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Forum 422 du lundi 30 mars 2009
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De la
question du statu quo politique :
L’opposition togolaise et le piège sans fin du RPT |
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Jeudi dernier,
26 Mars 2009, le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a dépêché auprès de son
homologue burkinabé, une mission d’information conduite par le Ministre
d’Etat Pascal Bodjona. Selon plusieurs sources concordantes, cette mission
faisait suite aux menaces brandies par l’Union des Forces de Changement (U.F.C.)
de Gilchrist Olympio et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Maître
Paul Apévon, de claquer les portes du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC) si le gouvernement mettait en application son décret
élargissant le CPDC à de nouveaux acteurs non représentés à l’Assemblée
Nationale.
Pendant que
le Ministre d’Etat Pascal Bodjona se trouvait à Ouagadougou, le Président de
l’Assemblée nationale ouvrait une session extraordinaire du Parlement afin
de faire adopter un projet de loi visant à reconduire la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) 2007 dont le mandat a expiré depuis
plus d’un an. Les Députés de l’Opposition parlementaire UFC-CAR ont décidé
de boycotter cette session extraordinaire qu’ils considèrent comme une
manœuvre du pouvoir RPT pour obtenir, via l’Assemblée ce qu’il ne peut
obtenir par le CPDC.
Pour
exprimer sa colère, l’UFC a organisé une conférence de presse dès le
lendemain vendredi 27 Mars. Les responsables du principal parti de
l’opposition ont confirmé la décision de la coalition UFC-CAR de ne pas
prendre part à la session extraordinaire de l’Assemblée Nationale ouverte le
jeudi 26 Mars et qui, de toute évidence, aboutira le 31 mars 2009, selon le
programme établi, à l’adoption en plénière, de la loi portant modification
de l’article 21 du Code Electoral.
Les
responsables de l’UFC ont mis en garde le chef de l’Etat contre « les
conséquences de ces blocages organisés à dessein par le parti au pouvoir ».
« L’Union des Forces de Changement se verra contrainte de quitter le
processus de sortie de crise en cours et d’appeler les populations à
empêcher par tous les moyens une énième mascarade électorale, si le RPT
persiste dans sa logique de fraudes », ont-ils menacé.
Cette menace
réitérée de l’UFC semble prise très au sérieux par toutes les instances
nationales et internationales impliquées dans le processus de
démocratisation au Togo. La rapidité avec laquelle le Président Faure
Gnassingbé a dépêché une mission d’explication auprès du facilitateur
burkinabé en est une preuve. Mais, y a-t-il véritablement risque de blocage
ou, s’agit-il simplement pour chaque camp de montrer des muscles tout en
sachant que le combat n’aura jamais lieu ?
En réalité,
ce qui pose problème dans cette affaire, c’est moins l’élargissement du CPDC
que l’interprétation que chaque camp se fait du rôle de ce cadre. En effet,
dans l’entendement du groupe UFC-CAR, le CPDC n’est, ni plus, ni moins qu’un
cadre de négociation bis dans le prolongement de celui qui avait abouti à
l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 Août 2006 à Ouagadougou sous
l’égide du Président Blaise Compaoré.
Vu sous cet
angle, le CPDC devrait connaître des questions regroupées dans l’APG sous la
rubrique « réformes institutionnelles », notamment : le fonctionnement
régulier des institutions républicaines, le respect des droits humains, la
sécurité, la paix publique; le caractère républicain de l’Armée et des
Forces de Sécurité; l’équité et la transparence des élections à savoir: les
conditions d’éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le
contentieux électoral, etc., le renforcement des moyens d’actions de la
Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC).
Selon la
logique de l’Opposition UFC-CAR, ces nouvelles négociations devraient
déboucher sur un nouvel Accord Politique Global ou, tout au moins, à un
avenant à l’APG initial. On comprend pourquoi la coalition UFC-CAR sollicite
la médiation d’un facilitateur et exige que ce nouvel APG ne fasse pas
l’objet de débat à l’Assemblée Nationale où le RPT détient une écrasante
majorité.
Pour le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), le CPDC est avant tout, un cadre de
dialogue et de concertation, donc un organe consultatif qui peut émettre des
propositions au gouvernement qui n’est nullement tenu d’y donner suite.
Selon le RPT, ce cadre devait simplement permettre aux acteurs politiques
d’émettre des idées tous azimuts, une espèce de tribune libre ou de
défouloir où chacun pourrait venir dire ce qu’il pense sans tabous.
Cette
conception du CPDC fait du Chef de l’Etat, le seul arbitre de la suite à
donner ou non aux propositions et contre-propositions issues des travaux du
CPDC, ce qui place actuellement le Président dans une position de juge et
partie puisque le CPDC est censé débattre dans l’immédiat, de questions
liées à une élection à laquelle Faure Gnassingbé sera très vraisemblablement
candidat. C’est probablement cette situation qui a fondé la demande
persistante de l’UFC de recourir à un facilitateur autre que le Chef de
l’Etat togolais.
Cette
divergence d’interprétation sur le rôle du CPDC fait passer au second plan,
la question de l’élargissement qui n’est, en réalité qu’une conséquence de
la compréhension que le pouvoir RPT se fait du rôle du CPDC. En effet, tous
les partis signataires de l’APG étaient d’accord pour que, seuls soient
membres du CPDC, les partis représentés à l’Assemblée Nationale ou ayant
obtenu au moins 5% des voix aux législatives.
Au moment où
le Premier Ministre Agboyibo avait pris le décret instituant le cadre
permanent de dialogue politique, tous les partis étaient confiants. La CDPA,
la CPP et le PDR étaient loin d’imaginer la sévère déculottée qu’ils ont
prise aux législatives. L’application stricte du décret initial de Faure
Gnassingbé portant création du CPDC crée néanmoins une situation paradoxale
où l’on retrouve aussi bien à l’Assemblée qu’au CPDC, les seuls mêmes trois
partis que sont, le RPT, l’UFC et le CAR, ce qui fait du CPDC une commission
de l’Assemblée Nationale.
L’objectif
de l’élargissement était de corriger cette anomalie en parvenant à un cadre
qui, de par son contenu, serait différent de l’Assemblée Nationale. Pour
Maître Agboyibo, du CAR, « Il est donc dommage que certains cherchent
aujourd’hui à se dérober à ce qui a été convenu ensemble. Ce type de
comportement ne peut qu’engendrer des polémiques stériles comme celles qui
enveniment actuellement la situation politique ». Même ceux qui
partagent l’intention du décret d’élargissement admettent que sa mise en
œuvre pose néanmoins problème.
Si le décret
avait limité l’élargissement aux seuls partis signataires de l’APG, il
aurait été moins critiquable. Mais, ce faisant, le Chef de l’Etat aurait de
facto initié de nouvelles négociations dans le prolongement de l’APG. En
plus, il semblerait que le RPT ne soit plus très sûr de la fidélité de la
CPP, de la CDPA et du PDR à son égard. Craignant sans doute de se retrouver
seul contre tous, le pouvoir RPT a élargi le CPDC à des membres qu’on peut
appeler des « parties alignées ou satellites », ce qui, du coup, vide la
décision d’élargissement de toute neutralité.
Au-delà de
toutes ces considérations, il y a une vérité que plus personne ne conteste.
L’UFC et le CAR qui représentaient avec la CDPA, l’Opposition au dialogue
inter togolais, sont aujourd’hui victimes de leurs propres turpitudes
d’hier. Appâtés l’un et l’autre par le poste de Premier Ministre du
Gouvernement d’union nationale, l’UFC et le CAR ont commis
l’incompréhensible erreur de renvoyer les questions fondamentales liées aux
réformes institutionnelles et constitutionnelles à l’après élections
législatives.
On ne peut
que s’étonner aujourd’hui de la facilité avec laquelle les représentants de
l’opposition étaient tombés dans le piège du RPT qui avait, très tôt, vu
très loin et dans le détail. Le dispositif du parti au pouvoir pour
« gagner » les législatives était déjà au point. En acceptant de renvoyer la
question des réformes institutionnelles et constitutionnelles après les
législatives, l’Opposition avait, sans le savoir, rendu service au RPT qui
n’en demandait pas mieux.
On voit mal
comment l’UFC et le CAR avec seulement 31 Députés à l’Assemblée Nationale,
pourront infléchir la position du RPT. Aujourd’hui, pour des raisons
purement électoralistes, l’UFC et le CAR s’opposent à l’élargissement du
CPDC au moins aux trois autres partis signataires de l’APG. En fait, l’UFC
et le CAR ne veulent surtout pas avoir à partager avec qui que ce soit, le
bénéfice électoral des concessions qu’ils viendraient à arracher au RPT,
oubliant au passage que, quelles que soient les concessions obtenues du
parti au pouvoir, elles ne seraient jamais suffisantes pour corriger les
effets néfastes du « péché originel » contenu dans l’APG.
Alors, quoi
faire ? L’UFC en général et plus particulièrement Gilchrist Olympio, ont
souvent du mal à mesurer l’immensité de l’espoir qu’ils ont toujours suscité
et continuent de susciter auprès des Togolais. Plus que des discussions
interminables sur des réformes institutionnelles, c’est d’une véritable
stratégie de conquête du pouvoir que les Togolais ont besoin. Il est
certainement plus confortable de ne rien faire, de passer des journées
entières à discutailler ou de pondre quotidiennement des communiqués
appelant à une impossible mobilisation des Togolais pour, au final, crier
bien fort « on nous a volé la victoire » que d’organiser une vraie
résistance populaire à l’arbitraire et à l’injustice.
A l’occasion
de leur dernier meeting il y a deux semaines à la Place Anani Santos et dans
leur communiqué du vendredi 27 Mars, les responsables de l’UFC ont lancé un
« appel à la mobilisation pour organiser la résistance et empêcher la
préparation par le régime RPT d’une énième mascarade électorale ». Cet
appel, comme ceux qui l’ont précédé et ceux qui suivront, restera lettres
mortes tant que ces appels ne s’inscriront pas dans une logique de
rassemblement qui va au-delà de l’UFC.
Avant les
dernières élections législatives, les responsables de l’UFC, sûrs de leur
victoire, avaient déclaré haut et fort qu’ils gouverneraient seuls après les
législatives. Cette déclaration jugée irresponsable par beaucoup de
Togolais, avait fait beaucoup de tort à l’UFC et à toute l’Opposition. L’UFC
est en train de rééditer les mêmes attitudes pour les présidentielles. L’UFC
ne serait-elle pas plus forte face au RPT si, avant toute négociation avec
le pouvoir, elle s’attelait à opérer un vrai rassemblement des forces
démocratiques et à attirer vers elle tous les partis qui ont cru aux chants
d’une sirène appelée « Faure » ?
Tous les
partis qui avaient accepté d’aller au gouvernement en se fondant sur le
discours mielleux de Faure Gnassingbé sont tous déçus aujourd’hui, persuadés
que la parole de l’actuel Président ne vaut pas plus que celle qui était
toujours servie par le système RPT et que le salut du Togo et des Togolais
ne viendra pas par lui. Les déçus de Faure ne se comptent pas seulement au
sein de la classe politique. Tous les Togolais, toutes régions confondues,
toutes catégories sociales confondues, sont quasi unanimes pour reconnaître
que, sur le plan économique et social, sur le plan de l’impunité, des
injustices, du népotisme et des frustrations, la situation du Togo est pire
que sous Eyadema.
L’opposition
devrait surfer sur cette vague de mécontentement pour rassembler les
Togolais et les forces démocratiques pour faire renaître l’espoir autour
d’une plate-forme revendicative pouvant aller jusqu’à l’organisation, sous
l’égide de la communauté internationale, d’un référendum sur le retour pur
et simple à la Constitution d’Octobre 1992 et au Code Electoral du 5 Avril
2000 issu de l’Accord-cadre de Lomé
Cette
démarche aurait le mérite de placer le RPT devant un choix difficile entre
la démocratie et la non démocratie et l’inciterait à préférer la négociation
honnête à un référendum aux issues incertaines. Ce serait là, un excellent
vecteur de mobilisation populaire et surtout de reconstitution et de
rassemblement des forces démocratiques. Mais l’UFC qui a intelligemment
imité le système qu’il combat en instaurant le culte à la personnalité à son
leader comme credo et mode de fonctionnement saura-t-elle fédérer les autres
autour d’elle pour l’érection de ce vaste mouvement de changement? That’s
the question !
Dimas
Dzikodo
Le CDPC et la problématique de son « ouverture » : Le pouvoir RPT face à
la psychose d’un boycott de l’opposition parlementaire
C’est fort visible, le pouvoir est dans une logique de dévoiement du
processus électoral et tous les actes qu’il entreprend ne sont motivés que
par cette visée. Si on sait que pour le moment rien ne l’arrête dans cette
logique, on constate néanmoins une certaine psychose dans le sérail du clan
au pouvoir.
Le samedi 7 mars, eut lieu une session particulière du Comité de Suivi à
Lomé. Si auparavant c’est le Facilitateur et Président du Comité de Suivi
Blaise Compaoré qui convoquait les réunions, pour cette session c’est Faure
Gnassingbé qui a joué ce rôle. Le jeu en valait la chandelle. Le scénario
avait juste pour finalité l’ouverture du Cadre permanent de dialogue et de
concertation aux formations politiques « amies » du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT) écartées par les législatives d’octobre 2007. Et cet
objectif fut atteint. Au terme de ladite session, décision a été prise
d’élargir le Cadre aux autres parties signataires de l’Accord Politique
Global (APG) qui ne sont pas arrivées à placer un seul représentant à
l’Assemblée nationale, ce qui témoigne de leur importance sur l’échiquier
politique.
Faisant suite à cette recommandation, un conseil des ministres fut tenu une
poignée de jours plus tard et consacra cette « ouverture ». Le
pouvoir s’est même évertué à outrepasser ces directives. Au-delà des
signataires écartés, à savoir le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR),
la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), la Convergence
Patriotique Panafricaine (CPP), le Groupe de Réflexion et d’Action Femme,
Démocratie et Développement (GF2D) et le Réseau des Femmes Africaines
Ministres et Parlementaires Togo (REFAMPT), le conseil des ministres s’est
permis le luxe de tendre la perche aux confessions religieuses,
organisations syndicales, associations représentatives de la société civile
non signataires de l’APG, à des personnalités.
Toutes ces formalités faites, plus rien ne s’opposait à l’entrée effective
de ces heureux élus au CPDC et à leur participation aux discussions. Voilà
plus de trois (03) semaines d’écoulées après la fameuse session du Comité de
Suivi et plusieurs séances de débats ont été tenues. Mais ce sont toujours
les membres du départ qu’on a vus, c’est-à-dire les représentants du RPT, du
Gouvernement, de l’UFC et du CAR. Les « appelés de la dernière heure »
n’ont été aperçus à aucune réunion du CPDC jusqu’à ce jour. D’où les
inquiétudes sur les raisons de cette situation. Des inquiétudes assez
légitimes d’autant plus que le cadre est en train de faire, avec la réforme
constitutionnelle, le tour des questions relatives au processus électoral
proprement dit, et leur présence risque d’être inutile.
Le ministre de l’Administration territoriale Pascal Bodjona au cours d’une
émission télévisée a tenté de minimiser et dissiper ces inquiétudes en
laissant entendre qu’il fallait un conseil des ministres et un décret
présidentiel pour consacrer l’entrée de ces « appelés de la dernière
heure » au CPDC. Ces déclarations ont été faites il y a plus de quinze
(15) jours. Mais depuis, rien.
Dans ce flou de questionnements, des langues croient savoir que cette entrée
non effective au CPDC est due aux menaces de boycott du processus électoral
proférées par l’opposition parlementaire.
En effet, l’Union des Forces de Changement (UFC), lors de son meeting du
dimanche 22 mars dernier a réitéré la menace de quitter le processus
électoral si le pouvoir se hasardait à permettre l’entrée de ces satellites
du RPT au CPDC. Pour cela le parti a appelé les populations à rester
mobilisées. Même son de cloche du côté du Comité d’Action pour le Renouveau
(CAR). Son président d’honneur, Me Yawovi Agboyibo l’a aussi réitéré tout
récemment. Dans une interview accordée au confrère en ligne republicoftogo,
l’ex-Président du CAR a craché sans détour que son parti ne pourra accepter
une ouverture du CPDC aux partis extraparlementaires et associations de la
société civile comme tente de le faire le pouvoir.
Ces menaces semblent donc visiblement avoir raison de l’obscurantisme et de
la ténacité de Faure Gnassingbé et les siens. Le pouvoir n’a nullement
intérêt à voir ces « deux poids lourds » quitter le processus.
T. Shalom
Les 20 plus de Faure :
Les médias d’Etat
« Je transformerai et moderniserai les médias d’Etat en les rénovant en
entreprises performantes ».
Les médias d’Etat (TVT, Radio Lomé, Radio Kara, ATOP, Togo presse),
parlons-en, Monsieur le Président. Au service de la propagande du pouvoir de
votre père et du vôtre (marches de soutien, lectures de motions, audiences
du chef de l’Etat, fêtes grandioses, funérailles, ripailles), ces médias
d’Etat se sont au fil des ans écartés de leur mission, celle d’informer et
d’éduquer les Togolais qui sont d’ailleurs les principaux contribuables.
Monsieur le Président, nonobstant la mise à disposition totale de ces médias
d’Etat à votre service et à celui de votre politique, force est de constater
que ces structures continuent de travailler dans un dénuement total.
Monsieur le Président, si la TVT a fait changer ses génériques et ses bandes
d’annonces, elle fonctionne toujours avec du matériel vétuste, et ceci dans
un cadre désuet, inapproprié. Le fonctionnement normal de cette chaîne, la
seule qui n’est pas sur satellite dans la sous région relève du miracle des
confrères qui officient dans cette boîte.
Monsieur le Président, vous est-il une fois arrivé de visiter les locaux de
Radio Lomé et ceux de Radio Kara ? Monsieur le Président, comment peut-on
accepter qu’en 2009, ces deux chaînes de radio et surtout celle de Lomé
continuent de fonctionner avec du matériel datant de la colonisation ?
Monsieur le Président, la situation de l’ATOP est de plus en plus
préoccupante. Il y a de cela quelques semaines, la vaillante directrice a
lancé un cri d’alarme qui malheureusement, n’a pas eu d’écho dans votre
palais dont les vitres blindées ne laissent filtrer aucun son.
Monsieur le Président, Togo-Presse, le plus vieux canard du Togo qui rend
compte régulièrement de vos audiences et activités est toujours à la traîne.
Dans un environnement où foisonnent des dizaines de journaux privés,
Togo-Presse le quotidien gouvernemental n’est pas en mesure de rivaliser
avec le dernier de la presse privée.
En faisant le tour des pays de la sous-région, les Togolais ont honte de
constater que parmi les quotidiens gouvernementaux, Togo-Presse est le bon
dernier.
Monsieur le Président ? Où est passé votre projet de modernisation des
médias d’Etat ? Où est passée la maquette de la construction de la nouvelle
TVT et des autres organes d’Etat? Savez-vous, Monsieur le Président, que la
construction de la CRTV (Cameroun radio and television) a coûté 15 milliards
de francs CFA ? Vous rétorquerez certainement que le Togo n’a pas de moyens
pour s’offrir ce luxe. Mais le Togo en a pour organiser des ripailles et
autres funérailles qui coûtent plus cher.
Monsieur le Président, dans un monde où l’information va à la vitesse du son
et où la concurrence entre les médias du Nord et ceux du Sud est rude, vous
avez l’impérieuse nécessité, si vous voulez vraiment mettre ce pays sur la
voie du développement, de ranger dans la poubelle de l’histoire ou dans un
musée, le matériel vétuste et anachronique que les confrères utilisent
actuellement.
Monsieur le Président, faites construire de nouveaux bâtiments modernes et
adaptés à la TVT. Mettez cette chaîne sur satellite et tous les Togolais
vous en seront reconnaissants. Faites de même, Monsieur le Président, pour
les radios et autres organes d’Etat car en le faisant, vous ne faites que
matérialiser une promesse électorale, même si nous savons que pour vous les
promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.
Bonne journée, Monsieur le Président !
Ferdi-Nando
Humeur :
Les gènes de l’union
Samedi les Eperviers étaient dans l’arène et ont dompté les Lions
pourtant Indomptables du Cameroun. Au-delà du score (1-0 faveur du Togo),
on a eu l’occasion d’observer une fois de plus auprès du public sportif une
prédisposition à l’union du peuple togolais.
C’est un cortège interminable de véhicules qui a pris d’assaut la
route d’Accra. A peine le jour s’est-il levé qui certains se sont mis en
route. Il n’y avait pas de minute où ne passe un véhicule bardé de gadgets à
l’effigie des Eperviers ou du drapeau togolais, rempli de supporters faisant
beaucoup de bruits. C’était le ballet interminable observé jusqu’à la
mi-journée. Ces véhicules n’étaient nullement réquisitionnés par la FTF et
mis à la disposition du public sportif, les gadgets offerts gratuitement.
C’est le fruit des initiatives personnelles. Tout ce beau monde a accepté
mettre la main à la poche, pour aller supporter les Eperviers et porter très
haut les couleurs du Togo. Dans ces périodes difficiles, ces compatriotes
ont fait le sacrifice, serré la ceinture pour être du rendez-vous d’Accra.
D’autres ont accepté mettre à leurs propres frais de l’essence dans leur
véhicule, débourser 10, 20, 30 mille francs CFA juste pour aller défendre
les couleurs de notre pays.
Dans les tribunes, on ne pouvait pas reconnaître le militant du
RPT de celui de l’UFC ; c’était difficile de distinguer l’Ewé du Kabyè, les
« Ahuna » des « Nord-to ». Ils étaient unis autour d’une seule
et même cause : le Togo. Beaucoup d’entre eux étaient prêts à sacrifier leur
vie pour le pays. « Je préfère mourir en supportant les Eperviers que de
trépasser d’une maladie. Mon âme serait en paix comme ça », a confié un
compatriote accoutré de gadgets Eperviers et tout excité croisé à la
frontière d’Aflao ; ce sur quoi renchérit un autre : « Qu’est-ce que je
ne suis pas capable de faire quand il s’agit des Eperviers, du Togo tout
simplement ? ».
Qui a dit que les Togolais n’ont pas les gènes de l’union encrés
dans leurs chromosomes ? Les Togolais sont naturellement unis. Ils ont donc
des prédispositions à s’entendre et c’est un tel Togo que l’on veut tous les
jours. Mais malheureusement, les adeptes de l’ethnicisation et du tribalisme
ne veulent pas l’entendre de cette oreille et sont là pour les opposer, et
avec plaisir.
T. Shalom |
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Forum de la Semaine #441 du 26 mars 2009 |
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Les dessous
d’un limogeage : Yves Madow Nagou était depuis longtemps sur la sellette |
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Par décret
pris mardi dernier par Faure Gnassingbé, le ministre des Enseignements
primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Yves Madow Nagou a été démis
de ses fonctions et remplacé par Sambiani Sankaradja Laré, Inspecteur de
l’Education nationale.
Comme il
fallait s’y attendre, aucune explication n’a été donnée et qui pourrait
éclairer sur ce limogeage somme toute assez brutal, surtout que le désormais
ex ministre était considéré comme un homme du premier cercle de Faure
Gnassingbé pour avoir survécu à quatre (04) gouvernements depuis 2005. On se
souvient, il avait en charge l’Agriculture dans les équipes Edem Kodjo et Me
Yawovi Agboyibo avant de passer aux Enseignements sous Komlan Mally et puis
sous Gilbert Houngbo avant ce coup d’arrêt.
Dans tous
les cas, on ne limoge jamais un ministre pour rien. Au-delà du pouvoir
discrétionnaire du chef de l’Exécutif de disposer à sa guise de ses
collaborateurs, il se raconte dans les milieux autorisés qu’Yves Madow Nagou
était déjà depuis quelques temps sur la sellette.
Il lui
serait reproché beaucoup de choses dans la gestion des affaires dévolues à
son ministère. Il se susurre en effet que ses malheurs proviendraient de la
gestion d’un projet financé par la Banque Islamique de Développement (BID)
qui devrait doter les écoles de salles de classes sur toute l’étendue du
territoire.
Ses
détracteurs affirment que non seulement ce projet n’est jamais totalement
entré dans sa phase de croisière, mais que les fonds ont été dilapidés. Vrai
ou faux, nul ne saurait le dire. Mais si cela s’avérait, avouons que c’est
une toute autre histoire.
Mais
d’autres langues racontent que cette éviction est éminemment politique et
est due à sa déclaration devant les députés à l’Assemblée nationale où il
affirmait que l’acte posé par le gouvernement en supprimant les « frais
scolaires » ne doit pas se comprendre comme « la gratuité de
l’école » mais une de ses étapes. Ce à quoi avait rebondi son collègue
des Finances Adji Otèth Ayassor en des termes très virulents qui cachent mal
les manœuvres du pouvoir à faire croire que « la suppression des frais
scolaires » signifie « la gratuité de l’école », une promesse de
campagne de Faure Gnassingbé. Cette « histoire », les caciques du RPT
ne lui auraient jamais pardonné et depuis lors, il serait, à chaque fois que
l’occasion se présente, peint d’un noir obscur devant leur boss.
F.S.
Eliminatoires
CAN/Mondial 2010/ Togo-Cameroun: Les Eperviers en ordre de batailleIls
sont presque tous revenus pour ce match grandeur nature sauf Kader Coubadja
(forfait) et Olufadé Adékanmi (incertain). Tout cela rend ce match à l’issue
incertaine de par la composition des deux sélections nationales.
Togo-Cameroun, par quel bout faut-il prendre cette rencontre capitale pour
les deux sélections nationales pour leur entame des éliminatoires combinées
Can/mondial 2010 ? Voilà la question qu’on se pose surtout du côté togolais
quand on sait que les Lions Indomptables réussissent moins aux Eperviers. Et
aujourd’hui qu’ils paraissent être dans une forme éblouissante. Certes, il y
a eu cette victoire anecdotique de 1-0 à Kumassi en 2000 lors du troisième
match de poule de la Can au Ghana et que les hôtes des Eperviers font
semblant d’oublier quand on parle des confrontations entre les deux
sélections. Puis après un match nul en février 2007, en match amical à Lomé.
Mais entre-temps, en 2006, les coéquipiers de Rigobert Bahana Song ont
envoyé paître les Shéyi Adebayor et autres Abalo Dosseh en match de poule
de la Can jouée en Egypte. On pourrait multiplier à volonté les exemples,
mais le compte des Togolais est toujours déficitaire.
Mais il faut
aller au charbon à Ohene Djan Stadium d’Accra, rien à faire. Après avoir
goûté au bonheur de participer à la Coupe du monde, les Eperviers se
sentiraient mal de ne pas être du rendez-vous de 2010 qui, de surcroît, se
dispute sur les terres africaines. Le Togo doit défendre son standing de
mondialiste, ne cesse-t-on de répéter. Une phrase qui a toute son importance
après que les rapaces togolais eurent manqué la Can 2008 qui s’est disputée
au Ghana. Mais ont-ils l’étoffe nécessaire pour recréer l’exploit ?
La vieille
garde conduite par Abalo Dosseh et au sein de laquelle on retrouvait
Tchangaï Masamaesso, Kaka Aziawonou, Eric Akoto... a presque disparu même si
certains joueurs comme Kader Coubadja (forfait), Shérif Touré tentent de
revenir à la compétition. Mais la jeune garde aussi formée autour du
capitaine Shéyi Adebayor ne rassure pas encore. L’équipe est plus en
devenir.
Certes,
l’attaque togolaise a gagné en maturité avec Shéyi Adebayor et Olufadé
Adekanmi ( toujours incertain), flanquée de Jonathan Ayité. Mais l’on ne
pourra pas dire la même chose pour le milieu de terrain. Si Alaixys Romao,
lui, émerge du lot – il est le seul milieu de terrain togolais qui joue
régulièrement avec peut-être Floyd Ayité -, les Salifou Moustapha, Amewou
Komlan ne donnent pas toujours la mesure de leur talent, à moins qu’ils
soient dans un beau jour le jour du match. Or, on ne peut pas se fonder sur
ces impondérables pour se faire une idée de la forme de l’ensemble des
Eperviers.
En défense,
Daré Nibombé a gagné bien de galons, prenant du coup le titre du véritable
maître des lieux en compagnie, bien sûr, de l’intraitable Maman Gafar. Serge
Akakpo qui a récemment rejoint le groupe offre aussi quelques motifs de
satisfaction.
Un combat
à armes inégales ?
Enfin, dans
les buts, Agassa Kossi est toujours au poste. Il peut faire parfois, à lui
seul, 60% d’un match. Mais le goal titulaire togolais a connu des moments
durs sur le banc à Reims.
Tout cela
réuni et l’un dans l’autre, le compte des Togolais est bien déficitaire vu
l’armada que va déployer la sélection camerounaise et dont l’ambition est
de se racheter après l’absence à la Coupe du monde 2006. Il s’agit pour les
Lions Indomptables de prendre une revanche sur le sort. Un sort qui a vu un
jour de l’an 2005, Pierre Womé rater un penalty qui aurait offert cette
participation aux Lions si le préposé ne manqua pas la cible, au grand
bonheur des Eléphants de la Côte d’Ivoire. Le drame est toujours vivace
dans les esprits et les Camerounais entendent bien tirer un trait là-dessus.
Et pour y
parvenir, le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football
(Fécafoot) qui ne s’aiment jamais d’amour tendre ont décidé d’enterrer la
hache de guerre pour offrir une meilleure préparation aux Lions
Indomptables.
Pour ce
match, c’est toute la crème de la sélection qui est convoquée par l’Allemand
Otto Pfister : Samuel Eto’o, Stéphane Mbia, Geremi Njitap, Eric Djemba
Djemba, Jean II Makoun, Rigobert Song… Cette sélection a bien fière allure
avec des atouts certains au milieu de terrain et en attaque. Par contre la
défense semble souffrir des carences de la vieillesse et donc pourra être
exploitée par Emmanuel Adebayor et ses coéquipiers. Mais encore faudrait-il
pour cela que de bons ballons leur parviennent. Ce n’est pas gagné
d’avance.
La pression
sera plus sur les Lions Indomptables que l’échec de 2005 hantera
constamment comme une bande passante. Quant aux Eperviers, ils doivent tout
juste éviter de démarrer avec une défaite. Un match nul ne sera pas le score
idéal mais peut rassurer, surtout que lors des deuxième et troisième
journées, ils sont en déplacement au Maroc et au Gabon.
Gagner le
Cameroun n’est pas tout de même une tâche impossible si le sélectionneur
Jean Thissen qui avait déjà battu cette sélection en 2003 avec les Panthères
du Gabon met en place un bon schéma. Dans tous les cas, l’impossible n’est
pas togolais et disons « Yes we can » et les Eperviers remettront le
coup de 2006.
Listes des
23 joueurs
TOGO
Gardiens
de but : Agassa Kossi (Reims, France), Mensah Cedric (FC Paris, France),
Obilalé Kodjovi (FC Pontivy, France). Défenseurs : Assimiou Touré
(Osnabrück, D2 Allemagne), Akakpo Serge (Vaslui, D1 Roumanie), Nibombé Daré
(Otopéni, D1 Roumanie), Atsou Franck (Persépolis Téhéran, Iran), Grondin
Christophe (Gantoise, D 1 Belgique), Forson Richmond (Thouars, CFA 2
France), Mango Senah (Marseille, D 1 France), Mamah Gaffar (FC Sheriff, D 1
Moladavie). Milieux de terrain : Amewou Komlan (Stromsgodset, D 1 Norvège),
Romao Alaixys (Grenoble, D1 France), Senaya Junior (Emirats Arabe Unis),
Ayité Floyd (Angers, D2 France), Salifou Moustapha (Aston Villa, D 1
Angleterre), Ahodikpé Euloge (Diosgyor, D1 Hongrie), Kassim Gouyazou (Stel
Azin FC Téhéran, Iran), Cheriff Touré (en test à la Gantoise D 1, Belgique).
