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Le Canard Independant # 234 du 20
mars
2009 |
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Présidentielle de 2010 : La stratégie du pouvoir pour exclure Gilchrist
Olympio |
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Le
cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), vient d’aborder les
discussions sur les réformes constitutionnelles, après avoir examiné le code
électoral. Selon certaines rumeurs qui circulaient sur les intentions de
l’ancien parti unique, sa stratégie consisterait à botter les réformes
constitutionnelles en touche, quitte à y revenir après l’élection
présidentielle.
Si même au
RPT, on convient de la nécessité d’amender la loi fondamentale notamment, « dans
le but de changer le régime politique », de semi-présidentiel en un
régime présidentiel, les réformes constitutionnelles imposent un véritable
consensus. Aucune formation politique ne disposant d’une majorité qualifiée
pour opérer à l’Assemblée, les modifications constitutionnelles, chacune
devra faire des concessions pour espérer tirer profit des amendements.
Mais le RPT,
ne compterait pas céder sur certains points chers à l’UFC, comme les
conditions d’éligibilité. C’est notamment le cas pour la disposition
relative à la « résidence » et celle relative à la « nationalité ».
Pour les caciques du RPT, ces deux dispositions ne doivent faire l’objet
d’aucun amendement, si ce n’est pour les renforcer. Exemple, porter le délai
de résidence à « un an » avant les élections.
Mais dans le
même temps, les hommes liges du pouvoir de Faure Gnassingbé, sont favorables
en cas d’amendement constitutionnel, à l’introduction dans la constitution
d’une disposition relative à l’âge limite pour être candidat, à l’élection
présidentiel. On avance ici, l’âge de 70 ans. Ce qui exclurait Gilchrist
Olympio de l’échéance de 2010.
Après avoir
retardé la mise en oeuvre des réformes constitutionnelles et
institutionnelles, exigées depuis 2005, par l’Apport politique global (APG),
les stratèges du RPT, tentent à présent de prétexter la proximité de
l’élection pour alléguer l’inopportunité d’en débattre actuellement. « Les
débats sur la révision constitutionnelle dans le contexte actuel sont
inopportuns car étant porteurs de joutes verbales pouvant déboucher sur un
climat politique délétère », soutiennent les partisans du pouvoir. Ces
derniers suggèrent donc que l’initiative des réformes constitutionnelles
soit renvoyée après l’élection présidentielle de 2010.
La stratégie
du RPT consisterait pour y parvenir, à faire de la fixation sur ses
positions (qui excluent Gilchrist Olympio) quitte à constater le retard dans
les préparatifs de l’élection. Un recours sera fait dans ce cas là, à
l’arbitrage de l’Assemblée nationale pour statuer sur les points de
désaccords consignés suite à l’examen du code électoral, pour accélérer
l’organisation de l’élection par la Commission électorale nationale
indépendante (CENI), réhabilitée.
C’est semble
t-il également dans cette perspective que le pouvoir chercherait à trouver
des substituts aux partis de l’opposition parlementaire, afin de pouvoir
poursuivre les travaux au CPDC, en cas de départ du CAR et de l’UFC.
Améga
Koffi
Commission
Vérité, Justice et Réconciliation : FIDH ET LTDH appellent à la mise en
place rapide de la Commission
Annoncé dans
son programme par Faure Gnassingbé, puis vivement recommandé par de
nombreuses personnalités et partenaires du Togo, le processus de
réconciliation nationale butte sur la mise en œuvre des recommandations
relatives à la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation ». Pour y
parvenir dans un souci d’indépendance et d’efficacité, des organisations de
défense des droits de l’homme, viennent de faire des propositions au
gouvernement togolais.
Dans un communiqué conjoint daté du 11 mars, la Fédération Internationale
des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre, la Ligue
Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), ont appelé « à la mise en place
rapide de cette Commission avec toutes les garanties de son indépendance et
de son efficacité et l’adoption d’un règlement intérieur et mode de
fonctionnement donnant une place importante aux victimes témoins ».
Le
25 février 2009, le Chef de l’Etat a pris un décret relatif à la création de
la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation ». Elle aura pour
mission de « faire la lumière sur les violences et les violations des
Droits de l’Homme perpétrées entre 1958 et 2005 ». Les deux
organisations de défense des Droits de l’Homme tout en se félicitant de la
création par décret pris par le Président de la République de cette
Commission, ont fait des propositions visant à « répondre effectivement à
ses objectifs ».
Elles insistent à cet effet sur le fait que la Commission « devra être
composée de personnalités compétentes et indépendantes faisant consensus ;
disposer d’importants moyens d’enquête ; disposer de ressources financières
et humaines suffisantes pour mener à bien son mandat ; avoir des locaux dans
différentes régions du pays ; faire un travail important de sensibilisation
et d’information sur son mandat, afin aussi de faciliter son accès par les
victimes ; laisser une large place à la participation des victimes et des
témoins ; assurer leur protection et soutien psychologique ; permettre des
modes différents de réparation ; faire des proposition relatives à la
prévention de nouvelles violences, y compris via des réformes
institutionnelles et législatives, pour ancrer le pays dans le respect des
droits de l’Homme ».
Le
décret du Président de la République précise que la Commission, sera chargée
d’établir un rapport circonstancié sur la nature, l’étendue et les causes
des actes de violences à caractère politique commis par le passé au Togo et
reconstituer le contexte dans lequel ces violations se sont produites. Elle
devra également « identifier à la suite d’enquête et d’investigations,
les auteurs les institutions, les organisations et autres responsables de
ces violences et violations des droits de l’Homme » ; « faire des
recommandations au gouvernement quant au sort à réserver à ces auteurs » ;
« proposer au gouvernement des mesures à prendre pour les réparations des
préjudices subis par les victimes ».
«
Par cette décision, le Togo affirme que la réconciliation nationale et la
volonté d’inscrire le pays dans le respect des droits de l’Homme passent par
la lutte contre l’impunité des crimes du passé et la prise en compte des
victimes », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
Améga Koffi
Hublot : Redoutable perspective !
La perspective
qui focalise l’attention des hommes politiques comme du Togolais lambda,
c’est bien l’élection présidentielle de 2010. Pour plusieurs raisons, les
habitants de la Terre de nos Aïeux, se prennent à redouter les lendemains de
cette échéance. D’abord, c’est le retard mis dans la mise en œuvre des
recommandations de l’Accord politique global (APG), qui incitait à la peur
de l’avenir.
Puis vint à
présent s’ajouter, les divergences profondes sur l’exécution des réformes
dont toute la classe politique voire au-delà, convient pourtant de la
nécessité. Des divergences qui se traduisent par les approches aussi
diverses qu’inconciliables, des réformes et de leurs finalités. On parlait
de celles relevées lors de l’examen. Il vient désormais s’ajouter celles
relatives aux réformes constitutionnelles.
A moins d’un an
de la capitale échéance, rien ne se précise, si ce n’est une redoutable
confusion. Déjà, le pouvoir fait poindre une impatience vis-à-vis d’une
certaine lenteur au niveau du cadre permanent de dialogue et de concertation
(CPDC). Il menace même de procéder à son élargissement, au risque de voir
partir les deux principaux partis de l’opposition parlementaire qui y
siègent actuellement.
Une fois de
plus, l’horizon se fait assez sombre. On craint à nouveau la répétition d’un
scénario dramatique. D’autant que rien n’a été mis en œuvre, pour décourager
les précédents douloureux lendemains électoraux. La fin de l’impunité
recommandée comme solution, reste un rêve lointain. Le panorama est donc des
plus moroses dans la perspective de 2010. De quoi interpeller les hommes
politiques et les partenaires du Togo. Vaut mieux tôt que tard !
Améga
Koffi
COSSC/DSRP : Atelier de formation des OSSC sur les
thématiques du DSRP
Le 18 mars
pourrait être institué journée nationale de réduction de la pauvreté au
Togo, tant le mercredi 18 mars 09 a été marqué par des activités se
rapportant au document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP). A
Lomé, c’est le gouvernement avec à sa tête le ministre de la coopération, du
développement et de l’aménagement du territoire, M. Gilbert Bawara qui
tenait une assise au CASEF avec les représentants résidents du système des
Nations Unis pour trouver les voies et moyens de mieux gérer les fonds
octroyés par les institutions internationales afin de lutter efficacement
contre la pauvreté. Un peu plus loin, à Bagbé (situé à quelques kilomètres
de Lomé) c’est sur les installations du CAFAP/UCJ que s’est tenu du 18 au 20
mars un atelier de formation sur les thématiques du DSRP à l’intention des
organisations de la société civile.
C’est sur
l’initiative de la Coordination des Organisations Syndicales et de la
Société Civile du Togo (COSST) que ces trois jours de travaux ont été
initiés avec l’appui financier du Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD). Cet atelier a permis à 200 personnes issues des
organisations syndicales et de la société civile d’être instruites sur les
thématiques DSRP et de développement durable et sur les mécanismes
d’élaboration de rapport alternatif. La prise en compte par la société
civile des populations dans le processus du DSRP.C’est ce que n’a pas manqué
de rappeler le préfet de l’AVE, M. Agbomadji Charles qui après s’être dit
« honorer d’abriter des assises d’une si grande importance », s’est
réjoui de « l’importance accordée aux problèmes liés a la pauvreté et
au développement du Togo ». Mme Claire Quenum, coordinatrice de la
COSST elle, expliqué les étapes qui ont mené à la tenue de cet atelier
notamment des consultations locales pour recueillir des informations auprès
des populations dès la création de la COSST en août 2008 d’où la nécessité
d’une telle assise s’est fait sentir. Pour elle cet atelier permettra
« d’accompagner et de dire le rôle des organisations de la société civile
dans le processus de réduction de la pauvreté »
M. Semodji Djossou, coordinateur de l’unité de coordination
du DSRP auprès du ministère de l’économie et des finances s’est dit «
très heureux de la tenue de l’atelier qui permettra aux participants d’être
mieux outillés pour mieux participer au processus de réduction de la
pauvreté » Représentant le ministre de la coopération du développement
et de l’aménagement du territoire, M. Lamboni Mindi en ouvrant les travaux
a souhaité une « forte mobilisation autour du DSRP qui est un cadre
fédérateur de lutte contre la pauvreté ».
Les participants ont acquis à l’issue de l’atelier des
connaissances dans les domaines suivants, les différentes thématiques du
DSRP, comment assurer la prise en compte du genre, du VIH/Sida de
l’environnement et des droits humains dans les stratégies et politique de
développement, les rôles et les responsabilités de chaque acteur dans la
mise en œuvre des mesures du DSRP. Ces acquis leurs permettront de
s’impliquer davantage dans le développement de leur pays.
Waliyullah Tajudeen
Le Togo lauréat du premier Prix francophone de
l’Entrepreneuriat
Le Togo par
le biais du cabinet TQM-pro-Consultants de M. Victor Messan
Adoukonou s’est vu décerné le premier Prix Jean Marc Léger, institué
dans l’espace francophone pour encourager le développement de la culture
entrepreneuriale et de l’entrepreneuriat. La proclamation des résultats de
ce concours intervenue hier à Québec au Canada et suivie en visioconférence
depuis le siège de la Banque Mondiale au Togo par les Togolais a été
l’occasion pour les organisateurs de féliciter le pays pour la qualité de
sa candidature.
De
source proche de la Francophonie, la victoire du Togo à ce concours lui
ouvre de facto la voie d’intégrer le cercle des pays inscrits à l’agenda du
« rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie » qui a lieu tous
les 19 mars à la veille de la célébration de La journée internationale de
l’Organisation. « A partir de ce prix le Togo peut bénéficier de tous
les appuis techniques financiers …dont bénéficient déjà plusieurs pays de
l’espace Francophone et dont notre pays est exclu » résume pour sa part
Victor Adoukonou du cabinet TQM.
Ce
qui a impressionné sur le Togo est que depuis 2004 que « le rendez-vous
entrepreneurial » dans le cadre duquel ce prix vient d’être institué existe,
le pays n’a jamais participé aux activités. C’est donc curieux aujourd’hui
de constater selon plusieurs experts qu’il a surgi de nulle part pour
enlever au nez et à la barbe des habitués à ce rendez-vous cette
consécration qui fait de lui le premier lauréat de l’histoire de ce Prix.
Voilà
pourquoi lors de la délibération hier, les différents intervenants au rang
desquels Claude Ruel, Président Directeur Général de l’Institut de
Stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat basé au Canada, M. Clément
Dauhaime Administrateur à l’Organisation Intergouvernementale de la
Francophonie, Mme Catherine Ferembach, Secrétaire adjointe au secrétariat
de la jeunesse, ministère du Conseil exécutif au gouvernement du Québec
n’ont pas tari d’éloge ce petit pays d’Afrique de l’ouest qui se fait
toujours remarquer positivement là où on l’attend le moins.
Pour ce qui est
du projet présenté par le cabinet TQM et qui a retenu l’attention du jury,
il porte sur « Entrepreneuriat, Base de la Prospérité des nations ».
Il s’agit d’un travail d’une dizaine de pages qui retrace comment dans le
contexte togolais actuel marqué par une crise socio économique aigue
décourageant toute initiative privée, le cabinet a su voler au secours des
populations dans le cadre de l’initiation des projets, de la recherche de
financement et de la gestion de leurs activités génératrices de revenus.
Pour
le cabinet il était question de réfléchir « aux projets qui établiraient
un pont pouvant créer une synergie entre le gouvernement, les organisations
de la société civile, les établissements scolaires …afin d’encourager la
prise de risque, le travail indépendant, l’innovation et la solidarité qui
déboucheront sur la création d’entreprises compétitives pourvoyeuses
d’emplois décents et stables capables de hisser le Togo sur la voie du
décollage économique » a résumé le promoteur Adoukonou. Des réactions
venues du Madagascar du Vietnam du Bénin de la France …où il y a eu des
candidats malheureux ont salué cet esprit d’ingéniosité du Togo à travers
ce projet porteur et innovateur. Le cabinet qui dit être déjà en lien
étroit avec l’Agence ANPGF des autorités togolaises pour le financement de
l’initiative privée des jeunes plaide pour le renforcement de ce lien,
l’extension le plus possible des activités et la pérennité du projet.
Sébastien
Santé : Le
lait maternel, un médicament gratuit
Un
mardi matin frais à la maternité du centre de santé de Lomé. A coté de
jeunes mamans, dorment paisiblement des bébés qui ont vu le jour la veille.
L’ambiance est calme, ponctuée de temps en temps par les cris d’un bébé qui
réclame le sein de sa mère. Ils sont six au total : cinq filles et un
garçon. Les mères sont impatientes de regagner leur domicile car toutes ont
accouché normalement et peuvent de ce fait rentrer chez elle dès ce moment.
Mais la sage-femme veut d’abord les entretenir d’un sujet qui lui tient
énormément à cœur : l’allaitement maternel.
L’allaitement maternel exclusif
Selon Mme Amey Dédé Annick, sage-femme d’Etat en service au centre
médico-social de Nukafu, l’allaitement maternel exclusif est le fait de
« donner rien que le lait maternel au bébé jusqu’à six mois ».
Au
centre de santé, la sage-femme explique aux nouvelles mamans qui ne savent
pas lire une affiche qui est collée au-dessus des lits de chacune d’elles.
Le message est « si tu aimes ton bébé, donne-lui le sein ».
Commence un débat où chacune donne son opinion. Les opinions sont variées
comme celles de Bella qui a décidé de ne pas donner son sein à son bébé de
peur de ne pas abîmer son corps et de sa voisine Mouna qui elle veut
allaiter sa fille le plus longtemps possible.
Tout comme Bella qui est mère de deux enfants, il y a des femmes qui pour
des raisons souvent non valables refusent d’allaiter leur progéniture. Elle
a confié que pour sa première maternité, elle n’a eu recours qu’aux produits
laitiers de substitution au lait maternel et qu’elle comptait bien
continuer.
Prises par le rythme trépident d’une vie active, d’un congé maternité très
court avant la naissance, certaines femmes fonctionnaires trouvent la mise
en place de l’allaitement soudaine et parfois difficile. Cet acte qui peut
apparaître comme une évidence devient bien compliqué à gérer ! De retour de
la maternité, parfois pas ou peu accompagnées, des interrogations voient le
jour et peuvent laisser place à bon nombre d’idées préconçues.
A
la question de savoir ce qu’elle en pensait, Mme Amey, précédemment citée
pense que les seules raisons pour lesquelles une femme peut décider de ne
pas allaiter son bébé sont une sérologie positive, une insuffisance de lait
ou les suites d’une césarienne. Selon elle, même les femmes fonctionnaires
peuvent pratiquer l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois car il
leur est aujourd’hui permis d’emmener leur nourrisson sur les lieux de
travail. Ainsi, elles peuvent de temps en temps quitter leur poste pour lui
donner la tétée. Sinon, elles peuvent utiliser une autre méthode qui
consiste à presser le lait et à le lui déposer ou opter pour la méthode
complémentaire de lait maternel plus du lait artificiel. Dans tous les cas,
elle conseille aux mères de donner le sein aux bébés autant et aussi
longtemps que possible.
