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Liberté Hebdo # 468 du
24 fev. 2009 |
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Interview exclusive de Patrick Lawson : « Ce que nous
avons entendu au sortir de la réunion du 17 février, ne reflète en rien la
réalité des débats » |
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Le premier vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), Patrick
Lawson, se prononce sur les discussions au sein du Cadre permanent du
dialogue et de concertation (CPDC). Dans cette interview, il revient sur la
séance du mardi 17 février qui a abouti à la suspension des travaux, la
question de la facilitation et expose les préoccupations de son parti en ce
qui concerne les réformes politiques. Il affirme en outre que son parti n’a
jamais rencontré le chef de l’Etat depuis le démarrage des travaux du CPDC.
« Nous sommes un peu surpris. Nous avons pris contact également avec nos
collègues du CAR qui ne semblent pas être informés aussi d’une telle
rencontre. C’est vous dire que nous travaillons dans une certaine
ambivalence aujourd’hui qui pourrait nuire au résultat de nos travaux »,
déclare-t-il. Lisez plutôt. |
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Monsieur
le Président, pourquoi faites-vous de la question du recours à la
facilitation une nécessité ?
Gouverner, c’est prévoir. Prévoir, c’est organiser et envisager l’avenir
avec sérénité. C’est dire que nous ne voudrions pas faire croire aux
populations une fois encore que tout va bien sans envisager que c’est une
œuvre humaine que nous accomplissons et qui peut être pleine d’embûches.
C’est ainsi que la question de la facilitation se pose.
Pour faire simple, le chef de l’Etat a
pris un décret qui englobe en un, deux chapitres importants de l’Accord
politique global issu du dialogue inter togolais de Ouagadougou.
Les
réformes politiques sont prévues pour être faites dans un temps donné dans
le but d’aller vers des élections apaisées, équitables et vers la
réconciliation nationale. Il s’agit des réformes politiques (conditions de
participation aux élections, réformes institutionnelles et
constitutionnelles). Des sujets qui ont toujours divisé les Togolais et qui
les ont exposés aux violences meurtrières inouïes. Dans ce domaine, il n’est
pas évident que les ententes soient harmonieuses. Et jusqu’à ce que nous
retrouvions l’harmonie et la concorde nationale, nous avons encore besoin
d’être accompagnés par les amis du Togo et nos partenaires en développement
qui n’acceptent de nous aider qu’à condition d’organiser des élections
libres, transparentes et équitables, et la bonne gouvernance politique. Et
donc, conformément à l’esprit de l’APG, le consensus doit prévaloir et le
recours à tous ceux qui peuvent nous amener à nous entendre pour sortir de
cette crise s’impose : d’où la nécessité du dispositif de la facilitation.
Si en définitive, on n’en a
pas
eu besoin, tant mieux pour nous tous.
Le
deuxième chapitre concerne tous les problèmes qui peuvent survenir après
cette paix retrouvée et qui concerne la gestion quotidienne du pays et tous
les autres problèmes d’intérêt national. Un chef d’Etat issu d’élections
transparentes, jouira de légitimité populaire. De plus, les fonctions
régaliennes de l’Etat l’autorisent à consulter qui il veut et quand il veut.
Point n’est besoin que le chef de l’Etat recourt à un facilitateur pour
savoir s’il doit lutter contre la vie chère, doter le pays
d’infrastructures, relancer la croissance économique, lutter contre les
licenciements. Il lui est loisible de consulter qui il veut, comme il veut
et quand il veut chaque fois qu’il le jugera nécessaire et utile pour la
nation. C’est cette confusion qui bloque les travaux du CPDC. En lisant bien
le décret, vous vous rendriez compte.
Dans les dispositions générales, l’article premier prévoit : « Il est créé
un Cadre permanent de dialogue et de Concertation (CPDC) pour connaître des
questions d’intérêt national » alors que l’article 2 dispose : « Le Cadre
permanent de dialogue et de concertation regroupe les partis politiques
représentés à l’Assemblée
nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le Gouvernement…
».
Dans les attributions et fonctionnement, l’article dit : Le CPDC est chargé
:
-decréer,
par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation
des institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et
des principes démocratiques et républicains notamment :
. la constitution ;
. la charte des partis politiques ;
. le code électoral et la régularité des scrutins ;
. les prérogatives constitutionnelles des institutions ;
. l’accès équitable aux médias d’Etat ;
. les droits et devoirs de l’opposition ;
. le code de bonne conduite.
-et de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de
la culture citoyenne au sein des populations ».
Et c’est cet article 3 qui prend pour le compte du CPDC, les attributions
visées par l’APG. Les points listés par cet article sont hautement
politiques, ont divisé les Togolais et sont les problèmes qui nous ont
conduit aux différents dialogues avec facilitateurs, singulièrement au
dialogue inter togolais d’août 2006.
La main sur la conscience, serait-il responsable de notre part de penser que
ces problèmes seraient réglés au point de ne pas prévoir des amis qui
peuvent nous aider en cas de difficultés ? C’est la raison et nulle autre,
qui nous a amenés à demander au CPDC de prévoir cet arsenal et éviter de ne
chercher des issues qu’une fois face aux difficultés.
Que
s’est-il passé donc le mardi 17 février 2009 dans la salle de conférence de
la Primature
?
Je
voudrais dire que si d’autres ne s’étaient pas répandus sur le sujet
publiquement à la sortie de ce jour, je me serais gardé de le faire.
Mais ce que nous avons entendu dire ne reflète en rien la réalité des
débats. En effet, la question de la facilitation n’a pas permis dès la 2ème séance
d’adopter le Règlement intérieur. Or, toute organisation humaine qui
n’adopte pas des règles de conduite dès le départ, est vouée à l’échec. Et
nous avons soutenu cette position dès le départ.
Seulement, pour prouver notre bonne volonté et justement pour ne pas donner
l’impression de vouloir bloquer les travaux du CPDC, nous avons accepté que
les débats se poursuivent sur les autres points.
De peur d’accumuler les points de désaccords sans prévoir qui nous aidera
d’une manière neutre à les régler, le CAR et l’UFC ont demandé qu’à la
séance du 17 février, ce point qui n’est pas un simple problème de forme,
soit discuté et réglé.
En dehors de notre position qui a consisté à dire : « En raison de la crise
de confiance au plan national, l’UFC demande le recours à la facilitation en
cas de blocage des discussions sur tous les sujets relatifs aux réformes
politiques (loi électorale ; réformes constitutionnelles et
institutionnelles) prévues par l’APG. Pour ce faire, l’UFC demande une
suspension de séance jusqu’à vendredi 20 février inclus. Cela permettra aux
représentants de l’UFC d’aller rendre compte à leurs mandants et que chaque
composante du CPDC en profite pour un temps de réflexion.
le CAR a dit : « Nous
soutenons le principe de la suspension et demandons qu’on en profite pour
permettre au représentant du Président du cadre, de rendre compte au chef de
l’Etat dans le but de contribuer à rechercher une solution ».
Le RPT a dit qu’« il faut poursuivre les travaux ; cela nous évitera de
remettre en cause les acquis auxquels nous sommes parvenus ».
Le gouvernement a déclaré: « En dépit des divergences sur un éventuel
recours à la facilitation, les représentants du gouvernement demandent que
les discussions se poursuivent et qu’en cas de blocage, un recours soit fait
au chef de l’Etat ».
Mais le président du CPDC a refusé de publier leurs positions pour tenter de
jeter l’UFC en pâture. Faire croire que cette demande de suspension, somme
toute salutaire pour une poursuite lucide de nos débats, est l’œuvre de la
seule UFC qui voudrait voir échouer les travaux du CPDC, est une véritable
inexactitude qui ne correspond pas à ce qui s’est passé et que je viens de
vous relater.
S’il y a des membres du CPDC qui recherchent le consensus et cherchent à ce
que ces dissensions aboutissent, c’est bien l’UFC. Car, les lois scélérates
qui ont régi les processus électoraux au Togo ont fait trop de victimes. Ce
que nous ne voudrions plus pour la terre de nos aïeux.
Jeudi dernier, il a été fait état
d’une rencontre entre le chef de l’Etat et les partis politiques. Que
peut-on retenir de cette rencontre ?
A ce que je sache, les partis membres du CPDC n’ont pas rencontré le
chef de l’Etat depuis que nous avons commencé à travailler sur les sujets de
l’heure. Depuis le 17 février, il y a une suspension qui donne le temps de
réflexion à chacune des composantes. Mais nous apprenons un peu partout
qu’une rencontre aurait eu lieu avec le chef de l’Etat. Nous sommes un peu
surpris. Nous avons pris contact également avec nos collègues du CAR qui ne
semblent pas être informés aussi d’une telle rencontre. C’est vous dire que
nous travaillons dans une certaine ambivalence aujourd’hui qui pourrait
nuire au résultat de nos travaux. Voyez vous-même, c’est par voie de presse
qu’on a appris qu’on a rencontré le chef de l’Etat. Nous sommes allés
acheter Togo-Presse pour voir de quoi il s’agissait et on a lu le communiqué
disant que le Chef de l’Etat a rencontré les membres des partis
politiques. A l’heure où nous parlons, nous ne connaissons ni la teneur des
discussions ni les composantes qui ont rencontré le chef de l’Etat. C’est
vous dire qu’en réalité, le Cadre permanent de dialogue et de concertation
est prévu pour être un fourre-tout et ne sied pas en principe aux
discussions ayant trait aux réformes politiques. Mais c’est ce qu’on nous a
proposé, c’est pour cela que nous nous battons pour que ça puisse bien se
dérouler. Donc nous n’avons jamais été invités par le président du CPDC.
J’espère que bientôt on identifiera les partis qu’il a rencontrés.
Après ces quelques jours de réflexions et de suspension, quelle est votre
position sur la question de la facilitation ?
Notre position est celle qui consiste à rassurer. Je vous l’ai dit tout à
l’heure, nous sommes des humains et nous nous connaissons. Les sujets dont
il s’agit sont des sujets hautement politiques et qui préoccupent les
Togolais. Nous disons tout simplement qu’il arrivera un moment où il nous
serait difficile de trouver des solutions comme dans du beurre. Et si ce
moment advenait, que ce ne soit pas en ce moment qu’on aille chercher qui va
nous aider à nous comprendre et à résoudre les problèmes. Recherchons-le dès
maintenant et s’il advient qu’il n’a servi à rien, nous dirons tant mieux.
Mais nous disons qu’il faut mettre à profit ce temps pour aller vers
l’acceptation du principe d’un facilitateur. Voilà ce que nous avons fait
pendant ce temps. Nous avons eu des contacts avec nos populations, avec le
bureau national et avec le groupe parlementaire UFC. Ils nous ont dit que
notre analyse est bonne et correcte et qu’il faut prévoir cette facilitation
pour que le Togo ne retombe pas dans une situation de blocage.
A
un an de la présidentielle, pensez-vous qu’on puisse discuter de tous les
problèmes ayant trait aux réformes institutionnelles et constitutionnelles?
Nous, nous pensons qu’il est possible qu’on puisse discuter de ces
problèmes. Mais nous pensons également que ce n’est pas une honte que de
prévoir que des amis puissent nous aider en cas de difficultés. Donc, notre
préoccupation c’est que rapidement on puisse finir la loi électorale pour
permettre à nos partenaires et bailleurs de fonds d’enclencher le processus
électoral. Nous sommes également préoccupés par le contenu de ces textes. Le
contenu de ces textes qui nous évitera à l’avenir les affres du passé. C’est
pour cela que nous essayons de trouver l’équilibre nécessaire dans la
composition de la CENI, de même que les points qui ont posé des problèmes
par le passé. Nous discuterons forcément et clairement sur les conditions
d’éligibilité, donc de participation à ces prochaines élections. Nous
discuterons de la situation des Togolais qui peuvent être omis sur la liste
électorale. Quel sort leur sera réservé ? Ce sont des problèmes qui nous
préoccupent. De l’autre côté, nous discuterons des réformes
institutionnelles et constitutionnelles ; par exemple, de la réforme de
la Haute Autorité
de l’Audiovisuelle et de la Communication pour qu’elle devienne un organe de
régulation et non une institution à la solde du régime. Nous voudrions nous
pencher là-dessus. Il en est de même de
la Cour constitutionnelle. Désormais, nous
voudrions que
la
Cour Constitutionnelle elle-même puisse aller chercher les résultats
dans les bureaux de vote et pouvoir faire l’état de rapprochement avec ce
qu’amènera
la
CENI, etc. Dans les discussions que nous avons, nous avons d’autres
problèmes très importants, le financement des partis politiques qui n’est
pas un problème réglé puisque le critère choisi ne permet même pas aux trois
partis à l’Assemblée nationale d’en bénéficier et nous ne savons pas comment
cette répartition est faite. Il y a la question du statut de l’opposition
qui, face à tous les problèmes qui se posent, devient aujourd’hui une cerise
sur le gâteau parce que des problèmes de loin plus sérieux sont posés
actuellement. Et je n’oublierais pas
la Cour des comptes qui doit être mise en place
pour un meilleur contrôle, une meilleure gouvernance économique dans le
pays. C’est seulement avec
la
Cour des comptes que l’Assemblée nationale pourra également exercer son
contrôle sur l’exécutif. En ce sens que sans la Cour des comptes,
aujourd’hui, nous ne pouvons pas avoir ce qu’on appelle la loi de règlement.
Voilà, grosso modo ce qui nous préoccupe et nous voudrions qu’on puisse le
faire consensuellement et être aidées pendant cette période.
Votre adversaire politique souhaiterait que vous mettiez un peu d’eau dans
votre vin, qu’en dites-vous?
Je
ne sais pas ce que ça veut dire parce qu’à chaque fois qu’on nous a dit de
mettre de l’eau dans notre vin, on en a mis et on s’est rendu compte que
finalement on buvait de la mauvaise eau puisqu’il n’y a même plus de vin,
il y a eu trop d’eau. C’est pour vous dire tout simplement que nous ne
sommes en rien aujourd’hui exigeants sur un point. Avoir recours à la
facilitation conformément à l’APG, est-ce que c’est demander trop ? Nous ne
demandons pas la facilitation pour tous les problèmes à caractère national
qui pourront surgir au Togo. Nous insistons sur les problèmes qui nous ont
divisés et qui nous ont amenés au dialogue. Ces problèmes, nous n’avons pas
achevé leurs discussions, on veut les achever, il faut que nos partenaires
en développement, ceux qui aident dans le processus électoral puissent être
là, et qu’un facilitateur puisse aider, pas forcément pour nous imposer
quelque chose mais pour nous aider à nous comprendre peut-être, c’est ce que
nous disons. En quoi nous sommes extrêmement exigeants ? Je ne vois pas.
Maintenant sur la composition de
la CENI, nous avons fait beaucoup de
concessions d’ailleurs. Puisque notre souhait était de ne pas voir du tout
un membre du gouvernement dans
la
CENI, nous avons fini par accepter qu’il en ait un qui puisse servir de lien
entre le gouvernement et la CENI, dans les cas où
la CENI
aurait besoin des services de l’Etat. Nous l’avons accepté de bon cœur. Nous
avons contribué à ce qu’on trouve une solution pour la représentation au
titre de la société civile, pour les partis politiques, ce n’est pas nous
qui faisons les calculs mesquins. Ce que nous avons dit est le suivant : il
faut rechercher un certain équilibre. Qu’est-ce que nous appelons équilibre
? Pour le RPT et le gouvernement, ils sont majoritaires à l’Assemblée
nationale en sièges. Nous, UFC et le CAR, nous sommes majoritaires en voix.
Ce sont ces voix-là qui ont permis de redistribuer les sièges ;
malheureusement le découpage électoral inique et l’achat des consciences
n’ont pas permis de proclamer les résultats reflétant la volonté populaire.
Mais pour cette raison et faire court, nous avons dit qu’il n’est pas
nécessaire qu’on continue à se chamailler sur ces deux notions mais
considérons qu’il y a une partie qui est majoritaire en voix et l’autre qui
est majoritaire en siège, trouvons l’équilibre. Et l’équilibre qu’on a
trouvé c’est six pour chaque composante mais quand une composante demande à
l’autre à connaître comment elle va répartir le nombre qu’elle a obtenu en
son sein. A partir de là, cette composante qui est le pouvoir se mêle de ce
qui ne la regarde pas. Voilà des problèmes, ils sont simples, nous ne voyons
pas qu’on formule des exigences qui ne peuvent pas trouver de réponses
aujourd’hui. Et c’est en cela que nous sommes inquiets. Sur des sujets qui
sont aussi accessibles, on ne parvient pas à nous entendre. Qu’est-ce que ça
va être avec des problèmes beaucoup plus ardus. Et nous disons donc qu’il
faut dès maintenant qu’on se prémunisse en recherchant un facilitateur.
Qu’est-ce qui sous-tend la tournée de sensibilisation qu’a entreprise votre
parti depuis quelques semaines ?
En
fait, c’est une demande forte des populations qui veulent comprendre ce qui
se passe. Ces populations nous encouragent à aller dans la voie de la
clarté, afin que les prochaines élections ne soient plus conflictuelles et
sanglantes. Elles se disent partout prêtes pour nous soutenir dans toutes
les actions républicaines que nous envisagerons.
Au Togo, on oublie souvent que les manifestations même de rues, sont prévues
par
la République
et l’Etat de droit. Ce sont des moments de symbiose et d’encouragement pour
nous.
réalisée
par Didier Ledoux
Financement de
la Presse : Un vœu pieux des autorités ?
Nous étions en 2008 lorsque les autorités togolaises, conformément au code
de la presse et de la communication, prirent en conseil des ministres un
décret portant aide de l’Etat à la presse. Dans un premier temps, cette aide
à la presse avait été envisagée pour être effective dans le courant de la
même année. Puis, prétextant que l’année 2008 allait presque à son terme,
les autorités auraient décidé après, de reporter la matérialisation de
ladite aide sur l’année 2009. L’enveloppe prévue à l’époque s’élevait à 300
millions de FCFA que les médias privés (radio, télé et presse écrite)
étaient sommés de consommer avant le 31 décembre 2008. Rapidement une équipe
s’était constituée pour étudier les modalités d’attribution. Rappelons que
ce qui avait été voté par l’Assemblée à l’époque et pour le compte de
l’année 2008 était de 50 millions et qui avait été jugé insuffisant par
certains partis.
On en était là, lorsqu’au début de cette année 2009, le
président de
la
République, lors de la présentation des vœux, informa les bénéficiaires,
qu’il faisait passer cette enveloppe budgétaire de 75 millions (?) à 350
millions de francs CFA. Globalement dans cette histoire d’aide à la presse,
c’est du flou. Que sont devenus entre-temps les 300 millions de francs
retenus en 2008 pour être distribués à la presse à titre d’aide ? Depuis la
première semaine de janvier jusqu’à ce jour, plus rien. La moindre
information ne circule plus à propos de cette aide à la presse. Un flou
complet sur la période de son effectivité prévaut. Dans une telle situation
de flou, n’est-on pas en train de s’acheminer vers la fin de l’année 2009
sans que les directeurs de médias privés ne puissent entrer dans ces fonds,
étant donné qu’au Togo les effets d’annonce ont pris le pas sur la
concrétisation des intentions ? S’achemine-t-on vers un report bis sur 2010
?
Cela ne doit être une surprise pour personne, car nous
sommes au Togo où tout est possible. De toutes les façons, depuis leur
création, certains média privés se sont toujours débrouillés avec leurs
propres moyens, (un à 15 ans, voire plus pour certains médias) sans l’aide
de l’Etat et ce n’est pas l’annonce ou l’attente d’une éventuelle aide de
l’Etat qui va constituer un frein au fonctionnement normal de ces structures
de communication. Il n’est pas inutile de faire un rapprochement entre
l’aide de l’Etat aux partis politiques et celle à la presse pour dire qu’il
suffit pour l’Etat de prendre pour une fois l’initiative de donner le coup
de pouce aux institutions privées pour y voir une œuvre extraordinaire à
leur endroit. Or, dans d’autres pays d’Afrique, c’est une pratique tout à
fait normale qui passe sans sourciller. Pour la première fois au Togo que
cela doit se passer, on semble en faire l’EVENEMENT du siècle.
Pour peu qu’une fois l’Etat décide de concéder un avantage
à des structures créées par le privé, il faut déplorer l’esprit mesquin et
obscurantiste dont on entoure la chose. Il n’y a qu’à se rappeler la «
querelle » ou la polémique inutile créée par le RPT et le pouvoir à
propos des critères de répartition des 100 millions destinés aux partis
politiques. Or les textes avaient déjà réglé le problème de manière
explicite et sans aucune ambiguïté. Entre-temps, le pouvoir avait prétendu
avoir déjà remis à chaque parti le chèque relatif à sa quote-part. Et au
même moment certains déclaraient n’avoir absolument rien reçu.
Pour ce qui est des journaux privés, aujourd’hui sur tout
le territoire, on en dénombre un peu plus de 80 journaux privés. Pour la
radio, on comptabilise environ 80 chaînes et une douzaine de chaînes de
télévision privée. Il convient de signaler dans ce lot de plus d’une
quatre-vingtaine de journaux privés, des confrères que l’on s’amuse à
désigner parfois sous le vocable sans méchanceté de « raromadaire »,
parce que ne respectant pas le rythme hebdomadaire de parution. Face à cette
pléiade de journaux privés, de radios et de télés (au total environ 175
médias), quelle est la consistance même de la quote-part qui devra en
définitive revenir à chacun des directeurs de média ? Faites le calcul et à
vos stylos !
De grâce, que les autorités se prononcent et situent
clairement les responsables de médias sur le chronogramme à propos de la
jouissance effective de ce don. Assez de ces effets d’annonces. Et si
l’octroi de ces fonds ne tient plus, qu’on se dépêche d’en faire part aux
ayants droit, plutôt que de les laisser dans une attente
indéterminée.
Alain Simouba
Ministère de la Santé : Le ministre Komlan Mally accusé de népotisme et
d’attribution de marchés gré à gré
Au Togo, le népotisme étant la
chose la mieux partagée, chaque heureux nommé à un poste ministériel fait
entrer des membres de sa famille, de son village ou de son ethnie dans le
département dont il a la charge. Dans de pareilles conditions, le pas est
vite franchi pour les dérapages. Actuellement, beaucoup de personnes,
surtout les partenaires du Togo, se plaignent de la manière dont le
ministère de
la
Santé est géré.
L’ancien Premier ministre Komlan Mally à qui a échu ce portefeuille lors du
dernier remaniement, est accusé d’avoir fait des recrutements qui ne cadrent
pas avec les dispositions des textes relatifs à
la Fonction Publique
au Togo. Il a engagé un certain Assedi qui n’est pas un agent de la fonction
publique et qui était avec lui à la Primature. Nommé Attaché de cabinet à la place d’un agent de l’Etat qui est
affecté et garé dans un autre service, le sieur Assedi serait payé sur le
budget des différents centres hospitaliers. Selon les informations en notre
possession, il règnerait en maître dans ce ministère et mènerait ses
collègues par le bout du nez. « Il joue au super cadre du ministère et il
n’a d’égards pour personne. Comme c’est l’un des bras droits du ministre, il
se croit tout permis. C’est un véritable enfer que nous vivons », se
plaint un employé qui a requis l’anonymat.
