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2009

   
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Liberté Hebdo # 468 du 24 fev. 2009
Interview exclusive de Patrick Lawson : « Ce que nous avons entendu au sortir de la réunion du 17 février, ne reflète en rien la réalité des débats »
Le premier vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), Patrick Lawson, se prononce sur les discussions au sein du Cadre permanent du dialogue et de concertation (CPDC). Dans cette interview, il revient sur la séance du mardi 17 février qui a abouti à la suspension des travaux, la question de la facilitation et expose les préoccupations de son parti en ce qui concerne les réformes politiques. Il affirme en outre que son parti n’a jamais rencontré le chef de l’Etat depuis le démarrage des travaux du CPDC. « Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire au résultat de nos travaux », déclare-t-il. Lisez plutôt.

Monsieur le Président, pourquoi faites-vous de la question du recours à la facilitation une nécessité ?
Gouverner, c’est prévoir. Prévoir, c’est organiser et envisager l’avenir avec sérénité. C’est dire que nous ne voudrions pas faire croire aux populations une fois encore que tout va bien sans envisager que c’est une œuvre humaine que nous accomplissons et qui peut être pleine d’embûches. C’est ainsi que la question de la facilitation se pose.

Pour faire simple, le chef de l’Etat a pris un décret qui englobe en un, deux chapitres importants de l’Accord politique global issu du dialogue inter togolais de Ouagadougou.

Les réformes politiques sont prévues pour être faites dans un temps donné dans le but d’aller vers des élections apaisées, équitables et vers la réconciliation nationale. Il  s’agit des réformes politiques (conditions de participation aux élections, réformes institutionnelles et constitutionnelles). Des sujets qui ont toujours divisé les Togolais et qui les ont exposés aux violences meurtrières inouïes. Dans ce domaine, il n’est pas évident que les ententes soient harmonieuses. Et jusqu’à ce que nous retrouvions l’harmonie et la concorde nationale, nous avons encore besoin d’être accompagnés par les amis du Togo et nos partenaires en développement qui n’acceptent de nous aider qu’à condition d’organiser des élections libres, transparentes et équitables, et la bonne gouvernance politique. Et donc, conformément à l’esprit de l’APG, le consensus doit prévaloir et le recours à tous ceux qui peuvent nous amener à nous entendre pour sortir de cette crise s’impose : d’où la nécessité du dispositif de la facilitation. Si  en définitive, on n’en a pas eu besoin, tant mieux pour nous tous.

Le deuxième chapitre concerne tous les problèmes qui peuvent survenir après cette paix retrouvée et qui concerne la gestion quotidienne du pays et tous les autres problèmes d’intérêt national. Un chef d’Etat issu d’élections transparentes, jouira de légitimité populaire. De plus, les fonctions régaliennes de l’Etat l’autorisent à consulter qui il veut et quand il veut. Point n’est besoin que le chef de l’Etat recourt  à un facilitateur pour savoir s’il doit lutter contre la vie chère, doter le pays d’infrastructures, relancer la croissance économique, lutter contre les licenciements. Il lui est loisible de consulter qui il veut, comme il veut et quand il veut chaque fois qu’il le jugera nécessaire et utile pour la nation. C’est cette confusion qui bloque les travaux du CPDC. En lisant bien le décret, vous vous rendriez compte.

Dans les dispositions générales, l’article premier prévoit : « Il est  créé un Cadre permanent de dialogue et de Concertation (CPDC) pour connaître des questions d’intérêt national » alors que l’article 2 dispose : « Le Cadre permanent de dialogue et de concertation regroupe les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le Gouvernement… ».

Dans les attributions et fonctionnement, l’article dit : Le CPDC est chargé :

-decréer, par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains notamment :
. la constitution ;
. la charte des partis politiques ;
. le code électoral et la régularité des scrutins ;
. les prérogatives constitutionnelles des institutions ;
. l’accès équitable aux médias d’Etat ;
. les droits et devoirs de l’opposition ;
. le code de bonne conduite.


-et de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de la culture citoyenne au sein des populations ».
Et c’est cet article 3 qui prend pour le compte du CPDC, les attributions visées par l’APG. Les points listés par cet article sont hautement politiques, ont divisé les Togolais et sont les problèmes qui nous ont conduit aux différents dialogues avec facilitateurs, singulièrement au dialogue inter togolais d’août 2006.

La main sur la conscience, serait-il responsable de notre part de penser que ces problèmes seraient réglés au point de ne pas prévoir des amis qui peuvent nous aider en cas de difficultés ? C’est la raison et nulle autre, qui nous a amenés  à demander au CPDC de prévoir cet arsenal et éviter de ne chercher des issues qu’une fois face aux difficultés.

Que s’est-il passé donc le mardi 17 février 2009 dans la salle de conférence de la Primature ?
Je voudrais dire que si d’autres ne s’étaient pas répandus sur le sujet publiquement à la sortie de ce jour, je me serais gardé de le faire.

Mais ce que nous avons entendu dire ne reflète en rien la réalité des débats. En effet, la question de la facilitation n’a pas permis dès la 2ème séance d’adopter le Règlement intérieur. Or, toute organisation humaine qui n’adopte pas des règles de conduite dès le départ, est vouée à l’échec. Et nous avons soutenu cette position dès le départ.

Seulement, pour prouver notre bonne volonté et justement pour ne pas donner l’impression de vouloir bloquer les travaux du CPDC, nous avons accepté que les débats se poursuivent sur les autres points.

De peur d’accumuler les points de désaccords sans prévoir qui nous aidera d’une manière neutre à les régler, le CAR  et  l’UFC ont demandé qu’à la séance du 17 février, ce point qui n’est pas un simple problème de forme, soit discuté et réglé.

En dehors de notre position qui a consisté à dire : « En raison de la crise de confiance au plan national, l’UFC demande le recours à la facilitation en cas de blocage des discussions sur tous les sujets relatifs aux réformes politiques (loi électorale ; réformes constitutionnelles et institutionnelles) prévues par l’APG. Pour ce faire, l’UFC demande une suspension de séance jusqu’à vendredi 20 février inclus. Cela permettra aux représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants  et que chaque composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion. le CAR a dit : « Nous  soutenons le principe de la suspension et demandons  qu’on en profite pour permettre au représentant du Président du cadre, de rendre compte au chef de l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une solution ».

Le RPT a dit qu’« il faut poursuivre les travaux ; cela nous évitera de remettre en cause les acquis auxquels nous sommes parvenus ».

Le gouvernement a déclaré: « En dépit des divergences sur un éventuel recours à la facilitation, les représentants du gouvernement demandent que les discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage, un recours soit fait au chef de l’Etat ».

Mais le président du CPDC a refusé de publier leurs positions pour tenter de jeter l’UFC en pâture. Faire croire que cette demande de suspension, somme toute salutaire pour une poursuite lucide de nos débats, est l’œuvre de la seule UFC qui voudrait voir échouer les travaux du CPDC, est une véritable inexactitude  qui ne correspond pas à ce qui s’est passé et que je viens de vous relater.

S’il y a des membres du CPDC qui recherchent le consensus et cherchent à ce que ces dissensions aboutissent, c’est bien l’UFC. Car, les lois scélérates qui ont régi les processus électoraux au Togo ont fait trop de victimes. Ce que nous ne voudrions plus pour la terre de nos aïeux.

Jeudi dernier, il a été fait état d’une rencontre entre le chef de l’Etat et les partis politiques. Que peut-on retenir de cette  rencontre ?
A ce que je sache, les partis membres du CPDC n’ont pas rencontré le chef de l’Etat depuis que nous avons commencé à travailler sur les sujets de l’heure. Depuis le 17 février, il y a une suspension qui donne le temps de réflexion à chacune des composantes. Mais nous apprenons un peu partout qu’une rencontre aurait eu lieu avec le chef de l’Etat. Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire au résultat de nos travaux. Voyez vous-même, c’est par voie de presse qu’on a appris qu’on a rencontré le chef de l’Etat. Nous sommes allés acheter Togo-Presse pour voir de quoi il s’agissait et on a lu le communiqué disant que le Chef de l’Etat a rencontré  les membres des partis politiques.  A l’heure où nous parlons, nous ne connaissons ni la teneur des discussions ni les composantes qui ont rencontré le chef de l’Etat. C’est vous dire qu’en réalité, le Cadre permanent de dialogue et de concertation est prévu pour être un fourre-tout et ne sied pas en principe aux discussions ayant trait aux réformes politiques. Mais c’est ce qu’on nous a proposé, c’est pour cela que nous nous battons pour que ça puisse bien se dérouler. Donc nous n’avons jamais été invités par le président du CPDC. J’espère que bientôt on identifiera les partis qu’il a rencontrés.

Après ces quelques jours de réflexions et de suspension, quelle est votre position sur la question de la facilitation ?
Notre position est celle qui consiste à rassurer. Je vous l’ai dit tout à l’heure, nous sommes des humains et nous nous connaissons. Les sujets dont il s’agit sont des sujets hautement politiques et qui préoccupent les Togolais. Nous disons tout simplement qu’il arrivera un moment où il nous serait difficile de trouver des solutions comme dans du beurre. Et si ce moment advenait, que ce ne soit pas en ce moment qu’on aille chercher qui va nous aider à nous comprendre et à résoudre les problèmes. Recherchons-le dès maintenant et s’il advient  qu’il n’a servi à rien, nous dirons tant mieux. Mais nous disons qu’il faut mettre à profit ce temps pour aller vers l’acceptation du principe d’un facilitateur. Voilà ce  que nous avons fait pendant ce temps. Nous avons eu des contacts avec nos populations, avec le bureau national et avec le groupe  parlementaire UFC. Ils nous ont dit que notre analyse est bonne et correcte et qu’il faut prévoir cette facilitation pour que le Togo ne retombe pas dans une situation de blocage.

A un an de la présidentielle, pensez-vous qu’on puisse discuter de tous les problèmes ayant trait aux réformes institutionnelles et constitutionnelles?
Nous, nous pensons qu’il est possible qu’on puisse discuter de ces problèmes. Mais nous pensons également que ce n’est pas une honte que de prévoir que des amis puissent nous aider en cas de difficultés. Donc, notre préoccupation c’est que rapidement on puisse finir la loi électorale pour permettre à nos partenaires et bailleurs de fonds d’enclencher le processus électoral. Nous sommes également préoccupés par le contenu de ces textes. Le contenu de ces textes qui nous évitera à l’avenir les affres du passé. C’est pour cela que nous essayons de trouver l’équilibre nécessaire dans la composition de la CENI, de même que les points qui ont posé des problèmes par le passé. Nous discuterons forcément et clairement sur les conditions d’éligibilité, donc de participation à ces prochaines élections. Nous discuterons de la situation des Togolais qui peuvent être omis sur la liste électorale. Quel sort leur sera réservé ? Ce sont des problèmes qui nous préoccupent. De l’autre côté, nous discuterons des réformes institutionnelles et constitutionnelles ; par exemple, de la réforme de la Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication pour qu’elle devienne un organe de régulation et non une institution à la solde du régime. Nous voudrions nous pencher là-dessus. Il en est de même de la Cour constitutionnelle. Désormais, nous voudrions que la Cour Constitutionnelle elle-même puisse aller chercher les résultats dans les bureaux de vote et pouvoir faire l’état de rapprochement avec ce qu’amènera la CENI, etc. Dans les discussions que nous avons, nous avons d’autres problèmes très importants, le financement des partis politiques qui n’est pas un problème réglé puisque le critère choisi ne permet même pas aux trois partis à l’Assemblée nationale d’en bénéficier et nous ne savons pas comment cette répartition est faite. Il y a la question du statut de l’opposition qui, face à tous les problèmes qui se posent, devient aujourd’hui une cerise sur le gâteau parce que des problèmes de loin plus sérieux sont posés actuellement. Et je n’oublierais pas la Cour des comptes qui doit être mise en place pour un meilleur contrôle, une meilleure gouvernance économique dans le pays. C’est seulement avec la Cour des comptes que l’Assemblée nationale pourra également exercer son contrôle sur l’exécutif. En ce sens que sans la Cour des comptes, aujourd’hui, nous ne pouvons pas avoir ce qu’on appelle la loi de règlement. Voilà, grosso modo ce qui nous préoccupe et nous voudrions qu’on puisse le faire consensuellement et être aidées pendant cette période.

Votre adversaire politique souhaiterait que vous mettiez un peu d’eau dans votre vin, qu’en dites-vous?
Je ne sais pas ce que ça veut dire  parce qu’à chaque fois qu’on nous a dit de mettre de l’eau dans notre vin, on en a mis et on s’est rendu compte que finalement  on buvait de la mauvaise eau puisqu’il n’y a même plus de vin, il y a eu trop d’eau. C’est pour vous dire tout simplement que nous ne sommes en rien aujourd’hui exigeants sur un point. Avoir recours à la facilitation conformément à l’APG, est-ce que c’est demander trop ? Nous ne demandons pas la facilitation pour tous les problèmes à caractère national qui pourront surgir au Togo. Nous insistons sur les problèmes qui nous ont divisés et qui nous ont amenés au dialogue. Ces problèmes, nous n’avons pas achevé leurs discussions, on veut les achever, il faut que nos partenaires en développement, ceux qui aident dans le processus électoral puissent être là, et qu’un facilitateur puisse aider, pas forcément pour nous imposer quelque chose mais pour nous aider à nous comprendre peut-être, c’est ce que nous disons. En quoi nous sommes extrêmement exigeants ? Je ne vois pas. Maintenant sur la composition de la CENI, nous avons fait beaucoup de concessions d’ailleurs. Puisque notre souhait était de ne pas voir du tout un membre du gouvernement dans la CENI, nous avons fini par accepter qu’il en ait un qui puisse servir de lien entre le gouvernement et la CENI, dans les cas où la CENI aurait besoin des services de l’Etat. Nous l’avons accepté de bon cœur. Nous avons contribué à ce qu’on trouve une solution pour la représentation au titre de la société civile, pour les partis politiques, ce n’est pas nous qui faisons les calculs mesquins. Ce que nous avons dit est le suivant : il faut rechercher un certain équilibre. Qu’est-ce que nous appelons équilibre ? Pour le RPT et le gouvernement, ils sont majoritaires à l’Assemblée nationale en sièges. Nous, UFC et le CAR, nous sommes majoritaires en voix. Ce sont ces voix-là qui ont permis de redistribuer les sièges ; malheureusement le découpage électoral inique et l’achat des consciences n’ont pas permis de proclamer les résultats reflétant la volonté populaire. Mais pour cette raison et faire court, nous avons dit qu’il n’est pas nécessaire qu’on continue à se chamailler sur ces deux notions mais considérons qu’il y a une partie qui est majoritaire en voix et l’autre qui est majoritaire en siège, trouvons l’équilibre. Et l’équilibre qu’on a trouvé  c’est six pour chaque composante mais quand une composante demande à l’autre à connaître comment elle va répartir le nombre qu’elle a obtenu en son sein. A partir de là, cette composante qui est le pouvoir se mêle de ce qui ne la regarde pas. Voilà des problèmes, ils sont simples, nous ne voyons pas qu’on formule des exigences qui ne peuvent pas trouver de réponses  aujourd’hui. Et c’est en cela que nous sommes inquiets. Sur des sujets qui sont aussi accessibles, on ne parvient pas à nous entendre. Qu’est-ce que ça va être avec des problèmes beaucoup plus ardus. Et nous disons donc qu’il faut dès maintenant qu’on se prémunisse en recherchant un facilitateur.

Qu’est-ce qui sous-tend la tournée de sensibilisation qu’a entreprise votre parti depuis quelques semaines ?
En fait, c’est une demande forte des populations qui veulent comprendre ce qui se passe. Ces populations nous encouragent à aller dans la voie de la clarté, afin que les prochaines élections ne soient plus conflictuelles et sanglantes. Elles se disent partout prêtes pour nous soutenir dans toutes les actions républicaines que nous envisagerons.

Au Togo, on oublie souvent que les manifestations même de rues, sont prévues par
la République et l’Etat de droit. Ce sont des moments de symbiose et d’encouragement pour nous.
réalisée par Didier Ledoux


Financement de la Presse : Un vœu pieux des autorités ?
Nous étions en 2008 lorsque les autorités togolaises, conformément au code de la presse et de la communication, prirent en conseil des ministres un décret portant aide de l’Etat à la presse. Dans un premier temps, cette aide à la presse avait été envisagée pour être effective dans le courant de la même année. Puis, prétextant que l’année 2008 allait presque à son terme, les autorités auraient décidé après, de reporter la matérialisation de ladite aide sur l’année 2009. L’enveloppe prévue à l’époque s’élevait à 300 millions de FCFA que les médias privés (radio, télé et presse écrite) étaient sommés de consommer avant le 31 décembre 2008. Rapidement une équipe s’était constituée pour étudier les modalités d’attribution. Rappelons que ce qui avait été voté par l’Assemblée à l’époque et pour le compte de l’année 2008 était de 50 millions et qui avait été jugé insuffisant par certains partis.

On en était là, lorsqu’au début de cette année 2009, le président de la République, lors de la présentation des vœux, informa les bénéficiaires, qu’il faisait passer cette enveloppe budgétaire de 75 millions (?) à 350 millions de francs CFA. Globalement dans cette histoire d’aide à la presse, c’est du flou. Que sont devenus entre-temps les 300 millions de francs retenus en 2008 pour être distribués à la presse à titre d’aide ? Depuis la première semaine de janvier jusqu’à ce jour, plus rien. La moindre information ne circule plus à propos de cette aide à la presse. Un flou complet sur la période de son effectivité prévaut. Dans une telle situation de flou, n’est-on pas en train de s’acheminer vers la fin de l’année 2009 sans que les directeurs de médias privés ne puissent entrer dans ces fonds, étant donné qu’au Togo les effets d’annonce ont pris le pas sur la concrétisation des intentions ? S’achemine-t-on vers un report bis sur 2010 ?

