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Golfe Info 533 de mercredi 29 avril 2009
Après Yawovi Agboyibo, Edem Kodjo passe le témoin : Des signaux pour une alternance en 2010 ?

Edem Kodjo, ne dirige plus la CPP (Convergence patriotique panafricaine). Il a cédé sa place au cours du congrès statutaire du parti tenu le week-end dernier à Lomé, à un conseil présidentiel de trois personnes dont le porte-parole est Cornelius Aidam.  Le président fondateur  de la CPP a pris ainsi  sa retraite et a été fait président d’honneur du parti. Il y a encore quelque mois, c’était le leader du CAR (Comité d’action pour le renouveau)  Me Yawovi Agoyibo qui,  lors du congrès  de son parti, a laissé la destiné de sa formation politique dans les mains de Dodzi Paul Apevon et a été fait président d’honneur du CAR. Mode ou nécessité de renouveler les instances de leur parti ? Tous parlent d’alternance. Des signes pour une alternance au Togo après la présidentielle de 2010 ?

« Dix ans de combat politique, bilan et perspectives », c’est le thème qui a regroupé les délégués venus de toutes les régions du Togo à ce congrès qui a abouti au renouvellement des instances dirigeantes du parti. « J’estime qu’il faut passer la main », c’est la décision majeure qu’a prise le premier responsable de ce parti, Edem Kodjo, estimant qu’il voudrait voir une équipe jeune à la tête de la CPP. Il a par ailleurs déclaré qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2010. « La participation de la CPP à cette échéance dépendra des nouvelles autorités du CPP » a-t–il  renchéri. Il a confié ne plus vouloir assumer « aucune fonction » ni au gouvernement, ni au sein du parti qu’il a dirigé pendant dix ans.  Son souhait est d’« être désormais  un citoyen libre » pour  être beaucoup plus apte  à affirmer sa pensée, se consacrer un peu plus à l’écriture comme il en a l’habitude, et  prendre certaines initiatives pour le devenir du continent africain.

Plusieurs fois ministres et Premier ministre du Togo, Edem Kodjo est une des grandes figures  de la vie politique du Togo depuis 1969. Il fut Secrétaire général de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine)  actuel UA (Union africaine) et  est aussi auteur de plusieurs ouvrages dont « Demain l’Afrique ». Il est  aujourd’hui médiateur de la  Francophonie dans la crise qui secoue depuis plusieurs mois le Madagascar.

2010 connaîtra-t-elle aussi l’alternance au sommet ?

Le vent de l’alternance souffle déjà dans les états major des partis politiques. « Si le chef de l’Etat togolais, face aux contestations qui ont suivi son élection en 2005, promet s’inspirer en 2010 du dernier présidentiel du  Ghana voisin, tout porte à croire que sur la Terre de nos aïeux, il y aura une alternance au lendemain de la présidentielle de 2010 » a confié un leader politique togolais. Cet avis n’est certes pas partagé par nombres d’observateurs de la vie politique togolaise. Ceux-ci pensent que le parti au pouvoir à Lomé depuis plus de 40 ans est prêt à « tout » pour se maintenir  et qu’il n’est pas aisé de croire que le Togo connaîtra  une présidentielle  aussi exemplaire  que celle du Ghana. Ceci est donc un défi que s’est lancé  Faure Gnassingbé et nombre de togolais   attendent  sa réalisation. Pour certains togolais, ces propos tenus par le chef de l’Etat en réponse à la présentation des vœux des membres du corps diplomatique  en début d’année, a sonné comme un réel engagement de ce dernier.

En effet, à en croire le numéro un togolais, 2010 sera un scrutin présidentiel crédible, dépourvu de fraudes massives et que si le RPT venait à le perdre, le parti quittera le pouvoir. « Plus jamais la politique ne fera plus couler du sang au Togo » a-t-il martelé  lors de sa dernière sorti médiatique à la faveur de l’affaire dite « Kpatcha Gnassingbé » relative à la  présumée tentative d’atteinte a la sûreté de l’Etat. Contrairement « aux beaux discours » de Faure, dans les coulisses du RPT, on murmure que « la victoire électorale de 2010 est déjà acquise, mais que c’est la méthode à utiliser pour la concrétiser dans les urnes qui reste à ficeler ». Déjà, le président sortant et ses ministres ne cessent de multiplier des descentes sur le terrain pour « vendre» ses « super réalisations » aux populations qui continuent par tirer le diable par la queue. Pendant que nombre de pays de l’Afrique de l’Ouest font des pas encourageant en matière de démocratie et jouissent d’un développement appréciable, le Togo reste le pays à ne pas connaître d’alternance au pouvoir depuis 40 ans. 

C’est dire qu’il est encore difficile dans un paysage politique pareil à celui  du Togo où vient s’ajouter le clivage ethnico-politique,  de voir une alternance au sommet du pays au lendemain de 2010  si ceux qui dirigent le pays depuis plus d’une quarantaine d’année ne prennent pas sur  eux- même d’être « démocrates ».

Abdou Yêkini RADJI


Vêtir autrement les amoureux de la mode : La nouvelle collection de la styliste Nadiaka présentée au public  

Le défilé de mode de la styliste-modéliste togolaise Nadiaka Karimu a tenu toutes ses promesses samedi 25 avril dernier. Pendant près de deux heures, le public de Lomé, qui a fait nombreux le déplacement de l’hôtel Mercure Sarakawa où s’est déroulée la manifestation, en a eu pour son compte. En tout 22 mannequins (enfants, hommes et dames) ont défilé vêtus des « lignes nadiakales » (nom donné aux nouvelles créations de Nadiaka).

La première création présentée au public a été la collection dénommée « Nadiaka for kids ». Cette collection est essentiellement composée  de tenues de ville pour petites filles et petits garçons. Suivra par la suite, la gamme « Hakui Design », une création destinée aux dames pour leur sortie en ville.

Pour cette deuxième présentation de la collection de la styliste Nadiaka les tenues de soirée n’ont pas été du reste. La collection « Sublimation Nadiakal » a permis au public de découvrir de jolis accoutrements de soirée pour hommes et dames en style africain et occidentale. D’après Nadiaka, la  création de la gamme traditionnelle à côté de celle occidentale a pour finalité de montrer que le Togo possède une tradition.

« Les Mariées Nadiakal » (tenues de mariage), les nuisettes (tenues de nuit) sont les autres collections des  « lignes nadiakales » découvertes par le public.

En somme le défilé de samedi a donné l’occasion  à Nadiaka de proposer plusieurs types de  vêtement à porter en tout lieu et à tout  moment. Un style qui combine parfaitement mode occidentale et traditionnelle africain, lin et tissu-pagne africain, tissus « Vlisco » et « Kenté » du Ghana. Par ailleurs, pour s’ouvrir sur le reste du monde, la styliste a désormais un site web (www.nadiaka.com). Ce site permettra aux amoureux des « collections nadiakale » se trouvant hors du pays de porter les habits « made in Togo ». Nadiaka Karimu est la créatrice de la griffe « Nadiaka » depuis 2003. Le défilé de samedi dernier constitue sa seconde sortie.

Rodolph TOMEGAH


Processus  « VEritE, Justice et REconciliation » ne sera pas effective avant le scrutin de 2010
La Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » ne rendra pas ses conclusions avant la présidentielle de 2010 au Togo. C’est ce qu’a déclaré hier mardi, le ministre des Droits de l’Homme et de la Consolidation de la démocratie, Yacoubou Hamadou au cours d’un débat axé sur le processus de  réconciliation au Togo. Un débat initié par RFI (Radio France Internationale) sur le Campus de Lomé dans le cadre de l’enregistrement de son émission « Appels  sur l’actualité » à Lomé.

D’après le ministre Yacoubou Hamadou, la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » ne verra effectivement le jour que d’ici la fin du mois de mai 2009. Or, explique-t-il, le décret qui l’a créé lui a donné un délai de 18 mois pour rendre les résultats de son travail. En conclusion, la Commission « Vérité Justice et Réconciliation » ne sera pas en mesure de rendre ses résultats avant  l’élection présidentielle de l’année prochaine.

L’ ancien président de la LTDH (Ligue togolaise des droits de l’homme) s’est également appesanti sur les raisons qui  expliquent le retard observé dans la mise en place de cette Commission. D’après lui, la formation de la Commission devant conduire le processus de réconciliation est une tâche de longue haleine car elle exige un travail sérieux et rigoureux.  « Nous voulons, à travers cette commission, aboutir à une véritable réconciliation au Togo. Nous devons donc aller posément pour bien choisir les personnes qui la composeront. Nous ne voulons pas faire les choses dans la précipitation et escamoter les étapes pour fausser les bases de cet important processus », a-t-il laissé entendre.

Créée par décret pris en conseil des ministres le mercredi 18 février dernier, la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » aura pour tâche de recenser tous les crimes et toutes les violences perpétrées au Togo depuis 1958 jusqu’à nos jours. Cependant, nombreux sont les Togolais qui sont sceptiques quant à une réconciliation réelle dans le pays.

Pour certains, les jeux sont déjà faussés. Et pour cause, la Commission qui verra le jour prochainement ne sera pas en mesure de rendre ses conclusions avant le scrutin présidentiel de 2010 afin de permettre à ce que les auteurs des violences qui ont émaillé le scrutin de 2005 soient identifiés et punis. « Les auteurs des actes de violences de la présidentielle de 2005 sont toujours dans la nature. Ils sont libres et ne seront pas inquiétés. Qu’est-ce qui prouve qu’ils ne récidiveront pas en 2010. Il y  a  de quoi se méfier », fait remarquer un universitaire Togolais.

Pour un autre, cela ne servira à rien de chercher à réconcilier les Togolais si le pouvoir en place continue par créer des clivages entre le Nord et le Sud. « Clivages qu’il instrumentalise pour sa survie » a-t-il ajouté. D’après celui-ci, les actes que posent souvent le régime RPT ne vont pas dans le sens de la recherche d’une véritable réconciliation entre les fils et fille du Togo. « Quelle importance voulez-vous qu’un Togolais puisse accorder au mot «réconciliation» quand il sait qu’à chaque concours organisé, il n’a aucune chance de réussir lorsqu’il porte un nom qui dévoile sa provenance ethnique », déplore cet étudiant.

D’autres Togolais, encore plus sceptiques, pensent de leur côté qu’il n’y aura jamais de réconciliation au Togo du moment où le pouvoir continue par organiser des élections frauduleuses et  ne laisse pas le peuple choisir les dirigeants auxquels ils aspirent. Des scepticismes que le gouvernement veut lever dans l’esprit des togolais en prenant tout son temps pour mettre en place une commission digne de cette tâche. Seulement, à ne pas la faire avant le scrutin de 2010 réveille la psychose de 2005 dans les esprits des togolais.

Rodolph TOMEGAH


DEcouverte macabrE A AdidogomE : Un corps sans vie à «Doganto»

Le corps sans vie d’un homme de plus d’une quarantaine d’année  a été découvert lundi dernier dans le grand fossé rempli d’eau à Adidogomé, communément appelé  « doganto », en face de la station Cap Esso. Le corps a été découvert par des enfants venus pour une partie de pêche. La victime, M. Tafah Salou, « s’est suicidé par noyade », ont confirmé les pompiers et les forces de l’ordre présents sur les lieux.

Selon les informations recueillies auprès des proches de la victime, notamment ses enfants et ses sœurs, il aurait quitté la maison le vendredi dernier avec un bidon d’essence aux environs  de 21 heures et n’est plus rentré depuis. Très tôt dans la journée de ce vendredi 24 avril, sa cinquième femme venait de mourir avec son bébé lors d’un accouchement qui a mal tourné. « Ce qui lui a causé  une douleur intense » a confié une de ses sœurs. M. Tafah Salou se serait donc suicidé suite à cet évènement, laissant derrière lui, neuf enfants de quatre défuntes mères différentes.

Komlanvi APEVINYEKOU


49eme anniversaire du 27 avril : L’indépendance du Togo vue par les politiques

27 avril 1960-27 avril 2009. Il y a 49 ans  jour pour jour  que le Togo, à en croire les historiens, a accédé à la souveraineté internationale. Le Togo fêtera donc le jubilé d’or de cette « libération », l’année prochaine. Seulement, les déclarations de certains partis politiques à l’occasion de ce 49ième  anniversaire amènent à se demander si le Togo est ou  non indépendant depuis cette époque.

Pascal Bodjona du parti au pouvoir: « L’Indépendance, un slogan politique »
De l’avis de ce membre du bureau politique du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), aucun pays au monde ne saurait se prévaloir d’une indépendance politique ni économique.  Dans une analyse de la situation d’avant, pendant et d’après 1960, il trouve que l’indépendance dont peut se réjouir le Togo et ses partis politiques aujourd’hui  ne se résume qu’à « un slogan politique » qui ne peut, a priori, être attribué à tel où tel formation politique. Ceci dans la mesure où ce sont tous les Togolais, du Nord au Sud qui ont lutté pour que cette « indépendance » devienne réalité. Pascal Bodjona, pense également que « l’indépendance politique n’est pas une fin en soi ». Il a poursuivi sa réflexion en conviant les uns et les autres à œuvrer pour qu’elle soit profitable à tous.

Gilchrist Olympio, président de l’UFC, opposition parlementaire : « L’indépendance est subordonnée à un changement de régime politique »
Tout en reconnaissant pour sa part que  l’indépendance du Togo célébrée comme telle depuis le 27 avril 1960 est la conséquence d’une lutte politique, le patron de l’UFC (Union des Forces de Changement), Gilchrist Olympio, conditionne cette « libération » au changement de régime à la tête du Togo. « Cette question de l’indépendance est à clarifier lorsqu’on sait que les anciens colons s’ingèrent toujours et de façon indirecte dans la gestion du pays », a fait remarquer M. Olympio. Or d’après lui, l’indépendance totale du Togo passe par une participation accrue de toutes les couches sociales aux décisions qui leurs seront applicables. Sur la base de l’absence de cette participation, qui de son avis n’est conférée qu’à une minorité, Gilchrist Olympio, a déclaré qu’ « aujourd’hui, le Togo n’est pas encore indépendant ».

Nicolas Lawson, président du PRR, opposition extraparlementaire : « Le 27 avril, une journée spéciale accordée à des esclaves »
Dans la même logique que l’UFC, le président du PRR (Parti de la Rédemption et du Renouveau), Nicolas Lawson, dans une rencontre avec la presse à quelques jours de cette célébration, a qualifié le 27 avril « d’une sorte de journée spéciale accordée à des esclaves dociles par leurs maîtres pour leur donner l’impression qu’ils sont libres ». Selon lui, « le Togo n’a jamais été indépendant » car, explique-t-il, les attributs d’une indépendance que sont la souveraineté monétaire, le contrôle de la sécurité et de la défense nationales, et la souveraineté politique ne sont pas acquis au Togo. Citant en exemple le Ghana et le Benin qui « détiennent, selon lui, leur souveraineté », le président du PRR estime que le Togo doit sortir du joug colonial sous lequel il demeure toujours, pour donner un véritable sens au mot « Ablodé (indépendance en ewé,langue au Sud-Togo) » qui n’est jusqu’ici, qu’une « véritable imposture, une injure à notre intelligence et un outrage à notre dignité ». Aux yeux de  M. Lawson, « Ablodé »  doit être le fruit d’une vive volonté et d’un véritable esprit de patriotisme de la part des dirigeants togolais à qui il recommande l’exemple de Sékou Touré de la Guinée en 1958.

A défaut de contestation de cette indépendance, les autres partis les mieux connus de la scène politique togolaise se sont limités à la formation de souhaits à l’endroit de leurs partisans et sympatisants de même qu’à tout le peuple.

Gabin KOISSIDJIN


programme pilote pour l’emploi des jeunes : Une nouvelle trouvaille du gouvernement  pour pallier le chômage ambiant au Togo

Le secrétariat d’Etat auprès du Premier ministre chargé de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes a tenu le 24 avril dernier un colloque à l’auditorium de l’Université de Lomé. Cette rencontre était une occasion  pour la jeunesse estudiantine de Lomé d’être sensibilisée sur le Programme pilote pour l’emploi des jeunes (PPEJ), destiné à résoudre dans une moindre mesure le problème du chômage  auquel ces jeunes sont confrontés à la fin de leur formation. « Le PEPJ vise à répondre à certaines attentes de toute la jeunesse togolaise diplômée ou non en ce qui concerne l’emploi », a déclaré Mme Bitho, chef  de ce département.

Le projet PPEJ s’articule autour de quatre grandes composantes, notamment l’employabilité, l’entrepreneuriat, l’accès au crédit et les  travaux à haute intensité de main d’œuvre et travaux en zone rurale. Ce Programme donne l’opportunité aux jeunes diplômés d’être formés et surtout d’être conscients du travail qui se fait dans les entreprises et dans les sociétés à travers sa composante « employabilité ». « Elle servira également de cadre aux jeunes pour acquérir une expérience professionnelle qui  leur est souvent exigée par les entreprises », a précisé Mme M. Bitho. La composante « l’entrepreneuriat » est destinée selon la secrétaire d’Etat à encourager les jeunes à l’auto-emploi et à la création de  leur propre  société. Ce volet est couplé à un troisième dénommé  « l’accès au crédit ».

Dans cette phase du projet, le PPEJ ambitionne d’accorder aux jeunes diplômés nantis d’une qualification professionnelle des crédits leur permettant de créer leurs propres structures. Pour Mme Bitho, cette possibilité est une main tendue à la jeunesse pour qu’elle fasse valoir ses talents et se réaliser ; et aussi pour résoudre une bonne fois pour tout le problème de moyens financiers auquel ils sont confrontés pour monter des projets. « Déjà 640 jeunes  de  la préfecture de  Bassar viennent de bénéficier d’un tel financement », a-t-elle- ajouté. Par ailleurs, le  PPEJ tient  compte des jeunes qui ambitionnent de se réaliser dans le secteur agricole. Ainsi, les « Travaux à haute intensité de main d’œuvre et travaux en zone rurale », la dernière composante du PPEJ prend en charge  ce secteur. Ce volet est accompagné des projets qui sont en phase de démarrage. A en croire la ministre déléguée auprès du Premier ministre, il s’agit particulièrement de développer aussi bien l’agriculture que l’élevage à travers le PPEJ. Aussi, le projet dénommé « le développement des plantes à racines et tubercules »  et griffé au PPEJ est-il lancé pour occuper des  centaines de jeunes en quête d’occupation.

