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Changement 172 du jeudi 14 mai 2009 |
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De l’affaire d’Etat à une affaire de famille : Faure
Gnassingbé doit opérer le saut qualitatif |
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Des sources généralement bien informées font état de ce que
Kpatcha Gnassingbé aurait commencé à parler. Depuis son arrestation deux
jours après que son domicile ait été attaqué à l’arme lourde, l’ancien
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants a gardé le silence. Il
aurait même refusé l’assistance d’un avocat. Mais cela n’a pas empêché le
juge d’instruction de l’inculper de «tentative d’attentat contre la
sûreté de l’Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences
volontaires avec usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires».
Maintenant qu’il a commencé à parler, on peut s’attendre à ce que
Kpatcha Gnassingbé fasse des révélations ou imprime une nouvelle tournure à
cette affaire de complot qui, quoi qu’on dise, laisse encore beaucoup de
Togolais dans le doute.
Mais pour l’heure, nos sources indiquent que Kpatcha Gnassingbé
aurait exprimé le désir de rencontrer son frère Président de la République,
face à face. Comme beaucoup de Togolais, nous avons une opinion sur cette
affaire qui promet des rebondissements. Mais nous ne sommes pas de ceux qui
ont tendance à jeter de l’huile sur le feu. Nous pensons que si Kpatcha
demande à rencontrer Faure, c’est certainement pour éviter une implosion aux
conséquences imprévisibles.
On peut nous opposer que l’affaire du complot est une affaire
d’Etat qui dépasse les limites de la famille Gnassingbé. Mais il est aussi
vrai que dans une affaire qui est loin de faire l’unanimité comme celle-ci,
les vertus du dialogue et de la persuasion peuvent faire leurs preuves. Un
mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. Et encore ! On n’est pas
toujours à l’abri des erreurs judiciaires. Et rien n’empêche le plaignant à
retirer sa plainte pour arrêter une procédure qui pourrait se révéler
regrettable.
Depuis le déclenchement de cette affaire, Faure Gnassingbé semble
avoir opté pour la voie judiciaire. Mais il est constant que la famille
Gnassingbé et alliés penchent pour un règlement à l’amiable. Faure
effectuera-t-il le saut qualitatif en ce moment où on parle de
réconciliation en mettant un terme à une affaire qui ne peut que raviver les
rancoeurs et le ressentiment ? Evoluera-t-on finalement d’une affaire d’Etat
à une affaire de famille dans le sens de l’apaisement surtout que cette
affaire sème la graine de la division dans son entourage ? On attend de
voir.
Amou
Sous le signe du nationalisme togolais : Augustin Adéola Hospice Coco
déclare sa candidature à la présidentielle 2010
Le mardi 13 mai dernier, un nouveau nom est venu rallonger la
liste des candidats déclarés à la présidentielle de 2010. Après Gilchrist
Olympio de l’Union des Forces de Changement (UFC), Kofi Yamgnane de la
diaspora togolaise en Europe, Messan Kodjo Agbéyomé de OBUTS pour ne citer
que ceux-là, c’est le tour de M. Augustin Adéola Hospice Coco d’exprimer son
désir de se présenter à l’élection présidentielle de 2010. C’était au cours
d’une conférence de presse tenue en son domicile mardi dernier en présence
de l’ancien Ministre de
la Jeunesse et Sport Horatio Freitas.
Fils du Ministre des Finances Hospice Coco du premier
gouvernement du Togo indépendant de Sylvanus Olympio, Adéola Coco qui pour
l’heure est inconnu dans les milieux politiques togolais, peut compter sur
le soutien des nationalistes togolais pour briguer le fauteuil présidentiel.
En tant que petit fils d’un des grands pionniers de la lutte pour
l’indépendance, le patriarche Augustino Pa de Souza, le nouveau candidat
déclaré, ne manque pas d’arguments pour peser sur la scène politique
togolaise. Il est toutefois à remarquer qu’en tant que candidat indépendant
coupé de toute base politique, Adéola Coco ne doit pas s’attendre à une
partie de plaisir.
Le candidat Adéola Hospice Coco qui prône le changement, ne manque
pas de mots à l’endroit des Togolais : «Je vous lance aujourd’hui un appel
solennel afin de vous unir à mes efforts pour mettre fin définitivement à
cette tyrannie qui a trop duré. L’alternance est un facteur qui est très
déterminant pour le développement de nos jeunes nations d’Afrique».
M. Augustin Adéola Hospice Coco, la soixantaine, homme d’affaires,
est directeur de société. A la question de savoir si sa candidature n’est
pas dirigée contre Gilchrist Olympio qui jusqu’à présent se revendique du
nationalisme togolais, Adéola Hospice Coco a répondu que : «Mon intention
n’est pas de m’opposer à Gilchrist Olympio contre qui je n’ai rien. Dans ce
pays, Gilchrist Olympio remporte toutes les élections, mais on l’empêche
toujours de gouverner. Si je me présente, ce n’est pas pour faire échec à
Gilchrist Olympio».
Voici en intégralité la déclaration liminaire qui a sanctionné
cette conférence de presse.
Déclaration liminaire
Mesdames et Messieurs les journalistes, Mesdames et Messieurs les invités,
c’est avec une grande émotion doublée d’un sincère sentiment de gratitude
que je vous souhaite la bienvenue à ce point de presse. J’espère que ce
premier contact avec vous, nous ouvrira d’autres portes afin que nos idées
se rejoignent, s’imbriquent et s’épousent en une parfaite symbiose. J’espère
qu’à travers vous le peuple togolais et le monde entier auront l’écho de la
cause qui nous réuni ici.
Ainsi a vous tous, togolaises et Togolais, qui m’écoutez, que vous soyez ou
non de tel ou tel parti politique, que vous soyez ou non de telle ou telle
région du Togo, je vous lance aujourd’hui un appel solennel afin de vous
unir à mes efforts pour mettre fin définitivement à cette tyrannie qui à
trop duré. L’alternance est un facteur qui est très déterminant pour le
développement de nos jeunes nations d’Afrique. Un pays où il n’y a pas
d’alternance ne peut jamais aller de l’avant. Un président qui accumule
mandat sur mandat ne peut jamais être à l’écoute de son peuple, il n’en fait
qu’à sa guise puisqu’il est sûr d’être réélu d’une part grâce a une fraude
électorale massive sans compter, d’autre part, de gigantesques pillages et
détournements de fonds publics auxquels il peut se livrer en toute impunité
puisque toute la nation devient sa propriété privée.
Si vous voulez bien, je vais attirer votre attention sur deux cas précis
d’alternance : à savoir le Ghana et le Bénin. Autrefois, Lomé était bien en
avance sur, Accra et Cotonou. mais l’alternance ayant bien marché dans ces
deux pays voisins, Lomé est devenue une ville poubelle à côté de ces deux
capitales qui se sont développées d’une façon spectaculaire. Quand vous
allez actuellement à Cotonou et que vous voyez toutes ces belles avenues
larges et bien tracées avec des échangeurs, tous ces beaux édifices
construits dont beaucoup sont encore en construction et que vous revenez
ensuite à Lomé avec des routes défoncées jusqu’à la limite de
l’insupportable, alors là permettez-moi de vous le dire que Lomé fait penser
à un navire délaissé où il n’y a pas de commandant à bord.
Quand à Accra point n’est besoin d’en parler. Il n’y a aucune comparaison
possible il serait indécent d’en faire une. Lomé est un véritable tas de
poubelles.
Tout laisse à croire que c’est fait d’une façon délibérée. Lomé qui devient
de plus en plus une ville magasin alors qu’il y a énormément de place vers
Baguida et ailleurs pour créer des zones industrielles afin de libérer la
capitale de ces magasins et pouvoir ainsi l’embellir. Franchement on dirait
que nous sommes dirigés par des gens qui n’ont pas à cœur l’intérêt de la
nation togolaise. Autrement dit, ce qui se passe dans tous les pays
civilisés de la planète s’accomplirait au Togo sans difficulté. Tout cela
n’est possible que lorsqu’il y a alternance.
Un président qui est élu et qui désire être réélu fait du bon travail car il
le sait sans cela il ne serait plus réélu. Mais lorsque celui-ci sait
d’avance que quoiqu’il arrive il sera réélu par une fraude électorale il
fait n’importe quoi ou pire encore il ne fait rien, et c’est le cas du Togo
qui végète ainsi dans une grande misère et une pauvreté et cela fait des
décennies que ça dure.
Togolais et Togolaise libérons-nous de ce joug. Ceci ne dépend que de vous
et c’est le but de ma candidature, améliorer le bien être de chacun d’entre
vous, être à votre écoute quotidiennement et développer le Togo afin de le
hisser, un jour, au rang des pays avancés d’Afrique.
J’ose croire être largement en mesure d’accomplir cette mission tout au
moins, mieux que ceux qui ont présidé ces derniers quarante ans aux
destinées de notre chère Patrie.
Pour difficile que soit le moment pour décevante que soit l’heure, j’invite
le peuple à se joindre à moi afin que 2010 soit l’année de l’alternance.
Je vous remercie.
Réaménagement
de façade des rues de Lomé : Le tronçon Akodésséwa-Zoro Bar déjà inondé et
impraticable
L'avènement de Gilbert Houngbo à la Primature depuis le 09
septembre 2008 a été essentiellement marqué par la "révolution latéritique".
Selon le technocrate, c'est un vaste chantier pour la réhabilitation des
rues et pistes du Togo. Ainsi depuis quelques temps, la plupart de ces rues
ont été retapées à coup de latérites et de sable siliceux.
A Lomé, l'initiative n'a pas été bien accueillie du fait de flot
de poussières qui se dégagent de ses rues au passage des véhicules et des
motos pendant la saison sèche. Néanmoins, le chef-d'œuvre de Houngbo a le
mérite de désenclaver certains coins de la capitale et les populations se
contentaient de ces pis-aller. Mais les dernières pluies ont révélé les
insuffisances des travaux pour la simple raison que bon nombre de ces rues
rhabillées sont déjà inondées et impraticables à l'image du tronçon
Akodésséwa-Zoro Bar.
L'impraticabilité de cette rue est un manque à gagner pour l'Etat
togolais en raison de sa position stratégique. Faut-il rappeler, le tronçon
en question dessert à la fois le marché d'Akodésséwa, le Port Autonome de
Lomé et CIMTOGO. Depuis sa réhabilitation, il sert de contournement pour les
camions gros porteurs.
Depuis qu'il est inondé, les gros porteurs éprouvent de véritable
calvaire avant de rallier le Terminal du Sahel par le Rond Point du Port.
Ceci à cause d'embouteillage monstre qui se crée là. Un tour dans les
parages montre un spectacle désolant de véhicules garés de part et d'autre
de CIMTOGO jusqu'au Rond Point.
En plus, nul n'ignore que le parc TP3 représente aujourd'hui un
véritable centre d'affaires où l'on retrouve des jeunes se débrouiller pour
joindre les deux bouts. Sewa, un jeune vendeur de portables rencontré sur la
voie CIMTOGO-TP3 parle du ralentissement de leurs activités depuis le début
de la saison des pluies.
