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Liberté Hebdo N° 500 du 04 mai 2009 |
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Présidentielle 2010 : Le processus électoral dans l’impasse |
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La seule venue
à l’esprit de ce scrutin fait secréter de l’adrénaline au vu de l’enjeu
énorme. Un tel scrutin pour être une réussite mérite une organisation
minutieuse, une préparation optimale. Mais depuis quelques temps, le
processus électoral est mis aux oubliettes.
La
présidentielle de 2010, il faut être dans le secret des dieux pour savoir si
elle va se tenir ou pas. Car sincèrement, il arrive de se poser la question.
Depuis l’éclatement de cette fameuse affaire de coup d’Etat dans laquelle
est mis en cause le député Kpatcha Gnassingbé, les gouvernants semblent
avoir rangé le processus électoral au placard. En effet, depuis le 12 avril
où eurent lieu l’assaut militaire au domicile du député et sa suite de
péripéties mouvementées dont son arrestation le 15 avril, cette affaire
passionne beaucoup et relègue tous les autres sujets de la vie politique
nationale au second plan. Le débat semble réduit à cette affaire familio-familiale.
Dans les sphères politiques, dans les bureaux et dans les rues, on ne parle
que de cette tragicomédie jouée par les « deux frères ennemis ». Quid
du processus électoral de 2010 ?
Aujourd’hui, plus personne n’en parle, autant chez les gouvernants que dans
les autres états majors de partis politiques. Dans les arcanes du pouvoir,
la préoccupation est comment faire pour sortir de ce guêpier qu’est
l’affaire Kpatcha. Il y a de quoi s’inquiéter car c’est la survie même du
clan Gnassingbé qui se joue. Ainsi, Faure et les siens n’ont plus la tête à
autre chose. Toute leur existence semble réduite à cette équation.
L’opposition politique est aussi emballée. L’Union des Forces de Changement
(UFC) a été prompte à pondre un communiqué pour dénoncer les dérives qui ont
abouti à l’attaque du domicile du député. Le groupe parlementaire UFC sera
suivi par sa sœurette du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR).
La Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA) et autres leur emboîteront le pas. Oubliant
ainsi le processus électoral. Il y a longtemps qu’on n’a plus senti tout ce
beau monde dire un seul mot, faire un seul communiqué à ce propos.
Même la
communauté internationale, surtout le Facilitateur ne dit plus rien. Blaise
Compaoré qui feignait jusqu’à une époque récente d’être très préoccupé par
ce scrutin n’en parle plus. Il attend peut-être pour soutenir le prochain
coup de force du clan Gnassingbé.
Les
dernières actions relatives au processus électoral qu’on se rappelle sans
doute est la modification unilatérale des articles 21 et 32 du Code
électoral et l’invalidation par la Cour Constitutionnelle. Ce tour de passe-passe a été opéré en fin mars. Plus d’un
mois est passé sans qu’on ne sache où l’on en est avec le processus
électoral. Il a déjà accusé un retard considérable dû au manque de volonté
de faire organiser les choses dans la transparence.
Il a
fallu le cri d’alarme de l’opposition parlementaire pour contraindre Faure à
mettre en place le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CDPC).
Bon gré mal gré, les discussions ont eu lieu dans cet organe autour du
processus, malgré les tentatives de Faure et les siens de mettre les pieds
dans le plat en ouvrant les portes aux particules comme la CPP, le PDR et
la CDPA. Le
code électoral a été passé en revue et les points de désaccords entre les
protagonistes remis au Président du CPDC et Facilitateur-maison Faure
Gnassingbé qui devrait enclencher des conciliations. C’est dans cette
attente qu’était l’opposition quand elle a été prise de court par le RPT qui
introduit discrètement un projet de modification du Code électoral.
Aujourd’hui, il y a plein de réformes qui attendent d’être faites pour la
bonne tenue de cette élection, au crédit desquelles les réformes
institutionnelles et constitutionnelles. Mais les discussions au sein du
CPDC sont dans l’impasse et Dieu seul sait quand elles vont reprendre. Et
pourtant, on est talonné par le paramètre temps. Si après le retard déjà
accusé dans l’enclenchement du processus, il est aujourd’hui dans l’impasse,
il faut redouter la précipitation qui donnerait les armes nécessaires au
pouvoir pour tripatouiller les choses. Et dans ce cas, on devrait d’ores et
déjà dire « bye-bye » à la transparence du scrutin.
Pablo E.
Commémoration du 18e anniversaire
de la création du CAR et des acquis démocratiques : Me Dodji Apévon : «
Je reste convaincu que l’opposition a toutes les chances de remporter la
victoire en 2010 »
Les
militantes et militants du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont
commémoré le jeudi 30 avril 2009 au Centre Togolais des Expositions et
Foires (Togo 2000) le 18e anniversaire
de la création du CAR et des acquis démocratiques d’avril 1991.
En
effet, avril 1991 constitue un tournant décisif dans la lutte démocratique
au Togo. Sous l’égide du Front des Associations pour le Renouveau (FAR),
notre pays a réalisé des acquis politiques qui demeurent jusqu’à ce jour les
seules véritables avancées démocratiques.
Au
titre des acquis, on note la promulgation de la charte rétablissant le
multipartisme ; la promulgation d’une loi d’amnistie pour faciliter le
retour au pays des compatriotes contraints à l’exil; l’accord sur la
dissolution du Parlement et du Gouvernement alors mis en place et leur
remplacement par des organes législatifs et exécutifs transitoires à
composition comprenant le pouvoir et l’opposition pour organiser de façon
conjointe et consensuelle les élections démocratiques. Le parti de Me Yawovi
Agboyibo a donc tenu à marquer ces hauts faits de l’histoire.
A
cet égard, le président national du CAR, Me Apévon Dodji a exhorté les siens
à ne pas se tromper de combat car, rappelle-t-il, l’ultime objectif qui a
motivé leur engagement n’est pas encore atteint : vivre dans une société où
les dirigeants sont librement désignés par les populations à travers des
élections transparentes et démocratiques « C’est pour cela que notre
parti doit amorcer de façon courageuse et clairvoyante le virage actuel de
notre processus pour permettre à nos populations de vivre enfin l’expérience
de l’alternance démocratique en 2010, débouchant sur un Togo libre, uni,
paisible et prospère qui garantisse à chaque citoyen le respect de ses
droits et libertés, un environnement national sécurisé et un niveau de vie
décent », a martelé Me Apévon.
Le
président national du CAR n’a pas passé sous silence les sujets brûlants de
l’heure, à savoir l’affaire Kpatcha Gnassingbé et la réconciliation
nationale. Au sujet de la tentative de coup d’Etat, Me Apévon a réitéré la
position exprimée par son parti à savoir qu’il est impératif que toute la
lumière soit faite dans le respect des garanties prescrites en la matière.
« Le CAR voudrait rappeler à ce propos, que suivant les textes en
vigueur, si en cas de flagrant délit, un député peut être arrêté et
poursuivi sans la levée préalable de son immunité, il ne peut en revanche
être jugé que si l’immunité est levée par l’Assemblée nationale »,
a-t-il insisté avant d’exhorter le pouvoir à ne pas tirer prétexte de cette
affaire pour bloquer le processus des discussions du CPDC, au risque
d’entretenir de l’incertitude et de l’angoisse dans l’esprit des populations
sur la tenue de l’élection présidentielle de 2010.
Justement, à propos de cette élection, le président national du CAR estime
que l’opposition a toutes les chances de remporter la victoire mais que
cette victoire que les populations togolaises appellent de tous leurs vœux
passe par l’entente des forces démocratiques sur un candidat unique.
Concernant le processus de réconciliation nationale, Me Apévon a déploré que
le gouvernement ne se soit pas conformé aux dispositions de l’APG prévoyant
la mise en place de deux commissions chargées, d’une part de faire la
lumière sur les actes de violence à caractère politique et d’autre part, de
rechercher les voies et moyens d’indemnisation et d’apaisement des victimes.
« Dans le contexte politique actuel où il est illusoire de vouloir
établir la vérité sur les actes de violence commis lors des élections de
2005 pendant que les auteurs présumés sont au pouvoir, la deuxième
commission prévue par l’APG aurait pu, depuis des mois, enclencher
l’indemnisation des victimes qui est du ressort de l’Etat, n’est pas
subordonnée à l’identification préalable des auteurs des dommages subis »,
a-t-il dit.
Le
leader du CAR a enfin convié les pouvoirs publics à être à l’écoute des voix
qui s’élèvent de plus en plus au sein de la population et plus
particulièrement en milieux jeunes au sujet de la répartition équitable des
emplois, des marchés et autres avantages de l’Etat entre les citoyens des
différentes préfectures et ethnies du Togo. « C’est là où réside la
racine du mal togolais et il ne sert à rien de traiter le cancer par
la
Doliprane »,
fait observer Me Apévon. Et d’ajouter : « Le moment est venu de prendre
le taureau par les cornes et de remédier au mal togolais en s’inspirant des
solutions pratiquées par des pays qui ont été confrontés aux ravages causés
par la discrimination ethnique dans l’accès des citoyens aux biens et
services faisant partie du patrimoine national ».
M.A.
Le PDP dénonce
la récupération politique des évènements du 12 avril 2009
Le
Parti Démocratique Panafricain (PDP) que préside M. Bassabi Kagbara a, pour
marquer le 49e anniversaire
de l’indépendance du Togo (le 27 avril 1960) et la fête des Travailleurs (le
1er mai de chaque
année), organisé à son siège, le 02 mai dernier une conférence de presse.
Le
PDP, par la voie de son président M. Bassabi Kagbara, a présenté un tableau
d’une analyse socio-économique et politique du Togo. Cette analyse en (07)
points saillants demande aux autorités plein de choses à faire en vue de
faire avancer le pays. En plus, elle dénonce certaines pratiques d’une
autre époque.
Ainsi, pour le PDP, il urge que l’on revienne sur les discussions politiques
d’avant les évènements du 12 avril 2009. « Que les droits des présumés
soient strictement respectés et que les règles de la justice soient
appliquées en toute objectivité, sans tentative d’arbitraire ou encore de
volonté de règlement de comptes », a demandé M. Kagbara se référant au
discours du Chef de l’Etat du 17 avril 2009.
«
Le PDP demande que cette affaire de tentative de coup d’Etat n’occulte
pas les discussions politiques ouvertes depuis février 2009 et qui doivent
préparer notre pays pour l’élection présidentielle de 2010 qui se doit
d’être juste et crédible comme dans les pays qui nous entourent »,
a-t-il poursuivi dans sa déclaration.
Par la même occasion, le PDP
exige que soit arrêtée la récupération politique des évènements du 12 avril
2009. « Nous assistons depuis le 19 avril 2009 sur
la Télévision
nationale à des mises en scène de « mobilisation des populations » dans les
préfectures, pour manifester leur soutien au Chef de l’Etat que « Dieu a
sauvé d’un complot de coup d’Etat », selon les dires des activistes de ces marches.
Le PDP dénonce ces marches dites de soutien qui ne sont en fait qu’une
récupération politique des évènements du 12 avril jusqu’ici », a-t-il
souligné. Pour M. Kagbara, il s’agit d’une campagne présidentielle avant la
date, une attitude qui frise de la provocation. « Le PDP craint des
élections une fois encore troublées avec des heurts, des ressentiments et
des déplacements de population si le RPT doit continuer de telles pratiques
provocatrices avec des préfets qui ne semblent nourrir la moindre
conscience démocratique moins encore de patriotisme », a martelé
l’orateur, se référant à ce que l’on pouvait lire : « La préfecture a
choisi Faure pour 2010 » sur les banderoles affichées au grand écran.
Le
PDP, sur le plan social, a exhorté par la même occasion les autorités à
réduire les prix du carburant jusque-là maintenus à 500 F au Togo, pendant
qu’il est à 275 F au Ghana et 350 F au Bénin du fait de la baisse du prix du
baril de pétrole sur le marché mondial. « La réduction n’est point ce à
quoi le citoyen s’attend car le carburant demeure toujours plus cher au Togo
que dans les pays limitrophes. Une situation qu’aucun argument ne saurait
expliquer », a affirmé le Président du PDP. De même, il a demandé que
soit immédiatement révisé à la baisse le prix du ciment afin de permettre
aux honnêtes citoyens de satisfaire au moins ce noble idéal de la culture
togolaise qu’est de construire sa propre demeure.
M.
Kagbara a également élevé la voix pour dénoncer des menaces qui pèsent sur
ses militants et autres. « Aujourd’hui, hormis les affectations
punitives, ce sont des menaces d’agressions physiques, d’exclusions sociales
et de privation de droits, de menace de mort dont font l’objet nos
militants dans la région de
la
Kara
»,
a-t-il souligné. « Dans le cas des préfectures de
la
Binah et de Dankpen par exemple, les préfets de ces localités respectives
s’associent personnellement à ces pratiques viles, oubliant la ruine dans
laquelle s’enfoncent au jour le jour les localités de leur ressort
»,
a-t-il ajouté. Alors pour cela, « le PDP demande un remaniement des
préfets avant la présidentielle de 2010, s’il est vrai que le pouvoir en
place veut organiser des élections qui montrent que le Togo peut aussi
servir de bon exemple électoral ».
Didier Ledoux
Sans détour :
Voilà le coach Wade !
«
O vertu, science sublime des âmes simples, faut-il donc tant de peines et
d’appareils pour te connaître ? » (Rousseau, Discours sur les sciences
et les arts)
Parmi
les chefs d’Etats africains ayant soufflé le chaud et le froid dans le
dossier togolais après le décès du Général Eyadèma, il y avait un certain
Abdoulaye Wade. Cet opposant farouche au régime de Léopold Sédar Senghor et
à celui d’Abdou Diouf et qui a su attendre son heure pour accéder à la
magistrature suprême, a feint de s’opposer à la «dictature héréditaire
» qu’un quarteron d’officiers et le « mercenaire au col blanc »
ont voulu imposer aux Togolais. Tout en s’insurgeant officiellement contre
la tentative de monarchisation de la République togolaise, l’opposant devenu
président en la faveur d’un scrutin clean salué par tous, était de ceux qui
ont montré au clan la voie à suivre pour revenir aux affaires après un
semblant de retrait et de retour à la légalité constitutionnelle. Il a dit à
Faure que s’il voulait être président, il n’avait qu’à passer par la voie
normale et qu’il avait un grand parti, le RPT, de l’argent et l’armée à sa
disposition pour reprendre « son bien ». Des conseils que l’assoiffé
du pouvoir a mis à profit. Et il a fallu la mort d’au moins 400 de ses
compatriotes avant qu’il ne jure « devant Dieu et devant le peuple
togolais ».
Ce
n’était pas en fait un acte gratuit. Tous les despotes africains, sentant
leur mort prochaine, voulaient faire du Togo un champ d’expérimentation de
la monarchie. Passer la main à leur rejeton aux fins de conserver le pouvoir
dans le giron familial. Le chantre de « Sopi » (changement en Wolof)
a l’ardent désir de se faire remplacer un jour par son fils. Il s’y emploie
d’ailleurs. Depuis 2001, Karim est devenu son Conseiller influent. Il a
commencé à apprendre dans l’ombre de son géniteur. Lors des élections
locales du 22 mars dernier, il a fait son entrée en politique. C’était la
bérézina pour le jeune politicien qui venait ainsi de rater sa première
sortie en tant que candidat ayant sollicité les voix des Sénégalais. Mais «
papa » avait son petit plan. Il fallait trouver un créneau au sein
duquel son enfant pourrait être plus visible. Un pari désormais gagné
puisque Karim est fait ministre d’Etat chargé de
la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des
Transports aériens et des Infrastructures. Plusieurs portefeuilles
stratégiques confiés à lui tout seul. Sûrement qu’il y avait déjà dans les
tiroirs une solution à la crise qui secoue la compagnie Air Sénégal. Et lui,
il n’aura qu’à la copier et coller pour juguler en un temps record cette
crise qui risque de jeter dans la nature 500 employés. Une astuce pour faire
taire les sceptiques et prouver aux Sénégalais que le fils du « Sopi
» est bien compétent.
Ce
que vient de faire Wade nous renvoie à cette image d’un jeune qui veut
devenir footballeur comme son père. Il s’est inscrit dans le centre de
formation du club coaché par « papa ». Amortissant à peine le ballon,
il fut curieusement aligné dans l’équipe réserve lors d’un match hautement
médiatisé. Première passe à ras de terre, le jeune joueur s’affaissa et tout
le monde crut en un exploit. Erreur : il amortit le ballon avec sa poitrine
et son visage ramassa au passage le pied de son adversaire qui convoitait
aussi le ballon. C’était l’hilarité générale sur le stade. Mais son arcade
gauche fut ouverte et son sang arrosait le gazon synthétique. Suite à
l’interruption du jeu par l’arbitre, les secours s’affairèrent pour le
mettre hors de danger. Il fut sorti sur la civière sous les cris moqueurs du
public. Ces tribulations avaient beaucoup marqué son père qui, un mois plus
tard, le temps que la plaie se cicatrise, le fit titulaire dans l’équipe
première et le nomma capitaine adjoint. Qui peut le contester ?
Gageons qu’au Sénégal, le futur successeur de « papa » n’aura pas
d’autres demi-frères qui seront tôt ou tard accusés d’« atteinte à la
sûreté de l’Etat ».
Zeus AZIADOUVO
Libertinage : Bonne fête !
Le
travail a été internationalement célébré le vendredi 1er mai
dernier. Le Togo n’était pas en reste. Ils étaient des milliers de «
vatrailleurs », chômeurs, meuniers, jeunes diplômés reconvertis en
conducteur de taxi-moto, cabinistes, balayeurs de rues, éboueurs, cireurs de
chaussures, ramasseurs d’ordures, pousseurs …à descendre dans les rues pour
battre le pavé. Tous ont tenu à faire la fête pour remercier le ciel de les
avoir aidés à trouver du travail. Parés dans leurs plus beaux habits, ils se
sont convergés, avec à leur tête les patrons des organisations figuratives
syndiquées à l’immobilisme étatique à savoir,
la Corrosion Suicidaire
des Travailleurs du Togo (CSTT) et
la Compromission Nationale
des Travailleurs du Togo (CNTT), sur le lieu habituel où ceux-ci ont soumis
aux autorités insouciantes du sort des « vatrailleurs » leurs
traditionnelles doléances qui resteront toujours lettre morte. A «
Gnassingbéland », il faut le reconnaître, la fête du 1er mai
n’a pas la même saveur pour tout le monde. On vit dans un monde à deux
vitesses. Pendant que la grande majorité des « vatrailleurs » tire la
queue par le diable, la petite minorité vit dans une abondance insolente.
Pendant que la grande partie des populations doit se contenter du bouillon
d’eau chaude et de piment rouge pour seul repas quotidien, l’oligarchie,
elle, étale un luxe de mauvais goût. Pendant que le panier de la ménagère
est vide chez l’écrasante majorité, poussent des villas luxueuses et des
grosses cylindrées rutilantes chez la nomenklatura dirigeante. Pendant que
98% des « vatrailleurs » trainent avec eux des salaires misérablement
miséreux, les revenus des 2% des responsables atteignent des niveaux
stratosphériques. Ainsi va la vie à « Gnassingbéland ». Bonne fête
tout de même.
Les « vatrailleurs » togolais vus par Frédéric Gakprrr
Malgré leurs salaires minablissimes, les « vatrailleurs » «
gnassingbélandais » dont le courage a dépassé celui d’Hercule, ont
défilé vendredi devant les officiels fiers de la misère de leurs
concitoyens. Voici la manière dont « Fo Frédéric Gakprrr » peint ces
« vatrailleurs » togolais dont la « siiation » est peu
enviable. « Dieu Miséricordieux, regarde ces travailleurs
sourds-muets aux douleurs effroyables de leur existence clochardique, sans
sécurité sociale, sans accès aux soins médicaux primaires, sans épargne,
sans projet d’avenir, sans amis à qui ils ne doivent de l’argent. Il y en a
qui mourront sans parcourir les rayons d’un supermarché. Il y en a qui
n’auront jamais de fromage au petit déjeuner. Il y en a qui n’auront porté
pour vêtements neufs dans leur vie que des slips. Il y en a qui ne sauront
jamais à quoi sert une vacance. Demain dès l’aube, à l’heure où se
pointeront leurs créanciers, les travailleurs togolais se mordront les
doigts et n’auront que leurs yeux pour pleurer pour avoir signé un pacte de
non agression avec un coq. Moi j’ai longtemps observé les volatiles de la
basse-cour de mon grand-père. Quand je lui ai un jour demandé pourquoi
après avoir mangé, le coq nettoie à casser son bec contre terre, il m’a
répondu : rassure-toi fiston, ce n’est pas pour son hygiène. Le coq renie
toujours avoir mangé. C’est de même pour tous ses actes. Ne t’engage jamais
avec lui dans un dialogue social. Il te trahira avant son premier chant ».
Et oui, le dialogue social engagé avec Edem Koqdjo de la CPPutain en 2006 se
révèle aujourd’hui un marché de dupes. Qu’on ne s’étonne guère, c’est de la
nature même du Koq.
Quel bilan pour Django
La
liste « Perdons ensemble » commandée par le colonel Rock vient de
boucler ses 100 jours à la tête de la « Foire » Togolaise des «Footaises».
Cela mérite un bilan. A l’analyse, on peut mettre à son actif la reprise du
championnat D1 et la victoire des Eperviers sur les Lions Indomptables du
Cameroun.
Cependant, il ne fait pas bon vivre au sein des dirigeants sportifs.
Aujourd’hui, ces gros gaillards de
la Fédé
donnent raison à ces Togolais qui avaient parié qu’ils ne vont jamais
s’entendre. C’est connu le président et son vice ne badinent pas avec leur
ego. A peine cent jours qu’ils sont aux affaires, le bureau traverse des
zones de turbulence. Le fils à papa, Django et le magna de Womé ont réussi
avec mention très bien à diviser les membres du bureau de
la FTF. Chacun
avec ses porte-sacs. Le camp Améyivre, champion en tapage médiatique, a
perdu sa langue. Tellement embrigadé par le nouveau ancien discours du
colonel, ce groupe, à l’aveuglette, baptisait « Rockivi » de «
nouveau soleil ». Ce n’est pas le désormais silencieux Amavi Patatu qui
le démentira. Il paraît même que les faucons de l’élu magique du 18 janvier
ont empêché le puissantissime Gabriel Améyi de visiter les Eperviers à leur
dernière rencontre. Le «dépité» avait fait le même coup à son ancien
patron, Tata Avlessi. Aujourd’hui, il se fait coiffier au poteau. Comme quoi
qui tue par épée, périt par épée.
« Seuls les imbéciles ne changent pas », clamait le nouveau ancien président en ce temps à ceux
qu’il pouvait bluffer. On lui reprochait d’être une star en gestion opaque.
Aujourd’hui, on susurre que c’est « plus pire » qu’avant. Sa promesse
électoraliste d’informer périodiquement sur sa gestion se révèle une
supercherie. Au contraire, il se complait à déclarer qu’aucun franc ne
sortira de sa poche pour ce foot. N’est-ce pas aussi un changement ? Qui dit
que le fils à papa veut être cet imbécile qui ne change pas. En tout cas,
cette liste à cocktail Molotov fera parler d’elle dans les cent jours à
venir.
Sacré Antoine « Faux-lit »
L’élection présidentielle arrive à pas de géants à «Gnassingbéland ».
Les différents états majors des partis politiques se mobilisent. Contre
vents et marrées, les macros partis se présenteront à la joute. C’est aussi
la saison pour les tonneaux vides qui s’allient à d’autres partis pour se
faire saouler des pièces sonnantes et trébuchantes. Pour certains, c’est le
moment d’embellir leur curriculum vitae. Les partis satellites sentant leur
échec prochain, ne seront pas du reste. Selon les mauvaises langues, ils se
préparent à remplir leurs comptes bancaires. Chacun donc avec sa stratégie.
Cependant, la tactique du délégué de l’UDS-Togo, Antoine « Faux-lit »
se veut plus maligne. L’ex-ministre des sports trace géométriquement trois
chemins pour se faire de bonnes affaires dans le cadre de cette élection de
2010.
A
en croire ses propos sur une station radio de la place, son parti est
composé «microscopiquement » de trois courants de pensées. Il y a
ceux qui militent « décourageusement » pour que l’UDS-Togo présente
son propre candidat. Un véritable coup d’épée dans l’eau. On sait que ce
parti n’est que l’ombre de lui-même sur l’échiquier politique. Cette option
fait dire à certains que c’est du bluff car vu les résultats
ultramicrospiques des législatives dernières, Antoine « Faux lit » ne
peut pas se permettre d’aller cogner son éclatant front au mur. La seconde
catégorie, selon lui, entend apporter son soutien à l’UFC. Cette idée battue
en brèche par certains observateurs trouvent que c’est un message envoyé en
sourdine à «Faure-vi» pour qu’il remette en selle leur relation au
« vilain fixe » depuis le débarquement d’Antoine du ministère des
Sports. Le troisième groupe, quant à lui, apporte massivement son soutien au
p’ti et non selon lui, au RPT. N’est-ce pas que le gars est « faure »
avec sa stratégie des yeux doux ? Même s’il estime que c’est en juillet que
les membres de son parti trancheront au cours d’une assise, on pense qu’ils
opteront pour le 3e courant
de pensée dans l’attente d’une suite favorable.
Les « zotorités » et le 1er Mai
Le vendredi dernier, la fête
du 1er Mai a été encore
une fois célébrée de par le monde. Et le «Gnassingbéland » n’a pas
dérogé à la règle. Le «p’ti » et ses ouailles avaient rencontré les
responsables des syndicats, le patronat et les employés de divers horizons
sur l’esplanade du Palais des congrès de «l’eau-mé », pour s’acquérir
de leur état de paupérisation, pour recevoir l’éternel catalogue de
revendication allant dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de
vie et de travail. Les doléances soumises par les travailleurs connaîtront à
coup sûr le même sort que les précédentes, c’est-à-dire expédiées aux
calendes grecques. Sur les lieux, nos « zotorités » n’ont pas fait
dans la dentelle. Bazin riche par-ci, Costa dernier cris par-là. On a vu un
PM tout feu tout flamme aux côtés du fils de
la
Nation.
Mais incontestablement, la vedette de la fête est son excellence l’ «
insultocrate » de
la République
« von Gilberto ». Le type, drapé dans une veste brand new s’est caché
derrière une lunette noire. Ce qui lui donne une allure de garde du corps à
l’américaine ou d’acteur de cinéma. Ce qui fait dire à certains qu’il jouera
dans le prochain épisode de Terminator. On susurre qu’il participera dans un
avenir proche aux auditions pour le choix des acteurs principaux pour le
tournage. Bonne chance à lui. Il constitue d’ores et déjà un espoir pour le
pays dans le 7e art.
De
leur coté, les « ministricules » Nicoué « Vroom » et autres «
Hamadou-vi » ont eu l’ingénieuse idée de parcourir certains
ministères et sociétés de la place pour prendre le pouls des manifs. Quoi de
plus normal. Mais ce qui est un peu dérangeant, c’est seulement les sociétés
qui respirent le CFA, c’est-à-dire là où la fête pouvait être « miam-miam
» qui ont eu la dame chance de recevoir la visite de ces personnalités.
Beaucoup se demandent s’ils n’ont pas été guidés par leur ven...
Le SDF « gnocotteur »
Il
y a des gens dans ce bas monde qui réfléchissent comme Gogoligo ou
Gbadamassi. Les étrangers disent des « Gnassingbélandais » qu’ils
sont bêtes mais, ils oublient que nous tous nous sommes des africains et que
c’est le même sang qui coule dans nos veines. C’est un ami qui est venu à «
Gnassingbéland » pour faire fortune. Il est allé se loger chez son
grand-frère le temps de trouver une garçonnière pour se caser. L’homme, tout
le monde le prenait pour un saint sur terre. Mais la nuit, il dormait à la
devanture de la maison parce que le propriétaire avait menacé de majorer le
prix du loyer si jamais il partageait la chambre avec eux. Notre ami n’a eu
d’autre choix que de dormir dehors. Il était en quelque sorte le gardien de
la maison. Au fil des jours, le bonhomme s’était lié d’amitié avec une femme
mariée qui avait une sœur dans la maison.
Un
soir, il sonnait 20 heures quand la petite sœur alla prendre sa douche. A 21
h moins le quart, elle ne sortait pas de la salle de bain. Sa grand-sœur
inquiète se pointa devant la salle de bain et ouvrit la porte pour voir ce
qu’elle faisait pendant tout ce temps. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’elle
vit sa petite sœur tenant fermement le bord du seau d’eau, se faisant «
gnocotter » bien bon par le « gardien ». Face à ce spectacle
hallucinant, la seule phrase qu’a pu prononcer la sœur c’est : « Avec
tous les C.P. et les hôtels qu’il y a à Lomé, c’est dans la douche qu’il a
trouvé pour te faire l’amour ? ». La fille qui était élève n’accepta
pas les reproches de sa sœur et voulut se battre avec elle. Lorsqu’elle
reprit ses esprits elle demanda honteusement pardon et continue ses études
chez sa sœur. Mais son « gnocotteur » fut renvoyé sans autre forme de
procès. C’est lui qui n’a pas de domicile mais c’est lui que ses couilles
démangent.
Vous avez dit grippe porcine ?
Depuis un certain temps, les Blancs ne dorment plus le sommeil à cause de
cette histoire de grippe porcine. On se rappelle que premièrement ils ont
parlé de la fièvre atypique qui était partie de chez les « Hihons ».
Ils ne nous ont pas dit comment ils ont fait pour l’arrêter mais depuis on
n’en a plus entendu parler. Quelques années après, c’est leurs vaches qui
devenaient folles. Nous, on croyait qu’ils allaient s’arrêter là. Mais non.