L’autre commis du ministère qui défraie la chronique est le sieur Potchona
qui est fait Conseiller à la Communication. Il se comporte également comme bon lui semble.
Par
ailleurs, dans sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée
nationale, le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo a établi un programme
d’urgence qui touche cinq secteurs : infrastructures et transports,
agriculture, santé et éducation. Au niveau de la santé, les actions
sélectionnées dans le cadre du plan d’urgence visent entre autres à
développer les équipements de stockage des centres de santé ; l’amélioration
et la disponibilité des médicaments (antirétroviraux notamment) ; le
développement des ouvrages d’assainissement ; une contribution à la mise en
œuvre du programme élargi de vaccination (PEV)… C’est dans cette optique que
le ministre de la Santé Komlan Mally a engagé un certain nombre de travaux
et se voit régulièrement sur le terrain. Mais les marchés ne seraient pas
attribués selon les règles de l’art. Certains parlent des contrats gré à gré
alors que d’autres affirment que parmi les entreprises choisies pour
l’exécution des travaux, la plupart gravitent autour du ministre. On susurre
également que le sieur Assédi posséderait une société qui obtient souvent
les marchés. Selon nos informations, c’est sa société qui exécute les
travaux de peinture du CHU Kara à 56 700 000 FCFA.
Joint par notre rédaction sur la question de nomination des deux personnes
qui ne sont pas de la fonction publique, le ministre a indiqué que le poste
d’Attaché de cabinet est un
poste politique. « C’est l’homme du ministre. Il n’a pas besoin d’être de
la Fonction Publique.
Ce n’est pas le seul cas de toutes les façons aujourd’hui
», a-t-il déclaré. Sur le cas du sieur Potchona, il a mentionné : « En
tout cas, moi je suis venu le retrouver. C’est le ministre d’Etat Agba qui
l’avait mis là-bas. Je ne sais pas dans quelle circonstance. Moi, je suis
venu le retrouver ».
Concernant les marchés gré à gré gagnés par Assédi, le ministre a dit ceci :
« Il est entrepreneur ? depuis
que je suis venu, on n’a jamais fait de gré à gré. C’est une consultation au
niveau de
la
Commission nationale des marchés. Je ne sais pas s’il a une entreprise. On
n’a pas donné de marchés gré à gré. C’est une consultation pour les travaux
d’urgence. C’est
la Commission
nationale qui a dirigé les travaux et qui a attribué les marchés. Ce n’est
pas le ministère qui est impliqué. J’avoue que je ne sais pas qu’il est
entrepreneur. Ça m’échappe un peu. Mais, pour le poste d’Attaché, je crois
qu’on n’a pas besoin d’être un fonctionnaire. C’est l’homme du ministre.
C’est bien un truc politique ».
Affaire à suivre.
E. Pierre
CPDC : Vers une crise politique de grande ampleur : Les positions des
protagonistes inconciliables
La
suspension des discussions du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
(CPDC) requise par l’Union des Forces de Changement (UFC) est arrivée à
terme vendredi et les travaux sont censés reprendre ce matin. Cette
interruption devrait permettre des tractations pour résoudre la crise de
confiance manifeste qui a éclaté au sujet du recours à la Facilitation.
Mais elle n’aura malheureusement servi à rien, puisque les positions sont
restées figées, chaque camp campant sur les siennes.
Jeudi, le Bureau national et le Groupe parlementaire de la partie
requérante, l’UFC ont tenu des réunions, qui n’auront rien apporté de
nouveau. Dans une déclaration datée de ce jour, le parti réaffirme que «
la crise de confiance qui prévaut dans notre pays exige le recours à
la Facilitation
en cas de blocage ». On persiste et signe que «l’adoption d’un règlement
intérieur incluant cette disposition, est donc fondamentale pour la reprise
et la poursuite sérieuse et sereine des travaux du CPDC ». Ici, on se
dit guidé par « le souci de transparence, de justice et d’équité »,
confirme «sa volonté de contribuer activement à l’adoption et à la mise
en œuvre consensuelles des réformes politiques » et appelle le pouvoir à
épouser aussi ces valeurs. « L’UFC souhaite que le même souci de
transparence, de justice et d’équité anime le régime RPT et le conduise à
aller dans le sens des attentes des populations togolaises ». Par-dessus
tout, le parti appelle le peuple à la vigilance et interpelle la communauté
internationale à « accompagner le Togo dans cette phase cruciale de la
préparation de l’élection présidentielle de 2010».
Le
lendemain, c’est le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui sort un
communiqué. Ici apparemment, on n’a même pas tenu des réunions pour tenter
de désamorcer la crise. En tout cas, le communiqué daté du vendredi 20
février ne le mentionne nulle part. On communique que l’UFC « a fait de
sa position un point de fixation » et « rejeté toutes propositions de
la délégation du RPT, notamment celle de recourir en cas de blocage au Chef
de l’Etat pour trouver les solutions appropriées en concertation avec les
leaders des partis politiques du CPDC ». Pour finir, le RPT a tenu à
préciser que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être
détourné de ses objectifs et estime que ce cadre mis en place par le
Président de
la République
est conçu pour rechercher des solutions consensuelles par le dialogue et la
concertation ».
Selon les indiscrétions, le Chef de l’Etat aurait rencontré dans son antre
les différentes parties prenantes pour tenter de concilier les positions.
Mais rien n’y a fait. Les positions des deux principaux protagonistes, à
savoir le RPT et l’UFC sont restées figées, apprend-on. Un communiqué a été
même fait officiellement dans ce sens. Mais voilà, cette pseudo rencontre de
conciliation ne serait que pur mensonge car les responsables des deux partis
de l’opposition ne reconnaissent aucune rencontre tenue dans ce sens. Ce qui
signifie qu’il y a eu mensonge officiel. A supposer même qu’une telle
rencontre ait eu lieu, le maintien des positions ne montrerait que trop
bien, l’incapacité de Faure Gnassingbé à trouver « les solutions
appropriées » comme on l’allègue au RPT, car il est juge et partie.
Celui qui est censé être l’arbitre n’aurait donc pas été à la hauteur de sa
tâche.
La Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA) a aussi sorti un communiqué vendredi. Le parti
du Professeur Léopold Gnininvi, évidemment, comme tout parti ayant reçu la
fessée électorale d’octobre 2007, pleurniche d’être écarté des discussions
au CPDC. Dans le langage assez diplomatique qu’on lui connaît,
la CDPA a, concernant le sujet, regretté le
blocage au sein du CPDC et « demande expressément au RPT, à l’UFC et au
CAR d’éviter de se comporter comme si la démocratie est déjà établie au Togo
et les invite à cultiver l’esprit d’ouverture et de large consensus »,
après avoir fait des observations.
C’est manifeste, la crise de confiance est consommée et l’impasse est une
réalité tangible aujourd’hui. C’est une autre crise politique qui est ainsi
en gestation car, selon des indiscrétions, le pouvoir s’activerait déjà pour
mettre en œuvre son plan secret, celui d’organiser les choses en solitaire,
comme en 1999 après la signature de l’Accord Cadre de Lomé (ACL). Et nous le
rappelions dans une de nos précédentes parutions. On se rappelle, il a été
mis en place un Comité Paritaire de Suivi (CPS) pour suivre l’application
des recommandations et conduire le processus d’organisation des élections
législatives anticipées. Mais le RPT a créé le blocage et mis le CPS dans
l’incapacité de fonctionner, ce qui lui a fourni des arguments nécessaires
pour faire les choses en solitaire. Par son obscurantisme, son forcing et
ses procédés antidémocratiques, il a réussi à dégouter l’opposition
démocratique qui s’est retirée du processus et l’a laissé faire. Les
conséquences ont suivi. Le scrutin législatif a été organisé en octobre 2002
et bien évidemment les partis d’opposition l’ont boudé et le RPT s’en est
sorti haut les mains. Le RPT se trouve donc dans une telle disposition
d’esprit encore et voudrait bien appliquer la même recette pour organiser la
présidentielle de 2010.
Au demeurant, ce sont les
conséquences de ce même coup de force qu’on redoute. Les évènements d’avril
2005 sont encore vivaces dans les mémoires. Et c’est le lieu d’appeler
la
Communauté internationale à jouer sa partition, avant qu’il ne soit trop
tard.
Pablo E.
Profond malaise à la LIMUSCO : 17 mois d’arriérés de salaires: Les agents
organisent un sit-in de 48 heures à partir d’aujourd’hui
La
vie des agents de la Librairie des Mutuelles Scolaires (LIMUSCO) ne
s’apparente à rien d’autre qu’un enfer. Ils traînent avec eux 17 mois
d’arriérés de salaires. « A ce jour, près de 172 familles vivent dans une
misère sans précédent à
la LIMUSCO
»,
se plaignent-ils. Curieusement, leur situation miséreuse ne semble guère
préoccuper la direction de la LIMUSCO encore moins le ministre des
Enseignants primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Face donc au
mépris dont les agents de la LIMUSCO font l’objet, ils ont décidé de monter
au créneau. Ils observent à partir d’aujourd’hui un mot d’ordre de sit-in de
48 heures dans l’enceinte de
la Direction
de
la LIMUSCO.
« Nous avons l’honneur de venir très respectueusement porter à votre
connaissance les nombreuses difficultés auxquelles les agents de
la LIMUSCO
sont confrontés après plusieurs mois sans salaires (17 mois) et vous
présenter une doléance.
Suite à la politique d’apaisement et de réconciliation
que prône le Chef de l’Etat, son Excellence le Président Faure Essozimna
Gnassingbé qui œuvre inlassablement pour améliorer la vie de tous Togolais
en général et des travailleurs des secteurs public, para-public et privé en
particulier, nous pensons que
la LIMUSCO
ne peut rester en marge de cette décision gouvernementale
», a écrit le Syndicat du Personnel de LIMUSCO (SYNPERLIM) le 16février
dernier au ministre des Enseignements primaire et secondaire et au Directeur
Général de la société.
Les agents, à cause des 17 mois impayés, sont confrontés
à d’énormes difficultés à savoir, des problèmes de frais de scolarité de
leurs progénitures, des engagements pris auprès des banques de la place, le
manque de moyens pour les soins médicaux, les frais de déplacements pour se
rendre au travail, des difficultés pour subvenir aux besoins alimentaires
dans leurs foyers…
Ils demandent aux autorités de faire diligence pour
verser 5 mois d’arriérés afin de soulager leur misère.
Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le
SYNPERLIM interpelle les autorités de tutelle. Le 14 novembre 2008, le
Syndicat avait adressé des doléances au ministre des Enseignants primaire et
secondaire et à
la Direction Générale,
des doléances qui se sont malheureusement heurtées à l’indifférence et à
l’arrogance de Yves Madow Nagou et de Edoh Kougblénou.
Eu égard au mépris dont font preuve les autorités à leur
endroit, les agents de
la LIMUSCO ont décidé donc de passer à l’étape
supérieure.
A l’expiration d’un préavis de 5 jours, ils organisent un
sit-in aujourd’hui et demain à la direction de
la
LIMUSCO. « Nos revendications pacifiques font partie des recommandations
formelles du régime en place qui a choisi la négociation comme porte de
sortie de tous les problèmes », a indiqué M. Issofa Gnande, Secrétaire
Général de
la SYNPERLIM.
Créée en 1974,
la LIMUSCO s’est fixée comme objectif de vendre
les fournitures scolaires à des prix relativement bas afin que dans toutes
les préfectures, chaque élève quelle que soit sa condition sociale puisse
les acheter à peu de frais.
Dans les années 90,
la LIMUSCO
a réalisé un chiffre d’affaires d’un milliard grâce à ses performances. La
structure s’est alors lancée dans le développement du système éducatif au
Togo. Elle a ainsi apporté un certain nombre d’aides au ministère en termes
de constructions des bâtiments scolaires, équipements en matériels et
mobiliers de bureau ou dons d’ouvrages pédagogiques, des aides qui sont
chiffrées à 159.867.762F de 1992 à 1996.
Outre cette assistance,
la
LIMUSCO pourvoyait de l’emploi en recrutant à partir de 1985 des jeunes
diplômés sans emploi. Toutes ces contributions de la LIMUSCO ont permis au
Togo d’être classé parmi les meilleurs taux de scolarisation dans la sous
région. Le succès était tel qu’avant l’an 2000, les autorités de l’éducation
des pays voisins venaient s’inspirer de l’expérience togolaise.
Mais les difficultés de cette société ont commencé en
2001 suite à un changement à la tête de la direction. Selon certains
employés rencontrés, cette nomination n’a pas respecté les procédures
administratives en son point relatif au profit qu’il faut avoir pour occuper
le poste de Directeur Général. Ce dysfonctionnement est à la base des
problèmes de gestion que connaît
la LIMNUSCO
jusqu’à ce jour avec des difficultés financières marquées par 17 mois
d’arriérés de salaires et la baisse du chiffre d’affaires de 1 milliard
dans les années 90 à 115 millions en 2007.
Aujourd’hui, les agents estiment que malgré ses problèmes
financiers,
la LIMUSCO dispose de denses réseaux de
distribution que le gouvernement peut utiliser à bon scient dans le cadre de
la gratuité de l’école au Togo. Pour ce faire, ils demandent que la société
soit soutenue et aidée financièrement pour la relance de ses activités.
M.A.
Sans détour : CPDC : Le pouvoir sera-t-il assez fort pour relever le défi?
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est
porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites»
(Montesquieu)
Aujourd’hui, après une semaine
de suspension, les travaux du CPDC reprennent. Il y a une semaine, ces
travaux ont connu une suspension à la demande de l’UFC, suspension due à
l’intransigeance des hommes au pouvoir face à l’exigence du CAR et de l’UFC
de recourir à la facilitation. Nous n’irons pas demander au pouvoir et à
l’Opposition, de mettre de l’eau dans leur vin, s’ils ont de l’amour pour
leur pays, comme le demandait un confrère il y a quelques jours. Pour notre
part, nous interpellons directement et sans équivoque le pouvoir et le RPT,
seuls responsables de la crise que vit le CPDC depuis sa mise sur pied à
contrecœur par l’exécutif, il y a bientôt trois semaines. En principe, en
aucun cas, cette demande ne devrait entraîner de blocage. Pourtant!
Selon un responsable de l’UFC, une telle demande de suspension avait pour
objectif de permettre au pouvoir, de rentrer en lui-même, pour méditer et
comprendre qu’une telle exigence n’avait pas de raison de constituer un
sujet de blocage. La nuit portant conseil, les Togolais espèrent que les six
nuits qui ont séparé la 7eséance
du CPDC et la 8e qui
s’ouvre ce jour, permettront au pouvoir de relever le défi à lui, lancé par
l’Opposition. Car au fait, si les politiciens togolais ont eu à recourir à
la facilitation pour parvenir à l’Accord politique global (APG), il n’y a
pas de raison de réfuter la même facilitation pour les discussions sur des
sujets aussi coriaces que les réformes institutionnelles et
constitutionnelles renvoyées sciemment au CPDC par les partenaires en
développement qui n’avaient fait les choses qu’à moitié entre 2006 et 2007.
Comment comprendre que le pouvoir puisse admettre le principe de la
facilitation au terme d’une discussion ardue, tout en écartant la
consignation par écrit, s’il était vraiment animé de bonne foi et de volonté
politique ? Et c’est avec raison d’ailleurs que lors d’un débat radiodiffusé
la semaine dernière, un confrère évoquait le fait que, lors des négociations
à Ouagadougou après l’APG, entre l’UFC et le RPT, en présence de Blaise
Compaoré, il aurait été convenu que le poste de Premier Ministre reviendrait
au parti de Gilchrist Olympio. Etant donné que cela n’avait pas fait l’objet
d’un accord écrit, mais limité seulement à un simple accord verbal, de
retour au Togo, la mauvaise foi du pouvoir ajoutée à la complicité du
facilitateur Compaoré qui pouvait bien servir de caution, mais s’était tu,
permettra aux autorités togolaises de ne jamais reconnaître la véracité des
allégations du camp UFC.
Dès
lors, tout le monde comprend aisément que c’est de bonne guerre que l’UFC et
le CAR exigent aujourd’hui que la facilitation acceptée dans son principe
par le pouvoir soit consignée par écrit. Qui a été mordu par un serpent,
craint le ver de terre, dit-on vulgairement chez nous. C’est aussi
l’occasion de dénoncer le laxisme et le manque de sérieux de tous ceux qui
prétendent accompagner le Togo dans l’apaisement du climat sociopolitique et
conduire le pays vers la réconciliation nationale, notamment l’UE, le
facilitateur Blaise Compaoré.
Il
est un peu curieux que depuis environ un an qu’aura duré la réclamation de
la mise en place du CPDC par le CAR et l’UFC sans suite favorable de la part
du pouvoir qui prétendait que moins, il y aurait de cadres pour les
discussions et mieux cela vaudrait, et qu’il y a déjà l’Assemblée nationale
où les problèmes de réformes pouvaient être débattus, alors que ce sont les
textes de l’APG qui avaient prévu cette structure, tout en sachant bien
qu’il y aurait une Assemblée, ni l’Union Européenne, ni le facilitateur
n’avaient jamais réagi officiellement pour dénoncer la marche à reculons du
pouvoir RPT.
De
là, à dire que les «accompagnateurs » des Togolais pour sortir de la
crise, ne sont pas de bonne foi et font plutôt le jeu du pouvoir et du RPT,
ce n’est pas exagéré. La grande question qui se pose ce jour aux Togolais
est de savoir si le pouvoir sera assez fort pour relever le défi que
l’Opposition a cru devoir lui lancer, en lui accordant une semaine de repos
et de réflexion. La fumée blanche sortira-t-elle aujourd’hui du toit
abritant les bureaux du PM Houngbo ? La fin de cette journée du 23 février
nous situera.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Au coin de la boutique (1)
Un expatrié de la communauté
africaine tint depuis quelques mois une petite boutique de prêt-à-porter à
Adoboukomé, un quartier de la capitale. Depuis l’inauguration, c’était bien
ces nombreuses demoiselles du quartier et celles environnantes qui étaient
fréquentes. Non pas pour acheter les fringues, les parfums, les savons,
bref, tous les produits cosmétiques féminins mais, « juste pour le
plaisir des yeux ». Il s’agit d’une initiative du Nigérien Moussa, un
jeune homme à peine âgé de 20 ans. D’un teint noir digne d’un négro, le gars
est de corpulence maigre et de taille élancée. L’on note une absence totale
de fesses chez ce boutiquier mais, son altruisme sans borne faisait de lui
un « gentilhomme » du quartier. Bien évidemment, il avait plus la
sympathie des filles du coin et était très admiré.
En
cette fin de journée, Moussa commençait à s’ennuyer dans sa boutique, où la
clientèle ne s’était pas bousculée. Rien de bien étonnant, la période des
soldes se terminait. Encore une petite demi-heure, et il pourrait rentrer.
Alors il passait le temps comme il pouvait, en regardant l’heure.
Vérification des articles sur les étagères, bien mettre en valeur la
dernière bougie parfumée, les eaux de toilette et leurs lignes de gels
douches, laits pour le corps, crèmes, savons aux senteurs assorties. Cette
boutique, il faut l’avouer est un lieu agréablement odorant qui maintient en
éveil la sensualité de quiconque qui y passe un moment. Mais aussi, le jeune
commerçant chômait de compagnie des jeunes filles qui se bousculaient il y
avait quelques temps autour de lui. Aucun signe extérieur ne justifiait ce
recul extrémiste des allumeuses du quartier qui, étaient déjà passées en
revue par « Yéti, le géant d’un autre monde ».
Finalement, une cliente était entrée à vingt minutes de la fermeture… Comme
elle semblait s’être arrêtée pour de bon devant un présentoir, c’était le
moment pour l’informer, l’inciter. Une jolie cliente d’ailleurs, à peine 18
ans, de teint clair naturel, aux cheveux mi-longs, crantés, artificiels bien
sûrs et aux yeux marron très purs et d’une expression vraiment juvénile,
Laurence s’appelle-t-elle. Aussi, avait-elle un corps aux courbes parfaites,
des fines prunes rondes, haut placées et de forme idéale qu’elle sait mettre
en valeur dans l’échancrure de ses corsages. Elle était d’une taille fine et
des jambes longues et harmonieuses, à la fois charnues et musclées…
Elle était l’une de ces filles aux yeux semblables aux projecteurs d’un
aéronef, symbole d’avidité de gain facile. Elle n’était pas là pour acheter
du parfum, ni une robe quelconque mais elle était là pour charmer le
tenancier de la boutique. C’était parce qu’elle était bien au parfum de la
largesse de cet expatrié. Mais d’autres caractéristiques de l’homme lui
avaient sévèrement manqué. Le boutiquier emporté par le charme de celle-ci,
s’approcha d’elle dans les rayons. «Puis-je vous aider, Mademoiselle ?
», interrogea-t-il d’une voix douce et peu hésitante. « Oui, volontiers.
J’aimerais sentir cette eau de toilette », répondit assez promptement la
cliente qui se tourna vers le jeune patron des lieux dont elle avait cru
avoir tous les détails sur sa personne.
Elle écarquilla davantage ses yeux puis fixa l’homme dans les yeux. Moussa
lui présenta alors le papier imbibé. « Hum, très agréable. Et ceci ?
», demanda-t-elle en touchant exprès du bout solide de ses prunes l’homme.
C’était plus qu’un envoûtement. Le jeune commerçant était emporté. Elle crut
déjà avoir arraché le cœur de l’homme par les petits jeux de ses fins
doigts. Moussa hésita un instant puis lui souffla à l’oreille : « Tu es
vraiment charmante ». Ainsi, elle sélectionna autant d’articles dont
elle n’avait même pas les moyens de se procurer de toute sa vie. A suivre
Tonton D
Au
cœur des « mon pays »
Kolani :
Class, comment vont les affaires chez toi ?
Tchabri
: Est-ce qu’il y a affaires dans ce pays ?
Kolani
: Il n’y a pas affaires et les gens circulent avec de « gros »
voitures ?
Tchabri
: En tout cas moi, je ne sais pas. Si tu connais là où il y a les affaires,
tu peux me le dire.
Kolani
: Il n’y a pas affaires mais tu manges ?
Tchabri
: Ça, c’est comment faire pour prendre. Le ventre, c’est autre chose. Lui,
il ne sait pas si tu as l’argent ou pas. Tu dois le remplir toujours.
Kolani
: De toutes les façons, je pense que tu ne te lèves pas pour mettre les
deux mains dans les cuisses. Tu bouges quand même ?
Tchabri
: C’est normal. Et puis, je suis un garçon et j’ai ma famille sur qui je
dois voir !
Kolani
: C’est ce que j’appelle affaires. Au fait, ce n’est pas pour ça qu’on est
là ce matin.
Tchabri
: Comme toi-même tu le « savaissais ». Au fait pays, comment toi, tu
as trouvé la force du Colonel à la FTF ?
Kolani
: Moi, pour dire vrai vrai, il se précipite trop comme la diarrhée.
Tchabri
: Class, ce que tu dis est trop méchant. Cela a trop duré quand on n’a plus
jamais vu le championnat. Mais lui, il est venu et le ballon a commencé
automatiquement.
Kolani
: Je sais mais c’est que les choses ont été forcées.
Tchabri
: Qui sont les choses qui ont été forcées ? On n’a pas forcé quelqu’un pour
venir faire le championnat !
