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2009

   
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Après la signature du nouvel accord de défense : La France peut-elle lâcher le régime togolais ?

Chose promise, chose due. Il y a un an, dans un discours prononcé  lors de sa visite au Cap, en Afrique du Sud, le président français, Nicolas Sarkozy, avait exprimé sa volonté de renégocier les accords militaires qui lient son pays à certains Etats du continent africain. Ainsi, vendredi 13 mars dernier, le ministère togolais des Affaires étrangères et l’ambassade de France au Togo ont signé à Lomé un accord instituant un partenariat de défense entre Lomé et Paris. Ce nouveau texte, d’après un communiqué du gouvernement français, se substitue aux accords et arrangements conclus antérieurement par les deux pays dans le domaine de la défense et de la sécurité. Toutefois, même si certains Togolais considèrent qu’avec ce nouvel accord, le Togo prendra désormais en main ses problèmes de sécurité, cela n’étanche pas pour autant leur soif. Au contraire, ils attendent de Paris qu’elle rompe définitivement avec ses « vieilles habitudes » avec le Togo en s’ingérant de moins en moins dans les affaires intérieures de ce pays ou mieux encore, en y œuvrant plutôt pour des élections libres et transparentes en 2010.

A l’instar des pays membres de son pré-carré en Afrique, la France s’est toujours « impliquée » dans les affaires intérieures du Togo. Ceci à travers le soutien indéfectible qu’a apporté dans le temps les anciens chefs d’Etat français, notamment  Jacques Chirac, au régime du président Eyadema Gnassingbé du Togo. En guise d’exemples, les présidentielles de 1993 et 1998  remportées par feu Eyadema Gnassingbé ont été décriées par toute la communauté internationale. Pourtant, la France a été l’un des rares pays à applaudir son « ami personnel » pour sa « brillante réélection ». En 2003, le même scénario s’est reproduit. Le président Eyadema (qui avait pourtant promis à son homologue, Jacques Chirac au cours de sa visite d’amitié au Togo en 1999, de ne pas se présenter au scrutin de 2003) sera réélu au cours d’une élection qui fut qualifiée de « frauduleuse » par l’ensemble des partenaires internationaux du Togo. A la grande surprise de tout le monde, le président Chirac va cautionner ce scrutin et féliciter son « ami personnel » pour sa réélection.

Le régime en place à Lomé étant visiblement le mieux indiqué pour protéger les intérêts  français, Paris n’hésitera pas à lui apporter son soutien en 2005. En effet, d’après plusieurs sources, après le décès d’Eyadema Gnassingbé et le coup d’Etat constitutionnel qui a                                                                             permis à son fils d’accéder au pouvoir, le président nigérian, Olusegun Obasandjo, alors président en exercice de l’UA (Union Africaine), lève le ton et demande le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Encouragé par ce discours, le peuple ira manifester sa colère dans les rues, croyant ainsi pouvoir faire changer les choses. Mais, c’est sans compter avec la France de jacques Chirac. Avec ses multiples pressions, ce dernier aurait demandé a M. Obasandjo de revenir sur ses positions contre le soutien de la France pour l’obtention d’un siège au conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations Unies). C’est ainsi que le Nigérian va céder et laisser faire le régime de Lomé.

On voit bien à travers ces exemples, le rôle déterminant qu’a souvent joué la France dans la politique intérieure du Togo.

Œuvrer pour des élections transparentes et sans exclusion en 2010

D’après certains observateurs avisés de la scène politique togolaise, il n’y a pas que dans le domaine militaire que la France doit laisser le soin au Togo de se charger de ses propres problèmes. Paris, d’après ces observateurs, doit également s’efforcer de s’ingérer de moins en moins dans les affaires internes de ce petit pays de l’Afrique occidentale. Ou soit, indiquent-ils, « l’ingérence de Paris dans les affaires intérieures du Togo doit plutôt contribuer à apporter une certaine accalmie dans notre pays ». En effet, de l’avis de ces observateurs, plusieurs étapes restent encore à franchir avant les échéances électorales de 2010.

De fait, nombreuses sont les reformes institutionnelles et constitutionnelles qui n’ont pas encore été opérées. Le rôle que doit jouer la France serait alors de faire des pressions sur le gouvernement togolais afin qu’il puisse opérer ces reformes pour l’organisation d’une élection crédible en 2010. « Au lieu de soutenir aveuglement le régime RPT comme le faisaient ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy doit plutôt user de toute son influence pour qu’aucun candidat ne soit exclu de la présidentielle de 2010 », estime un analyste togolais. Ces inquiétudes semblent vérifier dans la mesure où  jusqu’à présent, rien n’a été fait par le pouvoir en place à Lomé, pour gommer les mesures pouvant éventuellement empêcher certains d’être candidats au scrutin de 2010, notamment les conditions liées à la double nationalité et à la résidence de 12 mois sur le territoire togolais. Toutefois, rappelons que dans un entretien accordé à RFI (Radio France Internationale) la semaine dernière, le chef du gouvernement togolais, Gilbert Houngbo, s’est prononcé sur le cas de Gilchrist Olympio. Après avoir estimé qu’il ne trouvait pas d’objection à la candidature du leader de l’UFC (Union des Forces du Changement), le chef du gouvernement togolais fera observer que ce dernier ne sera candidat que s’il remplit les conditions fixées par le code électoral. Ces propos de M. Houngbo inquiètent plus d’un Togolais qui se demandent (à un an de la présidentielle de 2010) ce qu’attend le régime de Lomé pour enclencher les réformes devant permettre aux différents protagonistes de participer librement au scrutin de 2010, quitte à ce qu’ils le perdent.

En somme, les Togolais attendent de la France qu’elle contribue en  2010,  non seulement à des élections sans exclusion, mais aussi à un scrutin transparent devant permettre de donner le pouvoir au candidat réellement élu dans les urnes. « Ce faisant, fait observer un universitaire togolais, Paris permettra à ce que la présidentielle de l’année prochaine ne ressemble pas à celle de 2005 ».

La France pourra-t-elle y parvenir ?

La France a-t-elle intérêt à contribuer pour des élections libres et transparentes au Togo en 2010 ? C’est bien la question que se posent bon nombre de Togolais. De l’avis de certains, ce serait un rêve que de penser à cette éventualité. Car estiment-ils, contribuer      à la transparence du scrutin de 2010 reviendra à contribuer à la victoire de l’opposition. « De peur de perdre leur influence dans le pays, les Français n’auront pas intérêt à laisser l’opposition togolaise accéder au pouvoir en 2010, étant donné qu’ils ont été plusieurs fois indexés par celle-ci comme étant le principal soutient du régime RPT pendant plusieurs années ».

Par ailleurs, pour d’autres Togolais, Faure Gnassingbé étant un protégé du président gabonais Omar Bongo Ondimba, ce dernier ne pourra pas l’abandonner et le voir perdre le prochain scrutin. « Celui qui fait la loi sur le continent africain en ce moment, c’est Bongo. Il incarne également la Françafrique et est  l’un des chefs d’Etat qui maintient ce système en Afrique. Il pourra user de toute son influence sur la France en 2010  pour qu’elle ne lâche pas Faure Gnassingbé».

En dépit de ce qui précède, certains se montrent optimistes. Pour eux, il ya lieu de penser que  la rupture annoncée par Sarkozy avec la françafrique jouera en 2010. Par ailleurs, expliquent-ils, « au vu  des brouilles qu’il y a en ces moments entre la France et le Gabon (à cause du blocage des comptes bancaires du président Bongo en France) et le silence assourdissant de la France dans le dénouement de la crise malgache, cette rupture est entrain de prendre forme peu à peu et pourra devenir effective avant la présidentielle de 2010 au Togo ». 

Rodolph Tomegah


Réduction des prix des produits pétroliers : Le super sans plomb passe à 445 FCFA

Très attendue par les togolais depuis que la presse en a fait écho, la diminution du prix des produits pétroliers est désormais chose faite. Le super sans plomb passe à 445 FCFA dès ce matin. Ainsi en a décidé le gouvernement qui a, à cet effet,  rendu public hier un communiqué sur les médias. Au-delà des explications fournies par le ministre en charge du Commerce, Guy Madjé Lorenzo, pour justifier cette mesure, certaines sources, visiblement bien renseignées, confient que cette décision des autorités togolaises n’agréerait pas tout le monde. Elle serait venue mettre fin au « mangement » de certains barons du régime en place.

A partir d’aujourd’hui vendredi 20 mars, dit le communiqué du gouvernement présenté sur les médias d’Etat, le prix du « Super sans plomb est ramené à 445 francs CFA, celui du pétrole lampant à 370 francs CFA, le gasoil à 490 francs  CFA, le mélange à deux temps à 490 francs FCA, et le prix de la bouteille de gaz reste inchangé ».  

Après avoir rappelé que cette baisse est la deuxième en trois mois, Guy Madjé Lorenzo assure avoir pris toutes « les mesures  pour éviter des dysfonctionnements dans la mise en application de cette nouvelle disposition ». « Nous avions eus une longue séance de travail de plusieurs heures avec les pétroliers au sujet de cette décision aujourd’hui», a-t-il ajouté.

En effet, après avoir porté le prix du carburant à la pompe à 595 F CFA au début du deuxième semestre 2008 pour cause d’envolée du prix du baril sur le marché international (celui-ci est passé de 60 dollars en juin 2007 à 140 dollars un an plus tard), le gouvernement togolais a opéré une première réduction en décembre de l’année dernière. A cette époque, le prix du super sans plomb a été ramené à 500 FCFA. Et avec la nouvelle décision qui vient d’être prise, ce prix passe à 445FCFA, soit une réduction de 55FCFA par rapport à décembre 2008 et 150 FCFA par rapport au prix de 2007. En d’autres termes, le prix du carburant désormais en cours au Togo est légèrement inférieur à celui qui a été arrêté le 10 octobre 2005.

Joël Koudjodji


Des faux frais supprimés

Selon les explications du ministre délégué au Commerce, «cette baisse des prix  du carburant relève de la volonté des premières autorités togolaises à se conformer à l’évolution du cours du pétrole sur le marché international ». En effet, explique Guy Lorenzo, depuis la chute des cours du baril et la remontée du dollar, il était indiqué que le gouvernement révise à la baisse le prix du carburant. Et depuis décembre 2008, a-t-il ajouté, des études étaient en cours pour voir dans quelle proportion diminuer ce prix.

Tout en partageant ces explications du membre du gouvernement, des sources proches du comité interministériel qui s’est planché sur ce dossier, estiment que les vraies raisons de cette baisse sont ailleurs. Elles pensent ensuite que le gouvernement aurait pu mieux faire s’il avait réellement tenu compte de l’évolution des cours sur le marché international.

De fait, d’après ces sources, les 55 FCFA « enlevés » sur l’ancien prix du carburant le plus couramment utilisé par les usagers de la route au Togo (Super sans plomb), sont la somme des 35 FCFA qui étaient prélevés sur le prix du litre à la pompe en faveur du Fonds d’Entretien Routier (FER) et des 20 FCFA qui étaient prélevés au titre des droits de la société d’entreposage des produits pétroliers, STSL. En effet, selon la structure des prix en vigueur au Togo, plusieurs frais dont 35 FCFA pour le FER et 20 FCFA pour la STSL rentraient dans la composition du prix du carburant à la pompe. Or précisent les sources, aussi bien les 35 FCFA destinés aux FER que les 20 F de la STSL ne servent pas aux besoins auxquels ils sont destinés. Des barons, et non des moindres (il y en a qui sont déjà à la retraite) cacheraient derrière ces structures pour empocher ces sous. Une manœuvre bien connue des premiers dirigeants du pays qui ont finalement décidé d’y mettre fin. Par ailleurs précisent ces sources, cette mesure aurait été prise depuis au moins deux semaines. On attendait qu’une communication en conseil des ministres ou de cabinet pour la rendre effective. Aujourd’hui, en absence du chef de l’Etat pour diriger le conseil des ministres, le premier ministre, président du conseil de cabinet, aurait décidé, après consultation de ce dernier que l’on passe à l’acte qui va mettre fin au ‘’mangement’’ des barons impliqués dans la manœuvre.

Ceci, au grand dam des intéressés qui s’en plaindraient encore. Malgré leur âge avancé et la fortune dont ils disposent déjà !!!

Le Togo peut encore mieux faire

D’après le ministre du commerce « le gouvernement togolais vient de faire  un énorme effort considérable en  opérant cette baisse de quasiment 150 francs CFA sur trois mois en dépit de la conjoncture internationale actuelle ».  Il s’inspirera des prix en vigueur en Côte d’Ivoire (650 FCFA) et au Burkina Faso (695 FCFA) pour conclure que le Togo a un prix relativement bas. Reste qu’il a visiblement, de l’avis d’un téléspectateur, oublié de faire cas des prix pratiqués au Ghana et au Bénin (où les prix sont respectivement de 300 et 350 FCFA), les deux pays les plus proches de la capitale togolaise.

A en croire le ministre Lorenzo, les prix appliqués dans chacun les pays sont fonction de la fiscalité pétrolière de ces Etats. Ce qui laisse ainsi penser que la fiscalité pétrolière togolaise est très rigoureuse d’une part, et d’autre part que le niveau de prix pratiqué au Togo est plus dû à la politique budgétaire de l’Etat qu’aux considérations purement économiques. Et si on devait ajouter à tout cela l’idée selon laquelle trop de faux frais gonflent exagérément la structure des prix des produits pétroliers, certains n’auraient pas tort de penser que le gouvernement pourrait mieux faire.

Marc D. Kouakani-Assi


Circulation routière à Lomé : La police aux trousses des « violeurs » des feux tricolores

Les usagers de la route qui prennent plaisir à ne jamais  respecter les règles élémentaires de la circulation à Lomé vont désormais réfléchir plus d’une fois avant d’afficher de nouvelles inconduites. Et pour cause, les «éléments» du ministre Atcha Titikpina sont visibles à presque tous les carrefours de la capitale togolaise. Ces policiers pointés sous les poteaux des feux de signalisation guettent et interceptent les conducteurs «impénitents» pour qui le code de la route semble ne pas exister. Dès que l’infraction est constatée, l’agent des forces de sécurité fait garer l’engin par son conducteur et passe à la vérification des pièces d’identité aussi bien de l’engin que  de son conducteur. Que celles-ci soient à jour ou pas, l’usager en infraction est retenu pour quelques heures ou au pire des cas, l’engin est convoyé à la direction des brigades motorisées à Lomé où le conducteur ira le retirer contre paiement d’une contravention. « Quand les feux tricolores n’étaient pas opérationnels, on pouvait comprendre ceux qui circulaient sans y faire attention. Mais, maintenant qu’ils sont en train d’être rénovés, il n’y a plus de raisons qu’on ne les respecte pas », confiait un conducteur de « Zémidjan » (Taxi-moto) assistant à l’arrestation d’un de ses collègues au carrefour de Tokoin-Gbadago à Lomé. Depuis plusieurs jours déjà, des travaux de rénovation des feux de signalisation sont en  cours en différents endroits de la ville et de nouveaux poteaux sont observables à certains carrefours.

Les mesures prises  ces derniers jours  par la police routière ont visiblement diminué les collisions entre les motocyclistes et les automobilistes, collisions devenues courantes à tous les carrefours de Lomé. Seulement, cette mesure n’influe que sur les motocyclistes. Les automobilistes l’étant moins. Le fait étant que lorsque ces derniers violent les règles de  la circulation, même au vu des agents de sécurité, ceux-ci n’arrivent pas à les intercepter aussitôt, alors qu’il leur est plus facile de le faire face à des usagers à deux roues.

Tout en saluant cette initiative qui diminue les risques d’accident sur les artères de la capitale et mettra au pas les « sans foi ni loi » de la circulation routière, certains observateurs s’insurgent contre le comportement des agents de la police routière. En effet, ces policiers, dès interception d’une moto, prennent le vilain plaisir à la monter et à la conduire sur près d’une dizaine ou  vingtaine de mètres pour aller la parquer, en attendant son convoiement vers la brigade. Une pratique qui constitue une violation des droits de l’usager selon certains juristes. Pour ces derniers, s’il est important de sensibiliser les  usagers au respect du code de la route, il est aussi important que les agents de sécurité agissent avec doigté pour ne pas faire des mécontents et des aigris.

Cette initiative est à encourager d’après nombre de Togolais  tout comme les répressions policières qui se sont enchaînées ces dernières semaines et qui ont permis de mettre hors d’état de nuire près d’une dizaine de voleurs à mains armées et de démanteler des réseaux de braqueurs.

Sedjrawodo A. Adry


Bitumage des rues à Lomé : La population confrontée à des désagréments

Actuellement, à Lomé, c’est la mode du « cassé ». Et oui, quand ce ne sont pas des « jeans cassés », ce sont des « T-shirts cassés »… et même « des rues cassées » ! Pour pallier cela, les bulldozers sont déversés dans les rues et procèdent à leur raclage systématique pour leur redonner un « aspect moins fantomatique ». Dans la plupart des cas, surtout dans les quartiers du centre-ville, les rues raclées restent intactes. Mais dans les quartiers périphériques, on procède à un bitumage « made in Togo » qui consiste à déverser sur ces rues de la latérite ou du sable siliceux qu’on fait adhérer au sol par des engins lourds. Dans les deux cas, les désagréments ne sont pas moindres pour les populations environnantes.

Pour les rues raclées et laissées intactes, « après une pluie, l’eau envahit les deux côtés, ne laissant qu’un tout petit espace effilé au milieu à peine suffisant pour un passage de piéton », affirme Komlan S., conducteur de taxi-moto. Dans le second cas, les pluies sont plutôt salutaires puisqu’en temps normal, c’est la poussière qui martyrise les habitants. Reste que dans ce cas aussi, la boue et ses effets (glissades) sont à craindre. Au passage d’un véhicule, « un amas de poussière l’accompagne salissant ainsi nos effets jusque dans nos chambres », souligne Da Martha, ménagère à Zorro-Bar, un quartier de Lomé. A ceci s’ajoute la pollution de l’air. Tous ces phénomènes ne sont pas sans conséquences sur la santé des citoyens (toux, mycoses des pieds, choléra, ver de Guinée, diarrhées…).

Au vu de ce qui précède, déclare un Togolais, on est choqué d’entendre les gouvernants vanter les mérites d’une telle opération. Et d’ajouter, le ton moqueur : « Ce n’est qu’au Togo qu’une pareille opération peut être considérée comme exceptionnelle. Selon d’autres sources, à Cotonou et à Accra, les rues sont généralement bitumées et jusqu’à la périphérie. C’est assez rare de voir racler des rues en pleine capitale et si ces travaux doivent s’effectuer, ils ne seraient exécutés que dans les zones rurales».

Charlotte Daklou


Insuffisance veineuse : Quand les kilos pèsent sur les jambes

Jambes lourdes, fourmillements, douleurs, etc., l’insuffisance veineuse est parfois un véritable calvaire. De nombreux facteurs peuvent être la cause de ces troubles, mais l’impact du surpoids n’est plus à démontrer. Que faut-il savoir pour être en paix avec ses jambes ?

De nos jours, plusieurs personnes souffrent de maladies veineuses. Pour comprendre cette pathologie, il faut savoir que les veines de nos jambes ont pour « difficile mission » de faire remonter le sang des pieds jusqu’au cœur. Elles doivent, pour ce faire, lutter contre la gravité (la position verticale fait descendre naturellement le sang) ; aussi elles sont munies de valvules (sortes de petits clapets) qui empêchent le sang de redescendre dans les jambes. Cette mécanique bien rodée chez les personnes en bonne santé fonctionne anormalement chez les patients souffrant de troubles veineux.

Attention au surpoids

« La maladie veineuse est liée à la détérioration des valvules et à une perte de tonicité de la paroi des veines. Le mauvais retour veineux (retour du sang dans les veines) s’accompagne de douleurs au niveau des jambes, de gonflements des chevilles puis éventuellement de varices voire d’ulcères. S’il existe de nombreux facteurs pouvant expliquer ces troubles, il faut savoir que les kilos superflus jouent un rôle non négligeable », explique le Pr Rousseau dans l’émission « Priorité Santé » sur RFI.

En effet, le surpoids est un facteur aggravant de l’insuffisance veineuse et un formidable accélérateur des troubles qui y sont liés. Plus le surpoids est important, plus l’impact sur la maladie est fort. C’est l’insuffisance veineuse chronique qui est aggravée voire provoquée par le surpoids. Ceci s’explique par les tissus graisseux qui malheureusement, perturbent le retour veineux et compriment les veines, ou les bouchent parfois, entraînant des douleurs, des fourmillements et autres troubles de la circulation sanguine.

Des solutions efficaces aux perturbations veineuses

Pour retrouver des jambes légères, il n’y a pas de secret, il faut simplement perdre du poids. Un régime allégé, pauvre en graisses saturées (beurre, viandes rouges, fromages) et riche en fibres  est le premier pas vers une amélioration des troubles veineux.

