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Le secteur du bâtiment et des travaux publics est un milieu pourri
au Togo. On se rappelle qu’il n’y a pas très longtemps, le gouvernement
avait décidé en Conseil des Ministres de supprimer le Fonds d’Entretien
Routier (FER) parce que cette structure n’arrivait pas à remplir
convenablement la mission pour laquelle elle a été créée. Lors du dernier
remaniement ministériel, le ministère des Travaux Publics avait été rattaché
à la Présidence de la République.
L’on avait alors pensé que le secteur serait assaini et que
l’ordre reviendrait dans la maison. Malheureusement, le rattachement du
ministère ou des attributions des TP à la Présidence de la République ne
semble pas avoir été la solution la mieux indiquée. A preuve, mardi dernier,
le Président de la République a dû prendre un décret portant nomination d’un
nouveau Ministre des Travaux Publics. Cette nomination survient à un moment
où le secteur des bâtiments et travaux publics est en proie à de grands
remous.
L’état des lieux
L’un des problèmes majeurs qui frappent le secteur des bâtiments
et des travaux publics est surtout celui de l’attribution des marchés
publics et de la rémunération des marchés exécutés.
Il n’est en effet un secret pour personne que, de plus en plus,
l’attribution des marchés gré à gré ou sur la base d’appels d’offres ne
répondant à aucune orthodoxie est devenue la règle au Togo. Parce que
disposant de solides relations dans les sphères du pouvoir, des individus
montent des entreprises fantoches, sans expérience aucune et se font
attribuer des marchés juteux. En un temps record, ces imposteurs qui savent
mouiller leurs bienfaiteurs qui, en réalité ne sont que leurs complices,
brassent des centaines de millions.
Mais les conséquences de cette pratique sont hautement
désastreuses pour le pays et ont pour nom, non livraison des ouvrages dans
les délais impartis. Et lorsque finalement ils sont finalement livrés, non
seulement ils ne répondent pas toujours aux normes, mais aussi ils sont
bâclés et ne résistent pas au temps.
Le cas des routes réhabilitées tous les ans mais qui ne résistent
pas à la première saison des pluies venue est vivace dans les esprits.
Afin de parler d’une seule et même voix et pour mieux défendre
leurs intérêts, les entrepreneurs avaient créé en 2005, leur syndicat.
Aujourd’hui, ce syndicat dénommé «Syndicat National des Entrepreneurs du
Bâtiment et des Travaux Publics du Togo» (SNEBTPT) est au plus mal, parce
que miné par des conflits d’intérêt. Ceux qui ont travaillé pour la
Direction Générale des TP en 2003 et dont les factures sont encore en
souffrance ne comprennent pas pourquoi certains, parmi eux, sont payés dans
une proportion supérieure aux autres. Les entrepreneurs entre eux se
glissent des peaux de bananes et se donnent des coups bas.
De sources proches des mécontents qui ont créé un Comité des PME
concernés par les Travaux effectuées pour le compte de la DGTP en 2003 sur
le budget du FER (dissous) l’opinion publique doit être informée sur tout ce
qui se passe dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Un point
doit être fait notamment sur l’évolution de la situation, le comportement
des membres du SNEBTPT et les solutions envisageables pour dénouer le
problème. C’est du reste le contenu d’une déclaration rendue publique lors
d’une conférence de presse hier mercredi et dont nous donnons la primeur à
nos lecteurs.
«1. Evolution des solutions à ce problème
A ce jour, grâce aux efforts louables du Premier Ministre et de son
Gouvernement, tous les Entrepreneurs concernés ont encaissé au moins 50% de
leurs montants, et les factures pour le reste sont en cours de traitement.
Seulement se pose le problème de quelques collègues Entrepreneurs
malhonnêtes qui ont déjà perçu en complicité avec le S.N.E.B.T.P.T. et l’ex
Directeur de l’ex F.E.R., les 1/3 de leurs factures T.T.C. avant la
dissolution de cette Institution, et qui tentent encore frauduleusement
d’encaisser les 100% de ces mêmes factures suite aux démarches du Comité.
