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Le Ministre Nagou viré du Gouvernement : Une affaire de gros
sous au centre des intrigues : Les dessous d’un limogeage |
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Le
Ministre Yves Madow Nagou viré |
Par décret pris par le Président de la République le 24 Mars 2009,
il a été mis fin aux fonctions du Ministre Yves Madow Nagou, jusque-là en
charge des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation. La
mesure a été accueillie avec surprise dans plusieurs milieux où le Ministre
évincé est considéré comme un ami et un proche parmi les proches de Faure
Gnassingbé. D’où la question de savoir comment on en est arrivé-là.
Le décret présidentiel n’a donné aucune explication sur les motifs
de ce limogeage. Il s’est limité à annoncer la fin des fonctions de Yves
Madow Nagou et la nomination de M. Sambiani Sankaradja Laré en ses lieu et
place. Pour en savoir plus, nous avons essayé de joindre le Ministre Nagou.
Mais toutes nos tentatives étaient restées vaines. Ses deux numéros de
téléphone cellulaire à notre disposition sonnaient hier sans réponse.
Jusqu’à ce que nous ne bouclions tard, il n’a pas rappelé non plus.
En ville, le limogeage du Ministre Nagou a été diversement
ressenti. Si pour certains, la mesure a fait l’effet d’un coup de tonnerre
dans un ciel serein, ailleurs, elle a été considérée comme étant dans
l’ordre normal des choses. Une source nous a même indiqué que, vu la manière
dont le secteur de l’Education nationale a été géré sous le Ministre
aujourd’hui limogé, on devait plutôt s’étonner sur la reconduction de
l’homme dans le gouvernement Houngbo.
En effet, il était constant depuis un certain temps, que le
ministère des Enseignements Primaire et Secondaire et de l’Alphabétisation
s’enlisait dans une sorte de cacophonie. A vrai dire, le titulaire du
département n’avait pas bonne presse auprès d’une large majorité de
l’opinion. Il nous est revenu plus d’une fois dans nos recoupements que le
Ministre Nagou était un Ministre inaccessible ou difficile d’accès qu’il
n’était pas donné à tout le monde de voir. Très suffisant et imbu de sa
personnalité, cet homme ne respecte personne. Nombreux sont ceux qui
(parents d’élèves, enseignants, inspecteurs ou partenaires de l’Education)
se sont plaints d’avoir, à un moment ou un autre, vainement tenté de se
faire recevoir en audience par le Ministre Nagou.
De fait, le département des Enseignements des Premier et Deuxième
Degrés se retrouve grippé par des problèmes pressants auxquels on tardait à
trouver des solutions. La conséquence de cette situation aura été la grève
récemment observée dans le secteur de l’enseignement.
Depuis l’arrivée de Faure au pouvoir, il a bénéficié d’une sorte
de trêve sociale. Certes, il est plusieurs fois arrivé que ces corps
socioprofessionnels ou des syndicats de travailleurs annoncent des
mouvements de grève. Mais ils n’ont jamais refusé la négociation et le
dialogue. C’est ainsi que toutes les menaces de grèves n’étaient pas allées
à leur terme. Malheureusement, il n’en a pas été ainsi au Ministère de Nagou,
où une grève annoncée a fini par paralyser début Février, le secteur de
l’Enseignement pendant 24 heures et sur toute l’étendue du territoire.
Ce mouvement de grève qui n’était que l’aboutissement des
procédures réglementaires en la matière a été suivi quelques jours plus
tard, d’un sit-in organisé par les employés de la LIMUSCO, un service
dépendant du Ministère des Enseignements des Premier et Deuxième Degrés.
Dans un autre registre, il n’y a pas longtemps, la presse avait
largement fait écho de la gestion scabreuse d’un projet de construction de
bâtiments scolaires, de blocs pédagogiques et sanitaires que devrait
financer la Banque Islamique de Développement (BID) au Togo. Ce projet qui
traîne depuis l’époque du Ministre Klassou a finalement connu le naufrage
ces derniers jours. Les bailleurs de fonds s’étant rendus compte que
l’attribution des marchés suite aux avis d’appels d’offre ne répondaient pas
aux règles régissant la matière s’étaient tout simplement rétractés et
avaient demandé qu’une autre sélection soit faite sur la base d’un nouvel
appel d’offre. Mais pour une deuxième fois, on aurait encore pris des
libertés avec l’orthodoxie en attribuant le marché aux entreprises les plus
enchérisseuses. Conséquence, le projet est resté toujours bloqué jusqu’à ces
derniers jours où, au cours d’un récent Conseil des Ministres, il a été
demandé de prendre des mesures pour le faire avancer.
Comme on le voit, même s’il n’est pas le seul département à avoir
des problèmes, le Ministère des Enseignements des Premier et Deuxième Degrés
paraît comme une tare qui tire le gouvernement vers le bas. Les nombreux
investissements et ce qu’on a appelé la «gratuité de l’école préscolaire
et primaire», malgré les milliards engloutis, ont fini par perdre toute
visibilité. Selon nos informations, les enseignants se font de plus en plus
menaçants et se préparent à durcir leur position en déclenchant un plus
grand mouvement de grève.
Est-ce ces raisons qui ont motivé l’éviction de Yves Madow Nagou ?
Cela est plausible. En tout cas, rien n’est à écarter.
«Si ton bras gauche devient une occasion de chute pour toi,
coupe-le et jette-le loin de toi». C’est ce que nous enseignent les
Saintes Ecritures. Faure aurait-il décidé de faire le ménage ? Si tel est le
cas, il devrait aller au bout en nettoyant les écuries, c’est-à-dire en se
débarrassant de tous ceux qui, au sein du gouvernement, traînent des
casseroles, en font à leur tête, commettent des bourdes de tous genres et
sont devenus la honte de la République. C’est tout le Togo qui y gagnerait.
L. C.
Malgré la baisse des prix, le carburant coûte toujours cher au Togo : Le
Ministre Lorenzo explique sans convaincre
Le jeudi 19 mars 2009, le gouvernement a annoncé une décision
révisant à la baisse, le prix des produits pétroliers à la pompe. Suite à
cette mesure, les nouveaux prix sont les suivants :
- Essence Super sans plomb = 445 F CFA le litre
- Gaz oil = 440 F CFA le litre
- Mélange 2 Temps = 490 F CFA le litre
- Pétrole lampant = 370 F CFA le litre
- Gaz de butane = 3.500 F CFA la bouteille de 12 kg.
Pour justifier cette mesure, le Ministre du Commerce et de la Promotion du
Secteur Privé M. Guy Madjé Lorenzo a évoqué entre autres, le souci du
gouvernement d’alléger les charges des ménages et de rendre les conditions
de vie plus faciles aux populations. Il a par ailleurs salué la mesure en
comparant le prix du carburant au Togo à ceux pratiqués ailleurs, notamment
en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso.
En réalité, il y a longtemps que les Togolais réclamaient une nouvelle
baisse des prix des produits pétroliers. Et pour cause. Depuis plusieurs
mois déjà, le prix du brut dont on s’est toujours servi pour justifier la
flambée du prix du pétrole au Togo a considérablement baissé sur le marché
international. Cette situation avait déjà poussé le gouvernement à procéder
en Décembre dernier, à un réaménagement du prix des produits pétroliers.
Mais la tendance étant toujours à la baisse sur le marché international, une
autre révision s’imposait. Elle s’imposait d’autant plus que le Togo était
et reste encore l’un des pays de la sous-région où l’essence coûte cher.
C’est pour convaincre l’opinion du contraire, que le Ministre Lorenzo a
comparé comme nous l’écrivions tantôt, le prix des produits pétroliers à la
pompe à ceux pratiqués en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Il ressort de
ses explications que le carburant coûte de loin, plus cher dans ces pays
qu’au Togo.
Mais les explications du Ministre n’ont convaincu personne car on ne compare
que des choses comparables. S’il est vrai que le carburant coûte plus cher
en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso qu’au Togo, il est aussi vrai que le
Togo n’est pas logé économiquement à la même enseigne que ces deux pays.
Le Togo est comme la Côte d’Ivoire, un pays qui a accès à la mer. Mais la
Côte d’Ivoire est un pays économiquement solide, avec un budget annuel qui
se chiffre à plusieurs centaines de milliards. Ce qui n’est pas le cas du
Togo où le pouvoir d’achat des populations est ridicule par rapport à celui
des Ivoiriens. Ni en Côte d’Ivoire, ni au Burkina Faso, le SMIG n’est à
30.000 F CFA. Il est fixé au moins au double dans ces pays.
Le Burkina Faso, on le sait, est un pays enclavé. Les produits pétroliers
qu’il importe transitent par les Ports des pays côtiers comme le Togo. On ne
saurait donc comparer le prix de ces produits grevés des charges du
transport, à celui du Togo où le carburant est directement pompé dans les
cuves d’entreposage.
Pour convaincre les Togolais, le Ministre Lorenzo aurait pu choisir
l’exemple des pays les plus proches du Togo et ayant aussi une ouverture sur
la mer comme le Bénin et le Ghana. Dans ces deux pays qui ont pratiquement
les mêmes conditions que le Togo, le carburant coûte toujours moins cher que
chez nous.
En réalité, le vrai problème au Togo, c’est la structure du prix du pétrole.
Tant que cette structure ne sera pas revue et que les multiples taxes
qu’elle comporte ne seront pas réduites, le pétrole brut pourra baisser
autant qu’on veut sur le marché international, les produits pétroliers
coûteront toujours cher au Togo. Le Ministre Lorenzo maîtrise mieux plus que
quiconque, tout ce que nous venons de développer comme argument. Pourquoi
cherche-t-on à servir une version biaisée au peuple pour justifier
l’injustifiable alors que la réalité est là ?
L. C.
Humiliation du Président de la HAAC dans l’interpellation de Directeur du
journal "Le Combat du Peuple’’
Le lundi 23 mars 2009, M. Lucien Messan, Directeur de la Rédaction
de l’hebdomadaire «Le Combat du Peuple» a été interpellé par de la
Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) sur instruction du
Ministre de la Sécurité, le Col. Atcha Titikpina. Il est demandé à M. Lucien
Messan de livrer sa source d’information suite à un article intitulé «Le
Ministre de
la Sécurité a l’obligation de dire la vérité aux Togolais»
paru dans sa livraison N° 645 du 23 au 27 mars 2009. Pour les besoins de la
cause, nous reprenons cet article pour que les uns et les autres puissent se
faire une opinion.
M. Lucien Messan a passé 4 h d’horloge dans le bureau du Directeur
Général de la DCPJ avant d’être libéré suite à l’intervention du Premier
Ministre qui, sur ordre du Chef de l’Etat, a personnellement instruit le DG
de la DCPJ de le libérer. Mais si M. Lucien Messan a été libéré dans les
heures qui ont suivi, c’est surtout grâce à la mobilisation des responsables
de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (le Président
de la HAAC, Filippe Evegno et son Vice-Président), le Secrétaire Général de
l’UJIT et son trésorier, le Conseil de Lucien Messan, les parents et amis
qui ont fait, nombreux, le déplacement des locaux de la DCPJ. Il faut
rappeler que c’est avec indignation et révolte que les journalistes et les
Togolais ont appris cette interpellation, en violation du nouveau code de la
presse.
On sait qu’avec le nouveau code de la presse, les journalistes
n’encourent plus une peine de privation de liberté. Même la garde à vue est
interdite. En clair, on ne peut plus arrêter un journaliste dans l’exercice
de sa fonction comme l’a fait faire Titikpina. Il y a les voies de recours
appropriées. Après avoir épuisé ces voies de recours, le plaignant peut
s’adresser au Tribunal. Là aussi, le journaliste n’encourt pas les peines de
prison. Il n’y a que l’amende qu’on peut coller à un journaliste condamné.
Bref, jusqu’à preuve du contraire, le journaliste togolais n’encourt plus de
peine privative de liberté. La détention préventive ou la garde à vue dont a
fait l’objet Lucien Messan est une violation de la loi.
Pour porter toutes ces informations à la connaissance du Col.
Titikpina, le Président de la HAAC, M. Filippe Evegno l’a immédiatement
appelé lorsqu’il a appris l’interpellation du Directeur de la Rédaction du «Combat
du Peuple».
D’après nos informations, Titikpina aurait certes décroché le
téléphone mais aurait fait savoir à ce dernier que ce n’est pas lui qui est
au bout du fil. Puis il raccrocha au nez du Président de la HAAC en toute
impolitesse.
La question reste de savoir si cet homme mérite d’être toujours à
ce poste avec tout le tort qu’il crée au Chef de l’Etat à l’heure où le
Président de la République s’investit pour l’instauration de la paix dans
notre pays et l’organisation d’une élection apaisée.
Si Titikpina se met déjà à arrêter les journalistes pour de
simples écrits, que sera le Togo pendant les élections de 2010 ? La question
mérite réflexion et une mobilisation de la part des journalistes pour
combattre ce réflexe d’une autre époque. Car à notre avis, il s’agit d’un
précédent dangereux qui doit être dénoncé haut et fort.
D’après nos informations, l’interpellation de Lucien Messan est un
test pour voir la réaction de la presse. Alors, vigilance, vigilance.
L’enfer, ce n’est toujours pas les autres. Après Lucien ça peut être le
tour d’un autre confrère. C’est pourquoi, que la tête de Lucien ou les
écrits de Lucien plaisent ou non, nous devrons combattre unanimement
l’arbitraire dont il est victime. Le Col. Titikpina devient un véritable
danger pour la presse togolaise. Le Chef de l’Etat garant des institutions
et du respect des lois dans la République doit se sentir personnellement
interpellé par cette dérive sans commune mesure de Titikpina. Autrement,
c’est toutes les avancées réalisées au Togo qui iront à vau-l’eau.
Amou
Conférence
sous-régionale de l’UPADD en Afrique de l’Ouest sous l’égide du CAR : Le
rôle de l’entrepreneur dans l’économie sociale de marché au centre des
débats
Une conférence sous-régionale de l’Union des Partis Africains pour
la Démocratie et le Développement (UPADD) en Afrique de l’Ouest a regroupé
du mardi 24 au mercredi 25 mars 2009 à l’Hôtel Mercure Sarakawa à Lomé, les
représentants des partis membres de ce réseau et une délégation des
opérateurs économiques du Parti Démocrate Chrétien (CDU) autour du thème : «Le
Rôle de l’Entrepreneur dans l’Economie Sociale de Marché».
Organisée conjointement par le Comité d’Action pour le Renouveau
(CAR) et la Fondation Konrad Adenauer, la rencontre a pour objectif de
plancher sur la réflexion à mener sur l’Economie Sociale de Marché en cette
période de récession généralisée et sur l’importance des opérateurs
économiques dans la production de la richesse, facteur de développement de
nos pays.
Ouvrant les travaux, le vice-président de l’UPADD, ex Premier
Ministre du Togo et Président d’honneur du CAR Me Yawovi Madji Agboyibo,
s’est réjoui de la présence des opérateurs économiques membres du Parti
Démocrate Chrétien d’Allemagne à cette rencontre de Lomé pour participer aux
discussions, avant de faire la genèse de l’UPADD créée le 12 Octobre 1998 à
Windhoek en Namibie. Dès sa création, a-t-il précisé, l’UPADD a proclamé sa
détermination à constituer un réseau panafricain qui doit conforter sa force
par le développement des liens de partenariat avec des formations politiques
d’autres continents. Intervenant sur l’intérêt attaché à la présence des
opérateurs économiques allemands, l’orateur a relevé : «Jusqu’ici nos
relations ont été des relations de parti à parti. La page qui vient de
s’ouvrir, constitue pour les entrepreneurs affiliés au CDU et les opérateurs
économiques proches des partis membres de l’UPADD, une opportunité de
qualité pour nouer entre eux des contacts fructueux.»
Dans son mot de bienvenue, le président national du CAR Me Dodji
Apévon, après avoir salué la présence de plusieurs opérateurs économiques
togolais et Parti Démocrate Chrétien, a adressé ses vifs remerciements à la
Fondation Konrad Adenauer (FKA) qui eu le mérite d’initier la rencontre de
Lomé. Quant au Représentant-Résident de la FKA, il a salué l’intérêt porté à
la rencontre, la pertinence des thèmes à développer avant d’émettre le vœu
que les travaux comblent les attentes des uns et des autres.
Pendant deux jours, les opérateurs économiques des deux bords ont
procédé à des échanges d’idées sur l’économie sociale de marché, notamment
sur :
- les caractéristiques fondamentales de l’économie sociale de
marché ;
- les conditions cadres à remplir par les entreprises dans
l’économie sociale de marché ;
- la façon dont les petites et moyennes entreprises peuvent
s’organiser pour défendre leurs intérêts dans les instances politiques.
Les discussions parfois très houleuses mais constructives qui ont suivi le
développement des principaux sous-thèmes inscrits au programme de la
rencontre, démontrent de façon éloquente, tout l’intérêt porté par les
participants aux travaux.
La cérémonie de clôture a été marquée par trois allocutions : le mot de fin
du Représentant Résident de la Fondation Konrad Adenauer M. David Robert,
l'intervention du Chef de la délégation allemande M. Frank Gotthardt et le
discours de clôture du président national du CAR Me Dodji Apévon.
Prenant la parole, M. David Robert a relevé que le succès de cette
conférence régionale qui constitue une source d'inspiration pour les
participants, dépendra de ce que ceux-ci feront des riches échanges qui
l'ont marquée.
Quant à M. Frank Gotthardt, il s'est dit impressionné tout comme les membres
de sa délégation (qui découvre pour la première fois notre pays) par la
gentillesse, la disponibilité des Togolais et la beauté du pays. Sur le plan
politique, a-t-il poursuivi, il est constaté un désir ardent du Togo de
coopérer avec l'Allemagne qui doit renforcer encore davantage ses liens de
coopération avec le Togo. Cependant, a-t-il souligné, cela ne saurait se
réaliser que dans un contexte politique stable. Il faut donc un processus
démocratique qui marche et en cela, le Togo a-t-il ajouté est sur la bonne
voie. Le Chef de la délégation allemande a terminé en rassurant le CAR de
l'amitié de l'Allemagne concrétisée par un cadeau symbolique remis au
président national du CAR.
Dans son discours de clôture, Me Dodji Apévon a remercié tour à tour, les
opérateurs économiques allemands pour leur contribution à la réussite de la
rencontre, la Fondation Konrad Adenauer pour son appui, les membres de l'UPADD
ayant fait le déplacement de Lomé, pour la qualité de leurs interventions.
L'Afrique, a-t-il clamé, est non seulement un continent de malheur, mais
aussi un continent d'avenir où les choses peuvent bien marcher pour peu que
les africains prennent eux-mêmes conscience de leur situation et de leurs
ambitions. Jusqu'à quand demeurerons-nous des assistés à vie ? Jusqu'à quand
comprendrons-nous que nous devons nous assumer nous-mêmes ? S'est-il écrié.
Me Apévon a terminé en invitant les participants à faire leur, ce proverbe
espagnol : "Voyageur, il n'y a pas de chemin tracé pour toi, c'est toi
seul qui trace ton chemin en marchant".
Le Changement
Kaléidoscope
Désormais le RPT seul maître à bord
Au sein du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, le RPT
ne se fera plus coller par le CAR et l’UFC. Puisque désormais, il a sa
propre opposition sur laquelle elle peut s’appuyer pour torpiller le
processus de règlement de la crise en cours. Désormais au CPDC, les moindres
désirs du RPT auront force de loi, parce qu’il aura affaire à des partis qui
lui seront redevables toute leur vie. Pour celui qui délivre du gouffre, on
doit être prêt à lécher le cul s’il le demande gentiment. Eh oui, si on
considère la détermination de l’opposition parlementaire à quitter le CPDC,
si jamais le RPT en ouvrait la porte aux partis extraparlementaires, c’est
ce qui risque d’arriver. Il n’y aura pratiquement plus de point de désaccord
sur le code électoral, la reconduction de la CENI telle que préconisée par
le RPT. Les têtes couronnées, les confessions religieuses seront là pour
accompagner la dynamique. Entre temps, le président Faure peut tomber sous
le charme des sirènes des partis politiques non signataires de l’Accord
Politique Global qui réclament à cor et à cri leur participation au cadre.
Les élections qui seront organisées dans cette confusion généralisée, seront
tout sauf équitables, transparentes et démocratiques. Ainsi semble dessiné
l’avenir que prépare le RPT pour le Togo. Nous serons tous là pour déplorer
les dégâts.
Adan Akpotsui a jeté le pavé dans la marre
Pour sa toute première participation à un meeting public digne de
ce nom, le président du parti politique Initiative et Développement, Adan
Akpotsui a créé l’événement dimanche et dernier à la place Anani Santos.
Après avoir exprimé sa solidarité à l’UFC, son désir de fusionner Initiative
et Développement avec le parti «Détia» sous l’applaudissement nourri
des responsables de l’UFC et de leurs militants, le président de ID a tenu
des propos pour le moins «malheureux». Devant une foule enthousiaste,
il a déclaré que la prochaine fois qu’il y aura mobilisation populaire pour
défendre la victoire du peuple ou les intérêts de la nation, eux les
responsables politiques seront en première ligne à 500 mètres devant la
foule des manifestants pour montrer à la face du monde combien ils sont
déterminés et disposés à se sacrifier pour le Togo. Le tonnerre
d’applaudissement venant de la foule pour accueillir ces sages propos,
contrastait étrangement avec le silence de mort régnant dans la loge des
responsables de l’UFC. Et c’est de bonne guerre. Ici au Togo, les leaders
qui poussent les manifestants dans la rue s’en servent comme de la chair à
canon. Les massacres du Jardin Fréau en 1993 dans lesquels des centaines de
Togolais ont perdu la vie sont encore vivaces dans les esprits. Il semble
même qu’un leader d’un parti politique qui se dit démocrate aurait, peu
avant cet événement macabre, déclaré que tant que rien de tel ne survenait
au Togo, la communauté internationale ne s’intéresserait pas au cas
togolais.
Aujourd’hui que Adan Akpotsui prend l’initiative de mettre
désormais les leaders à 500 mètres devant les manifestants, il a jeté le
pavé dans la marre. Bien malin qui aujourd’hui peut deviner les leaders qui
auront le courage de faire face à la soldatesque du RPT à la gâchette
facile.
Que cachent les projets d’alliance avec l’UFC ?
Depuis le 14 Octobre 2007 où l’Union des Forces de Changement a
arraché la majorité dans la minorité parlementaire, nombre de micro partis
politiques qui peuplent le paysage politique togolais n’ont d’yeux que pour
le parti Détia. Ils expriment à tour de bras leur solidarité à ce parti et
vont jusqu’à proposer leur fusion. Et tout se fait sous le prétexte de
vouloir combattre aux côtés de Gilchrist au nom d’une prétendue union de
l’opposition. Généralement, il n’y a que des partis sans envergure ayant
découvert leur limite dès leur naissance et ne regroupant que des amis qui
se livrent à ce jeu. Non pas parce que nous sommes contre une coalition ou
une alliance des partis d’opposition pour se mesurer au RPT mais tout
simplement c’est qu’à l’étape actuelle de la lutte, ce n’est pas de cette
alliance dont l’opposition a besoin. Tout porte à croire que ces petits
partis viennent à l’UFC beaucoup plus par intérêt que par conviction. Le
jour où l’UFC raflera la majorité parlementaire au Togo, ces petits partis
ne seront peut-être pas oubliés. Avant d’en arriver là, il faut tenir dur.
Le parti Détia fonctionne sur des principes non négociables ou modifiables
au gré du vent. Contrairement à plusieurs partis politiques, l’UFC ne se
retrouve pas au gouvernement au moindre claquement des doigts. Alors, ceux
qui prennent cette option doivent pouvoir tenir le temps que durera la lutte
pour jouir dignement des fruits du changement auquel tous les Togolais
aspirent.
Encore des cadavres de Pierre Sané ?
Telle une traînée de poudre, la triste nouvelle de la découverte
de cadavres rejetés sur la plage par la mer, fait le tour de la capitale
togolaise et alimente les débats. D’abord, tout le monde ne tombe pas
d’accord sur le nombre des cadavres. Tantôt c’est 9, tantôt 8, tantôt 7,
etc. Ensuite, l’unanimité ne se fait pas sur les circonstances de leur
disparition. Pour certains, il s’agit des sportifs qui font du jogging les
samedis et dimanches matin, pour d’autres il s’agit de nageurs ordinaires.
Mais il est pour le moins surprenant que la mer, subitement, décide
d’emporter dans un temps relativement court, un tel nombre de nageurs. Si
c’était le cas, comment se fait-il que les survivants ne puissent pas donner
l’alarme immédiatement après la disparition de leurs compagnons ? Ou est-ce
que, par surprise, la mer les a pris tous ? Ceux qui pensent que ces
personnes peuvent avoir été tuées quelque part avant que leurs cadavres
soient jetés à la mer en un point précis de l’océan, brandissent des
arguments plus ou moins convaincants pour justifier leur thèse. Mais ce qui
est réconfortant pour les journalistes togolais, c’est le fait que l’affaire
soit déjà portée à la connaissance les autorités compétentes. Lorsque
Amnesty International s’en saisira, dans ses rapports pour épingler le Togo
dans le chapitre des Droits de l’Homme, il est à espérer qu’ils ne seront
plus poursuivis par le pouvoir en place au motif qu’ils sont de mèche avec
Pierre Sané. Au fait, et s’il s’agissait des cadavres de Pierre Sané ?
Secrets
d’alcôve
Le regard perdu dans le vide, Edwige pleurait silencieusement. Depuis plus
d’une semaine, elle n’avait pas cessé de pleurer. Parfois, elle rageait.
Elle avait envie de se révolter, de régler les comptes. Le monde était
vraiment injuste. Chaque fois qu’elle pensait à ce qui lui arrivait et
qu’elle réalisait que tous ses projets étaient à l’eau, sa douleur
s’intensifiait.
Elle renifla, sécha ses larmes et se plongea dans les réflexions.
Comment se fait-il qu’elle n’avait pas vu venir le danger ? En tout cas, à
partir de maintenant, elle ne fera plus confiance à personne. Elle se mit à
revivre les faits en se refusant de croire qu’elle avait perdu à jamais son
copain Louis. Dix années de partage et d’espoir pour en arriver là. Et
pourtant, rien ne le laissait prédire.
L’histoire de Louis et Edwige a commencé comme celle de tous les
jeunes amoureux. Louis était en classe de seconde au Lycée et Edwige au CEG.
A la faveur d’une activité culturelle, ils avaient fait connaissance et
avaient très vite sympathisé. C’était le parfait amour. A l’époque, et avant
de faire la connaissance d’Edwige, Louis avait un ami du nom de Laurent.
Laurent était un ami inséparable de Louis. Ils étaient d’ailleurs ensemble
quand Louis avait fait la cour à Edwige. Laurent avait une copine du nom de
Rose. Tous les deux jeunes couples s’entendaient à merveille. Ils sortaient
ensemble et partageaient d’agréables moments.