Cela ne doit être une surprise pour personne, car nous sommes au Togo où tout est possible. De toutes les façons, depuis leur création, certains média privés se sont toujours débrouillés avec leurs propres moyens, (un à 15 ans, voire plus pour certains médias) sans l’aide de l’Etat et ce n’est pas l’annonce ou l’attente d’une éventuelle aide de l’Etat qui va constituer un frein au fonctionnement normal de ces structures de communication. Il n’est pas inutile de faire un rapprochement entre l’aide de l’Etat aux partis politiques et celle à la presse pour dire qu’il suffit pour l’Etat de prendre pour une fois l’initiative de donner le coup de pouce aux institutions privées pour y voir une œuvre extraordinaire à leur endroit. Or, dans d’autres pays d’Afrique, c’est une pratique tout à fait  normale qui passe sans sourciller. Pour la première fois au Togo que cela doit se passer, on semble en faire l’EVENEMENT du siècle.

Pour peu qu’une fois l’Etat décide de concéder un avantage à des structures créées par le privé, il faut déplorer l’esprit mesquin et obscurantiste dont on entoure la chose. Il n’y a qu’à se rappeler la « querelle » ou la polémique inutile créée par le RPT et le pouvoir à propos des critères de répartition des 100 millions destinés aux partis politiques. Or les textes avaient déjà réglé le problème de manière explicite et sans aucune ambiguïté. Entre-temps, le pouvoir avait prétendu avoir déjà remis à chaque parti le chèque relatif à sa quote-part. Et au même moment certains déclaraient n’avoir absolument rien reçu.

Pour ce qui est des journaux privés, aujourd’hui sur tout le territoire, on en dénombre  un peu plus de 80 journaux privés. Pour la radio, on comptabilise environ 80 chaînes et une douzaine de chaînes de télévision privée. Il convient de signaler dans ce lot de plus d’une quatre-vingtaine de journaux privés, des confrères que l’on s’amuse à désigner parfois sous le vocable sans méchanceté de « raromadaire », parce que ne respectant pas le rythme hebdomadaire de parution. Face à cette pléiade de journaux privés, de radios et de télés (au total environ 175 médias), quelle est la consistance même de la quote-part qui devra en définitive revenir à chacun des directeurs de média ? Faites le calcul et à vos stylos !

De grâce, que les autorités se prononcent et situent clairement les responsables de médias sur le chronogramme à propos de la jouissance effective de ce don. Assez de ces effets d’annonces. Et si l’octroi de ces fonds ne tient plus, qu’on se dépêche d’en faire part aux ayants droit, plutôt que de les laisser dans une attente indéterminée.                   

Alain Simouba


Ministère de la Santé : Le ministre Komlan  Mally accusé de népotisme et d’attribution de marchés gré à gré

          Au Togo, le népotisme étant la chose la mieux partagée, chaque heureux nommé à un poste ministériel fait entrer des membres de sa famille, de son village ou de son ethnie dans le département dont il a la charge. Dans de pareilles conditions, le pas est vite franchi pour les dérapages. Actuellement, beaucoup de personnes, surtout les partenaires du Togo, se plaignent de la manière dont le ministère de la Santé est géré.

L’ancien Premier ministre Komlan Mally à qui a échu ce portefeuille lors du dernier remaniement, est accusé d’avoir fait des recrutements qui ne cadrent pas avec les dispositions des textes relatifs à la Fonction Publique au Togo. Il a engagé un certain Assedi qui n’est pas un agent de la fonction publique et qui était avec lui à la Primature. Nommé Attaché de cabinet à la place d’un agent de l’Etat qui est affecté et garé dans un autre service, le sieur Assedi serait payé sur le budget des différents centres hospitaliers. Selon les informations en notre possession, il règnerait en maître dans ce ministère et mènerait ses collègues par le bout du nez. « Il joue au super cadre du ministère et il n’a d’égards pour personne. Comme c’est l’un des bras droits du ministre, il se croit tout permis. C’est un véritable enfer que nous vivons », se plaint un employé qui a requis l’anonymat.

L’autre commis du ministère qui défraie la chronique est le sieur Potchona qui est fait Conseiller à la Communication. Il se comporte également comme bon lui semble.

Par ailleurs, dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a établi un programme d’urgence qui  touche cinq secteurs : infrastructures et transports, agriculture, santé et éducation. Au niveau de la santé, les actions sélectionnées dans le cadre du plan d’urgence visent entre autres à développer les équipements de stockage des centres de santé ; l’amélioration et la disponibilité des médicaments (antirétroviraux notamment) ; le développement des ouvrages d’assainissement ; une contribution à la mise en œuvre du programme élargi de vaccination (PEV)… C’est dans cette optique que le ministre de la Santé Komlan Mally a engagé un certain nombre de travaux et se voit régulièrement sur le terrain. Mais les marchés ne seraient pas attribués selon les règles de l’art. Certains parlent des contrats gré à gré alors que d’autres affirment que parmi les entreprises choisies pour l’exécution des travaux, la plupart gravitent autour du ministre. On susurre également que le sieur Assédi posséderait une société qui obtient souvent les marchés. Selon nos informations, c’est sa société qui exécute les travaux de peinture du CHU Kara à 56 700 000 FCFA.

Joint par notre rédaction sur la question de nomination des deux personnes qui ne sont pas de la fonction publique, le ministre a indiqué que le poste d’Attaché de cabinet est un poste politique. « C’est l’homme du ministre. Il n’a pas besoin d’être de la Fonction Publique. Ce n’est pas le seul cas de toutes les façons aujourd’hui », a-t-il déclaré. Sur le cas du sieur Potchona, il a mentionné : « En tout cas, moi je suis venu le retrouver. C’est le ministre d’Etat Agba qui l’avait mis là-bas. Je ne sais pas dans quelle circonstance. Moi, je suis venu le retrouver ».

Concernant les marchés gré à gré gagnés par Assédi, le ministre a dit ceci : « Il est entrepreneur ?  depuis que je suis venu, on n’a jamais fait de gré à gré. C’est une consultation au niveau de la Commission nationale des marchés. Je ne sais pas s’il a une entreprise. On n’a pas donné de marchés gré à gré. C’est une consultation pour les travaux d’urgence. C’est la Commission nationale qui a dirigé les travaux et qui a attribué les marchés. Ce n’est pas le ministère qui est impliqué. J’avoue que je ne sais pas qu’il est entrepreneur. Ça m’échappe un peu. Mais, pour le poste d’Attaché, je crois qu’on n’a pas besoin d’être un fonctionnaire. C’est l’homme du ministre. C’est bien un truc politique ».

Affaire à suivre.                   

   E. Pierre


CPDC : Vers une crise politique de grande ampleur : Les positions des protagonistes inconciliables

La suspension des discussions du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) requise par l’Union des Forces de Changement (UFC) est arrivée à terme vendredi et les travaux sont censés reprendre ce matin. Cette interruption devrait permettre des tractations pour résoudre la crise de confiance manifeste qui a éclaté au sujet du recours à la Facilitation.  Mais elle n’aura  malheureusement servi à rien, puisque les positions sont restées figées, chaque camp campant sur les siennes.

Jeudi, le Bureau national et le Groupe parlementaire de la partie requérante, l’UFC ont tenu des réunions, qui n’auront rien apporté de nouveau. Dans une déclaration datée de ce jour, le parti réaffirme que « la crise de confiance qui prévaut dans notre pays exige le recours à la Facilitation en cas de blocage ».  On persiste et signe que «l’adoption d’un règlement intérieur incluant cette disposition, est donc fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des travaux du CPDC ».  Ici, on se dit guidé par « le souci de transparence, de justice et d’équité »,  confirme «sa volonté de contribuer activement à l’adoption et à la mise en œuvre consensuelles des réformes politiques » et appelle le pouvoir à épouser aussi ces  valeurs. « L’UFC souhaite que le même souci de transparence, de justice et d’équité anime le régime RPT et le conduise à aller dans le sens des attentes des populations togolaises ». Par-dessus tout, le parti appelle le peuple à la vigilance et interpelle la communauté internationale à « accompagner le Togo dans cette phase cruciale de la préparation de l’élection présidentielle de 2010».

Le lendemain, c’est le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui sort un communiqué. Ici apparemment, on n’a même pas tenu des réunions pour tenter de désamorcer la crise. En tout cas, le communiqué daté du vendredi 20 février ne le mentionne nulle part. On communique que l’UFC « a fait de sa position un point de fixation » et « rejeté toutes propositions de la délégation du RPT, notamment celle de recourir en cas de blocage au Chef de l’Etat pour trouver les solutions appropriées en concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC ». Pour finir, le RPT a tenu à préciser que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs et estime que ce cadre mis en place par le Président de la République est conçu pour rechercher des solutions consensuelles par le dialogue et la concertation ».

Selon les indiscrétions, le Chef de l’Etat aurait rencontré dans son antre les différentes parties prenantes pour tenter de concilier les positions. Mais rien n’y a fait. Les positions des deux principaux protagonistes, à savoir le RPT et l’UFC sont restées figées, apprend-on. Un communiqué a été même fait officiellement dans ce sens. Mais voilà, cette pseudo rencontre de conciliation ne serait que pur mensonge car les responsables des deux partis de l’opposition ne reconnaissent aucune rencontre tenue dans ce sens. Ce qui signifie qu’il y a eu mensonge officiel. A supposer même qu’une telle rencontre ait eu lieu, le maintien des positions ne montrerait que trop bien, l’incapacité de Faure Gnassingbé à trouver « les solutions appropriées » comme on l’allègue au RPT, car il est juge et partie. Celui qui est censé être l’arbitre n’aurait donc pas été à la hauteur de sa tâche.

La Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) a aussi sorti un communiqué vendredi. Le parti du Professeur Léopold Gnininvi, évidemment, comme tout parti ayant reçu la fessée électorale d’octobre 2007, pleurniche d’être écarté des discussions au CPDC. Dans le langage assez diplomatique qu’on lui connaît, la CDPA a, concernant le sujet, regretté le blocage au sein du CPDC et « demande expressément au RPT, à l’UFC et au CAR d’éviter de se comporter comme si la démocratie est déjà établie au Togo et les invite à cultiver l’esprit d’ouverture et de large consensus », après avoir fait des observations.

C’est manifeste, la crise de confiance est consommée et l’impasse est une réalité tangible aujourd’hui. C’est une autre crise politique qui est ainsi en gestation car, selon des indiscrétions, le pouvoir s’activerait déjà pour mettre en œuvre son plan secret, celui d’organiser les choses en solitaire, comme en 1999 après la signature de l’Accord Cadre de Lomé (ACL). Et nous le rappelions dans une de nos précédentes parutions. On se rappelle, il a été mis en place un Comité Paritaire de Suivi (CPS) pour suivre l’application des recommandations et conduire le processus d’organisation des élections législatives anticipées. Mais le RPT a créé le blocage et mis le CPS dans l’incapacité de fonctionner, ce qui lui a fourni des arguments nécessaires pour faire les choses en solitaire. Par son obscurantisme, son forcing et ses procédés antidémocratiques, il a réussi à dégouter l’opposition démocratique qui s’est retirée du processus et l’a laissé faire. Les conséquences ont suivi. Le scrutin législatif a été organisé en octobre 2002 et bien évidemment les partis d’opposition l’ont boudé et le RPT s’en est sorti haut les mains. Le RPT se trouve donc dans une telle disposition d’esprit encore et voudrait bien appliquer la même recette pour organiser la présidentielle de 2010.

          Au demeurant, ce sont les conséquences de ce même coup de force qu’on redoute. Les évènements d’avril 2005 sont encore vivaces dans les mémoires. Et c’est le lieu d’appeler la Communauté internationale à jouer sa partition, avant qu’il ne soit trop tard.

Pablo E.


Profond malaise à la LIMUSCO : 17 mois d’arriérés de salaires: Les agents organisent un sit-in de 48 heures à partir d’aujourd’hui

            La vie des agents de la Librairie des Mutuelles Scolaires (LIMUSCO) ne s’apparente à rien d’autre qu’un enfer. Ils traînent avec eux 17 mois d’arriérés de salaires. « A ce jour, près de 172 familles vivent dans une misère sans précédent à la LIMUSCO », se plaignent-ils. Curieusement, leur situation miséreuse ne semble guère préoccuper la direction de la LIMUSCO encore moins le ministre des Enseignants primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Face donc au mépris dont les agents de la LIMUSCO font l’objet, ils ont décidé de monter au créneau. Ils observent à partir d’aujourd’hui un mot d’ordre de sit-in de 48 heures dans l’enceinte de la Direction de la LIMUSCO. « Nous avons l’honneur de venir très respectueusement porter à votre connaissance les nombreuses difficultés auxquelles les agents de la LIMUSCO sont confrontés après plusieurs mois sans salaires (17 mois) et vous présenter une doléance.

           Suite à la politique d’apaisement et de réconciliation que prône le Chef de l’Etat, son Excellence le Président Faure Essozimna Gnassingbé qui œuvre inlassablement pour améliorer la vie de tous Togolais en général et des travailleurs des secteurs public, para-public et privé en particulier, nous pensons que la LIMUSCO ne peut rester en marge de cette décision gouvernementale », a écrit le Syndicat du Personnel de LIMUSCO (SYNPERLIM) le 16février dernier au ministre des Enseignements primaire et secondaire et au Directeur Général de la société.

          Les agents, à cause des 17 mois impayés, sont confrontés à d’énormes difficultés à savoir, des problèmes de frais de scolarité de leurs progénitures, des engagements pris auprès des banques de la place, le manque de moyens pour les soins médicaux, les frais de déplacements pour se rendre au travail, des difficultés pour subvenir aux besoins alimentaires dans leurs foyers…

          Ils demandent aux autorités de faire diligence pour verser 5 mois d’arriérés afin de soulager leur misère.

          Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le SYNPERLIM interpelle les autorités de tutelle. Le 14 novembre 2008, le Syndicat avait adressé des doléances au ministre des Enseignants primaire et secondaire et à la Direction Générale, des doléances qui se sont malheureusement heurtées à l’indifférence et à l’arrogance de Yves Madow Nagou et de Edoh Kougblénou.

          Eu égard au mépris dont font preuve les autorités à leur endroit, les agents de la LIMUSCO ont décidé donc de passer à l’étape supérieure.

          A l’expiration d’un préavis de 5 jours, ils organisent un sit-in aujourd’hui et demain à la direction de la LIMUSCO. « Nos revendications pacifiques font partie des recommandations formelles du régime en place qui a choisi la négociation comme porte de sortie de tous les problèmes », a indiqué M. Issofa Gnande, Secrétaire Général de la SYNPERLIM.

          Créée en 1974, la LIMUSCO s’est fixée comme objectif de vendre les fournitures scolaires à des prix relativement bas afin que dans toutes les préfectures, chaque élève quelle que soit sa condition sociale puisse les acheter à peu de frais.

          Dans les années 90, la LIMUSCO a réalisé un chiffre d’affaires d’un milliard grâce à ses performances. La structure s’est alors lancée dans le développement du système éducatif au Togo. Elle a ainsi apporté un certain nombre d’aides au ministère en termes de constructions des bâtiments scolaires, équipements en matériels et mobiliers de bureau ou dons d’ouvrages pédagogiques, des aides qui sont chiffrées à 159.867.762F de 1992 à 1996.

          Outre cette assistance, la LIMUSCO pourvoyait de l’emploi en recrutant à partir de 1985 des jeunes diplômés sans emploi. Toutes ces contributions de la LIMUSCO ont permis au Togo d’être classé parmi les meilleurs taux de scolarisation dans la sous région. Le succès était tel qu’avant l’an 2000, les autorités de l’éducation des pays voisins venaient s’inspirer de l’expérience togolaise.

          Mais les difficultés de cette société ont commencé en 2001 suite à un changement à la tête de la direction. Selon certains employés rencontrés, cette nomination n’a pas respecté les procédures administratives en son point relatif au profit qu’il faut avoir pour occuper le poste de Directeur Général. Ce dysfonctionnement est à la base des problèmes de gestion que connaît la LIMNUSCO jusqu’à ce jour avec des difficultés financières marquées par 17 mois d’arriérés de salaires  et la baisse du chiffre d’affaires de 1 milliard dans les années 90 à 115 millions en 2007.

          Aujourd’hui, les agents estiment que malgré ses problèmes financiers, la LIMUSCO dispose de denses réseaux de distribution que le gouvernement peut utiliser à bon scient dans le cadre de la gratuité de l’école au Togo. Pour ce faire, ils demandent que la société soit soutenue et aidée financièrement pour la relance de ses activités.

M.A.


Sans détour : CPDC : Le pouvoir sera-t-il assez fort pour relever le défi?

            « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites» (Montesquieu)

          Aujourd’hui, après une semaine de suspension, les travaux du CPDC reprennent. Il y a une semaine, ces travaux ont connu une suspension à la demande de l’UFC, suspension due à l’intransigeance des hommes au pouvoir face à l’exigence du CAR et de l’UFC de recourir à la facilitation. Nous n’irons pas demander au pouvoir et à l’Opposition, de mettre de l’eau dans leur vin, s’ils ont de l’amour pour leur pays, comme le demandait un confrère il y a quelques jours. Pour notre part, nous interpellons directement et sans équivoque le pouvoir et le RPT, seuls responsables de la crise que vit le CPDC depuis sa mise sur pied à contrecœur par l’exécutif, il y a bientôt trois semaines. En principe, en aucun cas, cette demande ne devrait entraîner de blocage. Pourtant!

Selon un responsable de l’UFC, une telle demande de suspension avait pour objectif de permettre au pouvoir, de rentrer en lui-même, pour méditer et comprendre qu’une telle exigence n’avait pas de raison de constituer un sujet de blocage. La nuit portant conseil, les Togolais espèrent que les six nuits qui ont séparé la 7eséance du CPDC et la 8e qui s’ouvre ce jour, permettront au pouvoir de relever le défi à lui, lancé par l’Opposition. Car au fait, si les politiciens togolais ont eu à recourir à la facilitation pour parvenir à l’Accord politique global (APG), il n’y a pas de raison de réfuter la même facilitation pour les discussions sur des sujets aussi coriaces que les réformes institutionnelles et constitutionnelles renvoyées sciemment au CPDC par les partenaires en développement qui n’avaient fait les choses qu’à moitié entre 2006 et 2007.

