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Golfe Info 533 de mercredi
29 avril 2009 |
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Après Yawovi Agboyibo, Edem Kodjo passe le témoin : Des
signaux pour une alternance en 2010 ? |
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Edem Kodjo, ne dirige plus la CPP (Convergence
patriotique panafricaine). Il a cédé sa place au cours du congrès statutaire
du parti tenu le week-end dernier à Lomé, à un conseil présidentiel de trois
personnes dont le porte-parole est Cornelius Aidam. Le président fondateur
de la CPP a pris ainsi sa retraite et a été fait président d’honneur du
parti. Il y a encore quelque mois, c’était le leader du CAR (Comité d’action
pour le renouveau) Me Yawovi Agoyibo qui, lors du congrès de son parti, a
laissé la destiné de sa formation politique dans les mains de Dodzi Paul
Apevon et a été fait président d’honneur du CAR. Mode ou nécessité de
renouveler les instances de leur parti ? Tous parlent d’alternance. Des
signes pour une alternance au Togo après la présidentielle de 2010 ?
« Dix ans de combat politique, bilan et perspectives »,
c’est le thème qui a regroupé les délégués venus de toutes les régions du
Togo à ce congrès qui a abouti au renouvellement des instances dirigeantes
du parti. « J’estime qu’il faut passer la main », c’est la décision
majeure qu’a prise le premier responsable de ce parti, Edem Kodjo, estimant
qu’il voudrait voir une équipe jeune à la tête de la CPP. Il a par ailleurs
déclaré qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2010. « La
participation de la CPP à cette échéance dépendra des nouvelles autorités du
CPP » a-t–il renchéri. Il a confié ne plus vouloir assumer « aucune
fonction » ni au gouvernement, ni au sein du parti qu’il a dirigé
pendant dix ans. Son souhait est d’« être désormais un citoyen libre »
pour être beaucoup plus apte à affirmer sa pensée, se consacrer un peu
plus à l’écriture comme il en a l’habitude, et prendre certaines
initiatives pour le devenir du continent africain.
Plusieurs fois ministres et Premier ministre du Togo, Edem
Kodjo est une des grandes figures de la vie politique du Togo depuis 1969.
Il fut Secrétaire général de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine)
actuel UA (Union africaine) et est aussi auteur de plusieurs ouvrages dont
« Demain l’Afrique ». Il est aujourd’hui médiateur de la
Francophonie dans la crise qui secoue depuis plusieurs mois le Madagascar.
2010 connaîtra-t-elle aussi l’alternance au sommet ?
Le vent de l’alternance souffle déjà dans les états major des
partis politiques. « Si le chef de l’Etat togolais, face aux
contestations qui ont suivi son élection en 2005, promet s’inspirer en 2010
du dernier présidentiel du Ghana voisin, tout porte à croire que sur la
Terre de nos aïeux, il y aura une alternance au lendemain de la
présidentielle de 2010 » a confié un leader politique togolais. Cet avis
n’est certes pas partagé par nombres d’observateurs de la vie politique
togolaise. Ceux-ci pensent que le parti au pouvoir à Lomé depuis plus de 40
ans est prêt à « tout » pour se maintenir et qu’il n’est pas aisé de
croire que le Togo connaîtra une présidentielle aussi exemplaire que
celle du Ghana. Ceci est donc un défi que s’est lancé Faure Gnassingbé et
nombre de togolais attendent sa réalisation. Pour certains
togolais, ces propos tenus par
le chef de l’Etat en réponse à la présentation des vœux des membres du corps
diplomatique en début d’année, a sonné comme un réel engagement de ce
dernier.
En effet, à en croire le numéro un togolais, 2010 sera un
scrutin présidentiel crédible, dépourvu de fraudes massives et que si le RPT
venait à le perdre, le parti quittera le pouvoir. « Plus jamais la
politique ne fera plus couler du sang au Togo » a-t-il martelé lors de
sa dernière sorti médiatique à la faveur de l’affaire dite « Kpatcha
Gnassingbé » relative à la présumée tentative d’atteinte a la sûreté de
l’Etat. Contrairement « aux beaux discours » de Faure, dans les
coulisses du RPT, on murmure que « la victoire électorale de 2010 est déjà
acquise, mais que c’est la méthode à utiliser pour la concrétiser dans les
urnes qui reste à ficeler ». Déjà, le président sortant et ses ministres ne
cessent de multiplier des descentes sur le terrain pour « vendre» ses
« super réalisations » aux populations qui continuent par tirer le
diable par la queue. Pendant que nombre de pays de l’Afrique de l’Ouest font
des pas encourageant en matière de démocratie et jouissent d’un
développement appréciable, le Togo reste le pays à ne pas connaître
d’alternance au pouvoir depuis 40 ans.
C’est dire qu’il est encore
difficile dans un paysage politique pareil à celui du Togo où vient
s’ajouter le clivage ethnico-politique, de voir une alternance au sommet du
pays au lendemain de 2010 si ceux qui dirigent le pays depuis plus d’une
quarantaine d’année ne prennent pas sur eux- même d’être « démocrates ».
Abdou Yêkini RADJI
Vêtir autrement les amoureux de la
mode : La nouvelle collection de la
styliste Nadiaka présentée au public
Le défilé
de mode de
la styliste-modéliste togolaise Nadiaka Karimu a tenu toutes ses promesses
samedi 25 avril dernier. Pendant près de deux heures, le public de Lomé, qui
a fait nombreux le déplacement de l’hôtel Mercure Sarakawa où s’est déroulée
la manifestation, en a eu pour son compte. En tout 22 mannequins (enfants,
hommes et dames) ont défilé vêtus des « lignes nadiakales » (nom
donné aux nouvelles créations de Nadiaka).
La première
création présentée au public a été la collection dénommée « Nadiaka for
kids ». Cette collection est essentiellement composée de tenues de
ville pour petites filles et petits garçons. Suivra par la suite, la gamme
« Hakui Design », une création destinée aux dames pour leur sortie en
ville.
Pour cette
deuxième présentation de la collection de la styliste Nadiaka les tenues de
soirée n’ont pas été du reste. La collection « Sublimation Nadiakal »
a permis au public de découvrir de jolis accoutrements de soirée pour hommes
et dames en style africain et occidentale. D’après Nadiaka, la création de
la gamme traditionnelle à côté de celle occidentale a pour finalité de
montrer que le Togo possède une tradition.
« Les
Mariées Nadiakal » (tenues de mariage), les nuisettes (tenues de nuit)
sont les autres collections des « lignes nadiakales » découvertes
par le public.
En somme le
défilé de samedi a donné l’occasion à Nadiaka de proposer plusieurs types
de vêtement à porter en tout lieu et à tout moment. Un style qui combine
parfaitement mode occidentale et traditionnelle africain, lin et tissu-pagne
africain, tissus « Vlisco » et « Kenté » du Ghana. Par
ailleurs, pour s’ouvrir sur le reste du monde, la styliste a désormais un
site web (www.nadiaka.com). Ce site permettra aux amoureux des « collections
nadiakale » se trouvant hors du pays de porter les habits « made in
Togo ». Nadiaka Karimu est la créatrice de la griffe « Nadiaka » depuis
2003. Le défilé de samedi dernier constitue sa seconde sortie.
Rodolph TOMEGAH
Processus « VEritE, Justice et REconciliation »
ne
sera pas effective avant le scrutin de 2010
La
Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » ne
rendra pas ses conclusions avant la présidentielle de 2010 au Togo. C’est ce
qu’a déclaré hier mardi, le ministre des Droits de l’Homme et de la
Consolidation de la démocratie, Yacoubou Hamadou au cours d’un débat axé sur
le processus de réconciliation au Togo. Un débat initié par RFI (Radio
France Internationale) sur le Campus de Lomé dans le cadre de
l’enregistrement de son émission « Appels sur l’actualité » à Lomé.
D’après le ministre Yacoubou Hamadou, la Commission « Vérité,
Justice et Réconciliation » ne verra effectivement le jour que d’ici la
fin du mois de mai 2009. Or, explique-t-il, le décret qui l’a créé lui a
donné un délai de 18 mois pour rendre les résultats de son travail. En
conclusion, la Commission « Vérité Justice et Réconciliation » ne
sera pas en mesure de rendre ses résultats avant l’élection présidentielle
de l’année prochaine.
L’ ancien président de la LTDH (Ligue togolaise des droits de
l’homme) s’est également appesanti sur les raisons qui expliquent le retard
observé dans la mise en place de cette Commission. D’après lui, la formation
de la Commission devant conduire le processus de réconciliation est une
tâche de longue haleine car elle exige un travail sérieux et rigoureux.
« Nous voulons, à travers cette commission, aboutir à une véritable
réconciliation au Togo. Nous devons donc aller posément pour bien choisir
les personnes qui la composeront. Nous ne voulons pas faire les choses dans
la précipitation et escamoter les étapes pour fausser les bases de cet
important processus », a-t-il laissé entendre.
Créée par décret pris en conseil des ministres le mercredi 18
février dernier, la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation »
aura pour tâche de recenser tous les crimes et toutes les violences
perpétrées au Togo depuis 1958 jusqu’à nos jours. Cependant, nombreux sont
les Togolais qui sont sceptiques quant à une réconciliation réelle dans le
pays.
Pour certains, les jeux sont déjà faussés. Et pour cause, la
Commission qui verra le jour prochainement ne sera pas en mesure de rendre
ses conclusions avant le scrutin présidentiel de 2010 afin de permettre à ce
que les auteurs des violences qui ont émaillé le scrutin de 2005 soient
identifiés et punis. « Les auteurs des actes de violences de la
présidentielle de 2005 sont toujours dans la nature. Ils sont libres et ne
seront pas inquiétés. Qu’est-ce qui prouve qu’ils ne récidiveront pas en
2010. Il y a de quoi se méfier », fait remarquer un universitaire
Togolais.
Pour un autre, cela ne servira à rien de chercher à
réconcilier les Togolais si le pouvoir en place continue par créer des
clivages entre le Nord et le Sud. « Clivages qu’il instrumentalise pour
sa survie » a-t-il ajouté. D’après celui-ci, les actes que posent
souvent le régime RPT ne vont pas dans le sens de la recherche d’une
véritable réconciliation entre les fils et fille du Togo. « Quelle
importance voulez-vous qu’un Togolais puisse accorder au mot
«réconciliation» quand il sait qu’à chaque concours organisé, il n’a aucune
chance de réussir lorsqu’il porte un nom qui dévoile sa provenance ethnique »,
déplore cet étudiant.
D’autres Togolais, encore plus sceptiques,
pensent de leur côté qu’il n’y aura jamais de réconciliation au Togo du
moment où le pouvoir continue par organiser des élections frauduleuses et
ne laisse pas le peuple choisir les dirigeants auxquels ils aspirent. Des
scepticismes que le gouvernement veut lever dans l’esprit des togolais en
prenant tout son temps pour mettre en place une
commission digne de cette
tâche. Seulement, à ne pas la faire avant le scrutin de 2010 réveille la
psychose de 2005 dans les esprits des
togolais.
Rodolph
TOMEGAH
DEcouverte macabrE A AdidogomE :
Un corps
sans vie à «Doganto»
Le corps sans
vie d’un homme de plus d’une quarantaine d’année a été découvert lundi
dernier dans le grand fossé rempli d’eau à Adidogomé, communément appelé « doganto »,
en face de la station Cap Esso. Le corps a été découvert par des enfants
venus pour une partie de pêche. La victime, M. Tafah Salou, « s’est
suicidé par noyade », ont confirmé les pompiers et les forces de l’ordre
présents sur les lieux.
Selon les informations recueillies auprès des proches de la
victime, notamment ses enfants et ses sœurs, il aurait quitté la maison le
vendredi dernier avec un bidon d’essence aux environs de 21 heures et n’est
plus rentré depuis. Très tôt dans la journée de ce vendredi 24 avril, sa
cinquième femme venait de mourir avec son bébé lors d’un accouchement qui a
mal tourné. « Ce qui lui a causé une douleur intense » a confié une
de ses sœurs. M. Tafah Salou se serait donc suicidé suite à cet évènement,
laissant derrière lui, neuf enfants de quatre défuntes mères différentes.
Komlanvi APEVINYEKOU
49eme anniversaire
du 27 avril :
L’indépendance du Togo vue par les
politiques
27 avril 1960-27
avril 2009. Il y a 49 ans jour pour jour que le Togo, à en croire les
historiens, a accédé à la souveraineté internationale. Le Togo fêtera donc
le jubilé d’or de cette « libération », l’année prochaine. Seulement, les
déclarations de certains partis politiques à l’occasion de ce 49ième
anniversaire amènent à se demander si le Togo est ou non indépendant depuis
cette époque.
Pascal
Bodjona du parti au pouvoir: « L’Indépendance, un slogan politique »
De l’avis de
ce membre du bureau politique du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais),
aucun pays au monde ne saurait se prévaloir d’une indépendance politique ni
économique. Dans une analyse de la situation d’avant, pendant et d’après
1960, il trouve que l’indépendance dont peut se réjouir le Togo et ses
partis politiques aujourd’hui ne se résume qu’à « un slogan politique »
qui ne peut, a priori, être attribué à tel où tel formation politique.
Ceci dans la mesure où ce sont tous les Togolais, du Nord au Sud qui ont
lutté pour que cette « indépendance » devienne réalité. Pascal
Bodjona, pense également que « l’indépendance politique n’est pas une fin
en soi ». Il a poursuivi sa réflexion en conviant les uns et les autres
à œuvrer pour qu’elle soit profitable à tous.
Gilchrist
Olympio, président de l’UFC, opposition parlementaire : « L’indépendance est
subordonnée à un changement de régime politique »
Tout en
reconnaissant pour sa part que l’indépendance du Togo célébrée comme telle
depuis le 27 avril 1960 est la conséquence d’une lutte politique, le patron
de l’UFC (Union des Forces de Changement), Gilchrist Olympio, conditionne
cette « libération » au changement de régime à la tête du Togo. « Cette
question de l’indépendance est à clarifier lorsqu’on sait que les anciens
colons s’ingèrent toujours et de façon indirecte dans la gestion du pays »,
a fait remarquer M. Olympio. Or d’après lui, l’indépendance totale du Togo
passe par une participation accrue de toutes les couches sociales aux
décisions qui leurs seront applicables. Sur la base de l’absence de cette
participation, qui de son avis n’est conférée qu’à une minorité, Gilchrist
Olympio, a déclaré qu’ « aujourd’hui, le Togo n’est pas encore
indépendant ».
Nicolas
Lawson, président du PRR, opposition extraparlementaire : « Le 27 avril, une
journée spéciale accordée à des esclaves »
Dans la même
logique que l’UFC, le président du PRR (Parti de la Rédemption et du
Renouveau), Nicolas Lawson, dans une rencontre avec la presse à quelques
jours de cette célébration, a qualifié le 27 avril « d’une sorte de
journée spéciale accordée à des esclaves dociles par leurs maîtres pour leur
donner l’impression qu’ils sont libres ». Selon lui, « le Togo n’a
jamais été indépendant » car, explique-t-il, les attributs d’une
indépendance que sont la souveraineté monétaire, le contrôle de la sécurité
et de la défense nationales, et la souveraineté politique ne sont pas acquis
au Togo. Citant en exemple le Ghana et le Benin qui « détiennent, selon
lui, leur souveraineté », le président du PRR estime que le Togo doit
sortir du joug colonial sous lequel il demeure toujours, pour donner un
véritable sens au mot « Ablodé (indépendance en ewé,langue au Sud-Togo) »
qui n’est jusqu’ici, qu’une « véritable imposture, une injure à notre
intelligence et un outrage à notre dignité ». Aux yeux de M. Lawson, « Ablodé »
doit être le fruit d’une vive volonté et d’un véritable esprit de
patriotisme de la part des dirigeants togolais à qui il recommande l’exemple
de Sékou Touré de la Guinée en 1958.
A défaut de contestation de cette
indépendance, les autres partis les mieux connus de la scène politique
togolaise se sont limités à la formation de souhaits à l’endroit de leurs
partisans et sympatisants de même qu’à tout le peuple.
Gabin
KOISSIDJIN
programme pilote
pour l’emploi des jeunes :
Une nouvelle trouvaille du gouvernement
pour pallier le chômage ambiant au Togo
Le secrétariat
d’Etat
auprès du Premier ministre chargé de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes a
tenu le 24 avril dernier un colloque à l’auditorium de l’Université de Lomé.
Cette rencontre était une occasion pour la jeunesse estudiantine de Lomé
d’être sensibilisée sur le Programme pilote pour l’emploi des jeunes (PPEJ),
destiné à résoudre dans une moindre mesure le problème du chômage auquel
ces jeunes sont confrontés à la fin de leur formation. « Le PEPJ vise à
répondre à certaines attentes de toute la jeunesse togolaise diplômée ou non
en ce qui concerne l’emploi », a déclaré Mme Bitho, chef de ce département.
Le projet
PPEJ s’articule autour de quatre grandes composantes, notamment
l’employabilité, l’entrepreneuriat, l’accès au crédit et les travaux à
haute intensité de main d’œuvre et travaux en zone rurale. Ce Programme
donne l’opportunité aux jeunes diplômés d’être formés et surtout d’être
conscients du travail qui se fait dans les entreprises et dans les sociétés
à travers sa composante « employabilité ». « Elle servira
également de cadre aux jeunes pour acquérir une expérience professionnelle
qui leur est souvent exigée par les entreprises », a précisé Mme M.
Bitho. La composante « l’entrepreneuriat » est destinée selon la secrétaire
d’Etat à encourager les jeunes à l’auto-emploi et à la création de leur
propre société. Ce volet est couplé à un troisième dénommé « l’accès au
crédit ».
Dans cette
phase du projet, le PPEJ ambitionne d’accorder aux jeunes diplômés nantis
d’une qualification professionnelle des crédits leur permettant de créer
leurs propres structures. Pour Mme Bitho, cette possibilité est une main
tendue à la jeunesse pour qu’elle fasse valoir ses talents et se réaliser ;
et aussi pour résoudre une bonne fois pour tout le problème de moyens
financiers auquel ils sont confrontés pour monter des projets. « Déjà 640
jeunes de la préfecture de Bassar viennent de bénéficier d’un tel
financement », a-t-elle- ajouté. Par ailleurs, le PPEJ tient compte
des jeunes qui ambitionnent de se réaliser dans le secteur agricole. Ainsi,
les « Travaux à haute intensité de main d’œuvre et travaux en zone rurale »,
la dernière composante du PPEJ prend en charge ce secteur. Ce volet est
accompagné des projets qui sont en phase de démarrage. A en croire la
ministre déléguée auprès du Premier ministre, il s’agit particulièrement de
développer aussi bien l’agriculture que l’élevage à travers le PPEJ. Aussi,
le projet dénommé « le développement des plantes à racines et tubercules »
et griffé au PPEJ est-il lancé pour occuper des centaines de jeunes en
quête d’occupation.
