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Le Changement #161 du 26 fev 2009
Le secteur du bâtiment et des travaux publics en difficulté : Faure fait appel à Comla Kadje pour nettoyer les écuries

         Le secteur du bâtiment et des travaux publics est un milieu pourri au Togo. On se rappelle qu’il n’y a pas très longtemps, le gouvernement avait décidé en Conseil des Ministres de supprimer le Fonds d’Entretien Routier (FER) parce que cette structure n’arrivait pas à remplir convenablement la mission pour laquelle elle a été créée. Lors du dernier remaniement ministériel, le ministère des Travaux Publics avait été rattaché à la Présidence de la République.

          L’on avait alors pensé que le secteur serait assaini et que l’ordre reviendrait dans la maison. Malheureusement, le rattachement du ministère ou des attributions des TP à la Présidence de la République ne semble pas avoir été la solution la mieux indiquée. A preuve, mardi dernier, le Président de la République a dû prendre un décret portant nomination d’un nouveau Ministre des Travaux Publics. Cette nomination survient à un moment où le secteur des bâtiments et travaux publics est en proie à de grands remous.

L’état des lieux

          L’un des problèmes majeurs qui frappent le secteur des bâtiments et des travaux publics est surtout celui de l’attribution des marchés publics et de la rémunération des marchés exécutés.

          Il n’est en effet un secret pour personne que, de plus en plus, l’attribution des marchés gré à gré ou sur la base d’appels d’offres ne répondant à aucune orthodoxie est devenue la règle au Togo. Parce que disposant de solides relations dans les sphères du pouvoir, des individus montent des entreprises fantoches, sans expérience aucune et se font attribuer des marchés juteux. En un temps record, ces imposteurs qui savent mouiller leurs bienfaiteurs qui, en réalité ne sont que leurs complices, brassent des centaines de millions.

          Mais les conséquences de cette pratique sont hautement désastreuses pour le pays et ont pour nom, non livraison des ouvrages dans les délais impartis. Et lorsque finalement ils sont finalement livrés, non seulement ils ne répondent pas toujours aux normes, mais aussi ils sont bâclés et ne résistent pas au temps.

          Le cas des routes réhabilitées tous les ans mais qui ne résistent pas à la première saison des pluies venue est vivace dans les esprits.

          Afin de parler d’une seule et même voix et pour mieux défendre leurs intérêts, les entrepreneurs avaient créé en 2005, leur syndicat. Aujourd’hui, ce syndicat dénommé «Syndicat National des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics du Togo» (SNEBTPT) est au plus mal, parce que miné par des conflits d’intérêt. Ceux qui ont travaillé pour la Direction Générale des TP en 2003 et dont les factures sont encore en souffrance ne comprennent pas pourquoi certains, parmi eux, sont payés dans une proportion supérieure aux autres. Les entrepreneurs entre eux se glissent des peaux de bananes et se donnent des coups bas.

          De sources proches des mécontents qui ont créé un Comité des PME concernés par les Travaux effectuées pour le compte de la DGTP en 2003 sur le budget du FER (dissous) l’opinion publique doit être informée sur tout ce qui se passe dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Un point doit être fait notamment sur l’évolution de la situation, le comportement des membres du SNEBTPT et les solutions envisageables pour dénouer le problème. C’est du reste le contenu d’une déclaration rendue publique lors d’une conférence de presse hier mercredi et dont nous donnons la primeur à nos lecteurs.

          «1. Evolution des solutions à ce problème

A ce jour, grâce aux efforts louables du Premier Ministre et de son Gouvernement, tous les Entrepreneurs concernés ont encaissé au moins 50% de leurs montants, et les factures pour le reste sont en cours de traitement. Seulement se pose le problème de quelques collègues Entrepreneurs malhonnêtes qui ont déjà perçu en complicité avec le S.N.E.B.T.P.T. et l’ex Directeur de l’ex F.E.R., les 1/3 de leurs factures T.T.C. avant la dissolution de cette Institution, et qui tentent encore frauduleusement d’encaisser les 100% de ces mêmes factures suite aux démarches du Comité. Ceci étant, le Comité ne cédera pas au double paiement de ces entrepreneurs, et fera tout pour aider les Autorités Publiques à les démasquer.

2. Dénonciation des comportements des membres du S.N.EB.TP.T.

Ce Syndical est né le 01 décembre 2005 pour un mandat de 04 ans avec un bureau exécutif de 11 membres, à savoir:

- un Président

- un Vice Président

- u ri Secrétaire Général

- un Secrétaire Général Adjoint

- un Trésorier Général

- un Trésorier Général Adjoint

- un Commissaire à l’Organisation

- un Commissaire à l’information et aux Relations Extérieurs

- trois Conseillers.

A ce jour ce bureau se retrouve réduit au Président, au Trésorier Général et au Commissaire à l’Information et aux Relations Extérieures; il est alors inadmissible que ces trois personnes non représentatifs puissent parler au nom de tous les Entrepreneurs du Togo, surtout que ces trois membres se sont révélés après leur élection être de moralités douteuses.

3. Solutions envisagées pour la bonne marche de la profession des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo.

Pour la solution nous demandons au Ministère de l’Intérieur et de l’Administration Territoriale de suspendre les activités du Syndicat National des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics du Togo pour permettre aux services de la Gendarmerie de refaire des enquêtes de moralité sur les membres du bureau exécutif dudit Syndicat.

Nous demandons en outre une assemblée générale de tous les entrepreneurs en bâtiment et travaux publics du Togo, y compris nos confrères membres du Groupement National des Entrepreneurs du Bâtiments et Travaux  Publics du Togo  (G.N.E.B.T.P) pour enfin mieux organiser celle profession incontournable dans la reconstruction de notre cher pays le Togo.

Comla Kadje, l’homme de la situation ?

          Face à cette situation qui commençait à gêner et vu que la Présidence de la République a plusieurs autres dossiers à gérer, le Chef de l’Etat a procédé à la nomination d’un nouveau Ministre des Travaux Publics.

          La création d’un ministère des TP et la nomination d’un responsable à la tête de ce département a été positivement accueillie dans les milieux intéressés. La question qui se pose reste de savoir si M. Comla Kadjé sera à la hauteur des attentes. A la lecture de la biographie et au regard de son parcours, on peut dire que Faure n’a fait que placer l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Rien n’autorise le moindre doute sur les capacités du nouveau Ministre.

En effet, M. Kadje Comla est né le 25 février 1958 à Lomé. Nanti d’un baccalauréat série C en 1977 au Togo, il poursuivit ses études supérieurs en France où il obtint une maîtrise en mathématique appliquée à l’Université de Renne 1 en 1981, un DEA de Génie Mécanique à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) en 1982, le diplôme d’Ingénieur des Ponts et Chaussées à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris en 1984, puis un Doctorat en Calcul de structures à l’Université technologique de Compiègne en 1987.

Sur le plan professionnel, M. Kadje a servi de 1986 à 1988 dans l’entreprise SATOM, avant de rejoindre l’Université du Bénin (actuellement Université de Lomé) comme enseignant chercheur au Centre Informatique de Calcul (ClC) et à l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (ENSI).

En 1989, il créai un Bureau d’Etudes privé, le Génie des Travaux d’Ingénierie (GTJ-Ingénieurs Conseils) au sein duquel il a mené et dirigé plusieurs travaux, études et consultations dans les domaines de l’ingénierie du transport, des télécommunications, de l’énergie, de l’assainissement et des ressources hydrauliques.

II a occupé successivement de 1996 à 1999, le poste de Secrétaire d’Etat chargé des Transports et des Ressources Hydrauliques, le poste de Ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Artisanat, puis le poste de Ministre du Transport et des Ressources Hydrauliques. En mai 2006. il a été nommé Directeur Général des Travaux Publiques du Togo, fonction qu’il assumait avant d’être appelé à la Commission de la CEDEAO comme Commissaire chargé des infrastructures en février 2007. Il est auteur de plusieurs publications scientifiques.

          Comme tel, l’homme justifie de potentialités qui donnent droit à l’espoir.