Les centres de santé ne sont pas seuls à faire de la sensibilisation sur les
bienfaits de l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois. Le
gouvernement togolais à travers le ministère de la santé en partenariat avec
le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance a financé la conception et la
diffusion d’un spot. Le message de ce spot qui passe sur les médias est que
l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois protège le bébé contre la
diarrhée et permet son meilleur épanouissement.
Selon Mme Amey, ceci est vrai car le lait maternel est un aliment complet.
Pour un litre de lait maternel, on recense 1/10 d’éléments nutritifs pour
9/10 d’eau. Le bébé même s’il a le hoquet ne doit donc prendre aucune autre
boisson que le lait maternel avant l’age de six mois.
L’allaitement maternel, un choix gagnant
« Le lait maternel est gratuit. Il ne coûte rien donc les plus pauvres
peuvent le pratiquer. Le bébé bénéficie de l’immunité de sa maman car les
anticorps de cette dernière passent dans le lait. Les risques d’infections
sont de ce fait moindres…. », ainsi sont expliqués quelques bienfaits de
l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois par Mme Amey.
Jusque dans les années 1990, le nombre d’enfants non allaités était très
faible. Lorsque la mère ne pouvait pas (notamment en cas de décès) ou ne
voulait allaiter, l’enfant était généralement confié à une nourrice.
Pourtant ces derniers temps avec la publicité pour les produits laitiers et
les céréales de substitution au lait maternel, l’allaitement maternel a pris
du recul par rapport à l’allaitement artificiel. C’est ce qui explique
aujourd’hui la politique des pays à promouvoir la bonne vieille pratique de
l’allaitement maternel.
La
Semaine mondiale de l’allaitement maternel est organisée chaque année du 1er
au 7 août dans plus de 120 pays pour promouvoir cette pratique afin que les
nourrissons du monde entier soient en meilleure santé. Selon l’Alliance
mondiale en faveur de l’allaitement au sein, qui coordonne cette
manifestation, l’allaitement maternel est le meilleur moyen d’apporter aux
nouveau-nés les nutriments dont ils ont besoin. L’Organisation mondiale pour
la santé (OMS), recommande également l’allaitement au sein exclusif du
nourrisson jusqu’à l’âge de six mois.
Selon l’OMS, des études ont démontré que l’allaitement maternel a un effet à
court et long terme. A court terme, il protège le bébé contre les maladies
diarrhéiques, les affections respiratoires basses aigues, les infections
urinaires… A long terme, il protège contre les allergies, contribue au
développement du cerveau, prévient l’obésité, l’appendicite…
La
contribution du lait maternel dans le développement du cerveau a également
été relevée par Mme Amey dont le centre refuse toute publicité du lait
artificiel. Sur une affiche à l’entrée du centre, on peut lire en 14 points
« la politique générale sur l’allaitement maternel au CMS de Nukafu ». Tous
les points de cette politique encouragent l’allaitement maternel et le point
numéro 10 stipule clairement « interdire toute publicité sur l’allaitement
artificiel ».
Egalement, le risque de cancer du sein serait moindre chez les femmes ayant
allaité. Au vu de tous ses avantages, l’allaitement maternel s’avère un vrai
médicament qui ne coûte rien. Les avantages aussi bien pour la mère que pour
le bébé méritent d’être pris en compte par chacun dans le choix de
l’alimentation du nourrisson. Ainsi, les sacrifices seront un tant soient
peu minimisés.
Nadia
Zibilila
Eliminatoires
CAN/Mondial 2010/Togo-Cameroun : Eperviers et Lions en ordre de bataille
Les
sélections togolaise et camerounaise se rencontrent le 28 mars prochain à
Accra (au Ghana) pour le compte de la première journée du 3e tour des
éliminatoires CAN et Mondial 2010 de football. Les staffs techniques des
deux équipes ont rendu publique la liste des joueurs présélectionnés pour
prendre part aux dernières préparations, la semaine prochaine, avant le
match programmé sur un samedi.
Les
Eperviers prêts à refaire le coup de Kumasi
Les
supporters togolais ont encore en mémoire la victoire des Eperviers devant
les Lions Indomptables du Cameroun, à Kumasi, lors de la 3e journée
de la phase finale de la CAN 2000, dont l’édition est remportée par
Rigobert Song et ses coéquipiers. Les Eperviers tenteront à nouveau de
venir à bout de la bande à Otto Pfister en terre Ghanéenne lors de leur
rencontre du 28 mars prochain. La sélection togolaise a les atouts
nécessaires, lui permettant de relever un tel défi.
Un nouvel
entraîneur, M. Jean Thissen a été engagé pour conduire les Eperviers lors
du troisième et dernier tour de ces éliminatoires. Avant même la signature
de son contrat avec le Togo, l’entraîneur de nationalité belge a supervisé
les Eperviers lors du match amical avec les Etalons du Burkina-Faso, le 11
février dernier à Rouen en France. Il avait dépêché au même moment un
technicien français pour inspecter le Cameroun en amical avec la Guinée.
Au lendemain de sa signature, Jean Thissen est allé passer plus de deux
semaines en Europe pour suivre certains de ses joueurs et se faire une idée
réelle sur leur forme actuelle. Le nouveau directeur technique et
sélectionneur national du Togo connaît bien le football camerounais.
Entraîneur du Gabon en 1994, Jean Thissen avait réussi à qualifier le pays
d’Omar Bongo pour la phase finale de la CAN, en barrant la route aux Lions
Indomptables.
La liste de
25 joueurs publiée par la Fédération togolaise de football comporte les noms
de tous les ténors de l’ossature des Eperviers. Sheyi Adebayor, Oloufadé
Adékanmi et Serge Akakpo revenus de blessure ont repris du service au sein
de leur club respectif et seront tous du rendez-vous, même si on peut
craindre un peu pour leur forme. Relégué sur les bancs depuis l’arrivée de
Luis Fernandez à la tête du club, Agassa Kossi, a lui aussi retrouvé sa
place dans les perches de Reims depuis le week-end passé pour se rassurer
avant ce match important. La surprise sur la liste des Eperviers est la
présence d’un joueur d’origine franco-malgache, Christophe Grondin évoluant
à La Gantoise en Jupiler Pro League dans le championnat belge.
Jean Thissen
et ses joueurs entameront la semaine prochaine la dernière ligne droite des
préparatifs du match. Tous les joueurs sont attendus au plus tard le 24
mars à Lomé et le départ sur la capitale ghanéenne, où se déroulera
l’essentiel de ces préparatifs, se fera le mercredi 25 ou le jeudi 26 mars.
Lions
favoris à Accra
Le Togo
purge le reste de sa sanction en accueillant le Cameroun, à Accra le 28
mars 2009. Pour ce déplacement d’Accra, la Fédération camerounaise de son
côté a convoqué 23 joueurs, pour un stage qui se déroulera du lundi 23 au
vendredi 27 mars. La plupart des cadres de la sélection des Lions
Indomptables figurent sur cette liste. Le capitaine Rigobert Song, l’un des
rescapés de la rencontre de 2000 à Kumasi, sera encore sur le pré. Mais
c’est sur l’attaquant vedette de FC Barcelone, Samuel Eto’o Fils que va se
polariser toutes les attentions. On note néanmoins quelques absences dans
les rangs des Lions Indomptables. Albert Meyong Zé et Timothée Atouba
blessés, Alexandre Song suspendu ainsi que Achille Emana manquerons à la
machine camerounaise le samedi 28 mars à Accra.
Véritable
rouleau compresseur, l’équipe camerounaise fait peur. Avec des joueurs tous
confirmés dans les plus grands clubs d’Europe, les Lions sont actuellement
la meilleure sélection nationale du continent selon le dernier classement de
la FIFA. L’équipe était à la dernière phase finale de la CAN au Ghana et a
atteint la finale de cette édition qu’elle a perdu contre les Pharaons d’
Egypte. L’entraîneur Otto Pfister toujours en poste, maîtrise non seulement,
très bien son équipe mais il connaît aussi, parfaitement la sélection
togolaise pour l’avoir dirigé au Mondial 2006 en Allemagne.
Malgré ses
nombreux atouts physiques, techniques et tactiques, le Cameroun reste une
équipe prenable sur le terrain et les Eperviers le savent. Pour alors
arriver à battre cette formation, il faudra aux joueurs togolais beaucoup de
discipline et de tactique, comme l’a affirmé le joueur Euloge Ahodikpé dans
une interview qu’il a accordée à nos confrères du magazine sportif Global
Sport, dans leur parution N°85 du mercredi 18 mars 2009.
Michel
Adjavoin |
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Le Canard Independant # 232 du 6
mars
2009 |
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Hublot : Vers
quel scénario ? |
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A un
an de la très capitale élection présidentielle, rien n’indique pour
l’instant, la couleur que prendra cette échéance. Les discussions au sein du
Cadre permanent de dialogue et de Concertation (CPDC), attendues comme une
occasion pour les protagonistes de décrisper la situation en s’entendant sur
les réformes à mener, sont venues replonger les populations dans la hantise
des redoutables lendemains électoraux.
C’est à peine que les participants sont parvenus à un règlement intérieur
consensuel sur le déroulement des travaux. Que dire alors des réformes
concernant la loi fondamentale qui soulève beaucoup de problèmes, le code
électoral devant garantir des chances d’une élection régulière, équitable et
transparente et enfin, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la
Communication (HAAC).
Nous sommes donc encore très loin des comptes. Et c’est dans ce contexte que
le Chef de l’Etat a choisi d’annoncer les couleurs du côté de Ouagadougou.
Pour Faure Gnassingbé, la récréation ne saurait éternellement durer. Délai
constitutionnel oblige, le pouvoir qui a le devoir d’organiser l’élection
présidentielle dans le respect des délais constitutionnels, va à un moment
prendre ses responsabilités. Vers donc quel scénario ?
Koffi
Améga
Faure Gnassingbé
à propos du CPDC : « A l’impossible nul n’est tenu »
Le Chef de
l’Etat togolais Faure Gnassingbé, trouve le temps mis par les parties au
dialogue, pour parvenir à des réformes institutionnelles et
constitutionnelles, trop long. Il l’a indiqué au détour d’une interview au
sortir d’une audience que lui a accordée le 1er mars
dernier, le Président Blaise Compaoré, facilitateur de l’Accord politique
global (APG).
« Vous
savez que depuis 2007, nous faisons tout pour nous en tenir à la méthode qui
marche. Le facilitateur Blaise Compaoré, est toujours à nos côtés. Nous
discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous venez d’évoquer
(les divergences sur les réformes du code électoral : ndlr)», a indiqué
le Président de la république avant d’ajouter, seulement, à l’impossible
nul n’est tenu ».
Faure Gnassingbé a en outre laissé planer la perspective de recourir à
l’arbitrage de l’Assemblée nationale, en cas de blocage. « Si les
discussions durent trop, il y a des délais, en ce moment, il faut envisager
d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter », a dit le
président du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC).
Malgré le compromis récemment trouvé sur la question d’un éventuel recours à
la facilitation, plusieurs observateurs pensent que, la Représentation
nationale aura son mot à dire, en cas de persistance des divergences. «
Il ne faut pas se montrer naïf. Faure Gnassingbé encore, mais aucun
facilitateur ne peut imposer un quelconque compromis entre dirigeants
politiques, à l’Assemblée majoritairement RPT. Si l’UFC avait eu la
majorité, il n’en aurait été ainsi également », nous a confié un
observateur de la scène politique nationale.
Faure Gnassingbé, semble lui désormais prêcher pour un rapprochement des
positions. « Il faut tout faire pour rapprocher les points de vue»,
insiste le Chef de l’Etat avant de poursuivre, «des problèmes, il y en
aura toujours, il faut tout faire pour les résoudre. Moi, j’ai choisi le
dialogue et le consensus ».
Suite aux problèmes que rencontre le CPDC, pour aboutir à un large
consensus, le Chef de l’Etat a entrepris des consultations sur l’opportunité
de son élargissement. Dans un communiqué rendu public le 04 mars, le Comité
d’action pour le renouveau (CAR), a rejeté catégoriquement cette
perspective. Pour le parti de Me Dodji Apévon, « …la composition du CPDC,
issue de la volonté exprimée par les électeurs dans le cadre des
dispositions définies par l’APG, ne saurait être remise en cause par un
arrangement entre les acteurs politiques ».
Seuls les trois partis politiques représentés à l’Assemblée nationale,
siègent au CPDC. D’autres formations politiques ayant participé à l’APG,
comme la CPP de Edem Kodjo, la CDPA de Léopold Gnininvi ainsi que le PDR de
Zarifou Ayéva, n’y prennent pas part pour n’avoir pas obtenu au moins 5% ;
du suffrage électoral lors des législatives, comme le prévoit l’APG.
Améga
Koffi
Fin de mission
pour Sebregondi : Le diplomate européen se dit satisfait
En fin de
mission au Togo, le chef de la délégation de la Commission de l’UE, M.
Filiberto Ciriani Sebregondi a rencontré la presse ce mercredi au siège de
l’institution à Lomé. Une rencontre qui a permis au diplomate européen de
louer les progrès réalisés par le Togo aux plans politiques économiques et
diplomatiques et d’exprimer le sentiment du devoir accompli.
« Je
suis évidemment profondément satisfait d’avoir parcouru aux côtés des
Togolais un chemin parsemé de progrès et de succès en un temps aussi court
(…) Ma plus grande satisfaction a été en réalité celle d’avoir pu être un
témoin privilégié de la période cruciale du retour au dialogue entre les
frères togolais qui s’étaient tant divisés et affrontés par le passé ».
Ainsi s’exprimait l’ancien étudiant de l’Université Paris I Panthéon - La
Sorbonne. Au fond, la rencontre de mercredi a été l’occasion pour cette
éminente personnalité né en 1954 de féliciter les Togolais pour l’accueil à
lui réservé et qui lui a permis d’accomplir sa mission entamée au premier
semestre 2005. Et si l’homme s’est si bien réjoui en fin de mission, c’est
justement parce que les progrès enregistrés par le Togo selon lui n’étaient
pas évidents quand il débutait son mandat. A cette époque, le président
Eyadéma venait de mourir et l’élection présidentielle qui s’en est suivie a
noyé les espoirs d’un lendemain radieux pour le Togo et les Togolais, eux
qui souffraient déjà de la suspension de la coopération. Mais aujourd’hui,
dit-il « si je dois être sincère, je termine ma mission avec un sentiment
de mission accomplie ». Ce disant, il fait allusion à tout ce processus
qu’il a suivi de près, processus qui est parti du dialogue inter togolais
pour aboutir à la reprise graduelle de la coopération en passant par le
gouvernement d’Union Nationale, les législatives sans violences d’octobre
2007, l’Assemblée pluraliste actuelle.
Sur les hésitations qui continuent de jalonner la marche du Togo vers la
démocratie, le diplomate européen ne panique pas et se veut rassurant. « La
vérité est que la démocratie elle-même est un processus permanent
d’apprentissage. Toutes les nations démocratiques du monde y sont engagées
et l’histoire de chaque pays connaît un chemin complexe, fait de pas en
avant et de retour en arrière, d’accélération et de recul », a-t-il
confié avant de relever que « l’important est de rester fidèle aux
principes fondamentaux de la démocratie, de l’état de droit et du respect
des droits de l’homme qui sont d’ailleurs les éléments essentiels du
partenariat que nos autorités respectives ont signé à Cotonou en 2000 et qui
nous lient encore pour les prochaines onze années ». Ce que Sebregondi a
regretté par contre pour le Togo, c’est cette attitude des Togolais à
regarder le verre à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein, ceci pour
insinuer la méfiance et les visions passéistes qui caractérisent les gestes
et actions quotidiennes des hommes politiques et freinent l’avancée. Pour
lui, il faudra résolument rompre avec cette logique et aller de l’avant.
Dans le même temps il invite à trouver une solution idoine à certaines dates
dont la célébration ou la commémoration continue de peser énormément sur la
vie politique du pays.
Sur la question du processus Vérité – Justice – Réconciliation, il a invité
le pouvoir à trouver un équilibre pour ne pas livrer les bourreaux au
vindict populaire et en même temps frustrer les victimes qui attendent de
voir le sort qui leur sera réservé. Surtout, il a souhaité le renouvellement
de la classe politique togolaise et souhaité que 2010 soit pour le Togo une
année de succès et non de recul.
