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2009

   
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Le Changement 169 du jeudi 23 avril 2009
Inconséquence au sommet : Comment le pouvoir a participé à la tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat

          Dans le cadre des résultats des enquêtes menées dans l’affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la gendarmerie a présenté à la presse, le jeudi 16 avril dernier, ce qu’elle appelle les preuves matérielles du complot. La presse a pu voir sur des tables disposées dans la cour de la gendarmerie, des armes à feu, des munitions, du matériel de transmission militaire, du matériel optique, des cordelettes, des chaussures de combat, des tissus de treillis, des plaques minéralogiques togolaises et étrangères, etc. ainsi que deux jeeps.

          Cette présentation effectuée par le Commandant Kodjo Amana survenait après que le Procureur de la République, Robert Bakaï ait indiqué que des indices graves confortaient dans la thèse d’un complot.

          Au Togo, le coup d’Etat est un crime imprescriptible. La Constitution togolaise dispose en effet en son article 150 qu’«en cas de coup d’Etat ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle y compris le recours aux accords de coopération militaires ou de défense existants.

          Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.

          Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux Lois de la République». 

          Personne au Togo ne saurait donc soutenir, encore moins, faire l’apologie d’un coup d’Etat. Seulement voilà. La sortie de jeudi dernier ne semble pas avoir suscité les réactions auxquelles on aurait pu s’attendre. Les explications du Commandant Amana ont ramené les Togolais loin, très loin, à une époque qu’ils croyaient à jamais révolue. C’était les temps forts du régime Eyadéma où à la suite de tentatives de déstabilisation vraies ou supposées, on alignait de présumés assaillants, des véhicules ainsi que des armes de tous genres qu’on présentait aux visiteurs étrangers qui défilaient dans la capitale togolaise. Cette pratique avait si négativement marqué les Togolais que la dernière sortie du Commandant Amana a plus suscité des interrogations qu’elle n’a apporté de réponse aux appréhensions de l’opinion au sein de laquelle, certains se demandent si on n’était pas tout simplement en train d’opérer un retour aux vieilles méthodes.

          L’attentat à la sûreté de l’Etat, crime imprescriptible qui implique des arrestations et des procédures judiciaires est un sujet extrêmement délicat dont la gestion requiert beaucoup de tact. La présentation des faits demande et exige beaucoup de clarté pour une bonne compréhension sans laquelle, on risque d’éveiller des soupçons de montage. Tout doit donc être convaincant sur la ligne.

          Nous ne sommes pas là pour porter un jugement de valeur sur ce qui se passe actuellement. Nous ne sommes pas là pour dire si l’attentat à la sûreté de l’Etat évoqué est réel ou supposé. Nous n’en avons d’ailleurs pas la compétence. D’autres services existent pour le faire. Mais les faits et les événements, tels qu’ils se déroulent, suscitent un certain nombre de commentaires.

          En effet, Kpatcha Gnassingbé dont on dit qu’il est le présumé cerveau du complot et au domicile de qui une perquisition aurait permis de retrouver l’arsenal présenté n’est pas n’importe qui. Il a occupé dans le premier Gouvernement de Faure dirigé par Edem Kodjo, la fonction stratégique de Ministre de Défense et des Anciens Combattants. Il sera reconduit dans le gouvernement Agboyibo.

          A ce titre, Kpatcha a eu à passer des commandes de matériels militaires et accédé à des armes qu’il aurait pu garder chez lui. Alors en fonction, Kpatcha Gnassingbé, un civil sillonnait les casernes du Togo, en tenue militaire sans que cela n’émeuve personne. En son temps, Faure laissait faire. Au nom des liens familiaux, il n’avait rien trouvé à dire malgré le cri d’alarme des uns et des autres.

          Avec la nomination de Komlan Mally à la Primature, Kpatcha avait été écarté du Gouvernement mais on n’a pas procédé à la nomination d’un nouveau Ministre pour le remplacer. Le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants a été rattaché à la Présidence de la République. Mais on ne se rappelle pas qu’au lendemain de ce remaniement, il y avait eu passation de service en bonne et due forme, entre le ministre sortant et les autorités chargées de prendre le relais. Une passation de service aurait permis à Kpatcha de rétrocéder au pouvoir, les attributs de son statut de ministre et surtout le matériel militaire qu’il détenait à la faveur de ses fonctions de ministre de la Défense. Et tout cela, devrait être sanctionné par un procès-verbal consignant par écrit, les pièces et matériels récupérés. Malheureusement, selon nos sources, il n’en a rien été et cela n’avait apparemment dérangé personne. Faure Gnassingbé, son cabinet militaire et les nouvelles autorités en charge de la Défense n’ont-ils pas pris la mesure de la situation ? Grave oubli ou choix délibéré ? Toujours est-il qu’on s’était accommodé d’une situation inexplicable. Pourquoi ? De là, à dire que tout avait été fait à dessein pour mettre en difficulté Kpatcha au cas où il deviendrait gênant, il n’y a qu’un pas que nous refusons de franchir.

          Il est aussi constant que les fils Eyadéma ont vécu dans un environnement militaire où très tôt, ils s’étaient familiarisés avec les armes. On sait que plusieurs parmi eux, même ceux qui n’exercent aucune profession ayant un quelconque rapport avec le métier des armes, en possèdent. On se souvient qu’il y a quelques années, alors que le Général Président était encore de ce monde, un de ses fils qui aimait jouer au rodéo sur les routes, avait grièvement blessé avec une arme à feu, un usager de la route dans la zone de Sotouboua parce qu’il n’avait pas supporté que ce dernier le double à bord de sa voiture. A l’époque, le «pistolero» avait été arrêté et détenu à la Gendarmerie avant d’être remis en liberté Tout le monde connaît ce fils à Papa qui est encore en vie.

          On se rappelle également qu’il y a quelque temps, au cours d’une altercation banale dans un maquis non loin du Garage Central à Lomé, une fille du défunt Président avait tenu tout le monde en respect avec une arme à feu.

          Ces exemples montrent à suffisance que les armes sont, pour les enfants du Général, des objets banals qu’on possède comme des gadgets et dont on peut user pour les choses les plus insignifiantes.

          Nous n’avons l’ambition de jouer à l’avocat de personne. Mais il nous semble que des armes retrouvées chez un Gnassingbé, qui plus est, un ancien Ministre de la Défense qui, officiellement n’a pas passé la main, n’a rien de surprenant, à moins que l’intention criminelle soit clairement prouvée et démontrée par d’autres moyens.

          On peut pérorer à loisir sur la nature réelle ou supposée du complot allégué. Mais si tentative de coup d’Etat il y a eu, et si on a vraiment retrouvé des armes au domicile de Kpatcha, il s’agit d’une situation favorisée par ceux qui ont manqué de faire la passation de service avec l’ancien Ministre de la Défense.

          Les conséquences de cette affaire sont incalculables pour le Togo qui, aujourd’hui, n’a que faire d’une démonstration de force pour déjouer un complot. Au Togo, on manque de tout et les populations attendent que les pouvoirs publics pourvoient au minimum de leurs besoins quotidiens. Des enjeux électoraux pointent à l’horizon et le Togo a besoin d’une certaine sérénité et d’apaisement pour effectuer un processus de qualité.

          Il est regrettable qu’on soit arrivée à une situation de ce genre. Au moment où on parle de réconciliation, les faits qui se produisent aujourd’hui avec leurs cortèges d’arrestations ne peuvent que compliquer les choses. C’est pourquoi cette affaire doit être gérée avec beaucoup de tact et de retenue. Quelle que soit la gravité des choses dont sont accusés les comploteurs présumés arrêtés, ils doivent bénéficier de l’habeas corpus. La Constitution togolaise dispose en effet, en son article 18 que «tout prévenu ou accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’un procès qui lui offre les garanties indispensables à sa défense.

          Le pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi».

          Enfin et dans un autre registre, l’heure semble avoir sonné pour que tous les autres frères civils du Président et surtout les demi-frères de Faure qui détiennent des armes soient désarmés.

          On peut donc dire que c’est le plus dur qui commence pour Faure désormais appelé sur tous les fronts. Il doit savoir gérer concomitamment une famille divisée et déchirée à jamais, une armée au sein de laquelle la graine de la suspicion a été semée et un pouvoir qui doit se renforcer sans dériver vers l’autoritarisme. Les chantages auxquels on assiste aujourd’hui commencent à divertir l’opinion alors que ce qui se passe aujourd’hui est sérieux.

          D’ores et déjà, les pays voisins commencent à se moquer de nous, vu la manière dont le dossier est traité. Que viennent encore chercher les liseurs de motion dans cette affaire ? Ça suffit la comédie.

Amou


Deux poids, deux mesures : Certains prévenus déjà privilégiés par rapport à d’autres

          Après avoir visité, dans la matinée de samedi 18 avril, l’honorable Kpatcha Gnassingbé et plus de vingt personnes interpellées dans le cadre de l’enquête préliminaire à propos du dossier «atteinte contre la sûreté de l’Etat», des organisations de Défense des Droits de l’Homme à savoir la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), le Mouvement Togolais de Défense des Libertés et des Droits Humains (MTDLDH) et la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, ont rencontré la presse, dans l’après-midi du même jour.

          Il ressort de leur compte rendu que tous les détenus visités sont apparemment bien portants. Les prévenus auraient déclaré n’avoir été l’objet de mauvais traitements depuis leur interpellation jusqu’alors. «… De manière générale, les détenus ont déclaré ne souffrir d’aucune maladie ou malnutrition. Toutefois, l’honorable Kpatcha Gnassingbé a indiqué qu’il était sous surveillance médicale avant son interpellation et que cette surveillance continue avec le médecin de la famille que les visiteurs ont rencontré sur place. De même, un des militaires interpellés souffrait des douleurs du thorax avant son interpellation.», ont-ils souligné.

          Toutefois, ont laissé entendre les conférenciers, «à propos des visites, certains détenus sont privilégiés par rapport à d’autres. En clair, certains détenus ont déclaré avoir reçu la visite des membres de leur famille tandis que d’autres, jusqu’à présent, n’en ont jamais reçue

          Les organisations de Défense des Droits de l’Homme ont fait savoir à la presse que, jusqu’à la journée du 18 Avril 2009, le nombre de détenus était élevé à 21 dont 17 militaires et 4 civils. Elles se sont, toutefois réservées de citer nommément les personnes visitées.

          A la fin de leur visite, elles auraient fait un certain nombre de recommandations à l’endroit des Autorités togolaises. Entre autres :

          - faire continuer le suivi médical des détenus malades ou sous surveillance médicale avant leur interpellation

          - favoriser la visite des familles des détenus qui en sont privés

          - veiller à l’hygiène et à la salubrité de la literie et des lieux de détention.

Les zones d’ombre

            Cette conférence de presse loin d’éclairer l’opinion, a plutôt laissé les journalistes sur leur soif.

          D’abord, les organisations n’ont pas eu le courage de dire à la presse, le ou les lieux où sont détenues les personnes interpellées.

          Ensuite, ils n’ont pas donné l’identité des personnes arrêtées et visitées.

          Enfin, ils n’ont pas pu dire pourquoi certaines personnes sont bien traitées par rapport à d’autres.

          D’ores et déjà, on note une politique de deux poids, deux mesures dans le traitement des détenus depuis leur lieu de détention. Pourquoi certains sont-ils privilégiés par rapport à d’autres ?

          Que ce soit à la CNDH, à la LTDH et au niveau des autres organisations de Défense des Droits de l’Homme, nombreux sont les parents qui se plaignent de la disparition mystérieuse des membres de leurs familles. Où sont-ils ? Sont-ils morts ou sont-ils vivants ? Où les a-t-on gardés, se demandent-ils.

          Connaissant notre pays, il est donc temps que toutes les zones d’ombre soient élucidées sur toutes ces questions. Notre pays étant réputé dans les violations des droits humains et les libertés fondamentales, il est donc sérieusement à s’inquiéter sur le sort qui est réservé à nos frères et sœurs interpellés dans cette affaire.

          S’il est vrai que le RPT veut écarter tout mauvais esprit qui gêne l’unité nationale, il n’en demeure pas moins vrai que, pour le faire, il faut la manière ; faute de quoi, nous serons obligés de reculer encore «50 ans en arrière». L’heure a donc sonné pour que la vérité, rien que la vérité soit dite.

L.C.


Détournement de 100 millions CFA de cotisations sociales à l’ICAT : Le Ministre Ewovor doit s’impliquer pour sauver la situation

          A l’Institut de Conseil d’Appui Technique (ICAT) il se passe des choses peu orthodoxes. Une affaire de détournement de 100 millions CFA comptant pour les cotisations sociales, de 13 mois d’arriérés de salaires et de 7 mois de soldes non payés, empoison-ne depuis quelque temps les rapports entre les agents de terrain et le Directeur Général de cet Institut, le Dr Odou.