          Mais pour réussir, le nouveau Ministre doit avoir à l’esprit qu’il est appelé à évoluer dans un environnement pourri où des réseaux s’affrontent. Ainsi, les risques sont grands que chaque réseau, tente, par tous les moyens, de lui mettre le grappin dessus. Lorsqu’on est appelé à souper avec le diable, il faut se servir d’une longue cuillère. M. Kadje qui n’est pas néophyte ne doit pas perdre de vue qu’il est appelé à composer avec des individus qui sont loin d’être des enfants de chœur. Il doit donc savoir jouer en permanence de vigilance.

L. C.


CPDC : 3 semaines pour un consensus sur la facilitation : Combien de temps pour les autres sujets d’intérêt national ?

          «En cas de blocage des discussions, les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) conviennent de saisir le Président de la République. Le Chef de l’Etat recherchera avec les leaders des partis membres du Cadre, les solutions appropriées avec le recours à la facilitation le cas échéant. Ce point sera inscrit dans le règlement intérieur qui a été finalement adopté le mardi 24 Février 2009 par les partis membres du Cadre». Tel a été, en substance, l’essentiel de ce qui ressort du communiqué du Secrétaire Général de la Présidence de la République à la séance du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation. Ainsi donc la question du recours à la facilitation est, enfin, réglée. Mais pour le faire, il a fallu trois semaines. La 9e séance de travail du mardi dernier était, ce qu’on a appelé, la séance de la dernière chance. La question reste de savoir si ça vaut vraiment la peine de perdre tout ce temps, pour un sujet aussi simple. En mettant assez de temps pour régler un sujet aussi simple, les uns et les autres auront-ils la volonté de dépassionner les débats lorsqu’il s’agira de débattre les vrais sujets de notre nation et de trouver, dans l’intérêt du peuple, les solutions appropriées ?

          Dans l’une de nos précédentes livraisons, nous avions écrit que le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est une perte de temps, d’argent et d’énergie. Eh oui, le CPDC c’est un marché de dupes. Car de l’avis de plusieurs observateurs, à l’allure où vont les choses, le CPDC n’ira pas loin parce que ceux qui l’animent en général et le pouvoir en place en particulier n’ont aucune volonté de faire aboutir le processus. Ce n’est pas en trouvant, malgré eux, une solution aux problèmes de la facilitation que les uns et les autres se sont débarrassés des idées préconçues qu’ils avaient avant de venir au CPDC. Le RPT a sa logique. Idem pour les partis d’opposition.

          Avant que Faure Gnassingbé n’accepte de réhabiliter le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation qui est pourtant un produit de l’Accord Politique Global, ce fut tout un parcours de combattant. Et pour cause, les caciques du RPT se sont vigoureusement opposés sous prétexte qu’ils ont gagné les élections législatives de 2007 et que, pour ce faire, tout ce qui relève de l’APG est mort. Des débats télévisés ont eu lieu à ce sujet.

          Pendant ce temps, le CAR de Me Agboyibo, signataire du décret annonçant le cadre, défendait bec et ongle le cadre.

          L’UFC de Gilchrist Olympio qui avait, en son temps, refusé d’entrer au gouvernement Agboyibo, n’avait pas soutenu le «Cadre».

          Bref, chacun avait sa position et sa conception sur le sujet.

          Pendant ce temps, le temps joue contre nous, car étant à quelques mois de la présidentielle de 2010, les uns et les autres doivent savoir raison garder.

          Dans cette affaire, l’opposition togolaise – l’UFC et le CAR – doit rester prudente pour ne pas tomber dans le piège du RPT. Ce dernier ne fait rien au hasard et ne fait jamais cadeau à ses adversaires politiques. Dès lors que, clopin-clopant, il a accepté le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation alors, les moyens pour rendre la vie dure à l’opposition, ne manqueront pas. Ce ne sont pas des têtes pensantes dans ce sens, au RPT, qui manquent. L’essentiel reste donc à faire au niveau de l’UFC et du CAR pour sauver les meubles. Appel donc à la vigilance.

Amou


Energie : Avec la chute du brut : Qu’attend-on pour revoir le prix des produits pétroliers à la baisse au Togo ?

            Lorsqu’en décembre 2008, le gouvernement, tirant les conséquences de la baisse du prix du baril sur le marché international avait baissé les prix des produits pétroliers à la pompe, les consommateurs togolais qui avaient salué la mesure croyaient que désormais le gouvernement évoluerait dans cette logique. Autrement dit les prix des produits pétroliers au Togo seront désormais fonction de la fluctuation du prix du baril à l’international.

          Mal leur en prit. Depuis décembre 2008, les nouveaux prix sont demeurés statiques malgré la chute du prix du baril dont les retombées profitent énormément aux pays voisins du Togo.

          En effet, d’après nos informations, au pays du Général Mathieu Kérékou, le carburant est livré à la pompe au prix de 300 F CFA le litre contre 275 F CFA  au Ghana. Contrairement à ces pays voisins, au Togo, les consommateurs continuent de tirer le diable par la queue. Et pour cause : ici tout dépend du carburant qui est en passe de devenir la seule source d’énergie fiable et viable. Pour produire de l’électricité à partir des groupes électrogènes, c’est du carburant, pour faire tourner les moteurs des véhicules c’est toujours le carburant. Presque tout se fait à partir de cette denrée stratégique.

          Il apparaît dès lors que la cherté du carburant indubitablement induit le phénomène de la vie chère. Dans ces conditions, on ne peut valablement pas lutter contre la vie chère, contre la pauvreté en rechignant à faire baisser les prix du carburant quand les circonstances s’y prêtent.

          Plus d’une fois, le gouvernement togolais, que ce soit par la voix du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé ou du Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo, a proclamé son engagement à lutter contre la vie chère, à réduire la pauvreté. Les Togolais ne comprennent pas aujourd’hui, que le même gouvernement ne puisse pas profiter de l’occasion de la baisse du prix du baril pour délivrer un tant soit peu les consommateurs togolais.

          Pour venir à bout du phénomène, le tout n’est pas de créer un ministère chargé du développement à la base et de pondre des programmes dans le sens de la réduction de la pauvreté. Il faut aussi savoir profiter des opportunités inhérentes à la chose. Et la baisse du prix du baril du pétrole en est une. C’est une question de gouvernance. Tout simplement.

JNT


Akomabou Gbété, la terreur de Yoto, tué

          Akomabou Gbété n’est pas inconnu des Togolais. Il s’agit en effet de l’individu qui, au cours des cinq dernières années avant l’an 2000, avait beaucoup fait parler de lui. En effet, en ces années-là, Akomabou Gbété était le chef d’un gang de sinistres renommée qui faisait trembler les paisibles populations dans le Yoto.

          Les tristes faits d’armes de cet homme et de son groupe sont encore vivaces dans les esprits. Les populations n’ont pas oublié et n’oublieront sans doute jamais l’enfer que leur ont fait vivre Akomabou et ses hommes. Rien ne les arrêtait. Régnant en maîtres absolus sur la région, ils volaient, violaient et pillaient sur leur passage. Ils prenaient et s’accaparaient de tout ce qui leur tombait sous la main et gare à quiconque osait entraver leur macabre entreprise.

          Curieusement, rien n’était fait au niveau de l’administration pour refreiner leur ardeur. Le député de la zone, un élu du CAR, avait soulevé le problème sans obtenir de suite convenable. Les horreurs n’avaient fait que gagner en intensité.

          C’est ainsi que dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 septembre 1998, le responsable fédéral du CAR à Sendomé (Yoto) M. Kégbé Koffi Mathieu a été sauvagement assassiné. Dans un communiqué rendu public à cette occasion, le CAR de Me Agboyibo indiquait que «plus de 100 miliciens du RPT, tous armés et se réclamant du parrainage de Kodjo Agbéyomé sèment la terreur au sein des populations sans être nullement inquiétés malgré une lettre adressée à leur propos au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité par M. Gboné Henri député de la localité».

          Au lieu de saisir cette dénonciation pour frapper fort et démanteler le réseau de malfaiteurs, Agbéyomé Kodjo, profitant de sa position, s’en servira plutôt comme casus belli pour déclarer la guerre à Me Agboyibo. Cette affaire prendra finalement la forme d’un procès politique qui se soldera par l’incarcération de Me Agboyibo. Personne n’en revenait. Mais il fallait être au Togo pour savoir qu’il est bien possible d’envoyer un citoyen en prison tout simplement parce qu’il a dénoncé un crime odieux.