Le
successeur de Sebregondi sera connu au mois de Mai et sa prise de fonction
interviendrait vers juillet 2009.
L.R.
Justice
internationale : Mandat d’arrêt contre Omar El Béchir, les potentats
s’époumonent
On l’attendait depuis quelques mois. Maintenant, c’est chose faite : Oumar
El Béchir, le président soudanais est dans les mails de
la Cour
Pénale Internationale (CPI) qui vient de délivrer un mandat d’arrêt à son
encontre. Les avis sont partagés. Si certains craignent quelques
conséquences plus graves, d’autres, les défenseurs des droits de l’homme se
félicitent.
El Béchir
le belliqueux
Cela fait plusieurs années que la guerre civile dure au Soudan et plus
particulièrement au Darfour (sud du Soudan). Et dans cette guerre, le
président soudanais tient une grande part de responsabilité. Les violations
des droits de l’homme se multiplient. Selon la Cour Pénale Internationale,
si Béchir n’est pas directement auteur d’assassinats et de massacres de
civils au Darfour, il endosse l’entière responsabilité en tant que chef de
guerre.
Sous lui ou sous son ordre, les milices progouvernementales massacrent les
civils Janjawids même jusque dans les camps des réfugiés. Les multiples
appels de la communauté internationale surtout le Conseil de Sécurité des
Nations Unies sont restés lettre morte. Durant des années le monde entier
assiste, impuissant aux massacres des peuples de ce coin de l’Afrique. Dès
lors, le chef d’accusation qui pèse sur Béchir est lourd : crime de guerre,
crime contre l’humanité, viols, massacres de civils, enrôlement d’enfants
soldats. C’est à peine que le chef d’accusation de « génocide » n’est
délivré contre lui.
Mais génocide ou pas, les chefs d’accusations sont déjà lourds pour que cet
homme échappe à la justice.
De la
pertinence du mandat
Certains observateurs se demandent comment est-il possible qu’un chef d’Etat
en activité soit arrêté. Tout d’abord, il faut savoir que les Statuts de
Rome instituant la CPI stipulent que tout chef d’Etat, fut-il en action,
reconnu coupable est passible de mandat d’arrêt. Et alors, ce mandat étant
irréversible, il faut souligner donc que tôt ou tard, Béchir va répondre des
faits qui lui sont reprochés.
Aujourd’hui, la géopolitique mondiale a changé avec tout le changement qu’il
y a eu aux Etats-Unis d’Amérique. Dès lors, tout porte à croire que rien ne
sera plus comme avant. Pour preuve, Oumar Bongo du Gabon vient d’être
rattrapé par la justice française qui a saisi quelques comptes bancaires du
vieux Odimba.
De
plus, la CPI, depuis l’ouverture du procès contre Laurent N’Kunda, lui aussi
accusé de crimes de guerre, est définitivement entrée dans sa véritable
phase d’opération. Elle devient par ce geste, un instrument fiable de lutte
pour le respect des droits humains dans le monde. On comprend dès lors les
vaines gesticulations du procureur de la république soudanaise qui refuse
d’appliquer le mandat.
Des
réactions
La
délivrance du mandat d’arrêt contre Béchir est à n’en pas douter, une
première dans l’histoire de la justice internationale. En effet, Béchir est
un Chef d’Etat en activité. Si ce n’est pas la raison fondamentale qui
explique les diverses réactions, elle lance quand même un signal fort aux
autres potentats qui sabordent leur peuple violant constamment leur droit.
Les pays arabes contestent purement et simplement ce mandat qu’ils jugent
inopportun. Mais tout le monde sait que, toujours, les intérêts se cachent
derrière ces prises de position. C’est l’exemple de la Chine qui continue
par soutenir Béchir. En effet, la Chine elle-même souvent indexée comme un
pays qui viole les droits humains, ne veut pas laisser tomber la manne
pétrolière qu’elle pompe du sous-sol soudanais. Conséquence, Béchir peut
compter sur son soutien. Mais pour combien de temps encore quand Banki-Moon,
un Chinois Secrétaire général des Nations Unies, se met du côté de la CPI ?
Comme il fallait s’y attendre l’Union africaine (UA) par la voix du
président de sa Commission, Jean Ping, reste évasive sur le sujet. Elle qui
est une caisse à résonance, incapable d’arrêter le drame qui se joue au
Darfour, n’a trouvé mieux que d’appeler à la modération.
Dans tous les cas, les différentes associations de défense des droits
humains, ont à l’humanité, salué la délivrance de se mandat contre Oumar El
Béchir.
Pendant tout ce temps, Luis Moreno Ocampo, le procureur de la CPI est serein
et continue ses investigations pour trouver à qui le prochain tour.
Décidément, les victimes des violations des droits humains peuvent entrer
dans l’espérance avec la CPI.
Jean-David Messangan
CPDC : Les
conditions d’organisation des élections examinées
Les travaux du Cadre permanent de Dialogue et de Concertation se sont
poursuivis ce jeudi à la Primature. Au centre des discussions, le Code
électoral.
En présence
de l’envoyé de l’Union Européenne Joào Melo de Sampaio, les discussions ont
porté sur les conditions d’organisation des élections, avec un accent
particulier sur le code électoral. « Les travaux du CPDC se sont
poursuivis ce 05 mars 2009 sur les points des conditions d’organisation des
élections. Les débats ont tourné sur la méthode suivante : les observations
de chacune des parties - membre du CPDC sur le projet du code électoral du
gouvernement », ainsi s’exprimait le secrétaire général de la présidence
au sortir des travaux. Dans la foulée, a poursuivi le ministre Ahoomey-Zunu
Arthème, les débats ont été ouverts sur « les propositions des membres du
CPDC et se poursuivront ce vendredi ». C’est dire donc que ce matin, les
débats vont se poursuivre sur ce point. Mais à l’image de la question de la
facilitation, cette question constitue un tournant dans les pourparlers. Car
il nous en souvient que c’est suite au code électoral que le gouvernement à
connotation RPT a envoyé pour étude à l’Assemblée que les deux partis de
l’opposition parlementaire ont opposé un blocus exigeant la création du CPDC.
Puis plus tard, et le CAR et l’UFC ont publié chacun par voie de presse
leur projet de code électoral, qu’ils jugent chacun approprié pour la
circonstance. Aujourd’hui, au CPDC trois logiques s’affrontent en matière de
Code électoral. Lequel va-t-on privilégier ? Ce qui est pour le moins
envisageable est que les parties prenantes au dialogue parviennent à fondre
les trois projets en un seul. Ce qui visiblement risque de faire par endroit
des mécontents.
L.R.
Economie
togolaise : COTEC une institution vampire pour le Togo
Dans notre pays, le citoyen se demande si les autorités ont vraiment le
souci de son bien-être. Le Togolais est saigné à blanc partout où il se
pointe. Des stations d’essence jusqu’aux services administratifs, il grince
des dents.
La Compagnie
Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) en est une illustration.
Si
à l’origine, cette institution est chargée de mission noble, à l’arrivée,
elle n’est devenue plus qu’un bourreau financier pour le citoyen. Elle était
destinée d’une part à lutter contre les fraudes à la Douane ; d’autre part
elle est guidée par l’intention d’informatiser le secteur. Mais seulement
voilà. Ses prestations ont des conséquences désastreuses non seulement sur
l’économie nationale mais encore sur la bourse du Togolais moyen.
Pour amener les responsables de cette institution en l’occurrence M. Marc
Antoine, à mettre un peu d’eau dans leur vin, les transitaires et les
concessionnaires de voitures d’occasion (communément appelées venues de
France) avaient mené une grève courant janvier. Mais le responsable de la
COTEC et celui de la douane M. Marc Bidamon sont restés intraitables. Les
prestations de la COTEC ont engendré une augmentation exorbitante du prix du
dédouanement de voitures d’occasion à près de 300%. Conséquence, on note une
chute considérable d’achat de voitures d’occasion au port autonome de Lomé.
Selon des chiffres avancés par des sources proches de la Société Togolaise
de Plaques (SOTOPLA) de 1270 voitures immatriculées en janvier 2008, la
SOTOPLA n’a enregistré que 622 en janvier 2009. Comme on le voit cela
constitue un manque à gagner pour les uns et pour les autres, surtout le
service des impôts qui fait des prélèvements sur chaque véhicule importé.
Autre aspect, c’est le ralentissement des activités du port, ce poumon
économique du Togo. Certains concessionnaires préfèrent orienter les
voitures marchandises sur les ports des pays voisins qui se frottent les
mains. Tout le mystère est là. On ne comprend pas toujours pourquoi les
autorités togolaises ne cherchent pas à résoudre les problèmes qui se posent
au quotidien du citoyen ?
Jean-David Messangan
Journée
internationale de la femme : La violence contre les femmes au centre des
préoccupations
« Les
vrais hommes ne battent pas les femmes», tel est l’un des slogans affichés
lors de la campagne du ruban blanc et V-men, le volet masculin du mouvement
V-Day lors d’une campagne contre les violences à l’égard des femmes. Cette
campagne révélait chiffres à l’appui à quel point la violence contre les
femmes est un fait réel et nuisible à la société. C’est sûrement pour cette
raison que la journée internationale de la femme a pour thème cette année
les violences contre les femmes.
Faire
cesser les violences contre les femmes
Dès le début
de son message à l’occasion de la célébration de la journée internationale
de la femme, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, a expliqué
que « nous devons faire cesser cette violence ordinaire, profondément
ancrée dans la société, qui détruit des vies, ruine la santé, entretient la
pauvreté et entrave la réalisation de l’égalité entre les femmes et les
hommes et l’émancipation des femmes ».
Le protocole
à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux
droits de la femme stipule en fait en son article 4 que « personne n’a le
droit de battre une femme ou d’exercer sur elle des actes qui vont la honnir
ou l’humilier ».
Outre les
violences physiques (bastonnades et autres mutilations), les femmes sont
victimes d’autres violences encore plus sournoises telles que les agressions
sexuelles, la discrimination, les injures, le proxénétisme. Selon Ban Ki
Moon, « en temps de guerre, les femmes et les filles sont
systématiquement et délibérément victimes de viol et de violences sexuelles ».
Ce fut le cas en République Démocratique du Congo où des organisations de
défense des droits de l’homme ont tiré sur la sonnette d’alarme.
De
nombreuses études indiquent que l’Afrique du Sud est le pays qui compte le
plus grand nombre de cas de viols signalés dans le monde. D’après une
enquête menée par le Medical Research Council (MRC) d’Afrique du Sud auprès
de 1370 volontaires de sexe masculin vivant dans 70 villages, près d’un
homme sur quatre s’était déjà livré à des violences sexuelles. Mais la
violence sexuelle n’est pas l’apanage de l’Afrique du Sud, une femme sur
trois étant victime de violences conjugales dans le monde et M. Ban Ki Moon
a expliqué qu’il n’existe « aucun pays, aucune culture ni aucune femme,
jeune ou âgée, qui soit à l’abri du fléau »
Il a ajouté
que « la violence à l’égard des femmes est en contradiction flagrante
avec la promesse de
la Charte
des Nations Unies de favoriser le progrès social et d’instaurer de
meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ».
Selon lui, les répercussions de cette violence vont bien au-delà des
conséquences immédiatement visibles. On peut dénombrer des blessures
mortelles, des frais médicaux, des pertes d’emplois… « les effets de
cette violence sur les femmes et les filles mais aussi sur leur famille, sur
leur groupe social et sur la société en général, mesurés au nombre de vies
anéanties, sont incalculables », conclut -il.
Des
crimes souvent impunis
Selon M. Ban
Ki Moon, « bien souvent, ces crimes demeurent impunis et leurs auteurs
libres ».
Pourtant
dans le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples
relatif aux droits de la femme en Afrique, il est clairement stipulé que
« les Etats doivent faire en sorte que les violences faites aux femmes
soient interdites (…) ».
Pour
remédier à la situation, le secrétaire général de l’ONU conseille qu’il faut
« faire évoluer les mentalités et bousculer des habitudes ancrées depuis
des générations ». Il a précisé que ça ne sera pas une tâche facile mais
qu’il appartient à chacun de nous de relever le défi : « nous devons
œuvrer ensemble pour dire haut et fort, au niveau le plus élevé, que la
violence, qu’elles qu’en soient la formes et les circonstances, ne sera plus
tolérée ».
Il a enfin
préconisé la mise sur place des politiques économiques et sociales qui
favorisent l’émancipation des femmes et l’amélioration de l’image des femmes
dans les médias. Il existe déjà des lois qui condamnent la violence contre
les femmes, il faut juste selon M. Ban Ki Moon, « faire respecter ces
lois ».
Nadia
Zibilila
Inondation /
La saison des pluies, une hantise pour la population !
Le
traumatisme des dernières inondations n’a pas encore quitté les populations
de Lomé, de ses environs et ceux de l’intérieur du pays. Aussi, la saison
des pluies qui s’annonce suscite-t-elle des interrogations. Revivrons-nous
le même cauchemar ? Toits enlevés, maisons effondrées, populations déplacées
causant désolation et famine. Les regards sont alors tournés vers le
gouvernement. Quelles sont les mesures envisagées pour que les populations,
premières victimes soient mises à l’abri.
Une goutte de pluie suffit pour que la capitale, Lomé se retrouve sous les
eaux, rendant la circulation urbaine quasi-impossible dans certains
quartiers. Les récentes catastrophes naturelles issues des abondantes pluies
qui se sont abattues sur le Togo l’année dernière l’ont encore démontré.
Routes et ponts impraticables, destruction des cultures accentuant encore un
peu plus la paupérisation des populations.
Ainsi, l’exceptionnelle pluviométrie de juillet 2008 allant jusqu’à des
hauteurs de 156,6mm a provoqué l’effondrement des ponts d’Amakpapé, de
Djagblé, de Togblékopé etc. Ces effondrements détruisant cultures et
habitations ont poussé les populations à se déplacer avec le peu qu’ils ont
pu sauver des eaux. Ils ont tant bien que mal survécu dans des camps de
déplacés à la merci des agents censés leurs venir en aide, une autre paire
de manche.
Les prévisions pluviométriques de cette année ne sont pas de nature à
rassurer les populations. Car selon le professeur géomorphologue Adotévi
Blim Blivi, « de 2000 à 2007, les données de pluie sur des stations
entretenues, montrent une tendance à la hausse des totaux pluviométriques
sur les stations de la partie méridionale du pays. De cette hausse, il se
dégage une variabilité climatique », souligne-t-il.
En
remontant les statistiques jusqu’en 1981, on constate que le centre
météorologique d’Atakpamé a enregistré en une journée : 119,3mm le 21 juin
1981, 156,6mm le 15 juillet 2008. Ceci montre la progression des niveaux de
pluie d’année en année. En se référant à la traditionnelle prise de la
Pierre Sacrée à Aného par les Guins la couleur de celle-ci augure
d’abondante pluie cette année venant conforter les statistiques du
professeur Adotévi.
Il reste à
savoir les mesures palliatives prises par le gouvernement pour protéger la
population. Car dans les agglomérations, les inondations sont très souvent
dues au manque d’infrastructures d’évacuation des eaux de pluies
(canalisations appropriées entre autres). L’état défectueux des routes
favorise leur engloutissement par les eaux des pluies. Les récents travaux
entrepris par le gouvernement avec en tête le Premier ministre pour
recouvrir les routes de terre battue semblent alors dérisoires face aux eaux
qui s’annoncent. Le ministre en charge de l’Habitat et de l’Urbanisme,
Okoulou Kantchatchi est alors interpellé. Le constat général fait est que la
liste de nos routes et ponts défectueux est longue.
Techniquement, il est possible de prévoir la pluie d’une façon générale. Le
cas de la pluie est très particulier à cause des problèmes liés à sa
répartition spatio-temporelle et c’est encore plus difficile d’estimer la
quantité d’eau qui va tomber. Mais ce qui est possible de faire et qu’il y a
lieu de faire est d’aménager les canalisations pour éviter à la population
les souffrances qu’elle a endurées lors des récentes inondations de juillet
2008.
Kossi
Wemene
Préparatifs du
match Togo-Cameroun : Jean Thissen fait le tour des Eperviers d’Europe
Après sa
signature avec le Togo, le lundi 02 mars 2009, le nouveau Directeur
Technique et sélectionneur des Eperviers s’est envolé pour l’Europe le
lendemain afin de superviser certains joueurs de l’effectif de l’équipe
togolaise et d’entrer en discussion avec d’autres susceptibles de rejoindre
le groupe.
Le match
Togo-Cameroun comptant pour la première journée du 3e tour
des éliminatoires CAN/Mondial 2010 programmé pour le 28 mars prochain à
Accra, constitue non seulement un premier test grandeur nature pour Jean
Thissen à la tête des Eperviers mais également une rencontre déterminante
pour l’acquisition du seul billet qualificatif pour Afrique du Sud 2010.