Comment comprendre que le pouvoir puisse admettre le principe de la facilitation au terme d’une discussion ardue, tout en écartant la consignation par écrit, s’il était vraiment animé de bonne foi et de volonté politique ? Et c’est avec raison d’ailleurs que lors d’un débat radiodiffusé la semaine dernière, un confrère évoquait le fait que, lors des négociations à Ouagadougou après l’APG, entre l’UFC et le RPT, en présence de Blaise Compaoré, il aurait été convenu que le poste de Premier Ministre reviendrait au parti de Gilchrist Olympio. Etant donné que cela n’avait pas fait l’objet d’un accord écrit, mais limité seulement à un simple accord verbal, de retour au Togo, la mauvaise foi du pouvoir ajoutée à la complicité du facilitateur Compaoré qui pouvait bien servir de caution, mais s’était tu, permettra aux autorités togolaises de ne jamais reconnaître la véracité des allégations du camp UFC.

Dès lors, tout le monde comprend aisément que c’est de bonne guerre que l’UFC et le CAR exigent aujourd’hui que la facilitation acceptée dans son principe par le pouvoir soit consignée par écrit. Qui a été mordu par un serpent, craint le ver de terre, dit-on vulgairement chez nous. C’est aussi l’occasion de dénoncer le laxisme et le manque de sérieux de tous ceux qui prétendent accompagner le Togo dans l’apaisement du climat sociopolitique et conduire le pays vers la réconciliation nationale, notamment l’UE, le facilitateur Blaise Compaoré.

Il est un peu curieux que depuis environ un an qu’aura duré la réclamation de la mise en place du CPDC par le CAR et l’UFC sans suite favorable de la part du pouvoir qui prétendait que moins, il y aurait de cadres pour les discussions et mieux cela vaudrait, et qu’il y a déjà l’Assemblée nationale où les problèmes de réformes pouvaient être débattus, alors que ce sont les textes de l’APG qui avaient prévu cette structure, tout en sachant bien qu’il y aurait une Assemblée, ni l’Union Européenne, ni le facilitateur n’avaient jamais réagi officiellement pour dénoncer la marche à reculons du pouvoir RPT.

De là, à dire que les «accompagnateurs » des Togolais pour sortir de la crise, ne sont pas de bonne foi et font plutôt le jeu du pouvoir et du RPT, ce n’est pas exagéré. La grande question qui se pose ce jour aux Togolais est de savoir si le pouvoir sera assez fort pour relever le défi que l’Opposition a cru devoir lui lancer, en lui accordant une semaine de repos et de réflexion. La fumée blanche sortira-t-elle aujourd’hui du toit abritant les bureaux du PM Houngbo ? La fin de cette journée du 23 février nous situera.      

Alain Simouba


Ça va se savoir : Au coin de la boutique (1)

          Un expatrié de la communauté africaine tint depuis quelques mois une petite boutique de prêt-à-porter à Adoboukomé, un quartier de la capitale. Depuis l’inauguration, c’était bien ces nombreuses demoiselles du quartier et celles environnantes qui étaient fréquentes. Non pas pour acheter les fringues, les parfums, les savons, bref, tous les produits cosmétiques féminins mais, « juste pour le plaisir des yeux ». Il s’agit d’une initiative du Nigérien Moussa, un jeune homme à peine âgé de 20 ans. D’un teint noir digne d’un négro, le gars est de corpulence maigre et de taille élancée. L’on note une absence totale de fesses chez ce boutiquier mais, son altruisme sans borne faisait de lui un « gentilhomme » du quartier. Bien évidemment, il avait plus la sympathie des filles du coin et était très admiré.

En cette fin de journée, Moussa commençait à s’ennuyer dans sa boutique, où la clientèle ne s’était pas bousculée. Rien de bien étonnant, la période des soldes se terminait. Encore une petite demi-heure, et il pourrait rentrer. Alors il passait le temps comme il pouvait, en regardant l’heure. Vérification des articles sur les étagères, bien mettre en valeur la dernière bougie parfumée, les eaux de toilette et leurs lignes de gels douches, laits pour le corps, crèmes, savons aux senteurs assorties. Cette boutique, il faut l’avouer est un lieu agréablement odorant qui maintient en éveil la sensualité de quiconque qui y passe un moment. Mais aussi, le jeune commerçant chômait de compagnie des jeunes filles qui se bousculaient il y avait quelques temps autour de lui. Aucun signe extérieur ne justifiait ce recul extrémiste des allumeuses du quartier qui, étaient déjà passées en revue par « Yéti, le géant d’un autre monde ».

Finalement, une cliente était entrée à vingt minutes de la fermeture… Comme elle semblait s’être arrêtée pour de bon devant un présentoir, c’était le moment pour l’informer, l’inciter. Une jolie cliente d’ailleurs, à peine 18 ans, de teint clair naturel, aux cheveux mi-longs, crantés, artificiels bien sûrs et aux yeux marron très purs et d’une expression vraiment juvénile, Laurence s’appelle-t-elle. Aussi, avait-elle un corps aux courbes parfaites, des fines prunes rondes, haut placées et de forme idéale qu’elle sait mettre en valeur dans l’échancrure de ses corsages. Elle était d’une taille fine et des jambes longues et harmonieuses, à la fois charnues et musclées…

Elle était l’une de ces filles aux yeux semblables aux projecteurs d’un aéronef, symbole d’avidité de gain facile. Elle n’était pas là pour acheter du parfum, ni une robe quelconque mais elle était là pour charmer le tenancier de la boutique. C’était parce qu’elle était bien au parfum de la largesse de cet expatrié. Mais d’autres caractéristiques de l’homme lui avaient sévèrement manqué. Le boutiquier emporté par le charme de celle-ci, s’approcha d’elle dans les rayons. «Puis-je vous aider, Mademoiselle ? », interrogea-t-il d’une voix douce et peu hésitante. « Oui, volontiers. J’aimerais sentir cette eau de toilette », répondit assez promptement la cliente qui se tourna vers le jeune patron des lieux dont elle avait cru avoir tous les détails sur sa personne.

Elle écarquilla davantage ses yeux puis fixa l’homme dans les yeux. Moussa lui présenta alors le papier imbibé. « Hum, très agréable. Et ceci ? », demanda-t-elle en touchant exprès du bout solide de ses prunes l’homme. C’était plus qu’un envoûtement. Le jeune commerçant était emporté. Elle crut déjà avoir arraché le cœur de l’homme par les petits jeux de ses fins doigts. Moussa hésita un instant puis lui souffla à l’oreille : « Tu es vraiment charmante ». Ainsi, elle sélectionna autant d’articles dont elle n’avait même pas les moyens de se procurer de toute sa vie. A suivre

Tonton D


Au cœur des « mon pays »

Kolani : Class, comment vont les affaires chez toi ?

Tchabri : Est-ce qu’il y a affaires dans ce pays ?

Kolani : Il n’y a pas affaires et les gens circulent avec de « gros » voitures ?

Tchabri : En tout cas moi, je ne sais pas. Si tu connais là où il y  a les affaires, tu peux me le dire.

Kolani : Il n’y a pas affaires  mais tu manges ?

Tchabri : Ça, c’est comment faire pour prendre. Le ventre, c’est autre chose. Lui, il ne sait pas si tu as l’argent ou pas. Tu dois le remplir toujours.

Kolani : De toutes les façons, je pense que tu ne te lèves pas pour mettre  les deux mains dans les cuisses. Tu bouges quand même ?

Tchabri : C’est normal. Et puis, je suis un garçon et j’ai ma famille sur qui je dois voir !

Kolani : C’est ce que j’appelle affaires. Au fait, ce n’est pas pour ça qu’on est là ce matin.

Tchabri : Comme toi-même tu le « savaissais ». Au fait pays, comment toi, tu as trouvé la force du Colonel à la FTF ?

Kolani : Moi, pour dire vrai vrai, il se précipite trop comme la diarrhée.

Tchabri : Class, ce que tu dis est trop méchant. Cela a trop duré quand on n’a plus jamais vu le championnat. Mais lui, il est venu et le ballon a commencé automatiquement.

Kolani : Je sais mais c’est que les choses ont été forcées.

Tchabri : Qui sont les choses qui ont été forcées ? On n’a pas forcé quelqu’un pour venir faire le championnat !

Kolani : Je parle des conditions qui ne sont pas bonnes pour le championnat. Les terrains ne sont pas bien pour un bon football.

Tchabri : Pour nous, l’essentiel est que le championnat commence. « Bdèma ».

Kolani : C’est ce que tout le monde veut. Mais il faut que les conditions soient bonnes. J’ai peur que les joueurs se blessent au cours des matches.

Tchabri : Si quelqu’un se blesse, un autre va rentrer. Le public  veut le championnat, le colonel est venu et l’a organisé.

Kolani : En tout cas, moi, je l’ai dit. On va entendre les jours qui vont arriver pour voir si des problèmes ne vont pas arriver. D’abord, il y a les licences, les terrains, les prêts…

Tchabri : N’oublie pas que c’est un « mon pays » qui les dirige. Et si quelqu’un ne veut pas respecter les ordres, il va directement en taule.

Kolani : Class, le football n’est pas affaire d’armée.

Tchabri : Tu me fais fâcher la colère. Je vois que tu es un opposant contre nous. Je te quitte.


Libertinage : A potion magique, baguette magique
Les Togolais amoureux du ballon rond se sont vu rebattre les oreilles comme quoi « Roc », l’autre fils du père, est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il a alors déployé des moyens colossalement déloyaux pour se hisser à la tête de la Fédé. Après avoir utilisé la potion magique pour parvenir à ses fins, beaucoup pensaient qu’il avait aussi une baguette magique pour faire marcher la FTF comme sur des roulettes. Aujourd’hui, la machine semble grippée. Le premier obstacle devant lequel le Fils du père danse le Rock and roll et le tango est le choix d’un sélectionneur pour les Eperviers. Là, le lieutenant « Loconel » dont on dit qu’il est dur comme un roc peine à prendre ses marques. Et pourtant, il se ronchonne que les techniciens se bousculent au portillon de la Fédération. La potion magique est-elle finie ou bien c’est comment ? Si tel est le cas, on lui propose de jouer à pile ou face ou encore de faire « kôkôta kôkôta ». C’est simple comme solution, vous ne trouvez pas ? Le second couac du nouvel ancien bureau de la Fédération est le championnat national de première division. Le fils du père imbu de lui-même fait montre d’un cafouillage et d’une cacophonie qui l’ont toujours caractérisés durant les huit « zans » qu’il a passé à la FTF. Certains « con-de-frères » courtisans qui veulent rentrer dans les bonnes grâces du « Rock and roll » se muent en avocat de diable pour défendre l’indéfendable. Ils ânonnent sur les antennes  que l’actuel bureau exécutif ne peut pas réaliser tous les préalables dans un mois. Est-ce que c’est nous qui avons donné le délai d’un mois au bureau ? Le comble, c’est ce pseudo technicien « MALInCKé » qui ne parle et ne réfléchit que par Rock. Lui qui prétend donner des cours de journalisme à certains confrères, s’est versé dans les élucubrations et autres sornettes, appelant les journalistes à regarder dans la même direction. Que de niaiseries ! On l’avait fait pendant des années avec le père, on sait là où ça a conduit le peuple.

          En tout cas, si de cette manière que le fils du père veut faire remonter les Eperviers à la première place du classement de la FIFA, il a du « Sakomi » sur la planche.

La course aux feuilletons

          Inéluctablement, les feuilletons sud-américains sont en train de ravir la vedette aux autres programmes sur nos chaînes de télévision. Chaque jour, ces télénovelas tiennent en haleine des milliers de téléspectateurs qui sacrifient tout à l’heure de leur diffusion.

          Il est rapporté qu’au Mexique par exemple, les téléspectateurs s’identifient tant aux héros et héroïnes que certains écrivent pour demander qu’on fasse cesser l’injustice subie par un personnage alors que ce n’était que de la fiction. En Côte d’Ivoire, il y a quelques années, rapporte-t-on également, des mosquées d’Abidjan avaient même avancé l’heure de la prière du Ramadan pour qu’elles ne coïncident pas avec celle de « Marimar ».  Face donc aux succès fous que connaissent ces séries télévisées dans les pays africains et particulièrement au Togo, une course  effreinée aux feuilletons s’est donc engagée sur nos chaînes de télévision. La chaîne qui ne programme pas ces sitcoms a l’impression d’être boudée. La TVT seule en diffuse quatre. Elle est talonnée par la TV7 dont le début du second feuilleton est programmé pour aujourd’hui. Viennent ensuite la TV2, la RTDS et  la LCF avec un feuilleton chacune. Ce qui fait  9 feuilletons par jour pour alors que nous n’avons que deux  yeux. Le problème, c’est que ces feuilletons se diffusent tous presque à la même heure. Les jeunes filles n’apprennent plus leurs leçons et ne consacrent leur temps qu’à ces séries. Le lendemain à l’école, c’est le principal sujet d’actualité. Malheureusement, ces feuilletons ne sont pas seulement l’apanage des femmes. Les hommes aussi s’en accommodent. Chut ! Notre Rédacteur en Chef  adore tellement la chose que gare à toi si tu veux disputer la télécommande avec lui à l’heure de son feuilleton du soir. Ne t’avise surtout pas de toucher à son feuilleton…

Yves Nagou ivre de problèmes

          S’il y a un ministre qui doit souffrir le martyr c’est bien celui des Enseignements primaire et secondaire, son Excellence Yves « Nagouroskov ». Il a des problèmes plus que la Somalie. Pendant que dans certains ministères, les locataires s’ennuient et sont là à tourner le pouce parce qu’ils n’ont rien trouvé à « bouloter », M. « Yvres » Nagou, lui, a hérité d’un département qui lui donne de l’insomnie. Son moral doit être au « vilain fixe ». Ses ennuis ont commencé avec le mot d’ordre de grève lancé en début du mois et qui a paralysé les établissements publics. Et  les enseignants menacent d’une grève plus renforcée si rien n’est fait pour améliorer leurs conditions. « Nagouroskov » n’a pas encore trouvé de solutions à  leurs problèmes  qu’il est confronté à un autre front : celui des agents de la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) qui menacent de descendre dans la rue plutôt sur leur direction si au moins 5 des 17 mois d’arriérés de salaires qu’ils traînent depuis des lustres ne sont pas versés pour soulager leur misère. Pendant que lui, il meurt d’ingestion parce qu’il a trop mangé, ses administrés, eux, meurent d’inanition parce qu’ils n’ont rien trouvé à mettre sous la dent. Ils n’entendent pas se laisser faire et sont déterminés à le marquer à la culotte. On parie que « Nagouroskov » ne va pas dormir le sommeil pendant la nuit. Même quand après mille efforts, il finit par s’endormir, il ne fera que des cauchemars.

Le « PDRien » sort de sa cachette

          Même si le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation n’a rien produit de bon encore, il  peut se prévaloir d’avoir titillé certains leaders politiques de leurs comas. Après les balbutiements des Kodjo, Gilbert, « Anyronkopéto », « Aviyomé », Nico, c’est le tour du prince KOMAteux de sortir de sa cachette. Sûrement que le prégo du PDRien s’est débarrassé de la rédaction du 12ème tome de son ouvrage proverbial. Comme ses prédécesseurs, le chantre des proverbes vient de produire un  communiqué pour dénoncer l’instauration du CPDC. Pour lui, la révision constitutionnelle est à la charge des parties prenantes au dialogue. C’est pourquoi il multiplie par zéro le CPDC. Ainsi, il entend faire ses bagages pour se rendre au pays des hommes intègres. Là, il veut demander à Blaise Compaoré du Burkina Faso de toiletter le CPDC. Seulement que « Zaza » ne tenait pas ces genres de critiques quand il faisait la pluie et le beau temps à la mangeoire. Maintenant qu’il sent ses intérêts menacés, il sort ses griffes. Il se plaint à qui ? Et ce qui frise le ridicule, c’est quand il taxe l’UFC et le CAR des partis acolytes du RPT. N’est-ce pas le monde à l’envers quand c’est « Zaza » qui tient ces genres de propos ? Ce n’est pas lui qui avait fait un long copinage avec les RePTiles en mélangeant les Togolais ? Au fait, si les partis radicaux sont des acolytes, les modérés auxquels il prétend appartenir ne deviennent-ils pas des partis «alcooliques» ?

Agent de joueurs ou argent de « Rockvi »

          On dit souvent que quand tu te noies, les petits caïmans aussi peuvent se permettre de  venir te lécher ou te caresser avec leurs dents. A « Gnassingbéland », n’importe quel aventurier  aussi se lève un des quatre matins et veut se faire donneur de leçons à la presse. Et puis, il fallait les voir dans leur « dé-raisonnement». Vous aurez pitié de ces soi-disant moralisateurs. La dernière en date, c’est un certain agent de joueurs qui a fait parler de lui le week-end dernier. Il a fait montre d’un griotisme qui ne dit pas son nom. a analyser ses prises de possition, on comprend  vite qu’il ne vise que l’argent de Rockvi. En tout cas, le public sportif n’est pas aussi dupe comme il le croit. Qu’il cesse de se tromper. Ses interventions sur une chaîne de la place, avant et après l’élection du bureau actuel de la FTF ne trompent guère. Personne ne lui refuse d’être un fanatique de Rock. Mais qu’il cesse d’intoxiquer les auditeurs avec ses démonstrations « technico-floues ». Cela ne fait pas honneur à son métier. Tous ceux qui ne cogitent pas comme lui, ce taré d’agent de joueurs  les multiplie par zéro. Pour lui, les journalistes sportifs ne maîtrisent absolument rien sur ce qu’on appelle technique en football. Mais à la fin, on a su que le gars n’a rien techniquement dans la tête quand il demande aux « con-de-frères » de fermer  les yeux sur les manquements de la FTF et de regarder dans la même direction que « Rockvi ».  Si c’est ça qu’il appelle technique, qu’il nous en épargne. Qu’il garde ses leçons pour lui-même.

