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Le Combat du Peuple N° 646 du 30 mars 2009 |
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Violation du Code de la Presse au Togo : Arrestation illégale
et arbitraire de M. Lucien MESSAN : J’accuse le Colonel TITIKPINA, Ministre
de la Sécurité, de tentative d’assassinat déguisée |
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Le lundi 23 mars
2009, M. Lucien MESSAN, Directeur de Rédaction de l’Hebdomadaire « Le
Combat du Peuple » a été illégalement séquestré pendant une durée
d’environ 4 heures (de 16 h à 19 53) dans les locaux de la Direction
Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) à Lomé. Cet acte ignoble a été posé
par le Commissaire de Police Augustin Kokou Simdana WELEKETI, Directeur
Central de la Police Judiciaire qui aurait agi sur ordre du Colonel Mohamed
Atcha TITIKPINA, le terrible Ministre de la Sécurité et de la Protection
Civile, l’homme qui a le pouvoir de tout faire y compris celui de violer
allègrement et impunément les lois de la République.
Cette
arrestation arbitraire qui a scandalisé l’opinion publique nationale et
suscité l’émoi au sein même du gouvernement et qui a défrayé la chronique,
mérite d’être contée :
Les faits :
Tout a commencé
le lundi 23 mars 2009, aux environs de midi, lorsque le Commissaire WELEKETI
a appelé M. MESSAN au téléphone et lui a intimé l’ordre de se présenter à
ses bureaux à 15 h 30. M. MESSAN lui a alors demandé si une plainte est
dûment déposée contre lui. Le Commissaire WELEKETI a éludé la question et a
demandé à M. MESSAN s’il ne veut pas devenir son ami ? M. MESSAN a répondu
qu’il n’a pas envie d’être son ami parce qu’ils n’ont rien de commun, avant
d’ajouter : « Je ne me rendrai pas à la DCPJ si vous ne me faites
parvenir une convocation en bonne et due forme parce que, en la matière,
j’ai fait de douloureuses expériences dans le passé. Si j’arrivais à vos
bureaux et que vous m’empêchez abusivement de répartir, que ferais-je ? »
Le Commissaire WELEKETI irrité, répond : si c’est la convocation que vous
voulez, je vais vous l’envoyer. Quelques instants plus tard, M. MESSAN
rappelle le Commissaire WELEKETI, d’abord pour s’assurer que l’appel
téléphonique venait bien de lui et ensuite pour l’informer qu’il se
présentera avec son Avocat. Sur un ton de défi, M. WELEKETI lance : « Vous
pourrez vous présenter avec n’importe qui. Je ne comprends pas pourquoi vous
exprimez autant d’inquiétudes ». Et il ajoute : « J’ai déjà établi la
convocation vous devez vous présenter à 16h, mais on ne sait où vous trouver
pour vous la remettre ». M. MESSAN, un peu amusé, lui dit : « La
police connaît ma maison où j’ai été plusieurs fois déjà interpellé
arbitrairement. Mais si vous n’arrivez pas à identifier ma maison, donnez
moi le numéro de téléphone de votre Chef de Poste. Je vais l’appeler
moi-même pour lui indiquer le lieu où il peut me trouver pour me remettre la
convocation ». Sur ces entrefaites, rendez-vous fut pris avec le porteur
de la convocation et celle-ci a été effectivement remise à 14 h 52 mn à M.
MESSAN (voir fac similé).
A 16 h donc, M.
MESSAN s’est présenté à la DCPJ accompagné de Me Blaise KANMAMPENE, un des
collaborateurs de son Avocat, le Bâtonnier AQUEREBURU. Ils ont été reçus par
le Commissaire WELEKETI assisté de son adjoint le Commissaire DJOBO.
D’entrée, le
Directeur de la DCPJ, visiblement mal à l’aise dans le sale rôle qui lui a
été assigné par son bourreau de Ministre, a commencé à faire diversion en
accusant M. MESSAN d’avoir refusé un règlement à l’amiable, mais d’avoir
opté pour une convocation. Ce qui à ses yeux complique les choses. Le
Commissaire WELEKETI, comme un artiste à qui on a demandé de jouer un rôle
qui ne lui plaisait pas, avait voulu se mettre à l’abri en usant des
subterfuges pour se trouver une justification morale. Au lieu d’aller droit
au but, il jouait la comédie pour se donner une bonne conscience. Une
comédie de mauvais goût comme s’il avait affaire à un néophyte ou à un
bambin tombé de la dernière pluie. Exaspéré, M. MESSAN lui a demandé d’en
venir à l’objet de la convocation. C’est alors qu’il est rentré dans le vif
du sujet en demandant à M. MESSAN de lui apporter les preuves concernant
l’article qu’il a publié dans sa livraison du jour, (CP N°645 du 23 au 27
mars 2009) sous le titre, « le Ministre de la Sécurité a l’obligation
de dire la vérité aux Togolais » et dans lequel il a affirmé qu’il y
aurait parmi les gangsters, des hommes appartenant aux forces de sécurité.
En réponse à
cette question, M. MESSAN a objecté que ce n’est pas à la Police qu’il faut
fournir les preuves d’un article mais devant le Tribunal. Qui plus est, la
Police ne peut pas être juge et partie. M. MESSAN a ajouté qu’il ne
révèlera pas non plus sa source parce qu’il est interdit aux journalistes de
donner leur source.
Le Commissaire
WELEKETI, dans son vilain rôle, revient à la charge pour dire que si M.
MESSAN se trouve dans l’impossibilité de fournir la preuve qu’il exigeait de
lui, il sera obligé de le garder à vue.
A la question de
savoir au nom de quelle loi il voulait le garder à vue, il a répondu que ce
n’est pas parce que le Code de la Presse interdit la peine d’emprisonnement
ou la détention préventive que les journalistes doivent faire ce qu’ils
veulent. Et qu’en ce qui le concerne, il va appliquer le Code pénal.
A ce niveau,
nous estimons qu’il faut faire l’économie des détails parce que lorsqu’un
Directeur de la Police Judiciaire abandonne son travail qui consiste à
traquer le grand banditisme pour s’acharner sur un journaliste, en violation
de la loi, parce qu’il en a reçu l’ordre, il faut dire que la République est
en péril et que nous avons encore du chemin à faire dans notre pays.
Dans ce triste
dossier, il a fallu que le Ministre des Droits de l’Homme, le Président de
la HAAC et son Vice-président fassent le déplacement de la Direction
Centrale de la Police Judiciaire. Il a fallu que le Premier Ministre HOUNGBO
s’implique personnellement. Et si nos informations sont exactes, il s’y
serait pris à plusieurs reprises.
Malgré toutes
ces interventions, le bourreau TITIKPINA refuse d’entendre raison. Il s’est
entêté et ne voulait rien savoir. Pour lui, M. MESSAN doit passer la nuit à
la PJ. Pourquoi et au nom de quoi ? Lui seul le sait. Et c’est seulement
après 4 heures de suspense et de pressions venant de partout qu’il a daigné
donner l’ordre de libération de M. MESSAN.
Pour notre part,
nous ne sommes nullement surpris si le boucher TITIKPINA, l’homme qui ne
respecte rien, l’homme qui pendant les graves et sanglants événements
d’après les élections du 24 avril 2005, aurait même outrepassé les ordres de
l’Etat Major général et ordonné de tirer sur des manifestants aux mains
nues, continue à se prendre pour Jupiter, c’est parce que le Président Faure
GNASSINGBE lui a toujours servi de bouclier bien qu’il savait que cet
officier avait beaucoup de sang sur la main. Jusque-là, rien de bien grave.
Tout Chef d’Etat doit protéger son Ministre de la Sécurité. Mais il
appartient à ce dernier de connaître ses propres limites. En l’espèce, ce
n’est malheureusement pas le cas. TITIKPINA devient trop puissant. Il gère
son ministère comme une caserne.
Nous accusons le
Colonel TITIKPINA de tentative d’assassinat déguisée en arrestation. En
effet, d’après nos informations, il aurait suffi que M. MESSAN passe la nuit
à la DCPJ pour que nuitamment, son compte lui soit réglé par un commando
destiné à exécuter les basses besognes. Autrement, comment peut-on expliquer
que le Ministre ait donné l’ordre d’arrêter un journaliste en violation de
la loi quand bien même, il ne peut pas le faire déférer. Que voulait-il
faire du journaliste ? Toute la question est là. Le Procureur de la
République contacté aurait fait savoir que cette arrestation est illégale.
Lorsqu’on veut se servir d’une garde à vue dans les locaux de la PJ comme
alibi pour se donner l’occasion de se saisir d’un journaliste, le torturer
et éventuellement l’assassiner, il faut être un hors la loi pour imaginer un
scénario aussi diabolique. Tant que le Ministre TITIKPINA n’expliquera pas
publiquement au nom de quelle loi, il a ordonné l’arrestation de M. MESSAN,
il est et demeure suspect de tentative déguisée d’assassinat. Le Ministre de
la Sécurité aurait même sermonné le Directeur Central de la Police Judicaire
d’avoir fait un compte rendu au Procureur de République. Si une telle
allégation est vraie, et tout porte à le faire croire, il faut comprendre
que le coup monté par cet officier atypique dont le nom figure dans tous les
rapports d’enquêtes relatifs aux crimes commis dans notre pays, vise une
autre finalité que celle d’appliquer la loi.
Il est vrai que
le Togo est un pays au système judiciaire lacunaire, mais force est de
reconnaître qu’au jour d’aujourd’hui, l’homme qui est au centre des
violations des droits de l’homme, qui commandite toutes sortes d’exactions
et qui verse systématiquement dans l’excès du pouvoir a pour nom, le Colonel
Mohamed Atcha TITIKPINA, Ministre de l’Insécurité Judiciaire au Togo. Les
organisations de défenses des droits humains doivent se mobiliser pour le
traduire en Justice.
Au moment où la
communauté internationale s’investit pour combattre les sanguinaires, les
tyrans et autres satrapes, le Colonel TITIKPINA doit comprendre que les
Togolais n’accepteront plus de revivre la terreur des années de plomb au
Togo.
Pour notre part,
nous nous ferons le devoir de dénoncer ses travers, ses excès pour que les
Togolais ne soient plus victimes d’une nouvelle dictature. A cause de
TITIKPINA et ses comparses, on peut dire aujourd’hui qu’au Togo tout change
mais rien ne change.
Rodrigue
Les raisons
d’une bavure : L’implication des forces de sécurité dans l’insécurité au
Togo
Dans notre
dernière livraison, (CP N°645 du 23 au 27 mars 2009) nous avions publié à la
page 3, un article sous le titre « Le Ministre de la Sécurité a
l’obligation de dire la vérité aux Togolais ». Dans cet article, nous
avions fait état de ce que, d’après des informations en notre possession,
certains éléments des forces de sécurité seraient de connivence avec des
gangsters et autres bandits.
Cet article n’a
pas été écrit par hasard. Si nous nous sommes abstenus de publier
directement le nom du militaire arrêté en flagrant délit et qu’on
s’apprêtait à brûler avant qu’il ne soit récupéré et sauvé in extremis par
un ancien combattant, c’est tout simplement parce que nous avons fait preuve
d’indulgence envers les autorités de notre pays.
Or, il se trouve
que nous avons été payés en monnaie de singes. Le Ministre de la Sécurité,
le bourreau TITIKPINA a cru devoir se saisir de cet article comme alibi pour
embastiller notre Directeur de la Rédaction, M. Lucien MESSAN, en violation
du Code de la Presse et de la Communication.
Cette tentative
de passage en force ne nous surprend guère. Au contraire, cela nous conforte
dans le sentiment que TITIKPINA est un nostalgique d’une époque révolue qui
ne recule devant rien pour assouvir sa vengeance sur ceux qu’il considère
comme ses ennemis.
En effet, la
pratique qui consiste à arrêter les journalistes lorsqu’ils dénoncent les
travers des éléments des forces de sécurité ne date pas d’aujourd’hui. On se
rappelle que c’est pour les mêmes motifs et pour un article similaire que
notre confrère MEWENEMESSE Apollinaire avait passé 43 jours à la Prison
Civile de Lomé. Au moment où il vivait les affres de la détention, les
responsables de la sécurité ont démantelé les postes de contrôle et arrêté
les membres des réseaux qu’il avait dénoncés.
