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Le Canard Independant # 234  du 20 mars 2009
Présidentielle de 2010 : La stratégie du pouvoir pour exclure Gilchrist Olympio

Le cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), vient d’aborder les discussions sur les réformes constitutionnelles, après avoir examiné le code électoral. Selon certaines rumeurs qui circulaient sur les intentions de l’ancien parti unique, sa stratégie consisterait à botter les réformes constitutionnelles en touche, quitte à y revenir après l’élection présidentielle.

Si même au RPT, on convient de la nécessité d’amender la loi fondamentale notamment, « dans le but de changer le régime politique », de semi-présidentiel en un régime présidentiel, les réformes constitutionnelles imposent un véritable consensus. Aucune formation politique ne disposant d’une majorité qualifiée pour opérer à l’Assemblée, les modifications constitutionnelles, chacune devra faire des concessions pour espérer tirer profit des amendements.

Mais le RPT, ne compterait pas céder sur certains points chers à l’UFC, comme les conditions d’éligibilité. C’est notamment le cas pour la disposition relative à la « résidence » et celle relative à la « nationalité ». Pour les caciques du RPT, ces deux dispositions ne doivent faire l’objet d’aucun amendement, si ce n’est pour les renforcer. Exemple, porter le délai de résidence à « un an » avant les élections.

Mais dans le même temps, les hommes liges du pouvoir de Faure Gnassingbé, sont favorables en cas d’amendement constitutionnel, à l’introduction dans la constitution d’une disposition relative à l’âge limite pour être candidat, à l’élection présidentiel. On avance ici, l’âge de 70 ans. Ce qui exclurait Gilchrist Olympio de l’échéance de 2010.

Après avoir retardé la mise en oeuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles, exigées depuis 2005, par l’Apport politique global (APG), les stratèges du RPT, tentent à présent de prétexter la proximité de l’élection pour alléguer l’inopportunité d’en débattre actuellement. « Les débats sur la révision constitutionnelle dans le contexte actuel sont inopportuns car  étant porteurs de joutes verbales pouvant déboucher sur un climat politique délétère », soutiennent les partisans du pouvoir. Ces derniers suggèrent donc que l’initiative des réformes constitutionnelles soit renvoyée après l’élection présidentielle de 2010.

La stratégie du RPT consisterait pour y parvenir, à faire de la fixation sur ses positions (qui excluent Gilchrist Olympio) quitte à constater le retard dans les préparatifs de l’élection. Un recours sera fait dans ce cas là, à l’arbitrage de l’Assemblée nationale pour statuer sur les points de désaccords consignés suite à l’examen du code électoral, pour accélérer l’organisation de l’élection par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), réhabilitée.

C’est semble t-il également dans cette perspective que le pouvoir chercherait à trouver des substituts aux partis de l’opposition parlementaire, afin de pouvoir poursuivre les travaux au CPDC, en cas de départ du CAR et de l’UFC.

Améga Koffi


Commission Vérité, Justice et Réconciliation : FIDH ET LTDH appellent à la mise en place rapide de la Commission

            Annoncé dans son programme par Faure Gnassingbé, puis vivement recommandé par de nombreuses  personnalités et partenaires du Togo, le processus de réconciliation nationale butte sur la mise en œuvre des recommandations relatives à la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation ». Pour y parvenir dans un souci d’indépendance et d’efficacité, des organisations de défense des droits de l’homme, viennent de faire des propositions au gouvernement togolais.

          Dans un communiqué conjoint daté du 11 mars, la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), ont appelé « à la mise en place rapide de cette Commission avec toutes les garanties de son indépendance et de son efficacité et l’adoption d’un règlement intérieur et mode de fonctionnement donnant une place importante aux victimes témoins ».

          Le 25 février 2009, le Chef de l’Etat a pris un décret relatif à la création de la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation ». Elle aura pour mission de « faire la lumière sur les violences et les violations des Droits de l’Homme perpétrées entre 1958 et 2005 ». Les deux organisations de défense des Droits de l’Homme tout en se félicitant de la création par décret pris par le Président de la République de cette Commission, ont fait des propositions visant à « répondre effectivement à ses objectifs ».