Le Programme pilote pour l’emploi des
jeunes profite également depuis peu à quelques jeunes formés en matière
d’élevage des porcs et qui se sont lancés dans cette activité. « C’est
une opportunité à saisir par la jeunesse togolaise si elle veut vraiment
se faire respecter et se faire une place dans notre pays », a conclu la
secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse.
Joël KOUDJODJI
49
eme anniversaire de l’independance
du togo :
Kofi Yamgnane a célébré la
«réconciliation» avec les populations de la préfecture des Lacs
Le candidat
déclaré à l’élection présidentielle de 2010 au Togo, Kofi Yamgnane, de
retour au pays depuis vendredi dernier était dans la préfecture des Lacs
lundi 27 dernier. A la différence des autres leaders politiques qui ont
choisi des manifestations et des messages de sensibilisation des membres de
leurs formations politiques, l’homme politique franco-togolais a plutôt
porté son choix sur le sport roi pour célébrer les 49 ans de l’indépendance
du Togo avec ses compatriotes.
Cette
première sortie publique de Kofi Yamgnane s’est faite au cours de la finale
du tournoi de la réconciliation organisée à Kéta Assoukopé par le chef
traditionnel de ladite localité, Togbui Dogbé Kpalikpatso III. A cette
occasion, le président de «Sursaut Togo» s’est abstenu de faire des
déclarations politiques.
D’après son
entourage, l’ancien maire français est dans la capitale togolaise pour
officialiser sa candidature pour le scrutin présidentiel de 2010. Cette
officialisation ne sera qu’une confirmation de l’intention d’être cndidat
en mars dernier par l’ancien secrétaire d’Etat français des Affaires
Sociales et à l’Intégration.
Naturalisé
français en 1975 et détenteur d’une double nationalité, M. Yamgnane 63 ans,
a entamé sa carrière politique en Bretagne en 1983, année à laquelle il a
adhéré au PS (Parti socialiste) français. Il a été élu conseiller municipal
à Saint-Coulitz en 1983 et maire de la même localité en 1989.
Ancien
secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et à l’Intégration dans les
gouvernements d’Edith Cresson (première femme à occuper ce poste dans ce
pays en 1991) et de Pierre Bérégovoy (1992), K. Yamgnane fut également
député (1997-2002).
Gabin
Koissidjin
presumee tentative d’Atteinte a la surete de l’Etat et relations
internationales
Gilbert Bawara, ministre de la Coopération : « Cette tentative n’entame en
rien les relations entre le Togo et ses partenaires »
Les
derniers événements relatifs à la présumée tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat ont visiblement porté un coup à l’économie
togolaise et aux relations du pays avec ses partenaires, ont estimé certains
analystes de la vie socio-politique et économique du pays. Faux rétorque le
ministre togolais de la Coopération, Gilbert Bawara pour qui ces événements
sont pris à leur juste mesure et n’entament en rien la coopération entre le
Togo et ses partenaires.
Une semaine après la présumée tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la Banque mondiale a approuvé un appui
budgétaire de 20 millions de dollars US (environ 900 millions de fcfa) en
faveur du Togo. Cette aide destinée à soutenir les réformes de l’Etat, à
actualiser la gestion financière publique et à rétablir la performance des
principales entreprises financières étatiques, témoigne selon Gilbert Bawara,
ministre togolais de la Coopération et de l’aménagement
du territoire, des bonnes relations qui subsistent entre le Togo et ses
partenaires malgré les soubresauts politiques de ces dernières semaines
marquées par la tentative de coup d’Etat survenue à Lomé. Le membre de
l’exécutif togolais a déclaré que « le Togo est désormais un pays apaisé,
quels que soient les soubresauts qui peuvent apparaître au fil des jours »,
et c’est pour cette raison que ces événements n’ont pas empêché les
institutions financières internationales et les partenaires économiques de
continuer par coopérer avec le pays. « Il y a quelques années, ces mêmes
partenaires auraient estimé que le Togo est dans une situation d’insécurité
et d’incertitude et qu’il faudra patienter pour voir l’issue des événements »,
a confié le ministre de la Coopération. Dans ce même sillage, M. Bawara a
fait comprendre que les travaux de planification et de réalisations des
projets pour le compte du 10ème FED
(Fonds européen de développement), d’une valeur de 124 millions d’euros
(près de 82 milliards de fcfa), sont toujours en cours, malgré la présumée
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat.
Par ailleurs, en ce qui concerne les
hésitations de certains partenaires à investir au Togo avant 2010, année de
l’élection présidentielle, le ministre de la Coopération a démenti cette
information car, d’après lui, le pays est en bon termes avec tous ses
partenaires et ceux-ci continuent par soutenir son développement. En
exemple, il évoque une allocation de 20 millions d’euros accordée au Togo
par l’UE (Union européenne) dans le cadre de la crise alimentaire et
l’octroi prochain d’une aide de 26 millions de dollars par le FMI pour
poursuivre les réformes en cours. En clair, selon Gilbert Bawara, l’économie
togolaise et les relations avec ses partenaires ne sont nullement affectées
ni par les récents événements relatifs à la déstabilisation du pouvoir au
Togo ni par la préparation du scrutin présidentiel de 2010.
Des démonstrations qui, somme toute, ne
convainquent pas certains analystes da la vie sociopolitique et économique
du pays. D’après ces Togolais, l’appui budgétaire apporté au Togo par la
Banque mondiale le 21 avril dernier est le DREG-2 (Don pour la relance
économique et de la gouvernance) dont une première partie, le DREG-1 avait
été approuvée en mai 2008. Ce don faisant partie des opérations retenues
dans la note de stratégie intérimaire qui a été élaborée par la Banque
mondiale en 2008 pour soutenir le Togo sur la période de 2008 à 2010, il ne
pouvait être considéré comme un acquis de cette période après les événements
de la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En outre,
certains économistes soutiennent que les aides accordées jusqu’alors au
pays de Faure Gnassingbé par ses partenaires financiers internationaux ne
sont pour le moment que des « miettes » au regard de ce qu’ils
apportent dans d’autres pays et qu’’ils pourront apporter au Togo si la
présidentielle de 2010 s’organisait dans les conditions démocratiques,
transparentes et sans exclusion.
Ainsi, le Togo, en dépit de son retour
plein et entier sur l’échiquier international, reste un pays en observation.
Pour beaucoup d’observateurs donc. Les efforts d’assainissement du secteur
financier actuellement en cours sont considérables mais beaucoup de
chantiers restent encore à ouvrir.
Sedjrawodo
A. ADRY
faire barrage au sida sur le Corridor Abidjan-Lagos :
Les acteurs
en conclave pour élaborer la 2e phase
de leur Projet
Passer
en revue les actions menées, programmer la 2e phase
de financement du projet et renouveler les membres du bureau. Ce sont les
activités inscrites au programme de la session conjointe des instances et
partenaires de l’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL). Ouverte
hier à Lomé pour une durée de trois jours, cette session servira également
de récapitulatif annuel à mi-parcours des antennes nationales, des Comités
Régionaux de Coordination ou Country Coordination Mechanism (CCM) qui
supervisent le Projet Corridor Abidjan-Lagos.
Ouverte en présence du Secrétaire exécutif
de l’OCAL, Dr. Justin Koffi, cette session annuelle aura d’abord à passer en
revue les résultats à mi-parcours de la subvention du Fonds mondial destinée
aux cinq pays du Projet Corridor (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et
Nigeria). Le secrétariat exécutif de l’OCAL a bénéficié, dans le cadre de
la 6ème phase de ce
Fonds prévu pour la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le
paludisme, d’un financement pour la mise en œuvre du projet « Intensification
des interventions de lutte contre les IST/VIH/Sida ciblant les populations
mobiles : consolidation et extension du Projet Régional Commun de Prévention
et de Prise en charge des IST/VIH/Sida le long du Corridor de migration
Abidjan-Lagos ». Les délégués à cette session annuelle vont ensuite
élire de nouveaux responsables des Instances dirigeantes de l’OCAL, procéder
à la validation du Rapport de la 6ème
phase, examiner les documents techniques, identifier les problèmes et
proposer des actions pour la mise en œuvre des projets de la 2ème Phase
du Projet Corridor.
Créé il y a quatre ans, le projet Corridor
Abidjan-Lagos a permis de lutter de façon notable contre le VIH/Sida dans le
cadre des migrations inter-frontalières et d’échanger les meilleures
pratiques. Après 18 mois d’activités, des avancées significatives ont été
notées dans la mise en œuvre de ce Projet. Selon le Professeur Dorothée
Kinde-Gazard, vice-présidente du CCM Régional Corridor Abidjan-Lagos et
ancienne ministre de la Santé au Bénin, « le Projet a permis de
sensibiliser les personnes mobiles le long des frontières, notamment ceux du
secteur routier, de rendre disponible les préservatifs à cette
population-cible précitée, de même que les antirétroviraux (ARV) aux
personnes vivant avec le VIH (
PVVIH) ou développant déjà la maladie du sida, et de les accompagner pour
mener des activités lucratives ».
Aristides
HONYIGLO
Non-respect des droits humains dans les lieux de détention:
La LTDH
appelle à des mesures urgentes et réalistes
Dans un communiqué rendu public la semaine dernière, la LTDH
(Ligue togolaise des droits de l’Homme) s’indigne contre les détentions et
gardes à vue pour raison de dette dans les locaux des commissariats et des
brigades de gendarmerie au Togo. « Une pratique devenues courantes et
fort nuisibles à l’enracinement de la démocratie », ont estimé les
responsables de la Ligue.
D’après cette Organisation de défense des droits de l’Homme, plusieurs
plaintes et requêtes, faisant état de gardes à vu et de détentions pour
raison de dette dans les cellules des commissariats et brigades de
gendarmerie lui parviennent. Selon le président de la LTDH, Raphaël Kpande-Adzare,
cette pratique, contraire à la loi et aux valeurs républicaines, dont fait
cas ces plaintes, est une violation du droit des citoyens à la liberté
d’aller et venir et à la sûreté de leur personne. En effet, elle viole le
principe général selon lequel « on ne saurait maintenir en détention des
individus pour cause de dette » et a pour conséquence immédiate la
surpopulation des milieux carcéraux.
La LTDH, tout en restant disposée à faire des propositions concrètes aux
autorités togolaises compétentes en vue de contribuer à l’éradication du
phénomène, invite tous les responsables des départements concernés,
notamment le Premier ministre, le ministre de la Justice chargé des
Relations avec les Institutions de la République, le ministre de la Défense
et des Anciens Combattants et le ministre des Droits de l’Homme , de la
Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique à prendre des
mesures urgentes et réalistes.
Ceci pour que faire cesser ces pratiques
qui portent un coup dur à l’édification d’un Etat de droit respectueux des
droits humains et des libertés fondamentales dans le pays.
Abdou Yêkini
RADJI
Esso Solitoki, secrEtaire gEnEral du RPT :
« La
bataille ne sera pas facile en 2010 »
Le RPT
(Rassemblement du Peuple Togolais) a tenu samedi dernier au CEG Agoè-centre
un meeting d’information et de sensibilisation. Conduite par le secrétaire
général du parti, Esso Solitoki, cette rencontre a eu pour but « d’édifier
davantage les militants sur la situation actuelle au Togo ». Les débats ont
essentiellement porté sur « l’affaire Kpatcha Gnassingbé », avant de
s’ouvrir brièvement sur les échéances électorales de 2010.
Le secrétaire général du RPT a confirmé les informations parvenues aux
partisans du RPT de la préfecture du Golfe et relatives à la tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat. M. Solitoki a du coup manifesté son
indignation à l’égard d’un tel acte.
Faisant de la version officielle des évènements de la mi-avril la seule et
vraie, il s’est gardé de tout commentaire sur le sujet, et a dans ce sens,
invité les militants et sympathisants au contrôle de soi. Il a ainsi
demandé à ces derniers de s’en tenir aux versions officielles et de ne pas
« céder à la panique ». Car, a-t-il précisé, « cette situation est
une épreuve pour la cohésion du RPT ». Tout en confirmant l’inculpation
de l’honorable député, M. Solitoki a appelé les partisans de son parti au
respect de sa personne car, indique-t-il, « Kpatcha Gnassingbé demeure un
ancien membre du gouvernement, un actif partisan du RPT et un membre de la
famille Gnassingbé ». Avant d’ajouter qu’ « il faut éviter de mêler
la personne, l’Etat et le parti ». Evoquant les élections de 2010, le
secrétaire général du RPT a laissés entendre que « la bataille ne sera
pas facile ». Il invitera ainsi les partisans à rester unis et à
soutenir le président Faure Gnassingbé afin de « maîtriser, dominer et
gagner l’élection de 2010 ».
Komlanvi APEVINYEKOU
Célébration des
49 ans d’indépendance du Togo :
Jusqu’a quand la division va-t-elle y assassiner le développement ?
Lundi
27 avril
dernier, les Togolais, dans leur diversité ethnique, ont soufflé la 49ème bougie
de la naissance de leur Etat. Comme depuis le 27 avril 2006 (première
célébration post-disparition du président Eyadèma Gnassingbé), les habitants
de cette bande de terre de 56.785 km² ont une nouvelle fois entouré cette
journée symbolique de tout le symbolisme qu’elle mérite. Histoire de rompre
avec l’amnésie dont le régime RPT (Rassemblement du peuple togolais, au
pouvoir) s’est échiné depuis 1967 de frapper les Togolais autour de la
pertinence de la commémoration du 27 avril. L’euphorie retrouvée et
manifestée par les Togolais autour de la commémoration de leur fête
d’indépendance n’a cependant pas encore rien de commune mesure avec les
manifestations se déroulant par exemple au Ghana tous les 06 mars, date de
l’accession du premier Etat d’Afrique sub-saharienne à la souveraineté
internationale (en 1957). Un état d’âme des Togolais vis-à-vis du 27 avril
qui donne une idée de l’atmosphère socio-politique dans laquelle cette
indépendance est commémorée depuis plusieurs décennies. La « Terre de nos
aïeux » est-elle près de sortir de l’auberge ?
Comme le
signifiait Mgr Denis Amuzu-Dzakpah (archevêque de Lomé) dimanche dernier aux
participants à une messe solennelle et officielle célébrée à la faveur du 27
avril 2009, « le compte à rebours du jubilé d’or » des indépendances
africaines et plus particulièrement pour le Togo « a commencé » lundi
dernier. En effet, à partir du 1er janvier
2010, nombre d’Etats du continent noir vont devoir se soumettre à un
exercice périlleux mais ô combien nécessaire pour apprécier leur marche sur
le sentier du développement, depuis qu’ils se sont soustraits du joug des
nations occidentales: il s’agira de produire le bilan social, économique et
politique des fruits de la « libre » autodétermination, sur le plan
interne, des Africains. Intellectuels de tous bords, politiques ou encore
simples citoyens s’efforceront de saisir les causes des éclatants progrès
socio-économiques de la Tunisie (qui dispose d’un des meilleurs taux
d’analphabétisme les plus bas du monde arabe) qui tranchent avec les
réalités quotidiennes des autres pays d’Afrique blanche. Dans la partie
occidentale du continent le plus pauvre de la planète, ses habitants se
poseront assurément des questions sur les échecs des autres Républiques qui
s’y trouvent à imiter le modèle démocratique sénégalais (même s’il a perdu
un peu de son lustre ces dernières années). En Afrique orientale et du
centre, l’intelligentsia locale épiloguera de toute évidence sur
l’effritement du modèle démocratique du Kenya et les raisons profondes de la
survivance des bastions de la « Françafrique » au Gabon et au
Congo-Brazzaville, bastions qui n’ont jamais rapproché leurs peuples des
modèles universels de développement. En Afrique australe et dans l’Océan
indien, les observateurs attentifs du continent noir convieront une nouvelle
fois la majeure partie des « Républiques noires » à marcher sur les
plates-bandes de l’Afrique du Sud (qui à elle seule représente plus d’un
pour cent dans la part de l’économie africaine dans le commerce mondial), du
Botswana (1er producteur
mondial de diamant), de l’Ile Maurice, du Mozambique et de la Tanzanie dans
une certaine mesure et des Seychelles. En somme, une infime réussite
économico-socio-politique dans le lot des immenses défis qui restent à
relever pour ne plus rattacher le vocable « Africain » au
misérabilisme et à ses corollaires. Et le Togo dans cette kyrielle de
conjectures ?
Ne plus
être dès ce 27 avril les « damnés » de l’Afrique de l’ouest
Faute
d’avoir pu bâtir une véritable nation, les politiques locaux, légitimes
comme illégitimes, n’ont jamais su imprimer une véritable et durable marche
du développement à leur Etat. « On ne fait pas de politique sans
idéologie », se plait souvent à répéter le célèbre et émérite historien
congolais Théophile Obenga. Dans le contexte togolais, si l’on s’en tient
aux écrits portant sur les faits et gestes du premier président
démocratiquement élu du Togo, le défunt Sylvanus Olympio, on peut sans
ambages affirmer que son régime pouvait se réclamer de la teneur de la
citation de M. Obenga. Sous le régime RPT, les contours de l’application de
la citation de l’historien de la région des Grands Lacs ont toujours été
flous, les politiques économique et sociale mises en place au Togo sous ce
parti ont plus pris le visage d’une dictature tropicale atypique.
Du coup,
l’« espérance » à laquelle renvoie « la couleur verte »
figurant sur le drapeau national n’a été que fugace en terre togolaise, soit
36 mois après 1960 ou encore durant le boom phosphatier des années 70 et 80.
La magnificence et la splendeur auxquelles fait allusion « le jaune »
contenu dans les couleurs nationales n’ont jamais entouré les actes et les
comportements des Togolais. En d’autres termes, le slogan « l’or de
l’humanité » contenu dans l’hymne national n’a été jusqu’à présent qu’un
vain mot ; mis à part les parcours singuliers des ressortissants de cet Etat
ouest-africain, parcours qui à eux seuls ont sorti la République togolaise
des ténèbres. Trop souvent, ces Togolais « célèbres » ne tracent le
sillon de leurs efforts qu’en comptant sur eux-mêmes et loin de leur terre
natale. Toutes choses qui font croire que le sang versé par les aïeux
togolais pour s’affranchir du colon blanc et immortalisé dans les couleurs
nationales par « le rouge » a été jusqu’à présent «vain» !!! Autant
d’indices sur les réalités quotidiennes togolaises qui doivent susciter un
sursaut d’orgueil dans l’ensemble des composantes du peuple togolais, aussi
bien celles vivant sur les 56.785 km² que celles catégorisées dans la
diaspora de la « Terre de nos aïeux » éparpillée aux quatre coins du
monde. Ce sursaut d’orgueil ne pourra réellement poser des mots sur les maux
togolais que s’il est enfanté par une solide et authentique réconciliation
nationale.