Le Programme pilote pour l’emploi des jeunes profite également depuis peu à quelques jeunes formés en matière d’élevage des porcs et qui se sont lancés dans cette activité. « C’est une opportunité à saisir  par  la jeunesse togolaise si elle veut vraiment se faire respecter et se faire une place dans notre pays », a conclu la secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse.

Joël KOUDJODJI


49 eme anniversaire de l’independance du togo : Kofi Yamgnane a célébré la «réconciliation» avec les populations de la préfecture des Lacs

Le candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2010 au Togo, Kofi Yamgnane, de retour au pays depuis vendredi dernier était dans la préfecture des Lacs lundi 27 dernier. A la différence des autres leaders politiques qui ont choisi des manifestations et des messages de sensibilisation des membres de leurs formations politiques, l’homme politique franco-togolais a plutôt porté son choix sur le sport roi pour célébrer les 49 ans de l’indépendance du Togo avec ses compatriotes.

Cette première sortie publique de Kofi Yamgnane s’est faite au cours de la finale du tournoi de la réconciliation organisée à Kéta Assoukopé par le chef traditionnel de ladite localité, Togbui Dogbé Kpalikpatso III. A cette occasion, le président de «Sursaut Togo» s’est abstenu de faire des déclarations politiques.

D’après son entourage, l’ancien maire français est dans la capitale togolaise pour officialiser sa candidature pour le scrutin présidentiel de 2010. Cette officialisation ne sera qu’une confirmation  de l’intention d’être cndidat  en mars dernier par l’ancien secrétaire d’Etat français des Affaires Sociales et  à l’Intégration.

Naturalisé français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M. Yamgnane 63 ans, a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à laquelle il a adhéré au PS (Parti socialiste) français. Il a été élu conseiller municipal à Saint-Coulitz en 1983 et maire de la même localité en 1989.

Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson (première femme à occuper ce poste dans ce pays en 1991) et de Pierre Bérégovoy (1992), K. Yamgnane fut également député (1997-2002).

Gabin Koissidjin


presumee tentative d’Atteinte a la surete  de l’Etat et relations internationales
Gilbert Bawara, ministre de la Coopération : « Cette tentative n’entame en rien les relations entre le Togo et ses partenaires »

Les derniers événements relatifs à la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ont visiblement porté un coup à l’économie togolaise et aux relations du pays avec ses partenaires, ont estimé certains analystes de la vie socio-politique et économique du pays. Faux rétorque le ministre togolais de la Coopération, Gilbert Bawara pour qui ces événements sont pris à leur juste mesure et n’entament en rien la coopération entre le Togo et ses partenaires.

Une semaine après la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la Banque mondiale a approuvé un appui budgétaire de 20 millions de dollars US (environ 900 millions de fcfa) en faveur du Togo. Cette aide destinée à soutenir les réformes de l’Etat, à actualiser la gestion financière publique et  à rétablir la performance des principales entreprises financières étatiques, témoigne selon Gilbert Bawara, ministre  togolais de la Coopération et de l’aménagement du territoire, des bonnes relations qui subsistent entre le Togo et ses partenaires malgré les soubresauts politiques de ces dernières semaines marquées par la tentative de coup d’Etat survenue à Lomé. Le membre de l’exécutif togolais a déclaré que « le Togo est désormais un pays apaisé, quels  que soient les soubresauts  qui peuvent apparaître au fil des jours », et c’est pour cette raison que ces événements  n’ont pas empêché les institutions financières internationales et les partenaires économiques de continuer par coopérer avec le pays. « Il y a quelques années, ces mêmes partenaires auraient estimé que le Togo est dans une situation d’insécurité et d’incertitude et qu’il faudra patienter pour voir l’issue des événements », a confié le ministre de la Coopération. Dans ce même  sillage, M. Bawara a fait comprendre que les travaux de planification et de réalisations des projets pour le compte du 10ème FED (Fonds européen de développement), d’une valeur de 124 millions d’euros (près de 82 milliards de fcfa), sont toujours en cours, malgré la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Par ailleurs, en ce qui concerne les hésitations de certains partenaires à investir au Togo avant 2010, année de l’élection présidentielle, le ministre de la Coopération a démenti cette information car, d’après lui, le pays est en bon termes avec tous  ses partenaires et ceux-ci continuent par soutenir son développement. En exemple, il évoque une allocation de  20 millions d’euros accordée au Togo par l’UE (Union européenne) dans le cadre de la crise alimentaire et l’octroi prochain d’une aide de 26 millions de  dollars par le FMI pour poursuivre les réformes en cours. En clair, selon Gilbert Bawara, l’économie togolaise et les relations avec ses partenaires ne sont nullement affectées ni par les récents événements relatifs à la déstabilisation du pouvoir au Togo ni par la préparation du scrutin présidentiel de 2010.

Des démonstrations qui, somme toute, ne convainquent pas certains analystes da la vie sociopolitique et économique du pays. D’après ces  Togolais, l’appui budgétaire apporté au Togo par  la Banque mondiale le 21 avril dernier est le DREG-2 (Don pour la relance économique et de la gouvernance) dont une première partie, le  DREG-1 avait été approuvée en  mai 2008. Ce don faisant partie des opérations retenues dans la note de stratégie intérimaire qui a été élaborée par la Banque mondiale en 2008 pour soutenir le Togo sur la période  de 2008 à 2010, il ne pouvait être considéré comme un acquis de cette période après les événements de la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En outre, certains économistes soutiennent  que les aides accordées jusqu’alors au pays de Faure Gnassingbé par ses partenaires financiers internationaux ne sont pour le moment que des « miettes » au regard de ce qu’ils apportent dans d’autres pays et qu’’ils pourront apporter au Togo si la présidentielle de 2010 s’organisait  dans les conditions démocratiques, transparentes et sans exclusion.

Ainsi, le Togo, en dépit de son retour plein et entier sur l’échiquier international, reste un pays en observation. Pour beaucoup d’observateurs donc. Les efforts d’assainissement du secteur financier actuellement en cours sont considérables mais beaucoup de chantiers restent encore à ouvrir.

Sedjrawodo A. ADRY


faire barrage au sida sur le Corridor Abidjan-Lagos : Les acteurs en conclave pour élaborer la 2e phase de leur Projet

Passer en revue les actions menées, programmer la 2e phase de financement du projet et renouveler les membres du bureau. Ce  sont les activités inscrites au programme de la session conjointe des instances et partenaires  de l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL). Ouverte hier à Lomé pour une durée de trois jours, cette session servira également de récapitulatif annuel à mi-parcours des antennes nationales, des Comités Régionaux de Coordination ou Country Coordination Mechanism (CCM) qui supervisent le Projet Corridor Abidjan-Lagos.

Ouverte en présence du Secrétaire exécutif de l’OCAL, Dr. Justin Koffi, cette session annuelle aura d’abord à passer en revue les résultats à mi-parcours de la subvention du Fonds mondial destinée aux cinq pays du Projet Corridor (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria). Le secrétariat exécutif de l’OCAL  a bénéficié, dans le cadre de la 6ème phase  de ce Fonds prévu pour la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, d’un financement pour la mise en œuvre du projet  « Intensification des interventions de lutte contre les IST/VIH/Sida ciblant les populations mobiles : consolidation et extension du Projet Régional Commun de Prévention et de Prise en charge des IST/VIH/Sida le long du Corridor de   migration Abidjan-Lagos ». Les délégués à cette session annuelle vont ensuite élire de nouveaux responsables des Instances dirigeantes de l’OCAL, procéder à la validation du Rapport de la 6ème phase, examiner les documents techniques, identifier les problèmes et proposer des actions pour la mise en œuvre des projets de la 2ème Phase du Projet Corridor.

Créé il y a quatre ans, le projet Corridor Abidjan-Lagos a permis de lutter de façon notable contre le VIH/Sida dans le cadre des migrations inter-frontalières et d’échanger les meilleures pratiques. Après 18 mois d’activités, des avancées significatives ont été notées  dans la mise en œuvre de ce Projet. Selon le Professeur Dorothée Kinde-Gazard, vice-présidente du CCM Régional Corridor Abidjan-Lagos et ancienne ministre de la Santé au Bénin, « le Projet a permis de sensibiliser les personnes mobiles le long des frontières, notamment ceux du secteur routier, de rendre disponible les préservatifs à cette population-cible précitée, de même que les antirétroviraux (ARV) aux personnes vivant avec le VIH ( PVVIH)  ou  développant déjà la maladie du sida, et de les accompagner pour mener des activités lucratives ».    

Aristides HONYIGLO


Non-respect des droits humains dans les lieux de détention: La LTDH appelle à des mesures urgentes et réalistes

Dans un communiqué rendu public la semaine dernière, la LTDH (Ligue togolaise des droits de l’Homme) s’indigne contre les détentions et gardes à vue pour raison de dette dans les locaux des commissariats et des brigades de gendarmerie au Togo. « Une pratique devenues courantes et fort nuisibles à l’enracinement de la démocratie », ont estimé les responsables de la Ligue.

D’après cette Organisation de défense des droits de l’Homme, plusieurs plaintes et requêtes, faisant état de gardes à vu et de détentions pour raison de dette dans les cellules des commissariats et brigades de gendarmerie lui parviennent. Selon le président de la LTDH, Raphaël Kpande-Adzare, cette pratique, contraire à la loi et aux valeurs républicaines, dont fait cas ces plaintes, est une violation du droit des citoyens à la liberté d’aller et venir et à la sûreté de leur personne. En effet, elle viole le principe général selon lequel « on ne saurait maintenir en détention des individus pour cause de dette » et a pour conséquence immédiate la surpopulation des milieux carcéraux.

La LTDH, tout en restant disposée à faire des propositions concrètes aux autorités togolaises compétentes en vue de contribuer à l’éradication du phénomène, invite tous les responsables des départements concernés, notamment le Premier ministre, le ministre de la Justice chargé des Relations avec les Institutions de la République, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants et le ministre des Droits de l’Homme , de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique  à prendre des mesures urgentes et réalistes.

Ceci pour que faire cesser  ces pratiques qui portent  un coup dur à l’édification d’un Etat de droit respectueux des droits humains et des libertés fondamentales dans le pays.

Abdou Yêkini RADJI


Esso Solitoki, secrEtaire gEnEral du RPT : « La bataille ne sera pas facile en 2010 » 

Le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) a tenu samedi dernier au CEG Agoè-centre un meeting d’information et de sensibilisation. Conduite par le secrétaire général du parti, Esso Solitoki, cette rencontre a eu  pour but « d’édifier davantage les militants sur la situation actuelle au Togo ». Les débats ont essentiellement porté sur « l’affaire Kpatcha Gnassingbé », avant de s’ouvrir brièvement sur les échéances électorales de 2010.

Le secrétaire général du RPT a confirmé les informations parvenues aux partisans du RPT de la préfecture du Golfe et relatives à la tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. M. Solitoki a du coup manifesté son indignation à l’égard d’un tel acte.

Faisant de la version officielle des évènements de la mi-avril la seule et vraie, il s’est gardé de tout commentaire sur le sujet, et a dans ce sens, invité les militants et sympathisants  au contrôle de soi. Il a ainsi demandé à ces derniers de s’en  tenir aux versions officielles et de ne pas « céder à la panique ». Car, a-t-il précisé, « cette situation est une épreuve pour la cohésion du RPT ». Tout en confirmant l’inculpation de l’honorable député, M. Solitoki a appelé les partisans de son parti au respect de sa personne car, indique-t-il, « Kpatcha Gnassingbé demeure un ancien membre du gouvernement, un actif partisan du RPT et un membre de la famille Gnassingbé ». Avant d’ajouter qu’ « il faut éviter de mêler la personne, l’Etat et le  parti ». Evoquant les élections de 2010, le secrétaire général du RPT a laissés entendre que « la bataille ne sera pas facile ». Il invitera ainsi les partisans à rester unis et à soutenir le président Faure Gnassingbé afin de « maîtriser, dominer et gagner l’élection de 2010 ».

Komlanvi APEVINYEKOU


Célébration des 49 ans d’indépendance du Togo : Jusqu’a quand la division va-t-elle y assassiner le développement ?

Lundi  27 avril dernier, les Togolais, dans leur diversité ethnique, ont soufflé la 49ème bougie de la naissance de leur Etat. Comme depuis le 27 avril 2006 (première célébration post-disparition du président Eyadèma Gnassingbé), les habitants de cette bande de terre de 56.785 km² ont une nouvelle fois entouré cette journée symbolique de tout le symbolisme qu’elle mérite. Histoire de rompre avec l’amnésie dont le régime RPT (Rassemblement du peuple togolais, au pouvoir) s’est échiné depuis 1967 de frapper les Togolais autour de la pertinence de la commémoration du 27 avril. L’euphorie retrouvée et manifestée par les Togolais autour de la commémoration de leur fête d’indépendance n’a cependant pas encore rien de commune mesure avec les manifestations se déroulant par exemple au Ghana tous les 06 mars, date de l’accession du premier Etat d’Afrique sub-saharienne à la souveraineté internationale (en 1957). Un état d’âme des Togolais vis-à-vis du 27 avril qui donne une idée de l’atmosphère socio-politique dans laquelle cette indépendance est commémorée depuis plusieurs décennies. La « Terre de nos aïeux » est-elle près de sortir de l’auberge ?

Comme le signifiait Mgr Denis Amuzu-Dzakpah (archevêque de Lomé) dimanche dernier aux participants à une messe solennelle et officielle célébrée à la faveur du 27 avril 2009, « le compte à rebours du jubilé d’or » des indépendances africaines et plus particulièrement pour le Togo « a commencé » lundi dernier. En effet, à partir du 1er janvier 2010, nombre d’Etats du continent noir vont devoir se soumettre à un exercice périlleux mais ô combien nécessaire pour apprécier leur marche sur le sentier du développement, depuis qu’ils se sont soustraits du joug des nations occidentales: il s’agira de produire le bilan social, économique et politique des fruits de la « libre » autodétermination, sur le plan interne, des Africains. Intellectuels de tous bords, politiques ou encore simples citoyens s’efforceront de saisir les causes des éclatants progrès socio-économiques de la Tunisie (qui dispose d’un des meilleurs taux d’analphabétisme les plus bas du monde arabe) qui tranchent avec les réalités quotidiennes des autres pays d’Afrique blanche. Dans la partie occidentale du continent le plus pauvre de la planète, ses habitants se poseront assurément des questions sur les échecs des autres Républiques qui s’y trouvent à imiter le modèle démocratique sénégalais (même s’il a perdu un peu de son lustre ces dernières années). En Afrique orientale et du centre, l’intelligentsia locale épiloguera de toute évidence sur l’effritement du modèle démocratique du Kenya et les raisons profondes de la survivance des bastions de la « Françafrique » au Gabon et au Congo-Brazzaville, bastions qui n’ont jamais rapproché leurs peuples des modèles universels de développement. En Afrique australe et dans l’Océan indien, les observateurs attentifs du continent noir convieront une nouvelle fois la majeure partie des « Républiques noires » à marcher sur les plates-bandes de l’Afrique du Sud (qui à elle seule représente plus d’un pour cent dans la part de l’économie africaine dans le commerce mondial), du Botswana (1er producteur mondial de diamant), de l’Ile Maurice, du Mozambique et de la Tanzanie dans une certaine mesure et des Seychelles. En somme, une infime réussite économico-socio-politique dans le lot des immenses défis qui restent à relever pour ne plus rattacher le vocable « Africain » au misérabilisme et à ses corollaires. Et le Togo dans cette kyrielle de conjectures ?

Ne plus être dès ce 27 avril les « damnés » de l’Afrique de l’ouest

Faute d’avoir pu bâtir une véritable nation, les politiques locaux, légitimes comme illégitimes, n’ont jamais su imprimer une véritable et durable marche du développement à leur Etat. « On ne fait pas de politique sans idéologie », se plait souvent à répéter le célèbre et émérite historien congolais Théophile Obenga. Dans le contexte togolais, si l’on s’en tient aux écrits portant sur les faits et gestes du premier président démocratiquement élu du Togo, le défunt Sylvanus Olympio, on peut sans ambages affirmer que son régime pouvait se réclamer de la teneur de la citation de M. Obenga. Sous le régime RPT, les contours de l’application de la citation de l’historien de la région des Grands Lacs ont toujours été flous, les politiques économique et sociale mises en place au Togo sous ce parti ont plus pris le visage d’une dictature tropicale atypique.

Du coup, l’« espérance » à laquelle renvoie « la couleur verte » figurant sur le drapeau national n’a été que fugace en terre togolaise, soit 36 mois après 1960 ou encore durant le boom phosphatier des années 70 et 80. La magnificence et la splendeur auxquelles fait allusion « le jaune » contenu dans les couleurs nationales n’ont jamais entouré les actes et les comportements des Togolais. En d’autres termes, le slogan « l’or de l’humanité » contenu dans l’hymne national n’a été jusqu’à présent qu’un vain mot ; mis à part les parcours singuliers des ressortissants de cet Etat ouest-africain, parcours qui à eux seuls ont sorti la République togolaise des ténèbres. Trop souvent, ces Togolais « célèbres » ne tracent le sillon de leurs efforts qu’en comptant sur eux-mêmes et loin de leur terre natale. Toutes choses qui font croire que le sang versé par les aïeux togolais pour s’affranchir du colon blanc et immortalisé dans les couleurs nationales par « le rouge » a été jusqu’à présent «vain» !!! Autant d’indices sur les réalités quotidiennes togolaises qui doivent susciter un sursaut d’orgueil dans l’ensemble des composantes du peuple togolais, aussi bien celles vivant sur les 56.785 km² que celles catégorisées dans la diaspora de la « Terre de nos aïeux » éparpillée aux quatre coins du monde. Ce sursaut d’orgueil ne pourra réellement poser des mots sur les maux togolais que s’il est enfanté par une solide et authentique réconciliation nationale.

