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L’actualité
politique de notre pays a été incontestablement marquée ces deux dernières
semaines par ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Kpatcha.
Naturellement, comme c’est toujours le cas, la presse, dans son ensemble, a
fait son travail. Le débat a été ouvert. Les uns et les autres ont essayé de
faire l’opinion selon leur part de vérité.
Au jour
d’aujourd’hui, les Togolais vivent un peu dans la confusion, car ils sont
devant deux cas d’hypothèses qui appellent d’autres interrogations.
Première
hypothèse : Il y a effectivement eu tentative d’atteinte à la sûreté de
l’Etat. En d’autre terme, Kpatcha a vraiment voulu renverser l’ordre
constitutionnel et déstabiliser les institutions de la République. En clair,
Kpatcha avait voulu chasser son frère Faure GNASSINGBE du pouvoir.
Cette hypothèse
qui trouve sa source dans la version officielle des faits semble jusqu’à
preuve contraire plausible.
Il n’en reste
pas moins qu’une question se pose. Qu’est-ce qui a pu pousser Kpatcha
jusqu’à cette extrémité ? Sur ce point, c’est la Justice qui apportera la réponse à partir des éléments de preuve.
Deuxième
hypothèse : Il s’agit d’un montage concocté par Faure GNASSINGBE. C’est la
version de l’homme de la rue la plus répandue. Beaucoup y croient et le
répètent. C’est devenu même le grand sujet de débat parmi les Zémidjan et le
commun des mortels. Toujours est-il que dans ce cas de figure, il faut
chercher à savoir le pourquoi du comment.
Pourquoi Faure
qui est au pouvoir, qui a besoin de la sérénité et de la paix pour mener sa
politique d’apaisement et ses réformes à bien, peut-il prendre le risque de
lancer des forces militaires et particulièrement la FIR à l’assaut du
domicile de son frère ? Pourquoi Faure prendrait-il le risque de provoquer
la division de sa propre famille, lui qui est très attaché, personne ne peut
en douter, aux valeurs familiales ?
Voilà quelques
unes des questions auxquelles nous devons apporter des réponses.
Avant de
chercher à répondre, ne serait-ce que partiellement à ces interrogations,
nous disons ceci.
Depuis
l’avènement de Faure GNASSINGBE au pouvoir, aucun citoyen togolais n’a été
inquiété pour son opinion. Il a toujours mis un point d’honneur à éviter de
poser des actes susceptibles de permettre la comparaison entre lui et son
père en matière des droits de l’homme. Et jusqu’à présent, tout s’est bien
passé. Comment, dans ces conditions, expliquer qu’un tel chef d’Etat soit
atteint de « syndrome de complotite », c’est-à-dire qu’il voit des
complots partout et qu’il est psychologiquement pris en otage au point de
faire des montages pour déjouer des complots imaginaires ?
Nous osons
croire que Faure n’a pas encore atteint le point de saturation politique
susceptible de l’amener à faire des montages. Alors pourquoi l’accuse-t-on
de montage ? Sur quoi ses détracteurs fondent leurs accusations ?
Les arguments
développés et qui nous paraissent simplistes c’est que Faure redoute son
frère qui veut aller aux élections en 2010 etc.
Soyons sérieux,
car de telles allégations ne résistent à aucune analyse sérieuse.
A notre point
de vue, Kpatcha n’a aucune chance de battre Faure. Pas même à Kara où on le
dit populaire. Une chose est de distribuer de l’argent à tout vent, une
autre est de gagner les élections. Autrement, Eyadéma leur père n’aurait pas
rencontré autant de difficultés.
Kpatcha n’a
aucune chance de battre Faure dans une élection au Togo pour la simple
raison que les Togolais dans leur ensemble, et même les Kabyè ne
souhaiteraient pas que le prochain Président soit encore un fils d’Eyadema.
Et c’est certainement parce qu’il s’est rendu compte de l’impossibilité pour
lui de battre Faure à une élection, que Kpatcha a voulu tenter un acte de
folie.
Les Togolais
doivent faire attention, très attention dans ce dossier et laisser le temps
au temps. Il ne sert à rien de propager des informations qui ne
correspondent à aucune réalité. Kpatcha GNASSINGBE n’a rien compris à
l’exercice du pouvoir. Tout simplement parce que l’homme qui réagit plus par
réflexe et instinct souffre d’une boulimie qui l’empêche de se fixer des
limites. A preuve, a-t-on jamais vu au Togo, un homme qui possède dans son
parc automobile, 102 véhicules et dont les enfants vont choisir, chaque
matin, le véhicule qui doit les conduire à l’école ? Il faut être un Kpatcha
GNASSINGBE pour réussir une telle prouesse.
Qu’adviendrait-il de notre pays si par malheur et par impossible, un tel
homme prend les rênes du pouvoir ? Il vaut mieux ne pas y penser. Le Togo ne
deviendrait pas un enfer. Ce serait pire. En tout cas, il faut dire adieu,
définitivement adieu à la démocratie. Nous n’avons pas pour vocation de
ternir l’image de quelqu’un. Mais nous savons toujours de quoi nous parlons.
Il nous a été
donné d’échanger nous même avec Kpatcha sur des sujets d’ordre politique.
Nous avons entendu sortir de sa bouche, des propos menaçants et inquiétants
qui nous confortent dans le sentiment que cet homme est un insatisfait
impénitent, qui a toujours derrière la tête, des idées farfelues parce qu’il
croit qu’il est l’homme qu’il faut pour diriger le Togo. Il ne pardonne pas
à son frère de lui refuser le rôle d’alter ego.
Toutes les
rumeurs qui circulent et qui accréditent la thèse du montage méritent d’être
prises avec des pincettes. Car Kpatcha, tel que nous le connaissons, est
retors et n’est pas toujours porté à dire la vérité et à respecter sa
parole.