Ainsi, conscient de la portée de l’enjeu, Jean Thissen veut mettre toutes
les chances de son côté pour faire gagner son équipe devant un adversaire
reconnu, de tout temps, redoutable. Avant même de signer avec la FTF le
technicien belge a supervisé l’équipe togolaise lors de sa rencontre du 11
février dernier avec le Burkina Faso. Il a dépêché à la même occasion un
technicien français, un ancien sélectionneur adjoint des Ecureuils du Bénin
pour suivre le match joué par le Cameroun contre la Guinée. Les rapports des
deux matchs amicaux ont permis à Jean Thissen de se faire une idée précise
des Eperviers du Togo et des Lions Indomptables du Cameroun puis de mieux
orienter les préparatifs de son équipe. Alors le DT et sélectionneur des
Eperviers s’est rendu en France depuis mardi dernier pour suivre certains
joueurs togolais. Demain samedi, le tout nouveau sélectionneur du Togo sera
au stade de Bollaert pour le match RC Lens contre SCO d’Angers. Il aura
l’occasion de voir jouer Floyd Ayité d’Angers et surtout de discuter avec
Razak Boukari de Lens de sa venue en équipe du Togo. Jean Thissen se rendra
par la suite en Angleterre où il discutera avec le capitaine des Eperviers,
Emmanuel Sheyi Adebayor et superviser Salifou Moustapha d’Aston Villa. Il
prévoit convaincre le polyvalent défenseur Ludovic Assemoassa à revenir en
sélection. Un tour vers l’Allemagne lui permettra de suivre Assimiou Touré
et Ousséni Labo. Le contact avec Serge Gakpé sera également renoué lors de
cette tournée de Jean Thissen.
Michel
Adjavoin |
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Le Canard Independant # 231 du 27 fev.
2009 |
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Insécurité :
Riposte des forces de sécurité : « Ce qu’en pensent les Togolais» |
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La
vague de braquages et d’agressions qui a secoué différents quartiers de la
ville de Lomé ces dernières semaines de jour comme de nuit a fait croire à
juste titre aux populations qu’elles étaient laissées pour compte, car les
malfrats agissaient dans une totale impunité et avec une désinvolture.
Tendant même à croire à une complicité dans les rangs des forces de
sécurité. Piqués au vif, ces derniers ont répondu à ces allégations de la
plus forte des manières. Sept bandits ont été mis hors d’état de nuire la
semaine dernière. La population, première victime de ces agressions donne
son avis sur la réaction des forces de l’ordre.
Bien organisés, armés de machettes, de pistolets automatiques ou
artisanaux, ces bandits agissaient il y a quelques temps encore en maître de
la ville. De jour comme de nuit ils terrorisaient et s’en prenaient aux
paisibles populations.
Deux actions d’éclat des forces de l’ordre ont considérablement ralenti
leurs funestes activités. Dans la nuit du mardi 17, c’était trois braqueurs
qui étaient abattus dans leur planque à Agoé Kitidjan. Trois jours plus
tard, le vendredi 20, c’était au tour de quatre autres malfaiteurs d’être
abattus suite à une fusillade avec les forces de l’ordre à Aflao Soviépé.
Des actions saluées par de nombreux Togolais à l’instar de Rufaï, mécanicien
à Adidogomé. Il a lui-même évité de justesse la prison à la suite du vol
d’une moto confiée à son cousin. En effet dans la nuit du 2 janvier, son
cousin Zémidjan s’est fait agressé au marteau et dépouillé de la moto à lui
confiée contre remboursement du double de son prix d’achat. S’étant porté
témoin lors de la remise de la moto, il s’est vu accusé de complicité de
vol. Son cousin après les soins s’est retrouvé derrière les barreaux
quelques semaines avant d’être relâché. C’est donc très remonté qu’il nous
donne son avis : « mon cousin aurait pu mourir, ces voleurs ne viennent plus
pour voler et partir, ils viennent pour tuer, j’approuve l’action des
policiers, ces voleurs ne méritent même pas d’être jugés, on doit tous les
abattre ». Les Zémidjans présents dans son atelier sont tous du même avis la
plupart connaissent au moins l’un des leurs qui s’est fait agressé et
certains qui sont même morts. Ils sont les principales victimes des
braqueurs vu qu’ils travaillent tard dans la nuit. L’un d’eux qui, depuis,
ne travaille plus que le jour ajoute « j’ai cessé de travailler la nuit par
peur, ces bandits n’ont eux peur de rien. Avant l’abattage de ces voleurs,
moi je pensais que c’étaient des policiers qui braquaient vu l’impunité dans
laquelle ils agissaient. Quand on fait des déclarations de perte, aucune
enquête n’était menée. Maintenant je sais que les policiers sont sérieux ».
Un autre pense plutôt que la capture d’un des voleurs aurait permis de
démanteler tout le réseau : « sept voleurs tués, ce n’est rien, ils sont des
centaines et bien organisés, Lomé risque de devenir comme Lagos où les
bandits règnent dans la capitale ». La vigilance est donc de mise et
souhaite du côté des forces de l’ordre afin que le sentiment d’insécurité
qui plane sur les populations disparaisse pour que ces dernières puissent
vaquer tranquillement à leurs activités.
Waliyullah
Tajudeen
Libre
circulation des personnes au sein de l’espace CEDEAO : L’Unité
Pilote CEDEAO / Togo sensibilise les agents des frontières de Sanvee-Condji
et de Hilla-Condji
Organisé par
l’Unité Pilote CEDEAO / Togo (UP CEDEAO/Togo), en collaboration avec le
Forum de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO), un atelier de
sensibilisation sur la libre circulation des personnes au sein de l’espace
CEDEAO a regroupé à la frontière de Sanvee-Condji (Aného), policiers,
douaniers, transitaires, transporteurs, responsables administratifs de la
préfecture des Lacs et de la commune d’Aného et organisateurs, le mercredi
25 février 2009.
C’est le préfet des Lacs, M. Komi Séna Adossi qui a ouvert les travaux de
cet atelier de sensibilisation après le mot de bienvenue prononcé par M.
Lagni de l’Unité Pilote. Pour M. Adossi, une telle rencontre permettra, non
seulement, d’instruire les contrôleurs au niveau des frontières sur les
textes relatifs à la libre circulation des personnes dans l’espace CEDEAO
mais aussi d’orienter leurs comportements dans un sens positif pour une
traversée paisible des frontières aux populations de la communauté.
Deux communications ont meublé les travaux de cet atelier. La première
concernant les textes de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des
personnes a été présentée par Mme Kassah Traoré, directrice de la Cellule
nationale CEDEAO-UEMOA. Après avoir rappelé l’objectif d’intégration visé
par les pères fondateurs en créant la CEDEAO, Mme Kassah s’est attardée sur
les différents textes en vigueur au niveau de la communauté sur la libre
circulation des Personnes. Elle n’a pas manqué de rappeler les cinq droits
des citoyens de la CEDEAO, notamment le droit d’entrée, le droit de séjour,
le droit de résidence, le droit d’établissement et le droit d’accès à la
cour de justice de la communauté.
Parlant du droit d’entrée, Mme Kassah a expliqué que pour voyager au sein de
la CEDEAO, le citoyen doit posséder un passeport national ou un carnet de
voyage CEDEAO ou un passeport CEDEAO. « Sur les 15 pays de la communauté,
9 utilisent déjà le passeport CEDEAO et seulement 6 pays dont le Togo sont
encore en retard pour son établissement », a-t-elle ajouté. Elle a aussi
indiqué qu’aucun ressortissant d’un pays membre de la CEDEAO n’a besoin de
présenter un visa d’entrée avant de franchir les frontières des Etats
membres de la Communauté et que l’utilisation de carte nationale d’identité
est pour l’instant exclusivement réservée au pays de l’UEMOA.
La
Présidente de l’Unité Pilote CEDEAO/Togo, Mme Bamézon-Léguédé a présenté la
communication sur le rôle de l’Unité Pilote CEDEAO/Togo. L’Unité pilote dont
le rôle est de contribuer à la réduction des tracasseries aux frontières en
veillant au respect des textes relatifs à la libre circulation des personnes
est, selon Mme Bamézon-Léguédé en phase d’expérimentation dans huit des
quinze pays de la CEDEAO. Créée en septembre 2006, l’Unité Pilote du Togo
est la première qui a été mise en place sur les huit. Depuis sa création,
elle multiplie des visites inspirées sur les frontières d’Aflao et de Sanvee-Condji,
organise des caravanes et procède à des sensibilisations. La présidente de
l’UP CEDEAO/Togo a appelé les agents opérant au niveau des frontières à
apporter leur contribution à la réaction du défi d’intégration à travers la
libre circulation des citoyens dans la sous-région.
Plusieurs autres intervenants tels que les honorables députés à l’Assemblée
Nationale et au Parlement de la CEDEAO, Ahli Komla Apenya Bruce et Koffi
Santy Sany Adalé, le Président de la délégation spéciale de la commune
d’Aného M. Patrice Ayivi et les responsables des policiers et des douaniers
ont introduit, au cours du débat, des propositions très appréciées par les
organisateurs.
Michel
Adjavoin
Bienvenue au
marché de fruits de Hanoukopé
Quelque
part au marché de Hanoukopé communément appelé «le Togo », un espace situé
de part et d’autre de l’avenue Champs de course, une ambiance exceptionnelle
attire votre attention. Certains matins de quelques jours spécifiques les
dimanches surtout, les ballets des gros camions communément appelés « 10
tonnes » déversent des tonnes de fruits.
Alors, les
revendeuses s’en occupent méticuleusement. Trient les fruits gâtés,
protègent le reste jusqu’à mûrissement avant de l’exposer sur les étalages.
Le visiteur est fasciné devant ces beaux fruits mûrs qui vous donnent
l’envie d’être végétarien. Des mangues de tout acabit (greffées et
ordinaires) jusqu’aux citrons en passant par les bananes, les ananas, les
papayes, les pastèques, les goyaves et autres avocats, etc , le visiteur ou
le client a l’embarras de choix s’il n’a pas identifié le fruit qu’il veut
acheter depuis la maison. Et même s’il a choisi depuis la maison, arrivé sur
les lieux, les couleurs vives des autres fruits lui font venir l’eau à la
bouche et il sera tenté d’acheter d’autres en dehors de son choix. Et ne
vous attendez qu’à trouver que des fruits tropicaux. Ce commerce est tenu
essentiellement par les bonnes femmes qui ne lésinent pas sur les moyens.
Elles vont à l’intérieur du pays surtout dans les régions des plateaux (Kpalimé,
Badou) parfois même du Ghana pour acheter les fruits chez les paysans de ces
régions.
Antou
(diminutif de Antoinette) fait ce commerce depuis plus de 20 ans. « Je le
faisais avec ma mère quand j’étais jeune. Maintenant, même mariée, je
continue. J’ai mon propre étalage à côté de celui de ma mère (elle le
montre du doigt). »
A la
question de savoir s’il n’y a pas des difficultés dans ce commerce, Antou a
été claire : « tout métier comporte des difficultés. Mais ici c’est
encore trop. Nous allons jusqu’au fin fond des villages à Badou. Le voyage
dure parfois deux semaines. Maintenant de retour, il faut penser au
stockage. Il y a des fruits qui mûrissent et périssent vite. C’est le cas
des bananes et des mangues…tout cela cause un grand handicap à notre
commerce. »
Malgré ces
difficultés, Antou ne démord pas. Ce qui est sûr c’est qu’elle y trouve son
compte. Un client arrive. Après marchandage, le client part avec huit (8)
oranges à deux cents (200) francs cfa et sept bananes plus ou moins charnues
à 500 F
cfa. Expliquant la cherté plus ou moins apparente de la banane, Antou
affirme : « nous sommes obligées de les vendre ainsi car il y en a eu de
gâtées que nous avons jetées. Nous avons des problèmes de conservation. »
Non loin de
Antou, Lucie, la trentaine, toute occupée à disposer ses fruits nous
accueille avec un large sourire les yeux aussi rayonnants que les couleurs
rose-vive de ses ananas qu’elle étale : « il faut bien disposer les
fruits pour attirer le client. Bien trier ceux qui sont charnus, gras et
qu’aucun insecte n’a touchés et les disposer à part pour certaines
catégories de clients ». Qui par exemple, tentons-nous de poser.
(Sourire) « Oh ! Les Grandes personnalités n’aiment pas n’importe quel
fruit. Des ministres viennent ici avec leur chauffeur, même des Blancs pour
acheter des fruits ! A côté de tous ceux-là, il y a tout le monde : des
apprentis, des élèves, tout quoi ! » (Éclat de rire).
Cet éclat de
rire cache à peine les énormes problèmes qu’il y a dans ce marché de fruits.
Problèmes d’insalubrité, entraînant les problèmes de santé. Les fruits
pourris restent dans des paniers ou jetés même à terre pêle-mêle même si
certaines femmes s’efforcent de maintenir les lieux propres.
Autre
problème est celui de la conservation. Les bonnes femmes peinent à conserver
vraiment les fruits hautement périssables. Alors, peut-être la municipalité
peut-elle prendre à cœur la construction du marché en y aménageant également
des dépotoirs pour les fruits gâtés.
Jean-David
Messangan
Hublot :
Entre fatalité et révolte !
Les travaux du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), ont
repris hier.
La première
séance d’après la résolution de la problématique d’un éventuel recours à la
facilitation du Président du Faso, Blaise Compaoré, a été réglée. Les
parties au CPDC, ont convenu de couper la poire en deux.
En
cas de divergences persistantes, les membres du CPDC, vont d’abord recourir
au Chef de l’Etat, puis le cas échéant, à la facilitation. La consignation
de ce deal au règlement intérieur du Cadre, a permis la reprise des travaux.
Mais cette solution ne rassure guère les Togolais, dans leur grande
majorité.
Les multiples blocages constatés dès l’entame des travaux, ont fini par
plonger les Togolais dans une fatalité. Plus que les résultats probants du
dialogue, ils n’attendent que l’occasion du premier blocage pour voir
expérimenter la recette. Mais déjà, ils notent un manque de volonté auprès
des acteurs à aboutir à un consensus pour organiser des élections
acceptables par tous.
Dans ces conditions, les Togolais sont partagés entre la fatalité et la
révolte. Une crise de confiance profonde prévaut désormais entre les hommes
politiques et le citoyen lambda. Toute chose qui n’est pas de nature à
décrisper la tension qui monte à l’approche des échéances électorales au
Togo. Les parties au CPDC, arriveront-ils à surprendre positivement les
Togolais et la communauté internationale ?
Améga Koffi
Refus de
baisse du prix du carburant : Le gouvernement met la vie des citoyens en
danger
En baisse
considérable depuis un moment, la vente sauvage du carburant prend à nouveau
de l’ampleur au Togo, en particulier à Lomé. Une situation que favorise le
prix élevé des produits pétroliers au Togo, contrairement à celui pratiqué
dans les pays voisins. Un phénomène qui accroît des risques d’incendie et
autres corolaires.
Une table
sur laquelle sont posées des bouteilles en verre et en plastique contenant
des liquides aux couleurs variant du jaunâtre à l’orange. Devant, un bidon
de 25 ou 50 litres portant à la craie, l’inscription du prix au litre du
précieux liquide. Ainsi se décrivent les points de vente sauvage des
produits pétroliers à Lomé.
Le long de
la portion urbaine de la nationale 2, allant du port autonome à Agbata, on
trouve en moyenne un de ces points de vente, tous les 10 mètres. Parfois
même, on en trouve des deux côtés de la route. « J’avais abandonné cette
activité pour faire du taxi moto, car elle n’était plus rentable, mais
depuis un mois, j’ai repris la vente de l’essence parce que, les clients
préfèrent à nouveau ces points de vente aux stations d’essence, pour raison
de coût moins élevé », explique Robert (27 ans), tenant un point de
vente à Avépozo.
Les prix
pratiqués aux points de vente sauvage, varient entre 375 et 400 francs, pour
l’essence sans plomb. Il est de 500 francs dans les stations d’essence. Les
vendeurs s’approvisionnent auprès de conducteurs de camions, venant du Bénin
et du Ghana. Au Bénin, le litre de l’essence sans plomb est de 350 francs.
Le même produit est vendu au prix de 315 francs, au Ghana.
« Moi je
m’approvisionne aux points de vente sauvage parce qu’il y a une différence
de 100 francs entre leur prix et celui de la station. Je fais ainsi une
économie de près de 2000 francs par semaine. Ce n’est pas rien pour un
salaire de 70.000 francs », nous a confié Emmanuel (37 ans), comptable
dans une société privée, qui s’approvisionnait à un point de vente tout près
de la Station Shell de Kagomé, dans la zone portuaire.
