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Le Combat du Peuple Contact email : combat@webmails.com
   

2009

   
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Le Combat du Peuple N° 646 du 30 mars 2009
Violation du Code de la Presse au Togo : Arrestation illégale et arbitraire de M. Lucien MESSAN : J’accuse le Colonel TITIKPINA, Ministre de la Sécurité, de tentative d’assassinat déguisée

Le lundi 23 mars 2009, M. Lucien MESSAN, Directeur de Rédaction de l’Hebdomadaire « Le Combat du Peuple » a été illégalement séquestré pendant une durée d’environ 4 heures (de 16 h à 19 53) dans les locaux de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) à Lomé. Cet acte ignoble a été posé par le Commissaire de Police Augustin Kokou Simdana WELEKETI, Directeur Central de la Police Judiciaire qui aurait agi sur ordre du Colonel Mohamed Atcha TITIKPINA, le terrible Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, l’homme qui a le pouvoir de tout faire y compris celui de violer allègrement et impunément les lois de la République.

Cette arrestation arbitraire qui a scandalisé l’opinion publique nationale et suscité l’émoi au sein même du gouvernement et qui a défrayé la chronique, mérite d’être contée :

Les faits :

Tout a commencé le lundi 23 mars 2009, aux environs de midi, lorsque le Commissaire WELEKETI a appelé M. MESSAN au téléphone et lui a intimé l’ordre de se présenter à ses bureaux à 15 h 30. M. MESSAN lui a alors demandé si une plainte est dûment déposée contre lui. Le Commissaire WELEKETI a éludé la question et a demandé à M. MESSAN s’il ne veut pas devenir son ami ? M. MESSAN a répondu qu’il n’a pas envie d’être son ami parce qu’ils n’ont rien de commun, avant d’ajouter : « Je ne me rendrai pas à la DCPJ si vous ne me faites parvenir une convocation en bonne et due forme parce que, en la matière, j’ai fait de douloureuses expériences dans le passé. Si j’arrivais à vos bureaux et que vous m’empêchez abusivement de répartir, que ferais-je ? » Le Commissaire WELEKETI irrité, répond : si c’est la convocation que vous voulez, je vais vous l’envoyer. Quelques instants plus tard, M. MESSAN rappelle le Commissaire WELEKETI, d’abord pour s’assurer que l’appel téléphonique venait bien de lui et ensuite pour l’informer qu’il se présentera avec son Avocat. Sur un ton de défi, M. WELEKETI lance : « Vous pourrez vous présenter avec n’importe qui. Je ne comprends pas pourquoi vous exprimez autant d’inquiétudes ». Et il ajoute : « J’ai déjà établi la convocation vous devez vous présenter à 16h, mais on ne sait où vous trouver pour vous la remettre ». M. MESSAN, un peu amusé, lui dit : « La police connaît ma maison où j’ai été plusieurs fois déjà interpellé arbitrairement. Mais si vous n’arrivez pas à identifier ma maison, donnez moi le numéro de téléphone de votre Chef de Poste. Je vais l’appeler moi-même pour lui indiquer le lieu où il peut me trouver pour me remettre la convocation ». Sur ces entrefaites, rendez-vous fut pris avec le porteur de la convocation et celle-ci a été effectivement remise à 14 h 52 mn à M. MESSAN (voir fac similé).

A 16 h donc, M. MESSAN s’est présenté à la DCPJ accompagné de Me Blaise KANMAMPENE, un des collaborateurs de son Avocat, le Bâtonnier AQUEREBURU. Ils ont été reçus par le Commissaire WELEKETI assisté de son adjoint le Commissaire DJOBO.

D’entrée, le Directeur de la DCPJ, visiblement mal à l’aise dans le sale rôle qui lui a été assigné par son bourreau de Ministre, a commencé à faire diversion en accusant M. MESSAN d’avoir refusé un règlement à l’amiable, mais d’avoir opté pour une convocation. Ce qui à ses yeux complique les choses. Le Commissaire WELEKETI, comme un artiste à qui on a demandé de jouer un rôle qui ne lui plaisait pas, avait voulu se mettre à l’abri en usant des subterfuges pour se trouver une justification morale. Au lieu d’aller droit au but, il jouait la comédie pour se donner une bonne conscience. Une comédie de mauvais goût comme s’il avait affaire à un néophyte ou à un bambin tombé de la dernière pluie. Exaspéré, M. MESSAN lui a demandé d’en venir à l’objet de la convocation. C’est alors qu’il est rentré dans le vif du sujet en demandant à M. MESSAN de lui apporter les preuves concernant l’article qu’il a publié dans sa livraison du jour, (CP N°645 du 23 au 27 mars 2009) sous le titre, « le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais » et dans lequel il a affirmé qu’il y aurait parmi les gangsters, des hommes appartenant aux forces de sécurité.

En réponse à cette question, M. MESSAN a objecté que ce n’est pas à la Police qu’il faut fournir les preuves d’un article mais devant le Tribunal. Qui plus est, la Police ne peut pas être juge et partie.  M. MESSAN a ajouté qu’il ne révèlera pas non plus sa source parce qu’il est interdit aux journalistes de donner leur source.

Le Commissaire WELEKETI, dans son vilain rôle, revient à la charge pour dire que si M. MESSAN se trouve dans l’impossibilité de fournir la preuve qu’il exigeait de lui, il sera obligé de le garder à vue.

A la question de savoir au nom de quelle loi il voulait le garder à vue, il a répondu que ce n’est pas parce que le Code de la Presse interdit la peine d’emprisonnement ou la détention préventive que les journalistes doivent faire ce qu’ils veulent. Et qu’en ce qui le concerne, il va appliquer le Code pénal.

A ce niveau, nous estimons qu’il faut faire l’économie des détails parce que lorsqu’un Directeur de la Police Judiciaire abandonne son travail qui consiste à traquer le grand banditisme pour s’acharner sur un journaliste, en violation de la loi, parce qu’il en a reçu l’ordre, il faut dire que la République est en péril et que nous avons encore du chemin à faire dans notre pays.

Dans ce triste dossier, il a fallu que le Ministre des Droits de l’Homme, le Président de la HAAC et son Vice-président fassent le déplacement de la Direction Centrale de la Police Judiciaire. Il a fallu que le Premier Ministre HOUNGBO s’implique personnellement. Et si nos informations sont exactes, il s’y serait pris à plusieurs reprises.

Malgré toutes ces interventions, le bourreau TITIKPINA refuse d’entendre raison. Il s’est entêté et ne voulait rien savoir. Pour lui, M. MESSAN doit passer la nuit à la PJ. Pourquoi et au nom de quoi ? Lui seul le sait. Et c’est seulement après 4 heures de suspense et de pressions venant de partout qu’il a daigné donner l’ordre de libération de M. MESSAN.

Pour notre part, nous ne sommes nullement surpris si le boucher TITIKPINA, l’homme qui ne respecte rien, l’homme qui pendant les graves et sanglants événements d’après les élections du 24 avril 2005, aurait même outrepassé les ordres de l’Etat Major général et ordonné de tirer sur des manifestants aux mains nues, continue à se prendre pour Jupiter, c’est parce que le Président Faure GNASSINGBE lui a toujours servi de bouclier bien qu’il savait que cet officier avait beaucoup de sang sur la main. Jusque-là, rien de bien grave. Tout Chef d’Etat doit protéger son Ministre de la Sécurité. Mais il appartient à ce dernier de connaître ses propres limites. En l’espèce, ce n’est malheureusement pas le cas. TITIKPINA devient trop puissant. Il gère son ministère comme une caserne.

Nous accusons le Colonel TITIKPINA de tentative d’assassinat déguisée en arrestation. En effet, d’après nos informations, il aurait suffi que M. MESSAN passe la nuit à la DCPJ pour que nuitamment, son compte lui soit réglé par un commando destiné à exécuter les basses besognes. Autrement, comment peut-on expliquer que le Ministre ait donné l’ordre d’arrêter un journaliste en violation de la loi quand bien même, il ne peut pas le faire déférer. Que voulait-il faire du journaliste ? Toute la question est là. Le Procureur de la République contacté aurait fait savoir que cette arrestation est illégale. Lorsqu’on veut se servir d’une garde à vue dans les locaux de la PJ comme alibi pour se donner l’occasion de se saisir d’un journaliste, le torturer et éventuellement l’assassiner, il faut être un hors la loi pour imaginer un scénario aussi diabolique. Tant que le Ministre TITIKPINA n’expliquera pas publiquement au nom de quelle loi, il a ordonné l’arrestation de M. MESSAN, il est et demeure suspect de tentative déguisée d’assassinat. Le Ministre de la Sécurité aurait même sermonné le Directeur Central de la Police Judicaire d’avoir fait un compte rendu au Procureur de République. Si une telle allégation est vraie, et tout porte à le faire croire, il faut comprendre que le coup monté par cet officier atypique dont le nom figure dans tous les rapports d’enquêtes relatifs aux crimes commis dans notre pays, vise une autre finalité que celle d’appliquer la loi.

Il est vrai que le Togo est un pays au système judiciaire lacunaire, mais force est de reconnaître qu’au jour d’aujourd’hui, l’homme qui est au centre des violations des droits de l’homme, qui commandite toutes sortes d’exactions et qui verse systématiquement dans l’excès du pouvoir a pour nom, le Colonel Mohamed Atcha TITIKPINA, Ministre de l’Insécurité Judiciaire au Togo. Les organisations de défenses des droits humains doivent se mobiliser pour le traduire en Justice.

Au moment où la communauté internationale s’investit pour combattre les sanguinaires, les tyrans et autres satrapes, le Colonel TITIKPINA doit comprendre que les Togolais n’accepteront plus de revivre la terreur des années de plomb au Togo.

Pour notre part, nous nous ferons le devoir de dénoncer ses travers, ses excès pour que les Togolais ne soient plus victimes d’une nouvelle dictature. A cause de TITIKPINA et ses comparses, on peut dire aujourd’hui qu’au Togo tout change mais rien ne change.

Rodrigue


Les raisons d’une bavure : L’implication des forces de sécurité dans l’insécurité au Togo

Dans notre dernière livraison, (CP N°645 du 23 au 27 mars 2009) nous avions publié à la page 3, un article sous le titre « Le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais ». Dans cet article, nous avions fait état de ce que, d’après des informations en notre possession, certains éléments des forces de sécurité seraient de connivence avec des gangsters et autres bandits.

Cet article n’a pas été écrit par hasard. Si nous nous sommes abstenus de publier directement le nom du militaire arrêté en flagrant délit et qu’on s’apprêtait à brûler avant qu’il ne soit récupéré et sauvé in extremis par un ancien combattant, c’est tout simplement parce que nous avons fait preuve d’indulgence envers les autorités de notre pays.

Or, il se trouve que nous avons été payés en monnaie de  singes. Le Ministre de la Sécurité, le bourreau TITIKPINA a cru devoir se saisir de cet article comme alibi pour embastiller  notre Directeur de la Rédaction, M. Lucien MESSAN, en violation du Code de la Presse et de la Communication.

Cette tentative de passage en force ne nous surprend guère. Au contraire, cela nous conforte dans le sentiment que TITIKPINA est un nostalgique d’une époque révolue qui ne recule devant rien pour assouvir sa vengeance sur ceux qu’il considère comme ses ennemis.

En effet, la pratique qui consiste à arrêter les journalistes lorsqu’ils dénoncent les travers des éléments des forces de sécurité ne date pas d’aujourd’hui. On se rappelle que c’est pour les mêmes motifs et pour un article similaire que notre confrère MEWENEMESSE Apollinaire avait passé 43 jours à la Prison Civile de Lomé. Au moment où il vivait les affres de la détention, les responsables de la sécurité ont démantelé les postes de contrôle et arrêté les membres des réseaux qu’il avait dénoncés.