Nous ne le
dirons jamais assez. En se positionnant le 05 février 2005 à côte de son
frère comme le Vice-président du Togo, Kpatcha avait affiché ses ambitions.
Il est resté égal à lui-même jusqu’à présent. On n’a pas besoin de faire un
montage contre lui. Nous sommes persuadés que quelque part, il n’a pas
laissé le choix à son frère Faure GNASSINGBE. Pour le reste, attendons que
le temps fasse son œuvre et que la Justice, pour une première fois, puisse
nous permettre d’y voir plus clair.
Rodrigue
Célébration de
la fête de l’Indépendance au Togo : Le 27 Avril, fête de l’Unité nationale
Hier,
27 Avril 2009,
le Togo a commémoré le 49e anniversaire
de son accession à la souveraineté internationale, en d’autre terme, son
indépendance. Cette date est incontestablement la plus importante, sinon la
plus précieuse dans l’histoire de notre pays. Et pour cause. La date du 27
Avril 1960 est un repère incontournable dans la vie de chaque Togolais parce
que c’est la date de naissance de notre République.
Beaucoup de
choses ont été dites au sujet de cette date. Plusieurs interprétations ont
été faites. A un moment, dans la vie de notre nation, pour les besoins de la
cause, le Président Eyadéma a tenté de supprimer la commémoration de cette
date pour lui substituer celle du 13 janvier. Mais la tentative a
lamentablement échoué parce que les faits sont têtus et il n’est pas évident
d’escamoter la vérité historique sur un coup de tête.
Justement sur
ce point, le 13 janvier qu’on a voulu imposer est une date controversée,
polémique parce que dichotomique. En revanche, l’unanimité est faite autour
du 27 Avril.
Les Togolais,
dans leur ensemble, ont le devoir sacré, parce que c’est un devoir
patriotique, de s’unir autour de ce qui les unit, de privilégier ce qui peut
contribuer à notre unité et d’éviter autant que faire se peut, tout ce qui
peut nous diviser.
Or, à quoi
assistons-nous dans ce pays ? Depuis que
la Conférence Nationale
Souveraine a réhabilité la célébration du 27 Avril, un parti politique, en
l’occurrence l’UFC a tenté de privatiser cette fête, de se l’approprier et
de créer un climat de division tout autour.
Le 27 Avril est
une fête de l’unité nationale, a-t-on coutume de dire. Le 27 Avril, c’est le
jour de l’indépendance du Togo et de tous les Togolais. Il n’est pas
bienséant qu’un parti politique, quelles que soient les raisons qui
l’animent, tente de le célébrer à part, avec un programme séparé.
Voilà déjà
plusieurs années qu’au « Combat du Peuple », nous avons
toujours critiqué cette dérive négationniste, mais rien n’y fit. Nous avons
même ouï dire quelque part qu’en France, le Front National célèbre à part,
le 14 Juillet. Vouloir copier le Front National n’est – qu’on nous pardonne
le terme – qu’une idiotie. Tout le monde connaît les orientations de ce
parti. Et les Togolais ont assisté à la mobilisation générale des Français
contre ce parti lorsque son Président était arrivé en deuxième position lors
des élections présidentielles de 2003.
Donc les actes
posés par le Front National ne sont pas à copier. D’ailleurs, nous ne devons
pas aller copier chez les autres, ce qu’ils font de négatif.
Malheureusement, cette année encore, nos frères de l’UFC récidivent et nous
sommes horrifiés de constater qu’ils publient encore parallèlement au
programme officiel, un programme de festivité.
Qu’il nous soit
permis de le dire et nous sommes fondés, en tant qu’organe de presse,
d’exprimer notre opinion : les vrais Togolais, ceux qui savent que le Togo
est leur seule patrie et qu’ils n’ont nulle part où aller en dehors du Togo,
ne sauraient diviser le pays autour d’un évènement historique de cette
nature. Les vrais Togolais, ceux qui aiment le Togo et qui pensent qu’ils
font l’histoire en posant des actes patriotiques ne peuvent pas s’amuser
avec le destin du Togo. Les vrais Togolais, ceux qui ont de l’ambition pour
le pays ne feront rien pour diviser ses fils autour d’une fête.
Autant nous
dénonçons la célébration du 13 janvier et toutes les autres fêtes qui
divisent les Togolais, autant nous sommes prêts à crier haro sur le baudet
lorsqu’on pose des actes qui divisent autour du 27 Avril.
Il faut que,
pour une fois dans l’année, et sans exception, les Togolais se retrouvent
ensemble dans la communion, dans la cohésion, autour du 27 Avril, quel que
soit ce qui nous divise par ailleurs.
En politique,
il faut savoir faire preuve de responsabilité et surtout éviter l’amalgame.
Ceux qui, dans la classe politique n’ont pas compris cette simple vérité
sont ceux-là qui sèment la confusion autour de tout. Et nous n’avons pas
peur de le dire, nos frères de l’UFC excellent dans ce fâcheux comportement.
Il est temps,
vraiment grand temps que l’UFC se modernise et fonde sa vision sur ce qui
peut constituer le progrès pour le Togo. Il est temps que l’UFC fasse
l’effort de se débarrasser, ne serait-ce que momentanément, d’un héritage
historique devenu un boulet que le Togo traîne. Il est temps, alors vraiment
grand temps que l’UFC cesse de faire de la personne de feu Sylvanus OLYMPIO
et de tout ce qui se rattache à son souvenir, un fonds politique ou mieux
encore, un fonds de commerce. Car, lorsqu’un parti fonde sa stratégie
politique sur le concept de « victimisation », ce parti ne sera
jamais rassembleur.
Pour l’UFC, il
y a toujours les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. Ceux qui
collaborent ou même parlent avec ceux qui sont censés avoir tué
Olympio ou même leurs descendants biologiques sont jetés à la
vindicte populaire, frappés d’opprobre.
