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Golfe Info 520 du lundi 23
mars 2009 |
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Premier
congrès statutaire de L’Alliance : Justice, Vérité, Fraternité, bases de la
politique générale du parti |
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Il a été
réélu à la tête de « son » parti le 22 mars dernier lors de son premier
congrès statutaire à Lomé. Maurice Dahuku Péré, fondateur du parti politique
«l’Alliance démocratique pour la patrie» et ses militants et sympathisants
s’étaient réunis depuis le 20 mars dernier pour marquer le temps d’un
nouveau départ sur la scène politique nationale. Au sortir de ce congrès,
une déclaration de politique générale a été adoptée et servira de base aux
actions futures de ce parti qui fonde sa conviction sur « l’Alliance entre
tous les filles et fils du Togo, la démocratie et la patrie».
Après trois
jours de travaux dans les locaux de la FOPADESC à Agoènyivé, les délégués de l’Alliance venus des
différentes préfectures et contrées du Togo ont reconduit pour 5 ans Dahuku
Péré dans ses fonctions de président national et ont doté leur formation
politique de son manifeste. D’après cette déclaration, l’Alliance se veut un
parti rassembleur de tous ceux et celles qui recherchent une autre façon de
diriger l’Etat togolais avec des valeurs sûres et universelles. Ces valeurs,
selon les congressistes, sont la «Justice,
la Vérité
et la Fraternité» ;
trois piliers inaltérables qui garantissent la paix dans les nations à
travers les âges et sur lesquels sont fondés les pays démocratiques et
prospères. Ainsi, pour les responsables de cette formation, « l’Alliance
est créée pour les citoyens de toutes ethnies du sud et du nord, de toutes
régions et de toutes préfectures, révoltés contre la façon de gérer le pays.
Une gestion fondée sur l’injustice, le mensonge, la délation, la division et
l’exclusion ». L’ancien président de l’Assemblée nationale togolaise et
ses militants se disent donc prêts à « combattre tout système et tout
gouvernement qui confondra biens publics et biens privés de famille ou de
communauté, quel qu’il soit ».
Se disant
fondée pour combattre un système qui conduit à coup sûr la nation à la
dérive, l’Alliance a exprimé, au cours de ce congrès, son opposition à toute
pratique qui divise et qui oppose les citoyens. Le parti exclut donc de son
programme politique tout ce qui est contrainte, coercition, oppression et
toutes choses semblables. Car, pour M. Péré, « ce sont les peurs, les
craintes, les lâchetés, les compromissions qui donnent aux oppresseurs
l’opportunité d’exister et d’opprimer, et même d’exterminer s’ils le veulent ».
Ainsi, «l’Alliance démocratique pour la patrie» fixe un nouveau
départ car, « aspirant sincèrement à un ordre social nouveau où tous les
citoyens, réconciliés entre eux, pourront fraterniser et solidariser dans
les beaux jours comme dans les mauvais ».
Une vision
politique qui découle selon les congressistes de la lecture que la formation
a faite et continue de faire de l’actualité politique nationale et qui
suscite des inquiétudes quant à la tenue d’un scrutin crédible en 2010.
Le congrès qui
a pris fin hier a confié au président élu le soin de mettre en place ses
bureaux exécutif et politique qui se chargeront d’organiser très
prochainement une convention du parti au cours de laquelle la participation
ou non de l’Alliance à la présidentielle de 2010 sera décidée.
Maurice Dahuku Péré : « 2010 sera à l’image de 2005 »
Faisant sa lecture de la vie politique actuelle du pays, le congrès de
l’Alliance a estimé dans sa «déclaration de politique générale» que
l’élection présidentielle prochaine sera à l’image de celle de 2005, étant
donné que le pouvoir ne crée pas les conditions de décrispation devant
permettre la tenue d’un scrutin libre et transparent. En effet, pour Dahuku
Péré et ses militants, « depuis la présidentielle de 2005 caractérisée par
des troubles sanglantes jamais égalées dans l’histoire politique du Togo, le
désespoir s’est emparé des Togolais dans un bain de misère et de pauvreté.
Mais, sous la pression de la communauté internationale, le pouvoir installé
dans ces conditions, a semblé aller dans le sens de la restauration d’une
certaine confiance avec des promesses de réconciliation nationale, de lutte
contre l’impunité, la corruption et le détournement des fonds publics, de
réduction du train de vie de l’Etat et des réformes institutionnelles ».
Cependant, fait-il remarquer, la réalité telle qu’elle se présente
aujourd’hui amène l’Alliance à s’interroger sur la volonté réelle du pouvoir
à régler ces problèmes pour une sortie définitive de crise. « Quatre ans
après 2005 et à la veille de 2010, estime l’Alliance, le Togo continue de
s’enfoncer dans la crise. L’attente de la population est trop longue et
n’émeut nullement le pouvoir ». Le pire dans cette situation selon ces
congressistes, c’est qu’au lieu de créer les conditions qui mettent le
peuple en confiance, le pouvoir « développe un cynisme en posant les mêmes
actes qui ont engendré violences et désolations en 2005 notamment,
l’exclusion politique, la modification de la loi électorale pour
institutionnaliser les astuces de fraudes, la mise en place d’une CENI
(Commission électorale nationale indépendante) dépendante et partisane,
l’utilisation du patrimoine de l’Etat à des fins électorales, l’achat des
consciences, le harcèlement, les intimidations et les affectations
arbitraires de fonctionnaires militants de l’Opposition ». Des faits qui
suscitent des inquiétudes à l’Alliance et qui l’amènent à trouver
regrettable que dans une situation de crise aussi grave et aussi longue,
avec des conséquences sur la vie quotidienne des populations, le pouvoir ait
choisi la voie de l’exclusion au lieu de rassembler tous les acteurs
politiques dans un forum de discussions pour rechercher les voies de sorties
de crise.
Pour l’Alliance, les modifications apportées au code électoral n’ont
d’autres buts que le renforcement des mécanismes de fraudes. Le parti
propose donc que pour garantir la neutralité de la CENI, elle devrait être
composée non pas de personnalités politiques, mais des personnes reconnues
pour leur probité et neutralité politiques.
Sédjrawodo ADRY
Renoncement au
prêt de la BID destine à la SNPT : Le phosphate togolais dans l’impasse ?
La relance du
secteur des phosphates est en train de prendre un sérieux coup. En effet, le
Togo a pris du « recul » dans les négociations avec la BID (Banque islamique de développement) relatives au prêt destiné à
relancer les activités de
la SNPT
(Société nationale des phosphates du Togo).
D’après le
chef du gouvernement togolais (dans une interview accordée au journal « Les
Afrique »), le taux d’intérêt fixé par la BID pour la cession de ce prêt
n’était pas acceptable. Et pour cause, explique Gilbert Fossoun Houngbo,
« le Togo a adhéré à l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) et ne
peut pas d’un côté bénéficier d’une annulation de sa dette, et de l’autre
aller se ré-endetter à n’importe quel taux et à n’importe quelle condition ».
« Il faut être responsable. D’autant que nos partenaires nous posent des
conditions dans le cadre de l’initiative PPTE. La première est que tout prêt
doit se faire à des taux concessionnels. D’où notre recul dans les
négociations avec
la BID »,
conclu le chef du gouvernement togolais.
En effet,
l’ancien ministre en charge du développement dans le gouvernement d’Edem
Kodjo, Yendja Yentchabré, dans le souci de relancer le secteur des
phosphates, a négocié en 2006 auprès de la BID, un prêt d’environ 30
milliards de Fcfa en faveur du Togo. Ce prêt, composé de deux crédits
(respectivement à 5 et 6%) devait servir à acheter de nouveaux équipements
(matériels roulant) pour renouveler le parc du matériel de production de la
SNPT. Toutefois, dans le but d’obtenir l’annulation de sa dette
multilatérale, le Togo a adhéré en 2008 au programme de la FRPC (Facilité
Pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance) du FMI (Fonds
Monétaire International). Ce programme qui exige que tout prêt doit se faire
à des taux concessionnels (c’est –à-dire ne dépassant pas 0,75%) va obliger
le Togo à entrer en discussion avec la BID pour la convaincre de revoir à la
baisse les taux fixés dans le cadre de son prêt. Les deux parties ne
trouveront malheureusement pas un terrain d’entente, d’où le recul dont fait
allusion le Premier ministre Houngbo.
Le Togo
ayant finalement renoncé aux crédits de la BID dans les conditions sus
mentionnées, la question est de savoir où est-ce qu’il trouvera l’argent
nécessaire pour acheter les équipements devant servir à relancer les
activités de la SNPT. Même si le chef du gouvernement togolais estime que le
problème de cette société ne réside pas dans les aspects techniques, mais
dans sa gouvernance, l’assainissement de la SNPT pourra-t-il contribuer à
lui seul à relancer ce poumon de l’économie ? Tout en se félicitant de la
démarche de l’exécutif, nombreux sont ceux-là qui le pressent de trouver un
partenaire pour l’accompagner dans sa stratégie de relance de ce secteur.
Rodolph TOMEGAH
Forum mondial de
l’eau : Le consensus d’Istanbul veut remédier au problème de pénurie
Le 5ème Forum
mondial de l’eau tenu la semaine dernière à Istanbul, appelle à ne plus
gaspiller aucune goutte d’eau. Il a permis aux experts présents d’essayer
de trouver des approches de solutions à la pénurie mondiale d’eau, qui « en
l’absence d’actions immédiates, privera la planète d’eau douce ». Les
discussions ont aussi porté sur la corruption qui gangrène le secteur.
L’Afrique, l’un des continents où se problème sévit le plus, était au cœur
des discussions.
Selon les
experts qui ont participé au 5ème Forum
mondial de l’eau, chaque année, 8 millions de décès sont attribués au manque
d’eau et d’hygiène. Le Thème des assises de cette année, « ne pas
gaspiller une seule goutte d’eau » appelle les nations à mettre en
action toutes les mesures nécessaires pour endiguer la pénurie mondiale
d’eau, puisque cette dernière est un élément essentiel à la vie humaine.
C’est sans doute dans cet ordre d’idée, que le « Consensus d’Istanbul sur
l’eau (IWC) » a été signé jeudi 19 mars.
Le consensus
d’Istanbul pour freiner la pénurie hydrique
L’IWC rappelle
que les phénomènes du changement climatique, ceux de la croissance
démographique, de l’urbanisation intensive, associés à la rapidité du
développement économique et à d’autres pressions, ont des conséquences sur
les ressources. « Nous nous appuyons sur les engagements passés et
exprimons notre volonté de développer des approches intégrées de gestion de
l’eau afin de combler les fosses hydriques et de renforcer la capacité de
nos villes et régions à gérer des pressions extérieures toujours plus
fortes, contribuant ainsi à un développement durable pour tous »,
peut-on lire dans le document. Cet accord devrait permettre l’élaboration
des stratégies de gestion de l’eau et celles destinées à lutter contre des
défis d’ordre mondial.
Ce consensus a
en effet pour objectif de « concrétiser l’engagement des autorités
locales et de porter ces questions à l’attention des gouvernements
nationaux et des législateurs et de la communauté internationale. »
Faisant suite à cette signature, des titres honorifiques de « Villes
championnes » ont été attribués à des municipalités engagées dans la
gestion des ressources hydriques, notamment Vienne, Paris, Lyon,
Buénos-Aires, Lausanne, Icheon et Istanbul. Ces dernières ont promis de
respecter les nouvelles règles établies afin de servir de modèles pour
d’autres contrées du monde qui recherchent des solutions contre les pénuries
d’eau. « Nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller une seule goutte
supplémentaire » affirme le Pr. Oktay Tabasaran, Secrétaire Général du
Forum. « Nous espérons que le consensus d’Istanbul sur l’eau inspirera
d’autres municipalités de la planète à rejoindre ce mouvement et à prendre
des initiatives pour trouver des solutions efficaces aux défis
d’aujourd’hui… », renchérit-il. Ces solutions sont indispensables pour
le continent noir qui n’était pas oublié lors de cette grande rencontre.
L’Afrique au
cœur des débats
Le Forum
mondial de l’eau s’est penché sur les pénuries d’eau en Afrique mercredi et
jeudi derniers. Pendant qu’il était démontré que la sécheresse frappe de
nombreux pays de l’Afrique, en particulier ceux de l’Afrique de l’Est ; la
Libye a dévoilé les détails d’un « gigantesque projet qui serait en voie
d’achèvement ». Il s’agit de la réalisation de 400km de canalisations
qui permettront d’acheminer l’eau enfouie dans le Sahara jusqu’à la côte
nord du pays. Pour le guide Libyen, Mouammar Kadafi, ce projet baptisé « Great
Man-Made River ou GMR » sera la « huitième merveille du monde ».
Lancée
officiellement en 1984, et déjà réalisée au deux tiers, la construction des
400km de canalisations de 4 mètres de diamètre permettra d’alimenter en eau
les 5,7 millions d’habitants qui vivent dans la côte nord du pays (qui
abritent 90% de la population Libyenne et celle de la capitale, Tripoli).
L’eau douce sera extraite à 500 mètres de profondeur par 1.300 puits. « La
GMR est le plus grand projet d’irrigation au monde et coûte 33
milliards de dollars, incluant l’investissement initial et les coûts
d’entretien sur 50 ans », a précisé le Chef de l’Etat Libyen. Pour Fawzi al
Sharief Saeid, responsable libyen de la gestion des eaux souterraines, « les
études ont montré que le projet était plus économique que les autres
alternatives », telles que la construction d’usines de dessalement ou
l’importation d’eau depuis l’Europe. Selon des études libyennes, 4.860
années de réserves en eau souterraine seraient, non seulement, disponibles
pour le pays mais aussi pour les trois autres pays potentiellement concernés
tels que le Soudan, le Tchad et l’Egypte.
Ce projet
Libyen qui est rendu public pour la première fois, n’a pas l’approbation de
tous. S’il a été salué par l’UNESCO pour la transparence de sa présentation,
il a aussi soulevé la perplexité chez nombres d’experts qui s’inquiètent des
conséquences environnementales et économiques d’une opération d’une telle
ampleur. Certains comme Mark Smith, spécialiste de l’eau à l’IUCN
(International union for conservation of nature), redoute l’exploitation
intensive d’une « eau fossile » emmagasinée depuis des millénaires et
« qui ne pourra jamais être remplacée dans un Sahara aux très maigres
précipitations ». D’autres estimant l’investissement disproportionné, « redoutent
les réactions des pays voisins de
la Libye et craignent une surenchère dans le pompage de cette eau
du désert jusqu’à présent préservée ».
La corruption,
une menace pour le secteur hydrique mondial
Le 5ème Forum
mondial s’est aussi penché, pour la première fois, sur la corruption qui
gangrène le secteur hydrique mondial. Un phénomène qui est l’un des
principaux freins à l’accès à l’eau et à l’assainissement dans le monde. « La
corruption siphonnerait quelque 30% des budgets publics consacrés à l’eau
dans les pays en voie de développement », révèle Hakan Tropp, Président
du Réseau pour l’Intégrité dans l’Eau (une coalition d’acteurs de tous
horizons engagés dans la lutte contre le phénomène). « Tout le monde
s’interroge sur les moyens d’augmenter les investissements, qui sont très
insuffisants, dans ce secteur, mais récupérer l’argent qui y est détourné
serait déjà un grand progrès », explique M. Tropp.
L’eau n’est pas
le seul secteur touché par ce phénomène de corruption, mais il est
spécialement sujet aux détournements les plus « ignobles », car ses
intervenants sont les plus nombreux. Il urge donc de mettre les dispositions
adéquates en action pour que les OMD (Objectifs du millénaire pour le
développement) soient atteints d’ici 2015 comme prévu.
Charlotte
DAKLOU
En visite au
Togo : Les administrateurs de la Banque mondiale au contact de la pauvreté
En visite au
Togo depuis jeudi dernier, une mission de sept administrateurs de la Banque
mondiale a effectué samedi, dernier jour de leur séjour en terre togolaise,
une visite de projets financés par leur institution à l’intérieur du pays.
Ainsi, les membres de la délégation se sont rendus à Ayakopé, un village du
canton d’Agamé dans la préfecture de Zio, située à environ 35 km de Lomé.
Dans ce
village, les hôtes du Togo ont eu à se rendre
compte de
l’évolution des travaux de construction d’un pont situé sur la principale
piste de cette localité ; un ouvrage emporté par les dernières inondations
et dont la reconstruction est financée par la Banque.
Dans le cadre
de la reconstruction des infrastructures endommagées par les pluies
diluviennes de l’année dernière, l’institution de Bretton Wood, à travers le
PURP (Programme d’urgence de réduction de la pauvreté), participe à la
remise en état de certains ouvrages d’art togolais. C’est ainsi qu’elle a
débloqué un peu plus de 28 millions de fcfa pour la remise en état dudit
pont, situé sur la rivière Tchito dans le village de Toglobo, dans le canton
d’Agamé d’une part, et le reprofilage de la piste principale de ce canton
sur une distance d’environ 14 km d’autre part. Ce dernier projet est estimé
à environ 20 millions de fcfa.
Parallèlement à
ces ouvrages et au Projet PURP,
la Banque Mondiale
a accordé au titre du PDC (Programme de développement communautaire), aux
populations d’Ayakopé, un crédit (don) d’environ 29 millions de fcfa pour la
construction de deux bâtiments scolaires de 3 classes chacun, la fabrication
de 150 tables-bancs et la construction d’un bâtiment administratif.
Ces visites
seront suivies d’une séance d’échanges entre la délégation de la Banque mondiale et les populations d’Ayakopé. Celles-ci, par la
voix de leur porte-parole en ont profité pour soumettre une kyrielle de
doléances à leurs hôtes. Répondant à ces doléances, les administrateurs de
la BM leur ont laissé entendre que leur mission a pour objectif de faire
connaissance avec les réalités quotidiennes des togolais afin de savoir
comment gérer les dossiers de ce pays. Il leur fera tout de même observer
que leurs doléances seront étudiées et auront des réponses appropriées.
Deux jours plus
tôt, les membres de la mission de la Banque mondiale s’étaient rendus sur le projet corridor. Un
projet financé par l’institution de Bretton Woods pour un montant de 16.6
millions de dollars (environ 8 milliards de fcfa). L’objectif de ce projet
est d’accroitre l’accès des personnes vulnérables aux servies d’appui, aux
soins et traitement de base, et aux mesures de prévention en matière de
VIH/SIDA. Transporteurs routiers, policiers, douaniers, portefaix,
travailleurs de sexe, et autres professionnels exerçant au niveau des postes
frontières entre les cinq pays du corridor Abidjan-Lagos (Ghana, Bénin,
Togo, Côte d’Ivoire et
Nigéria)
sont les cibles de ce projet. Apres la présentation
de différents rapports relatifs à ce projet, José A. Rojas, porte parole des
administrateurs, et par ailleurs Directeur exécutif de
la Banque a
indiqué que les résultats sont significatifs. Il a émit le vœu de ressentir
la même satisfaction sur tous les autres projets financés par la Banque au Togo.
Rappelons que
la visite des sept administrateurs de
la Banque
mondiale au Togo s’inscrit dans le cadre d’une tournée née de la volonté de
ces derniers de prendre contact avec les autorités gouvernementales des pays
qu’ils représentent afin de s’imprégner de leurs réalités socio-économiques,
pour une meilleure compréhension des défis à relever pour leur
développement économique et social. Cette tournée sera également l’occasion
pour ces décideurs d’identifier les voies et moyens pour renforcer la
coopération entre le groupe de la Banque mondiale et ses pays membres et
d’échanger avec les autres partenaires techniques et financiers, le secteur
privé et la société civile des pays visités.
Les
administrateurs sont les représentants des pays membres auprès du groupe de
la Banque mondiale. Ils sont en poste au siège de l’institution à
Washington et siègent au Conseil d’administration. Au total,
la Banque
mondiale compte 24 administrateurs.
Ceux-ci se
réunissent deux fois par semaine pour discuter de la conduite générale des
opérations et donnent leur approbation à tous les prêts et crédits, aux
opérations de garantie, aux nouvelles politiques, aux stratégies d’aide
aux pays, et aux décisions touchant aux emprunts et aux finances de
l’institution. Chacun des administrateurs est aussi membre d’un ou plusieurs
comités permanents (audit, budget, efficacité du développement,
administration).
En règle
générale, les administrateurs statuent par consensus. Cependant, le droit
de vote relatif de chaque administrateur dépend des parts du capital que
possède, le ou les pays qu’il représente.
Marc
D.KOUAKANI-ASSI & Abdou Yêkini Radji
Contrer la
piraterie au Togo : Les autorités s’activent, les pirates peuvent récidiver
sans gêne
Le
Butodra (Bureau Togolais du
Droit d’auteur), sur l’initiative du ministère de la Communication et de la
Culture a célébré les 13 et 14 mars dernier la 1ere « Journée
nationale de lutte contre la piraterie ». Cette commémoration s’inscrit dans
le cadre des stratégies de lutte contre la piraterie des œuvres de l’esprit
(littéraires, musicales, artistiques…) togolaises ou étrangères sur le
territoire national. Ont été au programme de ces activités, un concert
musical, des débats télévisés avec les artistes et un séminaire sur
« l’introduction au droit d’auteur et aux droits voisins » et « les
autorisations en matière de reproduction, d’importation et d’exportation, et
de distribution ». Une occasion pour les responsables du Butodra de
sensibiliser le public sur les voies et moyens à mettre en oeuvre pour faire
face à cette piraterie et pour éclairer les uns et les autres sur des
notions comme la propriété intellectuelle.
Qu’entend-on
par la propriété intellectuelle ?
« L’introduction
au droit d’auteur et aux droits voisins » faite par Aziz Traoré
Idrissou, directeur général du Butodra, s’est appesantie sur la propriété
intellectuelle. D’après l’intervenant, il existe des droits portant
sur 3 types de biens : les biens meubles qu’on peut déplacer (voiture,
table…), ensuite les biens immeubles, ceux qu’on ne peut pas
déplacer (terrains, maisons,…), et enfin les biens immatériels qui
n’existent pas physiquement mais sur lesquels l’on peut posséder des droits
(création intellectuelle). La propriété intellectuelle découle donc du «
droit de jouissance ou d’usage sur un bien immatériel selon la loi ».
Elle est subdivisée en propriété industrielle (brevets, marques, modèles)*
et en propriété littéraire et artistique (droits d’auteur et droits
voisins).
Le droit
d’auteur
« Le droit
d’auteur est l’ensemble des prérogatives que la loi ou la jurisprudence
reconnaît, accorde aux créateurs d’œuvre de l’esprit littéraire ou
artistique. Celui qui crée une œuvre a des droits », a expliqué M.
Idrissou. A ses dires, à l’origine, le droit d’auteur n’existait pas
et n’est apparu qu’avec l’invention de l’imprimerie au 15e siècle.
Deux écoles, la majorité des pays européens et les anglo-saxons se disputent
la notion de droit d’auteur. Les premiers, avec la conception « personalis »,
pensent que c’est un droit moral qui ne peut être cédé. Tandis que les
seconds avec le « copyright » estiment qu’une personne morale, après
cession des droits, peut en devenir l’auteur et l’utiliser à son gré.
Prenant l’exemple de la musique, l’orateur a montré que le bénéficiaire du
droit d’auteur peut être : le parolier qui écrit le texte de la chanson, le
compositeur qui en compose l’air ou l’arrangeur qui dirige l’orchestration.
Tous ces auteurs ont un droit sur l’œuvre précitée. Notons qu’une seule et
même personne peut assurer à la fois ces trois rôles. En outre, le droit
d’auteur est lui-même scindé en 2 autres droits : les droits moraux et
patrimoniaux.
Toujours
d’après l’orateur cité plus haut, le droit moral comprend les droits
d’auteur comme. Le droit de divulgation qui permet à un auteur de divulguer,
publier son œuvre quand il veut ; le droit de paternité qui permet d’exiger
que son nom soit mis sur l’œuvre ou non,le droit au respect de l’intégrité
de l’oeuvre permettant de retirer une œuvre jugée non-conforme à la volonté
du créateur. A cette liste,il faut ajouter le droit de repentir ou de
retrait qui permet à un auteur de retirer définitivement ou non l’œuvre pour
la correction, quitte à dédommager un producteur s’il y a en.
Sur le plan
économique, le droit d’auteur a une grande importance. C’est à ce niveau
qu’interviennent les droits patrimoniaux qui confèrent à l’auteur
d’autoriser ou d’interdire la communication de son œuvre au public. Car, a
poursuivi le directeur général du Butodra, c’est la diffusion de l’œuvre au
public qui génère des redevances à l’auteur. Ainsi dans les années 1950, une
étude a révélé que les droits d’auteur avaient généré plus de bénéfices que
l’industrie automobile aux Etats-Unis. Ce qui n’est pas le cas au Togo « où
les artistes n’arrivent pas à vivre de leur œuvres. Il faut que cela
s’arrête. Il n’ y existe pas de studios de musique dignes de ce nom, de
maisons de production de la même veine» s’insurge l’un d’eux, King
Mensah.
Les droits
voisins
« Les droits
voisins, c’est l’ensemble des prérogatives reconnues aux auxiliaires de la
création que sont les artistes-interprètes, les producteurs de phonogramme
ou de vidéogramme, les organismes de distribution», selon une définition fournie
par le patron du Butodra. Bref, celui qui reprend une œuvre musicale déjà
créée est considéré comme interprète. Le chanteur, l’acteur qui joue ou
reprend une œuvre musicale, théâtrale, audiovisuelle sont tous régis par le
droit voisin. Les producteurs qui investissent dans la production des
œuvres ont aussi des droits voisins sur ces œuvres. De même que les
radiodiffuseurs qui créent des émissions à partir de l’œuvre d’un auteur.
Ils ont donc des droits réservés, quand d’autres confrères reprennent leurs
émissions déjà créées. D’où la nécessité de la gestion collective des droits
des artistes confiée aux bureau du droit d’auteur dans un Etat afin de
percevoir et de répartir les droits sur les chansons sur la base de leur
fréquence d’exécution sur les radios, les télévisions et dans les lieux
publics.
Dans quel
contexte une œuvre produite peut-elle être reproduite ?
C’est le « droit
de reproduction » ou la reproduction mécanique qui autorise la
multiplication d’une œuvre originale en plusieurs copies. Selon le directeur
de la documentation, de la répartition et de la statistique du Butodra,
Ayeneh Aworobou-Darou, « cela est fondamental car le public aussi a soif
des créations. Une seule personne détient la copie originale et les autres
ont besoin des copies pour profiter des créations». C’est ainsi qu’est
née la nécessité de reproduire, de dupliquer les œuvres. Cela est valable
seulement pour les œuvres musicales et littéraires. Ainsi, les créations de
peinture comme les tableaux, les toiles ou d’art telles les sculptures ne
peuvent être reproduites. Leur représentation, est assimilé alors à des
faux ou des copies frauduleuses pouvant entraîner contre son possesseur,
des poursuites judiciaires. « La reproduction ne s’effectue pas parce
qu’on a besoin de reproduire ces œuvres. Cela doit suivre un processus »,
indique M. Aworobou-Darou. Au Togo, le droit de reproduction est
réglementé par l’arrêté 1503/MCC/CAB du 06 octobre 1992 en son article
premier qui dispose : « La duplication au Togo comme à l’étranger de
phonogrammes et de vidéogrammes destinés au Marché Togolais ainsi que
l’importation des supports licitement dupliqués sont soumis à une
autorisation du Bureau Togolais du Droit d’Auteur (Butodra) ». Lorsque
l’auteur, le producteur ou le distributeur veut dupliquer une œuvre, il doit
disposer de documents attestant qu’il est habilité à le faire. Et dans le
cas échéant, d’un contrat ou d’une licence, que l’auteur lui accorde pour
la reproduction. Sont exclus toute autorisation ou arrangement verbal. C’est
muni de ce papier qu’il fait une demande d’autorisation auprès du Butodra et
paie des droits de l’ordre de 100 f cfa/cassette et
150 f cfa/Cd, Vcd, Dvd si elle lui est accordée. Il fournit
également un exemplaire de la jaquette de l’œuvre et les œuvres dupliquées
pour apposition des hologrammes qui ont remplacés les vignettes depuis
quelques années et l’évolution de la technique.
Les
hologrammes sont aussi des signes distinctifs collés sur les supports Cd,
Vcd et Dvd, fabriqués sur la base de la technologie du laser, et qui sont
jugés beaucoup plus sécurisés. « C’est par ce procédé que les majors ou
grandes compagnies de musique arrivent à contrôler le flux des copies des
artistes sous leur contrat et éventuellement investir sur un artiste
national grâce aux chiffres que nous pouvons leur communiquer »,
précise le sieur Aworobou-Darou. Et d’ajouter que des artistes « s’auto
piratent » sans le savoir, en dupliquant eux-mêmes leurs musiques sans
l’aval du Butodra. Selon des responsables de la structure dirigée par
M.Idrissou, même les artistes non sociétaires du Butodra sont tenus
d’obtenir au préalable une autorisation de ce bureau avant de mettre sur le
marché leurs propres productions dupliquées. Le Butodra peut ainsi disposer
des statistiques concernant chaque artiste en vue de les communiquer aux
organismes chargés d’attribuer les « prix d’or » comme
la Fédération Internationale
des Industries Phonographiques (Ifpi). « Le disque d’or » par exemple
est décerné en France pour 100.000 exemplaires vendus, tandis qu’aux
Etats-Unis il vaut pour 1 million de disques écoulés. En terre togolaise,
malgré les efforts du Butodra, il est quasiment impossible de savoir le
nombre exact d’exemplaires de Cds vendus par un artiste local. Ce qui ouvre
la voie à la vente des œuvres non authentifiées par des sociétés de
duplication agréées et au commerce des « Cds piratés ».
De quelle
manière s’invite la piraterie dans le décor musical local ?
« La piraterie,
en droit d’auteur, découle de l’inexistence ou du manque d’autorisation
donnée par un auteur, ses ayants droit ou un bureau de droit d’auteur à une
personne »
a expliqué Palawé Sogoyou juriste, au Butodra. Ce n’est pas
la qualité ni le produit qui détermine son degré de « produit piraté ».
L’arrêté n° 1503 du 06 octobre 1992 dispose en son article 4 : « Tout
phonogramme ou vidéogramme mis en vente ou en location sur le territoire
togolais doit être revêtu d’une vignette d’authentification fournie par le
Butodra » ou aujourd’hui de l’hologramme. Or, avec la numérisation des
supports, ce sont des copies pirates des Cds et Dvds des artistes togolais
qu’on retrouve dans les bacs de disques. Venant en majorité des pays
asiatiques, ces stocks qui concurrencent les copies originales des artistes
arrivent quand même à passer à travers les mailles des services de la
douane. A ce propos, les commerçants originaires des pays sahéliens et
souvent incriminé dans le cadre de la survivance de ce commerce ont tenu à
lever l’équivoque : « Notre présence à ce séminaire prouve que nous
voulons nous inscrire dans la lutte contre la piraterie. Vous pouvez
vérifier tous nos papiers d’importation en règle avec le Butodra », a
confié l’un d’eux. Est-ce alors les gestionnaires des cybercafés qu’il faut
accuser ? Un de leur représentant a aussi pris la défense de ses confrères
en affirmant que les cyber ne font que le gravage de copies privées de
données informatique et non de « Cds piratés »
Depuis sa
création par la loi n° 91-12 du 10 juin 1991 portant protection du droit
d’auteur, du folklore et des droits voisins, le Butodra lutte contre le « cancer
de la musique » que représente la piraterie. Mais le mal ne se résorbe
pas. «Quand il y a piraterie, on note l’absence de producteurs,
d’éditeurs, ou de promoteurs. Ils ne veulent plus financer la production ou
l’édition des œuvres car ils savent qu’ils ne peuvent rentrer dans leurs
fonds. Les auteurs aussi s’appauvrissent faute de pouvoir vivre de leur
métier; ils se rechignent dans le même ordre d’idées à créer des œuvres de
qualité », constate le premier responsable du Butodra en se prononçant
sur ce phénomène de la piraterie. Mais alors, que faut-il faire ? Pour que
des œuvres puissent émerger, la culture et la littérature se développer,
les responsables du Butodra misent sur la sensibilisation régulière de la
population sur ce fléau culturel, la solidarité entre les Etats victimes
de la piraterie ou encore l’organisation des auteurs et producteurs en
associations, en corporations pour mieux défendre leurs droits. Il est
également annoncé la création prochaine d’une brigade et de l’Agence
nationale de lutte contre la piraterie. Des remèdes à même d’aider les
artistes togolais à vivre réellement de leur passion
*brevet :
droits détenus sur une invention par son auteur.