Ce que les responsables des forces de sécurité qui ordonnent l’arrestation des journalistes ne savent pas ou feignent d’ignorer, c’est que l’arrestation des journalistes ne saurait occulter la vérité. Il suffit, pour s’en convaincre, d’aller faire un tour au Palais de Justice et de consulter les registres du Parquet.

Le fait n’est pas une exception. Il est notoire que plusieurs fois, des miliaires, voire même des gendarmes et des policiers ont été arrêtés pour vol ou complicité de vol et déférés à la Prison Civile de Lomé. Vouloir faire entrave à la publication d’informations sur les éléments des forces de sécurité procède d’un cynisme destiné à encourager la corruption et à tromper les Togolais. En commettant une bavure qui ne pardonne pas, TITIKPINA a montré qu’il n’est pas au diapason de la politique d’apaisement du Président Faure. En faisant arrêter M. MESSAN, il a semé du bordel dans un ciel serein

Nous reviendrons en détail sur ce dossier avec des noms à l’appui, dans nos prochaines livraisons.

A suivre donc.

C.P


Billet : Faure GNASSINGBE : Et s’il se trompait ?

Face à la crise politique qui a marqué la dernière décennie du long règne de feu le Président EYADEMA et qui a perduré jusqu’à son arrivée au pouvoir, Faure GNASSINGBE mène une politique d’apaisement qui se veut prudente.

Au stade actuel, doit-on dire qu’il est en train d’écrire une nouvelle page de l’Histoire de notre pays ou, au contraire, de la rater ? Le Président Faure pourra-t-il tenir encore longtemps cette ligne de conduite face à l’angoisse sociale ?

Voilà des interrogations qui appellent des réponses appropriées et urgentes. La politique des petits pas que le Président a initiée n’a donné jusqu’à présent que des résultats mitigés. Cette situation est due naturellement aux nombreuses pesanteurs qui continuent à peser sur les différents pôles de décisions dont le Président lui-même est tributaire.

Certes, le Président Faure a ouvert plusieurs chantiers de réformes qui malheureusement n’ont pas donné les fruits escomptés. Et pour cause. Dans toute entreprise de développement, l’homme doit être au centre des préoccupations des décideurs politiques. Faisant preuve au départ de beaucoup d’optimisme, le Président Faure a sous-estimé la capacité de nuisance de certains de ses collaborateurs devenus, à causes des intérêts juteux en jeu, de véritables freins à ses propres ambitions.

Le Président a cru à tort que l’homme est perfectible et qu’il suffit de donner l’impulsion nécessaire pour que le pays recommence à tourner. En négligeant le facteur homme, il est aujourd’hui confronté au facteur temps. En fonction de la situation économique, le Président s’est-il réservé la possibilité d’ajuster le tir ? Jusqu’à présent tout porte à faire croire que les réformes engagées sont insuffisantes et mal calibrées à cause du laxisme des hommes appelés à les conduire et c’est ce qui fait dire que les réformes ne sont pas à la hauteur des difficultés du pays.

La nomination du Premier Ministre HOUNGBO était de nature à créer une nouvelle dynamique et donner un coup d’accélérateur, mais sur ce point aussi, tout se passe comme si le Premier Ministre ne sert qu’à arrêter les balles. Le grand handicap de Faure, reste l’Administration et surtout la gestion des finances publiques. Mais, puisque le Chef de l’Etat a choisi la souplesse pour éviter de ne pas affronter les siens ou déplaire aux  différents lobbys qui l’entourent, il est difficile de dire si dans les mois à venir, la décantation tant attendue sera au rendez-vous. En attendant, la question reste posée avec beaucoup d’acuité.

Et si le Président se trompait ?

Rodrigue


Limogeage  Une décision dans l’ordre des choses : L’éviction du Ministre Nagou est une œuvre de salubrité publique

Par décret en date du mardi 24 mars 2009, le Président de la République a mis fin aux fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque là, Ministre des Enseignements primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Le même décret a nommé à la tête de ce département, M. Sambiani Sankardja Laré.

Si cette décision a surpris dans les rares milieux où on connaît très peu M. Yves Madow Nagou, pour tous ceux qui connaissent un tant soi peu l’homme qu’on présente comme un « ami » du Président, il n’en est rien. Au « Combat du Peuple », nous disons que le limogeage de M. Yves Madow Nagou est dans l’ordre des choses, mieux, il s’agit d’une œuvre de salubrité publique.

Il nous a en effet été plusieurs fois donné de relever dans nos colonnes, les insuffisances, les carences et la désinvolture de ce ministre pas comme les autres, qui préfère s’enfermer dans sa tour d’ivoire au lieu de prêter une oreille attentive à ceux qu’il est censé servir. Nous avions déjà dénoncé l’arrogance du Ministre Nagou, un homme imbu de sa personne qui méprisait et faisait poireauter des semaines entières, les parents d’élèves, enseignants, inspecteurs et autres partenaires de l’Education qui sollicitaient une audience.

La question nous avait d’autant plus préoccupé que pendant que le Ministre Nagou s’enfermait dans son bureau, des problèmes qui auraient pu trouver des solutions s’accumulaient et se compliquaient sur le terrain. Ainsi par exemple, les 05 et 06 février dernier, une grève a paralysé le secteur de l’Education nationale au Togo. Cette grève aurait pu être évitée si le Ministre Yves Madow Nagou avait écouté et dialogué avec les syndicats des enseignants. Quelques jours plus tard, ce sont les agents de la LIMUSCO qui avaient organisé un sit-in.

Ces deux mouvements montrent à suffisance le ras-le-bol des travailleurs relevant du département ministériel dirigé par M. Yves Madow Nagou.

Dans un autre registre, des informations recueillies de plusieurs sources et recoupées à plusieurs niveaux font état d’une gestion scabreuse des projets. On cite en exemple le projet BID-Education II, concernant la construction de plusieurs salles de classe, de blocs pédagogiques et de sanitaires au Togo. Ce projet qui devrait être financé par la Banque Islamique de Développement traîne les pas jusqu’à ce jour, tout simplement parce que le traitement des avis d’appel d’offre et l’attribution des marchés ne répondaient à aucune orthodoxie. Face à cette situation, le bailleur de fonds a préféré se rétracter et demander la reprise du processus.

Le limogeage de Yves Madow Nagou est à saluer à plus d’un titre. En décidant de le remercier, Faure Gnassingbé a sauvé l’avenir des élèves que cet homme, par son entêtement conduisait à la perdition. En effet, l’homme serait, selon nos informations, en train de faire une gestion dangereuse et nuisible du dossier concernant l’uniformisation du BAC II dans les pays membres de l’UEMOA.

Il n’est un secret pour personne que dans le cadre de l’intégration sous-régionale, un processus a été enclenché et qui devait aboutir à l’uniformisation des programmes scolaires dans la zone UEMOA où le Baccalauréat serait alors un examen identique dans tous les pays membres.

Le Togo, pays membre de l’UEMOA devait donc revoir son programme lourd par rapport à celui des autres pays afin de se mettre au goût du temps. Malheureusement, le Ministre Nagou qui n’en faisait qu’à sa tête s’était opposé à toute réforme. Le programme d’enseignement était maintenu en l’état, alors que le temps imparti était insuffisant pour épuiser le programme. La seule concession qu’il acceptait après s’être rendu compte que le Togo ne pouvait pas intégrer le BAC sous-régional était de faire composer les candidats togolais au mois de juin, en même temps que leurs collègues des autres pays membres de l’UEMOA. Une option pour le moins farfelue si l’on sait que le temps dont disposent les enseignants ne leur permet pas d’épuiser leur programme.

En définitive, tout se passait comme si le Ministre Nagou avait tout simplement décidé de s’amuser avec l’avenir des élèves dans notre pays. C’est pourquoi, pour nous, son éviction est salutaire à plus d’un titre.

Aujourd’hui, nous sommes rassurés parce que le remplaçant de Yves Madow Nagou est un Inspecteur de l’Education Nationale. Il serait un homme de qualité selon nos informations. De par son parcours, il est indéniablement celui qu’il faut à la place qu’il faut, car il maîtrise son sujet. Nous attendons de le voir à l’œuvre pour apprécier. Nous lui souhaitons bonne chance, en espérant qu’il fera mieux que son prédécesseur.

C.P.

Qui est M. Sambiani Sankardja Laré ?

M. Sambiani Sankardja Laré est né le 8 juin 1951 à Mango dans le préfecture de l’Oti. Après ses études primaires et secondaires à l’Ecole primaire Centrale de Dapaong et au lycée de Tokoin à Lomé où il obtient son BAC II en 1974, il entre à l’Université du Bénin (actuelle Université de Lomé) à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLESH). Il en sort en 1977, nanti d’une licence de lettres modernes, du premier certificat de maîtrise de linguistique (C1) et d’un certificat de psychopédagogie.

Il poursuit ensuite ses études à l’Ecole normale Supérieure (ENS) de St Cloud en France où il obtint un diplôme d’inspecteur de l’enseignement du troisième degré en 1987. Il reçoit aussi une formation au siège de l’UNESCO à Paris aux tâches de secrétariat général de la commission nationale pour l’UNESCO.

M. Sambiani Sankardja Laré a occupé plusieurs fonctions administratives notamment professeur de français au collège Chaminade de Kara, inspecteur de français de la Région maritime, chef d’inspection des Régions Centrale, de la Kara et des Savanes et secrétaire général de la commission nationale togolaise pour l’UNESCO.

M. Sambiani Sankardja Laré a été secrétaire permanent du CREAA de décembre 2006 à juillet 2008.

M. Sambiani Sankardja Laré est marié et père de famille.


Les bons et les mauvais Libanais : Lutte contre les trafics illicites de toutes sortes au Togo

Depuis quelque temps, le Ministre de la Sécurité, le Colonel TITIKPINA épaulé par le Commandant MASSINA donne l’impression de vouloir éradiquer sur la terre de nos aïeux, les trafics illicites de toutes sortes à savoir, le trafic de la drogue, le trafic des faux billets, le blanchiment de l’argent sale etc. Pour atteindre cet objectif, il a naturellement ciblé les Libanais résidant au Togo, réputés les plus grands trafiquants ici, dans la sous-région et ailleurs.

Les saisies d’importantes sommes d’argent qui se chiffrent à des millions de dollars dans des conditions parfois illégales sont là pour témoigner que ce duo infernal ne recule devant rien pour soi disant, parvenir à ses fins.

Malheureusement, là où le bât blesse, c’est que cette lutte ne se fait pas de façon rigoureuse. Au regard des informations en notre possession, on est porté à croire qu’en définitive, au Togo, les autorités compétentes en matière de sécurité fonctionnent sur une base de deux poids, deux mesures.

En effet, on ne comprend pas pourquoi par exemple, on peut expulser manu militari d’autres Libanais dans des conditions arbitraires tout en s’accommodant d’un Libanais comme Mahmoud ERMITI, un homme qui avait introduit deux containers de faux billets au Togo. A l’époque, il a été inculpé et a fait l’objet d’un mandat d’arrêt, mais il avait réussi à s’échapper du territoire national grâce à la complicité du Commandant MASSINA. On ne comprend pas pourquoi cet homme puisse revenir vivre dans notre pays comme si de rien n’était, après quelques années d’éclipse sans subir la rigueur de la Justice.

Au jour d’aujourd’hui, si  nos informations sont exactes, cet homme continue à être l’ami des hautes autorités de la sécurité togolaise et se permet de narguer qui il veut en se comportant comme en territoire conquis.

Il est assez dangereux et dommageable que certains Libanais, trafiquants, aient pignon sur rue parce que bénéficiant de la complicité active ou passive de certains chefs des services de sécurité tandis que d’autres sont injustement traqués, simplement parce que l’on veut faire croire à l’opinion qu’on fait du bon travail.