          Elles insistent à cet effet sur le fait que la Commission « devra être composée de personnalités compétentes et indépendantes faisant consensus ; disposer d’importants moyens d’enquête ; disposer de ressources financières et humaines suffisantes pour mener à bien son mandat ; avoir des locaux dans différentes régions du pays ; faire un travail important de sensibilisation et d’information sur son mandat, afin aussi  de faciliter son accès par les victimes ; laisser une large place à la participation des victimes et des témoins ; assurer leur protection et soutien psychologique ; permettre des modes différents de réparation ; faire des proposition relatives à la prévention de nouvelles violences, y compris via des réformes institutionnelles et législatives, pour ancrer le pays dans le respect des droits de l’Homme ».

          Le décret du Président de la République précise que la Commission, sera chargée d’établir un rapport circonstancié sur la nature, l’étendue et les causes des actes de violences à caractère politique commis par le passé au Togo et reconstituer le contexte dans lequel ces violations se sont produites. Elle devra également « identifier à la suite d’enquête et d’investigations, les auteurs les institutions, les organisations et autres responsables de ces violences et violations des droits de l’Homme » ; « faire des recommandations au gouvernement quant au sort à réserver à ces auteurs » ; « proposer au gouvernement des mesures à prendre pour les réparations des préjudices subis par les victimes ».

           « Par cette décision, le Togo affirme que la réconciliation nationale et la volonté d’inscrire le pays dans le respect des droits de l’Homme passent par la lutte contre l’impunité des crimes du passé et la prise en compte des victimes », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Améga Koffi


Hublot : Redoutable perspective !

La perspective qui focalise l’attention des hommes politiques comme du Togolais lambda, c’est bien l’élection présidentielle de 2010. Pour plusieurs raisons, les habitants de la Terre de nos Aïeux, se prennent à redouter les lendemains de cette échéance. D’abord, c’est le retard mis dans la mise en œuvre des recommandations de l’Accord politique global (APG), qui incitait à la peur de l’avenir.

Puis vint à présent s’ajouter, les divergences profondes sur l’exécution des réformes dont toute la classe politique voire au-delà, convient pourtant de la nécessité. Des divergences qui se traduisent par les approches aussi diverses qu’inconciliables, des réformes et de leurs finalités. On parlait de celles relevées lors de l’examen. Il vient désormais s’ajouter celles relatives aux réformes constitutionnelles.

A moins d’un an de la capitale échéance, rien ne se précise, si ce n’est une redoutable confusion. Déjà, le pouvoir fait poindre une impatience vis-à-vis d’une certaine lenteur au niveau du cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Il menace même de procéder à son élargissement, au risque de voir partir les deux principaux partis de l’opposition parlementaire qui y siègent actuellement.

Une fois de plus, l’horizon se fait assez sombre. On craint à nouveau la répétition d’un scénario dramatique. D’autant que rien n’a été mis en œuvre, pour décourager les précédents douloureux lendemains électoraux. La fin de l’impunité recommandée comme solution, reste un rêve lointain. Le panorama est donc des plus moroses dans la perspective de 2010. De quoi interpeller les hommes politiques et les partenaires du Togo. Vaut mieux tôt que tard !

Améga Koffi


COSSC/DSRP : Atelier de formation des OSSC sur les thématiques du DSRP

Le 18 mars pourrait être institué journée nationale de réduction de la pauvreté au  Togo, tant le mercredi  18 mars 09 a été marqué par des activités se rapportant au document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP). A Lomé, c’est le gouvernement avec à sa tête le ministre de la coopération, du développement et de l’aménagement du territoire, M. Gilbert  Bawara qui tenait une assise au CASEF avec les représentants résidents du système des Nations Unis pour trouver les voies et moyens de mieux gérer les fonds octroyés par les institutions internationales afin de lutter efficacement contre la pauvreté. Un peu plus loin, à Bagbé (situé à quelques kilomètres de Lomé) c’est sur les installations du CAFAP/UCJ que s’est tenu du 18 au 20 mars un atelier de formation sur les thématiques du DSRP à l’intention des organisations de la société civile.