Attaquants : Ayité Jonathan (Nîmes, D2 France), Dossevi Thomas (FC Nantes D
1, France), Olufadé Adekanmi (Gantoise, D1 Belgique), Adebayor Shéyi
Emmanuel (Arsenal, D1 Angleterre), Kader Cougbadja (Al Dhafra, Emirats Arabe
Unis), Djako Arafate (Ashanti Gold, Ghana).
CAMEROUN
Song Bahanag Rigobert (Trabzon Karadenizspor, Turquie), Njitap Geremi Sorel
(Newcastle United FC, Angleterre), Eto’o Fils Samuel (FC Barcelone,
Espagne), Kameni Idriss Carlos (RCD Espanyol Barcelona, Espagne), Makoun
Jean II (Olympique Lyonnais, France), Djemba Djemba Eric (Odense Boldklub,
Danemark), Mbia Stephane (Stade Rennais FC, France), Mbami Mbami Modeste
(Olympique de Marseille, France), Essame Guy Stéphane (Trerek Grozny,
Russie), Alo’o Efoulou Paul (Angers, France), Chedjou Aurélien (Lille,
France), Matoukou Eric (Racing Genk, Belgique), Ngom Kome Daniel (Tenerife,
Espagne), Assou Ekotto Benoït (Tottenham Hotspur FC, Angleterre), Binya
Augustin (Sport Lisboa e Benfica, Portugal), Bikey André (Reading FC,
Angleterre), Mayebi Joslain Leonel (Hakoach Amidar Maccabi Ramat Israël),
Aramnd Deumi (Gaziantep Sport, Turquie ), Kouemaha Dorge Rostand (MSV
Duisburg, Allemagne), Franck Songo’o (Real Saragoza, Espagne), Webo Achille
(Majorque, Espagne), Souleymanou Hamidou (Kayserispor, Turquie), Somen A
Tchoyi
TGA/XSport
CPDC : Division sur le critère de représentativité à la CENI
et dans les CELI
Au menu des
sujets que l’on présageait mettre dos-à-dos les différentes parties
participantes aux discussions du Cadre permanent de dialogue et de
concertation (CPDC), figuraient le Code électoral, la réforme
constitutionnelle. Au regard du rôle ô combien crucial joué lors des
législatives du 14 octobre 2007 par la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) et ses démembrements et de l’enjeu de la présidentielle
de 2010, on s’attendait à des débats âpres au sujet de leur composition et
de la représentativité des forces politiques. Les flairs n’ont pas démenti,
lorsque ces questions ont été abordées par le CPDC la semaine écoulée. La
problématique qui se pose est : quel critère de répartition des places au
sein de la CENI et des CELI ?
La question
a été l’objet de divergences persistantes entre les parties prenantes au
CPDC.
Rassemblement du Peuple Togolais
Bien
instruit de l’importance de la CENI et des CELI dans les différentes joutes
électorales, on n’entend nullement brader leur contrôle aux forces de
l’opposition parlementaire. Le parti brandit comme critère de
représentativité le nombre de sièges au Parlement. Au regard de ce critère,
le RPT fort de ses 50 élus devrait s’en sortir avec la part du lion. Il y a
là un instinct manifeste de domination. Cet argument déshérite
automatiquement l’opposition parlementaire et la relègue au second plan. Ce
critère retenu, conférerait donc au RPT une archi domination dans ces
structures. Et comme par le passé, les mêmes causes produiraient les mêmes
effets. Le nombre de sièges des deux représentants de l’opposition
parlementaire cumulés fait à peine la moitié de celui du RPT. Le parti
pourrait donc être représenté à raison des 2/3 contre 1/3 pour l’opposition
dans la CENI et les CELI.
L’Union
des Forces de Changement
Ici non
plus, on ne veut pas être perdant. Comme critère de représentativité, le
parti de Gilchrist Olympio opte pour le nombre de suffrages recueillis aux
législatives d’octobre 2007. A l’UFC, plus qu’un instinct de domination, on
est plutôt animé d’une intention de ne pas laisser s’échapper le RPT, de le
talonner et lui disputer la suprématie habituelle. Les deux partis auraient
donc presque la même représentativité quand on se réfère aux résultats des
dernières législatives. Le RPT a récolté à peine 100 mille voix de plus que
l’UFC. Ce critère appliqué, c’est le RPT qui devrait se retrouver
sérieusement menacé.
Le plus
grand perdant de l’une ou l’autre option devrait être tout naturellement le
parti de Me Dodji Apevon. Que ce soit le nombre de sièges au Parlement ou de
suffrages aux dernières législatives, le CAR se retrouverait avec la
portion congrue, la plus petite marge. Mais ici non plus, on ne veut se
faire compter l’évènement, se faire mâcher dessus et subir.
Le Comité
d’Action pour le Renouveau
Pour le
parti, il fallait trouver une formule intermédiaire qui lui permettrait de
s’en sortir. A défaut d’une CENI apolitique, le CAR opte pour la parité
opposition parlementaire et majorité parlementaire. Cette option ne saurait
être innocente ; elle doit être liée à la concession empoisonnée que se
propose de faire le RPT au sujet de la représentativité à la CENI.
En effet, le
parti de Faure Gnassingbé a dit être prêt à un partage équitable de la
représentation politique à raison de six (06) pour la majorité et six (06)
pour l’opposition parlementaire. Mais on assortit cette proposition d’une
condition : la répartition à parité des sièges de l’opposition
parlementaire, à raison de trois (03) pour l’UFC et trois (03) pour le CAR.
C’est
manifeste, chacun tire le drap de son côté, avec des arguments plus ou moins
objectifs et convaincants. Au RPT qui veut la part du lion pour éviter toute
surprise désagréable s’adjoignent l’UFC qui veut le marquer à la culotte et
le CAR qui veut se tailler une place dans cet imbroglio.
Conformément
aux dispositions du règlement intérieur du CPDC, le tableau des désaccords
serait transmis au Président de cet organe et tout premier Facilitateur,
sinon le seul, pour tenter des conciliations. Sa réaction est donc attendue.
Mais d’ores et déjà, beaucoup d’observateurs pensent qu’il serait illusoire
d’espérer quelque chose d’objectif de Faure Gnassingbé quand on sait que son
sort est engagé dans toutes ces options. Et qu’on ne soit pas étonné que le
débat se retrouve à l’Assemblée nationale et ces propositions soumises à
l’appréciation des députés. Et là, on imagine le grand gagnant.
T.
Shalom
Confidentiel :
Une mission à Lomé pour renforcer l’axe Faure-Atta
Mills
Le départ en
2000 de Rawlings du pouvoir et l’arrivée de John Kufuor avaient scellé
l’embellie des relations entre le Togo et le Ghana. Pendant les 8 années de
son pouvoir, le président John Kufuor s’est employé à renforcer les
relations avec le pouvoir de Faure, et la plupart des opposants togolais
résidant sur le territoire ghanéen se sont faits discrets pour certains et
d’autres ont dû quitter le territoire pour trouver asile ailleurs.
L’alternance
intervenue au sommet de l’Etat ghanéen avec le retour du NDC au pouvoir
porte certainement un sérieux coup à cette union sacrée. Et du côté du
pouvoir de Lomé, le climat serait désormais à la méfiance. Quelques jours
après sa prise de fonction, le président John Atta-Mills a accordé une
audience au principal leader de l’opposition togolais Gilchrist Olympio.
Selon un communiqué de l’UFC qui rapportait l’information, le leader de ce
parti aurait demandé au nouveau président ghanéen de s’investir auprès du
pouvoir RPT en vue d’aider à une résolution définitive de la crise que
traverse le Togo. Selon toujours le communiqué de ce parti, le président
ghanéen aurait promis de faire tout son possible pour venir en aide au
Togo. Mais selon des sources proches de la présidence ghanéenne, le
président Atta-Mills aurait clairement signifié à Gilchrist qu’il venait
d’entrer en fonction et qu’il n’était pas en mesure de s’investir dans
l’immédiat dans la crise togolaise. Pour rassurer le gouvernement togolais,
une mission était d’ailleurs dépêchée auprès de Faure par le nouveau
président du Ghana.
De sources
bien informées, à moins d’un an de la présidentielle de 2010, le pouvoir de
Faure fait du renforcement de l’axe Lomé-Accra une question de priorité.
C’est dans ce sens que l’homme qui dans l’ombre avait œuvré pour le
rapprochement Faure-Kufuor est actuellement mis à contribution. Déçu par le
pouvoir de John Kufuor avec qui il s’est brouillé, il a rejoint le camp du
NDC. El Hadj Banda, puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait été reçu en ce
début de semaine par Faure Gnassingbé. Dépêché à Lomé par le nouveau pouvoir
ghanéen, il a pour rôle de renforcer l’amitié entre les deux pouvoirs. Le
pouvoir de Faure s’active donc dans l’ombre à renforcer les liens avec le
voisin de l’Ouest pour sécuriser son fauteuil. Reste à savoir si ces
tractations dans l’ombre seront appréciées par tous les responsables du NDC
du côté d’Accra.
F.S |
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Forum de la Semaine #440 du 24 mars 2009 |
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Le poker
menteur : Sortir de l’eternel duel UFC-RPT pour sauver le Togo |
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A un an
de la prochaine élection présidentielle togolaise, la tension commence à
monter très fortement entre les acteurs politiques, directement ou par
médias et militants interposés. Malheureusement, comme les responsables
politiques togolais en ont pris l’habitude depuis le début du processus de
démocratisation, le débat politique se polarise autour de questions puériles
et superficielles, laissant de côté les vraies préoccupations de la
grande majorité de nos compatriotes.
Tout le cinéma qui se déroule depuis quelques temps autour du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) ne vise en réalité qu’une
question : la validation ou non de la candidature de Gilchrist Olympio à
l’élection présidentielle de 2010.
Le Président national du principal parti de l’opposition togolaise,
Gilchrist Olympio est-il vraiment intéressé par le pouvoir ? A-t-il une
vraie stratégie de conquête du pouvoir ? A bientôt 74 ans, Gilchrist Olympio
est-il encore, physiquement et politiquement l’homme de la situation ?
Quelle politique alternative propose Gilchrist Olympio pour la
réconciliation nationale, le développement à la base et la solidarité? De
quelles garanties dispose Gilchrist Olympio pour convaincre les Togolais que
l’issue de 2010 ne sera pas identique à celle de 1998, de 2003, de 2005 et
de 2007 ?
Ces questions, pourtant importantes, ne semblent intéresser personne.
On préfère continuer à maintenir les Togolais dans l’ignorance et
l’analphabétisme politique sachant qu’au lendemain de l’élection
présidentielle, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les plus
chanceux des Togolais resteront au pays et continueront à patauger dans la
misère et la souffrance.
Ceux qui auront cru aux belles paroles d’une classe politique
incompétente, insouciante et sans scrupule, se retrouveront, pour les uns,
au cimetière, pour les autres, dans des hôpitaux, mutilés pour le restant de
leur vie et, pour la grande partie d’entre eux, reprendront le dur chemin de
l’exil.
Pendant ce temps, les politiciens se retrouveront à Abuja, Ouagadougou,
Accra, Libreville ou à Sant’ Egidio pour de nouvelles négociations qui, de
toute façon, finiront par légitimer un nième coup de force du RPT en
attendant l’épisode suivant.
Le régime RPT a le beau rôle. Il ne fera rien pour élever le niveau du
débat politique. Il n’y a aucun intérêt. Au contraire, il a plutôt intérêt à
attiser les antagonismes et à faire croire à sa base électorale du Nord que
l’arrivée au pouvoir de Gilchrist Olympio déclencherait la guerre civile et
entraînerait la chasse aux sorcières à l’encontre des nordistes et plus
particulièrement des Kabyès.
Ainsi va le Togo. Gilchrist Olympio a besoin du RPT au pouvoir pour
s’éterniser dans son confortable statut d’opposant historique. Le RPT a
besoin de Gilchrist Olympio, l’opposant historique, pour justifier, aux yeux
de nos compatriotes du Nord et de ses soutiens extérieurs, sa stratégie de
conservation du pouvoir. Un véritable jeu de poker menteur du «je t’aime
moi non plus»!
Doit-on continuer ainsi à cristalliser la vie politique togolaise et le
sort de tout un peuple autour du contentieux historique opposant Gilchrist
Olympio, fils de Sylvanus Olympio et Gnassingbé Eyadéma, ancien Général
Président du Togo, supposé être l’assassin du Père de l’indépendance et de
la nation togolaise ?
Quel que douloureux et tragique que fût cet assassinat odieux,
maintenant que Eyadéma n’est plus de ce monde, le moment n’est-il pas venu
de cesser de faire de l’assassinat de Sylvanus Olympio, le seul fondement du
clivage politique entre le pouvoir RPT et l’opposition incarnée par
Gilchrist Olympio ?
Cet antagonisme historique, entretenu à dessein par les deux parties
continue d’hypothéquer la réconciliation nationale, le développement
économique et l’émergence d’un véritable élan de solidarité au sein de la
société togolaise.
L’antagonisme fondé sur le contentieux Sylvanus Olympio a pu avoir un
sens tant que Eyadéma était en vie. La difficulté aujourd’hui pour Gilchrist
Olympio, c’est d’opposer à Faure Gnassingbé, un crime de sang qu’aurait
commis son défunt père alors que l’actuel président n’était même pas né au
moment des faits.
La persistance du leader de l’UFC à vouloir faire du problème politique
togolais, un éternel duel à couteaux tirés entre son parti et le RPT, entre
lui-même Gilchrist Olympio et Eyadéma et maintenant le fils d’Eyadéma, a
fini par mettre toute l’opposition togolaise dans une bien inconfortable
situation stratégique.
Lorsqu’on analyse le paysage politique togolais, on se rend compte d’un
paradoxe. Tous ceux ou presque, qui incarnaient le pouvoir RPT au début des
années 90 à
la Conférence
Nationale Souveraine, ont, soit, disparu de la scène politique, soit
eux-mêmes mis au placard.
Le régime RPT a su se renouveler au moins au niveau de ses cadres à
défaut de pouvoir se renouveler dans ses pratiques sordides. Aucun de ceux
qui incarnent le pouvoir RPT depuis la mort d’Eyadéma, n’était en vue à
la Conférence Nationale
Souveraine.
Du côté de l’opposition, on retrouve les mêmes figures depuis 1990.
Quand on voit comment la jeune génération RPT a su, subtilement se jouer de
ses aînés et pères de l’Opposition lors des négociations de l’Accord
politique global, on est en droit de se poser des questions sur la capacité
de la classe politique actuelle de l’Opposition, et plus particulièrement de
Gilchrist Olympio à réussir en 2010 ce qu’ils n’ont pas été capables de
réussir en 1998, 2003, 2005 et 2007.
Il eut été souhaitable qu’à l’occasion de la prochaine élection
présidentielle, la classe politique opposée au RPT se renouvelât et
qu’émergeât une nouvelle génération d’hommes politiques capables de fonder
le combat politique sur des bases nouvelles.
Le RPT a su, de son côté opérer cette rupture générationnelle. Derrière
la génération des Faure, Bodjona, Nagou, Damnipi, Bawara et autres, se
dresse déjà celle du Conseil National de
la Jeunesse (CNJ) et des Mey qui a déjà le pied à l’étrier. Du côté de
l’Opposition, bien malin qui peut dire aujourd’hui ce qu’il adviendra de l’UFC
et de l’opposition après Gilchrist Olympio.
La jeune génération RPT au pouvoir se plaît tout simplement à trimbaler
et même à ridiculiser la vieille garde de l’opposition toujours aux
affaires, mais désormais dépassée par les événements. Les plus jeunes
responsables de l’opposition ont tous plus d’une dizaine d’années que les
plus vieux des jeunes dirigeants RPT.
Pendant que les Togolais souffrent de la vie chère, des conséquences de
la crise financière internationale, du chômage endémique, de la pauvreté et
que le RPT est incapable d’apporter les réponses qu’attendent les Togolais à
leurs problèmes, l’opposition UFC-CAR préfère parler de conditions
d’éligibilité de Gilchrist Olympio ou d’autres problèmes accessoires, au
lieu de mettre en place une véritable stratégie de rassemblement des forces
vives et de toutes les forces démocratiques en vue de la conquête de la
démocratie.
Ce qui a fait perdre les dernières législatives à l’opposition, ce ne
sont, ni le découpage électoral, ni les conditions d’organisation des
élections. C’était d’abord et surtout la cupidité des propres représentants
de l’Opposition dans les bureaux de vote. Les mêmes causes ne risquent-elles
pas de produire les mêmes effets ? L’opposition ne ferait-elle pas mieux de
trouver la parade à cette situation au lieu de passer son temps à des
palabres inutiles avec le RPT pour, au soir des élections, chanter le vieux
refrain de « on nous a volé la victoire » ?
L’Opposition togolaise, et plus particulièrement Gilchrist Olympio
doivent avoir le courage d’opérer cette nécessaire rupture générationnelle
pour insuffler une nouvelle dynamique au combat contre le RPT new look. A
défaut de cette rupture générationnelle, l’Opposition fera le lit au pouvoir
RPT pour encore au moins cinquante ans, voire plus!
Dimas
Dzikodo
Nouvelle baisse des prix du carburant sur fond de
récupération politique
Le gouvernement togolais a décidé jeudi une nouvelle
révision à la baisse des prix des produits pétroliers.
Le prix de l’essence super sans plomb est désormais fixé à
445 francs CFA, ceux du pétrole lampant à 370 francs, du gasoil à 440 francs
et du mélange 2 temps à 490 francs. Le gaz butane
12,5 kg
est vendu à 3500 FCFA.
Selon le ministre du Commerce, Guy Madjé Lorenzo, ces prix
revus à la baisse tiennent compte de la tendance baissière du marché
international et du phénomène de vie chère. Le gouvernement a déjà décidé en
décembre dernier la révision à la baisse des prix des produits pétroliers.
L’essence sans plomb était à 500 FCFA contre 595 FCFA précédemment, le
gasoil 495 CFA contre 590 FCFA, le mélange 2 temps à 500 francs contre 575
FCFA. En somme, une réduction de 150 FCFA sur le principal produit,
l’essence super sans plomb en quelques trois mois. Soit ! Mais comme le
dirait l’autre, ce n’est pas trop tôt.
Cela faisait un bon bout de temps que le cours du pétrole
est rentré dans la courbe inverse après la vertigineuse flambée de l’année
dernière. Et tout le monde sait combien le gouvernement a opposé de
résistance pour suivre la cadence. Des arguties les plus superflues ont été
avancées pour maintenir les prix à la hausse à la pompe. Il a fallu que des
pays voisins parviennent des échos de baisses substantielles pour qu’enfin
le gouvernement réagisse. Mais ici encore, on peut trouver à redire, surtout
après les explications et arguments tirés par les cheveux du ministre du
Commerce et de
la Promotion
du Secteur privé, Guy Lorenzo.
Dans sa satisfaction béate et pleine d’enthousiasme, le
ministre s’est employé à comparer les prix pratiqués au Burkina et en Côte
d’Ivoire, deux exemples à la vérité très mal choisis, puisqu’il est apparu
qu’il biaise sciemment sur les prix pratiqués chez les deux voisins
immédiats du Togo à savoir le Bénin et le Ghana. L’exemple du Burkina, un
pays de l’hinterland, donc ayant des surcoûts de transports et autres frais
apparaît alors des plus inappropriés. Celui de
la
Côte d’Ivoire, un pays où le niveau de vie n’est en rien comparable avec
celui du Togo, l’est encore plus. Il n’y a donc pas d’enseignements à tirer
ici. Mais d’un autre côte, cela sent comme…. de la récupération politique.
Récupération politique
L’annonce de cette décision a suffi pour ressusciter les micros et
plumes louangeurs. Le ministre Guy Madjé Lorenzo venu annoncer la décision à
la télévision nationale a donné le coup d’envoi de la récupération
politique. Dans ses commentaires à chaud, le ministre a laissé entendre que
cette baisse est rendue possible grâce à la volonté du chef de l’Etat très
à l’écoute des populations togolaises, d’alléger leurs souffrances. Certains
dans la masse lui ont emboîté le pas pour jeter des lauriers,
« féliciter » Faure Gnassingbé pour ce geste.
On insiste sur certaines chaînes que c’est la seconde fois en trois
(03) mois que le gouvernement procède à la réduction des prix des produits
pétroliers. Pour faire peindre les gouvernants en blanc et séduire les
faibles d’esprit, le ministre s’est employé à citer des pays comme la côte
d’Ivoire et le Burkina Faso où, semble-t-il, les prix de ces produits sont
plus élevés.
De la baisse, parlons-en
Cette récupération politique n’a pas sa raison d’être et ne devrait
même pas effleurer l’esprit si on était dans un pays normal. C’est prendre
le peuple pour un ramassis d’ignorants que de parler d’un effort surhumain
des gouvernants, et particulièrement du « Leader nouveau ».
Le gouvernement avait décidé la hausse exagérée des prix du carburant
en pleine vie chère et à l’époque, l’alibi était que l’Etat était à bout de
souffle et n’en pouvait plus de subventionner le carburant. L’argument
fondamental était la hausse du baril de pétrole sur le marché international.
A l’époque, il frisait les 150 dollars US. Ce prix a commencé à dégringoler
juste quelques semaines après la hausse décidée par le gouvernement
togolais. Le 18 décembre 2008, le gouvernement n’a consenti qu’une légère
baisse. Aujourd’hui le baril de pétrole est à moins de 40 dollars, une
dégringolade de plus du quart de ce prix. Mais comme réaction, le
gouvernement ne propose aujourd’hui qu’une seconde baisse d’à peine 50 FCFA.
Les deux baisses cumulées font 150 FCFA, contre cette chute considérable du
prix du baril sur le marché mondial. Et c’est cela qui fait jaser !
Décision mûrie ou improvisation ?
Au-delà de la récupération politique, il faut se poser cette question.
On pourrait croire les propos du ministre qui déclarait jeudi que cette
baisse est une décision prise en concertation avec les importateurs
pétroliers. Si cette information s’avérait, cela suppose que la concertation
a eu lieu des heures, voire des jours avant, et que les gérants de station
sont avisés depuis. Mais voilà, il a été donné de constater avec regret que
plusieurs stations service ont continué à vendre sur les anciens prix.
D’autres ont carrément arrêté de servir, en attendant de voir la suite. Ce
qui laisse croire qu’il n’y avait pas eu véritablement concertation comme
allégué par le ministre, ou du moins pas de consensus entre les parties
autour de la question.
Pire encore, il se raconte dans les milieux autorisés que ce sont trois
propositions de prix qui avaient circulé : 350, 400 et 445 FCFA.
Apparemment, c’est le prix fort qui a été retenu pour… le bonheur (sic) des
Togolais.
B. Sek et T.
Shalom
Ce
que nous pensons :
Le partage de la
pitance
Togo, petit pays, grands problèmes, aime-t-on à dire souvent. Mais un
sage nous confiait la fois dernière que le Togo n’a pas grands problèmes.
Que le principal problème du Togo, c’est le partage des ressources du pays.
Après moult réflexions, nous avons su qu’il a raison. Alors comment
comprendre qu’une seule entité qui se connaît et qui est connue de tous,
puisse procéder à une mainmise totale sur les richesses de la nation et
qu’évoquer cela puisse soulever un tas de tollés ? Comment procéder alors à
un partage satisfaisant des ressources de ce pays ? Sachant que ce partage
serait difficilement équitable, on peut s’évertuer à le faire de façon plus
ou moins satisfaisante.
Et dans un système comme le nôtre où la bureaucratie est de mise, la
fonction publique constitue la première richesse de l’Etat; son partage doit
donc respecter la géopolitique et un certain nombre de critères visant la
satisfaction de la plus petite communauté ethnique de notre pays, sans
toutefois remettre en cause la compétence et la recherche de l’efficacité.
Car la compétence se retrouve sur toute l’étendue du territoire : chez mon
frère Mouzou à Soumdina haut, chez mon cousin Lamboni dans la savane arborée
du pays Moba, chez ma sœur Afi dans l’Avé ou encore chez ma tante Tchotcho
de la plage menacée d’Aného sans oublier mon frère Ouro du pays Tèm et
Outcha des monts Akposso.
Mais malheureusement le RPT a érigé une super tribu et a bâti son
système sur ce socle discriminatoire aux dépens des autres. Occulter cette
vérité met en danger sérieusement la cohésion nationale. Et ceux qui
défendent ce système font l’apologie du tribalisme, véritable acide
sulfurique contre le tissu social.
C’est bien connu que dans ce monde du RPT, la licence de dire le
contraire de la vérité est bien détenue. Eux seuls peuvent, et ont autorité
de décréter noir ce qui est blanc. Et c’est pourquoi cette évidence mise à
jour est niée. Les autres doivent se taire et ruminer leurs maux. S’ils ont
un devoir, c’est celui des bêtes de somme, taillables et corvéables à merci,
condamnés à pleurer en silence ou à chanter les louanges du prince et rire
de leurs propres souffrances et tourments. Ils n’ont pas droit au secours en
cas de danger.
Illustration parfaite : tout récemment, dix-neuf passagers perdent la
vie dans un accident très prévisible et attendu, l’état de nos routes les y
exposant. Le conducteur du bus mortel freine jusqu’à l’arrêt. Il est percuté
par un « titan » puis « cimenté à mort ». Et c’est
l’hécatombe !
Savez-vous ce qui arriva ? Les secours débarquèrent plusieurs heures après,
constatèrent le drame, retournèrent dormir sur leur couche moelleuse, pour
se réveiller le matin, vaquer à leurs préoccupations pour enfin revenir dans
l’après-midi compter les cadavres. Point de soucis de sauver ce qui pouvait
l’être.
La suite est sans commentaires : le tout-puissant ministre entouré de
son staff a appelé les chauffeurs à la prudence et à la vigilance ! C’est de
leur faute, car ils sont usagers, propriétaires, entreteneurs,
maintenanciers, équipementiers et responsables de notre impeccable réseau
routier. Omerta! Sans autre forme de procès.
L’amalgame
dangereux entretenu au sommet de l’Etat pour brouiller les pistes de cette
vérité évoquée est dangereux. C’est vite fait d’englober une ethnie toute
entière à un drame qui choque la conscience collective. Le cas du drame
Langabou est très significatif et évocateur, où pour un crime d’un seul
Peulh, tous les Peulhs de cette localité jusqu’à Nyamassila en passant par
Kpessi et toutes les préfectures de Blitta et de l’Est-Mono ont été la cible
de la folie revancharde d’une communauté. C’est cette bombe à retardement
que nous voulons désamorcer en évoquant ce sujet tabou. En fait, c’est ce
que nous pensons.
Dimas Dzikodo
Les 20 plus de Faure :
Politique de
l’environnement
« Je conduirai une politique de l’environnement avec le consentement, le
concours et la participation des populations locales ». Nous avons
compris par cet engagement, Monsieur le Président, que la protection de
l’environnement vous préoccupe à plus d’un titre. Tous les Togolais depuis
l’époque coloniale jusqu’ à ce jour en sont aussi conscients, c’est pourquoi
ils ont subi les brimades des colons allemands pour planter des tecks et
accepter à contrecœur la création des faunes par le pouvoir de feu Eyadéma.
Monsieur le Président, ce sacrifice de nos parents ou grands parents pour
renforcer le couvert végétal de ce pays n’a plus de sens aujourd’hui. En
effet depuis 4 ans que vous êtes au pouvoir, Monsieur le Président, on
assiste à une ruée vers l’or vert. Sur toute l’étendue du territoire, nos
maigres forêts sont décimées par des exploitants sans scrupule. Armés de
machettes, scies, tronçonneuses, ils ont dévasté en moins de quelques mois
des essences de tecks qui datent de la période allemande. A Notsè, Kpalimé,
Atakpamé, Blitta, Bassar, Mango, Dapaong, les dégâts sont énormes et les
populations ne comprennent pas cette colère non pas des dieux mais des
hommes, qui s’abat sur ces forêts qui abritaient pour la plupart des
divinités.
Monsieur le Président, l’ampleur de ce génocide forestier a attiré
l’attention d’un expatrié qui s’est posé la question de savoir si le Togo
dispose d’un ministère de l’Environnement ou de la déforestation.
Monsieur le Président, il paraît que ce commerce juteux qui envoie des
tonnes de tecks vers l’Asie est l’œuvre de certains Libanais et surtout des
proches du pouvoir. Des mauvaises langues affirment que certains de vos
« proches » sont impliqués dans cette destruction systématique de nos
forêts.
La
politique de protection de l’environnement est d’abord une volonté
politique ; c’est pourquoi, Monsieur le Président, les Togolais ne
comprennent pas pourquoi vous laissez faire. Ils ne comprennent pas pourquoi
en dépit de cet engagement, nos forêts surtout les tecks qui faisaient la
fierté de certaines localités sont abattus par vos proches qui ont trouvé en
cette exploitation un moyen de garnir leurs comptes dans les paradis
fiscaux. Monsieur le Président, vos proches ont-ils besoin de faire autant
de dégâts à la nature pour s’enrichir ? A l’heure où l’on parle du
réchauffement climatique avec pour conséquence la sécheresse et les
inondations, le Togo n’est pas à l’abri de ces catastrophes naturelles. Il
urge donc, Monsieur le Président, que vous calmiez un tant soit peu les
ardeurs des génocidaires forestiers afin de préserver les générations
futures des conséquences néfastes. La protection de l’environnement,
Monsieur le Président, c’est la protection de la vie ; c’est pourquoi au nom
de cet engagement, vous devez agir ici et maintenant pour préserver
l’équilibre de l’écosystème de ce pays.
Et que dire de l’insalubrité grandissante de notre capitale ? Lomé
n’est plus belle ; elle est devenue la poubelle. Des dépotoirs sauvages sont
érigés partout, y compris derrière la résidence de caserne de votre feu
père. Ces montagnes artificielles et destructrices sont des gîtes parfaites
pour la gestation et la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme
qui tue des milliers de Togolais, femmes, hommes et enfants, jeunes et
vieillards par an détruisant ainsi les ressources humaines dans le pays,
après les ressources forestières. Il ne faut pas oublier aussi que ces
dépotoirs sauvages sont à l’origine du choléra qui frappe à tout moment les
populations de Lomé.
Serons-nous cois au sujet de la lagune et son cortège de dégâts ?
Cette passivité nous rendra coupables. Coupables de votre administration qui
ne fait rien pour développer ce joyau dont l’exploitation intelligente,
comme sous d’autres cieux, pourrait engendrer des milliards de nos francs
comme recettes annuelles. Mais à quoi assiste-t-on ? A la détérioration de
ces lacs qui gémissent sous le poids des cadavres qui y sont
continuellement jetés et les drainages des fosses sceptiques des maisons
riveraines qui engendrent une puanteur tenace et insupportable.