Ce que les
responsables des forces de sécurité qui ordonnent l’arrestation des
journalistes ne savent pas ou feignent d’ignorer, c’est que l’arrestation
des journalistes ne saurait occulter la vérité. Il suffit, pour s’en
convaincre, d’aller faire un tour au Palais de Justice et de consulter les
registres du Parquet.
Le fait n’est
pas une exception. Il est notoire que plusieurs fois, des miliaires, voire
même des gendarmes et des policiers ont été arrêtés pour vol ou complicité
de vol et déférés à la Prison Civile de Lomé. Vouloir faire entrave à la
publication d’informations sur les éléments des forces de sécurité procède
d’un cynisme destiné à encourager la corruption et à tromper les Togolais.
En commettant une bavure qui ne pardonne pas, TITIKPINA a montré qu’il n’est
pas au diapason de la politique d’apaisement du Président Faure. En faisant
arrêter M. MESSAN, il a semé du bordel dans un ciel serein
Nous reviendrons
en détail sur ce dossier avec des noms à l’appui, dans nos prochaines
livraisons.
A suivre donc.
C.P

Billet :
Faure GNASSINGBE : Et s’il se trompait ?
Face à la crise
politique qui a marqué la dernière décennie du long règne de feu le
Président EYADEMA et qui a perduré jusqu’à son arrivée au pouvoir, Faure
GNASSINGBE mène une politique d’apaisement qui se veut prudente.
Au stade actuel,
doit-on dire qu’il est en train d’écrire une nouvelle page de l’Histoire de
notre pays ou, au contraire, de la rater ? Le Président Faure pourra-t-il
tenir encore longtemps cette ligne de conduite face à l’angoisse sociale ?
Voilà des
interrogations qui appellent des réponses appropriées et urgentes. La
politique des petits pas que le Président a initiée n’a donné jusqu’à
présent que des résultats mitigés. Cette situation est due naturellement aux
nombreuses pesanteurs qui continuent à peser sur les différents pôles de
décisions dont le Président lui-même est tributaire.
Certes, le
Président Faure a ouvert plusieurs chantiers de réformes qui malheureusement
n’ont pas donné les fruits escomptés. Et pour cause. Dans toute entreprise
de développement, l’homme doit être au centre des préoccupations des
décideurs politiques. Faisant preuve au départ de beaucoup d’optimisme, le
Président Faure a sous-estimé la capacité de nuisance de certains de ses
collaborateurs devenus, à causes des intérêts juteux en jeu, de véritables
freins à ses propres ambitions.
Le Président a
cru à tort que l’homme est perfectible et qu’il suffit de donner l’impulsion
nécessaire pour que le pays recommence à tourner. En négligeant le facteur
homme, il est aujourd’hui confronté au facteur temps. En fonction de la
situation économique, le Président s’est-il réservé la possibilité d’ajuster
le tir ? Jusqu’à présent tout porte à faire croire que les réformes engagées
sont insuffisantes et mal calibrées à cause du laxisme des hommes appelés à
les conduire et c’est ce qui fait dire que les réformes ne sont pas à la
hauteur des difficultés du pays.
La nomination du
Premier Ministre HOUNGBO était de nature à créer une nouvelle dynamique et
donner un coup d’accélérateur, mais sur ce point aussi, tout se passe comme
si le Premier Ministre ne sert qu’à arrêter les balles. Le grand handicap de
Faure, reste l’Administration et surtout la gestion des finances publiques.
Mais, puisque le Chef de l’Etat a choisi la souplesse pour éviter de ne pas
affronter les siens ou déplaire aux différents lobbys qui l’entourent, il
est difficile de dire si dans les mois à venir, la décantation tant attendue
sera au rendez-vous. En attendant, la question reste posée avec beaucoup
d’acuité.
Et si le
Président se trompait ?
Rodrigue
Limogeage Une
décision dans l’ordre des choses : L’éviction du Ministre Nagou est une
œuvre de salubrité publique
Par décret en
date du mardi 24 mars 2009, le Président de la République a mis fin aux
fonctions de M. Yves Madow Nagou, jusque là, Ministre des Enseignements
primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Le même décret a nommé à la
tête de ce département, M. Sambiani Sankardja Laré.
Si cette
décision a surpris dans les rares milieux où on connaît très peu M. Yves
Madow Nagou, pour tous ceux qui connaissent un tant soi peu l’homme qu’on
présente comme un « ami » du Président, il n’en est rien. Au « Combat
du Peuple », nous disons que le limogeage de M. Yves Madow Nagou est
dans l’ordre des choses, mieux, il s’agit d’une œuvre de salubrité publique.
Il nous a en
effet été plusieurs fois donné de relever dans nos colonnes, les
insuffisances, les carences et la désinvolture de ce ministre pas comme les
autres, qui préfère s’enfermer dans sa tour d’ivoire au lieu de prêter une
oreille attentive à ceux qu’il est censé servir. Nous avions déjà dénoncé
l’arrogance du Ministre Nagou, un homme imbu de sa personne qui méprisait et
faisait poireauter des semaines entières, les parents d’élèves, enseignants,
inspecteurs et autres partenaires de l’Education qui sollicitaient une
audience.
La question nous
avait d’autant plus préoccupé que pendant que le Ministre Nagou s’enfermait
dans son bureau, des problèmes qui auraient pu trouver des solutions
s’accumulaient et se compliquaient sur le terrain. Ainsi par exemple, les 05
et 06 février dernier, une grève a paralysé le secteur de l’Education
nationale au Togo. Cette grève aurait pu être évitée si le Ministre Yves
Madow Nagou avait écouté et dialogué avec les syndicats des enseignants.
Quelques jours plus tard, ce sont les agents de la LIMUSCO qui avaient
organisé un sit-in.
Ces deux
mouvements montrent à suffisance le ras-le-bol des travailleurs relevant du
département ministériel dirigé par M. Yves Madow Nagou.
Dans un autre
registre, des informations recueillies de plusieurs sources et recoupées à
plusieurs niveaux font état d’une gestion scabreuse des projets. On cite en
exemple le projet BID-Education II, concernant la construction de plusieurs
salles de classe, de blocs pédagogiques et de sanitaires au Togo. Ce projet
qui devrait être financé par la Banque Islamique de Développement traîne les
pas jusqu’à ce jour, tout simplement parce que le traitement des avis
d’appel d’offre et l’attribution des marchés ne répondaient à aucune
orthodoxie. Face à cette situation, le bailleur de fonds a préféré se
rétracter et demander la reprise du processus.
Le limogeage de
Yves Madow Nagou est à saluer à plus d’un titre. En décidant de le
remercier, Faure Gnassingbé a sauvé l’avenir des élèves que cet homme, par
son entêtement conduisait à la perdition. En effet, l’homme serait, selon
nos informations, en train de faire une gestion dangereuse et nuisible du
dossier concernant l’uniformisation du BAC II dans les pays membres de l’UEMOA.
Il n’est un
secret pour personne que dans le cadre de l’intégration sous-régionale, un
processus a été enclenché et qui devait aboutir à l’uniformisation des
programmes scolaires dans la zone UEMOA où le Baccalauréat serait alors un
examen identique dans tous les pays membres.
Le Togo, pays
membre de l’UEMOA devait donc revoir son programme lourd par rapport à celui
des autres pays afin de se mettre au goût du temps. Malheureusement, le
Ministre Nagou qui n’en faisait qu’à sa tête s’était opposé à toute réforme.
Le programme d’enseignement était maintenu en l’état, alors que le temps
imparti était insuffisant pour épuiser le programme. La seule concession
qu’il acceptait après s’être rendu compte que le Togo ne pouvait pas
intégrer le BAC sous-régional était de faire composer les candidats togolais
au mois de juin, en même temps que leurs collègues des autres pays membres
de l’UEMOA. Une option pour le moins farfelue si l’on sait que le temps dont
disposent les enseignants ne leur permet pas d’épuiser leur programme.
En définitive,
tout se passait comme si le Ministre Nagou avait tout simplement décidé de
s’amuser avec l’avenir des élèves dans notre pays. C’est pourquoi, pour
nous, son éviction est salutaire à plus d’un titre.
Aujourd’hui,
nous sommes rassurés parce que le remplaçant de Yves Madow Nagou est un
Inspecteur de l’Education Nationale. Il serait un homme de qualité selon nos
informations. De par son parcours, il est indéniablement celui qu’il faut à
la place qu’il faut, car il maîtrise son sujet. Nous attendons de le voir à
l’œuvre pour apprécier. Nous lui souhaitons bonne chance, en espérant qu’il
fera mieux que son prédécesseur.
C.P.
Qui est M.
Sambiani Sankardja Laré ?
M. Sambiani
Sankardja Laré est né le 8 juin 1951 à Mango dans le préfecture de l’Oti.
Après ses études primaires et secondaires à l’Ecole primaire Centrale de
Dapaong et au lycée de Tokoin à Lomé où il obtient son BAC II en 1974, il
entre à l’Université du Bénin (actuelle Université de Lomé) à la Faculté des
Lettres et Sciences Humaines (FLESH). Il en sort en 1977, nanti d’une
licence de lettres modernes, du premier certificat de maîtrise de
linguistique (C1) et d’un certificat de psychopédagogie.
Il poursuit
ensuite ses études à l’Ecole normale Supérieure (ENS) de St Cloud en France
où il obtint un diplôme d’inspecteur de l’enseignement du troisième degré en
1987. Il reçoit aussi une formation au siège de l’UNESCO à Paris aux tâches
de secrétariat général de la commission nationale pour l’UNESCO.
M. Sambiani
Sankardja Laré a occupé plusieurs fonctions administratives notamment
professeur de français au collège Chaminade de Kara, inspecteur de français
de la Région maritime, chef d’inspection des Régions Centrale, de la Kara et
des Savanes et secrétaire général de la commission nationale togolaise pour
l’UNESCO.
M. Sambiani
Sankardja Laré a été secrétaire permanent du CREAA de décembre 2006 à
juillet 2008.
M. Sambiani
Sankardja Laré est marié et père de famille.
Les bons et les
mauvais Libanais : Lutte contre les trafics illicites de toutes sortes au
Togo
Depuis quelque
temps, le Ministre de la Sécurité, le Colonel TITIKPINA épaulé par le
Commandant MASSINA donne l’impression de vouloir éradiquer sur la terre de
nos aïeux, les trafics illicites de toutes sortes à savoir, le trafic de la
drogue, le trafic des faux billets, le blanchiment de l’argent sale etc.
Pour atteindre cet objectif, il a naturellement ciblé les Libanais résidant
au Togo, réputés les plus grands trafiquants ici, dans la sous-région et
ailleurs.
Les saisies
d’importantes sommes d’argent qui se chiffrent à des millions de dollars
dans des conditions parfois illégales sont là pour témoigner que ce duo
infernal ne recule devant rien pour soi disant, parvenir à ses fins.
Malheureusement,
là où le bât blesse, c’est que cette lutte ne se fait pas de façon
rigoureuse. Au regard des informations en notre possession, on est porté à
croire qu’en définitive, au Togo, les autorités compétentes en matière de
sécurité fonctionnent sur une base de deux poids, deux mesures.
En effet, on ne
comprend pas pourquoi par exemple, on peut expulser manu militari d’autres
Libanais dans des conditions arbitraires tout en s’accommodant d’un Libanais
comme Mahmoud ERMITI, un homme qui avait introduit deux containers de faux
billets au Togo. A l’époque, il a été inculpé et a fait l’objet d’un mandat
d’arrêt, mais il avait réussi à s’échapper du territoire national grâce à la
complicité du Commandant MASSINA. On ne comprend pas pourquoi cet homme
puisse revenir vivre dans notre pays comme si de rien n’était, après
quelques années d’éclipse sans subir la rigueur de la Justice.
Au jour
d’aujourd’hui, si nos informations sont exactes, cet homme continue à être
l’ami des hautes autorités de la sécurité togolaise et se permet de narguer
qui il veut en se comportant comme en territoire conquis.
