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2009

   
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Combat 649 de mardi 28 avril 2009
Arrestation et inculpation de Kpatcha Gnassingbé : Le Président Faure accusé de montage

L’actualité politique de notre pays a été incontestablement marquée ces deux dernières semaines par ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Kpatcha. Naturellement, comme c’est toujours le cas, la presse, dans son ensemble, a fait son travail. Le débat a été ouvert. Les uns et les autres ont essayé de faire l’opinion selon leur  part de vérité.

Au jour d’aujourd’hui, les Togolais vivent un peu dans la confusion, car ils sont devant deux cas d’hypothèses qui appellent d’autres interrogations.

Première hypothèse : Il y a effectivement eu tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. En d’autre terme, Kpatcha a vraiment voulu renverser l’ordre constitutionnel et déstabiliser les institutions de la République. En clair, Kpatcha avait voulu chasser son frère Faure GNASSINGBE du pouvoir.

Cette hypothèse qui trouve sa source dans la version officielle des faits semble jusqu’à preuve contraire plausible.

Il n’en reste pas moins qu’une question se pose. Qu’est-ce qui a pu pousser Kpatcha jusqu’à cette extrémité ? Sur ce point, c’est la Justice qui apportera la réponse à partir des éléments de preuve.

Deuxième hypothèse : Il s’agit d’un montage concocté par Faure GNASSINGBE. C’est la version de l’homme de la rue la plus répandue. Beaucoup y croient et le répètent. C’est devenu même le grand sujet de débat parmi les Zémidjan et le commun des mortels. Toujours est-il que dans ce cas de figure, il faut chercher à savoir le pourquoi du comment.

Pourquoi Faure qui est au pouvoir, qui a besoin de la sérénité et de la paix pour mener sa politique d’apaisement et ses réformes à bien, peut-il prendre le risque de lancer des forces militaires et particulièrement la FIR à l’assaut du domicile de son frère ? Pourquoi Faure  prendrait-il le risque de provoquer la division de sa propre famille, lui qui est très attaché, personne ne peut en douter, aux valeurs familiales ?

Voilà quelques unes des questions auxquelles nous devons apporter des réponses.

Avant de chercher à répondre, ne serait-ce que partiellement à ces interrogations, nous disons ceci.

Depuis l’avènement de Faure GNASSINGBE au pouvoir, aucun citoyen togolais n’a été inquiété pour son opinion. Il a toujours mis un point d’honneur à éviter de poser des actes susceptibles de permettre la comparaison entre lui et son père en matière des droits de l’homme. Et jusqu’à présent, tout s’est bien passé. Comment, dans ces conditions, expliquer qu’un tel chef d’Etat soit atteint de « syndrome de complotite », c’est-à-dire qu’il voit des complots partout et qu’il est psychologiquement pris en otage au point de faire des montages pour déjouer des complots imaginaires ?

Nous osons croire que Faure n’a pas encore atteint le point de saturation politique susceptible de l’amener à faire des montages. Alors pourquoi l’accuse-t-on de montage ? Sur quoi ses détracteurs fondent leurs accusations ?

Les arguments développés et qui nous paraissent simplistes c’est que Faure redoute   son frère qui veut aller aux élections en 2010 etc.

Soyons sérieux, car de telles allégations ne résistent à aucune analyse sérieuse.

A notre point de vue, Kpatcha n’a aucune chance de battre Faure. Pas même à Kara où on le dit populaire. Une chose est de distribuer de l’argent à tout vent, une autre est de gagner les élections. Autrement, Eyadéma leur père n’aurait pas rencontré autant de difficultés.

Kpatcha n’a aucune chance de battre Faure dans une élection au Togo pour la simple raison que les Togolais dans leur ensemble, et même les Kabyè ne souhaiteraient pas que le prochain Président soit encore un fils d’Eyadema. Et c’est certainement parce qu’il s’est rendu compte de l’impossibilité pour lui de battre Faure à une élection, que Kpatcha a voulu tenter un acte de folie.

Les Togolais doivent faire attention, très attention dans ce dossier et laisser le temps au temps. Il ne sert à rien de propager des informations qui ne correspondent à aucune réalité. Kpatcha GNASSINGBE n’a rien compris à l’exercice du pouvoir. Tout simplement parce que l’homme qui réagit plus par réflexe et instinct souffre d’une boulimie qui l’empêche de se fixer des limites. A preuve, a-t-on jamais vu au  Togo, un homme qui possède dans son parc automobile, 102 véhicules et dont les enfants vont choisir, chaque matin, le véhicule qui doit les conduire à l’école ? Il faut être un Kpatcha GNASSINGBE pour réussir une telle prouesse.

Qu’adviendrait-il de notre pays si par malheur et par impossible, un tel homme prend les rênes du pouvoir ? Il vaut mieux ne pas y penser. Le Togo ne deviendrait pas un enfer. Ce serait pire. En tout cas, il faut dire adieu, définitivement adieu à la démocratie. Nous n’avons pas pour vocation de ternir l’image de quelqu’un. Mais nous savons toujours de quoi nous parlons.

Il nous a été donné d’échanger nous même avec Kpatcha sur des sujets d’ordre politique. Nous avons entendu sortir de sa bouche, des propos menaçants et inquiétants qui nous confortent dans le sentiment que cet homme est un insatisfait impénitent, qui a toujours derrière la tête, des idées farfelues parce qu’il croit qu’il est l’homme qu’il faut pour diriger le Togo. Il ne pardonne pas à son frère de lui refuser le rôle d’alter ego.

Toutes les rumeurs qui circulent et qui accréditent la thèse du montage méritent d’être prises avec des pincettes. Car Kpatcha, tel que nous le connaissons, est retors et n’est pas toujours porté à dire la vérité et à respecter sa parole.

Nous ne le dirons jamais assez. En se positionnant le 05 février 2005 à côte de son frère comme le Vice-président du Togo, Kpatcha avait affiché ses ambitions. Il est resté égal à lui-même jusqu’à présent. On n’a pas besoin de faire un montage contre lui. Nous sommes persuadés que quelque part, il n’a pas laissé le choix à son frère Faure GNASSINGBE. Pour le reste, attendons que le temps fasse son œuvre et que la Justice, pour une première fois, puisse nous permettre d’y voir plus clair.

Rodrigue


Célébration de la fête de l’Indépendance au Togo : Le 27 Avril, fête de l’Unité nationale

Hier, 27 Avril 2009, le Togo a commémoré le 49e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, en d’autre terme, son indépendance. Cette date est incontestablement la plus importante, sinon la plus précieuse dans l’histoire de notre pays. Et pour cause. La date du 27 Avril 1960 est un repère incontournable dans la vie de chaque Togolais parce que c’est la date de naissance de notre République.

Beaucoup de choses ont été dites au sujet de cette date. Plusieurs interprétations ont été faites. A un moment, dans la vie de notre nation, pour les besoins de la cause, le Président Eyadéma a tenté de supprimer la commémoration de cette date pour lui substituer celle du 13 janvier. Mais la tentative a lamentablement échoué parce que les faits sont têtus et il n’est pas évident d’escamoter la vérité historique sur un coup de tête.

Justement sur ce point, le 13 janvier qu’on a voulu imposer est une date controversée, polémique parce que dichotomique. En revanche, l’unanimité est faite autour du 27 Avril.

Les Togolais, dans leur ensemble, ont le devoir sacré, parce que c’est un devoir patriotique, de s’unir autour de ce qui les unit, de privilégier ce qui peut contribuer à notre unité et d’éviter autant que faire se peut, tout ce qui peut nous diviser.

Or, à quoi assistons-nous dans ce pays ? Depuis que la Conférence Nationale Souveraine a réhabilité la célébration du 27 Avril, un parti politique, en l’occurrence l’UFC a tenté de privatiser cette fête, de se l’approprier et de créer un climat de division tout autour.

Le 27 Avril est une fête de l’unité nationale, a-t-on coutume de dire. Le 27 Avril, c’est le jour de l’indépendance du Togo et de tous les Togolais. Il n’est pas bienséant qu’un parti politique, quelles que soient les raisons qui l’animent, tente de le célébrer à part, avec un programme séparé.

Voilà déjà plusieurs années qu’au « Combat du Peuple », nous avons toujours critiqué cette dérive négationniste, mais rien n’y fit. Nous avons même ouï dire quelque part qu’en France, le Front National célèbre à part, le 14 Juillet. Vouloir copier le Front National n’est – qu’on nous pardonne le terme – qu’une idiotie. Tout le monde connaît les orientations de ce parti. Et les Togolais ont assisté à la mobilisation générale des Français contre ce parti lorsque son Président était arrivé en deuxième position lors des élections présidentielles de 2003.

Donc les actes posés par le Front National ne sont pas à copier. D’ailleurs, nous ne devons pas aller copier chez les autres, ce qu’ils font de négatif.

Malheureusement, cette année encore, nos frères de l’UFC récidivent et nous sommes horrifiés de constater qu’ils publient encore parallèlement au programme officiel, un programme de festivité.

Qu’il nous soit permis de le dire et nous sommes fondés, en tant qu’organe de presse, d’exprimer notre opinion : les vrais Togolais, ceux qui savent que le Togo est leur seule patrie et qu’ils n’ont nulle part où aller en dehors du Togo, ne sauraient diviser le pays autour d’un évènement historique de cette nature. Les vrais Togolais, ceux qui aiment le Togo et qui pensent qu’ils font l’histoire en posant des actes patriotiques ne peuvent pas s’amuser avec le destin du Togo. Les vrais Togolais, ceux qui ont de l’ambition pour le pays ne feront rien pour diviser ses fils autour d’une fête.

Autant nous dénonçons la célébration du 13 janvier et toutes les autres fêtes qui divisent les Togolais, autant nous sommes prêts à crier haro sur le baudet lorsqu’on pose des actes qui divisent autour du 27 Avril.

Il faut que, pour une fois dans l’année, et sans exception, les Togolais se retrouvent ensemble dans la communion, dans la cohésion, autour du 27 Avril, quel que soit ce qui nous divise par ailleurs.

En politique, il faut savoir faire preuve de responsabilité et surtout éviter l’amalgame. Ceux qui, dans la classe politique n’ont pas compris cette simple vérité sont ceux-là qui sèment la confusion autour de tout. Et nous n’avons pas peur de le dire, nos frères de l’UFC excellent dans ce fâcheux comportement.

Il est temps, vraiment grand temps que l’UFC se modernise et fonde sa vision sur ce qui peut constituer le progrès pour le Togo. Il est temps que l’UFC fasse l’effort de se débarrasser, ne serait-ce que momentanément, d’un héritage historique devenu un boulet que le Togo traîne. Il est temps, alors vraiment grand temps que l’UFC cesse de faire de la personne de feu Sylvanus OLYMPIO et de tout ce qui se rattache à son souvenir, un fonds politique ou mieux encore, un fonds de commerce. Car, lorsqu’un parti fonde sa stratégie politique sur le concept de « victimisation », ce parti ne sera jamais rassembleur.

Pour l’UFC, il y a toujours les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Ceux qui collaborent ou même parlent avec ceux qui sont censés avoir tué Olympio ou même leurs descendants biologiques sont jetés à la vindicte populaire, frappés d’opprobre.