Entre novembre 1884 et février 1885, à la faveur de la Conférence de Berlin (Allemagne), les principales puissances coloniales de la planète ont formaté la carte ethnique de l’Afrique en déplaçant à hue et dia les frontières des royaumes africains de l’époque. Du coup, des peuples qui ne partageaient aucun projet de vie commune ont été forcés de s’« accepter, de regarder dans la même direction ». Ces populations bigarrées seront par la suite instrumentalisées à diverses fins par le « Blanc » durant le processus de colonisation. Il en est ainsi d’une des causes de la division Nord-Sud au Togo. Mais, rarement l’acrimonie entre des peuples hétéroclites vivant sur un même territoire a aussi eu la vie dure en Afrique comme on l’observe dans la lancinante crise socio-politique togolaise. Djato Boona Ketehouli, ancien ministre de la Communication et président de Différences positives (association qui lutte contre le tribalisme au Togo) n’a-t-il pas de ce fait raison de réclamer, lors de chacune de ses sorties médiatiques, la « tenue d’un forum sur le tribalisme au Togo » ? Jusqu’à preuve du contraire, les stigmates de l’ethnocentrisme sont encore vivaces dans l’esprit de nombre de Togolais. Beaucoup d’entre eux évitent d’aborder ce sujet sensible dans les fora voués à des débats d’ordre général et public. C’est dire que les clichés du genre « les Sudistes du Togo sont vaniteux et hypocrites », « les Nordistes togolais sont hyper têtus et récalcitrants, sont des sous-hommes », le « Nord-Togo s’étend de Cinkassé aux portes de la région des Plateaux », le « Sud-Togo couvre la distance Lomé-Atakpamé » ont encore de beaux jours devant eux. Par ailleurs, bon nombre de Togolais vivant dans la partie méridionale de leur pays méconnaissent un grand nombre de contrées se situant dans le septentrion de ce même territoire, à défaut de n’y avoir jamais mis pied. Au même moment, les « prétendus Nordistes » convergent de plus en plus vers la côte, «malgré eux», à cause des débouchés qu’elle offre et de ses atouts économiques. Cette lecture géographique de la vie en communauté dans l’« ex-Suisse africaine » s’invite évidemment dans le quotidien de ses habitants. Combien de fois n’a-t-on pas assisté au Togo à des rebuffades de projets de mariage dans des familles originaires du Sud-Togo, tout simplement parce que le (la) membre de leur future belle famille plonge ses racines ethniques dans le Nord-Togo, et vice versa ? L’enrôlement dans la fonction publique et privée n’est-il pas encore sujet à la même donne ethnique au détriment de la culture de l’excellence ?

Généralement, c’est surtout au cours des périodes électorales que les manifestations de cet ethnocentrisme chauffé à blanc se font le plus voir, le refus de l’alternance politique par le parti au pouvoir en terre togolaise, depuis le début du processus démocratique, leur ayant donné une autre dimension, encore plus pernicieuse. A telle enseigne que la double appartenance ethnique (du Nord de par son père et du Sud de par sa mère) dont se réclamait Faure Gnassigbé en 2005 pour panser « la division Nord-Sud » a été de toute vraisemblance rangée dans les placards de l’oubli depuis quatre années; c’est que tout simplement, la bête est coriace. Dans plusieurs Etats voisins du Togo, les cérémonies de prestation de serment du chef de l’exécutif donnent lieu à d’intenses moments de réjouissance auxquels « tous » les citoyens sont conviés car ces cérémonies ont lieu sur la place publique. Au Togo, à cause de la disharmonie entre le chef de l’exécutif «illégalement» élu et sa population, ces prestations de serment ont lieu dans des forteresses. Comment peut-on alors envisager une parfaite complicité entre un tel dirigeant et sa population pour affronter les défis d’un développement harmonieux de leur pays ? Le défunt Ouyi Tassane avait donc raison quand il écrivait dans les années 80, dans l’une de ses chansons célèbres, Rejaki Tangwena : « Un chef qui n’a plus pour trône qu’sun rocher, et pour royaume un coin dans le maquis, combien de temps restera-t-il caché » ? Manifestement, les atroces tragédies qu’a connues l’humanité ces dernières décennies n’ont pas encore interpellé la conscience des Togolais de tous bords, et plus particulièrement leur classe dirigeante. A titre d’exemple, le Rwanda a connu en avril 1994 un effroyable génocide qui a arraché la vie à près d’un million de ses fils. Cette page sombre de l’histoire rwandaise n’a à aucun moment empêché Hutus et Tsutis (les deux principales ethnies du pays) de reconstruire collégialement, tels des architectes, leur Etat meurtri par la folie des hommes. Hutus et Tsutis ont vu juste car de nos jours, leur pays est dans les bonnes grâces des Etats-Unis d’Amérique par le truchement de l’Agoa (African growth opportunity act) et fait trembler ses voisins de la région des Grands Lacs. Le Mozambique a aussi été miné par ce qui reste aujourd’hui la guerre fratricide d’indépendance la plus meurtrière de l’Afrique, mais ses constants efforts de développement lui ont permis d’intégrer le cercle fermé des Etats africains se situant fréquemment dans le collimateur des financements des Républiques du Sud par les grands argentiers du monde et les organisations caritatives de la planète.

Le Togo a fini depuis belle lurette de traverser la période de la vache grasse qui lui a valu le surnom de « Suisse africaine » et qui inspirait respect vis-à-vis des pays ouest-africains. La génération de cette bande de terre de 56.785 km² qui n’a connu que le régime RPT est en perpétuel manque de repères et semble désespérer en l’avenir ; la diaspora de plusieurs Etats africains est de nos jours mise à contribution pour épaissir leur Pib (Produit intérieur brut). Au Togo, au nom de l’incessante suspicion qu’entretient le « Nordiste » envers le « Sudiste », tout est mis en place pour contraindre la diaspora à ne jamais retourner au bercail. C’est à croire que les Togolais n’ont pas conscience de la connotation de la date du 27 avril dans le monde : c’est un 27 avril que la traite négrière a été abolie dans les colonies françaises ; c’est également un 27 avril que les premières élections multiraciales se sont tenues en Afrique du Sud. C’est aussi un 27 avril que l’un des principaux chantres du panafricanisme, le Ghanéen Kwame N’krumah a rendu l’âme.

A défaut donc d’un sursaut d’une véritable réconciliation, le bilan des 50 ans d’indépendance du Togo sera un peu plus implacable dans moins d’une année ; moins de douze mois pour donc corriger le tir. Tous les Togolais et plus particulièrement les membres de l’élite et de la classe dirigeante togolaises n’auront en avril 2010 aucune excuse devant l’Histoire. Si les insultes au développement du continent africain (défaut du minimum d’infrastructures de base) persistent en 2010 à cause des divergences fratricides locales, les Togolais ne seraient plus alors assimilables à des « damnés de l’Afrique occidentale », mais c’est le vocable « Togolais » lui-même qui devrait renvoyer à sune connotation péjorative en Afrique ; « une nation, c’est un plébiscite de tous les jours », disait l’écrivain français Ernest Renan.

Edem GADEGBEKU


Répression de la marche de l’Ufc à l’occasion du 27 avril : Le parti dénonce une violation des libertés publiques
L’UFC (Union des forces de changement) dénonce et condamne avec vigueur le comportement des forces de l’ordre vis-à-vis  de ses militants lundi dernier, à la sortie du culte demandé par le parti pour commémorer le 49ème anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale et appelle les populations togolaises à une vigilance accrue. Son leader, Gilchrist Olympio a saisi cette occasion pour lancer un appel
à la nation togolaise pour sa probable victoire aux échéances de 2010. Le Bureau National du parti, quant à lui, en a profité pour  faire une lecture de l’actualité politique locale.

A la sortie du culte, au Temple méthodiste Salem de Hanoukopé où les responsables du parti  et leurs militants ont rendu un vibrant hommage aux artisans tombés sur le chemin de cette longue lutte héroïque pour l’indépendance de la « la Terre de nos aïeux », ils ont été accueillis par les forces de  sécurités qui les ont dispersés à coup de grenades lacrymogènes. Et pour cause, la marche prévue dans leur programme a été interdite par le gouvernement. Selon le secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre  « des détachements des forces de sécurité ont bloqué les itinéraires prévus » qui devaient conduire  les militants et sympatisants de l’UFC à la plage où un meeting suivi de pique-nique était prévu. Ces pratiques des forces de sécurité ont  été qualifiées de « totalitaires d’un autre temps » par M. Fabre. Le parti déplore dans ses rangs des blessés à qui le Président national a  apporté compassion et réconfort. La mesure d’interdiction de la marche selon les responsables de l’UFC, est une pure violation de la loi qui démontre que le gouvernement n’a aucune volonté de respecter les droits et libertés publics. Les forces de sécurité pour leur part ont justifié leur réprimande par le fait que « les  manifestants ont voulu forcer  les barrière ». Pour les autorités togolaises, « les militants de l’UFC n’étaient pas obligés de  se rendre à la plage en groupe. Ils  pouvaient s’y rendre individuellement ».

Rendant hommage à ceux qui ont versé leur sang pour l’indépendance du Togo, M. Olympio a salué leur mémoire et appelé le peuple à s’abreuver « à la source de leur foi inébranlable, de leur courage exemplaire et de leurs sacrifices nobles et généreux ». Il a ensuite appelé ses  militants et tous les Togolais à se mobiliser pour sa probable victoire aux échéances de 2010 : « Peuple togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation Togolaise est née ; c’est encore par ta foi, ton courage et tes sacrifices, que le Togo sera libéré de la tyrannie et de la misère ; c’est aussi par ton engagement, ta mobilisation et ta détermination que tu retrouveras ta liberté, ta dignité et ton bien-être. Debout peuple togolais pour ta  victoire en 2010 ! », a-t-il ajouté en substance. Pour «le N°1» de l’opposition togolaise, la situation actuelle qui prévaut dans notre pays exige que l’on surmonte ensemble les divergences pour « capitaliser » entièrement les convergences. Cette situation devrait regrouper tous les acteurs politiques afin que l’alternance démocratique de 2010 soit accomplie. « Engagez-vous à nos côtés. Oui, nous avons besoin de chacun de vous pour rebâtir la cité. L’heure a sonné. Le moment est venu pour qu’ensemble nous écrivions les nouvelles pages de l’histoire de notre cher pays le Togo… », a-t-il conclu.

L’UFC et l’actualité de l’heure

La commémoration de la fête nationale togolaise a été aussi une occasion pour le Bureau national du cette formation  politique de se prononcer sur l’actualité politique togolaise actuelle. Réagissant sur le Cadre permanent de dialogue et de concertation, l’UFC etime que « c’est en considération de la mission et de la composition de ce Cadre que, malgré cette dénomination abusive, elle a accepté d’y siéger ». En effet, si ce Cadre a pour but de discuter des réformes politiques et que sa composition s’en tient aux forces politiques qui ont recueilli au moins 5% des suffrages lors des  dernières législatives ; il serait inadmissible de l’élargir à tous les signataires de l’APG, estiment les responsables de l’UFC. D’autres malversations et coups de force du gouvernement et du RPT ont été déjoués « grâce à la clairvoyance et à la vigilance des députés UFC qui ont saisi la Cour Constitutionnelle », peut-on lire dans la déclaration rendue public. Ainsi, les partisans de Gilchrist Olympio exhortent le Comité de Suivi de l’APG (Accord politique global) à ne pas se laisser duper. Surtout que depuis quatre semaines, le CPDC a cessé ses activités. Aussi, les militants de l’UFC pensent-ils que l’apport d’un facilitateur est indispensable pour assister la classe politique togolaise à sortir de son impasse actuelle. « Il importe en effet, que l’UFC et le CAR poursuivent avec le RPT et le gouvernement, en toute transparence et sur une base consensuelle, les discussions actuellement en cours sur les réformes politiques et qui doivent permettre, notamment, d’éliminer les mesures discriminatoires, antidémocratiques et d’exclusion introduites unilatéralement par le RPT dans le cadre électoral ».

Dans cette même déclaration, l’UFC reste fidèle quant à sa dénonciation sur l’opération de la FIR (Force d’Intervention Rapide) et des FAT (Forces Armées Togolaises), concernant la violation des dispositions légales et réglementaires au domicile du député Kpatcha Gnassingbé qui, d’après un communiqué du procureur de la République, serait impliqué dans « une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Au moment où les discussions sur l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques prévues par l’APG se heurtent au manque de volonté politique et aux manœuvres dilatoires du gouvernement et du régime RPT, « cette lamentable et piteuse affaire « affaire Kpatcha Gnassingbé », aux relents de guerre fratricide entre le chef de l’Etat togolais et son frère député à l’Assemblée nationale, a occasionné des morts, des blessés et de nombreuses arrestations de personnes civiles et militaires. Et trouble la quiétude déjà précaire des populations togolaises qui vivent l’insécurité au quotidien ».

En considération de cette « situation préoccupante », les membres du Bureau national de l’UFC invitent le Président Togolais et son parti (RPT) à un sursaut patriotique pour revenir aux véritables réalités sociopolitiques. Ils interpellent, par la même occasion, l’opinion internationale à plus de « vigilance » afin qu’elle ne se laisse pas berner par « le discours lénifiant » du parti au pouvoir.

Abdou Yêkini RADJI & Charlotte DAKLOU


Volley-ball / Championnat Lomé- Golfe 2008-2009 - L’Etoile Filante au pied du podium  

En clôture de la 12ème journée du championnat Lomé Golfe de volley-ball disputée le week-end dernier, l’Etoile Filante de Lomé revient dans le sillage du trio de tête emmené par Bull’s, tombeur de Dove’s. Les Bleus de la capitale ont dominé Phénix. Dans le tableau féminin, la neuvième étape de la compétition a permis à Agaza et Bull’s de dominer leurs adversaires du jour.

Dans la première rencontre qui a opposé l’Etoile Filante à Phénix, ce sont les Bleus de l’Etoile qui ont sorti leur épingle du jeu en disposant de leurs adversaires par 3 sets à 1. Après le premier acte enlevé par Phénix 25-23, l’Etoile domine le second 25-11. Le troisième est plus disputé et c’est au tie-break que les Bleus finissent par dompter leurs adversaires 27-25. Plus concentré que leurs adversaires de Phénix, les joueurs de l’Etoile Filante remportent le match après le dernier set enlevé 25-23.

Le second match entre Fingers et Agaza a produit le même scénario que le premier. Il est  allé à 4 sets. Ce sont pourtant les Verts de Tokoin qui dominent les deux premiers sets 29-27, 25-19 avant de concéder le troisième 23-25. Agaza reste cependant solide et enlève le match au dernier set 25-11.

La rencontre Bull’s-Dove’s a connu maintes péripéties avant d’aller à son terme avec de multiples arrêts dû à la mauvaise luminosité du terrain A du stade municipal de Lomé. C’est sur le terrain B que le match s’est finalement terminé avec la victoire de Bull’s en trois sets.

Du côté des dames, Agaza confirme sa suprématie sur le classement en dominant Phénix en trois sets 25-17, 25-18, 25-17.

En second match, Bull’s a pris le meilleur sur Winners, battu également en trois sets 25-16, 25-16, 25-20.

Steven LAVON

Golfe 532 du 24 avril 2009
Observation des élections en 2010 au Togo : Djato B. Kétéhouli, coordinateur national du ROSCOE: «Nous sommes des chasseurs de fraudes électorales»

Le coordinateur national du Réseau des Organisations de la Société Civile pour l’Observation des Elections (ROSCOE), Bona Ketehouli s’est prononcé, ce weekend, sur le rôle des organisations nationales d’observation des élections en Afrique. Pour l’expert–consultant Ketehouli, les observateurs électoraux  africains ont un rôle important à jouer dans ces processus, du fait de la meilleure connaissance des réalités de leurs pays. Ces observateurs nationaux, qui vivent dans les pays africains d’où ils sont originaires, ont selon lui  un « avantage » sur les observateurs étrangers qui ne viennent que le jour du scrutin.                                                                                                                                  

Pour l’ancien ministre de la Communication et de la Culture, « la plupart des observateurs  étrangers ou internationaux ne viennent souvent superviser les opérations que le jour du scrutin. Ils ne vivent pas toujours en Afrique et parfois ne suivent pas toutes les étapes d’un processus (électoral) ».  Alors que, rappelle M. Ketehouli, les observateurs nationaux qui appartiennent à des  organisations de la société civile, ont l’avantage d’abord de résider toujours sur le territoire, ensuite d’être des originaires des localités  et donc finalement, à même de mieux comprendre les réalités linguistiques, sociologiques, historiques ou politiques des pays africains. « Qu’a de plus que moi  un observateur étranger sur le terrain électoral au Togo ? S’est-il interrogé avant de préciser  qu’un observateur national est  plus outillé qu’un observateur débarquant de l’Europe ou d’Amérique pour comprendre la langue, les réalités sociologiques ou l’histoire d’un  village togolais ! ».

Revenant sur le rôle précis des observateurs électoraux, Bona Ketehouli a expliqué que ceux-ci veillent au respect de la transparence tout le long du processus électoral et à sa conformité aux textes en vigueur, à savoir le Code électoral et la Constitution. « Nous sommes des chasseurs de  fraudes,  chargés de les démasquer, de les dénoncer pour qu’elles n’existent pas », affirme le coordinateur national du  ROSCOE.