Ceci étant, le Comité ne cédera pas au double paiement de ces entrepreneurs,
et fera tout pour aider les Autorités Publiques à les démasquer.
2. Dénonciation des comportements des membres du S.N.EB.TP.T.
Ce Syndical est né le 01 décembre 2005 pour un mandat de 04 ans avec un
bureau exécutif de 11 membres, à savoir:
- un Président
- un Vice Président
- u ri Secrétaire Général
- un Secrétaire Général Adjoint
- un Trésorier Général
- un Trésorier Général Adjoint
- un Commissaire à l’Organisation
- un Commissaire à l’information et aux Relations Extérieurs
- trois Conseillers.
A ce jour ce bureau se retrouve réduit au Président, au Trésorier Général et
au Commissaire à l’Information et aux Relations Extérieures; il est alors
inadmissible que ces trois personnes non représentatifs puissent parler au
nom de tous les Entrepreneurs du Togo, surtout que ces trois membres se sont
révélés après leur élection être de moralités douteuses.
3. Solutions envisagées pour la bonne marche de la profession des
Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo.
Pour la solution nous demandons au Ministère de l’Intérieur et de
l’Administration Territoriale de suspendre les activités du Syndicat
National des Entrepreneurs du Bâtiment et des Travaux Publics du Togo pour
permettre aux services de la Gendarmerie de refaire des enquêtes de
moralité sur les membres du bureau exécutif dudit Syndicat.
Nous demandons en outre une assemblée générale de tous les entrepreneurs en
bâtiment et travaux publics du Togo, y compris nos confrères membres du
Groupement National des Entrepreneurs du Bâtiments et Travaux Publics du
Togo (G.N.E.B.T.P) pour enfin mieux organiser celle profession
incontournable dans la reconstruction de notre cher pays le Togo.
Comla Kadje, l’homme de la situation ?
Face à cette situation qui commençait à gêner et vu que la
Présidence de la République a plusieurs autres dossiers à gérer, le Chef de
l’Etat a procédé à la nomination d’un nouveau Ministre des Travaux Publics.
La création d’un ministère des TP et la nomination d’un
responsable à la tête de ce département a été positivement accueillie dans
les milieux intéressés. La question qui se pose reste de savoir si M. Comla
Kadjé sera à la hauteur des attentes. A la lecture de la biographie et au
regard de son parcours, on peut dire que Faure n’a fait que placer l’homme
qu’il faut, à la place qu’il faut. Rien n’autorise le moindre doute sur les
capacités du nouveau Ministre.
En effet, M. Kadje Comla est né le 25 février 1958 à Lomé. Nanti d’un
baccalauréat série C en 1977 au Togo, il poursuivit ses études supérieurs en
France où il obtint une maîtrise en mathématique appliquée à l’Université de
Renne 1 en 1981, un DEA de Génie Mécanique à l’Université Pierre et Marie
Curie (Paris VI) en 1982, le diplôme d’Ingénieur des Ponts et Chaussées à
l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris en 1984, puis un Doctorat
en Calcul de structures à l’Université technologique de Compiègne en 1987.
Sur le plan professionnel, M. Kadje a servi de 1986 à 1988 dans l’entreprise
SATOM, avant de rejoindre l’Université du Bénin (actuellement Université de
Lomé) comme enseignant chercheur au Centre Informatique de Calcul (ClC) et à
l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (ENSI).
En 1989, il créai un Bureau d’Etudes privé, le Génie des Travaux
d’Ingénierie (GTJ-Ingénieurs Conseils) au sein duquel il a mené et dirigé
plusieurs travaux, études et consultations dans les domaines de l’ingénierie
du transport, des télécommunications, de l’énergie, de l’assainissement et
des ressources hydrauliques.