*marque :
droits détenus sur un produit, un service par une société ou une compagnie.
Aristide HONYIGLO
Réduction des
prix des produits au Togo : Après le carburant, le ciment ?
Après
les prix des produits pétroliers, le gouvernement togolais mènerait
actuellement des tractations pour réviser à la baisse le prix du Ciment.
C’est du moins ce qu’a laissé entendre dimanche dernier le ministre en
charge du commerce, Guy Madjé Lorenzo, dans une interview télévisée. « Le
gouvernement a demandé aux sociétés opérant dans ce secteur de lui
communiquer leurs propositions de baisse de prix parce que, explique M.
Lorenzo, le fret a baissé ainsi que le cours des matières premières entrant
dans la composition de ce produit ». D’après le membre du gouvernement,
l’exécutif pourrait bientôt annoncer la baisse du prix du ciment aux
togolais. Cette mesure, fait observer un analyste, aurait due été envisagée
depuis, vu que le Togo est producteur du clinker, principale matière de base
dans la production de ce matériau de construction.
Par ailleurs,
rappelons que depuis vendredi dernier, les prix des produits pétroliers sont
revus à la baisse au Togo. A en croire les uns et les autres, le
gouvernement pourrait encore faire mieux par rapport aux prix pratiqués au
Benin et au Ghana. Deux pays voisins du Togo dans lesquels le litre du
Super sans plomb coûte respectivement de 350F CFA et 300F CFA. D’après le
ministre en charge du Commerce, cette baisse des prix à la pompe a un
impact sur l’ensemble des secteurs de l’économie et permettra au
gouvernement de pouvoir baisser le prix des produits industriels qui
utilisent le gas-oil dans la production ou le transport des marchandises.
Joël
KOUDJODJI
Football / Eliminatoires
CAN / Mondial 2010, match Togo- Cameroun:
Les handicaps
des deux sélections
La nouvelle
est tombée dans la journée de samedi dernier. Les internationaux togolais
Olufadé Adékanmi de la Gantoise (club de première division de la Belgique)
et Kader Coubadja d’Al Dhafra des Emirats arabes unis, ont indiqué par le
biais de leurs proches qu’ils ne seront pas de l’effectif qui disputera le
match de samedi prochain contre le Cameroun.
En effet,
d’après ces sources reprises par certains médias de la place, Olufadé
Adékanmi, qui a retrouvé la compétition il y a quelques jours, a avancé
comme explication à son refus de répondre à la convocation de Jean Thissen,
sa méforme et les difficultés que lui impose sa convalescence. Aux dernières
nouvelles le joueur serait à Lomé, mais aucune information sur sa
participation ou non à la rencontre contre le Cameroun.
Pour ce qui est
de Kader Coubadja, le joueur serait blessé lundi dernier au cours d’une
rencontre de préparation qu’il a disputée avec son club, en mise au vert en
Egypte.
L’autre sérieux
handicap pour le Togo est le manque de séances d’entraînement des Eperviers.
Hormis quelques joueurs qui ont rallié Lomé depuis quelques jours,
l’effectif convoqué ne sera au complet que demain mardi.
Quatre absents
côté camerounais
Pour le match
du 28 mars prochain, le sélectionneur national camerounais, l’Allemand Otto
Pfister, se passera des services d’Albert Meyong Zé et de Timothée Atouba
qui sont blessés, d’Alexandre Song, suspendu et d’Achille Emana non
convoqué. A l’exception de ces joueurs, tous les cadres de cette sélection
et quelques jeunes lions camerounais qui font le bonheur de plusieurs clubs
européens cette saison seront du rendez-vous de ce samedi. L’autre handicap
qui peut jouer contre cette équipe des Lions Indomptables est d’ordre
psychologique. En se référant à l’histoire récente de ce pays, on se rend
compte que les stades ghanéens semblent ne pas porter chance à Rigobert Song
et à ses partenaires. Face au Togo à Kumasi le 31 janvier 2000, la grande
formation des Lions Indomptables, future championne d’Afrique, avait déjà
été épinglée par une sélection togolaise menée par son capitaine de
l’époque, Abalo Dosseh. Plus proche encore, on a à l’esprit la défaite
concédée en février 2008 par les quadruples champions d’Afrique face aux
Pharaons d’Egypte lors de la finale de la CAN 2008 à Ohene Djan Stadium d’Accra. Tous ces facteurs sont autant
d’éléments qui sèmeront à coup sûr le doute dans l’esprit d’Eto’o Fils et
compagnies.
Voilà autant
d’arguments que les coaches des deux sélections devront prendre en compte
dans la mise au point de leur tactique de jeu et dans le choix des joueurs
qui les animeront.
Ce sera la 20ème confrontation
de l’histoire entre les Eperviers du Togo et les Lions indomptables du
Cameroun. Le premier match entre les deux nations remonte au 1er mars
1955 à Lomé.
Gabin
KOISSIDJIN
Championnat
national de première division : Togo Telecom prend les commandes
Le
championnat national de première division était à sa quatrième journée ce
week-end sur toute l’étendue du territoire national. A l’issue de cette
journée, c’est Togo Télécom, dominateur de l’Union Sportive de Masséda qui
prend la tête de ce championnat. Mauvaise opération pour le Dynamique
Togolais qui s’incline devant Foadan et reste lanterne rouge.
Pour ce
quatrième acte de la compétition, Togo Télécom recevait à Lomé l’US Masséda.
Très en forme depuis le début de ce championnat, c’est Togo Télécom une fois
de plus et pour la troisième fois de la saison qui prend les trois points
grâce à Klutsè Guy à la 40ème minute.
Dans son antre à Anié, Abou Ossé d’Anié qui recevait Asko de Kara, a été
mené depuis la 57ème minute par son hôte sur un but de Liabey Kpatchoumbi
avant de revenir au score à la 80ème minute
par Ouro-Adoyi Abdala.
A Lavié, Kotoko
de la localité a été contraint au nul (1-1) par Tchaoudjo Athletic Club de
Sokodé. C’est l’équipe de TAC qui a pourtant ouvert le score par Mama Zougou
dès l’entame du jeu à la 4ème,
avant que Solafine Kamal ne parvienne à obtenir la parité à la 28ème.
A Sokodé, les Guerriers de Tchaoudjo de Sémassi ont partagé les points avec
l’AC Merlan (0-0).
Annoncé comme
le match choc de cette journée, le match AS Douanes-Maranatha n’a pas pu
combler les attentes du public sportif qui a fait le déplacement du stade
municipal de Lomé. Et ceci, malgré la présence dans les tribunes du
sélectionneur national, Jean Thissen. Les deux équipes se sont séparées sur
un score nul et vierge de 0 but partout à la fin du temps réglementaire.
L’Etoile
Filante en déplacement à Tchamba obtient le nul (1-1) dans le match qui
l’opposait à Koroki Métété.
A Kpalimé, les
Show Boys de Gomido n’ont pas fait mieux qu’un nul à domicile face à l’AS
Togo Port (2-2). Les buts portent les griffes de Tawalé Magnima et Zakari
Mourou pour Gomido ; Akpagli Abraham et Ayeva Assimiou pour les portuaires.
A plus de 600
km au Nord de Lomé, c’est le Dynamique Togolais de l’ex-sélectionneur des
Eperviers, Kodjovi Mawuena qui réalise la mauvaise opération de la journée.
Il s’est fait battre par Foadan de Dapaong (2 - 1).
A l’issue de
cette journée, le classement se présente comme suit : Togo Télécom est en
tête avec 09 points, suivi par l’AS Douanes, Gomido et Kotoko avec 8 points
chacun. L’Etoile Filante, Foadan et USM (6points) les suivent. Dans le
ventre-mou du tableau, on retrouve Koroki, Asko et Maranatha (5 points). Au
bas du tableau, TAC, Togo Port avec 2 points chacun. Enfin, Dyto ferme la
marche avec 1 seul point.
Steven LAVON |
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Golfe Info #518 du 18 mars 2009 |
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Programmation
musicale figée sur les radios au Togo : Impéritie et anti-professionnalisme
sous-tendent le mal |
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La
semaine dernière a vu se tenir un séminaire sur la piraterie des œuvres de
l’esprit au Togo axé plus particulièrement sur la piraterie musicale. Une
telle démarche vise in fine la préservation et la valorisation du patrimoine
artistique togolais. Une noble intention que la programmation musicale sur
les radios togolaises ne contribue pas à matérialiser.
Le phénomène
a cours depuis des années et a pris forme dans la définition de la grille
des programmes des médias électroniques locaux. Il ne semble inquiéter
personne parce que l’auditoire togolais a fini par s’y habituer. Ce
phénomène consiste essentiellement à retrouver à des heures de balade
musicale sur les chaînes radiophoniques du Togo une même et sempiternelle
programmation. Produit d’une négligence rebelle, ce type de programmation a
certes le mérite de fidéliser l’auditoire de ces médias dans l’écoute des
morceaux qui leur sont proposés. Une manière aussi singulière pour ces
moyens de communication de masse de créer un cadre de complicité entre eux
et leurs fidèles auditeurs. Cependant, comme tout disque trop usité, une
pareille programmation diffusée à satiété finit toujours par lasser tout
public.
L’autre
défaut de cette approche de la diffusion de la musique sur les radios du
Togo réside dans le fait que leur programmation figée à souhait fait la part
belle aux productions musicales importées plutôt qu’à celles qui ont été
pétries sur le territoire togolais. Qu’elles soient vieilles ou jeunes, les
chaînes radiophoniques de la « Terre de nos aïeux » s’adonnent toutes
à ce vilain exercice, même si le mal sus-décrit prend une autre connotation
sur les stations privées de la capitale togolaise où on recense le plus
grand nombre de ce type de moyen de communication de masse diffusant sur la
bande FM. Nul besoin d’être un auditeur assidu de ces stations pour se
rendre compte de leur programmation atypique. Une semaine tout juste
d’assiduité peut permettre à tout observateur attentif du monde des médias
au Togo de remarquer que sur telle radio par rapport à telle autre, on
écoutera assurément durant les plages musicales de l’après-midi ou de la
nuit (entre minuit et 5h), dans un ordre quasi-statique, tel morceau importé
ou tel autre tube étranger.
Des
excuses qui ne tiennent pas la route
On pourra
toujours indexer l’inexistence d’une identité musicale propre au Togo pour
justifier la survivance éhontée de la donne décrite dans les lignes
antérieures. On peut en outre invoquer dans le même sens la rareté des
sorties d’albums de bon aloi sur le marché musical local. Toutefois, il
suffit de bien fouiller dans la discographie togolaise pour s’apercevoir
qu’elle comprend des berceuses qui peuvent chatouiller la nuit les oreilles
et faire chavirer les cœurs comme « Davi Kafui » de Yawo Attivor, « Trova »
du groupe The Seeds, « Lonlon vanvan » d’Afia Mala, « Rejaki
Tangwena » du regretté Ouyi Tassane, « Ma mélodie » de Donas Elo,
« Ede » de Santy Dorim etc. Des titres à même de tenir tête
valablement à des chansons dans le même registre que celles de Nana
Mouskouri, Françoise Hardy, Mireille Mathieu etc. Ou encore sur un ton
engagé « Agbébavi » de Jimmy Hope, « Africa je t’accuse » de
Sassou Koudjo, « Apartheid » de Yawo Agbotsi etc. face aux morceaux
d’Alicia Keys, d’Angélique Kidjo, R. Kelly, Whitney Houston etc.
La
programmation musicale qui met plus en valeur les productions artistiques
importées que celles façonnées sur le territoire est loin d’être l’apanage
des radios togolaises. Lorsqu’on fait le tour de différentes contrées se
situant sur la côte ouest-africaine, plus particulièrement dans les pays
d’expression française, l’on peut y noter également la même réalité. Mais,
en terre togolaise, ce phénomène prend une toute autre proportion : il
relègue dans les archives qui tardent à être dépoussiérées le patrimoine
musical du pays de la regrettée diva Bella Bellow. C’est dire qu’un ou une
enfant qui se sera mis à l’écoute continuelle des radios qui donnent à voir
le mal dont nous débattons ne sera pratiquement pas imbu de la richesse
musicale de sa terre natale. Comment peut-on alors, dans ces conditions,
envisager sérieusement de rendre rentable le pan musical de l’Art togolais
s’il n’est pas connu, découvert et adopté par la jeune génération qui
constitue la couche la plus nombreuse de la population ? Plutôt, la donne
musicale observable sur les médias radiophoniques nationaux fait le lit à
petit coup à une amnésie innommable des jeunes togolais au sujet des rythmes
et sons mis en valeur dans leur pays.
Transposable
par ailleurs dans le paysage audiovisuel local avec les mêmes corollaires,
le phénomène de la programmation musicale immuable sur les stations de
radios remet implicitement sur le tapis la problématique de la
professionnalisation des médias togolais. On imagine mal un technicien ou un
professionnel d’une chaîne de radiodiffusion exécuter mal des tâches à lui
confiées quand il est bien et régulièrement rémunéré tous les 30 jours. De
la même manière, une direction d’une radiodiffusion ou de tout autre média
qui veut réellement s’ancrer dans le professionnalisme s’efforcera d’honorer
mensuellement ses engagements envers ses employés tout en exigeant d’eux la
culture de l’excellence. Le professionnalisme peut aussi poser ses tréteaux
dans tous les médias électroniques togolais ; cette réalité ne doit pas être
sans cesse une Arlésienne au Togo. Il suffit tout juste d’en exprimer
véritablement le désir et de le matérialiser. Les trois principales missions
assignées à tout moyen de communication de masse ne prennent forme que
lorsque le professionnalisme leur balise la voie.
Edem Gadegbeku
De Bruxelles à
Paris : 2010, étape décisive pour la relance économique
Après la table ronde des bailleurs de fonds du Togo à
Bruxelles l’année dernière, les autorités togolaises, sur proposition des
responsables de
la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT), viennent
d’organiser une manifestation dénommée « Journée économique du Togo » à
Paris (France) en milieu de semaine dernière. Et d’après les organisateurs
de la manifestation, cette opération de charme fut un succès. Au lieu de
15O opérateurs économiques, la délégation togolaise s’est retrouvée devant
plus de 300 participants (hommes d’affaires, chefs d’entreprises ou
représentants de sociétés) venus de toute l’Europe. Ce qui fera dire à
Jonathan Fiawoo, président de
la CCIT que la délégation togolaise a « fait du bon boulot ». Un
bon boulot salué par tous, mais dont les résultats dépendront, de l’avis de
certains, de la régularité du prochain scrutin présidentiel.
La « Journée
économique de Paris » s’inscrit dans la perspective de redynamisation et de
relance de l’économie nationale. Le Togo a en effet besoin des
investissements étrangers pour booster son économie et par delà, amorcer la
relance des secteurs socioéconomiques longtemps restés inactifs. C’est dire
donc que ce genre de rencontres revêt une importance capitale pour les
autorités togolaises. En témoigne la présence du premier ministre Gilbert
Fossoun Houngbo et six de ses ministres dans la capitale française aux côtés
des responsables de la CCIT, promoteurs de cette initiative.
Les espoirs
Tenez, de ce
forum économique initié par la CCIT en partenariat avec son homologue de
Paris, les togolais attendent beaucoup : l’augmentation des investissements
étrangers, l’implantation dans les prochains mois et années d’entreprises
françaises et européennes pourvoyeuses d’emplois ; le renforcement des
relations d’affaires entre les entreprises du secteur privé togolais et
celles de l’Europe, sans oublier la relance du secteur du tourisme, et la
capitalisation des apports de la diaspora togolaise dans les domaines
stratégiques tels que la santé, l’éducation, etc.
De l’avis
des uns et des autres, tous ces objectifs ne seront atteints que si les
autorités togolaises conjuguent leurs efforts pour garantir les conditions
de paix et de stabilité indispensables au développement économique et au
progrès social. Ce que, soutiennent certains, la classe politique toute
entière a réussi à faire par la signature d’un accord politique en 2006 et
l’organisation d’élections sans violences en 2007.
L’accalmie
Invité
dimanche dernier de l’émission 7 sur 7 de TV7, le Docteur James Kokou Amaglo,
ancien vice-président de la CENI (Commission électorale nationale
indépendante) et Commissaire aux affaires Politiques et Institutionnelles du
CAR (Comité d’action pour le renouveau), a indiqué que le Togo bénéficie
aujourd’hui d’un crédit de confiance et d’admiration qu’il puise de la bonne
tenue des élections législatives organisées en 2007 par le gouvernement
d’Union nationale issu de l’Accord politique global (APG) d’août 2006.
Un avis
visiblement partagé par le chef du gouvernement Togolais. En effet, après
avoir fait observer que « le secteur privé togolais, moteur de croissance
économique, a besoin, pour jouer son véritable rôle de locomotive, d’un
soutien du gouvernement et des services publics », M. Houngbo expliquera aux
participants à la rencontre de Paris que « la relance économique du Togo se
vivifie grâce au retour d’un climat de stabilité politique depuis bientôt
quatre ans et par la mise en œuvre de réformes économiques ». D’après lui,
« la signature de l’Accord Politique Global en août 2006, la mise en place
d’un gouvernement d’union nationale et la tenue des élections législatives
d’octobre 2007 dans une atmosphère de paix, de sécurité et de consensus
demeurent quelques-unes des étapes importantes dans ce processus
d’édification de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo ». « Les
progrès enregistrés à ce jour en matière de dialogue politique et d’avancées
démocratiques sont à cet égard le reflet de nouveaux rapports au sein de la
société togolaise en général et de la classe politique en particulier. Ils
illustrent la volonté et la détermination des autorités togolaises à
promouvoir une culture de tolérance et de respect mutuel et à assurer les
conditions de paix et de stabilité indispensables au développement
économique et au progrès social », a-t-il ajouté avant de préciser que « les
résultats de ces efforts ont permis de renouer les relations de notre pays
le Togo avec l’Union européenne et d’autres partenaires au développement,
après une quinzaine années de rupture ». En d’autres termes, pour le premier
ministre Gilbert Houngbo, « le chemin parcouru sur le plan politique au
cours de ces dernières années, grâce à l’engagement et la mobilisation
citoyenne des acteurs politiques et de la société civile, est
particulièrement élogieux ». Ces acquis sont-ils entrain d’être consolidés ?
La réponse à cette question dépend de l’angle de vue des uns et des autres.
Des
inquiétudes
Malheureusement, constate James Kokou Amaglo, la confiance issue des
sacrifices politiques des uns et des autres est entrain de s’effriter. Ceci,
dit-il, à cause de la résurgence des querelles politiciennes entre la classe
politique nationale. D’après l’ancien vice-président de la CENI, il y’a des
signes qui montrent que le Togo est en train de rechuter. Il citera à cet
effet les manœuvres du RPT pour détourner le CPDC (Cadre permanent de
dialogue et de concertation) de ses objectifs nécessaires à la bonne tenue
de la présidentielle de 2010.
« Tous ceux
qui étaient présents à la rencontre de Paris attendent 2010 ; si elle se
passe sans bruit, alors le Togo aura gagné le pari », a-t-il expliqué avant
de faire observer que « malheureusement, c’est le contraire qui se
présage ». En effet, d’après le Dr James Amaglo, l’élargissement du CPDC aux
autres formations politiques signataires de l’APG et aux membres de la
société civile est une atteinte à la lettre et à l’esprit de cet accord.
Selon lui, cet élargissement risque de compromettre les efforts faits par
le Togo ces deux dernières années. Pour ce compagnon de lutte de Me Yawovi
Agboyibo, ex-premier ministre du Togo et chef du gouvernement d’Union
nationale, « la relance économique tant annoncée ne sera effective que si la
crise qui couve au sein du CPDC est solutionnée ». Pour sa part, un
professeur d’Economie à l’Université de Lomé confiera que « le politique a
toujours son dernier mot en matière de relance économique en Afrique et
surtout au Togo ». D’après cet universitaire « un environnement politique
instable n’encourage pas les investissements ». D’où sa conclusion selon
laquelle « le Togo ne saurait tirer profit de ces manifestations si 2010 se
passe mal».
Un avis
partagé par des togolais ordinaires qui, au vu de l’évolution des
discussions entre les acteurs politiques, émettent des doutes sur la volonté
des autorités togolaises à organiser un scrutin crédible en 2010. En effet,
après avoir déploré les conditions dans lesquelles s’est déroulée la
dernière rencontre du comité de suivi de l’APG et dénoncé ses
recommandations, Monsieur Jacques A. G., haut cadre de l’administration à la
retraite a confié qu’il a peur pour 2010. Pour lui, «il n’y a pas de doute
que le Togo tend vers une mascarade électorale l’année prochaine». Il est
conforté dans son attitude par un autre ancien vice-président de la
Commission nationale électorale, Me Zeus Atta Ajavon qui, lors d’une récente
sortie médiatique fera observer que « les conditions ne sont pas encore
réunies pour que le Togo organise un scrutin transparent dans 12 mois ».
En effet,
comme ce juriste, nombreux sont les analystes qui estiment qu’il est dans
l’intérêt du Togo d’organiser une élection crédible et surtout sans
violence en 2010. Celle-ci assurera le retour des investissements après 15
ans de crise politique. Or constatent les uns et les autres, la stabilité
politique retrouvée depuis 2006 est en passe d’être mise à mal. Les
assurances du pouvoir et les satisfécits des missions du FMI et de la Banque
Mondiale n’enlèvent visiblement rien à ces inquiétudes. En effet, face au
scepticisme des uns et des autres, les autorités togolaises se veulent
plutôt rassurantes. Pour les responsables du parti au pouvoir, le Togo n’est
plus en crise. «Nous sommes en démocratie», renchérit pour sa part le
premier ministre Houngbo qui ne se prive pas de rappeler les conclusions des
missions de FMI et de la Banque mondiale.
En somme,
bien que l’initiative de la CCIT ait rencontré des échos favorables au sein
de toute la classe politique nationale, pour certains analystes ses
retombées effectives sont plus liées à la réussite du scrutin présidentiel
de 2010. Ce que n’ignorent certainement pas les autorités togolaises.
Notamment Faure Gnassingbé qui souhaite organiser un scrutin aussi
transparent que celui organisé par les ghanéens en fin d’année dernière et
son ministre en charge de l’Administration Territoriale, Pascal Bodjona qui,
lors d’une émission télévisée le week-end dernier, a estimé que « si les
togolais veulent un scrutin transparent en 2010, ils l’auront » ; soulignant
ainsi la responsabilité des togolais, toute tendance confondue, dans la
réussite de cet enjeu.
Joël
Koudjodji
Exécution du budget 2008 : Le Togo dans les bonnes grâces du
FMI
Décidé à
bénéficier des largesses de ses partenaires multilatéraux, le Togo ne cesse
de faire des efforts pour se faire grandement ouvrir leurs robinets. En
programme avec le FMI (Fonds monétaire international), ce pays a pour
obligation de réaliser au titre des années 2008, 2009 et 2010 des
performances macroéconomiques encourageantes. C’est du moins l’engagement
pris par ses autorités qui espèrent beaucoup de la reprise de la coopération
avec l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds, et de la FRPC
(facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance) du FMI. Elles
viennent de rendre public le rapport d’exécution du budget 2008. Ce document
fait apparaître des recettes totales de 220,7 milliards de Fcfa, contre une
prévision de 209,6 milliards, soit un taux de réalisation de 105,3%. Les
dépenses courantes et prêts nets de l’année 2008 se chiffrent à 203, 4
milliards de FCFA pour une estimation de 205,9 milliards de FCFA. Le solde
budgétaire hors dons est pour sa part de 32, 3 milliards de FCFA. Ce qui
correspond ainsi à un financement positif de 32,3 milliards. En attendant
toute analyse approfondie de ce rapport, Golfe Info vous en propose le
contenu.
Rapport d’exécution du budget exercice 2008, arrêté au 31
décembre 2008
Les recettes
totales enregistrées au cours de l’année 2008 se chiffrent à 220,7 milliards
de FCFA pour 209,6 milliards de FCFA prévu par le programme du FMI pour
l’année 2008, soit un taux de réalisation de 105,3% par rapport au programme
FRPC. Au titre des recettes du budget général, ces recettes comprennent les
recettes fiscales budgétaires et les recettes non fiscales budgétaires. Ces
recettes sont de 218,0 milliards de FCFA, soit un taux de recouvrement de
104,1% par rapport au programme FRPC.
Recettes
Les recettes
fiscales budgétaires s’élèvent à 211,2 milliards de FCFA pour une prévision
annuelle du Fonds monétaire international (FMI) de 198,8 milliards de FCFA,
soit un taux de réalisation de 106,2%. Elles comprennent les impôts directs
et indirects liquidés par l’administration des impôts, ainsi que des
contributions indirectes liquidées par l’administration des douanes.
Au 31 décembre
2008, les recouvrements fiscaux de
la Direction Générale
des Impôts ont atteint 91,2 milliards de FCFA, représentant 105,8% des
prévisions annuelles du programme du FMI. Ils se composent des impôts
directs et indirects pour des montants respectifs de 46,2 milliards de FCFA
et 45,0 milliards de FCFA. Les contributions indirectes liquidées par
l’Administration des Douanes au 31 décembre 2008 se chiffrent, elles, à
120,0 milliards de FCFA et représentent 106,6% des prévisions annuelles du
FMI dont le montant est de 112,6 milliards de FCFA.
Quant aux
recettes non fiscales budgétaires, elles se composent des produits des
participations financières, des recettes des services et des revenus du
domaine. Fin 2008, les recettes non fiscales budgétaires s’élèvent à 6,8
milliards de FCFA, soit 64,0% des prévisions du programme FRPC.
Au 31 décembre
2008, les recettes non budgétaires composées essentiellement des recettes
des comptes spéciaux ont connu une bonne réalisation. Elles ont atteint 2,6
milliards de FCFA pour une prévision annuelle du FMI de 0,14 milliard de
FCFA.
Dépenses
Les dépenses
courantes et prêts nets de l’année 2008 se chiffrent à 203,4 milliards de
FCFA pour 205,9 milliards de FCFA de prévision au titre du programme FRPC,
soit un taux d’exécution de 98,8% du niveau prévu. Elles sont constituées
essentiellement des dépenses courantes budgétaires qui ont connu une
exécution de 198,4 milliards de FCFA pour une prévision annuelle du FMI de
199,9 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 99,2%.
Elles
comprennent des dépenses de personnel d’un montant de 69,1 milliards de FCFA
pour une prévision annuelle totale de la masse salariale de 73,2 milliards
de FCFA prévu par le FMI, soit un taux de réalisation de 94,4%. Ce taux est
le résultat de la non proclamation à temps du concours de recrutement des
fonctionnaires. Aussi a-t-il été exécuté d’autres dépenses courantes de
118,4 milliards de FCFA, pour une prévision annuelle de 115,6 milliards de
FCFA au titre du programme FRPC, soit un taux de réalisation de 102,3%. Il
est noté des intérêts dus au titre de la dette publique d’un montant de 10,8
milliards de FCFA (à raison de 4,6 milliards de FCFA dus au titre de la
dette intérieure et 6,2 milliards de FCFA dus au titre de la dette
extérieure), pour une prévision annuelle de 11 milliards de FCFA, soit un
taux de réalisation de 98,2% par rapport à la prévision.
Pour leur part,
les dépenses courantes non budgétaires sont constituées essentiellement des
dépenses des comptes spéciaux dont le montant est presque nul et des
dépenses courantes sur financement extérieur d’un montant de 4,8 milliards
de FCFA, pour une prévision de 5,9 milliards de FCFA du programme du FMI
dont 5 milliards de dépenses courantes sur financement extérieur.
Au 31 décembre
2008, les dépenses ordonnancées au titre des investissements se chiffrent à
49,9 milliards de FCFA contre 63,4 milliards de FCFA de prévision annuelle
au titre du programme du FMI, soit un taux de réalisation de 78,7% par
rapport au programme FRPC. Elles comprennent 22,6 milliards de FCFA de
dépenses d’investissement sur financement externe (7,1 milliards de FCFA
pour les emprunts liés aux projets et 15,5 milliards de FCFA pour les dons
liés aux projets) et 27,3 milliards de FCFA de contribution domestique au
titre du BIE (dont 7,9 milliards de FCFA pour le Fonds d’Entretien Routier
(FER)).
Financements
En termes de
financement externe, les dépenses ordonnancées sur ressources externes se
chiffrent à 22,6 milliards de FCFA pour une prévision de 36,0 milliards de
FCFA au titre du programme FRPC, soit un taux de réalisation de 62,7%. Les
ordonnancements enregistrés sur les emprunts liés aux projets s’élevant à
7,1 milliards de FCFA, pour une prévision de 18 milliards de FCFA au titre
du programme FRPC, soit un taux d’exécution de 39,2%. Au titre des dons liés
aux projets, les ordonnancements se chiffrent à 15,5 milliards de FCFA à fin
décembre 2008, pour une prévision de 18 milliards de FCFA au titre du
programme FRPC, soit un taux de réalisation de 86,1%. Pour l’année 2008, le
montant total des dépenses d’investissement sur ressources internes s’élève
à 27,3 milliards de FCFA pour une prévision de 27,4 milliards de FCFA au
titre du programme FRPC, soit une réalisation de 99,7%.
Enfin, le
montant total d’impayés extérieurs s’élève à 0,7 milliards de FCFA dont 0,2
milliards de FCFA au titre des intérêts et 0,5 milliards de FCFA au titre du
principal.
Opérations
financières consolidées de l’Etat
Le dernier
récapitulatif retrace les opérations financières consolidées de l’Etat. Le
montant total des recettes de 220,7 milliards de FCFA combinées à des
dépenses totales (y compris les dépenses d’investissements) de 253,2
milliards de FCFA donne un solde budgétaire primaire intérieur excédentaire
de 5,6 milliards de FCFA pour une prévision de déficit de 7,7 milliards de
FCFA. Cette amélioration de l’exécution du budget s’explique par une bonne
réalisation des recettes et une maîtrise des dépenses.
Le solde global
hors dons sur la base des ordonnancements est déficitaire de 32,6 milliards
de FCFA. Le solde global base encaissements /décaissements qui en découle se
chiffre à 32,3 milliards de FCFA. Ce qui correspond à un financement positif
de 32,3 milliards décomposé principalement comme suit :
- Un
financement intérieur bancaire d’un montant de 90,6 milliards de F CFA pour
une prévision de 9,4 milliards au titre du programme FRPC et qui est
essentiellement lié à l’opération de titrisation des créances compromises
des banques.
- Un
désengagement vis-à-vis du système non bancaire (financement intérieur non
bancaire) dont le montant s’élève à -80,9 milliards de FCFA. Ce montant
s’explique essentiellement par la prise en compte de l’opération de
titrisation des créances compromises des banques.
- Un
financement extérieur net positif de 26,5 milliards de FCFA pour une
prévision de 37,7 milliards de FCFA (y compris le rééchelonnement obtenu
auprès du Club de Paris et l’apurement des arriérés par la Banque Mondiale,
la BAD et
la BEI) pour le
programme FRPC.