L’exercice physique est également de mise dans ce changement de vie, alors bougez ! Laissez votre voiture au garage, faites vos courses à pied, enfourchez votre vélo, allez nager, etc. Si la perte de poids s’accompagne d’une diminution de la pression sur les veines, le sport permet de rendre les muscles plus toniques et de soutenir efficacement la paroi des veines. Si ces mesures ne donnent pas immédiatement les résultats escomptés, il faut savoir soulager la douleur, anticiper l’aggravation de la maladie veineuse et prévenir ses complications. La visite médicale est un premier geste préventif. Le médecin pourra prescrire des médicaments dont le mécanisme est aujourd’hui connu ainsi que leur efficacité dans le traitement de la douleur et la prévention des complications.

Ne négligez pas les premiers symptômes, essayez de combattre les ennemis de votre circulation sanguine, vous conserverez de belles jambes et resterez en pleine forme.

Charlotte Daklou


Football : Mondial 2010 : Olufadé Adékanmi croit aux chances de qualification du Togo

L’international togolais du club belge de première division, la Gantoise, Olufadé Adékanmi, a confié mercredi dernier au site internet de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) que la coupe du monde est un « miel auquel toute son équipe veut à nouveau goûter »,  après la qualification historique des Eperviers pour le Mondial Allemagne 2006. Mais, de l’avis des experts de l’instance de gestion du football mondial, les Eperviers du Togo, qui sont logés dans le groupe A des éliminatoires du Mondial 2010, doivent avoir des « serres bien aiguisées pour décrocher leur billet pour l’Afrique du Sud ».

Dans ses explications, l’attaquant togolais de la Gantoise reconnaît que la concurrence est rude mais  croit aux chances de qualification de son pays.

« En 2006, tout le monde nous condamnait à la dernière place du groupe, mais nous sommes allés en Allemagne. Cette année encore, personne ne nous voit passer avec le Cameroun et le Maroc. Mais on doit s’attendre à des surprises et on peut refaire le même coup », a ajouté le joueur. Une assurance qui résonne comme un avertissement aux Camerounais et Marocains à qui l’on attribue volontiers un statut de favoris. L’attaquant de la Gantoise respire la confiance et la détermination. « On peut y arriver. Tout le groupe est prêt à donner le maximum », précise le premier lieutenant de la star nationale Emmanuel Adebayor.

Posant au passage un regard sur l’effectif convoqué par le sélectionneur national, le Belge Jean Thissen pour la rencontre  du 28 mars prochain contre le Cameroun, l’ancien Lillois fait constater que « l’équipe repose sur nous », pour évoquer le duo qu’il compose avec l’attaquant d’Arsenal, Shéyi Adébayor. « Le duo que nous formons, Emmanuel et moi, est le principal point fort de cette équipe », se contente-t-il d’ajouter. En effet, sur 8 buts marqués en quatre matches lors du deuxième tour des éliminatoires sus-citées, sept sont le fruit de la paire Adebayor-Olufadé.                           Nommé au début du mois à la succession du démissionnaire Henri Stambouli, le nouveau sélectionneur Jean Thissen n’aura qu’une semaine de rassemblement avant le choc face au Cameroun pour prendre ses repères et imprégner son style. Une situation qui ne préoccupe pas Olufadé convaincu que ce dernier devra s’inspirer de ses expériences antérieures sur le football africain pour faire la mise en place tactique.

Parmi les nouveaux  joueurs qui n’ont pas participé à la campagne Allemagne 2006, Olufadé compte énormément sur la technicité et le sens pointu de la lecture du jeu de Floyd Ayité d’Angers et l’efficacité de Serge Akakpo de Vaslui de Roumanie. Il mise aussi sur la rigueur d’Alaixys Romao de Grenoble pour tenir tête aux canonniers camerounais tels Eto’o Fils et Idrissou Mahamadou. Le seul regret d’Olufadé pour le match du 28 mars prochain reste  le fait qu’il se joue à Accra, au Ghana, toujours en raison de la suspension du stade de Kégué. Ce qui selon lui « est un handicap » dans la mesure où leurs supporters ne pourront pas tous faire le déplacement de la capitale ghanéenne.

Gabin Koissidjin


Eliminatoires can / Mondial 2010 : Jean Thissen convoque 25 joueurs dont un nouveau

Les Eperviers du Togo affrontent dans le cadre de l’entame du dernier tour des éliminatoires CAN/Mondial 2010 les Lions Indomptables du Cameroun le 28 mars prochain à Accra, au Ghana. La FTF a dévoilé à ce titre une liste des joueurs convoqués pour le rendez-vous ghanéen.

Au total, 25 joueurs ont été présélectionnés par le technicien belge Jean Thissen. Dans le lot, on retrouve des habitués de la sélection tels Daré Nibombé, Komlan Améwou, Mamah Gaffar et autres. Aucun doute ne plane désormais sur le retour du capitaine et buteur du club londonien d’Arsenal Emmanuel Adébayor qui a récemment fait savoir (dans un interview publié par nos confrères en ligne de «Footmercato») que ce match est d’une importance capitale et qu’il ne pouvait pas se permettre de ne pas y participer. Ce dernier est blessé depuis un mois à la cuisse, blessure qu’il a contractée au cours du match de Premier League qui opposait son équipe à celle de Tottenham.

Retour également annoncé de Kader Coubadja, en verve depuis la signature de son contrat dans le Golfe persique au club d’Al Dhafra des Emirats Arabes Unis (4 buts en  4 rencontres) et d’Arafate Djako  (sociétaire d’Ashanti Gold du Ghana) dont la dernière convocation remonte au match du 2ème tour des éliminatoires contre la Zambie (1-0 pour les Chipolopolos). Kodjovi Obilalé et Jonathan Ayité, au regard de leurs récentes bonnes prestations avec leurs clubs respectifs du FC Pontivy et Nîmes (en France) retrouveront eux aussi le groupe des rapaces togolais. Kassim Gouyazou, parti s’exiler en Asie (Stel Azin FC Téhéran, Iran), Forson Richmond et Assimiou Touré ont été également convoqués. Le nouveau venu dans l’effectif et inconnu du public togolais sera Christophe Grondin, coéquipier d’Olufadé Adékamni dans le club belge de première division de la Gantoise. Le Togo évolue dans la poule A où il devra également affronter le Gabon et le Maroc.

Steven Lavon

Golfe Info N° 510 du vendredi 27 fevrier 2009
Prévisions macroéconomiques : Le FMI revoit à la baisse les estimations du gouvernement Togolais

« En raison des effets néfastes de la crise financière mondiale, les experts du FMI tablent sur une croissance de 1,7% pour le Togo en 2009 ». C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public par la délégation du FMI (Fonds monétaire International) en fin de mission à Lomé ce jeudi.

 Cette annonce des experts du fonds remet en cause les prévisions initiales des autorités togolaises qui projetaient une croissance de 3,3%. Ceci, alors même qu’en 2008, le Togo n’a pu réaliser ses prévisions de croissance de 2%. Les évaluations à mi parcours ayant fait ressortir un taux de croissance révisé de 0,8%.

Toutefois, à la suite d’un entretien avec le chef de l’Etat Togolais, Faure Gnassingbé, la délégation du FMI a salué, les «bonnes performances» enregistrées ces dernières années par le Togo qui a entrepris une vaste réforme de redressement de son économie.

«Les performances du Togo (…) sont très bonnes. Les autorités togolaises ont honoré leurs engagements et nous sommes très satisfaits», a affirmé Marshall Mills, chef de la délégation. Et de préciser que «le gouvernement a accompli des progrès notables dans la mise en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer la gestion des finances publiques, à restaurer la santé du secteur bancaire et à réformer les entreprises publiques afin de soutenir la croissance».

.La délégation du FMI a séjourné pendant deux semaines à Lomé où elle a eu des entretiens avec plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables de certaines sociétés d’Etat.

Par ailleurs, cette délégation entend faire des propositions aux plus hautes instances de l’institution pour une augmentation des ressources à mettre à la disposition du Togo. « Nous ferons des propositions au Conseil, afin qu’il augmente les  ressources à allouer au Togo pour l’aider, compte tenu des performances réalisées », a souligné M. Mills.

La visite de la délégation du Fonds s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre par la partie togolaise du programme de réformes macroéconomiques négocié auprès de l’institution afin de bénéficier de ses mécanismes de financement.

Marc D. Kouakani – Assi


Travaux au sein du cpdc : Lomé comptera désormais 5 CELI

Les délégués au CPDC « sont parvenus de manière consensuelle à un accord sur la création de 5 CELI (Commission Electorale Locale Indépendante) pour la ville de Lomé, à raison de 1 CELI par arrondissement », dixit le communiqué ayant sanctionné la fin des travaux de ce jeudi. « Cette décision, poursuit le communiqué, répond au désir du Cadre de faciliter les tâches à la CENI en période électorale, en raison des nombreux centres de vote qu’on dénombre dans les 5 arrondissements que compte Lomé ».

En outre,  les travaux ont  porté sur le nombre de représentants de l’administration et leur statut au sein de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Les débats ont été ouverts enfin  sur les démembrements de la CENI avec la  question de la composition des CELI. Sur ces points, le principe de la représentation de l’administration centrale au sein de la CENI  étant déjà acquis, les délégués ont décidé de poursuivre les discussions lors de la prochaine rencontre.

Par ailleurs, certains observateurs proches de l’opposition estiment être optimistes sur la bonne marche des travaux. Cet optimisme se traduirait sûrement par des conclaves que tiennent les délégués de l’opposition par moment. En effet, il est courant à la primature de voir les leaders de l’opposition « délaisser » les échanges généraux pour se concerter et harmoniser leurs points de vue avant de rejoindre les autres pour la poursuite des discussions. Toutefois, au vu de l’importance des sujets à venir, certains délégués s’impatientent et demandent déjà la présence du chef de l’Etat pour accélérer les marchandages. « Nous attendons que le président vienne au cadre pour nous départager sur certains sujets », a déclaré un délégué présent aux discussions. Tout porte à croire que les uns et les autres se réservent au cours des prochaines.

Les délégués se retrouvent lundi prochain pour débattre des points mis en suspension notamment les questions relatives au nombre de représentants de l’administration et leur statut au sein de la CENI.  Notons que la CENI est chargée de l’organisation et de la supervision des opérations référendaires et électorales. Elle est selon l’article 24 de l’actuel code électoral, composée des CELI qui, pour leur part, assurent dans les préfectures et dans la commune de Lomé l’exécution de ses décisions.

Joël Koudjodji


Contrer le blanchiment d’argent au Togo : Les membres du CENTIF prêts à servir

Ce jeudi, a eu lieu au palais de justice de Lomé une cérémonie de prestation de serment des membres de la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Sous les regards admiratifs des parents et du corps judiciaire, les 6 membres de la cellule nationale de traitement des informations financières ont prêté serment, un acte qui consacre leur nomination et l’installation de cette institution au Togo.

Expliquant la raison d’être de cette institution, Tchaa Aquitème Bignossi, Inspecteur des Douanes et  président de ladite structure a indiqué que  « la tâche qui attend ses collaborateurs et lui est d’analyser et d’étudier les informations des transactions de monnaie sur le territoire national et sur le plan international ».

Créée par décret présidentiel le 14 février 2009, la CENTIF va lutter contre le blanchiment d’argent au Togo et dans l’espace UEMOA. Bien qu’elle soit une nouvelle institution, ses membres se veulent rassurants quant à l’accomplissement de leurs missions. « Nous allons agir avec les moyens que l’Etat mettra à notre disposition. Vous n’êtes pas sans savoir que c’est une jeune cellule et nous travaillons pour le moment sur ses textes», a ensuite fait savoir Tchaa Aquitème. Ainsi, pendant trois ans, les membres de cette institution auront pour tâche de traiter toutes les informations en vue de lutter contre le blanchiment de capitaux au Togo.

Dans la sous-région ouest africaine, le Togo est l’un des derniers Etats à mettre sur pied une telle cellule. Le mandat de ses membres est d’une durée de 3 ans renouvelable une seule fois.

Magloire Ackey


Dans le cadre de la promotion des pme : Le Togo bientôt doté d’une charte

Dans le cadre du programme d’urgence du Gouvernement togolais, l’une de ses actions prioritaires est l’amélioration de l’environnement des affaires par la mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel. L’objectif ultime de cette démarche est la relance de l’économie du Togo à travers le secteur privé en général et les petites et moyennes entreprises en particulier. C’est cette préoccupation qui a conduit des décideurs à l’élaboration d’un projet de charte des PME (Petites et Moyennes Entreprises).

La phase de validation de ce projet a été lancée, hier à l’hôtel Ibis de Lomé, par le ministre délégué auprès du président de la République chargé du Commerce et de la Promotion du secteur privé, Guy Madjé Lorenzo.

Selon M. Lorenzo, l’un des objectifs de son département est « de créer les conditions propices pour le développement du secteur privé, afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle de pourvoyeur d’emplois et de créateur de richesses, en levant les contraintes qui pèsent encore sur les entreprises, notamment les PME ». C’est dans cette optique précise-t-il, que le gouvernement a mis en place un comité composé de représentants de l’administration publique et du secteur privé en vue d’élaborer un projet de texte devant régir désormais les PME togolaises.

Ce projet de texte comporte entre autres, une définition claire et consensuelle de la micro- entreprise et industrie ; les avantages à concéder aux PME en matière de fiscalité ;  l’accès à un mécanisme de financement adapté aux besoins de telles unités de production. Les obligations des PME à travers le respect des règles et pratiques de gestion, le rôle des collectivités locales par leur soutien aux structures d’appui aux PME, la mise en place d’une autorité de contrôle et de suivi des engagements en vue d’une meilleure application de la présente charte sont les autres composantes de ce projet de texte.

Selon le ministre Lorenzo, cette charte permettra au Togo d’avoir une connaissance précise de la structuration réelle de son tissu économique. Elle ouvrira également de nouveaux horizons aux entreprises locales et leur permettra de se préparer à faire face au nouvel environnement international marqué particulièrement par la mise en place très prochaine d’une zone de libre échange entre la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et l’Union Européenne, dans le cadre des Accords de Partenariat Economique (APE).

Steven Lavon


secteur des bâtiments et travaux publics au Togo : Les entrepreneurs exigent la suspension des activités du SNEBTPT

Le comité des PME (Petites et moyennes entreprises) concernées par les travaux effectués en 2003 pour le compte de la DGTP (Direction générale des travaux publics) sur le budget de l’ex FER (Fonds d’entretien routier) a organisé mercredi  dernier à l’hôtel de la bourse, à Lomé, une conférence de presse. Cette rencontre avec les médias lui a permis non seulement d’éclairer l’opinion nationale sur l’évolution des solutions trouvées pour le payement des entrepreneurs concernés par les travaux de 2003, mais aussi et surtout de dénoncer le comportement qualifié de « malhonnête » de certains membres du SNEBTPT (Syndicat national des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics du Togo). Ce fut donc l’occasion pour ce comité de demander la suspension des activités du syndicat précité et l’organisation d’une nouvelle Assemblée générale pour mieux organiser la profession d’entrepreneur au Togo.

Au cours de cette sortie médiatique, le porte-parole du Comité des PME concernées par les travaux de 2003, Gaston Kolani, a dénoncé le comportement de certains membres du bureau du SNEBTPT, qui  a t-il expliqué, bien que démis de leurs fonctions (les membres du syndicat ayant constaté après leur élection qu’ils ne répondaient pas aux critères d’éligibilité prévus par l’article 36 des statuts), continuent d’intervenir sur les médias de la place au nom de tous les entrepreneurs du Togo. Après avoir rappelé que  le bureau exécutif du syndicat contenait au départ 11 membres, M. Kolani a fait remarquer qu’à ce jour, ce bureau se retrouve réduit à trois membres. Pour lui, il est inadmissible que ces trois personnes « non représentatives » puissent parler au nom de tous les entrepreneurs du Togo, surtout qu’elles se sont révélées, après leur élection, être de moralité douteuse. 

Pour mettre un terme à cette situation qu’il qualifie de « désordre » et pour redorer le blason de la corporation des entrepreneurs en bâtiments et travaux publics du Togo, le Comité des PME demande au ministère de l’Administration territoriale de suspendre les activités du SNEBTPT afin de permettre aux services de la gendarmerie de refaire des enquêtes de moralité sur les membres du bureau exécutif dudit syndicat.

Dans le même ordre d’idées, Gaston Kolani et les siens sollicitent la tenue d’une Assemblée générale de tous les entrepreneurs en bâtiment et travaux publics du Togo - y compris leurs confrères membres du GNEBTP (Groupement national des entrepreneurs du bâtiment et travaux publics) – pour mieux organiser cette profession dans le pays.

Le comité des PME s’est également prononcé, au cours de la rencontre de mercredi, sur les problèmes liés au payement des entrepreneurs ayant effectué des travaux avec la DGTP en 2003. D’après Gaston Kolani, ces problèmes ont trouvé un début de solution, du moins partielle, grâce aux efforts du gouvernement. « Tous les entrepreneurs concernés par les travaux ont encaissé à ce jour au moins 50% de leurs dûs », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que les factures devant permettre le reste des payements sont en cours de traitement.

Par ailleurs, M. Kolani et les siens ont dénoncé l’attitude de certains de leurs collègues entrepreneurs qui, bien qu’ayant déjà perçu (avant la dissolution du FER) le tiers de la somme qui doit leur revenir pour les travaux de 2003, tentent encore, « frauduleusement », de passer par tous les moyens, comme si de rien n’était, pour avoir une fois de plus une part de la somme mise à la disposition du Comité par le gouvernement togolais. « Pour le compte des travaux que nous avons effectués avec la DGTP en 2003, certains de nos camarades entrepreneurs avaient déjà reçu, sans que nous ne le sachions, une partie de leurs dûs avec la complicité de l’ex-directeur du FER, Ferdinand Tchamsi. Mais, malhonnêtes qu’ils sont, au lieu de nous le signifier, ils l’ont caché et exigent que la totalité de leur rémunération leur soit versée sur la base de la somme mise à notre disposition par le gouvernement, comme s’ils n’avaient rien touché auparavant », a martelé le porte-parole du Comité avant de se faire plus menaçant : « le Comité ne cèdera pas au double payement de ces entrepreneurs. Il fera tout pour aider les autorités publiques à les démasquer ».

Rodolph Tomegah


Bouter la grippe aviaire hors des frontières du Togo : Les agents des forces de sécurité et de la douane appelés à la rescousse

Les autorités veulent intégrer les agents des forces de sécurité et la douane togolaise dans la lutte contre l’épizootie de la grippe aviaire au Togo. Mardi et mercredi derniers, policiers, douaniers et gardiens de préfecture étaient en atelier à Lomé.

Organisée par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche en partenariat avec la FAO (Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), cette rencontre était destinée à former les agents précités sur le contrôle de la circulation des volailles sur le territoire national.

D’après les initiateurs de la rencontre, le Togo reste sous la menace constante de la grippe aviaire malgré les nombreuses dispositions prises par le gouvernement pour empêcher ce mal d’entrer sur le territoire. Et pour cause, expliquent-ils, les frontières du pays sont poreuses et les entrées de volailles (en provenance des pays voisins) ne font pas, la plupart du temps, l’objet de contrôles stricts.

L’atelier de formation de cette semaine s’est fixé donc comme objectif de renforcer les capacités  des agents des forces de sécurité et de la douane en matière de surveillance des différentes sortes de volailles. Pendant les deux jours qu’a duré la rencontre, les participants ont été outillés sur les techniques pouvant leur permettre de détecter non seulement les manifestations de la grippe aviaire, mais également toute sorte de maladies aviaires et leurs dérivées. Ainsi, ils pourront aider le Togo à mieux lutter contre les épizooties et  autres maux qui représentent un frein à la bonne marche de l’élevage.  

Pour le ministre chargé de ce secteur, Messan Kossi Ewovor, cette formation arrive à point nommé parce qu’elle vient compléter les efforts que fournit le gouvernement togolais en vue d’aider les paysans à relancer leurs activités. C’est au nom de cette idéal que M. Ewovor a convié les participants à accorder une attention  particulière aux différents enseignements qui leur sont donnés pour apporter véritablement leur appui au service national de l’élevage.           

Rodolph Tomegah


Réduction des produits nuisibles à la couche d’ozone : Le Togo dit non aux commerces illicites des CFC

Le Togo veut venir définitivement à bout des substances nuisibles à la couche d’ozone. Ceci dans l’objectif d’honorer ses engagements vis-à-vis du protocole de Montréal. Pour ce faire, il veut mettre à contribution les agents de l’administration des douanes et de l’environnement. Ces derniers ont été formés les 24 et 25 février derniers sur le commerce illicite des substances qui appauvrissent la couche d’ozone au cours d’un atelier qui s’est  déroulé à la FOPADESC, à Lomé.

Organisé par le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières en partenariat avec le Bureau national ozone, cet atelier a permis aux agents des douanes et du secteur de l’environnement de passer plus particulièrement en revue les différentes facettes du commerce illicite, des réfrigérants interdits. Ils se sont également familiarisés avec les kits qui permettent d’identifier ces produits.