En l’espace
des deux dernières semaines, les points de vente ont doublé à Avépozo et
Baguida. « Avant j’étais le seul ici, mais depuis la semaine passée, deux
autres vendeurs se sont installés ». Mais cela ne me gène pas, car la
demande est très forte et tout le monde s’en sort pas mal », confie Kokoutsè
à Baguida.
De gros
risques pour les populations
Par le
passé, le stockage de l’essence par ces marchands peu précautionneux, a
causé des incendies occasionnant des pertes en vies humaines. Malgré les
sommations du gouvernement interdisant la vente sauvage des produits
pétroliers, le constat aujourd’hui est que ces points de vente accroissent.
Ce constat est établi dans la capitale comme dans les villes de l’intérieur
du pays, frontalières avec les pays voisins.
« Le
premier responsable de cette situation, c’est le gouvernement, pointe du
doigt un économiste, avant d’ajouter comment peut-on comprendre que
le prix de l’essence au Niger (qui transporte l’essence de Lomé : ndlr) soit
de 475 francs le litre, et qu’il soit de 500 francs au Togo ? », se
demande-t-il. « Il est évident que les points de vente sauvage dans ces
conditions prolifèrent. Les gens vont s’approvisionner là où ça coûte le
moins », indique un autre client, surpris sur sa moto en train de
s’approvisionner à Bè, quartier populaire au cœur de la capitale.
Récemment,
pour justifier l’augmentation du prix du ciment, le gouvernement avait
allégué le prix élevé dans les pays voisins qui justifiait un trafic
induisant la pénurie du produit au Togo. Aujourd’hui, le maintien d’un prix
élevé des produits pétroliers alors qu’ils sont nettement en baisse
constante dans les pays voisins, est un encouragement au trafic et à la
prolifération des points de vente sauvage de l’essence.
Mais tout
comme le prix de l’essence dont on ignore la composition, bien d’autres prix
comme ceux de la communication, sont très élevés au Togo par rapport à ceux
pratiqués dans les pays voisins. Une situation dont se rendent complices,
les associations de consommateurs et autres structures institutionnelles et
associatives. Dans ces conditions, il faut craindre le pire, car la
répression ne parviendra pas à éradiquer la prolifération des points de
vente sauvage, tant que les prix resteront disproportionnés.
Améga
Koffi
Fait
divers : Une maman interdite de pleurer à la morgue !
Le mercredi
25 février, tôt au matin, la morgue du Centre Hospitalier Universitaire de
Lomé- Tokoin, comme c’est souvent le cas ces derniers temps, battait son
plein. De nombreuses familles étaient venues enlever les corps de leurs
défunts pour aller les inhumer. Parmi elles, celle de l’un des braqueurs
récemment abattus par les forces de sécurité, lors d’un échange de coups de
feu à Soviépé, quartier situé du côté de la frontière avec le Ghana.
La pauvre
maman du brigand abattu pleurait à chaude larme son enfant. Elle gémissait,
invoquait le bon Dieu et le nom de son défunt fils. Assise à même le sol,
est attirait l’attention et la sympathie de la foule des familles éplorées,
qui ont fait le déplacement de la morgue ce matin.
Soudain, un
« morguier » se rapproche de la dame et lui lance tout furieux.
« Madame, taisez-vous là ! Pourquoi vous pleurez comme ça pour un braqueur ?
Ne faites pas qu’un parent à l’une des victimes de votre enfant, vous
identifie ici hein ! ».
Un conseil
sous forme d’une mise en garde qui visiblement a fait son effet. La pauvre
dame essuie astucieusement ses larmes, et va se mettre à côté sous un arbre.
Pendant ce temps, une sœur du délinquant défunt, balbutie des onomatopées en
guise d’explications des lamentations de leur mère. Elle tentait d’expliquer
que leur mère pleurait également pour les victimes de la bande à son défunt
fils, tout en maudissant le sort qui l’a conduit sur la piste du braquage.
La jeune et
pourtant charmante fille, n’eut elle non plus le temps de s’expliquer. « Taisez-vous,
ne vous faites pas remarquer », lui intime à son tour, le morguier.
Certains spectateurs de la scène choqués, se demandaient si le « morguier »,
a eu à déplorer dans la famille ou ses proches, une victime de braquage. En
tout cas, en ces temps où les forces de sécurité sont décidées à faire sans
autres formes de procès, la peau aux malfrats, les parents de ces derniers
savent à quoi s’en tenir, au moment d’aller retirer les corps de leurs
défunts braqueurs à la morgue.
Améga Koffi
Poursuite
des travaux au CPDC : La ville de Lomé divisée en cinq CELI
· Les
divergences persistent sur
la CENI
Après
l’adoption au forceps du règlement intérieur du Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation ce mardi 24 février, les travaux du dialogue se sont
poursuivis hier jeudi à la salle de conférence de la primature. Les parties
prenantes sont parvenues à un accord sur la question de la Commission
Electorale Locale et Indépendante au niveau de Lomé Commune.
Le
point le plus important à retenir de la rencontre de ce jeudi 26 février est
le consensus qui a caractérisé les discussions en ce qui concerne la CELI
Lomé commune. Selon le communiqué ayant sanctionné les travaux et présenté à
la presse par le Secrétaire général à la présidence M. Séléagodji Ahoomey-Zunu,
(…) « on est parvenu de manière consensuelle à un accord sur la création
de cinq CELI pour la ville de Lomé à raison d’une CELI par arrondissement ».
Cette nouvelle approche, selon plusieurs techniciens électoraux permettra à
l’avenir de vite et facilement centraliser les résultats pour surtout éviter
les cafouillages qu’on avait enregistrés à la mairie centrale lors des
dernières législatives. Ainsi donc, la ville de Lomé est éclatée en cinq
CELI et ce, pour les échéances électorales à venir. Il s’agit là d’une
avancée significative dans les travaux quand on sait que des questions comme
celle sur le recours à la facilitation par exemple ont monopolisé les débats
depuis plus d’une semaine.
Si
la question de l’éclatement de Lomé commune en cinq CELI a trouvé un
dénouement hier, il n’en est pas de même pour celle relative au nombre des
représentants de l’Administration et leur statut au sein de la Commission
Electorale Nationale Indépendante. « Les discussions ont porté sur le
nombre de représentants de l’administration et leur statut au sein de
la
CENI, le principe de représentation étant déjà acquis. Les discussions se
poursuivront lors des prochaines séances sur ce sujet »
souligne en outre le communiqué. Déjà les séances dernières, cette question
a constitué un sujet chaud sur lequel les participants au cadre n’ont pas
accordé leurs violons. Et son report à la prochaine séance est la preuve
qu’elle continue de constituer un sujet de discorde.
Sur la
composition de la CENI, selon nos indiscrétions, les divergences ont
persisté. L’UFC soutient le principe de la proportionnelle qui risque de
faire la part belle au RPT, qui paradoxalement est favorable comme le CAR, à
une composition paritaire entre le pouvoir et l’opposition parlementaire.
Tout comme le précédent point, celui sur les démembrements de la CENI ont
été loin de trouver un consensus. « Les débats ont également été ouverts
sur les démembrements de
la CENI avec
la question de composition des CELI. Les débats se poursuivront également
sur ce sujet lors de la prochaine séance »
prévue pour ce lundi matin. Là aussi, on note des divergences sur la
présidence des CELI, par les magistrats.
Sébastien
FRPC : le
FMI attend du Togo une performance remarquable
Une délégation du Fonds Monétaire Internationale conduite par M. Thomas
Krueger, conseiller principal du FMI au sein du département Afrique a
rencontré ce mercredi la presse à la salle de l’Entente du CASEF à Lomé.
Cette conférence de presse vient sanctionner un séjour de deux semaines au
Togo, séjour durant lequel ils ont eu à faire le tour d’horizon de la
situation économique et financière du pays.
Lors de la rencontre avec la presse ce mercredi, la mission a estimé qu’il
s’est agi des consultations au titre de l’article IV relatives aux questions
à moyen terme (pour l’année 2009) et de la 2e revue
du programme du gouvernement appuyé par un accord conclu au titre de la
Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) au
Togo. Les travaux de la mission, après le tour d’horizon de la situation du
pays ont conclu à un résultat mitigé pour l’année 2008. Cela a relevé la
mission, est dû aux effets pervers de la flambée des prix des denrées de
première nécessité et des produits pétroliers sans oublier les graves
inondations qu’a connues le pays et qui ont causé un sérieux manque à gagner
pour le pays au cours de cette même année. Finalement, la croissance
économique 2008 pour le Togo faisait 1,1%.
Dans la foulée, la délégation, par l’intermédiaire de M. Marshall Mills
s’est réjouie de l’amélioration de la situation des Finances Publiques du
Togo et ce, grâce aux efforts dans le domaine du recouvrement des recettes.
Egalement, les experts du Fonds Monétaire International ont exhorté les
autorités togolaises représentées par le ministre Adji Oteth Ayassor de
l’Economie et des Finances à remplir les conditions nécessaires pour
atteindre en 2010 le point d’achèvement en vue de « l’allègement de la
dette du pays prévu dans le cadre de l’initiative Pays Pauvres Très endettés ».
La
mission est surtout revenue sur le programme de Facilité pour la Réduction
de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) dans lequel elle attend du Togo
une performance remarquable. Ce programme est un mécanisme de prêts à taux
concessionnels du Fonds Monétaire International en faveur des pays à faible
revenu. Dans ce domaine le FMI prend en compte les stratégies de réduction
de la pauvreté propres à chaque pays pauvre et l’adopte à la suite d’un
processus participatif impliquant la société civile et les partenaires au
développement. Tout ceci se réalise dans le cadre du Documents de Stratégie
pour la Réduction de la Pauvreté. La finalité de cette approche est de
s’assurer que des programmes soutenus par le FRPC s’inscrivent dans un cadre
global de politique macroéconomique, structurelle et sociale, destiné à
favoriser la croissance et à réduire la pauvreté dans les pays concernés.
A
l’occasion, le ministre Ayassor a exprimé l’engagement du gouvernement et la
détermination de celui-ci à œuvrer pour atteindre ces objectifs.
L.R. |
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Football/ Championnat national D1 : Place désormais au jeu :
Après la réception des subventions de l’Etat, le championnat national de D1
a véritablement démarré |
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Manne financière pour la FTF. 13 des 16 clubs de la première division ont
reçu samedi des mains des responsables de la Fédération togolaise de
football (FTF) chacun une somme de 10 millions de francs CFA dans le cadre
du démarrage effectif du championnat national de la D1.
"
Comme nous l'avions annoncé, depuis notre élection le 18 janvier dernier,
nous faisons en sorte que les activités reprennent pour le bonheur des
sportifs togolais. Nous sommes heureux que l'Etat ait mis à notre
disposition cette cagnotte afin de permettre aux clubs de démarrer le
championnat dans de bonnes conditions. Mais les trois équipes soutenues par
des sponsors officiels, notamment l'AS Togo Port, l'AS Douanes et Togo
Télécom n'ont pas bénéficié de cette manne", a indiqué le porte parole du
Bureau Exécutif, Amavi Patatu.
C'est un championnat marathon dans lequel s'engagent les 16 clubs de la D1.
A la fin de la deuxième saison, la première division se retrouvera à 12
clubs. Quant à la deuxième qui débutera le 7 mars avec 33 clubs, elle va
être réduite à l'issue de cette saison 16, 17 clubs seront donc relégués en
troisième division. " Jouer la D1 à 12 et la D2 à 16 font partie d'une série
de recommandations faites par la FIFA afin de nous permettre d'intégrer un
schéma qui, à terme, sera bénéfique pour notre fédération ", a en outre
précisé Amavi Patatu.
Grâce à cette subvention, l'ouverture du championnat national de D1 a été
effective dimanche avec deux rencontres sur les huit. En première rencontre,
l'AS Douanes a dominé l'AS Togo Port 1-0. En seconde rencontre, l'Etoile
Filante a fait voler en éclats Sémassi de Sokodé 3-1. Du coup, les Shooting
Stars prennent la tête du classement avec 3 pts + 2 suivis de l’AS Douanes 3
pts + 1, l’AS Togo Port 0 pt -1 et Semassi 0 pt -2. Le reste des rencontres
se joue ce week-end.
Calendrier du week-end
Asko -
Gomido
US Masséda - Foadan
Maranatha - Dyto
Abou Ossé - US Koroki
TAC - Togo Télécom
AC Merlan – Kotoko
Gilles Vevey
Championnat d’Afrique des Nations/ 1e édition : La grosse désillusion
ivoirienne
La Côte d'Ivoire a été sortie dès le premier tour de la première édition du
Championnat d'Afrique des nations (CHAN) qu'elle abrite depuis le 22
février. Après la déculottée de la première journée face à la Zambie (0-3),
les pachydermes ont encore perdu face à la Tanzanie mercredi soir (0-1). Une
défaite sur le plus petit score qui élimine les Ivoiriens de cette première
édition du CHAN.
A l'entame
de la partie, cinq remplaçants du premier match sont titulaires. L'équipe
ivoirienne à fière allure au début de match. Le ballon circule bien et on
pense que la Côte d'Ivoire fera mieux que le dimanche dernier. Mais très
rapidement, la Tanzanie se signale. Et comme pour dire qu'il faudra compter
avec elle, Mgosi Mussa arme une frappe lourde que capte difficilement Angban
Vincent. La première alerte ivoirienne intervient à la 10ème minute. Sur un
coup franc de Karamoko, Diomandé Hamed met une tête qui ne passe pas loin.
La Tanzanie prend la mesure de la Côte d'Ivoire et assoit progressivement sa
tactique qui empêche les Ivoiriens d'être véritablement dangereux. Les Taifa
stars attendent tranquillement les pachydermes et procèdent ensuite par
contre attaque. Et c'est sur une de ces montées rapides, que Ngasa Mrisho
(36') place une tête imparable sur un centre. Contre toute attente, les
Eléphants sont menés au stade Félix Houphouët Boigny. Les poulains de
Kouadio Georges ne peuvent réagir jusqu'à la pause. La deuxième mi-temps est
identique à la première. Le bloc équipe des Eléphants n'est pas assez soudé
pour inquiéter les étoiles du Kilimandjaro. Kouadio Georges, quelque peu
perdu dans ses plans, ne sait plus à quel saint se vouer. Surtout que son
unique pointe, Tanoh Jacques, est loin d'être dangereux pour les défenseurs
tanzaniens. Finalement, il se décide à faire entrer Trazié Charles et Zegbe
Valery. Puis, un peu plus tard, Bohou Dieudonné. Mais la Côte d'Ivoire ne
peut revenir au score. La Tanzanie s'impose par ce petit but.
Les
Eléphants, dès le deuxième match font leur adieu à la première édition du
championnat d'Afrique des nations. Une grosse désillusion pour la Côte
d'Ivoire qui attendait beaucoup de ce CHAN.
En second
match du groupe A, le Sénégal et la Zambie se sont séparés sur un score de
parité 0-0. Au classement la Zambie totalise (4 points, +3), le Sénégal (4,
+1), la Tanzanie (3, 0) et la Côte d'Ivoire (0, -3).
Les matches
du groupe B disputés hier. La RDCongo battue par la Libye lors de la
première journée 0-2, a concédé le nul devant le Zimbabwe. Pendant ce
temps,le Ghana qui a obtenu un nul difficile devant le Zimbabwe avait de la
peine à se débarrasser de la Libye. Dans ce groupe la dernière journée sera
très décisive.
Gilles Vevey
Dialogue
politique :
Faure consacré
premier
facilitateur
Restée objet à controverse entre les différents partis politiques membres du
Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) après huit séances de
travail, la question de la facilitation est désormais tranchée à la suite de
longues discussions. La formule consensuelle est toute aussi expressive : en
cas de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le président de
la République. Le chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis
membres du Cadre les solutions appropriées avec le recours à la facilitation
le cas échéant. La présence du facilitateur reste donc la dernière parade
après que Faure Gnassingbé, président du Cadre, eut échoué à concilier les
prises de positions. Un facilitateur en second, en somme.
Selon une source proche du CPDC, c’est la reconnaissance que les Togolais
peuvent toujours s’essayer à trouver les solutions à leurs divergences.
Avant d’exposer les tares à l’étranger. Mieux, c’est une approche qui
rejoint une autre logique : remettre tout et tout de suite à la voix d’un
facilitateur contraste avec la nature du décret qui crée le Cadre permanent
de dialogue et de concertation. Autrement, cela remettrait en cause un acte
de souveraineté qu’est le décret portant création du CPDC. En d’autres
termes, le président de la République ne devait nier sa capacité intrinsèque
à gérer les conflits d’intérêt au plan national.
