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Forum N°456 du 18 mai 2009 |
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La
candidature unique de l’Opposition refait surface au détriment des
réformes |
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Pour
mettre un terme définitif aux nombreuses spéculations fantaisistes sur la
date de la prochaine élection présidentielle, la Cour Constitutionnelle
togolaise a publié la semaine dernière, un communiqué officiel fixant la
tenue du scrutin entre le 18 février et le 5 mars 2010. La Cour
Constitutionnelle a rendu cet avis en se fondant sur la date de prise de
fonction de l’actuel Président de République (le 4 mai 2005, date de
prestation de serment) et sur les dispositions de l’article 61 de la
Constitution qui dispose que « Le scrutin est ouvert sur convocation du
corps électoral par décret pris en conseil des ministres soixante (60)
jours au moins et soixante quinze (75) jours au plus avant l’expiration du
mandat du Président en exercice ».
Rappelons
que quelques personnalités ont déjà annoncé leur intention de se présenter
à cette élection. Il s’agit de Messieurs Nicolas Lawson (homme d’affaires
et chef de parti), Agbéyomé Kodjo (Ancien Premier Ministre, ancien
Président de l’Assemblée Nationale, chef de parti), Koffi Yamgnane
(Togolais d’origine, Ancien Secrétaire d’Etat français sous François
Mitterrand), Augustin Adewola Hospice Coco (homme d’affaires, sans parti
politique). L’Union des Forces de Changement (UFC, principal parti
d’opposition) a désigné son candidat en la personne de son président,
Gilchrist Olympio.
Selon
toute probabilité, l’actuel Président de la République, M. Faure
Gnassingbé sera candidat à sa propre succession. On murmure également le
nom de Maître Yawovi Agboyibo pour défendre les couleurs du Comité
d’Action pour le Renouveau (CAR), le parti dont il est le président
d’honneur de même que Léopold pour la CDPA,
ainsi que plusieurs d’autres qui se déclareront à l’approche de la date du
scrutin.
C’est dans
ce contexte que, des voix commencent à s’élever pour préconiser, comme en
2005, une candidature unique de l’opposition pour le scrutin de 2010.
Maître Yawovi Agboyibo a été le premier à tirer la sonnette d’alarme. « La
victoire de l’opposition à l’élection présidentielle de 2010 au Togo passe
nécessairement par la désignation d’un candidat unique », a-t-il indiqué.
Il convient de rappeler que Maître Agboyibo avait été en 2005 le
Porte-parole de
la
Coalition
de partis politiques ayant soutenu la candidature de M. Emmanuel Akitani-Bob.
Malgré son
retrait de la présidence du CAR, Maître Agboyibo reste l’un des hommes
politiques les plus en vue du Togo. Selon lui, la désignation du candidat
unique de l’opposition est le passage incontournable pour gagner en 2010.
« Tout le monde le dit. Il faut qu’en 2010, l’opposition fasse en sorte
qu’elle ait un seul candidat. Pour l’instant, si on laisse la démarche à
adopter pour y arriver aux seuls politiques, le problème serait
insoluble », a-t-il indiqué.
Maître
Agboyibo pense que c’est à la population elle-même d’avoir un comportement
qui rende possible la candidature unique. « Le dernier mot revient à la
population. Si le peuple reste dans l’ambiguïté ou continue à regarder
dans des directions erronées, on aura encore des difficultés à avoir ce
candidat unique qui est le passage incontournable pour gagner en 2010 »,
a-t-il souligné avant d’ajouter : « Nous avons l’obligation de nous
battre, de nous entendre et de faire en sorte qu’on soit uni, afin de
rendre possible l’alternance en 2010 ». Il a conclu en indiquant comme
nous le soulignions dans nos précédentes parutions, que « Nous ne pouvons
pas arriver à un candidat unique si les uns et les autres restent fixés
sur leur position, si l’on met l’intérêt de son parti avant les
préoccupations de nos populations ».
Emboîtant
le pas au CAR, le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) de Maître
Tchessa Abi, à l’occasion de sa journée de réflexion du samedi 9 Mai
2009, a relevé les difficultés de l’opposition à s’imposer au pouvoir en
place comme une force politique et appelé ouvertement à l’union de
l’opposition togolaise dans la perspective de la présidentielle de 2010.
Le PSR a été, en 2005, membre de
la
Coalition
de l’Opposition unie avant d’en être exclue pour une prétendue «connivence
avec le RPT».
Difficile
aujourd’hui de dire avec certitude, si ces annonces d’intentions sont
feintes ou sincères. Il y a encore seulement quelques jours, le CAR de
Maître Agboyibo soutenait mordicus que cette fois-ci, c’est à l’UFC de lui
renvoyer l’ascenseur en soutenant son candidat. Fort de sa grande
popularité, l’UFC considère au contraire que cette fois-ci, le CAR devrait
se battre à ses côtés pour faire passer la candidature de Gilchrist
Olympio, le seul candidat capable de battre Faure Gnassingbé.
Arithmétiquement, une Coalition limitée à l’UFC et au CAR suffirait pour
battre le candidat du RPT à moins que Faure se démarque systématiquement
du vieux système agonisant aux pratiques nauséabondes vomies par le
peuple. Aux législatives d’octobre 2007, les deux partis réunis avaient
totalisé 1.059.725 voix contre 922.636 au RPT. A elle seule, l’UFC avait
obtenu 867.507 voix. Si l’on ajoutait à ces voix, les bulletins
frauduleusement invalidés, l’UFC seule, dépasse largement et de très loin,
le RPT. L’UFC et le CAR avaient conclu une alliance début février autour
du principe de la candidature unique à l’élection présidentielle de 2010.
En
politique, les choses qui peuvent paraître simples, le sont très rarement.
Il n’est pas certain qu’un candidat unique UFC-CAR totalise plus de voix
que Faure Gnassingbé. Celui-ci pourrait bénéficier des voix d’autres
partis d’opposition, naguère membres très actifs de
la
Coalition, mais aujourd’hui plus proches de la majorité présidentielle que
de l’Opposition parlementaire UFC-CAR.
En 2005,
l’idée de la candidature unique de l’opposition avait fini par s’imposer
d’elle-même. Les partis de
la
Coalition
avaient d’abord commencé à s’unir contre le coup d’Etat du 5 Février 2005
perpétré par les Généraux au profit de Faure Gnassingbé. La mobilisation
ayant réussi à contraindre Faure Gnassingbé à la démission, la candidature
unique s’était imposée d’elle-même comme la seule façon de porter
l’estocade au régime RPT.
Cette
stratégie unitaire avait permis d’infliger une humiliante défaite au RPT,
contraignant ce dernier à négocier l’Accord politique Global qui a
légitimé son pouvoir. Tout le monde sait aujourd’hui que le Candidat du
parti au pouvoir doit son titre de Président de
la
République
plus à l’APG qu’à l’élection présidentielle de 2005 puisque ce système a
démontré les limites de sa politique.
Le
principal problème de la candidature unique de l’Opposition, c’est l’UFC
et plus précisément Gilchrist Olympio. Malgré 1998, 2003, 2005 et 2007, le
Président national de l’UFC et les siens ont toujours et encore du mal à
comprendre que la popularité dont ils jouissent leur permet sans doute de
gagner les élections dans les urnes, mais n’a jamais été suffisante pour
gagner sur le papier et encore moins suffisante pour conquérir le pouvoir.
D’aucuns pensent qu’il y a des hommes (Francois Boko, Agbéyomé Kodjo, Yves
Ekoué Amaizo, et d’autres encore qui peuvent faire une transition valable
pour le leader de l’UFC). qui maîtrisent des réseaux politiques extérieurs
et qui peuvent se faire accepter par l’armée sans toutefois être une
marionnette entre ses mains et qu’il suffit de les accompagner avec le
facteur popularité pour que le pouvoir change de main pour devenir plus
démocratique en attendant une perfection, la démocratie étant une conquête
de tous les jours. Mais là où le bât blesse est que le parti qui pourrait
apporter sa pierre qu’est l’adhésion populaire, à l’érection de cet
édifice démocratique, l’UFC, éprouve d’énormes difficultés à traiter les
autres partis de l’opposition en véritables partenaires et à se départir
d’un comportement hégémonique fait d’arrogance et de mépris pour les
autres, exactement les mêmes reproches que l’opposition a toujours
adressées au RPT.
La faible
propension de l’UFC et de Gilchrist Olympio à l’humilité et au respect des
autres a été le principal facteur de l’échec de la dynamique unitaire de
2005. La gestion solitaire de l’après –élection par Gilchrist Olympio
continue encore de faire grincer des dents.
Afin de ne
pas retomber dans les mêmes écueils qu’en 2005, certains pensent que, plus
que la candidature unique, il y a aujourd’hui, des sujets plus importants,
des thèmes plus mobilisateurs et plus rassembleurs sur lesquels
l’Opposition devrait focaliser ses énergies.
Il s’agit
en premier lieu, des réformes institutionnelles et constitutionnelles et
ensuite, de toute l’organisation de la vigilance électorale. Il est, en
effet, temps pour que l’opposition accentue la pression sur le RPT afin
que
la
Constitution
togolaise soit purgée des modifications unilatérales que l’Assemblée RPT y
a introduites en 2002.
A ce jour,
la qualification de Gilchrist Olympio pour la présidentielle de 2010 n’est
pas garantie. Puisque les dispositions qui avaient motivé le rejet de sa
candidature en 2003 et 2005 sont toujours inscrites dans
la
Constitution. Contrairement
à ce qui se colporte, le RPT et son système n’entendent rien faire pour
favoriser la candidature de Gilchrist Olympio. « Si Faure n’est pas prêt à
céder le pouvoir à son propre frère, ce n’est pas à Gilchrist Olympio
qu’il va le céder », a affirmé le confrère Jean-Baptiste Placca sur la
chaine TV5.
La
Constitution
donne la possibilité à 500.000 électeurs représentant plus de la moitié
des préfectures d’initier un référendum d’initiative populaire sur un
texte identique. L’Opposition rassemblée autour du thème des réformes
constitutionnelles et institutionnelles peut réunir le nombre de
signatures nécessaires pour initier un référendum d’initiative populaire
sur les réformes et imposer au RPT et à la communauté internationale, le
retour pur et simple à la version initiale de
la
Constitution
telle qu’elle avait été adoptée par référendum par plus de 90% des
électeurs togolais en 1992.
Si, en
2005 la défaite du RPT avait été aussi flagrante, c’est grâce à un
dispositif informatique exceptionnel mis au point par le Professeur
Gnininvi et Antoine Folly, alimenté par un réseau efficace de collecte des
résultats. Ce n’est pas pour rien qu’en 2005, le RPT avait refusé un
nouveau décompte des bulletins. Pour tromper la vigilance du RPT, un
centre informatique fictif avait été installé en plein centre ville de
Lomé. Des éléments armés avaient alors été envoyés par le pouvoir pour
détruire ce centre et emporter des ordinateurs qui, en fait, n’étaient que
des leurres. Certains militaires tout joyeux, avaient même emportés à leur
domicile, les écrans d’ordinateurs croyant avoir mis la main sur des
postes téléviseurs.
C’est
cette vigilance électorale exceptionnelle qui avait permis à l’opposition
de convaincre la communauté internationale de la victoire du candidat de
l’opposition, laquelle communauté internationale a sauvé la face du parti
au pouvoir en lui imposant des négociations avec l’opposition.
Si, comme
elle l’avait prévu, l’opposition avait maintenu en vie
la
Coalition
jusqu’aux législatives et mis au point les mêmes dispositifs de vigilance
électorale, elle n’aurait certainement pas perdu les élections
législatives de 2007. L’absence de dispositifs de vigilance électorale et
la grande facilité laissée au RPT pour « acheter » les représentants de
l’Opposition dans les bureaux de vote surtout dans la partie
septentrionale du pays, ont abouti aux résultats que nous connaissons
aujourd’hui pour les élections législatives. En l’absence de preuves
irréfutables de fraudes électorales, tout le monde a été contraint de
reconnaître que les élections législatives de 2007 se sont déroulées dans
la transparence et l’équité la plus totale.
Il est
difficile de donner tort à ceux qui pensent que l’opposition devra, au
moins dans un premier temps, se focaliser plus sur les questions cruciales
des réformes constitutionnelles et institutionnelles et de l’organisation
de la vigilance électorale que sur celle de la candidature unique. Même si
les obstacles qui bloquent la candidature unique de l’opposition (nous en
parlerons dans notre prochaine parution) ne sont pas insurmontables, il
sera difficile de les lever du jour au lendemain. En attendant, le temps
qui passe ne joue pas en faveur des nécessaires réformes en vue d’une
élection présidentielle ouverte, transparente, démocratique et surtout non
violente.
Dimas
DZIKODO
Remaniement ministériel et affectations au sein des FAT : Purge
stratégique et repositionnement des fidèles
Suite à la fameuse affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat
et les remous que cela a suscité au sein des FAT, des sources dignes de
foi avaient fait cas de l’imminence d’une « purge stratégique» dans
la Grande Muette. Depuis hier nuit, ce qui était une rumeur est devenue
une clameur en fait, une réalité.
Ainsi le Général Zakari Nandja, chef d’état major général des FAT, est
désormais nommé ministre d’Etat, ministre de l’Hydraulique, de
l’Assainissement et des Eaux. Le Général de brigade aérienne Essofa
Ayeva, jusque là Directeur de cabinet de la Présidence de la République,
est désormais le nouveau Chef d’Etat major général de l’armée. Le Colonel
Bali Wiyao précédemment Commandant du Régiment commando de la Garde
présidentielle (RCGP) devient chef d’Etat major de l’armée de terre en
remplacement du Général Béréna Gnakoudè qui n’a pas connu une nouvelle
affectation pour ne pas dire mis au placard.
Pour plusieurs observateurs, ce jeu de chaise musicale cache mal le
malaise qui règne actuellement dans la Grande Muette et apparemment, ceux
des officiers supérieurs qui ne sont plus « rassurants » et
« sûrs » aux yeux du pouvoir ont été purement et simplement écartés.