Marc D. Kouakani-Assi
Se sentir a
l’aise dans ses activités quotidiennes : Quelques règles d’hygiène intime
pour les femmes africaines
Dans le
N° 517 du lundi 16 mars, votre journal vous a parlé de « la toilette
intime », une règle de vie corporelle indispensable pour la gent féminine.
Mais de nos jours, force est de constater que les femmes africaines sont de
plus en plus actives. Il incombe donc d’aborder la toilette intime de cette
catégorie de gens qui est en perpétuel mouvement.
Entre le boulot, les enfants, les tâches ménagères, etc. les journées des
femmes actives sont bien remplies et leur laissent souvent peu de temps pour
leurs propres besoins. A force de courir partout pour vaquer à toutes ces
occupations, on ne se sent plus très « fraîche ».
Aussi, l’on se demande-t-il quelles règles d’hygiène intime suivre lorsqu’on
a peu de temps à s’accorder ? Voici quelques propositions de petits conseils
d’hygiène pour vous aider à retrouver confort et bien-être tout au long de
la journée.
Hygiène
intime et femme active
Une ou deux
toilettes par jour devraient suffire. « Il est conseillé d’utiliser des
produits spécialement adaptés aux zones intimes (des savons à PH neutre par
exemple, que vous trouverez dans n’importe quelle pharmacie) car ils
respectent votre équilibre génital. Le corps possède ses propres défenses
naturelles ; des lavages excessifs et l’utilisation des produits agressifs
risqueraient de nuire à votre flore vaginale, créant ainsi des conditions
favorables au développement de germes », conseille Mme Nicole Amouzou,
sage-femme au Centre de Santé de Lomé. Pour la même raison, les douches
vaginales récurrentes sont à proscrire. Que faire alors tout au long de la
journée ? C’est très simple, il suffit d’utiliser des protège-slips
quotidiens. Mais, il ne faut pas en abuser car les matières synthétiques qui
s’y trouvent favorisent l’humidité et la macération, incitant l’apparition
des mycoses et des germes. Il faut donc les changer aussi fréquemment que
possible. Vous pouvez aussi utiliser des lingettes intimes, mais prenez bien
soin de vous sécher délicatement après usage, afin d’éviter l’humidité.
Pour
permettre une meilleure aération du pubis et minimiser la transpiration
(l’une des causes des mycoses), mieux vaut préférer les sous-vêtements en
coton la journée.
Prévenir
les irritations et les problèmes intimes
Certaines situations favorisent le développement de bactéries. Afin d’éviter
les irritations et les infections génitales, il suffit de suivre ces
quelques conseils élémentaires. Si vos zones intimes sont sensibles, mieux
vaut éviter le port des vêtements serrés, des collants ou encore des strings
qui favorisent les frottements. Et puis, la priorité étant de se sentir à
l’aise tout au long de la journée, l’idéal serait d’éviter de porter des
sous-vêtements et/ou des vêtements qui vous collent à la peau et qui, de
surcroît, sont en matières synthétiques.
Se laver les mains régulièrement permet également de prévenir les
infections. De plus, lors du passage aux toilettes, prendre soin de toujours
s’essuyer d’avant en arrière (de la région génitale à la région anale et
jamais le contraire), puisque certaines infections sont dues à la survivance
des microbes provenant du système digestif et de la région anale.
Charlotte Daklou
Journée
mondiale des consommateurs :
L’ATC contre la malbouffe des enfants
Dans
le cadre de la journée mondiale des consommateurs célébrée le 15 mars
dernier, l’ATC (Association togolaise des consommateurs) a organisé une
journée de réflexion lundi denier dans l’auditorium de l’Institut d’hygiène
de Lomé. « La malbouffe des enfants » a été le thème sur lequel a porté la
communication du jour, donnée par Germain Osséyi, enseignant-chercheur à l’ESTBA
(Ecole supérieure des techniques et biologies alimentaires) à l’UL
(Université de Lomé).
« La
malbouffe à la togolaise » englobe la malnutrition et la sous
alimentation, ce qui n’est réellement pas le cas au sens propre du terme où
cette notion est attribuée à la consommation des agroalimentaires et des
repas de restaurants communément appelé « fast food ». C’est ce qui ressort
des explications du Professeur Osséyi, au cours de cette journée de
réflexion. « A la togolaise » ou à l’européenne, la malbouffe est
source de maladie du genre obésité. Dans le cas précis des pays
sous-développés, la mauvaise qualité et l’indisponibilité de la nourriture
provoquent également d’autres maladies, a estimé l’orateur du jour.
Pour lutter
contre cette situation, l’ATC dans la logique de l’OIC (Organisation
internationale des consommateurs) a lancé un appel aux administrations
togolaises en charge de la Santé, de l’agroalimentaire et du commerce de
faire respecter auprès des producteurs, les normes de production et de
fabrication des aliments et boissons pour enfants. Elle demande également le
respect des normes de publicité commerciale sur les denrées alimentaires.
D’après Togbé Doumassi Gbago III, par ailleurs président de l’ATC, le thème
« la malbouffe des enfants » retenu par l’OIC pour cette édition
appelle toutes les associations de consommateurs de par le monde à se
mobiliser pour exhorter les autorités publiques à soutenir la proposition
d’interdiction de la promotion des produits de la malbouffe (les hamburgers,
les hot-dogs, les fast-foods de façon générale). « Le comportement de
certaines industries agroalimentaires inquiète de plus en plus l’opinion
mondiale à cause du non respect de la qualité des produits et boissons
destinés à la consommation des enfants », a ajouté Togbé Gbago III.
Les enfants
étant la relève de demain, il est nécessaire de veiller à leur alimentation
pour leur assurer une bonne santé. « Souvent laissés à eux mêmes sur le
chemin de l’école ou à la maison, les enfants se livrent à la consommation
des sucreries et autres aliments provoquant une accumulation des calories
dans leur organisme. Au niveau du ventre chez les garçons et des bassins
chez les filles », a expliqué M. Osséyi.
Le 15 mars
est une journée internationale d’action et de sensibilisation suivie par
les organisations de consommateurs et les groupes de défense des droits
civiques à travers le monde.
Sedjrawodo A.
Adry
Mieux coordonner les appuis du SNU au Togo : Le mécanisme de
coordination des programmes mis en branle
Eviter d’une
part les mécanismes de coordination complexes et la duplication des
différentes initiatives visant le mieux être des populations et mettre en
place de l’autre, un cadre institutionnel Etat-SNU (Système des nations
unies) pour l’amélioration du cadre de coopération entre ce système et le
gouvernement togolais. Ce sont là les objectifs qui justifient la mise en
place du Comité d’orientation stratégique dont les travaux de la première
session se sont déroulés hier au CASEF à Lomé. Cette séance a consisté à
adopter le mécanisme de coordination et de suivi du plan cadre des Nations
Unies pour l’aide au développement au Togo (UNDAF), à la présentation des
termes de référence de l’Unité de gestion et de coordination des programmes
Gouvernement-SNU et à la présentation des performances des programmes en
2008 et des projections pour 2009.
Le mécanisme
de coordination des programmes et projets entre les Institutions togolaises
et le SNU qui a occupé la première partie de la rencontre de ce mardi est
subdivisé en trois volets notamment le Comité d’orientation stratégique
(COS), les groupes de travail thématiques (GTT) et les comités techniques
sectoriels (CTS).
Regroupant
le gouvernement, les représentants résidents des
agences du SNU, des
partenaires co-financiers et les OSC (Organisations de la société civile),
le COS est axé sur les priorités dégagés par les structures de coordination
du DRSP et a pour objectif de donner des orientations stratégiques en
matière de coordination et de suivi conjoints des interventions pour la mise
en œuvre de l’UNDAF, de statuer sur les plans de travail consolidés et les
budgets annuels et d’approuver les rapports d’activités et de revues
annuelles. Ce Comité se réunit une fois dans l’année et est placé sous la
direction du ministère de la Coopération, du Développement et de
l’Aménagement du territoire. D’après Gilbert Bawara, ministre en charge de
ce département, « Ce comité est le cadre où se définissent les grandes
priorités qui retiennent le financement et le soutien des agences des SNU.
Vers la fin de chaque année, il y a aura des revues à mis parcours pour nous
assurer que les programmes et les activités se déroulent comme prévus, que
les ressources mobilisées sont convenablement décaissées et s’il le faut, y
apporter des réaménagements ».
Pour leur
part, les Groupe de travail thématiques (GTT) ont pour rôle principal de
faire des recommandations stratégiques au COS. Celles-ci porteront sur « la
lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire », « le
développement des services sociaux
notamment
la
Santé, l’Education, la protection sociale etc. »
et « la promotion de la gouvernance et des droits de l’homme ». Ces
groupes thématiques seront chargés d’assurer la coordination et le suivi des
interventions dans chacun des trois domaines précités. Pour ce faire, ils se
réuniront trois fois dans l’année de façon ordinaire et de façon
extraordinaire en cas de besoin.
Enfin, les
Comités techniques sectoriels (CTS) constituent la base du mécanisme de
coordination et ont pour fonctions principales de faire la revue et la
planification des activités de différents secteurs. Ils assureront en
outre, le renforcement des capacités nationales après identification des
divers déficits.
Pour une
meilleure coordination des activités de ce mécanisme placé sous la tutelle
du ministère de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du
territoire, une unité de gestion a été mise en place pour en assurer le
secrétariat permanent.
L’Unité
de gestion : rôles et missions
Le
gouvernement togolais, en coopération avec le SNU, dans le souci d’assurer
une coordination efficace et de parvenir à l’approche-programme préconisé
conformément aux objectifs de l’UNDAF, a mis en place une unité de gestion
et de coordination des programmes financés par les agences des Nations
Unies. Ses objectifs, d’après son coordinateur seront de renforcer le
partenariat, de faciliter l’appropriation des programmes-pays par les
nationaux et d’assurer la cohérence et la complémentarité des actions, et
de renforcer les capacités des partenaires. Ses missions a-t-il ajouté,
consistent en la coordination et au suivi-évaluation des programmes en
exécution, la programmation et le renforcement des capacités.
Cette
démarche des autorités togolaises (de mettre en place cette unité) est très
saluée par l’ensemble des représentations des organismes des Nations Unies
au Togo. Ainsi, leur coordonatrice, Rosine Sory Coulibaly après avoir salué
« le gouvernement pour cette initiative qui montre une bonne appropriation
des programmes du SNU a indiqué que cet engagement des autorités togolaises
rassure qu’ils pourront aller plus loin ».
Pour
clôturer les travaux, le ministre de la Coopération a rappelé les promesses
du gouvernement à doter le SNU d’une Maison des Nations Unies et d’organiser
une réunion avec le ministère de l’Economie et des Finances pour prendre des
mesures pouvant faciliter les transactions douanières des agences onusiennes
installées sur le territoire national.
Le système
des nations unies au Togo est constitué de deux groupes d’organismes. Les
Agences résidentes notamment la FAO (Organisation des nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture), le HCDH (Haut commissariat des nations
unies aux Droits de l’Homme), le HCR (Haut commissariat des nations unies
pour les réfugiés), l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’ONUDI (organisation
des nations unies pour le développement industriel), l’ONUSIDA (Programme
des nations unies sur le VIH/Sida), le PAM (Programme alimentaire mondial),
le PNUD (Programme des nations unies pour le développement), l’UNFPA (Fonds
des nations unie pour la population), L’UNICEF (Fonds des nations unies pour
l’enfance), l’UNREC (Centre régional des nations unies pour la paix et le
désarmement en Afrique), et les Agences non résidentes que sont: l’OIT
(Organisation Internationale du travail), et l’UNESCO (Organisation des
nations unies pour l’éducation, la culture et la science).
Sedjrawodo A.
Adry
Football /
Après trois journées de la D1 :
Leçons, statistiques et classement
Démarré
depuis le 22 février dernier, le championnat national de football de
première division, saison 2008-2009, a bouclé sa 3ème journée
le week-end dernier. Une journée qui a été marquée par l’entrée effective en
compétition de tous les clubs de l’élite, avec le déplacement d’Abou Ossé
d’Anié sur Womé pour y affronter Maranatha de Fiokpo.
Comme grands
enseignements, il est à noter que trois clubs se partagent toujours la
première place de la compétition grâce à leur série rose d’invincibilité et
quatre sont en queue de classement. Tous les clubs engagés ont tout de même
réussi à arracher leur premier point de la saison.
En terme de
statistiques, on remarque que sur durant les 3 journées de compétition, 22
matches ont été disputés avec un total de 39 buts marqués (15 à la première
journée, 10 à la deuxième et 14 lors de la troisième) soit une moyenne de
1,77 but par match. Au vu de ces chiffres, on peut constater que les
attaquants se portent bien en dépit de la très longue trêve.
La meilleure
attaque à l’issue de ces trois journées est celle de Kotoko de Lavié qui a
marqué en tout cinq buts alors que les mauvaises attaques sont celles de
Dyto et de l’AS Togo Port, créditées d’un seul but en trois sorties. Pour
l’heure, l’AS Douanes détient la meilleure défense avec zéro but encaissé
depuis le 22 février. Les Guerriers de Tchaoudjo (Sémassi) disposent
de la défense la plus poreuse. Elle a concédé 5 buts depuis le début du
championnat.
Au
classement des buteurs, on retrouve en tête trois joueurs qui ont marqué
chacun deux buts. Il s’agit d’Efoé Dékpoh de l’Etoile Filante, Shérif
Yacoubou de Kotoko de Lavié et Liabey Kpatoumbi d’ASKO de Kara.
A l’issue de
ces trois journées de compétition, Kotoko de Lavié, Gomido de Kpalimé et AS
Douanes de Lomé (7 points chacun) constituent le trio de tête au classement
général. Ils sont suivis de près par Togo Telecom et USM (6 points chacun).
On retrouve dans le ventre-mou du classement Koroki Métété de Tchamba,
Maranatha de Fiokpo, ASKO (4 pts chacun), Etoile Filante de Lomé, Foadan de
Dapaong, Sémassi de Sokodé et AC Merlan (3 pts au compteur pour chacune de
ces quatre formations). Ensuite vient le lot des quatre équipes à un point.
Il s’agit en l’occurrence d’Abou Ossé d’Anié, TAC, AS Togo Port et Dyto de
Lomé.
En attendant
la quatrième journée qui se joue ce week-end, ce classement et les
statistiques précités peuvent connaître d’importantes modifications avec le
match de « rattrapage » (en retard) de la première journée qui se
dispute aujourd’hui entre Koroki Métété de Tchamba et Abou Ossé d’Anié.
Gabin KOISSIDJIN |
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Golfe Info #517 du lundi 16 mars 2009 |
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Pascal
Bodjona : « Si les Togolais veulent une élection crédible, ils l’auront »
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Le Ministre Pascal Bodjona
Reçu sur un plateau de télévision samedi dernier, le ministre d’Etat chargé de
l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités locales et représentant du chef de l’Etat au sein du
CPDC (Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation), Pascal Akoussoulèlou
Bodjona s’est exprimé sur le déroulement des travaux au sein de ce cadre et
sur l’élection présidentielle de 2010 au Togo.
Parlant du CPDC, le ministre Bodjona s’est tout d’abord félicité de la mise
en place de ce cadre de dialogue qui permettra, selon lui, à tous les
acteurs politiques de se réunir et de discuter des problèmes du pays, ceci,
à environ un an du crucial scrutin présidentiel de 2010. Pour lui, on ne
devrait pas parler de « blocages » dans les discussions au sein du
CPDC, mais plutôt de points de « désaccord ». Ce qui, d’après lui,
est normal d’autant plus que dans toute société civilisée, il faut toujours
des dialogues quelques fois heurtés pour aboutir à un consensus. Interrogé
sur la présidence du CPDC par le chef de l’Etat, Pascal Bodjona a estimé que
l’appartenance du président de
la République
au parti au pouvoir, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), ne doit pas
constituer un des points de « désaccord » des marchandages au sein du
cadre de discussions. D’après lui, le président de
la République
représente l’administration et cette dernière se veut neutre.
Abordant la question du recours à la facilitation en cas de désaccord, le
ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités locales, a expliqué que Faure Gnassingbé n’excluait pas
l’avis d’un chef d’Etat voisin du Togo dans la résolution de la crise
politique nationale comme cela avait été déjà le cas avec le président
burkinabé, Blaise Compaoré lors des discussions qui ont aboutit à l’APG
(Accord Politique Global). De ce fait, le ministre Bodjona croit en la
sagesse du chef de l’Etat et estime qu’il est le meilleur facilitateur.
Concernant les
réformes constitutionnelles à réaliser à quelques mois du scrutin
présidentiel de 2010, Pascal Bodjona a affirmé ne pas être dérangé.
Cependant, dit-il, « si les Togolais pensent qu’il y a des points à
retoucher dans la constitution, le gouvernement se fera le porte-parole de
la masse populaire, car il se veut à l’écoute du peuple ».
Enfin, abordant l’épineuse question de la date de l’élection devant marquer
la fin du premier mandat de cinq ans du président Faure Gnassingbé, le
ministre Bodjona pense que douze mois sont insuffisants pour organiser un
tel scrutin, vu les nombreuses tâches que cela implique à savoir la revue
des listes électorales, la formation des membres au sein des bureaux de vote
et la formation des médias pour une bonne couverture électorale… Par
ailleurs, fait-il observer, « le commun des mortels ne comprend vraiment
pas ce qu’est une alternance politique et se pose la question de savoir si
une alternance signifierait un changement d’homme ». Si c’est le cas, il
propose que le scrutin de 2010 puisse mettre la joie dans le cœur des
Togolais. Il a par ailleurs tenu à rassurer tout le peuple togolais quant à
la tenue du scrutin dans un climat d’apaisement et de transparence. Dans ce
sens, il fera remarquer qu’ « un scrutin présidentiel est l’affaire de
tout un peuple et donc si les Togolais veulent une élection crédible et
transparente, ils l’auront ». Il a de ce fait invité tous les acteurs
politiques à plus d’objectivité dans les débats d’ordre national, car de son
opinion, « lorsque quelqu’un fait quelque chose de bien, il faut pouvoir
le reconnaître ». « Le président de
la République
est un homme d’ouverture et il travaille beaucoup pour ce pays »,
a-t-il ensuite ajouté.
Steven
Lavon
Élargissement
du cpdc à la société civile :
Volonté ou duplicité politique ?
L’espoir que
nourrissaient les Togolais de voir la crise politique de leur pays trouver
une solution, synonyme d’un réel apaisement et d’une relance économique
s’effrite. Les dernières retouches apportées au CPDC (Cadre permanent de
dialogue et de concertation) et les explications apportées par Pascal
Bodjona, porte-parole du gouvernement invité sur une télévision de la place
ont semé plus de doute et de confusion dans les esprits. «Une manie
volontaire du gouvernement de semer la confusion dans les travaux de ce
Cadre et de pousser l’opposition parlementaire à leur boycott, voire celui
du prochain scrutin présidentiel», pensent certains.
Selon Pascal Bodjona, outre le code électoral,
la Constitution
et les réformes politiques, les autres sujets d’intérêt national dont le
cadre peut connaître sont le problème foncier, l’installation anarchiques
des églises dans les quartiers, les problèmes de la chefferie
traditionnelle, la question de la vie chère et celle des salaires des
travailleurs. C’est en prévision de ces débats, explique le porte-parole du
gouvernement, que le Cadre a été ouvert aux organisations syndicales, aux
chefs traditionnels, aux confessions religieuses et à la société civile. De
plus, les travaux au sein du Cadre ne seront plus dirigés par un
représentant du chef du chef de l’Etat, mais ce dernier nommera un président
qui assumera cette tâche, a annoncé M. Bodjona.
Des explications qui surprennent nombre de Togolais, étant
donné que le décret du
14 mai 2007 pris par le gouvernement d’ « Union
nationale » conformément au point 5.1 de l’APG et modifié par ceux du
18 octobre 2008
et
04 février 2009
n’ont nulle part, fait mention de ces questions sur lesquelles s’attarde le
gouvernement pour justifier sa décision d’ouverture le 11 mars dernier.
Briser les accords pour une élection « démocratiquement
frauduleuse » en 2010 ?
La stratégie du gouvernement togolais, aux yeux de certains
observateurs de la scène politique nationale, ressemble aux vieilles
manœuvres du pouvoir qui consistent à ne jamais respecter les accords signés
avec les autres acteurs politiques du pays. En effet, au lendemain des
législatives d’octobre 2007, les politiques togolais, malgré leurs réserves
vis-à-vis des résultats qui en sont issus, ont fini par admettre que les
partis représentés au Parlement étaient ceux que le peuple a choisis pour se
prononcer sur les questions d’intérêt général en son nom. De ce fait, il
paraît tout à fait normal selon ces observateurs que seuls les «partis
parlementaires» débattent des sujets d’intérêt national, prioritairement
politiques et censés être discutés au sein du CPDC.
Ainsi, pour ceux-ci, les problèmes fonciers, la chefferie
traditionnelle, la question de la vie chère etc…qui sont brandis pour ouvrir
le Cadre aux organisations suscitées ont déjà leur cadre au sein duquel ils
doivent être discutés.
La Constitution de
la République,
en son article 132, dispose que le CES (Conseil économique et social) se
charge des questions économiques et sociales et donc est censé s’occuper du
problème de la vie chère qui ne peut faire l’objet de discussions au CPDC.
Plus encore, font observer ces critiques, les assises du CNDS (Conseil
national du dialogue social) sont destinées à régler les problèmes des
salaires, de la vie chère, de la réduction du prix des produits pétroliers,
conformément aux conclusions du dialogue social tripartite entre le
gouvernement, les travailleurs et le patronat. La résolution du problème
foncier pour sa part, soutiennent certains Togolais, figure dans le lot des
chantiers du PNMJ (Programme national de modernisation de la justice).
L’urgence actuellement, selon d’autres encore, est la résolution des
différends politiques et électoraux, vu que la présidentielle de 2010 n’est
qu’à 12 mois. «Il serait malheureux que le gouvernement essaie de
rouvrir un nouveau dialogue inter-togolais alors que l’accord signé le 20
août 2006 n’est pas encore appliqué jusqu’à terme», estime un analyste
politique. D’après un autre analyste, «l’espoir suscité par la signature
de l’APG en 2006 est entrain de retomber du fait du régime en place».
Un régime qui, selon cette source, fait preuve de duplicité. Une duplicité
qui serait d’autant plus évidente que le pouvoir a eu à organiser
précipitamment en milieu de semaine dernière, un Conseil des ministres en
absence de 8 des membres du gouvernement (le PM et certains de ses ministres
étant en mission en France et ailleurs en Europe) pour adopter des projets
de décrets pour amorcer un virage à 180% dans la «résolution» de la
crise nationale. La conséquence de cette démarche, d’après cette source, est
l’ouverture imminente d’une énième crise alors que les voies étaient plus ou
moins balisées pour une sortie définitive de crise en 2010 au Togo. Ce
faisant, ajoute-t-elle, le régime en place tente de faire capoter les
accords afin de se retrouver seul dans la course à la présidentielle face
aux autres formations politiques « moins lourdes » sur l’échiquier
national et avoir la mainmise sur ce scrutin.
En somme, d’après les sources, c’est une confusion générale
que le gouvernement crée en réintroduisant par le biais du décret du
11 mars 2009,
les attributions que le décret du
18 octobre 2008
donnait au CPDC et qui a été contesté par l’Opposition parlementaire. Si la
nécessité de l’heure est d’arriver à un compromis comme l’a si bien affirmé
Pascal Bodjona samedi dernier, ce compromis qui est avant tout politique ne
peut se nouer qu’entre les partis mandatés par le peuple et qui sont
aujourd’hui représentés à l’Assemblée nationale et non avec une longue liste
d’autres partis « mis à la touche » (par le peuple) et des
organisations syndicales, confessionnelles et traditionnelles, pense un
responsable politique local.
Tous ces avis
ne sont pas partagés par le gouvernement qui, s’appuyant sur l’APG, prône un
dialogue inclusif entre les différents protagonistes de la crise togolaise,
notamment les signataires de l’Accord du 20 août 2006. Aussi, soutient-il
que d’autres composantes de la société togolaise participent aux discussions
du CPDC. Ce cadre étant censé traiter de toutes les questions.
Sedjrawodo A. Adry
Se mettre à
l’heure de la téléphonie mobile au Togo : La technologie asiatique
concurrence la créativité occidentale
Il y a douze ans, la téléphonie mobile naquit au Togo. Le matériel assurant
cette communication a subi depuis lors des évolutions selon les exigences de
plus en plus croissantes des consommateurs. Ces évolutions sont aussi
nourries par le désir des créateurs d’innover et par la concurrence
grandissante sur le marché mondial. L’Afrique, en particulier le Togo, n’a
pas été épargnée par ce phénomène. Le marché de la téléphonie mobile dans
cet Etat-Ouest africain grouille aujourd’hui d’appareils portables dont la
majorité est originaire de l’Asie, plus précisément de la Chine.
Ces appareils se reconnaissent sur le
marché sous les marques Nokla, Nokia, Jmax, Xmax, Dorado, Bird, Sony, DPA,
Motorola, Samsung et bien d’autres. Il existe également ceux dont les
marques ne sont pas identifiables. Ces appareils viennent détourner le
regard des consommateurs des marques classiques occidentales (européennes et
américaines) qui ont marqué le début de la téléphonie mobile dans le monde
telles Motorola, Siemens, Bosch, Ericsson, Philips, Alcatel etc.
La floraison de cette kyrielle de type
d’appareils sur le marché togolais est récente, notamment en 2005. Le
phénomène a vu le jour avec les portables simples à écran couleur. Avec le
temps, ils vont évoluer pour atteindre leur niveau actuel. Ces mêmes
appareils se sont dotés de nos jours des caractéristiques suivantes : écran
couleur et tactile, système Bluetooth, lecteurs Mp3, Mp4, MPEG4, AVI, WAVE,
photo et caméra digitale, port USB, fonction double SIM et bien d’autres. Ce
sont principalement ces propriétés qui attirent l’attention des
consommateurs togolais. Outre ces caractéristiques, ces appareils se vendent
à un prix relativement réduit par rapport à ceux provenant de l’Occident.
Avec un minimum de 15.000 ou 25.000 fcfa, on peut ainsi se procurer d’un
téléphone portable de marque chinoise avec toutes les fonctions précitées.
La recherche du luxe, le supplément de fonctions et la réduction du coût
sont donc les facteurs qui expliquent l’engouement des Togolais pour ces
types d’appareils portables. « J’aime les appareils chinois, car ils sont
plus légers et servent à de multiples fins », avoue Gévanis Doh,
étudiant à l’Université de Lomé. Jean-François, journaliste, estime
pour sa part que « les nouveaux appareils chinois offrent plus de
fonctions ; avec un appareil de ce genre, je n’ai plus besoin d’un
enregistreur et d’un appareil photo pour aller en reportage. J’ai tout ce
qu’il faut sur mon téléphone portable ». Ces appareils assurent par
ailleurs une communication plus aisée, du fait qu’il est assez rare que de
tels téléphones perdent le réseau. Ils offrent aussi une discrétion dans la
communication grâce à leurs kits piétons.
Les appareils européens sont également mis
sur le marché avec les mêmes possibilités ; mais s’ils semblent absents du
marché togolais de la téléphonie mobile, c’est à cause du taux de pauvreté
assez élevé de la population togolaise. Par exemple, pour s’offrir un
appareil LG double SIM, écran tactile plus les autres fonctions, un Togolais
dépenserait entre 45.000 fcfa et 55.000 fcfa pour un portable d’occasion, et
entre 80 et 100 milles fcfa dans les boutiques. Face à une telle situation,
les Togolais préfèrent s’acheter un appareil chinois à un prix maximum de
25.000 fcfa avec les mêmes fonctions. A Apédokoè, petit village situé à
15 km
au nord-ouest de Lomé, un paysan qui fait usage d’un portable de marque
Jmax avec écran tactile, double SIM, système Bluetooth et port USB
confie : «J’ai payé cet appareil à 23.000 fcfa au TP3 (parc de vente des
matériels et appareils venus d’Europe). Avec ça, on a de l’estime pour moi
aussi ; pourquoi m’endetterais-je en m’engageant dans les boutiques de
luxe » ? Le choix des consommateurs étant fait, les vendeurs n’ont donc
qu’à se plier à leurs desiderata. C’est ainsi que l’on remarque sur le
marché togolais une baisse sensible des appareils en provenance d’autres
pays autres qu’asiatiques, surtout de la Chine.
Le « bon marché » de ces portables
de marques asiatiques ne ternit de toute vraisemblance en rien leur
qualité. Il est vrai que le faux se mêle souvent au vrai, mais cela ne
résume pas le tout au faux.
Toutefois, le téléphone portable n’est
qu’un élément dans le géant système de la téléphonie mobile au Togo. Le
réseau GSM local est apparu en 1997. Son exploitation était assurée par une
direction au sein de Togo Telecom. Suite à la libéralisation du secteur de
la téléphonie mobile, Togo Cellulaire fut créée le
18 février 1998.
Elle a démarré ses activités commerciales le 1er Juillet de la même année
sous la dénomination Togo Cellulaire.
Komlanvi Apevinyekou
Vendredi
dernier au Goethe-Institut :
La pièce « Comme il nous plaira » a charmé le public
La
pièce « Comme il nous plaira » d’Amadou Saendou a été représentée le 13
mars dernier sur la scène du Centre culturel allemand de Lomé,
Goethe-Institut. S’inspirant du dramaturge anglais William Shakespeare,
Amadou Saendou peint les tribulations qui surviennent dans la vie des hommes
ou plutôt dans celle de deux femmes aux noms homonymes mais aux parcours
opposés. Essy la mère et sa fille Essy …
La jeune Essy et son amant Pointinini sont sur le point d’être
sacrifiés en pleine forêt pour la vie d’un chef rebelle. Ligotée, tétanisée
sur l’autel du sacrifice, la jeune Essy voit son passé défiler... « Comme
il nous plaira » retrace les étapes de la vie de la petite Essy jusqu’à
sa capture dans cette forêt. Née des amours furtifs entre sa mère et son
père, « le jeune soldat valeureux », la petite Essy a le temps
d’ouvrir les yeux que son père part au combat. Le jeune papa « veut aller
défendre les limites du pays » menacé par une armée de rebelles cachés
dans la forêt. Pendant ce temps, Essy la mère vit mal sa solitude et livre
son corps aux hommes. Elle a aussi du mal à subsister et veut tuer son bébé.
Trois génies, dont l’un interprété par l’humoriste Frédéric Gakpara, la
conseillent et la dissuadent de commettre cet infanticide. L’enfant est
ainsi sauvée... Des années s’écoulent jusqu’au jour où la petite Essy,
devenue une jeune dame, désapprouve l’attitude de sa mère. La jeune dame
quitte alors la maison maternelle, protégée par son amant Pointinini, « pour
retrouver les traces de son père ».
Ils partent ensemble à travers la forêt, les monts et cours
d’eaux, menacés à tout moment par une multitude de dangers. Entre-temps, ils
sont aidés par le génie « Bébé-Pirogue » qui leur fait traverser un
fleuve sans effort. Après avoir déjoué la traque des rebelles, ils sont
finalement capturés. C’est à ce moment précis qu’interviennent les trois
génies précités pour les secourir. Les agresseurs sont éliminés, la jeune
Essy et Pointinini délivrés. La mère Essy réapparaît par la suite et la
famille se recompose partiellement dans la joie. Il ne manque que le père
qui a été tué dans les combats. Ainsi, se présente la trame de la pièce qui
a ravi le public présent dans les jardins du Goethe-Institut de Lomé
vendredi dernier.