Monsieur le président, Lomé est polluée. Et l’insalubrité de notre
capitale n’a rien à envier aux déchets toxiques que notre pays a averti les
autres de la sous région dans les années 80, de ne pas accepter. Vous devez
agir pour rendre Lomé vivable avec le retour des agents de service d’hygiène
qui abattaient un travail de prophylaxie et sauvaient des vies humaines.
D’autres mesures idoines devaient s’en suivre. Bonne journée, Monsieur le
Président !
Ferdi-Nando
Politique : Péré, Gnininvi, Kagbara, Dorkénoo… confirment l’ethnicisation
et la clanisation de l’administration au Togo
S’il y a un
sujet qui fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis quelques semaines
au Togo et qui provoque une levée de boucliers auprès des inconditionnels du
pouvoir RPT, c’est sans nul doute l’affaire d’ethnicisation de
l’administration publique. Après l’ouverture des débats par la presse et vu
l’intérêt que cela suscite, « Forum de la Semaine » a ouvert ses colonnes à
plusieurs acteurs politiques de notre pays.
Beaucoup ont avoué nous avoir trouvés
« très audacieux » en soulevant la question en exploitant un article que
notre confrère « Focus Info » avait déjà publié.
Notre « audace » que d’autres n’ont
certainement pas, nous permet de marcher sur la tour de mythes dont on fait
entourer le sujet à dessein pour dissuader les uns et les autres d’en
parler. Il est « trop sensible », dit-on. Et pourtant, ne pas en
parler ne rend pas moins dangereux le phénomène pour l’unité nationale.
Dans le discours d’ouverture et de clôture
du premier congrès de son parti tenu du vendredi dernier à hier dimanche,
l’ancien président de l’Assemblée nationale, Dahuku Péré a évoqué plusieurs
fois la question d’ « ethnie » au Togo. Il dit par exemple que
« nous refusons que la famille, le clan, l’ethnie, tout ça soit utilisé
comme facteur de division et d’exclusion des autres. Chaque famille, chaque
clan a des richesses. Il faut que cette richesse soit versée au patrimoine
de la nation ». Il ajoute : « A partir des quarante-une ethnies qui
composent actuellement le Togo, je cherche seulement à construire la
quarante-deuxième, celle qui englobera toute la nation togolaise ».
Si d’autres ont subtilement esquivé la
question, Léopold Gnininvi, Secrétaire Général de
la CDPA, lui, à
sa manière regrette aussi l’existence de ce fait au sein de la société.
« Je pense que c’est un mal qu’il faut éviter. On a toujours choisi une
sorte de correction politique qui consiste à éviter d’évoquer certains
problèmes qui peuvent mettre le feu au pays. Nous tous avons le devoir
d’éviter que ces problèmes ne prennent des proportions inadmissibles ».
Du coté du Parti Démocratique Panafricain,
le président, Bassabi Kagbara refuse de parler d’ethnicisation. « Il y a
beaucoup de vérités ; mais il y a la manière de dire ces vérités »,
justifie-t-il. Il parle néanmoins de « clanisation ». « Ce sont des clans
et des copains qui dirigent ce pays. Ne le confondez pas à une ethnie alors
que dans cette ethnie même, il y a des gens qui souffrent », a-t-il dit,
ajoutant que « Nous sommes tous trichés, tout le monde souffre de ce
fait, il faut que cela change, y compris vous les journalistes ».
Pour l’ancien ministre Ephrem Dorkenoo,
« c’est un bon débat. Mieux vaut mettre le problème sur la table et trouver
des solutions que de rester dans son coin pour ruminer ses frustrations ; il
vaut mieux mettre le problème sur le tapis et ouvrir un débat sur le sujet ».
Comme les
autres acteurs politiques, Antoine Tossou de
la Convention Démocratique
des Peuples Africains Branche Togolaise (CDPA-BT), était aussi interrogé
sur cette gangrène qui porte un coût à l’unité de la nation. « Ethnicisme
et régionalisme sont la même politique ayant toujours caractérisé le régime
dictatorial du RPT qui perdure et dont les ruses et le totalitarisme sont
observables en permanence à travers de nombreuses autres pratiques
similaires », a –t-il répondu.
Le président de « Le Nid », s’est
aussi exprimé. Gabriel Dosseh-Anyron estime que « c’est une évidence »
que de parler d’ethnicisation au Togo. Selon lui, « quand on prend la
composition actuelle du personnel de l’administration, on remarque qu’il y a
clivage qu’il faut arriver à corriger ». Mais, « comment en est-on
arrivé là ? », c’est l’une des principales questions qui doit s’imposer
à l’opinion si l’on veut corriger les tares en question, à en croire le
président de « Le Nid ».
« Je le confirme et le déclare tout
haut et fort », répond sèchement le Secrétaire National Adam Akpotsui du
Parti Initiative et Développement à la question de savoir si l’ethnicisme
gagne réellement la fonction publique au Togo. Il poursuit : « le pouvoir
RPT est basé sur le clientélisme et l’ethnocentrisme. Et ça peut conduire à
la guerre civile. Mais nous rassureront le peuple du Nord que dès que notre
coalition (en cours de composition) sera au pouvoir, nous allons changer
cela, mais sans être complice de vengeance. Nous proposons que soit réalisée
une étude scientifique qui aboutira à la confection d’une cartographie
régionale du personnel de l’administration togolaise, des représentations du
Togo à l’étranger et des sociétés où l’Etat est majoritaire et, la
conclusion de l’ethnocentrisme sera évidente pour tous ». Adam Akpotsui
n’en veut pour preuve que la composition de la liste des lauréats d’un
concours national d’entrepreneuriat récemment lancé. « Dans toutes les
préfectures il n’y a eu qu’une dizaine de lauréats, à l’exception de la
commune de Lomé qui enregistre environ 300 personnes. Mais dans une autre
préfecture particulière, on enregistre environ 140 lauréats. C’est là une
preuve de ce qu’on dit ».
A travers les différents avis des chefs de
partis qui ont bien voulu aussi aborder le sujet, une constatation se
dégage. Nul n’a nié l’existence du phénomène d’ethnicisation ou de
clanisation de l’administration publique au Togo, bien que tous n’aient pas
la même origine ethnique.
Maxime
Domegni
Commercialisation des droits médias et marketing de la CM/CAN 2010
Une affaire de
60 millions de FCFA sème la confusion à la FTF
La Confédération
africaine de football (CAF) a indiqué, le 5 mars dernier avoir effectué
au mois de décembre 2008, un versement de 120.000 dollars us (soit 60
millions de francs FCFA) à la Fédération togolaise de football au titre de
la commercialisation centralisée des droits médias et marketing des matches
préliminaires Coupe du Monde de la FIFA/Coupe d’Afrique des Nations 2010.
C’était en
réponse à un courrier à lui adressé par la Fédération dans le cadre des
dispositions à prendre pour les matches de la dernière phase des
éliminatoires combinées.
Mais aussi
paradoxal que cela puisse paraître, l’on ne retrouve aucune trace de cette
somme perçue au titre de la participation du Togo au 2e tour
des matches préliminaires et dont il ne reste qu’un reliquat de 12.243
dollars soit six millions cent vingt et un mille cinq cents (6.121.500 de
francs CFA) que
la CAF
entend verser au cours du mois d’avril.
« Nous
n’avons vu aucune trace de cette somme à notre arrivée à
la Fédération
en janvier dernier. Un fait que nous cherchons actuellement à comprendre », a déclaré Henry Djagba Dessong, membre du Bureau Exécutif de
la FTF et membre du Comité d’organisation du match Togo-Cameroun, sur une
chaîne de télé privée à Lomé.
Selon le
courrier réponse de la CAF dont avons reçu copie, c’est la société Sportfive en sa qualité de
concessionnaire qui commercialise les droits médias et marketing des
matches des préliminaires de
la Coupe du Monde de
la FIFA/Coupe
d’Afrique des Nations de la CAF 2010. Et c’est en contrepartie de la
participation togolaise à ces préliminaires que cette somme a été versée à
la Fédération togolaise de football.
« Pour
votre participation aux matches du troisième tour, un montant de 210.000
dollars US, (soit 105.000. 000 de francs CFA) vous sera versé à la fin de
l’année 2009 à l’issue des préliminaires CAN/CM », a en outre précisé le courrier de Mustapha Fahmy,
Secrétaire général de
la CAF.
Il est
important que des enquêtes soient diligentées afin d’éclairer le public
sportif togolais sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Quand
on sait aussi que, des 180 cartons de matériels sportifs envoyés à la FTF
par la société Puma, seule une dizaine de cartons fut remise au nouveau
bureau par Tata Avlessi, le prédécesseur de Rock Gnassingbé.
TGA |
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Forum de la Semaine #438 du 16 mars 2009 |
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Langabou :
Affrontements entre Peuhls et Kabyè |
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Selon des sources proches de la sécurité nationale, de violents
affrontements ont opposé hier à Langabou, une localité située à 250 km de
Lomé, des Peuhls transhumants à la communauté Kabyè vivant dans la localité.
Ces affrontements feraient suite à un meurtre perpétré contre un couple de
paysans de la localité par les Peuhls.
D’après les témoignages, ayant surpris les assassins qui étaient en
train de dépecer le corps de sa femme pour lui extraire les organes,
l’infortuné mari serait à son tour agressé et succombera lors de son
transfert sur le CHR de Sokodé. Ce serait ce double meurtre qui a révolté la
communauté Kabyè de la localité qui s’est mobilisée pour des expéditions
punitives contre les Peuhls des environs.
D’après
toujours les témoignages, les affrontements qui ont continué tard hier nuit
ont déjà fait plus d’une dizaine de morts. Un détachement de
la Gendarmerie a été dépêché sur les lieux pour rétablir l’ordre.
Les affrontements entre les Peuhls transhumants et les populations
autochtones sont réguliers dans certaines régions du pays.
F.S.
Nouvel accord de
défense entre le Togo et la France : Vers la fin du soutien tous azimuts au
pouvoir RPT ?
Le Togo et
la France ont
signé vendredi à Lomé un nouvel accord de défense, dont le contenu n’a pas
été révélé. L’accord a été signé par le ministre des Affaires étrangères,
Koffi Esaw, et l’ambassadeur de France à Lomé, Dominique Renaux.
Le Togo devient ainsi le premier pays africain à signer un tel document
depuis l’annonce par le président Nicolas Sarkozy de son intention de
réviser les accords de défense avec ses partenaires africains. Le président
français avait annoncé en février 2008 en Afrique du Sud qu’il entendait
renégocier tous les accords militaires de
la France en Afrique : « la France
n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique.
L’Afrique doit prendre en charge les problèmes de sécurité », avait-il déclaré.
Le contenu de l’accord franco-togolais n’a pas été révélé, le document
devant encore être ratifié par le parlement avant sa publication.
« Cet accord qui a vocation à être publié après sa ratification abroge
l’ensemble des accords et arrangements conclus antérieurement et les
remplace par des dispositions nouvelles adaptées à l’état du monde de
2009 »,
a précisé M. Renaux. Selon lui, le nouveau texte repose sur plusieurs
principes, notamment la « transparence et la réciprocité des
engagements » pris par les deux parties et la « concertation mutuelle
sur la sécurité nationale et régionale ».
Mais au-delà de ce discours officiel, d’après plusieurs observateurs,
Paris ne serait plus prêt à apporter son « soutien » tous azimuts au pouvoir
RPT. On se souvient qu’en septembre 1986, Paris a dépêché à la rescousse du
pouvoir d’Eyadema toute une armada d’avions de combat qui ont permis de
mettre fin aux velléités des fameux « terroristes du 23 septembre ».
Plus près en 1991, lorsque le Premier ministre de la transition Joseph Kokou
Koffigoh croulait sous les ogives mortelles des FAT au Palais des Hôtes de
marque,
la France avait aussi réagi par rapport à la situation, même si les éléments
du 3e BIMA basés en
Côte d’Ivoire étaient restés cantonnés à Agouè en territoire béninois, pris
dans le dilemme de porter secours aux Forces démocratiques ou sacrifier à
l’accord de défense et considérer que l’Etat togolais n’était pas en danger.
C’est finalement cette deuxième option qui a été retenue. Beaucoup
de Togolais y avaient vu une attitude assez intéressée qui protège les
régimes dictatoriaux. Aujourd’hui que cet accord est revu et corrigé, la
question qui se pose est le degré d’implication de la France dans la défense des Etats africains comme le Togo où
malheureusement, l’Etat se confond au RPT et à la famille Gnassingbé et
alliés.
F.S
Des 19 tués de
Togblekopé : Les gouvernants coupables de non assistance à personnes en
danger
L’accident qui était survenu dans la nuit du lundi 09 au mardi 10 mars
derniers et qui a vu malheureusement une vingtaine de nos compatriotes
perdre la vie démontre à suffisance l’incurie dans laquelle baignent les
autorités togolaises en matière de prise en charge médicale des urgences
dans notre pays. Non seulement il est opportun de préciser que le Togo ne
dispose d’aucun véhicule médicalisé de secours et assistance médicale
d’urgence (SAMU), mais aussi, et il est importantissime de le préciser, nos
gouvernants refusent délibérément d’engager des médecins urgentistes dans
nos hôpitaux.
Nous disons que l’Etat a REFUSE parce qu’aucun urgentiste n’est employé
dans nos hôpitaux, et ce n’est pas parce que des médecins togolais n’ont pas
suivi cette spécialisation, mais ceux qui l’ont fait sont obligés de se
faire valoir sous d’autres cieux au lieu de venir chômer au Togo. Et même si
l’Etat togolais n’a trouvé aucun de ses fils dans ce domaine, il aurait pu
embaucher un étranger, si tel est qu’il est soucieux du devenir de ses
populations qui demeurent la première ressource viable de chaque pays.
Selon les spécialistes que nous avons approchés, on peut définir
l’urgence comme une situation ou un état pathologique qui met en danger à
brève échéance l’intégrité physique voire la vie d’une personne. Cette
situation nécessite une réponse appropriée dans les meilleurs délais. La
prise en charge des urgences suppose une planification correcte et une bonne
organisation des structures d’urgence pré-hospitalières et hospitalières.
Les structures d’urgences pré-hospitalières
Il s’agit de l’aide médicale urgente dispensée par des services
médicaux mobiles (SAMU, SMUR, Sapeurs pompiers) capables de dispenser sur
les lieux du sinistre les premiers gestes de sauvetage et de réanimation
afin d’assurer le maintien des fonctions vitales. Il s’agira par exemple,
selon le Professeur David Dosseh, le Président du Syndicat national des
praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT), que nous avons contacté,
« de pouvoir perfuser ou transfuser un blessé qui saigne, de l’oxygéner s’il
est en détresse respiratoire, d’immobiliser une fracture, d’arrêter une
hémorragie et surtout assurer dans de bonnes conditions le transfert rapide
du blessé vers un centre d’accueil spécialisé au moyen de véhicules
médicalisés (ambulances, hélicoptères…) ». Si nécessaire, a-t-il ajouté,
la prise en charge sur les lieux de l’accident se fera en collaboration avec
d’autres services spécialisés (police, génie civil…).
A ce niveau, il est lamentable de constater qu’à notre ère, où ce
dispositif médical est largement déployé dans tous les pays du monde entier,
le Togo peine à se doter d’une ambulance digne de ce nom avec l’arsenal
médical et technique adéquat alors que l’on assiste à une démonstration
choquante de l’opulence des dignitaires du parti au pouvoir ; et lorsqu’il
vous est permis de passer aux abords du siège du RPT le jour d’une réunion,
on se croirait atterrir dans une filiale de GMC (General Motors Company) ou
d’autres marques de renoms où les Hammers rivalisent d’ardeur avec les
Prados, Pathfinders ou encore des Limousines ou Chryslers. Du vivant d’Eyadèma,
pareil exhibitionnisme n’est jamais toléré, car le prix de chacune de ces
voitures de marque haut de gamme peut permettre à nos hôpitaux de se doter
d’une dizaine de ces véhicules médicalisés auxquels nous faisons allusion.
Revenant sur notre sujet, le Prof Dosseh rappelle qu’il faut préciser
qu’en fonction du nombre de blessés, «l’organisation des secours doit
identifier les besoins et mettre à disposition sur les lieux de l’accident
un nombre de personnels médicaux suffisants, du matériel de soins d’urgence
et positionner les ambulances pour l’acheminement des blessés» vers les
centres d’accueil où un système d’alerte aura permis de prévoir la
logistique nécessaire pour l’accueil des blessés. Tout ceci doit être
organisé par le ministère de
la Santé, en
collaboration avec celui de la Sécurité, avec l’implication de leur collègue
de l’Action sociale. Mais au Togo, rien n’est organisé en ce sens. Le plan
ORSEC n’a permis qu’aux ministres impliqués de se quereller à propos des
dons reçus et s’est clos en queue de poisson sans qu’aucune table ronde ne
soit réunie pour évaluer le travail accompli, ce qui a bien fonctionné et
ce qui n’a pas bien marché, et de voir si l’expérience valait la peine
d’être rééditée. Rien ! Que d’improvisations et de pilotages, à vue ! Est-ce
cela la nouvelle ère de l’esprit nouveau ?
Beaucoup de blessés ou de malades meurent en raison des insuffisances
graves des structures d’urgence pré-hospitalières. A Lomé, il n’y a pas de
service d’aide médicale urgente. Les ambulances sont privées pour la plupart
ou ne sont pas médicalisées (absence de matériel de réanimation ou de
personnel médical qualifié à bord). Les transferts se font en majorité par
des « moyens privés »ou des sapeurs pompiers. A l’intérieur la
situation est encore plus dramatique : les taxis-brousse servent à évacuer
les blessés, les femmes enceintes ou les malades ; à défaut le transfert se
fait à vélo, à dos d’âne ou à dos de personne…
Les structures d’urgences hospitalières
A l’hôpital, selon le Professeur Dosseh, une structure d’urgences est
chargée d’accueillir sans sélection vingt-quatre heures sur vingt-quatre,
tous les jours de l’année, toute personne se présentant en situation
d’urgence, y compris psychiatrique, et de la prendre en charge, notamment en
cas de détresse et d’urgences vitales. L’accueil et le traitement des
urgences sont une des fonctions des centres hospitaliers, publics ou privés.
Le service comporte habituellement : une partie administrative pour la prise
en charge financière par l’assurance maladie (pas valable au Togo, selon nos
informations), une partie consultation pour l’examen, les soins urgents et
l’orientation vers d’autres services de l’hôpital, et une partie mobile
(appelée SMUR en France, structure mobile d’urgence et de réanimation) pour
les interventions au sein de l’établissement ou en dehors de l’établissement
(véhicules et ambulances d’interventions). Les services d’accueil et de
traitement des urgences peuvent porter différents noms, comme Pavillon des
urgences (PU), Service d’urgences et de soins intensifs (SUSI), Service
d’accueil des urgences (SAU), polyclinique ...
Un petit tour dans les centres hospitaliers du Togo révèle que les
difficultés sont liées au fait que le service des urgences est démuni. Au
CHU
Tokoin, les urgences médicales et chirurgicales sont distinctes.
Mais chacun de ces 2 services se trouve dans un état de dénuement extrême.
Le matériel rudimentaire de soins fait souvent défaut et tout est prescrit
au blessé ou au malade (gants, compresses, seringues…). Aucune prise en
charge ne peut se faire à brève échéance occasionnant alors une perte de
temps importante. Le matériel de réanimation est inexistant (matériel de
surveillance de la saturation en oxygène, du fonctionnement cardiaque…).
Cette situation est délétère pour la survie du malade. De plus, comme nous
l’avions précisé plus haut, l’Etat a abdiqué de former le personnel à la
prise en charge des urgences (urgentistes).
Au Bénin, les autorités ont commencé à prendre conscience de la
situation. « A Cotonou il existe un service d’accueil des urgences
comprenant un personnel médical permanent (3 médecins, 3 chirurgiens, 3
anesthésistes-réanimateurs), des infirmiers en nombre suffisant, un
équipement correct, l’inclusion de blocs opératoires autonomes ne recevant
que les urgences, et un SAMU avec des ambulances médicalisées pour un quart
d’entre elles. Un médecin ne se trouvant à bord de l’ambulance que dans 6%
des cas (coût du transport en ambulance, 5000FCFA) », a indiqué le
Professeur Edmond Bertrand à nos confères de Jeune Afrique, il y a cinq ans,
c’est-à-dire en 2004.
Autre progrès, et toujours en Afrique et pas ailleurs, la création à
Yaoundé d’un enseignement de 2 ans spécialisé dans la prise en charge des
urgences. Ainsi 15 à 20 médecins urgentistes sont formés chaque année.
L’Etat togolais est incapable de mettre des bourses à la disposition de nos
médecins pour cette spécialisation. Et c’est devant cette abdication de
l’Etat que survint entre autres, le drame de Togblékopé le 09 mars dernier
dans les environs de 20 heures. Les secours, selon les
recoupements effectués par notre rédaction sur les lieux, ne seront arrivés
que vers minuit pour simplement constater « l’ampleur des dégâts »,
et supposer à vue d’œil qu’il ne peut plus y avoir de survivants, repartir
dormir pour revenir le lendemain dans l’après-midi avec un élévateur
inadapté dans un premier temps, et retourner au Port autonome de Lomé pour
revenir avec un autre élévateur et extraire les premiers cadavres au-delà
de 15 heures. On est où là ? Dans un pays normal en ce 21ème siècle ?
Les matériels de secours viendraient de Vladivostok que l’on se tairait
puisque la sempiternelle rengaine sera toujours de mise : pas de moyens
parce qu’il y avait eu, bientôt vingt ans,
la Conférence nationale. Et c’est cette Conférence nationale qui
a fait que le Togo est devenu pauvre, (mais les barrons du RPT sont quant à
eux devenus très riches). Et comme c’est le peuple qui a voulu cette
conférence, tant pis pour lui. Mais ce n’est heureusement pas le cas puisque
le matériel utilisé est pris au Port Autonome de Lomé, à une quinzaine de
kilomètres des lieux du drame.
Pourquoi la nuit même du drame, ne peut-on pas mobiliser les hommes et
matériel de secours, et à l’aide des projecteurs, fouiner pour voir si une
vie peut être sauvée ? Le ministre de
la Sécurité parlait d’une des voitures accidentées en précisant
qu’elle porte une immatriculation étrangère. Est-ce parce que les occupants
sont supposés être des étrangers qu’il faut les laisser mourir et venir des
heures après soi-disant qu’on veut extraire les corps ? « J’ai honte
d’être Togolais ! » a pesté un téléspectateur ébahi devant cette
déclaration, avant de se poser la question « si l’on a des ministres ou
des sinistres au Togo ». Et à son second de renchérir en le rassurant
presque : « non, ceux-là qui sont morts ne le sont pas nécessairement de
cet accident, mais parce qu’ils sont abandonnés par les autorités à mourir;
c’est parce qu’ils portent des noms dont la résonance ne nécessite pas une
intervention d’urgence. Ce serait un fils d’un baron du RPT, que toute la
garnison des Sapeurs pompiers et tous les hôpitaux, et ce ne serait
uniquement pas
la Compagnie du
Génie militaire, mais tout le Régiment du Soutien et d’appui (RSA) qui
seront mobilisés ».
Il est clair que le système de protection des citoyens mis sur pied par
le système RPT est plus que défaillant et les autorités politiques de ce
pays portent une lourde responsabilité dans le drame de Togblékopé. Touts
ceux qui défendent le droit des citoyens et les familles des victimes
peuvent porter plainte contre l’Etat pour non-assistance à personnes en
danger, et même quand on sait que notre Justice est aux ordres du prince, on
verra quel Juge acquittera l’Etat. Il aura de génération en génération, le
sang de ces victimes sur sa conscience !
Dimas Dzikodo
La Présidentielle de 2010 et l’obscurantisme du RPT
Le
compte à rebours de
la Présidentielle
de 2010 semble avoir déjà commencé, et règlementairement, le corps électoral
devrait être convoqué dans moins d’une année. Ce scrutin est d’un enjeu
capitalissime. Pour Faure Gnassingbé, c’est le moment de la confirmation ;
mais pour toute l’opposition, c’est l’occasion rêvée pour arracher le
pouvoir au clan qui n’aura conduit le pays que dans l’abîme durant les 42
ans de règne. Cette joute électorale, le peuple togolais la veut avant tout
pacifique et démocratique, à la ghanéenne donc. Mais l’allure que prennent
les choses n’augure rien de serein en 2010.
Une
bonne élection dépend de sa préparation. Ce paramètre, tout le monde le
sait, autant le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) que ses détracteurs
de l’opposition. Mais ce qui se trame au sein du Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC) prouve à suffisance que le pouvoir n’est pas prêt
à lâcher du lest et voir les choses s’organiser en toute quiétude.
Tout
d’abord, c’est difficilement que le cadre a été mis en place. De l’eau a
coulé sous le pont. Bien que le CPDC soit une recommandation de l’Accord
Politique Global (APG) signé depuis le 20 août 2006, le pouvoir ne s’est
donné aucune peine pour la matérialiser. Par pur obscurantisme. Il a donc
laissé passer plus de deux (02) ans avant de s’émouvoir. Et là aussi, pas de
sa propre volonté. Le pouvoir y a été contraint par la clairvoyance pour une
fois, de l’opposition parlementaire qui a décelé très tôt la volonté de
Faure Gnassingbé et les siens de biaiser les grandes réformes
institutionnelles et constitutionnelles devant assurer la clarté et la
quiétude du scrutin. Le clan pris de court l’opposition et soumis à adoption
à l’Assemblée nationale un projet inique de code électoral. Décidés pour une
fois à faire route ensemble, l‘UFC et le CAR finissent par faire reculer le
clan et Faure Gnassingbé prit le 04 février un décret érigeant le CPDC. Ce
n’était pas pour autant la voix de la raison retrouvée une fois pour de bon,
car le RPT remettra le coup de l’obscurantisme.
Quel
mal y a t il à recourir au Facilitateur Blaise Compaoré en cas de
divergence ? Mais c’est cette concession qu’a refusé de faire le RPT et qui
a créé de l’impasse durant sept (07) bonnes séances. L’on en est arrivé à
une suspension des travaux du CPDC pendant plusieurs jours, histoire de
ramener le RPT à la raison. Décidé à ne pas voir les choses s’organiser dans
la transparence, il fera une concession à demi-teinte.
Pas
content d’avoir fait perdre assez de temps, et l’obscurantisme étant la
chose la mieux partagée, le RPT met à contribution ses satellites dont le
sort a été pourtant réglé par les législatives d’octobre 2007. Ainsi l’un
après l’autre, le Parti pour
la Démocratie et le Renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva,
la Convergence Patriotique
Panafricaine (CPP) d’Edem Kodjo, le Nid de Gabriel Dosseh-Anyron,
la Nouvelle Dynamique
Populaire (NDP) de Atsu Gilbert, pour ne citer que ces partis sont montés au
créneau pour crier à l’exclusion et réclamer leur participation aux
discussions du CPDC. Leurs « plaintes savantes » ont été relayées par
leur mentor.
Faure
Gnassingbé se substitua au Facilitateur Blaise Compaoré et convoqua une
réunion rocambolesque du Comité de suivi sur le samedi 07 mars dernier, avec
bien sûr la complicité de ce dernier. Et le tour est joué. Décision a été
prise d’élargir le CPDC aux « autres parties signataires de l’APG non
représentées à l’Assemblée nationale ». Faure Gnassingbé violait ainsi
le décret pris il y a à peine un mois fixant le critère de 5% de suffrage
aux dernières législatives pour faire partie de ce cadre. Cette ouverture ne
vise qu’à permettre l’entrée de « trouble-fête » pour attenter à la
quiétude des débats et créer des blocages, ce qui donnerait les arguments
nécessaires au pouvoir pour organiser les choses à la hussarde.
Comme
si cela ne suffisait pas, le clan outrepassa cette requête pour élargir
davantage le CPDC. Réuni en conseil des ministres mercredi dernier, le
gouvernement a pris un décret portant modification du cadre. Au lieu de se
réduire aux « autres signataires de l’APG non représentés à l’Assemblée
nationale », que sont donc la CPP, le PDR,
la CDPA, le
GF2D et le REFAMPT, le conseil a outrepassé les directives et fait appel
aussi à des « personnalités, des représentants des confessions
religieuses, ceux de la chefferie traditionnelle, ceux des organisations
syndicales ainsi que ceux des organisations de la société civile les plus
représentatives non signataires de l’APG ».
Comment tout ce beau monde sera-t-il choisi et quel sera alors son rôle ?
Pourquoi cet intérêt de Faure Gnassingbé et les siens à ouvrir coûte que
coûte le CPDC à tout ce groupe alors que le règlement intérieur précisait
déjà que ces partis et associations peuvent saisir le CPDC et apporter leurs
contributions par écrit ? Autant de questions qui ne confirment que
l’obscurantisme outrancier du pouvoir. Et c’est le scrutin de 2010 qui
risque d’en pâtir.
T. Shalom |
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Forum de la Semaine #437 du 12 mars 2009 |
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Des leçons de
l’accident de Togblékopé : De la question de la capacité du Togo à faire
face à des catastrophes |
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Le
Togo vient d’enregistrer encore un accident de la circulation. Un accident
pas comme les autres, en tout cas c’est la toute première de cette ampleur
depuis le début de cette année. Il a fait sortir de leurs bureaux des
membres du gouvernement et d’autres autorités. Dix neuf âmes ont péri. Le
ministre de la Sécurité a donné des explications quant aux conditions de ce
drame impliquant une semi-remorque et un minibus. Mais son intervention a
suscité plus de questions qu’elle n’a donné de réponses.
Selon
plusieurs sources, il a fallu plus de quatorze heures d’horloge aux
« secouristes » arrivés des heures après sur les lieux pour sortir les corps
des victimes des décombres. Mais, trop tard, il n’en restait que de
cadavres. Et pourtant le secours a été organisé par le corps des Sapeurs
Pompiers, la Gendarmerie Nationale avec l’appui technique d’une société
privée…
Premier
constat, pour un accident de cette ampleur, les Sapeurs Pompiers n’ont pas
été en mesure d’y faire face, seuls. Et même avec l’aide de la Gendarmerie
et de la société privée, la moindre vie humaine n’a pu être sauvée.
A suivre les
images montrées par la presse, du moins celles des corps, ceux-ci n’ont pas
été calcinés ni totalement déchiquetés au cours de l’accident. L’autre
constat est que les marchandises contenues dans le minibus seraient
relativement en bon état.
Selon des
analystes, l’état des marchandises constitue un indice majeur sur les
conditions de décès des victimes de ce drame. « On pourrait simplement
imaginer que beaucoup sont morts des suites d’une asphyxie et non pas
vraiment du choc entre les deux véhicules », a estimé un analyste qui
poursuit que, « autrement, les marchandises seraient également broyées
sous le poids de la semi-remorque et, même les corps retrouvés, ce qui n’est
probablement pas le cas». Conclusion, on aurait pu sauver quelques unes
des victimes, même après le choc.
Mais voilà,
ce qui n’aurait pas facilité les choses, c’est sans nul doute le temps mis
pour organiser les secours, un temps généralement long. C’est devenu un fait
amusant au Togo, lorsqu’on parle de la lenteur des Sapeurs Pompiers à venir
au secours des personnes en détresse. Déjà en plein cœur de la capitale, ce
n’est pas chose aisée de faire venir les Sapeurs Pompiers sur un site
sinistré ; que dire de la périphérie, voire de l’intérieur du pays. Et à
considérer la durée des fameux secours, rien de vivant ne pouvait plus
subsister sous les décombres à moins d’un miracle.