Ainsi le Général Nandja Zakari s’est vu éloigné de l’armée pour un
strapontin artificiellement créé pour la circonstance, dans le
gouvernement Houngbo lui qui refusait le poste présidentielle à lui
proposé par certains ténors de la Françafrique lors de la succession du
Gal Eyadèma. D’après plusieurs sources, il devrait partir à la retraite
en décembre prochain. Mais, d’après les mêmes sources, il serait jugé
trop « militaire de bureau » et surtout soupçonné, tout comme son
« mon pays » à la retraite, le Gal Bonfoh, d’une certaine
affection pour Koffi Yamgnane, leur « frère ethnique » de Bassar,
qui a déclaré sa candidature à la présidentielle de 2010. Pour ce faire,
il faut vite l’éloigner de « la chose militaire » et surtout
annihiler cette prétendue « mainmise Bassar » sur les FAT, pour,
comme cela se dit là-bas, « en cas de qu’est-ce qu’il y a » !
Quant au Général Essofa Ayeva présenté comme l’homme sûr du moment
dans le sérail, il a pris les commandes des FAT et cette promotion
constitue à n’en point douter un clin d’œil incisif vers les Tem-Kotokoli
qui sont « boutés » du gouvernement depuis le dernier remaniement.
Le Général Béréna Gnakoudè limogé de son poste de chef d’Etat major de
l’armée de terre aurait payé, d’après toujours les indiscrétions, sa
supposée amitié pour Kpatcha Gnassingbé et son opposition au limogeage de
Rock Gnassingbé du commandement du RBRA lorsque les faucons du régime
avaient voulu profiter de l’ambiance délétère née des événements du 12
avril pour régler des comptes à « l’autre frère » en le remplaçant
par le Commandant Yodi de l’Escadron blindé du RCGP.
Reste à savoir si ces nouvelles affectations vont ramener la sérénité
dans la Grande Muette. On se souvient de cette alarmante information
faisant cas de distribution de tracts dans les casernes jusque dans les
locaux de l’Etat major général des FAT. Dans tous les cas la fameuse
affaire Kpatcha Gnassingbé n’a pas fini de faire des vagues et d’autres
repositionnements stratégiques ne sont pas exclus dans les jours à venir.
F. S
Cour Suprême: Affaire UNIPARK C/ BANAMBA SA Entre l’intérêt et le droit
Le Port Autonome de Lomé dans son processus de privatisation des aires de
stationnement dans la zone portuaire a signé des contrats de cession avec
plusieurs sociétés dont la Société Banamba. Cette dernière a rétrocédé le
domaine à exploiter à la Société UNIPARK, qui à son tour l’a cédé à une
tierce société qui est devenue une concurrente à Banamba. A la fin du
contrat, un désaccord était intervenu entre Banamba et UNIPARK. L’affaire
a été introduite en justice en première instance, puis a évolué en appel
et enfin à la Cour Suprême sous la présidence de Monsieur Tékoe. Elle a
tramé plusieurs mois et le Président d’alors est admis à la retraite en ce
début d’année 2009 sans que l’affaire ne soit tranchée.
Monsieur PETCHELEBIA Abalo, nouveau Président de la Cour Suprême a rendu
publique le 03 avril dernier, une ordonnance de rétraction du sursis à
exécution qui frappait l’arrêt rendu par la Cour d’Appel de Lomé en 2007
dans le litige qui oppose la Société UNIPARK à la Société Banamba.
Le sursis en question permettait à la Société Banamba d’exploiter depuis
le mois de mars 2008 le Parc qu’elle avait repris à la Société UNIPARK à
la fin du contrat qui les liait.
Depuis l’établissement des faits, aucun nouveau élément n’est ajouté au
dossier toujours en cours de procédure, mais le nouveau Président de la
Cour Suprême a sauté le sursis et Monsieur Marc Antoine s’est emparé du
Parc au moment où l’affaire n’est pas définitivement tranchée par la
Justice.
Pourquoi M. Petchelebia ABALO a sauté le sursis rendu par son prédécesseur
plus d’un an après ? A-t-il eu le compte rendu lors de la passation ? Sur
quels nouveaux éléments s’est-il base pour en arriver la ? A-t-il été
corrompu? Si on admet que la première définition du mot corruption qui
remonte au 12e Siècle veut dire : « altération de la substance par
décomposition, son deuxième sens évoque une altération du jugement, du
goût, du langage etc .... », sur le plan moral, la corruption renvoie
à l’avilissement, à la démoralisation, à la perversion, à la souillure,
aux tares, aux vices, à la décadence, à la déliquescence et au
dérèglement. Bref, une définition plus familière de la corruption
s’explique par les moyens pour faire agir quelqu’un contre son devoir,
contre sa conscience.
Les autorités reconnaissent que la Justice togolaise a des problèmes.
Depuis plusieurs mois on parle des reformes de la Justice et deux
interrogations viennent à l’esprit : la Justice existe-t-elle pour
piétiner les justiciables ou pour réparer les torts? Cette réforme se
fera-t-elle avec les mêmes hommes (Magistrats)? Dans la terminologie
juridique la corruption est l’agissement par lequel une personne investie
d’une fonction déterminée, publique ou privée sollicite ou accepte un don,
une offre ou une promesse en vue d’accomplir, retarder ou omettre un acte
entrant dans le cadre de ses fonctions. Elle explique clairement la
violation par le coupable des devoirs de sa charge.
Aux dernières nouvelles nous avons appris que c’est Marc Antoine, Consul
de Suisse et Directeur général de la société Cotec qui rend la vie
difficile aux importateurs de véhicules d’occasion et autres qui est le
maître des lieux.
A-t-il corrompu pour devenir le nouveau maître des lieux? Que cherche-t-il
encore dans ce dossier? Qui sont derrière lui ? Quelle relation a-t-il
avec le nouveau président de la Cour Suprême ?
Si on désigne par corruption active les agissements par lesquels un tiers
obtient ou s’efforce d’obtenir moyennant des dons ou des promesses d’une
personne chargée d’une fonction publique ou privée qu’elle accomplisse un
acte de sa fonction ou un acte facilité par cette fonction, le coupable
est un corrupteur. Il ne faut pas se voiler la face, le corrompu et le
corrupteur sont tous deux des acteurs de la corruption.
Si la Cour Suprême pose des actes qui frisent l’arbitraire et l’intérêt,
l’image de notre Justice est en péril et le pays est en danger. Il est
vrai que depuis une dizaine d’années notre pays a connu et connaît des
coupures d’électricité à Lomé et à l’intérieur du pays.
Si dans un village situé à plus quatre cent kilomètres de Lomé, l’on peut
avoir de l’électricité vingt-quatre heures sur vingt-quatre à cause d’un
don, il est alors confirmé qu’on ne peut jamais dire le droit où il faut
et quand il faut. Aragon disait : « Si les empires, les grades, les
places ne s’obtenaient pas par la corruption, si les honneurs purs
n’étaient achetés qu’au prix du mérite, que des gens qui sont nus seraient
couverts, que des gens qui, commandent seraient commandes».
Des moyens peu orthodoxes ont été déployés pour détruire la Société
Banamba et au nom de l’interet, elle a été sacrifiée. Ainsi, Monsieur Marc
Antoine s’est accaparé du parc UNIPARK et l’exploite comme bon lui semble.
Ces utilisateurs de moyens obscurs oublient qu’aucun homme n’est assez
riche pour racheter son propre passé. A suivre ...
F.S.
De l’Affaire Kpatcha à la Présidentielle 2010 : L’opposition et le peuple
sont tacitement prévenus
La présidentielle de 2010, ce n’est plus qu’une question de mois et dans
les Etats-majors de partis politiques, on affûte les armes. Au
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), plutôt du côté de Faure
Gnassingbé, on semble déjà ménager sa monture. L’opposition et le peuple
qui attendent de voir enfin réalisée l’alternance au Togo en 2010 risquent
alors de ne pas avoir une partie facile, et le « Leader nouveau » en donne
déjà les couleurs à travers le traitement de l’affaire Kpatcha.
Rigueur extrême et jusqu’au-boutisme étonnant
L’entourage du Chef de l’Etat fait preuve dans ce dossier d’une fermeté
surprenante. L’opinion arrive à peine à s’expliquer que le linge sale
n’ait pas pu être lavé en famille, si tant est que les faits reprochés au
député sont fondés. Les Togolais voudraient bien croire que cette affaire
n’est pas un pur montage pour éliminer un concurrent sérieux au trône en
2010, comme l’insinuent les révélations depuis quelques temps. Mais la
rigueur et le jusqu’au-boutisme dont fait preuve ceux qui entourent Faure
Gnassingbé en dissuadent plus d’un.
Ce qui s’est passé la nuit du 12 au 13 avril 2009 bat en brèche l’argument
d’enquête préliminaire avancé par le Procureur de la République. On a tout
simplement voulu attenter à la vie du député, et ç’aurait été chose faite
depuis cette nuit pascale, s’il n’y avait pas au commandement du Régiment
Blindé de Reconnaissance et d’Appui (RBRA) un autre rejeton du Père nommé
Rock. Les chefs d’inculpation d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de
rébellion et de groupement de malfaiteurs autorisent-ils à utiliser la
solution extrême ? Non contents d’avoir raté le coche, les détracteurs du
député se sont pris d’une autre manière. Kpatcha sera appréhendé trois
(03) jours plus tard et, pour contourner l’obstacle que constitue
l’immunité parlementaire dont il bénéficie, l’argument massue a été tout
trouvé : le flagrant délit. Faure Gnassingbé, dans son allocution à
l’endroit de la Nation le 17 avril, a requis, contre toute attente, la
fermeté à l’égard de son demi-frère et ses complices. Décidés à le clouer
aux piloris, ses détracteurs n’éprouvent aucun remords et créent un
scandale juridique en instruisant un flagrant délit. Une nouvelle
jurisprudence en somme!
L’entourage de Faure est apparemment disposé à aller au bout, au risque
même de se mettre à dos toute la famille. Au-delà de Kpatcha, d’autres
membres de la famille Gnassingbé sont aussi mis aux arrêts. Ils seraient
une demi-dizaine selon les sources. Le chef de l’Etat fait preuve d’un
jusqu’au-boutisme qui doit être apprécié à sa juste valeur dans le cadre
de l’échéance électorale qui pointe à l’horizon.
Un avertissement tacite à l’opposition et au peuple
La présidentielle de l’année prochaine, l’opposition démocratique la
conçoit comme le scrutin de la dernière chance et veut s’y investir
entièrement. Le peuple qui a toujours vu l’échéance de l’alternance au
Togo retardée depuis plus d’une décennie y voit une aubaine pour sa
réalisation. Mais ils doivent compter avec Faure Gnassingbé. « Si les
proches de Faure sont capables d’attenter à la vie de son demi-frère et se
mettre à dos toute sa famille, que ne ferait-on pas subir au peuple
d’anonymes pour conserver le pouvoir dans le giron du RPT? »,
s’inquiétait un dirigeant de l’UFC.
Ces propos ne traduisent que trop bien la situation délicate
engendrée par cette affaire, le drame latent de 2010. Qu’est-ce qui peut
bien retenir Faure de mettre à contribution les hommes en arme pour une
autre « pacification » en 2010 ? Au regard de la fermeté dont il
fait preuve dans ce dossier Kpatcha, on ne voit pas le sacrifice qui
serait trop grand pour lui, quand il s’agira de conserver le pouvoir. Tous
les moyens seront bons pour ce faire. Les jeunes qui seraient tentés de
descendre dans les rues soi-disant pour défendre leurs suffrages ne le
feraient qu’à leur risque et péril. Les souvenirs d’avril 2005 sont encore
vivaces dans les mémoires. Faure a marché dans le sang et sur le crâne
d’entre 500 et 1000 Togolais pour débarquer sur le trône. 5000
compatriotes ont été blessés et 60.000 Togolais autres envoyés voir
ailleurs. Déjà la présidentielle de l’année prochaine est partie sur de
mauvaises bases. Les discussions sont dans l’impasse au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation (CPDC), et Dieu seul sait quand les
préparatifs vont reprendre.
Même si on ne l’affirme pas, la fermeté et le jusqu’au-boutisme affichés
par Faure Gnassingbé ne sont qu’un avertissement tacite à l’égard de
l’opposition et du peuple assoiffés d’alternance. Le RPT lance ainsi le
message qu’il est capable de tout pour conserver le pouvoir de son chef !
T. Shalom
Faure inaugure
145 km
de pistes rurales aménagées dans le Wawa
Soulagement dans la préfecture de Wawa et dans la sous-préfecture d’Akébou.
Les producteurs de café-cacao de ces zones peuvent se frotter les mains.
Ils viennent de bénéficier de la réhabilitation de 145 km de pistes
rurales dont l’inauguration a été faite vendredi dernier par le Chef de
l’Etat.
Désormais, les champs de café-cacao situés à Mangoassé, à Teteke, à Mango
ou à Bronfou (dans la zone de Badou) ne sont plus coupés du reste du Togo.
L’obstacle vient d’être levé. Les pistes rurales qui y mènent et que
l’état défectueux rendait impraticables et dangereuses viennent d’être
aménagées. Les productions peuvent aisément être transportées vers les
zones urbaines (Badou, Atakpamé puis Lomé) pour exploitation.
A la réception des travaux par l’Etat togolais vendredi dernier,
une colonne de véhicules d’une délégation gouvernementale et diplomatique
parcouru une partie de l’ouvrage. Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé qui,
à cette veille de la présidentielle a interrompu tant soit peu ses
multiples voyages à l’extérieur, y était également en compagnie de
quelques ministres dont celui de la Coopération et du Développement
Gilbert Bawara et celui du Développement à la base, Victorine Dogbé. Une
équipe de la Délégation de l’Union européenne et de la cellule de
coordination du fonds Stabex (90-94) conduite par le chargé du
développement Antonio Legreco faisait partie de la ribambelle d’Hommes en
veste et cravate, encadrés par des militaires lourdement armés, qui s’est
déplacée dans cette partie Nord-Ouest de la région des Plateaux.
Ils sont venus ensembles, mais chacun avait sa petite idée de la
visite. Pour Legreco, il s’agit certainement de venir voir ce à quoi ont
servi les 731 289 205 FCFA (c’est le coût total de l’ouvrage)
gracieusement offerts par ses concitoyens européens au Togo à travers le
Fonds Européen de Développement et le Fonds Stabex (90-94).
Pour Faure et ses camarades du RPT, c’est sûrement le moment où
à jamais de faire un clin d’œil électoral à ces populations qui n’auront
peut-être plus la chance de le revoir avant les échéances de 2010. Cela se
remarque dans ses propos d’occasion et dans les quelques arrêts improvisés
par l’Homme pour s’offrir des bains de foule de ces Togolais souvent
oubliés, sortis pour voir leur président. « Ça (ndlr : les pistes
réaménagées) ce n’est encore rien. Vous aurez mieux que ça. Tout ce que je
vous demande, c’est d’aller voter au moment venu dans la paix et dans la
quiétude. Et lorsque je reviendrai ce sera pour inaugurer des voies
bitumées », a-t-il dit à quelques centaines de personnes venues
l’écouter dans un village appelé Mangoassé, omettant de préciser que
« si nous gagnons et que je revienne….. ».