« Comme il
nous plaira » a été mise en scène par le dramaturge togolais, Rodrigue
Norman; elle est une adaptation libre de l’écriture du célèbre Anglais
William Shakespeare (1564-1616). Elle restitue à sa manière la vision d’un
personnage de l’auteur anglais qui considère « la vie comme une scène de
théâtre où chacun joue son rôle avant de disparaître ». Cette
représentation résulte de l’atelier de scénographie animé en octobre 2008, à
l’invitation du Goethe-Institut, par la scénographe suisse Muriel le
Gerstner.
Aristide Honyiglo
Toilette
intime : Règle d’hygiène indispensable pour les femmes
Spécifique à la gent féminine, la toilette intime journalière est
fondamentale pour le bien-être et la santé de la femme. Cependant, cette
toilette n’est pas incluse généralement dans les priorités de la plupart des
femmes et encore moins de la jeune fille. Et pour cause, elles manquent
d’informations adéquates et/ou sont males informées. Voici quelques conseils
indispensables à une bonne pratique de la toilette intime chez les femmes.
Leur santé en dépend !
« La toilette intime ou hygiène intime est le fait de
rendre propre la partie intime de la femme qu’est le vagin ou la vulve »,
explique Mme Assih B. sage- femme au CHR (Centre hospitalier régional) de
Sokodé. Elle doit se faire au moment des douches habituelles, sans pour cela
être intempestives. Quand elle est bien effectuée, explique Mme Assih, elle
donne une sensation de propreté permanente de l’organe et une sensation de
bien-être. C’est une satisfaction personnelle. De plus, « une toilette
intime régulière et bien faite permet d’éviter au maximum les MST (Maladies
sexuellement transmissibles) si on a un partenaire fidèle » renchérit
Mme Ahokpè K. matrone à la retraite. Dans le cas contraire, prévient-elle « elle
entraîne la destruction du PH vaginal, source des infections, des
irritations et d’éventuelles pertes anormales ». Une mauvaise pratique
de la toilette intime peut aussi agir sur certains aspects de la santé de la
reproduction chez la femme. En effet, « elle crée des infections pouvant
agir sur l’organe de reproduction de la femme, entraînant une stérilité
primaire ou secondaire et des GEU (Grossesses extra-utérines) » explique
le Dr Agbékponou.
Au cours de l’hygiène intime, la femme doit obligatoirement se
laver correctement les mains avec un savon doux avant d’introduire son doigt
dans le vagin. Selon Mme Amouzou N. sage femme du CSL (Centre de santé de
Lomé), « s’il n’y a pas de pertes malodorantes ou d’autres infections,
une toilette intime profonde n’est pas nécessaire tous les jours puisque le
vagin expulse de lui-même tout corps étranger ». Racler le vagin au
cours des douches journalières exposerait donc la femme aux infections. Pour
effectuer une bonne toilette intime, la femme a besoin d’un gant de toilette
en coton (blanc de préférence), de l’eau propre et d’un savon à PH neutre.
La pratique de la toilette intime
L’écosystème vaginal est l’une des parties les plus fragiles
du corps féminin. La vulve est un pli en mouvement permanent, c’est un
organe pour lequel la lubrification naturelle est indispensable. Cette
partie génitale a comme particularité d’être constituée de peau dans toute
sa zone et des muqueuses qui sont extrêmement sensibles et facilement
sujettes aux allergies et aux inflammations. « L’équilibre physiologique
vaginal repose sur ce milieu et ses cellules vivantes fragiles constituées,
principalement, d’une abondante flore. L’augmentation du taux d’acidité
(PH), système de protection du milieu vaginal, empêche la prolifération de
bactéries et de champignons. Cet équilibre peut-être perturbé dans certaines
circonstances par des agressions extérieures et entraîner des inflammations
de la muqueuse vaginale (les vaginites) », explique Mme Ahokpè K. Aussi,
s’avère t-il indispensable de bien appliquer l’hygiène intime pour ne pas
dénaturer l’écosystème vaginal.
Lors de la
toilette intime, la femme doit utiliser des savons neutres non parfumés,
pour ne pas irriter la peau vaginale. « Elle ne doit jamais utiliser
n’importe quels lotions ou produits nettoyants pour la toilette intime »
conseille Mme Amouzou. A l’aide d’un gant savonné, frotter le pubis et les
entrecuisses sans introduire le doigt dans le vagin, d’avant en arrière et
jamais dans le sens contraire (pour éviter de ramener des microbes de l’anus
vers le vagin) ; puis rincer à l’eau propre. Après la douche, bien nettoyer
le vagin et les entrecuisses, car l’humidité (un des facteurs des mycoses
vaginales) est nuisible pour cette partie du corps. Si possible utiliser de
l’eau tiède pour une toilette intime profonde une fois par semaine pour
contrôler les pertes normales du vagin ; au moindre changement (pertes
malodorantes ou autres anomalies et/ou problèmes au niveau de l’organe
féminin), une simple consultation chez le gynécologue résoudra le problème.
Charlotte Daklou
Lutter contre
les maladies cardiaques : Cholestérol, les méfaits d’une alimentation trop
riche en matières grasses
La mode du « manger sain » et de la « cuisine simple vapeur » s’est
accompagnée d’une véritable diabolisation des graisses. Ces dernières n’ont
cependant pas toutes, le même effet sur l’organisme humain. Manger gras
pour rester en bonne santé est synonyme de manger sainement pour protéger
nos artères, lutter contre le surpoids et diminuer nos apports en
cholestérol. Ceci ne veut pas forcément dire de supprimer les matières
grasses de notre alimentation ! Il suffirait de bien les sélectionner.
Les risques d’une alimentation trop grasse
Les lipides sont très énergétiques : 1g de lipides apporte 9
calories (contre 4 pour les protéines et les glucides). Non utilisés, ces
lipides sont stockés sous forme de graisses. En effet, d’après Nadine Armel,
nutritionniste française, « les lipides ne devraient pas représenter plus
de 30 % des apports caloriques de notre alimentation quotidienne étant donné
qu’un homme ne devrait pas consommer plus de
25 g
de graisses saturées par jour, et une femme pas plus de 21 g ».
Selon les spécialistes en nutrition, si les graisses influent
considérablement sur notre silhouette, elles le sont encore plus sur notre
santé. De plus, une trop grande consommation d’acides gras saturés d’origine
animale augmente le risque d’excès de cholestérol. Ce « mauvais
cholestérol va se déposer dans les artères et peut engendrer des maladies
cardio-vasculaires », souligne le Dr Norbert K. de la Clinique «LE CŒUR» de Lomé. Bien entendu, les
matières grasses ne sont pas les seules responsables de ces phénomènes, mais
l’avantage est qu’on peut agir sur leur apport afin d’éviter le surpoids
(voire l’obésité) ainsi que les maladies qui y sont liées.
Quelles matières grasses faut-il consommer ?
Selon des diététiciens européens, il faut privilégier les graisses mono ou
poly-insaturées présentes dans les huiles végétales comme le colza, le
tournesol, le maïs, l’huile d’olive, de noix. Il suffit d’en mettre 1 à 2
cuillèrées par jour dans ses salades ou en cuisson en variant les huiles. Il
est recommandé de préférence les spécialités fromagères permettant de
limiter l’excès de cholestérol, les yaourts et fromages blancs à 20% de
matières grasses. Consommer au moins 2 fois par semaine des poissons gras :
saumon, hareng, thon, sardine et régulièrement des coquillages riches en
acides gras essentiels. C’est facile de limiter les acides gras saturés, il
suffirait de ne pas manger trop souvent de la charcuterie, les viandes
grasses comme l’agneau, les côtes de porc, entrecôtes, etc. Choisissez de
préférence des viandes blanches et ayez la main légère sur le beurre et la
crème fraîche. Il faut aussi se méfier des graisses cachées dans les chips,
le chocolat, les plats cuisinés… ; et éviter les produits qui contiennent le
terme «matières grasses végétales hydrogénées » ou « graisses
trans. », qui sont de très mauvaises qualités voire néfastes à nos
artères.
Charlotte Daklou
Jeux de la
francophonie, édition 2009 :
V. Worou et J. Doe-Orlando défendront les couleurs togolaises
Le Togo fera partie des Etats et gouvernements francophones qui prendront
part à la 6ème
édition des Jeux de la Francophonie qui se dérouleront à Beyrouth, au Liban,
du 27 septembre au 6 octobre prochain. L’artiste de la chanson togolaise,
Vanessa Worou, et le peintre Jerry Doe-Orlando ont été respectivement
présélectionnés dans les catégories « chanson et peinture » dans le cadre
de ces Jeux.
Ces deux artistes défendront les couleurs de
la République
togolaise comme plusieurs autres amoureux de l’Art qui viendront de divers
pays francophones. Une occasion pour la jeunesse francophone
de se retrouver autour de la langue française et d’un programme riche :
sport, culture et arts...
Les Jeux de
la Francophonie allient, tous les quatre ans, des
compétitions sportives et culturelles, ce qui leur confère une certaine
originalité. Plus de 3.000 jeunes sportifs et artistes issus de 68 Etats et
gouvernements francophones sont invités à participer aux sept épreuves
sportives de ces jeux dans les disciplines suivantes : athlétisme,
basket-ball féminin, football masculin, boxe, judo et tennis de table ainsi
que le volley-ball de plage à titre de démonstration. Dans le cadre du volet
culturel, les concours porteront sur la chanson, le conte, la danse de
création, la littérature, la peinture, la photographie et la sculpture. Lors
de leur séjour, toutes les délégations seront hébergées sur le campus
d’Université libanaise qui se transformera, le temps des Jeux, en « Village
francophone ».
Placée sous le
signe de « la solidarité, de la diversité et de l’excellence », cette
édition de ces Jeux a été officiellement lancée le 28 août 2008 par Fouad
Siniora, Premier ministre et Président du Haut Comité national
d’organisation, et Clément Duhaime, administrateur de l’OIF (Organisation
internationale de
la Francophonie).
Créés par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement en 1987 à Québec (au
Canada), les Jeux de
la Francophonie
ont été déjà organisés respectivement à Rabat (Maroc, 1989), à Paris
(France, 1994), à Antananarivo (Madagascar, 1997), à Ottawa-Hull (Canada),
au Québec, 2001 et à Niamey (Niger, 2005).
Abdou Yékini
Radji
Championnat
national de football de première division / 3eme
journée : Gomido de
Kpalimé et Kotoko de Lavié toujours invincibles
Le
championnat national de première division de football était à son troisième
chapitre le week-end dernier. Les clubs de l’élite ont connu des fortunes
diverses. L’AS Douanes domine l’Etoile Filante (1-0), l’USM surclasse
Sémassi par deux buts à zéro.
Pour le compte de cette troisième journée à Bassar, le TAC (Tchaoudjo
Athletic Club) a reçu Koroki Métété de Tchamba. Les deux équipes se sont
séparées sur un score d’un but partout. Les réalisations portent les
signatures d’Amidou Zoulkanine à la 33ème minute
pour le TAC et de Ganiou Kpakpatou à la 87ème pour
Koroki. A Kara, Asko de la localité a dominé Togo-Télécom 3 buts à 1 grâce à
Aliou Moufadala (12ème minute)
et à un doublé de Liyabe Kpatchoubi (55ème et
87ème minutes). La
réduction du score est intervenue à la 67ème minute
par l’entremise d’Ayao Laba. Les « Lions du Sud » de l’USM (Union
Sportive de Masséda) ont surclassé dans leur antre les « Guerriers de
Tchaoudjo » de Sémassi par 2 buts à 0. Les buts de l’USM ont été
inscrits par Apélété Aloumon (60ème minute)
et Koffi Bossou (80ème minute).
Le choc de cette journée a été le derby de la capitale entre l’Etoile
Filante et l’AS Douanes au stade municipal de Lomé. Un seul but matinal de
Koffi Sena Fiaboe à la 3ème minute
a scellé le sort de la rencontre. Etoile Filante 0 AS Douanes 1. A Gbossimé,
sur le terrain d’Agaza, AC Merlan bat Foadan de Dapaong par 2 buts à 1. Pour
leur entrée dans la compétition, Abou Ossé d’Anié a effectué le déplacement
sur les installations de Maranatha. Les « Caïmans Fétiches » d’Anié
ont contraint les joueurs de Fiokpo au partage des points sur un score nul
et vierge de 0 but partout. C’est également le score qui a sanctionné la
rencontre qui a opposé Dyto à Gomido de Kpalimé. Les Show boys de Kpalimé
prolongent ainsi leur invincibilité.
En match avancé disputé samedi au stade omnisports de Lomé, Kotoko de Lavié
en déplacement a arraché un précieux nul (1-1) face à l’AS Togo Port mal en
point en ce début de saison. L’ouverture du score est intervenue à la 52ème minute
de jeu, œuvre de Yacoubou Shérif. Les Portuaires n’obtiendront l’égalisation
qu’à la 75ème minute
par l’entremise d’Abraham Akpagli.
A l’issue de cette journée, Kotoko de Lavié, Gomido de Kpalimé et l’AS
Douanes sont co-leaders avec 7 points chacun.
Steven Lavon & Gabin Koissidjin |
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Golfe Info
N° 510 du vendredi 27 fevrier 2009 |
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Prévisions
macroéconomiques : Le FMI
revoit à la baisse les estimations du gouvernement Togolais |
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« En
raison des effets néfastes de la crise financière mondiale, les experts du
FMI tablent sur une croissance de 1,7% pour le Togo en 2009 ». C’est ce qui
ressort d’un communiqué rendu public par la délégation du FMI (Fonds
monétaire International) en fin de mission à Lomé ce jeudi.
Cette
annonce des experts du fonds remet en cause les prévisions initiales des
autorités togolaises qui projetaient une croissance de 3,3%. Ceci, alors
même qu’en 2008, le Togo n’a pu réaliser ses prévisions de croissance de 2%.
Les évaluations à mi parcours ayant fait ressortir un taux de croissance
révisé de 0,8%.
Toutefois, à
la suite d’un entretien avec le chef de l’Etat Togolais, Faure Gnassingbé,
la délégation du FMI a salué, les «bonnes performances» enregistrées ces
dernières années par le Togo qui a entrepris une vaste réforme de
redressement de son économie.
«Les
performances du Togo (…) sont très bonnes. Les autorités togolaises ont
honoré leurs engagements et nous sommes très satisfaits», a affirmé
Marshall Mills, chef de la délégation. Et de préciser que «le
gouvernement a accompli des progrès notables dans la mise en œuvre des
réformes structurelles visant à renforcer la gestion des finances publiques,
à restaurer la santé du secteur bancaire et à réformer les entreprises
publiques afin de soutenir la croissance».
.La
délégation du FMI a séjourné pendant deux semaines à Lomé où elle a eu des
entretiens avec plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables
de certaines sociétés d’Etat.
Par
ailleurs, cette délégation entend faire des propositions aux plus hautes
instances de l’institution pour une augmentation des ressources à mettre à
la disposition du Togo. « Nous ferons des propositions au Conseil, afin
qu’il augmente les ressources à allouer au Togo pour l’aider, compte tenu
des performances réalisées », a souligné M. Mills.
La visite de
la délégation du Fonds s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre
par la partie togolaise du programme de réformes macroéconomiques négocié
auprès de l’institution afin de bénéficier de ses mécanismes de financement.
Marc D. Kouakani – Assi
Travaux au sein
du cpdc : Lomé comptera
désormais 5 CELI
Les délégués
au CPDC « sont parvenus de manière consensuelle à un accord sur la
création de 5 CELI (Commission Electorale Locale Indépendante) pour la ville
de Lomé, à raison de 1 CELI par arrondissement », dixit le communiqué
ayant sanctionné la fin des travaux de ce jeudi. « Cette décision,
poursuit le communiqué, répond au désir du Cadre de faciliter les tâches
à la CENI en période électorale, en raison des nombreux centres de vote
qu’on dénombre dans les 5 arrondissements que compte Lomé ».
En outre,
les travaux ont porté sur le nombre de représentants de l’administration et
leur statut au sein de la CENI (Commission Electorale Nationale
Indépendante). Les débats ont été ouverts enfin sur les démembrements de la
CENI avec la question de la composition des CELI. Sur ces points, le
principe de la représentation de l’administration centrale au sein de la
CENI étant déjà acquis, les délégués ont décidé de poursuivre les
discussions lors de la prochaine rencontre.
Par
ailleurs, certains observateurs proches de l’opposition estiment être
optimistes sur la bonne marche des travaux. Cet optimisme se traduirait
sûrement par des conclaves que tiennent les délégués de l’opposition par
moment. En effet, il est courant à la primature de voir les leaders de
l’opposition « délaisser » les échanges généraux pour se concerter et
harmoniser leurs points de vue avant de rejoindre les autres pour la
poursuite des discussions. Toutefois, au vu de l’importance des sujets à
venir, certains délégués s’impatientent et demandent déjà la présence du
chef de l’Etat pour accélérer les marchandages. « Nous attendons que le
président vienne au cadre
pour nous départager sur certains sujets », a déclaré un délégué présent
aux discussions. Tout porte à croire que les uns et les autres se réservent
au cours des prochaines.
Les délégués
se retrouvent lundi prochain pour débattre des points mis en suspension
notamment les questions relatives au nombre de représentants de
l’administration et leur statut au sein de la CENI. Notons que la CENI est
chargée de l’organisation et de la supervision des opérations référendaires
et électorales. Elle est selon l’article 24 de l’actuel code électoral,
composée des CELI qui, pour leur part, assurent dans les préfectures et dans
la commune de Lomé l’exécution de ses décisions.
Joël Koudjodji
Contrer le
blanchiment d’argent au Togo :
Les membres du CENTIF prêts à servir
Ce jeudi, a
eu lieu au palais de justice de Lomé une cérémonie de prestation de serment
des membres de la cellule
nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Sous les
regards admiratifs des parents et du corps judiciaire, les 6 membres de la
cellule nationale de traitement des informations financières ont prêté
serment, un acte qui consacre leur nomination et l’installation de cette
institution au Togo.
Expliquant
la raison d’être de cette institution, Tchaa Aquitème Bignossi, Inspecteur
des Douanes et président de ladite structure a indiqué que « la tâche
qui attend ses collaborateurs et lui est d’analyser et d’étudier les
informations des transactions de monnaie sur le territoire national et sur
le plan international ».
Créée par
décret présidentiel le 14 février 2009, la CENTIF va lutter contre le
blanchiment d’argent au Togo et dans l’espace UEMOA. Bien qu’elle soit une
nouvelle institution, ses membres se veulent rassurants quant à
l’accomplissement de leurs missions. « Nous allons agir avec les moyens
que l’Etat mettra à notre disposition. Vous n’êtes pas sans savoir que c’est
une jeune cellule et nous travaillons pour le moment sur ses textes», a
ensuite fait savoir Tchaa Aquitème. Ainsi, pendant trois ans, les membres de
cette institution auront pour tâche de traiter toutes les informations en
vue de lutter contre le blanchiment de capitaux au Togo.
Dans la
sous-région ouest africaine, le Togo est l’un des derniers Etats à mettre
sur pied une telle cellule. Le mandat de ses membres est d’une durée de 3
ans renouvelable une seule fois.
Magloire Ackey
Dans le cadre de
la promotion des pme : Le
Togo bientôt doté d’une charte
Dans le
cadre du programme d’urgence du Gouvernement togolais, l’une de ses actions
prioritaires est l’amélioration de l’environnement des affaires par la mise
en place d’un cadre réglementaire et institutionnel. L’objectif ultime de
cette démarche est la relance de l’économie du Togo à travers le secteur
privé en général et les petites et moyennes entreprises en particulier.
C’est cette préoccupation qui a conduit des décideurs à l’élaboration d’un
projet de charte des PME (Petites et Moyennes Entreprises).
La phase de
validation de ce projet a été lancée, hier à l’hôtel Ibis de Lomé, par le
ministre délégué auprès du président de la République chargé du Commerce et
de la Promotion du secteur privé, Guy Madjé Lorenzo.
Selon M.
Lorenzo, l’un des objectifs de son département est « de créer les
conditions propices pour le développement du secteur privé, afin de lui
permettre de jouer pleinement son rôle de pourvoyeur d’emplois et de
créateur de richesses, en levant les contraintes qui pèsent encore sur les
entreprises, notamment les PME ». C’est dans cette optique précise-t-il,
que le gouvernement a mis en place un comité composé de représentants de
l’administration publique et du secteur privé en vue d’élaborer un projet de
texte devant régir désormais les PME togolaises.
Ce projet de
texte comporte entre autres, une définition claire et consensuelle de la
micro- entreprise et industrie ; les avantages à concéder aux PME en matière
de fiscalité ; l’accès à un mécanisme de financement adapté aux besoins de
telles unités de production. Les obligations des PME à travers le respect
des règles et pratiques de gestion, le rôle des collectivités locales par
leur soutien aux structures d’appui aux PME, la mise en place d’une autorité
de contrôle et de suivi des engagements en vue d’une meilleure application
de la présente charte sont les autres composantes de ce projet de texte.
Selon le
ministre Lorenzo, cette charte permettra au Togo d’avoir une connaissance
précise de la structuration réelle de son tissu économique. Elle ouvrira
également de nouveaux horizons aux entreprises locales et leur permettra de
se préparer à faire face au nouvel environnement international marqué
particulièrement par la mise en place très prochaine d’une zone de libre
échange entre la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et
l’Union Européenne, dans le cadre des Accords de Partenariat Economique
(APE).
Steven Lavon
secteur
des bâtiments et travaux publics au Togo :
Les entrepreneurs exigent la suspension des
activités du SNEBTPT
Le comité
des PME (Petites et moyennes entreprises) concernées par les travaux
effectués en 2003 pour le compte de la DGTP (Direction générale des travaux
publics) sur le budget de l’ex FER (Fonds d’entretien routier) a organisé
mercredi dernier à l’hôtel
de la bourse, à Lomé, une conférence de presse. Cette rencontre avec les
médias lui a permis non seulement d’éclairer l’opinion nationale sur
l’évolution des solutions trouvées pour le payement des entrepreneurs
concernés par les travaux de 2003, mais aussi et surtout de dénoncer le
comportement qualifié de « malhonnête » de certains membres du SNEBTPT
(Syndicat national des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics du
Togo). Ce fut donc l’occasion pour ce comité de demander la suspension des
activités du syndicat précité et l’organisation d’une nouvelle Assemblée
générale pour mieux organiser la profession d’entrepreneur au Togo.
Au cours de
cette sortie médiatique, le porte-parole du Comité des PME concernées par
les travaux de 2003, Gaston Kolani, a dénoncé le comportement de certains
membres du bureau du SNEBTPT, qui a t-il expliqué, bien que démis de leurs
fonctions (les membres du syndicat ayant constaté après leur élection qu’ils
ne répondaient pas aux critères d’éligibilité prévus par l’article 36 des
statuts), continuent d’intervenir sur les médias de la place au nom de tous
les entrepreneurs du Togo. Après avoir rappelé que le bureau exécutif du
syndicat contenait au départ 11 membres, M. Kolani a fait remarquer qu’à ce
jour, ce bureau se retrouve réduit à trois membres. Pour lui, il est
inadmissible que ces trois personnes « non représentatives » puissent
parler au nom de tous les entrepreneurs du Togo, surtout qu’elles se sont
révélées, après leur élection, être de moralité douteuse.
Pour mettre
un terme à cette situation qu’il qualifie de « désordre » et pour
redorer le blason de la corporation des entrepreneurs en bâtiments et
travaux publics du Togo, le Comité des PME demande au ministère de
l’Administration territoriale de suspendre les activités du SNEBTPT afin de
permettre aux services de la gendarmerie de refaire des enquêtes de moralité
sur les membres du bureau exécutif dudit syndicat.
Dans le même
ordre d’idées, Gaston Kolani et les siens sollicitent la tenue d’une
Assemblée générale de tous les entrepreneurs en bâtiment et travaux publics
du Togo - y compris leurs confrères membres du GNEBTP (Groupement national
des entrepreneurs du bâtiment et travaux publics) – pour mieux organiser
cette profession dans le pays.
Le comité
des PME s’est également prononcé, au cours de la rencontre de mercredi, sur
les problèmes liés au payement des entrepreneurs ayant effectué des travaux
avec la DGTP en 2003. D’après Gaston Kolani, ces problèmes ont trouvé un
début de solution, du moins partielle, grâce aux efforts du gouvernement. « Tous
les entrepreneurs concernés par les travaux ont encaissé à ce jour au moins
50% de leurs dûs », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que les factures
devant permettre le reste des payements sont en cours de traitement.
Par
ailleurs, M. Kolani et les siens ont dénoncé l’attitude de certains de leurs
collègues entrepreneurs qui, bien qu’ayant déjà perçu (avant la dissolution
du FER) le tiers de la somme qui doit leur revenir pour les travaux de 2003,
tentent encore, « frauduleusement », de passer par tous les moyens,
comme si de rien n’était, pour avoir une fois de plus une part de la somme
mise à la disposition du Comité par le gouvernement togolais. « Pour le
compte des travaux que nous avons effectués avec la DGTP en 2003, certains
de nos camarades entrepreneurs avaient déjà reçu, sans que nous ne le
sachions, une partie de leurs dûs avec la complicité de l’ex-directeur du
FER, Ferdinand Tchamsi. Mais, malhonnêtes qu’ils sont, au lieu de nous le
signifier, ils l’ont caché et exigent que la totalité de leur rémunération
leur soit versée sur la base de la somme mise à notre disposition par le
gouvernement, comme s’ils n’avaient rien touché auparavant », a martelé
le porte-parole du Comité avant de se faire plus menaçant : « le Comité
ne cèdera pas au double payement de ces entrepreneurs. Il fera tout pour
aider les autorités publiques à les démasquer ».
Rodolph Tomegah
Bouter la grippe
aviaire hors des frontières du Togo :
Les agents des forces de sécurité et de la
douane appelés à la rescousse
Les
autorités veulent intégrer les agents des forces de sécurité et la douane
togolaise dans la lutte contre l’épizootie de la grippe aviaire au Togo.
Mardi et mercredi derniers, policiers, douaniers et gardiens de préfecture
étaient en atelier à Lomé.
Organisée
par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche en
partenariat avec la FAO (Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture), cette rencontre était destinée à former les agents précités
sur le contrôle de la circulation des volailles sur le territoire national.
D’après les
initiateurs de la rencontre, le Togo reste sous la menace constante de la
grippe aviaire malgré les nombreuses dispositions prises par le gouvernement
pour empêcher ce mal d’entrer sur le territoire. Et pour cause,
expliquent-ils, les frontières du pays sont poreuses et les entrées de
volailles (en provenance des pays voisins) ne font pas, la plupart du temps,
l’objet de contrôles stricts.
L’atelier de
formation de cette semaine s’est fixé donc comme objectif de renforcer les
capacités des agents des forces de sécurité et de la douane en matière de
surveillance des différentes sortes de volailles. Pendant les deux jours
qu’a duré la rencontre, les participants ont été outillés sur les techniques
pouvant leur permettre de détecter non seulement les manifestations de la
grippe aviaire, mais également toute sorte de maladies aviaires et leurs
dérivées. Ainsi, ils pourront aider le Togo à mieux lutter contre les
épizooties et autres maux qui représentent un frein à la bonne marche de
l’élevage.
Pour le
ministre chargé de ce secteur, Messan Kossi Ewovor, cette formation arrive à
point nommé parce qu’elle vient compléter les efforts que fournit le
gouvernement togolais en vue d’aider les paysans à relancer leurs activités.
C’est au nom de cette idéal que M. Ewovor a convié les participants à
accorder une attention particulière aux différents enseignements qui leur
sont donnés pour apporter véritablement leur appui au service national de
l’élevage.
Rodolph Tomegah
Réduction des
produits nuisibles à la couche d’ozone :
Le Togo dit non aux commerces illicites des CFC
Le Togo
veut venir définitivement à bout des substances nuisibles à la couche
d’ozone. Ceci dans l’objectif d’honorer ses engagements vis-à-vis du
protocole de Montréal. Pour ce faire, il veut mettre à contribution les
agents de l’administration des douanes et de l’environnement. Ces derniers
ont été formés les 24 et 25 février derniers sur le commerce illicite des
substances qui appauvrissent la couche d’ozone au cours d’un atelier qui
s’est déroulé à la FOPADESC, à Lomé.
Organisé par
le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières en partenariat
avec le Bureau national ozone, cet atelier a permis aux agents des douanes
et du secteur de l’environnement de passer plus particulièrement en revue
les différentes facettes du commerce illicite, des réfrigérants interdits.
Ils se sont également familiarisés avec les kits qui permettent d’identifier
ces produits.
Par
ailleurs, les participants ont aussi reçu plusieurs enseignements sur les
produits alternatifs aux CFC (Chlorofluorocarbone) considérés comme ayant un
faible potentiel en matière de destruction de la couche d’ozone. Il s’agit
notamment des HCFC (Hydro chlorofluorocarbones) largement utilisés dans la
climatisation et des HFC (hydrofluorocarbones).
La formation a en outre permis aux agents de l’administration des douanes et
de l’environnement de découvrir de nouveaux produits moins coûteux et
n’ayant d’impact ni sur l’ozone ni sur le climat, ainsi que toute la gamme
de réfrigérants inscrits dans le protocole de Montréal.
au
cours d’une rencontre qui s’est tenue à Montréal au Canada en 1987,
plusieurs pays se sont engagés à éliminer de manière définitive les CFC
avant le 31 décembre 2009. Au Togo (signataire du protocole de Montréal),
sur les 40 tonnes de ce produit nuisible déclarées en 1995, il ne reste
aujourd’hui qu’environ 5 tonnes. Ce résultat a été le fruit de la formation
reçue par les techniciens du froid sur les techniques de récupération et de
recyclage des CFC. Toutefois, des efforts restent toujours à faire car
plusieurs commerçants continuent par importer non seulement des gaz
interdits, mais aussi des mélanges de réfrigérants occasionnant le retard du
pays dans la lutte contre les substances qui appauvrissent la couche
d’ozone.
Rodolph Tomegah
Relance du
secteur agricole togolais :
Grandes ambitions, petits moyens
Au sommet
de l’UA (Union Africaine) tenu en 2003 à Maputo (Mozambique), les chefs
d’Etat africains se sont engagés à relancer l’agriculture afin d’assurer une
autosuffisance alimentaire à leurs peuples respectifs. Le Togo, à l’instar
des autres pays membres de l’organisation continentale, a promis consacrer
10% de son budget à ce secteur. Or, au terme de la loi des finances gestion
2009, seulement 5% du budget national, soit environ 17 milliards de Fcfa
vont être consacrés à ce secteur. Cette nouvelle a été accueillie comme une
avancée dans les milieux paysans, par rapport au 0,6 milliard de francs CFA
que l’Etat a alloué à ce même secteur entre 2002 et 2004. Des économistes
estiment par contre qu’un long chemin reste encore à faire si le
gouvernement veut éviter une nouvelle crise alimentaire au Togo. Car
expliquent-ils, 6 ans après Maputo, les moyens déployés pour relancer le
secteur agricole au Togo demeurent donc en deçà des réelles ambitions.
Le secteur
agricole représente environ 40% du PIB, (Produit Intérieur Brut), 20% des
exportations et 70% de la population active togolaise. L’agriculture joue de
fait un rôle crucial dans la stratégie nationale de lutte contre la faim et
la pauvreté. Aussi, au début des années 70 où le président Eyadema
lançait « la révolution verte », la production agricole a connu une
poussé vertigineuse suivie de retombés durables et considérables pour
l’économie nationale. Les reformes entreprises à l’époque ont permis selon
le gouvernement, d’exporter du coton et d’autres produits agricoles comme le
café, le cacao et bien d’autres cultures. En 1995, les produits vivriers
constituaient le principal sous-secteur de l’économie agricole du Togo et
représentaient 69% de la production agricole brute du pays. Une récente
étude réalisée dans ce secteur révèle qu’il se porte très mal. Ainsi,
plusieurs cultures vivrières ont vu leur taux de production plonger. Le
maïs, principal aliment de base des Togolais, est passé de 8,0% en 1998 à
2,8% en 2006. Le manioc est passé de 6,9 % à 2,1%. La plongée fut
remarquable dans le sous-secteur du riz qui a enregistré une baisse de plus
de 20%, passant de 19,7% à -1,5%. Quant aux cultures d’exportation, le
constat est plus qu’alarmant. Elles se sont littéralement effondrées. La
production du cacao a chuté d’environ 67% au cours de ces dernières années,
contre 57% pour le café et 70% pour le coton.
