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2009

   
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Changement 173 du 28 mai 2009
Kaléidoscope : Les Eperviers sur une pente raide

Lorsque les Togolais ont appris qu’un stage d’une semaine en Belgique est organisé à l’intention des Eperviers dans la perspective du match Togo-Gabon comptant pour les éliminatoires de la CAN/Mondial 2010, nombreux sont ceux qui ont pensé qu’à la FTF on se réveille de la léthargie. Désormais, il n’y aura plus d’improvisation, d’approximation et de médiocrité dans la cour de Rock Gnassingbé, pensait-on. Conformément au programme initialement arrêté, les coéquipiers  d’Emmanuel Adébayor devraient se retrouver déjà le 24 mai 2009 au pays de Jean Thissen pour renforcer leur capacité à mettre en déroute les Panthères du Gabon. Mais c’est sans compter avec la capacité de nuisance des mauvais esprits qui rongent le football togolais. Contre toute attente, nous apprenons que ce stage qui promet d’enrichir les connaissances de nos ambassadeurs a été annulé. Le Ministre des Finances exige les pièces justificatives des décaissements antérieurs avant de sortir le moindre sous. Face à l’incapacité où se trouve la FTF de produire la moindre justification, le stage est purement et simplement annulé. Une fois encore les Eperviers dans une impréparation notoire vont se mesurer à l’équipe gabonaise qui a présentement le vent en poupe. Il ne reste plus au public sportif dans ces conditions,que de prier afin qu’à Libreville le 6 juin prochain, le miracle se réalise.


Faut plus envoyer les journalistes à la mort

          L’imprévoyance des responsables de la communication crucifie les journalistes. Samedi surpassé un véhicule double cabine à bord duquel se trouvaient des journalistes se rendant à Aného pour couvrir le déplacement du Chef de l’Etat dans cette ville, a fait plusieurs tonneaux avant de finir sa course dans le décor. A en croire les témoignages recueillis surplace, le véhicule qui roulait à tombeau ouvert avait été déséquilibré par les nids de poules qui parsèment la route d’Aného au niveau de Baguida. Les mêmes sources indiquent que rien ne serait arrivé si le véhicule ne filait pas. Ce qui est vrai mais que la population ne sait pas, c’est la nécessité où se trouvaient ces journalistes à se retrouver forcément à Aného avant l’arrivée du Chef de l’Etat à bord de son hélicoptère. Là où les responsables de la communication font preuve d’imprévoyance, c’est quand ils attendent les derniers moments pour envoyer les journalistes couvrir les activités du Chef de l’Etat ou du Premier Ministre quand ceux-ci, se déplacent à l’intérieur du pays. Généralement les véhicules affectés à la presse lors des déplacements du genre, sont fatigués et n’arrivent pas à supporter la vitesse du convoi ou du cortège officiel. Dans ces conditions, on ne comprend pas pourquoi, on n’envoie pas sur les lieux de reportage quand il s’agit d’un déplacement à l’intérieur du pays, les journalistes 24 heures au moins avant l’arrivée du Chef de l’Etat ou du Premier Ministre. Pour le cas d’Aného combien peuvent coûter les frais d’hébergement et de restauration d’un journaliste par rapport aux millions de CFA constamment dilapidés dans des secteurs improductifs. Si en cas d’accident, l’Etat se préoccupait au moins des victimes et de leur famille, cela pouvait se comprendre. Au Togo, les cas sont légion qui illustrent l’indifférence totale des officiels par rapport aux victimes des accidents. Avant Baguida, un accident s’était produit en 2008 à l’entrée de la ville de Badou. Un véhicule transportant des journalistes pour la couverture de la fête Ovazu à laquelle participait le Premier Ministre Komlan Mally avait basculé pour finalement joncher le bas des montagnes en s’écrasant de tout son poids. Un confrère de Radio Victoire qui était à bord avec d’autres confrères est décédé suite à ses blessures. La famille du pauvre Ambroise Mawouvi vit aujourd’hui sans assistance de la part de l’Etat. Aucune sanction disciplinaire n’a été infligée à ce responsable de communication qui avait affecté ce véhicule déglinguant pour le transport des journalistes. Si l’Etat se sent incapable d’assurer comme il se doit aux journalistes, une couverture sociale, il doit cesser au moins de les envoyer à la mort. Il est temps qu’on mette les journalistes dans une meilleure condition de travail.

QuiD du retour de l’ascenseur ?