            Les agents de terrain qui revendiquent le reversement intégral des cotisations sociales à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le payement de tous les arriérés de salaires et les soldes non remboursés, donnent un délai de 15 jours pour obtenir satisfaction. Autrement, un sit-in dans l’enceinte du Ministère de l’Agriculture est prévu le 4 mai 2009 suivi d’un débrayage d’une semaine dans toutes les Directions Régionales et les agences.

 

De quoi s’agit-il ?

          A la suite des négociations entre la Direction Générale de l’ICAT et le Trésor Public togolais, les deux parties sont convenues que l’intégralité des salaires à savoir 16,5 % des charges patronales et le salaire brut du personnel soient tous les mois alloués à l’Institut qui, en lieu et place du Trésor Public, sera désormais chargé de reverser les charges patronales et les 4 % prélevés sur le salaire brut du personnel, ce qui fait au total 20,5 % de cotisations sociales à la CNSS tous les mois. Mais pour des raisons non encore élucidées mais faciles à imaginer, la Direction Générale de l’ICAT s’est, en douce, abstenue de verser les cotisations sociales de 16 mois s’élevant à 100 millions de CFA à la CNSS, contrairement à ce qui était convenu entre elle et le Trésor Public.

          Cet acte susceptible de compromettre dangereusement les chances de jouissance pleine et entière des indemnités de retraite et les pensions de vieillesse du personnel a été frappé «Top Secret» à la Direction de l’ICAT. Mais comme le dit l’adage, le mensonge se lève tôt, la vérité finit par le rattraper. C’est ainsi que lors de la passation de service entre l’ancien Directeur Administratif et Financier (DAF) M. Tchassanti Ouro Bodi et le nouveau, M. Têkoe Fogan, le pot aux roses fut découvert. Le Directeur Général de l’ICAT et le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche saisis, n’ont rien fait pour aider les victimes à rentrer dans leurs droits. Pire, la gestion catastrophique des fonds du Trésor Public et le non reversement des cotisations sociales à la CNSS par la Direction Générale de l’ICAT ne semblaient pas préoccuper le Ministre.

          Par ailleurs, il a été donné de constater dans le même temps, une irrégularité bizarre dans la dotation mensuelle en carburant fixée à 10 litres par agent déjà insuffisant, allouée aux agents de terrain (Conseillers Agricoles).  Idem pour les Directions de Délégation Régionale qui étaient financièrement asphyxiées. A la Direction Générale, d’après nos informations, toute une gymnastique était initiée pour camoufler les malversations financières sur lesquelles nous reviendrons dans une prochaine parution, dans les moindres détails, chiffres à l’appui. Lorsqu’il prévoyait la création de l’ICAT, le restructurateur avait pensé à un instrument viable et fiable d’appui technique à une agriculture togolaise balbutiante et vacillante et non à une mine d’argent sans fond où les responsables puiseront sans vergogne pour se remplir les poches au détriment des travailleurs et du monde paysan.

          On rapporte qu’à l’ICAT, le Directeur Général se mêle de tout en se substituant tantôt au Directeur Administratif et Financier (DAF) tantôt à la comptabilité. Dans cette confusion généralisée, le DAF n’a pas mieux trouvé que d’instaurer en toute impunité, une gestion opaque où l’anarchie le dispute la vedette à l’improvisation si ce n’est à la navigation à vue.

          Le Directeur Général de l’ICAT admis à la retraite depuis quelques années s’accroche toujours à son fauteuil luxuriant de DG sous l’œil complaisant de son Ministre de tutelle qui ne semble pas du tout pressé de le remplacer. Au Togo lorsqu’on est officiellement admis à la retraite, mais officieusement maintenu aux affaires, on pense qu’on est irremplaçable, et on finit à n’en faire qu’à sa tête. C’est ainsi qu’à l’approche du changement à la tête de la Direction Administrative et Financière, Dr Odou a activé le poste de Chef Division Comptabilité dont il ne s’est jamais accommodé, pour y mettre l’ancien Directeur Administratif et Financier M. Tchassanti qui était à ses côtés au moment du détournement des 100 millions F CFA des cotisations sociales.

          Le samedi 18 avril dernier, les agents de terrain venus de toutes les cinq régions du pays, avaient décidé à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire, de tenir le 4 mai prochain dans l’enceinte du Ministère de l’Agriculture, un sit-in suivi d’une semaine de cessation d’activités sur toute l’étendue du territoire pour réclamer le versement à la CNSS des 100 millions de cotisations sociales et le payement des 13 mois d’arriérés de salaire, et de 7 mois de soldes non perçus.

          De nombreux observateurs pensent que seul le limogeage de ce Directeur Général qui, malgré l’évidence, ne reconnaît aucun détournement de fonds dans son service, peut remettre de l’ordre dans la gestion de l’ICAT. Le maintien de cet homme  à son poste risque de multiplier les sit-in et les débrayages intempestifs au niveau des agents de terrain de l’ICAT. Ce qui, malheureusement, peut porter lourdement atteinte à la campagne agricole en cours malgré les efforts du Chef de l’Etat.

          Compte tenu de l’importance qu’attache le Chef de l’Etat à la réussite de cette campagne agricole, l’implication personnelle du Ministre de l’Agriculture dans ce dossier, s’impose plus que jamais. Les regards sont donc tournés vers le Ministre Ewovor qui, il n’y a pas longtemps, avait déclaré aux agents de terrain que le dossier est au niveau de son cabinet.

          Affaire à suivre.

JNT


Kaléidoscope

Des nouvelles recrues désenchantées

          A en croire des sources dignes de foi, les nouvelles recrues dans l’Administration Publique, sont réduits depuis leur prise de fonction à passer non des heures de travail mais des heures au travail et en toute autarcie. Manque crucial de bureaux pour certains, manque d’attributions précises pour d’autres dans un contexte d’hostilité et d’indifférence plus ou moins avéré créé et entretenu par des anciens qui éprouvent des difficultés à accepter de collaborer avec nettement plus diplômés qu’eux.

          Pour gérer cette situation peu enviable, certains choisissent de passer remplir la fiche de présence pour s’évanouir après dans la nature. Ceux qui ont plus de chance de se retrouver à plusieurs dans les salles de réunions ou de conférences de leur département ou service transforment carrément les lieux en un agora pour se délecter à petites cuillères des sujets brûlants de l’heure et ceci pendant les heures de service. Les plus à plaindre sont ceux qui ont pu être «casés» dans un bureau mais confrontés à l’ambiance glaciale entretenue par les anciens. Mais bizarrement, à la fin de la journée, chacun regagne la maison avec le sentiment d’une journée de travail bien remplie. A la fin du mois, ils brandiront tous des arguments convaincants pour réclamer leurs salaires. De son côté, le gouvernement se fera fort de payer ainsi des travailleurs totalement désoeuvrés. Est-ce à dire que l’administration togolaise n’a pas besoin de renfort en personnel et que le concours de recrutement n’a été organisé que pour les beaux yeux des diplômés sans emploi ? Pour l’heure dans le camp des nouvelles recrues, le désenchantement est total.

Faure en déphasage avec les réalités au Togo

          Dans son message adressé aux Togolais suite à la tentative déjouée contre la sûreté de l’Etat, le Chef de l’Etat a fait montre d’une confusion et d’une méconnaissance inadmissibles de la condition sociale de ses administrés. Pour avoir ordonné le recrutement de 4.000 nouveaux fonctionnaires dans l’administration publique dans les conditions que l’on sait, la gratuité du préscolaire et du primaire, la rénovation de notre politique de santé et la promotion de l’agriculture, Faure Gnassingbé croit avoir semé le bonheur dans le cœur des Togolais. Il n’a peut-être pas encore conscience du fait que le recrutement des 4.000 nouveaux fonctionnaires, dont une bonne partie était déjà, employée de l’Etat n’a rien réglé au niveau du chômage au Togo. Il  ne sait peut-être pas que la gratuité du préscolaire et du primaire telle que décrétée et appliquée au Togo pose plus de problème qu’elle n’en résout aux enseignants, aux parents et aux élèves. Le président Faure Gnassingbé doit cesser de traumatiser les Togolais déjà écrasés sous le poids d’une misère indicible, en rappelant à tout bout de champ les mesures impopulaires prises par son gouvernement qui n’ont pour effet que l’aggravation de la condition de vie des populations. Le Chef de l’Etat ferait œuvre utile s’il demandait au gouvernement d’arrêter sa manie de reprendre par la main gauche, ce qu’il octroie par la main droite. Les Togolais sont par exemple scandalisés par le refus du gouvernement de baisser les prix du carburant à la pompe en adoptant un prix à peu près semblable à ce qui a cours dans les pays voisins. Si Faure prétend n’être pas informé de cet aspect de la chose, on peut affirmer alors qu’il est complètement en déphasage avec la réalité.

Le Ministre Titikpina ne parle pas

          Depuis plus d’une semaine, le Togo est affecté par des événements douloureux ayant assené un coup dur au débat politique moribond. Brandissant l’alibi de complot contre la sûreté de l’Etat, les hommes du Colonel Kadanga ont, dans la nuit du 13 avril 2009, pendant des heures, soumis la résidence de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé soupçonné, à des tirs nourris d’artillerie  lourde. L’élu du peuple n’aura la vie sauve que grâce à l’intervention et l’interposition d’un de ses nombreux frères, le Col. Rock Gnassingbé, le patron du Sous-Groupement blindé. Cet événement qui a perturbé de façon significative, la quiétude des paisibles populations et sérieusement  traumatisé les voisins de l’honorable Kpatcha, curieusement, n’a pas en toute vraisemblance préoccupé comme il se doit, le Ministre Titikpina Atcha de la Sécurité et de la Protection Civile. Au moment où le Procureur de la République Robert Bakaï et le patron de la Gendarmerie le Col. Yark se démenaient qui, pour informer l’opinion sur les médias, qui pour exécuter les instructions du parquet, notre charmant personnage se livrait en toute tranquillité à des opérations de simulation de secours aux naufragés en cas d’inondation. Tout porte à croire que l’«affaire Kpatcha» censée affecter la sûreté de l’Etat donc à la sécurité des Togolais dont il est le patron n’intéresse pas le Ministre Titikpina. L’homme a brillé par un mutisme incompréhensible qui suscite déjà des spéculations à son encontre. Il a subtilement dévié le feu des caméras vers le Procureur de la République et les responsables de la Gendarmerie exposés ainsi aux attaques médiatiques. Ailleurs, lors des événements du genre, c’est le Ministre de la Sécurité qui monte au créneau pour planter le décor avant de laisser le soin aux autres s’exhiber. Ce n’est tout de même pas parce que dans l’affaire Atsutsè Agbobli, il lui avait été reproché de mettre la charrue devant les bœufs en publiant, avant toute autopsie du corps, un communiqué sur les causes de la mort de l’écrivain politologue historien togolais, qu’il va vouloir garder silence dans le dossier Kpatcha. Plus que jamais, le mutisme de  Titikpina est suspect.

Vous avez dit expérience ?

          Au cours de la campagne électorale en prélude au congrès électif de janvier 2009, le Colonel Rock Gnassingbé était présenté comme un candidat sérieux et pétri d’expériences. Pour avoir présidé deux mandats de 4 ans durant, aux destinées du football togolais et pour avoir été aux commandes lors de la double qualification des Eperviers à la CAN/Mondial 2006, l’homme ne devrait pas manquer d’arguments sur le plan de l’expérience. Cependant, il est donné de constater, tout de suite après son élection énigmatique à la présidence de la Fédération Togolaise de Football (FTF), que le nouvel ancien président Rock ne cesse de faire preuve d’un amateurisme criard. Il manquerait d’assurer la cohésion au sein de son groupe et serait aujourd’hui en conflit plus ou moins ouvert avec son vice-président l’honorable Gabriel Améyi, un détracteur irréductible, du prédécesseur de Rock. La dernière qui défraye la chronique, est la décision par laquelle le FTF demande aux clubs de 1ère division de disputer à partir de la 5e journée un championnat national, deux fois par semaines, c’est-à-dire les mercredi et les dimanches. Nombreux sont ceux qui ne pensent pas beaucoup de bien de cette mesure qui en demande trop aux joueurs eu égard aux conditions dans lesquelles ils évoluent ici et qui tranchent d’avec celles des professionnels. Dans les milieux du football, de sérieuses réserves sont formulées contre la mesure qui, en dehors de Kossivi Reinhardt et de Rock Gnassingbé n’enthousiasme personne. Mais l’entraîneur Belge Jean Thissen auquel la situation n’échappe pas, vient de désavouer publiquement la chose. C’était au cours d’une conférence de presse tenue le vendredi 17 avril 2009. Le rendement d’un week-end, n’est pas le même le mercredi, a déclaré le sélectionneur et Directeur Technique National avant d’ajouter : «J’ai été surpris de voir des clubs qui ont bien joué le dimanche mais mercredi, ils sont complètement foutus». Autrement dit, cette décision de Rock Gnassingbé a tôt fait de démontrer ses limites. De quoi s’interroger sérieusement sur la nature des expériences prêtées au candidat Rock. Après ce désaveu public de Jean Thissen, on se prépare d’après nos informations à rapporter purement et simplement les termes du communiqué du 10 mars 2009. Si ces informations s’avéraient alors, sans nul doute, Jean Thissen aura sauvé le championnat national.