« Aujourd’hui, le secteur agricole est caractérisé par d’énormes faiblesses.
Les exploitations agricoles sont trop petites»,
souligne un rapport officiel sur l’agriculture. La taille moyenne des
exploitations vivrières au Togo est inférieure à 2 ha et les exploitations
dépassant les 10 ha représentent moins de 5% du total. Le dernier
recensement agricole fait en 1996 met en évidence une situation critique du
secteur. A l’issue de ce recensement, les données ont révélé que « 25%
des exploitations font l’objet d’encadrement, moins de 3% des superficies
vivrières sont ensemencées avec des semences sélectionnées, seuls 15% des
surfaces cultivables reçoivent de l’engrais et 4% seulement des ménages
agricoles sont dotés d’une charrue ».
D’après une
analyse sommaire, cette situation s’explique par le peu d’ « initiative
prise dans le sens d’une amélioration des conditions de vie et de travail
des paysans ». En effet, dans certaines localités agricoles, les
cultivateurs continuent d’utiliser des outils rudimentaires tels que les
coupe-coupe, les dabas et les houes etc. Certaines organisations paysannes
pensent que « le manque de financement et la non prise en compte des
préoccupations de maintien à long terme de la fertilité des sols par
le gouvernement » est une cause de cette sous-production. Au Togo,
remarquent-elles, « les pistes rurales sont largement insuffisantes et
dégradées ; certaines zones à fort potentiel de production ne sont pas
desservies ». « Nous n’avons pas de route pour transporter nos
produits au marché », a indiqué Paul Ahianyo, cultivateur à Notsé.
Selon Anani
Akakpo-Ahianyo, ancien ministre des Affaires étrangères, cette situation
serait due « aux troubles socio politiques qui ont entravé la mise en
œuvre des reformes agricoles ». Aussi « les violences ont-elles
amené les bailleurs de fonds à réduire les fonds octroyés ou à se retirer
pour protester contre les nombreuses violations des droits de l’homme
commises au Togo et notamment contre les mesures de sécurité sévères
adoptées pendant les élections présidentielles de 2005 », ajoute-t-il.
Pour d’autres encore, l’agriculture togolaise souffre non seulement de ces
violences politiques, mais aussi « d’une mauvaise planification et d’une
gestion désastreuse».
Les
perspectives pour le secteur agricole
Si pour le
gouvernement togolais, les causes de la baisse de la production sont à
rechercher ailleurs, il entend toutefois remédier à cette situation. Ainsi,
au titre du PIAP (Programme Intérimaire d’Actions Prioritaires), l’Etat
togolais a élaboré une note de politique agricole avec l’appuie de la Banque
Mondiale et de la FAO. Cette note devra donc évoluer vers une déclaration de
développement agricole après l’élaboration d’un vaste programme
d’investissement et d’un plan de mise en œuvre. Cependant, prévient le
rapport, « tout ce processus est prévu pour se terminer au cours du
premier semestre de l’année 2009, si le financement est assuré ».
Sur la
période 2008-2010, le gouvernement envisage des actions prioritaires à court
terme et à long terme. A court terme, il prévoit professionnaliser les
agriculteurs et développer un système de crédits adaptés pour la
commercialisation, et l’acquisition des intrants (engrais, semences, les
petits équipements d’irrigation et les petits matériels agricoles). Par
ailleurs, il prévoit aussi accorder aux ménages agricoles les plus démunies
une aide alimentaire. Elle sera octroyée, non pas pour des raisons
humanitaires uniquement, mais aussi pour augmenter l’offre et la
productivité de la main d’œuvre.
Selon le
gouvernement, l’accent sera mis sur les cultures alimentaires de base telles
que le maïs, le riz, le mil, l’igname etc. , et aussi sur le renforcement
des capacités techniques pour favoriser un plein emploie dans ce secteur.
Par ailleurs, le gouvernement rassure, dans le cadre de la réalisation des
OMD, qu’une estimation des coûts et des besoins de financement pour la
réduction de la pauvreté et la lutte contre la pauvreté sera réalisée.
Ainsi, sur la période 2006-2015, un montant de 443 milliards FCFA, soit une
moyenne annuelle de 44 milliards de FCA seront mobilisés chaque année pour
réduire et lutter contre la faim et la malnutrition au Togo. « Ces
données présagent un avenir radieux pour l’agriculture togolaise, si cette
politique venait à être effective », a conclut un professeur d’Economie
à l’université de Lomé. Reste que le montant des dotations
budgétaires ces trois dernières années additionnées aux ressources externes
mobilisées en faveur de ce secteur ne correspondent pas aux recommandations
du sommet de Maputo.
Joël Koudjodji
Handball /
Préparatifs du tournoi international «Challenge Trophy 2009» :
La sélection togolaise dans la dernière ligne droite
Selon
le directeur technique de la FTHB (Fédération Togolaise de Handball), Ayité
Donsou, la sélection togolaise de la discipline a amorcé depuis quelques
jours la dernière ligne droite de ses préparatifs pour l’édition 2009 du
tournoi international « Challenge Trophy », qu’accueille le Togo du
13 au 20 avril prochain. «Nous avons fini de travailler la condition
physique, les réglages techniques, les passes, réceptions et tirs. Il nous
reste à peaufiner la tactique de groupe de deux, trois, quatre personnes. La
semaine prochaine, on fera la tactique collective», a-t-il confié.
Il faisait
ces déclarations mercredi dernier lors d’une visite du ministre togolais des
Sports et des Loisirs, Christophe Tchao, aux joueurs au terrain de handball
du stade Omnisports de Lomé. Ce dernier a indiqué pour sa part que cette
visite est l’expression du soutien que l’Etat compte apporter aux
différentes disciplines sportives pratiquées dans le pays.
Dans le
cahier des charges soumis au ministère des Sports par la FTHB en vue de
l’organisation du «Challenge Trophy», il est entre autres inscrit des
travaux de rénovation du stade qui abritera la compétition.
Il faut
noter qu’outre cette compétition internationale organisée en collaboration
avec l’IFH (Fédération Internationale de Handball), les autres activités au
programme cette saison au sein de la FTHB sont les championnats des ligues,
le championnat national, la participation éventuelle de trois formations
togolaises à la coupe
africaine des vainqueurs de coupe
qu’abrite le Bénin.
Gabin Koissidjin
«Chancellerie de l’humour» :
Coup d’essai, coup de maître
On leur
connaissait ce talent pour les avoir vu sur les chaînes de télévision
nationales. Mais le public qui a fait le déplacement du Centre Culturel
Français vendredi dernier en a eu pour son compte. C’était à l’occasion de
la 1ère édition de la «Chancellerie
de l’Humour». Un spectacle en plein air qui a drainé un grand monde venu
soutenir les artistes humoristes togolais, notamment Gbadamassi et Gogoligo,
promoteurs dudit spectacle.
Tout a
commencé avec la prestation de Malam, un artiste comédien togolais venu de
la ville de Kpalimé. A sa suite, la troupe Gbadagog va faire rire le public
par un show des grands jours. D’autres artistes humoristes togolais ont fait
des prestations bien appréciées par les spectateurs. Il s’agit entre autres
d’Alpha Ramsès, Agbotso, Azekokovivina, Gaglo, etc.
Au cours de
la même soirée, de grands noms de l’humour togolais ont été honorés pour
leur apport à la culture togolaise à travers leurs oeuvres. Il s’agit d’Agbotso,
Azekokovivina et Gaglo.
Au terme de
la soirée, les organisateurs se sont dits satisfaits du spectacle et ont
promis rééditer «l’exploit» pour une deuxième édition. Même son de
cloche du côté des spectateurs venus assister à ce show. Pour Mlle
Christine, « la soirée a été d’une très bonne facture et nous avons
vraiment apprécié ».
La «Chancellerie
de l’humour» est un
événement qui a rassemblé plusieurs artistes humoristes togolais sur une
même scène. Elle était vendredi dernier à sa première édition.
Steven Lavon
Football /
Championnat national de première division :
La 1ère journée
prend fin ce week-end
La première
journée du championnat national de première division prend fin ce dimanche
avec des affiches alléchantes sur toute l’étendue du territoire national.
A Masséda,
les Lions du Sud de l’USM accueillent Foadan de Dapaong. A Fiokpo, Maranatha
de la localité offrira son hospitalité à Dyto de Lomé. Le TAC (Tchaoudjo
Athlétic Club) reçoit Togo Télécom à Sokodé. Pendant ce temps, Abou Ossé d’Anié
affronte Koroki Métété de Tchamba à Anié. Le seul match de Lomé mettra aux
prises AC Merlan et Kotoko de Lavié, l’un des trois clubs du grand Kloto
évoluant en division d’élite cette saison. Le choc de cette première journée
est sans aucun doute la confrontation entre le champion en titre, Asko de
Kara, et le promu et champion de D2, Gomido de Kpalimé.
Deux
rencontres ont été déjà enregistrées pour le compte de cette première
journée. En match d’ouverture dimanche dernier, l’AS Douanes de Lomé a battu
l’AS Togo Port sur la plus petite des marges, 1 but à 0. Une réalisation de
Koffi Sénam Fiabo à la 59ème minute
de jeu. Le second match qui a opposé l’Etoile Filante de Lomé et Sémassi de
Sokodé, a été plus prolifique en buts. Les étoilistes en ont profité pour
prendre provisoirement la tête du classement avec un score de 3 buts à 1.
Les buts des Bleus de la capitale portent les signatures du capitaine Kodjo
Doumasséssé à la 32ème minute,
suivi d’un doublé d’Efoé Dékpoh (38ème et
46ème minutes). La
réduction du score des «Guerriers de Tchaoudjo» est intervenue à la
87ème par l’entremise
de Nadjibou Ouro Bag’na.
En prélude
aux autres matches qui se disputeront ce week-end, la FTF (Fédération
Togolaise de Football) a dépêché une commission à l’intérieur du pays en vue
d’inspecter les différentes installations devant abriter les matches des
championnats de D1 et D2. Cette commission composée de Camélio Akoussa,
Lanou Kodjo Elitsa et Sényamé Lawson Laté se chargera d’homologuer les
installations de la BCEAO à Baguida, les terrains d’Aného, de Masséda, de
Bassar et de l’Ecole centrale de Sokodé. Il faut rappeler que les stades d’Agoè
et de la ville de Sokodé sont actuellement en réfection.
Steven LAVON |
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Golfe Info N° 509 du mercredi 25 février 2009 |
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Football /
Création des centres de formation et académies au Togo : La FTF entame la
procédure de réglementation du secteur |
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Pour
permettre aux centres de formation de mieux accomplir leur tâche dans le
domaine du football au Togo, la FTF (Fédération Togolaise de Football) a
rencontré hier à son siège à Kégué, les responsables des différents centres
et académies de football de Lomé. Il était question de définir, avec les
différents acteurs, les bases d’un centre ou d’une académie de football et
les tâches qui lui sont assignées.
Six points fondamentaux étaient à l’ordre du jour de cette rencontre
présidée par le secrétaire général administratif et financier de la FTF,
Kossivi Reinhardt. A l’issue des discussions, des dispositions pratiques
sont définies. Ainsi, pour désormais entreprendre la création d’un centre de
football au Togo, les acteurs devront soumettre à l’Etat, notamment aux
ministères des Sports et des Loisirs, de l’Education, des Finances et du
Commerce, un dossier en vue de l’obtention de l’autorisation
d’établissement. Selon les indications de M. Reinhardt, les documents qui
doivent constituer ce dossier devront comporter des informations concernant
les différents encadreurs, le domaine du centre (superficie et situation) et
les activités qui y seront menées.
L’émigration clandestine des jeunes joueurs, qui sont finalement laissés
pour compte en Europe, a été aussi soulevée au cours des débats. Pour cela,
il a été demandé aux centres de ne pas «exporter» des jeunes joueurs en
Europe sans autorisation préalable. Ceci, conformément à la déclaration de
Bamako qui stipule que « désormais les jeunes de moins de 18 ans ne sont
pas autorisés à émigrer vers l’Europe ». Dans le même sens, les
diminutions ou augmentations d’âge des joueurs sont interdites.
Sous forme de répression, le sixième point à l’ordre du jour de la réunion
d’hier annonce des sanctions éventuelles à tout contrevenant à ces
dispositions. Ces sanctions devront être prises par une commission
spécialisée qui sera mise sur pied dans les prochains jours et qui se
chargera de les rédiger. Selon le SG de la FTF, d’autres réunions sont
prévues tout au long de l’année pour finaliser les textes de réglementation
du secteur des centres et académies de football du Togo. La toute prochaine
rencontre entre les deux parties est prévue pour le 24 avril 2009.
Steven Lavon & Gabin Koissidjin
Discussions au sein du CPDC : La question du recours à la
facilitation enfin résolue !
La question
du recours à la facilitation en cas de blocage des discussions au sein du
CPDC (Cadre Permanent de Dialogue et de concertation) vient d’être résolue.
Au cours des travaux de ce mardi, deux mesures ont été prises à cet effet.
La première est relative au recours à la facilitation et la seconde porte
sur l’adoption du règlement intérieur devant régir les discussions au sein
de ce mécanisme de dialogue. Sur le premier point, indique le communiqué
final des travaux d’hier, «le CPDC convient de saisir le président de la
République en cas de blocage des discussions. Le chef de l’Etat recherche
avec les leaders des partis membres du Cadre, les solutions appropriées avec
le recours à la facilitation le cas échéant». « Ce point sera inscrit
dans le règlement intérieur qui est adopté ce jour », a ensuite
lu à la presse, Séleagodji Ahoomey- Zunu, secrétaire administratif du
Cadre.
Par
ailleurs, le secrétaire administratif du CPDC précise que « ces
formulations sont arrêtées de façon consensuelle par toutes les parties
prenantes au Dialogue ». Ainsi, Le président de la République, garant
du Cadre Permanent de dialogue, devra dans les jours à venir, être
interpellé sur les questions de divergences. Il devra dans ces cas, mettre
ses talents de facilitateur en œuvre. Déjà, les supputations se font autours
de ces décisions. Et des analystes de la politique togolaise qualifient ce
compromis « d’avancée majeure ». D’après une source proche de
l’Opposition, « cet accord est un pas significatif et très encourageant
pour la poursuite des travaux ».
Depuis mardi
17 février dernier, les travaux du CPDC achoppaient sur la question du
recours à la facilitation extérieure introduite par l’UFC (Union des forces
de Changement) de Gilchrist Olympio. Indispensable pour cette formation
politique vue « la crise de confiance qui prévaut dans notre pays »,
cette demande n’a pas reçue l’adhésion du parti au pouvoir, le RPT
(Rassemblement du peuple Togolais). Ce dernier soutient pour sa part que la
présidence du CPDC par le chef de l’Etat constitue en elle même une
garantie de règlement d’éventuels blocages. Par ailleurs, dans un communiqué
rendu public en fin de semaine dernière, le parti au pouvoir, tout en
indiquant que « l’UFC a fait de sa proposition une fixation et a rejeté
toutes les propositions de la délégation du RPT », a précisé
que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de
ses objectifs ».
Cette étape
d’adoption du règlement intérieur du CPDC franchie, les délégués à ce
mécanisme de discussions vont poursuivre leurs travaux demain avec en prime
le code électoral et ses sujets relatifs entre autres aux conditions
d’éligibilité au scrutin présidentiel. Ici encore, les analystes
prophétisent déjà de chaudes discussions.
Joël Koudjodji
Composition du gouvernement
houngbo : Komlan Kadjé, nouveau patron du ministère des TP
Le ministère
des Travaux Publics et des Transports a un nouveau patron. Komla Kadjé,
jusque-là Commissaire de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest) chargé des Infrastructures, vient d’être nommé
ministre en charge de ces deux portefeuilles. Loin de passer inaperçue,
cette nomination vient mettre fin à une situation dénoncée par une partie de
la classe politique nationale et des opérateurs économiques.
Cette
nomination apparaît comme une réponse des responsables de l’exécutif
togolais aux préoccupations exprimées en milieu de semaine dernière par un
collectif de chefs d’entreprises togolais opérant dans le secteur des
travaux publics.
Les
entrepreneurs BTP ont eu gain de cause Au cours d’une conférence de presse
animée mardi 17 février dernier, des entrepreneurs du secteur des BTP
regroupés au sein du SNEBTPT (Syndicat National des Entrepreneurs des
Bâtiments et Travaux Publics du Togo) ont demandé qu’il leur «soit nommé
dans les plus brefs délais un ministre des Travaux Publics dont le profil
correspond réellement aux tâches qui seront les siennes». Ces derniers
arguent avoir constaté «des irrégularités dans le fonctionnement du
gouvernement Houngbo en général et du ministère des Travaux publics en
particulier».
D’après
Hervé Piza, secrétaire général du syndicat cité plus haut, depuis la
composition du gouvernement au sein duquel le ministère en charge des
Travaux publics a été rattaché à la présidence, le SYNEBTPT «s’est donné une
période probatoire de trois mois pour observer» les activités de ce
département. «Malheureusement, explique-t-il, nous n’avons constaté qu’un
désordre». Car poursuit-il, «même les ministères qui n’ont aucune
attribution en matière des BTP s’y sont introduits».
Par
ailleurs, les membres du SYNEBTPT s’insurgent contre les mesures
draconiennes auxquelles sont soumises leurs entreprises. En effet,
dénoncent-ils, « nos entreprises sont étranglées par les nouvelles mesures
adoptées par le gouvernement, notamment les prix d’achat des dossiers
d’appels d’offres exorbitants et non remboursables (2 millions de F Cfa), et
l’exigence d’un agrément délivré par le ministère de l’Economie et des
Finances». Des mesures qui font dire à ces responsables syndicaux que «les
autorités togolaises ont décidé d’agoniser le secteur des travaux publics et
de le remplacer par un réseau de profanes qui engloutissent de faramineuses
sommes pour des travaux mal faits et parfois inutiles». Ils dénoncent
également la façon dont les marchés sont attribués aux entreprises suivant
«une liste constituée et transmise au Premier ministre» en violation des
procédures normales de passation des marchés publics.
Ministères
rattachés et ministères délégués à la présidence : une marque de la nouvelle
ère
Le
rattachement de certains ministères à la présidence n’est pas un fait
nouveau. Mais il a pris, selon les analystes, une proportion importante
depuis l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir. Ainsi, sous l’ex-Premier
ministre de Faure Gnassingbé, Edem Kodjo, Kpatcha Gnassingbé a été nommé
patron du ministère délégué à la Présidence de la République chargé de la
Défense et des Anciens Combattants. Avec l’opposant radical Yawovi Agboyibo
à la primature, le ministère en charge de l’Equipement des Postes et
Télécommunications et des Innovations Technologiques et celui en charge des
Droits de l’Homme et de la Réconciliation, avec respectivement à leur tête,
Dominique Dogbé et Me Loretta Akouété seront placés sous l’autorité directe
du chef de l’Etat. Dans le gouvernement Mally, le portefeuille de la Défense
repasse dans les mains du président de la République.
A la
formation du cabinet Gilbert Fossoun Houngbo en septembre 2008, le
département des Travaux Publics que chapeautait Célestin Ekpaoh Talaki dans
l’équipe Komlan Mally, a été directement rattaché à la présidence de la
République. Tout comme celui de la Défense et des Anciens combattants. Le
président de la République, Faure Gnassingbé, par l’intermédiaire du général
Essofa Ayéva, son directeur de cabinet, devait en assumer les charges. Ceci,
indépendamment de ses fonctions de chef de l’Etat, et de ministre de la
Défense et des Anciens combattants. Sans oublier aussi que le ministère du
Commerce et de la promotion du secteur privé de Guy Madjé Lorenzo est aussi
rattaché à la présidence. Ce dernier étant «protocolairement et
juridiquement» ministre délégué à la présidence.
L’Opposition
avait dénoncé le fait
Des
rattachements qui ont été dénoncés en leur temps par certaines formations
politiques, notamment l’UFC qui, par la voix du député Adama Doe-Bruce, a
demandé au Premier ministre Gilbert Houngbo lors de la présentation de son
discours programme à l’Assemblée nationale, celui qui devait répondre du
ministère des TP au cas où les députés devaient interpeller son
responsable. L’ancien Premier ministre du Togo et président national de l’OBUTS
(Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire), Agbéyomé Messan
Kodjo a lui aussi dénoncé cet état de chose. Après avoir fait observer que
«le chef de l’Etat, en dépit de ses nombreuses charges, s’est octroyé deux
portefeuilles importants» (Défense et Travaux publics), M. Kodjo a considéré
que cette réalité traduit la volonté de Faure Gnassingbé «de poursuivre sa
politique de régression économique, sociale et morale qui plonge le peuple
togolais dans le désarroi le plus profond». Même son de cloche du côté du
PDP (Parti Démocratique Panafricain) de Bassabi Kagbara qui avait demandé
que des titulaires soient nommés à la tête de ces départements ministériels.
Docteur-ingénieur des ponts et chaussées, Komlan Kadjé a été nommé en 2006
Directeur général des Travaux Publics au ministère de l’Equipement, des
Transports et des Télécommunications, en lieu et place de Célestin Talaki,
entre- temps nommé Directeur général du CERFER. Un an plus tard, soit en
2007, le nouveau ministre des TP sera nommé Commissaire de la CEDEAO chargé
des Infrastructures. Poste qu’il occupait jusqu’à sa nomination ce mardi
comme nouveau patron du ministère des TP et des Transports.
Marc D. Kouakani-Assi
Mouvements
d’humeur des employés de la LIMUSCO et de TOGOPHARMA : Des discussions
ouvertes avec les autorités
Portes et
fenêtres closes, personnels absents sur les lieux de travail, telles sont
les images qu’affichaient les agences de la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles
Scolaires) lundi dernier à Lomé. Raison de cet arrêt de travail : les
employés de cet organisme public observent un mouvement d’humeur. Il en est
de même à TOGOPHARMA, où les agents de ce service sont eux aussi en grève.
Ils ont donc vidé leurs lieux de travail respectifs et cessé les activités
pour manifester leur mécontentement. La cause de ces deux débrayages est
d’ordre financier. Les manifestants réclament le payement d’arriérés de
salaires. Aux dernières nouvelles, les représentants des agents de la
LIMUSCO ont rencontré leur ministre de tutelle ce lundi, alors que leurs
collègues de TOGOPHARMA entendent entrer en pourparlers avec le leur ce
matin.
Les
discussions entre les agents de la LIMUSCO et le ministre des Enseignements
Primaire et Secondaire ont abouti lundi dernier à une suspension du
mouvement. « Nous avons décidé de reprendre le travail suite aux
négociations entamées avec nos supérieurs hiérarchiques », a indiqué un
représentant des grévistes qui a ajouté que le ministre Nagou a promis
rendre compte de leurs revendications au Premier ministre. La grève prévue
pour 48h est donc suspendue et les agences de la LIMUSCO ont rouvert leurs
portes depuis hier.
Du côté des
employés de TOGOPHARMA, un des responsables a confié qu’« une délégation
sera constituée au sein du mouvement pour rencontrer le ministre de la
Santé aujourd’hui ». Cette délégation, à en croire ce responsable,
tiendra des discussions avec le ministre Mally au siège de son cabinet et
défendra les causes des grévistes. Les discussions, a-t-il ajouté, porteront
essentiellement sur les droits des employés ainsi que sur leurs arriérés de
salaires.
Il faut
préciser que les causes des mouvements d’humeur observés à la LIMUSCO et à
TOGOPHARMA sont d’ordre financier, matériel et moral. « Nous avons 17
mois d’arriérés de salaires », explique M. Gnandé, secrétaire général du
syndicat de la LIMUSCO. D’après lui, les autorités sont informées de la
situation, mais rien n’a été fait jusque-là en dehors de « vaines
promesses ». Tout en se disant « conscients » des difficultés
financières du Togo, M. Gnandé et les siens soutiennent ne réclamer que le
remboursement d’un minimum de 5 mois de salaires sur les 17 impayés. « Nous
avons des familles à nourrir, des loyers à payer et les études de nos
enfants à subventionner. De plus, nous avons faits des prêts auprès de
certaines banques et celles-ci réclament leur argent. Il faut donc qu’on
nous paie », ajoute le secrétaire général du Syndicat des agents de la
LIMUSCO. Entre autres préoccupations, les agents de ce service dénoncent le
manque d’articles dans les magasins. Ce qui, expliquent-ils, entraîne la
rareté et l’insuffisance de la vente.
De leur
côté, les employés de TOGOPHARMA réclament 21 mois d’arriérés de salaires.
Ils exigent également la réintégration de leurs collègues qui sont en « congé
technique » depuis plusieurs mois déjà, une indemnisation aux retraités,
la régularisation de la caisse de cotisation et la reconnaissance de leurs
droits. S’estimant « fatigués » des fausses promesses de leur
directeur, ces employés menacent de continuer leur mouvement tant qu’ils
n’obtiendront pas gain de cause. « Nous continuerons notre action
si rien n’est fait », déclare un employé, visiblement très en colère.
Les dégâts
collatéraux de ce mouvement d’humeur des employés de TOGOPHARMA ne se sont
pas fait entendre. Au CHU Tokoin de Lomé lundi dernier, les personnes vivant
avec le VIH/SIDA étaient en manque d’ARV. « Nous sommes venus ce matin
pour nous approvisionner en ARV et c’est là qu’on nous apprend qu’il n’y en
a plus, car les agents de Togopharma sont en grève », confie une mère
dont le fils (15 ans) est malade du SIDA. « Je prie le gouvernement de
les satisfaire à temps pour que nos proches qui sont malades du SIDA
puissent vivre encore un peu », ajoute-t-elle, l’air désabusé.
Komlanvi Apevinyekou |
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Golfe Info N° 506 du vendredi 18 février 2009 |
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Soigner les
kystes et les fibromes au Togo : Dr Joseph Adom, gynécologue au CHR
d’Atakpamé: «Maintenir un poids normal et/ou faire des exercices
physiques pourraient assurer une certaine protection contre ces maux » |
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Les
kystes de l’ovaire et les fibromes utérins, tumeurs bénignes (fréquentes
chez les femmes noires) constituent un problème de santé publique qui
touche, de plus en plus, la gente féminine togolaise de nos jours. Leur
évocation au cours d’un examen clinique crée une très grande inquiétude chez
la femme qui craint une éventuelle intervention chirurgicale ou une probable
stérilité. Une attitude liée, très largement, à l’insuffisance et/ou aux
mauvaises informations sur ces types de maux qui effraient plus qu’il ne le
faut. Qu’est – ce qu’un fibrome, un kyste ? Quelles sont leurs causes et
comment les traiter ? Ce sont autant de questions auxquelles répond le Dr
Joseph Adom, le gynécologue obstétricien du Centre Hospitalier Régional
(CHR) d’Atakpamé. |
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Dr Joseph Adom |
Qu’est – ce qu’un fibrome utérin et un kyste de l’ovaire ?
Un fibrome
utérin est une tumeur bénigne (non cancéreuse) qui se développe aux dépens
des fibres musculaires de l’utérus. C’est une masse solide très ferme,
irrégulièrement arrondie sur l’utérus, de volume variable (de quelques
millimètres à plusieurs dizaines de centaines) et d’un poids allant de
quelques grammes à plus d’un kilogramme.L’utérus peut abriter un seul
fibrome. Mais le plus souvent, il en est le siège de multiples (de quelques
noyaux fibromateux à plusieurs dizaines chez la même femme). Ils diffèrent
selon leurs localisations.Ils peuvent se localiser à l’intérieur de la
cavité utérine, ils sont alors nommés intra cavitaires ; ou sont intra
muraux lorsqu’ils font partie intégrante du muscle utérin lui – même. Quand
ils sont localisés dans la paroi externe de l’utérus, ils sont sous –
séreux ; localisés sous muqueuse utérine ; ils sont dits sous – muqueux.
La cause des fibromes demeure inconnue. Leur apparition est probablement le
résultat d’un ensemble de facteurs génétiques (les femmes de race noire sont
plus exposées), hormonaux et environnementaux. En effet, un taux élevé
d’œstrogène dans le corps pourrait accélérer la croissance des fibromes
qualifiés de ce fait d’« hormonodépendants ».
Avec la
ménopause et la fin des règles, les fibromes régressent progressivement, en
raison du déclin de la production d’œstrogène. Par ailleurs, la survenue
d’une ou plusieurs grossesses diminue le risque de fibromes. Les kystes de
l’ovaire sont, par contre, des poches contenant des liquides, de nature
différente, localisés sur les ovaires. Ils sont dits organiques du fait de
leurs caractéristiques histologiques (examen des tissus) en ce qui concerne
le contenu et la paroi.

Un kyste est dit fonctionnel quand il résulte d’une anomalie observée au
cours du fonctionnement ovarien. Quand l’ovulation ne se produit pas et que
l’un des follicules en croissance continue son évolution (jusqu’à atteindre
5 à 8 cm de diamètre), on a un kyste folliculaire à contenu séreux. Il est
lutéinique lorsqu’il résulte d’une anomalie de la formation du corps jaune.
A combien
estime – t – on, de nos jours, le nombre de femmes atteintes par ces maux ?
La fréquence
des fibromes est mal connue car beaucoup de fibromes sont latents.
Néanmoins, on estime que 20 à 40% des femmes caucasiennes en portent. Plus
abondants chez les femmes noires, les saignements touchent au moins 50% de
femmes afro- américaines. Leurs manifestations cliniques représentent
environ 10% des consultations gynécologiques. Au moment de la découverte,
l’âge varie entre 35 et 50 ans, même s’ils s’observent à un âge plus jeune
dans la race noire.
La fréquence des kystes est très élevée. On peut compter vingt (20) kystes
pour une tumeur maligne. Ils s’observent à tout âge, avec des variations
suivant le type. Les kystes sont rares après 50 à 60 ans. Les facteurs les
favorisant sont mal connus.
Quel rapport
existe-t-il entre
les fibromes de l’utérus et les kystes ?
Les
fibromyomes se localisent sur l’utérus et les kystes sur les ovaires. Bien
que ces deux pathologies se retrouvent sur l’appareil génital féminin, il
n’existe aucun lien de causalité entre elles.
A quelle
occasion la malade se rend-elle compte de la présence de ces corps étrangers
dans son organisme ?
Les
circonstances de découverte sont variables. En fonction de leur taille, de
leur nombre et de leur localisation, les fibromes peuvent entraîner des
règles hémorragiques prolongées et très abondantes, entraînant des anémies.
Des sensations de lourdeurs voire de douleurs dans le bas – ventre (pelvis)
et lors des rapports sexuels. Une pression sur la vessie ou sur les
intestins entraînant soit un besoin constant d’uriner, une constipation et
des ballonnements, soit une augmentation anormale de l’abdomen.
Les symptômes les plus fréquents pour la découverte des kystes, restent une
sensation de pesanteur du pelvis, des anomalies des menstruations (règles),
une stérilité.
Dans les deux cas, la découverte peut – être fortuite lors d’un examen
gynécologique.
Comment
peut–on les diagnostiquer ?