Où allons- nous au Togo si après 49 ans de notre indépendance, nous restons accrochés à un assassinat qui date de 46 ans et nous refusons de transcender nos sentiments de haine pour le plus grand bien de la République ?

La haine a déjà fait trop de tort à notre pays. Pour illustrer cette affirmation, nous publions pour nos lecteurs un extrait du libre « Naissance d’un Etat africain. Togo territoire pilote » du Dr Robert AJAVON.

Citation «L’objet de ce travail n’est pas axé sur le développement économique du Togo, mais plutôt sur les réformes politiques qui l’ont conduit à l’autonomie interne, puis à l’indépendance. Néanmoins, il paraît opportun d’évoquer les facteurs qui contribuèrent à préparer le terrain et à mûrir les hommes.

En prenant possession du territoire, la France s’est trouvée, sur la bordure atlantique, en présence d’une population laborieuse, intelli­gente, dont les ascendants étaient, depuis plus de deux siècles, en relation commerciale avec les Portugais et d’autres aventuriers navi­gateurs européens ou venant des Amériques. Il est à noter que la colonisation et l’éducation allemandes avaient fortement marqué la population de la région en lui donnant le goût de la discipline, du travail bien fait et de l’épargne. Dès lors, il n’était pas surprenant de rencontrer une classe bourgeoise issue de grandes familles compre­nant des planteurs, des commerçants, des employés du secteur privé et public, ainsi que des ouvriers hautement qualifiés, formés à l’Ecole Professionnelle de la Mission Catholique Allemande. Cette bourgeoi­sie avait une grande influence et pesait parfois sur les décisions du Gouvernement local français. Voilà sans doute pourquoi le Gouver­neur Bonnecarrère, l’un des meilleurs qui fût, qui avait dirigé le pays du 30 janvier 1922 au 27 décembre 1931, ayant décidé d’associer la population à la gestion des affaires du pays, mit les Togolais sur la toute première marche de l’échelle politique, en instituant le Conseil des Notables.

Les membres du Conseil se distinguaient par le port d’un badge. Ils étaient convoqués régulièrement en vue de donner leurs avis, chaque fois que le Gouverneur avait une décision importante à prendre. C’était, à l’époque, les Pasteurs Andréas Aku et Robert Baéta, Messieurs de Medeiros, Dote Mensah, Kuacoo Forson, Ludwig Occansey, Van Lare, Théophilus Tamakloe, Octaviano Olympio, Thimothéo Agbetiafan Anthony, Félicio de Souza, Augustino de Souza, le chef Abraham Adjallé et Messieurs Alfred Acolatsé, Emmanuel Ayivi Ajavon, Alex Acolatsé

Le Gouverneur Bonnecarrère, qui fut par ailleurs l’artisan de l’électrification de la ville de Lomé, joua de la sorte un rôle dans l’évolution politique du Togo, en faisant prendre à l’élite conscience de ses devoirs envers la population.

Il se peut qu’il y ait encore des Togolais d’âge avancé qui se souviennent de ce Chef du Territoire qui, le soir venu, après dix-sept heures, lorsque la chaleur de la journée faisait place au crépuscule, quittait parfois seul, sans escorte, toujours tiré à quatre épingles, le veston cintré à la taille, le Palais du Gouvernement pour se rendre tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre des membres du Conseil des Notables. De mémoire de Togolais, il fut véritablement le seul de son état à abandonner ainsi sa sécurité à la vigilance de la population de Lomé. Il est vrai qu’à cette époque, il était bien malaisé de rencontrer des Togolais criminels, voleurs ou assassins. Ces contacts humains directs et fréquents contribuèrent considérablement à populariser sa silhouette élégante, son urbanité de bon aloi et à créer un climat de confiance et de paix dans la capitale et dans tout le pays.

Le nom du Gouverneur Bonnecarrère ne doit pas être retenu seulement pour avoir favorisé l’électrification de la ville de Lomé, mais aussi et surtout pour avoir associé, dans une certaine mesure, les Togolais à la gestion de leurs affaires.

A cet égard, un autre Chef du Territoire joua un rôle significatif, voire capital, quant au devenir politique du Togo: le Gouverneur Montagné.

Arrivé au Togo en 1936, cet homme éminemment sympathique, dynamique, d’esprit étonnamment créatif, éprouva très tôt une sorte de tendresse pour le pays qu’il était appelé à diriger. Aussi ne lui fut-il pas difficile de créer rapidement autour de lui un noyau d’amis togolais dont il recevait volontiers et appréciait les avis. Tout un chacun pouvait noter à l’époque Savi de Tové, Sylvanus Olympio et quelques autres notabilités parmi les privilégiés qui fréquentaient assidûment le Palais du Gouverneur.

Les activités irrésistibles de M. Montagné s’orientèrent dans diffé­rentes directions, créant ici et là des stations agricoles, des écoles, des dispensaires, des léproseries, dont celle d’Akata. Il mit sur pied à Lomé un Conseil Economique, destiné à promouvoir le développe­ment économique du pays. C’est ainsi qu’au cours de ces années-là, le Togo connut un remarquable essor dans le domaine agricole’ et réussit même à satisfaire très largement ses besoins alimentaires. De plus, allant encore plus loin que le Gouverneur Bonnecarrère, il créa, dans chaque Chef-lieu de cercle, un Conseil des Notables sur le modèle de celui de Lomé, associant, ce faisant, les populations locales à la gestion de leurs propres affaires.

Mais le mérite fondamental du Gouverneur Montagné fut de s’être aperçu, très vite, que bien que cohabitant depuis plus de cinquante ans, les populations du Sud et celles du Nord du pays s’ignoraient réciproquement. Un tel état de fait ne saurait surprendre. Car ce couloir de l’Afrique de l’Ouest, peuplé de plusieurs ethnies, différen­tes des langues et de coutumes, jusque-là libres et indépendantes, fut, selon les convenances des grandes puissances de l’époque (Angleterre, France, Allemagne) organisé en une entité territoriale, sous le nom de Togo, et attribué en 1884 à l’Allemagne.

Ainsi naquit la nouvelle colonie qui tira son nom du Lac Togo. Comment des peuples si différents les uns des autres quant à leur évolution, leurs langages, leurs coutumes qui, hier encore, ignoraient l’existence des autres, pouvaient-ils, en quelques décennies, avoir conscience d’appartenir à un même pays, avoir une conscience nationale ?.. Donner une telle conscience aux Togolais, faire du Togo une Nation, voilà la tâche, en vérité fort ardue, à laquelle s’attela le Gouverneur Montagné. Il voulait que chaque Togolais se sentît partout chez lui dans le pays. Il voulait que chaque natif du pays eût conscience d’être Togolais. Ce fut ainsi qu’il créa et mit sur pied, avec la collaboration active de M. Jonathan Savi de Tové, l’association dénommée « Unité Togolaise », dont le but était de toute évidence de « réunir et de rapprocher les représentants les plus qualifiés de toutes les régions du pays: chefs et grands notables ».

Une initiative de ce genre, unique dans le pays, ne manqua naturellement pas de rencontrer l’adhésion enthousiaste des Togolais et, spontanément, chefs et notabilités acceptèrent d’être membres de l’Association. Un Comité directeur fut désigné. Ce Comité, dit «Comité de l’Unité Togolaise» (C.U.T.), avait pour Président M. Augustino de Souza et pour Secrétaire Général, M. Sylvanus Olympio. Et plusieurs fois dans l’année, le Gouverneur donnait des réceptions au Palais où se coudoyaient joyeusement les chefs Palanga, Birrégah, Nambiema, Kalipé, Agbanoh..., les notables de Lomé et des cercles administratifs. L’on y distinguait particulièrement le Secrétaire Général et Madame Sylvanus Olympio, bavardant cordialement avec le Gouverneur et Madame Montagné.

Qui était donc le Secrétaire Général du C.U.T. ?

Né en 1902 à Lomé, de père non togolais, d’origine brésilienne, de mère probablement mossi de la Haute-Volta, il alla en Angleterre, après son certificat d’études primaires élémentaires, faire des études commerciales. Son diplôme de « Bachelor of Commerce» obtenu, il retourna en Afrique où il fut employé par le trust international Unilever (U.A.C.), successivement au Nigeria, en Gold Coast et finalement, à partir de 1938, au Togo. Garçon intelligent, brillant, très doué pour les langues, maîtrisant l’anglais, parlant couramment l’allemand, passablement le français, brillamment plusieurs langues africaines, grand orateur né, il savait subjuguer son auditoire en ne lui parlant que de ce que ce dernier désirait entendre, quitte à malmener la vérité. Ne s’embarrassant d’aucun scrupule, il utilisait avec brio sa brillante intelligence, son éloquence persuasive à fabuler des heures durant, en partant généralement d’un fait réel mineur. Supérieure­ment imaginatif, fardant la vérité sans sourciller, habillant la contre­ vérité avec un cynisme tranquille, il fascinait littéralement son audi­toire. Mais ce trait fondamental de son génie ne se révéla que bien plus tard.

Voilà donc comment a été fondé le C.U.T., pourquoi il a été fondé, par qui il a été fondé, avec son Président, son Secrétaire Général et ses membres. Une grande majorité des Togolais avait naturellement à cœur d’adhérer à l’Association qui avait à sa tête des hommes aussi honorables que M. Augustino de Souza et M. Sylvanus Olympio. L’Association fonctionna harmonieusement et à la satisfaction de tous jusqu’au départ définitif de M. Montagné, en février 1941.

Le Gouvernement de Vichy dépêcha alors au Togo un Haut ­Commissaire opportuniste, ne connaissant rien des us et coutumes des populations, mais résolument décidé à appliquer les instructions de son gouvernement. Tout le monde sait que le Gouvernement de Vichy était pratiquement sous les ordres des occupants allemands.

C’est pourquoi le C.U.T. vécut en veilleuse depuis le départ de son fondateur.

La destruction de la flotte française à Mers-el-Kébir amena la rupture des relations entre le Gouvernement de Vichy et le Royaume-Uni. Dès lors, on procéda à la chasse aux sorcières dans les colonies françaises. On arrêta et déporta à Djougou, dans le nord du Dahomey, tous les ressortissants anglais et ceux qui s’opposaient au régime de Pétain. C’est ainsi que fut arrêté et déporté Sylvanus Olympio. Si celui-ci était anglophone (ayant parachevé ses études en Angleterre) et gradué de l’Université d’Oxford, il n’était pas pour autant ressortissant britannique. Il avait trop connu le racisme des Anglais au cours de ses études au Royaume-Uni pour ne pas marquer, ainsi qu’on n’a pas manqué de le noter plus haut, sa préférence pour les Français depuis sa nomination à la UA.C de Lomé. Les relations de la famille de Sylvanus Olympio avec la famille Montagné démon­traient amplement, s’il en était besoin, sa francophilie. Voilà pourquoi la déportation de Sylvanus Olympio fut un acte irresponsable, stu­pide, une faute lourde de conséquences, puisqu’elle devait boulever­ser de fond en comble les relations futures entre le Togo et la France et pourrir la vie sociale et politique des Togolais.