Où allons- nous
au Togo si après 49 ans de notre indépendance, nous restons accrochés à un
assassinat qui date de 46 ans et nous refusons de transcender nos sentiments
de haine pour le plus grand bien de la République ?
La haine a déjà
fait trop de tort à notre pays. Pour illustrer cette affirmation, nous
publions pour nos lecteurs un extrait du libre « Naissance d’un Etat
africain. Togo territoire pilote » du Dr Robert AJAVON.
Citation
«L’objet de ce travail n’est pas axé sur le développement économique du
Togo, mais plutôt sur les réformes politiques qui l’ont conduit à
l’autonomie interne, puis à l’indépendance. Néanmoins, il paraît opportun
d’évoquer les facteurs qui contribuèrent à préparer le terrain et à mûrir
les hommes.
En prenant
possession du territoire, la France s’est trouvée, sur la bordure
atlantique, en présence d’une population laborieuse, intelligente, dont les
ascendants étaient, depuis plus de deux siècles, en relation commerciale
avec les Portugais et d’autres aventuriers navigateurs européens ou venant
des Amériques. Il est à noter que la colonisation et l’éducation allemandes
avaient fortement marqué la population de la région en lui donnant le goût
de la discipline, du travail bien fait et de l’épargne. Dès lors, il n’était
pas surprenant de rencontrer une classe bourgeoise issue de grandes familles
comprenant des planteurs, des commerçants, des employés du secteur privé et
public, ainsi que des ouvriers hautement qualifiés, formés à l’Ecole
Professionnelle de la Mission Catholique Allemande. Cette bourgeoisie avait
une grande influence et pesait parfois sur les décisions du Gouvernement
local français. Voilà sans doute pourquoi le Gouverneur Bonnecarrère, l’un
des meilleurs qui fût, qui avait dirigé le pays du
30 janvier 1922
au 27 décembre 1931,
ayant décidé d’associer la population à la gestion des affaires du pays, mit
les Togolais sur la toute première marche de l’échelle politique, en
instituant le Conseil des Notables.
Les membres du
Conseil se distinguaient par le port d’un badge. Ils étaient convoqués
régulièrement en vue de donner leurs avis, chaque fois que le Gouverneur
avait une décision importante à prendre. C’était, à l’époque, les Pasteurs
Andréas Aku et Robert Baéta, Messieurs de Medeiros, Dote Mensah, Kuacoo
Forson, Ludwig Occansey, Van Lare, Théophilus Tamakloe, Octaviano Olympio,
Thimothéo Agbetiafan Anthony, Félicio de Souza, Augustino de Souza, le chef
Abraham Adjallé et Messieurs Alfred Acolatsé, Emmanuel Ayivi Ajavon, Alex
Acolatsé
Le Gouverneur
Bonnecarrère, qui fut par ailleurs l’artisan de l’électrification de la
ville de Lomé, joua de la sorte un rôle dans l’évolution politique du Togo,
en faisant prendre à l’élite conscience de ses devoirs envers la population.
Il se peut
qu’il y ait encore des Togolais d’âge avancé qui se souviennent de ce Chef
du Territoire qui, le soir venu, après dix-sept heures, lorsque la chaleur
de la journée faisait place au crépuscule, quittait parfois seul, sans
escorte, toujours tiré à quatre épingles, le veston cintré à la taille, le
Palais du Gouvernement pour se rendre tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre
des membres du Conseil des Notables. De mémoire de Togolais, il fut
véritablement le seul de son état à abandonner ainsi sa sécurité à la
vigilance de la population de Lomé. Il est vrai qu’à cette époque, il était
bien malaisé de rencontrer des Togolais criminels, voleurs ou assassins. Ces
contacts humains directs et fréquents contribuèrent considérablement à
populariser sa silhouette élégante, son urbanité de bon aloi et à créer un
climat de confiance et de paix dans la capitale et dans tout le pays.
Le nom du
Gouverneur Bonnecarrère ne doit pas être retenu seulement pour avoir
favorisé l’électrification de la ville de Lomé, mais aussi et surtout pour
avoir associé, dans une certaine mesure, les Togolais à la gestion de leurs
affaires.
A cet égard, un
autre Chef du Territoire joua un rôle significatif, voire capital, quant au
devenir politique du Togo: le Gouverneur Montagné.
Arrivé au Togo
en 1936, cet homme éminemment sympathique, dynamique, d’esprit étonnamment
créatif, éprouva très tôt une sorte de tendresse pour le pays qu’il était
appelé à diriger. Aussi ne lui fut-il pas difficile de créer rapidement
autour de lui un noyau d’amis togolais dont il recevait volontiers et
appréciait les avis. Tout un chacun pouvait noter à l’époque Savi de Tové,
Sylvanus Olympio et quelques autres notabilités parmi les privilégiés qui
fréquentaient assidûment le Palais du Gouverneur.
Les activités
irrésistibles de M. Montagné s’orientèrent dans différentes directions,
créant ici et là des stations agricoles, des écoles, des dispensaires, des
léproseries, dont celle d’Akata. Il mit sur pied à Lomé un Conseil
Economique, destiné à promouvoir le développement économique du pays. C’est
ainsi qu’au cours de ces années-là, le Togo connut un remarquable essor dans
le domaine agricole’ et réussit même à satisfaire très largement ses besoins
alimentaires. De plus, allant encore plus loin que le Gouverneur
Bonnecarrère, il créa, dans chaque Chef-lieu de cercle, un Conseil des
Notables sur le modèle de celui de Lomé, associant, ce faisant, les
populations locales à la gestion de leurs propres affaires.