Quand les hommes FATales s’exercent

          Les hommes « FATales » viennent de se doter d’un Centre d’Entraînement  aux Opérations de Maintien de la Paix (CEOMP). On se souvient que c’est le 19 février dernier que le « p’ti » a inauguré ce centre en présence de son garçon de course, « Fo Gilberto de Houngbo ».  Il paraît que c’est un cadre approprié et moderne  pour la préparation des contingents nationaux et étrangers pour des missions de paix dans des pays en conflit. Il a, dans son discours destiné au contingent de la MINURCAT,  fait un clin d’œil à  son père défunt qui, selon lui, a eu  l’ « aveuglance » que dis-je, la clairvoyance et la sagesse de plaider au sommet de l’OUA à Tunis pour la création d’une force de maintien de la paix. Après l’inauguration de ce centre, les « Gnassingbélandais » sérieux se posent beaucoup de questions. Pourquoi c’est à l’approche des « prégodentielles » de 2010 que « Faure-vi » et ses hommes « FATales » ont jugé bon de créer ce  centre? N’ont-ils pas quelque chose derrière la tête ? Il n’y a pas la guerre dans le pays qu’on sache  mais avec la manière dont les « mon pays » eux-mêmes faisaient leurs entraînements et entraient dans les maisons en faisant semblant de frapper les gens, on a eu  la chair de dindon que dis-je, de la poule. On s’est souvenu du moment où « Faure-vi Vodoua » a capturé le pouvoir et que les « mon pays » sont entrés dans les maisons pour refaire le portrait des gens. Il se dit que certains quand ils ont  vu ces entraînements durs durs-là ont commencé à faire leurs bagages pour traverser les frontières avant les échéances  de 2010.  

Des mauvais génies d’« Amebaba cel »

Depuis qu’on sait porter caleçon, on nous a appris que le client est président, plutôt, roi. Mais, on dirait que le réseau « Amébaba cel » (suivez nos regards) ne le sait pas.   A chaque fois c’est des messages qu’il envoie aux abonnés pour les exhorter à recharger leur crédit autrement  leurs numéros seront carrément supprimés. Franchement, il y a des gens à « Gnassingbéland »  qui n’ont pas pitié de leurs prochains et ne savent pas que c’est difficilement que des gens arrivent à manger une seule fois dans ce pays.  Le comble, c’est que ces messages de bonus et surtout de suppression de numéro ne sont « jamaiment » envoyés dans la journée mais tard dans la nuit quand les gens sont  sérieusement scotchés dans les bras de Morphée. On se rappelle qu’un jour un homme nous a raconté qu’il  dormait profondément quand  on  lui envoya un message à 1h 30 du matin qu’il avait reçu un bonus périodique de 35F.

 Les mauvaises langues disent que des  fois, les messages sont écrits avec des charabias puissants et un baragouin  inintelligible à vous donner de la migraine et la nausée. Un des sms que ce réseau envoie en ce moment à ses abonnés qui ne participent pas aux nombreux jeux qui se déroulent sur les radios et les chaînes de télé, c’est « Votre compte est inactive ». Notre maître du CE1 nous appris en nous fessant bien bon  que le mot compte est toujours au masculin. Peut-être que c’est dans le nouveau dico qu’utilise ce réseau que ce mot est au féminin.

Liberte Hebdo # 471 du 23 fev. 2009
Présidentielle 2010 : Les forces démocratiques réclament un scrutin à deux tours
Au-delà du folklore, de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise
Présidentielle 2010 : Le peuple dans l’expectative
L’insécurité prend une tournure inquiétante au Togo  
Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au Togo 
Ça va se savoir : A l’Amphithéâtre (1)
Libertinage

            Le débat électoral est entamé depuis un bon bout de temps déjà, même s’il reste encore pas mal de temps pour amorcer le dernier virage, celui qui devra conduire tout droit à l’élection du Président de la République en 2010. Dans les états-majors des partis politiques, que  ce soit au sein de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, l’heure est d’ores et déjà aux calculs politiciens. Quel candidat présenter ? Quoi faire pour séduire l’électorat ? Ainsi se résument les préoccupations.  La classe politique a actuellement la tête aux réformes institutionnelles et constitutionnelles  au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation. Mais le débat semble occulter un aspect non moins important de la chose : le type de scrutin.

Scrutin à un tour, un legs du passé

          La constitution de 1992 approuvée consensuellement a prévu un scrutin uninominal à deux (02) tours. Mais le pouvoir des Gnassingbé en a décidé autrement. Ce texte fondamental a été sodomisé à maintes reprises pour finir par faire place à un scrutin uninominal à un (01) tour. C’est le résultat du toilettage de décembre 2002 qui permit à feu Eyadema de jouer la prolongation au pouvoir en 2003 avant que la providence ne dispose autrement en février 2005. Quelle en était la motivation?

          Ce toilettage de plus ne répondait qu’à des soucis d’obscurantisme. A un moment où la représentation du « Père de la Nation » au mandat de trop était mal perçue par l’opinion nationale, le risque était grand que l’électorat le sanctionne. En plus, la constitution en l’état qui prévoyait un scrutin à deux tours était un risque énorme pour lui, car ce texte offrait des armes essentielles à l’opposition démocratique pour s’organiser et le bouter hors. Avec ce type de scrutin, les partis de l’opposition pouvaient former des alliances au second tour autour du candidat ayant reçu plus de suffrages au premier round et la messe serait ainsi dite pour feu Eyadéma. Surtout que la mouvance présidentielle se réduisait au RPT et à ses satellites, des « particules » dont la popularité se résumait à leur président et les membres de leur famille, à côté des partis comme l’Union des Forces de Changement (UFC) ou le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) entre autres, qui le rivalisent en suffrages. Il fallait donc pour le clan Gnassingbé des moyens pour éviter ces surprises désagréables, d’où le toilettage constitutionnel pour ramener le scrutin à un seul tour. Cela a permis au RPT de fabriquer un score d’au moins 51% à offrir à son candidat et  le tour est joué.  Les 49% autres sont partagés aux autres concurrents selon des critères dont seuls les tenants de l’ordre ancien ont le secret.

          Comme on s’en rend compte, le scrutin uninominal à un seul tour est loin de professer la démocratie. C’est un procédé d’obscurantisme pour entraver l’alternance. Ce type de scrutin est d’ailleurs en voie de disparition dans le monde et n’est encore que l’apanage des régimes totalitaires et dictatoriaux d’Asie et d’Amérique centrale.  Dans les démocraties occidentales, il n’existe plus. La norme aujourd’hui, c’est le scrutin à deux tours, d’ailleurs épousé dans nombre de pays africains, dont le Ghana à côté dont les élections générales de décembre dernier ont été unanimement saluées par l’opinion, et aussi par Faure Gnassingbé.

          Le scrutin à deux (02) tours professe la démocratie et donne un peu plus de chances à l’alternance au pouvoir. Et c’est ici qu’il faut reconnaître la légitimité de certaines réactions et propositions ces derniers temps à propos du type de scrutin. L’opinion penche de plus en plus vers un scrutin à deux tours. Les dernières en date sont celles émanant de la diaspora togolaise et du groupe parlementaire UFC.

Pour un scrutin à deux tours

          En effet, à en croire les indiscrétions, les organisations et associations de la diaspora regroupées au sein de Synergie-Togo se sont réunies samedi dernier pour réfléchir à l’actualité politique au Togo. Et comme il fallait s’y attendre, la question de la présidentielle de 2010 s’est invitée. Pour les besoins de transparence, de clarté et de crédibilité et comme alternative au changement, elles militent pour un scrutin à deux tours, un retour donc à la Constitution de 1992. Même son de cloche au parti de Gilchrist Olympio. Dans un document exclusif parvenu à notre rédaction et dont nous avons fait large écho dans la parution de lundi, l’UFC fait une proposition de code électoral. Abordant la question, cette formation politique propose aussi un retour  du scrutin à deux tours. Ces réactions ne viennent que conforter le dernier né dans le landerneau politique, l’Organisation pour Bâtir dans l’Unité un Togo Solidaire (OBUTS). Dans un  communiqué, le parti de Messan Agbéyomé Kodjo a requis aussi le scrutin à deux tours. Des vues qui n’expriment que trop bien l’aspiration du peuple togolais.

          Faure Gnassingbé tout récemment s’extasiait sur la réussite ghanéenne. Le numéro 1  togolais s’est fondu en éloges à propos des élections au pays de Kwame N’Krumah, louant le caractère démocratique, transparent et pacifique de la présidentielle et des législatives de décembre dernier, des élections qui se sont conclues par l’alternance au pouvoir.  Il a, par-dessus tout, promis s’inspirer du cas ghanéen pour organiser la présidentielle de 2010 au Togo. C’est le moment des discussions au CPDC autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et il a donc l’occasion de commencer à traduire sa bonne foi dans les faits en concédant ce scrutin à deux tours, si tant est que ces professions de foi sont sincères.

Pablo E.


Forum national des paysans togolais à Kara : Au-delà du folklore, de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise

La première édition du Forum national des paysans togolais (FNPT) tenue du 12 au 14 février 2009 au Palais des congrès de Kara, s’est terminée avec de nombreux prix décernés aux meilleurs producteurs et groupements oeuvrant dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. Au-delà du côté folklorique de cet événement, de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise : la question des intrants agricoles et celle de l’agriculture de subsistance.

Le forum proprement dit

            Placé sous le thème : « Les paysans au centre de la relance agricole et économique du Togo», ce forum a été une occasion pour les paysans d’échanger avec les plus hautes autorités du pays sur les problèmes du monde rural.

« Je voudrais vous parler avec mon coeur pour vous témoigner de la reconnaissance du gouvernement et du peuple togolais pour tout ce que vous faites pour nourrir le Togo », a déclaré le chef de l’Etat avant d’ajouter : « Je me réjouis de votre mobilisation; c’est grâce à vous que notre pays à pu éviter la famine et je pense qu’il est de notre devoir de vous soutenir et de vous encourager à mieux produire ». « Grâce à votre travail, à vos efforts malgré l’affaiblissement continu des capacités d’intervention de l’Etat, vous vous êtes pris en charge et vous avez donné le meilleur de vous-mêmes pour éviter au pays, l’une des pires calamités : la famine », a-t-il poursuivi.

En retour, les producteurs ont promis d’être plus performants à compter de la campagne 2008-2009. Ils ont en outre formulé des recommandations relatives à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail pour une bonne production agricole au Togo.

Ensuite, le Président de la République a décoré dix paysans méritants en qualité d’Officiers de l’ordre du mérite agricole. Avant lui, le Premier ministre Gilbert Houngbo et le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Kossi Ewovor, avaient distingué trente producteurs régionaux au grade de Chevalier de l’ordre du mérite agricole. Quelle est alors la portée de ces distinctions aux allures ronflantes ? Là est la question. Au total, plus de 220 prix ont été décernés aux meilleurs producteurs et groupements oeuvrant dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. En rappel, plus de 1.000 délégués dont 800 paysans ont assisté à cette manifestation. Sans oublier les speeches des ministres Yves Madow Nagou, Adji Ottèth Ayassor, Dammipi Noupokou et Kossivi Ayikoé. Même si c’est la relance de l’agriculture qui est mise en avant, il faut reconnaître que cette manifestation rentre dans l’opération de séduction de Faure Gnassingbé. Présidentielle de 2010 oblige…

Les problèmes des intrants agricoles

Selon le chef de l’Etat, ce forum a été initié par lui-même afin de permettre aux «producteurs de réfléchir sur l’épineuse question de gestion des intrants agricoles et de débattre de tous les problèmes pour l’éclosion et l’épanouissement du métier d’agriculteur ». Depuis plusieurs années, il y a une mauvaise gestion des engrais. Les différents ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche n’ont pas pu régler ce problème. Certains parmi eux étaient même complices du détournement des fertilisants. Et comme il n’y a jamais de sanction, le phénomène continue normalement.

On se souvient, lors de sa tournée dans les chefs-lieux des régions administratives du Togo, Faure Gnassingbé a abordé le sujet. A Tsévié, il a laissé entendre qu’on ne sait pas si les engrais qui quittent Lomé arrivent dans les champs. Dans la foulée, il a promis mettre fin à cette situation.

« Nous ne voulons plus revivre la même situation. Car les engrais mis à la disposition des paysans étaient devenus un fonds de commerce pour certains », a déclaré un paysan cité par l’agence de presse « Savoir News ». Pour lui, « L’Etat souffre pour nous trouver ces fertilisants. Il faudrait que les dispositions soient prises pour sa bonne distribution. Que les paysans bénéficient réellement de ces engrais». Le circuit de distribution est opaque et parfois, les engrais offerts par les partenaires du Togo pour améliorer la productivité sont vendus très cher aux paysans. Il arrive aussi que ces fertilisants traversent la frontière pour se retrouver dans les pays voisins où les prix semblent élevés.

En plus, d’autres paysans profitent de leur accointance avec ceux qui sont chargés de distribuer les engrais. Après les avoir reçus, ils les revendent. « D’autres paysans n’hésitent pas à revendre ces engrais. En tout cas, cette fois-ci, nous serons vigilants », a indiqué un autre paysan au micro de « Savoir News ».

Pour la relance de l’agriculture qui occupe plus de 70% de la population active, il faut régler la question des intrants en assainissant le circuit de distribution. Il est important que les engrais subventionnés par le gouvernement ou offerts par les différents partenaires aillent effectivement aux paysans.

La question de l’agriculture de subsistance

A voir les choses de près, le forum de Kara ne prend en compte qu’une catégorie de paysans, c’est-à-dire ceux qui ont les moyens pour de fortes productions. La plupart des Togolais dépendant de l’agriculture de subsistance sont oubliés. Or, leur apport à la sécurité alimentaire n’est pas négligeable. Il faut même dire que cet apport est direct. Ces paysans vendent leurs produits aux fins de rembourser les prêts consentis auprès des tontines traditionnelles ou subvenir aux besoins de leur famille. Par exemple, les produits vivriers sont moins chers pendant la rentrée des classes. La raison, les parents n’ont que ça pour faire face aux frais scolaires. C’est en ce moment que les commerçants véreux entrent dans la danse en fixant des prix fantaisistes. Pendant ce temps, les autorités gouvernementales se murent dans un silence sépulcral, laissant les commerçants faire la loi aux dépens de ceux qui ont confiance en la terre. Cette situation fait que le paysan qui a vendu le bol de maïs à 200 F pour procurer les fournitures scolaires à ses enfants, est obligé d’acheter le même bol à 900F voire 1 200 F en pleine saison sèche. Comme c’est le cas présentement.

Par contre, les gros producteurs restent sereins et ne déversent leurs produits sur le marché qu’en cas de pénurie. Des fois, ils créent des pénuries artificielles en vue de faire de bonnes affaires.

Actuellement, presque tous les paysans achètent cher les produits vivriers. Dans certaines localités, il leur est même difficile de trouver des semences pour la nouvelle saison agricole. Mais dès que les produits arrivent à maturation, ils les récupèrent et les vendent à vil prix.

Comme on le voit, ce sont là  quelques problèmes auxquels fait face le monde rural. Il faut donc des solutions idoines pour relancer ce secteur. La question qui revient comme un leitmotiv, est de savoir comment le gouvernement s’est pris pour identifier les 800 paysans qui ont pris part au forum et les 220 qui ont été décorés.

E. Pierre


Présidentielle 2010 : Le peuple dans l’expectative : La Communauté internationale va-t-elle être complice d’un drame bis au Togo ?

Lors de la présidentielle de 2005, le Togo a perdu un millier de ses fils pour avoir légitimement réclamé la victoire qui leur avait été volée par le pouvoir en place. A l’époque, la Communauté internationale et l’ONU principalement, avaient pourtant la possibilité de s’impliquer directement et efficacement dans ce processus électoral vicié dès le départ par l’irruption du fils du président défunt dans la vie politique du pays, et qui prétendait terminer le mandat de son  père avec le soutien de l’armée.

A l’époque Kofi Annan était le SG de l’ONU et le Ghana, avec à sa tête John Kuffuor,  vivait la lune de miel avec le régime en place au Togo après le départ de Rawlings. Avec l’inamovible Ibn Chambas à la CEDEAO (présidée elle-même par un Mamadou Tandja qui se cherchait encore avec l’idée de s’éterniser au pouvoir dans son pays), qui sait peser de tout son poids dans les négociations, ce trio ghanéen aurait-il essayé d’arranger les choses en faveur du pouvoir togolais  au détriment de l’Opposition ? C’est du moins ce que beaucoup d’observateurs avaient pensé à l’époque. Ce n’est pas à exclure, car dans ce genre de situation, il ne faut jamais perdre de vue la diplomatie souterraine.

Le simulacre de retour à la légalité constitutionnelle de février 2005 ne saurait distraire personne. Du début jusqu’à la fin, la CEDEAO, en complicité avec l’UA qui avait à sa tête l’imprévisible Obasanjo, a joué à la comédie, à l’exception d’un Alpha Oumar Konaré, toujours égal à lui-même, l’homme qui n’a jamais marchandé son propre honneur, ni celui de l’Afrique. Si la Communauté internationale avait joué franc jeu et entendu le cri de cœur de quelques dignes fils d’Afrique et pas des moindres, qui n’avaient de parti pris que pour le bon sens et la raison, la longue crise togolaise se serait résorbée depuis quelques années déjà et les Togolais auraient vu le bout du tunnel et poussé un ouf de soulagement. Aujourd’hui ils respireraient la liberté, le renouveau et la prospérité retrouvée.