Néanmoins, le président de « Différences Positives » ne rejette pas totalement la présence des observateurs  internationaux, dans la mesure où « l’observation étrangère » a  aussi son efficacité. « Ils ont plus de moyens  tant logistiques que financiers, également plus d’expériences et sont  beaucoup moins inquiétés sur le terrain. Ce n’est pas mauvais que les gens arrivent de loin pour nous dire comment nous sommes. On a toujours besoin d’un œil étranger pour voir », a-t-il  confessé.

 Sur la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) , le ROSCOE  recommande qu’elle ne soit pas « une structure cosmopolite » et que ses membres soient  recrutés uniquement  pour leurs compétences techniques. Quant aux partis politiques, ils doivent surtout sensibiliser leurs militants et  sympathisants afin de combattre les fraudes, les « votes à connotation ethniques ou tribalistes » et autres achats de conscience.                                                                                                 Le ROSCOE regroupe cinq associations œuvrant pour les droits de l’Homme et qui se sont fixés pour objectif  de renforcer les capacités de leurs membres en vue de coordonner et de centraliser toutes les informations relatives à l’observation des élections au Togo et ailleurs sur le continent.      

Aristide HONYIGLO


Fête de l’indépendance et présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat : Le 27 avril 2009 étouffé par l’ «Affaire Kpatcha Gnassingbé» Dans 72 heures, le peule togolais commémorera le 49ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. A cinq jours de cette date, le Conseil des ministres (probablement le dernier avant le 27 avril) a passé le sujet sous silence et  ce n’est qu’hier soir qu’un programme a été rendu public. Pendant ce temps, le sujet qui anime toutes les conversations et qui vient occuper pour une deuxième fois le menu de la rencontre périodique de l’exécutif n’est autre que la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat qu’aurait organisée Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’Etat et d’autres comploteurs.

La série de nominations au ministère de la Justice et notamment celle des magistrats est perçue par nombre de Togolais comme une manière d’insuffler du nouveau souffle au corps judiciaire togolais. Ceux-ci argumentent leur raisonnement par la fermeté et la rigueur évoquées par Faure Gnassingbé au cours de son message à la nation voici huit jours, suite à la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat déjouée par les forces de l’ordre et de sécurité togolaises. Une affaire qui fait couler beaucoup d’encre et de salive et qui, d’après certaines sources proches du palais de la présidence, donneraient des insomnies au numéro un togolais. Même si d’après d’autres sources, cette série de nominations est beaucoup plus à but électoral, les dernières évolutions de l’actualité nationale font oublier aux Togolais ou du moins aux autorités de Lomé la commémoration de l’anniversaire de l’Indépendance du pays.

Pour certains nationalistes et autres nostalgiques des années des indépendances qui s’attendaient, à l’écoute du communiqué ayant sanctionné le dernier Conseil des ministres, à prendre connaissance des dispositions relatives à cette célébration, ce fut une déception. D’autres n’ont pas hésité à parler d’un certain acharnement sur cette « affaire Kpatcha Gnassingbé » qui fait de l’ombre à tous les autres sujets. Dans ce sens, certains analystes évoquent l’impact de ces événements sur les préparatifs du prochain scrutin présidentiel au Togo. Les travaux du CPDC étant toujours en veilleuse.

Et pourtant, cette célébration du 27 avril s’annonçait manifestement grandiose, surtout avec les travaux de réaménagement et de réfection de la place de l’indépendance. Ces travaux, démarrés en février dernier et censés finir avant ce lundi 27 avril sont toujours en cours.

Le 27 avril toujours en chantier

Lors de sa visite des chantiers des « grands travaux » en cours dans le pays en mars dernier, le Premier ministre togolais qui s’est aussi rendu à la place de l’indépendance  s’est vu rassuré par le maître d’œuvre de la finition des travaux avant le 27 avril 2009. A deux jours de cette date, les tracteurs, les camions et autres maçons et manœuvres continuent de s’activer sur le chantier à côté des tranchées inachevées et des coffrages de bétons non encore coulés. Ce qui laisse beaucoup de Togolais dubitatifs sur une réelle manifestation sur ces lieux.

Concours de circonstances ou situations préméditées pour célébrer le 27 avril 2009 sans tambour ni fanfare ? Une interrogation qui fait dire à certains Togolais que de façon implicite, cette date sera une nouvelle fois célébrée dans la sobriété comme l’année dernière. Sauf qu’à l’époque, la sobriété avait été officiellement annoncée. Ce qui semble réconforter ceux qui soutiennent que cette date, rangée au placard par Eyadèma Gnassingbé et ressuscitée en 2006, a du mal à trouver sa place sur la liste des «fêtes nationales». Et à ces derniers de prédire que ce n’est pas le cinquantième anniversaire de l’Etat togolais en 2010 qui le fera sortir de l’auberge, étant donné que le pays sera dans la fièvre électorale dont l’issue est encore incertaine.

Sedjrawodo A. ADRY


Remettre le secteur de la santé sur les rails au Togo : Les promesses s’officialisent

Les villes de Lomé, Sokodé et Kara seront bientôt dotées de nouvelles écoles nationales des auxiliaires  médicaux et des sages-femmes. C’est ce qui a été décidé en conseil des ministres mercredi dernier,  conseil placé sous la présidence du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.

Ces réformes viennent en appui, selon le communiqué du conseil des ministres, aux « efforts fournis par le gouvernement pour assurer une meilleure intégration des ressources humaines aux objectifs de santé pour tous ». En difficulté depuis des années, le secteur de la santé au Togo se caractérise par un manque de personnel paramédical en « quantité et en qualité », ce qui entraîne « une baisse de la qualité des soins, une réduction de la capacité pour le Togo d’atteindre les Objectifs du millénaire en matière de santé, une détérioration des acquis en terme d’espérance de vie, et des initiatives privées à former sur le tas, des personnels n’ayant pas le niveau  requis ». Il importait donc de faire des réformes. Ainsi, le département des aides sanitaires de Sokodé sera érigé en une école nationale des accoucheuses, des infirmiers et infirmiers auxiliaires; une école nationale des auxiliaires médicaux et une autre des sages-femmes verront le jour à Kara. L’école nationale des auxiliaires médicaux et celle des sages-femmes de Lomé seront réorganisées en deux cycles. Il est aussi à noter, à l’ordre du jour de ce conseil des ministres, trois projets de loi : le premier autorise le Togo à adhérer à la Convention du Cap et à son protocole adopté en 2001 par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et relatif aux garanties internationales sur les matériels d’équipements mobiles et sur les questions spécifiques aux matériels d’équipements aéronautiques. Le second projet de loi autorise la ratification de  l’Accord international sur le café adopté à Londres le 28 septembre 2007 et qui vise à déterminer et  à préciser le cadre et les conditions de coopération des pays producteurs et consommateurs entre lesquels cet accord est négocié.

Le troisième projet de loi adopté lors de ces mêmes travaux autorise l’adhésion du Togo à la Convention relative au statut des apatrides adoptée le 28 septembre 1954. Au terme de cette convention, « les Etats membres doivent accorder aux apatrides qui résident régulièrement sur leur territoire, le même traitement que celui accordé aux nationaux en matière de logement, d’éducation publique, d’assistance publique, de législation du travail et de sécurité sociale ». Des décrets de nomination, notamment au titre du ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, du ministère de la Justice, du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et du ministère des Sports et des Loisirs sont aussi à mettre à l’actif de ce conseil des ministres.

Komlanvi APEVINYEKOU


Pauvreté infantile au Togo : L’Unicef veut enrayer le phénomène

Quelles  sont les stratégies idoines à mettre en œuvre pour venir à bout de la pauvreté infantile au Togo ? C’est la question qui a constitué le point d’ancrage d’une conférence qui a réuni hier jeudi 23 avril , à l’hôtel Ibis à Lomé, spécialistes de la santé, partenaires au développement et des  enseignants-chercheurs de l’Université de Lomé. Organisée sous les auspices de  l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), la rencontre a permis aux participants de restituer les études et recherches qu’ils ont menées en vue d’endiguer la pauvreté des enfants dans le pays.

Les assises ont été un cadre de dialogue en ce qui concerne les voies et moyens de lutte contre la pauvreté en général et celle des enfants en particulier. Elles ont également donné l’opportunité à chacun des participants de partager les résultats issus d’études et recherches sur les mesures et les analyses de la pauvreté infantile. Les implications en terme de politiques économiques et sociales de réduction de la pauvreté ont été aussi abordées.

A l’issue de cette rencontre, les conférenciers ont pu identifier des approches de solutions adéquates pouvant conduire à une diminution considérable du phénomène de pauvreté au Togo ainsi qu’à l’amélioration de la situation de toutes les familles togolaises.

Pour la représentante résidente de l’UNICEF au Togo, Una Mc Cauley, le manque d’accès des enfants aux services de santé et aux services éducatifs perpétue la situation de pauvreté des familles d’aujourd’hui et de demain. Et d’ajouter qu’on ne peut pas penser les politiques économiques et sociales sans prendre en compte le cas spécifique des enfants. « Ne pas investir dans le capital humain des enfants, c’est détruire la future capacité de production  d’un pays et mettre en péril son potentiel de développement. En d’autres termes, lutter contre la pauvreté infantile, c’est enrayer le cercle vicieux de ce phénomène », a laissé entendre Mme Mc Cauley.

La pauvreté constitue un frein à la survie, au développement et à l’épanouissement des enfants au Togo. Sont considérés comme enfants pauvres, ceux qui sont privés de ressources dont ils ont besoin sur le plan matériel, spirituel et affectif pour survivre, se développer et s’épanouir normalement. Plus de 61% de la population togolaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans ce chiffre, les enfants représentent près de la moitié et constituent par la même occasion la couche la plus vulnérable. Ils sont également les malheureuses victimes de maladies, d’infections, de manque d’eau potable, de malnutrition, mais également de violences, d’exploitation et de toutes formes d’abus.

Rodolph TOMEGAH


Crise financière internationale : Les pauvres payeront les pots cassés

« Il est possible que l’Afrique soit le plus touché par la crise financière internationale ». Ainsi s’exprimait mercredi 22 avril dernier, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Shantayanan Devarajan lors d’une visioconférence de presse animée par le département Afrique de cette institution à Washington..

Bien que née aux Etats-Unis, la crise financière internationale risque, selon ce haut responsable de l’institution de Brettonwood, de faire plus de dégâts sur le continent noir et dans la plupart des pays pauvres que dans les pays industrialisés où elle sévit actuellement. Après avoir confirmé les récentes déclarations de certains responsables d’institutions financières continentales et sous-régionales selon lesquelles, les banques locales ne disposent pas d’actifs toxiques dans leurs portefeuilles, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique fera observer que les canaux de transmission de la crise au continent sont de quatre ordres.

En premier lieu, on a la baisse des transfères des migrants (diaspora africaine aux USA et en Europe) du fait des licenciements et autres mesures sociales prises par leurs entreprises pour résister à la crise. Ces licenciements, explique ce responsable du département Afrique de la Banque Mondiale, entrainent une perte de revenues aux migrants qui se retrouvent de ce fait dans l’incapacité de continuer d’envoyer des fonds à leurs familles restées au pays. Or, souligne les rapports de la Banque et du Fonds (FMI), ces transfères représentent parfois le double de l’aide publique au développement pour certains pays Ouest africains comme le Mali.

A l’instar des migrants africains qui n’ont plus assez de revenues pour venir en aide à leurs familles en Afrique, cette crise oblige, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, les pays riches à revoir à la baisse le montant de leur enveloppe financière dégagée en faveur des pays pauvres dans le cadre de l’aide publique au développement. Cette situation est d’autant plus catastrophique pour les Africains ou du moins certains pays du continent comme le Niger, dont le budget dépend à plus de 50 voire 70% des dons et autres appuis budgétaires des partenaires bilatéraux.

Troisième canal de transmission de la crise financière internationale identifié, c’est la chute des cours des matières premières sur le marché international. En effet, contrairement aux pays industrialisés et émergents, les Etats africains ne sont présents sur le marché international qu’avec leurs matières premières. Et la plupart de nos pays financent leur politique de développement avec les recettes engrangées de la vente de ces produits. Or, avec la chute du cour du baril du pétrole qui est passée de 140 dollars US en juin 2008 à moins de 50 dollars US aujourd’hui, et la dégringolade de celui d’autres matières premières comme le fer, le bauxite, l’uranium etc., la plupart des pays africains craignent une baisse dramatique de leurs revenus. Ce qui ne sera pas sans incidence sur les investissements publics, notamment les investissements dans les infrastructures de base à savoir l’éducation, la santé, les routes, etc..

A l’image de l’Etat ou des Etats qui se retrouvent dans l’impossibilité de financer  leur programme de développement, la crise mondiale inhibe les prévisions ou plan d’investissement des entreprises privées, notamment les grands groupes. Ce qui réduit du coup, les transactions en termes de capitaux étrangers d’une part, noircit davantage le tableau des problèmes sociaux liés au chômage et à la précarité de l’autre.

Par ailleurs, selon la vice-présidente du département Afrique de la Banque Mondiale, Ezekwezili Obiageli, des signaux négatifs de cette crise sur le continent commenceraient déjà à se faire enregistrer. C’est ainsi qu’elle citera l’accroissement prévisionnel du taux de mortalité infantile avec à la clé, le décès de plus de 700.000 nouveaux nés avant leur premier anniversaire au cours des prochaines années, la tendance de certains pays ou gouvernements populistes à ne plus poursuivre les réformes courageuses et impopulaires qu’ils ont pourtant bien enclenchées ; les velléités de retour aux pratiques relevant de régimes non démocratiques et enfin, le risque pour certains gouvernants de revoirs leurs priorités aux dépens des populations rurales déjà sevrées d’une bonne partie des ressources destinées au secteur agricole.

Afin de permettre aux Etats africains de ne pas trop subir les effets de cette crise, le département Afrique de la Banque Mondiale entend faire entendre la cause du continent lors des assises de l’Assemblée de Printemps du FMI (Fond Monétaire International) et de la Banque Mondiale qui auront lieu ce week-end à Washington.

D’après Mme Ezekwezili, des actions seront intensifiées pour l’allègement de la dette des pays africains, l’identification et la mise en place de mécanismes d’appuis financiers et de conseils aux gouvernements africains. D’ores et déjà, on signalera que depuis l’année 2008, la Banque a accru ses interventions en faveur des pays africains. Le montant de l’enveloppe de 7 milliards de dollars prévu en début d’année pour le financement du programme de réduction de la pauvreté a été porté à 20 milliards US alors que plus de pays ont pu bénéficier cette année, d’allègement de leur dette vis-à- vis de la Banque mondiale.

Entre temps, cette institution a ainsi augmenté, sinon doublé son enveloppe financière pour le secteur agricole. Celle-ci est passée de 400 millions de dollars US à plus de 1,5 milliards de dollars US.

Toujours pour éviter que les Africains ne souffrent trop de la crise actuelle, la Banque mondiale dit avoir encouragé les gouvernements à ne pas se détourner de leurs engagements, mais à poursuivre les réformes entreprises en faveur de la lutte contre la pauvreté, pour la gouvernance économique et l’instauration d’un Etat de droit.

Marc D. KOUAKANI-ASSI


Relance et gouvernance économique au Togo : La Banque mondiale apporte un appui financier à Lomé

Le mardi 21 avril dernier, le Conseil d’Administration de la Banque mondiale a approuvé un projet d’appui financier au Togo. Il s’agit d’un DREG-2 (Deuxième Don pour la Relance Economique et la Gouvernance) d’un montant total de 20 millions de dollars US (soit 10 milliards de francs CFA environ). Ce don qui « est un appui budgétaire au Gouvernement togolais », a pour objectif principal le soutien des réformes de l’Etat, visant à actualiser la gestion financière publique et à rétablir la performance des principales entreprises et institutions financières étatiques.

Tout comme le DREG-1 (Premier Don pour la Relance Economique et la Gouvernance) approuvé en mai 2008, le DREG-2 « fait partie des opérations retenues dans la Note de Stratégie Intérimaire qui a été élaborée par la Banque Mondiale en mai 2008  pour soutenir le Togo sur la période de 2008 à 2010 ». Ce nouveau don mettra un accent particulier sur la poursuite et l’intensification des reformes en matière de politiques de développement initiées par le gouvernement togolais en 2008. il permettra aussi de raffermir la formulation et le suivi (la préparation, l’exécution et le contrôle) du budget, puis la passation des marchés publics. De plus, il va contribuer à moderniser la prouesse de plusieurs domaines clés de l’économie togolaise, à travers « des mesures visant à améliorer la gouvernance et la transparence dans les secteurs du phosphate, du coton, de l’énergie et des finances ».

Pour Joseph Baah-Dwomoh, Représentant résident de la Banque Mondiale au Togo, « le système de gouvernance et de transparence que le gouvernement togolais est en train de mettre en place », et que son organe supporte à travers le DREG-2, doit être le fondement de la relance économique togolaise. En ces moments ardus de crise financière mondiale, « il est important d’accroître la confiance dans la gestion financière et économique pour aider le pays à faire face aux chocs extérieurs, et à encourager les partenaires à augmenter leur soutien à l’économie togolaise », précise le représentant résident de la Banque mondiale. A cet effet, M. Baah-Dwomoh encourage le gouvernement togolais à continuer et à renforcer les reformes déjà entreprises, afin d’atteindre très prochainement, le « point d’achèvement de l’Initiative PPTE pour bénéficier de l’effacement de sa dette multilatérale. Le pays pourra ainsi dégager des ressources nécessaires pour la croissance et la réduction de la pauvreté ».