C’est sur l’initiative de la Coordination des Organisations Syndicales et de la Société Civile du Togo (COSST) que ces trois jours de travaux ont été initiés avec l’appui financier du Programme des  Nations Unies pour le Développement (PNUD). Cet atelier  a permis à 200 personnes issues des organisations syndicales et de la société civile d’être instruites sur les thématiques  DSRP et de développement durable et sur les mécanismes d’élaboration de rapport alternatif. La prise en compte par la société civile des populations dans le processus du DSRP.C’est ce que n’a pas manqué de rappeler le préfet de l’AVE, M. Agbomadji  Charles qui après s’être dit « honorer d’abriter des assises d’une si grande importance », s’est réjoui  de «  l’importance accordée aux problèmes liés a la pauvreté et au développement du Togo ». Mme Claire Quenum, coordinatrice  de la COSST elle, expliqué les étapes qui ont mené à la tenue de cet atelier notamment des consultations locales  pour recueillir des informations auprès des populations dès la création de la COSST en août 2008 d’où la nécessité d’une  telle assise s’est fait sentir. Pour elle cet atelier permettra « d’accompagner et de dire le rôle des organisations de la société civile dans le processus de réduction de la pauvreté »

                M. Semodji Djossou, coordinateur  de l’unité de coordination du DSRP auprès du ministère de l’économie et des finances s’est dit «  très heureux de la tenue de l’atelier qui permettra aux participants d’être mieux outillés pour mieux participer au processus de réduction de la pauvreté » Représentant le ministre de la coopération du développement et de l’aménagement du territoire, M. Lamboni Mindi en ouvrant  les travaux a souhaité une « forte mobilisation autour du DSRP qui est un cadre fédérateur de lutte contre la pauvreté ».

                   Les participants  ont acquis à l’issue de l’atelier des connaissances dans les domaines suivants, les différentes thématiques du DSRP, comment assurer la prise en compte du genre, du VIH/Sida de l’environnement et des droits humains dans les stratégies  et politique de développement, les rôles et les responsabilités de chaque acteur dans la mise en œuvre des mesures du DSRP. Ces acquis leurs permettront de s’impliquer davantage dans le développement de leur pays.

Waliyullah Tajudeen


Le Togo lauréat du premier Prix francophone de l’Entrepreneuriat

            Le Togo par le biais du cabinet TQM-pro-Consultants de M. Victor Messan  Adoukonou s’est vu décerné le premier  Prix Jean Marc Léger, institué dans l’espace francophone  pour encourager le développement de la culture entrepreneuriale et de l’entrepreneuriat. La  proclamation des résultats de ce concours intervenue hier à Québec au Canada et suivie en visioconférence depuis le siège de la Banque Mondiale au Togo par les Togolais a été l’occasion pour les organisateurs  de féliciter le pays pour la qualité de sa candidature.

          De source proche de la Francophonie, la victoire du Togo à ce concours  lui  ouvre de facto la voie d’intégrer le cercle des pays inscrits à l’agenda du « rendez-vous entrepreneurial de la Francophonie » qui a lieu tous les 19 mars à la veille de la célébration de La journée internationale de l’Organisation.  « A partir de ce prix le Togo peut bénéficier de tous les appuis techniques financiers …dont bénéficient déjà plusieurs pays de l’espace Francophone et dont notre pays est exclu » résume pour sa part Victor Adoukonou du cabinet TQM. 

          Ce qui a impressionné sur le Togo est  que depuis 2004  que « le rendez-vous entrepreneurial » dans le cadre duquel ce prix vient d’être institué existe, le pays n’a jamais participé aux activités. C’est donc curieux aujourd’hui de  constater  selon plusieurs experts  qu’il a surgi de nulle part pour enlever au nez et à la barbe des habitués à ce rendez-vous cette consécration qui fait de lui le premier lauréat de l’histoire de ce Prix.