II a occupé successivement de 1996 à 1999, le poste de Secrétaire d’Etat
chargé des Transports et des Ressources Hydrauliques, le poste de Ministre
de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de
l’Artisanat, puis le poste de Ministre du Transport et des Ressources
Hydrauliques. En mai 2006. il a été nommé Directeur Général des Travaux
Publiques du Togo, fonction qu’il assumait avant d’être appelé à la
Commission de la CEDEAO comme Commissaire chargé des infrastructures en
février 2007. Il est auteur de plusieurs publications scientifiques.
Comme tel, l’homme justifie de potentialités qui donnent droit à
l’espoir.
Mais pour réussir, le nouveau Ministre doit avoir à l’esprit qu’il
est appelé à évoluer dans un environnement pourri où des réseaux
s’affrontent. Ainsi, les risques sont grands que chaque réseau, tente, par
tous les moyens, de lui mettre le grappin dessus. Lorsqu’on est appelé à
souper avec le diable, il faut se servir d’une longue cuillère. M. Kadje qui
n’est pas néophyte ne doit pas perdre de vue qu’il est appelé à composer
avec des individus qui sont loin d’être des enfants de chœur. Il doit donc
savoir jouer en permanence de vigilance.
L. C.
CPDC : 3 semaines pour un consensus sur la facilitation : Combien de temps
pour les autres sujets d’intérêt national ?
«En cas de blocage des discussions, les membres du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) conviennent de saisir le
Président de
la République. Le Chef de l’Etat recherchera avec les leaders des partis
membres du Cadre, les solutions appropriées avec le recours à la
facilitation le cas échéant. Ce point sera inscrit dans le règlement
intérieur qui a été finalement adopté le mardi 24 Février 2009 par les
partis membres du Cadre».
Tel a été, en substance, l’essentiel de ce qui ressort du communiqué du
Secrétaire Général de la Présidence de la République à la séance du Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation. Ainsi donc la question du recours
à la facilitation est, enfin, réglée. Mais pour le faire, il a fallu trois
semaines. La 9e séance
de travail du mardi dernier était, ce qu’on a appelé, la séance de la
dernière chance. La question reste de savoir si ça vaut vraiment la peine de
perdre tout ce temps, pour un sujet aussi simple. En mettant assez de temps
pour régler un sujet aussi simple, les uns et les autres auront-ils la
volonté de dépassionner les débats lorsqu’il s’agira de débattre les vrais
sujets de notre nation et de trouver, dans l’intérêt du peuple, les
solutions appropriées ?
Dans l’une de nos précédentes livraisons, nous avions écrit que le
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation est une perte de temps,
d’argent et d’énergie. Eh oui, le CPDC c’est un marché de dupes. Car de
l’avis de plusieurs observateurs, à l’allure où vont les choses, le CPDC
n’ira pas loin parce que ceux qui l’animent en général et le pouvoir en
place en particulier n’ont aucune volonté de faire aboutir le processus. Ce
n’est pas en trouvant, malgré eux, une solution aux problèmes de la
facilitation que les uns et les autres se sont débarrassés des idées
préconçues qu’ils avaient avant de venir au CPDC. Le RPT a sa logique. Idem
pour les partis d’opposition.
Avant que Faure Gnassingbé n’accepte de réhabiliter le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation qui est pourtant un produit de
l’Accord Politique Global, ce fut tout un parcours de combattant. Et pour
cause, les caciques du RPT se sont vigoureusement opposés sous prétexte
qu’ils ont gagné les élections législatives de 2007 et que, pour ce faire,
tout ce qui relève de l’APG est mort. Des débats télévisés ont eu lieu à ce
sujet.
Pendant ce temps, le CAR de Me Agboyibo, signataire du décret
annonçant le cadre, défendait bec et ongle le cadre.
L’UFC de Gilchrist Olympio qui avait, en son temps, refusé
d’entrer au gouvernement Agboyibo, n’avait pas soutenu le «Cadre».
Bref, chacun avait sa position et sa conception sur le sujet.
Pendant ce temps, le temps joue contre nous, car étant à quelques
mois de la présidentielle de 2010, les uns et les autres doivent savoir
raison garder.