          Pire, alors que Me Agboyibo était en détention, ses persécuteurs s’employaient à «cuisiner» Akomabou, afin de l’amener à l’enfoncer davantage.

          Finalement, Akomabou sera arrêté dans une autre affaire de grand banditisme.

          Après qu’il soit remis en liberté, il y a quelque temps, des actes similaires à ce qui se passait quand son réseau était actif ont repris dans le Yoto. Une psychose de peur s’est réinstallée. Les populations terrorisées avaient commencé à s’enfermer dans leurs chambres avec leur bétail et leurs récoltes.

          On en était là quand  l’information était tombée, faisant état de ce que M. Akomabou Gbété a été tué lors d’une de ses opérations criminelles dans un village du canton d’Amoussimé (Yoto).

          Le CAR qui a payé un lourd tribut aux virées meurtrières de ce bandit a, dans un communiqué en date du 25 Février 2009 présenté ses compassions aux victimes des actes de la bande à Akomabou avant de lancer un appel pressant aux autorités afin qu’elles mettent tous les moyens en œuvre pour démanteler les autres membres de la bande (Voir ci-dessous).

          Le bandit a passé l’arme à gauche, mais ses faits lui survivront. Tôt ou tard, la vérité, toute la vérité éclatera au grand jour sur ses faits d’armes et ceux qui le couvraient.                 Amou


Les Forces Nouvelles du Togo dans la fiente de l’imposture : Les membres du MO5 interpellent et désavouent Logo Dossouvi

          Le 04 Février dernier a été portée sur les fonts baptismaux à Lomé, une fédération des associations et mouvements de jeunesse dénommée «Forces Nouvelles». Selon les banderoles annonçant l’événement aux grands carrefours de la capitale, elle regroupe le Bloc d’Action pour le Changement (BAC), le Mouvement du 05 Octobre (MO5), l’Association pour le Bien-être Juvénile (ABEJ), l’association Renaissance, le Front Patriotique de la Jeunesse (FPJ), l’association Instruction et Savoir pour Tous (INSAT) et Jeunes Leaders.

          Le lancement a été marqué par une conférence de presse tenue dans la salle de conférence du CESAL-Tokoin Séminaire, animée par les membres du Bureau des Forces Nouvelles en présence des responsables politiques, des organisations de la société civile et des journalistes des médias publics et privés.

          D’après la déclaration liminaire présentée par le coordinateur national M. Hilaire Dossouvi Logo, les Forces Nouvelles s’assignent pour objectif d’adresser des messages civiques aux populations et à les réveiller de leur sommeil dogmatique, entretenu par les prismes déformant des différents partis politiques. Nous aurons, conclut le document, après étude des différents programmes des candidats et à la lumière de nos convictions, à soutenir le candidat que nous jugerons le plus nanti et apte à donner le bien-être aux populations togolaises.

          Lors de la série «question-réponse», le coordinateur des Forces Nouvelles Hilaire Dossouvi Logo a rassuré les uns et les autres que sa fédération n’a aucune commune mesure avec une rébellion quelconque. «Les Forces Nouvelles», a-t-il affirmé est une simple dénomination d’un regroupement de la jeunesse autour des objectifs citées dans la déclaration liminaire.

          J’ai, a-t-il poursuivi, lors des législatives dernières, assisté à des meetings des camarades des partis politiques. J’avoue que j’ai été sidéré par la démagogie et certaines interprétations mensongères servies à la masse. Il nous appartient désormais de monter au créneau pour éclairer le peuple. Notre fédération n’aspire pas à la conquête du pouvoir.

          A la question de savoir s’il a reçu mandat du M05 de le représenter comme il le fait au sein des Forces Nouvelles, Logo Dossouvi a répondu : «Beaucoup de camarades du MO5 sont en exil en attendant le sort qui nous sera réservé sur le terrain après 18 ans d’absence. Nous avons sur place des membres déterminés à réengager la lutte. Ma présence au sein des Forces Nouvelles est une initiative personnelle. Il va falloir, les jours à venir, convaincre les camarades qui sont à l’extérieur de l’opportunité de la chose». A propos des griefs qu’il aurait contre la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) et son président M. Léopold Messan Gnininvi, M. Logo Dossouvi a été clair : «A la CDPA si quelque chose ne marche pas, on le dit clairement. La Fédération France par exemple n’est pas d’accord avec notre participation au gouvernement mais nous continuons quand même cette expérience. Il n’y a donc pas de griefs contre le parti ou son président. Nous avons toujours eu des occasions pour débattre, en faire valoir nos idées. Evidemment certains sont frustrés, énervés mais nous faisons tout pour nous en tenir à notre idéologie de base : la social démocratie. Je n’ai donc pas de griefs contre le Pr Gnininvi».

          Dans nos commentaires, nous avions écrit à l’époque que le fait pour des associations et mouvements de jeunesse de se constituer en fédération pour barrer la route aux candidats qui usent de la démagogie et des mensonges grotesques en vue d’abuser du bon peuple pendant les campagnes électorales, n’est pas mauvais en soi. C’est une initiative à saluer et à encourager dans notre pays. Au Togo, l’écrasante majorité de la population est analphabète. Dans ces conditions, concevoir des messages civiques relayés par des canaux appropriés à l’adresse de la masse comme inscrit au programme des Forces Nouvelles est inévitablement un plus apporté à la marche vers la démocratie. L’initiative est d’autant plus pertinente que l’élection présidentielle aura lieu dans 12 mois environ. Cependant, un certain nombre de facteurs recommandent la prudence et la méfiance vis-à-vis de cette fédération.

En effet, ce n’est pas la première fois au Togo qu’on assiste à  la mise sur orbite d’un mouvement ou d’un parti proclamant des valeurs cardinales indiscutables, promettant fidélité à la lutte héroïque pour le changement mais dont les responsables se révèlent par la suite de véritables vendus prompts à sacrifier l’intérêt national sur l’autel de leurs appétits gloutons. Si l’engouement qu’ont connu les soulèvements sociaux, la lutte pour le changement à l’orée des années 90 a de nos jours baissé d’intensité et de dynamisme, c’est qu’il a été donné de constater le fossé existant entre leurs prétentions et les capacités réelles des meneurs de la lutte qui, aujourd’hui, n’inspirent pratiquement plus confiance.

Nous avons ensuite marqué nos inquiétudes face au fait que la nouvelle fédération soit sous la conduite d’un militant historique de la CDPA, un parti dit d’opposition dont les responsables qui siègent au gouvernement, ne finissent pas de chanter des louanges au régime RPT et au Président Faure. Pire, ce personnage qui se présentait comme le représentant du MO5 au sein de la Fédération déclare mordicus qu’il n’a pas eu mandat des octobristes pour ce faire.

Dès lors, il était prévisible que des problèmes surgissent quant à l’implication du MO5 dans une fédération composée par des Associations dont la plupart ne représentent que l’ombre d’elles-mêmes.

En effet, par lettre en date du 11 Février 2009, MM. Doglo Tino Agbelengo et Eloi Koussawo, respectivement Porte-Parole et Coordinateur du M05 ont interpellé leur camarade Logo afin de savoir de quoi il s’agit en réalité avec cette nouvelle trouvaille de «Forces Nouvelles», une fédération dont ils n’ont appris la naissance et l’appartenance du MO5 dont ils sont censés être les premiers responsables, que par voie de presse.

Comme pour répondre à ses camarades du MO5, M. Logo Dossouvi signe au nom des «Forces Nouvelles», un communiqué dans lequel il se limite à énumérer les associations membres de la fédération. A la lecture, on réalise que le MO5 n’en fait pas partie. On peut dire a priori que le tir vient d’être rectifié.

Malheureusement, à la réflexion, il apparaît que, en voulant régler un problème, M. Logo Dossouvi en a créé un autre qui remet en cause son appartenance même aux «Forces Nouvelles».

