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Le Changement 169 du jeudi 23 avril 2009 |
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Inconséquence au sommet : Comment le pouvoir a participé à la
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat |
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Dans le cadre des résultats des enquêtes menées dans l’affaire de
tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la gendarmerie a présenté à la
presse, le jeudi 16 avril dernier, ce qu’elle appelle les preuves
matérielles du complot. La presse a pu voir sur des tables disposées dans la
cour de la gendarmerie, des armes à feu, des munitions, du matériel de
transmission militaire, du matériel optique, des cordelettes, des chaussures
de combat, des tissus de treillis, des plaques minéralogiques togolaises et
étrangères, etc. ainsi que deux jeeps.
Cette présentation effectuée par le Commandant Kodjo
Amana survenait après que le Procureur de
la République,
Robert Bakaï ait indiqué que des indices graves confortaient dans la thèse
d’un complot.
Au Togo, le coup d’Etat est un crime imprescriptible.
La Constitution
togolaise dispose en effet en son article 150 qu’«en cas de coup d’Etat
ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de
l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les
moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle y compris le recours
aux accords de coopération militaires ou de défense existants.
Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et
s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus
sacré des droits et le plus impératif des devoirs.
Tout renversement du régime constitutionnel est considéré
comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément
aux Lois de
la République».
Personne au Togo ne saurait donc soutenir, encore moins,
faire l’apologie d’un coup d’Etat. Seulement voilà. La sortie de jeudi
dernier ne semble pas avoir suscité les réactions auxquelles on aurait pu
s’attendre. Les explications du Commandant Amana ont ramené les Togolais
loin, très loin, à une époque qu’ils croyaient à jamais révolue. C’était les
temps forts du régime Eyadéma où à la suite de tentatives de déstabilisation
vraies ou supposées, on alignait de présumés assaillants, des véhicules
ainsi que des armes de tous genres qu’on présentait aux visiteurs étrangers
qui défilaient dans la capitale togolaise. Cette pratique avait si
négativement marqué les Togolais que la dernière sortie du Commandant Amana
a plus suscité des interrogations qu’elle n’a apporté de réponse aux
appréhensions de l’opinion au sein de laquelle, certains se demandent si on
n’était pas tout simplement en train d’opérer un retour aux vieilles
méthodes.
L’attentat à la sûreté de l’Etat, crime imprescriptible
qui implique des arrestations et des procédures judiciaires est un sujet
extrêmement délicat dont la gestion requiert beaucoup de tact. La
présentation des faits demande et exige beaucoup de clarté pour une bonne
compréhension sans laquelle, on risque d’éveiller des soupçons de montage.
Tout doit donc être convaincant sur la ligne.
Nous ne sommes pas là pour porter un jugement de valeur
sur ce qui se passe actuellement. Nous ne sommes pas là pour dire si
l’attentat à la sûreté de l’Etat évoqué est réel ou supposé. Nous n’en avons
d’ailleurs pas la compétence. D’autres services existent pour le faire. Mais
les faits et les événements, tels qu’ils se déroulent, suscitent un certain
nombre de commentaires.
En effet, Kpatcha Gnassingbé dont on dit qu’il est le
présumé cerveau du complot et au domicile de qui une perquisition aurait
permis de retrouver l’arsenal présenté n’est pas n’importe qui. Il a occupé
dans le premier Gouvernement de Faure dirigé par Edem Kodjo, la fonction
stratégique de Ministre de Défense et des Anciens Combattants. Il sera
reconduit dans le gouvernement Agboyibo.
A ce titre, Kpatcha a eu à passer des commandes de
matériels militaires et accédé à des armes qu’il aurait pu garder chez lui.
Alors en fonction, Kpatcha Gnassingbé, un civil sillonnait les casernes du
Togo, en tenue militaire sans que cela n’émeuve personne. En son temps,
Faure laissait faire. Au nom des liens familiaux, il n’avait rien trouvé à
dire malgré le cri d’alarme des uns et des autres.
Avec la nomination de Komlan Mally à
la
Primature, Kpatcha avait été écarté du Gouvernement mais on n’a pas procédé
à la nomination d’un nouveau Ministre pour le remplacer. Le Ministère de
la Défense et des Anciens Combattants a été
rattaché à
la
Présidence de
la République. Mais
on ne se rappelle pas qu’au lendemain de ce remaniement, il y avait eu
passation de service en bonne et due forme, entre le ministre sortant et les
autorités chargées de prendre le relais. Une passation de service aurait
permis à Kpatcha de rétrocéder au pouvoir, les attributs de son statut de
ministre et surtout le matériel militaire qu’il détenait à la faveur de ses
fonctions de ministre de
la Défense. Et
tout cela, devrait être sanctionné par un procès-verbal consignant par
écrit, les pièces et matériels récupérés. Malheureusement, selon nos
sources, il n’en a rien été et cela n’avait apparemment dérangé personne.
Faure Gnassingbé, son cabinet militaire et les nouvelles autorités en charge
de
la Défense n’ont-ils pas pris la mesure de la
situation ? Grave oubli ou choix délibéré ? Toujours est-il qu’on s’était
accommodé d’une situation inexplicable. Pourquoi ? De là, à dire que tout
avait été fait à dessein pour mettre en difficulté Kpatcha au cas où il
deviendrait gênant, il n’y a qu’un pas que nous refusons de franchir.
Il est aussi constant que les fils Eyadéma ont vécu dans
un environnement militaire où très tôt, ils s’étaient familiarisés avec les
armes. On sait que plusieurs parmi eux, même ceux qui n’exercent aucune
profession ayant un quelconque rapport avec le métier des armes, en
possèdent. On se souvient qu’il y a quelques années, alors que le Général
Président était encore de ce monde, un de ses fils qui aimait jouer au rodéo
sur les routes, avait grièvement blessé avec une arme à feu, un usager de la
route dans la zone de Sotouboua parce qu’il n’avait pas supporté que ce
dernier le double à bord de sa voiture. A l’époque, le «pistolero»
avait été arrêté et détenu à
la
Gendarmerie avant d’être remis en liberté Tout le monde
connaît ce fils à Papa qui est encore en vie.
On se rappelle également qu’il y a quelque temps, au
cours d’une altercation banale dans un maquis non loin du Garage Central à
Lomé, une fille du défunt Président avait tenu tout le monde en respect avec
une arme à feu.
Ces exemples montrent à suffisance que les armes sont,
pour les enfants du Général, des objets banals qu’on possède comme des
gadgets et dont on peut user pour les choses les plus insignifiantes.
Nous n’avons l’ambition de jouer à l’avocat de personne.
Mais il nous semble que des armes retrouvées chez un Gnassingbé, qui plus
est, un ancien Ministre de
la Défense qui, officiellement n’a pas passé la
main, n’a rien de surprenant, à moins que l’intention criminelle soit
clairement prouvée et démontrée par d’autres moyens.
On peut pérorer à loisir sur la nature réelle ou supposée
du complot allégué. Mais si tentative de coup d’Etat il y a eu, et si on a
vraiment retrouvé des armes au domicile de Kpatcha, il s’agit d’une
situation favorisée par ceux qui ont manqué de faire la passation de service
avec l’ancien Ministre de
la Défense.
Les conséquences de cette affaire sont incalculables pour
le Togo qui, aujourd’hui, n’a que faire d’une démonstration de force pour
déjouer un complot. Au Togo, on manque de tout et les populations attendent
que les pouvoirs publics pourvoient au minimum de leurs besoins quotidiens.
Des enjeux électoraux pointent à l’horizon et le Togo a besoin d’une
certaine sérénité et d’apaisement pour effectuer un processus de qualité.
Il est regrettable qu’on soit arrivée à une situation de
ce genre. Au moment où on parle de réconciliation, les faits qui se
produisent aujourd’hui avec leurs cortèges d’arrestations ne peuvent que
compliquer les choses. C’est pourquoi cette affaire doit être gérée avec
beaucoup de tact et de retenue. Quelle que soit la gravité des choses dont
sont accusés les comploteurs présumés arrêtés, ils doivent bénéficier de
l’habeas corpus.
La Constitution
togolaise dispose en effet, en son article 18 que «tout prévenu ou accusé
est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la
suite d’un procès qui lui offre les garanties indispensables à sa défense.
Le pouvoir judiciaire, gardien de la liberté individuelle
assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi».
Enfin et dans un autre registre, l’heure semble avoir
sonné pour que tous les autres frères civils du Président et surtout les
demi-frères de Faure qui détiennent des armes soient désarmés.
On peut donc dire que c’est le plus dur qui commence pour
Faure désormais appelé sur tous les fronts. Il doit savoir gérer
concomitamment une famille divisée et déchirée à jamais, une armée au sein
de laquelle la graine de la suspicion a été semée et un pouvoir qui doit se
renforcer sans dériver vers l’autoritarisme. Les chantages auxquels on
assiste aujourd’hui commencent à divertir l’opinion alors que ce qui se
passe aujourd’hui est sérieux.
D’ores et déjà, les pays voisins commencent à se moquer
de nous, vu la manière dont le dossier est traité. Que viennent encore
chercher les liseurs de motion dans cette affaire ? Ça suffit la comédie.
Amou
Deux poids, deux mesures : Certains prévenus déjà privilégiés par rapport à
d’autres
Après avoir visité, dans la
matinée de samedi 18 avril, l’honorable Kpatcha Gnassingbé et plus de vingt
personnes interpellées dans le cadre de l’enquête préliminaire à propos du
dossier «atteinte contre la sûreté de l’Etat», des organisations de
Défense des Droits de l’Homme à savoir
la Commission Nationale
des Droits de l’Homme (CNDH), le Mouvement Togolais de Défense des Libertés
et des Droits Humains (MTDLDH) et la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme, ont rencontré la
presse, dans l’après-midi du même jour.
Il ressort de leur compte
rendu que tous les détenus visités sont apparemment bien portants. Les
prévenus auraient déclaré n’avoir été l’objet de mauvais traitements depuis
leur interpellation jusqu’alors. «… De manière générale, les détenus ont
déclaré ne souffrir d’aucune maladie ou malnutrition. Toutefois, l’honorable
Kpatcha Gnassingbé a indiqué qu’il était sous surveillance médicale avant
son interpellation et que cette surveillance continue avec le médecin de la
famille que les visiteurs ont rencontré sur place. De même, un des
militaires interpellés souffrait des douleurs du thorax avant son
interpellation.», ont-ils souligné.
Toutefois, ont laissé entendre
les conférenciers, «à propos des visites, certains détenus sont
privilégiés par rapport à d’autres. En clair, certains détenus ont déclaré
avoir reçu la visite des membres de leur famille tandis que d’autres,
jusqu’à présent, n’en ont jamais reçue.»
Les organisations de Défense
des Droits de l’Homme ont fait savoir à la presse que, jusqu’à la journée du
18
Avril 2009, le nombre de détenus était élevé à 21 dont 17 militaires et 4
civils. Elles se sont, toutefois réservées de citer nommément les personnes
visitées.
A la fin de leur visite, elles
auraient fait un certain nombre de recommandations à l’endroit des Autorités
togolaises. Entre autres :
- faire continuer le suivi
médical des détenus malades ou sous surveillance médicale avant leur
interpellation
- favoriser la visite des
familles des détenus qui en sont privés
- veiller à l’hygiène et à la
salubrité de la literie et des lieux de détention.
Les zones d’ombre
Cette conférence de presse loin d’éclairer l’opinion, a plutôt laissé les
journalistes sur leur soif.
D’abord, les organisations
n’ont pas eu le courage de dire à la presse, le ou les lieux où sont
détenues les personnes interpellées.
Ensuite, ils n’ont pas donné
l’identité des personnes arrêtées et visitées.
Enfin, ils n’ont pas pu dire
pourquoi certaines personnes sont bien traitées par rapport à d’autres.
D’ores et déjà, on note une
politique de deux poids, deux mesures dans le traitement des détenus depuis
leur lieu de détention. Pourquoi certains sont-ils privilégiés par rapport à
d’autres ?
Que ce soit à
la
CNDH, à
la LTDH et au niveau des autres organisations
de Défense des Droits de l’Homme, nombreux sont les parents qui se plaignent
de la disparition mystérieuse des membres de leurs familles. Où sont-ils ?
Sont-ils morts ou sont-ils vivants ? Où les a-t-on gardés, se demandent-ils.
Connaissant notre pays, il est
donc temps que toutes les zones d’ombre soient élucidées sur toutes ces
questions. Notre pays étant réputé dans les violations des droits humains et
les libertés fondamentales, il est donc sérieusement à s’inquiéter sur le
sort qui est réservé à nos frères et sœurs interpellés dans cette affaire.
S’il est vrai que le RPT veut
écarter tout mauvais esprit qui gêne l’unité nationale, il n’en demeure pas
moins vrai que, pour le faire, il faut la manière ; faute de quoi, nous
serons obligés de reculer encore «50 ans en arrière». L’heure a donc
sonné pour que la vérité, rien que la vérité soit dite.
L.C.