Entre
novembre 1884 et février 1885, à la faveur de la Conférence de Berlin
(Allemagne), les principales puissances coloniales de la planète ont formaté
la carte ethnique de l’Afrique en déplaçant à hue et dia les frontières des
royaumes africains de l’époque. Du coup, des peuples qui ne partageaient
aucun projet de vie commune ont été forcés de s’« accepter, de regarder
dans la même direction ». Ces populations bigarrées seront par la suite
instrumentalisées à diverses fins par le « Blanc » durant le processus de
colonisation. Il en est ainsi d’une des causes de la division Nord-Sud au
Togo. Mais, rarement l’acrimonie entre des peuples hétéroclites vivant sur
un même territoire a aussi eu la vie dure en Afrique comme on l’observe dans
la lancinante crise socio-politique togolaise. Djato Boona Ketehouli, ancien
ministre de la Communication et président de Différences positives
(association qui lutte contre le tribalisme au Togo) n’a-t-il pas de ce fait
raison de réclamer, lors de chacune de ses sorties médiatiques, la « tenue
d’un forum sur le tribalisme au Togo » ? Jusqu’à preuve du contraire,
les stigmates de l’ethnocentrisme sont encore vivaces dans l’esprit de
nombre de Togolais. Beaucoup d’entre eux évitent d’aborder ce sujet sensible
dans les fora voués à des débats d’ordre général et public. C’est dire que
les clichés du genre « les Sudistes du Togo sont vaniteux et hypocrites »,
« les Nordistes togolais sont hyper têtus et récalcitrants, sont des
sous-hommes », le « Nord-Togo s’étend de Cinkassé aux portes de la
région des Plateaux », le « Sud-Togo couvre la distance Lomé-Atakpamé »
ont encore de beaux jours devant eux. Par ailleurs, bon nombre de Togolais
vivant dans la partie méridionale de leur pays méconnaissent un grand nombre
de contrées se situant dans le septentrion de ce même territoire, à défaut
de n’y avoir jamais mis pied. Au même moment, les « prétendus Nordistes »
convergent de plus en plus vers la côte, «malgré eux», à cause des débouchés
qu’elle offre et de ses atouts économiques. Cette lecture géographique de la
vie en communauté dans l’« ex-Suisse africaine » s’invite évidemment
dans le quotidien de ses habitants. Combien de fois n’a-t-on pas assisté au
Togo à des rebuffades de projets de mariage dans des familles originaires du
Sud-Togo, tout simplement parce que le (la) membre de leur future belle
famille plonge ses racines ethniques dans le Nord-Togo, et vice versa ?
L’enrôlement dans la fonction publique et privée n’est-il pas encore sujet à
la même donne ethnique au détriment de la culture de l’excellence ?
Généralement, c’est surtout au cours des périodes électorales que les
manifestations de cet ethnocentrisme chauffé à blanc se font le plus voir,
le refus de l’alternance politique par le parti au pouvoir en terre
togolaise, depuis le début du processus démocratique, leur ayant donné une
autre dimension, encore plus pernicieuse. A telle enseigne que la double
appartenance ethnique (du Nord de par son père et du Sud de par sa mère)
dont se réclamait Faure Gnassigbé en 2005 pour panser « la division
Nord-Sud » a été de toute vraisemblance rangée dans les placards de
l’oubli depuis quatre années; c’est que tout simplement, la bête est
coriace. Dans plusieurs Etats voisins du Togo, les cérémonies de prestation
de serment du chef de l’exécutif donnent lieu à d’intenses moments de
réjouissance auxquels « tous » les citoyens sont conviés car ces cérémonies
ont lieu sur la place publique. Au Togo, à cause de la disharmonie entre le
chef de l’exécutif «illégalement» élu et sa population, ces
prestations de serment ont lieu dans des forteresses. Comment peut-on alors
envisager une parfaite complicité entre un tel dirigeant et sa population
pour affronter les défis d’un développement harmonieux de leur pays ? Le
défunt Ouyi Tassane avait donc raison quand il écrivait dans les années 80,
dans l’une de ses chansons célèbres, Rejaki Tangwena : « Un chef
qui n’a plus pour trône qu’sun rocher, et pour royaume un coin dans le
maquis, combien de temps restera-t-il caché » ? Manifestement, les
atroces tragédies qu’a connues l’humanité ces dernières décennies n’ont pas
encore interpellé la conscience des Togolais de tous bords, et plus
particulièrement leur classe dirigeante. A titre d’exemple, le Rwanda a
connu en avril 1994 un effroyable génocide qui a arraché la vie à près d’un
million de ses fils. Cette page sombre de l’histoire rwandaise n’a à aucun
moment empêché Hutus et Tsutis (les deux principales ethnies du pays) de
reconstruire collégialement, tels des architectes, leur Etat meurtri par la
folie des hommes. Hutus et Tsutis ont vu juste car de nos jours, leur pays
est dans les bonnes grâces des Etats-Unis d’Amérique par le truchement de l’Agoa
(African growth opportunity act) et fait trembler ses voisins de la région
des Grands Lacs. Le Mozambique a aussi été miné par ce qui reste aujourd’hui
la guerre fratricide d’indépendance la plus meurtrière de l’Afrique, mais
ses constants efforts de développement lui ont permis d’intégrer le cercle
fermé des Etats africains se situant fréquemment dans le collimateur des
financements des Républiques du Sud par les grands argentiers du monde et
les organisations caritatives de la planète.
Le Togo a
fini depuis belle lurette de traverser la période de la vache grasse qui lui
a valu le surnom de « Suisse africaine » et qui inspirait respect
vis-à-vis des pays ouest-africains. La génération de cette bande de terre de
56.785 km² qui n’a connu que le régime RPT est en perpétuel manque de
repères et semble désespérer en l’avenir ; la diaspora de plusieurs Etats
africains est de nos jours mise à contribution pour épaissir leur Pib
(Produit intérieur brut). Au Togo, au nom de l’incessante suspicion
qu’entretient le « Nordiste » envers le « Sudiste », tout est
mis en place pour contraindre la diaspora à ne jamais retourner au bercail.
C’est à croire que les Togolais n’ont pas conscience de la connotation de la
date du 27 avril dans le monde : c’est un 27 avril que la traite négrière a
été abolie dans les colonies françaises ; c’est également un 27 avril que
les premières élections multiraciales se sont tenues en Afrique du Sud.
C’est aussi un 27 avril que l’un des principaux chantres du panafricanisme,
le Ghanéen Kwame N’krumah a rendu l’âme.
A défaut
donc d’un sursaut d’une véritable réconciliation, le bilan des 50 ans
d’indépendance du Togo sera un peu plus implacable dans moins d’une année ;
moins de douze mois pour donc corriger le tir. Tous les Togolais et plus
particulièrement les membres de l’élite et de la classe dirigeante
togolaises n’auront en avril 2010 aucune excuse devant l’Histoire. Si les
insultes au développement du continent africain (défaut du minimum
d’infrastructures de base) persistent en 2010 à cause des divergences
fratricides locales, les Togolais ne seraient plus alors assimilables à des
« damnés de l’Afrique occidentale », mais c’est le vocable « Togolais »
lui-même qui devrait renvoyer à sune connotation péjorative en Afrique ; « une
nation, c’est un plébiscite de tous les jours », disait l’écrivain
français Ernest Renan.
Edem GADEGBEKU
Répression de
la marche de l’Ufc à l’occasion du 27 avril
:
Le parti dénonce une violation des libertés publiques
L’UFC
(Union des forces de changement) dénonce et condamne avec vigueur le
comportement des forces de l’ordre vis-à-vis de ses militants lundi
dernier, à la sortie du culte demandé par le parti pour commémorer le 49ème anniversaire
de l’accession du Togo à la souveraineté internationale et appelle les
populations togolaises à une vigilance accrue. Son leader, Gilchrist Olympio
a saisi cette occasion pour lancer un appel
à la nation togolaise pour sa probable victoire aux échéances de 2010.
Le Bureau National du parti, quant à lui, en a profité pour faire une
lecture de l’actualité politique locale.
A la sortie
du culte, au Temple méthodiste Salem de Hanoukopé où les responsables du
parti et leurs militants ont rendu un vibrant hommage aux artisans tombés
sur le chemin de cette longue lutte héroïque pour l’indépendance de la « la
Terre de nos aïeux », ils ont été accueillis par les forces de
sécurités qui les ont dispersés à coup de grenades lacrymogènes. Et pour
cause, la marche prévue dans leur programme a été interdite par le
gouvernement. Selon le secrétaire général de l’UFC, Jean-Pierre Fabre « des
détachements des forces de sécurité ont bloqué les itinéraires prévus »
qui devaient conduire les militants et sympatisants de l’UFC à la plage où
un meeting suivi de pique-nique était prévu. Ces pratiques des forces
de sécurité ont été qualifiées de « totalitaires d’un autre temps »
par M. Fabre. Le parti déplore dans ses rangs des blessés à qui le Président
national a apporté compassion et réconfort. La mesure d’interdiction de la
marche selon les responsables de l’UFC, est une pure violation de la loi qui
démontre que le gouvernement n’a aucune volonté de respecter les droits et
libertés publics. Les forces de sécurité pour leur part ont justifié leur
réprimande par le fait que « les manifestants ont voulu forcer les
barrière ». Pour les autorités togolaises, « les militants de l’UFC
n’étaient pas obligés de se rendre à la plage en groupe. Ils pouvaient s’y
rendre individuellement ».
Rendant
hommage à ceux qui ont versé leur sang pour l’indépendance du Togo, M.
Olympio a salué leur mémoire et appelé le peuple à s’abreuver
« à la source de leur foi inébranlable, de leur courage exemplaire et de
leurs sacrifices nobles et généreux ». Il a ensuite appelé ses
militants et tous les Togolais à se mobiliser pour sa probable victoire aux
échéances de 2010 : « Peuple togolais, par ta foi, ton courage et tes
sacrifices, la nation Togolaise est née ; c’est encore par ta foi, ton
courage et tes sacrifices, que le Togo sera libéré de la tyrannie et de la
misère ; c’est aussi par ton engagement, ta mobilisation et ta détermination
que tu retrouveras ta liberté, ta dignité et ton bien-être. Debout peuple
togolais pour ta victoire en 2010 ! », a-t-il ajouté en substance. Pour
«le N°1» de l’opposition togolaise, la situation actuelle qui prévaut dans
notre pays exige que l’on surmonte ensemble les divergences pour « capitaliser »
entièrement les convergences. Cette situation devrait regrouper tous les
acteurs politiques afin que l’alternance démocratique de 2010 soit
accomplie. « Engagez-vous à nos côtés. Oui, nous avons besoin de chacun
de vous pour rebâtir la cité. L’heure a sonné. Le moment est venu pour
qu’ensemble nous écrivions les nouvelles pages de l’histoire de notre cher
pays le Togo… », a-t-il conclu.
L’UFC et
l’actualité de l’heure
La
commémoration de la fête nationale togolaise a été aussi une occasion pour
le Bureau national du cette formation politique de se prononcer sur
l’actualité politique togolaise actuelle. Réagissant sur le Cadre permanent
de dialogue et de concertation, l’UFC etime que « c’est en considération
de la mission et de la composition de ce Cadre que, malgré cette
dénomination abusive, elle a accepté d’y siéger ». En effet, si ce Cadre
a pour but de discuter des réformes politiques et que sa composition s’en
tient aux forces politiques qui ont recueilli au moins 5% des suffrages lors
des dernières législatives ; il serait inadmissible de l’élargir à tous les
signataires de l’APG, estiment les responsables de l’UFC. D’autres
malversations et coups de force du gouvernement et du RPT ont été déjoués « grâce
à la clairvoyance et à la vigilance des députés UFC qui ont saisi la Cour
Constitutionnelle », peut-on lire dans la déclaration rendue public.
Ainsi, les partisans de Gilchrist Olympio exhortent le Comité de Suivi de l’APG
(Accord politique global) à ne pas se laisser duper. Surtout que depuis
quatre semaines, le CPDC a cessé ses activités. Aussi, les militants de l’UFC
pensent-ils que l’apport d’un facilitateur est indispensable pour assister
la classe politique togolaise à sortir de son impasse actuelle. « Il
importe en effet, que l’UFC et le CAR poursuivent avec le RPT et le
gouvernement, en toute transparence et sur une base consensuelle, les
discussions actuellement en cours sur les réformes politiques et qui doivent
permettre, notamment, d’éliminer les mesures discriminatoires,
antidémocratiques et d’exclusion introduites unilatéralement par le RPT dans
le cadre électoral ».
Dans cette
même déclaration, l’UFC reste fidèle quant à sa dénonciation sur l’opération
de la FIR (Force d’Intervention Rapide) et des FAT (Forces Armées
Togolaises), concernant la violation des dispositions légales et
réglementaires au domicile du député Kpatcha Gnassingbé qui, d’après un
communiqué du procureur de la République, serait impliqué dans « une
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat ».
Au moment où
les discussions sur l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques
prévues par l’APG se heurtent au manque de volonté politique et aux
manœuvres dilatoires du gouvernement et du régime RPT, « cette lamentable
et piteuse affaire « affaire Kpatcha Gnassingbé », aux relents de
guerre fratricide entre le chef de l’Etat togolais et son frère député à
l’Assemblée nationale, a occasionné des morts, des blessés et de nombreuses
arrestations de personnes civiles et militaires. Et trouble la quiétude déjà
précaire des populations togolaises qui vivent l’insécurité au quotidien ».
En considération de cette « situation préoccupante », les membres du
Bureau national de l’UFC invitent le Président Togolais et son parti (RPT) à
un sursaut patriotique pour revenir aux véritables réalités sociopolitiques.
Ils interpellent, par la même occasion, l’opinion internationale à plus de
« vigilance » afin qu’elle ne se laisse pas berner par « le
discours lénifiant » du parti au pouvoir.
Abdou Yêkini
RADJI & Charlotte DAKLOU
Volley-ball /
Championnat Lomé- Golfe 2008-2009
- L’Etoile Filante au pied du podium
En clôture
de la 12ème journée du
championnat Lomé Golfe de volley-ball disputée le week-end dernier, l’Etoile
Filante de Lomé revient dans le sillage du trio de tête emmené par Bull’s,
tombeur de Dove’s. Les Bleus de la capitale ont dominé Phénix. Dans le
tableau féminin, la neuvième étape de la compétition a permis à Agaza et
Bull’s de dominer leurs adversaires du jour.
Dans la
première rencontre qui a opposé l’Etoile Filante à Phénix, ce sont les Bleus
de l’Etoile qui ont sorti leur épingle du jeu en disposant de leurs
adversaires par 3 sets à 1. Après le premier acte enlevé par Phénix 25-23,
l’Etoile domine le second 25-11. Le troisième est plus disputé et c’est au
tie-break que les Bleus finissent par dompter leurs adversaires 27-25. Plus
concentré que leurs adversaires de Phénix, les joueurs de l’Etoile Filante
remportent le match après le dernier set enlevé 25-23.
Le second
match entre Fingers et Agaza a produit le même scénario que le premier. Il
est allé à 4 sets. Ce sont pourtant les Verts de Tokoin qui dominent les
deux premiers sets 29-27, 25-19 avant de concéder le troisième 23-25. Agaza
reste cependant solide et enlève le match au dernier set 25-11.
La rencontre
Bull’s-Dove’s a connu maintes péripéties avant d’aller à son terme avec de
multiples arrêts dû à la mauvaise luminosité du terrain A du stade municipal
de Lomé. C’est sur le terrain B que le match s’est finalement terminé avec
la victoire de Bull’s en trois sets.
Du côté des
dames, Agaza confirme sa suprématie sur le classement en dominant Phénix en
trois sets 25-17, 25-18, 25-17.
En second
match, Bull’s a pris le meilleur sur Winners, battu également en trois sets
25-16, 25-16, 25-20.
Steven LAVON |
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Golfe 532 du 24 avril 2009 |
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Observation des élections en 2010 au Togo : Djato B. Kétéhouli, coordinateur
national du ROSCOE: «Nous sommes des chasseurs de fraudes électorales» |
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Le
coordinateur national du Réseau des Organisations de la Société Civile pour
l’Observation des Elections (ROSCOE), Bona Ketehouli s’est prononcé, ce
weekend, sur le rôle des organisations nationales d’observation des
élections en Afrique. Pour l’expert–consultant Ketehouli, les observateurs
électoraux africains ont un rôle important à jouer dans ces processus, du
fait de la meilleure connaissance des réalités de leurs pays. Ces
observateurs nationaux, qui vivent dans les pays africains d’où ils sont
originaires, ont selon lui un « avantage » sur les observateurs étrangers
qui ne viennent que le jour du
scrutin.
Pour
l’ancien ministre de la Communication et de la Culture, « la plupart des
observateurs étrangers ou internationaux ne viennent souvent superviser les
opérations que le jour du scrutin. Ils ne vivent pas toujours en Afrique et
parfois ne suivent pas toutes les étapes d’un processus (électoral) ».
Alors que, rappelle M. Ketehouli, les observateurs nationaux qui
appartiennent à des organisations de la société civile, ont l’avantage
d’abord de résider toujours sur le territoire, ensuite d’être des
originaires des localités et donc finalement, à même de mieux comprendre
les réalités linguistiques, sociologiques, historiques ou politiques des
pays africains. « Qu’a de plus que moi un observateur étranger sur le
terrain électoral au Togo ? S’est-il interrogé avant de préciser
qu’un observateur national est plus outillé qu’un observateur débarquant de
l’Europe ou d’Amérique pour comprendre la langue, les réalités sociologiques
ou l’histoire d’un village togolais ! ».
Revenant sur
le rôle précis des observateurs électoraux, Bona Ketehouli a expliqué que
ceux-ci veillent au respect de la transparence tout le long du processus
électoral et à sa conformité aux textes en vigueur, à savoir le Code
électoral et la Constitution. « Nous sommes des chasseurs de fraudes,
chargés de les démasquer, de les dénoncer pour qu’elles n’existent pas »,
affirme le coordinateur national du ROSCOE.
Néanmoins,
le président de « Différences Positives » ne rejette pas totalement
la présence des observateurs internationaux, dans la mesure où
« l’observation étrangère » a aussi son efficacité. « Ils ont
plus de moyens tant logistiques que financiers, également plus
d’expériences et sont beaucoup moins inquiétés sur le terrain. Ce n’est pas
mauvais que les gens arrivent de loin pour nous dire comment nous sommes. On
a toujours besoin d’un œil étranger pour voir », a-t-il confessé.