En attendant la période de vérité de 2010, les populations
peuvent commencer par jouir des opportunités et potentialités qu’offrent
ces pistes.
Celles-ci permettent désormais de relier deux villages tous deux
nommés Zogbégan mais situés à une centaine de kilomètres l’un de l’autre.
L’un, le plus connu, situé dans la préfecture de Dayes et l’autre dans le
Wawa près de Badou. Autrement, il est possible et plus court d’aller à
Badou en passant par Kpalimé, Adéta et Danyi au lieu de Atakpamé et
Témédja (le seul itinéraire praticable qui existait avant et qui est plus
long).
Selon la Cellule de coordination du fonds Stabex, les travaux
ont consisté en des reprofilages et constructions d’ouvrages
d’assainissement, dalots, caniveaux et de signalisation et, ont duré 6
mois avec un délai de garantie d’un an à compter de mars dernier. A en
croire l’ingénieur chargé de la surveillance des travaux au sein de la
Cellule, « ce n’est que la partie Nord qui vient d’être réalisée. Il
reste la partie Sud située dans la préfecture de Kloto à faire très
prochainement ».
De notre envoyé spécial Maxime DOMEGNI |
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Forum de la Semaine 450 de mardi 28
avril 2009 |
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Attaque du
12 avril : L’aide de camp de Kpatcha Gnassingbé enterré en catimini |
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Quid de la
procédure judiciaire annoncée par le Procureur ?
Dès les premières heures de l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé
dans la nuit du dimanche 12 avril dernier, nous avons été à « Forum
de
la
Semaine »
de ceux
qui ont affirmé qu’il y a eu des morts. Mais aussi bizarre que cela puisse
paraître, passé la langue de bois des premiers communiqués officiels qui
n’ont fait que rajouter au flou qui couvre cette affaire, la suite fut
plutôt artistiquement obscurcie par la présentation de ce que le Procureur
de la République Robert Bakaï avait exhibé dans l’enceinte de la
Gendarmerie nationale (commandement) comme le « corps du délit »
composé d’armes qui ressemblent plus à une partie d’une collection privée
plutôt qu’à un stock pour faire un coup d’Etat. Pire en aucun moment, les
officiels n’ont fait cas de morts. Même Faure Gnassingbé dans son adresse
du vendredi 17 avril a proprement biaisé sur la question. Mais ce que tout
le monde sait est qu’on ne peut pas tirer à l’arme lourde pendant deux ou
trois heures (c’est selon) sans faire de victimes. On pouvait aussi croire
en cette fameuse procédure judiciaire annoncée par le Procureur de la
République Robert Bakaï et qui suivrait son cours pour s’attendre à une
éventuelle édification à propos des morts qu’il y aurait eus dans cette
affaire. Mais tout porte à croire que ce serait de guerre lasse.
La vérité est que dans la nuit du 12 avril, il y a eu des morts aussi bien
au domicile de Kpatcha Gnassingbé qu’au camp FIR à Agoè et même au sein
d’une patrouille du Régiment Blindé de Reconnaissance et d’Appui (RBRA),
notamment le sous-officier Yendokpo. Ce qui choque est que malgré tout
cela, il y a un embargo sur ces morts. Pire, celui qui est présenté comme
«l’aide de camp» de Kpatcha Gnassingbé, le sergent Tchaa Kifalang du
Régiment Commando de la Garde Présidentielle, cousin de la famille
Gnassingbé qui aurait été abattu froidement au domicile du député a été
enterré ce samedi 25 avril à Pya Akéi.
La question que l’on se pose est de savoir pourquoi précipiter
l’enterrement d’une victime pendant que l’instruction suit son cours. Qui
a ordonné la mise en terre de la victime ? La famille ou le Procureur de
la République ? Cette précipitation s’ajoute à la confusion et aux zones
d’ombre qui entourent cette affaire de coup d’Etat. Quelle suite la
justice réservera-t-elle aux assassins du sergent Kifalang Tchaa qui
certainement, a laissé derrière lui une veuve et des enfants.
F.
S.
Condamnation à demi-mot, non exclusion du parti…Kpatcha Gnassingbé fait
peur au RPT
L’affaire Kpatcha a suscité et continue de susciter des réactions
diverses. Partis politiques et associations de la société civile pondent
des communiqués dénonçant la scène offerte par le Chef de l’Etat et son
demi-frère député à la face du monde. Les organisations de défense des
droits de l’Homme elles autres, vont au-delà de toute considération et
requièrent des conditions humaines de détention pour les individus arrêtés
dans le cadre de ce présumé complot d’atteinte contre la sûreté de l’Etat.
S’il y a un parti dont la crédibilité est entamée dans ce feuilleton,
c’est à n’en point douter le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), et
cela requérait de sa part une condamnation claire et totale ; mais ici on
donne l’impression d’avoir peur de Kpatcha Gnassingbé. En tout cas ce sont
des réactions timides qu’on observe depuis lors qui poussent à le croire.
Condamnation à demi-mot
Le Bureau politique du parti a fait une sortie le samedi 18 avril, après
l’assaut au domicile du député et son arrestation. La réaction du parti
était attendue par l’opinion ; mais la déclaration faite aura laissé plus
d’un Togolais sur sa soif. C’est à demi-mot que le parti a apprécié la
situation. On s’est plutôt employé à apporter le soutien du parti à son
président Faure. Beaucoup de Togolais s’attendaient à une condamnation
virulente du complot. Mais elle ne viendra jamais. Les termes de la
déclaration étaient bien pesés, et on dirait que c’était couteau sur la
gorge qu’elle a été rédigée. Aucune condamnation tranchée ne transparaît.
Assez étonnant vu la gravité de l’action reprochée au député. D’ailleurs
c’était un bureau au rabais qui a présenté la déclaration. Ce n’étaient
que des membres de seconde zone qui entouraient le Secrétaire Général Esso
Solitoki.
La déclaration lue par les militants quelques minutes après n’était pas
plus osée. Les pseudo militants n’ont eux aussi qu’apprécié la chose à
demi-mot. Ils ont évité de tirer à boulet rouge sur le député inculpé,
mais ont clairement apporté leur soutien sans faille au Chef de l’Etat.
Est-ce l’effet d’un hasard ; des consignes données ?
C’était le même constat lors des marches de soutien organisées à
l’intérieur du pays. Dans la Binah et Dankpen qui ont donné le coup
d’envoi, les déclarations étaient aussi diplomatiques. On s’est gardé de
flasher Kpatcha et on a plutôt appelé les populations à voter Faure en
2010.
Problématique de l’exclusion de Kpatcha
Ses griots l’ont toujours décrit comme un parti de principes où la
discipline est le maître mot. Le RPT s’est toujours vanté d’être le
modèle. Au regard de ces qualités, l’acte reproché à l’Honorable Kpatcha
Gnassingbé est très grave. Il jette de l’opprobre et du discrédit sur le
parti surtout que dans son discours à la nation, Faure Gnassingbé a
qualifié les faits de crime et d’outrage à la constitution. Le bon sens ne
comprend pas pourquoi un « criminel », selon les termes de Faure,
doit être encore un militant d’un parti politique. Pour préserver cette
image positive vantée, l’exclusion de Kpatcha Gnassingbé du parti devrait
être la punition idéale. L’opinion l’attendait d’ailleurs depuis le
dimanche 12 avril. Mais jusqu’à ce jour, le parti n’a jamais osé prendre
la décision. Esso Solitoki est même allé jusqu’à dire, samedi lors d’un
meeting populaire à Agoènyivé, que Kpatcha demeure un membre de la
famille, RPT bien sûr.
Tout fait qui persuade que la sérénité fait défaut au RPT et donne la
preuve que le député fait peur. Ce serait prendre un énorme risque de
dislocation du parti que de prononcer son exclusion. Car depuis octobre
2007, le député a conquis le cœur de nombre de militants du RPT. Il se
raconte que le parti lui doit le raz-de-marée réalisé au Parlement pour
ses investissements financiers et matériels. Et depuis lors, il s’est
attiré la sympathie des militants et beaucoup de députés seraient de cœur
avec lui. C’est d’ailleurs pour éviter toute déconvenue que le pouvoir a
préféré contourner la procédure de levée de son immunité parlementaire par
l’Assemblée nationale. Toute décision d’exclusion sonnerait le glas de la
discorde. Faure et les siens créeraient des frustrations et se mettraient
à dos les fans de Kpatcha. Et Dieu seul sait combien ils sont nombreux,
dans la Kozah !
T. SHALOM
SNPT : La
mort programmée des fournisseurs locaux
A la
Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT), la grogne des fournisseurs
locaux monte de plus en plus ces derniers jours. Confrontés à la
suspension des paiements auxquels ils ont droit et des commandes 2008 non
livrées, ces derniers sont à bout de souffle mais peinent à réclamer
leurs droits du fait des taupes parmi eux qui seraient prêtes à sacrifier
les intérêts collectifs à leur seul profit.
En effet,
l’ex -International Fertilizer Group-Togo (IFG-Togo) a laissé des ardoises
qui se chiffrent en plusieurs centaines de millions de francs et dont la
liquidation a été confiée au cabinet Afrique Audit Consulting (AAC) qui
peine à payer les créances aux fournisseurs des sociétés OTP et IFG –Togo
en liquidation. A ces ardoises s’ajoutent celles de la SNPT.
« Nous
sommes en attente des paiements suspendus pour nous permettre d’honorer
nos engagements envers les banques. Ce que nous réclamons, ce n’est pas
une faveur, mais le respect des engagements pris par la direction de la
SNPT, qu’elle soit de Charles Takou ou de Florent Maganawé »,
explique un fournisseur qui a requis l’anonymat.
En fait,
pour beaucoup de fournisseurs, il semble que la nouvelle direction
générale et son conseiller, un certain Rabhye Edery d’origine magrébine,
ont décidé de se passer des fournisseurs locaux au motif que ceux-ci
pratiquent des surfacturations. Maganawé et son « conseiller » ont
fait le choix des fournisseurs extérieurs auxquels ils accordent des
commandes qui se chiffrent pour certains à des centaines de milliers
d’euros, notamment les sociétés GTI et COUSIN en France dont ils estiment
les coûts plus abordables par rapport aux fournisseurs locaux.
Selon une
autre source, alors qu’aucun fournisseur extérieur n’acceptait de
travailler à crédit avec les sociétés OTP, IFG-Togo et maintenant avec la
SNPT du fait de leur insolvabilité, les fournisseurs locaux ont pris sur
eux de soutenir « le bien national ». « Grâce à nous,
la SNPT a été sauvée car aucune banque togolaise ne lui accorde des
financements. Il est alors incompréhensible que Maganawé et son
« conseiller » perdent de vue que des entreprises qu’ils accusent de
surfacturations ont été financées par des banques avec des taux d’intérêts
élevés »,
se désole-t-elle avant d’ajouter : « Aujourd’hui que le concours de
circonstances fait que
la SNPT
commence à être liquide, on se souvient des fournisseurs extérieurs qui
sont payés sur présentation de simples factures proforma et sans
concurrence ni garantie aucune».
Les
fournisseurs locaux avouent saluer l’objectif de l’assainissement de la
SNPT initié par Maganawé et Edery, mais déplorent et contestent leurs
méthodes qu’ils estiment brutales, irrespectueuses des règles élémentaires
de droit, déloyales. Ils déplorent également le fait que le Directeur
général, Florent Maganawé fasse office de « faire-valoir » et doit
obtenir l’autorisation de son propre « conseiller » pour tout
paiement dépassant deux millions de francs.
A la
direction de la SNPT, on estime que la suspension provisoire des paiements
est due d’une part à une décision de la société d’auditer les commandes
déjà exécutées dépassant trois millions de francs CFA, et d’autre part
d’identifier certains fournisseurs qui prennent des libertés dans la
livraison des commandes et qui excellent de surcroît en surfacturation.
« L’audit sera bientôt fini et les paiements reprendront »,
rassure-t-on sans pour autant convaincre les concernés.
Les
fournisseurs locaux acceptent et déplorent objectivement le fait qu’il
existe dans leurs rangs quelques brebis galeuses à qui des commandes ont
été passées et payées dans des conditions douteuses pour engraisser
certains pontes du régime et de la famille Gnassingbé.
Les
objectifs visés par Maganawé et Edery sont nobles, puisqu’ils rentrent
dans le cadre du redressement de la société, mais les fournisseurs locaux
ne doivent pas servir de boucs émissaires car le problème de gestion de la
« vache à lait nationale » est global. Mépriser et ignorer les
fournisseurs locaux au profit des fournisseurs extérieurs ne va pas dans
le sens de la sauvegarde des intérêts nationaux puisque les deux
fournisseurs français GTI et COUSIN ne sont pas des fabricants, mais de
simples intermédiaires tout comme les entreprises togolaises. Ces
dernières emploient des centaines de personnes, et payent régulièrement
des taxes et impôts à l’Etat, font des emprunts auprès des banques
togolaises etc…. A contrario, les fournisseurs extérieurs ne prennent
aucun risque puisqu’ils sont payés cash à la commande et n’emploient aucun
Togolais. « Plus grave, certains sont de véritables boîtes à lettre, au
mieux, de petites entreprises familiales », déclare un fournisseur
tout en précisant que « GTI se passe pour un cabinet d’experts
industriels alors qu’il n’est constitué que de simples ouvriers
tourneurs qui osent venir leur donner des leçons de maintenance avec la
bénédiction de Maganawé et Edery. Tout le monde connaît les conditions de
travail déplorables de
la SNPT.
C’est une insulte inadmissible pour nos cadres ! »
Selon nos
sources, prétextant la non performance, Edery a fait unilatéralement
annuler des commandes passées en 2008 aux fournisseurs locaux pour les
attribuer aux fournisseurs extérieurs en violation des lois de notre pays
et sachant que les fournisseurs locaux ne sont pas payés à temps pour
honorer les commandes dans les délais requis.
