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2009

   
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Forum 422 du lundi 30 mars 2009
De la question du statu quo politique : L’opposition togolaise et le piège sans fin du RPT

Jeudi dernier, 26 Mars 2009, le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a dépêché auprès de son homologue burkinabé, une mission d’information conduite par le Ministre d’Etat Pascal Bodjona. Selon plusieurs sources concordantes, cette mission faisait suite aux menaces brandies par l’Union des Forces de Changement (U.F.C.) de Gilchrist Olympio et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Maître Paul Apévon, de claquer les portes du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) si le gouvernement mettait en application son décret élargissant le CPDC à de nouveaux acteurs non représentés à l’Assemblée Nationale.

Pendant que le Ministre d’Etat Pascal Bodjona se trouvait à Ouagadougou, le Président de l’Assemblée nationale ouvrait une session extraordinaire du Parlement afin de faire adopter un projet de loi visant à reconduire la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) 2007 dont le mandat a expiré depuis plus d’un an. Les Députés de l’Opposition parlementaire UFC-CAR ont décidé de boycotter cette session extraordinaire qu’ils considèrent comme une manœuvre du pouvoir RPT pour obtenir, via l’Assemblée ce qu’il ne peut obtenir par le CPDC.

Pour exprimer sa colère, l’UFC a organisé une conférence de presse dès le lendemain vendredi 27 Mars. Les responsables du principal parti de l’opposition ont confirmé la décision de la coalition UFC-CAR de ne pas prendre part à la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale ouverte le jeudi 26 Mars et qui, de toute évidence, aboutira le 31 mars 2009, selon le programme établi, à l’adoption en plénière, de la loi portant modification de l’article 21 du Code Electoral.

Les responsables de l’UFC ont mis en garde le chef de l’Etat contre « les conséquences de ces blocages organisés à dessein par le parti au pouvoir ». « L’Union des Forces de Changement se verra contrainte de quitter le processus de sortie de crise en cours et d’appeler les populations à empêcher par tous les moyens une énième mascarade électorale, si le RPT persiste dans sa logique de fraudes », ont-ils menacé.

Cette menace réitérée de l’UFC semble prise très au sérieux par toutes les instances nationales et internationales impliquées dans le processus de démocratisation au Togo. La rapidité avec laquelle le Président Faure Gnassingbé a dépêché une mission d’explication auprès du facilitateur burkinabé en est une preuve. Mais, y a-t-il véritablement risque de blocage ou, s’agit-il simplement pour chaque camp de montrer des muscles tout en sachant que le combat n’aura jamais lieu ?

En réalité, ce qui pose problème dans cette affaire, c’est moins l’élargissement du CPDC que l’interprétation que chaque camp se fait du rôle de ce cadre. En effet, dans l’entendement du groupe UFC-CAR, le CPDC n’est, ni plus, ni moins qu’un cadre de négociation bis dans le prolongement de celui qui avait abouti à l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 Août 2006 à Ouagadougou sous l’égide du Président Blaise Compaoré.

Vu sous cet angle, le CPDC devrait connaître des questions regroupées dans l’APG sous la rubrique « réformes institutionnelles », notamment : le fonctionnement régulier des institutions républicaines, le respect des droits humains, la sécurité, la paix publique; le caractère républicain de l’Armée et des Forces de Sécurité; l’équité et la transparence des élections à savoir: les conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc., le renforcement des moyens d’actions de la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC).

Selon la logique de l’Opposition UFC-CAR, ces nouvelles négociations devraient déboucher sur un nouvel Accord Politique Global ou, tout au moins, à un avenant à l’APG initial. On comprend pourquoi la coalition UFC-CAR sollicite la médiation d’un facilitateur et exige que ce nouvel APG ne fasse pas l’objet de débat à l’Assemblée Nationale où le RPT détient une écrasante majorité.

Pour le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), le CPDC est avant tout, un cadre de dialogue et de concertation, donc un organe consultatif qui peut émettre des propositions au gouvernement qui n’est nullement tenu d’y donner suite. Selon le RPT, ce cadre devait simplement permettre aux acteurs politiques d’émettre des idées tous azimuts, une espèce de tribune libre ou de défouloir où chacun pourrait venir dire ce qu’il pense sans tabous.

Cette conception du CPDC fait du Chef de l’Etat, le seul arbitre de la suite à donner ou non aux propositions et contre-propositions issues des travaux du CPDC, ce qui place actuellement le Président dans une position de juge et partie puisque le CPDC est censé débattre dans l’immédiat, de questions liées à une élection à laquelle Faure Gnassingbé sera très vraisemblablement candidat. C’est probablement cette situation qui a fondé la demande persistante de l’UFC de recourir à un facilitateur autre que le Chef de l’Etat togolais.

Cette divergence d’interprétation sur le rôle du CPDC fait passer au second plan, la question de l’élargissement qui n’est, en réalité qu’une conséquence de la compréhension que le pouvoir RPT se fait du rôle du CPDC. En effet, tous les partis signataires de l’APG étaient d’accord pour que, seuls soient membres du CPDC, les partis représentés à l’Assemblée Nationale ou ayant obtenu au moins 5% des voix aux législatives.

Au moment où le Premier Ministre Agboyibo avait pris le décret instituant le cadre permanent de dialogue politique, tous les partis étaient confiants. La CDPA, la CPP et le PDR étaient loin d’imaginer la sévère déculottée qu’ils ont prise aux législatives. L’application stricte du décret initial de Faure Gnassingbé portant création du CPDC crée néanmoins une situation paradoxale où l’on retrouve aussi bien à l’Assemblée qu’au CPDC, les seuls mêmes trois partis que sont, le RPT, l’UFC et le CAR, ce qui fait du CPDC une commission de l’Assemblée Nationale.

L’objectif de l’élargissement était de corriger cette anomalie en parvenant à un cadre qui, de par son contenu, serait différent de l’Assemblée Nationale. Pour Maître Agboyibo, du CAR, « Il est donc dommage que certains cherchent aujourd’hui à se dérober à ce qui a été convenu ensemble. Ce type de comportement ne peut qu’engendrer des polémiques stériles comme celles qui enveniment actuellement la situation politique ». Même ceux qui partagent l’intention du décret d’élargissement admettent que sa mise en œuvre pose néanmoins problème.

Si le décret avait limité l’élargissement aux seuls partis signataires de l’APG, il aurait été moins critiquable. Mais, ce faisant, le Chef de l’Etat aurait de facto initié de nouvelles négociations dans le prolongement de l’APG. En plus, il semblerait que le RPT ne soit plus très sûr de la fidélité de la CPP, de la CDPA et du PDR à son égard. Craignant sans doute de se retrouver seul contre tous, le pouvoir RPT a élargi le CPDC à des membres qu’on peut appeler des « parties alignées ou satellites », ce qui, du coup, vide la décision d’élargissement de toute neutralité.

Au-delà de toutes ces considérations, il y a une vérité que plus personne ne conteste. L’UFC et le CAR qui représentaient avec la CDPA, l’Opposition au dialogue inter togolais, sont aujourd’hui victimes de leurs propres turpitudes d’hier. Appâtés l’un et l’autre par le poste de Premier Ministre du Gouvernement d’union nationale, l’UFC et le CAR ont commis l’incompréhensible erreur de renvoyer les questions fondamentales liées aux réformes institutionnelles et constitutionnelles à l’après élections législatives.

On ne peut que s’étonner aujourd’hui de la facilité avec laquelle les représentants de l’opposition étaient tombés dans le piège du RPT qui avait, très tôt, vu très loin et dans le détail. Le dispositif du parti au pouvoir pour « gagner » les législatives était déjà au point. En acceptant de renvoyer la question des réformes institutionnelles et constitutionnelles après les législatives,  l’Opposition avait, sans le savoir, rendu service au RPT qui n’en demandait pas mieux.

On voit mal comment l’UFC et le CAR avec seulement 31 Députés à l’Assemblée Nationale, pourront infléchir la position du RPT. Aujourd’hui, pour des raisons purement électoralistes, l’UFC et le CAR s’opposent à l’élargissement du CPDC au moins aux trois autres partis signataires de l’APG. En fait, l’UFC et le CAR ne veulent surtout pas avoir à partager avec qui que ce soit, le bénéfice électoral des concessions qu’ils viendraient à arracher au RPT, oubliant au passage que, quelles que soient les concessions obtenues du parti au pouvoir, elles ne seraient jamais suffisantes pour corriger les effets néfastes du « péché originel » contenu dans l’APG.

Alors, quoi faire ? L’UFC en général et plus particulièrement Gilchrist Olympio, ont souvent du mal à mesurer l’immensité de l’espoir qu’ils ont toujours suscité et continuent de susciter auprès des Togolais. Plus que des discussions interminables sur des réformes institutionnelles, c’est d’une véritable stratégie de conquête du pouvoir que les Togolais ont besoin. Il est certainement plus confortable de ne rien faire, de passer des journées entières à discutailler ou de pondre quotidiennement des communiqués appelant à une impossible mobilisation des Togolais pour, au final, crier bien fort « on nous a volé la victoire » que d’organiser une vraie résistance populaire à l’arbitraire et à l’injustice.

A l’occasion de leur dernier meeting il y a deux semaines à la Place Anani Santos et dans leur communiqué du vendredi 27 Mars, les responsables de l’UFC ont lancé un « appel à la mobilisation pour organiser la résistance et empêcher la préparation par le régime RPT d’une énième mascarade électorale ». Cet appel, comme ceux qui l’ont précédé et ceux qui suivront, restera lettres mortes tant que ces appels ne s’inscriront pas dans une logique de rassemblement qui va au-delà de l’UFC.

Avant les dernières élections législatives, les responsables de l’UFC, sûrs de leur victoire, avaient déclaré haut et fort qu’ils gouverneraient seuls après les législatives. Cette déclaration jugée irresponsable par beaucoup de Togolais, avait fait beaucoup de tort à l’UFC et à toute l’Opposition. L’UFC est en train de rééditer les mêmes attitudes pour les présidentielles. L’UFC ne serait-elle pas plus forte face au RPT si, avant toute négociation avec le pouvoir, elle s’attelait à opérer un vrai rassemblement des forces démocratiques et à attirer vers elle tous les partis qui ont cru aux chants d’une sirène appelée « Faure » ?

Tous les partis qui avaient accepté d’aller au gouvernement en se fondant sur le discours mielleux de Faure Gnassingbé sont tous déçus aujourd’hui, persuadés que la parole de l’actuel Président ne vaut pas plus que celle qui était toujours servie par le système RPT et que le salut du Togo et des Togolais ne viendra pas par lui. Les déçus de Faure ne se comptent pas seulement au sein de la classe politique. Tous les Togolais, toutes régions confondues, toutes catégories sociales confondues, sont quasi unanimes pour reconnaître que, sur le plan économique et social, sur le plan de l’impunité, des injustices, du népotisme et des frustrations, la situation du Togo est pire que sous Eyadema.

L’opposition devrait surfer sur cette vague de mécontentement pour rassembler les Togolais et les forces démocratiques pour faire renaître l’espoir autour d’une plate-forme revendicative pouvant aller jusqu’à l’organisation, sous l’égide de la communauté internationale, d’un référendum sur le retour pur et simple à la Constitution d’Octobre 1992 et au Code Electoral du 5 Avril 2000 issu de l’Accord-cadre de Lomé 

Cette démarche aurait le mérite de placer le RPT devant un choix difficile entre la démocratie et la non démocratie et l’inciterait à préférer la négociation honnête à un référendum aux issues incertaines. Ce serait là, un excellent vecteur de mobilisation populaire et surtout de reconstitution et de rassemblement des forces démocratiques. Mais l’UFC qui a intelligemment imité le système qu’il combat en instaurant le culte à la personnalité à son leader comme credo et mode de fonctionnement saura-t-elle fédérer les autres autour d’elle pour l’érection de ce vaste mouvement de changement? That’s the question !

Dimas Dzikodo


Le CDPC et la problématique de son « ouverture » : Le pouvoir RPT face à   la psychose d’un boycott de l’opposition parlementaire

C’est fort visible, le pouvoir est dans une logique de dévoiement du processus électoral et tous les actes qu’il entreprend ne sont motivés que par cette visée. Si on sait que pour le moment rien ne l’arrête dans cette logique, on constate néanmoins une certaine psychose dans le sérail du  clan au pouvoir.

Le samedi 7 mars, eut lieu une session particulière du Comité de Suivi à Lomé. Si auparavant c’est le Facilitateur et Président du Comité de Suivi Blaise Compaoré qui convoquait les réunions, pour cette session c’est Faure Gnassingbé qui a joué ce rôle. Le jeu en valait la chandelle. Le scénario avait juste pour finalité l’ouverture du Cadre permanent de dialogue et de concertation aux formations politiques « amies » du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) écartées par les législatives d’octobre 2007. Et cet objectif fut atteint. Au terme de ladite session, décision a été prise d’élargir le Cadre aux autres parties signataires de l’Accord Politique Global (APG) qui ne sont pas arrivées à placer un seul représentant à l’Assemblée nationale, ce qui témoigne de leur importance sur l’échiquier politique.

Faisant suite à cette recommandation, un conseil des ministres fut tenu une poignée de jours plus tard et consacra cette « ouverture ». Le pouvoir s’est même évertué à outrepasser ces directives. Au-delà des signataires écartés, à savoir le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), le Groupe de Réflexion et d’Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D) et le Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires Togo (REFAMPT), le conseil des ministres s’est permis le luxe de tendre la perche aux confessions religieuses, organisations syndicales, associations représentatives de la société civile non signataires de l’APG, à des personnalités.

Toutes ces formalités faites, plus rien ne s’opposait à l’entrée effective de ces heureux élus au CPDC et à leur participation aux discussions. Voilà plus de trois (03) semaines d’écoulées après la fameuse session du Comité de Suivi et plusieurs séances de débats ont été tenues. Mais ce sont toujours les membres du départ qu’on a vus, c’est-à-dire les représentants du RPT, du Gouvernement, de l’UFC et du CAR. Les « appelés de la dernière heure » n’ont été aperçus à aucune réunion du CPDC jusqu’à ce jour. D’où les inquiétudes sur les raisons de cette situation. Des inquiétudes assez légitimes d’autant plus que le cadre est en train de faire, avec la réforme constitutionnelle, le tour des questions relatives au processus électoral proprement dit, et leur présence risque d’être inutile.

Le ministre de l’Administration territoriale Pascal Bodjona au cours d’une émission télévisée a tenté de minimiser et dissiper ces inquiétudes en laissant entendre qu’il fallait un conseil des ministres et un décret présidentiel pour consacrer l’entrée de ces « appelés de la dernière heure » au CPDC. Ces déclarations ont été faites il y a plus de quinze (15) jours. Mais depuis, rien.

Dans ce flou de questionnements, des langues croient savoir que cette entrée non effective au CPDC est due aux menaces de boycott du processus électoral proférées par l’opposition parlementaire.

En effet, l’Union des Forces de Changement (UFC), lors de son meeting du dimanche 22 mars dernier a réitéré la menace de quitter le processus électoral si le pouvoir se hasardait à permettre l’entrée de ces satellites du RPT au CPDC. Pour cela le parti a appelé les populations à rester mobilisées. Même son de cloche du côté du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Son président d’honneur,  Me Yawovi Agboyibo l’a aussi réitéré tout récemment. Dans une interview accordée au confrère en ligne republicoftogo, l’ex-Président du CAR a craché sans détour que son parti ne pourra accepter une ouverture du CPDC aux partis extraparlementaires et associations de la société civile comme tente de le faire le pouvoir.

Ces menaces semblent donc visiblement avoir raison de l’obscurantisme et de la ténacité de Faure Gnassingbé et les siens. Le pouvoir n’a nullement intérêt à voir ces « deux poids lourds » quitter le processus.

T. Shalom


Les 20 plus de Faure : Les médias d’Etat

« Je transformerai et moderniserai les médias d’Etat en les rénovant en entreprises performantes ». Les médias d’Etat (TVT, Radio Lomé, Radio Kara, ATOP, Togo presse), parlons-en, Monsieur le Président. Au service de la propagande du pouvoir de votre père et du vôtre (marches de soutien, lectures de motions, audiences du chef de l’Etat, fêtes grandioses, funérailles, ripailles), ces médias d’Etat se sont au fil des ans écartés de leur mission, celle d’informer et d’éduquer les Togolais qui sont d’ailleurs les principaux contribuables.

Monsieur le Président, nonobstant la mise à disposition totale de ces médias d’Etat à votre service et à celui de votre politique, force est de constater que ces structures continuent de travailler dans un dénuement  total. Monsieur le Président, si la TVT a fait changer ses génériques et ses bandes d’annonces, elle fonctionne toujours avec du matériel vétuste, et ceci dans un cadre désuet, inapproprié. Le fonctionnement normal de cette chaîne, la seule qui n’est pas sur satellite dans la sous région relève du miracle des confrères qui officient dans cette boîte.

Monsieur le Président, vous est-il une fois arrivé de visiter les locaux de Radio Lomé et ceux de Radio Kara ? Monsieur le Président, comment peut-on accepter qu’en 2009, ces deux chaînes de radio et surtout celle de Lomé continuent de fonctionner avec du matériel datant de la colonisation ?

Monsieur le Président, la situation de l’ATOP est de plus en plus préoccupante. Il y a de cela quelques semaines, la vaillante directrice a lancé un cri d’alarme qui malheureusement, n’a pas eu d’écho dans votre palais dont les vitres blindées ne laissent filtrer aucun son. 

Monsieur le Président, Togo-Presse, le plus vieux canard du Togo qui rend compte régulièrement de vos audiences et activités est toujours à la traîne. Dans un environnement où foisonnent des dizaines de journaux privés, Togo-Presse le quotidien gouvernemental n’est pas en mesure de rivaliser avec le dernier de la presse privée.

En faisant le tour des pays de la sous-région, les Togolais ont honte de constater que parmi les quotidiens gouvernementaux, Togo-Presse est le bon dernier.

Monsieur le Président ? Où est passé votre projet de modernisation des médias d’Etat ? Où est passée la maquette de la construction de la nouvelle TVT et des autres organes d’Etat? Savez-vous, Monsieur le Président, que la construction de la CRTV (Cameroun radio and television) a coûté 15 milliards de francs CFA ? Vous rétorquerez certainement que le Togo n’a pas de moyens pour s’offrir ce luxe. Mais le Togo en a pour organiser des ripailles et autres funérailles qui coûtent plus cher.

Monsieur le Président, dans un monde où l’information va à la vitesse du son et où la concurrence entre les médias du Nord et ceux du Sud est rude, vous avez l’impérieuse nécessité, si vous voulez vraiment mettre ce pays sur la voie du développement, de ranger dans la poubelle de l’histoire ou dans un musée, le matériel vétuste et anachronique que les confrères utilisent actuellement.

Monsieur le Président, faites construire de nouveaux bâtiments modernes et adaptés à la TVT. Mettez cette chaîne sur satellite et tous les Togolais vous en seront reconnaissants. Faites de même, Monsieur le Président,  pour les radios et autres organes d’Etat car en le faisant, vous ne faites que matérialiser une promesse électorale, même si nous savons que pour vous les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Bonne journée, Monsieur le Président !

Ferdi-Nando


Humeur : Les gènes de l’union

          Samedi les Eperviers étaient dans l’arène et ont dompté les Lions pourtant  Indomptables du Cameroun. Au-delà du score (1-0 faveur du Togo), on a eu l’occasion d’observer une fois de plus auprès du public sportif une prédisposition à l’union du peuple togolais.

          C’est un cortège interminable de véhicules qui a pris d’assaut la route d’Accra. A peine le jour s’est-il levé qui certains se sont mis en route. Il n’y avait pas de minute où ne passe un véhicule bardé de gadgets à l’effigie des Eperviers ou du drapeau togolais, rempli de supporters faisant beaucoup de bruits. C’était le ballet interminable observé jusqu’à la mi-journée. Ces véhicules n’étaient nullement réquisitionnés par la FTF et mis à la disposition du public sportif, les gadgets offerts gratuitement. C’est le fruit des initiatives personnelles. Tout ce beau monde a accepté mettre la main à la poche, pour aller supporter les Eperviers et porter très haut les couleurs du Togo. Dans ces périodes difficiles, ces compatriotes ont fait le sacrifice, serré la ceinture pour être du rendez-vous d’Accra. D’autres ont accepté mettre à leurs propres frais de l’essence dans leur véhicule, débourser 10, 20, 30 mille francs CFA juste pour aller défendre les couleurs de notre pays.

          Dans les tribunes, on ne pouvait pas reconnaître le militant du RPT de celui de l’UFC ; c’était difficile de distinguer l’Ewé du Kabyè, les « Ahuna » des « Nord-to ». Ils étaient unis autour d’une seule et même cause : le Togo. Beaucoup d’entre eux étaient prêts à sacrifier leur vie pour le pays. « Je préfère mourir en supportant les Eperviers que de trépasser d’une maladie. Mon âme serait en paix comme ça », a confié un compatriote accoutré de gadgets Eperviers et tout excité croisé à la frontière d’Aflao ; ce sur quoi renchérit un autre : « Qu’est-ce que je ne suis pas capable de faire quand il s’agit des Eperviers, du Togo tout simplement ? ».

          Qui a dit que les Togolais n’ont pas les gènes de l’union encrés dans leurs chromosomes ? Les Togolais sont naturellement unis. Ils ont donc des prédispositions à s’entendre et c’est un tel Togo que l’on veut tous les jours. Mais malheureusement, les adeptes de l’ethnicisation et du tribalisme ne veulent pas l’entendre de cette oreille et sont là pour les opposer, et avec plaisir.

T. Shalom

Forum de la Semaine #441 du 26 mars 2009
Les dessous d’un limogeage : Yves Madow Nagou était depuis longtemps sur la sellette

Par décret pris mardi dernier par Faure Gnassingbé, le ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Yves Madow Nagou a été démis de ses fonctions et remplacé par Sambiani Sankaradja Laré, Inspecteur de l’Education nationale.

Comme il fallait s’y attendre, aucune explication n’a été donnée et qui pourrait éclairer sur ce limogeage somme toute assez brutal, surtout que le désormais ex ministre était considéré comme un homme du premier cercle de Faure Gnassingbé pour avoir survécu à quatre (04) gouvernements depuis 2005. On se souvient, il avait en charge l’Agriculture dans les équipes Edem Kodjo et Me Yawovi Agboyibo avant de passer aux Enseignements sous Komlan Mally et puis sous Gilbert Houngbo avant ce coup d’arrêt.

Dans tous les cas, on ne limoge jamais un ministre pour rien. Au-delà du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Exécutif de disposer à sa guise de ses collaborateurs, il se raconte dans les milieux autorisés qu’Yves Madow Nagou était déjà depuis quelques temps sur la sellette.

Il lui serait reproché beaucoup de choses dans la gestion des affaires dévolues à son ministère. Il se susurre en effet que ses malheurs proviendraient de la gestion d’un projet financé par la Banque Islamique de Développement (BID) qui devrait doter les écoles de salles de classes sur toute l’étendue du territoire.

Ses détracteurs affirment que non seulement ce projet n’est jamais totalement entré dans sa phase de croisière, mais que les fonds ont été dilapidés. Vrai ou faux, nul ne saurait le dire. Mais si cela s’avérait, avouons que c’est une toute autre histoire.

Mais d’autres langues racontent que cette éviction est éminemment politique et est due à sa déclaration devant les députés à l’Assemblée nationale où il affirmait que l’acte posé par le gouvernement en supprimant les « frais scolaires » ne doit pas se comprendre comme « la gratuité de l’école » mais une de ses étapes. Ce à quoi avait rebondi son collègue des Finances Adji Otèth Ayassor en des termes très virulents qui cachent mal les manœuvres du pouvoir à faire croire que « la suppression des frais scolaires » signifie « la gratuité de l’école », une promesse de campagne de Faure Gnassingbé. Cette « histoire », les caciques du RPT ne lui auraient jamais pardonné et depuis lors, il serait, à chaque fois que l’occasion  se présente, peint d’un noir obscur devant leur boss. 

F.S.


Eliminatoires CAN/Mondial 2010/ Togo-Cameroun: Les Eperviers en ordre de batailleIls sont presque tous revenus pour ce match grandeur nature sauf Kader Coubadja (forfait) et Olufadé Adékanmi (incertain). Tout cela rend ce match à l’issue incertaine de par la composition des deux sélections nationales.

Togo-Cameroun, par quel bout faut-il prendre cette rencontre capitale pour les deux sélections nationales pour leur entame des éliminatoires  combinées Can/mondial 2010 ? Voilà la question qu’on se pose surtout du côté togolais quand on sait que les Lions Indomptables réussissent moins aux Eperviers. Et aujourd’hui qu’ils paraissent être dans une forme éblouissante. Certes, il y a eu cette victoire anecdotique de 1-0 à Kumassi en 2000  lors du troisième match de poule de la Can au Ghana et que les hôtes des Eperviers font semblant d’oublier quand on parle des confrontations entre les deux sélections. Puis après un match nul en février 2007, en match amical à Lomé. Mais entre-temps, en 2006, les coéquipiers de Rigobert Bahana Song ont envoyé paître  les Shéyi Adebayor et autres Abalo Dosseh en match de poule de la Can jouée en Egypte. On pourrait multiplier à volonté les exemples, mais le compte des Togolais est toujours déficitaire.

Mais il faut aller au charbon à Ohene Djan Stadium d’Accra, rien à faire. Après avoir goûté au bonheur  de participer à la Coupe du monde, les Eperviers se sentiraient mal de ne pas être du rendez-vous de 2010 qui, de surcroît, se dispute sur les terres africaines. Le Togo doit défendre son standing de mondialiste, ne cesse-t-on de répéter. Une phrase qui a toute son importance après que les rapaces togolais eurent manqué la Can 2008 qui s’est disputée au Ghana. Mais ont-ils l’étoffe nécessaire pour recréer l’exploit ?

La vieille garde conduite par Abalo Dosseh et au sein de laquelle on retrouvait Tchangaï Masamaesso, Kaka Aziawonou, Eric Akoto... a presque disparu même si certains joueurs  comme Kader Coubadja (forfait), Shérif Touré tentent de revenir à la compétition. Mais la jeune garde aussi formée autour du capitaine Shéyi Adebayor ne rassure pas encore. L’équipe est plus en devenir.

Certes, l’attaque togolaise a gagné en maturité avec Shéyi Adebayor et Olufadé Adekanmi ( toujours incertain), flanquée de Jonathan Ayité. Mais l’on ne pourra pas dire  la même chose pour le milieu de terrain. Si Alaixys Romao, lui, émerge  du lot – il est le seul milieu de terrain togolais  qui joue régulièrement avec peut-être Floyd Ayité -, les Salifou Moustapha, Amewou Komlan ne donnent pas toujours la mesure de leur talent, à moins qu’ils soient dans un beau jour  le jour du match. Or, on ne peut pas se fonder sur ces impondérables pour se faire une idée de la forme de l’ensemble des Eperviers.

En défense, Daré Nibombé a gagné bien de galons, prenant du coup le titre du véritable maître des lieux en compagnie, bien sûr, de l’intraitable Maman Gafar. Serge Akakpo qui a récemment rejoint le groupe offre aussi quelques motifs de satisfaction.

Un combat à armes inégales ?

Enfin, dans les buts, Agassa Kossi est toujours au poste. Il peut faire parfois, à lui seul, 60% d’un match. Mais le goal titulaire togolais a connu des moments durs sur le banc à Reims.

Tout cela réuni  et l’un dans l’autre, le compte des Togolais est bien déficitaire vu l’armada que va déployer  la sélection camerounaise et dont l’ambition est de se racheter après l’absence à la Coupe du monde 2006. Il s’agit pour les Lions Indomptables de prendre une revanche  sur le sort. Un sort qui a vu un jour de l’an 2005, Pierre Womé rater un penalty qui aurait offert cette participation aux Lions si le préposé ne manqua pas la cible, au grand bonheur des Eléphants de la Côte d’Ivoire. Le drame est toujours vivace  dans les esprits et les Camerounais entendent bien tirer un trait là-dessus.

Et pour y parvenir, le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) qui ne s’aiment jamais d’amour tendre ont décidé d’enterrer la hache de guerre pour offrir une meilleure préparation aux Lions Indomptables.

Pour ce match, c’est toute la crème de la sélection qui est convoquée par l’Allemand Otto Pfister : Samuel Eto’o, Stéphane Mbia, Geremi Njitap, Eric Djemba Djemba, Jean II Makoun, Rigobert Song… Cette sélection  a bien fière allure avec des atouts certains  au milieu de terrain et en attaque. Par contre la défense semble  souffrir des carences de la vieillesse et donc pourra être exploitée par Emmanuel Adebayor et ses coéquipiers. Mais encore faudrait-il pour cela que de bons ballons leur parviennent. Ce n’est  pas  gagné d’avance.

La pression sera plus sur les Lions Indomptables que  l’échec de 2005 hantera constamment comme une bande passante. Quant aux Eperviers, ils doivent tout juste éviter de démarrer avec une défaite. Un match nul ne sera pas le score idéal mais peut rassurer, surtout que lors des deuxième et troisième journées, ils sont en déplacement au Maroc et au Gabon.

Gagner le Cameroun n’est pas tout de même une tâche impossible si le  sélectionneur Jean Thissen qui avait déjà battu cette sélection en 2003 avec les Panthères du Gabon met en place  un bon schéma. Dans tous les cas, l’impossible n’est pas togolais et disons « Yes we can » et les Eperviers remettront le  coup de 2006.