"Regardez la boue dans laquelle nous sommes maintenant pour faire
nos affaires. Ça décourage les hommes d'affaires. Ils ont peur de voir leur
véhicule tomber et s'enterrer dans les crevasses. Il faut que nos dirigeants
pensent à nous". Ce sentiment de dépit se lit pratiquement sur les yeux de
tous ceux qui ont exposé leurs produits sur place.
Il importe aujourd'hui, vu le rôle prépondérant de ce tronçon dans
la fluidité de circulation entre le Port Autonome de Lomé et les pays du
Sahel que les travaux soient repris sérieusement et que cette fois-ci, des
caniveaux soient prévus pour l'écoulement des eaux de ruissellement étant
donné qu'il s'agit d'une zone inondable.
L. C.
Grave accident
de circulation à Baguida : Deux journalistes se rendant en mission à Aného
grièvement blessés
Très tôt dans la matinée du dimanche 10 Mai 2009, un grave
accident de circulation s’est produit à Baguida faisant de nombreux blessés.
Le véhicule, une Toyota double cabine RTG qui avait à son bord des
journalistes devant couvrir les activités du Chef de l’Etat à Aného roulait
à vive allure pour pouvoir arriver sur les lieux avant le Chef de l’Etat.
Malheureusement, l’état défectueux du tronçon Lomé-Aného a tôt
fait d’avoir raison de la détermination du chauffeur de la Toyota double
cabine à rallier en temps utile la ville d’Aného. Au niveau de Baguida, une
localité située à une quinzaine de kilomètres à l’Est de Lomé, le véhicule
qui roulait à «tombeau ouvert» d’après nos informations, fit
plusieurs tonneaux avant de terminer sa course dans le décor.
Au nombre des blessés évacués au CHU-Tokoin, le cas d’un
journaliste et un photographe sont des plus préoccupants. Il s’agit du
journaliste Grégoire Awesso grièvement atteint à la colonne vertébrale, au
genou et au cou et le photographe Julien Hakouabi de l’EDITOGO qui traîne
une fracture au pied et à la hanche. Ils sont tous deux admis au pavillon
militaire du CHU-Tokoin.
Pour les témoins oculaires de l’accident, c’est par miracle que
les occupants n’ont pas péri dans cet accident de circulation.
Toute la rédaction du Journal «Le Changement» très
affectée par la triste nouvelle, formule ses vœux de prompt rétablissement à
ces confrères des médias d’Etat.
L. C.
Réclamation de 13 mois d’arriérés de salaires et de solde à l’ICAT : Le
maintien du D.G. Odou à la tête de l’Institut serait une abomination
Le sit-in observé par les agents de terrain de l’Institut de
Conseil et d’Appui Technique le 4 mai 2009 dans la cour du Ministère de
l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, pour réclamer le payement de
leurs arriérés de 13 mois de salaires et de 7 mois de solde se chiffrant à
plus de 670 millions de F CFA, n’a pas été du goût du Directeur Général de
l’ICAT M. Odou Samson et de son homme de main M. Tchassanti Nasser.
Les deux compères mis en cause d’avoir été à l’origine du
détournement des salaires des pauvres agents, envisageraient des mesures de
rétorsion à l’encontre du personnel «gréviste» en dehors des menaces
de mort qui planent au-dessus de la tête de ces agents. Des affectations
punitives aux sanctions disciplinaires en passant par des abattements et
des suspensions de salaires, rien ne serait laissé au hasard.
A en croire un responsable du ministère, «si le D.G. de l’ICAT
reste devoir à ses agents ces arriérés qui datent de 1999 à 2003, c’est
qu’il compte sur son autorité et sur ses relations, pour enterrer le
dossier. Mais malheureusement, il est tombé sur plus durs et plus
résistants que lui».
Il apparaît donc au regard des derniers développements de la
situation que le D.G. Odou et son acolyte Tchassanti Nasser optent pour le
pire. Cette maladresse face à une situation aussi complexe que la
revendication des arriérés de salaires confirme tout le mal que les gens
pensent de la gestion de l’ICAT par le D.G. Odou. Cet homme selon ses
détracteurs admis à la retraite depuis des années, n’a plus rien à faire à
l’ICAT. A considérer qu’il est toujours maintenu à son poste par des mains
occultes malgré son incapacité avérée de gérer au mieux les affaires à la
tête de l’ICAT, on finit par se poser la question : à qui profite le
maintien du Dr Odou à la tête de cet Institut ?
A en croire des indiscrétions qui amplifient la colère au sein du
personnel en grève, le Dr Odou, ces dernières années après être admis à la
retraite, a construit une somptueuse maison à étage que ses maigres revenus
ne peuvent pas réaliser. Pire deux de ses enfants résident à ses frais à
Dakar au Sénégal où ils poursuivent leurs études. La question se pose dès
lors de savoir d’où le D.G. de l’ICAT a pu trouver les ressources pour
construire une si belle et coûteuse maison à étage dans le même temps qu’il
subvient aux besoins de ses enfants à Dakar ? De l’avis de ses collègues, le
Dr Odou devait avoir quelque chose à se reprocher au niveau du financement
de la construction de sa maison. Car il ne reçoit presque plus ses collègues
à la maison. «Même lorsqu’il faut le prendre à la maison pour partir en
tournée, il fait tout pour attendre l’équipe au portail», confie un
ingénieur agronome qui a requis l’anonymat.
Les mêmes indiscrétions rapportent que le stagiaire Tchassanti
qu’il a nommé Directeur Administratif et Financier avant de le coffrer à la
Division Comptabilité est propriétaire d’un bus qui lui fait du transport.
La question se pose dans ces conditions de savoir comment en si peu de temps
et avec de si maigres salaires, nos compères sont-ils parvenus à pondre ces
réalisations ? De là, à croire qu’une bonne partie des arriérés de salaires
des agents a servi dans cette histoire, il n’y a qu’un pas que nous refusons
de franchir. L’audit de la gestion de l’ICAT par le Dr Odou que réclament
tous les agents aura la latitude de faire la lumière sur la question s’il
venait à être commandité.
Au regard de ce qui précède, tout le monde s’accorde à dire que le
maintien du Dr Odou à la tête de l’ICAT est la pire des abominations qu’on
puisse commettre.
Jacqueline Nyarley Tarsi
Kaléidoscope
La grande question
Si on en croit les prévisions météorologiques, les inondations
tant redoutées seront bientôt à nos portes, avec leur cortège de sinistrés
sans abri, de cultures dévastées, de la faim, les maladies diarrhéiques,
etc. Un phénomène qui accentuera encore davantage la situation d’éternel
assisté du Togo qui naturellement, va attendre beaucoup de la communauté
internationale. La solidarité internationale ne restera certes pas
indifférente à la situation. Des vivres, des non vivres, de diverses
provenances mettront le cap sur Lomé. Mais il suffit de jeter un coup d’œil
dans le rétroviseur pour constater que la gestion des dons destinés aux
sinistrés en 2008 a été catastrophique. D’aucuns parlent même de
détournement à des fins personnelles. Nombre de témoignages recueillis
auprès des victimes des inondations, confortent dans la thèse d’une opacité
de gestion. Pire, il est donné de constater que les Ministres Atcha
Titikpina de la Sécurité et de la Protection Civile et sa collègue
Méimounatiou Ibrahima qui ont à l’époque géré les dons rechignent à rendre
compte de leur gestion. Interpellés devant la représentation nationale pour
faire les comptes, les deux membres du gouvernement qui à l’heure actuelle,
se regarderaient en chiens de faïence ont tout simplement posé un gros lapin
aux honorables députés de notre auguste Assemblée. La grande question qui se
pose est de savoir si la communauté internationale va s’accommoder de
l’absence de rapport produit par nos ministres pour nous accompagner encore
une fois en 2009 si jamais les prévisions météorologiques se réalisaient ?
Des chefs traditionnels au comble de l’humiliation
Le jeudi 7 mai dernier, les Chefs traditionnels de la Préfecture
des Lacs battaient les pavés à Aného au rythme nostalgique de «RPT Enye
hanyoadé» au cours d’une marche de soutien au Président Faure
Gnassingbé. Le hasard ou le malheur a voulu que pour déclencher le retour
des habitudes de la maison aussi désavouées que les marches et motions de
soutien au Chef de l’Etat, le RPT ait choisi la Préfecture des Lacs qui, il
y a 4 ans était le théâtre des tueries orchestrées par la soldatesque à la
gâchette facile. Ceux qui ont été scandalisés à la vue de ces images à la
télévision n’ont pas tort. Parce qu’il n’y a pas pire humiliation que
d’obliger les gens qu’on a, pour un oui ou un non martyrisés, à chanter et à
danser en son honneur. Désormais au Togo plus que jamais la roue de
l’histoire tourne avec une fréquence susceptible d’emporter ceux qui croient
qu’avec la force on peut toujours triompher de l’adversaire. La Préfecture
des Lacs on le sait est un fief de l’opposition démocratique. Pour rien au
monde, dit-on, ces populations ne sauraient s’accommoder d’un glissement
dans la bastion du RPT. Tout porte à croire que si les têtes couronnées
avaient accepté de tomber si bas pour assouvir les instincts primaires du
RPT, c’était juste pour conserver leur couronne afin de pouvoir préparer,
comme ils savent le faire si bien, le moment venu, la fessée électorale
proportionnelle à l’humiliation que le RPT vient de leur infliger.
Considérant que le RPT ne s’arrête jamais en si bon chemin de la perdition,
on est porté à se demander : après Aného, à quelle préfecture le tour ?
Halte aux violences électorales
Tirant la leçon du passé politique du Togo fait de violences
électorales avec son cortège de morts, de mutilés à vie, des blessés et des
départs en exil, le parti du Prof. Gnininvi dans une déclaration rendue
publique la semaine dernière exhorte Faure Gnassingbé et toute la classe
politique à engager des réformes indispensables en vue de prévenir les
violences électorales qui affectent dangereusement la démocratie en germe au
Togo. Pour la Convention Démocratique des Peuples Africains, notre pays a
connu trop d’actes de violence politique à cause de l’impunité. Il faut
absolument sortir le pays du cycle perpétuel d’élection-violence-dialogue…
puis élection violence-dialogue. C’est une bonne chose pour la CDPA de
chercher à travers sa déclaration à prévenir les violences électorales dans
notre pays. Cependant, force est de constater qu’il existe au Togo une race
de politiciens qui ne peuvent s’assumer qu’à travers des violences
électorales. Les exactions d’avril 2005 et les auteurs et commanditaires de
ce carnage qui continuent de courir en toute impunité en constituent une
illustration vivante. Aujourd’hui peut-on dans un pays fermé à l’alternance
au pouvoir organiser des élections qui ne soient entachées de violences ?
La déclaration de la CDPA doit être perçue comme une invitation à toute la
classe politique à adhérer au principe de l’alternance.