L’avènement du gouvernement provisoire d’Alger devait rendre Sylvanus Olympio à la liberté. Sylvanus Olympio revint au pays, amer, avec dans le cœur une haine viscérale, inextinguible contre les Français et tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin aux Français. Il ne pouvait plus tolérer la présence française dans le pays.

Le Gouverneur Salicetti, l’homme de Vichy, ayant été limogé, un nouveau Haut Commissaire, M. Noutary, lui succéda. Ce dernier, devant l’attitude résolument anti-française de Sylvanus Olympio, saisit l’occasion d’un trafic illicite pour lui faire infliger une amende de cinq millions de francs C.F.A. Cette condamnation n’eut d’autre résultat que d’exacerber la haine de Sylvanus Olympio, plus que jamais décidé à faire de son mieux pour éliminer Noutary, puis la France du Togo, si les circonstances lui en donnaient le moyen. » Fin de citation.

Dès lors, on comprend aujourd’hui pourquoi le Président OLYMPIO miné par cette haine viscérale n’a voulu rien pardonner à ceux qui étaient ciblés comme les collaborateurs du colonialisme français. Il n’avait pas hésité à les considérer comme les membres de la cinquième colonne et à les châtier. Et de quelle manière ?

La haine doit être bannie de la terre de nos aïeux.

Nous refusons à l’histoire de se répéter. Quels que soient les crimes commis dans notre pays, les préjudices subis et les douleurs des uns et des autres, nous n’avons aucune chance de normaliser notre pays, d’en faire un pays où il fit bon vivre, un pays où tous les hommes et les femmes vivent comme chez eux, si nous privilégions ce qui nous divise.

C.P.


Point de vue : A vous de juger : Les forces armées togolaises au centre de la controverse

Les Forces Armées Togolaises (FAT) sont une institution de l’Etat. En tant que tel, elles jouent un rôle prépondérant fondamentalement incontournable pour l’existence de la nation.

Notre constitution en a défini les règles de base. Est-ce suffisant ? Non. La loi N° 2007-010 du 1er mars 2007 portant statut général des FAT a fixé le domaine de l’action militaire. Elle a plus d’amplitude et reste plus détaillée que la constitution. La tâche à accomplir ainsi que le but qui indique clairement ce qui doit être fait et pourquoi ont été explicités.

Il se trouve que dans notre pays, cette institution, sur le plan politique, est, en permanence, au centre de la controverse. Elle est l’objet de différentes convoitises en même temps qu’elle est décriée.

L’opposition refuse, à l’évidence, de mieux connaître les FAT, d’en cerner les contours et d’en appréhender le fonctionnement. Sa religion est toute faite et repose sur des idées reçues, à savoir : citation : « notre armée n’est pas républicaine ; elle est tribalisée, il faut la réformer » etc. etc. fin de citation. Pour l’UFC dont le dirigeant est foncièrement anti-militariste parce que dans son entendement, c’est les militaires qui avaient assassiné son père le 13 janvier 1963, la cause est définitivement entendue. L’armée est le problème.

On se rappelle que lors du dernier meeting de l’UFC à la place Anani Santos, l’Honorable député, Patrick LAWSON, Vice-président de l’UFC, s’est permis de dire : « Nous sommes en discussion avec nos frères militaires ».

Pour nous au « Combat du Peuple » une telle déclaration de la part d’un responsable du plus grand parti de l’opposition relève de l’ignorance du fonctionnement de l’armée et de la pure démagogie. Il appartient donc à la classe politique dans son ensemble et à l’opposition en particulier, de faire l’effort nécessaire pour mieux découvrir l’armée, notre armée, en dressant des passerelles avec nos frères militaires, en échangeant avec eux, afin de mieux comprendre leur réalité. Il faut briser les préjugés qui ne sont qu’un frein à une bonne entente.

Très souvent, on entend dire à tort ou à raison que l’armée est une aile marchante de RPT. Comment en sera-t-il autrement lorsque le Chef Supérieur des Armées et le Président du RPT sont un ? Souvent l’armée est considérée par les uns et par les autres comme un enjeu politique. On pense que l’alternance politique ne sera possible que le jour où l’armée restera dans la caserne et gardera une neutralité politique absolue. Il s’agit là d’une aberration qui n’est pas faite pour faciliter les choses ; car dans aucun pays au monde, personne ne peut arriver au pouvoir contre l’armée d’autant qu’elle est l’un des attributs du pouvoir.

L’armée est pyramidale et rigoureusement soumise à son chef suprême. Lorsqu’elle s’insurge contre l’Autorité civile, c’est l’exception. Et cette exception ne peut être que la conséquence d’une situation grave mettant en péril la souveraineté du peuple et l’intégrité du territoire national.

En l’espèce, l’armée togolaise est la moins putschiste de la sous région ouest africaine.

En effet en 1963, au moment de l’assassinat de feu Président OLYMPIO, les FAT n’existaient pas sous leur forme actuelle. On pouvait tout juste parler d’un embryon de l’armée. A l’époque, leur effectif global, gendarmerie comprise était d’environ 650 hommes. Et la plupart de ceux qui ont perpétré le coup n’étaient pas intégrés dans l’armée togolaise notamment EYADEMA. C’était d’ailleurs l’une des pommes de discorde parce que OLYMPIO avait refusé d’intégrer des demi-soldes qui revenaient du Vietnam et d’Algérie. Ainsi donc, le coup d’Etat perpétré par l’Armée était celui de 1967. Depuis, plus rien. Au Ghana, l’armée a renversé plusieurs gouvernants, au Bénin, et au Burkina, on a observé le même scénario. Au Nigeria, n’en parlons pas. En revanche, depuis 1967, l’armée togolaise a toujours obéi à son chef quelles que soient les péripéties que la vie politique a connues. Malgré les appels du pied de l’opposition, l’armée n’a pas bougé. Certes, il y a eu tout au plus des dissidences et des désertions mais l’armée en tant qu’institution n’a jamais basculé ou cédé aux cris de sirènes.

Face à ce constat, nous sommes fondés de dire que les FAT sont légalistes parce que l’Etat Major Général et la troupe ont toujours obéi au pouvoir politique en place (voir une communication de Me DOE BRUCE sur ce point. Cette communication définit la soumission de l’armée au pouvoir civil). Il est aussi vrai qu’à un moment dans la vie de cette armée, un officier général, en l’occurrence le Gal TIDJANI, avait joué un rôle nocif en essayant de politiser à outrance l’armée. Mais là également, on a compris et on a vite essayé de juguler la dérive.

D’où vient donc l’idée farfelue selon laquelle, après le décès du Président EYADEMA, Kpatcha avait la mainmise sur la haute hiérarchie militaire ? Ces allégations qui tirent leurs sources des analyses de certains observateurs et des journalistes qui confondent vitesse et précipitation ne sont fondées sur rien de sérieux.

Ce qu’il faut surtout savoir, c’est qu’à la mort de EYADEMA, Chef Suprême des Armées, c’est à Faure GNASSINGBE, Président de la République et Chef Suprême que l’armée a fait allégeance. Etant donné que l’armée est légaliste, elle ne saurait se subordonner à deux chefs. Si aujourd’hui, le Président Faure nomme par décret une femme Ministre de la Défense Nationale, les Généraux et les Officiers Supérieurs ainsi que toute l’Armée vont obéir à la Ministre et non à la femme. On a vu ce cas en France avec Mme Alliot Marie. Ce qui vient de se passer avec l’arrestation de Kpatcha illustre parfaitement cette réalité. Contrairement à ce que beaucoup de Togolais pensent, l’Armée togolaise est l’une des plus légalistes donc l’une des plus républicaines de la sous région Ouest-Africiane.

Ceux qui croient que l’Armée doit rester armes aux pieds face aux désordres et aux violences pour permettre à d’autres hommes politiques de s’accaparer du pouvoir en utilisant la rue n’ont rien compris.

Dire publiquement qu’on discute avec les militaires relève de l’imagination trop fertile de l’auteur de ces propos. Avec quel militaire ? Avec la haute hiérarchie ou un corps de l’armée ? Il est temps que l’on cesse de dire des foutaises pour abuser l’opinion.

En 1967, certains responsables politiques, tous du C.U.T, (ils étaient 18) avaient poussé EYADEMA à prendre le pouvoir avec l’idée qu’il partira le leur laisser. Le résultat est là, amer et cruel : EYADEMA, celui qu’ils considéraient comme un illettré, les a avalés et digérés.

Quel rôle voulons-nous que les forces armées jouent :

A – Défendre le territoire de la nation, la souveraineté du pays et sauvegarder ses intérêts ? (rôle principal)

B – Soutenir les autorités civiles (soutien intérieur) (rôle secondaire) ? Nous devons le savoir. Nous devons établir des relations de cause à effet avec l’armée composée des hommes de qualité, instruits, compétents et capables de surprendre les civils vantards qui croient tout connaître.

Qu’on cesse de vouloir instrumentaliser l’armée à des fins politiques. La réglementation des relations entre civils et militaires est essentielle pour la politique en général et en particulier pour la politique de sécurité nationale. Une importante responsabilité revient donc obligatoirement à la classe politique dans toutes ses composantes et aux militaires.

Et attendant, l’armée togolaise vient une fois de plus, de montrer qu’elle est réfractaire aux virus de la division et qu’elle reste fidèle à son Chef Suprême, Faure GNASSINGBE. C’est une bonne chose. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Rodrigue


Pour réussir le pari de la Justice : La Cour Suprême doit corriger les erreurs du passé

La recherche d’une solution urgente et définitive au litige opposant le sieur Hor Kokou, ancien Commissaire de  Police à la Collectivité Agadji doit s’inscrire dans les priorités du nouveau Président de la Cour Suprême. En effet, si M. Abalo Petchélébia veut faire œuvre utile, il a intérêt à décongestionner la haute juridiction qu’il dirige et qui avait été transformée en cimetière des dossiers par son prédécesseur.

Dans cette affaire, deux Magistrats, à savoir Anani Missiamenou et Lodonou, tous deux juges à la Cour Suprême avaient écopé de sanction pour avoir voulu transformer le faux en vrai et le vrai en faux.

Il nous a été plusieurs fois déjà donné de publier dans nos colonnes, des articles relatifs à cette affaire. Mais afin de rafraîchir la mémoire à nos lecteurs, nous pensons qu’il est indiqué de revenir brièvement sur les faits.

La collectivité Adoubou subdivisée en sept (07) branches, à savoir : Agadji, Hor, Avogan, Koklokoukou, Adolété,  Mawugbé et Anénou est propriétaire par voie d’héritage, d’un vaste domaine foncier à Hédzranawoé. Ce domaine fut partagé aux sept membres de la collectivité en 1977. Chaque branche avait désigné son mandataire et reçu le plan de la totalité des lots qui lui revenait.

Curieusement, la branche Agadji dont les membres étaient pour la plupart illettrés à l’époque, n’avait pas reçu comme ce fut le cas pour les six autres, son plan de partage le jour du partage. Il aura fallu engager toute une procédure pour que ce plan lui soit remis après neuf (09) ans.