Détournement de
100 millions CFA de cotisations sociales à l’ICAT : Le Ministre Ewovor doit
s’impliquer pour sauver la situation
A l’Institut de Conseil d’Appui Technique (ICAT) il
se passe des choses peu orthodoxes. Une affaire de détournement de 100
millions CFA comptant pour les cotisations sociales, de 13 mois d’arriérés
de salaires et de 7 mois de soldes non payés, empoison-ne depuis quelque
temps les rapports entre les agents de terrain et le Directeur Général de
cet Institut, le Dr Odou.
Les agents de terrain qui revendiquent le
reversement intégral des cotisations sociales à
la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le
payement de tous les arriérés de salaires et les soldes non remboursés,
donnent un délai de 15 jours pour obtenir satisfaction. Autrement, un sit-in
dans l’enceinte du Ministère de l’Agriculture est prévu le
4 mai 2009
suivi d’un débrayage d’une semaine dans toutes les Directions Régionales et
les agences.
De quoi s’agit-il ?
A la suite des négociations entre
la
Direction Générale de l’ICAT et le Trésor Public togolais, les
deux parties sont convenues que l’intégralité des salaires à savoir 16,5 %
des charges patronales et le salaire brut du personnel soient tous les mois
alloués à l’Institut qui, en lieu et place du Trésor Public, sera désormais
chargé de reverser les charges patronales et les 4 % prélevés sur le salaire
brut du personnel, ce qui fait au total 20,5 % de cotisations sociales à
la CNSS tous les mois. Mais pour des raisons
non encore élucidées mais faciles à imaginer,
la Direction Générale
de l’ICAT s’est, en douce, abstenue de verser les cotisations sociales de 16
mois s’élevant à 100 millions de CFA à la CNSS, contrairement à ce qui était
convenu entre elle et le Trésor Public.
Cet acte susceptible de compromettre dangereusement les
chances de jouissance pleine et entière des indemnités de retraite et les
pensions de vieillesse du personnel a été frappé «Top Secret» à
la
Direction de l’ICAT. Mais comme le dit l’adage, le mensonge se lève tôt, la
vérité finit par le rattraper. C’est ainsi que lors de la passation de
service entre l’ancien Directeur Administratif et Financier (DAF) M.
Tchassanti Ouro Bodi et le nouveau, M. Têkoe Fogan, le pot aux roses fut
découvert. Le Directeur Général de l’ICAT et le Ministre de l’Agriculture,
de l’Elevage et de
la Pêche saisis, n’ont rien fait pour aider les
victimes à rentrer dans leurs droits. Pire, la gestion catastrophique des
fonds du Trésor Public et le non reversement des cotisations sociales à
la CNSS par
la Direction Générale
de l’ICAT ne semblaient pas préoccuper le Ministre.
Par ailleurs, il a été donné de constater dans le même
temps, une irrégularité bizarre dans la dotation mensuelle en carburant
fixée à
10 litres
par agent déjà insuffisant, allouée aux agents de terrain (Conseillers
Agricoles). Idem pour les Directions de Délégation Régionale qui étaient
financièrement asphyxiées. A
la Direction Générale,
d’après nos informations, toute une gymnastique était initiée pour camoufler
les malversations financières sur lesquelles nous reviendrons dans une
prochaine parution, dans les moindres détails, chiffres à l’appui. Lorsqu’il
prévoyait la création de l’ICAT, le restructurateur avait pensé à un
instrument viable et fiable d’appui technique à une agriculture togolaise
balbutiante et vacillante et non à une mine d’argent sans fond où les
responsables puiseront sans vergogne pour se remplir les poches au détriment
des travailleurs et du monde paysan.
On rapporte qu’à l’ICAT, le Directeur Général se mêle de
tout en se substituant tantôt au Directeur Administratif et Financier (DAF)
tantôt à la comptabilité. Dans cette confusion généralisée, le DAF n’a pas
mieux trouvé que d’instaurer en toute impunité, une gestion opaque où
l’anarchie le dispute la vedette à l’improvisation si ce n’est à la
navigation à vue.
Le Directeur Général de l’ICAT admis à la retraite depuis
quelques années s’accroche toujours à son fauteuil luxuriant de DG sous
l’œil complaisant de son Ministre de tutelle qui ne semble pas du tout
pressé de le remplacer. Au Togo lorsqu’on est officiellement admis à la
retraite, mais officieusement maintenu aux affaires, on pense qu’on est
irremplaçable, et on finit à n’en faire qu’à sa tête. C’est ainsi qu’à
l’approche du changement à la tête de
la Direction Administrative
et Financière, Dr Odou a activé le poste de Chef Division Comptabilité dont
il ne s’est jamais accommodé, pour y mettre l’ancien Directeur Administratif
et Financier M. Tchassanti qui était à ses côtés au moment du détournement
des 100 millions F CFA des cotisations sociales.
Le samedi 18 avril dernier, les agents de terrain venus
de toutes les cinq régions du pays, avaient décidé à l’issue d’une assemblée
générale extraordinaire, de tenir le 4 mai prochain dans l’enceinte du
Ministère de l’Agriculture, un sit-in suivi d’une semaine de cessation
d’activités sur toute l’étendue du territoire pour réclamer le versement à
la
CNSS des 100 millions de cotisations sociales et le payement des 13 mois
d’arriérés de salaire, et de 7 mois de soldes non perçus.
De nombreux observateurs pensent que seul le limogeage de
ce Directeur Général qui, malgré l’évidence, ne reconnaît aucun détournement
de fonds dans son service, peut remettre de l’ordre dans la gestion de l’ICAT.
Le maintien de cet homme à son poste risque de multiplier les sit-in et les
débrayages intempestifs au niveau des agents de terrain de l’ICAT. Ce qui,
malheureusement, peut porter lourdement atteinte à la campagne agricole en
cours malgré les efforts du Chef de l’Etat.
Compte tenu de l’importance qu’attache le Chef de l’Etat
à la réussite de cette campagne agricole, l’implication personnelle du
Ministre de l’Agriculture dans ce dossier, s’impose plus que jamais. Les
regards sont donc tournés vers le Ministre Ewovor qui, il n’y a pas
longtemps, avait déclaré aux agents de terrain que le dossier est au niveau
de son cabinet.
Affaire à suivre.
JNT
Kaléidoscope
Des nouvelles recrues désenchantées
A en croire des sources dignes de foi, les nouvelles
recrues dans l’Administration Publique, sont réduits depuis leur prise de
fonction à passer non des heures de travail mais des heures au travail et en
toute autarcie. Manque crucial de bureaux pour certains, manque
d’attributions précises pour d’autres dans un contexte d’hostilité et
d’indifférence plus ou moins avéré créé et entretenu par des anciens qui
éprouvent des difficultés à accepter de collaborer avec nettement plus
diplômés qu’eux.
Pour gérer cette situation peu enviable, certains
choisissent de passer remplir la fiche de présence pour s’évanouir après
dans la nature. Ceux qui ont plus de chance de se retrouver à plusieurs dans
les salles de réunions ou de conférences de leur département ou service
transforment carrément les lieux en un agora pour se délecter à petites
cuillères des sujets brûlants de l’heure et ceci pendant les heures de
service. Les plus à plaindre sont ceux qui ont pu être «casés» dans
un bureau mais confrontés à l’ambiance glaciale entretenue par les anciens.
Mais bizarrement, à la fin de la journée, chacun regagne la maison avec le
sentiment d’une journée de travail bien remplie. A la fin du mois, ils
brandiront tous des arguments convaincants pour réclamer leurs salaires. De
son côté, le gouvernement se fera fort de payer ainsi des travailleurs
totalement désoeuvrés. Est-ce à dire que l’administration togolaise n’a pas
besoin de renfort en personnel et que le concours de recrutement n’a été
organisé que pour les beaux yeux des diplômés sans emploi ? Pour l’heure
dans le camp des nouvelles recrues, le désenchantement est total.
Faure en déphasage avec les réalités au Togo
Dans son message adressé aux Togolais suite à la
tentative déjouée contre la sûreté de l’Etat, le Chef de l’Etat a fait
montre d’une confusion et d’une méconnaissance inadmissibles de la condition
sociale de ses administrés. Pour avoir ordonné le recrutement de 4.000
nouveaux fonctionnaires dans l’administration publique dans les conditions
que l’on sait, la gratuité du préscolaire et du primaire, la rénovation de
notre politique de santé et la promotion de l’agriculture, Faure Gnassingbé
croit avoir semé le bonheur dans le cœur des Togolais. Il n’a peut-être pas
encore conscience du fait que le recrutement des 4.000 nouveaux
fonctionnaires, dont une bonne partie était déjà, employée de l’Etat n’a
rien réglé au niveau du chômage au Togo. Il ne sait peut-être pas que la
gratuité du préscolaire et du primaire telle que décrétée et appliquée au
Togo pose plus de problème qu’elle n’en résout aux enseignants, aux parents
et aux élèves. Le président Faure Gnassingbé doit cesser de traumatiser les
Togolais déjà écrasés sous le poids d’une misère indicible, en rappelant à
tout bout de champ les mesures impopulaires prises par son gouvernement qui
n’ont pour effet que l’aggravation de la condition de vie des populations.
Le Chef de l’Etat ferait œuvre utile s’il demandait au gouvernement
d’arrêter sa manie de reprendre par la main gauche, ce qu’il octroie par la
main droite. Les Togolais sont par exemple scandalisés par le refus du
gouvernement de baisser les prix du carburant à la pompe en adoptant un prix
à peu près semblable à ce qui a cours dans les pays voisins. Si Faure
prétend n’être pas informé de cet aspect de la chose, on peut affirmer alors
qu’il est complètement en déphasage avec la réalité.
Le Ministre Titikpina ne parle pas
Depuis plus d’une semaine, le Togo est affecté par des
événements douloureux ayant assené un coup dur au débat politique moribond.
Brandissant l’alibi de complot contre la sûreté de l’Etat, les hommes du
Colonel Kadanga ont, dans la nuit du 13 avril 2009, pendant des heures,
soumis la résidence de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé soupçonné, à
des tirs nourris d’artillerie lourde. L’élu du peuple n’aura la vie sauve
que grâce à l’intervention et l’interposition d’un de ses nombreux frères,
le Col. Rock Gnassingbé, le patron du Sous-Groupement blindé. Cet événement
qui a perturbé de façon significative, la quiétude des paisibles populations
et sérieusement traumatisé les voisins de l’honorable Kpatcha,
curieusement, n’a pas en toute vraisemblance préoccupé comme il se doit, le
Ministre Titikpina Atcha de
la Sécurité
et de
la Protection Civile.
Au moment où le Procureur de la République Robert Bakaï et le patron de
la Gendarmerie
le Col. Yark se démenaient qui, pour informer l’opinion sur les médias, qui
pour exécuter les instructions du parquet, notre charmant personnage se
livrait en toute tranquillité à des opérations de simulation de secours aux
naufragés en cas d’inondation. Tout porte à croire que l’«affaire Kpatcha»
censée affecter la sûreté de l’Etat donc à la sécurité des Togolais dont il
est le patron n’intéresse pas le Ministre Titikpina. L’homme a brillé par un
mutisme incompréhensible qui suscite déjà des spéculations à son encontre.
Il a subtilement dévié le feu des caméras vers le Procureur de
la République
et les responsables de la Gendarmerie exposés ainsi aux attaques
médiatiques. Ailleurs, lors des événements du genre, c’est le Ministre de la
Sécurité qui monte au créneau pour planter le décor avant de laisser le soin
aux autres s’exhiber. Ce n’est tout de même pas parce que dans l’affaire
Atsutsè Agbobli, il lui avait été reproché de mettre la charrue devant les
bœufs en publiant, avant toute autopsie du corps, un communiqué sur les
causes de la mort de l’écrivain politologue historien togolais, qu’il va
vouloir garder silence dans le dossier Kpatcha. Plus que jamais, le mutisme
de Titikpina est suspect.
Vous avez dit expérience ?
Au cours de la campagne électorale en prélude au congrès
électif de janvier 2009, le Colonel Rock Gnassingbé était présenté comme un
candidat sérieux et pétri d’expériences. Pour avoir présidé deux mandats de
4 ans durant, aux destinées du football togolais et pour avoir été aux
commandes lors de la double qualification des Eperviers à
la
CAN/Mondial 2006, l’homme ne devrait pas manquer d’arguments sur le plan de
l’expérience. Cependant, il est donné de constater, tout de suite après son
élection énigmatique à la présidence de
la Fédération Togolaise
de Football (FTF), que le nouvel ancien président Rock ne cesse de faire
preuve d’un amateurisme criard. Il manquerait d’assurer la cohésion au sein
de son groupe et serait aujourd’hui en conflit plus ou moins ouvert avec son
vice-président l’honorable Gabriel Améyi, un détracteur irréductible, du
prédécesseur de Rock. La dernière qui défraye la chronique, est la décision
par laquelle le FTF demande aux clubs de 1ère division
de disputer à partir de la 5e journée
un championnat national, deux fois par semaines, c’est-à-dire les mercredi
et les dimanches. Nombreux sont ceux qui ne pensent pas beaucoup de bien de
cette mesure qui en demande trop aux joueurs eu égard aux conditions dans
lesquelles ils évoluent ici et qui tranchent d’avec celles des
professionnels. Dans les milieux du football, de sérieuses réserves sont
formulées contre la mesure qui, en dehors de Kossivi Reinhardt et de Rock
Gnassingbé n’enthousiasme personne. Mais l’entraîneur Belge Jean Thissen
auquel la situation n’échappe pas, vient de désavouer publiquement la chose.
