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2009

   
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Liberté 512 du mercredi 3 juin 2009
L’Etat togolais et son sens du respect des lois : Mandat d’arrêt international contre Dupuydauby; qu’en-est-il de Charles Debbasch ?

            La semaine écoulée, l’Etat togolais, par l’intermédiaire du procureur de la République, a lancé un mandat d’arrêt international contre le PDG de PROGOSA, Monsieur Jacques Dupuydauby qui venait de quitter le Togo. Alors que certains le disaient avoir pris la poudre d’escampette pour échapper à la police et à la justice togolaises, l’intéressé lui-même confiait  très rassurant vendredi dernier à RFI, qu’il avait quitté Lomé par l’aéroport mardi dernier sans être inquiété et que son avion et celui à bord duquel voyageait Faure Gnassingbé avaient décollé à quelques minutes d’intervalle. Par ailleurs, ils s’étaient retrouvés à l’aéroport de Ouagadougou et les deux avions avaient stationné à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre. De là, il était hors de question de croire que le PDG de PROGOSA avait fui, avait insinué M. Jacques Dupuydauby.

            Que juste au lendemain de son départ, intervenu dans les conditions décrites par lui-même, on lance un mandat d’arrêt conttre Dupuydauby,  il y a lieu de se poser la question de savoir, pourquoi c’est après avoir quitté le pays « au vu et au su » de tout le monde, et même du président de la République, que le procureur de la République, Robert Bakaï, que certains se plaisent à nommer le « Awilo Longoba togolais », (le propriétaire de tous les dossiers), se contente de lancer un mandat d’arrêt international contre le PDG de PROGOSA.

            On se souvient qu’en mai 2005, Charles Debbasch, l’actuel conseiller juridique du président togolais, l’homme des basses besognes, le mercenaire au col blanc dont les Togolais savent le rôle malsain joué dans le toilettage de leur constitution en 2002 et dans les contorsions politico-juridiques de 2005, ainsi que globalement dans le recul de la démocratie au Togo, avait été condamné à deux ans de prison, dont un ferme, pour détournement de fonds et d’œuvres d’art aux préjudices de la Fondation Victor Vasarely qu’il avait dirigée de 1991 à 1993. Il faisait donc l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour dAix-en-Provence.

            Depuis, et sans que l’on n’ait officiellement rendu publique une quelconque levée de telle poursuite, tout le monde sait que l’auteur des « Debbascheries » au Togo n’a jamais été inquiété, sauf une seule fois et en territoire belge, le 16 mai 2007. Il faut dire que le site internet du gouvernement togolais piloté, paraît-il, par le même Debbasch, avait eu à intervenir en bien en faveur de l’homme. Aucun Togolais avisé ne saurait prendre les yeux fermés, toutes les informations véhiculées par ce site pour argent comptant.

            En 2005, Faure Gnassingbé « élu président », s’était empressé de nommer Charles Debbasch, son conseiller spécial. Malgré le mandat d’arrêt international, qui pesait sur lui, il s’est rendu au printemps 2006 en France sans être inquiété. La seule fois qu’il sera sérieusement inquiété fut le 16 mai 2007. Il sera d’ailleurs libéré quelques heures plus tard grâce à plusieurs pressions y compris celles de Lomé, avait-on appris. Selon le journal français L’EXPRESS, « Faure Gnassingbé adresse au début de l’Eté 2006 à Jacques Chirac un courrier lui suggérant de coucher le nom de son mentor sur la liste des amnistiés du 14 juillet ». De la suite, on n’en saura rien.

            Aujourd’hui que l’Etat togolais lance un mandat d’arrêt international contre Dupuydauby, il y a lieu de demander au procureur de la République, où il était quand l’hôte togolais, le franco-espagnol quittait le Togo en prenant l’avion à Lomé, le mardi 26 mai 2009 et en pleine journée ? Première interrogation. Ensuite, pourquoi la justice et les autorités togolaises apportent-elles leur protection à Debbasch recherché ailleurs depuis des années, alors que ces mêmes autorités lancent aujourd’hui un mandat d’arrêt international contre Jacques Dupuydauby ?

            Il n’est pas inutile de rappeler dans le même ordre d’idées, que les autorités togolaises avaient émis, il y a quelques années, un mandat d’arrêt international contre l’ancien premier Ministre, et Président de OBUTS. Aujourd’hui, le régime de Faure Gnassingbé n’a pas levé ce mandat et pourtant, l’incriminé est dans le pays depuis son retour d’exil, après avoir été blanchi par la justice. A moins qu’il y ait une nouvelle jurisprudence à notre insu qui dise que la poursuite cesse d’exister à partir du moment où le requérant devient muet. Nous n’en avons pas encore connaissance à l’heure qu’il est.

            Alors, quel sens l’Etat togolais et les autorités donnent-ils aux lois et à leur respect ? Il y a lieu de se demander, si les autorités togolaises, en complicité avec « le propriétaire de tous les dossiers, toutes catégories confondues » ne sont pas en train de distraire les Togolais sciemment avec ce fameux mandat d’arrêt international contre Jacques Dupuydauby, tout en sachant que cela ne rimerait à rien ? Ne serait-ce pas tout juste fait pour l’empêcher de revenir, afin de laisser le terrain libre au Groupe Bolloré?

Alain SIMOUBA


Violences d’avril 2005 : Faure, la Commission Barrigah et les plaintes déposées par le CACIT

Depuis une semaine, la monotonie induite par le feuilleton Kpatcha Gnassingbé est rompue. Il y a du nouveau dans la vie politique. La fameuse commission Vérité, Justice et Réconciliation que l’on attendait depuis un temps a pris corps. Le décret de nomination de ses membres a été pris mercredi  dernier en Conseil des ministres. La grande information est la nomination à sa présidence du Révérend Père Nicodème Barrigah. La commission a été installée vendredi. Une cérémonie solennelle a été organisée à cet effet.