Une fois le plan en main, la collectivité Agadji constate que deux cent soixante un (261) lots faisant partie intégrante de son plan de partage sont frauduleusement occupés. Afin d’obtenir l’éviction de ceux qui occupaient indûment son domaine, la collectivité Agadji engagea alors une procédure qui malheureusement dure encore jusqu’à ce jour à cause des manœuvres dilatoires du sieur Hor Kokou, chef de la Collectivité Hor, l’une des sept branches de la Collectivité Adoubou.

Au niveau de toutes les juridictions, le litige a été tranché en faveur des Agadji.

En première instance, le jugement N° 423 du 10 Avril 1990 avait été rendu en faveur de la collectivité Agadji représentée par son mandataire Agadji Semeha Kpegui. Le sieur Hor fait une tierce opposition à ce jugement. Cette tierce opposition sera rejetée par un jugement N° 873 du 02 août 1991.

Le dossier atterrira alors à la Cour d’Appel qui, dans un arrêt avant dire droit N° 132/99 du 19 juillet 1999 ordonna des mesures d’instruction complémentaire. M. Agadji Semeha Kpegui étant décédé entre temps a été remplacé dans ses fonction de mandataire par Agbossé Kodjo et Séwonou Messah.

Le 25 mai 2000, la Cour d’Appel rend un nouvel arrêt N° 91/2000 en faveur des Agadji.

Le sieur Hor Kokou se pourvoit en cassation et demande un sursis à exécution qui lui sera refusé par un arrêt N° 44 du 12 juillet 2004.

On en était là lorsque le 17 janvier 2008, un arrêt N° 6 de la Cour Suprême a été rendu dans des conditions pour le moins fantaisistes et en violation de plusieurs règles judiciaires en faveur  du sieur Hor.

Cette décision avait soulevé le tollé général. Le Ministre de la Justice saisi du dossier mit le Conseil Supérieur de la Magistrature face à ses responsabilités. C’est ainsi que par décision N° 01/CMS/2008, les juges Anani et Lodonou auteurs de la décision décriée ont été sanctionnés. Une décision unanimement saluée.

Le 21 août 2008, l’arrêt N° 34 de la Cour Suprême annule celui du 17 janvier 2008.

Il ressort des faits tels que présentés que la collectivité Agadji a été victime de spoliation. Mais qu’attend-on pour la faire rentrer dans ses droits ? Les autorités judiciaires de notre pays, ainsi que le Ministre de la Justice à qui nous tirons chapeau au passage doivent s’investir afin que cette affaire qui fait la honte de notre Justice soit définitivement réglée.

Le nouveau Président de la Cour Suprême fait déjà bien parler de lui dans la gestion de dossiers étouffés par son prédécesseur. Nous espérons qu’il ira au bout de sa logique pour le bien de la Justice et des justiciables. Car pour réussir le pari de la Justice, la Cour Suprême doit corriger les erreurs du passé.

C.P.


Coup de poing : Le Sabotage

Depuis quelque temps, les populations de Lomé et ses environs enregistrent le retour au galop des coupures intempestives de courant. Il ne se passe pratiquement plus de jour où la ville entière ou des quartiers ne soient privés de courant électrique. Ces coupures qui surviennent parfois plusieurs fois dans la même journée, durent quelques fois des heures, empêchant ainsi les populations de vaquer normalement à leurs occupations.

A ce jour, aucune explication n'a été avancée par la CEET pour expliquer le phénomène. Tout au plus et comme pour se moquer de leur clients, les dirigeants de cette société s'étaient-ils livrés en vedette la semaine dernière en montant au créneau pour annoncer l'acquisition et l'installation d'un groupe électrogène destiné à combler le déficit énergétique en cas de besoin.

Cette sortie des dirigeants de la CEET aurait pu faire un effet si leurs propos n'étaient pas démentis par les coupures récurrentes enregistrées dans le courant de la semaine dernière. Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd'hui, si cette histoire de groupe électrogène n'est pas un gros bluff comme on en a déjà vu.

En tout cas, bluff ou pas bluff, il est clair qu'en matière énergétique, le Togo est loin, très loin d'être sorti de l'auberge. Tout porte à croire qu'en la matière, notre pays restera encore longtemps dans sa situation de dépendance actuelle. Voilà où on en est après 49 ans d'indépendance politique.

Au même moment où la CEET peine à répondre aux sollicitations des populations, cette société verse dans une sorte de harcèlement de ses clients. On n'accorde plus aux consommateurs le moindre répit pour le règlement des factures. Il suffit que le délai de paiement soit dépassé de quelques jours pour que des releveurs parfois discourtois débarquent pour couper l'électricité.

La CEET, on le sait, est une société commerciale qui a besoin d'argent pour fonctionner et bien fonctionner. Mais elle joue en même temps un rôle social très important qu'on ne doit pas perdre de vue. Il est connu de tous que le Togolais moyen ne compte que sur son salaire pour régler ses factures d'électricité. A quelle logique répond la démarche de la CEET qui consiste à couper ses clients alors que ceux-ci n'ont pas perçu leur salaire pour régler leur facture ? La pratique ressemble à un sabotage. Une manière de jeter le pouvoir à la vindicte populaire. Les dirigeants de la CEET doivent prendre leur zèle en patience pour rouler au rythme du pays. Il y va de leur intérêt et ce n'est qu'une question de logique.

C.P.


Palabre en duo

Agbévivi : Ce qui se passe dans notre pays est grave. On vient de découvrir et de désamorcer dans l’œuf, une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Nous venons donc une fois encore, d’avoir la preuve que les ennemis du peuple ne baissent pas les bras.

Elavagnon : Tu sais, je n’ai pas envie de parler de cette affaire. Dans ce pays, tu as toujours traité l’opposition de tous les noms d’oiseau. Tu as toujours dit que l’opposition est à l’origine de tous nos problèmes. Aujourd’hui, voilà que les faits te donnent tort. L’opposition que tu as toujours accusé n’a rien à voir dans ce qui se passe. Celui qui préparait le coup de force n’était personne d’autre que Kpatcha, le frère même du Président. Kpatcha est-il de l’opposition ou du RPT ?

Agbévivi : Je ne pense pas que nous devons voir le problème sous cet angle. Il s’est passé quelque chose de grave dans ce pays. Nous devons dépasser les limites des hommes. Ce sont les institutions qui sont en jeu.

Elavagnon : Si nous devons parler de ce qui se passe, il faut qu’on le fasse. Il ne doit pas y avoir de question tabou. Je ne sais pas de quoi vous avez peur.

Agbévivi : De quoi veux-tu qu’on ait peur ? Il ne faut rien exagérer.

Elavagnon : Vous avez peur et tout porte à croire que vous voulez cacher quelque chose.

Agbévivi : Cacher quoi ? Il faut que tu reviennes sur terre et que tu réfléchisses au lieu de planer comme ça dans les airs.

Elavagnon : Je ne plane pas dans les airs. Je sais de quoi je parle. Je dis que tout se passe comme si vous voulez cacher quelque chose. C’est vrai. La bonne preuve, c’est que la HAAC a décidé d’interdire les émissions interactives sur les radios. C’est une décision hors-la-loi qui viole le principe de la liberté d’expression contenu dans notre constitution.

Agbévivi : Je vais te dire la vérité. Si la HAAC a interdit les émissions interactives, c’est tout simplement pour éviter les dérives auxquelles on assistait. Les auditeurs réagissent avec trop de passion. Ils sortent du cadre du débat pour étaler leur état d’âme. Il y en a même qui versent dans les injures. Ce n’est pas sérieux. C’est pour cela que la HAAC a pris sa décision.

Elavagnon : Tu ne peux trouver aucun argument assez fort pour me convaincre. En tout cas, à moins qu’on soit dans un état d’urgence, je ne vois aucun motif valable pour justifier une violation de la constitution. Et puis, crois-tu que si c’était quelqu’un d’autre que Kpatcha qui est impliqué dans cette affaire, on peut prendre une telle décision ? Il faut qu’on soit sérieux et qu’on cesse de s’amuser.

Agbévivi : Je crois que tu parles de choses que tu ne maîtrises pas. Autrement, tu saurais que l’interdiction dont tu parles et que tu condamnes tant n’existe plus. Elle a été levée depuis longtemps. C’est la preuve que la personnalité en cause n’est pour rien dans la décision.

Elavagnon : Qu’elle ait été levée ou non, le seul fait qu’elle ait existé suffit pour révolter. Je te posais une question à laquelle tu t’es débiné. Kpatcha est-il de l’opposition ou du RPT ?

Agbévivi : Comment veux-tu que je réponde à une telle question ? Si Kpatcha veut faire un coup d’Etat, c’est qu’il est devenu opposant. D’ailleurs, il a actuellement le soutien de certains partis de l’opposition qui ne cesse de publier des communiqués pour l’appuyer au lieu de s’élever contre l’acte qu’il a posé.

Elavagnon : Je crois que tu veux parler là de l’UFC. Tu sais, nous sommes sur un terrain politique. Mais au-delà de tout commentaire, il y a des choses que nous ne devons pas perdre de vue. Avant et après tout, Kpatcha est un député qui jouit d’une immunité. On ne peut pas l’arrêter comme on l’a fait. Et puis, nous vivons dans une République qui se veut un Etat de doit. Il y a des procédures qu’il faut toujours respecter. Ces principes ont été violés dans la procédure. L’UFC est en doit de le dénoncer.

Agbévivi : Je crois que tu ne comprends rien à rien. Ce qui se passe n’est pas une affaire de doit commun. Il s’agit d’une atteinte à la sûreté de l’Etat. En ces circonstances, tout ce que tu dis ne tient plus. Je crois que l’UFC est en train de soutenir ces thèses à dessein. Il veut en tirer un bénéfice politique. Mais cela me fait rire. Si moi je vois ces gens, je leur poserai une seule question. Si l’UFC arrivait un jour au pouvoir, va-t-il caresser ceux qui voudraient le déstabiliser ? Soyons sérieux !

Elavagnon : Tu sais, je vais peut-être te surprendre. Mais il faut qu’on se dise la vérité. Ce que moi je dis, ce n’est pas le pouvoir pour le pouvoir. Il faut fonder le pouvoir sur le droit. C’est ça que dit l’UFC.

Agbévivi : Tu plaisantes. En tout cas, je crois que l’armée a fait ce qu’elle devait faire et c’est bon. L’apprenti putschiste et ceux qui se cachent derrière lui ont été neutralisés. C’est ça l’essentiel.

Elavagnon : Nous n’aurons jamais une démocratie digne de ce nom dans ce pays. C’est vraiment dommage. Et puis à voir cette affaire de près, qu’est-ce qui me dit que nous ne sommes pas en face d’un montage ? Il y a des zones d’ombres qui m’intriguent dans ce dossier.

Agbévivi : Il n’y a que toi qui voit des intrigues partout. Je vais te dire une chose : nous n’irons plus en arrière dans cette affaire. Toute la lumière sera faite et les coupables sanctionnés.

Le Combat du Peuple N° 648 du 20 avril mars 2009
Billet : Le rêve brisé d’un « prince » conspirateur

Beaucoup de Togolais ne savent peut-être pas que Kpatcha se considérait comme un prince à qui tout est dû et permis au Togo.