Après c’est la grippe aviaire qui est venue et a attaqué nos poules. Mais
certains pour ne pas avoir de problème ont décidé de ne plus en manger.
Maintenant, quand le cœur de tout le monde est « tombé dedans »,
c’est cette histoire de grippe porcine qui vient « bousculader » les
gens surtout les revendeurs de « Hanchia » et les inconditionnels de
cette viande-là.
Il
paraît qu’un « con-de-frère » directeur d’une radio privée en
consomme au moins 5 000 F par jour. Nous, on n’a pas voulu croire à cette
histoire mais quand on a vu son vendre qui était vraiment…,il faut être non
voyant pour ne pas croire. Bien qu’on crie sur les médias que la maladie ne
se transmet pas directement par la consommation de cette viande, les gens ne
l’entendent pas de cette oreille. Après la maladie des poules, des vaches,
des cochons, on se demande quel animal va encore troubler le sommeil des
hommes |
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Liberté Hebdo 498 du mard 28 avril 2009 |
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49eAnniversaire
de l’indépendance du Togo : La marche de l’UFC vers la plage réprimée à coup
de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre |
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La
grande marche programmée par l’Union des Forces de Changement (UFC) pour
célébrer le 49e anniversaire
de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, a été chargée à
coup de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre et de sécurité. L’on ne
dénombre heureusement pas de blessés ni de dégâts matériels comme cela a été
souvent le cas dans le pays. Il faut souligner que le parti de Gilchrist
Olympio, pour marquer cette fête, a programmé : un culte, une grande marche
de l’esplanade de l’église à la plage, un meeting puis un pique-nique suivi
de liesse populaire avec la présence effective du président national.
«
Tout sauf la marche », ont semblé dire les autorités. Ainsi, aussitôt
après le culte, les forces de l’ordre et de sécurité ont anticipé sur le
déroulement de cette manifestation. Une situation qui a terrorisé plus d’un
manifestant. « C’est vraiment triste qu’en ce jour anniversaire de
l’indépendance de notre pays, les autorités nous interdisent de marcher pour
marquer à notre façon cet évènement. Il faut dire que la réconciliation
qu’ils font semblant de prôner n’est que de la diversion », a vociféré
un militant de l’UFC très en colère.
A
côté, un autre militant renchérit : « Alors qu’eux, ils fêtent dans
l’allégresse, ils nous refusent à nous de célébrer la fête de l’indépendance
de notre pays. Ils font comme si nous autres nous ne sommes pas des
Togolais. Pour moi, ce sont des attitudes qui ne favoriseront pas du tout la
réconciliation qu’ils clament tous les jours sur tous les toits.
Heureusement que ceci se passe devant l’église où le pasteur dans sa prêche
nous a exhorté à la réconciliation. Qu’il soit lui-même témoin de cette
injustice qui frustre et révolte les citoyens»
Cette charge des manifestants se justifie, selon le Commissaire Assih de
la Sûreté nationale, par la volonté des
manifestants de forcer les dispositifs sécuritaires. « Ils ont voulu
forcer nos barrières les «Ablafos » et leur coupe-coupe », a argumenté
le Commissaire. « Personne ne leur interdit de fêter. Mais, ils peuvent
se rendre à la plage individuellement », a-t-il ajouté.
Pour tous les témoins, ce nom « Ablafo » qui relève des légendes
d’une autre époque n’est que pure imagination puisque sur place, ni les
passants ni les journalistes n’ont vu la présence de ces guerriers des temps
immémoriaux sur le terrain. Ce qui fait dire à nombre d’observateurs que
les autorités avaient volontairement chargé les manifestants sans raison
fondamentale.
Auparavant, le Pasteur Godson Lawson a, dans son homélie tirée des livres
saints : Genèse 32 : 25-33-11 ; 2 Corinthiens 5 : 28 et Jean 1 : 29, parlé
à l’assistance de la réconciliation. Pour lui, en ce jour mémorable, il est
nécessaire de réfléchir sur les rapports qui doivent désormais exister
entre les hommes et Dieu. La vraie réconciliation ne vient que de Dieu et
tout ce qui se fait en dehors du créateur et se traduit le plus souvent par
les accolades n’est que diplomatie, indique-t-il. Ainsi, il a peint la
réconciliation par l’histoire de deux frères ennemis dans le livre de Genèse
32 : 25-33-11 qui sont finalement parvenus à la réconciliation que par la
grâce divine.
Didier Ledoux
Expériences édifiantes et fort instructives : Kpatcha Gnassingbé aujourd’hui
comme d’autres hier
De
par son origine (fils de président de la République qui aura régné pendant
38 ans sur le Togo), Kpatcha Gnassingbé, sûrement, n’aurait jamais rêvé, que
ce qui lui arrive aujourd’hui pouvait lui arriver, lui, l’omnipotent Kpatcha,
lui, l’intouchable dont le nom à lui seul faisait trembler plus d’un, il y a
quelques années encore. Comme le disait il y a quelques jours sur RFI un fin
connaisseur d’Eyadema et de son régime, celui-ci connaissant bien Kpatcha,
lui confiait des missions en rapport avec l’usage de la force et de la
violence. Cette violence, tous les Togolais savaient que Kpatcha en était un
grand dépositaire et qu’il ne faisait pas les choses à moitié. Suffisait-il
d’être fils de président pour semer la terreur au sein des populations par
des actes horribles ? Il faut noter que Kpatcha n’est pas le seul des
enfants d’Eyadèma à ne pas faire montre de discrétion en matière de
brutalité et de violence.
Rêve ou réalité ?
Avant d’être cueilli le mercredi 15 avril 2009 par la gendarmerie nationale
aux portes de l’Ambassade des Etats Unis et gardé dans les liens de la
détention, Kpatcha Gnassingbé s’était d’abord rendu à l’Ambassade
d’Allemagne, cette même ambassade où l’ancien Ministre de l’intérieur et de
la sécurité, François Akila-Esso Boko s’était réfugié avant de trouver un
exil définitif en France. L’Ambassade d’Allemagne, d’après certaines
informations, aurait refusé d’ouvrir son enceinte à l’honorable député et,
c’est après avoir essuyé ce premier refus, qu’il s’était rendu à l’Ambassade
des USA.
Qui
pouvait croire que celui-là même qui, en 2005 et dans le même mois d’avril
(curieuse coïncidence) faisait partie de l’aile dure hostile au refuge
accordé au Cdt François Boko par la représentation diplomatique allemande,
guidé le
15 avril 2009
par l’instinct de conservation propre à tout être humain, aurait eu le
réflexe d’appeler cette même institution au secours ? Et pourtant Kpatcha et
sa bande n’avaient jamais pardonné à cette Ambassade d’avoir abrité celui-là
qui refusait de cautionner un génocide en préparation contre ses frères et
sœurs togolais. Belle leçon pour ceux qui, pendant qu’ils ont encore le
pouvoir, les armes, l’argent, le luxe le plus insolent et tout le reste de
leur côté, y compris des milices, ne se soucient pas, même une seule
seconde, de se mettre un peu à la place des autres.
Déjà, les amuseurs de galerie ont commencé à monter des gens pour dénoncer
Kpatcha, « le prétendu 100% Kabyè » et « apporter leur soutien à
Faure ». On sait comment le système fonctionne. Il suffit que l’idée
jaillisse d’une personne et que, s’efforçant de dissimuler leur position
propre, d’autres se mettent à hurler avec les loups. Tous les Togolais
savent que c’est sur ces mêmes médias d’Etat sur lesquels on crie
aujourd’hui au soutien au président Faure, qu’on s’efforçait de convaincre
les Togolais, qu’entre Faure et Kpatcha, malgré tout ce qu’on pensait,
c’était le grand amour.
Incendie du Goethe Institut
Des
rumeurs les plus folles à Lomé avaient, pendant longtemps, attribué à
Kpatcha la conduite de l’opération de la mise à sac et de l’incendie de
l’Institut Goethe en guise de représailles contre l’asile accordé par
l’Ambassade d’Allemagne considérée par certains comme ayant soutenu le
désaveu du régime par le très lucide François Boko, pendant que
la CEDEAO, l’Union Africaine sans le Président
Alpha Omar Konaré bien entendu, ainsi que
la
France préféraient regarder faire. Si ces rumeurs se confirmaient, il y a
aujourd’hui lieu de s’étonner que le même Kpatcha, le tout-puissant, parmi
les tout-puissants, l’imbattable, l’inégalable, le plus courageux des
Togolais, celui qu’on croirait « absent lorsqu’on distribuait la peur
», dans le feu de l’action, et ayant peur pour sa vie, ne sachant où donner
de la tête eût préféré suivre les traces de celui qu’il avait farouchement
et sans retenue, condamné quatre ans plus tôt.
L’homme n’est rien dans la vie et c’est, quand une fois, vous avez eu la
chance ou la malchance (c’est selon), de vous retrouver tout petit dans la
désillusion, que vous comprendrez qu’il y a une école de la vie à laquelle
il est nécessaire d’aller, pour apprendre à cerner et appréhender ce qu’on
n’aurait jamais compris si l’on n’avait pas vécu, ne serait-ce que quelques
heures ou quelques jours, la galère par laquelle sont passés plus d’un, pour
devenir ce qu’ils sont aujourd’hui : des gens ayant eu des expériences
dictées par les épreuves édifiantes et instructives de la vie, à telle
enseigne que, s’il leur était demandé de traiter inhumainement leurs
semblables, ils réfléchiraient par deux, trois, quatre fois, avant de s’y
aventurer.
Sur
plusieurs années, on a vu dans ce pays, des gens privés de liberté, enfermés
dans des salles non éclairées, ou entassés à plusieurs dans des odeurs
fétides, et que savons-nous encore. Ils pouvaient à peine s’allonger la
nuit. Négocier entre eux de se relayer, était la solution quelquefois : un
temps pour rester debout pendant que l’autre pouvait s’allonger un peu.
Comme si cela ne suffisait pas, les bastonnades venaient leur rappeler
qu’ils n’étaient pas là pour le confort. Pourtant, priver un individu d’une
simple liberté signifie déjà en lui seul beaucoup. C’est l’occasion d’en
appeler au respect de la vie de l’homme dans les centres de détention du
pays. S’il est vrai que d’importants efforts sont faits ces dernières
années, il est important d’attirer l’attention des autorités judiciaires et
pénitentiaires sur le fait que l’effort doit être maintenu.
L’Homme n’est quelque chose que …
A
supposer que Kpatcha Gnassingbé soit aujourd’hui, en bon fils ou frère de
président de
la République,
emprisonné dans une chambre climatisée ou ventilée et qu’il ait tout à sa
disposition, le seul fait d’être privé de cette chose très précieuse qu’on
nomme «LIBERTE », ce bien précieux qui fait jouir des autres biens,
constitue pour lui un stage dans l’une des nombreuses écoles de la vie. Et
nous espérons qu’une telle situation pourra permettre, à ceux qui n’avaient
jamais, de toute leur existence, imaginé un seul instant d’être emprisonnés
ou gardés à vue, de comprendre que ce qui n’est pas bon pour soi, ne saurait
l’être pour les autres. Les hommes sont nés libres et égaux devant la loi
quelle que soit leur origine.
Selon que vous ayez des soutiens de taille et que vous vous sentiez couverts
dans toutes les forfaitures, toutes les basses besognes, que vous vous
sentiez au-dessus de la loi et que nul ne peut porter atteinte à votre
intégrité physique, ni morale, vous serez conduits à rêver que jamais, ce
qui arrive de mal aux autres ne saurait vous atteindre. Et parfois, ceux
qui, parce qu’ils ont de l’argent à ne pas savoir quoi en faire et qui leur
monte à la tête, ou le pouvoir politique qu’ils peuvent exercer comme bon
leur semble et sans limite, ni ménagement, parce que croyant avoir droit de
vie et de mort sur leurs semblables, fils de président qu’ils sont, posant
des actions sans se soucier de ce que leur réserve l’avenir, ne prévoient
jamais de pareils extrêmes comme ce que subissent aujourd’hui Kpatcha et les
autres à tort ou à raison.
Avant la présidentielle de 2005 et aussitôt après, Kpatcha, alors simple
fils ou frère de président, avait beaucoup fait parler sa milice et les
Togolais en avaient fait les frais dans la terreur. Dieu seul sait combien
de Togolais avaient été victimes de ses répressions aveugles. Il était à
l’époque au sommet de « sa gloire ». Pouvait-il un instant imaginer
qu’il vivrait un jour et plus précisément dans la nuit du 12 avril, le
dixième de ce qu’il faisait endurer à ses compatriotes qui ne demandaient
qu’à vivre décemment et dans la liberté et le partage équitable des
richesses de ce pays ?
Qui
pouvait imaginer que Kpatcha vivrait la nuit du 12 avril dans la peur, terré
à son domicile, en lieu sûr mais humant déjà la mort, le cœur battant la
chamade ? Serait-il exagéré de penser que le député, dans cette ambiance
apocalyptique, pouvait aller jusqu’à mouiller la culotte ? Simple
hypothèse. Et qui pouvait l’imaginer un instant, appelant au secours et
cherchant refuge, lui, le tout-puissant ? L’Homme n’est quelque chose que
pendant les moments où il se sent soutenu que ce soit dans le bien ou le
mal. Moralité : Ceux qui font souffrir leurs semblables ignorent que la
souffrance, tant physique que morale, est difficile à supporter pour tout
être humain.
Alain Simouba
Affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat : La réunion familiale de
Pya n’a rien changé à la donne
En
maintenant en détention ses demi-frères Kpatcha et Essolizam et son cousin
Bagoubadi pour une affaire de « tentative à la sûreté de l’Etat » et
en dardant dans son speech que « j’ai pris toutes les mesures avec le
gouvernement pour que la justice s’exerce avec fermeté mais dans la sérénité
à l’égard des auteurs de ces actes criminels et de leurs complices », le
chef de l’Etat se trouve pris entre deux feux. Il y a les considérations
familiales et « la défense de l’Etat ». Ainsi, pendant que « la
justice suit son cours et les auditions des personnes en cause se déroulent
», la famille mène aussi des tractations en vue d’arriver à une solution
à l’amiable.
Selon les informations en notre possession, quelques
heures après l’attaque du domicile du député, la famille s’est plusieurs
fois réunie pour faire descendre la tension. Mais rien n’y fit. La situation
s’est plutôt dégradée et le mercredi
15 avril 2009,
Kpatcha a été appréhendé alors qu’il tentait de trouver refuge à l’Ambassade
des Etats-Unis au Togo. On en était là quand en début de semaine dernière
une délégation des chefs traditionnels de la Kozah a été reçue en audience
par le chef de l’Etat. Officiellement, ils étaient venus à Lomé pour
exprimer au chef de l’Etat le soutien des populations de la région de
la Kara suite aux manœuvres de déstabilisation
du pays. Mais selon certaines indiscrétions, cette délégation aurait écouté
les membres de la famille interpellés dans cette affaire de coup d’Etat. Le
seul grief que ceux-ci porteraient contre leur frère président, est son
manque de communication. Il serait aussi accusé de privilégier ses amis au
détriment de ses frères et sœurs.
Après le séjour à Lomé de la délégation de
la
Kozah, le rendez-vous était pris jeudi à Pya. Sous l’impulsion des sages du
clan Gnassingbé, Faure et les siens se seraient retrouvés pour tenter de
laver le linge sale en famille. Mais pas grand-chose n’est sorti de cette
réunion. Une source rapporte que le chef de l’Etat aurait laissé entendre
que l’affaire dépasse le cadre familial et que la justice doit faire son
travail. « Vous connaissez la position du chef de l’Etat sur la question.
Il a tout dit dans son discours. La tentative de coup d’Etat est un crime et
toute personne impliquée doit, quelle que soit son appartenance familiale,
faire face à la justice. On ne mélange pas les affaires de la famille avec
celles de l’Etat », martèle la source.
Il est également fait état de ce que certains chefs
d’Etats africains, tout en apportant leur soutien à Faure, lui auraient
suggéré de libérer ses frères afin de ramener la paix dans la famille.
Mais le discours prononcé le vendredi 17 avril dernier
l’oblige à aller jusqu’au bout. S’il ne le fait pas, on se demande ce qu’il
dira aux autorités américaines qui, en leur remettant Kpatcha, a exigé la
garantie d’un procès équitable. Les Nations Unies ont aussi formulé les
mêmes vœux. En revanche, si le procès a lieu, on s’attend à de grands
déballages qui risquent d’affaiblir davantage la fratrie ainsi que le parti
qui tente de sauver la face avec des meetings tous azimuts.
R.
Kédjagni
Sans détour :
A chacun sa fête
« Eh, bien, soit ! Que ma guerre contre l’homme s’éternise, puisque
chacun reconnaît dans l’autre sa propre dégradation… puisque les deux sont
ennemis mortels » (Lautréamont, Les Chants de Maldoror)
Le
Togo a célébré hier le 49eanniversaire
de son accession à la souveraineté internationale. Plusieurs manifestations
ont marqué cet événement capital mis en quarantaine par le régime de feu
Eyadema. Mais, une fois encore, la preuve est donnée que cette fête est loin
de sceller l’union entre les fils de ce pays. A chacun sa fête. A chacun sa
messe.
Côté officiel, la célébration fut une occasion pour le « fils de la
nation » de faire une démonstration de force et de prouver à tout le
monde qu’il est, depuis la parenthèse de coups de feu dans la nuit du 12 au
13 avril, le seul maître à bord. Le ton est donné dimanche par le chef de
l’Etat qui, après avoir rallumé la flamme de l’indépendance, a reçu le vivat
d’une foule convoyée pour les besoins de la cause. « Faure-vi vodou
», scandait la foule de manière tout à fait intéressée. Et le jour « J
», Faure et son bataclan ont pris place dans la coupole blindée jusqu’au
sous-sol pour suivre le traditionnel défilé. Toutes les composantes de la
grande muette ont battu le pavé pour démontrer qu’elles restent mobilisées
derrière leur chef suprême. Une énième allégeance de tous les corps après la
récente sortie des officiers supérieurs. Juste pour démentir les allégations
selon lesquelles l’ancien ministre de la Défense, aujourd’hui en détention,
aurait un certain ancrage au sein des FAT. Aussi, les forces vives ont-elles
paradé pour soutenir la « politique de paix, de développement et de
réconciliation » du chef de l’Etat et bannir les « nostalgiques du
retour en arrière». Il faut le dire, ce 49e anniversaire
a été organisé d’une manière grandiose. Faure qui entend redonner vie à son
pouvoir affaibli par cette affaire de coup d’Etat, y a mis les moyens. Mais
la seule fausse note qui devient d’ailleurs récurrente, c’est que les héros
de l’indépendance sont réduits à la portion congrue de ces manifestations.
Les rares images du « père de l’indépendance » sont confondues avec
celles des autres anciens présidents. Ont plutôt dominé les lieux du défilé
militaro-civil les photos de Faure qui est en quête d’une réviviscence
politique.
Pendant que les officiels paradaient au nouveau palais de la présidence, le
principal parti de l’opposition, l’UFC, célébrait en solo son 27 avril.
Messe, marche puis meeting suivi de pique-nique et liesse populaire. C’est
une tradition pour le parti de Gilchrist Olympio qui s’est approprié cette
fête quand feu Eyadema l’avait mise au placard au profit de son 13 janvier.
Mais la marche a été chargée par les forces de l’ordre. N’eut été
l’intervention des cadres du parti et surtout du Pasteur qui, deux heures
plus tôt, avait prêché la bonne nouvelle aux militants, le pire aurait pu
arriver. Le sang allait encore couler en ce jour sacré. Heureusement.
Dans les autres pays, à l’occasion de la fête nationale, tous les citoyens
se départissent de leur coloration politique pour se consacrer à
l’essentiel. Après, on peut recommencer à se tirer les poils du nez.
Cependant, la réalité est tout autre dans notre rectangle. Ce qui s’est
passé hier est la preuve que le chemin vers une vraie réconciliation reste
encore long et parsemé d’embûches. C’est au pouvoir de faire du 27 avril une
véritable fête nationale dans laquelle tous les Togolais se retrouveront.
Mais là où le bât blesse, c’est quand on la transforme à une précampagne de
Faure. De plus, l’UFC peut faire le pas en ouvrant le débat sur la manière
dont cette date doit être dorénavant commémorée pour qu’elle ne profite ni à
l’un ni à l’autre. Un travail doit être fait dans ce sens avant le «
Jubilé d’Or » dont parlent les Evêques dans leur dernier message.
Vivement que le cinquantième anniversaire nous réunisse.
Zeus Aziadouvo
Libertinage
Les autorités mélangent les gens
Cette affaire mélange trop les gens. De deux choses l’une. Ou il y a eu
tentative de « coup de tas » contre le fauteuil de « Faure-vi
», ou il n’y en pas eu. C’est ou bien ou bien. Et il faut que les «
zotorités» éclairent la lanterne des « Gnassingbélandais » avec
des preuves bien cossues qui dissipent tous les doutes. Car comme le jure «
Fo Léo », la main sur le cœur, les gens sont dubitatifs quant à la
réalité cartésienne de déstabilisation du pouvoir.
Il
y a quelque chose qui dérange nos méninges et dont on n’arrive pas à se
défaire. Avant qu’il n’y ait coup d’Etat, il faut d’abord que les «
assoiffés du pouvoir », pour prêter l’expression au Père de la «Gnassion
», aiguisent des crocs pour le tabouret du « p’ti ». Là-dessus, les
plus hautes « zotorités » sont catégoriques : le Gros n’a jamais
nourri d’ambition pour le trône de son frangin. A commencer par «
Faure-vi » lui-même qui avait fait une sortie fracassante pour clouer le
bec aux oiseaux de mauvais augure. « Les gens voient partout des coups
d’Etat organisés par mon jeune frère contre ma personne », avait-il
déclamé avec humour. Comme si c’est une épidémie qui s’est emparée du clan,
le porte-parole du « gouvraiment », « Fo Bodj » s’est «
massivement » jeté dans la danse pour fustiger ceux-là qui voient tout
en noir. Et Solitoki de boucler la boucle : « C’est une histoire
totalement montée par les journalistes. Quels actes posés par le député
Kpatcha Gnassingbé pourraient faire croire qu’il y a des problèmes entre son
frère et lui ? », s’est-il indigné. Curieusement, les mêmes qui hier
avaient nié en bloc toute velléité de déstabilisation du régime, montent
aujourd’hui au créneau pour parler de «coup de tas». Que veulent-ils
qu’on pense ?
Quelle honte !
L’homme est vraiment difficile à cerner. C’est un éternel insatisfait. Et
c’est cette nature gloutonne qui le caractérise qui est parfois la source de
ses ennuis. Quand on observe au microscope les fils à papa, on ne comprend
pas ce qui peut les pousser à se battre comme de petits vulgaires. Il ne
leur manque rien. Ils ont tout. De l’argent, ils en ont à gogo. Les belles
maisons et belles voitures, ils en ont plein. Les jolies nanas, n’en
parlons même pas. Bien que beaucoup ne vendent pas très cher la beauté du
Gros, celui-ci s’est trouvé une gonzesse au charme éblouissant à faire pâlir
d’envie un prince du Golfe. Que faut-il encore pour être heureux ?
La
grande majorité des Togolais veut avoir le mille milliardième de ce que
possède un fils à papa pour être heureux, ils n’en trouvent pas. Malgré tout
ce que les fistons ont, ils ne sont pas contents et se chamaillent pour le
trône traînant ainsi le nom de la famille dans la boue. Le linge sale est
étalé à la face du monde entier et chacun fait ses commentaires là-dessus.
La famille Gnassingbé est devenue des cures pour nettoyer les dents. Le Père
est traité de tous les noms d’oiseau et les fils de tous les noms
d’oisillon. C’est ainsi qu’il est loisible d’entendre dire que le Père de la
« Gnassion » est un coq de la basse cour qui niquait en désordre et
qu’il a une centaine de cochets dont certains lui sont inconnus. Le Gros,
lui, est traité de brute, d’impulsif et de compulsif…bref depuis que cette
histoire a éclaté, personne ne dit du bien de la famille. Qu’est-ce qui les
a poussés à exposer pareille honte en public ?
Où sont passés les « réflexologues » ?
Ces
derniers temps, l’actualité « gnassionale » est particulièrement
riche et croustillante. La guerre fratricide à laquelle se livrent les
fils à papa a relégué au second plan tous les autres sujets. Curieusement,
alors qu’il y a matière à moudre, les griots du clan sont aux abonnés
absents. Eux qui naguère étaient sur tous les fronts, bombardant les
Togolais de leurs trouvailles dithyrambiques à la gloire du Père, sont
tassés. Le Fils n’est pas aussi magnanime que le Père où bien c’est comment
? C’est quand même surprenant que jusqu’alors, aucune des machines à pondre
des réflexions lénifiantes sur le régime RPiTeux n’ait fait de sortie
vrombissante « gnassionale » pour démontrer de quoi ils sont capables
quand il s’agit de chanter des louanges au clan. Et pourtant, ce ne sont pas
des évènements sur lesquels ils pouvaient se prononcer qui font défaut.
L’affaire de coup d’Etat est une occasion toute offerte aux griots pour
prouver leurs talents. Peut-être comme c’est une affaire familio-familiale,
personne n’a voulu en parler au risque de froisser la susceptibilité de l’un
ou de l’autre. Sûrement qu’ils attendent d’y voir clair avant de prendre
position. En tout cas, ç’aurait été un opposant qui serait impliqué dans
cette tentative de « coup de tas » que les Togolais en auraient
entendu des choses dans leurs « zoreilles »…
Quel bilan pour le « p’tit » ?
Le
mois d’avril s’enrichit en évènements au Togo. Le 27 de ce mois est célébrée
la fête d’ «Ablodé gbadjaaa », indépendance quoi. Le 26 est celui de
l’accession sanglante du « p’tit » au pouvoir. Le tissu de la famille
Gnassingbé s’est explosé dans la nuit du 12 au 13 avril. Faure-vi vient de
boucler ses 4 années à la tête du pays sur fond d’insécurité et de problèmes
familiaux.
Dans son message adressé aux Togolais suite à la découverte du présumé
complot d’atteinte à la sûreté de l’Etat, « Faure-vi » s’est réjoui
de son bilan pourtant jugé négatif par ses détracteurs. Ivre de joie, il
estime que la population a commencé à ressentir les effets positifs de la
nouvelle donne. Laquelle? Se demandent bon nombre de citoyens. A en croire
certains « RePTiles », le « p’tit » s’est battu armes et
fusils pour diviser leur parti jadis cimenté. La nouvelle donne, c’est aussi
celle de mettre la jeunesse d ou ils doivent entrer en conflit avec les
capotes teintés de sperme, les colis d’excrément, les odeurs pestilentielles
dans les caniveaux ? Où celle de faire danser les jeunes lors des concerts
gratuits ? Siphonner les sociétés d’Etat ou « latériser », les
routes est-ce cela la nouvelle donne?
Le bilan du « p’tit »
est diaboliquement négatif et il faut qu’on arrête de faire croire le
contraire aux Togolais.
Deux poids deux mesures
Muet comme dix carpes réunies, le ministre de la Sécurité et de
la Protection
civile Atcha «Kplikplitina » vient de retrouver la voix. Il s’est
distingué ces derniers temps par un silence de cathédrale, l’actualité
oblige. Les deux frères, jadis unis pour une même besogne, disputent
aujourd’hui le trône royal. Normalement, c’est lui qui devait expliquer
comment la résidence d’ « El Kpatcho » a été mitraillée à satiété
d’artillerie lourde. On imagine les difficultés qu’il a eues à stocker ses
salives dans sa bouche durant tout ce temps. A-t-il eu encore peur de
commettre ses péchés mignons dans la présentation des faits ? Il paraît
qu’il s’est reconverti depuis qu’il a essuyé des reproches inamicaux.
On
se souvient que le ministre a mis la charrue avant les bœufs lors de la mort
tragique du politologue Atsutsè Agbobli. Le gars, marche désormais sur des
œufs et il parait qu’il n’aime plus ouvrir sa bouche face aux évènements.
Passons.
Le peuple togolais a célébré
hier la fête du 49ème anniversaire
de son accession à l’indépendance sur fond de division. Défilé militaire et
civil, messes, réjouissances et autres activités ont meublé officiellement
cette manifestation. Parallèlement, pour marquer cette date de son côté, le
parti des teints clairs a mobilisé sa troupe. Au menu du programme, une
messe suivie d’une marche qui devait les conduire à la plage pour un
pique-nique. Mais Kplikplitina et ses hommes se sont opposés
catégoriquement à la marche. Chaque militant ou sympathisant de l’«
UFCocu » peut se retrouver à la plage par tous les moyens, excepté la
marche populaire, a-t-il signifié. Surprenant non ? Il se dit que le pouvoir
« RePTile », en perte de cohésion, se met en transe dès qu’il entend
une quelconque marche. Mais à côté, les « Faurephiles » eux, ils
peuvent marcher. N’est-ce pas deux poids deux mesures ?
Le chemin de croix de notre « con-de-frère »
Ce
« con-de-frère », on le connaît pour être une locomotive des années
60, c’est-à-dire un fanatique de la fumée. Le gars peut en une seconde fumer
deux paquets de cigarette. S’il ne le fait pas, ses nerfs se dilatent,
selon ses propres dires. Ce « con-de-frère » a été invité pour
participer à un atelier de formation qu’a organisé l’ambassade des
Etats-Unis en son sein à l’endroit des techniciens.