Listes des 23 joueurs

TOGO Gardiens de but : Agassa Kossi (Reims, France), Mensah Cedric (FC Paris, France), Obilalé Kodjovi (FC Pontivy, France). Défenseurs : Assimiou Touré (Osnabrück, D2 Allemagne), Akakpo Serge (Vaslui, D1 Roumanie), Nibombé Daré (Otopéni, D1 Roumanie), Atsou Franck (Persépolis Téhéran, Iran), Grondin Christophe (Gantoise, D 1 Belgique), Forson Richmond (Thouars, CFA 2 France), Mango Senah (Marseille, D 1 France), Mamah Gaffar (FC Sheriff, D 1 Moladavie). Milieux de terrain : Amewou Komlan (Stromsgodset, D 1 Norvège), Romao Alaixys (Grenoble, D1 France), Senaya Junior (Emirats Arabe Unis), Ayité Floyd (Angers, D2 France), Salifou Moustapha (Aston Villa, D 1 Angleterre), Ahodikpé Euloge (Diosgyor, D1 Hongrie), Kassim Gouyazou (Stel Azin FC Téhéran, Iran), Cheriff Touré (en test à la Gantoise D 1, Belgique). Attaquants : Ayité Jonathan (Nîmes, D2 France), Dossevi Thomas (FC Nantes D 1, France), Olufadé Adekanmi (Gantoise, D1 Belgique), Adebayor Shéyi Emmanuel (Arsenal, D1 Angleterre), Kader Cougbadja (Al Dhafra, Emirats Arabe Unis), Djako Arafate (Ashanti Gold, Ghana).

         CAMEROUN Song Bahanag Rigobert (Trabzon Karadenizspor, Turquie), Njitap Geremi Sorel (Newcastle United FC, Angleterre), Eto’o Fils Samuel (FC Barcelone, Espagne), Kameni Idriss Carlos (RCD Espanyol Barcelona, Espagne), Makoun Jean II (Olympique Lyonnais, France), Djemba Djemba Eric (Odense Boldklub, Danemark), Mbia Stephane (Stade Rennais FC, France), Mbami Mbami Modeste (Olympique de Marseille, France), Essame Guy Stéphane (Trerek Grozny, Russie),  Alo’o Efoulou Paul (Angers, France), Chedjou Aurélien (Lille, France), Matoukou Eric (Racing Genk, Belgique), Ngom Kome Daniel (Tenerife, Espagne), Assou Ekotto Benoït (Tottenham Hotspur FC, Angleterre), Binya Augustin (Sport Lisboa e Benfica, Portugal), Bikey André (Reading FC, Angleterre), Mayebi Joslain Leonel (Hakoach Amidar Maccabi Ramat Israël), Aramnd Deumi (Gaziantep Sport, Turquie ), Kouemaha Dorge Rostand (MSV Duisburg, Allemagne), Franck Songo’o (Real Saragoza, Espagne), Webo Achille (Majorque, Espagne), Souleymanou Hamidou (Kayserispor, Turquie), Somen A Tchoyi

TGA/XSport


CPDC : Division sur le critère de représentativité à la CENI et dans les CELI

Au menu des sujets que l’on présageait mettre dos-à-dos les différentes parties participantes aux discussions du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), figuraient le Code électoral, la réforme constitutionnelle. Au regard du rôle ô combien crucial joué lors des législatives du 14 octobre 2007 par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ses démembrements et de l’enjeu de la présidentielle de 2010, on s’attendait à des débats âpres au sujet de leur composition et de la représentativité des forces politiques. Les flairs n’ont pas démenti, lorsque ces questions ont été abordées par le CPDC la semaine écoulée. La problématique qui se pose est : quel critère de répartition des places au sein de la CENI et des CELI ?

La question a été l’objet de divergences persistantes entre les parties prenantes au CPDC.

Rassemblement du Peuple Togolais

Bien instruit de l’importance de la CENI et des CELI dans les différentes joutes électorales, on n’entend nullement brader leur contrôle aux forces de l’opposition parlementaire. Le parti brandit comme critère de représentativité le nombre de sièges au Parlement. Au regard de ce critère, le RPT fort de ses 50 élus devrait s’en sortir avec la part du lion. Il y a là un instinct manifeste de domination. Cet argument déshérite automatiquement l’opposition parlementaire et la relègue au second plan. Ce critère retenu, conférerait donc au RPT une archi domination dans ces structures. Et comme par le passé, les mêmes causes produiraient les mêmes effets. Le nombre de sièges des deux représentants de l’opposition parlementaire cumulés fait à peine la moitié de celui du RPT. Le parti pourrait donc être représenté à raison des 2/3 contre 1/3 pour l’opposition dans la CENI et les CELI.

L’Union des Forces de Changement

Ici non plus, on ne veut pas être perdant. Comme critère de représentativité, le parti de Gilchrist Olympio opte pour le nombre de suffrages recueillis aux législatives d’octobre 2007. A l’UFC, plus qu’un instinct de domination, on est plutôt animé d’une intention de ne pas laisser s’échapper le RPT, de le talonner et lui disputer la suprématie habituelle. Les deux partis auraient donc presque la même représentativité quand on se réfère aux résultats des dernières législatives. Le RPT a récolté à peine 100 mille voix de plus que l’UFC. Ce critère appliqué, c’est le RPT qui devrait se retrouver sérieusement menacé.

Le plus grand perdant de l’une ou l’autre option devrait être tout naturellement le parti de Me Dodji Apevon. Que ce soit le nombre de sièges au Parlement ou de suffrages aux dernières législatives, le CAR se retrouverait avec  la portion congrue, la plus petite marge. Mais ici non plus, on ne veut se faire compter l’évènement, se faire mâcher dessus et subir.

Le Comité d’Action pour le Renouveau

Pour le parti, il fallait trouver une formule intermédiaire qui lui permettrait de s’en sortir. A défaut d’une CENI apolitique, le CAR opte pour la parité opposition parlementaire et majorité parlementaire. Cette option ne saurait être innocente ; elle doit être liée à la concession empoisonnée que se propose de faire le RPT au sujet de la représentativité à la CENI.

En effet, le parti de Faure Gnassingbé a dit être prêt à un partage équitable de la représentation politique à raison de six (06) pour la majorité et six (06) pour l’opposition parlementaire. Mais on assortit cette proposition d’une condition : la répartition à parité des sièges de l’opposition parlementaire, à raison de trois (03) pour l’UFC et trois (03) pour le CAR.

C’est manifeste, chacun tire le drap de son côté, avec des arguments plus ou moins objectifs et convaincants. Au RPT qui veut la part du lion pour éviter toute surprise désagréable s’adjoignent l’UFC qui veut le marquer à la culotte et le CAR qui veut se tailler une place dans cet imbroglio.

Conformément aux dispositions du règlement intérieur du CPDC, le tableau des désaccords serait transmis au Président de cet organe et tout premier Facilitateur, sinon le seul, pour tenter des conciliations. Sa réaction est donc attendue. Mais d’ores et déjà, beaucoup d’observateurs pensent qu’il serait illusoire d’espérer quelque chose d’objectif de Faure Gnassingbé quand on sait que son sort est engagé dans toutes ces options. Et qu’on ne soit pas étonné que le débat se retrouve à l’Assemblée nationale et ces propositions soumises à l’appréciation des députés. Et là, on imagine le grand gagnant.

T. Shalom


Confidentiel : Une mission à Lomé pour renforcer l’axe Faure-Atta Mills

Le départ en 2000 de Rawlings du pouvoir et l’arrivée de John Kufuor avaient scellé l’embellie des relations entre le Togo et le Ghana. Pendant les 8 années de son pouvoir, le président John Kufuor  s’est employé à renforcer les relations avec le pouvoir de Faure, et la plupart des opposants togolais résidant sur le territoire ghanéen se sont faits discrets pour certains et d’autres ont dû quitter le territoire pour trouver asile ailleurs.

L’alternance intervenue au sommet de l’Etat ghanéen avec le retour du NDC au pouvoir porte certainement un sérieux coup à cette union sacrée. Et du côté du pouvoir de Lomé, le climat serait désormais à la méfiance. Quelques jours après sa prise de fonction, le président John Atta-Mills a accordé une audience au principal leader de l’opposition togolais Gilchrist Olympio. Selon un communiqué de l’UFC qui rapportait l’information, le leader de ce parti aurait demandé au nouveau président ghanéen de s’investir auprès du pouvoir  RPT en vue d’aider à une résolution définitive de la crise que traverse le Togo. Selon toujours le communiqué de ce parti, le président ghanéen aurait promis de faire tout son possible pour venir en aide au Togo.  Mais selon des sources proches de la présidence ghanéenne, le président Atta-Mills aurait clairement signifié à Gilchrist qu’il venait d’entrer en fonction et qu’il n’était pas en mesure de s’investir dans l’immédiat dans la crise togolaise. Pour rassurer le gouvernement togolais, une mission était d’ailleurs dépêchée auprès de Faure par le nouveau président du Ghana.

De sources bien informées, à moins d’un an de la présidentielle de 2010, le pouvoir de Faure fait du renforcement de l’axe Lomé-Accra une question de priorité. C’est dans ce sens que l’homme qui dans l’ombre avait œuvré pour le rapprochement Faure-Kufuor est actuellement mis à contribution. Déçu par le pouvoir de John Kufuor avec qui il s’est brouillé, il a rejoint le camp du NDC. El Hadj Banda, puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait été reçu en ce début de semaine par Faure Gnassingbé. Dépêché à Lomé par le nouveau pouvoir ghanéen, il a pour rôle de renforcer l’amitié entre les deux pouvoirs. Le pouvoir de Faure s’active donc dans l’ombre à renforcer les liens avec le voisin de l’Ouest  pour sécuriser son fauteuil. Reste à savoir si ces tractations dans l’ombre seront appréciées par tous les responsables du NDC du côté d’Accra.

F.S

Forum de la Semaine #440 du 24 mars 2009
Le poker menteur : Sortir de l’eternel duel UFC-RPT  pour sauver le Togo

A un an de la prochaine élection présidentielle togolaise, la tension commence à monter très fortement entre les acteurs politiques, directement ou par médias et militants interposés. Malheureusement, comme les responsables politiques togolais en ont pris l’habitude depuis le début du processus de démocratisation, le débat politique se polarise autour de questions puériles et superficielles, laissant de côté les vraies préoccupations de la grande majorité de nos compatriotes.

Tout le cinéma qui se déroule depuis quelques temps autour du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) ne vise en réalité qu’une question : la validation ou non de la candidature de Gilchrist Olympio à l’élection présidentielle de 2010.

Le Président national du principal parti de l’opposition togolaise, Gilchrist Olympio est-il vraiment intéressé par le pouvoir ? A-t-il une vraie stratégie de conquête du pouvoir ? A bientôt 74 ans, Gilchrist Olympio est-il encore, physiquement et politiquement l’homme de la situation ? Quelle politique alternative propose Gilchrist Olympio pour la réconciliation nationale, le développement à la base et la solidarité? De quelles garanties dispose Gilchrist Olympio pour convaincre les Togolais que l’issue de 2010 ne sera pas identique à celle de 1998, de 2003, de 2005 et de 2007 ?

Ces questions, pourtant importantes, ne semblent intéresser personne. On préfère continuer à maintenir les Togolais dans l’ignorance et l’analphabétisme politique sachant qu’au lendemain de l’élection présidentielle, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les plus chanceux des Togolais resteront au pays et continueront à patauger dans la misère et la souffrance.

Ceux qui auront cru aux belles paroles d’une classe politique incompétente, insouciante et sans scrupule, se retrouveront, pour les uns, au cimetière, pour les autres, dans des hôpitaux, mutilés pour le restant de leur vie et, pour la grande partie d’entre eux, reprendront le dur chemin de l’exil.

Pendant ce temps, les politiciens se retrouveront à Abuja, Ouagadougou, Accra, Libreville ou à Sant’ Egidio pour de nouvelles négociations qui, de toute façon, finiront par légitimer un nième coup de force du RPT en attendant l’épisode suivant.

Le régime RPT a le beau rôle. Il ne fera rien pour élever le niveau du débat politique. Il n’y a aucun intérêt. Au contraire, il a plutôt intérêt à attiser les antagonismes et à faire croire à sa base électorale du Nord que l’arrivée au pouvoir de Gilchrist Olympio déclencherait la guerre civile et entraînerait la chasse aux sorcières à l’encontre des nordistes et plus particulièrement des Kabyès.

Ainsi va le Togo. Gilchrist Olympio a besoin du RPT au pouvoir pour s’éterniser dans son confortable statut d’opposant historique. Le RPT a besoin de Gilchrist Olympio, l’opposant historique, pour justifier, aux yeux de nos compatriotes du Nord et de ses soutiens extérieurs, sa stratégie de conservation du pouvoir. Un véritable jeu de poker menteur du «je t’aime moi non plus»!

Doit-on continuer ainsi à cristalliser la vie politique togolaise et le sort de tout un peuple autour du contentieux historique opposant Gilchrist Olympio, fils de Sylvanus Olympio et Gnassingbé Eyadéma, ancien Général Président du Togo, supposé être l’assassin du Père de l’indépendance et de la nation togolaise ?

Quel que douloureux et tragique que fût cet assassinat odieux, maintenant que Eyadéma n’est plus de ce monde, le moment n’est-il pas venu de cesser de faire de l’assassinat de Sylvanus Olympio, le seul fondement du clivage politique entre le pouvoir RPT et l’opposition incarnée par Gilchrist Olympio ?

Cet antagonisme historique, entretenu à dessein par les deux parties continue d’hypothéquer la réconciliation nationale, le développement économique et l’émergence d’un véritable élan de solidarité au sein de la société togolaise.

L’antagonisme fondé sur le contentieux Sylvanus Olympio a pu avoir un sens tant que Eyadéma était en vie. La difficulté aujourd’hui pour Gilchrist Olympio, c’est d’opposer à Faure Gnassingbé, un crime de sang qu’aurait commis son défunt père alors que l’actuel président n’était même pas né au moment des faits.

La persistance du leader de l’UFC à vouloir faire du problème politique togolais, un éternel duel à couteaux tirés entre son parti et le RPT, entre lui-même Gilchrist Olympio et Eyadéma et maintenant le fils d’Eyadéma, a fini par mettre toute l’opposition togolaise dans une bien inconfortable situation stratégique.

Lorsqu’on analyse le paysage politique togolais, on se rend compte d’un paradoxe. Tous ceux ou presque, qui incarnaient le pouvoir RPT au début des années 90 à la Conférence Nationale Souveraine, ont, soit, disparu de la scène politique, soit eux-mêmes mis au placard.

Le régime RPT a su se renouveler au moins au niveau de ses cadres à défaut de pouvoir se renouveler dans ses pratiques sordides. Aucun de ceux qui incarnent le pouvoir RPT depuis la mort d’Eyadéma, n’était en vue à la Conférence Nationale Souveraine.

Du côté de l’opposition, on retrouve les mêmes figures depuis 1990. Quand on voit comment la jeune génération RPT a su, subtilement se jouer de ses aînés et pères de l’Opposition lors des négociations de l’Accord politique global, on est en droit de se poser des questions sur la capacité de la classe politique actuelle de l’Opposition, et plus particulièrement de Gilchrist Olympio à réussir en 2010 ce qu’ils n’ont pas été capables de réussir en 1998, 2003, 2005 et 2007.

Il eut été souhaitable qu’à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, la classe politique opposée au RPT se renouvelât et qu’émergeât une nouvelle génération d’hommes politiques capables de fonder le combat politique sur des bases nouvelles.

Le RPT a su, de son côté opérer cette rupture générationnelle. Derrière la génération des Faure, Bodjona, Nagou, Damnipi, Bawara et autres, se dresse déjà celle du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) et des Mey qui a déjà le pied à l’étrier. Du côté de l’Opposition, bien malin qui peut dire aujourd’hui ce qu’il adviendra de l’UFC et de l’opposition après Gilchrist Olympio.

La jeune génération RPT au pouvoir se plaît tout simplement à trimbaler et même à ridiculiser la vieille garde de l’opposition toujours aux affaires, mais désormais dépassée par les événements. Les plus jeunes responsables de l’opposition ont tous plus d’une dizaine d’années que les plus vieux des jeunes dirigeants RPT.

Pendant que les Togolais souffrent de la vie chère, des conséquences de la crise financière internationale, du chômage endémique, de la pauvreté et que le RPT est incapable d’apporter les réponses qu’attendent les Togolais à leurs problèmes, l’opposition UFC-CAR préfère parler de conditions d’éligibilité de Gilchrist Olympio ou d’autres problèmes accessoires, au lieu de mettre en place une véritable stratégie de rassemblement des forces vives et de toutes les forces démocratiques en vue de la conquête de la démocratie.

Ce qui a fait perdre les dernières législatives à l’opposition, ce ne sont, ni le découpage électoral, ni les conditions d’organisation des élections. C’était d’abord et surtout la cupidité des propres représentants de l’Opposition dans les bureaux de vote. Les mêmes causes ne risquent-elles pas de produire les mêmes effets ? L’opposition ne ferait-elle pas mieux de trouver la parade à cette situation au lieu de passer son temps à des palabres inutiles avec le RPT pour, au soir des élections, chanter le vieux refrain de « on nous a volé la victoire » ?

L’Opposition togolaise, et plus particulièrement Gilchrist Olympio doivent avoir le courage d’opérer cette nécessaire rupture générationnelle pour insuffler une nouvelle dynamique au combat contre le RPT new look. A défaut de cette rupture générationnelle, l’Opposition fera le lit au pouvoir RPT pour encore au moins cinquante ans, voire plus!

Dimas Dzikodo


Nouvelle baisse des prix du carburant sur fond de récupération politique

Le gouvernement togolais a décidé jeudi une nouvelle révision à la baisse des prix des produits pétroliers.

Le prix de l’essence super sans plomb est désormais fixé à 445 francs CFA, ceux du pétrole lampant à 370 francs, du gasoil à 440 francs et du mélange 2 temps à 490 francs. Le gaz butane 12,5 kg est vendu à 3500 FCFA.

Selon le ministre du Commerce, Guy Madjé Lorenzo, ces prix revus à la baisse tiennent compte de la tendance baissière du marché international et du phénomène de vie chère. Le gouvernement a déjà décidé en décembre dernier la révision à la baisse des prix des produits pétroliers. L’essence sans plomb était à 500 FCFA contre 595 FCFA précédemment, le gasoil 495 CFA contre 590 FCFA, le mélange 2 temps à 500 francs contre 575 FCFA.  En somme, une réduction de 150 FCFA sur le principal produit, l’essence super sans plomb en quelques trois mois. Soit ! Mais comme le dirait l’autre, ce n’est pas trop tôt.

Cela faisait un bon bout de temps que le cours du pétrole est rentré dans la courbe inverse après la vertigineuse flambée de l’année dernière. Et tout le monde sait combien le gouvernement a opposé de résistance pour suivre la cadence. Des arguties les plus superflues ont été avancées pour maintenir les prix à la hausse à la pompe. Il a fallu que des pays voisins parviennent des échos de baisses substantielles pour qu’enfin le gouvernement réagisse. Mais ici encore, on peut trouver à redire, surtout après les  explications et arguments tirés par les cheveux du ministre du  Commerce et de la Promotion du Secteur privé, Guy Lorenzo.

Dans sa satisfaction béate et pleine d’enthousiasme, le ministre s’est employé à comparer les prix pratiqués au Burkina et en Côte d’Ivoire, deux exemples à la vérité très mal choisis, puisqu’il est apparu qu’il biaise sciemment sur les prix pratiqués chez les deux voisins immédiats du Togo à savoir le Bénin et le Ghana. L’exemple du Burkina, un pays de l’hinterland, donc ayant des surcoûts de transports et autres frais apparaît alors des plus inappropriés. Celui de la Côte d’Ivoire, un pays où le niveau de vie n’est en rien comparable avec celui du Togo, l’est encore plus. Il n’y a donc pas d’enseignements à tirer ici. Mais d’un autre côte, cela sent comme…. de la récupération politique.

Récupération politique

L’annonce de cette décision a suffi pour ressusciter les micros et plumes louangeurs. Le ministre Guy Madjé Lorenzo venu annoncer la décision à la télévision nationale a donné le coup d’envoi de la récupération politique. Dans ses commentaires à chaud, le ministre a laissé entendre que cette baisse est rendue possible grâce à la volonté du chef de l’Etat  très à l’écoute des populations togolaises, d’alléger leurs souffrances. Certains dans la masse lui ont emboîté le pas pour jeter des lauriers, « féliciter » Faure Gnassingbé pour ce geste.

On insiste sur certaines chaînes que c’est la seconde fois en trois (03) mois que le gouvernement procède à la réduction des prix des produits pétroliers. Pour faire peindre les gouvernants en blanc et séduire les faibles d’esprit, le ministre s’est employé à citer des pays comme la côte d’Ivoire et le Burkina Faso où, semble-t-il, les prix de ces produits sont plus élevés.

De la baisse, parlons-en

Cette récupération politique n’a pas sa raison d’être et ne devrait même pas effleurer l’esprit si on était dans un pays normal. C’est prendre le peuple pour un ramassis d’ignorants que de parler d’un effort surhumain des gouvernants, et particulièrement du « Leader nouveau ».

Le gouvernement avait décidé la hausse exagérée des prix du carburant en pleine vie chère et à l’époque, l’alibi était que l’Etat était à bout de souffle et n’en pouvait plus de subventionner le carburant. L’argument fondamental était la hausse du baril de pétrole sur le marché international. A l’époque, il frisait les 150 dollars US. Ce prix a commencé à dégringoler juste quelques semaines après la hausse décidée par le gouvernement togolais. Le 18 décembre 2008, le gouvernement n’a consenti qu’une légère baisse. Aujourd’hui le baril de pétrole est à moins de 40 dollars, une dégringolade de plus du quart de ce prix. Mais comme réaction, le gouvernement ne propose aujourd’hui qu’une seconde baisse d’à peine 50 FCFA. Les deux baisses cumulées font 150 FCFA, contre cette chute considérable du prix du baril sur le marché mondial. Et c’est cela qui fait jaser !

Décision mûrie ou improvisation ?

Au-delà de la récupération politique, il faut se poser cette question. On pourrait croire les propos du ministre qui déclarait jeudi que cette baisse est une décision prise en concertation avec les importateurs pétroliers. Si cette information s’avérait, cela suppose que la concertation a eu lieu des heures, voire des jours avant, et que les gérants de station sont avisés depuis. Mais voilà, il a été donné de constater avec regret que plusieurs stations service ont continué à vendre sur les anciens prix. D’autres ont carrément arrêté de servir, en attendant de voir la suite. Ce qui laisse croire qu’il n’y avait pas eu véritablement concertation comme allégué par le ministre, ou du moins pas de consensus entre les parties autour de la question.

Pire encore, il se raconte dans les milieux autorisés que ce sont trois propositions de prix qui avaient circulé : 350, 400 et 445 FCFA. Apparemment, c’est le prix fort qui a été retenu pour… le bonheur (sic) des Togolais.

 B. Sek et T. Shalom


Ce que nous pensons : Le partage de la pitance

Togo, petit pays, grands problèmes, aime-t-on à dire souvent. Mais un sage nous confiait la fois dernière que le Togo n’a pas grands problèmes. Que le principal problème du Togo, c’est le partage des ressources du pays.

Après moult réflexions, nous avons su qu’il a raison. Alors comment comprendre qu’une seule entité qui se connaît et qui est connue de tous, puisse procéder à une mainmise totale sur les richesses de la nation et qu’évoquer cela puisse soulever un tas de tollés ?  Comment procéder alors à un partage satisfaisant des ressources de ce pays ? Sachant que ce partage serait difficilement équitable, on peut s’évertuer à le faire de façon plus ou moins satisfaisante.

Et dans un système comme le nôtre où la bureaucratie est de mise, la fonction publique constitue la première richesse de l’Etat; son partage doit donc respecter la géopolitique et un certain nombre de critères visant la satisfaction de la plus petite  communauté ethnique de notre pays, sans toutefois remettre en cause la compétence et la recherche de l’efficacité. Car la compétence se retrouve sur toute l’étendue du territoire : chez mon frère Mouzou à Soumdina haut, chez mon cousin Lamboni dans la savane arborée du pays Moba, chez ma sœur Afi dans l’Avé ou encore chez ma tante Tchotcho de la plage menacée d’Aného sans oublier mon frère Ouro du pays Tèm et Outcha des monts Akposso.

Mais malheureusement le RPT a érigé une super tribu et a bâti son système sur ce socle discriminatoire aux dépens des autres. Occulter cette vérité met en danger sérieusement  la cohésion nationale. Et ceux qui défendent ce système font l’apologie du tribalisme, véritable acide sulfurique contre le tissu social.

C’est bien connu que dans ce monde du RPT, la licence de dire le contraire de la vérité est bien détenue. Eux seuls peuvent, et ont autorité de décréter noir ce qui est blanc. Et c’est pourquoi cette évidence mise à jour est niée. Les autres doivent se taire et ruminer  leurs maux. S’ils ont un devoir, c’est celui des bêtes de somme, taillables et corvéables à merci, condamnés à pleurer en silence ou à chanter les louanges du prince et rire de leurs propres souffrances et tourments. Ils n’ont pas droit au secours en cas de danger.

Illustration parfaite : tout récemment, dix-neuf passagers perdent la vie dans un accident très prévisible et attendu, l’état de nos routes les y exposant. Le conducteur du bus mortel freine jusqu’à l’arrêt. Il est percuté par un « titan » puis  « cimenté à mort ». Et c’est l’hécatombe !

          Savez-vous ce qui arriva ? Les secours débarquèrent plusieurs heures après,  constatèrent le drame, retournèrent dormir sur leur couche moelleuse, pour se réveiller le matin, vaquer à leurs préoccupations pour enfin revenir dans l’après-midi compter les cadavres. Point de soucis de sauver ce qui pouvait l’être.

La suite est sans commentaires : le tout-puissant ministre entouré de son staff a appelé les chauffeurs à la prudence et à la vigilance ! C’est de leur faute, car ils sont usagers, propriétaires, entreteneurs, maintenanciers, équipementiers et responsables de notre impeccable réseau routier. Omerta! Sans autre forme de procès.

L’amalgame dangereux entretenu au sommet de l’Etat pour brouiller les pistes de cette vérité évoquée est dangereux. C’est vite fait d’englober une ethnie toute entière à un drame qui choque la conscience collective. Le cas du drame Langabou est très significatif et évocateur, où pour un crime d’un seul Peulh, tous les Peulhs de cette localité jusqu’à Nyamassila en passant par Kpessi et toutes les préfectures de Blitta et de l’Est-Mono ont été la cible de la folie revancharde d’une communauté. C’est cette bombe à retardement que nous voulons désamorcer en évoquant ce sujet tabou. En fait, c’est ce que nous pensons.             

Dimas Dzikodo


Les 20 plus de Faure : Politique de l’environnement

          « Je conduirai une politique de l’environnement avec le consentement, le concours et la participation des populations locales ». Nous avons compris par cet engagement, Monsieur le Président, que la protection de l’environnement vous préoccupe à plus d’un titre. Tous les Togolais depuis l’époque coloniale jusqu’ à ce jour en sont aussi conscients, c’est pourquoi ils ont subi les brimades des colons allemands pour planter des tecks et accepter à contrecœur la création des faunes par le pouvoir de feu Eyadéma.

          Monsieur le Président, ce sacrifice de nos parents ou grands parents pour renforcer le couvert végétal de ce pays n’a plus de sens aujourd’hui. En effet depuis 4 ans que vous êtes au pouvoir, Monsieur le Président, on assiste à une ruée vers l’or vert. Sur toute l’étendue du territoire, nos maigres forêts sont décimées par des exploitants sans scrupule. Armés de machettes, scies, tronçonneuses, ils ont dévasté en moins de quelques mois des essences de tecks qui datent de la période allemande.   A Notsè, Kpalimé, Atakpamé, Blitta, Bassar, Mango, Dapaong, les dégâts sont énormes et les populations ne comprennent pas cette colère non pas des dieux mais des hommes, qui s’abat sur ces forêts qui abritaient pour la plupart des divinités.

          Monsieur le Président, l’ampleur de ce génocide forestier a attiré l’attention d’un expatrié qui s’est posé la question de savoir si le Togo dispose d’un ministère de l’Environnement ou de la déforestation.

          Monsieur le Président, il paraît que ce commerce juteux qui envoie des tonnes de tecks vers l’Asie est l’œuvre de certains Libanais et surtout des proches du pouvoir. Des mauvaises langues affirment que certains de vos « proches » sont impliqués dans cette destruction systématique de nos forêts.

          La politique de protection de l’environnement est d’abord une volonté politique ; c’est pourquoi, Monsieur le Président, les Togolais ne comprennent pas pourquoi vous laissez faire. Ils ne comprennent pas pourquoi en dépit de cet engagement, nos forêts surtout les tecks qui faisaient la fierté de certaines localités sont abattus par vos proches qui ont trouvé en cette exploitation un moyen de garnir leurs comptes dans les paradis fiscaux. Monsieur le Président, vos proches ont-ils besoin de faire autant de dégâts à la nature pour s’enrichir ? A l’heure où l’on parle du réchauffement climatique avec pour conséquence la sécheresse et les inondations, le Togo n’est pas à l’abri de ces catastrophes naturelles. Il urge donc, Monsieur le Président, que vous calmiez un tant soit peu les ardeurs des génocidaires forestiers afin de préserver les générations futures des conséquences néfastes. La protection de l’environnement, Monsieur le Président, c’est la protection de la vie ; c’est pourquoi au nom de cet engagement, vous devez agir ici et maintenant pour préserver l’équilibre de l’écosystème de ce pays.

Et que dire de l’insalubrité grandissante de notre capitale ? Lomé n’est plus belle ; elle est devenue la poubelle. Des dépotoirs sauvages sont érigés partout, y compris derrière la résidence de caserne de votre feu père. Ces montagnes artificielles et destructrices sont des gîtes parfaites pour la gestation et la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme qui tue des milliers de Togolais, femmes, hommes et enfants, jeunes et vieillards par an détruisant  ainsi les ressources humaines dans le pays, après les ressources forestières. Il ne faut pas oublier aussi que ces dépotoirs sauvages sont à l’origine du choléra qui frappe à tout moment les populations de Lomé.

Serons-nous cois au sujet de la lagune et son cortège de dégâts ?  Cette passivité nous rendra coupables. Coupables de votre administration qui ne fait rien pour développer ce joyau dont l’exploitation intelligente, comme sous d’autres cieux, pourrait engendrer des milliards de nos francs comme recettes annuelles. Mais à quoi assiste-t-on ? A la détérioration de ces lacs qui gémissent sous le poids des cadavres qui y sont continuellement  jetés et les drainages des fosses sceptiques des maisons riveraines qui engendrent une puanteur tenace et insupportable.