C’était au cours d’une conférence de presse tenue le vendredi 17 avril 2009.
Le rendement d’un week-end, n’est pas le même le mercredi, a déclaré le
sélectionneur et Directeur Technique National avant d’ajouter : «J’ai été
surpris de voir des clubs qui ont bien joué le dimanche mais mercredi, ils
sont complètement foutus». Autrement dit, cette décision de Rock
Gnassingbé a tôt fait de démontrer ses limites. De quoi s’interroger
sérieusement sur la nature des expériences prêtées au candidat Rock. Après
ce désaveu public de Jean Thissen, on se prépare d’après nos informations à
rapporter purement et simplement les termes du communiqué du 10 mars 2009.
Si ces informations s’avéraient alors, sans nul doute, Jean Thissen aura
sauvé le championnat national. |
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Le Changement 167 de jeudi 09 avril |
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Du débat politique à la mobilisation populaire : L’UFC face à la stratégie
de la rue |
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Depuis quelque temps, le débat politique s’enlise au Togo. La mise
en place du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) qui a
suscité beaucoup d’espoir quant au règlement de nombreuses questions
d’intérêt national ne semble pas à la hauteur des attentes. Le principe du
consensus qui est sa base fondamentale de décision est rarement au
rendez-vous sur les questions les plus urgentes. La situation s’est
envenimée avec la modification par les députés RPT dans les conditions qu’on
sait, des articles 21 et 32 du Code Electoral le 31 Mars dernier.
Dès lors et même bien avant, au sein de l’opposition, on
s’interrogeait et s’inquiétait sur la fiabilité du processus électoral
devant conduire à l’échéance présidentielle de 2010 que tout le monde
souhaite transparente, sereine et démocratique.
Face au parti au pouvoir qui s’appuie sur les faveurs des rapports
de force et surtout sa majorité parlementaire pour tenter d’imposer sa loi,
opérer des passages en force et mettre entre parenthèses le principe du
consensus, l’UFC semble avoir opté pour la stratégie de la rue. A travers
plusieurs communiqués de presse, ce parti avait déjà appelé les populations
à rester mobilisées et vigilantes. Au cours d’un meeting animé à la Place
Anani Santos (ex Fréau Jardin) le 22 mars dernier, les responsables du parti
avaient clairement affiché leur option : mobiliser les populations pour les
faire descendre dans la rue afin de crier leur ras-le-bol.
Comme pour joindre l’acte à la parole, le leader de l’UFC, M.
Gilchrist Olympio arrivé à Lomé, a entamé une tournée dans les fédérations
du parti. Dans toutes les fédérations qu’il a visitées, le message était
celui de l’information des militants sur l’évolution de la situation
politique au Togo et l’appel à la mobilisation populaire. Reste à savoir ce
que peut donner cette stratégie et surtout si elle est la meilleure à
l’étape actuelle de notre évolution.
Il est vrai que la stratégie de la rue a été payante dans
plusieurs cas. Mais il est aussi vrai que cette option a des limites. Au
Togo, la rue a joué un rôle considérable voire déterminant dans le processus
démocratique. Ils sont encore vivaces dans les mémoires les manifestations
populaires monstres et les mouvements de foule qui avaient mis le régime
Eyadéma sous pression au début des années 1990. Elles sont encore fraîches
dans les esprits, les importantes concessions arrachées au régime avec la
rue. Mais si pour l’essentiel, les problèmes demeurent les mêmes aujourd’hui
qu’hier, les circonstances ont changé et ce qui s’est passé hier ne peut pas
forcément se passer aujourd’hui. Quel que soit ce qui est reproché au
pouvoir en place, il jouit d’une certaine légalité et légitimité aux yeux de
la communauté internationale pour qui le Togo n’est plus un cas urgent et
préoccupant à côté de pays comme Madagascar, le Zimbabwe, la Guinée-Bissau,
le Soudan, la Guinée Conakry et même la Côte d’Ivoire.
De même, l’opposition qui mobilisait les foules n’est plus la même
aujourd’hui. Ceux qui, hier, parlaient d’une seule et même voix se regardent
aujourd’hui en chiens de faïence et ne parlent plus le même langage. Il est
vrai que tous proclament de tout mettre en œuvre pour obtenir des élections
libres et démocratiques en 2010. Mais pour l’instant, il est illusoire de
penser à une action concertée entre eux. Entre les partis de l’opposition
extraparlementaire et ceux de l’opposition parlementaire, rien ne va. Que
veut-on par exemple que l’UFC et le CAR fassent ensemble avec la CPP, la
CDPA et le PDR, leurs alliés d’hier qu’ils considèrent comme des béquilles
du RPT et à qui ils refusent aujourd’hui farouchement, l’entrée au CPDC ?
La situation devient plus complexe si l’on sait qu’entre les deux
partis de l’opposition parlementaire même, on n’est pas d’accord sur toute
la ligne. On n’a pas les mêmes préoccupations. Pendant que l’UFC parle de
mobilisation, le CAR campe sur le retour de l’ascenseur pour l’alternance.
Et tout porte à croire que tant que le principe de ce retour à l’ascenseur
ne sera pas obtenu, le CAR n’est pas prêt à s’engager dans une action
commune avec l’UFC.
Au regard de ces constats, le risque n’est pas exclu que l’UFC se
retrouve seul sur le pavé avec des manifestants pas en nombre suffisant pour
faire reculer le RPT.
Au-delà de tous les commentaires, les mouvements de rue ont leur
histoire au Togo. Comme nous l’écrivions tantôt, le début des années 1990 a
été particulièrement marqué au Togo par des mouvements populaires. Chaque
fois que le pouvoir en place rechignait à satisfaire les exigences de
l’opposition, on mettait la rue à contribution. De son côté, le pouvoir en
place appuyé par ses affidés n’hésitait pas non plus à solliciter la rue à
travers des marches de soutien pour se donner bonne conscience et démontrer
à l’opinion qu’il n’est pas seul. Preuve que, comme l’a laissé entendre
certains caciques du RPT, «nul n’a le monopole de la rue».
Au lendemain du décès brutal du Président Eyadema et de
l’«intronisation» de Faure Gnassingbé par les officiers des FAT, les
mouvements de rue s’étaient intensifiés au Togo. Entre cette période et la
prestation de serment de Faure suite à l’élection présidentielle du 14 Avril
2005, les manifestations populaires s’étaient multipliées.
Certes, les mouvements de rue ont parfois ébranlé le pouvoir mais
force est de reconnaître qu’ils n’ont jamais permis de régler définitivement
et durablement le problème togolais. Autrement, on n’en serait pas là
aujourd’hui.
Dans un autre registre, il est constant de remarquer que les
manifestations de rue n’ont jamais été sans conséquences fâcheuses pour les
populations elles-mêmes et pour l’Etat. En effet, ces manifestations qui
connaissent bien souvent des débordements, occasionnent des blessés, parfois
des morts, ainsi que la déprédation de biens publics et privés. Qui pourrait
jamais oublier au Togo le 05 Octobre 1990 ou le 25 janvier 1994 ?
Les manifestations de rue ont une efficacité relative. L’UFC
pourrait en user autant qu’elle voudra pourvu qu’elle se conforme aux
dispositions légales. Mais les risques inhérents à toutes les manifestations
du genre restent réels. D’où la question de savoir si on a vraiment besoin
d’en arriver-là. Cette question n’interpelle pas seulement l’UFC mais la
classe politique togolaise toute entière et surtout le RPT, si l’on sait que
c’est faute pour ce parti de faire des concessions que l’UFC menace de s’en
remettre à la rue.
Aujourd’hui, le Togo qui a presque touché le fond, revient de
loin. La confiance qui renaît entre notre pays et ses partenaires depuis les
élections législatives d’Octobre 2007 doit être renforcée et consolidée par
une élection présidentielle sans tache 2010. Le Togo a beaucoup perdu sur la
route de la démocratie, il est temps d’arrêter l’hémorragie. C’est pourquoi
le dialogue semble la voie la plus indiquée. Mais le dialogue n’est
possible et efficace qu’entre personnes de bonne foi, de bonne volonté et
des hommes pétris de patriotisme. Les acteurs politiques togolais doivent
privilégier l’intérêt national par rapport à l’intérêt partisan. Le mépris,
la fuite en avant et le manque de réalisme ne peuvent qu’envenimer la
situation. Il faut donc savoir raison garder et faire preuve de lucidité et
de responsabilité.
Dans tous les cas, le RPT est le maître du jeu. Tout dépendra de
lui si on doit organiser une élection apaisée ou non. Car étant au pouvoir,
il doit connaître les préoccupations des uns et des autres.
L. C.
1ère session ordinaire
de l’Assemblée nationale : Les beaux discours d’Abass Bonfoh contredisent
les dérives au Parlement
«… Sans paix et stabilité, point de développement. Les députés
de la majorité et de l’opposition doivent se tolérer et s’accepter dans la
diversité d’opinions pour le bonheur de la démocratie…», tel est, en
substance, le message que le Parlement du Mali a adressé le mardi dernier à
l’Assemblée nationale togolaise, lors de l’ouverture solennelle de sa
première session ordinaire de l’année 2009.
Selon Dr Sylla Abdramane, 6e Vice-Président
de l’Assemblée nationale du Mali, chez eux, ce climat de pluralisme dans la
convivialité fait que de plus en plus, l’ordre des matières prend le pas sur
l’ordre des raisons. Ainsi, les projets de lois sont-ils discutés de façon
sérieuse et approfondie entre une majorité et une opposition somme toute
républicaine et n’ayant d’autres soucis que l’intérêt général. Il en a, pour
ce faire, appelé l’Assemblée nationale togolaise au sens de responsabilité
face à l’attente grandiose de nos populations par rapport à leur mission de
parlementaires. Il a indiqué qu’ils ont l’obligation de résultat qu’ils
n’ont pas droit à la moindre faute. «Pour minimiser les erreurs qui, du
reste, sont humaines, nous devons ensemble rechercher les voies et moyens
pour construire dans nos Etats respectifs, une démocratie pas aveugle comme
celle qui se veut calquée exclusivement sur le modèle occidental au mépris
de nos réalités nationales mais celle qui allie les principes occidentaux et
les valeurs cardinales positives de la gestion sociale et politique propre à
notre chère Afrique… » L’orateur a convié les parlementaires togolais à
plus de responsabilité. Pour y parvenir, l’instauration d’une bonne
coopération interparlementaire s’avère nécessaire voire indispensable : «Les
parlementaires africains, pour réussir leurs missions, combien délicates,
doivent échanger fréquemment entre eux, notamment sur les difficultés
auxquelles ils sont confrontées, les méthodes et moyens mis en œuvre pour
aboutir à des solutions salutaires». Il s’agit là d’une grande leçon
donnée à l’Assemblée togolaise, surtout à la majorité.
Les représentants des parlements amis du Togo – Bénin,
Burkina-Faso, Ghana… – se sont également succédé pour appeler à une
démocratie apaisée lors de cette session parlementaire.
Conformément à l’Article 55 de la Constitution, l’Assemblée
nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an : la 1ère session
s’ouvre le premier mardi d’Avril et la seconde le premier mardi d’Octobre.
C’est donc conformément à ces dispositions que la session de mardi 07 Avril
s’est réunie et élargie à des parlements de la sous-région invités pour la
circonstance.
Selon le Président de l’Assemblée nationale togolaise, El Hadj
Abass Bonfoh, la présente session intervient non seulement à un moment où
les discussions politiques sont engagées sur les réformes constitutionnelles
et institutionnelles mais aussi à un an de l’élection présidentielle de
2010.
Tout en reconnaissant que 2010 constitue un enjeu, il se pose
plusieurs interrogations :
- Quel sera le rôle des députés en 2010 ?
- Que fera le représentant du peuple avant, pendant et après l’élection ?
- Quelle attitude avoir face aux résultats
- Quel comportement devront adopter les perdants et les gagnants pour
préserver la paix sociale ? Autant de questions auxquelles nous ne saurions
répondre.
Pour 2010, Abass Bonfoh exhorte les politiques, les députés, la
société civile et surtout la presse à apporter leur contribution pour son
bon déroulement. Il a fait savoir que l’Assemblée nationale s’engage à jouer
son rôle dans la plus grande sérénité.
La question reste de savoir si Abass Bonfoh est sérieux dans ses
propos ou s’il s’agit seulement de beaux discours pour plaire quand on sait
qu’il y a quelques jours seulement, le même Abass Bonfoh a fait passer, en
l’absence des députés de l’Opposition, l’article 21 du code électoral. Ce
comportement appelle-t-il à l’apaisement qu’il souhaite de tous ses vœux ?
Pour beaucoup d’observateurs, les beaux discours d’Abass Bonfoh contredisent
les dérives au Parlement. Pour qui connaît les dérives criardes à
l’Assemblée nationale, tout ce qu’il dit ne peut être interprété comme un
vain mot. Abass Bonfoh, pompier ou pyromane ?