En effet, du vivant de son père feu Eyadéma, Kpatcha a toujours agi comme si le pouvoir de son père est d’essence divine.

C’est pourquoi, comme tous les observateurs, certes ahuris, ont pu le constater le 05 février 2005 au soir, Kpatcha était debout à côté de son frère Faure et recevait avec ce dernier, presque au même titre, l’allégeance des officiers supérieurs des FAT qui les saluaient à tour de rôle.

Ce jour-là, une grave et monumentale bourde politique a été commise. On ne remet pas le pouvoir suprême à un préssenti tout en adoubant deux personnes. Les Togolais et tous les observateurs internationaux n’ont pas trouvé d’explication à cet acte de défi posé par Kpatcha envers le nouveau Président de la République, étant entendu, évidement, que ce n’est pas Faure qui lui avait demandé de se mettre à ses côtés. A l’époque et à la minute où la scène se passait, Kpatcha n’était rien d’autre qu’un des fils d’Eyadéma. Il reste que l’image des deux frères debout côte à côte avec choqué.

Nommé Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Kpatcha n’a raté aucune occasion pour porter ombrage à son frère Président.

En revanche, il a retardé l’adoption des textes des statuts des différents corps des FAT qu’il n’a pas fait voter dans les délais requis. C’est Faure lui-même qui a comblé cette lacune lorsqu’il a rattaché le ministère de la Défense à la Présidence.

Le redressement fiscal de 9 milliards de Frs décidés par les services des Impôts à l’encontre de son protégé Bassam soupçonné, entre autres, de trafics illicites de la drogue, l’a plongé dans une colère noire qui l’a perturbé et rendu fou. Il a senti cette mesure comme une humiliation personnelle et un camouflet inacceptable.

Jamais, il n’a décoléré et n’a pardonné à son frère ce qu’il considérait, à tort, comme une outrecuidance à son endroit. Il est vrai que le démantèlement du réseau de BASSAM a privé Kpatcha d’importantes sources de revenus. Pour lui, le redressement fiscal est un affront et un défi qu’il faut relever. C’est dire qu’il a des raisons personnelles de vouloir en découdre avec son frère

Enfin, Kpatcha n’a jamais digéré son éviction du Ministère de la Défense. Il avait menacé de régler ses comptes à son frère et de prendre sa revanche en 2010. C’est sûrement parce qu’il s’était aperçu qu’il n’aura raisonnablement aucune chance de battre son frère au cours d’une élection, qu’il a voulu poser un acte de désespérance afin de s’accaparer du pouvoir par la force brutale. Kpatcha est un conspirateur irréfléchi qui a agi par préméditation.

 Autrement, il devait se rendre à l’évidence et se dire que son père Eyadéma a dirigé le Togo pendant 38 ans d’une main de fer. Son frère lui a succédé depuis 4 ans. Si lui Kpatcha un autre fils de Eyadéma, montait au créneau et réussissait à prendre le pouvoir par la force, le Togo cesserait d’être une République pour devenir une monarchie de fait. C’est tout simplement dingue. Il fallait y penser.

Dans tous les pays démocratiques, ce qui n’est pas interdit est permis. Au Togo, le coup d’Etat est interdit par la constitution en son article 150 qui stipule : « En cas de coup d’Etat, ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée Nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.

Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.

Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la Nation et sanctionné conformément aux lois de la République ».

Aveuglé par sa boulimie naturelle de pouvoir, Kpatcha GNASSINGBE « prince conspirateur » a fait fi aux lois de la République qu’il a voulu violer avec les conséquences que l’on sait pour tous les Togolais.

Dans un tout autre registre, de mauvaises langues vont jusqu’à dire que Kpatcha GNASSINGBE est le parrain de la drogue au Togo.

En tout état de cause, ses amis se comptent pour la plupart, parmi des trafiquants présumés de la drogue qui passent leur temps à défiler dans sa maison.

Ne dit-on pas, dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es ?

Rodrigue


La chienlit : Bras de fer entre Faure et son demi-frère Kpatcha : La nuit des longs couteaux

Ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui l’épilogue du bras de fer entre Faure et Kpatcha s’est joué dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, une véritable nuit des longs couteaux. En effet, le lundi 13 avril, le peuple togolais a appris au petit matin, sur RFI, avec stupéfaction, inquiétude et interrogation, que le domicile de M. Kpatcha Gnassingbé, ancien Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, actuellement Député à l’Assemblée nationale, a été attaqué par des éléments des FAT. Il a été ajouté, en guise de précision que l’opération a été menée par la Force d’Intervention Rapide (FIR) sous le commandement du Commandant Félix Abalo KADANGHA.

Le plus déconcertant dans cet imbroglio, est que le matin même, après l’affrontement, M. Kpatcha GNASSINGBE, resté libre, a reçu des correspondants des médias internationaux et des journalistes des médias privés à qui il a fait visiter sa maison, sa chambre à coucher, son salon, la chambre des enfants, pour présenter à l’opinion nationale et internationale, les dégâts causés par l’attaque.

Ainsi donc, durant toute la matinée de lundi, l’information diffusée sur RFI et d’autres médias nationaux sur ce grave événement, émanait à 95% de Kpatcha GNASSINGBE qui a su bien jouer son rôle de l’agneau sacrificiel.

Partout, on parlait de rivalités ou de querelles familiales. Kpatcha se donnait le beau rôle en jouant à la Sainte Nitouche, faisant entendre à tous ceux qui le veulent, que Faure veut le tuer et que c’est son autre demi-frère le Lt. Colonel Rock GNASSINGBE qui l’a sauvé in extremis.

Il faut reconnaître que ce faisant, Kpatcha a réussi, à merveille, son offensive de charme médiatique dès lors que lui dont le domicile a servi de théâtre d’opération était libre de ses mouvements et accusait.

Il a fallu attendre la mi-journée pour voir à la Télévision, le Procureur de la République, M. Robert BAKAI affublé du Colonel Yark Damehame, Commandant de la Gendarmerie, lire un communiqué bancal qui n’a fait qu’ajouter à la confusion générale.

C’est le lieu d’insister sur le fait que le premier communiqué du Procureur de la République, loin d’apporter la clarification à laquelle le peuple togolais a droit, a créé un véritable flou artistique, tout simplement parce qu’il y a des zones d’ombres que le citoyen lambda ne saurait comprendre. (Lire le communiqué N°1 en encadré)

D’ailleurs, beaucoup de Togolais se posaient des questions sur le rôle réel joué par Rock GNASSINGBE cette nuit-là. On cherchait à savoir si le Lt. Colonel Rock GNASSINGBE, Commandant du Sous Groupement Blindé et Directeur Général Adjoint du Port Autonome de Lomé a agi sur ordre de la haute hiérarchie militaire, ce qui, a priori, serait un camouflet de l’armée au Chef de l’Etat ou s’il a agi de son propre chef, ce qui serait une rébellion contre le Chef Suprême des armées. Sur ce plan également, la confusion était totale lorsqu’on annonçait sur RFI que la maison de Kpatcha est gardée par des éléments de Rock GNASSINGBE. Il fallait couper le cordon ombilical et éviter de faire l’amalgame entre les préoccupations d’une famille et le fonctionnement, dans un cadre légal d’une unité de l’armée.

Les Togolais flottaient entre plusieurs eaux lorsque la version officielle parlait pêle-mêle d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’arrestation d’Officiers et de civils au domicile de Kpatcha et ailleurs, de saisie d’armes, sans autre précision.

En vérité, dans la journée de lundi, personne ne pouvait séparer le vrai de l’ivraie, parce que la technique de « victimisation » a si bien réussi à Kpatcha GNASSINGBE au point que, beaucoup se demandaient si vraiment ce dernier voulait faire un coup d’Etat ou il s’agissait purement et simplement d’un montage ?

Il a fallu attendre mercredi dans la matinée pour y voir un peu plus clair. Car les gens ne comprenaient pas pourquoi celui qui était censé être le cerveau du coup d’Etat a été laissé en liberté chez lui et gardé par son frère Rock GNASSINGBE alors que ses supposés complices étaient sous les verrous .

Le mercredi 15 avril, la tension est de nouveau montée d’un cran lorsqu’on annonçait au petit matin, qu’une seconde tentative d’arrestation de Kpatcha GNASSINGBE a échoué et que celui-ci a fui son domicile pour se réfugier à l’Ambassade des Etats-Unis. Le suspense n’a pas duré trop longtemps lorsqu’on apprenait que finalement, Kpatcha GNASSINGBE a été arrêté, inculpé et mis en examen. Ce dernier volet de l’information a fait l’objet d’un second communiqué du Procureur de la République (Lire en encadré le communiqué N°2 ainsi que la mise au point de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Togo).

Le jeudi 16 avril, la boucle fut bouclée. L’impressionnant arsenal de guerre détenu par M. Kpatcha GNASSINGBE à son domicile et saisi a été présenté à la presse et les images diffusées sur les médias.

A partir de ce moment, les Togolais, médusés, ont compris qu’ils venaient d’échapper bel à un plongeon suicidaire. Les Togolais qui, jusqu’en ce temps, étaient dans le doute, ont pris réellement conscience du danger que Kpatcha Gnassingbé représentait pour la République. Les Togolais ont craint que le Togo qui revenait de très loin, ne sombre de nouveau. C’est ainsi que la réprobation générale a explosé au sein de la population.

Ces graves déchirements entre deux frères dont l’un est investi du pouvoir suprême et reste détenteur de la légitimité et de la légalité constitutionnelle et le second, poussé par sa boulimie naturelle du pouvoir et qui a toujours choisi de vivre hors la loi comme quelques uns de ses frères, ont fait désordre.

Beaucoup de journaux ou de radios ont délibérément voulu présenter les deux frères comme étant sur les mêmes pieds d’égalité en parlant de rivalités pour le pouvoir. Cette façon de présenter les choses est une bourde médiatique monumentale qui induit le peuple en erreur. On parle de rivalité. Quelle rivalité ? Il ne saurait avoir de rivalité entre un Chef d’Etat et un citoyen, uniquement parce qu’il est parlementaire et de même père que le Président. Kpatcha GNASSINGBE, en s’organisant pour briser l’ordre constitutionnel a franchi le Rubicon. Car, c’est Faure GNASSINGBE qui incarne seul l’Etat togolais et nul, parmi les fils Eyadéma, ne saurait en dire autant.

Cette tentative de coup d’Etat avortée et étouffée dans l’œuf par les éléments des FAT sur ordre du Président de la République a montré que, loin d’être un caïd, Kpatcha GNASSINGBE s’est révélé un tigre en papier, aveuglé par une ambition irraisonnée qui a failli créer un gouffre effroyable où le Togo était près de s’engloutir.

Le pouvoir ne se partage pas, aimait à répéter feu le Président Eyadéma. Malheureusement, Kpatcha GNASSINGBE n’a pas su retenir cette leçon de son père à qui il voulait pourtant autant ressembler. Au jour d’aujourd’hui, le clan GNASSINGBE est sorti très divisé et profondément fragilisé de cette épreuve. En voulant prendre le pouvoir par la force, en imposant la loi de la force en violation de la force de la loi, Kpatcha GNASSINGBE a commis une abomination qui ne pardonne pas.