L’érection de cette commission est a priori une bonne nouvelle, au regard de la mission qui l’attend : établir la vérité sur les actes de violences à caractère politique commis au Togo entre 1958 et avril 2005, faire répondre leurs auteurs devant la Justice et réconcilier les Togolais. Faure Gnassingbé a mis du temps pour matérialiser cette recommandation de l’Accord Politique Global (APG) signé depuis le 20 août 2006 et des consultations nationales entreprises et clôturées depuis un an. L’idéal aurait voulu que ce chantier soit enclenché depuis et que les auteurs  des récentes violences d’avril 2005 fassent acte de contrition avant la présidentielle à enjeu de 2010. Cela aurait le mérite de créer la peur du Gendarme et dissuaderait la récidive. Il n’est pas trop tard pour faire du bien, dira-t-on du côté du pouvoir. Le premier pas est posé avec la mise en place de cette commission, et il est peut-être  à saluer. Les amis du clan ont déjà entrepris ce boulot. Cette prise de décret a suffi  pour donner matière aux plûmes louangeurs, aux caisses de résonnance et aux opposants  relatifs-suivez nos regards. A tort ou à raison, des fleurs sont jetées au « Leader nouveau » pour ce culot et on surenchérit  sa pseudo politique de paix et de réconciliation. On glose surtout sur la nomination à la présidence de cette commission d’un homme de Dieu en la personne de Mgr  Nicodème Barrigah  pour conclure à la volonté du chef de l’Etat d’exorciser l’impunité. L’opinion voudrait bien croire   qu’elle est réelle,  mais elle attend de se la voir prouvée, avec le fumant dossier des violences électorales d’avril 2005.

 En effet, les évènements d’avril 2005 sont sortis du lot et ce sont eux qui ont légitimé la nécessité de mise en place d’un processus  de réconciliation, devant bien sûr  passer  par l’établissement de la vérité et le jugement des auteurs. Un millier de Togolais ont été tués, leur tort étant d’être descendus dans les rues pour crier au hold-up électoral. 5 000 compatriotes s’en sont sortis par des blessures à l’arme automatique et machettes et 60 000 autres envoyés paître ailleurs. Pour créer les conditions d’une élection apaisée en 2010, il faudrait que les bourreaux de ces compatriotes et leurs commanditaires répondent de leurs actes et soient empêchés  de rendre à nouveau ce service au pouvoir en 2010.

Il faut laisser le temps à la commission Barrigah et compagnie d’arriver chronologiquement sur ce dossier, nous rétorquera-t-on, et on évoquera certainement le problème de consistance entre le chantier global de la commission et ce dossier d’avril  2005. La question ne devait même pas se poser car l’exécution du processus et la poursuite des bourreaux de 2005 ne sont pas incompatibles et antinomiques. Il a été admis par les organisations de défense des droits de l’Homme que la poursuite de ces auteurs n’entrave en rien le processus global, et donc pourrait se faire. Cela est ressorti  d’une récente sortie médiatique d’organisations de défense des droits de l’Homme. C’est le lieu de laisser la justice donner suite aux nombreuses plaintes déposées à cet effet par les victimes, par l’intermédiaire du CACIT, un collectif d’associations de lutte contre l’impunité dirigée par Me Zeus Ajavon. Le pouvoir a tout fait pour entraver le traitement de ces dossiers. L’arme fatale est la fixation de cautions fantaisistes et exorbitantes pour l’examen de ces plaintes. Conséquence, ces plaintes déposées depuis plus de quatre (04) ans n’ont même pas connu un début de traitement. C’est un test grandeur nature à la commission Vérité, Justice et Réconciliation et surtout à Faure Gnassingbé, la réouverture de ce dossier de 2005. Il séduirait ainsi l’opinion encore dubitative.

Pablo E.


Affaire Progosa : Divorce entre Dupuydauby et le clan Gnassingbé après l’échec des négociations à Ouaga
- Le « propriétaire de tous les dossiers » Robert Bakaï lance un mandat d’arrêt international
- C’est la fin de la noce parfaite qui avait existé entre les autorités togolaises et le groupe Progosa d’un certain Marie-Jacques Dupuydauby. Le divorce a été violent et la « femme » confiée à Vincent Bolloré. Mais il y a beaucoup de non dits dans cette affaire, surtout qu’on se rappelle cette sommation de Nicolas Sarkozy adressée à Faure Gnassingbé lors du sommet Europe-Afrique de décembre 2007 : « Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises ».

L’embellie

            Tout a commencé en 1999 quand Marie-Jacques Dupuydauby, partenaire de Vincent Bolloré, débarqua au Togo. Les deux avaient pour ambition de faire main basse sur  la manutention et le fret dans les ports de Lomé (Togo), Libreville et Port-Gentil (Gabon). C’est dans ces conditions qu’est né Progosa Investment, détenu à 90% par Bolloré et dirigé par  Marie-Jacques Dupuydauby. La nouvelle société emporte un appel d’offres pour le port de Lomé. Selon les informations, le Franco-espagnol aurait argué que c’était lui qui avait convaincu feu Gnassingbé Eyadéma de leur concéder  le port de Lomé, le seul port en eau profonde dans la sous région capable d’accueillir les navires porte-conteneurs dits de « nouvelles générations ». Il faut dire que tous les gouvernants de l’époque, du fait des prébendes, vouaient une admiration à Dupuydauby. Ils n’hésitaient pas à lui dérouler le tapis rouge et prendre d’assaut le port lors de ses nombreuses cérémonies de pose de première pierre.