Il est assez
dangereux et dommageable que certains Libanais, trafiquants, aient pignon
sur rue parce que bénéficiant de la complicité active ou passive de certains
chefs des services de sécurité tandis que d’autres sont injustement traqués,
simplement parce que l’on veut faire croire à l’opinion qu’on fait du bon
travail.
La lutte contre
le banditisme, certes, peut être multiforme, mais elle doit être globale et
ne doit laisser aucun trafiquant jouir de l’impunité. La lutte contre les
trafics illicites de toutes sortes constitue un enjeu démocratique parce que
les trafiquants qui gagnent de l’argent facile sont ceux-là qui disposent de
gros moyens pour corrompre et les magistrats, les officiers et les
policiers, bref tous ceux qui ont un pan de pouvoir dans un pays.
Le fait n’est
pas une originalité togolaise. Un peu partout en Afrique et dans le monde,
le scénario est le même. La lutte contre le grand banditisme peine à aboutir
à des résultats tangibles parce que parmi ceux qui sont appelés à la mener,
il y en a toujours qui sont de connivence avec les bandits.
Pour notre part,
notre objectif n’est pas de nous en prendre à tel ou tel responsable de la
sécurité au Togo. Nous sommes guidés par les faits, rien que les faits et
nous avertissons que nous ne nous laisserons pas intimider par ceux qui
croient qu’il faut se taire lorsqu’ils violent les lois de la République.
C.P.
Palabre en duo
Elavagnon :
Tu sais, quand je dis que je suis inquiet, tu crois que j’exagère. Et
pourtant, chaque jour que le bon Dieu fait, il se passe dans ce pays des
choses qui me confortent dans le sentiment que j’ai raison. L’autre fois, il
s’est produit un fait très grave.
Agbévivi :
Que s’est-il passé ?
Elavagnon :
Le Ministre Titikpina a fait interpeller le Directeur de la Rédaction du
Combat du Peuple. C’est une chose qui m’a beaucoup révolté.
Agbévivi :
Qu’y a-t-il de révoltant dans cette affaire ? Dans tous les pays, on
interpelle et on arrête même les journalistes. Ce n’est pas ici que ça va
commencer. Et puis, nous ne devons pas considérer les journalistes comme des
gens qui sont au-dessus de la loi.
Elavagnon :
Tu n’as rien compris du tout. Personne ne considère les journalistes comme
des gens au-dessus de la loi. C’est plutôt le Ministre qui s’est comporté
comme quelqu’un qui est au dessus de la loi. Car, justement, la loi interdit
l’interpellation des journalistes. Nous avons un code dépénalisé. La vérité,
c’est que Titikpina n’a aucun respect pour la République. Il se croit tout
permis. C’est quelqu’un qui viole la loi. Et à cet égard, je crois qu’il est
un véritable danger pour notre pays.
Agbévivi :
je ne sais pas pourquoi tu t’agites tant. Lorsqu’un problème se pose, nous
devons éviter de tirer des conclusions hâtives. Il faut écouter les deux
parties. Le Ministre doit avoir de sérieuses raisons pour faire ce qu’il a
fait. Pour connaître ces raisons, il faut d’abord lire ce que le journaliste
a écrit.
Elavagnon :
Tu n’y es pas du tout. Il y a dans notre pays, des lois. Il faut simplement
les respecter. C’est tout. La loi dit qu’on ne peut pas interpeller un
journaliste pour ses écrits. Elle ne dit pas qu’on peut arrêter un
journaliste si ce qu’il écrit est grave ou non. Moi je ne demande pas une
faveur au Ministre. Je constate qu’il y a des lois. Tout ce qu’il a à faire,
c’est de les respecter. En refusant de le faire, il se pose en hors-la-loi.
C’est vraiment dommage. Mes inquiétudes sont fondées parce que lorsque dans
un pays, les ministres se permettent de violer la loi, il n’y a pas de
sécurité pour le peuple.
Agbévivi :
Tu sais, nous ne devons rien exagérer. Et je crois que tu exagères un peu.
Moi je n’ai jamais été d’accord avec votre code là. C’est une loi qui
autorise toutes les dérives aux journalistes.
Elavagnon :
Ce que tu dis n’est pas vrai. Tu sais, quand on parle de dépénalisation, il
faut savoir relativiser. Il s’agit des peines privatives de liberté. La loi
n’autorise pas qu’on arrête un journaliste, qu’on le détienne ou qu’on le
jette en prison. Par contre, le journaliste n’est pas libre de faire tout ce
qu’il veut. La loi prévoit des sanctions. Il y a des amendes qu’on peut lui
infliger. Moi je crois au contraire que le Code de la presse, tel qu’il est
aujourd’hui vise à responsabiliser les journalistes. Titikpina est en train
de foutre la politique du Président en l’air. Ce que je ne comprends pas,
c’est le fait que le Président se taise sur ses dérives.
Agbévivi :
Je vais te dire une chose. Le Président sait tout ce qu’il fait. Il sait
quand prendre une décision ou une autre. Si le Ministre Titikpina fait du
tort au pays comme tu le dis, il n’y a pas de raison pour que le Chef de
l’Etat ne prenne pas les mesures qui s’imposent. Je ne sais pas si tu as
suivi les informations ces derniers jours. Mais le Président a limogé le
Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire. Ce limogeage a apporté la
preuve que le Président sait toujours ce qu’il fait.
Elavagnon :
C’est vrai que ce Ministre en faisait trop. Il crée trop de problèmes au
gouvernement. Le Président a décidé de dispenser les parents d’élèves du
paiement de l’écolage à l’école primaire et préscolaire. Mais dans
l’Education Nationale, il y a trop de problèmes parce que le Ministre était
trop renfermé.
Agbévivi :
Le plus important pour moi, c’est qu’il ait été limogé. Cette décision du
Président vient apporter un démenti à ceux qui disent que le Président
s’est entouré d’amis qui font tout sans qu’il puisse lever le petit doigt.
Elavagnon :
Si le Président est décidé à faire le ménage, alors qu’il le fasse. Qu’il
poursuive sa logique pour se débarrasser des gens comme Titikpina. Parce
que, avec quelqu’un comme cet homme, nous ne sommes pas en sécurité dans
notre pays. Les lois sont faites pour être respectées. Quand c’est un
Ministre qui se permet de la violer, c’est grave. Il n’est pas normal que
quelqu’un profite de sa position pour faire du n’importe quoi. Dans cette
affaire, Titikpina a voulu se venger. Il a voulu régler des comptes à un
journaliste dont les écrits ne lui plaisent pas.
Agbévivi :
Il faut que les journalistes aussi fassent preuve de modération. Et puis
c’est vrai qu’ils doivent savoir ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire
dans l’intérêt du pays.
Elavagnon :
Tu ne sais pas de quoi tu parles. Ce que je sais, c’est que le journaliste
ne doit pas faire de l’auto-censure. Le Ministre Titikpina est en pleine
dérive. Je ne vois pas en quoi le dénoncer peut gêner notre pays. Je pense
au contraire que tous ses actes doivent être dénoncés. C’est ça le travail
du journaliste. Qu’on laisse la presse faire son travail et la République ne
s’en portera que mieux.
Sortie
victorieuse togolaise à Accra : Les Lions indomptables du Cameroun domptés
par les Eperviers du Togo
Samedi dernier,
le Togo a disputé contre le Cameroun, un match dans le cadre de la
qualification pour les phases finales de la CAN/Mondiale 2010. A l’issue du
temps réglementaire, les Eperviers du Togo ont battu les Lions Indomptables
du Cameroun qui avaient pourtant aligné tous leurs cadres, par un score de 1
but 0.
Notre pays a
ainsi créé la surprise parce que très peu d’observateurs pronostiquaient en
faveur du Togo, un pays dont le football a connu ces dernières années, des
difficultés essentiellement dues aux problèmes d’hommes qui minaient la
Fédération.
C’est dans la
joie et l’euphorie collective que cette victoire a été saluée au Togo. On
peut dire, au regard de l’issue heureuse du match, que le nouvel entraîneur
belge des Eperviers, M. Jean THIESSEN a démarré sous de bons hospices. Mais
il est vrai que nous sommes en football ou rien n’est gagné d’avance. Il
faut donc savoir raison garder, faire preuve d’objectivité et de retenue car
le Togo joue dans une poule très difficile que certains ont même qualifiée
de « Poule de la mort ».
A cœur vaillant
rien d’impossible, dit-on. La victoire des Eperviers sur les Lions
Indomptable apporte la preuve que les Togolais peuvent réussir de belles
choses pour peu qu’ils y mettent de la volonté.
Pour le reste du
parcours, les Togolais doivent se retrousser les manches et se préparer
davantage.
Nous n’avons pas
de conseil à donner. Mais nous lançons un appel aux joueurs qui devront
redoubler de vigilance et faire montre d’humilité, de rigueur, de discipline
et surtout de sérieux aux entraînements.
Quant aux
dirigeants et principalement au Président de la FTF, le Col Rock GNASSINGBE,
nous en appelons à son sens de raison. Il a l’obligation et le devoir de
créer au sein de l’instance dirigeante de notre sport roi, une atmosphère de
sérénité et de confiance susceptible de permettre à tous, joueurs,
entraîneurs et autres, de faire correctement le travail. Il doit veiller à
ce que tout se déroule dans l’ordre afin qu’il ne nous soit pas donné de
revivre le psychodrame de 2006 de Wangen. Des mesures incitatives et de
motivation doivent être prises pour mobiliser les joueurs. Et les
engagements pris doivent être respectés.
Le sport et
surtout le football est aujourd’hui ce qui, plus que tout, unit les
Togolais. Il doit donc être géré dans l’intérêt de tous.
« Le Combat
du Peuple »
se félicite comme tous les patriotes de la victoire togolaise. Les Eperviers
du Togo ont réussi le tour de force de dompter des Lions pourtant réputés
indomptables. Chapeau ! Mais nous savons que beaucoup de chemin reste à
faire. Cependant, pour avoir pris un bon départ, nous avons des raisons
d’espérer. Nous souhaitons bonne chance au football togolais.
C.P.
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Le Combat du Peuple N° 645 du 23 mars 2009 |
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Le Ministre de la Sécurité a l’obligation de dire la vérité
aux Togolais |
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Le Colonel Atcha Titikpina qu’on ne présente plus, a initié tout
récemment, face à la recrudescence de l’insécurité au Togo, des journées
portes ouvertes sur les forces de sécurité togolaises. Il nous a alors été
donné de dénoncer, ce qui, pour nous, n’était qu’une opération poudre aux
yeux, parce que ne permettant pas de combattre efficacement le mal qui nous
ronge.
Nous savons par ailleurs que le Ministre Titikpina, symbole de la
médiocrité au pouvoir, aime faire de la diversion pour tromper l’opinion.
Car, lorsque de nombreux véhicules de Police en bon état sont garés et
soigneusement rangés dans la cour de
la Direction
Générale de
la Police Nationale
à cause de manque de carburant et qu’on vient nous parler des moyens
déployés etc. pour enrayer le banditisme, on comprend que le Ministre
lui-même ne se prend pas au sérieux dans le combat qu’il prétend mener
Par ailleurs, de plus en plus d’informations font état de ce que
l’insécurité au Togo n’est pas seulement le fait de bandits civils. Il y
aurait parmi les gangsters et brigands qui volent, violent et tuent dans nos
villes et nos campagnes, des hommes appartenant aux forces de sécurité.
Curieusement, aucune source officielle n’en fait cas.
Pour nous, lorsque des éléments des forces de sécurité sont impliqués
dans des attaques à mains armées et que le Ministre Titikpina fait l’impasse
sur une information de cette importance, il se rend coupable d’une forme de
complicité passive.
Le Ministre de
la Sécurité a
l’obligation de dire la vérité aux Togolais, car ils ont besoin de savoir ce
qui se fait pour eux. C’est seulement à ce titre qu’ils pourront facilement
apporter leur contribution dans la lutte contre l’insécurité au Togo. Il
s’agit-là, d’une vérité que le Colonel Titikpina ne doit jamais perdre de
vue.
C.P.