Par ailleurs, les participants ont aussi reçu plusieurs enseignements sur les produits alternatifs aux CFC (Chlorofluorocarbone) considérés comme ayant un faible potentiel en matière de destruction de la couche d’ozone. Il s’agit notamment des HCFC (Hydro chlorofluorocarbones) largement utilisés dans la climatisation et des HFC (hydrofluorocarbones). La formation a en outre permis aux agents de l’administration des douanes et de l’environnement de découvrir de nouveaux produits moins coûteux et n’ayant d’impact ni sur l’ozone ni sur le climat, ainsi que toute la gamme de réfrigérants inscrits dans le protocole de Montréal.

 au cours d’une rencontre qui s’est tenue à Montréal au Canada en 1987, plusieurs pays se sont engagés à éliminer de manière définitive les CFC avant le 31 décembre 2009. Au Togo (signataire du protocole de Montréal), sur les 40 tonnes de ce produit nuisible déclarées en 1995, il ne reste aujourd’hui  qu’environ 5 tonnes. Ce résultat a été le fruit de la formation reçue par les techniciens du froid sur les techniques de récupération et de recyclage des CFC. Toutefois, des efforts restent toujours à faire car plusieurs commerçants continuent par importer non seulement des gaz interdits, mais aussi des mélanges de réfrigérants occasionnant le retard du pays dans la lutte contre les substances qui appauvrissent la couche d’ozone.  

Rodolph Tomegah


Relance du secteur agricole togolais : Grandes ambitions, petits moyens

Au sommet de l’UA (Union Africaine)  tenu  en 2003 à Maputo (Mozambique), les chefs d’Etat africains se sont engagés à relancer l’agriculture afin d’assurer une autosuffisance alimentaire à leurs peuples respectifs. Le Togo, à l’instar des autres pays membres de l’organisation continentale, a promis consacrer 10% de son budget à ce secteur.  Or, au terme de la loi des finances gestion 2009, seulement 5% du budget national, soit environ 17 milliards de Fcfa vont être  consacrés à ce secteur. Cette nouvelle a été accueillie comme une avancée dans les milieux paysans, par rapport au  0,6 milliard de francs CFA que l’Etat a alloué à ce même secteur entre 2002 et 2004. Des économistes  estiment  par contre qu’un long chemin reste encore à faire  si le gouvernement veut éviter une nouvelle crise alimentaire au  Togo. Car expliquent-ils, 6 ans après Maputo, les moyens déployés pour relancer le secteur agricole au Togo demeurent donc en deçà des réelles ambitions.

Le  secteur agricole représente environ 40% du PIB, (Produit Intérieur Brut), 20% des exportations et 70% de la population active togolaise. L’agriculture joue de fait un rôle  crucial dans la stratégie nationale de lutte contre la faim et la pauvreté. Aussi,  au début des  années 70 où le président Eyadema lançait  « la révolution verte », la production agricole a connu une poussé vertigineuse suivie de retombés durables et considérables pour l’économie nationale. Les reformes entreprises à l’époque ont permis selon le gouvernement, d’exporter du coton et d’autres produits agricoles comme le café, le cacao et bien d’autres cultures. En 1995, les produits vivriers constituaient le principal sous-secteur de l’économie agricole du Togo et représentaient 69% de la production agricole brute du pays. Une récente étude réalisée dans ce secteur révèle qu’il se porte très mal. Ainsi, plusieurs cultures vivrières ont vu leur taux de production plonger. Le maïs, principal aliment de base des Togolais, est passé de 8,0% en 1998 à 2,8% en 2006. Le manioc est passé de 6,9 % à 2,1%. La plongée fut remarquable dans le sous-secteur du riz qui a enregistré une baisse de plus de 20%, passant de 19,7% à -1,5%. Quant aux cultures d’exportation, le constat est  plus qu’alarmant. Elles se sont littéralement effondrées. La production du cacao a chuté d’environ 67% au cours de ces dernières années, contre 57% pour le café et 70% pour le coton.

« Aujourd’hui, le secteur agricole est caractérisé par d’énormes faiblesses. Les exploitations agricoles sont trop petites», souligne un rapport officiel sur l’agriculture. La taille moyenne des exploitations vivrières au Togo est inférieure à 2 ha et les exploitations dépassant les 10 ha représentent moins de 5% du total. Le dernier recensement agricole fait en 1996 met en évidence une  situation critique du secteur. A l’issue de ce recensement, les données ont révélé que « 25% des exploitations font l’objet d’encadrement, moins de 3% des superficies vivrières sont ensemencées avec des semences sélectionnées, seuls 15% des surfaces cultivables reçoivent de l’engrais et 4% seulement des ménages agricoles sont dotés d’une charrue ».

 D’après une analyse sommaire, cette  situation s’explique par le peu d’ « initiative prise  dans le sens d’une amélioration des conditions de vie et de travail des paysans ». En effet, dans certaines localités agricoles, les cultivateurs continuent d’utiliser des outils rudimentaires tels que les coupe-coupe, les dabas et les houes etc. Certaines organisations paysannes pensent que  « le manque de financement et la non prise en compte des préoccupations de maintien à long terme de la fertilité des sols par le gouvernement » est une cause de cette sous-production. Au Togo, remarquent-elles, « les pistes rurales sont largement insuffisantes et dégradées ; certaines zones à fort potentiel de production ne sont pas desservies ». « Nous n’avons pas de route pour transporter nos produits au marché », a indiqué Paul Ahianyo, cultivateur à Notsé.

Selon Anani Akakpo-Ahianyo, ancien ministre des Affaires étrangères, cette situation serait due « aux troubles socio politiques qui ont entravé la mise en œuvre des reformes agricoles ».  Aussi « les  violences ont-elles amené les bailleurs de fonds à réduire les fonds octroyés ou à se retirer pour protester contre les nombreuses violations des droits de l’homme commises au Togo et notamment contre les mesures de sécurité sévères adoptées pendant les élections présidentielles de 2005 », ajoute-t-il. Pour d’autres encore, l’agriculture togolaise souffre non seulement de ces violences politiques, mais aussi « d’une mauvaise planification et d’une gestion désastreuse».

Les perspectives pour le secteur agricole

Si pour le gouvernement togolais, les causes de la baisse de la production sont à rechercher ailleurs, il entend toutefois remédier à cette situation. Ainsi, au titre du PIAP (Programme Intérimaire d’Actions Prioritaires), l’Etat togolais a élaboré une note de politique agricole avec l’appuie de la Banque Mondiale et de la FAO. Cette note devra donc évoluer vers une déclaration de développement  agricole après l’élaboration d’un vaste programme d’investissement et d’un plan de mise en œuvre. Cependant, prévient le rapport, « tout ce processus est prévu pour se terminer au cours du premier semestre de l’année 2009, si le financement est assuré ».

Sur la période 2008-2010, le gouvernement envisage des actions prioritaires à court terme et à long terme. A court terme, il prévoit professionnaliser les agriculteurs et développer un système de crédits adaptés pour la commercialisation, et l’acquisition des intrants (engrais, semences, les petits équipements d’irrigation et les petits matériels agricoles). Par ailleurs, il prévoit aussi accorder aux ménages agricoles les plus démunies une aide alimentaire. Elle sera octroyée,  non pas pour des raisons humanitaires uniquement, mais aussi pour augmenter l’offre et la productivité de la main d’œuvre.

Selon le gouvernement, l’accent sera mis sur les cultures alimentaires de base telles que le maïs, le riz, le mil, l’igname etc. , et aussi sur le renforcement des capacités techniques pour favoriser un plein emploie dans ce secteur. Par ailleurs, le gouvernement rassure, dans le cadre  de la réalisation des OMD, qu’une estimation des coûts et des besoins de financement  pour la réduction de la pauvreté et la lutte contre la pauvreté sera réalisée. Ainsi, sur la période 2006-2015, un montant de 443 milliards FCFA, soit une moyenne annuelle de 44 milliards de FCA seront mobilisés chaque année pour réduire et lutter contre la faim et la malnutrition au Togo. « Ces données présagent un avenir radieux pour l’agriculture togolaise, si cette politique venait à être effective », a conclut un professeur d’Economie à l’université de Lomé. Reste que le montant des dotations budgétaires ces trois dernières années additionnées aux ressources externes mobilisées en faveur de ce secteur ne correspondent pas aux recommandations du sommet de Maputo.

Joël Koudjodji


Handball / Préparatifs du tournoi international «Challenge Trophy 2009» : La sélection togolaise dans la dernière ligne droite

Selon le directeur technique de la FTHB (Fédération Togolaise de Handball), Ayité Donsou, la sélection togolaise de la discipline a amorcé depuis quelques jours la dernière ligne droite de ses préparatifs pour l’édition 2009 du tournoi international « Challenge Trophy », qu’accueille le Togo du 13 au 20 avril prochain. «Nous avons fini de travailler la condition physique, les réglages techniques, les passes, réceptions et tirs. Il nous reste à peaufiner la tactique de groupe de deux, trois, quatre personnes. La semaine prochaine, on fera la tactique collective», a-t-il confié.

Il faisait ces déclarations mercredi dernier lors d’une visite du ministre togolais des Sports et des Loisirs, Christophe Tchao, aux joueurs au terrain de handball du stade Omnisports de Lomé. Ce dernier a indiqué pour sa part que cette visite est l’expression du soutien que l’Etat compte apporter aux différentes disciplines sportives pratiquées dans le pays.

Dans le cahier des charges soumis au ministère des Sports par la FTHB en vue de l’organisation du «Challenge Trophy», il est entre autres inscrit des travaux de rénovation du stade qui abritera la compétition.

Il faut noter qu’outre cette compétition internationale organisée en collaboration avec l’IFH (Fédération Internationale de Handball), les autres activités au programme  cette saison au sein de la FTHB sont les championnats des ligues, le championnat national, la participation éventuelle de trois formations togolaises à la coupe africaine des vainqueurs de coupe qu’abrite le Bénin.

Gabin Koissidjin


«Chancellerie de l’humour» : Coup d’essai, coup de maître

On leur connaissait ce talent pour les avoir vu sur les chaînes de télévision nationales. Mais le public qui a fait le déplacement du Centre Culturel Français vendredi dernier en a eu pour son compte. C’était à l’occasion de la 1ère édition de la «Chancellerie de l’Humour». Un spectacle en plein air qui a drainé un grand monde venu soutenir les artistes humoristes togolais, notamment Gbadamassi et Gogoligo, promoteurs dudit spectacle.

Tout a commencé avec la prestation de Malam, un artiste comédien togolais venu de la ville de Kpalimé. A sa suite, la troupe Gbadagog va faire rire le public par un show des grands jours. D’autres artistes humoristes togolais ont fait des prestations  bien appréciées par les spectateurs. Il s’agit entre autres d’Alpha Ramsès, Agbotso, Azekokovivina, Gaglo, etc.

Au cours de la même soirée, de grands noms de l’humour togolais ont été honorés pour leur apport à la culture togolaise à travers leurs oeuvres. Il s’agit d’Agbotso, Azekokovivina et Gaglo.

Au terme de la soirée, les organisateurs se sont dits satisfaits du spectacle et ont promis rééditer «l’exploit» pour une deuxième édition. Même son de cloche du côté des spectateurs venus assister à ce show. Pour Mlle Christine, « la soirée a été d’une très bonne facture et nous avons vraiment apprécié ».

La «Chancellerie de l’humour» est un événement qui a rassemblé plusieurs artistes humoristes togolais sur une même scène. Elle était vendredi dernier à sa première édition.

Steven Lavon


Football / Championnat national de première division : La 1ère journée prend fin ce week-end

La première journée du championnat national de première division prend fin ce dimanche avec des affiches alléchantes sur toute l’étendue du territoire national.

A  Masséda, les Lions du Sud de l’USM accueillent Foadan de Dapaong. A Fiokpo, Maranatha de la localité offrira son hospitalité à Dyto de Lomé. Le TAC (Tchaoudjo Athlétic Club) reçoit Togo Télécom à Sokodé. Pendant ce temps, Abou Ossé d’Anié affronte Koroki Métété de Tchamba à Anié. Le seul match de Lomé mettra aux prises AC Merlan et Kotoko de Lavié, l’un des trois clubs du grand Kloto évoluant en division d’élite cette saison. Le choc de cette première journée est sans aucun doute la confrontation entre le champion en titre, Asko de Kara, et le promu et champion de D2, Gomido de Kpalimé.

Deux rencontres ont été déjà enregistrées pour le compte de cette première journée. En match d’ouverture dimanche dernier, l’AS Douanes de Lomé a battu l’AS Togo Port sur la plus petite des marges, 1 but à 0. Une réalisation de Koffi Sénam Fiabo à la 59ème minute de jeu. Le second match qui a opposé l’Etoile Filante de Lomé et Sémassi de Sokodé, a été plus prolifique en buts. Les étoilistes en ont profité pour prendre provisoirement la tête  du classement avec un score de 3 buts à 1. Les buts des Bleus de la capitale portent les signatures du capitaine Kodjo Doumasséssé  à la 32ème minute, suivi d’un doublé d’Efoé Dékpoh (38ème et 46ème minutes). La réduction du score des «Guerriers de Tchaoudjo» est intervenue à la 87ème par l’entremise de Nadjibou Ouro Bag’na.

En prélude aux autres matches qui se disputeront ce week-end, la FTF (Fédération Togolaise de Football) a dépêché une commission à l’intérieur du pays en vue d’inspecter les différentes installations devant abriter les matches des championnats de D1 et D2. Cette commission composée de Camélio Akoussa, Lanou Kodjo Elitsa et Sényamé Lawson Laté  se chargera d’homologuer les installations de la BCEAO à Baguida, les terrains d’Aného, de Masséda, de Bassar et de l’Ecole centrale de Sokodé. Il faut rappeler que les stades d’Agoè et de la ville de Sokodé sont actuellement en réfection.

Steven LAVON

Golfe Info N° 509 du mercredi 25 février 2009
Football / Création des centres de formation et académies au Togo : La FTF entame la procédure de réglementation du secteur

Pour permettre aux centres de formation de mieux accomplir leur tâche dans le domaine du football au Togo, la FTF (Fédération Togolaise de Football) a rencontré hier à son siège à Kégué, les responsables des différents centres et académies de football de Lomé. Il était question de définir, avec les différents acteurs, les bases d’un centre ou d’une académie  de football et les tâches qui lui sont assignées.

Six points fondamentaux étaient à l’ordre du jour de cette rencontre présidée par le secrétaire général administratif et financier de la FTF, Kossivi Reinhardt. A l’issue des discussions, des dispositions pratiques sont définies. Ainsi, pour désormais entreprendre la création d’un centre de football au Togo, les acteurs devront soumettre à l’Etat, notamment aux ministères des Sports et des Loisirs, de l’Education, des Finances et du Commerce, un dossier en vue de l’obtention de l’autorisation d’établissement. Selon les indications de M. Reinhardt, les documents qui doivent constituer ce dossier devront comporter des informations concernant les différents encadreurs, le domaine du centre (superficie et situation) et les activités qui y seront menées.

L’émigration clandestine des jeunes joueurs, qui sont finalement laissés pour compte en Europe, a été aussi soulevée au cours des débats. Pour cela, il a été demandé aux centres de ne pas «exporter» des jeunes joueurs en Europe sans autorisation préalable. Ceci, conformément à la déclaration de Bamako qui stipule que « désormais les jeunes de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à émigrer vers l’Europe ». Dans le même sens, les diminutions ou augmentations d’âge des joueurs sont interdites.

Sous forme de répression, le sixième point à l’ordre du jour de la réunion d’hier annonce des sanctions éventuelles à tout contrevenant à ces dispositions. Ces sanctions devront être prises par une commission spécialisée qui  sera mise sur pied dans les prochains jours et qui se chargera de les rédiger. Selon le SG de la FTF, d’autres réunions sont prévues tout au long de l’année pour finaliser les textes de réglementation du secteur des centres et académies de football du Togo. La toute prochaine rencontre entre les deux parties est prévue pour le 24 avril 2009.

Steven Lavon & Gabin Koissidjin


Discussions au sein du CPDC : La question du recours à la facilitation enfin résolue !

La question du recours à la facilitation en cas de blocage des discussions au sein du CPDC (Cadre Permanent de Dialogue et de concertation) vient d’être résolue. Au cours des travaux de ce mardi, deux mesures ont été prises à cet effet. La première est relative au recours à  la facilitation et la seconde porte sur l’adoption du règlement intérieur devant régir les discussions au sein de ce mécanisme de dialogue. Sur le premier point, indique le communiqué final des travaux d’hier, «le CPDC convient de saisir le président de la République en cas de blocage des discussions. Le chef de l’Etat  recherche avec les leaders des partis membres du Cadre, les solutions appropriées avec le recours à la facilitation le cas échéant». « Ce point sera inscrit dans le règlement intérieur  qui est adopté ce jour », a ensuite lu à la presse,  Séleagodji Ahoomey- Zunu, secrétaire administratif du Cadre.

Par ailleurs, le secrétaire administratif du CPDC précise que « ces formulations sont arrêtées de façon consensuelle par toutes les parties prenantes au Dialogue ».  Ainsi, Le président de la République, garant du Cadre Permanent de dialogue, devra dans les jours à venir, être interpellé sur les questions de divergences. Il devra dans ces cas, mettre ses talents de facilitateur en œuvre. Déjà, les supputations se font autours de ces décisions. Et des analystes de la politique togolaise qualifient ce compromis « d’avancée majeure ». D’après une source proche de l’Opposition, « cet accord est un pas significatif et très encourageant pour  la poursuite des travaux ».

Depuis mardi 17 février dernier, les travaux du CPDC achoppaient sur la question du recours à la facilitation extérieure introduite par l’UFC (Union des forces de Changement) de Gilchrist Olympio. Indispensable pour cette formation politique vue « la crise de confiance qui prévaut dans notre pays », cette demande n’a pas reçue l’adhésion du parti au pouvoir, le RPT (Rassemblement du peuple Togolais). Ce dernier soutient pour sa part que la présidence du CPDC par le chef de l’Etat constitue en elle même une  garantie de règlement d’éventuels blocages. Par ailleurs, dans un communiqué rendu public en fin de semaine dernière, le parti au pouvoir, tout en indiquant que « l’UFC a fait de sa proposition une fixation et a rejeté toutes les propositions de la délégation du RPT »,  a  précisé que « le CPDC est un cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs ».

Cette étape d’adoption du règlement intérieur du CPDC franchie, les délégués à ce mécanisme de discussions vont poursuivre leurs travaux demain avec en prime le code électoral et ses sujets relatifs entre autres aux conditions d’éligibilité au scrutin présidentiel. Ici encore, les analystes prophétisent déjà de chaudes discussions.

Joël Koudjodji


Composition du gouvernement houngbo : Komlan Kadjé, nouveau patron du ministère des TP

Le ministère des Travaux Publics et des Transports a un nouveau patron. Komla Kadjé, jusque-là Commissaire de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) chargé des Infrastructures, vient d’être nommé ministre en charge de ces deux portefeuilles. Loin de passer inaperçue, cette nomination vient mettre fin à une situation dénoncée par une partie de la classe politique nationale et des opérateurs économiques.

Cette nomination apparaît comme une réponse des responsables de l’exécutif togolais aux préoccupations exprimées en milieu de semaine dernière par un collectif de chefs d’entreprises togolais opérant dans le secteur des travaux publics.

Les entrepreneurs BTP  ont eu gain de cause Au cours d’une conférence de presse animée mardi 17 février dernier,  des entrepreneurs du secteur des BTP regroupés au sein du SNEBTPT (Syndicat National des Entrepreneurs des Bâtiments et Travaux Publics du Togo) ont demandé qu’il leur «soit nommé dans les plus brefs délais un ministre des Travaux Publics dont le profil correspond réellement aux tâches qui seront les siennes». Ces derniers arguent avoir constaté «des irrégularités dans le fonctionnement du gouvernement Houngbo en général et du ministère des Travaux publics en particulier».

D’après Hervé Piza, secrétaire général du syndicat cité plus haut, depuis la composition du gouvernement au sein duquel le ministère en charge des Travaux publics a été rattaché à la présidence, le SYNEBTPT «s’est donné une période probatoire de trois mois pour observer» les activités de ce département. «Malheureusement, explique-t-il, nous n’avons constaté qu’un désordre». Car poursuit-il, «même les ministères qui n’ont aucune attribution en matière des BTP s’y sont introduits».

Par ailleurs, les membres du SYNEBTPT s’insurgent contre les mesures draconiennes auxquelles sont soumises leurs entreprises.  En effet, dénoncent-ils, « nos entreprises sont étranglées par les nouvelles mesures adoptées par le gouvernement, notamment les prix d’achat des dossiers d’appels d’offres exorbitants et non remboursables (2 millions de F Cfa), et l’exigence d’un agrément délivré par le ministère de l’Economie et des Finances». Des mesures qui font dire à ces responsables syndicaux que «les autorités togolaises ont décidé d’agoniser le secteur des travaux publics et de le remplacer par un réseau de profanes qui engloutissent de faramineuses sommes pour des travaux mal faits et parfois inutiles». Ils dénoncent également la façon dont les marchés sont attribués aux entreprises suivant «une liste constituée et transmise au Premier ministre» en violation des procédures normales de passation des marchés publics.