Le DREG-2 dont la mise en œuvre est sous la responsabilité du ministère togolais de l’Economie et des Finance, est basé sur l’achèvement d’une série d’actions antérieures déjà entreprises par le gouvernement. Parmi celles-ci, on peut noter :

La formulation et le suivi du budget : publication sur une base trimestrielle des rapports d’exécution budgétaire pour le budget 2008, en conformité avec les priorités contenues dans le Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté; L’exécution budgétaire : finalisation de l’organisation du Trésor Public selon les directives de l’UEMOA (création de la paierie générale, d’une recette générale et d’une Agence Comptable centrale du Trésor) ; Le contrôle  budgétaire : création d’une Inspection Générale des Finances dotée de personnel, placée sous la tutelle du ministère de l’Economie et des Finances, nomination d’un Inspecteur Général ; on peut également noter au nombre de ces séries d’actions la passation des marchés publics : adoption par le gouvernement du Projet de Loi sur la passation des marchés, et sa transmission à l’Assemblée Nationale en conformité avec les directives de l’UEMOA ; publication du résumé des contrats publics passés en 2008 dans le journal «L’Entrepreneur » publié par la Chambre de Commerce de l’Industrie ; sLe secteur coton : des mesures prises pour recouvrer les surfacturations de la SOTOCO (Société Togolaise de Coton) qui ont été confirmées par la mission de Vérification ; l’adoption d’un nouveau prix aux producteurs qui reflète les changements dans les prix internationaux ; Le secteur des phosphates : publication des résultats de la réconciliation des recettes générées de  la vente du phosphate au cours de l’année 2007, avec les recettes perçues par le Trésor Public au cours de la même année ; Le secteur financier : relèvement de la valeur nette des trois banques (BTCI, BIA, UTB) au niveau du ratio prudentiel de l’UEMOA, en échangeant les prêts non performants de ces banques par des titres émis par le gouvernement ; et enfin, le secteur d’énergie : élaboration et adoption d’un contrat de performance de 5 ans entre l’Etat togolais et la CEET (Compagnie d’Energie Electrique du Togo).

Charlotte DAKLOU


Tirer sur les déviances sexuelles en Afrique : Oui, mais pas seulement sur l’homosexualité

Les débats portant sur l’homosexualité en Afrique sont de nouveau sous les rampes de l’actualité africaine depuis lundi dernier, à la faveur de l’arrêt infirmatif de la Cour d’appel de Dakar (au Sénégal) annulant la condamnation, le 07 janvier 2009, de 09 homosexuels sénégalais âgés de moins de 30 ans à 08 ans de prison. Cette juridiction sénégalaise a justifié sa décision par la violation de la procédure d’interpellation et de l’ouverture de cette même procédure (sur une simple dénonciation) à l’encontre des homosexuels suscités. Cet arrêt est cependant loin de mettre un terme au débat passionné et souvent passionnel autour des minorités sexuelles au Sénégal et plus généralement en Afrique. Même si on risque encore pendant longtemps de pérorer sur cette thématique en ne déblatérant contre que son côté « occidental ».

« L’homosexualité est une invention des Blancs ; elle a été importée de l’Occident en Afrique par les violateurs de la lettre et de l’esprit des traditions ancestrales africaines ». Cette rengaine est dorénavant connue sur le continent noir ; elle est brandie à loisir par tous ceux qui voient d’un mauvais œil le rapprochement, l’union entre deux personnes du même sexe. Un peu comme la polygamie tolérée et encadrée juridiquement en Afrique est mal vue en Occident. La prépondérance de plus en plus croissante qu’occupent l’islam et le christianisme dans les habitudes religieuses des Africains n’a en rien favorisé une once de tolérance envers les homosexuels sur le continent berceau de l’humanité. Le pas entre traditions africaines et religions importées (occidentales) est ainsi vite franchi. Dans le cas d’espèce, traditions, religions africaines et pratiques (religieuses) issues de la colonisation en Afrique convergent : l’homosexualité s’inscrit contre l’ordre normal de fonctionnement des éléments de la nature, elle ne favorise pas la pérennisation de l’espèce humaine, bref, elle constitue une pratique immorale. Voilà grosso modo les bases sur lesquelles au moins 38 Etats sub-sahariens ont bâti des lois homophobes. Loin de la Constitution sud-africaine qui a été la première sur le continent noir à interdire, dès 1995, « toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle ». La locomotive de l’économie africaine et très précisément sa ville Johannesburg accueille d’ailleurs chaque année la « seule Gay Pride » africaine (géant défilé au cours duquel les homosexuels, hommes comme femmes, s’affichent avec ostentation). Comme le souligne Charles Gueboguo (sociologue camerounais, auteur de la Question homosexuelle en Afrique : le Cas du Cameroun, Editions l’Harmattan, octobre 2006), « vivre son homosexualité au quotidien en Afrique est synonyme de suicide : insultes, passages à tabac, vols avec violences sont le lot quotidien des homos. Nombreux sont ceux qui optent pour la «stratégie du camouflage» : mariage et paternité. Leur vie reste très dure ». Faut-il donc continuer à jeter la pierre aux homosexuels en Afrique ? Au Sénégal par exemple, après l’arrêt infirmatif de lundi dernier, la Raddho (Rencontre africaine des droits de l’homme) s’est réjouie de cette décision tout en demandant l’ouverture d’un débat autour de la « dépénalisation de l’homosexualité » dans ce pays. Il appartient aux différentes composantes des Etats africains de se prononcer sur cette question. Avec le jeu de la mondialisation des mœurs, des mentalités et de la migration transfrontalière, il sera dans tous les cas difficile d’ignorer la proportion de plus en plus croissante des homosexuel(les) en Afrique au cours des prochaines années. En d’autres termes, ignorer la proportion des membres des minorités sexuelles (homo, bi ou transsexuels) dans le jeu des relations sociales au cours des prochains mois en Afrique ne serait que faire preuve d’hypocrisie.

Certes, tout ce qui a une connexion avec le vocable « sexe » en Afrique est frappé d’un ou des tabous à divers degrés. N’y-a-t-il pas alors, à l’heure actuelle en Afrique, d’autres «déviances» sexuelles à même de déchaîner l’intolérance des gardiens de la morale des traditions et des religions?

Il suffit pourtant d’ouvrir les yeux

Célhia de Lavarène a dirigé plusieurs missions de l’Onu (Organisation des Nations Unies) contre le trafic des êtres humains. Révoltée par l’inertie de celle-ci à défendre les femmes forcées à se prostituer et réduites au silence, elle a créé son Ong « Stop Trafficking Of People » et écrit un livre (Un visa pour l’enfer, Fayard 2006) pour dénoncer les trafiquants et leurs clients complices. Sur la base de ces diverses expériences, Mme de Lavarène a livré son témoignage autour du visage de ce phénomène en Afrique à nos confrères de l’Agence Syfia : « Au Libéria, nous étions parvenus en 2004 à stopper l’arrivée de jeunes Marocaines, Roumaines et autres, en plaçant des hommes à l’aéroport, au port et en surveillant les routes. Nous savions qui entrait et sortait du pays. Mais l’Onu a décidé que le trafic des êtres humains n’était plus une priorité. Mon équipe a été démantelée. D’autres night-clubs ont ouvert et d’autres jeunes ont été amenées à nouveau au Libéria ». « Tous les pays du monde sont touchés par ce trafic », dit-elle en évoquant l’ampleur du phénomène. « Mais il y a des zones de transit importantes comme Abidjan, en Côte d’Ivoire. Dès qu’elles atterrissent dans ce pays, les filles sont placées, pour une courte durée, dans les nombreux night-clubs et bars. Ensuite, elles sont vendues au Liberia, au Ghana ou envoyées dans toute l’Europe. Cela dépend de l’acheteur. Passer par l’Afrique de l’Ouest est avantageux pour les trafiquants car les frontières sont poreuses et moins surveillées à cause des nombreux conflits qui y sévissent. Les lois y sont plus laxistes et la corruption bat son plein », précise C. de Lavarène en donnant une idée de la manière dont le trafic des femmes a contaminé l’Afrique occidentale et s’y manifeste.

Dans un contexte juridique permissif en Afrique de l’Ouest, la technique d’enrôlement des victimes de ce trafic est la suivante, selon l’auteur d’Un visa pour l’enfer : « Les trafiquants ont des recruteurs/euses qui se chargent de séduire les victimes. Celles-ci ont entre 14 et 25 ans et viennent souvent de villages isolés, de pays où la situation socio-économique est très difficile. Ils deviennent amis avec la famille ou font semblant d’être amoureux en demandant la main de la jeune fille. Les filles sont aussi kidnappées ou tombent dans le piège de petites annonces pour un travail à l’étranger (serveuse, nounou etc.). Arrivées dans un pays qu’elles ne connaissent pas et dont elles ne parlent pas la langue, elles se voient confisquer leur passeport par les trafiquants qui les dépouillent de tout effet personnel, jusqu’à leur propre nom… Elles restent enfermées pendant six mois, parfois un an, avant d’être vendues et envoyées en Europe. Elles sont même parfois achetées et essayées sur place, dans les night-clubs… Je ne me targue pas de changer le monde, mais je veux au moins l’informer. Il est très important de savoir ce qui se passe autour de nous… ».

Ces témoignages, faits et gestes tout autant immoraux comme l’homosexualité (si l’on se base du moins sur l’indice de moralité qui sert à vitupérer en Afrique contre l’union de deux individus du même sexe) n’émeuvent pas (hélas !!!) encore sur le continent le plus pauvre du monde, au même titre que l’homosexualité. Les exciseuses traditionnelles sévissent toujours, les passeurs de réseaux de prostitution sont très rarement inquiétés en Afrique, en dépit des démantèlements dont sont victimes de temps en temps leurs réseaux en Occident. Travailleuse sociale camerounaise, Amély-James Koh Bela milite depuis plus de 10 ans contre la prostitution africaine en Europe. Une prostitution dont les contours sont définis en Afrique avant son exportation sur le « Vieux continent » (Europe). « Chaque jour, des femmes et des enfants sont piégés par des annonces dans les magazines, des demandes en mariage sur Internet ou des familles qui, poussées par des estomacs vides, les mettent à la rue. Dans la filière africaine, il se passe les choses les plus immorales, indécentes et inhumaines qu’on puisse imaginer (pornographie sauvage, rapports sans préservatifs, zoophilie). Les Africaines à la tête de ces réseaux sont entourées d’hommes de main qui vont chercher les filles dans les pays d’origine, les déplacent, les surveillent et, au besoin, les brutalisent (brûlures, défigurations, meurtres) dans l’anonymat et l’indifférence la plus totale. Depuis une décennie, le nombre total de prostituées en Europe aurait été multiplié par six. L’Oim (Organisation internationale pour les migrations) y estime à environ 500.000, le nombre d’étrangères prostituées. En France, à titre d’exemple, la part des Africaines dans la prostitution est passée de 7% en 2000 à 40% en 2005. Les prostituées viennent principalement du Cameroun, du Nigeria, du Ghana, de la Sierra Leone, du Liberia et du Bénin », confie Mme Bela au micro de l’Agence Syfia. Tout en exprimant sa colère vis-à-vis du laxisme qu’orchestrent les premiers responsables africains devant cette prostitution : « Mon étonnement vient de la démission des gouvernements africains qui ne font pas de la lutte contre ce trafic une priorité alors que la crise alimentaire qui secoue leurs pays nous fait craindre le pire. La présence de complices dans les consulats et les préfectures de police en Europe rend la lutte plus complexe ».

Comme si tout ceci ne suffisait pas, au même moment, les mariages forcés de jeunes filles pubères avec des polygames invétérés a encore de beaux jours devant eux, même s’ils déjantent l’avenir psychologique et social de ces filles. Nonobstant le fait selon lequel cette dernière pratique n’est pas le lot de l’Afrique. Même le tournage de films X s’est invité dans ce décor abject, à côté des séances de strip-tease dans les discothèques, bars, restaurants et pubs africains. Mieux, l’accès aux supports de film X est aujourd’hui très aisé pour les mineurs en Afrique, paupérisation et piraterie du disque en ayant balisé le terrain. Cette litanie d’inconduites ne déclenche pas à satiété le courroux de responsables religieux, comme on l’observe vis-à-vis de l’homosexualité. La pérennisation de l’espèce humaine «africaine» n’est pas en jeu à travers ces inconduites précitées, diront les «sages» de la morale sexuelle de cette partie du monde.

Au total, les gardiens de la morale africaine semblent pratiquer la règle du « deux poids deux mesures » en abordant la thématique du « sexe » et ses pratiques. A quand donc les sermons au vitriol répétés contre les autres formes de «déviance» sexuelle sous les latitudes africaines ? Quand est-ce que les codes pénaux africains vont réellement pousser derrière les barreaux les auteurs de trafics de femmes, de mariage avec des mineurs, la vente d’articles immoraux à des enfants etc. ? La réponse est sue de tous. 

Edem GADEGBEKU


Echapper à la pauvreté via le mariage en Afrique : Internet, aire de peines plus que de joie

La révolution de l’Internet n’a épargné aucun secteur d’activité. De l’économie à la politique en passant par la publicité, tous les secteurs sont atteints (positivement). La vie sentimentale n’y échappe pas. Les cyber-rencontres sont aujourd’hui la mode pour la majorité des jeunes filles africaines. L’Internet est le lieu de rencontre du prince charmant, du « richissime blanc », du « pépé millionnaire », qui sortira ces dernières de la pauvreté. Mais, si ces rencontres occasionnent parfois de grandes histoires d’amour, elles sont souvent des pièges des proxénètes.

L’an 2007 restera à jamais une « année de gloire » pour Anita E., une camerounaise de 22 ans mordue de l’Internet, car c’est en cette année qu’elle a rencontré son « blanc ». Installée en plein «chat » devant un ordinateur dans un cybercafé à Yaoundé, pantalon patte d’éléphant, T-shirt moulant comme l’exige la mode actuelle, Anita vient de fermer sa boîte aux lettres. Les yeux pétillants, elle esquisse quelques pas de danse, sort un billet neuf de 5.000Fcfa et envoie sa copine payer des boissons canettes pour les employés du cyber. « J’arrose mon mariage ! Votre cyber m’a donné la chance. Mon blanc arrive lundi soir par Air France, il apporte tout le trousseau de mon mariage. Vous êtes tous conviés. Ah, mes sœurs, Dieu n’oublie personne ! Moi aussi je vais pouvoir mettre ma famille à l’abri du besoin et aller vivre en Europe comme mes copines qui s’étaient précédemment mariées avec des hommes blancs pêchés sur Internet… » déclare t-elle.

Ce fait divers rapporté en 2007 par la journaliste camerounaise Yvette Mbogo Medzogo, illustre parfaitement la quête du « précieux homme blanc » à laquelle des milliers d’Africaines se livrent de nos jours. A l’heure où Anita exulte, d’autres « internenettes » (des filles qui explorent la Toile à la recherche de l’âme sœur) persévèrent dans leur « chat » ; elles ne laissent « nulle page où leurs photos ne passent et repassent ».

Ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis de nombreuses années, des magazines comme Amina, Planète Jeunes, etc., édités en Europe et vendus en Afrique, publient de petites annonces sous la rubrique correspondance. « J’ai  rencontré Thomas, un ami Français par le biais du magazine Amina il y 8 ans. Il m’a beaucoup aidé quand j’étais encore lycéenne, sans poser de conditions : envoie de documents scolaires, quelques Euro parfois,… Il se considérait comme mon professeur de physiques (j’était nulle dans cette matière) puisqu’il faisait la biochimie à l’université. Aujourd’hui, nous sommes plus que des amis ! » affirme Essiomlé T., gestionnaire de compte dans une agence de Banque à Lomé. Auparavant, les contacts se nouaient par la poste avec tous les risques de ce canal, « l’incertitude que le courrier, qui contient souvent des photos, arrive à son destinataire », ou qu’il arrive tardivement. « Certaines filles envoyaient même des photos très suggestives dans les hôtels et /ou agences de tourisme », confie Sonia d’Oliveira, vacancière à Cotonou. L’avènement de l’Internet a changé la donne.

Dorénavant, les « investigatrices de mari blanc » ont la certitude que le « mariage réussi et heureux » se trouve au bout de la souris. Aussi, parcourent-elles la Toile avec ténacité, tissant des relations par intérêt (rarement par amour), avec pour seul but trouver son « blanc ». La procédure est la même pour toutes ces filles : s’inscrire sur un site de rencontres en ligne à l’instar de sseduction.fr, meetic.fr, etc. avec une annonce du genre : « charmante jeune Sénégalaise de 19 ans ; 1m70 pour 45 kg ; cherche un homme blanc de 30 à 99 ans pour relation sérieuse pouvant aboutir au mariage. NB : Aventuriers s’abstenir ».

« Le mariage burkinabé »

Pour Albert Tingbé Azalou, professeur de socio anthropologie à l’université  d’Abomey Calavi (Bénin), « l’ambition et l’extraversion sont à la base de cette obsession qu’ont certaines femmes africaines en quête du mari blanc salvateur. A cela, ajoutons le désir de séjourner en Europe, de s’offrir des facilités d’insertion, une supposée qualité de vie » supérieure. L’envie de certaines femmes de se marier hors de leur milieu social peut-être aussi liée à un sentiment de rejet. « Certaines Togolaises ayant posé des actes proscrits (comme la prostitution) par leur entourage, se retrouvent mises au ban de la société. Ainsi la seule façon pour elles de se réconcilier avec les leurs, c’est de contracter un mariage et de fonder une famille ». Dans cette vision, des chercheurs ouest africains ont identifié ce qu’ils qualifient de « mariage Burkinabé ». « Ces femmes vont à la frontière entre le Togo et le Burkina Faso, s’unissent aux transporteurs, douaniers ou policiers et fondent une famille ! » explique le Professeur Azalou. Désormais, dans « un village planétaire », elles ne se fixent plus de limite dans leur quête du bon mari. Cela aboutit souvent à un mariage fortuit, basé beaucoup plus sur le besoin de se refaire socialement, que de se marier au sens propre du terme.

Quel avenir pour les rencontres par Internet ?