Le
diagnostic s’effectue habituellement lors d’un examen gynécologique. Votre
médecin réalisera un examen pelvien pour déterminer si le volume de votre
utérus est supérieur à la normale, pour un fibrome ; ou s’il existe une
masse latérale à l’utérus pour un kyste. Il confirmera la présence de l’un
ou l’autre de ces maux grâce à une échographie abdomino–pelvienne. Cet
examen lui permettra de bien identifier le mal et de mieux apprécier les
dimensions et la forme afin d’éliminer les autres hypothèses diagnostiques.
Certains fibromes développés à l’intérieur de la cavité utérine (fibromes
endocavitaires) peuvent être explorés par hystéroscopie (introduction d’un
petit endoscope par le col de l’utérus).
Peut–on
traiter ces maladies ?
On peut bien
sûr traiter ces maux, de plus en plus fréquents, qui sont beaucoup plus
gênants qu’inquiétants. Les procédures allant du traitement hormonal à
l’intervention chirurgicale sont disponibles. Un fibrome qui ne donne aucune
manifestation clinique et qui ne risque pas de complications ne nécessite
aucun traitement. Votre médecin en assurera seulement une surveillance
régulière par l’examen clinique et l’échographie.
Doit-on
s’attendre à des conséquences quand on ne les traite pas tôt ?
Les
conséquences sont diverses. Même si la majorité de ces pathologies ne
présente pas de symptômes (les fibromes surtout), des complications
surviennent :
- la nécrobiose aseptique qui se traduit par une douleur subaiguë ou aiguë,
une fièvre, une altération de l’état général ;
- la torsion d’un fibrome (elle peut se produire lorsque le fibrome est
pédiculé), elle se traduit par des douleurs aiguës survenant par crises,
puis vite permanentes, avec troubles digestifs, nausées, vomissements,
ballonnement abdominal ;
- les fausses couches à répétition ou accouchements prématurés, positions
anormales du fœtus dans l’utérus, hémorragie, stérilité, etc.
Les fibromes peuvent entraîner, très rarement, des compressions des organes
de voisinage, en l’occurrence l’uretère (dilation urétérale, retentissement
sur le rein en amont).
« Le fibrome
est un champignon qui pousse sur l’utérus, la médecine moderne ne peut le
traiter entièrement, seuls les tradithérapeutes en sont capables »,
pense le commun des mortels togolais. Quel est votre avis autour de cette
assertion?
C’est une affirmation gratuite et non fondée. Les kystes comme les fibromes
sont complètement traités par la médecine moderne. On constate
malheureusement que ces idées préconçues poussent les malades à s’orienter
vers les tradithérapeutes entraînant ainsi des complications : l’atrésie
(fermeture ou rétrécissement) du col, voire de tout le vagin par
introduction des ovules artisanales à effets corrosifs dans l’organe
féminin ; l’hémorragie par érosion de la paroi vaginale par des produits
corrosifs. La meilleure chose à faire dans ces cas, c’est de consulter un
médecin gynécologue obstétricien, personne bien au fait de l’anatomie et de
la pathologie de l’utérus, le seul habileté à mieux vous conseiller.
A quel
traitement est soumise une femme qui souffre de l’un ou l’autre de ces
maux ?
Il faudrait
une abstention thérapeutique avec surveillance. A proprement parler, il
n’existe pas de traitement médical des fibromes. Les dérivés de la
progestérone peuvent avoir une action sur les manifestations du fibrome en
réduisant l’abondance des saignements ; mais ces médicaments n’ont pas
d’effets sur son volume ou son évolution.
A quel
moment une intervention chirurgicale s’avère-t – elle indispensable ?
Une
intervention chirurgicale s’impose en cas de complications, d’augmentation
(rapide) de volume, de saignements importants et rebelles ou si le
traitement médical demeure inefficace. On opère aussi les gros fibromes et
ceux dont le siège expose à des complications : fibromes sous muqueux
exposant à des saignements, fibromes pédiculés (risque de torsion), fibromes
risquant de comprimer un uretère et de provoquer des troubles chez la femme
en âge de procréer.
Une même
personne peut – elle souffrir des deux maladies à la fois ? Peut – on alors
la traiter ?
Une même
personne peut être porteuse d’un utérus fibromateux et en même temps d’un
kyste de l’ovaire. Selon la localisation du myome et le type de kyste
ovarien, le traitement peut être dans les deux cas, soit médical, soit
chirurgical.
« Une femme
qui porte un fibrome ne peut plus concevoir un enfant » ;
une autre affirmation de l’homme de la rue, se fondant sur le fait selon
lequels « le fibrome est enlevé avec l’utérus… ». Qu’en pensez –
vous ?
Une femme qui porte un fibrome peut concevoir sauf si sses fibromyomes se
situent au niveau des cornes utérines et compriment les deux trompes,
empêchant leur perméabilité ; ils jouent par exemple le rôle de corps
étranger qui gêne la survie d’une grossesse, entraînant parfois des
avortements à répétition. Mais, grâce au traitement chirurgical, on peut
procéder à une myomectomie (ablation des fibromes) laissant intact l’utérus.
La femme peut donc porter une grossesse et la mener à terme. La majorité des
fibromes se développent dans la paroi musculaire ou vers l’extérieur de
l’utérus, et ne gênent en rien le développement normal d’une grossesse. Dans
certains cas, la déformation de la cavité utérine due au fibrome peut être
responsable d’implantation anormale du placenta. Ceci justifie une
surveillance accrue ou les anomalies de position de l’enfant au moment de
l’accouchement.
Cependant, si l’utérus porte plusieurs noyaux fibromateux et si l’ablation
ne laisse plus de muscle utérin suffisant pour reconstituer l’anatomie
réelle de l’utérus, on procède à une hystérectomie (ablation de l’utérus),
si la femme ne désire plus concevoir ou si elle est ménopausée.
Dans tous les cas, il y a espoir avec le progrès de la médecine. La preuve,
une nouvelle technique est née en France : l’embolisation des fibromes
utérins. Cette dernière permet de neutraliser les fibromyomes en laissant
intact l’utérus. L’embolisation peut donc constituer un recours chez les
femmes (porteuses de fibromes) souhaitant préserver leur fertilité et
envisager une grossesse.
Cette technique médicale n’est pas encore praticable au Togo, faute de
disposer d’un plateau technique moderne.
La
contraception orale ou le traitement hormonal substitutif de la ménopause
sont – ils déconseillés lors de la survenue de ces maux ?
On ne peut
pas déconseiller d’emblée ces traitements. Les œstrogènes favorisent,
certes, le développement des fibromes, mais il n’a pas encore été observé
que la prise d’une contraception orale ait d’influence sur l’évolution d’un
fibrome. C’est identique pour le traitement hormonal substitutif de la
ménopause. Il faut tenir compte du type de kyste ou de la localisation du
fibromyome.
Quels
conseils pouvez – vous donner aux lecteurs en général, et aux « porteuses »
de fibromes et kystes particulièrement ?
La cause des
fibromes reste assez mal connue. Néanmoins, on sait que les œstrogènes
contribuent à leur croissance. Et si le gras corporel est producteur de ces
hormones, les femmes physiquement actives seraient moins sujettes que celles
obèses. Maintenir un poids normal et/ou faire des exercices physiques
pourraient assurer une certaine protection.
J’exhorte
les femmes porteuses de fibromes ou de kystes à se faire suivre par un
gynécologue, la seule personne capable de les conseiller. Elles peuvent
guérir de ces maux, la médecine moderne disposant d’atouts à même de les y
aider. Je leur déconseille vivement la prise de toutes infusions venant des
tradithérapeutes ou non. Ces breuvages peuvent causer des dommages aux reins
ou au foie, entraînant des pathologies graves voire mortelles. Ceci dit, je
n’ai rien contre les tradithérapeutes. Au contraire, je salue le travail de
ceux qui maîtrisent leur métier. Mais, dans ce cas précis (fibromyomes et
kystes), allez consulter votre gynécologue et laissez le vous soigner, car
diagnostiqués très tôt, le traitement de ces maux est beaucoup plus
efficace.
Embolisation des fibromes utérins en bref
Elle a été mise au point en 1995, par les équipes de gynécologie (Pr
Jacques-Henri Ravia) et de radiologie (Pr Jean-Jacques Merland), à l’hôpital
Lariboisière de Paris (France). L’embolisation consiste à assécher le
fibrome en bouchant les vaisseaux qui le nourrissent. On observe une
amélioration significative ou totale des douleurs et d’autres symptômes chez
94% des femmes ayant suivi ce traitement. Quatre (04) jours après
l’intervention, 80% d’entre elles reprennent leurs activités courantes. En
plus de conserver l’utérus et de préserver la fertilité, ce traitement
s’avère moins pénible que l’intervention chirurgicale classique (ouverture
de l’abdomen) qui nécessite une convalescence d’au moins six (06) semaines.
Néanmoins, les fibromes volumineux, pédiculeux ou trop nombreux ne relèvent
pas de l’embolisation.
Cette intervention nécessite les compétences d’un médecin gynécologue
obstétricien (bien au fait de l’anatomie et de la pathologie de l’utérus) et
d’un radiologue vasculaire interventionnel (spécialement entraîné à la
navigation dans les vaisseaux et aux traitements par voie radiologique).
Par ailleurs, le coût du traitement est de 3000 euros environ 1.967.871 fcfa
pour l’ensemble des examens, c’est-à-dire frais de laboratoires, frais de
médicaments et des trois (03) jours d’hospitalisation.
Propos recueillis par Charlotte Daklou
Dr Joseph Adom
Faire ressortir
la tradition dans l’habillement des togolais : Le port du pagne toujours
polysémique à Lomé
La grande
attention qu’accordent les Africains aux tissus imprimés est l’une de leurs
principales caractéristiques vestimentaires. Cela va sans dire que le
Togolais est aussi un mordu du tissu imprimé. Il l’exprime dans ses
habillements, dans ses traditions, bref dans sa vie quotidienne. Le pagne
Nana-Benz lancé fin juillet 2007 par une société éponyme, vient à point
nommé dans cet enthousiasme et cette «dévotion» des Togolais envers le pagne
en général, avec en toile de fond la volonté d’afficher des Nana-Benz
locales de relancer leurs «machines» textiles.
Le pagne,
pour les Togolais d’aujourd’hui, est l’expression de la reconnaissance de
son identité culturelle, de ses origines et des valeurs de la région
géographique dont on est issu. Le Togolais conçoit donc le pagne comme un
signe de pureté, de grandeur et de prestige. En déclarant que « les
filles d’aujourd’hui ont perdu les notions autour de la valeur que peut
avoir une femme car elles ne disposent même pas d’une pièce de pagne dans
leur garde-robes ; par conséquent, elles ne savent pas nouer un pagne autour
des reins comme le font leurs aînées dans les sociétés africaines »,
Attisso Mèmè revendeuse de pagne au Grand marché de Lomé, met en exergue la
valeur intrinsèque et extrinsèque du pagne. « Avez-vous déjà vu au Togo
une dot qui ne soit composée de pagnes ? Toute dot comporte et doit
comporter des pagnes de différentes qualité et gamme, sans quoi, elle sera
incomplète », ajoute-t-elle.
En d’autres
termes, les Togolais voient en le pagne une originalité et une expression de
leur fidélité à la « mère » Afrique. Drapé dans un boubou communément
appelé au Togo « trois pièces », Carlos Amindih, homme d’affaires
togolais rencontré au grand marché de Lomé, confie : « Je ne réside pas
au Togo, mais chaque fois que j’y mets pied, je me plais à m’habiller en
tissu-pagne car cela me permet de me sentir proche de mes origines ».
Cette conception positive du pagne est confirmée par ailleurs par la
présence sur le marché togolais de pagnes de différentes gammes : « woodin,
aura, gtp, hitarget, sosso, sun hai etc. »
Chaque pagne
véhicule un message qui n’est perceptible que par les adeptes du tissu
imprimé. Chaque forme de dessin, chaque tracé et chaque couleur sont
expressifs aux yeux des adeptes de l’art vestimentaire africain. De ce fait,
les Togolais ont nommé la plupart des pagnes qui inondent le marché du
textile local tout en connectant chacun d’eux à des évènements précis. « Le
pagne parle », nous explique Maman Tino, sexagénaire, ex-vendeuse de
textile assise aux côtés de sa fille, au Grand marché d’Adawlato. « On ne
va pas n’importe où avec n’importe quel pagne. Il y a des pagnes qui
insultent, des pagnes qui sont des signes de jalousie, des pagnes qui
expriment le défi pour une rivale et même ceux qui vantent le mérite de
l’amour », souligne-t-elle. Pour assister à certains évènements
(mariages, funérailles, cérémonie de fin d’apprentissage, sortie de deuil
etc.), les Togolais, surtout les femmes, ont l’habitude de s’habiller en
tissu-pagne ; les esprits avisés adaptent même ce textile à l’évènement
auquel ils sont appelés à prendre part. C’est ainsi que, pour signifier lors
des funérailles que le défunt « n’est pas mort d’une mort ordinaire »,
«la famille éplorée se met dans un pagne de couleur sombre comportant
surtout un dessin où l’on peut distinguer des figures regroupées par groupe
de trois. Ces groupes de trois objets veulent dire que trois personnes ne
peuvent être amies ; il y aura complot entre deux contre le troisième »,
fait remarquer une grand-mère éwé résidant à Adidogomé.
Le pagne
baptisé Nana-Benz n’est pas épargné par cette « socialisation » du
textile au Togo. Malgré le fait que les dessinateurs de pagne consacrent de
nos jours plus d’attention à la beauté du textile qu’à la transmission de
messages à travers le tissu imprimé, le tissu Nana Benz n’échappe pas à la
« socialisation » du tissu imprimé, évoquée plus haut. Il est vrai
que le pagne ne « parle » plus aujourd’hui, mais cela n’affecte en
rien la place qu’il occupe dans le cœur des Togolais. Vendus à 5.000 FCFA la
demi-pièce dans un pays où le taux de pauvreté est estimé à 62% de la
population, ces pagnes Nana-Benz gagnent le cœur des Togolais, riches ou
pauvres. La vente du pagne Nana Benz constitue sous un autre angle, le
signe de la « renaissance » du commerce textile au Togo. « C’est
une bonne chose de redonner un coup de fouet à la vente d’un pagne de ce
nom. L’image des Nana-Benz togolaises était en voie de disparition ; alors,
cette initiative vient lui redonner vie », apprécie Tata Adoudé, revendeuse
de pagnes au Grand marché de Lomé. Par le truchement de son nom qui fait
nécessairement penser au Togo, il constitue un porte-flambeau du pays de
Bella Bellow sur le marché régional, africain voire international du
textile. « Je n’ai pas les moyens de me payer un pagne Nana-Benz, mais le
simple fait qu’un tel pagne existe est une source de fierté pour moi en tant
que Togolais », confie un client du marché sus-cité. Le pagne Nana Benz
se présente alors comme un autre épisode de l’ère Nana-Benz, une glorieuse
ère qu’il convient de rappeler.
Quand les
Nana Benz épataient le monde
Les
Nanas-Benz ont fait, au moyen du commerce de tissus, les beaux jours de
l’économie togolaise dans les années 70 et 80. Femmes rondes assises devant
leurs étals de tissus hollandais, tenant à portée d’elles des corbeilles
remplies de billets de Fcfa et circulant dans des Mercedes-Benz. Telles sont
les caractéristiques qui étaient associées aux Nanas-Benz du marché de Lomé.
Célèbres revendeuses de tissus imprimés, elles ont fait de Lomé la capitale
du tissu-pagne. Elles ont réussi de la sorte à inscrire leur nom dans
l’histoire commerciale du Togo. S’étant enrichies par le biais de ce
commerce entre1960 et 1980, elles doivent leur surnom aux grosses cylindrées
et marques allemandes « Mercedes Benz » qu’elles ont été les
premières à introduire au Togo. Patience Sanvi fut la toute première
commerçante de pagne à acheter une « Mercedes Benz » au Togo. Elle en
possédait deux et les prêtait à l’Etat togolais lors des visites
officielles. Elles représentaient le poumon de l’économie nationale. Sur la
côte ouest-africaine, elles sont ainsi devenues les principales
distributrices de tissus-pagnes. Leur marché s’étendait dans d’autres pays
enclavés tels que le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad, le Nigéria.
Elles ont également atteint la Côte d’Ivoire. Le Togo était alors appelé la
« Suisse de l’Afrique ». Entre 1976 et 1984, 40% des affaires
commerciales du Togo se déroulant dans le secteur informel se trouvaient
entre les mains des Nanas-Benz.
Le déclin
des Nana Benz du Togo
A l’origine
de ce déclin, on peut citer les différentes récessions économiques, la
dévaluation du Fcfa et surtout la découverte par les femmes des autres pays
africains des secrets des Nana-Benz qui se ravitaillaient aux Pays-Bas. Ces
Ouest-africaines ne vont plus s’approvisionner au Togo, mais directement aux
Pays-Bas, principal pays fabricant des pagnes de qualité supérieure, sans
oublier le continent asiatique, l’Indonésie et l’Inde. La grande entreprise
des Nana-Benz du Togo connaîtra ainsi au début des années 90 des hauts et
des bas. Ces Togolaises consacreront dès lors tous leurs efforts à la
recherche de stratégies efficaces pour retrouver leur place au seuil du
marché du textile dans la sous région et dans l’Afrique.
L’avènement
du « nouveau » modèle du pagne Nana-Benz en 2007 s’avère ainsi un
grand pas dans cette lutte que mènent les Nana-Benz du Togo dont la relève
est aujourd’hui assurée par une « équipe » plus jeune et plus
instruite appelée « néo Nana-Benz » et constituée en majorité des
enfants des Nana-Benz des années 60 et 80.
Komlanvi APevinyekou
1ère
édition du forum national des paysans du Togo : Vers une véritable relance
du secteur agricole au Togo?
Du 12 au 14
février dernier à Kara (près de 500 km au Nord de Lomé), 800 paysans venus
de tous les coins du Togo se sont frotté les cervelles; ils ont aussi
échangé avec le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, le tout dans le cadre de
la première édition du Forum national des paysans du Togo. Au cours de ces
discussions, les agriculteurs, pour la relance de leur secteur et
l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ont soumis
plusieurs doléances au numéro 1 togolais qui s’est engagé à mettre tout en
œuvre pour la redynamisation du secteur agricole du pays. Toutefois, dans un
pays où beaucoup ont été habitués aux promesses non tenues et où les
agriculteurs ont été laissés pendant plusieurs années à leur propre sort,
l’on est en droit de prendre les promesses présidentielles avec des
pincettes.
La première
édition du Forum national des paysans du Togo a pris fin samedi dernier avec
une note d’optimisme remarquable chez les agriculteurs togolais. En effet,
après des discussions dites « franches et directes » avec Faure
Gnassingbé, ils ont reçu de la part de ce dernier des promesses qui à
priori, peuvent les pousser à envisager le futur avec plus d’optimisme. « Aujourd’hui,
ce dont nous sommes convaincus, c’est que c’est avec vous que nous allons
pouvoir réussir à relancer notre agriculture », a déclaré le président
Gnassingbé à l’endroit des paysans. Par la même occasion, le chef de l’Etat
a réaffirmé son intention de les accompagner afin que la campagne agricole
2008-2009 soit meilleure. « Il est de notre devoir de vous accompagner,
de vous écouter et de vous dire ce que nous avons l’intention de faire »,
a-t-il fait comprendre à ses interlocuteurs à qui il a également rendu
hommage pour avoir donné le meilleur d’eux-mêmes durant ces dernières
années pour sauver le pays. « Grâce à votre travail, à vos efforts
malgré l’affaiblissement continu des capacités d’intervention de l’Etat,
vous vous êtes pris en charge et vous avez donné le meilleur de vous -mêmes
pour éviter au pays, l’une des pires calamités : la famine », a souligné
le « fils de la Nation ». Faure Gnassingbé a rassuré les paysans sur
la mise à leur disposition de manière (pour cette fois-ci) ordonnée et
efficace des engrais, une des principales préoccupations des paysans du Togo
qui ont toujours, par le passé, dénoncé le détournement des intrants
agricoles qui leur sont destinés. Tout compte fait, le forum a été une
réussite, note-t-on du côté du gouvernement.
La rencontre
de Kara, il faut le rappeler, n’est que l’une des diverses initiatives
prises par le gouvernement togolais en faveur du monde agricole. Bien avant
cet événement, le gouvernement a multiplié des gestes prouvant son intérêt
pour la relance de l’agriculture togolaise. Déjà en décembre dernier, les
députés avaient adopté le projet de loi des finances rectificatif, gestion
2008. Les ressources additionnelles prises en compte par cette loi ont été
prioritairement affectées à trois secteurs dont l’agriculture. Cette somme
additionnelle a en effet servi à mettre de l’engrais « en quantité
suffisante » à la disposition des paysans.
Le vendredi
30 janvier 2009, le Togo avait organisé une journée de concertation avec ses
partenaires au développement à Kara. Cette rencontre, qui avait pour
finalité de trouver ensemble avec les bailleurs de fonds, les moyens
nécessaires pour mettre en exécution le programme d’urgence adopté pour
l’agriculture, a permis au Togo de recevoir de la part de ses partenaires
une promesse de plus de 32 milliards de FCFA.
Bien avant
l’organisation de ces assises avec ses partenaires, les autorités togolaises
ont déclenché, toujours dans le courant du mois de janvier, une vaste
campagne visant à relancer la filière Café/Cacao (vu que les productions de
ce secteur ont considérablement chuté ces dernières années). Cette campagne
a permis à une unité technique (mise sur pied par l’Etat) de parcourir
certaines localités du pays pour sensibiliser les producteurs de ces
produits d’exportation et les inciter à concevoir leurs activités sous un
autre jour.
Relance du
secteur agricole : véritable volonté gouvernementale ou stratégie
électorale ?
« Aux
grands maux, les grands remèdes »,
dit-on souvent. Seulement, d’après certains spécialistes du domaine
agricole, les autorités togolaises accordent peu d’importance à cet adage,
étant donné que le plus clair du temps, ils n’apportent pas aux majeurs
problèmes du pays, de réelles solutions à même de les reléguer dans les
oubliettes. Ces spécialistes avancent pour preuve le fait que bien que
décidé à relancer le secteur agricole togolais pour faire de la campagne
2008-2009 une réussite, le gouvernement ne prend pas les mesures y
afférentes.
D’après le
Professeur Kako Nubukpo, enseignant-chercheur en Economie à l’Université de
Lomé, seulement 5% du budget 2009 du Togo (soit environ 17 milliards de
FCFA) ont été consacrés au secteur agricole. Or, poursuit-il, ce secteur
occupe plus de 70% de la population active locale, représente près de 20%
des exportations du Togo et contribue pour environ 40% à la formation du PIB
(Produit Intérieur Brut). De l’avis d’autres spécialistes agricoles, ce
secteur a besoin d’au moins 60 milliards pour connaître non une amélioration
complète, mais une amélioration acceptable. « Entre 17 milliards de FCFA
et 60 milliards de FCFA, le fossé est étendu », donnent-ils à voir.
Au cours
d’un sommet de l’UA (Union Africaine) tenu en 2001 à Maputo (en Mozambique),
les chefs d’Etat et de gouvernement avaient convenu que chaque pays membre
de l’Union mette tout en œuvre pour consacrer au moins 10% de son budget à
l’Agriculture, afin de la développer pour éviter les risques de famine sur
le continent. Mais jusque-là, « aucun effort n’a été fait par le Togo
pour atteindre le seuil fixée par l’organisation panafricaine, contrairement
à certains pays africains qui ont compris l’importance de ce secteur et qui
y consacrent une part importante de leur budget », estime un
économiste.
Sous un
autre angle, la première édition du Forum national des paysans du Togo est
perçue par certains analystes comme un folklore à but électoraliste organisé
par Faure Gnassingbé et les siens. Ces analystes soutiennent leur point de
vue par les informations selon lesquelles les agriculteurs qui ont participé
à la rencontre de Kara auraient reçu au préalable des questions préparées
qu’ils devraient poser au président de la République ainsi que les doléances
qu’ils auront à lui adresser. Si cette information s’avérait vraie, elle
sera perçue comme une volonté du gouvernement d’éviter au chef de l’Etat de
toucher directement du doigt les réalités que vivent les paysans. Alors que
le Forum se voulait une tribune d’échanges directs et francs entre les
autorités et le monde agricole. Tout compte fait, certains observateurs en
concluent que « ce Forum n’est qu’une rencontre de plus et que rien n’en
sortira de concret, si ce n’est des promesses qui soit ne seront pas
tenues, soit tenues à moitié ».
Vu sous un
autre angle, certains Togolais s’interrogent sur le moment choisi par le
gouvernement pour organiser cette rencontre avec les paysans. D’après eux,
si Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a attendu 2009 (veille de
l’élection présidentielle) pour organiser ce Forum alors que le Burkina Faso
voisin en est à sa 14ème édition
cette année, il y a lieu de s’interroger sur ses réelles intentions. Et à
certains d’affirmer que « ces manœuvres du gouvernement ne relèvent que
d’une stratégie électorale visant à faire croire aux populations en 2010 que
le régime de Faure Gnassingbé a abattu de grands travaux pendant son
premier mandat à la tête du Togo ».
Relancer le
secteur agricole local pour de bon
L’agriculture joue au Togo un rôle économique et social de premier plan et
se hisse au premier rang des sources de croissance du pays. Comme mentionné
plus haut, il occupe plus de 70% de la population active. Toutefois, ce
secteur est l’un des plus négligés du pays. Cette situation, essaie-t-on
souvent de démontrer du côté du gouvernement, s’explique par près de quinze
ans de suspension de la coopération internationale qui a privé le Togo de la
quasi-totalité des ressources destinées au développement. De ce fait, dans
plusieurs contrées, les cultivateurs en sont toujours aux outils
rudimentaires (houes, coupe-coupe, daba, pour ne citer que ceux-là) et leurs
surfaces cultivables très réduites. « Rien n’est fait pour améliorer
leurs conditions de travail et leur permettre de vivre de leurs efforts »
souligne un fils de paysan aujourd’hui cadre de l’administration. Le chef de
l’Etat ne l’a-t-il pas implicitement reconnu samedi dernier lorsqu’il
disait aux paysans à Kara que « malgré l’affaiblissement continu des
capacités d’intervention de l’Etat », ils se sont pris en charge pour
éviter au Togo la famine ?
Le sort des
cultures de rente destinées à l’exportation n’est guère meilleur. Le long de
la route de Kpalimé par exemple, on peut trouver des champs de café gagnés
par la brousse, faute d’entretien. Idem pour les plantations de cacao de
certaines localités dans la préfecture d’Amou qui ont vu leurs productions
chuter considérablement, pendant des années, par manque de moyens envoyant
les cacaoculteurs au chômage. Face à cette situation « calamiteuse »
dans laquelle se trouve le secteur agricole, le gouvernement se doit de
réagir. Et ce ne sont pas des propositions qui manquent.
D’après
Koffi Sodokin, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé, l’amélioration
de la productivité du travail dans le secteur agricole doit passer non
seulement par l’utilisation de produits fertilisants (engrais), mais
également par une meilleure formation des agriculteurs, par la mécanisation
ainsi que l’amélioration de l’irrigation. Selon M. Sodokin, l’action du
gouvernement ne peut concourir à des résultats positifs qu’à condition
qu’il y ait un appui régulier aux agriculteurs, étant donné que leur secteur
reste encore très fragile et nécessite des moyens financiers importants
qu’ils ne peuvent mobiliser tous seuls. Aussi, M. Sodokin propose-t-il au
gouvernement d’essayer de mettre en place « une politique agricole
volontariste » afin d’éviter dans l’avenir des crises alimentaires à
l’instar de celle connue l’année dernière. En somme, cet
enseignant-chercheur estime que le secteur agricole doit être favorisé car
il constitue le domaine qui emploi un grand nombre de la population. « En
favorisant le développement de ce secteur, on diminue le risque
d’augmentation du chômage et par là même, on diminue le risque de
marginaliser une partie de la population », a estimé Koffi Sodokin.
Rodolph
Tomegah |
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Golfe Info N° 505 du vendredi 20 février 2009 |
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Création de
la commission «vérité-justice et réconciliation» : A la quête d’une
personnalité sans coloration politique |
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L’un des
décrets pris en conseil des ministres ce mercredi porte sur la création de
la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation ». A ce sujet, les
différentes obédiences religieuses du Togo, au cours de leur entrevue avec
le chef de l’Etat le10 février dernier, ont vivement souhaité voir l’un des
leurs à la tête de cette commission. Présent à cette rencontre, le ministre
des Droits de l’Homme et de la consolidation de la Démocratie et de la
Formation Civique, a pour sa part pensé à une personnalité pas
nécessairement religieuse, mais imbue des idéaux religieux, connaissant les
réalités du pays, et aussi doté d’une grande culture et d’une probité
intellectuelle et morale irréprochables.
« Le projet
de décret porte création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation.
Il est relatif aux mesures de mise en œuvre des conclusions et
recommandations du rapport des consultations nationales sur le processus
Vérité, Justice et Réconciliation et s’inscrit dans la réalisation des
points 2.2.2 et 2.4 de l’APG (Accord Politique Global) et constitue l’une
des priorités du gouvernement dans l’amélioration de la gouvernance
politique et de l’apaisement social ».
C’est ce qui
ressort du communiqué ayant sanctionné le Conseil des ministres de ce
mercredi 18 février 2009. Ce projet de décret relance donc la polémique
autour du profil de la personne qui sera chargée de présider cette
Commission. Au sein de l’opinion nationale, les avis divergent sur le choix
d’un religieux à la tête de cette instance. Les Togolais qui attendent
beaucoup de cette commission semblent embarrassés par la question. Pour
certains, le gouvernement peut, pour de bon, s’attaquer à la question de la
réconciliation et la régler . Il s’agit alors, selon ceux-ci, d’accorder à
cette Commission qui va bientôt naître une véritable liberté d’action et une
entière autonomie.
L’inquiétude
soulevée par ces analystes provient du fait que de pareilles initiatives ont
été entreprises dans un passé récent du pays, notamment la Commission pour
la réhabilitation de l’histoire du Togo et la commission Koffigoh.
De la
neutralité politique des religieux
L’histoire
de la démocratie au Togo ne peut se passer des communautés religieuses du
pays. Elles ont toujours apporté leur pierre à l’édifice national à travers
leurs appels au pacifisme et la sensibilisation des leaders politiques sur
les valeurs humaines. Ce qui fait dire à nombre de Togolais qu’elles ne sont
«d’aucuns bords politiques» sinon pour la vérité et la justice. « Elles
ne sont d’aucuns bords politiques si ce n’est celui de la « Vérité » et de
la Justice » a affirmé un catholique rencontré au Grand Séminaire de
Lomé . Et parler de leur neutralité, c’est faire référence à leurs actions
qu’elles ont posé vis-à-vis des crises politiques qui ont marqué le Togo.
Ces Togolais
évoquent pour preuve, les nombreuses prises de position de ces religieux
dans l’intérêt des populations et surtout, le rôle joué par Mgr Philippe F.
Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, à la Conférence nationale souveraine et
dans le HCR (Haut Conseil de la République).
Les
différentes obédiences religieuses du Togo, estiment d’autres analystes,
posent des actes qui vont dans le sens de la réconciliation entre les fils
et filles du Togo par leurs enseignements et leurs prêches. Le peuple
togolais dans son ensemble a été témoin de ces messages d’espoir en faveur
d’un Togo apaisé et serein lors de la présentation des vœux des religieux au
chef de l’Etat en début d’année.
Cependant,
ces religieux ne sont pas toujours « blancs » aux yeux de certains de leurs
compatriotes qui ne souhaitent pas les voir à la tête de cette instance.
