent et plus précisément dans ses anciennes colonies, au lieu de s’attacher à ses intérêts propres, en apportant son appui à des affameurs de leurs peuples. Pourquoi doit-on se taire et encourager en sous-main ces chefs d’Etat qui veulent s’ériger en  présidents à vie ? Il faut dire que si l’Afrique connaît en ce moment le retour à l’instabilité, cela est dû en grande partie au manque d’alternance qu’il faudra aider à corriger  impérativement.

Alain Simouba


Affaire de coup d’Etat : Kpatcha Gnassingbé cherche à  rencontrer Faure en tête-à-tête

            Depuis la nuit du 12 au 13 avril dernier, le microcosme togolais est marqué par une affaire de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Il y a aujourd’hui, des faits nouveaux dans cette affaire qui est au centre de toutes les conversations.

          De sources concordantes, le principal accusé Kpatcha Gnassingbé chercherait à rencontrer en tête-à-tête son frère, le chef de l’Etat. Mais ce dernier qui n’aurait pas totalement fermé toutes les portes de discussion, aurait donné son accord à condition que d’autres témoins assistent à l’entrevue. Ce qui ne serait pas du goût du présumé cerveau. Et c’est sur ce point qu’achoppent pour l’heure les choses.

En outre dans un communiqué publié le 30 avril dernier, le Procureur de la République a indiqué que « 10 cils ont été déférés, inculpés et mis sous mandat de dépôt. En revanche, 18 militaires dont 5 officiers, 10 sous-officiers et 3 hommes de rang ainsi qu’un officier adjoint de police sont sous sanction disciplinaire de leur corps respectif avant leur remise aux autorités judiciaires ». « Que ce soit au niveau des civils comme des militaires, des aveux circonstanciés ont été faits par les principaux inculpés. Les discours qui devaient être prononcés après le renversement des institutions de la République ont été saisis et mis sous scellés », poursuit le communiqué.

De source judiciaire, on indique que « cette sortie du Procureur n’est pas gratuite » et que les personnes inculpées seraient passées aux aveux. « La plupart des gens arrêtés ont reconnu qu’il y avait un projet de déstabilisation du régime en cours d’exécution », ajoute notre source.

Selon les informations en notre possession, l’ancien ministre de la Défense et des anciens Combattants aurait avoué les faits qui lui sont reprochés. Confronté aux révélations des autres personnes interpellées, Kpatcha serait passé aux aveux en mettant en avant les mêmes griefs qu’ils portent contre son frère, à savoir : le fait qu’il communique peu et celui d’avoir privilégié ses amis au détriment de la famille. Ce qui reste à confirmer par sa déposition. « Il y a une manipulation des faits dans l’entourage de Faure. Cette information est à prendre avec des pincettes », observe un proche de Kpatcha.

La même source rapporte que les autorités togolaises n’entendent pas régler cette affaire dans le cadre familial. « La justice est en marche dans cette affaire. La logique est d’aller jusqu’au bout pour que les Togolais sachent qu’il n’y a aucun montage dans cette affaire. Le procès va commencer d’ici à la fin de l’année », ajoute-t-elle.

Aussi la version de la clé USB est-elle confirmée par plusieurs sources proches du dossier. Ce disque amovible contiendrait le plan d’attaque détaillé ainsi que d’autres informations ayant trait au putsch en préparation.  Cette affaire est sérieuse. On ne peut pas l’inventer pour atteindre un quelconque dessein. Ceux qui doutaient avant et qui ont ensuite suivi les faits ont commencé par se raviser », affirme l’une de ses sources.

 « Il y a une part de vérité dans ce qui s’est passé. Mais le problème, c’est que les autorités togolaises se sont mal prises », fait remarquer un diplomate qui a requis l’anonymat.        Affaire à suivre.

R. Kédjagni


Quel président idéal pour le Togo en 2010 ?

La présidentielle de l’année prochaine, ce n’est qu’une question de mois. Bien que toute la vie politique soit rythmée par le dossier Kpatcha, cela ne saurait occulter cette échéance importantissime qui attend le Togo. Dans tous les Etats-majors, l’heure est aux calculs politiciens sans grand égard aux aspirations profondes du peuple, qui a soif d’alternance. Ce défi peut-il être relevé par les politiques traditionnels qui se frottent sur le terrain depuis l’aube des temps ? Ou bien est-ce par une voix alternative ?

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est forclos pour relever ce défi, lui qui est à l’origine des problèmes du Togo. Le parti a fait du pouvoir une propriété privée depuis 40 ans, créant des frustrations et instrumentalisant les clivages, une situation que le Président idéal du peuple devra corriger, à travers une gouvernance aux allures de transition démocratique. Il devra alors recueillir le consensus, et au regard de ce critère, aucun candidat provenant du clan au pouvoir ne pourra faire l’affaire, quand on sait qu’il est aujourd’hui divisé par cette affaire Kpatcha. Que ce soit le député ou son demi-frère, le choix de l’un braquerait l’autre camp, et là le Togo ne serait pas sorti de l’auberge.

L’opposition traditionnelle, même si elle a bien d’arguments pour prétendre assurer cette tâche et en manifeste la ferme volonté, elle n’affiche pas la sérénité qu’il faut et ses leaders semblent tomber sous le coup de l’usure, émoussés qu’ils sont par une lutte sans issue. Les opposants traditionnels sont d’ailleurs victimes de clichés ethnocentristes. Ils sont présentés par le pouvoir comme des revanchards aux populations du Nord, qui sont aussi souvent braquées.

          Le besoin d’une voix alternative se fait donc sentir avec acuité, une voix qui recueillera le consensus. C’est ici qu’on idéalise la piste de la candidature à cette présidentielle des hommes de Dieu qui se fait de plus en plus avec insistance.

En effet, depuis quelques temps, des indicréditions font de plus en plus état d’un Evêque comme présidentiable. Si cela advenait, cet état de chose ne peut qu’être salué car avec un homme de Dieu, le coup est jouable. Les hommes de Dieu ont une conception appréciée de la chose publique qui tranche avec celle des vrais politiques qui priorisent les intérêts. Le sens élevé de la nation des Hommes d’Eglise, les vrais, est l’idéal de la nation. On n’en voudra pour preuve que la dernière sortie médiatique des Evêques du Togo.

En prélude au Jubilé d’or de l’accession du Togo à la souveraineté internationale qui se célébrera l’année prochaine, les Evêques du Togo, à travers une déclaration rendue publique le 21 avril dernier, ont fait un joli diagnostic de la situation politique togolaise et un certain nombre de recommandations pour la paix et la réconciliation au Togo.

Les Evêques n’ont pas eu la langue de bois et ont dénoncé certaines anomalies dans la gestion du pays. « Le Togo appartient à tous ses fils…Nous devons éviter de vouloir faire de l’Etat une propriété privée au service d’intérêts personnels ou partisans », ont-ils dit.  Les concernés devront certainement se retrouver dans ces propos. Les Evêques du Togo dénoncent sous cap le non respect de la Constitution par le clan au pouvoir. « Il nous semble indispensable et de volonté populaire de … respecter les dispositions légales de notre Loi Fondamentale… » et « la volonté populaire clairement discernée ». Faire triompher la vérité, aimer le Togo, servir le peuple et non se servir, sont entre autres les  recommandations faites par les Evêques. Par cette sortie, l’Eglise retrouve ainsi son rôle avant-gardiste, de sentinelle abandonné depuis un bon bout de temps. « Avoir un homme de telles vertus comme Président du Togo en 2010 serait l’idéal », souhaite un observateur.

Pablo E.


Marche de soutien tous azimuts : Les chefs traditionnels des Lacs étalent leur inconséquence au grand jour

Incroyable mais vrai. Le jeudi 7 mai 2009, quatre ans jour pour jour après la répression sanglante qui s’est abattue sur les populations des Lacs, les chefs traditionnels de cette préfecture sont descendus dans les rues d’Aného pour apporter leur soutien à Faure Gnassingbé, celui par qui est arrivé leur malheur en avril 2005. Le ridicule ne tue pas ces têtes couronnées qui ont battu le pavé en chantant « RPT ényé ha nyoedé… » (RPT est  un bon parti).

            C’était dans son édition de nuit du jeudi 7 mai que la TVT a passé pour la première fois  cette triste sortie des chefs traditionnels des Lacs. Environ cinq minutes ont été consacrées à cet événement de l’année. Comme l’initiative venait d’une préfecture supposée acquise à l’opposition, il fallait la relayer abondamment pour qu’elle fasse des émules dans le reste du pays. Logiquement, la TVT l’a reprise dans toutes ses éditions du vendredi et jusqu’à dimanche.

          Mais cette manifestation n’a pas laissé indifférents nombre de Togolais. « Ces chefs traditionnels ne sont pas sérieux », « Il faut les oublier, ces chefs se sont égarés », « Ils ont la mémoire courte », « C’est malheureux, ils ont manqué d’égards à leurs administrés qui ont souffert en 2005 », « Même le chef Lawson Zankli qui a pris un bain d’égout, a participé à ce folklore »… Voilà les quelques réactions suite à la marche organisée par les garants des us et coutumes pour fustiger la tentative de coup d’Etat, saluer la politique de réconciliation et remercier le chef de l’Etat d’avoir créé de l’emploi. « Nous présentons notre gratitude à votre sens de devoir et à votre attachement à la démocratisation du pays », dixit les chefs traditionnels. Une preuve que ces gens ne sont pas conséquents avec eux-mêmes. Si Faure était attaché à la « démocratisation du pays », il n’allait pas marcher sur les cadavres pour venir aux affaires, on n’allait pas tuer ces filles et fils des Lacs. Ceux-ci seraient présentement vivants pour participer à la construction de leur préfecture et par ricochet de leur pays. « Dans la ville d’Aného, le Préfet a indiqué qu’une seule personne est décédée. En recoupant les informations, il ressort que près d’une vingtaine de morts ont été recensés à Aného, entre le 26 et le 27 avril 2005. Ces chiffres semblent également être en deçà de la réalité. La mission a reçu des informations faisant état de cas d’exécutions sommaires par des soldats tirant sur la population à partir d’un hélicoptère qui survolait la ville d’Aného », indique le rapport de la mission d’établissement des faits. Même le chef de la ville d’Aného Togbé Ahuawoto Savado Zankli Lawson VIII a subi de pires humiliations. Il a lui-même raconté le récit des faits dans lesquels il a nommément accusé le capitaine Casimir Dontéma embastillé aujourd’hui dans cette affaire de coup d’Etat (Lire le compte rendu des événements malheureux survenus dans la ville d’Aneho et au palais royal Lolan les 23, 24, 26 et 27 avril 2005).