          Au Togo, à l’approche des échéances électorales, des voix s’élèvent de toute part, pour conseiller la candidature unique à l’opposition pour venir à bout du parti unique. Cette année encore, le sujet revient dans les débats, et interpellent les responsables des deux poids lourds de l’opposition que sont le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et l’Union des Forces de Changement (UFC). Si dans la perspective de 2010, l’UFC s’est empressée de désigner son candidat (en la personne de son leader Gilchrist Olympio) à l’élection présidentielle de 2010, le CAR qui a opéré un important changement au sommet a décidé lors de son congrès du 17 octobre 2008 de se faire donner un temps de réflexion de six mois pour en faire autant. Mais de tout temps, le CAR s’accroche au retour de l’ascenseur comme la condition sine qua non d’une alternance en 2010. Mais les six mois sont passés. Le candidat du CAR (même s’il est connu) n’est pas encore officiellement désigné. S’agit-il d’une stratégie politique ou d’une volonté délibérée de semer la confusion dans les esprits ? Difficile d’y répondre. Mais quand on considère que dans le même temps, l’UFC entreprend des initiatives dans le sens d’une alliance devant aboutir la présentation d’une candidature unique en 2010 face au RPT où on s’interroge sur la position du CAR. Naturellement ce candidat serait celui de l’UFC. Pour les analystes, les préoccupations du CAR qui réclame le retour de l’ascenseur ne tiennent pas la route dans la mesure où il est évident que si l’UFC a tout fait pour réduire la popularité du CAR aujourd’hui, ce n’est pas tout de même pour en faire un roi. Depuis quelques jours, le bruit court que les discussions entre les deux partis ont évolué et une candidature unique peut finalement être envisagée et que ce candidat sera celui de l’UFC. Si ces rumeurs sont fondées, alors on peut s’interroger sur le sort réservé au retour à l’ascenseur.


Candidat unique : Rencontre de haut niveau entre le CAR et l’UFC ce soir à 17 heures : Vers le miracle tant attendu ou un échec des discussions ?

Gilchrist Olympio rencontre Me Yawovi Agboyibo au siège du CAR, ce jour à 17 h, pour finaliser leur position sur le choix du candidat commun de l’opposition. La fumée blanche sort donc ce soir.

Le Togo est au tournant le plus important de son histoire, et la situation actuelle de notre pays est comparable à celle du Vatican à la mort du Pape.

Edem Kodjo était le premier à faire la comparaison en 2005, lors des élections présidentielles qui ont suivi la mort du Général Eyadéma. Il disait alors qu’il n’était pas candidat, mais qu’il attendait les résultats des tractations en cours au sein de la coalition  pour la désignation du candidat unique de l’opposition, si la fumée blanche va sortir. Mais à l’annonce du nom de Bob Akitani, il s’est exclamé : le miracle ne s’est pas produit.

De quoi parlait-il ?

Eh bien ; à la mort d’un Pape, pour désigner le nouveau, tous les cardinaux rentrent en conclave et s’enferment dans une salle secrète ou personne ne sort jusqu’à ce qu’ils arrivent à désigner le nouveau Pape. Dès que c’est fait, on laisse sortir une fumée blanche de la cheminée du haut du siège de la résidence papale pour signifier la bonne nouvelle. Nous avons un pape. Alors, le Cardinal qui préside le Conclave vient à la fenêtre et annonce à la foule rassemblée : «Habemus papam». Ce qui veut dire : nous avons un pape puis il donne son nom.

Ce jour jeudi 28 mai 2009, une rencontre au sommet est prévue entre le président d’honneur du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et le président national de l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio.

          A l’ordre du jour de cette importante rencontre qui intervient à quelques mois seulement de l’élection présidentielle de 2010, la démarche à suivre pour le choix d’un candidat unique de l’opposition pour une cohésion au sein de la coalition en germe entre les deux poids lourds de l’opposition togolaise.

          Cette rencontre fait suite à une réunion ayant regroupé le 28 janvier 2009 les principaux responsables des deux partis qui s’étaient mis d’accord sur la présentation d’un candidat commun en 2010.

          A la délégation de l’UFC qui rappelait, à l’époque que l’UFC avait déjà désigné à son dernier congrès son candidat à l’élection présidentielle de 2010, le CAR avait fait observer pour sa part que lors de son dernier congrès, il avait désigné son candidat à investir au cours de son Conseil National en vue et avait demandé, le retour de l’ascenseur.