Pour les
fournisseurs locaux, les agissements d’Edery Rabhye qu’ils accusent de
favoritisme au profit des entreprises françaises sont connus des autorités
togolaises qui ne font rien pour régler la situation. Le fameux Conseiller
du DG de la SNPT aurait même déclaré au cours d’une réunion qu’il avait
carte blanche du cabinet du Président de République pour agir. « La
situation est connue du ministre des Finances, du ministre du Commerce
et de celui des Mines, tous trois membres du conseil de surveillance,
mais ils ne font rien pour mettre un terme aux pratiques Edery. Le
Ministre Damipi Nupokou avait il y a quelques années, mis un terme à des
pratiques similaires à
la CEET.
A-t-il les mains liées aujourd’hui ? »,
se demande l’un des fournisseurs.
Il reste
aux fournisseurs trois alternatives : la première : recourir à l’arbitrage
des hautes autorités pour trouver une issue à cet imbroglio créé par Edery.
Toutefois, cette voie reste incertaine car les hautes autorités sont plus
préoccupées par la situation sociopolitique actuelle du pays ; la
deuxième : obtenir une rencontre avec Maganawé et Edery pour négocier et
obtenir le paiement de leurs factures, mais aussi prendre l’engagement
d’être plus professionnels et de contribuer à l’assainissement de la SNPT,
étant donné qu’ils avouent compter quelques brebis galeuses dans leurs
rangs ; et en cas d’échec, la troisième alternative sera de faire
confiance en la justice togolaise pour statuer sur ce qui apparaît
désormais comme un différend SNPT/FOURNISSEURS, malheureusement avec le
risque de subir les représailles de radiation de la short list des
fournisseurs qu’on dit circuler en ce moment.
FS
27 avril 2009 : La récidive de la malhonnêteté
intellectuelle du RPT
La célébration de la fête de l’indépendance dans un pays est généralement
une occasion pour rappeler aux générations présentes les sacrifices
consentis par les générations passées pour libérer le pays des mains des
colonisateurs ou des occupants. Cette célébration permet souvent aux
jeunes de s’approprier les valeurs de la République tout en étant fiers
d’appartenir à un Etat qui a arraché sa liberté de haute lutte. C’est pour
ces raisons que la célébration de la fête de l’indépendance est un
événement grandiose, célébré avec faste. Mais au Togo, cette date est
souvent l’occasion pour le pouvoir RPT d’étaler sa haine à l’encontre de
ceux qui ont versé de leur sang pour la liberté du Togo. La célébration du
49ème anniversaire de l’Indépendance du Togo n’a pas dérogé à cette règle
si chère au RPT. Malgré les fameux discours sur la réconciliation de Faure
Gnassingbé, le pouvoir RPT s’est évertué à célébrer « sa » fête de
l’indépendance en passant presque sous silence les artisans de cette lutte
héroïque.
Les
révisionnistes toujours à l’oeuvre
Pour le 49è anniversaire de l’Indépendance du Togo, les médias officiels,
notamment la TVT n’a consacré que 4 mn à parler non seulement des figures,
mais aussi des oeuvres réalisées à cette époque. La figure principale de
cette lutte, celui-là qui a consacré toute sa vie et sa carrière pour la
liberté de ce pays et de ses citoyens n’a été cité que de façon furtive.
Son nom n’a été prononcé que le temps d’une seconde. La longue marche du
Togo vers la liberté n’a pas été abordée ni le discours de Sylvanus
Olympio proclamant l’Indépendance du Togo le 27 avril 1960. Et pourtant la
TVT dispose de tous ces éléments historiques dans ses archives.
Simple
oubli ou volonté de travestir l’histoire ? Le plus surprenant dans toute
cette gymnastique intellectuelle est le reportage effectué à Atakpamé sur
un certain Moreira qui serait à l’époque le président local de la jeunesse
du CUT. L’homme qui se présentait comme un grand combattant de la lutte
pour l’indépendance dont il est toujours fier, n’avait curieusement dans
sa chambre que les photos d’Eyadema et de Grunistky. Devant les caméras,
cet ancien militant du CUT certainement reconverti soit avant, soit pour
la circonstance ne s’est pas privé de pourfendre ses anciens camarades de
lutte. A analyser ces faits, l’on se pose la question sur l’objectif
poursuivi par ce reportage. Quel que soit le parti auquel on appartient,
il existe une vérité historique dans ce pays que personne ne peut
travestir. Sylvanus Olympio, qu’on l’aime ou pas, que son régime à un
moment ait glissé vers la dictature ou pas, il reste et demeure la figure
emblématique qui, aux côtés des milliers de Togolais, a conduit ce pays
vers la liberté. Cette vérité résistera aux révisionnistes de notre
Histoire tout comme l’hymne national et le drapeau togolais que le pouvoir
RPT a vainement tenté de changer au temps fort de la dictature.
Le
président Kwame N’Krumah a consacré toute sa vie pour le Ghana et l’unité
de l’Afrique. Son régime n’a pas été parfait mais le peuple ghanéen
reconnaît en cet homme le rôle qu’il a joué dans l’accession de leur pays
à la souveraineté internationale. Ils n’ont pas hésité à honorer sa
mémoire par la création des sites (avenues, stade) baptisés Kwame N’Krumah.
Cet exemple peut être multiplié en Afrique. Nous savons et les Togolais le
savent aussi, que les dirigeants du RPT ont une aversion pour Sylvanus
Olympio et tous ceux qui se réclament de son oeuvre ou ses idées. Mais
lorsque Sylvanus Olympio se battait au Togo pour l’indépendance, le
géniteur du RPT, lui, se trouvait aux côtés des colons dans la jungle de
Dien Bien Phu et dans les Djebels d’Algérie à mater ces peuples qui
réclamaient, comme les Togolais, leur droit à disposer d’eux-mêmes. Le
paradoxe aujourd’hui est que ce sont ceux qui ont contribué à réduire
d’autres peuples en esclavage au profit du colon qui savourent les délices
de l’indépendance au Togo et, plus grave, s’organisent à tronquer
l’Histoire.
La célébration du 49è anniversaire a permis à l’opinion tant nationale
qu’internationale de constater de visu la duplicité du pouvoir RPT et
principalement de Faure Gnassingbé. La réconciliation qu’il prône ne se
limite qu’à des discours. Les Togolais ne sont d’ailleurs pas étonnés de
cette attitude puisque celui qui se passe pour le réconciliateur règle ses
propres problèmes de famille avec des armes de guerre. Les prétendues
réformes brandies à chaque discours n’ont d’autres objectifs que de
tourner en bourrique la communauté internationale. Pour le fameux défilé
du 27 avril, Faure s’est taillé la part du lion sur toutes les affiches du
défilé (pagnes, tricots, panneaux publicitaires etc ) réservant aux autres
anciens chefs d’Etat et principalement à Sylvanus Olympio un espace
résiduel difficilement déchiffrable. Une chose est certaine et personne ne
s’en doute, le RPT et son système anachronique ne changeront jamais. Leur
unique objectif est de faire passer feu Eyadema comme le créateur de toute
chose au Togo ; quant aux autres, ils n’ont jamais existé. En plein
feuilleton Kpatcha Gnassingbé, le pouvoir de Faure avait besoin de donner
des gages de sérénité par la célébration faste du 27 avril. Mais lorsque
Faure se barricade derrière une vitre blindée pour suivre le défilé, l’on
se demande si l’orage est vraiment passé.
En définitive, avec le pouvoir RPT, il ne faut s’attendre à rien de
nouveau. Le système négationniste et révisionniste qu’incarne ce parti
sera toujours d’actualité tant que le pouvoir sera dans leurs mains. En
d’autres termes, il ne faudra pas s’attendre qu’un jour, ce parti ou ses
responsables reconnaissent un certain Sylvanus Olympio dont ils dénient
d’ailleurs la nationalité, une quelconque paternité de l’Indépendance avec
tous les honneurs à sa mémoire. Cette vérité historique, le RPT en fait fi
car pour les responsables de ce parti, Eyadema est à l’origine de tout au
Togo sauf la misère ambiante et la décrépitude dans lesquelles ils ont
enfoncé le pays pendant quatre décennies. Cette lecture tronquée de
l’Histoire du Togo est un véritable fonds de commerce que certains
responsables de ce parti ne lâcheront pas de si tôt.
Ferdi-Nando |
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Forum de mardi 13 avril 2009
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Agression au domicile de Kpatcha Gnassingbé :
-
des morts et des blesses graves - des arrestations dans les rangs des FAT -
d’importants dégâts matériels |
Le frère du
président togolais Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé, a été attaqué chez
lui dans la nuit de dimanche à lundi par des militaires mais en est sorti
indemne. Interrogés, de hauts responsables des Forces armées togolaises
(FAT) n’ont pas voulu faire de commentaire. Selon des témoins, les
assaillants, fortement armés (VLRA, Jeep 12/7, des Orgues de Staline) avec à
leur tête le Lt-Col Félix Katanga, ont attaqué et pillé la chambre du député
du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) ainsi que celle de ses
enfants. Selon un proche du frère du président, « il s’agit d’un groupe
d’éléments de la Force d’intervention rapide (FIR) - l’une des unités
d’élites des FAT - fortement armés. Ils ont neutralisé les militaires qui
surveillaient la maison avant d’y pénétrer, proférant des menaces
ahurissants». Il faut noter que les Forces d’interventions rapides sont
commandées par le colonel Kadanga lui-même qui se trouve être le propre
beau-frère de Kpatcha Gnassingbé. |
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Le drame !
« M.
Gnassingbé était présent, mais avait précipitamment quitté les chambres
visées par les assaillants. Ils avaient encerclé tout le bâtiment avec des
chars d’assaut tirant dans tous les sens pendant au moins trois heures »,
ont encore indiqué plusieurs proches du député Kpatcha Gnassingbé qui
était lui-même présent lors de la visite de notre rédaction sur les lieux du
drame. À l’intérieur de la demeure, les murs et certaines fenêtres et portes
étaient criblés de balles ou défoncés par des tirs de roquettes, ont
constaté des journalistes. Des douilles traînaient dans des chambres et à
l’entrée de la maison. Aucune explication n’a été donnée par le député en
personne à cette attaque, qui aurait fait plusieurs victimes selon les
sources proches du corps habillé. A souligner que juste à l’entrée de la
maison, toutes les voitures ont vu leurs pneus crevés et les ampoules
électriques systématiquement détruites.
Vers le début
de l’après-midi d’hier, un communiqué du Procureur de la République parlait
d’une manière d’étouffer « une tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat »
(voir le communiqué, dont le contenu est rejeté en bloc par l’entourage du
député qui parle de «qui veut tuer son chien l’accuse de rage»).
Tout compte
fait, ce qui s’est passé dans la nuit du dimanche à lundi n’est apparemment
qu’un épisode, certainement pas le dernier, du long feuilleton qui oppose
depuis deux ans, le président Faure Gnassingbé et son demi-frère Kpatcha
Gnassingbé. Il n’est pas possible que des éléments de la Force
d’Intervention Rapide (FIR), commandés par un beau frère des Gnassingbé,
aillent attaquer le domicile d’un élu du peuple, sans l’autorisation express
du Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées. De toute évidence, on a voulu en
découdre une bonne fois pour toutes avec l’ancien ministre de la Défense
qui, comme nous l’écrivions dans notre édition du lundi 6 Avril, continue de
hanter les nuits du Président et de son entourage.
Sans prétendre
porter de jugement sur le fond, ni vouloir prendre parti pour l’un ou
l’autre, tout le monde, de l’Armée au microcosme politique en passant par le
Togolais lambda, considère que la méthode utilisée a été, au mieux, une
maladresse, et au pire, une très grave erreur politique dont personne
aujourd’hui ne saurait mesurer l’ampleur des conséquences.
Les origines
d’un conflit latent
Pour bien
comprendre le sens de la rivalité entre les deux frères ennemis, il faut
remonter aux derniers mois du règne de feu Général Président Eyadéma. Tout a
été fait comme si le défunt Président avait, avant sa mort, réparti le
pouvoir d’Etat entre deux de ses fils: le pouvoir militaire pour Kpatcha et
le pouvoir civil pour Faure en faisant le pari que les deux frères sauront
s’entendre pour conserver indéfiniment le pouvoir au sein du clan Gnassingbé
et alliés.
Tant que les
deux hommes se sont entendus, le système a bien fonctionné. Cette harmonie
de façade n’a cependant pas résisté aux premières anicroches. Faure
Gnassingbé était en fait, le Chef suprême d’une Armée dont le vrai patron
était Kpatcha Gnassingbé, le ministre de la Défense. Les proches du Chef de
l’Etat, conscients de l’avantage comparatif que lui procurait sa position à
la tête de l’Armée, n’hésitaient pas à lui prêter des intentions d’empiéter
sur les prérogatives du Président, au point d’être considéré en coulisses
comme un « Président bis ».
Ainsi, est né
entre les deux frères, un redoutable antagonisme où l’entourage de chacun a
pris conscience du fait qu’il ne pouvait réaliser son ambition
présidentielle sans marcher sur l’autre. Dès lors, tout était devenu
prétexte à discorde. Les premières discordes sont apparues au grand jour
après des élections législatives au cours desquelles Kpatcha Gnassingbé aura
été plébiscité comme le grand artisan de la victoire du Rassemblement du
Peuple Togolais (R.P.T.), le parti au pouvoir. Les candidats indépendants
que Faure aurait financés et sur lesquels il comptait s’appuyer pour prendre
ses distances vis-à-vis du RPT, ont tous été sévèrement battus. Les
candidats du RPT qui ont bénéficié de solides appuis financiers de Kptacha
ont remporté la majorité à l’Assemblée.
Conforté et
légitimé par les résultats des urnes, Kpatcha était plus que jamais, aussi
incontournable qu’encombrant pour le Président qui décida, contre toute
attente, de l’évincer du gouvernement ou de le pousser à démissionner de la
Direction générale de la Zone Franche et de la présidence du Conseil
d’Administration de la SOTOCO. La rupture est consommée. Dans ce bras de
fer, l’objectif était visiblement, de couper à Kpatcha Gnassingbé, toutes
les sources d’enrichissement et d’influence.
De
l’asphyxie économique à la Présidentielle de 2010
Mais, tout
comme son Président de frère, Kpatcha tire l’essentiel de ses revenus
d’activités dont la plupart ne sont pas basées au Togo. C’est dire donc que,
rien de ce qui a été fait contre lui, n’a jamais réussi à le rendre
vulnérable financièrement. Les proches du Chef de l’Etat prêtent ouvertement
à Kpatcha Gnassingbé, de fortes ambitions présidentielles lors de la
prochaine élection prévue en 2010. C’est certainement à ce niveau que se
trouverait l’explication de ce qui est arrivé dimanche dernier.