Kolani
: Je parle des conditions qui ne sont pas bonnes pour le championnat. Les
terrains ne sont pas bien pour un bon football.
Tchabri
: Pour nous, l’essentiel est que le championnat commence. « Bdèma ».
Kolani
: C’est ce que tout le monde veut. Mais il faut que les conditions soient
bonnes. J’ai peur que les joueurs se blessent au cours des matches.
Tchabri
: Si quelqu’un se blesse, un autre va rentrer. Le public veut le
championnat, le colonel est venu et l’a organisé.
Kolani
: En tout cas, moi, je l’ai dit. On va entendre les jours qui vont arriver
pour voir si des problèmes ne vont pas arriver. D’abord, il y a les
licences, les terrains, les prêts…
Tchabri
: N’oublie pas que c’est un « mon pays » qui les dirige. Et si quelqu’un ne
veut pas respecter les ordres, il va directement en taule.
Kolani
: Class, le football n’est pas affaire d’armée.
Tchabri : Tu me fais fâcher la colère. Je vois que tu
es un opposant contre nous. Je te quitte.
Libertinage :
A potion magique,
baguette magique
Les Togolais amoureux du ballon rond se sont vu rebattre les
oreilles comme quoi « Roc », l’autre fils du père, est l’homme qu’il
faut à la place qu’il faut. Il a alors déployé des moyens colossalement
déloyaux pour se hisser à la tête de
la Fédé. Après
avoir utilisé la potion magique pour parvenir à ses fins, beaucoup pensaient
qu’il avait aussi une baguette magique pour faire marcher
la FTF comme sur des roulettes. Aujourd’hui,
la machine semble grippée. Le premier obstacle devant lequel le Fils du père
danse le Rock and roll et le tango est le choix d’un sélectionneur pour les
Eperviers. Là, le lieutenant « Loconel » dont on dit qu’il est dur
comme un roc peine à prendre ses marques. Et pourtant, il se ronchonne que
les techniciens se bousculent au portillon de
la Fédération. La
potion magique est-elle finie ou bien c’est comment ? Si tel est le cas, on
lui propose de jouer à pile ou face ou encore de faire « kôkôta kôkôta
». C’est simple comme solution, vous ne trouvez pas ? Le second couac du
nouvel ancien bureau de la Fédération est le championnat national de
première division. Le fils du père imbu de lui-même fait montre d’un
cafouillage et d’une cacophonie qui l’ont toujours caractérisés durant les
huit « zans » qu’il a passé à
la FTF. Certains
« con-de-frères » courtisans qui veulent rentrer dans les bonnes
grâces du « Rock and roll » se muent en avocat de diable pour
défendre l’indéfendable. Ils ânonnent sur les antennes que l’actuel bureau
exécutif ne peut pas réaliser tous les préalables dans un mois. Est-ce que
c’est nous qui avons donné le délai d’un mois au bureau ? Le comble, c’est
ce pseudo technicien « MALInCKé » qui ne parle et ne réfléchit que
par Rock. Lui qui prétend donner des cours de journalisme à certains
confrères, s’est versé dans les élucubrations et autres sornettes, appelant
les journalistes à regarder dans la même direction. Que de niaiseries ! On
l’avait fait pendant des années avec le père, on sait là où ça a conduit le
peuple.
En tout cas, si de cette manière que le fils du père veut
faire remonter les Eperviers à la première place du classement de
la
FIFA, il a du « Sakomi » sur la planche.
La course aux feuilletons
Inéluctablement, les feuilletons sud-américains sont en
train de ravir la vedette aux autres programmes sur nos chaînes de
télévision. Chaque jour, ces télénovelas tiennent en haleine des milliers de
téléspectateurs qui sacrifient tout à l’heure de leur diffusion.
Il est rapporté qu’au Mexique par exemple, les
téléspectateurs s’identifient tant aux héros et héroïnes que certains
écrivent pour demander qu’on fasse cesser l’injustice subie par un
personnage alors que ce n’était que de la fiction. En Côte d’Ivoire, il y a
quelques années, rapporte-t-on également, des mosquées d’Abidjan avaient
même avancé l’heure de la prière du Ramadan pour qu’elles ne coïncident pas
avec celle de « Marimar ». Face donc aux succès fous que connaissent
ces séries télévisées dans les pays africains et particulièrement au Togo,
une course effreinée aux feuilletons s’est donc engagée sur nos chaînes de
télévision. La chaîne qui ne programme pas ces sitcoms a l’impression d’être
boudée.
La
TVT seule en diffuse quatre. Elle est talonnée par la TV7 dont le début du
second feuilleton est programmé pour aujourd’hui. Viennent ensuite
la TV2,
la
RTDS et la LCF avec un feuilleton chacune. Ce qui fait 9 feuilletons par
jour pour alors que nous n’avons que deux yeux. Le problème, c’est que ces
feuilletons se diffusent tous presque à la même heure. Les jeunes filles
n’apprennent plus leurs leçons et ne consacrent leur temps qu’à ces séries.
Le lendemain à l’école, c’est le principal sujet d’actualité.
Malheureusement, ces feuilletons ne sont pas seulement l’apanage des femmes.
Les hommes aussi s’en accommodent. Chut ! Notre Rédacteur en Chef adore
tellement la chose que gare à toi si tu veux disputer la télécommande avec
lui à l’heure de son feuilleton du soir. Ne t’avise surtout pas de toucher à
son feuilleton…
Yves Nagou ivre de problèmes
S’il y a un ministre qui doit souffrir le martyr c’est
bien celui des Enseignements primaire et secondaire, son Excellence Yves «
Nagouroskov ». Il a des problèmes plus que
la
Somalie. Pendant que dans certains ministères, les locataires
s’ennuient et sont là à tourner le pouce parce qu’ils n’ont rien trouvé à «
bouloter », M. « Yvres » Nagou, lui, a hérité d’un département
qui lui donne de l’insomnie. Son moral doit être au « vilain fixe ».
Ses ennuis ont commencé avec le mot d’ordre de grève lancé en début du mois
et qui a paralysé les établissements publics. Et les enseignants menacent
d’une grève plus renforcée si rien n’est fait pour améliorer leurs
conditions. « Nagouroskov » n’a pas encore trouvé de solutions à
leurs problèmes qu’il est confronté à un autre front : celui des agents de
la
LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) qui menacent de descendre dans
la rue plutôt sur leur direction si au moins 5 des 17 mois d’arriérés de
salaires qu’ils traînent depuis des lustres ne sont pas versés pour soulager
leur misère. Pendant que lui, il meurt d’ingestion parce qu’il a trop mangé,
ses administrés, eux, meurent d’inanition parce qu’ils n’ont rien trouvé à
mettre sous la dent. Ils n’entendent pas se laisser faire et sont déterminés
à le marquer à la culotte. On parie que « Nagouroskov » ne va pas
dormir le sommeil pendant la nuit. Même quand après mille efforts, il finit
par s’endormir, il ne fera que des cauchemars.
Le « PDRien » sort de sa cachette
Même si le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
n’a rien produit de bon encore, il peut se prévaloir d’avoir titillé
certains leaders politiques de leurs comas. Après les balbutiements des
Kodjo, Gilbert, « Anyronkopéto », « Aviyomé », Nico, c’est le
tour du prince KOMAteux de sortir de sa cachette. Sûrement que le prégo du
PDRien s’est débarrassé de la rédaction du 12ème tome
de son ouvrage proverbial. Comme ses prédécesseurs, le chantre des proverbes
vient de produire un communiqué pour dénoncer l’instauration du CPDC. Pour
lui, la révision constitutionnelle est à la charge des parties prenantes au
dialogue. C’est pourquoi il multiplie par zéro le CPDC. Ainsi, il entend
faire ses bagages pour se rendre au pays des hommes intègres. Là, il veut
demander à Blaise Compaoré du Burkina Faso de toiletter le CPDC. Seulement
que « Zaza » ne tenait pas ces genres de critiques quand il faisait
la pluie et le beau temps à la mangeoire. Maintenant qu’il sent ses intérêts
menacés, il sort ses griffes. Il se plaint à qui ? Et ce qui frise le
ridicule, c’est quand il taxe l’UFC et le CAR des partis acolytes du RPT.
N’est-ce pas le monde à l’envers quand c’est « Zaza » qui tient ces
genres de propos ? Ce n’est pas lui qui avait fait un long copinage avec les
RePTiles en mélangeant les Togolais ? Au fait, si les partis radicaux sont
des acolytes, les modérés auxquels il prétend appartenir ne deviennent-ils
pas des partis «alcooliques» ?
Agent de joueurs ou argent de « Rockvi »
On dit souvent que quand tu te noies, les petits caïmans
aussi peuvent se permettre de venir te lécher ou te caresser avec leurs
dents. A « Gnassingbéland », n’importe quel aventurier aussi se lève
un des quatre matins et veut se faire donneur de leçons à la presse. Et
puis, il fallait les voir dans leur « dé-raisonnement». Vous aurez
pitié de ces soi-disant moralisateurs. La dernière en date, c’est un certain
agent de joueurs qui a fait parler de lui le week-end dernier. Il a fait
montre d’un griotisme qui ne dit pas son nom.
a analyser ses prises de
possition, on comprend vite qu’il ne vise que l’argent de Rockvi. En tout
cas, le public sportif n’est pas aussi dupe comme il le croit. Qu’il cesse
de se tromper. Ses interventions sur une chaîne de la place, avant et après
l’élection du bureau actuel de
la FTF ne trompent guère. Personne ne lui
refuse d’être un fanatique de Rock. Mais qu’il cesse d’intoxiquer les
auditeurs avec ses démonstrations « technico-floues ». Cela ne fait
pas honneur à son métier. Tous ceux qui ne cogitent pas comme lui, ce taré
d’agent de joueurs les multiplie par zéro. Pour lui, les journalistes
sportifs ne maîtrisent absolument rien sur ce qu’on appelle technique en
football. Mais à la fin, on a su que le gars n’a rien techniquement dans la
tête quand il demande aux « con-de-frères » de fermer les yeux sur
les manquements de
la FTF et de regarder dans la même direction
que « Rockvi ». Si c’est ça qu’il appelle technique, qu’il nous en
épargne. Qu’il garde ses leçons pour lui-même.
Quand les hommes FATales s’exercent
Les hommes « FATales » viennent de se doter d’un
Centre d’Entraînement aux Opérations de Maintien de
la Paix (CEOMP). On se souvient que c’est le 19
février dernier que le « p’ti » a inauguré ce centre en présence de
son garçon de course, « Fo Gilberto de Houngbo ». Il paraît que
c’est un cadre approprié et moderne pour la préparation des contingents
nationaux et étrangers pour des missions de paix dans des pays en conflit.
Il a, dans son discours destiné au contingent de
la MINURCAT,
fait un clin d’œil à son père défunt qui, selon lui, a eu l’ «
aveuglance » que dis-je, la clairvoyance et la sagesse de plaider au
sommet de l’OUA à Tunis pour la création d’une force de maintien de la paix.
Après l’inauguration de ce centre, les « Gnassingbélandais » sérieux
se posent beaucoup de questions. Pourquoi c’est à l’approche des «
prégodentielles » de 2010 que « Faure-vi » et ses hommes «
FATales » ont jugé bon de créer ce centre? N’ont-ils pas quelque chose
derrière la tête ? Il n’y a pas la guerre dans le pays qu’on sache mais
avec la manière dont les « mon pays » eux-mêmes faisaient leurs
entraînements et entraient dans les maisons en faisant semblant de frapper
les gens, on a eu la chair de dindon que dis-je, de la poule. On s’est
souvenu du moment où « Faure-vi Vodoua » a capturé le pouvoir et que
les « mon pays » sont entrés dans les maisons pour refaire le
portrait des gens. Il se dit que certains quand ils ont vu ces
entraînements durs durs-là ont commencé à faire leurs bagages pour traverser
les frontières avant les échéances de 2010.
Des mauvais génies d’« Amebaba cel »
Depuis qu’on sait porter caleçon, on nous a appris que le
client est président, plutôt, roi. Mais, on dirait que le réseau «
Amébaba cel » (suivez nos regards) ne le sait pas. A chaque fois c’est
des messages qu’il envoie aux abonnés pour les exhorter à recharger leur
crédit autrement leurs numéros seront carrément supprimés. Franchement, il
y a des gens à « Gnassingbéland » qui n’ont pas pitié de leurs
prochains et ne savent pas que c’est difficilement que des gens arrivent à
manger une seule fois dans ce pays. Le comble, c’est que ces messages de
bonus et surtout de suppression de numéro ne sont « jamaiment »
envoyés dans la journée mais tard dans la nuit quand les gens sont
sérieusement scotchés dans les bras de Morphée. On se rappelle qu’un jour un
homme nous a raconté qu’il dormait profondément quand on lui envoya un
message à 1h 30 du matin qu’il avait reçu un bonus périodique de 35F.
Les mauvaises langues disent que des fois, les messages
sont écrits avec des charabias puissants et un baragouin inintelligible à
vous donner de la migraine et la nausée. Un des sms que ce réseau envoie en
ce moment à ses abonnés qui ne participent pas aux nombreux jeux qui se
déroulent sur les radios et les chaînes de télé, c’est « Votre compte est
inactive ». Notre maître du CE1 nous appris en nous fessant bien bon
que le mot compte est toujours au masculin. Peut-être que c’est dans le
nouveau dico qu’utilise ce réseau que ce mot est au féminin. |
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Liberte Hebdo # 471 du
23 fev. 2009 |
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Présidentielle 2010 : Les forces démocratiques réclament un
scrutin à deux tours |
Au-delà du folklore,
de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise
Présidentielle
2010 : Le peuple dans l’expectative
L’insécurité
prend une tournure inquiétante au Togo
Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au
Togo
Ça
va se savoir : A l’Amphithéâtre (1)
Libertinage |
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Le débat électoral est entamé depuis un bon bout de temps déjà, même s’il
reste encore pas mal de temps pour amorcer le dernier virage, celui qui
devra conduire tout droit à l’élection du Président de la République en
2010. Dans les états-majors des partis politiques, que ce soit au sein de
la mouvance présidentielle ou de l’opposition, l’heure est d’ores et déjà
aux calculs politiciens. Quel candidat présenter ? Quoi faire pour séduire
l’électorat ? Ainsi se résument les préoccupations. La classe politique a
actuellement la tête aux réformes institutionnelles et constitutionnelles
au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation. Mais le débat
semble occulter un aspect non moins important de la chose : le type de
scrutin.
Scrutin à un tour, un legs du passé
La constitution de 1992 approuvée consensuellement a prévu un
scrutin uninominal à deux (02) tours. Mais le pouvoir des Gnassingbé en a
décidé autrement. Ce texte fondamental a été sodomisé à maintes reprises
pour finir par faire place à un scrutin uninominal à un (01) tour. C’est le
résultat du toilettage de décembre 2002 qui permit à feu Eyadema de jouer la
prolongation au pouvoir en 2003 avant que la providence ne dispose autrement
en février 2005. Quelle en était la motivation?
Ce toilettage de plus ne répondait qu’à des soucis
d’obscurantisme. A un moment où la représentation du « Père de
la Nation
» au mandat de trop était mal perçue par l’opinion nationale, le risque
était grand que l’électorat le sanctionne. En plus, la constitution en
l’état qui prévoyait un scrutin à deux tours était un risque énorme pour
lui, car ce texte offrait des armes essentielles à l’opposition démocratique
pour s’organiser et le bouter hors. Avec ce type de scrutin, les partis de
l’opposition pouvaient former des alliances au second tour autour du
candidat ayant reçu plus de suffrages au premier round et la messe serait
ainsi dite pour feu Eyadéma. Surtout que la mouvance présidentielle se
réduisait au RPT et à ses satellites, des « particules » dont la
popularité se résumait à leur président et les membres de leur famille, à
côté des partis comme l’Union des Forces de Changement (UFC) ou le Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR) entre autres, qui le rivalisent en
suffrages. Il fallait donc pour le clan Gnassingbé des moyens pour éviter
ces surprises désagréables, d’où le toilettage constitutionnel pour ramener
le scrutin à un seul tour. Cela a permis au RPT de fabriquer un score d’au
moins 51% à offrir à son candidat et le tour est joué. Les 49% autres sont
partagés aux autres concurrents selon des critères dont seuls les tenants de
l’ordre ancien ont le secret.
Comme on s’en rend compte, le scrutin uninominal à un seul tour
est loin de professer la démocratie. C’est un procédé d’obscurantisme pour
entraver l’alternance. Ce type de scrutin est d’ailleurs en voie de
disparition dans le monde et n’est encore que l’apanage des régimes
totalitaires et dictatoriaux d’Asie et d’Amérique centrale. Dans les
démocraties occidentales, il n’existe plus. La norme aujourd’hui, c’est le
scrutin à deux tours, d’ailleurs épousé dans nombre de pays africains, dont
le Ghana à côté dont les élections générales de décembre dernier ont été
unanimement saluées par l’opinion, et aussi par Faure Gnassingbé.
Le scrutin à deux (02) tours professe la démocratie et donne un
peu plus de chances à l’alternance au pouvoir. Et c’est ici qu’il faut
reconnaître la légitimité de certaines réactions et propositions ces
derniers temps à propos du type de scrutin. L’opinion penche de plus en plus
vers un scrutin à deux tours. Les dernières en date sont celles émanant de
la diaspora togolaise et du groupe parlementaire UFC.
Pour un scrutin à deux tours
En effet, à en croire les indiscrétions, les organisations et
associations de la diaspora regroupées au sein de Synergie-Togo se sont
réunies samedi dernier pour réfléchir à l’actualité politique au Togo. Et
comme il fallait s’y attendre, la question de la présidentielle de 2010
s’est invitée. Pour les besoins de transparence, de clarté et de crédibilité
et comme alternative au changement, elles militent pour un scrutin à deux
tours, un retour donc à la Constitution de 1992. Même son de cloche au parti
de Gilchrist Olympio. Dans un document exclusif parvenu à notre rédaction et
dont nous avons fait large écho dans la parution de lundi, l’UFC fait une
proposition de code électoral. Abordant la question, cette formation
politique propose aussi un retour du scrutin à deux tours. Ces réactions ne
viennent que conforter le dernier né dans le landerneau politique,
l’Organisation pour Bâtir dans l’Unité un Togo Solidaire (OBUTS). Dans un
communiqué, le parti de Messan Agbéyomé Kodjo a requis aussi le scrutin à
deux tours. Des vues qui n’expriment que trop bien l’aspiration du peuple
togolais.
Faure Gnassingbé tout récemment s’extasiait sur la réussite
ghanéenne. Le numéro 1 togolais s’est fondu en éloges à propos des
élections au pays de Kwame N’Krumah, louant le caractère démocratique,
transparent et pacifique de la présidentielle et des législatives de
décembre dernier, des élections qui se sont conclues par l’alternance au
pouvoir. Il a, par-dessus tout, promis s’inspirer du cas ghanéen pour
organiser la présidentielle de 2010 au Togo. C’est le moment des discussions
au CPDC autour des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et il a
donc l’occasion de commencer à traduire sa bonne foi dans les faits en
concédant ce scrutin à deux tours, si tant est que ces professions de foi
sont sincères.
Pablo E.
Forum national des
paysans togolais à Kara : Au-delà du folklore, de sérieux problèmes se
posent à l’agriculture togolaise
La première
édition du Forum national des paysans togolais (FNPT) tenue du 12 au 14
février 2009 au Palais des congrès de Kara, s’est terminée avec de nombreux
prix décernés aux meilleurs producteurs et groupements oeuvrant dans
l’agriculture, l’élevage et la pêche. Au-delà du côté folklorique de cet
événement, de sérieux problèmes se posent à l’agriculture togolaise : la
question des intrants agricoles et celle de l’agriculture de subsistance.
Le forum proprement dit
Placé sous le thème : « Les paysans au centre de la relance agricole et
économique du Togo», ce forum a été une occasion pour les paysans
d’échanger avec les plus hautes autorités du pays sur les problèmes du monde
rural.
« Je voudrais vous parler avec mon coeur pour vous témoigner de la
reconnaissance du gouvernement et du peuple togolais pour tout ce que vous
faites pour nourrir le Togo », a déclaré le chef de l’Etat avant
d’ajouter : « Je me réjouis de votre mobilisation; c’est grâce à vous que
notre pays à pu éviter la famine et je pense qu’il est de notre devoir de
vous soutenir et de vous encourager à mieux produire ». « Grâce à
votre travail, à vos efforts malgré l’affaiblissement continu des capacités
d’intervention de l’Etat, vous vous êtes pris en charge et vous avez donné
le meilleur de vous-mêmes pour éviter au pays, l’une des pires calamités :
la famine », a-t-il poursuivi.
En retour, les producteurs ont promis d’être plus performants à compter de
la campagne 2008-2009. Ils ont en outre formulé des recommandations
relatives à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail pour une
bonne production agricole au Togo.
Ensuite, le Président de la République a décoré dix paysans méritants en
qualité d’Officiers de l’ordre du mérite agricole. Avant lui, le Premier
ministre Gilbert Houngbo et le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de
la Pêche, Kossi Ewovor, avaient distingué trente producteurs régionaux au
grade de Chevalier de l’ordre du mérite agricole. Quelle est alors la portée
de ces distinctions aux allures ronflantes ? Là est la question. Au total,
plus de 220 prix ont été décernés aux meilleurs producteurs et groupements
oeuvrant dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. En rappel, plus de 1.000
délégués dont 800 paysans ont assisté à cette manifestation. Sans oublier
les speeches des ministres Yves Madow Nagou, Adji Ottèth Ayassor, Dammipi
Noupokou et Kossivi Ayikoé. Même si c’est la relance de l’agriculture qui
est mise en avant, il faut reconnaître que cette manifestation rentre dans
l’opération de séduction de Faure Gnassingbé. Présidentielle de 2010 oblige…
Les problèmes des intrants agricoles
Selon le chef de l’Etat, ce forum a été initié par lui-même afin de
permettre aux «producteurs de réfléchir sur l’épineuse question de
gestion des intrants agricoles et de débattre de tous les problèmes pour
l’éclosion et l’épanouissement du métier d’agriculteur ». Depuis
plusieurs années, il y a une mauvaise gestion des engrais. Les différents
ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche n’ont pas pu régler
ce problème. Certains parmi eux étaient même complices du détournement des
fertilisants. Et comme il n’y a jamais de sanction, le phénomène continue
normalement.
On se souvient, lors de sa tournée dans les chefs-lieux des régions
administratives du Togo, Faure Gnassingbé a abordé le sujet. A Tsévié, il a
laissé entendre qu’on ne sait pas si les engrais qui quittent Lomé arrivent
dans les champs. Dans la foulée, il a promis mettre fin à cette situation.
« Nous ne voulons plus revivre la même situation. Car les engrais mis à
la disposition des paysans étaient devenus un fonds de commerce pour
certains », a déclaré un paysan cité par l’agence de presse « Savoir
News ». Pour lui, « L’Etat souffre pour nous trouver ces
fertilisants. Il faudrait que les dispositions soient prises pour sa bonne
distribution. Que les paysans bénéficient réellement de ces engrais». Le
circuit de distribution est opaque et parfois, les engrais offerts par les
partenaires du Togo pour améliorer la productivité sont vendus très cher aux
paysans. Il arrive aussi que ces fertilisants traversent la frontière pour
se retrouver dans les pays voisins où les prix semblent élevés.