Le Changement 167 de jeudi 09 avril
Du débat politique à la mobilisation populaire : L’UFC face à la stratégie de la rue

          Depuis quelque temps, le débat politique s’enlise au Togo. La mise en place du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) qui a suscité beaucoup d’espoir quant au règlement de nombreuses questions d’intérêt national ne semble pas à la hauteur des attentes. Le principe du consensus qui est sa base fondamentale de décision est rarement au rendez-vous sur les questions les plus urgentes. La situation s’est envenimée avec la modification par les députés RPT dans les conditions qu’on sait, des articles 21 et 32 du Code Electoral le 31 Mars dernier.

          Dès lors et même bien avant, au sein de l’opposition, on s’interrogeait et s’inquiétait sur la fiabilité du processus électoral devant conduire à l’échéance présidentielle de 2010 que tout le monde souhaite transparente, sereine et démocratique.

          Face au parti au pouvoir qui s’appuie sur les faveurs des rapports de force et surtout sa majorité parlementaire pour tenter d’imposer sa loi, opérer des passages en force et mettre entre parenthèses le principe du consensus, l’UFC semble avoir opté pour la stratégie de la rue. A travers plusieurs communiqués de presse, ce parti avait déjà appelé les populations à rester mobilisées et vigilantes. Au cours d’un meeting animé à la Place Anani Santos (ex Fréau Jardin) le 22 mars dernier, les responsables du parti avaient clairement affiché leur option : mobiliser les populations pour les faire descendre dans la rue afin de crier leur ras-le-bol.

          Comme pour joindre l’acte à la parole, le leader de l’UFC, M. Gilchrist Olympio arrivé à Lomé, a entamé une tournée dans les fédérations du parti. Dans toutes les fédérations qu’il a visitées, le message était celui de l’information des militants sur l’évolution de la situation politique au Togo et l’appel à la mobilisation populaire. Reste à savoir ce que peut donner cette stratégie et surtout si elle est la meilleure à l’étape actuelle de notre évolution.

          Il est vrai que la stratégie de la rue a été payante dans plusieurs cas. Mais il est aussi vrai que cette option a des limites. Au Togo, la rue a joué un rôle considérable voire déterminant dans le processus démocratique. Ils sont encore vivaces dans les mémoires les manifestations populaires monstres et les mouvements de foule qui avaient mis le régime Eyadéma sous pression au début des années 1990. Elles sont encore fraîches dans les esprits, les importantes concessions arrachées au régime avec la rue. Mais si pour l’essentiel, les problèmes demeurent les mêmes aujourd’hui qu’hier, les circonstances ont changé et ce qui s’est passé hier ne peut pas forcément se passer aujourd’hui. Quel que soit ce qui est reproché au pouvoir en place, il jouit d’une certaine légalité et légitimité aux yeux de la communauté internationale pour qui le Togo n’est plus un cas urgent et préoccupant à côté de pays comme Madagascar, le Zimbabwe, la Guinée-Bissau, le Soudan, la Guinée Conakry et même la Côte d’Ivoire.

          De même, l’opposition qui mobilisait les foules n’est plus la même aujourd’hui. Ceux qui, hier, parlaient d’une seule et même voix se regardent aujourd’hui en chiens de faïence et ne parlent plus le même langage. Il est vrai que tous proclament de tout mettre en œuvre pour obtenir des élections libres et démocratiques en 2010. Mais pour l’instant, il est illusoire de penser à une action concertée entre eux. Entre les partis de l’opposition extraparlementaire et ceux de l’opposition parlementaire, rien ne va. Que veut-on par exemple que l’UFC et le CAR fassent ensemble avec la CPP, la CDPA et le PDR, leurs alliés d’hier qu’ils considèrent comme des béquilles du RPT et à qui ils refusent aujourd’hui farouchement, l’entrée au CPDC ?

          La situation devient plus complexe si l’on sait qu’entre les deux partis de l’opposition parlementaire même, on n’est pas d’accord sur toute la ligne. On n’a pas les mêmes préoccupations. Pendant que l’UFC parle de mobilisation, le CAR campe sur le retour de l’ascenseur pour l’alternance. Et tout porte à croire que tant que le principe de ce retour à l’ascenseur ne sera pas obtenu, le CAR n’est pas prêt à s’engager dans une action commune avec l’UFC.

          Au regard de ces constats, le risque n’est pas exclu que l’UFC se retrouve seul sur le pavé avec des manifestants pas en nombre suffisant pour faire reculer le RPT.

          Au-delà de tous les commentaires, les mouvements de rue ont leur histoire au Togo. Comme nous l’écrivions tantôt, le début des années 1990 a été particulièrement marqué au Togo par des mouvements populaires. Chaque fois que le pouvoir en place rechignait à satisfaire les exigences de l’opposition, on mettait la rue à contribution. De son côté, le pouvoir en place appuyé par ses affidés n’hésitait pas non plus à solliciter la rue à travers des marches de soutien pour se donner bonne conscience et démontrer à l’opinion qu’il n’est pas seul. Preuve que, comme l’a laissé entendre certains caciques du RPT, «nul n’a le monopole de la rue».

          Au lendemain du décès brutal du Président Eyadema et de l’«intronisation» de Faure Gnassingbé par les officiers des FAT, les mouvements de rue s’étaient intensifiés au Togo. Entre cette période et la prestation de serment de Faure suite à l’élection présidentielle du 14 Avril 2005, les manifestations populaires s’étaient multipliées.

          Certes, les mouvements de rue ont parfois ébranlé le pouvoir mais force est de reconnaître qu’ils n’ont jamais permis de régler définitivement et durablement le problème togolais. Autrement, on n’en serait pas là aujourd’hui.

          Dans un autre registre, il est constant de remarquer que les manifestations de rue n’ont jamais été sans conséquences fâcheuses pour les populations elles-mêmes et pour l’Etat. En effet, ces manifestations qui connaissent bien souvent des débordements, occasionnent des blessés, parfois des morts, ainsi que la déprédation de biens publics et privés. Qui pourrait jamais oublier au Togo le 05 Octobre 1990 ou le 25 janvier 1994 ?

          Les manifestations de rue ont une efficacité relative. L’UFC pourrait en user autant qu’elle voudra pourvu qu’elle se conforme aux dispositions légales. Mais les risques inhérents à toutes les manifestations du genre restent réels. D’où la question de savoir si on a vraiment besoin d’en arriver-là. Cette question n’interpelle pas seulement l’UFC mais la classe politique togolaise toute entière et surtout le RPT, si l’on sait que c’est faute pour ce parti de faire des concessions que l’UFC menace de s’en remettre à la rue.

          Aujourd’hui, le Togo qui a presque touché le fond, revient de loin. La confiance qui renaît entre notre pays et ses partenaires depuis les élections législatives d’Octobre 2007 doit être renforcée et consolidée par une élection présidentielle sans tache 2010. Le Togo a beaucoup perdu sur la route de la démocratie, il est temps d’arrêter l’hémorragie. C’est pourquoi le dialogue semble la voie la plus indiquée. Mais le dialogue n’est possible et efficace qu’entre personnes de bonne foi, de bonne volonté et des hommes pétris de patriotisme. Les acteurs politiques togolais doivent privilégier l’intérêt national par rapport à l’intérêt partisan. Le mépris, la fuite en avant et le manque de réalisme ne peuvent qu’envenimer la situation. Il faut donc savoir raison garder et faire preuve de lucidité et de responsabilité.

          Dans tous les cas, le RPT est le maître du jeu. Tout dépendra de lui si on doit organiser une élection apaisée ou non. Car étant au pouvoir, il doit connaître les préoccupations des uns et des autres.           

 L. C.


1ère session ordinaire de l’Assemblée nationale : Les beaux discours d’Abass Bonfoh contredisent les dérives au Parlement

          «… Sans paix et stabilité, point de développement. Les députés de la majorité et de l’opposition doivent se tolérer et s’accepter dans la diversité d’opinions pour le bonheur de la démocratie…», tel est, en substance, le message que le Parlement du Mali a adressé le mardi dernier à l’Assemblée nationale togolaise, lors de l’ouverture solennelle de sa première session ordinaire de l’année 2009.

Selon Dr Sylla Abdramane, 6e Vice-Président de l’Assemblée nationale du Mali, chez eux, ce climat de pluralisme dans la convivialité fait que de plus en plus, l’ordre des matières prend le pas sur l’ordre des raisons. Ainsi, les projets de lois sont-ils discutés de façon sérieuse et approfondie entre une majorité et une opposition somme toute républicaine et n’ayant d’autres soucis que l’intérêt général. Il en a, pour ce faire, appelé l’Assemblée nationale togolaise au sens de responsabilité face à l’attente grandiose de nos populations par rapport à leur mission de parlementaires. Il a indiqué qu’ils ont l’obligation de résultat qu’ils n’ont pas droit à la moindre faute. «Pour minimiser les erreurs qui, du reste, sont humaines, nous devons ensemble rechercher les voies et moyens pour construire dans nos Etats respectifs, une démocratie pas aveugle comme celle qui se veut calquée exclusivement sur le modèle occidental au mépris de nos réalités nationales mais celle qui allie les principes occidentaux et les valeurs cardinales positives de la gestion sociale et politique propre à notre chère Afrique… » L’orateur a convié les parlementaires togolais à plus de responsabilité.  Pour y parvenir, l’instauration d’une bonne coopération interparlementaire s’avère nécessaire voire indispensable : «Les parlementaires africains, pour réussir leurs missions, combien délicates, doivent échanger fréquemment entre eux, notamment sur les difficultés auxquelles ils sont confrontées, les méthodes et moyens mis en œuvre pour aboutir à des solutions salutaires». Il s’agit là d’une grande leçon donnée à l’Assemblée togolaise, surtout à la majorité. 

          Les représentants des parlements amis du Togo – Bénin, Burkina-Faso, Ghana… – se sont également succédé pour appeler à une démocratie apaisée lors de cette session parlementaire.

          Conformément à l’Article 55 de la Constitution, l’Assemblée nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an : la 1ère session s’ouvre le premier mardi d’Avril et la seconde le premier mardi d’Octobre. C’est donc conformément à ces dispositions que la session de mardi 07 Avril s’est réunie et élargie à des parlements de la sous-région invités pour la circonstance.

          Selon le Président de l’Assemblée nationale togolaise, El Hadj Abass Bonfoh, la présente session intervient non seulement à un moment où les discussions politiques sont engagées sur les réformes constitutionnelles et institutionnelles mais aussi à un an de l’élection présidentielle de 2010.

          Tout en reconnaissant que 2010 constitue un enjeu, il se pose plusieurs interrogations :

- Quel sera le rôle des députés en 2010 ?

- Que fera le représentant du peuple avant, pendant et après l’élection ?

- Quelle attitude avoir face aux résultats

- Quel comportement devront adopter les perdants et les gagnants pour préserver la paix sociale ? Autant de questions auxquelles nous ne saurions répondre.

          Pour 2010, Abass Bonfoh exhorte les politiques, les députés, la société civile et surtout la presse à apporter leur contribution pour son bon déroulement. Il a fait savoir que l’Assemblée nationale s’engage à jouer son rôle dans la plus grande sérénité.

          La question reste de savoir si Abass Bonfoh est sérieux dans ses propos ou s’il s’agit seulement de beaux discours pour plaire quand on sait qu’il y a quelques jours seulement, le même Abass Bonfoh a fait passer, en l’absence des députés de l’Opposition, l’article 21 du code électoral. Ce comportement appelle-t-il à l’apaisement qu’il souhaite de tous ses vœux ? Pour beaucoup d’observateurs, les beaux discours d’Abass Bonfoh contredisent les dérives au Parlement. Pour qui connaît les dérives criardes à l’Assemblée nationale, tout ce qu’il dit ne peut être interprété comme un vain mot. Abass Bonfoh, pompier ou pyromane ?

Amou


Augmentation des prix des produits BB : La Brasserie BB tente désespérément de faire avaler la pilule

          Depuis le jeudi 2 Avril, le prix des produits BB sont revus à la hausse. Cette mesure intervenant à un moment où le consommateur togolais tire le diable par la queue et dans tous les sens, appelle à des interrogations auxquelles la Brasserie BB à travers un argumentaire tente désespérément de donner des réponses.