Il
paraît qu’à l’ambassade des Etats-Unis, on ne fume nulle part et que des
alarmes sont mises partout, même dans les toilettes, pour détecter la
moindre fumée. Notre ami lui, croyait qu’au moins il pouvait se cacher
dans les WC, comme à son habitude, pour se donner à cœur joie à son péché
mignon. A pas de chat, notre homme se cacha dans les WC. Quelle ne fut sa
surprise lorsqu’il vit que la maudite alarme était là au-dessus de sa tête,
prête à se déclencher à la moindre incartade. Il se décida à faire ce
besoin pressant dans les jardins ; mais là aussi, on ne lui laissa pas de
temps. Il fut conduit par un surveillant très attentif à ses gestes.
Les
deux jours qu’a duré la formation ont paru une éternité pour le «
con-de-frère » qui a fini par tomber malade à cause de cette abstinence
forcée. Si l’Ambassade pourrait offrir l’asile politique, que dis-je,
l’hospitalité à notre « con-de-frère » pour l’aider à guérir, on lui
sera très reconnaissant.
Le supplice
Le
samedi dernier, l’association les « Ennemis », kéi, les Amis de
la Terre étaient à l’hôtel « Kara » et «
Sawa » avec des élèves pour célébrer
la Journée
de
la Terre. A
quand la célébration de la journée du ciel ?
Lors de la conférence organisée pour la circonstance, un enfant nous a posé
la question de savoir pourquoi on n’a pas commémoré la 39è édition de cette
fête dans un champ plutôt que dans un Hôtel. Après avoir vu comment nos «
con-de-frères » se décarcassaient pour faire leur interview, on a vu que
le « p’ti » n’avait pas du tout tort et on a même pensé qu’il serait
bon que la prochaine édition de cette journée se célèbre dans la forêt
sacrée de Bè. Comme ça nos petits frères et sœurs seront en contact direct
avec la vraie nature. Parce que nombreux sont ceux qui s’ennuyaient dans ses
quatre murs qui leur ressemblaient « faure » bien à une prison.
Certains sont allés mille fois aux toilettes avant que la conférence ne se
termine.
Les
« cons-de-frères » de la Très Vilaine Télé dans leur zèle excessif
voulaient à tout prix faire voir un paysage verdoyant à leurs
téléspectateurs. Alors que les jardins de l’hôtel étaient en ce moment sous
le soleil, ces « cons-de-frères » et « connes-de-sœurs» ont
exposé pendant des heures le mari de quelqu’un comme un poisson salé. Un
vrai supplice, car à la fin de l’interview, le monsieur suait comme un porc
en chaleur. Mais nos « cons-de-frères » eux, étaient très fiers
d’avoir accompli leur travail.
Ça va se savoir : La BMW (4)
«
Tu peux le devenir aussi un jour si tu le veux bien. Veux-tu me dire que
ce que aiment tous ces gros bonnets du pays te dégoûte-toi ? Que tu ailles
au diable avec ton serpent dévastateur», lâcha Afiwa dans sa colère,
cherchant à replier quand Eric, dans sa surdité, appuya à nouveau sur
l’accélérateur enfonçant à fond sa matraque. « Arrête de me faire mal
quand tu sais d’avance que je ne serai pas celle que tu veux épouser.
Lève-toi sale mec et orgueilleux », vociféra-t-elle tout en retenant
son partenaire par ses frêles jambes croisées par dessus les fesses de son «
gnocotteur » super puissant. « Ah ! Que c’est merveilleux
maintenant. Tu peux foncer davantage car je peux bien te contenir
maintenant. Que c’est bon ton truc pour lequel j’avais du dédain tantôt.
Alors, laisse-moi profiter de sa forme même si c’est pour la dernière fois»,
poursuivit la fille qui, en ce moment, maintint fortement son amant en otage
contre elle.
Eric, dans un interminable va-et-vient au centre de gravité, fouettait
ardemment son hôte, tel un sourd dans sa surdité. Quelques minutes plus
tard, il cracha. La tanière fut inondée du flot de venin super concentré et
gluant avec une température ambiante qui fit feuler à tue-tête Afiwa qui
tentait en ce moment crucial de réunir ses pastèques. Emporté par son
évasion au 7ème ciel,
l’homme se rendit compte que plus tard qu’il avait embrigadé le téton qu’il
haïssait entre ses lèvres. En dépit de tous ces efforts, la bête ne faiblit
pas et son maître récidiva dans son interminable va-et-vient couronné par
des pluies torrentielles de venin. Au bout du 6ème round,
tous s’épuisèrent alors que l’homme, en toute réalité, voulait maximiser non
seulement pour étancher sa longue soif mais aussi pour en finir avec elle
une fois pour toute.
Ainsi, les amoureux se quittèrent pour ne plus se revoir. Les jours qui
passaient, étaient meublés du jeu de cache-cache car l’homme évitait de
rencontrer sa cavalière. La situation perdurait encore quand quelques
semaines après débarqua Simon, l’homme et le vrai proprio de la maison. Pour
une fois, l’homme était rentré seul sans compagne. Il était parti à la hâte
parce qu’il y avait une urgence. Le patron d’Eric était ce soir sur la
terrasse plongé dans ses pensées quand retentit la sonnerie. Le maître des
lieux, le vrai, ordonna à la personne d’entrer, ce que fit la jeune dame
sans attendre, croyant avoir affaire à son bonhomme qu’elle recherchait
depuis belle lurette. Les hôtes furent surpris et se fixèrent parce qu’ils
ne s’étaient jamais vus. A l’issue des salutations d’usage et l’échange des
civilités, Afiwa déclara: « Je suis à la recherche du patron, le
propriétaire de la maison ». Surpris et écœuré par la demande de l’hôte,
il s’emporta : « De qui parles-tu ? De mon gardien ou de qui ? Madame, il
n’y a d’autre propriétaire de cette maison que moi. Je vous prierais d’aller
bien faire vos recherches ». « Mais, dites-moi ! Êtes-vous libre ou
occupé e? Vous êtes vraiment magnifique », lança-t-il ensuite à
l’endroit d’Afiwa prise de peur et déjà en position de retour.
Ayant compris qu’elle venait de tomber sur le vrai proprio de cette maison
qui lui arrachait déjà le cœur, elle mijota instinctivement quelque chose
dans la tête alors qu’elle retournait vers la terrasse.
A suivre
Tonton D
Au cœur des mon pays
Philippe
: Class, la pluie-là va nous tuer chez nous. Elle ne vous dérange pas chez
vous ?
Joseph
: Pas trop quand même.
Philippe
: Vous, vous êtes bien. Chez nous, on a des problèmes de difficultés à
marcher.
Joseph
: Il se passe quoi ? N’est-ce pas qu’on vous a fait un nouveau chemin.
Philippe
: C’est ça même qui nous crée des problèmes de difficultés. Quand il pleut
là, le sol est trop mou.
Joseph
: Cela veut dire qu’il vous complique le déplacement ?
Philippe
: C’est exactement ça. Comme c’est avec la terre rouge, chaque fois que tu
marches, tu te « plantes ».
Joseph
: Et comment tu fais avec ta moto ?
Philippe
: Quand il pleut, tu ne peux plus jamais sortir avec une moto. Tu vas te
créer des problèmes inutiles.
Joseph
: Comment vous faites alors quand il pleut ?
Philippe
: Tous ceux qui ont des motos ou voitures abandonnent ça à la maison. On
n’utilise seulement que le pied.
Joseph
: Là c’est grave. Et si tu es sorti avant que la pluie « tombe »,
comment tu vas faire ?
Philippe
: C’est ton affaire. Et pour éviter tout problème, il suffit de laisser ça
quelque part et rentrer à pied. Mais si tu ne fais pas attention avec le
pied, tu peux glisser facilement.
Joseph
: Vous avez alors des problèmes sérieux. Donc le chemin qu’on vous a fait ne
vous donne rien de bien !
Philippe
: C’est la vérité. Ça nous a encore compliqué notre « siiation ».
Maintenant, même s’il ne pleut pas, c’est difficile de circuler.
Joseph
: C’est encore quelle histoire tu inventes ça, class?
Philippe
: C’est parce que tu n’es pas avec nous que tu parles de histoire. C’est le
problème que nous vivons dans notre quartier.
Joseph
: « Splique »-moi bien cette difficulté que vous souffrez même s’il
ne pleut pas.
Philippe
: Actuellement, il y a beaucoup de petits trous sur le chemin. Et quand tu
passes dedans, tu as des problèmes à la hanche et au ventre.
Joseph
: Tu as raison. C’est la même « siiation » sur plusieurs chemins et
quand tu passes deux fois, tu as la diarrhée.
Philippe
: Chez nous c’est encore plus « pire » surtout avec les « gros
» voitures du port-là, les trous sont beaucoup nombreux mais l’homme est
obligé de passer dedans.
Joseph
: Comme c’est la seule voie, vous ne pouvez rien faire. Il faut seulement
faire doucement-doucement. |
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Liberté 492 du 13 avril 2009 |
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Modification des articles 21 et 32 du Code électoral : La
Cour constitutionnelle donne raison à l’UFC en invalidant le coup de force
du RPT |
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Le
pouvoir RPT, à travers un scénario rocambolesque, a réussi à modifier le
Code électoral, en ses articles 21 et 32. Le coup de force a été opéré le
mardi 31 mars dernier par les députés RPT, lors d’une session
extraordinaire, boudée par l’opposition parlementaire qui dénonce la
duplicité du pouvoir. Alors qu’aucun consensus n’est fait et on attendait la
conciliation du chef de l’Etat, le gouvernement introduit discrètement un
projet de modification du Code électoral à l’Assemblée naitonale. Décidée à
faire dire le droit, l’Union des Forces de Changement(UFC) a introduit
auprès de la Cour constitutionnelle un recours en invalidation de cette
modification.
L’institution d’Aboudou Assouma peut-elle dire le droit, prendre le
contre-pied du RPT ? Telle était l’inquiétude, au regard du passé sombre,
des souvenirs lugubres que la Cour Constitutionnelle togolaise a laissée
dans la mémoire collective. Plus de peur que de mal ! Pour une fois, elle a
dit le droit.
Le Non de la Cour au RPT
On
pourrait croire à un conte de fées, ou y voir un gros poisson d’avril.
Mais c’est pourtant la réalité. Aboudou Assouma et les siens ont accueilli
favorablement le recours déposé par l’UFC et dit non au RPT. Une première
dans l’histoire du Togo.
La
Cour Constitutionnelle a rejeté la modification intervenue à l’article 32.
Tout autant que l’opposition parlementaire, elle trouve infondé et illégal
que l’on ait touché à cet article qui n’était nullement inscrit à l’ordre du
jour. C’était un véritable forcing opéré par le RPT, un piétinement du droit
que d’outrepasser l’ordre du jour indiqué. Comme conséquence, la
modification intervenue à cet article est nulle et non avenue.
Ce
sera le même sort pour la manœuvre intervenue à l’article 21, précisément
sur la rétroactivité que vise le tour de passe-passe. En effet, le scénario
visait très simplement à remettre en selle la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) de Tozim Potopèré qui a eu à organiser les
dernières élections législatives d’octobre 2007. Ce faisant, ce serait une
nouvelle jurisprudence que créerait le RPT, la rétroactivité de la loi. La
Cour Constitutionnelle a désavoué le RPT.
Concernant la modification proprement dite de l’article 21, l’institution d’Aboudou
Assouma ne la récuse pas. La Cour ne la trouve contraire à aucun principe de
droit et l’a donc accepté. Ce qui suscite un peu de polémique et on charge
la Cour de n’avoir pas dit le droit sur toute la ligne. Mais ici les
observateurs avisés concèdent cette appréciation à la Cour
constitutionnelle, tout en condamnant la procédure qui est contraire à
l’esprit de consensus, car l’opposition parlementaire a aussi acquiescé lors
des discussions au CPDC sur le Code électoral, la reconduction de
l’institution électorale en attendant la mise en place d’une nouvelle.
D’ailleurs, les leaders de l’opposition parlementaire qui ont eu à réagir à
la décision de la Cour Constitutionnelle ne se sont pas attardés sur ce
point.
Chapeau à la Cour …mais vigilance !
Aboudou Assouma et les siens méritent tous les honneurs de ce monde, pour
cet acte anoblissant qu’ils viennent de poser. La Cour Constitutionnelle
togolaise désavouer le RPT, ce n’est pas évident. Il ne fallait même pas s’y
attendre, au risque de nourrir des espoirs vains et perdre du temps. La Cour
Constitutionnelle s’est toujours illustrée comme au service du clan
Gnassingbé. Elle n’a jamais eu le remords de valider les tripatouillages
constitutionnels opérés sous Eyadéma. L’institution dirigée à l’époque par
Atsu Kofi Améga a toujours validé les hold-up électoraux, 1998, 2003 et 2005
pour offrir la victoire au clan Gnassingbé, balayant aussi du revers de la
main les nombreux recours déposés par l’opposition. Et pour le recours de l’UFC
de la fois dernière, très peu de Togolais y voyaient une suite. Mais Aboudou
Assouma et les siens ont donné tort aux sceptiques et prouvé ainsi que le
peuple peut compter sur elle désormais pour faire entendre le droit.
Dire désormais le droit, rien que le droit ? Cette sortie de la Cour
Constitutionnelle offre-t-elle un gage d’assurance que désormais le droit
sera dit et que les vieux démons n’apparaîtront pas ?
Rien n’est sûr. Le pouvoir RPT a tellement habitué le peuple aux volte-face
qu’il serait fatal de croire naïvement à la révolution judiciaire au Togo.
Certains observateurs croient d’ailleurs dur comme fer que cette sortie de
la Cour constitutionnelle fait partie des artifices du clan pour endormir
les Togolais, et qu’au RPT, on sait où coincer l’opposition. «
La Cour
constitutionnelle pour une fois, a posé un acte que l’honnêteté
intellectuelle recommande de saluer, quel que soit son bord politique. Ça
s’arrête là. Mais croire que ce sera désormais ainsi, ce serait trop risqué.
Ma petite expérience avec ce pouvoir recommande la vigilance. Le pouvoir ne
fait aucune concession gratuitement. Le RPT est pour l’opposition et le
peuple ce que sont les institutions financières internationales pour les
pays pauvres. Quand elles offrent un prêt, elles le font payer au centuple
»,
confie un Togolais avisé. La vigilance doit donc être de mise au sein de
l’opposition et du peuple.
Pablo E.
REACTIONS
Amégnonan Kossi (CAR) : « Nous ne savons pas de quoi demain
sera fait »
Nous avions fait comprendre que c’est en violation de l’article 55 de la
Constitution que l’article 32 du Code électoral a été modifié. C’est un
fait. Le deuxième fait, c’est que l’article 21 du Code électoral ne pouvait
subir une telle modification étant donné que nous étions en pourparlers et
que nous voudrions désormais avoir des élections propres dans le pays. La
façon dont le RPT s’en est pris pour pouvoir modifier ces articles nous a
profondément indignés et on l’a fait savoir.
Aujourd’hui, nous sommes heureux de savoir que nous avons une Cour
Constitutionnelle qui veille au grain sans pour autant, pour le moment, nous
réjouir de trop, étant donné que nous ne savons pas de quoi demain sera
fait.
La
Cour constitutionnelle n’est pas allée dans ses décisions. Mais ce qui nous
réjouit est qu’elle reconnaît que l’article 21 ne pourra pas s’appliquer à
une CENI antérieure.
Pascal Bodjona (RPT) : « C’est une confusion totale »
Le
texte adopté par l’Assemblée nationale avait pour principal objet de régler
une incohérence sur la permanence de la CENI et sur la fin du mandat de ses
membres. C’est que la CENI organise d’abord les élections, elle est une
institution permanente mais les membres de la CENI finissaient leur mandat
45 jours après l’élection ou 30 jours après une révision de la liste
électorale. Nous avons convenu avec l’UFC au Cadre permanent que désormais
il fallait régler ce problème. Vous avez souvenance qu’au niveau du Cadre
permanent, l’un des compromis consistaient à faire en sorte que désormais
les membres de la CENI restent en place jusqu’à la mise en place d’une
nouvelle CENI.
Aujourd’hui, notre volonté, c’est d’aller vers un compromis. S’il y a un
compromis sur une nouvelle recomposition de la CENI, le gouvernement prendra
cela en compte et le soumettra à l’étude et à l’adoption de la session
ordinaire de l’Assemblée nationale. Mais s’il n’y a pas un nouveau
consensus, l’ancien consensus demeure. Je pense que c’est une confusion
totale et la Cour a tranché. Elle a dit le droit.
Inquiétude chez les Togolais à l’approche de la saison des pluies
Il
y a quelques mois, le Togo a été le théâtre d’une situation dramatique.
Toutes les régions ont été touchées par les inondations suite aux pluies
diluviennes qui s’étaient abattues sur le pays. Cette catastrophe naturelle
avait engendré des pertes en vies humaines et causé d’énormes dégâts
matériels.
Face à ce drame, le gouvernement, les partis politiques, les organisations
de la société civile et quelques bonnes volontés s’étaient mobilisés pour
venir à la rescousse des populations touchées. Des vivres et non vivres leur
ont été distribués, des établissements scolaires ont été mis à la
disposition des sans abris. Ces derniers n’avaient regagné leur demeure que
lorsque la situation s’était un peu améliorée. Dans l’entourage du
gouvernement, on n’avait considéré cela comme un exploit et les gouvernants
avaient le sentiment du devoir accompli.
Depuis lors, aucun acte concret n’a été posé par les gouvernants pour éviter
aux populations de revivre ce drame. Dans ces conditions, les Togolais sont
condamnés à vivre la même situation que l’année écoulée dans la mesure où
les mêmes causes produiront les mêmes effets. « Les ponts cassés ne sont
pas encore remis de leur « fracture » et vous pensez qu’une solution
pourrait être trouvée? On n’est devenu des sédentaires et on est prêt à
bouger de nouveau si la situation nous oblige », indique une victime
des dernières inondations.
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’appréhension et d’interrogations que ces
victimes attendent encore l’arrivée prochaine de la saison pluvieuse. Quel
sort nous est-il encore réservé? Sortirons-nous indemnes de cette saison des
pluies ? Où irons-nous si la pluie nous surprend encore ? Autant
d’inquiétudes chez les sinistrés. « Nous n’arrivons plus à dormir
profondément. On ne sait plus ce qui nous attend dans les jours à venir,
donc il faut être éveillé à tout moment », poursuit-il. «Quand les
premières pluies tardent à arriver, il faut s’attendre au pire lorsqu’elles
vont commencer. L’heure n’est plus à dormir comme un bébé », renchérit
une autre.
Au
lieu de chercher à soulager la peine de ces victimes, les gouvernants ne
pensent qu’à la présidentielle de 2010. « Nos gouvernants ne se soucient
pas de nous. Ce n’est pas eux qui nous ont demandé de venir nous installer
dans ces zones marécageuses. On est conscient qu’on est toujours exposé
aux aléas climatiques », précise notre interlocuteur qui poursuit:
« Des fois, ce sont les nids de poule qui nous aident en retenant une
grande partie de l’eau. Maintenant qu’ils sont tous bouchés avec du
latérite, on est encore plus condamné à vivre des lendemains difficiles
». «Aujourd’hui, si quelqu’un crache, directement la salive ruisselle
vers nos maisons, surtout nous qui sommes au bord de ces rues »,
ironise-t-il.
Coco Tchak
Tension à Lomé : La résidence de Kpatcha Gnassingbé attaquée par des
militaires
Ce
week-end, les populations de Kégué ont passé une nuit agitée. Et pour cause.
« Un groupe de militaires a encerclé la maison de l’honorable député
Kpatcha Gnassingbé. Et il y avait des coups de feu », raconte un jeune
qui vit à quelques encablures du domicile de l’ancien ministre de la Défense
et des anciens combattants.
Un autre voisin renchérit : «Notre quartier a été toujours
paisible. Nous ne savons exactement ce qui s’est passé. Mais seulement nous
avons entendu des coups de feu pendant un long moment. Nous avons eu peur et
nous sommes restés terrés chez nous. Nous entendions des gens dire : « Donne
ton arme ». Tout le monde s’est réveillé et certains enfants pleuraient.
C’était une situation difficile à supporter ».
« Les coups de feu ont commencé vers 22 heures et se sont
poursuivis jusqu’à 2 heures. C’est ce matin qu’on apprend que les hommes du
Colonel Rock Gnassingbé sont venus s’interposer. C’est un mystère. On ne
comprend rien dans cette affaire », ajoute une femme.
Un autre témoin évoque la présence des chars et d’une jeep lors
de l’assaut : « Moi, j’étais dehors quand ils sont arrivés avec des chars
et une jeep. Quand je les ai vus, j’ai pris la tangente pour rentrer chez
moi ».
Hier, certains journalistes ont réussi à avoir accès à la maison
pour constater de visu ce qui s’est passé. Contrairement à la première
version, le député élu dans la Kozah était bien là. Mais il n’est pas
disposé à faire des commentaires sur la fusillade de la veille.
Après le silence des autorités togolaises, le Procureur de la République est
monté au créneau dans l’après-midi pour annoncer que cette intervention au
domicile de l’ex-DG de la SAZOF fait suite aux investigations liées à une
tentative d’atteinte contre la sûreté de l’Etat. Ainsi, dans le cadre de
l’enquête, des services de sécurité ont déjà interpellé plusieurs personnes
dont cinq (5) officiers.
Pendant que le communiqué du Procureur de la République est muet sur le
bilan de cette fusillade, on parle du côté du député et d’importants dégâts
matériels.
Compte tenu de la situation qui prévalait, le chef de l’Etat, Faure
Gnassingbé, qui devrait entamer une tournée asiatique (Chine et Japon) ce
week-end, a annulé la pérégrination. Affaire à suivre..
R. Kédjagni
Boxe/ Championnat du monde WBA : Sabou Balogou arrache le
titre
Le
Palais des Congrès a vibré samedi dernier au rythme des manifestations de la
boxe internationale à Lomé. La grande attraction est lle choc pour le
prestigieux titre mondial WBA Pan African de la catégorie des poids moyens.
Ce combat a mis aux prises le Togolais Sabou Balogou au Franco-Algérien Amar
Amari, déjà classé dans cette version et résident à Toulon en France. Sur
le papier, le challenger du Togolais, partait largement favoris pour avoir à
son actif 26 combats dont 14 victoires (8 KO), 11 défaites (5 KO) et 1 nul
alors que le double champion du monde des poids moyens version International
Boxing Council (IBC), Sabou Balogou compte 12 combats pour 8 victoires dont
4 KO et 4 défaites. Mais dans l’entourage de la Fédération Togolaise de Boxe
on promettait une victoire facile togolais. « … j’ai promis au président
une victoire de Sabou à la 8ème reprise
», avait martelé le promoteur de la Compétition, Jean Marc Perono. «
Sabou est en pleine forme. Je pense qu’il fera des merveilles samedi car il
est mieux préparé qu’il ne l’était en 2004 et en 2006. Je suis donc confiant»,
a déclaré le président de la Fédération Togolaise de Boxe, Kélani Azaad
Bayor, quelques heures avant le début du grand chalenge.
Le
samedi dernier, c’est tout une autre réalité que les spectateurs ont suivi.
Le Franco-algérien dont on ne vendait pas trop cher la peau, a étonné plus
d’un dans sa prestation. Après quelques difficultés dans les 4 premiers
rounds, Amar Amari a démontré au public togolais qu’il n’est pas une proie
facile à croquer. Il a mis plusieurs fois en situation de doute le public et
le staff technique du futur champion du monde de la version WBA. Le doute
est même plus ressenti dans le camp des Togolais au moment où Sabou s’est
fait ouvert l’arcade gauche par le Franco-algérien. En ce moment, Amari a
pris de l’ascendance sur la partie et compliquait la situation à son
challenger, ce qui a duré le reste du temps de la compétition.
Mais grâce au public, au courage et à la détermination du boxeur de ne pas
laisser filer ce titre sur sa terre natale, couplés avec quelques fautes
techniques de l’adversaire qui lui a valu des sanctions, Sabou Balogou a
réussi à remporter le prestigieux titre mondial version WBA aux poings
après la 12ème reprise.
Il est ainsi rentré dans les 15 meilleurs mondiaux de cette version. C’est
la grande satisfaction du côté des Togolais tandis que l’Algérien et son
manager se disent lésés par certaines décisions de l’arbitre.
Rappelons que ce samedi également, la Confédération Africaine de Boxe a
également mis en jeu le titre africain de Super Welter qui a vu le sacre de
Djolevie Balogou, frère cadet de Sabou sur l’Ivoirien Guy Tendé Zufun. Deux
combats internationaux et un combat féminin ont été aussi disputés lors de
cette soirée.
Coco Tchak
Des défaillances organisationnelles à corriger
Pour une fois, il faut saluer l’effort appréciable qui a été
fait par les organisateurs, afin qu’un spectacle annoncé au Togo pour
débuter à 20 heures, ait pu démarrer avec « seulement » une heure de
retard. Si d’autres soirées culturelles, artistiques ou sportives à venir,
arrivaient à réduire aussi considérablement l’écart dans le retard tout
comme ce fut le cas samedi dernier au Palais des Congrès de Lomé, alors les
Togolais peuvent se frotter les mains et se dire que ça vient. Signalons que
pour ce samedi-là, les combats auraient pu démarrer à 22 heures, voire 23
heures. Mais ce ne fut pas le cas. Le Togo doit s’efforcer, soit dit en
passant, de s’intégrer dans l’univers des pays progressistes et normaux, en
rompant avec les comportements rétrogrades qu’on lui a toujours connus.
C’est pour cette raison que nous avons tenu à relever les lacunes et fausses
notes qui ont privé la soirée d’une réussite à 100%.
Les hostilités avaient débuté depuis un peu plus d’une heure et
tout allait bien sur le plan organisation. Soudain, devait être annoncée une
remise de trophées à certaines personnalités du monde pugilistique togolais.
A partir de cet instant, devait commencer la faille dans l’organisation et
qui persistera pratiquement jusqu’à la fin de cette soirée de gala de boxe.
Plusieurs fois, l’annonce sera faite sans pour autant qu’elle eût pu se
concrétiser. A la fin, plusieurs spectateurs se poseront la question de
savoir, si un programme n’avait pas été ficelé et s’il n’était pas prévu le
moment exact où l’on devait procéder à la remise des trophées. Au moins
trois fois, la même chose sera dite et les spectateurs resteront sur leur
soif. Mais curieusement, l’animateur fera avec ce cafouillage jusqu’au bout,
sans prendre soin de s’informer vraiment et savoir à quoi s’en tenir.
D’ailleurs c’est à peine qu’il aura rectifié une seule fois, lorsqu’un autre
événement se sera intercalé. Ce ne sera que peu avant le grand rendez-vous
de la soirée, que quatre personnalités de la boxe togolaise recevront leur
distinction.
Autres fausses notes, des boxeurs seront annoncés et longuement attendus par
le public, au moins 15 minutes d’attente, pour les voir apparaître
finalement, ce qui n’est pas normal. Ce fut le cas des pugilistes togolais,
Djolévi Balogou et Guy Sofou Tendé. En principe entre trente secondes et une
minute au plus après l’annonce des acteurs, ceux-ci devraient pointer le
bout du nez, pour éviter ce qu’en jargon radiophonique l’on appelle des «
blancs ». L’autre moment désagréable fut l’exécution des hymnes
nationaux ivoirien et togolais où, alors que le public s’attendait à écouter
« l’Abidjanaise », une défaillance technique transportera le public
d’abord en Algérie. Pour rectifier le tir, alors que d’un bout à l’autre, on
se sera prêté à l’exécution de l’hymne national algérien, ce fut un blackout
total à nouveau. C’est alors qu’on se passa de l’enregistrement sonore, et
que le petit nombre d’Ivoiriens présents sur le ring mit sa voix à
contribution en guise de solution.
Enfin, il faut signaler aussi comme mauvais aspect de l’organisation, la
remise des trophées à ces personnalités de la boxe mentionnées plus haut,
ainsi que de la ceinture aux nouveaux champions togolais (Sabou et Djolévi),
dos tourné au public dont la vue était barrée par d’autres personnes
présentes sur le ring. La raison en est la disposition adoptée dans la
salle. Le Ministre des Sports et des Loisirs, ne se trouvait pas dans la
loge officielle avec les autres officiels mais à une place aménagée autour
du ring. Ce spectacle a été désagréable. Le public, malgré sa présence
n’avait rien suivi. On eût dit une séance de huis clos. Nous pensons qu’à
l’avenir, il faudra remédier à des situations similaires, pour atteindre une
meilleure organisation. Ainsi, en matière de sport, on pourra attribuer un
jour une bonne note aux Togolais pour l’organisation. Ce disant, nous
pensons à la CAN des moins de 17 ans organisée il y a deux ans au Togo dans
l’approximation et le cafouillage.
A
un moment donné, on pouvait se poser la question de savoir, si certaines
discordances frappantes avaient été sciemment provoquées et entretenues pour
saboter la bonne organisation et faire porter le chapeau de la mauvaise
organisation à quelqu’un à qui l’on en voudrait par hasard. Les Togolais
espèrent que la prochaine fois sera bien meilleure et nous tenons à
féliciter au moins pour le démarrage avec « seulement un petit retard
». Aucune œuvre humaine n’est parfaite, dit-on. Mais il n’est pas impossible
de prendre le contre-pied d’une telle maxime.
Alain SIMOUBA
ça va se savoir :
Substitution (2)
«
Veux-tu bien boire quelque chose ? », lui demanda Eric qui, alors, se
dirigeait vers la cuisine. Il alla et revint avec deux bouteilles de bière
dans la main. Il servit Flore, les yeux rivés sur le petit écran. « Merci
pour le service », fit-elle, en se tournant vers son beau-frère. Les
regards se croisèrent mais, tous deux avaient en ce moment les langues
liées. Pendant un bon bout de temps, ils se regardèrent sans aucun mot.