Sur la
composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
, le ROSCOE recommande qu’elle ne soit pas « une structure cosmopolite »
et que ses membres soient recrutés uniquement pour leurs compétences
techniques. Quant aux partis politiques, ils doivent surtout sensibiliser
leurs militants et sympathisants afin de combattre les fraudes, les
« votes à connotation ethniques ou tribalistes » et autres achats de
conscience.
Le ROSCOE regroupe cinq associations
œuvrant pour les droits de l’Homme et qui se sont fixés pour objectif de
renforcer les capacités de leurs membres en vue de coordonner et de
centraliser toutes les informations relatives à l’observation des élections
au Togo et ailleurs sur le continent.
Aristide HONYIGLO
Fête de
l’indépendance et présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat : Le 27 avril 2009 étouffé par l’ «Affaire Kpatcha Gnassingbé»
Dans 72 heures, le peule togolais commémorera le 49ème anniversaire
de son accession à la souveraineté internationale. A cinq jours de cette
date, le Conseil des ministres (probablement le dernier avant le 27 avril) a
passé le sujet sous silence et ce n’est qu’hier soir qu’un programme a été
rendu public. Pendant ce temps, le sujet qui anime toutes les conversations
et qui vient occuper pour une deuxième fois le menu de la rencontre
périodique de l’exécutif n’est autre que la présumée tentative d’atteinte à
la sûreté de l’Etat qu’aurait organisée Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du
chef de l’Etat et d’autres comploteurs.
La série de nominations au ministère de
la Justice
et notamment celle des magistrats est perçue par nombre de Togolais comme
une manière d’insuffler du nouveau souffle au corps judiciaire togolais.
Ceux-ci argumentent leur raisonnement par la fermeté et la rigueur évoquées
par Faure Gnassingbé au cours de son message à la nation voici huit jours,
suite à la présumée tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat déjouée par
les forces de l’ordre et de sécurité togolaises. Une affaire qui fait couler
beaucoup d’encre et de salive et qui, d’après certaines sources proches du
palais de la présidence, donneraient des insomnies au numéro un togolais.
Même si d’après d’autres sources, cette série de nominations est beaucoup
plus à but électoral, les dernières évolutions de l’actualité nationale font
oublier aux Togolais ou du moins aux autorités de Lomé la commémoration de
l’anniversaire de l’Indépendance du pays.
Pour certains nationalistes et autres nostalgiques des années
des indépendances qui s’attendaient, à l’écoute du communiqué ayant
sanctionné le dernier Conseil des ministres, à prendre connaissance des
dispositions relatives à cette célébration, ce fut une déception. D’autres
n’ont pas hésité à parler d’un certain acharnement sur cette « affaire
Kpatcha Gnassingbé » qui fait de l’ombre à tous les autres sujets. Dans
ce sens, certains analystes évoquent l’impact de ces événements sur les
préparatifs du prochain scrutin présidentiel au Togo. Les travaux du CPDC
étant toujours en veilleuse.
Et pourtant, cette célébration du 27 avril s’annonçait
manifestement grandiose, surtout avec les travaux de réaménagement et de
réfection de la place de l’indépendance. Ces travaux, démarrés en février
dernier et censés finir avant ce lundi 27 avril sont toujours en cours.
Le 27 avril toujours en chantier
Lors de sa visite des chantiers des « grands
travaux » en cours dans le pays en mars dernier, le Premier ministre
togolais qui s’est aussi rendu à la place de l’indépendance s’est vu
rassuré par le maître d’œuvre de la finition des travaux avant le 27 avril
2009. A
deux jours de cette date, les tracteurs, les camions et autres maçons et
manœuvres continuent de s’activer sur le chantier à côté des tranchées
inachevées et des coffrages de bétons non encore coulés. Ce qui laisse
beaucoup de Togolais dubitatifs sur une réelle manifestation sur ces lieux.
Concours de circonstances ou
situations préméditées pour célébrer le 27 avril 2009 sans tambour ni
fanfare ? Une interrogation qui fait dire à certains Togolais que de façon
implicite, cette date sera une nouvelle fois célébrée dans la sobriété comme
l’année dernière. Sauf qu’à l’époque, la sobriété avait été officiellement
annoncée. Ce qui semble réconforter ceux qui soutiennent que cette date,
rangée au placard par Eyadèma Gnassingbé et ressuscitée en
2006, a
du mal à trouver sa place sur la liste des «fêtes nationales». Et à
ces derniers de prédire que ce n’est pas le cinquantième anniversaire de
l’Etat togolais en 2010 qui le fera sortir de l’auberge, étant donné que le
pays sera dans la fièvre électorale dont l’issue est encore incertaine.
Sedjrawodo A. ADRY
Remettre le
secteur de la santé sur les rails au Togo :
Les
promesses s’officialisent
Les villes de
Lomé, Sokodé et Kara seront bientôt dotées de nouvelles écoles nationales
des auxiliaires médicaux et des sages-femmes. C’est ce qui a été décidé en
conseil des ministres mercredi dernier, conseil placé sous la présidence du
chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.
Ces réformes viennent en appui, selon le communiqué du conseil des
ministres, aux « efforts fournis par le gouvernement pour assurer une
meilleure intégration des ressources humaines aux objectifs de santé pour
tous ». En difficulté depuis des années, le secteur de la santé au Togo
se caractérise par un manque de personnel paramédical en « quantité et en
qualité », ce qui entraîne « une baisse de la qualité des soins, une
réduction de la capacité pour le Togo d’atteindre les Objectifs du
millénaire en matière de santé, une détérioration des acquis en terme
d’espérance de vie, et des initiatives privées à former sur le tas, des
personnels n’ayant pas le niveau requis ». Il importait donc de faire
des réformes. Ainsi, le département des aides sanitaires de Sokodé sera
érigé en une école nationale des accoucheuses, des infirmiers et infirmiers
auxiliaires; une école nationale des auxiliaires médicaux et une autre des
sages-femmes verront le jour à Kara. L’école nationale des auxiliaires
médicaux et celle des sages-femmes de Lomé seront réorganisées en deux
cycles. Il est aussi à noter, à l’ordre du jour de ce conseil des ministres,
trois projets de loi : le premier autorise le Togo à adhérer à
la Convention
du Cap et à son protocole adopté en 2001 par l’Organisation de l’Aviation
Civile Internationale (OACI) et relatif aux garanties internationales sur
les matériels d’équipements mobiles et sur les questions spécifiques aux
matériels d’équipements aéronautiques. Le second projet de loi autorise la
ratification de l’Accord international sur le café adopté à Londres le 28
septembre 2007 et qui vise à déterminer et à préciser le cadre et les
conditions de coopération des pays producteurs et consommateurs entre
lesquels cet accord est négocié.
Le troisième projet de loi adopté lors de ces mêmes travaux autorise
l’adhésion du Togo à
la Convention
relative au statut des apatrides adoptée le 28 septembre 1954. Au terme de
cette convention, « les Etats membres doivent accorder aux apatrides qui
résident régulièrement sur leur territoire, le même traitement que celui
accordé aux nationaux en matière de logement, d’éducation publique,
d’assistance publique, de législation du travail et de sécurité sociale ».
Des décrets de nomination, notamment au titre du ministère de
l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, du ministère de
la Justice,
du ministère de l’Enseignement Supérieur et de
la Recherche
et du ministère des Sports et des Loisirs sont aussi à mettre à l’actif de
ce conseil des ministres.
Komlanvi APEVINYEKOU
Pauvreté infantile au Togo : L’Unicef veut enrayer le phénomène
Quelles sont les stratégies idoines à mettre en œuvre
pour venir à bout de la pauvreté infantile au Togo ? C’est la
question qui a constitué le point d’ancrage d’une conférence qui a réuni
hier jeudi 23 avril , à l’hôtel Ibis à Lomé, spécialistes de la santé,
partenaires au développement et des enseignants-chercheurs de l’Université
de Lomé. Organisée sous les auspices de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies
pour l’Enfance), la rencontre a permis aux participants de restituer les
études et recherches qu’ils ont menées en vue d’endiguer la pauvreté des
enfants dans le pays.
Les assises ont été un cadre de dialogue
en ce qui concerne les voies et moyens de lutte contre la pauvreté en
général et celle des enfants en particulier. Elles ont également donné
l’opportunité à chacun des participants de partager les résultats issus
d’études et recherches sur les mesures et les analyses de la pauvreté
infantile. Les implications en terme de politiques économiques et sociales
de réduction de la pauvreté ont été aussi abordées.
A l’issue de cette rencontre, les
conférenciers ont pu identifier des approches de solutions adéquates pouvant
conduire à une diminution considérable du phénomène de pauvreté au Togo
ainsi qu’à l’amélioration de la situation de toutes les familles togolaises.
Pour la représentante résidente de
l’UNICEF au Togo, Una Mc Cauley, le manque d’accès des enfants aux services
de santé et aux services éducatifs perpétue la situation de pauvreté des
familles d’aujourd’hui et de demain. Et d’ajouter qu’on ne peut pas penser
les politiques économiques et sociales sans prendre en compte le cas
spécifique des enfants. « Ne pas investir dans le capital humain des
enfants, c’est détruire la future capacité de production d’un pays et
mettre en péril son potentiel de développement. En d’autres termes, lutter
contre la pauvreté infantile, c’est enrayer le cercle vicieux de ce
phénomène », a laissé entendre Mme Mc Cauley.
La pauvreté constitue un frein à la
survie, au développement et à l’épanouissement des enfants au Togo. Sont
considérés comme enfants pauvres, ceux qui sont privés de ressources dont
ils ont besoin sur le plan matériel, spirituel et affectif pour survivre, se
développer et s’épanouir normalement. Plus de 61% de la population togolaise
vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans ce chiffre, les enfants
représentent près de la moitié et constituent par la même occasion la couche
la plus vulnérable. Ils sont également les malheureuses victimes de
maladies, d’infections, de manque d’eau potable, de malnutrition, mais
également de violences, d’exploitation et de toutes formes d’abus.
Rodolph TOMEGAH
Crise financière internationale : Les pauvres payeront les
pots cassés
« Il
est possible que l’Afrique soit le plus touché par la crise financière
internationale ». Ainsi s’exprimait mercredi 22 avril dernier, l’économiste
en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Shantayanan Devarajan lors
d’une visioconférence de presse animée par le département Afrique de cette
institution à Washington..
Bien que née
aux Etats-Unis, la crise financière internationale risque, selon ce haut
responsable de l’institution de Brettonwood, de faire plus de dégâts sur le
continent noir et dans la plupart des pays pauvres que dans les pays
industrialisés où elle sévit actuellement. Après avoir confirmé les récentes
déclarations de certains responsables d’institutions financières
continentales et sous-régionales selon lesquelles, les banques locales ne
disposent pas d’actifs toxiques dans leurs portefeuilles, l’économiste en
chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique fera observer que les canaux de
transmission de la crise au continent sont de quatre ordres.
En premier
lieu, on a la baisse des transfères des migrants (diaspora africaine aux USA
et en Europe) du fait des licenciements et autres mesures sociales prises
par leurs entreprises pour résister à la crise. Ces licenciements, explique
ce responsable du département Afrique de la Banque Mondiale, entrainent une
perte de revenues aux migrants qui se retrouvent de ce fait dans
l’incapacité de continuer d’envoyer des fonds à leurs familles restées au
pays. Or, souligne les rapports de la Banque et du Fonds (FMI), ces
transfères représentent parfois le double de l’aide publique au
développement pour certains pays Ouest africains comme le Mali.
A l’instar
des migrants africains qui n’ont plus assez de revenues pour venir en aide à
leurs familles en Afrique, cette crise oblige, malgré toutes les
déclarations de bonnes intentions, les pays riches à revoir à la baisse le
montant de leur enveloppe financière dégagée en faveur des pays pauvres dans
le cadre de l’aide publique au développement. Cette situation est d’autant
plus catastrophique pour les Africains ou du moins certains pays du
continent comme le Niger, dont le budget dépend à plus de 50 voire 70% des
dons et autres appuis budgétaires des partenaires bilatéraux.
Troisième
canal de transmission de la crise financière internationale identifié, c’est
la chute des cours des matières premières sur le marché international. En
effet, contrairement aux pays industrialisés et émergents, les Etats
africains ne sont présents sur le marché international qu’avec leurs
matières premières. Et la plupart de nos pays financent leur politique de
développement avec les recettes engrangées de la vente de ces produits. Or,
avec la chute du cour du baril du pétrole qui est passée de 140 dollars US
en juin 2008 à moins de 50 dollars US aujourd’hui, et la dégringolade de
celui d’autres matières premières comme le fer, le bauxite, l’uranium etc.,
la plupart des pays africains craignent une baisse dramatique de leurs
revenus. Ce qui ne sera pas sans incidence sur les investissements publics,
notamment les investissements dans les infrastructures de base à savoir
l’éducation, la santé, les routes, etc..
A l’image de
l’Etat ou des Etats qui se retrouvent dans l’impossibilité de financer leur
programme de développement, la crise mondiale inhibe les prévisions ou plan
d’investissement des entreprises privées, notamment les grands groupes. Ce
qui réduit du coup, les transactions en termes de capitaux étrangers d’une
part, noircit davantage le tableau des problèmes sociaux liés au chômage et
à la précarité de l’autre.
Par
ailleurs, selon la vice-présidente du département Afrique de la Banque
Mondiale, Ezekwezili Obiageli, des signaux négatifs de cette crise sur le
continent commenceraient déjà à se faire enregistrer. C’est ainsi qu’elle
citera l’accroissement prévisionnel du taux de mortalité infantile avec à la
clé, le décès de plus de 700.000 nouveaux nés avant leur premier
anniversaire au cours des prochaines années, la tendance de certains pays ou
gouvernements populistes à ne plus poursuivre les réformes courageuses et
impopulaires qu’ils ont pourtant bien enclenchées ; les velléités de retour
aux pratiques relevant de régimes non démocratiques et enfin, le risque pour
certains gouvernants de revoirs leurs priorités aux dépens des populations
rurales déjà sevrées d’une bonne partie des ressources destinées au secteur
agricole.
Afin de
permettre aux Etats africains de ne pas trop subir les effets de cette
crise, le département Afrique de la Banque Mondiale entend faire entendre la
cause du continent lors des assises de l’Assemblée de Printemps du FMI (Fond
Monétaire International) et de la Banque Mondiale qui auront lieu ce
week-end à Washington.
D’après Mme
Ezekwezili, des actions seront intensifiées pour l’allègement de la dette
des pays africains, l’identification et la mise en place de mécanismes
d’appuis financiers et de conseils aux gouvernements africains. D’ores et
déjà, on signalera que depuis l’année 2008, la Banque a accru ses
interventions en faveur des pays africains. Le montant de l’enveloppe de 7
milliards de dollars prévu en début d’année pour le financement du programme
de réduction de la pauvreté a été porté à 20 milliards US alors que plus de
pays ont pu bénéficier cette année, d’allègement de leur dette vis-à- vis de
la Banque mondiale.
Entre temps,
cette institution a ainsi augmenté, sinon doublé son enveloppe financière
pour le secteur agricole. Celle-ci est passée de 400 millions de dollars US
à plus de 1,5 milliards de dollars US.
Toujours
pour éviter que les Africains ne souffrent trop de la crise actuelle, la
Banque mondiale dit avoir encouragé les gouvernements à ne pas se détourner
de leurs engagements, mais à poursuivre les réformes entreprises en faveur
de la lutte contre la pauvreté, pour la gouvernance économique et
l’instauration d’un Etat de droit.
Marc D. KOUAKANI-ASSI
Relance et gouvernance économique au Togo :
La Banque mondiale apporte un appui financier à Lomé
Le mardi
21 avril dernier, le Conseil d’Administration de la Banque mondiale a
approuvé un projet d’appui financier au Togo. Il s’agit d’un DREG-2
(Deuxième Don pour la Relance Economique et la Gouvernance) d’un montant
total de 20 millions de dollars US (soit 10 milliards de francs CFA
environ). Ce don qui « est un appui budgétaire au Gouvernement togolais », a
pour objectif principal le soutien des réformes de l’Etat, visant à
actualiser la gestion financière publique et à rétablir la performance des
principales entreprises et institutions financières étatiques.
Tout comme
le DREG-1 (Premier Don pour la Relance Economique et la Gouvernance)
approuvé en mai 2008, le DREG-2 « fait partie des opérations retenues
dans
la Note de
Stratégie Intérimaire qui a été élaborée par la Banque Mondiale en mai 2008
pour soutenir le Togo sur la période de 2008 à 2010 ».
Ce nouveau don mettra un accent particulier sur la poursuite et
l’intensification des reformes en matière de politiques de développement
initiées par le gouvernement togolais en 2008. il permettra aussi de
raffermir la formulation et le suivi (la préparation, l’exécution et le
contrôle) du budget, puis la passation des marchés publics. De plus, il va
contribuer à moderniser la prouesse de plusieurs domaines clés de l’économie
togolaise, à travers « des mesures visant à améliorer la gouvernance et
la transparence dans les secteurs du phosphate, du coton, de l’énergie et
des finances ».
Pour Joseph
Baah-Dwomoh, Représentant résident de la Banque Mondiale au Togo, « le
système de gouvernance et de transparence que le gouvernement togolais est
en train de mettre en place », et que son organe supporte à travers le
DREG-2, doit être le fondement de la relance économique togolaise. En ces
moments ardus de crise financière mondiale, « il est important
d’accroître la confiance dans la gestion financière et économique pour aider
le pays à faire face aux chocs extérieurs, et à encourager les partenaires à
augmenter leur soutien à l’économie togolaise », précise le représentant
résident de la Banque mondiale. A cet effet, M. Baah-Dwomoh encourage le
gouvernement togolais à continuer et à renforcer les reformes déjà
entreprises, afin d’atteindre très prochainement, le « point d’achèvement
de l’Initiative PPTE pour bénéficier de l’effacement de sa dette
multilatérale. Le pays pourra ainsi dégager des ressources nécessaires pour
la croissance et la réduction de la pauvreté ».