Entre Louis et Edwige, tout allait très bien. Louis évoluait dans
les études. Trois ans après avoir fait la connaissance de Edwige, il passa
son BAC II avec succès et rentra à l’Université où il s’inscrit à la Faculté
de Médecine.
Il avait toujours ambitionné de devenir médecin et était prêt à
tout pour arriver. Il consacrait beaucoup de temps à ses études sans pour
autant négliger ses relations avec sa chère Edwige. Au fil du temps, leur
amour se raffermissait, se consolidait. Ils avaient en projet de se marier
dès que Louis aura terminé ses études. Chaque fois, Edwige pensait aux jours
heureux qui l’attendaient. Elle attendra le temps qu’il faut pour voir se
réaliser son projet. Naturellement, il y avait dans son entourage, des gens
qui la mettaient en garde contre le temps qui passait et contre des
retournements de situation. Il faut battre le fer quand il est chaud. Pour
avoir oublié cette vérité, des filles ont vu leur fiancé leur échapper.
Edwige n’avait jamais considéré ces conseils qu’elle classait au
chapitre des commérages. En tout cas, elle, Edwige, était sure de son fait.
Elle connaissait très bien son copain et savait de quoi il était capable.
Aujourd’hui, elle s’en voulait de ne pas avoir écouté ces
conseils. Car les faits lui donnent tort. Ce qu’elle n’avait jamais imaginé
se réalise devant elle, sans qu’elle puisse changer le cours des événements.
Tout a commencé il y a de cela trois ans. Après avoir fait une
maîtrise en gestion, Laurent l’ami inséparable de Louis avait décidé d’aller
faire un troisième cycle en Europe. Louis s’était personnellement senti
concerné par ce projet. Bien que redoutant la séparation, il avait aidé son
ami dans la préparation des dossiers pour l’inscription. Lorsque par
courrier, l’Université avait informé Laurent de l’acceptation de son
inscription, c’est ensemble qu’ils avaient sablé le champagne. Comme il
l’avait fait pour l’inscription, Louis avait assisté et soutenu Laurent dans
toutes les démarches jusqu’à son départ.
Le jour du départ fut pathétique. Louis, Edwige et Rose la copine
de Laurent étaient à l’aéroport avec Tanty Bayi la mère de Laurent. Tout le
monde était affecté par la séparation. Mais de tous, celle qui semblait plus
touchée était Tanty Bayi. Et pour cause, Laurent était le seul de ses
enfants qui vivait encore avec elle. C’était une femme d’un certain âge qui
avait beaucoup de moyens. Pour tout dire, elle était une femme riche qui
avait perdu son mari il y a plusieurs années déjà. Mais puisqu’elle avait
les moyens, elle avait réussi à envoyer ses trois premiers enfants
poursuivre leurs études en Europe. Laurent le benjamin était à présent le
dernier à partir.
Tanty Bayi avait le cœur gros et essuyait discrètement des larmes.
Lorsque Laurent, après les adieux, disparut dans la salle d’embarquement,
Tanty Bayi fondit en larmes. Face à tant d’émotion, Louis qui était un
habitué de la famille s’approcha d’elle et spontanément, la prit dans ses
bras.
Blottie dans les bras du jeune homme, Tanty Bayi reniflait tandis
que Louis essayait de la consoler. Pour la réconforter, il lui disait que
Laurent ne partait que pour un temps, qu’il allait revenir bientôt et que
son absence n’allait pas lui peser parce que lui Louis était là et elle
pouvait le considérer comme son fils.
Depuis cette nuit, Louis qui était déjà un habitué de la maison de
Tanty Bayi était devenu encore beaucoup plus fréquent. Lorsqu’il passait un
jour sans passer à la maison, Tanty Bayi elle-même l’appelait en lui faisant
comprendre qu’il ne tenait pas son engagement et qu’il la laissait dans la
solitude.
Chaque fois qu’il voulait aller voir Tanty Bayi, Louis se faisait
accompagner de sa copine Edwige. Au départ, cela ne semblait rien dire à la
dame. Mais au fil du temps, elle avait commencé à manifester comme une sorte
d’agacement. Lorsque Louis arrivait avec Edwige, elle manifestait moins
d’enthousiasme que s’il y allait seul. Un jour, Tanty Bayi avait fait
comprendre à Louis qu’elle préférait qu’il soit seul quand il vient la voir
parce que cela lui permettra de parler seul à seul avec lui de certaines
affaires.
Louis trouva la chose un peu curieux mais n’y attacha pas
d’importance outre mesure. De toute façon, il n’y avait aucun drame pour lui
de rendre seul visite à Tanty Bayi. Cela ne pouvait en rien menacer son
idylle avec Edwige. Au contraire. Chaque fois qu’elle était de bonne humeur,
la dame lui donnait de l’argent. Ce qui lui était d’une grande utilité.
Les mois passaient et la familiarité allait grandissant entre
Tanty Bayi et l’ami de son fils. Maintenant, il arrivait de plus en plus
souvent que Tanty Bayi invite Louis à manger à la maison. Elle préparait,
commandait des mets délicieux et traitait Louis comme un prince. Et plus le
temps passait, plus Tanty Bayi devenait possessive. Elle voulait de plus en
plus garder Louis auprès d’elle. Pour parvenir à ses fins, elle ne lésinait
pas sur les moyens. Elle couvrait Louis de cadeaux et l’entourait de tous
les soins.
Peu à peu, Louis commençait à deviner sur quel terrain la dame
voulait l’amener. Mais il se refusait de croire que Tanty Bayi qui pouvait
être de loin sa mère aurait l’idée de le compromettre. Et pourtant, c’est ce
qui arriva. Et c’était arrivé sans que Louis ne s’en rende compte. Peu à
peu, il avait commencé à se désintéresser de sa copine. Un soir, Tanty Bayi
l’avait invité à manger. Comme d’habitude, elle avait préparé et commandé
des mets délicieux. Mais plus que les autres fois, elle s’était faite une
toilette raffinée. Le repas avait commencé par un bel apéritif. Le relais a
été pris à la suite par du bon vin. Tanty Bayi était particulièrement
enjouée. Le dîner se termina un peu tard dans la soirée.
Au moment où Louis allait prendre congé de Tanty Bayi, la dame
pris un air triste, à la limite des larmes. Louis frappé par cette baisse
subite de sa bonne humeur lui demanda ce qui n’allait pas. Tanty Bayi qui
avait maintenant perdu toute sa joie prit une voix peinée et tremblotante
pour lui faire entendre qu’elle est saisie du souvenir de son fils Laurent
qui lui, ne l’aurait pas quittée en la laissant seule en ce moment.
Emu de compassion, Louis s’avança vers Tanty Bayi qui, comme si
elle n’attendait que ça, se jeta dans ses bras. Louis et Tanty Bayi étaient
l’un dans les bras de l’autre, plantés au milieu du salon. Tanty Bayi
poussait de petits gémissements et Louis la consolait. Au fur et à mesure
que passaient les secondes, l’étreinte se serrait. Puis ce qui au départ
était seulement une embrassade de consolation se transforma en une étreinte
amoureuse. Tanty Bayi qui maintenant serrait Louis très fort dans les bras,
lui vissa la bouche contre la sienne. Le baiser partit, langoureux. La dame
menait les débats. Louis était comme dans un monde surréel. Dopé par
l’alcool, il commença timidement à participer au jeu. Puis l’appétit venant
en mangeant, il s’activa. Il palpait maintenant à pleine main la poitrine de
Tanty Bayi. Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la chambre à
coucher de la dame. Tanty Bayi allongée sur le dos s’offrait les jambes
écartées pendant que Louis pompait furieusement. Le jeune homme passa cette
nuit dans le lit de la mère de son ami.
Depuis lors, les choses ont commencé à se gâter entre Louis et
Edwige. Louis qui passait désormais son temps au beurre, était allé jusqu’à
dire à Edwige qu’il ne voulait plus d’elle. Les espoirs d’une dizaine
d’année en une nuit, ruinés. Pauvre Edwige !
Kayissan |
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Le Changement 164 du jeudi 19 mars 2009 |
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Remis de sa maladie : Bob Akitani de retour à Lomé pour
soutenir le candidat commun de l’opposition |
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Il n’est un secret pour personne que quelques jours après la
proclamation définitive des résultats de l’élection présidentielle d’Avril
2005, le candidat de la coalition des six partis de l’opposition (UFC, CAR,
CDPA, UDS-Togo, ADDI et PSR) Akakpo Emmanuel Akitani Bob, était tombé
gravement malade et évacué d’urgence en Europe pour des soins intensifs.
Souffrant d’un malaise cardio-vasculaire qui l’avait complètement
terrassé, il était admis à l’hôpital américain de Paris puis au Centre
Hospitalier de Lille où il a passé plusieurs mois.
L’état de santé préoccupant du «vieux» faisait couler
beaucoup d’encre et de salive et suscitait dans l’opinion, beaucoup de
commentaires. Personne ne croyait qu’il pourrait survivre. Mais Dieu merci,
Bob Akitani s’est remis de sa maladie et est rentré à Lomé pour apporter son
soutien au candidat commun de l’opposition.
En ce qui concerne la situation politique du pays, Bob Akitani
souligne qu’il s’informe au jour le jour sur tous les événements. «… Je
demande aux membres de mon parti, aux responsables du CAR et à l’opposition
démocratique de tenir bon. Car, j’ai foi en la victoire de l’intelligence
sur la barbarie dans mon pays. Cela est et demeure le combat de ma vie. Je
ne suis pas prêt à renoncer. Notre cause est juste ; elle triomphera… Le
peuple renouera avec la liberté, l’initiative, la foi dans des lendemains
qui chantent. J’ai vécu, très mal vécu la répression sauvage qui s’était
abattue sur les jeunes qui refusaient un système mafieux. … Je ne cesserai
jamais de mener ma lutte. La victoire est très proche. Soyons donc unis pour
mener cette lutte», a laissé entendre M. Akitani déterminé à reprendre
son combat cette année. Il est à Lomé depuis plus d’un mois et entend
revenir sur la scène politique pour les échéances de 2010.
L. C.
Une manœuvre en cours au CPDC : Une opposition de façade
Depuis le début du mouvement démocratique, feu Gnassingbé Eyadema a utilisé
une manœuvre consistant à faire croire à l’opinion internationale que le RPT
a agi à travers les différents processus de concertation ou de gestion du
pays en entente avec une aile de l’opposition qualifiée tour à tour de
modérée, de constructive, de lucide…
En fait, personne n’est dupe de la manœuvre. Il s’agit en réalité d’une
opposition de façade au régime. Et ce n’est pas par hasard que la manœuvre
n’a jamais fonctionné et n’a fait qu’aggraver le déficit démocratique dont
souffre le Togo. Malgré cela, l’héritier, Faure Gnassingbé s’emploie à
vouloir reprendre pour son compte la manœuvre.
C’est dans cette logique qu’il cherche à faire venir en renfort au RPT dans
le Cadre Permanent de Dialogue la CDPA, la CPP et le PDR. Tout le monde sait
que lors d’un Conseil des Ministres tenu par le Gouvernement d’Union
Nationale en mai 2007, soit, bien avant les élections législatives d’octobre
2007 et auquel ces trois formations politiques ont participé, il a été
décidé que seuls les partis politiques qui auront réalisé 5% des suffrages
seront habilités à siéger dans le Cadre Permanent de Dialogue. Il s’est
trouvé que les trois formations politiques en question n’ont pas rempli la
condition convenue.
En cherchant, à remettre en selle les trois partis politiques, en dépit de
leur disqualification par le peuple, le Président Faure veut faire croire
aux Togolais et à la communauté internationale qu’ils continuent à exister,
de façon à pouvoir s’en servir pendant les discussions au sein du Cadre
Permanent de Dialogue et au cours de la préparation de l’élection
présidentielle de 2010. Et c’est bien entendu sous l’étiquette d’opposition
dite traditionnelle que ces partis auront à intervenir. De sorte que si,
excédée par les violations graves de l’APG par le RPT, le CAR et l’UFC
viennent à être acculés au boycott, le régime n’aura pas à se gêner pour
montrer que le processus s’est déroulé avec la participation de
l’opposition, dès lors que la CDPA, la CPP et le PDR y ont été présents.
C’est ainsi que le père a procédé d’élections en élections.
C’est la même manœuvre que le fils veut reprendre. L. C.
Six mois après sa nomination :
Quel bilan pour
le Premier ministre Houngbo ?
La nomination de M. Gilbert Fossoun Houngbo à la primature avait
suscité beaucoup d’espoir. Certes, l’homme était inconnu de l’écrasante
majorité des Togolais. Mais son parcours et sa provenance l’avaient crédité
d’une appréciation favorable au sein de l’opinion. Le nouveau Premier
Ministre, un technocrate était avant sa nomination, un haut fonctionnaire du
système des Nations Unies.
Sur le plan strictement politique, nombreux étaient ceux qui
avaient conclu que Faure Gnassingbé avait désormais trouvé chaussure à son
pied et qu’avec son jocker Houngbo, il venait de se baliser la voie pour
2010.
De fait, dès les premiers jours de sa nomination, le Premier
ministre avait donné le ton. Dans son discours programme devant l’Assemblée
nationale, il avait présenté un plan d’urgence dont la mise en œuvre devait
permettre d’améliorer le quotidien des Togolais. Et au surplus de ce plan
d’urgence, il avait pris l’engagement d’améliorer effectivement le quotidien
des Togolais dans un délai de six mois.
Cet engagement avait accru le capital de confiance dont disposait
le nouveau Premier ministre. C’était en effet la première fois au Togo qu’un
Premier ministre prenait un tel engagement et se donnait à l’appui, un délai
d’exécution
Mais à l’Assemblée nationale, l’unanimité n’a pas été faite autour
du programme du Premier ministre. Seul le RPT lui avait voté sa confiance.
L’UFC avait voté contre le programme et le CAR s’était abstenu.
A l’UFC, on a estimé que le nouveau Premier ministre n’a en
réalité rien dit de neuf. On pense qu’il a, comme ses prédécesseurs,
présenté un catalogue de bonnes intentions, sans apporter réellement une
preuve quelconque qu’il a les moyens de les transformer en réalité concrète,
les intentions proclamées.
Qu’à cela ne tienne, les seules voix du RPT ayant suffi pour
renvoyer le nouveau Premier ministre à ses fonctions, Gilbert Fossoun
Houngbo s’installe à la Primature. Aujourd’hui six mois après, il est
indiqué de procéder, ne serait-ce qu’à grands traits, à un petit bilan pour
se demander ce qui a pu changer dans le quotidien des Togolais, depuis que
le technocrate venu du PNUD a pris fonction.
C’est un Gilbert Fossoun Houngbo enthousiaste et débordant
d’optimisme qui avait pris fonction sur des chapeaux de roue. Dès le premier
Conseil des ministres, la couleur a été annoncée. Afin de soulager les
parents d’élèves, le gouvernement avait décidé de les dispenser du paiement
de l’écolage dans les écoles préscolaires et primaires du secteur public. On
annoncera plus tard, des projets de construction ou d’ouverture
d’infrastructures sanitaires dans plusieurs localités, pour rapprocher les
services des populations. De même, de nouveaux établissements scolaires et
des centres d’enseignement technique ont ouvert leurs portes à Lomé et à
l’intérieur du pays. Le personnel de l’Education nationale a été renforcé et
pour améliorer la qualité de l’enseignement, les écoles normales
d’instituteurs qui avaient fermé leurs portes depuis plusieurs années ont
été rouvertes.
Afin de renforcer l’Adminis-tration publique et en profiter pour
réduire un tant soit peu le taux de chômage, les résultats du concours
national de recrutement dans la Fonction publique ont été proclamés.
Initialement prévu pour engager 3.000 personnes, ce concours aura finalement
donné à 4.000 Togolais, l’opportunité de travailler dans la Fonction
Publique.
Sur le plan de la santé, outre la construction et l’équipement des
infrastructures sanitaires évoqués plus haut, le gouvernement a récemment
pris la décision de rendre gratuit, l’accès aux médicaments anti-rétroviraux
aux malades qui s’approvisionnent auprès de la CAMEG.
Sur le plan social, le gouvernement a procédé à la révision à la
hausse du SMIG et du SMAG. Une décision guidée par le souci de renforcer le
pouvoir d’achat des couches les plus démunies face à la cherté de la vie.
Il s’agit là de quelques exemples pris dans le tas. Au regard de
tout ceci, on ne peut donc pas dire que depuis son arrivée aux affaires, le
Gouvernement Houngbo n’a rien fait. Mais la question se pose de savoir si le
Premier ministre a rempli son contrat. En clair, six mois après sa prise de
fonction, le Premier ministre a-t-il changé le quotidien des Togolais ?
A cette question, la réponse est naturellement non. Le changement
attendu n’est pas arrivé. Les actions du Premier ministre qui valent ce
qu’elles valent, manquent cruellement de visibilité et n’ont aucun effet
sensible sur la vie des Togolais. Le panier de la ménagère reste
désespérément vide.
Il y a quelques jours, une délégation du FMI au terme d’une
mission dans notre pays avait décerné son satisfecit par rapport à la
gouvernance au Togo. Selon le communiqué rendu public à cet effet, notre
pays aurait fait d’importants efforts sur le plan économique.
Cette situation est d’autant plus paradoxale qu’elle tranche
radicalement avec la situation et les conditions de vie des Togolais. Les
sociétés considérées comme les poumons de l’économie nationale ont poursuivi
leur descente aux enfers. Il n’y a pas longtemps, les employés de l’ex OTP
ont été licenciés par centaines. La SOTOCO a été dissoute et ses employés
devraient connaître dans les jours à venir, le même sort que leurs collègues
de l’ex OTP.
Pendant ce temps, le Premier ministre semble avoir pris le pli du
pouvoir RPT. On le voit au cours des déplacements folkloriques du Chef de
l’Etat à l’intérieur du pays, prendre la parole pour haranguer les foules,
alors que certains observateurs semblent découvrir une baisse de régime dans
son rendement.
Nous n’avons pas la prétention de juger le Premier ministre. Au
contraire, nous comprenons que l’homme se soit rendu compte a posteriori
qu’il avait sous estimé la situation qui prévalait au Togo et qu’il s’était
un peu trompé sur l’atmosphère dans laquelle il était appelé à travailler.
On ne travaille pas avec le régime RPT comme on le fait au sein du système
des Nations Unies.
Le plus important pour nous serait que le Premier ministre puisse
tirer des enseignements de ces six derniers mois afin de mieux aborder les
jours pleins d’enjeux qui s’annoncent.
Nous y reviendrons.
L. C.
Prison civile de Lomé : Un détenu politique dribble ses gardes et s’évapore
dans la nature
Le détenu politique Hermès da Silveira Woamédé dont l’arrestation
et le déferrement à la Prison Civile de Lomé en 2005 ont fait couler
beaucoup d’encre et de salive au Togo comme à l’étranger, est depuis le
mardi 10 mars 2009, un homme libre entièrement à part.
Pour s’évader de la prison où il croupissait depuis quelques
années sans savoir pourquoi, il a selon les dires, usé d’un stratagème qui a
plutôt bien marché pour lui. Admis au cabanon pour des raisons de santé, il
serait quelques jours après, parvenu à négocier sur fond d’espèces sonnantes
et trébuchantes avec ses gardes, les sergents-chefs Doudou et Semdja Soudou
et un autre sergent,une excursion nocturne à son domicile pour procéder au
désengourdissement de ses nerfs à travers une ballade au 7e ciel
avec son âme sœur. Le sergent-chef Doudou qui a été désigné pour accompagner
le «bagnard» dans sa randonnée d’alcôve, était aux petits soins.
Confortablement installé au salon, il eut droit à une bière offerte par le
prisonnier qui, après coup, était allé rejoindre sa partenaire dans la
chambre à coucher. Le Sergent-chef Doudou qui «sifflait»
tranquillement «sa mousseuse» était à mille lieues d’imaginer que «son»
prisonnier censé tourner et retourner sa femme dans le lit, pouvait se
livrer à autre chose. Réalisant sans doute que les ébats avaient baissé
d’intensité, il ouvrit brusquement la porte de la chambre à coucher et
demeura figé devant le spectacle : «son» prisonnier avait disparu.
Seule la femme se trouvait sur le lit en slip. Que s’était-il passé entre
temps et comment Hermès da Silveira avait-il pu s’échapper ? Telles sont les
questions auxquelles les trois gardes interpellés et mis en détention sont
tenus de trouver réponses.
D’aucuns pensent qu’il pouvait s’agir d’un coup monté en
complicité avec les autorités pénitentiaires alors que pour d’autres, c’est
plutôt le prisonnier qui pouvait arriver à tromper la vigilance de son
garde.
D’après nos informations, ce n’est pas la première fois que des
détenus bénéficient de la faveur des gardes pour aller vadrouiller en ville
pendant la nuit au mépris des textes en vigueur.
M. Hermès da Silveira n’est pas un prisonnier de droits communs.
Aux yeux du pouvoir RPT, c’est un élément dangereux pour la sécurité du
Président Faure Gnassingbé. Officiellement, il est arrêté avec cinq autres
personnes dans une affaire de coup d’Etat contre Faure Gnassingbé peu après
son accession au pouvoir en 2005.
Président d’un mouvement international dénommé : «Alliance
des Patriotes pour l’Unité et l’Action», M. Hermès da Silveira et
ses compagnons n’ont jamais été jugés. Maintenant qu’il s’est évaporé dans
la nature, on attend de voir le sort qui sera réservé à ses compagnons.
Jacqueline Nyarley Tarsi
Grand meeting d’information ce dimanche à 14 h à la Place Fréau Jardin :
Gilchrist Olympio attendu
Le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC), M. Gilchrist
Olympio annonce un grand meeting populaire ce dimanche 22 mars 2009 à la
place Fréau Jardin (actuel Place Anani Santos) à 14 heures.
Cette rencontre qui verra, sous réserve de modification de
calendrier, la participation active du leader de ce parti, Gilchrist Olympio
abordera des thèmes relatifs au Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC), comment le CPDC évolue, les mascarades électorales et
le tripatouillage des textes en cours par le RPT, la tentative d’extension
du CPDC à d’autres formations politiques à savoir le PDR, la CPP et la CDPA
en violation des textes, le contenu du CPDC, les points d’accords et de
désaccords, les relations actuelles entre l’UFC et le CAR, … et les
perspectives d’avenir de l’UFC.
Pour mener à bien ce meeting, le Président de l’UFC appelle les
militants et sympathisants de son parti à sortir massivement pour écouter le
message.
Gilchrist Olympio sera entouré de ses plus proches collaborateurs
dont Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre qui participent souvent aux travaux
du CPDC.
Rendez-vous donc ce dimanche 22 mars 2009 à la place Fréau à Lomé.
Amou
Gabriel Améyi et
Rock Gnassingbé à couteaux tirés
(Les raisons
de cette guéguerre)
«Mon ami, doucement. Je ne suis même pas encore bien assis dans
mon fauteuil de Président de
la FTF. D’abord, il faut que tu viennes régulièrement aux réunions et le
reste on verra. Tu as ma parole de militaire».
«Mon frère, ce n’est pas ce qu’on s’est dit avant que tu ne
sois élu Président. L’accord conclu, c’est que je t’installe dans le
fauteuil et tu m’aides à récupérer mes marchés au Port», c’est en ces
termes qu’un confrère de la place, à travers deux caricatures – l’une
représentant le Président de la Fédération Togolaise de Football, le Lt-Colonel
Rock Balakyèm Gnassingbé et l’autre M. Gabriel Améyi, 1er Vice-Président
de la FTF – racontait à travers un humour noir, la nouvelle guéguerre qui
vient de naître entre les deux hommes de la Fédération.
En effet, de sources proches de la FTF, rien ne va entre Rock
Gnassingbé et Gabriel Améyi.
Malgré les efforts des Ministres Pascal Bodjona et Christophe
Tchao pour remettre les pendules à l’heure, la crise comme par hasard vient
de pointer, une fois encore, son nez à quelques pas du match décisif
Togo–Cameroun.
A tort, on avait cru qu’après le départ de Tata Avlessi et tous
ceux qu’on traitait de mauvaises graines dans le bureau précédent, les
choses allaient se normaliser après l’élection du fils à Papa grâce à Améyi
qui, à la dernière minute, a dû mettre tout son poids dans la balance.
Pourquoi une nouvelle guéguerre ?
En effet selon nos informations, tout part du fait que le nouveau
Président de la FTF n’aurait pas respecté un deal qui serait conclu entre
lui et Améyi. Il ressort des termes de ce deal que Gabriel Améyi mettra son
électorat à la disposition de Rock Gnassingbé contre Tata Avlessi et Winny
Dogbatsè au moment du congrès électif de la FTF et que, une fois élu,
Gabriel aura donc à récupérer son marché de fournitures de bois au Port
Autonome de Lomé que ce dernier a, entre temps, perdu. Ce serait, selon nos
sources, l’accord secret conclu entre Rock et Améyi à quelques heures du
congrès du 18 janvier passé. On se rappelle qu’au départ, lorsqu’il s’était
agi de former des listes, Gabriel Améyi aussi avait formé sa liste à part.
Mais à la surprise générale, l’homme de Womé avait rallié le camp Rock,
donnant la victoire à ce dernier. On apprendra par la suite que si Gabriel
Améyi a finalement lâché pour soutenir Rock, c’est parce qu’il avait été
conclu un deal. Aujourd’hui, le mécontentement d’Améyi s’expliquerait par le
fait qu’il peine à retrouver son marché de fourniture de bois au Port comme
promis. Pour marquer sa désapprobation, Gabriel Améyi a décidé de briller
désormais par son absence aux réunions de la FTF. Idem pour certains proches
de ce dernier. Interpellé plusieurs fois par le Président de la FTF, Gabriel
Améyi refuserait d’entendre raison.
On souligne ailleurs qu’au-delà de cette guéguerre s’ajoute le
fait que le souhait d’Améyi est que Rock Gnassingbé nomme Espoir Assogbavi
au poste du Secrétaire Général de la FTF. Des sommités de la CAF seraient
intervenues dans ce sens après les démarches d’Améyi et d’Assogbavi auprès
de celles-ci. Mais en lieu et place, c’est Reinhardt qui est finalement
nommé. Tous ces problèmes réunis, feraient d’Améyi un véritable nerveux
contre son patron. Rock pour sa part estime que l’attribution du marché de
bois et le renouvellement de ce contrat relèvent de la seule décision du
Directeur Général du Port. Qui a raison et qui a tort ? Pour l’heure, il est
trop tôt de faire des commentaires sur ces deux hommes déjà à couteaux
tirés.
Nous y reviendrons.
Amou
Secrets d’alcôve :
Le métayer
Depuis deux jours, la pluie n'avait pas cessé de tomber. Et ce
soir-là, il pleuvait encore des cordes sur cette petite ville de la Région
des Plateaux. Assis dans son fauteuil, Tonton Désiré regardait une émission
à la télé, tandis que Tata Léa, sa jeune épouse, était déjà rentrée se
coucher. Brusquement, tout s'arrêta. L'obscurité envahit la ville. On venait
de couper le courant électrique. C'était toujours ainsi en temps de pluie
dans cette ville comme partout à l'intérieur du pays. Tonton Désiré poussa
un juron et maudit ceux qui, après plusieurs décennies d'indépendance,
n'étaient pas encore parvenus à alimenter régulièrement les villes en
électricité. Il se leva, vérifia si tous les volets étaient bien fermés et
se dirigea d'un pas nonchalant, vers sa chambre. C'aurait été à une autre
époque, il se serait directement dirigé vers la chambre de Tata Léa. Mais
maintenant, il n'était plus à fleur d'âge et on lui avait conseillé de
revoir à la baisse, le régime de ses activités sexuelles.