Aujourd’hui, tous ceux qui croyaient qu’il était l’homme fort du régime, ont compris, à leurs dépens, que ce sont les tonneaux vides qui font du bruit. Kpatcha GNASSINGBE a honni et sali la mémoire de son père Eyadéma qui doit se retourner dix fois dans sa tombe.

Une chose est sûre. Le nom de Kpatcha GNASSINGBE a toujours été mêlé à toutes les magouilles, notamment le trafic illicite de la drogue. Toujours, le nom de Kpatcha est revenu de manière récurrente dans tout ce qui est arbitraire, violation de la loi et des droits de l’Homme.

Si Kpatcha prenait le pouvoir, le Togo connaîtrait l’enfer. Les narcotrafiquants et autres Libanais pourris comme Bassam El NAJJAR deviendraient rois sur la Terre de nos aïeux.

Dieu merci, l’échec de cette folle entreprise apporte la preuve que Faure GNASSINGBE est en bonne voie, d’autant que si on a voulu lui barrer la route, ce ne sera pas pour faire mieux. Les réformes mises en chantier gênent considérablement les faucons du régime Eyadéma devenus fous parce qu’ils ont compris qu’ils allaient perdre leurs privilèges.

Faure doit savoir que les allées du pouvoir sont pavées de ronces. Faure doit savoir que c’est dans les difficultés que l’on trouve l’accomplissement. Ceux qui pensent à tort que Faure est un mal élu et qu’il faudrait le balayer pour restaurer l’ordre ancien sont ceux-là qui n’ont aucune fibre patriotique et qui ne pensent qu’à eux-mêmes.

Depuis l’arrivée de Faure au pouvoir, les peaux de banane que les siens lui ont glissé sous les pieds dans le but évident de protéger leurs intérêts ont fait que ses avancées ont été considérablement ralenties au détriment du peuple togolais.

Après plus de quinze ans de diète financière, si notre économie doit de nouveau connaître des sanctions émanant de la communauté internationale et de nos partenaires en développement par le fait d’un coup de force perpétré par Kpatcha GNASSINGBE, ce sera le chaos. Et ce chaos va conduire à l’explosion de la République.

Désormais, les autres frères et autres velléitaires doivent comprendre que l’armée est unie derrière un seul chef et que ce chef a pour nom, Faure GNASSINGBE qui est le seul digne de parler au nom de tous les Togolais.

L’acte posé par Kpatcha GNASSINGBE n’est ni plus, ni moins, qu’une haute trahison.

Kpatcha, dans son rôle d’épouvantail a toujours laissé croire que le spectre d’un coup de force militaire plane sur le Togo et qu’il tient en coulisse, le pouvoir réel. A l’aune des événements qui viennent de se produire, la preuve est définitivement faite que Kpatcha a commis une forfaiture dont il doit seul répondre avec ses complices devant la Justice des hommes et de Dieu.

Nous venons de dire que Kpatcha a commis une trahison envers son clan et son camp. Ceci nous amène à paraphraser notre confrère Christophe BARBIER : «Au meilleur des traîtres : la trahison est au cœur de la politique. Et si elle n’en est pas l’essence,  c’est parce qu’un ange, sans cesse, combat ses diablesses au sein même des ambitions. Un ange qui s’appelle idéalisme. Mais ce séraphin somnole de temps en temps et le bal des traîtres fait salle comble ».

La trahison, quand le pouvoir est en jeu, n’est pas seulement une perfidie de couloir. Elle porte en elle, un sens politique. Malheureusement, Kpatcha GNASSINGBE n’a aucun sens politique.

Et pour terminer, nous disons ceci : Kpatcha GNASSINGBE est au purgatoire. Les faits sont là, cruels dans leur nudité. La nuit des longs couteaux s’est achevée en faveur de Faure GNASSINGBE parce que quand on a tout et que l’on ne se rassasie pas, il arrive toujours que l’on perde tout.

Pour la première fois, le clan GNASSINGBE par la faute de Kpatcha, est sérieusement ébranlé et doit nécessairement se faire une nouvelle virginité fondée sur le culture de l’humilité.

Dès lors, chacun n’a qu’à faire son examen de conscience et se dire que le Togo est notre seul refuge et que nous avons besoin de l’aimer, de le protéger contre des aventures nées des ambitions personnelles malsaines.

Rodrigue


Ombre & lumière : A la lumière de la tentative de coup d’Etat de Kpatcha : Faure Gnassingbé est-il un va-t-en-guerre ?

Le lundi 13 avril 2009, la tentative de coup d’Etat fomenté par Kpatcha  GNASSINGBE et ses complices contre son demi-frère, Faure GNASSINGBE, Président de la République a été étouffé dans l’œuf par les Forces de Défense de la République. Cet acte salutaire posé sur instigation et la vigilance du Chef de l’Etat a été diversement apprécié et interprété dans l’opinion nationale et ailleurs parce que Kpatcha, présumé agresseur, a failli habilement retourner sa défaite en victoire médiatique en se présentant aux yeux des Togolais comme la victime.

En réalité, dans ce jeu de poker menteur, Kpatcha a poussé le cynisme à son comble. Car, lorsqu’on a été le premier à ouvrir les hostilités c’est-à-dire à prendre l’initiative, il est criminel de chercher à se disculper en faisant croire à l’opinion nationale et internationale que l’on est un agneau sacrificiel. Le putchiste a voulu jouer sur la crédulité des Togolais. C’est pourquoi, nous estimons qu’une clarification s’impose.

Faure GNASSINGBE est-il un va-t-en guerre ? Est-il un homme capable de s’en prendre à un frère et d’ordonner que son domicile soit attaqué sans que cela ne soit vraiment dicté par de profondes et sérieuses raisons d’Etat ? La réponse effectivement est non, non et non. Nous avons exploré tous les éléments d’appréciation qui prouvent que son frère Kpatcha, de par son comportement et ses propos, ne lui a pas laissé un autre choix que d’agir comme il l’a fait.

Un homme connu pour son sens du devoir et ses ambitions pour le peuple togolais ne peut pas spontanément se transformer en va-t-en guerre. Un homme ne peut être jugé que sur la base de la connaissance que l’on a de lui, de son passé et de son cheminement. Si, implicitement, Eyadéma avait prévu de faire de Faure son successeur, ce qu’il n’a pas officialisé avant de mourir, c’est parce qu’il savait que Faure a des qualités intrinsèques de conducteur d’hommes. Tous ceux qui connaissent Faure et qui l’on souvent approché peuvent témoigner que le trop plein de patience dont il faisait preuve a permis à ses frères et autres irréductibles nostalgiques du passé de poursuivre leurs basses besognes en sabotant ses réformes. L’homme qui préside aux destinées de notre pays n’est pas un saint, mais c’est est un fervent chrétien qui n’est pas capable de tuer une mouche si ce n’est vraiment pas nécessaire. Nous le disons, en toute connaissance de cause. Si aujourd’hui ses adversaires continuent à le critiquer pour son laxisme, si l’opposition l’accuse d’encourager l’impunité, c’est parce qu’il pense qu’il faut éviter de faire des vagues en jetant des Togolais en prison pêle-mêle. Il craint d’être assimilé à un dictateur par les mêmes détracteurs. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, Faure GNASSINGBE avait mille et une raison d’envoyer déjà son demi-frère Kpatcha derrière les barreaux. Mais il savait que le terrain était miné et attendait que le fruit soit mûr pour tomber de lui-même. Désormais, c’est chose faite. Comment Kpatcha peut-il affirmer aussi effrontément sur les médias que son frère veut le tuer, alors qu’il sait que Faure n’a jamais tué personne ? Il est notoire en revanche, que Kpatcha ait déjà donné l’ordre de tuer. C’est le paradoxe entre les deux frères.

Qui est Kpatcha GNASSINGBE ? L’homme est connu pour son manque total d’humilité. Il a été Directeur de la Zone franche. A ce poste, et avec la complicité active du Libanais Bassam, il avait mis en place un système qui lui avait permis d’amasser des milliards en percevant indûment des taxes sur chaque véhicule importé au Togo. On a parlé de 15.000 F Frs par véhicule. Il suffit d’une petite multiplication lorsqu’on sait que parfois, on faisait entrer 10.000 véhicules par mois. Devenu Président du Conseil d’Administration de SOTOCO, il avait mis ce fleuron de notre économie à genoux. On parlait de plus de 30.000.000.000 (trente milliards) Frs CFA de trou dans des Banques et particulièrement à la BTCI. Il a fallu que le Président Faure prenne le taureau par les cornes pour assainir le système bancaire de notre pays. Pendant les douloureux événements d’Avril 2005, Kpatcha n’avait pas hésité à positionner à la foire Togo 2000, à l’insu de Faure, plus de 2.500 miliciens destinés à réprimer l’opposition. Allez savoir ce qui s’était passé par la suite.

L’homme qui se présente aujourd’hui comme victime est tout le contraire de son frère. Autant Faure est plus réfléchi, calme et préoccupé par le redressement du pays, autant, Kpatcha est impulsif, autoritaire, arbitraire et démagogique. Kpatcha GNASSINGBE est le symbole de la boulimie du pouvoir et d’ailleurs de tout. Comparer Faure GNASSINGBE et Kpatcha GNASSINGBE équivaut à comparer le jour et la nuit. Kpatcha a fait trop de tort au peuple togolais pour en devenir le sauveur. Il ne faut surtout pas rêver. Tous ceux qui crient pour demander que ses droits soient préservés et respectés ont peut-être raison de le faire, mais ils savent également que sous Faure, les droits de l’Homme ont été respectés au Togo, que c’est sur le terrain des Libertés que Faure a marqué des points et que l’unanimité est faite au sein de la société togolaise que la politique d’apaisement initiée par Faure a été une réussite totale. En conséquence, tout porte à croire qu’il ne ferait pas exception cette fois-ci.

Au Togo, personne ne peut accuser le « Combat du Peuple » d’être de connivence avec Faure. Ces derniers temps, nous n’avons pas hésité à critiquer sévèrement les actes posés par le gouvernement Faure et surtout ses proches collaborateurs et pas des moindres. Nous avons même failli nous faire arrêter en violation de la loi pour avoir osé des critiques au vitriol. Si aujourd’hui nous prenons position en faveur de Faure, c’est faire preuve de patriotisme. Kpatcha n’a pas besoin d’un coup d’Etat pour réussir. Il est immensément riche et il n’a besoin de rien. Il doit comprendre que lorsqu’un frère est au pouvoir, on a le devoir de l’aider et de l’accompagner. Tous les sous-entendus et menaces qu’ils distillait à longueur de temps dans l’opinion pour soigner son propre ego l’ont finalement saoulé et conduit en perdition. Dans quel pays a-t-on jamais vu un Ministre de la Défense monter dans un Command-car derrière le Chef de l’Etat au début d’un défilé militaire ? Où a-t-on jamais vu un Ministre de la Défense se promener en ville avec des motards escorte comme un Président de la République ? Dans la vie, chacun doit se fixer une limite et accepter sa place. Faute de comprendre cette vérité, on ne peut aboutir qu’au désastre et c’est ce qui vient de se produire.