Ministères rattachés et ministères délégués à la présidence : une marque de la nouvelle ère

Le rattachement de certains ministères à la présidence n’est pas un fait nouveau. Mais il a pris, selon les analystes, une proportion importante depuis l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir. Ainsi, sous l’ex-Premier ministre de Faure Gnassingbé, Edem Kodjo, Kpatcha Gnassingbé a été nommé patron du ministère délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense et des Anciens Combattants. Avec l’opposant radical Yawovi Agboyibo à la primature, le ministère en charge de l’Equipement des Postes et Télécommunications et des Innovations Technologiques et  celui en charge des Droits de l’Homme et de la Réconciliation, avec respectivement à leur tête, Dominique Dogbé et Me Loretta Akouété seront placés sous l’autorité directe du chef de l’Etat. Dans le gouvernement Mally, le portefeuille de la Défense repasse dans les mains du président de la République.

A la formation du cabinet Gilbert Fossoun Houngbo en septembre 2008, le département des Travaux Publics que chapeautait Célestin Ekpaoh Talaki dans l’équipe Komlan Mally, a été directement rattaché à la présidence de la République. Tout comme celui de la Défense et des Anciens combattants. Le président de la République, Faure Gnassingbé, par l’intermédiaire du général Essofa Ayéva, son directeur de cabinet, devait en assumer les charges. Ceci, indépendamment de ses fonctions de chef de l’Etat, et de ministre de la Défense et des Anciens combattants. Sans oublier aussi que le ministère du Commerce et de la promotion du secteur privé de Guy Madjé Lorenzo est aussi rattaché à la présidence. Ce dernier étant «protocolairement et juridiquement» ministre délégué à la présidence.

L’Opposition avait dénoncé le fait

Des rattachements qui ont été dénoncés en leur temps par certaines formations politiques, notamment  l’UFC qui, par la voix du député Adama Doe-Bruce, a demandé au Premier ministre Gilbert Houngbo lors de la présentation de son discours programme à l’Assemblée nationale, celui qui devait répondre du ministère des TP au cas où les députés devaient interpeller  son responsable. L’ancien Premier ministre du Togo et président national de l’OBUTS (Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire), Agbéyomé Messan Kodjo a lui aussi dénoncé cet état de chose. Après avoir fait observer que «le chef de l’Etat, en dépit de ses nombreuses charges, s’est octroyé deux portefeuilles importants» (Défense et Travaux publics), M. Kodjo a considéré que cette réalité  traduit la volonté de Faure Gnassingbé «de poursuivre sa politique de régression économique, sociale et morale qui plonge le peuple togolais dans le désarroi le plus profond». Même son de cloche du côté du PDP (Parti Démocratique Panafricain) de Bassabi Kagbara qui avait demandé que des titulaires soient nommés à la tête de ces départements ministériels.

Docteur-ingénieur des ponts et chaussées, Komlan Kadjé a été  nommé en 2006 Directeur général des Travaux Publics au ministère de l’Equipement, des Transports et des Télécommunications, en lieu et place de Célestin Talaki, entre- temps nommé Directeur général du CERFER. Un an plus tard, soit en 2007, le nouveau ministre des TP sera nommé Commissaire de la CEDEAO chargé des Infrastructures. Poste qu’il occupait jusqu’à sa nomination ce mardi comme nouveau patron du ministère des TP et des Transports.

Marc D. Kouakani-Assi


Mouvements d’humeur des employés de la LIMUSCO et de TOGOPHARMA : Des discussions ouvertes avec les autorités

Portes et fenêtres closes, personnels absents sur les lieux de travail, telles sont les images qu’affichaient les agences de la LIMUSCO (Librairie des Mutuelles Scolaires) lundi dernier à Lomé. Raison de cet arrêt de travail : les employés de cet organisme public observent un mouvement d’humeur. Il en est de même à TOGOPHARMA, où les agents  de ce service sont eux aussi en grève. Ils ont donc vidé leurs lieux de travail respectifs et cessé les activités pour manifester leur mécontentement. La cause de ces deux débrayages est d’ordre financier. Les manifestants réclament le payement d’arriérés de salaires. Aux dernières nouvelles, les représentants des agents de la LIMUSCO ont rencontré leur ministre de tutelle ce lundi, alors que leurs collègues de TOGOPHARMA entendent entrer en pourparlers avec le leur ce matin.

Les discussions entre les agents de la LIMUSCO et le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire ont abouti lundi dernier à une suspension du mouvement. « Nous avons décidé de reprendre le travail suite aux négociations entamées avec nos supérieurs hiérarchiques », a indiqué un représentant des grévistes qui a ajouté que le ministre Nagou a promis rendre compte de leurs revendications au Premier ministre. La grève prévue pour 48h est donc  suspendue et les agences de la LIMUSCO ont rouvert leurs portes depuis hier.

Du côté des employés de TOGOPHARMA, un des responsables a confié qu’« une délégation sera constituée au sein du mouvement pour rencontrer le ministre de la Santé aujourd’hui ». Cette délégation, à en croire ce responsable, tiendra des discussions avec le ministre Mally au siège de son cabinet et défendra les causes des grévistes. Les discussions, a-t-il ajouté, porteront essentiellement sur les droits des employés ainsi que sur leurs arriérés de salaires.

Il faut préciser que les causes des mouvements d’humeur observés à la LIMUSCO et à TOGOPHARMA sont d’ordre financier, matériel et moral. « Nous avons 17 mois d’arriérés de salaires », explique M. Gnandé, secrétaire général du syndicat de la LIMUSCO. D’après lui, les autorités sont informées de la situation, mais rien n’a été fait jusque-là en dehors de « vaines promesses ». Tout en se disant  « conscients » des difficultés financières du Togo, M. Gnandé et les siens soutiennent ne réclamer que  le remboursement d’un minimum de 5 mois de salaires sur les 17  impayés. « Nous avons des familles à nourrir, des loyers à payer et les études de nos enfants à subventionner. De plus, nous avons faits des prêts auprès de certaines banques et celles-ci réclament leur argent. Il faut donc qu’on nous paie », ajoute le secrétaire général du Syndicat des agents de  la LIMUSCO. Entre autres préoccupations, les agents de ce  service dénoncent le manque d’articles dans les magasins. Ce qui, expliquent-ils, entraîne la rareté et l’insuffisance de la vente.

De leur côté, les employés de TOGOPHARMA réclament 21 mois d’arriérés de salaires. Ils exigent également la réintégration de leurs collègues qui sont en « congé technique » depuis plusieurs mois déjà, une indemnisation aux retraités, la régularisation de la caisse de cotisation et la reconnaissance de leurs droits. S’estimant « fatigués » des fausses promesses  de leur directeur, ces employés menacent de continuer leur mouvement tant qu’ils n’obtiendront pas gain de cause. « Nous continuerons notre action si rien n’est fait », déclare un employé, visiblement très en colère.

Les dégâts collatéraux de ce mouvement d’humeur des employés de TOGOPHARMA  ne se sont pas fait entendre. Au CHU Tokoin de Lomé lundi dernier, les personnes vivant avec le VIH/SIDA étaient en manque d’ARV. « Nous sommes venus ce matin pour nous approvisionner en ARV et c’est là qu’on nous apprend qu’il n’y en a plus, car les agents de Togopharma sont en grève », confie une mère dont le fils (15 ans) est malade du SIDA. « Je prie le gouvernement de les satisfaire à temps pour que nos proches qui sont malades du SIDA puissent vivre encore un peu », ajoute-t-elle, l’air désabusé.

Komlanvi Apevinyekou

Golfe Info N° 506 du vendredi 18 février 2009
Soigner les kystes et les fibromes au Togo : Dr Joseph Adom, gynécologue au CHR d’Atakpamé: «Maintenir un poids normal et/ou faire des exercices physiques pourraient assurer une certaine protection contre ces maux »
Les kystes de l’ovaire et les fibromes utérins, tumeurs bénignes (fréquentes chez les femmes noires) constituent un problème de santé publique qui touche, de plus en plus, la gente féminine togolaise de nos jours. Leur évocation au cours d’un examen clinique crée une très grande inquiétude chez la femme qui craint une éventuelle intervention chirurgicale ou une probable stérilité. Une attitude liée, très largement, à l’insuffisance et/ou aux mauvaises informations sur ces types de maux qui effraient plus qu’il ne le faut. Qu’est – ce qu’un fibrome, un kyste ? Quelles sont leurs causes et comment les traiter ? Ce sont autant de questions auxquelles répond le Dr Joseph Adom, le gynécologue obstétricien du Centre Hospitalier Régional (CHR) d’Atakpamé.

Dr Joseph Adom

Qu’est – ce qu’un fibrome utérin et un kyste de l’ovaire ?
Un fibrome utérin est une tumeur bénigne (non cancéreuse) qui se développe aux dépens des fibres musculaires de l’utérus. C’est une masse solide très ferme, irrégulièrement arrondie sur l’utérus, de volume variable (de quelques millimètres à plusieurs dizaines de centaines) et d’un poids allant de quelques grammes à plus d’un kilogramme.L’utérus peut abriter un seul fibrome. Mais le plus souvent, il en est le siège de multiples (de quelques noyaux fibromateux à plusieurs dizaines chez la même femme). Ils diffèrent  selon leurs localisations.Ils peuvent se localiser à l’intérieur de la cavité utérine, ils sont alors nommés intra cavitaires ; ou sont intra muraux lorsqu’ils font partie intégrante du muscle utérin lui – même. Quand ils sont localisés dans la paroi externe de l’utérus, ils sont sous – séreux ; localisés sous muqueuse utérine ; ils sont dits sous – muqueux.

La cause des fibromes demeure inconnue. Leur apparition est probablement le résultat d’un ensemble de facteurs génétiques (les femmes de race noire sont plus exposées), hormonaux et environnementaux. En effet, un taux élevé d’œstrogène dans le corps pourrait accélérer la croissance des fibromes qualifiés de ce fait d’« hormonodépendants ».

Avec la ménopause et la fin des règles, les fibromes régressent progressivement, en raison du déclin de la production d’œstrogène. Par ailleurs, la survenue d’une ou plusieurs grossesses diminue le risque de fibromes. Les kystes de l’ovaire sont, par contre, des poches contenant des liquides, de nature différente, localisés sur les ovaires. Ils sont dits organiques du fait de leurs caractéristiques histologiques (examen des tissus) en ce qui concerne le contenu et la paroi.

Un kyste est dit fonctionnel quand il résulte d’une anomalie observée au cours du fonctionnement ovarien. Quand l’ovulation ne se produit pas et que l’un des follicules en croissance continue son évolution (jusqu’à atteindre 5 à 8 cm de diamètre), on a un kyste folliculaire à contenu séreux. Il est lutéinique lorsqu’il résulte d’une anomalie de la formation du corps jaune.

A combien estime – t – on, de nos jours, le nombre de femmes atteintes par ces maux ?
La fréquence des fibromes est mal connue car beaucoup de fibromes sont latents. Néanmoins, on estime que 20 à 40% des femmes caucasiennes en portent. Plus abondants chez les femmes noires, les saignements touchent au moins 50% de femmes afro- américaines. Leurs manifestations cliniques représentent environ 10% des consultations gynécologiques. Au moment de la découverte, l’âge varie entre 35 et 50 ans, même s’ils s’observent à un âge plus jeune dans la race noire.

La fréquence des kystes est très élevée. On peut compter vingt (20) kystes pour une tumeur maligne. Ils s’observent à tout âge, avec des variations suivant le type. Les kystes sont rares après 50 à 60 ans. Les facteurs les favorisant sont mal connus.

Quel rapport existe-t-il entre les fibromes de l’utérus et les kystes ?
Les fibromyomes se localisent sur l’utérus et les kystes sur les ovaires. Bien que ces deux pathologies se retrouvent sur l’appareil génital féminin, il n’existe aucun lien de causalité entre elles.

A quelle occasion la malade se rend-elle compte de la présence de ces corps étrangers dans son organisme ?
Les circonstances de découverte sont variables. En fonction de leur taille, de leur nombre et de leur localisation, les fibromes peuvent entraîner des règles hémorragiques prolongées et très abondantes, entraînant des anémies. Des sensations de lourdeurs voire de douleurs dans le bas – ventre (pelvis) et lors des rapports sexuels. Une pression sur la vessie ou sur les intestins entraînant soit un besoin constant d’uriner, une constipation et des ballonnements, soit une augmentation anormale de l’abdomen.

Les symptômes les plus fréquents pour la découverte des kystes, restent une sensation de pesanteur du pelvis, des anomalies des menstruations (règles), une stérilité.

Dans les deux cas, la découverte peut – être fortuite lors d’un examen gynécologique.

Comment peut–on les diagnostiquer ?
Le diagnostic s’effectue habituellement lors d’un examen gynécologique. Votre médecin réalisera un examen pelvien pour déterminer si le volume de votre utérus est supérieur à la normale, pour un fibrome ; ou s’il existe une masse latérale à l’utérus pour un kyste. Il confirmera la présence de l’un ou l’autre de ces maux grâce à une échographie abdomino–pelvienne. Cet examen lui permettra de bien identifier le mal et de mieux apprécier les dimensions et la forme afin d’éliminer les autres hypothèses diagnostiques.

Certains fibromes développés à l’intérieur de la cavité utérine (fibromes endocavitaires) peuvent être explorés par hystéroscopie (introduction d’un petit endoscope par le col de l’utérus).

Peut–on traiter ces maladies ?
On peut bien sûr traiter ces maux, de plus en plus fréquents, qui sont beaucoup plus gênants qu’inquiétants. Les procédures allant du traitement hormonal à l’intervention chirurgicale sont disponibles. Un fibrome qui ne donne aucune manifestation clinique et qui ne risque pas de complications ne nécessite aucun traitement. Votre médecin en assurera seulement une surveillance régulière par l’examen clinique et l’échographie.

Doit-on s’attendre à des conséquences quand on ne les traite pas tôt ?
Les conséquences sont diverses. Même si la majorité de ces pathologies ne présente pas de symptômes (les fibromes surtout), des complications surviennent :

- la nécrobiose aseptique qui se traduit par une douleur subaiguë ou aiguë, une fièvre, une altération de l’état général ;
- la torsion d’un fibrome (elle peut se produire lorsque le fibrome est pédiculé), elle se traduit par des douleurs aiguës survenant par crises, puis vite permanentes, avec troubles digestifs, nausées, vomissements, ballonnement abdominal ;
- les fausses couches à répétition ou accouchements prématurés, positions anormales du fœtus dans l’utérus, hémorragie, stérilité, etc.

Les fibromes peuvent entraîner, très rarement, des compressions des organes de voisinage, en l’occurrence l’uretère (dilation urétérale, retentissement sur le rein en amont).

« Le fibrome est un champignon qui pousse sur l’utérus, la médecine moderne ne peut le traiter entièrement, seuls les tradithérapeutes en sont capables », pense le commun des mortels togolais. Quel est votre avis autour de cette assertion?
C’est une affirmation gratuite et non fondée. Les kystes comme les fibromes sont complètement traités par la médecine moderne. On constate malheureusement que ces idées préconçues poussent les malades à s’orienter vers les tradithérapeutes entraînant ainsi des complications : l’atrésie (fermeture ou rétrécissement) du col, voire de tout le vagin par introduction des ovules artisanales à effets corrosifs dans l’organe féminin ; l’hémorragie par érosion de la paroi vaginale par des produits corrosifs. La meilleure chose à faire dans ces cas, c’est de consulter un médecin gynécologue obstétricien, personne bien au fait de l’anatomie et de la pathologie de l’utérus, le seul habileté à mieux vous conseiller.

A quel traitement est soumise une femme qui souffre de l’un ou l’autre de ces maux ?
Il faudrait une abstention thérapeutique avec surveillance. A proprement parler, il n’existe pas de traitement médical des fibromes. Les dérivés de la progestérone peuvent avoir une action sur les manifestations du fibrome en réduisant l’abondance des saignements ; mais ces médicaments n’ont pas d’effets sur son volume ou son évolution.

A quel moment une intervention chirurgicale s’avère-t – elle indispensable ?
Une intervention chirurgicale s’impose en cas de complications, d’augmentation (rapide) de volume, de saignements importants et rebelles ou si le traitement médical demeure inefficace. On opère aussi les gros fibromes et ceux dont le siège expose à des complications : fibromes sous muqueux exposant à des saignements, fibromes pédiculés (risque de torsion), fibromes risquant de comprimer un uretère et de provoquer des troubles chez la femme en âge de procréer.

Une même personne peut – elle souffrir des deux maladies à la fois ? Peut – on alors la traiter ?
Une même personne peut être porteuse d’un utérus fibromateux et en même temps d’un kyste de l’ovaire. Selon la localisation du myome et le type de kyste ovarien, le traitement peut être dans les deux cas, soit médical, soit chirurgical.

« Une femme qui porte un fibrome ne peut plus concevoir un enfant » ; une autre affirmation de l’homme de la rue, se fondant sur le fait selon lequels « le fibrome est enlevé avec l’utérus… ». Qu’en pensez – vous ?
Une femme qui porte un fibrome peut concevoir sauf si sses fibromyomes se situent au niveau des cornes utérines et compriment les deux trompes, empêchant leur perméabilité ; ils jouent par exemple le rôle de corps étranger qui gêne la survie d’une grossesse, entraînant parfois des avortements à répétition. Mais, grâce au traitement chirurgical, on peut procéder à une myomectomie (ablation des fibromes) laissant intact l’utérus. La femme peut donc porter une grossesse et la mener à terme. La majorité des fibromes se développent dans la paroi musculaire ou vers l’extérieur de l’utérus, et ne gênent en rien le développement normal d’une grossesse. Dans certains cas, la déformation de la cavité utérine due au fibrome peut être responsable d’implantation anormale du placenta. Ceci justifie une surveillance accrue ou les anomalies de position de l’enfant au moment de l’accouchement.

Cependant, si l’utérus porte plusieurs noyaux fibromateux et si l’ablation ne laisse plus de muscle utérin suffisant pour reconstituer l’anatomie réelle de l’utérus, on procède à une hystérectomie (ablation de l’utérus), si la femme ne désire plus concevoir ou si elle est ménopausée.

Dans tous les cas, il y a espoir avec le progrès de la médecine. La preuve, une nouvelle technique est née en France : l’embolisation des fibromes utérins. Cette dernière permet de neutraliser les fibromyomes en laissant intact l’utérus. L’embolisation peut donc constituer un recours chez les femmes (porteuses de fibromes) souhaitant préserver leur fertilité et envisager une grossesse.

Cette technique médicale n’est pas encore praticable au Togo, faute de disposer d’un plateau technique moderne.

La contraception orale ou le traitement hormonal substitutif de la ménopause sont – ils déconseillés lors de la survenue de ces maux ?
On ne peut pas déconseiller d’emblée ces traitements. Les œstrogènes favorisent, certes, le développement des fibromes, mais il n’a pas encore été observé que la prise d’une contraception orale ait d’influence sur l’évolution d’un fibrome. C’est identique pour le traitement hormonal substitutif de la ménopause. Il faut tenir compte du type de kyste ou de la localisation du fibromyome.

Quels conseils pouvez – vous donner aux lecteurs en général, et aux « porteuses » de fibromes et kystes particulièrement ?
La cause des fibromes reste assez mal connue. Néanmoins, on sait que les œstrogènes contribuent à leur croissance. Et si le gras corporel est producteur de ces hormones, les femmes physiquement actives seraient moins sujettes que celles obèses. Maintenir un poids normal et/ou faire des exercices physiques pourraient assurer une certaine protection.

J’exhorte les femmes porteuses de fibromes ou de kystes à se faire suivre par un gynécologue, la seule personne capable de les conseiller. Elles peuvent guérir de ces maux, la médecine moderne disposant d’atouts à même de les y aider. Je leur déconseille vivement la prise de toutes infusions venant des tradithérapeutes ou non. Ces breuvages peuvent causer des dommages aux reins ou au foie, entraînant des pathologies graves voire mortelles. Ceci dit, je n’ai rien contre les tradithérapeutes. Au contraire, je salue le travail de ceux qui maîtrisent leur métier. Mais, dans ce cas précis (fibromyomes et kystes), allez consulter votre gynécologue et laissez le vous soigner, car diagnostiqués très tôt, le traitement de ces maux est beaucoup plus efficace.

Embolisation des fibromes utérins en bref
Elle a été mise au point en 1995, par les équipes de gynécologie (Pr Jacques-Henri Ravia) et de radiologie (Pr Jean-Jacques Merland), à l’hôpital Lariboisière de Paris (France). L’embolisation consiste à assécher le fibrome en bouchant les vaisseaux qui le nourrissent. On observe une amélioration significative ou totale des douleurs et d’autres symptômes chez 94% des femmes ayant suivi ce traitement. Quatre (04) jours après l’intervention, 80% d’entre elles reprennent leurs activités courantes. En plus de conserver l’utérus et de préserver la fertilité, ce traitement s’avère moins pénible que l’intervention chirurgicale classique (ouverture de l’abdomen) qui nécessite une convalescence d’au moins six (06) semaines.  Néanmoins, les fibromes volumineux, pédiculeux ou trop nombreux ne relèvent pas de l’embolisation.