Tonton Désiré ou plutôt Tonton D comme beaucoup aimaient l'appeler
était un homme dont on pouvait dire qu'il menait désormais une seconde vie.
II avait travaillé jusqu'à sa retraite comme agent de cadre dans une
institution financière de la place. C'était un homme aisé qui avait tout
pour être heureux. Quelques années après qu'il ait commencé à travailler, il
avait épousé Lucie, une belle et jeune fille qui venait de sortir
fraîchement diplômée de l'Ecole des Sages Femmes. De leur union étaient nés
quatre enfants que Tonton D avait envoyés l'un après l'autre, poursuivre
leurs études en Europe.
Restés seuls au pays, Tonton D et sa femme pouvaient encore se couler des
jours heureux. Mais très souvent, les hommes aiment tourner le dos au
bonheur. Tonton D qui avait été au départ, un bon mari, avait commencé à
"déconner". Il rentrait de plus en plus tardivement du boulot et refusait
systématiquement que sa femme lui adresse le moindre reproche. Dans
l'intérêt du foyer, Lucie sa femme ne voulait pas en découdre avec lui. Sa
maman lui avait appris qu'on n'utilise pas la manière forte avec un homme.
Il y a plusieurs autres moyens pour apprivoiser son mari. Lucie a tout
essayé mais rien n'y fit. Au fil du temps, la situation s'empirait. C'était
désormais établi que Tonton D entretenait des relations extraconjugales. Il
lui arrivait maintenant de partir en voyage avec ses conquêtes ou de
découcher.
La vie avait tourné au cauchemar pour Lucie, une femme qui avait
tout pour être heureuse mais que son mari rendait malheureuse. Au départ,
elle n'avait voulu rien dire de ce qui se passait aux enfants. Mais vu
l'allure que prenaient les choses, elle finit par leur rendre compte de la
nouvelle conduite de leur papa. Deux des quatre enfants qui étaient
désormais de grandes personnes et avaient une petite situation en Europe
étaient revenus au pays pour tenter de rappeler Tonton D à l'ordre. Durant
les deux semaines qu'ils avaient passées au pays, Tonton D avait fait preuve
de sagesse. Mais, aussitôt les enfants repartis, les mauvaises habitudes
revinrent au galop. Les enfants décidèrent alors de faire venir leur maman
auprès d'eux en Europe, le temps pour elle d'oublier un peu ses soucis et
d'amener leur papa à réaliser le mal qu'il leur faisait.
Le départ de Lucie pour l'Europe ne fit pratiquement aucun effet
sur la conduite de son mari qui, au lieu de se ressaisir, avait plutôt versé
davantage dans la débauche.
A la veille de sa retraite, il s'était fait construire une
coquette villa dans une petite ville de la Région des Plateaux et s'en
servait comme résidence de campagne. C'est là qu'il avait décidé de
s'installer finalement après sa retraite avec Tata Léa l'une de ses
maîtresses.
Tata Léa était beaucoup plus jeune que Tonton D. L'homme aurait pu
même être son père. Mais elle a accepté vivre avec lui pour son argent. Dans
la petite ville où ils s'étaient installés, il y avait tout. Tonton D avait
acheté de vastes hectares de terrains ruraux et investi dans l'agriculture.
Depuis qu'il a quitté son foyer conjugal, il a coupé les liens avec tout le
monde. Plus aucun membre de sa famille ne lui rendait visite. Les enfants
ont finalement recueilli leur mère qui vivait avec eux en Europe.
Tonton D avait un neveu, David. C'était la seule personne avec qui
il s'entendait encore. David était étudiant à l'Université de Lomé. Il
bouclait sur le campus trois bonnes années sans avoir jamais réussi. Il
était ce qu'on appelait, un "cartouchard". C'était un jeune homme qui, à
vrai dire, n'avait pas la tête aux études. Il était plus touriste
qu'étudiant. Il passait le plus clair de son temps à s'amuser, à siffler les
jeunes filles et à se livrer à des plaisirs frivoles.
Pendant les vacances, David aimait beaucoup aller rendre visite à
son oncle. Cela plaisait beaucoup à Tonton qui avait l'impression d'avoir
encore de la famille. Il s'occupait très bien du jeune homme qu'il traitait
comme son propre fils. David ne se laissait pas prier pour abuser de la
générosité de son oncle qui lui donnait tout. Il arrivait même qu'il prenne
sa voiture pour des randonnées sur des pistes de campagne.
Les relations entre David et la femme de son oncle aussi étaient
bonnes. Peut-être même trop bonnes. Chaque fois que David arrivait, c'était
la bonne ambiance à la maison. Le jeune homme savait raconter des histoires
drôles qui amusaient Tonton D et Tata Léa. Parfois, lorsque David partait
pour ses randonnées, Tata Léa le suivait. Assise à côté de lui dans la
voiture, ils se baladaient dans la campagne.
Plus le temps passait, plus les relations entre Tata Léa et David
se raffermissaient. Ils étaient presque de la même classe d'âge et le
courant passait plus aisément entre eux qu'avec Tonton D, un retraité d'une
autre génération. Au fil du temps, une sorte de complicité était née entre
les deux jeunes gens devenus si familiers qu'ils pouvaient se faire des
confidences.
C'est ainsi qu'un jour, au cours d'une promenade, Tata Léa avait
fait part d'une préoccupation à David. Elle lui avait raconté qu'elle avait
depuis un certain temps, quelques problèmes avec Tonton D dont le rendement
a sensiblement baissé au lit. Lui qui était si friand du fruit fendu,
passait désormais des semaines sans la toucher. Ce qui était devenu un sujet
d'inquiétude pour elle.
David écouta attentivement la complainte de Tata Léa puis lui
répondit après qu'elle lui eût tout dit, que c'était un problème réel qu'il
pouvait l'aider à résoudre.
Un jour, alors que Tonton D était parti pour Atakpamé, Tata Léa
aborda de nouveau le dossier avec David. Elle lui reprochait de n'avoir rien
fait pour trouver une solution à son problème. Assis dans un fauteuil au
salon, David écouta les propos de la jeune femme. Sans savoir quoi faire, il
se leva, se dirigea vers elle et entreprit de la consoler. Il comprenait
bien ce qui lui arrivait. Mais il pensait que ce n'était que conjoncturel.
Avec le temps, tout pouvait redevenir normal. Comme pour réconforter la
jeune femme, il lui prit les mains tout en parlant.
Tata Léa, les larmes pleins les yeux s'était à son tour rapprochée
le plus possible de David. Quelques secondes plus tard, par quelle magie on
ne sait, les deux jeunes gens étaient dans les bras l'un de l'autre. Tata
Léa reniflait la tête posée sur l'épaule de David qui bredouillait quelques
mots inaudibles à son oreille, en guise de consolation. Ils restèrent là,
plantés au centre du salon pendant quelque temps. Puis, consciemment ou non,
l'étreinte se resserra. Quelque chose s'était passé dans la tête de David
qui ressentait maintenant quelque chose dans le corps. Une fraction de
seconde, il voulut se dégager mais ne put que se coller davantage à la jeune
femme. Leurs lèvres se rencontrèrent alors dans un baiser chaud. Tata Léa
était une femme sensuelle et cela se voyait. Elle entraîna alors David vers
sa chambre à coucher.
Une fois sur place, elle prit les événements en mains. Elle déboutonna la
chemise du jeune homme, et découvrit une poitrine musclée et velue comme
elle aime. Elle passa sa main dans les poils et saisit le bout de son
mamelon entre le pouce et l'index. David eut une intense sensation de
plaisir. Il poussa légèrement Tata Léa qui fit quelques pas à reculons et se
laissa choir sur le lit. David n'avait pas perdu son temps. Il était déjà
sur elle. Tout en tenant à pleines mains les seins fermes de la femme, il
pompait furieusement. Les reniflements de Tata Léa s'étaient rapidement
transformés en feulements de plaisir. On sentait vraiment qu'elle avait
envie de s'envoyer un l'air. Elle tournait comme une toupie et encaissait
les coups de boutoir de David. Ils ne mirent pas long pour atteindre le 7e
ciel.
Depuis, ils ont remis l'ouvrage sur le métier chaque fois que
l'occasion se présentait. Tonton D quant à lui, respectait les consignes de
son médecin sans savoir que son neveu cultivait son champ. Drôle de métayag
!
Kayissan
Kaléidoscope
Quand
la FTF se
cherche
A moins de deux semaines du derby «Les Eperviers du Togo # Les Lions
indomptables du Cameroun» tant redouté au Togo et au Cameroun, aucune
visibilité n’est perceptible pour ce qui est des préparatifs au niveau de la
Fédération Togolaise de Football. Après la conclusion sous le feu des
caméras, du contrat avec le Belge Jean-Thissen en tant que sélectionneur et
Directeur technique des équipes nationales de football du Togo, pour 18
mois, et l’envoi d’une délégation au Ghana pour s’occuper des questions de
logistiques liées au stade d’Accra retenu pour accueillir la rencontre, rien
de concret ne semble mis en œuvre par la FTF pour multiplier les chances de
qualification du Togo. Or il nous revient constamment et de sources sûres
que l’équipe adverse qui, pourtant, regorge des célébrités du football
africain, prenant la mesure de l’événement, ne badine pas avec les séances
d’entraînement. Quant aux Eperviers qui ne manqueront sûrement pas
d’arguments à faire valoir devant les Camerounais, ils partent avec quelques
handicaps sérieux. L’attaquant Emmanuel Adébayor Shéyi blessé, ne serait pas
au mieux de sa forme. C’est ce qui expliquerait son absence de l’effectif du
club anglais d’Arsenal où il évolue, ces dernières journées. En dehors du
ballon d’Or africain 2008, le cas Agassa Kossi retient l’attention. Le
portier titulaire des Eperviers ne se serait pas remis complètement de ses
blessures au genou. Cette situation qui devrait appeler la FTF à mettre les
bouchées doubles, ne semble émouvoir personne au sein de l’instance
dirigeante du football. Au sommet de la FTF, on semble beaucoup plus
préoccupé par des lauriers (tressés par de soi-disant membres de la diaspora
togolaise en Allemagne), que le soleil aura tôt fait de sécher. On semble
oublier que les véritables lauriers seront ceux qui seront offerts aux
responsables de la fédération lorsque, une fois qualifiés pour la
CAN-Mondial 2010, les Eperviers n’y feront plus de la figuration.
Une pierre dans le jardin de Titikpina
Après la petite trêve consécutive à la descente musclée des agents
de forces de sécurité sur le terrain, la haute criminalité, les vols à main
armée, les braquages ont repris. Le corps d’un individu non identifié ayant
trouvé la mort dans des circonstances non élucidées, jeté dans les rails de
Tokoin Dogbéavou, un quartier de Lomé, écrasé par le train dans la nuit du
jeudi 12 mars 2009. Dans la même semaine, un individu, a été dépouillé de
150.000 F CFA qu’il portait sur lui, est retrouvé au rond point Bè aéroport
complètement groggy. Il a été atrocement blessé par les malfrats. A Dévégo
en revanche, quatre malfrats ayant subtilisé une voiture et une forte somme
d’argent à une personne à Ablogamé ont été arrêtés, lynchés et brulés par
les populations suite à une course poursuite engagée par des zémidjan.
Malheureusement, le cinquième larron a pu échapper à ses poursuivants pour
finalement disparaître dans la nature avec le magot. La voiture à bord
duquel ils fuyaient s’étant embourbée dans une zone marécageuse à Dévégo,
d’après les témoignages recueillis, n’a pas été endommagée.
Cette escalade de l’insécurité doit interpeller les responsables
ayant en charge la sécurité et la protection civile, dans le sens de
redoubler de vigilance sur le terrain. N’eussent été la vigilance, la
détermination et la témérité des Zémidjan et des jeunes d’Ablogamé et de
Dévégo, aucun des malfrats n’aurait été arrêté. Si ces braves garçons sont à
féliciter pour leur intervention, la méthode du lynchage populaire et le
supplice du feu ne sont pas à encourager. Il faut donner la possibilité aux
malfrats de répondre de leurs actes devant les tribunaux et de les assumer
conformément aux textes en vigueur. Nous devons éviter les contextes qui
amènent la rue à se faire elle-même justice pour éviter de tomber dans
l’état de nature qui est celui du non droit. C’est pour cette raison que
plus que jamais les forces de l’ordre doivent tout mettre en œuvre pour
relever le défi. Indubitablement, les cas d’insécurité relevés ici et là ces
derniers jours, constituent une pierre lancée dans le jardin du Colonel
Titikpina.
Nicolas Lawson n’a pas tort de rêver
Le Président du PRR Nicolas Lawson n’est pas un opposant de la
onzième heure. Son opposition au régime RPT remonte à 1976, une époque où
peu de Togolais ou pratiquement aucun sur le territoire n’osait se poser
dans le collimateur du parti Etat RPT. Nicolas Lawson est donc un opposant
historique qui a été de toutes les batailles.
A ceux qui ne le savent pas encore, le Président du PRR s’est fait
lundi dernier, le plaisir de le leur signifier. L’homme qui a vaillamment et
brillamment participé à la conférence nationale qui a été à toutes les
batailles en l’occurrence à celles de la liberté, d’opinion et d’expression
et de l’avènement de l’Etat de droit au Togo, estime être le seul en mesure
de trouver les solutions requises aux problèmes togolais. En conséquence, il
se déclare candidat à la présidentielle de 2010 avant même l’ouverture
officielle des candidatures. Nicolas Lawson débite à la régularité d’un
métronome, tout un arsenal de dispositions et d’orientations à mettre en
œuvre pour restaurer leur dignité aux Togolais et remettre le pays sur les
rails du développement.
Mais dans l’opinion, le cas Nicolas Lawson suscite beaucoup
d’interrogations et de spéculations plus ou moins élogieuses à l’endroit de
l’homme. Comment se demande-t-on, Nicolas Lawson, parvient-il à jeter tous
les cinq ans plus de 20 millions de F CFA dans le feu sous prétexte de se
porter candidat aux présidentielles ? Quelles sont au juste ses sources de
revenus ? Comment peut-on s’opposer farouchement à un régime comme il le
prétend et dans le même temps, s’employer à nouer des relations entre ce
régime et une famille politique d’un Etat voisin à l’époque très redouté par
ce pouvoir ?
Dans l’opinion où il n’est considéré pour le moment que comme un
ambianceur politique, Nicolas Lawson est un devenir. La position du peuple
par rapport à ses idées sera sans doute fonction de ce qu’il aura fait voir
à l’opinion en tant qu’opposant. Pour le moment, il n’a pas tort de rêver en
attendant la suite des événements. Comme d’ailleurs tous les politiciens de
son envergure.
Edem Kodjo sous les projecteurs
A peine l’ancien Premier Ministre Togolais Edem Kodjo nommé facilitateur
dans la crise malgache par le Secrétaire de l’OIF Abdou Diouf, a-t-il «pris
fonction» qu’on assiste à des rebondissements qui laissent croire que
les Malgaches désirent laver eux-mêmes leur linge sale en famille.
Sur le terrain, en moins de 48 heures, les choses se sont
déroulées très rapidement, les deux Palais de la Présidence ont été
successivement investis par les opposants et l’armée qui aux premières
heures, semblait s’en tenir à la Constitution en s’interdisant de faire un
coup d’Etat. Le Président Ravalomanana qui brandissait son mandat électif
pour refuser de démissionner de ses fonctions comme l’exigeait l’opposition
a fini par rendre sans coup férir, son tablier.
La radicalité de la situation à laquelle assistaient impuissants
depuis quelques jours, la médiation des églises chrétiennes malgaches et les
représentants de la communauté internationale, semble évoluer à grands pas
vers un dénouement à la Malgache. Pour le moment, tout se joue entre l’armée
et l’opposition en attendant un règlement légal à la crise.
Ceux qui, compte tenu des tournures surprenantes de la situation,
imaginaient Edem Kodjo, un ambassadeur sans interlocuteur, doivent se
raviser. C’est le moment propice pour le chantre du «Grand Pardon» de mettre
en branle les grands axes de sa «doctrine». Au Togo, personne ne
doute des qualités intrinsèques de l’homme à assumer avec brio la mission à
lui confiée. Il mettra ses capacités intellectuelles, politiques et
philosophiques qui sont impressionnantes pour mériter la confiance de l’OIF.
Pour nombre de Togolais, la nomination de l’Ancien Secrétaire
Général de l’OUA, vient à point nommé pour le délivrer des tourmentes où l’a
plongé sa carrière politique depuis que son parti réalise des scores
confidentiels aux élections. Pour se remettre de cette douloureuse réalité
que le poste de ministre d’Etat à la présidence de la République n’a pas pu
dissiper, il affiche désormais un goût très prononcé pour la théologie. En
dehors des cours de patrologie qu’il dispense dans un institut catholique de
la place, il publie «Les Pères de l’Eglise», un ouvrage fort
documenté qui dévoile au lecteur toute la dimension de la connaissance
théologique de l’auteur. Cette mission de facilitateur peut, une fois
encore, le propulser sous les projecteurs. |
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Le Changement #163 du 12 mars 2009 |
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Edem Kodjo
nommé Envoyé Spécial de la Francophonie à Madagascar |
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 Le
secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf a nommé l’ancien Premier
ministre togolais Edem Kodjo envoyé spécial à Madagascar, pour «contribuer
à une sortie durable de la crise» dans la grande île de l’Océan indien,
a annoncé l’OIF dans un communiqué mardi.
M. Kodjo «se rendra à Antananarivo du 12 au
19 mars 2009 pour une première mission d’information et de contacts»,
précise l’OIF, qui rappelle que Madagascar, pays membre, doit abriter le
prochain sommet de la Francophonie à la fin 2010.
Madagascar est plongée depuis la mi-décembre dans une grave crise politique
née d’un conflit entre le président Marc Ravalomanana et l’ex-maire de la
capitale Andry Rajoelina.
Au moins une centaine de personnes sont mortes depuis le 26 janvier dans les
violences qui ont émaillé le conflit.
La question se pose maintenant de savoir si M. Edem Kodjo sera à la hauteur
des attentes. Nous ne doutons pas des qualités intrinsèques de l’homme. Mais
la politique, nationale et internationale ont aussi leur logique et leurs
pesanteurs.
L’origine de l’envoyé spécial de l’OIF risque de militer contre lui. Car,
depuis plusieurs années déjà, le Togo n’est plus une référence de paix en
Afrique. Et Edem Kodjo est justement l’un des acteurs politiques de premier
plan du Togo. Sa théorie du «grand pardon» n’a pas empêché les
Togolais de vivre les dures réalités de la violence politique. La question
qui peut se poser dès lors est de savoir quelle recette notre ancien Premier
Ministre ira proposer au Madagascar où, comme au Togo, des combattants de la
liberté sont aux prises avec un pouvoir répressif qui ne veut rien entendre.
Au-delà de tout commentaire, la nomination de M. Edem Kodjo ne peut
qu’honorer le Togo. Souhaitons-lui bonne chance pour le bien de nos frères
malgaches.
L. Cosmas
Passage en force et une aberration : Le gouvernement adopte un projet de
décret pour modifier la composition du CPDC
Au cours du Conseil des Ministres réuni hier au Palais de la
Présidence de la République, le Gouvernement a, entre autres, adopté un
projet de loi et un projet de décret.
Le projet de loi porte réaménagement de l’article 21 du Code
électoral. Cet article dispose en effet que «la
CENI est permanente. Toutefois la fonction des membres de la CENI prend fin
quarante-cinq (45) jours après la proclamation des résultats définitifs du
scrutin pour lequel elle est installée.
Le mandat des membres de la CENI est renouvelable».
Le réaménagement opéré par le nouveau projet de loi vise à
maintenir en fonction, les membres de la CENI ayant procédé à l’organisation
des élections législatives du 14 Octobre 2007, jusqu’à la mise en place de
la nouvelle CENI. Ce projet de loi fait suite selon le communiqué rendu
public, au consensus réalisé par l’APG sur la question au cours de sa
réunion de lundi dernier.
Quant au projet de décret, il vise à modifier la composition du
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) qui devra s’élargir
désormais non seulement à toutes les parties signataires de l’APG mais aussi
aux représentations syndicales, aux autorités religieuses, aux autorités
traditionnelles et aux associations représentatives de la Société Civile.
Selon le communiqué du Conseil des Ministres, cette décision
répond au souci du Comité de Suivi de l’APG réuni à Lomé le 7 mars courant
et qui préconise l’élargissement du CPDC.
La voie est donc désormais ouverte à la pagaille, d’autant plus
que d’autres formations feront du boucan pour se faire admettre au sein de
cette structure.
L’adoption d’un tel projet de décret est une aberration.
Nous y reviendrons.
L. C.
Ouverture du
CPDC à toutes les parties signataires de l’APG : Le Comité de Suivi se dédit
et opte pour la pagaille
«Le Comité de Suivi a rappelé
conformément à l’esprit de l’APG, le rôle du CPDC qui demeure un lieu de
dialogue et de concertation et non une nouvelle instance de négociation. A
cet effet, le Comité de Suivi pense que le dialogue doit être permanent et
inclusif toujours conformément à l’esprit de l’APG et des lois subséquentes
qui s’en sont suivies pour la préservation de la paix. Dans cet esprit, le
Comité de Suivi a préconisé l’élargissement du CPDC à toutes les parties
signataires de l’APG afin qu’elles puissent y apporter leurs contributions».
C’est en ces termes que le Comité de Suivi de l’APG réuni à
l’Hôtel Mercure Sarakawa (Lomé) le 07 mars courant a ouvert la voie au
retour de toutes les parties signataires de l’APG aux discussions du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation.
On se rappelle que c’est le 04 février dernier que, après moult
péripéties et contorsions, le Chef de l’Etat a pris un décret créant le CPDC
dans les termes de celui préalablement adopté par le Gouvernement d’Union
Nationale en 2007 et que le pouvoir RPT avait tenté entre temps de faire
rapporter.
Au sujet des conditions de participation au CPDC, le décret était
sans équivoque. Il disposait à son article 2 que «le Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation regroupe les partis politiques représentés à
l’Assemblée Nationale ou ayant obtenu 5 % aux élections législatives et le
Gouvernement.. . »
S’il faut tenir compte de la configuration actuelle de l’Assemblée
Nationale et des résultats des dernières élections législatives, seuls le
RPT, l’UFC et le CAR sont éligibles à ce cadre. Tous les autres partis
politiques, y compris les trois autres signataires de l’APG (CPP, PDR et
CDPA) n’ayant pas le moindre siège à l’Assemblée nationale et n’ayant de
surcroît pas obtenu un minimum de 5 % de suffrage aux législatives de 2007
ne sauraient donc prétendre participer aux travaux du CPDC.
Au moment où la disposition fixant les conditions de participation
au CPDC étaient adoptées, la CPP, le PDR et la CDPA étaient au gouvernement.
Elle survenait à un moment où, la classe politique togolaise était
convaincue que le mode de scrutin retenu pour les législatives (le scrutin
de liste proportionnelle et à la plus forte moyenne) devait permettre à un
grand nombre de partis politiques de se faire représenter à l’Assemblée
nationale. Le CPDC serait alors ouvert à un grand nombre de partis,
dépassant ainsi le cercle des signataires de l’APG.
En choisissant de fonder les conditions de participation au CPDC
sur la représentation à l’Assemblée Nationale et le suffrage obtenu aux
dernières législatives, le Gouvernement d’Union nationale avait confié au
peuple souverain et seul détenteur de la souveraineté populaire, le soin de
désigner ceux qui devraient désormais débattre des questions d’intérêt
national. L’avantage c’est que cette formule permet de corriger une autre,
tout à fait léonine qui avait permis de coopter les six partis qui ont
participé au dialogue ayant abouti à la signature de l’APG.
Dans le communiqué CS/APG/006/05/07 ayant sanctionné sa sixième
session à Ouagadougou le 14 mai 2007, le Comité de Suivi a «relevé les
récentes mesures prises par le Gouvernement et visant l’application de
l’Accord Politique Global. Il s’agit notamment de : (…) l’instauration par
décret pris en Conseil des Ministres, d’un Conseil National de Concertation
et de Dialogue Politique», aujourd’hui CPDC.
Curieusement, au lieu de s’en tenir à un texte qui les lie parce
qu’ils étaient au gouvernement au moment de son adoption en Conseil des
Ministres, la CPP, la CDPA et le PDR qui ont aujourd’hui le malheur de ne
pas siéger à l’Assemblée nationale et de n’avoir pas obtenu au moins 5 % de
suffrages aux législatives de 2007 crient à l’exclusion et s’agitent dans
tous les sens.
S’il faut s’en tenir aux dispositions sur lesquelles tout le monde
était préalablement tombé d’accord, on ne parlerait jamais d’ouverture du
CPDC, d’autant plus qu’on n’a pas forcément besoin de siéger au sein de
cette structure pour y apporter sa contribution. Les formations politiques
ne siégeant pas au CPDC peuvent saisir la structure de questions qu’elles
jugent d’intérêt national.
Malheureusement, très tôt, le pouvoir a commencé à exploiter et à
utiliser les agitations des partis soi-disant exclus du CPDC pour tenter de
tordre le cou à un décret dûment signé.
Il y a quelques jours, le Chef de l’Etat a reçu séparément au
Palais de la Présidence, une délégation du CAR et de l’UFC. Au cours de
cette audience, il a été essentiellement question de l’ouverture du CPDC à
tous les partis signataires de l’APG. En réponse, le CAR avait laissé
entendre que «la composition du CPDC issue de la volonté exprimée par les
électeurs dans le cadre des dispositions définies par l’APG ne saurait être
remise en cause par un arrangement entre les acteurs politiques». L’UFC
non plus n’a donné aucun avis favorable à l’ouverture du CPDC.
Le pouvoir aurait-il saisi l’occasion pour parachever
l’émiettement de l’opposition en s’élevant contre une prétendue
marginalisation des trois partis signataires de l’APG qui ne siègent pas au
CPDC ?
Toujours est-il qu’on en était là lorsque les partis signataires
de l’APG avaient été invités à une réunion du Comité de Suivi. Sur le
principe même et sur la procédure, l’unanimité n’a pas été faite. A preuve,
le CAR et l’UFC ont décliné l’invitation. Mais cela n’a pas empêché le
Comité de Suivi de se réunir et de préconiser entre autres, l’ouverture du
CPDC à toutes les parties signataires de l’APG. En clair, avoir apposé sa
signature au bas de l’APG le 20 Août 2006 devient la condition unique pour
siéger au CPDC.