Malheureusement, la Communauté internationale, avec ce qu’elle semble devenue au jour d’aujourd’hui, fonctionne elle-même comme une grande maffia organisée et bien sûr, comme toutes les maffias du monde, dépourvue de moralité. Dans la réalité, si un pays est en crise et vit une instabilité sociopolitique, cela devrait préoccuper au plus haut point, les institutions auxquelles il appartient ou est affilié, en commençant prioritairement par celle de la sous-région. Ainsi, il aurait suffi que la CEDEAO fût une structure crédible, pour s’impliquer sérieusement dans la crise togolaise née de la mort d’Eyadema pour éviter aux Togolais aujourd’hui le bis repetita. Malheureusement le cas du Togo avait été abordé avec légèreté par des individus et institutions eux-mêmes légers de la tête jusqu’aux pieds, comme on traite les affaires de larcins commis par des petits délinquants, alors qu’il était question d’assurer le destin de tout un peuple et la survie d’une nation.

Qui l’aurait cru ?

Qui aurait cru que, vu les circonstances dans lesquelles Faure Gnassingbé et son club de copains avaient pris le pouvoir, et après mille et une promesses fermes selon lesquelles ce qui s’était passé en 2005 ne se reproduirait plus au Togo (cf. entre autres discours, celui prononcé à Atakpamé en 2007 à la cérémonie de lancement du processus « vérité-justice-réconciliation»), les ingrédients pour la réédition du scénario d’il y a 4 ans seraient en voie de mise en place ? Ces ingrédients ont pour nom : création volontaire de mécontentements au sein des populations et de la classe politique qui constitue l’Opposition.

Nous avons écrit chaque fois que l’opportunité nous le permet, que nous sommes à la recherche des actes positifs à mettre à l’actif de la clique au pouvoir, mais que malheureusement cela se révèle un luxe insaisissable au Togo; le pacte étant fortement scellé avec le diable, de ne jamais poser d’actes qui vaillent la peine de susciter des louanges. Au nombre de ce que nous mettons dans le panier « création volontaire de mécontentements  », il y a entre autres : le refus par le pouvoir pendant plus d’une année, de créer le CPDC exigé par l’APG; l’audace d’une décision unilatérale de modification du code électoral ; la commande unilatérale des kits électroniques pour le recensement en l’absence de la CENI ; la volonté délibérée de Faure, de faire traîner la concrétisation de la réconciliation nationale, soutenue par 7 mois de silence après la réception du rapport de la Commission ; le blocage volontaire créé par le gouvernement au sein du CPDC dû à la question de facilitation évoquée à juste titre par l’Opposition, simple question de logique ; les multiples promesses et engagements faits personnellement et solennellement par le Président de la République et qu’il a à chaque fois foulé aux pieds ; etc. La dernière promesse de s’inspirer de l’expérience ghanéenne en matière électorale, ne peut qu’être prise comme une promesse d’ivrogne et vite oubliée.

Le peuple attend un signal fort

Les Togolais dans leur grande majorité, tout bien pesé, seraient déçus de constater que déjà « au petit matin », Faure joue avec leur destin après tant de misères endurées sous le père. Qui pouvait imaginer qu’après avoir créé un statut pour l’armée depuis au moins deux ans et qui fait des FAT, une armée apolitique, Faure pouvait se donner la liberté de se présenter dans les casernes, demandant aux militaires, s’il pourra compter sur eux en 2010 ? Face à cette hypocrisie, à ce double langage, on est en droit de se demander quelle sera l’attitude de la Communauté internationale face à une éventuelle réédition des violences de 2005. Il serait hors de question d’attendre que des gens qui n’ont aucun respect de la vie humaine, détruisent une fois de plus d’innocentes vies, pour  se mettre à rechercher des solutions qui ne sont d’ailleurs que de la poudre aux yeux.

Si les gens au pouvoir avaient le sens de l’honneur et de la dignité, ils se seraient dit : « Nous avons assez fait preuve de mauvaise foi et de mauvaise volonté politique comme ça, donnons à présent l’opportunité à l’opinion internationale de découvrir qu’en nous se cache aussi un petit brin de dignité humaine ! ». Quelles sont les dispositions sécuritaires que la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’UE et l’UA (l’éternel médecin après la mort) est en train de prendre dans la perspective de la présidentielle de 2010 au Togo, au regard du manque de sérieux décelable sans loupe et affiché jusqu’ici par les hommes au pouvoir ?

Va-t-on assister une fois de plus en 2010, aux actes qui avaient conduit un millier de Togolais à l’abattoir, poussé des dizaines de milliers d’autres sur les routes de l’exil et  occasionné des mutilés à vie ? Ce qu’il faut d’ailleurs mettre au compte de la complicité de la Communauté internationale qui pouvait bel et bien aider les Togolais à éviter un tel bain de sang et des souffrances inutiles, mais avait regardé faire. Dans le meilleur des cas, compte tenu de la mesquinerie, de la sournoiserie et de la duplicité de ceux qui nous gouvernent, il est à souhaiter que les Nations unies, pour une fois après les élections de 1958, dépêchent au Togo des observateurs militaires comme civils pour sécuriser tout le processus, afin d’avoir au moins cette fois, des élections réellement apaisées et claires comme une eau de source.

Ce peuple très attaché à la présidentielle à venir qu’il considère comme la dernière grande occasion pour se débarrasser de Faure que beaucoup considèrent comme un imposteur  venu aggraver le sort des Togolais, au lieu de l’améliorer, attend vraiment un signal fort de la Communauté internationale pour ne pas aller voter encore pour rien. C’est le lieu de lancer un appel pressant à tous les partis qui rêvent de voir le Togo gouverner autrement, de mettre leurs efforts en commun, pour trouver un vrai candidat unique de l’Opposition par un sacrifice suprême. Le peuple leur en saura gré éternellement. 

Alain Simouba


L’insécurité prend une tournure inquiétante au Togo : De la nécessité d’un plan de lutte plus efficace pour Atcha Titikpina

            La question de l’insécurité est aujourd’hui un casse-tête chinois pour les populations togolaises sur toute l’étendue du territoire national. L’insécurité au Togo semble un phénomène cyclique. Car elle rappelle aux Togolais la sombre période de braquages  avec en toile de fond  des vols de voitures dans les années 91, 92 et 93. Cette situation avait su camoufler nombre d’assassinats politiques sous le prétexte de braquages. Mais il a suffi qu’un jour le feu Gnassingbé Eyadema, alors Président de la République tape du poing sur la table pour dire : « Ça suffit et que cela cesse », pour que réellement un terme soit mis à cette situation.

          Alors que l’on n’a pas pu venir à bout des vols à la tire des portables ou sacs à main considérés comme de petits larcins, la situation est devenue beaucoup plus préoccupante. Car des machettes, l’on passe à la vitesse supérieure, celle des armes à feu. Il faut reconnaître aujourd’hui que l’insécurité que vivent les Togolais est caractérisée essentiellement par des braquages à mains armées. Ce regain d’insécurité sème de la psychose au sein des paisibles populations qui n’aspirent qu’à une sécurité pouvant leur permettre de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.     

          Cette situation alarmante empreinte de violences inouïes est diversement appréciée. D’une source proche du Ministère de la Sécurité, l’on évoque l’impuissance des pays de la sous région face à la circulation illicite des armes légères en provenance des zones où a sévi la guerre. « N’eut été la vigilance de nos forces de l’ordre et de sécurité, la situation serait beaucoup plus catastrophique; en témoigne ce qui se passe dans d’autres pays de la sous région ouest africaine. Nous y sommes et nous parviendrons d’ici peu à des résultats probants qui feront du Togo un vrai havre de paix », affirme cette source à la question de savoir ce qui justifie ce regain d’insécurité.

          Cet avis est loin d’être partagé par un observateur de la scène politique togolaise. « Cette situation est inquiétante. A voir ce que les Togolais ont vécu il y a quelques années, il est impérieux qu’une solution adéquate soit trouvée au plus vite afin d’endiguer cette insécurité à relent purement politique. Que diriez-vous si demain on retrouve un politique ou un leader d’opinion tué et sa voiture emportée? L’on vous parlera certainement de crime crapuleux alors qu’il s’agira d’un acte délibérément orchestré. Rappelez-vous que sur le nombre de braquages en 91,92 et 93, nombre de victimes étaient des gens qui, apparemment étaient, contre le régime»,  confie-t-il.

          Il s’agit en réalité d’un rappel d’une période très douloureuse que les Togolais ont vécue. Il est vraiment impérieux que le Colonel Titikpina, ministre en charge de la Sécurité soit interpellé sur la question en vue d’une stratégie appropriée pour contenir le mal. Loin de demander à celui-ci de rendre le tablier pour insuffisance de résultats comme cela peut se passer sous d’autres cieux. Mais il faut, surtout à l’orée des échéances électorales, trouver le plus rapidement possible une solution idoine. A ce sujet, un Togolais rétorque ironiquement : « N’est-ce pas eux qui clament haut et fort sur tous les toits qu’ils détiennent la clé de la sécurité ? L’ont-ils finalement perdue ? Ils ont alors l’obligation de la retrouver, puisque c’est en ça seul que nous pouvons les croire ».

          A voir ce qui se passe aujourd’hui, la psychose viendrait des rumeurs selon lesquelles, il s’agirait d’une situation savamment orchestrée pour régler des comptes aux réfractaires du pouvoir en place et surtout à tous ceux qui tapissent dans l’ombre pour faire du tort au régime en place. En effet, si ces rumeurs se confirment, elles auront sans nul doute d’effet sur notre économie agonisante pour le simple fait que l’insécurité est un facteur indéniable de fuite de capitaux. Ainsi, les autorités togolaises ont la lourde responsabilité de remédier à cette situation qui, non seulement inquiète les citoyens togolais mais aussi les étrangers résidant au Togo qui, pour la plupart, sont des investisseurs. C’est aussi le lieu pour le Chef de l’Etat d’user de ses prérogatives de garant de la sécurité des populations pour mettre un terme à cette situation dramatique. Car pour les Togolais, il n’est plus question de compter dans les rues, au bord des lagunes, sur les plages, etc. des cadavres dont les circonstances de leur mort restent toujours non élucidées.

Didier Ledoux


Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au Togo

Depuis la dernière baisse du prix du  carburant à la pompe au Togo, le baril du pétrole ne cesse de chuter sur le marché international. Mais force est de constater que le gouvernement togolais maintient toujours l’ancien prix de l’essence à la pompe. Ce qui est incompréhensible. Le bon sens exige que l’Etat diminue le prix du litre de l’essence qui est à 500F. Car le baril du pétrole est en dessous de 40$. Dans les pays voisins, on observe une baisse sensible du prix de l’essence. Au Ghana, il est à moins de 200F le litre et à 350F au Bénin. Ce maintien inexplicable au Togo fait grincer des dents au sein de la population et des associations, notamment l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC). Ainsi des démarches ont été entreprises mais le gouvernement  continue de faire la sourde oreille.

          « On n’arrive pas à l’expliquer. Quand il s’agit de monter les prix, le gouvernement  est champion », déclare un conducteur de taxi. Même son de cloche chez Junior, conducteur de bus : « l’Etat nous triche en maintenant ce même prix. Quand le prix était à la hausse sur le marché, nous avons tous subi ce coût onéreux. Face à la nouvelle donne, le gouvernement doit revoir à la baisse ce prix ».

          Il nous souvient que c’est difficilement que l’Etat avait accepté de diminuer le prix de l’essence à 500F malgré la dégringolade sans cesse du prix de baril de pétrole. A cette époque, l’Etat avançait des arguments peu crédibles. On disait que les pétroliers avaient fait des stocks,  et il fallait attendre que ceux-ci soient évacués avant toute revue du prix. « C’est un faux argument. Il ne faut pas qu’on nous trompe. On sait que la plupart des pétroliers sont ces mêmes barons qui font la pluie et le beau temps. Donc, ce n’est qu’une complicité pour nous voler », fait observer un étudiant.

          Par ailleurs, le ministre du Commerce, Guy Lorenzo, avait annoncé entre-temps que ce prix serait revu à la baisse, avant la chute actuelle du baril. Mais depuis cette annonce, rien n’est fait. Les jours passent et les pétroliers font de gros bénéfices sur le dos de la population. Alors qu’une prochaine baisse de ce prix aura des impact sur les tarifs des transports et par ricochet sur les prix des céréales et des autres denrées alimentaires qui connaissent une flambée incessante. Si  l’Etat se soucie vraiment de la population, on ne sait alors pas ce qui l’empêche de baisser le prix pour améliorer ses conditions de vie. Pourtant à la première diminution, les termes du communiqué sorti au conseil des ministres stipulait que « dans le souci du chef de l’Etat de contribuer à la réduction de la pauvreté des populations togolaises, le gouvernement décide de rabaisser le prix des produits pétroliers à la pompe ». Où se trouve donc ce souci s’il faut continuer à faire des misères à la population? Sûrement que les pétroliers ne sont pas encore rassasiés de tricher la population.

          Il urge que le Premier ministre et le chef de l’Etat  réagissent à temps pour « harmoniser » le prix de l’essence avec les autres pays.

D.J.K


Sans détour : Le CPDC dans la valse-hésitation

« C’est facile, c’est tellement plus facile de mourir de ses contradictions que de les vivre » (Jean-Paul Sartre)

La mauvaise foi en action au RPT n’est plus à démontrer. Elle est évidente et si flagrante que nul n’a besoin d’une loupe pour la déceler. L’Accord politique global (APG) avait bel et bien prévu la mise en place d’un Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). En principe, ce cadre aurait dû voir le jour, juste après les législatives et comme le nom l’indique si bien, en dehors de l’Assemblée nationale, il devrait être un lieu de dialogue et de concertation pour trouver des solutions concertées aux problèmes en suspens relatifs aux réformes institutionnelles et constitutionnelles. Le pouvoir aurait été animé de bonne foi, que nul n’aurait eu besoin de le lui rappeler. Sa création allait donc de soi.

Pourtant, il avait fallu que, pendant plusieurs mois, le CAR et l’UFC s’acharnent à réclamer à cor et à cri la mise sur pied d’une telle structure, mais en vain. Finalement il aura fallu l’année 2009 et suite à la décision de modification unilatérale du code électoral, pour  voir ces deux partis de l’opposition parlementaire se rebiffer et prendre le taureau par les cornes avec bien sûr, la pression de la Communauté internationale, pour faire entendre raison. C’est dans un tel contexte que toute honte bue, les autorités, la queue entre les pattes, en arrivent à un décret portant création du CPDC, ce qui aurait dû être fait depuis au moins un an et qui conférerait une certaine respectabilité à son ou ses auteurs. C’était le 4 février dernier.

Au fait, ces gens-là, il faut seulement un petit effort individuel pour les comprendre. Mais, entendons-nous bien, cela ne les disculpe pas. Imaginez un pouvoir pris par la force et non dans les règles de l’art démocratique. Ce pouvoir conquis par la force a besoin d’être conservé et entretenu par la force. Ainsi, à force d’user de la force pour un oui ou un non, gymnastique favorite de l’usurpateur, il en avait habitué les gens de sa cour qui en ont été si bien imprégnés qu’avec le temps, il est devenu presque impossible pour eux de résister à l’esbroufe, à la tentation de faire usage de la force, de montrer leurs muscles et parfois l’arme  qui les protège d’un éventuel agresseur. Naturellement, des individus comme ceux-là n’ont rien de commun avec des gens comme vous et nous. Et vous ne pouvez pas vous comparer à eux, parce qu’ils ont grandi et évolué dans un contexte différent dont ils sont des prisonniers à vie. Imaginez des individus comme ceux-là un jour devant un tribunal laissés à eux-mêmes ! Vous aurez pitié d’eux de par le raisonnement. Oh, que la dictature et l’usage abusif de la force déforment l’homme !

          Pour revenir aux travaux du CPDC, après sept séances de travail, on n’est pas parvenu à grand-chose. Les communiqués sanctionnant les rencontres ne semblent pas trop différer l’un de l’autre. Après la séance d’hier, il est observé une suspension d’une semaine. Elle intervient suite au blocage provoqué depuis quelques jours déjà par la non adhésion du pouvoir à la proposition du CAR et de l’UFC de recourir à la facilitation. Ces partis, connaissant la mauvaise foi légendaire de l’adversaire qu’ils ont en face d’eux, n’ont que trop raison de souhaiter la présence d’un facilitateur.

Et c’est ici qu’il faut s’interroger sur la réticence du pouvoir qui n’adhère pas à cette exigence. Selon le ministre Bodjona, « Les vraies solutions sont d’abord entre les mains des Togolais. Il faudrait que les Togolais sachent que nous avons plus à nous entendre que d’aller vers le pessimisme. … ». Venant d’une autre source, nul ne saurait se faire du souci. On ne les connaît que trop bien. Ce pessimisme est dicté justement par le manque de volonté manifeste du pouvoir. Comment être optimiste et s’entendre avec des gens qui ont fait du dilatoire, du manque de sérieux et de l’esbroufe leur principal cheval de bataille, alors qu’il s’agit de mettre fin à la souffrance de tout un peuple ? Assez de cette valse-hésitation, et un peu plus de sérieux à partir du 23 février pour aller aux choses essentielles. Le pouvoir a trop perdu du temps comme ça. Il lui revient de montrer sa bonne foi aujourd’hui plus qu’hier.

Alain Simouba


Ça va se savoir : A l’Amphithéâtre (1)

Il se passe beaucoup de choses inimaginables dans les amphithéâtres. Barbara, une jeune et jolie étudiante d’à peine 18 ans en Lettres modernes en a fait son lieu de conquête. Il y a quelques jours de cela, en plein cours de littérature africaine qui devrait durer deux heures, elle commençait à s’ennuyer sérieusement. C’était elle qui était pourtant désignée par ses camarades ce jour pour suivre assidûment les cours, alors qu’elles étaient parties faire des courses en ville. Il s’agissait bien évidemment d’un système qu’elles avaient mis en place afin de ne pas rater les cours. Elles se relaient et cela profitait à chacune du réseau parce que ça  leur permettait évidemment de se décompresser de temps en temps, disaient-elles. Mais ce jour-là, la fée n’était vraiment pas motivée pour suivre le cours. La seule chose qui la tenait éveillée dans l’amphi ce jour, c’était le Maître Assistant, un homme d’une quarantaine d’années, très craquant.