Au regard de ce phénomène qui prend de l’ampleur, l’ultime question qui se pose serait, est-ce que les relations issues d’Internet ont autant de chance que les autres de durer dans le temps, voire de réussir ? Nul ne saurait y répondre convenablement ! Néanmoins, selon un sondage réalisé en 2005 par l’Institut français d’opinion publique et d’études de marché (Ifop) pour le compte du site Internet « Meetic », porté sur 2.500 européens, 54% des Anglais répondent oui, alors que les Italiens plus sceptiques sont seulement 5% à donner une réponse favorable. De plus, huit européens sur dix pensent que les cyber-rencontres sont appelées à  se développer fortement. Ceci parce que « le mode de vie européen secrète des contraintes qui ne favorisent pas des rencontres physiques ». Les conséquences issues de ces rencontres sont souvent désastreuses dans la mesure où les conjoints se rendent compte très rapidement qu’ils ne se connaissent pas réellement. Et comme le dit si bien une journaliste Ivoirienne : « le mariage, c’est la mise en commun de deux modèles différents ». Quand ces « modèles » ne se complètent pas, la cohabitation s’avère difficile voire impossible. Certes, « le conflit est inévitable dans un ménage. Dans le même temps, les divergences se trouvent amplifiées lorsqu’il s’agit de mariage entre deux origines ethniques non semblables », renchérit le professeur A. T. Azalou.

Notons cependant que ces cyber-rencontres tournent le plus souvent au vinaigre avec les proxénètes à l’affût.

Les pièges des proxénètes

Depuis une dizaine d’années, les réseaux de proxénétisme prolifèrent. Ils sont devenus transnationaux et difficile à démanteler. L’Internet constitue un moyen à vil prix pour les proxénètes de faire leur trafic (d’êtres humains et de prostituées étrangères). En ce sens, les Africaines peu sensibilisées et mal informées de ce fléau, mais subjuguées par la perspective d’un « eldorado occidental » sont des proies très faciles.

Quand le proxénète ne joue pas à l’homme charmant qui fait une grande rencontre amoureuse, il revêt le manteau du « recruteur pour le compte d’une multinationale ». Les critères de sélection sont souvent accessibles à nombres de jeunes filles africaines « naïves ». « Niveau d’études BAC ou moins, âgée de 19 à 25 ans, bel aspect physique, fine et gracile … », explique Nadou, une Togolaise de 20 ans, victime de proxénétisme. Ces annonces promettent, des salaires motivants, de nombreuses possibilités de voyages dans le monde entier et des facilités de voyages de retour au pays. Lorsque les candidates mordent à l’appât, la machine implacable se met alors en branle. La victime peut recevoir une fausse invitation de la société évoquée dans l’annonce. « Lorsqu’il est difficile d’obtenir le visa au Togo par exemple, ils peuvent tenter leur chance au Nigeria ou ailleurs. Ils privilégient les pays où il y a le plus de failles dans l’administration de l’immigration », fait remarquer Alex V., employé dans un consulat à Lomé. Parfois, « les proxénètes ont de vrais passeports de pays occidentaux. Ils enlèvent la photo qui est sur le document et la remplace par celle de leur victime. Cela brouille carrément les pistes puisqu’il s’agit d’une substitution d’identités », poursuit-il. Lorsque ces scénarii ne marchent pas, ils demandent le visa pour un pays voisin de leur destination finale. Une fois arrivés, ils sollicitent l’aide des passeurs pour traverser l’ultime frontière et le tour est joué.

Ce n’est que, quand les filles arrivent dans les pays où elles sont sensées travailler que leurs véritables supplices commencent. Les bourreaux « retirent tous les papiers, m’installent dans un studio où j’étais tenue de satisfaire les fantasmes sexuels des clients. Et bien entendu, ce sont eux qu’on payait… », témoigne Ingrid (24 ans) « schateuse », victime de proxénétisme.

Ces filles rentrent au pays (quand elles trouvent une issue de secours) les mains vides, l’âme remplit de douleurs, voire malades avec pour seule richesse leurs expériences à raconter. Dès fois, elles sont rejetées par la société. « Quand enfin une copine m’aide à rentrer au pays, j’étais confrontée à l’indignation de mes proches. Ceci parce qu’ils ont vu sur des sites pornographiques des photos où j’étais nue. Des photos osées que mon recruteur prenait lorsque nous étions amants, et que je croyais destinées à son album privé », renchérit Ingrid. Malheureusement, les victimes des proxénètes ne peuvent les poursuivre judiciairement, parce que « ces bandits s’appellent toujours par des surnoms et les adresses qu’ils utilisent sont fausses. On ne peut donc les identifier », affirme Nadou. Démanteler ces réseaux est aussi bien une difficulté majeure pour les forces de l’ordre des pays du Sud et celles du Nord.

Il est donc impératif que les jeunes filles africaines soient plus vigilantes vis-à-vis des « chat », car les « cyber-lover » conduisent peut-être au grand amour, mais sur la même piste de danse se retrouvent les pièges des proxénètes.

Charlotte DAKLOU

Golfe Info 530 du lundi 20 avril 2009

Affaire Kpatcha / Selon des défenseurs des droits de l’Homme : Des détenus privés de visites, Essolizam Gnassingbé introuvable

Suite  à l’interpellation de certaines personnalités civiles et militaires accusées de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, quatre responsables d’organisations de défense des droits  de l’Homme, sur demande de leurs structures respectives, ont rendu ce week-end, une visite aux détenus dans leurs différents centres de détention. A l’issue de cette « tournée », il ressort que certains détenus sont privés de visites alors que l’autre  demi-frère du chef de l’Etat qui a été appréhendé jeudi dernier, Essolizam Gnassingbé, est introuvable. C’est l’essentiel des informations livrées à la presse, lors d’une conférence de presse, samedi dernier à l’hôtel Ibis de Lomé, par trois des quatre organisations qui ont rendu visite aux personnes interpellées dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé. La quatrième organisation, le HCDH, ayant indiqué qu’il devrait rendre compte à sa hiérarchie avant toute  publication.

Trois civils et dix-huit militaires, soit au total 21 personnes, toutes de sexe masculin, c’est le nombre de détenus visités par les responsables de la CNDH (Commission Nationale des Droits de l‘Homme), de la LTDH (Ligue Togolaise des Droits de l’Homme), du MTDLDH (Mouvement Togolais de Défense des Libertés et des Droits de l’Homme) et du HCDH (Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme) samedi  dernier. Les lieux de  détention et l’identité des détenus demeurent toujours  un mystère. Les conférenciers ayant décidé de ne pas les révéler La raison évoquée pour soutenir une telle  démarche est la sécurité des détenus et la poursuite de la procédure judiciaire.

Selon Claude Vondoly, Président du MTDLDH, l’équipe a  vu 21 personnes qui «existent  physiquement». Elles sont apparemment bien portantes et déclarent n’avoir pas fait l’objet de mauvais traitements depuis leur interpellation jusqu’au moment où l’équipe a effectué sa visite. D’après ces défenseurs des droits de l’Homme, « de manière générale, les détenus ont certifié ne souffrir d’aucune maladie, et encore moins de mal nutrition ».

Toutefois, rapportent-elles, « le député Kpatcha Gnassingbé a indiqué qu’il était sous surveillance médicale avant son interpellation et que cette surveillance continue avec le médecin de la famille que l’équipe dit avoir rencontré sur place ». Un des militaires interpellés qui soutient souffrir de douleurs au niveau du thorax avant son interpellation, aurait confié avoir aussi reçu des soins, ajoutent les conférenciers.

A la question de savoir comment va l’autre demi-frère du Chef de l’Etat, Essolizam Gnassingbé, les exposants n’ont pu fournir la moindre information le concernant.

Interpellé jeudi dernier, Essolizam est accusé d’avoir pris part au présumé complot organisé par son frère Kpatcha Gnassingbé, et qui visait à prendre le pouvoir au Togo lors d’un déplacement du chef de l’Etat en Asie. Il  dirige à Lomé une agence de publicité après avoir étudié à Paris. Essolizam fut le président du Comité d’organisation du musée Gnassingbé Eyadema de Pya, inauguré en avril 2007.

A la fin de leur entretien avec les détenus, les responsables de ces organisations confient avoir eu une séance de travail avec le ministre des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique, Me Yakoubou  Amadou et celui de la Sécurité et  de la Protection Civile, le Colonel Atcha Mohamed Titikpina. A ceux-ci, ils auraient soumis des doléances. Ils disent  leur avoir notamment demandé de favoriser la visite des familles des détenus à ces derniers qui en sont pour l’heure privés ; de veiller à la salubrité de la literie et des lieux de leur détention; de faire continuer le suivi médical des détenus malades ou sous surveillance  médicale avant leur interpellation.

Pour des raisons de procédure, le HCDH n’a pas cosigné le communiqué ayant sanctionné leur entrevue avec les détenus.

Des présumés coupables jouent aux cartes !!!

Les associations de Défense des Droits de l‘Homme qui ont rendu visite samedi dernier aux présumés comploteurs interpellés dans l’affaire dite Kpatcha Gnassingbé, ont révélé avoir vu  au cours de leur visite certains détenus  entrain de jouer aux cartes. Une  preuve pour eux que ceux-ci sont dans de  bonnes conditions.  Par principe souligne par contre un observateur, « partout au monde, dans une affaire où on ne connaît  pas les tenants et les aboutissants et où il y a plusieurs détenus qui vont être écoutés pour statuer sur leur culpabilité, ils sont  toujours gardés à des endroits différents pour éviter qu’ils n’échangent ». De ce fait, il voit mal comment les présumés coupables peuvent être mis ensemble et se mettre à jouer aux cartes dans cette affaire où de lourdes charges pèsent sur eux. Il s’agit notamment de : « tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, de groupement de malfaiteurs, de  rébellion, de violences volontaires avec  usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires ». On dirait aussi que les détenus ne sont pas inquiets quant à la lourdeur de la peine qu’ils encourent au regard de l’article 230 du code pénal qui stipule que « le complot formé pour  préparer un attentat contre la sûreté intérieure de l’Etat est punissable dès que la résolution d’agir a été arrêtée entre plusieurs personnes ». Pour un juriste, cette sérénité apparente peut être la preuve que ces présumés comploteurs n’en sont pour rien dans ce qui leur est reproché.

Abdou Yêkini RADJI


Audition de l’ex-ministre de la Défense : Kpatcha Gnassingbé ne veut pas d’avocat

Le député Kpatcha Gnassingbé était devant le juge d’instruction  vendredi 17 avril dernier à Lomé. A cette occasion, il aurait, selon des sources judiciaires, refusé d’être assisté par un avocat. Kpatcha Gnassingbé a donc été auditionné par le juge Koffi Ernest Bignang et les charges qui pèsent contre sa personne lui ont été signifiées.

Le député de la Kozah a été arrêté le mercredi le 15 avril 2009 devant les locaux de l’ambassade des Etats-Unis à Lomé où il cherchait à se réfugier. Il a été inculpé pour « tentative d’attentat contre la sureté de l’Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires ».

L’audition du vendredi dernier est l’enclenchement de la procédure judicaire qui devait aboutir au jugement du demi-frère du chef de l’Etat. A l’issu de cette procédure, l’ex-ministre                                de la Défense peut être déclaré ou non coupable  des charges suscitées. Dans le cas où il est déclaré coupable, à défaut d’être condamné à la peine capitale, Kpatcha Gnassingbé risque la prison à vie. Toutefois, selon certaines dispositions du code pénal togolais, il pourra recourir à la grâce présidentielle.

Qu’est-ce-que la grâce présidentielle?

Selon l’article 515 et suivant du code de procédure pénale, «  toute condamnation pénale, principale, complémentaire ou accessoire, toute mesure de sureté prononcée par la juridiction pénale peut être levée par la grâce présidentielle ». Les recours à cette grâce peuvent être adressés soit directement au président de la République, soit par la voie hiérarchique judiciaire. Dans ce dernier cas, précise l’article 516 du                                                                                                                                                                               code de procédure pénale, le ministère public transmet le recours avec son avis sur la suite à réserver.

La grâce peut être pure, simple ou conditionnelle. Elle (la grâce) n’est applicable qu’aux condamnations devenues définitives.

Lorsque cette grâce est accordée à un condamné perpétuel avec commutation en emprisonnement à temps, le décret de grâce précise le point de départ de la peine à temps. A défaut de précision, ce point de départ est fixé au jour de la mise à exécution de la peine perpétuelle.

La grâce présidentielle, il faut le noter, peut substituer une amende à une peine d’emprisonnement. L’amende est recouvrée à la diligence du greffe de la juridiction ayant statué. A défaut de paiement de l’amende, l’emprisonnement est maintenu.

Le recours en grâce n’est pas suspensif. Toutefois, le ministère public, d’office ou sur instruction du ministère de la Justice, peut surseoir à l’exécution de la condamnation en attendant la décision présidentielle. Il doit surseoir à chaque fois que la mise à exécution aurait pour effet de créer une situation irréversible ôtant toute portée à la grâce sollicité. Le délai d’examen du recours en grâce est suspensif de la prescription de la peine.

Le décret de grâce présidentielle peut également, au lieu d’accorder une remise simple de la peine, accorder au condamné le bénéfice du sursis avec ou sans obligations particulières. La grâce n’a pas d’effet amnistiant. Toutefois, le casier judiciaire mentionne les effets de la grâce à côté de la condamnation remise ou commuée.

 Rodolph TOMEGAH


Fonctionnement des institutions judiciaires au Togo : Abalo Pétchélébia confesse les difficultés de la Cour suprême

La cour suprême du Togo connaît un certain nombre de problèmes liés à son fonctionnement. C’est ce qu’a estimé son président, Abalo Pignakiwè Pétchélébia, dans une interview accordée à presidencetogo.tg (le site officiel d’informations de la présidence togolaise).

D’après M. Pétchélébia, la Cour suprême togolaise, telle qu’elle se présente aujourd’hui, fonctionne au rabais. Et pour cause, elle n’est pas complètement bien structurée. « Même si la Cour travaille avec deux chambres, il reste encore à faire. Mon projet est de faire éclater ces deux chambres pour un fonctionnement plus efficace de mon institution. Après éclatement de la chambre  judiciaire par exemple, on peut avoir une section commerciale, une section civile et une section pénale », a indiqué le président de la Cour suprême avant de déplorer  le manque de magistrats devant siéger à la chambre administrative et celui du personnel devant servir de relais. « C’est le second problème auquel nous sommes confrontés. Il nous faut normalement cinq (5) magistrats à la chambre administrative. On se débrouille actuellement en attendant un décret du chef de l’Etat pour régulariser la situation ».

Les difficultés de la Cour suprême ne se sont pas que administratives. Elles sont également d’ordre matériel. A en croire Abalo Pétchélébia, cette haute juridiction de l’Etat ne dispose pas de site web. Pire, dit-t-il, le personnel ne dispose pas de locaux décents pouvant lui permettre de faire efficacement son travail. « Nous sommes aujourd’hui mal hébergés. Il nous faut donc deux salles d’audience : l’une pour la chambre judiciaire et l’autre pour la chambre administrative », a indiqué l’ancien président de la Cour d’Appel de Lomé qui a par la même occasion déploré l’étroitesse du budget consenti à son institution.

La Cour suprême est la plus haute juridiction en matière judiciaire et administrative au Togo. Elle a deux branches d’activité. Non seulement elle est une cour judiciaire, mais aussi elle collabore aussi sur le plan administratif avec les autres institutions de la République. Sur le plan judiciaire, la Cour suprême connaît  des décisions rendues en dernier ressort par les juridictions inférieures, c’est-à-dire les tribunaux et les Cours d’appel. Elle est composée de deux chambres : une chambre judiciaire (qui connaît des dossiers civil et commercial ainsi que des dossiers correctionnels dont les décisions sont rendues en dernier ressort) et une chambre administrative (qui connaît des décisions rendues en matière administrative par la chambre administrative des Cours d’appel).

Rodolph TOMEGAH


Avec l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé : Faure n’a plus d’excuses

Pendant ces quatre dernières années, et même  lors des deux derniers mandats d’Eyadema Gnassingbé, les caciques du parti  au pouvoir sont tenus pour responsables de l’immobilisme dans lequel végète le régime et par ricochet l’Etat togolais tout entier. Avec l’inculpation de Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’Etat, taxé depuis le 05 Février 2005 (date du coup d’Etat qui a suivi le décès du « père de la nation ») de conservateur (par opposition à Faure qui incarnerait  le courant des réformateurs du clan Eyadema), le pouvoir n’aura plus d’excuses.

D’après plusieurs sources, si Faure Gnassingbé a pu mettre son demi- frère qui aurait œuvré pour son accession au pouvoir au cachot, c’est dire  qu’il lui sera très facile, si non trop facile de ne plus permettre  à un quelconque « nostalgique du retour en arrière »   de l’empêcher de faire du Togo un Etat démocratique. Un Etat où seule la force de la loi primera et où l’Armée qui se veut désormais républicaine, ne va plus intervenir dans le jeu politique en faveur d’une personne, d’un clan ou d’un parti politique à qui le peuple souverain aurait refusé dans sa grande majorité, le suffrage.

En attendant le dénouement de cette affaire que certains qualifient de « grotesque montage destiné  à neutraliser un adversaire politique », malgré les éléments de l’enquête judiciaire, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont  encore huit mois pour prouver aux togolais  et au monde entier qu’ils sont des démocrates   prêts à céder le pouvoir en cas de défaite électorale, et disposer à ne plus ou pas abuser de  leur position pour opprimer ceux qui ne partagent pas leur vision. Car la démocratie s’entend aussi respect  de l’opinion de l’autre et acceptation de l’alternance au pouvoir. Pour ceux qui doutent encore, lors du dernier conseil des ministres, Faure Gnassingbé a indiqué que «la marche du Togo vers la démocratie apaisée, la construction de l’Etat de droit, le respect des Droits de l’Homme et la réconciliation nationale est irréversible». 

D’après plusieurs sources, si Faure Gnassingbé a pu mettre son demi- frère qui aurait œuvré pour son accession au pouvoir au cachot, c’est dire  qu’il lui sera très facile, si non trop facile de ne plus permettre  à un quelconque « nostalgique du retour en arrière »   de l’empêcher de faire du Togo un Etat démocratique. Un Etat où seule la force de la loi primera et où l’Armée qui se veut désormais républicaine, ne va plus intervenir dans le jeu politique en faveur d’une personne, d’un clan ou d’un parti politique à qui le peuple souverain aurait refusé dans sa grande majorité, le suffrage.