En prenant cette position, le Comité de Suivi a pris le grand
risque de mépriser la volonté et la souveraineté populaire des Togolais.
Aujourd’hui, au sein de l’opinion, plusieurs observateurs qui faisaient une
grande confiance au Comité de Suivi ont commencé à en douter. Pour eux,
quels que soient les arguments avancés, l’ouverture du CPDC n’est qu’une
violation flagrante de la volonté populaire qui a déjà désigné à travers les
urnes, ceux qui devraient discuter des questions d’intérêt national au Togo.
Au regard de l’évolution de la situation, un certain nombre de
questions se posent. Pourquoi le Comité de Suivi qui avait, à tout le moins,
pris acte de la création du CPDC se dédit-il aujourd’hui pour remettre en
cause la composition préalablement arrêtée ? Pourquoi le Chef de l’Etat
veut-il à tout prix faire siéger au CPDC la CPP, la CDPA et le PDR dont les
positions ne trompent plus personne?
L’option du Comité de Suivi aboutira sans aucun doute à une
pagaille au CPDC. Déjà, dès le lendemain de la réunion du 07 mars dernier,
des partis sans envergure élèvent la voix et exigent leur participation aux
travaux de la structure. Ils ne comprennent pas pourquoi la CPP, la CDPA et
le PDR qui, comme eux, n’ont aucun siège à l’Assemblée et n’ont pas obtenu
un minimum de 5 % de suffrage aux dernières législatives seront admis au
CPDC alors que dans le même temps, on leur refuse ce privilège.
Dans un récent communiqué, la CPP avait estimé qu’avec la CDPA et
le PDR, ils avaient totalisé plus de 100.000 voix et que par conséquent, ils
ne pouvaient pas être négligés. Une telle argumentation n’est que
provocation et une invite à la foutaise. Car ils sont nombreux ceux qui,
aujourd’hui peuvent mettre leurs voix ensemble pour prétendre à une place au
CPDC.
Nous l’avons déjà dit et répété. L’un des drames au Togo, c’est
qu’on aime trop prendre des libertés avec les textes régulièrement adoptés.
Nous n’avons aucun intérêt à ce qu’un parti ou une autre siège au CPDC. Mais
plusieurs togolais pensent qu’il y a des principes auxquels on ne doit pas
déroger et le respect des textes est de ceux-là.
Avec ce qui se passe aujourd’hui, on est en droit de s’interroger
sur la suite qui sera réservée aux décisions qui sortiront du CPDC. Et dans
cette affaire, c’est la facilitation qui risque de porter une lourde
responsabilité.
Au moment où les débats étaient houleux sur l’opportunité ou non
d’un recours au facilitateur, certains se sont demandés à quoi pouvait
servir la facilitation. Oui, à quoi servira la facilitation si elle fera au
bout du compte, la promotion de la violation des conventions et de la
volonté populaire ?
Nous y reviendrons.
L. C.
Refus de l’UFC et du CAR de prendre part au Comité de Suivi :
Patrick Lawson
et Me Dodji Apévon expliquent les raisons de leur absence
Conviés à prendre part à la réunion du Comité de Suivi convoquée par le Chef
de l’Etat le 07 mars dernier à l’Hôtel Mercure Sarakawa, l’Union des Forces
de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (Car) ont
décliné l’invitation.
Malgré leur absence, la réunion a eu lieu et le communiqué sanctionnant la
rencontre a donné un feu vert au PDR, à la CPP et à la CDPA de prendre
désormais part à la réunion du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation. Ce qui a, comme il fallait s’y attendre, suscité beaucoup de
réactions dans la classe politique. Pourquoi ce refus de la part de l’UFC et
du CAR ? Contactés, M. Patrick Lawson 1er Vice-Président
de l’UFC et Me Dodji Apévon Président du CAR expliquent les raisons de leur
absence.
Patrick Lawson
Selon M. Patrick Lawson, le Chef de l’Etat ne pouvait pas
convoquer une réunion du Comité de Suivi. C’est une prérogative du Président
du Comité de Suivi en l’occurrence le facilitateur Blaise Compaoré. Bref, la
convocation de la réunion du Comité de Suivi relève de la discrétion du
facilitateur.
Il a ensuite relevé que c’est le gouvernement d’Union Nationale
qui, en son temps, avait prévu que la condition sine qua non pour prendre
part au Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation était d’avoir au
moins 5 % des voix aux élections législatives de 2007. «Je constate que
les partis, qui revendiquent aujourd’hui de prendre part à ce cadre, étaient
déjà membres de ce gouvernement d’Union Nationale. Le PDR,
la CPP et la CDPA qui crient aujourd’hui à l’exclusion ne nous démentiront
pas. Tous avaient applaudi la décision d’avoir au moins les 5 % de suffrage
avant de prendre part au Cadre Permanent de Dialogue».
M. Patrick Lawson a souligné que le vin étant tiré, les trois partis n’ont
qu’à le boire. «Ce n’est ni l’UFC, ni le CAR qui a exclu les autres partis
du Cadre Permanent. C’est une décision prise au moment où eux-mêmes étaient
au gouvernement d’Union Nationale. Apprenons à respecter les textes. Ce qui
se passe actuellement est grave, très grave. Nous ne pouvons pas nous amuser
avec le sort de tous les Togolais», a déclaré M. Lawson Patrick.
Il a laissé entendre qu’au Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation, le RPT, le CAR, l’UFC et le gouvernement se réunissent pour
discuter sérieusement des conditions de participation des prochaines
échéances électorales.
«Si un certain nombre de partis veulent venir se faire voir
tout simplement, nous ne l’accepterons pas. Nous savons tous ce qu’ils ont
fait par le passé. Ils étaient là pour prendre fait et cause pour une partie
prenante à ce dialogue. Si c’est ce qu’ils veulent venir refaire, nous ne
l’acceptons pas. D’autant plus qu’actuellement, les débats que nous menons,
on connaît clairement les positions des uns et des autres. Quand le CAR
parle, il parle en assumant ses responsabilités. Quand le RPT parle, il
parle en assumant ce qu’il dit. Quand l’UFC parle, elle assume totalement
ses positions. Nous ne voudrons pas que nos discussions s’estompent et que
des partis rentrent dans ce cadre juste pour se faire voir et soutenir les
positions d’une partie prenante en l’occurrence le RPT comme ils l’ont fait
pendant le dialogue intertogolais. Voilà notre position : elle est claire et
nette. Et nous n’entendons pas que des arrangements soient faits pour faire
venir tel ou tel parti au Cadre Permanent de Dialogue qui a déjà connu une
avancée notable dans les discussions.
Nous nous étonnons donc que ce soient ceux qui ont fait ce texte
eux-mêmes qui le contestent, tout simplement, parce que, le verdict des
urnes les a sanctionnés. Je peux vous donner les chiffres que les uns et les
autres ont pu avoir et qui, me semble-t-il, n’atteignent pas les 5 % prévus
par le décret instituant le CPDC.
En effet,
la CPP a eu à peu près 43.888 voix (soit 1,91 %) ; la CDPA, 38.452 voix
(soit 1,67 %) et le PDR 24.832 voix (soit 1,8 %). Les trois réunis font
107.182 voix (soit 4,66 %), ce qui n’atteint pas encore les 5 % exigés.
Si tel devrait être le cas, ce serait ouvrir la boîte de pandore
parce que certains indépendants ont eu plus de voix que ces partis-là. C’est
pour cela que nous disons que l’APG n’est pas mort, le Comité de Suivi est
là. Mais le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a des règles, des
règles édictées. Voilà notre position et nous n’accepterons pas autre chose
que ce que eux-mêmes ont écrit noir sur blanc.
D’ailleurs, ce décret qu’ils ont écrit eux-mêmes prévoit que les
partis qui n’ont pas eu la chance d’avoir 5 % peuvent toujours faire des
propositions par écrit au CPDC et les membres du Cadre en tiendront compte.
Nous nous conformons au décret qui régit le CPDC. C’est vrai que
c’est le 3e décret. Il
peut y avoir un quatrième. Mais je crois qu’un quatrième décret ne nous
concernera pas et n’engage pas l’UFC».
A la question de savoir si l’UFC se retirerait du CPDC au cas où
le Chef de l’Etat venait à sortir un 4e décret,
Patrick Lawson, sans fioriture répond : «En son temps, vous verrez bien
si nous continuerons à siéger ou si nous nous retirerons. Mais on ne dit pas
une chose et le moment venu, on fait son contraire. Nous disons que nous
n’accepterons pas qu’on modifie le décret pour s’adapter au bon vouloir d’un
certain nombre de partis qui n’ont pas rempli les conditions. S’ils veulent,
on peut organiser de nouvelles élections pour qu’ils aient 5 % avant qu’on
ne discute. Et là, c’est une autre paire de manches», a martelé le 1er Vice-Président
de l’UFC.
Le Président National du CAR, Me Dodji Apévon est revenu à la
charge à travers une dclaration où il a fait savoir que le CAR n’est pas
d’accord qu’on associe les prétendus exclus au CDPC.
A la 15e session
du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation tenue le lundi 9 mars
2009, outre les partis représentés à l’Assemblée Nationale (RPT, UFC, CAR),
on notait la présence des représentants de l’Union Européenne et de la
CEDEAO respectivement MM. Antonio Logreco et Boukar Maï Manga et des membres
du gouvernement.
Pour l’heure, le PDR, la CPP et la CDPA n’ont pas été associés.
Seront-ils associés vraiment au Cadre ? Nous attendons de voir la suite qui
sera donné à ce dossier à rebondissements. Mais ce serait un véritable
scandale et un précédent dangereux si on viole l’esprit et la lettre du
Cadre Permanent.
Affaire à suivre.
Amou
Communiqué
laconique au CPDC : Que cachent les membres du Cadre à la presse ?
Depuis quelque temps, il est à remarquer que le communiqué produit
par le CPDC et remis à la presse est laconique et laisse généralement
l’opinion sur sa soif. Le dernier en date est celui du lundi 9 mars 2009
parlant de la CENI. «… Au cours de la séance d’hier (NDLR lundi
9 mars 2009), les membres du CPDC sont arrivés à un consensus sur la
nécessité du maintien des membres de la CENI en place jusqu’à la désignation
d’une nouvelle CENI…».
Qu’est-ce à dire ? Pour en savoir plus, nous avons approché M. Patrick
Lawson qui a bien voulu nous répondre malgré lui.
Question : M. Patrick Lawson, nous savons que
vous vous imposez comme principe, de ne pas faire état de vos discussions au
CPDC sinon que, par le communiqué commun, que livre souvent le Secrétaire du
CPDC. Cependant, les populations veulent savoir si, à la dernière séance du
CPDC, vous avez décidé de réhabiliter
la CENI sortante dont la mission, à notre sens, serait terminée.
Patrick Lawson :
À tout point de vue, vous avez raison tel que vous posez la question.
Premièrement, c’est exact que nous mettons tout en œuvre pour ne
pas créer à hu et dia au sein du CPDC.
Pour l’étayer, je cite l’article 9 alinéa 2 du décret créant le
CPDC qui stipule : «Un communiqué établit est remis à la presse».
Cette disposition est renforcée par le règlement intérieur du CPDC en son
article 3 : «Les débats ont lieu à huis-clos. Toutefois, à l’issue
de chaque séance, un communiqué établit consensuellement à partir des
questions débattues est remis à la presse…». C’est exactement dans cet
esprit que le communiqué du lundi 9 mars 2009 relatif à la permanence de la
CENI a été lu et remis à la presse par le Secrétaire du CPDC. Dans ce
communiqué, nous avons probablement omis de préciser, à la presse, que les
compromis auxquels nous parvenons n’ont aucunement un caractère rétroactif.
Ainsi donc, dans l’entendement de chacune des composantes du CPDC, il n’est
pas question de restaurer la CENI sortante dans de quelques nouvelles
prérogatives.
Ce que le communiqué a voulu dire, c’est de faire de la CENI qui
sera mise en place à la suite de nos discussions et après la désignation de
ses nouveaux membres par l’Assemblée nationale, la CENI puisse devenir donc
une institution réellement permanente.
En terme clair, désormais et à partir de la nouvelle loi
électorale, toute CENI reste en place jusqu’à la désignation de nouveaux
membres. En d’autre terme, toute CENI qui vient de terminer sa mission reste
en place jusqu’à ce qu’une nouvelle CENI soit désignée.
Q. : Pourquoi cette nouvelle disposition ?
P. L :
L’expérience a montré une lacune que le CPDC tente de combler : par exemple,
à la fin de chaque scrutin électoral, la CENI en tant que telle
disparaissait. Lorsqu’une mission arrive, ou quand les partenaires au
développement recherchent des informations, ces derniers n’ont aucun
interlocuteur. Cette explication devrait, en principe, rassurer les
populations. Mais, étant donné que cette explication n’émane que d’une
composante du CPDC en l’occurrence l’UFC, nous mettrons tout en œuvre pour
que le CPDC puisse rassurer les populations en trouvant les moyens pour être
plus précis en reprenant dans le prochain communiqué le point relatif à la
CENI.
Propos recueillis par Amou
Accident meurtrier à Togblékopé : Bilan : 19 morts et d’importants dégâts
matériels
Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 mars 2008, un taxi-brousse (minibus de
15 places) et un camion titan se dirigeant de Lomé vers Tsévié se sont
retrouvés sous le pont de Togblékopé. Les passagers du minibus, 19 au total
dont neuf femmes au nombre desquelles une femme enceinte ont trouvé la mort.
Les faits
D’après nos informations, tout est parti de l’accrochage entre le camion
titan burkinabé chargé de 40 tonnes de ciment et le minibus de 15 places qui
avait à son bord 19 passagers à bord en plus des marchandises. Le minibus
allait en direction de Tsévié, voyant un obstacle devant lui sur le pont de
Togblékopé, a subitement ralenti. Le conducteur du titan qui le suivait,
surpris par l’événement, a perdu le contrôle du volant. La percussion a été
inévitable. Le minibus ainsi percuté s’est renversé avant de dévaler le pont
avec toute sa charge pour finalement s’écraser et joncher le fond du fleuve
de son épave. Le bilan de l’accident est de 19 morts dont 9 femmes, 8 hommes
et deux enfants de deux à trois ans et des dégâts matériels importants.
Quant au chauffeur du titan, il a tout simplement disparu.
Pour repêcher les corps et faire l’état des lieux, les Sapeurs Pompiers et
les agents de la Gendarmerie ont mis 17 h 30 minutes d’horloge. Pour de
nombreux observateurs, cet accident aurait pu être évité et la vie des
passagers épargnée, si le respect du code de la route a prévalu. L’accent
doit désormais être mis sur le comportement irresponsable des titamen et les
conducteurs des gros camions sur nos routes. Il suffit de faire un tour sur
la Nationale Lomé-Cinkassé en passant par Tabligbo et Aného pour s’en
convaincre. Les conducteurs des véhicules lourds qui convoient du Ciment
WACEM vers l’intérieur du pays ou vers les pays de la sous-région traitent
les autres usagers de la route comme moins que les chiens. A cela s’ajoute
le laxisme de la police routière qui, contre des espèces sonnantes et
trébuchantes, ferme les yeux sur le comportement de ces chauffeurs véreux.
De
plus, l’état de délabrement de nos routes et les surcharges qui deviennent
monnaie courante favorisent ces genres de situation. Par ailleurs, l’Etat
doit mettre les principales structures, d’intervention en matière
d’accidents de circulation, dans les meilleures conditions afin d’optimiser
leurs actions sur le terrain.
En
plein troisième millénaire et après 40 ans d’indépendance, il paraît pour le
moins surprenant que pour extraire et repêcher les accidentés des épaves et
du fleuve, on mette 17 heures et 30 minutes. Combien de vies auraient pu
être sauvées si la police routière était rigoureuse sur les questions de
surcharges, si nos routes étaient aménagées et si les différents corps
d’intervention étaient bien équipés ?
Jacqueline Nyarley Tarsi
Kaléidoscope
Vers un retrait de l’UFC des travaux du CPDC ?
L’ouverture du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation à
toutes les parties signataires de l’APG, suppose la signature d’un nouveau
décret présidentiel rapportant celui étant à l’origine de la création du
CPDC en en modifiant la composition. Cette ouverture qui apparaît comme une
violation des dispositions de l’APG, n’est pas à plaire à tout le monde.
Surtout pas à l’UFC dont le 1er Vice-Président
a déjà déclaré qu’un quatrième décret n’engage pas son parti. En clair, le
parti de Gilchrist Olympio n’acceptera pas une modification du décret
portant création du CPDC. On peut craindre que l’UFC décide de se retirer
des travaux si toute l’attention nécessaire n’est pas accordée à la
question. Dans ce cas, on peut se demander le crédit qu’on porterait aux
travaux du CPDC sans la participation du parti principal de l’opposition.
Blaise Compaoré, l’UFC et le CAR
Il y a deux semaines les travaux du Cadre Permanent de Dialogue et
de Concertation ont sérieusement achoppé sur le recours à la facilitation.
L’UFC de Gilchrist Olympio réclamait énergiquement l’implication de la
facilitation dans les travaux pour régler les points de blocage qui pourront
surgir. Pour le RPT, le seul recours possible ne peut être que le Chef de
l’Etat Faure Gnassingbé. Pour éviter peut-être de perdre davantage de temps
et d’énergie, l’UFC avait demandé une suspension des travaux qui lui avait
été accordée.
En réclamant avec force énergie l’implication de la facilitation,
l’UFC comptait sur la sagesse du facilitateur du dialogue intertogolais et
président du Comité de Suivi, le Burkinabè Blaise Compaoré qui semble faire
montre d’impartialité dans le règlement de la crise togolaise. A ce titre,
Gilchrist Olympio n’a de cesse de solliciter l’intervention du facilitateur
Blaise Compaoré. Mais c’est se méprendre sur la solidarité légendaire
existant entre les Chefs d’Etats afrciains qui empêche les uns de mettre en
mal les autres. C’est ainsi qu’à la surprise générale, le Comité de Suivi
présidé par le représentant de Blaise Compaoré a cédé aux agitateurs qui
voudraient violer les textes de l’APG pour siéger au Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation. Lors des exactions d’avril 2005, l’ancien
président du Nigeria Obasanjo s’était aussi comporté ainsi à l’endroit de
Gilchrist Olympio.
La flambée du brut pour arrêter l’hémorragie
Plus que jamais les spéculateurs bénissent la décision des
autorités togolaises de baisser le prix du carburant à la pompe conformément
à la baisse du prix du baril de pétrole. Ils profitent énormément de la
situation en ramenant le liquide lampant du Ghana ou du Bénin sur le
territoire togolais. Au Togo, le Super sans plomb coûte 500 F CFA contre 350
au plus dans les pays voisins. Ce qui rapporte des bénéfices substantiels
aux spéculateurs. Mais là où le bât blesse, c’est que cette pratique, dans
une certaine mesure cause d’énormes préjudices au Ghana, principalement à
Aflao ou des cuves sont siphonnées par des bandits qui livrent le carburant
volé aux spéculateurs qui débarquent chez nous à Lomé.
Ainsi, sans le savoir, le gouvernement togolais fait l’affaire des
spéculateurs qui encouragent le grand banditisme au Ghana. Compte tenu de
la position des officiels togolais qui n’entendent pratiquement pas baisser
les prix, le moins qu’on puisse souhaiter est la flambée du brut pour
arrêter l’hémorragie.
Tels sont pris, qui croyaient prendre
Des informations peu honorables circulent depuis quelque temps sur
la mésaventure de quelques hauts cadres véreux ayant servi ou servant encore
dans le régime RPT. Ces Togolais, ils sont une dizaine à se trouver dans le
cas, ont cru devoir se remplir les poches au lieu de servir la nation. Ils
se sont si bien servis qu’ils n’avaient pas mis beaucoup de temps pour
devenir milliardaires. Pour des raisons qui leur sont propres mais faciles à
imaginer, ces prédateurs de l’économie nationale ont préféré planquer leurs
milliards mal acquis dans des banques étrangères situées à des milliers de
kilomètres du Togo. Bien sûr à l’abri des regards indiscrets. Mais seulement
voilà : la crise financière qui sévit actuellement dans le monde et avec
plus d’acuité en Occident n’a pas épargné les doux billets de nos charmants
prédateurs. Certains auraient perdu la bagatelle de 30 milliards de F CFA
dans cette histoire. Cette somme qui pouvait servir d’une manière ou d’une
autre à quelque chose au Togo, la voilà complètement perdue pour toujours.
Un bien mal acquis ne profite jamais, dit-on. Tels sont donc pris, qui
croyaient prendre. Il importe de se demander combien ils sont aujourd’hui,
ces Togolais qui ne déposent leurs milliards volés ni dans les banques
locales, ni dans les banques internationales, mais tout simplement dans des
puisards et dans des trous creusés dans leurs jardins alors que le pays
souffre du manque de ces fonds ?
Secrets d’alcôve :
La femme du
gardien
Tout était calme. La nuit était tombée depuis longtemps et la
ville baignait dans la fraîcheur et le silence. Seuls quelques bruits
lointains de moteur troublaient de temps à autre la quiétude nocturne.
Allongé sur sa chaise longue, Folly ne dormait pas. Bien sûr, il aurait bien
voulu dormir à cette heure-là comme tout le monde, dans un lit chauffé par
la présence de Mana sa femme. Malheureusement, il n’en avait pas le droit.
Un gardien de nuit ne dort pas la nuit. Son travail est de veiller sur la
sécurité des autres pendant qu’eux, bien blottis dans leur lit douillet, se
remettent des fatigues de la journée.
Oui, Folly était un gardien de nuit. Un agent de sécurité privé
comme on dit. Son travail commençait le soir à 18 h et se terminait le matin
à 06 h. Il passait toute la nuit devant les portes closes du magasin où la
société de gardiennage pour laquelle il travaillait l’avait affecté. Il
disposait d’une matraque et d’une lampe torche. A intervalles réguliers, il
faisait la ronde. Quelques allers-retours pour ne pas avoir sommeil.
Ce soir-là, Folly avait senti un peu le froid. Il s’était alors
coiffé d’un bonnet de coton bleu qui lui avait pris la tête jusqu’aux
oreilles. C’est ce qu’il faisait toutes les nuits lorsque la température
baissait un peu trop. Il s’étira comme pour se décompresser et se cala sur
la chaise longue. Un moustique lui chanta à l’oreille et il se donna une
gifle. Folly n’aimait jamais que les moustiques lui chantent à l’oreille. Il
préférerait que ceux-ci le piquent plutôt que de venir tourner autour de ses
oreilles. C’est quelque chose qui l’énervait.
Folly savait qu’il n’avait pas tué le moustique. Mais l’essentiel
pour lui, c’est que la méchante bête soit partie. Il tourna le bouton de sa
petite radio qui se mit à diffuser de la musique douce. Bientôt, la musique
s’arrêta et on donna l’heure. Il était 2 h 40 mn. Dans 20 minutes, le
surveillant doit passer voir s’il est à son poste. Et il attendait ce moment
avec impatience.
En effet, cette nuit n’était pas pour Folly, une nuit comme les
autres. Il avait un sérieux problème à régler. Depuis quelque temps, il a le
sentiment que sa femme Mana la trompait. Ce sentiment a été corroboré par
des rapports de certaines personnes qui lui avaient dit avoir vu sa femme à
des heures indues avec un jeune du quartier. Koffi, c’était son nom, vivait
dans la maison voisine à celle où Folly avait loué. C’était un jeune homme
qui ne faisait aucun travail précis. On dit de lui qu’il a un permis de
conduire. Mais le fait est que personne ne l’avait jamais vu au volant d’une
voiture. On a aussi dit à Folly que chaque soir, c’est sa femme qui
préparait et donnait à manger à Koffi.
Folly était fâché au plus haut point. Il avait donc décidé d’en
avoir le cœur net. C’est pourquoi il s’était confié à son contrôleur avec
qui il s’entendait bien. Ils s’étaient convenus d’un plan. Le contrôleur
sera là à 3 h et prendra la relève de Folly pour environ 45 minutes. Folly,
pendant ce temps allait faire un aller-retour à la maison pour voir si Mana
était à la maison, si elle était seule ou si elle était avec Koffi. Au cas
où elle n’était pas là, il irait frapper la porte de Koffi et faire du
scandale avant de retourner prendre service.
Folly jeta un coup d’œil à sa montre. Cinq minutes seulement
étaient passées. Il poussa un soupir et se mit à penser au passé et à se
rappeler ses jours heureux. Car des jours heureux, Folly en avait connus. Il
avait eu des moments fastes.
Folly était en effet, un jeune homme qui avait commencé à
travailler très tôt. Il était de la génération des jeunes qui avaient vite
compris qu’il fallait apprendre quelque chose de pratique pour commencer à
gagner rapidement sa vie. Il avait alors opté pour un cycle technique court.
En trois ans, il avait un CAP et fut engagé au service comptabilité d’une
société de la place. Il était très bien payé et gagnait bien sa vie.
Lorsqu’on est jeune et qu’on gagne beaucoup d’argent, on n’a pas
de souci. On peut se permettre de s’amuser. Folly se donnait à fond. Pour
lui, il n’était pas question, pour le moment, de s’engager avec une femme.
Cela pouvait attendre.
Malheureusement, quand vint le processus démocratique cahoteux
qu’a connu le Togo, les affaires des employeurs de Folly qui sont des
opérateurs étrangers ont commencé à chuter. Finalement, avec la grève
générale illimitée, ils ont dû plier bagage pour aller s’installer dans un
pays d’Afrique Centrale. C’est ainsi que Folly s’est retrouvé au chômage.
Après la grève, les activités ont repris. Mais le marché de
l’emploi est devenu si serré que le jeune homme n’a pu se faire engager
nulle part. Il a tenté d’investir le peu d’argent qu’il a pu épargner dans
des affaires qui, malheureusement, n’ont pas marché. A la fin, toutes ses
économies étaient parties en fumée.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Folly a finalement
réussi à se faire embaucher par une société de gardiennage. Il ne gagnait
pas grand-chose. Mais, que voulez-vous ? Un tiens vaut mieux que deux tu
l’auras.
Entre temps, il avait fait la connaissance de Mana avec qui il
s’entendait bien. Bien que Folly ne gagnait pas grand-chose dans le
gardiennage, il s’était mis un point d’honneur à faire en sorte que sa femme
ne manquât de rien. Pour arrondir les angles, il n’hésitait pas à se livrer
à de petits boulots dans la journée avant d’aller au service la nuit. Il
s’arrangeait pour avoir en permanence à la maison, de quoi manger. Il
s’endettait pour offrir de petits cadeaux à Mana. Il ne ménageait aucun
effort pour la rendre heureuse. Parce que, disait-il, c’est le besoin qui
conduit aux vices.
Mais, il venait de se rendre compte que tous ses efforts et
sacrifices sont vains. En tout cas, c’est l’impression qu’il a, en attendant
d’en avoir le cœur net.
Folly en était encore à ces réflexions quand le contrôleur et son
assistant arrivèrent. Sans plus attendre, il partit pour la maison. La nuit
était fraîche. Pressé d’en finir avec cette affaire, il marchait à grandes
enjambées. Une vingtaine de minutes plus tard, il était arrivé.