En 2001, une licence d’exploitation du terminal à conteneurs est octroyée à la SE2M Togo du groupe Progosa Investment. Tout se passait comme sur des roulettes : de 30 000 mouvements en 2001, le trafic des conteneurs serait passé à plus de 130 000 en 2004. Bolloré aurait investi 20 millions d’euros, et payait 30 000 euros par mois. Mais très rapidement, le pont s’est rompu entre Bolloré et Dupuydauby. L’ami de Sarkozy accusait le chouchou d’Eyadèma de détourner ses actifs à son profit… Une plainte fut déposée contre lui pour cession et trafic  illicite des titres. Le verdict du jugement qui eut lieu était à sa faveur. C’était le 03 février 2006.  Dupuydauby a fait appel tout en accusant à son tour Bolloré de tentative de corruption de juge. 

Trois jours plus tard,  alors qu’une délégation du groupe Bolloré s’apprêtait à quitter Lomé pour Paris, après avoir  vainement essayé de rencontrer Faure Gnassingbé,  elle a été interpellée et gardée à vue. Une perquisition des bureaux de Bolloré au Togo a eu lieu et le délit de « corruption active de magistrats» fut retenu contre eux. Les membres de la délégation ont été déférés au parquet et mis en examen par le juge Sogoyou, doyen des juges d’instruction qui les a inculpés. Les sieurs Gilles Alix, Directeur et n°2 du groupe Bolloré, Georges Cognon, Directeur Afrique, Dany Chuteaux, Directeur régional et Pascal Cotti Directeur général du groupe au Togo, ont été gardés pendant 36 heures avant d’être libérés sur intervention de Vincent Bolloré qui s’était plaint à l’Elysée où officiait à l’époque un certain Jacques Chirac.

La situation perdurait au point que Bolloré a dû répandre sa colère dans « Bakchich » du 15 mai 2008 : «Rien qu’au Togo, Dupuydauby nous coûte trois millions d’euros par an en gardant le contrôle du port, alors que la justice nous donne raison », un article que nous avions repris dans l’une de nos parutions (Liberté N°354 du vendredi 16 mai 2008). Mais Faure Gnassingbé et son bataclan n’en avaient cure. Dupuydauby était toujours chéri jusqu’à la bérézina de la semaine dernière.

Le ping-pong entre autorités togolaises et Dupuydauby

            C’est le site gouvernemental qui est devenu le porte-voix de Faure Gnassingbé et de son gouvernement dirigé par le keynésien Gilbert Houngbo. C’est le site qui a annoncé que le Franco-espagnol a pris la poudre d’escampette suite à un contrôle fiscal diligenté par le fisc togolais à l’égard des entreprises SE2M, SE3M et CEOP du groupe Progosa. « Alors que ces investigations se poursuivaient, un employé desdites sociétés, pilote amateur, a emprunté un appareil de l’aéroclub de Lomé et en compagnie d’un autre cadre des sociétés susvisées, a jeté à la mer les disques durs des ordinateurs et divers documents comptables. Dans les heures qui ont suivi, le PDG Jacques Dupuydauby et tous les principaux cadres des sociétés mentionnées ont quitté le Togo », révèle le site du gouvernement. Et une information judiciaire pour fraude fiscale et complicité a été ouverte sur réquisitions du procureur de la République au Togo. On susurre qu’il doit 12 milliards de FCFA aux Impôts.

            Une version des faits contestée par Dupuydauby : « Je suis donc parti du Togo au vu de tout le monde avec mon passeport dûment tamponné, j’ai passé la journée au Burkina Faso et mercredi je suis arrivé chez moi à Séville». Il rejette l’allégation de disparition des disques durs et autres documents comptables. « Interrogez les responsables du site republicoftogo.com, ce  site est supervisé par le doyen Debbash, interrogez-le, il doit savoir, rien dans ces disques durs ne me gênait puisque le contrôle fiscal était terminé », poursuit-il au cours de son entretien avec Christophe Boisbouvier de RFI.

            En outre, il aurait, selon nos informations, écrit le 29 mai à Faure Gnassingbé pour récuser l’accusation de fuite : « En ce qui concerne les conditions de mon départ, vous n’ignorez pas que j’ai quitté le Togo de façon tout à fait légale, ce dont les tampons apposés sur mon passeport font foi… Vous avez vous-même, Monsieur le Président, été témoin de la présence de mon avion aux côtés  du vôtre, d’une part sur l’aéroport de Lomé, alors que vous décolliez, et plus tard sur l’aéroport de Ouagadougou, puisque nous sommes partis mardi dernier vous et moi pour la même destination et à un quart d’heure d’intervalle, afin d’y rencontrer la même personne. Affirmer en conséquence que j’ai fui le Togo est un mensonge».

            Ces sorties n’ont pas sûrement plu à « republicoftogo.com » qui revient à la charge en assénant que «Jacques Dupuydauby, un homme d’affaires à la réputation sulfureuse, devra rendre des comptes au Togo sur la gestion de ses activités dans le pays ». Et d’ajouter que la justice togolaise a délivré des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de Jacques Dupuydauby, de son fils Vianney, et du directeur juridique de la société, Gérard Perrier.

            Le Procureur de la République Robert Bakaï surnommé « propriétaire de tous les dossiers, toutes catégories confondues » s’en est aussi mêlé en faisant une sortie tapageuse sur RFI (Lire l’encadré).