La lutte contre le banditisme, certes, peut être multiforme, mais elle doit être globale et ne doit laisser aucun trafiquant jouir de l’impunité. La lutte contre les trafics illicites de toutes sortes constitue un enjeu démocratique parce que les trafiquants qui gagnent de l’argent facile sont ceux-là qui disposent de gros moyens pour corrompre et les magistrats, les officiers et les policiers, bref tous ceux qui ont un pan de pouvoir dans un pays.

Le fait n’est pas une originalité togolaise. Un peu partout en Afrique et dans le monde, le scénario est le même. La lutte contre le grand banditisme peine à aboutir à des résultats tangibles parce que parmi ceux qui sont appelés à la mener, il y en a toujours qui sont de connivence avec les bandits.

Pour notre part, notre objectif n’est pas de nous en prendre à tel ou tel responsable de la sécurité au Togo. Nous sommes guidés par les faits, rien que les faits et nous avertissons que nous ne nous laisserons pas intimider par ceux qui croient qu’il faut se taire lorsqu’ils violent les lois de la République.

C.P.


Palabre en duo

Elavagnon : Tu sais, quand je dis que je suis inquiet, tu crois que j’exagère. Et pourtant, chaque jour que le bon Dieu fait, il se passe dans ce pays des choses qui me confortent dans le sentiment que j’ai raison. L’autre fois, il s’est produit un fait très grave.

Agbévivi : Que s’est-il passé ?

Elavagnon : Le Ministre Titikpina a fait interpeller le Directeur de la Rédaction du Combat du Peuple. C’est une chose qui m’a beaucoup révolté.

Agbévivi : Qu’y a-t-il de révoltant dans cette affaire ? Dans tous les pays, on interpelle et on arrête même les journalistes. Ce n’est pas ici que ça va commencer. Et puis, nous ne devons pas considérer les journalistes comme des gens qui sont au-dessus de la loi.

Elavagnon : Tu n’as rien compris du tout. Personne ne considère les journalistes comme des gens au-dessus de la loi. C’est plutôt le Ministre qui s’est comporté comme quelqu’un qui est au dessus de la loi. Car, justement, la loi interdit l’interpellation des journalistes. Nous avons un code dépénalisé. La vérité, c’est que Titikpina n’a aucun respect pour la République. Il se croit tout permis. C’est quelqu’un qui viole la loi. Et à cet égard, je crois qu’il est un véritable danger pour notre pays.

Agbévivi : je ne sais pas pourquoi tu t’agites tant. Lorsqu’un problème se pose, nous devons éviter de tirer des conclusions hâtives. Il faut écouter les deux parties. Le Ministre doit avoir de sérieuses raisons pour faire ce qu’il a fait. Pour connaître ces raisons, il faut d’abord lire ce que le journaliste a écrit.

Elavagnon : Tu n’y es pas du tout. Il y a dans notre pays, des lois. Il faut simplement les respecter. C’est tout. La loi dit qu’on ne peut pas interpeller un journaliste pour ses écrits. Elle ne dit pas qu’on peut arrêter un journaliste si ce qu’il écrit est grave ou non. Moi je ne demande pas une faveur au Ministre. Je constate qu’il y a des lois. Tout ce qu’il a à faire, c’est de les respecter. En refusant de le faire, il se pose en hors-la-loi. C’est vraiment dommage. Mes inquiétudes sont fondées parce que lorsque dans un pays, les ministres se permettent de violer la loi, il n’y a pas de sécurité pour le peuple.

Agbévivi : Tu sais, nous ne devons rien exagérer. Et je crois que tu exagères un peu. Moi je n’ai jamais été d’accord avec votre code là. C’est une loi qui autorise toutes les dérives aux journalistes.

Elavagnon : Ce que tu dis n’est pas vrai. Tu sais, quand on parle de dépénalisation, il faut savoir relativiser. Il s’agit des peines privatives de liberté. La loi n’autorise pas qu’on arrête un journaliste, qu’on le détienne ou qu’on le jette en prison. Par contre, le journaliste n’est pas libre de faire tout ce qu’il veut. La loi prévoit des sanctions. Il y a des amendes qu’on peut lui infliger. Moi je crois au contraire que le Code de la presse, tel qu’il est aujourd’hui vise à responsabiliser les journalistes. Titikpina est en train de foutre la politique du Président en l’air. Ce que je ne comprends pas, c’est le fait que le Président se taise sur ses dérives.

Agbévivi : Je vais te dire une chose. Le Président sait tout ce qu’il fait. Il sait quand prendre une décision ou une autre. Si le Ministre Titikpina fait du tort au pays comme tu le dis, il n’y a pas de raison pour que le Chef de l’Etat ne prenne pas les mesures qui s’imposent. Je ne sais pas si tu as suivi les informations ces derniers jours. Mais le Président a limogé le Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire. Ce limogeage a apporté la preuve que le Président sait toujours ce qu’il fait.

Elavagnon : C’est vrai que ce Ministre en faisait trop. Il crée trop de problèmes au gouvernement. Le Président a décidé de dispenser les parents d’élèves du paiement de l’écolage à l’école primaire et préscolaire. Mais dans l’Education Nationale, il y a trop de problèmes parce que le Ministre était trop renfermé.

Agbévivi : Le plus important pour moi, c’est qu’il ait été limogé. Cette décision du Président vient apporter un démenti à  ceux qui disent que le Président s’est entouré d’amis qui font tout sans qu’il puisse lever le petit doigt.

Elavagnon : Si le Président est décidé à faire le ménage, alors qu’il le fasse. Qu’il poursuive sa logique pour se débarrasser des gens comme Titikpina. Parce que, avec quelqu’un comme cet homme, nous ne sommes pas en sécurité dans notre pays. Les lois sont faites pour être respectées. Quand c’est un Ministre qui se permet de la violer, c’est grave. Il n’est pas normal que quelqu’un profite de sa position pour faire du n’importe quoi. Dans cette affaire, Titikpina a voulu se venger. Il a voulu régler des comptes à un journaliste dont les écrits ne lui plaisent pas.

Agbévivi : Il faut que les journalistes aussi fassent preuve de modération. Et puis c’est vrai qu’ils doivent savoir ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire dans l’intérêt du pays.

Elavagnon : Tu ne sais pas de quoi tu parles. Ce que je sais, c’est que le journaliste ne doit pas faire de l’auto-censure. Le Ministre Titikpina est en pleine dérive. Je ne vois pas en quoi le dénoncer peut gêner notre pays. Je pense au contraire que tous ses actes doivent être dénoncés. C’est ça le travail du journaliste. Qu’on laisse la presse faire son travail et la République ne s’en portera que mieux.


Sortie victorieuse togolaise à Accra : Les Lions indomptables du Cameroun domptés par les Eperviers du Togo
Samedi dernier, le Togo a disputé contre le Cameroun, un match dans le cadre de la qualification pour les phases finales de la CAN/Mondiale 2010. A l’issue du temps réglementaire, les Eperviers du Togo ont battu les Lions Indomptables du Cameroun qui avaient pourtant aligné tous leurs cadres, par un score de 1 but 0.

Notre pays a ainsi créé la surprise parce que très peu d’observateurs pronostiquaient en faveur du Togo, un pays dont le football a connu ces dernières années, des difficultés essentiellement dues aux problèmes d’hommes qui minaient la Fédération.

C’est dans la joie et l’euphorie collective que cette victoire a été saluée au Togo. On peut dire, au regard de l’issue heureuse du match, que le nouvel entraîneur belge des Eperviers, M. Jean THIESSEN a démarré sous de bons hospices. Mais il est vrai que nous sommes en football ou rien n’est gagné d’avance. Il faut donc savoir raison garder, faire preuve d’objectivité et de retenue car le Togo joue dans une poule très difficile que certains ont même qualifiée de « Poule de la mort ».

A cœur vaillant rien d’impossible, dit-on. La victoire des Eperviers sur les Lions Indomptable apporte la preuve que les Togolais peuvent réussir de belles choses pour peu qu’ils y mettent de la volonté.

Pour le reste du parcours, les Togolais doivent se retrousser les manches et se préparer davantage.

Nous n’avons pas de conseil à donner. Mais nous lançons un appel aux joueurs qui devront redoubler de vigilance et faire montre d’humilité, de rigueur, de discipline et surtout de sérieux aux entraînements.

Quant aux dirigeants et principalement au Président de la FTF, le Col Rock GNASSINGBE, nous en appelons à son sens de raison. Il a l’obligation et le devoir de créer au sein de l’instance dirigeante de notre sport roi, une atmosphère de sérénité et de confiance susceptible de permettre à tous, joueurs, entraîneurs et autres, de faire correctement le travail. Il doit veiller à ce que tout se déroule dans l’ordre afin qu’il ne nous soit pas donné de revivre le psychodrame de 2006 de Wangen. Des mesures incitatives et de motivation doivent être prises pour mobiliser les joueurs. Et les engagements pris doivent être respectés.

Le sport et surtout le football est aujourd’hui ce qui, plus que tout, unit les Togolais. Il doit donc être géré dans l’intérêt de tous.

« Le Combat du Peuple » se félicite comme tous les patriotes de la victoire togolaise. Les Eperviers du Togo ont réussi le tour de force de dompter des Lions pourtant réputés indomptables. Chapeau ! Mais nous savons que beaucoup de chemin reste à faire. Cependant, pour avoir pris un bon départ, nous avons des raisons d’espérer. Nous souhaitons bonne chance au football togolais.

C.P.

Le Combat du Peuple N° 645 du 23 mars 2009
Le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais
Suite à la publication de l'article "Le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais", le directeur de l'hebdomadaire "Le Combat du Peuple" et doyen des journalistes du Togo, Monsieur Lucien Mensan, a été interpelé le mardi 24 mars . Il a passé 4 heures dans les bureaux du directeur de la police judiciaire avant d'être relaché.

Le Colonel Atcha Titikpina qu’on ne présente plus, a initié tout récemment, face à la recrudescence de l’insécurité au Togo, des journées portes ouvertes sur les forces de sécurité togolaises. Il nous a alors été donné de dénoncer, ce qui, pour nous, n’était qu’une opération poudre aux yeux, parce que ne permettant pas de combattre efficacement le mal qui nous ronge.

Nous savons par ailleurs que le Ministre Titikpina, symbole de la médiocrité au pouvoir, aime faire de la diversion pour tromper l’opinion. Car, lorsque de nombreux véhicules de Police en bon état sont garés et soigneusement rangés dans la cour de la Direction Générale de la Police Nationale à cause de manque de carburant et qu’on vient nous parler des moyens déployés etc. pour enrayer le banditisme, on comprend que le Ministre lui-même ne se prend pas au sérieux dans le combat qu’il prétend mener

Par ailleurs, de plus en plus d’informations font état de ce que l’insécurité au Togo n’est pas seulement le fait de bandits civils. Il y aurait parmi les gangsters et brigands qui volent, violent et tuent dans nos villes et nos campagnes, des hommes appartenant aux forces de sécurité. Curieusement, aucune source officielle n’en fait cas.

Pour nous, lorsque des éléments des forces de sécurité sont impliqués dans des attaques à mains armées et que le Ministre Titikpina fait l’impasse sur une information de cette importance, il se rend coupable d’une forme de complicité passive.

Le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais, car ils ont besoin de savoir ce qui se fait pour eux. C’est seulement à ce titre qu’ils pourront facilement apporter leur contribution dans la lutte contre l’insécurité au Togo. Il s’agit-là, d’une vérité que le Colonel Titikpina ne doit jamais perdre de vue.

C.P.