Dans la cour, tout était calme. Folly se dirigea vers sa chambre.
Arrivé au niveau de la porte, il remarqua que le battant était entrebâillé.
Il le poussa lentement et à pas feutrés, franchit le seuil. La pièce
baignait dans une pénombre propice à tout. Folly ne voulait rien brusquer.
Il marqua un arrêt et tendit l’oreille. Il ne se trompait pas. De l’autre
côté du rideau qui séparait la chambre de part en part, il entendait deux
souffles et des gémissements qu’il connaissait bien.
En effet, ce soir-là comme tous les soirs d’ailleurs depuis un
certain temps, Mana et Koffi s’étaient retrouvés pour s’envoyer en l’air.
Koffi avait attendu que la maisonnée plonge dans le sommeil puis, à pas de
loup, il s’était glissé dans la chambre de Folly où Mana l’attendait. Sans
perdre de temps, ils rentrèrent dans le vif du sujet.
Tout commença par une séance de caresses. Les deux jeunes gens,
assis sur le bord du lit s’enlacèrent et échangèrent un long baiser. Puis,
lâchant l’étreinte, Koffi se mit à faire courir ses doigts sur le corps de
Mana. Ses mains montaient et descendaient, descendaient et montaient. Après
quelque temps de ce manège, il se concentra sur la poitrine de la jeune
femme. Koffi aimait beaucoup le corps de Mana. C’est pourquoi, chaque fois,
il le caressait sous toutes ses coutures. Mais ce qu’il aimait le plus,
c’était sa poitrine. Il goba goulûment le bout d’un sein et se mit à le
pomper avec sa langue, tandis que de la main, il triturait jusqu’à l’aréole,
la pointe de l’autre. Puis il poussa légèrement Mana qui s’allongea sur le
dos et écarta les jambes. Agile comme l’éclair, Koffi sauta sur le lit et
d’une poussée magistrale, pénétra le fruit fendu. La pénétration de ce soir
avait quelque chose de plus délicieux que celles des autres jours. Koffi
attendit quelques secondes puis se mit à pomper lentement, suivi en sens
inverse dans ses va-et-vient par Mana. Bientôt, il sentit monter le plaisir
et accéléra le mouvement tandis que Mana remuait furieusement son bassin
sous lui. Les deux jouisseurs prirent leurs pieds ensemble et s’endormaient.
Il était minuit et demi…
Parfois, Koffi quittait Mana juste après le premier round. Mais il
arrivait aussi qu’un second round soit programmé. Cela se déroulait
généralement autour de 3 heures du matin et c’était le cas cette nuit-là.
Koffi s’était réveillé sous le coup de 3 heures et avait recommencé les
manèges pour le 7e ciel
sans se douter de rien.
D’un geste violent, Folly écarta le lourd rideau. Le faisceau
lumineux de sa torche balaya le lit. Koffi étourdi par la rapidité des
événements avait perdu tout réflexe. Le premier coup de matraque avait
atterrit sur son crâne. Il reçut le second sur le dos et un troisième à la
hanche. Il bondit du lit et détala sans demander son reste. Il saignait à la
tête.
Restait maintenant Mana. Groggy et planté comme un robot au pied
du lit, Folly ne savait pas quoi lui faire. Il était si furieux que s’il
voulait la frapper, il la tuerait. Il était là, debout. Mana à genou à ses
pieds pleurait à chaudes larmes en attendant son sort.
Dehors, un premier coq venait de chanter.
Kayissan |
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Le Changement #162 du 5 mars 2009 |
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Les agitations stériles des prétendus exclus de l’APG :
La CPP, la CDPA et le PDR pris à leur propre piège |
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Par un décret en date du 04 février 2009, le Président de la
République a procédé à la création d’un Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC). Ce décret abroge celui pris en Conseil des Ministres le
18 Novembre 2008, lequel abrogeait lui-même, un décret daté du 14 Mai 2007,
portant création d’un Conseil Permanent de Concertation et de Dialogue
Politique.
Depuis la remise en cause du décret du 14 Mai par les discours des
partisans du RPT jusqu’au décret 18 Novembre 2008, le parti de Me Agboyibo
n’a jamais cessé d’appeler à l’application stricte de l’Accord Politique
Global. En réalité, le décret du 04 février 2009 qui n’est qu’une
réhabilitation de celui du 14 Mai 2007 est l’aboutissement de la
détermination du CAR qui n’entendait pas voir piétiner un accord dûment
signé par six partis (CAR, CDPA, CPP, PDR, RPT et UFC) le 20 Août 2006 à
Lomé.
A la lecture des deux décrets, on se rend compte que celui du 04
Février 2009 reconduit intégralement les dispositions de celui du 14 Mai
2007 en changeant tout simplement la dénomination de la structure.
Mais depuis la création du CPDC au sein duquel siègent le CAR, le
RPT et l’UFC, les autres partis signataires de l’APG notamment la CPP, la
CDPA et le PDR qui n’y siégent pas ne ratent aucune occasion pour dénoncer
une exclusion. La dernière suspension des travaux du CPDC a été pour ces
formations politiques, une aubaine pour revenir à la charge, insister et
réitérer leur position.
Au sein de la classe politique, d’autres partis aussi ne cachent
pas leur souhait de voir le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
s’élargir à d’autres acteurs. Un politicien plaisantin était même allé
jusqu’à parler d’associer les syndicats, les chefs traditionnels, la société
civile, les religieux, etc.
C’est ainsi que, certainement pour donner suite à ces agitations, le Chef de
l’Etat a entrepris de rencontrer les partis représentés au CPDC. Selon un
communiqué du CAR en date du 04 mars 2009, l’élargissement du CPDC à
d’autres formations politiques, notamment les signataires de l’APG aura été
l’essentiel des discussions entre la délégation de ce parti et le Chef de
l’Etat le 03 mars . Sur cette question, le CAR a fait observer que la
composition du CPDC ne saurait être remise en cause (Voir communiqué).
En effet, pour comprendre le problème qui se pose aujourd’hui et la position
de ceux qui s’opposent à l’élargissement du cadre, il faut remonter aux
origines du CPDC. Cette structure tire sa source de l’Accord Politique
Global qui dispose en son point 5.1 : «Les parties prenantes au dialogue
conviennent de la création d’un cadre permanent de dialogue et de
concertation sur les questions d’intérêt national.
Le gouvernement d’Union national fixera les missions, la composition et les
modalités de fonctionnement de cette structure».
C’est sur la base de cette disposition de l’APG signé par les six partis y
compris ceux qui se plaignent d’exclusion aujourd’hui que le 14 Mai 2007, un
premier décret avait été pris pour créer un Conseil national de concertation
et de dialogue politique. A l’époque, la CDPA, la CPP et le PDR étaient au
gouvernement et n’avaient émis aucune réserve quant à la composition de
cette structure. Ils étaient présents lorsque le décret pris en Conseil des
Ministres disposait en son article 2 que «le Conseil National de
Concertation et de Dialogue Politique regroupe les partis politiques
représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5 % aux élections
législatives et le gouvernement».
Aujourd’hui, ce sont les mêmes dispositions qui ont été reconduites par le
décret du 04 Février sauf qu’en lieu et place d’un «Conseil National de
Concertation et de Dialogue Politique», on parle désormais de «Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation».
Dans son communiqué en date du 08 Février 2009, la CPP estime que «la
CPP, la CDPA, et le PDR ont à trois, recueilli plus de 100.000 voix (aux
législatives ndlr) ; on ne peut pas les négliger.
La CDPA pense que «le CPDC est trop fermé de par sa composition et ressemble
plus à une commission de l’Assemblée nationale togolaise qu’à un véritable
cadre de dialogue tel que le souhaitaient l’esprit et la lettre de l’APG».
Quant au PDR, il estime sans détour que pour n’avoir pas tordu le cou à ce
qui a été préalablement convenu «le RPT, le CAR et l’UFC violent l’APG».
La vérité, c’est que, au moment où se prenait le décret qui allait
finalement aboutir à la création du CPDC, tous les partis signataires,
surtout ceux de l’opposition, pensaient pouvoir tirer leur épingle du jeu
lors des législatives. Chacun se croyant populaire, aucun d’eux n’avait
imaginé un instant qu’il sortirait des élections législatives avec zéro
siège. Or contrairement aux attentes, c’est ce qui était arrivé. Tous les
pronostics ont été déjoués. Aujourd’hui, seulement trois (3) partis siègent
à l’Assemblée nationale, à savoir, le CAR, le RPT et l’UFC. Quant aux autres
partis signataires de l’APG, notamment la CPP, la CDPA et le PDR, non
seulement ils n’ont pas gagné le moindre siège, mais ils n’ont pas pu réunir
un minimum de 5 % de voix. Ces partis ne remplissant pas les conditions
préalablement posées et acceptées par eux-mêmes pour siéger au CPDC, on se
demande sur la base de quel texte cette structure peut s’ouvrir à eux.
Dans un autre registre, en fondant les conditions d’éligibilité sur la
représentation des partis à l’Assemblée nationale et en faisant prévaloir le
critère d’un minimum de suffrages, le gouvernement d’Union nationale avait,
mine de rien, donné au peuple, le droit de décider de ceux qui doivent
siéger au CPDC. Que les acteurs politiques trouvent un moyen d’élargir le
cadre à des partis ne réunissant pas les conditions reviendrait pour Faure
et ceux qui approuveront la démarche, de violer la volonté populaire. Qui au
Togo pourrait prendre ce risque ?
La conclusion qu’on peut tirer de ces faits, c’est que la CPP, la CDPA et le
PDR sont pris à leur propre piège. Ils sont solidement liés par des nœuds
qu’ils ont contribué à fabriquer. Nul ne pouvant se prévaloir de ses propres
turpitudes, ils n’ont plus qu’à assumer leur choix au lieu de faire croire
qu’ils sont exclus.
En parlant d’exclusion, la CPP, la CDPA et le PDR sont en train de mentir et
ils ne le savent que trop. Le minimum qu’on puisse demander aux acteurs
politiques togolais, c’est de se conformer aux textes dont ils ont eux-mêmes
contribué à l’élaboration.
Si on peut, toute proportion gardée, comprendre ceux qui n’ont pas été
associés au dialogue ayant abouti à l’APG, il ne peut en être de même pour
les signataires de cet accord aujourd’hui surpris par les événements. Ils
n’ont plus qu’à s’en prendre à eux-mêmes. En politique, bien plus que dans
la vie, il faut savoir ce qu’on veut. Que la CPP, la CDPA et le PDR cessent
donc de s’agiter et tirent les leçons de leurs choix. Que la CPP, la CDPA et
le PDR arrêtent leurs actes de diversion et de sabotage.
Où irait le Togo et que deviendrait notre démocratie si on doit trouver des
arrangements en dehors des textes pour intégrer dans une structure comme le
CPDC, des partis qui ne remplissent pas les conditions ? Et que devient la
volonté souveraine du peuple ?
L. Cosmas
Voyages présidentiels : Yayi Boni «toujours» dans le Fokker de Faure ?
Dimanche dernier, le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé
avait effectué une visite de travail au Burkina Faso. Il avait fait le
voyage à bord du Fokker 27 de la République togolaise, en compagnie de son
homologue béninois Yayi Boni. Avant le déplacement de Ouagadougou, Faure
Gnassingbé avait déjà effectué plusieurs voyages avec le béninois Yayi Boni,
à bord de l’appareil togolais.
Ce n’est pas une pratique qui date d’aujourd’hui. Elle remonte
depuis les temps de Gnassingbé père qui n’avait jamais raté l’occasion pour
prendre dans l’avion togolais, le Gal Mathieu Kérékou.
Hier comme aujourd’hui, il n’est pas rare qu’on envoie l’avion
togolais chercher le «passager» Béninois qu’il ramène au Togo avant de
retourner le déposer une fois de retour de voyage.
Au demeurant, nous n’avons rien contre cette pratique qui peut
être interprétée comme l’expression de la «solidarité agissante» et
de l’amitié entre les deux pays et les deux Chefs d’Etat. Le Togo, c’est
connu s’est toujours présenté comme un pays hospitalier qui ouvre les bras à
tous les hommes de bonne volonté. De plus, notre pays et la République du
Bénin appartiennent à plusieurs organisations d’intégration sous-régionale
et continentale. Qu’ y a-t-il de mal à ce que Faure Gnassingbé voyage
ensemble avec Yayi Boni dont le pays est comme le sien, membre de la CEDEAO,
du Conseil de l’Entente, de l’UEMOA, de la BCEAO, de l’UA, etc ? Au
contraire, pendant leur voyage, les deux hommes et les membres de leurs
délégations auront l’occasion de faire des échanges de vues dans l’intérêt
des deux peuples.
Mais, au sein de l’opinion, cette pratique qui n’est d’ailleurs
pas une particularité togolaise est diversement appréciée. En effet, si
certains ne trouvent aucun inconvénient à ce que Faure mette l’avion
togolais à la disposition de son homologue béninois, d’autres critiquent
très sévèrement la pratique. Ils ne comprennent pas par exemple qu’à
l’occasion d’un voyage, on puisse envoyer l’avion présidentiel chercher des
passagers au Bénin, les amener au Togo et aller les déposer chez eux après.
Ils se demandent pourquoi ceux qui voudraient «profiter» de l’avion togolais
ne viennent-ils pas par leurs propres moyens, au Togo.
Nous ne sommes pas là pour dire s’ils ont tort ou raison. Nous ne
saurions dire non plus si ce sont les autorités béninoises qui sollicitent
une place à bord de l’appareil togolais ou si ce sont les autorités
togolaises qui, spontanément, leur proposent leur service. Mais ce que nous
savons par contre, c’est que cette pratique a un coût. Deux allers-retours
Niamtougou-Cotonou ou Lomé-Cotonou coûtent de l’argent.
La question qui se pose dès lors est de savoir si en l’état actuel
de son économie, le Togo a vraiment les moyens d’exprimer sa solidarité et
son amitié en ces termes sans en ressentir le poids. En effet, le Togo est
aujourd’hui pauvre dont les populations ploient sous le poids de la misère
et de la pauvreté. En clair, c’est un pays qui n’a que faire des dépenses de
prestige.
Mais d’une façon générale, le problème se pose plus en termes
d’acquisition et d’entretien d’avions par les gouvernements africains. Dans
certains pays, la possession d’un avion présidentiel est considérée comme
une question de souveraineté sur laquelle on ne transige pas. Au temps du
défunt Gal Eyadema, on ne lésinait sur aucun moyen pour entretenir la flotte
aérienne présidentielle. Aujourd’hui, même avec les moyens réduits et toute
proportion gardée, on tend à perpétuer la tradition. Bien que ne disposant
pas à l’heure actuelle d’un avion long courrier, la flotte aérienne
togolaise possède un Fokker 27 réputé en bon état.
En revanche, nos frères béninois ne semblent pas faire de
l’acquisition d’un avion, une priorité. A preuve, depuis qu’il est devenu la
vitrine de la démocratie en Afrique de l’Ouest, ce pays bénéficie
d’importantes d’aides. Aujourd’hui, le Bénin qui était naguère considéré
comme l’enfant malade de l’Afrique de l’Ouest a une économie prospère et se
développe très rapidement par rapport au Togo. Mais lorsqu’il y a quelque
temps, les services de la Présidence de la République du Bénin avaient
avancé l’idée de l’acquisition d’un avion, ce fut le tollé général. La
simple idée d’acheter un avion avait suscité une levée de bouclier qui a
immédiatement renvoyé le projet dans les tiroirs. Les pourfendeurs de ce
projet estimaient que le Bénin avait beaucoup d’autres priorités que de
s’offrir un avion présidentiel.
Nous n’avons pas la prétention de porter un jugement de valeur sur
les choix des uns et des autres. Mais aujourd’hui le constat reste clair. Le
fils a décidé de faire comme le père et Yayi Boni comme Kérékou. Mais les
Béninois voudraient-ils voir leurs dirigeants voyager éternellement dans les
valises des autres ? C’est aussi une question de fierté et de dignité.
L. C.
Insalubrité : Le quartier Abobokomé au cœur de la pollution
Tout comme les vieux quartiers de Lomé, pratiquement laissés à
eux-mêmes par les pouvoirs publics, le quartier Aguiarkomé se trouve
confronté à de sérieux problèmes d’insalubrité qui font craindre des cas de
maladies diarrhéiques pendant la saison des pluies si proche.
Aguiarkomé est un vieux quartier situé en plein cœur de Lomé, la
capitale du Togo. Il se distingue des nouveaux quartiers par ses vieilles
habitations en petits parpaings de terre cuite, jamais en ruine, toujours
solides comme pour défier le temps. Il est limité au Nord par l’Avenue Félix
Houphouët-Boigny, au Sud par l’Océan Atlantique, à l’Est par le Boulevard du
13 Janvier et à l’Est par l’Avenue Maman N’Danida. Depuis plusieurs années
déjà, ses habitants sont en proie à des problèmes d’insalubrité énormes dus
en grande partie au dysfonctionnement du système d’assainissement.
A l’instar des poteaux électriques rongés par la rouille où
pendent de vieux lampadaires se balançant au gré du vent, les réseaux eaux
usées qu’on y rencontre, datent de l’époque Sylvanus Olympio. Ils sont
vétustes et par endroits, tournent mal ou pas du tout. La station de pompage
installée pour le refoulement des eaux du quartier, tombe constamment en
panne provoquant ainsi, un engorgement monstre au niveau des conduites. Dans
ces conditions, les eaux qui n’arrivent plus à s’écouler normalement sont
refoulées en contre-courant et se répandent dans des maisons. Les odeurs qui
s’en dégagent, sont monstrueusement pestilentielles.
Selon des informations en notre possession, lorsque les habitants
complètement dépassés par l’événement s’adressent aux services techniques
compétents, ceux-ci ne tardent pas à montrer leurs limites : si l’hydro
cureuse n’est pas en panne, c’est le véhicule qui le traîne qui n’est pas
encore sorti du garage des mécaniciens. Conséquence : il faut attendre des
mois pour voir les services techniques intervenir.
Mais pendant ce temps, dans des maisons, les puits sont
contaminés. Les habitants se plaignent des démangeaisons de peau, une fois
qu’ils se lavent avec l’eau de puits qui devient ainsi impropre à la
consommation. Pour l’heure, nul ne saurait parler avec précision des
incidences qu’induit le phénomène sur la santé. Pour se mettre à l’abri, les
plus téméraires auxquels la situation géographique de leur maison le permet,
creusent dans la rue, à la hauteur des droits du regard afin que l’eau
puisse y couler. Il en résulte alors des flaques d’eau nauséabondes qui se
répandent sur les rues au demeurant caillouteuses et rongées par des nids de
poules. Dans ce cas, la circulation y est totalement interrompue si elle
n’est pas tout simplement réduite à sa plus simple expression.
Dans la perspective des pluies diluviennes qui s’annoncent, les
habitants de ce quartier, ne savent plus à quel saint se vouer. Tous les
recours ont été épuisés sans qu’une solution durable soit trouvée à cette
fâcheuse situation. D’après des sources dignes de foi, les services
techniques de la Togolaise des Eaux sont constamment informés, mais en vain.
Le danger, c’est que ce phénomène constitue une menace pour la
santé des habitants de Lomé qui retrouvent dans leurs casseroles ou dans
leur plat de bons mets préparés à partir des produits achetés au marché d’Atikpodji.
Ce marché qui demeure l’un des plus anciens et des plus animés de la place
se couvre la partie Sud du quartier. Après s’être mouillés dans ses eaux
stagnantes et nauséabondes, les mouches ne trouvent pas mieux que d’aller se
poser sur les marchandises que nos ménagères viennent acheter pour garnir
leur panier. Pendant la nuit, les moustiques qui font de ces eaux leur
réceptacle se mettent à leur tour en branle pour jouer leur partition.
Le phénomène d’insalubrité qui sévit dans le quartier d’Aguiarkomé,
constitue un problème de santé publique qui doit interpeller les autorités.
Au Togo, les structures sanitaires sombrent dans un délabrement patent.
L’accès aux soins de santé n’est pas à la portée de tout le monde, compte
tenu du faible pouvoir d’achat des populations en perpétuelle dégradation.
Les autorités seraient bien inspirées de porter à cette situation, toute
l’attention requise, alors qu’il en est encore temps.
Jacqueline Nyarley Tarsi
Rebondissement dans le dossier Vossah Yaovi contre Le Changement : Le
dossier renvoyé au 11 mars pour une reprise de la citation
Nous écrivions dans notre parution 159 du 12 février 2009, que le
procès Vossah Yaovi contre Le Changement a été ouvert le mercredi 11
février 2009 et que le président du tribunal M. Bidassa qui a en charge
l’examen de l’affaire a mis le dossier en délibéré pour se prononcer sur la
nullité de la citation directe soulevée par le ministère public (représenté
par M. Adjoli) et les prévenus. Le dossier qui était donc renvoyé en
jugement Avant Dire Droit (ADD) fixé au 25 février 2009, a connu un nouveau
renvoi au 4 mars 2009.
Hier mercredi 4 mars, à l’audience où le délibéré devait être
vidé, le président du tribunal M. Bidassa a curieusement déclaré de rabattre
le délibéré et renvoyé le dossier au 11 mars pour reprise de la citation
directe pour la partie civile. Mais comment en est-on arrivé là.
Les faits
Il faut rappeler qu’à la requête de M. Vossah Yaovi Tchignéamé en
date du 11 janvier 2007, le Directeur de publication du Journal «Le
Changement» M. Amouzouvi Kouamivi et sa collaboratrice Jacqueline
Nyarley Tarsi sont assignés par citation directe devant le Tribunal de
Première Instance de Première Classe de Lomé, siégeant et statuant en
matière correctionnelle. Ils devraient répondre de la publication d’un
article paru dans l’édition n° 48 du 3 novembre 2006 intitulé : «Faux et
usage de faux : Vossah Yaovi ex-employé à
la Direction des Impôts, coupable de détournement de pièces administratives»,
d’une part et d’autre part, de la photo de M. Vossah sans l’autorisation de
ce dernier.
Pour le requérant et son Conseil Me Amegankpoe, l’article
incriminé impute sans justification aucune à M. Vossah (un ancien
responsable de l’Association ALAKO), un chapelet d’infractions notamment, le
faux et l’usage de faux, l’abus de confiance et l’escroquerie. D’après les
plaignants, ces faits sont totalement contraires à la réalité et de nature à
porter atteinte à l’honneur de M. Vossah Yaovi. Ils sollicitent en
conséquence que le Directeur de la Publication de «Le Changement» et
sa collaboratrice soient jugés sur la base des articles 58 et 177 du Code
Pénal.
Après moult reports, le procès a été finalement ouvert le mercredi
11 février 2009. A la barre, le requérant M. Vossah Yaovi assisté de son
Conseil Me Amegankpoe d’une part et M. Amouzouvi Kouamivi et sa
collaboratrice Jacqueline Nyarley Tarsi qui avaient à leurs côtés, d’autre
part, Me Agbahey et Me Toussaint Adigbo.
D’emblée, le parquet représenté par M. Adjoli a relevé la nullité
de la procédure étant donné que les faits reprochés aux prévenus relèvent du
délit de presse. En conséquence, le parquet a demandé au Président du
Tribunal M. Bidassa de renvoyer la partie civile à mieux se pouvoir.
Réagissant par rapport à cette réquisition, Me Amegankpoe, après une
interprétation personnelle de l’article 89 du code de la presse, a exigé que
le dossier soit examiné au fond. Ce que le Procureur a rejeté. Sur ces
entrefaites, le président du Tribunal M. Bidassa qui avait ouvert les
débats, a dû, peu après l’ouverture, demandé 5 minutes de suspension. A la
reprise, il a mis le dossier en délibéré pour se prononcer le 25 février sur
la nullité de la citation directe soulevée par le parquet et les conseils
des prévenus.
Commentaire
Juridiquement, la décision du juge pose un problème qui aura toute
sa signification dans la suite de la procédure. Dans la mesure où les
parties ont fait des débats sur les irrégularités et où il a mis le dossier
en délibéré, il devrait rendre tout simplement une décision soit en rejetant
les exceptions soulevées par le parquet et les prévenus, s’il estime que la
citation est régulière, soit en annulant purement et simplement la citation
si elle est entachée d’irrégularités.
Tout porte à croire qu’à l’analyse du dossier, le juge s’est rendu
compte que la citation est irrégulière. Si tel est le cas, peut-il renvoyer
encore pour une nouvelle citation ? La question reste posée.
La Rédaction
A l’image de
Radio Nana FM de Lomé : Kpatcha Gnassingbé crée la Radio Ewaou au grand
marché de Kara
A l’image de Radio Nana FM à Lomé, l’honorable Kpatcha Gnassingbé
vient de créer pour les femmes du grand marché de Kara et de toute la
population de la Kozah, une nouvelle station de radio dénommée Radio Ewaou
FM.
La coupure du ruban symbolique marquant l’installation de cette
chaîne a eu lieu le 27 février dernier au grand marché de Kara. C’était en
présence de plusieurs personnalités administratives, politiques, religieuses
et des responsables de l’Association 2 AK
Selon Kpatcha Gnassingbé, l’installation de cette radio répond à
la promesse qu’il a faite à la population de la Kozah en général et
particulièrement aux femmes du grand marché de Kara pendant la campagne
législative de 2007.
«Elu à l’Assemblée nationale, je tiens à honorer à l’engagement
que j’ai pris devant les populations», a déclaré l’honorable Kpatcha
Gnassingbé. Ce dernier a souligné qu’avant la fin de cette législature, il
fera tout ce qui est de son pouvoir pour répondre aux autres promesses. Il a
demandé, à la population, d’en faire un bon usage en ce qui concerne les
dons qu’il a déjà faits.
En ce qui concerne la radio Ewaou, il a demandé aux bénéficiaires
d’en faire également un bon usage. Kpatcha Gnassingbé a, au passage, promis
d’installer dans un proche avenir une chaîne de télévision.
Rappelons que dans la matinée du vendredi 27 février 2009,
l’honorable Kpatcha Gnassingbé accompagné de son épouse est passé au
CHU-Kara et à Landa où il a fait des dons aux populations. Ces dons sont
entre autres, des lits à ressorts électriques, des blouses de maternité, des
gans d’intervention chirurgicale, des compresses, une ambulance, des matelas
orthopédiques, des Kochers et une somme de 3 millions de F CFA.
La cérémonie s’est achevée avec la visite de la maternité et la
remise de vivres (maïs) et non vivres (trousseaux, nattes) par Mme
Gnassingbé aux femmes qui ont accouché.
Ces dons ont été faits en prélude au dixième anniversaire de Maman
Marie Manguiliwé Gnassingbé, la mère de Kpatcha Gnassingbé. L’anniversaire a
vu une mobilisation importante de la famille Gnassingbé, de la population de
Kara, des amis venus de par le monde et des autorités politiques et
administratives.
Le Chef de l’Etat a personnellement présidé la veillée avant de
s’envoler le lendemain 1er mars
2009, l’apothéose de cet anniversaire.