Mais le mérite
fondamental du Gouverneur Montagné fut de s’être aperçu, très vite, que bien
que cohabitant depuis plus de cinquante ans, les populations du Sud et
celles du Nord du pays s’ignoraient réciproquement. Un tel état de fait ne
saurait surprendre. Car ce couloir de l’Afrique de l’Ouest, peuplé de
plusieurs ethnies, différentes des langues et de coutumes, jusque-là libres
et indépendantes, fut, selon les convenances des grandes puissances de
l’époque (Angleterre, France, Allemagne) organisé en une entité
territoriale, sous le nom de Togo, et attribué en 1884 à l’Allemagne.
Ainsi naquit la
nouvelle colonie qui tira son nom du Lac Togo. Comment des peuples si
différents les uns des autres quant à leur évolution, leurs langages, leurs
coutumes qui, hier encore, ignoraient l’existence des autres, pouvaient-ils,
en quelques décennies, avoir conscience d’appartenir à un même pays, avoir
une conscience nationale ?.. Donner une telle conscience aux Togolais, faire
du Togo une Nation, voilà la tâche, en vérité fort ardue, à laquelle
s’attela le Gouverneur Montagné. Il voulait que chaque Togolais se sentît
partout chez lui dans le pays. Il voulait que chaque natif du pays eût
conscience d’être Togolais. Ce fut ainsi qu’il créa et mit sur pied, avec la
collaboration active de M. Jonathan Savi de Tové, l’association dénommée «
Unité Togolaise », dont le but était de toute évidence de « réunir et de
rapprocher les représentants les plus qualifiés de toutes les régions du
pays: chefs et grands notables ».
Une initiative
de ce genre, unique dans le pays, ne manqua naturellement pas de rencontrer
l’adhésion enthousiaste des Togolais et, spontanément, chefs et notabilités
acceptèrent d’être membres de l’Association. Un Comité directeur fut
désigné. Ce Comité, dit «Comité de l’Unité Togolaise» (C.U.T.), avait
pour Président M. Augustino de Souza et pour Secrétaire Général, M. Sylvanus
Olympio. Et plusieurs fois dans l’année, le Gouverneur donnait des
réceptions au Palais où se coudoyaient joyeusement les chefs Palanga,
Birrégah, Nambiema, Kalipé, Agbanoh..., les notables de Lomé et des cercles
administratifs. L’on y distinguait particulièrement le Secrétaire Général et
Madame Sylvanus Olympio, bavardant cordialement avec le Gouverneur et Madame
Montagné.
Qui était donc
le Secrétaire Général du C.U.T. ?
Né en 1902 à
Lomé, de père non togolais, d’origine brésilienne, de mère probablement
mossi de
la Haute-Volta, il alla en Angleterre, après son certificat
d’études primaires élémentaires, faire des études commerciales. Son diplôme
de « Bachelor of Commerce» obtenu, il retourna en Afrique où il fut
employé par le trust international Unilever (U.A.C.), successivement au
Nigeria, en Gold Coast et finalement, à partir de 1938, au Togo. Garçon
intelligent, brillant, très doué pour les langues, maîtrisant l’anglais,
parlant couramment l’allemand, passablement le français, brillamment
plusieurs langues africaines, grand orateur né, il savait subjuguer son
auditoire en ne lui parlant que de ce que ce dernier désirait entendre,
quitte à malmener la vérité. Ne s’embarrassant d’aucun scrupule, il
utilisait avec brio sa brillante intelligence, son éloquence persuasive à
fabuler des heures durant, en partant généralement d’un fait réel mineur.
Supérieurement imaginatif, fardant la vérité sans sourciller, habillant la
contre vérité avec un cynisme tranquille, il fascinait littéralement son
auditoire. Mais ce trait fondamental de son génie ne se révéla que bien
plus tard.
Voilà donc
comment a été fondé le C.U.T., pourquoi il a été fondé, par qui il a été
fondé, avec son Président, son Secrétaire Général et ses membres. Une grande
majorité des Togolais avait naturellement à cœur d’adhérer à l’Association
qui avait à sa tête des hommes aussi honorables que M. Augustino de Souza et
M. Sylvanus Olympio. L’Association fonctionna harmonieusement et à la
satisfaction de tous jusqu’au départ définitif de M. Montagné, en février
1941.
Le Gouvernement
de Vichy dépêcha alors au Togo un Haut Commissaire opportuniste, ne
connaissant rien des us et coutumes des populations, mais résolument décidé
à appliquer les instructions de son gouvernement. Tout le monde sait que le
Gouvernement de Vichy était pratiquement sous les ordres des occupants
allemands.
C’est pourquoi
le C.U.T. vécut en veilleuse depuis le départ de son fondateur.
La destruction
de la flotte française à Mers-el-Kébir amena la rupture des relations entre
le Gouvernement de Vichy et le Royaume-Uni. Dès lors, on procéda à la chasse
aux sorcières dans les colonies françaises. On arrêta et déporta à Djougou,
dans le nord du Dahomey, tous les ressortissants anglais et ceux qui
s’opposaient au régime de Pétain. C’est ainsi que fut arrêté et déporté
Sylvanus Olympio. Si celui-ci était anglophone (ayant parachevé ses études
en Angleterre) et gradué de l’Université d’Oxford, il n’était pas pour
autant ressortissant britannique. Il avait trop connu le racisme des Anglais
au cours de ses études au Royaume-Uni pour ne pas marquer, ainsi qu’on n’a
pas manqué de le noter plus haut, sa préférence pour les Français depuis sa
nomination à la UA.C de Lomé. Les relations de la famille de Sylvanus Olympio avec la
famille Montagné démontraient amplement, s’il en était besoin, sa
francophilie. Voilà pourquoi la déportation de Sylvanus Olympio fut un acte
irresponsable, stupide, une faute lourde de conséquences, puisqu’elle
devait bouleverser de fond en comble les relations futures entre le Togo et
la
France et pourrir la vie sociale et politique des Togolais.