L’habit ne
fait pas le moine
Interrogé
sur une radio de la place, Bertin Atchou, fonctionnaire onusien, s’est
montré frileux par rapport à la nomination d’un religieux à la tête de la
commission sus-évoquée. D’après lui, l’expérience de Mgr Kpodzro dans les
années 90 montre à suffisance que si un religieux n’est pas suffisamment
imprégné des réalités politiques du pays, il ne saura valablement jouer ce
rôle. Ainsi, d’après certains observateurs, vu les expériences antérieures,
un homme de la société civile, ferait mieux l’affaire, même si ces
organisations manquent elles aussi du crédit aux yeux du peuple.
Certains togolais estiment que les confessions religieuses au Togo ne font
pas la tâche qui leur est dévolue. Elles seraient plutôt un canal
d’étouffement de la contestation politique. Les confessions religieuses ne
dénoncent donc pas assez les travers du pouvoir en place. « N’a-t-on donc
pas vu dans ce pays des chefs religieux donnant des consignes de vote ?
Combien de fois n’a-t-on pas remarqué ces mêmes religieux, aux côtés des
bourreaux des populations locales faisant la courbette, prôner la
réconciliation ? », déclare Jean-Baptiste, professeur de Droit à
l’Université de Lomé. Ces inquiétudes replacent le débat sur le point
relatif à la neutralité et surtout sur l’impartialité de l’oiseau rare
recherché.
Une analyse
de la situation politique togolaise révèle, d’après ces observateurs
qu’aussi bien dans les confessions religieuses que dans les OSC
(Organisations de la société civile) il existe des divisions partisanes.
Aussi, distingue-t-on parfois des OSC proches du pouvoir ou de l’opposition
et des religieux ou religieuses proches d’un bord ou de l’autre. Cependant,
le critère religieux, l’ouverture culturelle, sociale et politique, la
probité intellectuelle et morale ne peuvent à eux seuls déterminer
l’efficacité du travail qui sera fait. C’est en cela qu’au-delà de toutes
ces considérations, il conviendrait de tenir compte des moyens financiers,
humains et de l’autonomie dont disposera cette instance. « Le Chef de
l’Etat doit pouvoir trouver ce profil parmi les universitaires qui sont les
mieux placés pour une telle affaire », souligne un togolais qui a requis
l’anonymat.
En somme,
les points de vue ne pourront jamais s’accorder sur cette question car,
comme l’affirment les Togolais eux-mêmes, « il n’y a pas un seul neutre
dans ce pays, tous ont une coloration politique ». La réconciliation
appelle donc à un minimum de sacrifice de la part des uns et des autres pour
une acceptation mutuelle. C’est l’unique assurance d’une évidente réussite
de la commission «Vérité, Justice et Réconciliation».
Joël
Koudjodji
Elevage au
Togo : La peste porcine africaine ressurgit
Le ministère
de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a tenu dans ses locaux hier,
une conférence de presse sur la Peste Porcine Africaine (PPA) qui réapparaît
au Togo. Présidée par le directeur de cabinet dudit ministère, cette
rencontre avait pour but d’
« informer le public sur la situation de la PPA découverte dans l’Est de
la région des Plateaux et des mesures prises pour la contrer».
Le 20
janvier 2009, le ministère de l’agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a
été saisi de fortes mortalités de porcs dans la préfecture de Danyi. Au
total, sept villages ont été touchés et le bilan est actuellement de 216
porcs morts et 157 abattus, soit un total de 373 porcs décimés. Suite à des
analyses, le ministère confirme la présence effective de la peste porcine
au Togo. « Les origines du virus ne sont pas encore connues mais nous y
travaillons avec l’appui des experts de la FAO », a précisé le directeur
de cabinet.
Pour
circonscrire la maladie, des mesures bio sécuritaires avaient été prises à
travers un communiqué du ministère précité en date du 26 janvier dernier et
interdisant l’exportation des porcs de la zone touchée tout en appelant la
population à la vigilance. Pour renforcer son action, le gouvernement
togolais a adressé une requête à la FAO pour demander une assistance
technique ; celle -ci a répondu favorablement en envoyant au Togo une
mission d’intervention depuis le 11 février dernier. Cette mission aura pour
principale tâche d’assister le gouvernement togolais dans la situation « épidémiologique »
de la PPA et de « fournir son assistance pour la prévention et le
contrôle des foyers, sans oublier la communication sur les risques, en
prenant en compte la situation épidémiologique nationale et
sous-régionale », a précisé le directeur de cabinet de M. Ewovor. Elle
assistera par ailleurs le gouvernement dans la recherche de financement
auprès des bailleurs de fonds pour la surveillance et le contrôle de la même
maladie, et élaborera un plan opérationnel pour le contrôle permanent de la
PPA.
Pour
l’heure, l’important selon ces experts est d’éviter que le virus ne se
répande à partir de la zone infectée. Ainsi, « un plan d’action d’urgence
pour la préfecture de Danyi » a été élaboré par la mission de la FAO
financée par FAO/CMC. Ce plan, prévu sur une période de deux mois,
consistera à recenser les porcheries et les porcs, désinfecter celles qui
sont atteintes, sensibiliser et former les éleveurs, et enfin, mener une
surveillance épidémiologique dans les zones limitrophes de la préfecture de
Danyi, notamment les préfectures d’Amou, de Kloto et de Wawa. La mission
prévoit également un plan national de contrôle de la PPA pour une période de
six mois. « Ce plan est en cours d’élaboration », a précisé le
directeur de cabinet de M. Ewovor. Une police sanitaire sera donc mise en
place pour assurer la sensibilisation des populations et surveiller le
confinement des porcs car selon Dr Bebey, vétérinaire de la mission FAO,
« le contact entre les animaux en liberté transmettra la maladie aux
autres zones ». Il explique par ailleurs le retour de ce virus au Togo
après environ 10 ans d’absence, par le fait qu’ « il y a certains porcs
qui, bien qu’étant atteints du virus, restent en bonne santé et survivent.
Ces porcs appelés porteurs sains, se sont mélangés au cours du temps aux
autres porcs, pour ensuite les contaminer ».
Le
vétérinaire onusien attirera enfin l’attention de l’auditoire sur quelques
signes distinctifs de la maladie. Un porc atteint de la peste porcine
africaine se reconnait par une forte fièvre (température allant jusqu’à
42°), une paralysie de pattes postérieures, l’apparition des boutons rouges
sur son corps, des baves qui lui coulent de la bouche et une mort imminente
après 24 ou 48 heures.
Le
directeur de cabinet du ministère de l’agriculture, de l’Elevage et de la
pêche a précisé que des cas de décès de porcs en masse ont également été
signalés à Adétikopé, mais qu’aucune confirmation n’a été faite pour le
moment. Il appelle donc toute la population togolaise à la vigilance et
l’invite à signaler tout cas suspect.
Komlanvi APevinyekou
Prolifération
des églises à Lomé : La gent
féminine, l’abonnée principale
Le nombre de
plus en plus élevé de femmes dans les églises est aujourd’hui très
remarquable et n’épargne aucune confession religieuse à Lomé. Des nouvelles
églises révélées à l’église catholique en passant par les églises
charismatiques et protestantes, toutes fondent une véritable « tribu » de
femmes.
Selon un
pasteur d’église des Assemblées de Dieu, cette situation est due au fait
que «les femmes sont des créatures sensibles ; et par conséquent, répondent
très vite à par l’appel divin et résistent moins à la conversion ». Ce qui
fait penser tout de suite que c’est la foi en Dieu qui les anime qui est
source de cette situation. Sans toutefois dire que la gent masculine est
« sans foi », cet homme de Dieu fait comprendre qu’ils (les hommes) sont
« plus réticents à suivre Dieu ». D’après ce pasteur, l’homme est par nature
orgueilleux et refuse à priori, toute soumission. « Ce qui ne veut quand
même pas dire qu’ils ne vont pas à l’église. Ils y vont, mais pas aussi
fidèlement que les femmes », précisera t-il par la suite.
Par
ailleurs, la femme est de par sa nature, une créature insatiable. Ainsi,
s’accroche-t-elle à Dieu « à travers sa parole », pour trouver des solutions
à ses problèmes, explique une fidèle adventiste. Contrairement à l’homme qui
tente d’affronter tout seul ses problèmes, la femme est plus ouverte. Elle
se soumet plus vite à une autorité et confie ses problèmes avec l’espoir de
trouver une solution. Habituée à se plaindre de problèmes conjugaux, de
stérilité, d’envoutement, de possession etc., elle fait aussi preuve d’un
suivisme aveugle. En effet, les femmes vont dans telle ou telle église tout
simplement parce qu’il s’est produit un « miracle » ou qu’une de leurs
camarades aurait trouvée la solution à une de ses préoccupations. Elles sont
constamment à la recherche de ces « miracles », ce qui explique leur
nombre très élevé dans les églises charismatiques. Les adeptes de ces
églises aujourd’hui (aussi bien homme que femme) auteurs d’une phase de vie
pas très appréciable, se réfugient dans les églises à la recherche du pardon
divin, d’une ou d’un partenaire idéal pour vie de couple, et surtout de
progéniture. Comme le témoigne une fidèle chrétienne (28 ans): « Je
reconnais avoir mené une vie sale. J’ai avorté 2 fois et cela a agi sur mon
mariage car, je ne pouvais plus concevoir et mon mari a divorcé de moi. Une
amie m’a parlé de son église et des miracles qui s’y produisent. Alors moi
aussi je suis là pour que Dieu ait pitié de moi et me touche par le biais du
pasteur ».
De nos
jours, les femmes passent un temps relativement plus long à l’église que les
hommes. Elles sont présentes à toutes les manifestations et assistent à tous
les programmes, confie un diacre d’une église révélée. Entre deux dimanches,
elles sont aux séances d’entraînement, aux répétitions de chorales, aux
études bibliques et les « all night » appelé « zamétoto » les vendredis.
Il est donc
clair qu’à cette table, les femmes enlèvent la première aux hommes. Une
situation qui amène nombreux observateurs de la vie religieuse à se demander
si la foi se justifie par la présence excessive à l’église.
Komlanvi Apevinyekou
Pour les
amoureux : Une petite histoire
sur la Saint Valentin
Le 14 février
dernier, a été fêté aux quatre coins de la planète l’amour à travers la ST
VALENTIN. Cette année, le même rituel a été observé au Togo comme ailleurs
dans le monde. Des échanges de petits mots doux aux cadeaux-surprises en
passant par des déclarations d’amour et des invitations, etc. tout était
encore bon pour célébrer l’amour. Mais, s’est-on jamais demandé qui est St
Valentin ? Voici, l’historique de cette belle fête, une occasion aussi pour
prôner le pardon, la réconciliation, la joie…
Historique
de la Saint Valentin
L’origine de
la fête de la Saint Valentin est assez mal connue. Il semblerait cependant
qu’elle remonte à l’Antiquité ou au Moyen âge. La légende veut que St
Valentin ait été un médecin romain avant de devenir un prêtre à Rome au
temps de l’empereur Claude II le Gothique. Il était célèbre par sa haute
science et ses oeuvres.
En 268, Rome
était engagée dans des campagnes militaires sanglantes et impopulaires.
L’empereur Claude II aurait constaté que les hommes mariés, étant très
attachés à leurs femmes ou foyers, donnaient de piètres rendements à la
bataille, ou refusaient de s’engager dans l’armée pour rejoindre ses
légions. Il fit abolir alors le mariage. Néanmoins, de jeunes fiancés
continuèrent de s’unir secrètement sous la bénédiction du Père Valentin qui
fut arrêté et emprisonné. Pendant sa captivité, Père Valentin se lia
d’amitié avec une jeune aveugle appelée Julia, à qui il aurait redonné la
vue et adressé une lettre avant d’être décapité. Cette lettre était signée
par la formule « ton Valentin ». Julia était la fille du juge
Astorius, geôlier du prélat précité. Astorius et sa famille devinrent des
amis du prêtre. L’empereur mécontent donna l’ordre de décapiter Valentin ;
ce fut un 14 février.
St Valentin
était apprécié aussi bien par les chrétiens que par les païens ; il était
l’ami de tous. L’histoire raconte que les enfants, les adolescents et les
jeunes l’aimaient beaucoup. Pour le réconforter, tous ses amis, pendant sa
détention, lui envoyaient des messages d’amour à travers les barreaux de sa
cellule. C’est peut – être l’explication des petits mots doux, des fleurs et
des cadeaux qu’on s’échange le 14 février !
Une autre
origine de cette même fête remonte au Moyen -Age. A cette époque, une
croyance se répandit en France et en Angleterre selon laquelle la saison des
amours des oiseaux débutait le 14 février. Prenant exemple sur eux, les
hommes trouvèrent ce jour propice à la déclaration d’amour. Depuis, tous les
14 février, chaque Valentin cherche sa Valentine pour mieux roucouler au
printemps.
Ce n’est que
plusieurs siècles après, en 1496, que St Valentin fut canonisé, devenant
ainsi officiellement le « patron des amoureux » et est célébré dans
le monde entier.
Une fête
« adoptée » par les Togolais !
Comme chaque
année, la St Valentin a été fêtée dans une ambiance bon enfant au Togo ; il
suffisait de voir la frénésie avec laquelle s’est faite sa préparation pour
s’en rendre compte.
Au Grand
marché de Lomé, dans les marchés périphériques de la capitale togolaise
(Lomé), dans les boutiques, magasins et dans chaque recoin de rue, les
décorations et les étalages invitaient à des achats atypiques. Des
commerçants proposaient différents gadgets, notamment des bouquets de fleurs
(rouges vifs ou roses symboles de l’amour), des vêtements, des bijoux, etc.
Dans les bars, restaurants, crèmeries, l’ambiance festive n’était pas du
reste. En face du super marché Ramco (Ex Goyi Score), les fleuristes
s’activaient puisque les commandes «pleuvaient». « C’est l’une
des rares occasions pour réaliser plus de bénéfices. Nous sommes certes
sollicité quelque rares fois pour différents évènements comme les mariages,
décès etc. Mais, la St Valentin nous oblige à satisfaire davantage de
commandes. C’est la bonne «saison» pour nous autres
fleuristes… », affirme José G.
La
population togolaise semble avoir adopté cette fête des amoureux associée à
l’amour romantique célébré dans l’Antiquité et beaucoup plus étroitement à
l’échange de billets doux ou de marionnettes garnies de symboles tels qu’un
cœur ou un cupidon ailé de nos jours.
L’innovation
fut cette année l’élection de la « Miss St Valentin » à Dapaong
(Nord-Togo). L’objectif assigné à ce concours de beauté fut de sensibiliser
les jeunes sur les dangers liés à la contraction du VIH/SIDA.
La «fête des
amoureux» sous d’autres cieux
Pour les
Allemands, le 14 février représente le jour du destin et du malheur.
L’iconographie classique montre le Saint avec une épée, un bâton ou un coq.
Chez les Italiens par contre, on vend de petits pains appelés «Baci
perugini» qui représentent une tradition amoureuse. En Angleterre, les
amoureux s’échangent des cœurs symboliques en carton et des fleurs.
Dans
d’autres pays anglophones occidentaux, on tire une tombola tous les 14
février. Le gagnant est nommé «Miss Valentin» de l’année en cours et
la gagnante la «Miss Valentine» de la même année.
En Chine et
en Taïwan, depuis 1980, la St Valentin connaît une popularité importante,
surtout chez les jeunes, popularité qui génère diverses activités
commerciales. A part la St Valentin, en Asie, il existe une fête
traditionnelle des amoureux (le «Qi Qiao Jie») provenant d’une
légende ancienne. Elle est célébrée le septième jour du septième
mois du calendrier lunaire.
Au Japon,
le «Qi Qiao Jie» est une obligation pour beaucoup de femmes,
spécialement pour les employées de bureau, qui doivent offrir des chocolats
(parfois très couteux) à tous leurs collègues masculins. Ces chocolats sont
appelés giri choko, c’est-à-dire « chocolats d’obligation ».
Le 14 mars est appelé «white day» (jour blanc), c’est un phénomène
commercial créé au Japon et repris par la Corée du Sud, Taïwan et Hong Kong.
À cette date, les hommes sont censés offrir un linge (ou d’autres cadeaux)
blanc à celles qui leur ont offert des chocolats. La jeune fille peut exiger
à cette occasion un cadeau dont la valeur est trois fois supérieure à la
valeur des chocolats qu’elle a offerts un mois plus tôt.
La St
Valentin s’est popularisée également en Algérie, en Inde, au
Pakistan et jusqu’en Arabie Saoudite, provoquant l’hostilité
de certains groupes opposés à cette influence occidentale.
Au Brésil,
on ne parle pas de la St Valentin mais de dia dos namorados (jour des
amoureux) fêté non pas le 14 février mais le 12 juin.
En
Colombie, la St Valentin est célébrée le troisième samedi du mois de
septembre. Elle s’appelle día del amor y amistad (jour de l’amour et
de l’amitié).
Dire « Je
t’aime » aux quatre coins du monde...
La Saint
Valentin est la fête des amoureux du monde entier, car l’amour n’a pas de
frontière! Les coutumes et les façons de dire «je t’aime» varient
selon les pays. En France, par exemple, on dit « je t’aime » comme au
Togo d’ailleurs. Mais savez-vous comment cela se dit ailleurs?
Découvrons-le !
En Allemagne: Ich
liebe dich; en Angleterre : I love you.
Dans les
pays arabes : Ana behabik ; Au pays basque : Nere maitea. En Bretagne :
karout a ran ac’hanout. En
Chine : Wo ai ni. Dans les Iles créoles : En ka emé ou. Au Danemark : Jeg
elsker dig; en Espagne : Te quiero. En Grèce : S’agapo; en Italie : Ti amo.
En Turquie : Seni seviyorum, etc.
La Saint
Valentin et le VIH/SIDA
Les amoureux
sont ceux qui se manifestent un amour réciproque. Si cet amour ne doit être
qu’un feu de paille, il n’y a aucune raison de faire la fête le 14 février !
Mais si l’amour est sérieux, les deux devraient s’engager réciproquement.
Cet engagement qui devrait motiver la fidélité réciproque, l’adoption d’un
comportement sain.
Aussi, le
sida ne sera-t-il plus un problème pour ces amoureux. Et vive l’amour !
Si un garçon
et une fille veulent pouvoir réellement, un jour, fêter la St Valentin dans
de bonnes conditions, ils doivent s’y préparer. Comme le dit une publicité
anti-sida, « le vrai homme sait attendre, la vraie femme sait attendre ».
Attendre ne suffit pas, il faut se préparer à vivre cet amour. Faire des
expériences sexuelles est la plus mauvaise manière de se préparer à vivre un
amour. Et pour cause, chaque être humain est à lui seul un spécimen unique
de l’espèce humaine. De ce fait, toute rencontre d’un homme et d’une femme
est une situation spécifiquement particulière. Ceux qui ont des expériences
sexuelles vivront donc cette rencontre non pas comme une rencontre
spécifique, mais chacun cherchera à imposer à l’autre son expérience en la
matière. Et généralement, cela n’aboutit pas à l’amour ! L’amitié doublée du
jeu de sexe conduit souvent à des grossesses précoces et/ou non désirées.
Et ceci ne conduit forcément pas à une vie amoureuse accomplie ! L’amitié
garçon-fille peut se vivre réellement sans sexe. En effet, le sexe tue
l’amitié et même si la relation se poursuit, il n’en émergera pas,
forcément, l’Amour, le vrai. Cette amitié est possible si chacun des
partenaires se décide à mettre du sien, à prendre conscience du mal du
siècle (le VIH/SIDA) !
Le 14
février est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux et de
l’amitié. Les couples en profitent pour échanger des mots langoureux et des
cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges qui sont l’emblème
de la passion. C’est aussi un jour de prise de conscience où les couples
devraient se remettre en cause, reconnaître leurs erreurs, pardonner,
recommencer une nouvelle vie, donner une énième chance, faire des projets,
etc. Mais surtout adopter un comportement responsable : fidélité,
préservatif et abstinence. Le SIDA demeure une réalité quotidienne, de plus,
il n’épargne personne.
Charlotte Daklou |
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Golfe Info N° 503 du vendredi 13 février 2009 |
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Un grand
gardien africain de la mémoire esclavagiste s’en est allé :
Joseph Boubacar N’diaye a rendu l’âme vendredi dernier |
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Boubacar Joseph Ndiaye
born on October 15, 1922 |
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DAKAR (AFP) — Boubacar Joseph Ndiaye,
the veteran curator of Senegal's historic House of Slaves whose famous
visitors included Nelson Mandela and Bill Clinton, died Friday aged 86,
the culture ministry said.
For 40 years, Ndiaye oversaw the
monument on Goree Island, off the coast of Dakar, which was used to hold
African slaves before their perilous voyage to the Americas.
Hamady Bocoum, director of cultural
heritage at the culture ministry, told AFP that Ndiaye had been
bedridden since March and had been hospitalised several times.
"He was the main architect of the
defence of the memory of the Atlantic slave trade, the man most fervent
and unrelenting against any revisionism," Bocoum said.
He died of an undisclosed illness in a
Dakar hospital.
Ndiaye, who was among the soldiers
from French colonies who fought for France during World War II and the
war of Indochina, was born on October 15, 1922 in Rufisque, a town near
Dakar.
After his military career ended, he
worked in commerce before dedicating his life to the House of Slaves.
He often said he would talk about the
history of the slave trade "all my life."
Countless tourists came to hear Ndiaye
recount the mistreatment suffered by African slaves.
His visitors included celebrities and
heads of states, from presidents Mandela of South Africa and Clinton of
the United States to late pope John Paul II.
Ndiaye had two wives and seven
children. |
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Slave House Museum Curator Joseph
Ndiaye (L) with former US President Bill Clinton, during his 12-day trip
to Africa |
Parmi les
figures de proue de l’histoire de l’Afrique du 20ème siècle
et de ce début du 3ème millénaire,
son nom occupe une place de choix. Non seulement parce qu’il fut un des
survivants des tirailleurs sénégalais qui ont combattu pour la France
pendant la guerre de 1939-1945, mais aussi à cause du rôle qu’il a joué
jusqu’au soir de sa vie dans la sauvegarde de la mémoire collective autour
du commerce immonde des esclavages. Un commerce qui a ruiné, vidé l’Afrique
de ses cerveaux et bras valides pendant près de quatre siècles. Cet homme,
c’est le Sénégalais Joseph Boubacar N’diaye. Malheureusement, on devra
dorénavant parler de lui au passé depuis vendredi dernier…
Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, île
située au large de Dakar dont il a largement contribué à la sauvegarde, est
décédé vendredi dernier dans la capitale sénégalaise à l’âge de 86 ans,
a-t-on appris auprès du ministère de la Culture de son pays. Boubacar Joseph
Ndiaye est « décédé à l’Hôpital principal de
Dakar. Il était alité depuis le mois de mars et avait fait plusieurs séjours
à l’hôpital », a confié à l’Agence
France presse Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel au ministère
sénégalais de la Culture. M. Bocoum a à cette occasion salué en Joseph
Ndiaye « l’artisan principal de la défense de la mémoire de la traite
atlantique, l’homme le plus fervent et le plus constant contre tout
révisionnisme » sur la traite des esclaves, qui a duré plusieurs
siècles entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques avec la déportation de
plusieurs millions d’Africains, à partir de Gorée notamment. Le défunt, dont
la maladie n’a pas été précisée, assumait depuis plus de quatre décennies
les fonctions de conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, en
narrant aux visiteurs les grandes lignes de la traite négrière dont il avait
décidé de «parler toute sa vie».
Parmi ces nombreux visiteurs de marque, figurent plusieurs chefs d’Etat
comme le Sud-Africain Nelson Mandela, l’Américain Bill Clinton, l’Ivoirien
Félix Houphouët-Boigny, mais aussi Karol Wojtyla, plus connu sous le nom de
pape Jean-Paul II.
Une seconde
moitié de vie vouée à une cause noble
B. Joseph Ndiaye fut le symbole même de la conservation de la mémoire du
peuple noir. Et s’il n’en reste qu’un, il serait celui-là, avec la fierté
d’avoir posé sa petite pierre contre l’oubli et l’indifférence, maux qu’il
n’a cessé de fustiger de sa voix tonique, l’index bien levé, de son vivant
aux visiteurs de « sa Maison». Le vieux sage de
Gorée a ainsi souvent rappelé durant son existence qu’on ne peut balayer
d’un revers de main trois siècles de Traite des Noirs et qu’il faudrait se
garder toutefois de pratiquer la concurrence des mémoires, toute souffrance
humaine étant forcément commune à toute l’humanité.
Conservateur de la Maison des esclaves à Gorée, l’homme avait la sérénité
d’un baobab indéboulonnable. En quelques mots dont le poids était toujours
mesuré au milligramme près, il constatait les conséquences du commerce le
plus honteux que la prétendue race humaine ait inventé : « La somme de
misères et de morts qu’avait produite la traite des Noirs, est au-delà de
tout ce qu’on peut imaginer. Arrachés à leur sol natal, transportés dans un
pays étranger, sans langue commune, avec une disproportion notable de sexe,
répartis entre des maîtres au hasard des ventes, accablés de travail et sans
autre instruction que la discipline et les coups, ces Noirs réduits à l’état
d’individus égarés ne pouvaient reconstituer des familles ». D’origine
goréenne, Joseph N’diaye a vu le jour le 15 octobre 1922 à Rufisque
(Sénégal). Il fit ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l’Ecole
professionnelle Pinet-Laprade de Dakar. Il a ensuite travaillé comme
compositeur-typographe. Il fut appelé sous les drapeaux français pour
participer à la libération de l’Hexagone en 1943. Il a par ailleurs pris
part à la Bataille du mont Cassin en tant que tirailleur sénégalais. Il a en
outre servi en Extrême-Orient, à la 1ère Demie-Brigade
des Commandos parachutistes coloniaux. « Croix de Guerre, Officier de
l’Ordre national du Lion, Chevalier de l’Ordre national du Mérite et
Chevalier de l’Ordre du Mérite sénégalais », Joseph N’diaye a été plus
que le témoin d’un siècle ; il fut le témoin de l’Histoire, celle qu’on ne
peut fouler aux motifs qu’il faudrait désormais faire table rase du passé.
Ce n’est pas pour autant qu’il pointe du doigt quelque coupable. Lui qui a
toujours défendu l’argument selon lequel « la culpabilité n’est pas
héréditaire », pour reprendre la formule du politique Taubira Delanon
(première Française noire candidate à une élection présidentielle dans
l’Hexagone ; c’était en 2002).
Gorée, lieu de mémoire « symbolique ou historique » ?
Pendant quarante années, le charisme -non dépourvu d’humour à l’occasion -
du maître des lieux n’a laissé aucun visiteur indifférent, chaque fois qu’il
racontait l’enfer quotidien des esclaves qui auraient été détenus dans cet
endroit sinistre, avant d’être expédiés sans ménagements vers le Nouveau
monde (les Amériques) où d’autres vicissitudes les attendaient. Gorée, dans
le récit de M. Joseph, devenait alors une véritable plaque tournante de la
traite des Noirs, assertion incompatible avec toute l’histoire de la traite
atlantique.
En effet, plusieurs travaux ont remis en cause de manière détaillée le récit
que défendait avec ferveur Joseph Ndiaye : les esclaves ayant transité par
l’île n’ont représenté qu’une part infime de l’ensemble de la traite
atlantique et la demeure baptisée « Maison des Esclaves », bâtie à
l’usage de riches commerçants métisses, n’a quant à elle jamais abrité
d’esclave de traite. Un article d’Emmanuel de Roux dans le quotidien
français Le Monde, « Le mythe de la Maison des esclaves qui
résiste à la réalité » a suscité quelques remous en révélant ces faits
au-delà de la communauté des spécialistes. Une autre polémique a éclaté au
sujet de la paternité réelle du livre de Joseph Ndiaye destiné aux enfants,
Il fut un jour à Gorée.... L’esclavage raconté à nos enfants
(paru aux éditions Michel Lafon en 2006). Dans ce livre, le Vieux sage
expliquait aux enfants « la capture des Africains, les marchés où on les
vendait comme des animaux, les soutes pestilentielles des bateaux qui les
emmenaient en Amérique et notamment aux Antilles, les plantations où ils
travaillaient sous la menace du fouet, les récalcitrants ayant le jarret
coupé. Il raconte aussi les grandes révoltes noires qui ont préservé la
dignité de ce peuple humilié, et les luttes acharnées qui menèrent à
l’abolition de l’esclavage ». Un document traversé par une humanité
exceptionnelle et éloigné cependant de la rage et de la rancœur qui
obstruent d’ordinaire toute compréhension apaisée de la thématique de la
traite négrière.
Grâce toutefois à la détermination de M. Ndiaye, la célèbre maison n’en a
pas moins été restaurée par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture) en 1990. Et beaucoup s’accordent
encore à lui reconnaitre la valeur d’un lieu de mémoire, fût-il plus «symbolique»
qu’historique. Dans tous les cas, le célèbre natif de Rufisque estimait
qu’on ne parle jamais assez de la Traite des Noirs et que sa dévotion à la
« Maison des esclaves » de sa ville natale était une tâche qu’il
exercait dans le « sacerdoce » le plus extrême.
Joseph Boubacar N’diaye à l’écran
Le célèbre réalisateur algérien Rachid Bouchareb s’est inspiré de cette
forte personnalité pour bâtir le personnage « d’Alloune » (interprété
par Sotigui Kouyate), dans Little Senegal (2001, un vieux guide de la
« Maison des esclaves » part en Amérique à la recherche de ses
ancêtres). Par ailleurs, Joseph Ndiaye lui-même a joué son propre rôle dans
le long métrage documentaire américain The Healing Passage: Voices from
the Water (2005), de Saundra Sharp et, plus récemment, dans Retour à
Gorée, un film suisse mettant en scène le grand chanteur sénégalais
Youssou Ndour (2008). J. B. Ndiaye avait deux épouses et sept enfants.
Edem
Gadegbeku
(Sources : Encyclopédie universelle et Afp)
Première réunion du CPDC : Une sérénité apparente au sein de
la classe politique togolaise
Tous étaient
sortis de cette première rencontre du CPDC (cadre permanent de dialogue et
de concertation) visiblement satisfaits. Réunis vendredi 06 février dernier
à la Primature à Lomé, les délégués des partis politiques représentés au
parlement, le représentant du chef de l’Etat et ceux du gouvernement ont, en
présence du premier ministre, échangé pour la première fois dans le cadre de
ce mécanisme créé 48 heures plus tôt, sur des sujets d’intérêt national.
« C’est
un jour nouveau qui s’est levé sur notre pays », a déclaré Pascal
Bodjona, ministre de l’Administration territoriale, et porte-parole du
gouvernement, représentant du chef de l’Etat à cette réunion, au sortir de
cette première séance de travail de ce cadre. D’après, lui cette rencontre a
été consacrée d’abord à des échanges et s’est déroulée dans une ambiance de
convivialité. « Nous allons nous retrouver très prochainement pour que le
Cadre puisse adopter son règlement intérieur et inscrire les questions
urgentes à son agenda », a-t-il ajouté.
De leur
côté, les différents partis politiques ont exprimé leur vision de cette
nouvelle donne de la politique togolaise. Pour Esso Solitoki, secrétaire
général du RPT (Rassemblement du peuple togolais), « la classe politique
s’est retrouvée dans un cadre de concertation qui a pour objectif de
travailler dans un sens positif avec un esprit d’ouverture, afin d’aboutir à
des conclusions qui puissent apaiser l’ensemble des acteurs ». L’UFC
(Union des forces de changement) qui a sorti un communiqué dénonçant 24
heures plus tôt les conditions de création du CPDC par le chef de l’Etat, a
pris part contre toute attente aux échanges. Elle était représentée par son
secrétaire général, Jean-Pierre Fabre et Me Doe Bruce. Ce dernier a fait
part des préoccupations de sa formation politique relatives «au nombre
des membres fournis par les partis politiques (pour les discussions au sein
du CPDC) et du sort à réserver aux résultats des discussions ». Le CAR
(Comité d’action pour le renouveau) représenté par son président national,
Me Dodji Apevon, estime pour sa part que ce cadre permettra à la classe
politique togolaise « d’éviter des polémiques inutiles ». Selon lui,
« le pays est aujourd’hui dans une situation qui nécessite que chaque
acteur puisse contribuer à son amélioration ».