En effet, à la création des «Forces Nouvelles», il avait été clairement indiqué qu’il s’agissait d’un regroupement d’associations et mouvements de jeunesse. Si tel est le cas, seules des associations et organisations peuvent en être membre. Logo Dossouvi en tant qu’individu et n’ayant reçu aucun mandat pour y représenter le MO5 n’a donc pas sa place au sein des Forces Nouvelles. A moins que cette organisation ne cesse d’être une fédération d’associations pour devenir une structure à laquelle les personnes physiques peuvent individuellement adhérer.

L’une des ambitions des «Forces Nouvelles» est de moraliser la vie politique au Togo. Mais voilà que cette fédération est enfantée sur fond d’intrigue et de violation des règles associatives. Sa crédibilité se trouve considérablement entamée avant la lettre.

Nous n’avons rien contre Logo Dossouvi qui a le mérite d’être revenu au pays pour endurer les difficultés du terrain avec les combattants de la liberté restés surplace, pendant que d’autres, s’étant servi de la lutte, pour se faire une place au soleil, se la coulent douce sous d’autres latitudes. Mais, nous pensons que lorsqu’on veut prêcher la vérité, on a besoin de reposer soi-même sur le socle de la vérité.

Au jour d’aujourd’hui et au regard des faits, nombreux sont ceux qui pensent que les Forces Nouvelles pataugent dans la fiente de l’imposture. Il appartient désormais à Logo Dossouvi et ses comparses des Forces Nouvelles de prouver qu’ils ne sont pas disqualifiés pour leurs ambitions.

Nous y reviendrons.

Interview exclusive  Après le consensus sur la question de la facilitation, Me APEVON, Président National du CAR  prévient : «La délégation qui s’emploierait à faire échouer les  travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à l’égard de nos populations»

          Personne ne croyait plus à la survie du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation compte tenu de la position tranchée des uns et des autres sur la question du facilitateur.

Mais, in extremis,  le CPDC a été sauvé de justesse le mardi 24 Février 2009 à l’issue de sa 9e séance de travail. Comment en est-on arrivé-là ? Comment s’explique la forte implication du CAR dans les travaux ? A qui peut-on attribuer la paternité de ce déblocage ? Quel avenir pour le CPDC ? Voilà autant, les questions soumises à l’attention de l’honorable Apévon Dodji, Président National du CAR et membre du CPDC qui a accepté de nous répondre. Lecture !

Le Changement : Me Apévon, enfin, il semble qu à la suite de la réunion du mardi 24 Février 2009, les parties prenantes au CPDC ont réussi à surmonter leurs divergences ?

Me Apévon : Effectivement. La situation a été débloquée. Le  blocage concernait le recours à la facilitation. Notre parti s’en réjouit évidemment.

Nous avons appris avant ce déblocage que chacune des délégations campait sur sa position.

Il n’y avait pas trois positions correspondant aux différentes délégations. Dès la première réunion du CPDC, le CAR a proposé qu’il soit inséré dans le règlement intérieur que si les participants ne parviennent pas à dégager le consensus, il faut recourir à une facilitation. Cette position a reçu le soutien de l’UFC. En revanche, elle s’est heurtée au refus des délégations du RPT et du Gouvernement.

 

Comment en est-on arrivé finalement à ce consensus ?

Cela n’a pas été du tout facile. Les divergences ont été très fortes. Le RPT a estimé que s’il y a blocage, le Président de la République, recevant les leaders des partis, peut avec eux, trouver le consensus. Le CAR a proposé que si malgré l’intervention du Chef de l’Etat le désaccord persiste, il faut recourir à la facilitation. 

La proposition a été catégoriquement rejetée par le RPT au motif qu’elle constitue une humiliation au Chef de l’Etat, président du CPDC.

A la suite de laborieuses discussions au cours de la séance du mardi 24 février 2009, toutes les délégations ont accepté que soit inséré dans le règlement intérieur, le recours à la facilitation.

Comment s’explique cette forte implication du CAR dans les travaux du CPDC ?

Au CAR, nous considérons que le Togo est toujours un pays en crise et qu’il faut continuer à rechercher le consensus sur les questions d’intérêt national notamment, celles concernant le bon déroulement des élections et le fonctionnement normal des institutions ayant la mission de garantir l’Etat de droit.

C’est dans cet esprit que les signataires de l’APG ont prévu le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation. Il fallait donc absolument, si l’on veut éviter des retours en arrière du processus de sortie de crise, donner de l’importance à la structure en question.

C’est pour cela que le CAR s’est battu durant des mois pour qu’elle soit installée. C’est dans la même logique que nous nous investissons pour l’aboutissement de ses travaux. 

Il nous a été donné de constater que la position que vous venez d’énoncer n’est pas partagée par les autres composantes du CPDC. Le RPT n’avait cessé de répéter que c’est à l’Assemblée Nationale que doivent être débattues les réformes constitutionnelles et institutionnelles.  De son côté, l’UFC a ouvertement fait savoir que le Cadre Permanent n’a pas pour mission de s’occuper des réformes. N’est-il pas à craindre que ces divergences ne soient à l’origine des piétinements constatés au démarrage du CPDC et n’affecte à l’avenir ses travaux ?

Ces divergences se sont effectivement manifestées tout au long des réunions du CPDC et ce, jusqu’à celle du mardi 24 février 2009.

Mais tout le monde s’est rendu compte à la suite des échanges que le CPDC est une structure dont on ne peut se passer si, conformément à la lettre et à l’esprit de l’APG, on tient à ce que les réformes constitutionnelles et institutionnelles soient opérées de façon consensuelle.

C’est sans doute d’ailleurs pourquoi nos populations attachent tant de prix à ses travaux et ont été peinées par les piétinements que ces travaux ont connus.

Dans ces conditions, il est évident que la délégation qui s’emploierait à faire échouer les  travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à l’égard de nos populations. 

Pour ce qui nous concerne, notre parti continuera à s’investir pour le bon aboutissement des travaux.

Interview réalisée par AMOU

Le Changement #160 du 18 fev 2009
Faure Gnassingbé proclamé premier agriculteur du Togo : Quand le folklore tue une initiative noble

            La première édition du Forum National des Paysans Togolais (FNPT) a tenu ses travaux du jeudi 12 au samedi 14 février 2009 à Kara. L’essentiel à retenir de cette rencontre qualifiée d’événementielle, est qu’elle a permis aux paysans d’échanger et de discuter des problèmes du monde rural afin d’envisager des approches de solutions ou des solutions requises pour une relance durable du secteur agricole togolais.

          Placé sous le thème : «les paysans au centre de la relance agricole et économique du Togo», la rencontre a également été marquée par la remise de prix et de décorations par le Chef de l’Etat et le Premier Ministre Fossoun Houngbo aux meilleurs producteurs agricoles.

          A priori, il n’y a rien de plus salutaire que cette rencontre pour remettre les pendules à l’heure dans le monde paysan togolais abandonné à lui-même dans un délabrement total, et que les discours politiciens n’arrivent pas à sortir du dénuement.

          Dans un pays aussi essentiellement agricole que le Togo, un forum permettant aux producteurs de réfléchir sur l’épineuse question de gestion des intrants agricoles et de débattre de tous les problèmes pour l’éclosion et l’épanouissement du métier d’agriculteur ne peut être que favorablement accueilli et positivement capitalisé pour le compte du gouvernement.

          Cependant, là où le bât blesse, c’est lorsqu’on se rend compte que des touches folkloriques et des manœuvres de récupération politique ont été imprimées à la démarche. Les mêmes qui ont propulsé et qui maintiennent l’agriculture togolaise dans le gouffre depuis des décennies. Dans le même temps que le Chef de l’Etat et son Premier ministre distribuent des prix et des décorations, Faure Gnassingbé en retour s’est vu décerner un prix en qualité de «premier agriculteur du Togo». Cette plaisanterie de mauvais goût n’est-elle pas de nature à vider de sa substance, la crédibilité de l’initiative du gouvernement ?

Les Togolais ont encore frais en mémoire ce que cette histoire de premier paysan ou premier agriculteur du Togo a valu au pays. L’idée d’ériger le Chef de l’Etat en premier agriculteur du Togo est-elle venue de ces paysans au visage complètement déformé par la misère et au cou décharné que Faure Gnassingbé a décorés et dont nous refusons de publier certaines photos par décence ?