          Voilà pourquoi lors de la délibération hier, les différents  intervenants au rang desquels  Claude Ruel, Président Directeur Général de l’Institut de Stratégie et de pédagogie en entrepreneuriat basé au Canada, M. Clément Dauhaime Administrateur à l’Organisation Intergouvernementale de la Francophonie, Mme Catherine Ferembach, Secrétaire  adjointe  au secrétariat de la jeunesse, ministère du Conseil exécutif au gouvernement du Québec n’ont pas tari d’éloge ce petit pays d’Afrique de l’ouest qui se fait toujours remarquer positivement là où on l’attend le moins.

Pour ce qui est du projet présenté par le cabinet TQM et qui a retenu l’attention du jury, il porte sur « Entrepreneuriat, Base de la Prospérité des nations ». Il s’agit d’un travail d’une dizaine de pages qui retrace comment dans le contexte togolais actuel marqué par une crise socio économique aigue décourageant toute initiative privée, le cabinet a su voler au secours  des populations dans le cadre de l’initiation des projets, de la recherche de financement et de la gestion de leurs activités génératrices de revenus.

           Pour le cabinet il  était question de réfléchir « aux projets qui établiraient un pont pouvant créer une synergie entre le gouvernement, les organisations de la  société civile, les établissements scolaires …afin d’encourager la prise de risque, le travail indépendant, l’innovation et la solidarité qui déboucheront sur la création d’entreprises compétitives pourvoyeuses d’emplois décents et stables capables de hisser le Togo sur la voie du décollage économique » a résumé le promoteur Adoukonou. Des réactions venues du Madagascar du Vietnam du Bénin de la France …où il y a eu des candidats malheureux ont salué cet esprit d’ingéniosité  du Togo à travers ce projet  porteur et innovateur. Le cabinet qui dit être déjà en lien étroit avec l’Agence ANPGF des autorités togolaises pour le financement de l’initiative privée  des jeunes plaide pour le renforcement de ce lien,  l’extension le plus possible des activités et la pérennité du projet.                                                                                                                          Sébastien


Santé : Le lait maternel, un médicament gratuit

          Un mardi matin frais à la maternité du centre de santé de Lomé. A coté de jeunes mamans, dorment paisiblement des bébés qui ont vu le jour la veille. L’ambiance est calme, ponctuée de temps en temps par les cris d’un bébé qui réclame le sein de sa mère. Ils sont six au total : cinq filles et un garçon. Les mères sont impatientes de regagner leur domicile car toutes ont accouché normalement et peuvent de ce fait rentrer chez elle dès ce moment. Mais la sage-femme veut d’abord les entretenir d’un sujet qui lui tient énormément à cœur : l’allaitement maternel.

L’allaitement maternel exclusif

          Selon Mme Amey Dédé Annick, sage-femme d’Etat en service au centre médico-social de Nukafu, l’allaitement maternel exclusif est le fait de « donner rien que le lait maternel au bébé jusqu’à six mois ».

          Au centre de santé, la sage-femme explique aux nouvelles mamans qui ne savent pas lire une affiche qui est collée au-dessus des lits de chacune d’elles. Le message est « si tu aimes ton bébé, donne-lui le sein ».

          Commence un débat où chacune donne son opinion. Les opinions sont variées comme celles de Bella qui a décidé de ne pas donner son sein à son bébé de peur de ne pas abîmer son corps et  de sa voisine  Mouna qui elle veut allaiter sa fille le plus longtemps possible.

          Tout comme Bella qui est mère de deux enfants, il y a des femmes qui pour des raisons souvent non valables refusent d’allaiter leur progéniture. Elle a confié que pour sa première maternité, elle n’a eu recours qu’aux produits laitiers de substitution au lait maternel et qu’elle comptait bien continuer.

          Prises par le rythme trépident d’une vie active, d’un congé maternité très court avant la naissance, certaines femmes fonctionnaires trouvent  la mise en place de l’allaitement soudaine et parfois difficile. Cet acte qui peut apparaître comme une évidence devient bien compliqué à gérer ! De retour de la maternité, parfois pas ou peu accompagnées, des interrogations voient le jour et peuvent laisser place à bon nombre d’idées préconçues.