Face aux
critiques, les Sapeurs Pompiers n’ont que des mots pour répondre à la
population et dire à cette dernière que rien ne dépend d’eux. Mais qu’ils
sont matériellement limités. La preuve est là. Ils ont dû faire appel à la
Gendarmerie. Là encore, ce n’était pas suffisant et c’est une entreprise
privée qui aurait apporté ses grues pour sortir les épaves du dessous du
pont. Ici se repose donc la question du manque suicidaire de moyens
techniques des Sapeurs Pompiers togolais.
On se
rappelle que lors des récentes journées portes ouvertes de la Sécurité
nationale, un officier des Sapeurs Pompiers n’a pas hésité à décrier, ainsi
pour une énième fois leurs conditions de travail sur le plateau de la TVT,
disant par exemple que leur capacité est très limitée pour faire face aux
incendies. Devant un incendie, le véhicule à plus grande capacité d’eau ne
peut tenir que 5 minutes seulement et, il se vide de son contenu. Au cours
des dernières inondations, tout le peuple togolais a assisté à l’incapacité
des Forces Armées et de Sécurité togolaises à faire héroïquement face au
sinistre.
Dans ces
conditions, rien n’est sûr sur la Terre de nos Aïeux en matière de
prévention ou de gestion des catastrophes. Il n’y a aucunement besoin de
dessin pour se rendre compte que le Togo ne pourra seul faire face à de
graves sinistres au cas où ils adviennent. Malheureusement, la catastrophe
ne fait pas de distinction entre communautés nanties ou pauvres. On en a vu
dans le cas des Tsunamis en Asie du Sud et les récents incendies en
Australie.
Le
bon sens comprend difficilement que l’Etat peine à se doter de moyens
adéquats pour des cas de catastrophe et sollicite des privés pour lui venir
secours. N’a-t-il pas de moyens ? Pourquoi ne dote-t-on pas les services
concernés de moyens adéquats? Pourquoi ne tire-t-on aucune leçon des
différents sinistres ? Des pourquoi qui restent pour l’instant sans
réponses.
Maxime
DOMEGNI
Processus électoral : La Communauté Internationale reprend
son rôle lugubre au Togo
Communauté Internationale ! Dans certains coins de la planète, on n’aime
même pas en entendre parler à cause des stigmates qu’elle a laissés dans la
mémoire collective. Elle est de plus en plus contestée de par ses positions
controversées. Si fondamentalement la Communauté Internationale a pour
essence de faire pression sur les régimes peu regardants sur les droits de
l’Homme pour les humaniser, dans nombre de cas elle finit par pactiser avec
le diable. Et ce ne sont pas les Togolais qui démentiront. Sa position dans
le feuilleton du week-end dernier en est une illustration de plus.
Aujourd’hui, le RPT peut se frotter les mains d’avoir pu réussir son
forcing, celui de faire entrer au Cadre permanent de dialogue et de
concertation (CPDC) des partis considérés comme ses « satellites »,
la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), le Parti pour le Démocrate et
le Renouveau (PDR) et la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
; et ici aussi, on peut remercier le ciel d’avoir bénéficié de cette « dérogation
spéciale » et échappé un tant soit peu aux conséquences de la fessée
électorale d’octobre 2007. Mais, il faut l’avouer, ce n’aurait pas été
possible sans l’aval du Facilitateur Blaise Compaoré.
Faure
Gnassingbé se substitua à lui et convoqua une session du Comité de Suivi de
l’Accord Politique Global (APG) sur le samedi 07 mars dernier. L’Union des
Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR),
bien évidemment, ont boycotté la rencontre. Mais aussi bizarre que cela
puisse paraître, le « grand » Facilitateur envoya des émissaires à
Lomé. La présence de MM. Sadio Lamine Sow et Alain Bédouma Yoda a eu l’effet
de légitimer le coup de force du pouvoir, et au terme de la réunion, Faure
Gnassingbé et les siens ont eu gain de cause : l’ouverture du CPDC au PDR, à
la CPP et à la CDPA. Il y a vice de procédure et violation flagrante des
textes, mais la Facilitation ne s’est pas empêchée d’avaliser ce tour de
passe-passe du pouvoir togolais. De là à conclure à une véritable
conspiration sur le dos du peuple togolais, il n’y a qu’un pas.
Comme en avril
2005
Mine
de rien, la Communauté Internationale semble reprendre le rôle lugubre qui
avait conduit en 2005 aux violences. On se rappelle qu’à l’époque,
l’opposition démocratique ainsi que le peuple togolais avaient requis le
report de la présidentielle, vu les conditions sur le terrain. Mais la
Communauté Internationale, nommément la CEDEAO et l’Union Africaine avaient
balayé du revers de la main cette requête qui était une sorte de SOS. Le
ministre de l’Intérieur d’alors, patron de l’Administration électorale,
François Akila-Esso Boko a jeté l’éponge le 22 avril 2005 et ébruité le plan
de massacre mijoté au sommet pour imposer Faure Gnassingbé, pensant faire
revenir la Communauté Internationale à la raison. Mais rien n’y fit. Le
Président nigérien Mamadou Tandja qui représentait la CEDEAO était même
allé jusqu’à traiter M. Boko d’«irresponsable ». Mais la suite lui a
donné raison. Mille (1000) compatriotes ont perdu la vie selon la LTDH,
tués par les balles meurtrières des « pacificateurs », leur faute
étant d’être sortis ce 26 avril après la proclamation des résultats
tronqués pour défendre leur vote ; cinq mille (5 000) ont été blessés et
soixante mille (60 000) autres envoyés sur les chemins de l’exil.
Parti pris pour
le pouvoir
Par
son parti pris pour Faure Gnassingbé et les siens, la Facilitation pousse à
la réédition de ce scénario de 2005. Comment comprendre qu’elle ne soit pas
intervenue depuis que le pouvoir cherchait à dévoyer le processus électoral
et de réconciliation ? Le Processus Vérité, Justice et Réconciliation est
une recommandation de l’Accord Politique Global (APG) signé depuis le 20
août 2006. Mais le pouvoir ne s’est pas gêné pour le matérialiser dans les
faits depuis lors. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, le Président
du Comité de Suivi, Blaise Compaoré n’a pas levé le petit doigt pour appeler
son pair togolais à la raison. Cela vaut également pour le CPDC qu’on vient
d’ouvrir aux « trouble-fête ».
Cet organe
était aussi une recommandation de l’APG, mais là non plus, le pouvoir ne
s’est donné la peine de la mettre en exécution. Il a plutôt tout fait pour
qu’il ne soit pas mis en place, ce qui lui permet d’organiser le processus
de manière cavalière. Décidé à biaiser les réformes institutionnelles et
constitutionnelles, le pouvoir fit forcing et introduisit un projet inique
de code électoral à l’Assemblée nationale pour adoption. L’opposition
parlementaire s’est retrouvée presque seule à fustiger ce forcing de Faure
et les siens. Il a fallu que le CAR et l’UFC menacent de boycotter les
séances plénières à l’Assemblée et de se retirer du processus pour que le
Chef de l’Etat ne s’émeuve pour prendre un décret le 04 février donnant
forme au CPDC.
Les discussions
au sein de cet organe ont achoppé pendant sept (07) séances sur la simple
question du recours à la Facilitation et entraîné une suspension des
discussions, par le fait du RPT entre d’obscurantisme. Tous ces faits n’ont
nullement interpellé le Président du Comité de Suivi Blaise Compaoré à
intervenir et appeler le pouvoir à la raison. Mais quand il s’est agi de
sauver les intérêts de Faure Gnassingbé et du RPT, il a été prompt à
cautionner son jonglage de samedi dernier qui visait juste à ouvrir le CPDC
à ses satellites, piétinant ainsi la lettre de l’Accord Politique Global et
la volonté populaire.
T. Shalom
Confidentiel : Affaire Madoff : Un baron du RPT perd 30
milliards aux USA
L’affaire
Madoff, la plus grande escroquerie dans le monde financier continue de faire
des victimes sur tous les continents. Bernard Madoff, sous les feux des
projecteurs depuis quelques semaines, est le propriétaire d’une société
d’investissement à qui les riches de ce monde confiaient leur fortune. De
sources bien informées, un baron du RPT serait parmi les victimes de Bernard
Madoff. Ce malheureux baron vient de perdre 30 milliards de Francs CFA. La
question que l’on se pose est de savoir où ce baron a trouvé cette colossale
fortune pour la confier à Madoff ? C’est une évidence que les milliards
siphonnés du Togo se retrouvent en occident et aux USA pendant que le pays
est en ruine totale. Et comme l’indiquait notre confrère «Combat du Peuple»
dans sa parution N°643 du 09 mars dernier, ils sont une dizaine, tous
haut-perchés au Togo, à voir leurs fortunes se volatiliser suite à la crise
financière qui secoue le monde actuellement.
Cette
malheureuse aventure vient rappeler à tous les pilleurs que leurs fortunes
illicites déposées dans les paradis fiscaux ne sont pas en sécurité comme
ils le croient.
F.S
Les 20 plus
de Faure : Réconciliation ou ethnocratie ?
Merci,
Monsieur le Président, d’être au rendez-vous de notre entretien. Parlant de
réconciliation nationale qui vous tient à cœur vu vos contacts de ces
derniers temps, il nous a paru opportun d’en faire un sujet de discussion ce
jour et ceci, par rapport à cet important engagement qui était le vôtre en
avril 2005.
« Le Togo
doit se réconcilier avec lui-même. Il doit accepter ses différences, mais
renforcer son unité, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Pour ce faire, je
réaliserai les reformes :
-Création
d’une Haute Autorité de la Fraternité Togolaise. Elle devra proposer toutes
les mesures tendant à renforcer la réconciliation de tous les Togolais et
sera chargée de préconiser toutes les actions visant à lutter contre les
discriminations fondées sur les origines ethniques, religieuses ou
régionales. Elle veillera au respect de la liberté religieuse en relation
avec la direction des cultes que je créerai au ministère de l’Intérieur.
Elle aura pour vocation de poursuivre les auteurs de discrimination.
-Création
d’un comité pour l’égalité dans l’accès à la Fonction publique. »
Sans détour,
Monsieur le Président, faisons le point de cet important engagement que vous
aviez pris en face des Togolais en 2005. La réconciliation entre les
Togolais et surtout entre le Nord et le Sud, vous êtes l’homme idéal pour la
réaliser. Né d’une mère du Sud et d’un père du Nord, vous êtes, pour
reprendre le poète, ce hiatus qui normalement devrait mettre les Togolais à
l’abri du régionalisme, de l’ethnocentrisme.
Monsieur le
Président, vous conviendrez avec nous qu’après 4 ans au sommet de l’Etat,
certains Togolais ont l’impression que leur appartenance à ce pays n’est que
de nom. Un confrère s’est investi dans sa dernière parution à décrypter
l’origine des collaborateurs de votre cabinet, des DG des sociétés d’Etat.
Le résultat est à la fois scandaleux et inquiétant. Plus de 85% des
personnalités ayant en charge les divers services de votre cabinet sont de
la même région que vous. Monsieur le Président, est-il normal que dans une
République comme la nôtre, toute la chaîne judiciaire à savoir les
commissariats, la gendarmerie, le doyen des juges, le président du Tribunal
de Première Instance, le président de la cour suprême, le président de la
Cour constitutionnelle, le Procureur général, le Procureur de la Réplublique
en passant par les officiers de police judiciaire (Police et Gendarmerie)...
soient tous de la même ethnie alors qu’on parle de modernisation de la
justice ? Monsieur le Président, il y a de cela deux semaines, les nouveaux
fonctionnaires recrutés lors du dernier concours national ont été appelés à
prendre service. Au ministère du Plan, les fonctionnaires étaient surpris de
constater que parmi les nouveaux venus, soit 28 au total, il y avait un Ewé,
un Kotokoli et les 26 autres venaient de la même région, c’est-à-dire la
vôtre. Parlant justement de ce fameux concours, vous savez mieux que
quiconque, Monsieur le Président, que c’était tout sauf un concours. En
réalité, c’était une sélection ethnique, mieux, un tri, puisque la
confection de la liste des admis circulait à l’état major de certains partis
politiques y compris le vôtre avant la proclamation officielle des
résultats. Un autre fait marquant ce virage ethnique inquiétant est le
dernier recrutement aux Douanes. Sur les 180 admis, environ 140 proviennent
de la même région, celle qui est toujours privilégiée. Ces faits marquant
que nous citons dans cet entretien, Monsieur le Président, ne sont que la
partie visible de l’iceberg. La réalité est beaucoup plus grave qu’on ne le
pense, car il suffit de faire un tour dans certains services publics pour
faire le constat.
Monsieur le
Président, nonobstant votre promesse de garantir l’égalité d’accès à la
Fonction publique pour tous, comme le recommande l’article 37 de notre
Constitution, l’accès à la Fonction publique par des critères ethniques est
devenu la chose la mieux partagée sous votre règne. Certains Togolais ont le
sentiment que la seule évocation de leur origine et de leur nom est devenue
un handicap pour eux dans la société.
Monsieur le
Président, au lieu de réconcilier les Togolais, vous êtes en train de semer
les germes d’une division dont les conséquences seront plus tard dramatiques
pour la stabilité de ce pays. Nous savons, Monsieur le Président, que
certains adeptes de votre régime vous poussent à agir ainsi, au nom d’un
prétendu retard historique que le Nord doit rattraper sur le Sud. Parmi les
partisans de cette dangereuse thèse se trouvent malheureusement des
intellectuels. Dans leur « contorsionnisme » intellectuel puant et
rétrograde, ils vous ont persuadé d’agir ainsi. Mais, de quel retard
parle-t-on qui n’ait été rattrapé après 40 ans de règne ? Que font de leur
fortune les partisans de cette thèse? Ils bâtissent des palaces à Lomé et
achètent des appartements en Occident, pendant que leur village d’origine
baigne dans la misère et, la poussière. Si c’est de ce retard qu’ils parlent
et qui justifie le fait que le Togo soit aujourd’hui la propriété d’une
seule ethnie, alors avouons qu’ils mettront du temps pour le combler puisque
vous et nous savons ce qu’ils font avec leur fortune. Ces fortunes
faramineuses n’ont jamais servi à développer le Nord, mais plutôt à faire le
bonheur de leurs détenteurs, leurs enfants et de leurs maîtresses.
Monsieur le
Président, au nom de la réconciliation, au nom de l’unité de ce pays et de
sa stabilité, vous devez, puisque vous ne l’avez pas encore fait, mettre fin
immédiatement à cette dérive ethniciste qui risque d’exacerber les tensions
entre les fils d’une même nation et provoquer plus tard des conflits.
Votre volonté de le faire exprimée dans vos engagements de 2005 ne semble
pas encore se traduire dans les faits. Au risque d’apparaître comme le
principal instigateur de cette discrimination ethnique avec pour finalité
l’alpinisme social pour certains, vous devez agir maintenant, car l’avenir
du Togo vous interpelle et vous le recommande.
Bonne
journée, Monsieur le Président et à la prochaine, espérant que vous serez
toujours au rendez-vous.
Ferdi-Nando |
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Forum de la Semaine #435 du 6 mars 2009 |
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CPDC : Du
vote au Parlement comme alternative à l’enlisement |
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Le
« Facilitateur » prend parti pour « son » RPT
« Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous venez
d’évoquer. Seulement, à l’impossible nul n’est tenu. Si les discussions
durent trop, il y a des délais ; en ce moment il faut envisager d’autres
moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter ». Ces déclarations sont
celles de Faure Gnassingbé faites devant la presse lors de sa visite
dimanche à Ouagadougou au Burkina Faso, répondant ainsi à une question
relative aux discussions au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation.
Les
propos de Faure Gnassingbé ont le mérite d’être clairs. Si les discussions
prennent du temps, il laisse l’Assemblée nationale entrer en jeu pour voter.
Voilà le Chef de l’Etat censé être au-dessus de la mêlée et qui s’en est
d’ailleurs défendu bec et ongle à cette occasion - « Je ne suis pas un
militant émérite du RPT, je suis Président de la République », a-t-il
répondu à un confrère burkinabé qui ne le voit pas impartial en tant que
« militant émérite du RPT »-, le tout premier Facilitateur dont la tâche
essentielle est de concilier les différentes positions des protagonistes,
qui se laisse aller à de telles déclarations tendancieuses. Faure prend
ainsi visiblement la défense de son parti dont les conservateurs ont
toujours vu d’un mauvais œil et comme une perte de temps les discussions au
sein du CPDC. Les thuriféraires du régime ont toujours claironné que
l’Assemblée nationale est la seule structure compétente pour le débat autour
de ces questions d’intérêt national, une façon de battre en brèche ces
discussions au sein du CPDC. Ils faisaient ainsi la promotion du vote. Fort
de la majorité du RPT à l’Assemblée, ils savent que le vote ne serait qu’une
formalité. C’est malheureusement cette piste que prône Faure Gnassingbé
aussi.
L’argument principal avancé par le Chef de l’Etat est la durée des
discussions. Parlant justement de perte de temps dans le cadre des
discussions du CPDC, et principalement de la question du recours à la
Facilitation qui est restée irrésolue durant sept (07) séances et a entraîné
une suspension des travaux, quelle partie en est au juste responsable :
l’Union des Forces de Changement (UFC) qui a requis ce recours, ou le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui a toujours rejeté par des
arguments tirés par les cheveux une telle requête qui ne vise que la bonne
marche des discussions ?
Ce
n’est d’ailleurs pas au RPT d’avancer l’argument de perte de temps, car
l’idée de mise en place du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ne
date pas d’hier. Sa création fait partie des recommandations de l’Accord
Politique Global (APG) signé le 20 août 2006. Cela se sait de tous que les
discussions sur les grands sujets d’intérêt national annoncés prendraient du
temps et cela nécessitait la mise en place le plus tôt possible de cette
structure. Le pouvoir serait animé d’une réelle volonté de voir les
discussions se dérouler normalement qu’il se serait exécuté depuis lors.
Mais par pur obscurantisme, on a laissé traîner les choses et aujourd’hui,
on vient alléguer la perte de temps pour justifier le recours au vote. Et
quand c’est Faure Gnassingbé qui se vante d’un certain esprit d’apaisement
et de réconciliation qui vient faire la promotion d’une telle démarche – il
a encore lâché à Ouagadougou que lui, il a choisi « le dialogue et le
consensus »-, il y a péril en la demeure.
Voilà qui
vient conforter dans leur raisonnement ceux qui ne voyaient pas Faure se
faire hara-kiri et laisser tomber son parti le RPT, et le soupçonnaient de
n’être pas innocent dans l’enlisement des discussions du CPDC. Au demeurant,
l’opposition parlementaire représentée au CPDC est avertie. Faure Gnassingbé
le premier Facilitateur sera enclin à recourir au vote. D’où la nécessité
pour elle de chercher l’alternative ailleurs.
T.Shalom.
La première gageure de Comlan Kadjé : Direction générale des
TP : médiocrité, copinage et magouilles
Le
développement optimal d’une économie passe par des infrastructures solides
et modernes. Pour relever ce défi qui est un facteur favorisant
l’investissement et le développement du secteur privé, plusieurs
gouvernements africains en ont fait leur priorité. Il est admis qu’en
matière d’infrastructures routières et ferroviaires, le Togo est à la queue
du peloton dans la sous-région. Les routes de notre pays et,
particulièrement celles de la capitale, font honte. Quant aux chemins de fer
réalisés au prix du sang de nos grands parents, ils n’existent presque plus.
Et pourtant le Togo dispose d’un ministère des Transports et des Travaux
Publics censé employer des gens compétents en la matière.
La situation
désastreuse des routes togolaises n’avait pas fini d’alimenter la polémique
qu’au mois de juillet-août 2008, plus d’une dizaine de ponts cédèrent sous
la furie des eaux isolant plusieurs localités et même des quartiers de la
capitale. Face à cette situation dramatique qui n’est pas seulement la
conséquence d’une revanche de dame nature sur les hommes, mais aussi un
laxisme des services compétents en la matière, notamment les services du
ministère des Travaux Publics, un nouveau gouvernement fut formé avec à sa
tête Gilbert Houngbo.
Pour,
dit-on, mettre fin au désordre et à la pagaille dans le secteur des Travaux
Publics, Faure Gnassingbé en plus de ses charges présidentielles s’est
accaparé du ministère des Travaux Publics et des Transports. Plus de 6 mois
après ce rattachement à la Présidence, presque rien n’a bougé dans le
secteur. Bien au contraire. A en croire les entrepreneurs des BTP qui ont
manifesté leur mécontentement il y a quelques jours, ce secteur est à la
merci des fossoyeurs qui en font ce que bon leur semble. La grogne de ces
entrepreneurs des Travaux Publics a abouti à la nomination le 23 février
2009, d’un nouveau ministre des Travaux Publics et des Transports en la
personne de Comlan Kadjè, un spécialiste en la matière qui avait déjà exercé
dans la boîte au poste de DG des Travaux Publics avant de monnayer ses
compétences à la CEDEAO. La question que l’on se pose à présent est de
savoir si l’homme pourra faire le ménage dans un secteur qui ressemble plus
ou moins à une jungle où tout est permis.
La DGTP, une
boîte où la médiocrité est la chose la mieux partagée.
La
nomination d’un ministre, fût-il un spécialiste des Travaux Publics ne
résout pas le problème. Si Faure n’a pas réussi à mettre de l’ordre pendant
les 6 mois qu’il a pris les commandes de ce ministère, il est évident que la
tâche ne sera pas du tout aisée pour Comlan Kadjè. Le voile commence par se
lever sur le fond du problème qui mine réellement les Travaux Publics et
rend nos routes impraticables.
Tous les
spécialistes pointent un doigt accusateur sur la DGTP où la médiocrité
semble être la chose la mieux partagée. Dans ce service qui est un maillon
essentiel du ministère, les hommes compétents ne sont jamais à leur place,
et ce sont les médiocres qui font la loi. Dans nos investigations, nous
sommes tombés sur des réalités qui sortent de l’entendement et qui
expliquent l’état désastreux de nos routes et ponts.
La DGTP
regorge de nombreux ingénieurs bien formés et compétents qui sont
malheureusement laissés sur le carreau au profit d’une bande d’incompétents,
au nom du copinage qui conditionne la nomination au poste de responsabilité
au Togo. Ainsi, il se révèle que l’actuel tout-puissant DG des TP, Monsieur
Tchédé, ingénieur de formation n’est pas un spécialiste des routes, mais
plutôt des tunnels qu’il a fait pendant 7 ans en Russie.
Pour
permettre à nos lecteurs de comprendre le fond du problème, nous rappelons
que le diplôme d’Ingénieur des Travaux Publics s’obtient après 5 ans d’étude
et une spécialisation à l’extérieur si l’étudiant le désire. Plusieurs
matières sont souvent au programme à savoir : la résistance des matériaux
encore appelée calcul de structure, les ouvrages d’art (ponts, châteaux
d’eau), l’hydraulique, l’assainissement, la gestion des entreprises, les
routes (tracé géométrique, dimensionnement). Or il se fait que Monsieur
Tchédé n’a rien fait de ce genre en Russie où il s’est spécialisé dans les
tunnels depuis la première année jusqu’à l’obtention de son diplôme. En
d’autres termes, il n’a jamais fait les routes. Mais contre toute attente,
c’est à lui que revient la Direction de la DGTP, le service chargé de
réaliser les infrastructures. Selon certaines informations, à l’époque où
il était Directeur de la Planification au temps du ministre Dogbè, il
serait à l’origine du complot qui a provoqué le départ de Monsieur Comlan
Kadjè de la Direction des TP, un poste qu’il s’empressa d’occuper après.
Outre
Monsieur Tchédé, les investigations montrent que d’autres responsables des
TP sont logés à la même enseigne. Le Directeur des Pistes Rurales, Monsieur
Ouro Gbèlè est un diplômé des chemins de fer en Russie, la Directrice de
l’Entretien Routier, Madame Ayeva est diplômée en BTS Génie-civil et Gestion
des entreprises. Elle a officié pendant une décennie à la Direction de la
Comptabilité de la DGTP avant de se faire bombarder à la Direction de
l’Entretien Routier, un poste qui ne cadre en rien avec sa formation. La
Direction de la Construction et de la Reconstruction qui s’occupe de la
réalisation de nouvelles routes et autres ouvrages d’art est sous la
responsabilité de Monsieur Passoli, diplômé en BTS. Sa promotion à ce poste
est l’œuvre de l’ancien ministre Talaki dont il serait proche et avec qui il
organise souvent des magouilles. La dernière magouille effectuée par ce duo
et qui serait à l’origine du départ précipité de Talaki de ce ministère est
le gonflement du devis de la réparation du pont d’Adétikopé qui avait cédé
sous la furie des eaux.
En effet,
suite à la rupture des ponts et dans le souci de rétablir la circulation sur
la nationale N°1, il a été demandé expressément à l’entreprise ENCOTRA de
faire un devis pour l’enrochement du pont d’Adétikopé. Un devis d’environ
160 millions fut présenté à la DGTP. Mais le malheur de certains faisant le
bonheur des autres, Monsieur Talaki, alors ministre en fonction aurait
demandé à son protégé Passoli, chargé de la construction et de la
reconstruction, de gonfler le budget à 500 millions de Fcfa. Le dossier
devrait ensuite recevoir l’aval du DG des TP, Monsieur Tchédé qui refusa
d’apposer sa signature malgré les pressions du ministre. Il informa
discrètement le ministre de l’Economie et des Finances de la manœuvre.
Convoqués au ministère des Finances, messieurs Tchédé, Passoli et Talaki
n’ont pas pu apporter les informations nécessaires pour justifier le budget
des 500 millions qu’ils sont censés avoir conçu. C’est donc la découverte de
ce pot aux roses qui emporta Talaki du ministère des Travaux Publics.
Le rôle
nuisible des barons du RPT
Selon des
dispositions propres à ce secteur, la promotion s’obtient par ancienneté,
mais cette règle n’est jamais respectée. Des jeunes débarqués, certes
diplômés, sont bombardés sans aucune expérience en la matière. L’actuel
Directeur régional des TP de la région des Plateaux nouvellement sorti de
l’école d’ingénieur n’a que deux ans d’expérience dans la boîte. Son
collègue de Kara ne fait lui, que 4 ans. C’est donc à ces deux que revient
la lourde responsabilité de réaliser les importants travaux dans les régions
susmentionnées. Selon toujours nos informations, ce désordre volontairement
entretenu à la Direction Générale des TP n’est que le résultat de
l’influence des barons qui tirent les ficelles et font tout pour maintenir
leurs protégés à des postes malgré leur incompétence. Ces barons
disposeraient des entreprises de BTP et obtiennent facilement des marchés,
avec la complicité de leurs protégés à la direction. Il se dit qu’un
ministre siégeant actuellement dans le gouvernement Houngbo, dispose à lui
seul de trois entreprises BTP gérées par un cousin de village et arrache
les marchés avant même l’ouverture des plis. Au temps du ministre Boukpessi,
un entrepreneur aurait encaissé 300 millions comme avance au Trésor pour
réaliser un pont sur le Fazao, mais cet ouvrage n’a jamais vu le jour. Il
semble que cette pratique de complicité entre certains entrepreneurs
indélicats et les agents du Trésor est courante. Une fois les sous obtenus,
l’autorité complice et l’entrepreneur se font le partage et l’on demande
après à la Direction des TP de réaliser l’ouvrage sur fonds propres ou sur
les fonds du FER. Si le sieur Tchédé et ses comparses continuent d’occuper
les postes qui ne correspondent pas à leur profil, c’est qu’ils disposent
encore du soutien sans faille de ces barons qui font tout pour les maintenir
à la tête de la DGTP. Le plus révoltant dans cette histoire est que des
ingénieurs spécialistes des tâches sont abandonnés, ou la plupart du temps
coiffés par des diplômés de BTS. Il se dit que ces messieurs et dames
incompétents vivent à Lomé dans des villas luxueuses avec même des
souterrains et disposeraient pour la plupart d’appartements en Europe et aux
USA.
Faire le
ménage pour sauver nos routes
Lorsqu’on
observe ce désordre et le profil de ses auteurs, on comprend facilement
l’état désastreux dans lequel se trouvent nos infrastructures, et
principalement les routes. On comprend aussi pourquoi les ouvrages sont mal
faits et les routes de la capitale sont couvertes ces jours-ci de latérite,
provoquant partout des désagréments pour les usagers et les riverains. Avec
la nomination de Comlan Kadjè, l’heure est venue de faire le ménage.
D’ailleurs on ne voit pas comment le nouveau ministre peut avoir pour
collaborateur celui-là même qui avait ourdi un complot contre lui,
provoquant son départ de la Direction. Le bon sens recommanderait que le
sieur Tchédé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, quitte la Direction des TP
pour aller monnayer ses talents dans la construction des tunnels ailleurs.
Il devait en être de même pour ceux qui ont d’autres choses comme le BTS,
sont diplômés en chemins de fer, en comptabilité mais occupent gracieusement
les postes de routes et de pistes rurales au détriment des vrais ingénieurs
et spécialistes en la matière. Pour y arriver, il faudra passer en revue les
diplômes de tous ces acteurs et les orienter vers leur domaine de
compétence.
Que cherche
un spécialiste des chemins de fer au niveau des routes alors que depuis des
décennies, nos chemins de fer ne cessent de s’enfoncer dans le gouffre,
s’ils ne sont au fond déjà ? Que cherche une comptable à la tête d’une
Direction de l’Entretien Routier, un spécialiste des tunnels à la tête de la
DGTP ? Voilà autant d’anomalies qui font de nos routes de véritables
mouroirs pour les citoyens. Par rapport à ce réseau obscur, il faut avouer
que la tâche ne sera pas du tout facile pour le nouveau ministre, mais il
est temps que la bonne gouvernance prônée dans les discours par les
autorités se traduise désormais dans les actes ; autrement, l’arrivée de ce
nouveau ministre à ce département malgré sa compétence ne servira à rien. Le
Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo doit prendre ses responsabilités
pour assainir ce secteur, car comme on le dit souvent : « La route du
développement passe par le développement de la route ». Et Faure Gnassingbé
doit l’aider en ce sens en cessant de protéger ses amis prédateurs qui
saignent à blanc l’économie nationale.
Ferdi-Nando
Les 20 plus de Faure : Les maisons bon marché
« La prudence
pour chacun dans l’administration de sa maison, et, quant aux choses de la
cité, le talent de les conduire en perfection par les actes et par la
parole ».
C’est par cette formule de Protagoras, Monsieur le Président, que nous
commençons notre entretien de ce jour, et merci de la confiance et surtout
de la disponibilité malgré vos charges présidentielles.
Monsieur le
Président, valeureux et nombreux étaient vos admirateurs en 2005. Même si la
majorité du peuple ne vous avait pas porté au Palais de la Marina, il est
évident et vous serez d’avis avec nous, que certains ont cru en vous. Et
parmi ceux qui ont cru en vous au moment où la majorité vous rejetait, se
trouve une frange de la jeunesse togolaise. A ces jeunes, vous aviez,
Monsieur le Président, promis : « Je ferai construire des maisons bon
marché pour faciliter le logement des jeunes accédant à la vie active et de
tous ceux qui ont besoin de se loger dans de meilleures conditions ».
Noble et ambitieux projet qui à l’époque, avait provoqué le délire de tous
ceux qui suivaient de près ou de loin vos promesses.