Bientôt Harry Olympio de retour
Le Président du RSDD, l’apôtre de l’opposition constructive Harry
Olympio qui a fui le Togo depuis plusieurs mois suite à son implication
réelle ou supposée dans une affaire de cocktail Molotov balancé dans
l’enceinte de la Brigade de gendarmerie nationale à Lomé, sera bientôt de
retour pour se jeter dans la fièvre électorale qui dans quelques mois va
s’emparer des Togolais dans la perspective de la présidentielle de 2010. A
Lomé où l’information fait grand bruit, on estime que si le tout-puissant
ministre de la Défense de l’époque de la commission des faits reprochés à
Harry Olympio n’était pas en état d’arrestation, il serait difficile au
président du RSDD d’envisager le moindre retour au pays. Kpatcha Gnassingbé
qui est très redouté aurait promis d’amener Harry à respecter tout ce qui
touche à la sécurité publique. C’est donc sans risque de se tromper qu’on
affirme aujourd’hui que le malheur de Kpatcha fait peut-être le bonheur de
Harry Olympio. Une fois dans nos murs, le président du RSDD ne pourra pas ne
pas se livrer à son jeu favori qui consiste à multiplier les déclarations et
conférences de presse pour prendre position par rapport aux sujets brûlants
de l’heure. L’homme n’est pas loin de déclarer sa candidature à la
présidentielle de 2010 et en rajouter au débat politique. Pour l’heure,
personne ne sait s’il revenait au pays, le sort ou l’accueil que lui
réserveront ses présumés complices qu’il avait laissés aux mains des
gendarmes en fuyant le Togo. De toute façon, le retour au Togo d’un Harry
Olympio peut laisser supposer sous peu, le réchauffement du terrain
politique en attendant les grandes explications de 2010.
Secrets d’alcôve :
Le faux ami
L'amitié entre Robert et Roger date de très longtemps. Ils ont fait
connaissance depuis leur tendre enfance. Leurs parents ont construit dans le
même quartier et le sort a voulu qu'ils soient inscrits le même jour à la
même école. Ils ont alors très vite sympathisé. Elèves de la même classe
depuis le CP1 jusqu'au CM2, ils marchaient toujours ensemble sur le chemin
de l'école et partageaient leurs joies et leurs peines.
Lorsque après leur CEPD, il était question d'orienter les élèves, Robert et
Roger s'étaient une fois encore retrouvés dans le même collège et dans la
même classe. Ils étaient si liés que ceux qui ne les connaissent pas ou les
voyaient pour la première fois pensaient toujours qu'ils étaient des frères.
Les deux jeunes gens partageaient un destin commun. Ils apprenaient leurs
leçons et travaillaient ensemble.
En classe, ils occupaient le même banc et avaient pratiquement la même
moyenne. Ils poursuivirent ainsi leurs études jusqu'au BAC 2.
Là aussi les deux amis ne s'étaient pas séparés. Ils s'étaient inscrits tous
les deux à la Faculté de Droit où ils ont cheminé jusqu'à la maîtrise. Ainsi
donc, Robert et Roger ont cheminé sur les bancs de l'école, depuis la
maternelle jusqu'à la fin de leur cursus universitaire.
Alors qu'ils étaient encore étudiants, ils rêvaient d'ouvrir à la fin de
leurs études, un cabinet d'Avocats associés. Ce qui aurait pu leur permettre
de faire carrière ensemble. Mais les desseins de Dieu ne sont pas toujours
ceux des hommes. Et bien qu'étant des amis inséparables, Robert et Roger
n'étaient pas issus de famille de mêmes conditions. Le père de Robert, un
banquier étaient assez nanti, ce qui n'était pas le cas de celui de Roger,
un agent de l'Administration Publique.
Le père de Robert qui avait toujours eu de grandes ambitions pour son fils,
tout en étant d'accord que celui-ci embrasse la carrière d'Avocat décida de
lui faire faire avant, des études de troisième cycle en France.
Il s'y était déjà investi et avait réussi à l'inscrire à l'Université de
Poitiers où Robert devait aller faire des Etudes approfondies avant de
passer son Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat.
L'idée de cette séparation momentanée avait donné beaucoup de soucis à nos
jeunes gens. Mais cela faisait aussi partie de la vie et il fallait faire
avec.
En tout cas, cela n'allait en rien gêner leur projet. Au contraire
Robert et Roger prirent le temps de ficeler leur projet. Outre leur projet
d'ouverture d'un Cabinet d'Avocats associés, ils avaient décidé de célébrer
leur mariage le même jour à la même église. Mais cela était prévu pour dans
trois ans, lorsque Robert sera de retour de Poitiers. Car ils ne parlaient
pas toujours que de travail. Ils partageaient aussi leurs temps de loisirs
et organisaient ensemble des sorties avec leurs copines. Léa, la copine de
Robert était une belle fille bien bâtie avec une forme d'athlète. Sa peau
claire lisse et satinée et ses longs cheveux naturellement jolis étaient un
gage certain de beauté. C'était une fille de tempérament calme que tout le
monde savait vertueuse. Roger ne tarissait pas d'éloges pour elle. Il
félicitait chaque fois son ami Robert pour avoir su dénicher une beauté
pareille. Mais la copine de Roger n'était pas mauvaise non plus. D'un teint
plutôt noir, elle disposait d'atouts esthétiques indéniables. Et chaque fois
que Roger congratulait Robert pour son choix, ce dernier ne manquait pas de
lui rappeler que Dora sa copine était aussi une beauté.
A vrai dire, rien ne laissait croire au moindre manque de sincérité dans
l'amitié de ces deux jeunes hommes. Mais l'être humain est de nature
bizarre. Celui qu'on croit être son meilleur ami peut se révéler son pire
ennemi. Et c'est ce qui malheureusement arrivera à Robert et Roger. En
effet, si Robert était un homme droit, loyal et sérieux, tel n'était pas le
cas de Roger qui était plutôt hypocrite, mesquin et faux. C'était un homme
foncièrement mauvais, un envieux qui a su cacher pendant de longues années
sa vraie nature à son ami Robert qui, malheureusement, avait une confiance
sans faille en lui.
Le jour du départ approchait. Une semaine avant de s'envoler pour la France,
Robert invita Roger et sa copine Dora à une sortie. Léa était aussi de la
partie. A l'occasion de cette sortie, Robert confia solennellement sa copine
Léa à Roger lui demandant de prendre soin d'elle en attendant qu'il ne
revienne. Il fit pratiquement de Roger un parrain pour la jeune fille. Ils
avaient convenu que tout ce qui devait arriver à Léa de la part de Robert
passera à Roger. C'est par sa boîte postale qu'ils allaient échanger des
courriers. Enfin, si Léa avait besoin de quoi que ce soit, elle savait à qui
s'adresser.
Le jour du départ, Robert prit l'avion avec le sentiment d'avoir gardé sa
dulcinée en lieu sûr. Il n'avait aucun souci à se faire du moment où Roger
allait veiller au grain.
Les premiers mois après le départ de Robert, tout avait bien commencé. Les
courriers arrivaient régulièrement. En attendant de passer son concours
d'entrée en Stage, Roger resté à Lomé avait décidé de se frotter à la
pratique du droit. Pour ce faire, il avait cherché et trouvé une place chez
un grand praticien de la place. Le Cabinet gérait beaucoup de dossiers et le
Maître était très généreux. Très vite, Roger avait commencé à gagner
beaucoup d'argent. Il travaillait beaucoup mais ménageait du temps pour
aller voir Léa la copine de son ami Robert. Très souvent, quand il y allait,
il se faisait accompagner de sa propre copine Dora. Tout allait bien entre
les trois. Seulement voilà. Depuis quelque temps, Roger avait commencé à
convoiter Léa. Il trouvait déjà la jeune fille très belle. Aujourd'hui il
voulait tout simplement la prendre pour lui. Il la désirait au point
d'oublier qu'elle était la copine de son ami. Et puis après tout, il n'a de
compte à rendre à personne. Le plus grand problème reste Léa elle-même.
C'était une fille vertueuse qui, de toute évidence, ne rentrerait jamais
dans ce jeu. Qu'à cela ne tienne. Il utilisera les grands moyens. Il connaît
quelqu'un qui peut lui préparer un philtre d'amour qui viendra à bout de sa
réticence.
Outre ce philtre, il pourrait consulter des marabouts et autres praticiens
occultes qui pourraient l'aider à parvenir à ses fins. Aussitôt dit aussitôt
fait. C'est ainsi que Roger envoûta Léa. Un beau jour, la jeune fille se
trouva folle amoureuse de l'ami à son copain. Elle avait une irrésistible
envie de se faire sauter par lui. Roger était au cabinet un matin, lorsque
la jeune fille qui était pourtant réservée, débarqua toute excitée. A la
question de savoir l'objet de sa visite, elle déclara qu'elle était de
passage dans les environs et voulait juste lui dire bonjour. Roger qui
s'attendait un peu à la chose, la remercia de s'être souvenu de lui et lui
proposa de patienter un peu jusqu'à midi. Il pourrait l'emmener déjeuner
quelque part et partager un verre avec elle. Léa ne se fit pas prier.
Roger avait son plan bien en tête. Il expédia rapidement le dossier qu'il
avait sous la main et prit Léa sur sa moto. Quelques minutes plus tard, ils
étaient dans un fufu bar huppé de la capitale. Après un repas copieux, il
proposa à Léa d'aller prendre un digestif quelque part. L'instant d'après,
ils étaient dans une auberge quelque part vers Baguida.
Léa était surexcitée, au bord de l'éclatement. Lorsque Roger lui proposa de
s'installer au bar c'est elle-même qui exigea de lui, de prendre une chambre
" pour leur permettre d'être tranquilles ". Roger s'exécuta. C'est ainsi que
quelques minutes plus tard, ils se retrouvent entre quatre murs. La pièce
était meublée d'un grand lit sur lequel ils se laissèrent choir. Léa vint se
lover contre Roger, lui plongea sans autre forme de procès la main dans la
chemise et se mit à lui caresser le torse. Sa fine main passait prestement
de la poitrine au dos en s'attardant un petit peu dans le creux de la
colonne vertébrale. Roger fit semblant d'être indifférent. Léa se mit à le
supplier de lui rendre la pareille. Timidement, il commença à caresser la
jeune fille. Puis au fil des secondes, il s'appliquait. Bientôt, ils étaient
tous les deux concentrés sur leurs corps. Roger était aux anges. La jeune
fille qu'il avait tant désirée était à présent dans ses bras. Léa, nue comme
un ver de terre s'allongea sur le dos, les jambes écartées. D'un coup de
rein, Roger la pénétra et se mit à pomper. Le fourreau chaud de Léa était
aussi doux que sa peau tendre et satinée. Bientôt nos deux jouisseurs
prirent leur pied ensemble.
Depuis, ils ont multiplié leurs rencontres à telle point que leur liaison
était sortie du secret pour s'afficher au grand jour. A plusieurs milliers
de Kilomètres de là, Robert, le copain de Léa restait la seule personne à ne
rien savoir. Pour lui, il avait encore au pays une copine fidèle et un ami
sincère !