Jusqu’ici, l’opposition parlementaire a essayé de convaincre de ce que le
chef de l’Etat ne peut être partie et juge dans le même processus. Ce qui
revient à placer Faure Gnassingbé au rang des membres du Cadre du seul fait
d’en être le président. Alors même que, selon le décret du 4 février 2009,
le CPDC regroupe les partis représentés à l’Assemblée nationale ou ayant
obtenu 5% aux élections législatives et le gouvernement. Chaque parti y
étant représenté par son leader ou son représentant, le gouvernement par
deux ministres. «La crise de confiance au plan national est telle qu’on ne
peut pas mener une discussion sincère sans la présence d’un facilitateur»,
rappelait encore le chef de la délégation de l’UFC, Jean-Pierre Fabre.
Pendant ce temps, le RPT (le parti au pouvoir) martelait dans un communiqué
que le CPDC est un «cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses
objectifs». Rappelant que ce Cadre a été mis en place par le Chef de l’Etat
pour «rechercher des solutions consensuelles par le dialogue et la
concertation». Pour le camp de Solitoki Esso, l’Union des forces de
changement (UFC) a fait de sa proposition un point de fixation à rejeter
toutes les propositions de la délégation du RPT, notamment celle de recourir
en cas de blocage au président de la République pour trouver des solutions
appropriées en concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC.
Finalement, le parti de Gilchrist Olympio trouve satisfaction car le
règlement intérieur adopté ce 24 février contient le point concernant le
recours à la facilitation.
Sylvestre D.
Réformes politiques :
Les compromis du CPDC transmis aux institutions compétentes
C’est l’autre formule trouvée pour régler la polémique de départ sur le sort
des discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC).
Selon une confidence qui cite le règlement intérieur, les compromis auxquels
parviennent les membres du CPDC dans le cadre des réformes politiques seront
transmis au pouvoir exécutif pour être retenus sur le fond par les
institutions républicaines compétentes conformément aux procédures en
vigueur au Togo. Les décisions étant prises par consensus au sein du CPDC.
Dans les faits, il reviendra à soumettre tous ces compromis à l’organe
législatif puisqu’il s’agira de retoucher certaines dispositions de la loi
fondamentale, en cas de conflit de sens. C’est dire qu’il y aura rien qui
soit imposé pour contourner le rôle républicain du parlement.
Ceci
rejoint la position du représentant du gouvernement au sein du CPDC :
«sur le fond, il s’agit de privilégier l’esprit de dialogue et de
concertation sans pour autant s’arc-bouter sur des considérations de pure
forme ni donner le sentiment de dépouiller les institutions républicaines et
démocratiques de la réalité de leurs prérogatives constitutionnelles, au
risque de transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer
l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement». Et pour le
ministre Pascal Bodjona, aujourd’hui président du CPDC au titre de
représentant du Chef de l’Etat, tout doit passer devant l’Assemblée
nationale pour être exécuté.
Le
Cadre permanent de dialogue et de concertation s’attelle à rechercher le
large consensus autour des réformes du code électoral, du statut de
l’opposition et des questions institutionnelles et constitutionnelles. Il
regroupe le RPT, le CAR, l’UFC, le Gouvernement et est présidé par le
président de la République ou son représentant. Et comme nouveauté, précise
le règlement intérieur, «les organisations et personnalités qui ont
accompagné le dialogue national ayant abouti à l’Accord politique global
peuvent assister aux travaux du CPDC sur invitation et selon les sujets
inscrits à l’ordre du jour». De quoi satisfaire, peut-être, certaines
revendications.
Sylvestre D.
Programme de
réforme de l’administration : Les diplômes passés à la loupe dans la
Fonction publique
La
précision est donnée par le ministre de la Fonction publique et de la
réforme administrative, Ninsao Gnofame, à l’occasion de l’entrée en fonction
des 4.000 nouveaux agents de l’administration publique recrutés fin décembre
2008. Récemment, pendant un mois, il avait été demandé aux admis de
reconstituer un «dossier de carrière» en fournissant copie des diplômes
obtenus et présentés avant l’étape de l’écrit. Le tout soutenu par le
versement d’une somme de cinq mille francs Cfa. Une mesure qui devra
permettre au ministère de la fonction publique d’enclencher un autre
processus. «Nous avons les dossiers physiques, maintenant nous allons
procéder à l’authentification des diplômes. C’est un travail qui va se faire
parallèlement à l’installation des nouveaux fonctionnaires», précise M.
Gnofame. Et d’ajouter : «s’il y en a qui ont fourni des dossiers qui ne sont
pas bons, ils seront disqualifiés naturellement. Même aujourd’hui, il y a
des fonctionnaires (qui sont déjà en fonction) que nous sommes en train de
disqualifier pour s’être fait recrutés sur la base de faux diplômes. Donc ce
travail ne concerne pas seulement les nouveaux qui arrivent, mais porte sur
l’ensemble des fonctionnaires parce que nous avons l’objectif de mettre de
l’ordre dans notre administration». Tout en concluant, en terme
d’application de sanction : «Et puis la suite, on verra».
Vraisemblablement, cette guerre du gouvernement contre les faux diplômes est
menée de front avec une autre difficulté : celle d’arriver à déboulonner les
retraités qui refusent de partir. Car, en réalité, il y en a qui, par des
réseaux bien tissés, s’accrochent à leur poste tout en percevant les
rémunérations dues à leur rang, contrairement à toutes les règles de
l’administration publique et les lois du travail. «Il y a certains qui, sous
prétexte qu’ils occupent des postes politiques, ne partent pas. D’autres
pour des raisons qui ne tiennent qu’à eux ne partent pas», reconnaît à juste
titre le ministre Ninsao Gnofame. Conséquence : il y a des agents –nouveaux
comme anciens– qui sont toujours tendus pour n’avoir pas de bureau. Dans
certaines directions, des fonctionnaires sont mis en nombre débordant dans
un confort regrettable alors qu’il y a d’autres bureaux (plus larges)
maintenus fermés parce que leurs occupants ne veulent pas remettre la clé.
Même dans des cas où leur poste actuel reste incompatible avec le titre de
commis de l’administration publique. Qu’à cela ne tienne, le chef de l’Etat
a donné des instructions fermes pour que tous qui sont admis à la retraite
cèdent leur place. «S’ils ne partent pas, nous serons obligés de sévir ou de
les poursuivre. Pour l’instant, nous leur avons demandé amicalement de céder
leur place et, déjà, on signale des départs», annonce M. Gnofame.
Rappelons que le Togo souffre d’un manque de personnel pour avoir perdu en
dix ans plus du tiers des effectifs de son administration publique,
essentiellement les cadres. Avec 40.000, on se retrouve à 23.000 agents en
fonction. Avant de prendre fonction, les nouveaux ont été répartis en
fonction des besoins formulés par les différents ministères. Un traitement
rationnel a donné des statistiques variées. En exemple, les départements de
la Santé, des Enseignements primaire et secondaire et de l’alphabétisation,
des Finances, de l’Agriculture et la pêche sont les ministères à gros
effectifs et ont consommé près des deux tiers des recrutements. D’où un
programme de recrutement qui va s’étendre jusqu’en 2010. Avant fin 2009, le
gouvernement entend organiser des concours sectoriels et courant mi-année
2009 un concours pour l’administration générale. Déjà, il a été lancé depuis
le 12 janvier 2009 un concours direct pour le recrutement du personnel de
santé dans les différents corps des catégories A1, A2, B, C et D. La date
d’écrit étant prévue le 6 mars prochain dans les centres de Lomé et de
Kara. Au total, 587 personnes à engager, entre autres des médecins
généralistes, pédiatres, cardiologues, gynécologues, chirurgiens,
infectiologues, des pharmaciens, des sages-femmes et infirmiers d’Etat, des
assistants d’hygiène d’Etat, des architectes, des secrétaires de direction,
des opératrices de saisie, des employés de bureau, des gardes-malades, … En
raison de 61 pour la catégorie A1, 278 dans la catégorie A2, 186 pour la
catégorie B, 20 dans la catégorie C, 2 pour la catégorie D et 40 dans la 5è
catégorie.
Reste
que la motivation suive le même rythme. Même s’il faut se réjouir que les
discussions permanentes au sein du Conseil national du dialogue
social tendent à revoir la grille salariale. En attendant, le ministre
Gnofame annonce que la question fait partie du tout prochain nouveau texte
portant statut général de la Fonction publique.
Sylvestre D.
Relance
économique au Togo : Le FMI table sur une croissance de 1,7% en 2009
-
La
performance dans le cadre du programme soutenu par la FRPC a été très
satisfaisante
"En
2009, la croissance devrait être modeste (environ 1,7 %) car les effets du
ralentissement de l'économie mondiale seront amortis par l'impact positif du
programme économique du gouvernement…". C'est ce qui ressort du rapport,
le 25 février, de la dernière mission du Fonds monétaire international (FMI)
au Togo. Il est prévu une reprise de la production vivrière suite aux
dommages causés par les inondations survenues l'année dernière, notamment
grâce aux efforts déployés par le gouvernement pour stimuler la production
par des subventions ciblées pour l'achat d'intrants. En outre, les réformes
structurelles en cours, notamment dans le secteur financier, devraient
favoriser la croissance, indique le rapport.
Mais,
dans le cadre du programme du gouvernement, l'activité économique sera tirée
par un accroissement des dépenses d'investissement publiques, qui seront
financées en grande partie par une aide extérieure accrue. Par ailleurs, la
crise financière mondiale entraînera probablement une baisse des recettes
d'exportation du phosphate et du coton, et des transferts des migrants.
L'inflation devrait se situer dans la limite de 3 % fixé au niveau régional.
1,1% de
croissance en 2008
La
mission du FMI, dirigée par Marshall Mills, a séjourné à Lomé du 11 au 25
février 2009 où elle s'est entretenue notamment avec les autorités
togolaises au titre de l'Article IV pour l'année 2009 et de la deuxième
revue du programme du gouvernement appuyé par un accord conclu au titre de
la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
Elle n'a tablé que sur une croissance économique de l'ordre de1,1 % en 2008,
malgré des signes d'un retour de la confiance avec la mise en œuvre du
programme de relance du gouvernement.
Cette
performance serait justifiée par l'impact de la flambée des prix mondiaux
des denrées alimentaires et des produits pétroliers et des graves
inondations qui ont endommagé les infrastructures routières, détruit la
production vivrière et paralysé le commerce.
Néanmoins, le constat est fait que la situation des finances publiques s'est
nettement améliorée, grâce à un effort de recouvrement des recettes plus
important que prévu, même si les dépenses d'investissement tant nécessaires
n'ont pas atteint les niveaux visés en raison des contraintes liées aux
capacités administratives. Avec le concours des partenaires au
développement, les autorités togolaises ont élaboré un plan d'action pour
lever les goulots d'étranglement en vue d'accélérer l'exécution des projets
d'investissement, tout en maintenant des contrôles appropriés. Elles ont
également exprimé leur détermination à remplir les conditions nécessaires
pour atteindre en 2010 le point d'achèvement en vue de l'obtention de
l'allègement de la dette prévu dans le cadre de l'initiative PPTE.
Les
autorités ont en outre souligné que la réalisation de progrès dans ces
domaines serait indispensable pour favoriser une croissance forte et
soutenue et faire reculer la pauvreté. Le Fonds s'est dit disposé à soutenir
le Togo dans sa détermination à mettre en œuvre son programme de réforme.
La
performance dans le cadre du programme soutenu par la FRPC a été très
satisfaisante, note le FMI. "Tous les repères quantitatifs et les
critères de réalisation liés aux politiques budgétaires du gouvernement ont
été largement observés. Le gouvernement a accompli des progrès notables dans
la mise en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer la gestion
des finances publiques, restaurer la santé du secteur bancaire et réformer
les entreprises publiques afin de soutenir la croissance", a-t-il
indiqué.
Jean Afolabi
Selon le
SNEBTPT : Enfin, un rigoureux dans les travaux publics
Le Syndicat National des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du
Togo (SNEBTPT) n’a pas tardé à saluer le choix de Faure Gnassingbé qui a
consisté à nommer au poste de ministre des travaux publics Comlan Kadjé,
jusqu’ici Commissaire à la Commission de la CEDEAO chargé des
infrastructures. «On ne peut que se réjouir avec cette nomination, le chef
de l’Etat ne s’est pas trompé dans ce choix. C’est la première fois que je
vois un président de la République réagir à la vitesse de l’éclair, cela
témoigne que effectivement il a envie de bien faire, nous lui rendons un
témoignage mérité (…) Je crois que maintenant il y aura de l’ordre au sein
des travaux publics», a chanté le président du SNEBTPT, Hervé Piza.
Il n’a pas manqué de vanter les mérites du nouveau commis du gouvernement.
«…il a été un ancien ministre du Commerce et des Transports, après Directeur
général des TP et aujourd’hui ministre. C’est quelqu’un dont le profil
répond à celui des TP. Donc, on n’a pas beaucoup de choses à lui apprendre ;
je suis sûr que, le connaissant très rigoureux dans la gestion de la chose,
il ne mettra pas assez de temps pour mettre de l’ordre». C’est l’un des
grands chantiers à attaquer. Avant d’assainir la passation des marchés et le
lancement des appels d’offres (voir L’Union n°166 du 20 février 2009).
Encore que, de leur côté, les professionnels des travaux publics
s’organisent mieux pour répondre aux normes internationales. |
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L'Union N°165 du 20 fev. 2009 |
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Après sept
séances du CPDC : Appel à la volonté de Faure |
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Quelle solution miracle pour unir des positions
(quoique de forme) lorsque la confiance minimum a disparu entre les acteurs
? C'est la
grande question qui se pose si l'on veut mettre de côté l'acceptation du
principe de la représentation de l'Administration et des partis politiques
au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Après
sept séances de discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de
concertation (CPDC), seul des principes sont acquis. Reste à fixer des
chiffres. A la dernière rencontre du mardi, le communiqué officiel précise
que "les membres du CPDC ne parvenant pas toujours à s'entendre sur le
recours à la facilitation, l'UFC a demandé une suspension des travaux (…) en
raison de la crise de confiance qui prévaut jusqu'à présent sur le plan
national". L'objectif étant pour les affidés de Gilchrist Olympio de
recourir à leurs mandants par rapport à cette question de la facilitation.
Sur
la question, tout semble dire que la balle est remise dans le camp du
président Faure Gnassingbé, le noyau central du CPDC. Dans une interview à
l'agence Savoir News, le ministre Pascal Bodjona, représentant du chef de
l'Etat, précise : "…je ne crois pas convenable qu'un règlement intérieur
puisse inscrire et lier la poursuite des travaux à une facilitation, puisque
le décret (créant le CPDC) n'a pas institué le recours à un facilitateur.
Mais il n'est pas exclu que l'initiateur de ce décret, c'est-à-dire le
président de la République, en concertation avec les leaders, puisse voir ce
qu'il y a lieu de faire en cas de blocage avéré". Il ne veut pas voir un
blocage ou une crise. "Nous avons arrêté une méthodologie qui consiste à ce
que nous continuons les accords et les désaccords, et qu'après avoir épuisé
le chapitre inscrit, qu'on rende compte au président de la République sur
l'état des désaccords auxquels nous sommes parvenus et celui des accords
auxquels nous sommes également parvenus.
Et il
(le chef de l'Etat) peut en concertation avec certains leaders, voir les
solutions appropriées à donner dans le cadre de la recherche des accords
politiques".
Contrairement à la délégation de l'UFC qui veut forcément évacuer le
préalable de la facilitation avant toute avancée. "Sinon, les discussions
risquent de s'interrompre", avertit Jean-Pierre Fabre qui n'entend pas être
naïf. Ici, on ne parle pas d'évolution après sept séances. Une ambiguïté que
corrobore cette déclaration : "ceux qui souhaitent le recours à la
facilitation sont en droit, ceux qui estiment qu'ils n'ont pas besoin
d'écrire dans un règlement intérieur le recours à la facilitation n'ont pas
tort". Vivement cette intervention de Faure Gnassingbé pour ramener la
confiance.
En
attendant, d'aucuns voient le retour aux vieux démons entre les politiques
de la Terre de nos Aïeux. Un scénario qui a prévalu au moment des
négociations qui avaient abouti à l'Accord Cadre de Lomé. Conséquence : cet
accord n'a pu connaître son application. Ceci a également secoué les acteurs
au moment de l'APG au point qu'il se dit que le document paraphé à Lomé
reste meilleur au document définitif de l'APG conclu à Ouaga et signé à Lomé
en grande pompe. A cette étape, il se dit que le gouvernement ne veut pas
exécuter l'essence même de l'APG qui est les réformes constitutionnelles et
institutionnelles ; l'Exécutif, lui, applaudit une mise en œuvre presque
totale.