Amou
Augmentation
des prix des produits BB :
La Brasserie BB
tente désespérément de faire avaler la pilule
Depuis le jeudi 2 Avril, le prix des produits BB sont revus à la
hausse. Cette mesure intervenant à un moment où le consommateur togolais
tire le diable par la queue et dans tous les sens, appelle à des
interrogations auxquelles la Brasserie BB à travers un argumentaire tente
désespérément de donner des réponses.
Il ressort du document cité en référence que la mesure n’a pas été
prise unilatéralement et délibérément. Elle est consécutive à une
augmentation des droits d’accises s’appliquant sur tous les produits de
boissons importées ou produits localement. C’était sous la coordination de
l’Association Togolaise des Consommateurs, le syndicat des grossistes, celui
des détaillants et le ministère du commerce.
Au terme de ce changement de fiscalité qui induit automatiquement
une modification du prix de vente consommateur, 42 % des recettes vont à
l’Etat chaque fois qu’un produit BB est acheté. En guise de mesure de
compensation, la Brasserie BB entend, entre autres, soutenir la consommation
par la multiplication des actions d’aide à la vente (jeux, concours Bobs,
Coca et Guinness, une fête de la bière plus attrayante, les promotions dans
les RDV, les quartiers et plage, tour cycliste).
. Le produit Sport Actif passera dorénavant de 25 cl à 30 cl sans
augmentation du prix
. la Pils et la Lager, bières d’entrée de gamme n’augmente que de 25
F CFA,
. La Beaufort 6.9 n’augmente pas ses prix
. La Guinness passe en format GENIUS
A la lumière de ces explications de la Brasserie BB et compte tenu
du phénomène de la vie chère qui frappe de plein fouet le consommateur
togolais, il importe de s’interroger sur l’opportunité de la mesure.
A notre avis, on pouvait faire l’économie de cette mesure si on
considère que la Brasserie BB jouit de la baisse des prix du carburant, dans
un contexte où les tarifs d’électricité, d’eau courante et de téléphone
auxquels elle est soumise sont demeurés inchangés.
Cette société ne devrait pas se prévaloir de sa contribution aux
recettes budgétaires de l’Etat togolais (2 milliards F CFA) pour tenter de
justifier l’injustifiable.
Par ailleurs, il ne sert à rien de faire croire à l’opinion que
parce que l’ATC et le syndicat des grossistes et celui des détaillants
étaient associés à la chose, on peut avaler la pilule sans rechigner. Tout
le monde sait que cette association des consommateurs n’est pas unique en
son genre au Togo et que ce qu’elle approuve, n’agréera forcément pas les
autres associations sœurs. L’ATC est donc loin d’être représentative et de
faire l’unanimité. Pour ce qui est des syndicats des grossistes et des
détaillants, la Brasserie BB est seule à croire que leurs intérêts ne
divergent pas de ceux du consommateur.
A propos de l’Etat togolais qui procède à une augmentation des
droits d’accises, peu après avoir daigné baisser comme il l’entend, le prix
des produits pétroliers à la pompe, il peut lui être reproché une volonté de
tourner le consommateur en bourrique. A savoir récupérer de la main gauche
ce qu’il octroie au consommateur par la main droite.
Pour les observateurs avertis, ce pays qui se remet à peine de
plus de 15 ans de sanctions économiques pour déficit démocratique, éprouve
d’énormes difficultés à se départir des attributs d’un Etat voyou. Même si
les responsabilités sont à partager, l’Etat togolais a la plus lourde de par
les arguments avancés par la Brasserie qui sillonnent toutes les rédactions
avec un lot de documents pour justifier sa position. Il revient au
gouvernement de démontrer le contraire pour que l’opinion sache entre les
deux, qui a raison et qui a tort.
Jacqueline Nyarley Tarsi
Kaléidoscope
Malgré la présence de l’opposition, la fête a eu lieu
Après 2002 une opinion mal avertie des capacités de frappe du RPT,
mettait en cause l’opposition togolaise d’avoir permis, en boycottant les
législatives, au RPT de toiletter la Constitution nationale. Si l’opposition
n’avait pas boycotté ces consultations, soutenait-elle, elle pouvait rafler
les suffrages nécessaires pour empêcher le RPT de toucher à la Constitution.
Ce qui fait sourire, c’est que des leaders de l’opposition et non des
moindres avaient naïvement été de cet avis et ne décoléraient pas contre les
radicaux qui les auraient amenés à boycotter le scrutin. Or en réalité, le
RPT qui contrôlait et contrôle encore tous les instruments du pouvoir au
Togo était capable d’empêcher l’opposition en cas de participation,
d’obtenir les suffrages qu’il lui faut pour le bloquer au Parlement.
Aujourd’hui, les faits donnent raison à ceux qui avaient décidé le boycott
de ce scrutin. Puisque malgré la présence du CAR et de l’UFC à l’Assemblée,
le RPT vient de se livrer à une autre forme de toilettage : la modification
et l’adoption des articles 21 et 32 dans les conditions que nous savons. La
cause est donc entendue : que l’opposition soit représentée à l’Assemblée ou
non, le RPT a les ressources nécessaires pour faire de la Constitution
togolaise, ce qu’il veut.
Les mordus de la mousseuse sacrifiés
Depuis quelques jours, les mordus de la mousseuse n’ont plus le
cœur à la fête. Désormais, ils sont tenus de verser pour chaque bouteille du
pétillant et mousseux breuvage, 50 F CFA de plus et pour les autres
consommateur, 25 F CFA pour les sucreries. En effet, cette décision de la
Brasserie qui tombe en ces temps forts du phénomène de la vie chère, a de
quoi susciter les courroux du consommateur togolais déjà suffisamment écrasé
sous le poids des prix exorbitants du ciment, du carburant et des autres
produits de première nécessité. Face à la détermination de la Brasserie
d’augmenter à tout bout de champ le prix de ses produits, forte est la
tentation pour les consommateurs de se ruer sur la bière locale. Mais il
n’est pas facile de changer en un jour ce qu’on peut convenir d’appeler une
vieille habitude. Pour l’heure, les mordus de la mousseuse prennent leur mal
en patience tout en broyant du noir. Ce qui est sûr, c’est que dans cette
histoire, c’est le panier de la ménagère qui sera lourdement une fois encore
affecté, quand on sait que les accrocs de la bière qui ne vivent pas
forcément de la bonne chaire n’ont généralement le sentiment de siffler qu’à
l’entame de la 4e bouteille.
On comprend dès lors que le consommateur togolais, dépourvu de toute mesure
d’accompagnement pouvant l’aider à contenir le phénomène de la vie chère n’a
aucune alternative autre que de rogner du côté du budget familial.
L’UFC et le CAR ensemble pour 2010 ?
Les tentatives de rapprochement entre le CAR et l’UFC timidement
annoncées pour les besoins de la cause vont connaître dans les jours à venir
un réchauffement. Des contacts au sommet entre Gilchrist Olympio et Me
Yawovi Agboyibo seraient envisagés si on en croit les propos émis par
Gilchrist Olympio dans un quartier périphérique de Lomé il y a quelques
jours. Pour les observateurs, l’initiative n’est pas mauvaise si elle vise à
redynamiser l’opposition face au pouvoir RPT. Mais ce qui risque de poser
problème, c’est le retour de l’ascenseur que réclame le CAR avec force et
énergie. Il faut espérer que Gilchrist Olympio qui, en homme averti,
entamera la démarche, saura s’y prendre pour conserver la cohésion de
l’opposition. L’union de l’opposition et partant la présentation d’une
candidature unique aux élections a toujours été présentée comme la meilleure
façon pour cette famille politique de remporter les élections, au Togo. Mais
à l’approche des échéances les germes de la division poussent les leaders à
s’entredéchirer entre eux au point d’oublier l’adversaire commun le RPT, qui
profite de la chose pour tirer son épingle du jeu. A quelques mois seulement
des présidentielles de 2010, les leaders de l’UFC et du CAR qui, dans un
passé récent a soutenu le candidat de l’UFC, parviendront-ils à surmonter
leur divergence pour solidairement affronter le RPT ?
Démocratie d’abord, multipartisme après
Peu de temps après le début de la lutte pour le changement au
Togo, était le slogan de Tchékpo : «Démocratie d’abord, multipartisme
après». Mais les leaders de l’opposition à l’époque tous charismatiques,
avaient préféré plutôt cultiver le multipartisme au détriment de la
démocratie. Les énergies étaient focalisées sur la représentativité des
jeunes partis d’opposition naissants sur l’ensemble du territoire national.
L’heure était aux préparatifs des toutes premières consultations
législatives démocratiques et des présidentielles qui s’en suivront. Même le
géniteur de ce merveilleux slogan, le Pr Léopold Messan Gnininvi, n’a pas
cru devoir sacrifier la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA)
sur l’autel de la culture démocratique. Les premières élections
multipartites mais pas du tout démocratiques, ont donné ce qu’elles ont
donné. Les contestations qui ont suivi ont été gérées par le RPT
conformément aux méthodes en vigueur dans les dictatures africaines. Face au
conflit de leadership qui se faisait tout aussi grandissant qu’envahissant,
le slogan de Tchékpo pratiquement relégué au dernier rang des préoccupations
de nos leaders, jonchait le fond du tiroir.
Aujourd’hui face à l’enlisement du débat politique qu’aucun
artifice folklorique étoffé de toutes pièces n’arrive à faire évoluer, il
apparaît aux yeux de tous que le bon vieux Pr Gnininvi, hier encore grand
opposant au régime RPT n’avait pas tort. Les Togolais sont tous unanimes à
reconnaître aujourd’hui, que la crise togolaise ne peut être résolue par le
seul multipartisme parce qu’étant essentiellement liée au refus de
l’alternance politique. Autrement dit au Togo, la démocratie doit précéder
le multipartisme. Malheureusement, les opposants d’hier acquis à la cause du
changement qui, aux côtés de l’UFC et du CAR doivent œuvrer à l’instauration
de la démocratie, se retrouvent aujourd’hui au pouvoir aux côtés du RPT qui
s’inscrit dans la dynamique inverse. Pendant combien de temps les Togolais
vont-ils demeurer liés dans les fers de la servitude ?
Secrets
d’alcôve : La beauté du diable
Depuis que Flora a été présentée à Daniel par un ami, il ne cesse
pas de rêver à elle. Lui qui a été rarement attiré par les filles était tout
de suite tombé amoureux et était prêt à tout pour posséder Flora. En quinze
ans de mariage, il n'avait jamais trompé Dopé sa femme. Mais maintenant,
avec Flora, c'était tout à fait autre chose.
En vérité, Flora était une belle fille. Son teint naturel et ses
longs cheveux faisaient d'elle, une beauté. Côté professionnel, elle faisait
partie de cette génération de jeunes femmes ambitieuses pleines de vigueur
et d'énergie qui se battent pour faire fortune. Et la fortune, Flora
l'avait. Elle possédait un grand magasin bien achalandé dans le quartier
commercial de la capitale. Le commerce des bijoux qu'elle exerçait était
florissant et rapportait gros.
Sur le plan matrimonial, Flora n'était pas mariée, Elle avait eu
un enfant avec un monsieur qui s'était révélé plus tard, très peu sérieux.
Leur union n'a pas fait long feu, A présent, elle était une femme libre qui
vivait avec son fils dans une petite villa blanche qu'elle avait louée.
Laurent le fils de Flora avait quelques sept ans et fréquentait une école
privée de la place.
Le sentiment que nourrissait Daniel pour Flora était partagé. La
jeune femme n'était pas indifférente à ce jeune homme bien bâti qui savait
entretenir la bonne ambiance et qui était si attentionné. Daniel lui avait
menti qu'il était divorcé depuis longtemps et qu'il était prêt à se marier
en secondes noces avec elle. Et depuis, Flora ne faisait que caresser cette
idée. Elle se demandait comment une femme a pu perdre quelqu'un comme
Daniel.
Dans son foyer, Daniel qui était très attachant, avait commencé à
être distant des siens. D'abord il prétexta une maladie pour expliquer la
mauvaise humeur qu'il avait commencé à afficher et que sa femme ne lui
connaissait pas. Puis, il s'était mis à inventer chaque fois, des histoires
pour traîner dehors. Lui qui rentrait très tôt à la maison à la sortie du
bureau avait maintenant pris l'habitude de rentrer tard. Pour s'expliquer,
il inventait des séminaires, des conférences, des réunions, etc. Dopé qui
croyait bien connaître son mari était à mille lieues de penser à des
escapades. Et pourtant. Pendant ses longs moments d'absence, Daniel se la
coulait douce avec Flora. Il pouvait même se rappeler les doux moments
passés avec elle et surtout leur premier tour au 7e ciel.
C'était un vendredi, Ce jour-là, il avait dit à Dopé que un de ses
collègues avait perdu un proche parent et qu'il devait aller aux funérailles
à Kpalimé. Ce qui naturellement était faux. Daniel était revenu du bureau
précipitamment. Dopé lui avait préparé son sac de voyage et il partit. Au
lieu d'aller à Kpalimé, il s'était directement rendu chez Flora où il fut
accueilli comme un prince, Pour le recevoir, Flora avait préparé une bonne
sauce Adémè avec de la pâte. Une recette que Daniel adorait. Avant de
manger, ils firent un petit tour en ville, histoire de prendre un bon
apéritif au comptoir d'un bar. Flora profita de l'occasion pour ramener
quelques bouteilles de liqueur à la maison.