Dans cette affaire, la presse a joué un rôle d’amateur. Beaucoup de nos confères ont précipitamment estimé devoir voler au secours de Kpatcha parce qu’ils ont cru naïvement qu’il est une victime.

Dans certains milieux, on a même dit que certains journaux ont été sucrés par Kpatcha pour le soutenir. Malgré la tendance générale qui s’était dessinée en faveur de Kpatcha ces derniers jours à cause du déficit de communication du gouvernement, nous osons croire et nous sommes persuadés maintenant que les preuves sont présentées  au peuple, que les journalistes vont redescendre sur terre au lieu de planer en l’air.

Une chose est sûre : Faure n’a pas l’âme d’un va-t-en guerre. S’il a agi, c’est pour sauver la République c’est-à-dire les institutions. Nous savons que pour lui, sa propre personne ne compte pas lorsqu’il faut protéger les intérêts du peuple togolais. Les Togolais doivent dorénavant se réveiller et accepter que Faure GNASSINGBE joue, en ces moments précis, un rôle irremplaçable qui permettra à notre pays de se normaliser. La preuve, il a jusqu’à présent difficilement empêché que la famille GNASSINGBE ne s’érige en un gouvernement bis, un pôle de pouvoir parallèle dont les intérêts prennent le pas sur les priorités de toute la nation qui a besoin d’un futur amélioré, sécurisé et apaisé. C’est la raison pour laquelle Faure a toujours évolué en équilibre instable. Nous ne faisons ni l’apologie d’un homme ni de campagne pour lui. Mais nous sommes prêts à poursuivre le débat et nous ferons la démonstration de ce que nous affirmons. Pourvu que les Togolais se ressaisissent et se départissent de leurs passions habituelles sources de tant de maux, de déceptions et de désillusions.        

       Rodrigue


L’UFC se ridiculise et fait preuve d’irresponsabilité

Suite aux événements qui s’étaient produits au domicile de Kpatcha GNASSINGBE dans la nuit du 12 au 13 avril courant, l’UFC a rendu public le 14 avril, un communiqué par lequel il dénonçait l’intervention de l’armée. (Voir communiqué)

Nous avons lu et relu avec beaucoup d’attention ce communiqué et nous sommes finalement parvenus à la conclusion que l’UFC n’a rien compris à ce qui se passe. En effet les prises de position de l’UFC appellent de notre part, quelques observations :

Il faut d’abord relever le caractère précipité du communiqué. A peine des événements avaient-ils commencé que, sans prendre le temps de chercher à comprendre ce qui se passait en réalité, l’UFC s’est empressé de pondre un communiqué qui, à la lecture, se révèle complètement en déphasage avec la réalité des faits.

Ensuite, nous pensons que pour avoir eu connaissance de tous les rapports relatifs aux violations des droits humains et aux tueries qui ont eu lieu au Togo, l’UFC connaît ceux qui tuent au sein du régime RPT. Il parait donc pour le moins curieux que ce parti prenne une position aussi simpliste face à une affaire aussi sérieuse que l’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Enfin, nous pensons que, en l’espèce, la démarche la mieux indiquée aurait été pour l’UFC de s’informer et de cerner tous les contours et toute la trame des événements avant de se prononcer. Rien ne l’empêchait de recourir à toutes les sources d’information et aller jusqu’au Président de la République qui est en plus le grand frère du présumé cerveau du coup d’Etat en préparation, pour connaître la vérité.

En se limitant au communiqué du Procureur de la République pour rédiger un communiqué, l’UFC a fait à notre avis, preuve de légèreté et d’irresponsabilité illimitée.

Nous écrivions tantôt que ce parti n’a rien compris. C’est d’autant plus vrai qu’il a choisi de se perdre et de se fourvoyer dans des principes de droit qui n’ont rien à voir avec la situation actuelle. L’atteinte à la sûreté de l’Etat crée une situation d’exception dont la gestion commande des mesures urgentes qui se passent des procédures en matière des délits de droit commun. Il est ridicule qu’un parti comme l’UFC se permette d’évoquer l’immunité du député et l’heure tardive de l’intervention dans une affaire aussi grave que l’atteinte à la sûreté de l’Etat.

L’UFC doit se prendre au sérieux. Il n’est pas normal que le plus grand parti de l’opposition et la plus importante formation de l’opposition parlementaire prenne des position qui le couvrent de ridicule. L’UFC aspire à gouverner le Togo un jour. Quel serait la réaction de ce parti si une fois au pouvoir, il se trouve face à des comploteurs qui tentent de le déstabiliser ? C’est un peu la question qu’on est tenté de se poser aujourd’hui.

C.P.


Le Colonel TITIKPINA inscrit aux abonnés absents

Nous avons suivi au « Combat du Peuple » avec beaucoup d’attention, les événements qui s’étaient déroulés dans notre pays la semaine dernière et qui se rapportent à un attentat manqué contre la sûreté de l’Etat, dans lequel serait impliqué Kpatcha GNASSINGBE. Ce qui nous a frappé dans le développement de cette affaire a été l’absence remarquable du Colonel Atcha TITIKPINA, Ministre de la sécurité et de la Protection Civile.

En effet, il est de notoriété publique que dans les affaires comme celle-ci, c’est au Ministre de la Sécurité qu’il revient généralement de présenter les faits et les résultats des premières investigations, quitte à passer le témoin plus tard à la Justice pour l’instruction du dossier. Mais ici, tout s’était passé dès le début avec le Procureur de la République sur tous les fronts. Le Colonel TITIKPINA était inscrit aux abonnés absents. Une absence qui reste à comprendre. Car si l’on sait que l’homme aime se mêler de tout, même de ce qui ne le regarde pas avec zèle, on est en droit de se demander pourquoi il se tait et se débine dans une affaire qui, a priori concerne au premier plan, son département.

Comme quoi, il existe au Togo, des officiers qui s’agitent et tempêtent pour des broutilles et qui, lorsque se présentent des situations graves où on attend de les voir, disparaissent comme par enchantement.

C.P.


Coup de poing : Le temps des inquiétudes

Jeudi et samedi derniers, la Région Maritime a été arrosée par deux grandes pluies. Conséquences, la mobilité urbaine est devenue un véritable calvaire à Lomé où les rues sont inondées. Il est constant qu'à la moindre averse, la capitale togolaise se retrouve sous les eaux. C'est une situation qui remonte à la nuit des temps mais à laquelle, une solution durable ou définitive n'a jamais été trouvée. Chaque année, l'Etat dépense d'importantes sommes d'argent pour la réhabilitation des routes et des rues de la capitale. Malheureusement, ces travaux souvent confiés à des entrepreneurs plus préoccupés par l'argent à encaisser que par la qualité du travail à faire, aboutissent toujours à un fiasco. C'est ainsi que des entrepreneurs véreux et cupides s'enrichissent pendant que nos rues tombent en décrépitude.

Il y a quelques mois, l'état de nos routes a été au centre des questions orales à l'Assemblée Nationale. Ce qu'on avait entendu à l'époque était tout simplement effrayant. On en était là lorsque l'estocade a été donnée au réseau routier déjà dans un état de délabrement avancé. En effet, des inondations avaient provoqué la dégradation des routes et détruit des ponts, coupant ainsi certaines régions du Togo.

Le gouvernement avait alors pris l'engagement de tout mettre en œuvre pour que tout soit réparé dans un bref délai. Mais force est de constater qu'à ce jour et en ce moment où on est rentré de plain pied dans une nouvelle saison des pluies, pas grand-chose n'a été fait.

Le développement d'un pays passe par la route, a-t-on coutume de dire. Mais on a l'impression que le secteur routier est le parent pauvre des investissements au Togo. Non seulement on n'investit pas assez dans le secteur, mais rien ne semble fait pour que le peu qu'on dépense pour la réhabilitation des rues soit judicieusement utilisé.

Il y a déjà plusieurs années qu'on avait annoncé à grands renforts de publicité, le réaménagement de la route d'Aného sur son tronçon allant du rond point du Port à Avépozo. On avait parlé de l'élargissement de la chaussée et de la construction de deux échangeurs dans la zone portuaire. De cet ambitieux projet qui avait fait rêver plus d'un, il ne reste que la maquette dont l'image avait été distribuée à tours de bras.

Aujourd'hui, c'est avec appréhension et inquiétude que les populations s'attendent à vivre la saison des pluies d'autant plus qu'aucune disposition concrète n'a été prise pour éviter les inondations. Car les mêmes causes produisant forcément les mêmes effets, tout peut donc arriver.

C.P.


Le saut qualitatif de la Cour Suprême  Les faits ont donné raison au « Combat du Peuple » : Le crépuscule des magouilleurs : KAGNASSY au pied du mur

Le tout premier article publié dans le « Combat du Peuple » pour dénoncer les dégâts financiers causés dans notre pays par le sieur KAGNASSY, le Malien dont l’empire s’est écroulé à cause de sa propre boulimie et les complicités dont il bénéficiait au plus haut niveau de notre Justice, portait sur un litige qui oppose la Société UNIPARK Sarl de M. Marc Antoine à BANAMBA SA de KAGNASSY

Cet article a été publié dans notre édition N° 620 du 08 au 12 septembre 2008 sous le titre «  Insécurité judiciaire au Togo : Le comble de l’arbitraire. Le Président de la Cour Suprême vole au secours du gangster Chéikna KAGNASSY ».

Rappel des faits :

« La société UNIPARK S.A.R.L est bénéficiaire, depuis le 17 septembre 2001, d’une autorisation d’exploitation d’une parcelle de l’espace domanial du Port autonome de Lomé par convention de prêt à usage temporaire qu’elle a signée avec la société BANAMBA SA.

L’espace objet de cette autorisation était une broussaille que la société UNIPARK S.A.R.L a aménagé et transformé en un parc M.A.D (Magasin Aire de Dédouanement) en y investissant environ Deux Cent Millions francs (200 000 000 F) CFA.

Le prêt à usage temporaire résultant de l’accord des parties est conclu pour une durée de sept ans à compter du 17 septembre 2001. Sur demande écrite de BANAMBA SA, la société UNIPARK SARL a versé pour la durée de sept ans, les redevances de contrôle portuaires.

Mais sans attendre l’expiration du délai convenu, la société BANAMBA SA a adressé à la société UNIP ARK SARL, une lettre en date du 28 août 2007 l’informant qu’elle mettra fin à la convention de prêt à usage le 16 septembre 2007 et qu’à cette date, elle reprendra pour son compte, l’autorisation d’exploitation qui lui a été concédée par le Port Autonome de Lomé. La société UNIPARK SARL a formé opposition au retrait du prêt à usage d’exploitation et assigné la société BANAMBA devant le tribunal de première Instance de Lomé. Alors que l’affaire était encore pendante devant la chambre de mise en état du Tribunal de Première Instance de Première Classe de Lomé, la société BANAMBA SA a envahi le parc UNIPARK, fonds de commerce de la société UNIPARK S.A.R.L, a changé les serrures et a repris à son compte, l’exploitation des activités de la société UNIPARK SARL avec l’agrément MAD de ladite société sous l’enseigne commerciale« PARC BANAMBA » avec à la clé, plus de 1000 véhicules dans son escarcelle. Une véritable main basse qui ne s’explique guère.