L’échec des négociations à Ouagadougou

            De sources concordantes, l’un des sujets qui a conduit Faure Gnassingbé à Ouagadougou le 26 mai dernier, serait l’affaire Progosa. Certains affirment que le chef de l’Etat accompagné d’une forte délégation, aurait discuté avec son homologue burkinabé de ce problème. D’autres vont jusqu’à parler d’une rencontre entre les trois personnalités, c’est-à-dire entre Compaoré, Faure et Dupuydauby. Mais les négociations ont accouché d’une souris. C’est suite à cet échec que l’Espagnol gras s’est envolé pour Séville où il est actuellement. Des informations que semblent confirmer les déclarations de Dupuydauby : «… Mon départ était tout à fait officiel au vu et au su de toutes les autorités. Eh bien, écoutez puisqu’on dit que je me suis enfui,  j’ai quitté le Togo mardi matin dernier à 8 heures, mon avion a décollé à 8h00 et celui du président de la République Faure Gnassingbé a décollé à 8h25, nous nous sommes suivis puisque nous sommes allés au même endroit voir la même personne. Nous sommes allés tous les deux au Burkina Faso ».

Commentaire

            Les autorités togolaises ont quelque chose à se reprocher dans cette affaire de Progosa et c’est pourquoi elles sont aphones. Personne n’ose aborder cette affaire puisque la plupart des gouvernants prenaient des bakchichs chez Dupuydauby. Selon des indiscrétions, les gros pontes du régime allaient prendre chaque semaine des sacs d’argent chez l’Espagnol. Et ce n’est pas pour le roi de Prusse que son fils Vianney a été tout récemment nommé PDG d’une chaîne de télévision privée de la place appartenant à ceux qui exercent le pouvoir sur les 56 600 km2. Quid de Koffi Sama, ancien Premier ministre d’Eyadèma et membre du Conseil d’Administration de Progosa ? S’il est dans ce conseil, c’est qu’il devait sûrement représenter l’Etat togolais ou les intérêts du clan.

            En outre, c’est le site gouvernemental seul qui a pris cette affaire à bras le corps alors que les médias publics (TVT, Radio Lomé et Togo Presse) se sont imposés l’omerta. Même le Procureur qui avait barré l’écran de la TVT dans l’après-midi du 13 avril 2009 pour annoncer la présumée « tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat », a brillé par son absence sur ces médias.

            On se souvient qu’en 2006, la justice togolaise a mis en examen les quatre membres de la délégation du groupe Bolloré pour corruption de magistrats. Quatre ans plus tard, c’est la même justice qui décide de rendre à Bolloré le marché de la manutention sur le port. Quelle suite a-t-on alors donné à l’affaire de corruption de magistrats qui avait empêché Bolloré de rentrer dans son droit ? Ce qui est curieux, c’est que pendant que Bolloré annonçait son retour aux affaires, le site gouvernemental mentionnait que « le président du tribunal de Lomé a nommé un administrateur provisoire chargé de gérer les sociétés SE2M,SE3M et CEOP actives au port de Lomé ». Dans quel pays sommes-nous au juste avec ces puérilités de mauvais goût ?

            Certains observateurs lient ce divorce entre Dupuydauby et l’Etat togolais à l’affaire de coup d’Etat dont le cerveau est Kpatcha Gnassingbé, l’un des protecteurs du patron de Progosa. Les propos suivants du « propriétaire de tous les dossiers » ne sont pas fortuits : « Au départ de l’affaire, il s’agit de fraude fiscale, mais son comportement nous laisse croire qu’en dehors de la fraude, qu’on lui reproche, il peut y avoir autre chose ».

            Aussi, Faure voudrait-il rentrer dans les bonnes grâces de Sarkozy qui avait tenté de lui rappeler la leçon : «Quand on est ami de la France, il faut penser aux entreprises françaises ». Une drague qui intervient à quelques mois de la présidentielle. Selon « Le Monde », « A l’Elysée, jeudi matin, on se refusait à tout commentaire sur l’hypothèse selon laquelle le régime togolais, soutenu par la France, chercherait aujourd’hui à renouer avec M. Bolloré, proche du président Sarkozy ». « On sait qu’une élection au Togo ne se joue pas sans la France. Et il vaut mieux être plus près de Nicolas Sarkozy en ce moment », commente un fonctionnaire.

R. Kédjagni


Processus de Vérité, Justice et Réconciliation : La Commission officiellement installée ; beaucoup de Togolais n’y croient pas

Le chef de l’Etat a procédé vendredi dernier à l’installation officielle des membres de la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation ». La cérémonie qui s’est déroulée à la salle des banquets de la nouvelle présidence, a vu la participation des membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée nationale, des membres du corps diplomatique et des autorités administratives, religieuses et traditionnelles. Tous les onze membres composant la Commission étaient présents.

« Ce jour marque une étape majeure dans notre volonté maintes fois exprimée de lutter contre l’impunité, d’œuvrer pour la consolidation de l’Etat de droit et de promouvoir la réconciliation nationale », a déclaré le chef de l’Etat qui a rappelé qu’il s’agissait de l’aboutissement d’un processus souhaité par la population à travers les consultations nationales. « Cette commission est autonome ; elle n’est pas un modèle importé ; elle n’est non plus un tribunal à l’instar de ses devancières ; elle n’a pas le pouvoir de juger qui que ce soit, elle n’a pas le pouvoir d’amnistier qui que ce soit ; ce n’est ni sa vocation, ni sa mission », a-t-il poursuivi. En revanche, « La commission dispose de pouvoirs d’entreprendre des investigations approfondies auprès des personnes, des institutions, des administrations, des autorités politiques, religieuses, traditionnelles et de la société civile, d’accéder aux archives, aux documents et de recueillir tout renseignement nécessaire à la construction de la mémoire collective et à l’établissement de la vérité ».