Togo, un Etat de
non-droit : Le Colonel TITIKPINA et le Commandant MASSINA symboles de
gangstérisme d’Etat : Le nommé Mehanna HOUSSAM kidnappé et expulsé du Togo
en toute illégalité
Si demain,
Amnesty International publie un rapport sur le Togo et dénonce des
violations flagrantes des droits de l’homme, personne ne doit s’en
offusquer. Le Colonel Titikpina Atcha Mohamed, Ministre de la Sécurité et son comparse le Commandant
Massina, Directeur de l’Agence Nationale de Renseignement qui
se comportent comme deux hors la loi de
la République en seront la cause, parce qu’ils passent leur temps
à violer allègrement le droit des citoyens togolais et des étrangers vivant
sur le sol togolais. Ils sont devenus les symboles d’un gangstérisme d’Etat
qui ne dit pas son nom. Ces deux violateurs des droits humains
bénéficieraient malheureusement de la confiance totale du Chef de l’Etat, M.
Faure Gnassingbé qui prendrait
tout ce qu’ils lui disent comme parole d’Evangile. Si rien n’est fait pour
les ramener à la raison, ils finiront devant
la CPI parce que des Togolais s’organiseront pour déposer plainte contre eux
lorsque la preuve sera établie que les Tribunaux togolais sont impuissants
face à leurs dérives.
Le dimanche
15 mars 2009,
un événement qui fait la honte de la République a eu lieu. Il s’agit ni
plus, ni moins du kidnapping et de l’expulsion du territoire togolais d’un
ressortissant Libanais, le nommé Mehanna
Houssam – employé à la société
MARCO Sarl. Marco Sarl est une société qui assure le transport des véhicules
d’occasion importés au Togo.
Les faits :
Le dimanche
15 mars 2009,
vers 15 heures le sieur Mehanna
Houssam à bord de son véhicule 4 x 4 immatriculé TG- 7793 –AG conduit
par son chauffeur, M. Anifrani Kokou Alexis, a fait un aller et retour rapide Lomé -
Cotonou – Lomé pour déposer son frère venu du Bénin lui rendre visite à
Lomé.
A l’aller, tout
s’était bien passé. L’enregistrement à la Police et toutes les formalités se
sont déroulés sans anicroche.
Au retour,
d’après nos informations, une fois sur le territoire togolais, venant de
Cotonou, M. Mehanna Houssam a
été kidnappé par les éléments du Commandant Massina agissant sous la
direction d’un certain Lt Pali. Ces éléments de l’Agence Nationale de
Renseignement, de véritables hors la loi, ont arrêté et le sieur
Houssam et son chauffeur sans
aucune explication et les ont conduits manu militari de la frontière Sanvee
Condji au siège de l’ANR à Lomé II. Le parcours Sanvee Condji – Lomé a été
pour le sieur HOUSSAM, un enfer. La menotte qu’on lui a passée aux poignets
a été délibérément serrée au plus près pour faire mal. Les injures et les
menaces pleuvaient. Chaque fois que le pauvre HOUSSAM fait allusion à ses
droits, le Lieutenant lui répond inlassablement «je m’en fous ». C’était
la peur chez la victime parce qu’il craignait pour sa vie. Jusqu’au
lendemain où il fut conduit à son domicile pour une perquisition de pure
forme, personne ne savait où HOUSSAM se trouvait. La panique était générale.
On téléphonait partout.
Une fois au
siège de leur service, le sieur
Houssam a été soumis à des harcèlements de tout genre. On lui
demandait inlassablement quels sont ses liens ou relations avec le nommé
Chmeissani Toufic Hamad,
également Libanais, celui-là même qui transportait la somme de (595.000
dollars et douze mille euros) et qui avait été arrêté à l’aéroport de Lomé
avec Baaklini Farès un second
qui transportait 680.000 dollars, soit un total de 1.275.000 dollars et
12.000 euro.
Rappelons :
1°/ Qu’au
moment de ces arrestations, le sieur
Houssam qui vit à Lomé, s’était présenté à l’Office Central de
Répression du Trafic illicite des Drogues et du Blanchiment pour déclarer
que c’est lui qui a confié à son compatriote
Baaklini Farès la somme de
590.000 dollars (voir en encadré P. 5, le procès-verbal d’audition de témoin
N° 084 du 18 novembre 2008).
2°/ Que le
sieur Houssam, qui fait office
de gérant de la société Marco à Lomé et qui réside à la résidence du Bénin,
face au Super Marché Ramco,
avait prouvé l’origine de l’argent (voir PV N° 084, P. 5).
3°/ Que le
sieur Chmeissani Toufic, le
second transporteur a été déjà arbitrairement expulsé du Togo par arrêté du
Ministre de la Sécurité pour les mêmes motifs. Alors que tout le dossier
était et reste encore pendant devant le procureur de
la République à qui ils ont été présentés c’est-à-dire déférés.
4°/ Que les
sieurs Chmeissani et
Baaklini ont été remis en liberté par le Procureur de
la République
parce qu’ils avaient régulièrement rempli à la Douane les formalités de la
déclaration, en bonne et due forme, des sommes transportées et que
récépissés leur avaient été délivrés.
Ainsi donc M.
Houssam et son chauffeur, ont
été gardés à vue au siège de l’ANR où ils ont passé la nuit du dimanche à
lundi 16 en plein air sous la bonne garde de 4 éléments de l’ANR qui les
tenaient en joue avec leurs fusils d’assaut. Pendant la journée de lundi, la
comédie s’est poursuivie. L’interrogatoire était sans objet. On harcelait,
on menaçait le prévenu pour amuser la galerie. Une torture morale dont seuls
les tortionnaires professionnels ont le secret. On revenait à la charge pour
demander à M. Houssam ses
liens avec Toufic Chmeissani
parce que en définitive, on ne lui reprochait rien. On lui reprochait de
vouloir se faire restituer son argent saisi abusivement. Le mardi matin très
tôt vers 5 heures, M. Houssam qui avait
passé cette seconde nuit en cellule, fut réveillé et embarqué manu militari
et déposé à Sanvee Condji, côté Bénin. L’arrêté d’expulsion N°0057 du
16 mars 2009,
signé par le Ministre de la Sécurité et qui a été remis aux autorités policières béninoises
(voir fac similé ci-contre) n’a pas été notifié préalablement à l’intéressé.
Dans quel pays
de droit procède-t-on à ces genres d’arrestations et d’expulsions ? Le
prévenu aurait pu être interpellé à son domicile ou à son bureau. On préfère
l’enlever un dimanche alors qu’il rentrait de voyage pour qu’il n’ait pas la
latitude de se défendre. Il faut noter que toutes les deux expulsions
(celles de Chmeissani et de
HOUSSAM) ont été faites au
moment où le Président Faure était absent du territoire national. La 1ère fois
il était en Italie et cette fois, il se trouvait à Ouagadougou.
Le chauffeur,
quant à lui, a connu l’enfer. Il a été torturé avant d’être libéré le mardi
17 en fin d’après midi au motif qu’il n’a pas collaboré. Des coups de pieds
lui ont été assénés par les chiens de garde du Lt Pali qui s’en donnaient à
cœur joie.
Au regard de
ces faits, il faut retenir que les sommes transportées légalement et dont
l’origine a été prouvée ne sont pas le produit de la drogue ni destinées au
blanchiment. Autrement, il fallait confier le dossier aux Tribunaux qui
aviseront.
D’ailleurs les
prévenus ont recouru à un Avocat, Me Kossi
Hounaké-Akakpo qui avait saisi
le Procureur de la République par lettre en date du 24 novembre (voir fac
similé, P. 5).
Il faut noter
que les trafiquants et autres spécialistes de blanchiment n’ont pas pour
démarche de saisir les Tribunaux et d’exiger la restitution de leurs fonds.
Par ailleurs,
l’expulsion de l’un des transporteurs des fonds, l’autre ayant déjà quitté
le Togo et l’expulsion du propriétaire d’une partie du fonds au motif qu’ils
exercent des activités illicites de nature à troubler l’ordre public et à
porter atteinte à la Sécurité nationale est un arbitraire criard, une injustice
scandaleuse, un alibi fourre tout qui ne saurait se justifier au regard de
la loi. Le Ministre de
la Sécurité en
fait trop. Cet officier supérieur, un nostalgique d’une époque révolue est
un fervent partisan de l’ordre ancien.
Le Ministre de
la Sécurité ne saurait se substituer à
la Justice et s’ériger en Juge. Le Togo a une Justice. Lorsque le
Ministre de
la Sécurité
constate que le Sécurité Nationale est menacée, la moindre des choses c’est
de saisir la Justice qui seule peut qualifier le délit ou le crime et prendre
une décision de justice. C’est ce qu’on appelle un Etat de droit.
Ce dossier de
saisie des 1.275.000 dollars est très très mal géré du début jusqu’au jour
aujourd’hui par le Ministre de la Sécurité et son comparse
MassinA, le Fantômas, l’homme
sans visage qui agit dans l’ombre et toujours en marge de la loi. Tout ce
qui a été fait dans ce dossier viole la loi. Tout ce qui a été fait dans ce
dossier prouve que les Togolais ne sont pas en sécurité chez eux. Tout peut
leur arriver et à tout moment. Le comportement du Ministre de la Sécurité et de MASSINA sème la terreur au Togo. Les gens ont peur.
Il faut le dire et le crier haut. Et pour cause. Les crimes et autres
injustices du col. Djoua de sinistre mémoire hantent encore les esprits.
L’arrestation
et l’expulsion illégales des propriétaires de l’argent, c’est-à-dire ceux
qui se battent pour la restitution est une honte nationale. Dans un Etat de
droit, les formes, au moins, doivent être respectées.
En s’accaparant
illégalement de l’argent de tiers et en s’appuyant sur des alibis farfelus
pour les expulser du Togo, le Colonel
Titikpina, avec ou sans la complicité de Faure
Gnassingbé a franchi le
Rubicond.
D’après nos
informations, le Président de la République ne vit et ne respire que par ces
deux violateurs impénitents de la loi. Nous n’avons rien contre cette
situation. Le Président seul connaît les raisons pour lesquelles il fait
confiance à ce duo infernal qui use et abuse de leurs prérogatives en
mentant et en violant les lois de
la République.
Nous lançons un
défi. Si on veut bâtir un Etat de droit, si on veut bâtir un Togo apaisé où
les droits des citoyens seront respectés, le Président doit maîtriser
l’ardeur belliqueuse de ses deux cerbères. S’il ne le fait pas assez
rapidement, il ira au devant des déconvenues graves parce que les Togolais
ont assez des excès de pouvoir.
Le Président
Faure Gnassingbé peut garder
Titikpina et
Massina à leurs postes encore pendant 6 ans s’il est réélu en
2010. Une chose est sûre, le résultat final sera catastrophique. C’est un
pari que nous faisons. Car on ne peut vouloir une chose et son contraire à
la fois. On ne peut pas bâtir un Etat de droit en s’accommodant des
officiers sans foi ni loi.
Nous y
reviendrons dans nos prochaines livraisons.
Rodrigue
Quand la
vérité se met en route : Tribalisme au Togo, parlons-en : D’un tribalisme à
l’autre
Le tribalisme ou l’ethnicisme est un phénomène existentiel. Au Togo, l’ethnicisme
ou la discrimination est né des antagonismes issus du combat des Togolais
contre le colonialisme.
Après le référendum de 1958, les nationalistes qui ont gagné les
élections n’ont pas su prendre de la hauteur et surtout faire preuve de
tolérance pour tourner la page douloureuse de la lutte pour l’indépendance
en vue de créer la cohésion nationale. Les dirigeants du CUT incarnés par
une bourgeoisie « compradore » intolérante ont considéré que
nos frères du Nord et majoritairement les Kabyè étaient les partisans des
formations politiques proches du colonisateur (PTP et UCPN). Et par
conséquent, il a été décidé de leur en faire payer le prix.
C’est ainsi que, dès la formation du premier gouvernement, la volonté
délibérée d’exclusion était manifeste.
A titre d’exemple, le premier gouvernement de Sylvanus
Olympio était composé de 5
Ministres Ewé, tous originaires de
la Région
Maritime, 1 de la Région des Plateaux, 0 de
la Région Centrale,
0 de la Région de
la Kara et 0 de
la Région des Savanes.