Monsieur le président, Lomé est polluée. Et l’insalubrité de notre capitale n’a rien à envier aux déchets toxiques que notre pays a averti les autres de la sous région dans les années 80, de ne pas accepter. Vous devez agir pour rendre Lomé vivable avec le retour des agents de service d’hygiène qui abattaient   un travail de prophylaxie et sauvaient des vies humaines. D’autres mesures idoines devaient s’en suivre. Bonne journée, Monsieur le Président !

Ferdi-Nando


Politique : Péré, Gnininvi, Kagbara, Dorkénoo… confirment l’ethnicisation et la clanisation  de l’administration au Togo

            S’il y a un sujet qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis quelques semaines au Togo et qui provoque une levée de boucliers auprès des inconditionnels du pouvoir RPT, c’est sans nul doute l’affaire d’ethnicisation de l’administration publique. Après l’ouverture des débats par la presse et vu l’intérêt que cela suscite, « Forum de la Semaine » a ouvert ses colonnes à plusieurs acteurs politiques de notre pays.

          Beaucoup ont avoué nous avoir trouvés « très audacieux » en soulevant la question en exploitant un article que notre confrère « Focus Info » avait déjà publié.

          Notre « audace » que d’autres n’ont certainement pas, nous permet de marcher sur la tour de mythes dont on fait entourer le sujet à dessein pour dissuader les uns et les autres d’en parler. Il est « trop sensible », dit-on. Et pourtant, ne pas en parler ne rend pas moins dangereux le phénomène pour l’unité nationale.

          Dans le discours d’ouverture et de clôture du premier congrès de son parti tenu du vendredi dernier à hier dimanche, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Dahuku Péré a évoqué plusieurs fois la question d’ « ethnie » au Togo. Il dit par exemple que « nous refusons que la famille, le clan, l’ethnie, tout ça soit utilisé comme facteur de division et d’exclusion des autres. Chaque famille, chaque clan a des richesses. Il faut que cette richesse soit versée au patrimoine de la nation ». Il ajoute : « A partir des quarante-une ethnies qui composent actuellement le Togo, je cherche seulement à construire la quarante-deuxième, celle qui englobera toute la nation togolaise ».

          Si d’autres ont subtilement esquivé la question, Léopold Gnininvi, Secrétaire Général de la CDPA, lui, à sa manière regrette aussi l’existence de ce fait au sein de la société. « Je pense que c’est un mal qu’il faut éviter. On a toujours choisi une sorte de correction politique qui consiste à éviter d’évoquer certains problèmes qui peuvent mettre le feu au pays. Nous tous avons le devoir d’éviter que ces problèmes ne prennent des proportions inadmissibles ».

          Du coté du Parti Démocratique Panafricain, le président, Bassabi Kagbara  refuse de parler d’ethnicisation. « Il y a beaucoup de vérités ; mais il y a la manière de dire ces vérités », justifie-t-il. Il parle néanmoins de « clanisation ». « Ce sont des clans et des copains qui dirigent ce pays. Ne le confondez pas à une ethnie alors que dans cette ethnie même, il y a des gens qui souffrent », a-t-il dit, ajoutant que « Nous sommes tous trichés, tout le monde souffre de ce fait, il faut que cela change, y compris vous les journalistes ».

          Pour l’ancien ministre Ephrem Dorkenoo, « c’est un bon débat. Mieux vaut mettre le problème sur la table et trouver des solutions que de rester dans son coin pour ruminer ses frustrations ; il vaut mieux mettre le problème sur le tapis et ouvrir un débat sur le sujet ».

Comme les autres acteurs politiques, Antoine Tossou de la Convention Démocratique des Peuples Africains Branche Togolaise (CDPA-BT), était aussi  interrogé sur cette gangrène qui porte un coût à l’unité de la nation. « Ethnicisme et régionalisme sont la même politique ayant toujours caractérisé le régime dictatorial du RPT qui perdure et dont les ruses et le totalitarisme sont observables en permanence à travers de nombreuses autres pratiques similaires », a –t-il répondu.

          Le président de « Le Nid », s’est aussi exprimé. Gabriel Dosseh-Anyron estime que « c’est une évidence » que de parler d’ethnicisation au Togo. Selon lui, « quand on prend la composition actuelle du personnel de l’administration, on remarque qu’il y a clivage qu’il faut arriver à corriger ». Mais, « comment en est-on arrivé là ? », c’est l’une des principales questions qui doit s’imposer à l’opinion si l’on veut corriger les tares en question, à en croire le président de « Le Nid ».

          « Je le confirme et le déclare tout haut et fort », répond sèchement le Secrétaire National Adam Akpotsui du Parti Initiative et Développement à la question de savoir si l’ethnicisme gagne réellement la fonction publique au Togo. Il poursuit : « le pouvoir RPT est basé sur le clientélisme et l’ethnocentrisme. Et ça peut conduire à la guerre civile. Mais nous rassureront le peuple du Nord que dès que notre coalition (en cours de composition) sera au pouvoir, nous allons changer cela, mais sans être complice de vengeance. Nous proposons que soit réalisée une étude scientifique qui aboutira à la confection d’une cartographie régionale du personnel de l’administration togolaise, des représentations du Togo à l’étranger et des sociétés où l’Etat est majoritaire et, la conclusion de l’ethnocentrisme sera évidente pour tous ». Adam Akpotsui n’en veut pour preuve que la composition de la liste des lauréats d’un concours national d’entrepreneuriat récemment lancé. « Dans toutes les préfectures il n’y a eu qu’une dizaine de lauréats, à l’exception de la commune de Lomé qui enregistre environ 300 personnes. Mais dans une autre préfecture particulière, on enregistre  environ 140 lauréats. C’est là une preuve de ce qu’on dit ».

          A travers les différents avis des chefs de partis qui ont bien voulu aussi aborder le sujet, une constatation se dégage. Nul n’a nié l’existence du phénomène d’ethnicisation ou de clanisation de l’administration publique au Togo, bien que tous n’aient pas la même origine ethnique.

Maxime Domegni


Commercialisation des droits médias et marketing de la CM/CAN 2010

Une affaire de 60 millions de FCFA sème la confusion à la FTF

La Confédération africaine de football (CAF) a indiqué, le 5 mars dernier  avoir  effectué   au mois de décembre 2008, un versement de 120.000 dollars us (soit 60 millions de francs FCFA) à la Fédération togolaise de football au titre de la commercialisation centralisée des droits médias et marketing des matches préliminaires Coupe du Monde de la FIFA/Coupe d’Afrique des Nations 2010.

C’était en réponse à un courrier à lui adressé par la Fédération dans le cadre des dispositions à prendre pour les matches de la dernière phase des éliminatoires combinées.

 Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’on ne retrouve  aucune trace de cette somme perçue au titre de la participation du Togo au 2e tour des matches préliminaires et dont  il ne reste qu’un reliquat de 12.243 dollars soit six millions cent vingt et un mille cinq cents (6.121.500 de francs CFA) que la CAF entend verser au cours du mois d’avril.

« Nous n’avons vu aucune trace de cette somme à notre arrivée à la Fédération en janvier dernier.  Un fait que nous cherchons actuellement à comprendre », a déclaré Henry Djagba Dessong, membre du Bureau Exécutif de la FTF et membre du Comité d’organisation du match Togo-Cameroun, sur une chaîne de télé privée à Lomé.

Selon le courrier réponse de la CAF dont avons reçu copie, c’est la société Sportfive en sa qualité de concessionnaire qui commercialise les  droits médias et marketing des matches des préliminaires de la Coupe du Monde de la FIFA/Coupe d’Afrique des Nations de la CAF 2010. Et c’est en contrepartie de la participation togolaise à ces préliminaires que cette somme a été versée à la Fédération togolaise de football.

« Pour votre  participation aux  matches du troisième tour, un montant de 210.000 dollars US, (soit 105.000. 000 de francs CFA) vous sera versé à la fin de l’année 2009  à l’issue des préliminaires CAN/CM », a en outre précisé le courrier de Mustapha Fahmy, Secrétaire général de la CAF.

Il est important que des enquêtes soient diligentées afin d’éclairer le public sportif togolais sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Quand on sait aussi que, des 180 cartons de matériels sportifs envoyés à la FTF par la société Puma, seule une dizaine de cartons fut remise au nouveau bureau par Tata Avlessi, le prédécesseur de Rock Gnassingbé.

TGA

Forum de la Semaine #438 du 16 mars 2009
Langabou : Affrontements entre Peuhls et Kabyè
  • Une dizaine de morts

            Selon des sources proches de la sécurité nationale, de violents affrontements ont opposé hier à Langabou, une localité située à 250 km de Lomé, des Peuhls transhumants à la communauté Kabyè vivant dans la localité. Ces affrontements feraient suite à un meurtre  perpétré contre un couple de paysans de la localité par les Peuhls.

D’après les témoignages, ayant surpris les assassins qui étaient en train de dépecer le corps de sa femme pour lui extraire les organes, l’infortuné mari serait à son tour agressé et succombera lors de son transfert sur le CHR de Sokodé. Ce serait ce double meurtre qui a révolté la communauté Kabyè de la localité qui s’est mobilisée pour des expéditions punitives contre les Peuhls des environs.

D’après toujours les témoignages, les affrontements qui ont continué tard hier nuit ont déjà fait plus d’une dizaine de morts. Un détachement de la Gendarmerie a été dépêché sur les lieux pour rétablir l’ordre. Les affrontements entre les Peuhls transhumants et les populations autochtones sont réguliers dans certaines régions du pays.      

F.S.


Nouvel accord de défense entre le Togo et la France : Vers la fin du soutien tous azimuts au pouvoir RPT ?

Le Togo et la France ont signé vendredi à Lomé un nouvel accord de défense, dont le contenu n’a pas été révélé. L’accord a été signé par le ministre des Affaires étrangères, Koffi Esaw, et l’ambassadeur de France à Lomé, Dominique Renaux.

Le Togo devient ainsi le premier pays africain à signer un tel document depuis l’annonce par le président Nicolas Sarkozy de son intention de réviser les accords de défense avec ses partenaires africains. Le président français avait annoncé en février 2008 en Afrique du Sud qu’il entendait renégocier tous les accords militaires de la France en Afrique : « la France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique. L’Afrique doit prendre en charge les problèmes de sécurité », avait-il déclaré.

Le contenu de l’accord franco-togolais n’a pas été révélé, le document devant encore être ratifié par le parlement avant sa publication.

« Cet accord qui a vocation à être publié après sa ratification abroge l’ensemble des accords et arrangements conclus antérieurement et les remplace par des dispositions nouvelles adaptées à l’état du monde de 2009 », a précisé M. Renaux. Selon lui, le nouveau texte repose sur plusieurs principes, notamment la « transparence et la réciprocité des engagements » pris par les deux parties et la « concertation mutuelle sur la sécurité nationale et régionale ».

Mais au-delà de ce discours officiel, d’après plusieurs observateurs, Paris ne serait plus prêt à apporter son « soutien » tous azimuts au pouvoir RPT. On se souvient qu’en septembre 1986, Paris a dépêché à la rescousse du pouvoir d’Eyadema toute une armada d’avions de combat qui ont permis de mettre fin aux velléités des fameux « terroristes du 23 septembre ». Plus près en 1991, lorsque le Premier ministre de la transition Joseph Kokou Koffigoh croulait sous les ogives mortelles des FAT au Palais des Hôtes de marque, la France avait aussi réagi par rapport à la situation, même si les éléments du 3e BIMA basés en Côte d’Ivoire étaient restés cantonnés à Agouè en territoire béninois, pris dans le dilemme de porter secours aux Forces démocratiques ou sacrifier à l’accord de défense et considérer que l’Etat togolais n’était pas en danger. C’est finalement cette deuxième option qui a été retenue.           Beaucoup de Togolais y avaient vu une attitude assez intéressée qui protège les régimes dictatoriaux. Aujourd’hui que cet accord est revu et corrigé, la question qui se pose est le degré d’implication de la France dans la défense des Etats africains comme le Togo où malheureusement, l’Etat se confond au RPT et à la famille Gnassingbé et alliés.

F.S


Des 19 tués de Togblekopé : Les gouvernants coupables de non assistance à personnes en danger

L’accident qui était survenu dans la nuit du lundi 09 au mardi 10 mars derniers et qui a vu malheureusement une vingtaine de nos compatriotes perdre la vie démontre à suffisance l’incurie dans laquelle baignent les autorités togolaises en matière de prise en charge médicale des urgences dans notre pays. Non seulement il est opportun de préciser que le Togo ne dispose d’aucun véhicule médicalisé de secours et assistance médicale d’urgence (SAMU), mais aussi, et il est importantissime de le préciser, nos gouvernants refusent  délibérément d’engager des médecins urgentistes dans nos hôpitaux. 

Nous disons que l’Etat a REFUSE parce qu’aucun urgentiste n’est employé dans nos hôpitaux, et ce n’est pas parce que des médecins togolais n’ont pas suivi cette spécialisation, mais ceux qui l’ont fait sont obligés de se faire valoir sous d’autres cieux au lieu de venir chômer au Togo. Et même si l’Etat togolais n’a trouvé aucun de ses fils dans ce domaine, il aurait pu embaucher un étranger, si tel est qu’il est soucieux du devenir de ses populations qui demeurent la première ressource viable de chaque pays. 

 Selon les spécialistes que nous avons approchés, on peut définir l’urgence comme une situation ou un état pathologique qui met en danger à brève échéance l’intégrité physique voire la vie d’une personne. Cette situation nécessite une réponse appropriée dans les meilleurs délais. La prise en charge des urgences suppose une planification correcte et une bonne organisation des structures d’urgence pré-hospitalières et hospitalières.

Les structures d’urgences pré-hospitalières

Il s’agit de l’aide médicale urgente dispensée par des services médicaux mobiles (SAMU, SMUR, Sapeurs pompiers) capables de dispenser sur les lieux du sinistre les premiers gestes de sauvetage et de réanimation afin d’assurer le maintien des fonctions vitales. Il s’agira par exemple, selon le Professeur David Dosseh, le Président du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), que nous avons contacté, « de pouvoir perfuser ou transfuser un blessé qui saigne, de l’oxygéner s’il est en détresse respiratoire, d’immobiliser une fracture, d’arrêter une hémorragie et surtout assurer dans de bonnes conditions le transfert rapide du blessé vers un centre d’accueil spécialisé au moyen de véhicules médicalisés (ambulances, hélicoptères…) ». Si nécessaire, a-t-il ajouté, la prise en charge sur les lieux de l’accident se fera en collaboration avec d’autres services spécialisés (police, génie civil…).

A ce niveau, il est lamentable de constater qu’à notre ère,  où ce dispositif médical est largement déployé dans tous les pays du monde entier, le Togo peine à se doter d’une ambulance digne de ce nom avec l’arsenal médical et technique adéquat alors que l’on assiste à une démonstration choquante de l’opulence des dignitaires du parti au pouvoir ; et lorsqu’il vous est permis de passer aux abords du siège du RPT le jour d’une réunion, on se croirait atterrir dans une filiale de GMC (General Motors Company) ou d’autres marques de renoms où les Hammers rivalisent d’ardeur avec les Prados, Pathfinders ou encore des Limousines ou Chryslers. Du vivant d’Eyadèma, pareil exhibitionnisme n’est jamais toléré,  car le prix de chacune de ces voitures de marque haut de gamme peut permettre à nos hôpitaux de se doter d’une dizaine de ces véhicules médicalisés auxquels nous faisons allusion.

Revenant sur notre sujet, le Prof Dosseh rappelle qu’il faut préciser qu’en fonction du nombre de blessés, «l’organisation des secours doit identifier les besoins et mettre à disposition sur les lieux de l’accident un nombre de personnels médicaux suffisants, du matériel de soins d’urgence et positionner les ambulances pour l’acheminement des blessés» vers les centres d’accueil où un système d’alerte aura permis de prévoir la logistique nécessaire pour l’accueil des blessés. Tout ceci doit être organisé par le ministère de la Santé, en collaboration avec celui de la Sécurité, avec l’implication de leur collègue de l’Action sociale. Mais au Togo, rien n’est organisé en ce sens. Le plan ORSEC n’a permis qu’aux ministres impliqués de se quereller à propos des dons reçus et s’est clos en queue de poisson sans qu’aucune table ronde ne soit réunie pour évaluer  le travail accompli, ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas bien marché, et de voir si l’expérience valait la peine d’être rééditée. Rien ! Que d’improvisations et de pilotages, à vue ! Est-ce cela la nouvelle ère de l’esprit nouveau ? 

Beaucoup de blessés ou de malades meurent en raison des insuffisances graves des structures d’urgence pré-hospitalières. A Lomé, il n’y a pas de service d’aide médicale urgente. Les ambulances sont privées pour la plupart ou ne sont pas médicalisées (absence de matériel de réanimation ou de personnel médical qualifié à bord). Les transferts se font en majorité par des « moyens privés »ou des sapeurs pompiers. A l’intérieur la situation est encore plus dramatique : les taxis-brousse servent à évacuer les blessés, les femmes enceintes ou les malades ; à défaut le transfert se fait à vélo, à dos d’âne ou à dos de personne…

Les structures d’urgences hospitalières

A l’hôpital, selon le Professeur Dosseh, une structure d’urgences est chargée d’accueillir sans sélection vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tous les jours de l’année, toute personne se présentant en situation d’urgence, y compris psychiatrique, et de la prendre en charge, notamment en cas de détresse et d’urgences vitales. L’accueil et le traitement des urgences sont une des fonctions des centres hospitaliers, publics ou privés. Le service comporte habituellement : une partie administrative pour la prise en charge financière par l’assurance maladie (pas valable au Togo, selon nos informations), une partie consultation pour l’examen, les soins urgents et l’orientation vers d’autres services de l’hôpital, et une partie mobile (appelée SMUR en France, structure mobile d’urgence et de réanimation) pour les interventions au sein de l’établissement ou en dehors de l’établissement (véhicules et ambulances d’interventions). Les services d’accueil et de traitement des urgences peuvent porter différents noms, comme Pavillon des urgences (PU), Service d’urgences et de soins intensifs (SUSI), Service d’accueil des urgences (SAU), polyclinique ...

Un petit tour dans les centres hospitaliers du Togo révèle que les difficultés sont liées au fait que le service des urgences est démuni. Au CHU Tokoin, les urgences médicales et chirurgicales sont distinctes. Mais chacun de ces 2 services se trouve dans un état de dénuement extrême. Le matériel rudimentaire de soins fait souvent défaut et tout est prescrit au blessé ou au malade (gants, compresses, seringues…). Aucune prise en charge ne peut se faire à brève échéance occasionnant alors une perte de temps importante. Le matériel de réanimation est inexistant (matériel de surveillance de la saturation en oxygène, du fonctionnement cardiaque…). Cette situation est délétère pour la survie du malade. De plus, comme nous l’avions précisé plus haut, l’Etat a abdiqué de former le personnel à la prise en charge des urgences (urgentistes).

Au Bénin, les autorités ont commencé à prendre conscience de la situation. « A Cotonou il existe un service d’accueil des urgences comprenant un personnel médical permanent (3 médecins, 3 chirurgiens, 3 anesthésistes-réanimateurs), des infirmiers en nombre suffisant, un équipement correct, l’inclusion de blocs opératoires autonomes ne recevant que les urgences, et un SAMU avec des ambulances médicalisées pour un quart d’entre elles. Un médecin ne se trouvant à bord de l’ambulance que dans 6% des cas (coût du transport en ambulance, 5000FCFA) », a indiqué le Professeur Edmond Bertrand à nos confères de Jeune Afrique, il y a cinq ans, c’est-à-dire en 2004.

Autre progrès, et toujours en Afrique et pas ailleurs, la création à Yaoundé d’un enseignement de 2 ans spécialisé dans la prise en charge des urgences. Ainsi 15 à 20 médecins urgentistes sont formés chaque année. L’Etat togolais est incapable de mettre des bourses à la disposition de nos médecins pour cette spécialisation. Et c’est devant cette abdication de l’Etat que survint entre autres, le drame de Togblékopé le 09 mars dernier dans les environs de 20 heures.                Les secours, selon les recoupements effectués par notre rédaction sur les lieux, ne seront arrivés que vers minuit pour simplement constater « l’ampleur des dégâts », et supposer à vue d’œil qu’il ne peut plus y avoir de survivants, repartir dormir pour revenir le lendemain dans l’après-midi avec un élévateur inadapté dans un premier temps, et retourner au Port autonome de Lomé pour revenir avec un autre élévateur  et extraire les premiers cadavres au-delà de 15 heures. On est où là ? Dans un pays normal en ce 21ème siècle ?

Les matériels de secours viendraient de Vladivostok que l’on se tairait puisque la sempiternelle rengaine sera toujours de mise : pas de moyens parce qu’il y avait eu, bientôt vingt ans, la Conférence nationale. Et c’est cette Conférence nationale qui a fait que le Togo est devenu pauvre, (mais les barrons du RPT sont quant à eux devenus très riches). Et comme c’est le peuple qui a voulu cette conférence, tant pis pour lui. Mais ce n’est heureusement pas le cas puisque le matériel utilisé est pris au Port Autonome de Lomé, à une quinzaine de kilomètres des lieux du drame.

Pourquoi la nuit même du drame, ne peut-on pas mobiliser les hommes et matériel de secours, et à l’aide des projecteurs, fouiner pour voir si une vie peut être sauvée ? Le ministre de la Sécurité parlait d’une des voitures accidentées en précisant qu’elle porte une immatriculation étrangère. Est-ce parce que les occupants sont supposés être des étrangers qu’il faut les laisser mourir et venir des heures après soi-disant qu’on veut extraire les corps ? « J’ai honte d’être Togolais ! » a pesté un téléspectateur ébahi devant cette déclaration, avant de se poser la question « si  l’on a des ministres ou des sinistres au Togo ». Et à son second de renchérir en le rassurant presque : « non, ceux-là qui sont morts ne le sont pas nécessairement de cet accident, mais parce qu’ils sont abandonnés par les autorités à mourir; c’est parce qu’ils portent des noms dont la résonance ne nécessite pas une intervention d’urgence. Ce serait un fils d’un baron du RPT, que toute la garnison des Sapeurs pompiers et tous les hôpitaux, et ce ne serait uniquement pas la Compagnie du Génie militaire, mais  tout le Régiment du Soutien et d’appui (RSA) qui seront mobilisés ».

Il est clair que le système de protection des citoyens mis sur pied par le système RPT est plus que défaillant et les autorités politiques de ce pays portent une lourde responsabilité dans le drame de Togblékopé. Touts ceux qui défendent le droit des citoyens et les familles des victimes peuvent porter plainte contre l’Etat pour non-assistance à personnes en danger, et même quand on sait que notre Justice est aux ordres du prince, on verra quel Juge acquittera l’Etat. Il aura de génération en génération, le sang de ces victimes sur sa conscience !

Dimas Dzikodo


La Présidentielle de 2010 et l’obscurantisme du RPT

          Le compte  à rebours de la Présidentielle de 2010 semble avoir déjà commencé, et règlementairement, le corps électoral devrait être convoqué dans moins d’une année. Ce scrutin est d’un enjeu capitalissime. Pour Faure Gnassingbé, c’est le moment de la confirmation ; mais pour toute l’opposition, c’est l’occasion rêvée pour arracher le pouvoir au clan qui n’aura conduit le pays que dans l’abîme durant les 42 ans de règne. Cette joute électorale, le peuple togolais la veut avant tout pacifique et démocratique, à la ghanéenne donc. Mais l’allure que prennent les choses n’augure rien de serein en 2010.

          Une bonne élection dépend de sa préparation. Ce paramètre, tout le monde le sait, autant le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) que ses détracteurs de l’opposition. Mais ce qui se trame au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) prouve à suffisance que le pouvoir n’est pas prêt à lâcher du lest et voir les choses s’organiser en toute quiétude.

          Tout d’abord, c’est difficilement que le cadre a été mis en place. De l’eau a coulé sous le pont. Bien que le CPDC soit une recommandation de l’Accord Politique Global (APG) signé depuis le 20 août 2006, le pouvoir ne s’est donné aucune peine pour la matérialiser. Par pur obscurantisme. Il a donc laissé passer plus de deux (02) ans avant de s’émouvoir. Et là aussi, pas de sa propre volonté. Le pouvoir y a été contraint par la clairvoyance pour une fois, de l’opposition parlementaire qui  a décelé très tôt la volonté de Faure Gnassingbé et les siens de biaiser les grandes réformes institutionnelles et constitutionnelles devant assurer la clarté et la quiétude du scrutin. Le clan pris de court l’opposition et soumis à adoption à l’Assemblée nationale un projet inique de code électoral. Décidés pour une fois à faire route ensemble, l‘UFC et le CAR finissent par faire reculer le clan et Faure Gnassingbé prit le 04 février un décret érigeant le CPDC. Ce n’était pas pour autant la voix de la raison retrouvée une fois pour de bon, car le RPT remettra le coup de l’obscurantisme. 

          Quel mal y a t il à recourir au Facilitateur Blaise Compaoré en cas de divergence ? Mais c’est cette concession qu’a refusé de faire le RPT et qui a créé de l’impasse durant sept (07) bonnes séances. L’on en est arrivé à une suspension des travaux du CPDC pendant plusieurs jours, histoire de ramener le RPT à la raison. Décidé à ne pas voir les choses s’organiser dans la transparence, il fera une concession à demi-teinte.

          Pas content d’avoir fait perdre assez de temps, et l’obscurantisme étant la chose la mieux partagée, le RPT met à contribution ses satellites dont le sort a été pourtant réglé par les législatives d’octobre 2007. Ainsi l’un après l’autre, le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva, la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) d’Edem Kodjo, le Nid de Gabriel Dosseh-Anyron, la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) de Atsu Gilbert, pour ne citer que ces partis sont montés au créneau pour crier à l’exclusion et réclamer leur participation aux discussions du CPDC. Leurs « plaintes savantes » ont été relayées par leur mentor.

          Faure Gnassingbé se substitua au Facilitateur Blaise Compaoré et convoqua une réunion rocambolesque du Comité de suivi sur le samedi 07 mars dernier, avec bien sûr la complicité de ce dernier. Et le tour est joué. Décision a été prise d’élargir le CPDC aux « autres parties signataires de l’APG  non représentées à l’Assemblée nationale ». Faure Gnassingbé violait ainsi le décret pris il y a à peine un mois fixant le critère de 5% de suffrage aux dernières législatives pour faire partie de ce cadre. Cette ouverture ne vise qu’à permettre l’entrée de « trouble-fête » pour attenter à la quiétude des débats et créer des blocages, ce qui donnerait les arguments nécessaires au pouvoir pour organiser les choses à la hussarde.

          Comme si cela ne suffisait pas, le clan outrepassa cette requête pour élargir davantage le CPDC. Réuni en conseil des ministres mercredi dernier, le gouvernement a pris un  décret portant modification du cadre. Au lieu de se réduire aux « autres signataires de l’APG non représentés à l’Assemblée nationale », que sont donc la CPP, le PDR, la CDPA, le GF2D et le REFAMPT, le conseil a outrepassé les directives et fait appel aussi à des « personnalités, des représentants des confessions religieuses, ceux de la chefferie traditionnelle, ceux des organisations syndicales ainsi que ceux des organisations de la société civile les plus représentatives non signataires de l’APG ».  

          Comment tout ce beau monde sera-t-il choisi et quel sera alors son rôle ? Pourquoi cet intérêt de Faure Gnassingbé et les siens à ouvrir coûte que coûte le CPDC à tout ce groupe alors que le règlement intérieur précisait déjà que ces partis et associations peuvent saisir le CPDC et apporter leurs contributions par écrit ? Autant de questions qui ne confirment que l’obscurantisme outrancier du pouvoir. Et c’est le scrutin de 2010 qui risque d’en pâtir.

T. Shalom

Forum de la Semaine #437 du 12 mars 2009
Des leçons de l’accident de Togblékopé : De  la question de la capacité du Togo à faire face à des catastrophes

Le Togo vient d’enregistrer encore un accident de la circulation. Un accident pas comme les autres, en tout cas c’est la toute première de cette ampleur depuis le début de cette année. Il a fait sortir de leurs bureaux des membres du gouvernement et d’autres autorités. Dix neuf âmes ont péri. Le ministre de la Sécurité a donné des explications quant aux conditions de ce drame impliquant une semi-remorque et un minibus. Mais son intervention a suscité plus de questions qu’elle n’a donné de réponses.

Selon plusieurs sources, il  a fallu plus de quatorze heures d’horloge aux « secouristes » arrivés des heures après sur les lieux pour sortir les corps des victimes des décombres. Mais, trop tard, il n’en restait que de cadavres. Et pourtant le secours a  été  organisé par le corps des Sapeurs Pompiers, la Gendarmerie Nationale avec l’appui technique d’une société privée…

Premier constat, pour un accident de cette ampleur, les Sapeurs Pompiers n’ont pas été en mesure d’y faire face, seuls.  Et même avec l’aide de la Gendarmerie et de la société privée, la moindre vie humaine n’a pu être sauvée.

A suivre les images montrées par la presse, du moins celles des corps, ceux-ci n’ont pas été calcinés ni totalement déchiquetés au cours de l’accident. L’autre constat est que les marchandises contenues dans le minibus seraient relativement en bon état.

Selon des analystes, l’état des marchandises constitue un indice majeur sur les conditions de décès des victimes de ce drame. « On pourrait simplement imaginer que beaucoup sont morts des suites d’une asphyxie et non pas vraiment du choc entre les deux véhicules », a estimé un analyste qui poursuit que, « autrement, les marchandises seraient également broyées sous le poids de la semi-remorque et, même les corps retrouvés, ce qui n’est probablement pas le cas». Conclusion, on aurait pu sauver quelques unes des victimes, même après le choc.

Mais voilà, ce qui n’aurait pas facilité les choses, c’est sans nul doute le temps mis pour organiser les secours, un temps généralement long. C’est devenu un fait amusant au Togo, lorsqu’on parle de la lenteur des Sapeurs Pompiers à venir au secours des personnes en détresse. Déjà en plein cœur de la capitale, ce n’est pas chose aisée de faire venir les Sapeurs Pompiers sur un site sinistré ;  que dire de la périphérie, voire de l’intérieur du pays. Et à considérer la durée  des fameux secours, rien de vivant ne pouvait plus subsister sous les décombres à moins d’un miracle. 