En attendant le dénouement de cette affaire que certains qualifient de « grotesque montage destiné  à neutraliser un adversaire politique », malgré les éléments de l’enquête judiciaire, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont  encore huit mois pour prouver aux togolais  et au monde entier qu’ils sont des démocrates   prêts à céder le pouvoir en cas de défaite électorale, et disposer à ne plus ou pas abuser de  leur position pour opprimer ceux qui ne partagent pas leur vision. Car la démocratie s’entend aussi respect  de l’opinion de l’autre et acceptation de l’alternance au pouvoir. Pour ceux qui doutent encore, lors du dernier conseil des ministres, Faure Gnassingbé a indiqué que «la marche du Togo vers la démocratie apaisée, la construction de l’Etat de droit, le respect des Droits de l’Homme et la réconciliation nationale est irréversible».

Marc D. KOUAKANI-ASSI

Golfe Info 529 du vendredi 17 avril 2009
Inculpé pour attentat à la sûreté de l’Etat : Kpatcha Gnassingbé risque la peine capitale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrêté mercredi dernier devant l’ambassade des Etats-Unis où il cherchait refuge, le député Kpatcha Gnassingbé  a été inculpé pour « tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires ». Détenu actuellement et mis à la disposition de la Justice,  le demi-frère du chef de l’Etat togolais risque, au regard des dispositions prévues par le code pénal togolais, une condamnation à la peine capitale ou dans une moindre mesure la perpétuité au cas où ces chefs d’accusation  sont avérés.

Suivant le communiqué du Procureur de la République en date du mercredi 15 avril 2009, les investigations menées par la gendarmerie sur réquisitions du parquet ont révélé des indices graves et concordants impliquant le député Kpatcha Gnassingbé comme organisateur du complot d’attentat à la sûreté de l’Etat. « Face à cette flagrance et conformément à l’article 53 alinéa 3 de la Constitution, le président de l’Assemblée nationale a été informé et par réquisition introductive datée du 14 avril 2009, une information a été ouverte au 3ème cabinet du juge d’instruction contre le député », précise le communiqué. C’est suite à ces informations  qu’un mandat d’arrêt a été lancé contre le principal présumé qui a été appréhendé à l’aube  mercredi dernier. Les premiers résultats des investigations et perquisitions ont permis de retrouver à son domicile des armes de guerre, une jeep immatriculée FAT-1329-A contenant une mitrailleuse 12/500 de fabrication chinoise et plusieurs autres armes et munitions.

Actuellement mis à la disposition de la Justice, Kpatcha Gnassigbé risque un emprisonnement à perpétuité si les charges portées contre lui arrivent à être justifiés. D’après les dispositions du Code pénal, les peines encourues par l’élu de la Kozah vont d’un mois d’emprisonnement à la peine de mort.

Selon l’article 222, alinéa 3 du code pénal, « sera puni de peine de mort pour trahison tout Togolais qui aura porté les armes contre le Togo »; plus loin, les articles 229 et 230 de ce code stipulent respectivement : « Sera puni de mort quiconque, dans le but de détruire ou de renverser les institutions du pays, aura excité les citoyens à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou aura armé des mercenaires » ; « le complot formé pour préparer un attentat contre la sûreté intérieure de l’Etat est punissable dès que la résolution d’agir a été arrêtée entre plusieurs personnes ». Pour le groupement de malfaiteurs, le risque couru est de cinq à dix ans de réclusion tandis que pour les violences volontaires et la rébellion, la peine varie  d’un mois d’emprisonnement à la réclusion perpétuelle et à la peine de mort (articles 143 à 148 du code pénal). Par référence à toutes ces dispositions, nombreux sont les observateurs avisés qui ont du mal à croire à leur application pleine et entière. Ces derniers se demandent alors si Faure Gnassingbé, chef de l’Etat et premier magistrat du Togo, irait jusqu’à condamner son demi-frère à la peine capitale.

M. Kpatcha G. sera-t-il condamné à la peine de mort ?

Suivant les dispositions sus-citées, les probabilités pour que le député Kpatcha Gnassingbé échappe à la peine de mort sont très faibles en ce sens que l’inculpé a été appréhendé en flagrant délit de détention d’armes et de munitions. Or, le Togo ayant entamé le processus d’abolition de la peine de mort et pour avoir ratifié plusieurs textes et conventions allant dans le sens de l’abolition de cette peine, « elle est tombée en désuétude et les magistrats ne l’appliquent plus », a précisé le Procureur de la République, Robert Bakaï. Le député de la Kozah sera donc exempté de la peine de mort s’il venait à être reconnu coupable par la Justice togolaise. Il pourrait alors être condamné à perpétuité.

Pour l’heure, malgré que les charges portées contre Kpatcha Gnassingbé et « ses compagnons » sont graves et lourdes, ils demeurent protégés par la loi de la présomption d’innocence et sont traités dans le respect de ces dispositions, a indiqué M. Bakaï.

Sédjrawodo ADRY


Perquisition au domicile de Kpatcha et des présumés comploteurs : L’arsenal d’attaque présenté à la presse

Sur la cour de la gendarmerie nationale hier après-midi à Lomé, le procureur de la République, Robert Bakaï, et le Commandant Kodjo Amana de la gendarmerie nationale ont présenté à la presse nationale et internationale les résultats de leurs investigations et des perquisitions menées aux domiciles des  présumés comploteurs de l’opération d’atteinte à la sûreté de l’Etat du 13 avril dernier. Il s’agit de deux jeeps d’immatriculation FAT (Forces Armées Togolaises) dont l’une a été retrouvée au domicile du député Kpatcha Gnassingbé lors de l’opération de la nuit du 12 au 13 avril 2009, et plusieurs armes de différents calibres avec leurs munitions : (une mitrailleuse 12/500 de fabrication chinoise, des armes de guerre, des fusils à lunettes de type 19 AK 47 ou kalachnikov, des AK MP 5/5 et 14 AK MP 5/3 avec leurs accessoires, une mallette contenant des armes retrouvées dans la voiture du député de la Kozah lors de son arrestation devant l’ambassade des Etats Unis au Togo, 2 PM Mag 49, des armes silencieuses, des armes de pointe des PA Berreta et des revolvers Magnum). Ces armes suscitées sont «dites de guerre». Parmi les arsenaux, il y a également des armes de chasse comme des carabines silencieuses, des fusils de chasse de calibre 12 et une caisse de grenades lacrymogènes. Des équipements optiques tels que des paires de jumelles ont été aussi exposés. Outre ces équipements, on note également 15 postes émetteurs-récepteurs avec leurs accessoires, quatre ordinateurs portables, une imprimante portable, des téléphones portables (ordinaires et satellitaires de type Turaya) et des kits des deux opérateurs téléphoniques présents au Togo. Ont aussi été présentés à la presse hier : des habillements notamment des gilets par balles, des bottes de combat, des tissus de treillis, des treillis, et des portes chargeurs. Par ailleurs, des plaques minéralogiques  d’origines  togolaise et étrangère ont en outre été aussi présentées à la presse.  Les investigations et les perquisitions se poursuivent d’après le procureur de la République. Le député Kpatcha et les présumés comploteurs sont d’après Robert Bakaï traités dans le respect de la présomption d’innocence. Le procureur de la République a par ailleurs précisé que malgré les  indices graves et concordants rassemblés et impliquant ces derniers, ils ne sont pas encore déclarés coupables. Des mesures ont été prises pour que la détention de Kpatcha Gnassingbé soit acceptable, a-t-il précisé après avoir rappelé que c’est un citoyen qui a servi la nation.

Abdou Yêkini RADJI


Affaire Kpatcha Gnassingbé : De la sûreté de l’Etat à la violation de la Constitution

La justice peut-elle au nom de la sûreté de l’Etat mettre sous éteignoir les textes de la  République ? C’est la question qui hante les Togolais depuis la nuit du dimanche 12 avril 2009 où l’actualité togolaise est dominée par l’affaire dite Kpatcha Gnassingbé. Le domicile du député a été attaqué dans la nuit du 12 avril et lui même poursuivi puis arrêté 48 heures plus tard par les forces de sécurité. A lorsque certains, notamment l’UFC (Union des forces de Changement) de Gilchrist Olympio, pensent qu’il y a violation de l’immunité parlementaire d’un élu du peuple, d’autres évoquent le principe de prééminence de la sûreté de l’Etat sur les règles de procédure pour soutenir l’action du procureur de la République.

Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 avril 2009, le domicile du député Gnassingbé a été attaqué par des éléments d’une unité de l’Armée nationale (en appui, selon le procureur de la République, à la gendarmerie qui s’était rendue sur les lieux pour interroger des membres de l’entourage de Kpatcha Gnassingbé). Cette affaire qui vient d’aboutir à l’arrestation du parlementaire, met en collision des dispositions de la loi fondamentale.

D’après l’article 53 de la Constitution de la République togolaise, « les députés et les sénateurs jouissent de l’immunité parlementaire ». « Sauf  le cas de flagrant délit », l’alinéa 3 de cet article dispose que « les députés et les sénateurs ne peuvent être arrêtés ni poursuivis pour crimes ou délits qu’après la levée, par leur Assemblée respective, de leur immunité parlementaire ». C’est en vertu de ces dispositions de la constitution togolaise que l’UFC (Union des Forces de Changement) de Gilchrist Olympio, après avoir rappelé que « Kpatcha Gnassingbé est député à l’Assemblée nationale et jouit de l’immunité parlementaire », estime « qu’il ne saurait donc faire l’objet d’aucune procédure d’interrogation par la gendarmerie tant que l’Assemblée nationale n’a pas procédé, par un vote, à la levée de son immunité ».

Pour sa part,  le procureur de la République, se fondant sur la raison d’Etat et l’exception de flagrant délit de l’article 53, a ordonné l’inculpation de l’élu de la circonscription électorale de la préfecture de la Kozah. « Piétinant au passage, selon les termes d’un responsable politique, les dispositions de l’alinéa 4 de l’article ainsi cité ». En effet, indique ce dernier, le constituant togolais a pris soin d’ajouter à l’article susmentionné un quatrième alinéa qui dit entre autres : « Toute procédure de flagrant délit engagée contre un député ou un sénateur est portée sans délai à la connaissance du bureau de leurs Assemblées… ». Or, relève ce responsable politique, à la lumière d’un communiqué rendu public par le bureau de l’Assemblée nationale, celui-ci se serait réuni le jeudi 16 avril 2009 pour analyser le contenu d’une lettre en date du 14 avril 2009  par laquelle « le procureur a porté à la connaissance du président des faits auxquels s’ajoutent des déclarations qui constitueraient un crime flagrant, justifiant l’application de l’article 53, alinéa 3 de notre Constitution ». En d’autres termes, fait observer notre interlocuteur, le bureau de l’Assemblée n’a été officiellement informé du contenu de la lettre du procureur que 48 heures  après sa réception par le président de l’Assemblée qui, précise-t-il, n’est pas membre du bureau de cette institution. Car, explique notre source, d’après l’article 54 de la Constitution  togolaise, « l’Assemblée nationale et le Sénat sont dirigés par un président assisté d’un bureau… ». De cette disposition, cette source fait observer que saisir par courrier le président de la représentation nationale, ne s’entend pas, que le bureau de celle-ci ait été saisi. Par ailleurs, relève un praticien local du droit, « depuis le début de cette affaire, il y a eu violation de plusieurs dispositions de la constitution ». Pour ce dernier, « une fois que le député Gnassingbé est soupçonné d’actes subversifs, le procureur de la République se devait de saisir par courrier le président de l’Assemblée qui à son tour se devait de convoquer en toute urgence une réunion du bureau pour prendre connaissance de son contenu et émettre son avis sur le sujet ». Pour ce juriste, ni la perquisition du domicile du député ni sa poursuite et encore moins son arrestation ne devaient se faire avant la réunion du bureau de l’Assemblée Nationale relative à la lettre du procureur de la République.

Ces remarques faites, le responsable politique cité antérieurement laissera entendre  qu’autant il condamne toute méthode irrégulière et antidémocratique de prise du pouvoir d’Etat, autant il rejette toute violation  des procédures devant présider l’inculpation d’un citoyen, qui plus est un parlementaire «présumé coupable d’atteinte à la sûreté de l’Etat». En somme, il découle de tout ce qui précède que contrairement aux discours officiels, certains Togolais continuent de soutenir que la procédure ayant conduit à l’inculpation du député Kpatcha Gnassingbé a porté atteinte à des dispositions constitutionnelles, et que même la procédure à suivre en cas de flagrant délit n’a pas été suivie à la lettre. Ce qui a emmené Abass Kaboua, président du MRC (Mouvement des Républicains Centristes) à rappeler que tout ce scénario se déroule au moment où le gouvernement œuvre à moderniser la justice locale.

Marc D. KOUAKANI-ASSI


Menaces contre la sûreté de l’Etat : Faure G. partagé entre voyages et préservation de son fauteuil 

Le voyage prévu par le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, à destination de la Chine et de l’Inde lundi dernier, a été annulé suite aux évènements de la nuit du 12 au 13 avril 2009. Ce voyage, d’après les informations, devrait être l’occasion d’un coup d’Etat comploté contre lui par son demi-frère Kpatcha Gnassingbé dont l’interpellation a tourné en « échanges de tirs », selon le procureur de la République.

Les récents « toilettages » de la Constitution ayant dépouillé le premier ministre et les ministres d’importants pouvoirs de décisions, le Chef de l’Etat se voyait donc dans « l’obligation » de mener lui-même certaines négociations avec les partenaires. De plus, les conditions de son accession au pouvoir n’étant pas des plus régulières, il doit jouer la « politique de présence » auprès de la communauté internationale pour s’y garantir une place. Ce qui, selon certains observateurs, explique ses nombreux voyages et sa présence en personne à de nombreuses rencontres internationales où il pouvait se faire représenter par son Premier ministre, ses ministres voire même les ambassadeurs. Son apparent goût poussé du voyage ne vient que conforter cette situation. En témoignent ses nombreux déplacements tels ceux du seul mois de mars 2009 : au Burkina Faso le 1er ; au Gabon le 22 ; au Congo Brazzaville 48 heures plus tard et au Bénin le 30.

Au vu des derniers évènements, l’on est porté à se demander si le Chef de l’Etat maintiendra ce rythme, dans la mesure où son fauteuil est menacé. Cette situation n’est-elle pas une occasion pour le régime de réviser en profondeur la Constitution et décentraliser le pouvoir en redonnant d’importantes prérogatives au Premier ministre, aux ministres et aux ambassadeurs pour effectuer ces divers «périples» à la place du Chef de l’Etat ? Sans répondre directement à cette question, certains soutiennent tout simplement qu’il est temps que les marchandages politiques soient relancés au CPDC (Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation) en vue de déboucher sur une révision de la Constitution.

Komlanvi APEVINYEKOU


Rôle du parquet dans le fonctionnement de la justice au Togo : Robert Bakaï : « Tout ce qui se passe à l’intérieur des brigades et commissariats devrait être contrôlé par le procureur de la République »

« Il faut que le parquet ait la possibilité d’être effectivement le directeur de toutes les enquêtes judiciaires ». Ainsi s’exprimait le procureur de la République, Robert Bakaï (dans une interview accordée à presidencetogo.tg) à propos du rôle du parquet dans le fonctionnement de la justice togolaise.

D’après lui, le parquet a une lourde responsabilité dans la vie de la nation parce que la justice et les institutions judiciaires reposent en grande partie sur lui. Cette responsabilité, selon M. Bakaï, consiste également à faire respecter la loi et les droits de l’Homme. C’est pour cette raison que l’ancien juge du tribunal de Mango suggère qu’à l’avenir, le parquet ait la possibilité d’être effectivement le directeur de toutes les enquêtes judiciaires au Togo. « Tout ce qui se passe à l’intérieur des brigades et commissariats devrait être contrôlé par le procureur de la République », a-t-il indiqué avant de souhaiter que des mécanismes soient mis en place dans un futur proche, pour faire respecter les procédures afin d’arriver à un système judiciaire fiable. Jetant un regard sur les décisions de justice qui sont rendues dans la plupart des juridictions du Togo, Robert Bakaï a estimé que « certains magistrats rendent mal leur décision parce qu’ils agissent soit par ignorance, soit pour des raisons que beaucoup ignorent ». Toutefois, s’est-il réjouit, il y a heureusement des juridictions qui peuvent rattraper les décisions mal rendues en appel. « Dans la majorité des cas, nous avons des magistrats qui rendent de très bonnes décisions. Certaines de ces décisions qui ont été portées devant la Cour internationale d’arbitrage d’Abidjan ont été confirmées et les magistrats qui les ont rendues ont été félicités », a estimé l’ancien procureur de la République à Tsévié. Par la même occasion, ce dernier a insisté sur la formation des magistrats et la mise à leur disposition de moyens devant leur permettre de remplir convenablement leur tâche.

Rodolph TOMEGAH


Vulgarisation de la DUDH en langues locales : Des groupements féminins à l’honneur

Les femmes des préfectures du Golfe et de la Kozah seront sensibilisées au cours des deux semaines à venir sur la DUDH (Déclaration universelle des droits de l’Homme). Cette sensibilisation trouve son bien-fondé dans le cadre de la deuxième phase du projet initié par la CTDDH (Coalition togolaise des défenseurs de droits de l’Homme) dont le lancement a eu lieu hier à brotherhome à Lomé.

Cette campagne de la CTDDH, au-delà des activités de vulgarisation menée par le ministère togolais des Droits de l’Homme, de la consolidation de la démocratie et de la formation civique et autres organisations, revêt deux aspects particuliers. Il s’agit d’une part de cibler les groupements féminins composés naturellement de femmes dynamiques, souvent analphabètes alors que la DUDH a toujours été véhiculée dans les langues officielles du Togo, notamment le français . Ces femmes qui dans leurs activités régulières ont besoin de posséder les principes de droits fondamentaux dans leurs langues respectives, les langues nationales. Ainsi, au cours de cette campagne, la Déclaration universelle sera traduite en éwé et en kabyè et les femmes sensibilisées disposeront de la version en langues nationales (ewé et kabyè) de la DUDH.