Monsieur le
Président, un ami français de votre père et parrain de la plupart des
dictateurs, habitué à provoquer les populations africaines par des
déclarations dignes d’un colon des temps modernes, disait au cours d’une
visite en 2002 en Tunisie, un pays épinglé pour les violations des droits de
l’Homme: « les droits de l’Homme c’est manger, s’habiller et trouver un
endroit pour dormir ». Conception paradoxale venant de la part d’un chef
d’Etat d’un pays qui est présenté comme le pionnier en la matière. Comme
lui, nous vous remercions d’avoir pensé au gîte de vos concitoyens dont les
conditions de vie vous préoccupent à plus d’un titre. Mais comme le dit si
bien Protagoras, essayons ensemble de voir si votre talent de conduire les
affaires de la cité en perfection passe par les actes et par la parole.
Les deux
premiers points que nous avions abordés dans cet exercice exaltant ne nous
ont rien donné. Voyons donc si sur ce point vous avez fait un effort en 4
ans, puisque comme la plupart des jeunes Togolais, ce logement à bon prix
nous intéressait particulièrement. En parcourant ensemble les grandes villes
du pays, nous n’avons pratiquement rien remarqué de la sorte. Nous nous
sommes dit que ces fameux logements ont certainement poussé dans les
campagnes, mais nos recherches à ce niveau se sont révélées vaines. Tout
déçus et rentrant dans la capitale par la route de Kpalimé, nous avons été
attirés par un palace en construction sur le flanc du mont Agou. Pour
satisfaire notre curiosité, nous nous sommes arrêtés pour demander aux
habitants de la localité celui qui construisait ce luxueux château au
milieu de cet océan de misère à Agou. C’est là qu’on nous informa que
c’était votre résidence privée.
Monsieur le
Président, sans avoir la prétention aucune de nous inviter dans votre vie
privée, puisque nous savons que les bonnes choses sont pour les rois et les
princes et que la misère est pour le peuple, nous nous sommes hasardés à
faire une petite investigation autour de ce joyau. Nous avons découvert que
vous avez du goût, puisque la plupart des matériaux entrant dans la
réalisation de cette œuvre digne des époques de Louis XIV viennent de la
Chine.
Monsieur le
Président, nous avions donc compris qu’en parlant de logement bon marché
pour les jeunes en 2005, vous parliez à l’époque de vous-même. C’est donc
très déçus et tout furieux que nous sommes rentrés dans la puante capitale
où louer une chambre coûte les yeux de la tête et se révèle un parcours de
combattant. Vous êtes certainement au courant que les propriétaires ne font
pas les choses à moitié. Aidés par les Nigérians communément appelés Ibos,
ils exigent maintenant un à deux ans de caution pour la location d’une
chambre. En jetant un regard sur le calvaire des Togolais obligés de
supporter à longueur de journée les humeurs des propriétaires de maisons,
nous pensons à vos logements bon prix qui, malheureusement, sont
introuvables après 4 ans d’exercice à la tête du pays. Et pourtant cette
promesse, du moins le début de sa réalisation, ne devrait pas être
difficile à tenir, puisque le Togo dispose du ciment et du sable que le
gouvernement a cédé aux étrangers.
Monsieur le
Président, savez-vous que le prix de votre fameuse Mercedes Maybach que nous
admirons tant, associé à celui de ce château sur le mont Agou suffirait à
construire des centaines de villas modestes et bon marché pour le logement
des jeunes que nous sommes ? Mais entre la promesse et l’acte, nous avons
compris que le fossé est grand au point d’être un gouffre.
Nous gageons
que l’exercice de ce jour de par la pertinence du sujet vous mettra mal à
l’aise, mais soyez rassuré, Monsieur le Président, comme convenu, nous ne
faisons qu’avec votre consentement tacite une évaluation sans complaisance
de vos œuvres après 4 années au pouvoir. Nous vous savons très occupé par
vos charges, et c’est avec plaisir que nous mettons fin à ce troisième
rappel, tout en espérant vous retrouver la prochaine fois pour un autre
point de vos engagements. Bonne journée, Monsieur le Président.
Ferdi-Nando
Présidentielle
2010 : La Cour constitutionnelle se prépare à jouer sa partition
La
présidentielle 2010 sera organisée dans moins d’un an. Pendant que les
acteurs politiques discutent pour l’adoption des textes consensuels et la
reforme des institutions, la Cour constitutionnelle appelée à être aussi
reformée est en plein séminaire sous-régional sur le thème : « contentieux
électoral dans la perspective du perfectionnement des scrutins ultérieurs ».
Un thème assez important lorsqu’on sait que la proclamation des résultats
définitifs provoque souvent des manifestations qui débouchent sur des
violences.
Longtemps
décriée pour ses accointances avec le pouvoir, elle semble aujourd’hui
préoccupée par la situation au point de solliciter les expériences des
autres juridictions constitutionnelles des pays voisins à savoir le Bénin,
le Burkina Faso, le Mali etc… Acteur mal connu mais important dans le
processus électoral, la Cour constitutionnelle intervient à trois (03)
niveaux à savoir : la gestion du contentieux préélectoral, la purge du
contentieux postélectoral et enfin la proclamation définitive des résultats.
« Notre
institution qui est la Cour constitutionnelle en ce qui la concerne, ne
saurait éternellement faire l’économie de la problématique du contentieux
électoral », a affirmé dans son discours d’ouverture Monsieur Aboudou
Assouma, Président de la Cour constitutionnelle du Togo. Ce séminaire
ouvert lundi et qui prend fin ce week permettra à l’ensemble des acteurs du
processus électoral du Togo de s’imprégner des expériences des drames comme
ceux d’avril 2005. Ce séminaire auquel participent Me Robert Dossou,
Président de la Cour constitutionnelle du Bénin et Madame Conceptia Ouinsou,
ex- Présidente de la cour du même pays, a reçu le soutien de l’Organisation
Internationale de la Francophonie (OIF) représentée par Madame Christine
Desouches.
F.S
La COTEC fait baisser de moitié les sorties de véhicules au
Port
De
sources proches des Douanes togolaises, celles-ci ont enregistré une baisse
de 47% au titre des sorties de véhicules au Port Autonome de Lomé au cours
du mois de février. Cette baisse, tout naturellement, est provoquée par les
nouvelles dispositions introduites par la société COTEC qui a augmenté de
façon exponentielle le frais de dédouanement des véhicules. Les mêmes
sources indiquent que cette baisse peut ne pas être ressentie par les
« caisses » de la Douane qui, sur le peu de véhicules, peut arriver à
engranger les milliards habituels. Mais le hic, comme on le sait, la gestion
des recettes de ce poumon de l’économie nationale est généralement entourée
de flou épais, ce qui ne donne aucune garantie que les recettes seront
fidèlement transférées au Trésor public. Au même moment, ce sont les
investisseurs de la société COTEC, objet de toutes les polémiques, qui se
sucrent, puisque percevant une marge sur chaque véhicule pour service rendu.
De
l’autre coté, ce sont les transitaires et autres opérateurs dans la filière,
qui sont au chômage, dû à la baisse des activités ; et par ricochet, ce sont
des milliers de Togolais dépendant de ces opérateurs qui croupissent déjà
dans la misère qui s’enfoncent de plus belle.
De
l’avis d’une source proche de la Présidence, il est vrai qu’il y avait du
désordre et qu’il fallait faire le ménage. Mais la « manière » et
toute la mafia qui entoure le COTEC choquent la conscience. « C’est juste
une bande de copains qui se sont emparés du secteur et se la coulent douce »,
s’indigne -t-elle.
Selon d’autres sources, plus d’un millier de véhicules sortent généralement
du port chaque mois. A y voir de plus près, la Douane togolaise et la COTEC
sacrifient les Togolais pour leurs « caisses obscures ».
Pendant ce temps, on assiste à une prolifération des immatriculations
provisoires béninoises au Togo. Des indices qui montrent que des Togolais
préfèrent acquérir des véhicules au Port de Cotonou plutôt qu’à Lomé.
F.S.
Volatilisation
des fonds de pavage de la voie Sud lagunaire : Le ministre Aquitème et ses
complices doivent répondre devant la justice
Les routes bitumées et les rues pavées sur le papier, on en parle toujours,
mais sans jamais avoir de preuves. Depuis quelques jours, à la faveur des
travaux d’assainissement de la Lagune de Lomé, projet qui aboutira au pavage
de la voie Sud de la lagune, des voix et non des moindres s’élèvent pour
affirmer clairement que ces travaux étaient déjà financés en 2006 à hauteur
de 105 millions de FCFA. Dans le cadre de la réalisation du projet dénommé
Travaux de curage du grand canal d’équilibre et de pavage de la voie Sud
lagunaire. A l’époque des faits, Edem Kodjo était Premier ministre. Marc
Esso Aquitème était ministre de la Ville. Les fonds du projet ont été mis à
la disposition de l’entreprise AGECET-BTP, mais les travaux n’ont jamais été
réalisés.
Curieusement, le ministre de la Ville de l’époque a délivré une attestation
de fin de prestation à l’entreprise AGECET-BTP pour des travaux qui n’ont
jamais été réalisés. Il est donc clair que dans ce dossier de malversation,
le ministre de la Ville qui a délivré l’attestation, la Directrice du
Financement et du Contrôle de l’Exécution du Plan Abirhé Akpo, le Directeur
du Trésor et de la Comptabilité Publique et le Directeur du Contrôle
Financier sont les premiers incriminés dans ce dossier. Il est curieux que
dans ce dossier, la Direction du Financement et de l’Exécution du Plan n’ait
pas joué sa partition. Contacté par notre rédaction, le Premier ministre
Edem Kodjo estime qu’il n’est ni de près ni de loin mêlé à ce dossier dont
les responsabilités devraient être situées au niveau des services techniques
compétents si tel est que les faits évoqués sont avérés. L’ancien Premier
Ministre envisage des voies et moyens pour faire éclater la vérité dans ce
dossier en ce qui le concerne.
Le
secteur des Travaux Publics est connu pour être un domaine où les
détournements sont légion. Dans ce dossier de pavage et de curage de la
lagune, les preuves sont patentes et il est donc temps qu’une action soit
menée en justice contre tous les acteurs de ce dossier en commençant par
l’ex-ministre Aquitème et, à défaut, récupérer les fonds. Le Togo ne peut
continuer par gagner la confiance des partenaires en protégeant les
fossoyeurs de l’économie.
F.S. |
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Forum de la Semaine #434 du 2 mars 2009 |
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La preuve de
l’usure : Les réactions à retardement du pouvoir RPT |
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Répondre
promptement aux préoccupations de l’heure c’est l’essence de tout
gouvernement. Mais au Togo, cette règle semble travestie par les
gouvernants. Sous Faure Gnassingbé, c’est plutôt l’indifférence totale,
généralement. On se plaît à contempler la souffrance des populations.
L’illustration la plus parfaite est donnée par l’attitude du pouvoir à
l’égard de la vie chère. Mais quand on en arrive à bouger le cul, c’est
lorsque le mal aura atteint son stade terminal. Et même pour décider le
« Leader nouveau » à ce faire, il faut que l’eau coule sous les ponts.
Nomination
du ministre des TP
Depuis le
mardi 24 février, les Travaux Publics et les Transports ont un préposé. Il
s’agit de M. Komlan Kadjé. L’homme a été nommé par décret présidentiel.
C’est la première fois que le poste est occupé depuis la formation de
l’équipe Gilbert Foussoun Houngbo. On se rappelle, le département fait
partie des ministères qui ont été rattachés à la Présidence de
la
République,
pour des raisons qu’on ignore. Mais pour en arriver à cette nomination, il a
fallu que l’eau coule sous les ponts.
Les
entrepreneurs ont dû se faire entendre. Le Syndicat national des
entrepreneurs en bâtiments et travaux publics du Togo (SNEBTPT) a dû
enclencher un mouvement de contestation depuis un bout de temps. Ils
fustigeaient le sort de leur secteur après son rattachement à la Présidence,
l’octroi des marchés grè à grè etc. A les en croire, le secteur a plutôt
amorcé une décadence qui ne dit pas son nom. Leur porte-parole M. Hervé Piza
a attiré l’attention de l’opinion sur le drame qui se joue dans les
Bâtiments et Travaux Publics, à travers de nombreuses interventions. Ces
contestataires se sont fait le devoir de faire redorer le blason à leur
corps de métier et leur revendication principale était la nomination d’un
ministre de tutelle. Cette nomination serait-elle effective si les
entrepreneurs avaient croisé les bras ? En tout cas, la réaction de Faure
Gnassingbé est venue à retardement. Quand bien même, de sources autorisées,
on savait que cette nomination était dans l’agenda de
la Primature
depuis plusieurs mois.
Cadre
permanent de dialogue et de concertation
La mise en
place de cet organe n’a pas été de tout repos. Le CPDC n’aurait peut-être
pas vu le jour jusqu’à présent, malgré qu’il soit une recommandation de
l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août 2006, depuis deux (02) ans
donc. Faure Gnassingbé était là lorsque toute l’opposition était roublée et
un texte de code électoral qui ne réquérait pas le consensus fut concocté et
soumis au conseil des ministres qui a fait le reste en le transmettant à son
tour à l’Assemblée pour adoption, procédure viciée sur toute la ligne.
L’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR) ne l’entendaient pas de cette oreille et ils ont enclenché
une contestation. Menaces de boycott de l’Assemblée Nationale et de retrait
du processus à l’appui, ils ont fini par avoir gain de cause. C’est ainsi
que le 04 Février, Faure Gnassingbé bougea le petit doigt et mit en place le
CPDC, après quelques deux (02) semaines de grogne de l’opposition
parlementaire.
Le CPDC a eu
tous les problèmes du monde pour fonctionner normalement. La question du
recours à
la
Facilitation
a mis dos-à-dos le RPT et l’UFC. Le pouvoir s’est farouchement opposé à
cette initiative et pendant sept (07) séances, les discussions se sont
achoppées sur ce point et il s’en suivit une suspension des travaux pour
trois (03) jours, le mardi 17 février. Même à la reprise, les positions
n’ont pas changé. Il a fallu la 9e séance
pour voir la fumée blanche. Tout ceci pourtant sous les yeux de l’« Esprit
nouveau ».
L’insécurité
à Lomé
Faure
Gnassingbé aurait réagi promptement que ce fléau de l’insécurité aurait été
circonscrit depuis un bout de temps. En effet la presse s’est fait le devoir
de rapporter quotidiennement les cas de braquages et d’appeler les
gouvernants à prendre leurs responsabilités. Elle est venue au diagnostic
que la démission de l’opération Araignée en est pour beaucoup dans la
recrudescence des braquages et va signifier, mais cela n’a pas ému Faure
Gnassingbé et les siens. Il a fallu que les victimes se décuplent et
l’insécurité devienne généralisée avant de les voir bouger d’un petit pas,
certes décisif, et enclencher des opérations coups de filets à Agoé Kitidjan
et autres.
Ces
réactions à retardement sont peut-être un message indirect donné aux
Togolais que le pouvoir ne fera rien de soi et ne réagira jamais s’il n’y
est pas poussé ou si les choses ne s’empirent.
T. Shalom
Les 20 plus de Faure : Les 1000 terrains de jeu
Monsieur le
Président, merci de vous savoir au rendez-vous de cette rubrique. Après
notre fructueuse évaluation de la dernière fois sur l’un de vos engagements,
nous allons aujourd’hui avec votre permission, aborder un autre point de vos
promesses.
Nous sommes
en pleine reprise du championnat de football au Togo et en parcourant votre
précieux document, notre regard a été attiré par un sujet lié à l’actualité
du football. En effet, Monsieur le Président, dans un sous thème de votre
engagement XVII sur le sport et la culture, vous promettiez en 2005 à vos
électeurs ceci : « Le sport sera popularisé avec la construction et
l’aménagement de 1000 terrains de jeu. » 1000 terrains de jeu pour
populariser le sport, toutes disciplines confondues, avouons, Monsieur le
Président, que c’était ambitieux de votre part. Quatre ans après cette
annonce, faisons ensemble l’évaluation, Monsieur le Président. En faisant un
tour rapide sur l’ensemble du territoire, on se rend compte sans trop de
difficulté qu’aucun terrain de jeu n’a été construit, à une année de la fin
de votre mandat. Monsieur le Président, nous sommes persuadés que vous
évoquerez la réfection du stade de Sokodé pour justifier le début de cette
promesse. Parlant justement de la réfection de ce stade que vous avez
arrachée à l’ex-Président de la FTF Tata Avlessi selon les mauvaises
langues, l’on estime que votre geste n’est guidé que par des visées
électoralistes dans une région où votre parti peine à faire le plein de voix
pendant les scrutins. Sans rentrer dans cette polémique politicienne, nous
notons du moins que si en 4 ans vous ne faîtes que la réfection d’un stade
tombé en désuétude, l’on se demande combien d’années il vous faudra pour
construire les 1000 terrains de jeu promis en 2005. Disons-nous la vérité,
même les 35 ans de règne de votre défunt père ne vous suffiront pas pour
réaliser cet exploit.
Monsieur le
Président, le constat est patent que vous n’avez pas tenu promesse. Non
seulement ces terrains n’ont pas été construits, mais en plus ceux qui
existent sont tombés en décrépitude. Le Togo pays mondialiste en 2006 ne
dispose pas aujourd’hui d’un stade digne de ce nom avec une homologation de
la FIFA et de la CAF. Nous sommes parfois sidérés de constater que la voie
qui mène au stade de Kégué, ce grand lieu de rencontres internationales est
non seulement exiguë, mais aussi n’est pas du tout éclairée. Dans le domaine
du football, les infrastructures sur l’ensemble du territoire sont dans un
piteux état. Même le terrain de jeu de votre ville natale, le fameux stade
des « kondonnas » se trouve dans une situation assez déplorable.
Quant aux autres disciplines sportives, le constat en matière
d’infrastructures est écœurant. Vous convenez avec nous, Monsieur le
Président, qu’il ne sert à rien d’en parler puisque vous n’avez pratiquement
rien fait à ce niveau.
Monsieur le
Président, nous en sommes encore à la deuxième séance et apparemment,
l’exercice commence à être difficile pour vous. Nous comprenons qu’il est
souvent difficile de faire son propre bilan, surtout lorsqu’on n’a rien fait
sur le terrain. Nous en sommes au début et nous devons aller jusqu’au bout ;
nous vous exhortons donc à faire preuve de disponibilité et surtout du
courage pour les autres points à venir. Merci donc de nous avoir accompagnés
pour cet exercice, Monsieur le Président, et rendez-vous à la prochaine pour
un autre point de vos engagements.
Ferdi-Nando
Confidentiel : Les audits des sociétés d’Etat dévoilent de
« grands trous »
De
sources autorisées, les audits des sociétés d’Etat annoncés par le Premier
ministre Houngbo lors de la présentation des 100 jours de son bilan ont
effectivement démarré. Selon les mêmes sources, les dégâts à mi-parcours
sont énormes et certains barons qui ont eu à gérer ces boîtes vivent dans la
peur.
Connaissant les habitudes au Togo sous le pouvoir RPT où l’impunité est
sacrée, des observateurs se demandent si le Premier ministre pourra aller
loin dans ses dossiers, c’est-à-dire mettre à la disposition de la Justice
les indélicats qui ont gardé par devers eux les milliards des contribuables
togolais.
Au
fait, c’est ici que se situe le véritable combat du PM Gilbert Houngbo et
beaucoup croisent les doigts pour lui. D’ailleurs, s’il réussit à ouvrir
cette boile de pandhore, ce serait un sacré coup de booster à toute son
action gouvernementale.
F.S.
Humeur :
Même pipe, même tabac ?
Ce sujet, on
ose l’aborder ainsi. Il paraît d’ailleurs assez légitime quand on se
rappelle l’argumentaire qui a prévalu lors du rattachement du ministère des
Travaux Publics et des Transports à la Présidence. C’était l’incompétence de
son préposé de l’époque, Célestin Ekpaou Talaki, mise en évidence par les
inondations de juillet-août 2008.
En effet,
les pluies qui sont tombées dans la région des plateaux ont provoqué la
montée des eaux des fleuves Zio, Haho et sous leur pression, le premier pont
a sauté à Amakpapé dans la nuit du 26 au 27 juillet, libérant ainsi les
eaux. C’était le début des inondations. Les eaux envahirent les habitations
et en l’espace de quelques jours, une dizaines de ponts se sont écroulés,
aggravant la situation humanitaire. Bien évidemment comme dans de pareils
cas, ce sont les institutions ayant en charge ces infrastructures qui ont
payé le prix fort. Ainsi Ferdinand Tchamsi a été viré et son Fonds
d’Entretien Routier (FER) « supprimé ». Un peu plus d’un mois plus
tard, ce sera le tour de Célestin Ekpaou Talaki de récolter le pot cassé. Il
ne sera pas retenu dans l’équipe Gilbert Fossoun Houngbo et le ministère des
Travaux Publics et des Transports sera rattaché à la Présidence. A
l’époque, on arguait de leur incompétence et particulièrement pour le cas du
ministère, il était avancé que c’était pour une bien meilleure gestion que
ce rattachement a été fait.
Ainsi du 15
septembre 2008 au mardi 24 février dernier, c’est le chef de l’Etat Faure
Gnassingbé qui a géré le secteur des Travaux Publics. Mais voilà, cette
gestion n’a pas non plus satisfait les attentes. En fait, à en croire les
entreprenants regroupés au sein du Syndicat National des Entrepreneurs en
Bâtiments et Travaux Publics du Togo (SNEBTPT). Par la voix de Hervé Piza,
ils ont dénoncé la pagaille systématique et crié à la descente aux enfers du
secteur des Bâtiments et Travaux Publics. A maintes reprises, ils ont eu à
signifier que le rattachement de leur ministère de tutelle à la Présidence
de la République n’a rien changé à la situation. Le groupe n’a de cesse de
dénoncer des marchés gré à gré, des pratiques de l’ancienne époque.
Par-dessus tout, pour redonner vie à leur corps en perdition, ces frondeurs
ont tout simplement demandé la nomination d’un titulaire au ministère des
Travaux Publics. Ce qui fut le mardi 24 février dernier par la nomination de
Komlan Kadjé.
Si malgré le
rattachement à la Présidence vanté comme l’alternative pour une meilleure
gestion, pour lutter contre l’incompétence, le secteur a continué sa
descente aux enfers, doit-on comprendre que Faure Gnassingbé n’est pas plus
compétent que Célestin Ekpaou Talaki limogé ? La question reste posée, quand
on sait que le « Leader nouveau » lui, n’a géré le secteur que durant
six (06) mois et que sous lui, il n’y a pas eu d’inondations, mais le
secteur se porte très mal.
T.Shalom
Journée économique du Togo à Paris : De la nécessité de faire
le ménage avant de courtiser les investisseurs
Très
prochainement, une délégation d’hommes d’affaires togolais et de membres du
gouvernement conduite par le Premier Ministre Gilbert Houngbo se rendra à
Paris pour, dit-on, « une journée économique du Togo ». A en croire
les informations publiées à cet effet, il s’agira d’aller « vendre le
Togo » aux opérateurs économiques étrangers et de les motiver à venir
investir dans le pays directement ou à y signer des contrats avec des
opérateurs locaux. Autant l’intention est bonne, autant il est important de
dresser un portrait de l’environnement des affaires dans lequel la Chambre
de Commerce et le gouvernement invitent les investisseurs étrangers.
Dans ses
rapports annuels sur la pratique des affaires dans le monde,
la Banque
Mondiale
présente une photo pas trop reluisante de l’environnement des affaires dans
notre pays. Dans son édition 2009, le Togo est classé 163ème sur
181 pays pris en compte. Le classement est plus illustratif lorsqu’on le
compare avec ceux des années précédentes. En 2008, le Togo était classé 159ème,
un chiffre qui montre que la pratique des affaires a régressé dans le pays.
Un an plus tôt, la performance du pays l’a placé au 151ème rang.
De ces
différents classements, il ressort que l’environnement des affaires ne
cesse de se dégrader au Togo, malgré toutes les dispositions que le
gouvernement claironne avoir prises pour l’améliorer. Dans les détails, les
contradictions sont plus flagrantes.
En matière
de création d’entreprises, le Togo est classé 179e sur
181 en 2009, un classement identique à celui de 2008. En matière d’impôts,
de l’année dernière à cette année, le pays a régressé de 8 points et est
classé 147e, une
régression également notée par rapport au critère dénommé « obtention de
prêts » (-4).
« Protection des investisseurs »,
c’est une autre variable étudiée par les experts de
la Banque
Mondiale
qui relève là aussi une régression d’un point… Autant d’indications qui
montrent que l’environnement togolais n’est pas des plus propices aux
affaires. Ces indicateurs chiffrés ne reflètent que trop ce qui se passe
réellement sur le terrain.
On
se rappelle « l’affaire Fick-Sicka », une affaire de récupération de
projet que beaucoup ont qualifiée de « tribaliste ». Mais, à ce jour,
aucune décision de justice ni du gouvernement ou des services compétents
n’est prise pour situer l’opinion. Une autre affaire est celle qui est en
cours entre les sociétés Ramco et Sapna. Dans ce cas comme dans le premier,
l’efficacité de la Justice qui doit rassurer les autres opérateurs
économiques, se fait toujours désirer.
En ce qui
concerne la fiscalité et les frais de douane, le pays est loin de servir
d’exemple. Il ne se passe de jour où les opérateurs économiques exerçant au
Togo ne se plaignent du coût élevé de la fiscalité togolaise. Pire, des
mesures plus contraignantes sont de plus en plus prises à l’égard des
entreprises de la zone franche. La pause fiscale, la mesure la plus
attrayante pour ces entreprises (10 ans au Togo contre 15 ans au Ghana) se
durcit. On annonce parmi les opérateurs économiques un affolement qui
pourrait provoquer un départ massif des entreprises qui composent
majoritairement d’ailleurs le tissu industriel national.
Depuis quelques temps, on parle de guichet unique à la chambre de Commerce
pour alléger les procédures de création d’entreprise. Mais en réalité, la
procédure qui ne devrait durer que 15 jours prend une éternité pour aboutir.
Un autre guichet illicite parallèle au guichet officiel aurait été découvert
au sein même du cabinet du ministre du Commerce.
Parlant des infrastructures, là encore le Togo n’offre ni d’avantages
comparatifs ni de grandes facilités. En témoigne l’état défectueux des
routes et dont la réfection est souvent confiée à des entreprises de
gré-à-gré, en violation des principes orthodoxes de passation des marchés.
Les télécommunications, l’énergie, l’eau, tous ces secteurs stratégiques
connaissent de sérieux problèmes qu’on ne finit jamais de résoudre…
Voilà le
visage que présente l’environnement des affaires au Togo. Pour beaucoup
d’observateurs, Gilbert Houngbo et son équipe devraient plutôt assainir la
maison avant d’aller se vanter dehors. Un préalable qui n’a pas été
respecté. D’ailleurs le proverbe « A bon vin point d’enseigne », est
très évoqué par certains qui croient que la ruée des investisseurs étrangers
vers le Togo ne sera qu’une suite logique de l’amélioration du climat des
affaires dans notre pays. Pour ceux-ci, tout devra commercer par là.
Maxime
Domegni
Deux malfrats abattus à Attiégou
Lomé et ses environs sont-ils totalement débarrassés des gangs qui
détroussent, pillent, violent sous la menace de coupe-coupe tranchants comme
des lames de rasoir et des armes à feu? En tout cas sans crier trop tôt
victoire, ils ont quand même subi un rude coup ces deux dernières semaines.
Le regain de dévouement des agents de la Gendarmerie et de la Police
nationale a permis de mettre hors d’état de nuire trois groupes de malfrats
dans trois quartiers différents de Lomé.
Ce
furent, vous vous en souvenez sans doute, les trois malfrats abattus par les
gendarmes à Agoè-Kitidjan qui ont ouvert ce ballet de « nettoyage »,
suivis quelques jours plus tard des quatre autres à bord d’un véhicule
neutralisé à Aflao-Soviépé par les éléments de la BAC
de la
Police nationale. Comme si c’est leur période de malheur, deux autres sont
tombés dans les mailles de
la
Gendarmerie
nationale à Attiégou. En moins de deux semaines donc, pas moins de neuf (9)
braqueurs ont été neutralisés et à jamais.
Ce qui
choque dans tout cela est leur « témérité » malgré que les forces de
sécurité leur courent après. C’est-à-dire que ces gangs se sentaient en
territoire conquis après le relâchement constaté du dispositif sécuritaire,
surtout du dispositif Araignée qui a totalement disparu. Aujourd’hui que la
sécurité semble être remise d’aplomb, les Togolais ne peuvent qu’applaudir
mais tout en gardant un air attentionné sur le déroulement des
événements. Ce n’est pas cherché des poux sur un crâne rasé mais au Togo, on
sait très vite récupérer les événements. « On peut commencer par ramasser
des cadavres autres que ceux des braqueurs et voleurs dangereux »,
soupçonne un observateur.
F.S.
Epervier du
Togo : Jean Thissen probable sélectionneur du Togo
Le Belge
Jean Thissen va probablement devenir le nouveau sélectionneur des Eperviers
du Togo dès le début de cette semaine, L’information est confirmée depuis le
vendredi dernier par des sources proches du ministères des Sports et de
la
Fédération
togolaise de football (FTF) qui assurent que si le contrat n’a pu être
signer en fin de cette semaine, c’est en raison de l’absence au pays du
président de
la
Fédération
togolaise de football (FTF), Rock Gnassingbé
« La
présence du président de la FTF est nécessaire puisqu’il lui revient de
certifier ce contrat »,
a précisé une source du ministère des Sports. La certification serait une
exigence de Jean Thissen, dit-on, afin de ne pas tomber dans les mêmes
erreurs que son prédécesseur Henri Stambouli, « Si le contrat ‘est pas
certifié par
la FTF,
aucun litige dans son application ne peut être porté devant le FIFA. C’était
le problème qui s’était posé à Stambouli au moment de réclamer ses droits »,
a ajouté la source.
Après le faux bond de l’Allemand Peter Zeidler avec lequel les discussions
étaient pourtant bien avancées, avant que Hoffenheim ne lui augmente son
salaire, les autorités sportives togolaises ont dû relancer d’autres pistes
comme celles du Belge Jean Thissen et de l’Allemand Christoph Ebner. Mais
c’est visiblement le Belge avait pris de l’avance puisqu’il était dans le
staff technique togolais qui a conduit l’équipe nationale en France le 11
février dernier pour le match amical contre le Burkina Faso. Et même si Jean
Thissen était resté dans les travées du stade de Rouen pour n’avoir pas
signé avant ce déplacement, il est rentré à Lomé pour poursuivre les
discussions qui ont finalement abouti
Jean Thissen,
63 ans, avait qualifié en 1994, le Gabon pour la Coupe d’Afrique des Nations
(CAN), l’un des adversaires du Togo pour le dernier Tour des qualifications
combinées CAN et Mondial 2010 dans le groupe A aux côtés du Cameroun et du
Maroc..
Le
technicien Belge qui a entamé sa carrière d’entraîneur en 1980 a également
dirigé plusieurs clubs en Suisse, au Portugal, au Qatar, en Belgique et en
France.
En Afrique,
il a aussi entraîné de grands clubs tels que Raja de Casablanca au Maroc,
le Stade Tunisien en Tunisie et le Mouloudia d’Alger en Algérie.
TGA
Le football
menacé par l’argent ?