Dans cette affaire, l’opposition togolaise – l’UFC et le CAR –
doit rester prudente pour ne pas tomber dans le piège du RPT. Ce dernier ne
fait rien au hasard et ne fait jamais cadeau à ses adversaires politiques.
Dès lors que, clopin-clopant, il a accepté le Cadre Permanent de Dialogue et
de Concertation alors, les moyens pour rendre la vie dure à l’opposition, ne
manqueront pas. Ce ne sont pas des têtes pensantes dans ce sens, au RPT, qui
manquent. L’essentiel reste donc à faire au niveau de l’UFC et du CAR pour
sauver les meubles. Appel donc à la vigilance.
Amou
Energie : Avec la chute du brut :
Qu’attend-on pour revoir le prix des produits pétroliers à la baisse au
Togo ?
Lorsqu’en décembre 2008, le gouvernement, tirant les conséquences de
la baisse du prix du baril sur le marché international avait baissé les prix
des produits pétroliers à la pompe, les consommateurs togolais qui avaient
salué la mesure croyaient que désormais le gouvernement évoluerait dans
cette logique. Autrement dit les prix des produits pétroliers au Togo seront
désormais fonction de la fluctuation du prix du baril à l’international.
Mal leur en prit. Depuis décembre 2008, les nouveaux prix sont
demeurés statiques malgré la chute du prix du baril dont les retombées
profitent énormément aux pays voisins du Togo.
En effet, d’après nos informations, au pays du Général Mathieu
Kérékou, le carburant est livré à la pompe au prix de 300 F CFA le litre
contre 275 F CFA au Ghana. Contrairement à ces pays voisins, au Togo, les
consommateurs continuent de tirer le diable par la queue. Et pour cause :
ici tout dépend du carburant qui est en passe de devenir la seule source
d’énergie fiable et viable. Pour produire de l’électricité à partir des
groupes électrogènes, c’est du carburant, pour faire tourner les moteurs des
véhicules c’est toujours le carburant. Presque tout se fait à partir de
cette denrée stratégique.
Il apparaît dès lors que la cherté du carburant indubitablement
induit le phénomène de la vie chère. Dans ces conditions, on ne peut
valablement pas lutter contre la vie chère, contre la pauvreté en rechignant
à faire baisser les prix du carburant quand les circonstances s’y prêtent.
Plus d’une fois, le gouvernement togolais, que ce soit par la voix
du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé ou du Premier Ministre Gilbert Fossoun
Houngbo, a proclamé son engagement à lutter contre la vie chère, à réduire
la pauvreté. Les Togolais ne comprennent pas aujourd’hui, que le même
gouvernement ne puisse pas profiter de l’occasion de la baisse du prix du
baril pour délivrer un tant soit peu les consommateurs togolais.
Pour venir à bout du phénomène, le tout n’est pas de créer un
ministère chargé du développement à la base et de pondre des programmes dans
le sens de la réduction de la pauvreté. Il faut aussi savoir profiter des
opportunités inhérentes à la chose. Et la baisse du prix du baril du pétrole
en est une. C’est une question de gouvernance. Tout simplement.
JNT
Akomabou Gbété, la terreur de Yoto, tué
Akomabou Gbété n’est pas inconnu des Togolais. Il s’agit en effet
de l’individu qui, au cours des cinq dernières années avant l’an 2000, avait
beaucoup fait parler de lui. En effet, en ces années-là, Akomabou Gbété
était le chef d’un gang de sinistres renommée qui faisait trembler les
paisibles populations dans le Yoto.
Les tristes faits d’armes de cet homme et de son groupe sont
encore vivaces dans les esprits. Les populations n’ont pas oublié et
n’oublieront sans doute jamais l’enfer que leur ont fait vivre Akomabou et
ses hommes. Rien ne les arrêtait. Régnant en maîtres absolus sur la région,
ils volaient, violaient et pillaient sur leur passage. Ils prenaient et
s’accaparaient de tout ce qui leur tombait sous la main et gare à quiconque
osait entraver leur macabre entreprise.