En effet,
l’analyse comparative des tempéraments des deux hommes donne un avantage
certain à Kpatcha. Homme du terroir, pragmatique et populiste, il est
gratifié par les populations du Nord Togo et plus particulièrement les Kabyè,
d’une grande générosité, d’une réelle sensibilité aux problèmes des autres
et d’un très grand cœur. Par rapport à Faure , Kpatcha passe pour un homme
de parole et de décision, très respectueux de la parole donnée et des
engagements pris. Ses proches disent de lui qu’il a en horreur,
l’hypocrisie. Selon ces mêmes proches, il jouirait d’une très grande
popularité auprès des hommes de rangs et de certains officiers.
Sur le plan
électoral, d’aucuns reconnaissent volontiers que s’il se présentait en 2010,
son frère ne lui arriverait pas à la cheville dans les résultats. Dans ces
conditions, Faure Gnassingbé qui a à cœur de se succéder à lui-même, ne
partirait pas favori, ni au sein de son propre parti, ni auprès de
l’électorat du Nord sachant que celui du Sud est perdu d’avance.
Dans la gestion
du pouvoir d’Etat, Faure Gnassingbé a déçu beaucoup de ceux qui avaient cru
en lui pour moderniser le pays. Au moins pour ce premier mandat, il est
apparu pris en otage par un entourage qui semble l’avoir pratiquement mis
sous éteignoir. Le principal reproche que Kpatcha Gnassingbé adresserait à
son frère Président, c’est d’avoir fait du pouvoir d’Etat un gâteau à
jouissance quotidienne entre copains et copines sans se soucier du sort des
populations.
« L’honorable est obligé d’être doublement généreux pour combler l’avarice
du Président »,
a indiqué ironiquement un proche de Kpatcha lors de notre visite pour
constater les dégâts à son domicile. Rien n’indique cependant qu’à la place
de Faure Gnassingbé, Kpatcha ferait mieux. Mais, force est de reconnaître
que, pendant les quatre ans qu’il a passés à la tête du pays, Faure
Gnassingbé a dévoyé la fonction présidentielle aux yeux de ses détracteurs.
Les ministres sont gênés de ne pouvoir tenir parole parce qu’au sommet,
« la ligne n’est pas claire, le langage n’est pas cohérent et les
engagements pris ne sont pas respectés ».
Le discours de
Faure est séduisant, mais, il n’est suivi d’aucun acte concret. Les Togolais
ont le sentiment chaque jour, de « reculer cinquante ans en arrière ».
Ce qui est paradoxal dans ce duel entre frères ennemis, c’est que, chacun
veut conserver le pouvoir dans le giron familial. Pour les proches de
Kpatcha, Faure serait en train de faire le lit de l’opposition. Pour les
proches de Faure, Kpatcha n’a aucune capacité pour diriger un pays comme le
Togo.
Selon des
sources concordantes, avant l’attaque de la nuit de dimanche à lundi,
certains officiers de haut rang se seraient proposés pour aplanir les
divergences entre les deux frères en vue d’une réconciliation. Les deux
camps auraient refusé de se prêter à l’exercice malgré l’insistance des
intermédiaires. Ce refus de la réconciliation a peut-être servi de prétexte
ou d’éléments déclencheurs pour les va-t-en-guerre qui n’attendaient que
cela pour se mettre à l’œuvre.
Divisions à
gogo !
Cette opération
crée une situation de divisions dont le pays n’avait pas besoin. Division au
sein de la famille Gnassingbé : désormais, ce sont les éléments du colonel
Rock Gnassingbé qui assurent la sécurité de Kpatcha. Division au sein de
l’Armée : Il a fallu l’intervention du même Rock Gnassingbé pour faire
entendre raison aux militaires assaillants dirigés par un colonel qui a dû
recevoir des ordres de l’Etat Major qui lui-même a dû recevoir l’aval du
Chef Suprême des Armées. Division au sein des populations kabyè : on
n’arrive pas à expliquer qu’un kabyè envoie des militaires pour tenter de
tuer son propre frère. Si les enfants de Kpatcha avaient été dans la maison,
auraient-ils été massacrés sur ordre de leur propre oncle ?
Comme on
pouvait s’y attendre, la version officielle s’est bornée à accuser Kpatcha
Gnassingbé de vouloir fomenter des actes subversifs. On n’est pas allé
jusqu’à exhiber des armes prétendument saisies au domicile de Kpatcha. Mais,
tous les Togolais savent que, même si Kpatcha n’a pas le niveau de formation
d’un officier de guerre, il n’est pas bête au point d’aller stocker dans sa
chambre à coucher, celle de ses enfants, et dans son salon des armes devant
servir à un coup d’Etat. N’aurait-il pas été plus crédible dans ces
conditions, de pister le suspect, pour l’attraper en flagrant délit ? Des
deux choses, l’une. Soit l’unité à laquelle l’opération militaire a été
confiée est incompétente, soit, l’alibi de l’acte subversif n’est que pur
mensonge.
Sachant que,
dans de telles circonstances, les populations et les opinions ont toujours
tendance, spontanément, à prendre fait et cause pour la victime ou le plus
faible, on se demande aujourd’hui, quel intérêt Faure Gnassingbé avait-il à
faire de Kptacha, un « héros national » ? Eyadéma avait fabriqué son
héros pour se maintenir au pouvoir. Faure serait-il en train de fabriquer le
sien ? A un an de la prochaine élection présidentielle, le peu de sérénité
que le Togo a gagnée par l’Accord Politique Global et les élections
législatives apaisées, est en train de voler en éclats.
Bien sorcier
celui qui prédira la réaction des deux camps dans les jours à venir. Quand
on sait aussi que la plus grave blessure est du coté de la gendarmerie
nationale qui a fourni le plus gros contingent des agents mis aux arrêts
mais aussi le Régiment des blindés, de reconnaissance et d’appui (RBRA) du
Colonel Rock Gnassingbé qui a perdu des hommes et d’autres portés disparus.
Est-ce le chant du cygne ? Ceux qui pensaient que « Forum de
la
Semaine »
en évoquant ces faits colportait des ragots doivent maintenant se repentir.
Bon à suivre !
FS
Des
officiers de la gendarmerie nationale et du Régiment BRA mis aux arrêts
Le
communiqué officiel lu par le Procureur de le République, Robert Bakaï parle
de plusieurs arrestations dont 5 officiers des FAT. Il s’agit, selon nos
investigations, des chefs d’escadron Atti et Olivier Amah, du Capitaine
Casimir Dontéma de la Gendarmerie Nationale, du Commandant Djiberekou du
RBRA (Régiment Blindé de Reconnaissance et d’Appui, l’Adjoint direct du Lt
Rock Gnassingbé), de l’Adjudant Chef Seydou. Par contre, rien ne filtre à
propos des autres arrestations qui vraisemblablement n’appartiennent pas aux
FAT. Sauf quatre gardes arrêtés au domicile de Kpatcha en plus de sa
domestique et son cuisinier.
FS
Des morts et
des blessés graves
Les sources
officielles ne font cas d’aucun décès, mais selon les investigations, il y
aurait plusieurs morts dont le Sergent-Chef Yendokpo du RBRA (à 17 jours de
sa retraite).On signale aussi le cas du soldat Tchoro qui est actuellement
dans le coma après avoir reçu une balle à l’épaule. Un autre soldat du
Régiment Blindé du Colonel Rock Gnassingbé est d’après les informations
actuellement détenu avec sa jeep au camp FIR d’Agoè commandé par le Colonel
Kadanga.
FS
Les députés
UFC solidaires de leur collègue Kpatcha Gnassingbé
Selon des
informations glanées auprès du parti de Gilchrist Olympio, les députés UFC
sans exception se disent solidaires de leur collègue Kpatcha Gnassingbé. « Ce
n’est pas une affaire de parti ou de tendance politique. Il s’agit de la vie
d’un homme et de surcroît un élu du peuple comme nous», confie-t-on dans
le milieu UFC. « D’ailleurs, dans la journée d’aujourd’hui, nous comptons
aller exprimer de vive voix tout notre soutien à notre collègue »,
susurre-t-on. « Il n’y a pas à y voir une quelconque récupération
politicienne. Il s’agit tout simplement d’une question de principe,
d’éthique et de morale », conclue-t-on
Sans toutefois
anticiper sur les évènements, tous les Togolais de bon sens ne peuvent que
saluer une telle initiative qui bat en brèche les clichés rétrogrades que
les partisans du statu quo brandissent et qui font croire que les Togolais
ne peuvent jamais s’unir autour d’un idéal de fraternité qui ne tient pas
compte de l’ethnie, de la religion, de la tendance politique, etc.
FS
Le Lt Col
Katanga n’aurait pas agi de son propre chef
Quelques temps, juste avant l’attaque du domicile du Député et ancien
Ministre de la Défense Kpatcha Gnassingbé, trois officiers supérieurs du
commandement militaire de l’Etat major général des Forces Armées Togolaises
(FAT) étaient venus vider la salle d’opération du Camp RIT pour y siéger
pendant des heures.
Nul
ne savait ce qui s’y faisait, mais quand on sait que c’est depuis cette
salle que des opérations militaires sur le terrain se coordonnent, le pas
est vite franchis et le lien vite établi par les mauvaises langues qui
pensent que le Lt Col. Félix Kadanga qui a été mis en cause par l’entourage
du Député Kpatcha, d’avoir mené ces opérations avec des menaces : « si
vous ne vous rendez pas, on vous tue », n’aurait pas agi de son propre
chef comme d’aucuns puissent le croire mais aurait l’appui inconditionnel de
sa hiérarchie.
F.S.
La Cour Constitutionnelle déboute le RPT : Aboudou Assouma est-il décidé à
aller jusqu’au bout ?
Statuant sur
les deux requêtes introduites par les députés UFC (Union des Forces de
Changement) suite au vote par les députés RPT modifiant les articles 21 et
32 du Code électoral aux fins de réhabiliter l’ancienne CENI, la Cour
Constitutionnelle par décision en date du 9 avril 2009 a invalidé le vote
modifiant l’article 32 et déclaré que la modification apportée à l’article
21 n’est pas rétroactive. Une décision à demi teinte qui renvoie la balle
dans le camp du gouvernement obligé de revoir sa copie.
Si pour l’UFC
la démarche conforme à l’article 104 de la Constitution consistait à
déclarer inconstitutionnelle la loi du 31 mars 2009 portant modification du
Code électoral, d’une part en son article 21 alinéa 3, elle visait également
à statuer sur la compétence de la session extraordinaire de l’Assemblée
nationale à délibérer sur l’article 32 du Code électoral d’autre part.
En
donnant en partie raison à l’UFC, la Cour constitutionnelle de Aboudou
Assouma met un coup d’arrêt au nouveau coup de force du RPT habitué à
« gagner » les élections à la déloyale. Même si du côté du parti au
pouvoir, on semble pour l’heure minimiser cette décision, il n’en demeure
pas moins vrai qu’elle porte un sérieux coup au pouvoir en mettant à nu les
magouilles du RPT.
La CENI de
Potopéré définitivement enterrée
En déboutant le
RPT dans sa logique de coup de force, la Cour constitutionnelle oblige le
gouvernement de Faure Gnassingbé à revoir sa copie. En d’autres termes, les
membres de la CENI ayant organisé les élections législatives du 14 octobre
2007 étant arrivés aux termes de leur mandat le 28 novembre 2007, cette
institution dans sa composition de 2007 a cessé d’exister à la date
sus-citée. L’espoir de voir la CENI de Potopèré reprendre service pour
tripatouiller les listes électorales sous prétexte que le temps presse s’est
envolé. Face à cette situation, Faure Gnassingbé est contraint de reprendre
l’initiative avec la classe politique en vue de trouver un consensus sur les
points de désaccord. Paradoxalement, après avoir opéré le coup de force au
Parlement, le pouvoir rechigne à convoquer les réunions du CPDC pour
discuter des autres sujets inscrits à l’ordre du jour.
A
force de trop tirer sur la corde, le RPT s’est mis dans une situation on ne
peut plus embarrassante. Ouvrant le CPDC aux autres partis signataires de l’APG
et de la société civile, le RPT s’est compliqué la situation puisque le CAR
et l’UFC menacent de quitter la table des négociations au cas où les autres
acteurs s’invitaient au débat.
La question de
l’élargissement ou non du CPDC n’avait pas fini d’alimenter les débats quand
la Cour Constitutionnelle enfonce le clou sur la tête du RPT.
·
Jusqu’où
ira Aboudou Assouma ?
De l’avis de
plusieurs observateurs, c’est la première fois au Togo que la Cour
Constitutionnelle rend une décision défavorable au parti au pouvoir. Pendant
des décennies, cette Cour constitutionnelle incarnée par Atsu Koffi Amega et
ensuite par Aboudou Assouma n’était qu’une chambre d’enregistrement des
desiderata du RPT. En 2005 elle a avalisé le coup de force de Faure
Gnassingbé en l’acceptant dans un premier temps comme président nonobstant
les dispositions constitutionnelles et, en acceptant dans un second temps
les résultats frauduleux de la présidentielle d’avril 2005.
Aboudou Assouma
est-il enfin décidé à se débarrasser de son ancien manteau pour dire le
droit ? Il est très tôt pour l’affirmer. Mais toujours est-il qu’après
l’affaire APMT dans laquelle les plus hautes autorités de l’Etat ont
organisé et encouragé les jeunes magistrats à la rebellion contre leur
mentor, Aboudou Assouma qui a failli perdre son fauteuil de président de la
Cour Constitutionnelle est semble t-il décidé à trancher les affaires selon
le droit. Cette attitude, selon de nombreux observateurs, serait dirigée
contre Faure Gnassingbé qui, à un moment donné a eu le « culot » de
vouloir se débarrasser de l’un de ceux qui l’ont couronné. La décision de la
Cour Constitutionnelle défavorable au pouvoir n’est que le début d’un long
feuilleton qui pourra s’achever en 2010. Il est donc évident que, du côté du
RPT où l’on ne sait que gagner par la fraude, la sérénité cède le pas à la
panique. Les derniers développements de l’actualité à savoir l’attaque du
domicile de Kpatcha Gnassingbé (député RPT) affaiblissent davantage un
régime miné par d’interminables guerres des clans.
Il y a lieu
aujourd’hui de tout faire pour que le Togo soit à l’abri des luttes de clan
susceptibles de fragiliser le pays. Dans cette optique, la décision de la
Cour Constitutionnelle de Aboudou Assouma ne peut qu’être saluée.