          Depuis la rencontre du 28 janvier 2009, aucune information formelle n’est servie à la population sur la question. C’est finalement un silence radio. Ce qui a permis des spéculations de part et d’autre. L’initiative tant appréciée serait-elle un pétard mouillé ? Difficile à répondre. Dans la foulée, le bruit court que l’UFC a gardé sa position : celle du maintien de son candidat désigné pour 2010.

          Pour couper court à ces spéculations, des rencontres secrètes auraient eu lieu plusieurs fois, sans issue.

Ce qui va se passer donc ce soir à 17 heures au siège du CAR est capital et semblable à un conclave. Les plus hautes sommités du CAR et de l’UFC vont se réunir et tous les Togolais espèrent qu’à la fin, ils annonceront du haut de la terrasse du siège du CAR, le meilleur cheval de l’opposition pour les élections présidentielles de 2010.

Mais y a-t-il des chances que le miracle se produise ?

C’est pour avoir la réponse à cette question que nous avons essayé de sonder les différents Etats-majors politiques.

Au siège du CAR, on nous a laissé entendre qu’on n’est, pour rien au monde, disposé à abandonner  «la demande du retour de l’ascenseur».

Qu’est ce que cela veut dire ? Le CAR répond qu’en 2005, c’est lui qui a lutté pour qu’on prenne le candidat unique à l’UFC et Agboyibo et Apévon se sont battus de toutes leurs forces pour le faire gagner avant que l’opposition ne laisse la victoire s’échapper. Les militants du CAR disent que cette fois-ci, l’UFC doit faire la même chose  et œuvrer pour un candidat du CAR, et c’est cela qu’ils appellent «le retour de l’ascenseur».

La question mérite qu’on y pense, car au cours des derniers meetings organisés par l’UFC, des voix se sont élevées pour demander si cette fois-ci, l’UFC est prête à soutenir un candidat du CAR. Lors de l’émission de Juan GOMEZ que RFI a organisée sur le campus universitaire de Lomé lors du 27 Avril dernier, la même question était revenue sur le tapis.

Mais à l’UFC, c’est un autre son de cloche. Même si les responsables du parti à Lomé rassurent, il semblerait que Gilchrist n’est, en aucun cas, prêt à se désister. Et quand on demande s’il y a une autre proposition comme solution de rechange au cas où le CAR n’accepte pas la candidature de M. Olympio, on répond : c’est Gil ou rien : «c’est à prendre ou à laisser».

Voilà qui complique donc la situation car, dans les deux camps, chacun campe sur sa position.

Dans l’après-midi d’hier, de sources bien informées font état de ce que l’état-major des deux partis s’est réuni au siège du CAR en prélude à la séance d’aujourd’hui où est prévu le face à face Gilchrist Olympio–Me Yawovi Agboyibo.

Commentaire :

Dans cet état d’esprit, les togolais peuvent t-ils espérer connaitre le nom du candidat unique de l’opposition aujourd’hui ou allons-nous encore vers une déception qui ouvrira le boulevard à Faure de rempiler en 2010 ? La question mérite d’être posée car l’échec de cette rencontre risque d’hypothéquer l’avenir de notre pays pour longtemps.

Le tête à tête Gilchrist–Agboyibo ce jour s’annonce comme l’ultime occasion pour l’un ou l’autre parti de mettre de l’eau dans son vin. Ce qui est souhaitable, c’est que l’intérêt national prime cette fois-ci sur l’intérêt partisan. Car lorsque l’avenir de tout un peuple est en jeu, les principaux acteurs politiques doivent se sentir interpellés dans le sens de surmonter leurs querelles partisanes pour offrir une chance de sortie de crise aux populations qui n’ont que trop souffert.

Messieurs les Leaders du CAR et de l’UFC, les regards sont tournés vers vous. Opérez le miracle ou sacrifiez nos populations pour 40 ans encore.

Qu’est-ce que cela peut-il coûter à l’UFC d’expérimenter, pour une fois, un candidat du CAR en acceptant son fameux retour de l’ascenseur ?

Amou


Présidence de la République : 3 directeurs de cabinet en 4 ans : La belle dame Dogbé Tomégah, désormais aux côtés de Faure

          En quatre ans d’exercice de pouvoir, le président Faure Gnassingbé a, à son actif, trois directeurs qui se succèdent au cabinet du Chef de l’Etat.