L. C.
Kaléidoscope
Entre les malfrats et les conducteurs sans casque, le Colonel a choisi
Le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Atcha Titikpina doit
déborder d’imaginations. Pour détourner l’attention des Togolais de
l’insécurité galopante qui les étrangle à tout bout de champs, tel un
prestidigitateur, il a sorti de sa besace les journées portes ouvertes sur
les Forces de Sécurité. Pendant ces journées, ses éléments qui se sont au
fil des événements, révélés incapables d’en découdre efficacement avec les
malfrats qui se comportent comme sur un territoire conquis, ont été
présentés comme des héros, mieux des justiciers intrépides garants de la
sécurité des populations.
Mais comme les journées portes ouvertes n’ont apparemment fait que l’effet
d’un feu de paille, notre Colonel monte une nouvelle fois au créneau.
Profitant d’une manifestation au cours de laquelle le président de la «Jeunesse
En Mouvement» Mey Gnassingbé a offert gracieusement des casques «Evamé»
aux Zémidjan, Atcha Titikpina a fait part à l’assistance de son projet
d’imposer dans les jours à venir, le port de casque aux conducteurs d’engins
à deux roues. Le Colonel qui fonde sa décision sur la multiplication des cas
de décès par accident dus au défaut de casque, a lancé une mise en garde aux
futurs contrevenants. Quelques jours seulement après les journées portes
ouvertes sur les forces de sécurité, voilà le Colonel Titikpina sur un
nouveau chantier. Pour l’heure, ce sont les commerçants de casques qui se
frottent les mains en attendant que le Colonel donne le coup d’envoi de la
chasse aux conducteurs d’engins 2 roues. A Lomé où l’événement fait grand
bruit, on s’interroge sur la coïncidence entre l’action de la JEM et la
décision du Colonel. Le Ministre Titikpina, sera-t-il pour quelque chose
dans le commerce bientôt juteux des casques ?
Bientôt le retour dans L’eau-mé
La saison sèche finissant nous fait signe que la saison des pluies
est à nos portes. Lomé la capitale longtemps dénaturée par la saison sèche,
va redorer son blason boueux. Déjà, les premières pluies annonciatrices du
déluge arrosent notre ville et offre ainsi aux Loméens un avant-goût de ce
qui les attend. Suite à ces premières pluies, des maisons, des rues et
autres places publiques ont connu pendant quelques jours un début
d’inondation. L’eau a repris du travail sur certaines artères et dans
certains quartiers de la capitale. La boue aussi. Mais ce que tout le monde
redoute, c’est la réédition des inondations ayant occasionné l’année
dernière des pertes en vies humaines et des dégats matériels importants. Si
cette année, nous ne serons plus amenés à s’interroger sur : «Comment est
l’eau ?», il n’y a pas de doute que Lomé va redevenir L’eau-mé comme
d’habitude.
Bienvenu, Jean Thissen
Au cours de la conclusion de son contrat de travail le lundi 2
mars 2009, à l’Hôtel Mercure Sarakawa, le nouvel entraîneur des Eperviers
Jean Thissen a rappelé par son comportement, une époque de triste mémoire
que les Togolais n’entendent plus revivre.
Prenant la parole pour son allocution de circonstance, il s’est
fondu dans un torrent de remerciements à l’endroit des divers responsables
relevant de son domaine entre autres, le Ministre Tchao des Sports et
Loisirs, le Président Rock Gnassingbé, Kossivi Reinhardt auxquels il
distribue à tour de bras, des satisfecits. L’assistance composée d’un
parterre de journalistes des médias privés et publics, et des invités
d’honneur relevant du monde sportif, a été surprise d’entendre l’entraîneur
belge dire qu’il a travaillé longtemps avec ces personnalités et qu’il les
trouve formidables. Une telle allégation venant de quelqu’un qui vient à
peine de fouler le sol togolais, ça fait tout de même bizarre ! Mais là où
Jean Thissen a déjoué tous les pronostics, c’est lorsqu’il a complètement
sombré en louanges au Chef de l’Etat. Mieux qu’un vulgaire liseur de motion
dans les jardins de Lomé II, le Directeur technique et Sélectionneur des
équipes nationales de football du Togo, après avoir loué les mérites du
président Faure, a demandé à toute l’assistance de se lever comme un seul
homme pour faire un tonnerre d’applaudissement au fils du Père de la Nation.
Les journalistes qui ont assisté tout médusés et désemparés à l’événement
se sont fourvoyés en conjectures pour qualifier leur sentiment. Pourvu que
sous la houlette de cet homme, les Eperviers ne finissent pas par être
transformés en un applaudiomètre.
L’ombre d’Akomabou plane toujours sur le Yoto
Le bandit des grands chemins, le sieur Akomabou de triste mémoire
qui, il y a quelques jours, a perdu sa vie dans des circonstances non
totalement élucidées, doit être vraiment redoutable. Des informations en
provenance de Yoto rapportent que même mort, il fait toujours peur. Dans
nombre de localités, les populations attendent de voir son cadavre en
putréfaction ou non avant de croire qu’il est réellement mort. Alors on se
réserve de se réjouir publiquement de l’événement de peur de subir après des
représailles de la part d’Akomabou lui-même ou de ses comparses. Là où cette
méfiance est à prendre au sérieux, c’est quand on considère qu’à Lomé même
on a attendu la mort de cet individu pour présenter des condoléances aux
familles de ses victimes. Akomabou mort ou vivant doit susciter vraiment la
peur. Sinon comment peut-on concevoir que pour exprimer une simple
compassion aux familles des victimes tombées sous l’action d’un gangster il
y a des années, on attende la mort de ce dernier pour le faire ? Pour les
observateurs bien avisés, cette précaution vaut tout son pesant d’or, étant
donné que ceux qui se permettent aujourd’hui d’exprimer publiquement leur
compassion aux familles éplorées ont tous, leurs racines dans le Yoto. S’ils
le faisaient du vivant d’Akomabou, celui-ci se ferait le plaisir de les
couper une à une. Pour avoir une idée de la capacité de nuisance du gangster
dit-on, il faut tout simplement se référer à la situation créée sur le plan
politique par une simple dénonciation des faits d’arme de son groupe. Mais
est-ce qu’avec la mort d’Akomabou, prennent fin les problèmes d’insécurité
dans le Yoto ? Ses comparses qui courent toujours vont-ils laisser les
paisibles populations tranquilles ? Un Akomabou ne peut-il pas en cacher un
autre à quelques mois du scrutin présidentiel ?
Secrets d’alcôve :
La surprise
Coincée entre deux passagers de la voiture qui la ramenait avec
son cousin Kpoti à Lomé, Labilé, les yeux fermés, revivait en silence les
douloureux événements qu’elle venait de connaître. Elle avait toujours
entendu parler de l’insécurité sur les routes pendant la nuit mais n’en
avait jamais été victime. Et pourtant, cela faisait de longues années déjà
qu’elle voyageait de nuit. Son commerce qui consistait à aller jusque dans
les champs et les fermes pour acheter des tubercules, des céréales et du
charbon imposait toujours des déplacements nocturnes. Et cela avait toujours
marché pour elle. Mais aujourd’hui, elle ne pouvait plus se vanter de
n’avoir jamais été victime de l’insécurité. En effet, partis de Lomé la
veille pour se rendre à Elavagnon, Labilé et tous ceux qui voyageaient avec
elle n’arriveront pas à destination.
La nuit avait étendu son manteau noir sur le pays depuis longtemps
et le véhicule à bord duquel voyageait Labilé roulait tranquillement sur la
grande route. Il sonnait un peu plus d’une heure du matin quand, au sortir
d’un tournant, le véhicule se trouva face à un barrage. De gros troncs de
teck avaient été posés en travers de la route, empêchant le passage. Le
chauffeur n’avait rien d’autre à faire que de freiner. Et à peine avait-il
immobilisé le véhicule que de sinistres individus armés de machettes, de
bâtons et de pistolets de fabrication artisanale sortirent de la brousse et
entourèrent le véhicule. Labilé et ses compagnons d’infortune réalisèrent
qu’ils étaient tombés dans le guet-apens de coupeurs de routes.
Les coupeurs de routes, ce n’est un secret pour personne, n’ont
jamais été gentils. Les croiser sur son chemin était synonyme d’une
rencontre avec la mort. Ceux qui ont eu à en faire l’expérience sont
unanimes pour reconnaître qu’il vaut mieux coopérer avec eux et se plier à
toutes leurs injonctions si l’on veut sauver sa peau.
La bande de malfrats sur laquelle venaient de tomber ces voyageurs
de nuit était particulièrement excitée. Sans ménagement, ils firent
descendre tout le monde de voiture et après une bastonnade en règle,
fouillèrent un à un, jusque dans leur intimité tous les passagers et leur
retirèrent tout leur argent ainsi que tout ce qui avait à leurs yeux, une
quelconque valeur. Les montres-bracelets, les boucles d’oreilles, les
colliers, les téléphones portables, … Tout y était passé. Pour boucler la
boucle, ils mirent le véhicule hors d’état de rouler en crevant les quatre
pneus. Les passagers eurent encore droit à une sévère bastonnade.
Labilé eut tellement peur qu’elle tomba évanouie pour ne se
réveiller qu’à l’hôpital de Notsè. A son réveil, elle réalisa sans rien y
comprendre, que son cousin Kpoti était à son chevet. Elle saura plus tard
que Kpoti qui était enseignant à Notsè avait été alerté par une infirmière
qui les connaissait depuis Lomé. C’est ainsi que Kpoti avait volé à son
secours. Avec toutes ses connaissances à l’hôpital, il n’avait eu aucune
difficulté pour assurer sa prise en charge. Actuellement, c’est lui qui la
raccompagnait à Lomé.
Labilé avait des contusions et sa colonne vertébrale lui faisait
atrocement mal. Elle essaya de changer légèrement de position et lâcha un
cri de douleur. Elle savait bien ce qu’elle devait faire. Une fois à Lomé,
elle devrait retourner à l’hôpital pour un traitement beaucoup plus en
profondeur.
Mais le voyage retour sur Lomé fut également mouvementé. La
voiture à bord de laquelle voyageaient Labilé et son cousin Kpoti eut deux
crevaisons successives et une avarie de moteur. Tant et si bien qu’il
sonnait 21 heures quand le véhicule arriva à la gare routière d’Agbalépédogan.
Le temps pour Labilé d’arriver à la maison, il était déjà 22 heures.
La nuit était donc tombée depuis longtemps quand Labilé et Kpoti
arrivèrent à la maison. La jeune femme savait que son mari Richard allait
être très surpris de la voir. Elle était en effet partie pour quatre jours
comme d’habitude. Mais la voilà déjà de retour.
Pendant les péripéties du voyage retour, Labilé pensait à la
surprise que son retour si brusque ferait à Richard. Elle lui raconterait
alors dans le menu détail sa mésaventure et ensemble, ils allaient réfléchir
à l’avenir. Oui, à l’avenir, maintenant qu’elle avait pratiquement perdu
tout son argent. En tout cas, tout ce qu’elle avait sur elle pour les achats
à Elavagnon a été emporté par les bandits.
L’idée d’aller retrouver Richard la réconforta. Oui, Richard,
l’homme avec qui elle avait fait deux enfants et avec qui elle vivait à
Akodésséwa était sentimentalement tout pour elle. Depuis qu’ils s’étaient
connus, ils avaient toujours filé le parfait amour. Certes, dans l’entourage
de Labilé, il y avait des gens qui la mettaient en garde contre l’excès de
confiance qu’elle avait en son mari. Les hommes, soutiennent-ils, sont tous
de la même graine. Lorsqu’on leur fait trop confiance, ils finissent par
trahir. Les plus dangereux, disent-ils, sont ceux qui sont calmes et cool
comme Richard. Mais Labilé n’avait jamais pris ces propos au sérieux. Si
elle ne les mettait pas sur le compte des blagues, elle les considérait
comme la marque d’une envie et de jalousie de ses proches. Le plus important
pour elle était d’être heureuse et elle l’était avec Richard qui, à ses yeux
et pour elle, était l’homme le plus sérieux du monde.
Ce que Labilé ne savait pas, c’est que Richard était en réalité
loin d’être l’ange pour lequel elle le prenait. Son sport favori était le «hanche
ball sur terrain adverse». Il la trompait pratiquement tout le temps
mais faisait tout sans trace. Chaque fois, lorsque Labilé partait en voyage
pour son commerce ou s’absentait pour une raison ou une autre, Richard ne se
privait pas d’aller s’envoyer en l’air dans les cuisses de l’une de ses
nombreuses maîtresses.
Sa dernière conquête était une vendeuse d’orange du nom de Sissi.
Sissi était une jeune fille de taille élancée et justifiant d’une bonne
forme. Tout en elle était proportionné. Elle était en concubinage avec
Louis, un jeune homme avec qui elle vivait dans la même maison que Labilé et
son mari. Mais, il y a quelques mois, Louis a été affecté à Aného. Il
partait tous les lundis matins pour son travail et ne rentrait à la maison à
Lomé que les week-ends et jours fériés. N’ayant pas encore d’enfant. Sissi
passait tout le temps, seule.
C’est cette jeune fille que Richard a réussi à compromettre et à
mettre dans son escarcelle. Maintenant, chaque fois que Labilé partait en
voyage, il allait passer la nuit dans son lit après avoir enfermé chez lui,
ses deux enfants et la petite nièce de Labilé qui vivait avec eux.
Cette nuit encore, il était au rendez-vous. Fidèle à ses
habitudes, après avoir couché Sissi sur le dos, il avait pris ses seins
fermes à pleines mains et les malaxait fébrilement. C’était presque un
rituel chez lui et il s’y appliquait.
La surprise fut grande pour Labilé de ne pas trouver son mari à la
maison. Quand elle avait frappé à la porte fermée, c’est sa petite nièce qui
s’était réveillée pour lui faire comprendre derrière la porte que Richard
n’était pas à la maison et qu’il était parti avec la clé.
Labilé était fatiguée et avait besoin dans son état, de
s’allonger. La seule issue qu’elle avait, était de s’adresser à Sissi qui
pouvait lui passer une natte. Elle s’avança et frappa. Elle savait que la
jeune femme ne dormait pas puisque la porte du salon était entrebâillée et
il y avait de la lumière dans la chambre.
Labilé hasarda alors la tête dans l’entrebâillement de la porte
pour appeler de vive voix Sissi. Là aussi surprise : le trousseau de clé de
Richard trônait sur la table du salon et des bruits émanant de la chambre à
coucher lui en dirent long sur ce qui devait s’y passer.
Labilé n’en revenait pas. Elle vacilla et une fois encore, tomba
dans les pommes. Son cri de surprise alerta les jouisseurs qui revinrent
rapidement sur terre. Le cousin Kpoti qui attendait dehors entendit aussi le
cri et accourut pour se retrouver nez à nez avec les deux jouisseurs tout en
sueur autour du corps inanimé de Labilé. Il avait aussi compris ce qui se
passait.
Dans la chambre voisine momentanément transformée en prison, les
deux enfants et la petite nièce de Labilé dormaient.
Kayissan |
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Le Changement #161 du 26 fev 2009 |
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Le secteur du
bâtiment et des travaux publics en difficulté : Faure fait appel à Comla
Kadje pour nettoyer les écuries |
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Le secteur du bâtiment et des travaux publics est un milieu pourri
au Togo. On se rappelle qu’il n’y a pas très longtemps, le gouvernement
avait décidé en Conseil des Ministres de supprimer le Fonds d’Entretien
Routier (FER) parce que cette structure n’arrivait pas à remplir
convenablement la mission pour laquelle elle a été créée. Lors du dernier
remaniement ministériel, le ministère des Travaux Publics avait été rattaché
à la Présidence de la République.
L’on avait alors pensé que le secteur serait assaini et que
l’ordre reviendrait dans la maison. Malheureusement, le rattachement du
ministère ou des attributions des TP à la Présidence de la République ne
semble pas avoir été la solution la mieux indiquée. A preuve, mardi dernier,
le Président de la République a dû prendre un décret portant nomination d’un
nouveau Ministre des Travaux Publics. Cette nomination survient à un moment
où le secteur des bâtiments et travaux publics est en proie à de grands
remous.
L’état des lieux
L’un des problèmes majeurs qui frappent le secteur des bâtiments
et des travaux publics est surtout celui de l’attribution des marchés
publics et de la rémunération des marchés exécutés.
Il n’est en effet un secret pour personne que, de plus en plus,
l’attribution des marchés gré à gré ou sur la base d’appels d’offres ne
répondant à aucune orthodoxie est devenue la règle au Togo. Parce que
disposant de solides relations dans les sphères du pouvoir, des individus
montent des entreprises fantoches, sans expérience aucune et se font
attribuer des marchés juteux. En un temps record, ces imposteurs qui savent
mouiller leurs bienfaiteurs qui, en réalité ne sont que leurs complices,
brassent des centaines de millions.
Mais les conséquences de cette pratique sont hautement
désastreuses pour le pays et ont pour nom, non livraison des ouvrages dans
les délais impartis. Et lorsque finalement ils sont finalement livrés, non
seulement ils ne répondent pas toujours aux normes, mais aussi ils sont
bâclés et ne résistent pas au temps.
Le cas des routes réhabilitées tous les ans mais qui ne résistent
pas à la première saison des pluies venue est vivace dans les esprits.
Afin de parler d’une seule et même voix et pour mieux défendre
leurs intérêts, les entrepreneurs avaient créé en 2005, leur syndicat.
Aujourd’hui, ce syndicat dénommé «Syndicat National des Entrepreneurs du
Bâtiment et des Travaux Publics du Togo» (SNEBTPT) est au plus mal, parce
que miné par des conflits d’intérêt. Ceux qui ont travaillé pour la
Direction Générale des TP en 2003 et dont les factures sont encore en
souffrance ne comprennent pas pourquoi certains, parmi eux, sont payés dans
une proportion supérieure aux autres. Les entrepreneurs entre eux se
glissent des peaux de bananes et se donnent des coups bas.
De sources proches des mécontents qui ont créé un Comité des PME
concernés par les Travaux effectuées pour le compte de la DGTP en 2003 sur
le budget du FER (dissous) l’opinion publique doit être informée sur tout ce
qui se passe dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Un point
doit être fait notamment sur l’évolution de la situation, le comportement
des membres du SNEBTPT et les solutions envisageables pour dénouer le
problème. C’est du reste le contenu d’une déclaration rendue publique lors
d’une conférence de presse hier mercredi et dont nous donnons la primeur à
nos lecteurs.
«1. Evolution des solutions à ce problème
A ce jour, grâce aux efforts louables du Premier Ministre et de son
Gouvernement, tous les Entrepreneurs concernés ont encaissé au moins 50% de
leurs montants, et les factures pour le reste sont en cours de traitement.
Seulement se pose le problème de quelques collègues Entrepreneurs
malhonnêtes qui ont déjà perçu en complicité avec le S.N.E.B.T.P.T. et l’ex
Directeur de l’ex F.E.R., les 1/3 de leurs factures T.T.C. avant la
dissolution de cette Institution, et qui tentent encore frauduleusement
d’encaisser les 100% de ces mêmes factures suite aux démarches du Comité.
Ceci étant, le Comité ne cédera pas au double paiement de ces entrepreneurs,
et fera tout pour aider les Autorités Publiques à les démasquer.
2. Dénonciation des comportements des membres du S.N.EB.TP.T.
Ce Syndical est né le 01 décembre 2005 pour un mandat de 04 ans avec un
bureau exécutif de 11 membres, à savoir:
- un Président
- un Vice Président
- u ri Secrétaire Général
- un Secrétaire Général Adjoint
- un Trésorier Général
- un Trésorier Général Adjoint
- un Commissaire à l’Organisation
- un Commissaire à l’information et aux Relations Extérieurs
- trois Conseillers.
A ce jour ce bureau se retrouve réduit au Président, au Trésorier Général et
au Commissaire à l’Information et aux Relations Extérieures; il est alors
inadmissible que ces trois personnes non représentatifs puissent parler au
nom de tous les Entrepreneurs du Togo, surtout que ces trois membres se sont
révélés après leur élection être de moralités douteuses.
3. Solutions envisagées pour la bonne marche de la profession des
Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo.
Pour la solution nous demandons au Ministère de l’Intérieur et de
l’Administration Territoriale de suspendre les activités du Syndicat
National des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics du Togo pour
permettre aux services de la Gendarmerie de refaire des enquêtes de
moralité sur les membres du bureau exécutif dudit Syndicat.
Nous demandons en outre une assemblée générale de tous les entrepreneurs en
bâtiment et travaux publics du Togo, y compris nos confrères membres du
Groupement National des Entrepreneurs du Bâtiments et Travaux Publics du
Togo (G.N.E.B.T.P) pour enfin mieux organiser celle profession
incontournable dans la reconstruction de notre cher pays le Togo.
Comla Kadje, l’homme de la situation ?
Face à cette situation qui commençait à gêner et vu que la
Présidence de la République a plusieurs autres dossiers à gérer, le Chef de
l’Etat a procédé à la nomination d’un nouveau Ministre des Travaux Publics.
La création d’un ministère des TP et la nomination d’un
responsable à la tête de ce département a été positivement accueillie dans
les milieux intéressés. La question qui se pose reste de savoir si M. Comla
Kadjé sera à la hauteur des attentes. A la lecture de la biographie et au
regard de son parcours, on peut dire que Faure n’a fait que placer l’homme
qu’il faut, à la place qu’il faut. Rien n’autorise le moindre doute sur les
capacités du nouveau Ministre.
En effet, M. Kadje Comla est né le 25 février 1958 à Lomé. Nanti d’un
baccalauréat série C en 1977 au Togo, il poursuivit ses études supérieurs en
France où il obtint une maîtrise en mathématique appliquée à l’Université de
Renne 1 en 1981, un DEA de Génie Mécanique à l’Université Pierre et Marie
Curie (Paris VI) en 1982, le diplôme d’Ingénieur des Ponts et Chaussées à
l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris en 1984, puis un Doctorat
en Calcul de structures à l’Université technologique de Compiègne en 1987.
Sur le plan professionnel, M. Kadje a servi de 1986 à 1988 dans l’entreprise
SATOM, avant de rejoindre l’Université du Bénin (actuellement Université de
Lomé) comme enseignant chercheur au Centre Informatique de Calcul (ClC) et à
l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (ENSI).
En 1989, il créai un Bureau d’Etudes privé, le Génie des Travaux
d’Ingénierie (GTJ-Ingénieurs Conseils) au sein duquel il a mené et dirigé
plusieurs travaux, études et consultations dans les domaines de l’ingénierie
du transport, des télécommunications, de l’énergie, de l’assainissement et
des ressources hydrauliques.
II a occupé successivement de 1996 à 1999, le poste de Secrétaire d’Etat
chargé des Transports et des Ressources Hydrauliques, le poste de Ministre
de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de
l’Artisanat, puis le poste de Ministre du Transport et des Ressources
Hydrauliques. En mai 2006. il a été nommé Directeur Général des Travaux
Publiques du Togo, fonction qu’il assumait avant d’être appelé à la
Commission de la CEDEAO comme Commissaire chargé des infrastructures en
février 2007. Il est auteur de plusieurs publications scientifiques.
Comme tel, l’homme justifie de potentialités qui donnent droit à
l’espoir.
Mais pour réussir, le nouveau Ministre doit avoir à l’esprit qu’il
est appelé à évoluer dans un environnement pourri où des réseaux
s’affrontent. Ainsi, les risques sont grands que chaque réseau, tente, par
tous les moyens, de lui mettre le grappin dessus. Lorsqu’on est appelé à
souper avec le diable, il faut se servir d’une longue cuillère. M. Kadje qui
n’est pas néophyte ne doit pas perdre de vue qu’il est appelé à composer
avec des individus qui sont loin d’être des enfants de chœur. Il doit donc
savoir jouer en permanence de vigilance.
L. C.
CPDC : 3 semaines pour un consensus sur la facilitation : Combien de temps
pour les autres sujets d’intérêt national ?
«En cas de blocage des discussions, les membres du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) conviennent de saisir le
Président de
la République. Le Chef de l’Etat recherchera avec les leaders des partis
membres du Cadre, les solutions appropriées avec le recours à la
facilitation le cas échéant. Ce point sera inscrit dans le règlement
intérieur qui a été finalement adopté le mardi 24 Février 2009 par les
partis membres du Cadre».
Tel a été, en substance, l’essentiel de ce qui ressort du communiqué du
Secrétaire Général de la Présidence de la République à la séance du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation. Ainsi donc la question du recours
à la facilitation est, enfin, réglée. Mais pour le faire, il a fallu trois
semaines. La 9e séance
de travail du mardi dernier était, ce qu’on a appelé, la séance de la
dernière chance. La question reste de savoir si ça vaut vraiment la peine de
perdre tout ce temps, pour un sujet aussi simple. En mettant assez de temps
pour régler un sujet aussi simple, les uns et les autres auront-ils la
volonté de dépassionner les débats lorsqu’il s’agira de débattre les vrais
sujets de notre nation et de trouver, dans l’intérêt du peuple, les
solutions appropriées ?
Dans l’une de nos précédentes livraisons, nous avions écrit que le
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est une perte de temps,
d’argent et d’énergie. Eh oui, le CPDC c’est un marché de dupes. Car de
l’avis de plusieurs observateurs, à l’allure où vont les choses, le CPDC
n’ira pas loin parce que ceux qui l’animent en général et le pouvoir en
place en particulier n’ont aucune volonté de faire aboutir le processus. Ce
n’est pas en trouvant, malgré eux, une solution aux problèmes de la
facilitation que les uns et les autres se sont débarrassés des idées
préconçues qu’ils avaient avant de venir au CPDC. Le RPT a sa logique. Idem
pour les partis d’opposition.
Avant que Faure Gnassingbé n’accepte de réhabiliter le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation qui est pourtant un produit de
l’Accord Politique Global, ce fut tout un parcours de combattant. Et pour
cause, les caciques du RPT se sont vigoureusement opposés sous prétexte
qu’ils ont gagné les élections législatives de 2007 et que, pour ce faire,
tout ce qui relève de l’APG est mort. Des débats télévisés ont eu lieu à ce
sujet.
Pendant ce temps, le CAR de Me Agboyibo, signataire du décret
annonçant le cadre, défendait bec et ongle le cadre.
L’UFC de Gilchrist Olympio qui avait, en son temps, refusé
d’entrer au gouvernement Agboyibo, n’avait pas soutenu le «Cadre».
Bref, chacun avait sa position et sa conception sur le sujet.
Pendant ce temps, le temps joue contre nous, car étant à quelques
mois de la présidentielle de 2010, les uns et les autres doivent savoir
raison garder.
Dans cette affaire, l’opposition togolaise – l’UFC et le CAR –
doit rester prudente pour ne pas tomber dans le piège du RPT. Ce dernier ne
fait rien au hasard et ne fait jamais cadeau à ses adversaires politiques.