          Il importe que les dirigeants réalisent que nos gouvernants ont assez crétinisé, aliéné et clochardisé nos valeureux paysans pour les ridiculiser de plus.

          On se rappelle qu’au cours de son long règne, feu président Gnassingbé Eyadéma avait, sous des slogans ronflants du genre «Révolution Verte», «Autosuffisance alimentaire», «la Terre ne trompe jamais», initié des programmes en faveur du monde paysan qui se sont révélés de véritables duperies. Malgré les beaux discours de feu Gnassingbé Eyadéma et de ses affidés, la situation du paysan togolais n’a non seulement pas connu l’amélioration mais avait décrit une descente aux enfers.

          Aujourd’hui que le président Faure Gnassingbé reprend ce chantier ambitieux, il doit être vigilant pour éviter de tomber dans les pièges du passé. Pour ce faire, il faut commencer par se défaire des habitudes de la maison. On se rappelle qu’en son temps, on couronnait feu Eyadéma en tout. Il était le premier militaire, le premier militant, le premier sportif, le premier patriote, etc. Mais cela n’avait pas empêché le Togo de basculer dans l’abîme et de toucher le fond. Aujourd’hui que tout le monde s’accorde à dire que nous revenons de loin, l’heure n’est plus au défoulement. Les responsables du RPT dovient donc se prendre au sérieux pour éviter de ramener les Togolais aux temps douloureux du culte de la personnalité. Car la vérité aujourd’hui, c’est que les Togolais ne vivent pas décemment. Plus que la pauvreté, c’est la misère qui gangrène le monde rural. Ceux qui ont vu nos valeureux paysans à la télévision en savent quelque chose.

Pour l’heure, au regard des importantes recommandations prises lors du forum, on attend de voir si cette rencontre initiée à quelques mois seulement de l’élection présidentielle ne vise pas autre chose que le bonheur du monde paysan togolais.

JNT


Perte de temps, d’argent et d’énergie :  Le CPDC, un marché de dupes

Face au blocage de l’élaboration du règlement intérieur sur la question du recours au facilitateur, le CAR a proposé, au cours de la séance du 17 février 2009, que le Président des travaux, le Ministre d’Etat Pascal BODJONA, en rende compte au Chef de l’Etat, Président du Cadre Permanent, en vue du déblocage de la situation.

Du côté de l’UFC, on précise que le principe du choix d’un  facilitateur ne concerne pas toutes les questions d’intérêt national mais seulement les sujets qui conduisent à des contentieux et à des difficultés pendant les élections. Ces sujets sont notamment le Code électoral, les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Mais les faucons du RPT rejettent toutes les propositions.

            Lorsque, le Chef de l’Etat avait réhabilité le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, nombreux étaient ceux qui avaient pensé que les discussions dans ce cadre n’iront pas loin parce que, ceux qui l’entourent n’ont aucune volonté politique de faire évoluer les choses surtout avec la majorité du RPT à l’Assemblée nationale.

          Après sept (07) séances de discussions à la primature, les faits donnent raison finalement à ceux qui ont fait cette analyse. En effet, depuis qu’ils ont entamé ces discussions, ils ne sont pas parvenus à trouver un point d’accord sur de nombreuses questions, dont celle relative au facilitateur. Interrogé pour en savoir plus, chacun campe sur sa position.

Réaction de Jean-Pierre Fabre de l’UFC

          Si nous voyons la crise de confiance qu’il y a dans notre pays, la présence d’un facilitateur permet de rassurer ceux qui sont en discussion en disant que ce qui arrive n’est qu’une situation de blocage. Elle ne durera pas parce qu’il y aura un facilitateur qui interviendra pour permettre aux positions d’évoluer. Mais depuis le début des discussions, nous n’arrivons pas à tomber d’accord sur ce point. S’il n’y a pas d’arrière-pensée, ce que nous demandons devrait être accepté très facilement.

          Il n’est pas non plus raisonnable ni d’ailleurs sérieux de continuer de travailler sans règlement intérieur. Ce qui fait que ce cadre finalement ne sert plus à rien, c’est que lorsque vous abordez les travaux de la manière la plus sérieuse, on se heurte à une sorte de fin de non recevoir du régime en place. Ça serait très dangereux parce qu’il faut arriver dans notre pays à ce que les élections ne conduisent pas à la violence telle que celle qu’on a connue en 2005.

Réaction de Gilbert Bawara du RPT

          Je suis serein. Il ne faut pas détourner l’objectif du cadre permanent de dialogue et de concertation qui est un mécanisme facultatif et non pas impératif. Le gouvernement estime qu’en dépit des désaccords qui persistent sur la question de la facilitation notamment, il y a lieu de poursuivre les discussions. Et ensuite, le gouvernement estime, que s’il advenait des désaccords majeurs et profonds sur des questions essentielles qui sont débattues actuellement, rien n’empêche de saisir le président de la République et lui rendre compte des difficultés auxquelles nous sommes confrontées et de s’en remettre à sa sagesse. Nous ne serions pas en train de discuter aujourd’hui s’il n’y avait pas la volonté au niveau du gouvernement, au niveau du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Cela ne fait aucun doute. Mais maintenant, si cette volonté et cette bonne foi doivent être abîmées par certains partis, c’est là que nous ne serons pas d’accord.

Commentaire et analyse

          Lorsqu’on se réfère aux propos du Secrétaire Général du RPT avant la réhabilitation du Cadre Permanent, il était prévisible que tout ce  qui arrive aujourd’hui arriva et que tout ce qu’on fera au cours du dialogue, serait une perte de temps, d’argent et d’énergie. Les durs, durs du RPT dont M. Solitoki Esso, Bawara, Dama Dramani et autres étant là, il serait difficile que les propositions de l’UFC soient facilement acceptées.  Balayant du revers de la main le Cadre Permanent de Dialogue, M. Solitoki n’avait-il pas déclaré que : «… Depuis que le Togo a une Assemblée pluraliste régulièrement élue et un gouvernement, on est sorti de la crise. Toutes les questions encore en suspens relatives à l’Accord Politique Global doivent être connues par les institutions républicaines en place. Il faut donc évoluer plutôt que de s’accrocher à des structures transitoires» ? A la question de savoir ce qu’il en est du Cadre de Concertation et de Dialogue Permanent, il répondait en substance ce qui suit : «C’est vrai que l’Accord Politique Global prévoit la mise en place d’un Cadre Permanent de Dialogue. Le Premier Ministre du gouvernement d’Union Nationale avait mis en place un Conseil. Le Conseil, ce n’est pas le Cadre Permanent».

          A l’époque, ces propos avaient soulevé une véritable levée de boucliers dans l’opinion. Connaissant le RPT, on savait que si le Secrétaire Général Solitoki en est arrivé-là, c’est parce que c’était la position du parti. Même si les Bodjona et autres tiennent un langage politique, conciliant, les durs, durs peuvent, en revanche imposer leur véto.

          Le constat est clair et notre inquiétude est fondée lorsque, aujourd’hui, à la réunion du Cadre Permanent de Dialogue, les discussions sont bloquées.

          Ce qu’il faut noter, c’est que le RPT n’a aucune volonté politique de faire évoluer la situation. La question du facilitateur ne devrait pas se poser de part et d’autre si chaque parti a la volonté politique de faire avancer le processus.

          Pendant ce temps, que fait le Chef de l’Etat, garant de la continuité de l’Etat ? Faure Gnassingbé n’est-il pas en mesure de dénouer cette crise en rassurant les partis au dialogue ? La question mérite d’être posée parce que, connaissant l’UFC et le RPT, les choses ne peuvent jamais évoluer si c’est les mêmes partis qui vont toujours se retrouver à la primature sans aucun médiateur fut-il togolais ou non. Il suffit d’analyser les propos du Ministre Bawara qui pense que le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est un mécanisme facultatif et non pas impératif pour s’en convaincre.

          Ces propos confortent le sentiment que, après les élections législatives de 2007 qui ont donné une majorité au RPT, toute concession est facultative à leurs yeux. En clair, le RPT se voit en position de force et pense que l’opposition parlementaire est libre de faire ce qu’elle veut pendant qu’il avance.