Cette intervention nécessite les compétences d’un médecin gynécologue obstétricien (bien au fait de l’anatomie et de la pathologie de l’utérus) et d’un radiologue vasculaire interventionnel (spécialement entraîné à la navigation dans les vaisseaux et aux traitements par voie radiologique).

Par ailleurs, le coût du traitement est de 3000 euros environ 1.967.871 fcfa pour l’ensemble des examens, c’est-à-dire frais de laboratoires, frais de médicaments et des trois (03) jours d’hospitalisation.
Propos recueillis par Charlotte Daklou
Dr Joseph Adom


Faire ressortir la tradition dans l’habillement des togolais : Le port du pagne toujours polysémique à Lomé

La grande attention qu’accordent les Africains aux tissus imprimés est l’une de leurs principales caractéristiques vestimentaires. Cela va sans dire que le Togolais est aussi un mordu du tissu imprimé. Il l’exprime dans ses habillements, dans ses traditions, bref dans sa vie quotidienne. Le pagne Nana-Benz lancé fin juillet 2007 par une société éponyme, vient à point nommé dans cet enthousiasme et cette «dévotion» des Togolais envers le pagne en général, avec en toile de fond la volonté d’afficher des Nana-Benz locales de relancer leurs «machines» textiles.

Le pagne, pour les Togolais d’aujourd’hui, est l’expression de la reconnaissance de son identité culturelle, de ses origines et des valeurs de la région géographique dont on est issu. Le Togolais conçoit donc le pagne comme un signe de pureté, de grandeur et de prestige. En déclarant que « les filles d’aujourd’hui ont perdu les notions autour de la valeur que peut avoir une femme car elles ne disposent même pas d’une pièce de pagne dans leur garde-robes ; par conséquent, elles ne savent pas nouer un pagne autour des reins comme le font leurs aînées dans les sociétés africaines  », Attisso Mèmè revendeuse de pagne au Grand marché de Lomé, met en exergue la valeur intrinsèque et extrinsèque du pagne. « Avez-vous déjà vu au Togo une dot qui ne soit composée de pagnes ? Toute dot comporte et doit comporter des pagnes de différentes qualité et gamme, sans quoi, elle sera incomplète », ajoute-t-elle.

En d’autres termes, les Togolais voient en le pagne une originalité et une expression de leur fidélité à la « mère » Afrique. Drapé dans un boubou communément appelé au Togo « trois pièces », Carlos Amindih, homme d’affaires togolais rencontré au grand marché de Lomé, confie : « Je ne réside pas au Togo, mais chaque fois que j’y mets pied, je me plais à m’habiller en tissu-pagne car cela me permet de me sentir proche de mes origines ». Cette conception positive du pagne est confirmée par ailleurs par la présence sur le marché togolais de pagnes de différentes gammes : « woodin, aura, gtp, hitarget, sosso, sun hai etc. »

Chaque pagne véhicule un message qui n’est perceptible que par les adeptes du tissu imprimé. Chaque forme de dessin, chaque tracé et chaque couleur sont expressifs aux yeux des adeptes de l’art vestimentaire africain. De ce fait, les Togolais ont nommé la plupart des pagnes qui inondent le marché du textile local tout en connectant chacun d’eux à des évènements précis. « Le pagne parle », nous explique Maman Tino, sexagénaire, ex-vendeuse de textile assise aux côtés de sa fille, au Grand marché d’Adawlato. « On ne va pas n’importe où avec n’importe quel pagne. Il y a des pagnes qui insultent, des pagnes qui sont des signes de jalousie, des pagnes qui expriment le défi pour une rivale et même ceux qui vantent le mérite de l’amour », souligne-t-elle. Pour assister à certains évènements (mariages, funérailles, cérémonie de fin d’apprentissage, sortie de deuil etc.), les Togolais, surtout les femmes, ont l’habitude de s’habiller en tissu-pagne ; les esprits avisés adaptent même ce textile à l’évènement auquel ils sont appelés à prendre part. C’est ainsi que, pour signifier lors des funérailles que le défunt « n’est pas mort d’une mort ordinaire », «la famille éplorée se met dans un pagne de couleur sombre comportant surtout un dessin où l’on peut distinguer des figures regroupées par groupe de trois. Ces groupes de  trois objets veulent dire que trois personnes ne peuvent être amies ; il y aura complot entre deux contre le troisième », fait remarquer une grand-mère éwé  résidant à Adidogomé.

Le pagne baptisé Nana-Benz n’est pas épargné par cette « socialisation » du textile au Togo. Malgré le fait que les dessinateurs de pagne consacrent de nos jours plus d’attention  à la beauté du textile qu’à la transmission de messages à travers le tissu imprimé, le tissu Nana Benz n’échappe pas à la  « socialisation » du tissu imprimé, évoquée plus haut. Il est vrai que le pagne ne « parle » plus aujourd’hui, mais cela n’affecte en rien la place qu’il occupe dans le cœur des Togolais. Vendus à 5.000 FCFA la demi-pièce dans un pays où le taux de pauvreté est estimé à 62% de la population, ces pagnes Nana-Benz gagnent le cœur des Togolais, riches ou pauvres. La vente du pagne Nana Benz constitue sous un autre  angle, le signe de la « renaissance » du commerce textile au Togo. « C’est une bonne chose de redonner un coup de fouet à la vente d’un pagne de ce nom. L’image des Nana-Benz togolaises était en voie de disparition ; alors, cette initiative vient lui redonner vie », apprécie Tata Adoudé, revendeuse de pagnes au Grand marché de Lomé. Par le truchement de son nom qui fait nécessairement penser au Togo, il constitue un porte-flambeau du pays de Bella Bellow sur le marché régional, africain voire international du textile. « Je n’ai pas les moyens de me payer un pagne Nana-Benz, mais le simple fait qu’un tel pagne existe est une source de fierté pour moi en tant que Togolais », confie un client du marché sus-cité. Le pagne Nana Benz se présente alors comme un autre épisode de l’ère Nana-Benz, une glorieuse ère qu’il convient de rappeler.

Quand  les Nana Benz épataient le monde

Les Nanas-Benz ont fait, au moyen du commerce de tissus, les beaux jours de l’économie togolaise dans les années 70 et 80. Femmes rondes assises devant leurs étals de tissus hollandais, tenant à portée d’elles des corbeilles remplies de billets de Fcfa et circulant dans des Mercedes-Benz. Telles sont les caractéristiques qui étaient associées aux Nanas-Benz du marché de Lomé. Célèbres revendeuses de tissus imprimés, elles ont fait de Lomé la capitale du tissu-pagne. Elles ont réussi de la sorte à inscrire leur nom dans l’histoire commerciale du Togo. S’étant enrichies par le biais de ce commerce entre1960 et 1980, elles doivent leur surnom aux grosses cylindrées et marques allemandes « Mercedes Benz » qu’elles ont été les premières à introduire au Togo. Patience Sanvi fut la toute première commerçante de pagne à acheter une « Mercedes Benz » au Togo. Elle en possédait deux et les prêtait à l’Etat togolais lors des visites officielles. Elles représentaient le poumon de l’économie nationale. Sur la côte ouest-africaine, elles sont ainsi devenues les principales distributrices de tissus-pagnes. Leur marché s’étendait dans d’autres pays enclavés tels que le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad, le Nigéria. Elles ont également atteint la Côte d’Ivoire. Le Togo était alors appelé la « Suisse de l’Afrique ». Entre 1976 et 1984, 40% des affaires commerciales du Togo se déroulant dans le secteur informel se trouvaient entre les mains des Nanas-Benz.

Le déclin des Nana Benz du Togo

A l’origine de ce déclin, on peut citer les différentes récessions économiques, la dévaluation du Fcfa et surtout la découverte par les femmes des autres pays africains des secrets des Nana-Benz qui se ravitaillaient aux Pays-Bas. Ces Ouest-africaines ne vont plus s’approvisionner au Togo, mais directement aux Pays-Bas, principal pays fabricant des pagnes de qualité supérieure, sans oublier le continent asiatique, l’Indonésie et l’Inde. La grande entreprise des Nana-Benz du Togo connaîtra ainsi au début des années 90 des hauts et des bas. Ces Togolaises consacreront dès lors tous leurs efforts à la recherche de stratégies efficaces pour retrouver leur place au seuil du marché du textile dans la sous région et dans l’Afrique.

L’avènement du « nouveau » modèle du pagne Nana-Benz en 2007 s’avère ainsi un grand pas dans cette lutte que mènent les Nana-Benz du Togo dont la relève est aujourd’hui assurée par une « équipe » plus jeune et plus instruite appelée « néo Nana-Benz » et constituée en majorité des enfants des Nana-Benz des années 60 et 80.

Komlanvi APevinyekou


1ère  édition du forum national des paysans du Togo : Vers une véritable relance du secteur agricole au Togo?

Du 12 au 14 février dernier à Kara (près de 500 km au Nord de Lomé), 800 paysans venus de tous les coins du Togo se sont frotté les cervelles; ils ont aussi échangé avec le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, le tout  dans le cadre de la première édition du  Forum national des paysans du Togo. Au cours de ces discussions, les agriculteurs, pour la relance de leur secteur et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ont soumis plusieurs doléances au numéro 1 togolais qui s’est engagé à mettre tout en œuvre pour la redynamisation du secteur agricole du pays. Toutefois, dans un pays où beaucoup ont  été habitués aux promesses non tenues et où les agriculteurs ont  été laissés pendant plusieurs années à leur propre sort, l’on est en droit de prendre les promesses présidentielles avec des pincettes.

La première édition du Forum national des paysans du Togo a pris fin samedi dernier avec une note d’optimisme remarquable chez les agriculteurs  togolais. En effet, après des discussions dites « franches et directes » avec  Faure Gnassingbé, ils ont reçu de la part de ce dernier des promesses qui à priori, peuvent les pousser à envisager le futur avec plus d’optimisme. « Aujourd’hui, ce dont nous sommes convaincus, c’est que c’est avec vous que nous allons pouvoir réussir à relancer notre agriculture », a déclaré le président Gnassingbé à l’endroit des paysans. Par la même occasion, le chef de l’Etat a réaffirmé son intention de les accompagner afin que la campagne agricole 2008-2009  soit meilleure. « Il est de notre devoir de vous accompagner, de vous écouter et de vous dire ce que nous avons l’intention de faire », a-t-il fait comprendre à ses interlocuteurs à qui il a également rendu hommage pour avoir donné le meilleur d’eux-mêmes  durant ces dernières années pour sauver le pays.  « Grâce à votre travail, à vos efforts malgré l’affaiblissement continu des capacités d’intervention de l’Etat, vous vous êtes pris en charge et vous avez donné le meilleur de vous -mêmes pour éviter au pays, l’une des pires calamités : la famine », a souligné le « fils de la Nation ». Faure Gnassingbé a rassuré les paysans sur la mise à leur disposition de manière (pour cette fois-ci) ordonnée et efficace des engrais, une des principales préoccupations des paysans du Togo qui ont toujours, par le passé, dénoncé le détournement des intrants agricoles qui leur sont destinés. Tout compte fait, le forum a été une réussite, note-t-on du côté du gouvernement.

La rencontre de Kara, il faut le rappeler, n’est que l’une des diverses initiatives prises par le gouvernement togolais en faveur du monde agricole. Bien avant cet événement, le gouvernement a multiplié des gestes prouvant son intérêt pour la relance de l’agriculture togolaise.  Déjà en décembre dernier, les députés avaient adopté le projet de loi des finances rectificatif, gestion 2008. Les ressources additionnelles prises en compte par cette loi ont été prioritairement affectées à trois secteurs dont l’agriculture. Cette somme  additionnelle a en effet servi à mettre de l’engrais « en quantité suffisante » à la disposition des paysans.

Le vendredi 30 janvier 2009, le Togo avait organisé une journée de concertation avec ses partenaires au développement à  Kara. Cette   rencontre, qui avait pour finalité de trouver ensemble avec les bailleurs de fonds, les moyens nécessaires pour mettre en exécution le programme d’urgence adopté pour l’agriculture, a permis au Togo de recevoir  de la part  de  ses partenaires une promesse de plus de 32 milliards de FCFA.   

Bien avant l’organisation de ces assises avec ses partenaires, les autorités togolaises ont déclenché, toujours dans le courant du mois de janvier, une vaste campagne visant à relancer la filière Café/Cacao (vu que les productions de ce secteur ont considérablement chuté ces dernières années). Cette campagne a permis à une unité technique (mise sur pied par l’Etat) de parcourir certaines localités du pays pour sensibiliser les producteurs de ces produits d’exportation et les inciter à concevoir leurs activités sous un autre jour. 


Relance du secteur  agricole : véritable volonté gouvernementale ou stratégie électorale ?

« Aux grands maux, les grands remèdes », dit-on souvent. Seulement, d’après certains spécialistes du domaine agricole, les autorités togolaises accordent peu d’importance  à cet adage, étant donné que le plus clair du temps, ils n’apportent pas aux majeurs problèmes du pays, de réelles solutions à même de les reléguer dans les oubliettes. Ces spécialistes avancent pour preuve le fait que bien que décidé à relancer le secteur agricole togolais pour faire de la campagne 2008-2009 une réussite, le gouvernement ne prend pas les mesures y afférentes.

D’après le Professeur Kako Nubukpo, enseignant-chercheur en Economie à l’Université de Lomé, seulement 5%  du budget 2009 du Togo (soit environ 17 milliards de FCFA)  ont été consacrés au secteur agricole. Or, poursuit-il, ce secteur occupe plus de 70% de la population active locale, représente près de 20% des exportations du Togo et contribue pour environ 40% à la formation du PIB (Produit Intérieur Brut). De l’avis d’autres spécialistes agricoles, ce secteur a besoin d’au moins 60 milliards pour connaître non une amélioration complète, mais une amélioration acceptable. « Entre 17 milliards de FCFA et 60 milliards de FCFA, le fossé est étendu », donnent-ils à voir.

Au cours d’un sommet de l’UA (Union Africaine) tenu en 2001 à Maputo (en Mozambique), les chefs d’Etat et de gouvernement avaient convenu que chaque pays membre de l’Union mette tout en œuvre pour consacrer au moins 10% de son budget à l’Agriculture, afin de la développer pour éviter les risques de famine sur le continent. Mais jusque-là, « aucun effort n’a été fait par le Togo pour atteindre le seuil fixée par l’organisation panafricaine, contrairement à certains pays africains qui ont compris l’importance de ce secteur et qui y  consacrent une part importante de leur budget », estime un économiste.

Sous un autre angle, la première édition du Forum national des paysans du Togo est perçue par certains analystes comme un folklore à but électoraliste organisé par Faure Gnassingbé et les siens. Ces analystes soutiennent leur point de vue par les informations selon lesquelles les agriculteurs qui ont participé à la rencontre de Kara auraient reçu au préalable des questions préparées qu’ils devraient poser au président de la République ainsi que les doléances qu’ils auront à lui   adresser. Si cette information s’avérait vraie, elle sera perçue comme une volonté du gouvernement d’éviter au chef de l’Etat de toucher directement du doigt  les réalités que vivent les paysans. Alors que le Forum se voulait une  tribune d’échanges directs et francs entre les autorités et le monde agricole. Tout compte fait, certains observateurs en concluent que « ce Forum n’est qu’une rencontre de plus et que rien n’en sortira de concret, si ce n’est des promesses qui  soit ne seront pas tenues, soit tenues à moitié ».

Vu sous un autre angle, certains Togolais s’interrogent sur le moment choisi par le gouvernement pour organiser cette rencontre avec les paysans. D’après eux, si Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, a attendu 2009 (veille de l’élection présidentielle) pour organiser ce Forum alors que le Burkina Faso voisin en est à sa 14ème édition cette année, il y a lieu de s’interroger sur ses réelles intentions. Et à certains d’affirmer que « ces manœuvres du gouvernement ne relèvent que d’une stratégie électorale visant à faire croire aux populations en 2010 que le régime de Faure Gnassingbé a abattu de grands travaux pendant  son premier mandat à la tête du Togo ».

Relancer le secteur agricole local pour de bon

L’agriculture joue au Togo un rôle économique et social de premier plan et se hisse au premier rang des sources de croissance du pays. Comme mentionné plus haut, il occupe plus de 70% de la population active. Toutefois, ce secteur est l’un des plus négligés du pays. Cette situation, essaie-t-on souvent de démontrer du côté du gouvernement, s’explique par près de quinze ans de suspension de la coopération internationale qui a privé le Togo de la quasi-totalité des ressources destinées au développement. De ce fait, dans plusieurs contrées, les cultivateurs en sont toujours aux outils rudimentaires (houes, coupe-coupe, daba, pour ne citer que ceux-là) et leurs surfaces cultivables très réduites. « Rien n’est fait pour améliorer leurs conditions de travail et leur permettre de vivre de leurs efforts » souligne un fils de paysan aujourd’hui cadre de l’administration. Le chef de l’Etat  ne l’a-t-il pas implicitement reconnu samedi dernier lorsqu’il disait aux paysans à Kara que « malgré l’affaiblissement continu des capacités d’intervention de l’Etat », ils se sont pris en charge pour éviter au Togo la famine ?

Le sort des cultures de rente destinées à l’exportation n’est guère meilleur. Le long de la route de Kpalimé par exemple, on peut trouver des champs de café gagnés par la brousse, faute d’entretien. Idem pour les plantations de cacao de certaines localités dans la préfecture d’Amou qui ont vu leurs productions chuter considérablement, pendant des années, par manque de moyens envoyant les cacaoculteurs au chômage. Face à cette situation « calamiteuse » dans laquelle se trouve le secteur agricole, le gouvernement se doit de réagir. Et ce ne sont pas des propositions qui manquent.

D’après Koffi Sodokin, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé, l’amélioration de la productivité du travail dans le secteur agricole doit passer non seulement par l’utilisation de produits fertilisants (engrais), mais également par une meilleure formation des agriculteurs, par la mécanisation ainsi que l’amélioration de l’irrigation. Selon M. Sodokin, l’action du gouvernement ne peut concourir à des  résultats positifs qu’à condition qu’il y ait un appui régulier aux agriculteurs, étant donné que leur secteur reste encore très fragile et  nécessite des moyens financiers importants qu’ils ne peuvent mobiliser tous seuls. Aussi, M. Sodokin propose-t-il au gouvernement  d’essayer de mettre en place « une politique agricole volontariste » afin d’éviter dans l’avenir des  crises alimentaires à l’instar de celle connue l’année dernière. En somme, cet enseignant-chercheur estime que le secteur agricole doit être favorisé car il constitue le domaine qui emploi un grand nombre de la population. « En favorisant le développement de ce secteur, on diminue le risque d’augmentation du chômage et par là même, on diminue le risque de marginaliser une partie de la population », a estimé Koffi Sodokin.

Rodolph Tomegah

Golfe Info N° 505 du vendredi 20 février 2009
Création de la commission «vérité-justice et réconciliation» : A la quête d’une personnalité sans coloration politique

L’un des décrets pris en conseil des ministres ce mercredi porte sur la création de la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation ». A ce sujet, les différentes obédiences religieuses du Togo, au cours de leur entrevue avec le chef de l’Etat le10 février dernier, ont vivement souhaité voir l’un des leurs à la tête de cette commission. Présent à cette rencontre, le ministre des Droits de l’Homme et de la consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique, a pour sa part pensé à une personnalité pas nécessairement religieuse, mais imbue des idéaux religieux, connaissant les réalités du pays, et aussi doté d’une grande culture et d’une probité intellectuelle et morale irréprochables.

« Le projet de décret porte création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Il est relatif aux mesures de mise en œuvre des conclusions et recommandations du rapport des consultations nationales sur le processus Vérité, Justice et Réconciliation et  s’inscrit dans la réalisation des points 2.2.2 et 2.4 de l’APG (Accord Politique Global) et constitue l’une des priorités du gouvernement dans l’amélioration de la gouvernance politique et de l’apaisement social ». C’est ce qui ressort du communiqué ayant sanctionné le Conseil des ministres de ce mercredi 18 février 2009. Ce projet de décret relance donc la polémique autour du profil de la personne qui sera chargée de présider cette Commission. Au sein de l’opinion nationale, les avis divergent sur le choix d’un religieux à la tête de cette instance. Les Togolais qui attendent beaucoup de cette commission semblent embarrassés par la question. Pour certains, le gouvernement peut, pour de bon, s’attaquer à la question de la réconciliation et la régler . Il s’agit alors, selon ceux-ci, d’accorder à cette Commission qui va bientôt naître une véritable liberté d’action et une entière autonomie.

L’inquiétude soulevée par ces analystes provient du fait que de pareilles initiatives ont été entreprises dans un passé récent du pays, notamment la Commission pour la réhabilitation de l’histoire du Togo et la commission Koffigoh.