Après avoir mangé, Daniel et Flora s'assirent au salon pour
regarder la télévision. Laurent le fils de Flora aussi était là. Mais très
vite, il commença à somnoler et Flora le conduisit au lit.
De retour de la chambre de Laurent, Flora ne s'installa plus dans le
fauteuil qu'elle occupait avant. Elle vint s'asseoir sur l'accoudoir du
fauteuil où était assis Daniel et lui posa le bras sur les épaules tout en
commentant le film qui passait. D'une main, Daniel saisit la main de la
jeune femme et se mit à la caresser lentement. Il avait les idées loin de ce
film. Il pencha la tête à gauche et s'appuya contre le flanc de la jeune
femme. De sa seconde main, il lui caressait la cuisse. Flora avait
délicatement enlevé son bras de l'épaule de Daniel et s'était mise à lui
passer les doigts dans les cheveux, lui grattant de temps à autre, le cuir
chevelu. Cela faisait du bien à Daniel. Quelques minutes plus tard, il leva
le visage et son regard croisa celui de Flora. La suite fut un baiser
langoureux et tendre.
Après ce doux baiser, Daniel, toujours assis dans son fauteuil
tira Flora vers lui. Sans aucune difficulté.
L'instant d'après, la jeune femme trônait sur ses genoux. Le dos collé à la
poitrine de Daniel, elle ondulait comme un petit reptile tandis que Daniel,
à pleines mains, avait pris sa poitrine qu'il malaxait lentement.
Quelque temps après ce manège, Daniel poussa légèrement Flora qui se leva.
Rapide comme l'éclair, Daniel se leva et alla se planter devant elle. Une
fois encore, leurs lèvres se fondirent en un baiser. Flora qui avait noué
ses deux mains à la nuque de Daniel était toute offerte. Daniel pouvait lui
administrer toutes les caresses qu'il voulait. Tantôt, il s'intéressait au
dos de la jeune fille, tantôt ses mains lui couraient sur le flanc. Ils
passèrent ainsi de longues minutes debout au centre du salon. Puis, Daniel
décida de passer aux choses sérieuses. Il prit la jeune femme par la taille
et l'entraîna vers la chambre à coucher.
Une fois sur les lieux, il entreprit de la déshabiller. Flora était habillée
d'un corsage en tissu imprimé et d'un pagne. Daniel commença par le haut.
Très vite il enleva le corsage et se mit à s'affairer autour des agrafes du
soutien gorge. Il parvint à les ouvrir non sans peine, libérant une superbe
paire de seins. Flora avait bien un enfant, mais cela ne se voyait pas sur
son corps qui était comme celui de quelqu'un qui n'avait jamais connu
l'enfantement. Ses seins tenaient encore debout et bien fermes. Visiblement,
elle n'avait pas beaucoup allaité son enfant. Daniel s'attaqua au pagne
qu'il fit tomber par une légère traction exercée sur un pan qui débordait du
nœud. Il pouvait à présent admirer Flora dans toute sa beauté. II la savait
déjà belle. Mais il était loin d'imaginer qu'en tenue d'Eve, elle serait
aussi resplendissante.
Daniel ne mit que quelques fractions de secondes pour apprécier la
beauté de la jeune fille. Fractions de secondes au cours desquelles, il eut
lui-même, le temps de se débarrasser de sa chemise Lacoste et de son
pantalon de flanelle, II tira Flora et la serra très fortement contre son
corps. La série de caresse recommença. De temps en temps, Daniel appuyait la
bosse que formait son cinquième membre dans le slip contre le pubis de
Flora. Cela leur procurait à eux deux, un plaisir indicible. Puis,
lentement, Daniel introduisit sa main dans le bikini de Flora et se mit à
lui passer les doigts dans les poils. Il descendit un peu et saisit le petit
bouton de la jeune fille entre le pouce et l'index. L'effet fut immédiat- II
reçut une ondée de liquide chaud et légèrement gluant sur la main.
Flora pratiquement en transe, ne tenait plus debout, Ce fut elle
même qui entraîna Daniel vers le lit...
Allongée sur le dos, les jambes repliées et écartées, Flora reçut l'engin
bas ventral de Daniel en gloussant. Il y a longtemps qu'elle n'avait plus
fait ça. Mais maintenant elle se rattrapait. Daniel se mit alors à pomper
fébrilement. Son bazooka allait et venait, venait et allait, coulissant dans
les profondeurs de l'entrejambe de la jeune femme qui, pour mieux le sentir,
lui avait crispé les doigts à la hanche. Sentant venir le moment suprême,
Daniel accéléra le mouvement et éjacula en grognant comme un cochon repu.
Depuis, ils n'ont pas cessé de se voir. Ce dimanche matin, Daniel
était au salon chez Flora en train de regarder la télévision lorsqu'il
entend sonner au portail. C'était Flora qui revenait de l'église avec
Laurent. Il y a quelques minutes, elle l'avait appelé sur son portable pour
dire qu'il avait eu un petit pépin avec sa voiture en cours de route avec
une autre conductrice et que cette dernière avec qui elle avait trouvé un
règlement à l'amiable devait la suivre pour connaître son domicile.
Daniel n'attendit pas que la bonne aille ouvrir. Il se précipita
lui même, ouvrit la porte et qui vit-il en compagnie de Flora ? Sa femme
Dopé en chair et en os. Regrettable hasard !
Dopé n'en croyait pas ses yeux. Son mari qui était sensé être au
village pour régler quelques affaires, était donc ici ! Elle pouvait
s'expliquer à présent le changement de comportement de son cher Daniel
depuis un certain temps. Mais elle se garda de tout scandale et rentra
dignement à la maison. Le soir, tout penaud, Daniel regagna le domicile
conjugal. Un trait de plume venait d'être tiré sur ses relations avec Flora
qui est aujourd'hui pour lui, la beauté du diable.
Kayissan |
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Le Changement 166 de jeudi 2 avril 2009 |
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Passage en force à l’Assemblée Nationale :
Le RPT modifie et adopte unilatéralement l’article 21 du Code électoral |
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C’est en l’absence des députés de l’Union des Forces de Changement (UFC) que
les députés du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) ont unilatéralement
modifié et adopté l’article 21 du Code électoral lors de leur seconde
rencontre de la première session extraordinaire tenue le mardi 31 mars au
Palais des Congrès de Lomé. Cet article dispose que : «La
CENI est permanente. Toutefois, la fonction des membres de la CENI prend fin
quarante cinq (45) jours après la proclamation des résultats définitifs du
scurtin pour lequel elle est installée.
Le mandat des membres de la CENI est renouvelable»
Selon le Président de l’Assemblée Nationale, Abass Bonfoh, cette session
extraordinaire a été convoquée sur demande du Chef de l’Etat qui s’appuie
sur la loi fondamentale dont l’article 55 stipule que «l’Assemblée
nationale et le Sénat sont convoqués en session extraordinaire par leur
président respectif sur ordre du jour déterminé, à la demande du Président
de
la République ou de la majorité absolue des députés ou des sénateurs».
Le film d’un passage en force
Présentant le rapport des travaux de la Commission des lois
constitutionnelles chargée d’examiner l’article 21 du Code Electoral, le
président de cette commission, M. Bamnante Komipime a estimé que «l’organisation
de l’élection présidentielle répond à un impératif constitutionnel et donc
selon l’article 61 de
la Constitution, le Président de la République est élu pour un mandat de 5
ans».
Ainsi, rappelle-t-il, «la dernière élection ayant eu lieu en avril 2005,
c’est donc naturellement que la prochaine élection aura lieu en 2010». A
quelques mois de ces échéances, la majorité des députés RPT trouvent que «le
temps presse et l’urgence du démarrage des activités de la structure chargée
d’organiser les élections a été réaffirmée par nos partenaires membres du
Comité de Suivi de l’APG à l’occasion de la session du
7 mars 2009. A ce jour, aucune visibilité ne semble se dégager des activités
du CPDC en ce qui concerne notamment la durée de ses travaux».
Abondant dans le même sens, l’émissaire du Gouvernement, M. Pascal Bodjona
interpellé par le Président de l’Assemblée Nationale a indiqué que «face
à cette situation et afin d’éviter la précipitation et l’improvisation
pouvant conduire à des tensions préjudiciables à la cohésion nationale, il
nous a semblé utile, nonobstant les concertations en cours, de proposer la
modification de l’article 21 du code électoral afin de permettre aux membres
de
la CENI ayant organisé les dernières élections législatives d’être maintenus
en fonction pour procéder à l’exécution des tâches techniques telle que la
mise à jour du fichier électoral».
Ainsi, l’article 21 désormais modifié sur proposition du Président du Groupe
Parlementaire RPT, M. Dama Dramani stipule que «la
CENI est permanente, le mandat des membres de la CENI est renouvelable et
les membres de la CENI restent en fonction jusqu’à la mise en place d’une
nouvelle CENI».
Une fois cette reformulation de l’article 21 adoptée par les députés RPT,
majoritaires à l’Assemblée, Dama Dramani a fait comprendre aux députés
présents que cet article 21 nouveau a une incidence sur l’article 32 en ce
qui concerne les fonctions et attributions des membres de la CENI. Ce texte
stipule que «la
CENI siège en période d’élections générales ou partielles et en période de
révision des listes électorales.
La session prend fin quarante cinq (45) jours après la proclamation des
résultats définitifs des
scrutins et trente (30) jours après la révision annuelle des listes
électorales». A cet effet, il a demandé à la Commission des Lois
Constitutionnelles de modifier l’article 32. Mais avant la modification et
l’adoption de l’article 32, le député Vouley Frititi (RPT) a rappelé que le
gouvernement n’a demandé que la modification de l’article 21 et que si cette
modification a une incidence sur quelque article que ce soit, il revient à
l’Assemblée nationale de renvoyer ce fait au Gouvernement pour qu’il examine
et envoie sa proposition à l’Assemblée. Sur ces entrefaites, le Ministre
d’Etat, porte-parole du Gouvernement, M. Pascal Bodjona, présent lors des
travaux a donné, au nom du gouvernement, son accord pour que cet article
soit modifié.
Lorsque la parole fut donnée au Président du Groupe Parlementaire
du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), M. Kossi Amégnonan qui était le
seul représentant de son parti présent à cette séance pour donner son
appréciation, il a déploré ce qui venait d’être fait. Pour lui, les travaux
devaient concerner uniquement l’article 21. «Modifier les articles 21 et
32 pour maintenir l’ancienne CENI en place, s’apparente à un coup de force
électoraliste que le RPT s’apprête à faire subir au peuple togolais». Il
faut signaler qu’à peine a-t-il commencé à lire sa communication que la
parole lui a été retirée par le Président de l’Assemblée nationale. Face à
cet incident, le CAR s’apprêterait à réagir et à envoyer une lettre de
protestation au Président Bonfoh. Quant au représentant du Gouvernement, M.
Bodjona, il s’est réjoui du travail qui vient d’être fait car pour lui, «c’est
dans le souci d’organiser une élection transparente que ces modifications
viennent d’être faites».
Commentaire
Au regard des faits tels que présentés, il n’y a pas de doute que
le RPT, à travers sa majorité mécanique a opéré un passage en force,
remettant en cause le principe du consensus auquel il a pourtant adhéré. Une
démarche dénoncée dans plusieurs milieux politiques.
Selon nos informations, les partis siégeant au CPDC se seraient
mis d’accord pour soumettre au Chef de l’Etat, toutes les questions qui ne
feraient pas l’objet d’un consensus au CPDC. Il appartiendrait donc à ce
dernier d’approfondir les discussions avec les parties en présence afin de
trouver une formule acceptable par tous. Le débat autour du Code électoral
ayant été bouclé sur des divergences depuis le 13 mars, il est et demeure
difficile de comprendre pourquoi depuis lors, aucun temps n’a été aménagé
pour débattre de la question au plus haut niveau avant de porter le débat à
l’Assemblée Nationale.
De l’avis de plusieurs observateurs, la démarche du RPT a été
viciée. L’argument du temps qui presse ne tient pas la route car il vaudrait
mieux, au regard des expériences passées, prendre du temps pour bien faire
au lieu de préparer le lit à la contestation, de la fraude et la violence en
escamotant le processus électoral ou en préparant l’élection sur des bases
qui divisent.
Le passage en force de mardi dernier remet sur le tapis
l’opportunité même du CPDC. A quoi sert-il de se réunir à longueur de
journées, de débattre de questions d’intérêt national, s’il faut finalement
aboutir à un scénario de ce genre ?
En tout cas, tout porte à conforter dans leur position, ceux qui
pensent que le CPDC n’est qu’une farce, une comédie organisée pour amuser la
galerie.
Qu’est-ce qui fait courir les Députés au point de refuser de
prêter une oreille à certains de leurs collègues qui prêchent la retenue ?
L. C.
Séance extraordinaire de l’Assemblée Nationale : Pourquoi le groupe
parlementaire CAR n’a pas pris part au vote
Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a tenu le mardi 31 mars
2009 un point de presse à son siège à propos du dernier rebondissement de la
situation politique du Togo.