Face aux critiques, les Sapeurs Pompiers n’ont que des mots pour répondre à la population et dire à cette dernière que rien ne dépend d’eux. Mais qu’ils sont matériellement limités. La preuve est là. Ils ont dû faire appel à la Gendarmerie. Là encore, ce n’était pas suffisant et c’est une entreprise privée qui aurait apporté ses grues pour sortir les épaves du dessous du pont. Ici se repose donc la question du manque suicidaire de moyens techniques des Sapeurs Pompiers togolais.

 On se rappelle que lors des récentes journées portes ouvertes de la Sécurité nationale, un officier des Sapeurs Pompiers n’a pas hésité à décrier, ainsi pour une énième fois leurs conditions de travail sur le plateau de la TVT, disant par exemple que leur capacité est très limitée pour faire face aux incendies. Devant un incendie, le véhicule à plus grande capacité d’eau ne peut tenir que 5 minutes seulement et, il se vide de son contenu. Au cours des dernières inondations, tout le peuple togolais a assisté à l’incapacité des Forces Armées et de Sécurité togolaises à faire héroïquement face au sinistre.

Dans ces conditions, rien n’est sûr sur la Terre de nos Aïeux en matière de prévention ou de gestion des catastrophes. Il n’y a aucunement besoin de dessin pour se rendre compte que le Togo ne pourra  seul faire face à de graves sinistres au cas où ils adviennent. Malheureusement, la catastrophe ne fait pas de distinction entre communautés nanties ou pauvres. On en a vu dans le  cas des Tsunamis en Asie du Sud et les récents incendies en Australie.

          Le bon sens comprend difficilement que l’Etat peine à se doter de moyens adéquats pour des cas de catastrophe et sollicite des privés pour lui venir  secours. N’a-t-il pas de moyens ? Pourquoi ne dote-t-on pas les services concernés de moyens adéquats? Pourquoi ne tire-t-on aucune leçon des différents sinistres ? Des pourquoi qui restent pour l’instant sans réponses.

 Maxime DOMEGNI


Processus  électoral : La Communauté Internationale reprend son rôle lugubre au Togo

            Communauté Internationale ! Dans certains coins de la planète, on n’aime même pas en entendre parler à cause des stigmates qu’elle a laissés dans la mémoire collective. Elle est de plus en plus contestée de par ses positions  controversées. Si fondamentalement la Communauté Internationale a pour essence de faire pression sur les régimes peu regardants sur les droits  de l’Homme pour les humaniser, dans nombre de cas elle finit par pactiser avec le diable. Et ce ne sont pas les Togolais qui démentiront. Sa position dans le feuilleton du week-end dernier en est une illustration de plus.

          Aujourd’hui, le RPT peut se frotter les mains d’avoir pu réussir son forcing, celui de faire entrer au Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) des partis considérés comme  ses « satellites », la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), le Parti pour le Démocrate et le Renouveau (PDR) et la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) ; et ici aussi, on peut remercier le ciel d’avoir bénéficié de cette « dérogation spéciale » et échappé un tant soit peu aux conséquences de la fessée électorale d’octobre 2007. Mais, il faut l’avouer, ce n’aurait pas été possible sans l’aval du Facilitateur Blaise Compaoré.

          Faure Gnassingbé se substitua à lui et convoqua une session du Comité de Suivi de l’Accord Politique Global (APG) sur le samedi 07 mars dernier. L’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), bien évidemment, ont boycotté la rencontre. Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, le « grand » Facilitateur envoya des émissaires à Lomé. La présence de MM. Sadio Lamine Sow et Alain Bédouma Yoda a eu l’effet de légitimer le coup de force du pouvoir, et au terme de la réunion, Faure Gnassingbé et les siens ont eu gain de cause : l’ouverture du CPDC au PDR, à la CPP et à la CDPA. Il y a vice de procédure et violation flagrante des textes, mais la Facilitation ne s’est pas empêchée d’avaliser ce tour de passe-passe du pouvoir togolais. De là à conclure à une véritable conspiration sur le dos du peuple togolais, il n’y a qu’un pas.

Comme en avril 2005

          Mine de rien, la Communauté Internationale semble reprendre le rôle lugubre qui avait conduit en 2005 aux violences. On se rappelle qu’à l’époque, l’opposition démocratique ainsi que le peuple togolais avaient  requis le report de la présidentielle, vu  les conditions sur le terrain. Mais la Communauté Internationale, nommément la CEDEAO et l’Union Africaine avaient balayé du revers de la main cette requête qui était une sorte de SOS. Le ministre de l’Intérieur d’alors, patron de l’Administration électorale, François Akila-Esso Boko a jeté l’éponge le 22 avril 2005 et ébruité le plan de massacre mijoté au sommet pour imposer Faure Gnassingbé, pensant faire revenir la Communauté Internationale à la raison. Mais rien n’y fit. Le Président nigérien Mamadou Tandja  qui représentait la CEDEAO était même allé jusqu’à traiter M. Boko d’«irresponsable ». Mais la suite lui a donné raison. Mille (1000)  compatriotes ont perdu la vie selon la LTDH, tués par les balles meurtrières des « pacificateurs », leur faute étant  d’être sortis ce 26 avril après la proclamation des résultats tronqués pour défendre leur vote ; cinq mille (5 000) ont été blessés et soixante mille (60 000) autres envoyés sur les chemins de l’exil.

Parti pris pour le pouvoir

          Par son parti pris pour Faure Gnassingbé et les siens, la Facilitation pousse à la réédition de ce scénario de 2005. Comment comprendre qu’elle ne soit pas intervenue depuis que le pouvoir cherchait à dévoyer le processus électoral et de réconciliation ? Le Processus Vérité, Justice et Réconciliation est une recommandation de l’Accord Politique Global (APG) signé depuis le 20 août 2006. Mais le pouvoir ne s’est pas gêné  pour le matérialiser dans les faits depuis lors. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, le Président du Comité de Suivi, Blaise Compaoré n’a pas levé le petit doigt pour appeler son pair togolais à la raison. Cela vaut également pour le CPDC qu’on vient d’ouvrir aux « trouble-fête ».

Cet organe était aussi une recommandation de l’APG, mais là non plus, le pouvoir ne s’est donné la peine de la mettre en exécution. Il a plutôt tout fait pour qu’il ne soit pas mis en place, ce qui lui permet d’organiser le processus de manière cavalière. Décidé à biaiser les réformes institutionnelles et constitutionnelles, le pouvoir fit forcing et introduisit un projet inique de code électoral à l’Assemblée nationale pour adoption. L’opposition parlementaire s’est retrouvée presque seule à fustiger ce forcing de Faure et les siens. Il a fallu que le CAR et l’UFC menacent de boycotter les séances plénières à l’Assemblée et de se retirer du processus pour que le Chef de l’Etat  ne s’émeuve pour prendre un décret  le 04 février donnant forme au CPDC.

Les discussions au sein de cet organe ont achoppé pendant sept (07)  séances sur la simple question du recours à la Facilitation et entraîné une suspension des discussions, par le fait du RPT entre d’obscurantisme. Tous ces faits n’ont nullement interpellé le Président du Comité de Suivi Blaise Compaoré à intervenir et appeler le pouvoir à la raison. Mais quand il s’est agi de sauver les intérêts  de Faure Gnassingbé et du RPT, il a été prompt à cautionner son jonglage de samedi dernier qui visait juste à ouvrir le CPDC à ses satellites, piétinant ainsi la lettre de l’Accord Politique Global et la volonté populaire.

T. Shalom


Confidentiel : Affaire Madoff : Un baron du RPT perd 30 milliards aux USA

L’affaire Madoff, la plus grande escroquerie dans le monde financier continue de faire des victimes sur tous les continents. Bernard Madoff, sous les feux des projecteurs depuis quelques semaines, est le propriétaire d’une société d’investissement à qui les riches de ce monde confiaient leur fortune. De sources bien informées, un baron du RPT serait parmi les victimes de Bernard Madoff. Ce malheureux baron vient de perdre 30 milliards de Francs CFA. La question que l’on se pose est de savoir où ce baron a trouvé cette colossale fortune pour la confier à Madoff ? C’est une évidence que les milliards siphonnés du Togo se retrouvent en occident et aux USA pendant que le pays est en ruine totale. Et comme l’indiquait notre confrère «Combat du Peuple» dans sa parution N°643 du 09 mars dernier, ils sont une dizaine, tous haut-perchés au Togo, à voir leurs fortunes se volatiliser suite à la crise financière qui secoue le monde actuellement.

Cette malheureuse aventure vient rappeler à tous les pilleurs que leurs fortunes illicites déposées dans les paradis fiscaux ne sont pas en sécurité comme ils le croient.          

F.S


Les 20 plus de Faure : Réconciliation ou ethnocratie ?

Merci, Monsieur le Président, d’être au rendez-vous de notre entretien. Parlant de réconciliation nationale qui vous tient à cœur vu vos contacts  de ces derniers temps, il nous a paru opportun d’en faire un sujet de discussion ce jour et ceci, par rapport à cet important engagement qui était le vôtre en avril 2005.

« Le Togo doit se réconcilier avec lui-même. Il doit accepter ses différences, mais renforcer son unité, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Pour ce faire, je réaliserai les reformes :

-Création d’une Haute Autorité de la Fraternité Togolaise. Elle devra proposer toutes les mesures tendant à renforcer la réconciliation de tous les Togolais et sera chargée de préconiser toutes les actions visant à lutter contre les discriminations fondées sur les origines ethniques, religieuses ou régionales. Elle veillera au respect de la liberté religieuse en relation avec la direction des cultes que je créerai au ministère de l’Intérieur. Elle aura pour vocation de poursuivre les auteurs de discrimination.

-Création d’un comité pour l’égalité dans l’accès à la Fonction publique. »

Sans détour, Monsieur le Président, faisons le point de cet important engagement que vous aviez pris en face des Togolais en 2005. La réconciliation entre les Togolais et surtout entre le Nord et le Sud, vous êtes l’homme idéal pour la réaliser.  Né d’une mère du Sud et d’un père du Nord, vous êtes, pour reprendre le poète, ce hiatus qui normalement devrait mettre les Togolais à l’abri du régionalisme, de l’ethnocentrisme.

Monsieur le Président, vous conviendrez avec nous qu’après 4 ans au sommet de l’Etat, certains Togolais ont l’impression que leur appartenance à ce pays n’est que de nom. Un confrère s’est investi dans sa dernière parution à décrypter l’origine des collaborateurs de votre cabinet, des DG des sociétés d’Etat. Le résultat est à la fois scandaleux et inquiétant. Plus de 85% des personnalités ayant en charge les divers services de votre cabinet sont de la même région que vous. Monsieur le Président, est-il normal que dans une République comme la nôtre, toute la chaîne judiciaire à savoir les commissariats, la gendarmerie, le doyen des juges, le président du Tribunal de Première Instance, le président de la cour suprême, le président de la Cour constitutionnelle, le Procureur général, le Procureur de la Réplublique en passant par les officiers de police judiciaire (Police et Gendarmerie)... soient tous de la même ethnie alors qu’on parle de modernisation de la justice ? Monsieur le Président, il y a de cela deux semaines, les nouveaux fonctionnaires recrutés lors du dernier concours national ont été appelés à prendre service. Au ministère du Plan, les fonctionnaires étaient surpris de constater que parmi les nouveaux venus, soit 28 au total, il y avait un Ewé, un Kotokoli et les 26 autres venaient de la même région, c’est-à-dire la vôtre. Parlant justement de ce fameux concours, vous savez mieux que quiconque, Monsieur le Président, que c’était tout sauf un concours. En réalité, c’était une sélection ethnique, mieux, un tri, puisque la confection de la liste des admis circulait à l’état major de certains partis politiques y compris le vôtre avant la proclamation officielle des résultats.  Un autre fait marquant ce virage ethnique inquiétant est le dernier recrutement aux Douanes. Sur les 180 admis, environ 140 proviennent de la même région, celle qui est toujours privilégiée. Ces faits marquant que nous citons dans cet entretien, Monsieur le Président, ne sont que la partie visible de l’iceberg. La réalité  est beaucoup plus grave qu’on ne le pense, car il suffit de faire un tour dans certains services publics pour faire le constat.

Monsieur le Président, nonobstant votre promesse de garantir l’égalité d’accès à la Fonction publique pour tous, comme le recommande l’article 37 de notre Constitution, l’accès à la Fonction publique par des critères ethniques est devenu la chose la mieux partagée sous votre règne. Certains Togolais ont le sentiment que la seule évocation de leur origine et de leur nom est devenue un handicap pour eux dans la société.

Monsieur le Président, au lieu de réconcilier les Togolais, vous êtes en train de semer les germes d’une division dont les conséquences seront plus tard dramatiques pour la stabilité de ce pays. Nous savons, Monsieur le Président, que certains adeptes de votre régime vous poussent à agir ainsi, au nom d’un prétendu retard historique que le Nord doit rattraper sur le Sud. Parmi les partisans de cette dangereuse thèse se trouvent malheureusement des intellectuels. Dans leur « contorsionnisme » intellectuel puant et rétrograde, ils vous ont persuadé d’agir ainsi. Mais, de quel retard parle-t-on qui n’ait été rattrapé après 40 ans de règne ? Que font de leur  fortune les partisans de cette thèse? Ils bâtissent des palaces à Lomé et achètent des appartements en Occident, pendant que leur village d’origine baigne dans la misère et, la poussière. Si c’est de ce retard qu’ils parlent et qui justifie le fait que le Togo soit aujourd’hui la propriété d’une seule ethnie, alors avouons qu’ils mettront du temps pour le combler puisque vous et nous savons ce qu’ils font avec leur fortune. Ces fortunes faramineuses n’ont jamais servi à développer le Nord, mais plutôt à faire le bonheur de leurs détenteurs, leurs enfants et de leurs maîtresses.

Monsieur le Président, au nom de la réconciliation, au nom de l’unité de ce pays et de sa stabilité, vous devez, puisque vous ne l’avez pas encore fait, mettre fin immédiatement à cette dérive ethniciste qui risque d’exacerber les tensions entre les fils d’une même nation et  provoquer plus tard des conflits.  Votre volonté de le faire exprimée dans vos engagements de 2005 ne semble pas encore se traduire dans les faits. Au risque d’apparaître comme le principal instigateur de cette discrimination ethnique avec pour finalité l’alpinisme social pour certains, vous devez agir maintenant, car l’avenir du Togo vous interpelle et vous le recommande.

Bonne journée, Monsieur le Président et à la prochaine, espérant que vous serez toujours au rendez-vous.

Ferdi-Nando

Forum de la Semaine #435 du 6 mars 2009
CPDC : Du vote au Parlement comme alternative à l’enlisement

Le « Facilitateur » prend parti pour « son » RPT

          « Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous venez d’évoquer. Seulement, à l’impossible nul n’est tenu. Si les discussions durent trop, il y a des délais ; en ce moment il faut envisager d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter ». Ces déclarations sont celles de Faure Gnassingbé faites devant la presse lors de sa visite dimanche à Ouagadougou au Burkina Faso, répondant ainsi à une question relative aux discussions au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation.

          Les propos de Faure Gnassingbé ont le mérite d’être clairs. Si les discussions prennent du temps, il laisse l’Assemblée nationale entrer en jeu pour voter. Voilà le Chef de l’Etat censé être au-dessus de la mêlée et qui s’en est d’ailleurs défendu bec et ongle à cette occasion - « Je ne suis pas un militant émérite du RPT, je suis Président de la République », a-t-il répondu à un confrère burkinabé qui ne le voit pas impartial en tant que « militant émérite du RPT »-, le tout premier Facilitateur dont la tâche essentielle est de concilier les différentes positions des protagonistes, qui se laisse aller à de telles déclarations tendancieuses. Faure prend ainsi visiblement la défense de son parti dont les conservateurs ont toujours vu d’un mauvais œil et comme une perte de temps les discussions au sein du CPDC. Les thuriféraires du régime ont toujours claironné que l’Assemblée nationale est la seule structure compétente pour le débat autour de ces questions d’intérêt national, une façon de battre en brèche ces discussions au sein du CPDC. Ils faisaient ainsi la promotion du vote. Fort de la majorité du RPT à l’Assemblée, ils savent que le vote ne serait qu’une formalité. C’est malheureusement cette piste que prône Faure Gnassingbé aussi.

          L’argument principal avancé par le Chef de l’Etat est la durée des discussions. Parlant justement de perte de temps dans le cadre des discussions du CPDC, et principalement de la question du recours à la Facilitation qui est restée irrésolue durant sept (07) séances et a entraîné une suspension des travaux, quelle partie en est au juste responsable : l’Union des Forces de Changement (UFC) qui a requis ce recours, ou le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui a toujours rejeté par des arguments tirés par les cheveux une telle requête qui ne vise que la bonne marche des discussions ?

          Ce n’est d’ailleurs pas au RPT d’avancer l’argument de perte de temps, car l’idée de mise en place du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ne date pas d’hier. Sa création fait partie des recommandations de l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août 2006. Cela se sait de tous que les discussions sur les grands sujets d’intérêt national annoncés prendraient du temps et cela nécessitait la mise en place le plus tôt possible de cette structure.        Le pouvoir serait animé d’une réelle volonté de voir les discussions se dérouler normalement qu’il se serait exécuté depuis lors. Mais par pur  obscurantisme, on a laissé traîner les choses et aujourd’hui, on vient alléguer la perte de temps pour justifier le recours au vote. Et quand c’est Faure Gnassingbé qui se vante d’un certain esprit d’apaisement et de réconciliation qui vient faire la promotion d’une telle démarche – il a encore lâché à Ouagadougou que lui, il a choisi  « le dialogue et le consensus »-, il y a péril en la demeure.

Voilà  qui vient conforter dans leur raisonnement ceux qui ne voyaient pas Faure se faire hara-kiri et laisser tomber son parti le RPT, et le soupçonnaient de n’être pas innocent dans l’enlisement des discussions du CPDC. Au demeurant, l’opposition parlementaire représentée au CPDC est avertie. Faure Gnassingbé le premier Facilitateur sera enclin à recourir au vote. D’où la nécessité pour elle de chercher l’alternative ailleurs.

T.Shalom.


La première gageure de Comlan Kadjé : Direction générale des TP : médiocrité, copinage et magouilles

Le développement optimal d’une économie passe par des infrastructures solides et modernes. Pour relever ce défi qui est un facteur favorisant l’investissement et le développement du secteur privé,  plusieurs gouvernements africains en ont fait leur priorité. Il est admis qu’en matière d’infrastructures routières et ferroviaires, le Togo est à la queue du peloton dans la sous-région. Les routes de notre pays et, particulièrement celles de la capitale, font honte. Quant aux chemins de fer réalisés au prix du sang de nos grands parents, ils n’existent presque plus. Et pourtant le Togo dispose d’un ministère des Transports et des Travaux Publics censé employer des gens compétents en la matière.

La situation désastreuse des routes togolaises n’avait pas fini d’alimenter la polémique qu’au mois de juillet-août 2008, plus d’une dizaine de ponts cédèrent sous la furie des eaux isolant plusieurs localités et même des quartiers de la capitale. Face à cette situation dramatique qui n’est pas seulement la conséquence d’une revanche de dame nature sur les hommes,  mais aussi  un laxisme des services compétents en la matière, notamment les services du ministère des Travaux Publics, un nouveau gouvernement fut formé avec à sa tête Gilbert Houngbo.

Pour, dit-on, mettre fin au désordre et à la pagaille dans le secteur des Travaux Publics, Faure Gnassingbé en plus de ses charges présidentielles s’est accaparé du ministère des Travaux Publics et des Transports. Plus de 6 mois après ce rattachement à la Présidence, presque rien n’a bougé dans le secteur. Bien au contraire. A en croire les entrepreneurs des BTP qui ont manifesté leur mécontentement il y a  quelques jours, ce secteur est à la merci des fossoyeurs qui en font ce que bon leur semble. La grogne de ces entrepreneurs des Travaux Publics a abouti à la nomination le 23 février 2009, d’un nouveau ministre des Travaux Publics et des Transports en la personne de Comlan Kadjè, un spécialiste en la matière qui avait déjà exercé dans la boîte au poste de DG des Travaux Publics avant de monnayer ses compétences à la CEDEAO. La question que l’on se pose à présent est de savoir si l’homme pourra faire le ménage dans un secteur qui ressemble plus ou moins à une jungle où tout est permis.

La DGTP, une boîte où la médiocrité est la chose la mieux partagée.

La nomination d’un ministre, fût-il un spécialiste des Travaux Publics ne résout pas le problème. Si Faure n’a pas réussi à mettre de l’ordre pendant les 6 mois qu’il a pris les commandes de ce ministère, il est évident que la tâche ne sera pas du tout aisée pour Comlan Kadjè. Le voile commence par se lever sur le fond du problème qui mine réellement les Travaux Publics et rend nos routes impraticables.

Tous les spécialistes pointent un doigt accusateur sur la DGTP où la médiocrité semble être la chose la mieux partagée. Dans ce service qui est un maillon essentiel du ministère, les hommes compétents ne sont jamais à leur place, et ce sont les médiocres qui font la loi. Dans nos investigations, nous sommes tombés sur des réalités qui sortent de l’entendement et qui expliquent l’état désastreux de nos routes et ponts.

La DGTP regorge de nombreux ingénieurs bien formés et compétents qui sont malheureusement laissés sur le carreau au profit d’une bande d’incompétents, au nom du copinage qui conditionne la nomination au poste de responsabilité au Togo. Ainsi, il se révèle que l’actuel tout-puissant DG des TP, Monsieur Tchédé, ingénieur de formation n’est pas un spécialiste des routes, mais plutôt des tunnels qu’il a fait pendant 7 ans en Russie.

Pour permettre à nos lecteurs de comprendre le fond du problème, nous rappelons que le diplôme d’Ingénieur des Travaux Publics s’obtient après 5 ans d’étude et une spécialisation à l’extérieur si l’étudiant le désire. Plusieurs matières sont souvent au programme à savoir : la résistance des matériaux encore appelée calcul de structure, les ouvrages d’art (ponts, châteaux d’eau), l’hydraulique, l’assainissement, la gestion des entreprises, les routes (tracé géométrique, dimensionnement). Or il se fait que Monsieur Tchédé n’a rien fait de ce genre en Russie où il s’est spécialisé dans les tunnels depuis la première année jusqu’à l’obtention de son diplôme. En d’autres termes, il n’a jamais fait les routes. Mais contre toute attente, c’est à lui que revient la Direction de la DGTP, le service chargé de réaliser les  infrastructures. Selon certaines informations, à l’époque où il était Directeur de la Planification au temps du ministre Dogbè, il serait  à l’origine du complot qui a provoqué le départ de Monsieur Comlan Kadjè de la Direction des TP, un poste qu’il s’empressa d’occuper après.

Outre Monsieur Tchédé, les investigations montrent que d’autres responsables des TP sont logés à la même enseigne. Le Directeur des Pistes Rurales, Monsieur Ouro Gbèlè est un diplômé des chemins de fer en Russie, la Directrice de l’Entretien Routier, Madame Ayeva est diplômée en BTS Génie-civil et Gestion des entreprises. Elle a officié pendant une décennie à la Direction de la Comptabilité de la DGTP avant de se faire bombarder à la Direction de l’Entretien Routier, un poste qui ne cadre en rien avec sa formation. La Direction de la Construction et de la Reconstruction qui s’occupe de la réalisation de nouvelles routes et autres ouvrages d’art est sous la responsabilité de Monsieur Passoli, diplômé en BTS. Sa promotion à ce poste est l’œuvre de l’ancien ministre Talaki dont il serait proche et avec qui il organise souvent des magouilles. La dernière magouille effectuée par ce duo et qui serait à l’origine du départ précipité de Talaki de ce ministère est le gonflement du devis de la réparation du pont d’Adétikopé qui avait cédé sous la furie des eaux.

En effet, suite à la rupture des ponts et dans le souci de rétablir la circulation sur la nationale N°1, il a été demandé expressément à l’entreprise ENCOTRA de faire un devis pour l’enrochement du pont d’Adétikopé. Un devis d’environ 160 millions fut présenté à la DGTP. Mais le malheur de certains faisant le bonheur des autres, Monsieur Talaki, alors ministre en fonction aurait demandé à son protégé Passoli, chargé de la construction et de la reconstruction, de gonfler le budget à 500 millions de Fcfa.  Le dossier devrait ensuite recevoir l’aval du DG des TP, Monsieur Tchédé qui refusa d’apposer sa signature malgré les pressions du ministre. Il informa discrètement le ministre de l’Economie et des Finances de la manœuvre. Convoqués au ministère des Finances, messieurs Tchédé, Passoli et Talaki n’ont pas pu apporter les informations nécessaires pour justifier le budget des 500 millions qu’ils sont censés avoir conçu. C’est donc la découverte de ce pot aux roses qui emporta Talaki du ministère des Travaux Publics.

Le rôle nuisible des barons du RPT

Selon des dispositions propres à ce secteur, la promotion s’obtient par ancienneté, mais cette règle n’est jamais respectée. Des jeunes débarqués, certes diplômés, sont bombardés sans aucune expérience en la matière. L’actuel Directeur régional des TP de la région des Plateaux nouvellement sorti de l’école d’ingénieur n’a que deux ans d’expérience dans la boîte. Son collègue de Kara ne fait lui, que 4 ans. C’est donc à ces deux que revient la lourde responsabilité de réaliser les importants travaux dans les régions susmentionnées. Selon toujours nos informations, ce désordre volontairement entretenu à la Direction Générale des TP n’est que le résultat de l’influence des barons qui tirent les ficelles et font tout pour maintenir leurs protégés à des postes malgré leur incompétence. Ces barons disposeraient des entreprises de BTP et obtiennent facilement des marchés, avec la complicité de leurs protégés à la direction. Il se dit qu’un ministre siégeant actuellement dans le gouvernement Houngbo,  dispose à lui seul de trois entreprises BTP  gérées par un cousin de village et arrache les marchés avant même l’ouverture des plis. Au temps du ministre Boukpessi, un entrepreneur aurait encaissé 300 millions comme avance au Trésor pour réaliser un pont sur le Fazao, mais cet ouvrage n’a jamais vu le jour. Il semble que cette pratique de complicité entre certains entrepreneurs indélicats et les agents du Trésor est courante. Une fois les sous obtenus, l’autorité complice et l’entrepreneur se font le partage et l’on demande après à la Direction des TP de réaliser l’ouvrage sur fonds propres ou sur les fonds du FER. Si le sieur Tchédé et ses comparses continuent d’occuper les postes qui ne correspondent pas à leur profil, c’est qu’ils disposent encore du soutien sans faille de ces barons qui font tout pour les maintenir à la tête de la DGTP. Le plus révoltant dans cette histoire est que des ingénieurs spécialistes des tâches sont abandonnés, ou la plupart du temps coiffés par des diplômés de BTS. Il se dit que ces messieurs et dames  incompétents vivent à Lomé dans des villas luxueuses avec même des souterrains et disposeraient pour la plupart d’appartements en Europe et aux USA.

Faire le ménage pour sauver nos routes

Lorsqu’on observe ce désordre et le profil de ses auteurs, on comprend facilement l’état désastreux dans lequel se trouvent nos infrastructures, et principalement les routes. On comprend aussi pourquoi les ouvrages sont mal faits et les routes de la capitale sont couvertes ces jours-ci de latérite, provoquant partout des désagréments pour les usagers et les riverains. Avec la nomination de Comlan Kadjè, l’heure est venue de faire le ménage. D’ailleurs on ne voit pas comment le nouveau ministre peut avoir pour collaborateur celui-là même qui avait ourdi un complot contre lui, provoquant son départ de la Direction. Le bon sens recommanderait que le sieur Tchédé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, quitte la Direction des TP pour aller monnayer ses talents dans la construction des tunnels ailleurs. Il devait en être de même pour ceux qui ont d’autres choses comme le BTS, sont diplômés en chemins de fer, en comptabilité mais occupent gracieusement les postes de routes et de pistes rurales au détriment des vrais ingénieurs et spécialistes en la matière. Pour y arriver, il faudra passer en revue les diplômes de tous ces acteurs et les orienter vers leur domaine de compétence.

Que cherche un spécialiste des chemins de fer  au niveau des routes alors que depuis des décennies, nos chemins de fer ne cessent de s’enfoncer dans le gouffre, s’ils ne sont au fond déjà ? Que cherche une comptable à la tête d’une Direction de l’Entretien Routier, un spécialiste des tunnels à la tête de la DGTP ? Voilà autant d’anomalies qui font de nos routes de véritables mouroirs pour les citoyens. Par rapport à ce réseau obscur, il faut avouer que la tâche ne sera pas du tout facile pour le nouveau ministre, mais il est temps que la bonne gouvernance prônée dans les discours par les autorités  se traduise désormais dans les actes ; autrement, l’arrivée de ce nouveau ministre à ce département malgré sa compétence ne servira à rien. Le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo doit prendre ses responsabilités pour assainir ce secteur, car comme on le dit souvent : « La route du développement passe par le développement de la route ». Et Faure Gnassingbé doit l’aider en ce sens en cessant de protéger ses amis prédateurs qui saignent à blanc l’économie nationale.

Ferdi-Nando


Les 20 plus de Faure : Les maisons bon marché

« La prudence pour chacun dans l’administration de sa maison, et, quant aux choses de la cité, le talent de les conduire en perfection par les actes et par la parole ». C’est par cette formule de Protagoras, Monsieur le Président, que nous commençons notre entretien de ce jour, et merci de la confiance et surtout de la disponibilité malgré vos charges présidentielles.

Monsieur le Président, valeureux et nombreux étaient vos admirateurs en 2005. Même si la majorité du peuple ne vous avait pas porté au Palais de la Marina, il est évident et vous serez d’avis avec nous, que certains ont cru en vous. Et parmi ceux qui ont cru en vous au moment où la majorité vous rejetait, se trouve une frange de la jeunesse togolaise. A ces jeunes, vous aviez, Monsieur le Président, promis : «  Je ferai construire des maisons bon marché pour faciliter le logement des jeunes accédant à la vie active et de tous ceux qui ont besoin de se loger dans de meilleures conditions ».  Noble et ambitieux projet qui à l’époque, avait provoqué le délire de tous ceux qui suivaient de près ou de loin vos promesses.