Curieusement, rien n’était fait au niveau de l’administration pour
refreiner leur ardeur. Le député de la zone, un élu du CAR, avait soulevé le
problème sans obtenir de suite convenable. Les horreurs n’avaient fait que
gagner en intensité.
C’est ainsi que dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 septembre
1998, le responsable fédéral du CAR à Sendomé (Yoto) M. Kégbé Koffi Mathieu
a été sauvagement assassiné. Dans un communiqué rendu public à cette
occasion, le CAR de Me Agboyibo indiquait que «plus de 100 miliciens du
RPT, tous armés et se réclamant du parrainage de Kodjo Agbéyomé sèment la
terreur au sein des populations sans être nullement inquiétés malgré une
lettre adressée à leur propos au Ministre de l’Intérieur et de
la Sécurité par M. Gboné Henri député de la localité».
Au lieu de saisir cette dénonciation pour frapper fort et
démanteler le réseau de malfaiteurs, Agbéyomé Kodjo, profitant de sa
position, s’en servira plutôt comme casus belli pour déclarer la guerre à Me
Agboyibo. Cette affaire prendra finalement la forme d’un procès politique
qui se soldera par l’incarcération de Me Agboyibo. Personne n’en revenait.
Mais il fallait être au Togo pour savoir qu’il est bien possible d’envoyer
un citoyen en prison tout simplement parce qu’il a dénoncé un crime odieux.
Pire, alors que Me Agboyibo était en détention, ses persécuteurs
s’employaient à «cuisiner» Akomabou, afin de l’amener à l’enfoncer
davantage.
Finalement, Akomabou sera arrêté dans une autre affaire de grand
banditisme.
Après qu’il soit remis en liberté, il y a quelque temps, des actes
similaires à ce qui se passait quand son réseau était actif ont repris dans
le Yoto. Une psychose de peur s’est réinstallée. Les populations terrorisées
avaient commencé à s’enfermer dans leurs chambres avec leur bétail et leurs
récoltes.
On en était là quand l’information était tombée, faisant état de
ce que M. Akomabou Gbété a été tué lors d’une de ses opérations criminelles
dans un village du canton d’Amoussimé (Yoto).
Le CAR qui a payé un lourd tribut aux virées meurtrières de ce
bandit a, dans un communiqué en date du 25 Février 2009 présenté ses
compassions aux victimes des actes de la bande à Akomabou avant de lancer un
appel pressant aux autorités afin qu’elles mettent tous les moyens en œuvre
pour démanteler les autres membres de la bande (Voir ci-dessous).
Le bandit a passé l’arme à gauche, mais ses faits lui survivront.
Tôt ou tard, la vérité, toute la vérité éclatera au grand jour sur ses faits
d’armes et ceux qui le couvraient. Amou
Les Forces
Nouvelles du Togo dans la fiente de l’imposture : Les membres du MO5
interpellent et désavouent Logo Dossouvi
Le 04 Février dernier a été portée sur les fonts baptismaux à
Lomé, une fédération des associations et mouvements de jeunesse dénommée «Forces
Nouvelles». Selon les banderoles annonçant l’événement aux grands
carrefours de la capitale, elle regroupe le Bloc d’Action pour le Changement
(BAC), le Mouvement du 05 Octobre (MO5), l’Association pour le Bien-être
Juvénile (ABEJ), l’association Renaissance, le Front Patriotique de la
Jeunesse (FPJ), l’association Instruction et Savoir pour Tous (INSAT) et
Jeunes Leaders.
Le lancement a été marqué par une conférence de presse tenue dans
la salle de conférence du CESAL-Tokoin Séminaire, animée par les membres du
Bureau des Forces Nouvelles en présence des responsables politiques, des
organisations de la société civile et des journalistes des médias publics et
privés.