Kayissan |
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Le Changement 171 du 07 avril 2009 |
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Pour n’en avoir pas mesuré au préalable les contours :
L’affaire Kpatcha devient une arête dans la gorge de Faure |
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Ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Kpatcha ne finit pas de
faire couler de l’encre et de la salive. Depuis le 12 Avril où le domicile
de l’ex Ministre de la Défense et des Anciens Combattants a été attaqué à
l’arme lourde jusqu’à ce jour, la lumière n’a pas été encore faite sur cette
affaire. Certes, le Député Kpatcha Gnassingbé a été entre temps arrêté,
présenté au juge d’instruction et inculpé. L’officier de gendarmerie ayant
procédé à la perquisition a présenté à la presse le corps du délit composé
d’armes et de matériels militaires qui auraient été saisis au domicile de
Kpatcha. Mais la lumière, toute la lumière reste encore à faire pour
convaincre une grande partie des Togolais qui refusent de croire que le
Député ait pu acquérir des armes, dans le but et l’intention de déposer son
frère Président de la République.
Alors qu’on pensait que le temps allait faire une œuvre de
clarification pour fixer l’opinion, on a plutôt l’impression que plus les
jours passent, plus le dossier devient diffus et les écheveaux s’entremêlent
davantage. Et les sorties médiatiques des autorités judiciaires en charge du
dossier ne sont malheureusement pas pour éclairer les esprits. En témoigne
le dernier communiqué du Procureur de la République en date du 29 Avril
2009.
Alors qu’on attendait un communiqué pour éclairer les lanternes,
celui du Procureur de la République a plutôt jeté du flou sur la question et
semé du trouble dans les esprits. 
A en croire le Procureur, «dans le cadre du dossier relatif à
la tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, les investigations en
cours ont permis l’interpellation de plusieurs personnes aussi bien des
militaires que des civils». Ce disant, le Procureur de la République
n’apporte rien de nouveau à la gouverne des Togolais qui savaient depuis le
lendemain de l’attaque du domicile de Kpatcha, que des personnalités civiles
et militaires ont été arrêtées. Robert Bakaï n’a-t-il pas déjà donné
lui-même cette information lorsque dans son tout premier communiqué dans
cette affaire, il déclarait le 13 Avril 2009 que «dans ce cadre, les
services de sécurité ont déjà interpellé plusieurs personnes dont cinq
officiers» ?
Nous n’avons pas la prétention de procéder à une autopsie en règle
du communiqué du 29 Avril. Mais il est constant de remarquer qu’elle donne
l’impression que les autorités judiciaires sont en train de sasser et de
ressasser les mêmes choses, faute de trouver de nouveaux éléments pour
charger les comploteurs présumés.
Lorsque ce qu’on a à dire n’est pas plus «beau» que le silence, il
vaut mieux se taire, a-t-on coutume de dire. On sait aussi que lorsqu’une
affaire est en instruction, elle jouit d’un secret. Ce principe limite
considérablement les mouvements du Procureur en matière de déclarations. Et
nul ne saurait trouver à redire si M. Robert Bakaï gardait le silence autour
de l’affaire Kpatcha en attendant que l’instruction soit clôturée pour
parler. Malheureusement, alors que rien ne l’obligeait, le Procureur a cru
devoir publier un communiqué parcellaire et vague.
Le communiqué indique que «dix (10) civils ont été arrêtés,
inculpés et mis sous mandats de dépôts.
En revanche, dix-huit (18) militaires dont cinq (5) officiers, dix
(10) sous-officiers et trois (3) hommes de rang ainsi qu’un officier Adjoint
de Police sont sous sanctions disciplinaires de leur corps respectif avant
leur remise aux autorités judiciaires».
Pourquoi, pendant qu’on y est, le Procureur ne va pas plus loin
pour donner les noms des personnes arrêtées ? Cette façon de présenter les
choses ouvre la voie aux spéculations et à des interprétations qui
pourraient s’avérer dangereuses. Car à force de chercher à savoir qui est
interpellé et qui ne l’est pas, on peut aboutir aux interprétations les plus
folles. Mais au-delà de ces commentaires, le fait que le Procureur en vienne
à publier des communiqués vagues ou incomplets alors que rien ne l’y oblige,
fait penser à une sorte de malaise ou d’embarras dans la gestion du dossier.
Le plus gros problème de notre justice et du Chef de l’Etat dans
cette affaire est que le principal accusé est issu de la famille
présidentielle. Qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un paramètre important
qui ne peut pas être sans effet sur la manière dont l’affaire sera traitée.
Le dossier du présumé complot a été annoncé comme une affaire
d’Etat. Saura-t-on le gérer ainsi jusqu’au bout ? Toujours est-il que rien
de tout ce qu’on reproche à Kpatcha ne supprime le lien de sang qui le lie
au Président de la République. Cette affaire, qu’on le veuille ou non,
risque à terme, de secouer la famille présidentielle où tout le monde ne
verra pas forcément d’un bon œil qu’un des leurs, soit arrêté et jeté en
prison dans une affaire de coup d’Etat dont plusieurs Togolais doutent.
Il y a quelques jours, des officiers de l’armée reçus en audience
par le Chef de l’Etat avaient rassuré ce dossier de leur loyauté en se
désolidarisant formellement des hommes en uniformes présumés impliquées dans
le complot.
Sans porter de jugement sur la sincérité de la démarche, il reste
tout à fait vrai que le fait que des hommes en uniformes soient cités comme
impliqués dans le complot constitue à lui seul, de sérieux arguments de
mécontentement et de ressentiment. Cela peut ne pas être un danger immédiat
pour le pouvoir de Faure mais, avoir contre soi une partie – si petite
soit-elle – de sa famille et de l’armée n’a jamais été une bonne chose.
A part sa famille et l’armée, l’autre soutien de Faure est
naturellement, sa famille politique. Au RPT, on n’a pas appris à regarder
dans une direction autre que celle du parti qui n’est autre que celle de son
Chef. Il n’y a rien d’étonnant que la réaction officielle du RPT soit ce
qu’on a entendu. Mais il est également vrai qu’au sein de cette formation,
Kpatcha peut compter sur des partisans et non des moindres. Ce qui n’est pas
non plus pour renforcer le pouvoir de Faure.
Une pareille situation ne peut que embarrasser Faure Gnassingbé et
le mettre dans un dilemme. Kpatcha et ses présumés complices deviennent des
prévenus encombrants. Faut-il envoyé Kpatcha en prison ou le relâcher. Une
véritable arête dans la gorge du pouvoir de Faure.
Le débat autour de cette affaire doit être dépassionné afin que
tout se passe dans l’intérêt de la Justice et de tous.
L. C.
3 ans après les accords tripartites : Quel bilan pour le dialogue social au
Togo ?
Le dialogue social dont les travaux ont duré à Lomé, du 30 janvier
au 07 Avril 2006, a abouti à la signature le 11 Mai 2006, d’un Protocole
d’accord tripartite engageant le gouvernement, le patronat et les centrales
syndicales.
Au total, 125 engagements ont été pris dont l’écrasante partie, à
la charge de l’Etat (Gouvernement).
A l’époque, que de beaux discours n’avait-on pas entendu ? On a
ouïe dire que le Togo était le premier pays à initier un tel dialogue qui
garantissait des lendemains qui chantent aux travailleurs et à la société
tout entière.
Malheureusement, il n’en a rien été. Ceux qui croyaient en ce
dialogue et surtout aux engagements ont dû vite déchanter. En effet, s’il
faut tenir compte des délais impartis à la mise en œuvre de chaque
engagement, tous les engagements devraient avoir été déjà réalisé dans
quatre jours-franc, soit le 11 Mai 2009. Mais à l’heure du bilan, il est
patent que rien n’a été fait. Seulement 36 engagements pris ont été
respectés avec un taux de réalisation de 28,34 %.
C’est dans cette situation de déception que les travailleurs
togolais ont commémoré le 1er Mai
dernier, la fête du travail. A cette occasion, un cahier de doléances a été
remis aux autorités publiques
Voici les 19 revendications des travailleurs togolais.
1.
La révision immédiate de la grille indiciaire.
2.
Le relèvement du SMIG et du SMAG, à partir de l’étude effective du «panier
de la ménagère».
3.
Le paiement de leurs allocations familiales aux «Agents permanents».
4.
Le paiement des arriérés de salaires des travailleurs de l’ICAT, de l’ITRA
et des enseignants auxiliaires concernés.
5.
L’arrêt immédiat des licenciements, qui engendrent dans les familles des
drames sans nom et condamnent des dizaines de milliers de citoyens togolais
à la pire des précarités et à la déchéance ; le redéploiement des
travailleurs déjà victimes de licenciements.
6.
La résolution diligente des problèmes liés à la fermeture des sociétés
d’Etat en cessation d’activités et le paiement de leurs droits aux
travailleurs, conformément à l’engagement n° 118 du Protocole d’Accord
du Dialogue social : OPAT, Hôtel de la Paix, Hôtel du 2 Février,
Togopharma, Togotex, SNI etc.
7.
Le paiement des arriérés d’allocations de départ à la retraite aux ayants
droit et la reprise générale du paiement des dites allocations, conformément
aux dispositions des Etats généraux de l’Administration publique (EGAP).
8.
L’application effective aux travailleurs du secteur parapublic et aux
travailleurs de l’Enseignement privé confessionnel catholique, des
augmentations de salaire de 5 et 3% appliquées aux salaires dans le secteur
public, respectivement en janvier 2007 et janvier 2008, et ce, en attendant
les négociations collectives dans ces secteurs.
9.
L’accélération du processus de décision relative à la prise en charge
systématique des accouchements par césarienne pratiqués dans les hôpitaux
publics.
10.
L’accélération du processus de règlement des problèmes de la Caisse
de retraites complémentaires des cadres
(CRCC).
11.
Le relèvement des pensions de retraite de la Caisse
nationale de sécurité sociale
(CNSS).
12.
Le renforcement du contrôle effectif des prix et la baisse significative du
prix des produits de 1ère nécessité
comme mesures participant d’une politique de lutte contre la vie chère.
13.
Le démarrage effectif des travaux de la commission mixte de réflexion sur la
vie chère, présidée par son Excellence M. le premier ministre, dont un
document émanant de la Primature et daté du 22 mai 2008, affirme qu’elle a
été mise « en place le
05 mai 2008 ».
14.
Le rétablissement en la forme du système de couverture santé des agents de
l’Etat et l’annulation de la Note
d’information
du directeur du CHU-Tokoin, en date du 23 octobre 2008, exigeant le paiement
immédiat de 50% du montant des frais hospitaliers.
15.
La révision à la baisse du taux de dédouanement des véhicules privés.
16.
L’élargissement aux locaux des centrales syndicales de travailleurs des
lieux de tenue de l’évaluation formative des apprentis, en vue de la
délivrance d’un quitus.
17.
La résolution définitive du problème récurrent des délestages dans la
fourniture de l’énergie électrique, alors que les factures de nombreux
ménages sont en constante augmentation.
18.
L’extension du réseau d’adduction d’eau, en vue de faire face à la poussée
démographique et à l’insuffisance de la fourniture d’eau dans les quartiers
de Lomé et de ses environs.