Ferdi-Nando
Pascal Bodjona : « …
La Cour Constitutionnelle a dit le droit »
« … La Cour
Constitutionnelle a dit le droit ! »
Ces propos ressemblent à plus d’un titre à ceux attendus d’un opposant
typique au lendemain de la sortie de l’institution d’Aboudou Assouma. Mais
il n’en est rien en réalité. Ces déclarations sont celles d’un des
porte-voix du régime Faure, et non des moindres. Elles portent les sceaux de
Pascal Bodjona, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale,
de la Décentralisation et des Collectivités locales, porte-parole du
gouvernement et représentant du Chef de l’Etat au Cadre permanent de
dialogue et de concertation.
En effet, en
réaction à la décision de la Cour Constitutionnelle invalidant le coup de
force du RPT qui a abouti à la modification à travers un scénario
rocambolesque des articles 21 et 32 du Code électoral, le ministre après
avoir parlé au passage de « confusions » relativement à
l’interprétation que chaque camp fait autour de l’article 21, a lâché à la
fin ces mots sus-rapportés. Bizarre n’est-ce pas, que ces déclarations
viennent d’un acteur aussi capé du sérail ? Ces propos sont-ils des actes
manqués qui se sont dérobés à la conscience du ministre ?
Le grand
aveu
Ces
déclarations sont assez lourdes de sens et constituent un aveu. Pascal
Bodjona en disant que la Cour Constitutionnelle a dit le droit, reconnaît
quelque part que c’est un véritable coup de force que son parti le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a voulu opérer. Le ministre avouait
ainsi que c’est un passage en force, du non droit qu’a opéré le pouvoir, et
que vient corriger l’organe d’Aboudou Assouma, qui a entre-temps clamé sa
conversion à travers un séminaire sur le contentieux électoral et dénoncé la
corruption à la Justice au risque de se mettre à dos ses confrères
magistrats. Ce n’est qu’une question de logique !
Ces
propos ne viennent que confirmer ce que les Togolais savaient déjà : le RPT
est un parti où l’une des choses les plus mieux partagées est le non droit.
L’attitude du parti dans le cadre des discussions au sein du CPDC est
d’ailleurs assez illustrative. Il a été fixé le taux de 5 % aux législatives
d’octobre 2007 comme condition pour faire partie du CPDC. Ce critère a été
fixé bien avant le scrutin, et le pouvoir en est l’initiateur. Mais le RPT
sera le tout premier à remettre en cause le décret pris le 04 février
dernier. Une session bizarroïde du comité de Suivi convoquée le 7 mars par
Faure Gnassingbé décida de l’ouverture du cadre aux autres parties
signataires de l’APG écartées par les législatives d’octobre 2007. Le
gouvernement a pris le plaisir d’outrepasser cette décision et ouvert le
CPDC outre aux PDR, CDPA, CPP, REFAMPT et GF2D, à des pseudos personnalités,
représentants syndicaux, dignitaires religieux, d’organisations de la
société civile représentatives etc… Obsédé par le passage en force, le RPT
introduit discrètement un projet de modification de l’article 21 du Code
électoral, visant à remettre en selle l’équipe de Tozim Potopèré. Projet que
vota l’Assemblée nationale, plutôt les députés RPT. Le pouvoir pensait
certainement avoir réussi ce nième coup de force. Mais c’était compter sans
Aboudou Assouma et les siens.
T. Shalom |
| Forum
de la semaine 444 du 06 avril 2009 |
|
Présidentielle 2010 :
Avenir incertain pour le processus électoral |
|
Le mardi
31 mars dernier, Faure Gnassingbé et le RPT ont confirmé tout le mal qu’on
pensait d’eux. La résurrection de la Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI) de Tozim Potopéré a été opérée après un scénario
rocambolesque. Les débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
(CPDC) sur le Code électoral ont été bouclés le 23 mars et, d’après les
informations, le tableau des points de désaccord fourni au Président du CPDC,
le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. En tant que Facilitateur premier désigné
par le cadre, il devrait engager des conciliations pour dégager un
compromis. C’est dans cette attente qu’étaient l’Union des Forces de
Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Mais au
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), on avait un autre agenda.
Le
scénario
Un projet
de modification de l’article 21 du Code électoral est unilatéralement
gribouille et nuitamment introduit à l’Assemblée Nationale. Les
représentants de l’opposition parlementaire au CPDC ont été mis devant le
fait accompli. Invités pour une conférence des présidents avec un ordre du
jour bien précis, ils se verront tendre le projet. Leurs protestations et
autres menaces de boycott n’ont en rien entamé la détermination des adeptes
de l’obscurantisme. Le mardi 31 mars, une session extraordinaire fut
convoquée au Parlement pour le bouquet final. C’est ainsi que les députés
RPT vont voter seuls la modification de l’article 21 qui remet en selle la
CENI de Potopéré, la séance étant boudée par l’opposition parlementaire. Le
Président du groupe CAR Kossi Amegnona qui s’est aventuré dans la « salle
d’opération » a été traité avec mépris. La parole lui a été retirée
juste après qu’elle lui fut donnée, car il risquait de gâcher la fête.
Aujourd’hui, l’équipe de Tozim Potopéré est remise en selle et
elle devrait incessamment commencer le boulot (sic) que le pouvoir attend
d’elle. C’est un coup de force réussi par le RPT. C’est vrai que le
Président du groupe parlementaire CAR a organisé dans la soirée un point de
presse et dénoncé le sort qu’on lui a fait subir au Parlement et le coup de
force du RPT. Mais quelle sera l’attitude de l’opposition parlementaire face
à ce nième forcing de Faure Gnassingbé et les siens ? Quel avenir donc pour
le processus électoral en cours ?
Avenir
hypothéqué
Ces
questions sont assez légitimes. Même si on n’en attendait pas grand-chose,
les discussions au CPDC se déroulaient dans une sérénité relative. Mais ce
coup de force du RPT risque, au meilleur des cas, d’alourdir l’atmosphère et
là encore, faudra-t-il que l’opposition parlementaire accepte continuer les
discussions. Car il y a bien risque que l’UFC et le CAR coupent les ponts,
eux qui ont toujours menacé de boycotter le processus électoral si le RPT
continue son coup de force.
Il a fallu
que ces partis brandissent la menace de boycott avant que Faure Gnassingbé
ne s’émeuve pour mettre en place le CPDC le 04 février dernier. Après la
session bizarroïde du Comité de Suivi convoquée par Faure Gnassingbé sur le
Samedi 07 mars dernier qui a décidé l’ouverture du CPDC aux autres parties
signataires de l’Accord Politique Global (APG) du 20 août 2006 écartées par
les législatives du 14 octobre 2007, l’UFC et le CAR ont réactivé la menace
de quitter le processus si ces « satellites » du RPT que sont le
Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) de Zarifou Ayéva, la
Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) d’Edem Kodjo et la Convention
Démocratique des Peuples Africains (CDPA) de Léopold Gnininvi mettent le
pied au CPDC. Cette menace a visiblement eu ses effets, puisque depuis le
conseil des ministres de la mi-mars qui a pris un décret dans ce sens, ces
« appelés de la dernière heure » n’ont pas encore rallié le CPDC.
Cette modification au forceps de l’article 21 du Code électoral
n’est que le prélude à une série de coups force qui verra certainement le
RPT procéder ainsi pour les réformes institutionnelles et
constitutionnelles. L’UFC et le CAR accepteront-ils ne pouvant pas briser
l’élan obscurantiste du RPT, cautionner les forfaitures ? Déjà le parti de
Gilchrist Olympio a déposé un recours en invalidation de la loi auprès de la
Cour constitutionnelle et mobilise ses militants. L’avenir du processus
électoral est plus qu’incertain.
T.
Shalom
La
modification unilatérale du Code Electoral par le RPT :
Les forces démocratiques rassemblées autour de l’UFC peuvent relever le défi
Mardi
dernier, comme nous l’avons rapporté dans notre précédente édition,
l’Assemblée Nationale a voté, à l’unanimité des députés présents, le projet
de loi gouvernemental portant modification des articles 21 et 32 du Code
Electoral. Aux termes de ces modifications, la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) qui avait organisé les dernières élections
législatives et dont le mandat a expiré depuis plus de quinze mois, va
reprendre du service pour commencer les travaux préparatoires de la
prochaine élection présidentielle en attendant la mise en place d’une
nouvelle CENI lorsqu’un accord sera trouvé entre la mouvance présidentielle
et l’opposition parlementaire UFC-CAR.
Rappelons
que les députés de l’opposition parlementaire n’ont pas pris part à ce vote.
Le président du groupe parlementaire CAR était néanmoins présent au moment
du vote en plénière pour dire tout le mal que l’opposition pense de ce qui
est désormais présenté comme le nième coup de force du RPT (parti au
pouvoir).
Pour
l’Honorable Amégnonan Kossi, la CENI 2007 avait été mise en place dans un
paysage politique où, à défaut de forces politiques légitimes issues
d’élections démocratiques, il a fallu positionner d’un côté la mouvance
présidentielle constituée du RPT et de ses alliés, et de l’autre,
l’opposition dite traditionnelle composée de cinq partis politiques cooptés
par arrangement entre les acteurs politiques.
Le
Président du Groupe CAR a fait remarquer à raison que, depuis les élections
législatives du 14 octobre 2007, le Togo est entré dans un nouveau contexte
politique caractérisé par l’existence d’une majorité gouvernante et d’une
opposition parlementaire. Selon Monsieur Amégnonan, « il est
anachronique et ridicule de vouloir faire revivre dans la configuration
politique actuelle du pays, des membres de
la CENI
qui avaient représenté dans le passé la mouvance présidentielle et les cinq
partis de l’opposition dite traditionnelle dont plusieurs font aujourd’hui
partie de la majorité gouvernante ».
Pour ce
qui concerne la proposition de modification de l’article 32, M. Amégnonan la
trouve scandaleuse et anticonstitutionnelle. Selon le groupe CAR, « l’Assemblée
Nationale ne pouvait débattre d’une telle proposition sans se mettre en
port- à-faux avec l’article 55 de notre Constitution aux termes duquel une
session extraordinaire n’est habilitée à examiner que les sujets figurant à
l’ordre du jour sur lequel elle est convoquée ».
De son
côté, le gouvernement évoque des impératifs de temps et de délais pour
justifier son projet de loi. Il s’appuie également et surtout sur l’accord
intervenu sur ce point, entre les parties en discussions au sein du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC). On peut cependant s’étonner
dans ce cas, que le gouvernement n’ait pas pris en compte dans son projet,
les autres points ayant fait l’objet d’accord entre les parties au CPDC.
Manifestement, le camp RPT avait un intérêt certain à remettre en selle la
CENI qui a organisé les dernières élections législatives du 14 Octobre 2007
gagnées par le RPT. Quand on sait que l’une des premières tâches qui
incomberont à la CENI sera de procéder à la révision des listes électorales,
c’est évident que, suivant la logique gouvernementale, les démembrements de
la CENI que sont les CELI (Commissions Electorales Locales Indépendantes) et
les CLC (Comités Listes et Cartes) vont également être réactivés dans leurs
versions respectives des dernières élections législatives.
Une fois
encore, l’Opposition UFC-CAR est tombée dans le piège des jeunes « loups »
du RPT. En effet, en convenant avec le RPT que « les membres de
la CENI restent en place jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI. Le
mandat des membres de la CENI est renouvelable »,
l’UFC et le CAR n’avaient certainement pas pensé que cette disposition
s’appliquerait dans l’immédiat, et donc à l’ancienne CENI. Peut-être que si
les discussions avaient été élargies à d’autres partis, il s’en serait
trouvé un pour relever l’anomalie. On sait qu’au sein de l’Opposition, il y
a des spécialistes de détection des pièges de l’opposition.
Les mêmes
opposants négocient avec le RPT depuis bientôt vingt ans. Ils devraient, non
seulement, bien connaître leurs adversaires, mais aussi et surtout, comme le
fait le RPT, avoir eux aussi, leurs pions dans le camp adverse. Selon
certaines indiscrétions, avant de proposer son projet de loi, le Ministre
d’Etat Pascal Bodjona en aurait discuté de façon informelle avec des membres
du CAR et de l’UFC qui n’y auraient pas trouvé d’inconvénients.
Nul doute
qu’au cours de ces discussions informelles, il a dû présenter la chose à sa
façon en donnant toutes les assurances pour emporter l’adhésion de ses
interlocuteurs. Il revenait, dans ces conditions, au CAR et à l’UFC de
prendre toutes les précautions d’usage lors des discussions au CPDC en
précisant par exemple que le point d’accord numéro 6 relatif au maintien en
place des membres de la CENI jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI
n’était pas applicable à la CENI dont le mandat a expiré depuis un an et
demi.
Face au
RPT, aucun détail n’est de trop. Le fait que le RPT ait tenu mordicus à ce
que les discussions du CPDC commencent par le Code Electoral aurait pu
mettre la puce à l’oreille de nos « savants opposants ». Le RPT les a
proprement « roulés dans la farine » en détournant leur attention sur
le thème de l’élargissement. En effet, pendant que le CAR et l’UFC
rivalisaient sur le terrain des conférences de presse et des communiqués sur
leur refus commun de l’élargissement du CPDC, le RPT, de son côté, préparait
son projet de loi.
Pour bien
comprendre la gravité de ce qui vient de se passer et évaluer la nouvelle
turpitude de l’UFC et du CAR, il faut remonter aux dernières élections
législatives. Avec au total, moins de voix que l’UFC et le CAR réunis, le
RPT a obtenu presque deux fois plus de députés que l’Opposition UFC-CAR.
Certes, le découpage électoral y est pour quelque chose. Mais, l’autre
facteur déterminant qui a joué en faveur du RPT, c’est la « domestication »
des membres des CELI, des CLC et des bureaux de vote.
Le
dispositif est en place et a déjà fait ses preuves. Au vu des statistiques,
si les élections législatives avaient été couplées avec la présidentielle,
le RPT aurait été en grande difficulté, surtout si, comme en 2005,
l’Opposition présentait un candidat commun. La problématique du RPT pour la
présidentielle de 2010, est de doser les fichiers électoraux afin de
s’assurer statistiquement d’une avance certaine sur l’opposition même dans
le cas d’une candidature unique.