Quatre ans après, les chefs traditionnels ont pris d’assaut le bureau de la préfecture où les attendait le préfet Adossi, ancien député du CAR et qui avait eu chaud en 1994 lorsqu’il était Directeur du CEG ville II de Tsévié. Après la motion de soutien lue de manière brouillonne par le porte-parole, le Préfet a félicité les manifestants et promis de transmettre le message à qui de droit. Dans la foule, il y avait aussi le roi Zankli Lawson qui était mal à l’aise et qui baissait de temps en temps la tête pour sûrement échapper aux projecteurs des cameramen. De même, il était chiffonné lors des traditionnelles acclamations qui bouclent ces genres de déclarations. Qu’est-ce qu’il avait de la peine à suivre le rythme des zélés. Une double humiliation pour lui.

          Le comble, c’est la chanson entonnée par cette vieille dame et reprise en chœur par la « Chorale « Saint Faure » des chefs traditionnels des Lacs ». Pour cette septuagénaire habillée par la maison « Gnassingbé design », « Fôlouvi » est un choix du destin, un choix de Dieu. Et d’ajouter : « Quand « Fôlouvi » est venu au pouvoir, les enfants le prennent pour de l’amusement ».

          Voilà, les gens qui ont vécu les pires atrocités en 2005, trouvent aujourd’hui que « Fôlouvi » est un choix de Dieu. Ces chefs traditionnels qui sont toujours des symboles sacrés de la traduction vivante des coutumes et leur continuité, reliant en trait d’union les morts, les ancêtres et les vivants, sont tombés très bas en se livrant à ce spectacle indigne. Est-ce la condition posée par le chef de l’Etat avant son passage hier à Aného?

R. Kédjagni


Accident de circulation : Une voiture en route pour Aného pour couvrir une manifestation de Faure fait plusieurs tonneaux

Hier, le chef de l’Etat était à Aného où il a assisté à une messe et rencontré les chefs traditionnels et les prêtres qui, quatre jours plus tôt, avaient organisé une marche de soutien à son endroit. Pour couvrir cet événement, la TVT a dépêché très tôt le matin une équipe de journalistes dans l’ancienne capitale du Togo.

Mais contre toute attente, l’équipe qui est en poste à la Présidence, a décidé de faire le déplacement. Comme elle voudrait être à Aného avant l’arrivée du chef de l’Etat, le chauffeur roulait à tombeau ouvert, oubliant la réalité selon laquelle au Togo, « c’est un peu de route, un peu de trou ». A Baguida, la voiture fit plusieurs tonneaux avant de s’immobiliser. Bilan quatre blessés.

Les témoins de l’accident parlent de miracle. « Ces journalistes ont la chance. L’accident était grave. C’est un miracle qu’ils soient encore en vie », confie une jeune femme.

 E. Pierre


Libertinage

Pouah quelle vilenie !

          En parlant des « nostalgiques du retour en arrière » dans son message à la nation au lendemain de la tentative de coup d’Etat, « Faure-vi » ne savait certainement pas que ceux-ci pullulent dans ses rangs. Ces nostalgiques du retour en arrière signent leur retour vrombissant par les pratiques immémoriales décriées au temps du Père. Les chefs traditionnels des Lacs, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, se sont négativement illustrés en organisant jeudi dernier une marche de soutien à « Faure-vi ». Tous ceux qui ont suivi les têtes couronnées des Lacs dans leur prestation n’en revenaient pas. Avec les pires atrocités que les populations des Lacs particulièrement celles d’Aného ont subis 2005, comment peuvent-ils se livrer à une telle de bassesse? Se demandant de nombreux Togolais.  Les fils et petits-fils de ces chefs sont encore en exil  au Bénin. Beaucoup d’autres ont perdu leur vie. Et aussi absurde que cela puise paraître, ce sont  les parents des  martyrs de 2005 qui montent au créneau pour se fondre en flagornerie pour le Fils du père. Guidés par des espèces sonnantes et trébuchantes, les chefs traditionnels des Lacs ont perdu  leur dignité. Pouah, quelle vilenie ! Les téléspectateurs étaient tombés des nues quand ils ont vu les têtes couronnées, toute honte  bue, chanter des louanges et des hommages au fils du père pour avoir fait massacrer leurs fils et filles en 2005. Les élucubrations immondes débitées par les garants des us et coutumes d’Aného ont convaincu beaucoup de Togolais qu’ils sont tombés sur la tête. Il n’y a plus d’autres mots pour les qualifier.

Le temps des soucis pour les Loméens

          Depuis quelques semaines, le Togo est entré de plain-pied dans la saison pluvieuse. Les pluies ne cessent d’arroser la capitale qui se retrouve sous les eaux. Des maisons, des rues, des écoles…sont inondées. Lomé devient ainsi «l’eau-mé». Circuler à Lomé ces temps-ci relève d’un véritable parcours de combattant. Chaque année, c’est le même cauchemar que vivent les populations. Un éternel recommencement. Curieusement, les dirigeants ne semblent guère se préoccuper de la situation des sinistrés abandonnés à leur propre sort. Ce qui est encore révoltant, c’est qu’après les inondations, certains ministres chaussés de bottes et de rangers descendent dans les eaux boueuses pour compatir à la douleur des sinistrés et leur offrir quelques morceaux de sucre, de l’huile, des bols de maïs et de riz et des nattes pour essuyer leurs larmes.  Et ils attendent encore la saison pluvieuse pour s’adonner au même spectacle. L’année dernière la pluviométrie était telle qu’elle a provoqué de graves inondations qui ont occasionné d’importants dégâts matériels et des pertes en vie humaine. Malgré les promesses de la part des autorités, rien n’a été fait pour éviter d’éventuelles inondations. Cette année la pluviométrie s’annonce abondante. Du coup c’est le temps des soucis chez les populations qui se demandent si elles vont revivre les mêmes scénarii que l’année dernière. Pendant que l’inquiétude est grande chez les populations, certains ministres eux se frottent les mains. Ils n’attendent que le moment opportun pour se faire bombarder de dons de toutes sortes. A quelque chose malheur est bon, n’est-ce pas ?

Le « p’ti » usurpe le fief de « El Kpatcho »

          Le détenu spécial « El Kpatcho », à l’époque où il était libre de tout marquage, avait transformé Kozaland en un territoire autonome sur lequel il règne en Papa Noël. Chaque jour que Dieu fait, il sème le bonheur dans le cœur des Karalais. On a encore en mémoire  comment  ce « dépité » RePTile avait décrété le collège et le lycée gratuits à Kara. Aussi faisait-il des dons de matériel de médicaments exclusivement aux centres médicaux de la Kara dans l’attente d’une suite favorable de ses administrés pour  le plébisciter au cas où il déclarait sa candidature au nez et à la barbe de son demi-frère « Faure-vi ». Beaucoup s’étaient  préparés  pour voir ce derby du siècle entre les deux princes. Mais cette affaire de tentative de coup de poing que dis-je, d’Etat a coupé l’herbe sous leurs pieds.

          Maintenant que l’héritier 100% du Timonier, « El Kpatcho » passe des séjours paradisiaques au gnouf, les Karalais ne peuvent plus lui être reconnaissants. Selon des informations, le « p’ti » cherche à être le père adoptif  de ces orphelins Karalais. Pour preuve, le fils du père occupe depuis un certain temps le fief de son frangin. En tout cas, il a fallu que le Gros soit au trou qu’on dépêche le ministre de la santé, Koffi Bamako à l’intérieur du pays notamment à Kara pour faire des dons de matériels et de médicaments aux centres de santé au nom du président. Certains observateurs pensent que « Faure-vi » veut faire oublier et enterrer « El Kpatcho » de ses fans. Vrai ou faux ?

Silence, les RePTiles se modernisent !

          Le RPT est-il prêt à se moderniser ? C’est une question qui a longtemps trituré les méninges des Togolais. Quand on connaît tous les moyens pas possibles que ce parti engage pour se maintenir au pouvoir, personne ne peut s’empêcher de relever cette inquiétude. On se souvient encore de  comment le « p’ti » et son parti ont marché sur des cadavres pour s’emparer du fauteuil présidentiel. En tout cas, le parti a organisé samedi dernier une session de formation à l’endroit des cadres du parti. Il s’agit à en croire le Secrétaire Général, d’extirper de la tête de ces cadres des vieilles habitudes, en somme les moderniser. Pour lui, le monde bouge, il fallait que le RPT aussi évolue. Cela mérite donc des cours intensifs à ces cadres sous informés sur les nouvelles mutations sociales.  Pourquoi maintenant ? Certains pensent que c’est du bluff et que c’est l’affaire « El Kpatcho » qui trouble le sommeil des responsables du parti à l’approche de l’échéance de 2010. En effet depuis que cette affaire a pointé son nez, les mauvaises langues racontent que le parti traverse un véritable tsunami. Cela n’engage qu’eux.

          On espère qu’il ne s’agit pas d’un trompe-l’œil et que dorénavant les cadres se comporteront impeccablement sur le terrain surtout à l’intérieur du pays. Qu’on ne verra plus les préfets mobiliser avant la campagne électorale, la population avec des pancartes sur lesquelles sont inscrites n’importe quoi à l’instar de « M. le président, la préfecture vous soutient ». Aussi  que les fonctionnaires des autres partis ne se plaindront pas des intimidations et des affectations punitives. On attend de voir.

Des marches de «slip» no limit

Avec cette histoire d’atteinte à la sûreté du fauteuil de « Faure-vi » les vieux démons se sont réveillés de leur long sommeil. Depuis, on se croirait au temps du parti unique. Les RePTiles ne dorment plus le sommeil. On dirait qu’ils ont le diable sur le  corps. Beaucoup ne comprennent pas comment un petit incident peut ébranler autant un parti qui préside à la  destinée d’un peuple pendant près de 40 ans et que le Père de la « Gnassion » même a royalement fondé. Depuis que cette affaire a éclaté c’est  à des courses, plutôt des marches de slip, de string, des ateliers de renforcement de capacité, des meetings à n’en plus en finir qu’on assiste dans le pays. Comme si on a avait que cela à faire. Ce n’est pas le « Gnassingbéland » qui est plus prospère que les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne. Mais on a « jamaiment » vu les « Sarkosiens », ni les « Etatsuniens » ou les « Allemagnais » organiser des marches de soutien pour montrer qu’ils sont derrière leur prégo ou pour lui dire de rester éternellement scotché au tabouret « prégodentiel ». Le plus étonnant c’est que l’Etat ne veut plus qu’aucun parti politique  organise des marches hormis le aiRPéTé. La preuve, le 27 avril passé les militants de l’UFCocu ont été  pimentés à la sortie de l’église par des gaz lacrymogènes. Veut-on dire à la population que le  pays est la propriété privée du aiRPéTé? Après c’est pour nous rebattre les « zoreilles » avec la « réconcilia-shuan ».