Monsieur le Président, un ami français de votre père et parrain de la plupart des dictateurs, habitué à provoquer les populations africaines par des déclarations dignes d’un colon des temps modernes, disait au cours d’une visite en 2002 en Tunisie, un pays épinglé pour les violations des droits de l’Homme: «  les droits de l’Homme c’est manger, s’habiller et trouver un endroit pour dormir ». Conception paradoxale venant de la part d’un chef d’Etat d’un pays qui est présenté comme le pionnier en la matière. Comme lui, nous vous remercions d’avoir pensé au gîte de vos concitoyens dont les conditions de vie vous préoccupent à plus d’un titre. Mais comme le dit si bien Protagoras, essayons ensemble de voir si votre talent de conduire les affaires de la cité en perfection passe par les actes et par la parole.

Les deux premiers points que nous avions abordés dans cet exercice exaltant ne nous ont rien donné. Voyons donc si sur ce point vous avez fait un effort en 4 ans, puisque comme la plupart des jeunes Togolais, ce logement à bon prix nous intéressait particulièrement. En parcourant ensemble les grandes villes du pays, nous n’avons pratiquement rien remarqué de la sorte. Nous nous sommes dit que ces fameux logements ont certainement poussé dans les campagnes, mais nos recherches à ce niveau se sont révélées vaines.  Tout déçus et rentrant dans la capitale par la route de Kpalimé, nous avons été attirés par un palace en construction sur le flanc du mont Agou. Pour satisfaire notre curiosité, nous nous sommes arrêtés pour demander aux habitants de la localité celui qui construisait ce luxueux château au milieu  de cet océan de misère à Agou. C’est là qu’on nous informa que c’était votre résidence privée.

Monsieur le Président, sans avoir la prétention aucune de nous inviter dans votre vie privée, puisque nous savons que les bonnes choses sont pour les rois et les princes et que la misère est pour le peuple, nous nous sommes hasardés à faire une petite investigation autour de ce joyau.  Nous avons découvert que vous avez du goût, puisque la plupart des matériaux entrant dans la réalisation de cette œuvre digne des époques de Louis XIV viennent de la Chine. 

Monsieur le Président, nous avions donc compris qu’en parlant de logement bon marché pour les jeunes en 2005, vous parliez à l’époque de vous-même. C’est donc très déçus et tout furieux que nous sommes rentrés dans la puante capitale où louer une chambre coûte les yeux de la tête et se révèle un parcours de combattant. Vous êtes certainement au courant que les propriétaires ne font pas les choses à moitié. Aidés par les Nigérians communément appelés Ibos, ils exigent maintenant un à deux ans de caution pour la location d’une chambre. En jetant un regard sur le calvaire des Togolais obligés de supporter à longueur de journée les humeurs des propriétaires de maisons, nous pensons à vos logements bon prix qui, malheureusement, sont introuvables après 4 ans d’exercice à la tête du pays. Et pourtant cette promesse, du moins le début de sa réalisation,  ne devrait pas être difficile à tenir, puisque le Togo dispose du ciment et du sable que le gouvernement a cédé aux étrangers.

Monsieur le Président, savez-vous que le prix de votre fameuse Mercedes Maybach que nous admirons tant, associé à celui de ce château sur le mont Agou suffirait à construire des centaines de villas modestes et bon marché pour le logement des jeunes que nous sommes ? Mais entre la promesse et l’acte, nous avons compris que le fossé est grand au point d’être un gouffre.

Nous gageons que l’exercice de ce jour de par la pertinence du sujet vous mettra mal à l’aise, mais soyez rassuré, Monsieur le Président, comme convenu, nous ne faisons qu’avec votre consentement tacite une évaluation sans complaisance de vos œuvres après 4 années au pouvoir.  Nous vous savons très occupé par vos charges, et c’est avec plaisir que nous mettons fin à ce troisième rappel, tout en espérant vous retrouver la prochaine fois pour un autre point de vos engagements. Bonne journée, Monsieur le Président.

Ferdi-Nando


Présidentielle 2010 : La Cour constitutionnelle se prépare à jouer sa partition

La présidentielle 2010 sera organisée dans moins d’un an. Pendant que les acteurs politiques discutent pour l’adoption des textes consensuels et la reforme des institutions, la Cour constitutionnelle appelée à être aussi reformée est en plein séminaire sous-régional sur le thème : « contentieux électoral dans la perspective du perfectionnement des scrutins ultérieurs ». Un thème assez important lorsqu’on sait que la proclamation des résultats définitifs provoque souvent des manifestations qui débouchent sur des violences.

Longtemps décriée pour ses accointances avec le pouvoir, elle semble aujourd’hui préoccupée par la situation au point de solliciter les expériences des autres juridictions  constitutionnelles des pays voisins à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Mali etc… Acteur mal connu mais important dans le processus électoral, la Cour constitutionnelle intervient à trois (03) niveaux à savoir : la gestion du contentieux préélectoral, la purge du contentieux postélectoral et enfin la proclamation définitive des résultats.

« Notre institution qui est la Cour constitutionnelle en ce qui la concerne, ne saurait éternellement faire  l’économie de la problématique du contentieux électoral », a affirmé dans son discours d’ouverture Monsieur Aboudou Assouma,  Président de la Cour constitutionnelle du Togo. Ce séminaire ouvert lundi et qui prend fin ce week permettra à l’ensemble des acteurs du processus électoral du Togo de s’imprégner  des expériences des drames comme ceux d’avril 2005. Ce séminaire auquel participent Me Robert Dossou, Président de la Cour constitutionnelle du Bénin et Madame Conceptia  Ouinsou, ex- Présidente de la cour du même pays, a reçu le soutien de l’Organisation  Internationale de la Francophonie (OIF)  représentée par Madame Christine Desouches.             

F.S


La COTEC fait baisser de moitié les sorties de véhicules au Port

          De sources proches des Douanes togolaises, celles-ci ont enregistré une baisse de 47% au titre des sorties de véhicules au Port Autonome de Lomé au cours du mois de février.  Cette baisse, tout naturellement, est provoquée par les nouvelles dispositions introduites par la société COTEC qui a augmenté de façon exponentielle le frais de dédouanement des véhicules.  Les mêmes sources indiquent que cette baisse peut ne pas être ressentie par les « caisses » de la Douane qui, sur le peu de véhicules, peut arriver à engranger les milliards habituels. Mais le hic, comme on le sait, la gestion des recettes de ce poumon de l’économie nationale est généralement entourée de flou épais, ce qui ne donne aucune garantie que les recettes seront fidèlement transférées au Trésor public. Au même moment, ce sont les investisseurs de la  société COTEC, objet de toutes les polémiques, qui se sucrent, puisque percevant une marge sur chaque véhicule pour service rendu.

          De l’autre coté, ce sont les transitaires et autres opérateurs dans la filière, qui sont au chômage, dû à la baisse des activités ; et par ricochet, ce sont des milliers de Togolais dépendant de ces opérateurs qui croupissent déjà dans la misère qui s’enfoncent de plus belle.

          De l’avis d’une source proche de la Présidence, il est vrai qu’il y avait du désordre et qu’il fallait faire le ménage. Mais la « manière » et toute la mafia qui entoure le COTEC choquent la conscience. « C’est juste une bande de copains qui se sont emparés du secteur et se la coulent douce », s’indigne -t-elle.

          Selon d’autres sources, plus d’un millier de véhicules sortent généralement du port chaque mois. A y voir de plus près, la Douane togolaise et la COTEC sacrifient les Togolais pour leurs « caisses obscures ».

          Pendant ce temps, on assiste à une prolifération des immatriculations provisoires béninoises au Togo. Des indices qui montrent que des Togolais préfèrent acquérir des véhicules au Port de Cotonou plutôt qu’à Lomé.

F.S.


Volatilisation des fonds de pavage de la voie Sud lagunaire : Le ministre Aquitème et ses complices doivent répondre devant la justice

            Les routes bitumées et les rues pavées sur le papier, on en parle toujours, mais sans jamais avoir de preuves. Depuis quelques jours, à la faveur des travaux d’assainissement de la Lagune de Lomé, projet qui aboutira au pavage de la voie Sud de la lagune, des voix et non des moindres s’élèvent pour affirmer clairement que ces travaux étaient déjà financés en 2006 à hauteur de 105 millions de FCFA. Dans le cadre de la réalisation du projet dénommé Travaux de curage du grand canal d’équilibre et de pavage de la voie Sud lagunaire. A l’époque des faits, Edem Kodjo était Premier ministre. Marc Esso Aquitème était ministre de la Ville. Les fonds du projet ont été mis à la disposition de l’entreprise AGECET-BTP, mais les travaux n’ont jamais été réalisés.

Curieusement, le ministre de la Ville de l’époque a délivré une attestation de fin de prestation à l’entreprise AGECET-BTP pour des travaux qui n’ont jamais été réalisés. Il est donc clair que dans ce dossier de malversation, le ministre de la Ville qui a délivré l’attestation, la Directrice du Financement et du Contrôle de l’Exécution du Plan Abirhé Akpo, le Directeur du Trésor et de la Comptabilité Publique et le Directeur du Contrôle Financier sont les premiers incriminés dans ce dossier. Il est curieux que dans ce dossier, la Direction du Financement et de l’Exécution du Plan n’ait pas joué sa partition. Contacté par notre rédaction, le Premier ministre Edem Kodjo estime qu’il n’est ni de près ni de loin mêlé à ce dossier dont les responsabilités devraient être situées au niveau des services techniques compétents si tel est que les faits évoqués sont avérés. L’ancien Premier Ministre envisage des voies et moyens pour faire éclater la vérité dans ce dossier en ce qui le concerne.

          Le secteur des Travaux Publics est connu pour être un domaine où les détournements sont légion. Dans ce dossier de pavage et de curage de la lagune, les preuves sont patentes et il est donc temps qu’une action soit menée en justice contre tous les acteurs de ce dossier en commençant par l’ex-ministre Aquitème et, à défaut, récupérer les fonds. Le Togo ne peut continuer par gagner la confiance des partenaires en protégeant les fossoyeurs de l’économie.

 F.S.

Forum de la Semaine #434 du 2 mars 2009
La preuve de l’usure : Les réactions à retardement du pouvoir RPT

Répondre promptement aux préoccupations de l’heure c’est l’essence de tout gouvernement. Mais au Togo, cette règle semble travestie par les gouvernants. Sous Faure Gnassingbé, c’est plutôt l’indifférence totale, généralement. On se plaît à contempler la souffrance des populations. L’illustration la plus parfaite est donnée par l’attitude du pouvoir à l’égard de la vie chère. Mais quand on en arrive à bouger le cul, c’est lorsque le mal aura atteint son stade terminal. Et même pour décider le « Leader nouveau » à ce faire, il faut que l’eau coule sous les ponts.

Nomination du ministre des TP

Depuis le mardi 24 février, les Travaux Publics et les Transports ont un préposé. Il s’agit de M. Komlan Kadjé. L’homme a été nommé par décret présidentiel. C’est la première fois que le poste est occupé depuis la formation de l’équipe Gilbert Foussoun Houngbo. On se rappelle, le département fait partie des ministères qui ont été rattachés à la Présidence de la République, pour des raisons qu’on ignore. Mais pour en arriver à cette nomination, il a fallu que l’eau coule sous les ponts.

Les entrepreneurs ont dû se faire entendre. Le Syndicat national des entrepreneurs en bâtiments et travaux publics du Togo (SNEBTPT) a dû enclencher un mouvement de contestation depuis un bout de temps. Ils fustigeaient le sort de leur secteur après son rattachement à la Présidence, l’octroi des marchés grè à grè etc. A les en croire, le secteur a plutôt amorcé une décadence qui ne dit pas son nom. Leur porte-parole M. Hervé Piza a attiré l’attention de l’opinion sur le drame qui se joue dans les Bâtiments et Travaux Publics, à travers de nombreuses interventions. Ces contestataires se sont fait le devoir de faire redorer le blason à leur corps de métier et leur revendication principale était la nomination d’un ministre de tutelle. Cette nomination serait-elle effective si les entrepreneurs avaient croisé les bras ? En tout cas, la réaction de Faure Gnassingbé est venue à retardement. Quand bien même, de sources autorisées, on savait que cette nomination était dans l’agenda de la Primature depuis plusieurs mois.

Cadre permanent de dialogue et de concertation

La mise en place de cet organe n’a pas été de tout repos. Le CPDC n’aurait peut-être pas vu le jour jusqu’à présent, malgré qu’il soit une recommandation de l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août 2006, depuis deux (02) ans donc. Faure Gnassingbé était là lorsque toute l’opposition était roublée et un texte de code électoral qui ne réquérait pas le consensus fut concocté et soumis au conseil des ministres qui a fait le reste en le transmettant à son tour à l’Assemblée pour adoption, procédure viciée sur toute la ligne. L’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ne l’entendaient pas de cette oreille et ils ont enclenché une contestation. Menaces de boycott de l’Assemblée Nationale et de retrait du processus à l’appui, ils ont fini par avoir gain de cause. C’est ainsi que le 04 Février, Faure Gnassingbé bougea le petit doigt et mit en place le CPDC, après quelques deux (02) semaines de grogne de l’opposition parlementaire.

Le CPDC a eu tous les problèmes du monde pour fonctionner normalement. La question du recours à la Facilitation a mis dos-à-dos le RPT et l’UFC. Le pouvoir s’est farouchement opposé à cette initiative et pendant sept (07) séances, les discussions se sont achoppées sur ce point et il s’en suivit une suspension des travaux pour trois (03) jours, le mardi 17 février. Même à la reprise, les positions n’ont pas changé. Il a fallu la 9e séance pour voir la fumée blanche. Tout ceci pourtant sous les yeux de l’« Esprit  nouveau ».

L’insécurité à Lomé

Faure Gnassingbé aurait réagi promptement que ce fléau de l’insécurité aurait été circonscrit depuis un bout de temps. En effet la presse s’est fait le devoir de rapporter quotidiennement les cas de braquages et d’appeler les gouvernants à prendre leurs responsabilités. Elle est venue au diagnostic que la démission de l’opération Araignée en est pour beaucoup dans la recrudescence des braquages et va signifier, mais cela n’a pas ému Faure Gnassingbé et les siens. Il a fallu que les victimes se décuplent et l’insécurité devienne généralisée avant de les voir bouger d’un petit pas, certes décisif, et enclencher des opérations coups de filets à Agoé Kitidjan et autres.

Ces réactions à retardement sont peut-être un message indirect donné aux Togolais que le pouvoir ne fera rien de soi et ne réagira jamais s’il n’y est pas poussé ou si les choses ne s’empirent. 

T. Shalom


Les 20 plus de Faure : Les 1000 terrains de jeu

Monsieur le Président, merci de vous savoir au rendez-vous de cette rubrique. Après notre fructueuse évaluation de la dernière fois sur l’un de vos engagements, nous allons aujourd’hui avec votre permission, aborder un autre point de vos promesses.

Nous sommes en pleine reprise du championnat de football au Togo et en parcourant votre précieux document, notre regard a été attiré par un sujet lié à l’actualité du football. En effet, Monsieur le Président, dans un sous thème de votre engagement XVII sur le sport et la culture, vous promettiez en 2005 à vos électeurs ceci : «  Le sport sera popularisé avec la construction et l’aménagement de 1000 terrains de jeu. »  1000 terrains de jeu pour populariser le sport, toutes disciplines confondues, avouons, Monsieur le Président, que c’était ambitieux de votre part. Quatre ans après cette annonce, faisons ensemble l’évaluation, Monsieur le Président. En faisant un tour rapide sur l’ensemble du territoire, on se rend compte sans trop de difficulté qu’aucun terrain de jeu n’a été construit, à une année de la fin de votre mandat. Monsieur le Président, nous sommes persuadés que vous évoquerez la réfection du stade de Sokodé pour justifier le début de cette promesse. Parlant justement de la réfection de ce stade que vous avez arrachée à l’ex-Président de la FTF Tata Avlessi selon les mauvaises langues, l’on estime que votre geste n’est guidé que par des visées électoralistes dans une région où votre parti peine à faire le plein de voix pendant les scrutins. Sans rentrer dans cette polémique politicienne, nous notons du moins que si en 4 ans vous ne faîtes que la réfection d’un stade tombé en désuétude, l’on se demande combien d’années il vous faudra pour construire les 1000 terrains de jeu promis en 2005. Disons-nous la vérité, même les 35 ans de règne de votre défunt père ne vous suffiront pas pour réaliser cet exploit.

Monsieur le Président, le constat est patent que vous n’avez pas tenu promesse. Non seulement ces terrains n’ont pas été construits, mais en plus ceux qui existent sont tombés en décrépitude. Le Togo pays mondialiste en 2006 ne dispose pas aujourd’hui d’un stade digne de ce nom avec une homologation de la FIFA et de la CAF. Nous sommes parfois sidérés de constater que la voie qui mène au stade de Kégué, ce grand lieu de rencontres internationales est non seulement exiguë, mais aussi n’est pas du tout éclairée. Dans le domaine du football, les infrastructures sur l’ensemble du territoire sont dans un piteux état. Même le terrain de jeu de votre ville natale, le fameux stade des « kondonnas » se trouve dans une situation assez déplorable. Quant aux autres disciplines sportives, le constat en matière d’infrastructures est écœurant. Vous convenez avec nous, Monsieur le Président, qu’il ne sert à rien d’en parler puisque vous n’avez pratiquement rien fait à ce niveau.

Monsieur le Président, nous en sommes encore à la deuxième séance et apparemment, l’exercice commence à être difficile pour vous. Nous comprenons qu’il est souvent difficile de faire son propre bilan, surtout lorsqu’on n’a rien fait sur le terrain. Nous en sommes au début et nous devons aller jusqu’au bout ; nous vous exhortons donc à faire preuve de disponibilité et surtout du courage pour les autres points à venir. Merci donc de nous avoir accompagnés pour cet exercice, Monsieur le Président, et rendez-vous à la prochaine pour un autre point de vos engagements.

Ferdi-Nando


Confidentiel : Les audits des sociétés d’Etat dévoilent de « grands trous »

          De sources autorisées, les audits des sociétés d’Etat annoncés par le Premier ministre Houngbo lors de la présentation des 100 jours de son bilan ont effectivement démarré. Selon les mêmes sources, les dégâts à mi-parcours sont énormes et certains barons qui ont eu à gérer ces boîtes vivent dans la peur.

          Connaissant les habitudes au Togo sous le pouvoir RPT où l’impunité est sacrée, des observateurs se demandent si le Premier ministre pourra aller loin dans ses dossiers, c’est-à-dire mettre à la disposition de la Justice les indélicats qui ont gardé par devers eux les milliards des contribuables togolais.

          Au fait, c’est ici que se situe le véritable combat du PM Gilbert Houngbo et beaucoup croisent les doigts pour lui. D’ailleurs, s’il réussit à ouvrir cette boile de pandhore, ce serait un sacré coup de booster à toute son action gouvernementale.

F.S.


Humeur : Même pipe, même tabac ?                                

Ce sujet, on ose l’aborder ainsi. Il paraît d’ailleurs assez légitime quand on se rappelle l’argumentaire qui a prévalu lors du rattachement du ministère des Travaux Publics et des Transports à la Présidence. C’était l’incompétence de son préposé de l’époque, Célestin Ekpaou Talaki, mise en évidence par les inondations de juillet-août 2008.

En effet, les pluies qui sont tombées dans la région des plateaux ont provoqué la montée des eaux des fleuves Zio, Haho et sous leur pression, le premier pont a sauté à Amakpapé dans la nuit du 26 au 27 juillet, libérant ainsi les eaux. C’était le début des inondations. Les eaux envahirent  les habitations et en l’espace de quelques jours, une dizaines de ponts se sont écroulés, aggravant la situation humanitaire. Bien évidemment comme dans de pareils cas, ce sont les institutions ayant en  charge ces infrastructures qui ont payé le prix fort. Ainsi Ferdinand Tchamsi a été viré et son Fonds d’Entretien Routier (FER) « supprimé ». Un peu plus d’un mois plus tard, ce sera le tour de Célestin Ekpaou Talaki de récolter le pot cassé. Il ne sera pas retenu dans l’équipe Gilbert Fossoun Houngbo et le ministère des Travaux Publics et des  Transports sera rattaché à la Présidence. A l’époque, on arguait de leur incompétence et particulièrement pour le cas du ministère, il était avancé que c’était pour une bien meilleure gestion que ce rattachement a été fait.

Ainsi du 15 septembre 2008 au mardi 24 février dernier, c’est le chef de l’Etat Faure Gnassingbé qui a géré le secteur des Travaux Publics. Mais voilà, cette gestion n’a pas non plus satisfait les attentes. En fait, à en croire les entreprenants regroupés au sein du Syndicat National des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo (SNEBTPT). Par la voix de Hervé Piza, ils ont dénoncé la pagaille systématique et crié à la descente aux enfers du secteur des Bâtiments et Travaux Publics. A maintes reprises, ils ont eu à signifier que le rattachement de leur ministère de tutelle à la Présidence de la République n’a rien changé à la situation. Le groupe n’a de cesse de dénoncer des marchés gré à gré, des pratiques de l’ancienne époque. Par-dessus tout, pour redonner vie à leur corps en perdition, ces frondeurs ont tout simplement demandé la nomination d’un titulaire au ministère des Travaux Publics. Ce qui fut le mardi 24 février dernier par la nomination de Komlan Kadjé.

Si malgré le rattachement à la Présidence vanté comme l’alternative pour une meilleure gestion, pour lutter contre l’incompétence, le secteur a continué sa descente aux enfers, doit-on comprendre que Faure Gnassingbé n’est pas plus compétent que Célestin Ekpaou Talaki limogé ? La question reste posée, quand on sait que le « Leader nouveau » lui, n’a géré le secteur que durant six (06) mois et que sous lui, il n’y a pas eu d’inondations, mais le secteur se porte très mal.

T.Shalom


Journée économique du Togo à Paris : De la nécessité de faire le ménage avant de courtiser les investisseurs

Très prochainement, une délégation d’hommes d’affaires togolais et de membres du gouvernement conduite par le Premier Ministre Gilbert Houngbo se rendra à Paris pour, dit-on, « une journée économique du Togo ». A en croire les informations publiées à  cet effet, il s’agira d’aller « vendre le Togo » aux opérateurs économiques étrangers et de les motiver à venir investir dans le pays directement ou à y signer des  contrats avec des opérateurs locaux. Autant l’intention est bonne, autant il est important de dresser un portrait de l’environnement des affaires dans lequel la Chambre de Commerce et le gouvernement invitent les investisseurs étrangers.

Dans ses rapports annuels sur la pratique des affaires dans le monde, la Banque Mondiale présente une photo pas trop reluisante de l’environnement des affaires dans notre pays. Dans son édition 2009, le Togo est classé 163ème sur 181 pays pris en compte. Le classement est plus illustratif lorsqu’on le  compare avec ceux des années précédentes. En 2008, le Togo était classé 159ème, un chiffre qui montre que la pratique des affaires a régressé dans le pays. Un an plus tôt, la performance du pays l’a placé au 151ème rang.

De ces différents classements, il ressort que l’environnement des affaires ne  cesse de se dégrader au Togo, malgré toutes les dispositions que le gouvernement claironne avoir prises pour l’améliorer. Dans les détails, les contradictions sont plus flagrantes.

En matière de création d’entreprises, le Togo est classé 179e sur 181 en 2009, un classement identique à celui de 2008. En matière d’impôts, de l’année dernière à cette année, le pays a régressé de 8 points et est classé 147e, une régression également notée par rapport au critère dénommé « obtention de prêts » (-4).

« Protection des investisseurs », c’est une autre variable étudiée par les experts de la Banque Mondiale qui relève là aussi une régression d’un point… Autant d’indications qui montrent que l’environnement togolais n’est pas des plus propices aux affaires. Ces indicateurs chiffrés ne reflètent que trop ce qui se passe réellement sur le terrain.

          On se rappelle « l’affaire Fick-Sicka », une affaire de récupération de projet que beaucoup ont qualifiée de « tribaliste ». Mais, à ce jour, aucune décision de justice ni du gouvernement ou des services compétents n’est prise pour situer l’opinion. Une autre affaire est celle qui est en cours entre les sociétés Ramco et Sapna. Dans ce cas comme dans le premier, l’efficacité de la Justice qui doit rassurer les autres opérateurs économiques, se fait toujours désirer.

En ce qui concerne la fiscalité et les frais de douane, le pays est loin de servir d’exemple. Il ne se passe de jour où les opérateurs économiques exerçant au Togo ne se plaignent du coût élevé de la fiscalité togolaise. Pire, des mesures plus contraignantes sont de plus en plus prises à l’égard des entreprises de la zone franche. La pause fiscale, la mesure la plus attrayante pour ces entreprises (10 ans au Togo contre 15 ans au Ghana) se durcit. On annonce parmi les opérateurs économiques un affolement qui pourrait provoquer un départ massif des entreprises qui composent majoritairement d’ailleurs le tissu industriel national.

          Depuis quelques temps, on parle de guichet unique à la chambre de Commerce pour alléger les procédures de création d’entreprise. Mais en réalité, la procédure qui ne devrait durer que 15 jours prend une éternité pour aboutir. Un autre guichet illicite parallèle au guichet officiel aurait été découvert au sein même du cabinet du ministre du Commerce.

          Parlant des infrastructures, là encore le Togo n’offre ni d’avantages comparatifs ni de grandes  facilités. En témoigne l’état défectueux des routes et dont la réfection est souvent confiée à des entreprises de gré-à-gré, en violation des principes orthodoxes de passation des marchés. Les télécommunications, l’énergie, l’eau, tous ces secteurs stratégiques connaissent de sérieux problèmes qu’on ne finit jamais de résoudre…

Voilà le visage que présente l’environnement des affaires au Togo. Pour beaucoup d’observateurs, Gilbert Houngbo et son équipe devraient plutôt assainir la maison avant d’aller se vanter dehors. Un préalable qui n’a pas été respecté. D’ailleurs le proverbe « A bon vin point d’enseigne », est très évoqué par certains qui croient que la ruée des investisseurs étrangers vers le Togo ne sera qu’une suite logique de l’amélioration du climat des affaires dans notre pays. Pour ceux-ci, tout devra commercer par là.   

Maxime Domegni


Deux malfrats abattus à Attiégou

            Lomé et ses environs sont-ils totalement débarrassés des gangs qui détroussent, pillent, violent sous la menace de coupe-coupe tranchants comme des lames de rasoir et des armes à feu? En tout cas sans crier trop tôt victoire, ils ont quand même subi un rude coup ces deux dernières semaines. Le regain de dévouement des agents de la Gendarmerie et de la Police nationale a permis de mettre hors d’état de nuire trois groupes de malfrats dans trois quartiers différents de Lomé.

          Ce furent, vous vous en souvenez sans doute, les trois malfrats abattus par les gendarmes à Agoè-Kitidjan qui ont ouvert ce ballet de « nettoyage », suivis quelques jours plus tard des quatre autres à bord d’un véhicule neutralisé à Aflao-Soviépé par les éléments de la BAC de la Police nationale. Comme si c’est leur période de malheur, deux autres sont tombés dans les mailles de la Gendarmerie nationale à Attiégou. En moins de deux semaines donc, pas moins de neuf (9) braqueurs ont été neutralisés et à jamais.

Ce qui choque dans tout cela est leur « témérité » malgré que les forces de sécurité leur courent après. C’est-à-dire que ces gangs se sentaient en territoire conquis après le relâchement constaté du dispositif sécuritaire, surtout du dispositif Araignée qui a totalement disparu. Aujourd’hui que la sécurité semble être remise d’aplomb, les Togolais ne peuvent qu’applaudir mais tout en gardant un air attentionné sur le déroulement des événements. Ce n’est pas cherché des poux sur un crâne rasé mais au Togo, on sait très vite récupérer les événements. « On peut commencer par ramasser des cadavres autres que ceux des braqueurs et voleurs dangereux », soupçonne un observateur.

F.S.


Epervier du Togo : Jean Thissen probable sélectionneur du Togo

Le Belge Jean Thissen va probablement devenir le nouveau sélectionneur des Eperviers du Togo dès le début de cette semaine, L’information est confirmée depuis le vendredi dernier par des sources proches du ministères des Sports et de la Fédération togolaise de football (FTF) qui  assurent que si le contrat n’a pu être signer en fin de cette semaine, c’est en raison de l’absence au pays du président de la Fédération togolaise de football (FTF), Rock Gnassingbé

« La présence du président de la FTF est nécessaire puisqu’il lui revient de certifier ce contrat », a précisé une source du ministère des Sports. La certification serait une exigence de Jean Thissen, dit-on, afin de ne pas tomber dans les mêmes erreurs que son prédécesseur Henri Stambouli, « Si le contrat ‘est pas certifié par la FTF, aucun litige dans son application ne peut être porté devant le FIFA. C’était le problème qui s’était posé à Stambouli au moment de réclamer ses droits », a ajouté la source.

          Après le faux bond de l’Allemand Peter Zeidler avec lequel les discussions étaient pourtant bien avancées, avant que  Hoffenheim ne lui augmente son salaire, les autorités sportives togolaises ont dû relancer d’autres pistes comme celles du Belge Jean Thissen et de l’Allemand Christoph Ebner. Mais c’est visiblement le Belge avait pris de l’avance puisqu’il était dans le staff technique togolais qui a conduit l’équipe nationale en France le 11 février dernier pour le match amical contre le Burkina Faso. Et même si Jean Thissen était resté dans les travées du stade de Rouen pour n’avoir pas signé avant ce déplacement, il est rentré à Lomé pour poursuivre les discussions qui ont finalement abouti

Jean Thissen, 63 ans, avait qualifié en 1994, le Gabon pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), l’un des adversaires du Togo pour le dernier Tour des qualifications combinées CAN et Mondial 2010 dans le groupe A aux côtés du Cameroun et du Maroc..