19.
La prise de mesures appropriées pour faire cesser la concurrence déloyale,
pratiquée couramment par des commerçants libanais, indopakistanais et
autres, pratique qui expose les commerçants nationaux à la ruine et
participe à la dépression de l’économie du pays.»
Le recadrage de l’enjeu politique actuel par le CAR : Le retour aux sources
du mouvement démocratique
Lors d’une cérémonie commémorative des acquis du FAR, organisée à l’occasion
du 18e anniversaire
de sa création, le CAR a rendu hommage à la lutte historique menée par notre
peuple pour son indépendance et dont la 49e édition
a été fêtée le 27 Avril dernier.
Après ce rappel, le CAR a précisé qu’à partir des années 90, le peuple
togolais est rentré dans une autre lutte historique «pour la conquête du
droit de choisir librement ses gouvernants»’.
Dans une déclaration rendue publique au cours de la cérémonie, le CAR a
souligné que «Ce second mouvement, le mouvement démocratique est un
processus continu, fait de hauts et de bas, de progrès et de recul». Et
«qu’il est primordial que la mémoire collective de notre peuple se
rafraîchisse de façon cyclique, des acquis démocratiques réalisés au prix de
lourds sacrifices consentis par les vaillants combattants du mouvement
démocratique et dont nous tenons à saluer la mémoire».
La déclaration a rappelé les résistances opposées par le pouvoir en place à
ce mouvement en commençant par la violation permanente par le régime en
place des multiples accords qui ont été signé avec son corollaire d’actes de
violences dont notamment la découverte, le jeudi 11 avril 1991 au matin, de
28 cadavres dans la lagune de Bè.
Le CAR a tenu dans sa déclaration à resituer les enjeux des deux
soulèvements politiques majeurs du Mouvement démocratique, notamment celui
du 05 Octobre et celui du 16 Mars qui, mêmes s’ils «diffèrent
qualitativement de par leur genèse et leurs implications», procèdent de
la même dynamique : «le désir ardent d’un peuple de s’affranchir de sa
prise en otage».
Le CAR a mis un accent particulier sur les acquis démocratiques obtenus de
cette haute lutte, notamment «la promulgation de la charte rétablissant
le multipartisme ; l’accord sur la dissolution du Parlement et du
Gouvernement alors en place et leur remplacement par des organes législatifs
et exécutifs transitoires à composition comprenant le pouvoir et
l’opposition pour organiser de façon conjointe et consensuelle les élections
démocratiques ; la promulgation d’une loi d’amnistie pour faciliter le
retour au pays des compatriotes contraints à l’exil».
Pour le CAR, l’organisation conjointe et consensuelle des consultations
électorales par le pouvoir et l’opposition constitue un «acquis
historique majeur» qu’il demande aux populations de se mobiliser
constamment pour défendre en se rappelant des circonstances historiques dans
lesquelles ce principe a été conquis. Ceci d’autant plus que, «le pilier
fondamental sur lequel repose le régime en place, c’est le droit que le RPT
s’est arrogé d’organiser les élections comme il l’entend et de les gagner à
tous les coups», pouvait-on lire dans la déclaration.
C’est sûrement pour mieux insister sur le recadrage de l’enjeu de la lutte
en cours, que Me Apévon, a rappelé qu’«il ne faut pas nous tromper de
combat. Il y a un temps pour tout. Il y eut un temps où nos populations se
sont battues pour l’indépendance du pays. Il est depuis 90 un autre temps,
celui de se battre pour que les dirigeants soient librement désignés par les
populations à travers des élections transparentes et démocratiques».
Ces mots sonnent comme un carton rouge à l’amalgame qui est souvent faite
entre le mouvement de décolonisation qui a pris fin le 27 Avril 1960, et le
mouvement démocratique commencé en 1990, au point qu’on en est venu à
pervertir la lutte pour le libre choix des dirigeants en un processus de
règlement de comptes entre des familles.
Me Apévon finit d’ailleurs son discours en pointant un doigt accusateur vers
les usurpateurs du pouvoir du peuple qui aujourd’hui s’entredéchirent.
Commentaire
On ne peut mettre fin aux déchirements claniques si le pouvoir ne revient
pas au peuple. Mais le tout n’est pas pour le peuple de reprendre le pouvoir
à ceux qui l’ont usurpé par la force car il serait tout aussi grave qu’en
échappant à une dynastie, on retombe dans une autre. L’alternance doit avoir
un double objectif : retourner le pouvoir au peuple et éviter la dynastie au
Togo.
L. C.
Gestion de la campagne 2009-2010 : Le personnel opérationnel de terrain de
l’ICAT sensibilisé
Une réunion technique sur les modalités pratiques de gestion de la
campagne agricole 2009-2010 a été organisée le mardi 5 mai dernier par
l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) dans l’amphithéâtre du
FOPADESC à Lomé-Zongo.
Au cours des travaux qui ont duré toute la journée, les
participants qui relèvent du personnel opérationnel de terrain de l’ICAT
venus des 5 régions économiques du Togo ont planché entre autres sur les
thèmes suivants : «La
Nouvelle vision pour la relance de l’agriculture togolaise et perspectives»,
«Le bilan de la campagne agricole 2008-2009 et des objectifs de la
campagne agricole 2009-2010» ; «Opération maïs, riz, sorgho ;
production de semences commerciales», «Mise en place et gestion de la
distribution des engrais», développés par des personnes ressources.
Au cours de la cérémonie d’ouverture présidée par le Directeur de
Cabinet M. Kolani D. Kombaté, représentant le Ministre de l’Agriculture, de
l’Elevage et de la Pêche, le Directeur Général de l’ICAT Dr Odou Samson a
planté le décor de la rencontre.
«Après l’Atelier d’Evaluation de
la Campagne Agricole 2008/2009, de programmation de celle de 2009-2010, et
au regard des engagements et recommandations issus de la première édition du
Forum National du Paysan Togolais,… il est opportun que le personnel
opérationnel de base puisse se réunir et échanger en vue d’harmoniser les
points de vue sur les modalités pratiques de gestion de la nouvelle campagne
agricole 2009-2010».
Dans son discours d’ouverture, M. Kolani Kombaté a mis l’accent
sur l’importance de l’agriculture dans l’économie togolaise.
«A n’en pas douter, l’agriculture constitue le secteur moteur
de l’économie togolaise compte tenu de sa contribution au produit national
brut, des nombreux emplois qu’elle peut générer de sa capacité à offrir des
produits alimentaires et grâce à ses effets multiplicateurs en amont et en
aval au sein de l’économie».
Au terme d’une journée d’intenses travaux, les participants se
sont séparés après la synthèse générale, le mot des participants et celui du
Directeur Général de l’ICAT, M. Odou Samson.
JNT
Malaise au sein de la FTF : Les Eperviers envoient un mémorandum à Rock
Gnassingbé
Depuis quelques jours, les Eperviers du Togo ont déposé un
mémorandum sur le bureau de l’ancien-nouveau Président de la Fédération
Togolaise de Football, le Lt-Col. Rock Gnassingbé. Au menu, des garde-fous
pour prévenir désormais le mal dont ils ont toujours été victimes chaque
fois qu’il y a match et surtout en ce qui concerne l’octroi des primes.
Adébayor et ses coéquipiers ont, pour ce faire, exigé l’ouverture dans les
meilleurs délais, des discussions autour des primes de matches gagnés,
perdus ou nuls, les primes de qualification pour les matches à venir, la CAN
et le Mondial. Ils ont par ailleurs demandé une garantie pour le
remboursement des frais de leurs billets d’avion au cas où ces billets
venaient à être achetés par les joueurs eux-mêmes, surtout les joueurs
professionnels.
Avant la livraison de chaque match à l’étranger, ils demandent que
soient envoyés dans le pays hôte, des émissaires quelques semaines
auparavant pour prendre langue avec les officiels de ce pays dans le cadre
de l’apaisement et les exigences de la FIFA… Toutes ces exigences comme pour
dire «Chat échaudé, craint l’eau froide».
En fait, qu’est-ce qui a poussé nos ambassadeurs à être aussi
fermes dans leur mémorandum ? Quelles sont aujourd’hui les relations entre
le Président de la FTF et les joueurs d’une part et celles du Président et
des membres du Bureau Exécutif d’autre part ? Combien de fois le nouveau
bureau s’est réuni depuis son élection le 18 Janvier 2009 ? Pourquoi
certains membres de ce bureau ne participent jamais aux réunions ?
Allons-nous vers une autre crise ? Pour l’heure, nous ne saurons le dire.
Mais il faut reconnaître que rien ne va entre certains membres de
ce bureau et le Président de la FTF surtout entre le Président et son
Vice-président Gabriel Améyi. Qu’est-ce qui divise les deux hommes qui, à un
moment donné, ont uni leur force pour battre Tata Avlessi et Winny Dogbatsè
qu’ils trouvaient, en son temps, trop encombrants. Quel avenir pour notre
sport-roi à quelques jours du match fatidique Togo-Gabon ?
Nous y reviendrons.
L. C.
Secrets d’alcôve : L’inceste
Raoul rétrograda et lança le moteur. La voiture hurla et prit de la vitesse.
Un coup d’air frais lui balaya le visage et il sentit comme un bien-être. Il
aimait beaucoup les randonnées nocturnes. Rien ne l’intéressait plus que la
fraîcheur de la nuit. C’est pourquoi chaque fois qu’il allait au village, il
prenait la route à la fin de la journée. Mais aujourd’hui, les circonstances
étaient autres. Il ne partait pas en villégiature. Au contraire. Ce voyage
de nuit, il le faisait pour une urgence. Sa fille était à l’hôpital et avait
besoin de sang pour une transfusion. Le médecin avait dit que si on ne
trouvait pas le tissu vital dans les délais les plus brefs, elle pourrait
perdre la vie. Or il se trouve que la banque de sang de Lomé manquait de
celui correspondant à son groupe. Après moult recherches, on lui avait dit
qu’il ne pourrait trouver deux poches du sang dont il avait besoin qu’à
l’Hôpital d’Agou Nyogbo. C’était donc pour aller ramener le précieux liquide
qu’il avait pris la route.
La nuit était tombée depuis quelques heures quand il partit. Seul
à bord de sa voiture. Un conducteur venant en sens inverse lança son feu de
route et l’éblouit. Raoul poussa un juron et ralentit. C’était un gros
camion chargé de sacs de charbon. Après le croisement, il remit de la
vitesse et accéléra. La nervosité montait en lui. Pour se détendre, il mit
de la musique. Mais cela n’arrivait pas à le calmer. Il coupa le lecteur et
essaya une fois encore de se concentrer sur la conduite. Peine perdue.
L’image de sa fille couchée sur son lit d’hôpital ne le quittait pas. C’est
maintenant qu’il se rendait compte de la gravité de ses dérives. Ç’aurait
été quelqu’un d’autre qui l’avait mise dans cet état qu’il lui aurait coupé
la tête.