Le deuxième gouvernement de Sylvanus Olympio comptait en son sein 5
Ministres originaires de
la Région
Maritime, 1 de la Région des Plateaux, 0 de
la Région Centrale,
0 de la Région de
la Kara et 2 de
la Région des Savanes.
Le troisième gouvernement
Olympio était composé de 5 Ministres de
la Région Maritime,
3 de la Région des Plateaux, 0 de
la Région Centrale,
0 de la Région de
la Kara et 2 de
la Région des Savanes.
Nous irons plus loin pour dire que, à l’époque, tous les trois
Ambassadeurs nommés pour représenter le Togo à l’extérieur étaient
originaires de
la Région
Maritime, à savoir 2 d’Aného et 1 de Tové.
Sur l’ensemble des Directeurs de Cabinet, 8 étaient de
la Région Maritime,
3 de la Région des Plateaux, 1 de
la Région Centrale,
0 de la Région de
la Kara et 0 de
la Région des Savanes.
Il est donc clair, dans ces conditions et au vu de ces chiffres, que la
discrimination, sœur jumelle du tribalisme et du régionalisme était déjà une
réalité palpable au Togo. Mais à l’époque, personne ne trouvait à redire.
Tous les cadres et élites du Sud se sont accommodés de cette situation somme
toute cruelle. Or, depuis ce temps, le ver était déjà dans le fruit
En 1963, l’assassinat de Sylvanus
Olympio a sonné le glas à
cette répartition déséquilibrée. On a alors pensé à un rééquilibrage. Les
auteurs du coup d’Etat avaient alors évoqué l’imminence de guerre civile
sans entrer dans les détails.
Le premier gouvernement de Nicolas
Grunitzky était formé de 3
Ministres originaires de
la Région Maritime,
2 de la Région des Plateaux, 0 de
la Région Centrale,
2 de la Région de
la Kara et 1 de
la Région des Savanes.
Le deuxième gouvernement était composé de 5 Ministres issus de
la Région Maritime,
2 de la Région des Plateaux, 2 de
la Région Centrale
3 de la Région de
la Kara, 1 de
la Région des Savanes.
Avec l’arrivée au pouvoir du Lieutenant Colonel
Eyadéma le
14 Avril 1967, le premier gouvernement formé était composé de 2
Ministres originaires des
la Région
Maritime, 2 de la Région des Plateaux, 3 de
la Région Centrale
4 de la Région de
la Kara et 1 de
la Région des Savanes.
En 1978, le gouvernement toujours formé par le Président
Eyadéma comptait en sein, 4
Ministres originaires de
la Région
Maritime, 4 de la Région des Plateaux, 2 de
la Région Centrale,
1 de Pagouda, 5 de Kara et 1 de Pya.
C’est le lieu de dire que,
Eyadéma qui était d’origine modeste, qui a été enrôlé pour la guerre
et qui, après son retour, a connu les difficultés de la vie, a été l’un des
Présidents de
la République togolaise le plus proche du peuple parce qu’il
partageait avec le bas peuple, des expériences similaires de pauvreté.
Eyadéma avait donc à cœur, de
développer le Togo dans son ensemble, de gouverner le Togo avec tous ses
fils, d’où qu’ils viennent en faisant appel à toutes les compétences. C’est
ainsi qu’à ses débuts, il avait presque réussi une véritable réconciliation
nationale. Le RPT créé en 1969 était véritablement un creuset national au
sein duquel, les problèmes d’ethnicisme, de tribalisme et de régionalisme ne
se posaient pas en termes réels ou d’acuité.
Malheureusement, petit à petit, pour des raisons évidentes, les démons
du tribalisme voire du régionalisme ont refait surface et le choc des
intérêts particuliers a, au fil du temps, creusé un fossé entre les fils
d’un même pays. Le pire, c’est que certains intellectuels du Nord, parmi
lesquels le Prof. Wen’Saa Ogma Yagla qui occupaient une place de choix, ont
inventé le concept du rééquilibrage Nord – Sud. Le livre qu’il a écrit « L’édification
de
la Nation
togolaise »
en est une illustration irréfutable.
Cette idée de rééquilibrage Nord – Sud a fait son chemin. De fil en
aiguille, on a soutenu et défendu que nos frères du Nord étaient des damnés
et qu’il fallait absolument supprimer cette injustice en les récompensant à
tous les coups. On parlait de la supposée supériorité des gens du Sud et un
complexe d’infériorité s’était développé au sein des différents groupes du
Nord. C’est ainsi que des gens se sont organisés pour partir à la conquête
du pays en se servant de l’Etat comme tremplin.
Le soulèvement populaire du
05 Octobre 1990 et
la Conférence Nationale
Souveraine ont malheureusement servi de catalyseur et ont accéléré le
mouvement. Les revanchards du Nord se sont organisés et ont tout investi
pour que le Togo devienne leur trophée de chasse.
A ce niveau, il convient de rappeler que, jusqu’en 1990, en dépit des
tendances des faucons du Nord à tout prendre, Eyadema a toujours su mettre
du bémol. Il a géré le Togo dans un équilibre géopolitique remarquable. Il a
toujours su corriger les dérives et il a souvent privilégié les compétences
surtout en ce qui concerne les nominations à des postes importants.
Mais, à partir de 1992, avec le traumatisme de
la Conférence nationale Souveraine et de
la Grève Générale
Illimitée, Eyadema a lâché la bride et la tendance à la tribalisation s’est
dangereusement accentuée.
Lorsqu’on parle de tribalisme ou d’ethnicisme dans un pays, il faut
mener une réflexion objective et dépassionnée sur le sujet.
Il y a ceux qui pensent que lorsqu’on parle de tribalisme au Togo,
c’est l’ethnie Kabyè qui est visée et ils crient au danger.
Il y a ceux qui croient que lorsqu’un journaliste dénonce la tendance à
la tribalisation à outrance dans notre pays, ce journaliste est tribaliste
et fait appel à la haine tribale.
A ceux-là, nous répondons qu’ils confondent vitesse et précipitation.
Un confrère a titré : « Montée du tribalisme, attention danger. Le
malheur d’être Kabyè au Togo ». Soyons sérieux. Evitons l’amalgame
et la dramatisation. A celui-là, nous répondons que le débat autour du
tribalisme au Togo ne doit pas se poser en ces termes, car au jour
d’aujourd’hui, face aux réalités du terrain, il serait plus vrai de dire « le
bonheur d’être Kabyè au Togo ». Et pour cause. Dans notre pays,
qu’on le veuille ou non, le rapport des forces est en faveur de nos frères
Kabyè au pouvoir.
Mais attention. Là-bas aussi, il ne faut rien généraliser. Il suffit de
faire un tour en pays Kabyè pour constater le train de vie du paysan Kabyè
et de tous nos autres frères du Nord avant de tirer une conclusion.
Le fait tribal n’est pas Kabyè. Ce n’est pas les Kabyè qui sont les
tribalistes. En tout cas, 80% d’entre eux n’en sont pas bénéficiaires. Au
contraire. Le paysan Kabyè est plus pauvre que le paysan du Sud. Ses
conditions de vie sont plus pénibles à cause d’un environnement hostile
qu’il doit combattre au quotidien.
Lorsqu’on parle de tribalisation, il faut comprendre qu’elle n’est que
l’œuvre d’un groupe de personnes qu’on appelle les tribalistes et qui sont
prêts à tout pour mettre la main sur tout, étendre leurs privilèges partout
pour devenir ainsi, les maîtres du pays. Pour être clair et explicite, il
faut préciser qu’il existe au sein des élites Kabyè (Militaires,
commerçants, fonctionnaires, politiques ou autres) un noyau dur composé de
tribalistes tout comme les génocidaires du Rwanda. Ces tribalistes,
minoritaires mais puissants, sont décidés de tout prendre quitte à en
découdre éventuellement avec les autres Togolais parce qu’ils ont des
privilèges à défendre. Ces hommes pensent que dans le passé, l’ethnie Kabyè
a été discriminée et humiliée et ils font tout pour prendre leur revanche.
C’est justement à ceux qui développent de telles idées que nous nous
adressons. Il ne faut pas faire la confusion entre les tribalistes et les
Kabyè en général. Nous invitons tous les tribalistes à cultiver l’esprit de
tolérance et de partage. Autrement, tôt ou tard, à moyen ou à long terme, la
rupture sera au rendez-vous et c’est tout le peuple togolais qui en pâtira.
Il faut reconnaître que ces tribalistes sont généralement des égoïstes
intransigeants, intolérants et dangereux, qui mettent toujours la cohésion
nationale en péril.
On a voulu compenser la discrimination des débuts des années
d’indépendance par une autre discrimination comme si la faute de l’autre
justifie l’erreur de soi. Ceux qui ont choisi cette orientation ont fait
fausse route. Et encore ! La discrimination dont ils tirent prétexte n’a
prévalu que pendant deux ou trois ans. Celle qu’on constate aujourd’hui,
dure depuis plus de 40 ans.
Aujourd’hui, nous parlons de la tendance à la tribalisation. Même s’il
faut reconnaître que le phénomène devient galopant, nous ne voulons pas
aller dans les statistiques parce qu’il ne sert à rein de jeter de l’huile
sur le feu. Le Togo notre pays est un et indivisible. Tous les citoyens
togolais, quelle que soit leur origine ethnique, aspirent à vivre ensemble
en toute équité, avec les mêmes droits et devoirs sur la terre de nos aïeux.
Le Kabyè, le Bassar, le Kotocoli, l’Ewé ou le Mina ne demande que ça.
Mais, il y a une évidence qu’il ne faut pas nier. Les tribalistes sont
aux aguets et pour eux, même si le Togo doit devenir une République des
Kabyè, cela ne les gène guère. Ils sont prêts à tout pour atteindre cet
objectif.
Alors, doit-on incriminer les Kabyè ? La réponse est NON. Nous devons
savoir raison garder. Mais nous en appelons aux tribalistes Kabyè qui
croient qu’on ne les connaît pas. Ils n’ont qu’à faire preuve de sagesse
pour ne pas mettre l’avenir du pays en danger. Il s’agit d’une nécessité
nationale.
Lorsque Faure Gnassingbé
est arrivé au pouvoir en 2005, sans rien dire, il a voulu renouveler la
classe politique dirigeante. C’est ainsi qu’il a nommé des jeunes un peu
partout. Malheureusement pour lui, tous ses amis ou tous les jeunes cadres
sur lesquels il a compté ont été lamentablement décevants. La grande partie
des nouveaux promus n’ont pensé qu’à leurs poches. Et leur propension à la
gloutonnerie est telle que, en un temps record, ils sont devenus des multi -
millionnaires, voire des milliardaires.
Naturellement, Faure était déçu. Si seulement ces jeunes avaient
réussi, il n’en serait pas là aujourd’hui. Faure avait subi un choc face au
constat amer de la propension à l’enrichissement illicite rapide de ses
amis. Il a vite compris qu’il a essuyé un échec. Et les tribalistes à
l’affût ont repris du poil de la bête et sont revenus en force.
Actuellement, notre pays est à la croisée des chemins. Le tribalisme est
utilisé comme un ferment dangereux qui finira par rompre les équilibres
sociaux, régionaux et ethniques. Si rien n’est rapidement fait pour freiner
cette tendance à la tribalisation, bientôt, tous les ingrédients seront
réunis pour une explosion sociale. En 1963, avant l’assassinat de Sylvanus
Olympio, on disait que le Togo
était au bord de la guerre civile par le fait de la discrimination. Ce qui
est vrai en 1963 peut être aussi vrai aujourd’hui, car les mêmes causes
produisent les mêmes effets.
Face à l’injustice, à la misère ambiante et à la pauvreté généralisée,
les hommes ici ou ailleurs perdent leur maîtrise et l’animal qui dort en eux
se réveille toujours. Le Togo est proche du précipice. Même si le pays n’est
pas au bord du précipice, il vaut mieux prévenir que guérir.
Pour notre part, nous restons optimistes. Le tribalisme qui est le fait
des tribalistes doit être combattu au Togo par les Kabyè, les Mina, les Ewé,
les Kotocoli, les Tchokossi, les Moba, les Ouatchi, bref tous les Togolais.