Le DREG-2
dont la mise en œuvre est sous la responsabilité du ministère togolais de
l’Economie et des Finance, est basé sur l’achèvement d’une série d’actions
antérieures déjà entreprises par le gouvernement. Parmi celles-ci, on peut
noter :
La
formulation et le suivi du budget : publication sur une base trimestrielle
des rapports d’exécution budgétaire pour le budget 2008, en conformité avec
les priorités contenues dans le Document Intérimaire de Stratégie de
Réduction de la Pauvreté; L’exécution budgétaire : finalisation de
l’organisation du Trésor Public selon les directives de l’UEMOA (création de
la paierie générale, d’une recette générale et d’une Agence Comptable
centrale du Trésor) ; Le contrôle budgétaire : création d’une Inspection
Générale des Finances dotée de personnel, placée sous la tutelle du
ministère de l’Economie et des Finances, nomination d’un Inspecteur
Général ; on peut également noter au nombre de ces séries d’actions la
passation des marchés publics : adoption par le gouvernement du Projet de
Loi sur la passation des marchés, et sa transmission à l’Assemblée Nationale
en conformité avec les directives de l’UEMOA ; publication du résumé des
contrats publics passés en 2008 dans le journal «L’Entrepreneur » publié par
la Chambre de Commerce de l’Industrie ; sLe secteur coton : des mesures
prises pour recouvrer les surfacturations de la SOTOCO (Société Togolaise de
Coton) qui ont été confirmées par la mission de Vérification ; l’adoption
d’un nouveau prix aux producteurs qui reflète les changements dans les prix
internationaux ; Le secteur des phosphates : publication des résultats de la
réconciliation des recettes générées de la vente du phosphate au cours de
l’année 2007, avec les recettes perçues par le Trésor Public au cours de la
même année ; Le secteur financier : relèvement de la valeur nette des trois
banques (BTCI, BIA, UTB) au niveau du ratio prudentiel de l’UEMOA, en
échangeant les prêts non performants de ces banques par des titres émis par
le gouvernement ; et enfin, le secteur d’énergie : élaboration et adoption
d’un contrat de performance de 5 ans entre l’Etat togolais et la CEET
(Compagnie d’Energie Electrique du Togo).
Charlotte DAKLOU
Tirer sur
les déviances sexuelles en Afrique : Oui, mais pas seulement sur
l’homosexualité
Les
débats portant sur l’homosexualité en Afrique sont de nouveau sous les
rampes de l’actualité africaine depuis lundi dernier, à la faveur de l’arrêt
infirmatif de la Cour d’appel de Dakar (au Sénégal) annulant la
condamnation, le 07 janvier 2009, de 09 homosexuels sénégalais âgés de moins
de 30 ans à 08 ans de prison. Cette juridiction sénégalaise a justifié sa
décision par la violation de la procédure d’interpellation et de l’ouverture
de cette même procédure (sur une simple dénonciation) à l’encontre des
homosexuels suscités. Cet arrêt est cependant loin de mettre un terme au
débat passionné et souvent passionnel autour des minorités sexuelles au
Sénégal et plus généralement en Afrique. Même si on risque encore pendant
longtemps de pérorer sur cette thématique en ne déblatérant contre que son
côté « occidental ».
« L’homosexualité
est une invention des Blancs ; elle a été importée de l’Occident en Afrique
par les violateurs de la lettre et de l’esprit des traditions ancestrales
africaines ». Cette rengaine est dorénavant connue sur le continent
noir ; elle est brandie à loisir par tous ceux qui voient d’un mauvais œil
le rapprochement, l’union entre deux personnes du même sexe. Un peu comme la
polygamie tolérée et encadrée juridiquement en Afrique est mal vue en
Occident. La prépondérance de plus en plus croissante qu’occupent l’islam et
le christianisme dans les habitudes religieuses des Africains n’a en rien
favorisé une once de tolérance envers les homosexuels sur le continent
berceau de l’humanité. Le pas entre traditions africaines et religions
importées (occidentales) est ainsi vite franchi. Dans le cas d’espèce,
traditions, religions africaines et pratiques (religieuses) issues de la
colonisation en Afrique convergent : l’homosexualité s’inscrit contre
l’ordre normal de fonctionnement des éléments de la nature, elle ne favorise
pas la pérennisation de l’espèce humaine, bref, elle constitue une pratique
immorale. Voilà grosso modo les bases sur lesquelles au moins 38 Etats
sub-sahariens ont bâti des lois homophobes. Loin de la Constitution
sud-africaine qui a été la première sur le continent noir à interdire, dès
1995, « toute discrimination en fonction de l’orientation sexuelle ».
La locomotive de l’économie africaine et très précisément sa ville
Johannesburg accueille d’ailleurs chaque année la « seule Gay Pride »
africaine (géant défilé au cours duquel les homosexuels, hommes comme
femmes, s’affichent avec ostentation). Comme le souligne Charles Gueboguo
(sociologue camerounais, auteur de la Question
homosexuelle en Afrique :
le Cas du Cameroun, Editions l’Harmattan, octobre 2006), « vivre
son homosexualité au quotidien en Afrique est synonyme de suicide :
insultes, passages à tabac, vols avec violences sont le lot quotidien des
homos. Nombreux sont ceux qui optent pour la «stratégie du camouflage» :
mariage et paternité. Leur vie reste très dure ». Faut-il donc continuer
à jeter la pierre aux homosexuels en Afrique ? Au Sénégal par exemple, après
l’arrêt infirmatif de lundi dernier, la Raddho (Rencontre africaine des
droits de l’homme) s’est réjouie de cette décision tout en demandant
l’ouverture d’un débat autour de la « dépénalisation de l’homosexualité »
dans ce pays. Il appartient aux différentes composantes des Etats africains
de se prononcer sur cette question. Avec le jeu de la mondialisation des
mœurs, des mentalités et de la migration transfrontalière, il sera dans tous
les cas difficile d’ignorer la proportion de plus en plus croissante des
homosexuel(les) en Afrique au cours des prochaines années. En d’autres
termes, ignorer la proportion des membres des minorités sexuelles (homo, bi
ou transsexuels) dans le jeu des relations sociales au cours des prochains
mois en Afrique ne serait que faire preuve d’hypocrisie.
Certes, tout
ce qui a une connexion avec le vocable « sexe » en Afrique est frappé d’un
ou des tabous à divers degrés. N’y-a-t-il pas alors, à l’heure actuelle en
Afrique, d’autres «déviances» sexuelles à même de déchaîner
l’intolérance des gardiens de la morale des traditions et des religions?
Il suffit
pourtant d’ouvrir les yeux
Célhia de
Lavarène a dirigé plusieurs missions de l’Onu (Organisation des Nations
Unies) contre le trafic des êtres humains. Révoltée par l’inertie de
celle-ci à défendre les femmes forcées à se prostituer et réduites au
silence, elle a créé son Ong « Stop Trafficking Of People » et écrit
un livre (Un visa pour l’enfer, Fayard 2006) pour dénoncer les
trafiquants et leurs clients complices. Sur la base de ces diverses
expériences, Mme de Lavarène a livré son témoignage autour du visage de ce
phénomène en Afrique à nos confrères de l’Agence Syfia : « Au Libéria,
nous étions parvenus en 2004 à stopper l’arrivée de jeunes Marocaines,
Roumaines et autres, en plaçant des hommes à l’aéroport, au port et en
surveillant les routes. Nous savions qui entrait et sortait du pays. Mais
l’Onu a décidé que le trafic des êtres humains n’était plus une priorité.
Mon équipe a été démantelée. D’autres night-clubs ont ouvert et d’autres
jeunes ont été amenées à nouveau au Libéria ». « Tous les pays du
monde sont touchés par ce trafic », dit-elle en évoquant l’ampleur du
phénomène. « Mais il y a des zones de transit importantes comme Abidjan,
en Côte d’Ivoire. Dès qu’elles atterrissent dans ce pays, les filles sont
placées, pour une courte durée, dans les nombreux night-clubs et bars.
Ensuite, elles sont vendues au Liberia, au Ghana ou envoyées dans toute
l’Europe. Cela dépend de l’acheteur. Passer par l’Afrique de l’Ouest est
avantageux pour les trafiquants car les frontières sont poreuses et moins
surveillées à cause des nombreux conflits qui y sévissent. Les lois y sont
plus laxistes et la corruption bat son plein », précise C. de Lavarène
en donnant une idée de la manière dont le trafic des femmes a contaminé
l’Afrique occidentale et s’y manifeste.
Dans un
contexte juridique permissif en Afrique de l’Ouest, la technique
d’enrôlement des victimes de ce trafic est la suivante, selon l’auteur d’Un
visa pour l’enfer : « Les trafiquants ont des recruteurs/euses qui se
chargent de séduire les victimes. Celles-ci ont entre 14 et 25 ans et
viennent souvent de villages isolés, de pays où la situation
socio-économique est très difficile. Ils deviennent amis avec la famille ou
font semblant d’être amoureux en demandant la main de la jeune fille. Les
filles sont aussi kidnappées ou tombent dans le piège de petites annonces
pour un travail à l’étranger (serveuse, nounou etc.). Arrivées dans un pays
qu’elles ne connaissent pas et dont elles ne parlent pas la langue, elles se
voient confisquer leur passeport par les trafiquants qui les dépouillent de
tout effet personnel, jusqu’à leur propre nom… Elles restent enfermées
pendant six mois, parfois un an, avant d’être vendues et envoyées en Europe.
Elles sont même parfois achetées et essayées sur place, dans les
night-clubs… Je ne me targue pas de changer le monde, mais je veux au moins
l’informer. Il est très important de savoir ce qui se passe autour de nous… ».
Ces
témoignages, faits et gestes tout autant immoraux comme l’homosexualité (si
l’on se base du moins sur l’indice de moralité qui sert à vitupérer en
Afrique contre l’union de deux individus du même sexe) n’émeuvent pas
(hélas !!!) encore sur le continent le plus pauvre du monde, au même titre
que l’homosexualité. Les exciseuses traditionnelles sévissent toujours, les
passeurs de réseaux de prostitution sont très rarement inquiétés en Afrique,
en dépit des démantèlements dont sont victimes de temps en temps leurs
réseaux en Occident. Travailleuse sociale camerounaise, Amély-James Koh Bela
milite depuis plus de 10 ans contre la prostitution africaine en Europe. Une
prostitution dont les contours sont définis en Afrique avant son exportation
sur le « Vieux continent » (Europe). « Chaque jour, des femmes et
des enfants sont piégés par des annonces dans les magazines, des demandes en
mariage sur Internet ou des familles qui, poussées par des estomacs vides,
les mettent à la rue. Dans la filière africaine, il se passe les choses les
plus immorales, indécentes et inhumaines qu’on puisse imaginer (pornographie
sauvage, rapports sans préservatifs, zoophilie). Les Africaines à la tête de
ces réseaux sont entourées d’hommes de main qui vont chercher les filles
dans les pays d’origine, les déplacent, les surveillent et, au besoin, les
brutalisent (brûlures, défigurations, meurtres) dans l’anonymat et
l’indifférence la plus totale. Depuis une décennie, le nombre total de
prostituées en Europe aurait été multiplié par six. L’Oim (Organisation
internationale pour les migrations) y estime à environ 500.000, le nombre
d’étrangères prostituées. En France, à titre d’exemple, la part des
Africaines dans la prostitution est passée de 7% en 2000 à 40% en 2005. Les
prostituées viennent principalement du Cameroun, du Nigeria, du Ghana, de
la Sierra
Leone, du Liberia et du Bénin »,
confie Mme Bela au micro de l’Agence Syfia. Tout en exprimant sa colère
vis-à-vis du laxisme qu’orchestrent les premiers responsables africains
devant cette prostitution : « Mon étonnement vient de la démission des
gouvernements africains qui ne font pas de la lutte contre ce trafic une
priorité alors que la crise alimentaire qui secoue leurs pays nous fait
craindre le pire. La présence de complices dans les consulats et les
préfectures de police en Europe rend la lutte plus complexe ».
Comme si
tout ceci ne suffisait pas, au même moment, les mariages forcés de jeunes
filles pubères avec des polygames invétérés a encore de beaux jours devant
eux, même s’ils déjantent l’avenir psychologique et social de ces filles.
Nonobstant le fait selon lequel cette dernière pratique n’est pas le lot de
l’Afrique. Même le tournage de films X s’est invité dans ce décor abject, à
côté des séances de strip-tease dans les discothèques, bars, restaurants et
pubs africains. Mieux, l’accès aux supports de film X est aujourd’hui très
aisé pour les mineurs en Afrique, paupérisation et piraterie du disque en
ayant balisé le terrain. Cette litanie d’inconduites ne déclenche pas à
satiété le courroux de responsables religieux, comme on l’observe vis-à-vis
de l’homosexualité. La pérennisation de l’espèce humaine «africaine»
n’est pas en jeu à travers ces inconduites précitées, diront les «sages»
de la morale sexuelle de cette partie du monde.
Au total,
les gardiens de la morale africaine semblent pratiquer la règle du « deux
poids deux mesures » en abordant la thématique du « sexe » et ses pratiques.
A quand donc les sermons au vitriol répétés contre les autres formes de «déviance»
sexuelle sous les latitudes africaines ? Quand est-ce que les codes pénaux
africains vont réellement pousser derrière les barreaux les auteurs de
trafics de femmes, de mariage avec des mineurs, la vente d’articles immoraux
à des enfants etc. ? La réponse est sue de tous.
Edem GADEGBEKU
Echapper à la pauvreté via le mariage en Afrique :
Internet, aire de peines plus que de joie
La
révolution de l’Internet n’a épargné aucun secteur d’activité. De l’économie
à la politique en passant par la publicité, tous les secteurs sont atteints
(positivement). La vie sentimentale n’y échappe pas. Les
cyber-rencontres sont aujourd’hui la mode pour la majorité des jeunes filles
africaines. L’Internet est le lieu de rencontre du prince charmant, du
« richissime blanc », du « pépé millionnaire », qui sortira ces dernières de
la pauvreté. Mais, si ces rencontres occasionnent parfois de grandes
histoires d’amour, elles sont souvent des pièges des proxénètes.
L’an 2007
restera à jamais une « année de gloire » pour Anita E., une
camerounaise de 22 ans mordue de l’Internet, car c’est en cette année
qu’elle a rencontré son « blanc ». Installée en plein «chat »
devant un ordinateur dans un cybercafé à Yaoundé, pantalon patte d’éléphant,
T-shirt moulant comme l’exige la mode actuelle, Anita vient de fermer sa
boîte aux lettres. Les yeux pétillants, elle esquisse quelques pas de danse,
sort un billet neuf de 5.000Fcfa et envoie sa copine payer des boissons
canettes pour les employés du cyber. « J’arrose mon mariage ! Votre cyber
m’a donné la chance. Mon blanc arrive lundi soir par Air France, il apporte
tout le trousseau de mon mariage. Vous êtes tous conviés. Ah, mes sœurs,
Dieu n’oublie personne ! Moi aussi je vais pouvoir mettre ma famille à
l’abri du besoin et aller vivre en Europe comme mes copines qui s’étaient
précédemment mariées avec des hommes blancs pêchés sur Internet… »
déclare t-elle.
Ce fait
divers rapporté en 2007 par la journaliste camerounaise Yvette Mbogo Medzogo,
illustre parfaitement la quête du « précieux homme blanc » à laquelle
des milliers d’Africaines se livrent de nos jours. A l’heure où Anita
exulte, d’autres « internenettes » (des filles qui explorent la Toile
à la recherche de l’âme sœur) persévèrent dans leur « chat » ; elles ne
laissent « nulle page où leurs photos ne passent et repassent ».
Ce phénomène
n’est pas nouveau. Depuis de nombreuses années, des magazines comme Amina,
Planète Jeunes, etc., édités en Europe et vendus en Afrique, publient de
petites annonces sous la rubrique correspondance. « J’ai rencontré
Thomas, un ami Français par le biais du magazine Amina il y 8 ans. Il m’a
beaucoup aidé quand j’étais encore lycéenne, sans poser de conditions :
envoie de documents scolaires, quelques Euro parfois,… Il se considérait
comme mon professeur de physiques (j’était nulle dans cette matière)
puisqu’il faisait la biochimie à l’université. Aujourd’hui, nous sommes plus
que des amis ! » affirme Essiomlé T., gestionnaire de compte dans une
agence de Banque à Lomé. Auparavant, les contacts se nouaient par la poste
avec tous les risques de ce canal, « l’incertitude que le courrier, qui
contient souvent des photos, arrive à son destinataire », ou qu’il
arrive tardivement. « Certaines filles envoyaient même des photos très
suggestives dans les hôtels et /ou agences de tourisme », confie Sonia
d’Oliveira, vacancière à Cotonou. L’avènement de l’Internet a changé la
donne.
Dorénavant,
les « investigatrices de mari blanc » ont la certitude que le « mariage
réussi et heureux » se trouve au bout de la souris. Aussi,
parcourent-elles la Toile avec ténacité, tissant des relations par intérêt
(rarement par amour), avec pour seul but trouver son « blanc ». La
procédure est la même pour toutes ces filles : s’inscrire sur un site de
rencontres en ligne à l’instar de sseduction.fr, meetic.fr, etc. avec une
annonce du genre : « charmante jeune Sénégalaise de 19 ans ; 1m70 pour 45
kg ; cherche un homme blanc de 30 à 99 ans pour relation sérieuse pouvant
aboutir au mariage. NB : Aventuriers s’abstenir ».
« Le
mariage burkinabé »
Pour Albert
Tingbé Azalou, professeur de socio anthropologie à l’université d’Abomey
Calavi (Bénin), « l’ambition et l’extraversion sont à la base de cette
obsession qu’ont certaines femmes africaines en quête du mari blanc
salvateur. A cela, ajoutons le désir de séjourner en Europe, de s’offrir des
facilités d’insertion, une supposée qualité de vie » supérieure. L’envie
de certaines femmes de se marier hors de leur milieu social peut-être aussi
liée à un sentiment de rejet. « Certaines Togolaises ayant posé des actes
proscrits (comme la prostitution) par leur entourage, se retrouvent mises au
ban de la société. Ainsi la seule façon pour elles de se réconcilier avec
les leurs, c’est de contracter un mariage et de fonder une famille ».
Dans cette vision, des chercheurs ouest africains ont identifié ce qu’ils
qualifient de « mariage Burkinabé ». « Ces femmes vont à la
frontière entre le Togo et le Burkina Faso, s’unissent aux transporteurs,
douaniers ou policiers et fondent une famille ! » explique le Professeur
Azalou. Désormais, dans « un village planétaire », elles ne se fixent
plus de limite dans leur quête du bon mari. Cela aboutit souvent à un
mariage fortuit, basé beaucoup plus sur le besoin de se refaire socialement,
que de se marier au sens propre du terme.
Quel
avenir pour les rencontres par Internet ?