          Il ressort du document cité en référence que la mesure n’a pas été prise unilatéralement et délibérément. Elle est consécutive à une augmentation des droits d’accises s’appliquant sur tous les produits de boissons importées ou produits localement. C’était sous la coordination de l’Association Togolaise des Consommateurs, le syndicat des grossistes, celui des détaillants et le ministère du commerce.

          Au terme de ce changement de fiscalité qui induit automatiquement une modification du prix de vente consommateur, 42 % des recettes vont à l’Etat chaque fois qu’un produit BB est acheté. En guise de mesure de compensation, la Brasserie BB entend, entre autres, soutenir la consommation par la multiplication des actions d’aide à la vente (jeux, concours Bobs, Coca et Guinness, une fête de la bière plus attrayante, les promotions dans les RDV, les quartiers et plage, tour cycliste).

 . Le produit Sport Actif passera dorénavant de 25 cl à 30 cl sans augmentation du prix

 . la Pils et la Lager, bières d’entrée de gamme n’augmente que de 25 F CFA,

 . La Beaufort 6.9 n’augmente pas ses prix

 . La Guinness passe en format GENIUS

          A la lumière de ces explications de la Brasserie BB et compte tenu du phénomène de la vie chère qui frappe de plein fouet le consommateur togolais, il importe de s’interroger sur l’opportunité de la mesure.

          A notre avis, on pouvait faire l’économie de cette mesure si on considère que la Brasserie BB jouit de la baisse des prix du carburant, dans un contexte où les tarifs d’électricité, d’eau courante et de téléphone auxquels elle est soumise sont demeurés inchangés.

          Cette société ne devrait pas se prévaloir de sa contribution aux recettes budgétaires de l’Etat togolais (2 milliards F CFA) pour tenter de justifier l’injustifiable.

          Par ailleurs, il ne sert à rien de faire croire à l’opinion que parce que l’ATC et le syndicat des grossistes et celui des détaillants étaient associés à la chose, on peut avaler la pilule sans rechigner. Tout le monde sait que cette association des consommateurs n’est pas unique en son genre au Togo et que ce qu’elle approuve, n’agréera forcément pas les autres associations sœurs. L’ATC est donc loin d’être représentative et de faire l’unanimité. Pour ce qui est des syndicats des grossistes et des détaillants, la Brasserie BB est seule à croire que leurs intérêts ne divergent pas de ceux du consommateur.

          A propos de l’Etat togolais qui procède à une augmentation des droits d’accises, peu après avoir daigné baisser comme il l’entend, le prix des produits pétroliers à la pompe, il peut lui être reproché une volonté de tourner le consommateur en bourrique. A savoir récupérer de la main gauche ce qu’il octroie au consommateur par la main droite.

          Pour les observateurs avertis, ce pays qui se remet à peine de plus de 15 ans de sanctions économiques pour déficit démocratique, éprouve d’énormes difficultés à se départir des attributs d’un Etat voyou. Même si les responsabilités sont à partager, l’Etat togolais a la plus lourde de par les arguments avancés par la Brasserie qui sillonnent toutes les rédactions avec un lot de documents pour justifier sa position. Il revient au gouvernement de démontrer le contraire pour que l’opinion sache entre les deux, qui a raison et qui a tort.

Jacqueline Nyarley Tarsi


Kaléidoscope

Malgré la présence de l’opposition, la fête a eu lieu

          Après 2002 une opinion mal avertie des capacités de frappe du RPT, mettait en cause l’opposition togolaise d’avoir permis, en boycottant les législatives, au RPT de toiletter la Constitution nationale. Si l’opposition n’avait pas boycotté ces consultations, soutenait-elle, elle pouvait rafler les suffrages nécessaires pour empêcher le RPT de toucher à la Constitution. Ce qui fait sourire, c’est que des leaders de l’opposition et non des moindres avaient naïvement été de cet avis et ne décoléraient pas contre les radicaux qui les auraient amenés à boycotter le scrutin. Or en réalité, le RPT qui contrôlait et contrôle encore tous les instruments du pouvoir au Togo était capable d’empêcher l’opposition en cas de participation, d’obtenir les suffrages qu’il lui faut pour le bloquer au Parlement. Aujourd’hui, les faits donnent raison à ceux qui avaient décidé le boycott de ce scrutin. Puisque malgré la présence du CAR et de l’UFC à l’Assemblée, le RPT vient de se livrer à une autre forme de toilettage : la modification et l’adoption des articles 21 et 32 dans les conditions que nous savons. La cause est donc entendue : que l’opposition soit représentée à l’Assemblée ou non, le RPT a les ressources nécessaires pour faire de la Constitution togolaise, ce qu’il veut.

Les mordus de la mousseuse sacrifiés

          Depuis quelques jours, les mordus de la mousseuse n’ont plus le cœur à la fête. Désormais, ils sont tenus de verser pour chaque bouteille du pétillant et mousseux breuvage, 50 F CFA de plus et pour les autres consommateur, 25 F CFA pour les sucreries. En effet, cette décision de la Brasserie qui tombe en ces temps forts du phénomène de la vie chère, a de quoi susciter les courroux du consommateur togolais déjà suffisamment écrasé sous le poids des prix exorbitants du ciment, du carburant et des autres produits de première nécessité. Face à la détermination de la Brasserie d’augmenter à tout bout de champ le prix de ses produits, forte est la tentation pour les consommateurs de se ruer sur la bière locale. Mais il n’est pas facile de changer en un jour ce qu’on peut convenir d’appeler une vieille habitude. Pour l’heure, les mordus de la mousseuse prennent leur mal en patience tout en broyant du noir. Ce qui est sûr, c’est que dans cette histoire, c’est le panier de la ménagère qui sera lourdement une fois encore affecté, quand on sait que les accrocs de la bière qui ne vivent pas forcément de la bonne chaire n’ont généralement le sentiment de siffler qu’à l’entame de la 4e bouteille. On comprend dès lors que le consommateur togolais, dépourvu de toute mesure d’accompagnement pouvant l’aider à contenir le phénomène de la vie chère n’a aucune alternative autre que de rogner du côté du budget familial.

L’UFC et le CAR ensemble pour 2010 ?

          Les tentatives de rapprochement entre le CAR et l’UFC timidement annoncées pour les besoins de la cause vont connaître dans les jours à venir un réchauffement. Des contacts au sommet entre Gilchrist Olympio et Me Yawovi Agboyibo seraient envisagés si on en croit les propos émis par Gilchrist Olympio dans un quartier périphérique de Lomé il y a quelques jours. Pour les observateurs, l’initiative n’est pas mauvaise si elle vise à redynamiser l’opposition face au pouvoir RPT. Mais ce qui risque de poser problème, c’est le retour de l’ascenseur que réclame le CAR avec force et énergie. Il faut espérer que Gilchrist Olympio qui, en homme averti, entamera la démarche, saura s’y prendre pour conserver la cohésion de l’opposition. L’union de l’opposition et partant la présentation d’une candidature unique aux élections a toujours été présentée comme la meilleure façon pour cette famille politique de remporter les élections, au Togo. Mais à l’approche des échéances les germes de la division poussent les leaders à s’entredéchirer entre eux au point d’oublier l’adversaire commun le RPT, qui profite de la chose pour tirer son épingle du jeu. A quelques mois seulement des présidentielles de 2010, les leaders de l’UFC et du CAR qui, dans un passé récent a soutenu le candidat de l’UFC, parviendront-ils à surmonter leur divergence pour solidairement affronter le RPT ?

Démocratie d’abord, multipartisme après

          Peu de temps après le début de la lutte pour le changement au Togo, était le slogan de Tchékpo : «Démocratie d’abord, multipartisme après». Mais les leaders de l’opposition à l’époque tous charismatiques, avaient préféré plutôt cultiver le multipartisme au détriment de la démocratie. Les énergies étaient focalisées sur la représentativité des jeunes partis d’opposition naissants sur l’ensemble du territoire national. L’heure était aux préparatifs des toutes premières consultations législatives démocratiques et des présidentielles qui s’en suivront. Même le géniteur de ce merveilleux slogan, le Pr Léopold Messan Gnininvi, n’a pas cru devoir sacrifier la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) sur l’autel de la culture démocratique. Les premières élections multipartites mais pas du tout démocratiques, ont donné ce qu’elles ont donné. Les contestations qui ont suivi ont été gérées par le RPT conformément aux méthodes en vigueur dans les dictatures africaines. Face au conflit de leadership qui se faisait tout aussi grandissant qu’envahissant, le slogan de Tchékpo pratiquement relégué au dernier rang des préoccupations de nos leaders, jonchait le fond du tiroir.

          Aujourd’hui face à l’enlisement du débat politique qu’aucun artifice folklorique étoffé de toutes pièces n’arrive à faire évoluer, il apparaît aux yeux de tous que le bon vieux Pr Gnininvi, hier encore grand opposant au régime RPT n’avait pas tort. Les Togolais sont tous unanimes à reconnaître aujourd’hui, que la crise togolaise ne peut être résolue par le seul multipartisme parce qu’étant essentiellement liée au refus de l’alternance politique. Autrement dit au Togo, la démocratie doit précéder le multipartisme. Malheureusement, les opposants d’hier acquis à la cause du changement qui, aux côtés de l’UFC et du CAR doivent œuvrer à l’instauration de la démocratie, se retrouvent aujourd’hui au pouvoir aux côtés du RPT qui s’inscrit dans la dynamique inverse. Pendant combien de temps les Togolais vont-ils demeurer liés dans les fers de la servitude ?


Secrets d’alcôve : La beauté du diable

          Depuis que Flora a été présentée à Daniel par un ami, il ne cesse pas de rêver à elle. Lui qui a été rarement attiré par les filles était tout de suite tombé amoureux et était prêt à tout pour posséder Flora. En quinze ans de mariage, il n'avait jamais trompé Dopé sa femme. Mais maintenant, avec Flora, c'était tout à fait autre chose.

          En vérité, Flora était une belle fille. Son teint naturel et ses longs cheveux faisaient d'elle, une beauté. Côté professionnel, elle faisait partie de cette génération de jeunes femmes ambitieuses pleines de vigueur et d'énergie qui se battent pour faire fortune. Et la fortune, Flora l'avait. Elle possédait un grand magasin bien achalandé dans le quartier commercial de la capitale. Le commerce des bijoux qu'elle exerçait était florissant et rapportait gros.

          Sur le plan matrimonial, Flora n'était pas mariée, Elle avait eu un enfant avec un monsieur qui s'était révélé plus tard, très peu sérieux. Leur union n'a pas fait long feu, A présent, elle était une femme libre qui vivait avec son fils dans une petite villa blanche qu'elle avait louée. Laurent le fils de Flora avait quelques sept ans et fréquentait une école privée de la place.

          Le sentiment que nourrissait Daniel pour Flora était partagé. La jeune femme n'était pas indifférente à ce jeune homme bien bâti qui savait entretenir la bonne ambiance et qui était si attentionné. Daniel lui avait menti qu'il était divorcé depuis longtemps et qu'il était prêt à se marier en secondes noces avec elle. Et depuis, Flora ne faisait que caresser cette idée. Elle se demandait comment une femme a pu perdre quelqu'un comme Daniel.

          Dans son foyer, Daniel qui était très attachant, avait commencé à être distant des siens. D'abord il prétexta une maladie pour expliquer la mauvaise humeur qu'il avait commencé à afficher et que sa femme ne lui connaissait pas. Puis, il s'était mis à inventer chaque fois, des histoires pour traîner dehors. Lui qui rentrait très tôt à la maison à la sortie du bureau avait maintenant pris l'habitude de rentrer tard. Pour s'expliquer, il inventait des séminaires, des conférences, des réunions, etc. Dopé qui croyait bien connaître son mari était à mille lieues de penser à des escapades. Et pourtant. Pendant ses longs moments d'absence, Daniel se la coulait douce avec Flora. Il pouvait même se rappeler les doux moments passés avec elle et surtout leur premier tour au 7e ciel.

          C'était un vendredi, Ce jour-là, il avait dit à Dopé que un de ses collègues avait perdu un proche parent et qu'il devait aller aux funérailles à Kpalimé. Ce qui naturellement était faux. Daniel était revenu du bureau précipitamment. Dopé lui avait préparé son sac de voyage et il partit. Au lieu d'aller à Kpalimé, il s'était directement rendu chez Flora où il fut accueilli comme un prince, Pour le recevoir, Flora avait préparé une bonne sauce Adémè avec de la pâte. Une recette que Daniel adorait. Avant de manger, ils firent un petit tour en ville, histoire de prendre un bon apéritif au comptoir d'un bar. Flora profita de l'occasion pour ramener quelques bouteilles de liqueur à la maison.