Chacun attendait certainement de l’autre le premier mot. La belle-sœur brisa
alors le silence de cimetière qui régnait dans le salon : « Peux-tu me
mettre un film vidéo, s’il te plaît ? », interrogea-t-elle. « Quel
genre tu aimes ? Film d’action ? Policier ? Fiction ? », demanda Eric
avant d’ajouter : « Ou bien du porno ? ». « Eh bien, le porno !
J’aime bien ça mais je le regarde souvent toute seule dans la plus totale
discrétion », répondit-il en regardant droit dans les yeux le
maître des lieux, peut-être pour déceler sa réaction.
Voyant le regard revolver qui le braquait depuis quelques temps. Ce dernier
proposa à sa belle-sœur d’aller à table pour le dîner. Elle ne trouva pas
d’inconvénient à cette proposition mais elle resta jusque-là assise, jambes
grandement écartées dans le canapé, feignant regarder toujours son film. «
Qu’allons-nous manger ? J’ai bien faim mais je ne crois pas qu’il y a ce
dont quoi j’ai envie à la cuisine. Mais, pour te faire plaisir, j’accepterai
volontiers tout ce que tu suggères comme mets en attendant que j’ai ce que
désire mon cœur », lança-t-elle depuis son canapé. Alors que son
beau-frère dressait la table, elle se leva pour aller dans la chambre de sa
sœur. Elle choisit exprès une des robes de nuit de sa sœur et la porta,
ressemblant alors à celle-ci. La jeune fille débarqua au salon au moment où
Eric déposait le menu fumant qu’il venait de chauffer. Il se tourna et vit
Flore debout comme un ange. « Tu es aussi belle que je l’imaginais. Tu
mérites une bise qui me vient du plus profond de mon cœur. Aussi, tu combles
le vide laissé par ta sœur il y a quelques heures. Tu es vraiment mignonne»,
déclara le jeune homme dans son ébahissement.
En
guise de réponse aux propos du maître des lieux, Flore se mit à débiter
d’interminables histoires à dormir debout dans l’idée de séduire son
interlocuteur visiblement au bout de sa résistance. L’homme l’écoutait d’une
oreille, et ne pouvait en ce moment détourner son regard braqué sur les
superbes fesses visibles à travers la robe blanche et transparente qu’elle
portait. Consciente de l’émoi qu’elle provoquait dans l’esprit de son
beau-frère, elle lui sourit. Emporté par le cours de l’événement, Eric brava
la peur qui le dominait puis s’approcha d’elle et lui déclara d’une voix
douce que si jamais elle ne mangeait pas, il lui infligerait une fessée
qu’elle n’oublierait pas de si tôt. « C’est bien ce que nous allons voir
», répliqua-t-elle d’une voix suave qui retentit comme un coup de marteau
sur la tête de l’homme qui, en ce moment précis, se trouvait derrière elle.
Comme pour joindre l’acte à la parole, la main d’Eric claqua sur les petites
fesses.
Aucune réaction et l’homme réédita ses fameuses fessées à plusieurs reprise.
Ce silence mit l’homme sur une orbite de questions : « Aime-t-elle ou pas
mes gestes ? », s’interrogea-t-il. Le jeune homme voulait renoncer à
cette aventure quand Flore se tourna vers lui et lui sourit comme jamais.
Alors qu’une main poursuivait le tripotage déguisé en fessée, l’autre
soulevait adroitement la robe. Tous deux étaient prêts à rentrer dans le jeu
dont chacun rêvait. Tous se faisaient maintenant une idée sur ce que peut
posséder son partenaire. Le corps des amoureux vibrait de désir ardent ... A
suivre.
Tonton D
Sans détour : Vigilance après la décision de la Cour Constitutionnelle
«
Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à
l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice » (La Bruyère, Les
Caractères)
«
La Cour
Constitutionnelle est la plus haute juridiction de l’Etat en matière
constitutionnelle. Elle juge de la constitutionnalité de la loi et elle
garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés
publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions
et de l’activité des pouvoirs publics
», stipule l’article 99 de la loi fondamentale togolaise. C’est la mission
de la Cour Constitutionnelle appelée ailleurs Conseil Constitutionnel. Dans
toute démocratie, cette institution joue un rôle non moins important. Elle
est indépendante et impartiale dans le traitement des affaires dont elle est
saisie. Elle ne fait pas les choses avec le sentiment, mais dans le respect
scrupuleux des textes.
Mais au Togo, la Cour Constitutionnelle créée vers la fin des années 90 n’a
jamais dit le droit. Elle s’était plutôt acoquinée avec le pouvoir. Mieux
elle était devenue une aille marchante du RPT. La Cour Constitutionnelle d’Atsu
Koffi Amega avait contribué à asseoir le régime RPT. N’avait-elle pas
déclaré après la présidentielle de 1998 qu’il préfère l’injustice au
désordre pour évacuer un recours du CAR de Me Agboyibo. En plus, elle avait
avalisé les nombreux hold-up électoraux que notre pays a connus. En 2005,
elle était carrément passée à côté de la plaque en donnant un parfum
constitutionnel à la « dictature héréditaire ». En l’espace de
quelques minutes le ministre Faure Gnassingbé, fut fait député, Président de
l’Assemblée nationale et Président de la République par intérim. En dépit de
cette forfaiture répugnante, la bande à Atsu Koffi Amega avait reçu le
serment de l’héritier qu’un quarteron d’officiers avaient imposé pour éviter
que le Togo ne sombre dans le chaos. Mais ce qui se passe actuellement entre
les détenteurs du pouvoir, n’augure rien de bon. On avait pris une mauvaise
voie. On s’était perdu en voulant monarchiser un pays qui était profondément
divisé. Passons.
C’était fort logiquement qu’au cours des pourparlers togolo-togolais,
l’opposition avait demandé sa recomposition. Ce qui fut fait après moult
rappels à l’ordre et dénonciations de certains partis. En revanche,
l’accouchement fut difficile dans la mesure où l’ex-« Assemblée mouton
» avait reconduit la plupart de ceux qui avaient servi sous Amega. Qui plus
est, le Président nommé par le chef de l’Etat est de l’ancienne école.
Naturellement, la nouvelle Cour avait été critiquée après les législatives
du 14 octobre. Nous en sommes là quand en mars dernier, la Cour
Constitutionnelle est allée à l’école du « contentieux électoral dans la
perspective du perfectionnement des scrutins ultérieurs ». C’est
l’exorcisme. Aboudou Assouma avait entre-temps étalé à la place publique la
corruption qui gangrène l’appareil judiciaire togolais.
Cette renaissance a été mise à rude épreuve par l’UFC de
Gilchrist Olympio qui a saisi la Cour suite à la modification unilatérale
des articles du Codé électoral par les députés RPT. Pour une fois, elle a
dit le droit. Le texte voté ne peut être promulgué parce
qu’inconstitutionnel, estime la Cour. Résultante, la CENI de Tozim Potopéré
ne peut être remise en selle comme le souhaitait le pouvoir. Un camouflet
pour les partisans de la pensée unique. Une grande victoire pour les partis
de l’opposition. Chapeau à Assouma et ses hommes. Cette décision sera
sûrement reprise à leur compte par les griots de la République qui
piailleraient que la démocratie est en marche au Togo. Cependant, il
convient de revenir rapidement sur terre après cette euphorie. Le régime en
place est imprévisible et il se peut que ce soit un scénario bien fignolé
pour endormir les forces démocratiques et opérer d’autres coups de force. Le
peuple doit être vigilant pour qu’une fois, sa voix soit comptée et non
celle contenue dans les ordinateurs.
Zeus AZIADOUVO
Libertinage
Cinglant camouflet à Abass Bon-Faux
La
Cour Constitutionnelle a décidé contre toute attente d’invalider la
modification unilatérale du Code électoral opérée par les « dépités »
de «l’Assemblée mouton». C’est un véritable « mikuis », un
cinglant camouflet que « Aboudou Assoumanique » a infligé au nouveau
ancien président de «l’Assemblée mouton» « Abass Bon-Faux » et ses
affidés qui ont de tout temps considéré le Togo comme une propriété privée.
C’est incroyable que tout le mal qu’ils ont fait à ce pays pendant 40 ans,
ils continuent à agir comme à l’époque nazie. Même en Russie où est née la
pensée unique, des changements sont intervenus. Djougachvili Staline, le
plus grand dictateur de tous les temps, a cédé son trône à Sergueïevitch
Khrouchtchev, celui-ci à son tour a laissé sa place à Leonid Brejnev puis à
Iouri Andropov et à Michaïl Gorbatchev qui céda le fauteuil présidentiel à
Boris Eltsine qui aussi a légué la magistrature Suprême à Vladmir Poutine
qui finalement a transmis les pouvoirs à Dimitri Medvedev. Comme on peut le
voir, dans la plus grande dictature au monde, il y a eu de l’alternance.
C’est dans l’ordre normal des choses. Et le Togo n’y échappera pas. Le Togo
nous appartient à nous tous et non à une catégorie d’individus. Abass «
Bon-Faux », Dama « Dramanique », Selom « Klassouk » et
les autres peuvent se convaincre d’une chose, tôt ou tard, le peuple
togolais accédera au changement auquel il aspire. Ce n’est qu’une question
de temps.
La peur au ventre
Plus que quelques mois, les Togolais seront invités aux urnes pour élire le
président de la République « Gnassingbélandaise ». Les différentes
forces politiques se préparent activement. Au sein des RePTiles, à part les
moyens financiers, la machine à fraude est amorcée. Du côté des partis des
teints clairs, on mobilise les partisans, sympathisants. En ce qui concerne
les micro-partis, on est à pied d’œuvre pour tisser des alliances même si
c’est contre nature dans l’attente d’une suite favorable.
Pendant ce temps, la sérénité n’est pas de mise au sein de la population.
Mille et une questions triturent les méninges sur la couleur de cette
compétition de 2010. Ce rendez-vous sera-t-il la photocopie crachée de
l’élection « transparemment violente » de 2005 ? Personne ne saura
pronostiquer. Cependant, on sait que la présidentielle au Togo a été
toujours violemment disputée. Les militaires pardon les militants
extrêmement « ivres » en bloc se lancent dans des coups de poing, des
courses poursuites, des vols et viols d’urnes. Selon des informations,
certains citoyens ont commencé à aménager des abris sûrs le moment venu.
D’autres ont arrangé leurs effets et sont prêts à franchir les frontières au
cas où. A en croire ceux qui ont la peur au ventre, les promesses faites par
le « p’ti » pour organiser une élection à la ghanéenne s’effrite
chaque jour. Ils balayent du revers de la main les assurances réitérées du
pouvoir pour l’organisation des élections sans violence. La population
attend cette élection avec la peur au ventre. Déjà, les habitants du
quartier de « Kpatchagan » en savent quelque chose.
Quand Assoumantique coupe l’herbe sous le pied de Potopoto
Le
mardi 31 mars dernier, les « dépités » RePTiles ont opéré un coup de
Sabou Ballogou, plutôt de force. Ils ont procédé à la modification de
l’article 21. Pressés comme la diarrhée, les 43 parlementaires présents au
Palais des Congrès ont confondu vitesse et précipitation. Malgré la sonnette
d’alarme du vieux honorable « Fitifiti », ils ont foncé tout droit
pour modifier l’article 32 qui n’a pas été introduit par le gouvernement.
Aujourd’hui, ils sont arrêtés dans leur élan de cécité. La Cour
constitutionnelle que dirige «Aboudou Assoumanique » vient
d’invalider l’article 21 kéï 32 du code électoral suite aux recours déposés
par le parti des teints clairs. Cet échec cuisant infligé aux « dépités »
RePTiles est considéré comme un événement du siècle par la population
togolaise. Cela ne s’est jamais produit au Togo depuis que la dynastie
Gnassingbé dirige ce pays. Cette cour a toujours navigué dans le même sens
que le pouvoir en place. Selon un observateur de la vie politique du Togo,
le patron de cette institution se serait repenti. La preuve, selon lui, le
gars a tout récemment dit haut que la justice est totalement corrompue. Les
affaires sont jugées selon la tête et la poche du client. En tout cas, on
attend de voir si Aboudou aura du toupet de dire le droit pendant l’élection
de 2010. Si certains se réjouissent de cette décision, tel n’est pas le cas
chez Tozim « Potopoto», le président de l’ex-CENI. Semble-t-il que
depuis quelques temps il est aux anges et a fait faire de très jolies vestes
pour retrouver ses sensations. Il doit « devoir » attendre.
Fo Abass, un prégo entièrement à part
La
précampagne des RePTiles comptant pour l’élection « prégodentielle »
de 2010 continue son petit bonhomme de chemin. Le « p’ti » est sur
tous les fronts. Après la distribution des cahiers, l’heure est au «
partagement » des tricots. Ce week-end dans un quartier de Lomé,
presque tout le monde a eu droit à un T-shirt provenant de la maison «
Gnassingbé Design ». On a « jamaiment » vu un tricot comme ça
dans notre pays. Sur le T-shirt, le « p’ti » a montré sa magnanimité
en se mettant avec les autres « prégos » qui ont eu à «
gouvernailler » la terre des ancêtres de nos aïeux.
Devant le précieux habit, on peut voir le fils de la « gnassion »
lui-même et derrière les autres « prégos ». C’est le papa de « Fo
Gil », c’est-à-dire Sylvanus Olympio qui vient en première position,
suivent Nicolas Grunitzky, et Kleber Dadjo, puis le papa de « Faure-vi
» vient boucler la boucle. En haut de la photo de notre « prégodent
», on peut lire « Ensemble pour le développement de notre pays ».
Beaucoup de « Gnassingbélandais » s’étonnent de ne pas retrouver
l’ancien formateur des muscles, Abass « Bon-Faux » parmi eux. On se
souvient qu’après la catastrophe « gnassionale », c’est lui qui l’a
remplacé au pied levé pendant 60 jours avant de laisser le fauteuil au «
p’ti ».
D’autres pensent que c’est parce que lui, il est toujours vivant que le «
p’ti » n’a pas voulu le mélanger à ceux qui sont chez les ancêtres.
L’autre question que se posent les gens, c’est de savoir comment ceux qui
sont dans l’autre monde vont aider le « p’ti » à bâtir le «
Gnassingbéland ». On se rappelle que la dernière fois, « Gnass 1er »
a présenté ses vœux à la population. Nous sommes « à Togo » et tout
est possible. Nous attendons de voir comment les disparus peuvent aider les
vivants.
Quand la radio de «El Kpatcho » fait trembler les « RePTiles
»
Il
y a quelques semaines, le « dépité » le plus en forme de l’Assemblée,
l’honorable « El Kpatcho » a créé la radio petite sœur de « Gnadoè
» Fm : Ewaou Fm. Depuis l’inauguration de cette radio, certains «
RePTiles » ne dorment plus le sommeil. Et pour cause, la création de
cette chaîne serait perçue comme une menace à « Faure-vi ». Mais
les proches du gros disent que cette initiative s’inscrit dans le cadre des
actions humanitaires et surtout de développement social promises aux
populations lors des législatives « Potopéréiques » de 2007
Cependant, il semblerait que les jaloux des acquis de l’honorable font des
mains et des pieds pour qu’on ne puisse pas donner une fréquence à cette
radio qui s’est fixée pour ambition d’éduquer et de sensibiliser les
populations de « Karaland ». Chaque jour, ils ne cessent de poser
des obstacles pour le démarrage effectif des émissions.
Avant avant, quand les « juliettes » (journalistes) disaient que le «
mouchoir » brûlait entre les deux fils de la « gnassion » ils
avaient été traités de tous les noms de poisson. Lorsque dans la nuit du 12
au 13 avril certains « mon pays » ont voulu transformer « El
Kpatcho » en chair à pâté et que le Procureur de la République a pondu
un communiqué très « hot » sur cet incident, chacun sait qui est qui
et qui fait quoi dans ce pays. Malheureusement que Ewaou Fm ne pourra pas
éclairer la lanterne de ses nombreux auditeurs…
Le talent caché du « Zénéral »
Samedi, au Palais des Congrès de « L’eau-mé », a eu lieu le
championnat du monde de boxe WBA version poids moyen, entre le «
Gnassingbélandais » Sabou Balogou et le « Sarko-Algérien » Amar
Amari. Comme l’on pouvait s’y attendre, la salle était pleine à craquer
puisque la magnanimité légendaire du « p’ti » a encore frappé.
L’entrée était gracieusement offerte par le fils de la « gnassion ».
En marge de ce combat de titans, le public a eu droit à un combat de
charriot entre le frère cadet de Sabou, Djolévi contre le « Codivoirien
» Tengué pour le titre africain des Supers Welters.
Comme à « Gnassingbéland » on n’aime pas faire les choses à moitié,
les organisateurs avaient décidé d’exécuter l’hymne national de chaque
pugiliste présent lors de la soirée. Ainsi, tout naturellement, l’assistance
s’était levée pour l’exécution de l’hymne de la Côte d’Ivoire. Patatras !
Le DJ ne se retrouve plus. En lieu et place de l’Abidjanaise, c’est l’hymne
d’Algérie qui a été servi. Face à la protestation des « Gbagboïstes
», le « Zénéral » sort de sa coquille, micro en main et cracha le
morceau. Que ce fut laborieux, émouvant, captivant. Il a si bien chanté
qu’on croirait Bella Bellow ressuscitée. L’homme a tellement chanté
l’Abidjanais, phrase par phrase, mot par mot, point par point et virgule
par virgule que le pugiliste « Codivoirien » et son staff l’ont
acclamé très « faure ». Nous, on ne « savaissait » pas qu’il
avait un si grand talent.
De
sources dignes de pancréas, il se dit que le « Zénéral » s’entraîne
pour représenter le Togo à la prochaine Grammy Award aux Etats-Unis. On ne
peut que lui souhaiter bonne chance.
La TVT et le nouveau prof d’Histo-Géo
Décidément, à « Gnassingbéland », il n’y a que du désordre. Au cours
de la semaine écoulée, le « p’ti » et ses acolytes sont partis à une
colonie de week-end, pardon, ont effectué une visite d’amitié et de travail
chez son homologue Equato-guinéen. Comme à l’accoutumée, la très vilaine
télévision en voie de modernisation était de la partie. Au lieu de faire un
compte rendu tronqué des activités, comme ils en ont l’habitude et de
s’arrêter là, le « p’ti-européen » et ses éléments venus d’où on ne
sait, se sont mis à faire un cours d’histoire et de géographie aux «
Gnassingbélandais ». Comme un prof d’Histoire et Géographie de la classe
de 3ème administrant
son cours à ses élèves.
La
Guinée Equatoriale est limité au Nord par …au Sud par… ; le fleuve le plus
long est… Elle a eu son indépendance en … Ancienne colonie portugaise, elle
est riche en pétrole patati patata. Ce qui est « trizarre », c’est
que c’est tout un documentaire qui est réalisé sur ce pays. Ce qui a eu le
mérite de réveiller la conscience des « Gnassingbélandais » qui
mettent en doute la version officielle concernant les buts de ce voyage. Ils
se posent la question de savoir si à chaque voyage que « Faure-vi »
fait, un documentaire sur l’histoire et la géographie des pays visités nous
sera proposé par la TVT. A cette allure, est-ce que cette très vilaine
télé aura la possibilité de nous proposer d’autres émissions ? Car le «
p’ti » s’est révélé être un très grand pèlerin.
Au cœur des mon pays
des « Mon Pays »
Bakalawa
: Class, c’est comment ?
Assewouwakan
: Pour ne pas te mélanger, l’heure est vraiment grave. On ne comprend plus «
rignin ».
Bakalawa
: En voyant même tes « zoeils », on sait en même temps que tu as
veillé toute la nuit.
Assewouwakan
: Tu as bien regardé. Class, la « siiation » est très compliquée. On
doit être vraiment vigilant.
Bakalawa
: J’ai entendu les nouvelles, je n’ai pas compris. J’ai pensé longtemps mais
je n’ai « rignin » trouvé.
Assewouwakan
: Vraiment, les gens sont compliqués. Ce qui s’est passé là, comment
quelqu’un peut le comprendre ?
Bakalawa
: C’est quelque chose qui est venu brusquement. On ne s’entendait pas à cela
!
Assewouwakan
: Qui peut imaginer cela ? Vraiment, il ne faut pas faire confiance à
l’homme. C’est par chance que tu me vois aujourd’hui.
Bakalawa
: Tu es dans les parages avant que les choses ne pètent ?
Assewouwakan
: C’est nous qui avons fait « sécrité » dans la zone.
Bakalawa
: Alors raconte-moi comment les choses se sont passées. C’est « demain»
que j’ai appris les nouvelles.
Assewouwakan
: Je ne sais pas comment te raconter la chose. Nous aussi on circule
doucement et on a entendu les coups de feu.
Bakalawa
: On a dit que les gens ont voulu tuer le chef. Est-ce que c’est vrai ?
Assewouwakan
: Comme c’est là-bas qu’on a tiré, c’est comme ça qu’on peut dire.
Bakalawa
: Qui ont tenté ce coup d’Etat ? Les gens sont durs dans ce pays. Ils n’ont
peur de rien !
Assewouwakan
: Quand les choses ont commencé, rapidement on était parti se mettre en
position. Donc, on n’a pas vu les assaillants.
Bakalawa
: En tout cas, on verra ce qui va arriver. Il faut que les gens qui sont
là-bas soient prudents. On ne sait pas « jamais » quand ça va
recommencer.
Assewouwakan
: Je ne pense pas qu’ils vont encore tenter de faire ce coup. Je suis passé
là-bas hier et la zone est très protégée… !
Bakalawa
: Est-ce qu’il y a eu des morts et des survivants ?
Assewouwakan
: Pour le moment « rignin » n’a été dit. Mais j’ai entendu qu’il y a
deux morts et trois blessés.
Au cœur des mon pays
des « Mon Pays »
Bakalawa
: Class, c’est comment ?
Assewouwakan
: Pour ne pas te mélanger, l’heure est vraiment grave. On ne comprend plus «
rignin ».
Bakalawa
: En voyant même tes « zoeils », on sait en même temps que tu as
veillé toute la nuit.
Assewouwakan
: Tu as bien regardé. Class, la « siiation » est très compliquée. On
doit être vraiment vigilant.
Bakalawa
: J’ai entendu les nouvelles, je n’ai pas compris. J’ai pensé longtemps mais
je n’ai « rignin » trouvé.
Assewouwakan
: Vraiment, les gens sont compliqués. Ce qui s’est passé là, comment
quelqu’un peut le comprendre ?
Bakalawa
: C’est quelque chose qui est venu brusquement. On ne s’entendait pas à cela
!
Assewouwakan
: Qui peut imaginer cela ? Vraiment, il ne faut pas faire confiance à
l’homme. C’est par chance que tu me vois aujourd’hui.
Bakalawa
: Tu es dans les parages avant que les choses ne pètent ?
Assewouwakan
: C’est nous qui avons fait « sécrité » dans la zone.
Bakalawa
: Alors raconte-moi comment les choses se sont passées. C’est « demain»
que j’ai appris les nouvelles.
Assewouwakan
: Je ne sais pas comment te raconter la chose. Nous aussi on circule
doucement et on a entendu les coups de feu.
Bakalawa
: On a dit que les gens ont voulu tuer le chef. Est-ce que c’est vrai ?
Assewouwakan
: Comme c’est là-bas qu’on a tiré, c’est comme ça qu’on peut dire.
Bakalawa
: Qui ont tenté ce coup d’Etat ? Les gens sont durs dans ce pays. Ils n’ont
peur de rien !
Assewouwakan
: Quand les choses ont commencé, rapidement on était parti se mettre en
position. Donc, on n’a pas vu les assaillants.
Bakalawa
: En tout cas, on verra ce qui va arriver. Il faut que les gens qui sont
là-bas soient prudents. On ne sait pas « jamais » quand ça va
recommencer.
Assewouwakan
: Je ne pense pas qu’ils vont encore tenter de faire ce coup. Je suis passé
là-bas hier et la zone est très protégée… !
Bakalawa
: Est-ce qu’il y a eu des morts et des survivants ?
Assewouwakan
: Pour le moment « rignin » n’a été dit. Mais j’ai entendu qu’il y a
deux morts et trois blessés. |
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Liberté 490 du 08 avril 2009 |
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Présidentielle 2010 L’autre « traquenard » du RPT |
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Hier mardi
07 avril 2009, l’Assemblée nationale a connu une effervescence particulière.
Elle retrouvait ses occupants, à la faveur de la rentrée parlementaire.
C’était l’ouverture de la session ordinaire de l’année 2009. Cette rencontre
intervient après plusieurs mois de congés et devrait permettre aux élus du
peuple de renouer avec leur mission, celle de légiférer. Ils étaient pour
l’occasion dans leur accoutrement particulier. Et c’est ici que le bon sens
n’arrive pas à comprendre le bien-fondé de la session extraordinaire de
mardi dernier.
De la
légitimité de la session extraordinaire
Il y a huit
(08) jours, eut lieu une session extraordinaire, qui l’était vraiment. Elle
fut convoquée pour voter un projet de modification de l’article 21 du Code
électoral. A l’issue de la rencontre, le texte a été voté à la majorité des
députés présents, qui n’étaient que de la même coloration politique : le RPT.
Le bon sens ne comprend pas le bien-fondé de la session. Pourquoi une telle
rencontre à une semaine de l’ouverture de la session ordinaire de l’année
2009 ? Quelle était donc la légitimité de cette session du mardi 31 mars
dernier ?
Aucune ! Sinon
que cette session est partie intégrante de la machine à fraude du pouvoir.
Et le scénario est assez illustratif. Les discussions ont été clôturées sur
le Code électoral depuis le 23 mars 2009 et les points de désaccord soumis,
selon les informations, au Président du Cadre permanent de dialogue et de
concertation (CPDC) et Facilitateur-maison Faure Gnassingbé. Alors que
l’opposition parlementaire attendait l’ouverture des concertations, le
pouvoir sort un projet de modification de l’article 21, l’introduit au
Parlement pour adoption. C’était à croire que le Code électoral au complet
n’était pas sa préoccupation. On cherchait simplement à écœurer l’opposition
parlementaire par ce forcing. Et le RPT a atteint ses objectifs. L’Union des
Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont
boycotté la session, pour ne pas cautionner la forfaiture. Mais cela n’a
pas empêché les adeptes de l’obscurantisme d’aller au bout. Le texte a été
adopté, scellant ainsi le retour de
la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) de Tozim Potopèrè.
Pousser
l’opposition « gênante » à bout
Ce tour de
passe-passe du mardi 31 mars n’est que le nième forcing du pouvoir RPT et ne
peut que participer d’une stratégie d’obscurantisme. Ce que viennent
confirmer les indiscrétions.
Selon justement
ces révélations, Faure Gnassingbé et les siens veulent pousser l’opposition
crédible, l’UFC et le CAR qui les importunent, à boycotter le processus
électoral. La stratégie consisterait à piétiner constamment les textes, user
sciemment de forcing pour les écœurer, tant au sein du CPDC qu’à l’Assemblée
nationale, et les pousser à commettre l’irréparable : rompre le dialogue et
boycotter le processus. Cette situation donnerait ainsi le champ libre au
RPT d’organiser le scrutin en solo. Ce serait un bis repetita du scénario de
2002 qui a vu l’opposition claquer la porte et boycotter les législatives.
Le RPT avait profité et organisé un simulacre d’élection qui l’a vu
remporter tous les sièges de l’Assemblée. Domination qui lui permettra en
décembre de la même année de toiletter la constitution pour ouvrir les
portes du 3e mandat à
Eyadéma.
Un éventuel
boycott par l’opposition parlementaire du processus électoral de 2010
n’arrangerait donc que les affaires du RPT qui n’appliquerait ainsi que la
suite du plan. Un simulacre de scrutin présidentiel sera organisé en 2010 et
le fauteuil remis à son candidat, qui ne serait personne d’autre que Faure
Gnassingbé.
Dilemme pour
l’opposition parlementaire
Ce coup de
force du pouvoir crée une situation assez inconfortable pour l’UFC et le
CAR, qui se retrouvent dos au mur. Quelle attitude adopter? Faut-il rompre
le processus ou continuer comme si de rien n’était ?
On avoue que le
choix n’est pas aisé. Continuer le débat serait une sorte de caution aux
forfaitures du RPT. La responsabilité de tout échec du processus serait
alors partagée. Bouder le processus ne semble non plus la meilleure
solution. Le peuple place un espoir immense en ce processus et ne saurait
pardonner toute déconvenue. En effet le scrutin est conçu comme celui de la
dernière chance. Ils sont nombreux, ces Togolais qui nourrissent au plus
profond de leur âme, l’espoir de voir réaliser en 2010 l’alternance tant
souhaitée au Togo. Le peuple leur ferait donc le procès de tout boycott qui
offrirait sur un plateau d’or le fauteuil à Faure Gnassingbé pour une
mandature supplémentaire.
Il faut nourrir
des craintes quand on sait que le CAR et l’UFC ont toujours menacé de
quitter le CPDC si le RPT permettait le ralliement effectif de ses «
satellites » de la CPP, du PDR et de
la CDPA.
Heureusement ou malheureusement, le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio a
avoué mardi sur une chaîne radio de la place, que le parti ne commettra pas
l’erreur de boycotter le scrutin. Ces déclarations ne sauront suffire pour
conjurer le sort. Le pouvoir n’est pas à son premier coup de force et ne
sera certainement pas à son tout dernier. Il faudra donc du cran pour
supporter et contrer les velléités obscurantistes du pouvoir.
Pablo. E.