Dès lors que, clopin-clopant, il a accepté le Cadre Permanent de Dialogue et
de Concertation alors, les moyens pour rendre la vie dure à l’opposition, ne
manqueront pas. Ce ne sont pas des têtes pensantes dans ce sens, au RPT, qui
manquent. L’essentiel reste donc à faire au niveau de l’UFC et du CAR pour
sauver les meubles. Appel donc à la vigilance.
Amou
Energie : Avec la chute du brut :
Qu’attend-on pour revoir le prix des produits pétroliers à la baisse au
Togo ?
Lorsqu’en décembre 2008, le gouvernement, tirant les conséquences de
la baisse du prix du baril sur le marché international avait baissé les prix
des produits pétroliers à la pompe, les consommateurs togolais qui avaient
salué la mesure croyaient que désormais le gouvernement évoluerait dans
cette logique. Autrement dit les prix des produits pétroliers au Togo seront
désormais fonction de la fluctuation du prix du baril à l’international.
Mal leur en prit. Depuis décembre 2008, les nouveaux prix sont
demeurés statiques malgré la chute du prix du baril dont les retombées
profitent énormément aux pays voisins du Togo.
En effet, d’après nos informations, au pays du Général Mathieu
Kérékou, le carburant est livré à la pompe au prix de 300 F CFA le litre
contre 275 F CFA au Ghana. Contrairement à ces pays voisins, au Togo, les
consommateurs continuent de tirer le diable par la queue. Et pour cause :
ici tout dépend du carburant qui est en passe de devenir la seule source
d’énergie fiable et viable. Pour produire de l’électricité à partir des
groupes électrogènes, c’est du carburant, pour faire tourner les moteurs des
véhicules c’est toujours le carburant. Presque tout se fait à partir de
cette denrée stratégique.
Il apparaît dès lors que la cherté du carburant indubitablement
induit le phénomène de la vie chère. Dans ces conditions, on ne peut
valablement pas lutter contre la vie chère, contre la pauvreté en rechignant
à faire baisser les prix du carburant quand les circonstances s’y prêtent.
Plus d’une fois, le gouvernement togolais, que ce soit par la voix
du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé ou du Premier Ministre Gilbert Fossoun
Houngbo, a proclamé son engagement à lutter contre la vie chère, à réduire
la pauvreté. Les Togolais ne comprennent pas aujourd’hui, que le même
gouvernement ne puisse pas profiter de l’occasion de la baisse du prix du
baril pour délivrer un tant soit peu les consommateurs togolais.
Pour venir à bout du phénomène, le tout n’est pas de créer un
ministère chargé du développement à la base et de pondre des programmes dans
le sens de la réduction de la pauvreté. Il faut aussi savoir profiter des
opportunités inhérentes à la chose. Et la baisse du prix du baril du pétrole
en est une. C’est une question de gouvernance. Tout simplement.
JNT
Akomabou Gbété, la terreur de Yoto, tué
Akomabou Gbété n’est pas inconnu des Togolais. Il s’agit en effet
de l’individu qui, au cours des cinq dernières années avant l’an 2000, avait
beaucoup fait parler de lui. En effet, en ces années-là, Akomabou Gbété
était le chef d’un gang de sinistres renommée qui faisait trembler les
paisibles populations dans le Yoto.
Les tristes faits d’armes de cet homme et de son groupe sont
encore vivaces dans les esprits. Les populations n’ont pas oublié et
n’oublieront sans doute jamais l’enfer que leur ont fait vivre Akomabou et
ses hommes. Rien ne les arrêtait. Régnant en maîtres absolus sur la région,
ils volaient, violaient et pillaient sur leur passage. Ils prenaient et
s’accaparaient de tout ce qui leur tombait sous la main et gare à quiconque
osait entraver leur macabre entreprise.
Curieusement, rien n’était fait au niveau de l’administration pour
refreiner leur ardeur. Le député de la zone, un élu du CAR, avait soulevé le
problème sans obtenir de suite convenable. Les horreurs n’avaient fait que
gagner en intensité.
C’est ainsi que dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 septembre
1998, le responsable fédéral du CAR à Sendomé (Yoto) M. Kégbé Koffi Mathieu
a été sauvagement assassiné. Dans un communiqué rendu public à cette
occasion, le CAR de Me Agboyibo indiquait que «plus de 100 miliciens du
RPT, tous armés et se réclamant du parrainage de Kodjo Agbéyomé sèment la
terreur au sein des populations sans être nullement inquiétés malgré une
lettre adressée à leur propos au Ministre de l’Intérieur et de
la Sécurité par M. Gboné Henri député de la localité».
Au lieu de saisir cette dénonciation pour frapper fort et
démanteler le réseau de malfaiteurs, Agbéyomé Kodjo, profitant de sa
position, s’en servira plutôt comme casus belli pour déclarer la guerre à Me
Agboyibo. Cette affaire prendra finalement la forme d’un procès politique
qui se soldera par l’incarcération de Me Agboyibo. Personne n’en revenait.
Mais il fallait être au Togo pour savoir qu’il est bien possible d’envoyer
un citoyen en prison tout simplement parce qu’il a dénoncé un crime odieux.
Pire, alors que Me Agboyibo était en détention, ses persécuteurs
s’employaient à «cuisiner» Akomabou, afin de l’amener à l’enfoncer
davantage.
Finalement, Akomabou sera arrêté dans une autre affaire de grand
banditisme.
Après qu’il soit remis en liberté, il y a quelque temps, des actes
similaires à ce qui se passait quand son réseau était actif ont repris dans
le Yoto. Une psychose de peur s’est réinstallée. Les populations terrorisées
avaient commencé à s’enfermer dans leurs chambres avec leur bétail et leurs
récoltes.
On en était là quand l’information était tombée, faisant état de
ce que M. Akomabou Gbété a été tué lors d’une de ses opérations criminelles
dans un village du canton d’Amoussimé (Yoto).
Le CAR qui a payé un lourd tribut aux virées meurtrières de ce
bandit a, dans un communiqué en date du 25 Février 2009 présenté ses
compassions aux victimes des actes de la bande à Akomabou avant de lancer un
appel pressant aux autorités afin qu’elles mettent tous les moyens en œuvre
pour démanteler les autres membres de la bande (Voir ci-dessous).
Le bandit a passé l’arme à gauche, mais ses faits lui survivront.
Tôt ou tard, la vérité, toute la vérité éclatera au grand jour sur ses faits
d’armes et ceux qui le couvraient. Amou
Les Forces
Nouvelles du Togo dans la fiente de l’imposture : Les membres du MO5
interpellent et désavouent Logo Dossouvi
Le 04 Février dernier a été portée sur les fonts baptismaux à
Lomé, une fédération des associations et mouvements de jeunesse dénommée «Forces
Nouvelles». Selon les banderoles annonçant l’événement aux grands
carrefours de la capitale, elle regroupe le Bloc d’Action pour le Changement
(BAC), le Mouvement du 05 Octobre (MO5), l’Association pour le Bien-être
Juvénile (ABEJ), l’association Renaissance, le Front Patriotique de la
Jeunesse (FPJ), l’association Instruction et Savoir pour Tous (INSAT) et
Jeunes Leaders.
Le lancement a été marqué par une conférence de presse tenue dans
la salle de conférence du CESAL-Tokoin Séminaire, animée par les membres du
Bureau des Forces Nouvelles en présence des responsables politiques, des
organisations de la société civile et des journalistes des médias publics et
privés.
D’après la déclaration liminaire présentée par le coordinateur
national M. Hilaire Dossouvi Logo, les Forces Nouvelles s’assignent pour
objectif d’adresser des messages civiques aux populations et à les réveiller
de leur sommeil dogmatique, entretenu par les prismes déformant des
différents partis politiques. Nous aurons, conclut le document, après étude
des différents programmes des candidats et à la lumière de nos convictions,
à soutenir le candidat que nous jugerons le plus nanti et apte à donner le
bien-être aux populations togolaises.
Lors de la série «question-réponse», le coordinateur des
Forces Nouvelles Hilaire Dossouvi Logo a rassuré les uns et les autres que
sa fédération n’a aucune commune mesure avec une rébellion quelconque. «Les
Forces Nouvelles», a-t-il affirmé est une simple dénomination d’un
regroupement de la jeunesse autour des objectifs citées dans la déclaration
liminaire.
J’ai, a-t-il poursuivi, lors des législatives dernières, assisté à
des meetings des camarades des partis politiques. J’avoue que j’ai été
sidéré par la démagogie et certaines interprétations mensongères servies à
la masse. Il nous appartient désormais de monter au créneau pour éclairer le
peuple. Notre fédération n’aspire pas à la conquête du pouvoir.
A la question de savoir s’il a reçu mandat du M05 de le
représenter comme il le fait au sein des Forces Nouvelles, Logo Dossouvi a
répondu : «Beaucoup de camarades du MO5 sont en exil en attendant le sort
qui nous sera réservé sur le terrain après 18 ans d’absence. Nous avons sur
place des membres déterminés à réengager la lutte. Ma présence au sein des
Forces Nouvelles est une initiative personnelle. Il va falloir, les jours à
venir, convaincre les camarades qui sont à l’extérieur de l’opportunité de
la chose». A propos des griefs qu’il aurait contre la Convention
Démocratique des Peuples Africains (CDPA) et son président M. Léopold Messan
Gnininvi, M. Logo Dossouvi a été clair : «A
la CDPA si quelque chose ne marche pas, on le dit clairement. La Fédération
France par exemple n’est pas d’accord avec notre participation au
gouvernement mais nous continuons quand même cette expérience. Il n’y a donc
pas de griefs contre le parti ou son président. Nous avons toujours eu des
occasions pour débattre, en faire valoir nos idées.
Evidemment certains sont frustrés, énervés mais nous faisons tout pour nous
en tenir à notre idéologie de base : la social démocratie. Je n’ai donc pas
de griefs contre le Pr Gnininvi».
Dans nos commentaires, nous avions écrit à l’époque que le fait
pour des associations et mouvements de jeunesse de se constituer en
fédération pour barrer la route aux candidats qui usent de la démagogie et
des mensonges grotesques en vue d’abuser du bon peuple pendant les campagnes
électorales, n’est pas mauvais en soi. C’est une initiative à saluer et à
encourager dans notre pays. Au Togo, l’écrasante majorité de la population
est analphabète. Dans ces conditions, concevoir des messages civiques
relayés par des canaux appropriés à l’adresse de la masse comme inscrit au
programme des Forces Nouvelles est inévitablement un plus apporté à la
marche vers la démocratie. L’initiative est d’autant plus pertinente que
l’élection présidentielle aura lieu dans 12 mois environ. Cependant, un
certain nombre de facteurs recommandent la prudence et la méfiance vis-à-vis
de cette fédération.
En effet, ce n’est pas la première fois au Togo qu’on assiste à la mise sur
orbite d’un mouvement ou d’un parti proclamant des valeurs cardinales
indiscutables, promettant fidélité à la lutte héroïque pour le changement
mais dont les responsables se révèlent par la suite de véritables vendus
prompts à sacrifier l’intérêt national sur l’autel de leurs appétits
gloutons. Si l’engouement qu’ont connu les soulèvements sociaux, la lutte
pour le changement à l’orée des années 90 a de nos jours baissé d’intensité
et de dynamisme, c’est qu’il a été donné de constater le fossé existant
entre leurs prétentions et les capacités réelles des meneurs de la lutte
qui, aujourd’hui, n’inspirent pratiquement plus confiance.
Nous avons ensuite marqué nos inquiétudes face au fait que la nouvelle
fédération soit sous la conduite d’un militant historique de la CDPA, un
parti dit d’opposition dont les responsables qui siègent au gouvernement, ne
finissent pas de chanter des louanges au régime RPT et au Président Faure.
Pire, ce personnage qui se présentait comme le représentant du MO5 au sein
de la Fédération déclare mordicus qu’il n’a pas eu mandat des octobristes
pour ce faire.
Dès lors, il était prévisible que des problèmes surgissent quant à
l’implication du MO5 dans une fédération composée par des Associations dont
la plupart ne représentent que l’ombre d’elles-mêmes.
En effet, par lettre en date du 11 Février 2009, MM. Doglo Tino Agbelengo et
Eloi Koussawo, respectivement Porte-Parole et Coordinateur du M05 ont
interpellé leur camarade Logo afin de savoir de quoi il s’agit en réalité
avec cette nouvelle trouvaille de «Forces Nouvelles», une fédération
dont ils n’ont appris la naissance et l’appartenance du MO5 dont ils sont
censés être les premiers responsables, que par voie de presse.
Comme pour répondre à ses camarades du MO5, M. Logo Dossouvi signe au nom
des «Forces Nouvelles», un communiqué dans lequel il se limite à énumérer
les associations membres de la fédération. A la lecture, on réalise que le
MO5 n’en fait pas partie. On peut dire a priori que le tir vient d’être
rectifié.
Malheureusement, à la réflexion, il apparaît que, en voulant régler un
problème, M. Logo Dossouvi en a créé un autre qui remet en cause son
appartenance même aux «Forces Nouvelles».
En effet, à la création des «Forces Nouvelles», il avait été clairement
indiqué qu’il s’agissait d’un regroupement d’associations et mouvements de
jeunesse. Si tel est le cas, seules des associations et organisations
peuvent en être membre. Logo Dossouvi en tant qu’individu et n’ayant reçu
aucun mandat pour y représenter le MO5 n’a donc pas sa place au sein des
Forces Nouvelles. A moins que cette organisation ne cesse d’être une
fédération d’associations pour devenir une structure à laquelle les
personnes physiques peuvent individuellement adhérer.
L’une des ambitions des «Forces Nouvelles» est de moraliser la vie
politique au Togo. Mais voilà que cette fédération est enfantée sur fond
d’intrigue et de violation des règles associatives. Sa crédibilité se trouve
considérablement entamée avant la lettre.
Nous n’avons rien contre Logo Dossouvi qui a le mérite d’être revenu au pays
pour endurer les difficultés du terrain avec les combattants de la liberté
restés surplace, pendant que d’autres, s’étant servi de la lutte, pour se
faire une place au soleil, se la coulent douce sous d’autres latitudes.
Mais, nous pensons que lorsqu’on veut prêcher la vérité, on a besoin de
reposer soi-même sur le socle de la vérité.
Au jour d’aujourd’hui et au regard des faits, nombreux sont ceux qui pensent
que les Forces Nouvelles pataugent dans la fiente de l’imposture. Il
appartient désormais à Logo Dossouvi et ses comparses des Forces Nouvelles
de prouver qu’ils ne sont pas disqualifiés pour leurs ambitions.
Nous y reviendrons.
Interview exclusive Après le consensus sur la question de la facilitation,
Me
APEVON, Président National du CAR prévient : «La délégation qui s’emploierait à faire échouer les
travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à l’égard de nos
populations»
Personne ne croyait plus à la survie du Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation compte tenu de la position tranchée des uns et
des autres sur la question du facilitateur.
Mais, in extremis, le CPDC a été sauvé de justesse le mardi 24 Février 2009
à l’issue de sa 9e séance
de travail. Comment en est-on arrivé-là ? Comment s’explique la forte
implication du CAR dans les travaux ? A qui peut-on attribuer la paternité
de ce déblocage ? Quel avenir pour le CPDC ? Voilà autant, les questions
soumises à l’attention de l’honorable Apévon Dodji, Président National du
CAR et membre du CPDC qui a accepté de nous répondre. Lecture !
Le Changement : Me Apévon, enfin, il semble qu à la suite de la réunion du
mardi 24 Février 2009, les parties prenantes au CPDC ont réussi à surmonter
leurs divergences ?
Me Apévon :
Effectivement. La situation a été débloquée. Le blocage concernait le
recours à la facilitation. Notre parti s’en réjouit évidemment.
Nous avons appris avant ce déblocage que chacune des délégations campait sur
sa position.
Il n’y avait pas trois positions correspondant aux différentes délégations.
Dès la première réunion du CPDC, le CAR a proposé qu’il soit inséré dans le
règlement intérieur que si les participants ne parviennent pas à dégager le
consensus, il faut recourir à une facilitation. Cette position a reçu le
soutien de l’UFC. En revanche, elle s’est heurtée au refus des délégations
du RPT et du Gouvernement.
Comment en est-on arrivé finalement à ce consensus ?
Cela n’a pas été du tout facile. Les divergences ont été très fortes. Le RPT
a estimé que s’il y a blocage, le Président de la République, recevant les
leaders des partis, peut avec eux, trouver le consensus. Le CAR a proposé
que si malgré l’intervention du Chef de l’Etat le désaccord persiste, il
faut recourir à la facilitation.
La proposition a été catégoriquement rejetée par le RPT au motif qu’elle
constitue une humiliation au Chef de l’Etat, président du CPDC.
A la suite de laborieuses discussions au cours de la séance du mardi 24
février 2009, toutes les délégations ont accepté que soit inséré dans le
règlement intérieur, le recours à la facilitation.
Comment s’explique cette forte implication du CAR dans les travaux du CPDC ?
Au CAR, nous considérons que le Togo est toujours un pays en crise et qu’il
faut continuer à rechercher le consensus sur les questions d’intérêt
national notamment, celles concernant le bon déroulement des élections et le
fonctionnement normal des institutions ayant la mission de garantir l’Etat
de droit.
C’est dans cet esprit que les signataires de l’APG ont prévu le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation. Il fallait donc absolument, si
l’on veut éviter des retours en arrière du processus de sortie de crise,
donner de l’importance à la structure en question.
C’est pour cela que le CAR s’est battu durant des mois pour qu’elle soit
installée. C’est dans la même logique que nous nous investissons pour
l’aboutissement de ses travaux.
Il nous a été donné de constater que la position que vous venez d’énoncer
n’est pas partagée par les autres composantes du CPDC. Le RPT n’avait cessé
de répéter que c’est à l’Assemblée Nationale que doivent être débattues les
réformes constitutionnelles et institutionnelles. De son côté, l’UFC a
ouvertement fait savoir que le Cadre Permanent n’a pas pour mission de
s’occuper des réformes. N’est-il pas à craindre que ces divergences ne
soient à l’origine des piétinements constatés au démarrage du CPDC et
n’affecte à l’avenir ses travaux ?
Ces divergences se sont effectivement manifestées tout au long des réunions
du CPDC et ce, jusqu’à celle du mardi 24 février 2009.
Mais tout le monde s’est rendu compte à la suite des échanges que le CPDC
est une structure dont on ne peut se passer si, conformément à la lettre et
à l’esprit de l’APG, on tient à ce que les réformes constitutionnelles et
institutionnelles soient opérées de façon consensuelle.
C’est sans doute d’ailleurs pourquoi nos populations attachent tant de prix
à ses travaux et ont été peinées par les piétinements que ces travaux ont
connus.
Dans ces conditions, il est évident que la délégation qui s’emploierait à
faire échouer les travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à
l’égard de nos populations.
Pour ce qui nous concerne, notre parti continuera à s’investir pour le bon
aboutissement des travaux.
Interview réalisée par AMOU |
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Le Changement #160 du 18 fev 2009 |
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Faure Gnassingbé proclamé premier agriculteur du Togo : Quand
le folklore tue une initiative noble |
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La première édition du Forum National des Paysans Togolais (FNPT) a tenu ses
travaux du jeudi 12 au samedi 14 février 2009 à Kara. L’essentiel à retenir
de cette rencontre qualifiée d’événementielle, est qu’elle a permis aux
paysans d’échanger et de discuter des problèmes du monde rural afin
d’envisager des approches de solutions ou des solutions requises pour une
relance durable du secteur agricole togolais.
Placé sous le thème : «les paysans au centre de la relance
agricole et économique du Togo», la rencontre a également été marquée
par la remise de prix et de décorations par le Chef de l’Etat et le Premier
Ministre Fossoun Houngbo aux meilleurs producteurs agricoles.
A priori, il n’y a rien de plus salutaire que cette rencontre pour
remettre les pendules à l’heure dans le monde paysan togolais abandonné à
lui-même dans un délabrement total, et que les discours politiciens
n’arrivent pas à sortir du dénuement.
Dans un pays aussi essentiellement agricole que le Togo, un forum
permettant aux producteurs de réfléchir sur l’épineuse question de gestion
des intrants agricoles et de débattre de tous les problèmes pour l’éclosion
et l’épanouissement du métier d’agriculteur ne peut être que favorablement
accueilli et positivement capitalisé pour le compte du gouvernement.
Cependant, là où le bât blesse, c’est lorsqu’on se rend compte que
des touches folkloriques et des manœuvres de récupération politique ont été
imprimées à la démarche. Les mêmes qui ont propulsé et qui maintiennent
l’agriculture togolaise dans le gouffre depuis des décennies. Dans le même
temps que le Chef de l’Etat et son Premier ministre distribuent des prix et
des décorations, Faure Gnassingbé en retour s’est vu décerner un prix en
qualité de «premier agriculteur du Togo». Cette plaisanterie de
mauvais goût n’est-elle pas de nature à vider de sa substance, la
crédibilité de l’initiative du gouvernement ?
Les Togolais ont encore frais en mémoire ce que cette histoire de premier
paysan ou premier agriculteur du Togo a valu au pays. L’idée d’ériger le
Chef de l’Etat en premier agriculteur du Togo est-elle venue de ces paysans
au visage complètement déformé par la misère et au cou décharné que Faure
Gnassingbé a décorés et dont nous refusons de publier certaines photos par
décence ?
Il importe que les dirigeants réalisent que nos gouvernants ont
assez crétinisé, aliéné et clochardisé nos valeureux paysans pour les
ridiculiser de plus.
On se rappelle qu’au cours de son long règne, feu président
Gnassingbé Eyadéma avait, sous des slogans ronflants du genre «Révolution
Verte», «Autosuffisance alimentaire», «la
Terre ne trompe jamais»,
initié des programmes en faveur du monde paysan qui se sont révélés de
véritables duperies. Malgré les beaux discours de feu Gnassingbé Eyadéma et
de ses affidés, la situation du paysan togolais n’a non seulement pas connu
l’amélioration mais avait décrit une descente aux enfers.
Aujourd’hui que le président Faure Gnassingbé reprend ce chantier
ambitieux, il doit être vigilant pour éviter de tomber dans les pièges du
passé. Pour ce faire, il faut commencer par se défaire des habitudes de la
maison. On se rappelle qu’en son temps, on couronnait feu Eyadéma en tout.
Il était le premier militaire, le premier militant, le premier sportif, le
premier patriote, etc. Mais cela n’avait pas empêché le Togo de basculer
dans l’abîme et de toucher le fond. Aujourd’hui que tout le monde s’accorde
à dire que nous revenons de loin, l’heure n’est plus au défoulement. Les
responsables du RPT dovient donc se prendre au sérieux pour éviter de
ramener les Togolais aux temps douloureux du culte de la personnalité. Car
la vérité aujourd’hui, c’est que les Togolais ne vivent pas décemment. Plus
que la pauvreté, c’est la misère qui gangrène le monde rural. Ceux qui ont
vu nos valeureux paysans à la télévision en savent quelque chose.
Pour l’heure, au regard des importantes recommandations prises lors du
forum, on attend de voir si cette rencontre initiée à quelques mois
seulement de l’élection présidentielle ne vise pas autre chose que le
bonheur du monde paysan togolais.
JNT
Perte de temps, d’argent et d’énergie : Le CPDC, un marché de dupes
Face au blocage de l’élaboration du règlement intérieur sur la question du
recours au facilitateur, le CAR a proposé, au cours de la séance du 17
février 2009, que le Président des travaux, le Ministre d’Etat Pascal
BODJONA, en rende compte au Chef de l’Etat, Président du Cadre Permanent, en
vue du déblocage de la situation.
Du côté de l’UFC, on précise que le principe du choix d’un facilitateur ne
concerne pas toutes les questions d’intérêt national mais seulement les
sujets qui conduisent à des contentieux et à des difficultés pendant les
élections. Ces sujets sont notamment le Code électoral, les réformes
constitutionnelles et institutionnelles.
Mais les faucons du RPT rejettent toutes les propositions.
Lorsque, le Chef de l’Etat avait réhabilité le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation, nombreux étaient ceux qui avaient pensé que les
discussions dans ce cadre n’iront pas loin parce que, ceux qui l’entourent
n’ont aucune volonté politique de faire évoluer les choses surtout avec la
majorité du RPT à l’Assemblée nationale.
Après sept (07) séances de discussions à la primature, les faits
donnent raison finalement à ceux qui ont fait cette analyse. En effet,
depuis qu’ils ont entamé ces discussions, ils ne sont pas parvenus à trouver
un point d’accord sur de nombreuses questions, dont celle relative au
facilitateur. Interrogé pour en savoir plus, chacun campe sur sa position.
Réaction de Jean-Pierre Fabre de l’UFC
Si nous voyons la crise de confiance qu’il y a dans notre pays, la
présence d’un facilitateur permet de rassurer ceux qui sont en discussion en
disant que ce qui arrive n’est qu’une situation de blocage. Elle ne durera
pas parce qu’il y aura un facilitateur qui interviendra pour permettre aux
positions d’évoluer. Mais depuis le début des discussions, nous n’arrivons
pas à tomber d’accord sur ce point. S’il n’y a pas d’arrière-pensée, ce que
nous demandons devrait être accepté très facilement.
Il n’est pas non plus raisonnable ni d’ailleurs sérieux de
continuer de travailler sans règlement intérieur. Ce qui fait que ce cadre
finalement ne sert plus à rien, c’est que lorsque vous abordez les travaux
de la manière la plus sérieuse, on se heurte à une sorte de fin de non
recevoir du régime en place. Ça serait très dangereux parce qu’il faut
arriver dans notre pays à ce que les élections ne conduisent pas à la
violence telle que celle qu’on a connue en 2005.
Réaction de Gilbert Bawara du RPT
Je suis serein. Il ne faut pas détourner l’objectif du cadre
permanent de dialogue et de concertation qui est un mécanisme facultatif et
non pas impératif. Le gouvernement estime qu’en dépit des désaccords qui
persistent sur la question de la facilitation notamment, il y a lieu de
poursuivre les discussions. Et ensuite, le gouvernement estime, que s’il
advenait des désaccords majeurs et profonds sur des questions essentielles
qui sont débattues actuellement, rien n’empêche de saisir le président de la
République et lui rendre compte des difficultés auxquelles nous sommes
confrontées et de s’en remettre à sa sagesse. Nous ne serions pas en train
de discuter aujourd’hui s’il n’y avait pas la volonté au niveau du
gouvernement, au niveau du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Cela
ne fait aucun doute. Mais maintenant, si cette volonté et cette bonne foi
doivent être abîmées par certains partis, c’est là que nous ne serons pas
d’accord.
Commentaire et analyse
Lorsqu’on se réfère aux propos du Secrétaire Général du RPT avant
la réhabilitation du Cadre Permanent, il était prévisible que tout ce qui
arrive aujourd’hui arriva et que tout ce qu’on fera au cours du dialogue,
serait une perte de temps, d’argent et d’énergie. Les durs, durs du RPT dont
M. Solitoki Esso, Bawara, Dama Dramani et autres étant là, il serait
difficile que les propositions de l’UFC soient facilement acceptées.
Balayant du revers de la main le Cadre Permanent de Dialogue, M. Solitoki
n’avait-il pas déclaré que : «… Depuis que le Togo a une Assemblée
pluraliste régulièrement élue et un gouvernement, on est sorti de la crise.