Alors que le monde est ancré depuis plusieurs mois déjà dans une crise
financière sans précédent, du côté du football, les joueurs sont loin de
ressentir les conséquences de cette situation. En effet, l’argent continue
de couler à flot dans le monde du football, mais est-ce bien positif pour le
sport le plus populaire au monde ?
La Premier
League
sur son nuage
Deux
milliards d’euros par an ! Aussi indécent que cela puisse paraître, c’est
cette somme colossale que le groupe britanique BskyB a investi pour pouvoir
diffuser la plupart des rencontres du championnat de Premier League. A
l’heure où de plus en plus de personnes sont dans la nécessité, le
championnat anglais semble bien loin de ces préoccupations. Ainsi, cette
somme est presque 4 fois supérieure à celle investie par les médias français
pour la diffusion de la Ligue
1. Plus que jamais, le football semble à l’abri du besoin. Il semble même
difficile pour une personne lambda de s’imaginer tout ce que représente cet
argent.
Des salaires
démentiels
Récemment,
le site Internet Futebol Finance a rassuré tous les supporters qui
craignaient que leurs petits protégés ne soient affectés par la crise
financière et, une chose est sûre: les stars planétaires n’ont pas de
problèmes de fin de mois. Ainsi, le milieu de terrain du Milan AC qui s’est
récemment permis le luxe de refuser un transfert vers Manchester City qui
aurait rapporté 113 millions à son club, occupe la première place du
classement des joueurs les mieux payés de la planète en compagnie de Zlatan
Ibrahimovic. Chacun d’eux touche 750.000 euros par mois (soit 47 ans de
salaire d’un ouvrier au SMIC)... Une fois de plus, ce classement confirme
que la Ligue 1 est à la traîne: le premier joueur dans ce classement est
Karim Benzema, il occupe la 47e place avec un salaire de 4.800.000 euros
annuels.
La fin du
rêve pour Abramovitch?
Il y a
quelques années, l’arrivée du milliardaire Roman Abramovitch à la tête du
club de Chelsea avait fait grand bruit, et pour cause, l’homme d’affaires
russe qui possède la 16e fortune mondiale a mis à la disposition du club
londonienne un enveloppe d’argent presque illimité. Cela a permis notamment
au club de se payer Drogba, Lampard ou Essien. Cependant, pour une fois,
même les plus grands semblent avoir été touchés par la crise financière. En
effet, les médias ont annoncé que le milliardaire russe aurait perdu avec la
crise financière plusieurs milliards d’euros, ce qui pourrait le contraindre
à se séparer du club.
Mais est-ce
vraiment la fin des milliardaires dans le foot ?
Malheureusement pour les amateurs de football qui estiment leur sport pourri
par l’argent, on est loin d’arrêter de voir des riches hommes d’affaires
racheter les clubs les plus prestigieux. Depuis peu, ce sont les hommes
d’affaires des Emirats qui se distinguent. L’exemple le plus frappant est
celui de Manchester City désormais contrôlé par Suleïman Al-Fahim, un
multimilliardaire qui souhaite faire venir au club les plus grands joueurs
du monde. Après être passé à quelques cheveux de faire venir Kaka au club
pour un salaire de 18 millions d’euros par saison, il veut s’attaquer aux
Messi, Fabregas et à tous ceux qui affolent la planète foot.
Alors que
dans plusieurs secteurs, le manque d’argent créé de graves problèmes, on
peut se demander si dans le monde du foot, il n’est pas entrain de se passer
une situation inverse: l’argent n’est-il pas en train de tuer le football à
petit feu ? A force d’investir des centaines de millions d’euros, les
milliardaires sont bien partis pour éradiquer le suspens... |
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Forum de la Semaine 433 du 26 fev. 2009 |
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Bataille
autour du monopole de la marque LG : Quand la Sté
Ramco
verse dans l’abus de position dominante |
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Le Togo est un pays à économie libérale où les commerçants sont libres
d’importer toutes les marchandises qu’ils veulent, à condition simplement de
s’acquitter des taxes d’impôt et de douane. Cette disposition, du moins
cette réalité, la société RAMCO semble l’ignorer en se croyant au-dessus de
la loi. Depuis juin 2006, une affaire oppose la société RAMCO Limited à la
société SAPNA et 17 autres commerçants togolais, africains et indiens
établis au Togo.
Les faits
Le 13 juin 2006, Maître Sylvain Attoh-Mensah, Avocat à
la Cour, conseil de la société RAMCO Limited envoie une requête au Président
du Tribunal de Première Instance de Lomé pour solliciter l’autorisation de
faire procéder à la saisie des produits qui sont selon lui «illégalement
vendus» sur le marché togolais et de les mettre sous-main de justice.
Dans sa requête, Maître Attoh-Mensah estime que la société dont il est le
conseil «a conclu un contrat d’exclusivité avec la société L.G.
Electronics Inc dont le siège est à Séoul (Corée du Sud), un contrat
d’exclusivité d’importation et de vente sur les produits comme les
téléviseurs, climatiseurs, réfrigérateurs et systèmes de musique et autres
de marque L.G».
Selon lui, «nonobstant cette exclusivité, la société RAMCO Limited
a constaté que beaucoup de magasins ou de commerçants sur la place sans
avoir acquis lesdits produits auprès de ses boutiques, se mettent à les
commercialiser et que malgré des communiqués et des mises en garde,
la Société RAMCO
Limited s’est aperçue que cette commercialisation s’est accentuée ; qu’elle
a même requis le ministère d’un Huissier de Justice qui s’est assuré du fait
dans les magasins suivants : Société SAPNA Ltd, ETS Amadou Seyni, ETS the
Best Grace, General Electronique, ETS KAK, Idriss et Frères, ETS Rob Best,
ECN Trading Company ; que cette situation lui crée un trouble commercial car
elle dépense d’importantes sommes d’argent pour le transport des produits
de marque L.G. ; et qu’il y a donc lieu de mettre fin à cette situation que
l’avocat qualifie de scandaleuse».
Suite
donc à cette requête, le Président du Tribunal de Première Instance de Lomé,
le juge Tchodiyè Kouyou par ordonnance N°1148/2006 du 14 juin 2006, a autorisé la société RAMCO Limited «à saisir et à
enlever tous les produits L.G. sur lesquels elle détient un contrat
d’exclusivité se trouvant dans les magasins cités plus haut et dans tous
les autres magasins susceptibles de commercialiser les produits susvisés».
En exécution de cette décision, une horde de gendarmes avec fusils et
matraques ont fait irruption dans les boutiques pour saisir les marchandises
de 45 commerçants dans toute la ville de Lomé.
Les autres commerçants avaient pris peur de RAMCO mais la société SAPNA
et 17 autres commerçants se sont rendus auprès du ministre de
la Justice d’alors, Maître Tchessa Abi qui a trouvé cette situation
anormale. Une procédure d’assignation en nullité a été engagée contre RAMCO
par la société SAPNA et les 17 autres commerçants. Le Tribunal de Première
Instance de Première Classe a, suite à une audience publique des référés,
présidé par le juge Tchodiyè Kouyou le 23 mai 2006, ordonnés «la main
levée et la restitution immédiate des marchandises saisies» après que
Maître Agbahey, Conseil de la société SAPNA eut démontré l’illégalité et
l’irrégularité de cette saisie. Les marchandises furent restituées à la
société SAPNA et à tous les autres commerçants qui, à leur tour assignent la
société RAMCO Limited en nullité de saisie et en dommages intérêts.
Le 08 août 2008, le Tribunal rend le jugement N°2385/08 qui a été
enregistré au Service des Domaines contre un payement de 5 millions de F
CFA. Après l’enregistrement, il a été fait apposer la formule exécutoire
par le greffier en chef. La signification de
la Grosse
a été faite par Me Paraïso avec commandement de payer le 08 août 2008.
Selon les lois de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation du Droit des
Affaires en Afrique) , il n’est plus question d’appel puisque l’appel
devient dilatoire. Le jugement ordonnait à payer aux requis la somme de
100 000 000 F
CFA à titre de dommages et intérêts.
Malgré cette disposition, Me Attoh-Mensah fait un appel dilatoire pour
le compte de RAMCO. Concomitamment, il assigne
la Société SAPNA
et les 17 autres commerçants en référé, en demandant un sursis à exécuter
contre le en question. Le juge de référé, Abalo Petchelebia, président de
la Cour d’Appel de Lomé par décision ordonne le payement des 50%. Ce que la
société RAMCO n’a pas respecté jusqu’à ce jour.
Contre toute attente et à la grande surprise de la société SAPNA et
autres, le Président du Tribunal de Première Instance signe cette ordonnance
sur une simple requête contre un jugement de fond N° 2385/08, lequel
jugement est querellé déjà devant
la Cour
d’Appel. La société SAPNA et autres ont demandé la rétraction de ladite
ordonnance par référé en Première Instance, mais la demande a été rejetée
on ne sait sur quelle base légale.
Le fourvoiement de Me Attoh-Mensah
Dans le dossier RAMCO contre SAPNA et autres, Me Attoh-Mensah le
conseil de la société RAMCO s’est mal pris et les arguments qu’il développe
pour protéger son client ne tiennent pas la route. Lorsque l’affaire a été
portée devant le tribunal, Maître Attoh-Mensah et son client étaient
incapables de produire le contrat d’exclusivité qui lie la société RAMCO
avec la société L.G. De plus, il faut retenir que, s’il y a contrat
d’exclusivité et que ce dernier est violé, la société RAMCO ne peut s’en
prendre qu’à son fournisseur. En aucun cas elle n’a le droit de procéder à
la saisie des marchandises se trouvant sur le marché.
Dans le tiece-opposition au jugement N°2385 /08 du 08 août 2008
condamnant la société RAMCO à payer aux requis la somme de cent millions
(100 000 000) F CFA, Maître Attoh-Mensah estime que ces sociétés tentent
d’exécuter cette décision contre RAMCO S.A qui est une personne différente
de celle visée par ce jugement. A l’actif de son argument, il affirme que
suivant acte notarié en date du 20 décembre 2005, donc vieux d’un an plus
que le prétendu acte d’assignation du 28 juin 2006, la société RAMCO LTD
d’alors avait, lors d’une assemblée générale extraordinaire, procédé à une
modification de ses statuts et s’était transformée en Société Anonyme; en
d’autres termes, la société RAMCO LTD n’existe plus depuis lors pour se
voir opposer le jugement N° 2385/08. Par ces motifs, il demande à ce que ces
sociétés soient condamnées à payer à RAMCO la somme de cinq cent millions
(500 000 000) FCFA à titre de dommages intérêts en réparation du préjudice
subi lors des saisies intempestives des biens de cette dernière.
Suite à ces arguments, le Président du Tribunal de Première Instance de
Lomé par ordonnance N° 2380/08 ordonne le sursis à exécution du jugement N°
2385/08.
Nous savons tous que le rôle d’un avocat est de défendre par tous les
moyens son client, même si ce dernier a tort. Mais dans le cas d’espèce, les
arguments de Maître Attoh-Mensah sont tirés par les cheveux. Comment peut-on
estimer que juste le changement de dénomination suffit à une société dirigée
par la même personne pour se soustraire d’une condamnation. En accédant aux
arguments du conseil de la société RAMCO, le Président du Tribunal de
Première Instance de Lomé crée un précédent dangereux parce qu’il suffira
un jour à une société condamnée par la justice de changer de dénomination
pour se tirer d’affaire.
Toutes ces gymnastiques juridiques confortent la société SAPNA et les
17 autres commerçants que Maître Attoh-Mensah fait de la diversion dans un
dossier qu’il a mal ficelé. Au lieu de chercher à créer des blocages
artificiels avec la complicité de certains juges, il ferait mieux de
convaincre son client à régler cette affaire à l’amiable. Le Togo demeure un
pays à économie libérale et nul ne peut se prévaloir de sa position
dominante et de ses relations pour écraser les autres commerçants qui font
des affaires et payent aussi des impôts. Pour l’image de
la Justice dont on ne cesse d’évoquer la modernisation, il urge que
le droit soit dit dans cette affaire SAPNA et autres contre RAMCO.
F S
CPDC / De la
question de la Facilitation : Un compromis à vite oublier
Recourir au chef de l’Etat, en cas de blocage, pour une conciliation
des différentes parties et, en cas de blocage persistant, faire appel à
la Facilitation. C’est
l’accord auquel sont parvenus les protagonistes au CPDC mardi. « En cas
de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le Président de
la République. Le
Chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres du cadre, les
solutions appropriées et recours à la facilitation le cas échéant »,
indique le communiqué final. On ne peut que se féliciter de cet accord
arraché au forceps quand on sait l’encre et la salive qu’a fait couler cette
problématique du recours à
la Facilitation.
Un compromis à l’arraché
Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) s’est résolument opposé à
cette requête de recours à
la Facilitation
faite par l’Union des Forces de Changement (UFC) depuis la seconde séance du
Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). De report en report,
on en est arrivé à une crise de confiance ouverte en l’absence de compromis,
et à la 7e séance du
mardi 17 févier, c’était le clash. La crise était telle que l’UFC a dû
requérir une suspension des discussions jusqu’au vendredi 20 février. Selon
les termes du communiqué final ayant consacré ce blocage, le parti de
Gilchrist Olympio a requis cette interruption afin d’aller consulter sa
base. Faux, rétorque-t-on ici. On allègue que par cette requête, on voulait
plutôt donner au camp de l’obscurantisme le temps de revenir à la raison.
Tout compte fait, cette suspension n’aurait pas servi à grand-chose, puisque
les positions sont restées inchangées. A l’UFC, on est formel et on a fait
de ce recours à la Facilitation la condition pour la poursuite sereine des
discussions ; mais au RPT, on accuse l’UFC de faire de cette demande un
point de fixation et réitère la position de ne recourir qu’à l’arbitrage du
chef de l’Etat Faure Gnassingbé en cas de blocage. Comme baromètre de cette
mésentente, la reprise des travaux a été effectuée une fois de plus sur fond
de divergences. Mais heureusement à la 9e séance
le lendemain, les protagonistes sont arrivés à un accord qui débloque la
situation. Il aurait donc fallu neuf (09) séances et trois (03) jours
d’interruption des travaux pour y arriver.
Ce compromis coupe la poire en deux, puisqu’il prend en considération
les positions des deux parties qui s’opposent : le RPT qui demande le
recours exclusif à l’arbitrage du Président de
la République,
et l’UFC qui milite plutôt pour la Facilitation du Président Blaise Compaoré.
Cet accord a le mérite de débloquer énormément la situation, car il permet
l’adoption du règlement intérieur nécessaire au fonctionnement du CPDC. Il
est donc a priori à saluer, mais il ne frise pas moins la compromission. Cet
accord risque de devenir caduc à l’épreuve du temps, de ne servir à
grand-chose.
La problématique de la sincérité de Faure Gnassingbé
C’est une sérieuse problématique quand on considère l’attitude du Chef
de l’Etat dans ce feuilleton de blocage au CPDC. Malgré qu’il soit le
Président du Cadre, Faure Gnassingbé a à peine levé le petit doigt pour
ramener les parties à la raison. Le recours à Facilitation demandé n’a rien
de mal, mais son parti s’y est farouchement opposé. Il lui aurait suffi de
donner des directives et le blocage serait levé depuis. Mais il a contemplé
l’impasse de loin. Ce n’était là que l’acte 1 d’un manque de volonté.
Jeudi dernier, deux (02) jours après la suspension des travaux du CPDC,
le Chef de l’Etat aurait rencontré des protagonistes pour une conciliation.
En tout cas, un communiqué a été servi sur les médias officiels dans ce
sens. On croyait sincèrement à cette initiative et certains esprits ont même
commencé à jeter des fleurs à l’« Esprit nouveau ». Mais voilà,
c’était un montage, du mensonge, cette pseudo rencontre de Faure Gnassingbé
avec les protagonistes. En fait, à suivre les déclarations des responsables
de l’UFC. Son Secrétaire Général Jean-Pierre Fabre, se confiant à un
confrère a nié une quelconque rencontre avec le Chef de l’Etat dans ce sens.
L’UFC n’a pas été reçue par le Chef de l’Etat, a-t-il laissé entendre, et
d’ajouter que c’est également le cas du CAR. Si ce que raconte Jean-Pierre
Fabre est fondé, alors le communiqué de
la Présidence de la République aurait donc dit le contraire de la
vérité. Selon certaines sources, c’est avec une délégation de
la CDPA, un parti non représenté au CPDC que Faure a conférée ce jeudi. De la
diversion donc. Et c’est bizarrement au «leader nouveau» que
revient la charge de jouer au conciliateur en cas de blocage. Ce qu’on
craint, c’est qu’on n’arrive encore à servir un communiqué pareil pour jeter
du flou dans les esprits, alors qu’il n’en serait absolument rien. C’est
donc un compromis à vite oublier.
T. Shalom
L’autoroute de
l’espérance
Au Togo,
l’on a souvenance que lors de la campagne présidentielle de 2005, le
candidat du RPT, Faure Gnassingbé a présenté aux populations un projet de
société en 20 points dénommé : « Les 20 plus de Faure ». Après 4 ans
d’exercice à la tête du pays et à moins d’un an de la présidentielle de
2010, l’heure est au bilan de l’action de Faure. Et comme ce bilan ne peut
se faire que par rapport à son projet de société, nous nous faisons le
devoir de reprendre dans cette rubrique, les points saillants de ses
promesses en les comparant avec la réalité du terrain.
Les campagnes électorales sont
généralement le cadre de présentation des projets de sociétés des candidats
ou de leurs partis appelés à briguer la magistrature suprême. C’est une
évidence que c’est aussi pendant ces périodes que des démagogues multiplient
des promesses pour séduire les électeurs. Dans un système démocratique,
l’une des exigences pour les gouvernants est de rendre compte de leur
gestion au peuple de qui ils tiennent la légitimité. Pour apprécier le
travail réalisé au cours d’un mandat présidentiel ou tout autre, c’est sur
la base du projet de société de l’élu que les populations se prononcent.
S’inscrivant dans la logique de l’adage
africain qui dit qu’on ne peut danser et s’apprécier à la fois, notre
exercice permettra au locataire du Palais de
la Marina de se faire une idée du niveau d’exécution de ses fameuses
promesses.
Monsieur le Président, nous vous savons
grand lecteur du journal « Forum de
la Semaine », c’est pourquoi en nous excusant par avance du
dérangement parce que vous devriez être certainement occupé par les
nombreuses charges liées à votre fonction, nous venons par ce billet faire
avec vous le point sur vos engagements de la campagne de 2005.
Monsieur le président, nous vous
connaissons travailleur, soucieux du bonheur du peuple togolais, c’est
pourquoi nous sommes persuadés que vos promesses n’ont pas été garées dans
un tiroir au lendemain de votre « brillante élection », mais sont
toujours sur votre bureau de Président de
la République.
Si tel est le cas, permettez-nous donc de
faire ensemble avec vous le point de la situation en prenant un à un les
points de vos promesses de 2005.
Monsieur le Président, dans ce précieux
document intitulé « mon engagement pour le Togo », vous disiez au
point XIV concernant les grands travaux, je cite : « Une politique de
grands travaux sera poursuivie pour créer des emplois et doter le Togo
d’équipements modernes. Dans ce cadre, un appel sera adressé aux pays
enclavés pour mettre en chantier une autoroute appelée « fleuve de
l’espérance » allant de Lomé à la frontière Nord. Ce projet créera 100 000
emplois en 5 ans, offrira un moyen de transport efficace et sera le vecteur
de notre intégration régionale ».
Monsieur le
Président, ces propos que vous aviez tenus en 2005 pendant la campagne
électorale, vous ont valu des tonnerres d’applaudissements de ceux qui
croyaient en vous. Quatre ans donc après ces promesses, votre fameuse
autoroute est introuvable dans le pays. Parcourant le Togo du Sud au Nord,
nous n’avons vu nulle part ce joyau. Vous convenez avec nous, Monsieur le
Président, que notre déception est grande, d’autant plus grande que durant
vos quatre années passées au Palais de la Marina, vous n’avez ni réalisé
votre autoroute, ni bitumé une seule route de notre pays.
Monsieur le Président, en lieu et place de
votre autoroute et de la politique de vos grands travaux, ce sont les rues
de la capitale qui sont recouvertes de latérite avec une poussière
insupportable. Vous convenez avec nous, Monsieur le Président, que du moment
où votre autoroute n’a jamais existé, les 100 000 emplois promis aux jeunes
ne le sont pas non plus, à la grande déception de la jeunesse.
Monsieur le Président, comme vous, nous
avons beaucoup voyagé ces 4 dernières années. Au Ghana, nous avons
découvert une autoroute reliant Tema à Accra. Elle date de la période N’Krumah.
En Côte d’Ivoire l’autoroute Abidjan-Bouaké date de la période Houphouët. Au
Bénin voisin, l’autoroute Cotonou - Porto-Novo date de la période Kérékou.
Monsieur le Président, savez-vous que 80% de vos concitoyens qui croupissent
dans la misère et qui n’ont aucun moyen de voyager ne savent pas à quoi
ressemble une autoroute ? Eux qui attendaient la réalisation de votre
promesse pour savoir ce à quoi elle ressemble, sont aujourd’hui déçus.
Pour conclure, Monsieur le Président, nous
sommes certains que vous êtes d’avis avec nous que votre autoroute n’a
jamais existé et n’existera peut-être jamais sous ce mandat. A partir donc
de ce constat fait ensemble, nous ne pouvons plus nous permettre d’abuser de
votre temps. Il ne nous reste qu’à vous dire merci pour avoir accepté
participer à cet exercice exaltant. Nous souhaitons vivement vous avoir avec
nous pour une évaluation d’un autre point de votre projet de société. Merci,
Monsieur le Président, et à la prochaine.
Ferdi-Nando
Enrichissement illicite : Les milliards du défunt Col Galley de Souza font
grincer des dents
Depuis que le paramètre « argent » a fait intrusion dans les affaires
politiques togolaises après les soulèvements populaires des années 90, la
plupart des protégés du pouvoir sont devenus plus riches que l’Etat togolais
lui-même.
La
dernière révélation sur la colossale fortune de feu Colonel de Souza Galley
(FS N°431 du 19/02/09) fait grincer des dents et suscite
beaucoup de commentaires. Si certains pensent que l’information est plus que
vérifiée, d’autres par contre pensent que nous avons exagéré et qu’il serait
impossible au défunt intendant militaire d’engranger une fortune aussi
mamouthale. A ceux-ci, nous aimerions apporter des précisions suivantes :
· Le Col de Souza, qui a quitté en avril 2006 la tête de
la Direction Générale
des Impôts avait eu à gérer pendant sept (7) ans cette boîte considérée
comme l’une des grasses vaches à lait du système RPT. Considéré comme étant
issu de la bourgeoisie côtière, il n’aura plus envie de piocher à grande
échelle dans la caisse des recettes. A ce titre, il bénéficiait de la
confiance totale de feu Eyadéma qui aux moments critiques de la crise
politique togolaise où l’économie nationale gisait carrément par terre, lui
faisait exécuter les différentes dépenses budgétaires de l’Etat. Il était à
la fois l’ordonnateur et l’exécutant du budget de la boîte et au-delà, il
gardait unipersonnellement la liquidité de la boîte, le coffre fort se
trouvant dans son bureau. Tous les abus étaient alors permis.
· Une autre précision qui n’est pas moins importante est que le défunt
Colonel n’a jamais effectué, selon nos recoupements, un versement de plus
d’un milliard à
la BCEAO comme
avoir de l’Etat togolais. Lorsqu’il quittait en 2006
la Direction Générale,
son dernier versement s’élevait à vingt-six (26) millions de FCFA à la fin
du mois de mars de cette année-là !
Juste après lui, le premier versement de Mme Ingrid Awadé qui l’a
remplacé à la fin du mois de mai s’élevait, tenez-vous bien, à sept (7)
milliards de FCFA, puis d’une dizaine de milliards le mois de juin qui
suivait, et ainsi de suite de façon qu’il est maintenant possible de dire
que, pour le moment,
la DGI a
retrouvé à quelques exceptions près, ses lettres de noblesse car elle ne
fait pas moins d’un milliard de FCFA de perceptions hebdomadaires.
Où sont passés alors ces milliards de nos francs au temps du Colonel
de Souza ? On nous dira qu’à son époque, il y a beaucoup de sociétés
intouchables. C’est vrai ! Mais ces sociétés étaient tranquilles parce
qu’elles entretenaient non seulement le sommet de l’Etat, mais aussi
particulièrement le Directeur des Impôts.
Le Colonel de son vivant, non seulement possède des biens
inimaginables, mais réalisait des projets onéreux en un temps record. Nous
n’en voulons pour preuve que l’actuelle Ambassade de Libye au Togo (parmi
ses nombreuses villas dans la résidence de Cité OUA) et l’Hôtel le Pélican à
Ablogamé dont les réalisations sont évaluées à plus d’un milliard de FCFA
chacune.
Dire ceci, n’a pas pour objectif de salir la mémoire du défunt
intendant militaire, mais, c’est juste pour attirer l’attention de nos
gouvernants sur ce fléau de course aux milliards qui s’est emparé des
directeurs des sociétés d’Etat depuis quelques années et à le combattre
avec la dernière rigueur. Car ils sont nombreux, tous ceux-là qui se
mettaient de côté le milliard ou deux, à la fin des recettes mensuelles des
sociétés qu’ils sont appelés à gérer, sans compter les dessous de tables et
les traitements faramineux dont ils bénéficient déjà.
Qu’une enquête soit ouverte sur non seulement le dossier de Souza, mais
aussi sur la fortune de tous ceux qui ont dirigé les Douanes, les
Télécommunications, le défunt OTP etc. car, le Togo regorge d’énormes
ressources financières qui peuvent permettre de relever le niveau de vie des
populations, pourvu que les gouvernants soient « sérieux » dans la
gestion des affaires de la cité. A suivre de près donc.
F.S. |
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Forum de la Semaine 432 du 23 fev. 2009 |
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Et si Faure
Gnassingbé fuyait ses responsabilités ? |
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Le dire
ainsi n’est que pur euphémisme, afin de ménager des sensibilités, éviter de
sonner ceux qui ne jurent que par son nom ou celui de la famille. Sinon à
maintes reprises, on est tenté de le dire à l’affirmative. Et ce ne sont pas
les faits qui manquent. Le cas d’actualité est la situation au sein du cadre
permanent de dialogue et de concertation.
L’imbroglio
au CPDC
Les discussions au sein de cet organe
érigé au forceps le 04 février dernier sont interrompues depuis le mardi 17
février, sur requête d’une des parties prenantes, l’Union des Forces de
Changement (UFC). Pas pour le plaisir. Ce parti y a été poussé par
l’obscurantisme du Rassemblement du peuple Togolais (RPT) qui s’oppose
résolument au recours à
la Facilitation
demandé par l’opposition depuis l’ouverture des débats. Selon les termes du
communiqué ayant sanctionné la dernière séance, l’UFC a voulu profiter de
cette interruption pour consulter ses mandants et réfléchir à la conduite à
tenir. Ainsi, les discussions qui se tenaient quotidiennement depuis la mise
en place du Cadre n’ont pu avoir lieu mercredi, jeudi et vendredi. Elles
sont censées reprendre aujourd’hui. Mais là aussi, rien n’est sûr. En tout
cas, même si la reprise se faisait officiellement, il est à redouter le
manque de sérénité lors des débats. L’atmosphère risque d’être lourde, à
considérer les déclarations de la partie requérante de cette suspension.
Dans une note officielle datée du jeudi 19
février dernier, après des réunions du Bureau national et du groupe
parlementaire, l’UFC est restée formelle ; « l’adoption d’un règlement
intérieur, incluant le recours à
la Facilitation
est fondamentale pour la reprise et la poursuite sérieuse et sereine des
travaux du CPDC »,
fait-on savoir.
Voilà la situation. Mais il faut avouer
qu’on aurait évité cette impasse, si le Chef de l’Etat avait pris à temps
ses responsabilités. Le décret instituant le Cadre a pris soin de préciser
que c’est lui qui assure sa présidence. Les divergences qui sont à l’origine
de cette interruption se sont signalées depuis la deuxième séance du mardi
10 février. A l’UFC et au CAR qui exigent le recours à
la Facilitation
s’opposent le RPT et le gouvernement, à entendre les propos de Gilbert
Bawara qui le représentait dans le CPDC. Et les positions sont restées
telles jusqu’à la septième (7e)
séance qui a consacré la rupture. A chaque séance, la question est mise sur
le tapis, aucun consensus ne se fait et elle est renvoyée à la rencontre
suivante. Pour le même résultat. Et pourtant, ce n’est pas le sexe du diable
que demandait l’opposition ! L’argumentaire développé par le RPT pour
réfuter cette demande est d’ailleurs tiré par les cheveux.
Faure Gnassingbé est censé être mis au
parfum des discussions par son représentant, le très fidèle ministre de
l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités Locales Pascal Bodjona. En tant que Président du CPDC,
il aurait pu appeler les protagonistes à la raison. Mieux, en tant que
Président du RPT, il lui suffisait de donner des ordres à ses éléments et le
tour serait joué. Ainsi la question de la Facilitation serait réglée depuis
et n’aurait pas entraîné la crise de confiance et le blocage actuels. Ah, on
oubliait, Faure Gnassingbé est juge et partie dans ces discussions au CPDC,
et il a beaucoup à gagner que les débats s’achoppent !
L’équation
Titikpina
Même si certains émettaient de sérieuses
réserves, les Togolais dans leur majorité avaient apprécié à sa juste valeur
le sort subi par Ferdinand Tchamsi et le ministre des Transports et des
Travaux Publics Célestin Ekpaou Talaki, à la suite des terribles inondations
de juillet-août 2008. La procédure utilisée pour trancher la question du
Fonds d’Entretien Routier (FER) laissait énormément à désirer. La société a
été…supprimée ! Mais c’est la finalité qui compte. Les deux personnalités
dont la responsabilité était lourdement engagée dans la survenue de ces
inondations, et surtout des écroulements de ponts Ferdinand Tchamsi et
Célestin Talaki ont été virés, et le ministère des Travaux Publics rattaché
à la
Présidence de
la République, lors de la formation du gouvernement Gilbert
Fossoun Houngbo en septembre 2008. Faure Gnassingbé avait donc eu droit à
tous les honneurs à l’époque, pour avoir pris ses responsabilités. Mais le
bon sens ne comprend pas son inaction devant le cas Atcha Titikpina.
En effet, le nom du Colonel a été
formellement cité dans les violences survenues à Tchamba il y a quelques
temps. Des sources l’ont nommément accusé d’être l’instigateur des troubles
qui ont occasionné des blessés et des dégâts matériels, par le fait de
milices qu’il aurait armées. Les témoignages de son « frère ennemi »
chef canton Titikpina Oudja-Bouh sont assez édifiants. Le drame, c’est que
c’est cet homme qui est censé assurer la sécurité et la protection civile
des Togolais qui est mis en cause. On attendait que le Chef de l’Etat prenne
ses responsabilités et limoge le ministre considéré comme «une brebis
galeuse» dans son propre milieu. Mais aussi bizarre que cela puisse
paraître, lors d’un conseil des ministres, c’est plutôt la victime des
violences qui sont supposées être instiguées par Atcha Titikpina, son frère
le chef canton, et le Préfet qui ont payé le prix fort. Le décret de
nomination a été retiré au chef canton et le Préfet lui, est limogé. Quant
au tout-puissant ministre de
la Sécurité et de
la Protection
civile, il n’a nullement été inquiété.