          Après avoir mangé, Daniel et Flora s'assirent au salon pour regarder la télévision. Laurent le fils de Flora aussi était là. Mais très vite, il commença à somnoler et Flora le conduisit au lit.

De retour de la chambre de Laurent, Flora ne s'installa plus dans le fauteuil qu'elle occupait avant. Elle vint s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil où était assis Daniel et lui posa le bras sur les épaules tout en commentant le film qui passait. D'une main, Daniel saisit la main de la jeune femme et se mit à la caresser lentement. Il avait les idées loin de ce film. Il pencha la tête à gauche et s'appuya contre le flanc de la jeune femme. De sa seconde main, il lui caressait la cuisse. Flora avait délicatement enlevé son bras de l'épaule de Daniel et s'était mise à lui passer les doigts dans les cheveux, lui grattant de temps à autre, le cuir chevelu. Cela faisait du bien à Daniel. Quelques minutes plus tard, il leva le visage et son regard croisa celui de Flora. La suite fut un baiser langoureux et tendre.

          Après ce doux baiser, Daniel, toujours assis dans son fauteuil tira Flora vers lui. Sans aucune difficulté.

L'instant d'après, la jeune femme trônait sur ses genoux. Le dos collé à la poitrine de Daniel, elle ondulait comme un petit reptile tandis que Daniel, à pleines mains, avait pris sa poitrine qu'il malaxait lentement.

Quelque temps après ce manège, Daniel poussa légèrement Flora qui se leva. Rapide comme l'éclair, Daniel se leva et alla se planter devant elle. Une fois encore, leurs lèvres se fondirent en un baiser. Flora qui avait noué ses deux mains à la nuque de Daniel était toute offerte. Daniel pouvait lui administrer toutes les caresses qu'il voulait. Tantôt, il s'intéressait au dos de la jeune fille, tantôt ses mains lui couraient sur le flanc. Ils passèrent ainsi de longues minutes debout au centre du salon. Puis, Daniel décida de passer aux choses sérieuses. Il prit la jeune femme par la taille et l'entraîna vers la chambre à coucher.

Une fois sur les lieux, il entreprit de la déshabiller. Flora était habillée d'un corsage en tissu imprimé et d'un pagne. Daniel commença par le haut. Très vite il enleva le corsage et se mit à s'affairer autour des agrafes du soutien gorge. Il parvint à les ouvrir non sans peine, libérant une superbe paire de seins. Flora avait bien un enfant, mais cela ne se voyait pas sur son corps qui était comme celui de quelqu'un qui n'avait jamais connu l'enfantement. Ses seins tenaient encore debout et bien fermes. Visiblement, elle n'avait pas beaucoup allaité son enfant. Daniel s'attaqua au pagne qu'il fit tomber par une légère traction exercée sur un pan qui débordait du nœud. Il pouvait à présent admirer Flora dans toute sa beauté. II la savait déjà belle. Mais il était loin d'imaginer qu'en tenue d'Eve, elle serait aussi resplendissante.

          Daniel ne mit que quelques fractions de secondes pour apprécier la beauté de la jeune fille. Fractions de secondes au cours desquelles, il eut lui-même, le temps de se débarrasser de sa chemise Lacoste et de son pantalon de flanelle, II tira Flora et la serra très fortement contre son corps. La série de caresse recommença. De temps en temps, Daniel appuyait la bosse que formait son cinquième membre dans le slip contre le pubis de Flora. Cela leur procurait à eux deux, un plaisir indicible. Puis, lentement, Daniel introduisit sa main dans le bikini de Flora et se mit à lui passer les doigts dans les poils. Il descendit un peu et saisit le petit bouton de la jeune fille entre le pouce et l'index. L'effet fut immédiat- II reçut une ondée de liquide chaud et légèrement gluant sur la main.

          Flora pratiquement en transe, ne tenait plus debout, Ce fut elle même qui entraîna Daniel vers le lit...

Allongée sur le dos, les jambes repliées et écartées, Flora reçut l'engin bas ventral de Daniel en gloussant. Il y a longtemps qu'elle n'avait plus fait ça. Mais maintenant elle se rattrapait. Daniel se mit alors à pomper fébrilement. Son bazooka allait et venait, venait et allait, coulissant dans les profondeurs de l'entrejambe de la jeune femme qui, pour mieux le sentir, lui avait crispé les doigts à la hanche. Sentant venir le moment suprême, Daniel accéléra le mouvement et éjacula en grognant comme un cochon repu.

          Depuis, ils n'ont pas cessé de se voir. Ce dimanche matin, Daniel était au salon chez Flora en train de regarder la télévision lorsqu'il entend sonner au portail. C'était Flora qui revenait de l'église avec Laurent. Il y a quelques minutes, elle l'avait appelé sur son portable pour dire qu'il avait eu un petit pépin avec sa voiture en cours de route avec une autre conductrice et que cette dernière avec qui elle avait trouvé un règlement à l'amiable devait la suivre pour connaître son domicile.

          Daniel n'attendit pas que la bonne aille ouvrir. Il se précipita lui même, ouvrit la porte et qui vit-il en compagnie de Flora ? Sa femme Dopé en chair et en os. Regrettable hasard !

          Dopé n'en croyait pas ses yeux. Son mari qui était sensé être au village pour régler quelques affaires, était donc ici ! Elle pouvait s'expliquer à présent le changement de comportement de son cher Daniel depuis un certain temps. Mais elle se garda de tout scandale et rentra dignement à la maison. Le soir, tout penaud, Daniel regagna le domicile conjugal. Un trait de plume venait d'être tiré sur ses relations avec Flora qui est aujourd'hui pour lui, la beauté du diable.

Kayissan

Le Changement 166 de jeudi 2 avril 2009
Passage en force à l’Assemblée Nationale : Le RPT modifie et adopte unilatéralement l’article 21 du Code électoral

          C’est en l’absence des députés de l’Union des Forces de Changement (UFC) que les députés du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) ont unilatéralement modifié et adopté l’article 21 du Code électoral lors de leur seconde rencontre de la première session extraordinaire tenue le mardi 31 mars au Palais des Congrès de Lomé. Cet article dispose que : «La CENI est permanente. Toutefois, la fonction des membres de la CENI prend fin quarante cinq (45) jours après la proclamation des résultats définitifs du scurtin pour lequel elle est installée.

Le mandat des membres de la CENI est renouvelable»

Selon le Président de l’Assemblée Nationale, Abass Bonfoh, cette session extraordinaire a été convoquée sur demande du Chef de l’Etat qui s’appuie sur la loi fondamentale dont l’article 55 stipule que «l’Assemblée nationale et le Sénat sont convoqués en session extraordinaire par leur président respectif sur ordre du jour déterminé, à la demande du Président de la République ou de la majorité absolue des députés ou des sénateurs».

Le film d’un passage en force

          Présentant le rapport des travaux de la Commission des lois constitutionnelles chargée d’examiner l’article 21 du Code Electoral, le président de cette commission, M. Bamnante Komipime a estimé que «l’organisation de l’élection présidentielle répond à un impératif constitutionnel et donc selon l’article 61 de la Constitution, le Président de la République est élu pour un mandat de 5 ans». Ainsi, rappelle-t-il, «la dernière élection ayant eu lieu en avril 2005, c’est donc naturellement que la prochaine élection aura lieu en 2010». A quelques mois de ces échéances, la majorité des députés RPT trouvent que «le temps presse et l’urgence du démarrage des activités de la structure chargée d’organiser les élections a été réaffirmée par nos partenaires membres du Comité de Suivi de l’APG à l’occasion de la session du 7 mars 2009. A ce jour, aucune visibilité ne semble se dégager des activités du CPDC en ce qui concerne notamment la durée de ses travaux».

Abondant dans le même sens, l’émissaire du Gouvernement, M. Pascal Bodjona interpellé par le Président de l’Assemblée Nationale a indiqué que «face à cette situation et afin d’éviter la précipitation et l’improvisation pouvant conduire à des tensions préjudiciables à la cohésion nationale, il nous a semblé utile, nonobstant les concertations en cours, de proposer la modification de l’article 21 du code électoral afin de permettre aux membres de la CENI ayant organisé les dernières élections législatives d’être maintenus en fonction pour procéder à l’exécution des tâches techniques telle que la mise à jour du fichier électoral».

Ainsi, l’article 21 désormais modifié sur proposition du Président du Groupe Parlementaire RPT, M. Dama Dramani stipule que «la CENI est permanente, le mandat des membres de la CENI est renouvelable et les membres de la CENI restent en fonction jusqu’à la mise en place d’une nouvelle CENI». Une fois cette reformulation de l’article 21 adoptée par les députés RPT, majoritaires à l’Assemblée, Dama Dramani a fait comprendre aux députés présents que cet article 21 nouveau a une incidence sur l’article 32 en ce qui concerne les fonctions et attributions des membres de la CENI. Ce texte stipule que «la CENI siège en période d’élections générales ou partielles et en période de révision des listes électorales.

La session prend fin quarante cinq (45) jours après la proclamation des résultats définitifs des scrutins et trente (30) jours après la révision annuelle des listes électorales». A cet effet, il a demandé à la Commission des Lois Constitutionnelles de modifier l’article 32. Mais avant la modification et l’adoption de l’article 32, le député Vouley Frititi (RPT) a rappelé que le gouvernement n’a demandé que la modification de l’article 21 et que si cette modification a une incidence sur quelque article que ce soit, il revient à l’Assemblée nationale de renvoyer ce fait au Gouvernement pour qu’il examine et envoie sa proposition à l’Assemblée. Sur ces entrefaites, le Ministre d’Etat, porte-parole du Gouvernement, M. Pascal Bodjona, présent lors des travaux a donné, au nom du gouvernement, son accord pour que cet article soit modifié.

          Lorsque la parole fut donnée au Président du Groupe Parlementaire du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), M. Kossi Amégnonan qui était le seul représentant de son parti présent à cette séance pour donner son appréciation, il a déploré ce qui venait d’être fait. Pour lui, les travaux devaient concerner uniquement l’article 21. «Modifier les articles  21 et 32 pour maintenir l’ancienne CENI en place, s’apparente à un coup de force électoraliste que le RPT s’apprête à faire subir au peuple togolais». Il faut signaler qu’à peine a-t-il commencé à lire sa communication que la parole lui a été retirée par le Président de l’Assemblée nationale. Face à cet incident, le CAR s’apprêterait à réagir et à envoyer une lettre de protestation au Président Bonfoh. Quant au représentant du Gouvernement, M. Bodjona, il s’est réjoui du travail qui vient d’être fait car pour lui, «c’est dans le souci d’organiser une élection transparente que ces modifications viennent d’être faites».

Commentaire

          Au regard des faits tels que présentés, il n’y a pas de doute que le RPT, à travers sa majorité mécanique a opéré un passage en force, remettant en cause le principe du consensus auquel il a pourtant adhéré. Une démarche dénoncée dans plusieurs milieux politiques.

          Selon nos informations, les partis siégeant au CPDC se seraient mis d’accord pour soumettre au Chef de l’Etat, toutes les questions qui ne feraient pas l’objet d’un consensus au CPDC. Il appartiendrait donc à ce dernier d’approfondir les discussions avec les parties en présence afin de trouver une formule acceptable par tous. Le débat autour du Code électoral ayant été bouclé sur des divergences depuis le 13 mars, il est et demeure difficile de comprendre pourquoi depuis lors, aucun temps n’a été aménagé pour débattre de la question au plus haut niveau avant de porter le débat à l’Assemblée Nationale.

          De l’avis de plusieurs observateurs, la démarche du RPT a été viciée. L’argument du temps qui presse ne tient pas la route car il vaudrait mieux, au regard des expériences passées, prendre du temps pour bien faire au lieu de préparer le lit à la contestation, de la fraude et la violence en escamotant le processus électoral ou en préparant l’élection sur des bases qui divisent.

          Le passage en force de mardi dernier remet sur le tapis l’opportunité même du CPDC. A quoi sert-il de se réunir à longueur de journées, de débattre de questions d’intérêt national, s’il faut finalement aboutir à un scénario de ce genre ?

          En tout cas, tout porte à conforter dans leur position, ceux qui pensent que le CPDC n’est qu’une farce, une comédie organisée pour amuser la galerie.

          Qu’est-ce qui fait courir les Députés au point de refuser de prêter une oreille à certains de leurs collègues qui prêchent la retenue ?

L. C.


Séance extraordinaire de l’Assemblée Nationale : Pourquoi le groupe parlementaire CAR n’a pas pris part au vote

          Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a tenu le mardi 31 mars 2009 un point de presse à son siège à propos du dernier rebondissement de la situation politique du Togo.