Au regard de
ce phénomène qui prend de l’ampleur, l’ultime question qui se pose serait,
est-ce que les relations issues d’Internet ont autant de chance que les
autres de durer dans le temps, voire de réussir ? Nul ne saurait y répondre
convenablement ! Néanmoins, selon un sondage réalisé en 2005 par l’Institut
français d’opinion publique et d’études de marché (Ifop) pour le compte du
site Internet « Meetic », porté sur 2.500 européens, 54% des Anglais
répondent oui, alors que les Italiens plus sceptiques sont seulement 5% à
donner une réponse favorable. De plus, huit européens sur dix pensent que
les cyber-rencontres sont appelées à se développer fortement. Ceci parce
que « le mode de vie européen secrète des contraintes qui ne favorisent
pas des rencontres physiques ». Les conséquences issues de ces
rencontres sont souvent désastreuses dans la mesure où les conjoints se
rendent compte très rapidement qu’ils ne se connaissent pas réellement. Et
comme le dit si bien une journaliste Ivoirienne : « le mariage, c’est la
mise en commun de deux modèles différents ». Quand ces « modèles »
ne se complètent pas, la cohabitation s’avère difficile voire impossible.
Certes, « le conflit est inévitable dans un ménage. Dans le même temps,
les divergences se trouvent amplifiées lorsqu’il s’agit de mariage entre
deux origines ethniques non semblables », renchérit le professeur A. T.
Azalou.
Notons
cependant que ces cyber-rencontres tournent le plus souvent au vinaigre avec
les proxénètes à l’affût.
Les
pièges des proxénètes
Depuis une
dizaine d’années, les réseaux de proxénétisme prolifèrent. Ils sont devenus
transnationaux et difficile à démanteler. L’Internet constitue un moyen à
vil prix pour les proxénètes de faire leur trafic (d’êtres humains et de
prostituées étrangères). En ce sens, les Africaines peu sensibilisées et mal
informées de ce fléau, mais subjuguées par la perspective d’un « eldorado
occidental » sont des proies très faciles.
Quand le
proxénète ne joue pas à l’homme charmant qui fait une grande rencontre
amoureuse, il revêt le manteau du « recruteur pour le compte d’une
multinationale ». Les critères de sélection sont souvent accessibles à
nombres de jeunes filles africaines « naïves ». « Niveau d’études
BAC ou moins, âgée de 19 à 25 ans, bel aspect physique, fine et gracile … »,
explique Nadou, une Togolaise de 20 ans, victime de proxénétisme. Ces
annonces promettent, des salaires motivants, de nombreuses
possibilités de voyages dans le monde entier et des facilités de voyages de
retour au pays. Lorsque les candidates mordent à l’appât, la machine
implacable se met alors en branle. La victime peut recevoir une fausse
invitation de la société évoquée dans l’annonce. « Lorsqu’il est
difficile d’obtenir le visa au Togo par exemple, ils peuvent tenter leur
chance au Nigeria ou ailleurs. Ils privilégient les pays où il y a le plus
de failles dans l’administration de l’immigration », fait remarquer Alex
V., employé dans un consulat à Lomé. Parfois, « les proxénètes ont de
vrais passeports de pays occidentaux. Ils enlèvent la photo qui est sur le
document et la remplace par celle de leur victime. Cela brouille carrément
les pistes puisqu’il s’agit d’une substitution d’identités »,
poursuit-il. Lorsque ces scénarii ne marchent pas, ils demandent le visa
pour un pays voisin de leur destination finale. Une fois arrivés, ils
sollicitent l’aide des passeurs pour traverser l’ultime frontière et le tour
est joué.
Ce n’est
que, quand les filles arrivent dans les pays où elles sont sensées
travailler que leurs véritables supplices commencent. Les bourreaux « retirent
tous les papiers, m’installent dans un studio où j’étais tenue de satisfaire
les fantasmes sexuels des clients. Et bien entendu, ce sont eux qu’on
payait… », témoigne Ingrid (24 ans) « schateuse », victime de
proxénétisme.
Ces filles
rentrent au pays (quand elles trouvent une issue de secours) les mains
vides, l’âme remplit de douleurs, voire malades avec pour seule richesse
leurs expériences à raconter. Dès fois, elles sont rejetées par la société.
« Quand enfin une copine m’aide à rentrer au pays, j’étais confrontée à
l’indignation de mes proches. Ceci parce qu’ils ont vu sur des sites
pornographiques des photos où j’étais nue. Des photos osées que mon
recruteur prenait lorsque nous étions amants, et que je croyais destinées à
son album privé », renchérit Ingrid. Malheureusement, les victimes des
proxénètes ne peuvent les poursuivre judiciairement, parce que « ces
bandits s’appellent toujours par des surnoms et les adresses qu’ils
utilisent sont fausses. On ne peut donc les identifier », affirme Nadou.
Démanteler ces réseaux est aussi bien une difficulté majeure pour les forces
de l’ordre des pays du Sud et celles du Nord.
Il est donc
impératif que les jeunes filles africaines soient plus vigilantes vis-à-vis
des « chat », car les « cyber-lover » conduisent peut-être au
grand amour, mais sur la même piste de danse se retrouvent les pièges des
proxénètes.
Charlotte DAKLOU |
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Golfe Info 530 du lundi 20 avril 2009 |
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Affaire Kpatcha
/ Selon des défenseurs des droits de l’Homme : Des détenus privés de
visites, Essolizam Gnassingbé introuvable |
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Suite
à l’interpellation de certaines personnalités civiles et militaires accusées
de
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, quatre responsables
d’organisations de défense des droits de l’Homme, sur demande de leurs
structures respectives, ont rendu ce week-end, une visite aux détenus dans
leurs différents centres de détention. A l’issue de cette « tournée », il
ressort que certains détenus sont privés de visites alors que l’autre
demi-frère du chef de l’Etat qui a été appréhendé jeudi dernier, Essolizam
Gnassingbé, est introuvable. C’est l’essentiel des informations livrées à la
presse, lors d’une conférence de presse, samedi dernier à l’hôtel Ibis de
Lomé, par trois des quatre organisations qui ont rendu visite aux personnes
interpellées dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé. La quatrième organisation,
le HCDH, ayant indiqué qu’il devrait rendre compte à sa hiérarchie avant
toute publication.
Trois civils et dix-huit militaires, soit au total 21 personnes, toutes de
sexe masculin, c’est le nombre de détenus visités par les responsables de la
CNDH (Commission Nationale des Droits de l‘Homme), de la LTDH (Ligue
Togolaise des Droits de l’Homme), du MTDLDH (Mouvement Togolais de Défense
des Libertés et des Droits de l’Homme) et du HCDH (Haut Commissariat des
Nations unies aux droits de l’Homme) samedi dernier. Les lieux de
détention et l’identité des détenus demeurent toujours un mystère. Les
conférenciers ayant décidé de ne pas les révéler La raison évoquée pour
soutenir une telle démarche est la sécurité des détenus et la poursuite de
la procédure judiciaire.
Selon Claude Vondoly, Président du MTDLDH, l’équipe a vu 21 personnes qui
«existent physiquement». Elles sont apparemment bien portantes et déclarent
n’avoir pas fait l’objet de mauvais traitements depuis leur interpellation
jusqu’au moment où l’équipe a effectué sa visite. D’après ces défenseurs des
droits de l’Homme, « de manière générale, les détenus ont certifié ne
souffrir d’aucune maladie, et encore moins de mal nutrition ».
Toutefois, rapportent-elles, « le député Kpatcha Gnassingbé a indiqué qu’il
était sous surveillance médicale avant son interpellation et que cette
surveillance continue avec le médecin de la famille que l’équipe dit avoir
rencontré sur place ». Un des militaires interpellés qui soutient souffrir
de douleurs au niveau du thorax avant son interpellation, aurait confié
avoir aussi reçu des soins, ajoutent les conférenciers.
A la question de savoir comment va l’autre demi-frère du Chef de l’Etat,
Essolizam Gnassingbé, les exposants n’ont pu fournir la moindre information
le concernant.
Interpellé jeudi dernier, Essolizam est accusé d’avoir pris part au présumé
complot organisé par son frère Kpatcha Gnassingbé, et qui visait à prendre
le pouvoir au Togo lors d’un déplacement du chef de l’Etat en Asie. Il
dirige à Lomé une agence de publicité après avoir étudié à Paris. Essolizam
fut le président du Comité d’organisation du musée Gnassingbé Eyadema de Pya,
inauguré en avril 2007.
A la fin de leur entretien avec les détenus, les responsables de ces
organisations confient avoir eu une séance de travail avec le ministre des
Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation
Civique, Me Yakoubou Amadou et celui de la Sécurité et de la Protection
Civile, le Colonel Atcha Mohamed Titikpina. A ceux-ci, ils auraient soumis
des doléances. Ils disent leur avoir notamment demandé de favoriser la
visite des familles des détenus à ces derniers qui en sont pour l’heure
privés ; de veiller à la salubrité de la literie et des lieux de leur
détention; de faire continuer le suivi médical des détenus malades ou sous
surveillance médicale avant leur interpellation.
Pour des raisons de procédure, le HCDH n’a pas cosigné le communiqué ayant
sanctionné leur entrevue avec les détenus.
Des présumés
coupables jouent aux cartes !!!
Les associations de Défense des Droits de l‘Homme qui ont rendu visite
samedi dernier aux présumés comploteurs interpellés dans l’affaire dite
Kpatcha Gnassingbé, ont révélé avoir vu au cours de leur visite certains
détenus entrain de jouer aux cartes. Une preuve pour eux que ceux-ci sont
dans de bonnes conditions. Par principe souligne par contre un
observateur, « partout au monde, dans une affaire où on ne connaît pas les
tenants et les aboutissants et où il y a plusieurs détenus qui vont être
écoutés pour statuer sur leur culpabilité, ils sont toujours gardés à des
endroits différents pour éviter qu’ils n’échangent ». De ce fait, il voit
mal comment les présumés coupables peuvent être mis ensemble et se mettre à
jouer aux cartes dans cette affaire où de lourdes charges pèsent sur eux. Il
s’agit notamment de : « tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, de
groupement de malfaiteurs, de rébellion, de violences volontaires avec
usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires ». On dirait
aussi que les détenus ne sont pas inquiets quant à la lourdeur de la peine
qu’ils encourent au regard de l’article 230 du code pénal qui stipule que
« le complot formé pour préparer un attentat contre la sûreté intérieure de
l’Etat est punissable dès que la résolution d’agir a été arrêtée entre
plusieurs personnes ». Pour un juriste, cette sérénité apparente peut être
la preuve que ces présumés comploteurs n’en sont pour rien dans ce qui leur
est reproché.
Abdou Yêkini RADJI
Audition de
l’ex-ministre de la Défense : Kpatcha Gnassingbé ne veut pas d’avocat
Le député
Kpatcha Gnassingbé était devant le juge d’instruction vendredi 17 avril
dernier à Lomé. A cette occasion, il aurait, selon des sources judiciaires,
refusé d’être assisté par un avocat. Kpatcha Gnassingbé a donc été
auditionné par le juge Koffi Ernest Bignang et les charges qui pèsent contre
sa personne lui ont été signifiées.
Le député de la
Kozah a été arrêté le mercredi le 15 avril 2009 devant les locaux de
l’ambassade des Etats-Unis à Lomé où il cherchait à se réfugier. Il a été
inculpé pour « tentative d’attentat contre la sureté de l’Etat,
groupement de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage
d’armes à feu et complicité de violences volontaires ».
L’audition du
vendredi dernier est l’enclenchement de la procédure judicaire qui devait
aboutir au jugement du demi-frère du chef de l’Etat. A l’issu de cette
procédure, l’ex-ministre de la Défense peut être déclaré ou non coupable des charges suscitées.
Dans le cas où il est déclaré coupable, à défaut d’être condamné à la peine
capitale, Kpatcha Gnassingbé risque la prison à vie. Toutefois, selon
certaines dispositions du code pénal togolais, il pourra recourir à la grâce
présidentielle.
Qu’est-ce-que la grâce présidentielle?
Selon l’article
515 et suivant du code de procédure pénale, « toute condamnation pénale,
principale, complémentaire ou accessoire, toute mesure de sureté prononcée
par la juridiction pénale peut être levée par la grâce présidentielle ».
Les recours à cette grâce peuvent être adressés soit directement au
président de la République, soit par la voie hiérarchique judiciaire. Dans
ce dernier cas, précise l’article 516
du
code de procédure pénale, le ministère public transmet le recours avec son
avis sur la suite à réserver.
La grâce peut
être pure, simple ou conditionnelle. Elle (la grâce) n’est applicable qu’aux
condamnations devenues définitives.
Lorsque cette
grâce est accordée à un condamné perpétuel avec commutation en
emprisonnement à temps, le décret de grâce précise le point de départ de la
peine à temps. A défaut de précision, ce point de départ est fixé au jour de
la mise à exécution de la peine perpétuelle.
La grâce
présidentielle, il faut le noter, peut substituer une amende à une peine
d’emprisonnement. L’amende est recouvrée à la diligence du greffe de la
juridiction ayant statué. A défaut de paiement de l’amende, l’emprisonnement
est maintenu.
Le recours en
grâce n’est pas suspensif. Toutefois, le ministère public, d’office ou sur
instruction du ministère de la Justice, peut surseoir à l’exécution de la
condamnation en attendant la décision présidentielle. Il doit surseoir à
chaque fois que la mise à exécution aurait pour effet de créer une situation
irréversible ôtant toute portée à la grâce sollicité. Le délai d’examen du
recours en grâce est suspensif de la prescription de la peine.
Le décret de
grâce présidentielle peut également, au lieu d’accorder une remise simple de
la peine, accorder au condamné le bénéfice du sursis avec ou sans
obligations particulières. La grâce n’a pas d’effet amnistiant. Toutefois,
le casier judiciaire mentionne les effets de la grâce à côté de la
condamnation remise ou commuée.
Rodolph
TOMEGAH
Fonctionnement
des institutions judiciaires au Togo : Abalo Pétchélébia confesse les
difficultés de
la Cour
suprême
La cour
suprême du Togo connaît un certain nombre de problèmes liés à son
fonctionnement. C’est ce qu’a estimé son président, Abalo Pignakiwè
Pétchélébia, dans une interview accordée à presidencetogo.tg (le site
officiel d’informations de la présidence togolaise).
D’après M.
Pétchélébia, la Cour suprême togolaise, telle qu’elle se présente aujourd’hui, fonctionne
au rabais. Et pour cause, elle n’est pas complètement bien structurée. « Même
si
la Cour
travaille avec deux chambres, il reste encore à faire. Mon projet est de
faire éclater ces deux chambres pour un fonctionnement plus efficace de mon
institution. Après éclatement de la chambre judiciaire par exemple, on peut
avoir une section commerciale, une section civile et une section pénale », a indiqué le président de
la Cour suprême avant de déplorer le manque de magistrats devant siéger à la
chambre administrative et celui du personnel devant servir de relais. « C’est
le second problème auquel nous sommes confrontés. Il nous faut normalement
cinq (5) magistrats à la chambre administrative. On se débrouille
actuellement en attendant un décret du chef de l’Etat pour régulariser la
situation ».
Les difficultés
de la Cour suprême ne se sont pas que administratives. Elles sont également
d’ordre matériel. A en croire Abalo Pétchélébia, cette haute juridiction de
l’Etat ne dispose pas de site web. Pire, dit-t-il, le personnel ne dispose
pas de locaux décents pouvant lui permettre de faire efficacement son
travail. « Nous sommes aujourd’hui mal hébergés. Il nous faut donc deux
salles d’audience : l’une pour la chambre judiciaire et l’autre pour la
chambre administrative », a indiqué l’ancien président de
la Cour d’Appel de Lomé qui a par la même occasion déploré l’étroitesse du
budget consenti à son institution.
La Cour suprême est la plus haute juridiction en matière judiciaire et
administrative au Togo. Elle a deux branches d’activité. Non seulement elle
est une cour judiciaire, mais aussi elle collabore aussi sur le plan
administratif avec les autres institutions de
la République. Sur
le plan judiciaire, la Cour suprême connaît des décisions rendues en dernier ressort par les
juridictions inférieures, c’est-à-dire les tribunaux et les Cours d’appel.
Elle est composée de deux chambres : une chambre judiciaire (qui connaît des
dossiers civil et commercial ainsi que des dossiers correctionnels dont les
décisions sont rendues en dernier ressort) et une chambre administrative
(qui connaît des décisions rendues en matière administrative par la chambre
administrative des Cours d’appel).
Rodolph TOMEGAH
Avec
l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé : Faure n’a plus d’excuses
Pendant
ces quatre dernières années, et même lors des deux derniers mandats
d’Eyadema Gnassingbé, les caciques du parti au pouvoir sont tenus pour
responsables de l’immobilisme dans lequel végète le régime et par ricochet
l’Etat togolais tout entier. Avec l’inculpation de Kpatcha Gnassingbé,
demi-frère du chef de l’Etat, taxé depuis le 05 Février 2005 (date du coup
d’Etat qui a suivi le décès du « père de la nation ») de conservateur (par
opposition à Faure qui incarnerait le courant des réformateurs du clan
Eyadema), le pouvoir n’aura plus d’excuses.
D’après
plusieurs sources, si Faure Gnassingbé a pu mettre son demi- frère qui
aurait œuvré pour son accession au pouvoir au cachot, c’est dire qu’il lui
sera très facile, si non trop facile de ne plus permettre à un quelconque
« nostalgique du retour en arrière » de l’empêcher de faire du Togo
un Etat démocratique. Un Etat où seule la force de la loi primera et où
l’Armée qui se veut désormais républicaine, ne va plus intervenir dans le
jeu politique en faveur d’une personne, d’un clan ou d’un parti politique à
qui le peuple souverain aurait refusé dans sa grande majorité, le suffrage.
En attendant le
dénouement de cette affaire que certains qualifient de « grotesque
montage destiné à neutraliser un adversaire politique », malgré les
éléments de l’enquête judiciaire, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont
encore huit mois pour prouver aux togolais et au monde entier qu’ils sont
des démocrates prêts à céder le pouvoir en cas de défaite électorale, et
disposer à ne plus ou pas abuser de leur position pour opprimer ceux qui ne
partagent pas leur vision. Car la démocratie s’entend aussi respect de
l’opinion de l’autre et acceptation de l’alternance au pouvoir. Pour ceux
qui doutent encore, lors du dernier conseil des ministres, Faure Gnassingbé
a indiqué que «la marche du Togo vers la démocratie apaisée, la
construction de l’Etat de droit, le respect des Droits de l’Homme et la
réconciliation nationale est irréversible».
D’après
plusieurs sources, si Faure Gnassingbé a pu mettre son demi- frère qui
aurait œuvré pour son accession au pouvoir au cachot, c’est dire qu’il lui
sera très facile, si non trop facile de ne plus permettre à un quelconque
« nostalgique du retour en arrière » de l’empêcher de faire du Togo
un Etat démocratique. Un Etat où seule la force de la loi primera et où
l’Armée qui se veut désormais républicaine, ne va plus intervenir dans le
jeu politique en faveur d’une personne, d’un clan ou d’un parti politique à
qui le peuple souverain aurait refusé dans sa grande majorité, le suffrage.