L’homme est
certainement un intouchable, un ami du chef. Mais aujourd’hui, c’est sa
compétence qui est mise à rude épreuve par la recrudescence de
l’insécurité. En effet, Lomé n’est plus vivable. Il ne se passe plus de nuit
où on n’entende un cas de braquage. Les voleurs font la loi, situation
permise par la démission de l’opération Araignée. Cela fait un bout de temps
que la presse rapportait des cas de braquages et alertait ainsi les
autorités sécuritaires à prendre la mesure de la chose. Et aujourd’hui,
l’insécurité est la chose la mieux partagée. Voilà une raison de plus pour
que Faure prenne ses responsabilités. Mais c’est mal connaître le Chef de
l’Etat.
Au-delà de ces
illustrations fortes du Cadre permanent de dialogue de concertation et de
l’insécurité à Lomé, on peut trouver d’amples domaines où on ne sent pas le
Chef de l’Etat. Point n’est besoin de revenir sur la question de la vie
chère, le quotidien des populations. Faure Gnassingbé semble avoir
démissionné de toutes ses prérogatives.
T.S.
Insécurité et
grand banditisme : Double opération de « nettoyage » des forces de sécurité
·
7 braqueurs mis hors d’état de nuire
En moins
de 4 jours, les réseaux des braqueurs qui hantent les nuits des paisibles
populations de Lomé ont subi de grands coups. Bilan de ces opérations, pas
moins de sept (7) malfrats mis hors d’état de nuire.
Tout avait commencé dans la nuit de mardi à mercredi
dernier. Trois malfrats s’en sont pris à une maison dans le quartier d’Hédrzanawé.
Selon les témoignages recueillis, le sieur Moumouni et sa famille qui
revenaient de l’aéroport ont été attaqués dès leur arrivée à leur domicile
par trois individus armés qui ont volé argent, bijoux et téléphones
portables.
Mais comme le dit si bien l’adage « quarante jours pour
le voleur, un seul pour le propriétaire », les malfrats ne savaient pas
qu’ils étaient pistés par des éléments de la gendarmerie nationale. La
traque les mena de Hedzranawoe à Agoè-Kitidjan où les bandits ont leur
retraite. La suite, ce fut des échanges de tirs nourris. A la fin, les trois
malfaiteurs ont été mis hors d’état de nuire.
Trois jours plus tard, ce furent quatre autres bandits qui
ont été abattus cette fois-ci par les éléments de la police nationale. Selon
les informations, les malfrats ont été maîtrisés, après des échanges de
tirs, et une course poursuite qui a démarré aux alentours des voies pavées
du quartier Djidjolé, suite à leur refus d’obtempérer à une sommation
d’arrêt des forces de l’ordre. Selon celles-ci, elles ont été alertées
qu’une bande de braqueurs projetait opérer dans le quartier Afla-Soviépé.
C’est ainsi que le véhicule des bandits a été intercepté sur les voies
pavées de Djidjolé, mais ils ont choisi de prendre la fuite. Poursuivis
jusqu’au niveau des rails d’Aflao Soviépé, ils ont ouvert le feu sur les
véhicules de la police. Celle-ci a riposté et atteint les pneus du véhicule
des malfrats qui se sont trouvés dans l’obligation d’abandonner leur
voiture. Ce sera la fin de cette cavale des 4 malfrats, qui au cours d’une
fusillade, ont péri sous les tirs nourris des forces de l’ordre.
F.S.
Sit-in de 48
heures du personnel de la LIMUSCO
Le personnel de
la LIMUSCO
observe depuis ce matin un sit-in de 48 heures pour protester contre la non
satisfaction des doléances qu’ils ont porté devant le ministre des
Enseignements Primaire, Secondaire et de l’Alphabétisation. C’est du moins
ce qu’on l’on apprend de sources proches de cette institution.
Le personnel qui cumule 17 mois sans salaire avait soumis le 16 février
dernier à leur ministre de tutelle, un cahier de doléances qui relevait les
difficultés auxquelles ils sont confrontés. Il s’agit essentiellement des
problèmes de frais de scolarité de leurs enfants, des frais de déplacements,
des difficultés de paiements des loyers, manque de moyens pour s’assurer des
soins médicaux etc.
Selon les informations, près 172 familles vivent dans une misère sans
précédent. Et c’était pour alléger un peu leur situation que le syndicat du
personnel de
la LIMUSCO (SYNPERLIM)
a souhaité que l’autorité de tutelle leur paie 5 mois d’arriérés de
salaires.
Le mouvement prendra fin demain. On espère que les autorités prendront
des mesures nécessaires pour soulager ces agents et leurs familles.
FS |
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Forum de la Semaine 428 du 10 fev. 2009 |
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Gilbert
Bawara, ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du
Territoire à Forum de la Semaine « L’UFC et le CAR
soulèvent des inquiétudes légitimes mais posent mal le problème» |
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Le Ministre
Gilbert Bawara
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Monsieur le
ministre, certains disent que vous faites partie d’une poignée de ministres
au sein du gouvernement du Premier ministre Houngbo qui ne se soumet pas à
ce dernier mais qui préfère traiter directement avec le Chef de l’Etat au
nom d’une amitié séculaire. Ce fait est-il avéré ?
Je doute que vous
ou quelqu’un d’autre puissiez relever dans mon attitude, dans mes actes et
dans mon action en tant que ministre, quoi que ce soit de nature à
accréditer ces affirmations qui relèvent souvent d’une volonté de
dénigrement et de la calomnie. Il y a de mauvais esprits et quelques
officines bien connues qui espèrent en calomniant, jeter le discrédit et
salir l’honneur d’un ministre en le balançant en pâture à la vindicte de la
meute. Cela ne m’émeut guère. J’ai énormément de respect et d’estime pour le
Premier ministre Houngbo, avec lequel je partage un passé et des liens
communs très forts vu notamment nos parcours professionnels. Et il sait
pouvoir compter sur ma totale loyauté et mon dévouement pour la réussite de
sa lourde charge aux côtés du Président Faure Gnassingbé.
Contrairement à
l’opinion répandue, le Président Faure ne travaille pas par sentimentalisme.
En tant que Président de la République, il est porteur d’une vision, de
convictions, d’une ambition et d’un projet pour notre pays le Togo. Il juge
ses collaborateurs choisis sur la base de critères de compétence et
d’expérience en fonction de leurs rendements et de leur contribution à la
feuille de route et aux tâches qu’il leur assigne sous la supervision et la
coordination du Premier ministre. Les considérations d’affinité personnelle
ont peu de prise dans sa conception de la politique. Et vous constaterez
bien que les copinages et les affinités personnelles et historiques qui sont
l’unique fondement d’une répartition des responsabilités dans certains
partis politiques de la place ne sont pas une pratique ni au sein des
institutions d’Etat ni au sein du RPT.
Si d’aucuns
le disent, c’est parce qu’il y a aussi un précédent avec l’ancien Premier
ministre Me Yawovi Agboyibo qui vous avait accusé d’avoir pris des
initiatives sans l’aviser.
Les faits auxquels
vous faites allusion ont été inutilement et injustement montés et amplifiés
à l’époque, peut-être parce que ceux qui les colportaient et en étaient à
l’origine cherchaient un bouc émissaire et un prétexte commodes pour
justifier certaines carences et faiblesses en voulant imputer un éventuel
échec de l’action gouvernementale à un prétendu entourage du Président Faure
qui les auraient empêchés de travailler convenablement. Mais les faits sont
têtus. Rappelez-vous les tracts qui se fabriquaient au cœur même des lieux
du pouvoir à l’époque pour dénigrer certains ministres ou collaborateurs du
Président Faure! La ruse et la dissimulation, la fixation sur la popularité
et les postures ne sont pas une vertu en politique et en matière de gestion
de la chose publique. Heureusement, il est difficile de cacher la
méconnaissance des règles de fonctionnement de l’action gouvernementale et
la méprise des procédures des partenaires au développement derrière les
prétendus agissements d’un ministre.
A l’époque, la
lettre de mission que le Premier ministre Agboyibo m’avait édictée
comportait deux objectifs essentiels : assurer une implication plus forte et
active des Togolais de l’extérieur dans la nouvelle dynamique politique et
mobiliser les ressources requises pour la tenue des élections législatives.
Sur le premier point, Dieu merci, aujourd’hui il existe un climat de détente
et de concertation avec la communauté togolaise à l’étranger. Les
récriminations et acrimonies d’autrefois sont considérablement atténuées.
Aujourd’hui plus que par le passé, de nombreux Togolais de l’extérieur
reviennent au pays pour y travailler ou pour se rendre compte des évolutions
positives en cours.
Pour le reste,
c’est en stricte conformité avec la lettre de mission précitée et dans ma
fonction en tant qu’ordonnateur national des fonds de développement de
l’Union européenne que j’avais agi. Et c’est moi-même qui avais rendu compte
au Premier ministre de la correspondance que je venais d’adresser à la
Délégation de l’Union européenne, comme je le fais quotidiennement avec de
nombreuses correspondances que j’échange avec les instances de l’Union
européenne. C’est le lendemain de ce compte rendu, que j’ai appris avec
beaucoup d’étonnement que les rédactions des journaux de la place et les
environs de Dékon étaient inondés d’une lettre de protestation émanant du
Premier ministre. C’est un procédé totalement contraire aux principes et
règles de l’Administration publique. Ce qui m’a le plus peiné dans cette
histoire, c’est le ridicule et le tintamarre autour d’une histoire fabriquée
de toute pièce.
Revenons sur
vos actions. Vous avez signé plusieurs accords de financement avec la
Communauté internationale des bailleurs de fonds, mais la liquidité tarde à
rentrer dans les caisses de l’Etat. Qu’est-ce qui se passe au juste ?
Les accords de
financement que nous avons déjà signés, le ministre des Finances et
moi-même, avec différents bailleurs et partenaires au développement
consacrent justement la reprise pleine et entière de la coopération entre
notre pays et la communauté internationale, après plus d’une décennie de
disgrâce. Evidemment, il existe encore un fossé entre ces signatures et le
vécu quotidien des Togolais. Des inquiétudes et des impatiences s’expriment
dans la société togolaise, et cela est tout à fait compréhensible et
légitime. Il ne pouvait en être autrement au regard de la détérioration
prononcée des conditions de vie et de travail des Togolais et au regard du
délabrement des services sociaux et des infrastructures de base, engendrés
par quinze années de crise. La dévaluation du franc CFA de 1994 avait déjà
contribué à la dégradation de la situation économique et sociale alors que
les populations subissaient déjà de plein fouet des conséquences
désastreuses de la crise politique et de la grève générale et illimitée.
Aujourd’hui les
progrès immenses sur le plan politique et institutionnel et le processus
d’apaisement et de décrispation nous conduisent à prendre conscience du mal
que nous nous sommes infligé. Voilà une des explications de la lucidité
actuelle quant au sentiment de lenteur dans les transformations escomptées.
Une autre
explication a trait aux exigences de rigueur et de transparence dans l’usage
des ressources issues de l’aide extérieure alors que la période
d’interruption de la coopération avait entraîné une érosion dans la maîtrise
des règles et procédures qui régissent l’aide au développement. Et comme
vous le dites si bien, le Togo n’a pu bénéficier au cours des trois
dernières années des appuis budgétaires sous forme de liquidités versées au
Trésor public. Dans un contexte de reprise de la coopération, la
quasi-totalité des partenaires recourent aux projets dont les cycles
d’évolution prennent du temps pour produire des effets palpables. Il nous
faut à la fois concilier l’urgence de répondre aux attentes incompressibles
et pressantes des populations avec les exigences d’une saine gestion des
ressources de l’aide extérieure.
Enfin, la
multiplicité des défis et le souci du gouvernement d’agir simultanément sur
tous les fronts dans un esprit de justice sociale, d’équilibre et d’équité
ne permettent pas des effets visibles de grande ampleur dans les
réalisations dans chacun des domaines de l’action gouvernementale. Il y a
souvent des arbitrages à opérer dans les interventions de l’Etat. Mais la
situation évolue vite et considérablement et la patience des populations
commence à avoir des retombées bénéfiques. Il y a cinq années en arrière,
personne n’aurait imaginé la régularisation et l’intégration des centaines
d’agents dans la Fonction publique, pas plus que le recrutement de milliers
de nouveaux fonctionnaires, le déblocage des effets financiers des
avancements, les augmentations de salaires (8% cumulé entre 2007 et 2008
sans y inclure les 5000 FCFA de prime liés à la hausse des produits
pétroliers et à la crise alimentaire), la baisse depuis le 1er janvier
2009 de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et de l’impôt
sur les sociétés pour relancer les activités économiques et le secteur
privé, la suppression des frais scolaires dans le préscolaire et le
primaire, la disponibilité et l’accessibilité des intrants et des engrais,
l’amélioration sensible des conditions des étudiants et des enseignants
universitaires, les réhabilitations en cours des infrastructures de santé,
etc. Tout ceci uniquement sur la base des ressources internes, sans creuser
le déficit et sans endettement supplémentaire. Des pistes rurales ont
commencé à être réhabilitées et la construction de 150 forages vient d’être
lancée dans la région Maritime tandis qu’une mini addition d’eau de plus de
deux milliards de FCFA sera bientôt érigée à Anié avec les ressources de
l’Union européenne ; plus de 200 milliards d’apurement des arriérés et
d’effacement de dettes ont été obtenus par notre pays… Beaucoup de
préoccupations restent encore à satisfaire, mais le bon déroulement des
programmes de réformes avec le FMI et la banque mondiale augure de
meilleures perspectives.
Vous aviez
dit dans une de vos déclarations que la Communauté internationale est en
train de vous jauger, de voir si vous pourriez bien gérer les fonds
autrement que par le passé. Quel est l’état des lieux ? Avez-vous réussi à
ce test grandeur nature ?
Notre pays est
engagé dans un vaste programme de réformes politiques, économiques et
financières jamais initié au cours des vingt dernières années. Un socle de
stabilité sociopolitique et un environnement propice à la relance de
l’économie et à la reconstruction des grandes infrastructures et de services
sociaux modernes sont désormais en place. La mobilisation des recettes
fiscales et douanières s’améliore d’année en année. Le budget de l’Etat
s’accroît de manière constante. La restructuration des secteurs porteurs de
croissance est en marche, qu’il s’agisse du secteur financier et bancaire,
du coton, des phosphates et des infrastructures portuaires, souvent sur la
base d’audits financiers et stratégiques permettant de tirer toutes les
leçons des carences et faiblesses du passé. Les principes de bonne
gouvernance et de bonne gestion des affaires publiques commencent à
s’imposer, grâce notamment à la vigilance de l’opinion et au travail des
journalistes que vous êtes. Les réformes actuelles n’ont de sens et de
signification que par rapport aux dysfonctionnements et aux dérapages qui
ont pu survenir par le passé, et nos partenaires nous accompagnent avec
bienveillance.
C’est parce que
les réformes engagées ont produit des résultats significatifs que le Togo a
pu atteindre en novembre 2008 le point de décision de l’initiative PPTE
(Pays Pauvres Très Endettés) dont l’un des effets à terme résidera dans les
effacements et les rééchelonnements de dettes et l’accès de notre pays et
des opérateurs économiques togolais aux crédits sur le marché financier
international nous permettant ainsi de nous doter des moyens nécessaires
pour les grands travaux et la modernisation du pays.
Des efforts
restent encore à faire pour bénéficier pleinement des effets du réengagement
des institutions financières internationales et du retour des bailleurs. Si
des améliorations considérables ont été apportées à l’assainissement et à la
gestion des finances publiques, il reste encore à mettre en œuvre les
réformes initiées en matière de passation des marchés publics afin que le
Togo puisse accéder à une généralisation des aides budgétaires globales.
Voilà le sens et la portée des déclarations que j’avais faites récemment.
Depuis lors, la situation a évolué, puisque l’Union européenne qui fixe
généralement le baromètre des relations du Togo avec la communauté
internationale a déjà commencé des appuis budgétaires pour 2009 et le
gouvernement a adopté en janvier de cette année un projet de loi portant sur
la régulation des marchés publics.
Comme vous le
constaterez, nos adversaires politiques et nos détracteurs ne sont pour le
moment porteurs d’aucune alternative sérieuse et crédible. Je regrette que
les débats se focalisent trop souvent sur les questions politiques et que
l’on occulte le sort et les préoccupations élémentaires de la population.
Lors de la crise alimentaire et avec la hausse des produits pétroliers, je
n’ai noté nulle part des propositions concrètes en dehors des efforts du
gouvernement. L’évidence aujourd’hui, ce sont les jalons incontestables et
les bases solides que le Président Faure est parvenu à poser en vue du
redressement économique, le progrès social et la modernisation du pays.
Pensez-vous
que le train de vie de l’Etat, les détournements supposés ou réels au sein
de certaines sociétés d’Etat, les déplacements et fêtes onéreux au sommet de
l’Etat sont de nature à démontrer la réussite de ce test ?
Dans ces secteurs,
il y a beaucoup de sensationnel et de rumeurs que de vérités. Le train de
vie de l’Etat togolais demeure, à ce jour, le plus modeste de la
sous-région. Le budget de la Présidence de la République, les frais de
fonctionnement de l’Etat sont les plus bas de toute la région
ouest-africaine à une ou deux exceptions près. Vous pouvez le vérifier en
examinant le train de vie de tous les Etats qui nous entourent. Quant aux
détournements supposés, il y a aussi plus de rumeurs que de faits établis.
En toutes hypothèses, le Président de la République a donné des instructions
fermes pour le déclenchement des audits et des poursuites judiciaires chaque
fois que des indices sérieux tendraient à accréditer la thèse de
malversations sur des ressources publiques. L’installation prochaine de la
Cour des comptes contribuera énormément à cet effort.
Quant aux
déplacements et les fêtes prétendument onéreux, je voudrais vous rappeler la
situation d’où notre pays vient et qui oblige les autorités à tous les
niveaux à parcourir le monde pour sensibiliser les partenaires sur la
nouvelle donne politique et économique, sur les réformes engagées et pour
réhabiliter l’image et le prestige du Togo et parvenir à une mobilisation
plus grande de soutiens extérieurs. Les résultats sont là et la communauté
internationale fait à nouveau pleinement confiance à notre pays et à ses
dirigeants.
Sur un autre
plan, abordant l’actualité, les réformes constitutionnelles et
institutionnelles prévues par l’Accord Politique Global (APG) ont du plomb
dans l’aile. L’opposition accuse votre parti de vicier l’esprit et la lettre
de l’APG en usant de mauvaise foi. Des manifestations sont en perspective et
l’avenir politique du Togo est instable à quelques mois de la
présidentielle. Qu’en est-il exactement ? Le RPT est-il dos au mur ?
Nous avons
tendance à oublier et à occulter le contexte dont le Togo vient. Face aux
polémiques stériles que certains tentent d’instaurer, au motif d’une
violation alléguée de l’Accord Politique Global de septembre 2006, il
convient de rappeler quelques faits et vérités d’évidence.
Sur la forme, je
voudrais rappeler sans aucun esprit de polémique l’option prise par les
parties prenantes à l’Accord Politique Global d’emprunter une approche
graduelle et progressive conduisant, dans un premier temps, à parvenir, à
travers des élections législatives anticipées, à la mise en place d’une
nouvelle Assemblée nationale, et dans un second temps, à poursuivre les
autres réformes politiques en vue de la consolidation de la démocratie et de
l’Etat de droit dans le cadre de cette nouvelle Assemblée nationale dont le
rôle primordial à cet effet a été abondamment souligné à l’article premier
de l’APG. Je comprends la tentation de certains d’installer le Togo dans une
situation d’exception et de singularité par rapport aux démocraties
universelles où le Parlement demeure l’instance traditionnellement et
constitutionnellement habilitée pour délibérer et adopter les lois.
Apparemment les situations d’anomalies et de tension permanente sont un
terreau fertile pour certains partis politiques, même si cela conduit à
reléguer au second plan les vrais problèmes de développement du pays et le
souci de bien-être des populations.
Je trouve
surprenant cet acharnement à anéantir et saper les fondements mêmes de notre
jeune démocratie, pour des raisons purement stratégiques et idéologiques,
par pur égoïsme et par sectarisme. Si les élections législatives d’octobre
2007 n’avaient aucun sens et aucune portée, pourquoi alors le CAR et l’UFC
s’arrogeraient-ils l’exclusivité des concertations avec le gouvernement, en
plus du RPT, en excluant les autres partis politiques de l’opposition dite
traditionnelle visés par les 22 Engagements et signataires de l’APG que l’on
invoque par ailleurs de manière sélective. Les élections législatives, comme
partout ailleurs, sont un arbitrage.
Ce qui légitime le
RPT, le CAR et l’UFC à se concerter, à l’exclusion des autres signataires de
l’APG c’est précisément leur présence à l’Assemblée nationale issue des
élections législatives de 2007. Et comme vous le savez, le CAR et l’UFC
étaient particulièrement imprégnés des effets inéluctables de la démocratie
représentative, où le principe majoritaire revêt tout son sens, eux qui,
lors du scrutin de 2007, firent campagne, l’un avec la prétention d’obtenir
une large majorité à l’Assemblée nationale (65 à 75 députés selon les
propres déclarations des dirigeants de l’UFC) excluant d’avance toute idée
de gouvernement d’ouverture même en direction des anciens alliés de la
Coalition, et l’autre sollicitant la confiance de la population pour
poursuivre les réformes entreprises par le gouvernement d’union nationale de
l’époque.
La logique
démocratique et le principe majoritaire sont durs, mais c’est ainsi,
serait-on tenté de dire. Lorsque le PS français dépose une motion de censure
contre le gouvernement Fillon, c’est sans illusion sur l’issue de la
démarche, mais il ne s’en prive pas parce que l’UMP votera de manière
mécanique. Regardons un peu certains pays qui nous entourent. Combien de
députés d’opposition existent au Sénégal (prèsqu’aucun), au Burkina (moins
d’une quinzaine), au Mali (moins d’une quinzaine) ; et pourtant ces
parlements délibèrent et adoptent des lois! Maintenant qu’il y ait un besoin
d’ouverture, de dialogue, de concertation et de compromis comme cela a
toujours été prôné par le Président Faure Gnassingbé, c’est une autre chose.
Que l’on s’astreigne à l’écoute et que l’on tienne compte de la diversité
d’opinions, cela a le mérite de contribuer à l’apaisement et à la cohésion
nationale. A ce propos, je considère que l’UFC et la CAR soulèvent des
inquiétudes légitimes mais posent mal le problème. Il sera toujours utile et
souhaitable pour notre pays de valoriser le dialogue et la concertation
comme mode de recherche de compromis et de mobilisation citoyenne autour des
enjeux aussi bien politiques qu’économiques et sociaux. Le fondement de
cette concertation et de ce dialogue réside dans la volonté et la bonne foi
des acteurs politiques, sociaux et économiques et non dans un accord
politique devenu un dogme. Il sied donc de souligner que l’Accord Politique
Global n’a jamais entendu instituer une instance suprême ou parallèle pour
la conduite des réformes politiques, en dehors des institutions
républicaines.
Sur le fond, il
s’agit donc de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour
autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le
sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de
la réalité de leurs prérogatives constitutionnelles, au risque de
transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée
nationale en une chambre d’enregistrement. Personne n’a intérêt à cette
tentative de dénigrement et de vexation contre les élus du peuple et
l’Assemblée nationale.
C’est fortuitement
que l’Assemblée nationale est aujourd’hui composée de trois partis
politiques signataires de l’APG. L’issue des élections législatives aurait
pu donner d’autres configurations et l’on ne voit comment, par exemple, des
députés indépendants ou issus du PSR, de l’Alliance et des autres
compétiteurs auraient accepté de renoncer à leurs droits et prérogatives
constitutionnels pour s’accommoder des desiderata des partis prenantes à l’APG !
En définitive, je
crois que la polémique n’a plus lieu d’être à partir du moment où les
parties prenantes au Cadre permanent de dialogue et de concertation tel que
réaménagé viennent d’adhérer pleinement aux initiatives du Président Faure
Gnassingbé et qu’elles se sont retrouvées, chacune étant animée d’une réelle
volonté d’avancer. Si l’on se débarrasse des revendications et arguties de
pure forme, il est possible de parvenir rapidement à des compromis pour
aller de l’avant. Il y a un esprit de totale ouverture et d’écoute attentive
au niveau du gouvernement. Les discussions du Cadre permanent ont d’ailleurs
l’avantage de pouvoir s’appuyer sur des propositions concrètes, des
commentaires et des observations déjà formulés par le CAR et l’UFC sur le
projet de loi portant révision du code électoral. Cet aspect du problème
devrait donc trouver rapidement une solution.
Alors
pourquoi vouliez-vous procéder à une révision unilatérale de ce code
électoral en le sortant du cadre consensuel ?
J’espère que la
réponse détaillée apportée à votre précédente question répond à votre
interrogation. Nulle part l’APG n’a institué un organe ou un mécanisme comme
antichambre obligatoire de l’Assemblée nationale et comme étape préalable
aux délibérations de l’Assemblée nationale où les députés disposent des
prérogatives d’amendement et ne sont soumis à aucun mandat impératif. Et
contrairement à certaines affirmations, l’Union européenne n’est pas partie
prenante à l’APG et aucune règle n’habiliterait cette institution à
contraindre les institutions républicaines du Togo à rechercher
impérativement le consensus sur les réformes projetées.
Dossier
Orange à présent. Il y aurait selon nos informations, des pots de vin et la
Banque Mondiale s’oppose à la procédure d’attribution du marché. Orange
vient au Togo ou pas ?
La question ne se
pose pas de cette manière. Il y a eu effectivement un protocole d’accord
signé avec Orange, mais juridiquement, il ne s’agissait pas encore d’un
contrat, mais d’une manifestation d’intérêt et d’intention des deux parties
à entamer des discussions pour parvenir éventuellement à un accord. A la
réflexion et sur conseil de la Banque mondiale, le gouvernement togolais a
décidé de revoir la situation, de profiter de la situation pour actualiser
la politique nationale de développement des télécommunications, et de
s’assurer que d’éventuels nouveaux opérateurs dans le secteur ne puissent
intervenir que dans un environnement assaini et conforme aux intérêts de
notre pays en respectant les exigences de compétitivité et de concurrence.
Le gouvernement est à pied d’œuvre avec l’assistance de la Banque mondiale.
Il n’y a donc pas lieu à polémiquer.
Un autre cas
préoccupant dans la gestion du RPT : Comment comprendre qu’à la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale, des retraités (le DG et certains de ses
acolytes) refusent de libérer leur poste pour permettre à l’institution
d’évoluer ? On parle là aussi des milliards de CFA détournés qu’on cherche à
dissimuler.
Les changements à
la tête d’une agence ou institution comme la CNSS doivent procéder d’un
processus de réforme impliquant tous les acteurs concernés, à commencer par
les affiliés. Et je puis vous assurer que le ministre du Travail, de
l’Emploi et de la Sécurité Sociale y travaille. Le jour où une décision
ferme sera prise au niveau du gouvernement, vous verrez bien qu’elle sera
exécutoire et exécutée. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Comme cela a été
le cas pour toutes les réformes et restructurations que le gouvernement
opère, la question de la gouvernance d’entreprise ne doit pas être isolée de
la mise en place de nouvelles règles de jeu qui déterminent le cahier de
charge et les responsabilités d’éventuels nouveaux dirigeants. Agir
autrement sera contreproductif.
Pour
terminer, M. le ministre, comment prévoyez-vous 2010 ? Les Togolais
compteraient-ils encore des cadavres et des blessés à la place des bulletins
de vote ?
Lors de sa tournée
d’échange de vœux avec les populations dans toutes les régions du pays, le
Président Faure Gnassingbé a dit clairement sa forte conviction, sa
détermination et son engagement résolu pour un scrutin conforme aux
standards internationaux et qui puisse se dérouler dans une atmosphère
d’apaisement, de sérénité et de sécurité. Les initiatives qu’il vient de
prendre s’inscrivent dans cette logique. La volonté du gouvernement
d’entamer dès à présent les préparatifs du scrutin dénote du souci d’éviter
toute précipitation de dernière minute qui engendrerait un climat de
tension, de violence et de contestation. Nous avons donc intérêt à aller
vite dans la mise en place de la CENI, puis à procéder à la révision du
fichier électoral, tout en renforçant les conditions de sécurité.
On a tendance à
l’oublier, l’une des premières mesures majeures du Président Faure
Gnassingbé fut, en tirant les leçons des violences qui ont souvent émaillé
les processus électoraux dans notre pays, de renforcer les effectifs et les
moyens d’action de la police et de la gendarmerie ; de veiller à dissocier
les missions respectives des forces de défense d’un côté et des forces de
sécurité et de maintien de l’ordre de l’autre, tout en affirmant leur
vocation républicaine et apolitique. Les résultats sont là aujourd’hui et il
nous faut continuer à bâtir là-dessus.
Comme en 2007, le
gouvernement est très avancé dans les discussions avec l’Union européenne
pour la mobilisation des ressources permettant aux médias privés et publics,
aux organisations de la société civile et aux partis politiques de s’engager
en amont sur des initiatives de sensibilisation et d’éducation citoyenne
pour raffermir la culture de tolérance, de non-violence et de respect des
droits de l’Homme. Je ne vois aucun Togolais ni aucun parti ou acteur
politique s’adonner à la destruction du socle et des conditions essentielles
que nous venons d’instaurer aux prix de sacrifices de toute la nation pour
pouvoir consacrer nos énergies et nos ressources au développement, au
bien-être des populations et à la modernisation du pays. Je ne suis pas
naïf, mais permettez-moi de ne pas imaginer certaines attitudes qui
s’apparenteraient à un crime contre la nation.
Propos recueillis
par Dimas Dzikodo |
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Gratuité de
l’école : La farce de Faure qui fait problème |
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La
Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) était en grève de
48 h les jeudi 5 et vendredi 6 février 2009. Ce débrayage fait suite à deux
entretiens, l’un avec le ministre des Enseignements primaire, secondaire et
de l’Alphabétisation, et l’autre avec celui de l’Economie et des Finances.
Selon la FESEN, ces deux entretiens n’ont pas permis de trouver une solution
à leurs préoccupations qui se résument à la lenteur affichée dans la
réalisation des mesures d’accompagnement promises après la suppression des
frais scolaires, le retard accusé dans l’adoption du décret relatif aux
indemnités de fonction des chefs d’établissement du secondaire 1er et
2èmes cycles, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques. A ces
préoccupations, s’ajoutent d’autres problèmes à savoir le flou entretenu par
les autorités sur les deux mois d’arriérés de salaire de 1999 des
enseignants auxiliaires, la prise en charge des enseignants des écoles
spécialisées et enfin la non interpellation des premiers responsables de
l’enseignement confessionnel par le gouvernement en vue d’aplanir les
problèmes des enseignants de cet ordre.
Cette situation désastreuse que les autorités s’activent à dissimuler n’est
que la conséquence directe de cette fameuse gratuité de l’école brandie par
les tenants du pouvoir comme le cadeau de Faure aux populations.