          Au cours de la rencontre, la presse a été informée de l’adoption d’un texte de projet du gouvernement modifiant l’article 21 du code électoral, d’une proposition formulée sur le champ par le député Dama Dramani aux fins de la modification de l’article 32 du code électoral et ceci en violation flagrante de l’article 55 de la Loi Fondamentale.

          La presse apprendra également que l’honorable Amegnonan Kossi s’était le même jour présenté à la séance pour exprimer de vive voix à ses collègues députés, les raisons pour lesquelles le Groupe Parlementaire CAR a décidé de ne pas prendre part au vote, contenues dans une déclaration lue au cours de la rencontre avec la presse par le Président du Groupe Parlementaire CAR. (Voir l’intégralité de ladite déclaration).

          Réagissant aux préoccupations des journalistes qui voudraient savoir si le CAR siégera à la CENI après la modification de l’article 21, l’honorable Amégnonan qui avait à son côté le porte-parole du CAR M. Jean Kissi a déclaré qu’il appartient aux instances décisionnelles du parti d’aviser. Il a toutefois indiqué qu’il serait scandaleux pour son parti le CAR de participer à une telle manœuvre étant donné que le CAR ne nagera pas dans les eaux troubles.

          A propos de ce qui justifie le refus du CAR de participer au vote de la loi modifiant l’article 21, l’orateur a laissé entendre : «Une CENI avait été mise en place à une époque donnée, dans des circonstances particulières, un environnement particulier. Avec les élections législatives, la fonction de cette CENI a pris fin. C’est la première observation. La deuxième observation : On veut remettre cette CENI qui n’a plus de fonction. On veut ramener les membres de cette CENI pour organiser une élection présidentielle. D’abord, la configuration d’une CENI future doit être en corrélation avec la situation politique actuelle. Dans le passé, c’était par cooptation que les gens étaient rentrés à la CENI. Pour le faire aujourd’hui, il faut être désigné par le peuple à travers les élections. En d’autres termes, c’est les partis siégeant à l’Assemblée Nationale qui en principe doivent être représentés à la CENI. Dernier élément, la configuration politique passée mettait hier certains partis politiques dans l’opposition qui se retrouvent aujourd’hui au gouvernement. A quel titre siégeront ces partis aujourd’hui à la CENI ? Au titre de l’opposition ou du gouvernement ? Il y aurait quelque part pléthore et il y aura déséquilibre de la CENI. Ce qui sera préjudiciable pour le pays».

          A la question de savoir si compte tenu de ce qui se passe, le CAR peut se retrouver encore demain au CPDC, le président du groupe parlementaire CAR a répondu que les instances du parti se réuniront pour définir la conduite à tenir. A la suite de l’honorable Amégnonan, le porte-parole du CAR, M. Jean Kissi a pris la parole pour édifier l’assistance. M. Jean Kissi s’en est vertement pris au Chef de l’Etat : «Depuis le 13 mars 2009, le Cadre Permanent a vidé son travail sur le code électoral. Et le Ministre Bodjona dans son intervention, l’a bien souligné lorsqu’il a dit que le travail est terminé. Le dossier est remis, tel que le précise le règlement intérieur, au président de la République qui doit aujourd’hui convoquer les leaders des partis, comme le précise le règlement intérieur pour régler les quelques points de désaccord qui sont là (…). Si vous comptez du 13 mars jusqu’au 31 mars aujourd’hui, vous savez combien de jours qui sont passés qu’on aurait pu faire ce texte là pour ne pas passer à cette étape qui aujourd’hui, dénote des lendemains très sombres. Moi je dis que le tableau est très noir pour le Togo demain, à voir ce qui se passe aujourd’hui. On ne comprend pas comment le Chef de l’Etat qui est garant de la sécurité de ce pays, garant de l’autorité de ce pays, laisse ces jours passer pendant que le RPT en dessous, traficote l’article 21 pour mettre en selle une CENI qui aujourd’hui, réserve seulement 4 places à l’opposition et tout le reste, parce qu’elle est composée de 19 membres, aux gens qui sont avec eux. Nous ne voyons pas comment on peut dans une démocratie, obliger des gens à accepter une telle manœuvre. Le CAR n’acceptera pas ce fait accompli qu’ils sont en train de nous imposer. Le parti se réunira les prochaines heures pour aviser de la position à tenir».

          «Alea jacta est !» Les dés en sont jetés et le bras de fer s’annonce. Jusqu’où ira la fuite en avant ?

JNT


Le voyage précipité du Ministre Bodjona à Ouagadougou suscite des interrogations

          «Tout le monde sait l’engagement du Président Compaoré aux côtés du peuple togolais depuis deux ans, notamment dans le dialogue intertogolais qui a abouti à l’APG. Il est tout à fait normal que nous fassions également au Président du Faso, l’état d’avancement et l’évolution de la politique au Togo et bénéficier de ses sages conseils».

          C’est en ces termes que s’exprimait le Ministre d’Etat Pascal Bodjona au sortir d’une audience que lui a accordée le Président du Faso à Ouagadougou le 26 Mars dernier. De source officielle, on indique que le Ministre d’Etat porteur d’un message du Président Faure Gnassingbé à son homologue burkinabè. Mais au sein de l’opinion, si on ne s’interroge pas sur ce qui a été réellement dit à Ouaga au-delà des formules diplomatiques et fourre-tout, on s’interroge simplement sur les dessous du voyage.

          De l’avis de plusieurs observateurs, le déplacement du Ministre Bodjona doit avoir un lien avec la situation politique au Togo et surtout le CPDC. En effet, c’est le Ministre Bodjona qui préside au nom du Chef de l’Etat, les réunions du CPDC dont on dit qu’il est le résultat d’une suggestion de la facilitation burkinabè.

          Le voyage du Ministre d’Etat togolais survient à un moment où l’enlisement se fait de plus en plus sentir au CPDC où les protagonistes peinent à harmoniser leurs vues pour parvenir au consensus autour des questions les plus importantes. Aujourd’hui, outre les questions de fond qui ne trouvent pas de solutions satisfaisantes, le CPDC est au bord de l’implosion, l’UFC et le CAR ayant déjà menacé de quitter cette structure.

          On se souvient que, dès les lendemains de la mise en place du CPDC, certains partis politiques, évoquant l’argument d’une exclusion, avaient commencé à exiger leur association aux travaux. L’ambition de ces partis était de voir violer la loi pour leur permettre de faire leur entrée au CPDC. Ce à quoi s’opposaient le CAR et l’UFC qui voulaient qu’on s’en tienne tout simplement à ce qui avait été convenu au départ quant à la composition du Cadre.

          Mais la réunion du Comité de Suivi de l’APG récemment organisée à Lomé et présidée par un représentant du Président du Faso avait ouvert la boîte de Pandore, en préconisant l’élargissement du CPDC aux partis signataires de l’APG qui n’avaient pas été qualifiés par les élections législatives pour siéger au CPDC. Suite à cette réunion boycottée par l’UFC et le CAR, le Président de la République a pris en Conseil des Ministres, un projet de décret, élargissant le CPDC à tous les partis signataires de l’APG.

          Le projet de décret a soulevé un tollé et une verte réprobation de la part de l’UFC et du CAR.

          Au cours d’un meeting animé à la Place Anani Santos le 22 Mars 2009, l’UFC a réitéré sa position à travers M. Lawson Patrick qui avait indiqué dans son intervention, que son parti n’acceptera jamais cette ouverture. «Si jamais on invite ces partis au CPDC, nous vous inviterons à sortir massivement pour crier votre ras-le-bol», avait-il menacé. Même son de cloche au CAR où on se refuse d’être complice d’une violation de la conscience et de la volonté populaire en participant aux travaux d’un CPDC dont la composition ne serait pas conforme à celle retenue par le Gouvernement d’Union nationale auquel participaient ceux qui se prétendent exclus aujourd’hui.

          Est-ce à cause du tollé soulevé par cette démarche que la procédure n’a pas été poursuivie pour l’élargissement du Cadre ? Nous ne saurions le dire.

          Cependant, il est constant de remarquer qu’au lendemain de ce voyage au Faso, le pouvoir  qui semble opter pour la fuite en avant passé à la vitesse supérieure. En témoigne le passage en force au sujet de l’article 21 du Code électoral à l’Assemblée Nationale. Le Ministre Bodjona serait-il à Ouaga pour avoir l’onction du facilitateur avant l’ouverture des «hostilités» ? La coïncidence est troublante et ouvre la voie à toutes les spéculations. Les Togolais s’interrogent. Qu’est-ce qui a été dit à Ouaga et sur quel soutien compte le pouvoir pour foncer tête baissée en violant à tour de bras, le principe du consensus ?

          Il n’y a pas de doute que le blocage n’est plus loin. Une grande suspicion pèse déjà sur le processus en cours. C’est donc à juste titre que nombre de Togolais se demandent déjà de quoi demain sera fait.

Amou


Bras de fer NSIA-Togo–Clinique St Antoine de Padoue : Dr Gouta bientôt devant les tribunaux

          Depuis quelque temps, un véritable bras de fer oppose la Clinique Saint Antoine de Padoue au Groupe d’Assurance NSIA-Togo au sujet des factures émises à l’occasion des soins médicaux prodigués à des assurés du Port Autonome de Lomé. Des informations font état d’une volonté manifeste du Directeur Général de NSIA-Togo, M. Symenouh de nuire, sans raison apparente, à la stabilité financière de ladite clinique.

          Précisons que NSIA-Togo est l’agence qui assure les employés du Port Autonome de Lomé (PAL) sur le plan de la santé et la clinique Saint Antoine de Padoue est l’institution sanitaire auprès de laquelle tout agent du Port Autonome de Lomé se soigne.

          Dès que nous avons eu l’information, nous avons approché les deux institutions pour en savoir plus.

La version de la Clinique Saint Antoine de Padoue

          La Polyclinique Saint Antoine de Padoue est dirigée par le Docteur Gouta Davi Honoré. Une source proche de cette institution reconnaît qu’effectivement des cas de fraudes avérés ont été révélés. Mais comment en est-on arrivé-là ?

          1er cas de fraude

          En effet, il ressort que le Conseiller économique du Port tombé en syncope un jour a été réanimé. Mais quand il avait repris connaissance, il aurait refusé de se faire hospitaliser et aurait même repris le même jour, son bureau alors que la Polyclinique Saint Antoine de Padoue avait déjà signé auprès de NSIA sa prise en charge. Pour savoir si, réellement, l’employé signalé par la Clinique est hospitalisé, NSIA dans son enquête, a téléphoné le Port. Il se trouve que l’employé déclaré malade est plutôt sur son lieu de travail à la surprise générale.

          2e cas de fraude

          L’enfant d’un employé du Port tombé malade, a été pris en charge par la Clinique Saint Antoine de Padoue pendant que son papa se trouvait au travail. Comme d’habitude, a souligné notre interlocuteur, lorsqu’on soigne les enfants des employés du Port, on le signale à la Compagnie d’Assurance par son nom. Donc dans le cas précis, nous a fait savoir notre source, la prise en charge portait le nom de l’employé du Port qui est assuré et non celui de l’enfant. En lieu et place du nom de l’enfant, c’est le nom du père qui a été signalé à NSIA comme si c’était le père qui est malade. Quand la vérification a été faite par NSIA-Togo, il s’est trouvé que le monsieur était également au travail sain et sauf et n’avait même pas été informé de la maladie de son enfant. Pour ce cas également, NSIA, dans sa quête de vérification, a encore appelé le Port et le monsieur était au bureau.

          La polyclinique Saint Antoine de Padoue aurait reconnu qu’il y a un 3e cas de fraude similaire.

          Ce sont au moins les trois cas sur lesquels se base NSIA-Togo pour conclure à la fraude en assurance et au sinistre fictif, indique notre source.

          Au vu de ce qui précède, entre temps, il y a eu une rencontre entre les deux parties – NSIA-Togo représenté par son DG Symenouh avec le service contentieux et la polyclinique Saint Antoine de Padoue représentée par le Dr Gouta.

          Au cours de cette rencontre, ils auraient abouti à une clarification où les employés du Port incriminés ont reconnu que, c’est des cas où il y a eu une sorte de quiproquo.

          Dans les deux derniers cas, les deux employés du Port ont reconnu que leurs enfants avaient été réellement traités par la clinique mais ils n’avaient pas été informés à temps. Ces cas ont fait l’objet de factures qu’ils ont envoyées à NSIA.

          Notre interlocuteur signale que le 1er cas qui concerne le Conseiller économique du Port n’a pas fait l’objet de facture d’hospitalisation, le Conseiller ayant refusé lui-même de se faire hospitaliser.

          La Polyclinique Saint Antoine de Padoue accuse l’huissier qui a assisté à la confrontation de n’avoir pas produit de rapport après vérifications ; un rapport qui, selon le Dr Gouta, aurait pu l’aider à réfuter l’accusation de fraude en assurance que lui impute NSIA-Togo qui se base sur les cas de fraudes précités.