Il se mit alors à réfléchir à son problème. Tout avait commencé,
il y a quatre mois. Lydia, la femme de Raoul qui souffrait d’une grave
maladie depuis longtemps déjà avait été évacuée sur l’Europe où elle devait
être prise en charge par leurs deux enfants qui y vivaient. Raoul était
resté seul à Lomé avec Josita leur fille.
Raoul était un gros vicieux. C’est quelqu’un qui aimait la belle
vie et qui était bien connu dans tous les grands espaces de loisirs de Lomé.
Un coureur de jupons invétéré. Dans son entourage, on disait qu’il était à
la base de la maladie de sa femme qui ne supportait pas sa vie de débauche.
Mais à la maison, Raoul aimait jouer au «chien méchant». Etant
lui-même un grand coureur de jupons, il n’aimait pas voir des hommes tourner
autour de sa fille. Il y a quelque temps, un jeune homme l’avait appris à
ses dépens alors qu’il voulait rendre une visite de courtoisie à Josita, il
eut la malchance de tomber à un moment où Raoul était à la maison. Il ne
finira jamais de regretter et de maudire l’instant où il avait décidé de
rendre visite à Josita. Raoul l’a proprement injurié et roué de coups. La
mésaventure de ce jeune homme a fait le tour du quartier et depuis, plus
personne n’osait franchir le seuil de sa maison.
Josita était réduite à une vie de casanière. Raoul ne la laissait
aller nulle part. Elle ne sortait que pour aller à l’école. Mais un soir, il
se produisit quelque chose d’inattendu.
Ce soir-là, des amis avaient invité Josita à une petite fête.
Devait-elle répondre à l’invitation ? Elle réfléchit longuement à la
question et décida finalement de se rendre à la fête. Raoul étant absent de
la maison, elle se prépara et partit.
La fête était simple mais belle. L’ambiance était au top. Josita
qui n’était plus sortie voici plusieurs mois déjà, s’était bien amusée. Elle
s’était si bien amusée qu’elle n’avait pas vu passer le temps. La nuit était
relativement avancée quand elle réalisa tout d’un coup qu’elle venait de
commettre une gaffe. Elle savait que Raoul ne lui pardonnera jamais cette
fugue. Mais que faire ? Doit-elle pour autant se résoudre à ne pas rentrer ?
Non. Il fallait qu’elle rentre même s’il faut la foudre de Raoul.
Raoul, assis sur la terrasse fulminait. A chaque minute, il jetait
un coup d’œil à sa montre. Il se demandait comment sa fille a pu sortir de
la maison. En tout cas, elle viendra le retrouver. Il sera sans pitié pour
elle. Las d’attendre, il se laissa emporter par une somnolence. C’est alors
qu’il s’était légèrement assoupi qu’il entendit sonner à la porte. Raoul
bondit de son siège et se rua vers la porte. C’était bien Josita qui
rentrait. Raoul l’empoigna par le collet et la traîna jusqu’à la terrasse.
A la question de savoir d’où elle venait, Josita répondit qu’elle
était à une invitation avec des amis. La colère de Raoul monta d’un cran.
Une fête avec des amis ! Il voulait avoir tous les détails sur tout ce qui
s’était passé à cette fête. Josita lui fit comprendre qu’il ne s’était passé
rien de particulier. Mais Raoul ne voulait rien entendre. Il était convaincu
que sa fille avait fait quelque chose d’autre en marge de la fête. En clair,
il se disait que Josita avait eu des rapports sexuels. Et pour s’en
convaincre, il voulait vérifier maintenant et tout de suite. Il poussa alors
Josita dans sa chambre et lui demanda de se déshabiller. Ce à quoi la jeune
fille s’opposa. Raoul furieux, proféra des menaces à son encontre, la saisit
et entreprit lui-même de la déshabiller. Transie de peur, Josita le laissa
faire. Ce que voulait Raoul, c’était de vérifier jusque dans la profonde
intimité de sa fille pour voir s’il y trouverait des traces de jouissance.
Raoul tomba alors sur le corps frais et tendre de Josita. Il
découvrit que sa fille était belle et attirante. En l’espace de quelques
fractions de secondes, tout se bouleversa dans sa tête. Il eut une envie
folle de faire l’amour. Dans cet intervalle, il lâcha un peu prise. Josita
en profita pour essayer de s’échapper de la chambre. Mais elle fut très vite
rattrapée par Raoul qui, comme une furie, la poussa vers le lit. L’instant
d’après, le viol était consommé. Josita essoufflée. Pleurait amèrement
tandis que Raoul ajustait son pantalon.
Aujourd’hui il était en train de payer le prix de cet acte odieux.
Au lendemain de ce viol, Josita était si traumatisée qu’elle tomba malade.
Raoul qui avait beaucoup à se reprocher prit soin d’elle. Mais les choses
n’allaient pas pour autant rentrer dans l’ordre. Car ce viol incestueux
devait avoir d’autres conséquences. En effet, le mois suivant, Josita
n’avait pas vu ses règles. Pour tout dire, elle était tombée enceinte.
Raoul remarqua des changements chez sa fille et l’amena à la
clinique pour un test de grossesse qui se révéla positif. Il lui fallait
faire quelque chose. Il était hors de question de laisser sa fille porter
cette grossesse. Il allait tout faire pour arranger un avortement. C’est à
cet avortement qu’on procédait ce soir-là. Malheureusement, l’opération qui
d’habitude était simple avait commencé à se compliquer et Josita se vidait
de son sang. Raoul savait le poids de sa responsabilité dans ce qui
arrivait. Il lui fallait tout faire pour sauver Josita. Voilà pourquoi et
comment il se retrouvait cette nuit sur la route d’Agou Nyogbo.
Combien sont-ils les parents qui harcèlent sexuellement leurs
propres filles ? Combien de filles subissent dans le silence les assauts
malsains répétés de leurs géniteurs ? L’inceste, bien n’en parle pas
beaucoup, est un mal incroyablement répandu. Pensez-y.
Kayissan |
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Le Changement 169 du jeudi 23 avril 2009 |
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Inconséquence au sommet : Comment le pouvoir a participé à la
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat |
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Dans le cadre des résultats des enquêtes menées dans l’affaire de
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la gendarmerie a présenté à la
presse, le jeudi 16 avril dernier, ce qu’elle appelle les preuves
matérielles du complot. La presse a pu voir sur des tables disposées dans la
cour de la gendarmerie, des armes à feu, des munitions, du matériel de
transmission militaire, du matériel optique, des cordelettes, des chaussures
de combat, des tissus de treillis, des plaques minéralogiques togolaises et
étrangères, etc. ainsi que deux jeeps.
Cette présentation effectuée par le Commandant Kodjo
Amana survenait après que le Procureur de
la République,
Robert Bakaï ait indiqué que des indices graves confortaient dans la thèse
d’un complot.
Au Togo, le coup d’Etat est un crime imprescriptible.
La Constitution
togolaise dispose en effet en son article 150 qu’«en cas de coup d’Etat
ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de
l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les
moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle y compris le recours
aux accords de coopération militaires ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et
s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus
sacré des droits et le plus impératif des devoirs.
Tout renversement du régime constitutionnel est considéré
comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément
aux Lois de
la République».
Personne au Togo ne saurait donc soutenir, encore moins,
faire l’apologie d’un coup d’Etat. Seulement voilà. La sortie de jeudi
dernier ne semble pas avoir suscité les réactions auxquelles on aurait pu
s’attendre. Les explications du Commandant Amana ont ramené les Togolais
loin, très loin, à une époque qu’ils croyaient à jamais révolue. C’était les
temps forts du régime Eyadéma où à la suite de tentatives de déstabilisation
vraies ou supposées, on alignait de présumés assaillants, des véhicules
ainsi que des armes de tous genres qu’on présentait aux visiteurs étrangers
qui défilaient dans la capitale togolaise. Cette pratique avait si
négativement marqué les Togolais que la dernière sortie du Commandant Amana
a plus suscité des interrogations qu’elle n’a apporté de réponse aux
appréhensions de l’opinion au sein de laquelle, certains se demandent si on
n’était pas tout simplement en train d’opérer un retour aux vieilles
méthodes.
L’attentat à la sûreté de l’Etat, crime imprescriptible
qui implique des arrestations et des procédures judiciaires est un sujet
extrêmement délicat dont la gestion requiert beaucoup de tact. La
présentation des faits demande et exige beaucoup de clarté pour une bonne
compréhension sans laquelle, on risque d’éveiller des soupçons de montage.
Tout doit donc être convaincant sur la ligne.
Nous ne sommes pas là pour porter un jugement de valeur
sur ce qui se passe actuellement. Nous ne sommes pas là pour dire si
l’attentat à la sûreté de l’Etat évoqué est réel ou supposé. Nous n’en avons
d’ailleurs pas la compétence. D’autres services existent pour le faire. Mais
les faits et les événements, tels qu’ils se déroulent, suscitent un certain
nombre de commentaires.
En effet, Kpatcha Gnassingbé dont on dit qu’il est le
présumé cerveau du complot et au domicile de qui une perquisition aurait
permis de retrouver l’arsenal présenté n’est pas n’importe qui. Il a occupé
dans le premier Gouvernement de Faure dirigé par Edem Kodjo, la fonction
stratégique de Ministre de Défense et des Anciens Combattants. Il sera
reconduit dans le gouvernement Agboyibo.
A ce titre, Kpatcha a eu à passer des commandes de
matériels militaires et accédé à des armes qu’il aurait pu garder chez lui.
Alors en fonction, Kpatcha Gnassingbé, un civil sillonnait les casernes du
Togo, en tenue militaire sans que cela n’émeuve personne. En son temps,
Faure laissait faire. Au nom des liens familiaux, il n’avait rien trouvé à
dire malgré le cri d’alarme des uns et des autres.
Avec la nomination de Komlan Mally à
la
Primature, Kpatcha avait été écarté du Gouvernement mais on n’a pas procédé
à la nomination d’un nouveau Ministre pour le remplacer. Le Ministère de
la Défense et des Anciens Combattants a été
rattaché à
la
Présidence de
la République. Mais
on ne se rappelle pas qu’au lendemain de ce remaniement, il y avait eu
passation de service en bonne et due forme, entre le ministre sortant et les
autorités chargées de prendre le relais. Une passation de service aurait
permis à Kpatcha de rétrocéder au pouvoir, les attributs de son statut de
ministre et surtout le matériel militaire qu’il détenait à la faveur de ses
fonctions de ministre de
la Défense. Et
tout cela, devrait être sanctionné par un procès-verbal consignant par
écrit, les pièces et matériels récupérés. Malheureusement, selon nos
sources, il n’en a rien été et cela n’avait apparemment dérangé personne.
Faure Gnassingbé, son cabinet militaire et les nouvelles autorités en charge
de
la Défense n’ont-ils pas pris la mesure de la
situation ? Grave oubli ou choix délibéré ? Toujours est-il qu’on s’était
accommodé d’une situation inexplicable. Pourquoi ? De là, à dire que tout
avait été fait à dessein pour mettre en difficulté Kpatcha au cas où il
deviendrait gênant, il n’y a qu’un pas que nous refusons de franchir.