La semaine derrière, ce sont les « siefs » traditionnels de la région des Lacs qui ont laissé leur trône  et leurs nombreuses femmes pour  faire marche de string, plutôt de soutien-gorge au « p’ti ».  Au lieu de demander au « p’ti » d’aménager la route qui vient dans leur village, ils sont là à chanter des louanges à « Faure-vi » et à débiter des sornettes fétides. On aura tout vu avec ces « siefs ».

Des routes ou des  pistes de cross country ?

On se demande si nos dirigeants adorent leur pays et qu’ils se donnent la peine  d’aller  voir nos infrastructures routières. Certains vont jusqu’à  se poser la question de savoir les dossiers que traitent le « ministridicule » de l’équipement. Ce n’est pas capable.  Les routes n’ont rien à envier aux pistes de cross country. Les trous, les crevasses, des dépressions, des lacs, des étangs et des lagunes  qui jonchent ces routes sont tels que si vous ne faites pas attention, c’est avec une grue du PAL qu’on va vous sortir. Par endroits, vous devez laisser la route proprement dite pour passer en bordure pour que les trous ne vous engloutissent pas. A Baguida ou Avépozo, les engins sont obligés de rouler à pas de caméléon. Vous allez mettre un temps fou avant d’arriver à destination.  Cependant, c’est sur ces voies que les « mon pays » prennent mille francs par jour aux  chauffeurs de taxi qui font semblant d’être des voitures perso. Lorsque vous voulez être récalcitrant comme un cabri vous en aurez pour votre compte.  C’est sur ces mêmes routes qu’on récolte l’argent du péage comme de la manne tombée du ciel. Malgré tous les fonds collectés, les routes sont dans un état comateux. Jusqu’à quand cette « siation » va durer ?

« Mémounatou-vi » et « Kplikplitina » aiguisent les crocs…

Ce n’est qu’une question de jours. Le « Gnassigbéland » sera encore sous les eaux. Le pire est d’ores et déjà annoncé par les services de la météorologie qui prédisent une catastrophe « gnassionale» dans les jours à venir. Avec toute cette précipitation déjà enregistrée en ce début de saison pluvieuse, on se demande si jusqu’en fin de saison on ne deviendrait pas tous des batraciens. Une prophétie  qui est en train de prendre déjà forme dans certaines localités. « Agoèyi-zongo » par exemple est déjà transformé en un village lacustre, qui n’a rien n’en envié au célèbre village de Ganvié chez Yayi Boni.

Malheureusement, on a l’impression  que  cette situation n’émeut guère les « zotorités » en charge de ce problème.  Au lieu de prendre les taureaux par les cornes, et de mettre sur pied une véritable stratégie pour faire face efficacement aux éventuelles conséquences, la « ministricule » des affaires catastrophiques chargée des inondations et de la gestion des dons, l’incontournable « Mémounatouvi » ne semble guère se soucier des risques imminents que courent les populations. Elle et l’autre « ministricule» en charge de la « sékrité », l’homme dont l’affaire « Faure-vi- Kpatchagan » à cloué le bec, le nommé «Kplikplitina » ont déjà, de source «dubaii», aiguisé les crocs prêts à avaler les prochains dons.


Ça va se savoir « Candaulisme » involontaire (1)

          Le candaulisme se pratique désormais chez nous. Il s’agit de ce plaisir, tout simple parent du voyeurisme qui consiste à regarder son partenaire en pleine relation sexuelle avec une autre personne et y prendre soi-même autant du plaisir… Aujourd’hui, à certains endroits de la capitale particulièrement dans certains coins de la plage, des jeunes se livrent à cœur  joie à cette pratique faisant quelques fois des victimes parmi les conservateurs, rendant aussi heureux ces « grottos » richissimes ayant séjourné loin de la patrie mère.

          Il y a presque un an que Estelle et Marc s’étaient mariés. Ils avoisinaient la trentaine et chacun avait bien évidemment fait son temps. Alors que Marc lui faisait ses études sous d’autres cieux, Estelle, elle autre, faisait la compagnie des personnes de peu de moralité. Elle fut des fois l’appât pour des bandes de gangs et s’adonnait même à la vie de débauche. Tous ces détails étaient ignorés par Marc qui rencontra celle-ci à tout hasard au cours d’une soirée récréative. Tout avait marché bien cette nuit-là entre les amoureux parce que Estelle, au vu de ses expériences, n’avait pas fait les choses à moitié. Elle sut entretenir son cavalier au plus haut degré à telle enseigne que celui-ci lui resta coller comme une puce. Ainsi, ils finirent par se marier comme tout adulte qui doit fonder un foyer. Mais, depuis lors, il y avait bien quelque chose qui clochait, l’insatisfaction était presque totale chez la cavalière eu égard à ce qu’elle faisait. Et pourtant, l’homme en bon chef de famille, faisait tout ce qui était à son pouvoir pour satisfaire sa compagne. Surtout sur le plan matériel, il ne badinait point. Il comblait celle-ci de toute sorte de présents afin de la rendre heureuse. En contrepartie, Estelle était presque une prisonnière, confinée au rôle de femme de maison.

          Marc, par moment et selon son humeur, gratifiait son épouse de quelques sorties intempestives. Il y eut quelques jours, cette épouse du jeune homme avait, sur le chemin du marché, rencontré l’un de ses anciens acolytes qui n’était autre que son copain titulaire et aussi le chef du gang. Ils échangèrent pendant un petit moment et les deux furent pris d’envie de revivre le passé dans le sable, dans les gargotes, dans les coins bidons. Ils mijotèrent alors un plan qui leur était très familier. De l’entreprise, le jeune très content d’une affaire juteuse dont il venait de signer le contrat, prit son téléphone. Il appela son épouse : « Ma poule ! Ce soir, nous dînons dehors puis après, nous allons nous amuser quelque part où tu voudras». Aussitôt qu’elle  raccrocha qu’elle appela son vieux copain pour l’aviser de la mise en exécution du plan. Le jeune homme d’affaire arriva ce soir à l’heure à la maison comme il était convenu entre lui et sa femme en milieu d’après-midi. Estelle était prête et l’attendait. Le choix du restaurant était déjà fait, d’où ils prirent aussitôt la route. Les mets étaient copieux et l’homme mangeait avec beaucoup de plaisir et d’appétit tandis que son épouse avait la tête ailleurs. « Qu’as-tu ma biche ? Qu’est-ce qui te tracasse ? Le coin ne te plaît pas ? », interrogea l’homme qui finissait alors son plat avec le dernier morceau de la daurade. « Tout va bien sauf que j’ai envie de me balader comme prévu afin de me retrouver dans tes bras dans la nature comme si c’était pour la première fois », répondit la jeune femme toujours anxieuse du fait qu’elle ignorait la suite du stratagème en place. « Allons à la plage », proposa-t-elle pendant que sa main parcourait la cuisse de son mari, qui démarrait en trombe.

          Le couple atterrit sur la plage prisée de Lomé en face d’un hôtel abandonné et en état de délabrement avancé. Déjà en tenue d’Adam et d’Eve dans la voiture, ils s’embrassaient tendrement. Entre les lèvres de la femme, le chétif boa de l’homme était pris en étau et subissait le titillement de la langue de la salope dans son avidité. Soudain, trois mecs et une jolie demoiselle vinrent et regardèrent la scène de l’intérieur du véhicule. A suivre

Tonton D


Sans détour : Le Togo des malheurs

« Elle avait de l’imagination du malheur, et, de fait, ce qu’elle craignait arriva » (Jean Guéhenno, Changer la vie)

« Un malheur suit un autre », enseigne le poète comique latin Publius Terentius Afer  Térence dans son ouvrage « L’Eunuque ». Cette assertion rend bien la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui les Togolais. Le pays fait face à une succession d’événements malheureux qui engendrent parfois des morts et des blessés et qui sèment l’affliction dans les familles.

Le premier malheur, le plus important d’ailleurs, a commencé dans la nuit pascale après que les chrétiens eurent commémoré la résurrection de Jésus-Christ. Les armes ont crépité au domicile du député Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’Etat. Au coeur de cet assaut, le patron de la fameuse Force d’intervention rapide (FIR). Dans la matinée du lundi de Pâques, les Togolais s’interrogeaient sur les mobiles de cette attaque, quand le Procureur de la République laissa entendre plus tard que cette action était destinée à interpeller certains proches de Kpatcha impliqués dans une affaire de « tentative à la sûreté de l’Etat ». Il y avait eu des morts et des blessés mais on n’en a jamais parlé.

Cet incident du 12 avril a eu des répercussions qui ont conduit à l’interpellation de plusieurs personnes dont plusieurs Gnassingbé. Le chef de l’Etat a même déclaré que la justice agira avec fermeté alors que les partis de l’opposition continuent de dénoncer le non-respect du principe d’immunité parlementaire dont jouit le principal accusé. Bref, cette affaire de coup d’Etat est devenue l’unique préoccupation de Faure et son gouvernement qui ont mis un trait sur les discussions politiques au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Pendant ce temps, le chef de l’Etat s’impose une session de rattrapage en occupant le « vide » laissé dans la région de la Kara par son petit frère et mène sa campagne électorale déguisée. Cet événement malheureux a fait que le « fils de la nation » a dû revisiter son calendrier de voyage. Le globe-trotter qui aimait prendre part à toutes les grandes manifestations dans le monde entier, n’a pas pu assister samedi dernier à l’investiture du danseur Jacob Zuma.