          Par ailleurs, la polyclinique Saint Antoine de Padoue se plaint de n’avoir pas reçu copie de l’huissier et que, faute du rapport de l’huissier, NSIA-Togo peut  continuer de l’accuser de fraude en assurance.

          La question reste de savoir si vraiment l’huissier avait refusé de produire un rapport et pourquoi ? Si le rapport existe, pourquoi le Dr Gouta n’a-t-il pas reçu copie ?

          On signale que NSIA-Togo assure deux autres sociétés pour lesquelles la polyclinique Saint Antoine de Padoue soigne les employés. Il s’agirait de SE2M et CIMTOGO.

          La quarantaine de millions que réclamerait la clinique ne serait pas seulement pour les soins des employés du Port mais rassembleraient les factures du Port, de SE2M et de CIMTOGO. Qu’à cela ne tienne.

          Dr Gouta estime que, comme ce sont les factures du Port qui posent problème, que du moins, les factures de CIMTOGO et SE2M lui soient payées en attendant de tirer au clair celles du Port. Mais NSIA n’entend pas céder et menace de traduire le Dr Gouta devant les tribunaux. Pourquoi ?

La part de vérité de NSIA

NSIA Togo dans le cadre des prestations offertes à ses assurés Maladie collabore avec des structures médicales et pharmaceutiques. C’est ainsi que la Clinique St Antoine de Padoue a été amenée à prodiguer des soins à des assurés notamment ceux du Port Autonome de Lomé.

Mais, dans le cadre de la gestion de ses polices Maladie, NSIA Togo a relevé des anomalies. Aussi, a-t-il été demandé au Médecin de NSIA Togo de procéder à des vérifications systématiques, particulièrement sur certaines structures dont les montants semblaient excessivement élevés.

Suite à cette instruction, le Médecin ayant reçu des demandes des prises en charge de la Clinique St Antoine de Padoue pour des employés du Port Autonome de Lomé supposés hospitalisés, a appelé le Port Autonome de Lomé et découvert que les intéressés étaient à leur poste de travail. NSIA Togo a donc initié une rencontre avec le Dr GOUTA de ladite Clinique pour écouter devant Huissier ses explications.

Les explications ayant été jugées peu convaincantes, NSIA Togo a décidé de :

-    Régler à la Clinique toutes les factures qui ne concernent pas les assurés du Port Autonome de Lomé, au sujet desquels des doutes ont été émis ;

-    Commettre un audit contradictoire avec la Clinique avant le paiement des factures du Port Autonome de Lomé ;

-    Suspendre les prestations du Dr GOUTA en ce qui concerne les assurés du Port Autonome de Lomé en attendant les conclusions de l’Audit ;

-    Informer les autorités du Port Autonome de Lomé de la situation.

De tout cela, le Dr GOUTA a été informé par lettre datée du 03 mars 2009 et l’audit qui entre temps, a effectivement démarré, se poursuit à ce jour.

Il est donc curieux qu’au lieu de laisser ce travail se dérouler dans la sérénité, l’on prête au Directeur Général de NSIA Togo des intentions malveillantes et que par médias interposés, l’on s’agite. De quoi a-t-on peur, sommes-nous tentés de demander ?

L’audit tant décrié n’est pas encore à son terme mais commence à révéler son lot de malversations :

-     Factures émises et non justifiées par l’existence d’un dossier médical ;

-    Surfacturations relatives à la quantité de produits administrés et à la durée des hospitalisations ;

-    Facturation de produits très chers mais non administrés ;

-    Analyses médicales fictives non retrouvées dans le registre du laboratoire;

-     Ratures, doublons, surcharges, modifications au correcteur blanc etc...

          Autant d’éléments qui, selon NSIA-Togo prouvent qu’il y a effectivement fraude de la part de la polyclinique et son Docteur qui peuvent être poursuivis à tout moment s’ils ne font pas amende honorable et profil bas. Le Dr Gouta a fait savoir NSIA-Togo, doit plutôt faire son mea culpa au lieu de s’agiter inutilement.

A l’analyse

          Au vu des deux versions, la meilleure façon de régler cette affaire est de s’entendre. Car s’il advenait que ce dossier atterrisse devant les tribunaux, le Sieur Gouta peut avoir des problèmes. En droit, un seul cas de fraude reconnu est puni par la loi. Pour la réputation de sa clinique, il serait judicieux que des rencontres se multiplient entre NSIA-Togo et la clinique pour trouver un terrain d’entente.

          Affaire à suivre.

Amou


Manœuvre militaire «Kara 2009» : Un exercice des FAT pour les opérations de maintien de la paix

          A l’Etat-major de Lomé, le vendredi 27 mars 2009, les officiers des Forces Armées Togolaises ont présenté aux médias le programme de la manœuvre militaire qui se déroule dans la région de la Kara en ce moment. Dénommée «Kara 2009», elle permettra aux officiers de concevoir, de mettre sur pied et de diriger un groupement de forces d’une part, d’acquérir ou de perfectionner les savoir-faire dans le domaine des opérations de maintien de la paix et de renforcer les relations armée-nation d’autre part.

          Les conflits qui se font de plus en plus réguliers sur le continent, amènent l’Etat-major des Forces Armées des pays de la sous-région à créer un cadre pour accroître la capacité des Forces Armées à conduire et exécuter efficacement les missions de gestion des crises et soutien à la paix : «Cet exercice militaire de maintien de la paix qui s’inscrit dans le cadre d’une crise interne avec la nécessité d’emploi de la force CEDEAO, vise à tester les différents Etats-majors au Commandement et au Contrôle des opérations de soutien à la paix», a d’abord indiqué le Colonel Amétsipé Yawo, Capitaine de Vaisseau et Directeur de l’exercice avant de préciser que cette manœuvre est organisée par l’Etat-Major Général des Forces Armées Togolaises avec la participation d’une section organique du Bénin et des Observateurs du Burkina Faso, du Ghana ainsi que des experts de la CEDEAO. Il a continué en disant que c’est un exercice national de maintien de la paix à dominante terrestre avec plastron dirigé et avec comme type de scénario, la mise en œuvre de leur Etat-major. Tactiques de bataillon et d’un Field Training Exercice permettant l’entraînement des forces déployées sur le théâtre.

          D’un effectif de 1.200 hommes, ils seront constitués en trois forces notamment, les Forces Terrestres, les Forces Aériennes et les Forces Navales. Toutefois, «Kara 2009» est un exercice à dominante terrestre avec troupes, à simple action et avec plastron dirigé.

          Cette manœuvre qui n’est pas seulement axé sur l’exercice militaire, prend aussi en compte la dimension civilo-militaire en particulier la gestion d’un problème humanitaire et d’aide à la population locale : «Ces actions qui sont déjà en cours sont menées seules ou en partenariat avec certaines ONG et certains départements ministériels auxquelles nous adressons nos sincères et vifs remerciements», a d’abord affirmé le Colonel Amétsipé Yawo avant de dire que ces actions humanitaires consistent à la construction d’un bâtiment scolaire à 3 classes équipées de tables-bancs et la réfection de 2 bâtiments ainsi qu’un bloc sanitaire existant à l’EPP Sara ; à la réalisation d’un forage dans le canton de Kidjaboun, Préfecture de Dankpen, à l’appui à 10 communautés villageoises pour bénéficier des forages équipés de pompes à motricité humaine dans le cadre du projet BIDC dans la Région de la Kara, à l’appui à la formation professionnelle de 20 jeunes déshérités de la Région de la Kara.

          Le Commandant Djibril Inoussa, quant à lui, a estimé que cette manœuvre est une occasion pour sensibiliser les populations civiles sur les droits de l’enfant. A cet égard, indique-t-il «Il y aura création de cinq nouveaux Centres d’Etat-Civils par l’attribution de matériels d’enregistrement de naissances aux autorités préfectorales des sept préfectures que compte la Région de la Kara». Le Colonel Ametsipé Yawo a rappelé qu’il y aura distribution de 2.400 moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes et mères de nourrissons lors des séances de sensibilisation sur l’usage de ces moustiquaires avant de conclure que les actions médicales notamment,les consultations générales et la chirurgie ophtalmologique sont gratuites.

Déo Komi


Confidentiel : Le Ministre des Finances Ayassor a failli saboter le match Togo–Cameroun

          Alors que les Lions Indomptables du Cameroun étaient à Accra depuis plusieurs jours avant le match, Togo-Cameroun, les nôtres, à la surprise générale, ont difficilement quitté Lomé le jeudi 26 mars 2009 dans des conditions déplorables.

          Des sources bien informées font état de ce que, au centre de toutes les intrigues, il y a le Ministre des Finances Adji Otèth Ayassor qui avait refusé de débloquer les primes du match aux joueurs surtout celles du match Togo–Swaziland laissées en jachère.

          Le Ministre Ayassor, au lieu d’envoyer cet argent aux joueurs, a estimé que chacun doit faire personnellement le déplacement du Ministère des Finances pour signer avant de percevoir. D’après certains joueurs que nous avons approchés, toutes les démarches du Ministre des Sports, Christophe Tchao pour que le Ministre Ayassor leur facilite la tâche étaient restées vaines. Ce dernier qui campait sur sa position a opposé catégoriquement une fin de non recevoir à la demande de son collègue. Les Eperviers de leur côté, campaient sur leur position et exigeaient que si les primes ne leur parvenaient pas dans leur hôtel, ils ne feront pas le déplacement d’Accra. Il a fallu que le Ministre Tchao calme la situation en les amadouant en bon père de famille et en suppliant Adébayor de convaincre les siens de faire le déplacement du CASEF. Ce qui a été fait in extremis. Ceux qui étaient au CASEF le jeudi dernier avaient donc vu le bus des Eperviers stationner en plein air où chacun percevait ses primes et signait les papiers. Nos ambassadeurs étaient partis très affectés compte tenu du comportement d’Ayassor qui, au nom d’une fameuse rigueur, a traîné d’honnêtes gens dans les méandres de son ministère.

          Pourquoi le Ministre Ayassor s’est-il comporté ainsi ? Nous ne saurions le dire même si d’aucuns pensent que cette rigueur du patron des finances est consécutive à un précédent dangereux qu’aurait créé l’ancien Ministre des Sports Antoine Folly avant son départ.

          Dans tous les cas, la démarche selon plusieurs observateurs est viciée et très mal perçue dans l’opinion. Ce qui fait dire à certains que le Ministre Ayassor a failli saboter le match Togo-Cameroun n’eût été le patriotisme des joueurs qui avait prévalu.

          Des mesures idoines doivent être désormais prises pour que, pour les autres matchs à venir, la même chose ne se produise plus.

Amou


Kaléidoscope

Le sourire du Premier Ministre

          Au cours de la cérémonie d’ouverture de l’atelier d’évaluation de la campagne agricole 2008-2009 et de la programmation des activités et modalités de gestion de la campagne 2009-2010 tenu à l’INFA de Tové la semaine dernière, un paragraphe, on dirait même la chute du discours du Ministre Ewovor de l’Agriculture, a arraché au Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo, un sourire complice à savoir : «Je sais compter sur l’atmosphère conviviale que nous entretiendrons, tout au long de nos travaux pour nous permettre de tirer un maximum de profit des trois jours que nous passerons ensemble avec un seul objectif : réussir la campagne qui s’annonce». Le sourire  «complice» échangé entre le Ministre et son Premier Ministre a suffi pour apporter de l’eau au moulin des détracteurs de Gilbert Houngbo qui clament sur tous les toits que le gouvernement togolais néglige les urgences sociales au profit de la campagne présidentielle qui «s’annonce» pour 2010. Pour ceux-là, le ministre ne devait pas mélanger la politique à l’agriculture malgré qu’il était à Tové pour parler de la politique agricole du gouvernement. Ceux qui tentaient d’amener à la raison les détracteurs du Ministre étaient tout simplement envoyés se faire voir ailleurs. Il leur était vertement répondu qu’il n’y a que la campagne présidentielle de 2010 qui puisse susciter en même temps, autant d’intérêt de la part du Premier Ministre et son ministre. On leur a beau fait remarquer que le Ministre n’avait pas parlé de campagne présidentielle mais de campagne tout court rien n’y fit. Pour les détracteurs, l’opinion est la même. Mais le Premier Ministre était à mille lieues d’imaginer que son sourire a déclenché des spéculations moins élogieuses à l’encontre de son ministre de l’agriculture. Pour une campagne présidentielle, le jeu en vaut bien la chandelle. N’est-ce pas ?