          Le troisième directeur de cabinet sous Faure après Pascal Bodjona et le Général Ayéva est cette belle dame habituée des couloirs du sommet de l’Etat. En effet, Madame Dogbé Tomégah Victoire puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été nommée par décret présidentiel signé lundi dernier, directrice de cabinet du Président de la République avec rang de ministre.

          Avant sa nomination la nouvelle directrice de cabinet du Chef de l’Etat occupait le poste de Secrétaire d’Etat chargée de développement à la base.

          Après sa maîtrise en gestion obtenue à l’Université de Lomé complétée par un programme spécial en Management option Marketing et Finances au Jutland Technology Institue de Harhus (Danemark), Mme Sidémého Victoire Dogbé née Tomégah a opéré dans le privé plus précisément à l’Industrie Togolaise des Plastiques (ITP).

          En novembre 1999, elle se retrouve au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) où elle a successivement occupé les postes d’Assistante Représentante Résident Chargée des Opérations Lomé au Togo puis Brazzaville au Congo.

          En 2004, elle est nommée Représentante Résidente Adjointe Directeur des Opérations au PNUD à Ouagadougou (Burkina Faso).

          Elle était représentante adjointe du PNUD au Bénin lorsqu’elle avait été rappelée par le Premier Ministre Houngbo Gilbert Fossoun pour occuper le Secrétariat d’Etat Chargé de développement à la base.

          Madame Victoire Tomégah est mariée et mère de trois filles.  

JNT


Scandale au Cadre Permanent de Dialogue : Le Conseil des Ministres élargit le cadre aux marchands d’étoffes

          Un grand scandale s’est produit hier au Conseil des Ministres. Il s’agit de la nomination de certains membres hors du Cadre Permanent du Dialogue et de Concertation. Nombre de ces membres connus pour leur affinité au RPT malgré le faux air de neutralité qu’ils arborent, soit un mélange de marchands d’étoffes et de larrons en foire.

          Plus grave, le Conseil n’a pas éclairé les zones d’ombre qui subsistent à cette anarque à savoir les raisons qui sous-tendent un tel décret et les critères de nomination qu’il véhicule.

          On sait par ailleurs qu’un 30 mars, le Chef de l’Etat a pris un décret élargissant le CPDC aux partis extraparlementaires, aux chefs traditionnels, aux autorités religieuses et aux organisations de la société civile.

          Mais la proposition a été rejetée par les partis de l’opposition parlementaire à savoir l’UFC et le CAR qui exigent le respect des textes et surtout l’obtention des 5 %.

          L’indifférence du gouvernement par rapport aux préoccupations de l’opposition a longtemps constitué une pomme de discorde entre les deux camps.

          Avec le nouveau décret, il est clair que le gouvernement a opté pour le pire. Et on se demande à qui profite le scandale ? La question mérite tout son sens quand on sait que, en son temps, l’opposition parlementaire avait menacé de claquer la porte. Quelle réaction peut leur inspirer cet événement ? Qu’est-ce qui a suscité ce décret ? Que devient le Ministre Bodjona au CPDC ?

          Nous y reviendrons.

L. C.


Liste des membres du CPDC

Président : Jean-Lucien Savi de Tové

Membres :

M. Koudjolou Dogo

Dr Ihou Ekoudè

Me Loretta Acouetey

Me Alexis Aquéréburu

Me Botrokro Komivi

Mme Tchémi N’Ma

Togbui Mawuto Djidjolé

M. Bouraïma Inoussa

Pasteur Klagbla Kodjovi Charles

M. Tchikplonou Ephrem Mokpli Komlan (SG CGCT)

M. Palanga Adi Yves


Dossier ICAT   La banquise a craqué : Le DG Odou relevé de ses fonctions

Le Dr Ale prend la commande de l’Institut

          Dans une récente parution, nous écrivions que le maintien du Directeur Général le Dr Odou à la tête de l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) serait une abomination.

          Nous fondions notre analyse sur les dérives autoritaires, la gestion opaque, au demeurant catastrophique des ressources, le manque d’un climat de franche collaboration et l’ambiance de suspicion qui ont cours à l’Institut. Cette atmosphère savamment entretenue pour des raisons obscures, par le DG Odou avec la collaboration agissante, dit-on, d’un certain Tchassanti Nasser a été aggravée par la réclame par le personnel de terrain du payement intégral de 13 et 7 mois d’arriérés de salaires et de soldes d’une part et d’autre part, du reversement intégral à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) de la mirobolante somme de 100.000.000 F CFA de cotisations sociales détournés. Le montant des arriérés de salaires et de solde quant à lui est estimé à plus de 650 millions de nos mignons francs.