Il est aussi constant que les fils Eyadéma ont vécu dans
un environnement militaire où très tôt, ils s’étaient familiarisés avec les
armes. On sait que plusieurs parmi eux, même ceux qui n’exercent aucune
profession ayant un quelconque rapport avec le métier des armes, en
possèdent. On se souvient qu’il y a quelques années, alors que le Général
Président était encore de ce monde, un de ses fils qui aimait jouer au rodéo
sur les routes, avait grièvement blessé avec une arme à feu, un usager de la
route dans la zone de Sotouboua parce qu’il n’avait pas supporté que ce
dernier le double à bord de sa voiture. A l’époque, le «pistolero»
avait été arrêté et détenu à
la
Gendarmerie avant d’être remis en liberté Tout le monde
connaît ce fils à Papa qui est encore en vie.
On se rappelle également qu’il y a quelque temps, au
cours d’une altercation banale dans un maquis non loin du Garage Central à
Lomé, une fille du défunt Président avait tenu tout le monde en respect avec
une arme à feu.
Ces exemples montrent à suffisance que les armes sont,
pour les enfants du Général, des objets banals qu’on possède comme des
gadgets et dont on peut user pour les choses les plus insignifiantes.
Nous n’avons l’ambition de jouer à l’avocat de personne.
Mais il nous semble que des armes retrouvées chez un Gnassingbé, qui plus
est, un ancien Ministre de
la Défense qui, officiellement n’a pas passé la
main, n’a rien de surprenant, à moins que l’intention criminelle soit
clairement prouvée et démontrée par d’autres moyens.
On peut pérorer à loisir sur la nature réelle ou supposée
du complot allégué. Mais si tentative de coup d’Etat il y a eu, et si on a
vraiment retrouvé des armes au domicile de Kpatcha, il s’agit d’une
situation favorisée par ceux qui ont manqué de faire la passation de service
avec l’ancien Ministre de
la Défense.
Les conséquences de cette affaire sont incalculables pour
le Togo qui, aujourd’hui, n’a que faire d’une démonstration de force pour
déjouer un complot. Au Togo, on manque de tout et les populations attendent
que les pouvoirs publics pourvoient au minimum de leurs besoins quotidiens.
Des enjeux électoraux pointent à l’horizon et le Togo a besoin d’une
certaine sérénité et d’apaisement pour effectuer un processus de qualité.
Il est regrettable qu’on soit arrivée à une situation de
ce genre. Au moment où on parle de réconciliation, les faits qui se
produisent aujourd’hui avec leurs cortèges d’arrestations ne peuvent que
compliquer les choses. C’est pourquoi cette affaire doit être gérée avec
beaucoup de tact et de retenue. Quelle que soit la gravité des choses dont
sont accusés les comploteurs présumés arrêtés, ils doivent bénéficier de
l’habeas corpus.
La Constitution
togolaise dispose en effet, en son article 18 que «tout prévenu ou accusé
est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la
suite d’un procès qui lui offre les garanties indispensables à sa défense.
Le pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle
assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi».
Enfin et dans un autre registre, l’heure semble avoir
sonné pour que tous les autres frères civils du Président et surtout les
demi-frères de Faure qui détiennent des armes soient désarmés.
On peut donc dire que c’est le plus dur qui commence pour
Faure désormais appelé sur tous les fronts. Il doit savoir gérer
concomitamment une famille divisée et déchirée à jamais, une armée au sein
de laquelle la graine de la suspicion a été semée et un pouvoir qui doit se
renforcer sans dériver vers l’autoritarisme. Les chantages auxquels on
assiste aujourd’hui commencent à divertir l’opinion alors que ce qui se
passe aujourd’hui est sérieux.
D’ores et déjà, les pays voisins commencent à se moquer
de nous, vu la manière dont le dossier est traité. Que viennent encore
chercher les liseurs de motion dans cette affaire ? Ça suffit la comédie.
Amou
Deux poids, deux mesures : Certains prévenus déjà privilégiés par rapport à
d’autres
Après avoir visité, dans la
matinée de samedi 18 avril, l’honorable Kpatcha Gnassingbé et plus de vingt
personnes interpellées dans le cadre de l’enquête préliminaire à propos du
dossier «atteinte contre la sûreté de l’Etat», des organisations de
Défense des Droits de l’Homme à savoir
la Commission Nationale
des Droits de l’Homme (CNDH), le Mouvement Togolais de Défense des Libertés
et des Droits Humains (MTDLDH) et la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, ont rencontré la
presse, dans l’après-midi du même jour.
Il ressort de leur compte
rendu que tous les détenus visités sont apparemment bien portants. Les
prévenus auraient déclaré n’avoir été l’objet de mauvais traitements depuis
leur interpellation jusqu’alors. «… De manière générale, les détenus ont
déclaré ne souffrir d’aucune maladie ou malnutrition. Toutefois, l’honorable
Kpatcha Gnassingbé a indiqué qu’il était sous surveillance médicale avant
son interpellation et que cette surveillance continue avec le médecin de la
famille que les visiteurs ont rencontré sur place. De même, un des
militaires interpellés souffrait des douleurs du thorax avant son
interpellation.», ont-ils souligné.
Toutefois, ont laissé entendre
les conférenciers, «à propos des visites, certains détenus sont
privilégiés par rapport à d’autres. En clair, certains détenus ont déclaré
avoir reçu la visite des membres de leur famille tandis que d’autres,
jusqu’à présent, n’en ont jamais reçue.»
Les organisations de Défense
des Droits de l’Homme ont fait savoir à la presse que, jusqu’à la journée du
18
Avril 2009, le nombre de détenus était élevé à 21 dont 17 militaires et 4
civils. Elles se sont, toutefois réservées de citer nommément les personnes
visitées.
A la fin de leur visite, elles
auraient fait un certain nombre de recommandations à l’endroit des Autorités
togolaises. Entre autres :
- faire continuer le suivi
médical des détenus malades ou sous surveillance médicale avant leur
interpellation
- favoriser la visite des
familles des détenus qui en sont privés
- veiller à l’hygiène et à la
salubrité de la literie et des lieux de détention.
Les zones d’ombre
Cette conférence de presse loin d’éclairer l’opinion, a plutôt laissé les
journalistes sur leur soif.
D’abord, les organisations
n’ont pas eu le courage de dire à la presse, le ou les lieux où sont
détenues les personnes interpellées.
Ensuite, ils n’ont pas donné
l’identité des personnes arrêtées et visitées.
Enfin, ils n’ont pas pu dire
pourquoi certaines personnes sont bien traitées par rapport à d’autres.
D’ores et déjà, on note une
politique de deux poids, deux mesures dans le traitement des détenus depuis
leur lieu de détention. Pourquoi certains sont-ils privilégiés par rapport à
d’autres ?
Que ce soit à
la
CNDH, à
la LTDH et au niveau des autres organisations
de Défense des Droits de l’Homme, nombreux sont les parents qui se plaignent
de la disparition mystérieuse des membres de leurs familles. Où sont-ils ?
Sont-ils morts ou sont-ils vivants ? Où les a-t-on gardés, se demandent-ils.
Connaissant notre pays, il est
donc temps que toutes les zones d’ombre soient élucidées sur toutes ces
questions. Notre pays étant réputé dans les violations des droits humains et
les libertés fondamentales, il est donc sérieusement à s’inquiéter sur le
sort qui est réservé à nos frères et sœurs interpellés dans cette affaire.
S’il est vrai que le RPT veut
écarter tout mauvais esprit qui gêne l’unité nationale, il n’en demeure pas
moins vrai que, pour le faire, il faut la manière ; faute de quoi, nous
serons obligés de reculer encore «50 ans en arrière». L’heure a donc
sonné pour que la vérité, rien que la vérité soit dite.
L.C.
Détournement de
100 millions CFA de cotisations sociales à l’ICAT : Le Ministre Ewovor doit
s’impliquer pour sauver la situation
A l’Institut de Conseil d’Appui Technique (ICAT) il
se passe des choses peu orthodoxes. Une affaire de détournement de 100
millions CFA comptant pour les cotisations sociales, de 13 mois d’arriérés
de salaires et de 7 mois de soldes non payés, empoison-ne depuis quelque
temps les rapports entre les agents de terrain et le Directeur Général de
cet Institut, le Dr Odou.
Les agents de terrain qui revendiquent le
reversement intégral des cotisations sociales à
la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le
payement de tous les arriérés de salaires et les soldes non remboursés,
donnent un délai de 15 jours pour obtenir satisfaction. Autrement, un sit-in
dans l’enceinte du Ministère de l’Agriculture est prévu le
4 mai 2009
suivi d’un débrayage d’une semaine dans toutes les Directions Régionales et
les agences.
De quoi s’agit-il ?
A la suite des négociations entre
la
Direction Générale de l’ICAT et le Trésor Public togolais, les
deux parties sont convenues que l’intégralité des salaires à savoir 16,5 %
des charges patronales et le salaire brut du personnel soient tous les mois
alloués à l’Institut qui, en lieu et place du Trésor Public, sera désormais
chargé de reverser les charges patronales et les 4 % prélevés sur le salaire
brut du personnel, ce qui fait au total 20,5 % de cotisations sociales à
la CNSS tous les mois. Mais pour des raisons
non encore élucidées mais faciles à imaginer,
la Direction Générale
de l’ICAT s’est, en douce, abstenue de verser les cotisations sociales de 16
mois s’élevant à 100 millions de CFA à la CNSS, contrairement à ce qui était
convenu entre elle et le Trésor Public.
Cet acte susceptible de compromettre dangereusement les
chances de jouissance pleine et entière des indemnités de retraite et les
pensions de vieillesse du personnel a été frappé «Top Secret» à
la
Direction de l’ICAT. Mais comme le dit l’adage, le mensonge se lève tôt, la
vérité finit par le rattraper. C’est ainsi que lors de la passation de
service entre l’ancien Directeur Administratif et Financier (DAF) M.
Tchassanti Ouro Bodi et le nouveau, M. Têkoe Fogan, le pot aux roses fut
découvert. Le Directeur Général de l’ICAT et le Ministre de l’Agriculture,
de l’Elevage et de
la Pêche saisis, n’ont rien fait pour aider les
victimes à rentrer dans leurs droits. Pire, la gestion catastrophique des
fonds du Trésor Public et le non reversement des cotisations sociales à
la CNSS par
la Direction Générale
de l’ICAT ne semblaient pas préoccuper le Ministre.
Par ailleurs, il a été donné de constater dans le même
temps, une irrégularité bizarre dans la dotation mensuelle en carburant
fixée à
10 litres
par agent déjà insuffisant, allouée aux agents de terrain (Conseillers
Agricoles). Idem pour les Directions de Délégation Régionale qui étaient
financièrement asphyxiées. A
la Direction Générale,
d’après nos informations, toute une gymnastique était initiée pour camoufler
les malversations financières sur lesquelles nous reviendrons dans une
prochaine parution, dans les moindres détails, chiffres à l’appui. Lorsqu’il
prévoyait la création de l’ICAT, le restructurateur avait pensé à un
instrument viable et fiable d’appui technique à une agriculture togolaise
balbutiante et vacillante et non à une mine d’argent sans fond où les
responsables puiseront sans vergogne pour se remplir les poches au détriment
des travailleurs et du monde paysan.