L’effet
boomerang de la farce de la gratuité de l’école
La
fameuse gratuité de l’école apparaît au regard des difficultés actuelles
comme une décision incongrue sans un travail préalable sur le terrain. En
prenant la décision de rendre ce qu’il appelle l’école gratuite, le
gouvernement avait déclaré sur tous les toits que des mesures
d’accompagnement seront prises pour aider les responsables d’écoles à faire
face aux problèmes logistiques et organisationnels liés à l’affluence des
élèves. Plus de 4 mois après la rentrée scolaire, les directeurs attendent
toujours la subvention de 2 000 F par élève. Les enseignants volontaires que
le gouvernement a promis recruter dans l’enseignement lors du dernier
concours de recrutement sont également oubliés. Depuis donc 4 mois, chaque
directeur d’école n’a perçu que 126 500 F CFA : 40 000 F pour les
déplacements du directeur et 86 500 F versé à la COGERES, une structure
conjointement gérée par les chefs d’établissements et les parents d’élève.
Voilà la
pagaille que le gouvernement de Faure pour des visées électoralistes, a
semée dans l’enseignement, laissant les chefs d’établissements face à une
situation où ils sont obligés de débourser de l’argent de leur propre poche
pour payer le matériel de travail. La grève de 48 h observée la semaine
dernière n’est qu’un avertissement. Si des dispositions nécessaires ne sont
pas prises dans les meilleurs délais pour remédier à cette situation, il est
à craindre que l’enseignement primaire et secondaire ne soit paralysé dans
les prochains jours.
F.S
Confidentiel :
Tentative de meurtre sur le Col. Biteniwé à la Présidence de la République
Le
Lieutenant-colonel Kuma Biténiwé, Conseiller militaire du Président de la
République a échappé à une tentative de meurtre à la Présidence de la
République, a-t-on appris de sources proches de la mouvance présidentielle.
Le drame s’est déroulé il y a quelques jours lorsque, prenant du thé au sein
du Palais présidentiel, il a constaté par on ne sait quels moyens, que la
tasse était empoissonnée. Il a craché le liquide qu’il avait dans sa bouche
avant de provoquer volontairement un vomissement pour parer à toute
éventualité. Après d’autres soins appropriés, il a regagné son village natal
Pya dans la Kozah pour des cérémonies.
Dans l’une de
nos précédentes parutions (F.S n°423), nous annoncions qu’il ne se passe
plus de jour où ne circulent dans les milieux politiques, des rumeurs sur
l’empoisonnement d’une sommité du pouvoir ou d’un de ceux que les Togolais
appellent « les grands ». Et nous avions cité tour à tour, les cas de
Charles Takou l’ex-Directeur général de la Société Nouvelle des Phosphates
du Togo (SNPT) qui n’a eu la vie sauve qu’en se faisant évacuer rapidement
sur la France, de l’Honorable Barnabo, député RPT de la Circonscription
électorale de Tandjoaré qui, aux dernières nouvelles, séjournerait à Paris,
puis le cas malheureux du Colonel-Intendant Galley de Souza qui lui, y a
laissé sa vie. Aujourd’hui, c’est le Conseiller militaire de Faure
Gnassingbé Kuma Biténiwé qui est la cible.
L’homme n’est
pas un inconnu des Togolais et ce n’est pas la première fois qu’il est la
cible de ses ennemis tapis dans l’ombre de l’empire qu’il a bâti et défendu
bec et ongle. Cet officier supérieur des Forces armées togolaises (FAT)
faisait partie des rares échantillons qui pénétraient, même avec leurs armes
sur eux, les bureaux de feu Gnassingbé Eyadéma. Il s’était évaporé dans la
nature après avoir échappé le 05 mai 2003 à un attentat attribué au fils
aîné de son mentor, le Col. Ernest Gnassingbé (aujourd’hui grabataire) alors
Commandant du Régiment Parachutiste Commando de Landja (Kara). Ce dernier,
par la suite, l’avait accusé de diriger un groupe de « subversifs »
qui préparait un coup d’Etat contre son père. Dans le déroulement du drame,
le téléphone portable du Lieutenant-Colonel dont la voiture venait d’être
littéralement mitraillée est tombé et récupéré par ses bourreaux et exploré
de fond en comble; mal en prit aux hommes de tenue qu’il a contactés.
Suivra ensuite le calvaire d’une quinzaine de militaires dont trois
officiers dans les geôles togolaises, calvaire qui a trouvé son épilogue le
mardi 12 juillet 2005 avec la libération du reliquat, le Lieutenant Innocent
Kpadang et le tireur d’élite Denan ayant trouvé la mort au cours de leur
détention.
Le Lt-Col.
Biténiwé était de retour quant à lui au lendemain de la mort d’Eyadema et de
l’incapacité physique du Col. Ernest Gnassingbé. Ce retour qui était
effectif le 16 juillet 2005 serait négocié de main de maître par un
conseiller militaire français au Togo. Il est nommé quelques jours plus
tard, après avoir discuté « sous le drapeau » avec les hautes
autorités politiques et militaires du pays, Conseiller militaire de Faure
Gnassingbé avec qui il entretenait depuis belle lurette une amitié
apparemment sans faille.
Mais la question
qui se pose est la suivante : à qui aurait profité l’assassinat de Kuma
Biténiwé ? Qui a intérêt à le tuer au sein même de la Présidence ? Pourquoi
utilise-t-on ces derniers temps cette arme chimique qu’est
l’empoissonnement, utilisée dans les temps obscurs des dictatures par les
services secrets ?
Le pouvoir RPT
doit mener une enquête minutieuse pour rassurer la population car, on ne
peut pas vivre dans un pays où l’on a peur de répondre à une invitation d’un
ami, d’un frère ou d’un collègue en vue de partager un verre ou un plat. Ce
terrorisme d’Etat est plus dangereux que celui de la dictature brute.
F.S.
La République
des strangulateurs : Essence : Bénin (350 F), Ghana (moins de 200 F), Togo
(500 F)
C’est un
paradoxe des plus frustrants mais qui est érigé en système de gestion. Le
gouvernement togolais est prompt à augmenter les prix des produits
pétroliers dès que le baril du pétrole augmente sur le marché
international. Par contre, il est lent à revoir les prix à la baisse quand
le baril du pétrole connaît une chute.
Depuis la
dernière diminution du prix de l’essence de 595 à 500 F, le baril du pétrole
ne cesse de dégringoler sur le marché international, tournant aujourd’hui
autour de 40$, voire moins. Un tour dans les pays voisins permet d’apprécier
la réalité des faits.
Au Bénin voisin,
le prix de l’essence est ramené à 350 F le litre. Au Ghana, une somme de
1000 F CFA donne droit à presque 6 litres d’essence. En d’autres termes, le
prix de l’essence au Ghana est à moins de 200 F. Le bon sens ne comprend
alors pas pourquoi au Togo le prix de l’essence continue d’être maintenu à
500F à la pompe par le gouvernement. Le lieu d’approvisionnement du Togo
est-il différent des autres pays voisins ? Le comble est que la semaine
dernière, l’essence était introuvable sur le marché, obligeant les
populations à se rabattre sur les détaillants dans les rues.
Comme piqué au
vif, le ministre du Commerce, Guy Madzé Lorenzo a débarqué sur les écrans de
la TVT pour lire une déclaration, accusant les pétroliers de n’avoir pas
signalé à temps la baisse de leurs stocks. D’autres sources estiment qu’en
réalité, cette pénurie découle de la volonté de l’Etat de monopoliser tout
le circuit de distribution du carburant. Sûrement un nouveau coup des
insatiables « Barons » du pouvoir qui cherchent par tous les moyens
à faire main basse sur les secteurs juteux du pays.
Du reste, le
maintien du prix du carburant à 500F est incompréhensible non seulement au
Togo, mais aussi dans les pays voisins où l’on se pose des questions sur le
sens même de la politique du gouvernement de Faure. Pour l’heure, cette
situation profite à des vendeurs de rue qui font des affaires sans payer des
impôts malgré que l’Etat fasse planer sur eux des menaces d’amendes et
d’empoisonnement.
F.S.
Faure Gnassingbé
et la réconciliation nationale : De la fiesta du 13 janvier au deuil du 05
février
En
l’espace d’un mois, de 23 jours exactement, les Togolais ont célébré
l’anniversaire de la mort de deux Présidents qu’a connus le pays : Sylvanus
Olympio le 13 janvier et Gnassingbé Eyadema le 05 février. Des anniversaires
qui devraient être, a priori, des moments de recueillement et d’affliction,
car il s’agit de décès de deux hommes qui ont présidé aux destinées du Togo.
Des événements qui devraient donner lieu au deuil. Mais au Togo, tout porte
à croire que les morts ne se valent pas. En tout cas, c’est l’impression que
donne « l’Esprit nouveau ».
Un assassinat
fêté
Le 13 janvier
dernier, les Togolais ont été tous témoins de l’événement. C’était la java,
on dirait un événement heureux qui était célébré. Seul un culte catholique,
une messe protestante et une prière musulmane organisés à Lomé sont venus
rappeler au bon souvenir des Togolais. Il fallait « consoler » les
jaloux des acquis, donner l’illusion d’une compassion. Le coté spirituel de
la chose était un non événement, à coté de la grande java qui eut lieu. Le
défilé militaire et civil qui a toujours été le point d’orgue de
l’événement durant les 38 ans de règne d’Eyadema a été encore au
rendez-vous. Avec la même allure joyeuse, les corps habillés ont marché au
pas. L’année dernière pour tromper la vigilance de l’opinion, on a placé la
célébration sous le signe du recueillement et de la sobriété, et ainsi le
défilé s’est déroulé en vase clos au Camp Général Gnassingbé Eyadema.
Chassez le naturel, il revient au galop. Pour l’édition 2009, il est revenu
en plein air et c’est le boulevard de la nouvelle Présidence de la
République qui l’a abrité. C’était vraiment une affaire des FAT. Aux époux
se sont adjoints les femmes et des enfants des FAT et le défilé s’est
déroulé sous le regard approbateur de Faure Gnassingbé qui esquissait de
temps en temps des sourires.
C’était la fête.
Et pourtant le 13 Janvier ne rappelle pas un événement heureux. C’est à
cette date en 1963 que mourait le Père de l’Indépendance, le tout premier
Président du Togo, Sylvanus Olympio ; mieux, qu’il était assassiné. Au lieu
du deuil, on en a fait une fête.
Le deuil pour
Eyadema
C’est le
quatrième anniversaire du décès d’Eyadema. Trois célébrations du 05 février
ont été tenues, mais on n’a jamais vu les tenants du pouvoir aussi pieux. A
les voir sur les caméras, on dirait des Saints. Président de la République,
ministres, députés, dignitaires de l’armée et autres barons étaient « super
cools » lors des différents cultes religieux, donnant des airs de pitié
qu’on ne leur connaissait pas, on dirait les disciples de Jésus lors de la
dernière prêche avant sa montée au ciel. Certains même donnaient
l’impression de vouloir pleurer. C’était le vrai deuil qui a pris une
ampleur à la mesure du défunt. Après les cultes religieux à Lomé, la fête
s’est délocalisée à Kara, puis à Pya, le village natal de l’éploré. Là,
d’autres cultes ont été tenus. Il y eut une veillée spéciale dans la maison
familiale. Le jeudi 05 février même, une grande cérémonie officielle a été
tenue au Palais des Congrès de Kara. On a fait de l’événement une affaire
nationale. Les personnalités étrangères étaient même invitées pour
l’occasion. Des gerbes de fleurs ont été déposées au caveau familial.
Eyadema a eu droit aux hommages dignes de son rang. La Télévision nationale
s’est fait le plaisir de faire vivre aux Togolais l’événement debout en
bout.
C’était le
deuil, rien que ça. La TVT n’a pas montré une seule image de réjouissance,
il n’y a pas eu de défilé. Quoi de plus normal, il s’agissait de
l’anniversaire d’un décès, qui plus est, du « Père
de
la
Nation ».
Mais il y a là une politique de deux poids, deux mesures. Le 05 février, on
porte le deuil, mais les 13 Janvier, c’est la fête. L’assassinat de Syvalnus
est célébré joyeusement et baptisé « Fête de
la Libération
nationale ».
On se réjouit donc de la mort d’un homme, mais jeudi 05 février dernier, on
a fait des tonnes de prières pour le repos de l’âme d’Eyadema. Et dans les
discours, on crie à la réconciliation nationale.
T.Shalom
Avec l’appui des magistrats iniques : L’escroc géomètre
Dossou K. Simon fait des victimes
Les acquéreurs des immeubles dans la propriété appartenant à
la Collectivité Nyafli-Xator à Aflao-Apédokoé-Gbomamé ont passé une salle
journée le jeudi 05 février dernier. L’huissier de justice Djéri Allassane
qui en principe, a pour domaine de compétence Tsévié, s’est appuyé sur son
confrère Nicabou Yacoubou pour déployer un zèle suspect en mettant dehors
les effets des acquéreurs de la parcelle de 2 hectares et demi appartenant à
la Collectivité citée plus haut (voir photo ci-contre).
A
l’origine, deux décisions iniques de la Justice togolaise, rendues en
Première Instance et en Appel par des magistrats véreux, corrompus par
l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon. En effet, ce dernier s’était présenté
devant les descendants de la collectivité à qui appartient cette parcelle
pour leur signifier que ladite portion est la sienne pour l’avoir obtenue
par voie de récompense auprès de leur père, à qui il a travaillé sur une
superficie de 8 hectares. « Faux et mensonge », rétorquent les
héritiers qui demandent la toute petite preuve qui est le plan de 8 hectares
qu’il a élaboré. « S’il arrivait à nous montrer le
plan, nous nous engageons à lui laisser les
5 hectares et
demi au lieu des deux et demi qu’il revendique actuellement »,
a déclaré un membre des héritiers légitimes. Mais rien. Les nombreuses
descentes sur le terrain organisées par la Justice togolaise n’ont rien
prouvé et le voleur de terrain, l’escroc géomètre Dossou Koffi Simon n’a pu
apporter la moindre preuve des limites et situation de ses fameux 8
hectares.
Malgré tout et chose curieuse, que ce soit en Première Instance ou en Appel,
la Justice togolaise a donné raison à l’escroc géomètre, on ne sait sur
quelle base. En tout cas, pas sur celle qui est légale mais sur celle de la
corruption bien sûr. Et si la Justice togolaise prétend avoir une base
légale, une preuve fiable pour attribuer la parcelle à l’escroc géomètre,
elle ne peut qu’être fausse et les décisions doivent être attaquées pour
« faux et usage de faux ».
De
toutes les façons, la collectivité met au défi l’escroc géomètre Dossou
Koffi Simon et ses véreux magistrats d’apporter la moindre pièce
justificative de l’appartenance de ladite parcelle à l’escroc géomètre.
Et
c’est sur la base de ces décisions iniques qu’il a obtenu une ordonnance
d’expulsion que l’Huissier Djeri est venu de Tsévié appliquer, avec un rare
zèle et une rage qui frisent la défense des intérêts cachés, à peine voilés.
Il a
fallu l’intervention du Parquet de la République de Lomé qui, vu le problème
social que la démarche a posé avec des familles des acquéreurs de bonne foi
à qui l’ordonnance d’expulsion n’est pas signifiée, est intervenu pour faire
rentrer tout en ordre en attendant de régler le problème à fond.
Si tel est que
dans ce pays, il y a un Magistrat suprême, il doit réagir face à ces
corruptions avérées qui ont engendré des décisions iniques qui troublent
l’ordre public. Mais si les autorités politiques et judiciaires refusent
d’intervenir et qu’il a eu un drame, elles en seront pour quelque chose car,
tout récemment, un gendarme à la solde de l’escroc géomètre parti pour
intimider les acquéreurs s’est bagarré avec l’un d’entre eux; et la femme
de ce dernier a failli tirer l’arme que le gendarme a déposée par terre
avant de s’engager dans la bagarre. La suite, c’est des semaines
d’emprisonnement pour l’acquéreur. Les autorités togolaises doivent mettre
fin à ces velléités de spoliation de terrain de l’escroc géomètre Dossou
Koffi Simon qui traîne des dossiers puants à la Justice togolaise mais qui a
réussi par le passé à mettre certains magistrats aux pas sous le coup de la
corruption. Bon à suivre.
F.S. |
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Forum de la Semaine #427
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Justice /
Cour Suprême : La nomination d’Abalo Pétchélébia pose un problème |
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La
nomination rocambolesque du sulfureux Abalo Pétchélébia à la Cour Suprême
continue de faire des vagues. Au delà de la polémique sur le non respect des
dispositions de la magistrature, cette nomination pose un problème de fond.
En effet en sa
qualité de président de la Cour d’Appel, le juge Pétchélébia a rendu un
certain nombre d’arrêts. Les plaignants non satisfaits des décisions de la
Cour d’Appel se sont pourvus en cassation devant la Cour Suprême. Or il se
trouve aujourd’hui que l’homme qui a rendu les décisions à la Cour d’Appel
est aujoujrd’hui celui qui siège à la Cour Suprême. Quelle démarche va-t-il
adopter face à ces dossiers qu’il a eu à trancher à la Cour d’Appel ? Cette
situation entraîne une cacophonie générale et met les avocats et leurs
clients dans une incertitude.
C’est évident
que ceux qui ont propulsé Pétchélébia à la Cour Suprême n’ont pas vu cet
aspect de la chose. Que faut-il faire maintenant face à cette situation
inédite ? Pour certains professionnels de la Justice, toutes les affaires
traitées par Pétchélébia à la Cour d’ Appel qui se retrouvent aujourd’hui à
la Cour Suprême doivent être cassées et renvoyées de nouveau en deuxième
instance. Pour d’autres, si le juge Pétchélébia a tant soit peu un respect
pour la Justice togolaise, il devrait normalement renoncer à traiter ces
dossiers en dernier ressort.
Une chose est
certaine, face à cette réalité, les clients, les avocats sont dans une
situation on ne peut plus embarrassante. Ceux qui ont porté le juge
Pétchélébia à la Cour Suprême malgré la réticence du corps judiciaire
portent la responsabilité de la pagaille qui règne aujourd’hui, surtout que
de l’avis de certains avocats et clients, les décisions à la Cour d’Appel
étaient rendues sur fond de billets de banque.
F.S.
Révélation : Les
services de renseignements togolais face aux enjeux du terrorisme
international
L’un des défis
majeurs auxquels sont confrontés nos pays en ce siècle, c’est celui du
terrorisme international. Tous les pays du monde entier, même les plus
insoupçonnables en la matière sont d’une manière ou d’une autre touchés.
D’ailleurs, le fait que les actes de terrorisme soient conçus de façon la
plus intelligente possible, fait soutenir la thèse qui veut que ce soient
les pays des plus insoupçonnés qui soient les bases arrières de ces
activités qui frappent à des milliers de kilomètres à la ronde. Et justement
notre pays, le Togo fait partie de ces « pays insoupçonnables » mais qui, de
façon directe ou indirecte, pourrait servir ou sert déjà de base arrière et
de source de financement à ces activités si des mesures idoines ne sont pas
prises, de façon drastique pour parer à cela.
Dans une de nos
parutions (F.S. n°199 du 19 Octobre 2006), nous avions fait
cas de la présence du Hezbollah dans notre pays. A l’époque, la Haute
Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) était montée sur ses
ergots pour nous faire passer de sales moments dans ses locaux, nous
poussant à un démenti qu’elle voulait nous arracher au forceps. Mais
aujourd’hui, Dieu seul sait que ce que nous avions écrit et mis d’ailleurs
au conditionnel, était vrai et qu’il avait fallu un travail de longue
haleine des services de renseignements togolais avec l’appui indéniable des
services de contre-espionnage occidentaux, pour venir à bout de cette
nébuleuse. Mais, étant une hydre à plusieurs tentacules, les milieux
diplomatiques togolais croient dur comme fer que des ramifications du
terrorisme international sont toujours présentes au Togo et des actions
concertées avec les Occidentaux (France, Etats-Unis, Allemagne,
Grande-Bretagne) en plus de l’Israël font déjouer beaucoup de scenarii
catastrophe. Mais comment opèrent ces ramifications ?
De sources
diplomatiques, on affirme que le Togo sert de ralliement au point de départ
du financement des « efforts de guerre » aux associations terroristes
en Orient. Plusieurs diplomates nous ont confirmé que de géantes
manifestations du Hezbollah voire du Hamas, étaient financées à partir du
Togo. Les communautés des pays concernés envoient leur participation aux
« efforts de guerre » depuis les pays de la sous-région (Bénin, Côte
d’Ivoire, Ghana, etc) vers les « passeurs » qui résident et opèrent à
partir du Togo.
Selon les
experts internationaux auprès des représentations diplomatiques occidentales
de notre pays, la façon la plus efficace de lutter contre le terrorisme est
de l’étouffer financièrement. C’est d’ailleurs pour cela que la valise
(contenant probablement une forte somme d’argent) du leader du Hamas qui a
opéré une tournée orientale suite au drame qu’a connu le mois dernier la
bande de Gaza, a été saisie à l’aéroport du Caire juste à sa descente
d’avion.
C’est dans ce
contexte très complexe que des saisies des fonds sont signalées de façon
azimutale à l’aéroport international de Lomé. Nous en faisions cas dans une
de nos récentes parutions où nous révélions que l’Agence Nationale de
Renseignements (ANR) du chef d’Escadron Massina a saisi sur un Libanais en
partance à l’aéroport de Lomé, une forte somme avoisinant le milliard de nos
francs.
Les sources
diplomatiques d’ailleurs, affirment qu’en l’espace de quelques mois, les
fonds saisis sur les Orientaux à l’aéroport de Lomé avoisineraient les huit
milliards (8.000.000.000) de FCFA.
Les services de
renseignements togolais n’opèrent pas seuls. Devant certains défis comme la
lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme ou le blanchiment de tout
genre, voire la sécurité présidentielle, ils bénéficient de l’apport
inestimable de leurs collègues occidentaux (DGSE, CIA, etc) et du Mossad
israélien.
Les saisies tous
azimuts des fonds sur ces Orientaux répondent-elles à ces impératifs que
nous avions évoqués plus haut ? Seul le Chef d’Escadron Massina peut
répondre. Idem pour le Ministre de la Sécurité Titikpina.
Mais, si nous
prenons le cas de Baaklini Farès et Chmeisani Toufic Hamad qui à eux seuls,
voulaient emporter environ sept cent millions (700.000.000) de FCFA,
beaucoup d’interrogations triturent les méninges de plus d’un.
D’où proviennent
au juste ces fonds ? Le nommé Chmeisani se dit opérateur économique au Togo,
qui est censé exercer dans le domaine de change dont il a l’agrément. Mais
Dieu seul sait combien de service de change on compte au Togo. Et sur son
compte, il n’y aurait que trois cent mille (300.000) FCFA. Et c’est cet
homme qui veut envoyer des centaines de millions à Beyrouth. Mais alors
pourquoi ne pas procéder de façon orthodoxe si ces fonds sont d’origine non
illicite et visent un but irrépréhensible?
L’autorisation
de « transfert » des fonds n’est pas l’autorisation de
« transport » des fonds. Dans tous les pays du monde entier, il y a des
lois et des pratiques respectant les normes juridiques qui régissent le
« déplacement » des fonds. On peut transférer par voie bancaire tout
montant que l’on veut, pourvu que l’origine des fonds soit justifiée. Mais,
il n’est pas permis de transporter sur soi, un montant donné c’est-à-dire en
dépassant un plafond donné. Si la barre est dépassée, cela prête à soupçon
et attire des réactions incalculables des services de sécurité. Ce drame se
joue très souvent aux Etats-Unis, en France et dans tous les pays
développés.
De l’autre côté,
si les fonds ne sont pas destinés à des activités douteuses, pourquoi ne pas
opter pour la transaction bancaire avec des traçabilités bien définies et
bien connues et facilement repérables comme le font tous les opérateurs
économiques dans le monde entier ? Ce ne sont que des inquiétudes soulevées
pour alimenter le débat. Et la réponse à toutes ces interrogations peut
amener nos lecteurs à se faire une religion sur le drame.
Mais comment les
fonds saisis sont gérés ? Dans tous les pays du monde entier, un conflit
permanent oppose les services de Renseignements encore appelé de
contre-espionnage à l’appareil judiciaire. Les services de renseignements
utilisent des méthodes peu orthodoxes pour parvenir à des fins sécuritaires
du sommet de l’Etat et des pays alliés tandis que la Justice est là pour
appliquer le droit et protéger les citoyens et les deux ne vont pas
nécessairement de paire. Ce drame se joue permanemment aux Etats-Unis
d’Amérique où la CIA et les autres services de renseignement sont mal perçus
par les praticiens de droit. La parfaite illustration est faite dans le film
« 24 heures Chrono » qui traduit la réalité des actions des services
de renseignements aux Etats-Unis.
Le Chef
d’Escadron Massina dont les actes sont décriés partout et le Col. Titikpina
partagent-ils entre eux les huit milliards de francs CFA qu’ils ont saisi
ces derniers temps à l’aéroport de Lomé ? Eux seuls peuvent répondre. Mais
nos recherches ne nous permettent pas de répondre par l’affirmatif car,
selon nos sources, ce n’est pas uniquement en ces temps-ci que ces genres
d’opérations sont menés. Au départ, les fonds sont remis à la Justice avec
les présumés, qui se retrouvent quelques heures après libres de leurs
mouvements, la Justice ayant estimé n’avoir rien retenu contre les
présumés. Mais enquête faite, il se révèle que les fonds en question sont
partagés, parfois « fifty-fifty » avec nos fameux magistrats qui,
dans leurs jugements, déclarent avoir remis le supposé corps du délit aux
concernés, faussement accusés selon
Et c’est pour
cela que l’Etat aurait décidé de procéder autrement. Si le Chef d’Escadron
Massina et le Ministre Titikpina peuvent s’approprier les fonds saisis pour
la plupart sur indication des services de renseignements étrangers, selon
nos recoupements, qui sont très souvent aussi en contact avec le Chef de
l’Etat, sans que ce dernier ne dise rien, alors il y a anguille sous roche.
Mais, une chose est sûre et certaine, nous avons découvert dans nos
recherche que le Chef de l’Etat est au parfum de tous les détails des
opérations menées par les services de renseignement du pays y compris les
montants exacts des fonds saisis et leurs destinations. Car, le terrible
Massina n’est pas le seul à lui rendre compte. En espionnant, lui-même est
espionné. C’est pourquoi il y a plusieurs services de renseignements dans un
pays. Bon à suivre.
F.S.
Faure Gnassingbé
entre présidentielle de 2010 et hommages à Papa
La gestion
efficiente d’un pays exige du Chef de l’Etat la même attention à tous les
sujets. Il est censé avoir à l’œil toutes les questions : politiques,
économiques, sociales etc., et les préoccupations quotidiennes de ses
administrés. Il est exigé de lui des talents d’équilibriste. Mais l’« Esprit
nouveau » lui, ne l’entend pas de cette oreille. Ses préoccupations
actuelles ne sont que bidimensionnelles : le scrutin présidentiel de 2010 et
la satisfaction post mortem de son cher papa.
Présidentielle
d’abord
C’est un secret
de polichinelle, Faure Gnassingbé a la tête à la présidentielle de 2010.
C’est son obsession de l’heure, dirait l’autre. Toute action entreprise
l’est par rapport au profit qu’il peut en tirer pour son image et toute
manifestation politique offre l’occasion pour faire des clins d’œil aux
populations. Même si la manifestation est apolitique, on force le rapport
avec la présidentielle pour profiter de la tribune. C’est dans ce cadre que
se situe la pseudo tournée d’échange de vœux avec les populations du Togo
profond entreprise par le Chef de l’Etat du 15 au 20 janvier dernier. A
cette occasion, on a vu plus qu’un simple souci d’échanger des vœux avec les
populations. Le maître mot était de polir l’image de Faure Gnassingbé aux
yeux des populations et le faire rentrer dans leur cœur. C’est ainsi qu’on a
peint dans les discours un super Faure Gnassingbé qu’on a même comparé au
célébrissime Barack Obama. Dans les discours, on n’a fait que servir un
chapelet de réalisations (sic) du « Leader nouveau » à toutes les
étapes. A certains endroits, on a en des termes à peine voilés, appelé les
populations à voter Faure Gnassingbé en 2010. La saynète de don de 500 000
FCFA des populations de Dapaong comme leur contribution à son caution en
2010 est assez illustrative. Le culte de sa personnalité a amorcé son grand
retour.
Le même souci
était notoire à Mango, lors de la fête traditionnelle Koudapaani célébrée le
dimanche 25 janvier. C’était Faure Gnassingbé la vedette. Tout était fait
pour magnifier son nom. L’accoutrement du jour se réduisant en un tricot à
l’effigie du « Leader nouveau » et au message sans équivoque : « Faure
Gnassingbé, Notre Président pour 2010 ». L’animation politique qui a
fait son temps est aussi revenue et les hommages lui ont été chantés. Les
slogans de l’époque d’Eyadema ont retenti. « Faure toujours… »
criait-on, et à la foule de répondre : « Président !... Président !
Président ! Président ! »
La rencontre
d’il y a une semaine avec les chefs traditionnels à Kara n’a pas dérogé à la
règle. Si le sujet originel était la chefferie traditionnelle, il s’est
éclipsé au profit de la politique. C’était le même morceau. Faure Gnassingbé
a fait ceci pour le grand bonheur des Togolais, tel autre pour qu’ils vivent
décemment, nous a-t-on encore servi. Ici, pour les pousser à être loyaux, on
a décidé de doubler leurs émoluments. Les objectifs ont été atteints,
puisqu’un chef traditionnel de Tchaoudjo, en des termes à peine voilés, a
promis à Faure Gnassingbé un plébiscite des populations de la préfecture.
Satisfaire Papa
à tout prix
Faire plaisir à
son père est visiblement l’autre préoccupation majeure de Faure Gnassingbé.
On en sera à la troisième fête à Papa en l’espace d’un mois. Cette année
encore, malgré les discours où on décrète la réconciliation, la « fête »
du 13 janvier a été encore tenue et la célébration est même sortie du cadre
de recueillement et de sobriété qu’on lui a réservé l’année dernière. Le
bruit a couru que le « Leader nouveau» n’était pas partant pour cette
célébration, mais y a été contraint par les barons et les dignitaires de
l’armée, bref les nostalgiques du passé. Il a tout de même fini par y être
emballé.
Le 24 janvier,
la fête de libération économique a été comme toutes les autres. Faure
Gnassingbé s’est rendu à Sarakawa sur les lieux, accompagné de la grande
« copinade », pour honorer cette fête chère à Papa. C’était ce jour là
en 1974 que les Blancs ont tenté de l’assassiner pour son chauvinisme
débordant qui ne leur permettait pas de faire leurs affaires.
Le retour
triomphal du 2 février est éclipsé par le 5 février. Aujourd’hui on en est
au 4e anniversaire
après son décès en 2005. Cette année encore, on n’a pas fait les choses à
moitié. Les cultes religieux ont commencé depuis le week-end. Dimanche
eurent lieu à Lomé un culte catholique et protestant. Les Mahométans n’ont
pas été du reste. Ils ont prié pour le repos de l’âme du défunt. Ce n’était
que l’étape de Lomé. La fête s’est ensuite délocalisée à Kara et à Pya, le
village natal du défunt, pour prendre l’ampleur qu’il lui faut. Ce n’est pas
monsieur n’importe qui. Il s’agit du Père de la Nation, celui-là même qui a
bâti le Togo (sic).
Voilà à quoi se
réduit l’emploi du temps de « l’Esprit nouveau ». Les honneurs à Papa
et la présidentielle de 2010 sont en ballotage sérieux dans son programme et
constituent ses seules préoccupations.
T. Shalom |
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