On en était là quand le mercredi 6 mai dernier, un cousin du chef de l’Etat qui, après avoir fait une escale dans un bar, est parti avec sa RAV4 heurter les deux derniers wagons d’un train au passage à niveau sur le boulevard Gnassingbé Eyadèma. Ce lieutenant membre de l’escorte de Faure aurait eu plusieurs fractures et suivrait actuellement des soins intensifs.
          Hier, c’était la voiture de TVT qui allait dans les Lacs pour couvrir une manifestation à laquelle participe Faure, qui a fait un tonneau au niveau de Baguida. Selon les témoins, il y a eu quatre blessés.

Qui peut penser qu’en ce moment où les forces de l’ordre sont en état d’alerte maximal, les populations soient encore victimes de braquage? Personne. Mais le mercredi 6 mai aux alentours de 19h, le super marché Azar tenu par un Libanais nommé Sassime Azar a été la cible des braqueurs. Après s’être emparé de l’argent de la caisse, l’un des malfrats aurait tiré à bout portant sur le  Libanais qui succombera quelques minutes plus tard. Un autre a été blessé.

Ces malheurs qui se succèdent n’augurent rien de bon. Tout porte à croire que le chemin de croix est loin d’être fini. Avec la saison des pluies, d’autres malheurs sont attendus puisqu’il est une lapalissade que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Qui plus est, le blocage des discussions politiques risque d’envenimer la situation et de conduire à un scrutin violent en 2010. Inexorablement, le drame de 2005 se profile à l’horizon.

Zeus Aziadouvo


Au cœur des « mon pays »

Follykoé : Comment tu te portes aujourd’hui, class ?

Boèvi : Pas mal quand même. Pour le moment, ça a l’air d’aller un peu.  Et toi, c’est comment?

Follykoé : Au fait class, est-ce que tu as appris les nouvelles ?

Boèvi : « Quelles » les nouvelles encore ?

Follykoé : Tu n’es pas au courant  de ce qu’on a montré dans le journal sur notre télé vendredi  passé ?

Boèvi : Sois clair class, je ne comprends pas bien ce que tu voulais dire. Le vendredi-là, j’ai passé tout mon temps à  voir la télé seulement.

Follykoè : Là, ça tombe bien. Comment tu as regardé ce que les chefs d’Aného ont fait pour encourager le « p’tit » ?

Boèvi : Toi aussi tu as regardé ça ? Ne revenons plus sur  cette comédie-là. Je ne sais pas ce qu’ils ont pensé avant de faire cette blague.

Follykoè : Quand j’ai vu ça, c’est la honte qui m’a pris immédiatement. Je n’ai pas compris jusqu’à maintenant ce qui les a poussés à faire ce geste.

Boèvi : sans te mélanger class,  nos chefs-là, ils sont là seulement pour le ventre.

Follykoé : C’est la vérité. Si ce n’est pas le ventre qu’ils ont mis devant, qu’est-ce qui va les pousser à venir saboter notre village.

Boèvi : Cela dépasse même le niveau de sabotage. Ils ont plutôt vendu notre village. Les gens vont se moquer de nous.

Follykoé : Ils nous ont diminués devant les autres. C’est vrai que les gens de notre village sont capables de tout quand ils voient l’argent.

Boèvi : On parle depuis que les gens d’Aného ont deux langues et je suis contre. Maintenant, je vois qu’ils ont raison.

Follykoé : Avec  tout ce qui s’est passé là-bas et avec les « héloulo héloulo » qu’ils ont dits, je n’ai jamais imaginé que ces mêmes personnes vont réagir comme ça un jour.

Boèvi : En tout cas, c’est leur propre figure qui est le chemin. J’attends le jour  où quelqu’un des « eux » va encore dire que le « p’tit » est comme ça ou comme ça. Ils vont connaître leur fils ce jour-là.

Follykoé : Sois tranquille dans ta peau.  On  verra  qui est qui dans ce pays. S’ils pensent qu’en faisant ça, ils vont sortir de leur souffrance, ils se trompent.

Boèvi : Laisse-les. Ils pensent que le « p’tit » est comme son papa. Ils n’ont qu’à enlever cette idée de leur tête.  On va déposer nos « zoeils » pour les voir. Ils seront surpris. 

Liberté 502 du vendredi 8 mai 2009
Retour à l’Université de Lomé avec RFI : Le Ministre Bodjona et la mutation interne à l’Opposition

Lors des débats qui avaient opposé le représentant de l’UFC, Patrick Lawson et celui du RPT, Pascal Bodjona sur le campus universitaire de Lomé à l’occasion du passage de l’équipe de Radio France International au Togo, le Ministre insistait face à son interlocuteur sur la nécessité pour l’Opposition de réaliser sa mutation interne. Il déclara en substance : « Je souhaite qu’elle soit non seulement unie mais qu’elle fasse sa mutation interne».

Beaucoup avaient, ce jour-là, trouvé un peu bizarre qu’un membre ou cadre d’un autre parti, adverse en plus, soit si préoccupé par la vie interne à un parti, pour demander à ses membres de procéder à une mutation interne. En quoi cela regardait-il le sieur Pascal Bodjona ? Nul ne saurait le dire. Plus loin, répondant à la question d’un auditeur, il se félicitait en délirant: « S’il y a un parti qui a réussi sa mutation, c’est bien le RPT. C’est le RPT qui a réussi sa mutation interne et depuis quelques jours, quelques mois, nous sommes en train d’apprécier que certains leaders de partis de l’Opposition commencent à emboîter le pas au RPT».

La réponse appropriée de son challenger ne tarda pas à tomber tel un couperet, et sur ce sujet. Notre éminentissime ministre perdit son latin, lui, si prompt à trouver des réponses à tout, même s’il doit se rendre ridicule : « Je constate tout simplement que n’eût été la mort du Gal Eyadèma, il n’y aurait pas eu la jeunesse qui est au pouvoir », lui avait rétorqué Patrick Lawson. Cette réponse fut saluée par un grand applaudissement de la part du public. Voilà comment des gens profitent des concours de circonstance pour tromper les non avisés et les gens peu vigilants, puis faire croire qu’ils fonctionnent sur des principes et qu’ils sont un parti sérieux qui a un programme qu’il respecte. Or ils sont loin d’une telle performance.

Alors, il faut que Pascal Bodjona sache que son parti n’a rien à apprendre aux autres et qu’en matière de mutation, le RPT n’a rien d’un pionner. Combien de personnes n’avaient pas lancé des appels à une réforme interne au sein du parti depuis plusieurs années déjà pour se retrouver exclus du RPT auquel ils appartenaient, rien que pour avoir émis ce voeu ? Jusqu’ici, le RPT est demeuré le même parti égal à lui-même, où même si tout va mal, on crie fort que tout va bien. « Le RPT se porte bien. Il est un parti qui se porte bien », disait Bodjona devant le public le 27 avril dernier. Or tout le monde sait ce qui se passe depuis quelques années au RPT après la mort de son géniteur.

Malgré des appels à une réforme interne, il avait fallu la mort d’Eyadèma effectivement pour amener un club d’amis à jouer les premiers rôles au parti et dans le gouvernement actuel. La réponse faite au ministre valait son pesant d’or. Il faut s’étonner que M. Bodjona eût pu avoir l’audace de vouloir tromper tout un peuple que dans ce pays, le RPT a été le premier parti à faire sa mutation interne et que c’est le CAR et le « particule » de CPP qui prennent ensuite exemple sur eux. Balivernes !

Et c’est ainsi qu’on avait toujours nié l’existence d’un conflit entre les deux fils d’Eyadèma jusqu’à ce que la guéguerre se transforme le 12 avril 2009 en guerre ouverte. Même quelques jours avant l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé, le Secrétaire général du parti, Solitoki Esso continuait à nier qu’entre Kpatcha et Faure il y a avait des problèmes.

Alain Simouba


Un proche de Faure Gnassingbé victime d’un grave accident de circulation

Décidément, rien ne semble aller pour la Famille Gnassingbé. Un proche du Chef de l’Etat, membre de la famille présidentielle a été victime mercredi dernier, d’un grave accident de circulation, ajoutant au pétrin dans lequel se trouve actuellement la famille.

L’accident s’est produit dans la nuit du mercredi 6 mai aux environs de 22 heures. La victime, dans sa RAV4 a heurté de plein fouet les deux derniers wagons d’un train au passage à niveau sur le boulevard Eyadema près du Garage Central. Le choc a été si violent que la voiture a été projetée loin et se trouve dans un état irrécupérable.

Selon nos informations, la victime, Lieutenant-colonel de son état,  venait de quitter un bar en face du Garage Central avec ses camarades et se dirigeait vers la Colombe de la Paix quand le drame a eu lieu. «Ils étaient quatre personnes dont une fille et c’est cette dernière qui les poussait à partir car elle devait rentrer.  On n’a pas trop vu comment l’accident s’est produit. Mais, il faut reconnaître que la voiture  filait à vive allure», a confié un témoin. A en croire les uns et  les autres, les quatre personnes qui se trouvaient à bord du véhicule seraient grièvement blessées et l’on doute fort que le conducteur puisse s’en sortir. 

Selon certaines sources, le Lieutenant-colonel avait servi sous feu Eyadema et est actuellement membre de l’équipe d’escortes de Faure Gnassingbé. Il serait, selon les témoignages, le premier à être évacué sur  CHU Campus, puis plus tard à la clinique Saint Joseph au vu de la gravité de ses blessures.

Coco Tchak


Enquête dans l’affaire de coup d’Etat ? La Police interpelle les propriétaires des voitures aux vitres fumées

Dans la journée d’hier, la police a fait une descente musclée dans les rues cabossées gorgées d’eau de Lomé. Elle laissait tout passer, sauf les véhicules aux vitres fumées.

            « Nous ne comprenons rien. Quand nous sommes arrivés à leur niveau, ils nous ont fait signe d’observer un arrêt. Ce que nous avons fait, croyant qu’il s’agit d’un contrôle de routine. Mais curieusement, ils se sont emparés des pièces et des clés de la voiture et nous ont conduit à l’école de police en face de la prison civile de Lomé. Là, ils nous ont demandé si nous avons obtenu une autorisation de mettre les vitres fumées. Après plusieurs échanges, la voiture nous a été retournée avec l’injonction de changer les vitres », raconte un cadre.

            Pour certains, l’usage d’une voiture aux vitres fumées serait interdit alors que d’autres affirment qu’il n’existerait aucune loi dans ce domaine. « Je n’ai pas connaissance de cette interdiction. J’ai acheté la voiture avec les mêmes vitres. Je fais toutes les formalités administratives et personne n’a rien trouvé à dire. C’est maintenant qu’on voit que je dois changer les vitres. Il y a quelque chose qui ne va pas dans cette affaire », s’emporte un jeune opérateur économique.