L’avènement du
gouvernement provisoire d’Alger devait rendre Sylvanus Olympio à la liberté.
Sylvanus Olympio revint au pays, amer, avec dans le cœur une haine
viscérale, inextinguible contre les Français et tout ce qui pouvait toucher
de près ou de loin aux Français. Il ne pouvait plus tolérer la présence
française dans le pays.
Le Gouverneur
Salicetti, l’homme de Vichy, ayant été limogé, un nouveau Haut Commissaire,
M. Noutary, lui succéda. Ce dernier, devant l’attitude résolument
anti-française de Sylvanus Olympio, saisit l’occasion d’un trafic illicite
pour lui faire infliger une amende de cinq millions de francs C.F.A. Cette
condamnation n’eut d’autre résultat que d’exacerber la haine de Sylvanus
Olympio, plus que jamais décidé à faire de son mieux pour éliminer Noutary,
puis la France du Togo, si les circonstances lui en donnaient le moyen. »
Fin de citation.
Dès lors, on
comprend aujourd’hui pourquoi le Président OLYMPIO miné par cette haine
viscérale n’a voulu rien pardonner à ceux qui étaient ciblés comme les
collaborateurs du colonialisme français. Il n’avait pas hésité à les
considérer comme les membres de la cinquième colonne et à les châtier. Et de
quelle manière ?
La haine doit
être bannie de la terre de nos aïeux.
Nous refusons à
l’histoire de se répéter. Quels que soient les crimes commis dans notre
pays, les préjudices subis et les douleurs des uns et des autres, nous
n’avons aucune chance de normaliser notre pays, d’en faire un pays où il fit
bon vivre, un pays où tous les hommes et les femmes vivent comme chez eux,
si nous privilégions ce qui nous divise.
C.P.
Point de
vue : A vous de juger : Les
forces armées togolaises au centre de la controverse
Les Forces
Armées Togolaises (FAT) sont une institution de l’Etat. En tant que tel,
elles jouent un rôle prépondérant fondamentalement incontournable pour
l’existence de la nation.
Notre
constitution en a défini les règles de base. Est-ce suffisant ? Non. La loi
N° 2007-010 du 1er mars
2007 portant statut général des FAT a fixé le domaine de l’action militaire.
Elle a plus d’amplitude et reste plus détaillée que la constitution. La
tâche à accomplir ainsi que le but qui indique clairement ce qui doit être
fait et pourquoi ont été explicités.
Il se trouve
que dans notre pays, cette institution, sur le plan politique, est, en
permanence, au centre de la controverse. Elle est l’objet de différentes
convoitises en même temps qu’elle est décriée.
L’opposition
refuse, à l’évidence, de mieux connaître les FAT, d’en cerner les contours
et d’en appréhender le fonctionnement. Sa religion est toute faite et repose
sur des idées reçues, à savoir : citation : « notre armée n’est pas
républicaine ; elle est tribalisée, il faut la réformer » etc. etc. fin de
citation. Pour l’UFC dont le dirigeant est foncièrement anti-militariste
parce que dans son entendement, c’est les militaires qui avaient assassiné
son père le 13 janvier 1963, la cause est définitivement entendue. L’armée
est le problème.
On se
rappelle que lors du dernier meeting de l’UFC à la place Anani Santos,
l’Honorable député, Patrick LAWSON, Vice-président de l’UFC, s’est permis de
dire : « Nous sommes en discussion avec nos frères militaires ».
Pour nous au
« Combat du Peuple » une telle déclaration de la part d’un
responsable du plus grand parti de l’opposition relève de l’ignorance du
fonctionnement de l’armée et de la pure démagogie. Il appartient donc à la
classe politique dans son ensemble et à l’opposition en particulier, de
faire l’effort nécessaire pour mieux découvrir l’armée, notre armée, en
dressant des passerelles avec nos frères militaires, en échangeant avec eux,
afin de mieux comprendre leur réalité. Il faut briser les préjugés qui ne
sont qu’un frein à une bonne entente.
Très
souvent, on entend dire à tort ou à raison que l’armée est une aile
marchante de RPT. Comment en sera-t-il autrement lorsque le Chef Supérieur
des Armées et le Président du RPT sont un ? Souvent l’armée est considérée
par les uns et par les autres comme un enjeu politique. On pense que
l’alternance politique ne sera possible que le jour où l’armée restera dans
la caserne et gardera une neutralité politique absolue. Il s’agit là d’une
aberration qui n’est pas faite pour faciliter les choses ; car dans aucun
pays au monde, personne ne peut arriver au pouvoir contre l’armée d’autant
qu’elle est l’un des attributs du pouvoir.
L’armée est
pyramidale et rigoureusement soumise à son chef suprême. Lorsqu’elle
s’insurge contre l’Autorité civile, c’est l’exception. Et cette exception ne
peut être que la conséquence d’une situation grave mettant en péril la
souveraineté du peuple et l’intégrité du territoire national.
En l’espèce,
l’armée togolaise est la moins putschiste de la sous région ouest africaine.
En effet en
1963, au moment de l’assassinat de feu Président OLYMPIO, les FAT
n’existaient pas sous leur forme actuelle. On pouvait tout juste parler d’un
embryon de l’armée. A l’époque, leur effectif global, gendarmerie comprise
était d’environ 650 hommes. Et la plupart de ceux qui ont perpétré le coup
n’étaient pas intégrés dans l’armée togolaise notamment EYADEMA. C’était
d’ailleurs l’une des pommes de discorde parce que OLYMPIO avait refusé
d’intégrer des demi-soldes qui revenaient du Vietnam et d’Algérie. Ainsi
donc, le coup d’Etat perpétré par l’Armée était celui de 1967. Depuis, plus
rien. Au Ghana, l’armée a renversé plusieurs gouvernants, au Bénin, et au
Burkina, on a observé le même scénario. Au Nigeria, n’en parlons pas. En
revanche, depuis 1967, l’armée togolaise a toujours obéi à son chef quelles
que soient les péripéties que la vie politique a connues. Malgré les appels
du pied de l’opposition, l’armée n’a pas bougé. Certes, il y a eu tout au
plus des dissidences et des désertions mais l’armée en tant qu’institution
n’a jamais basculé ou cédé aux cris de sirènes.