Au
Togo, chacun ne se lasse d'épier son adversaire. Tout ce qui est fait est
toujours suspecté de mauvais par le camp adverse, au point que des fois
l'essentiel est bradé, tronqué ou dénaturé sous le coup des calculs
politiciens d'intérêts. Aujourd'hui, on a du mal à savoir exactement si
toutes les parties au CDPC s'accordent sur la nécessité d'un facilitateur,
comme on veut le faire croire. Si ce paramètre est effectivement vidé, son
inscription ou non ne devait pas diviser au point de bloquer les débats. Le
reste n'est qu'une question de forme. Autant l'inscrire sur un parchemin et
le coller à l'entrée de la salle de conférence de la primature.
Dans
l'autre sens, l'on est en droit de se demander ce que la facilitation
burkinabé a pu faire depuis 2006 si les acteurs de la crise togolaise n'ont
jamais eu la volonté d'avancer. Surtout qu'il n'est jamais fait cas d'une
méthode coercitive du facilitateur à chaque fois qu'il est sollicité.
Au
finish, il faudra faire estomper la méfiance et tenir compte du temps. Car,
"nous n'allons pas confondre précipitation et nécessité de répondre à un
délai, qu'il soit légal ou un délai que nous nous sommes fixé", dixit Pascal
Bodjona.
Le
CPDC est chargé de rechercher le large consensus autour des réformes du code
électoral, du statut de l'opposition, des questions institutionnelles et
constitutionnelles et de tout sujet jugé d'intérêt national.
Sylvestre D.
Vie chère au
Togo :
Des taxes indues paralysent
le gouvernement
"Certes, le gouvernement a fait des efforts". Cette précision du Secrétaire
général de l'Association togolaise des consommateurs (ATC), Aladjou Agouta,
à la sortie de l'audience avec le Premier ministre le 10 février dernier
aurait permis, il y a quelques semaines auparavant, de dire que la vie chère
aura vécu au Togo. Tant la fougue de l'Exécutif était réelle. Mais
aujourd'hui, tout semble dire que l'action du gouvernement est émoussée par
d'autres réseaux de taxation. En effet, de sources proches de l'ATC, la
cause de la persistance du phénomène de la vie chère est simple : des taxes
parallèles indues sont imposées aux produits et biens importés, en dehors du
circuit officiel de perception des frais de douanes. En clair, trop de
charges frappent les importations. Ce qui induit, en toute logique, une
hausse des prix au bout de la chaîne. Puisque le commerçant ne doit jamais
perdre. Le hic, c'est que ces frais perçus ne sont pas comptabilisés au
niveau du Trésor public. L'approche est d'autant plus fondée que la
diminution du prix des produits pétroliers -qui servait d'alibi aux
commerçants au départ- n'a nullement influencé les prix d'achat des produits
de première nécessité. Au finish, c'est le consommateur qui paie tout le
fardeau. En application de la loi n°99-011 révisée portant organisation de
la concurrence. Selon l'article 17, "est interdite la vente de tout produit
en l'état à un prix inférieur à son prix de revient. Le prix de revient est
présumé être le prix porté sur la facture majorée de toutes les taxes
afférentes à cette revente et, le cas échéant, du prix de transport".
Au
Togo, les prix des produits et biens sont libres et déterminés par le seul
jeu de la concurrence. Aussi se demande-t-on pourquoi le ministre chargé du
commerce, sur autorisation par décret en conseil des ministres, n'adopte pas
des mesures temporaires contre les hausses excessives des prix. Dans les
faits, au lieu d'avoir des marges raisonnables par rapport aux prix d'achat
dans la zone de production, ce sont des différentes allant jusqu'au double
qui s'observent. L'Association togolaise des consommateurs trouve du coup le
besoin de diligenter une enquête sur les diverses taxes appliquées sur les
produits de grande consommation (sucre, lait, savon, huile, riz, poisson,
farine de blé, produits pétroliers, ciment, fer, tôle, pâtes alimentaires,
tomate concentrée, conserves, etc.).
L'autre préoccupation de l'ATC à l'endroit du gouvernement reste le non
respect de l'application du salaire minimum interprofessionnel garanti
(SMIG) par certains employeurs. Surtout dans le privé, tous secteurs
confondus. Ici, des gens qui travaillent même au-delà des huit heures
quotidiennes continuent par percevoir 15.000, 18.000 ou 20.000 francs par
mois. Même des avis de recrutement sont lancés avec la précision que le
salaire est à 25.000 francs. Contrairement au SMIG qui est relevé à 28.000
francs depuis fin août 2008. Aujourd'hui, des salariés sont maintenus en
deçà de l'ancien SMIG de 17.000 francs. Ce qui fait voir déjà un manque
d'autorité de l'Etat qui devra s'imposer au nom de la démocratie. En
attendant, le patronat, lui, veut être saisi par le salarié victime. Alors
même que, devant le manque d'éducation à la dénonciation, devra mobiliser
ses membres pour le respect de l'autorité étatique.
Autres chantiers explorés par l'ATC : révision à la baisse du prix des
produits pétroliers restés élevés par rapport aux pays voisins, malgré la
chute vertigineuse du prix du baril de pétrole sur le marché international ;
réglementation de la location des loyers et habitats afin d'interdire la
fixation trop élevée des cautions de 1 an ou 2 ans exigés par les
propriétaires ; Révision à la hausse des revenus des Togolais (salaires,
pensions, allocations familiales, bourses, etc.) ; diminution du prix du
ciment qui est resté haut pour "lutter contre la spéculation". Entre-temps,
des magasins ont dû fermer leur porte et le ciment togolais est toujours
prisé à l'extérieur. En plus, l'Association togolaise des consommateurs
réclame une révision à la baisse les taxes douanières fixées par le COTEC
sur les véhicules d'occasion et les taxes à l'importation fixées par le
COTECNA sur les marchandises importées, une lutte contre le phénomène de la
corruption qui prend de l'ampleur dans les administrations publiques et
privées et un renforcement du contrôle de qualité des denrées alimentaires,
médicaments et autres produits de consommation importés avant leur
commercialisation. A y voir de près, les sorties inopinées du ministère du
Commerce, sanctionnées par des opérations de destruction des produits
avariés, doivent être renforcées et maintenues dans le temps. Non de manière
irrégulière.
Et
pour soutenir ses capacités à agir, l'Association veut la subvention que
l'Etat doit accorder aux organisations de défense des consommateurs
conformément à l'article 51 des Accords de Cotonou des ACP-UE et la
représentation des associations de consommateurs dans les instances de
décision (comités techniques, commissions, conseils d'administration,
comités interministériels, etc.) conformément aux dispositions des principes
directeurs des Nations unies pour la protection des consommateurs (PDNU-PC).
Sylvestre D.
Grincements de
dents dans les B&TP : Vivement le nouveau code des marchés !
Le
Syndicat National des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo
(SNEBTPT) est monté au créneau cette semaine pour dénoncer l'absence
d'interlocuteur depuis que le ministère des Travaux publics est rattaché à
la présidence de la République. A en croire cette organisation, les marchés
sont mal attribués ; depuis deux ans, pas d'appels d'offres après la
parenthèse d'octobre 2008. Aujourd'hui, plusieurs départements ministériels
exécutent des marchés publics au grand dam des entreprises de B&TP, à savoir
la Santé, l'Urbanisme, l'Administration territoriale, etc. Pour le SNEBTPT,
le ministère des Travaux publics est partout. Il conteste l'exigence d'un
agrément signé du ministre de l'Economie et des Finances et des Travaux
publics et imposé aux entreprises de B&TP dans le cadre des politiques de
réformes et des programmes financiers.
En
terme de recommandations, le Syndicat veut un ministre disponible en plein
temps, une commission composée des cadres des services des TP et des chefs
d'entreprises élargie éventuellement à d'autres acteurs pour élaborer les
nouvelles méthodes de gestion de ce secteur. En réalité, beaucoup veulent
voir la tête de celui qui gère le département. Récemment, il est dit que, en
conseil des ministres, c'est sur rapport du Général Ayéva Essofa, Directeur
de Cabinet du Chef de l'Etat, que le président Faure a donné les
instructions pour que les grands travaux s'accélèrent. Que faut-il en
déduire ?
En
plus, que les modes de passation de marchés fassent l'objet d'un projet de
loi à l'Assemblée Nationale en vue de leur actualisation. C'est à croire que
l'information n'est pas partagée ou que les acteurs du secteur ne vont pas à
l'information. Car, depuis 2007, une politique de révision du cadre, des
textes réglementaires et de l'ordonnance portant code des marchés publics au
Togo est entrée dans sa phase active avec l'accompagnement des experts de la
Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Nous en faisons
souvent écho à toutes les étapes. On peut penser que les choses traînent,
mais cela vaut le coup s'il faut renverser le taux de 90% des marchés qui
échappent à la commission nationale des marchés.
Du
côté de l'Exécutif, tout en reconnaissant des dérives, on signale que la
nouvelle politique vise à court-circuiter les entreprises qui se sont
spécialisées dans le faux en profitant des lacunes du code des marchés. Ce
n'est qu'une question de temps. Mieux, le nouveau projet de code est presque
bouclé. Vivement qu'il voit le jour !
Aujourd'hui, il est question d'arrêter la fantaisie dans les B&TP. Car le
drame "s'explique par la profusion d'entreprises de bâtiments et de travaux
publics qui n'ont aucune capacité tant en ressources humaines que
financières comme cela est exigé par la profession sur le plan
international". D'où la nécessité de l'agrément. Encore que tout le monde
soit informé au même moment et que les entreprises qui ne répondent pas aux
nouvelles conditions puissent reconnaître leur faiblesse en capacités
matérielles et humaines. Dans notre parution du 6 février (L'Union n°164),
nous faisions aussi écho de ce que le seuil d'appel d'offres national est
ramené à 25 millions de francs CFA, en réponse à des soucis de transparence
et d'efficacité.
En
rappel, lors de la mission de la revue des dépenses publiques et de la
gestion financière (PEMFAR) effectuée au Togo par la Banque mondiale du 22
mai au 6 juin 2008, la composante "Système de passation des marchés publics"
a été analysée et fait l'objet d'une série de recommandations qui visent, à
terme, à la révision du code des marchés publics et de ses textes
subséquents afin de répondre aux exigences d'un environnement
socioéconomique en pleine mutation. Ainsi, la réforme du système de
passation des marchés doit tenir compte des nouvelles directives de l'UEMOA
sur les marchés publics et des mesures anti-corruption.
Banque : Le Togo
et sa banque à l'honneur
Lomé
a été la capitale de la banque africaine, du 5 au 7 février derniers. A la
salle de conférence de la Banque ouest africaine de développement (BOAD)
s'est tenue les récentes Journées annuelles du Club des dirigeants des
banques et établissements de crédits d'Afrique une importante réunion des
cadres de banques en Afrique. Après avoir vu naître ce Club en 1989, servi
de cadre pour son dixième anniversaire, le Togo vient de graver encore son
nom dans l'histoire de la Banque africaine en accueillant la réunion du
vingtième anniversaire dudit club. A cette réunion, l'honneur a échu encore
au Togo de gérer la présidence du groupe des patrons de banques au cours de
l'année 2009.
Zakari Darou-Salim, c'est le nom de celui qui devient le vingtième président
du Club des dirigeants de banques et établissement de crédit d'Afrique. Déjà
à la veille de cette réunion, une première réunion des acteurs du même
profil, cette fois-ci de l'UEMOA, a consacré le même Togolais comme
président de la Fédération des banques et établissements de crédit de la
zone des huit pays membres. Voila qui vient enrichir le parcours de celui
qui est avant tout président de l'Association professionnelle des banques et
établissements financiers du Togo et directeur général de la Banque
Togolaise de Développement (BTD).
Darou-Salim
devient dans l'histoire de la banque africaine le troisième Togolais à
occuper le poste de président du club. C'est d'abord Rogui Paass qui en a
été président fondateur. Dix ans après, Mensavi Mensah donne la chance au
Togo d'inscrire de nouveau son nom sur le tableau d'honneur du patronat de
la banque africaine. Dix nouvelles année plus tard, c'est le directeur de la
BTD qui fait encore parler de son pays à la tête du leadership de la jeune
et émergente banque africaine, mais dans un contexte particulier.
La
récente réunion de Lomé a focalisé toute son attention sur la crise
financière internationale qui ne laisse aucune chance aux banques et
établissements de crédit en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Le thème des
assises est d'ailleurs très évocateur : " la place de la banque africaine
dans le contexte de la mondialisation ".
"La
banque africaine est jeune et émergente", constate l'universitaire algérien
Dhafer Saidane, expert invité pour la réunion, auteur du livre "L'industrie
bancaire : mondialisation des acteurs et des marchés". Pour celui-ci, la
banque africaine est restée jusqu'ici à l'abri des effets ravageurs de la
crise, du fait de l'interventionnisme de l'Etat dans la fixation de ses
taux. "Mais cette non vulnérabilité pourrait ne plus être le cas si l'on n'y
prend garde". Dhafer recommande alors que "la banque africaine continue
d'axer ses activités sur le financement de l'économie réelle sur le
continent". "Elle doit être au service du tissu industriel, du tissu
entrepreneurial, des artisans…et répondre aux besoins spécifiques des
Africains", précise t-il.
A
propos de la place de la banque africaine dans le contexte de la
globalisation, le Gabonnais Henri-Claude Oyima, président sortant du Club a,
dans un discours passionné, invité ses collègues à donner une identité à
leur banque en Afrique. "Il est important de trouver une communauté, une
identité dans la réflexion et dans l'action pour assurer à la banque
africaine une autonomie suffisante, une indépendance réelle indispensable
pour apporter à nos économies les services adaptés dont elles ont tant
besoin", a-t-il lancé à ses paires. "La banque africaine doit se doter de
moyens pour lutter à armes égales avec les autres", a-t-il insisté. Pour ce
faire, le Togolais, Darou-salim estime que "la banque africaine a besoin
d'un environnement favorable et d'un accompagnement des pouvoirs publics".
Pendant ce temps, le gouvernement togolais, à travers son ministre de
l'Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor, craint que "la globalisation
des systèmes bancaires, les fusions et les absorptions transforment les
banques de proximité en de véritables monstres financiers, risquant ainsi de
détourner la banque de sa mission fondamentale qui est le financement du
développement"
Dom
Dom Koami
Institut
africain d'informatique : L'école supérieure d'informatique fait sa
promotion
-
56
étudiants reçoivent leur diplôme international lundi à Lomé.
Malgré sa
renommée sur le plan africain, l’Institut africain d’informatique branche
Togo (IAI Togo) se fait trop discret par rapport à la pléiade d’écoles de
BTS. Une cérémonie solennelle de remise de diplôme à 56 de ses étudiants
lundi à Lomé vise, d’après ses responsables, à faire découvrir davantage
cette institution supérieure interétatique de technologie.
En
quatre promotions depuis 2002, ils sont 56 étudiants togolais à être formés
en développement d'applications informatiques et en maintenance de réseau
par l'Institut africaine d'informatique branche Togo (IAI Togo). Cela avait
débuté avec 7 étudiants, puis 20, puis 13, puis 16. Lundi, solennellement à
Lomé, ils vont recevoir leur diplôme des mains de l'actuel président du
Conseil d'administration de l'IAI-siège, en la personne du ministre gabonais
des Finances. Même si certains étudiants, une vingtaine, sont à l'extérieur
du pays.
L'occasion
sera ainsi offerte particulièrement aux opérateurs économiques, invités, de
découvrir ces "produits" dont certains sont déjà employés notamment en Côte
d'Ivoire, au Gabon et en Europe. Et à d'éventuels étudiants de s'intéresser
à l'institut.
Entre-temps, les étudiants diplômés n'ont poursuivi leur parcours qu'avec
leur attestation - bien autorisée, nous dira-t-on -, en attendant que le
diplôme ne soit dûment signé par, seulement, le président du Conseil
d'administration l'Institut africain d'informatique dont le siège est à
Libreville, au Gabon.
L'historique
Créé
en novembre 1971 à N'Djaména, au Tchad, par onze chefs d'Etat dont le Togo,
l'Institut africain d'informatique (IAI) est une école interétatique
(publique), la toute première école supérieure en informatique en Afrique
francophone, avec un statut d'organisme international. Libreville, la
capitale gabonaise, a été retenue comme siège de l'institut. Au Conseil
d'administration de 1998, il a été arrêté que les pays membres qui le
pouvaient pourraient créer des représentations nationales. Histoire de
rapprocher l'IAI des pays membres, d'autant que ceux-ci ont besoin de cadres
informaticiens pour leur développement. Ce que le siège seul ne peut faire
aujourd'hui.