Togo, un Etat de non-droit : Le Colonel TITIKPINA et le Commandant MASSINA symboles de gangstérisme d’Etat : Le nommé Mehanna HOUSSAM kidnappé et expulsé du Togo en toute illégalité

Si demain, Amnesty International publie un rapport sur le Togo et dénonce des violations flagrantes des droits de l’homme, personne ne doit s’en offusquer. Le Colonel Titikpina Atcha Mohamed, Ministre de la Sécurité et son comparse le Commandant Massina, Directeur de l’Agence Nationale de Renseignement qui se comportent comme deux hors la loi de la République en seront la cause, parce qu’ils passent leur temps à violer allègrement le droit des citoyens togolais et des étrangers vivant sur le sol togolais. Ils sont devenus les symboles d’un gangstérisme d’Etat qui ne dit pas son nom. Ces deux violateurs des droits humains bénéficieraient malheureusement de la confiance totale du Chef de l’Etat, M. Faure Gnassingbé qui prendrait tout ce qu’ils lui disent comme parole d’Evangile. Si rien n’est fait pour les ramener à la raison, ils finiront devant la CPI parce que des Togolais s’organiseront pour déposer plainte contre eux lorsque la preuve sera établie que les Tribunaux togolais sont impuissants face à leurs dérives.

Le dimanche 15 mars 2009, un événement qui fait la honte de la République a eu lieu. Il s’agit ni plus, ni moins du kidnapping et de l’expulsion du territoire togolais d’un ressortissant Libanais, le nommé Mehanna Houssam – employé à la société MARCO Sarl. Marco Sarl est une société qui assure le transport des véhicules d’occasion importés au Togo.

Les faits :

Le dimanche 15 mars 2009, vers 15 heures le sieur Mehanna Houssam à bord de son véhicule 4 x 4 immatriculé TG- 7793 –AG conduit par son chauffeur, M. Anifrani Kokou Alexis, a fait un aller et retour rapide Lomé - Cotonou – Lomé pour déposer son frère venu du Bénin lui rendre visite à Lomé.

A l’aller, tout s’était bien passé. L’enregistrement à la Police et toutes les formalités se sont déroulés sans anicroche.

Au retour, d’après nos informations, une fois sur le territoire togolais, venant de Cotonou, M. Mehanna Houssam a été kidnappé par les éléments du Commandant Massina agissant sous la direction d’un certain Lt Pali. Ces éléments de l’Agence Nationale de Renseignement, de véritables hors la loi, ont arrêté et le sieur Houssam et son chauffeur sans aucune explication et les ont conduits manu militari de la frontière Sanvee Condji au siège de l’ANR à Lomé II. Le parcours  Sanvee Condji – Lomé a été pour le sieur HOUSSAM, un enfer. La menotte qu’on lui a passée aux poignets a été délibérément serrée au plus près pour faire mal. Les injures et les menaces pleuvaient. Chaque fois que le pauvre HOUSSAM fait allusion à ses droits, le Lieutenant lui répond inlassablement «je m’en fous ». C’était la peur chez la victime parce qu’il craignait pour sa vie. Jusqu’au lendemain où il fut conduit à son domicile pour une perquisition de pure forme, personne ne savait où HOUSSAM se trouvait. La panique était générale. On téléphonait partout. 

Une fois au siège de leur service, le sieur Houssam a été soumis à des harcèlements de tout genre. On lui demandait inlassablement quels sont ses liens ou relations avec le nommé Chmeissani Toufic Hamad, également Libanais, celui-là même qui transportait la somme de (595.000 dollars et douze mille euros) et qui avait été arrêté à l’aéroport de Lomé avec Baaklini Farès un second qui transportait 680.000 dollars, soit un total de 1.275.000 dollars et 12.000 euro.

Rappelons :

1°/ Qu’au moment de ces arrestations, le sieur Houssam qui vit à Lomé, s’était présenté à l’Office Central de Répression du Trafic illicite des Drogues et du Blanchiment pour déclarer que c’est lui qui a confié à son compatriote Baaklini Farès la somme de 590.000 dollars (voir en encadré P. 5, le procès-verbal d’audition de témoin N° 084 du 18 novembre 2008).

2°/ Que le sieur Houssam, qui fait office de gérant de la société Marco à Lomé et qui réside à la résidence du Bénin, face au Super Marché Ramco, avait prouvé l’origine de l’argent (voir PV N° 084, P. 5).

3°/ Que le sieur Chmeissani Toufic, le second transporteur a été déjà arbitrairement expulsé du Togo par arrêté du Ministre de la Sécurité pour les mêmes motifs. Alors que tout le dossier était et reste encore pendant devant le procureur de la République à qui ils ont été présentés c’est-à-dire déférés.

4°/ Que les sieurs Chmeissani et Baaklini ont été remis en liberté par le Procureur de la  République parce qu’ils avaient régulièrement rempli à la Douane les formalités de la déclaration, en bonne et due  forme, des sommes transportées et que récépissés leur avaient été délivrés.

Ainsi donc M. Houssam et son chauffeur, ont été gardés à vue au siège de l’ANR où ils ont passé la nuit du dimanche à lundi 16 en plein air sous la bonne garde de 4 éléments de l’ANR qui les tenaient en joue avec leurs fusils d’assaut. Pendant la journée de lundi, la comédie s’est poursuivie. L’interrogatoire était sans objet. On harcelait, on menaçait le prévenu pour amuser la galerie. Une torture morale dont seuls les tortionnaires professionnels ont le secret. On revenait à la charge pour demander à M. Houssam ses liens avec Toufic Chmeissani parce que en définitive, on ne lui reprochait rien. On lui reprochait de vouloir se faire restituer son argent saisi abusivement. Le mardi matin très tôt vers 5 heures, M. Houssam qui avait passé cette seconde nuit en cellule, fut réveillé et embarqué manu militari et déposé à Sanvee Condji, côté Bénin. L’arrêté d’expulsion N°0057 du 16 mars 2009, signé par le Ministre de la Sécurité et qui a été remis aux autorités policières béninoises (voir fac similé ci-contre) n’a pas été notifié préalablement à l’intéressé.

Dans quel pays de droit procède-t-on à ces genres d’arrestations et d’expulsions ? Le prévenu aurait pu être interpellé à son domicile ou à son bureau. On préfère l’enlever un dimanche alors qu’il rentrait de voyage pour qu’il n’ait pas la latitude de se défendre. Il faut noter que toutes les deux expulsions (celles de Chmeissani et de HOUSSAM) ont été faites au moment où le Président Faure était absent du territoire national. La 1ère fois il était en Italie et cette fois, il se trouvait à Ouagadougou.

Le chauffeur, quant à lui, a connu l’enfer. Il a été torturé avant d’être libéré le mardi 17 en fin d’après midi au motif qu’il n’a pas collaboré. Des coups de pieds lui ont été assénés par les chiens de garde du Lt Pali qui s’en donnaient à cœur joie.

Au regard de ces faits, il faut retenir que les sommes transportées légalement et dont l’origine a été prouvée ne sont pas le produit de la drogue ni destinées au blanchiment. Autrement, il fallait confier le dossier aux Tribunaux qui aviseront.

D’ailleurs les prévenus ont recouru à un Avocat, Me Kossi Hounaké-Akakpo qui avait saisi le Procureur de la République par lettre en date du 24 novembre (voir fac similé, P. 5).

Il faut noter que les trafiquants et autres spécialistes de blanchiment n’ont pas pour démarche de saisir les Tribunaux et d’exiger la restitution de leurs fonds.

Par ailleurs, l’expulsion de l’un des transporteurs des fonds, l’autre ayant déjà quitté le Togo et l’expulsion du propriétaire d’une partie du fonds au motif qu’ils exercent des activités illicites de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte à la Sécurité nationale est un arbitraire criard, une injustice scandaleuse, un alibi fourre tout qui ne saurait se justifier au regard de la loi. Le Ministre de la Sécurité en fait trop. Cet officier supérieur, un nostalgique d’une époque révolue est un fervent partisan de l’ordre ancien.

Le Ministre de la Sécurité ne saurait se substituer à la Justice et s’ériger en Juge. Le Togo a une Justice. Lorsque le Ministre de la Sécurité constate que le Sécurité Nationale est menacée, la moindre des choses c’est de saisir la Justice qui seule peut qualifier le délit ou le crime et prendre une décision de justice. C’est ce qu’on appelle un Etat de droit.

Ce dossier de saisie des 1.275.000 dollars est très très mal géré du début jusqu’au jour aujourd’hui par le Ministre de la Sécurité et son comparse MassinA, le Fantômas, l’homme sans visage qui agit dans l’ombre et toujours en marge de la loi. Tout ce qui a été fait dans ce dossier viole la loi. Tout ce qui a été fait dans ce dossier prouve que les Togolais ne sont pas en sécurité chez eux. Tout peut leur arriver et à tout moment. Le comportement du Ministre de la Sécurité et de MASSINA sème la terreur au Togo. Les gens ont peur. Il faut le dire et le crier haut. Et pour cause. Les crimes et autres injustices du col. Djoua  de sinistre mémoire hantent encore les esprits.

L’arrestation et l’expulsion illégales des propriétaires de l’argent, c’est-à-dire ceux qui se battent pour la restitution est une honte nationale. Dans un Etat de droit, les formes, au moins, doivent être respectées.

En s’accaparant illégalement de l’argent de tiers et en s’appuyant sur des alibis farfelus pour les expulser du Togo, le Colonel Titikpina, avec ou sans la complicité de Faure Gnassingbé a franchi le Rubicond.

D’après nos informations, le Président de la République ne vit et ne respire que par ces deux violateurs impénitents de la loi. Nous n’avons rien contre cette situation. Le Président seul connaît les raisons pour lesquelles il fait confiance à ce duo infernal qui use et abuse  de leurs prérogatives en mentant et en violant les lois de la République.

Nous lançons un défi. Si on veut bâtir un Etat de droit, si on veut bâtir un Togo apaisé où les droits des citoyens seront respectés, le Président doit maîtriser l’ardeur belliqueuse de ses deux cerbères. S’il ne le fait pas assez rapidement, il ira au devant des déconvenues graves parce que les Togolais ont assez des excès de pouvoir.

Le Président Faure Gnassingbé peut garder Titikpina et Massina à leurs postes encore pendant 6 ans s’il est réélu  en 2010. Une chose est sûre, le résultat final sera catastrophique.  C’est un pari que nous faisons. Car on ne peut vouloir une chose et son contraire à la fois. On ne peut pas bâtir un Etat de droit en s’accommodant des officiers sans foi ni loi.

Nous y reviendrons dans nos prochaines livraisons.

Rodrigue


Quand la vérité se met en route : Tribalisme au Togo, parlons-en : D’un tribalisme à l’autre

Le tribalisme ou l’ethnicisme est un phénomène existentiel. Au Togo, l’ethnicisme ou la discrimination est né des antagonismes issus du combat des Togolais contre le colonialisme.

Après le référendum de 1958, les nationalistes qui ont gagné les élections n’ont pas su prendre de la hauteur et surtout faire preuve de tolérance pour tourner la page douloureuse de la lutte pour l’indépendance en vue de créer la cohésion nationale. Les dirigeants du CUT incarnés par une bourgeoisie « compradore » intolérante ont considéré que nos frères du Nord et majoritairement les Kabyè étaient les partisans des formations politiques proches du colonisateur (PTP et UCPN). Et par conséquent, il a été décidé de leur en faire payer le prix.

C’est ainsi que, dès la formation du premier gouvernement, la volonté délibérée d’exclusion était manifeste.

A titre d’exemple, le premier gouvernement de Sylvanus Olympio était composé de 5 Ministres Ewé, tous originaires de la Région Maritime, 1 de la Région des Plateaux, 0 de la Région Centrale, 0 de la Région de la Kara et 0 de la Région des Savanes.