D’après la déclaration liminaire présentée par le coordinateur
national M. Hilaire Dossouvi Logo, les Forces Nouvelles s’assignent pour
objectif d’adresser des messages civiques aux populations et à les réveiller
de leur sommeil dogmatique, entretenu par les prismes déformant des
différents partis politiques. Nous aurons, conclut le document, après étude
des différents programmes des candidats et à la lumière de nos convictions,
à soutenir le candidat que nous jugerons le plus nanti et apte à donner le
bien-être aux populations togolaises.
Lors de la série «question-réponse», le coordinateur des
Forces Nouvelles Hilaire Dossouvi Logo a rassuré les uns et les autres que
sa fédération n’a aucune commune mesure avec une rébellion quelconque. «Les
Forces Nouvelles», a-t-il affirmé est une simple dénomination d’un
regroupement de la jeunesse autour des objectifs citées dans la déclaration
liminaire.
J’ai, a-t-il poursuivi, lors des législatives dernières, assisté à
des meetings des camarades des partis politiques. J’avoue que j’ai été
sidéré par la démagogie et certaines interprétations mensongères servies à
la masse. Il nous appartient désormais de monter au créneau pour éclairer le
peuple. Notre fédération n’aspire pas à la conquête du pouvoir.
A la question de savoir s’il a reçu mandat du M05 de le
représenter comme il le fait au sein des Forces Nouvelles, Logo Dossouvi a
répondu : «Beaucoup de camarades du MO5 sont en exil en attendant le sort
qui nous sera réservé sur le terrain après 18 ans d’absence. Nous avons sur
place des membres déterminés à réengager la lutte. Ma présence au sein des
Forces Nouvelles est une initiative personnelle. Il va falloir, les jours à
venir, convaincre les camarades qui sont à l’extérieur de l’opportunité de
la chose». A propos des griefs qu’il aurait contre la Convention
Démocratique des Peuples Africains (CDPA) et son président M. Léopold Messan
Gnininvi, M. Logo Dossouvi a été clair : «A
la CDPA si quelque chose ne marche pas, on le dit clairement. La Fédération
France par exemple n’est pas d’accord avec notre participation au
gouvernement mais nous continuons quand même cette expérience. Il n’y a donc
pas de griefs contre le parti ou son président. Nous avons toujours eu des
occasions pour débattre, en faire valoir nos idées.
Evidemment certains sont frustrés, énervés mais nous faisons tout pour nous
en tenir à notre idéologie de base : la social démocratie. Je n’ai donc pas
de griefs contre le Pr Gnininvi».
Dans nos commentaires, nous avions écrit à l’époque que le fait
pour des associations et mouvements de jeunesse de se constituer en
fédération pour barrer la route aux candidats qui usent de la démagogie et
des mensonges grotesques en vue d’abuser du bon peuple pendant les campagnes
électorales, n’est pas mauvais en soi. C’est une initiative à saluer et à
encourager dans notre pays. Au Togo, l’écrasante majorité de la population
est analphabète. Dans ces conditions, concevoir des messages civiques
relayés par des canaux appropriés à l’adresse de la masse comme inscrit au
programme des Forces Nouvelles est inévitablement un plus apporté à la
marche vers la démocratie. L’initiative est d’autant plus pertinente que
l’élection présidentielle aura lieu dans 12 mois environ. Cependant, un
certain nombre de facteurs recommandent la prudence et la méfiance vis-à-vis
de cette fédération.
En effet, ce n’est pas la première fois au Togo qu’on assiste à la mise sur
orbite d’un mouvement ou d’un parti proclamant des valeurs cardinales
indiscutables, promettant fidélité à la lutte héroïque pour le changement
mais dont les responsables se révèlent par la suite de véritables vendus
prompts à sacrifier l’intérêt national sur l’autel de leurs appétits
gloutons. Si l’engouement qu’ont connu les soulèvements sociaux, la lutte
pour le changement à l’orée des années 90 a de nos jours baissé d’intensité
et de dynamisme, c’est qu’il a été donné de constater le fossé existant
entre leurs prétentions et les capacités réelles des meneurs de la lutte
qui, aujourd’hui, n’inspirent pratiquement plus confiance.