Toutes les questions encore en suspens relatives à l’Accord Politique Global
doivent être connues par les institutions républicaines en place. Il
faut donc évoluer plutôt que de s’accrocher à des structures
transitoires» ? A la question de savoir ce qu’il en est du Cadre de
Concertation et de Dialogue Permanent, il répondait en substance ce qui
suit : «C’est vrai que l’Accord Politique Global prévoit la mise en place
d’un Cadre Permanent de Dialogue. Le Premier Ministre du gouvernement
d’Union Nationale avait mis en place un Conseil. Le Conseil, ce n’est pas le
Cadre Permanent».
A l’époque, ces propos avaient soulevé une véritable levée de
boucliers dans l’opinion. Connaissant le RPT, on savait que si le Secrétaire
Général Solitoki en est arrivé-là, c’est parce que c’était la position du
parti. Même si les Bodjona et autres tiennent un langage politique,
conciliant, les durs, durs peuvent, en revanche imposer leur véto.
Le constat est clair et notre inquiétude est fondée lorsque,
aujourd’hui, à la réunion du Cadre Permanent de Dialogue, les discussions
sont bloquées.
Ce qu’il faut noter, c’est que le RPT n’a aucune volonté politique
de faire évoluer la situation. La question du facilitateur ne devrait pas se
poser de part et d’autre si chaque parti a la volonté politique de faire
avancer le processus.
Pendant ce temps, que fait le Chef de l’Etat, garant de la
continuité de l’Etat ? Faure Gnassingbé n’est-il pas en mesure de dénouer
cette crise en rassurant les partis au dialogue ? La question mérite d’être
posée parce que, connaissant l’UFC et le RPT, les choses ne peuvent jamais
évoluer si c’est les mêmes partis qui vont toujours se retrouver à la
primature sans aucun médiateur fut-il togolais ou non. Il suffit d’analyser
les propos du Ministre Bawara qui pense que le Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation est un mécanisme facultatif et non pas impératif pour
s’en convaincre.
Ces propos confortent le sentiment que, après les élections
législatives de 2007 qui ont donné une majorité au RPT, toute concession est
facultative à leurs yeux. En clair, le RPT se voit en position de force et
pense que l’opposition parlementaire est libre de faire ce qu’elle veut
pendant qu’il avance.
L’objectif inavoué c’est de pousser l’opposition parlementaire à
boycotter l’Assemblée Nationale comme par le passé. Tout le piège est là,
parce que lorsque l’opposition va quitter cette Assemblée nationale, le RPT
aura la latitude de tripatouiller les textes et d’aller à une élection
présidentielle taillée sur mesure. Quitte aux autres partis de participer à
cette élection ou non.
Si telle est la nouvelle donne au RPT, que font le CAR et l’UFC pour
contrecarrer cette manœuvre en perspective ? Ne peuvent-ils pas harmoniser
leurs points de vue et défendre la même cause au lieu d’aller en rang
dispersé ?
AMOU
Recrudescence de
l’insécurité au Togo : Le Colonel Titikpina défié par des bandits et des
gangsters
Les 20 et 21 Février auront lieu à Lomé, les journées portes
ouvertes sur la sécurité au Togo. De sources proches des organisateurs de
cette manifestation inédite, on indique qu’elle permettra d’informer la
population sur le fonctionnement de certains services, notamment les
procédures d’obtention d’une carte nationale d’identité, d’un passeport,
d’une carte de séjour, etc. Elle sera aussi l’occasion pour procéder à des
démonstrations sur les méthodes d’opération des unités de protection et de
sécurité de la population.
Sur le principe, l’annonce d’une journée portes ouvertes sur la
sécurité au Togo a surpris plus d’un. En effet, si tout le monde s’accorde à
reconnaître qu’il est important d’informer les populations sur les
procédures d’obtention d’un passeport, d’une carte nationale d’identité ou
d’un laissez-passer par exemple, l’écrasante majorité des Togolais pensent
qu’on n’a pas besoin d’une manifestation spectacle et folklorique du genre
«portes ouvertes» pour le faire.
De plus, dans tous les pays du monde et pour des raisons évidentes
d’efficacité, la sécurité est par excellence un sujet qui relève de la
discrétion. On peut donc, à juste titre se demander ce que vise le ministère
du Colonel Titikpina en voulant mettre dans la rue, les méthodes de
fonctionnement de services d’élite comme le SRI de la Gendarmerie, etc. En
tout cas, ce n’est pas pour faire du tort aux bandits et autres gangsters
qui seront aux premières loges pour découvrir des secrets qui leur
permettront plus tard, dans leurs faits d’échapper aux mailles des forces de
sécurité.
Ceci dit, il est constant de relever que l’insécurité est la chose
la mieux partagée au Togo aujourd’hui. Il n’y a systématiquement plus de
jour où des informations ne fassent état d’un vol, d’un meurtre, d’un
cambriolage ou d’un acte de banditisme quelconque dans notre pays. Il est
vrai que l’insécurité est inhérente au développement des villes. Mais il est
aussi vrai que ce qui se passe chez nous dépasse le seuil du tolérable.
Aujourd’hui, les Togolais vivent dans la peur permanente. Les bandits font
la loi dans le pays. De jour comme de nuit, ils volent, violent et tuent.
Ils n’hésitent pas à tirer des coups de feu et à narguer à visage découvert,
leurs victimes impuissantes et résignées.
Il y a quelques jours, un homme qui était allé retirer de l’argent
dans une banque de la place a été filé par une bande de voleurs à bord d’une
voiture. A quelques mètres du passage à niveau de Kpogan sur la route
d’Aného, ils l’ont coincé et lui ont pris tout l’argent en tirant des coups
de feu en l’air. La scène se passait en plein jour vers 11 heures du matin,
devant les témoins ébahis.
Dans la nuit du 07 au 08 Février 2009, un homme, père de six
enfants, a été abattu à bout portant chez lui. Son tort c’est qu’il était
sorti de sa chambre suite à l’appel au secours d’une voisine qui criait au
voleur.
Dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février, une délégation
d’une ONG française qui séjournait au Togo dans le cadre du financement et
de la construction d’une école dans l’Avé a été attaquée avec des
partenaires togolais. Les jeunes Français ont été blessés à la machette
tandis qu’un Togolais, en l’occurrence l’ancien Ministre Gbikpi-Benissan
Fodio a écopé d’une balle.
Les vols à main armée se multiplient dans notre pays et surtout à
Lomé et ses environs. Il serait d’ailleurs plus juste de dire qu’ils se
banalisent. Nous ne voulons pas parler des lugubres individus qui attaquent
les conducteurs de motos, leur fracassent le crâne et emportent leurs
engins. Nous ne voulons pas non plus énumérer le cas des promeneurs
solitaires qui se font arracher leur portefeuille et leur téléphone
cellulaire. Ce serait un exercice fastidieux qui pourrait prendre des
journées entières.
L’insécurité est devenue un domaine si prospère que les coupeurs
de route ont repris du service. Voyager de nuit au Togo aujourd’hui, c’est
s’exposer à de grands dangers. Il y a quelques jours, des voyageurs qui
revenaient de Bassar en avaient fait l’amère expérience. Leur véhicule a été
arraisonné par des bandits qui ont bloqué la route peu avant Tsévié avec des
troncs d’arbres. Ils ont été fouillés, malmenés, humiliés et dépossédés de
tout leur argent.
Dans la nuit du 9 janvier 2009, entre 19 h 30 et 20 h plusieurs
personnes dont M. Kpédjrokou Kokou, enseignant à l’Ecole Catholique Sainte
Famille d’Attiégou à Lomé ont été interpellées par des coupeurs de route sur
la route de Gapé, localité située au Sud-Ouest de Tsévié.
Après avoir posé des barricades, ils ont arrêté tous les passants
et les ont soumis à des séances de tortures et de voies de fait. Les hommes
cagoulés, armes aux poings, ont dépouillé de leurs biens, tous ceux qui
passaient cette nuit-là.
M. Kpédjrokou Kokou a eu des blessures de coupe-coupe à la main
droite, au bras gauche, le pouce gauche coupé, des blessures de machette
partout sur le corps. Plus de 50.000 F CFA qu’il avait en proche de même
qu’un portable Nokia 310, des tenues vestimentaires neuves qu’il avait dans
son sac, 5 litres de pétrole qu’il amenait à ses parents, les trousseaux de
clés, une Bible française emportés.
La gendarmerie de Tsévié est informée de ce cas selon la victime.
Ils sont loin, bien loin aujourd’hui, les temps où on pouvait
aller et venir librement au Togo sans avoir peur pour soi-même ou pour ses
biens.
Le drame, c’est que visiblement, aucune action concrète n’est
engagée pour lutter contre le fléau. Il y a quelque temps, l’Opération
Araignée avait été initiée pour dissuader les bandits. Cette Opération avait
commencé à donner espoir aux Togolais avant de sombrer dans l’inertie,
laissant le terrain libre aux bandits et aux gangsters. Il ne serait pas
exagéré de dire que Lomé prend aujourd’hui, des allures de Chicago au temps
de Al Capone.
Est-ce pour combattre l’insécurité que le Colonel-Ministre veut
organiser des journées portes ouvertes ? Si tel est le cas, il est passé à
côté de la plaque. Car pendant que lui et ses éléments seront occupés à
faire des démonstrations, les bandits auront tout le loisir de faire de
nouvelles victimes. Les journées portes ouvertes risquent d’être alors une
grosse farce, une manœuvre de diversion destinée à se moquer des Togolais
déjà rudement éprouvés par l’insécurité. Des actions d’envergure doivent
être imaginées et exécutées pour sauver la vie des Togolais.
Avant d’accéder au ministère de la Sécurité, le Colonel Titikpina
était connu dans l’opinion comme un officier carapacé, un homme de valeur
avec qui on pouvait compter. Mais cette réputation s’effrite au fil des
jours et s’il ne se rattrape pas, Titikpina risque d’être présenté plus
comme le plus minable des ministres de la Sécurité que le Togo ait jamais
connus. Il sera présenté comme un militaire incapable parce qu’il aura été
défié par des bandits et autres gangsters qui ont fait du Togo leur repaire
pendant qu’il était aux affaires. Le problème pour nous, se pose en terme
d’honneur pour Titikpina. Cet officier restera-t-il les bras croisés pour
voir des bandits et des hommes sans foi ni loi ternir sa carrière ? On
attend de voir.
L. C. |
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Le Changement #159 du 11 fev 2009 |
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Qui présidera
la Commission Vérité-Justice-Réconciliation ? Faure a des difficultés à
choisir entre l’Imam, l’Evêque et le Pasteur |
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Lundi dernier, Faure Gnassingbé a entamé des consultations avec
les chefs religieux pour la désignation du Président de la Commission
Vérité-Justice et Réconciliation. En effet, selon les résultats des enquêtes
et autres consultations menées sur le plan national, l’écrasante majorité
des Togolais aurait préféré que cette mission soit confiée à un religieux.
Le Chef de l’Etat a donc reçu tour à tour, l’Union Musulmane du Togo, le
Conseil Pontifical «Justice et Paix», le Conseil Chrétien et une délégation
de l’Eglise Méthodiste du Togo.
Evoquant il y a quelques jours, les difficultés qui retardent la
mise en place de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation, le Premier
Ministre Gilbert Fossoun Houngbo avait situé l’essentiel du débat autour de
la personnalité qui devait la présider. Avec l’inauguration de ces
consultations, on peut conclure que le processus est en marche pour dénicher
l’oiseau rare.
D’ores et déjà, de sources bien informées, font état de ce que le
Président de la République a de sérieuses difficultés à choisir entre
l’Imam, l’Evêque et le Pasteur.
Mais une chose est de proclamer une intention, une autre est de
réaliser ses ambitions. La question peut donc se poser de savoir si avec
l’apparente disponibilité et l’enthousiasme des chefs religieux consultés,
la tâche sera forcément aisée pour Faure Gnassingbé.
La première équation à résoudre par le Président réside dans la
détermination du profil même de la personnalité à désigner. Quels sont les
critères qui présideront à ce choix ? On sait que, au nom de la liberté
religieuse, une pléthore de confessions et de religions se partagent le
Togo. Par souci de synthèse, un effort a été fait pour ranger en quatre
groupes, les différentes confessions à savoir les musulmans, les
catholiques, les protestants et les églises de réveil. Mais du quel de ces
confessions sera issu le Président de la Commission
Vérité-Justice-Réconciliation ?
La question retrouve toute sa pertinence si l’on sait que malgré
la diversité, l’unanimité doit se faire autour du Président. En effet, pour
l’efficacité de la chose, le Président de la Commission Vérité-Justice et
Réconciliation doit inspirer confiance à toute la classe religieuse dans son
ensemble, mais aussi et surtout, aux acteurs politiques toutes tendances
confondues et à la société civile.
Depuis toujours, les chefs religieux ont fait montre d’une
certaine autorité morale qui les a destinés à jouer d’importants rôles dans
leur pays. Récemment encore, les grandes mutations sociopolitiques les ont
mis au-devant de la scène. En effet, un peu partout en Afrique, les Evêques
ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation des conférences
nationales et des transitions. Au Bénin, la présidence de la Conférence des
forces vives avait été confiée à Mgr Isidore De Souza. En RDC (ex-Zaïre) et
au Congo, cette mission sera assumée respectivement par Mgr Musengwo et
Ernest Kombo. En Afrique du Sud, un pays qui a déjà organisé avec succès son
processus Vérité et Réconciliation, la présidence avait échu à l’Evêque
anglican Mgr Desmond Tutu.
Au Togo, en 1991, c’est Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, alors Evêque
du Diocèse d’Atakpamé, qui avait été choisi comme Président du Praesidium de
la Conférence Nationale Souveraine. Il se verra plus tard confier la mission
de diriger le Haut Conseil de la République (HCR), parlement de transition.
Mais contrairement aux autres pays où les hommes d’Eglise appelés à ces
hautes fonctions ont fait l’objet d’un traitement révérencieux, au Togo, on
a assisté à des dérives pour le moins intolérables. Tout Evêque qu’il était,
Mgr Kpodzro a été séquestré avec les Hauts Conseillers de la République. Ce
n’est ni Agboyibo, Edem Kodjo, Zariyou Ayéva et autres leaders, témoins
oculaires de ce sacrilège qui nous démentiront. Il (Mgr Kpodzro) a été
torturé, malmené et humilié à l’époque.
Même si le prélat semble lui-même avoir pardonné, les faits sont
si graves qu’ils demeurent immortels dans la conscience des Togolais de
bonne volonté, surtout que les auteurs et autres commanditaires de ce
sacrilège n’ont jamais fait acte de contrition ou demandé pardon.
Eu égard à ces événements douloureux à inscrire au passif d’un
pouvoir dont les principaux tenants de l’époque sont toujours là, on peut
comprendre et nul ne sera surpris si des religieux sollicités en viennent à
manifester une sorte de réticence ou à exiger des garanties d’intégrité et
d’immunité.
Le processus Vérité-Justice et Réconciliation est complexe,
multiforme et multidimensionnel. Mais c’est avant tout un sujet hautement
politique qui plonge ses racines dans la politique et dont les résultats
auront forcément des répercussions politiques. Les Togolais et surtout ceux
qui, militaires ou civils, ont tué, pillé, détruit des biens d’autrui au nom
de la politique, doivent être prédisposés à reconnaître leurs torts, à
demander pardon et à prendre l’engagement de ne plus jamais recommencer. Ce
qui ne semble pas acquis d’avance dans un pays où une catégorie de citoyens,
parce que disposant de la force, a toujours tendance à imposer «sa»
vérité.
En définitive, même si on ne les trouve pas à la pelle, le Togo ne
manque pas d’hommes de qualité pour présider la Commission Vérité-Justice et
Réconciliation. C’est peut-être aussi ce qui risque de compliquer les
choses. Mais Faure a le devoir de faire le bon choix car, de l’appréciation
qui sera faite du Président, dépendra pour une grande part, le succès de ce
processus désormais vital pour le Togo.
Amou
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation : Le RPT veut encore imposer
son diktat : La question du facilitateur divise les participants
«Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a tenu sa 3e séance
de travail ce jour mercredi 11 février 2009 dans la Salle de Conférence de
la Primature avec la participation de toutes les parties prenantes.
Les discussions se sont poursuivies sur le règlement intérieur.
Les points en suspens étaient adoptés à l’exception du point relatif au
recours au facilitateur qui est réservé pour ce matin.
Ensuite les questions prioritaires ont été abordées. Les débats
ont débuté sur le premier point de ces questions prioritaires on
l’occurrence le Code électoral. Dans ce contexte, les membres du CPDC sont
tombés d’accord et ont réaffirmé le principe de l’organisation des élections
par la CENI.
Les discussions se sont poursuivies sur la composition de la CENI.
Les débats ont été arrêtés à 17 h 40 et les travaux du CPDC reprendront
aujourd’hui jeudi 12 février à 11 heures».
Tels sont les termes de la déclaration ayant sanctionné la séance
d’hier à la Primature. Pour parvenir à ces résultats, il a fallu de longues
heures d’horloge. Et tout indique que la séance de ce matin ne sera pas de
tout repos. Et pour cause, l’unanimité est loin d’être faite sur
l’opportunité ou non du recours au facilitateur en cas de difficulté.
L’Accord Politique Global du 20 Août 2006 a fait du Facilitateur,
un arbitre en matière des différends pouvant voir le jour dans son
application ou son interprétation. Mais aujourd’hui, les avis divergent sur
la question. En effet, si les partis de l’opposition tiennent à la mise en
œuvre totale et complète des dispositions de l’APG, tel n’est pas le cas
pour le RPT qui estime que tout doit être, en dernier ressort, soumis à
l’Assemblée pluraliste en place où il est majoritaire.
Au regard de ces considérations, certains s’interrogent sur la
portée des décisions qui viendraient à être prises au niveau du CPDC. Ce
serait un véritable sacrilège, une abomination, une injure à l’intelligence
des Togolais si c’est à cette Assemblée majoritairement RPT qui veut imposer
son diktat aux autres qu’il faut encore confier les choses. En ce sens, le
Chef de l’Etat ou son représentant personnel, le Ministre Pascal Bodjona
doivent savoir raison garder pour éviter de catapulter la nation togolaise
de la décadence à l’hécatombe.
Le Changement
La chefferie
traditionnelle au centre de l’instrumentalisation au Togo
Après la fameuse tournée du Chef de l’Etat dans les chefs lieux
des régions administratives du Togo pour échanger les vœux avec les
populations, une nouvelle grand-messe a été organisée le 29 janvier dernier
au Palais des Congrès de Kara. En effet, le Chef de l’Etat avait rassemblé
en ces lieux, les chefs traditionnels de tout le Togo. Au cours de cette
réunion, il a été annoncé aux têtes couronnées, le doublement de leurs
salaires. Il leur a été ensuite demandé de s’impliquer dans le processus
électoral de 2010. Enfin, les chefs traditionnels s’étaient rendus au caveau
familial des Gnassingbé pour s’incliner sur la tombe de Feu le Président
Eyadéma.
Les chefs traditionnels, a-t-on l’habitude de dire, sont les
gardiens de nos us et coutumes. Dans plusieurs pays, notamment dans la
sous-région ouest africaine, la chefferie traditionnelle est une véritable
institution. Les chefs sont par conséquent respectables et respectés.
Malheureusement, au Togo, le régime Eyadéma, pour asseoir son
règne sans partage, a procédé à l’instrumentalisation des chefs
traditionnels qui étaient devenus des appendices du parti au pouvoir.
Certains parmi eux étant désignés sur des bases douteuses, les hommes en
boubous ou en pagnes, portant des caftans avaient fini par perdre toute
autorité et toute leur dignité devant leurs administrés.
Dans sa propension à tout mettre sous sa coupole, le parti unique
n’a pas mis long pour phagocyter la chefferie traditionnelle dont il avait
fait, l’une de ses ailes marchantes. On a vu des chefs se transformer en de
véritables activistes en service pour faire de la délation et organiser la
persécution de ceux qu’ils soupçonnent de sympathie pour l’opposition dans
leur localité.
Le rôle assigné aux chefs traditionnels dans un système pluraliste
comme celui du Togo où un vaste projet de décentralisation est en cours
d’élaboration est capital. C’est pourquoi la dernière rencontre entre le
Chef de l’Etat et les Chefs traditionnels a suscité interrogations et
inquiétudes dans plusieurs milieux. L’inquiétude est d’autant plus grande
que, avant même la fin de la rencontre, des chefs traditionnels avaient
commencé à louanger le Président et à lui promettre les voix de leurs
administrés en 2010. De quel droit et de quel pouvoir disposent-ils pour
aliéner avant le scrutin, le vote de leurs administrés ? Ces propos sont
pour le moins dangereux.
Le chef traditionnel, pour être efficace dans son rôle, doit faire
preuve de hauteur. Il doit garder toute sa dignité en se hissant au-dessus
de la mêlée et en faisant preuve de neutralité. Mais les envolées
dithyrambiques auxquelles s’étaient adonnés certains chefs mettent à rude
épreuve le sacro-saint principe de la neutralité des chefs. A quel résultat
veut-on aboutir lorsqu’à la veille d’une élection, on annonce aux chefs
traditionnels le doublement de leurs traitements ? Cela ne s’apparente-t-il
pas à un achat de conscience ?
Depuis quelque temps, Faure Gnassingbé ne se donne plus de répit.
Il fait feu de tout bois sur le chemin de 2010. Mais jusqu’où veut-il
aller ?
L. C.
Affaire Vossah Yaovi contre Le Changement Le procès ouvert hier : Le
dossier renvoyé en jugement avant dire droit au 25 février 2009
Le Directeur de la Publication du Journal «Le Changement»,
M. Amouzouvi Kouamivi et sa collaboratrice Jacqueline Nyarley Tarsi ont
comparu hier mercredi 11 février 2009 devant le Tribunal de Première
Instance, de Première Classe de Lomé siégeant et statuant en matière
correctionnelle dans la grande salle d’audience du Palais de Justice de
Lomé.
A la requête de M. Vossah Yaovi Tchignéamé en date du 11 janvier
2007, ils devraient répondre de la publication d’un article paru dans
l’édition n° 48 (du 3 novembre 2006) de leur journal intitulé : «Faux
et usage de faux : Vossah Yaovi ex-employé à
la Direction des Impôts, coupable de détournement de pièces administratives»
d’une part et d’autre part, de la photo de M. Vossah publiée dans le même
journal. M. Vossah reproche au journal la publication de sa photo sans son
autorisation.
Pour le requérant et son conseil, Me Amegankpoe, l’article
incriminé impute, sans justification aucune à M. Vossah, (un ancien
responsable de l’Association ALAKO), un chapelet d’infractions notamment le
faux et l’usage de faux, l’abus de confiance et l’escroquerie. D’après les
plaignants, ces faits sont totalement contraires à la réalité et sont de
nature à porter atteinte à l’honneur et à la réputation du sieur Vossah
Yaovi. Ils sollicitent en conséquence que le Directeur de la Publication de
«Le Changement» et sa collaboratrice soient jugés sur la base
des articles 58 et 177 du Code pénal qui prévoient des peines de prison.
Après plus d’une quinzaine de reports, le procès a finalement
commencé hier sur la recevabilité ou non de cette plainte. Avec la
dépénalisation des délits de presse qui est une œuvre de feu Président
Eyadéma, pour poursuivre un journaliste togolais aujourd’hui, il y a des
procédures à suivre. On ne se lève pas comme au bon vieux temps pour engager
une poursuite au Correctionnel contre un journaliste. Encore moins, pour
l’envoyer en prison dans le cadre de sa profession. Il y a des voies plus
indiquées et plus appropriées à suivre. Le Ministère public a si bien
compris cette nouvelle donne. C’est pourquoi, hier mercredi, à l’ouverture
du procès, le représentant du ministre public M. Adjoli a d’emblée relevé la
nullité de la procédure. Il a relevé que les faits reprochés aux prévenus
relevant du délit de presse, il appartient au Président du Tribunal, M.
Bidassa d’annuler la citation directe et de renvoyer la partie civile à
mieux se pourvoir.
Les Conseils des prévenus, Me Toussaint Dodji Adigbo du Cabinet Me
Agboyibo et Me Agbahey sont, tour à tour, revenus à la charge, avec des
éléments précis, pour soutenir les propos du Procureur.
Les avocats des prévenus ont déclaré que si Vossah veut poursuivre
leurs clients, que cela soit fait dans les règles de l’Art.
Le Procureur de la République a rappelé au plaignant que les
journalistes sont régis par le code de la presse, que les faits reprochés
aux journalistes relèvent d’un délit de presse. Et comme c’est par voie de
presse que le délit est commis, le plaignant doit suivre la procédure dans
les règles de l’Art. En clair, la procédure de M. Vossah et son Conseil Me
Amegankpoe est entachée de nullité. La citation n’est donc pas valable, a
rappelé le Ministère Public.
Mais comme il fallait s’y attendre, Me Amegankpoe pense que, même
si sa citation est nulle, il faut l’examiner. Il a soutenu que sa citation
est régulière en la forme.
Pour le Procureur, la citation ne saurait être régulière à moitié.
Réagissant par rapport à la réquisition de M. Adjoli soutenue par
les Conseils des prévenus, Me Amegankpoe faisant une interprétation
personnelle de l’article 89 du code de la presse, a exigé que le dossier
soit examiné sur le fond. Ce que le Procureur a rejeté. Bref, un vif débat
s’est engagé entre le Procureur et l’avocat de Vossah.
Entre temps, le Président du Tribunal M. Bidassa qui a cru devoir
suivre Me Amegankpoe pour la manifestation de la vérité, a invité l’auteur
de l’article, la collaboratrice de M. Amouzouvi Kouamivi à exposer les faits
qui lui sont reprochés. Ce qui n’a pas été du goût de Me Adigbo. Ce dernier
a rappelé au Président du Tribunal qu’ils étaient en correctionnel et qu’il
appartient plutôt à la partie civile d’exposer les faits reprochés à ses
clients. La parole fut donnée au représentant du ministère public pour
réagir. Mais ce dernier n’a pas estimé nécessaire d’intervenir au motif
qu’il a déjà donné sa position. Chaque partie avait campé sur sa position,
surtout l’avocat du plaignant qui tenait coûte que coûte que le dossier soit
plaidé au Correctionnel.
Face à ce nouveau rebondissement, le Président du Tribunal, M.
Bidassa a demandé une suspension de cinq minutes. A la reprise, il a mis le
dossier en délibéré pour se prononcer sur la nullité de la citation directe
soulevée par le ministère public, les prévenus et leurs conseils Maîtres
Adigbo et Agbahey. Le dossier est donc renvoyé en jugement avant dire droit
fixé au 25 février prochain.
Contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser, Le
Changement ne fuit pas le procès. Mais il demande que tout se fasse
dans les règles de l’Art et conformément à la loi en vigueur qui est celle
du code de la presse. Nous osons croire que le droit, rien que le droit sera
dit.
Affaire à suivre…
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