En plus, d’autres paysans profitent de leur accointance avec ceux qui sont
chargés de distribuer les engrais. Après les avoir reçus, ils les revendent.
« D’autres paysans n’hésitent pas à revendre ces engrais. En tout cas,
cette fois-ci, nous serons vigilants », a indiqué un autre paysan au
micro de « Savoir News ».
Pour la relance de l’agriculture qui occupe plus de 70% de la population
active, il faut régler la question des intrants en assainissant le circuit
de distribution. Il est important que les engrais subventionnés par le
gouvernement ou offerts par les différents partenaires aillent effectivement
aux paysans.
La question de l’agriculture de subsistance
A voir les choses de près, le forum de Kara ne prend en compte qu’une
catégorie de paysans, c’est-à-dire ceux qui ont les moyens pour de fortes
productions. La plupart des Togolais dépendant de l’agriculture de
subsistance sont oubliés. Or, leur apport à la sécurité alimentaire n’est
pas négligeable. Il faut même dire que cet apport est direct. Ces paysans
vendent leurs produits aux fins de rembourser les prêts consentis auprès des
tontines traditionnelles ou subvenir aux besoins de leur famille. Par
exemple, les produits vivriers sont moins chers pendant la rentrée des
classes. La raison, les parents n’ont que ça pour faire face aux frais
scolaires. C’est en ce moment que les commerçants véreux entrent dans la
danse en fixant des prix fantaisistes. Pendant ce temps, les autorités
gouvernementales se murent dans un silence sépulcral, laissant les
commerçants faire la loi aux dépens de ceux qui ont confiance en la terre.
Cette situation fait que le paysan qui a vendu le bol de maïs à 200 F pour
procurer les fournitures scolaires à ses enfants, est obligé d’acheter le
même bol à 900F voire 1 200 F en pleine saison sèche. Comme c’est le cas
présentement.
Par contre, les gros producteurs restent sereins et ne déversent leurs
produits sur le marché qu’en cas de pénurie. Des fois, ils créent des
pénuries artificielles en vue de faire de bonnes affaires.
Actuellement, presque tous les paysans achètent cher les produits vivriers.
Dans certaines localités, il leur est même difficile de trouver des semences
pour la nouvelle saison agricole. Mais dès que les produits arrivent à
maturation, ils les récupèrent et les vendent à vil prix.
Comme on le voit, ce sont là quelques problèmes auxquels fait face le monde
rural. Il faut donc des solutions idoines pour relancer ce secteur. La
question qui revient comme un leitmotiv, est de savoir comment le
gouvernement s’est pris pour identifier les 800 paysans qui ont pris part au
forum et les 220 qui ont été décorés.
E. Pierre
Présidentielle
2010 : Le peuple dans l’expectative : La Communauté internationale
va-t-elle être complice d’un drame bis au Togo ?
Lors de la présidentielle de 2005, le Togo a perdu un millier de ses fils
pour avoir légitimement réclamé la victoire qui leur avait été volée par le
pouvoir en place. A l’époque, la Communauté internationale et l’ONU
principalement, avaient pourtant la possibilité de s’impliquer directement
et efficacement dans ce processus électoral vicié dès le départ par
l’irruption du fils du président défunt dans la vie politique du pays, et
qui prétendait terminer le mandat de son père avec le soutien de l’armée.
A l’époque Kofi Annan était le SG de l’ONU et le Ghana, avec à sa tête John
Kuffuor, vivait la lune de miel avec le régime en place au Togo après le
départ de Rawlings. Avec l’inamovible Ibn Chambas à la CEDEAO (présidée
elle-même par un Mamadou Tandja qui se cherchait encore avec l’idée de
s’éterniser au pouvoir dans son pays), qui sait peser de tout son poids dans
les négociations, ce trio ghanéen aurait-il essayé d’arranger les choses en
faveur du pouvoir togolais au détriment de l’Opposition ? C’est du moins ce
que beaucoup d’observateurs avaient pensé à l’époque. Ce n’est pas à
exclure, car dans ce genre de situation, il ne faut jamais perdre de vue la
diplomatie souterraine.
Le simulacre de retour à la légalité constitutionnelle de février 2005 ne
saurait distraire personne. Du début jusqu’à la fin, la CEDEAO, en
complicité avec l’UA qui avait à sa tête l’imprévisible Obasanjo, a joué à
la comédie, à l’exception d’un Alpha Oumar Konaré, toujours égal à lui-même,
l’homme qui n’a jamais marchandé son propre honneur, ni celui de l’Afrique.
Si la Communauté internationale avait joué franc jeu et entendu le cri de
cœur de quelques dignes fils d’Afrique et pas des moindres, qui n’avaient de
parti pris que pour le bon sens et la raison, la longue crise togolaise se
serait résorbée depuis quelques années déjà et les Togolais auraient vu le
bout du tunnel et poussé un ouf de soulagement. Aujourd’hui ils
respireraient la liberté, le renouveau et la prospérité retrouvée.
Malheureusement, la Communauté internationale, avec ce qu’elle semble
devenue au jour d’aujourd’hui, fonctionne elle-même comme une grande maffia
organisée et bien sûr, comme toutes les maffias du monde, dépourvue de
moralité. Dans la réalité, si un pays est en crise et vit une instabilité
sociopolitique, cela devrait préoccuper au plus haut point, les institutions
auxquelles il appartient ou est affilié, en commençant prioritairement par
celle de la sous-région. Ainsi, il aurait suffi que la CEDEAO fût une
structure crédible, pour s’impliquer sérieusement dans la crise togolaise
née de la mort d’Eyadema pour éviter aux Togolais aujourd’hui le bis
repetita. Malheureusement le cas du Togo avait été abordé avec légèreté par
des individus et institutions eux-mêmes légers de la tête jusqu’aux pieds,
comme on traite les affaires de larcins commis par des petits délinquants,
alors qu’il était question d’assurer le destin de tout un peuple et la
survie d’une nation.
Qui l’aurait cru ?
Qui aurait cru que, vu les circonstances dans lesquelles Faure Gnassingbé et
son club de copains avaient pris le pouvoir, et après mille et une promesses
fermes selon lesquelles ce qui s’était passé en 2005 ne se reproduirait plus
au Togo (cf. entre autres discours, celui prononcé à Atakpamé en 2007 à la
cérémonie de lancement du processus « vérité-justice-réconciliation»),
les ingrédients pour la réédition du scénario d’il y a 4 ans seraient en
voie de mise en place ? Ces ingrédients ont pour nom : création volontaire
de mécontentements au sein des populations et de la classe politique qui
constitue l’Opposition.
Nous avons écrit chaque fois que l’opportunité nous le permet, que nous
sommes à la recherche des actes positifs à mettre à l’actif de la clique au
pouvoir, mais que malheureusement cela se révèle un luxe insaisissable au
Togo; le pacte étant fortement scellé avec le diable, de ne jamais poser
d’actes qui vaillent la peine de susciter des louanges. Au nombre de ce que
nous mettons dans le panier « création volontaire de mécontentements
», il y a entre autres : le refus par le pouvoir pendant plus d’une année,
de créer le CPDC exigé par l’APG; l’audace d’une décision unilatérale de
modification du code électoral ; la commande unilatérale des kits
électroniques pour le recensement en l’absence de la CENI ; la volonté
délibérée de Faure, de faire traîner la concrétisation de la réconciliation
nationale, soutenue par 7 mois de silence après la réception du rapport de
la Commission ; le blocage volontaire créé par le gouvernement au sein du
CPDC dû à la question de facilitation évoquée à juste titre par
l’Opposition, simple question de logique ; les multiples promesses et
engagements faits personnellement et solennellement par le Président de la
République et qu’il a à chaque fois foulé aux pieds ; etc. La dernière
promesse de s’inspirer de l’expérience ghanéenne en matière électorale, ne
peut qu’être prise comme une promesse d’ivrogne et vite oubliée.
Le peuple attend un signal fort
Les Togolais dans leur grande majorité, tout bien pesé, seraient déçus de
constater que déjà « au petit matin », Faure joue avec leur destin
après tant de misères endurées sous le père. Qui pouvait imaginer qu’après
avoir créé un statut pour l’armée depuis au moins deux ans et qui fait des
FAT, une armée apolitique, Faure pouvait se donner la liberté de se
présenter dans les casernes, demandant aux militaires, s’il pourra compter
sur eux en 2010 ? Face à cette hypocrisie, à ce double langage, on est en
droit de se demander quelle sera l’attitude de la Communauté internationale
face à une éventuelle réédition des violences de 2005. Il serait hors de
question d’attendre que des gens qui n’ont aucun respect de la vie humaine,
détruisent une fois de plus d’innocentes vies, pour se mettre à rechercher
des solutions qui ne sont d’ailleurs que de la poudre aux yeux.
Si les gens au pouvoir avaient le sens de l’honneur et de la dignité, ils se
seraient dit : « Nous avons assez fait preuve de mauvaise foi et de
mauvaise volonté politique comme ça, donnons à présent l’opportunité à
l’opinion internationale de découvrir qu’en nous se cache aussi un
petit brin de dignité humaine ! ». Quelles sont les dispositions
sécuritaires que la Communauté internationale, notamment l’ONU, l’UE et l’UA
(l’éternel médecin après la mort) est en train de prendre dans la
perspective de la présidentielle de 2010 au Togo, au regard du manque de
sérieux décelable sans loupe et affiché jusqu’ici par les hommes au pouvoir
?
Va-t-on assister une fois de plus en 2010, aux actes qui avaient conduit un
millier de Togolais à l’abattoir, poussé des dizaines de milliers d’autres
sur les routes de l’exil et occasionné des mutilés à vie ? Ce qu’il faut
d’ailleurs mettre au compte de la complicité de la Communauté internationale
qui pouvait bel et bien aider les Togolais à éviter un tel bain de sang et
des souffrances inutiles, mais avait regardé faire. Dans le meilleur des
cas, compte tenu de la mesquinerie, de la sournoiserie et de la duplicité de
ceux qui nous gouvernent, il est à souhaiter que les Nations unies, pour une
fois après les élections de 1958, dépêchent au Togo des observateurs
militaires comme civils pour sécuriser tout le processus, afin d’avoir au
moins cette fois, des élections réellement apaisées et claires comme une eau
de source.
Ce peuple très attaché à la présidentielle à venir qu’il considère comme la
dernière grande occasion pour se débarrasser de Faure que beaucoup
considèrent comme un imposteur venu aggraver le sort des Togolais, au lieu
de l’améliorer, attend vraiment un signal fort de la Communauté
internationale pour ne pas aller voter encore pour rien. C’est le lieu de
lancer un appel pressant à tous les partis qui rêvent de voir le Togo
gouverner autrement, de mettre leurs efforts en commun, pour trouver un vrai
candidat unique de l’Opposition par un sacrifice suprême. Le peuple leur en
saura gré éternellement.
Alain Simouba
L’insécurité
prend une tournure inquiétante au Togo : De la nécessité d’un plan de
lutte plus efficace pour Atcha Titikpina
La question de l’insécurité est aujourd’hui un casse-tête chinois pour les
populations togolaises sur toute l’étendue du territoire national.
L’insécurité au Togo semble un phénomène cyclique. Car elle rappelle aux
Togolais la sombre période de braquages avec en toile de fond des vols de
voitures dans les années 91, 92 et 93. Cette situation avait su camoufler
nombre d’assassinats politiques sous le prétexte de braquages. Mais il a
suffi qu’un jour le feu Gnassingbé Eyadema, alors Président de la République
tape du poing sur la table pour dire : « Ça suffit et que cela cesse
», pour que réellement un terme soit mis à cette situation.
Alors que l’on n’a pas pu venir à bout des vols à la tire des
portables ou sacs à main considérés comme de petits larcins, la situation
est devenue beaucoup plus préoccupante. Car des machettes, l’on passe à la
vitesse supérieure, celle des armes à feu. Il faut reconnaître aujourd’hui
que l’insécurité que vivent les Togolais est caractérisée essentiellement
par des braquages à mains armées. Ce regain d’insécurité sème de la psychose
au sein des paisibles populations qui n’aspirent qu’à une sécurité pouvant
leur permettre de vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.
Cette situation alarmante empreinte de violences inouïes est
diversement appréciée. D’une source proche du Ministère de la Sécurité, l’on
évoque l’impuissance des pays de la sous région face à la circulation
illicite des armes légères en provenance des zones où a sévi la guerre. «
N’eut été la vigilance de nos forces de l’ordre et de sécurité, la situation
serait beaucoup plus catastrophique; en témoigne ce qui se passe dans
d’autres pays de la sous région ouest africaine. Nous y sommes et nous
parviendrons d’ici peu à des résultats probants qui feront du Togo un vrai
havre de paix », affirme cette source à la question de savoir ce qui
justifie ce regain d’insécurité.
Cet avis est loin d’être partagé par un observateur de la scène
politique togolaise. « Cette situation est inquiétante. A voir ce que les
Togolais ont vécu il y a quelques années, il est impérieux qu’une solution
adéquate soit trouvée au plus vite afin d’endiguer cette insécurité à relent
purement politique. Que diriez-vous si demain on retrouve un politique ou un
leader d’opinion tué et sa voiture emportée? L’on vous parlera certainement
de crime crapuleux alors qu’il s’agira d’un acte délibérément orchestré.
Rappelez-vous que sur le nombre de braquages en 91,92 et 93, nombre de
victimes étaient des gens qui, apparemment étaient, contre le régime»,
confie-t-il.
Il s’agit en réalité d’un rappel d’une période très douloureuse
que les Togolais ont vécue. Il est vraiment impérieux que le Colonel
Titikpina, ministre en charge de la Sécurité soit interpellé sur la question
en vue d’une stratégie appropriée pour contenir le mal. Loin de demander à
celui-ci de rendre le tablier pour insuffisance de résultats comme cela peut
se passer sous d’autres cieux. Mais il faut, surtout à l’orée des échéances
électorales, trouver le plus rapidement possible une solution idoine. A ce
sujet, un Togolais rétorque ironiquement : « N’est-ce pas eux qui clament
haut et fort sur tous les toits qu’ils détiennent la clé de la sécurité ?
L’ont-ils finalement perdue ? Ils ont alors l’obligation de la retrouver,
puisque c’est en ça seul que nous pouvons les croire ».
A voir ce qui se passe aujourd’hui, la psychose viendrait des
rumeurs selon lesquelles, il s’agirait d’une situation savamment orchestrée
pour régler des comptes aux réfractaires du pouvoir en place et surtout à
tous ceux qui tapissent dans l’ombre pour faire du tort au régime en place.
En effet, si ces rumeurs se confirment, elles auront sans nul doute d’effet
sur notre économie agonisante pour le simple fait que l’insécurité est un
facteur indéniable de fuite de capitaux. Ainsi, les autorités togolaises ont
la lourde responsabilité de remédier à cette situation qui, non seulement
inquiète les citoyens togolais mais aussi les étrangers résidant au Togo
qui, pour la plupart, sont des investisseurs. C’est aussi le lieu pour le
Chef de l’Etat d’user de ses prérogatives de garant de la sécurité des
populations pour mettre un terme à cette situation dramatique. Car pour les
Togolais, il n’est plus question de compter dans les rues, au bord des
lagunes, sur les plages, etc. des cadavres dont les circonstances de leur
mort restent toujours non élucidées.
Didier Ledoux
Malgré la chute du baril de pétrole, le prix de l’essence reste inchangé au
Togo
Depuis la dernière baisse du prix du carburant à la pompe au Togo, le baril
du pétrole ne cesse de chuter sur le marché international. Mais force est de
constater que le gouvernement togolais maintient toujours l’ancien prix de
l’essence à la pompe. Ce qui est incompréhensible. Le bon sens exige que
l’Etat diminue le prix du litre de l’essence qui est à 500F. Car le baril du
pétrole est en dessous de 40$. Dans les pays voisins, on observe une baisse
sensible du prix de l’essence. Au Ghana, il est à moins de 200F le litre et
à 350F au Bénin. Ce maintien inexplicable au Togo fait grincer des dents au
sein de la population et des associations, notamment l’Association Togolaise
des Consommateurs (ATC). Ainsi des démarches ont été entreprises mais le
gouvernement continue de faire la sourde oreille.
« On n’arrive pas à l’expliquer. Quand il s’agit de monter les
prix, le gouvernement est champion », déclare un conducteur de taxi.
Même son de cloche chez Junior, conducteur de bus : « l’Etat nous triche
en maintenant ce même prix. Quand le prix était à la hausse sur le marché,
nous avons tous subi ce coût onéreux. Face à la nouvelle donne, le
gouvernement doit revoir à la baisse ce prix ».
Il nous souvient que c’est difficilement que l’Etat avait accepté
de diminuer le prix de l’essence à 500F malgré la dégringolade sans cesse du
prix de baril de pétrole. A cette époque, l’Etat avançait des arguments peu
crédibles. On disait que les pétroliers avaient fait des stocks, et il
fallait attendre que ceux-ci soient évacués avant toute revue du prix. «
C’est un faux argument. Il ne faut pas qu’on nous trompe. On sait que la
plupart des pétroliers sont ces mêmes barons qui font la pluie et le beau
temps. Donc, ce n’est qu’une complicité pour nous voler », fait observer
un étudiant.
Par ailleurs, le ministre du Commerce, Guy Lorenzo, avait annoncé
entre-temps que ce prix serait revu à la baisse, avant la chute actuelle du
baril. Mais depuis cette annonce, rien n’est fait. Les jours passent et les
pétroliers font de gros bénéfices sur le dos de la population. Alors qu’une
prochaine baisse de ce prix aura des impact sur les tarifs des transports et
par ricochet sur les prix des céréales et des autres denrées alimentaires
qui connaissent une flambée incessante. Si l’Etat se soucie vraiment de la
population, on ne sait alors pas ce qui l’empêche de baisser le prix pour
améliorer ses conditions de vie. Pourtant à la première diminution, les
termes du communiqué sorti au conseil des ministres stipulait que « dans
le souci du chef de l’Etat de contribuer à la réduction de la pauvreté des
populations togolaises, le gouvernement décide de rabaisser le prix des
produits pétroliers à la pompe ». Où se trouve donc ce souci s’il faut
continuer à faire des misères à la population? Sûrement que les pétroliers
ne sont pas encore rassasiés de tricher la population.
Il urge que le Premier ministre et le chef de l’Etat réagissent à
temps pour « harmoniser » le prix de l’essence avec les autres pays.
D.J.K
Sans détour :
Le CPDC dans la
valse-hésitation
« C’est facile, c’est tellement plus facile de mourir de ses
contradictions que de les vivre » (Jean-Paul Sartre)
La mauvaise foi en action au RPT n’est plus à démontrer. Elle est évidente
et si flagrante que nul n’a besoin d’une loupe pour la déceler. L’Accord
politique global (APG) avait bel et bien prévu la mise en place d’un Cadre
permanent de dialogue et de concertation (CPDC). En principe, ce cadre
aurait dû voir le jour, juste après les législatives et comme le nom
l’indique si bien, en dehors de l’Assemblée nationale, il devrait être un
lieu de dialogue et de concertation pour trouver des solutions concertées
aux problèmes en suspens relatifs aux réformes institutionnelles et
constitutionnelles. Le pouvoir aurait été animé de bonne foi, que nul
n’aurait eu besoin de le lui rappeler. Sa création allait donc de soi.
Pourtant, il avait fallu que, pendant plusieurs mois, le CAR et l’UFC
s’acharnent à réclamer à cor et à cri la mise sur pied d’une telle
structure, mais en vain. Finalement il aura fallu l’année 2009 et suite à la
décision de modification unilatérale du code électoral, pour voir ces deux
partis de l’opposition parlementaire se rebiffer et prendre le taureau par
les cornes avec bien sûr, la pression de la Communauté internationale, pour
faire entendre raison. C’est dans un tel contexte que toute honte bue, les
autorités, la queue entre les pattes, en arrivent à un décret portant
création du CPDC, ce qui aurait dû être fait depuis au moins un an et qui
conférerait une certaine respectabilité à son ou ses auteurs. C’était le 4
février dernier.
Au fait, ces gens-là, il faut seulement un petit effort individuel pour les
comprendre. Mais, entendons-nous bien, cela ne les disculpe pas. Imaginez un
pouvoir pris par la force et non dans les règles de l’art démocratique. Ce
pouvoir conquis par la force a besoin d’être conservé et entretenu par la
force. Ainsi, à force d’user de la force pour un oui ou un non, gymnastique
favorite de l’usurpateur, il en avait habitué les gens de sa cour qui en ont
été si bien imprégnés qu’avec le temps, il est devenu presque impossible
pour eux de résister à l’esbroufe, à la tentation de faire usage de la
force, de montrer leurs muscles et parfois l’arme qui les protège d’un
éventuel agresseur. Naturellement, des individus comme ceux-là n’ont rien de
commun avec des gens comme vous et nous. Et vous ne pouvez pas vous comparer
à eux, parce qu’ils ont grandi et évolué dans un contexte différent dont ils
sont des prisonniers à vie. Imaginez des individus comme ceux-là un jour
devant un tribunal laissés à eux-mêmes ! Vous aurez pitié d’eux de par le
raisonnement. Oh, que la dictature et l’usage abusif de la force déforment
l’homme !
Pour revenir aux travaux du CPDC, après sept séances de travail,
on n’est pas parvenu à grand-chose. Les communiqués sanctionnant les
rencontres ne semblent pas trop différer l’un de l’autre. Après la séance
d’hier, il est observé une suspension d’une semaine. Elle intervient suite
au blocage provoqué depuis quelques jours déjà par la non adhésion du
pouvoir à la proposition du CAR et de l’UFC de recourir à la facilitation.
Ces partis, connaissant la mauvaise foi légendaire de l’adversaire qu’ils
ont en face d’eux, n’ont que trop raison de souhaiter la présence d’un
facilitateur.
Et c’est ici qu’il faut s’interroger sur la réticence du pouvoir qui
n’adhère pas à cette exigence. Selon le ministre Bodjona, « Les vraies
solutions sont d’abord entre les mains des Togolais. Il faudrait que les
Togolais sachent que nous avons plus à nous entendre que
d’aller vers le pessimisme. … ». Venant d’une autre
source, nul ne saurait se faire du souci. On ne les connaît que trop bien.
Ce pessimisme est dicté justement par le manque de volonté manifeste du
pouvoir. Comment être optimiste et s’entendre avec des gens qui ont fait du
dilatoire, du manque de sérieux et de l’esbroufe leur principal cheval de
bataille, alors qu’il s’agit de mettre fin à la souffrance de tout un peuple
? Assez de cette valse-hésitation, et un peu plus de sérieux à partir du 23
février pour aller aux choses essentielles. Le pouvoir a trop perdu du temps
comme ça. Il lui revient de montrer sa bonne foi aujourd’hui plus qu’hier.
Alain Simouba
Ça va se
savoir :
A l’Amphithéâtre
(1)
Il se passe beaucoup de choses inimaginables dans les amphithéâtres.