Nous avons ensuite marqué nos inquiétudes face au fait que la nouvelle
fédération soit sous la conduite d’un militant historique de la CDPA, un
parti dit d’opposition dont les responsables qui siègent au gouvernement, ne
finissent pas de chanter des louanges au régime RPT et au Président Faure.
Pire, ce personnage qui se présentait comme le représentant du MO5 au sein
de la Fédération déclare mordicus qu’il n’a pas eu mandat des octobristes
pour ce faire.
Dès lors, il était prévisible que des problèmes surgissent quant à
l’implication du MO5 dans une fédération composée par des Associations dont
la plupart ne représentent que l’ombre d’elles-mêmes.
En effet, par lettre en date du 11 Février 2009, MM. Doglo Tino Agbelengo et
Eloi Koussawo, respectivement Porte-Parole et Coordinateur du M05 ont
interpellé leur camarade Logo afin de savoir de quoi il s’agit en réalité
avec cette nouvelle trouvaille de «Forces Nouvelles», une fédération
dont ils n’ont appris la naissance et l’appartenance du MO5 dont ils sont
censés être les premiers responsables, que par voie de presse.
Comme pour répondre à ses camarades du MO5, M. Logo Dossouvi signe au nom
des «Forces Nouvelles», un communiqué dans lequel il se limite à énumérer
les associations membres de la fédération. A la lecture, on réalise que le
MO5 n’en fait pas partie. On peut dire a priori que le tir vient d’être
rectifié.
Malheureusement, à la réflexion, il apparaît que, en voulant régler un
problème, M. Logo Dossouvi en a créé un autre qui remet en cause son
appartenance même aux «Forces Nouvelles».
En effet, à la création des «Forces Nouvelles», il avait été clairement
indiqué qu’il s’agissait d’un regroupement d’associations et mouvements de
jeunesse. Si tel est le cas, seules des associations et organisations
peuvent en être membre. Logo Dossouvi en tant qu’individu et n’ayant reçu
aucun mandat pour y représenter le MO5 n’a donc pas sa place au sein des
Forces Nouvelles. A moins que cette organisation ne cesse d’être une
fédération d’associations pour devenir une structure à laquelle les
personnes physiques peuvent individuellement adhérer.
L’une des ambitions des «Forces Nouvelles» est de moraliser la vie
politique au Togo. Mais voilà que cette fédération est enfantée sur fond
d’intrigue et de violation des règles associatives. Sa crédibilité se trouve
considérablement entamée avant la lettre.
Nous n’avons rien contre Logo Dossouvi qui a le mérite d’être revenu au pays
pour endurer les difficultés du terrain avec les combattants de la liberté
restés surplace, pendant que d’autres, s’étant servi de la lutte, pour se
faire une place au soleil, se la coulent douce sous d’autres latitudes.
Mais, nous pensons que lorsqu’on veut prêcher la vérité, on a besoin de
reposer soi-même sur le socle de la vérité.
Au jour d’aujourd’hui et au regard des faits, nombreux sont ceux qui pensent
que les Forces Nouvelles pataugent dans la fiente de l’imposture. Il
appartient désormais à Logo Dossouvi et ses comparses des Forces Nouvelles
de prouver qu’ils ne sont pas disqualifiés pour leurs ambitions.
Nous y reviendrons.
Interview exclusive Après le consensus sur la question de la facilitation,
Me
APEVON, Président National du CAR prévient : «La délégation qui s’emploierait à faire échouer les
travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à l’égard de nos
populations»
Personne ne croyait plus à la survie du Cadre Permanent de
Dialogue et de Concertation compte tenu de la position tranchée des uns et
des autres sur la question du facilitateur.
Mais, in extremis, le CPDC a été sauvé de justesse le mardi 24 Février 2009
à l’issue de sa 9e séance
de travail. Comment en est-on arrivé-là ? Comment s’explique la forte
implication du CAR dans les travaux ? A qui peut-on attribuer la paternité
de ce déblocage ? Quel avenir pour le CPDC ? Voilà autant, les questions
soumises à l’attention de l’honorable Apévon Dodji, Président National du
CAR et membre du CPDC qui a accepté de nous répondre. Lecture !