Preuve de la
mauvaise gouvernance au Togo : Les gouvernants préfèrent les hôtels 5
étoiles aux résidences de l’Etat à l’Etranger
L’Etat togolais
dispose à l’Etranger surtout dans les capitales africaines, européennes et
américaines (Dakar, Hararé, Paris, Bruxelles, Londres, Bonn, Washington…) un
patrimoine riche (plusieurs propriétés immeubles, terrains nus) entretenus
par des agences immobilières qui effectuent périodiquement contre des
commissions, des travaux de rénovation ou de réparation.
Paradoxalement,
quand les autorités togolaises voyagent dans ces villes, elles abandonnent
ces appartements pour louer des hôtels 5 étoiles occasionnant une double
dépense à l’Etat.
A Paris, l’Etat
possède 7 immeubles : l’Appartement de la Rue Berger, l’Immeuble de
la Rue Jouffroy,
Appartement de Neuilly… Il en compte 4 à Bruxelles, 3 à Bonn, une résidence
à Londres, 3 au Brésil, 3 à Washington, 3 à New York, 5 luxueuses villas à
Hararé et deux immeubles à Dakar.
Plusieurs de
ces biens immobiliers à l’étranger sont à l’abandon pendant que d’autres
sont loués dans des conditions opaques. Selon nos informations, les loyers
générés par ces propriétés sont utilisés par certaines ambassades et
d’autres particuliers. D’après un rapport de la défunte Commission nationale
de lutte contre la corruption et le sabotage économique (CNLCSE), la
mauvaise gestion de ces propriétés a causé à l’Etat togolais une dette de
plus de 5 milliards de FCFA. «Certaines pratiques laissent apparaître
qu’une partie de cette dette est la conséquence d’une mauvaise gestion. En
effet,
la Mission
a observé par exemple que les appartements de certains agents rappelés à la
centrale ou appelés à d’autres fonctions, sont restés inoccupés alors que
les loyers continuent d’être payés »,
souligne la Commission dirigée par Assiongbon Follivi.
En juin 2008,
l’ancien Directeur Général de la Banque Togolaise du Commerce et d’Industrie
(BTCI), Yao Kanékatoua, a été nommé Directeur Général du Patrimoine de
l’Etat togolais à l’Etranger. Apparamment cette nomination n’a rien changé.
La mauvaise gestion, le gaspillage et les actes de corruption continuent de
plus bel dans les ambassades du Togo dans ces villes.
Par exemple, il
est rapporté que l’Appartement de la Rue Berger qui servait de Chancellerie
au Représentant togolais auprès de l’UNESCO a été cédé à quatre chauffeurs
et leurs familles. Mais l’appartement a été laissé à l’abandon depuis
plusieurs années. En raison de son état de dégradation avancée, il est
devenu une cause de nuisance pour les voisins qui se sont plaints à
l’Ambassade à plusieurs reprises.
Pour le bel
Appartement de Neuilly situé dans l’un des quartiers les plus huppés de
Paris, il est fait état que depuis 9 ans, il a été loué par M. Benazar, un
médecin juif qui s’étonne de n’avoir jamais vu un représentant du
gouvernement togolais depuis cette date.
Au-delà de cette gestion chaotique qui est faite des
biens immobiliers du pays à l’Etranger et qui constitue un lourd tribut pour
le pauvre contribuable togolais, ce qui est navrant est le peu d’égard que
les dirigeants togolais accordent à ces résidences en les abandonnant pour
louer des hôtels luxueux engendrant une double dépense à l’Etat.
Le 11 mars
2009, le Togo a organisé une journée économique à Paris qui a vu une forte
délégation composée de ministres, de chefs d’entreprises et de particuliers
séjourner dans la capitale française. La délégation officielle a préféré
louer des hôtels aux frais de l’Etat alors que ce même Etat possède 7
immeubles et résidences à Paris.
Voilà la bonne
gouvernance prônée par le régime de Faure Gnassingbé.
M.A.
15ème anniversaire
du génocide rwandais : 800.000 Tutsis et Hutus modérés tués par des
extrémistes Hutus
Le Rwanda a
commémoré hier les 15 ans du début du génocide. En 1994, environ 800 000
Tutsis et Hutus modérés, selon l’ONU, ont été massacrés en trois mois.
C’était une tragédie. Et la communauté internationale a failli en laissant
pourrir une situation qu’on aurait pu éviter. Les images de l’horreur sont
encore vivaces dans la mémoire collective. Plus jamais ça. On ne doit plus
entendre « inhinzé ! » (Cafards en Hutu). Mais malheureusement, ce
qui se passe actuellement au Darfour montre que l’humanité continue de
faillir.
Quinze ans
après le génocide, des centaines d’acteurs présumés des tueries échappent
toujours à la justice internationale. Ils ont trouvé refuge en Belgique, au
Canada, en France, au Kenya ou encore en République démocratique du Congo
(RDC). Recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)
ou soupçonnés par les familles de victimes, ces hommes et femmes vivent sous
de fausses identités ou au grand jour, parfois avec le statut de réfugié
politique.
A Bruxelles,
les génocidaires sont « partout », dans le métro, les rues et les
cafés, rapportait une enquête de la télévision belge RTBF en septembre
dernier. En France, des familles de victimes ont déposé, en mars 2008, une
plainte contre Agathe Habyarimana, la veuve du président Juvénal
Habyarimana, tué dans un attentat contre son avion à Kigali, le soir du 6
avril 1994, assassinat qui a servi de déclencheur du génocide. Selon le
Collectif des parties civiles pour le Rwanda, Agathe Habyarimana aurait
participé « à la planification, à l’organisation et à la direction du
génocide ». La France lui a refusé le statut de réfugiée politique, mais elle
réside toujours en région parisienne sans être inquiétée.
Déroulement
du génocide
Le 6 avril
1994, le président du Rwanda Juvénal Habyarimana est assassiné. Alors qu’il
s’apprêtait à atterrir à Kigali, son avion est la cible de tirs et s’écrase.
Il n’y a aucun survivant. L’avion transportait aussi le président burundais
Cyprien Ntaryamira. Aucune enquête internationale n’a permis d’identifier
les auteurs de cet attentat. Les deux principales hypothèses soupçonnent
l’une le Hutu Power et l’autre le Front patriotique rwandais (FPR), avec
d’éventuels soutiens internationaux.
Pendant la nuit
du 6 avril, l’attentat fut l’élément déclencheur du génocide réalisé par le
Hutu Power. Sur les ondes de la Radio des Mille Collines, radio de
propagande de l’Akazu, le signal du début du génocide fut, dit-on, la phrase
entendue depuis quelques jours : « Abattez les grands arbres ».
Les massacres
des opposants hutu dans les premières heures, puis de milliers de Tutsi
commencèrent aussitôt et simultanément dans une grande partie du Rwanda, à
l’exception notoire de la région de Butare dans le sud.
Le 7 avril
1994, la première ministre Agathe Uwilingiyimana fut assassinée le matin,
puis les dix Para-Commando’s belges, du 2e bataillon commando, qui avaient
pour mission de la protéger, furent à leur tour assassinés dans le camp
militaire des Forces armées rwandaises (FAR), où ils avaient été emmenés.
Les corps n’ont été retrouvés que le lendemain. Ce commando était aussi
composé de cinq casques bleus ghanéens qui furent aussi capturés avec les
Belges, mais furent relâchés.
Un gouvernement
intérimaire fut constitué en quelques jours sous la houlette du colonel
Bagosora qui se révéla rapidement être l’homme fort du régime après la
disparition du Président Juvénal Habyarimana.
Dès le 8 avril
1994 la France, par l’opération Amaryllis, puis
la Belgique, par l’opération Silver Back et l’Italie évacuèrent leurs
ressortissants et ceux d’autres pays occidentaux. Un convoi de
ressortissants américains était parti dans les heures qui suivirent
l’attentat vers le Burundi, où les attendaient des forces américaines en
stationnement.
Cent jours
d’extermination
Pendant trois
mois,
la Radio Télévision
Libre des Mille Collines encourage et guide jour après jour, heure par heure
le génocide, dénonçant les Tutsi encore vivants à tel ou tel endroit. Les
milices Interahamwe (issue du MRND, le parti présidentiel) et Impuzamugambi
(issue de
la Coalition pour
la Défense de
la République, organisation extrémiste composée de durs du régime
Habyarimana), exécutent ce qu’elles appellent « le travail », parfois
assistées par les FAR. Le « travail » consiste pour les extrémistes
hutu à massacrer à travers tout le pays les Tutsi, ainsi que certains Hutu
modérés réputés hostiles à ce projet et considérés comme des « traîtres
». La population utilise essentiellement des machettes, des houes et des
gourdins cloutés.
Des barrières
sont montées sur toutes les routes du Rwanda pour arrêter les fuyards qui
sont massacrés sur place. Généralement les autorités locales, parfois sous
la pression de hiérarchies parallèles organisées par les préfets, prétextent
la mise en sécurité des Tutsi pour les regrouper dans des lieux publics
comme les stades, les bâtiments communaux, les écoles et les églises.
Ensuite des groupes de miliciens achèvent les personnes, parfois précédés
par les FAR qui commencent « le travail » avec des armements adaptés,
des grenades notamment. Enfin les maisons de Tutsi sont systématiquement
visitées par les miliciens pour sortir ceux qui s’y cachent et les
massacrer.
Les massacres
atteindront des sommets dans l’horreur. L’ampleur du massacre (en trois
mois, 1 million de personnes sont tuées selon les autorités rwandaises après
recensement, 800 000 selon l’ONU et l’OUA), sa cruauté (des femmes enceintes
sont éventrées pour tuer les fœtus, la violence sexuelle est fréquemment
employée, des tueries ont lieu au sein de familles mixtes, le sadisme se
manifeste dans de nombreux cas) et le nombre d’exécutants en font un des
évènements les plus atroces du XXe siècle. Des militaires des Forces armées
rwandaises tentèrent de s’opposer au génocide le 12 avril 1994. Ils
échouèrent.
A Butare, le
seul préfet tutsi du Rwanda essaye de lutter contre le développement du
génocide dans sa région. Il est destitué le 17 avril 1994. Le génocide
démarre vraiment ensuite. Le 19 avril 1994 le Président du Gouvernement
intérimaire vient sur place soutenir les autorités locales et la population
par un appel « au travail ».
Dans la région
de Kibuye, dans le massif montagneux de Bisesero, lieu réputé pour leur
résistance à d’autres périodes, des Tutsi se sont regroupés et ont tenté de
résister aux autorités locales et aux miliciens en se battant avec des armes
qu’ils leur prenaient. 65 000 Tutsi y sont enterrés dans un mémorial. 800
survivants ont été dénombrés par les soldats de l’opération Turquoise.
Une exception à
Giti, près de Kigali, aucun Tutsi n’a été tué, grâce aux autorités locales.
Le bourgmestre de Giti a été félicité par le président Bizimungu après la
victoire du FPR.
Le 30 avril
1994, le bureau politique du Front patriotique rwandais publie un communiqué
selon lequel le génocide est presque terminé. Il « appelle le Conseil de
sécurité des Nations unies à ne pas autoriser le déploiement de la force
proposée, parce que l’intervention des Nations unies à ce stade ne peut plus
servir un quelconque but en ce qui concerne l’arrêt des massacres ». Les
massacres ne cesseront complètement que courant juillet, mais on estime que
80 % des massacres étaient accomplis à la mi-mai. Le médecin allemand
Wolgang Blam qui se trouvait à Kibuye dans une région où les Tutsi étaient
très nombreux (20 % de la population) et où les massacres durèrent jusqu’en
juillet, témoigne dans un document qu’à partir du 16 mai 1994 les autorités
locales ont normalisé la situation en ouvrant les services publics, les
banques, les transports, etc. L’essentiel des massacres était alors
accompli.
Cette
observation du Docteur Blam se retrouve à l’échelon national. Il raconte
d’ailleurs que des membres du gouvernement intérimaire se sont déplacés le 8
et le 16 mai à Kibuye pour lancer cette normalisation. À la mi-mai Alison
Des Forges signale qu’il y eût débat sur la nécessité de massacrer les
femmes et les enfants épargnés jusque là dans certaines régions et que le
débat fut tranché par leur extermination effective.
Mais la guerre
civile évoluait en faveur du FPR et c’est à ce moment que la France perça le mur de la qualification du génocide au plan
diplomatique, dans la perspective d’une intervention.
La plupart des
rescapés trouveront refuge dans les régions du nord-est du Rwanda, là où le
FPR avance rapidement au début du génocide. Quelques rescapés réussiront à
se cacher dans des marais ou des zones forestières. Les autres rescapés
seront sauvés par des Hutu qui prendront le risque de les cacher, jusqu’à ce
que le FPR arrive. La zone protégée par l’Opération Turquoise, à l’ouest du
Rwanda sera la dernière zone investie par le FPR et celle où les massacres
continueront le plus longtemps, les français ayant comme la Minuar l’ordre
de « rester neutre entre les factions rwandaises ». Les Français
sauvèrent toutefois 8 000 rescapés du stade de Nyarushishi au sud-ouest du
Rwanda et 800 autres à Bisesero, ainsi que des groupes isolés au gré des
circonstances.
Le génocide
constitue en outre un désastre économique avec les destructions de biens
(notamment les troupeaux) et les pillages. Dans la volonté d’anéantir
jusqu’au souvenir des Tutsi on détruisit aussi très souvent leurs maisons et
leurs jardins, sans chercher à les utiliser autrement qu’en récupérant leurs
matériaux.
Le génocide se
déroule sur fond de guerre civile. Les FAR (Forces armées rwandaises,
c’est-à-dire l’armée régulière rwandaise) combattent le FPR (Front
patriotique rwandais, composé de Tutsi exilés et de quelques opposants hutu
au régime Habyarimana, qui ont attaqué le Rwanda depuis l’Ouganda à partir
de 1990).
Tous ceux qui
ont suivi le film « Hôtel Rwanda » peuvent s’en rendre compte. Des
hommes faits à l’image de Dieu déchiquetaient avec plaisir leurs frères.
C’est pourquoi dans le cadre du processus vérité, justice et réconciliation
qui est engagé au Togo, il est nécessaire de s’attaquer à la question du
tribalisme. Il est présent au cœur de l’appareil de l’Etat. Les vagues qu’a
soulevées l’article « Mon ami s’appelle Amouzou » de « Focus Infos
» prouvent que le problème est réel. Mais on ne veut en parler. Un danger
qui guette le pays.
R. Kédjagni
Championnat
mondial de boxe : catégorie des moyens : Sabou Balogou dédie son prochain
combat au Président de la République
Le champion du Monde de boxe, version IBC,
catégorie des moyens (72,5kg), le Togolais Sabou Balogou, remet son titre en
jeu le samedi 11 avril 2009 à 20h au stade omnisports de Lomé, terrain de
handball. Mais cette fois-ci, dans une autre version, la version WBA
supérieure à l’IBC. Il rencontrera le franco-algérien Amar Amari, un autre
champion. Il faut signaler que le pugiliste togolais, pour devenir champion
mondial de sa catégorie et de cette version, avait eu à défaire le 30
octobre 2004 ici même à Lomé, Viktor Fessechko. En 2006, il remettait son
titre en jeu face à un autre pugiliste d’Europe de l’Est, Vladimir Boroski.
Tous ces deux adversaires de Sabou Balogou avaient été battus avant la
limite.
Pour arriver à
ce stade aujourd’hui, le Togolais était parti à la conquête du titre
africain en 2001 à Cotonou (Bénin) où il avait battu le Béninois Oloubi
Sévérin devant son propre public, devenant ainsi pour la première fois,
champion d’Afrique des poids moyens. Un an plus tard, il défendait ce titre
face au teigneux et redoutable boxeur ghanéen, George Amuzu. C’était au
Palais des congrès de Lomé dans un choc de titans très plaisant, où le
Ghanéen aura marqué pour longtemps les amateurs du noble art, présents à ce
rendez-vous, par sa pugnacité, ses talents d’encaisseur et de cogneur, le
tout soutenu à l’époque par une condition physique à toute épreuve. Ce
combat sera âprement disputé d’un bout à l’autre et remporté aux poings par
Sabou qui n’est plus à présenter aux amateurs togolais du noble art.
Pour défendre
son titre de champion du monde le samedi prochain, il a fallu l’implication
personnelle du Président de la République. Celui-ci, selon Sabou Balogou,
lui avait permis de quitter le Togo le 29 décembre 2007 en direction des USA
pour un séjour de trois mois qui lui aura beaucoup ouvert les yeux. Un
séjour entièrement financé par l’Etat grâce à la volonté du Chef de l’Etat,
en vue de lui permettre de parfaire ses techniques. Toujours selon le
pugiliste, c’est grâce au chef de l’Etat qu’il remet son titre en jeu en ce
mois d’avril où il boucle ses 34 ans (il est né le 24 avril 1975). Pour ne
pas faire les choses à moitié, nous confiera-t-il, Faure a décidé que
l’entrée sera gratuite, afin de permettre à un nombreux public d’aller le
soutenir. Pour tout cela, Sabou a décidé que ce samedi, lorsqu’il montera
sur le ring, il aura plus à cœur de boxer et remporter une belle victoire
pour faire honneur au Président de
la République qui l’aura soutenu jusqu’au bout, plus que pour son
propre honneur et son palmarès.
Lorsque nous
l’avons rencontré le week-end dernier, il venait de terminer une séance de
massage. Quand nous lui avons posé la question de savoir quel est son moral
à quelques jours de son combat contre le franco-algérien, en bon croyant
musulman, il s’est d’abord remis entre les mains d’Allah, puis nous a
déclaré tout confiant, que ce combat, il va le gagner et cette victoire sera
dédiée ainsi que le combat lui-même à Faure Gnassingbé. Il n’a pas manqué
d’exprimer son ardent souhait de voir le Président de la République assister
personnellement à ce gala.
Quand nous
avons eu à lui poser la question de savoir, si Faure le connaissait
particulièrement ou si l’intérêt que le Chef de l’Etat accorde à sa carrière
de pugiliste était le fait du hasard, il a répondu avec une pointe
d’étonnement et tout souriant, se replongeant dans les circonstances de sa
dernière rencontre avec le Président de
la République, que jamais, il n’avait rêvé qu’un Chef d’Etat
pouvait se préoccuper de sa carrière, compte tenu d’un certain nombre de
faits antérieurs liés à la vie d’autres pugilistes togolais et pas forcément
à la sienne.
Au sujet de
l’actuel Président de
la Fédération Togolaise
de Boxe, M. Kélani Bayor, Sabou Balogou n’a pas manqué de dire tout le bien
qu’il pense de lui. Il a souhaité sincèrement le voir continuer à encourager
la Boxe togolaise comme il le fait déjà, et s’y investir pour son
développement et son épanouissement, ce qui n’est pas aisé, car la boxe au
Togo, parent pauvre de toutes les disciplines sportives pratiquées dans le
pays, est délaissée au profit du football surtout. Après le départ de
l’ancien Président Logossou Sassou qui avait aussi en son temps, fait ce
qu’il avait pu, car à l’impossible, nul n’est tenu, voilà un homme qui se
bat pour la boxe togolaise et qui mérite d’être soutenu par les autorités et
encouragé. Il a reconnu que les problèmes de cette discipline sont profonds
et très sérieux et que, faute de moyens et de soutiens à apporter aux
pugilistes, de jeunes boxeurs pourtant pleins d’avenir ont raccroché. Ce
disant, il nous présenta quelques cas concrets.
Nous saisissons
l’occasion, pour lancer un cri de cœur en direction du Ministère des Sports
et des Loisirs ainsi que dans la direction du Ministère de
la Communication
et de la Culture, pour dire que les Togolais ne les sentent pas par rapport
à d’autres départements un peu amorphes eux aussi, mais qui produisent des
résultats. Car, on ignore ce que font ces deux départements pour le devenir
du sport et de la culture dans notre pays à travers les âges et les hommes
qui se succèdent. Nous devons reconnaître que les conditions de travail de
nos boxeurs sont déplorables, pour leur permettre de percer et ramener des
couronnes pour l’honneur du pays. Il n’y a qu’à voir les conditions dans
lesquelles le champion togolais vit et s’entraîne pour s’en convaincre. «
Au Togo, si nous avons des champions, c’est l’œuvre de Dieu lui-même »,
avait déclaré un ancien boxeur qui a raccroché aujourd’hui. Quand les
autorités togolaises se décideront-elles à créer un centre de formation et
d’entraînement des jeunes boxeurs et à leur procurer du travail pour qu’ils
puissent bien se nourrir et affronter l’adversité ?
Pendant que
nous critiquons les ministres togolais des Sports et des Loisirs ainsi que
leurs collègues en charge de la Culture dans le pays, nous vient à l’esprit
cette question qui mérite d’être posée, car quand on rend justice au chat,
on doit en rendre également à la souris : « Quelle marge de manœuvre,
quelle volonté réelle et quel budget conséquent la politique nationale en
ces matières met-elle à la disposition de ces départements pour leur
permettre de montrer qu’ils transpirent pour arriver à quelque chose ?
». Il est vrai que nous avons des ministres parfois qui n’ont aucune
ambition de laisser des traces positives de leur passage, parce qu’il y en a
qui sont dans les nuages et ne maîtrisent parfois pas grand-chose de leur
département, mais cette question-là mérite qu’on s’y attarde. Le tout n’est
pas de critiquer ceux à qui l’on n’a donné aucun pouvoir décisionnel et qui
sont bloqués de par la conception que l’Etat lui-même a de certains pôles de
développement.
Signalons qu’en
lever de rideau du championnat mondial des moyens, il est prévu six autres
combats dont un féminin et un autre qui sera certainement une grande
attraction pour la soirée. Il opposera le jeune frère de Sabou, Djolévi
Balogou, un fou du ring, champion d’Afrique des supers welters à l’Ivoirien
Sofou Tendé.
Alain Simouba
Sans détour :
De l’électricité dans l’air au Parlement
«
Quand les grands partis politiques commencent à s’attiédir dans leurs
amours sans s’adoucir dans leurs haines, et en arrivent enfin à ce point de
désirer moins réussir qu’empêcher le succès de leurs adversaires, il faut se
préparer à la servitude ; le maître est proche » (A. de Tocqueville,
L’Ancien Régime et la Révolution)
C’est la fin des belles vacances. Ce sont les séances parlementaires qui
recommencent. Dans le jargon, c’est la première session ordinaire qui
s’ouvre le 1er mardi
d’avril. Les élus du peuple ont naturellement repris hier le chemin du
Palais des Congrès de Lomé. Adeptes de charcutage de textes et «
mécréants » selon
la Sociologie politique du très respectable honorable Agbényéga
Voule-Frititi étaient tous au rendez-vous, munis de leur écharpe. Avouons
qu’ils étaient charmants dans leur tenue. Avec des sourires à offrir à tout
vent. Une bonne atmosphère pour les solennités. Et surtout pour le discours
du « plus chanceux des Togolais », le président de l’Assemblée
nationale. C’est la boîte de devant qui s’est adaptée au côté « clin clin
» de cette rentrée. Mais dans la boîte de derrière, il y a beaucoup de
récriminations, beaucoup de frustrations qui risquent d’exploser dans les
tout prochains jours.
« A mon sens, les principes fondateurs
de la démocratie que sont les élections libres et transparentes, un
gouvernement issu de la majorité, le respect de la constitution, la
promotion des libertés et l’Etat de droit ne doivent souffrir d’aucun
manquement. C’est à ce prix que nous pouvons rassurer nos populations et
assurer l’indépendance réelle du continent africain », dixit Dr André
Dassoundo, Premier vice-président de l’Assemblée nationale du Bénin invité à
la rentrée scolaire. Cette affirmation est sûrement tombée dans les oreilles
de sourd. Au RPT, on est dans une logique de conservation du pouvoir, et par
contrecoup des intérêts. Pas question de jouer le jeu démocratique.
On s’en souvient, il y a une semaine,
l’ancien président de
la République par intérim avait convié les députés à une session
extraordinaire. Ce n’était pas pour entretenir les lieux dans la perspective
de la grande rentrée mais pour «toiletter» un texte du Code électoral
et adopter la loi sur
la Cour des
Comptes dont l’accouchement reste difficile. Il faut le rappeler, il y a
quatre ans qu’on tourne autour de la mise en place de cette Cour. Fermons la
parenthèse.
Pour cette
session des malades, que dis-je, de rattrapage, deux gros ministres de
la République – Pascal Bodjona de l’Administration territoriale
et Adji Ottèth Ayassor de l’Economie et des Finances - étaient là en plus du
très régulier Kokou Tozoun, ministre de
la Justice et chargé des Relations avec les Institutions de
la République. Mais
la salle était à moitié vide. Seul le RPT était présent avec 43 de ses 50
députés. Protestant contre l’introduction à l’Assemblée nationale du projet
de modification de l’article 21 du Code électoral, tous les députés de
l’opposition (CAR et UFC) ont boycotté cette session à l’exception du
Président du Groupe parlementaire CAR qui a choisi de manifester en live sa
désapprobation. En l’absence des gueules redoutables de l’opposition,
l’exercice a été facile. Tout a été fait en un temps record. L’«Assemblée
mouton » était bien dans son biotope. Il y a bien longtemps que les
députés RPT ne se sont plus sentis à l’aise. Pour attester leur goût
démesuré pour le charcutage des textes, ils sont allés au-delà de la limite
en assommant l’article 32 qui n’était pas dans leur agenda. Après la mission
accomplie, ils ne pouvaient que se gausser de leur homologue du CAR qui les
fustigeait dans sa déclaration. Même les ministres pouffaient quand le haut
perché de Kabou malmenait l’honorable Amegnonan en minutant de façon
capricieuse son intervention.
Avec ce coup de
force du RPT et les prochains textes relatifs à l’élection présidentielle,
on s’attend à une session houleuse. Il y a donc de l’électricité dans l’air.
Zeus AZIADOUVO
ça va se savoir :
Le rasoir du
coiffeur
Sam est un
jeune natif de Tado, âgé de 25 ans qui débarqua à Lomé dans le quartier d’Anfamé
où il réside tranquillement en célibataire endurci. Après une formation en
coiffure qu’il reçut dès son arrivée à Lomé, il créa un salon très prisé
dans le quartier. Tout se passa à merveille pour le jeune Sam jusqu’au jour
où il se rendit au village pour les funérailles de l’un de ses parents
décédés. Au conseil de famille à la fin des cérémonies, les sages
décidèrent que Afi soit donnée en mariage à Sam qui n’y trouva pas
d’inconvénient.
Aussitôt dit,
aussitôt fait. Ayant quitté tôt le village, Sam ignorait des détails sur le
passé d’Afi, âgée seulement de 19 ans, qui a fait la pluie et le beau temps
dans cette contrée, rendant joyeux les convoyeurs qui transitaient par là.
Elle débarqua à Lomé avec Sam son époux. Tout se passait à merveille entre
les deux nouveaux mariés. Un jour, sur le chemin du marché, Afi fit la
rencontre de Michel, un informaticien bien nanti qui la héla à bord de sa
voiture. Après quelques minutes de « tchatche », les deux se donnèrent
rendez-vous puis se séparèrent. Cette rencontre avait ressuscité en Afi ses
vieux démons.
Sur des
arguments fallacieux, elle obtint ce soir une permission de Sam qui
entre-temps, voulait l’accompagner pour la visite de l’un des parents
qu’elle venait de découvrir. Mais sa forte gueule pris le dessus. Afi fut
prise dans la voiture de Michel dès son arrivée au lieu du rendez-vous, non
loin de son domicile et celui de son hôte. Les deux contournèrent quelques
maisons puis débarquèrent chez Michel. Après quelques instants de formalités
d’usage, ils se retrouvèrent dans la chambre à coucher et tombèrent sur le
lit chaleureusement bien dressé. Michel voulait aller à l’occidentale,
c’est-à-dire par des caresses, mais Afi ne lui laissa pas le temps, parce
que sa sortie était chronométrée et puis, elle n’en avait pas trop
l’habitude. Elle s’allongea sur le dos avec ses frêles jambes écartées et
vit venir Michel qui s’infiltra entre les deux béquilles flexibles. Il
tenait fortement entre ses deux mains un gros truc à la taille d’un serpent.
Comme le canon d’un char d’assaut, Michel libéra le machin qui se balada sur
le bas ventre de Afi et des deux mains, il les passa derrière les petites
fesses de sa cavalière, puis souleva à mi-hauteur la mince hanche de cette
dernière. Il ajusta comme au bowling le petit trou aux lèvres bordées de
poils de partout. Michel poussa la manette à fond et Afi s’écria : « Va
doucement ! Ça fait un peu mal mais, tu es beaucoup mieux… ». Michel se
libéra à plusieurs fois des torpilles enfouies en lui.
Depuis lors,
les deux amoureux prirent goût à la chose, puisque entretemps, Afi a sorti
ses griffes et démontré à Michel de quoi elle était capable en « gnocottomie
». C’est ainsi que les rumeurs avaient commencé à circuler dans le quartier
jusqu’aux oreilles de Sam. Ce dernier demanda à maintes reprises des
explications à Afi qui avait toujours nié les faits. Sur des descriptions
des gens, Sam crut connaître son supposé rival qui n’était autre que l’un de
ses clients. Il prit du temps et s’engagea discrètement dans les
investigations sans résultats probants. Michel qui prenait Sam pour son
beau-frère, comme le lui avait dit Afi, continuait à se faire raser chez son
habituel coiffeur. Un samedi matin, Michel alla de nouveau chez Sam pour se
raser. Tout se passait normalement. A un moment, Sam était tenté de lui
poser la question. Mais il s’était retenu jusqu’au moment de procéder au
rasage de la barbe « Al Quaïdaïenne » de Michel dont la nuque tournée
vers le haut laissait apparaître la pomme d’Adam. Sam lui mit sur la gorge
le couteau qui lui servait de rasoir et le tint en otage. Il saisit cette
opportunité pour poser toutes les questions possibles, même les plus
farfelues à Michel qui passa aux aveux. Après le long moment qu’a duré cette
séquestration, Sam conclut : « Tu as chance parce qu’une faute avouée est
à moitié pardonnée. Va et ne recommence plus, car Afi c’est ma femme ».