En attendant le
dénouement de cette affaire que certains qualifient de « grotesque
montage destiné à neutraliser un adversaire politique », malgré les
éléments de l’enquête judiciaire, Faure Gnassingbé et son gouvernement ont
encore huit mois pour prouver aux togolais et au monde entier qu’ils sont
des démocrates prêts à céder le pouvoir en cas de défaite électorale, et
disposer à ne plus ou pas abuser de leur position pour opprimer ceux qui ne
partagent pas leur vision. Car la démocratie s’entend aussi respect de
l’opinion de l’autre et acceptation de l’alternance au pouvoir. Pour ceux
qui doutent encore, lors du dernier conseil des ministres, Faure Gnassingbé
a indiqué que «la marche du Togo vers la démocratie apaisée, la
construction de l’Etat de droit, le respect des Droits de l’Homme et la
réconciliation nationale est irréversible».
Marc D. KOUAKANI-ASSI |
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Golfe Info 529 du vendredi
17 avril 2009 |
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Inculpé
pour attentat à la sûreté de l’Etat : Kpatcha Gnassingbé risque la peine
capitale |
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Arrêté mercredi dernier devant l’ambassade des Etats-Unis où
il cherchait refuge, le député Kpatcha Gnassingbé a été inculpé pour
« tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, groupement de
malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage d’armes à feu et
complicité de violences volontaires ». Détenu actuellement et mis à la
disposition de la Justice, le demi-frère du chef de l’Etat togolais risque,
au regard des dispositions prévues par le code pénal togolais, une
condamnation à la peine capitale ou dans une moindre mesure la perpétuité au
cas où ces chefs d’accusation sont avérés.
Suivant le communiqué du Procureur de la République en date
du mercredi 15 avril 2009, les investigations menées par la gendarmerie sur
réquisitions du parquet ont révélé des indices graves et concordants
impliquant le député Kpatcha Gnassingbé comme organisateur du complot
d’attentat à la sûreté de l’Etat. « Face à cette
flagrance et conformément à l’article 53 alinéa 3 de
la Constitution, le président de l’Assemblée nationale a été
informé et par réquisition introductive datée du 14 avril 2009, une
information a été ouverte au 3ème cabinet
du juge d’instruction contre le député »,
précise le communiqué. C’est suite à ces informations qu’un mandat d’arrêt
a été lancé contre le principal présumé qui a été appréhendé à l’aube
mercredi dernier. Les premiers résultats des investigations et perquisitions
ont permis de retrouver à son domicile des armes de guerre, une jeep
immatriculée FAT-1329-A contenant une mitrailleuse 12/500 de fabrication
chinoise et plusieurs autres armes et munitions.
Actuellement mis à la disposition de la Justice, Kpatcha
Gnassigbé risque un emprisonnement à perpétuité si les charges portées
contre lui arrivent à être justifiés. D’après les dispositions du Code
pénal, les peines encourues par l’élu de la Kozah vont d’un mois
d’emprisonnement à la peine de mort.
Selon l’article 222, alinéa 3 du code pénal, « sera puni
de peine de mort pour trahison tout Togolais qui aura porté les armes contre
le Togo »; plus loin, les articles 229 et 230 de ce code stipulent
respectivement : « Sera puni de mort quiconque, dans le but de détruire
ou de renverser les institutions du pays, aura excité les citoyens à s’armer
contre l’autorité de l’Etat ou aura armé des mercenaires » ; « le
complot formé pour préparer un attentat contre la sûreté intérieure de
l’Etat est punissable dès que la résolution d’agir a été arrêtée entre
plusieurs personnes ». Pour le groupement de malfaiteurs, le risque
couru est de cinq à dix ans de réclusion tandis que pour les violences
volontaires et la rébellion, la peine varie d’un mois d’emprisonnement à la
réclusion perpétuelle et à la peine de mort (articles 143 à 148 du code
pénal). Par référence à toutes ces dispositions, nombreux sont les
observateurs avisés qui ont du mal à croire à leur application pleine et
entière. Ces derniers se demandent alors si Faure Gnassingbé, chef de l’Etat
et premier magistrat du Togo, irait jusqu’à condamner son demi-frère à la
peine capitale.
M. Kpatcha G. sera-t-il condamné à la peine de mort ?
Suivant les dispositions sus-citées, les probabilités pour
que le député Kpatcha Gnassingbé échappe à la peine de mort sont très
faibles en ce sens que l’inculpé a été appréhendé en flagrant délit de
détention d’armes et de munitions. Or, le Togo ayant entamé le processus
d’abolition de la peine de mort et pour avoir ratifié plusieurs textes et
conventions allant dans le sens de l’abolition de cette peine, « elle est
tombée en désuétude et les magistrats ne l’appliquent plus », a précisé
le Procureur de la République, Robert Bakaï. Le député de la Kozah sera donc
exempté de la peine de mort s’il venait à être reconnu coupable par la
Justice togolaise. Il pourrait alors être condamné à perpétuité.
Pour l’heure, malgré que les charges portées contre Kpatcha
Gnassingbé et « ses compagnons » sont graves et lourdes, ils demeurent
protégés par la loi de la présomption d’innocence et sont traités dans le
respect de ces dispositions, a indiqué M. Bakaï.
Sédjrawodo ADRY
Perquisition au
domicile de Kpatcha et des présumés comploteurs : L’arsenal d’attaque
présenté à la presse
Sur la cour de la gendarmerie nationale hier après-midi à
Lomé, le procureur de la République, Robert Bakaï, et le Commandant Kodjo
Amana de la gendarmerie nationale ont présenté à la presse nationale et
internationale les résultats de leurs investigations et des perquisitions
menées aux domiciles des présumés comploteurs de l’opération d’atteinte à
la sûreté de l’Etat du 13 avril dernier. Il s’agit de deux jeeps
d’immatriculation FAT (Forces Armées Togolaises) dont l’une a été retrouvée
au domicile du député Kpatcha Gnassingbé lors de l’opération de la nuit du
12 au 13 avril 2009, et plusieurs armes de différents calibres avec leurs
munitions : (une mitrailleuse 12/500 de fabrication chinoise, des armes de
guerre, des fusils à lunettes de type 19 AK 47 ou kalachnikov, des AK MP 5/5
et 14 AK MP 5/3 avec leurs accessoires, une mallette contenant des armes
retrouvées dans la voiture du député de la Kozah lors de son arrestation
devant l’ambassade des Etats Unis au Togo, 2 PM Mag 49, des armes
silencieuses, des armes de pointe des PA Berreta et des revolvers Magnum).
Ces armes suscitées sont «dites de guerre». Parmi les arsenaux, il y
a également des armes de chasse comme des carabines silencieuses, des fusils
de chasse de calibre 12 et une caisse de grenades lacrymogènes. Des
équipements optiques tels que des paires de jumelles ont été aussi exposés.
Outre ces équipements, on note également 15 postes émetteurs-récepteurs avec
leurs accessoires, quatre ordinateurs portables, une imprimante portable,
des téléphones portables (ordinaires et satellitaires de type Turaya) et des
kits des deux opérateurs téléphoniques présents au Togo. Ont aussi été
présentés à la presse hier : des habillements notamment des gilets par
balles, des bottes de combat, des tissus de treillis, des treillis, et des
portes chargeurs. Par ailleurs, des plaques minéralogiques d’origines
togolaise et étrangère ont en outre été aussi présentées à la presse. Les
investigations et les perquisitions se poursuivent d’après le procureur de
la République. Le député Kpatcha et les présumés comploteurs sont d’après
Robert Bakaï traités dans le respect de la présomption d’innocence. Le
procureur de la République a par ailleurs précisé que malgré les indices
graves et concordants rassemblés et impliquant ces derniers, ils ne sont pas
encore déclarés coupables. Des mesures ont été prises pour que la détention
de Kpatcha Gnassingbé soit acceptable, a-t-il précisé après avoir rappelé
que c’est un citoyen qui a servi la nation.
Abdou Yêkini
RADJI
Affaire Kpatcha
Gnassingbé : De la sûreté de l’Etat à la violation de la Constitution
La justice peut-elle au nom de la sûreté de l’Etat mettre
sous éteignoir les textes de la République ? C’est la question qui hante
les Togolais depuis la nuit du dimanche 12 avril 2009 où l’actualité
togolaise est dominée par l’affaire dite Kpatcha Gnassingbé. Le domicile du
député a été attaqué dans la nuit du 12 avril et lui même poursuivi puis
arrêté 48 heures plus tard par les forces de sécurité. A lorsque certains,
notamment l’UFC (Union des forces de Changement) de Gilchrist Olympio,
pensent qu’il y a violation de l’immunité parlementaire d’un élu du peuple,
d’autres évoquent le principe de prééminence de la sûreté de l’Etat sur les
règles de procédure pour soutenir l’action du procureur de la République.
Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 avril 2009, le
domicile du député Gnassingbé a été attaqué par des éléments d’une unité de
l’Armée nationale (en appui, selon le procureur de la République, à la
gendarmerie qui s’était rendue sur les lieux pour interroger des membres de
l’entourage de Kpatcha Gnassingbé). Cette affaire qui vient d’aboutir à
l’arrestation du parlementaire, met en collision des dispositions de la loi
fondamentale.
D’après l’article 53 de la Constitution de la République
togolaise, « les députés et les sénateurs jouissent de l’immunité
parlementaire ». « Sauf le cas de flagrant délit », l’alinéa 3
de cet article dispose que « les députés et les sénateurs ne peuvent être
arrêtés ni poursuivis pour crimes ou délits qu’après la levée, par leur
Assemblée respective, de leur immunité parlementaire ». C’est en vertu
de ces dispositions de la constitution togolaise que l’UFC (Union des Forces
de Changement) de Gilchrist Olympio, après avoir rappelé que « Kpatcha
Gnassingbé est député à l’Assemblée nationale et jouit de l’immunité
parlementaire », estime « qu’il ne saurait donc faire l’objet
d’aucune procédure d’interrogation par la gendarmerie tant que l’Assemblée
nationale n’a pas procédé, par un vote, à la levée de son immunité ».
Pour sa part, le procureur de la République, se fondant sur
la raison d’Etat et l’exception de flagrant délit de l’article 53, a ordonné
l’inculpation de l’élu de la circonscription électorale de la préfecture de
la Kozah. « Piétinant au passage, selon les termes d’un responsable
politique, les dispositions de l’alinéa 4 de l’article ainsi cité ».
En effet, indique ce dernier, le constituant togolais a pris soin d’ajouter
à l’article susmentionné un quatrième alinéa qui dit entre autres : « Toute
procédure de flagrant délit engagée contre un député ou un sénateur est
portée sans délai à la connaissance du bureau de leurs Assemblées… ».
Or, relève ce responsable politique, à la lumière d’un communiqué rendu
public par le bureau de l’Assemblée nationale, celui-ci se serait réuni le
jeudi 16 avril 2009 pour analyser le contenu d’une lettre en date du 14
avril 2009 par laquelle « le procureur a porté à la connaissance du
président des faits auxquels s’ajoutent des déclarations qui constitueraient
un crime flagrant, justifiant l’application de l’article 53, alinéa 3 de
notre Constitution ». En d’autres termes, fait observer notre
interlocuteur, le bureau de l’Assemblée n’a été officiellement informé du
contenu de la lettre du procureur que 48 heures après sa réception par le
président de l’Assemblée qui, précise-t-il, n’est pas membre du bureau de
cette institution. Car, explique notre source, d’après l’article 54 de la
Constitution togolaise, « l’Assemblée nationale et le Sénat sont dirigés
par un président assisté d’un bureau… ». De cette disposition, cette
source fait observer que saisir par courrier le président de la
représentation nationale, ne s’entend pas, que le bureau de celle-ci ait été
saisi. Par ailleurs, relève un praticien local du droit, « depuis
le début de cette affaire, il y a eu violation de plusieurs dispositions de
la constitution ».
Pour ce dernier, « une fois que le député
Gnassingbé est soupçonné d’actes subversifs, le procureur de
la République se devait de saisir par courrier le président
de l’Assemblée qui à son tour se devait de convoquer en toute urgence une
réunion du bureau pour prendre connaissance de son contenu et émettre son
avis sur le sujet ».
Pour ce juriste, ni la perquisition du domicile du député ni sa poursuite et
encore moins son arrestation ne devaient se faire avant la réunion du bureau
de l’Assemblée Nationale relative à la lettre du procureur de la République.
Ces remarques faites, le responsable politique cité
antérieurement laissera entendre qu’autant il condamne toute méthode
irrégulière et antidémocratique de prise du pouvoir d’Etat, autant il
rejette toute violation des procédures devant présider l’inculpation d’un
citoyen, qui plus est un parlementaire «présumé coupable d’atteinte à la
sûreté de l’Etat». En somme, il découle de tout ce qui précède que
contrairement aux discours officiels, certains Togolais continuent de
soutenir que la procédure ayant conduit à l’inculpation du député Kpatcha
Gnassingbé a porté atteinte à des dispositions constitutionnelles, et que
même la procédure à suivre en cas de flagrant délit n’a pas été suivie à la
lettre. Ce qui a emmené Abass Kaboua, président du MRC (Mouvement des
Républicains Centristes) à rappeler que tout ce scénario se déroule au
moment où le gouvernement œuvre à moderniser la justice locale.
Marc D. KOUAKANI-ASSI
Menaces
contre la sûreté de l’Etat : Faure G. partagé entre voyages et préservation
de son fauteuil
Le voyage prévu par le chef de l’Etat togolais, Faure
Gnassingbé, à destination de la Chine et de l’Inde lundi dernier, a été
annulé suite aux évènements de la nuit du 12 au 13 avril 2009. Ce voyage,
d’après les informations, devrait être l’occasion d’un coup d’Etat comploté
contre lui par son demi-frère Kpatcha Gnassingbé dont l’interpellation a
tourné en « échanges de tirs », selon le procureur de la République.
Les récents « toilettages » de la Constitution ayant
dépouillé le premier ministre
et les ministres d’importants pouvoirs de décisions, le Chef de l’Etat se
voyait donc dans « l’obligation » de mener lui-même certaines
négociations avec les partenaires. De plus, les conditions de son accession
au pouvoir n’étant pas des plus régulières, il doit jouer la « politique
de présence » auprès de la communauté internationale pour s’y garantir
une place. Ce qui, selon certains observateurs, explique ses nombreux
voyages et sa présence en personne à de nombreuses rencontres
internationales où il pouvait se faire représenter par son Premier ministre,
ses ministres voire même les ambassadeurs. Son apparent goût poussé du
voyage ne vient que conforter cette situation. En témoignent ses nombreux
déplacements tels ceux du seul mois de mars 2009 : au Burkina Faso le 1er ;
au Gabon le 22 ; au Congo Brazzaville 48 heures plus tard et au Bénin le 30.
Au vu des derniers évènements, l’on est porté à se demander
si le Chef de l’Etat maintiendra ce rythme, dans la mesure où son fauteuil
est menacé. Cette situation n’est-elle pas une occasion pour le régime de
réviser en profondeur la Constitution et décentraliser le pouvoir en
redonnant d’importantes prérogatives au Premier ministre, aux ministres et
aux ambassadeurs pour effectuer ces divers «périples» à la place du
Chef de l’Etat ? Sans répondre directement à cette question, certains
soutiennent tout simplement qu’il est temps que les marchandages politiques
soient relancés au CPDC (Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation) en
vue de déboucher sur une révision de la Constitution.
Komlanvi
APEVINYEKOU
Rôle du parquet
dans le fonctionnement de la justice au Togo :
Robert Bakaï : « Tout ce qui se passe à
l’intérieur des brigades et commissariats devrait être contrôlé par le
procureur de
la République »
« Il
faut que le parquet ait la possibilité d’être effectivement le directeur de
toutes les enquêtes judiciaires
». Ainsi s’exprimait le procureur de la République, Robert Bakaï (dans une
interview accordée à presidencetogo.tg) à propos du rôle du parquet dans le
fonctionnement de la justice togolaise.
D’après lui, le parquet a une lourde responsabilité dans la
vie de la nation parce que la justice et les institutions judiciaires
reposent en grande partie sur lui. Cette responsabilité, selon M. Bakaï,
consiste également à faire respecter la loi et les droits de l’Homme. C’est
pour cette raison que l’ancien juge du tribunal de Mango suggère qu’à
l’avenir, le parquet ait la possibilité d’être effectivement le directeur de
toutes les enquêtes judiciaires au Togo. « Tout ce
qui se passe à l’intérieur des brigades et commissariats devrait être
contrôlé par le procureur de
la République »,
a-t-il indiqué avant de souhaiter que des mécanismes soient mis en place
dans un futur proche, pour faire respecter les procédures afin d’arriver à
un système judiciaire fiable. Jetant un regard sur les décisions de justice
qui sont rendues dans la plupart des juridictions du Togo, Robert Bakaï a
estimé que « certains magistrats rendent mal leur décision parce qu’ils
agissent soit par ignorance, soit pour des raisons que beaucoup ignorent ».
Toutefois, s’est-il réjouit, il y a heureusement des juridictions qui
peuvent rattraper les décisions mal rendues en appel. « Dans
la majorité des cas, nous avons des magistrats qui rendent de très bonnes
décisions. Certaines de ces décisions qui ont été portées devant
la
Cour internationale d’arbitrage d’Abidjan ont été confirmées et les
magistrats qui les ont rendues ont été félicités »,
a estimé l’ancien procureur de la République à Tsévié. Par la même occasion,
ce dernier a insisté sur la formation des magistrats et la mise à leur
disposition de moyens devant leur permettre de remplir convenablement leur
tâche.
Rodolph TOMEGAH
Vulgarisation de
la DUDH en langues locales : Des groupements féminins à l’honneur
Les femmes des préfectures du Golfe et de la Kozah seront
sensibilisées au cours des deux semaines à venir sur la DUDH (Déclaration
universelle des droits de l’Homme). Cette sensibilisation trouve son
bien-fondé dans le cadre de la deuxième phase du projet initié par la CTDDH
(Coalition togolaise des défenseurs de droits de l’Homme) dont le lancement
a eu lieu hier à brotherhome à Lomé.
Cette campagne de la CTDDH, au-delà des activités de
vulgarisation menée par le ministère togolais des Droits de l’Homme, de la
consolidation de la démocratie et de la formation civique et autres
organisations, revêt deux aspects particuliers. Il s’agit d’une part de
cibler les groupements féminins composés naturellement de femmes dynamiques,
souvent analphabètes alors que la DUDH a toujours été véhiculée dans les
langues officielles du Togo, notamment le français . Ces femmes qui dans
leurs activités régulières ont besoin de posséder les principes de droits
fondamentaux dans leurs langues respectives, les langues nationales. Ainsi,
au cours de cette campagne, la Déclaration universelle sera traduite en éwé
et en kabyè et les femmes sensibilisées disposeront de la version en langues
nationales (ewé et kabyè) de la DUDH.