Barbara, une jeune et jolie étudiante d’à peine 18 ans en Lettres modernes
en a fait son lieu de conquête. Il y a quelques jours de cela, en plein
cours de littérature africaine qui devrait durer deux heures, elle
commençait à s’ennuyer sérieusement. C’était elle qui était pourtant
désignée par ses camarades ce jour pour suivre assidûment les cours, alors
qu’elles étaient parties faire des courses en ville. Il s’agissait bien
évidemment d’un système qu’elles avaient mis en place afin de ne pas rater
les cours. Elles se relaient et cela profitait à chacune du réseau parce que
ça leur permettait évidemment de se décompresser de temps en temps,
disaient-elles. Mais ce jour-là, la fée n’était vraiment pas motivée pour
suivre le cours. La seule chose qui la tenait éveillée dans l’amphi ce jour,
c’était le Maître Assistant, un homme d’une quarantaine d’années, très
craquant.
Barbara s’était mise alors au fond de l’amphi. Un mec qu’elle avait déjà
aperçu était assis à côté d’elle. Il avait l’air très concentré et prenait
des notes. Il n’y avait pas grand monde à l’arrière pour ce cours parce que
nombre d’étudiants boycottaient non le cours, mais l’enseignant qu’ils
qualifiaient de trop sévère et pire adepte du chichi. A part l’étudiant à
côté d’elle, la personne la plus proche se trouvait à une dizaine de sièges
sur sa gauche. Elle essayait en vain de se concentrer parce que tout ce
qu’elle avait en tête, c’était bien son prof qu’elle imaginait en train de
la prendre dans un couloir ou sur un bureau. Avec une de ses mains, elle se
caressait les cuisses pendant qu’elle rêvassait. Cette situation n’avait
d’ailleurs pas échappé à son camarade qui la matait du coin de l’œil. Gênée,
elle retira brusquement sa main pour la camoufler sous la table. Mais le mal
était déjà fait. L’étudiant Georges ne cessait de lancer des coups d’œil
vers les frêles jambes de sa camarade. Il se rabaissait à plusieurs reprises
pour essayer de voir ce qui pouvait se cacher sous la petite jupe de cette
dernière. Le regard de l’étudiant l’avait bien mise mal à l’aise mais au
même moment, ça l’excitait à fond. Alors, elle s’amusait à croiser et à
décroiser ses petites et frêles jambes quand soudain, Georges prit son
courage des deux mains puis posa sa main sur sa cuisse.
Elle lui lança un regard un peu confus, mais le jeune homme ne cessait de
regarder le prof, l’air absorbé par ce que ce dernier expliquait. Elle se
prêta au jeu et regarda aussi en direction de l’algarade. L’étudiant envoya
sa main en patrouille de reconnaissance. Il commença par tripoter tout
doucement la cuisse, faisant de petits mouvements, remontant du genou
jusqu’à la frontière de la mini jupe sans jamais passer dessous, de
l’extérieur vers l’intérieur, et hop, il redescendait. Le jeu était très
agréable et plaisant à la fée. Barbara a commencé par se détendre, quand
d’un mouvement ferme, le bonhomme prit ses jambes qu’il mit sur ses genoux.
Elle se vit jambes écartées et jupe remontée, laissant apparaître le string
bleu turquoise en dentelle. La main mit alors les doigts au service en
remontant et cette fois-ci « No limit », comme dirait l’autre, tout
en haut des frêles cuisses avec une petite escale au bord du string.
L’étudiante était plus que jamais excitée. Ses petites prunes au bout solide
pointaient à travers son haut moulant et elle avait une envie folle de les
pétrir elle-même. Pendant que discrètement d’une main, la fée se prit l’une
de ses prunes qu’elle titillait merveilleusement, Georges, du bout des
doigts caressait le haut de la cité fait de forêt de poils par-dessus le
string. Il exerçait déjà de petites pressions sur la sentinelle de la cité
bien au garde-à-vous. A suivre
Tonton D
Libertinage
Lomé gravement malade de sécurité
« C’est celui qui est prês des toilettes qui sent l’odeur du
caca », aime à répéter feu président Eyadéma. Si tout le monde crie à
l’insécurité à Lomé, c’est que la « siation » est préoccupante et
qu’il faut prendre les taureaux par les cornes. Kplikplitina et ses
araignées doivent agir et au plus vite.
Depuis quelques temps, la capitale togolaise se trouve particulièrement
confrontée au quotidien à des braquages et agressions de toutes sortes
perpétrées par des délinquants. Il ne se passe pratiquement de jour où on
n’annonce des braquages, des cambriolages, des vols à main armée ici et là …
La question que les Loméens et Loméennes se posent naturellement est de
savoir ce qu’est devenue l’«opération araignée» annoncée à grand coup
de propagande il y a un temps. Le Chef de l’Etat, nous avait-on dit, dans le
souci de ramener la paix et la quiétude au sein des populations, a demandé
au ministre de la Sécurité de mettre en place un dispositif sécuritaire
surtout dans la ville de Lomé. C’est ainsi que l’opération «crevette»,
plutôt « araignée » est née. 300 agents de la police et de la
gendarmerie, dotés de matériels roulant plus adéquats, de moyens de
communication et de lignes téléphoniques gratuites patrouillaient
minutieusement à Lomé jour et nuit pour dissuader les éventuels malfrats.
Mais depuis quelques mois, les araignées et leurs véhicules 4x4 ne sont plus
visibles dans la capitale. Résultante, Lomé havre de paix, renoue avec
l’insécurité et le banditisme. Les cris de détresse de la population ne
semblent guère émouvoir les autorités. Ont-elles du plomb dans le tympan ?
Qu’attendent Faure et Houngbo pour venir au secours de la population ?
Refuge doré pour Patassé
On n’est mieux que chez soi, dit le proverbe. Après de longues
années d’exil passées au Togo, beaucoup avaient pensé à la fin du chemin de
croix de l’ex-homme « Faure » de Bangui lorsqu’il était rentré chez
lui en décembre dernier à la faveur du dialogue inclusif organisé dans son
pays. Eh bien non ! Le refugié centrafricain se plaît tellement de
l’hospitalité légendaire à lui accordée par le Père puis le Fils et bientôt
par le Saint Esprit qu’il ne veut plus retourner chez lui. Humm ! Les
délices togolaises!
Le président à la barbe potassée était lundi à Pyayung où il a tenu à
honorer la mémoire du père de la « gnassion
». Après avoir déposé une gerbe de fleurs dans le caveau familial, Ange
Félix Patassé s’est confié à la presse. « J’avais sollicité de mon fils
Faure de m’autoriser à revenir à Pya pour déposer officiellement une gerbe
sur la tombe de mon grand-frère, car lors des obsèques il y a 4 ans, je n’ai
pas pu faire cela… », a-t-il débité. Et ça change quoi dans le quotidien
des Togolais ? Après avoir semé le bordel chez lui, il a fui comme un petit
lapin pour se mettre à l’abri dans son refuge doré à Lomé quand ça pétait le
nez à Bangui. L’autre fois il faisait la bouche comme Georges « Bouche
» qu’il était prêt à attendre de barbe ferme le président de la Cour Pénale
Internationale (CPI) Luis Moréno Ocampo pour porter le même pantalon.
Pourquoi a-t-il une fois encore pris la clé des champs s’il était un vrai
garçon comme il le prétendait ? Monsieur le président, Ocampo vous attend à
Bangui pour éclaircir une fois de bon cette histoire de viol des centaines
de femmes centrafricaines, de massacre, de crime contre l’humanité. C’est
trop facile de rester à Lomé et faire le faro.
Qui aime bien ...
Chaque fois qu’ils prennent une décision impopulaire qui crucifie
les populations, les dirigeants font des comparaisons avec ce qui se passe
dans les pays voisins. Il y a quelques mois, les autorités togolaises ont
décidé contre toute attente de revoir à la hausse le prix de la tonne de
ciment. Raison invoquée : c’est à ce prix que le ciment se vend au Bénin et
au Ghana. Alors que le ciment est produit au Togo, il est vendu plus cher
aux Togolais. Après, c’est pour dégoter sans vergogne qu’ils se soucient du
mieux- être de leur peuple. Hypocrites va !
Depuis un temps, la tendance du prix du baril de pétrole est à la
baisse. Le pétrole étant la principale source énergétique dans la plupart
des pays africains, les gouvernants n’ont pas hésité à baisser les prix à
la pompe pour soulager les populations. Pour ne pas être en reste, le Togo
aussi a à contrecœur revu à la baisse le prix des produits pétroliers, une
diminution qui s’apparente à une hausse quand on se réfère aux prix
pratiqués dans les pays voisins.
Aujourd’hui au Bénin l’essence est à 350 F et autour de 200F au
Ghana. Curieusement, le Togo qui en toute chose se compare à ces deux pays a
maintenu le prix à la pompe à 500F, presque le double du prix pratiqué dans
les pays frontaliers. Quand on a posé la question à Papa Boussômékpo, il a
répondu que c’est parce que nos gouvernants nous portent dans leur cœur
qu’ils ont décidé de nous asphyxier car, a-t-il dit, qui aime bien, châtie
bien. Ahan !
Gilberto von Atsu sort de son mutisme
Ouf ! Un des « particules » politiques au Togo est sorti de sa
léthargie. Il s’agit de la Nouvelle Dynamique « im-Populaire » (NDP).
On le croyait enterré dans le sous-sol. Mais on s’est lourdement trompé.
Aujourd’hui on donne raison à ceux qui n’ont cessé de dire que l’élection de
2010 fera sortir des « bitosards», pardon, des leaders politiques qui
ne sont que l’ombre d’eux-mêmes.
Le président de la NDP, Gilberto von Atsu, ex-ministre, est enfin sorti de
son mutisme. Le gars n’a plus ronronné depuis que le vent des élections
législatives de Potopoto l’avait emporté. Depuis cette défaite «
dynamique », on susurre qu’il avait regagné son dojo de Karaté. Le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) lui a servi d’alibi pour
sortir de son trou. Le politicien « shaolin » et les leaders de son
calibre doivent certainement jubiler sur la mise en place du CPDC qui leur a
donné l’opportunité de jacasser.
Comme ses prédécesseurs, le parti du jeune essoufflé a pondu
dimanche un communiqué oiseux. C’est avec des termes de « kung-fu »,
c’est-à-dire enflammés qu’il critique la manière dont les RePTiles et
l’opposition parlementaire mangent des repas succulents à la Primature.
C’est pourquoi il entend combattre cette injustice et cette discrimination.
Pour ce faire, il alerte la communauté nationale et internationale. On aura
tout vu avec ces dealers, pardon, ces leaders des particules.
Le paradoxe
Depuis un certains temps, l’insécurité fait partie du vécu
quotidien des Togolais. Les gangsters font parler d’eux dangereusement dans
les divers quartiers de la capitale. Ces hors la loi défient le ministre de
la Sécurité, disons plutôt qu’il n’y a pas match entre eux du moment où on
observe une absence criarde des «araignées» sur les rues et les
ruelles. Ainsi les braqueurs sont libres de tout marquage. Les cris de
détresse de la population ne trouvent pas d’échos favorables. Le Premier
ministre « Houngbossi » et son ministre de l’« insékrité »,
Kplikplitina n’entreprennent aucune initiative d’envergure pour dérouter ces
malfaiteurs. Comme pour se moquer des gens, «Kplikplitina» organise
des journées portes ouvertes sur la sécurité. N’est-ce pas-là un paradoxe ?
Peut-être c’est avec ces journées qu’on va annoncer des actions
coups de poing. Pour le moment, les braquages et les vols à mains armées
continuent à la vitesse de croisière. La semaine dernière, un lycéen vivant
à Attiégou a été attaqué vers 19 heures par des bandits. La veille, c’est
un conducteur de taxi-moto qui remet malgré lui sa moto à des truands armés
des manchettes tranchantes aux environs de 5 heures du matin dans le
quartier Koklognipé. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Ce
qu’on ne comprend pas, c’est la réussite avec laquelle ces bandits opèrent.
On dirait qu’ils sont assurés de leurs sales besognes. Certains pensent même
qu’ils ont des soutiens de poids. Vrai ou faux ? Si le Pm
ne peut plus changer le vécu quotidien des Togolais, ne peut-il pas assurer
du moins la sécurité des urnes, plutôt des citoyens ?
Out, « Faure-vi » veut prier !
On dirait que notre prégo veut garder Dieu pour lui tout seul. Depuis un
certain temps, nos mamans du grand marché d’Adawlato ne dorment plus le
sommeil. Ce n’est pas seulement les travaux de réaménagement qui les
préoccupent, mais surtout la conversion « brusquementale » de «
Faure-vi ». Maintenant, lorsqu’elles sont dans le marché et qu’on
prononce le nom du Fils de la « Gnassion », c’est la panique
générale. Certaines sont au bord de la crise des nerfs et d’autres tombent
dans les pommes. Elles n’oublieront « jamaiment » la semaine au cours
de laquelle le « p’ti » s’est rendu trois fois à la Cathédrale de
Lomé pour assister à des messes. Le jour le « plus pire » a
été ce mardi que les uns ont qualifié de noir, jour où « Faure-vi Vodoua
» a assisté dans la soirée à la messe pontificale célébrée à l’occasion
de la visite pastorale de son Eminence Renato Raffaele Martino, président du
Conseil pontifical Justice et Paix.
Le jour-là, on se croirait à Lomé au temps où il suffisait de dire «
égba djô ké » pour que les enfants des gens ramassent leurs affaires et
détalent comme s’ils avaient rencontré le diable en personne. Il se dit
qu’on avait chassé les gens au moins trois heures avant que le « p’ti »
ne pointe son nez et que vous ne verrez même pas de mouches survoler les
lieux. L’endroit était quadrillé par les « mon pays » qui faisaient
la « sékrité ». Il paraît qu’à cause des nombreuses gymnastiques pour
ranger rapidement leurs affaires, les bras de nombreuses vendeuses
commencent à ressembler à ceux des gars qui pratiquent le sport «kankpé
», c’est-à-dire le body building. Entre nous, est-ce qu’on a besoin de
déployer toute une armée et chasser tous les vendeurs du grand marché avant
que « Faure-vi » n’assiste à une messe ? De qui a-t-il si peur ? Ou
bien veut-il capturer Dieu pour l’amener à Lomé « naoulè » ?
Heureusement que Dieu n’appartient à personne.
Houngbo aux anges
Le lundi dernier, un groupe de notaires est allé saluer « Fo Gilberto
», pas celui de Siouville, mais celui qui a promis changer le quotidien des
« gnassingbélandais » en six ans, que dis-je, en six mois, «
Fo Houngbossi ». Selon la dame qui était à la tête de la délégation,
le but de leur visite était de présenter les vœux au Premier ministre et
surtout le féliciter pour sa nomination à ce poste. Kéi ! Où étaient-ils?
Pour les vœux, on peut comprendre puisque nous sommes seulement dans le
mois de février. Même si c’est en juin, ça ne fait « rignin ». On
connaît des gens qui, jusqu’en novembre vous réclament le calendrier de
l’année en cours. Alors qu’il ne reste que quelques jours au locataire de la
Primature pour arriver au terme des six mois pendant lesquels il a offert le
bonheur virtuel aux «Gnassingbélandais », c’est le moment qu’eux ils
ont trouvé pour venir le féliciter. Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce
pas ? Il paraît qu’il est très difficile d’obtenir une audience pour voir
les Premiers ministres « Gnassingbélandais ». Peut-être que depuis
sa nomination, c’est maintenant qu’on a pu donner une autorisation à nos
chers notaires pour qu’ils puissent voir leur cher Premier ministre et le
féliciter «beaucousement ». En tout cas, cette visite a énormément
plu à « Fo Houngbossi » qui riait jusqu’aux « zoreilles ».
N’en déplaise aux jaloux de ses acquis.
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Liberte Hebdo # 467 du 16 fev. 2009 |
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Libertinage :
Le temps des
soucis pour Fo Houngbo |
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Les
6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un
paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera
bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que
la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.
Le
miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant
l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à
divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante.
La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol
face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48
heures.
Pour
leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent
depuis près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les
activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et
comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole Africaine
des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le
ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant,
c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des
Auxiliaires médicaux qui
étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est
tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le
pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.
La CPP sort de
sa torpeur
Ouf
! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime «
Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on
n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule.
Depuis que les premiers responsables ont atterri à la mangeoire, ils se
sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne
parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de
la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de
la voix.
Le parti a pondu
lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la
position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la
CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au
début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais
les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont
poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est
prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors
en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ».
Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de
l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive,
« tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La
CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.
L’insécurité de
retour
L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres togolais doit se faire
beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent
pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en
toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à
Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak où nous devons vivre en
permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher
tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.
Depuis un
certain temps, l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un
retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont
devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe pratiquement de
jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des
vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le
ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des
citoyens ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus
d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font
la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler
allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan. La vie
des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la
bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à
Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?
TVT, indésirable
à l’EAMAU
Les
étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de
l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont
opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la
CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils
demandent. Passons.
Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de
couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de
l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question
posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A
part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant
les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les
vêtements, même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. «
TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici
couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut
plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces «
con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils
déposer leur figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa
crédibilité?
Jérémiade des
CPPutains
Dans
un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et
institutionnelles, le pouvoir RPT a été arrêté par l’opposition
parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à
l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux »
a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans
la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que
vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand
on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à
négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti
un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.
Pour eux, les
partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la
compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces
gens sont tombés sur la tête. Qui leur a dit de n’avoir aucun député
pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que
leurs yeux pour pleurer.
Les « vingte
»-mille dévalués
On dirait que
nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait
pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les «
zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille
francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour
quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la
galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus
pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent
qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes
» qui sont logées. Vrai ou faux ?
Bien qu’étant
insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au
lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos «
galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables,
avec le système LMD adopté cette année, une aide de 15 000F avait été
promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon
pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils
n’ont pas eu les 15 000 F, mais en plus les « vingte »-mille ont
été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir
de recevoir cette somme soi-disant destinée à la recherche, a emprunté 15
000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa
double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et
donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due »,
dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?
En ce moment,
des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de
l’Université de Lomé. Au début des travaux, on croyait que c’était tout le
campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ».
Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec
l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le
travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains
« zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les
cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur
aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce
n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.
A vos marques,
partez !
Le jeudi
prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille
pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le «
prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa
» ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise
aux jaloux de ses acquis.
Ce jour là,
c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le
lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de
sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter
les marabouts, les puissants « goti goti » et autres. Il se dit
qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont
ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à
cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les
filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur
famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont
jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement,
elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par
ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto »
et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu
leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule demoiselle qui sera
élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand
même.
Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et Réconciliation ?
Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des
différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour
recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en
croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre
du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la
question des violences politiques et électorales. Cette prise de langue de
Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions
des Consultations nationales.
Sept mois après
En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi à imposer leurs
désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations
nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus
a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces
opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont
été bouclées trois (03) mois plus tard. A en croire les conclusions, les
populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et
c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi
avec les dignitaires religieux.
Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public
depuis juillet 2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les
confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu
sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de
lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté
populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait
tuer !
Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au
processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de
s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit
du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre
échéance électorale, la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins
importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de
l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais,
dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la
volonté de faire aboutir le processus.
Des déclarations qui sèment la confusion
La consultation des organisations religieuses devrait a priori
booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre
de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués
dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à
travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président
du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal
Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la
réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors
des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt
prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la
main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et
électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la
chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en
occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux
pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de
temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.
Quel espoir pour le processus ?
Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les
populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission
Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi
controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent
pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein
du pouvoir, on se plaît plutôt à envenimer les clivages, les frustrations.
Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent :
05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…
Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit
des discours. Comme sous Gnassingbé 1er,
l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté
». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette
fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les
tenants du pouvoir font preuve de discrimination.
Le
05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même
manière. Jeudi dernier qui marquait le 4ème anniversaire
de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela.
Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux
et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on
en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé
le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là,
une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation
officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités
étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur.
Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout
l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête pour l’assassinat de
Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres
présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont
eux, mis aux oubliettes.
La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce
jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans
vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado
et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une
seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé
et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de
cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur
cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.
Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril
2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le
pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions
exorbitantes pour décourager les plaignants.
Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse
du processus Vérité, Justice et Réconciliation.
Pablo E.
Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les
autorités
Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et
d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur
plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur.
Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour
promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la
portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en
misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps,
les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot
d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5
et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en
rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée
générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail
à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social
à l’endroit des autorités togolaises.
Ils réclament entre autres des avancements de grade avec
jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations
administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire
d’octobre 1999 pour d’autres.
Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement
relatif à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du
décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il
leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de
recherche et logement.
Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers
comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à
l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe
une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail,
perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne
bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette
situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et
constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.
Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la
condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits
notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie
d’avancements et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans
la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de
carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont
débuté l’auxiliariat en 2003.
Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien
n’est fait pour satisfaire leurs conditions, le secteur de l’Education
risque de connaître des jours mouvementés.
M.A.
Réformes politiques au Togo : Entretien entre Gilchrist
Olympio et Bruno Joubert, Responsable de la
cellule africaine de l’Elysée
-
Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo
De
sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC),
Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno
Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au
menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.
« Les deux personnalités ont échangé sur la situation
sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes
institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection
présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au
niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des
listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans
un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos
partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections
propres et sans violence au Togo », nous confie une source.
Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et
les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu
avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le
Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain
Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux
ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble
des Togolais,
la France
souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous
avons quelque chose de commun avec la France…
», avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine
« New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une
petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la
direction de
la France et de
l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité
».
Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est
annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de
l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de
l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de
l’année 2008, des consultations avec le Togo.
E. Pierre
Le régime à l’heure de la séduction :
Politique nationale des petits travaux, rien que des petits travaux
Depuis
quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions
transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite
sont destinés au remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les
pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies,
ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement
dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être
pas avant longtemps.
Ces
travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris
depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que
partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la
capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté
par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible
».
A défaut
d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009,
c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En
parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du
Golfe notamment), on fait deux types de constats.
Le
premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une
certaine distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus
attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En
revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour
quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les
cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se
pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des
distances relativement longues une vaste couche de sable.
De là,
très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo.
L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les
gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière.
Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la
laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se
mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose.
Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures
et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux
des passants et des riverains.
Le
deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les
habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures
ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre
procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la
voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes)
de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu
vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions
utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces
déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.
Il faut le
dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire
du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la
paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à
presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ?
Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de
plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale.
Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers
Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.
A dire
vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti,
qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas
d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à
classer dans « la politique des petits travaux » si cette
dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la
voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande
trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que
beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines
voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des
feux tricolores de l’hôtel Todman.
Eu égard à
tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu
s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un
tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces
rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de
raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville
et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour
voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien
n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien
et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la
présidentielle.
Prions que
les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De
grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des
réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question
de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers
publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera
toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la
politique des grands travaux. Alain SIMOUBA
Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG
N’Guessan Kouadio
Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de
l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les
responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications,
celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué
musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de
la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat
siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les
étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai,
les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le
communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait
plutôt durcir leur position.
Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève
depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un
communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation
que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager
une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe
d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des
étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le
communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN
a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre
togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la
commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les
étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter
avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec
le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a
accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait faux bond et
exigé qu’ils reprennent leurs cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en
compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe
», a fait savoir une étudiante en 4e année.
Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du
comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les
étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée
plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux
millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les
boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une
étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un
Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis
dans une insécurité notoire.
Cette insécurité, selon un membre de la commission, était
l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in
pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs
propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré
leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions
très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma.
D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs dans le quartier »,
déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.
Vêtus de noir et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités
différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant
des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire
« Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc
», « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », «
Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».
Don Jean Kossi
Sans détour :
Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?
«
Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour
moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)
Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la
préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de
délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance de tous
les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de
compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les
environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays
est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la
perspective de la fête du 27 avril 2006.
Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé
le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au
pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le
Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à
éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de
fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de
la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical
qui liait Eyadèma à notre Indépendance.
Au
Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu
Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu
Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que
celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion
jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique
et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge
et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la
vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges
n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La
date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des
Togolais.
Le
27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première
fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des
manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a
commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la
faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient
instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait
couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril
2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à
disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.
Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant
du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont
allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si
le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les
autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture
togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : «
Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en
soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le
monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage
d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de
l’indépendance.
Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable.
L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés,
les jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous
apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans
la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la
Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie
au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national.
Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette
démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui
divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l
es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Sous la table (2)
La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières
qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui
s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan
n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de
sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La
jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux
soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré
dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.
Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce
qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce
qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de
sélection. Il fit asseoir rose
sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente.
Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son
propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière
pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au
cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de
lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit
tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à
introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui
procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le
majeur rejoignit l’index dans la cité, l’homme entreprit une fouille
libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au
poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage
pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt
sèche et maintenant avide de câlins.
Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara »
sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes,
son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée.
Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char
d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le
combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de
ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea
cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le
point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette
fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le
père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en
pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les
barrières.
Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix
essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé
par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes
involontaires, ils renversa des piles de dossiers sur le bureau. C’était
bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement
dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune
demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous
feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui
dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher abondamment du
venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même
l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres
concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins
d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la
jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en
otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois
quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils
s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le
dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le
bureau.
Tonton D
Libertinage :
Le temps des
soucis pour Fo Houngbo
Les
6 mois que s’est donnés Fo Houngbo pour faire du Togo un eldorado, un
paradis sur terre, tirent à leur fin. Plus que 30 jours et la boucle sera
bouclée. Mais Canaan, la terre promise tarde à pointer son nez. A mesure que
la date butoir approche, le rêve de Fo Houngbo laisse place au cauchemar.
Le
miel semble tourner au fiel. La perplexité du PM va grandissante devant
l’énormité et la complexité de la tâche. Le technocrate doit faire face à
divers mouvements sociaux, signes annonciateurs d’un lendemain qui déchante.
La semaine dernière, ce sont les enseignants qui ont exprimé leur ras-le-bol
face à leurs conditions de vie et de travail à travers une grève de 48
heures.
Pour
leur part, les syndicats de transitaires et déclarants en douane observent
depuis près d’une semaine un mouvement de débrayage paralysant les
activités au Port Autonome de Lomé, le poumon de l’économie nationale. Et
comme si cela ne suffisait pas, ce sont les étudiants de l’Ecole Africaine
des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) qui durcissent le
ton. Cela fait plusieurs jours que ça chauffe du côté d’Adewui. Auparavant,
c’était le personnel soignant et les élèves de l’Ecole Nationale des
Auxiliaires médicaux qui
étaient en grève pour réclamer des conditions de vie décentes. Bref, c’est
tout le front social qui est en ébullition. La preuve que rien ne va dans le
pays. De quoi donner de l’insomnie à Fo Houngbo.
La CPP sort de
sa torpeur
Ouf
! Le parti de l’ex-président de la République Annexe son Excellentissime «
Eduardo Koqdjovi» sort enfin de son sommeil comateux. A vrai dire, on
n’a plus souvenance de la dernière sortie médiatique de cette particule.
Depuis que les premiers responsables ont atterri à la mangeoire, ils se
sont enfermés dans leur tour d’ivoire. C’est vrai que la bouche qui mange ne
parle pas. Mais le départ fracassant de l’éminence grise Eduardo Koqdjovi de
la présidence il y a quelques jours a permis à la CPPutain de recouvrer de
la voix.
Le parti a pondu
lundi un communiqué aux termes enflammés qui tranche catégoriquement avec la
position habituelle de cette formation politique. On ne reconnaît plus la
CPP, l’enfant de chœur, le béni-oui-oui des RePTiles. On se croirait au
début des années 90 où l’UTD d’alors faisait la pluie et le beau temps. Mais
les difficultés de Fo Koqdjo et son parti vont commencer quand ils ont
poignardé l’opposition démocratique en 1994. Pour son ventre, le parti s’est
prévalu du titre de parti charnière et a fait capoter tout. Il tomba alors
en disgrâce aux yeux du peuple qui le laissa tomber « gboya ».
Depuis, il ne sait plus à quel saint se vouer. Tantôt il se réclame de
l’opposition modérée, tantôt il dit qu’il est de l’opposition constructive,
« tantard », il s’affuble du titre d’opposition traditionnelle…La
CPPutain va-t-elle retrouver sa notoriété d’antan ? On attend de voir.
L’insécurité de
retour
L’autre domaine dans lequel le Premier des ministres togolais doit se faire
beaucoup de souci est celui de la sécurité. Même si les Togolais n’arrivent
pas à manger à leur faim, ils ont au moins besoin de vivre et circuler en
toute quiétude sans crainte d’être attaqués. Nous ne sommes pas quand même à
Mogadiscio en Somalie ou encore à Tikrit en Irak où nous devons vivre en
permanence dans la hantise de la peur. Les autorités peuvent nous arracher
tout, mais de grâce, qu’elles garantissent notre sécurité.
Depuis un
certain temps, l’insécurité qui était en net recul dans le pays, signe un
retour à grandes enjambées. Les holp up, les cambriolages, les rackets sont
devenus le lot quotidien des populations. Il ne se passe pratiquement de
jour où on ne signale à Lomé des braquages, des vols à mains armées, des
vols de moto…. Le plus inquiétant, c’est que le premier concerné, le
ministre Atcha « Kplikplitina » préposé pour assurer la sécurité des
citoyens ne semble guère ému par le phénomène qui prend de plus en plus
d’ampleur. Alors que les populations sont à la merci des malfrats qui font
la loi dans la capitale, le ministre passe tout son temps à somnoler
allègrement aux différentes manifestations qu’organisent le clan. La vie
des Togolais est le dernier souci de nos dirigeants. Pendant qu’ils font la
bamboula à Kara là-bas, les populations s’attirent la foudre des malfrats à
Lomé. N’est-ce pas que c’est comme ça le pays est et nous sommes dedans ?
TVT, indésirable
à l’EAMAU
Les
étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de
l’Urbanisme (EAMAU) ont poursuivi leur grève lundi dernier. Ils se sont
opposés à la reprise des cours demandée par la « ministricule» de la
CPPutain. Aujourd’hui, c’est la démission du directeur de l’école qu’ils
demandent. Passons.
Comme d’habitude, les journalistes étaient présents sur les lieux afin de
couvrir le sit-in. Mais il était difficile de rentrer dans l’enceinte de
l’école. « Vous êtes de quel organe ? », telle était la question
posée à chaque « con-de-frère » avant de l’autoriser à rentrer. A
part cette question, ces manifestants scrutent chaque rentrant en cherchant
les « journaleux » de la TVT. Ainsi les micros, les caméras, les
vêtements, même le regard et les démarches sont passés au peigne fin. «
TVT, nous ne t’aimons pas », scandait la foule. « Ils sont venus ici
couvrir deux évènements. Mais ils n’ont jamais montré les images. On ne veut
plus les sentir ici », martèlent les étudiants. Heureusement que ces «
con-de-frères » de la TVT n’étaient pas présents. Sinon où vont-ils
déposer leur figure ? N’est-ce pas que la TVT vient de perdre sa
crédibilité?
Jérémiade des
CPPutains
Dans
un élan de faire unilatéralement les réformes constitutionnelles et
institutionnelles, le pouvoir RPT a été arrêté par l’opposition
parlementaire qui a menacé de pratiquer la politique de la chaise vide à
l’Assemblée tricolore. Mais le prégo de celle-ci, Abass « Bon Faux »
a vu le « p’ti » et il a mis en place le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC). Les particules d’opposition ne figurent pas dans
la composition de ce CPDC, comme dans l’Accord Politique Global (APG). Que
vont donc devenir les partis à l’instar du PDRien, CPPutain, CDAPaysan quand
on sait que c’est avec leur présence dans ces choses-là qu’ils arrivent à
négocier leur place à la mangeoire ? C’est pourquoi les CPPutains ont sorti
un communiqué dans lequel ils expriment leur colère.
Pour eux, les
partis parlementaires ne peuvent pas défendre leur intérêt dans la
compétition électorale. Nous, quand on a appris ça, on s’est demandé si ces
gens sont tombés sur la tête. Qui leur a dit de n’avoir aucun député
pendant les élections législatives dernières ? En tout cas, ils n’auront que
leurs yeux pour pleurer.
Les « vingte
»-mille dévalués
On dirait que
nos « zotorités » n’ont pas pitié des enfants des gens. Qui ne sait
pas dans ce rectangle de pays la galère dans laquelle vivent les «
zétudiants » ? C’est quand les aides qui sont de «vingte »-mille
francs tombent comme la pluie dans le désert du Sahara qu’on aperçoit pour
quelques jours un petit sourire sur les lèvres de certains. Il se dit que la
galère de ceux qui sont logés dans les cités est plus coriace et « plus
pire » que pour ceux qui ne le sont pas. Les mauvaises langues disent
qu’il suffit aux hommes d’avoir 200F pour coucher avec les « zétudiantes
» qui sont logées. Vrai ou faux ?
Bien qu’étant
insuffisante depuis toujours, cette somme a été dévaluée sans préavis. Au
lieu de « disse »-mille deux fois, c’est 19 300 F que nos «
galériens » perçoivent. De sources floues difficilement vérifiables,
avec le système LMD adopté cette année, une aide de 15 000F avait été
promise à nos « je connais », comme les appellent certains « mon
pays », pour leur permettre de faire des recherches. Non seulement ils
n’ont pas eu les 15 000 F, mais en plus les « vingte »-mille ont
été dévalués. Un de nos « zamis » « zétudiants » avec l’espoir
de recevoir cette somme soi-disant destinée à la recherche, a emprunté 15
000 F chez son papa en jurant de le rembourser une fois qu’il percevra sa
double aide. Quand celle-ci tomba, il fit la soustraction « kpoo » et
donna les 15 000 F promis à son père. « Chose promise, chose due »,
dit-on. Combien reste-t-il à notre ami serré ?
En ce moment,
des murs sont en train d’être érigé devant le portail principal de
l’Université de Lomé. Au début des travaux, on croyait que c’était tout le
campus qui allait être contourné, plutôt, clôturé, mais « kpaoo ».
Quand on a voulu voir clair dedans, quelqu’un nous a confié que c’est avec
l’argent qu’on a retiré des « vingte » mille francs qu’on fait le
travail et que petit-à-petit, tout sera fait. Kéi ! C’est vrai ça ? Certains
« zétudiants » disent préférer cohabiter avec les lézards, les
cafards, les serpents et que sait-on encore, que de se voir réduire leur
aide. En tout cas, une chose est sûre, c’est bon de clôturer l’UL, mais ce
n’est pas en clôturant cette forêt que les bestioles vont déménager.
A vos marques,
partez !
Le jeudi
prochain sera lancée une fois encore l’élection de la plus vilaine, mille
pardons, belle fille du « Gnassingbéland ». Comme d’habitude, le «
prégo » à vie du Comité d’organisation de cet évènement « Fo Gassipa
» ne lâchera pas l’affaire et ne se laissera pas faire. N’en déplaise
aux jaloux de ses acquis.
Ce jour là,
c’est deux lancements qui vont se faire. En premier lieu, ce sera le
lancement du comité d’organisation, et deuxièmement, ce sera le coup de
sifflet de départ pour celles qui aspirent être la Miss 2009 de consulter
les marabouts, les puissants « goti goti » et autres. Il se dit
qu’après le lancement de l’évènement, les marabouts et les charlatans sont
ceux qui se réjouissent plus car leurs poches vont prendre des volumes à
cause des nombreuses clientes. Il paraît que ce ne sont pas seulement les
filles elles-mêmes qui vont voir ces individus, mais les membres de leur
famille aussi. Des sources « inclaires» disent que certaines vont
jusqu’à rester chez ces charlatans et qu’avant la tenue de l’évènement,
elles tombent enceintes et n’arrivent plus à participer à l’élection. Par
ailleurs, c’est l’occasion pour d’autres d’aller à des « zanmé toto »
et participer à des jeûnes et prières. Les pasteurs aussi vont lécher un peu
leur doigts non ? Dans tous les cas, c’est une seule demoiselle qui sera
élue, mais impossible n’est pas togolaise. Bonne « siance » quand
même. |
|
Liberte Hebdo # 466 du 11 fev. 2009 |
|
Réformes politiques au Togo : Entretien entre
Gilchrist Olympio et Bruno Joubert,
Responsable de la cellule
africaine de l’Elysée |
-
Une mission conjointe UE-France-Allemagne attendue au Togo
De
sources dignes de foi, le leader de l’Union des Forces de changement (UFC),
Gilchrist Olympio, s’est entretenu vendredi dernier à l’Elysée avec Bruno
Joubert, actuel «Monsieur Afrique » du Président Nicolas Sarkozy. Au
menu de ce tête-à-tête, la situation au Togo.
« Les deux personnalités ont échangé sur la situation
sociopolitique du Togo. Elles ont beaucoup parlé des réformes
institutionnelles et constitutionnelles qui doivent aboutir à une élection
présidentielle transparente et apaisée en 2010. Il y a des problèmes au
niveau du Code électoral, du mode de scrutin, du recensement électoral, des
listes électorales… Il est normal que toutes ces réformes soient faites dans
un cadre consensuel et que nous soyons en contact permanent avec nos
partenaires. Nous voulons faire en sorte qu’une fois on ait des élections
propres et sans violence au Togo », nous confie une source.
Ce n’est pas la première rencontre entre Gilchrist Olympio et
les autorités françaises. Au cours de l’année dernière, il s’est entretenu
avec le directeur Afrique-océan Indien du Quai d’Orsay, Jean de Gliniasty, et le
Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain
Joyandet qui a déclaré que la France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux
ne soit écarté de l’élection présidentielle de 2010. «Comme l’ensemble
des Togolais,
la France
souhaite des élections libres, transparentes et démocratiques au Togo. Nous
avons quelque chose de commun avec la France…
», avait déclaré le leader de l’UFC dans une interview accordée au magazine
« New African » du 18 décembre 2009 avant d’ajouter : « Il y a une
petite ouverture de M. Sarkozy et il nous revient de travailler dans la
direction de
la France et de
l’Allemagne qui demeurent des partenaires de choix et de qualité
».
Par ailleurs, une mission conjointe Union Européenne-France-Allemagne est
annoncée à Lomé dans les semaines à venir. Elle viendra s’enquérir de
l’évolution des réformes politiques au Togo. En rappel, dans le cadre de
l’Accord de Cotonou, l’Union Européenne a ouvert au dernier trimestre de
l’année 2008, des consultations avec le Togo.
E. Pierre
Quel espoir pour le processus Vérité, Justice et
Réconciliation ?
Lundi, le chef de l’Etat a reçu dans son antre les représentants des
différentes confessions et organisations religieuses. Ce n’est pas pour
recevoir leurs vœux de bonne année, comme on en a eu plein la vue. A en
croire la Télévision nationale, cette rencontre s’inscrivait dans le cadre
du processus Vérité, Justice et Réconciliation censé régler la
question des violences politiques et électorales. Cette prise de langue de
Faure Gnassingbé avec les religieux se justifie au regard des conclusions
des Consultations nationales.
Sept mois après
En effet, les tenants du pouvoir avaient réussi à imposer leurs
désirs et orientation au processus. La phase intermédiaire de Consultations
nationales décrite comme l’étape indispensable pour la réussite du processus
a été tenue. Lancées au forceps le 15 avril 2008 après maints reports, ces
opérations de prospections des populations pour recueillir leurs avis ont
été bouclées trois (03) mois plus tard. A en croire les conclusions, les
populations militent pour la conduite du processus par un religieux. Et
c’est dans cette perspective que le chef de l’Etat a eu ces entretiens lundi
avec les dignitaires religieux.
Le rapport de ces Consultations nationales a été rendu public
depuis juillet 2008 et le chef de l’Etat savait qu’il devrait consulter les
confessions religieuses à cette fin. Mais voilà, Faure Gnassingbé a attendu
sept (07) mois pour s’exécuter. Et là encore, on justifie cette rencontre de
lundi par son pseudo attachement au consensus, au respect de la volonté
populaire, à la décrispation du climat politique. Si le ridicule pouvait
tuer !
Beaucoup s’étonnent d’ailleurs de cet intérêt subit de Faure Gnassingbé au
processus Vérité, Justice et Réconciliation. Les voix ne cessaient de
s’élever depuis un certain temps pour réclamer le démarrage proprement dit
du processus vu que le temps passait et qu’on s’approche d’une autre
échéance électorale, la présidentielle de 2010 aux enjeux non moins
importants, et qu’un tel processus dure dans le temps. Mais le chef de
l’Etat est resté impassible jusqu’alors. Mieux vaut tard que jamais,
dira-t-on. Mais on se demande si Faure Gnassingbé est vraiment animé de la
volonté de faire aboutir le processus.
Des déclarations qui sèment la confusion
La consultation des organisations religieuses devrait a priori
booster le processus. Mais à suivre les discours au sortir de la rencontre
de lundi, on dirait que les prospectés sont déjà mis au pas et embarqués
dans la dynamique de dévoiement dont les couleurs ont été annoncées à
travers la conception unilatérale du processus. A l’exception du Président
du Conseil Pontifical « Justice et Paix» Renato Raffaele Cardinal
Martino qui a insisté sur le paramètre justice pour la paix et la
réconciliation au Togo, reprenant ainsi la volonté populaire exprimée lors
des Consultations nationales, les autres représentants religieux ont plutôt
prêché pour le pardon sans condition. Une façon de balayer du revers de la
main la justice réclamée par les victimes des violences politiques et
électorales au Togo. Le patron du conseil chrétien, M. Djakouti conçoit la
chose comme de la vengeance et a appelé les Togolais à laisser Dieu s’en
occuper. Ces déclarations rejoignent bizarrement les positions du fameux
pasteur d’une certaine fondation De Grace qui appelle depuis un bout de
temps au pardon, à coups de ces paroles bibliques de 7x70.
Quel espoir pour le processus ?
Cette question, on doit se la poser quand les religieux que les
populations pensent mieux outillés moralement pour présider la commission
Vérité, Justice et Réconciliation, font des déclarations aussi
controversées. Déjà les actes des gouvernants sur le terrain ne professent
pas cette réconciliation nationale décrétée dans tous les discours. Au sein
du pouvoir, on se plaît plutôt à envenimer les clivages, les frustrations.
Un exemple palpable, c’est la célébration de certaines fêtes qui divisent :
05 janvier, 13 janvier, 24 janvier, 23 septembre…
Faure a encore célébré le 13 janvier de façon fastueuse en dépit
des discours. Comme sous Gnassingbé 1er,
l’assassinat de Sylvanus Olympio, le Père de l’Indépendance a été « fêté
». Le défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de cette
fête a encore été tenu, et en plein air. Au-delà du cynisme avéré, les
tenants du pouvoir font preuve de discrimination.
Le
05 février qui marque le décès d’Eyadéma n’a pas été conçu de la même
manière. Jeudi dernier qui marquait le 4ème anniversaire
de cette « catastrophe nationale », c’était le deuil, rien que cela.
Si Sylvanus Olympio n’a bénéficié que de quelques heures d’offices religieux
et de prières, c’est toute une semaine qui a été consacrée à Eyadéma, et on
en a fait une affaire nationale. Les cultes religieux ont été tenus à Lomé
le week-end avant que la célébration ne soit délocalisée à Kara et Pya. Là,
une pléthore de cultes a été organisée avec une grande manifestation
officielle jeudi à Kara à laquelle ont été invités des personnalités
étrangères, une visite au caveau familial avec dépôt de gerbes de fleur.
Pendant ce temps l’administration a tourné au ralenti, car c’est tout
l’Exécutif qui s’y est retrouvé. C’est la fête pour l’assassinat de
Sylvanus Olympio, mais le deuil pour la mort naturelle d’Eyadéma. Les autres
présidents qu’ont connus le Togo, Nicolas Grunitzky et Kleber Dadjo sont
eux, mis aux oubliettes.
La mort d’Atsutsè Agbobli est restée non élucidée jusqu’à ce
jour. Après les premières gesticulations suite à la découverte du corps sans
vie le 15 août 2008 du politologue, l’autopsie du professeur Napo-Koura Gado
et la contre-autopsie du Docteur Nizam Peerwani, le pouvoir a décrété une
seconde contre autopsie. Le Procureur de la République Robert Bakaï a glosé
et vanté les mérites de cette démarche. Mais depuis lors, les résultats de
cette contre autopsie se font toujours désirer, et plus rien ne se dit sur
cette disparition tragique d’Atsutsè Agbobli.
Les plaintes déposées par les victimes des violences d’avril
2005 sont restées sans suite jusqu’à ce jour. Tout est entrepris par le
pouvoir pour entraver l’avènement de la justice. On fixe des cautions
exorbitantes pour décourager les plaignants.
Autant de faits qui jettent un voile noir sur l’issue heureuse
du processus Vérité, Justice et Réconciliation.
Pablo E.
Education : Les syndicats des enseignants mettent la pression sur les
autorités
Les autorités togolaises qui ont toujours considéré la politique scolaire et
d’éducation comme une priorité, n’ont pas manqué de l’inscrire dans leur
plan d’urgence. C’est dire toute l’importance qu’elles accordent au secteur.
Au moment où à grand renfort de propagande, des mesures sont annoncées pour
promouvoir l’école au Togo, inversement les enseignants sont laissés à la
portion congrue. Leurs conditions de vie et de travail sont de plus en
misérables. N’en pouvant plus de supporter cette situation encore longtemps,
les syndicats des enseignants ont exprimé leur ras-le-bol à travers un mot
d’ordre de grève qui a paralysé les établissements scolaires au Togo les 5
et 6 février derniers. Les enseignants qui visiblement, ne veulent pas en
rester là, passent à la vitesse supérieure. Au cours d’une assemblée
générale extraordinaire tripartite tenue le 7 janvier à la Bourse du Travail
à Lomé, ils ont formulé plusieurs doléances d’ordre professionnel et social
à l’endroit des autorités togolaises.
Ils réclament entre autres des avancements de grade avec
jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisons de situations
administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de salaire
d’octobre 1999 pour d’autres.
Les syndicats rappellent aux autorités de tenir leur engagement
relatif à la réintégration des licenciés de 1999, exigent l’abrogation du
décret instituant le cadre des enseignants auxiliaires et demandent qu’il
leur soit accordé des primes de bibliothèque, de nuit, d’éloignement, de
recherche et logement.