Pour faire cesser les troubles causés à sa jouissance des lieux prêtés, la société UNIPARK SARL a assigné la société BANAMBA S.A devant le Président du Tribunal de Lomé statuant en matière de référé.

Par ordonnance de référé N°0857/2007 rendue le 13 Novembre 2007, le juge a ordonné l’expulsion de la société BANAMBA S.A des lieux sous astreintes de 500000 francs CFA par jour de résistance d’une part et d’autre part, la société UNIPARK SARL a été autorisée a procéder à l’ouverture forcée des portes dont les serrures ont été changées.

La société BANAMBA SA a relevé appel de ladite ordonnance. La Cour d’appel de Lomé a confirmé la décision du premier juge par arrêt N°33/08 du 04 mars 2008.

Sur ce, la société BANAMBA S.A a saisi la Cour Suprême et a demandé au Président de ladite Cour d’ordonner le sursis à l’exécution de la  décision qui lui est défavorable.

Le Président de la Cour Suprême a accédé à la demande de la société BANAMBA S.A et a ordonné le sursis à l’exécution de l’arrêt N°33/08 du 04 mars 2008 suivant deux ordonnances N° 12 et N° 13 datées du 18 mars 2008».

Nous avions alors dénoncé la décision du Président de la Cour Suprême de l’époque le cupide TEKOE Théodose. Nous avions considéré sa décision comme étant d’une extrême gravité dans la mesure où on ne comprend pas pourquoi il a cru devoir prendre deux ordonnances pour surseoir à l’exécution d’un seul et même arrêt. Car avions-nous dit, c’est la preuve que cette décision n’est pas fondée en droit. Il s’agit là d’un cas sans précédent dans des annales judiciaires avions-nous conclu. En effet, cette décision du Président de la haute institution judiciaire autorise la société BANAMBA SA et contrairement à la décision de première instance et de la cour d’appel, à exploiter illégalement les fonds de commerce appartenant à la Société UNIPARK Sarl au détriment de celle-ci. Une prévarication révoltante ». fin de citation.

Malheureusement, malgré toute notre détermination et assiduité à dénoncer cette erreur judiciaire grave et en dépit du fait que nous étions revenus plusieurs fois à la charge, rien n’y fit. Le prédateur de la Justice, M. TEKOE avait fait sourde oreille et s’était muré dans son entêtement coupable.

Entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Pour lui éviter l’humiliation, le trop correct Président Faure GNASSINGBE avait pris son mal en patience jusqu’à ce qu’il fasse prévaloir ses droits à la retraite. Et c’est à ce moment que le couperet était tombé.

Nommé Président de la Cour Suprême, M. Abalo PETCHELEBIA a pris fonction et a réexaminé le dossier. C’est ainsi que le fameux sursis à exécution a été purement et simplement levé permettant ainsi au droit de prévaloir sur l’arbitraire.

Paradoxalement, cette décision que nous qualifions de saut qualitatif de la Cour Suprême qui a ainsi permis de réparer une injustice flagrante commise contre un homme d’affaires honnête, a semé la panique dans le camp KAGNASSY où tout le monde est aux abois et où on se dépatouille par tous les moyens pour amener la partie adverse à négocier. Le médecin après la mort,  a-t-on coutume de dire. Une décision de justice est-elle négociable ou applicable ? Il faut être KAGNASSY pour croire que tout est négociable.

Pour notre part, nous disons simplement bravo parce que les faits nous ont donné raison. Nous attendons que l’honneur de M. Marc Antoine soit restauré et que l’opinion publique sache que M. TEKOE a été une gangrène pour la Justice de notre pays. Nous souhaitons vivement que la Justice fasse diligence et que tous les autres dossiers KAGNASSY pendants devant les différentes juridictions de notre Justice aboutissent et que le droit soit dit pour que le gangster KAGNASSY paye le prix de ses turpitudes en réparant le tort qu’il a causé aux nombreux citoyens togolais.

Rodrigue


Subrogation de l’Etat Togolais dans les droits de créanciers des banques : Yves Badohu doit plus de 909 millions F CFA au peuple togolais

Il a été déjà donné au « Combat du Peuple » de publier dans ses colonnes, un certain nombre d’articles sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Yves Badohu C/ la BIA-Togo. Dans cette affaire, M. Yves Badohu, Président Directeur Général de la Société Togo Food SA qui doit plusieurs certaines de millions à la BIA-Togo a fait étalage de sa mauvaise foi et de son manque de bonne volonté en s’affichant comme un débiteur insolvable, indigne de confiance.

Si cet homme d’affaires sans scrupule a pu tourner en bourrique la banque qui lui avait accordé des facilités de crédit grâce à l’influence de son beau père qui en était le DG, c’est tout simplement parce que Yves Badohu avait affaire à une institution bancaire qui reste et demeure une banque quelle que soit la qualité de ses actionnaires.

Aujourd’hui, les données changent aux dépens de M. Yves Badohu. En effet, de sources dignes de foi, un protocole d’accord a été conclu courant octobre 2008 entre notre pays et un certain nombre de banques pour la titrisation des créances compromises sur les établissements relevant du secteur public ou privé. Ce protocole d’accord qui survenait dans le cadre de la restructuration du secteur bancaire a comme conséquence immédiate, la subrogation de l’Etat togolais dans les droits de créanciers de toutes les banques concernées, dont la BIA-Togo.

A partir de ce moment, tous ceux qui doivent de l’argent de la BIA-Togo sont désormais redevables à l’Etat togolais a qui il appartient de recouvrer les créances en question.

Ainsi donc, M. Yves Badohu qui jouait son petit numéro parce qu’il avait affaire à une banque commerciale est devenu le débiteur du Togo tout entier et des Togolais dans leur ensemble. Yves Badohu ne doit plus à la BIA-Togo mais à tous les Togolais qui le considéreront désormais comme un prédateur de l’économie nationale, un homme qui a « bouffé » leur argent et qui doit faire diligence pour payer.

Au moment où les Togolais tirent le diable par la queue et vivent dans la diète noire, il n’est pas normal qu’un individu qui leur doit plus de 909 millions continue de se la couler douce dans l’insolence et le mépris total.

Avec la nouvelle donne, Yves Badohu doit savoir que l’heure a sonné et qu’il doit payer rapidement au risque de voir tous les Togolais se lever comme un seul homme pour lui réclamer leur argent.

C.P.


Palabre en duo

Agbévivi : Mon frère, que se passe-t-il ? Tu as l’air un peu triste. Dis-moi, tu as un problème ?

Elavagnon : Je n’ai pas un problème.  J’ai des problèmes.

Agbévivi : Quel problème as-tu ? Dis toujours. Tu sais qu’il n’y a pas de problème sans solution.

Elavagnon : Tu sais, nous vivons dans un pays ou tout est compliqué. Vraiment, quand j’y pense, j’ai peur.

Agbévivi : Je t’ai déjà dit que si tu veux me parler, ne me parle pas en parabole. Dis ce que tu as à dire. De quel problème parles-tu ?

Elavagnon : Tu parles comme si toi tu ne vivais pas dans ce pays. Et puis regarde un peu les conditions dans lesquelles nous vivons. La vie chère nous malmène. Mais apparemment, cela ne semble pas émouvoir nos dirigeants. L’autre fois, ce sont des inondations qui ont frappé les populations. Les routes sont impraticables. Pour aller aujourd’hui de Lomé à Notsè, on est obligé de passer par Kpalimé. Tu crois que c’est normal ça ? Non, qu’on ne s’amuse pas. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est les gens qu’on est en train de tuer. Tu vois bien que j’ai de solides raisons de m’inquiéter !

Agbévivi : Tu sais, le mal avec toi, c’est que tu vois des problèmes partout. Même là où il n’y en a pas, il faut que tu en crées. Ce n’est pas bon. Tu parles de la vie chère. Laisse-moi te dire quelque chose. Ce n’est pas dans notre pays seulement que se retrouve le phénomène. C’est un peu partout dans le monde. Mais contrairement à ce que tu dis, le gouvernement n’est pas insensible au problème. A preuve, il n’y a pas longtemps, un train de mesures ont été prises pour atténuer les effets de la vie chère au Togo…

Elavagnon : Tout cela n’est que du bluff. D’ailleurs, les syndicalistes sont en colère. Ils disent que le gouvernement les a floués. Ce qui est accordé aux populations comme faveur est plutôt ridicule.

Agbévivi : Tu n’as pas le droit de parler comme ça. Il faut faire preuve d’honnêteté morale et intellectuelle. Le phénomène de la vie chère frappe tout le monde. Mais dis-moi. Dans combien de pays a-t-on pris des mesures comme on l’a fait chez nous ?

Elavagnon : je dis et je répète que les mesures dont tu parles ne sont que du bluff. Il s’agit d’effet d’annonce dans un dessein purement politique. Moi je dis non à la politique spectacle. J’ai même l’impression qu’on a perdu la notion de honte dans ce pays. Autrement, comment peut-on faire de la propagande en disant qu’on va payer des arriérés de pension aux retraités ? Que les retraités cumulent des arriérés de pension, c’est une honte. C’est un scandale. Aujourd’hui, on décide de les faire rentrer dans leurs droits et on l’annonce comme la prouesse de l’année.

Agbévivi : Je crois qu’il y a beaucoup de choses que tu ignores. Il faut aller dans les autres pays pour voir à peu près ce qui s’y passe avant de critiquer.

Elavagnon : Montre-moi un seul pays au monde où les retraités cumulent des arriérés de pension. Un seul ! Il n’y en a pas.

Agbévivi : Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu sais, quand je t’écoute, j’ai de plus en plus le sentiment que tu parles de choses que tu ne connais pas. Tu parlais tout à l’heure des routes impraticables et des ponts effondrés. Ce que tu ne sais pas, c’est qu’une solution est en train d’être trouvée à ces problèmes. Mais le plus important, c’est que le gouvernement a pris des mesures afin que des choses comme ça ne se produisent plus. C’est dans ce cadre que le FER a été supprimé. On ne peut pas dire que face à cela, que le gouvernement ne fait rien. Nous devons savoir apprécier les choses.

Elavagnon : Pour moi, la suppression du FER n’est pas la solution. D’ailleurs, pourquoi avoir attendu si longtemps pour le faire si elle était la solution ? N’est-ce pas là, une façon de jouer au médecin après la mort ? On a créé le FER pour l’entretien des routes. Plusieurs années après, on se rend compte de son inefficacité. L’état de dégradation de nos routes ne date pas d’aujourd’hui. Est-ce que c’était un secret ? Aujourd’hui que le gouvernement est en difficulté, il a sacrifié le FER. C’est trop facile.

Agbévivi : Tu dis des choses que tu ne maîtrises pas. Supprimer le FER maintenant n’est pas jouer au médecin après la mort. En tout cas. Le gouvernement sait ce qu’il a à faire et surtout le moment le mieux indiqué pour le faire. Cesse un peu de voir le mal partout.

 

 
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