De la neutralité politique des religieux

L’histoire de la démocratie au Togo ne peut se passer des communautés religieuses du pays. Elles ont toujours apporté leur pierre à l’édifice national à travers leurs appels au pacifisme et la sensibilisation des leaders politiques sur les valeurs humaines. Ce qui fait dire à nombre de Togolais qu’elles ne sont «d’aucuns bords politiques» sinon pour la vérité et la justice. «  Elles ne sont d’aucuns bords politiques si ce n’est celui de la « Vérité » et de la  Justice » a affirmé un catholique rencontré au Grand Séminaire de Lomé . Et parler de leur neutralité, c’est faire référence à leurs actions qu’elles ont posé vis-à-vis des crises politiques qui ont marqué le Togo.

Ces Togolais évoquent pour preuve, les nombreuses prises de position de ces religieux dans l’intérêt des populations et surtout, le rôle joué par Mgr Philippe F. Kpodzro, archevêque émérite de Lomé, à la Conférence nationale souveraine et dans le HCR (Haut Conseil de la République).

Les différentes obédiences religieuses du Togo, estiment d’autres analystes, posent des actes qui vont dans le sens  de la réconciliation entre les fils et filles du Togo par leurs enseignements et leurs prêches. Le peuple togolais dans son ensemble a été témoin de ces messages d’espoir en faveur d’un Togo apaisé et serein lors de la présentation des vœux des religieux au chef de l’Etat en début d’année.

Cependant, ces religieux ne sont pas toujours « blancs » aux yeux de certains de leurs compatriotes qui ne souhaitent pas les voir à la tête de cette instance.

L’habit ne fait pas le moine

Interrogé sur une radio de la place, Bertin Atchou, fonctionnaire onusien, s’est montré frileux par rapport à la nomination d’un religieux à la tête de la commission sus-évoquée. D’après lui, l’expérience de Mgr Kpodzro dans les années 90 montre à suffisance que si un religieux n’est pas suffisamment imprégné des réalités politiques du pays, il ne saura valablement jouer ce rôle. Ainsi, d’après certains observateurs, vu les expériences antérieures, un homme de la société civile, ferait mieux l’affaire, même si ces organisations manquent elles aussi du crédit aux yeux du peuple. Certains togolais estiment que les confessions religieuses au Togo ne font pas la tâche qui leur est dévolue. Elles seraient plutôt un canal d’étouffement de la contestation politique. Les confessions religieuses ne dénoncent donc pas assez les travers du pouvoir en place. « N’a-t-on donc pas vu dans ce pays des chefs religieux donnant des consignes de vote ? Combien de fois n’a-t-on pas remarqué ces mêmes religieux, aux côtés des bourreaux des populations locales faisant la courbette, prôner la réconciliation ? », déclare Jean-Baptiste, professeur de Droit à l’Université de Lomé. Ces inquiétudes replacent le débat sur le point relatif à la neutralité et surtout sur l’impartialité de l’oiseau rare recherché.

Une analyse de la situation politique togolaise révèle, d’après ces observateurs qu’aussi bien dans les confessions religieuses que dans les OSC (Organisations de la société civile) il existe des divisions partisanes. Aussi, distingue-t-on parfois des OSC proches du pouvoir ou de l’opposition et des religieux ou religieuses proches d’un bord ou de l’autre. Cependant, le critère religieux, l’ouverture culturelle, sociale et politique, la probité intellectuelle et morale  ne peuvent à eux seuls déterminer l’efficacité du travail qui sera fait. C’est en cela qu’au-delà de toutes ces considérations, il conviendrait de tenir compte des moyens financiers, humains et de l’autonomie dont disposera cette instance.  « Le Chef de l’Etat doit pouvoir trouver ce profil parmi les universitaires qui sont les mieux placés pour une telle affaire », souligne un togolais qui a requis l’anonymat.

En somme, les points de vue ne pourront jamais s’accorder sur cette question car, comme l’affirment les Togolais eux-mêmes, « il n’y a pas un seul neutre dans ce pays, tous ont une coloration politique ». La réconciliation appelle donc à un minimum de sacrifice de la part des uns et des autres pour une acceptation mutuelle. C’est l’unique assurance  d’une évidente réussite de la commission «Vérité, Justice et Réconciliation».

Joël Koudjodji


Elevage au Togo : La peste porcine africaine ressurgit

Le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a tenu dans ses locaux hier, une conférence de presse sur la Peste Porcine Africaine (PPA) qui réapparaît au Togo. Présidée par le directeur de cabinet dudit ministère, cette rencontre avait pour but d’ « informer le public sur la situation de la PPA découverte dans l’Est de la région des Plateaux et  des mesures prises pour la contrer».

 

Le 20 janvier 2009, le ministère de l’agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a été saisi de fortes mortalités de porcs dans la préfecture de Danyi. Au total, sept villages ont été touchés et le bilan est actuellement de 216 porcs morts  et 157 abattus, soit un total de 373 porcs décimés. Suite à des analyses, le ministère  confirme la présence effective de la peste porcine au Togo.  « Les origines du virus  ne sont pas encore connues mais nous y travaillons avec l’appui des experts de la FAO », a précisé le directeur de cabinet.

Pour circonscrire la maladie, des mesures bio sécuritaires avaient été prises à travers un communiqué du ministère précité en date du 26 janvier dernier et interdisant l’exportation des porcs de la zone touchée tout en appelant la population à la vigilance. Pour renforcer son action, le gouvernement togolais a adressé une requête à la FAO pour demander une assistance technique ; celle -ci  a répondu  favorablement en envoyant au Togo une mission d’intervention depuis le 11 février dernier. Cette mission aura pour principale  tâche d’assister le gouvernement togolais dans la situation « épidémiologique » de la PPA et de « fournir son assistance pour la prévention et le contrôle des foyers, sans oublier la communication sur les risques, en prenant en compte la situation épidémiologique nationale et sous-régionale », a précisé le directeur de cabinet de M. Ewovor. Elle assistera par ailleurs le gouvernement dans la recherche de financement auprès des bailleurs de fonds pour la surveillance et le contrôle de la même maladie, et élaborera un plan opérationnel pour le contrôle permanent de la PPA.

Pour l’heure, l’important selon ces experts est d’éviter que le virus ne se répande à partir de la zone infectée. Ainsi, « un plan d’action d’urgence pour la préfecture de Danyi » a été élaboré par la mission de la FAO financée par FAO/CMC. Ce plan, prévu sur une période de deux mois, consistera à recenser les porcheries et les porcs, désinfecter celles qui sont atteintes, sensibiliser et former les éleveurs, et enfin, mener une surveillance épidémiologique dans les zones limitrophes de la préfecture de Danyi, notamment les préfectures d’Amou, de Kloto et de Wawa. La mission prévoit également un plan national de contrôle de la PPA pour une période de six mois. « Ce plan est en cours d’élaboration », a précisé le directeur de cabinet de M. Ewovor. Une police sanitaire sera donc mise en place pour assurer la sensibilisation des populations et surveiller le confinement des porcs car selon  Dr Bebey, vétérinaire de la mission FAO,  « le contact entre les animaux en liberté transmettra la maladie aux autres zones ». Il explique par  ailleurs le retour de ce virus au Togo après environ 10 ans d’absence,  par le fait qu’  « il y a certains porcs qui, bien qu’étant atteints du virus, restent en bonne santé et survivent. Ces porcs appelés porteurs sains, se sont mélangés au cours du temps aux autres porcs, pour ensuite les contaminer ».

Le vétérinaire onusien attirera enfin l’attention de l’auditoire sur quelques signes distinctifs de la maladie. Un porc  atteint de la peste porcine africaine se reconnait par une forte fièvre (température allant jusqu’à 42°), une paralysie de pattes postérieures, l’apparition des boutons rouges sur son corps, des baves qui lui coulent de la bouche et une mort imminente après 24 ou 48 heures. 

          Le directeur de cabinet du ministère  de l’agriculture, de l’Elevage et de la pêche  a précisé que des cas de décès de porcs en masse ont également été signalés à Adétikopé, mais qu’aucune confirmation n’a été faite pour  le moment.  Il appelle donc toute la population togolaise à la vigilance et l’invite à signaler tout cas suspect.

Komlanvi APevinyekou


Prolifération des églises à Lomé : La gent féminine, l’abonnée principale

Le nombre de plus en plus élevé de femmes dans les églises est aujourd’hui très remarquable et n’épargne aucune confession religieuse à Lomé. Des nouvelles églises révélées à l’église catholique en passant par les églises charismatiques et protestantes, toutes fondent une véritable «  tribu » de femmes.

Selon un pasteur d’église des Assemblées  de Dieu, cette situation est due au fait que «les  femmes sont des créatures sensibles ; et par conséquent, répondent très vite à par l’appel divin et résistent moins à la conversion ». Ce qui fait penser tout de suite que c’est la foi en Dieu qui les anime qui est source de cette situation. Sans toutefois dire que la gent masculine est « sans foi », cet homme de Dieu fait comprendre qu’ils (les hommes) sont « plus réticents à suivre Dieu ». D’après ce pasteur, l’homme est par nature orgueilleux et refuse à priori, toute soumission. « Ce qui ne veut quand même pas dire qu’ils ne vont pas à l’église. Ils y vont, mais pas aussi fidèlement que les femmes », précisera t-il par la suite.

Par ailleurs, la femme est de par sa nature, une créature insatiable. Ainsi, s’accroche-t-elle à Dieu « à travers sa parole », pour trouver des solutions à ses problèmes, explique une fidèle adventiste. Contrairement à l’homme qui tente d’affronter tout seul ses problèmes, la femme est plus ouverte. Elle se soumet plus vite à une autorité et confie ses problèmes avec l’espoir de trouver une solution. Habituée à se plaindre de problèmes conjugaux, de stérilité, d’envoutement, de possession etc., elle fait aussi preuve d’un suivisme aveugle. En effet, les femmes vont dans telle ou telle église tout simplement parce qu’il s’est produit un « miracle » ou qu’une de leurs camarades aurait trouvée la solution à une de ses préoccupations. Elles sont constamment à la recherche  de ces « miracles », ce qui explique leur  nombre très élevé dans les églises charismatiques. Les adeptes de ces églises aujourd’hui (aussi bien homme que femme) auteurs d’une phase de vie pas très appréciable, se réfugient dans les églises à la recherche du pardon divin, d’une ou d’un partenaire  idéal pour vie de couple, et surtout de progéniture. Comme le témoigne une fidèle chrétienne (28 ans): « Je reconnais avoir mené une vie sale. J’ai avorté 2 fois et cela a agi sur mon mariage car, je ne pouvais  plus concevoir et mon mari a divorcé de moi. Une amie m’a parlé de son église et des miracles qui s’y produisent. Alors moi aussi je suis là pour que Dieu ait pitié de moi et me touche par le biais du pasteur ».

De nos jours, les femmes passent un temps relativement plus long à l’église que les hommes. Elles sont présentes à toutes les manifestations et assistent à tous les programmes, confie un diacre d’une église révélée. Entre deux dimanches, elles sont aux séances d’entraînement, aux répétitions de chorales, aux études bibliques et les « all night » appelé « zamétoto » les vendredis.

Il est donc clair qu’à cette table, les femmes enlèvent la première aux hommes. Une situation qui amène nombreux observateurs de la vie religieuse à se demander si la foi se justifie par la présence excessive à l’église.

Komlanvi Apevinyekou


Pour les amoureux : Une petite histoire sur la Saint Valentin

Le 14 février dernier, a été fêté aux quatre coins de la planète l’amour à travers la ST VALENTIN. Cette année, le même rituel a été observé au Togo comme ailleurs dans le monde. Des échanges de petits mots doux aux cadeaux-surprises en passant par des déclarations d’amour et des invitations, etc. tout était encore bon pour célébrer l’amour. Mais, s’est-on  jamais demandé qui est St Valentin ? Voici, l’historique de cette belle fête, une occasion aussi pour prôner le pardon, la réconciliation, la joie…

Historique de la Saint Valentin

L’origine de la fête de la Saint Valentin est assez mal connue. Il semblerait cependant qu’elle remonte à l’Antiquité ou au Moyen âge. La légende veut que St Valentin ait été un médecin romain avant de devenir un prêtre à Rome au temps de l’empereur Claude II le Gothique. Il était célèbre par sa haute science et ses oeuvres.

En 268, Rome était engagée dans des campagnes militaires sanglantes et impopulaires. L’empereur Claude II aurait constaté que les hommes mariés, étant très attachés à leurs femmes ou foyers, donnaient de piètres rendements à la bataille, ou refusaient de s’engager dans l’armée pour rejoindre ses légions. Il fit abolir alors le mariage. Néanmoins, de jeunes fiancés continuèrent de s’unir secrètement sous la bénédiction du Père Valentin qui fut arrêté et emprisonné.  Pendant sa captivité, Père Valentin se lia d’amitié avec une jeune aveugle appelée Julia, à qui il aurait redonné la vue et adressé une lettre avant d’être décapité. Cette lettre était signée par la formule « ton Valentin ». Julia était la fille du juge Astorius, geôlier du prélat précité. Astorius et sa famille devinrent des amis du prêtre. L’empereur mécontent donna l’ordre de décapiter Valentin ; ce fut un 14 février.

St Valentin était apprécié aussi bien par les chrétiens que par les païens ; il était l’ami de tous. L’histoire raconte que les enfants, les adolescents et les jeunes l’aimaient beaucoup. Pour le réconforter, tous ses amis, pendant sa détention, lui envoyaient des messages d’amour à travers les barreaux de sa cellule. C’est peut – être l’explication des petits mots doux, des fleurs et des cadeaux qu’on s’échange le 14 février !

Une autre origine de cette même fête remonte au Moyen -Age. A cette époque, une croyance se répandit en France et en Angleterre selon laquelle la saison des amours des oiseaux débutait le 14 février. Prenant exemple sur eux, les hommes trouvèrent ce jour propice à la déclaration d’amour. Depuis, tous les 14 février, chaque Valentin cherche sa Valentine pour mieux roucouler au printemps.

Ce n’est que plusieurs siècles après, en 1496, que St Valentin fut canonisé, devenant ainsi officiellement le « patron des amoureux » et est célébré dans le monde entier.

Une fête « adoptée » par les Togolais !

Comme chaque année, la St Valentin a été fêtée dans une ambiance bon enfant au Togo ; il suffisait de voir la frénésie avec laquelle s’est faite sa préparation pour s’en rendre compte.

Au Grand marché de Lomé, dans les marchés périphériques de la capitale togolaise (Lomé), dans les boutiques, magasins et dans chaque recoin de rue, les décorations et les étalages invitaient à des achats atypiques. Des commerçants proposaient différents gadgets, notamment des bouquets de fleurs (rouges vifs ou roses symboles de l’amour), des vêtements, des bijoux, etc. Dans les bars, restaurants, crèmeries, l’ambiance festive n’était pas du reste. En face du super marché Ramco (Ex Goyi Score), les fleuristes s’activaient puisque les commandes  «pleuvaient». « C’est l’une des rares occasions pour réaliser plus de bénéfices. Nous sommes certes sollicité quelque rares fois pour différents évènements comme les mariages, décès etc. Mais, la St Valentin nous oblige à satisfaire  davantage de commandes. C’est la bonne  «saison» pour nous autres fleuristes… », affirme José G.

La population togolaise semble avoir adopté cette fête des amoureux associée à l’amour romantique célébré dans l’Antiquité et beaucoup plus étroitement à l’échange de billets doux ou de marionnettes garnies de symboles tels qu’un cœur ou un cupidon ailé de nos jours.

L’innovation fut cette année l’élection de la « Miss St Valentin » à Dapaong (Nord-Togo). L’objectif assigné à ce concours de beauté fut de sensibiliser les jeunes sur les dangers liés à la contraction du VIH/SIDA.

La «fête des amoureux» sous d’autres cieux

Pour les Allemands, le 14 février représente le jour du destin et du malheur. L’iconographie classique montre le Saint avec une épée, un bâton ou un coq. Chez les Italiens par contre, on vend de petits pains appelés «Baci perugini» qui représentent une tradition amoureuse.  En Angleterre, les amoureux s’échangent des cœurs symboliques en carton et des fleurs.

Dans d’autres pays anglophones occidentaux, on tire une tombola tous les 14 février. Le gagnant est nommé «Miss Valentin» de l’année en cours et la gagnante la «Miss Valentine» de la même année.

En Chine et en Taïwan, depuis  1980, la St Valentin connaît une popularité importante, surtout chez les jeunes, popularité qui génère diverses activités commerciales. A part la St Valentin, en  Asie, il existe une fête traditionnelle des amoureux (le «Qi Qiao Jie») provenant d’une légende ancienne. Elle  est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire.

Au Japon, le «Qi Qiao Jie» est une obligation pour beaucoup de femmes, spécialement pour les employées de bureau, qui doivent offrir des chocolats (parfois très couteux) à tous leurs collègues masculins. Ces chocolats sont appelés giri choko, c’est-à-dire « chocolats d’obligation ». Le 14 mars est appelé «white day» (jour blanc), c’est un phénomène commercial créé au Japon et repris par la Corée du Sud, Taïwan et Hong Kong. À cette date, les hommes sont censés offrir un linge (ou d’autres cadeaux) blanc à celles qui leur ont offert des chocolats. La jeune fille peut exiger à cette occasion un cadeau dont la valeur est trois fois supérieure à la valeur des chocolats qu’elle a offerts un mois plus tôt.

La St Valentin s’est popularisée également en Algérie, en Inde, au Pakistan et jusqu’en Arabie Saoudite, provoquant l’hostilité de certains groupes opposés à cette influence occidentale.

Au Brésil, on ne parle pas de la St Valentin mais de dia dos namorados (jour des amoureux) fêté non pas le 14 février mais le 12 juin.

En Colombie, la St Valentin est célébrée le troisième samedi du mois de septembre. Elle s’appelle día del amor y amistad (jour de l’amour et de l’amitié).

Dire « Je t’aime » aux quatre coins du monde...

La Saint Valentin est la fête des amoureux du monde entier, car l’amour n’a pas de frontière! Les coutumes et les façons de dire «je t’aime» varient selon les pays. En France, par exemple, on dit « je t’aime » comme au Togo d’ailleurs. Mais savez-vous comment cela se dit ailleurs? Découvrons-le !

En Allemagne:   Ich liebe dich; en Angleterre : I love you. Dans les pays arabes : Ana behabik ; Au pays basque :  Nere maitea. En Bretagne : karout a ran ac’hanout. En Chine : Wo ai ni. Dans les Iles créoles : En ka emé ou. Au Danemark : Jeg elsker dig; en Espagne : Te quiero. En Grèce : S’agapo; en Italie : Ti amo. En Turquie : Seni seviyorum, etc.

La Saint Valentin et le VIH/SIDA

Les amoureux sont ceux qui se manifestent un amour réciproque. Si cet amour ne doit être qu’un feu de paille, il n’y a aucune raison de faire la fête le 14 février ! Mais si l’amour est sérieux, les deux devraient s’engager réciproquement. Cet engagement qui devrait motiver la fidélité réciproque, l’adoption d’un comportement sain.

Aussi, le sida ne sera-t-il plus un problème pour ces amoureux. Et vive l’amour !

Si un garçon et une fille veulent pouvoir réellement, un jour, fêter la St Valentin dans de bonnes conditions, ils doivent s’y préparer. Comme le dit une publicité anti-sida, « le vrai homme sait attendre, la vraie femme sait attendre ». Attendre ne suffit pas, il faut se préparer à vivre cet amour. Faire des expériences sexuelles est la plus mauvaise manière de se préparer à vivre un amour. Et pour cause, chaque être humain est à lui seul un spécimen unique de l’espèce humaine. De ce fait, toute rencontre d’un homme et d’une femme est une situation spécifiquement particulière. Ceux qui ont des expériences sexuelles vivront donc cette rencontre non pas comme une rencontre spécifique, mais chacun cherchera à imposer à l’autre son expérience en la matière. Et généralement, cela n’aboutit pas à l’amour ! L’amitié doublée du jeu de sexe conduit souvent à des grossesses  précoces et/ou non désirées. Et ceci ne conduit forcément pas à une vie amoureuse accomplie ! L’amitié garçon-fille peut se vivre réellement sans sexe. En effet, le sexe tue l’amitié et même si la relation se poursuit, il n’en émergera pas, forcément, l’Amour, le vrai. Cette amitié est possible si chacun des partenaires se décide à mettre du sien, à prendre conscience du mal du siècle (le VIH/SIDA) !

Le 14 février est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux et de l’amitié. Les couples en profitent pour échanger des mots langoureux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges qui sont l’emblème de la passion. C’est aussi un jour de prise de conscience où les couples devraient se remettre en cause, reconnaître leurs erreurs, pardonner, recommencer une nouvelle vie, donner une énième chance, faire des projets, etc. Mais surtout adopter un comportement responsable : fidélité, préservatif et abstinence. Le SIDA demeure une réalité quotidienne, de plus, il n’épargne personne.