Face à ce
constat, nous sommes fondés de dire que les FAT sont légalistes parce que
l’Etat Major Général et la troupe ont toujours obéi au pouvoir politique en
place (voir une communication de Me DOE BRUCE sur ce point. Cette
communication définit la soumission de l’armée au pouvoir civil). Il est
aussi vrai qu’à un moment dans la vie de cette armée, un officier général,
en l’occurrence le Gal TIDJANI, avait joué un rôle nocif en essayant de
politiser à outrance l’armée. Mais là également, on a compris et on a vite
essayé de juguler la dérive.
D’où vient
donc l’idée farfelue selon laquelle, après le décès du Président EYADEMA,
Kpatcha avait la mainmise sur la haute hiérarchie militaire ? Ces
allégations qui tirent leurs sources des analyses de certains observateurs
et des journalistes qui confondent vitesse et précipitation ne sont fondées
sur rien de sérieux.
Ce qu’il
faut surtout savoir, c’est qu’à la mort de EYADEMA, Chef Suprême des Armées,
c’est à Faure GNASSINGBE, Président de la République et Chef Suprême que
l’armée a fait allégeance. Etant donné que l’armée est légaliste, elle ne
saurait se subordonner à deux chefs. Si aujourd’hui, le Président Faure
nomme par décret une femme Ministre de la Défense Nationale, les Généraux et
les Officiers Supérieurs ainsi que toute l’Armée vont obéir à la Ministre et
non à la femme. On a vu ce cas en France avec Mme Alliot Marie. Ce qui vient
de se passer avec l’arrestation de Kpatcha illustre parfaitement cette
réalité. Contrairement à ce que beaucoup de Togolais pensent, l’Armée
togolaise est l’une des plus légalistes donc l’une des plus républicaines de
la sous région Ouest-Africiane.
Ceux qui
croient que l’Armée doit rester armes aux pieds face aux désordres et aux
violences pour permettre à d’autres hommes politiques de s’accaparer du
pouvoir en utilisant la rue n’ont rien compris.
Dire
publiquement qu’on discute avec les militaires relève de l’imagination trop
fertile de l’auteur de ces propos. Avec quel militaire ? Avec la haute
hiérarchie ou un corps de l’armée ? Il est temps que l’on cesse de dire des
foutaises pour abuser l’opinion.
En 1967,
certains responsables politiques, tous du C.U.T, (ils étaient 18) avaient
poussé EYADEMA à prendre le pouvoir avec l’idée qu’il partira le leur
laisser. Le résultat est là, amer et cruel : EYADEMA, celui qu’ils
considéraient comme un illettré, les a avalés et digérés.
Quel rôle
voulons-nous que les forces armées jouent :
A – Défendre
le territoire de la nation, la souveraineté du pays et sauvegarder ses
intérêts ? (rôle principal)
B – Soutenir
les autorités civiles (soutien intérieur) (rôle secondaire) ? Nous devons le
savoir. Nous devons établir des relations de cause à effet avec l’armée
composée des hommes de qualité, instruits, compétents et capables de
surprendre les civils vantards qui croient tout connaître.
Qu’on cesse
de vouloir instrumentaliser l’armée à des fins politiques. La réglementation
des relations entre civils et militaires est essentielle pour la politique
en général et en particulier pour la politique de sécurité nationale. Une
importante responsabilité revient donc obligatoirement à la classe politique
dans toutes ses composantes et aux militaires.
Et
attendant, l’armée togolaise vient une fois de plus, de montrer qu’elle est
réfractaire aux virus de la division et qu’elle reste fidèle à son Chef
Suprême, Faure GNASSINGBE. C’est une bonne chose. Nous ne pouvons que nous
en féliciter.
Rodrigue
Pour réussir le
pari de
la Justice :
La Cour Suprême
doit corriger les erreurs du passé
La recherche
d’une solution urgente et définitive au litige opposant le sieur Hor Kokou,
ancien Commissaire de Police à la Collectivité Agadji doit s’inscrire dans
les priorités du nouveau Président de la Cour Suprême. En effet, si M. Abalo
Petchélébia veut faire œuvre
utile, il a intérêt à décongestionner la haute juridiction qu’il dirige et
qui avait été transformée en cimetière des dossiers par son prédécesseur.
Dans cette
affaire, deux Magistrats, à savoir Anani Missiamenou et Lodonou, tous deux
juges à la Cour Suprême avaient écopé de sanction pour avoir voulu
transformer le faux en vrai et le vrai en faux.
Il nous a
été plusieurs fois déjà donné de publier dans nos colonnes, des articles
relatifs à cette affaire. Mais afin de rafraîchir la mémoire à nos lecteurs,
nous pensons qu’il est indiqué de revenir brièvement sur les faits.
La
collectivité Adoubou subdivisée en sept (07) branches, à savoir : Agadji,
Hor, Avogan, Koklokoukou, Adolété, Mawugbé et Anénou est propriétaire par
voie d’héritage, d’un vaste domaine foncier à Hédzranawoé. Ce domaine fut
partagé aux sept membres de la collectivité en 1977. Chaque branche avait
désigné son mandataire et reçu le plan de la totalité des lots qui lui
revenait.
Curieusement, la branche Agadji dont les membres étaient pour la plupart
illettrés à l’époque, n’avait pas reçu comme ce fut le cas pour les six
autres, son plan de partage le jour du partage. Il aura fallu engager toute
une procédure pour que ce plan lui soit remis après neuf (09) ans.