          Pour réclamer le payement de leur dû, les agents d’opération et de terrain, procèdent par les formes de revendication conformes aux textes et convention en vigueur telles que préavis de grève, sit-in, etc. Face à cette situation pas du tout reluisante, au lieu de tenir le taureau par les cornes en engageant des négociations franches et sincères avec le personnel en situation et en recherchant véritablement des solutions à leurs préoccupations, le Dr Odou toujours assisté de son DAF, M. Tchassanti, avait cru bon devoir engager plutôt un bras de fer avec ceux-là qui s’estiment légitimement spoliés de leurs droits. Des tentatives d’étouffement, des manifestations du personnel gréviste aux intimidations et menaces de mort proférées à l’encontre des meneurs, en passant par des manœuvres dilatoires, rien n’est laissé au hasard par le tandem Odou-Tchassanti pour assouvir leurs instincts.

          Pour noyer le «sit-in» de 3 jours organisé par le personnel gréviste à partir du 4 mai 2009 dans la cour du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le DG Odou et son acolyte Tchassanti ont organisé le 5 mai, un atelier bidon à  l’intention des participants postiches venus des 5 régions économiques. Ceux-ci quoique concernés par les revendications de leurs collègues grévistes ont refusé de se solidariser au mouvement. Au cours de l’Atelier,  M. Tchassanti qui jouait maladroitement au chairman se faisait violence pour se conformer à la sémantique. Il n’ouvrait pas la bouche sans se fourvoyer en laïus. Sûrement, l’ancien Directeur Administratif et Financier et le DG de l’ICAT étaient à mille lieues d’imaginer que leur départ de l’Institut n’était qu’une question de jour.

Le décret pris en Conseil de Ministres

          Au terme d’un décret pris en Conseil de ministres le mercredi dernier, le DG Odou Samson était subtilement relevé de ses fonctions. Telle une traînée de poudre, la nouvelle a fait le tour des milieux de l’Agriculture où la méthode de gestion au demeurant calamiteuse du désormais ancien Directeur Général n’échappe à personne. Curieusement dans les rangs du personnel gréviste, la nouvelle a été accueillie dans une indifférence totale. Contactés, les délégués qui ont accepté de répondre à nos questions, nous ont confié que leur mouvement n’est dirigé contre personne, moins encore contre le Dr Odou. Ils ont ajouté que leurs préoccupations demeurent le payement de leurs arriérés de salaires et de soldes.

          A en croire des sources proches de l’entourage du Directeur Général déchu, celui-ci a d’énormes difficultés à supporter le coup. Lui qui, il n’y a pas longtemps avait eu l’insigne honneur d’être décoré solennellement par le Chef de l’Etat en personne. Il ne pouvait en être autrement pour cet homme qui fort des relations privilégiées qui le lient au clan Gnassingbé se croit toujours indéboulonnable et tout permis. Dr Odou en effet n’est pas n’importe qui. Il serait le fils d’un grand compagnon du feu Président Eyadéma. Son père appartenait au «Club des Neuf» ayant créé le RPT. Aux obsèques de son père, le gouvernement aurait été représenté par une dizaine de ministres, feu président Eyadéma aurait dépêché l’ancien Ministre Mathieu Koffi pour l’y représenter. Le Général Eyadéma qui était très fidèle en amitié, n’avait pas été insensible à la frappe chirurgicale à lui assumée par Dr Odou quand celui-ci était allé l’informer de son admission à la retraite. Feu président Eyédéma aurait ordonné alors au fils de son ami d’aller reprendre tranquillement son poste. Aujourd’hui au Togo les choses ont changé. La méthode d’Eyadéma, petit à petit rentre dans l’histoire : «Lui c’est lui, moi c’est moi», aurait déclaré le Président Faure pour édifier l’opinion sur sa vision basée sur la rupture d’avec la méthode du passé. A qui veut l’entendre, il raconterait que ce qui vient de lui arriver n’est qu’un règlement de compte politique : une personnalité politique très influente de la même préfecture d’origine que lui, aurait rapporté à Faure Gnassingbé que lui Odou avait des affinités avec l’honorable Kpatcha.