Le Changement : Me Apévon, enfin, il semble qu à la suite de la réunion du
mardi 24 Février 2009, les parties prenantes au CPDC ont réussi à surmonter
leurs divergences ?
Me Apévon :
Effectivement. La situation a été débloquée. Le blocage concernait le
recours à la facilitation. Notre parti s’en réjouit évidemment.
Nous avons appris avant ce déblocage que chacune des délégations campait sur
sa position.
Il n’y avait pas trois positions correspondant aux différentes délégations.
Dès la première réunion du CPDC, le CAR a proposé qu’il soit inséré dans le
règlement intérieur que si les participants ne parviennent pas à dégager le
consensus, il faut recourir à une facilitation. Cette position a reçu le
soutien de l’UFC. En revanche, elle s’est heurtée au refus des délégations
du RPT et du Gouvernement.
Comment en est-on arrivé finalement à ce consensus ?
Cela n’a pas été du tout facile. Les divergences ont été très fortes. Le RPT
a estimé que s’il y a blocage, le Président de la République, recevant les
leaders des partis, peut avec eux, trouver le consensus. Le CAR a proposé
que si malgré l’intervention du Chef de l’Etat le désaccord persiste, il
faut recourir à la facilitation.
La proposition a été catégoriquement rejetée par le RPT au motif qu’elle
constitue une humiliation au Chef de l’Etat, président du CPDC.
A la suite de laborieuses discussions au cours de la séance du mardi 24
février 2009, toutes les délégations ont accepté que soit inséré dans le
règlement intérieur, le recours à la facilitation.
Comment s’explique cette forte implication du CAR dans les travaux du CPDC ?
Au CAR, nous considérons que le Togo est toujours un pays en crise et qu’il
faut continuer à rechercher le consensus sur les questions d’intérêt
national notamment, celles concernant le bon déroulement des élections et le
fonctionnement normal des institutions ayant la mission de garantir l’Etat
de droit.
C’est dans cet esprit que les signataires de l’APG ont prévu le Cadre
Permanent de Dialogue et de Concertation. Il fallait donc absolument, si
l’on veut éviter des retours en arrière du processus de sortie de crise,
donner de l’importance à la structure en question.
C’est pour cela que le CAR s’est battu durant des mois pour qu’elle soit
installée. C’est dans la même logique que nous nous investissons pour
l’aboutissement de ses travaux.
Il nous a été donné de constater que la position que vous venez d’énoncer
n’est pas partagée par les autres composantes du CPDC. Le RPT n’avait cessé
de répéter que c’est à l’Assemblée Nationale que doivent être débattues les
réformes constitutionnelles et institutionnelles. De son côté, l’UFC a
ouvertement fait savoir que le Cadre Permanent n’a pas pour mission de
s’occuper des réformes. N’est-il pas à craindre que ces divergences ne
soient à l’origine des piétinements constatés au démarrage du CPDC et
n’affecte à l’avenir ses travaux ?
Ces divergences se sont effectivement manifestées tout au long des réunions
du CPDC et ce, jusqu’à celle du mardi 24 février 2009.
Mais tout le monde s’est rendu compte à la suite des échanges que le CPDC
est une structure dont on ne peut se passer si, conformément à la lettre et
à l’esprit de l’APG, on tient à ce que les réformes constitutionnelles et
institutionnelles soient opérées de façon consensuelle.
C’est sans doute d’ailleurs pourquoi nos populations attachent tant de prix
à ses travaux et ont été peinées par les piétinements que ces travaux ont
connus.
Dans ces conditions, il est évident que la délégation qui s’emploierait à
faire échouer les travaux du CPDC endosserait une lourde responsabilité à
l’égard de nos populations.
Pour ce qui nous concerne, notre parti continuera à s’investir pour le bon
aboutissement des travaux.
Interview réalisée par AMOU |