Interrogé à l’issue de la cérémonie par notre reporter, le Président de la Commission, Mgr Nicodème Barrigah estime que c’est le sens de responsabilité qui prévaut  en ce moment. « La mission est complexe, délicate, difficile et je crois que nous devons nous y engager avec beaucoup de sens de responsabilité. Et surtout inviter les Togolais à adhérer réellement à ce processus parce que c’est dans leur avantage que tout le peuple soit réconcilié ».

Commentaire

Cette Commission risque de ne pas avoir l’adhésion des Togolais puisqu’on a l’impression qu’il s’agit d’une cuisine interne du gouvernement. A preuve, hier par exemple, les auditeurs de la Radio Nostalgie se sont prononcés sur cette commission dans l’émission « A vos bics rouges ». La moyenne des notes données par la vingtaine d’intervenants tourne autour de 2.

A preuve, les responsables des principaux partis de l’opposition n’ont pas participé à la cérémonie d’installation. Le CAR de Me Yawovi Agboyibo ne se retrouve pas dans la manière dont le processus est conduit et a boycotté toutes les réunions lors de la phase des consultations nationales.

On le voit, beaucoup de Togolais sont dubitatifs et il revient à Mgr Barrigah et son équipe de les  convaincre  en les surprenant agréablement.

E. Pierre


Sans détour : Drôle de Togo! « Ce qui instruit les sots, ce n’est pas la parole, c’est le malheur » (Démocrite, Fragments)

Le Togo reste un pays atypique. Les faits et gestes de nos gouvernants frisent le ridicule et l’amateurisme. Outre la surprenante nomination des membres du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), deux faits majeurs ont marqué l’actualité politico-économique de notre pays. Il s’agit de la nomination des membres de la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » suivie de leur installation vendredi dernier et de l’affaire Progosa. Des sujets qui attestent que les autorités togolaises n’ont aucune envie de faire bien les choses.

La présence de certaines personnalités au sein de la Commission «Vérité, Justice et Réconciliation » nous renvoie à une histoire d’un jeune poursuivi par des vampires. Il déambula quand il tomba dans une meute de vampires. Pendant longtemps, il fut coi devant ces êtres bizarres aux dents de requin. Sa peur monta d’un cran quand il vit dans un coin ceux-ci déchiqueter une vieille femme. Que faire devant une telle situation ? Ce fut le sauve qui peut. Le jeune homme prit ses jambes à cou. Chemin faisant, il se retourna et vit les vampires à ses trousses. Il accéléra pour prendre un avantage certain sur ceux qui étaient à sa poursuite. Il pénétra tout essoufflé dans une salle où il vit un prêtre reconnu dans le pays pour sa rigueur et crainte de Dieu. Ouf de soulagement. A peine le jeune homme se mit-il à raconter ses mésaventures à l’oint de Dieu qu’il vit sortir de l’antichambre des gens parmi lesquels se trouvaient  quelques uns des vampires qui l’avaient pourchassé. Tout à coup, il prit la poudre d’escampette. Imaginez la suite.

Nous sommes un peu dans ce scénario avec la présence dans cette Commission de l’un des principaux responsables des actes de violence de 2005, d’un des « dénatureurs » de l’histoire du Togo qui se trouve être le Prof. Koffi Badjow Tcham et de deux autres militants du RPT que sont le chef Agokoli et Ogamo Bagna.

Nous en sommes là quand l’affaire Progosa a éclaté. Ici c’est l’histoire d’un « voleur » et ses protecteurs. Il n’était rien quand il débarqua dans cette forêt où les dirigeants font les choses à l’envers. Envoyé par son patron auprès du lion, il dit à ce dernier qu’il allait voler les actifs de son employeur afin de gérer la forêt et lui offrir des gibiers gras et succulents. Le lion vorace accepta le marché sans autres formes de procès. Quand le lion allait mourir, il demanda à ses nombreux rejetons de prendre soin du « voleur » qui gérait dorénavant la forêt. Mais entre-temps, l’ancien employeur du voleur voulut protester mais ses hommes furent envoyés au gnouf avant d’être libérés. Quatre ans plus tard, les lionceaux se disputaient le fauteuil et le plus redoutable était coincé dans un lieu de détention tenu secret. Et après avoir mangé des gibiers juteux et voulant rentrer dans les bonnes grâces du « roi de la planète», l’autre lionceau et son conseil éjectèrent le « voleur » et firent revenir sans vergogne le « volé ».  Bizarre, n’est-ce pas ?

Zeus AZIADOUVO


Une dame d’une soixantaine d’années s’est noyée dans un étang au Grand marché de Hédzranawé

Vendredi dernier, les commerçants du Grand marché de Hédzranawé ont été ameutés par la découverte d’un corps sans vie d’une femme âgée d’une soixantaine d’années. La dame était tombée dans un étang qui  se trouve dans le marché et y a succombé.

Selon les informations, le drame s’est produit la veille mais faute de lumière, la vieille n’a pas pu être sauvée. « Hier, aux alentours de 20 heures, on a constaté les bruits d’une personne qui se noie. Rapidement, on a alerté la gendarmerie du marché qui, à son tour, a appelé les Sapeurs pompiers. Ces derniers, arrivés sur les lieux, n’ont rien fait pour sauver la personne, car disaient-ils, il n’y a pas de lumière et ils ne peuvent pas risquer leur vie pour s’aventurer dans cet étang en pleine nuit. Puis ils sont repartis. C’est le lendemain qu’ils sont revenus pour sortir le corps», a confié un témoin. « La vieille a au niveau de son poignet, du sparadrap, ce qui nous fait penser qu’elle est en train de suivre des traitements. Mais on ne comprend pas comment elle est arrivée à tomber dans ce  grand trou  rempli d’eau», a déclaré un autre.