Le projet vise d’autre part à répondre à la problématique du
genre et développement pour signifier que les femmes autant que les hommes
ont besoin de se former, de s’informer et d’être éduquées sur les
questions des droits de l’homme.
D’après Carlos Kétohou, président de la CTDDH, beaucoup reste
encore à faire pour une vulgarisation et divulgation de la DUDH à travers
le monde car, il existe des confins et des zones reculés où les peuples
n’ont pas l’occasion de connaître le contenu de ce document. Or, estime M.
Kétohou, « il est important pour les populations de connaître les droits
qui sont les siens et les devoirs qui leur incombent. Une situation
qui, poursuit-il, pose la problématique de la
responsabilité individuelle et celle de l’Etat en matière de son
applicabilité ».
Sedjrawodo A.
ADRY
Championnat
national de football de D1/ Leçons, enseignements et statistiques
Maranatha,
nouveau leader
Le championnat national de football de première division,
saison 2008-2009 était mercredi dernier à l’étape de la 8ème journée.
Comme on pouvait s’y attendre le moins, ce nouveau chapitre a été marqué par
le changement de leader à la tête du classement général, des
contre-performances de certains clubs et une série de matches nuls pour
d’autres.
Les journées se suivent et se ressemblent pour l’AC Merlan de
Guy Adadémé. Recevant « les Messagers de Fiokpo » (Maranatha) sur le
terrain de Gbossimé à Lomé, les Académiciens de l’AC Merlan ont été épinglés
par la bande au coach Wabi Gomez. Un but du défenseur Vincent Bossou
consécutif à un corner tiré à la 24ème minute
a scellé le sort de la partie. Grâce à ce succès, Maranatha (15 pts) qui
était dès la 7ème journée
dans la roue du leader ASKO, prend les commandes de la compétition.
L’autre rencontre qui se déroulait au même moment au stade
omnisports de Lomé n’a pas connu de vainqueur. ASKO de Kara, malgré le but
d’Aliou Mafadalou à la 37ème minute,
sera rejoint par les Etoilistes, spécialistes des matches nuls de la D1
(l’Etoile Filante a déjà enregistré 5 nuls en huit sorties), à la 60ème minute.
Le but égalisateur des Bleus de l’Etoile Filante portait la griffe de Kodjo
Doumasséssé. Ce dernier ratera un penalty à la 81ème minute.
A près de 120 km au Nord-Ouest de Lomé, le derby du grand
Kloto entre Gomido de Kpalimé et Kotoko de Lavié est resté stérile en but,
malgré la volonté des 22 acteurs. Ce score confirme l’abonnement des « Show
Boys » de Gomido en matches nuls. Ils ont enregistré en tout 6 nuls dont 5
avec un score nul et vierge.
C’est d’ailleurs le même score (0-0) qui a sanctionné la
rencontre Foadan – AS Douanes. Quant au face-à-face Koroki Métété de Tchamba-
Togo Télécom, il a offert un score nul d’un but partout. Le but de la
formation de Tchamba a été l’œuvre de son virevoltant milieu de terrain,
Oukpédjo Imoara qui répondait à l’occasion à l’ouverture du score de Guy
Klutsè de Togo Télécom.
Bon début pour le nouveau coach de l’USM, Paul Messan
Zoungbédé. Son coaching a permis à l’USM de renouer avec le succès en
battant à domicile l’AS Togo Port, 2-1. Et pourtant, ce sont les visiteurs
qui ont ouvert la marque grâce au but d’Abraham Akpagli (il marquait son 4ème but
de la saison et rejoint Kpatoumbi Liabey d’ASKO à la tête du classement des
buteurs) à la 70 ème
minute. L’euphorie ne sera que de courte durée puisque 3 minutes plus tard,
Kango Kpodar égalisait pour les Lions du Sud. Ces derniers corseront
l’addition à la 83ème minute
sur coup franc, œuvre de Daté Amégnifia.
Les autres bonnes opérations de la journée sont à mettre à
l’actif de Sémassi de Sokodé qui a battu son hôte, TAC, sur un score étriqué
d’un but à zéro (Un but contre son camp de Fofana Ramdan à la 46ème minute)
et une victoire haut les mains d’Abou Ossé sur Dyto de Lomé 2-0. Ouro Adoyi
Aboudala (4ème minute)
et Souleymane Kassoumou (80ème
minute) sont les auteurs des deux buts des « Caïmans fétiches d’Anié ».
En terme de statistiques, il faut noter que 94 buts ont été
marqués durant les huit journées de championnat soit une moyenne de 1,46 but
par match. En 64 matches, 27 matches nuls ont été enregistrés contre 37
victoires.
La 9ème journée
se joue ce week-end. AS Togo Port, Togo Télécom, AS Douanes et Dyto
reçoivent respectivement Abou Ossé, Etoile Filante, AC Merlan et Koroki
Métété. Kotoko de Lavié offre son hospitalité à Foadan de Dapaong alors que
le dauphin du leader ASKO se mesurera à l’USM. Gomido sera à Bassar pour y
défier Sémassi. Le nouveau leader Maranatha attendra de pieds fermes TAC à
Womé.
Gabin Koissidjin |
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Golfe Info #527 |
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Passage
éclair du président ghanéen au Togo :
Plus qu’une visite d’amitié, un soutien électoral ? |
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16
heures à 20 heures 30 minutes. C’est l’intervalle dans laquelle se situe la
visite au Togo du président ghanéen John Evans Atta Mills. Reçu à
l’aéroport par son homologue togolais Faure Gnassingbé, puis au nouveau
palais de la présidence, les deux hommes d’Etat ont fait le tour des
questions qui préoccupent leurs deux nations, ainsi que celles touchant le
continent africain en général.
Dans un
communiqué conjoint signé des ministres des Affaires Etrangères des deux
pays à la suite des entretiens entre les deux délégations, les deux Etats
promettent renforcer leur coopération sur le plan de la circulation des
biens et des personnes, de l’économie, de l’agriculture, de l’énergie et de
l’eau.
Au cours d’une
conférence de presse animée dans le hall de l’aéroport Gnassingbé Eyadèma
de Lomé, John Atta Mills a fait part de sa volonté de voir le Togo organiser
une élection présidentielle démocratique, libre et transparente dans 12
mois. « Nous ne saurons apporter notre soutien à l’un ou à l’autre des
candidats », a déclaré M. Mills. Une déclaration que certains analystes
qualifient de purs propos politiques car, pour ces derniers, la venue à Lomé
du nouvel homme fort du territoire voisin n’est pas sans conséquences sur le
prochain scrutin. Dans l’entendement de ces derniers, le pouvoir de Lomé
ayant toujours considéré le parti de John Atta Mills et Jerry John Rawlings
comme proche de l’Opposition togolaise, sa venue au pouvoir à Accra donnait
de l’insomnie aux autorités de Lomé. Et il fallait dans ce cas sympathiser
avec le NDC le plus tôt possible, vu le passé plus ou moins hostile entre
le régime de Rawlings et celui de feu Eyadèma Gnassingbé. Alors que le
gouvernement togolais parle d’une visite officielle d’amitié et de travail,
justifiée d’ailleurs par la rapidité des travaux, nombreux sont les
togolais qui y voient une
stratégie de séduction des nouvelles autorités ghanéennes par Lomé pour
s’assurer de leur coopération surtout frontalière.
Sédjrawodo ADRY
Première
session ordinaire du parlement :
Bonne gouvernance et responsabilités électorales préoccupent les
parlementaires
Comme prévu
dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale togolaise,
l’institution s’est dotée hier d’une
commission «spéciale de
vérification et d’apurement des comptes». C’était au cours de la deuxième
séance plénière de la première session ordinaire de cette année 2009.
Composée d’un
représentant par groupe parlementaire, cette commission est présidée par le
député, Touh Pahorsiki de la majorité parlementaire RPT (Rassemblement du
peuple togolais). La même commission a pour mission de procéder à la
vérification et à l’apurement des comptes publics et peut s’assurer le
concours de spécialistes de la comptabilité publique. Elle donne quitus aux
questeurs de leurs gestions ou rend compte à l’Assemblée Nationale après
avis de la Cour des comptes.
Après
l’épuisement des premiers points de l’ordre du jour de la séance d’hier,
notamment, les comptes-rendus des séances de clôture de la première session
extraordinaire de l’année 2009 et d’ouverture de la première session
ordinaire, le reste des travaux du parlement s’est déroulé à huis clos sur
demande de 1/5 des députés. Ils porteront essentiellement sur le rapport des
activités et de la gestion de la session précédente ainsi que autres
questions diverses.
C’est mardi
dernier que s’est ouverte la première session ordinaire du parlement après
trois mois de vacances dans la grande salle du Palais des Congres,
conformément à l’article 55 de la Constitution togolaise. 2010 sera
une année d’élection présidentielle au Togo ; les « élus du peuple »
se montrent déjà conscients de l’importance de leur rôle. D’où le bien-fondé
de cette session ouverte et placée sous le thème « Contribution du
parlementaire pour une présidentielle apaisée en 2010 ». Pour leur
président Abass Bonfoh, c’est un enjeu de taille et un grand défi à relever
en matière de planification, d’organisation et de gestion des résultats de
ce scrutin. Il a de ce fait invité ses collègues à mener des réflexions sur
différentes questions relatives notamment à leur rôle de député,
de ce qu’ils auront à faire en tant que représentant du peuple avant,
pendant et après l’élection de l’ année prochaine. A la classe
politique et aux citoyens, le président de l’Assemblée nationale, dans son
allocution d’ouverture, leur a demandé de réfléchir sur « l’attitude à
avoir face aux résultats, le comportement à adopter par les perdants et les
gagnants pour préserver la paix sociale ». Pour conclure, Abass
Bonfoh a déclaré qu’« au-delà de tous ces enjeux, les Togolais doivent
tous œuvrer afin que la nation togolaise sorte réconfortée de cette échéance
et poursuive le combat du développement socio-économique».
La séance
ouverte mardi dernier a connu la présence de 67 députés sur les 81 élus des
membres du gouvernement, du corps diplomatique, consulaire, des
représentants d’organisations internationales, des chefs traditionnels et
religieux ainsi que des représentants des assemblées sœurs du Bénin, du
Burkina Faso, du Ghana et du Mali.
Abdou Yêkini
Radji
Augmentation
des prix des boissons de la BB :
L’ATc proteste et
demande une révision à la hausse des revenus des
Togolais
L’Association
Togolaise des Consommateurs (ATC) a tenu hier à son siège à Lomé, un
point de presse, suite à la révision à la hausse le 02 avril dernier des
prix des produits de la Brasserie BB Lomé. L’ATC entend par cet acte
protester contre le fait de n’avoir pas été associée aux discussions
préalables à la fixation des nouveaux tarifs des boissons alcoolisées et
gazeuses. L’association en appelle aux autorités pour faire respecter ces
nouveaux tarifs par les tenanciers de bars qui essaient souvent d’en
rajouter.
La hausse des
prix des produits de la Brasserie BB Lomé au cours de la semaine dernière
n’est que la concrétisation d’une information publiée en mars dernier, par
le ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur privé et la société
productrice de la bière au Togo, estiment les responsables de l’ATC. En
décembre dernier, la loi de finances Gestion 2009 a prévu une révision à la
hausse de 5% du taux des droits d’assises. Une disposition dénoncée à
l’époque par l’ATC, évoquant une trop forte pression fiscale pouvant
aggraver la crise de la vie chère au Togo. « Tant qu’on ne revoit
pas à la hausse les salaires, les pensions, il ne sert à rien d’assaillir
les populations avec une fiscalité trop élevée », a déclaré Agouta
Aladjou, secrétaire général de l’ATC. Et d’ajouter que « cela complique
tout aux citoyens avec le phénomène de vie chère, …». En dépit de toutes
ces « protestations », l’augmentation des prix sur les boissons est
intervenue et l’ATC la déplore, selon son porte-parole et secrétaire général
Agouta Aladjou.
Néanmoins face
à cette situation et dans une démarche consumériste, l’ATC demande au
gouvernement une révision substantielle à la hausse des revenus des
Togolais ; au ministère du Commerce et de la Promotion du Secteur privé, à
la Brasserie BB et aux Syndicats des tenanciers de bars de prendre les
mesures qui s’imposent afin d’éviter les spéculations entretenues par
certains détaillants des produits BB. Enfin, l’association invite les
consommateurs à exiger dans les points de vente, hors restaurants et hôtels,
les prix officiels et homologués des boissons BB.
Aristides
HONYIGLO
Éliminer les
maladies oculaires au Togo : Le gouvernement a encore du pain sur la planche
Evaluer le
niveau de réalisation du « plan vision 2020 » élaboré depuis 2003 ;
revoir le chronogramme d’exécution des activités pour élaborer ensuite un
plan d’action quinquennal 2009-2013 et définir une nouvelle stratégie de
lutte contre les maladies oculaires; c’est la préoccupation de la
cinquantaine de médecins ophtalmologues réunis depuis mardi dernier au
Dreams hôtel de Lomé dans le cadre d’un atelier de mise à jour du «plan
vision 2020». Organisé par le PNLC (Programme national de lutte contre
la cécité), sous la direction du ministère de la Santé avec l’appui de l’OOAS
(Organisation ouest-africaine de la Santé), cet atelier de 3 jours devra
faire ressortir les difficultés qui ont entravé la mise en exécution
effective du plan quinquennal 2003-2008.
Le manque de
moyens financiers, de ressources humaines dans le secteur public et le
problème humain relationnel sont entre autres les plus grands maux qui n’ont
pas facilité la bonne exécution du plan de 2003, a déclaré le Colonel Kondi
Gbati, coordonateur du PNLC. Ce dernier a tout de même souligné le soutien
apporté à son organe par ses partenaires et qui lui ont permis de se doter
d’un siège, des matériels bureautique et roulant.
Pour Dr Sacko
Doulaye, représentant de l’OOAS, « les objectifs pour un développement
humain durable ne seraient atteints sans une réduction significative du
poids de la cécité dans les communautés ». D’après lui, la cécité, en
plus de la souffrance humaine pour la personne aveugle et pour sa famille,
constitue un facteur de baisse de la production et de la productivité dans
les milieux fortement touchés. Elle constitue également un facteur limitant
l’accès à l’éducation de qualité et à toute forme de performance
professionnelle. M. Doulaye déplore par la même occasion l’absence de mise
en œuvre des plans opérationnels pour lutter contre les maladies oculaires
alors que tous les pays de la CEDEAO disposent de plan quinquennal. « La
plupart de ces plans sont restés un document stratégique d’orientation et
n’ont pas connu une réelle diffusion auprès des principaux acteurs pour
leur permettre de se les approprier », a ajouté le représentant de l’OOAS.
Une réalité
contre laquelle veut lutter le gouvernement togolais en soutenant cet
atelier de mise à jour du «plan vision 2020» du PNLC. Selon Dr
Komlagan Atayi, représentant du ministre de la Santé, la crise
socio-politique qu’a connue le Togo ne lui a pas permis de faire des progrès
au sujet des projets de santé. Ainsi, les maladies à combattre sont encore
en nombre important. « La cataracte, (première cause de la cécité au
Togo), le glaucome, le trachome et l’onchocercose, ont fait environ 24.270
aveugles en attente d’être opérés, soit la moitié des aveugles du pays»,
a conclu le Dr Atayi Komlagan. Cet atelier s’est achevé hier.
Sedjrawodo A. ADRY
Donner un
autre visage à la misère au Togo : M. Sémodji, chef de l’Unité de coordination du DSRP-C « Nous
pouvons annuler la vulnérabilité et la pauvreté de nos populations »
« Les
reformes économiques engagées par le gouvernement togolais ont commencé par
porter des fruits ».
Ainsi ouvrait le Premier ministre togolais, Gilbert F. Houngbo, hier à
l’Hôtel Ibis de Lomé, les travaux de l’atelier organisé par le ministère de
l’Economie et des Finances, et celui de la Coopération, du Développement et
de l’Aménagement du Territoire. Dénommé « Atelier de validation du
Document complet de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-C) »,
cet atelier a pour objectif de passer en revue les différents axes du DSRP-C
en vue de son adoption officielle et définitive. C’était en présence du
ministre Gilbert Bawara de la coopération, vice- coordonnateur de l’unité de
coordination de ce document, des députés à l’Assemblée Nationale, des
ambassadeurs et représentants des Organisations Internationales, ainsi que
des acteurs de la société civile et du secteur privé.
Exposé par M.
Sémodji, chef de l’unité de coordination précité, le contenu du DSRP-C est
construit autour de 4 piliers essentiels : le premier consiste en le
renforcement de la bonne gouvernance tant politique, économique
qu’administrative, élément essentiel de gestion des biens du pays. Le second
se concentre sur le renforcement d’une croissance économique soutenue et
durable. Ici, il est plus question d’opérer des réformes structurelles,
notamment au niveau des entreprises, promouvoir les secteurs producteurs de
richesses tels l’agriculture, l’élevage etc. car, a expliqué M. Sémodji, « c’est
en créant la richesse qu’on peut réduire la pauvreté ». Le troisième
pilier évoque le développement du capital humain, la promotion des domaines
de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Enfin, le quatrième
pilier qui constitue la nouveauté dans ce document évoque les voies et
moyens indispensables à la réduction des disparités régionales et la
promotion du développement à la base.
Conscients de
la lourdeur de la tâche qui suivra la validation de ce DSRP-C, les
responsables de cet atelier ont exprimé leur confiance en la réussite
effective du processus de réduction de la pauvreté au Togo. Dans cet ordre
d’idées, le Premier ministre Houngbo a fait comprendre que « cet atelier
n’est qu’une étape, certes importante, dans la chaîne de concertation qui
s’est déroulée tout au long de ce processus et qui se poursuivra bien
au-delà (…) ». De son côté, le chef de l’unité de gestion du DSRP-C a
estimé que « tout le monde est conscient de la fragilité de notre
gouvernement, mais cela va disparaître », avant d’ajouter que « la
réduction de la pauvreté n’est pas l’affaire d’une journée, mais les
Togolais remarqueront bientôt un changement radical et positif dans leur vie
quotidienne ».
Ce Document
complet de stratégie de réduction de la pauvreté dont la version intérimaire
a été adoptée en mars 2008 sera ainsi validé à l’issue des travaux de cet
atelier qui prennent fin demain.
Komlanvi
APEVINYEKOU |
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