Tonton D
Libertinage
A voir et à revoir
Malgré quelques couacs, le concours Miss Nana Benz organisé le 4 avril
dernier à Lomé, a tenu toutes ses promesses. Prévue pour 21 heures, la
manif n’a démarré qu’au-delà de 23 heures. «togolaiseries», quand tu
nous tiens ! Après ce « léger » retard, quand l’animateur a annoncé
l’entrée sur scène des candidates, les rideaux aussi ont refusé de s’ouvrir.
Plus d’une trentaine de minutes sont passées sans que l’assistance n’ait pu
voir les Miss adorées. Les visages étaient fermés. On y lisait l’impatience,
la colère. Certains n’hésitaient pas à maugréer dans la salle. Puis tout
d’un coup, les haut-parleurs crachent un vieux tube et une à une les 12
candidates s’avancent vers le public. Les visages deviennent radieux. Tout
le monde a retrouvé le sourire. Les concurrentes étaient toute en rondeur
avec des jambes dodues, des postérieurs rebondis et des poitrines haletantes
à vous couper le souffle. Toute l’attention des spectateurs était
excessivement focalisée sur ces femmes tout en chair et certains salivaient
en live comme le chien de Pavlov. C’était « énormément » exaltant et
émoustillant.
Les ambassadrices de l’embonpoint veulent à travers ces évènements
attirer un regard positif sur les grosses femmes car elles supportent de
moins en moins des réflexions désobligeantes sur leur poids en plus des
kilos qu’elles portent déjà. Tout compte fait, c’est un évènement à voir et
à revoir. Au sortir de cette soirée, beaucoup ont déclaré s’être remis
d’aplomb. Les vicieux !
La réplique d’Henri Djagba
Le très sulfureux président de Togo Football Awards, Henri Djagba est
très en colère. Une colère à la mesure de celle du Président-Fondateur de
la République Très
Très Démocratique du Gondouana de notre « con-de-frère » Mamane.
Djagba ne supporte pas l’idée que les journalistes puissent critiquer la
Fédération et son président « Roc » qu’il considère comme Ange
Gabriel. « C’est parce que vous avez un journal que vous vous comportez
ainsi. Dans deux semaines, j’aurai mon journal et on va voir ça »,
a-t-il débité samedi dernier sur « Sport fm ».
Le défi est lancé et le compte à rebours a commencé. Le 18 avril
prochain, Henri Djagba va disposer de son propre journal. Objectif :
répondre du tac au tac aux journaux qui s’attaquent à lui et à son
président. On peut aisément imaginer le nom qu’il va donner à ses feuilles
de chou : «
La Contre-offensive»
ou encore «
La Riposte
».
En tout cas, les journalistes qui ne veulent pas caresser « Roc » et
Djagba dans le sens de leurs moustaches sont avertis. Henri Djagba peut
trouver une associée de taille : Maman Togo qui a déclaré récemment qu’elle
cherche de l’argent pour créer une radio et insulter les gens. Quand un
cuisinier et une revendeuse de « goro » (cola) s’allient, ça doit
former un cocktail molotov. Le président de la HAAChe, Fo Philippe Dékassou et ses collabos auront du boulot.
Quand les perdiems du CPDC aiguisent les appétits
Les partis microscopiques qui quémandent une seconde ouverture du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) ne décolèrent pas. Il y a
quelques jours, ils étaient six à se constituer en syndicat des exclus du
CPDC. Le président de ce regroupement, Me « Tchassonaev » von Traoré
Mohamed du Mouvement Citoyen pour
la Démocratie
et le Développement (MCD) ne ménage aucun effort pour faire entendre raison
au « p’ti ». Alors que la première ouverture donne déjà des «
problèmes de difficultés » au jeune Président de
la République « Gnassingbélandaise ». Son décret qui a
fait jubiler
la CPPutain, le PDRien et
la CDPAysan a du mal à être effectif. Pendant combien de temps va-t-on
nous faire saliver, se demande-t-on dans les états-majors de ces partis.
Du côté du syndicat, les jérémiades font partie désormais de leur vie
quotidienne. Dès que l’occasion le leur permet, ils en parlent
pitoyablement. Leur folle envie s’explique, selon eux, par le besoin
d’apporter leur pierre à la démolition, pardon, à la construction de ce
pays. C’est pourquoi le transfuge du PDRien, « Tchassonaev von Traoré»
ne comprend pas la fermeture hermétique du CPDC par le « p’ti » alors
qu’il l’élargit aux impopulaires. « Ils (CPP, CDPA, PDR) n’ont pas eu les
5%. Même les 3 partis réunis ne totalisent pas les 5% de suffrages au plan
national », dit-il. Ce qui lui donne plus d’insomnie, ce sont les sommes
(perdiems) astronomiques que perçoivent les participants du CPDC en cette
période de vie «kankpé». Malgré son envie farouche d’y prendre part,
ce dissident estime ne pas s’intéresser à ces sous aiguisants.
La vie chère toujours d’actualité
Le Togo a encore bénéficié lundi dernier d’un don de 7 milliards de
francs CFA de
la BOAD pour
l’aménagement de la basse vallée du Mono. Il s’agit de relancer
l’agriculture dans cette zone, a-t-on appris. Et par-dessus tout, éradiquer
la pauvreté dans cette localité. Depuis l’annonce en fanfare de la reprise
de la coopération, les dons semblent inonder le ciel « Gnassingbélandais
». Chaque jour que Dieu fait, on apprend la magnanimité des partenaires,
institutions financières et autres. Le fils de la nation et le ministre de
la Coopération présentent chaque fois cette reprise comme un trophée et en
parlent à rompre les tympans. Paradoxalement, la vie chère dicte toujours
ses lois aux citoyens togolais qui continuent de vivre dans la dèche.
Les retombées de ces milliards octroyés sont difficilement visibles sur
les voies « latérisées» du Togo et dans le vécu quotidien de la
population. Il ne suffit pas de ressasser sur les médias un catalogue de
dons pour prétendre améliorer les conditions de vie des citoyens. Tout
semble donner raison à cette population qui, déjà, commence à être
confrontée à la flambée du prix du maïs qui est déjà autour des 650 FCFA.
Sans oublier aussi l’augmentation du prix des produits de première
nécessité. C’est dans cette logique de vie chère que les « entonnoirs »,
pardon, les amoureux de la bière auront désormais à payer plus. Qui dit que
le changement du vécu quotidien des «Gnassingbélandais» est pour
demain ?
Les étalages virent de nouveau au jaune
On se rappelle, le brillant parcours des Eperviers lors des
éliminatoires CAN/Coupe du Monde 2006 avait donné naissance à de nombreuses
activités génératrices de revenus. Les T-shirts et autres gadgets aux
couleurs des Eperviers s’étaient vendus à Lomé et à l’intérieur du pays
comme de petits pains. Ce qui a permis aux commerçants de se faire beaucoup
de sous. Les artistes aussi n’étaient pas en reste. N’importe quel quidam se
levait pour composer des chansons à la gloire des Eperviers pour se dire
vedette de la chanson. Puis patatras ! Comme un éléphant dans un magasin de
porcelaine, la débâcle des Eperviers à
la CAN égyptienne et au Mondial allemand a emporté avec elle la carrière
musicale et le commerce juteux de beaucoup de personnes.
La victoire des Eperviers sur les Lions Indomptables suscite à nouveau
des engouements auprès du public sportif, des commerçants et des artistes
qui ont repris du service. Les étalages virent au jaune et les tricots et
autres objets à l’effigie des Eperviers se vendent à profusion. Les chansons
des Eperviers signent un come-back et passent en boucle sur les chaînes de
télévision et les stations de radio. On espère que le déclic est donné et
que les Eperviers vont voler de victoire en victoire pour le plus grand
bonheur des commerçants et artistes.
Vous avez dit Pasteur-journaliste ?
Chacun a en lui un talent caché, dit-on souvent. Depuis un certain
temps, un pasteur qui a reconnu en lui un talent de journaliste anime une
émission débat sur l’ancienne télévision des tradithérapeutes,
la RTDS. Cette émission qui, selon lui, rentre dans le cadre du
Forum Pardon et Solidarité « gnassionale » est un lieu de
confrontation entre les grands « kpoliticiens » du «
Gnassingbéland ». Les téléspectateurs ont eu déjà à apprécier la
confrontation entre la dame de fer de l’UFCocu, « Da Isabelle Améganvi
» et le zélé qui écrit la nouvelle histoire du « Gnassingbéland »,
Gilberto von Bawara. Après c’est le tour de Aviyomé de OBUTS et de Abi von
Tchess BCBG.
Les « Gnassingbélandais » sérieux se posent la question de
savoir s’il exerce encore son métier de pasteur, ce métier qui demande
beaucoup de temps et de don de soi. Il se dit que le gars n’a «rignin»
de journaliste et qu’il n’orienterait pas le débat comme il se doit.
Certains disent qu’il est très maladroit dans le « posement » de
ses questions. D’autres vont jusqu’à dire que l’homme anime l’émission en
faisant une part belle au parti qui nous « gouvernaille » depuis près
de quarante ans et qu’il n’y aurait pas d’égalité dans le traitement des
questions. Vrai ou faux ?
On dirait que les « Gnassingbélandais » n’aiment pas qu’on les
aide. Nous serions à la place de ce zélé pasteur-journaliste qu’on
cesserait de faire ce « mazin mazin » en animant cette émission pour
s’occuper de notre fondation « kpooo »...
Des condoms pour enfants
Avant avant, c’est à 10 ans que certains commençaient le CP1. Mais
aujourd’hui avec l’évolution, les enfants de 10 ans font la classe de 6ème ou
de 5ème et les
questions qu’ils posent à leurs parents dépassent l’entendement au point que
leurs arrières arrières grands-parents ne pourraient y répondre. A
l’Université de Lomé II, pardon, de Lomé tout court, il paraît qu’il y a des
étudiants âgés de 12 ans qui préparent leur maîtrise. Vrai ou faux ?
La dernière fois, une petite fille de 4 ans s’est assise sur la moto
du petit ami de sa sœur. Après la visite, l’homme s’assit sur la moto et
demanda à la fillette de descendre. Celle-ci refusa et cracha: « Moi
aussi je peux m’asseoir sur ta moto, parce que je suis aussi une femme, une
jeune fille comme celles que tu prends sur ta moto ». Passons.
Le samedi passé, un enfant de 10 ans qui était en classe de 5ème a
approché sa maman et lui a demandé s’il était possible qu’un jour les
fabricants de préservatifs mettent sur le marché des condoms à la taille de
tous les individus, même les enfants. La maman étonnée demanda à son fils
où il voulait en venir. C’est alors que le « p’ti » raconta à sa
maman que, la dernière fois lors de la semaine culturelle organisée par son
établissement, on leur a parlé du VIH/SIDA et qu’on leur a distribué des
condoms, mais lorsqu’il les a essayés, aucun d’eux n’était à sa taille.
Hummm, vraiment il n’y a plus d’enfants sur cette terre.
Au cœur des
« Mon Pays »
Madjatom
: Class, comment ça va chez toi ?
Sampoguili
: Dans ce pays, qui va ? On mange l’air seulement. On dit toujours que ça va
« ira » mais c’est ce qui est qui reste toujours.
Madjatom
: C’est la vérité. Les choses deviennent de plus en plus difficiles chaque
jour qui se lève.
Sampouguili
: Je ne sais plus comment faire. On a cassé la tête jusqu’à fatigués. Class,
vraiment les temps sont durs comme caillou.
Madjatom
: Sinon, c’est le courage qui fait le reste. Lomé-là, c’est difficile
maintenant. Je n’arrive plus à dormir bien le sommeil.
Sampouguili
: Ce n’est pas toi seul. Ça me « fait » aussi. Si tu me vois bien
souvent, tu vas voir que je dors souvent au boulot.
Madjatom
: Tu vois, on dirait que c’est la même chose qui nous arrive. C’est à cause
de ma position sinon, je vais dormir depuis. Là où je suis, le sommeil me
saoule.
Sampouguili
: Sans te tromper, si je dois encore « né », ce ne sera plus dans ce
pays. Je préfère être dans le pays des teints clairs.
Madjatom
: Toi et moi, c’est même pipe même tabac. C’est ce que je pense souvent. Le
jour où je vais atterrir là-bas, c’est fini. Personne ne me verra plus
jamais ici.
Sampouguili
: Je ne comprends pas « jamais » comment quelqu’un qui lutte pour un
pays entier va manger l’air comme les civils.
Madjatom
: Notre cas est encore plus « pire » que celui des civils. Eux au
moins, ils font des affaires. Nous, on va laisser le boulot où pour aller
faire des affaires ?
Sampouguili
: C’est là notre problème. On n’a pas le temps pour aller faire nos
affaires. Normalement, on doit nous «monter» l’argent.
Madjatom
: Qui va monter quoi ? Tu parles comme si tu ne connais pas tout ce qui se
passe dans ce pays. On n’est là que pour aider seulement.
Sampouguili
: On va aider sans « rignin » gagner ? Comment nos enfants vont
faire? On est tous des hommes.
Madjatom
: Tu n’as pas entendu le nom du boulot avant de rentrer dedans ? On ne gagne
pas ici, mais on travaille. |
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Liberté 489 du 06 avril 2009 |
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Modification de l’article 21 du Code électoral/ Recours en
invalidation : L’UFC met la Cour constitutionnelle à l’épreuve de sa «
reconversion » |
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Le
mardi 31 mars 2009, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a procédé à la
modification des articles 21 et 32 du Code électoral lors d’une séance
extraordinaire au Parlement, boudée par l’opposition parlementaire qui ne
veut pas s’associer à ce coup de force. Le vote fait suite à l’introduction
unilatérale et en catimini du projet de texte élaboré dans les officines du
pouvoir, ce qui lève le voile sur les intentions obscurantistes de Faure
Gnassingbé et les siens. La conséquence immédiate de ce tour de passe-passe
est la remise en selle de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
version Potopèrè qui a laissé de bien mauvaises impressions dans le cadre
des législatives d’octobre 2007. Cette CENI a également parrainé un jonglage
rocambolesque qui a concouru à brader au RPT un siège dans Lomé-Commune.
Même au regard de la loi, cette équipe n’est pas en règle. Les rapports
financiers et d’activités générales sont toujours attendus, bien que les
textes prévoient l’échéance de quarante-cinq (45) jours après la
proclamation des résultats définitifs du scrutin pour lequel elle a été mise
en place.
Cette manœuvre du RPT est simplement guidée par le souci de créer un terrain
favorable aux fraudes électorales en 2010, et l’équipe Potopèrè a démontré
en 2007 de quoi elle était capable quand il s’agit de faire le jeu du
pouvoir. Les Togolais s’y attendaient, bien évidemment, ce tour de
passe-passe ne devrait pas rencontrer l’agrément de l’opposition
parlementaire. Si au Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) on s’est pour
le moment réduit à la dénonciation verbale, à l’Union des Forces de
Changement (UFC) on semble aller au-delà et entreprendre des démarches
auprès des juridictions compétentes pour faire invalider la loi, nommément
auprès de la Cour constitutionnelle.
Recours de l’UFC
« Nous avons saisi la Cour constitutionnelle. Nous avons
introduit un recours en invalidation de la loi qui vient d’être votée comme
nous l’autorise la Constitution. En vertu de l’article 104, avant la
promulgation d’une loi, les députés qui font 1/5 de l’Assemblée nationale
peuvent saisir la Cour constitutionnelle. Nous verrons donc comment réagira
la Cour constitutionnelle qui proclame urbi et orbi depuis quelques temps sa
volonté de travailler dans le sens de la transparence des élections à venir
»,
a confié son Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre à notre confrère « Le
Canard Indépendant » dans sa parution n°236 du vendredi 03 avril
dernier.
Passé ténébreux
La
Cour constitutionnelle togolaise n’a pas bonne presse au sein de l’opinion.
«
La Cour
constitutionnelle est la plus haute juridiction de l’Etat en matière
constitutionnelle. Elle juge de la constitutionnalité de la loi et elle
garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés
publiques. Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions
et de l’activité des pouvoirs publics »,
stipule l’article
99 de la loi fondamentale, complété par l’article 104 : « La cour
constitutionnelle est la juridiction chargée de veiller au respect des
dispositions de
la Constitution
».
Elle « juge de la régularité des consultations
référendaires, des élections présidentielles, législatives et sénatoriales.
Elle statue sur le contentieux des consultations et élections ».
Malgré ce rôle ô combien noble qui lui est assigné, la Cour a toujours
cautionné le non droit. Elle s’est toujours illustrée comme un appareil au
service du pouvoir, une aile marchante du RPT. Elle n’hésite pas à piétiner
le droit pour la cause du clan Gnassingbé. Atsu Koffi Améga, son ancien
président a marqué son temps. Les tripatouillages constitutionnels opérés
tant sous le Père que sous le Fils ont reçu sa caution. En mémoire celui qui
a été effectué en décembre 2002 et a permis le mandat de plus à Eyadéma,
l’autre du 5 février 2005 qui devrait permettre à Faure de terminer le
mandat de son Père Eyadèma. La Cour constitutionnelle a toujours avalisé les
hold-up électoraux, 1998, 2003 et 2005, et proclamé le candidat du RPT
vainqueur, bien que les résultats sortis des urnes créditent le candidat de
l’opposition vainqueur, Gilchrist Olympio et Bob Akitani nommément. Les
plaintes et recours déposés n’ont jamais connu d’issue heureuse. Atsu Koffi
Améga avait même déclaré qu’il préfère l’injustice au désordre. C’est ici
que le recours en invalidation déposé par l’UFC à propos de la modification
de la loi qui vient d’être votée risque de n’être que de la formalité.
A l’épreuve de sa reconversion
En
tout cas, c’est un test grandeur nature pour l’institution dirigée par
Aboudou Assouma qui a clamé entre-temps haut et fort sa reconversion. On se
rappelle, le président de la cour constitutionnelle et de l’Association des
magistrats du Togo a osé dénoncer la corruption dans le corps judiciaire, ce
qui lui a valu le désamour des adeptes de ce fléau. Son poste a été même
menacé ; mais il a persisté et signé, se sachant mener le bon combat.
La
cour constitutionnelle du Togo a aussi entre-temps organisé à un séminaire
qui a regroupé plusieurs de ses consœurs da la sous-région à Lomé. C’était
du 02 au 07 mars. Le thème était assez éloquent: « Contentieux électoral
dans la perspective du perfectionnement des scrutins ultérieurs ». Selon
les dires, ce séminaire sous-régional devrait permettre à la Cour
constitutionnelle togolaise d’être mieux outillées au concept d’élections
démocratiques, de droits de l’Homme, et donc de repartir sur de bonnes bases
afin d’embrasser sereinement le grand chantier de la présidentielle de 2010.
A l’issue de la rencontre, elle a fait à l’endroit des gouvernants, des
politiques et du peuple une pile de recommandations assez positives,
surprenant ainsi positivement.
Ce
recours à l’invalidation déposé par l’UFC est une épreuve à la Cour
constitutionnelle. Aboudou Assouma tient l’occasion de montrer que son
institution a vraiment fait sa toilette, sa conversion et que le peuple
peut, pour une fois, compter sur elle pour dire le droit.
Pablo E.
Quand le Togo «recule cent ans en arrière»...
ère des échangeurs au Bénin,
ère de la «latéritisation» des voies au Togo
Pendant que les pays environnants du Togo (Bénin, Ghana,
Burkina-Faso), sous la houlette de leurs dirigeants respectifs se
décarcassent pour sortir du sous-développement, depuis plusieurs semaines,
les Togolais constatent tout ahuris et perplexes, un phénomène à la fois
surprenant et inquiétant pour l’avenir de leur pays : l’invasion de leur
capitale par la latérite et une poussière rougeâtre. Depuis quatre ans qu’il
est arrivé au pouvoir et depuis sept mois qu’il s’est adjoint un Premier
Ministre débarqué du PNUD et sanctifié par l’UE comme l’homme de la
situation, le technocrate, l’érudit capable de conduire le Togo vers le
miracle, mais stoppé net et bloqué dans sa bonne volonté, Faure Gnassingbé,
de l’avis de beaucoup est une grosse déception pour ce pays.
Pendant plus de quarante ans de gouvernance, le RPT n’aura pas
été capable, et c’est dommage, de couvrir le Togo du maximum de routes
bitumées, un petit pays de seulement 56.600 km². L’argent du pays a été
gaspillé dans des fêtes, dans la confection des tenues d’animation, dans les
lobbyings inutiles, dans l’achat de conscience, d’armement, etc. La plupart
des voies de communication terrestres sont des pistes rurales; ce dont on
est en train de faire «copie collée» pour la capitale en ce 21ème siècle.
Qu’en aurait-il été, s’il s’était agi d’un pays comme le Ghana ou le Nigeria
qu’ils avaient à gouverner ? Parvenir en l’espace de quarante années de
gestion à ne doter le pays que de routes approximativement goudronnées et
raccommodées en des milliers endroits (et encore combien de kilomètres de
routes !), il faut être RPT pour le faire.
Pire, les voies de communication héritées de la colonisation, loin d’être
reprises pour leur éviter une dégradation intégrale, sont abandonnées dans
leur état, telles des pièces de musée. Le chemin de fer quant à lui, est en
voie de disparition et si l’on n’y prend garde, d’ici dix ans, le train
disparaîtra complètement du microcosme togolais et seuls, les jeunes qui
auront la chance de sortir de leur pays, pourront découvrir ce qu’on appelle
un train. Triste réalité que celle du Togo ! Ils nous diront peut-être,
comme à leur habitude, que c’est la grève générale illimitée de 1992 qui en
est la cause. Raisonnement d’incapables et de gens tombés en plein marché !
Comme ils font la honte des Togolais!
Pourtant, ce pays est dirigé par des gens qui sortent presque tous les jours
de leur pays et parcourent le monde avec les moyens de l’Etat, sans bourse
délier. Ce sont des gens sortis des universités comme d’autres chefs d’Etat,
Premiers Ministres, Ministres et autres. N’est-ce pas curieux que le
Président du Bénin, Thomas Yayi Boni qui n’a accédé à la magistrature
suprême dans son pays qu’en 2006 contre Faure Gnassingbé en 2005, ait déjà
doté la capitale économique du Bénin de deux (02) échangeurs et qu’un
troisième pour lequel on a déjà préparé le site d’implantation, prévu à
l’entrée de Cotonou en venant de Lomé ?
N’est-il pas difficile et presque impossible d’être tendre dans ses
critiques à l’égard d’un régime qui n’est animé d’aucune volonté de
permettre à un pays d’entrer dans l’ère du modernisme et du renouveau, alors
que le pays dispose bien des moyens pour ce faire ? La virulence et
l’acerbité des critiques n’ont d’autres explications que l’impassibilité et
l’indifférence dont font preuve les dirigeants. Cela s’explique aussi par
cette insouciance de la part de nos autorités qui ressemble soit à une
damnation qui pèse sur le peuple togolais, soit à une volonté délibérée de
nuire au peuple et à toute la nation et de ne pas la sortir de son
arriération multi décennale. C’est bien dommage que le Président Faure ne
sache pas jusqu’ici se rendre utile pour son pays, son peuple en dépit de
tout le bagage intellectuel dont on le crédite.
Pendant les deux premières années du mandat de Faure, beaucoup de
compatriotes ont essayé de le défendre (se trompant eux-mêmes sur sa vraie
personnalité), sous prétexte qu’il était animé de bonne volonté, mais que ce
sont les vieux barons du RPT qui l’empêcheraient de prouver ce dont il est
capable. Aujourd’hui, personne n’osera plus s’essayer à cet argument. Et
personne n’a plus intérêt à le faire d’ailleurs. Nous, nous avions toujours
refusé d’y croire, convaincu qu’on choisit d’être Chef d’Etat ou de ne pas
l’être. Eyadèma ne disait-il pas que la responsabilité ne se partage pas ?
Après quatre ans sans preuves de bonne volonté, ni de ses capacités à
évoluer et à faire avancer le pays, chacun en a sans doute tiré les leçons
qui s’imposent. Beaucoup de Togolais ont fini d’ailleurs par penser que
c’est peut-être le cercle de Faure lui-même qui distillait une telle
information pour amener les Togolais à être un peu compréhensifs à son
égard.
Depuis plusieurs semaines, Faure et Houngbo ont démarré leur politique des
grands travaux, à moins d’un an de la fin du mandat de Faure, une politique
qui consiste à « goudronner » les rues de la capitale avec de la
latérite, envahissant les usagers et les maisons environnantes avec de la
poussière rougeâtre à longueur de journée. Il y a quelques mois, la seule
rue couverte de latérite à Lomé était l’œuvre d’un privé, qui s’était vu,
semble-t-il, refuser l’autorisation de la bitumer de sa propre poche. Il
s’agit d’ailleurs de l’un des pilleurs du pays. Aujourd’hui, on en compte
près ou plus d’une vingtaine. Un véritable scandale de par l’épouvantable
poussière qui va jusqu’à troubler la visibilité des conducteurs.
A
Accra, la capitale du Ghana, presque toutes les rues et ruelles quelles que
soit la largeur et la longueur, sont goudronnées. C’est l’œuvre de gens
animés de bonne volonté et habités par la fierté nationale et l’amour de la
patrie. Ceux qui sont à la tête du Ghana, ce sont pas des êtres humains
comme vous et nous qui savent d’où ils viennent et où ils vont. Ce ne sont
pas des génies, des super hommes, loin de là ! Notre confrère LE REGARD
disait dans sa parution du 31 mars 2009, parlant du séjour des Togolais lors
du match Togo-Cameroun : « Accra qui, il y a encore quelques années était
en décrépitude, est aujourd’hui une somme d’immeubles imposants, de rues
bien tracées, d’avenues propres, d’échangeurs, de places publiques fleuries,
etc. Il faut être quelqu’un qui déteste le bien et le beau pour ne pas
tomber amoureux de cette ville en qui tout plaît ». Cela résume tout.
C’est vraiment surprenant que Faure côtoie régulièrement Yayi Boni, et se
rend chez lui, mais qu’il ne semble avoir rien appris de lui. Trois ans de
mandat pour Thomas Yayi Boni contre quatre pour Faure, mais la comparaison
est largement en défaveur de Faure. C’est le même Faure qui sollicite Thomas
pour prendre place à bord de son avion comme son père le faisait avec
Kérékou pour les voyages, mais qui ne fait rien chez lui et couvre les rues
de la capitale de son pays de latérite en ce 21ème siècle.
Comme si le Bénin n’avait absolument rien et était trop pauvre pour pouvoir
s’acheter un avion ! C’est ce Bénin qui avance à pas de géant avec plusieurs
autres réalisations à son actif en et qui est le point de doter Cotonou d’un
troisième échangeur, alors que Faure se complaît dans la « latéritisation
» des rues à Lomé? Sans doute le premier échangeur togolais sera en latérite
pour donner un exemple au monde entier. Franchement Faure n’a aucune excuse
de ne pas avoir su se rendre utile pour le Togo alors que c’était la même
personne qui, face au vieux Akitani en 2005 se vantait de sa jeunesse et
méprisait l’autre pour son âge. Que c’est triste pour le Togo.
Alain Simouba
Ça
va se savoir : Un silence qui fait peur
«
Il est doux, quand sur la vaste mer les vents agitent les flots, de
contempler de la terre la détresse d’un autre. Non qu’il y ait une agréable
jouissance à voir souffrir autrui, mais parce qu’il est doux de voir à quels
maux on échappe » (Lucrèce, De natura rerum)
L’année dernière, le monde entier a été frappé par une crise alimentaire.
Les produits de première nécessité ont flambé et le panier de la ménagère
était constamment vide. Une situation qui a conduit à plusieurs mouvements
d’humeur de par le monde. Dans plusieurs pays d’Afrique, il y avait eu des
manifestations pour exiger la baisse des prix et des salaires conséquents.
Du Sénégal au Burkina Faso en passant par le Niger, le Cameroun, le Bénin …
les ventres affamés ont battu le pavé. Sauf au Togo où ils ont accepté leurs
conditions sans questionner. Ils ont choisi le silence. Laissant le temps à
ceux qui exercent le pouvoir de prendre des mesures idoines. Cependant, il
serait funeste de croire que ce silence est synonyme de faiblesse et qu’on
peut indéfiniment abuser des populations.
Au
lieu de régler de façon responsable le problème de la cherté de la vie, les
autorités togolaises préfèrent mener leurs concitoyens en bateau. Les
nombreux appels à revoir les taxes douanières aux fins de rendre les
produits de base prenables, sont, depuis plus d’un an, restés sans suite.
Mais, c’est en pleine dèche que Faure Gnassingbé et son gouvernement ont
revu à la hausse les prix du ciment. Deux raisons étaient avancées pour
justifier cette décision peu populaire: lutter contre la spéculation et
arrimer les prix sur ceux des pays voisins. Un gros mensonge puisque le
ciment est plutôt moins cher au Ghana ; ce qui fait que les plus courageux y
vont pour s’approvisionner. Sans ronchonner, le peuple s’en est accommodé.
Confortés dans leurs méthodes, ils ont enfoncé le clou en augmentant les
prix du carburant. Les Togolais ont répondu par le même silence. Ils n’ont
pas extériorisé leurs jérémiades. Un malheur n’arrivant pas seul, ils
devraient aussi faire face aux caprices de la nature. Les averses ont causé
beaucoup de dégâts : perte en vies humaines, ponts mis en morceau, champs
emportés… A-t-on pris les mesures pour que les mêmes causes ne produisent
pas les mêmes effets ? La réponse est non. Passons !