« La dame étant inconnue de tous les commerçants du marché, même de la population environnante, elle  a été transportée à la morgue par les Sapeurs pompiers », a indiqué le responsable du marché, Mayaba Etienne.

 Dans ce marché, plus précisément derrière la Gendarmerie, se trouve un grand trou pour retenir l’eau dans les environs. Ce trou jadis protégé, se trouve aujourd’hui à ciel ouvert. « On  faisait  des travaux quand la clôture s’est effondrée. Mais en ces périodes, il est difficile de reconstruire. Donc, après les travaux, le trou sera de nouveau protégé mais on essaie de faire de notre mieux pour protéger les commerçants », explique M. Mayaba. Ce qu’ont démenti certains revendeurs du marché qui soutiennent que ce sont les travailleurs eux-mêmes qui ont démoli la clôture afin d’avoir de l’espace. Et depuis-là, les responsables du marché n’ont pris aucune mesure pour protéger la l’étang alors que la zone n’est même pas éclairée. Tout se passe comme s’ils ne se soucient pas du danger que courent les gens qui y viennent faire leur commerce.

Vivement qu’une solution adéquate soit trouvée à cette situation inquiétante.

Coco Tchak


Ça va se savoir : Les inséparables (1)

            Intimes amis étaient Josias et Eric depuis leur petite enfance jusqu’à l’âge adulte. Agé  maintenant de 18 ans révolus, ils étaient encore des amis inséparables voire des frères siamois. En effet, Josias très beau et très rusé, admirait  beaucoup ses compagnons dont ses services ne lui faisaient pas défaut. Bref, il tirait énormément  assez de profit, beaucoup d’intérêt, car celui-là lui était vraiment serviable et loyal dans son rôle d’intermédiaire. Aussi faudra-t-il reconnaître en Eric, un agité. Il aimait beaucoup semer dans les champs à autrui que dans le sien. Il avait la manière et était dévolu à la tâche.

            Un jour alors qu’ils rentraient bredouille d’une chasse aux filles à Nyékonakpoè, ils rencontrèrent sur leur chemin de retour Shella, une jolie demoiselle de même âge qu’eux. Ils tergiversèrent pour la héler. Mais d’un sursaut d’orgueil, Eric rassura Josias qu’il allait essayer, ce qui semblait à première vue impossible. Pas pour lui-même, mais pour son frère siamois qui est coureur de jupon. Il faut reconnaître en Eric, un poète et théoricien, un « tchatcheur » avéré en matière de la drague. Il approcha cette dernière et releva comme par  magie son défi.  Tout content, Josias n’en croyait pas à ses yeux. Le trio fit alors un long chemin de marche et débarqua dans un jardin public. Eric satisfait d’avoir accompli sa mission car les choses allaient déjà bon train, s’éloigna du jeune et nouveau couple qui vint de s’asseoir sur le banc fait de béton. Il s’exile de quelques mètres puis se trouva solitaire sur un autre banc isolé.

            Avides de la chose, les mains étaient déjà mises à contribution. Les câlins allaient vraisemblablement  bon train. Estelle, une douée dans la pratique de l’entretien des hommes, plus qu’une travailleuse de sexe, avait déjà ôté son corsage. Sur sa poitrine plus que dénudée, deux petites prunes solidement enracinées, présentaient des bouts bien solides. L’homme tenta et réussit à prendre l’une des tétines entre ses lèvres. Il s’acharnait à ce moment à la téter tandis que la jeune fille s’occupait tendrement  de la manipulation du bébé boa de son partenaire, encore embrigardé dans le pantalon. Le reptile malgré sa petitesse était super fâché mais sa tête était prise en étau entre les doigts manipulateurs d’Estelle qui ne désoeuvrait absolument pas.

            De loin, Eric entendait que le feulement du joyeux couple noyé dans l’obscurité qui couvrait le jardin. Il ne résista pas longtemps à cette tentation. Il tira sur l’éclair de son pantalon,  d’où sortit hâtivement un anaconda humain qui n’a rien à envier à ceux  de la forêt d’Amazonie. La bête au garde-à-vous était désormais saisie des deux mains de son maître. Elle était alors soumise à un interminable va-et-vient dans le vide.

            Josias et Estelle se câlinaient encore quand soudain, le jeune se leva et vint blottir entre les jambes écartées de sa partenaire. Tel un secouriste d’un asphyxié à qui l’on voulait appliquer la « bouche à bouche », la bouche de Josias vient se coller au nombril en forme de bouche de par son creux.  Vivement, le gars léchait sans se lasser le creux. Cependant, près d’un autre banc où se tenait maintenant debout, Eric, son géant reptile crachait un flot de venin dans le vide. A suivre…

Tonton D


Libertinage
Les tribulations de «Dupuy et Dauby»

            Le sulfureux homme d’affaires franco-espagnol qui a confisqué toutes voyelles de l’alphabet pour constituer son nom, on aimerait parler de jacques Dupuydauby est dans de beaux draps. Ce conquistador qui a fait la pluie et le beau temps au Port Autonome de Lomé et qui a pillé toutes les ressources du pays avec la bénédiction du clan a des problèmes plus que la Somalie. Plusieurs jours pour le voleur, un seul pour le propriétaire, dit l’adage. Pris la main et les pieds dans le sac, il a fui comme un lapin pour se réfugier dans sa Séville natale. Là, assuré de ne plus être inquiété, il fait la bouche comme George « Bouche ». S’il est garçon, qu’il revienne pour  porter le même pantalon que « Rebelle » Bakaï qui a d’ailleurs lancé un mandat d’arrêt international contre lui et son fils, le nouveau DG de La Chaîne de Faure (LCF). S’il y a quelqu’un qui doit se réjouir des tribulations de Dupuydauby, c’est le Doyen qui   n’a jamais porté l’homme  dans son cœur. Dupuy devrait être là pour lire les dossiers « hon hoin » (puants ) qu’il devrait sortir sur lui.