Des élections «clean» au Togo, un vœu pieu

          Les faits commencent par donner raison à ceux que l’engagement du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé à organiser des élections aussi «clean» au Togo comme au Ghana a fait sourire. Sur la terre de nos Aïeux, lentement mais sûrement, on s’achemine vers le chaos. On ne semble pas encore prêt à organiser des élections pour les perdre. On met tout en œuvre pour torpiller le processus en cours. Après avoir profité de la complicité du facilitateur Blaise Compaoré pour vider le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation de toute sa substance, on ouvre le chantier des modifications contre-nature des dispositions du code électoral. La question se pose dès lors de savoir si la volonté exprimée par le Président Faure Gnassingbé au Ghana d’organiser au Togo des élections aussi transparentes et démocratiques au Togo que celles réussies il y a quelques mois au pays de Kwame N’Krumah, n’est pas tout simplement un vœu pieu. Ceux qui ne se sont pas laissés émerveiller par la déclaration du Chef de l’Etat estiment que Faure Gnassingbé n’a pas la maîtrise de l’organisation des élections au Togo. Au sein de l’appareillage RPT, il existerait des experts en tripatouillage des textes, en truquage des résultats et surtout des experts en «sécurisation» des urnes qui chaque année mettent leur génie au service de ce parti. Faure Gnassingbé n’aurait lui-même qu’une idée vague des réalités des faits. Ce qui fait que dans le parler, il tient des propos tout a fait irréprochables pour ce qui est de l’heureux aboutissement du processus, mais que les agissements du RPT viennent noyer. Depuis quelques semaines que le parti au pouvoir commence par pousser le poil de la bête, tous les Togolais imaginent déjà à quoi s’en tenir en 2010 : Faure Gnassingbé est loin des élections «clean» tant souhaitées par ses compatriotes.

De mal en pis

          Après avoir secoué ciel et terre pour décréter l’élargissement du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation aux partis extraparlementaires signataires de l’APG et à d’autres catégories de personnes, le gouvernement ne s’empresse pas de convoquer en séance de travail, le CPDC nouvelle formule. Tout porte à croire qu’il est en train de redouter les conséquences pouvant résulter d’une telle initiative. Or du côté des nouveaux appelés, l’impatience est au comble. Il faut rapidement investir ce cadre pour démontrer rapidement à ceux qui ne le savent pas encore qu’au Togo le désordre est la règle, et l’ordre l’exception. Qu’il soit redouté ou non au sommet de l’Etat, rien n’arrêtera le bordel qui surgira de l’application de ce décret ; le vin est tiré, il faut le boire. Côté cour comme côté jardin, on se prépare à «gérer» la pourriture. Le meeting de l’Union des Forces de Changement tenu il y a quelques jours sur la place Anani Santos a suffi pour mettre la rue en alerte. Le climat de paix froide qui sévit dans le pays  a, du coup monté d’un cran après le passage forcé réalisé par le RPT pour faire adopter la modification des articles 21 et 32 du code électoral. Dans le même temps, l’institution qui se charge du rapatriement des réfugiés togolais, déplore que des milliers de Togolais demeurent éparpillés dans des camps des réfugiés au Bénin et Ghana voisins et invite ces compatriotes à regagner le bercail. C’est à se demander si on est en présence d’un manège consistant à faire rentrer au pays ces frères et sœurs pour les voir déguerpir encore quelques mois plus tard sous l’effet des nouvelles exactions que prépare le RPT ? Plus que jamais, la crise togolaise va de mal en pis.


Secrets d’alcôve : Mésaventure à Accra

          Confortablement assis, Bertin buvait sa Guinness. Il adorait cette boisson. Non seulement pour son goût et ses diverses vertus, mais parce qu’on pouvait la trouver partout. Bertin est journaliste. Sa profession l’oblige à voyager souvent à l’extérieur du Togo comme c’était actuellement le cas. Et il ne serait pas à l’aise si à l’occasion de chaque voyage, il soit obligé de changer de bière.

          Ce soir, il avait toutes les raisons de boire et de s’éclater. C’est d’ailleurs ce qu’il fallait faire. Il attendait dans ce bar attenant à l’Hôtel où il était descendu avec d’autres compatriotes, que les autres confrères et amis togolais qui, comme lui étaient à Accra pour suivre le match des Eperviers contre les Lions Indomptables du Cameroun arrivent pour que les choses sérieuses commencent.

          Bertin huma l’air et respira à pleins poumons. La brise vespérale était fraîche à Accra. Un temps qui contrastait avec la chaleur qui avait prévalu dans l’après-midi au Stade.

          Il était un peu fatigué. Il était arrivé par la route le matin même dans la capitale ghanéenne. Une mégalopole qui n’avait rien à voir avec Lomé qui, comparé à elle, paraissait comme un gros village. Il était descendu dans ce petit hôtel qu’il connaissait pour y avoir logé plusieurs fois déjà, en tout cas, depuis que, suite à la suspension du stade de Kégué, le Togo jouait ses matchs à domicile, dans la capitale ghanéenne, puis s’était rendu directement au stade.

          En quittant Lomé, Bertin avait pris beaucoup d’argent sur lui. En réalité, il n’était pas à Accra que pour le match. Il s’était bien préparé pour s’amuser à fond. Pour ça, il avait de l’argent et toute la nuit de ce samedi. Le lendemain, que les Eperviers aient gagné ou non, il rentrera à Lomé en même temps qu’eux. Maintenant que les Dieux du football étaient avec le Togo et que les Eperviers ont dompté les Lions Indomptables, la fête allait être plus belle.

          Mais pour en arriver à cette victoire, les choses n’avaient pas été simples. Certes, les Togolais étaient à la hauteur du match. Mais des chaudes alertes dans le camp togolais et les pressions des Camerounais qui rageaient et voulaient à tout prix gagner, donnaient parfois des sueurs froides aux Togolais. Il arrivait des moments où on se croisait les doigts. Mais ça aussi, c’était le football.

          Bertin saisit sa petite bouteille de Guinness et porta le goulot à la bouche. C’était la pratique courante ici. A Accra, on pense qu’il est plus hygiénique de laisser les gens boire au goulot ou avec des pipettes. Il tira lentement quelques gorgées du liquide brun noir et les avala tout aussi lentement pour bien en gaver ses papilles gustatives.

          Il sonnait à peu près 19 h. Les confrères journalistes et autres amis que Bertin attendait n’allaient pas tarder à arriver. Ils s’étaient donné rendez-vous sur 19 h 30 mn pour aller manger un morceau. Après, ils feront le tour de quelques bars avant d’aller terminer la soirée dans une boîte de nuit. Terminer la soirée était un peu trop dire. La boîte de nuit serait leur point de chute final. Après, chacun pourra gérer le reste de son temps jusqu’au lendemain. Le départ pour Lomé était prévu à 13 h. Chacun pourra profiter d’une partie de la matinée pour se remettre de la fatigue et des émotions.

          Bertin tâta discrètement la poche, histoire de vérifier si la grosse enveloppe qu’il y a glissée et qui contenait de l’argent y était. Il devait avoir dans cette enveloppe environ 250.000 F CFA en Cedis et en CFA. Une partie de cet argent lui avait été confiée par un voisin de quartier qui l’avait prié de la remettre à son fils qui étudie à l’Alliance Française d’Accra. L’autre représentait une partie de ses propres économies et les frais de mission qui lui avaient été versées pour le voyage. Bertin savait qu’il était imprudent de circuler avec autant d’argent liquide sur soi. Mais il préférait cette formule à toute autre alternative.

          Il sonnait 19 h 25 mn mais aucun des amis de Bertin n’était encore au rendez-vous. Ces gens-là sont toujours ainsi. Ils n’ont aucune notion de la ponctualité. Les connaissant bien, Bertin savait par avance qu’il allait encore attendre un peu.

          A ce moment précis, Bertin vit une jolie fille qui arrivait. C’était vraiment une beauté. Elle avait une taille moyenne qui allait à merveille avec sa corpulence et sa poitrine légèrement forte. Elle était vêtue d’un tee-shirt et d’un pantalon Jeans moulant qui mettait en évidence ses formes. Arrivée à la hauteur de Bertin, la jeune fille le regarda. Leurs yeux se croisèrent et elle salua Bertin. Etait-ce parce que Bertin était vêtu d’une chemise aux couleurs des Eperviers qu’elle avait deviné qu’il arrivait du Togo ? Toujours est-il qu’elle l’avait salué en Français, puis était rentré dans le bar.

          Bertin était presque tombé sous le charme de la jeune fille qui, aussitôt entrée dans le bar, en ressortait. Le premier réflexe de Bertin fut de l’inviter à prendre un pot.

          Après quelques secondes d’hésitation, la jeune fille accepta l’invitation et prit place à la table de Bertin qui engagea aussitôt la conversation. Bertin apprendra des présentations, que la jeune fille s’appelait Doris, qu’elle vivait à Accra mais que dans un passé pas trop lointain, elle avait passé quelques mois à Lomé. Parce que la jeune fille a passé quelques temps à Lomé, Bertin la sentait encore plus proche de lui. Un détail avait attiré l’attention de Bertin, c’est que la jeune fille, dans leurs conversations n’avait fait aucune allusion à la profession qu’elle exerçait. Mais était-ce là l’essentiel ? Non ! Pour Bertin, ce qui importait pour l’heure, c’était d’avoir Doris avec lui. Il se voyait déjà en train de se trémousser avec elle dans la boîte de nuit, ce soir-là en attendant de prendre, toujours avec elle, les airs pour le 7e ciel.

          Bertin ne voulait pas rater sa cible. Il prit tout le temps qu’il fallait pour mettre Doris en confiance puis lui proposa de se joindre à eux pour la sortie en boîte. Ce que Doris accepta de bon cœur. Bertin lui expliqua le programme de la soirée. Doris lui fit comprendre alors qu’elle ne sera pas présente à toutes les étapes mais qu’elle sera à la boîte de nuit. Ce qu’elle fit.

          La nuit a été tout simplement fantastique. L’ambiance était au top et la musique, à la hauteur des attentes. Outre les hip hop ghanéen très aimés au Togo et des musiques du genre très branchés, le DJ avait joué toutes sortes de variétés afin de permettre à chacun de trouver son goût. C’était merveilleux. Après une soirée aussi réussie, il était dans l’ordre des choses que tout se termine pour Bertin et Doris dans la chambre d’hôtel.

          Il sonnait un peu plus de 3 heures du matin quand Bertin et Doris arrivèrent à l’hôtel. Ils furent accueillis par une chambre où régnait une fraîcheur agréable.

          Bertin brûlait d’envie de consommer cette beauté qu’il avait à portée de main. Sans tarder, il passa aux choses sérieuses. Il prit Doris dans les bras et se mit à la caresser. La jeune fille qui n’attendait pas mieux le prit également en compte. Bertin était aux anges. Ce manège dura quelques minutes. Puis Bertin eut envie d’aller plus loin, ou plutôt plus en profondeur. Il poussa lentement Doris vers le lit moelleux qui les accueillit. L’instant après, Bertin était en train de chevaucher Doris comme un fou. Son bazooka gonflé à bloc et raide comme une barre de fer coulissait dans le fruit fendu juteux de la jeune fille. Il allait et venait, venait et allait. Un va-et-vient exquis. Avec l’importante quantité d’alcool qu’il avait ingurgité, Bertin savait qu’il n’allait pas vite prendre son pied et cela l’arrangeait. Il avait tout son temps pour jouir.

          Après de longues et longues minutes d’une chevauchée laborieuse, il atteignit finalement le 7e Ciel. Il y a longtemps qu’il avait joui autant. Satisfait comme celui qui avait combattu le bon combat, Bertin sombra dans un sommeil profond. On était déjà au petit matin.

          Il était 9 h quand Bertin se réveilla. Il avait très bien dormi. Rapidement, il fit une brève revue des événements de la veille. Tout lui revenait. Mais ce qui l’intriguait, c’était l’absence de Doris à ses côtés. Subitement il eut comme un mauvais pressentiment et bondit vers le garde-robe où il avait rangé son pantalon. Il le décroche et tâta la poche. Elle était vide. Doris était partie avec son argent. Bertin étouffa un hurlement. Il ne lui restait plus rien pour payer la chambre et son transport jusqu’à Lomé. Et le fils de son voisin qui devait venir chercher son argent ?

          Bertin se prit la tête entre les mains et se plongea dans la réflexion. Il se souvint que certains de ses confrères avaient acheté des puces cellulaires au Ghana. Il descendit à la réception et appela l’un d’entre eux.

          Ce sont finalement les confrères de Bertin qui s’étaient cotisés pour lui payer ses frais d’hôtel et son voyage retour à Lomé.

          Un back out total a été fait sur l’affaire. Mais afin de mettre en garde nos confrères contre les virées auxquelles ils s’adonnent lorsqu’ils sont en déplacement que ce soit à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, j’ai pris la responsabilité de raconter cette mésaventure en prenant soin de changer les noms des protagonistes.

Kayissan

 
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