          L’objectif inavoué c’est de pousser l’opposition parlementaire à boycotter l’Assemblée Nationale comme par le passé. Tout le piège est là, parce que lorsque l’opposition va quitter cette Assemblée nationale, le RPT aura la latitude de tripatouiller les textes et d’aller à  une élection présidentielle taillée sur mesure. Quitte aux autres partis de participer à cette élection ou non.

Si telle est la nouvelle donne au RPT,  que font le CAR et l’UFC pour contrecarrer cette manœuvre en perspective ? Ne peuvent-ils pas harmoniser leurs points de vue et défendre la même cause au lieu d’aller en rang dispersé ?

AMOU


Recrudescence de l’insécurité au Togo : Le Colonel Titikpina défié par des bandits et des gangsters

          Les 20 et 21 Février auront lieu à Lomé, les journées portes ouvertes sur la sécurité au Togo. De sources proches des organisateurs de cette manifestation inédite, on indique qu’elle permettra d’informer la population sur le fonctionnement de certains services, notamment les procédures d’obtention d’une carte nationale d’identité, d’un passeport, d’une carte de séjour, etc. Elle sera aussi l’occasion pour procéder à des démonstrations sur les méthodes d’opération des unités de protection et de sécurité de la population.

          Sur le principe, l’annonce d’une journée portes ouvertes sur la sécurité au Togo a surpris plus d’un. En effet, si tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il est important d’informer les populations sur les procédures d’obtention d’un passeport, d’une carte nationale d’identité ou d’un laissez-passer par exemple, l’écrasante majorité des Togolais pensent qu’on n’a pas besoin d’une manifestation spectacle et folklorique du genre «portes ouvertes» pour le faire.

          De plus, dans tous les pays du monde et pour des raisons évidentes d’efficacité, la sécurité est par excellence un sujet qui relève de la discrétion. On peut donc, à juste titre se demander ce que vise le ministère du Colonel Titikpina en voulant mettre dans la rue, les méthodes de fonctionnement de services d’élite comme le SRI de la Gendarmerie, etc. En tout cas, ce n’est pas pour faire du tort aux bandits et autres gangsters qui seront aux premières loges pour découvrir des secrets qui leur permettront plus tard, dans leurs faits d’échapper aux mailles des forces de sécurité.

          Ceci dit, il est constant de relever que l’insécurité est la chose la mieux partagée au Togo aujourd’hui. Il n’y a systématiquement plus de jour où des informations ne fassent état d’un vol, d’un meurtre, d’un cambriolage ou d’un acte de banditisme quelconque dans notre pays. Il est vrai que l’insécurité est inhérente au développement des villes. Mais il est aussi vrai que ce qui se passe chez nous dépasse le seuil du tolérable. Aujourd’hui, les Togolais vivent dans la peur permanente. Les bandits font la loi dans le pays. De jour comme de nuit, ils volent, violent et tuent. Ils n’hésitent pas à tirer des coups de feu et à narguer à visage découvert, leurs victimes impuissantes et résignées.

          Il y a quelques jours, un homme qui était allé retirer de l’argent dans une banque de la place a été filé par une bande de voleurs à bord d’une voiture. A quelques mètres du passage à niveau de Kpogan sur la route d’Aného, ils l’ont coincé et lui ont pris tout l’argent en tirant des coups de feu en l’air. La scène se passait en plein jour vers 11 heures du matin, devant les témoins ébahis.

          Dans la nuit du 07 au 08 Février 2009, un homme, père de six enfants, a été abattu à bout portant chez lui. Son tort c’est qu’il était sorti de sa chambre suite à l’appel au secours d’une voisine qui criait au voleur.

          Dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février, une délégation d’une ONG française qui séjournait au Togo dans le cadre du financement et de la construction d’une école dans l’Avé a été attaquée avec des partenaires togolais. Les jeunes Français ont été blessés à la machette tandis qu’un Togolais, en l’occurrence l’ancien Ministre Gbikpi-Benissan Fodio a écopé d’une balle.

          Les vols à main armée se multiplient dans notre pays et surtout à Lomé et ses environs. Il serait d’ailleurs plus juste de dire qu’ils se banalisent. Nous ne voulons pas parler des lugubres individus qui attaquent les conducteurs de motos, leur fracassent le crâne et emportent leurs engins. Nous ne voulons pas non plus énumérer le cas des promeneurs solitaires qui se font arracher leur portefeuille et leur téléphone cellulaire. Ce serait un exercice fastidieux qui pourrait prendre des journées entières.

          L’insécurité est devenue un domaine si prospère que les coupeurs de route ont repris du service. Voyager de nuit au Togo aujourd’hui, c’est s’exposer à de grands dangers. Il y a quelques jours, des voyageurs qui revenaient de Bassar en avaient fait l’amère expérience. Leur véhicule a été arraisonné par des bandits qui ont bloqué la route peu avant Tsévié avec des troncs d’arbres. Ils ont été fouillés, malmenés, humiliés et dépossédés de tout leur argent.

          Dans la nuit du 9 janvier 2009, entre 19 h 30 et 20 h plusieurs personnes dont M. Kpédjrokou Kokou, enseignant à l’Ecole Catholique Sainte Famille d’Attiégou à Lomé ont été interpellées par des coupeurs de route sur la route de Gapé, localité située au Sud-Ouest de Tsévié.

          Après avoir posé des barricades, ils ont arrêté tous les passants et les ont soumis à des séances de tortures et de voies de fait. Les hommes cagoulés, armes aux poings, ont dépouillé de leurs biens, tous ceux qui passaient cette nuit-là.

          M. Kpédjrokou Kokou a eu des blessures de coupe-coupe à la main droite, au bras gauche, le pouce gauche coupé, des blessures de machette partout sur le corps. Plus de 50.000 F CFA qu’il avait en proche de même qu’un portable Nokia 310, des tenues vestimentaires neuves qu’il avait dans son sac, 5 litres de pétrole qu’il amenait à ses parents, les trousseaux de clés, une Bible française emportés.

          La gendarmerie de Tsévié est informée de ce cas selon la victime.

          Ils sont loin, bien loin aujourd’hui, les temps où on pouvait aller et venir librement au Togo sans avoir peur pour soi-même ou pour ses biens.

          Le drame, c’est que visiblement, aucune action concrète n’est engagée pour lutter contre le fléau. Il y a quelque temps, l’Opération Araignée avait été initiée pour dissuader les bandits. Cette Opération avait commencé à donner espoir aux Togolais avant de sombrer dans l’inertie, laissant le terrain libre aux bandits et aux gangsters. Il ne serait pas exagéré de dire que Lomé prend aujourd’hui, des allures de Chicago au temps de Al Capone.

          Est-ce pour combattre l’insécurité que le Colonel-Ministre veut organiser des journées portes ouvertes ? Si tel est le cas, il est passé à côté de la plaque. Car pendant que lui et ses éléments seront occupés à faire des démonstrations, les bandits auront tout le loisir de faire  de nouvelles victimes. Les journées portes ouvertes risquent d’être alors une grosse farce, une manœuvre de diversion destinée à se moquer des Togolais déjà rudement éprouvés par l’insécurité. Des actions d’envergure doivent être imaginées et exécutées pour sauver la vie des Togolais.

          Avant d’accéder au ministère de la Sécurité, le Colonel Titikpina était connu dans l’opinion comme un officier carapacé, un homme de valeur avec qui on pouvait compter. Mais cette réputation s’effrite au fil des jours et s’il ne se rattrape pas, Titikpina risque d’être présenté plus comme le plus minable des ministres de la Sécurité que le Togo ait jamais connus. Il sera présenté comme un militaire incapable parce qu’il aura été défié par des bandits et autres gangsters qui ont fait du Togo leur repaire pendant qu’il était aux affaires. Le problème pour nous, se pose en terme d’honneur pour Titikpina. Cet officier restera-t-il les bras croisés pour voir des bandits et des hommes sans foi ni loi ternir sa carrière ? On attend de voir.