Le projet vise d’autre part à répondre à la problématique du genre et développement pour signifier que les femmes autant que les hommes ont besoin de se former,  de s’informer et d’être éduquées  sur les questions des droits de l’homme.

D’après Carlos Kétohou, président de la CTDDH, beaucoup reste encore à faire pour une vulgarisation et divulgation  de la DUDH à travers le monde car, il existe des confins et des zones reculés où les peuples n’ont pas l’occasion de connaître le contenu de ce document. Or, estime M. Kétohou, « il est important pour les populations de connaître les droits qui sont les siens et les devoirs qui leur incombent. Une situation qui, poursuit-il, pose la problématique de la responsabilité individuelle et celle de l’Etat en matière de son applicabilité ».

Sedjrawodo A. ADRY


Championnat national de football de D1/ Leçons, enseignements et statistiques

Maranatha, nouveau leader

Le championnat national de football de première division, saison 2008-2009 était mercredi dernier à l’étape de la 8ème journée. Comme on pouvait s’y attendre le moins, ce nouveau chapitre a été marqué par le changement de leader à la tête du classement général, des contre-performances de certains clubs et une série de matches nuls pour d’autres.

Les journées se suivent et se ressemblent pour l’AC Merlan de Guy Adadémé. Recevant « les Messagers  de Fiokpo » (Maranatha) sur le terrain de Gbossimé à Lomé, les Académiciens de l’AC Merlan ont été épinglés par la bande au coach Wabi Gomez. Un but du défenseur Vincent Bossou consécutif à un corner tiré à la 24ème minute a scellé le sort de la partie. Grâce à ce succès, Maranatha (15 pts) qui était dès la 7ème journée dans la roue du leader ASKO, prend les commandes de la compétition.

L’autre rencontre qui se déroulait au même moment au stade omnisports de Lomé n’a pas connu de vainqueur. ASKO de Kara, malgré le but d’Aliou Mafadalou à la 37ème minute, sera rejoint par les Etoilistes, spécialistes des matches nuls de la D1 (l’Etoile Filante a déjà enregistré 5 nuls en huit sorties), à la 60ème minute. Le but égalisateur des Bleus de l’Etoile Filante portait la griffe de Kodjo Doumasséssé. Ce dernier ratera un penalty à la 81ème minute.

A près de 120 km  au Nord-Ouest de Lomé, le derby du grand Kloto entre Gomido de Kpalimé et Kotoko de Lavié est resté stérile en but, malgré la volonté des 22 acteurs. Ce score confirme l’abonnement des « Show Boys » de Gomido en matches nuls. Ils ont enregistré en tout 6 nuls dont 5 avec un score nul et vierge.

C’est d’ailleurs le même score (0-0) qui a sanctionné la rencontre Foadan – AS Douanes. Quant au face-à-face Koroki Métété de Tchamba- Togo Télécom, il a offert un score nul d’un but partout. Le but de la formation de Tchamba a été l’œuvre de son virevoltant milieu de terrain, Oukpédjo Imoara qui répondait à l’occasion à l’ouverture du score de Guy Klutsè de Togo Télécom.

Bon début pour le nouveau coach de l’USM, Paul Messan Zoungbédé. Son coaching a permis à l’USM de renouer avec le succès en battant à domicile l’AS Togo Port, 2-1. Et pourtant, ce sont les visiteurs qui ont ouvert la marque grâce au but d’Abraham Akpagli (il marquait son 4ème but de la saison et rejoint Kpatoumbi Liabey d’ASKO à la tête du classement des  buteurs) à la 70 ème minute. L’euphorie ne sera que de courte durée puisque 3 minutes plus tard, Kango Kpodar égalisait pour les Lions du Sud. Ces derniers corseront l’addition à la 83ème minute sur coup franc, œuvre de Daté Amégnifia.

Les autres bonnes opérations de la journée sont à mettre à l’actif de Sémassi de Sokodé qui a battu son hôte, TAC, sur un score étriqué d’un but à zéro (Un but contre son camp de Fofana Ramdan à la 46ème minute) et une victoire haut les mains d’Abou Ossé sur Dyto de Lomé 2-0. Ouro Adoyi Aboudala (4ème minute) et Souleymane Kassoumou (80ème  minute) sont les auteurs des deux buts des « Caïmans fétiches d’Anié ».

En terme de statistiques, il faut noter que 94 buts ont été marqués durant les huit journées de championnat soit une moyenne de 1,46 but par match. En 64 matches, 27 matches nuls ont été enregistrés contre 37 victoires.

La 9ème journée se joue ce week-end. AS Togo Port, Togo Télécom, AS Douanes et Dyto reçoivent respectivement Abou Ossé, Etoile Filante, AC Merlan et Koroki Métété. Kotoko de Lavié offre son hospitalité à Foadan de Dapaong alors que le dauphin du leader ASKO se mesurera à l’USM. Gomido sera à Bassar pour y défier Sémassi. Le nouveau leader Maranatha attendra de pieds fermes TAC à Womé.
Gabin Koissidjin

Golfe Info #527
Passage éclair du président ghanéen  au Togo : Plus qu’une visite d’amitié, un soutien électoral ?

16 heures à 20 heures 30 minutes. C’est l’intervalle dans laquelle se situe la visite au Togo  du président ghanéen John Evans Atta Mills. Reçu à l’aéroport par son homologue togolais Faure  Gnassingbé, puis au nouveau palais de la présidence, les deux hommes d’Etat  ont fait  le tour des questions qui préoccupent leurs deux nations, ainsi que celles touchant le continent africain en général.

Dans un communiqué conjoint signé des ministres des Affaires Etrangères des deux pays à la suite des entretiens entre les deux délégations, les deux Etats promettent renforcer leur coopération sur le plan de la  circulation des biens et des personnes, de l’économie, de l’agriculture, de l’énergie et de l’eau.

Au cours d’une conférence de presse animée dans le hall de l’aéroport Gnassingbé  Eyadèma de Lomé, John Atta Mills a fait part de sa volonté de voir le Togo organiser une élection présidentielle démocratique, libre et transparente dans 12 mois. « Nous ne saurons apporter notre soutien à l’un ou à l’autre des candidats », a déclaré M. Mills. Une déclaration que certains analystes qualifient de purs propos politiques car, pour ces derniers, la venue à Lomé du nouvel homme fort du territoire voisin n’est pas sans conséquences sur le prochain scrutin. Dans l’entendement de ces derniers, le pouvoir  de Lomé ayant toujours considéré le parti de John Atta Mills et Jerry John Rawlings comme proche de l’Opposition togolaise, sa venue au pouvoir à Accra donnait de l’insomnie aux autorités de Lomé. Et il fallait dans ce cas sympathiser avec le NDC le plus tôt possible, vu le passé plus ou moins hostile  entre le régime de Rawlings et celui de feu Eyadèma Gnassingbé. Alors que le gouvernement togolais parle d’une visite officielle d’amitié et de travail, justifiée d’ailleurs  par la rapidité des travaux, nombreux sont les togolais qui y voient une stratégie de séduction des nouvelles autorités ghanéennes par Lomé pour s’assurer de leur coopération surtout frontalière.

Sédjrawodo ADRY


Première session ordinaire  du parlement : Bonne gouvernance et responsabilités électorales préoccupent les parlementaires

Comme prévu dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale togolaise,  l’institution  s’est  dotée hier d’une commission «spéciale de vérification et d’apurement des comptes». C’était au cours  de la deuxième séance plénière de la première session ordinaire de cette année 2009.

Composée d’un représentant par groupe parlementaire, cette commission  est présidée par le député, Touh Pahorsiki de la majorité parlementaire RPT (Rassemblement du peuple togolais). La même commission  a pour mission de procéder à la vérification et à l’apurement des comptes publics et peut s’assurer le concours de spécialistes de la comptabilité publique. Elle donne quitus aux questeurs  de leurs gestions ou rend compte à l’Assemblée Nationale après avis de la Cour des comptes.

Après l’épuisement des premiers points de l’ordre du jour  de la  séance d’hier, notamment, les comptes-rendus des séances de clôture de la première session extraordinaire de l’année 2009 et d’ouverture de la première session ordinaire, le reste des travaux du parlement s’est déroulé à huis clos sur demande de 1/5 des députés. Ils porteront essentiellement sur le rapport des activités et de la gestion de la session précédente ainsi que autres questions diverses.

C’est mardi dernier que s’est ouverte la première session ordinaire du parlement après trois mois de vacances dans la grande salle du Palais des Congres, conformément à l’article 55 de la Constitution togolaise. 2010 sera une année d’élection présidentielle au Togo ; les « élus du peuple » se montrent déjà conscients de l’importance de leur rôle. D’où le bien-fondé de cette session ouverte et placée sous le thème « Contribution du parlementaire pour une présidentielle apaisée en 2010 ». Pour leur président Abass Bonfoh, c’est  un enjeu de taille et un grand défi à relever en matière de planification, d’organisation et de gestion des résultats de ce scrutin. Il a de ce fait invité ses collègues à mener des réflexions sur différentes  questions relatives notamment à leur rôle de député, de ce qu’ils auront à faire en tant que représentant du peuple avant, pendant et après l’élection de l’ année prochaine. A la classe politique et aux citoyens, le président de l’Assemblée nationale, dans son allocution d’ouverture, leur a demandé de  réfléchir sur « l’attitude à avoir face aux résultats, le comportement à adopter par les perdants et les gagnants  pour préserver la   paix sociale ». Pour conclure, Abass  Bonfoh a déclaré qu’« au-delà de tous  ces enjeux, les Togolais doivent tous œuvrer afin que la nation togolaise sorte réconfortée de cette échéance et poursuive le combat du développement socio-économique».

La séance ouverte mardi dernier a connu la présence de 67 députés sur les 81 élus  des membres du gouvernement, du corps diplomatique, consulaire, des représentants d’organisations internationales, des chefs traditionnels et religieux ainsi que des représentants des assemblées sœurs du Bénin, du Burkina Faso, du Ghana et du Mali.

Abdou Yêkini Radji


Augmentation des  prix des boissons de la BB : L’ATc proteste et demande une révision à la hausse des revenus des Togolais                                              

L’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) a tenu hier à son siège à Lomé, un point de presse, suite à la révision à la hausse le 02 avril dernier des prix des produits de la Brasserie BB Lomé. L’ATC entend par cet acte protester contre le fait de n’avoir pas été associée aux discussions préalables à la fixation des nouveaux tarifs des boissons alcoolisées et gazeuses. L’association en appelle aux autorités pour faire respecter ces nouveaux tarifs par les tenanciers de bars qui essaient souvent d’en rajouter.

La hausse des prix des produits de la Brasserie BB Lomé au cours de la semaine dernière n’est que la concrétisation d’une information publiée en mars dernier, par le ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur privé et la société productrice de la bière au Togo, estiment les responsables de l’ATC. En décembre dernier, la loi de finances Gestion 2009 a prévu une révision à la hausse de 5% du taux des droits d’assises. Une disposition dénoncée à l’époque par l’ATC, évoquant une trop forte pression fiscale pouvant aggraver la crise de la vie chère au Togo. « Tant qu’on ne revoit pas à la hausse les salaires, les pensions, il ne sert à rien d’assaillir les populations avec une fiscalité trop élevée », a déclaré Agouta Aladjou, secrétaire général de l’ATC. Et d’ajouter que « cela complique tout aux citoyens avec le phénomène de vie chère, …». En dépit de toutes ces « protestations », l’augmentation des prix sur les boissons est intervenue et l’ATC la déplore, selon son porte-parole et secrétaire général Agouta Aladjou.

 Néanmoins face à cette situation et dans une démarche consumériste, l’ATC demande au gouvernement une révision substantielle à la hausse des revenus des Togolais ; au ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur privé, à la Brasserie BB et aux Syndicats des tenanciers de bars de prendre les  mesures qui s’imposent afin d’éviter les spéculations entretenues par certains détaillants des produits BB. Enfin, l’association invite les consommateurs à exiger dans les points de vente, hors restaurants et hôtels, les prix officiels et homologués des boissons BB.

Aristides HONYIGLO


Éliminer les maladies oculaires au Togo : Le gouvernement a encore du pain sur la planche

Evaluer le niveau de réalisation du « plan vision 2020 » élaboré depuis 2003 ; revoir le chronogramme d’exécution des activités pour élaborer ensuite un plan d’action quinquennal 2009-2013  et définir une nouvelle stratégie de lutte contre les maladies oculaires; c’est la préoccupation de la cinquantaine de médecins ophtalmologues réunis depuis mardi dernier au Dreams hôtel de Lomé dans le cadre d’un atelier de mise à  jour  du «plan vision 2020». Organisé par  le PNLC (Programme national de lutte contre la cécité), sous la direction du ministère de la Santé avec l’appui de l’OOAS (Organisation ouest-africaine de la Santé), cet atelier de 3 jours devra faire ressortir les difficultés qui ont entravé la mise en exécution effective du plan quinquennal 2003-2008.

Le manque de moyens financiers, de ressources humaines dans le secteur public et le problème humain relationnel sont entre autres les plus grands maux qui n’ont pas facilité la bonne exécution du plan de 2003, a déclaré le Colonel Kondi Gbati, coordonateur du PNLC. Ce dernier a tout de même souligné le soutien apporté à son organe par ses partenaires et qui lui ont permis de se doter d’un siège, des  matériels bureautique et roulant.

Pour Dr Sacko Doulaye,  représentant de l’OOAS, « les objectifs pour un développement humain durable ne seraient atteints sans une réduction significative du poids de la cécité dans les communautés ». D’après lui, la cécité, en plus de la souffrance humaine pour  la personne aveugle et pour sa famille, constitue un facteur de baisse  de la  production et de la productivité dans les milieux fortement touchés. Elle constitue également  un facteur limitant l’accès à l’éducation de qualité et à toute forme de performance professionnelle. M. Doulaye déplore par la même occasion l’absence de mise en œuvre des plans opérationnels pour lutter contre les maladies oculaires alors que tous les pays de la CEDEAO disposent de plan quinquennal. « La plupart de ces plans sont restés un document stratégique d’orientation et n’ont pas connu une réelle diffusion  auprès  des principaux acteurs pour leur permettre de se les approprier », a ajouté le représentant de l’OOAS.

Une réalité  contre  laquelle veut lutter le gouvernement togolais en soutenant cet atelier de mise à jour du «plan vision 2020» du PNLC. Selon Dr Komlagan Atayi, représentant du ministre de la Santé, la crise socio-politique qu’a connue le Togo ne lui a pas permis de faire des progrès au sujet des projets de santé. Ainsi, les maladies à combattre sont encore en nombre important. « La cataracte, (première cause de la cécité au Togo), le glaucome,  le trachome et l’onchocercose, ont fait environ 24.270 aveugles en attente d’être opérés, soit la moitié des aveugles du pays», a conclu le Dr Atayi Komlagan. Cet atelier s’est achevé hier.

Sedjrawodo A. ADRY


Donner un autre visage à la misère au Togo : M. Sémodji, chef de l’Unité de coordination du DSRP-C « Nous pouvons annuler la vulnérabilité et la pauvreté de nos populations »

« Les reformes économiques engagées par le gouvernement togolais ont commencé par porter des fruits ». Ainsi ouvrait le Premier ministre togolais, Gilbert F. Houngbo, hier à l’Hôtel Ibis de Lomé, les travaux de l’atelier organisé par le ministère de l’Economie et des Finances, et celui de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du Territoire. Dénommé « Atelier de validation du Document complet de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-C) », cet atelier a pour objectif de passer en revue les différents axes du DSRP-C en vue de son adoption officielle et définitive. C’était en présence du ministre Gilbert Bawara de la coopération, vice- coordonnateur de l’unité de coordination de ce document, des députés à l’Assemblée Nationale, des ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales, ainsi que des acteurs de la société civile et du secteur privé.

Exposé par M. Sémodji, chef de l’unité de coordination précité, le contenu du DSRP-C est construit  autour de 4 piliers essentiels : le premier consiste en le renforcement de la bonne gouvernance tant politique, économique qu’administrative, élément essentiel de gestion des biens du pays. Le second se concentre sur le renforcement d’une croissance économique  soutenue et durable. Ici, il est plus question d’opérer des réformes structurelles, notamment au niveau des entreprises, promouvoir les secteurs producteurs de richesses tels l’agriculture, l’élevage etc. car, a expliqué M. Sémodji, « c’est en créant la richesse qu’on peut réduire la pauvreté ». Le troisième pilier évoque le développement du capital humain, la promotion des domaines de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Enfin, le quatrième pilier qui constitue la nouveauté dans ce document évoque les voies et moyens indispensables à la réduction des disparités régionales et la promotion du développement à la base.

Conscients de la lourdeur de la tâche qui suivra la validation de ce DSRP-C, les responsables de cet atelier ont exprimé leur confiance en la réussite effective du processus de réduction de la pauvreté au Togo. Dans cet ordre d’idées, le Premier ministre Houngbo a fait comprendre que « cet atelier n’est qu’une étape, certes importante, dans la chaîne de concertation qui s’est déroulée tout au long de ce processus et qui se poursuivra bien au-delà (…) ». De son côté, le chef de l’unité de gestion du DSRP-C  a estimé que « tout le monde est conscient de la fragilité de notre gouvernement, mais cela va disparaître », avant d’ajouter que « la réduction de la pauvreté n’est pas l’affaire d’une journée, mais les Togolais remarqueront bientôt un changement radical et positif dans leur vie quotidienne ».

Ce Document complet de stratégie de réduction de la pauvreté dont la version intérimaire a été adoptée en mars 2008 sera ainsi validé à l’issue des travaux de cet atelier qui prennent fin demain.

Komlanvi APEVINYEKOU

 
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