            En principe, les autorités policières devraient rendre public un communiqué sommant les détenteurs des véhicules aux vitres fumées de se conformer à la normale dans un délai donné. Mais ce n’était pas le cas. Ce qui amène certains à faire une corrélation entre cette sortie et l’affaire d’« atteinte à la sûreté de l’Etat ». « En suivant les faits et gestes des policiers, on comprend en même temps qu’ils cherchent quelqu’un. Avec l’affaire de coup d’Etat, on épie tout le monde », indique une femme.

            Au Togo, il est connu de tous que ce sont souvent les gros pontes du régime qui mettent souvent des vitres fumées aux fins de passer inaperçus avec les « deuxièmes bureaux ». En dehors des véhicules officiels, la plupart des ministres, des directeurs de sociétés, des députés, des officiers des FAT… circulent à bord de ces véhicules. De même, il est loisible de voir dans ces véhicules aux vitres noires la plupart de ces jeunes filles désoeuvrées qui chauffent leur lit. Une situation qu’ils ont créée et entretenue et qu’ils ont de la peine à gérer aujourd’hui. Hier par exemple, on a vu des jeunes filles qui n’ont perdu aucune seconde sur les lieux d’interpellation. Leur voiture aux vitres noires n’était  pas concernée par cette sortie de la police.

E. Pierre


Report sine  die d’une session de l’Assemblée nationale sur la gestion des inondations de 2008 : Les ministres Titikpina et Ibrahima Mémounatou ont échappé aux questions des députés

L’une des fonctions régaliennes de l’Assemblée nationale est l’interpellation des membres du gouvernement sur certains sujets brûlants. Mais la séance d’hier consacrée aux questions réponses sur la question des inondations, a été reportée et renvoyée à une date ultérieure.

            « Les membres du gouvernement ont accès à l’Assemblée nationale, au Sénat et à leurs commissions. Ils peuvent être entendus sur leur demande. Ils sont également entendus sur interpellation, par l’Assemblée nationale, sur des questions écrites ou orales qui leur sont adressées», stipule l’article 96 de la Constitution togolaise. Ainsi, plusieurs ministres ont été entendus au cours de la séance plénière. Des thèmes comme la vie chère, la problématique des infrastructures, la situation de la filière des phosphates… ont été déjà abordés et ceux qui ont en charge ces portefeuilles se sont prêtés aux questions des élus du peuple.

            Hier une séance était prévue dans le même sens et un communiqué signé du 1er vice-président de l’Assemblée nationale a été publié sur les médias. Cette séance devait être consacrée à la gestion des problèmes d’inondations. A fortiori, la pluie a déjà commencé à déloger certaines populations. Au cours de cette séquence, les députés qui ont mis la main à la poche pour gérer les inondations, poseront sûrement des questions sur ce qui a été fait des dons de 2008 et les mesures prises pour cette année. Sont concernés par ces sujets les ministres Atcha Titikpina de la Sécurité et de la Protection civile et Ibrahima Mémounatou de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées.

            Présents au Palais des Congrès, les députés apprendront par le biais du bureau que la séance est reportée à une date ultérieure. La raison, c’est que les ministres n’étaient pas disponibles. Bien qu’informés d’avance, les ministres étaient pris ailleurs et n’ont pu venir répondre aux questions des élus. Ils l’ont échappé bel.

            « C’est l’argument donné par le bureau. Les ministres ne seraient pas disponibles pour venir répondre à nos questions. Ce n’est que partie remise. Les problèmes d’inondations préoccupent tout le monde et nous osons croire que ce n’est pas une fuite en avant », confiait hier un député. A l’en croire, les députés entendent savoir beaucoup de choses sur la manière dont ces dons ont été gérés. « Nous voulons avoir des réponses précises sur les questions qui seront  posées. Il y a beaucoup de rumeurs sur la gestion des dons et ce sera l’occasion pour les ministres concernés d’éclairer la lanterne des Togolais », a-t-il poursuivi.

            En rappel, les inondations auraient, selon le rapport confidentiel du système des Nations Unies (lire extrait), fait six (6) morts, trois (3) disparus, quatre (4) blessés graves. « On note également d’importants dégâts matériels (infrastructures routières et communales). Au niveau du chiffre des sinistrés, basé sur des projections établies dans le cadre des enquêtes des zones accessibles, approximativement 4.000 ménages auraient été affectés, soit 20.000 personnes. Les chiffres officiels font état de 10.000 sujets touchés. Notons toutefois que le nombre de personnes rendues vulnérables d’un point de vue épidémique dépasse largement ce chiffre, étant donné que ce dernier représente le total des populations des communautés touchées par les inondations. Un pont stratégique, celui d’Amakpape sur le Fleuve Haho, à environ 85 km au Nord de Lomé sur la Nationale n°1. Au total, neuf (9) ponts et un (1) pont rail se sont effondrés causant l’impraticabilité des principaux axes routiers et des voies ferroviaires. Sur ce dernier plan, rappelons que le transport ferroviaire du phosphate et du clinker a été sérieusement perturbé », y lit-on.

            En dehors des vivres et non vivres, les dons en espèce mobilisés par les partenaires sont estimés à plus de 2 milliards de FCFA.

R. Kédjagni


Extrait du rapport sur la gestion des inondations en 2008 au Togo

Le Coordonnateur Humanitaire a initié et maintenu un contact permanent avec les autorités nationales à savoir la Primature, le Ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées et leurs divisions respectives.

De même, des séances d’échanges d’informations entre partenaires humanitaires ont été souvent organisées à l’initiative du Coordonnateur avec l’appui du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) qui venait de s’installer au Togo le 1er juillet 2008.

Le Coordonnateur Humanitaire du SNU, sur la base du rapport de l’évaluation rapide des besoins, a organisé, dans le cadre de ces inondations, des réunions de concertation de la communauté humanitaire et des partenaires. L’action du SNU a été déterminante dans l’organisation de la première évaluation rapide qui a été conduite le 1er août 2008. Cet appui du SNU au gouvernement s’est effectué en terme de logistique de transport et de prise en charge des évaluateurs du Gouvernement, des ONG humanitaires et des agences des Nations Unies. Cette évaluation dont le rapport a été partagé avec tous les partenaires, a permis d’estimer les dégâts et des besoins en vue de l’assistance aux populations touchées. Elle a donc abouti à la mobilisation rapide des aides aussi bien du SNU lui-même que de nombreux autres partenaires au développement, des ONG et associations caritatives. 

Le Système des Nations Unies à travers ses différentes agences notamment l’OMS,  le PAM, le PNUD, l’UNFPA et l’UNICEF a mis à la disposition des sinistrés des vivres et non vivres constitués notamment de plusieurs milliers de moustiquaires imprégnés, de médicaments, de kits de médicaments, de kits d’hygiène, de kits SR (Santé de la Reproduction) d’urgences pour les femmes enceintes, allaitantes et en difficulté, de bâches, de tarpaulins, de réservoirs d’eau pliant, de plate-forme de latrines en plastique, de tonnes de maïs et de farine de soja, de savon, etc.

Plus spécifiquement, la contribution de l’OMS s’est matérialisée par la mise à disposition de lots de médicaments, de matériels et équipements médicaux pour la prévention et la prise en charge des cas de maladies pour un montant de vingt-deux mille (22 000) USD, un appui technique et financier estimée à 5000 USD pour la gestion de l’épidémie de choléra dans la commune de Lomé, la participation à la tournée de sensibilisation et d’installation des organes régionaux du Plan ORSEC qui s’est déroulée du 11 au 19 août 2008 à travers toutes les chefs-lieux de régions, l’appui technique apporté ensemble avec le PNUD, l’UNICEF et l’OMS à la formation des points focaux centraux du Plan ORSEC du  28 au 30 octobre 2008 conduite par un formateur international en gestion des catastrophes du bureau de OCHA à Genève. Cette formation s’est poursuivie avec des sessions à l’intention des acteurs régionaux du Plan ORSEC à Kara du 26 au 28 novembre pour les régions Centrale, Kara et Savanes et à Kpalimé du 3 au 5 décembre pour les régions Maritime et Plateaux.

L’UNICEF a contribué à la mise en place et à la formation au niveau national et  régional des groupes thématiques Eau, Hygiène et Assainissement (Cluster WASH) pour la réponse aux urgences, au pré positionnement de matériels et équipements WASH dans les régions Maritimes, Kara, et savanes, à l’approvisionnement régulier en eau potable des sites de regroupement des familles, à un appui aux sapeurs pompiers, à la réalisation de latrines pour femmes et hommes et à la distribution de kits famille. Toutes ces interventions se chiffrent à 379,617USD.

L’UNFPA quant à lui a apporté son appui technique et financier à la formation de 30 travailleurs sociaux en conseil psychosocial pour le soutien aux victimes des inondations Cette formation a été réalisée pour le renforcement des capacités du personnel social du Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées. Il a appuyé les formations sanitaires par 4,5 tonnes de matériels, médicaments,  et consommables hygiénique et médicaux  dits kits SR d’urgence d’une valeur de 72000 USD, appuyé 2000 femmes victimes en kits d’hygiène (31 000 USD), 72 groupements de femmes et mixtes, de victimes des localités restées inaccessibles lors de l’assistance, en matériels et outils de transformation (60 000 USD), la sensibilisation dans les camps et au sein des communauté sinistrées sur la prévention des IST/VIH, violences sexuelles et des grossesses non désirées (10 000 USD).

Le HCR a apporté son appui à travers la remise de  cent (100) bâches au ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

Le PAM a fourni un mois de ration pour 20 000 victimes soit quatre cents (400) tonnes  de vivres et des ustensiles de cuisine pour dix mille (10 000) dollars US. Des distributions de vivres ont été faites dans la région septentrionale du pays comme réponse à l’insécurité alimentaire provoquée, entre autres facteurs, par les inondations de 2007. En outre, le PAM a également fait convoyer deux (2) zodiacs pour appuyer le gouvernement dans le sauvetage des sinistrées. Dans le cadre de l’Appel éclair CERF du Système des Nations Unies, le Programme Alimentaire Mondial a mobilisé la somme d’un million cent huit mille six cent soixante trois (1.108.663) dollars US. 