Le technicien Belge qui a entamé sa carrière d’entraîneur en 1980 a également dirigé plusieurs clubs en Suisse, au Portugal, au Qatar, en Belgique et en France.

En Afrique, il a aussi entraîné de grands clubs tels que Raja de Casablanca au Maroc, le  Stade Tunisien en Tunisie et le Mouloudia d’Alger en Algérie.

TGA


Le football menacé par l’argent ?

           Alors que le monde est ancré depuis plusieurs mois déjà dans une crise financière sans précédent, du côté du football, les joueurs sont loin de ressentir les conséquences de cette situation. En effet, l’argent continue de couler à flot dans le monde du football, mais est-ce bien positif pour le sport le plus populaire au monde ?

La Premier League sur son nuage

Deux milliards d’euros par an ! Aussi indécent que cela puisse paraître, c’est cette somme colossale que le groupe britanique BskyB a investi pour pouvoir diffuser la plupart des rencontres du championnat de Premier League. A l’heure où de plus en plus de personnes sont dans la nécessité, le championnat anglais semble bien loin de ces préoccupations. Ainsi, cette somme est presque 4 fois supérieure à celle investie par les médias français pour la diffusion de la Ligue 1. Plus que jamais, le football semble à l’abri du besoin. Il semble même difficile pour une personne lambda de s’imaginer tout ce que représente cet argent.

Des salaires démentiels

Récemment, le site Internet Futebol Finance a rassuré tous les supporters qui craignaient que leurs petits protégés ne soient affectés par la crise financière et, une chose est sûre: les stars planétaires n’ont pas de problèmes de fin de mois. Ainsi, le milieu de terrain du Milan AC qui s’est récemment permis le luxe de refuser un transfert vers Manchester City qui aurait rapporté 113 millions à son club, occupe la première place du classement des joueurs les mieux payés de la planète en compagnie de Zlatan Ibrahimovic. Chacun d’eux touche 750.000 euros par mois (soit 47 ans de salaire d’un ouvrier au SMIC)... Une fois de plus, ce classement confirme que la Ligue 1 est à la traîne: le premier joueur dans ce classement est Karim Benzema, il occupe la 47e place avec un salaire de 4.800.000 euros annuels.

La fin du rêve pour Abramovitch?

Il y a quelques années, l’arrivée du milliardaire Roman Abramovitch à la tête du club de Chelsea avait fait grand bruit, et pour cause, l’homme d’affaires russe qui possède la 16e fortune mondiale a mis à la disposition du club londonienne un enveloppe d’argent presque illimité. Cela a permis notamment au club de se payer Drogba, Lampard ou Essien. Cependant, pour une fois, même les plus grands semblent avoir été touchés par la crise financière. En effet, les médias ont annoncé que le milliardaire russe aurait perdu avec la crise financière plusieurs milliards d’euros, ce qui pourrait le contraindre à se séparer du club.

Mais est-ce vraiment la fin des milliardaires dans le foot ?

Malheureusement pour les amateurs de football qui estiment leur sport pourri par l’argent, on est loin d’arrêter de voir des riches hommes d’affaires racheter les clubs les plus prestigieux. Depuis peu, ce sont les hommes d’affaires des Emirats qui se distinguent. L’exemple le plus frappant est celui de Manchester City désormais contrôlé par Suleïman Al-Fahim, un multimilliardaire qui souhaite faire venir au club les plus grands joueurs du monde. Après être passé à quelques cheveux de faire venir Kaka au club pour un salaire de 18 millions d’euros par saison, il veut s’attaquer aux Messi, Fabregas et à tous ceux qui affolent la planète foot.

Alors que dans plusieurs secteurs, le manque d’argent créé de graves problèmes, on peut se demander si dans le monde du foot, il n’est pas entrain de se passer une situation inverse: l’argent n’est-il pas en train de tuer le football à petit feu ? A force d’investir des centaines de millions d’euros, les milliardaires sont bien partis pour éradiquer le suspens...

Forum de la Semaine 433 du 26 fev. 2009
Bataille autour du monopole de la marque LG : Quand la Sté Ramco verse dans l’abus de position dominante

Le Togo est un pays à économie libérale où les commerçants sont libres d’importer toutes les marchandises qu’ils veulent, à condition simplement de s’acquitter des taxes d’impôt et de douane. Cette disposition, du moins cette réalité, la société RAMCO semble l’ignorer en se croyant au-dessus de la loi. Depuis juin 2006, une affaire oppose la société RAMCO Limited à la société SAPNA et 17 autres commerçants togolais, africains et indiens établis au Togo.

Les faits

Le 13 juin 2006, Maître Sylvain Attoh-Mensah, Avocat à la Cour, conseil de la société RAMCO Limited envoie une requête au Président du Tribunal de Première Instance de Lomé pour solliciter l’autorisation de faire procéder à la saisie des produits qui sont selon lui «illégalement vendus» sur le marché togolais et de les mettre sous-main de justice. Dans sa requête, Maître Attoh-Mensah estime que la société dont il est le conseil «a conclu un contrat d’exclusivité avec la société L.G. Electronics Inc dont le siège est à Séoul (Corée du Sud), un contrat d’exclusivité d’importation et de vente sur les produits comme les téléviseurs, climatiseurs, réfrigérateurs et systèmes de musique et autres de marque L.G».

Selon lui, «nonobstant  cette exclusivité, la société RAMCO Limited a constaté que beaucoup de magasins ou de commerçants sur la place sans avoir acquis lesdits produits  auprès de ses boutiques, se mettent à les commercialiser et que malgré des communiqués et des mises en garde, la Société RAMCO Limited s’est aperçue que cette commercialisation s’est accentuée ; qu’elle a même requis le ministère d’un Huissier de Justice qui s’est assuré du fait dans les magasins suivants : Société SAPNA Ltd, ETS Amadou Seyni, ETS the Best Grace, General Electronique, ETS KAK, Idriss et Frères, ETS Rob Best, ECN Trading Company ; que cette situation lui crée un trouble commercial car elle  dépense d’importantes sommes d’argent pour le transport des produits de marque L.G. ;  et qu’il y a donc lieu de mettre fin à cette situation que l’avocat qualifie de scandaleuse».

          Suite donc à cette requête, le Président du Tribunal de Première Instance de Lomé, le juge Tchodiyè  Kouyou par ordonnance  N°1148/2006 du 14 juin 2006, a autorisé la société RAMCO Limited «à saisir et à enlever tous les produits L.G. sur lesquels elle détient un contrat d’exclusivité se trouvant dans les magasins  cités plus haut et dans tous les autres magasins susceptibles de commercialiser les produits susvisés». En exécution de cette décision, une horde  de gendarmes avec fusils et matraques ont fait irruption dans les boutiques pour saisir les marchandises de 45 commerçants dans toute la ville de Lomé.

Les autres commerçants avaient pris peur de RAMCO mais la société SAPNA et 17 autres commerçants se sont rendus auprès du ministre de la Justice d’alors,  Maître Tchessa Abi qui a trouvé cette situation anormale. Une procédure d’assignation en nullité a été engagée contre RAMCO par la société SAPNA et les 17 autres commerçants. Le Tribunal de Première Instance de Première Classe a, suite à une audience publique des référés, présidé par le juge Tchodiyè Kouyou  le 23 mai 2006, ordonnés «la main levée et la restitution immédiate des marchandises saisies» après que Maître Agbahey, Conseil de la société SAPNA eut démontré l’illégalité et l’irrégularité de cette saisie.  Les marchandises furent restituées à la société SAPNA et à tous les autres commerçants qui, à leur tour assignent la société RAMCO Limited en nullité de saisie et en dommages intérêts.

Le 08 août 2008, le Tribunal  rend le jugement N°2385/08 qui a été   enregistré au Service des Domaines contre un payement de 5 millions de F CFA. Après l’enregistrement,  il a été fait apposer la formule exécutoire par le greffier en chef. La signification de la Grosse a été faite par Me Paraïso  avec commandement de payer le 08 août 2008.  Selon les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique) , il n’est plus question d’appel puisque l’appel devient dilatoire. Le jugement ordonnait à payer aux requis la somme de 100 000 000 F CFA à titre de dommages et intérêts.

Malgré cette disposition, Me Attoh-Mensah fait un appel dilatoire pour le compte de RAMCO. Concomitamment, il assigne la Société SAPNA et les 17 autres commerçants en référé, en demandant un sursis à exécuter contre le en question.  Le juge de référé, Abalo Petchelebia, président de la Cour d’Appel de Lomé par décision ordonne le payement des 50%.  Ce que la société RAMCO n’a pas respecté jusqu’à ce jour.

Contre toute attente et à la grande surprise de la société SAPNA et autres, le Président du Tribunal de Première Instance signe cette ordonnance sur  une simple requête contre un jugement de fond  N° 2385/08, lequel jugement est querellé déjà devant la Cour d’Appel.  La société SAPNA et autres ont demandé la rétraction de ladite ordonnance par référé  en Première Instance, mais la demande a été rejetée on ne sait sur quelle base légale.

Le fourvoiement de Me Attoh-Mensah

Dans le  dossier RAMCO contre SAPNA et autres, Me Attoh-Mensah le conseil de la société RAMCO s’est mal pris et les arguments qu’il développe pour protéger son client ne tiennent pas la route.  Lorsque l’affaire a été portée devant le tribunal, Maître Attoh-Mensah et son client  étaient incapables de produire le contrat d’exclusivité qui lie la société RAMCO avec la société L.G.  De plus, il faut retenir que, s’il y a contrat d’exclusivité et que ce dernier est violé, la société RAMCO ne peut s’en prendre  qu’à son fournisseur.  En aucun cas elle n’a le droit de procéder à la saisie des marchandises se trouvant sur le marché.

Dans le tiece-opposition  au jugement N°2385 /08 du 08 août 2008 condamnant la société RAMCO à payer aux requis la somme de cent millions (100 000 000) F CFA,  Maître Attoh-Mensah estime que ces sociétés tentent d’exécuter cette décision contre RAMCO S.A qui est une personne différente de celle visée par ce jugement.  A l’actif de son argument, il affirme que suivant acte notarié en date du 20 décembre 2005, donc vieux d’un an plus que le prétendu acte d’assignation du 28 juin 2006, la société RAMCO LTD d’alors avait, lors d’une assemblée générale extraordinaire, procédé à une modification de ses statuts et s’était transformée en Société Anonyme;  en d’autres termes, la société RAMCO LTD n’existe plus depuis lors  pour se voir opposer le jugement N° 2385/08. Par ces motifs, il demande à ce que ces sociétés soient  condamnées à payer à RAMCO  la somme de cinq cent millions (500 000 000) FCFA   à titre de dommages intérêts en réparation du préjudice subi lors des saisies intempestives  des biens de cette dernière.

Suite à ces arguments, le Président du Tribunal de Première Instance de Lomé par ordonnance N° 2380/08 ordonne le sursis à exécution du jugement N° 2385/08.

Nous savons tous que le rôle d’un avocat est de défendre par tous les moyens son client, même si ce dernier a tort. Mais dans le cas d’espèce, les arguments de Maître Attoh-Mensah sont tirés par les cheveux. Comment peut-on estimer que juste le changement de dénomination suffit à une société dirigée par la même personne pour se soustraire d’une condamnation. En accédant aux arguments du conseil   de la société RAMCO, le Président du Tribunal de Première Instance de Lomé crée un précédent dangereux  parce qu’il suffira un jour à une société condamnée par la justice de changer de dénomination pour se tirer d’affaire.

Toutes ces gymnastiques juridiques confortent la société SAPNA et les 17 autres commerçants que Maître Attoh-Mensah fait de la diversion dans un dossier qu’il a mal ficelé.  Au lieu de chercher à créer des blocages artificiels avec la complicité de certains juges, il ferait mieux de convaincre son client à régler cette affaire à l’amiable. Le Togo demeure un pays à économie libérale et nul ne peut se prévaloir de sa position dominante et de ses relations pour écraser les autres commerçants qui font des affaires et payent aussi des impôts. Pour l’image de la Justice dont on ne cesse d’évoquer la modernisation, il urge que le droit soit dit dans cette affaire SAPNA et autres contre RAMCO.

F S


CPDC / De la question de la Facilitation : Un compromis à vite oublier
Recourir au chef de l’Etat, en cas de blocage, pour une conciliation des différentes parties et, en cas de blocage persistant, faire appel à la Facilitation. C’est l’accord auquel sont parvenus les protagonistes au CPDC mardi. « En cas de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le Président de la République. Le Chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres du cadre, les solutions appropriées et recours à la facilitation le cas échéant », indique le communiqué final. On ne peut que se féliciter de cet accord arraché au forceps quand on sait l’encre et la salive qu’a fait couler cette problématique du recours à la Facilitation.

Un compromis à l’arraché

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) s’est résolument opposé à cette requête de recours à la Facilitation faite par l’Union des Forces de Changement (UFC) depuis la seconde séance du Cadre  permanent de dialogue et de concertation (CPDC). De report en report, on en est arrivé à une crise de confiance ouverte en l’absence de compromis, et à la 7e séance du mardi  17 févier, c’était le clash. La crise était telle que l’UFC a dû requérir une suspension des discussions jusqu’au vendredi 20 février. Selon les termes du communiqué final ayant consacré ce blocage, le parti de Gilchrist Olympio a requis cette interruption   afin d’aller consulter sa base. Faux, rétorque-t-on ici. On allègue que par cette requête, on voulait plutôt donner au camp de l’obscurantisme le temps de revenir à la raison. Tout compte fait, cette suspension n’aurait pas servi à grand-chose, puisque les positions sont restées inchangées. A l’UFC, on est formel et on a fait de ce recours à la Facilitation la condition pour la poursuite sereine des discussions ; mais au RPT, on accuse l’UFC de faire de cette demande un point de fixation et réitère la position de ne recourir qu’à l’arbitrage du chef de l’Etat Faure Gnassingbé en cas de blocage. Comme baromètre de cette mésentente, la reprise des travaux a été effectuée une fois de plus sur fond de divergences. Mais heureusement à la 9e séance le lendemain, les protagonistes sont arrivés à un accord qui débloque la situation. Il aurait donc fallu neuf (09) séances et trois (03) jours d’interruption des travaux pour y arriver.

Ce compromis  coupe la poire en deux, puisqu’il prend en considération les positions des deux parties qui s’opposent : le RPT qui demande le recours exclusif à l’arbitrage du Président de la République, et l’UFC qui milite plutôt pour la Facilitation du Président Blaise Compaoré. Cet accord a le mérite de débloquer énormément la situation, car il permet l’adoption du règlement intérieur nécessaire au fonctionnement du CPDC. Il est donc a priori à saluer, mais il ne frise pas moins la compromission. Cet accord risque de devenir caduc à l’épreuve du temps, de ne servir à grand-chose. 

La problématique de la sincérité de Faure Gnassingbé

C’est une sérieuse problématique quand on considère l’attitude du Chef de l’Etat dans ce feuilleton de blocage au CPDC. Malgré qu’il soit le Président du Cadre, Faure Gnassingbé a à  peine levé le petit doigt pour ramener les parties à la raison. Le recours à Facilitation demandé n’a rien de mal, mais son parti s’y est farouchement opposé. Il lui aurait suffi de donner des directives et le blocage serait levé depuis. Mais il a contemplé l’impasse de loin. Ce n’était là que l’acte 1 d’un manque de volonté.

Jeudi dernier, deux (02) jours après la suspension des travaux du CPDC, le Chef de l’Etat aurait rencontré des protagonistes pour une conciliation. En tout cas, un communiqué a été servi sur les médias officiels dans ce sens. On croyait sincèrement à cette initiative et certains esprits ont même commencé à jeter des fleurs à l’« Esprit nouveau ». Mais voilà, c’était un montage, du mensonge, cette pseudo rencontre de Faure Gnassingbé  avec les protagonistes. En fait, à suivre les déclarations des responsables de l’UFC. Son Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre, se confiant à un confrère a nié une quelconque rencontre avec le Chef de l’Etat dans ce sens. L’UFC n’a pas été reçue par le Chef de l’Etat, a-t-il laissé entendre, et d’ajouter que c’est également le cas du CAR. Si ce que raconte Jean-Pierre Fabre est fondé, alors le communiqué de la Présidence de la République aurait donc dit le contraire de la vérité. Selon certaines sources, c’est avec une délégation de la CDPA, un parti non représenté au CPDC que Faure a conférée ce jeudi. De la diversion donc.  Et c’est bizarrement au «leader nouveau»  que revient la charge de jouer au conciliateur en cas de blocage. Ce qu’on craint, c’est qu’on n’arrive encore à servir un communiqué pareil pour jeter du flou dans les esprits, alors qu’il n’en serait absolument rien. C’est donc un compromis à vite oublier.

T. Shalom


L’autoroute de l’espérance

            Au Togo, l’on a souvenance que lors de la campagne présidentielle de 2005, le candidat du RPT, Faure Gnassingbé a présenté aux populations un projet de société en 20 points dénommé : « Les 20 plus de Faure ». Après 4 ans d’exercice à la tête du pays et à moins d’un an de la présidentielle de 2010, l’heure est au bilan de l’action de Faure. Et comme ce bilan ne peut se faire que par rapport à son projet de société, nous nous faisons le devoir de reprendre dans cette rubrique,  les points saillants de ses promesses en les comparant avec la réalité du terrain.

          Les campagnes électorales sont généralement le cadre de présentation des projets de sociétés des candidats ou de leurs partis appelés à briguer la magistrature suprême. C’est une évidence que c’est aussi pendant ces périodes que des démagogues multiplient des promesses pour séduire les électeurs. Dans un système démocratique, l’une des exigences pour les gouvernants est de rendre compte de leur gestion au peuple de qui ils tiennent la légitimité. Pour apprécier le travail réalisé au cours d’un mandat présidentiel ou tout autre, c’est sur la base du projet de société de l’élu que les populations se prononcent.

          S’inscrivant dans la logique de l’adage africain qui dit qu’on ne peut danser et s’apprécier à la fois, notre exercice permettra au locataire du Palais de la Marina de se faire une idée du niveau d’exécution de ses fameuses promesses.

          Monsieur le Président, nous vous savons grand lecteur du journal « Forum de la Semaine », c’est pourquoi en nous excusant par avance du dérangement parce que vous devriez être certainement occupé par les nombreuses charges liées à votre fonction, nous venons par ce billet faire avec vous le point sur vos engagements de la campagne de 2005.

          Monsieur le président, nous vous connaissons travailleur, soucieux du bonheur du peuple togolais, c’est pourquoi nous sommes persuadés que vos promesses n’ont pas été garées dans un tiroir au lendemain de votre « brillante élection », mais sont toujours sur votre bureau de Président de la République.

          Si tel est le cas, permettez-nous donc de faire ensemble avec vous le point de la situation en prenant  un à un les points de vos promesses de 2005.

          Monsieur le Président, dans ce précieux document intitulé « mon engagement pour le Togo », vous disiez au point XIV concernant les grands travaux, je cite : « Une politique de grands travaux sera poursuivie pour créer des emplois et doter le Togo d’équipements modernes. Dans ce cadre, un appel sera adressé aux pays enclavés pour mettre en chantier une autoroute appelée « fleuve de l’espérance » allant de Lomé à la frontière Nord. Ce projet  créera 100 000 emplois en 5 ans, offrira un moyen de transport efficace et sera le vecteur de notre intégration régionale ».

Monsieur le Président, ces propos que vous aviez tenus en 2005 pendant la  campagne électorale, vous ont valu des tonnerres d’applaudissements de ceux qui croyaient en vous. Quatre ans donc après ces promesses, votre fameuse autoroute est introuvable dans le pays. Parcourant le Togo du Sud au Nord, nous n’avons vu nulle part ce joyau. Vous convenez avec nous, Monsieur le Président, que notre déception est grande, d’autant plus grande que durant vos quatre années passées au Palais de la Marina, vous n’avez ni réalisé votre autoroute, ni bitumé une seule route de notre pays.

          Monsieur le Président, en lieu et place de votre autoroute et de la politique de vos grands travaux, ce sont les rues de la capitale qui sont recouvertes de latérite avec une poussière insupportable. Vous convenez avec nous, Monsieur le Président, que du moment où votre autoroute n’a jamais existé, les 100 000 emplois promis aux jeunes ne le sont pas non plus,  à la grande déception de la jeunesse.

          Monsieur le Président, comme vous, nous avons beaucoup voyagé ces 4 dernières années. Au Ghana, nous avons découvert  une autoroute reliant Tema à Accra. Elle date de la période N’Krumah. En Côte d’Ivoire l’autoroute Abidjan-Bouaké date de la période Houphouët. Au Bénin voisin, l’autoroute Cotonou - Porto-Novo date de la période Kérékou. Monsieur le Président, savez-vous que 80% de vos concitoyens qui croupissent dans la misère et qui n’ont aucun moyen de voyager ne savent pas à quoi ressemble une autoroute ? Eux qui attendaient la réalisation de votre promesse pour savoir ce à quoi elle ressemble, sont aujourd’hui déçus.

          Pour conclure, Monsieur le Président, nous sommes certains que vous êtes d’avis avec nous que votre autoroute n’a jamais existé et n’existera peut-être jamais sous ce mandat. A partir donc de ce constat fait ensemble, nous ne pouvons plus nous permettre d’abuser de votre temps. Il ne nous reste qu’à vous dire merci pour avoir accepté participer à cet exercice exaltant. Nous souhaitons vivement vous avoir avec nous pour une évaluation d’un autre point de votre projet de société. Merci, Monsieur le Président, et à la prochaine.

Ferdi-Nando


Enrichissement illicite : Les milliards du défunt Col Galley de Souza font grincer des dents

            Depuis que le paramètre « argent » a fait intrusion dans les affaires politiques togolaises après les soulèvements populaires des années 90, la plupart des protégés du pouvoir sont devenus plus riches que l’Etat togolais lui-même.

          La dernière révélation sur la colossale fortune de feu Colonel de Souza Galley (FS N°431 du 19/02/09) fait grincer des dents et suscite beaucoup de commentaires. Si certains pensent que l’information est plus que vérifiée, d’autres par contre pensent que nous avons exagéré et qu’il serait impossible au défunt intendant militaire d’engranger une fortune aussi mamouthale. A ceux-ci, nous aimerions apporter des précisions suivantes :

· Le Col de Souza, qui a quitté en avril 2006 la tête de la Direction Générale des Impôts avait eu à gérer pendant sept (7) ans cette boîte considérée comme l’une des grasses vaches à lait du système RPT. Considéré comme étant issu de la bourgeoisie côtière, il n’aura plus envie de piocher à grande échelle dans la caisse des recettes. A ce titre, il bénéficiait de la confiance totale de feu Eyadéma qui aux moments critiques de la crise politique togolaise où l’économie nationale gisait carrément par terre, lui faisait exécuter les différentes dépenses budgétaires de l’Etat. Il était à la fois l’ordonnateur et l’exécutant du budget de la boîte et au-delà, il gardait unipersonnellement la liquidité de la boîte, le coffre fort se trouvant dans son bureau. Tous les abus étaient alors permis.

· Une autre précision qui n’est pas moins importante est que le défunt Colonel n’a jamais effectué, selon nos recoupements, un versement de plus d’un milliard à la BCEAO comme avoir de l’Etat togolais. Lorsqu’il quittait en 2006 la Direction Générale, son dernier versement s’élevait à vingt-six (26) millions de FCFA à la fin du mois de mars de cette année-là !

Juste après lui, le premier versement de Mme Ingrid Awadé qui l’a remplacé à la fin du mois de mai s’élevait, tenez-vous bien, à sept (7) milliards de FCFA, puis d’une dizaine de milliards le mois de juin qui suivait, et ainsi de suite de façon qu’il est maintenant possible de dire que, pour le moment, la DGI a retrouvé à quelques exceptions près, ses lettres de noblesse car elle ne fait pas moins d’un milliard de FCFA de perceptions hebdomadaires.

  Où sont passés alors ces milliards de nos francs au temps du Colonel de Souza ? On nous dira qu’à son époque, il y a beaucoup de sociétés intouchables. C’est vrai ! Mais ces sociétés étaient tranquilles parce qu’elles entretenaient non seulement le sommet de l’Etat, mais aussi particulièrement le Directeur des Impôts.

  Le Colonel de son vivant, non seulement possède des biens inimaginables, mais réalisait des projets onéreux en un temps record. Nous n’en voulons pour preuve que l’actuelle Ambassade de Libye au Togo (parmi ses nombreuses villas dans la résidence de Cité OUA) et l’Hôtel le Pélican à Ablogamé dont les réalisations sont évaluées à plus d’un milliard de FCFA chacune.

  Dire ceci, n’a pas pour objectif de salir la mémoire du défunt intendant militaire, mais, c’est juste pour attirer l’attention de nos gouvernants sur ce fléau de course aux milliards qui s’est emparé des directeurs des sociétés d’Etat depuis quelques années  et à le combattre avec la dernière rigueur. Car ils sont nombreux, tous ceux-là qui se mettaient de côté le milliard ou deux, à la fin des recettes mensuelles des sociétés qu’ils sont appelés à gérer, sans compter les dessous de tables et les traitements faramineux dont ils bénéficient déjà.

Qu’une enquête soit ouverte sur non seulement le dossier de Souza, mais aussi sur la fortune de tous ceux qui ont dirigé les Douanes, les Télécommunications, le défunt OTP etc. car, le Togo regorge d’énormes ressources financières qui peuvent permettre de relever le niveau de vie des populations, pourvu que les gouvernants soient « sérieux » dans la gestion des affaires de la cité. A suivre de près donc.

F.S.

Forum de la Semaine 432 du 23 fev. 2009
Et si Faure Gnassingbé fuyait ses responsabilités ?

Le dire ainsi n’est que pur euphémisme, afin de ménager des sensibilités, éviter de sonner ceux qui ne jurent que par son nom ou celui de la famille. Sinon à maintes reprises, on est tenté de le dire à l’affirmative. Et ce ne sont pas les faits qui manquent. Le cas d’actualité est la situation au sein du cadre permanent de dialogue et de concertation.

L’imbroglio au CPDC

          Les discussions au sein de cet organe érigé au forceps le 04 février dernier sont interrompues depuis le mardi 17 février, sur requête d’une des parties prenantes, l’Union des Forces de Changement (UFC). Pas pour le plaisir. Ce parti y a été poussé par l’obscurantisme du Rassemblement du peuple Togolais (RPT) qui s’oppose résolument au recours à la Facilitation demandé par l’opposition depuis l’ouverture des débats. Selon les termes du communiqué ayant sanctionné la dernière séance, l’UFC a voulu profiter de cette interruption pour consulter ses mandants et réfléchir à la conduite à tenir. Ainsi, les discussions qui se tenaient quotidiennement depuis la mise en place du Cadre n’ont pu avoir lieu mercredi, jeudi et vendredi. Elles sont censées reprendre aujourd’hui. Mais là aussi, rien n’est sûr. En tout cas, même si la reprise se faisait officiellement, il est à redouter le manque de sérénité lors des débats. L’atmosphère risque d’être lourde, à considérer les déclarations de la partie requérante de cette suspension.

          Dans une note officielle datée du jeudi 19 février dernier, après des réunions du Bureau national et du groupe parlementaire, l’UFC est restée formelle ; « l’adoption d’un règlement intérieur, incluant le recours à la Facilitation est fondamentale pour la reprise  et la poursuite sérieuse et sereine des travaux du CPDC », fait-on savoir.

          Voilà la situation. Mais il faut avouer qu’on aurait évité cette impasse, si le Chef de l’Etat avait pris à temps ses responsabilités. Le décret instituant le Cadre a pris soin de préciser que c’est lui qui assure sa présidence. Les divergences qui sont à l’origine de cette interruption se sont signalées depuis la deuxième séance du mardi 10 février. A l’UFC et au CAR qui exigent le recours à la Facilitation s’opposent le RPT et le gouvernement, à entendre les propos de Gilbert Bawara qui le représentait dans le CPDC. Et les positions sont restées telles jusqu’à la septième (7e) séance qui a consacré la rupture. A chaque séance, la question est mise sur le tapis, aucun consensus ne se fait et elle est renvoyée à la rencontre suivante. Pour le même résultat. Et pourtant, ce n’est pas le sexe du diable que demandait l’opposition ! L’argumentaire développé par le RPT pour réfuter cette demande est d’ailleurs tiré par les cheveux.

          Faure Gnassingbé est censé être mis au parfum des discussions par son représentant, le très fidèle ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales Pascal Bodjona. En tant que Président du CPDC, il aurait pu appeler les protagonistes à la raison. Mieux, en tant que Président du RPT, il lui suffisait de donner des ordres à ses éléments et le tour serait joué. Ainsi la question de la Facilitation serait réglée depuis et n’aurait pas entraîné la crise de confiance et le blocage actuels. Ah, on oubliait, Faure Gnassingbé est juge et partie dans ces discussions au CPDC, et il a beaucoup à gagner que les débats s’achoppent !

L’équation Titikpina

          Même si certains émettaient de sérieuses réserves, les Togolais dans leur majorité avaient apprécié à sa juste valeur le sort subi par Ferdinand Tchamsi et le ministre des Transports et des Travaux Publics Célestin Ekpaou Talaki, à la suite des terribles inondations de juillet-août 2008. La procédure utilisée pour trancher la question du Fonds d’Entretien Routier (FER) laissait énormément à désirer. La société a été…supprimée ! Mais c’est la finalité qui compte. Les deux personnalités dont la responsabilité était lourdement engagée dans la survenue de ces inondations, et surtout des écroulements de ponts Ferdinand Tchamsi et Célestin Talaki ont été virés, et le ministère des Travaux Publics rattaché à la Présidence de la République, lors de la formation du gouvernement Gilbert Fossoun Houngbo en septembre 2008. Faure Gnassingbé avait donc eu droit à tous les honneurs à l’époque, pour avoir pris ses responsabilités. Mais le bon sens ne comprend pas son inaction devant le cas Atcha Titikpina.