Qu’on cesse de nous faire croire que le tribalisme est un sujet tabou dont
il ne faut pas parler. Nous invitons humblement les confrères qui ne
maîtrisent pas le sujet d’éviter d’en parler à tort et à travers ou de le
banaliser en faisant référence à des exemples terre à terre.
Depuis quelque temps, nous avons constaté une sorte de tollé venant
d’une certaine presse qui en réalité ne sont que des journaux de réplique et
qui crient au danger et au scandale à la moindre secousse. Le salut togolais
ne viendra pas des catastrophistes mais plutôt de ceux qui agissent dans la
sagesse, de façon claire et qui acceptent le débat de fond. Nous refusons de
citer des exemples. Nous disons que le mal est là et couve. Nous avons
l’obligation, les dirigeants de ce pays en tête, d’œuvrer pour juguler le
phénomène tribal au Togo. Il est encore temps de le faire et nous avons
espoir, car Faure GNASSINGBE est là pour réussir à unir les Togolais. Il
doit surtout éviter d’avoir avec la vérité et la contre-vérité, une relation
confuse.
Rodrigue
Meeting-test de
l'UFC à la Place Anani Santos :
Le parti de Gilchrist OLYMPIO, égal à
lui-même, effectue sa rentrée politique
L'UFC a
organisé un meeting politique à la Place Anani Santos (ancien Fréau Jardin)
hier dimanche 22 mars 2009. A cette sortie que certains ont qualifiée de
rentrée politique, on pouvait noter une affluence relativement modeste en
comparaison avec ce à quoi on assistait par le passé. Environ 4.000
personnes étaient à ce rendez-vous où le leader du parti, Gilchrist Olympio,
pourtant annoncé, était absent.
Plusieurs
orateurs s'étaient succédé à la tribune pour servir à la foule, les messages
de leurs partis. Il s'agit de M. AKPOTSUI Adan (ID) et un représentant de la
l'ADDI qui a promis le prochain ralliement de son parti à l'UFC. Le premier
intervenant de l'UFC était Me Djovi Gally, conseiller de Gilchrist, militant
de dernière heure qui a, comme tous les transfuges, voulu être plus
royaliste que le roi. Il a axé son intervention sur l’état de délabrement
avancé du pays avant d’aborder le problème de la plage pour revenir sur la
Résidence Les Cocotiers, un projet qu'il a encore voué aux gémonies. Il s'en
est également pris au projet d'aménagement de la Place de l'Indépendance
avec la promesse de raser ces deux chantiers si l'UFC prenait le pouvoir.
Me Isabelle
Ameganvi Député UFC a ensuite pris la parole pour aborder la question de la
vie chère, avant que M. Jean Pierre Fabre ne monte à la tribune pour parler
essentiellement des débats au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
(CPDC).
M. Patrick
LAWSON a bouclé la boucle en parlant des conditions pour une présidentielle
acceptable par tous. S'il faut résumer ce qui a été entendu au meeting de l'UFC
hier, on peut dire que le parti de Gilchrist Olympio n'a rien dit de
nouveau. On a ressassé les mêmes rengaines sans dire aux Togolais, ce que le
parti propose de concret et les moyens dont il dispose pour réaliser ses
ambitions.
On peut
aussi dire que l'UFC, contrairement au passé, n'est plus un parti qui
suscite l'engouement des foules et rassemble au moindre appel, des dizaines
de milliers de Togolais. Sur ce plan, on peut dire que le parti se
normalise. Et c'est dans l'ordre des choses.
La leçon
qu'on peut tirer de ce meeting, c'est que, au lieu d'évoluer et de se mettre
au goût du temps, l'UFC a gardé les réflexes du passé et sert aux Togolais,
des discours éculés qui sont complètement en déphasage avec les exigences de
l'heure. Aujourd'hui, les Togolais ont des préoccupations autres que la
politique pour la politique. L'UFC risque de l'apprendre à ses dépens s'il
ne tire pas les conclusions qui s'imposent de ce meeting-test.
Nous y
reviendrons.
C.P.
Le MEDEF a boudé
les journées économiques de la Chambre du Commerce du Togo à Paris
Le 11 mars courant, ont été tenues a Paris, les « Journées
économiques du Togo ». Cette manifestation organisée par
la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo a drainé dans la
capitale française, plusieurs opérateurs économiques togolais ainsi que des
représentants du gouvernement avec le Premier Ministre en tête.
A l’issue de ces journées économiques, aucun bilan chiffré na été
dressé. Mais, les organisateurs ont vite parlé d’un succès. Nous voudrions
bien les croire. Seulement voilà. Des informations persistantes nous
parviennent de plusieurs sources et nous poussent à prendre les résultats
que chantent les organisateurs avec réserve.
Ainsi par exemple, il nous est clairement revenu que le MEDEF,
(patronat français) a boudé la manifestation. Selon nos informations, une
délégation de cette importante structure qui avait assisté à l’ouverture des
journées avait quitté les lieux juste après la cérémonie officielle, tout
simplement parce que ses membres n’avaient pas trouvé d’interlocuteurs
valables au sein de la délégation togolaise parce que le Patronat togolais
n’avait pas envoyé une délégation en bonne et due forme. Le MEDEF aurait
promis de saisir plus tard par une correspondance, les autorités de notre
pays pour leur expliquer leur position.
Dans l’une de nos récentes livraisons, nous avions relevé les
conditions aléatoires et précipitées dans lesquelles
la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo organisait ces journées
économiques. Nous avons surtout déploré le fait que le Patronat togolais qui
devait être concerné au premier chef par une manifestation de ce genre
n’avait pas été associé par la bande à Fiawoo. Ce qui n’est pas pour nous
étonner.
On se souvient en effet que, le Patronat avait été pendant longtemps
isolé par le pouvoir en place à cause de ses prises de position lors de
la Grève Générale
Illimitée. Certains opérateurs économiques, pour damer le pion au Patronat
et se mettre dans les bonnes grâces du régime avait créé le Cercle des
Dirigeants d’Entreprises avec lequel ils avaient vainement tenté de suppléer
le Patronat. Après l’échec de cette tentative, ce groupe n’a pas trouvé
mieux que de mettre le grappin sur la Chambre du Commerce. Fiawoo et les siens n’ont jamais pardonné au
Patronat d’avoir résisté à leurs assauts.
On nous opposera peut-être qu’on retrouve au sein du Bureau Exécutif de
la
Chambre du Commerce et de la délégation de la Chambre qui était à Paris, des
gens qui siègent également dans les hautes sphères du Conseil National du
Patronat. Mais, nous répondons que l’amalgame ne doit pas être de mise, car
ceux-là étaient dans la capitale française non pas pour le compte du
Patronat, mais bien pour l’Institution consulaire. D’ailleurs les membres du
Bureau Exécutif de la Chambre sont pour le tiers en famille.
Si ces informations se confirment comme tout porte à le faire croire,
on peut dire que les fameuses journées économiques du Togo n’auront été
qu’une perte de temps, d’énergie et d’argent. Un véritable gâchis qui n’aura
permis qu’à une poignée de prédateurs de se mettre plein les poches.
Dans notre dernière édition, nous avions mis qui de droit, au défi de
publier dans deux, trois, quatre, cinq ou six mois, la liste des
investisseurs sérieux que ces fameuses journées économiques auront
déterminés à venir investir au Togo. Nous réitérons le défi.
Nous n’aurons de cesse de le dire. La promotion du secteur commercial
et industriel au Togo ne passera pas par Jonathan Fiawoo et sa clique qui
ont déjà affiché leurs vraies prétentions et montré leurs limites.
A bon entendeur…
C.P.
Coup de poing :
L'heure de vérité
Samedi prochain
les Eperviers du Togo vont disputer, à Accra, un match décisif contre les
lions indomptables du Cameroun dans le cadre de la qualification pour la CAN/Mondial 2010. Ce match qui devait se jouer à Lomé se dispute en terre
ghanéenne pour cause de suspension du stade de Kégué suite à des actes de
violences. L'équipe nationale togolaise n'évoluera donc pas dans ses propres
installations et sera, par conséquent, privée du soutien de ses supporters.
Certes, des Togolais mordus du ballon rond feront le déplacement de la
capitale ghanéenne pour soutenir les Eperviers. Mais cela n'aura rien à voir
avec l'affluence à laquelle on aurait assisté si le match se jouait en terre
togolaise.
Face à cette
réalité, on peut dire que même si les chances de victoire togolaise ne sont
pas forcément compromises, notre équipe nationale part avec quelque chose en
moins. Cela, ajouté au fait que le Cameroun, en matière de football, est un
gros morceau, devrait inciter les Togolais à mettre le maximum de chances de
leur côté, en préparant minutieusement la rencontre.
Il y a quelques
jours,
la Fédération Togolaise
de Football a recruté un nouvel entraîneur et sélectionneur pour l'Equipe
Nationale. Jean THISSEN, c'est son nom, a pris l'engagement de qualifier les
Eperviers pour les phases finales de
la CAN
et du Mondial en 2010. Nombreux étaient ceux qui s'attendaient alors de voir
très tôt le nouvel encadreur et ses poulains sur le terrain.
Malheureusement, au lieu de cela, à quoi assistons-nous ?
Alors que, au
Cameroun, on prend la rencontre contre le Togo très au sérieux et qu'on met
les bouchées doubles aux entraînements, ici, on affiche une sorte de
nonchalance. Des informations recueillies ça et là font état de ce que les
joueurs sont convoqués. Mais toujours est-il qu'on n'est pas encore rentré
dans le vif des préparations.
Nous ne voulons
pas brandir de mauvais présage. Mais il nous semble que notre équipe
nationale doit bien se préparer avant d'espérer une quelconque victoire.
Aujourd'hui, l'entraîneur des Eperviers s'appelle Jean THISSEN. Nous ne
doutons pas de sa compétence. Avant lui, le Togo avait eu d'autres
sélectionneurs de renom. Si notre football n'a pas pu émerger durablement,
ce n'est pas par faute de compétence des entraîneurs. La Fédération et les
hommes qui la dirigent portent une lourde responsabilité dans cette
situation.
Le nouvel
entraîneur connaît-il le terrain sur lequel il est appelé à travailler ?
Connaît-il notre Fédération et nos joueurs ? En tout cas, il a pris un
engagement qu'il doit respecter. Son premier test, c'est samedi prochain. Ce
sera pour lui l'heure de vérité. Attendons de voir ce qu'il en sera. Pour le
moment nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance.
C.P. |
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Le Combat du Peuple N° 642 du 2 mars 2009 |
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Ombre &
lumière : Faure Gnassingbé et l’avenir du Togo |
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Dans
notre dernière édition, (CP N° 641 du 23 au 27 février dernier), nous avons
publié un article intitulé « Faure Gnassingbé est-il otage ou maître ?
L’incompétence et le cynisme de certains conservateurs risquent de mettre
la République en péril ».
De fait, nous avons voulu démontrer qu’il existe autour du Président de
la
République, une nébuleuse qui s’investit en permanence pour préserver le
statu quo et retarder le plus longtemps possible, le changement. En clair,
ces partisans de la réalpolitik œuvrent dans l’ombre pour empêcher
l’avènement de la démocratie vraie, c’est-à-dire une société plus juste et
plus libre où il fera bon vivre pour tous les fils du Togo. Ceux qui
composent cette nébuleuse sont ceux-là que nous appelons les conservateurs
qui ont peur de répondre un jour de leur passé. C’est des Togolais qui
agissent au quotidien à contre-courant pour jouir d’une impunité insolente
quels que soient leurs travers et leurs abus hier ou aujourd’hui. C’est
toujours ceux-là qui sont les privilégiés de
la République et qui vivent aux frais de la princesse.