Le deuxième gouvernement de Sylvanus Olympio comptait en son sein 5 Ministres originaires de la Région Maritime, 1 de la Région des Plateaux, 0 de la Région Centrale, 0 de la Région de la Kara et 2 de la Région des Savanes.

Le troisième gouvernement Olympio était composé de 5 Ministres de la Région Maritime, 3 de la Région des Plateaux, 0 de la Région Centrale, 0 de la Région de la Kara et 2 de la Région des Savanes.

Nous irons plus loin pour dire que, à l’époque, tous les trois Ambassadeurs nommés pour représenter le Togo à l’extérieur étaient originaires de la Région Maritime, à savoir 2 d’Aného et 1 de Tové.

Sur l’ensemble des Directeurs de Cabinet, 8 étaient de la Région Maritime, 3 de la Région des Plateaux, 1 de la Région Centrale, 0 de la Région de la Kara et 0 de la Région des Savanes.

Il est donc clair, dans ces conditions et au vu de ces chiffres, que la discrimination, sœur jumelle du tribalisme et du régionalisme était déjà une réalité palpable au Togo. Mais à l’époque, personne ne trouvait à redire. Tous les cadres et élites du Sud se sont accommodés de cette situation somme toute cruelle. Or, depuis ce temps, le ver était déjà dans le fruit

En 1963, l’assassinat de Sylvanus Olympio a sonné le glas à cette répartition déséquilibrée. On a alors pensé à un rééquilibrage. Les auteurs du coup d’Etat avaient alors évoqué l’imminence de guerre civile sans entrer dans les détails.

Le premier gouvernement de Nicolas Grunitzky était formé de 3 Ministres originaires de la Région Maritime, 2 de la Région des Plateaux, 0 de la Région Centrale, 2 de la Région de la Kara et 1 de la Région des Savanes.

Le deuxième gouvernement était composé de 5 Ministres issus de la Région Maritime, 2 de la Région des Plateaux, 2 de la Région Centrale 3 de la Région de la Kara, 1 de la Région des Savanes.

Avec l’arrivée au pouvoir du Lieutenant Colonel Eyadéma le 14 Avril 1967, le premier gouvernement formé était composé de 2 Ministres originaires des la Région Maritime, 2 de la Région des Plateaux, 3 de la Région Centrale 4 de la Région de la Kara et 1 de la Région des Savanes.

En 1978, le gouvernement toujours formé par le Président Eyadéma comptait en sein, 4 Ministres originaires de la Région Maritime, 4 de la Région des Plateaux, 2 de la Région Centrale, 1 de Pagouda, 5 de Kara et 1 de Pya.

C’est le lieu de dire que, Eyadéma qui était d’origine modeste, qui a été enrôlé pour la guerre et qui, après son retour, a connu les difficultés de la vie, a été l’un des Présidents de la République togolaise le plus proche du peuple parce qu’il partageait avec le bas peuple, des expériences similaires de pauvreté. Eyadéma avait donc à cœur, de développer le Togo dans son ensemble, de gouverner le Togo avec tous ses fils, d’où qu’ils viennent en faisant appel à toutes les compétences. C’est ainsi qu’à ses débuts, il avait presque réussi une véritable réconciliation nationale. Le RPT créé en 1969 était véritablement un creuset national au sein duquel, les problèmes d’ethnicisme, de tribalisme et de régionalisme ne se posaient pas en termes réels ou d’acuité.

Malheureusement, petit à petit, pour des raisons évidentes, les démons du tribalisme voire du régionalisme ont refait surface et le choc des intérêts particuliers a, au fil du temps, creusé un fossé entre les fils d’un même pays. Le pire, c’est que certains intellectuels du Nord, parmi lesquels le Prof. Wen’Saa Ogma Yagla qui occupaient une place de choix, ont inventé le concept du rééquilibrage Nord – Sud. Le livre qu’il a écrit « L’édification de la Nation togolaise » en est une illustration irréfutable.

Cette idée de rééquilibrage Nord – Sud a fait son chemin. De fil en aiguille, on a soutenu et défendu que nos frères du Nord étaient des damnés et qu’il fallait absolument supprimer cette injustice en les récompensant à tous les coups. On parlait de la supposée supériorité des gens du Sud et un complexe d’infériorité s’était développé au sein des différents groupes du Nord. C’est ainsi que des gens se sont organisés pour partir à la conquête du pays en se servant de l’Etat comme tremplin.

Le soulèvement populaire du 05 Octobre 1990 et la Conférence Nationale Souveraine ont malheureusement servi de catalyseur et ont accéléré le mouvement. Les revanchards du Nord se sont organisés et ont tout investi pour que le Togo devienne leur trophée de chasse.

A ce niveau, il convient de rappeler que, jusqu’en 1990, en dépit des tendances des faucons du Nord à tout prendre, Eyadema a toujours su mettre du bémol. Il a géré le Togo dans un équilibre géopolitique remarquable. Il a toujours su corriger les dérives et il a souvent privilégié les compétences surtout en ce qui concerne les nominations à des postes importants.

Mais, à partir de 1992, avec le traumatisme de la Conférence nationale Souveraine et de la Grève Générale Illimitée, Eyadema a lâché la bride et la tendance à la tribalisation s’est dangereusement accentuée.

Lorsqu’on parle de tribalisme ou d’ethnicisme dans un pays, il faut mener une réflexion objective et dépassionnée sur le sujet.

Il y a ceux qui pensent que lorsqu’on parle de tribalisme au Togo, c’est l’ethnie Kabyè qui est visée et ils crient au danger.

Il y a ceux qui croient que lorsqu’un journaliste dénonce la tendance à la tribalisation à outrance dans notre pays, ce journaliste est tribaliste et fait appel à la haine tribale.

A ceux-là, nous répondons qu’ils confondent vitesse et précipitation. Un confrère a titré : « Montée du tribalisme, attention danger. Le malheur d’être Kabyè au Togo ». Soyons sérieux. Evitons l’amalgame et la dramatisation. A celui-là, nous répondons que le débat autour du tribalisme au Togo ne doit pas se poser en ces termes, car au jour d’aujourd’hui, face aux réalités du terrain, il serait plus vrai de dire « le bonheur d’être Kabyè au Togo ». Et pour cause. Dans notre pays, qu’on le veuille ou non, le rapport des forces est en faveur de nos frères Kabyè au pouvoir.

Mais attention. Là-bas aussi, il ne faut rien généraliser. Il suffit de faire un tour en pays Kabyè pour constater le train de vie du paysan Kabyè et de tous nos autres frères du Nord avant de tirer une conclusion.

Le fait tribal n’est pas Kabyè. Ce n’est pas les Kabyè qui sont les tribalistes. En tout cas, 80% d’entre eux n’en sont pas bénéficiaires. Au contraire. Le paysan Kabyè est plus pauvre que le paysan du Sud. Ses conditions de vie sont plus pénibles à cause d’un environnement hostile qu’il doit combattre au quotidien.

Lorsqu’on parle de tribalisation, il faut comprendre qu’elle n’est que l’œuvre d’un groupe de personnes qu’on appelle les tribalistes et qui sont prêts à tout pour mettre la main sur tout, étendre leurs privilèges partout pour devenir ainsi, les maîtres du pays. Pour être clair et explicite, il faut préciser qu’il existe au sein des élites Kabyè (Militaires, commerçants, fonctionnaires, politiques ou autres) un noyau dur composé de tribalistes tout comme les génocidaires du Rwanda. Ces tribalistes, minoritaires mais puissants, sont décidés de tout prendre quitte à en découdre éventuellement avec les autres Togolais parce qu’ils ont des privilèges à défendre. Ces hommes pensent que dans le passé, l’ethnie Kabyè a été discriminée et humiliée et ils font tout pour prendre leur revanche. C’est justement à ceux qui développent de telles idées que nous nous adressons. Il ne faut pas faire la confusion entre les tribalistes et les Kabyè en général. Nous invitons tous les tribalistes à cultiver l’esprit de tolérance et de partage. Autrement, tôt ou tard, à moyen ou à long terme, la rupture sera au rendez-vous et c’est tout le peuple togolais qui en pâtira.

Il faut reconnaître que ces tribalistes sont généralement des égoïstes intransigeants, intolérants et dangereux, qui mettent toujours la cohésion nationale en péril.

On a voulu compenser la discrimination des débuts des années d’indépendance par une autre discrimination comme si la faute de l’autre justifie l’erreur de soi. Ceux qui ont choisi cette orientation ont fait fausse route. Et encore ! La discrimination dont ils tirent prétexte n’a prévalu que pendant deux ou trois ans. Celle qu’on constate aujourd’hui, dure depuis plus de 40 ans.

Aujourd’hui, nous parlons de la tendance à la tribalisation. Même s’il faut reconnaître que le phénomène devient galopant, nous ne voulons pas aller dans les statistiques parce qu’il ne sert à rein de jeter de l’huile sur le feu. Le Togo notre pays est un et indivisible. Tous les citoyens togolais, quelle que soit leur origine ethnique, aspirent à vivre ensemble en toute équité, avec les mêmes droits et devoirs sur la terre de nos aïeux. Le Kabyè, le Bassar, le Kotocoli, l’Ewé ou le Mina ne demande que ça.

Mais, il y a une évidence qu’il ne faut pas nier. Les tribalistes sont aux aguets et pour eux, même si le Togo doit devenir une République des Kabyè, cela ne les gène guère. Ils sont prêts à tout pour atteindre cet objectif.

Alors, doit-on incriminer les Kabyè ? La réponse est NON. Nous devons savoir raison garder. Mais nous en appelons aux tribalistes Kabyè qui croient qu’on ne les connaît pas. Ils n’ont qu’à faire preuve de sagesse pour ne pas mettre l’avenir du pays en danger. Il s’agit d’une nécessité nationale.

Lorsque Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir en 2005, sans rien dire, il a voulu renouveler la classe politique dirigeante. C’est ainsi qu’il a nommé des jeunes un peu partout. Malheureusement pour lui, tous ses amis ou tous les jeunes cadres sur lesquels il a compté ont été lamentablement décevants. La grande partie des nouveaux promus n’ont pensé qu’à leurs poches. Et leur propension à la gloutonnerie est telle que, en un temps record, ils sont devenus des multi - millionnaires, voire des milliardaires.

Naturellement, Faure était déçu. Si seulement ces jeunes avaient réussi, il n’en serait pas là aujourd’hui. Faure avait subi un choc face au constat amer de la propension à l’enrichissement illicite rapide de ses amis. Il a vite compris qu’il a essuyé un échec. Et les tribalistes à l’affût ont repris du poil de la bête et sont revenus en force. Actuellement, notre pays est à la croisée des chemins. Le tribalisme est utilisé comme un ferment dangereux qui finira par rompre les équilibres sociaux, régionaux et ethniques. Si rien n’est rapidement fait pour freiner cette tendance à la tribalisation, bientôt, tous les ingrédients seront réunis pour une explosion sociale. En 1963, avant l’assassinat de Sylvanus Olympio, on disait que le Togo était au bord de la guerre civile par le fait de la discrimination. Ce qui est vrai en 1963 peut être aussi vrai aujourd’hui, car les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Face à l’injustice, à la misère ambiante et à la pauvreté généralisée, les hommes ici ou ailleurs perdent leur maîtrise et l’animal qui dort en eux se réveille toujours. Le Togo est proche du précipice. Même si le pays n’est pas au bord du précipice, il vaut mieux prévenir que guérir.