            A propos, le fils, Hounsrou Vianney ne devrait pas normalement avoir les mêmes problèmes de difficulté que le père. Il se raconte que depuis quelques temps déjà, il était dans le couvent quelque part à Vogan et de ce fait  devrait bénéficier de la protection des dieux. Apparemment les vaudous l’ont lâché. Tout comme son père, il a pris ses jambes à son cou. Quand le sol est chaud, ce sont les pieds qui le sentent.

La HAAC de nouveau épinglée

            La HAAC, encore la HAAC, toujours la HAAC. Il n’y a  pas de rapport qui sorte  dans le monde sans que la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication de Fo Philippe Dekassou ne soit épinglée. Tout récemment, c’est le département d’Etat Américain qui a tiré à boulets rouges sur notre institution chérie. Aujourd’hui, c’est Amnesty International qui sort  un rapport accablant sur la HAAC à qui il est  reproché de restreindre  la liberté d’expression dans le pays. Depuis que Fo Philippe a atterri là-bas, les choses vont du pire au « plus pire ». Ce qui fait dire à certains que c’est la « plus pire » institution  que le Togo ait connue depuis son accession à la souveraineté internationale.

            Entre nous, si tout le monde crie que ça ne va pas, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que vous ne faites pas bien et corriger au mieux les choses. Une seule personne ne peut avoir raison contre tous. Au lieu de faire une introspection, le prégo de la HAAChe est  là à jouer au dur à cuire et au je m’en foutisme. Ça ne donne pas une bonne image de lui. La manière « EVEGNOble » dont les étudiants ont crié haro sur lui lors du séjour de nos confrères de Rfi à Lomé est symptomatique de l’aversion que les Togolais ont pour lui. Il n’est pas trop tard pour changer. On dit souvent  que la petite honte vaut mieux que la grande honte. Alors, Fo Philippe, vous pouvez encore changer et positivement…

Quand « Faure-vi » boude Kadhafi

            « Faure-vi » qui boude son père, le Guide de la Jamahiriya révolutionnaire arabe, libyenne Mouammar Khadafi. Qui l’eut cru ? Les temps ont vraiment changé. A y voir de près, le courant ne passe pas très bien en ce moment entre le roi des rois traditionnels d’Afrique et le roitelet. Tenez, depuis le week-end se tient chez le Guide le sommet de la CEN-SAD. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le « p’ti » a brillé par  son absence à cette conférence des chefs d’Etat africains. Beaucoup de personnes n’arrivent pas à comprendre que le fils de la nation ait pu boycotter aussi facilement  celui qui l’a toujours considéré comme son « fils ». Que se passe-t-il pour que le fils adresse un tel pied de nez au père ? On parie que cela ne va pas du tout réjouir au Guide Libyen. Les mauvaises langues racontent que cette affaire entre « Faure-vi » et Kpatchagan qui a empoisonné les relations parentales entre le « p’ti » et le Guide. Celui-ci n’aurait pas apprécié que le Gros soit encagé et aurait ordonné sa libération, ordre que « Faure-vi » n’a pas exécuté. Depuis, les relations ne sont plus au beau fils entre les deux chefs d’Etat. Le divorce serait-il définitivement consommé entre eux ? On ne saurait  le dire. Ç’aurait  été  le temps de la lune de miel entre « Faure-vi » et Khadafi qu’au cours de ce sommet, le prégo togolais serait parti quelques jours plus tôt en tourisme en Libye et  faire le pied de grue chez son « père ». Aujourd’hui, la donne  a changé.

Logo Dossouvi change de veste

            La confédération des associations des jeunes dénommée « Forces Nouvelles » (FN) étonne chaque jour la jeunesse. Aussitôt portée sur les fonts baptismaux, aussitôt en déconfiture. Quelques jours ont suffi à l’une des associations, ABEJ (Association pour le bien-être Juvénile) pour claquer la porte, taxant de tous les noms d’oiseaux l’association mère. Son président Logo  Dossouvi nullement ébranlé est décidé à poursuivre l’objectif qu’il s’est assigné, celui d’analyser au microscope les projets de société de chaque candidat à l’élection présidentielle de 2010. Après quoi, le militant du MO5 entend sillonner  toute l’étendue du territoire pour démasquer les politiciens démagogues. Après, il se propose de choisir son candidat reconnaissant plutôt idéal pour  qui il appellera la population à voter massivement.  Aujourd’hui que les activités des FN sont pratiquement invisibles sur le terrain, son patron vient de dénicher l’oiseau rare. Il aurait appelé publiquement à voter pour son patron Oncle-Léo kéi, « Faure-vi », le guide des RePTiles. Le gars, en un temps record, a choisi son camp en s’autoproclamant directeur de campagne du « p’ti » au détriment du leader de la CDPA. Le divorce est-il définitivement consommé entre Logo et la CDPA ? C’est la question que beaucoup de Togolais se posent. Plus rien ne semble aller entre le parti et le jeune militant de premières heures. Si Logo Dossouvi a appelé  publiquement la population à faire confiance à « Faure-vi », c’est que les choses sont au plus mal entre eux. Et pourtant c’était un parfait amour  qu’ils filaient depuis  belle lurette.  La « mangecratie » semble les diviser. Chacun a décidé de suivre son chemin. N’est-ce que  tout chemin  mène à Rome, mieux à la mangeoire ? Logo a trouvé le sien. Il semble parfaitement assimiler le nouveau slogan de ses anciens mentors  à savoir  « Mangecratie d’abord, démocratie après ».