Le cadre des enseignants auxiliaires est perçu par ces derniers
comme une institution inique créée par le gouvernement togolais à
l’intégration des institutions de Bretton Woods. En effet, ce cadre installe
une corporation de seconde zone, qui pour le même niveau de travail,
perçoivent contrairement à leurs collègues un salaire au rabais et ne
bénéficient ni de la sécurité sociale ni de la pension de retraite. Cette
situation empoisonne l’éducation nationale depuis près de deux décennies, et
constitue l’une des causes de la déchéance de l’école togolaise.
Conscient des problèmes, l’Etat a essayé d’améliorer la
condition des enseignants. C’est ainsi que quelques progrès ont été faits
notamment la titularisation des enseignants intégrés en 2006 suivie
d’avancements et de paiement d’arriérés d’avancements, l’intégration dans
la fonction publique des enseignants auxiliaires ayant fait cinq ans de
carrière et l’enclenchement du processus d’intégration de ceux qui ont
débuté l’auxiliariat en 2003.
Aujourd’hui les enseignants semblent déterminés. Et si rien
n’est fait pour satisfaire leurs conditions, le secteur de l’Education
risque de connaître des jours mouvementés.
M.A.
Le
régime à l’heure de la séduction :
Politique nationale des
petits travaux, rien que des petits travaux
Depuis
quelques semaines, on voit à Lomé et dans ses banlieues, de gros camions
transportant du sable et quelquefois de la latérite. Ces sable et latérite
sont destinés au remblayage de vastes trous laissés dans les rues par les
pluies de l’année passée, voire de l’année surpassée pour certaines voies,
ou servent à retaper quelques grandes voies de la zone complètement
dégradées et qui n’ont jamais eu droit à l’asphalte et n’en auront peut-être
pas avant longtemps.
Ces
travaux font suite au replâtrage des chaussées de la capitale entrepris
depuis l’arrivée du Premier Ministre Gilbert Houngbo et qui n’est que
partiellement exécuté pour le moment, et au curage des caniveaux de la
capitale qui a eu lieu dans le courant du mois de novembre 2008 et exécuté
par quelques jeunes chômeurs parmi lesquels de braves « sexe faible
».
A défaut
d’une politique nationale des grands travaux au Togo entre 2005 et 2009,
c’est à ces colmatages que les Togolais assistent depuis quelques temps. En
parcourant les rues non asphaltées de Lomé et ses banlieues (préfecture du
Golfe notamment), on fait deux types de constats.
Le
premier, c’est que les engins des travaux publics ayant raclé le sol sur une
certaine distance, donnent à vue d’œil à ces voies, un aspect plus
attrayant par rapport à ce qu’elles étaient quelques jours plus tôt. En
revanche, du point de vue pratique, c’est la croix et la bannière pour
quelques catégories d’usagers. C’est notamment pour les motocyclistes et les
cyclistes confrontés à l’hostilité des tonnes de sable que le problème se
pose en terme de commodité, contraints qu’ils sont d’affronter sur des
distances relativement longues une vaste couche de sable.
De là,
très souvent, les cyclistes se voient obligés de traîner leur vélo.
L’impression générale des motocyclistes et cyclistes, c’est que les
gouvernants ont endommagé la voie en voulant l’arranger de cette manière.
Pour eux, faute de pouvoir y mettre de la latérite, il eut mieux valu la
laisser en l’état, maugréent-ils souvent. Dans la réalité, il suffit de se
mettre à la place de ces usagers pour pouvoir mieux appréhender la chose.
Cette politique de raclage de la voie, au fait, n’arrange que les voitures
et leurs conducteurs qui ont tout le loisir de charger de poussière les yeux
des passants et des riverains.
Le
deuxième constat ou problème, c’est que dans certains quartiers où les
habitants, en l’absence de politique de collecte et d’enlèvement des ordures
ménagères de la part des autorités politiques, se sont permis de prétendre
procéder au remblai des vastes trous laissés par les eaux pluviales sur la
voie publique, on en est arrivé à des collines (pour ne pas dire montagnes)
de déchets. Au moment de procéder au raclage des rues, il aurait mieux valu
vider préalablement ces rues de leurs ordures, au moyen des camions
utilisés. Les conducteurs d’engin de raclage n’ont fait que répandre ces
déchets localisés au départ, sur des centaines de mètres.
Il faut le
dire , comment ne serait-il pas ainsi, vu que l’intelligence extraordinaire
du Togolais, depuis quelques années et sous l’emprise de la récompense de la
paresse et du moindre effort, la meilleure école qui se soit imposée à
presque tous dans le pays, semble subir une involution au lieu d’évoluer ?
Ainsi, à des centaines de mètres, on aperçoit de loin un cocktail de
plastics noirs, blancs, et autres éléments de souillure environnementale.
Désagréable à voir, il faut le dire ! C’est le cas surtout des quartiers
Adidogomé, Gblenkomé et Aflao-Sagbado, Avédji.
A dire
vrai, en dehors de la voie pavée allant de l’hôtel Todman à Tokoin Wuiti,
qu’on peut loger dans la politique des grands travaux de Faure, il n’y a pas
d’autres travaux dignes de ce nom. Le reste n’est que de petites bricoles à
classer dans « la politique des petits travaux » si cette
dénomination existe. Déjà, on remarque que quelques endroits replâtrés de la
voie asphaltée se dégradent à petits coups. Ces replâtrages sont la grande
trouvaille dont semble s’enorgueillir le Premier Ministre, alors que
beaucoup s’attendaient à voir le bitumage en bonne et due forme de certaines
voies ou tronçons. C’est par exemple à observer au niveau du carrefour des
feux tricolores de l’hôtel Todman.
Eu égard à
tout ce qui précède, nous on se demande s’il n’aurait pas mieux valu
s’imposer chaque année, de goudronner deux rues dans la ville de Lomé. A un
tel rythme, au moins six rues seraient sorties complètement du lot de ces
rues à racler. Déjà, avec tout le carburant utilisé pour les travaux de
raclage et de couverture de latérite de quelques rues ordinaires de la ville
et de ses banlieues, les Togolais n’attendent que les prochaines pluies pour
voir partir en fumée tout ce qui vient d’être fait. Comme si jamais, rien
n’avait été fait. Que d’efforts pour rien, que de carburant brûlé pour rien
et d’argent jeté par la fenêtre! Tout ça, pour séduire à l’approche de la
présidentielle.
Prions que
les dirigeants apprennent un jour à faire peu de réalisations, mais bien. De
grâce, qu’on ne dise pas aux Togolais qu’il n’y a pas d’argent pour des
réalisations ! Il y a de l’argent pour tout dans ce pays. C’est une question
de bonne volonté. Tant qu’on ne mettra pas un terme au pillage des deniers
publics par une catégorie de citoyens couverts par l’impunité, on fera
toujours de la bricole, sous prétexte qu’il n’y a pas de sou pour la
politique des grands travaux. Alain SIMOUBA
Poursuite de la grève à l’EAMAU : Les étudiants exigent la démission du DG
N’Guessan Kouadio
Alors que les étudiants de l’Ecole Africaine des Métiers de
l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) s’attendaient à ce que les
responsables de l’école trouvent des solutions à leurs revendications,
celles-ci ont plutôt décidé d’user de la manière forte. Dans un communiqué
musclé en date du 04 février, la ministre de l’Enseignement Technique et de
la formation professionnelle en sa double qualité de ministre de l’Etat
siège et de vice-présidente du conseil de l’Administration a invité les
étudiants à reprendre les cours le lundi 09 février 2009. « Passé ce délai,
les étudiants absents seront considérés comme démissionnaires », indique le
communiqué. Cette sommation, loin de faire fléchir les étudiants a fait
plutôt durcir leur position.
Selon les manifestants, les raisons qui les ont poussés à rentrer en grève
depuis le 21 janvier 2009 n’ont pas encore trouvé d’écho favorable. Dans un
communiqué, ils ont fait part de leur indignation et de leur consternation
que ni la direction générale, ni Madame la ministre n’ont cherché à engager
une négociation avec eux. « Il ne s’agit pas seulement d’un groupe
d’étudiants de l’EAMAU qui contestent, mais plutôt de la totalité des
étudiants qui revendiquent leurs droits», ont-ils précisé dans le
communiqué avant d’ajouter que le Directeur général, M. Nda Kouadio N’GUESSAN
a violé l’article 6 de l’accord de siège en envoyant les forces de l’ordre
togolais les tabasser. C’est pourquoi, selon le porte-parole de la
commission spéciale d’information pour gérer la crise mise en place par les
étudiants, M. Bekoye Dounde Free, les camarades ne veulent plus discuter
avec le Directeur général. Mais « nous voulons rentrer en discussion avec
le président du Conseil d’Administration », martèle-t-il. Ce dernier a
accepté les rencontrer, mais au dernier moment, il leur a fait faux bond et
exigé qu’ils reprennent leurs cours. « Tant qu’ils ne prendront pas en
compte chaque point de nos revendications, nous ne repartirons pas en classe
», a fait savoir une étudiante en 4e année.
Dans leurs revendications, on peut noter entre autres, la démission du
comité directeur actuel, une cité sécurisée où on peut héberger tous les
étudiants, de l’eau potable dans l’enceinte, une salle informatique équipée
plus internet dans la cité. « Vu le coût élevé de la scolarité, deux
millions cinq cent (2.500.000) et cinq millions (5.000.000) pour les
boursiers, on peut nous assurer ce minimum de doléances», peste une
étudiante, Ariane Sondad. Très confiants, ces étudiants estiment qu’un
Conseil extraordinaire sera tenu pour destituer le directeur qui les a mis
dans une insécurité notoire.
Cette insécurité, selon un membre de la commission, était
l’élément déclencheur de la grève du 21 janvier qui a conduit à deux sit-in
pacifiques pour demander un peu plus de sécurité ; mais à en croire leurs
propos, ils n’ont jamais réussi à rencontrer la direction de l’école malgré
leurs moult tentatives. « Nos camarades ont été victimes d’agressions
très sévères. Une avait reçu 3 balles et s’est retrouvée dans le coma.
D’autres aussi ont reçu la visite des braqueurs dans le quartier »,
déclare Cissé Stéphane, un des manifestants.
Vêtus de noir et de rouge, ces étudiants de 14 nationalités
différentes ont envahi la cour de l’école plutôt que les classes en poussant
des cris de ras-le-bol. Sur des banderoles affichées ici et là, on peut lire
« Mieux vaut une année blanche qu’un avenir blanc
», « Parents et Etats Arnaqués, ça suffit », « Où vont nos millions ? », «
Etudiants : attaqués, cambriolés, fusillés, braqués ».
Don Jean Kossi
Sans détour :
Le Monument de l’Indépendance à l’honneur ?
«
Certains se dirigent vers un but. D’autres vont devant eux, simplement. Pour
moi, je ne sais où je vais ; mais j’avance » (André Gides)
Depuis quelques jours, le Monument de l’Indépendance du Togo semble être la
préoccupation des autorités togolaises. Il y a quelque temps, l’état de
délabrement dans lequel gît à nouveau le Monument de l’Indépendance de tous
les Togolais, le seul que les Togolais aient connu, inquiétait bien de
compatriotes. On en était là, lorsque la semaine dernière, un tour dans les
environs, nous a permis de constater que ce symbole de l’histoire du pays
est remis à nouveau en chantier, après une première mise en chantier dans la
perspective de la fête du 27 avril 2006.
Tous les Togolais ont souvenance de l’état d’abandon dans lequel fut laissé
le Monument de l’Indépendance pendant tout le temps passé par Eyadèma au
pouvoir. Les gazons se sont desséchés, les écritures en relief sur le
Monument avaient perdu plusieurs lettres et les lampes qui servaient à
éclairer les jardins ainsi que l’œuvre architecturale avaient cessé de
fonctionner. Plus d’importance accordée à ce chef d’œuvre. La réanimation de
la flamme de l’Indépendance le 26 avril demeurait le seul cordon ombilical
qui liait Eyadèma à notre Indépendance.
Au
Togo, il est de notoriété publique que tout ce qui n’est pas l’œuvre de feu
Eyadèma est condamné à l’oubli, à la disparition. Ainsi le voulait feu
Président. Quelle politique ! Le grand mal du régime Eyadèma c’est que
celui-ci a une haine viscérale pour toute personne qu’il a en aversion
jusqu’à ses œuvres. Cette haine est telle qu’elle tue la vérité historique
et l’histoire. Elle fait baigner les générations montantes dans le mensonge
et la déformation pure de l’histoire de leur pays. Heureusement, grâce à la
vigilance et à la persévérance des forces combattantes, certains mensonges
n’ont pas résisté au temps et sont tombés comme un château de cartes. La
date du 27 avril 1960 a failli être oubliée dans la mémoire collective des
Togolais.
Le
27 avril 2006, sous Faure Gnassingbé, les Togolais fêtaient pour la première
fois, sous le régime RPT, la fête de l’Indépendance marquée par des
manifestations officielles habituelles. La fête de l’Indépendance du Togo a
commencé à retrouver ses lettres de noblesse il y a seulement 3 ans, à la
faveur de l’esprit de réconciliation que Faure et son entourage prétendaient
instituer et encourager après avoir pris le pouvoir par la force et fait
couler inutilement le sang d’un millier de compatriotes. Pour le 27 avril
2006, aucun effort n’avait été ménagé. Une importante somme avait été mise à
disposition pour la réussite du premier 27 avril sous Faure Gnassingbé.
Pour en arriver là, les autorités togolaises sont passées à côté en jetant
du discrédit sur les acteurs culturels de leurs propres pays. Elles sont
allées en Côte d’Ivoire chercher des artistes pour la circonstance, comme si
le Togo manquait de talents artistiques. C’est bien la preuve que les
autorités togolaises actuelles ne feront jamais rien pour la culture
togolaise et la promotion de nos artistes malgré la promesse de Faure : «
Je donnerai l’opportunité aux artistes de développer leur talent en
soutenant la création nationale et en lui permettant de s’affirmer dans le
monde». Les jardins avaient reverdi, l’enceinte a retrouvé son éclairage
d’antan, le Monument a fait sa plus belle toilette comme au premier jour de
l’indépendance.
Trois ans après, le Monument de l’Indépendance est redevenu méconnaissable.
L’inscription sur le Monument à nouveau illisible, les gazons desséchés,
les jardins laissent à désirer. C’est dans ces conditions que nous
apprenons que dans le cadre de sa politique des grands travaux (?) et dans
la perspective de la prochaine fête de l’Indépendance et de la
Réconciliation nationale (?), Faure aurait décidé de changer de physionomie
au Monument de l’Indépendance pour en faire un véritable symbole national.
Les Togolais ne peuvent que dire merci à Faure, avec l’espoir que cette
démarche ne sera pas contredite le 13 janvier 2010 par une fête inique qui
divise les Togolais plus qu’elle ne les réconcilie. Le sérieux de Faure, l
es Togolais l’apprécieront dans moins d’un an.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Sous la table (2)
La jeune postulante, comme une partie intégrante des matières
qui composaient l’interview, s’activait à faire danser à fond la bête qui
s’engorgea davantage de sang. Rose la manipulait à outrance. Et Don Juan
n’avait en ce moment que la tête couverte de cheveux entièrement défrisés de
sa probable future secrétaire qu’il tint fermement dans ses deux mains. La
jeune candidate plongea dans sa bouche la tête du reptile déjà furieux
soumis à des entrées et sorties régulières qui faisaient feuler le DG vautré
dans son fauteuil et qui ne cessaient de bouger ses pieds musclés.
Le DG s’empressa et fit signe à la demoiselle de se relever. Ce
qui fut fait à l’instant même. Une exécution prompte à l’ordre du patron, ce
qui vaudrait pour elle une aptitude à prendre en compte dans les critères de
sélection. Il fit asseoir rose
sur ses grosses cuisses puis s’empressa de passer son doigt dans sa fente.
Elle saisit aussitôt cette main grasse qui dénotait la carrure de son
propriétaire puis la dirigea davantage dans la cité. C’était une manière
pour elle de prouver à ce dernier qu’elle était totalement consentante au
cérémonial. A partir de là, le DG se déchaîna complètement. Il fit entrer de
lui-même et sans aucune aide un doigt dans la cave et la vrilla. Il le fit
tourner jusqu’à ce qu’il n’aille buter contre le fond et commença à
introduire un deuxième. Rose s’écarta au maximum afin que tout ce qui lui
procurait du plaisir puisse la pénétrer sans difficulté aucune. Quand le
majeur rejoignit l’index dans la cité, l’homme entreprit une fouille
libidinale en bonne et due forme. Ce qui ne laissa guère la postulante au
poste de secrétaire particulière du DG insensible. Elle s’ouvrit davantage
pour bien sentir les phalanges indiscrètes qui travaillaient sa cité tantôt
sèche et maintenant avide de câlins.
Le DG lui fit cette fois-ci poser ses « Grandes Vitara »
sur le bureau. Les jambes de la jeune secrétaire grandement entrouvertes,
son patron avait les yeux plus que jamais braqués sur les portes d’entrée.
Il avançait vers la cité, l’anaconda suspendu en l’air tel un canon de char
d’assaut quand soudain, retentit le téléphone. Il se refusa de décrocher le
combiné. La sonnerie s’interrompit d’elle-même. C’est alors que reprit un de
ses téléphones portables. Le bruit assourdissant de l’appareil l’obligea
cette fois-ci à l’éteindre. Un autre sonna alors que le reptile était sur le
point de franchir les postes frontaliers de la cité. Il décrocha cette
fois-ci. C’était Martine, sa secrétaire en congé de maternité dont il est le
père de la grossesse. « Je ne tarderai pas à passer chez toi. Je suis en
pleine réunion », a-t-il répondu pendant que la bête franchissait les
barrières.
Le maître des lieux ne se rendit pas compte que sa voix
essoufflée tout à l’heure l’avait trahi au téléphone. Il était alors occupé
par son interminable aller et retour quand subitement par des gestes
involontaires, ils renversa des piles de dossiers sur le bureau. C’était
bien évidemment une aubaine pour le DG, car la table était entièrement
dégagée et pouvait servir de lit. Tel un boa, il s’abattit sur la jeune
demoiselle en quête du boulot et tout reprit son cours normal. Tous
feulèrent en synchronisation avec l’interminable va-et-vient du reptile qui
dépassa sa taille normale. Soudain la bête se mit à cracher abondamment du
venin. « Dis-toi que ta place est plus que jamais garantie. Même
l’ancienne ne pourra te l’arracher. Et quoi dire pour tes autres
concurrentes ? Le reste ne sera que du folklore. Je tâcherai néanmoins
d’aller jusqu’au bout de la logique de l’interview », confia-t-il à la
jolie fée dont les frêles jambes maintinrent à la taille ce dernier en
otage. Les amoureux vinrent de se mouiller en abondance pour la énième fois
quand soudain, ils entendirent l’écho des pas étranges dans le couloir. Ils
s’empressèrent de descendre du perchoir. Rose de nouveau regagnait le
dessous de la table quand avec fracas, Martine s’introduisit dans le
bureau.
Tonton D
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Liberte Hebdo #
465 du 10 fev. 2009 |
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Cadre
permanent : la vigilance des forces démocratiques et la question de
l’impartialité du Président |
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On
savait le pouvoir togolais pas trop adepte de la transparence. Mais avec le
coup de force qui a prévalu à l’introduction du projet de loi made by RPT
portant modification du Code électoral à l’Assemblée nationale,
l’obscurantisme a été étalé une fois de plus au grand jour, annonçant de
facto les couleurs en perspective de ce que sera 2010 : un scrutin
verrouillé d’avance et une fois le réveil des forces démocratiques a eu
raison de cet obscurantisme légendaire.
Réaction fructueuse
Le pouvoir pensait avoir fait l’essentiel en faisant passer le
texte le 23 janvier au Parlement. C’était compter sans la détermination de
l’Union des Forces de Changement (UFC) et du Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR). Promptement, le mercredi 28 janvier, les deux formations
politiques qui ont plus offert au peuple ces derniers temps leurs capacités
à se bouffer, décident de se concerter. Des délégations de ces partis qui
constituent l’opposition parlementaire se sont rencontrées et ont décidé de
mettre en commun les énergies pour mener un combat efficace contre les
mesures antidémocratiques et l’unilatéralisme du RPT. Ces deux partis
auraient aussi décidé de boycotter les séances plénières à l’Assemblée
nationale en guise de protestation à ce coup de force et de quitter
carrément le processus. Joignant l’acte à la parole, leurs représentants,
après avoir formulé leurs griefs, ont quitté vendredi 30 janvier la salle où
avait lieu la conférence des présidents. «Le projet de loi portant
modification du code électoral…marque un recul très grave de la transparence
de l’organisation et de la suppression des élections. Il ruine l’autonomie
et l’indépendance de
la CENI en
rétablissant et en renforçant l’intervention de l’Administration dans le
processus. Il réintroduit des mesures supplémentaires de discrimination et
d’exclusion »,
fait-on remarquer à l’UFC. Et à l’honorable Kossi Amégnona de préciser que
« ces textes …méritent d’être discutés d’abord dans le cadre permanent de
dialogue prévu par l’APG avant d’être portés devant l’Assemblée nationale ».
Ils vont récidiver 72 heures après, à la rencontre de lundi en se retirant,
mettant ainsi la pression sur le pouvoir RPT. Devant ce blocage manifeste,
le Président de l’Assemblée n’a eu autre recours que de porter le problème
devant le chef de l’Etat.
Outre l’UFC et le CAR, l’unilatéralisme du RPT est dénoncé par
l’opposition extraparlementaire dans son ensemble. Les forces démocratiques
de la diaspora n’ont pas été du reste. C’est le cas de l’ex-ministre de
l’Intérieur François Akila-Esso Boko, dont le nom est constamment cité
parmi les éventuels présidentiables. L’avocat au Barreau de Paris a fustigé
cette démarche obscurantiste du pouvoir et appelé particulièrement Faure
Gnassingbé à jouer franc jeu et montrer à l’opinion nationale et
internationale qu’il est réellement animé d’un esprit nouveau.
Cette levée de boucliers a porté ses fruits. Puisque mercredi dernier, un
décret a été pris créant le fameux Cadre permanent de dialogue et de
concertation réclamé à cor et à cri. il a donc fallu ce tollé avant que le
pouvoir ne bouge le cul.
Baisser la garde ?
Cette concession est loin d’être une fin en soi et les forces
démocratiques ne doivent pas se contenter que de ça. Les virages
comportementaux faits par le RPT durant l’histoire politique du Togo ne
donne d’ailleurs pas le courage à l’opposition de dormir sur ses lauriers.
Au RPT, on est capable de méconnaître le soir ce qu’on a concédé le matin.
Les différents accords politiques connus ont toujours ont été toujours
remis en cause par le pouvoir qui use de forcing, au dernier moment. Au RPT,
la parole donnée n’a aucun sens, la duplicité et la mauvaise foi sont les
choses les mieux partagées. En tout cas, une chose est sûre, cette
concession de création du Cadre permanent de dialogue et de concertation
faite par le pouvoir
est loin d’être un cadeau de Noël, une offrande de bon cœur.
Des pièges sont toujours posés à des endroits. Les forces démocratiques ne
perdraient donc rien en restant vigilantes.