          Au-delà des réactions suscitées ici et là par la destitution de l’ancien DG de l’ICAT et de ce que ce dernier peut penser de la mesure, il faut retenir que le ministre Messan Ewovor, de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, auquel la situation n’échappe pas, est intervenu à temps pour arrêter l’hémorragie. Le Ministre de l’Agriculture a pris ses responsabilités. Le Dr Odou, un ancien retraité maintenu en fonction a fini par manquer de tact, et de l’esprit d’initiative requis pour une meilleure gestion de l’Institut. Avec la nomination du Dr Ale Gonh-Goh Ayefoumi, s’ouvre une nouvelle page pour l’ICAT qui a besoin d’être redynamisé. Suite à cet important changement, le personnel gréviste de cet Institut, serait bien inspiré en accordant une période de grâce au successeur du Dr Odou. Il ne sert à rien de se faire des préjugés, il faut attendre pour juger sur pièces. D’aucuns pensent que le Ministre Ewovor a bien fait en tenant compte des critères géopolitiques dans la nomination. Le Dr Ale est originaire de la Préfecture de Tchamba, la même préfecture d’origine du Dr Odou. Quant à M. Tchassanti Nasser, il a été tout simplement affecté au Ministère de l’Agriculture comme Directeur Administratif et Financier. Cet homme a besoin d’être surveillé.

Le plus dur commence

          La nouvelle situation qui vient d’être créée à l’ICAT appelle à un sens de responsabilité élevé des uns et des autres. L’essentiel n’est pas de faire partir le Dr Odou et le remplacer par la jeune Ale Gonh-Goh. Il faut également et surtout redresser l’ICAT. En ce sens, le nouveau Directeur Général ne doit pas se prélasser dans son fauteuil de cuir. Il doit retrousser les manches pour relever les défis multiples et énormes qui l’attendent afin de mériter la confiance de ceux qui l’ont coopté et proposé à ce poste. Car le passif laissé par son prédécesseur est extrêmement lourd.

          Quant au Ministre de tutelle, il doit donner les moyens au nouveau Directeur Général à mener à bien la mission qui vient de lui être confiée. Dans un pays comme le Togo où les caisses de l’Etat sont désespérément vides, ce n’est pas rien. Il faut à tout prix aider le nouveau Directeur Général à trouver des solutions à l’épineux dossier des arriérés de salaires impayées et aux conditions de travail exécrables où se trouvent réduits les conseillers régionaux, les techniciens et autres agents de terrain éparpillés un peu partout sur le territoire. C’est à ce titre que la nouvelle décision de l’augmentation en carburant de ces agents qui était à 10 litres a été favorablement accueillie par les techniciens supérieurs. Le nouveau Directeur Administratif et Financier M. Fogan Tékoe qui serait à l’origine de cette initiative, jugée salvatrice pour l’agriculture est interpellé dans le sens d’élargir cette mesure aux conseillers et à tous ceux qui également se battent sur le terrain pour la promotion de l’agriculture togolaise. Mais comment parvenir à redresser les choses à l’ICAT sans passer par un assainissement de la gestion, vu que sous l’action des anciens Directeur Général et Directeur Administratif et Financier, la comptabilité de l’Institut se retrouve complètement paralysée ?

Quelques inquiétudes

          Au moment où nous bouclions, nous apprenions que dans le souci d’assainir la gestion de l’ICAT, le cabinet d’expertise comptable de Charles Birregah a été commis pour auditer l’Institut. Si ces informations sont vraies, il y a lieu alors de s’interroger sur les intentions réelles de ceux qui ont porté leur choix sur Charles Birregah. La question mérite tout son sens si l’on sait que Charles Birregah traîne des casseroles derrière lui. Dans un passé pas du tout lointain, en effet il a fait parler de lui et en mal dans le dossier de la liquidation de l’OPAT les déflatés de cet office ont dû engager une bataille farouche à l’encontre de Charles Birregah qui entre temps s’était retrouvé en petite culotte dans les geôles de la gendarmerie, avant de percevoir une infime partie de leurs droits. Aujourd’hui, on dénombre beaucoup de morts dans leurs rangs.

          Ceux d’entre eux qui ne le sont pas, sont clochardisés par la situation misérable dans laquelle le liquidateur Charles Birregah les avait foutus. Ils ont assisté impuissants au départ de leur femme du foyer, suite à leur incapacité de subvenir aux besoins de la famille.