On rapporte qu’à l’ICAT, le Directeur Général se mêle de
tout en se substituant tantôt au Directeur Administratif et Financier (DAF)
tantôt à la comptabilité. Dans cette confusion généralisée, le DAF n’a pas
mieux trouvé que d’instaurer en toute impunité, une gestion opaque où
l’anarchie le dispute la vedette à l’improvisation si ce n’est à la
navigation à vue.
Le Directeur Général de l’ICAT admis à la retraite depuis
quelques années s’accroche toujours à son fauteuil luxuriant de DG sous
l’œil complaisant de son Ministre de tutelle qui ne semble pas du tout
pressé de le remplacer. Au Togo lorsqu’on est officiellement admis à la
retraite, mais officieusement maintenu aux affaires, on pense qu’on est
irremplaçable, et on finit à n’en faire qu’à sa tête. C’est ainsi qu’à
l’approche du changement à la tête de
la Direction Administrative
et Financière, Dr Odou a activé le poste de Chef Division Comptabilité dont
il ne s’est jamais accommodé, pour y mettre l’ancien Directeur Administratif
et Financier M. Tchassanti qui était à ses côtés au moment du détournement
des 100 millions F CFA des cotisations sociales.
Le samedi 18 avril dernier, les agents de terrain venus
de toutes les cinq régions du pays, avaient décidé à l’issue d’une assemblée
générale extraordinaire, de tenir le 4 mai prochain dans l’enceinte du
Ministère de l’Agriculture, un sit-in suivi d’une semaine de cessation
d’activités sur toute l’étendue du territoire pour réclamer le versement à
la
CNSS des 100 millions de cotisations sociales et le payement des 13 mois
d’arriérés de salaire, et de 7 mois de soldes non perçus.
De nombreux observateurs pensent que seul le limogeage de
ce Directeur Général qui, malgré l’évidence, ne reconnaît aucun détournement
de fonds dans son service, peut remettre de l’ordre dans la gestion de l’ICAT.
Le maintien de cet homme à son poste risque de multiplier les sit-in et les
débrayages intempestifs au niveau des agents de terrain de l’ICAT. Ce qui,
malheureusement, peut porter lourdement atteinte à la campagne agricole en
cours malgré les efforts du Chef de l’Etat.
Compte tenu de l’importance qu’attache le Chef de l’Etat
à la réussite de cette campagne agricole, l’implication personnelle du
Ministre de l’Agriculture dans ce dossier, s’impose plus que jamais. Les
regards sont donc tournés vers le Ministre Ewovor qui, il n’y a pas
longtemps, avait déclaré aux agents de terrain que le dossier est au niveau
de son cabinet.
Affaire à suivre.
JNT
Kaléidoscope
Des nouvelles recrues désenchantées
A en croire des sources dignes de foi, les nouvelles
recrues dans l’Administration Publique, sont réduits depuis leur prise de
fonction à passer non des heures de travail mais des heures au travail et en
toute autarcie. Manque crucial de bureaux pour certains, manque
d’attributions précises pour d’autres dans un contexte d’hostilité et
d’indifférence plus ou moins avéré créé et entretenu par des anciens qui
éprouvent des difficultés à accepter de collaborer avec nettement plus
diplômés qu’eux.
Pour gérer cette situation peu enviable, certains
choisissent de passer remplir la fiche de présence pour s’évanouir après
dans la nature. Ceux qui ont plus de chance de se retrouver à plusieurs dans
les salles de réunions ou de conférences de leur département ou service
transforment carrément les lieux en un agora pour se délecter à petites
cuillères des sujets brûlants de l’heure et ceci pendant les heures de
service. Les plus à plaindre sont ceux qui ont pu être «casés» dans
un bureau mais confrontés à l’ambiance glaciale entretenue par les anciens.
Mais bizarrement, à la fin de la journée, chacun regagne la maison avec le
sentiment d’une journée de travail bien remplie. A la fin du mois, ils
brandiront tous des arguments convaincants pour réclamer leurs salaires. De
son côté, le gouvernement se fera fort de payer ainsi des travailleurs
totalement désoeuvrés. Est-ce à dire que l’administration togolaise n’a pas
besoin de renfort en personnel et que le concours de recrutement n’a été
organisé que pour les beaux yeux des diplômés sans emploi ? Pour l’heure
dans le camp des nouvelles recrues, le désenchantement est total.
Faure en déphasage avec les réalités au Togo
Dans son message adressé aux Togolais suite à la
tentative déjouée contre la sûreté de l’Etat, le Chef de l’Etat a fait
montre d’une confusion et d’une méconnaissance inadmissibles de la condition
sociale de ses administrés. Pour avoir ordonné le recrutement de 4.000
nouveaux fonctionnaires dans l’administration publique dans les conditions
que l’on sait, la gratuité du préscolaire et du primaire, la rénovation de
notre politique de santé et la promotion de l’agriculture, Faure Gnassingbé
croit avoir semé le bonheur dans le cœur des Togolais. Il n’a peut-être pas
encore conscience du fait que le recrutement des 4.000 nouveaux
fonctionnaires, dont une bonne partie était déjà, employée de l’Etat n’a
rien réglé au niveau du chômage au Togo. Il ne sait peut-être pas que la
gratuité du préscolaire et du primaire telle que décrétée et appliquée au
Togo pose plus de problème qu’elle n’en résout aux enseignants, aux parents
et aux élèves. Le président Faure Gnassingbé doit cesser de traumatiser les
Togolais déjà écrasés sous le poids d’une misère indicible, en rappelant à
tout bout de champ les mesures impopulaires prises par son gouvernement qui
n’ont pour effet que l’aggravation de la condition de vie des populations.
Le Chef de l’Etat ferait œuvre utile s’il demandait au gouvernement
d’arrêter sa manie de reprendre par la main gauche, ce qu’il octroie par la
main droite. Les Togolais sont par exemple scandalisés par le refus du
gouvernement de baisser les prix du carburant à la pompe en adoptant un prix
à peu près semblable à ce qui a cours dans les pays voisins. Si Faure
prétend n’être pas informé de cet aspect de la chose, on peut affirmer alors
qu’il est complètement en déphasage avec la réalité.
Le Ministre Titikpina ne parle pas
Depuis plus d’une semaine, le Togo est affecté par des
événements douloureux ayant assené un coup dur au débat politique moribond.
Brandissant l’alibi de complot contre la sûreté de l’Etat, les hommes du
Colonel Kadanga ont, dans la nuit du 13 avril 2009, pendant des heures,
soumis la résidence de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé soupçonné, à
des tirs nourris d’artillerie lourde. L’élu du peuple n’aura la vie sauve
que grâce à l’intervention et l’interposition d’un de ses nombreux frères,
le Col. Rock Gnassingbé, le patron du Sous-Groupement blindé. Cet événement
qui a perturbé de façon significative, la quiétude des paisibles populations
et sérieusement traumatisé les voisins de l’honorable Kpatcha,
curieusement, n’a pas en toute vraisemblance préoccupé comme il se doit, le
Ministre Titikpina Atcha de
la Sécurité
et de
la Protection Civile.
Au moment où le Procureur de la République Robert Bakaï et le patron de
la Gendarmerie
le Col. Yark se démenaient qui, pour informer l’opinion sur les médias, qui
pour exécuter les instructions du parquet, notre charmant personnage se
livrait en toute tranquillité à des opérations de simulation de secours aux
naufragés en cas d’inondation. Tout porte à croire que l’«affaire Kpatcha»
censée affecter la sûreté de l’Etat donc à la sécurité des Togolais dont il
est le patron n’intéresse pas le Ministre Titikpina. L’homme a brillé par un
mutisme incompréhensible qui suscite déjà des spéculations à son encontre.
Il a subtilement dévié le feu des caméras vers le Procureur de
la République
et les responsables de la Gendarmerie exposés ainsi aux attaques
médiatiques. Ailleurs, lors des événements du genre, c’est le Ministre de la
Sécurité qui monte au créneau pour planter le décor avant de laisser le soin
aux autres s’exhiber. Ce n’est tout de même pas parce que dans l’affaire
Atsutsè Agbobli, il lui avait été reproché de mettre la charrue devant les
bœufs en publiant, avant toute autopsie du corps, un communiqué sur les
causes de la mort de l’écrivain politologue historien togolais, qu’il va
vouloir garder silence dans le dossier Kpatcha. Plus que jamais, le mutisme
de Titikpina est suspect.
Vous avez dit expérience ?
Au cours de la campagne électorale en prélude au congrès
électif de janvier 2009, le Colonel Rock Gnassingbé était présenté comme un
candidat sérieux et pétri d’expériences. Pour avoir présidé deux mandats de
4 ans durant, aux destinées du football togolais et pour avoir été aux
commandes lors de la double qualification des Eperviers à
la
CAN/Mondial 2006, l’homme ne devrait pas manquer d’arguments sur le plan de
l’expérience. Cependant, il est donné de constater, tout de suite après son
élection énigmatique à la présidence de
la Fédération Togolaise
de Football (FTF), que le nouvel ancien président Rock ne cesse de faire
preuve d’un amateurisme criard. Il manquerait d’assurer la cohésion au sein
de son groupe et serait aujourd’hui en conflit plus ou moins ouvert avec son
vice-président l’honorable Gabriel Améyi, un détracteur irréductible, du
prédécesseur de Rock. La dernière qui défraye la chronique, est la décision
par laquelle le FTF demande aux clubs de 1ère division
de disputer à partir de la 5e journée
un championnat national, deux fois par semaines, c’est-à-dire les mercredi
et les dimanches. Nombreux sont ceux qui ne pensent pas beaucoup de bien de
cette mesure qui en demande trop aux joueurs eu égard aux conditions dans
lesquelles ils évoluent ici et qui tranchent d’avec celles des
professionnels. Dans les milieux du football, de sérieuses réserves sont
formulées contre la mesure qui, en dehors de Kossivi Reinhardt et de Rock
Gnassingbé n’enthousiasme personne. Mais l’entraîneur Belge Jean Thissen
auquel la situation n’échappe pas, vient de désavouer publiquement la chose.
C’était au cours d’une conférence de presse tenue le vendredi 17 avril 2009.
Le rendement d’un week-end, n’est pas le même le mercredi, a déclaré le
sélectionneur et Directeur Technique National avant d’ajouter : «J’ai été
surpris de voir des clubs qui ont bien joué le dimanche mais mercredi, ils
sont complètement foutus». Autrement dit, cette décision de Rock
Gnassingbé a tôt fait de démontrer ses limites. De quoi s’interroger
sérieusement sur la nature des expériences prêtées au candidat Rock. Après
ce désaveu public de Jean Thissen, on se prépare d’après nos informations à
rapporter purement et simplement les termes du communiqué du 10 mars 2009.
Si ces informations s’avéraient alors, sans nul doute, Jean Thissen aura
sauvé le championnat national. |
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