D’ores et déjà, il se pose l’équation de l’impartialité du
président de ce cadre permanent de dialogue et de concertation. Le forcing
opéré par le RPT et qui a suscité la levée de boucliers de l’opposition
parlementaire et extraparlementaire a été rendu possible grâce à l’expertise
de Pascal Bodjona qui a gribouillé un projet de code électoral et l’a
introduit au gouvernement. Saura-t-il être au-dessus de la mêlée quand il a
déjà fait un passage en force pour la cause de son parti ? La question reste
posée. D’où la vigilance des forces démocratiques.
Pablo E.
Débarquement d’armes de guerre au Port autonome de Lomé
Les Togolais savent bien que depuis son accession à la souveraineté
internationale, leur pays n’a jamais eu à livrer une guerre à un quelconque
Etat comme c’est le cas pour d’autres pays pour lesquels, livrer bataille
est devenu une pratique coutumière. Pourtant, chaque année, le recrutement
dans l’armée nationale n’a jamais connu de répit. Et Dieu sait que le rythme
du départ à la retraite dans l’armée n’a aucune corrélation avec celui des
recrutements. D’où un effectif somme toute pléthorique pour l’armée
togolaise qui comme toutes les armées du monde, est cruellement budgétivore.
Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février dernier, un navire du nom de
LEOPARD consigné par une société de consignation de la place, aurait
débarqué au Port autonome de Lomé et plus précisément au poste 4, des
roquettes, lance-roquettes et munitions. Ce matériel de guerre et ces
munitions seraient-ils destinés à l’armée nationale (FAT) ? Si cette
hypothèse est confirmée, il y a lieu de se poser la question de savoir
pourquoi une telle commande d’armement. Car, passer pareille commande
supposerait que le Togo serait en guerre et que son stock de roquettes,
lance-roquettes et munitions aurait été épuisé, d’où l’urgence de le
renouveler.
Le
Togo n’étant pas en guerre, passer pareille commande à pareil moment de la
part des hommes au pouvoir, serait synonyme de faire preuve de méchanceté,
en banalisant les multiples problèmes existentialistes qui minent
quotidiennement la vie de millions de Togolais, pour donner la priorité à
l’achat de matériel de guerre. L’Etat n’est même pas en mesure d’assurer le
déplacement d’une catégorie de ses fonctionnaires à raison de 5000 FCFA par
tête et par mois, sur une longue période. Alors que le carburant est à 350 F
le litre au Bénin à côté, tout ce qui a pu être accordé aux Togolais c’est
de le ramener de 600 à 500 F, ce qui fait dire à beaucoup que les autorités
togolaises font des affaires sur le dos de leurs compatriotes.
Dans la mesure où le Togo n’est pas en guerre, ce ne serait pas aussi sans
objet, de faire le lien avec le récent redéploiement intempestif d’une
impressionnante artillerie lors du 13 janvier 2009 auquel un bémol a été mis
entre-temps en guise d’harmonisation avec l’esprit de réconciliation
nationale tant prôné. Dans cet esprit, l’arrivée d’une telle cargaison
répondrait-elle à l’idée selon laquelle, pour certains compatriotes, les
autorités togolaises voudraient lancer un avertissement au nouveau pouvoir
ghanéen ?
On peut encore se demander si cette commande d’armes et munitions entre
dans le cadre de la menace dernièrement adressée aux Togolais depuis Kara.
Il
y a une autre question à se poser dans cette affaire. Seraient-ce des armes
commandées par la Côte d’Ivoire et qui transiteraient par le Togo ? La
question n’est pas sans importance dans la mesure où, dans la même journée
du jeudi 5 février 2009, tous les Togolais ont aperçu le PM ivoirien,
Guillaume Soro dans leurs murs. Serait-ce une simple coïncidence ? La
question reste posée.
En
tout état de cause, au cas où cet achat d’armes serait fait par le pouvoir
togolais pour les besoins des FAT, il y a lieu de regretter ce qui suit : Le
budget togolais souffre d’un déficit à combler, les médecins togolais et le
corps médical en général ont un cahier de doléances non encore satisfait
entièrement par les autorités et la menace de grève n’est pas définitivement
écartée. On n’oublie surtout pas les étudiants de l’ENAM qui ont rencontré
leur ministre de tutelle il y a quelques jours pour des négociations et
n’auraient obtenu que des promesses. Les structures sanitaires manquent
toujours de moyens pour la prise en charge des malades. Les fonctionnaires
togolais traînent toujours leurs problèmes irrésolus jusqu’ici malgré le
dialogue social tripartite auquel le pouvoir ne semble pas donner toute
l’importance qu’il mérite.
A
toutes les demandes d’amélioration de leurs conditions de vie formulées par
les fonctionnaires, les étudiants et autres acteurs de la vie publique
nationale, la réponse toute trouvée des autorités est : « Il n’y a pas de
sou ». Et pourtant !
Alain Simouba
Sans détour :
Deux pas en avant, un en arrière !
« La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on
n’a pas ri. » (Chamfort)
C’est la marche conventionnelle du RPT. Cette démarche amène
toujours à se hâter lentement. Elle porte indubitablement le sceau de la
mauvaise foi. Il faut reconnaître qu’il n’est pas aisé dans la vie, d’avoir
affaire à des gens de mauvaise volonté et de mauvaise foi. Tous les Togolais
ont souvenance des difficiles conditions dans lesquelles avait été signé le
20 août 2006 à Lomé, l’Accord Politique Globale (APG). A un moment donné,
tout avait failli capoter, parce que, à l’époque, certains trouvaient dans
tout ce qui allait conduire à la signature dudit accord, et avec raison, une
compromission de la part de quelques-uns.
Lorsque les parties prenantes avaient abouti à la signature, le folklore
traditionnel des diplomates et hommes politiques « tous proches du
pouvoir » qu’on évitait d’indisposer et dont on s’efforçait de se
maintenir dans les bonnes grâces, avait été mis en branle. Beaucoup avaient
applaudi naïvement et au plan diplomatique, cet accord avait été salué comme
étant un succès remporté par toute la classe politique togolaise et partant,
par le peuple. Une partie des Togolais, les plus avertis, avaient toujours
été sceptiques, et ce, jusqu’à ce jour, face à l’enthousiasme béat de
ceux-là qui, de l’intérieur comme de l’extérieur vendaient la peau de l’ours
avant de l’avoir tué.
Clopin-clopant, eurent lieu les législatives, visée principale de l’APG,
d’autant plus que, c’est, selon la Communauté internationale et l’UE
notamment, au sein de l’Assemblée que devraient se poursuivre les débats
pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Bonne manière de
se débarrasser en douceur et « par les urnes » du casse-tête
togolais. « Débarqués à l’Assemblée » sans grands incidents par l’UE
de Louis Michel, l’UFC et le CAR auront fort affaire au parti «
majoritaire » qui n’a aucun intérêt à opérer une sérieuse réforme. L’UE,
mieux que quiconque le savait bien. Tout porte à croire que cette situation
l’arrangeait, d’autant plus que, face aux coups de tête du RPT, et face aux
multiples réactions du CAR et de l’UFC qui réclamaient la mise en place à
l’époque d’un Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) exigé
par l’APG, motus et bouche cousue chez l’UE, principal parrain du dialogue
intertogolais. Véritable marché de dupes!
Le
parti au pouvoir a désormais les coudées franches pour donner dans la
diversion. Le 19/11/07, Pascal Bodjona fut envoyé à Paris chez le leader de
l’UFC. La discussion avait tourné autour de l’entrée de l’UFC dans le
gouvernement. Le pouvoir, connaissant bien les exigences de Gilchrist et son
inflexibilité, savait qu’il n’entrerait jamais dans un gouvernement à
n’importe quel prix. Faure donnera juste l’illusion d’ouverture d’esprit.
Tout porte à croire que c’était le sens de cette nouvelle entrée en
discussion à Lomé avec Gilchrist. Comme on devait s’y attendre, les
discussions n’auront abouti à rien, car le pouvoir de son côté, savait que
jamais, il ne ferait droit aux desiderata du leader de l’UFC.
La
suite permettra à tous, de découvrir une fois de plus le RPT. Du refus
délibéré du pouvoir de mettre en place un CPDC que le CAR et l’UFC auront
passé un temps fou à réclamer en vain, à la modification unilatérale du code
électoral, en passant par le refus d’organiser les locales avant la
présidentielle conformément aux 22 engagements, et en passant aussi par la
commande unilatérale des kits électroniques par le gouvernement, en
l’absence d’une CENI et le piétinement du consensus retenu comme base sur
laquelle devraient se prendre les décisions, le pouvoir aura suffisamment
montré sa mauvaise foi et toute sa mauvaise volonté politique aux yeux des
Togolais.
Si
la bonne foi et la bonne volonté étaient au rendez-vous, jamais le pouvoir
ne devrait se permettre, pendant que les autres réclamaient à juste titre le
CPDC et une décision consensuelle en ce qui concerne la révision du cadre
électoral, de foncer tête baissée et puis faire un retour en arrière
aujourd’hui après que la pression fut mise sur lui par les partis politiques
et la « Communauté internationale ». Cela s’appelle perte inutile de
temps !
Alain Simouba |
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Liberte Hebdo #
464 du 6 fev. 2009 |
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Une bataille de gagnée pour l’opposition parlementaire : Le RPT concède la
création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation |
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Première réunion prévue pour ce matin
Depuis mercredi, le ciel s’est un tout petit peu dégagé dans l’atmosphère
politique togolais. Un décret portant création du fameux Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation recommandé par l’Accord Politique Global (APG)
du 20 août 2006
et dont le rôle est important dans le processus électoral et de
réconciliation a été pris.
la toute première réunion de
cet organe est prévue pour ce matin à la Primature. Comment
en est-on arrivé là quand on sait que le pouvoir incarné par le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a toujours fait les pieds et les
mains pour entraver sa création ?
Le levé de bouclier de l’opposition parlementaire
Le vendredi 23 janvier dernier, le conseil des ministres décida
l’introduction à l’Assemblée nationale de deux projets de lois portant
modification du Code électoral et statut de l’opposition. Le gouvernement venait ainsi de
court-circuler les partis de l’opposition qui s’attendaient, après la
rencontre du 4 décembre avec le ministre de l’Administration Territoriale
Pascal Bodjona, débattre du sujet lors d’une prochaine réunion en vue de
l’élaboration d’un texte consensuel. La réaction de l’opposition
parlementaire ne s’est pas fait attendre. Elle a rejeté en bloc le projet de
loi sur le code électoral, tant sur la forme que sur le fond.
Pour l’une des rares fois, l’Union des Forces de Changement (UFC)
et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont parlé d’une voix. Les deux
groupes parlementaires ont tout d’abord fustigé la démarche du gouvernement,
avant de toucher le fond. On a découvert dans le texte introduit plein de
dispositions partisanes faisant la part belle au RPT. L’UFC fait observer
que l’article 3 Nouveau sonne le glas de l’indépendance de
la
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), transfère certains
pouvoirs importants de la CENI, en matière de régularité et de la sincérité
des consultations au ministère chargé de l’Administration territoriale et
consacre sa mainmise sur la CENI et celle des préfets sur les CELI. Ce
parti ressort aussi que l’article 15 Nouveau offre au RPT, fort de sa
majorité au Parlement, le pouvoir de peser indûment sur la CENI
en choisissant ses membres comme bon lui semble, tout en excluant les
candidats de l’opposition. Les insuffisances de l’article 70 abrogé, 81
Nouveau, 88 Nouveau et bien d’autres ont été révélées.
Le CAR et l’UFC, convaincus que le RPT veut brader les réformes
institutionnelles et constitutionnelles, se sont rencontrés le mercredi 28
janvier et ont décidé d’unir leur force pour combattre ces démarches
antidémocratiques du RPT. Ces partis se proposaient même de boycotter les
séances plénières à l’Assemblée et menaçaient de quitter carrément le
processus électoral. Ils ont signifié leur humeur lors de la conférence des
présidents qui s’est tenue le vendredi 30 janvier dernier, en vue de
l’affection aux différentes commissions des projets de lois introduits par
le gouvernement.
La rencontre s’est terminée en queue de poisson, le CAR et l’UFC
exigeant le retrait pur et simple des textes. Des déclarations des
présidents des deux groupes parlementaires, on retient la dénonciation du
manque de consensus. il a été
aussi dénoncé l’unilatéralisme du RPT et l’abscence du Cadre permanent de
dialogue et de concertation. «Nous avons fait remarquer que la plupart
des textes qui nous étaient soumis relevaient de l’Accord Politique Global (APG),
donc nécessitent le dialogue et le consensus, et qu’en l’absence de dialogue
et de consensus, le gouvernement ne peut unilatéralement adresser à la
représentation nationale des textes qui relèvent de l’APG en vue de leur
adoption. Il n’est pas question que ces textes soient examinés aussi bien en
commission qu’en plénière sur la base de la volonté unilatérale du RPT. Nous
demandons le retrait pur et simple de ces textes… », a pesté Jean-Pierre
Fabre, le président du groupe parlementaire UFC. « Le texte que nous
avions eu à affecter est un texte hautement politique et nous avons demandé
justement à la conférence des Présidents de se référer à l’Accord Politique
Global qui a prévu un Cadre permanent de dialogue dans lequel on doit
normalement discuter d’abord de ces textes avant qu’ils reviennent à
l’Assemblée Nationale. Donc nous avons demandé que ces textes soient retirés
et retournés au Cadre permanent d’abord… », a renchéri son alter ego du
CAR, Kossi Amégnona. Ce sont les mêmes griefs qui ont été ressortis lors de
la rencontre de lundi 02 février entre les présidents des Groupes
Parlementaires. Et comme lors de la rencontre du 30 janvier, les députés du
CAR et de l’UFC se sont retirés de la salle.
Bras de fer productif…mais vigilance !
L’opposition parlementaire peut se réjouir car le bras de fer
qu’elle a engagé avec le pouvoir semble porter ses fruits. Le Conseil des
ministres a donc concédé la mise en place du fameux Cadre permanent de
dialogue et de concertation réclamé. Et selon les indiscrétions, le texte à
problème portant code électoral aurait aussi été retiré. Au CAR et à l’UFC,
on peut s’estimer heureux. L’opposition parlementaire vient ainsi de
remporter une bataille. Mais le pouvoir a-t-il fait ces concessions pour les
beaux yeux du CAR et de l’UFC ?
Voilà la question que l’on devrait se poser. Quand on connaît la
vraie nature du parti au pouvoir, on devrait plutôt tempérer les ardeurs et
rester vigilant. Le RPT est passé maître dans l’art de la duplicité, de la
ruse et la mauvaise foi est la chose la mieux partagée dans ce parti, que
certains se plaisent à appeler une secte au regard de la place réservée à
ces «vertus» de bas étage. A travers l’histoire politique du Togo, le
RPT a montré qu’il n’est pas un parti à qui on peut se fier. « Le RPT
reprend toujours par la gauche ce qu’il donne par la droite. L’opposition
parlementaire doit éviter de dormir sur ses lauriers, et donc avoir ses sens
en éveil », confie un compatriote.
Les comportements des tenants du pouvoir lors des nombreux
pourparlers sont assez illustratifs. Le pouvoir est capable de ravaler son
vomi, de remettre en cause le soir sa parole donnée le matin. Le RPT ne fait
aucune concession sans arrière-pensée, il sait toujours là où il peut
gruger. Me Agboyibo était le président du directoire du dernier dialogue
intertogolais qui a abouti à la signature de l’APG, mais cela n’a pas
empêché que ce texte fasse l’affaire du RPT. Il était Premier ministre lors
de l’échéance électorale du
14 octobre 2007,
mais cela n’a pas empêché le RPT de s’en sortir haut les mains.
La vigilance reste donc de mise.
Pablo E.
Présidentielle 2010 : Retour sur les promesses de Faure aux Togolais en
avril 2005
Hier c’était le 5 février, une date que les Togolais ne sauraient évoquer
sans un double pincement au cœur. Le premier c’est la perte d’un être humain
qui nous était tous familier. Nous ne dirions pas cher, mais familier. Les
Togolais auraient aimé voir aujourd’hui le Gal Eyadèma, en tant qu’ancien
chef de l’Etat à la retraite depuis 2003, se pavanant dans les rues de Lomé,
de Kara ou de Pya et avec qui, amicalement, ils échangeraient des
salutations de la main comme cela se passe entre Kérékou et ses concitoyens.
Que cela aurait été beau ! Mais deux fois hélas ! Que la terre lui soit tout
de même légère.
Le
deuxième pincement au cœur, est l’irruption d’un illustre inconnu de la
grande majorité des Togolais, en la personne de son fils Faure Essozimna à
qui, d’une manière impromptue, dans cette nuit fatidique du 5 février 2005,
une brochette d’officiers supérieurs des FAT prétendait faire allégeance et
apporter son soutien pour continuer l’œuvre de son père dans
la
République. La
pilule fut difficile et très amère à avaler au peuple. Nous ne reviendrons
plus sur les contorsions juridico-politiques du clan pour en arriver à ce
que le peuple vit aujourd’hui, mais il nous plaît, pour consigner et
consolider la mémoire active des Togolais, de rappeler que c’est bien plus
tard, dans la nuit du 22 au 23 avril de cette année-là, que la chose devint
claire pour tous : certains avaient fait allégeance contre leur gré.
Faure Gnassingbé qui deviendra, après un simulacre d’élection amenée
elle-même par un simulacre de retour à la légalité constitutionnelle avec la
complicité de la CEDEAO et sous le couvert d’un certain Jacques Chirac,
déterminé à l’époque à enterrer les Togolais même vivants et sans pitié,
lors de sa campagne électorale il y a 4 ans, fit un chapelet de promesses
qui se révèlent aujourd’hui un catalogue de vœux pieux. C’est ce catalogue
de promesses consignées dans une sorte d’opuscule dénommé : « Mon
engagement pour le Togo » et dont nous laissons l’appréciation du degré
de réalisation aux lecteurs et à tous les compatriotes, que nous avons
choisi exprès la date de ce double événement pour servir au peuple et amener
ce dernier à réfléchir dès maintenant et assez profondément sur l’échéance
de 2010, vu la bougeotte qui s’est emparée de Faure et vu ses opérations de
charme qui risquent de ne séduire personne.
Nous avons reproduit intégralement cet ouvrage en prenant simplement soin
d’apporter des virgules là où elles manquent et procéder à de petites
corrections syntaxiques. « Qu’est-ce qui fait tant courir le
leader nouveau, esprit
nouveau, depuis quelques mois ? ». Se demandent beaucoup de Togolais. Ce
programme, pensent les Togolais, aurait été réalisé au moins à 75% que Faure
serait tout tranquille aujourd’hui, qu’il aurait carte blanche pour faire le
dos rond devant ses compatriotes. Cela fait mal de savoir que de loin, des
gens dans ce pays continuent après tant d’années de duperies et de
mesquineries de toutes sortes à l’endroit de ce peuple, après tant d’années
de flagorneries, à considérer qu’ils peuvent toujours continuer à tirer les
Togolais du dernier des paysans au dernier des cadres par le bout du nez.
Prendre les autres éternellement pour des malfamés, des cancres, cela fait
mal au cœur, très mal au cœur.
Voici le contenu de l’opuscule flatteur de celui qui court aujourd’hui à la
conquête de l’estime des millions de Togolais déconcertés, désabusés et
menés ces derniers temps dans la flagornerie la plus révoltante.
Alain Simoub
Face à leurs conditions de travail déplorables : Les enseignants observent
depuis hier une grève de 48 heures
Ils
réclament des états généraux de l’Education
Les enseignants des écoles publiques n’en peuvent plus de supporter leurs
conditions de travail inadmissibles et observent depuis hier un mouvement de
grève de 48 heures, pour inciter les autorités togolaises à prendre en
compte leurs revendications.
A
la veille du mouvement, le ministre des Enseignements primaire et secondaire
Yves Madow Nagou avait sorti un communiqué dans lequel, il invite la
Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) à surseoir à la
grève. « Suite au mot d’ordre de grève lancé par
la Fédération des
Syndicats de l’Education Nationale sur la base d’un certain nombre de
préoccupations, des discussions sont ouvertes avec les représentants de
cette Fédération. Actuellement, les primes de déplacement des directeurs et
les dépenses diverses de fonctionnement sont en cours de payement au niveau
de chaque région. Les discussions se poursuivent pour que satisfaction soit
donnée aux autres revendications
», indique le communiqué.
Malgré la sortie du ministre, les enseignants ont tenu à manifester. Hier
tous les établissements scolaires publics à Lomé ont fermé leurs portes et
les élèves ont été priés de rentrer chez eux.
Selon le Secrétaire Général de la FESEN, Essozina Boyodé, les réponses
données par le ministre des Enseignements primaire et secondaire et son
collègue de l’Economie et des Finances lors de leurs négociations n’ont pas
été convaincantes.
Par rapport aux primes dont parle le ministre, M. Boyodé estime que c’est
une goutte d’eau dans la mer. « Ce sont des fonds de menues dépenses. Ça
fait à peine 300 millions qui sont décaissés et qui viennent d’être déversés
dans les préfectures et au niveau des DRE. Or nous avons besoin des craies,
des cahiers, des registres, des tables-bancs…Nous sommes en février et les
chefs d’établissements n’ont rien. Ils font sortir l’argent de leur proche
pour payer des bâtons de craie aux enseignants pour écrire. Depuis octobre
jusqu’aujourd’hui, les enseignants volontaires ne sont pas payés. Comment
peuvent-ils enseigner ?», se demande-t-il.
M.
Boyodé estime que les établissements font face à d’interminables problèmes
et recommande des états généraux de l’éducation. « Les indemnités de
fonction à part le préscolaire et le primaire sont bloquées depuis avril
2008 pour les chefs d’établissements, les inspecteurs…Il y a plein de
problèmes dans l’éducation et si les autorités veulent les prendre un à un,
elles ne vont jamais s’en sortir. Il faut des états généraux de l’éducation
pour prendre en compte tous les problèmes », préconise-t-il.
En
effet, parmi les problèmes soulevés par la FESEN, on peut souligner les
conditions de vie et de travail difficiles des enseignants, des apprenants
et personnels d’encadrement; la non réalisation des mesures d’accompagnement
annoncées à la suppression des frais de scolarité ; le retard accusé dans
l’adoption du décret relatif aux indemnités de fonction des chefs
d’établissements du secondaire 1er et
2e cycles, des
inspecteurs et des conseillers pédagogiques ; la non reconnaissance par le
gouvernement des enseignants des écoles spécialisées ; la non interpellation
des premiers responsables de l’Enseignement Confessionnel par le
gouvernement en vue d’aplanir les problèmes des enseignants de cet ordre.
C’est sur la base de ces revendications que la Fédération des Syndicats de
l’Education Nationale a appelé tous les enseignants et élèves sur toute
l’étendue du territoire national à rester chez eux hier et aujourd’hui.
Au
dernier trimestre 2008, le gouvernement avait décrété l’école primaire et le
préscolaire gratuits sans préparer au préalable un budget conséquent en
fonction du manque à gagner.
Ainsi du jour au lendemain, les écoles se sont-elles retrouvées dans le
dénuement matériel total, sans livres pour élèves ni livres pédagogiques
pour enseignants, ni outils de travail.
M.A. |
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