Barbara s’était mise alors au fond de l’amphi. Un mec qu’elle avait déjà aperçu était assis à côté d’elle. Il avait l’air très concentré et prenait des notes. Il n’y avait pas grand monde à l’arrière pour ce cours parce que nombre d’étudiants boycottaient non le cours, mais l’enseignant qu’ils qualifiaient de trop sévère et pire adepte du chichi. A part l’étudiant à côté d’elle, la personne la plus proche se trouvait à une dizaine de sièges sur sa gauche. Elle essayait en vain de se concentrer parce que tout ce qu’elle avait en tête, c’était bien son prof qu’elle imaginait en train de la prendre dans un couloir ou sur un bureau. Avec une de ses mains, elle se caressait les cuisses pendant qu’elle rêvassait. Cette situation n’avait  d’ailleurs pas échappé à son camarade qui la matait du coin de l’œil. Gênée, elle retira brusquement sa main pour la camoufler sous la table. Mais le mal était déjà fait. L’étudiant Georges ne cessait de lancer des coups d’œil vers les frêles jambes de sa camarade. Il se rabaissait à plusieurs reprises pour essayer de voir ce qui pouvait se cacher sous la petite jupe de cette dernière. Le regard de l’étudiant  l’avait  bien mise mal à l’aise mais au même moment, ça l’excitait à fond. Alors, elle s’amusait à croiser et à décroiser ses petites et frêles jambes quand soudain, Georges prit son courage des deux mains puis posa sa main sur sa cuisse.

Elle lui lança un regard un peu confus, mais le jeune homme ne cessait de regarder le prof, l’air absorbé par ce que ce dernier expliquait. Elle se prêta au jeu et regarda aussi en direction de l’algarade. L’étudiant envoya sa main en patrouille de reconnaissance. Il commença par tripoter tout doucement la cuisse, faisant de petits mouvements, remontant du genou jusqu’à la frontière de la mini jupe sans jamais passer dessous, de l’extérieur vers l’intérieur, et hop, il redescendait. Le jeu était très agréable et plaisant à la fée. Barbara a commencé par se détendre, quand d’un mouvement ferme, le bonhomme prit ses jambes qu’il mit sur ses genoux. Elle se vit jambes écartées et jupe remontée, laissant apparaître le string bleu turquoise en dentelle. La main mit alors les doigts au service en remontant et cette fois-ci « No limit », comme dirait l’autre, tout en haut des frêles cuisses avec une petite escale au bord du string.

L’étudiante était plus que jamais excitée. Ses petites prunes au bout solide pointaient à travers son haut moulant et elle avait une envie folle de les pétrir elle-même. Pendant que discrètement d’une main, la fée se prit l’une de ses prunes qu’elle titillait merveilleusement, Georges, du bout des doigts caressait le haut de la cité fait de forêt de poils par-dessus le string. Il exerçait déjà de petites pressions sur la sentinelle de la cité bien au garde-à-vous. A suivre

Tonton D  


Libertinage

Lomé gravement malade de sécurité

          « C’est celui qui est prês des toilettes qui sent l’odeur du caca », aime à répéter feu président Eyadéma. Si tout le monde crie à l’insécurité à Lomé, c’est que la « siation » est préoccupante et qu’il faut prendre les taureaux par les cornes. Kplikplitina et ses araignées doivent agir et au plus vite.

Depuis quelques temps, la capitale togolaise se trouve particulièrement confrontée au quotidien à des braquages et agressions de toutes sortes perpétrées par des délinquants. Il ne se passe pratiquement de jour où on n’annonce des braquages, des cambriolages, des vols à main armée ici et là … La question que les Loméens et Loméennes se posent naturellement est de savoir ce qu’est devenue l’«opération araignée» annoncée à grand coup de propagande il y a un temps. Le Chef de l’Etat, nous avait-on dit, dans le souci de ramener la paix et la quiétude au sein des populations, a demandé au ministre de la Sécurité de mettre en place un dispositif sécuritaire surtout dans la ville de Lomé. C’est ainsi que l’opération «crevette», plutôt « araignée » est née. 300 agents de la police et de la gendarmerie, dotés de matériels roulant plus adéquats, de moyens de communication et de lignes téléphoniques gratuites patrouillaient minutieusement à Lomé jour et nuit pour dissuader les éventuels malfrats. Mais depuis quelques mois, les araignées et leurs véhicules 4x4 ne sont plus visibles dans la capitale. Résultante, Lomé havre de paix, renoue avec l’insécurité et le banditisme. Les cris de détresse de la population ne semblent guère émouvoir les autorités. Ont-elles du plomb dans le tympan ? Qu’attendent Faure et Houngbo pour venir au secours de la population ?

Refuge doré pour Patassé

          On n’est mieux que chez soi, dit le proverbe. Après de longues années d’exil passées au Togo, beaucoup avaient pensé à la fin du chemin de croix de l’ex-homme « Faure » de  Bangui lorsqu’il était rentré chez lui en décembre dernier à la faveur du dialogue inclusif organisé dans son pays. Eh bien non ! Le refugié centrafricain se plaît tellement de l’hospitalité légendaire à lui accordée par le Père puis le Fils et bientôt par le Saint Esprit qu’il ne veut plus retourner chez lui. Humm ! Les délices togolaises!

 Le président à la barbe potassée était lundi à Pyayung où il a tenu à honorer  la mémoire du père de la « gnassion ». Après avoir déposé une gerbe de fleurs dans le caveau familial, Ange Félix Patassé s’est confié à la presse. « J’avais sollicité de mon fils Faure de m’autoriser à revenir à Pya pour déposer officiellement une gerbe sur la tombe de mon grand-frère, car lors des obsèques il y a 4 ans, je n’ai pas pu faire cela… », a-t-il débité. Et ça change quoi dans le quotidien des Togolais ? Après avoir semé le bordel chez lui, il a fui comme un petit lapin pour se mettre à l’abri dans son refuge doré à Lomé quand ça pétait le nez à Bangui. L’autre fois il faisait la bouche comme Georges « Bouche » qu’il était prêt à attendre de barbe ferme le président de la Cour Pénale Internationale (CPI)  Luis Moréno Ocampo pour porter le même pantalon. Pourquoi a-t-il une fois encore pris la clé des champs  s’il était un vrai garçon comme il le prétendait ? Monsieur le président, Ocampo vous attend à Bangui pour éclaircir une fois de bon cette histoire de viol des centaines de femmes centrafricaines, de massacre, de crime contre l’humanité. C’est trop facile de rester à Lomé et faire le faro.

Qui aime bien ...

          Chaque fois qu’ils prennent une décision impopulaire  qui crucifie les populations, les dirigeants font des comparaisons avec ce qui se passe dans les pays voisins. Il y a quelques mois, les autorités togolaises ont décidé contre toute attente de revoir à la hausse le prix de la tonne de ciment. Raison invoquée : c’est à ce prix que le ciment se vend au Bénin et au Ghana. Alors que le ciment est produit au Togo, il est vendu plus cher aux Togolais. Après, c’est pour dégoter sans vergogne qu’ils se soucient du mieux- être de leur peuple. Hypocrites va !

          Depuis un temps, la tendance du prix du baril de pétrole est à la baisse. Le pétrole étant la principale source énergétique dans la plupart des  pays africains, les gouvernants n’ont pas hésité à baisser les prix  à la pompe pour soulager les populations. Pour ne pas être en reste, le Togo aussi a à contrecœur  revu à la baisse le prix des produits pétroliers, une diminution qui s’apparente à une hausse quand on se réfère aux prix pratiqués dans les pays voisins.

          Aujourd’hui  au Bénin l’essence est à 350 F et autour de 200F au Ghana. Curieusement, le Togo qui en toute chose se compare à ces deux pays a maintenu le prix à la pompe à 500F, presque le double du prix pratiqué dans les pays frontaliers. Quand on a posé la question à Papa Boussômékpo, il a répondu que c’est parce que nos gouvernants nous portent dans leur cœur qu’ils ont décidé de nous asphyxier car, a-t-il dit, qui aime bien, châtie bien. Ahan !

Gilberto von Atsu sort de son mutisme

          Ouf ! Un des « particules » politiques au Togo est sorti de sa léthargie. Il s’agit de la Nouvelle Dynamique « im-Populaire » (NDP). On le croyait enterré dans le sous-sol. Mais on s’est lourdement trompé. Aujourd’hui on donne raison à ceux qui n’ont cessé de dire que l’élection de 2010 fera sortir des « bitosards», pardon, des leaders politiques qui ne sont que l’ombre d’eux-mêmes.

Le président de la NDP, Gilberto  von Atsu, ex-ministre, est enfin sorti de son mutisme. Le gars n’a plus ronronné depuis que le vent des élections législatives de Potopoto l’avait emporté. Depuis cette défaite « dynamique », on susurre qu’il avait regagné son dojo de Karaté. Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) lui a servi d’alibi pour sortir de son trou. Le politicien « shaolin » et les leaders de son calibre doivent certainement jubiler sur la mise en place du CPDC qui leur a donné l’opportunité de jacasser.

          Comme ses prédécesseurs, le parti du jeune essoufflé a pondu dimanche un communiqué oiseux. C’est avec des termes de « kung-fu », c’est-à-dire enflammés qu’il critique la manière dont les RePTiles et l’opposition parlementaire mangent des repas succulents à la Primature. C’est pourquoi il entend combattre cette injustice et cette discrimination. Pour ce faire, il alerte la communauté nationale et internationale. On aura tout vu avec ces dealers, pardon, ces leaders des particules. 

Le paradoxe

          Depuis un certains temps, l’insécurité fait partie du vécu quotidien des Togolais. Les gangsters font parler d’eux dangereusement dans les divers quartiers de la capitale. Ces hors la loi défient le ministre de la Sécurité, disons plutôt qu’il n’y a pas match entre eux du moment où on observe une absence criarde des «araignées» sur les rues et les ruelles. Ainsi les braqueurs sont libres de tout marquage. Les cris de détresse de la population ne trouvent pas d’échos favorables. Le Premier ministre « Houngbossi » et son ministre de l’« insékrité », Kplikplitina n’entreprennent aucune initiative d’envergure pour dérouter ces malfaiteurs. Comme pour se moquer des gens, «Kplikplitina» organise des journées portes ouvertes sur la sécurité. N’est-ce pas-là un  paradoxe ?

          Peut-être c’est avec ces journées qu’on va annoncer des actions  coups de poing. Pour le moment, les braquages et  les vols à mains armées continuent à la vitesse de croisière. La semaine dernière, un lycéen vivant à Attiégou a été  attaqué  vers 19 heures par des bandits. La veille, c’est un conducteur de taxi-moto qui remet malgré lui sa moto à des truands armés des manchettes  tranchantes aux environs de 5 heures du matin dans le quartier Koklognipé. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Ce qu’on ne comprend pas, c’est la réussite avec laquelle ces bandits opèrent. On dirait qu’ils sont assurés de leurs sales besognes. Certains pensent même qu’ils ont des soutiens de poids. Vrai ou faux ? Si le Pm ne peut plus changer le vécu quotidien des Togolais, ne peut-il pas assurer du moins la sécurité des urnes, plutôt des citoyens ?  

Out,  « Faure-vi » veut prier !

On dirait que notre prégo veut garder Dieu pour lui tout seul. Depuis un certain temps, nos mamans du grand marché d’Adawlato ne dorment plus le sommeil. Ce n’est pas seulement les travaux de réaménagement qui les préoccupent, mais surtout la conversion « brusquementale » de « Faure-vi ».  Maintenant, lorsqu’elles sont dans le marché et qu’on prononce le nom du Fils de la « Gnassion », c’est la panique générale. Certaines sont au bord de la  crise des nerfs et d’autres tombent dans les pommes. Elles n’oublieront « jamaiment » la semaine au cours de laquelle le « p’ti » s’est rendu  trois fois à la Cathédrale de Lomé pour assister à des messes. Le jour le « plus pire » a été ce mardi que les uns ont qualifié de noir, jour  où « Faure-vi Vodoua » a assisté dans la soirée à la messe pontificale célébrée à l’occasion de la visite pastorale de son Eminence Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix.

Le jour-là, on se croirait à Lomé au temps  où il suffisait de dire « égba djô ké » pour que les enfants des gens ramassent leurs affaires et détalent comme s’ils avaient rencontré le diable en personne. Il se dit qu’on avait chassé les gens au moins trois heures avant que le « p’ti » ne pointe son nez et que vous ne verrez même pas de mouches survoler les lieux. L’endroit était quadrillé par les « mon pays » qui faisaient la « sékrité ». Il paraît qu’à cause des nombreuses gymnastiques pour ranger rapidement leurs affaires, les bras de nombreuses vendeuses commencent à ressembler à ceux  des gars qui pratiquent le sport «kankpé », c’est-à-dire le body building. Entre nous, est-ce qu’on a besoin de déployer toute une armée et chasser tous les vendeurs du grand marché avant que « Faure-vi » n’assiste à une messe ? De qui a-t-il si peur ? Ou bien veut-il capturer Dieu pour l’amener à Lomé « naoulè » ? Heureusement que Dieu n’appartient à personne.

Houngbo aux anges

Le lundi dernier,  un groupe de notaires est allé saluer « Fo Gilberto », pas celui de Siouville, mais celui qui a promis changer le quotidien des « gnassingbélandais » en six ans, que dis-je, en six mois, « Fo Houngbossi ». Selon la dame qui était à la tête de la délégation,  le but de leur visite était de présenter les vœux au Premier ministre et surtout  le féliciter pour sa nomination à ce poste. Kéi ! Où étaient-ils?

 Pour les vœux, on peut comprendre puisque nous sommes seulement dans le mois de février. Même si c’est en juin, ça ne fait « rignin ». On connaît des gens qui, jusqu’en novembre vous réclament le calendrier de l’année en cours. Alors qu’il ne reste que quelques jours au locataire de la Primature pour arriver au terme des six mois pendant lesquels il a offert le bonheur virtuel aux «Gnassingbélandais », c’est le moment qu’eux ils ont trouvé pour venir le féliciter. Mieux vaut tard que  jamais, n’est-ce pas ? Il paraît qu’il est très difficile d’obtenir une audience pour voir les Premiers ministres « Gnassingbélandais ».  Peut-être que depuis sa nomination, c’est maintenant qu’on a pu  donner une autorisation à nos chers notaires pour qu’ils puissent voir leur cher Premier ministre et le féliciter «beaucousement ». En tout cas, cette visite a énormément  plu à « Fo Houngbossi » qui riait jusqu’aux « zoreilles ».  N’en déplaise aux jaloux de ses acquis.

Liberte Hebdo # 467 du 16 fev. 2009
Libertinage : Le temps des soucis pour Fo Houngbo

            Les 6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.

            Le miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante. La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48 heures.

            Pour leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent depuis  près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole  Africaine des Métiers  de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant, c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des Auxiliaires médicaux qui étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.

La CPP sort de sa torpeur

            Ouf ! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime « Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule. Depuis que les premiers responsables ont atterri  à la mangeoire, ils se  sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de la voix.

Le parti a pondu lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ». Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive, « tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.

L’insécurité de retour

            L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres  togolais doit se faire beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak  où nous devons vivre en permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.

Depuis un certain  temps,  l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe  pratiquement de jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des citoyens  ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus  d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan.  La vie des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?

TVT, indésirable à l’EAMAU

            Les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils demandent. Passons.

            Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les vêtements,  même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. « TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces « con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils déposer leur  figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa crédibilité?

Jérémiade des CPPutains

            Dans un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et institutionnelles, le pouvoir  RPT a été arrêté par l’opposition parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux » a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.

Pour eux, les partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces gens sont tombés sur la tête.  Qui leur a dit de n’avoir aucun député pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que leurs yeux pour  pleurer.

Les « vingte »-mille dévalués

On dirait que  nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les « zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes » qui sont logées. Vrai ou faux ?

Bien qu’étant insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos « galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables, avec le système LMD adopté  cette année, une aide de 15 000F  avait été promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils n’ont pas eu les 15 000 F,  mais en plus les « vingte »-mille  ont été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir de recevoir  cette somme soi-disant destinée  à la recherche, a emprunté 15 000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due », dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?

 En ce moment, des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de l’Université de Lomé.  Au début des travaux, on croyait que c’était tout le campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ». Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains « zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.

A vos marques, partez !

Le jeudi prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le « prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa » ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise aux jaloux de ses acquis.

Ce jour là, c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter les marabouts, les puissants « goti goti » et  autres. Il se dit qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement, elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto » et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule  demoiselle qui sera élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand même.


Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et Réconciliation ?

Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la question des violences  politiques et électorales. Cette prise de langue de Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions des Consultations nationales.

Sept mois après

            En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi  à imposer leurs désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont été bouclées trois (03) mois  plus tard. A en croire les conclusions, les populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi avec les dignitaires religieux.

            Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public depuis juillet  2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait tuer !

Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre échéance électorale,  la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais, dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la volonté de faire aboutir le processus.

Des déclarations qui sèment la confusion

             La consultation des organisations religieuses devrait a priori booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.

Quel espoir pour le processus ?

            Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein du pouvoir, on se plaît  plutôt à envenimer les clivages, les frustrations. Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent : 05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…

            Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit des discours. Comme sous Gnassingbé 1er, l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté ». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les tenants du pouvoir font preuve de discrimination.

Le 05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même manière.  Jeudi dernier qui marquait  le 4ème anniversaire de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela. Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là, une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur. Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête  pour l’assassinat de Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont eux, mis aux oubliettes.