La FAO a mobilisé 601 586 $ US des fonds CERF pour appuyer 6 000 producteurs agricoles sur les 24 900 affectés par les inondations de 2007 dans les Savanes, et 2008 dans les régions Centrale et Maritime.

L’UNICEF a également bénéficié de 363 800 $US des fonds CERF afin de répondre aux besoins de 3500 enfants touchés par la malnutrition sévère aiguë, et 20 000  par la malnutrition sévère, et dont la situation a été aggravée par les inondations. Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, l’UNICEF a contribué pour 4,100,000 F.CFA à un accord d’appui financier et matériel à petite échelle avec PLAN Togo et CREPA Togo, dénommé «Mise en œuvre et coordination des interventions d’urgence WASH».

Le PNUD a quant à lui mobilisé 100 000 $US (dont 95 000 du BCPR) afin de mener des missions d’évaluation rapide et des activités de renforcement des capacités nationales de préparation et de réponse aux inondations, puis 400 000 $US (totalement du BCPR) afin renforcer les capacités opérationnelles des forces de secours et de protection civile.

Dans leur ensemble, les agences ont participé aux deux missions d’évaluation des dégâts et des besoins ainsi qu’au suivi des activités de prise en charge des sinistrés dans les centres d’accueil. Des points focaux ont été désignés pour effectuer des déplacements à tour de rôle en vue d’assurer le suivi de l’assistance dans les centres. Cette opération a impliqué le PAM, l’UNFPA, l’UNICEF, le HCDH, l’OMS, le HCR et OCHA. Des comptes rendus ont été établis et partagés entre les points focaux en vue de propositions de mesures d’amélioration des conditions de vie des personnes assistées. Grâce à cette initiative, des insuffisances ont été identifiées et vite corrigées.

Le Coordonnateur Humanitaire remettra courant janvier 2009 des lots de matériels et d’équipements de secours et de protection civile au Ministère de la Sécurité et de la Protection civile dont cent (100) tentes  et 15 bladders à eau convoyés par le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Rappelons qu’en juillet 2008, l’Equipe de pays a reçu l’assistance technique de OCHA pour l’actualisation pour six mois du Plan de Contingence inter agences pour la gestion des catastrophes. Ce plan vient d’être révisé en janvier 2009 pour les six prochains mois. Il servira donc de cadre d’intervention du Système des Nations Unies et des Partenaires jusqu’en juin 2009.

Le Coordonnateur Humanitaire tient, à l’intention de la Communauté humanitaire, une liste des disponibilités exprimant les intentions de dons et d’assistance des partenaires. La dernière mise à jour de cette liste remonte au 8 septembre 2008. Ce mécanisme a renforcé la mobilisation de l’assistance.

Le Coordonnateur Humanitaire tient, à l’intention de la Communauté humanitaire, une liste des moyens annoncés par les partenaires pour la réponse aux besoins immédiats. La dernière mise à jour de cette liste remonte au 8 septembre 2008. Ce mécanisme a renforcé la mobilisation de l’assistance.

Il est important de noter que cette liste des disponibilités n’est pas exhaustive, n’ayant pas pu enregistrer tous les dons faits au gouvernement à travers soit le Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées, soit le Ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

En terme de contribution des partenaires, le Président de la BOAD a, dès le 31 juillet 2008,  adressé une correspondance au Président de la République du Togo pour lui indiquer que la Banque se propose d’apporter son appui au Gouvernement Togolais pour construire un nouvel ouvrage en lieu et place du pont détruit par les pluies et que l’Institution est disposée à mettre en place un financement pour la réalisation des études et la reconstruction des ouvrages structurants nécessaires sur la Nationale n°1. Le Président de la BOAD a également indiqué que la Banque envisage d’identifier, lors de cette opération, les actions urgentes à engager pour la protection des ouvrages importants sur l’axe. En réponse, le Togo a salué l’initiative de la BOAD et soumis une requête à la Banque pour le financement des études et des travaux de l’ouvrage sur le Habo, pour un montant de 1,9 milliard FCFA.

La procédure pour la mise en place d’un financement pour études étant différente de celle relative à la mise en place d’un financement pour les travaux, la BOAD a demandé à la partie togolaise de lui adresser une requête pour la mise en place du financement pour la réalisation des études. Cela permettrait, par la suite, de financer les travaux. En attendant la transmission de cette requête par le Togo, les services techniques compétents de la Banque ont pris contact avec les responsables de la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) du Togo pour cerner, sur le plan technique, tous les contours de cette opération. La partie togolaise a soumis à la BOAD une nouvelle requête annulant la première, pour le financement de huit (8) ouvrages sur toute l’étendue du territoire, pour un montant total de 8,1 milliard FCFA, y compris l’ouvrage sur le Haho. La réalisation des travaux relatifs à ces ouvrages nécessite des études et la BOAD a de nouveau rappelé à la partie togolaise la nécessité de lui adresser une requête pour le financement desdites études. Cette requête n’est pas encore parvenue à la BOAD.

Par la suite, la BOAD a été sollicitée par le Togo pour cofinancer avec la Banque Islamique de Développement (BID), le projet d’aménagement de la route Aflao-Port, d’un montant global de 11,8 milliards FCFA. La Banque a cofinancé ce projet en décembre 2008 à hauteur de 5 000 MFCFA.

Par lettre n° 0098/MCDAT/CAB du 26 janvier 2009, en remplacement de la requête du 20 août 2008 ci-dessus citée, le Togo a soumis une nouvelle requête à la BOAD pour le financement du projet de reconstruction des ouvrages de franchissement de types ponts sur les routes en terre et pistes dans la région des Savanes. Nous avons demandé à la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) du Togo de transmettre à la BOAD, les rapports d’études relatifs audit projet, lesquels sont attendus pour que le dossier soit instruit. La BOAD a toutefois relevé que cette nouvelle requête ne concerne pas les ouvrages détruits par les inondations. La partie togolaise n’a pas encore informé des dispositions retenues pour le financement des travaux de reconstruction des ouvrages détruits. La BOAD envisage de clarifier cette situation les prochains jours avec la partie togolaise.

La BIDC (Banque d’Investissement pour le Développement de la CEDEAO) a fait un don de cinq millions (5 000 000) francs CFA au gouvernement du Togo. De son côté, la Commission de la CEDEAO basée à Abudja a apporté son soutien à travers un don de cinquante millions (50 000 000) francs CFA.

La Croix-Rouge Togolaise (CRT) était, elle, présente à toutes les phases de l’assistance. Elle a participé aux évaluations et apporté du secours aux personnes touchées sur le terrain et dans les centres d’accueil. Elle a distribué des pains de savon, des moustiquaires, des couvertures, des jerricanes et des comprimés aquatab pour la désinfection de l’eau de boisson. Quelques mois après la fermeture des centres d’accueil, les interventions de la Croix-Rouge ont ciblé les personnes touchées par inondations mais qui n’étaient pas enregistrées dans centres. En effet, cinq cent quatre-vingt dix huit (598) sinistrés ont reçu le samedi 8 novembre, des dons de la Croix-Rouge Togolaise (CRT). Il s’agit de 200 familles de Bénomé-Lom-Nava (Baguida) de 223 d’Attiegou et de 175 de Zogbédji (Kélégougan). L’assistance est constituée de 598 couvertures, 598 nattes, 598 moustiquaires imprégnées, 1196 pains de savon, 375 sceaux en plastique, 29 900 Aquatab (comprimés de purification d’eau), 30 ballots de friperie et de cartons de détergent. Les interventions de la Croix-Rouge constituées des moyens mis à sa disposition par ses partenaires, sont évaluées à 80 millions de francs CFA. Pour toutes ces interventions, la Croix-Rouge Togolaise a pu mobiliser environ 233 679$US, soit 116 839 355 francs CFA qui se décomposent comme suit :

-50 000 US$ auprès de l’Ambassade des Etats Unis d’Amérique

-15000 Euros auprès de la Croix-Rouge Espagnole

-66 000 000 de Francs auprès du Comité International de la Croix-Rouge

-16 000 000 de F. CFA auprès de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge.

L’OCDI, quant à elle a engagé et distribué pour 86 511 250 FCFA de vivres (haricot, riz, maïs, sucre, huile végétale) et de non vivres (nattes, pagnes, moustiquaires imprégnées, savons, bics cahiers) dans les trois diocèses d’Aného, Atakpamé et Lomé dans une opération dénommée «Pain pour Tous» lancée par Mgr Denis Amouzou-Dzakpah, Archevêque de Lomé.

ADRA Togo (Adventist Development and Relief Agency) a, quant à elle, réussi à mobiliser onze mille (11 000) dollars US pour la mise à disposition de 500 ménages sinistrés de 1317 draps et 110 cartons de 60 pains de savons.

PLAN Togo a contribué pour un million cinq cent mille (1.500.000) francs CFA destiné aux frais de Fabrication du matériel d’adaptation et autres accessoires d’assainissement  et à la promotion des bonnes pratiques d’hygiène au niveau des groupes et familles sinistrées,   dans un  accord d’appui financier et matériel à petite échelle avec l’UNICEF et CREPA Togo. Le projet était dénommé «Mise en œuvre et coordination des interventions d’urgence WASH».

ECHO, la section humanitaire de l’Union Européenne a, dans ce contexte de mobilisation générale, dépêché une mission de reconnaissance aérienne pour identifier les zones les plus touchées et surtout celles qui étaient inaccessibles ou difficiles d’accès.

Des pays amis ont également apporté leur assistance. Parmi eux, on doit citer les pays voisins que sont le Ghana et le Bénin. En effet, le Chef de l’Etat ghanéen a envoyé des éléments de la marine ghanéenne pour apporter son assistance notamment à travers le sauvetage de personnes isolées dans des zones inaccessibles voire perchées dans des arbres ou au dessus des toits d’habitation. 

Le Chef de l’Etat béninois a envoyé une délégation ministérielle pour apporter la sympathie du Bénin au Togo. La délégation a remis au gouvernement togolais un lot de vivres et non vivres évalué à cent (100) millions de francs CFA.

Les Etats-Unis, par le biais de leur Ambassade à Lomé, ont, le 7 août 2008, octroyé à la Croix-Rouge un  fonds de cinquante mille (50 000) dollars US soit vingt et un millions deux cents mille (21 200 000) francs CFA en vue de l’assistance aux populations touchées par les inondations.