Au cours de la rencontre, la presse a été informée de l’adoption
d’un texte de projet du gouvernement modifiant l’article 21 du code
électoral, d’une proposition formulée sur le champ par le député Dama
Dramani aux fins de la modification de l’article 32 du code électoral et
ceci en violation flagrante de l’article 55 de la Loi Fondamentale.
La presse apprendra également que l’honorable Amegnonan Kossi
s’était le même jour présenté à la séance pour exprimer de vive voix à ses
collègues députés, les raisons pour lesquelles le Groupe Parlementaire CAR a
décidé de ne pas prendre part au vote, contenues dans une déclaration lue au
cours de la rencontre avec la presse par le Président du Groupe
Parlementaire CAR. (Voir l’intégralité de ladite déclaration).
Réagissant aux préoccupations des journalistes qui voudraient
savoir si le CAR siégera à la CENI après la modification de l’article 21,
l’honorable Amégnonan qui avait à son côté le porte-parole du CAR M. Jean
Kissi a déclaré qu’il appartient aux instances décisionnelles du parti
d’aviser. Il a toutefois indiqué qu’il serait scandaleux pour son parti le
CAR de participer à une telle manœuvre étant donné que le CAR ne nagera pas
dans les eaux troubles.
A propos de ce qui justifie le refus du CAR de participer au vote
de la loi modifiant l’article 21, l’orateur a laissé entendre : «Une CENI
avait été mise en place à une époque donnée, dans des circonstances
particulières, un environnement particulier. Avec les élections
législatives, la fonction de cette CENI a pris fin. C’est la première
observation. La deuxième observation : On veut remettre cette CENI qui n’a
plus de fonction. On veut ramener les membres de cette CENI pour organiser
une élection présidentielle. D’abord, la configuration d’une CENI future
doit être en corrélation avec la situation politique actuelle. Dans le
passé, c’était par cooptation que les gens étaient rentrés à
la CENI. Pour le faire aujourd’hui, il faut être désigné par le peuple à
travers les élections. En d’autres termes, c’est les partis siégeant à
l’Assemblée Nationale qui en principe doivent être représentés à la CENI.
Dernier élément, la configuration politique passée mettait hier certains
partis politiques dans l’opposition qui se retrouvent aujourd’hui au
gouvernement. A quel titre siégeront ces partis aujourd’hui à la CENI ? Au
titre de l’opposition ou du gouvernement ? Il y aurait quelque part pléthore
et il y aura déséquilibre de la CENI. Ce qui sera préjudiciable pour le pays».
A la question de savoir si compte tenu de ce qui se passe, le CAR
peut se retrouver encore demain au CPDC, le président du groupe
parlementaire CAR a répondu que les instances du parti se réuniront pour
définir la conduite à tenir. A la suite de l’honorable Amégnonan, le
porte-parole du CAR, M. Jean Kissi a pris la parole pour édifier
l’assistance. M. Jean Kissi s’en est vertement pris au Chef de l’Etat : «Depuis
le
13 mars 2009, le Cadre Permanent a vidé son travail sur le code électoral.
Et le Ministre Bodjona dans son intervention, l’a bien souligné lorsqu’il a
dit que le travail est terminé. Le dossier est remis, tel que le précise le
règlement intérieur, au président de la République qui doit aujourd’hui
convoquer les leaders des partis, comme le précise le règlement intérieur
pour régler les quelques points de désaccord qui sont là (…). Si vous
comptez du 13 mars jusqu’au 31 mars aujourd’hui, vous savez combien de jours
qui sont passés qu’on aurait pu faire ce texte là pour ne pas passer à cette
étape qui aujourd’hui, dénote des lendemains très sombres. Moi je dis que le
tableau est très noir pour le Togo demain, à voir ce qui se passe
aujourd’hui. On ne comprend pas comment le Chef de l’Etat qui est garant de
la sécurité de ce pays, garant de l’autorité de ce pays, laisse ces jours
passer pendant que le RPT en dessous, traficote l’article 21 pour mettre en
selle une CENI qui aujourd’hui, réserve seulement 4 places à l’opposition et
tout le reste, parce qu’elle est composée de 19 membres, aux gens qui sont
avec eux. Nous ne voyons pas comment on peut dans une démocratie, obliger
des gens à accepter une telle manœuvre. Le CAR n’acceptera pas ce fait
accompli qu’ils sont en train de nous imposer. Le parti se réunira les
prochaines heures pour aviser de la position à tenir».
«Alea jacta est !» Les dés en sont jetés et le bras de fer
s’annonce. Jusqu’où ira la fuite en avant ?
JNT
Le voyage
précipité du Ministre Bodjona à Ouagadougou suscite des interrogations
«Tout le monde sait l’engagement du Président Compaoré aux
côtés du peuple togolais depuis deux ans, notamment dans le dialogue
intertogolais qui a abouti à l’APG. Il est tout à fait normal que nous
fassions également au Président du Faso, l’état d’avancement et l’évolution
de la politique au Togo et bénéficier de ses sages conseils».
C’est en ces termes que s’exprimait le Ministre d’Etat Pascal
Bodjona au sortir d’une audience que lui a accordée le Président du Faso à
Ouagadougou le 26 Mars dernier. De source officielle, on indique que le
Ministre d’Etat porteur d’un message du Président Faure Gnassingbé à son
homologue burkinabè. Mais au sein de l’opinion, si on ne s’interroge pas sur
ce qui a été réellement dit à Ouaga au-delà des formules diplomatiques et
fourre-tout, on s’interroge simplement sur les dessous du voyage.
De l’avis de plusieurs observateurs, le déplacement du Ministre
Bodjona doit avoir un lien avec la situation politique au Togo et surtout le
CPDC. En effet, c’est le Ministre Bodjona qui préside au nom du Chef de
l’Etat, les réunions du CPDC dont on dit qu’il est le résultat d’une
suggestion de la facilitation burkinabè.
Le voyage du Ministre d’Etat togolais survient à un moment où
l’enlisement se fait de plus en plus sentir au CPDC où les protagonistes
peinent à harmoniser leurs vues pour parvenir au consensus autour des
questions les plus importantes. Aujourd’hui, outre les questions de fond qui
ne trouvent pas de solutions satisfaisantes, le CPDC est au bord de
l’implosion, l’UFC et le CAR ayant déjà menacé de quitter cette structure.
On se souvient que, dès les lendemains de la mise en place du CPDC,
certains partis politiques, évoquant l’argument d’une exclusion, avaient
commencé à exiger leur association aux travaux. L’ambition de ces partis
était de voir violer la loi pour leur permettre de faire leur entrée au CPDC.
Ce à quoi s’opposaient le CAR et l’UFC qui voulaient qu’on s’en tienne tout
simplement à ce qui avait été convenu au départ quant à la composition du
Cadre.
Mais la réunion du Comité de Suivi de l’APG récemment organisée à
Lomé et présidée par un représentant du Président du Faso avait ouvert la
boîte de Pandore, en préconisant l’élargissement du CPDC aux partis
signataires de l’APG qui n’avaient pas été qualifiés par les élections
législatives pour siéger au CPDC. Suite à cette réunion boycottée par l’UFC
et le CAR, le Président de la République a pris en Conseil des Ministres, un
projet de décret, élargissant le CPDC à tous les partis signataires de l’APG.
Le projet de décret a soulevé un tollé et une verte réprobation de
la part de l’UFC et du CAR.
Au cours d’un meeting animé à la Place Anani Santos le 22 Mars
2009, l’UFC a réitéré sa position à travers M. Lawson Patrick qui avait
indiqué dans son intervention, que son parti n’acceptera jamais cette
ouverture. «Si jamais on invite ces partis au CPDC, nous vous inviterons
à sortir massivement pour crier votre ras-le-bol», avait-il menacé. Même
son de cloche au CAR où on se refuse d’être complice d’une violation de la
conscience et de la volonté populaire en participant aux travaux d’un CPDC
dont la composition ne serait pas conforme à celle retenue par le
Gouvernement d’Union nationale auquel participaient ceux qui se prétendent
exclus aujourd’hui.
Est-ce à cause du tollé soulevé par cette démarche que la
procédure n’a pas été poursuivie pour l’élargissement du Cadre ? Nous ne
saurions le dire.
Cependant, il est constant de remarquer qu’au lendemain de ce
voyage au Faso, le pouvoir qui semble opter pour la fuite en avant passé à
la vitesse supérieure. En témoigne le passage en force au sujet de l’article
21 du Code électoral à l’Assemblée Nationale. Le Ministre Bodjona serait-il
à Ouaga pour avoir l’onction du facilitateur avant l’ouverture des
«hostilités» ? La coïncidence est troublante et ouvre la voie à toutes les
spéculations. Les Togolais s’interrogent. Qu’est-ce qui a été dit à Ouaga et
sur quel soutien compte le pouvoir pour foncer tête baissée en violant à
tour de bras, le principe du consensus ?
Il n’y a pas de doute que le blocage n’est plus loin. Une grande
suspicion pèse déjà sur le processus en cours. C’est donc à juste titre que
nombre de Togolais se demandent déjà de quoi demain sera fait.
Amou
Bras de fer
NSIA-Togo–Clinique St Antoine de Padoue : Dr Gouta bientôt devant les
tribunaux
Depuis quelque temps, un véritable bras de fer oppose la Clinique
Saint Antoine de Padoue au Groupe d’Assurance NSIA-Togo au sujet des
factures émises à l’occasion des soins médicaux prodigués à des assurés du
Port Autonome de Lomé. Des informations font état d’une volonté manifeste du
Directeur Général de NSIA-Togo, M. Symenouh de nuire, sans raison apparente,
à la stabilité financière de ladite clinique.
Précisons que NSIA-Togo est l’agence qui assure les employés du
Port Autonome de Lomé (PAL) sur le plan de la santé et la clinique Saint
Antoine de Padoue est l’institution sanitaire auprès de laquelle tout agent
du Port Autonome de Lomé se soigne.
Dès que nous avons eu l’information, nous avons approché les deux
institutions pour en savoir plus.
La version de la Clinique Saint Antoine de Padoue
La Polyclinique Saint Antoine de Padoue est dirigée par le Docteur
Gouta Davi Honoré. Une source proche de cette institution reconnaît
qu’effectivement des cas de fraudes avérés ont été révélés. Mais comment en
est-on arrivé-là ?
1er cas de
fraude
En effet, il ressort que le Conseiller économique du Port tombé en
syncope un jour a été réanimé. Mais quand il avait repris connaissance, il
aurait refusé de se faire hospitaliser et aurait même repris le même jour,
son bureau alors que la Polyclinique Saint Antoine de Padoue avait déjà
signé auprès de NSIA sa prise en charge. Pour savoir si, réellement,
l’employé signalé par la Clinique est hospitalisé, NSIA dans son enquête, a
téléphoné le Port. Il se trouve que l’employé déclaré malade est plutôt sur
son lieu de travail à la surprise générale.
2e cas de
fraude
L’enfant d’un employé du Port tombé malade, a été pris en charge
par la Clinique Saint Antoine de Padoue pendant que son papa se trouvait au
travail. Comme d’habitude, a souligné notre interlocuteur, lorsqu’on soigne
les enfants des employés du Port, on le signale à la Compagnie d’Assurance
par son nom. Donc dans le cas précis, nous a fait savoir notre source, la
prise en charge portait le nom de l’employé du Port qui est assuré et non
celui de l’enfant. En lieu et place du nom de l’enfant, c’est le nom du père
qui a été signalé à NSIA comme si c’était le père qui est malade. Quand la
vérification a été faite par NSIA-Togo, il s’est trouvé que le monsieur
était également au travail sain et sauf et n’avait même pas été informé de
la maladie de son enfant. Pour ce cas également, NSIA, dans sa quête de
vérification, a encore appelé le Port et le monsieur était au bureau.
La polyclinique Saint Antoine de Padoue aurait reconnu qu’il y
a un 3e cas de fraude
similaire.
Ce sont au moins les trois cas sur lesquels se base NSIA-Togo pour
conclure à la fraude en assurance et au sinistre fictif, indique notre
source.
Au vu de ce qui précède, entre temps, il y a eu une rencontre
entre les deux parties – NSIA-Togo représenté par son DG Symenouh avec le
service contentieux et la polyclinique Saint Antoine de Padoue représentée
par le Dr Gouta.
Au cours de cette rencontre, ils auraient abouti à une
clarification où les employés du Port incriminés ont reconnu que, c’est des
cas où il y a eu une sorte de quiproquo.
Dans les deux derniers cas, les deux employés du Port ont reconnu
que leurs enfants avaient été réellement traités par la clinique mais ils
n’avaient pas été informés à temps. Ces cas ont fait l’objet de factures
qu’ils ont envoyées à NSIA.
Notre interlocuteur signale que le 1er cas
qui concerne le Conseiller économique du Port n’a pas fait l’objet de
facture d’hospitalisation, le Conseiller ayant refusé lui-même de se faire
hospitaliser.