L. C.

Le Changement #159 du 11 fev 2009
Qui présidera la Commission Vérité-Justice-Réconciliation ? Faure a des difficultés à choisir entre l’Imam, l’Evêque et le Pasteur

          Lundi dernier, Faure Gnassingbé a entamé des consultations avec les chefs religieux pour la désignation du Président de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation. En effet, selon les résultats des enquêtes et autres consultations menées sur le plan national, l’écrasante majorité des Togolais aurait préféré que cette mission soit confiée à un religieux. Le Chef de l’Etat a donc reçu tour à tour, l’Union Musulmane du Togo, le Conseil Pontifical «Justice et Paix», le Conseil Chrétien et une délégation de l’Eglise Méthodiste du Togo.

          Evoquant il y a quelques jours, les difficultés qui retardent la mise en place de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation, le Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo avait situé l’essentiel du débat autour de la personnalité qui devait la présider. Avec l’inauguration de ces consultations, on peut conclure que le processus est en marche pour dénicher l’oiseau rare.

          D’ores et déjà, de sources bien informées, font état de ce que le Président de la République a de sérieuses difficultés à choisir entre l’Imam, l’Evêque et le Pasteur.

          Mais une chose est de proclamer une intention, une autre est de réaliser ses ambitions. La question peut donc se poser de savoir si avec l’apparente disponibilité et l’enthousiasme des chefs religieux consultés, la tâche sera forcément aisée pour Faure Gnassingbé.

          La première équation à résoudre par le Président réside dans la détermination du profil même de la personnalité à désigner. Quels sont les critères qui présideront à ce choix ? On sait que, au nom de la liberté religieuse, une pléthore de confessions et de religions se partagent le Togo. Par souci de synthèse, un effort a été fait pour ranger en quatre groupes, les différentes confessions à savoir les musulmans, les catholiques, les protestants et les églises de réveil. Mais du quel de ces confessions sera issu le Président de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation ?

          La question retrouve toute sa pertinence si l’on sait que malgré la diversité, l’unanimité doit se faire autour du Président. En effet, pour l’efficacité de la chose, le Président de la Commission Vérité-Justice et Réconciliation doit inspirer confiance à toute la classe religieuse dans son ensemble, mais aussi et surtout, aux acteurs politiques toutes tendances confondues et à la société civile.

          Depuis toujours, les chefs religieux ont fait montre d’une certaine autorité morale qui les a destinés à jouer d’importants rôles dans leur pays. Récemment encore, les grandes mutations sociopolitiques les ont mis au-devant de la scène. En effet, un peu partout en Afrique, les Evêques ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation des conférences nationales et des transitions. Au Bénin, la présidence de la Conférence des forces vives avait été confiée à Mgr Isidore De Souza. En RDC (ex-Zaïre) et au Congo, cette mission sera assumée respectivement par Mgr Musengwo et Ernest Kombo. En Afrique du Sud, un pays qui a déjà organisé avec succès son processus Vérité et Réconciliation, la présidence avait échu à l’Evêque anglican Mgr Desmond Tutu.

          Au Togo, en 1991, c’est Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, alors Evêque du Diocèse d’Atakpamé, qui avait été choisi comme Président du Praesidium de la Conférence Nationale Souveraine. Il se verra plus tard confier la mission de diriger le Haut Conseil de la République (HCR), parlement de transition. Mais contrairement aux autres pays où les hommes d’Eglise appelés à ces hautes fonctions ont fait l’objet d’un traitement révérencieux, au Togo, on a assisté à des dérives pour le moins intolérables. Tout Evêque qu’il était, Mgr Kpodzro a été séquestré avec les Hauts Conseillers de la République. Ce n’est ni Agboyibo, Edem Kodjo, Zariyou Ayéva et autres leaders, témoins oculaires de ce sacrilège qui nous démentiront. Il (Mgr Kpodzro) a été torturé, malmené et humilié à l’époque.

          Même si le prélat semble lui-même avoir pardonné, les faits sont si graves qu’ils demeurent immortels dans la conscience des Togolais de bonne volonté, surtout que les auteurs et autres commanditaires de ce sacrilège n’ont jamais fait acte de contrition ou demandé pardon.

          Eu égard à ces événements douloureux à inscrire au passif d’un pouvoir dont les principaux tenants de l’époque sont toujours là, on peut comprendre et nul ne sera surpris si des religieux sollicités en viennent à manifester une sorte de réticence ou à exiger des garanties d’intégrité et d’immunité.

          Le processus Vérité-Justice et Réconciliation est complexe, multiforme et multidimensionnel. Mais c’est avant tout un sujet hautement politique qui plonge ses racines dans la politique et dont les résultats auront forcément des répercussions politiques. Les Togolais et surtout ceux qui, militaires ou civils, ont tué, pillé, détruit des biens d’autrui au nom de la politique, doivent être prédisposés à reconnaître leurs torts, à demander pardon et à prendre l’engagement de ne plus jamais recommencer. Ce qui ne semble pas acquis d’avance dans un pays où une catégorie de citoyens, parce que disposant de la force, a toujours tendance à imposer «sa» vérité.

          En définitive, même si on ne les trouve pas à la pelle, le Togo ne manque pas d’hommes de qualité pour présider la Commission Vérité-Justice et Réconciliation. C’est peut-être aussi ce qui risque de compliquer les choses. Mais Faure a le devoir de faire le bon choix car, de l’appréciation qui sera faite du Président, dépendra pour une grande part, le succès de ce processus désormais vital pour le Togo.

Amou


Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation : Le RPT veut encore imposer son diktat : La question du facilitateur divise les participants

            «Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation a tenu sa 3e séance de travail ce jour mercredi 11 février 2009 dans la Salle de Conférence de la Primature avec la participation de toutes les parties prenantes.

          Les discussions se sont poursuivies sur le règlement intérieur. Les points en suspens étaient adoptés à l’exception du point relatif au recours au facilitateur qui est réservé pour ce matin.

          Ensuite les questions prioritaires ont été abordées. Les débats ont débuté sur le premier point de ces questions prioritaires on l’occurrence le Code électoral. Dans ce contexte, les membres du CPDC sont tombés d’accord et ont réaffirmé le principe de l’organisation des élections par la CENI.

          Les discussions se sont poursuivies sur la composition de la CENI. Les débats ont été arrêtés à 17 h 40 et les travaux du CPDC reprendront aujourd’hui jeudi 12 février à 11 heures».

          Tels sont les termes de la déclaration ayant sanctionné la séance d’hier à la Primature. Pour parvenir à ces résultats, il a fallu de longues heures d’horloge. Et tout indique que la séance de ce matin ne sera pas de tout repos. Et pour cause, l’unanimité est loin d’être faite sur l’opportunité ou non du recours au facilitateur en cas de difficulté.

          L’Accord Politique Global du 20 Août 2006 a fait du Facilitateur, un arbitre en matière des différends pouvant voir le jour dans son application ou son interprétation. Mais aujourd’hui, les avis divergent sur la question. En effet, si les partis de l’opposition tiennent à la mise en œuvre totale et complète des dispositions de l’APG, tel n’est pas le cas pour le RPT qui estime que tout doit être, en dernier ressort, soumis à l’Assemblée pluraliste en place où il est majoritaire.

          Au regard de ces considérations, certains s’interrogent sur la portée des décisions qui viendraient à être prises au niveau du CPDC. Ce serait un véritable sacrilège, une abomination, une injure à l’intelligence des Togolais si c’est à cette Assemblée majoritairement RPT qui veut imposer son diktat aux autres qu’il faut encore confier les choses. En ce sens, le Chef de l’Etat ou son représentant personnel, le Ministre Pascal Bodjona doivent savoir raison garder pour éviter de catapulter la nation togolaise de la décadence à l’hécatombe.

Le Changement


La chefferie traditionnelle au centre de l’instrumentalisation au Togo

          Après la fameuse tournée du Chef de l’Etat dans les chefs lieux des régions administratives du Togo pour échanger les vœux avec les populations, une nouvelle grand-messe a été organisée le 29 janvier dernier au Palais des Congrès de Kara. En effet, le Chef de l’Etat avait rassemblé en ces lieux, les chefs traditionnels de tout le Togo. Au cours de cette réunion, il a été annoncé aux têtes couronnées, le doublement de leurs salaires. Il leur a été ensuite demandé de s’impliquer dans le processus électoral de 2010. Enfin, les chefs traditionnels s’étaient rendus au caveau familial des Gnassingbé pour s’incliner sur la tombe de Feu le Président Eyadéma.