            La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.

            Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril 2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions exorbitantes pour décourager les plaignants.

            Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse du processus Vérité, Justice et Réconciliation.                     

                        Pablo E.


Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les autorités

            Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur. Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps, les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5 et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social à l’endroit des autorités togolaises.

            Ils réclament entre autres des avancements de grade avec jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire d’octobre 1999 pour d’autres.

            Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement relatif  à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de recherche et logement.

            Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail, perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.

            Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie d’avancements  et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont débuté l’auxiliariat en 2003.

            Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien n’est fait pour satisfaire  leurs conditions, le secteur de l’Education risque de connaître des jours mouvementés.                                               M.A.


Réformes politiques au Togo : Entretien entre Gilchrist Olympio et Bruno Joubert, Responsable de la cellule africaine de l’Elysée

-          Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo

De sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC), Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.

            « Les deux personnalités ont échangé sur la situation sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections propres et sans violence au Togo », nous confie une source.

            Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble des Togolais, la France souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous avons quelque chose de commun avec la France… », avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine « New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la direction de la France et de l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité ».

Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de l’année 2008, des consultations avec le Togo.

E. Pierre


Le régime à l’heure de la séduction :

Politique nationale des petits travaux, rien que des petits travaux

Depuis quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite sont destinés au  remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies, ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être pas avant longtemps.

Ces travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible ».

A défaut d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009, c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du Golfe notamment), on fait deux types de constats.

Le premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une certaine  distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des distances relativement longues une vaste couche de sable.

De là, très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo. L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière. Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose. Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux des passants et des riverains.

Le deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes) de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.

Il faut le dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ? Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale. Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.

A dire vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti, qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à classer dans « la politique des petits travaux » si cette dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des feux tricolores de l’hôtel Todman.

Eu égard à tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu  s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la présidentielle.

Prions que les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la politique des grands travaux.                      Alain SIMOUBA


Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG N’Guessan Kouadio

            Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications, celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai, les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait plutôt durcir leur position.

Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait  faux bond et exigé qu’ils reprennent leurs  cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe », a fait savoir une étudiante en 4e  année.

 Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée  plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis dans une insécurité notoire.

            Cette insécurité, selon un membre de la commission, était l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs  propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma. D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs  dans le quartier », déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.

            Vêtus de noir  et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire « Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc », « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », « Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».

Don Jean Kossi


Sans détour : Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?

            « Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)

Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance  de tous les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la perspective de la fête du 27 avril 2006.

Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical qui liait Eyadèma à notre Indépendance.

Au Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu  Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des Togolais.

Le 27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril 2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.

Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : « Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de l’indépendance.

Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable. L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés, les  jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national. Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.           

 Alain Simouba


 Ça va se savoir : Sous la table (2)

            La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.

            Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de sélection. Il fit asseoir rose sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente. Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le majeur rejoignit l’index  dans la cité, l’homme entreprit une fouille libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt sèche et maintenant avide de câlins.

            Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara » sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes, son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée. Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les barrières.

            Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes involontaires, ils renversa  des  piles de dossiers sur le bureau. C’était bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui  dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher  abondamment du venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le bureau.                 

Tonton D


Libertinage : Le temps des soucis pour Fo Houngbo

            Les 6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.

            Le miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante. La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48 heures.

            Pour leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent depuis  près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole  Africaine des Métiers  de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant, c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des Auxiliaires médicaux qui étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.

La CPP sort de sa torpeur

            Ouf ! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime « Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule. Depuis que les premiers responsables ont atterri  à la mangeoire, ils se  sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de la voix.

Le parti a pondu lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ». Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive, « tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.

L’insécurité de retour

            L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres  togolais doit se faire beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak  où nous devons vivre en permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.

Depuis un certain  temps,  l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe  pratiquement de jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des citoyens  ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus  d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan.  La vie des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?

TVT, indésirable à l’EAMAU

            Les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils demandent. Passons.

            Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les vêtements,  même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. « TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces « con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils déposer leur  figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa crédibilité?

Jérémiade des CPPutains

            Dans un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et institutionnelles, le pouvoir  RPT a été arrêté par l’opposition parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux » a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.

Pour eux, les partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces gens sont tombés sur la tête.  Qui leur a dit de n’avoir aucun député pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que leurs yeux pour  pleurer.

Les « vingte »-mille dévalués

On dirait que  nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les « zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes » qui sont logées. Vrai ou faux ?

Bien qu’étant insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos « galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables, avec le système LMD adopté  cette année, une aide de 15 000F  avait été promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils n’ont pas eu les 15 000 F,  mais en plus les « vingte »-mille  ont été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir de recevoir  cette somme soi-disant destinée  à la recherche, a emprunté 15 000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due », dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?

 En ce moment, des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de l’Université de Lomé.  Au début des travaux, on croyait que c’était tout le campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ». Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains « zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.

A vos marques, partez !

Le jeudi prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le « prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa » ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise aux jaloux de ses acquis.

Ce jour là, c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter les marabouts, les puissants « goti goti » et  autres. Il se dit qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement, elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto » et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule  demoiselle qui sera élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand même.

Liberte Hebdo # 466 du 11 fev. 2009
Réformes politiques au Togo : Entretien entre Gilchrist Olympio et Bruno Joubert, Responsable de la cellule africaine de l’Elysée
Yahoo! Personals
 
-   Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo
De sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC), Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.

« Les deux personnalités ont échangé sur la situation sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections propres et sans violence au Togo », nous confie une source.

Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble des Togolais,
la France souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous avons quelque chose de commun avec la France… », avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine « New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la direction de la France et de l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité ».

Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de l’année 2008, des consultations avec le Togo.

E. Pierre


Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et Réconciliation ?

            Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la question des violences  politiques et électorales. Cette prise de langue de Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions des Consultations nationales.

Sept mois après

            En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi  à imposer leurs désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont été bouclées trois (03) mois  plus tard. A en croire les conclusions, les populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi avec les dignitaires religieux.

            Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public depuis juillet  2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait tuer !

Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre échéance électorale,  la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais, dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la volonté de faire aboutir le processus.

Des déclarations qui sèment la confusion

             La consultation des organisations religieuses devrait a priori booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.

Quel espoir pour le processus ?

            Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein du pouvoir, on se plaît  plutôt à envenimer les clivages, les frustrations. Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent : 05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…

            Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit des discours. Comme sous Gnassingbé 1er, l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté ». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les tenants du pouvoir font preuve de discrimination.

Le 05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même manière.  Jeudi dernier qui marquait  le 4ème anniversaire de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela. Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là, une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur. Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête  pour l’assassinat de Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont eux, mis aux oubliettes.

            La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.

            Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril 2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions exorbitantes pour décourager les plaignants.

            Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse du processus Vérité, Justice et Réconciliation.                     

                        Pablo E.


Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les autorités

            Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur. Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps, les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5 et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social à l’endroit des autorités togolaises.

            Ils réclament entre autres des avancements de grade avec jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire d’octobre 1999 pour d’autres.

            Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement relatif  à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de recherche et logement.

            Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail, perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.

            Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie d’avancements  et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont débuté l’auxiliariat en 2003.

            Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien n’est fait pour satisfaire  leurs conditions, le secteur de l’Education risque de connaître des jours mouvementés.                                               M.A.


Le régime à l’heure de la séduction : Politique nationale des petits travaux, rien que des petits travaux

Depuis quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite sont destinés au  remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies, ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être pas avant longtemps.

Ces travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible ».

A défaut d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009, c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du Golfe notamment), on fait deux types de constats.

Le premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une certaine  distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des distances relativement longues une vaste couche de sable.

De là, très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo. L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière. Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose. Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux des passants et des riverains.

Le deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes) de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.

Il faut le dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ? Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale. Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.

A dire vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti, qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à classer dans « la politique des petits travaux » si cette dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des feux tricolores de l’hôtel Todman.

Eu égard à tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu  s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la présidentielle.

Prions que les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la politique des grands travaux.                      Alain SIMOUBA


Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG N’Guessan Kouadio

            Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications, celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai, les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait plutôt durcir leur position.

Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait  faux bond et exigé qu’ils reprennent leurs  cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe », a fait savoir une étudiante en 4e  année.

 Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée  plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis dans une insécurité notoire.

            Cette insécurité, selon un membre de la commission, était l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs  propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma. D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs  dans le quartier », déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.

            Vêtus de noir  et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire « Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc », « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », « Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».

Don Jean Kossi


Sans détour : Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?

            « Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)

Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance  de tous les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la perspective de la fête du 27 avril 2006.

Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical qui liait Eyadèma à notre Indépendance.

Au Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu  Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des Togolais.

Le 27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril 2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.

Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : « Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de l’indépendance.

Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable. L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés, les  jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national. Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.           

 Alain Simouba


Ça va se savoir : Sous la table (2)

            La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.

            Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de sélection. Il fit asseoir rose sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente. Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le majeur rejoignit l’index  dans la cité, l’homme entreprit une fouille libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt sèche et maintenant avide de câlins.

            Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara » sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes, son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée. Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les barrières.

            Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes involontaires, ils renversa  des  piles de dossiers sur le bureau. C’était bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui  dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher  abondamment du venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le bureau.                 

Tonton D

Liberte Hebdo # 465 du 10 fev. 2009
Cadre permanent : la vigilance des forces démocratiques et la question de l’impartialité du Président

On savait le pouvoir togolais pas trop adepte de la transparence. Mais avec le coup de force qui a prévalu à l’introduction  du projet de loi made by RPT portant modification du Code électoral à l’Assemblée nationale, l’obscurantisme a été étalé une fois de plus au grand jour, annonçant de facto les couleurs en perspective de ce que sera 2010 : un scrutin verrouillé d’avance et une fois le réveil des forces démocratiques a eu raison de cet obscurantisme légendaire.

Réaction fructueuse

            Le pouvoir pensait avoir fait l’essentiel en faisant passer le texte le 23 janvier au Parlement. C’était compter sans la détermination de l’Union des Forces de Changement (UFC) et du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Promptement, le mercredi 28 janvier, les deux formations politiques qui ont plus offert au peuple ces derniers temps leurs capacités à se bouffer, décident de se concerter. Des délégations de ces partis qui constituent l’opposition parlementaire se sont rencontrées et ont décidé de mettre en commun les énergies pour mener un combat efficace contre les mesures antidémocratiques et l’unilatéralisme du RPT. Ces deux partis auraient aussi décidé de boycotter les séances plénières à l’Assemblée nationale en guise de protestation à ce coup de force et de quitter carrément le processus. Joignant l’acte à la parole, leurs représentants, après avoir formulé leurs griefs, ont quitté vendredi 30 janvier la salle où avait lieu la conférence des présidents. «Le projet de loi portant modification du code électoral…marque un recul très grave de la transparence de l’organisation et de la suppression des élections. Il ruine l’autonomie et l’indépendance de la CENI en rétablissant et en renforçant l’intervention de l’Administration dans le processus. Il réintroduit des mesures supplémentaires de discrimination et d’exclusion », fait-on remarquer à l’UFC. Et à l’honorable Kossi Amégnona de préciser que « ces textes …méritent d’être discutés d’abord dans le cadre permanent de dialogue prévu par l’APG avant d’être portés devant l’Assemblée nationale ». Ils vont récidiver 72 heures après, à  la rencontre de lundi en se retirant, mettant ainsi la pression sur le pouvoir RPT. Devant ce blocage manifeste, le Président de l’Assemblée n’a eu autre recours que de porter le problème devant le chef de l’Etat.

            Outre l’UFC et le CAR, l’unilatéralisme du RPT  est dénoncé par l’opposition extraparlementaire dans son ensemble. Les forces démocratiques de la diaspora n’ont pas été du reste. C’est le cas de l’ex-ministre de l’Intérieur  François Akila-Esso Boko, dont le nom est constamment cité parmi les éventuels présidentiables. L’avocat au Barreau de Paris a fustigé cette démarche obscurantiste du pouvoir et appelé particulièrement Faure Gnassingbé à jouer franc jeu et montrer à l’opinion nationale et internationale qu’il est réellement animé d’un esprit nouveau.

 Cette  levée de boucliers a porté ses fruits. Puisque mercredi dernier, un décret a été pris créant le fameux Cadre permanent de dialogue et de concertation réclamé à cor et à cri. il a donc fallu ce tollé avant que le pouvoir ne bouge le cul.

Baisser la garde ?

            Cette concession est loin d’être une fin en soi et les forces démocratiques ne doivent pas se contenter que de ça. Les virages comportementaux faits par le RPT durant l’histoire politique du Togo ne donne d’ailleurs pas le courage à l’opposition de dormir sur ses lauriers. Au RPT, on est capable de méconnaître le soir ce qu’on a concédé le matin. Les différents accords politiques connus ont toujours  ont été toujours remis en cause par le pouvoir qui use de forcing, au dernier moment. Au RPT, la parole donnée n’a aucun sens, la duplicité et la mauvaise foi sont les  choses les mieux partagées. En tout cas, une chose est sûre, cette concession de création du Cadre permanent de dialogue et de concertation faite par le pouvoir est loin d’être un cadeau de Noël,  une offrande de bon cœur. Des pièges sont toujours posés à des endroits. Les forces démocratiques ne perdraient donc rien en restant vigilantes.

            D’ores et déjà, il se pose l’équation de l’impartialité du président de ce cadre permanent de dialogue et de concertation. Le forcing opéré par le RPT et qui a suscité la  levée de boucliers de l’opposition parlementaire et extraparlementaire a été rendu possible grâce à l’expertise de Pascal Bodjona qui a  gribouillé un projet de code électoral et l’a introduit au gouvernement. Saura-t-il être au-dessus de la mêlée quand il a déjà fait un passage en force pour la cause de son parti ? La question reste posée. D’où la vigilance des forces démocratiques.

Pablo E.


Débarquement d’armes de guerre au Port autonome de Lomé

Les Togolais savent bien que depuis son accession à la souveraineté internationale, leur pays n’a jamais eu à livrer une guerre à un quelconque Etat comme c’est le cas pour d’autres pays pour lesquels, livrer bataille est devenu une pratique coutumière. Pourtant, chaque année, le recrutement dans l’armée nationale n’a jamais connu de répit. Et Dieu sait que le rythme du départ à la retraite dans l’armée n’a aucune corrélation avec celui des recrutements. D’où un effectif somme toute pléthorique pour l’armée togolaise qui comme toutes les armées du monde, est cruellement budgétivore.

Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février dernier, un navire du nom de LEOPARD   consigné par une société de consignation de la place, aurait débarqué au Port autonome de Lomé et plus précisément au poste 4, des roquettes, lance-roquettes et munitions. Ce matériel de guerre et ces munitions seraient-ils destinés à l’armée nationale (FAT) ? Si cette hypothèse est confirmée, il y a lieu de se poser la question de savoir pourquoi une telle commande d’armement. Car, passer pareille commande supposerait que le Togo serait en guerre et que son stock de roquettes, lance-roquettes et munitions aurait été épuisé, d’où l’urgence de le renouveler.

Le Togo n’étant pas en guerre, passer pareille commande à pareil moment de la part des hommes au pouvoir, serait synonyme de faire preuve de méchanceté, en banalisant les multiples problèmes existentialistes qui minent quotidiennement la vie de millions de Togolais, pour donner la priorité à l’achat de matériel de guerre. L’Etat n’est même pas en mesure d’assurer le déplacement d’une catégorie de ses fonctionnaires à raison de 5000 FCFA par tête et par mois, sur une longue période. Alors que le carburant est à 350 F le litre au Bénin à côté, tout ce qui a pu être accordé aux Togolais c’est de le ramener de 600 à 500 F, ce qui fait dire à beaucoup que les autorités togolaises font des affaires sur le dos de leurs compatriotes.

Dans la mesure où le Togo n’est pas en guerre, ce ne serait pas aussi sans objet, de  faire le lien avec le récent redéploiement intempestif d’une impressionnante artillerie lors du 13 janvier 2009 auquel un bémol a été mis entre-temps en guise d’harmonisation avec l’esprit de réconciliation nationale tant prôné. Dans cet esprit, l’arrivée d’une telle cargaison répondrait-elle à l’idée selon laquelle, pour certains compatriotes, les autorités togolaises voudraient lancer un avertissement au nouveau pouvoir ghanéen ?

 On peut encore se demander si cette commande d’armes et munitions entre dans le cadre de la menace dernièrement adressée  aux Togolais depuis Kara.

Il y a une autre question à se poser dans cette affaire. Seraient-ce des armes commandées par la Côte d’Ivoire et qui transiteraient par le Togo ? La question n’est pas sans importance dans la mesure où, dans la même journée du jeudi 5 février 2009, tous les Togolais ont aperçu le PM ivoirien, Guillaume Soro dans leurs murs. Serait-ce une simple coïncidence ? La question reste posée.

En tout état de cause, au cas où cet achat d’armes serait fait par le pouvoir togolais pour les besoins des FAT, il y a lieu de regretter ce qui suit : Le budget togolais souffre d’un déficit à combler, les médecins togolais et le corps médical en général ont un cahier de doléances non  encore satisfait entièrement par les autorités et la menace de grève n’est pas définitivement écartée. On n’oublie surtout pas les étudiants de l’ENAM qui ont rencontré leur ministre de tutelle il y a quelques jours pour des négociations et n’auraient obtenu que des promesses. Les structures sanitaires manquent toujours de moyens pour la prise en charge des malades. Les fonctionnaires togolais traînent toujours leurs problèmes irrésolus jusqu’ici malgré le dialogue social tripartite auquel le pouvoir ne semble pas donner toute l’importance qu’il mérite.

A toutes les demandes d’amélioration de leurs conditions de vie formulées par les fonctionnaires, les étudiants et autres acteurs de la vie publique nationale, la réponse toute trouvée des autorités est : « Il n’y a pas de sou ». Et pourtant !   