La Polyclinique Saint Antoine de Padoue accuse l’huissier qui a
assisté à la confrontation de n’avoir pas produit de rapport après
vérifications ; un rapport qui, selon le Dr Gouta, aurait pu l’aider à
réfuter l’accusation de fraude en assurance que lui impute NSIA-Togo qui se
base sur les cas de fraudes précités.
Par ailleurs, la polyclinique Saint Antoine de Padoue se plaint de
n’avoir pas reçu copie de l’huissier et que, faute du rapport de l’huissier,
NSIA-Togo peut continuer de l’accuser de fraude en assurance.
La question reste de savoir si vraiment l’huissier avait refusé de
produire un rapport et pourquoi ? Si le rapport existe, pourquoi le Dr Gouta
n’a-t-il pas reçu copie ?
On signale que NSIA-Togo assure deux autres sociétés pour
lesquelles la polyclinique Saint Antoine de Padoue soigne les employés. Il
s’agirait de SE2M et CIMTOGO.
La quarantaine de millions que réclamerait la clinique ne serait
pas seulement pour les soins des employés du Port mais rassembleraient les
factures du Port, de SE2M et de CIMTOGO. Qu’à cela ne tienne.
Dr Gouta estime que, comme ce sont les factures du Port qui posent
problème, que du moins, les factures de CIMTOGO et SE2M lui soient payées en
attendant de tirer au clair celles du Port. Mais NSIA n’entend pas céder et
menace de traduire le Dr Gouta devant les tribunaux. Pourquoi ?
La part de vérité de NSIA
NSIA Togo dans le cadre des prestations offertes à ses assurés Maladie
collabore avec des structures médicales et pharmaceutiques. C’est ainsi que
la Clinique St Antoine de Padoue a été amenée à prodiguer des soins à des
assurés notamment ceux du Port Autonome de Lomé.
Mais, dans le cadre de la gestion de ses polices Maladie, NSIA Togo a relevé
des anomalies. Aussi, a-t-il été demandé au Médecin de NSIA Togo de procéder
à des vérifications systématiques, particulièrement sur certaines structures
dont les montants semblaient excessivement élevés.
Suite à cette instruction, le Médecin ayant reçu des demandes des prises en
charge de la Clinique St Antoine de Padoue pour des employés du Port
Autonome de Lomé supposés hospitalisés, a appelé le Port Autonome de Lomé et
découvert que les intéressés étaient à leur poste de travail. NSIA Togo a
donc initié une rencontre avec le Dr GOUTA de ladite Clinique pour écouter
devant Huissier ses explications.
Les explications ayant été jugées peu convaincantes, NSIA Togo a décidé de :
- Régler à la Clinique toutes les factures qui ne concernent pas les
assurés du Port Autonome de Lomé, au sujet desquels des doutes ont été émis
;
- Commettre un audit contradictoire avec la Clinique avant le paiement
des factures du Port Autonome de Lomé ;
- Suspendre les prestations du Dr GOUTA en ce qui concerne les assurés du
Port Autonome de Lomé en attendant les conclusions de l’Audit ;
- Informer les autorités du Port Autonome de Lomé de la situation.
De tout cela, le Dr GOUTA a été informé par lettre datée du 03 mars 2009 et
l’audit qui entre temps, a effectivement démarré, se poursuit à ce jour.
Il est donc curieux qu’au lieu de laisser ce travail se dérouler dans la
sérénité, l’on prête au Directeur Général de NSIA Togo des intentions
malveillantes et que par médias interposés, l’on s’agite. De quoi a-t-on
peur, sommes-nous tentés de demander ?
L’audit tant décrié n’est pas encore à son terme mais commence à révéler son
lot de malversations :
- Factures émises et non justifiées par l’existence d’un dossier médical
;
- Surfacturations relatives à la quantité de produits administrés et à la
durée des hospitalisations ;
- Facturation de produits très chers mais non administrés ;
- Analyses médicales fictives non retrouvées dans le registre du
laboratoire;
- Ratures, doublons, surcharges, modifications au correcteur blanc
etc...
Autant d’éléments qui, selon NSIA-Togo prouvent qu’il y a
effectivement fraude de la part de la polyclinique et son Docteur qui
peuvent être poursuivis à tout moment s’ils ne font pas amende honorable et
profil bas. Le Dr Gouta a fait savoir NSIA-Togo, doit plutôt faire son mea
culpa au lieu de s’agiter inutilement.
A l’analyse
Au vu des deux versions, la meilleure façon de régler cette
affaire est de s’entendre. Car s’il advenait que ce dossier atterrisse
devant les tribunaux, le Sieur Gouta peut avoir des problèmes. En droit, un
seul cas de fraude reconnu est puni par la loi. Pour la réputation de sa
clinique, il serait judicieux que des rencontres se multiplient entre NSIA-Togo
et la clinique pour trouver un terrain d’entente.
Affaire à suivre.
Amou
Manœuvre militaire «Kara 2009» : Un exercice des FAT pour les opérations de
maintien de la paix
A l’Etat-major de Lomé, le vendredi 27 mars 2009, les officiers
des Forces Armées Togolaises ont présenté aux médias le programme de la
manœuvre militaire qui se déroule dans la région de la Kara en ce moment.
Dénommée «Kara 2009», elle permettra aux officiers de concevoir, de mettre
sur pied et de diriger un groupement de forces d’une part, d’acquérir ou de
perfectionner les savoir-faire dans le domaine des opérations de maintien de
la paix et de renforcer les relations armée-nation d’autre part.
Les conflits qui se font de plus en plus réguliers sur le
continent, amènent l’Etat-major des Forces Armées des pays de la sous-région
à créer un cadre pour accroître la capacité des Forces Armées à conduire et
exécuter efficacement les missions de gestion des crises et soutien à la
paix : «Cet exercice militaire de maintien de la paix qui s’inscrit dans
le cadre d’une crise interne avec la nécessité d’emploi de la force CEDEAO,
vise à tester les différents Etats-majors au Commandement et au Contrôle des
opérations de soutien à la paix», a d’abord indiqué le Colonel Amétsipé
Yawo, Capitaine de Vaisseau et Directeur de l’exercice avant de préciser que
cette manœuvre est organisée par l’Etat-Major Général des Forces Armées
Togolaises avec la participation d’une section organique du Bénin et des
Observateurs du Burkina Faso, du Ghana ainsi que des experts de la CEDEAO.
Il a continué en disant que c’est un exercice national de maintien de la
paix à dominante terrestre avec plastron dirigé et avec comme type de
scénario, la mise en œuvre de leur Etat-major. Tactiques de bataillon et
d’un Field Training Exercice permettant l’entraînement des forces déployées
sur le théâtre.
D’un effectif de 1.200 hommes, ils seront constitués en trois
forces notamment, les Forces Terrestres, les Forces Aériennes et les Forces
Navales. Toutefois, «Kara 2009» est un exercice à dominante terrestre avec
troupes, à simple action et avec plastron dirigé.
Cette manœuvre qui n’est pas seulement axé sur l’exercice
militaire, prend aussi en compte la dimension civilo-militaire en
particulier la gestion d’un problème humanitaire et d’aide à la population
locale : «Ces actions qui sont déjà en cours sont menées seules ou en
partenariat avec certaines ONG et certains départements ministériels
auxquelles nous adressons nos sincères et vifs remerciements», a d’abord
affirmé le Colonel Amétsipé Yawo avant de dire que ces actions humanitaires
consistent à la construction d’un bâtiment scolaire à 3 classes équipées de
tables-bancs et la réfection de 2 bâtiments ainsi qu’un bloc sanitaire
existant à l’EPP Sara ; à la réalisation d’un forage dans le canton de
Kidjaboun, Préfecture de Dankpen, à l’appui à 10 communautés villageoises
pour bénéficier des forages équipés de pompes à motricité humaine dans le
cadre du projet BIDC dans la Région de la Kara, à l’appui à la formation
professionnelle de 20 jeunes déshérités de la Région de la Kara.
Le Commandant Djibril Inoussa, quant à lui, a estimé que cette
manœuvre est une occasion pour sensibiliser les populations civiles sur les
droits de l’enfant. A cet égard, indique-t-il «Il y aura création de cinq
nouveaux Centres d’Etat-Civils par l’attribution de matériels
d’enregistrement de naissances aux autorités préfectorales des sept
préfectures que compte
la Région de la Kara».
Le Colonel Ametsipé Yawo a rappelé qu’il y aura distribution de 2.400
moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes et mères de nourrissons lors
des séances de sensibilisation sur l’usage de ces moustiquaires avant de
conclure que les actions médicales notamment,les consultations générales et
la chirurgie ophtalmologique sont gratuites.
Déo Komi
Confidentiel : Le Ministre des Finances Ayassor a failli saboter le match
Togo–Cameroun
Alors que les Lions Indomptables du Cameroun étaient à Accra
depuis plusieurs jours avant le match, Togo-Cameroun, les nôtres, à la
surprise générale, ont difficilement quitté Lomé le jeudi 26 mars 2009 dans
des conditions déplorables.
Des sources bien informées font état de ce que, au centre de
toutes les intrigues, il y a le Ministre des Finances Adji Otèth Ayassor qui
avait refusé de débloquer les primes du match aux joueurs surtout celles du
match Togo–Swaziland laissées en jachère.
Le Ministre Ayassor, au lieu d’envoyer cet argent aux joueurs, a
estimé que chacun doit faire personnellement le déplacement du Ministère des
Finances pour signer avant de percevoir. D’après certains joueurs que nous
avons approchés, toutes les démarches du Ministre des Sports, Christophe
Tchao pour que le Ministre Ayassor leur facilite la tâche étaient restées
vaines. Ce dernier qui campait sur sa position a opposé catégoriquement une
fin de non recevoir à la demande de son collègue. Les Eperviers de leur
côté, campaient sur leur position et exigeaient que si les primes ne leur
parvenaient pas dans leur hôtel, ils ne feront pas le déplacement d’Accra.
Il a fallu que le Ministre Tchao calme la situation en les amadouant en bon
père de famille et en suppliant Adébayor de convaincre les siens de faire le
déplacement du CASEF. Ce qui a été fait in extremis. Ceux qui étaient au
CASEF le jeudi dernier avaient donc vu le bus des Eperviers stationner en
plein air où chacun percevait ses primes et signait les papiers. Nos
ambassadeurs étaient partis très affectés compte tenu du comportement d’Ayassor
qui, au nom d’une fameuse rigueur, a traîné d’honnêtes gens dans les
méandres de son ministère.
Pourquoi le Ministre Ayassor s’est-il comporté ainsi ? Nous ne
saurions le dire même si d’aucuns pensent que cette rigueur du patron des
finances est consécutive à un précédent dangereux qu’aurait créé l’ancien
Ministre des Sports Antoine Folly avant son départ.
Dans tous les cas, la démarche selon plusieurs observateurs est
viciée et très mal perçue dans l’opinion. Ce qui fait dire à certains que le
Ministre Ayassor a failli saboter le match Togo-Cameroun n’eût été le
patriotisme des joueurs qui avait prévalu.
Des mesures idoines doivent être désormais prises pour que, pour
les autres matchs à venir, la même chose ne se produise plus.
Amou
Kaléidoscope
Le sourire du Premier Ministre
Au cours de la cérémonie d’ouverture de l’atelier d’évaluation de
la campagne agricole 2008-2009 et de la programmation des activités et
modalités de gestion de la campagne 2009-2010 tenu à l’INFA de Tové la
semaine dernière, un paragraphe, on dirait même la chute du discours du
Ministre Ewovor de l’Agriculture, a arraché au Premier Ministre Gilbert
Fossoun Houngbo, un sourire complice à savoir : «Je sais compter sur
l’atmosphère conviviale que nous entretiendrons, tout au long de nos travaux
pour nous permettre de tirer un maximum de profit des trois jours que nous
passerons ensemble avec un seul objectif : réussir la campagne qui s’annonce».
Le sourire «complice» échangé entre le Ministre et son Premier
Ministre a suffi pour apporter de l’eau au moulin des détracteurs de Gilbert
Houngbo qui clament sur tous les toits que le gouvernement togolais néglige
les urgences sociales au profit de la campagne présidentielle qui «s’annonce»
pour 2010. Pour ceux-là, le ministre ne devait pas mélanger la politique à
l’agriculture malgré qu’il était à Tové pour parler de la politique agricole
du gouvernement. Ceux qui tentaient d’amener à la raison les détracteurs du
Ministre étaient tout simplement envoyés se faire voir ailleurs. Il leur
était vertement répondu qu’il n’y a que la campagne présidentielle de 2010
qui puisse susciter en même temps, autant d’intérêt de la part du Premier
Ministre et son ministre. On leur a beau fait remarquer que le Ministre
n’avait pas parlé de campagne présidentielle mais de campagne tout court
rien n’y fit. Pour les détracteurs, l’opinion est la même. Mais le Premier
Ministre était à mille lieues d’imaginer que son sourire a déclenché des
spéculations moins élogieuses à l’encontre de son ministre de l’agriculture.
Pour une campagne présidentielle, le jeu en vaut bien la chandelle. N’est-ce
pas ?