Le ministre Guy Lorenzo s’est bien moqué d’ABEJ

            La semaine dernière, l’Association pour le bien-être Juvénile (ABEJ) appelait pour une énième fois la population notamment la jeunesse à battre le pavé à traavers la ville de Lomé pour dénoncer l’augmentation exponentielle des prix des produits de première nécessité. Le ministre du Commerce Guy Lorenzo et son collègue de la Sécurité ont  raconté  des bobards aux  responsables d’ABEJ pour  faire avorter la grève. Les deux ministres n’ont pas eu de difficultés pour convaincre leurs interlocuteurs que le sujet sera traité au premier ordre du jour  du conseil des ministres. Mais grande fut leur déception à la lecture du communiqué sanctionnant le conseil des ministres. On n’a pas fait ça  même dans les divers. Le lendemain, Cocovi Guillaume et sa bande se sont présentés au ministère pour se plaindre. M.  Guy Lorenzo après  s’être proprement gaussé d’eux  s’est éclipsé et a donné l’instruction  à son directeur de cabinet de les recevoir. Face à cette plaisanterie de mauvais goût, les responsables d’ABEJ n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Aujourd’hui, bon nombre de ceux qui juraient qu’ils ont été tournés en bourrique semblent avoir raison. Leur réaction étonne plus d’un. L’ABEJ qui ne manquait aucune occasion pour  ouvrir grandement la bouche et fustiger vertement le « p’ti », a perdu sa langue. On raconte qu’on  lui aurait  cloué le bec avec des espèces sonnantes et trébuchantes. Cette situation amène beaucoup d’observateurs à dire que  ces messieurs d’ABEJ ne sont que des plaisantins qui cherchent à se servir des jeunes pour  trouver une place au soleil. Au fait, si l’ABEJ joue bien son rôle de plaisantin pour détendre l’atmosphère tendue où est son mal ?

Une affaire « inclaire »

Depuis que cette affaire d’attentat à la sûreté du fauteuil présidentiel de « Faure-vi » a éclaté avec des tirs d’artillerie légère le lundi de pâques dans la maison de « Kpatchagan », un véritable flou continue de l’entourer. On ne sait plus qui est qui fait quoi. Chose curieuse, cette affaire « Gnassingbélando-Gnassingbélandaise » mélange les populations qui chaque jour que « Faure-vi Vodoua » fait  les plonge plus dans le doute.  Beaucoup ne comprennent pas pourquoi ce sont les presses étrangères qui doivent les informer sur ce qui se passe sur la terre des grands-parents de leurs aïeux. Si ce n’est pas nos « con-de-frères » de la Lettre du Continent qui ont dévoilé les relations  orageuses entre « Faure-vi » et «Kpatchagan», on n’en saurait rien. Depuis l’éclatement de l’affaire, c’est Jeune Afrique du « con-de-frère » François Djibouti, pardon, Soudan qui détient l’exclusivité de toute l’histoire. De la préparation du coup d’Etat, aux commanditaires jusqu’à son avortement, il maîtrise les moindres détails. Les autorités chargés  de faire la lumière sur ce coup d’Etat manqué ne se prononcent pas mais on ne sait pas d’où ces « con-de-frères», eux  détiennent toutes les informations. S’ils pouvaient au moins filer le  tuyau à leurs « con-de-frères» «gnassingbélandais », ils ne seront pas à court d’informations et ne raseraient pas les murs. 

Par ailleurs, ceux qui ont la langue pendante, affirment que ces informations révélées par le journal proviennent des « zotorités » elles-mêmes. Dans certains milieux, on estime que le directeur de Jeune Afrique n’est pas « clean » et  qu’il mange à toutes les sauces des dictateurs africains. En tout cas, ce n’est pas avec notre bouche qu’ils vont manger leur petit piment.

Une fête de pentecôte pas comme les autres

Qui a dit qu’à « Gnassingbéland », il n’y a pas de pasteurs qui peuvent soulever le pic d’Agou. Le dimanche passé, les chrétiens ont fêté la pentecôte qui est la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres. C’était encore une occasion pour nos chers pasteurs de démontrer leur force et de montrer surtout ce qu’ils ont dans les tripes.  Il paraît que des miracles, il en a eu à foison dans les églises éveillées et que les fidèles en ont vraiment eues pour leurs « zoeils ».  Il se raconte que dans l’une de ces églises , le pasteur a promis des miracles aux fidèles.  Lorsqu’il a commencé à prier, à un moment donné, il a commencé à marcher en l’air comme sur des escaliers. En ce moment les femmes criaient « Fire, fire, fire, yes, Dieu fait encore des miracles… ».

Dans une autre église à Kagomé, lorsque le pasteur priait et qu’il levait sa main en direction des fidèles pour soi-disant leur envoyer l’Esprit-Saint, tous tombaient dans la salle et se réveillaient quelques minutes après. La scène s’est produite plusieurs fois avant la fin du culte. Lorsque deux femmes qui étaient très accrochées aux enseignements de leur pasteur sont revenues à la maison, elles s’étaient très déçues et n’ont pu cacher leur colère. Elles ont juré qu’elles ne retourneront plus jamais dans cette église  car quelque chose se cacherait derrière la super puissance de ce pasteur.  Ne nous a-t-on pas appris qu’un jour les aveugles verront, que les sourdes entendront et que les boiteuses marcheront ? Que leurs cœurs se refroidissent.

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