Pour
confectionner des fichiers électoraux favorables au candidat du RPT, il faut
une CENI et des démembrements sous contrôle. En clair, ce que vise le RPT à
travers la remise en selle de la CENI 2007 et de ses démembrements, c’est la
« fabrication » de fichiers électoraux favorables au RPT. Une fois
cette étape franchie, il est fort à parier qu’une nouvelle CENI conforme aux
accords CPDC sera mise en place. Mais, ce qui est fait n’étant plus à faire,
la nouvelle CENI n’aura qu’à s’occuper de l’organisation matérielle de
l’élection présidentielle hors fichier électoral, une façon de faire
endosser par la nouvelle CENI, les résultats issus de tripatouillages
orchestrés de gré ou de force par la CENI 2007 et ses démembrements.
Personne
ne lèvera le petit doigt au sein de la communauté internationale pour
s’associer aux protestations de pure forme de l’UFC et du CAR. Aucun
Togolais ne sortira dans les rues, au risque de se faire massacrer à nouveau
pour chercher à palier l’incompétence caractérisée d’une opposition dont on
se demande finalement si le pouvoir ne lui fait pas peur.
L’UFC
s’est toujours employée à éliminer ses collatéraux pour se retrouver seule
face au RPT. On ne peut pas dire que les résultats de ces face-à-face depuis
2005 à Abuja, à San Egidio, à Accra, à Ouagadougou, à Lomé aient changé
quelque chose à la situation du Togo, bien au contraire. Aujourd’hui, le CAR
accepte de jouer le rôle de porte-voix à l’UFC en faisant sienne la
revendication d’un dialogue exclusif avec le RPT dans l’espoir secret que
dans sa magnanimité suprême Gilchrrist Olympio lui renverra très bientôt
l’ascenseur.
L’UFC et
le CAR savent qu’ils ne pourront rien faire seuls contre le fait accompli du
RPT. En 2003, après que le RPT, sous le contrôle de ceux qui sont écartés
par le système et remerciés aujourd’hui en monnaie de singe, eût modifié
unilatéralement la Constitution et le Code Electoral au profit du RPT,
l’Opposition était quand même allée à l’élection présidentielle. Cette
fois-ci, article 21 ou pas, l’opposition sait qu’elle ira à la
présidentielle.
Dans
l’immédiat, pour limiter les dégâts lors de la procédure de révision des
listes électorales, ne serait-il pas préférable, au lieu de s’arc-bouter sur
des revendications anti-élargissement du CPDC, de reconstituer au moins pour
la révision des listes électorales, un front de l’Opposition traditionnelle
(UFC-CAR-CDPA-CPP-PDR) autour d’une plateforme revendicative pour empêcher
le RPT de trop travestir les fichiers électoraux ? Cette démarche est
d’autant plus facile aujourd’hui que, contrairement aux apparences et aux
affirmations du Président du groupe CAR à l’Assemblée Nationale, la CPDA, la
CPP et le PDR font partie des grands déçus de Faure. Les responsables et les
militants de ces partis sont aujourd’hui convaincus que Faure Gnassingbé a
créé plus d’écarts entre ses discours et ses actes concrets que ne l’avait
fait son défunt père. Le sentiment selon lequel, Faure Gnassingbé ne
gouverne pas pour le bien des Togolais mais pour la sauvegarde des intérêts
du clan civilo-militaro mafieux dont il a fini par se rendre otage, semble
faire désormais l’unanimité au sein de tous les partis qui avaient fait le
choix, au nom de l’intérêt national, d’aider Faure à redresser le Togo.
Au lieu de
tout faire pour ramener ces partis vers eux, l’UFC et le CAR préfèrent les
diaboliser en les assimilant au RPT avec l’espoir de récupérer les voix de
leurs électeurs à la prochaine élection présidentielle. Erreur monumentale.
Le CAR qui a été, aux législatives de 2007, la grande victime de cette
stratégie de diabolisation de la part de l’UFC, semble bien placé pour juger
de sa grande nuisibilité.
Le moment
est peut-être venu pour l’UFC de prendre l’initiative des Etats généraux des
forces démocratiques consacrés au minimum, aux conditions d’organisation en
2010, d’une élection présidentielle démocratique et transparente. Les forces
démocratiques rassemblées autour de l’UFC, auront les moyens de relever le
défi qui leur a été lancé mardi dernier par le RPT.
Dimas
DZIKODO
Litige
foncier entre la collectivité Konou Ayikpè Konou et Djevi Kouassi :
La
justice togolaise met en danger la vie des citoyens
La
corruption à la justice togolaise ; on n’en finira jamais d’en parler. A
l’heure où des centaines de millions sont consacrés pour sa toilette le
phénomène semble paradoxalement prendre une allure très inquiétante.
Généralement les litiges fonciers font partie des domaines privilégiés de
ces acteurs de justice qui trouvent toujours leurs comptes et le plus
souvent au détriment des plaignants. Une sordide et révoltante affaire de
litige foncier secoue actuellement la paisible localité d’Attiégou.
Les
faits
La collectivité Ayikpè Konou a acquis une parcelle de terrain
par voie d’achat suivant reçus de vente en date sucessivement de
26-10-1969 ;23-11-1969 ;05-08-1970 ;09-06-1970 des sieurs Miglanso
Koudjossan ; Gbewodi Apetsi et Agbossou Adandogou Toglo ;tous de la
collectivité Adaya Cette parcelle de terrain d’une contenance de 9hectares
51 ares a ensuite été vendu par la collectivité Ayikpè à des acquéreurs dont
certains ont construit des maisons et y habitent depuis dix ans. Les
contrats de vente ont été certifiés après enquête par l’autorité politique
et administrative locale garant des us et coutume du milieu. Des années plus
tard ; un certains Djevi Kouassi prétendant détenir un mandat de Gbewodi
Apetsi un membre de la collectivité Adaya conteste la vente des terrains et
saisi la justice qui sur une décision de complaisance lui donne l’autorité
d’expulser les résidents. Avec l’appui de son conseil Maître Sylvain Attoh
Mensah le sieur Djevi Kouassi arrache les terrains nus et expulse manu
militari les acquéreurs de leurs maisons. Ainsi le 30 novembre 2006 ; les
acquéreurs ont été expulsés de leurs domiciles sur ordre de la justice. Ces
derniers saisissent le procureur. Après des investigations ; il se révèle
que le sieur Djevi Kouassi est détenteur d’un faux mandat parce que le sieur
Gbowodi celui là qui aurait donné mandat à Djevi Kouassi d’agir en son nom
le 19 juin 2001 serait décédé le 24 juin 2001. Il est donc établi que le
sieur Djevi Kouassi et son notaire ont établi un mandat à titre posthume au
nom de Gbowodi. Le procureur face à ces nouveau faits signifient en présence
des avocats des deux parties que les acquéreurs ne peuvent payer doublement
le terrain en clair le sieur Djevi Kouassi détenteur de faux mandat ne peut
prétendre de en aucune manière réclamer une quelconque expulsion des
acquéreurs. Le dossier fut donc confié au président du tribunal qui donne
des garanties aux acquéreurs. Contre toute attente ; maitre Attoh Mensah
convoque les acquéreurs pour régler l’affaire à l’amiable avec son client.
Ces derniers refusent prétextant que le sieur Djevi Kouassi n’a aucun mandat
sur les terrains acquis. Pour se mettre à l’abri des désagréments, les
acquéreurs font une démarche auprès de la cour suprême pour obtenir un
sursis de l’ordonnance d’expulsion N° 71 du 20 août 2007. Le président de
la cour suprême d’alors le juge Tèkoe Théodose ordonne le sursis de
l’ordonnance. Le 18 août 2008 contre toute attente ; le même juge Tekoe
Thoedose prend une autre ordonnance pour rétracter purement et simplement
l’ordonnance N° 71 rendue par lui-même. C’est avec cette nouvelle rétraction
que la justice travaille actuellement et es acquéreurs sont toujours le coup
d’expulsion.
C’est ainsi que régulièrement des individus à la solde du sieur
Djevi Kouassi et ses complices dont certains se retrouvent dans la chaîne
judiciaire organise des tentatives d’enlèvement contre la personne de
monsieur Gnowatchon Célestin président du groupe des acquereurs. Le 28
janvier 2009 , ce dernier reçoit la visite de Me Adjagoudou avec 12 éléménts
de la gendarmerie agissant au nom de Djevi Kouassi avec un arrêté
d’expulsion. Ils ont fracassé les portes, passé à tabac les enfants jetant
tous les effets de la maison dans la rue. Face cette situation grave, une
plainte a été déposée par monsieur Clestin Gnowatchon auprs du Procureur de
la république. Malgré cette plainte qui n’a d’ailleurs pas connu de suite ;
les menaces et autres intimidations ont continué jusqu’au 03 avril 2009 où
des individus armés de fusils et menottes ont débarqué à 4h heures du matin
au domicile du président du groupe des acquéreurs. Après une altercation
suivie de tirs de fusils et une bagarre générale, les visiteurs indélicats
ont déclaré agir au nom du 2è substitut suite à un soi transmis du procureur
de la république. Saisi du dossier, le procureur de la république qui se
trouvait à l’intérieur du pays estime n’avoir jamais donné l’ordre à
quelqu’un et s’étonne que cette affaire continue. Le Procureur demande alors
au premier substitut de convoquer pour confronter ce lundi 6 avril au palais
de justice, l’officier de police qui s’est rendu sur au domicile du
président du groupe des acquéreurs, le plaignant ainsi que les acquéreurs
pour tirer au clair ce dossier.
En passant sous silence certains aspects de ce dossier qui ne
font pas honneur à l’image de notre pays, il faut avouer que notre justice
et ses auxiliaires sont devenus une véritable source d’insécurité pour les
citoyens. Il est inadmissible que sur simple relation avec des juges
certains individus hors la loi sèment le terreur et empêchent des pauvres
populations de vivres paisiblement dans leurs domiciles acquis après de durs
labeurs.
Affaire à suivre
FS
Premier League : Adebayor revient avec un doublé
Opposés à
Man City, samedi, pour le compte de la 31e levée de la Premier League, les
Gunners d’Arsène Wenger ont livré une prestation convaincante, ponctuée par
un joli succès (2-0). Emmanuel Adebayor, absent des terrains depuis début
février pour blessure à la cuisse, a été l’auteur des deux buts de la
partie sur deux passes de Cesc Fabregas qui revient égalemetn de bessure.
Arsène
Wenger est un entraîneur heureux et soulagé. Depuis un mois, et le succès
face à West Bromwich Albion, son équipe d’Arsenal, à la sortie d’un hiver
des plus moroses, a retrouvé tout ce qui faisait sa force naguère : un jeu
huilé, une défense solide et un attaquant de grande classe. Une véritable
transfiguration dont on en a eu la preuve samedi. Face à Manchester City,
une formation face à laquelle elle a connu en novembre dernier sa défaite la
plus cuisante de la saison (3-0), la formation londonienne s’est montrée
intraitable. Malgré l’absence de Samir Nasri et de Robin Van Persie, les
Gunners ont fait le boulot, signant un succès probant, mais aussi très
important dans l’optique d’une qualification pour la prochaine Ligue des
Champions.
Eloigné
des terrains pendant plusieurs mois, Cesc Fabregas, le capitaine des Gunners,
a fait son retour à la compétition à l’occasion de cette partie. Déterminé à
revenir rapidement à son meilleur niveau, l’international espagnol a
parfaitement répondu aux attentes de son manager. Positionné sur le flanc
droit, il a été d’un grand apport à son équipe, et en particulier à Emmanuel
Adebayor. L’attaquant togolais, positionné seul à la pointe d’attaque, a su
profiter au mieux de ses passes. Shay Given pourra en témoigner. A la 8e
minute, l’ancien monégasque, esseulé à la pointe de l’attaque, reprenait
avec succès un coup franc du Catalan et il récidivait juste après la pause,
consécutivement à un joli lob, en forme de passe de son coéquipier. A 2-0,
l’affaire était pliée, mais la physionomie du match aurait pu être toute
autre.
En effet,
Man City a eu le mérite de bien réagir après l’ouverture du score, mais elle
a manqué d’efficacité dans ses phases offensives et de justesse dans ses
derniers gestes. Shaun-Wright Phillips s’est beaucoup démené dans l’espoir
de relancer sa formation, mais ses initiatives n’ont pas été concluantes.
L’international anglais a surtout eu le malheur de se heurter à un excellent
Almunia, alors que Manuel Fernandes, son coéquipier, a été frustré par la
malchance quant sa frappe en fin de première mi-temps échoua sur le poteau.
Les Citizens ont laissé passer leur chance, et en seconde période, ils n’ont
jamais pu trouver un second souffle. Abattus par le deuxième but londonien,
ils ont fini la rencontre, recroquevillé dans la propre surface, et auraient
même pu concéder une défaite plus large, si Walcott n’avait pas raté ses
deux occasions juste avant le coup de sifflet final. Ce dernier qui
retrouvait le chemin des terrains a été le seul Gunner à souffrir cet
après-midi, en raison d’une douleur au genou. Au final, Arsenal s’imposait
donc logiquement 2 à 0. Un résultat qui lui permet de porter à six points
son avance sur Aston Villa. City, de son côté, reste dans le ventre mou du
classement.
TGA/Goal.com |
| Forum 443 du jeudi 2 avril 2009 |
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Présidentielle 2010
Modification de l’article 21 du Code électoral :
Le RPT inaugure la saison des coups de force |
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Si la
volonté du pouvoir de barricader le processus électoral était manifeste,
elle vient d’être matérialisée par l’Assemblée nationale qui a procédé à la
mise à jour du Code électoral.
En effet le
Parlement a procédé mardi à la modification de l’article 21 qui statue sur
la durée du mandat de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI),
faisant suite à la décision du Cadre permanent de dialogue et de
concertation (CPDC) de reconduire la CENI de Tozim Potopérè. Le vote a été
effectué par les seuls députés du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), la
séance ayant été boudée par l’opposition parlementaire.
Un coup
de force de plus
L’introduction du projet de modification à l’Assemblée s’est effectuée dans
des conditions pas trop catholiques. L’Union des Forces de Changement (UFC)
et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont été mis devant les faits
accomplis. Venus à une conférence des Présidents le 24 mars 2009, leurs
représentants se sont vu tendre le fameux projet de loi, alors même qu’il
n’était pas inscrit à l’ordre du jour. Ils apprennent là que le projet de
loi serait voté quelques jours après. Comme dans un compte de fée, ce fut
fait le mardi 31 mars dernier.