Alain Simouba


Sans détour : Deux pas en avant, un en arrière ! « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas  ri. » (Chamfort)

            C’est la marche conventionnelle du RPT. Cette démarche amène toujours à se hâter lentement. Elle porte indubitablement le sceau de la mauvaise foi. Il faut reconnaître qu’il n’est pas aisé dans la vie, d’avoir affaire à des gens de mauvaise volonté et de mauvaise foi. Tous les Togolais ont souvenance des difficiles conditions dans lesquelles avait été signé le 20 août 2006 à Lomé, l’Accord Politique Globale (APG). A un moment donné, tout avait failli capoter, parce que, à l’époque, certains trouvaient dans tout ce qui allait conduire à la signature dudit accord, et avec raison, une compromission de la part de quelques-uns.

Lorsque les parties prenantes avaient abouti à la signature, le folklore traditionnel des diplomates et hommes politiques « tous proches du pouvoir » qu’on évitait d’indisposer et dont on s’efforçait de se maintenir dans les bonnes grâces, avait été mis en branle. Beaucoup avaient applaudi naïvement et au plan diplomatique, cet accord avait été salué comme étant un succès remporté par toute la classe politique togolaise et partant, par le peuple. Une partie des Togolais, les plus avertis, avaient toujours été sceptiques, et ce, jusqu’à ce jour, face à l’enthousiasme béat de ceux-là qui, de l’intérieur comme de l’extérieur vendaient la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Clopin-clopant, eurent lieu les législatives, visée principale de l’APG, d’autant plus que, c’est, selon la Communauté internationale et l’UE notamment, au sein de l’Assemblée que devraient se poursuivre les débats pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Bonne manière de se débarrasser en douceur et « par les urnes » du casse-tête togolais. « Débarqués à l’Assemblée » sans grands incidents par l’UE de Louis Michel, l’UFC et le CAR auront fort affaire au parti « majoritaire » qui n’a aucun intérêt à opérer une sérieuse réforme. L’UE, mieux que quiconque le savait bien. Tout porte à croire que cette situation l’arrangeait, d’autant plus que, face aux coups de tête du RPT, et face aux multiples réactions du CAR et de l’UFC qui réclamaient la mise en place à l’époque d’un Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) exigé par l’APG, motus et bouche cousue chez l’UE, principal parrain du dialogue intertogolais. Véritable marché de dupes!

Le parti au pouvoir a désormais les coudées franches pour donner dans la diversion. Le 19/11/07, Pascal Bodjona fut envoyé à Paris chez le leader de l’UFC. La discussion avait tourné autour de l’entrée de l’UFC dans le gouvernement. Le pouvoir, connaissant bien les exigences de Gilchrist et son inflexibilité, savait qu’il n’entrerait jamais dans un gouvernement à n’importe quel prix. Faure donnera juste l’illusion d’ouverture d’esprit. Tout porte à croire que c’était le sens de cette nouvelle entrée en discussion à Lomé avec Gilchrist.  Comme on devait s’y attendre, les discussions n’auront abouti à rien, car le pouvoir de son côté, savait que jamais, il ne ferait droit aux desiderata du leader de l’UFC.

La suite permettra à tous, de découvrir une fois de plus le RPT. Du refus délibéré du pouvoir de mettre en place un CPDC que le CAR et l’UFC auront passé un temps fou à réclamer en vain, à la modification unilatérale du code électoral, en passant par le refus d’organiser les locales avant la présidentielle conformément aux 22 engagements, et en passant aussi par la commande unilatérale des kits électroniques par le gouvernement, en l’absence d’une CENI et le piétinement du consensus retenu comme base sur laquelle devraient se prendre les décisions, le pouvoir aura suffisamment montré sa mauvaise foi et toute sa mauvaise volonté politique aux yeux des Togolais.

Si la bonne foi et la bonne volonté étaient au rendez-vous, jamais le pouvoir ne devrait se permettre, pendant que les autres réclamaient à juste titre le CPDC et une décision consensuelle en ce qui concerne la révision du cadre électoral, de foncer tête baissée et puis faire un retour en arrière aujourd’hui après que la pression fut mise sur lui par les partis politiques et la « Communauté internationale  ». Cela s’appelle perte inutile de temps !

Alain Simouba

Liberte Hebdo # 464 du 6 fev. 2009
Une bataille de gagnée pour  l’opposition parlementaire : Le RPT concède la création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation

. Première réunion prévue pour ce matin

Depuis mercredi, le ciel s’est un tout petit peu dégagé dans l’atmosphère politique togolais. Un décret portant création du fameux Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation recommandé par l’Accord Politique Global (APG) du 20 août 2006 et dont le rôle est important dans le processus électoral et de réconciliation a été pris.                     la toute première réunion de cet organe est prévue pour ce matin à la Primature. Comment en est-on arrivé là quand on sait que le pouvoir incarné par le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a toujours fait les pieds et les mains pour entraver sa création ?

Le levé de bouclier de l’opposition parlementaire

            Le vendredi 23 janvier dernier, le conseil des ministres décida l’introduction à l’Assemblée nationale de deux  projets de lois portant modification du Code électoral et statut de l’opposition. Le gouvernement venait ainsi de court-circuler   les partis de l’opposition qui s’attendaient, après la rencontre du 4 décembre  avec  le ministre de l’Administration Territoriale Pascal Bodjona, débattre du sujet lors d’une prochaine réunion en vue de l’élaboration d’un texte consensuel. La réaction de l’opposition parlementaire ne s’est pas fait attendre. Elle a rejeté en bloc le projet de loi sur le code électoral, tant sur la forme que sur le fond.

            Pour l’une des rares fois, l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont parlé d’une voix. Les deux groupes parlementaires ont tout d’abord fustigé la démarche du gouvernement, avant de toucher le fond. On a découvert dans le texte introduit plein de dispositions partisanes faisant la part belle au RPT. L’UFC fait observer que l’article 3 Nouveau sonne le glas de l’indépendance de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), transfère certains pouvoirs importants de la CENI, en matière de régularité et de la sincérité des consultations au ministère chargé de l’Administration territoriale et consacre sa mainmise sur  la CENI et celle des préfets sur  les CELI. Ce parti ressort aussi que l’article 15 Nouveau offre au RPT, fort de sa majorité au Parlement, le pouvoir de peser indûment sur la CENI en choisissant ses membres comme bon lui semble, tout en excluant les candidats de l’opposition. Les insuffisances de l’article 70 abrogé, 81 Nouveau, 88 Nouveau et bien d’autres ont été révélées.

            Le CAR et l’UFC, convaincus que le RPT veut brader les réformes institutionnelles et constitutionnelles, se sont rencontrés le mercredi 28 janvier et ont décidé  d’unir leur force  pour combattre ces démarches antidémocratiques du RPT. Ces partis se proposaient même de boycotter les séances plénières à l’Assemblée et menaçaient  de quitter carrément le processus électoral. Ils ont signifié leur humeur lors de la conférence des présidents qui s’est tenue le vendredi 30 janvier dernier, en vue de l’affection aux différentes commissions des projets de lois introduits par le gouvernement.

            La rencontre s’est terminée en queue de poisson, le CAR et l’UFC exigeant le retrait pur et simple des textes. Des déclarations des présidents des deux groupes parlementaires, on retient la dénonciation du manque de consensus. il a été aussi dénoncé l’unilatéralisme du RPT et l’abscence du Cadre permanent de dialogue et de concertation. «Nous avons fait remarquer que la plupart des textes qui nous étaient soumis relevaient de l’Accord Politique Global (APG), donc nécessitent le dialogue et le consensus, et qu’en l’absence de dialogue et de consensus, le gouvernement ne peut unilatéralement adresser  à la représentation nationale des textes qui relèvent de l’APG en vue de leur adoption. Il n’est pas question que ces textes soient examinés aussi bien en commission qu’en plénière sur la base de la volonté unilatérale du RPT. Nous demandons le retrait pur et simple de ces textes… », a pesté Jean-Pierre Fabre, le président du groupe parlementaire UFC. « Le texte  que nous avions eu à affecter est un texte hautement politique et nous avons demandé justement à la conférence des Présidents de se référer à l’Accord Politique Global qui a prévu un Cadre permanent de dialogue dans lequel on doit normalement discuter d’abord de ces textes avant qu’ils reviennent à l’Assemblée Nationale. Donc nous avons demandé que ces textes soient retirés et retournés au Cadre permanent d’abord… », a renchéri son alter ego du CAR, Kossi Amégnona. Ce sont les mêmes  griefs qui ont été ressortis lors de la rencontre de lundi 02 février entre les présidents des Groupes Parlementaires. Et comme lors de la rencontre du 30 janvier, les députés du CAR et de l’UFC se sont retirés de la salle.

Bras de fer productif…mais vigilance !

            L’opposition parlementaire peut se réjouir car le bras de fer qu’elle a engagé avec le pouvoir semble porter ses fruits. Le Conseil des ministres a donc concédé la mise en place du fameux Cadre permanent de dialogue et de concertation réclamé. Et selon les indiscrétions, le texte à problème portant code électoral aurait  aussi été retiré. Au CAR et à l’UFC, on peut s’estimer heureux. L’opposition parlementaire vient ainsi de remporter une bataille. Mais le pouvoir a-t-il fait ces concessions pour les beaux yeux du CAR et de l’UFC ?

            Voilà la question que l’on devrait se poser. Quand on connaît la vraie nature du parti au pouvoir, on devrait plutôt tempérer les ardeurs et rester vigilant. Le RPT est passé maître dans l’art de la duplicité, de la ruse et la mauvaise foi est la chose la mieux partagée dans ce parti, que certains se plaisent à appeler une secte au regard de la place réservée à ces «vertus» de bas étage. A travers l’histoire politique du Togo, le RPT a montré qu’il  n’est pas un parti à qui on peut se fier. « Le RPT reprend toujours par la gauche ce qu’il donne par la droite. L’opposition parlementaire doit éviter de dormir sur ses lauriers, et donc avoir ses sens en éveil », confie un compatriote.

            Les comportements des tenants du pouvoir lors des nombreux pourparlers sont assez illustratifs. Le pouvoir est capable de ravaler son vomi, de remettre en cause le soir sa parole donnée le matin. Le RPT ne fait aucune concession sans arrière-pensée, il sait toujours là où il peut gruger. Me Agboyibo était le président  du directoire du dernier dialogue intertogolais qui a abouti à la signature de l’APG, mais cela n’a pas empêché que ce texte fasse  l’affaire du RPT. Il était Premier ministre lors de l’échéance électorale du 14 octobre 2007, mais cela n’a pas empêché  le RPT de s’en sortir haut les mains.

            La vigilance reste donc de mise.

Pablo E.


Présidentielle 2010 : Retour sur les promesses de Faure aux Togolais en avril 2005

Hier c’était le 5 février, une date que les Togolais ne sauraient évoquer sans un double pincement au cœur. Le premier c’est la perte d’un être humain qui nous était tous familier. Nous ne dirions pas cher, mais familier. Les Togolais auraient aimé voir aujourd’hui le Gal Eyadèma, en tant qu’ancien chef de l’Etat à la retraite depuis 2003, se pavanant dans les rues de Lomé, de Kara ou de Pya et avec qui, amicalement, ils échangeraient des salutations de la main comme cela se passe entre Kérékou et ses concitoyens. Que cela aurait été beau ! Mais deux fois hélas ! Que la terre lui soit tout de même légère.

Le deuxième pincement au cœur, est l’irruption d’un illustre inconnu de la grande majorité des Togolais, en la personne de son fils Faure Essozimna à qui, d’une manière impromptue, dans cette nuit fatidique du 5 février 2005, une brochette d’officiers supérieurs des FAT prétendait faire allégeance et apporter son soutien pour continuer l’œuvre de son père dans la République. La pilule fut difficile et très amère à avaler au peuple. Nous ne reviendrons plus sur les contorsions juridico-politiques du clan pour en arriver à ce que le peuple vit aujourd’hui, mais il nous plaît, pour consigner et consolider la mémoire active des Togolais, de rappeler que c’est bien plus tard, dans la nuit du 22 au 23 avril de cette année-là, que la chose devint claire pour tous : certains avaient fait allégeance contre leur gré.

Faure Gnassingbé qui deviendra, après un simulacre d’élection amenée elle-même par un simulacre de retour à la légalité constitutionnelle avec la complicité de la CEDEAO et sous le couvert d’un certain Jacques Chirac, déterminé à l’époque à enterrer les Togolais même vivants et sans pitié, lors de sa campagne électorale il y a 4 ans, fit un chapelet de promesses qui se révèlent  aujourd’hui un catalogue de vœux pieux. C’est ce catalogue de promesses consignées dans une sorte d’opuscule dénommé : « Mon engagement pour le Togo » et dont nous laissons l’appréciation du degré de réalisation aux lecteurs et à tous les compatriotes, que nous avons choisi exprès la date de ce double événement pour servir au peuple et amener ce dernier à réfléchir dès maintenant et assez profondément sur l’échéance de 2010, vu la bougeotte qui s’est emparée de Faure et vu ses opérations de charme qui risquent de ne séduire personne.

Nous avons reproduit intégralement  cet ouvrage en prenant simplement soin d’apporter des virgules là où elles manquent et procéder à de petites corrections syntaxiques. « Qu’est-ce qui fait tant courir le leader nouveau, esprit nouveau, depuis quelques mois ? ». Se demandent beaucoup de Togolais. Ce programme, pensent les Togolais, aurait été réalisé au moins à 75% que Faure serait tout tranquille aujourd’hui, qu’il aurait carte blanche pour faire le dos rond devant ses compatriotes. Cela fait mal de savoir que de loin, des gens dans ce pays continuent après tant d’années de duperies et de mesquineries de toutes sortes à l’endroit de ce peuple, après tant d’années de flagorneries, à considérer qu’ils peuvent toujours continuer à tirer les Togolais du dernier des paysans au dernier des cadres par le bout du nez. Prendre les autres éternellement pour des malfamés, des cancres, cela fait mal au cœur, très mal au cœur.

Voici le contenu de l’opuscule flatteur de celui qui court aujourd’hui à la conquête de l’estime des millions de Togolais déconcertés, désabusés et menés ces derniers temps dans la flagornerie la plus révoltante.

Alain Simoub


Face à leurs conditions de travail déplorables : Les enseignants observent depuis hier une grève de 48 heures

 Ils réclament des états généraux de l’Education

Les enseignants des écoles publiques n’en peuvent plus de supporter leurs conditions de travail inadmissibles et observent depuis hier un mouvement de grève de 48 heures, pour inciter les autorités togolaises à prendre en compte leurs revendications.

A la veille du mouvement, le ministre des Enseignements primaire et secondaire Yves Madow Nagou avait sorti un communiqué dans lequel, il invite la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) à surseoir à la grève. « Suite au mot d’ordre  de grève lancé par la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale sur la base d’un certain nombre de préoccupations, des discussions sont ouvertes avec les représentants de cette Fédération. Actuellement, les primes de déplacement des directeurs et les dépenses diverses de fonctionnement  sont en cours de payement au niveau de chaque région. Les discussions se poursuivent pour que satisfaction soit donnée aux autres revendications », indique le communiqué.

Malgré la sortie du ministre, les enseignants ont tenu à manifester. Hier tous les établissements scolaires publics à Lomé ont fermé leurs portes et les élèves ont été priés de rentrer chez eux.

Selon le Secrétaire Général de la FESEN, Essozina Boyodé, les réponses données par le ministre des Enseignements primaire et secondaire et son collègue de l’Economie et des Finances lors de leurs  négociations n’ont pas été convaincantes.

Par rapport aux primes dont parle le ministre, M. Boyodé estime que c’est une goutte d’eau dans la mer. « Ce sont des fonds de menues dépenses. Ça fait à peine 300 millions qui sont décaissés et qui viennent d’être déversés dans les préfectures et  au niveau des DRE. Or nous avons besoin des craies, des cahiers, des registres, des tables-bancs…Nous sommes en février et les chefs d’établissements n’ont rien. Ils font sortir l’argent de leur proche pour payer des bâtons de craie aux enseignants pour écrire. Depuis octobre jusqu’aujourd’hui, les enseignants volontaires ne sont pas payés. Comment peuvent-ils enseigner ?», se demande-t-il.

M. Boyodé estime que les établissements font face à d’interminables problèmes et recommande des états généraux de l’éducation. « Les  indemnités de fonction à part le préscolaire et le primaire  sont bloquées depuis avril 2008 pour les chefs d’établissements, les inspecteurs…Il y a plein de problèmes dans l’éducation et si les autorités veulent les prendre un à un, elles ne vont jamais s’en sortir. Il faut des états généraux de l’éducation pour prendre en compte tous les problèmes », préconise-t-il.

En effet, parmi les problèmes soulevés par la FESEN, on peut souligner les conditions de vie et de travail difficiles des enseignants, des apprenants et personnels d’encadrement; la non réalisation des mesures d’accompagnement annoncées à la suppression des frais de scolarité ; le retard accusé dans l’adoption du décret relatif aux indemnités de fonction des chefs d’établissements du secondaire 1er et 2e cycles, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques ; la non reconnaissance par le gouvernement des enseignants des écoles spécialisées ; la non interpellation des premiers responsables de l’Enseignement Confessionnel par le gouvernement en vue d’aplanir les problèmes des enseignants de cet ordre. C’est sur la base de ces revendications que la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale a appelé tous les enseignants et élèves sur toute l’étendue du territoire national à rester chez eux  hier et aujourd’hui.

Au dernier trimestre 2008, le gouvernement avait décrété l’école primaire et le préscolaire gratuits sans préparer au préalable un budget conséquent en fonction du manque à gagner.

Ainsi du jour au lendemain, les écoles se sont-elles retrouvées dans le dénuement matériel total, sans livres pour élèves ni livres pédagogiques pour enseignants, ni outils de travail.

M.A.

 

 
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