Ainsi
naît l'IAI Togo en 2002, après l'IAI Cameroun en 1999 et l'IAI Niger en
2001. Les trois représentations - les seules pour l'instant - forment avec
le siège le groupe IAI. Dans les pays membres, la charge est confiée aux
structures nationales de statistiques de gérer les représentations. Ce qui
revient au Centre national d'études et de traitement informatiques (CENETI)
et à son directeur Kodjo Agbéti de veiller sur l'IAI Togo.
Les
options
Le
siège formait en ingénieurs de travaux informatiques, ou en licence
professionnelle à l'informatique. Il a évolué, en formant des ingénieurs
concepteurs, ainsi que des maîtrises en informatique de gestion. Les
représentations consistent à ce que les pays créent le premier cycle
(ingénieurs de travaux informatiques). Les étudiants y accèdent par voie de
concours, à la même date, à la même heure simultanément dans tous les pays
membres. Les épreuves sont envoyées, corrigées et les résultats proclamés
par le siège. Aucune interdiction n'est faite aux ressortissants d'autres
pays de concourir.
L'avantage pour l'IAI, c'est que l'institut applique par avance le système
LMD (Licence-Masters-Doctorat). Après le premier cycle, l'étudiant continue
le Masters (M), sans avoir à se rattraper comme pour les BTS. "Cette année,
on a pu semestrialiser le processus et définir les volumes horaires. Il
reste à attribuer les crédits et les mécanismes de rattrapage", explique à
L'Union le directeur général du Ceneti, Kodjo Agbéti. Tout comme dans le
système LMD, il y a des cours de mobilité, qui permettent aux étudiants d'aIler
rattraper des cours ailleurs.
Un avenir
serein
Face
à la farouche concurrence livrée par les écoles de BTS (Brevet de Technicien
Supérieur), l'IAI Togo reste très serein. L'institut ne semble pas raisonner
pas par rapport aux multitudes d'institutions de la place. "C'est une
question de complémentarité. Nous, on n'est pas ébranlés parce que nous
comptons sur la rigueur. Ici, la discipline ne se négocie pas. Nous ne
sommes pas contraints par l'argent pour que l'étudiant vienne faire sa loi",
souligne M. Agbéti. Il se dit "heureux que pour le moment, nos diplômés ne
chôment pas". Trois sont recrutés en Côte d'Ivoire, un autre dans un
organisme à Libreville après sa soutenance au siège, deux poursuivent au
siège, trois sont au Canada pour se former en webmasters… trois en France.
"Nos étudiants n'ont pas de problèmes, ils ont beaucoup d'ouverture",
répète-t-il.
Quant
à l'institut : "Je suis optimiste, et pense que l'institut va tenir, parce
qu'il y a encore un noyau de pays fondateurs qui tiennent à cela", confie le
directeur de l'IAI Togo. Les chefs d'Etats du Togo et du Gabon sont entre
autres cités en exemple. "Le reste, c'est les hommes et le cerveau qu'il
faut pour créer des projets d'autofinancement". C'est ce qui manque
cruellement au continent.
Jean
Afolabi
Au-delà de la
fête de la beauté : Miss Togo reste un vecteur de communication
De
dents de scie à moyennement positif. C’est sous cette forme caricaturale que
le président du Comité Togo, Gaspard Baka, a lancé le 12 février dernier
l’édition 15 de la fête de la beauté togolaise. Une manifestation annuelle
dont l’apothéose aura lieu le 29 août 2009 à Lomé, après l’ouverture des
candidatures depuis lundi dernier, la clôture des candidatures le 29 mai et
les élections préfectorales qui s’étalent du 6 au 27 juin 2009. Plus est,
les phases régionales de la nouvelle aventure sont ainsi programmées :
Dapaong : 10 juillet, Kara : 11 juillet, Sokodé : 18 juillet, Atakpamé : 25
juillet et Lomé 1er août.
Les conditions sont restées intactes : être de nationalité togolaise,
célibataire sans enfant, ni précédemment mariée, avoir entre 18 et 25 ans,
être d’une bonne moralité et avoir une excellente réputation, avoir une
taille minimale de 1,70m, parler couramment le français.
Déjà,
la prochaine porte-parole de la beauté togolaise connaît son chantier
principal : l’eau potable pour tous. Il s’agira aussi d’offrir ici et là la
possibilité aux populations choisies d’utiliser l’eau claire. Contrairement
à ce qui se vit actuellement dans certaines contrées du pays. Mais, ceci
reste plus une invite aux autorités étatiques à focaliser leur attention sur
la cible de la Miss Togo. Miss Togo est un vecteur de communication, a
justement précisé M. Gaspard Baka. Car, au demeurant, le comité Miss Togo
n’aura jamais tous les moyens pour venir à bout d’un fléau social choisi au
bout d’un an de mandat. Surtout qu’il faudra le mener de front avec un autre
thème propre à celle qui est élue. D’où la possibilité de poursuivre les
œuvres humanitaires après son mandat.
Le 12
février, c’était l’occasion pour l’actuelle Miss Togo Paméla Aïcha Fofana de
faire un bilan à mi-parcours. «Je me suis engagée dans un projet social
visant à venir en aide aux enfants déshérités en général et les orphelins
du Sida. En plus de cette activité, s’ajoute la lutte contre le trafic des
enfants, une mission que m’a confiée le chef de l’Etat togolais Faure
Gnassingbé. En octobre lors d’un voyage que j’ai effectué dans le nord,
notamment à Mandouri, puis à Dapaong où j’avais assisté à l’inauguration de
la Poste et
visité un orphelinat de 65 enfants orphelins du sida. Durant mon passage
dans ces localités, j’ai fait des dons. J’ai également assisté à
l’inauguration de l’orphelinat «Agbénoxevi» à Badja où j’ai également fait
des dons. En Novembre dernier, j’étais en France, précisément à Amiens où
j’ai représenté le Togo à la soirée togolaise de l’Association Picardi-Togo»,
a-t-elle précisé. Et d’ajouter : «très prochainement, le 2 mars, je
compte lancer mon projet sur le trafic des enfants à Tchamba. Je profiterai
pour faire une campagne de sensibilisation de deux semaines dans le nord et
certaines localités du sud».
Traditionnellement, le mandat d’une Miss est partagé entre les voyages et
rencontres avec les partenaires et associations et l’exécution des projets.
Le
seul bémol, c’est qu’il n’y a pas de tapage médiatique autour des activités
des Miss. Ce que promet toujours de corriger l’équipe du Comité Miss Togo.
Sylvestre D.
Equipe nationale du Togo : Razak Boukari ne dit pas non
Interrogé par nos confrères de Radio Sport F.M, depuis Lomé à la suite de
leur victoire en début de semaine lors de la 24ème journée de Ligue 2, sur
Clermont Foot, Razak Boukari a confirmé sa disponibilité à éventuellement
rejoindre les Eperviers. "Je
ne ferme pas la porte. Si je le (Ndlr : le maillot de Eperviers)
porterais, ce serait une fierté. Mon père l'a porté et si je dois le porter
aussi, ça ferait plaisir à beaucoup de monde et à moi aussi",
a déclaré l'international Espoir français d'origine togolaise.
Le fils de
l'ancien international togolais Boukari Sadou est en outre revenu sur son
absence en sélection le 11 février dernier à Rouen. Convoqué par la FTF,
l'ancien castelroussin n'a pas favorablement répondu au rendez-vous, arguant
"des raisons personnelles", dans la lettre qu'il a adressée le 3
février à la fédération. "Ce n'est pas que je renie mes origines", a
tenu à préciser le joueur. Avant de poursuivre: "J'ai demandé à avoir le
numéro du coach, discuter avec les dirigeants de la fédération, mais je n'ai
pas eu d'appel, rien. C'est pour ça que j'ai eu quelques appréhensions.
Sinon je ne referme jamais la porte. Après, à l'avenir, s'il y a une
sélection, au moins j'aimerais avoir quelques dirigeants, discuter et
pourquoi pas aller en sélection pour voir comment cela se passe".
Pour Razak
Boukari, les préalables pour son ralliement sont simples. Il souhaite
discuter, "voir ce qui se passe, voir ce qui est prévu à l'avenir".
En somme, le joueur veut savoir ce que la Fdédération togolaise de football
offre comme conditions et projets avant de s'engager.
"Mais le
plus gros handicap qui pourrait empêcher la présence du joueur le 28 mars
prochain résidera dans la procédure pour le changement de sa nationalité
sportive. Il faut pouvoir le faire en un mois. Ce qui suppose que
la
FTF, s'adjuge des compétences pour monter le dossier en vue de s'assurer
l'accord de la FIFA. Ce qui est loin d'être acquis étant donné que le joueur
vient d'avoir 21 ans",
commente le magazine Global Sport dans sa parution de mercredi.
Razak
Boukari s'est enfin imposé comme l'un des maillons forts de l'attaque du
Racing Club de Lens. Après deux saisons en demi-teinte, l'attaquant
franco-togolais est parvenu à faire son trou chez les Sang et Or. Au point
de prolonger récemment son contrat avec la formation artésienne jusqu'en
juin 2013. Formé à Châteauroux où il effectue ses premiers pas chez les
professionnels en 2004, le natif de Lomé quitte la Ligue 2 et la Berrichonne
pour rejoindre Lens et la Ligue 1 en juin 2006. Malgré la relégation des
Sang et Or à l'issue de la saison dernière et de nombreuses convoitises de
formations de l'élite, Boukari a préféré rester dans l'Artois. En L2 cette
saison, l'attaquant franco-togolais a disputé 18 rencontres de championnat
et inscrit 4 buts.
Gilles Vevey
Musique : Quand Afia Mala danse sa salsa
Enregistré à la Havane aux studios Egrem, avec l'une des plus prestigieuses
formations musicales cubaines, Orquesta Aragon, la princesse des rives du
Mono propose un album de salsa pure, du montuno ; cet album est autant le
fruit du riche chemin musical parcouru par Afia Mala que celui d'une très
longue histoire qui unit la diaspora que constitue les pays comme Cuba à
l'Afrique. Des stars de la musique cubaine sont venues rejoindre Afia sur
cet album : Rubalcaba au piano et aux arrangements, Tata Guines, l'un des
meilleurs percussionnistes au monde, Carment Flores et Laito Sureda au
chant.
Afia
Mala, "la Princesse des rives du Mono" a officiellement présenté son
huitième album à la presse nationale. Un disque qu'elle a choisi
d'enregistrer à la Havane à Cuba aux mythiques studios Egrem et étiqueté "Afia
Mala à Cuba avec Orquesta Aragon". Elle est allée aux sources de la salsa,
elle nous offre un pur album "Montuno", (comprenez, la véritable musique
traditionnelle cubaine), de la salsa pure chantée en espagnol cubain, en
français et en mina-éwé. Les musiciens qui l'accompagnent et ont arrangé la
plupart des morceaux sont ceux de La Orquesta Aragon, la plus ancienne et
prestigieuse formation musicale cubaine, fondée en 1939, et continuée de
pères en fils.
D'autres stars de la musique cubaine comme Rubalcaba, nominé aux Grammy
Awards en 2006, ont apporté leur touche à ce joyau. Rubalcaba était présent
au piano et a arrangé quelques titres du disque. Tata Guines, l'un des
meilleurs percussionnistes au monde, aujourd'hui disparu, a rythmé quelques
morceaux, et les voix de Carmen Flores et de Laito Sureda accompagnent
parfois celle d'Afia Mala. Égale à elle-même, Afia Mala aborde dans cet
album, composé de onze titres, des thèmes comme l'amour, l'amitié, le
travail, l'amour maternel, la reconnaissance qu'elle a dans la chanson
"Togo", où elle peint une magnifique carte postale de son pays. Le disque
est sorti le 10 novembre 2008 à Paris chez Frochot Music - Cantos et a
été réédité trois déjà.
"Afia
à Cuba", c'est aussi le bruit des vagues de la mer de la Havane, et les
senteurs des authentiques Cigares Cubains. Une musique qui vous entraîne,
vous emporte et vous transporte vers l'essence même de ce rythme séculaire.
C'est enfin une musique qui détonne et une artiste qui étonne toujours le
public par son éternelle jeunesse et son charme qui défie les pesanteurs du
temps.
Note de lecture :
Serge Bilé
dévoile son enquête sur le racisme au Vatican
Après
Noirs dans les camps nazis, La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et
Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, le journaliste et écrivain
franco-ivoirien Serge Bilé fait paraître, en collaboration avec son confrère
camerounais Audifac Ignace : Et si Dieu n'aimait pas les Noirs ? Enquête sur
le racisme aujourd'hui au Vatican, aux éditions Pascal Galodé. Un ouvrage
qui regroupe des témoignages de prêtres et de religieuses d'origine
africaine, en poste à Rome, sur les conditions, les traitements et les
discriminations dont ils seraient victimes.
"
Qu'aucun noir ne soit déployé aux portes du Vatican. " En 1944, ce message
du pape Pie XII est adressé au commandement des forces alliées et transmis,
par le secrétaire d'Etat du Vatican, à l'ambassadeur de Grande Bretagne près
le Saint Siège. Une injonction que le diplomate rapporte ainsi : " Le
secrétaire d'Etat du Vatican est venu me voir aujourd'hui pour me dire que
le pape espère qu'il n'y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes
alliées qui seront déployées à Rome après la libération. Il s'est empressé
de souligner que le Saint Siège ne fixe pas de limite dans le degré des
couleurs, mais espère que sa demande sera prise en compte. "
Les
événements relatés datent de la Seconde Guerre Mondiale. Les choses
ont-elles évolué depuis ? En 2006, le cardinal japonais Stephen Fumio Hamao
dénonce les critères de nomination des évêques d'Afrique et d'Asie, en
dévoilant au passage les dessous des réunions mensuelles auxquelles il a eu
à prendre part, et où sont examinés les profils des personnalités
pressenties pour la charge.
Deux
poids, deux mesures
Si
les prélats sont touchés par le phénomène, on peut imaginer ce qu'il en est
pour ceux qui évoluent dans des sphères moins élevées. Alors que les prêtres
européens accèdent à la fonction de chapelains (aide de camp du souverain
pontife), purement honorifique et gratifiante au bout de trois ans de
présence au sein siège, les ecclésiastes africains doivent quant à eux,
selon l'enquête de Serge Bilé et Audifac Ignace, attendre entre neuf et
quinze ans!
Dans
l'enseignement, les auteurs de l'essai constatent les mêmes dérives à
Urbaniana, l'université catholique qui dépend du Vatican. Les prêtres
africains, qui y enseignent, doivent attendre parfois jusqu'à dix longues
années pour être titularisés, alors que leurs collègues européens le sont au
bout seulement de trois ans. Tout cela, au vu et au su du Saint-Siège.
Comment l'Eglise peut-elle alors être crédible dans sa dénonciation du
racisme dans le monde, quand elle n'a pas la volonté de le combattre dans sa
propre maison ? Le silence du pape et de la curie romaine sur cette
question, la rend plus criante encore pour les auteurs de l'enquête.
Les
plus gros bastions du catholicisme se trouvent désormais en Afrique, en Asie
et en Amérique laine, tandis que l'Europe voit ses troupes rétrécir à vue
d'œil. Pourtant, le racisme persiste : " Tout est fait pour nous rendre la
vie difficile et nous décourager finalement de rester ici ", confie un
prêtre africain. D'autres, moins chanceux, victimes de tracasseries
administratives, sont tombés dans la déchéance. Ils se retrouvent
aujourd'hui… sans papiers à Rome. Ils seraient une centaine dans ce cas.
Obligés de mendier pour survivre, ils ont interdiction de célébrer la messe,
alors que les églises italiennes, et plus généralement européennes, manquent
cruellement de prêtres. Un comble !
Esclaves
domestiques et religieuses prostituées
Mais,
il y a plus grave, nous disent les auteurs d'Et si Dieu n'aimait pas les
Noirs ? : de jeunes recrues deviennent " captives ". Les congrégations
romaines - crise des vocations oblige- font venir des religieuses
africaines, pour travailler dans les maisons de retraite qu'elles possèdent
et qui les font vivre. Les nouvelles venues, qui ne parlent généralement pas
la langue, constitueraient une main d'œuvre taillable et corvéable à merci.
Ce serait le
cas d'une religieuse congolaise qui raconte, dans le livre, comment la mère
supérieure de son couvent lui a confisqué sa carte de séjour, le jour même
de sa délivrance, pour être sûre de la tenir à sa merci. " On travaille de
six heures du matin jusqu'à parfois vingt-heures le soir ", confie la jeune
femme, en regrettant de n'avoir même pas de quoi s'acheter ne seraient-ce
que des sous-vêtements. Du coup, de brimades en privations, certaines
d'entre elles finiraient par sombrer et accepter, contre rémunérations, les
avances de prêtres italiens. Puis l'argent qu'elles gagnent serait envoyé "
au pays " dans leurs familles. |
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