Lorsque le prix du baril a baissé sur le marché mondial, les pays voisins
dont les dirigeants se soucient du bien-être de leurs compatriotes, ont pris
des mesures hardies pour diminuer les prix de façon conséquente. Il a fallu
plusieurs mois et sorties des médias avant que les Togolais ne s’exécutent.
De quelle manière encore ? Les produits pétroliers restent plus chers dans
notre pays qu’au Ghana et au Bénin où le niveau de vie est plus élevé que le
nôtre. A ce niveau aussi, les Togolais n’ont rien dit et ont encaissé le
coup. Ils sont en train d’adopter la même attitude face à la récente
augmentation par la Brasserie des prix de ses produits. Sans oublier la
situation catastrophique créée par la Compagnie togolaise d’évaluation et de
contrôle (COTEC) au Port de Lomé.
Tout est donc cher au Togo. Mais le peuple, à force de plier, risque de
rompre un jour. C’est une leçon toute simple : il ne faut jamais pousser à
bout son peuple. Ce que font malheureusement le « gestionnaire »
Faure Gnassingbé et son équipe. En voulant à tout prix gagner ou sauvegarder
leurs intérêts, ils n’ont d’autres solutions que de presser les populations
et de les exposer à la misère. On court un danger… Ce qui est cocasse c’est
quand le chef de l’Etat s’entiche d’aliéner nos frères et sœurs du
septentrion. A tous les déplacements du « prince», ils sont invités à
venir déhancher devant lui. Ils chantent à rompre leur corde vocale et
dansent à se couper en deux. Et puis, le jeune président les gratifie de
quelques billets de banque. Comme cela, il développe son pays. Vivat !
Sachez que cette politique de déhanchement a donné un résultat spectaculaire
et encourageant : le Togo est devenu un pays pauvre très endetté (PPTE).
Quel gâchis d’énergie de la part d’un jeune !
Zeus Aziadouvo
Les dérives d’un membre de la FTF : Henri Djagba pète les plombs et
s’attaque aux journalistes
Le Président du
Togo Football Awards, Henri Dessong Djagba, fait montre d’un zèle
inconvenant depuis le retour aux affaires du Colonel Rock Gnassingbé. Membre
du bureau élu le 18 janvier dernier, l’homme se croit le centre de
l’univers. Réfractaire à la moindre critique, il n’hésite pas à accabler
d’injures les professionnels des médias à chaque fois que l’occasion le lui
permet. Parfois, on a l’impression qu’il veut faire le travail à la place de
ceux-ci.
Mardi dernier, ce partisan de la pensée unique s’en est pris à notre
confrère Prosper l’Allemand de la Radio Victoire. « Il m’a appelé au
sujet d’une de nos émissions consacrées aux problèmes liés aux déplacements
des supporteurs vers Accra lors du match Togo-Cameroun. « Vous avez
gravement interprété les faits. Je ne peux pas être à Accra et savoir ce qui
se passe à Lomé. Vous n’avez pas les vraies informations. Pourquoi
voulez-vous m’indexer ? Je vous prends en compte. Je suis doux et méchant à
la fois », a-t-il menacé avant d’ajouter que nous avons raconté des
foutaises, des conneries dans l’émission. Il a même eu du toupet de nous
dire d’enregistrer ses propos et d’aller les diffuser sur la radio et qu’il
n’a peur de personne. A ma question de savoir sur qui il compte pour
proférer ces genres de menaces, il a répondu qu’il est capable de nous
détruire et qu’il est entré en guerre contre nous à
la Radio Victoire
»,
a raconté notre confrère Prosper.
Après cette version des faits, nous avons pris attache avec Djagba le même
jour. Joint au téléphone, le Président de Togo Football Awards a balayé du
revers de la main toutes ces allégations. « J’ai été scandalisé
d’entendre certains propos sur la radio. Je lui ai dit que ce qu’il fait
n’est pas bon et qu’il me livre à la vindicte populaire en personnalisant
les faits. Il a commencé à gueuler et j’ai élevé aussi la voix. Par rapport
à mon passé, je n’accepterai pas qu’on touche à un cheveu de X ou de Y. Je
ne l’ai pas menacé », nous a-t-il dit.
Faut-il croire à un zozo ? Là est toute la question. On s’en souvient, une
semaine avant le match entre Eperviers et Lions indomptables, il avait tancé
les journalistes d’avoir posé dans leurs colonnes et émissions le problème
de primes. Il était allé jusqu’à se demander s’ils avaient des ristournes à
prendre de ces primes. Pour dire que ce problème n’avait jamais existé et
que c’étaient les journalistes qui tentaient de réveiller les vieux démons.
Mais les faits allaient le démentir. Le sempiternel problème de prime était
revenu sur le tapis. Les joueurs avaient réclamé leurs primes de
qualification contre le Swaziland. Et il a fallu d’âpres négociations avant
que les Eperviers ne prennent le départ. On aurait pu éviter ce temps perdu
si les membres de la Fédération togolaise de football (FTF) avaient, au lieu
de gonfler à tout bout de champ leur poitrine, anticipé sur ce problème. Un
sujet sur lequel nous sommes revenus dans notre parution de mercredi dernier
(« Liberté » N°487).
Samedi, notre Directeur de Publication était invité dans l’émission «
Temps Réglementaire » de la Radio Sport FM. Avant l’arrivée de notre
Directeur dans le studio, M. Henri Djagba était déjà là en compagnie de deux
journalistes devant animer l’émission. Quand il l’a salué, il a refusé de
lui serrer la main. Entre-temps, il est intervenu en pleine émission pour
imposer ses desiderata aux deux animateurs. Chemin faisant, une question lui
a été posée à propos des supporteurs qui avaient eu toutes les peines à
franchir la frontière. Il a dardé directement que les Togolais ont molesté
un douanier ghanéen et que c’est pourquoi les bus étaient bloqués. Une
affirmation grave venant d’un membre de la fédération. Notre Directeur lui a
suggéré l’usage du conditionnel en lui soufflant « auraient molesté
». Crime de lèse-Djagba. Le patron de Togo Football Awards est sorti de ses
gonds et s’est mis à brailler en pleine émission. Il a proféré des menaces à
son endroit : « Tu es qui ? Tu vas me sentir. C’est parce que vous avez
un journal que vous vous comportez ainsi. Dans deux semaines, j’aurai aussi
mon journal et on va voir ça ». Tout muscle dehors, il était prêt à
aller loin, n’eût été l’intervention de M. Daoune Boundjou et du Président
de l’Association des journalistes sportifs du Togo (AJST), Hans Masro,
également présents dans l’émission ».
Comble de malheur, pendant que les gens tentaient de l’amener à contrôler
ses 208 os, il s’en est violemment pris au Président de l’AJST. Là aussi, le
spectacle était désolant. C’était comme s’il venait directement de l’état de
nature de Thomas Hobbes. A preuve, samedi, il a déclaré lui-même sur la
Radio X Solaire qu’il a été « élevé dans la terreur ». Ah, que sa
socialisation a été difficile !
En
fait, en lui suggérant d’employer le conditionnel, notre Directeur avait
l’intention de le tirer d’affaire. Ses déclarations pouvaient créer des
problèmes entre les deux pays. Quand on est responsable, on fait attention à
sa langue, on la tourne plusieurs fois pour ne pas créer une situation
conflictuelle. Mais il ne l’a pas compris. Il était dans sa logique: en
découdre avec les journalistes qui ne le caressent pas dans le sens de ses
moustaches. Une partie sûrement perdue d’avance. Affaire à suivre.
R. Kédjagni
Match amical : Média FC et TdE FC font jeu égal
L’équipe des
médias a livré samedi dernier un match amical contre son homologue de la
Togolaise des eaux (TdE). Le match s’est déroulé sur le terrain d’Agoè
Cacavéli. Cette rencontre, s’inscrit dans le cadre de la Journée
internationale de l’eau célébrée le dimanche 22 mars dernier. Du côté des
professionnels des médias, c’est pour préparer « All Media Game », un
tournoi international des médias qui se tiendra dans le mois de juin au
Nigeria et auquel participera l’équipe togolaise. C’est dire que l’enjeu
était important pour chacune des deux équipes. La preuve, les deux
formations ne se sont pas du tout fait de cadeau durant les quatre-vingt-dix
minutes de jeu.
La rencontre
s’est soldée sur un score nul de deux buts partout. Chaque équipe a eu sa
mi-temps pour marquer ses buts. La première partie a été à l’avantage de la
TdE qui a réussi à marquer deux buts successifs alors que c’est l’équipe
des médias qui dominait. Les journalistes ne parviendront à égaliser qu’en
seconde période de jeu.
Notons que c’est
dans une ambiance de convivialité et de fête que ce match s’est déroulé.
Coco Tchak
Libertinage
Le RPT devant le lourd passif qu’il a laissé
La
commission parlementaire des Droits de l’Homme a effectué du 23 au 31 mars
une tournée pour toucher du doigt les réalités que vivent les populations à
l’intérieur du pays. La présidente de la commission, Mme Abra Mensah,
députée RePTile, dit avoir failli verser des larmes face aux conditions de
vie misérable des jeunes à l’intérieur du pays. Pourtant c’est son parti qui
dirige ce pays pendant plusieurs décennies et qui clamait sur tous les toits
qu’il veut faire de la jeunesse, la relève de demain. Le Général Eyadéma
n’a-t-il toujours pas dit qu’aucun sacrifice n’est trop grand quand il
s’agit de la jeunesse ? Lisons plutôt ce que la «députée» Agnélé a
raconté vendredi dernier: « Il y a un phénomène qui gangrène notre
jeunesse aujourd’hui. Des Béninois ont pris d’assaut presque toutes les
préfectures. Ils préparent un sodabi, qui n’est pas le sodabi de qualité, à
base de comprimés dont nous ignorons d’abord la provenance et la qualité. Il
y a un honorable qui était en déplacement dans sa localité à Korborgou. Il a
vu des adolescents qui roulaient des tonneaux pleins d’eaux. Qu’est-ce que
c’est ces eaux ? C’est du Sodabi ? Ils disent oui. C’est là où il a
approché le bonhomme qui se trouve être un Béninois qui lui a expliqué qu’il
y a deux comprimés qu’ils mettent dans le tonneau de 200 litres. Ils le
remplissaient d’eau et ils le font rouler par des adolescents sur une
distance de 100 à 200 mètres en aller et retour 4 fois. Et quand ils
redressent le tonneau maintenant ça devient du Sodabi », a-t-elle narré
avant d’énumérer les conséquences. « Quand vous voyez nos jeunes dans les
préfectures, villages, moi j’ai eu à verser des larmes. Ils sont derrière un
ventre qu’ils poussent, qu’ils n’arrivent pas à supporter. Les joues
s’enflent, ils ont de l’œdème au niveau des pieds, des lèvres rougissent.
Chaque jour ils côtoient la mort et c’est à force de boire ce sodabi qui n’a
pas de qualité». Ce constat sans concession décrit de fort belle manière
la misère indescriptible que vivent au quotidien les Togolais. Mais cette
misère n’est-elle pas instaurée par le RPT ?
« Henrivi Djagbanev », l’homme à la langue pendue
Henrivi Djagbanev, l’homme connu depuis un certain temps comme quelqu’un qui
abhorre les critiques, s’est encore négativement distingué avec sa langue
pendue. Chaque fois que l’occasion lui est offerte de s’exprimer, il
déraille dangereusement. Pour satisfaire sa libido insultrice, comme à
l’accoutumée, il s’en prend vivement aux journalistes considérés comme ses
cure-dents. Il paraît qu’ils lui causent du paludisme bucco-mental. Dans son
« insultocratie », le monsieur vocifère les mots d’une manière crue
et drue comme les bambinos. Le crime de lèse « Djagbanev » commis,
est d’avoir critiqué sa manière de traiter les journalistes. Samedi dernier,
le gars est tombé bas très bas, une véritable déception lorsqu’on l’écoutait
déverser sa bile sur les gens. « C’est dommage qu’il soit le président du
Togo Football Awards avec sa pensée sectaire », s’est indigné un «
con-de-frère ».
Depuis que ce membre de la Fédé est nommé à la tête de la commission média
de la FTF, on dirait que son rôle est de gendarmer la presse. C’est une HAAC
bis ? Il est prompt plus à un combat de biceps et de triceps qu’à un combat
d’idées.
D’ailleurs plus tard, on apprendra lorsqu’il a rencontré une petite
résistance à sa pensée à sens unique, il est devenu allergique et s’est mis
en transe voulant en avenir aux mains avec des journalistes. On a failli
assister aux coups de poing et aux coups de zizou de celui qui se donne une
importance qu’il n’en a pas. Ce comportement n’a pas surpris puisqu’il a
déclaré que les gens connaissent la famille Djagba et qu’elle est élevée
dans la terreur. C’est une menace ? Pourtant il se dit un grand
communicateur alors que même ceux qui intervenaient de l’extérieur sur Sport
Fm ne l’ont pas trouvé en lui. Ils ont plutôt félicité l’esprit sportif de
son collègue qui a assisté au débat jusqu’à la fin.
L’exploit du siècle
Pour ceux qui ne le savent pas, notre Directeur de la Rédaction (DR) est un
As en Orthographe. Toute la rédaction a tenu à lui rendre hommage pour avoir
représenté avec tous les honneurs le journal au concours de la Dictée de la
Francophonie organisée le vendredi 3 avril dernier à Lomé par le Lycée
Français en collaboration avec le Service de la Coopération et d’action
culturelle de l’Ambassade de France. Si quelqu’un fait quelque chose de
bien, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître et lui
tisser des lauriers. Chapeau ! Pendant que le dernier, plutôt le premier du
concours dans la catégorie senior limitait ses fautes à 15 et poussière,
notre Directeur de la Rédaction lui, était loin, très loin devant pardon,
derrière et titillait la barre de 200 fautes. Quel exploit ! Il faut le
faire. Lors de la proclamation des résultats, notre DR n’était même pas
classable. Semble-t-il que pendant toute la dictée, alors que tous les
concurrents étaient très concentrés, lui, il était dans la lune et ne rêvait
que de cuisseau de veau et de cuissot de chevreuil. Résultante, c’est avec
une corbeille qu’il a ramassé les fautes. On ne sait pas si le DR a fait
l’école primaire dans toute sa globalité mais son exploit vendredi dernier a
été inquiétant. « Le français n’est pas ma langue. Et puis la dictée
était trop difficile. Les gens ont fait plus de fautes que moi. Même si
Faure y était il allait faire pire. L’essentiel est de participer », se
dérobe-t-il. Yakoo !!
Quand Henri Djagba déraille
Depuis que le sieur Henri Djagba a été coopté dans le bureau actuel de la
Fédération Togolaise de Football (FTF), l’homme se prend pour le nombril du
football dans le monde. Il fait preuve d’un zèle morbide et d’une arrogance
à excès en narguant proprement le public sportif togolais. Cela n’étonne
guère car c’est dans les habitudes de l’homme. Il est « plus pire »
que le « dépité Améyivre ». Hostile à toute critique, le
président de la commission médias, de la FTF sillonne bruyamment les
stations de radio et de télévision pour pourfendre les journalistes. Samedi
dernier, il s’est sinistrement distingué sur certaines chaînes de radio en
voulant en venir aux mains avec certains confrères. En s’érigeant en ennemi
de la presse et en jouant au va-t-en guerre, Henri Djagba ne rend pas
service à son mentor « Roc » et à tout le bureau de la Fédération.
Son attitude belliciste risque de compromettre les efforts des autorités
sportives pour insuffler une nouvelle dynamique au football togolais. Le
triste spectacle auquel Henri Djagba s’est livré samedi sur certaines
stations de radio, a amené beaucoup d’observateurs à conclure que l’homme a
atteint l’asymptote de la démen…et qu’il faut qu’on l’interne dans un centre
psychiatrique comme Zébévi. On dit souvent chez nous que c’est comme ça que
ça commence pour atteindre la phase critique. Il urge que la FTF remette ce
f…sur les rails de la raison. Au train où il déraille, il risque de conduire
le football togolais à l’abîme. Il ne fait point de doute, c’est une graine
avariée qui, si on ne l’extirpe pas tôt du grenier, va inexorablement
affecter le bureau de la Fédération et partant toute l’équipe nationale.
Anyronkopétô pète les plombs
Comme son nom l’indique « Libertinage », cette rubrique a été créée
juste pour faire « léguédè» comme on le dit en Ewé, c’est-à-dire pour
détendre un peu l’atmosphère. D’où son caractère satirique. Mais beaucoup
ne l’ont pas compris ainsi. Force est de constater que nombre de
personnalités y compris les politiques prennent tout ce qui est écrit dans
cette rubrique tout comme celle de « Au cœur des mon pays» très au
sérieux. C’est ainsi qu’il est courant pour nous de recevoir des plaintes de
certains qui estiment qu’on s’est attaqué à eux. D’autres pètent
complètement les plombs en proférant des menaces à notre endroit. On se
rappelle, le préfet du Golfe avait convoqué notre DP dans son bureau et l’a
proprement sermonné et menacé de le faire arrêter parce qu’il a trouvé son
nom dans la rubrique « Au cœur des mon pays ». Les exemples sont
légion. Le dernier en date est celui de ce transfuge de l’UFC, le président
de la particule « Le NID », Dossèh Anyronkopétô qui n’a pas supporté
qu’on fasse des commentaires sur des propos qu’il a débités sur certaines
stations de radio périphériques. C’est ainsi que la semaine dernière, il a
adressé à notre journal un droit de réponse ronflant dans lequel il prétend
nous faire des cours de journalisme. On aura tout vu avec ces dealers,
pardon leaders de parti politique. Au lieu de gaspiller son temps à nous
répondre, Dossèh Anyronkopétô ferait mieux de se consacrer à sa particule
pour qu’elle ne subisse pas le Waterloo comme lors des dernières
législatives où Le NID a récolté des résultats ultramicroscopiques
(0,0001%).
L’invite de « Da Agnélé »
Il
y a quelques jours une Commission parlementaire avec à sa tête « Da
Agnélé » a parcouru toutes les prisons du « Gnassingbéland » pour
voir les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers. A l’issue de
cette tournée, la dame de fer a déclaré à la presse que parmi toutes les
prisons qu’ils ont eu à visiter, c’est celle de Mango qui les a émerveillés.
De sources floues non vérifiables, depuis que les détenus de la prison
civile ont appris cela, c’est un remue-ménage dans leur rang. Ceux-ci
chercheraient madame la « dépitée » pour qu’elle fasse en sorte qu’on
vote une loi à l’Assemblée « mouton » qui autoriserait les détenus à
choisir la prison qui répond à leur goût. Ce sera une sorte d’immigration
choisie quoia. D’autres sans attendre feraient déjà des pieds et des mains
pour qu’on les déferre à la prison paradisiaque de Mango. Beaucoup
craignent depuis la déclaration de « Da Agnélé », qu’il ait une
affluence du côté de la prison civile de Mango et qu’elle ne soit pleine
comme ne le sont d’autres. Il paraît qu’à Mango, les voleurs veulent
reprendre du service pour goûter aux délices de cette prison qui a tant
émerveillé madame la « dépitée ». La question que se posent nombre de
Togolais est que les propos de « Da Agnélé » ne seraient pas une
invite aux populations de Mango pour qu’elles viennent remplir les locaux
de cette prison pour qu’elle soit pleine comme un œuf ?
Sodabi, toujours au pouvoir !
La
Brasserie BB Lomé, on ne sait quel « problème de difficulté » elle a
« jeté de l’argent » sur ses boissons. C’est ainsi que sur
toutes les bières elle a majoré de 50 F et 25 F sur toutes les sucreries.
Depuis la « majorisation », plutôt, majoration des prix, certains ne
font que pousser des jurons et d’autres passent leur journée à insulter bien
bon cette brasserie qui selon eux exagère dans la fixation de ces prix. Il
se dit qu’avec l’augmentation des prix de la brasserie, nombreux sont ceux
qui n’auront plus la chance de se saouler la gueule.
D’aucuns auraient juré de ne plus prendre les boissons sucrées et
préféraient prendre du jus de citron et du bissap « kpooo » pour
faire de l’économie. Est-ce que c’est le problème de quelqu’un ? Beaucoup
ne comprennent pas pourquoi on diminue à chaque fois la contenance des
bouteilles alors qu’inversement, les prix, eux, ne cessent d’augmenter. Avec
toute l’agitation qui se fait autour de ces prix, seuls les vendeurs de
sodabi et de « Tchouk » sont gâtés. Il paraît que depuis que les prix
ont augmenté ils ne se plaignent pas parce que leur clientèle a doublé. Les
consommateurs du Sodabi affirment qu’il vous suffit de prendre un verre qui
ne coûte presque « rignin » pour être «kankpé».
En
tout cas, si la brasserie veut que les « Gnassingbélandais »
retournent 100 ans en arrière pour consommer leurs boissons locales, c’est
leur propre figure qui est le chemin. |
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Liberté 488 sont du 03 avril 2009 |
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Présidentielle de 2010 : Kofi Yamgnane, une alternative ? |
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Atouts et handicaps de sa candidature
L’Opinion s’y attendait un peu. Kofi Yamgnane fait partie des toutes
premières personnalités à avoir manifesté leurs intentions de briguer la
magistrature suprême en 2010. Dans une interview, juste après les
législatives de 2007 le Président de l’organisation Sursaut-Togo avait
abordé le sujet et manifesté son intérêt. Le natif de Bassar vient de lever
le voile sur ses intentions. Kofi Yamgnane a officiellement déclaré
vendredi sa candidature à notre confrère français «
La
Lettre du continent».
Les
péripéties
De l’eau aura coulé sous le pont avant qu’on en arrive là. Les premières
déclarations d’intentions du Franco-togolais ont semé de la zizanie au sein
du clan Gnassingbé, car venant fausser les calculs. Au nom d’une stratégie
politicienne qui consiste à dissuader toute candidature d’un natif du Nord
qui risque d’«embêter sérieusement » Faure Gnassingbé, ces intentions
n’ont pas du tout été appréciées au sein du pouvoir qui aurait tenté de l’en
décourager, mais en vain.
Les dignitaires du peuple Bassar qui se sont taillé une place au soleil ont
été mis à contribution pour le décourager. Cette candidature est une
véritable arête de poisson dans leur gorge, eux qui ont bâti leur richesse
dans l’entrejambe des Gnassingbé, et ils se sont investis à fond pour lui
mettre les bâtons dans les roues. A preuve, lorsqu’il a été récemment révélé
que le Franco-togolais avait reçu pour sa candidature le soutien d’officiers
supérieurs de l’armée Bassar parmi lesquels un certain Général Bouraïma, le
Président de l’Assemblée Abass Bonfoh, un fils de Kabou a promptement réagi
pour balayer d’un revers de main ces allégations, bien aidé par une certaine
presse qui est entrée en jeu. Cette candidature n’agrée donc pas beaucoup de
monde dans le sérail. Et à un moment, on croyait que ces pressions ont eu
raison de la détermination de Kofi Yamgnane. Mais plus de peur que mal. Le
franco-togolais sera bien de
la partie en 2010, à moins d’un revirement de dernière minute.
Les
atouts
Intellectuellement, Kofi Yamgnane reste une tête bien faite et bien pleine.
Ses références professionnelles sont enviables. Le natif de Bassar a eu à
gérer des postes de responsabilités énormes. Le fils de Bandjéli a occupé
les fonctions de Secrétaire d’Etat à l’Intégration sous François Mitterrand,
et celui de Maire de Saint Coulitz en France. En matière de compétence, il
en a donc à revendre.
Cette carrière professionnelle dans l’Hexagone devrait l’avoir placé au
contact de l’intelligentsia française. Kofi Yamgnane devrait a priori avoir
un carnet d’adresses assez fourni, des entrées faciles à l’Elysée. Ces
accointances avec le sommet français grâce à sa nationalité française lui
offrent une belle carte à jouer. En tant que « produit» sorti des
moules françaises, il devrait faire moins peur à la France qui cherche
toujours à protéger son lourd passé au Togo. Si le Président de Sursaut-Togo
a l’onction du faiseur de roi en Afrique francophone, qu’est
la France il constitue sans doute une alternative
sérieuse à l’alternance au Togo. Beaucoup pensent qu’il devrait y avoir été
encouragé par l’Hexagone et que les déclarations du Secrétaire d’Etat Alain
Joyandet laissant entendre que
la France militera pour qu’aucune candidature
sérieuse ne soit écartée, n’étaient qu’en sa faveur, lui qui a le malheur
d’être binational, un « péché mortel» au Togo.
Les faiblesses
Le handicap n°1 de la candidature de Kofi Yamgnane est d’abord sa double
casquette, sa double nationalité. Ce qui est inscrit dans la constitution
togolaise, lors des différents toilettages, comme critère d’exclusion.
L’autre disposition scélérate qui risque de le frapper est le critère de
résidence, quand on sait qu’il a passé le plus clair de son temps dans
l’Hexagone. Il risque de tomber sous le coup de l’article 168 du Code
électoral qui dispose : « Peut faire acte de candidature à l’élection du
Président de
la
République, tout citoyen remplissant les conditions fixées à l’article 62 de
la Constitution
et qui réside sur le territoire national depuis douze (12) mois. Tout
candidat à l’élection présidentielle doit être exclusivement de nationalité
togolaise. Le candidat à l’élection du Président de la République jouissant
d’une ou de plusieurs nationalités étrangères doit apporter la preuve qu’il
y a effectivement renoncé par un acte régulier ayant valeur légale. Les
candidats doivent également justifier d’une domiciliation effective au Togo
d’une année au moins au moment du dépôt de leur candidature ».
Même si l’homme paraît avoir la caution de
la France, on a bien peur que cela ne persuade
pas le RPT à opérer des révisons constitutionnelles pour supprimer cette
disposition scélérate.
l’œil de l’opinion
La
majorité de l’opinion voit, à tort ou à raison, en la candidature de Kofi
Yamgnane, de l’arrivisme pur et simple, et l’accuse de venir à la soupe sans
avoir participé à la lutte politique qui aura permis d’arracher au clan
Gnassingbé certains acquis. « En tant que Secrétaire d’Etat à
l’Intégration en France, il avait la possibilité d’influer sur la
gouvernance d’Eyadéma. Il effectuait même à l’époque des visites officielles
intempestives au Togo et rencontrait «le Vieux ». Aujourd’hui que
l’éclaircie est venue, il veut sauter sur l’occasion », peste un
compatriote.
Il lui est aussi fait le procès d’avoir utilisé sa jeunesse et ses
compétences pour servir son pays d’adoption, et ne faire de son Togo natal
qu’un second choix. « C’est maintenant qu’il a eu l’inspiration de servir
le Togo, après des dizaines d’années passées à défendre les causes de
la France
! Moi j’ai l’impression que le gars veut tout simplement se faire une
seconde vie et éviter de finir dans l’anonymat »,
renchérit un autre.
Au-delà de ces critiques, des observateurs avisés trouvent en cette
candidature une alternative sérieuse. On relève tout de même comme handicap
le fait qu’il ne soit pas connu sur le terrain, qu’il ne saurait donc se
prévaloir de quelque popularité que ce soit. C’est ici que pour en faire une
véritable alternative, il est préconisé un rapprochement avec les deux poids
lourds de l’opposition, l’Union des forces
de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) nommément.
Pablo E.
Modification de l’article 21 du Code électoral : Le RPT
fait son passage en force et remet en selle
la CENI
de Potopéré
Malgré les nombreux rappels à l’ordre et le boycott des deux partis de
l’opposition, le RPT opère son passage en force. Ses députés viennent de
voter le fameux article projet de loi portant modification de l’article 21
du Code électoral.
Hier au Palais des Congrès, ils n’étaient que 43 députés, tous du parti au
pouvoir, en plus du Président du Groupe parlementaire CAR, Kossi Amégnona,
pour modifier de façon unilatérale le Code électoral. Après le cérémonial,
les députés RPT ont voté à cent pour cent l’article 21. Habitué aux
charcutages des textes, le député Dama Dramani, Président du Groupe
parlementaire RPT, a proposé, séance tenante, de toiletter l’article 32 du
Code électoral influencé par la première modification. Ils se sont exécutés
sans attendre.
Selon l’article 21 (nouveau), la CENI est permanente. Toutefois,
la fonction des membres de
la CENI prend fin 45 jours après la
proclamation des résultats définitifs du scrutin pour lequel elle est
installée. Le mandat des membres de
la
CENI est renouvelable. En cas de besoin, les membres de
la CENI ayant organisé la consultation
électorale ou référendaire la plus récente sont maintenus en fonction
jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI.
Ainsi, la bande à Tozim Potopéré retourne aux affaires après
s’être refusée àprésenter le rapport des élections législatives. Une autre
preuve qu’au Togo, on ne promeut que les médiocres.
Par ailleurs, ce que le RPT n’a pas pu avoir avec le Cadre
permanent de dialogue et de concertation (CPDC), il l’obtient avec la remise
en selle de
la CENI où il est sûr de compter sur le soutien
du PDR, de
la
CPP et de
la CDPA. Voilà,
les partis qui ne représentent que l’ombre d’eux-mêmes se retrouvent à
la CENI pour un scrutin auquel ils ne prendront
pas part.
On le voit, le Togo commence petit à petit à renouer avec ses
vieux démons. Les faits concourant aux violences électorales refont surface
devant le silence complaisant des Nations Unies qui enverront une mission
d’établissement des faits pour compter les morts, de l’Union Européenne qui
se contredira dans ses déclarations par institution interposée et du
Facilitateur Blaise Compaoré qui embarquera les Togolais dans une autre
palabre… Le mythe de Sisyphe.