          En effet, le nom du Colonel a été formellement cité dans les violences survenues à Tchamba il y a quelques temps. Des sources l’ont nommément accusé d’être l’instigateur des troubles qui ont occasionné des blessés et des dégâts matériels, par le fait de milices qu’il aurait armées. Les témoignages de son « frère ennemi » chef canton Titikpina Oudja-Bouh sont assez édifiants. Le drame, c’est que c’est cet homme qui est censé assurer la sécurité et la protection civile des Togolais qui est mis en cause. On attendait que le Chef de l’Etat prenne ses responsabilités et limoge le ministre considéré comme «une  brebis galeuse» dans son propre milieu. Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, lors d’un conseil des ministres, c’est plutôt la victime des violences  qui sont supposées être instiguées par Atcha Titikpina, son frère le chef canton, et le Préfet qui ont payé le prix fort. Le décret de nomination a été retiré  au chef canton et le Préfet lui, est limogé. Quant au tout-puissant ministre de la Sécurité et de la Protection civile, il n’a nullement été inquiété.

L’homme est certainement un intouchable, un ami du chef. Mais aujourd’hui, c’est sa compétence  qui est mise à rude épreuve par la recrudescence de  l’insécurité. En effet, Lomé n’est plus vivable. Il ne se passe plus de nuit où on n’entende un cas de braquage. Les voleurs font la loi, situation permise par la démission de l’opération Araignée. Cela fait un bout de temps que la presse rapportait des cas de braquages et alertait ainsi les autorités sécuritaires à prendre la mesure de la chose. Et aujourd’hui, l’insécurité est la  chose la mieux  partagée. Voilà une raison de plus pour que Faure prenne ses responsabilités. Mais c’est mal connaître le Chef de l’Etat.

Au-delà de ces illustrations fortes du Cadre permanent de dialogue de concertation et de l’insécurité à Lomé, on peut trouver d’amples domaines où on ne sent pas le Chef de l’Etat.  Point n’est besoin de revenir sur la question de la vie chère, le quotidien des populations. Faure Gnassingbé semble  avoir démissionné de toutes ses prérogatives.     

T.S.


Insécurité et grand banditisme : Double opération de « nettoyage » des forces de sécurité

·         7 braqueurs mis hors d’état de nuire

En moins de 4 jours, les réseaux des braqueurs qui hantent les nuits des paisibles populations de Lomé ont subi de grands coups. Bilan de ces opérations, pas moins de sept (7) malfrats mis hors d’état de nuire.

Tout avait commencé dans la nuit de mardi à mercredi dernier. Trois malfrats s’en sont pris à une maison dans le quartier d’Hédrzanawé. Selon les témoignages recueillis, le sieur Moumouni et sa famille qui revenaient de l’aéroport ont été attaqués dès leur arrivée à leur domicile par trois individus armés qui ont volé argent, bijoux et téléphones portables.

Mais comme le dit si bien l’adage « quarante jours pour le voleur, un seul pour le propriétaire », les malfrats ne savaient pas qu’ils étaient pistés par des éléments de la gendarmerie nationale. La traque les mena de Hedzranawoe à Agoè-Kitidjan où les bandits ont leur retraite. La suite, ce fut des échanges de tirs nourris. A la fin, les trois malfaiteurs ont été mis hors d’état de nuire.

Trois jours plus tard, ce furent  quatre autres bandits qui ont été abattus cette fois-ci par les éléments de la police nationale. Selon les informations, les malfrats ont été maîtrisés, après des échanges de tirs, et une course poursuite qui a démarré aux alentours des voies pavées du quartier Djidjolé, suite à leur refus d’obtempérer à une sommation d’arrêt des forces de l’ordre. Selon celles-ci, elles ont été alertées qu’une bande de braqueurs projetait opérer dans le quartier Afla-Soviépé. C’est ainsi que le véhicule des bandits a été intercepté sur les voies pavées de Djidjolé, mais ils ont choisi de prendre la fuite. Poursuivis jusqu’au niveau des rails d’Aflao Soviépé, ils ont ouvert le feu sur les véhicules de la police. Celle-ci a riposté et atteint les pneus du véhicule des malfrats qui se sont trouvés dans l’obligation d’abandonner leur voiture. Ce sera la fin de cette cavale des 4 malfrats, qui au cours d’une fusillade, ont péri sous les tirs nourris des forces de l’ordre.

F.S.


Sit-in de 48 heures du personnel de la LIMUSCO

Le personnel de la LIMUSCO observe depuis ce matin un sit-in de 48 heures pour protester contre la non satisfaction des doléances qu’ils ont porté devant le ministre des Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. C’est du moins ce qu’on l’on apprend de sources proches de cette institution.

Le personnel qui cumule 17 mois sans salaire avait soumis le 16 février dernier à leur ministre de tutelle, un cahier de doléances qui relevait les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Il s’agit essentiellement des problèmes de frais de scolarité de leurs enfants, des frais de déplacements, des difficultés de paiements des loyers, manque de moyens pour s’assurer des soins médicaux etc.

Selon les informations, près 172 familles vivent dans une misère sans précédent. Et c’était pour alléger un peu leur situation que le syndicat du personnel de la LIMUSCO (SYNPERLIM) a souhaité que l’autorité de tutelle leur paie 5 mois d’arriérés de salaires.

Le mouvement prendra fin demain. On espère que les autorités prendront des mesures nécessaires pour soulager ces agents et leurs familles.

FS

Forum de la Semaine 428 du 10 fev. 2009
Gilbert Bawara, ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du Territoire à Forum de la Semaine  « L’UFC et le CAR soulèvent des inquiétudes légitimes mais posent mal le problème»

Le Ministre Gilbert Bawara

Monsieur le ministre, certains disent que vous faites partie d’une poignée de ministres au sein du gouvernement du Premier ministre Houngbo qui ne se soumet pas à ce dernier mais qui préfère traiter directement avec le Chef de l’Etat au nom d’une amitié séculaire. Ce fait est-il avéré ?
Je doute que vous ou quelqu’un d’autre puissiez relever dans mon attitude, dans mes actes et dans mon action en tant que ministre, quoi que ce soit de nature à accréditer ces affirmations qui relèvent souvent d’une volonté de dénigrement et de la calomnie. Il y a de mauvais esprits et quelques officines bien connues qui espèrent en calomniant, jeter le discrédit et salir l’honneur d’un ministre en le balançant en pâture à la vindicte de la meute. Cela ne m’émeut guère. J’ai énormément de respect et d’estime pour le Premier ministre Houngbo, avec lequel je partage un passé et des liens communs très forts vu notamment nos parcours professionnels. Et il sait pouvoir compter sur ma totale loyauté et mon dévouement pour la réussite de sa lourde charge aux côtés du Président Faure Gnassingbé.

Contrairement à l’opinion répandue, le Président Faure ne travaille pas par sentimentalisme. En tant que Président de la République, il est porteur d’une vision, de convictions, d’une ambition et d’un projet pour notre pays le Togo. Il juge ses collaborateurs choisis sur la base de critères de compétence et d’expérience en fonction de leurs rendements et de leur contribution à la feuille de route et aux tâches qu’il leur assigne sous la supervision et la coordination du Premier ministre.  Les considérations d’affinité personnelle ont peu de prise dans sa conception de la politique. Et vous constaterez bien que les copinages et les affinités personnelles et historiques qui sont l’unique fondement d’une répartition des responsabilités dans certains partis politiques de la place ne sont pas une pratique ni au sein des institutions d’Etat ni au sein du RPT.

Si d’aucuns le disent, c’est parce qu’il y a aussi un précédent avec l’ancien Premier ministre Me Yawovi Agboyibo qui vous avait accusé d’avoir pris des initiatives sans l’aviser.
Les faits auxquels vous faites allusion ont été inutilement et injustement montés et amplifiés à l’époque, peut-être parce que ceux qui les colportaient et en étaient à l’origine cherchaient un bouc émissaire et un prétexte commodes pour justifier certaines carences et faiblesses en voulant imputer un éventuel échec de l’action gouvernementale à un prétendu entourage du Président Faure qui les auraient empêchés de travailler convenablement. Mais les faits sont têtus. Rappelez-vous les tracts qui se fabriquaient au cœur même des lieux du pouvoir à l’époque pour dénigrer certains ministres ou collaborateurs du Président Faure! La ruse et la dissimulation, la fixation sur la popularité et les postures ne sont pas une vertu en politique et en matière de gestion de la chose publique. Heureusement, il est difficile de cacher la méconnaissance des règles de fonctionnement de l’action gouvernementale et la méprise des procédures des partenaires au développement derrière les prétendus agissements d’un ministre.

A l’époque, la lettre de mission que le Premier ministre Agboyibo m’avait édictée comportait deux objectifs essentiels : assurer une implication plus forte et active des Togolais de l’extérieur dans la nouvelle dynamique politique et mobiliser les ressources requises pour la tenue des élections législatives. Sur le premier point, Dieu merci, aujourd’hui il existe un climat de détente et de concertation avec la communauté togolaise à l’étranger. Les récriminations et acrimonies d’autrefois sont considérablement atténuées. Aujourd’hui plus que par le passé, de nombreux Togolais de l’extérieur reviennent au pays pour y travailler ou pour se rendre compte des évolutions positives en cours.

Pour le reste, c’est en stricte conformité avec la lettre de mission précitée et dans ma fonction en tant qu’ordonnateur national des fonds de développement de l’Union européenne que j’avais agi. Et c’est moi-même qui avais rendu compte au Premier ministre de la correspondance que je venais d’adresser à la Délégation de l’Union européenne, comme je le fais quotidiennement avec de nombreuses correspondances que j’échange avec les instances de l’Union européenne. C’est le lendemain de ce compte rendu, que j’ai appris avec beaucoup d’étonnement que les rédactions des journaux de la place et les environs de Dékon étaient inondés d’une lettre de protestation émanant du Premier ministre. C’est un procédé totalement contraire aux principes et règles de l’Administration publique. Ce qui m’a le plus peiné dans cette histoire, c’est le ridicule et le tintamarre autour d’une histoire fabriquée de toute pièce. 


Revenons sur vos actions. Vous avez signé plusieurs accords de financement avec la Communauté internationale des bailleurs de fonds, mais la liquidité tarde à rentrer dans les caisses de l’Etat. Qu’est-ce qui se passe au juste ?

Les accords de financement que nous avons déjà signés, le ministre des Finances et moi-même, avec différents bailleurs et partenaires au développement consacrent justement la reprise pleine et entière de la coopération entre notre pays et la communauté internationale, après plus d’une décennie de disgrâce. Evidemment, il existe encore un fossé entre ces signatures et le vécu quotidien des Togolais. Des inquiétudes et des impatiences s’expriment dans la société togolaise, et cela est tout à fait compréhensible et légitime. Il ne pouvait en être autrement au regard de la détérioration prononcée des conditions de vie et de travail des Togolais et au regard du délabrement des services sociaux et des infrastructures de base, engendrés par quinze années de crise. La dévaluation du franc CFA de 1994 avait déjà contribué à la dégradation de la situation économique et sociale alors que les populations subissaient déjà de plein fouet des conséquences désastreuses de la crise politique et de la grève générale et illimitée.

Aujourd’hui les progrès immenses sur le plan politique et institutionnel et le processus d’apaisement et de décrispation nous conduisent à prendre conscience du mal que nous nous sommes infligé. Voilà une des explications de la lucidité actuelle quant au sentiment de lenteur dans les transformations escomptées.

Une autre explication a trait aux exigences de rigueur et de transparence dans l’usage des ressources issues de l’aide extérieure alors que la période d’interruption de la coopération avait entraîné une érosion dans la maîtrise des règles et procédures qui régissent l’aide au développement. Et comme vous le dites si bien, le Togo n’a pu bénéficier au cours des trois dernières années des appuis budgétaires sous forme de liquidités versées au Trésor public. Dans un contexte de reprise de la coopération, la quasi-totalité des partenaires recourent aux projets dont les cycles d’évolution prennent du temps pour produire des effets palpables. Il nous faut à la fois concilier l’urgence de répondre aux attentes incompressibles et pressantes des populations avec les exigences d’une saine gestion des ressources de l’aide extérieure. 

Enfin, la multiplicité des défis et le souci du gouvernement d’agir simultanément sur tous les fronts dans un esprit de justice sociale, d’équilibre et d’équité ne permettent pas des effets visibles de grande ampleur dans les réalisations dans chacun des domaines de l’action gouvernementale. Il y a souvent des arbitrages à opérer dans les interventions de l’Etat. Mais la situation évolue vite et considérablement et la patience des populations commence à avoir des retombées bénéfiques. Il y a cinq années en arrière, personne n’aurait imaginé la régularisation et l’intégration des centaines d’agents dans la Fonction publique, pas plus que le recrutement de milliers de nouveaux fonctionnaires, le déblocage des effets financiers des avancements, les augmentations de salaires (8% cumulé entre 2007 et 2008 sans y inclure les 5000 FCFA de prime liés à la hausse des produits pétroliers et à la crise alimentaire), la baisse depuis le 1er janvier 2009 de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et de l’impôt sur les sociétés pour relancer les activités économiques et le secteur privé, la suppression des frais scolaires dans le préscolaire et le primaire, la disponibilité et l’accessibilité des intrants et des engrais, l’amélioration sensible des conditions des étudiants et des enseignants universitaires, les réhabilitations en cours des infrastructures de santé, etc. Tout ceci uniquement sur la base des ressources internes, sans creuser le déficit et sans endettement supplémentaire. Des pistes rurales ont commencé à être réhabilitées et la construction de 150 forages vient d’être lancée dans la région Maritime tandis qu’une mini addition d’eau de plus de deux milliards de FCFA sera bientôt érigée à Anié avec les ressources de l’Union européenne ; plus de 200 milliards d’apurement des arriérés et d’effacement de dettes ont été obtenus par notre pays… Beaucoup de préoccupations restent encore à satisfaire, mais le bon déroulement des programmes de réformes avec le FMI et la banque mondiale augure de meilleures perspectives.

Vous aviez dit dans une de vos déclarations que la Communauté internationale est en train de vous jauger, de voir si vous pourriez bien gérer les fonds autrement que par le passé. Quel est l’état des lieux ? Avez-vous réussi à ce test grandeur nature ?
Notre pays est engagé dans un vaste programme de réformes politiques, économiques et financières jamais initié au cours des vingt dernières années. Un socle de stabilité sociopolitique et un environnement propice à la relance de l’économie et à la reconstruction des grandes infrastructures et de services sociaux modernes sont désormais en place. La mobilisation des recettes fiscales et douanières s’améliore d’année en année. Le budget de l’Etat s’accroît de manière constante. La restructuration des secteurs porteurs de croissance est en marche, qu’il s’agisse du secteur financier et bancaire, du coton, des phosphates et des infrastructures portuaires, souvent sur la base d’audits financiers et stratégiques permettant de tirer toutes les leçons des carences et faiblesses du passé. Les principes de bonne gouvernance et de bonne gestion des affaires publiques commencent à s’imposer, grâce notamment à la vigilance de l’opinion et au travail des journalistes que vous êtes. Les réformes actuelles n’ont de sens et de signification que par rapport aux dysfonctionnements et aux dérapages qui ont pu survenir par le passé, et nos partenaires nous accompagnent avec bienveillance.

C’est parce que les réformes engagées ont produit des résultats significatifs que le Togo a pu atteindre en novembre 2008 le point de décision de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) dont l’un des effets à terme résidera dans les effacements et les rééchelonnements de dettes et l’accès de notre pays et des opérateurs économiques togolais aux crédits sur le marché financier international nous permettant ainsi de nous doter des moyens nécessaires pour les grands travaux et la modernisation du pays.

Des efforts restent encore à faire pour bénéficier pleinement des effets du réengagement des institutions financières internationales et du retour des bailleurs. Si des améliorations considérables ont été apportées à l’assainissement et à la gestion des finances publiques, il reste encore à mettre en œuvre les réformes initiées en matière de passation des marchés publics afin que le Togo puisse accéder à une généralisation des aides budgétaires globales. Voilà le sens et la portée des déclarations que j’avais faites récemment. Depuis lors, la situation a évolué, puisque l’Union européenne qui fixe généralement le baromètre des relations du Togo avec la communauté internationale a déjà commencé des appuis budgétaires pour 2009 et le gouvernement a adopté en janvier de cette année un projet de loi portant sur la régulation des marchés publics.

Comme vous le constaterez, nos adversaires politiques et nos détracteurs ne sont pour le moment porteurs d’aucune alternative sérieuse et crédible. Je regrette que les débats se focalisent trop souvent sur les questions politiques et que l’on occulte le sort et les préoccupations élémentaires de la population. Lors de la crise alimentaire et avec la hausse des produits pétroliers, je n’ai noté nulle part des propositions concrètes en dehors des efforts du gouvernement. L’évidence aujourd’hui, ce sont les jalons incontestables et les bases solides que le Président Faure est parvenu à poser en vue du redressement économique, le progrès social et la modernisation du pays.


Pensez-vous que le train de vie de l’Etat, les détournements supposés ou réels au sein de certaines sociétés d’Etat, les déplacements et fêtes onéreux au sommet de l’Etat sont de nature à démontrer la réussite de ce test ?
Dans ces secteurs, il y a beaucoup de sensationnel et de rumeurs que de vérités. Le train de vie de l’Etat togolais demeure, à ce jour, le plus modeste de la sous-région. Le budget de la Présidence de la République, les frais de fonctionnement de l’Etat sont les plus bas de toute la région ouest-africaine à une ou deux exceptions près. Vous pouvez le vérifier en examinant le train de vie de tous les Etats qui nous entourent. Quant aux détournements supposés, il y a aussi plus de rumeurs que de faits établis. En toutes hypothèses, le Président de la République a donné des instructions fermes pour le déclenchement des audits et des poursuites judiciaires chaque fois que des indices sérieux tendraient à accréditer la thèse de malversations sur des ressources publiques. L’installation prochaine de la Cour des comptes contribuera énormément à cet effort.

Quant aux déplacements et les fêtes prétendument onéreux, je voudrais vous rappeler la situation d’où notre pays vient et qui oblige les autorités à tous les niveaux à parcourir le monde pour sensibiliser les partenaires sur la nouvelle donne politique et économique, sur les réformes engagées et pour réhabiliter l’image et le prestige du Togo et parvenir à une mobilisation plus grande de soutiens extérieurs. Les résultats sont là et la communauté internationale fait à nouveau pleinement confiance à notre pays et à ses dirigeants. 

Sur un autre plan, abordant l’actualité, les réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’Accord Politique Global (APG) ont du plomb dans l’aile. L’opposition accuse votre parti de vicier l’esprit et la lettre de l’APG en usant de mauvaise foi. Des manifestations sont en perspective et l’avenir politique du Togo est instable à quelques mois de la présidentielle.  Qu’en est-il exactement ? Le RPT est-il dos au mur ?
Nous avons tendance à oublier et à occulter le contexte dont le Togo vient. Face aux polémiques stériles que certains tentent d’instaurer, au motif d’une violation alléguée de l’Accord Politique Global de septembre 2006, il convient de rappeler quelques faits et vérités d’évidence.

Sur la forme, je voudrais rappeler sans aucun esprit de polémique l’option prise par les parties prenantes à l’Accord Politique Global d’emprunter une approche graduelle et progressive conduisant, dans un premier temps, à parvenir, à travers des élections législatives anticipées, à la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale, et dans un second temps, à poursuivre les autres réformes politiques en vue de la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit dans le cadre de cette nouvelle Assemblée nationale dont le rôle primordial à cet effet a été abondamment souligné à l’article premier de l’APG. Je comprends la tentation de certains d’installer le Togo dans une situation d’exception et de singularité par rapport aux démocraties universelles où le Parlement demeure l’instance traditionnellement et constitutionnellement habilitée pour délibérer et adopter les lois. Apparemment les situations d’anomalies et de tension permanente sont un terreau fertile pour certains partis politiques, même si cela conduit à reléguer au second plan les vrais problèmes de développement du pays et le souci de  bien-être des populations.

Je trouve surprenant cet acharnement à anéantir et saper les fondements mêmes de notre jeune démocratie, pour des raisons purement stratégiques et idéologiques, par pur égoïsme et par sectarisme.  Si les élections législatives d’octobre 2007 n’avaient aucun sens et aucune portée, pourquoi alors le CAR et l’UFC s’arrogeraient-ils l’exclusivité des concertations avec le gouvernement, en plus du RPT, en excluant les autres partis politiques de l’opposition dite traditionnelle visés par les 22 Engagements et signataires de l’APG que l’on invoque par ailleurs de manière sélective. Les élections législatives, comme partout ailleurs, sont un arbitrage.

Ce qui légitime le RPT, le CAR et l’UFC à se concerter, à l’exclusion des autres signataires de l’APG c’est précisément leur présence à l’Assemblée nationale issue des élections législatives de 2007. Et comme vous le savez, le CAR et l’UFC étaient particulièrement imprégnés des effets inéluctables de la démocratie représentative, où le principe majoritaire revêt tout son sens, eux qui, lors du scrutin de 2007, firent campagne, l’un avec la prétention d’obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale (65 à 75 députés selon les propres déclarations des dirigeants de l’UFC) excluant d’avance toute idée de gouvernement d’ouverture même en direction des anciens alliés de la Coalition, et l’autre sollicitant la confiance de la population pour poursuivre les réformes entreprises par le gouvernement d’union nationale de l’époque.

La logique démocratique et le principe majoritaire sont durs, mais c’est ainsi, serait-on tenté de dire. Lorsque le PS français dépose une motion de censure contre le gouvernement Fillon, c’est sans illusion sur l’issue de la démarche, mais il ne s’en prive pas parce que l’UMP votera de manière mécanique. Regardons un peu certains pays qui nous entourent. Combien de députés d’opposition existent au Sénégal (prèsqu’aucun), au Burkina (moins d’une quinzaine), au Mali (moins d’une quinzaine) ; et pourtant ces parlements délibèrent et adoptent des lois! Maintenant qu’il y ait un besoin d’ouverture, de dialogue, de concertation et de compromis comme cela a toujours été prôné par le Président Faure Gnassingbé, c’est une autre chose. Que l’on s’astreigne à l’écoute et que l’on tienne compte de la diversité d’opinions, cela a le mérite de contribuer à l’apaisement et à la cohésion nationale. A ce propos, je considère que l’UFC et la CAR soulèvent des inquiétudes légitimes mais posent mal le problème. Il sera toujours utile et souhaitable pour notre pays de valoriser le dialogue et la concertation comme mode de recherche de compromis et de mobilisation citoyenne autour des enjeux aussi bien politiques qu’économiques et sociaux. Le fondement de cette concertation et de ce dialogue réside dans la volonté et la bonne foi des acteurs politiques, sociaux et économiques et non dans un accord politique devenu un dogme.  Il sied donc de souligner que l’Accord Politique Global n’a jamais entendu instituer une instance suprême ou parallèle pour la conduite des réformes politiques, en dehors des institutions républicaines.

Sur le fond, il s’agit donc de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de la réalité de leurs prérogatives constitutionnelles, au risque de transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et l’Assemblée nationale.

C’est fortuitement que l’Assemblée nationale est aujourd’hui composée de trois partis politiques signataires de l’APG. L’issue des élections législatives aurait pu donner d’autres configurations et l’on ne voit comment, par exemple, des députés indépendants ou issus du PSR, de l’Alliance et des autres compétiteurs auraient accepté de renoncer à leurs droits et prérogatives constitutionnels pour s’accommoder des desiderata des partis prenantes à l’APG !  

En définitive, je crois que la polémique n’a plus lieu d’être à partir du moment où les parties prenantes au Cadre permanent de dialogue et de concertation tel que réaménagé viennent d’adhérer pleinement aux initiatives du Président Faure Gnassingbé et qu’elles se sont retrouvées, chacune étant animée d’une réelle volonté d’avancer. Si l’on se débarrasse des revendications et arguties de pure forme, il est possible de parvenir rapidement à des compromis pour aller de l’avant. Il y a un esprit de totale ouverture et d’écoute attentive au niveau du gouvernement. Les discussions du Cadre permanent ont d’ailleurs l’avantage de pouvoir s’appuyer sur des propositions concrètes, des commentaires et des observations déjà formulés par le CAR et l’UFC sur le projet de loi portant révision du code électoral. Cet aspect du problème devrait donc trouver rapidement une solution. 

Alors pourquoi vouliez-vous procéder à une révision unilatérale de ce  code électoral en le sortant du cadre consensuel ?
J’espère que la réponse détaillée apportée à votre précédente question répond à votre interrogation. Nulle part l’APG n’a institué un organe ou un mécanisme comme antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme étape préalable aux délibérations de l’Assemblée nationale où les députés disposent des prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat impératif. Et contrairement à certaines affirmations, l’Union européenne n’est pas partie prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette institution à contraindre les institutions républicaines du Togo à rechercher impérativement le consensus sur les réformes projetées.

Dossier Orange à présent. Il y aurait selon nos informations, des pots de vin et la Banque Mondiale s’oppose à la procédure d’attribution du marché. Orange vient au Togo ou pas ?
La question ne se pose pas de cette manière. Il y a eu effectivement un protocole d’accord signé avec Orange, mais juridiquement, il ne s’agissait pas encore d’un contrat, mais d’une manifestation d’intérêt et d’intention des deux parties à entamer des discussions pour parvenir éventuellement à un accord. A la réflexion et sur conseil de la Banque mondiale, le gouvernement togolais a décidé de revoir la situation, de profiter de la situation pour actualiser la politique nationale de développement des télécommunications, et de s’assurer que d’éventuels nouveaux opérateurs dans le secteur ne puissent intervenir que dans un environnement assaini et conforme aux intérêts de notre pays en respectant les exigences de compétitivité et de concurrence. Le gouvernement est à pied d’œuvre avec l’assistance de la Banque mondiale. Il n’y a donc pas lieu à polémiquer.

Un autre cas préoccupant dans la gestion du RPT : Comment comprendre qu’à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, des retraités (le DG et certains de ses acolytes) refusent de libérer leur poste pour permettre à l’institution d’évoluer ? On parle là aussi des milliards de CFA détournés qu’on cherche à dissimuler.
Les changements à la tête d’une agence ou institution comme la CNSS doivent procéder d’un processus de réforme impliquant tous les acteurs concernés, à commencer par les affiliés. Et je puis vous assurer que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale y travaille. Le jour où une décision ferme sera prise au niveau du gouvernement, vous verrez bien qu’elle sera exécutoire et exécutée. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Comme cela a été le cas pour toutes les réformes et restructurations que le gouvernement opère, la question de la gouvernance d’entreprise ne doit pas être isolée de la mise en place de nouvelles règles de jeu qui déterminent le cahier de charge et les responsabilités d’éventuels nouveaux dirigeants. Agir autrement sera contreproductif.

Pour terminer, M. le ministre,  comment prévoyez-vous 2010 ? Les Togolais compteraient-ils encore des cadavres et des blessés à la place des bulletins de vote ?
Lors de sa tournée d’échange de vœux avec les populations dans toutes les régions du pays, le Président Faure Gnassingbé a dit clairement sa forte conviction, sa détermination et son engagement résolu pour un scrutin conforme aux standards internationaux et qui puisse se dérouler dans une atmosphère d’apaisement, de sérénité et de sécurité. Les initiatives qu’il vient de prendre s’inscrivent dans cette logique. La volonté du gouvernement d’entamer dès à présent les préparatifs du scrutin dénote du souci d’éviter toute précipitation de dernière minute qui engendrerait un climat de tension, de violence et de contestation. Nous avons donc intérêt à aller vite dans la mise en place de la CENI, puis à procéder à la révision du fichier électoral, tout en renforçant les conditions de sécurité.

On a tendance à l’oublier, l’une des premières mesures majeures du Président Faure Gnassingbé fut, en tirant les leçons des violences qui ont souvent émaillé les processus électoraux dans notre pays, de renforcer les effectifs et les moyens d’action de la police et de la gendarmerie ; de veiller à dissocier les missions respectives des forces de défense d’un côté et des forces de sécurité et de maintien de l’ordre de l’autre, tout en affirmant leur vocation républicaine et apolitique. Les résultats sont là aujourd’hui et il nous faut continuer à bâtir là-dessus.

Comme en 2007, le gouvernement est très avancé dans les discussions avec l’Union européenne pour la mobilisation des ressources permettant aux médias privés et publics, aux organisations de la société civile et aux partis politiques de s’engager en amont sur des initiatives de sensibilisation et d’éducation citoyenne pour raffermir la culture de tolérance, de non-violence et de respect des droits de l’Homme. Je ne vois aucun Togolais ni aucun parti ou acteur politique s’adonner à la destruction du socle et des conditions essentielles que nous venons d’instaurer aux prix de sacrifices de toute la nation pour pouvoir consacrer nos énergies et nos ressources au développement, au bien-être des populations et à la modernisation du pays. Je ne suis pas naïf, mais permettez-moi de ne pas imaginer certaines attitudes qui s’apparenteraient à un crime contre la nation.                            

Propos recueillis par Dimas Dzikodo

Gratuité de l’école : La farce de Faure qui fait problème

            La Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) était en grève de 48 h les jeudi 5 et vendredi 6 février 2009. Ce débrayage fait suite à deux entretiens, l’un avec le ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, et l’autre avec celui de l’Economie et des Finances.

            Selon la FESEN, ces deux entretiens n’ont pas permis de trouver une solution à leurs préoccupations qui se résument à la lenteur affichée dans la réalisation des mesures d’accompagnement promises après la suppression des frais scolaires, le retard accusé dans l’adoption du décret relatif aux indemnités de fonction des chefs d’établissement du secondaire 1er et 2èmes cycles, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques. A ces préoccupations, s’ajoutent d’autres problèmes à savoir le flou entretenu par les autorités sur les deux mois d’arriérés de salaire de 1999 des enseignants auxiliaires, la prise en charge des enseignants des écoles spécialisées et enfin la non interpellation des premiers responsables de l’enseignement confessionnel par le gouvernement  en vue d’aplanir les problèmes des enseignants de cet ordre.

            Cette situation désastreuse que les autorités s’activent à dissimuler n’est que la conséquence directe de cette fameuse gratuité de l’école brandie par les tenants du pouvoir comme le cadeau de Faure aux populations.