          Les chefs traditionnels, a-t-on l’habitude de dire, sont les gardiens de nos us et coutumes. Dans plusieurs pays, notamment dans la sous-région ouest africaine, la chefferie traditionnelle est une véritable institution. Les chefs sont par conséquent respectables et respectés.

          Malheureusement, au Togo, le régime Eyadéma, pour asseoir son règne sans partage, a procédé à l’instrumentalisation des chefs traditionnels qui étaient devenus des appendices du parti au pouvoir. Certains parmi eux étant désignés sur des bases douteuses, les hommes en boubous ou en pagnes, portant des caftans avaient fini par perdre toute autorité et toute leur dignité devant leurs administrés.

          Dans sa propension à tout mettre sous sa coupole, le parti unique n’a pas mis long pour phagocyter la chefferie traditionnelle dont il avait fait, l’une de ses ailes marchantes. On a vu des chefs se transformer en de véritables activistes en service pour faire de la délation et organiser la persécution de ceux qu’ils soupçonnent de sympathie pour l’opposition dans leur localité.

          Le rôle assigné aux chefs traditionnels dans un système pluraliste comme celui du Togo où un vaste projet de décentralisation est en cours d’élaboration est capital. C’est pourquoi la dernière rencontre entre le Chef de l’Etat et les Chefs traditionnels a suscité interrogations et inquiétudes dans plusieurs milieux. L’inquiétude est d’autant plus grande que, avant même la fin de la rencontre, des chefs traditionnels avaient commencé à louanger le Président et à lui promettre les voix de leurs administrés en 2010. De quel droit et de quel pouvoir disposent-ils pour aliéner avant le scrutin, le vote de leurs administrés ? Ces propos sont pour le moins dangereux.

          Le chef traditionnel, pour être efficace dans son rôle, doit faire preuve de hauteur. Il doit garder toute sa dignité en se hissant au-dessus de la mêlée et en faisant preuve de neutralité. Mais les envolées dithyrambiques auxquelles s’étaient adonnés certains chefs mettent à rude épreuve le sacro-saint principe de la neutralité des chefs. A quel résultat veut-on aboutir lorsqu’à la veille d’une élection, on annonce aux chefs traditionnels le doublement de leurs traitements ? Cela ne s’apparente-t-il pas à un achat de conscience ?

          Depuis quelque temps, Faure Gnassingbé ne se donne plus de répit. Il fait feu de tout bois sur le chemin de 2010. Mais jusqu’où veut-il aller ?

L. C.


Affaire Vossah Yaovi contre Le Changement  Le procès ouvert hier : Le dossier renvoyé en jugement avant dire droit au 25 février 2009

          Le Directeur de la Publication du Journal «Le Changement», M. Amouzouvi Kouamivi et sa collaboratrice Jacqueline Nyarley Tarsi ont comparu hier mercredi 11 février 2009 devant le Tribunal de Première Instance, de Première Classe de Lomé siégeant et statuant en matière correctionnelle dans la grande salle d’audience du Palais de Justice de Lomé.

          A la requête de M. Vossah Yaovi Tchignéamé en date du 11 janvier 2007, ils devraient répondre de la publication d’un article paru dans l’édition n° 48 (du 3 novembre 2006) de leur journal intitulé : «Faux et usage de faux : Vossah Yaovi ex-employé à la Direction des Impôts, coupable de détournement de pièces administratives» d’une part et d’autre part, de la photo de M. Vossah  publiée dans le même journal. M. Vossah reproche au journal la publication de sa photo sans son autorisation.

          Pour le requérant et son conseil, Me Amegankpoe, l’article incriminé impute, sans justification aucune à M. Vossah, (un ancien responsable de l’Association ALAKO), un chapelet d’infractions notamment le faux et l’usage de faux, l’abus de confiance et l’escroquerie. D’après les plaignants, ces faits sont totalement contraires à la réalité et sont de nature à porter atteinte à l’honneur et à la réputation du sieur Vossah Yaovi. Ils sollicitent en conséquence que le Directeur de la Publication de «Le Changement» et sa collaboratrice soient jugés sur la base des articles 58 et 177 du Code pénal qui prévoient des peines de prison.

          Après plus d’une quinzaine de reports, le procès a finalement commencé hier  sur la recevabilité ou non de cette plainte. Avec la dépénalisation  des délits de presse qui est une œuvre de feu Président Eyadéma, pour poursuivre un journaliste togolais aujourd’hui, il y a des procédures à suivre. On ne se lève pas comme au bon vieux temps pour engager une poursuite au Correctionnel contre un journaliste. Encore moins, pour l’envoyer en prison dans le cadre de sa profession.  Il y a des voies plus indiquées et plus appropriées à suivre. Le Ministère public a si bien compris cette nouvelle donne. C’est pourquoi, hier mercredi, à l’ouverture du procès, le représentant du ministre public M. Adjoli a d’emblée relevé la nullité de la procédure. Il a relevé que les faits reprochés aux prévenus relevant du délit de presse, il appartient au Président du Tribunal, M. Bidassa d’annuler la citation directe et de renvoyer la partie civile à mieux se pourvoir.

          Les Conseils des prévenus, Me Toussaint Dodji Adigbo du Cabinet Me Agboyibo et Me Agbahey sont, tour à tour, revenus à la charge, avec des éléments précis, pour soutenir les propos du Procureur.

          Les avocats des prévenus ont déclaré que si Vossah veut poursuivre leurs clients, que cela soit fait dans les règles de l’Art.

          Le Procureur de la République a rappelé au plaignant que les journalistes sont régis par le code de la presse, que les faits reprochés aux journalistes relèvent d’un délit de presse. Et comme c’est par voie de presse que le délit est commis, le plaignant doit suivre la procédure dans les règles de l’Art. En clair, la procédure de M. Vossah et son Conseil Me Amegankpoe est entachée de nullité. La citation n’est donc pas valable, a rappelé le Ministère Public.

          Mais comme il fallait s’y attendre, Me Amegankpoe pense que, même si sa citation est nulle, il faut l’examiner. Il a soutenu que sa citation est régulière en la forme.

          Pour le Procureur, la citation ne saurait être régulière à moitié.

          Réagissant par rapport à la réquisition de M. Adjoli soutenue par les Conseils des prévenus, Me Amegankpoe faisant une interprétation personnelle de l’article 89 du code de la presse, a exigé que le dossier soit examiné sur le fond. Ce que le Procureur a rejeté. Bref, un vif débat s’est engagé entre le Procureur et l’avocat de Vossah.

          Entre temps, le Président du Tribunal M. Bidassa qui a cru devoir suivre Me Amegankpoe pour la manifestation de la vérité, a invité l’auteur de l’article, la collaboratrice de M. Amouzouvi Kouamivi à exposer les faits qui lui sont reprochés. Ce qui n’a pas été du goût de Me Adigbo. Ce dernier a rappelé au Président du Tribunal qu’ils étaient en correctionnel et qu’il appartient plutôt à la partie civile d’exposer les faits reprochés à ses clients. La parole fut donnée au représentant du ministère public pour réagir. Mais ce dernier n’a pas estimé nécessaire d’intervenir au motif qu’il a déjà donné sa position. Chaque partie avait campé sur sa position, surtout l’avocat du plaignant qui tenait coûte que coûte que le dossier soit plaidé au Correctionnel.

          Face à ce nouveau rebondissement, le Président du Tribunal, M. Bidassa a demandé une suspension de cinq minutes. A la reprise, il a mis le dossier en délibéré pour se prononcer sur la nullité de la citation directe soulevée par le ministère public, les prévenus et leurs conseils Maîtres Adigbo et Agbahey. Le dossier est donc renvoyé en jugement avant dire droit fixé au 25 février prochain.

          Contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser, Le Changement ne fuit pas le procès. Mais il demande que tout se fasse dans les règles de l’Art et conformément à la loi en vigueur qui est celle du code de la presse. Nous osons croire que le droit, rien que le droit sera dit.

          Affaire à suivre…

Le Changement

 

 
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