Aujourd’hui, le Togo semble enkysté, sclérosé dans le culte des
mauvaises habitudes héritées de l’ère Eyadema. On oublie que ces
comportements n’ont plus lieu d’être. Or pour moderniser l’Etat et éviter sa
faillite, il convient, entre autres, de supprimer les privilèges, les grands
comme les petits. C’est-à-dire réformer le système contre la volonté de ses
principaux acteurs. Difficile, à moins d’en faire un débat national. C’est
pourquoi nous pensons qu’il faut en parler. Au nom de la morale
républicaine, de l’efficacité économique, essayons d’enrayer la corruption,
l’ethnisation ou la régionalisation de la vie politique. Dans les jours à
venir, nous allons décrire les privilèges et les privilégiés. Ce voyage au
bout du fait du prince et des frais de la princesse conduira successivement
au sein des grands corps de l’Etat, à savoir les membres de
la Cour Constitutionnelle,
de la Cour Suprême,
les ambassadeurs et diplomates, les médecins, les architectes, les avocats,
dans le monde secret de la discrimination positive des fonctionnaires ou
hauts fonctionnaires, dans la cité interdite du Parlement, dans les Agences
immobilières, dans les banques et autres oligarques des finances. A partir
des membres du Gouvernement, nous établirons la liste des supers privilégiés
de la République.
Sous Eyadema, les courtisans vivaient l’âge des privilégiés : le
crédit, la famille, les intrigues plus que le mérite assumaient la réussite
sociale. L’Etat récompensait ainsi le service du Chef de l’Etat et
l’assiduité à sa cour. Aujourd’hui comme hier, les choses ne vont pas trop
autrement. Comme partout ailleurs, l’Etat c’est le Président de
la République, c’est lui qui décide de la nomination de plusieurs
certaines ou plusieurs milliers de citoyens dans les Ministères, les
services publics, les sociétés nationalisées ou les parapubliques et tous
les établissements à statuts particuliers. Tel est son bon plaisir. La
quasi-totalité de ces nominations sont officialisées par un décret en
Conseil des Ministres sous la signature présidentielle. Il reste que la
nomination à des postes-clés ou à des postes de responsabilité des hommes
qui ne sont que des pantoufles sur mesure crée parfois la collusion entre
les intérêts claniques, ethniques et l’Etat. Cette situation devient une
préoccupation des observateurs les plus avisés et de nombreux citoyens
frustrés. Car le revers de la médaille, c’est l’extrême centralisation d’un
pouvoir considéré à tort comme d’essence monarchique, et qui contribue à
réunir les clés de toutes ces décisions dans les mains d’une seule personne,
Faure Gnassingbé en l’occurrence.
Or, il se trouve que « la démocratie irréprochable, ce n’est pas une
démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences, des
amitiés ou des liens de parenté, mais en fonction des compétences. C’est
celle dans laquelle, l’Etat est impartial. Si l’Etat veut être respecté, il
doit être respectable » dixit Nicolas Sarkozy.
Cette position particulière fait que le Chef de l’Etat, véritable roi-républician,
est en situation de récompenser pour « services rendus » deux
catégories de courtisans, qui parfois se confondent : ses amis politiques et
certains hauts fonctionnaires zélés.
Mais en démocratie, la meilleure manière de conserver le pouvoir, c’est
d’être à l’écoute du peuple et de le séduire et non asphyxier ou bâillonner
le peuple par la terreur et les magouilles.
Les conservateurs qui font la pluie et le beau temps autour de Faure
doivent savoir que c’es aujourd’hui que se décide ce que sera le monde de
demain et c’est toujours aujourd’hui que se prépare ce qui se passera en
2020. Car en définitive, si Faure échoue, le Togo aura un avenir très noir.
C’est le lieu de rappeler qu’au demeurant, Faure qui était parti avec un
atout presque nul avait réussi, dans un laps de temps assez court, le tour
de force de se constituer un capital de sympathie non négligeable au sein de
la population. Mais certains reculs deviennent alarmants et beaucoup de
Togolais expriment la peur de l’inconnu et du lendemain. Il faut donc une
nouvelle capacité de rebond qui évitera à Faure de prendre goût aux délices
d’un pouvoir solitaire encouragé par les laudateurs de tous bords.
Selon la façon dont nous agirons, nos enfants et nos petits enfants
habiteront un Togo vivable ou traverseront un enfer en nous haïssant. Pour
leur laisser une terre fréquentable, il nous faut prendre la peine de penser
l’avenir, de comprendre d’où il vient et comment agir sur lui. C’est
possible : l’Histoire obéit à des lois qui permettent de la prévoir et de
l’orienter.
Si un jour, Faure doit devenir un grand Président dont l’Histoire
retiendra positivement le nom, il doit commencer à agir et à briser le
cercle vicieux dans lequel les conservateurs tentent de l’enfermer et qui
fait qu’il commet des erreurs, certes banalisées, mais décriées par le
peuple lucide qui reste pour le moment silencieux mais qui demain, peut
devenir un tsunami. Pour notre part, nous refusons désespérément d’être
pessimistes. Mais c’est parce que nous sommes optimistes que nous tirons la
sonnette d’alarme. C’est une question de bon sens et de raison.
Rodrigue
Cadre Permanent
de Dialogue et de Concertation (CPDC) : Le gâchis
On joue la
comédie : On joue la comédie
Dans notre édition N° 640 du 16 au 20 février 2009, nous avons publié
un article sous le titre : « Le Togo dans la perspective des
présidentielles de 2010. Assez de futilités et de perte de temps ». Dans
cet article, nous avons démontré que les discussions actuellement en cours
au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC)
n’aboutiront pas à grand-chose si quelque part, les acteurs politiques ne se
décident pas à faire preuve d’une réelle et bonne volonté politique. Car il
est connu que les mêmes causes produisent fatalement les mêmes effets.
Et comme pour nous donner raison, les travaux de cette structure ont
été suspendus parce que les discussions avaient achoppé sur le point
concernant le recours à la facilitation extérieure. Même si entre temps, les
discussions ont repris et qu’un compromis a été trouvé pour convenir que le
Chef de l’Etat sera un premier recours et qu’en cas de blocage, il sera fait
appel à la facilitation extérieure, rien ne prouve que les acteurs
accorderont leurs violons.
Au jour d’aujourd’hui, ce que nous présente la presse comme des
avancées, notamment la composition de
la CENI et ses
démembrements, ne constituent pas de véritables enjeux. Tous ces points, à
notre avis, ne méritent pas qu’on y consacre autant de temps et d’énergie.
Les véritables enjeux, c’est-à-dire les points d’achoppement qui risquent de
tout faire capoter, se retrouvent au niveau de la modification de la
constitution et des réformes institutionnelles.
A l’issue des dernières élections législatives en octobre 2007, le
peuple togolais a pratiquement opté pour le bipolarisme. En clair, les
électeurs ont voté massivement pour le RPT d’un côté et pour l’UFC de
l’autre. Le CAR de Me Agboyigbo n’a eu que la portion congrue.
En votant dans ce sens, les Togolais poussent Faure Gnassingbé et
Gilchrist Olympio à s’affronter. Alors, pourquoi les deux hommes ne
peuvent-ils pas se parler, arrêter les grandes lignes et mettre en place une
commission qui aura la charge de réviser
la Constitution
et de rédiger un Code Electoral ?
En criant sur tous les toits qu’il faut appliquer jusqu’au bout
l’Accord Politique Global (APG) et en exigeant la création du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation tout en se servant de l’alibi des
élections législatives d’octobre 2007 pour exclure deux signataires de l’APG,
l’UFC a montré sa mauvaise foi parce que ce parti se sait incapable
d’affronter seul, le RPT au parlement et faire passer ses arguments.
Cette façon d’agir n’est qu’une hypocrisie qui consiste à éviter le
vote au parlement. Or le vote est par définition et par excellence, l’acte
suprême de la démocratie.
Nous n’aurons jamais de cesse de le dire et de le répéter. Depuis les
élections législatives d’octobre 2007 qui ont permis la mise en place d’une
Assemblée Nationale multipartite, le Togo est entré dans la phase de la
normalisation. C’est pourquoi l’Union Européenne et les autres partenaires
en développement ont repris leur coopération avec nous, faisant du Togo, non
plus un pays paria, mais un pays normal.
Que faisons-nous alors de notre souveraineté nationale ? Que
faisons-nous de notre dignité de Togolais si à la moindre escarmouche, nous
devons courir à Ouagadougou pour voir le Facilitateur, en l’occurrence le
Président Blaise Compaoré ?
La première question qui vient à l’esprit face à ce genre de fébrilité
est de savoir si Compaoré n’a pas lui-même des problèmes. Le dossier Norbert
Zongo et avant lui, le dossier Thomas Sankara traînent, rebondissent et
reviennent toujours sur le tapis. Mais les Burkinabé, sans recourir à une
quelconque facilitation extérieure, continuent à débattre de ces questions ;
alors ?
Certes, il y a des moments dans la vie d’un pays où on peut avoir
besoin d’un facilitateur. C’est le cas par exemple au Zimbabwe avec les
dérives ravageuses de Robert Mugabé ou en Côte d’Ivoire où il y a eu une
véritable guerre. Mais nous refusons de courir dernière les autres pays pour
régler nos problèmes nationaux.
L’UFC, c’est connu, est un parti de coups d’éclats permanents parce que
ses responsables se complaisent dans la logique de la contestation et de la
confrontation. Mais tous les Togolais savent que les tapages qui seront
faits autour du CPDC ne seront, en définitive, qu’une tempête dans un verre
d’eau.
D’ores et déjà, nous disons que la montagne accouchera d’une souris. Le
RPT ne cédera rien d’essentiel. Faure Gnassingbé est tout sauf un idiot. Il
a commencé un travail difficile, ardu voire même « Sysiphique ». En
tout état de cause, il ne se laissera pas battre par l’UFC. Ceux qui veulent
arriver à l’alternance doivent changer leur fusil d’épaule et mettre en
place, une stratégie de conquête de pouvoir en se donnant les moyens de
leurs ambitions.
En 2010, Faure Gnassingbé gagnera haut-les mains les élections parce
qu’il en a les moyens. Et ce n’est pas Gilchrist Olympio, un homme usé,
fatigué, presque amnésique qui l’en empêchera.
Tous les cris qu’on pousse, toutes les protestations qu’on enregistre
de part et d’autre, les soi-disant alliances projetées, tout cela ne sont
que des futilités et une perte de temps. Tout comme des acteurs sur une
scène, on joue la comédie au CPDC. La réalité est ailleurs. Le jeu également
se joue ailleurs. Faure Gnassingbé que nous connaissons un peu, est un
véritable joueur d’échecs, un homme qui a la patience d’un éléphant. Sans
aucun doute, il est le seul maître du jeu. Il a plusieurs cordes à son arc.
Il est le seul qui connaît les éléments disparates du puzzle qu’il réunira
le moment venu. Qu’on cesse de tromper les Togolais en faisant croire qu’en
2010, ce sera le séisme, l’alternance ou le chaos. Ce jeu a assez duré. Il
faut cesser de faire peur aux autres. Il est temps d’arrêter la comédie. Le
Togo sera ou ne sera pas. Mais ce ne sera pas par le fait de Gilchrist
Olympio. Nous pensons à notre humble avis que les Togolais vont faire preuve
de sagesse et qu’ils vont choisir des moyens clairs pour se réconcilier
entre eux et non passer leur temps dans les nuages. C’est ce qu’on appelle
la maturité d’un peuple.
Nous ne sommes pas fatalistes. Au contraire, nous sommes persuadés que
dès que les conditions seront remplies, l’alternance se réalisera au Togo
sans bavure ni pleurs.
CP
Insécurité au
Togo : L’activisme débridé du Colonel Titikpina n’est qu’une farce :
Parodie sécuritaire pour endormir l’opinion
Les journées
portes ouvertes organisées par le Ministre de la Sécurité et de
la Protection
civile le Colonel Titikpina n’étaient en réalité qu’une parodie sécuritaire
destinée à endormir l’opinion publique nationale. L’une des preuves de cette
farce est que les véhicules de Police que l’on nous montrait grâce à un
lynchage médiatique sans précédent n’avaient même pas de carburant dans
leurs réservoirs. A quoi donc sert l’activisme débridé du Patron de la
Sécurité ?
Au-delà de la
criminalité ambiante, à savoir les attaques à mains armées et autres
braquages, le véritable enjeu sécuritaire se situe ailleurs. Il s’agit de
l’implication des structures étatiques dans les crimes organisées notamment
le trafic illicite des drogues et des précurseurs, parmi lesquels,
l’éphédrine.
Dans notre
pays, on a trop souvent tendance à privilégier des opérations poudre aux
yeux. On abandonne toujours la proie pour l’ombre parce qu’on veut sauver
l’apparence.