Prévu par l’APG
(Accord politique global) et réclamé par les partis de l’opposition pour
servir de cadre pour la mise en œuvre des réformes politiques
(institutionnelles et constitutionnelles), cette structure « est chargée
de créer, par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de
consolidation des Institutions républicaines autour des questions d’intérêt
national et des principes démocratiques et républicains ».
Il s’agit
notamment de la Constitution, de la charte des partis politiques, du code
électoral et la régularité des scrutins, des prérogatives constitutionnelles
des institutions, ainsi que de l’accès équitable aux médias d’Etat. Les
droits et devoirs de l’opposition, le code de bonne conduite et bien
d’autres sujets y seront en outre discutés.
L’impression
laissée par les responsables des trois partis politiques ayant pris part à
cette première rencontre du CPDC semble rassurer nombre de togolais après la
montée de tension observée au sein de la classe politique nationale, depuis
l’annonce de l’introduction du projet d’un nouveau code électoral pour son
adoption par l’Assemblée nationale.
Seulement,
au vu des enjeux politiques prochains, certains ont du mal à croire aux
paroles des hommes politiques togolais et attendent que les discussions
s’ouvrent sur les véritables questions politiques pour pouvoir apprécier
cette sérénité.
De sérieux
blocages sont en vue dans ce cadre, prédisent certains analystes qui
estiment que si le pouvoir RPT a accepté revenir sur ce cadre après avoir
voulu le contourner, c’est qu’il s’est donné de nouveaux moyens pour faire
pencher la balance de son côté.
Une vision
que ne partage pas le gouvernement. D’après son porte-parole, Pascal Bodjona,
« l’opposition peut toujours nous adresser des critiques, mais les
Togolais constatent dans quel camp se situe l’esprit d’ouverture et
d’innovation ». Une phrase qui « dit tout », commente un
analyste.
Sedjrawodo A. ADRY
Gestion des
sociétés d’Etat : La CEET à la
croisée des chemins
« Désigné le
14 avril 2007 pour assumer les fonctions de Directeur général de la CEET »
(Compagnie d’énergie électrique du Togo), Kodjo Messan Pédassou vient d’en
être démis, par le Conseil d’administration pour « insuffisance de
résultats ».
Le mercredi
02 février 2009, soit environ 10 mois après avoir désigné Kodjo Messan
Pédassou pour « assumer » les fonctions de Directeur général de la
CEET, en lieu et place de Dammipi Noupokou nommé ministre des Mines, de
l’Energie et de l’Eau, le Conseil d’administration de la compagnie que
préside Wilfried Ajavon, un ancien de la société et de la BOAD (Banque
Ouest-africaine de développement), décide de le « sauter » pour « insuffisance
de résultats ». C’est du moins, selon des sources proches du dossier, la
raison qu’auraient évoquée les membres de cet organe de gestion de
l’entreprise pour expliquer leur décision aux autorités togolaises,
notamment le ministre de tutelle de la société, le Conseil de surveillance
(composé de membres du gouvernement) et le chef de l’Etat.
En effet,
certains responsables de la société, tout en reconnaissant que M. Pédassou
« est un cadre dévoué et un mordu de la CEET » où il est rentré juste
après sa formation d’ingénieur effectuée dans le prestigieux
institut de formation
d’ingénieurs électromécaniciens d’Abidjan, en Côte d’Ivoire entre 1980 et
1986, se disent « surpris de son manque d’inefficacité à la tête de la
société » !
Une surprise
qu’un haut cadre de cette entreprise publique refuse de partager. Ce dernier
fera en effet observer que « tout avait été fait dès le début pour
empêcher M. Pédassou de travailler en tant que Directeur général ». La
preuve, explique-t-il, dans la décision portant sa nomination, il est écrit
qu’il est « désigné pour assumer les fonctions de DG ». Ce qui
juridiquement poursuit notre source, sous entendait qu’il n’était pas le
numéro un de l’entreprise, mais était tout simplement retenu pour en assumer
les fonctions « en attendant » la nomination d’un autre DG.
Un ancien
cadre de la « maison » qui a requit l’anonymat estime pour sa part
que l’intéressé a « commis l’erreur de refuser d’assumer pleinement les
charges qui lui sont confiées pendant qu’il réclamait le traitement d’un
Directeur Général». « Comment pouvait-il accepter une telle
proposition et refuser d’en assumer les conséquences après?», s’est
interrogée cette source qui pense que son ancien collègue de service s’est
fait « ridiculiser » par ses supérieurs.
Après avoir
balayé du revers de la main toutes ces explications, une autre source proche
du Conseil d’administration brandit l’avertissement signifié à l’ancien DG
de la CEET et à certains de ses directeurs centraux (dont le financier qui a
essuyé une mise à pied) vers la fin de l’année dernière par les membres du
Conseil d’administration comme preuve de « l’immobilisme et de
l’inefficacité de l’équipe dirigeante ». Pour cette source, en sa
qualité de premier responsable de cette équipe de direction, l’ex-DG de la
société venait de payer le prix de son « incapacité à rappeler à l’ordre »
ses premiers collaborateurs qui, poursuit notre source, « s’amusaient à
ranger dans les tiroirs les dossiers ». Un argument que semble soutenir
le Syntrasel (Syndicat des travailleurs du secteur de l’électricité) qui,
dans la dernière parution de son organe d’information « La tribune des
travailleurs », fait observer que « toutes les doléances que les
syndicats ont transmis, à la Direction générale, depuis bientôt un an, sont
mal traitées ou totalement ignorées ». Une explication rejetée par un
autre ancien de la société qui estime « qu’avec son statut de supposé
directeur général», Messan Pédassou n’avait pas de réelle emprise sur
ses directeurs centraux et ne pouvait donc pas les mettre au pas. Pour lui,
son manque d’autorité vient de la formule utilisée pour transcrire sa
promotion comme nouveau patron de la maison.
Moins
scientifique, un agent de l’entreprise qui se dit proche des trois premiers
responsables de la société, à savoir le Directeur général déchu, le ministre
en charge du secteur, et le président du Conseil d’administration, parle
pour sa part de règlement de compte et de conspiration.
Sans les
révéler, cette source indique qu’il existerait des rivalités entre l’ex-DG
de la CEET et son ministre de tutelle d’une part et d’autre part, entre lui
et son PCA (président du conseil d’administration). Une explication
approuvée par un responsable syndical qui estime que l’intéressé a souvent
« fait l’objet d’un acharnement inouï de la part de son PCA ». Ce
dernier en veut pour preuve « la présence quasi-quotidienne du PCA dans
l’enceinte de l’entreprise » où il aurait un bureau.
L’ère
sérieuse, un autre agent de la société, pense également que l’ex-DG a été
victime de coups bas. « Pédassou s’est fait beaucoup d’ennemis lorsqu’il
était DGA du temps de Togo électricité », affirme notre interlocuteur,
visiblement peiné de le voir ainsi démis de ses fonctions. Et d’ajouter de
façon laconique que « la CEET est une boîte à crabes où tout le monde en
veut à tout le monde».
Par
ailleurs, un autre groupe d’agents de la société, visiblement très au parfum
des rivalités entre hauts cadres de la boîte, estime pour sa part que la
démission de l’ex-DG a été facilitée par le décès, il y’a à peine un mois,
de son mentor, M. Takouda, un de ses lointains prédécesseurs à la tête de la
société (mais aussi un ancien homme fort de l’entreprise) !
En somme, la
CEET semble être à la croisée des chemins.
Après avoir
chassé les « blancs »
de Togo électricité, les togolais
peinent à y mettre de l’ordre. Décrivant l’entreprise, un article publié
dans la dernière parution de « La tribune des Travailleurs » (du
Syntrasel) parle « d’état de désorganisation avancée de la société avec
l’existence de postes fictifs et d’objectifs flous ». Des maux qui
doivent plutôt, conclut un responsable syndical, inciter les premiers
responsables de la société et du pays à accélérer le processus de réforme
de la CEET qui, depuis 2006 n’a pas encore retrouvé son souffle.
Pour
l’heure, Mawoussé Kakati, précédemment Directeur de la Planification et des
Investissements (DPI) est désigné par le Conseil d’administration pour
assumer l’intérim du directeur général en attendant le recrutement ou la
nomination d’un titulaire à ce poste.
En effet,
d’après l’article 26 de la loi numéro 90 – 26 du 04 décembre 1990 et du
décret numéro 91 – 197 du 16 août 1991 portant réforme du cadre
institutionnel et juridique des entreprises publiques, la direction générale
d’une entreprise publique est assurée par un directeur général nommé et
révoqué par le conseil d’administration. Les membres de cet organe sont pour
leur part nommés par le conseil de surveillance pour un mandat de 4 ans
renouvelables.
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
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Golfe Info N° 502 du mercredi 11 février 2009 |
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Demarrage
effectif des travaux du CPDC : De chaudes empoignades en perspective |
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Reportés le
lundi dernier pour cause de retard de réception du projet du règlement
intérieur du CPDC (Cadre permanent de discussion et de concertation) par
les délégués de l’UFC (Union des Forces du Changement) et du CAR (Comité
d’Action pour le Renouveau), les travaux de ce Cadre de discussion ont
effectivement démarré hier matin à la primature, siège du gouvernement.
Après examen et adoption du règlement intérieur (avec quelques réserves) du
cadre, les travaux portent ce matin sur le code électoral. Et au vu des
divergences antérieures, d’aucuns prédisent de chaudes discussions.
« Nous
sommes arrivés à un point d’accord et nous allons commencer nos études par
le code électoral, la Constitution ensuite le statut de l’Opposition, le
financement des partis politiques, puis suivront les autres réformes
institutionnelles et constitutionnelles », a déclaré Pascal Bodjona,
représentant du chef de l’Etat au sein du CPDC, à la sortie des travaux.
Ainsi, les
discussions au cours de la deuxième séance ont essentiellement porté sur
l’examen et l’adoption du projet de règlement intérieur. Les délégués ont en
outre, discuté de la participation aux travaux d’un facilitateur et des
observateurs de l’Union Européenne et de la CEDEAO comme ce fut le cas lors
du dialogue inter-togolais. D’après Pascal Bodjona, ce point n’a pas reçu
l’assentiment de tous les délégués car les modalités de participation de
ces derniers n’ont pu être définies. Certains partis ayant estimé que la
présidence des travaux du cadre par le chef de l’Etat est un gage important
pouvant faciliter les compromis.
Durant plus
de quatre heures d’échanges, les membres de CPDC se sont mis d’accord sur
certains points du listing des discussions. Ainsi, les travaux de ce matin
s’ouvrent avec les discussions relatives au code électoral, à la
Constitution, au statut de l’opposition, et au financement des partis
politiques. Les autres sujets, « moins prioritaires » seront
discutés dans les jours à venir.
Si dans
l’ensemble, les travaux se sont bien déroulés selon le représentant du chef
de l’Etat, ce dernier reconnaît tout de même quelques divergences sur
certains sujets sur lesquels ils ont fini par s’entendre. Pour lui, il est
important de surmonter ces difficultés pour le bien du
Togo.
Code
électoral : une bombe à retardement ?
Texte de
référence en matière électorale, le code électoral togolais fait l’objet ces
dernières années d’aménagements tendancieux qui mettent en cause la volonté
des uns et des autres à organiser des élections sans violences.
La dernière
mouture de ce texte de loi proposée par le gouvernement a donné lieu à de
vives critiques aussi bien de la part des partis de l’opposition
parlementaires que de ceux extraparlementaires. Pour le CAR et l’UFC, le
projet de loi soumis par le gouvernement à l’Assemblée nationale est
irrecevable et ne garanti pas l’organisation d’un scrutin paisible et
transparent en 2010. Aussi ont-ils invité le gouvernement à retirer son
texte et à permettre aux parties prenantes d’en discuter au sein du
mécanisme de discussions des sujets d’intérêt national prévu par l’APG, à
savoir le CPDC.
Pour l’OBUTS
d’Agbéyomé Kodjo et la CPP d’Edem Kodjo, le texte précédemment adopté en
conseil des ministres exclu les autres partis signataires de l’APG de la
CENI et de ses différents démembrements. Ce qui selon eux est contraire à
l’esprit et à la lettre de l’APG dont le parti de l’ancien premier ministre
est signataire.
Cela dit,
avec la position du gouvernement dominé par le RPT (l’un des partis
représentés à cette table de discussions), tout porte à croire que les
débats seront houleux au cours des prochaines heures au CPDC. A moins que
les uns et les autres choisissent de taire leurs divergences pour s’entendre
sur l’essentiel.
Joël
Koudjodji
Processus « vérité, justice et réconciliation » nationale :
Les instances religieuses du Togo ont rencontré le chef de l’Etat
Lancées
officiellement le 15 avril 2008, les consultations nationales devant
déboucher sur la création de la commission «Vérité, Justice et
Réconciliation » se poursuivent. Les représentants de quatre confessions
religieuses différentes, l’Union Musulmane, le Conseil Chrétien, le Conseil
méthodiste et le Conseil pontifical Justice et Paix se sont de ce fait
entretenus lundi dernier à la présidence de la République avec le chef de
l’Etat. Cette rencontre se situe dans le cadre du processus de nomination
d’un patron pour conduire les travaux de cette Commission. Les hommes
religieux ont donc échangé avec Faure Gnassingbé autour du profil et
des critères de choix du président de la Commission.
« Que cette
Commission soit présidée par un homme religieux est une bonne chose. Mais
encore faut-il que cet homme croit en Dieu et sache faire la part entre le
spirituel et les questions existentielles »,
a déclaré
Charles Klagba, le représentant du Conseil méthodiste du Togo au sortir
de cette rencontre. A ses dires, cette entrevue répond au souhait du peuple
togolais de voir porter à la tête de cette Commission un homme religieux
bien au fait des réalités du pays. Un choix qui s’avérerait et qui
répondrait donc à des critères bien précis et faisant l’unanimité au sein de
la communauté religieuse togolaise.
Pour sa
part, Yacoubou Hamadou, ministre des Droits de l’Homme de la consolidation
de la Démocratie et de la formation civique a confié sur le même sujet qu’il
ne s’agit pas de désigner un religieux pour avoir un religieux à la tête de
la Commission susmentionnée, mais de choisir une personne qui connaît bien
les réalités du pays et qui puisse mettre à son service ses qualités
intellectuelles et morales.
Le pasteur
Djakouti Mitré, représentant du conseil chrétien à cet entretien avec Faure
Gnassingbé, a témoigné son plein attachement à ce processus. « Nous
sommes prêts à accompagner ce processus et nous allons conscientiser les
gens à comprendre le sens profond du pardon », a-t-il déclaré.
Prévue dans
l’Accord Politique Global (APG), la création de la Commission « Vérité,
Justice et Réconciliation » doit faire la lumière sur les actes de
violences qui ont marqué l’histoire politique togolaise. Elle va aussi se
charger de proposer un mécanisme par lequel les Togolais pourront se
réconcilier.
Joël
Koudjodji
Face à la crise financière internationale : Des chercheurs
togolais s’activent
Dans le souci
de relancer l’économie du Togo, une conférence-débat sur « Les
perspectives de financement de l’économie togolaise dans un environnement
international en crise » se tiendra ce 11 février à l’auditorium de
l’Université de Lomé. Point d’ancrage de cette rencontre, l’amélioration des
conditions de vie des populations togolaises, en cette période de crise
financière et économique mondiale.
En effet,
depuis le déclenchement en juillet 2008 de la crise des subprimes aux USA,
une bourrasque s’est emparée sur les marchés financiers, atteignant son
paroxysme avec la faillite des banques comme Bear Stearns et Lehman Brothers
en septembre 2008.
Cette crise a
entraînée une série de réactions qui ont mis la finance mondiale dans un
état de panique généralisée. Le financement de l’économie togolaise, étant
hautement tributaire de l’évolution de la situation sur le marché des
matières premières qui est atteint par la crise avec la chute des cours
mondiaux, il va sans dire qu’il (financement de l’économie togolaise) va en
pâtir.
Dans un
environnement financier incertain, quelle piste de réflexions pour de
nouvelles perspectives de financement de l’économie togolaise ? C’est dans
le souci de trouver une solution à cette question fondamentale que les
conférenciers vont échanger. « Crise financière et intermédiation
financière au Togo » ; « Crise financière et finance islamique comme
nouvelle perspective de financement de l’économie togolaise », sont
quelques uns des thèmes de cette rencontre. Une conférence qui sera animée
par des universitaires togolais de renom comme les professeurs N. Bigou –
Laré, Kako Nubukpo, les Docteurs Koffi Sodokin, Mawuli Conchoro (tous de la
FASEG) et bien d’autres encore.
Charlotte
DaKlou
Lutte contre
l’analphabétisme et l’illettrisme au Togo : Apprendre les langues à partir
des couleurs
Une nouvelle
méthode d’alphabétisation surtout des adultes sera bientôt mise en pratique
au Togo. Il s’agit de la transcription de chaque lettre des alphabets des
différentes langues du pays en de petites figures géométrique de différentes
couleurs à partir desquelles ces langues seront enseignées.
Ces nouvelles
méthodes font l’objet d’un séminaire ouvert lundi dernier à Lomé et qui vise
la formation des formateurs d’agents d’alphabétisation. Cette nouvelle
technique d’apprentissage de langue est une œuvre de l’association « projet
Thot » dont les responsables dirigent cette formation.
Depuis sa
création en 2001, ce projet a dispensé plusieurs formations dans plusieurs
pays africains et réussi à établir l’alphabet de ces différentes langues
africaines en version couleurs.
En procédant à
l’ouverture de ce séminaire, Yves Madow Nagou, ministre des Enseignements
Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation, a salué le projet pour le
soutien qu’il apporte à la politique de l’alphabétisation et à la lutte
contre l’illettrisme au Togo. Selon lui, « le défi pour l’Afrique, hier
comme aujourd’hui et encore plus demain, c’est d’apprendre à lire et à
écrire au plus grand nombre de ses enfants et de ses adultes ». Visant
essentiellement l’alphabétisation des adultes, M Nagou a estimé que si ces
derniers (les adultes) maîtrisent ces langues notamment le français, ils
pourront mieux suivre leurs progénitures dans leurs cursus scolaire.
Des paramètres
qui permettront une mise en valeur des ressources humaines du pays, élément
essentiel pour le développement des pays dans un monde en pleine mutation et
dominé par l’économie du savoir, a en outre avancé le ministre. En cela, le
Togo ne pouvant à lui tout seul mener ce combat contre l’analphabétisme, il
importe de développer des partenariats dynamiques avec d’autres pays plus
avancés en la matière. Partenariat ayant permis à l’association « Projet
Thot », d’origine suisse de venir en aide au Togo sur le plan de
l’éducation.
Le «Projet
Thot » intervient déjà dans la scolarisation au Togo à travers 3 écoles
primaires dont une menacée de fermeture par manque de moyens, 80 écoles de
jeunes filles par les matériels didactiques pour une année scolaire.
Sedjrawodo A. ADRY
Mouvement
d’humeur dans le secteur de L’éducation ! La grève des enseignants reprend
dans les prochains jours
Une semaine
après le mot d’ordre de grève lancé par la Fédération des Syndicats de
l’Education Nationale du Togo (FESEN) et observé par les enseignants du
primaire et du secondaire, un autre mouvement de débrayage est attendu dans
les prochains jours.
Dans une
interview accordé à une station radio de la capitale togolaise, un
responsable de la FESEN, Housime Sénon est revenu sur les revendications des
syndicats. Pour ce dernier, ces doléances sont le « minimum à satisfaire »
pour faire revenir la sérénité dans la corporation des enseignants. Les
revendications des « maîtres » et « professeurs » sont
relatives à la mise en œuvre des mesures d’accompagnement adoptées par
l’exécutif au lendemain de la décision annonçant la gratuité de
l’inscription dans le préscolaire et le primaire au Togo et au paiement
d’arriérés de salaires à certains enseignants. Concrètement, il s’agit des
écoles (environ 2 milliards CFA), de deux mois d’arriérés de salaire à
verser aux enseignants auxiliaires (plus d’ 1 milliard CFA). L’autre volet
des revendications concerne la reconnaissance des écoles spécialisées et la
couverture par l’Etat des 20% restants de la subvention accordée par le
gouvernement aux enseignants des établissements confessionnels. Ceci, afin
de respecter la parité des salaires entre les enseignants des
établissements laïcs publics et leurs collègues des établissements
confessionnels.
Suite à
l’observation du mot d’ordre de grève la semaine dernière, les responsables
de la FESEN affirment n’avoir plus rencontré aucun responsable du ministère
des Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. Ils
envisagent de ce fait reconduire leur mouvement et de suspendre les cours
dans les jours à venir. « Attendez-vous à d’autres stratégies »,
prévient un responsable de cette organisation avant de préciser que « la
FESEN, c’est une fédération responsable qui agit dans la non-violence ».
La FESEN est
un regroupement de trois syndicats d’enseignants du Togo. Il s’agit du
SYNEPT (Syndicat national des enseignants du préscolaire et du primaire du
Togo), du SYNEST (Syndicat national des enseignants du secondaire du Togo)
et du SNEETP (Syndicat national de l’enseignement technique et de la
formation professionnelle).
Aristides HONYIGLO
Réhabilitation d’infrastructures urbaines :
Le Grand marché de Lomé fait peau neuve
Longtemps
annoncé, le réaménagement du grand marché de Lomé ne sera plus bientôt un
rêve. Les travaux ont effectivement commencé vers la fin du mois de janvier
et se poursuivent.
« On n’y
croyait pas, mais maintenant, on y croit »,
peut-on entendre auprès des revendeuses de ce marché. Ce réaménagement
initiative vise à renforcer les infrastructures déjà existantes, à
construire d’autres et à assainir l’environnement du marché, afin d’offrir
un cadre idéal à ceux qui y exercent quotidiennement leurs activités. Ces
travaux vont aussi consister en le curage des caniveaux qui desservent le
marché, le revêtement de ses voies d’accès et des hangars des revendeuses,
le réaménagement des bâtiments commerciaux, etc...
Malgré le
bien-fondé de ces travaux, ils se heurtent à certains problèmes. « Les
revendeuses refusent de se déplacer pour nous permettre de travailler »,
confie un ouvrier. « Les travaux qu’ils font sont pour notre bien-être,
nous ne refusons pas de nous déplacer, mais c’est qu’on ne sait où aller
avec nos étalages », répond une revendeuse, l’air désabusé. Il se pose
donc un problème de « déménagement ». Comme solution, les autorités
du marché ont proposé aux revendeuses de rejoindre l’immeuble central du
marché ou de se tailler une petite place aux côtés de leurs consœurs situées
dans les zones où les travaux n’ont pas encore commencé.
Par
ailleurs, une autre inquiétude taraude l’esprit des revendeurs et
revendeuses du grand marché de Lomé. En effet, plusieurs d’entre eux se
demandent s’ils retrouveront leurs places après ces travaux. Ils craignent
en fait les usurpations de places et la hausse des loyers à la fin des
travaux.
Qu’à cela ne
tienne, les usagers du grand marché de Lomé sont fiers de cette initiative
du gouvernement.
Komlanvi APEVINYEKOU |
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GofeInfo N°500 du 6 fev. 2009 |
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Transparence dans le prochain scrutin présidentiel au Togo : Houngbo serein,
l’opposition inquiète |
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A 15 mois du
prochain scrutin présidentiel au Togo, les préalables animent déjà le débat
et font couler beaucoup d’encre et de salive. Pendant que les formations
politiques de l’opposition manifestent leurs inquiétudes par rapport à
‘‘l’unilatéralisme’’ du pouvoir dans la mise en œuvre des réformes
institutionnelles et constitutionnelles, le Premier ministre Gilbert Houngbo,
lui, est plutôt serein et promet une élection transparente et apaisée.
« Si les
élections législatives se sont bien déroulées en 2007, il n’y a aucune
raison que celle de 2010 ne soit pas aussi bien organisée; sinon mieux »,
a déclaré Gilbert Houngbo dans une interview accordée au journal officiel en
ligne « republicoftogo».
En effet,
interrogé sur le risque de dérapage qui peut découler des actes de
pré-campagne observés ces derniers jours chez certaines formations
politiques, le chef du gouvernement estime que cette campagne pour la
présidentielle de 2010 a commencé depuis octobre 2007, date des dernières
législatives. Après avoir admis que la précocité de la campagne du scrutin
de 2010 peut compromettre la politique des réformes engagées par son équipe,
le chef du gouvernement togolais a estimé qu’il appartient aux hommes
politiques de minimiser les risques de dérapage pour en réduire les effets.
M.Houngbo a par
ailleurs rappelé qu’il n’appartenait à aucun parti politique, et se dit prêt
à « prendre des coups » dûs au climat politique qui prévaut
actuellement au Togo. Le souci du gouvernement, d’après son chef, est de
pouvoir respecter en outre l’agenda des réformes afin qu’il ne soit affecté
par les débats politiques.
Seulement, cette
sérénité du Premier ministre n’est pas partagée par l’opposition. Pour
certains, M. Houngbo semble ignorer l’histoire récente du pays qui a montré
à plusieurs reprises que les enjeux des législatives n’étant pas les mêmes
que ceux de la présidentielle, les moyens déployés par les uns et les autres
pour arriver à leurs fins ne sont toujours pas les mêmes. Au cours des
scrutins présidentiels précédents, les achats de conscience, les
intimidations, les fraudes et les violences se sont opposés à l’apparente
accalmie observée lors des dernières législatives.
En outre, les
critiques du Premier ministre estiment que quand bien même il ne serait issu
d’aucun parti politique comme il aime à l’affirmer, M. Houngbo se met
aujourd’hui beaucoup plus au service du régime RPT que du peuple. Une
situation qui paraît d’ailleurs normale d’après ces mêmes observateurs « puisqu’elle
trouve son fondement dans la Constitution du pays, plus précisément en son
article 77 qui dit en substance que le gouvernement détermine et coordonne
la politique de la nation sous l’autorité du président de la République ».
En cela, la déclaration du chef du gouvernement à voir les réformes se faire
par le Parlement ne surprend guère ces acteurs politiques sus-cités.
Toutefois, ces derniers y voient une volonté du pouvoir RPT, majoritaire à
l’Assemblée, à mener ces réformes à son avantage. Un certain unilatéralisme
que dénoncent l’UFC (Union des forces de changement) et le CAR (Comité
d’action pour le renouveau), les deux formations politiques de l’opposition
représentées au Parlement.
Sur d’autres
plans, c’est la lenteur dans la mise en place de la «Commission Vérité,
Justice et Réconciliation» qui est dénoncée par les acteurs de la
société civile. Il y a bientôt deux semaines, le CACIT (Collectif des
associations contre l’impunité) a encore appelé à la mise en place de cette
Commission dont le travail est censé permettre aux Togolais d’aller à la
prochaine élection dans la sérénité.
Au sujet de
cette Commission, confie un responsable de la Société civile, c’est le même
discours qui est tenu depuis la fin des consultations nationales : « le
gouvernement a accepté les recommandations des consultations nationales…. de
la nomination du président de cette Commission est une tâche très difficile,
le chef de l’Etat le fera très prochainement »; et depuis, plus rien.
Entre-temps, la campagne électorale 2010 est déjà enclenchée et l’élection
promet des étincelles.
Sedjrawodo A. ADRY
Protéger
davantage la sante des femmes et des enfants au Togo :
Tokyo appuie Lomé par le truchement de l’Unicef
La primature a
été hier, à Lomé, le lieu de la « signature de l’échange de notes »
officialisant l’octroi d’un don du gouvernement du Japon au profit de la
République togolaise par le biais de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour
l’enfance). Estimée à près de 02 milliards 300 millions de fcfa, cette offre
trouve son encrage dans l’exécution du projet intitulé « Programme d’appui à
la création d’environnements favorables à l’enfant par le biais de la
participation communautaire dans les régions des Savanes, Kara et
Maritime ».
La raison du
choix des régions des Savanes, de la Kara et Maritime comme cadres de la
mise en œuvre du « Programme d’appui à la création d’environnements
favorables à l’enfant » est toute simple : ces trois régions constituent les
plus défavorisées du Togo selon le bureau local de l’Unicef. « De nombreuses
interventions conjointes ont été déjà mises en œuvre au profit des
populations de ces trois régions (ndlr : sus-citées) afin de leur donner
accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, à une éducation
de base de qualité pour chaque enfant et à une politique efficace de
protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses
formes et le Sida », a rappelé Mme Una McCauley, la représentante résidente
de l’Unicef en terre togolaise. « Cependant, a-t-elle poursuivi, les
systèmes éducatifs et de santé continuent à enregistrer des besoins énormes
en terme de services et soins essentiels de base liés à une forte
paupérisation des populations » dans ces contrées du Togo. A ce titre, a dit
Mme McCauley, le don du gouvernement nippon adhère au souci de son
organisation et d’autres partenaires au développement « d’appuyer l’exécutif
togolais sur la base du PIAP (Programme intérimaire d’actions prioritaires),
tel que défini lors de la table ronde de Bruxelles (ndlr : Belgique,
organisée par le Togo avec la communauté de ses bailleurs de fonds) au mois
de septembre dernier ».
En explicitant
la finalité de ce généreux geste de Tokyo envers Lomé, Okamura Yoshifumi,
ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Togo, a fait
savoir qu’il vise « à mener des activités en milieu scolaire et sanitaire en
vue de créer un environnement favorable à l’épanouissement des enfants
togolais ». « Ces activités, a détaillé M.Yoshifumi, concernent d’une part
la construction et la réhabilitation d’une soixantaine d’écoles primaires
ainsi qu’une soixantaine de centres de santé primaires dans les trois
régions ciblées. Elles portent d’autre part sur des campagnes de
sensibilisation autour de la survie de l’enfant et l’éducation des filles ».
Toutes choses
qui ont fait dire à Komlan Mally, ministre d’Etat, ministre de la Santé,
représentant son collègue des Affaires étrangères à cette cérémonie de
« signature de l’échange de notes » qu’elle « est une illustration parfaite
de la qualité des relations entre le Togo, le Japon et l’Unicef ». Mieux,
a-t-il signifié, cette signature « témoigne de la volonté de Tokyo d’aider
le Togo » à se mettre sur la voie du développement. Au nom des autorités
togolaises, l’ancien Premier ministre du Togo a de ce fait réitéré la
gratitude de Lomé à l’égard de la deuxième puissance économique de la
planète et de l’Unicef.
« L’élevage,
l’agriculture, la pêche, la communication, la formation professionnelle, le
renforcement des capacités des agents de l’administration publique, etc. »
sont d’autres domaines dans lesquels le Japon accompagne le Togo sur la voie
du développement, a en outre rappelé M. Mally. Avant d’émettre le vœu que
cette coopération bilatérale se consolide pour le plus grand bonheur des
peuples de ces deux Etats.
C’est le 19
décembre dernier, au cours de son conseil des ministres et dans le cadre du
programme de coopération Togo/Unicef, que le gouvernement nippon a décidé
officiellement d’octroyer à la République togolaise ce don évalué à près de
02 milliards 300 millions de f cfa. La mise en œuvre de ce généreux geste se
fera par l’entremise des ministères togolais des Enseignements primaire et
secondaire et de l’Alphabétisation et de la Santé. Diverses personnalités
politiques et des représentants d’organisations internationales et non
gouvernementales en charge des questions liées à la femme et à l’enfant ont
aussi assisté à cette cérémonie de « signature de l’échange de notes » entre
le Japon et l’Unicef.
Edem GADEGBEKU |
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