Une fois le
plan en main, la collectivité Agadji constate que deux cent soixante un
(261) lots faisant partie intégrante de son plan de partage sont
frauduleusement occupés. Afin d’obtenir l’éviction de ceux qui occupaient
indûment son domaine, la collectivité Agadji engagea alors une procédure qui
malheureusement dure encore jusqu’à ce jour à cause des manœuvres dilatoires
du sieur Hor Kokou, chef de la Collectivité Hor, l’une des sept branches de
la Collectivité Adoubou.
Au niveau de
toutes les juridictions, le litige a été tranché en faveur des Agadji.
En première
instance, le jugement N° 423 du 10 Avril 1990 avait été rendu en faveur de
la collectivité Agadji représentée par son mandataire Agadji Semeha Kpegui.
Le sieur Hor fait une tierce opposition à ce jugement. Cette tierce
opposition sera rejetée par un jugement N° 873 du 02 août 1991.
Le dossier
atterrira alors à la Cour d’Appel qui, dans un arrêt avant dire droit N°
132/99 du 19 juillet 1999 ordonna des mesures d’instruction complémentaire.
M. Agadji Semeha Kpegui étant décédé entre temps a été remplacé dans ses
fonction de mandataire par Agbossé Kodjo et Séwonou Messah.
Le 25 mai
2000, la Cour d’Appel rend un nouvel arrêt N° 91/2000 en faveur des Agadji.
Le sieur Hor
Kokou se pourvoit en cassation et demande un sursis à exécution qui lui sera
refusé par un arrêt N° 44 du 12 juillet 2004.
On en était
là lorsque le 17 janvier 2008, un arrêt N° 6 de la Cour Suprême a été rendu
dans des conditions pour le moins fantaisistes et en violation de plusieurs
règles judiciaires en faveur du sieur Hor.
Cette
décision avait soulevé le tollé général. Le Ministre de la Justice saisi du
dossier mit le Conseil Supérieur de la Magistrature face à ses
responsabilités. C’est ainsi que par décision N° 01/CMS/2008, les juges
Anani et Lodonou auteurs de la décision décriée ont été sanctionnés. Une
décision unanimement saluée.
Le 21 août
2008, l’arrêt N° 34 de la Cour Suprême annule celui du 17 janvier 2008.
Il ressort
des faits tels que présentés que la collectivité Agadji a été victime de
spoliation. Mais qu’attend-on pour la faire rentrer dans ses droits ? Les
autorités judiciaires de notre pays, ainsi que le Ministre de la Justice à
qui nous tirons chapeau au passage doivent s’investir afin que cette affaire
qui fait la honte de notre Justice soit définitivement réglée.
Le nouveau
Président de la Cour Suprême fait déjà bien parler de lui dans la gestion de
dossiers étouffés par son prédécesseur. Nous espérons qu’il ira au bout de
sa logique pour le bien de la Justice et des justiciables. Car pour réussir
le pari de la Justice, la Cour Suprême doit corriger les erreurs du passé.
C.P.
Coup de poing :
Le Sabotage
Depuis quelque
temps, les populations de Lomé et ses environs enregistrent le retour au
galop des coupures intempestives de courant. Il ne se passe pratiquement
plus de jour où la ville entière ou des quartiers ne soient privés de
courant électrique. Ces coupures qui surviennent parfois plusieurs fois dans
la même journée, durent quelques fois des heures, empêchant ainsi les
populations de vaquer normalement à leurs occupations.
A ce jour,
aucune explication n'a été avancée par la CEET pour expliquer le phénomène.
Tout au plus et comme pour se moquer de leur clients, les dirigeants de
cette société s'étaient-ils livrés en vedette la semaine dernière en montant
au créneau pour annoncer l'acquisition et l'installation d'un groupe
électrogène destiné à combler le déficit énergétique en cas de besoin.
Cette sortie
des dirigeants de la CEET aurait pu faire un effet si leurs propos n'étaient pas démentis par
les coupures récurrentes enregistrées dans le courant de la semaine
dernière. Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd'hui, si cette histoire
de groupe électrogène n'est pas un gros bluff comme on en a déjà vu.
En tout cas,
bluff ou pas bluff, il est clair qu'en matière énergétique, le Togo est
loin, très loin d'être sorti de l'auberge. Tout porte à croire qu'en la
matière, notre pays restera encore longtemps dans sa situation de dépendance
actuelle. Voilà où on en est après 49 ans d'indépendance politique.
Au même moment
où la CEET peine à répondre aux sollicitations des populations, cette société
verse dans une sorte de harcèlement de ses clients. On n'accorde plus aux
consommateurs le moindre répit pour le règlement des factures. Il suffit que
le délai de paiement soit dépassé de quelques jours pour que des releveurs
parfois discourtois débarquent pour couper l'électricité.
La CEET, on le sait, est une société commerciale qui a besoin d'argent pour
fonctionner et bien fonctionner. Mais elle joue en même temps un rôle social
très important qu'on ne doit pas perdre de vue. Il est connu de tous que le
Togolais moyen ne compte que sur son salaire pour régler ses factures
d'électricité. A quelle logique répond la démarche de
la CEET qui consiste à couper ses clients alors que ceux-ci n'ont pas perçu
leur salaire pour régler leur facture ? La pratique ressemble à un sabotage.
Une manière de jeter le pouvoir à la vindicte populaire. Les dirigeants de
la CEET doivent prendre leur zèle en patience pour rouler au rythme du pays.
Il y va de leur intérêt et ce n'est qu'une question de logique.
C.P.
Palabre en duo
Agbévivi : Ce qui se passe dans notre pays est grave. On
vient de découvrir et de désamorcer dans l’œuf, une tentative d’atteinte à
la sûreté de l’Etat. Nous venons donc une fois encore, d’avoir la preuve que
les ennemis du peuple ne baissent pas les bras.