E. Pierre
Violation des Droits de l’Homme au Togo :
La Police indexée dans l’exécution
extrajudiciaire de présumés malfrats
Nécessité d’ouverture d’une enquête judicaire
Un
jeune homme de la trentaine nommé Didier Atoro a été interpellé, le dimanche
22 mars dernier au quartier Gbossimé. Celui-ci et un autre présumé malfrat
ont été trouvés morts, le lendemain, lundi 23 mars à la morgue du CHU –
Tokoin. C’était à la suite de l’arrestation par les habitants du quartier
d’un présumé voleur dont notre journal dans sa parution N° 483 du lundi 23
mars a fait écho. Le présumé voleur a été lynché mais sa vie serait hors de
tout danger grâce à l’intervention de la Police.
De
sources proches de la famille, il s’agit d’une interpellation arbitraire. Il
serait de passage et serait intervenu alors qu’on battait un voleur. Il
aurait demandé à ceux-ci de remettre le présumé voleur aux Forces de
Sécurité et de l’Ordre. C’est alors qu’il serait lui-même parti téléphoner
pour qu’interviennent les «araignées».
La population n’a pas digéré cette démarche et s’en étaient suivies des
altercations, a indiqué un parent de la victime. De nature à faire valoir sa
force physique, Didier Atoro n’aurait pas accepté se faire marcher sur les
pieds. Cette situation allait dégénérer quand soudain, débarqua
la Police. Il
fut embarqué tout comme le présumé voleur lynché.
Informée de la situation, « la famille s’était rendue au Commissariat du
4ème arrondissement
pour s’enquérir davantage de la situation. Mais il était impossible pour
nous de rentrer en contact avec notre fils. A midi, nous lui avons apporté
de la nourriture mais, les agents nous ont refusé de prendre celle-ci et
nous ont demandé de revenir plus tard. Ce qui a été fait. Mais, c’était le
même scénario. « Ce n’était qu’au lendemain quand nous étions
retournés qu’ils nous dirent d’aller vérifier au niveau de la morgue.
C’était alors que nous avons découvert notre fils sur lequel était posé le
cadavre du présumé voleur qu’on avait arrêté. Ils l’ont purement et
simplement tué. Car selon certaines informations en notre possession, il
était extrait de sa cellule dans la nuit profonde. Il s’était même opposé à
cette sortie mais il aurait été rassuré qu’il jouirait d’une relaxe pure et
simple sur instruction du SRI (Service de Renseignement et d’Investigation.
(Ndlr : un service de
la Gendarmerie
nationale)... Nous avons inhumé notre cher et regretté Didier le jeudi 26
mars dernier»,
a déclaré le parent pleurant son illustre disparu.
Version officielle
L’interpellation de la victime a été reconnue par le Commandant Adjoint de
la Brigade Anti-Criminalité.
« Oui ! Le nommé Didier Atoro, c’est un type qui a été interpellé. Dans
un premier temps, on disait qu’il protégeait un malfrat qui aurait volé une
moto. Mais, au niveau de notre service, il est sorti comme quoi, c’est eux
qui ont envoyé le malfrat en question voler une moto », a confié le
Responsable.
Pour ce dernier, son service menait les investigations quand la victime
s’était évadée. « Le nommé Atoro s’est évadé. Il s’est évadé aux
environs de 15 h. Donc maintenant, on le recherchait. Les éléments qui
étaient de service le jour-là, à commencer par le chef de poste, ont été
mis en taule pour avoir favorisé l’évasion. Bien avant ça, , on avait
conduit le nommé Atoro au niveau de son domicile pour une perquisition. Et
en âme et conscience, il a reconnu qu’il était braqueur et il nous avait
conduits au niveau du dépotoir de Gbossimé où nous avons retrouvé un PA
(Ndlr : Pistolet Automatique) de fabrication artisanale avec deux cartouches
», a souligné le responsable adjoint de la brigade.
«
par après, il a fui aux
environs de 15 h. Il s’est évadé. Je l’auditionnais quand il y a eu un ami
qui est venu à mon niveau et le planton entre-temps était distrait et puis
le nommé Atoro s’est évadé », a-t-il poursuivi.
«
On le cherchait, on le recherchait et aux environs de 18 heures, il y a
un monsieur qui est venu nous dire qu’il y a un monsieur qui est en train
d’agoniser au niveau des rails de Gbossimé. On s’est dirigé vers-là. On a
remarqué que c’était l’individu qui s’est évadé. On l’a récupéré pour le
conduire au CHU. C’est chemin faisant que juste après le feu, on a vu que
ça ne répondait pas. Mais il succomba avant d’arriver au CHU. Les médecins
ont dit qu’ils ne peuvent rien, donc le mieux c’est de le conduire à la
morgue. C’est ce qu’on a fait. C’était aux environs de 19 h qu’on a récupéré
l’intéressé pour l’évacuer », a ajouté le Commandant Adjoint.
Selon des informations en notre possession, le prévenu aurait été extrait de
sa cellule tard dans la nuit contre son gré. L’on parle d’au-delà de 23
heures et que c’est en ce moment qu’il serait tué.
Concernant les rumeurs qui font état d’une exécution extrajudiciaire, le
responsable de sécurité dit:« En tout cas, en âme et conscience, on ne se
reproche rien ». Il ressort aussi de nos investigations que la victime
est un repris de justice. Il y aurait des menaces qui pèseraient sur lui
depuis quelques temps pour avoir refusé de coopérer avec les Forces de
Sécurité dans le démantèlement des réseaux de malfrats. Lors de sa dernière
sortie de prison, il serait prévenu d’un assassinat contre sa personne parce
qu’il constituerait un danger public aux yeux des Forces de Sécurité. L’on
comprendrait par là son refus d’être libéré à cette heure tardive.
Commentaire
Comment en si peu de temps, l’homme a-t-il pu trépasser ? Que lui était-il
vraiment arrivé durant son passage au Commissariat ? Que lui ont-ils fait?
Telles sont des questions que se posent plus d’un citoyen et qui du coup
perdent confiance aux Forces de sécurité soupçonnées d’être l’assassin d’un
fils du pays. Est-ce une nouvelle méthode des Forces de sécurité de se
débarrasser des présumés malfrats comme le susurrent certaines langues?
Toutes ces questions resteront certainement sans réponses dans la mesure où
les enquêtes sont des denrées rares au Togo. Et même quand elles sont
diligentées, le plus souvent c’est avec complaisance ou tout au plus les
résultats sont classés dans les tiroirs.
Dans le cas d’espèce, il urge que le Chef de l’Etat dans ses prérogatives de
premier Magistrat s’autosaisisse et ordonne l’ouverture d’une enquête en vue
de l’établissement des faits. La guerre contre les malfrats, OUI ! Mais dans
les normes constitutionnelles, notamment en l’article 21 qui stipule : «
La personne humaine est sacrée et inviolable. Nul ne peut être soumis à la
torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants
(…) ». L’homme n’est pas un poulet pour que quiconque, pour quelque
motif que ce soit et pour son humeur arrache sa vie. Seul Dieu, le créateur
a le monopole sur toute vie. Aussi doit-on comprendre que l’homme ne peut se
corriger que sur cette terre et non dans l’au-delà. La balle est alors dans
le camp des autorités qui ont l’impérieux devoir de faire en sorte que la
lumière soit faite sur cette affaire à connotation d’exécution
extrajudiciaire.
Didier Ledoux
Sans détour :
Afin que les Eperviers volent plus haut
«
J’aime mieux ma réalité que mes rêves » (H. de Montherlant)
Les
Eperviers viennent d’arracher une précieuse victoire face au Cameroun. Cette
victoire est d’autant plus précieuse que le match s’est joué au Ghana où le
public sportif togolais ne vendait pas cher les plumes de ses Eperviers qui
ont été tardivement regroupés et n’ont eu droit qu’à un semblant
d’entraînement avant de prendre la route. Les nombreux supporters qui
avaient pronostiqué le jour du match en faveur de leur équipe, l’avaient
fait la peur au ventre et sans conviction, eu égard à la force de
l’adversaire et à l’inconstance des Eperviers capables du meilleur comme du
pire. N’ayons pas peur des mots ! Grand coup de chapeau quand même à nos
gars dont aucun n’avait démérité.
Après avoir empoché les trois précieux points et après les jubilations et
leur cortège de blessés et de morts qui ne manquent presque pas au Togo à
chaque victoire des Eperviers, où des crétins et des énergumènes de tout
acabit (excusez du peu !) choisissent volontairement et délibérément de
s’offrir en victimes en « s’immolant » non pas à leur propre domicile
pour les beaux yeux de leurs seuls parents, mais sur la voie publique pour
un simple match gagné, perturbant la circulation en pleine nuit; il est
méritoire de regarder l’avenir sous d’autres auspices. Plusieurs blessés et
au moins deux morts (à côté de l’imprimerie Echos d’Afrique). Il faudrait
amener les Togolais à se montrer un peu plus « civilisés » dans
l’extériorisation de leur joie. Il y a mieux à faire que de s’afficher comme
des primitifs dans nos rues, allant jusqu’à causer des dommages à des «
gens sages » et prudents qui conçoivent la jouissance d’une victoire
autrement. C’est côté jardin.
Côté cour, et ce qui constitue de loin notre plus grande préoccupation,
c’est le rendement des Eperviers dans la suite de la compétition. Il faut
être honnête pour dire que, si les Eperviers ont gagné leur match contre le
Cameroun, nous le devons beaucoup plus à la chance et au hasard qu’au
résultat d’un bon entraînement. Les Togolais doivent se frotter les mains de
la méforme du jour de leur adversaire. C’est le lieu de dire que pour le
moment, l’entraîneur Jean Thissen ne saurait se glorifier d’avoir amené ses
poulains à la réussite. Mais un tel début ne constituerait qu’un bon
baptême de feu pour sa carrière dans un petit pays plein de problèmes
inutiles, tant en politique qu’en sport. Nous ne pouvons que lui souhaiter
meilleur sort que Gottlieb Goeller, Stephen Keshi ou Paul Zougbédé. Il
faudrait qu’à l’avenir,
la FTF s’arrange à avoir le gros de l’effectif
dans nos murs au moins une dizaine de jours à l’avance pour pouvoir parler
de véritable entraînement au lieu d’échauffement.
Il
est de bon ton de ne pas verser indéfiniment dans le triomphalisme et
l’illusion, mais de revenir en nous-même pour faire une auto-critique qui,
bien menée ou prise en compte, aura le mérite de palier à des surprises
désagréables pour la suite. Nous ne sommes pas de ceux-là qui se bercent
d’illusions béates à la moindre réussite. Il est indispensable dès à
présent, de prendre la mesure de ce qui attend les Togolais dans la suite de
la compétition, tout en étant bien sûr optimiste, car le pessimisme ne
conduit nulle part. Nous pensons par ailleurs, qu’il serait bon de
constituer une solide deuxième équipe nationale de football sur l’ossature
des locaux, pour parer à toute éventualité. Peu avant le départ des
Eperviers pour Accra, il y a eu résurgence des problèmes de prime. Nous
souhaitons que la FTF prenne l’engagement de ne plus jamais permettre aux
Togolais d’entendre que les joueurs réclament des arriérés de prime avant ou
après un match. Ce n’est pas bon signe à quelques heures d’une rencontre si
importante.
La
honte dans laquelle Rock a traîné les Togolais entre 2006 et 2007 et surtout
à Wangen avant de partir et revenir contre toute attente, est encore vivace
et hante les esprits. Les Togolais ne sous-estiment pas la portée du
proverbe qui nous enseigne que « tant que le cleptomane vit, il faut
s’attendre à ce réflexe inné qu’il traîne en lui ». Un engagement ou un
contrat ferme mérite d’être passé entre la FTF et nos joueurs, concernant le
délai dans lequel toute prime doit leur être versée. Etant donné qu’au Togo,
nos responsables, tombés en plein marché, n’ont pas honte de ne pas
respecter les engagements ni les textes écrits auxquels ils ont souscrit
eux-mêmes, il n’est pas inutile d’envisager cette
hypothèse.
Alain Simouba
Libertinage
Tel père, tel fils
Un génie de football est né. Enzo
Zidane, ainsi il s’appelle, 14 ans, fils aîné de l’emblématique N°10 des
Bleus, Zinédine Zidane est une star en herbe qui fait parler de lui du côté
de l’hexagone et de l’Espagne. Tel père, tel fils. On ne tarit pas d’éloges
à l’endroit de Zizou junior. Le prodige franco-espagnol, dit-on, a des
qualités footballistiques largement au-dessus de la moyenne. Du coup, toute
la botte se met à rêver.
La
France estime que le géniteur étant Français, il doit jouer pour la France.
Un avis que ne partage pas l’Espagne qui soutient que Enzo Zizou évoluant
depuis plusieurs années au sein des équipes de jeunes du Real Madrid et dont
la mère est d’origine espagnole, doit être sélectionné pour l’équipe
d’Espagne. L’enfant est ainsi tiré à hue et à dia. Pourvu qu’il ne se
déchiquette pas.
« Enzo a les mêmes gestes que son
père », salive comme le chien de Pavlov la presse espagnole parlant
de la célèbre roulette de Zinédine Zidane. Mais ce que les «
con-de-frères » ne disent pas et que beaucoup veulent savoir, est si
Enzo a un coup de tête aussi foudroyant que celui de son père. En tout cas,
étant donné que le fils est la photocopie conforme du père, on doit
s’attendre qu’il brille sur les terrains par des coups de tête «
Zidanesques ». Et ce sont les enfants de Materazzi qui vont ramasser les
pots cassés.
Le
griotisme payant
Tout le monde est unanime à louer les
compétences de M. « Salaud » Koffi Eloi, Inspecteur de
la Jeunesse
et des Sports. Bien que maîtrisant les arcanes du sport, il ne fait pas «
mazin mazin » comme quelqu’un. C’est à juste titre que le « p’ti
» a pris un décret la semaine dernière pour récompenser ses qualités. Une
promotion au prorota de ses mérites. Seulement voilà, il y a au Togo des
gens doués qui n’utilisent pas à bon escient leurs talents. Et M. «
Salaud » Koffi fait malheureusement partie de ceux-ci.
Depuis le retour aux affaires du fils du
père, l’homme s’illustre par un griotisme morbide qui ne dit pas son nom.
Ses sorties fracassantes aux côtés de Django ont laissé beaucoup de monde
estomaqués. On ne lui connaissait pas ces envolées dithyrambiques. Nombreux
étaient ceux qui, en entendant les déclarations de « Salaud » Koffi,
avaient cru avoir affaire aux voyous liseurs professionnels de motion qui
avaient le vent en poupe dans notre pays dans un passé récent. Il s’est tout
simplement permis de démontrer devant Dieu et devant les hommes comment
Django a rendu joyeux le public togolais à travers la gestion scandaleuse
qu’il a faite de l’équipe nationale à
la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Les
élucubrations immondes débitées par cet inspecteur de sport sortent de
l’entendement humain.
Aujourd’hui, nombre d’observateurs pensent que c’est son griotisme maladif
qui a payé. Vrai ou faux ?
L’UNFT mange son anniv ...
A « Gnassingbéland » chaque jour
est un jour de fête. Si ce n’est pas l’anniversaire de la mort du père de «
yovovia » qu’on fête,
c’est celui du trépassement du père de la «
gnassion », le papa de
« Faure-vi » qu’on célèbre en grande pompe. Ou c’est un accident
d’avion du papa du « p’ti », un miraculé qu’on mange chaque année. Ce
qui fait dire à quelqu’un que le « Gnassingbéland » est un pays de
fêtards.
Pour ne pas rester en marge des évènements, l’Union Nationale des Femmes du
Togo, mange son 37 ème anniversaire. Encore un anniversaire de plus. Pour
couronner l’évènement, ses femmes se sont donné rendez-vous dans la maison
du Dieu Tout-puissant pour demander pardon pour leurs innombrables conneries
qu’elles ont commises. Lors de la messe, ce sont les « bas-ronds » du
parti des RePTiles qui étaient aux premières loges. On se demande si l’UNFT
a changé de domination pour devenir l’Union nationale des « bas-ronds ».
La prégo de ces femmes a déclaré à la sortie de leur pénitence que les
femmes doivent cultiver la paix à tous les niveaux de leur existence. Une
accouchée difficile de notre quartier nous a posé la question de savoir si
le mot paix est un héritage commun que le père du « p’ti » a laissé
aux RePTiles. Car selon elle, depuis plus de quarante ans ils n’ont jamais
cessé de chanter ce mot. Mais est-ce qu’on peut être en paix lorsqu’on a le
ventre creux ? La grande majorité des « Gnassingbélandaises » tire
le diable par la queue. La question reste posée.
« Henrivi Djagbanev » avait donc menti
La première journée de la dernière phase des éliminatoires
combinées CAN/Coupe du monde s’est jouée ce week-end. Samedi, les Eperviers
du Togo ont croqué les Lions Indomptables du Cameroun sur la marque d’un but
à zéro. Cette victoire a donné du baume au cœur des supporters qui se sont
bien «enjaillés ». Du côté des dirigeants, c’est aussi l’euphorie.
Pourtant le départ sur Accra n’a pas été facile.
Le sélectionneur Jean Thissen l’a
reconnu en parlant d’une préparation perturbée. Le problème de la paye
d’arriérés de primes s’est encore invité dans les préparatifs. Ce que le
Belge avait d’ailleurs qualifié de vieux démons qui poursuivent le football
togolais. Alors que ce problème a été évoqué en amont par la presse. Mais
quelques heures auparavant, le tout nouveau griot du prince « Rockvi
», « Henri Djagbanev» qui cherche à ravir la vedette aux anciens
griots, a nié énergiquement l’existence de ce problème. Aujourd’hui le temps
a montré qui dit la vérité et qui ment.
On se rappelle, le mec a accusé les
journalistes de manquer de professionnalisme et de semer la zizanie. «
Vous attendez les ristournes de ces primes ? », a-t-il demandé aux «
con-de-frères », et à eux de lui répliquer : «M. Henri, sachez que
nous sommes contents de nos salaires ». Aujourd’hui face aux révélations
du coach sur ces arriérés, le président de Togo Football Awards aura-t-il le
toupet de tenir encore ces mêmes propos mensongers ? Ou bien va-t-il
accuser Jean Thissen aussi de trouble-fête ? On attend de voir.
Veut-on encore falsifier l’histoire ?
Cela fait quelques mois qu’on n’a plus entendu le ministre
de
la Coopération,
« Gilberto » von Bawara narguer les « Gnassingbélandais ».
Qui a bu boira, dit-on. Lundi dernier, sur une chaîne de la place, lui et le
3ème Vice-président de
l’UFC Isabelle Ameganvi ont débattu sur le processus de « Vérité, Justice
et Réconciliation ». Le gars a encore débité des choses incroyables.
Heureusement, ce fils de Siou nous a fait économie d’ « insultements»
drus.
On se rappelle que la presse et certains leaders lui avaient reproché ce
comportement. Ils l’ont appelé à plus d’humilité et de retenue. Le gars
avait justifié la situation sociale calamiteuse du Togo, notamment l’état
délabré des routes par la grève générale illimitée. Et à l’époque, on lui a
signifié sa méconnaissance de l’histoire du Togo. L’ex-fonctionnaire de
l’ONU semble le confirmer par ses propos.
« Le 27 avril 1958, il y avait eu une nouvelle élection, le CUT (Parti)
avait fait campagne en disant : nous voulons une indépendance immédiate. Ils
ont gagné et ils n’ont pas décrété l’indépendance et ils ont attendu 2 ans
pour la décréter. C’est une supercherie. Le 27 avril 1946 correspond à la
date de la création du CUT, donc on a tout fait pour la coïncider à la date
d’indépendance du Togo », a radoté Gilberto von Bawara samedi. La
version là, on avoue que seul le « ministron » la connaît.
Quelle mouche a piqué « missié » le prégo ?
Après trois ans d’existence et deux
passés dans les oubliettes, l’Alliance de l’apprenti chrétien, « Fo Péré
» a organisé pour la première fois un congrès statutaire. Après avoir
été reconduit à la tête de son parti, le « missié » a déclaré que sa
mission est celle du papa de « Fo Gil », celle de faire du «
Gnassingnéland » le bronze, plutôt l’or de l’humanité. Depuis, nombreux
sont ceux qui ont essuyé et déposé leurs « zoeils » pour voir ce rêve
devenir réalité. Nous sommes « à Togo » et nous savons de quoi on est
capable dans ce pays. Notre « prégo » ne nous a-t-il pas donné
l’exemple au soir du 5 février 2005 ? Passons.
Pour parler de son parti qui est resté quelques temps dans les oubliettes,
il était l’invité de l’émission « Colline de
la
Semaine
» sur
la TéVéTé. Le
jour-là, le « con-de-frère » qui avait bien préparé ses questions,
voulait que l’homme parle en long et en large des jaloux qui voulaient
enterrer vivant son parti. Malgré les nombreuses gymnastiques du «
con-de-frère », « Fo Maurice » n’a pas baissé la garde. Ce qui a
étonné plus d’un, c’est lorsqu’arrivé à un moment de l’émission, alors qu’on
lui avait posé une question, le patron des « allianceurs », on ne
s’est quelle mouche l’a piqué, s’est levé du plateau sous le regard des
téléspectateurs sans crier gare. L’animateur Délah « Le portail » n’a
trouvé mieux que de sourire pour digérer le geste et détendre un peu
l’atmosphère. Quelques minutes après, l’ancien prégo de l’Assemblée «gnassionale
» est revenu sur le plateau et l’émission a repris son cours comme si de
« rignin » n’était. Vraiment, ces « kpoliticiens » ne
cesseront de nous « tonner ».
Enfin « Faure-vi » se marie!
Depuis un certain temps, cette rumeur
est devenue une réalité et elle circule dans les coins et recoins de Lomé la
belle poubelle. Seuls les malentendants ne l’ont pas appris. Nombre de «Gnassingbélandais
» qui « savaissaient » leur prégo un célibataire endurci feraient
tout pour le sortir de son long « célibatariat ». C’est pourquoi sur
conseil de son ami « Yani Boyi », « Faure-vi » aurait décidé
de se marier.
Il aurait donc trouvé une fille « miam miam » avec qui, il va
célébrer un mariage pompeux digne d’un prégo le samedi prochain, a annoncé
une radio de la place. Elle précise que la cérémonie qui se déroulera au
Palais des Congrès de Lomé sera célébrée par le Pape Benoît XVI qui viendra
lui aussi dans notre pays comme l’a fait son prédécesseur Jean Paul II.
Tous les « prégodents » africains et leurs premières dames sont
invités, sauf les célibataires. Cependant, c’est le jour « J » que
le nom de la grande chanceuse sera dévoilé à la « gnassion ».
Les
mauvaises langues disent que depuis l’annonce de cette nouvelle, les gos de
Lomé ne dorment plus le sommeil et mangent à longueur de journée leurs
ongles pour n’avoir pas été choisies par le prégo. Nous, on est vraiment
content que le « p’ti » ait enfin trouvé chaussure à son pied.
Malheureusement, cette histoire est juste pour rire, c’est-à-dire un «
léléphant » de mars, plutôt un poisson d’avril.
Au cœur des « mon pays »
Habia
: Mon pays, c’est comment ? Je te vois très cool ce matin. Tu as quelques
problèmes de difficultés ?
Banassim
: Non. Sinon, c’est moi-même qui fais certains calculs dans ma tête.
Habia
: C’est encore quel calcul ? Dis-moi ça pour voir si je peux t’aider.
Banassim
: Class, ce n’est pas un problème qui m’appartient. C’est un « pensement»
général sur certaines « siiations ».
Habia
: Toi tu es bien. Tout ce qui ce passe là ne te gêne pas et tu pars jusqu’à
aller penser sur la « siiation » des autres !
Banassim
: Au fait, c’est de notre « siiation ».
Habia
: Soit clair. Tu parles de quoi au juste ?
Banassim
: J’espère que tu circules bien dans la ville.
Habia
: Toi-même tu connais notre boulot. On n’est jamais sur place. On ne fait
que bouger seulement dans la ville.
Banassim
: C’est bien. Tu ne constates « rignin » sur comment les routes sont
devenues maintenant ?
Habia
: Si c’est ça class, ne parle pas trop « beaucoup ». Je ne comprends
pas ce qui s’est passé.
Banassim
: Quand je vois ça, ça me fait honte. Je ne crois pas que cela peut arriver
à nous aussi.
Habia
: Avec tout ce que nous avons fait comme boulot, comment les routes-là vont
encore casser ?
Banassim
: Je « qu’en pense » que ce sont les civils qui ont peut être cassé
ça pour nous dire qu’on n’a pas bien fait notre travail.
Habia
: En tout cas moi, je ne crois pas. C’est la route même. Je crois qu’elle
n’est pas « bon ». Sinon ce n’est pas un petit travail qu’on a fait.
Banassim
: Lorsque la pluie va commencer par tomber, comment ça va devenir ?
Habia
: C’est difficile à dire. Moi, je n’ai même pas de vélo, donc ça ne va pas
gêner mes pieds. C’est le problème de ceux qui ont des voitures et motos.
Banassim
: En tout cas, on a fait de notre mieux. Comme les routes ont refusé d’«écouter
», chacun n’a qu’à se débrouiller.
Habia
: C’est bien dit. Si nous on ne peut pas faire ça, qui peut le faire dans ce
pays? La tête que nous avons cassée avant de faire ça, ce n’est pas
n’importe qui !
Banassim
: Je vois que les routes mêmes sont « vieux » et on doit refaire
tout.
Ça va se savoir:
« Hundred
Dollars in Cemetery » (1)
Toute belle, Accra, la Capitale du Ghana scintillait. Le ciel était tout
illuminé sur la ville, c’était à vrai dire un « Night Sun », comme le
disent les Anglais. La ville a accueilli des supporters des Eperviers qui
ont fait massivement le déplacement pour apporter leur soutien à l’équipe
nationale qui rencontrait celle du Cameroun. Alors que les joueurs,
poursuivaient leur mise au vert à l’hôtel, les nombreux supporters eux, se
pavanaient, prenant d’assaut les coins et recoins de la capitale. Ainsi,
l’on voyait à Kwame N’Kruma Circle ou au rond point « 37 Thirty Seven
», des groupes de jeunes Togolais très mobiles et actifs dans ce qu’ils
appelaient « Echange culturel au Ghana ». Les entrées et sorties des
chambres closes étaient perceptibles. C’était la viva et chacun faisait ce
qu’il pouvait pour se soulager ou apprécier ce qu’ont ces jeunes filles de
nuit en minijupe moulante, tout sexy qui jonchaient tous les coins presque
des rues et ruelles de la capitale ghanéenne. Dans le lot des chercheurs, il
y avait Edem, un jeune homme svelte sans fesses, mais très craint par les
jeunes filles de son quartier Nyékonakpoè à Lomé, à cause de son reptile
indomptable.
Il avait depuis quelques temps ses yeux rivés sur Beauty, de corpulence
moyenne et d’une taille d’à peine 1,50 m, on dirait une vietnamienne. Il
finit par la héler. Ils discutèrent de tout et de rien, surtout des tarifs
de la « marchandise» dans un anglais non équilibré parce que le jeune
homme, lui, bricolait cette langue de Shakespeare juste pour la
circonstance. Il avait hâte de découvrir ce que celle-ci avait de
particulier. « How much ? », combien, demandait-il à la fille qui en
ce moment par ses fins doigts, parcourait les points sensibles de son client
pour l’ensorceler davantage. « For Short time or for whole night ? »,
(court temps ou toute la nuit), demanda la fille pendant qu’elle apposait
une bise fraîche sur les lèvres de son conquérant. « I don’t no, depend
you »( Je ne sais pas, cela dépendra de toi), a-t-il répondu. « You
have to pay two hundred (200) dollars US for whole night or one hundred and
half (150) for a short time» (200 dollars US pour toute la nuit ou 150
dollars pour le court instant), chuchota-t-elle en embrassant tendrement le
bonhomme dont-elle ignorait la force de frappe. Ils conclurent alors le
marché au bout d’âpres négociations à cent (100) dollars pour le « Short
». Edem invita sa conquête à une balade qui les conduit aux abords de «
Osu Stadium» où l’attendaient ses amis en vue d’un « Accra by Night »
qu’ils avaient tous ensemble programmé.
Beauty appuyait davantage sur la gâchette de séduction, ce qui emporta Edem
qui déjà perdit la tête. Aussi, était-il pressé de découvrir la grotte
d’amour perdue de sa conquête dont il devinait la forme. Mais, il doutait
encore de sa pénétration compte tenu de la forme de son reptile indomptable.
Il voulait à tout prix faire honneur à sa bête qui, depuis belle lurette
n’avait pas connu de niche. Les amoureux se détachèrent du groupe des amis
et vinrent s’asseoir à l’entrée du grand cimetière de la ville, situé à
quelques pas du stade. Tout excédés, ils s’introduirent dans l’enceinte du
cimetière et prirent une tombe carrelée pour lit où ils poursuivirent les
préalables. L’heure de la vérité sonna, avec la présence effective de
l’esprit d’Eros qui les manipulait. Le jeune homme orientait la bête vers la
caverne. Beauty se cramponnait sur le muret de la tombe, écrasant ses prunes
sur les carreaux. A peine la tête du reptile franchit-elle le seuil de la
grotte que la fille hurla, très fort. Edem poussait vainement sa bête qui
éprouvait encore des difficultés. L’homme, d’une main se saisit fortement de
la hanche dodue de sa proie. Il poussait, poussait mais ne parvenait pas ;
la fille pendant ce temps n’a cessé de hurler sauvagement. « Héééé !!
Stop », gronda-t-elle. Le jeune dans sa surdité poussait encore et sans
cesse.
A
suivre
Tonton D |
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