La Chine, après une assistance deux cent dix millions (210 000 000) francs CFA en équipements spéciaux (motopompes, bottes, boussoles, caméras, gants, caves), matériel de couchage (tentes, draps de lit, couvertures) et matériels de bureau (ordinateurs PC complets et portatifs), s’est engagée à reconstruire les ponts d’Amakpape, et de Togblekope et à réhabiliter celui de Lilikope, tous sur la Nationale 1. Le pont d’Amakpape aura une longueur de 107 mètres contre 52 auparavent et celui de Togblekope 53 mètres contre 11 précedemment. Les travaux sont estimés à 2,7 milliards de francs CFA et sont prévus pour être achevés en juin-juillet 2009.

Gestion des dons a la suite des inondations

Au départ le gouvernement a débloqué cinquante deux millions (52 000 000) francs CFA pour apporter du secours d’urgence.Plusieurs bonnes volontés ont manifesté leur soutien en sommes d’argent, en vivres, en non vivres et en fournitures scolaires.

A la date du 6 septembre, le ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées a enregistré une cinquantaine de donateurs dont des institutions de la République comme l’Assemblée Nationale, des organisations de la société civile notamment des organisations humanitaires et caritatives d’obédience religieuse ou laïque, des entreprises commerciales, des organismes de développement, des communautés africaines et étrangères installées au Togo, d’individus à l’instar de l’international de football togolais d’Arsenal (Grand Bretagne) Adebayor Sheyi.

Au niveau du Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées, les dons en espèces recueillis s’élèveraient à environ 82 millions de francs CFA.

Nous ne disposons pas encore de données du côté du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile.

Dégâts enregistres sur les centres d’accueil des déplacés

Le Ministère de l’Action sociale, de la Promotion de la Femme, de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées a évalué les dégâts matériels causés par les sinistrés sur les sites d’accueil dont les écoles. Ces dégâts portent sur des tables, des tables-bancs, des chaises, des tableaux mobiles, des cadenas, des robinets, des ampoules et des verrous et sont estimés à plus de 6 600 000 francs CFA pour les réparations et remplacements à effectuer.

9 octobre 2008 : Fin du plan ORSEC

Après les inondations de juillet-août 2008, le Colonel Titikpina Atcha, Ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Coordonnateur du Plan d’Organisation et de secours (ORSEC) a officiellement mis fin le jeudi 9 octobre 2008 à ce plan déclenché le 1er août 2008. C’était à l’occasion d’une réunion qu’il a organisée avec les principaux acteurs et partenaires qui ont œuvré au soulagement des souffrances des populations touchées.

Réhabilitation des infrastructures endommagées : Le pont d’Amakpapé

Suite à la réunion du mardi 21 octobre 2008 à la Primature présidée par le ministre Gilbert Bawara de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du Territoire et Simfetchéou Pré, Directeur de Cabinet du Premier ministre, le pont temporaire et le pont permanent d’Amakpape seront réalisés par la Chine.

En conséquence, toutes autres initiatives, que ce soit de la part du PAM ou du PNUD qui a reçu un financement du BCPR New York d’un montant de 400 000 dollars comme contribution à l’acquisition d’un pont mobile, ne peuvent plus aboutir.

Il a été envisagé d’acquérir en ce début d’année 2009 des équipements d’assainissement et de protection civile en complément des 100 tentes et 15 bacs à eau déjà rendus disponibles par OCHA


Sans détour : France –Afrique: Deux ans de Sarko, deux ans de statu quo

            « En France, nous savons cautériser une plaie, mais nous n’y connaissons pas encore de remède au mal que produit une phrase » (Honoré de Balazc, La Peau de chagrin)

            Mercredi 6 mai 2009, Nicolas Sarkozy fêtait le deuxième anniversaire de son élection à la magistrature suprême. Et ses partisans le lui ont bien rendu. « Happy birthday to you », a chanté la ministre de l’Economie Christine Lagarde. « Bon anniversaire, mes voeux les plus sincères », a lancé pour sa part le ministre de l’Immigration, l’ancien socialiste Eric Besson. Quant au Premier ministre François Fillon, il a vanté « l’audace » et « le sang-froid » du chef de l’Etat et affirmé que « l’élan réformiste » se poursuivrait jusqu’en 2012.

Non, Sarko n’a pas « le sang-froid ». Il a plutôt le sang surchauffé qui l’amène le plus souvent à dépasser le seuil de retenue recommandée pour  sa fonction. « Casse-toi, pauvre con » ! C’est de cette manière que Monsieur le Président a répondu au refus d’un de ses compatriotes de le saluer. De même, il a tenu des propos controversés sur les autorités espagnoles qui ont suscité l’ire des médias de ce pays. Sans oublier le climat d’inimitié qu’il a entre-temps entretenu avec Prague qui est l’actuelle capitale de l’Union européenne. Même «l’élan réformiste » sur lequel glosait Fillon est sujet à polémique dans l’hexagone. Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, assène dans son livre « Abus de pouvoir », paru jeudi aux éditions Plon, des coups à l’époux chéri de Carla Bruni. Pour Bayrou, l’actuel locataire de l’Elysée a préféré le modèle de société « bushiste » (du nom de l’ancien président américain George W. Bush) au modèle français. Goût de l’argent, goût de la puissance... : « Les choix de valeurs qui sont ceux de Nicolas Sarkozy ne collent pas avec ce que la fonction devrait exiger. Un président de la République française c’est quelqu’un qui voit la réussite ailleurs que dans l’argent ». L’institut de sondage Thomas More qui a noté les actions du successeur de Jacques Chirac, lui donne un petit 10,5/20 et remarque au passage des « contradictions substantielles » dans le discours de Sarko, qui apparaît ainsi à la fois libéral et interventionniste.

Quel bilan faisons-nous, nous autres Africains, des deux ans de pouvoir du candidat de l’UMP ? En fait, la rupture annoncée dans les relations franco-africaines lors de la fièvre électorale tarde à connaître un début de concrétisation. Plutôt il s’échine aujourd’hui à renforcer ces relations dont son pays reste le grand gagnant. L’ancien Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie Jean-Marie Bockel qui avait eu foi en son discours électoraliste et qui avait voulu changer les choses, a été coincé et confiné dans un rôle de comparse avec le portefeuille des Anciens combattants. C’était sous la pression du « roi du Gabon ».

En outre, la France tient à ses intérêts et ne lésine pas sur les moyens pour les sauvegarder. C’est en cela qu’il faut comprendre l’assistance de l’armée française à celle d’Idriss Deby malmenée par des mouvements rebelles. C’est dans la suite logique que Sarko a enfanté la mission de maintien de la paix de l’Union européenne au Tchad dont le pétrole suscite des convoitises. C’est dans ce même esprit qu’il s’est rendu en mars dernier au Niger pour arracher au profit  d’Areva l’exploitation du gisement d’uranium d’Imourarem.

La seule rupture qu’on peut mettre à son actif est son discours prononcé à Dakar où il affirmait que les Africains ne sont pas très bien intégrés dans l’histoire. Une allocution qui a été condamnée par les intellectuels africains qui ont dû écrire un livre en guise de réponse. Et puis, c’est tout. Ah, j’oubliais, Ségo est récemment venue confesser les péchés de son challenger il y a deux ans et demander pardon. C’est la nouvelle trouvaille de la candidate socialiste qui est disposée à demander pardon là où Sarko commet des gaffes.

Zeus Aziadouvo


Ça va se savoir : Le travesti (3)

            Akounou  retourna comme pour maintenant se soulager. La dame empressée revint à la file où des questions lui parvinrent de toute part : « Qu’il y a-t-il? Est-ce trop sale ? » Ébahie, elle ne savait quoi répondre. « Elle est encore occupée», finit-elle par déclarer à la surprise générale de toutes celles qui attendaient impatiemment. « Par qui ? », demanda une des femmes de la queue. Le commérage ainsi allait bon train quand sortit le travesti bien déguisé qui passa le long de la queue, mine renfrognée.

            Le lendemain, Vivi demanda la permission à sa mère pour aller se soulager car l’heure du rendez-vous  avait  sonné. Mais elle se vit réserver une fin de non recevoir. Akounou qui attendait depuis plus d’une demi -heure  près des toilettes publiques décida de faire un tour devant le magasin en vue de s’enquérir de la situation. Déguisé, il joua à une cliente et, près de la fille, lui souffla à l’oreille:  « Que se passe-t-il ? Je t’attends encore ». « D’accord, je vais arriver dans un instant », répondit discrètement Vivi. À peine le/la client(e) partit-il que la fille poussa un grand cri de détresse pour faire croire que le besoin était  plus pressant. « Maman ! Je ne pourrais pas atteindre la maison à l’allure où va la chose. Je risque de gâter le coin», cria-t-elle, puis fila en direction du WC public telle une endiablée, sans attendre l’autorisation de sa maman très attentive au rangement des affaires. « Reviens vite», lança  Da Akou en direction de sa fille courant comme une athlète aux jeux olympiques.

            Comme hier, la cabine n° 5 venait d’être libérée. Il n’y avait  pas aussi d’affluence et les amoureux saisirent cette occasion de calme précaire pour s’y introduire. « No time to loose », pas de temps à perdre. Ils échangèrent quelques mots à voix basse alors qu’ils étaient déjà dans leur tenue originelle et prêts à naviguer vers le 7 ème ciel. Tout comme la veille, à la même heure, la demoiselle courba l’échine exposant merveilleusement la grotte intime que lubrifiait déjà son amant debout derrière elle en position de tir, tel un tirailleur sénégalais au front dans les Ardennes pendant la Première Guerre Mondiale. Akounou orienta son géant reptile  vers la caverne.

            La bête lubrifiée n’éprouva aucune difficulté, comme la veille, pour s’engouffrer convenablement dans la tanière. Le jeune homme se cramponna aux hanches vachement développées de la go, s’activant dans un interminable va-et-vient  qui faisait feuler la jolie biche à l’échine courbée. Pour maintenir à fond la bête, la galopée envoya par derrière ses deux bras pour embrigader les fesses plates de son amant toujours actif. Celui-ci, pour ne faire les choses à moitié, oubliant les contraintes du temps auxquelles il était assujetti, envoya ses deux bras pour occuper les deux petites prunes qui collaient à la poitrine de la « gnocottée ». Les hostilités allaient merveilleusement bien quand du coup, le « gnocotteur » s’agrippa aux prunes toujours bien fortement maintenues dans ses mains. Une pluie torrentielle de venin s’abattit sur la cité, faisant pousser à la fille un cri inattendu. Coïncidence, sa Maman Vivi à la recherche de sa fille vociféra dans le couloir : « Où es-tu ? ».  L’écho de sa voix parvint à sa mère qui ouvrit avec fracas la porte. Surprise ! Fin

                                    Tonton D


Libertinage

En avant la concurrence!