L’effet boomerang de la farce de la gratuité de l’école

            La fameuse gratuité de l’école apparaît au regard des difficultés actuelles comme une décision incongrue sans un travail préalable sur le terrain. En prenant la décision de rendre ce qu’il appelle l’école gratuite, le gouvernement avait déclaré sur tous les toits que des mesures d’accompagnement seront prises pour aider les responsables d’écoles à faire face aux problèmes logistiques et organisationnels liés à l’affluence des élèves. Plus de 4  mois après la rentrée scolaire, les directeurs attendent toujours la subvention de 2 000 F par élève. Les enseignants volontaires que le gouvernement a promis recruter dans l’enseignement lors du dernier concours de recrutement sont également oubliés. Depuis donc 4 mois, chaque directeur d’école n’a perçu que 126 500 F CFA : 40 000 F pour les déplacements du directeur et 86 500 F versé à la COGERES, une structure conjointement gérée par les chefs d’établissements et les parents d’élève.

Voilà la pagaille que le gouvernement de Faure pour des visées électoralistes, a semée dans l’enseignement, laissant les chefs d’établissements face à une situation où ils sont obligés de débourser de l’argent de leur propre poche pour payer le matériel de travail. La grève de 48 h observée la semaine dernière n’est qu’un avertissement. Si des dispositions nécessaires ne sont pas prises dans les meilleurs délais pour remédier à cette situation, il est à craindre que l’enseignement primaire et secondaire ne soit paralysé dans les prochains jours.

F.S


Confidentiel : Tentative de meurtre sur le Col. Biteniwé à la Présidence de la République

Le Lieutenant-colonel Kuma Biténiwé, Conseiller militaire du Président de la République a échappé à une tentative de meurtre à la Présidence de la République, a-t-on appris de sources proches de la mouvance présidentielle. Le drame s’est déroulé il y a quelques jours lorsque, prenant du thé au sein du Palais présidentiel, il a constaté par on ne sait quels moyens, que la tasse était empoissonnée. Il a craché le liquide qu’il avait dans sa bouche avant de provoquer volontairement un vomissement  pour parer à toute éventualité. Après d’autres soins appropriés, il a regagné son village natal Pya dans la Kozah pour des cérémonies.

Dans l’une de nos précédentes parutions (F.S n°423), nous annoncions qu’il ne se passe plus de jour où ne circulent dans les milieux politiques, des rumeurs sur l’empoisonnement d’une sommité du pouvoir ou d’un de ceux que les Togolais appellent « les grands ». Et nous avions cité tour à tour, les cas de Charles Takou l’ex-Directeur général de la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) qui n’a eu la vie sauve qu’en se faisant évacuer rapidement sur la France, de l’Honorable Barnabo, député RPT de la Circonscription électorale de Tandjoaré qui, aux dernières nouvelles, séjournerait à Paris, puis le cas malheureux du Colonel-Intendant Galley de Souza qui lui, y a laissé sa vie. Aujourd’hui, c’est le Conseiller militaire de Faure Gnassingbé Kuma Biténiwé qui est la cible.

L’homme n’est pas un inconnu des Togolais et ce n’est pas la première fois qu’il est la cible de ses ennemis tapis dans l’ombre de l’empire qu’il a bâti et défendu bec et ongle. Cet officier supérieur des Forces armées togolaises (FAT) faisait partie des rares échantillons qui pénétraient, même avec leurs armes sur eux, les bureaux de feu Gnassingbé Eyadéma. Il s’était évaporé dans la nature après avoir échappé le 05 mai 2003 à un attentat attribué au fils aîné de son mentor, le Col. Ernest Gnassingbé (aujourd’hui grabataire) alors Commandant du Régiment Parachutiste Commando de Landja (Kara). Ce dernier, par la suite, l’avait accusé de diriger un groupe de « subversifs » qui préparait un coup d’Etat contre son père. Dans le déroulement du drame, le téléphone portable du Lieutenant-Colonel dont la voiture venait d’être littéralement mitraillée est tombé et récupéré par ses bourreaux et exploré de fond en comble; mal en prit  aux hommes de tenue qu’il a contactés. Suivra ensuite le calvaire d’une quinzaine de militaires dont trois officiers dans les geôles togolaises, calvaire qui a trouvé son épilogue le mardi 12 juillet 2005 avec la libération du reliquat, le Lieutenant Innocent Kpadang et le tireur d’élite Denan ayant trouvé la mort au cours de leur détention.

Le Lt-Col. Biténiwé était de retour quant à lui au lendemain de la mort d’Eyadema et de l’incapacité physique du Col. Ernest Gnassingbé. Ce retour qui était effectif le 16 juillet 2005 serait négocié de main de maître par un conseiller militaire français au Togo. Il est nommé quelques jours plus tard, après avoir discuté « sous le drapeau » avec les hautes autorités politiques et militaires du pays, Conseiller militaire de Faure Gnassingbé avec qui il entretenait depuis belle lurette une amitié apparemment sans faille.

Mais la question qui se pose est la suivante : à qui aurait profité l’assassinat de Kuma Biténiwé ? Qui a intérêt à le tuer au sein même de la Présidence ? Pourquoi utilise-t-on ces derniers temps cette arme chimique qu’est l’empoissonnement, utilisée dans les temps obscurs des dictatures par les services secrets ?

Le pouvoir RPT doit mener une enquête minutieuse pour rassurer la population car, on ne peut pas vivre dans un pays où l’on a peur de répondre à une invitation d’un ami, d’un frère ou d’un collègue en vue de partager un verre ou un plat. Ce terrorisme d’Etat est plus dangereux que celui de la dictature brute.

F.S.


La République des strangulateurs : Essence : Bénin (350 F), Ghana (moins de 200 F), Togo (500 F)

C’est un paradoxe des plus frustrants mais qui est érigé en système de gestion. Le gouvernement togolais est prompt à augmenter les prix des produits pétroliers dès que le baril du pétrole augmente sur le marché international.  Par contre, il est lent à revoir les prix à la baisse quand le baril du pétrole connaît une chute.

Depuis la dernière diminution du prix de l’essence de 595 à 500 F, le baril du pétrole ne cesse de dégringoler sur le marché international, tournant  aujourd’hui autour de 40$, voire moins. Un tour dans les pays voisins permet d’apprécier la réalité des faits.

Au Bénin voisin, le prix de l’essence est ramené à 350 F le litre. Au Ghana, une somme de 1000 F CFA donne droit à presque 6 litres d’essence. En d’autres termes, le prix de l’essence au Ghana est à moins de 200 F. Le bon sens ne comprend alors pas pourquoi au Togo le prix de l’essence continue d’être maintenu à 500F à la pompe par le gouvernement. Le lieu d’approvisionnement du Togo est-il différent des autres pays voisins ? Le comble est que la semaine dernière, l’essence était introuvable sur le marché, obligeant les populations à se rabattre sur les détaillants dans les rues.

Comme piqué au vif, le ministre du Commerce, Guy Madzé Lorenzo a débarqué sur les écrans de la TVT pour lire une déclaration, accusant les pétroliers de n’avoir pas signalé à temps la baisse de leurs stocks. D’autres sources estiment qu’en réalité, cette pénurie découle de la volonté de l’Etat de monopoliser tout le circuit de distribution du carburant. Sûrement un nouveau coup des insatiables « Barons »  du pouvoir qui cherchent par tous les moyens à faire main basse sur les secteurs juteux du pays.

 Du reste, le maintien du prix du carburant à 500F est incompréhensible non seulement au Togo, mais aussi dans les pays voisins où l’on se pose des questions sur le sens même de la politique du gouvernement de Faure. Pour l’heure, cette situation profite à des vendeurs de rue qui font des affaires sans payer des impôts malgré que l’Etat fasse planer sur eux des menaces d’amendes et d’empoisonnement.         

F.S.


Faure Gnassingbé et la réconciliation nationale : De la fiesta du 13 janvier au deuil du 05 février

            En l’espace d’un mois, de 23 jours exactement, les Togolais ont célébré l’anniversaire de la mort de deux Présidents qu’a connus le pays : Sylvanus Olympio le 13 janvier et Gnassingbé Eyadema le 05 février. Des anniversaires qui devraient être, a priori, des moments de recueillement et d’affliction, car il s’agit de décès de deux hommes qui ont présidé aux destinées du Togo. Des événements qui devraient donner lieu au deuil. Mais au Togo, tout porte à croire que les morts ne se valent pas. En tout cas, c’est l’impression que donne « l’Esprit nouveau ».

Un assassinat fêté

Le 13 janvier dernier, les Togolais ont été tous témoins de l’événement. C’était la java, on dirait un événement heureux qui était célébré. Seul un culte catholique, une messe protestante et une prière musulmane organisés à Lomé sont venus rappeler au bon souvenir des Togolais. Il fallait « consoler » les jaloux des acquis, donner l’illusion d’une compassion. Le coté spirituel de la chose était un non événement, à coté de la grande java qui eut lieu. Le défilé militaire et civil  qui a toujours été le point d’orgue de l’événement durant  les 38 ans de règne d’Eyadema a été encore au rendez-vous. Avec la même allure joyeuse, les corps habillés ont marché au pas. L’année dernière pour tromper la vigilance de l’opinion, on a placé la célébration sous le signe du recueillement et de la sobriété, et ainsi le défilé s’est déroulé en vase clos au Camp Général Gnassingbé Eyadema. Chassez le naturel, il revient au galop. Pour l’édition 2009, il est revenu en plein air et c’est le boulevard de la nouvelle Présidence de la République qui l’a abrité. C’était vraiment une affaire des FAT. Aux époux se sont adjoints les femmes et des enfants des FAT et le défilé s’est déroulé sous le regard approbateur de Faure Gnassingbé qui esquissait de temps en temps des sourires.

C’était la fête. Et pourtant le 13 Janvier ne rappelle pas un événement heureux. C’est à cette date en 1963 que mourait le Père de l’Indépendance, le tout premier Président du Togo, Sylvanus Olympio ; mieux, qu’il était assassiné. Au lieu du deuil, on en a fait une fête.

Le deuil pour Eyadema

C’est le quatrième anniversaire du décès d’Eyadema. Trois célébrations du 05 février ont été tenues, mais on  n’a jamais vu les tenants du pouvoir aussi pieux. A les voir sur les caméras, on dirait des Saints. Président de la République, ministres, députés, dignitaires de l’armée et autres barons étaient « super cools » lors des différents  cultes religieux, donnant des airs de pitié qu’on ne leur connaissait pas, on dirait les disciples de Jésus lors de la dernière prêche avant sa montée au ciel. Certains même donnaient l’impression de vouloir pleurer. C’était le vrai deuil qui a pris une  ampleur à la mesure du défunt. Après les cultes religieux à  Lomé, la fête s’est délocalisée à Kara, puis à Pya, le village natal de l’éploré. Là, d’autres cultes ont été tenus. Il y eut une veillée spéciale dans la maison familiale. Le jeudi 05 février même, une grande  cérémonie officielle a été tenue au Palais des Congrès de Kara. On a fait de l’événement une affaire nationale. Les personnalités étrangères étaient  même  invitées pour l’occasion. Des gerbes de fleurs ont été déposées au caveau familial. Eyadema a eu droit aux hommages dignes de son rang. La Télévision nationale s’est fait le plaisir de faire vivre aux Togolais l’événement debout en bout.

C’était le deuil, rien que ça. La TVT n’a pas montré une seule image de réjouissance, il n’y a pas eu de défilé. Quoi de plus normal,  il s’agissait de l’anniversaire d’un décès, qui plus est, du « Père de la Nation ».  Mais il y a là  une politique de deux poids, deux mesures. Le 05 février, on porte le deuil, mais les 13 Janvier, c’est la fête. L’assassinat de Syvalnus est célébré joyeusement et baptisé « Fête de la Libération nationale ». On se réjouit donc de la mort d’un homme, mais jeudi 05 février dernier, on a fait des tonnes de prières pour le repos de l’âme d’Eyadema. Et dans les discours, on crie à la réconciliation nationale.

T.Shalom


Avec l’appui des magistrats iniques : L’escroc géomètre Dossou K. Simon fait des victimes

            Les acquéreurs des immeubles dans la propriété appartenant à la Collectivité Nyafli-Xator à Aflao-Apédokoé-Gbomamé ont passé une salle journée le jeudi  05 février dernier. L’huissier de justice Djéri Allassane qui en principe, a pour domaine de compétence Tsévié, s’est appuyé sur son confrère Nicabou Yacoubou pour déployer un zèle suspect en mettant dehors les effets des acquéreurs de la parcelle de 2 hectares et demi appartenant à la Collectivité citée plus haut (voir photo ci-contre).

            A l’origine, deux décisions iniques de la Justice togolaise, rendues en Première Instance et en Appel par des magistrats véreux, corrompus par l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon. En effet, ce dernier s’était présenté devant les descendants de la collectivité à qui appartient cette parcelle pour leur signifier que ladite portion est la sienne pour l’avoir obtenue par voie de récompense auprès de leur père, à qui il a travaillé sur une superficie de 8 hectares. « Faux et mensonge », rétorquent les héritiers qui demandent la toute petite preuve qui est le plan de 8 hectares qu’il a élaboré. « S’il arrivait à nous montrer le plan, nous nous engageons à lui laisser les 5 hectares et demi au lieu des deux et demi qu’il revendique actuellement », a déclaré un membre des héritiers légitimes. Mais rien. Les nombreuses descentes sur le terrain organisées par la Justice togolaise n’ont rien prouvé et le voleur de terrain, l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon n’a pu apporter la moindre preuve des limites et situation de ses fameux 8 hectares.

            Malgré tout et chose curieuse, que ce soit en Première Instance ou en Appel, la Justice togolaise a donné raison à l’escroc géomètre, on ne sait sur quelle base. En tout cas, pas sur celle qui est légale mais sur celle de la corruption bien sûr. Et si la Justice togolaise prétend avoir une base légale, une preuve fiable pour attribuer la parcelle à l’escroc géomètre, elle ne peut qu’être fausse et les décisions doivent être attaquées pour « faux et usage de faux ». 

            De toutes les façons, la collectivité met au défi l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon et ses véreux magistrats d’apporter la moindre pièce justificative de l’appartenance de ladite parcelle à l’escroc géomètre.

            Et c’est sur la base de ces décisions iniques qu’il a obtenu une ordonnance d’expulsion que l’Huissier Djeri est venu de Tsévié appliquer, avec un rare zèle et une rage qui frisent la défense des intérêts cachés, à peine voilés.

            Il a fallu l’intervention du Parquet de la République de Lomé qui, vu le problème social que la démarche a posé avec des familles des acquéreurs de bonne foi à qui l’ordonnance d’expulsion n’est pas signifiée, est intervenu pour faire rentrer tout en ordre en attendant de régler le problème à fond.

                Si tel est que dans ce pays, il y a un Magistrat suprême, il doit réagir face à ces corruptions avérées qui ont engendré des décisions iniques qui troublent l’ordre public. Mais si les autorités politiques et judiciaires refusent d’intervenir et qu’il a eu un drame, elles en seront pour quelque chose car, tout récemment, un gendarme à la solde de l’escroc géomètre parti pour intimider les acquéreurs s’est  bagarré avec l’un d’entre eux; et la femme de ce dernier a failli tirer l’arme que le gendarme a déposée par terre avant de s’engager dans la bagarre. La suite, c’est des semaines d’emprisonnement pour l’acquéreur. Les autorités togolaises doivent mettre fin à ces velléités de spoliation  de terrain de l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon qui traîne des dossiers puants à la Justice togolaise mais qui a réussi par le passé à mettre certains magistrats aux pas sous le coup de la corruption. Bon à suivre.

F.S.

Forum de la Semaine #427
Justice / Cour Suprême : La nomination d’Abalo Pétchélébia pose un problème

La nomination rocambolesque du sulfureux Abalo Pétchélébia à la Cour Suprême continue de faire des vagues. Au delà de la polémique sur le non respect des dispositions de la magistrature, cette nomination pose un problème de fond.

En effet en sa qualité de président de la Cour d’Appel, le juge Pétchélébia a rendu un certain nombre d’arrêts. Les plaignants non satisfaits des décisions de la Cour d’Appel se sont pourvus en  cassation devant la Cour Suprême. Or il se trouve aujourd’hui que l’homme qui a rendu les décisions à la Cour d’Appel est aujoujrd’hui celui qui siège à la Cour Suprême. Quelle démarche va-t-il adopter face à ces dossiers qu’il a eu à trancher à la Cour d’Appel ? Cette situation entraîne une cacophonie générale et met les avocats et leurs clients dans une incertitude.

C’est évident que ceux qui ont propulsé Pétchélébia à la Cour Suprême n’ont pas vu cet aspect de la chose. Que faut-il faire maintenant face à cette situation inédite ? Pour certains professionnels de la Justice, toutes les affaires traitées par Pétchélébia à la Cour d’ Appel qui se retrouvent aujourd’hui à la Cour Suprême doivent être cassées et renvoyées de nouveau en deuxième instance. Pour d’autres, si le juge Pétchélébia a tant soit peu un respect pour la Justice togolaise, il devrait normalement renoncer à traiter ces dossiers en dernier ressort.

Une chose est certaine, face à cette réalité, les clients, les avocats sont dans une situation  on ne peut plus embarrassante. Ceux qui ont porté le juge Pétchélébia à la Cour Suprême malgré la réticence du corps judiciaire portent la responsabilité de la pagaille qui règne aujourd’hui, surtout que de l’avis de certains avocats et clients, les décisions à la Cour d’Appel étaient rendues sur fond de billets de banque.   

F.S.


Révélation : Les services de renseignements togolais face aux enjeux du terrorisme international

L’un des défis majeurs auxquels sont confrontés nos pays en ce siècle, c’est celui du terrorisme international. Tous les pays du monde entier, même les plus insoupçonnables en la matière sont d’une manière ou d’une autre touchés. D’ailleurs, le fait  que les actes de terrorisme soient conçus de façon la plus intelligente possible, fait soutenir la thèse qui veut que  ce soient les pays des plus insoupçonnés qui soient les bases arrières de ces activités qui frappent à des milliers de kilomètres à la ronde. Et justement notre pays, le Togo fait partie de ces « pays insoupçonnables » mais qui, de façon directe ou indirecte, pourrait servir ou sert déjà de base arrière et de source de financement à ces activités si des mesures idoines ne sont pas prises, de façon drastique pour parer à cela.

Dans une de nos parutions (F.S. n°199 du 19 Octobre 2006), nous avions fait cas de la présence du Hezbollah dans notre pays. A l’époque, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) était montée sur ses ergots pour nous faire passer de sales moments dans ses locaux, nous poussant à un démenti qu’elle voulait nous arracher au forceps. Mais aujourd’hui, Dieu seul sait que ce que nous avions écrit et mis d’ailleurs au conditionnel, était vrai et qu’il avait fallu un travail de longue haleine des services de renseignements togolais avec l’appui indéniable des services de contre-espionnage occidentaux, pour venir à bout de cette nébuleuse. Mais, étant une hydre à plusieurs tentacules, les milieux diplomatiques togolais croient dur comme fer que des ramifications du terrorisme international sont toujours présentes au Togo et des actions concertées avec les Occidentaux (France, Etats-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne) en plus de l’Israël font déjouer beaucoup de scenarii catastrophe. Mais comment opèrent ces ramifications ?

De sources diplomatiques, on affirme que le Togo sert de ralliement au point de départ du financement des « efforts de guerre » aux associations terroristes en Orient. Plusieurs diplomates nous ont confirmé que de géantes manifestations du Hezbollah voire  du Hamas, étaient financées à partir du Togo. Les communautés des pays concernés envoient leur participation aux « efforts de guerre » depuis les pays de la sous-région (Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, etc) vers les « passeurs » qui résident et opèrent à partir du Togo.

Selon les experts internationaux auprès des représentations diplomatiques occidentales de notre pays, la façon la plus efficace de lutter contre le terrorisme est de l’étouffer financièrement. C’est d’ailleurs pour cela que la valise (contenant probablement une forte somme d’argent) du leader du Hamas qui a opéré une tournée orientale suite au drame qu’a connu le mois dernier la bande de Gaza, a été saisie à l’aéroport du Caire juste à sa descente d’avion.

C’est dans ce contexte très complexe que des saisies des fonds sont signalées de façon azimutale à l’aéroport international de Lomé. Nous en faisions cas dans une de nos récentes parutions où nous révélions que l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) du chef d’Escadron Massina a saisi sur un Libanais en partance à l’aéroport de Lomé, une forte somme avoisinant le milliard de nos francs.

Les sources diplomatiques d’ailleurs, affirment qu’en l’espace de quelques mois, les fonds saisis sur les Orientaux à l’aéroport de Lomé avoisineraient les huit milliards (8.000.000.000) de FCFA.

Les services de renseignements togolais n’opèrent pas seuls. Devant certains défis comme la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme ou le blanchiment de tout genre, voire la sécurité présidentielle, ils bénéficient de l’apport inestimable de leurs collègues occidentaux (DGSE, CIA, etc) et du Mossad israélien.

Les saisies tous azimuts des fonds sur ces Orientaux répondent-elles à ces impératifs que nous avions évoqués plus haut ? Seul le Chef d’Escadron Massina peut répondre. Idem pour le Ministre de la Sécurité Titikpina.

Mais, si nous prenons le cas de Baaklini Farès et Chmeisani Toufic Hamad qui à eux seuls, voulaient emporter environ sept cent millions (700.000.000) de FCFA, beaucoup d’interrogations triturent les méninges de plus d’un.

D’où proviennent au juste ces fonds ? Le nommé Chmeisani se dit opérateur économique au Togo, qui est censé exercer dans le domaine de change dont il a l’agrément. Mais Dieu seul sait combien de service de change on compte au Togo. Et sur son compte, il n’y aurait que trois cent mille (300.000) FCFA. Et c’est cet homme qui veut envoyer des centaines de millions à Beyrouth. Mais alors pourquoi ne pas procéder de façon orthodoxe si ces fonds sont d’origine non illicite et visent un but irrépréhensible?

L’autorisation de « transfert » des fonds n’est pas l’autorisation de « transport » des fonds. Dans tous les pays du monde entier, il y a des lois et des pratiques respectant les normes juridiques qui régissent le « déplacement » des fonds. On peut transférer par voie bancaire tout montant que l’on veut, pourvu que l’origine des fonds soit justifiée. Mais, il n’est pas permis de transporter sur soi, un montant donné c’est-à-dire en dépassant un plafond donné. Si la barre est dépassée, cela prête à soupçon et attire des réactions incalculables des services de sécurité. Ce drame se joue très souvent aux Etats-Unis, en France et dans tous les pays développés.

De l’autre côté, si les fonds ne sont pas destinés à des activités douteuses, pourquoi ne pas opter pour la transaction bancaire avec des traçabilités bien définies et bien connues et facilement repérables comme le font tous les opérateurs économiques dans le monde entier ? Ce ne sont que des inquiétudes soulevées pour alimenter le débat. Et la réponse à toutes ces interrogations peut amener nos lecteurs à se faire une religion sur le drame.

Mais comment les fonds saisis sont gérés ? Dans tous les pays du monde entier, un conflit permanent oppose les services de Renseignements encore appelé de contre-espionnage à l’appareil judiciaire. Les services de renseignements utilisent des méthodes peu orthodoxes pour parvenir à des fins sécuritaires du sommet de l’Etat et des pays alliés tandis que la Justice est là pour appliquer le droit et protéger les citoyens et les deux ne vont pas nécessairement de paire. Ce drame se joue permanemment aux Etats-Unis d’Amérique où la CIA et les autres services de renseignement sont mal perçus par les praticiens de droit. La parfaite illustration est faite dans le film « 24 heures Chrono » qui traduit la réalité des actions des services de renseignements aux Etats-Unis.

Le Chef d’Escadron Massina dont les actes sont décriés partout et le Col. Titikpina partagent-ils entre eux les huit milliards de francs CFA qu’ils ont saisi ces derniers temps à l’aéroport de Lomé ? Eux seuls peuvent répondre. Mais nos recherches ne nous permettent pas de répondre par l’affirmatif car, selon nos sources, ce n’est pas uniquement en ces temps-ci que ces genres d’opérations sont menés. Au départ, les fonds sont remis à la Justice avec les présumés, qui se retrouvent quelques heures après libres de leurs mouvements, la Justice ayant estimé n’avoir rien retenu  contre les présumés. Mais enquête faite, il se révèle que les fonds en question sont partagés, parfois « fifty-fifty » avec nos fameux magistrats qui, dans leurs jugements, déclarent avoir remis le supposé corps du délit aux concernés, faussement accusés selon   

Et c’est pour cela que l’Etat aurait décidé de procéder autrement. Si le Chef d’Escadron Massina et le Ministre Titikpina peuvent s’approprier les fonds saisis pour la plupart sur indication des services de renseignements étrangers, selon nos recoupements, qui sont très souvent aussi en contact avec le Chef de l’Etat, sans que ce dernier ne dise rien, alors il y a anguille sous roche. Mais, une chose est sûre et certaine, nous avons découvert dans nos recherche que le Chef de l’Etat est au parfum de tous les détails des opérations menées par les services de renseignement du pays y compris les montants exacts des fonds saisis et leurs destinations. Car, le terrible Massina n’est pas le seul à lui rendre compte. En espionnant, lui-même est espionné. C’est pourquoi il y a plusieurs services de renseignements dans un pays. Bon à suivre.               

F.S.


Faure Gnassingbé entre présidentielle de 2010 et hommages à Papa

La gestion efficiente d’un pays exige du Chef de l’Etat la même attention à tous les  sujets. Il est censé avoir à l’œil toutes les questions : politiques, économiques, sociales etc., et les préoccupations quotidiennes de ses administrés. Il est exigé de lui des talents d’équilibriste. Mais  l’« Esprit nouveau » lui, ne  l’entend pas de cette oreille. Ses préoccupations actuelles ne sont que bidimensionnelles : le scrutin présidentiel de 2010 et la satisfaction post mortem de son cher papa.

Présidentielle d’abord

C’est un secret de polichinelle, Faure Gnassingbé a la tête à la présidentielle de 2010. C’est son obsession de l’heure, dirait l’autre. Toute action entreprise l’est par rapport au profit qu’il peut en tirer pour son image et toute manifestation politique offre l’occasion pour faire  des clins d’œil aux populations. Même si la manifestation est apolitique, on force le rapport avec la présidentielle pour profiter de la tribune. C’est dans ce cadre que se situe la pseudo tournée d’échange de vœux avec les populations du Togo profond entreprise par le Chef de l’Etat du 15 au 20 janvier dernier. A cette occasion, on a vu plus qu’un simple souci d’échanger des vœux avec les populations. Le maître mot était de polir l’image de Faure Gnassingbé aux yeux des populations et le faire rentrer dans leur cœur. C’est ainsi qu’on a peint dans les discours un super Faure Gnassingbé qu’on a même comparé au célébrissime Barack Obama. Dans les discours, on n’a fait que servir un chapelet de réalisations (sic) du « Leader nouveau » à toutes les étapes. A certains endroits, on a en des termes à peine voilés, appelé les populations à voter Faure Gnassingbé en 2010. La saynète de don de 500 000 FCFA des populations de Dapaong comme leur contribution à son caution en 2010 est assez illustrative. Le culte de sa personnalité a amorcé son grand retour.

Le même souci était notoire à Mango, lors de la fête traditionnelle Koudapaani célébrée le dimanche 25 janvier. C’était Faure Gnassingbé la vedette. Tout était fait pour magnifier son nom. L’accoutrement du jour se réduisant en un tricot à l’effigie du « Leader nouveau » et au message sans équivoque : « Faure Gnassingbé, Notre Président pour 2010 ». L’animation politique qui a fait son temps est aussi revenue et les hommages lui ont été chantés. Les slogans de l’époque d’Eyadema ont retenti. «  Faure toujours… » criait-on, et à la foule de répondre : « Président !... Président ! Président ! Président ! »

La rencontre d’il y a une semaine avec les chefs traditionnels à Kara n’a pas dérogé à la règle. Si le sujet originel était la chefferie traditionnelle, il s’est éclipsé au profit de la politique. C’était le même morceau. Faure Gnassingbé a fait ceci pour le grand bonheur des Togolais, tel autre pour qu’ils vivent décemment, nous a-t-on encore servi. Ici, pour les pousser à être loyaux, on a décidé de doubler leurs émoluments. Les objectifs ont été atteints, puisqu’un  chef traditionnel de Tchaoudjo,  en des termes à peine voilés, a promis à Faure Gnassingbé un plébiscite des populations de la préfecture.

Satisfaire Papa à tout prix

Faire plaisir à son père est visiblement l’autre préoccupation majeure de Faure Gnassingbé. On en sera à la troisième fête à Papa en l’espace d’un mois.  Cette année encore, malgré les discours où on décrète la réconciliation, la « fête » du 13 janvier a été encore tenue et la célébration est même sortie du cadre de recueillement et de sobriété qu’on lui a réservé l’année dernière. Le bruit a couru que le « Leader nouveau» n’était pas partant pour cette célébration, mais y a été contraint par les barons et les dignitaires de l’armée, bref les nostalgiques du passé. Il a tout de même fini par y être emballé.

Le 24 janvier, la fête de libération économique a été comme toutes les autres. Faure Gnassingbé s’est rendu à Sarakawa sur les lieux, accompagné de la grande « copinade », pour honorer cette fête chère à Papa. C’était ce jour là en 1974 que les Blancs ont tenté de l’assassiner pour son chauvinisme débordant qui ne leur permettait pas de faire leurs affaires.

Le retour triomphal du 2 février est éclipsé par le 5 février. Aujourd’hui on en est au 4e anniversaire après son décès en 2005. Cette année encore, on n’a pas fait les choses à moitié. Les cultes religieux ont commencé depuis le week-end. Dimanche eurent lieu à Lomé un culte catholique et protestant. Les Mahométans n’ont pas été du reste. Ils ont prié pour le repos de l’âme du défunt. Ce n’était que l’étape de Lomé. La fête s’est ensuite délocalisée à Kara et à Pya, le village natal du défunt, pour prendre l’ampleur qu’il lui faut. Ce n’est pas monsieur n’importe qui. Il s’agit du Père de la Nation, celui-là même qui a bâti le Togo (sic).

Voilà à quoi se réduit l’emploi du temps de « l’Esprit nouveau ». Les honneurs à Papa et la présidentielle de 2010 sont en ballotage sérieux dans son programme et constituent ses seules préoccupations.

T. Shalom

 
 

 
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