Elavagnon : Tu sais, je n’ai pas envie de parler de cette
affaire. Dans ce pays, tu as toujours traité l’opposition de tous les noms
d’oiseau. Tu as toujours dit que l’opposition est à l’origine de tous nos
problèmes. Aujourd’hui, voilà que les faits te donnent tort. L’opposition
que tu as toujours accusé n’a rien à voir dans ce qui se passe. Celui qui
préparait le coup de force n’était personne d’autre que Kpatcha, le frère
même du Président. Kpatcha est-il de l’opposition ou du RPT ?
Agbévivi : Je ne pense pas que nous devons voir le problème
sous cet angle. Il s’est passé quelque chose de grave dans ce pays. Nous
devons dépasser les limites des hommes. Ce sont les institutions qui sont en
jeu.
Elavagnon
: Si nous devons parler de ce qui se passe, il faut
qu’on le fasse. Il ne doit pas y avoir de question tabou. Je ne sais pas de
quoi vous avez peur.
Agbévivi
: De quoi veux-tu qu’on ait peur ? Il ne faut rien
exagérer.
Elavagnon : Vous avez peur et tout porte à croire que vous
voulez cacher quelque chose.
Agbévivi : Cacher quoi ? Il faut que tu reviennes sur terre
et que tu réfléchisses au lieu de planer comme ça dans les airs.
Elavagnon : Je ne plane pas dans les airs. Je sais de quoi je
parle. Je dis que tout se passe comme si vous voulez cacher quelque chose.
C’est vrai. La bonne preuve, c’est que
la HAAC a décidé d’interdire les émissions interactives sur les radios. C’est
une décision hors-la-loi qui viole le principe de la liberté d’expression
contenu dans notre constitution.
Agbévivi : Je vais te dire la vérité. Si
la HAAC a interdit les émissions interactives, c’est tout simplement pour
éviter les dérives auxquelles on assistait. Les auditeurs réagissent avec
trop de passion. Ils sortent du cadre du débat pour étaler leur état d’âme.
Il y en a même qui versent dans les injures. Ce n’est pas sérieux. C’est
pour cela que
la HAAC a pris sa décision.
Elavagnon : Tu ne peux trouver aucun argument assez fort pour
me convaincre. En tout cas, à moins qu’on soit dans un état d’urgence, je ne
vois aucun motif valable pour justifier une violation de la constitution. Et
puis, crois-tu que si c’était quelqu’un d’autre que Kpatcha qui est impliqué
dans cette affaire, on peut prendre une telle décision ? Il faut qu’on soit
sérieux et qu’on cesse de s’amuser.
Agbévivi : Je crois que tu parles de choses que tu ne
maîtrises pas. Autrement, tu saurais que l’interdiction dont tu parles et
que tu condamnes tant n’existe plus. Elle a été levée depuis longtemps.
C’est la preuve que la personnalité en cause n’est pour rien dans la
décision.
Elavagnon : Qu’elle ait été levée ou non, le seul fait
qu’elle ait existé suffit pour révolter. Je te posais une question à
laquelle tu t’es débiné. Kpatcha est-il de l’opposition ou du RPT ?
Agbévivi
: Comment veux-tu que je réponde à une telle
question ? Si Kpatcha veut faire un coup d’Etat, c’est qu’il est devenu
opposant. D’ailleurs, il a actuellement le soutien de certains partis de
l’opposition qui ne cesse de publier des communiqués pour l’appuyer au lieu
de s’élever contre l’acte qu’il a posé.
Elavagnon : Je crois que tu veux parler là de l’UFC. Tu sais,
nous sommes sur un terrain politique. Mais au-delà de tout commentaire, il y
a des choses que nous ne devons pas perdre de vue. Avant et après tout,
Kpatcha est un député qui jouit d’une immunité. On ne peut pas l’arrêter
comme on l’a fait. Et puis, nous vivons dans une République qui se veut un
Etat de doit. Il y a des procédures qu’il faut toujours respecter. Ces
principes ont été violés dans la procédure. L’UFC est en doit de le
dénoncer.
Agbévivi : Je crois que tu ne comprends rien à rien. Ce qui
se passe n’est pas une affaire de doit commun. Il s’agit d’une atteinte à la
sûreté de l’Etat. En ces circonstances, tout ce que tu dis ne tient plus. Je
crois que l’UFC est en train de soutenir ces thèses à dessein. Il veut en
tirer un bénéfice politique. Mais cela me fait rire. Si moi je vois ces
gens, je leur poserai une seule question. Si l’UFC arrivait un jour au
pouvoir, va-t-il caresser ceux qui voudraient le déstabiliser ? Soyons
sérieux !
Elavagnon : Tu sais, je vais peut-être te surprendre. Mais il
faut qu’on se dise la vérité. Ce que moi je dis, ce n’est pas le pouvoir
pour le pouvoir. Il faut fonder le pouvoir sur le droit. C’est ça que dit l’UFC.
Agbévivi : Tu plaisantes. En tout cas, je crois que l’armée
a fait ce qu’elle devait faire et c’est bon. L’apprenti putschiste et ceux
qui se cachent derrière lui ont été neutralisés. C’est ça l’essentiel.
Elavagnon : Nous n’aurons jamais une démocratie digne de ce
nom dans ce pays. C’est vraiment dommage. Et puis à voir cette affaire de
près, qu’est-ce qui me dit que nous ne sommes pas en face d’un montage ? Il
y a des zones d’ombres qui m’intriguent dans ce dossier.
Agbévivi : Il n’y a que toi qui voit des intrigues partout.
Je vais te dire une chose : nous n’irons plus en arrière dans cette affaire.
Toute la lumière sera faite et les coupables sanctionnés. |