Kéi ! Les Togolais aiment « adoufouli ». Ce n’est pas capable ! Depuis que Moov a institué cette histoire de 10 minutes gratuites de 21h à 08 h, tous les abonnés du réseau n’attendent que ces périodes-là pour communiquer. Déjà à partir de 20h 59, le réseau est saturé. Certains qui ont des appels urgents à passer dans la journée, attendent 21 heures pour le faire. « Adoufoulisme» oblige ! Résultante, le réseau est encombré; plus aucun appel sur Moov ne passe. La mesure censée soulager  les abonnés, les pénalise d’autant que les clients qui ne sont câblés que sur  ce réseau ne peuvent plus passer des appels de 21h à 08 h du matin.

Décidément, on dirait que c’est la période des bonus. Les deux sociétés de téléphonie mobile, Togocel et Moov qui ont embrigadé le marché, se livrent à une opération de charme qui ne dit pas son nom à l’endroit de leur clientèle. C’était  à celle qui flatterait plus ses abonnés. Dans le seul mois d’avril, Moov a fait au moins 3 ou 4 fois le bonus 100%. En outre le coût de l’appel a été considérablement réduit. Togocel qui ne veut pas être en reste avait fait bénéficier à ses abonnés un bonus de 27%, le 27 avril s’entend. Comme si ça ne suffisait pas, elle fait une augmentation, pardon, une réduction de 40% sur tous les appels nationaux. Les consommateurs ne peuvent pas être plus gâtés. Si la rude concurrence pourrait se poursuivre, ça ne ferait que du bien aux « Gnassingbélandais ».  On l’avait dit et redit, à l’heure de la révolution technologique, le Togo est l’un des rares pays au monde où la communication demeure un luxe. On ne peut  que remercier Dieu d’avoir illuminé les tenants de l’ordre ancien pour comprendre que le téléphone fait partie des biens de première nécessité. Vivement que le marché soit ouvert à d’autres opérateurs pour rendre la concurrence beaucoup plus épicée. Déjà la révolution orange annoncée au pays est virée au vinaigre. Les Togolais attendent d’autres opérateurs.

Vous avez dit liberté de presse ?

            La liberté de presse a été internationalement célébrée le 3 mai dernier. Au Togo, les organisations de presse ont mis à profit cette journée pour plancher sur la situation chez nous. Il ressort des réflexions qu’au Togo la liberté est emprisonnée. La liberté de presse est bel et bien donnée, mais avec un gendarme derrière. Son nom : Fo Philippe Dekassou le président de la HAAChe. L’Etat a mis gracieusement à sa disposition les Nouvelles Technologies d’Immobilisation de la Communication (NTIC). Ces nouvelles technologies sont classées en cinq catégories :

-Le « Kpatchamètre » consistant à veiller à une rétention d’information sur l’affaire de coup d’Etat dans laquelle le fils du père « El Kpatcho » est impliqué.

- Le « sermonmètre » servant à convoquer dans le bureau du président de la HAAChe tout journaliste qui enfreint les règles pour le sermonner copieusement.

- Le « susceptimètre » servant à réprimer sévèrement les écrits de nature à froisser la susceptibilité  des valeureux dirigeants de la République monarchique du Togo.

- Le « diffamomètre » destiné à mesurer le taux de diffamation à l’endroit des institutions de la République.

- Le « sanctiomètre » servant à définir les mesures de répressions adéquates pour chaque délit de presse.

Le président de la HAAChe applique si bien ces dispositions que d’aucuns n’ont pas hésité à l’appeler le « Censeur de la presse » pour sa propension à bâillonner la presse au Togo.

Les «partis confidentiels» demandent la suspension du CPDC

            La présidentielle arrive au galop. Le Cadre Permanant de Dialogue et de Concertation et de Dialogue (CPDC) est toujours en panne. Les partis confidentiels, c’est-à-dire impopulaires faisaient hier des pieds et des mains pour intégrer ce cadre. Mais depuis que la résidence du demi-frère du « p’ti » a été joliment crépitée de balles, le parti au pouvoir a mis sciemment en jachère ce cadre. Malgré la sonnette d’alarme, «Faure-vi » se complait à le maintenir entre parenthèses.

Il nous souvient que l’installation de ce cadre a vexé plus  d’un parti extra parlementaire. La colère était plus accentuée chez les molécules de partis quand « Faure-vi » a voulu s’attacher le soutien des partis signataires de l’Accord Politique Global (APG) mais fessés par le scrutin « Potopotoiique » d’octobre 2007, (CPPutain, PDRien, CDPaysan) en leur ouvrant la porte du CPDC. Il se dit même que certains leaders de ces particules ont versé des larmes pour n’avoir pas accès à cette nouvelle mangeoire. Pour montrer leur courroux, les micro-partis se sont regroupés en syndicat des exclus du CPDC. Dans le lot se trouvait la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP). Mais aujourd’hui face au blocage, la NDP trouve que le débat qui s’y fait doit se faire à l’Assemblée Nationale majoritairement « RePTile » et demande la suppression pure et simple du CPDC. Ce changement de veste a surpris plus d’un Togolais qui se demande ce que la NDP veut au juste.

Les ex-sinistrés sur le qui-vive

            Bientôt un an que Dame pluie s’est fâchée la colère contre les Togolais. La nature avait abondamment pleuré sur la terre de nos aïeux. Les dégâts étaient incalculables. Habitations, champs, pistes, ponts n’ont pas eu de grâce devant la pluie.  Le « p’ti » et ses ouailles, dans leur sommeil plaisant, se sont réveillés difficilement.  Il a fallu l’intervention des partenaires, des associations de la société civile, des Eglises par leurs dons pour permettre de sauver un tant soit peu les meubles. Tout ce que l’Etat s’est efforcé de faire, c’est de transformer les ministres « Kplikplitina » et « Méimounatouvi » en super mendiants des vivres et non vivres. Les recommandations de l’atelier de « redynamisation de la plate-forme nationale pour la prévention des catastrophes naturelles » sont rangées au placard. Mais, la pluie depuis quelques jours, refais surface. Et c’est la psychose au sein de la population qui a déjà goûté  à sa furie.

Le constat est déjà catastrophique. Ce ne sont pas les usagers, les riverains, les commerçants, les boutiquiers d’Agoyi Assiyéyé, Zongo ou du Camp FIR qui le démentiront. Face au laxisme des autorités, les ex-sinistrés sont sur le qui-vive et se préparent. Les habitants des quartiers Togblékopé, Kélégougan, Afanou, Dévégo s’achètent des ordures et du sable pour boucher le lit des eaux. Peuvent-ils affronter l’eau dans sa fureur ? Prions plutôt que Dame pluie soit magnanime, comme le Papa de quelqu’un.

Une défunte très choyée

Le samedi passé, nous étions  à l’enterrement de la mère de l’un de nos lointains cousins dans un village très célèbre du « Gnassingbéland ».   Il y avait comme d’habitude, à boire et à manger à gogo. Ceux qui avaient des panses géantes ont bu « kakaka » et ceux qui mangeaient d’habitude comme Gargantua ont battu leur record personnel.  Tout cela montrait que les enfants de la défunte étaient cotés en bourse.

Durant ces funérailles, le moment qui  a retenu l’attention des gens, c’est l’heure où on devait amener la défunte à sa derrière demeure. Avant de partir au cimetière, les enfants ont apporté deux casiers de bière. Tout le monde se demandait ce qu’ils allaient en faire. A chaque dix mètres, un des enfants ouvrait une bouteille et versait le contenu sur le cercueil.  Arrivés au cimetière, les enfants ont versé tous les contenue des autres bouteilles sur le cercueil avant qu’on ne ferme la tombe sous les yeux interrogateurs de tous ceux qui étaient venus assister aux obsèques de l’illustre disparue. Les questionnements allaient bon train. Personne ne comprenait ce qui se passait. C’est après l’inhumation, lorsqu’on a posé la question aux enfants pour comprendre ce geste, qu’ils nous ont dit que c’était un des vœux les plus chers  de leur mère de mettre des boissons alcoolisées sur son cercueil, surtout de la bière qu’elle affectionne énormément. Les enfants ont fait cette volonté, mais ont préféré arroser le cercueil pour faire plus de « mazin mazin » aux yeux des invités. 

Comme nous le savons tous en Afrique, la volonté d’un mort est sacrée, mais on aura tout vu dans ce pays. On se demande si la quantité de bière qu’a ingurgitée la pauvre vieille ne va pas la saouler au point qu’elle ne puisse se tenir debout devant  Saint Pierre pour répondre à ses questions super difficiles.  Alors que d’autres cherchent  6 00 F pour payer un bol de maïs et le gérer pendant deux semaines, d’autres font « gn’importe » quoi avec l’argent.  N’est-ce pas qu’on n’a pas les mêmes problèmes au même moment?

Prêts pour aller où ?

            Quelques fois, on se demande si c’est le « Gnassingbéland » même qui cherche les problèmes ou ce sont les problèmes mêmes qui viennent à lui. Les problèmes sont si récurrents que les « Gnassingbélandais » ne savent plus à quel  saint se vouer. La saison des inondations, plutôt, des pluies vient de débuter et les gens dorment déjà  les pieds dans l’eau en compagnie des batraciens,  de leurs petits fils et de leurs arrières arrières grands-parents. Cette tragédie se déroule chaque année, mais nos «gouvernailleurs » font des gesticulations pour soi-disant chercher des solutions.  On se demande si ce sont les pluies qui sont récalcitrantes ou si ce sont les dirigeants  qui sont des « tototolitoto », c’est-à-dire nuls et incompétents.

L’année dernière, lorsque les inondations ont sorti les gens de leur  propre maison, c’est dans les salles de classe qu’ils se sont refugiés. Voilà que cette année la pluie commence à déloger les gens alors que les élèves n’ont pas encore terminé leurs examens. Il se dit que certains ont déjà fait leurs bagages pour regagner leurs anciens domiciles que sont les écoles, mais elles ne sont pas encore vacant