          Ceux qui croient que Charles Birregah est définitivement plongé dans la lecture de la Sainte Bible et dans les prêches de la Bonne Nouvelle doivent se raviser : l’homme est comme sorti subitement d’une boîte magique, et pour faire parler de lui de nouveau.  En relevant de ses fonctions, le Dr Odou, et en faisant auditer l’ICAT par Charles Birregah,  les autorités ne donnent-elles pas l’impression de détruire de la main gauche, ce qu’elles construisent par la main droite ?

          Affaire à suivre.

Jacqueline Nyarley Tarsi


Secrets d’alcôve : La mésaventure du pasteur

          Laurent se retourna péniblement sur son lit. Son dos lui faisait atrocement mal. Il tendit la main, prit un petit miroir qui se trouvait sur la petite table de chevet et se regarda le visage. L'image qu'il vit lui donna froid dans le dos. Il avait une grosse boursouflure à la bouche et son œil droit poché avait du beurre noir. Il poussa un juron et essaya de toucher son dos endolori, mais n'y parvint pas. Il ferma les yeux et comme pour oublier la douleur lancinante, il se mit à penser à son malheur. Si c'était le prix de l'adultère, il le payait fort bien.

          Laurent était il y a encore quelques temps, un homme sans problème. Il a eu un cursus scolaire et universitaire normal jusqu'à la maîtrise. Contrairement à ses amis qui, à l'Université, aimaient faire la java, Laurent préférait toujours rester dans son petit coin pour lire ses leçons. A part ses cours, ce qu'il aimait aussi beaucoup c'était la Bible. De fait, c'était quelqu'un qui consacrait tout son temps à l'étude de la Bible et à ses cours de linguistique. Lorsqu'on entrait dans sa petite chambre d'étudiant, on était toujours frappé par les traités bibliques qu'il faisait traîner un peu partout.

          C'est donc sans surprise que ses anciens camarades d'amphi apprendront quelques années plus tard, que Laurent était devenu Pasteur. Oui, après sa maîtrise, et face au chômage endémique qui sévit au Togo, Laurent avait décidé d'embrasser la carrière de Pasteur. Il paraît que c'est une activité qui nourrit son homme. Il suffit d'avoir une bonne gueule et de savoir embobiner les dames pour se la couler douce à leurs dépens.

          Pour apprendre le métier et bien l'exercer, Laurent était parti se former pour quelques mois dans un pays anglophone de la sous-région.

          Revenu au pays, il s'associa avec des amis et forma un groupe de prière qui, au fil du temps se transforma en église. Très vite, l'église de Laurent prit de l'envergure. On sait de lui qu'il était un oint de Dieu qui avait la maîtrise de l'art de prier. Nombreux étaient ceux et celles qui, le dimanche, pendant le culte, prenaient la parole pour rendre témoignage au sujet de tout le bien que leur ont procuré les prières d'intercession de Pastor Laurent.

          Entre temps, Laurent s'était marié à une jeune dame, fidèle de son église. Anna, c'était son nom, était une charmante personne. Elle avait une boutique au Marché d'Akodésséwa. Tout marchait pour elle sur ce plan. Mais, comme Dieu ne donnait pas toujours tout aux humains, il manquait quelque chose à Anna. C'était l'amour. La jeune dame ne savait pas pourquoi, mais en cette matière, elle manquait beaucoup de chance. Tous les hommes sur qui elle tombait finissaient toujours par la décevoir. Tout se passait presque de la même façon. Les hommes arrivaient et manifestaient une sorte de sérieux. Mais une fois que Anna se donnait à eux, ils affichaient une autre face. La jeune dame finissait par comprendre que tout ce que voulaient ces hommes, c'était de profiter d'elle tout simplement. La rupture était alors inévitable.

          C'est cette jeune dame que Pastor Laurent choisit comme épouse. Le mariage fut grandiose. De nombreux invités étaient venus d'un peu partout. Parmi eux, des collègues Pasteurs de Laurent. Après la célébration, la vie de couple avait commencé pour les jeunes mariés. Tout allait bien. En moins de quatre ans, ils avaient deux charmants enfants : un garçon et une fille. Le jeune couple était l'objet d'envie. Et toutes les conditions étaient réunies pour que Laurent et Anna vivent tranquilles avec leurs enfants, dans un bonheur partagé.

          Seulement voilà. L'homme est un éternel insatisfait qui, au gré de ses aventures, finit toujours par compromettre le bien qu'il a.

          Les années passèrent sans que le couple ne connût aucun problème majeur. Pendant ce temps, l'église grandissait et s'agrandissait. Des gens venaient de plus en plus nombreux. Et parmi eux, de belles dames qui voulaient que Pastor Laurent fasse un miracle pour elles. Chacune avait ses problèmes et attendait une solution.