Pour notre part, nous restons optimistes. Le tribalisme qui est le fait des tribalistes doit être combattu au Togo par les Kabyè, les Mina, les Ewé, les Kotocoli, les Tchokossi, les Moba, les Ouatchi, bref tous les Togolais. Qu’on cesse de nous faire croire que le tribalisme est un sujet tabou dont il ne faut pas parler. Nous invitons humblement les confrères qui ne maîtrisent pas le sujet d’éviter d’en parler à tort et à travers ou de le banaliser en faisant référence à des exemples terre à terre.

Depuis quelque temps, nous avons constaté une sorte de tollé venant d’une certaine presse qui en réalité ne sont que des journaux de réplique et qui crient au danger et au scandale à la moindre secousse. Le salut togolais ne viendra pas des catastrophistes mais plutôt de ceux qui agissent dans la sagesse, de façon claire et qui acceptent le débat de fond. Nous refusons de citer des exemples. Nous disons que le mal est là et couve. Nous avons l’obligation, les dirigeants de ce pays en tête, d’œuvrer pour juguler le phénomène tribal au Togo. Il est encore temps de le faire et nous avons espoir, car Faure GNASSINGBE est là pour réussir à unir les Togolais. Il doit surtout éviter d’avoir avec la vérité et la contre-vérité, une relation confuse.

Rodrigue


Meeting-test de l'UFC à la Place Anani Santos : Le parti de Gilchrist OLYMPIO, égal à lui-même, effectue sa rentrée politique

L'UFC a organisé un meeting politique à la Place Anani Santos (ancien Fréau Jardin) hier dimanche 22 mars 2009. A cette sortie que certains ont qualifiée de rentrée politique, on pouvait noter une affluence relativement modeste en comparaison avec ce à quoi on assistait par le passé. Environ 4.000 personnes étaient à ce rendez-vous où le leader du parti, Gilchrist Olympio, pourtant annoncé, était absent.

Plusieurs orateurs s'étaient succédé à la tribune pour servir à la foule, les messages de leurs partis. Il s'agit de M. AKPOTSUI Adan (ID) et un représentant de la l'ADDI qui a promis le prochain ralliement de son parti à l'UFC. Le premier intervenant de l'UFC était Me Djovi Gally, conseiller de Gilchrist, militant de dernière heure qui a, comme tous les transfuges, voulu être plus royaliste que le roi. Il a axé son intervention sur l’état de délabrement avancé du pays avant d’aborder le problème de la plage pour revenir sur la Résidence Les Cocotiers, un projet qu'il a encore voué aux gémonies. Il s'en est également pris au projet d'aménagement de la Place de l'Indépendance avec la promesse de raser ces deux chantiers si l'UFC prenait le pouvoir.

Me Isabelle Ameganvi Député UFC a ensuite pris la parole pour aborder la question de la vie chère, avant que M. Jean Pierre Fabre ne monte à la tribune pour parler essentiellement des débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC).

M. Patrick LAWSON a bouclé la boucle en parlant des conditions pour une présidentielle acceptable par tous. S'il faut résumer ce qui a été entendu au meeting de l'UFC hier, on peut dire que le parti de Gilchrist Olympio n'a rien dit de nouveau. On a ressassé les mêmes rengaines sans dire aux Togolais, ce que le parti propose de concret et les moyens dont il dispose pour réaliser ses ambitions.

On peut aussi dire que l'UFC, contrairement au passé, n'est plus un parti qui suscite  l'engouement des foules et rassemble au moindre appel, des dizaines de milliers de Togolais. Sur ce plan, on peut dire que le parti se normalise. Et c'est dans l'ordre des choses.

La leçon qu'on peut tirer de ce meeting, c'est que, au lieu d'évoluer et de se mettre au goût du temps, l'UFC a gardé les réflexes du passé et sert aux Togolais, des discours éculés qui sont complètement en déphasage avec les exigences de l'heure. Aujourd'hui, les Togolais ont des préoccupations autres que la politique pour la politique. L'UFC risque de l'apprendre à ses dépens s'il ne tire pas les conclusions qui s'imposent de ce meeting-test.

Nous y reviendrons.

C.P.


Le MEDEF a boudé les journées économiques de la Chambre du Commerce du Togo à Paris

Le 11 mars courant, ont été tenues a Paris, les « Journées économiques du Togo ». Cette manifestation organisée par la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo a drainé dans la capitale française, plusieurs opérateurs économiques togolais ainsi que des représentants du gouvernement avec le Premier Ministre en tête.

A l’issue de ces journées économiques, aucun bilan chiffré na été dressé. Mais, les organisateurs ont vite parlé d’un succès. Nous voudrions bien les croire. Seulement voilà. Des informations persistantes nous parviennent de plusieurs sources et nous poussent à prendre les résultats que chantent les organisateurs avec réserve.

Ainsi par exemple, il nous est clairement revenu que le MEDEF, (patronat français) a boudé la manifestation. Selon nos informations, une délégation de cette importante structure qui avait assisté à l’ouverture des journées avait quitté les lieux juste après la cérémonie officielle, tout simplement parce que ses membres n’avaient pas trouvé d’interlocuteurs valables au sein de la délégation togolaise parce que le Patronat togolais n’avait pas envoyé une délégation en bonne et due forme. Le MEDEF aurait promis de saisir plus tard par une correspondance, les autorités de notre pays pour leur expliquer leur position.

Dans l’une de nos récentes livraisons, nous avions relevé les conditions aléatoires et précipitées dans lesquelles la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo organisait ces journées économiques. Nous avons surtout déploré le fait que le Patronat togolais qui devait être concerné au premier chef par une manifestation de ce genre n’avait pas été associé par la bande à Fiawoo. Ce qui n’est pas pour nous étonner.

On se souvient en effet que, le Patronat avait été pendant longtemps isolé par le pouvoir en place à cause de ses prises de position lors de la Grève Générale Illimitée. Certains opérateurs économiques, pour damer le pion au Patronat et se mettre dans les bonnes grâces du régime avait créé le Cercle des Dirigeants d’Entreprises avec lequel ils avaient vainement tenté de suppléer le Patronat. Après l’échec de cette tentative, ce groupe n’a pas trouvé mieux que de mettre le grappin sur la Chambre du Commerce. Fiawoo et les siens n’ont jamais pardonné au Patronat d’avoir résisté à leurs assauts.

On nous opposera peut-être qu’on retrouve au sein du Bureau Exécutif de la Chambre du Commerce et de la délégation de la Chambre qui était à Paris, des gens qui siègent également dans les hautes sphères du Conseil National du Patronat. Mais, nous répondons que l’amalgame ne doit pas être de mise, car ceux-là étaient dans la capitale française non pas pour le compte du Patronat, mais bien pour l’Institution consulaire. D’ailleurs les membres du Bureau Exécutif de la Chambre sont pour le tiers en famille.

Si ces informations se confirment comme tout porte à le faire croire, on peut dire que les fameuses journées économiques du Togo n’auront été qu’une perte de temps, d’énergie et d’argent. Un véritable gâchis qui n’aura permis qu’à une poignée de prédateurs de se mettre plein les poches.

Dans notre dernière édition, nous avions mis qui de droit, au défi de publier dans deux, trois, quatre, cinq ou six mois, la liste des investisseurs sérieux que ces fameuses journées économiques auront déterminés à venir investir au Togo. Nous réitérons le défi.

Nous n’aurons de cesse de le dire. La promotion du secteur commercial et industriel au Togo ne passera pas par Jonathan Fiawoo et sa clique qui ont déjà affiché leurs vraies prétentions et montré leurs limites.

A bon entendeur…

C.P.


Coup de poing : L'heure de vérité

Samedi prochain les Eperviers du Togo vont disputer, à Accra, un match décisif contre les lions indomptables du Cameroun dans le cadre de la qualification pour la CAN/Mondial 2010. Ce match qui devait se jouer à Lomé se dispute en terre ghanéenne pour cause de suspension du stade de Kégué suite à des actes de violences. L'équipe nationale togolaise n'évoluera donc pas dans ses propres installations et sera, par conséquent, privée du soutien de ses supporters. Certes, des Togolais mordus du ballon rond feront le déplacement de la capitale ghanéenne pour soutenir les Eperviers. Mais cela n'aura rien à voir avec l'affluence à laquelle on aurait assisté si le match se jouait en terre togolaise.

Face à cette réalité, on peut dire que même si les chances de victoire togolaise ne sont pas forcément compromises, notre équipe nationale part avec quelque chose en moins. Cela, ajouté au fait que le Cameroun, en matière de football, est un gros morceau, devrait inciter les Togolais à mettre le maximum de chances de leur côté, en préparant minutieusement la rencontre.

Il y a quelques jours, la Fédération Togolaise de Football a recruté un nouvel entraîneur et sélectionneur pour l'Equipe Nationale. Jean THISSEN, c'est son nom, a pris l'engagement de qualifier les Eperviers pour les phases finales de la CAN et du Mondial en 2010. Nombreux étaient ceux qui s'attendaient alors de voir très tôt le nouvel encadreur et ses poulains sur le terrain. Malheureusement, au lieu de cela, à quoi assistons-nous ?

Alors que, au Cameroun, on prend la rencontre contre le Togo très au sérieux et qu'on met les bouchées doubles aux entraînements, ici, on affiche une sorte de nonchalance. Des informations recueillies ça et là font état de ce que les joueurs sont convoqués. Mais toujours est-il qu'on n'est pas encore rentré dans le vif des préparations.

Nous ne voulons pas brandir de mauvais présage. Mais il nous semble que notre équipe nationale doit bien se préparer avant d'espérer une quelconque victoire. Aujourd'hui, l'entraîneur des Eperviers s'appelle Jean THISSEN. Nous ne doutons pas de sa compétence. Avant lui, le Togo avait eu d'autres sélectionneurs de renom. Si notre football n'a pas pu émerger durablement, ce n'est pas par faute de compétence des entraîneurs. La Fédération et les hommes qui la dirigent portent une lourde responsabilité dans cette situation.

Le nouvel entraîneur connaît-il le terrain sur lequel il est appelé à travailler ? Connaît-il notre Fédération et nos joueurs ? En tout cas, il a pris un engagement qu'il doit respecter. Son premier test, c'est samedi prochain. Ce sera pour lui l'heure de vérité. Attendons de voir ce qu'il en sera. Pour le moment nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance.

C.P.

Le Combat du Peuple N° 642 du 2 mars 2009
Ombre & lumière : Faure Gnassingbé et l’avenir du Togo

Dans notre dernière édition, (CP N° 641 du 23 au 27 février dernier), nous avons publié un article intitulé « Faure Gnassingbé est-il otage ou maître ? L’incompétence et le cynisme de certains conservateurs risquent de mettre la République en péril ».

De fait, nous avons voulu démontrer qu’il existe autour du Président de la République, une nébuleuse qui s’investit en permanence pour préserver le statu quo et retarder le plus longtemps possible, le changement. En clair, ces partisans de la réalpolitik œuvrent dans l’ombre pour empêcher l’avènement de la démocratie vraie, c’est-à-dire une société plus juste et plus libre où il fera bon vivre pour tous les fils du Togo. Ceux qui composent cette nébuleuse sont ceux-là que nous appelons les conservateurs qui ont peur de répondre un jour de leur passé. C’est des Togolais qui agissent au quotidien à contre-courant pour jouir d’une impunité insolente quels que soient leurs travers et leurs abus hier ou aujourd’hui. C’est toujours ceux-là qui sont les privilégiés de la République et qui vivent aux frais de la princesse.