La récente
arrestation en Guinée du Commandant Ousmane Conté, fils de feu Président
Lansana Conté et de son beau frère constitue à nos yeux, des actes concrets
qui prouvent que les Autorités de ce pays ont la volonté de combattre le mal
à la racine.
Nous avons
suivi avec attention, le déroulement des journées portes ouvertes au cours
desquelles, on a soigneusement évité d’évoquer le phénomène de corruption
qui gangrène les forces de sécurité dans notre pays. C’est dire que des
zones d’ombre persistent. Les dossiers noirs des forces de sécurité ne sont
que des secrets de Polichinelle. Le Colonel Titikpina s’illustre dans les
effets d’annonce mais il oublie qu’il ne saurait guérir le cancer avec de
l’aspirine. A titre d’exemple, nous nous posons la question de savoir,
pourquoi le Ministre de la Sécurité a gardé un silence coupable face aux accusations portant
sur la disparition de M. Fiati Efoé Blaise, trafiquant de drogue interpellé
le 25 janvier 2008 sur le parking de l’Hôtel Sarakawa avec
40 kg de cocaïne. Les informations dont nous disposons faisaient
état du fait que cet homme aurait été interpellé par les éléments de
l’Agence Nationale de Renseignements du Commandant Massina.
Si nous
revenons à la charge pour évoquer ce douloureux dossier au sujet duquel on
parle d’une exécution extrajudiciaire, c’est parce que nous pensons que
l’opacité qui prévaut actuellement risque de porter de graves préjudices à
l’image de notre pays. Nous avons déjà mis en garde en insistant sur le fait
que c’est des petits ruisseaux qui font de grands fleuves.
En dénonçant
une Agence politisée employée pour servir des stratégies d’enrichissement
personnel, les journalistes que nous sommes pointent du doigt toutes les
zones d’ombre de ce Ministère clé qui est celui de
la Sécurité. Des
exactions, sans oublier les accointances financières, font partie de la face
cachée ou tout au moins voilée de l’Agence Nationale de Renseignements.
Pour nous,
l’enjeu sécuritaire dépasse certaines considérations qui ne protègent que
les intérêts des bastions de notre République parce qu’on a rendu service
sur des affaires sensibles dans un scandale politico financier ou dans une
affaire de stupéfiants dès que le nom d’une personnalité apparaît.
Dans notre
pays, les dérapages ne sont chaque fois le fait que d’une poignée de
responsables. La majorité des policiers des renseignements généraux est
chargée d’un travail d’analyse qui nécessite rarement d’aller sur le
terrain. Les renseignements généraux qui font de l’opérationnel et qui se
dénomment des groupes d’enquêtes réservés en alignant plusieurs dizaines
d’agents sont parfois à la base de gros ratages. Ces rappels sont très
importants parce que c’est un sujet extrasensible.
Mais nous ne
devons pas perdre de vue que l’histoire des services secrets de notre pays
ces quarante dernières années est jalonnée de cadavres. Et lorsque les
organisations de défense de droits humains, particulièrement Amnesty
International, ont pris le relais et ont dénoncé les exactions c’est tout le
peuple togolais qui a pâti des sanctions prises par la Communauté
Internationale contre notre pays. Au même moment, les vrais coupables ont
bénéficié d’une impunité totale et se la coulent douce. C’est pourquoi nous
avons le devoir de mémoire en dénonçant les aspects de nos services de
sécurité qui nous paraissent les plus scandaleux pour prévenir les
frustrations de demain.
Rodrigue
La mafia dans
ses œuvres : Au secours !!! Fiawoo et sa clique sont en train de saigner la
Chambre de Commerce
Dans notre
dernière livraison (CP N° 641 du 23 au 27 février 2009), nous avons publié
un article sous le titre « A cause de la boulimie de Fiawoo et sa clique,
la Chambre
de Commerce menacée de naufrage financer ». Dans cet article, nous avions appelé l’attention de l’opinion sur la
propension de M. Fiawoo Jonathan et sa clique à engager des dépenses
faramineuses et des frais exorbitants à
la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo.
Aujourd’hui,
nous revenons à la charge pour rentrer dans les faits. Afin de permettre à
nos lecteurs d’apprécier la véracité ce nos propos, nous publions en fac
similé, les décisions fixant les allocations d’indemnité de mission
respectivement sous l’ancien bureau et sous le nouveau bureau. Il est
loisible de se rendre compte que certaines rubriques sont passées du simple
au double sinon plus.
Ensuite, pour
étayer nos constats, nous allons prendre un exemple concernant les voyages
de M. Fiawoo en Europe.
Le 06 Décembre
2008, M. Fiawoo a quitté Lomé qu’il a regagné le 13 suivant, après
avoir participé à la visite d’Etat du Président de
la République à Milan en Italie.
Pour ce voyage,
M. Fiawoo a coûté à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo,
l’équivalent de 8.000.000 F CFA, soit environ
460.000 F CFA de frais et d’indemnités par jour, y compris les
billets d’avion en 1ère classe
pour environ
4.000.000 F CFA aller-retour.
Bénéficier au
Togo de frais de mission de 460.000 F CFA par jour ne répond à aucune
logique si l’on sait que la Chambre de Commerce dispose de moyens limités.
460.000 F CFA de frais de mission par jour, il faut le faire. Même les
Ministres de
la République n’en prennent pas la moitié.
Par ailleurs,
dans un tout autre registre, nous avons constaté que les ordres de missions
et autres documents comptables ne sont pas, pour la plupart, signés par le
Trésorier de la Chambre, M. Ignace Clomégah.
Nous continuons
à croire que si M. Fiawoo n’est pas rappelé à l’ordre la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo risque de connaître
financièrement des lendemains sombres. Sur tous les points et à tous les
niveaux, les abus et les excès sont flagrants, insolents. Les autorités
compétentes togolaises doivent prendre leurs responsabilités pour freiner M.
Fiawoo dans sa voracité face à l’argent de
la Chambre. Car
ce qui se passe à la tête de cette institution clé n’est ni plus ni moins
qu’un vol organisé et légalisé. M. Fiawoo et sa clique sont en train de
saigner
la Chambre. C’est pourquoi nous crions au secours. Quand on sait
que le Togo est un pays pauvre et que tous les responsables, quelle que soit
leur position, doivent privilégier la bonne gouvernance, on ne peut que
s’indigner et se révolter face à autant d’abus.
En outre,
aujourd’hui à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, le climat est à la
peur. Des mises à pied sont distribuées à tours de bras pour la moindre
peccadille. Ce n’est pas Mme Agbéyomé qui a déjà passé plus de vingt ans
dans la boîte qui nous démentira. Elle en sait quelque chose.
De même, une
véritable chasse aux sorcières est en cours. Tous les agents qui sont
soupçonnés d’avoir, pendant la dernière élection consulaire, exprimé leur
sympathie à M. Symenouh, le challenger de M. Fiawoo ont vu leurs avantages
et autres droits, purement et simplement supprimés.
Comme quoi, non
seulement M. Fiawoo dispose à sa guise des fonds de la Chambre de Commerce, mais en plus, il n’est pas capable de prendre
de la hauteur comme un grand responsable qui doit tourner la page des
élections et œuvrer pour le développement de
la Chambre. M. Fiawoo, un spécialiste en surfacturation que
justement Agbéyomé Kodjo alors, Directeur Général du Port Autonome de Lomé
avait aidé à s’enrichir avec la construction du Terminal du Sahel en fermant
les yeux sur les surfacturations ou en s’en faisant complice. Que Fiawoo se
comporte aujourd’hui comme s’il est irréprochable alors qu’en même temps, il
continue allègrement à s’octroyer des privilèges indus est tout simplement
cynique.
Sauf changement
de dernière minute, la Chambre de Commerce du Togo va organiser le 11 mars
courant, une journée économique du Togo à Paris. L’objectif de la
manifestation selon les responsables de la Chambre est de promouvoir le Togo et inviter les entreprises
françaises et européennes à venir investir dans notre pays et nouer des
relations de partenariat avec des PME/PMI togolaises.
Dans notre
dernière édition, nous avions déjà commenté ce projet dont les chances de
réussite sont minces compte tenu du manque de documentation fiable et
actualisée sur le secteur économique et industriel du Togo.
Mais cette
manifestation constituera à coup sûr, une nouvelle aubaine pour M. Fiawoo et
sa mafia qui n’hésiteront pas à effectuer le déplacement de Paris aux frais
de la princesse.
Il est temps
que cesse la prévarication à la Chambre de Commerce. Il est grand temps que
terme soit mis aux envolées dispendieuses, de M. Fiawoo et sa clique. Il est
vraiment grand temps que les écuries soient nettoyées. Nous en appelons au
Ministre Guy Lorenzo qui doit prendre ses responsabilités dès à présent pour
éviter d’être taxé demain, de complicité dans une affaire qui n’est autre
que le pillage en règle de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo.
Nous y
reviendrons dans nos prochaines éditions.
C.P.
Retour au pays natal : Kagnassy fait ses valises pour
rejoindre le Mali
L’homme d’affaires Malien Chéikna Kagnassy qui s’est réfugié au Togo,
un pays qu’il considère comme un territoire conquis, a eu le malheur de
croiser sur son chemin, le journal « Le Combat du Peuple »
qui, dans plusieurs articles publiés dans ses colonnes, l’a démystifié et
mis à nu.
L’opérateur économique Malien qui a truandé ses partenaires ou
adversaires en affaires avant de s’installer à Lomé où il a fait de la
corruption, son arme favorite, voire son bouclier, s’est aperçu, grâce aux
révélations du « Combat du Peuple » sur son passé et sur sa gestion
ailleurs ou ici, que le Togo, notre pays, ne peut plus être pour lui, un
refuge sûr. Il risque, à terme, d’être confronté à des difficultés de tous
ordres. Et c’est pourquoi il a décidé d’entamer des négociations avec les
autorités maliennes pour retourner s’installer chez lui.
Rappelons pour les besoins de la cause qu’avant de quitter son pays,
Kagnassy était recherché parce qu’il était l’ami intime du Colonel Tiekoro
Bakayoko, à l’époque, tout puissant et sanguinaire Ministre de l’Intérieur
et de la
Sécurité du Mali grâce à qui, il avait commencé à bâtir son empire financier
en usant de passe-droits et de toutes sortes de prévarications et
d’arbitraire.
Lorsque Tiekoro Bakayoko qui assassinait pour un oui ou un non tombait
en disgrâce, Kagnassy a dû prendre la fuite pour se retrouver en Suisse où
il vivait comme réfugié politique. Dès lors, il n’est plus jamais retourné
au Mali.
Malheureusement, à cause de ses truanderies et de sa malhonnêteté, sa
société « L’Aiglon » a été déclarée en faillite en Suisse, pays qu’il
a dû quitter pour s’installer chez nous au Togo. Il a fallu que « Le
Combat du Peuple » révèle au grand jour son triste passé et ses
basses besognes en affaires pour que le vieux lascar retrouve le chemin de
son pays.
En l’état actuel des choses, nous ne saurons dire s’il a définitivement
quitté notre pays. Mais nous savons que Kagnassy est actuellement en séjour
au Mali.
Au « Combat du Peuple », nous lui souhaitons bon vent.
Nous sommes heureux et fiers d’avoir fait un travail de salubrité publique.
Nous sommes heureux d’avoir bouté hors de notre pays un soi-disant
investisseur qui a ruiné nos banques et qui continue à nous narguer.
En revanche, nous interpellons les juges du Tribunal de Première
Instance de Lomé et particulièrement le Président afin que tous les dossiers
de Kagnassy pendants encore devant les tribunaux soient jugés pour que les
Togolais grugés et lésés puissent rentrer dans leurs droits. Nous
interpellons les Tribunaux afin que soit jugé l’affaire qui oppose
la BTCI à Chéikna Kagnassy.
Plusieurs fois déjà, il nous a été donné d’écrire ou de prévenir que le
sieur Kagnassy était en train d’organiser son insolvabilité. Le moment est
venu pour nos juges de se rendre compte que s’ils ne font pas vite, ils
risquent de ne récolter que du vent
C.P. |
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