Des élections «clean» au Togo, un vœu pieu
Les faits commencent par donner raison à ceux que l’engagement du
Chef de l’Etat Faure Gnassingbé à organiser des élections aussi «clean» au
Togo comme au Ghana a fait sourire. Sur la terre de nos Aïeux, lentement
mais sûrement, on s’achemine vers le chaos. On ne semble pas encore prêt à
organiser des élections pour les perdre. On met tout en œuvre pour torpiller
le processus en cours. Après avoir profité de la complicité du facilitateur
Blaise Compaoré pour vider le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation
de toute sa substance, on ouvre le chantier des modifications contre-nature
des dispositions du code électoral. La question se pose dès lors de savoir
si la volonté exprimée par le Président Faure Gnassingbé au Ghana
d’organiser au Togo des élections aussi transparentes et démocratiques au
Togo que celles réussies il y a quelques mois au pays de Kwame N’Krumah,
n’est pas tout simplement un vœu pieu. Ceux qui ne se sont pas laissés
émerveiller par la déclaration du Chef de l’Etat estiment que Faure
Gnassingbé n’a pas la maîtrise de l’organisation des élections au Togo. Au
sein de l’appareillage RPT, il existerait des experts en tripatouillage des
textes, en truquage des résultats et surtout des experts en «sécurisation»
des urnes qui chaque année mettent leur génie au service de ce parti. Faure
Gnassingbé n’aurait lui-même qu’une idée vague des réalités des faits. Ce
qui fait que dans le parler, il tient des propos tout a fait irréprochables
pour ce qui est de l’heureux aboutissement du processus, mais que les
agissements du RPT viennent noyer. Depuis quelques semaines que le parti au
pouvoir commence par pousser le poil de la bête, tous les Togolais imaginent
déjà à quoi s’en tenir en 2010 : Faure Gnassingbé est loin des élections «clean»
tant souhaitées par ses compatriotes.
De mal en pis
Après avoir secoué ciel et terre pour décréter l’élargissement du
Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation aux partis
extraparlementaires signataires de l’APG et à d’autres catégories de
personnes, le gouvernement ne s’empresse pas de convoquer en séance de
travail, le CPDC nouvelle formule. Tout porte à croire qu’il est en train de
redouter les conséquences pouvant résulter d’une telle initiative. Or du
côté des nouveaux appelés, l’impatience est au comble. Il faut rapidement
investir ce cadre pour démontrer rapidement à ceux qui ne le savent pas
encore qu’au Togo le désordre est la règle, et l’ordre l’exception. Qu’il
soit redouté ou non au sommet de l’Etat, rien n’arrêtera le bordel qui
surgira de l’application de ce décret ; le vin est tiré, il faut le boire.
Côté cour comme côté jardin, on se prépare à «gérer» la pourriture.
Le meeting de l’Union des Forces de Changement tenu il y a quelques jours
sur la place Anani Santos a suffi pour mettre la rue en alerte. Le climat de
paix froide qui sévit dans le pays a, du coup monté d’un cran après le
passage forcé réalisé par le RPT pour faire adopter la modification des
articles 21 et 32 du code électoral. Dans le même temps, l’institution qui
se charge du rapatriement des réfugiés togolais, déplore que des milliers de
Togolais demeurent éparpillés dans des camps des réfugiés au Bénin et Ghana
voisins et invite ces compatriotes à regagner le bercail. C’est à se
demander si on est en présence d’un manège consistant à faire rentrer au
pays ces frères et sœurs pour les voir déguerpir encore quelques mois plus
tard sous l’effet des nouvelles exactions que prépare le RPT ? Plus que
jamais, la crise togolaise va de mal en pis.
Secrets d’alcôve :
Mésaventure à
Accra
Confortablement assis, Bertin buvait sa Guinness. Il adorait cette
boisson. Non seulement pour son goût et ses diverses vertus, mais parce
qu’on pouvait la trouver partout. Bertin est journaliste. Sa profession
l’oblige à voyager souvent à l’extérieur du Togo comme c’était actuellement
le cas. Et il ne serait pas à l’aise si à l’occasion de chaque voyage, il
soit obligé de changer de bière.
Ce soir, il avait toutes les raisons de boire et de s’éclater.
C’est d’ailleurs ce qu’il fallait faire. Il attendait dans ce bar attenant à
l’Hôtel où il était descendu avec d’autres compatriotes, que les autres
confrères et amis togolais qui, comme lui étaient à Accra pour suivre le
match des Eperviers contre les Lions Indomptables du Cameroun arrivent pour
que les choses sérieuses commencent.
Bertin huma l’air et respira à pleins poumons. La brise vespérale
était fraîche à Accra. Un temps qui contrastait avec la chaleur qui avait
prévalu dans l’après-midi au Stade.
Il était un peu fatigué. Il était arrivé par la route le matin
même dans la capitale ghanéenne. Une mégalopole qui n’avait rien à voir avec
Lomé qui, comparé à elle, paraissait comme un gros village. Il était
descendu dans ce petit hôtel qu’il connaissait pour y avoir logé plusieurs
fois déjà, en tout cas, depuis que, suite à la suspension du stade de Kégué,
le Togo jouait ses matchs à domicile, dans la capitale ghanéenne, puis
s’était rendu directement au stade.
En quittant Lomé, Bertin avait pris beaucoup d’argent sur lui. En
réalité, il n’était pas à Accra que pour le match. Il s’était bien préparé
pour s’amuser à fond. Pour ça, il avait de l’argent et toute la nuit de ce
samedi. Le lendemain, que les Eperviers aient gagné ou non, il rentrera à
Lomé en même temps qu’eux. Maintenant que les Dieux du football étaient avec
le Togo et que les Eperviers ont dompté les Lions Indomptables, la fête
allait être plus belle.
Mais pour en arriver à cette victoire, les choses n’avaient pas
été simples. Certes, les Togolais étaient à la hauteur du match. Mais des
chaudes alertes dans le camp togolais et les pressions des Camerounais qui
rageaient et voulaient à tout prix gagner, donnaient parfois des sueurs
froides aux Togolais. Il arrivait des moments où on se croisait les doigts.
Mais ça aussi, c’était le football.
Bertin saisit sa petite bouteille de Guinness et porta le goulot à
la bouche. C’était la pratique courante ici. A Accra, on pense qu’il est
plus hygiénique de laisser les gens boire au goulot ou avec des pipettes. Il
tira lentement quelques gorgées du liquide brun noir et les avala tout aussi
lentement pour bien en gaver ses papilles gustatives.
Il sonnait à peu près 19 h. Les confrères journalistes et autres
amis que Bertin attendait n’allaient pas tarder à arriver. Ils s’étaient
donné rendez-vous sur 19 h 30 mn pour aller manger un morceau. Après, ils
feront le tour de quelques bars avant d’aller terminer la soirée dans une
boîte de nuit. Terminer la soirée était un peu trop dire. La boîte de nuit
serait leur point de chute final. Après, chacun pourra gérer le reste de son
temps jusqu’au lendemain. Le départ pour Lomé était prévu à 13 h. Chacun
pourra profiter d’une partie de la matinée pour se remettre de la fatigue et
des émotions.
Bertin tâta discrètement la poche, histoire de vérifier si la
grosse enveloppe qu’il y a glissée et qui contenait de l’argent y était. Il
devait avoir dans cette enveloppe environ 250.000 F CFA en Cedis et en CFA.
Une partie de cet argent lui avait été confiée par un voisin de quartier qui
l’avait prié de la remettre à son fils qui étudie à l’Alliance Française
d’Accra. L’autre représentait une partie de ses propres économies et les
frais de mission qui lui avaient été versées pour le voyage. Bertin savait
qu’il était imprudent de circuler avec autant d’argent liquide sur soi. Mais
il préférait cette formule à toute autre alternative.
Il sonnait 19 h 25 mn mais aucun des amis de Bertin n’était encore
au rendez-vous. Ces gens-là sont toujours ainsi. Ils n’ont aucune notion de
la ponctualité. Les connaissant bien, Bertin savait par avance qu’il allait
encore attendre un peu.
A ce moment précis, Bertin vit une jolie fille qui arrivait.
C’était vraiment une beauté. Elle avait une taille moyenne qui allait à
merveille avec sa corpulence et sa poitrine légèrement forte. Elle était
vêtue d’un tee-shirt et d’un pantalon Jeans moulant qui mettait en évidence
ses formes. Arrivée à la hauteur de Bertin, la jeune fille le regarda. Leurs
yeux se croisèrent et elle salua Bertin. Etait-ce parce que Bertin était
vêtu d’une chemise aux couleurs des Eperviers qu’elle avait deviné qu’il
arrivait du Togo ? Toujours est-il qu’elle l’avait salué en Français, puis
était rentré dans le bar.
Bertin était presque tombé sous le charme de la jeune fille qui,
aussitôt entrée dans le bar, en ressortait. Le premier réflexe de Bertin fut
de l’inviter à prendre un pot.
Après quelques secondes d’hésitation, la jeune fille accepta
l’invitation et prit place à la table de Bertin qui engagea aussitôt la
conversation. Bertin apprendra des présentations, que la jeune fille
s’appelait Doris, qu’elle vivait à Accra mais que dans un passé pas trop
lointain, elle avait passé quelques mois à Lomé. Parce que la jeune fille a
passé quelques temps à Lomé, Bertin la sentait encore plus proche de lui. Un
détail avait attiré l’attention de Bertin, c’est que la jeune fille, dans
leurs conversations n’avait fait aucune allusion à la profession qu’elle
exerçait. Mais était-ce là l’essentiel ? Non ! Pour Bertin, ce qui importait
pour l’heure, c’était d’avoir Doris avec lui. Il se voyait déjà en train de
se trémousser avec elle dans la boîte de nuit, ce soir-là en attendant de
prendre, toujours avec elle, les airs pour le 7e ciel.
Bertin ne voulait pas rater sa cible. Il prit tout le temps qu’il
fallait pour mettre Doris en confiance puis lui proposa de se joindre à eux
pour la sortie en boîte. Ce que Doris accepta de bon cœur. Bertin lui
expliqua le programme de la soirée. Doris lui fit comprendre alors qu’elle
ne sera pas présente à toutes les étapes mais qu’elle sera à la boîte de
nuit. Ce qu’elle fit.
La nuit a été tout simplement fantastique. L’ambiance était au top
et la musique, à la hauteur des attentes. Outre les hip hop ghanéen très
aimés au Togo et des musiques du genre très branchés, le DJ avait joué
toutes sortes de variétés afin de permettre à chacun de trouver son goût.
C’était merveilleux. Après une soirée aussi réussie, il était dans l’ordre
des choses que tout se termine pour Bertin et Doris dans la chambre d’hôtel.
Il sonnait un peu plus de 3 heures du matin quand Bertin et Doris
arrivèrent à l’hôtel. Ils furent accueillis par une chambre où régnait une
fraîcheur agréable.
Bertin brûlait d’envie de consommer cette beauté qu’il avait à
portée de main. Sans tarder, il passa aux choses sérieuses. Il prit Doris
dans les bras et se mit à la caresser. La jeune fille qui n’attendait pas
mieux le prit également en compte. Bertin était aux anges. Ce manège dura
quelques minutes. Puis Bertin eut envie d’aller plus loin, ou plutôt plus en
profondeur. Il poussa lentement Doris vers le lit moelleux qui les
accueillit. L’instant après, Bertin était en train de chevaucher Doris comme
un fou. Son bazooka gonflé à bloc et raide comme une barre de fer coulissait
dans le fruit fendu juteux de la jeune fille. Il allait et venait, venait et
allait. Un va-et-vient exquis. Avec l’importante quantité d’alcool qu’il
avait ingurgité, Bertin savait qu’il n’allait pas vite prendre son pied et
cela l’arrangeait. Il avait tout son temps pour jouir.
Après de longues et longues minutes d’une chevauchée laborieuse,
il atteignit finalement le 7e Ciel.
Il y a longtemps qu’il avait joui autant. Satisfait comme celui qui avait
combattu le bon combat, Bertin sombra dans un sommeil profond. On était déjà
au petit matin.
Il était 9 h quand Bertin se réveilla. Il avait très bien dormi.
Rapidement, il fit une brève revue des événements de la veille. Tout lui
revenait. Mais ce qui l’intriguait, c’était l’absence de Doris à ses côtés.
Subitement il eut comme un mauvais pressentiment et bondit vers le
garde-robe où il avait rangé son pantalon. Il le décroche et tâta la poche.
Elle était vide. Doris était partie avec son argent. Bertin étouffa un
hurlement. Il ne lui restait plus rien pour payer la chambre et son
transport jusqu’à Lomé. Et le fils de son voisin qui devait venir chercher
son argent ?
Bertin se prit la tête entre les mains et se plongea dans la
réflexion. Il se souvint que certains de ses confrères avaient acheté des
puces cellulaires au Ghana. Il descendit à la réception et appela l’un
d’entre eux.
Ce sont finalement les confrères de Bertin qui s’étaient cotisés
pour lui payer ses frais d’hôtel et son voyage retour à Lomé.
Un back out total a été fait sur l’affaire. Mais afin de mettre en
garde nos confrères contre les virées auxquelles ils s’adonnent lorsqu’ils
sont en déplacement que ce soit à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, j’ai
pris la responsabilité de raconter cette mésaventure en prenant soin de
changer les noms des protagonistes.
Kayissan |
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