Aujourd’hui, le Togo semble enkysté, sclérosé dans le culte des mauvaises habitudes héritées de l’ère Eyadema. On oublie que ces comportements n’ont plus lieu d’être. Or pour moderniser l’Etat et éviter sa faillite, il convient, entre autres, de supprimer les privilèges, les grands comme les petits. C’est-à-dire réformer le système contre la volonté de ses principaux acteurs. Difficile, à moins d’en faire un débat national. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut en parler. Au nom de la morale républicaine, de l’efficacité économique, essayons d’enrayer la corruption, l’ethnisation ou la régionalisation de la vie politique. Dans les jours à venir, nous allons décrire les privilèges et les privilégiés. Ce voyage au bout du fait du prince et des frais de la princesse conduira successivement au sein des grands corps de l’Etat, à savoir les membres de la Cour Constitutionnelle, de la Cour Suprême, les ambassadeurs et diplomates, les médecins, les architectes, les avocats, dans le monde secret de la discrimination positive des fonctionnaires ou hauts fonctionnaires, dans la cité interdite du Parlement, dans les Agences immobilières, dans les banques et autres oligarques des finances. A partir des membres du Gouvernement, nous établirons la liste des supers privilégiés de la République.

Sous Eyadema, les courtisans vivaient l’âge des privilégiés : le crédit, la famille, les intrigues plus que le mérite assumaient la réussite sociale. L’Etat récompensait ainsi le service du Chef de l’Etat et l’assiduité à sa cour. Aujourd’hui comme hier, les choses ne vont pas trop autrement. Comme partout ailleurs, l’Etat c’est le Président de la République, c’est lui qui décide de la nomination de plusieurs certaines ou plusieurs milliers de citoyens dans les Ministères, les services publics, les sociétés nationalisées ou les parapubliques et tous les établissements à statuts particuliers. Tel est son bon plaisir. La quasi-totalité de ces nominations sont officialisées par un décret en Conseil des Ministres sous la signature présidentielle. Il reste que la nomination à des postes-clés ou à des postes de responsabilité des hommes qui ne sont que des pantoufles sur mesure crée parfois la collusion entre les intérêts claniques, ethniques et l’Etat. Cette situation devient une préoccupation des observateurs les plus avisés et de nombreux citoyens frustrés. Car le revers de la médaille, c’est l’extrême centralisation d’un pouvoir considéré à tort comme d’essence monarchique, et qui contribue à réunir les clés de toutes ces décisions dans les mains d’une seule personne, Faure Gnassingbé en l’occurrence.

Or, il se trouve que « la démocratie irréprochable, ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences, des amitiés ou des liens de parenté, mais en fonction des compétences. C’est celle dans laquelle, l’Etat est impartial. Si l’Etat veut être respecté, il doit être respectable » dixit Nicolas Sarkozy.

Cette position particulière fait que le Chef de l’Etat, véritable roi-républician, est en situation de récompenser pour « services rendus » deux catégories de courtisans, qui parfois se confondent : ses amis politiques et certains hauts fonctionnaires zélés.

Mais en démocratie, la meilleure manière de conserver le pouvoir, c’est d’être à l’écoute du peuple et de le séduire et non asphyxier ou bâillonner le peuple par la terreur et les magouilles.

Les conservateurs qui font la pluie et le beau temps autour de Faure doivent savoir que c’es aujourd’hui que se décide ce que sera le monde de demain et c’est toujours aujourd’hui que se prépare ce qui se passera en 2020. Car en définitive, si Faure échoue, le Togo aura un avenir très noir. C’est le lieu de rappeler qu’au demeurant, Faure qui était parti avec un atout presque nul avait réussi, dans un laps de temps assez court, le tour de force de se constituer un capital de sympathie non négligeable au sein de la population. Mais certains reculs deviennent alarmants et beaucoup de Togolais expriment la peur de l’inconnu et du lendemain. Il faut donc une nouvelle capacité de rebond qui évitera à Faure de prendre goût aux délices d’un pouvoir solitaire encouragé par les laudateurs de tous bords.

Selon la façon dont nous agirons, nos enfants et nos petits enfants habiteront un Togo vivable ou traverseront un enfer en nous haïssant. Pour leur laisser une terre fréquentable, il nous faut prendre la peine de penser l’avenir, de comprendre d’où il vient et comment agir sur lui. C’est possible : l’Histoire obéit à des lois qui permettent de la prévoir et de l’orienter.

Si un jour, Faure doit devenir un grand Président dont l’Histoire retiendra positivement le nom, il doit commencer à agir et à briser le cercle vicieux dans lequel les conservateurs tentent de l’enfermer et qui fait qu’il commet des erreurs, certes banalisées, mais décriées par le peuple lucide qui reste pour le moment silencieux mais qui demain, peut devenir un tsunami. Pour notre part, nous refusons désespérément d’être pessimistes. Mais c’est parce que nous sommes optimistes que nous tirons la sonnette d’alarme. C’est une question de bon sens et de raison.

Rodrigue


Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) : Le gâchis

On joue la comédie : On joue la comédie

Dans notre édition N° 640 du 16 au 20 février 2009, nous avons publié un article sous le titre : « Le Togo dans la perspective des présidentielles de 2010. Assez de futilités et de perte de temps ». Dans cet article, nous avons démontré que les discussions actuellement en cours au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) n’aboutiront pas à grand-chose si quelque part, les acteurs politiques ne se décident pas à faire preuve d’une réelle et bonne volonté politique. Car il est connu que les mêmes causes produisent fatalement les mêmes effets.

Et comme pour nous donner raison, les travaux de cette structure ont été suspendus parce que les discussions avaient achoppé sur le point concernant le recours à la facilitation extérieure. Même si entre temps, les discussions ont repris et qu’un compromis a été trouvé pour convenir que le Chef de l’Etat sera un premier recours et qu’en cas de blocage, il sera fait appel à la facilitation extérieure, rien ne prouve que les acteurs accorderont leurs violons.

Au jour d’aujourd’hui, ce que nous présente la presse comme des avancées, notamment la composition de la CENI et ses démembrements, ne constituent pas de véritables enjeux. Tous ces points, à notre avis, ne méritent pas qu’on y consacre autant de temps et d’énergie. Les véritables enjeux, c’est-à-dire les points d’achoppement qui risquent de tout faire capoter, se retrouvent au niveau de la modification de la constitution et des réformes institutionnelles.

A l’issue des dernières élections législatives en octobre 2007, le peuple togolais a pratiquement opté pour le bipolarisme. En clair, les électeurs ont voté massivement pour le RPT d’un côté et pour l’UFC de l’autre. Le CAR de Me Agboyigbo n’a eu que la portion congrue.

En votant dans ce sens, les Togolais poussent Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio à s’affronter. Alors, pourquoi les deux hommes ne peuvent-ils pas se parler, arrêter les grandes lignes et mettre en place une commission qui aura la charge de réviser la Constitution et de rédiger un Code Electoral ?

En criant sur tous les toits qu’il faut appliquer jusqu’au bout l’Accord Politique Global (APG) et en exigeant la création du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation tout en se servant  de l’alibi des élections législatives d’octobre 2007 pour exclure deux signataires de l’APG, l’UFC a montré sa mauvaise foi parce que ce parti se sait incapable d’affronter seul, le RPT au parlement et faire passer ses arguments.

Cette façon d’agir n’est qu’une hypocrisie qui consiste à éviter le vote au parlement. Or le vote est par définition et par excellence, l’acte suprême de la démocratie.

Nous n’aurons jamais de cesse de le dire et de le répéter. Depuis les élections législatives d’octobre 2007 qui ont permis la mise en place d’une Assemblée Nationale multipartite, le Togo est entré dans la phase de la normalisation. C’est pourquoi l’Union Européenne et les autres partenaires en développement ont repris leur coopération avec nous, faisant du Togo, non plus un pays paria, mais un pays normal.

Que faisons-nous alors de notre souveraineté nationale ? Que faisons-nous de notre dignité de Togolais si à la moindre escarmouche, nous devons courir à Ouagadougou pour voir le Facilitateur, en l’occurrence le Président Blaise Compaoré ?

La première question qui vient à l’esprit face à ce genre de fébrilité est de savoir si Compaoré n’a pas lui-même des problèmes. Le dossier Norbert Zongo et avant lui, le dossier Thomas Sankara traînent, rebondissent et reviennent toujours sur le tapis. Mais les Burkinabé, sans recourir à une quelconque facilitation extérieure, continuent à débattre de ces questions ; alors ?

Certes, il y a des moments dans la vie d’un pays où on peut avoir besoin d’un facilitateur. C’est le cas par exemple au Zimbabwe avec les dérives ravageuses de Robert Mugabé ou en Côte d’Ivoire où il y a eu une véritable guerre. Mais nous refusons de courir dernière les autres pays pour régler nos problèmes nationaux.

L’UFC, c’est connu, est un parti de coups d’éclats permanents parce que ses responsables se complaisent dans la logique de la contestation et de la confrontation. Mais tous les Togolais savent que les tapages qui seront faits autour du CPDC ne seront, en définitive, qu’une tempête dans un verre d’eau.

D’ores et déjà, nous disons que la montagne accouchera d’une souris. Le RPT ne cédera rien d’essentiel. Faure Gnassingbé est tout sauf un idiot. Il a commencé un travail difficile, ardu voire même « Sysiphique ». En tout état de cause, il ne se laissera pas battre par l’UFC. Ceux qui veulent arriver à l’alternance doivent changer leur fusil d’épaule et mettre en place, une stratégie de conquête de pouvoir en se donnant les moyens de leurs ambitions.

En 2010, Faure Gnassingbé gagnera haut-les mains les élections parce qu’il en a les moyens. Et ce n’est pas Gilchrist Olympio, un homme usé, fatigué, presque amnésique qui l’en empêchera.

Tous les cris qu’on pousse, toutes les protestations qu’on enregistre de part et d’autre, les soi-disant alliances projetées, tout cela ne sont que des futilités et une perte de temps. Tout comme des acteurs sur une scène, on joue la comédie au CPDC. La réalité est ailleurs. Le jeu également se joue ailleurs. Faure Gnassingbé que nous connaissons un peu, est un véritable joueur d’échecs, un homme qui a la patience d’un éléphant. Sans aucun doute, il est le seul maître du jeu. Il a plusieurs cordes à son arc. Il est le seul qui connaît les éléments disparates du puzzle qu’il réunira le moment venu. Qu’on cesse de tromper les Togolais en faisant croire qu’en 2010, ce sera le séisme, l’alternance ou le chaos. Ce jeu a assez duré. Il faut cesser de faire peur aux autres. Il est temps d’arrêter la comédie. Le Togo sera ou ne sera pas. Mais ce ne sera pas par le fait de Gilchrist Olympio. Nous pensons à notre humble avis que les Togolais vont faire preuve de sagesse et qu’ils vont choisir des moyens clairs pour se réconcilier entre eux et non passer leur temps dans les nuages. C’est ce qu’on appelle la maturité d’un peuple.

Nous ne sommes pas fatalistes. Au contraire, nous sommes persuadés que dès que les conditions seront remplies, l’alternance se réalisera au Togo sans bavure ni pleurs.

CP


Insécurité au Togo :   L’activisme débridé du Colonel Titikpina n’est qu’une farce : Parodie sécuritaire pour endormir l’opinion

Les journées portes ouvertes organisées par le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile le Colonel Titikpina n’étaient en réalité qu’une parodie sécuritaire destinée à endormir l’opinion publique nationale. L’une des preuves de cette farce est que les véhicules de Police que l’on nous montrait grâce à un lynchage médiatique sans précédent n’avaient même pas de carburant dans leurs réservoirs. A quoi donc sert l’activisme débridé du Patron de la Sécurité ?

Au-delà de la criminalité ambiante, à savoir les attaques à mains armées et autres braquages, le véritable enjeu sécuritaire se situe ailleurs. Il s’agit de l’implication des structures étatiques dans les crimes organisées notamment le trafic illicite des drogues et des précurseurs, parmi lesquels, l’éphédrine.