Ce
feuilleton ne vient qu’illustrer l’obscurantisme et la duplicité du pouvoir
instauré par le système RPT. Alors que les points de désaccord sur les
différents sujets sont transmis au chef de l’Etat et la norme voulait qu’il
tente des conciliations pour dégager le consensus, le RPT introduit
nuitamment le projet de loi à l’Assemblée pour adoption. Le vote de cette
modification rend ainsi caduque toute tentative de conciliation sur le
sujet. Ce n’est là que le nième coup de force du pouvoir.
Caution
de Blaise Compaoré ?
On se
rappelle le scénario qui avait abouti à la convocation de la session du
Comité de Suivi du 07 mars dernier. Ce tour de passe-passe a été opéré après
une visite de Faure Gnassingbé à Ouagadougou quelques jours plus tôt. Et les
indiscrétions avaient fait état de ce que le plan a été fomenté à cette
occasion. En tout cas, le Chef de l’Etat se substitua au Facilitateur Blaise
Compaoré et convoqua la session pour le samedi 07 mars. Comme pour illustrer
la complicité du Facilitateur, il n’a pas levé le petit doigt pour dénoncer
cette usurpation de prérogatives. Pire, il envoya des émissaires et à
l’issue de la réunion, la décision fut prise d’ouvrir le CPDC aux autres
parties signataires de l’APG. Ce que voulait donc le RPT.
Aujourd’hui
encore, on semble assister au bis repetita de ce scénario. On est tenté d’y
croire quand on sait que le représentant du Chef de l’Etat au CPDC, le
ministre de l’Administration Territoriale Pascal Bodjona était en fin de
semaine dernière dans la capitale burkinabé. Selon les sources, le
déplacement était motivé par les menaces de boycott du processus que
brandissent l’UFC et le CAR si le pouvoir se hasardait à concrétiser
l’ouverture du CPDC à ses satellites. Il était allégué que ce voyage visait
à trouver une solution à la crise. Mais des indiscrétions avaient révélé que
le pouvoir est allé requérir la caution du Facilitateur Blaise Compaoré pour
opérer un autre passage en force. Les faits semblent aujourd’hui leur donner
raison. Puisque c’est à la suite de cette visite que le RPT a opéré le
passage en force pour faire voter la modification de l’article 21 qui
réinstalle ainsi la CENI de Tozim Potopéré.
Les
séances de coups de forces inaugurés
Le pouvoir a
fait montre depuis le début, d’une volonté de biaiser les réformes en
faisant passer la loi du Parlement. Ses tenants ont plus d’une fois déclaré
que le Parlement est compétent pour les débats sur les sujets relatifs au
processus électoral et les discussions au CPDC ne sont qu’une perte de
temps. Le ministre Pascal Bodjona, à l’occasion d’une émission télévisée a
laissé entendre que l’Assemblée nationale pourra entrer en jeu, si le chef
de l’Etat n’arrive pas à concilier les positions.
Aujourd’hui,
avec le vote de la modification de l’article 21 du code électoral, le RPT a
eu gain de cause. Il inaugure ainsi les séances de coups de force auxquelles
il a habitué l’opinion nationale et internationale. Ce n’est là que le début
d’une aventure qui le verra certainement faire entrer en jeu le Parlement
sur les autres réformes, fort de sa majorité.
T. Shalom
Encore une
menace de grève à «Fortia Cement»
Le
personnel de Fortia menace. Le 19 juillet dernier, il était déjà en grève
pour « l’amélioration des conditions de travail et de vie ». Depuis, six des
soixante personnes ayant observé la grève, ont des ennuis avec
l’administration de l’entreprise.
Et encore,
des bruits de grève courent au sein du personnel de Fortia. Comme principale
recommandation, les débrayeurs réclament « la réintégration immédiate et
sans condition» des six personnes retenues à la maison depuis bientôt neuf
mois pour ce que le syndicat du personnel nomme « présumé sabotage ». Ils
réclament également le respect de leur droit à la grève, particulièrement le
respect des dispositions contenues dans l’article 200 du Code du travail
qui interdit à l’employé de substituer un personnel en grève par un nouveau.
En effet,
lors de la journée de grève du 19 juillet 2008 à laquelle 60 sur 70 membres
du personnel ont participé, l’administration de Fortia Cement avait tenté de
faire travailler un autre personnel en lieu et place du personnel
« réglementaire » en débrayage. A l’époque, beaucoup ont soupçonné une
volonté de l’administration de licencier ceux qui avaient observé la
cessation de travail. Cette situation a été évitée. Mais voilà, le
rendement du « nouveau personnel » est en deçà des attentes et
d’ « importants dégâts matériels » ont été enregistrés pendant le bref
séjour des nouvelles recrues. « Ce personnel inexpérimenté et
particulièrement inhabitué à nos équipements et à leur modes de
fonctionnement, les a forcés et a tourné l’usine en un régime anormal »,
témoigne un des responsables syndicaux du personnel « réglementaire » de
l’entreprise.
Au vu des
dégâts, la direction de Fortia dénonce un « sabotage » de l’usine par les
grévistes et six personnes ont été indexées d’en avoir été à l’origine.
Depuis juillet, ces six personnes sont retenues à la maison pour des
besoins d’une enquête.
A
en croire l’un des délégués du personnel, « ce présumé sabotage n’a
d’ailleurs jamais existé ». « Pour preuve, les interrogatoires durant plus
de trois mois de la commission d’enquête mise sur pied n’ont évidemment
révélé aucun acte de sabotage », a ajouté ce fonctionnaire.
De sources
proches du ministère du Travail, plusieurs recommandations auraient été
faites à Fortia s’appuyant sur l’innocence des six employés particuliers.
Mais apparemment, ce n’est que de l’eau versée sur le dos du canard.
Le reste du
personnel décide finalement d’engager un nouveau bras de fer pour
« libérer » les six collègues. Un délai est néanmoins accordé à la direction
jusqu’au 6 avril prochain.
M.D.
Economie
La BIDC à la conquête de sa notoriété et de sa crédibilité
Principal
instrument de financement des projets de développement dans les pays de la
CEDEAO depuis quelques années, la Banque d’Investissement et de
Développement de la CEDEAO n’arrête pas de gagner du terrain vers la
conquête totale de sa notoriété. Lors d’un dernier Conseil d’Administration
tenu mardi au siège de l’institution à Lomé, l’équipe dirigeante dont le
Président, Christian Adovelande, a déclaré que « les résultats
positifs consécutifs enregistrés par
la Banque
concourront au renforcement de la notoriété et la crédibilité de la BIDC
aussi bien au niveau de la sous-région qu’à l’échelle internationale ».
Réuni en
effet pour approuver quelques demandes d’autorisation de financement mais
aussi pour arrêter les comptes au 31decembre dernier, le CA a noté que « la
Banque affiche un bénéfice record équivalent à 30 milliards de francs CFA »
au cours de l’année écoulée. Ce résultat positif, le troisième du genre
depuis trois années consécutives, donne matière à réjouissance à l’équipe
dirigeante de la BIDC qui, pour elle, devient « rentable ».
Adovelande et ses pairs, fort de leurs succès, ont annoncé « poursuivre
leur mission de catalyseur du développement et de la croissance économique
des Etats membres », à travers « l’intensification des interventions
et le drainage vers la sous-région de flux importants de capitaux étrangers,
en dépit du contexte actuel caractérisé par une crise financière et
économique sans précédent ».
Au cours du
conseil, le 24e, quatre
(4) projets ont en vue dans la sous-région ont reçu l’approbation de
financement de la BIDC. Le Burkina Faso, la Gambie, le Bénin et le Ghana,
tous membres de la CEDEAO, sont les bénéficiaires de ces derniers accords de
financement, ce qui porterait à environ 89 milliards de FCFA le total des
financements de cette jeune institution bancaire communautaire, et à 18 le
nombre des projets financés.
Maxime Domegni
CAN/Mondial
2010/1ère journée : Jean Thissen : « Nous avons gagné une bataille,
pas la guerre »
Le
sélectionneur de l’équipe nationale du Togo ne veut pas se laisser enflammer
par la victoire des Eperviers sur les Lions Indomptables du Cameroun, samedi
dernier à Accra au point de se détourner de l’objectif initial qui est une
double qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du
monde 2010 comme annoncé à la signature de son contrat le 4 mars dernier.
« Pour
moi, l’objectif n’a pas changé d’un iota. Aujourd’hui, on a pris trois
points. L’objectif était de prendre 3 points. Le Challenge, c’est bien sûr
la Coupe du
Monde. Mais, cette qualification sera très difficile, le groupe A est très
difficile. Nous avons le Maroc et le Cameroun qui sont intrinsèquement
supérieurs. Et le Gabon progresse chaque année. C’est pour ça qu’il faut
aborder chaque match comme il faut, avec détermination. On va dire que nous
avons gagné une bataille ici, mais pas la guerre »,
a-t-il déclaré lors de la conférence de presse qui a suivi le match.
Un objectif
que confirme aussi Thomas Dossèvi, auteur de la passe décisive qui a permis
au capitaine Emmanuel Adebayor d’inscrire l’unique but de la partie à la
11e mn. « On est très contents. On a été très forts collectivement. On a
su gérer nos temps forts et nos temps faibles. On a fait un match sérieux,
c’est le début d’une grande histoire. La suite, c’est le Gabon dans deux
mois. L’Objectif ? Clairement
la Coupe du
Monde et la CAN »,
a renchéri l’attaquant de Nantes.
« Quand
nous étions à Allemagne 2006, le pays tout entier vivait un rêve. Maintenant
que nous y avons goûté, nous voulons revivre cette expérience. Nous sommes
tous motivés. En tant que joueurs, nous devons tout donner car notre groupe
de qualification est très difficile. Nous avons le Cameroun, le Gabon et le
Maroc dans notre poule, mais nous allons continuer à avancer et voir ce que
nous sommes capables d’aller chercher. Au minimum, nous voulons aller à
la
Coupe d’Afrique des Nations. Mais une qualification pour la Coupe du Monde
2010, qui se joue en Afrique, serait la plus belle chose qui puisse
m’arriver »,
a ajouté Emmanuel Adebayor.
Pour les
Camerounais, la victoire de Jean Thissen paraît comme une revanche du Belge
sur le Cameroun, puisqu’étant en course pour le poste de sélectionneur
lorsque l’Allemand Otto Pfister a été choisi par le ministère camerounais
des Sports. Mais le sélectionneur évite de prendre sa victoire comme une
revanche. « Je ne parlerai pas de revanche. C’est vrai que j’étais
candidat, j’ai même été tout prêt d’avoir le poste. Je préfère me rappeler
qu’en 1994, j’avais déjà éliminé le Cameroun avec le Gabon. Ce qui fait
qu’en trois matchs, je n’ai jamais perdu contre le Cameroun »,
insiste-t-il.
Son alter
ego, Otto Pfister, lui, pense se projeter dans l’avenir tout en retenant les
leçons de la défaite. « On était favoris sur le papier. Les Togolais
étaient bien organisés en première mi-temps. Nous avons eu un problème de
positionnement durant cette mi-temps. J’ai modifié trois joueurs. Nous avons
dominé notre adversaire en seconde mi-temps mais de façon stérile. Et nous
avons 4 ou 5 joueurs qui n’ont pas évolué à leur forme maximale. Il nous
reste 5 matchs que nous devons gagner pour aller en Coupe du Monde »,
assure-t-il. C’est ailleurs désormais le mot d’ordre du Cameroun qui pense
se racheter de cette déconvenue inimaginable dès le départ. « Nous sommes
déçus. Nous n’avons pas joué comme nous en avons l’habitude. Il nous reste
cinq matchs à jouer, et il faut qu’on ait l’objectif de gagner les cinq
matchs. Maintenant, notre prochain adversaire arrive et ce sera le Maroc. Il
faudra gagner », ajoute Geremi Njitap.
TGA
Eperviers du
Togo : Le Oui de Serge Gakpé
Longtemps
réticent aux sirènes de la sélection nationale togolaise, l’attaquant de
Monaco, Serge Gakpé s’est résolu à franchir le pas. Selon les informations
recueillies de sources proches du joueur, le Franco togolais pourrait même
jouer le match contre le Gabon, comptant pour la 2ème journée
des éliminatoires CAN/Mondial 2010.
Le
revirement surprend puisqu’il y a quelques semaines, dans le cadre du match
amical Togo Burkina joué à Rouen en France le 11 février 2009, le Monégasque
convoqué par l’encadrement des Eperviers avait adressé un courrier décapant
à la Fédération togolaise de football (FTF) pour lui signifier qu’il
n’entend pas porter la tunique des Eperviers puisqu’étant régulièrement
convoqué chez les Bleuets (Equipe espoir). Des propos que certains analystes
avaient jugés déplacés.
« Si
Serge Gakpé s’est enfin résolu à porter le maillot du Togo, c’est qu’il a
bien de raisons pour le faire. Mais je crois sincèrement que la dernière
victoire des Eperviers sur les Lions Indomptables du Cameroun samedi à Accra
a considérablement pesé dans la prise de cette décision. Mais ne nous
enflammons pas vite. Attendons qu’elle se concrétise »,
tempère un observateur.
Serge Gakpé
parmi les Eperviers, ce sera une bonne nouvelle pour tout le groupe. Car
l’attaquant de l’As Monaco possède d’énormes qualités pour jouer en attaque
comme en milieu de terrain.
En course
pour une double qualification pour le Mondial et la Coupe d’Afrique des
Nations 2010, le Togo a besoin de renforcer son équipe dans un groupe A où
les places seront très disputées. Alors il revient aux dirigeants de la FTF
de saisir la balle au bond et d’entreprendre les démarches nécessaires à
l’enrôlement de Serge Gakpé, et peut-être aussi de Razak Boukari qui, lui,
n’a jamais fermé la porte à la sélection togolaise.
La FTF
devrait aussi insister auprès de Mathieu Dossévi, le frère cadet de Thomas
Dossévi qui évolue au Mans et qui se donne encore un temps de réflexion pour
faire son choix.
« La
dynamique de la victoire impose aux dirigeants de la FTF de multiplier les
démarches pour renforcer l’effectif des Eperviers. On n’a jamais de joueurs
de trop et je pense qu’aujourd’hui, nous avons les moyens de bâtir une
grande équipe capable de faire douter beaucoup de sélections souvent mises
sur un piédestal de par leurs prestations antérieures. Il faut tout
simplement la volonté de mieux faire pour y arriver »,
conclut notre interlocuteur.
TGA |
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