Charlotte Daklou

Golfe Info N° 503 du vendredi 13 février 2009
Un grand gardien africain de la mémoire esclavagiste s’en est allé : Joseph Boubacar N’diaye a rendu l’âme vendredi dernier

Boubacar Joseph Ndiaye
born on October 15, 1922

DAKAR (AFP) — Boubacar Joseph Ndiaye, the veteran curator of Senegal's historic House of Slaves whose famous visitors included Nelson Mandela and Bill Clinton, died Friday aged 86, the culture ministry said.

For 40 years, Ndiaye oversaw the monument on Goree Island, off the coast of Dakar, which was used to hold African slaves before their perilous voyage to the Americas.

Hamady Bocoum, director of cultural heritage at the culture ministry, told AFP that Ndiaye had been bedridden since March and had been hospitalised several times.

"He was the main architect of the defence of the memory of the Atlantic slave trade, the man most fervent and unrelenting against any revisionism," Bocoum said.

He died of an undisclosed illness in a Dakar hospital.

Ndiaye, who was among the soldiers from French colonies who fought for France during World War II and the war of Indochina, was born on October 15, 1922 in Rufisque, a town near Dakar.

After his military career ended, he worked in commerce before dedicating his life to the House of Slaves.

He often said he would talk about the history of the slave trade "all my life."

Countless tourists came to hear Ndiaye recount the mistreatment suffered by African slaves.

His visitors included celebrities and heads of states, from presidents Mandela of South Africa and Clinton of the United States to late pope John Paul II.

Ndiaye had two wives and seven children.

Slave House Museum Curator Joseph Ndiaye (L) with former US President Bill Clinton, during his 12-day trip to Africa

Parmi les figures de proue de l’histoire de l’Afrique du 20ème siècle et de ce début du 3ème millénaire, son nom occupe une place de choix. Non seulement parce qu’il fut un des survivants des tirailleurs sénégalais qui ont combattu pour la France pendant la guerre de 1939-1945, mais aussi à cause du rôle qu’il a joué jusqu’au soir de sa vie dans la sauvegarde de la mémoire collective autour du commerce immonde des esclavages. Un commerce qui a ruiné, vidé l’Afrique de ses cerveaux et bras valides pendant près de quatre siècles. Cet homme, c’est le Sénégalais Joseph Boubacar N’diaye. Malheureusement, on devra dorénavant parler de lui au passé depuis vendredi dernier…

Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, île située au large de Dakar dont il a largement contribué à la sauvegarde, est décédé vendredi dernier dans la capitale sénégalaise à l’âge de 86 ans, a-t-on appris auprès du ministère de la Culture de son pays. Boubacar Joseph Ndiaye est « décédé à l’Hôpital principal de Dakar. Il était alité depuis le mois de mars et avait fait plusieurs séjours à l’hôpital », a confié à l’Agence France presse Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel au ministère sénégalais de la Culture. M. Bocoum a à cette occasion salué en Joseph Ndiaye « l’artisan principal de la défense de la mémoire de la traite atlantique, l’homme le plus fervent et le plus constant contre tout révisionnisme » sur la traite des esclaves, qui a duré plusieurs siècles entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques avec la déportation de plusieurs millions d’Africains, à partir de Gorée notamment. Le défunt, dont la maladie n’a pas été précisée, assumait depuis plus de quatre décennies les fonctions de conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, en narrant aux visiteurs les grandes lignes de la traite négrière dont il avait décidé de «parler toute sa vie». Parmi ces nombreux visiteurs de marque, figurent plusieurs chefs d’Etat comme le Sud-Africain Nelson Mandela, l’Américain Bill Clinton, l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny, mais aussi Karol Wojtyla, plus connu sous le nom de pape Jean-Paul II.

Une seconde moitié de vie vouée à une cause noble
B. Joseph Ndiaye fut le symbole même de la conservation de la mémoire du peuple noir. Et s’il n’en reste qu’un, il serait celui-là, avec la fierté d’avoir posé sa petite pierre contre l’oubli et l’indifférence, maux qu’il n’a cessé de fustiger de sa voix tonique, l’index bien levé, de son vivant aux visiteurs de « sa Maison». Le vieux sage de Gorée a ainsi souvent rappelé durant son existence qu’on ne peut balayer d’un revers de main trois siècles de Traite des Noirs et qu’il faudrait se garder toutefois de pratiquer la concurrence des mémoires, toute souffrance humaine étant forcément commune à toute l’humanité.

Conservateur de la Maison des esclaves à Gorée, l’homme avait la sérénité d’un baobab indéboulonnable. En quelques mots dont le poids était toujours mesuré au milligramme près, il constatait les conséquences du commerce le plus honteux que la prétendue race humaine ait inventé : « La somme de misères et de morts qu’avait produite la traite des Noirs, est au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Arrachés à leur sol natal, transportés dans un pays étranger, sans langue commune, avec une disproportion notable de sexe, répartis entre des maîtres au hasard des ventes, accablés de travail et sans autre instruction que la discipline et les coups, ces Noirs réduits à l’état d’individus égarés ne pouvaient reconstituer des familles ». D’origine goréenne, Joseph N’diaye a vu le jour le 15 octobre 1922 à Rufisque (Sénégal). Il fit ses études primaires à Gorée, puis a rejoint l’Ecole professionnelle Pinet-Laprade de Dakar. Il a ensuite travaillé comme compositeur-typographe. Il fut appelé sous les drapeaux français pour participer à la libération de l’Hexagone en 1943. Il a par ailleurs pris part à la Bataille du mont Cassin en tant que tirailleur sénégalais. Il a en outre servi en Extrême-Orient, à la 1ère Demie-Brigade des Commandos parachutistes coloniaux. « Croix de Guerre, Officier de l’Ordre national du Lion, Chevalier de l’Ordre national du Mérite et Chevalier de l’Ordre du Mérite sénégalais », Joseph N’diaye a été plus que le témoin d’un siècle ; il fut le témoin de l’Histoire, celle qu’on ne peut fouler aux motifs qu’il faudrait désormais faire table rase du passé. Ce n’est pas pour autant qu’il pointe du doigt quelque coupable. Lui qui a toujours défendu l’argument selon lequel « la culpabilité n’est pas héréditaire », pour reprendre la formule du politique Taubira Delanon (première Française noire candidate à une élection présidentielle dans l’Hexagone ; c’était en 2002).

Gorée, lieu de mémoire « symbolique ou historique » ?
Pendant quarante années, le charisme -non dépourvu d’humour à l’occasion - du maître des lieux n’a laissé aucun visiteur indifférent, chaque fois qu’il racontait l’enfer quotidien des esclaves qui auraient été détenus dans cet endroit sinistre, avant d’être expédiés sans ménagements vers le Nouveau monde (les Amériques) où d’autres vicissitudes les attendaient. Gorée, dans le récit de M. Joseph, devenait alors une véritable plaque tournante de la traite des Noirs, assertion incompatible avec toute l’histoire de la traite atlantique.

En effet, plusieurs travaux ont remis en cause de manière détaillée le récit que défendait avec ferveur Joseph Ndiaye : les esclaves ayant transité par l’île n’ont représenté qu’une part infime de l’ensemble de la traite atlantique et la demeure baptisée « Maison des Esclaves », bâtie à l’usage de riches commerçants métisses, n’a quant à elle jamais abrité d’esclave de traite. Un article d’Emmanuel de Roux dans le quotidien français Le Monde, « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité » a suscité quelques remous en révélant ces faits au-delà de la communauté des spécialistes. Une autre polémique a éclaté au sujet de la paternité réelle du livre de Joseph Ndiaye destiné aux enfants, Il fut un jour à Gorée.... L’esclavage raconté à nos enfants (paru aux éditions Michel Lafon en 2006). Dans ce livre, le Vieux sage expliquait aux enfants « la capture des Africains, les marchés où on les vendait comme des animaux, les soutes pestilentielles des bateaux qui les emmenaient en Amérique et notamment aux Antilles, les plantations où ils travaillaient sous la menace du fouet, les récalcitrants ayant le jarret coupé. Il raconte aussi les grandes révoltes noires qui ont préservé la dignité de ce peuple humilié, et les luttes acharnées qui menèrent à l’abolition de l’esclavage ». Un document traversé par une humanité exceptionnelle et éloigné cependant de la rage et de la rancœur qui obstruent d’ordinaire toute compréhension apaisée de la thématique de la traite négrière.

Grâce toutefois à la détermination de M. Ndiaye, la célèbre maison n’en a pas moins été restaurée par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en 1990. Et beaucoup s’accordent encore à lui reconnaitre la valeur d’un lieu de mémoire, fût-il plus «symbolique» qu’historique. Dans tous les cas, le célèbre natif de Rufisque estimait qu’on ne parle jamais assez de la Traite des Noirs et que sa dévotion à la « Maison des esclaves » de sa ville natale était une tâche qu’il exercait dans le « sacerdoce » le plus extrême.

Joseph Boubacar N’diaye à l’écran
Le célèbre réalisateur algérien Rachid Bouchareb s’est inspiré de cette forte personnalité pour bâtir le personnage « d’Alloune » (interprété par Sotigui Kouyate), dans Little Senegal (2001, un vieux guide de la « Maison des esclaves » part en Amérique à la recherche de ses ancêtres). Par ailleurs, Joseph Ndiaye lui-même a joué son propre rôle dans le long métrage documentaire américain The Healing Passage: Voices from the Water (2005), de Saundra Sharp et, plus récemment, dans Retour à Gorée, un film suisse mettant en scène le grand chanteur sénégalais Youssou Ndour (2008). J. B. Ndiaye avait deux épouses et sept enfants.
Edem Gadegbeku
(Sources : Encyclopédie universelle et Afp)


Première réunion du CPDC : Une sérénité apparente au sein de la classe politique togolaise

Tous étaient sortis de cette première rencontre du CPDC (cadre permanent de dialogue et de concertation) visiblement satisfaits. Réunis vendredi 06 février dernier à la Primature à Lomé, les délégués des partis politiques représentés au parlement, le représentant du chef de l’Etat et ceux du gouvernement ont, en présence du premier ministre, échangé pour la première fois dans le cadre de ce mécanisme créé 48 heures plus tôt, sur des sujets d’intérêt national.

« C’est un jour nouveau qui s’est levé sur notre pays », a déclaré Pascal Bodjona, ministre de l’Administration territoriale, et porte-parole du gouvernement, représentant du chef de l’Etat à cette réunion, au sortir de cette première séance de travail de ce cadre. D’après, lui cette rencontre a été consacrée d’abord à des échanges et s’est déroulée dans une ambiance de convivialité. « Nous allons nous retrouver très prochainement pour que le Cadre puisse adopter son règlement intérieur et inscrire les questions urgentes à son agenda », a-t-il ajouté.

De leur côté, les différents partis politiques ont exprimé leur vision de cette nouvelle donne de la politique togolaise. Pour Esso Solitoki, secrétaire général du RPT (Rassemblement du peuple togolais), « la classe politique s’est retrouvée dans un cadre de concertation qui a pour objectif de travailler dans un sens positif avec un esprit d’ouverture, afin d’aboutir à des conclusions qui puissent apaiser l’ensemble des acteurs ». L’UFC (Union des forces de changement) qui a sorti un communiqué dénonçant 24 heures plus tôt les conditions de création du CPDC par le chef de l’Etat, a pris part contre toute attente aux échanges. Elle était représentée par son secrétaire général, Jean-Pierre Fabre et Me Doe Bruce. Ce dernier a fait part des préoccupations de sa formation politique relatives «au  nombre des membres fournis par les partis politiques (pour les discussions au sein du CPDC) et du sort à réserver aux résultats des discussions ». Le CAR (Comité d’action pour le renouveau) représenté par son président national, Me Dodji Apevon, estime pour sa part que ce cadre permettra à la classe politique togolaise « d’éviter des polémiques inutiles ». Selon lui, « le pays est aujourd’hui dans une situation qui nécessite que chaque acteur puisse contribuer à son amélioration ».

Prévu par l’APG (Accord politique global) et réclamé par les partis de l’opposition pour servir de cadre pour la mise en œuvre des réformes politiques (institutionnelles et constitutionnelles),  cette structure « est chargée de créer, par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des Institutions républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains ».

Il s’agit notamment de la Constitution, de la charte des partis politiques, du code électoral et la régularité des scrutins, des prérogatives constitutionnelles des institutions, ainsi que de l’accès équitable aux médias d’Etat. Les droits et devoirs de l’opposition, le code de bonne conduite et bien d’autres sujets y seront en outre discutés.

L’impression laissée par les responsables des trois partis politiques ayant pris part à cette première rencontre du CPDC semble rassurer nombre de togolais après la montée de tension observée au sein de la classe politique nationale, depuis l’annonce de l’introduction du projet d’un nouveau code électoral pour son adoption par l’Assemblée nationale.

Seulement, au vu des enjeux politiques prochains, certains ont du mal à croire aux paroles des hommes politiques togolais et attendent que les discussions s’ouvrent sur les véritables questions politiques pour pouvoir apprécier cette sérénité.

De sérieux blocages sont en vue dans ce cadre, prédisent certains analystes qui estiment que si le pouvoir  RPT a accepté revenir sur ce cadre après avoir voulu le contourner, c’est qu’il s’est donné de nouveaux moyens pour faire pencher la balance de son côté.

Une vision que ne partage pas le gouvernement. D’après son porte-parole, Pascal Bodjona, « l’opposition peut toujours nous adresser des critiques, mais les Togolais constatent dans quel camp se situe l’esprit d’ouverture et d’innovation ». Une phrase qui « dit tout », commente un analyste.

Sedjrawodo A. ADRY


Gestion des sociétés d’Etat : La CEET à la croisée des chemins

« Désigné le 14 avril 2007 pour  assumer les fonctions de Directeur général de la CEET » (Compagnie d’énergie électrique du Togo), Kodjo Messan Pédassou vient d’en être démis, par le Conseil d’administration pour « insuffisance de résultats ».

Le mercredi 02 février 2009, soit environ 10 mois après avoir désigné Kodjo Messan Pédassou pour « assumer » les fonctions de Directeur général de la CEET, en lieu et place de Dammipi Noupokou nommé ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, le Conseil d’administration de la compagnie que préside Wilfried Ajavon, un ancien de la société et de la BOAD (Banque Ouest-africaine de développement), décide de le « sauter » pour « insuffisance de résultats ». C’est du moins, selon des sources proches du dossier, la raison qu’auraient évoquée les membres de cet organe de gestion de l’entreprise pour expliquer leur décision aux autorités togolaises, notamment le ministre de tutelle de la société, le Conseil de surveillance (composé de membres du gouvernement) et le chef de l’Etat.

En effet, certains responsables de la société, tout en reconnaissant que M. Pédassou « est un cadre dévoué et un mordu de la CEET » où il est rentré juste après sa formation d’ingénieur effectuée dans le prestigieux institut de formation d’ingénieurs électromécaniciens d’Abidjan, en Côte d’Ivoire entre 1980 et 1986, se disent « surpris de son manque d’inefficacité à la tête de la société » !

Une surprise qu’un haut cadre de cette entreprise publique refuse de partager. Ce dernier fera en effet observer que « tout avait été fait dès le début pour empêcher M. Pédassou de travailler en tant que Directeur général ». La preuve, explique-t-il, dans la décision portant sa nomination, il est écrit qu’il est « désigné pour assumer les fonctions de DG ». Ce qui juridiquement poursuit notre source, sous entendait qu’il n’était pas le numéro un de l’entreprise, mais était tout simplement retenu pour en assumer les fonctions « en attendant » la nomination d’un autre DG.

Un ancien cadre de la « maison » qui a requit l’anonymat estime pour sa part que l’intéressé a « commis l’erreur de refuser d’assumer pleinement les charges qui lui sont confiées pendant qu’il réclamait le traitement d’un Directeur Général». « Comment pouvait-il accepter une telle proposition et refuser d’en assumer les conséquences après?», s’est interrogée cette source qui pense que son ancien collègue de service s’est fait « ridiculiser » par ses supérieurs.

Après avoir balayé du revers de la main toutes ces explications, une autre source proche du Conseil d’administration brandit l’avertissement signifié à l’ancien DG de la CEET et à certains de ses directeurs centraux (dont le financier qui a essuyé une mise à pied) vers la fin de l’année dernière par les membres du Conseil d’administration comme preuve de « l’immobilisme et de l’inefficacité de l’équipe dirigeante ». Pour cette source, en sa qualité de premier responsable de cette équipe de direction,  l’ex-DG de la société venait de payer le prix de son « incapacité à rappeler à l’ordre » ses premiers collaborateurs qui, poursuit notre source, « s’amusaient à ranger dans les tiroirs les dossiers ». Un argument que semble soutenir le Syntrasel (Syndicat des travailleurs du secteur de l’électricité) qui, dans la dernière parution de son organe d’information « La tribune des travailleurs », fait observer que « toutes les doléances que les syndicats ont transmis, à la Direction générale, depuis bientôt un an, sont mal traitées ou totalement ignorées ». Une explication rejetée par un autre ancien de la société qui estime « qu’avec son statut de supposé directeur général», Messan Pédassou n’avait pas de réelle emprise sur ses directeurs centraux et ne pouvait donc pas les mettre au pas. Pour lui, son manque d’autorité vient de la formule utilisée pour transcrire sa promotion comme nouveau patron de la maison.

Moins scientifique, un agent de l’entreprise qui se dit proche des trois premiers responsables de la société, à savoir le Directeur général déchu, le ministre en charge du secteur, et le président du Conseil d’administration, parle pour sa part de règlement de compte et de conspiration.

Sans les révéler, cette source indique qu’il existerait des rivalités entre l’ex-DG de la CEET et son ministre de tutelle d’une part et d’autre part, entre lui et son PCA (président du conseil d’administration). Une explication approuvée par un responsable syndical qui estime que l’intéressé a souvent « fait l’objet d’un acharnement inouï de la part de son PCA ». Ce dernier en veut pour preuve « la présence quasi-quotidienne du PCA dans l’enceinte de l’entreprise » où il aurait un bureau.

L’ère sérieuse, un autre agent de la société, pense également que l’ex-DG a été victime de coups bas. « Pédassou s’est fait beaucoup d’ennemis lorsqu’il était DGA du temps de Togo électricité », affirme notre interlocuteur, visiblement peiné de le voir ainsi démis de ses fonctions. Et d’ajouter de façon laconique que « la CEET est une boîte à crabes où tout le monde en veut à tout le monde».

Par ailleurs, un autre groupe d’agents de la société, visiblement très au parfum des rivalités entre hauts cadres de la boîte,  estime pour sa part que la démission de l’ex-DG a été facilitée par le décès, il y’a à peine un mois, de son mentor, M. Takouda, un de ses lointains prédécesseurs à la tête de la société (mais aussi un ancien homme fort de l’entreprise) !

En somme, la CEET semble être à la croisée des chemins.

Après avoir chassé les « blancs » de Togo électricité, les togolais peinent à y mettre de l’ordre. Décrivant l’entreprise, un article publié dans la dernière parution de « La tribune des Travailleurs » (du Syntrasel) parle « d’état de désorganisation avancée de la société avec l’existence de postes fictifs et d’objectifs flous ». Des maux qui doivent plutôt, conclut un responsable syndical, inciter les premiers responsables de la société et du pays à accélérer le processus de réforme de  la CEET qui, depuis 2006 n’a pas encore retrouvé son souffle.

Pour l’heure, Mawoussé Kakati, précédemment Directeur de la Planification et des Investissements (DPI) est désigné par le Conseil d’administration pour assumer l’intérim du directeur général en attendant le recrutement ou la nomination d’un titulaire à ce poste.

En effet, d’après l’article 26 de la loi numéro 90 – 26 du 04 décembre 1990 et du décret numéro 91 – 197 du 16 août 1991 portant réforme du cadre institutionnel et juridique des entreprises publiques, la direction générale d’une entreprise publique est assurée par un directeur général nommé et révoqué par le conseil d’administration. Les membres de cet organe sont pour leur part nommés par le conseil de surveillance pour un mandat de 4 ans renouvelables.

Marc D. KOUAKANI-ASSI

Golfe Info N° 502 du mercredi 11  février 2009
Demarrage effectif des travaux du CPDC : De chaudes empoignades  en perspective

Reportés le lundi dernier pour cause de retard de réception du projet du règlement  intérieur du CPDC (Cadre permanent de discussion et de concertation) par  les délégués de l’UFC (Union des Forces du Changement) et du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), les travaux de ce Cadre de discussion ont effectivement démarré hier matin à la primature, siège du gouvernement. Après examen et adoption du règlement intérieur (avec quelques réserves)  du cadre, les travaux portent ce matin sur le code électoral. Et au vu des divergences antérieures, d’aucuns prédisent de chaudes discussions.

« Nous sommes arrivés à un point d’accord et  nous allons commencer nos études par le code électoral, la Constitution ensuite le statut de l’Opposition, le financement des partis politiques, puis suivront les autres réformes institutionnelles et constitutionnelles », a déclaré Pascal Bodjona, représentant du chef de l’Etat au sein du CPDC, à la sortie des travaux.