Dans notre pays, on a trop souvent tendance à privilégier des opérations poudre aux yeux. On abandonne toujours la proie pour l’ombre parce qu’on veut sauver l’apparence.

La récente arrestation en Guinée du Commandant Ousmane Conté, fils de feu Président Lansana Conté et de son beau frère constitue à nos yeux, des actes concrets qui prouvent que les Autorités de ce pays ont la volonté de combattre le mal à la racine.

Nous avons suivi avec attention, le déroulement des journées portes ouvertes au cours desquelles, on a soigneusement évité d’évoquer le phénomène de corruption qui gangrène les forces de sécurité dans notre pays. C’est dire que des zones d’ombre persistent. Les dossiers noirs des forces de sécurité ne sont que des secrets de Polichinelle. Le Colonel Titikpina s’illustre dans les effets d’annonce mais il oublie qu’il ne saurait guérir le cancer avec de l’aspirine. A titre d’exemple, nous nous posons la question de savoir, pourquoi le Ministre de la Sécurité a gardé un silence coupable face aux accusations portant sur la disparition de M. Fiati Efoé Blaise, trafiquant de drogue interpellé le 25 janvier 2008 sur le parking de l’Hôtel Sarakawa avec 40 kg de cocaïne. Les informations dont nous disposons faisaient état du fait que cet homme aurait été interpellé par les éléments de l’Agence Nationale de Renseignements du Commandant Massina.

Si nous revenons à la charge pour évoquer ce douloureux dossier au sujet duquel on parle d’une exécution extrajudiciaire, c’est parce que nous pensons que l’opacité qui prévaut actuellement risque de porter de graves préjudices à l’image de notre pays. Nous avons déjà mis en garde en insistant sur le fait que c’est des petits ruisseaux qui font de grands fleuves.

En dénonçant une Agence politisée employée pour servir des stratégies d’enrichissement personnel, les journalistes que nous sommes pointent du doigt toutes les zones d’ombre de ce Ministère clé qui est celui de la Sécurité. Des exactions, sans oublier les accointances financières, font partie de la face cachée ou tout au moins voilée de l’Agence Nationale de Renseignements.

Pour nous, l’enjeu sécuritaire dépasse certaines considérations qui ne protègent que les intérêts des bastions de notre République parce qu’on a rendu service sur des affaires sensibles dans un scandale politico financier ou dans une affaire de stupéfiants dès que le nom d’une personnalité apparaît.

Dans notre pays, les dérapages ne sont chaque fois le fait que d’une poignée de responsables. La majorité des policiers des renseignements généraux est chargée d’un travail d’analyse qui nécessite rarement d’aller sur le terrain. Les renseignements généraux qui font de l’opérationnel et qui se dénomment  des groupes d’enquêtes réservés en alignant plusieurs dizaines d’agents sont parfois à la base de gros ratages. Ces rappels sont très importants parce que c’est un sujet extrasensible.

Mais nous ne devons pas perdre de vue que l’histoire des services secrets de notre pays ces quarante dernières années est jalonnée de cadavres. Et lorsque les organisations de défense de droits humains, particulièrement Amnesty  International, ont pris le relais et ont dénoncé les exactions c’est tout le peuple togolais qui a pâti des sanctions prises par la Communauté Internationale contre notre pays. Au même moment, les vrais coupables ont bénéficié d’une impunité totale et se la coulent douce. C’est pourquoi nous avons le devoir de mémoire en dénonçant  les aspects de nos services de sécurité qui nous paraissent les plus scandaleux pour prévenir les frustrations de demain.

Rodrigue


La mafia dans ses œuvres : Au secours !!! Fiawoo et sa clique sont en train de saigner la Chambre de Commerce

Dans notre dernière livraison (CP N° 641 du 23 au 27 février 2009), nous avons publié un article sous le titre « A cause de la boulimie de Fiawoo et sa clique, la Chambre de Commerce menacée de naufrage financer ». Dans cet article, nous avions appelé l’attention de l’opinion sur la propension de M. Fiawoo Jonathan et sa clique à engager des dépenses faramineuses et des frais exorbitants à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo.

Aujourd’hui, nous revenons à la charge pour rentrer dans les faits. Afin de permettre à nos lecteurs d’apprécier la véracité ce nos propos, nous publions en fac similé, les décisions fixant les allocations d’indemnité de mission respectivement sous l’ancien bureau et sous le nouveau bureau. Il est loisible de se rendre compte que certaines rubriques sont passées du simple au double sinon plus.

Ensuite, pour étayer nos constats, nous allons prendre un exemple concernant les voyages de M. Fiawoo en Europe.

Le 06 Décembre 2008, M. Fiawoo a quitté Lomé qu’il a regagné le 13 suivant, après avoir participé à la visite d’Etat du Président de la République à Milan en Italie.

Pour ce voyage, M. Fiawoo a coûté à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, l’équivalent de 8.000.000 F CFA, soit environ 460.000 F CFA de frais et d’indemnités par jour, y compris les billets d’avion en 1ère classe pour environ 4.000.000 F CFA aller-retour.

Bénéficier au Togo de frais de mission de 460.000 F CFA par jour ne répond à aucune logique si l’on sait que la Chambre de Commerce dispose de moyens limités. 460.000 F CFA de frais de mission par jour, il faut le faire. Même les Ministres de la République n’en prennent pas la moitié.

Par ailleurs, dans un tout autre registre, nous avons constaté que les ordres de missions et autres documents comptables ne sont pas, pour la plupart, signés par le Trésorier de la Chambre, M. Ignace Clomégah.

Nous continuons à croire que si M. Fiawoo n’est pas rappelé à l’ordre la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo risque de connaître financièrement des lendemains sombres. Sur tous les points et à tous les niveaux, les abus et les excès sont flagrants, insolents. Les autorités compétentes togolaises doivent prendre leurs responsabilités pour freiner M. Fiawoo dans sa voracité face à l’argent de la Chambre. Car ce qui se passe à la tête de cette institution clé n’est ni plus ni moins qu’un vol organisé et légalisé. M. Fiawoo et sa clique sont en train de saigner la Chambre. C’est pourquoi nous crions au secours. Quand on sait que le Togo est un pays pauvre et que tous les responsables, quelle que soit leur position, doivent privilégier la bonne gouvernance, on ne peut que s’indigner et se révolter face à autant d’abus.

En outre, aujourd’hui à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, le climat est à la peur. Des mises à pied sont distribuées à tours de bras pour la moindre peccadille. Ce n’est pas Mme Agbéyomé qui a déjà passé plus de vingt ans dans la boîte qui nous démentira. Elle en sait quelque chose.

De même, une véritable chasse aux sorcières est en cours. Tous les agents qui sont soupçonnés d’avoir, pendant la dernière élection consulaire, exprimé leur sympathie à M. Symenouh, le challenger de M. Fiawoo ont vu leurs avantages et autres droits, purement et simplement supprimés.

Comme quoi, non seulement M. Fiawoo dispose à sa guise des fonds de la Chambre de Commerce, mais en plus, il n’est pas capable de prendre de la hauteur comme un grand responsable qui doit tourner la page des élections et œuvrer pour le développement de la Chambre. M. Fiawoo, un spécialiste en surfacturation que justement Agbéyomé Kodjo alors, Directeur Général du Port Autonome de Lomé avait aidé à s’enrichir avec la construction du Terminal du Sahel en fermant les yeux sur les surfacturations ou en s’en faisant complice. Que Fiawoo se comporte aujourd’hui comme s’il est irréprochable alors qu’en même temps, il continue allègrement à s’octroyer des privilèges indus est tout simplement cynique.

Sauf changement de dernière minute, la Chambre de Commerce du Togo va organiser le 11 mars courant, une journée économique du Togo à Paris. L’objectif de la manifestation selon les responsables de la Chambre est de promouvoir le Togo et inviter les entreprises françaises et européennes à venir investir dans notre pays et nouer des relations de partenariat avec des PME/PMI togolaises.

Dans notre dernière édition, nous avions déjà commenté ce projet dont les chances de réussite sont minces compte tenu du manque de documentation fiable et actualisée sur le secteur économique et industriel du Togo.

Mais cette manifestation constituera à coup sûr, une nouvelle aubaine pour M. Fiawoo et sa mafia qui n’hésiteront pas à effectuer le déplacement de Paris aux frais de la princesse.

Il est temps que cesse la prévarication à la Chambre de Commerce. Il est grand temps que terme soit mis aux envolées dispendieuses, de M. Fiawoo et sa clique. Il est vraiment grand temps que les écuries soient nettoyées. Nous en appelons au Ministre Guy Lorenzo qui doit prendre ses responsabilités dès à présent pour éviter d’être taxé demain, de complicité dans une affaire qui n’est autre que le pillage en règle de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo.

Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

C.P.


Retour au pays natal : Kagnassy fait ses valises pour rejoindre le Mali

L’homme d’affaires Malien Chéikna Kagnassy qui s’est réfugié au Togo, un pays qu’il considère comme un territoire conquis, a eu le malheur de croiser sur son chemin, le journal « Le Combat du Peuple » qui, dans plusieurs articles publiés dans ses colonnes, l’a démystifié  et mis à nu.

L’opérateur économique Malien qui a truandé ses partenaires ou adversaires en affaires avant de s’installer à Lomé où il a fait de la corruption, son arme favorite, voire son bouclier, s’est aperçu, grâce aux révélations du « Combat du Peuple » sur son passé et sur sa gestion ailleurs ou ici, que le Togo, notre pays, ne peut plus être pour lui, un refuge sûr. Il risque, à terme, d’être confronté à des difficultés de tous ordres. Et c’est pourquoi il a décidé d’entamer des négociations avec les autorités maliennes pour retourner s’installer chez lui.

Rappelons pour les besoins de la cause qu’avant de quitter son pays, Kagnassy était recherché parce qu’il était l’ami intime du Colonel Tiekoro Bakayoko, à l’époque, tout puissant et sanguinaire Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité du Mali grâce à qui, il avait commencé à bâtir son empire financier en usant de passe-droits et de toutes sortes de prévarications et d’arbitraire.

Lorsque Tiekoro Bakayoko qui assassinait pour un oui ou un non tombait en disgrâce, Kagnassy a dû prendre la fuite pour se retrouver en Suisse où il vivait comme réfugié politique. Dès lors, il n’est plus jamais retourné au Mali.

Malheureusement, à cause de ses truanderies et de sa malhonnêteté, sa société « L’Aiglon » a été déclarée en faillite en Suisse, pays qu’il a dû quitter pour s’installer chez nous au Togo. Il a fallu que « Le Combat du Peuple » révèle au grand jour son triste passé et ses basses besognes en affaires pour que le vieux lascar retrouve le chemin de son pays.

En l’état actuel des choses, nous ne saurons dire s’il a définitivement quitté notre pays. Mais nous savons que Kagnassy est actuellement en séjour au Mali.

Au « Combat du Peuple », nous lui souhaitons bon vent. Nous sommes heureux et fiers d’avoir fait un travail de salubrité publique. Nous sommes heureux d’avoir bouté hors de notre pays un soi-disant investisseur qui a ruiné nos banques et qui continue à nous narguer.

En revanche, nous interpellons les juges du Tribunal de Première Instance de Lomé et particulièrement le Président afin que tous les dossiers de Kagnassy pendants encore devant les tribunaux soient jugés pour que les Togolais grugés et lésés puissent rentrer dans leurs droits. Nous interpellons les Tribunaux afin que soit jugé l’affaire qui oppose la BTCI à Chéikna Kagnassy.

Plusieurs fois déjà, il nous a été donné d’écrire ou de prévenir que le sieur Kagnassy était en train d’organiser son insolvabilité. Le moment est venu pour nos juges de se rendre compte que s’ils ne font pas vite, ils risquent de ne récolter que du vent 

 C.P.

 
 

 
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