          Pastor Laurent, autrefois un peu réservé, commença à changer au contact des femmes. Il résistait de moins en moins au charme de ces belles créatures. Il lui était arrivé, il y a quelques années, de tromper pour la première fois, sa femme Anna. Et ça, il l'avait fait avec une fidèle du nom de Rachel.

          A la vérité, Rachel était une belle dame. De taille moyenne, elle avait une corpulence assez athlétique mise en valeur par une hanche légèrement proéminente et une poitrine généreuse. Elle avait déjà fait un enfant. Mais elle était d'une constitution si bonne qu'on ne dirait pas qu'elle avait jamais fait l'expérience de l'enfantement. Ses seins avaient gardé leur fermeté et pointaient comme des obus sur une rampe de lancement.

          Pastor Laurent se souvient toujours de son premier tour au 7e Ciel avec Rachel. C'était il y a un peu moins de deux ans. Il avait prétexté qu'il devait aller voir un collègue Pasteur à Cotonou pour la préparation d'une Convention pour se retrouver dans un grand complexe hôtelier à Agbodrafo avec Rachel. Il y avait passé une journée entière à sauter la belle dame. Arrivés à l'hôtel un mardi soir vers 17 h, ils n'étaient repartis que le lendemain peu après 18 h.

          Pastor Laurent pouvait revivre les événements comme si c'était hier. Après avoir intégré leur chambre ce soir-là, ils étaient retournés au bar de l'hôtel pour prendre un verre. Pastor Laurent se fit servir un double Whisky qu'il vida sec d'un trait avant d'en commander une seconde dose qu'il coupa cette fois-ci avec du Coca. C'était sa façon à lui de se mettre en condition.

          Après cette mise en forme, ils retournèrent à leur chambre pour les choses sérieuses. L'ambiance était cool et la climatisation avait rafraîchi les lieux. Il n'était donc point besoin de prendre une douche. Et puis, pourquoi perdre le temps dans une douche alors que Laurent mourait d'envie de goûter au fruit fendu.

          Sitôt la porte de la chambre fermée, les deux amoureux se jetèrent dans les bras l'un de l'autre pour une première étreinte. Pastor Laurent eut tout le loisir de prendre Rachel dans ses bras et de la serrer très fort. Puis, il se consacra à sa poitrine, palpant et repalpant les deux obus. Pendant ce temps, Rachel lui rendait la pareille en faisant courir ses doigts dans son dos. Pastor Laurent marcha à reculons et s'affala sur le lit. Rachel le suivit dans le mouvement et sauta agilement sur lui. De ses deux mains, elle lui caressait la poitrine, puisant de temps à autre, le bout dur de ses mamelons. Pastor Laurent était aux anges.

          Après plusieurs minutes de ce jeu, les choses plus sérieuses commencèrent en profondeur. Pastor Laurent pilonnait comme un forcené. Bientôt, il prit son pied avec le plaisir dans toute sa plénitude.

          Depuis ce jour, Pastor Laurent n'avait pas cessé de voir Rachel. Tous les prétextes étaient bons pour lui pour s'échapper de la maison et aller labourer en cachette Rachel qui, de son côté ne s'embarrassait pas de scrupule pour rendre de temps en temps visite à la famille Pastor Laurent.

          Hier nuit, le Pasteur était encore allé rejoindre sa dulcinée dans un lieu secret. Comme chaque fois, ils ont fait un tour au 7e Ciel. Pour des raisons de discrétion, il était à pied comme d'habitude en ces circonstances.

          Les choses étaient allées si vite qu'il n'avait rien vu venir. Il se rappelait avoir entendu crier au voleur. L'instant d'après, il avait vu un type passer à toute vitesse. Le temps de réaliser ce qui se passait, une foule d'individus s'était ruée sur lui avec des bâtons, des gourdins, etc. Il avait été pris pour un vulgaire voleur. C'était ça la vérité. Il n'avait eu la vie sauve que grâce à un agent de Police qui passait dans les environs.

          Allongé sur son lit, Pastor Laurent se tordait de douleur. De l'autre côté dans la cuisine, Anna sa femme était en train de préparer de l'eau chaude pour le traiter. Pour elle, son mari avait été attaqué par des bandits alors qu'il revenait de son église. Si seulement elle pouvait savoir !

Jackie

 
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