Ainsi, les discussions au cours de la deuxième séance ont essentiellement porté sur l’examen et l’adoption du projet de règlement intérieur. Les délégués ont en outre, discuté de la participation aux travaux d’un facilitateur et des observateurs de l’Union Européenne et de la CEDEAO comme ce fut le cas lors du dialogue inter-togolais. D’après Pascal Bodjona, ce point n’a pas reçu l’assentiment de tous les délégués car  les modalités de participation de ces derniers n’ont pu être définies. Certains partis ayant estimé que la présidence des travaux du cadre par le chef de l’Etat est un gage important pouvant faciliter les compromis.

 Durant plus de quatre heures d’échanges, les membres de  CPDC se sont mis d’accord sur certains points du listing des discussions. Ainsi, les travaux de ce matin s’ouvrent avec les discussions relatives au code électoral, à la Constitution, au statut de l’opposition, et au financement des partis politiques.  Les autres sujets, « moins prioritaires » seront discutés dans les jours à venir.

Si dans l’ensemble,  les travaux se sont bien déroulés selon le représentant du chef de l’Etat, ce dernier reconnaît tout de même quelques divergences sur certains sujets sur lesquels ils ont fini par s’entendre. Pour lui,  il est important de surmonter ces difficultés pour le bien du Togo.                               

Code électoral : une bombe à retardement ?

Texte de référence en matière électorale, le code électoral togolais fait l’objet ces dernières années d’aménagements tendancieux qui mettent en cause la volonté des uns et des autres à organiser des élections sans violences.

La dernière mouture de ce texte de loi proposée par le gouvernement a donné lieu à de vives critiques aussi bien de la part des partis de l’opposition parlementaires que de ceux extraparlementaires. Pour le CAR et l’UFC, le projet de loi soumis par le gouvernement à l’Assemblée nationale est irrecevable et ne garanti pas l’organisation d’un scrutin paisible et transparent en 2010. Aussi ont-ils invité le gouvernement à retirer son texte et à permettre aux parties prenantes d’en discuter au sein du mécanisme de discussions des sujets d’intérêt national prévu par l’APG, à savoir le CPDC.

Pour l’OBUTS d’Agbéyomé Kodjo et la CPP d’Edem Kodjo, le texte précédemment adopté en conseil des ministres exclu les autres partis signataires de l’APG de la CENI et de ses différents démembrements. Ce qui selon eux est  contraire à l’esprit et à la lettre de l’APG dont le parti de l’ancien premier ministre est signataire.

Cela dit, avec la position du gouvernement dominé par le RPT (l’un des partis représentés à cette table de discussions), tout porte à croire que les débats seront houleux au cours des prochaines heures au CPDC. A moins que les uns et les autres choisissent de taire leurs divergences pour s’entendre sur l’essentiel.

Joël Koudjodji


Processus « vérité, justice et réconciliation » nationale : Les instances religieuses du Togo ont rencontré le chef de l’Etat

Lancées officiellement le 15 avril 2008, les consultations nationales devant déboucher sur la création de la commission «Vérité, Justice et Réconciliation » se poursuivent. Les représentants de quatre confessions religieuses différentes, l’Union Musulmane, le Conseil Chrétien, le Conseil méthodiste et le Conseil pontifical Justice et Paix se sont de ce fait entretenus  lundi dernier à la présidence  de la République avec le chef de l’Etat. Cette rencontre se situe dans le cadre du processus de nomination d’un patron pour conduire les travaux  de cette Commission. Les hommes religieux ont donc échangé avec Faure  Gnassingbé  autour du profil et des critères de choix du président de la Commission.

« Que cette Commission soit présidée par un homme religieux est une bonne chose. Mais encore faut-il que cet homme croit en Dieu et sache faire la part entre le spirituel et les questions existentielles », a déclaré  Charles Klagba, le représentant du Conseil méthodiste du Togo au sortir de cette rencontre. A ses dires, cette entrevue répond au souhait du peuple togolais de voir porter à la tête de cette Commission un homme religieux bien au fait des réalités du pays. Un choix qui s’avérerait et qui répondrait donc à des critères bien précis et faisant l’unanimité au sein de la communauté religieuse togolaise.

Pour sa part, Yacoubou Hamadou, ministre des Droits de l’Homme de la consolidation de la Démocratie et de la formation civique a confié sur le même sujet qu’il ne s’agit pas de désigner un religieux pour avoir un religieux à la tête de la Commission susmentionnée, mais de choisir une personne qui connaît bien les réalités du pays  et qui puisse mettre à son service ses qualités intellectuelles et morales.

Le pasteur Djakouti Mitré, représentant du  conseil chrétien à cet entretien avec Faure Gnassingbé, a témoigné son plein attachement à ce processus. « Nous sommes prêts à accompagner ce processus et nous allons conscientiser les gens à comprendre le sens profond du pardon », a-t-il déclaré.

Prévue dans l’Accord Politique Global (APG),  la création de la  Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » doit faire la lumière sur les  actes de violences qui ont marqué l’histoire politique togolaise. Elle va aussi se charger de proposer un mécanisme par lequel les Togolais pourront se réconcilier.

Joël Koudjodji


Face à la crise financière internationale : Des chercheurs togolais s’activent

Dans le souci de relancer l’économie du Togo, une conférence-débat sur « Les perspectives de financement de l’économie togolaise dans un environnement international en crise » se tiendra ce 11 février à l’auditorium de l’Université de Lomé. Point d’ancrage de cette rencontre, l’amélioration des conditions de vie des populations togolaises, en cette période de crise financière et économique mondiale.

En effet,  depuis le déclenchement en juillet 2008 de la crise des subprimes aux USA, une bourrasque s’est emparée sur les marchés financiers, atteignant son paroxysme avec la faillite des banques comme Bear Stearns et Lehman Brothers en septembre 2008.

Cette crise a entraînée une série de réactions qui ont mis la finance mondiale dans un état de panique généralisée. Le financement de l’économie togolaise, étant hautement tributaire de l’évolution de la situation sur le marché des matières premières qui est atteint par la crise avec la chute des cours mondiaux, il va sans dire qu’il (financement de l’économie togolaise) va en pâtir.

Dans un environnement financier incertain,  quelle piste de réflexions pour de nouvelles perspectives de financement de l’économie togolaise ? C’est dans le souci de trouver une solution à cette question fondamentale que les conférenciers vont échanger. « Crise financière et intermédiation financière au Togo » ; « Crise financière et finance islamique comme nouvelle perspective de financement de l’économie togolaise », sont quelques uns des thèmes de cette rencontre. Une conférence qui sera animée par des universitaires togolais de renom comme les professeurs N. Bigou – Laré, Kako Nubukpo, les Docteurs Koffi Sodokin, Mawuli Conchoro (tous de la FASEG) et bien d’autres encore. 

Charlotte DaKlou


Lutte contre l’analphabétisme et l’illettrisme au Togo : Apprendre les langues à partir des couleurs

Une nouvelle méthode d’alphabétisation surtout des adultes sera bientôt mise en pratique au Togo. Il s’agit de la transcription de chaque lettre des alphabets des différentes langues du pays en de petites figures géométrique de différentes couleurs à partir desquelles ces langues seront enseignées.

Ces nouvelles méthodes font l’objet d’un séminaire ouvert lundi dernier à Lomé et qui vise la formation des formateurs d’agents d’alphabétisation. Cette nouvelle technique d’apprentissage de langue est une  œuvre de l’association « projet Thot » dont les responsables dirigent cette formation.

Depuis sa création en 2001, ce projet a dispensé plusieurs formations dans plusieurs pays africains et réussi à établir l’alphabet de ces différentes langues africaines en version couleurs.

En procédant à l’ouverture de ce séminaire, Yves Madow Nagou, ministre des Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation, a salué le projet pour le soutien qu’il apporte à la politique de l’alphabétisation et à la lutte contre l’illettrisme au Togo. Selon lui, « le défi pour l’Afrique, hier comme aujourd’hui et encore plus demain, c’est d’apprendre à lire et à écrire au plus grand nombre de ses enfants et de ses adultes ». Visant essentiellement l’alphabétisation des adultes, M Nagou a estimé que si ces derniers (les adultes) maîtrisent ces langues notamment le français, ils pourront mieux suivre leurs progénitures dans leurs cursus scolaire.

Des paramètres qui permettront une mise en valeur des ressources humaines du pays, élément essentiel pour le développement des pays dans un monde en pleine mutation et dominé par l’économie du savoir, a en outre avancé le ministre. En cela, le Togo ne pouvant à lui tout  seul mener ce combat contre l’analphabétisme, il importe de développer des partenariats dynamiques avec d’autres pays plus avancés en la matière. Partenariat ayant permis à l’association « Projet Thot », d’origine suisse de venir en aide au Togo sur le plan de l’éducation.

Le «Projet Thot » intervient déjà dans la scolarisation au Togo à travers 3 écoles primaires dont une menacée de fermeture par manque de moyens, 80 écoles de jeunes filles par les matériels didactiques pour une année scolaire.

Sedjrawodo A. ADRY


Mouvement d’humeur dans le secteur de L’éducation ! La grève des enseignants  reprend dans les prochains jours

Une semaine après le mot d’ordre de grève lancé par la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale du Togo (FESEN) et observé par les enseignants du primaire et du secondaire, un autre mouvement de débrayage est attendu  dans les  prochains jours.

Dans une interview accordé à une station radio de la capitale togolaise, un responsable de la FESEN, Housime Sénon est revenu sur les revendications des syndicats. Pour ce dernier, ces doléances sont le « minimum à satisfaire » pour faire revenir la sérénité dans la corporation des enseignants. Les revendications des « maîtres » et « professeurs » sont relatives à la mise en œuvre des mesures d’accompagnement adoptées par l’exécutif au lendemain de la décision annonçant la gratuité de l’inscription dans le préscolaire et le primaire au Togo et au paiement d’arriérés de salaires à certains enseignants. Concrètement, il s’agit des écoles (environ 2 milliards CFA), de deux mois d’arriérés de salaire à verser aux enseignants auxiliaires (plus d’ 1 milliard  CFA). L’autre volet des revendications concerne la reconnaissance  des écoles spécialisées et la couverture par l’Etat des 20% restants de la subvention accordée par le gouvernement aux enseignants des établissements confessionnels. Ceci, afin de respecter la parité des salaires entre  les enseignants des établissements laïcs publics et leurs collègues des établissements confessionnels.

Suite à l’observation du mot d’ordre de grève la semaine dernière, les responsables de la FESEN  affirment n’avoir plus rencontré aucun responsable du ministère des Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. Ils envisagent de ce fait reconduire leur mouvement et de suspendre les cours dans les jours à venir. « Attendez-vous à d’autres stratégies », prévient un responsable de cette organisation avant de préciser que « la FESEN, c’est une fédération responsable qui agit  dans la non-violence ».

La FESEN est un regroupement de trois syndicats d’enseignants du Togo. Il s’agit du SYNEPT (Syndicat national des enseignants du préscolaire et du primaire du Togo), du SYNEST (Syndicat national des enseignants du secondaire du Togo) et du SNEETP (Syndicat national de l’enseignement technique et de la formation professionnelle).

Aristides HONYIGLO


Réhabilitation d’infrastructures urbaines : Le Grand marché de Lomé fait peau neuve

Longtemps annoncé, le réaménagement du grand marché de Lomé ne sera plus bientôt un rêve. Les travaux ont effectivement commencé vers la fin du mois de janvier et se poursuivent.

« On n’y croyait pas, mais maintenant, on y croit », peut-on entendre auprès des revendeuses de ce marché. Ce réaménagement initiative vise à renforcer les infrastructures déjà existantes, à construire d’autres et à assainir l’environnement du marché, afin d’offrir un cadre idéal à ceux qui y exercent quotidiennement leurs activités. Ces travaux vont aussi   consister en le curage des caniveaux qui desservent le marché, le revêtement de ses voies d’accès et des hangars des revendeuses, le réaménagement des bâtiments commerciaux, etc...

Malgré le bien-fondé de ces travaux, ils se heurtent à certains problèmes. « Les revendeuses refusent de se déplacer pour nous permettre de travailler », confie un ouvrier. « Les travaux qu’ils font sont pour notre bien-être, nous ne refusons pas de nous déplacer, mais c’est qu’on ne sait où aller avec nos étalages », répond une revendeuse, l’air désabusé. Il se pose donc un problème de « déménagement ». Comme solution, les autorités du marché ont proposé aux revendeuses de rejoindre l’immeuble central du marché ou de se tailler une petite place aux côtés de leurs consœurs situées dans les zones où les travaux n’ont pas encore commencé.

Par ailleurs, une autre inquiétude taraude l’esprit des revendeurs et revendeuses du grand marché de Lomé. En effet, plusieurs d’entre eux se demandent s’ils retrouveront leurs places après ces travaux. Ils craignent en fait les usurpations de places et la hausse des loyers à la fin des travaux.

Qu’à cela ne tienne, les usagers du grand marché de Lomé sont fiers de cette initiative du gouvernement.

Komlanvi APEVINYEKOU

GofeInfo N°500 du 6 fev. 2009
Transparence dans le prochain scrutin présidentiel au Togo : Houngbo serein, l’opposition inquiète

A 15 mois du prochain scrutin présidentiel au Togo, les préalables animent déjà le débat et font couler beaucoup d’encre et de salive. Pendant que les formations politiques de l’opposition manifestent leurs inquiétudes par rapport à ‘‘l’unilatéralisme’’ du pouvoir dans la mise en œuvre des réformes institutionnelles et constitutionnelles, le Premier ministre Gilbert Houngbo, lui, est plutôt serein et promet une élection transparente et apaisée.

« Si les élections législatives se sont bien déroulées en 2007, il n’y a aucune raison que celle de 2010 ne soit pas aussi bien organisée; sinon mieux », a déclaré Gilbert Houngbo dans une interview accordée au journal officiel en ligne « republicoftogo».

En effet, interrogé sur le risque de dérapage qui peut découler des actes de pré-campagne observés ces derniers jours chez certaines formations politiques, le chef du gouvernement estime que cette campagne pour la présidentielle de 2010 a commencé depuis octobre 2007, date des dernières législatives. Après avoir admis que la précocité de la campagne du scrutin de 2010 peut compromettre la politique des réformes engagées par son équipe, le chef du gouvernement togolais a estimé qu’il appartient aux hommes politiques de minimiser  les risques de dérapage pour en réduire les effets.

M.Houngbo a par ailleurs rappelé qu’il n’appartenait à aucun parti politique, et se dit prêt à « prendre des coups » dûs au climat politique qui prévaut actuellement au Togo. Le souci du gouvernement, d’après son chef, est de pouvoir respecter en outre l’agenda des réformes afin qu’il ne soit affecté par les débats politiques.

Seulement, cette sérénité du Premier ministre n’est pas partagée par l’opposition. Pour certains, M. Houngbo semble ignorer l’histoire récente du pays qui a montré à plusieurs reprises que les enjeux des législatives n’étant pas les mêmes que ceux de la présidentielle, les moyens déployés par les uns et les autres pour arriver à leurs fins ne sont toujours pas les mêmes. Au cours des scrutins présidentiels précédents, les achats de conscience, les intimidations, les fraudes et les violences se sont opposés à l’apparente accalmie observée lors des dernières législatives.

En outre, les critiques du Premier ministre estiment que quand bien même il ne serait issu d’aucun parti politique comme il aime à l’affirmer, M. Houngbo se met aujourd’hui beaucoup plus au service du régime RPT que du peuple. Une situation qui paraît d’ailleurs normale d’après ces mêmes observateurs « puisqu’elle trouve son fondement dans la Constitution du pays, plus précisément en son article 77 qui dit en substance que le gouvernement détermine et coordonne la politique de la nation sous l’autorité du président de la République ». En cela, la déclaration du chef du gouvernement à voir les réformes se faire par le Parlement ne surprend guère ces acteurs politiques sus-cités. Toutefois, ces derniers y voient une volonté du pouvoir RPT, majoritaire à l’Assemblée, à mener ces réformes à son avantage. Un certain unilatéralisme que dénoncent l’UFC (Union des forces de changement) et le CAR (Comité d’action pour le renouveau), les deux formations politiques de l’opposition représentées au Parlement.

Sur d’autres plans, c’est la lenteur dans la mise en place de la «Commission Vérité, Justice et Réconciliation» qui est dénoncée par les acteurs de la société civile. Il y a bientôt deux semaines, le CACIT (Collectif des associations contre l’impunité) a encore appelé à la mise en place de cette Commission dont le travail est censé permettre aux Togolais d’aller à la prochaine élection dans la sérénité.

Au sujet de cette Commission, confie un responsable de la Société civile, c’est le même discours qui est tenu depuis la fin des consultations nationales : « le gouvernement a accepté les recommandations des consultations nationales…. de la nomination du président de cette Commission est une tâche très difficile, le chef de l’Etat le fera très prochainement »; et depuis, plus rien. Entre-temps, la campagne électorale 2010 est déjà enclenchée et l’élection promet des étincelles.

Sedjrawodo A. ADRY


Protéger davantage la sante des femmes et des enfants au Togo : Tokyo appuie Lomé par le truchement de l’Unicef

La primature a été hier, à Lomé, le lieu de la « signature de l’échange de notes » officialisant l’octroi d’un don du gouvernement du Japon au profit de la République togolaise par le biais de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance). Estimée à près de 02 milliards 300 millions de fcfa, cette offre trouve son encrage dans l’exécution du projet intitulé « Programme d’appui à la création d’environnements favorables à l’enfant par le biais de la participation communautaire dans les régions des Savanes, Kara et Maritime ».

La raison du choix des régions des Savanes, de la Kara et Maritime comme cadres de la mise en œuvre du « Programme d’appui à la création d’environnements favorables à l’enfant » est toute simple : ces trois régions constituent les plus défavorisées du Togo selon le bureau local de l’Unicef. « De nombreuses interventions conjointes ont été déjà mises en œuvre au profit des populations de ces trois régions (ndlr : sus-citées) afin de leur donner accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, à une éducation de base de qualité pour chaque enfant et à une politique efficace de protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le Sida », a rappelé Mme Una McCauley, la représentante résidente de l’Unicef en terre togolaise. « Cependant, a-t-elle poursuivi, les systèmes éducatifs et de santé continuent à enregistrer des besoins énormes en terme de services et soins essentiels de base liés à une forte paupérisation des populations » dans ces contrées du Togo. A ce titre, a dit Mme McCauley, le don du gouvernement nippon adhère au souci de son organisation et d’autres partenaires au développement « d’appuyer l’exécutif togolais sur la base du PIAP (Programme intérimaire d’actions prioritaires), tel que défini lors de la table ronde de Bruxelles (ndlr : Belgique, organisée par le Togo avec la communauté de ses bailleurs de fonds) au mois de septembre dernier ».

En explicitant la finalité de ce généreux geste de Tokyo envers Lomé, Okamura Yoshifumi, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Togo, a fait savoir qu’il vise « à mener des activités en milieu scolaire et sanitaire en vue de créer un environnement favorable à l’épanouissement des enfants togolais ». « Ces activités, a détaillé M.Yoshifumi, concernent d’une part la construction et la réhabilitation d’une soixantaine d’écoles primaires ainsi qu’une soixantaine de centres de santé primaires dans les trois régions ciblées. Elles portent d’autre part sur des campagnes de sensibilisation autour de la survie de l’enfant et l’éducation des filles ».

Toutes choses qui ont fait dire à Komlan Mally, ministre d’Etat, ministre de la Santé, représentant son collègue des Affaires étrangères à cette cérémonie de « signature de l’échange de notes » qu’elle « est une illustration parfaite de la qualité des relations entre le Togo, le Japon et l’Unicef ». Mieux, a-t-il signifié, cette signature « témoigne de la volonté de Tokyo d’aider le Togo » à se mettre sur la voie du développement. Au nom des autorités togolaises, l’ancien Premier ministre du Togo a de ce fait réitéré la gratitude de Lomé à l’égard de la deuxième puissance économique de la planète et de l’Unicef.

« L’élevage, l’agriculture, la pêche, la communication, la formation professionnelle, le renforcement des capacités des agents de l’administration publique, etc. » sont d’autres domaines dans lesquels le Japon accompagne le Togo sur la voie du développement, a en outre rappelé M. Mally. Avant d’émettre le vœu que cette coopération bilatérale se consolide pour le plus grand bonheur des peuples de ces deux Etats.

C’est le 19 décembre dernier, au cours de son conseil des ministres et dans le cadre du programme de coopération Togo/Unicef, que le gouvernement nippon a décidé officiellement d’octroyer à la République togolaise ce don évalué à près de 02 milliards 300 millions de f cfa. La mise en œuvre de ce généreux geste se fera par l’entremise des ministères togolais des Enseignements primaire et secondaire et de l’Alphabétisation et de la Santé. Diverses personnalités politiques et des représentants d’organisations internationales et non gouvernementales en charge des questions liées à la femme et à l’enfant ont aussi assisté à cette cérémonie de « signature de l’échange de notes » entre le Japon et l’Unicef.

 

Edem GADEGBEKU

 
 

 
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