          A la question de savoir ce qu’elle en pensait, Mme Amey, précédemment citée pense que les seules raisons pour lesquelles une femme peut décider de ne pas allaiter son bébé sont une sérologie positive, une insuffisance de lait ou les suites d’une césarienne. Selon elle, même les femmes fonctionnaires peuvent pratiquer l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois car il leur est aujourd’hui permis d’emmener leur nourrisson sur les lieux de travail. Ainsi, elles peuvent de temps en temps quitter leur poste pour lui donner la tétée. Sinon, elles peuvent utiliser une autre méthode qui consiste à presser le lait et à le lui déposer ou opter pour la méthode complémentaire de lait maternel plus du lait artificiel. Dans tous les cas, elle conseille aux mères de donner le sein aux bébés autant et aussi longtemps que possible.

          Les centres de santé ne sont pas seuls à faire de la sensibilisation sur les bienfaits de l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois. Le gouvernement togolais à travers le ministère de la santé en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance a financé la conception et la diffusion d’un spot. Le message de ce spot qui passe sur les médias est que l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois protège le bébé contre la diarrhée et permet son meilleur épanouissement.

          Selon Mme Amey, ceci est vrai car le lait maternel est un aliment complet. Pour un litre de lait maternel, on recense 1/10 d’éléments nutritifs pour 9/10 d’eau. Le bébé même s’il a le hoquet ne doit donc prendre aucune autre boisson que le lait maternel avant l’age de six mois.

L’allaitement maternel, un choix gagnant

          « Le lait maternel est gratuit. Il ne coûte rien donc les plus pauvres peuvent le pratiquer. Le bébé bénéficie de l’immunité de sa maman car les anticorps de cette dernière passent dans le lait. Les risques d’infections sont de ce fait moindres…. », ainsi sont expliqués quelques bienfaits de l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois par Mme Amey.

          Jusque dans les années 1990, le nombre d’enfants non allaités était très faible. Lorsque la mère ne pouvait pas (notamment en cas de décès) ou ne voulait allaiter, l’enfant était généralement confié à une nourrice. Pourtant ces derniers temps avec la publicité pour les produits laitiers et les céréales de substitution au lait maternel, l’allaitement maternel a pris du recul par rapport à l’allaitement artificiel. C’est ce qui explique aujourd’hui la politique des pays à promouvoir la bonne vieille pratique de l’allaitement maternel.

          La Semaine mondiale de l’allaitement maternel est organisée chaque année du 1er au 7 août dans plus de 120 pays pour promouvoir cette pratique afin que les nourrissons du monde entier soient en meilleure santé. Selon l’Alliance mondiale en faveur de l’allaitement au sein, qui coordonne cette manifestation, l’allaitement maternel est le meilleur moyen d’apporter aux nouveau-nés les nutriments dont ils ont besoin. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS), recommande également l’allaitement au sein exclusif du nourrisson jusqu’à l’âge de six mois.

          Selon l’OMS, des études ont démontré que l’allaitement maternel a un effet à court et long terme. A court terme, il protège le bébé contre les maladies diarrhéiques, les affections respiratoires basses aigues, les infections urinaires… A long terme, il protège contre les allergies, contribue au développement du cerveau, prévient l’obésité, l’appendicite…

          La contribution du lait maternel dans le développement du cerveau a également été relevée par Mme Amey dont le centre refuse toute publicité du lait artificiel. Sur une affiche à l’entrée du centre, on peut lire en 14 points « la politique générale sur l’allaitement maternel au CMS de Nukafu ». Tous les points de cette politique encouragent l’allaitement maternel et le point numéro 10 stipule clairement « interdire toute publicité sur l’allaitement artificiel ».

            Egalement, le risque de cancer du sein serait moindre chez les femmes ayant allaité. Au vu de tous ses avantages, l’allaitement maternel s’avère un vrai médicament qui ne coûte rien. Les avantages aussi bien pour la mère que pour le bébé méritent d’être pris en compte par chacun dans le choix de l’alimentation du nourrisson. Ainsi, les sacrifices seront un tant soient peu minimisés.

Nadia Zibilila


Eliminatoires CAN/Mondial 2010/Togo-Cameroun : Eperviers  et Lions en ordre de bataille

Les sélections togolaise et camerounaise se rencontrent  le 28 mars prochain à Accra (au Ghana) pour le compte de la première journée du 3e tour des éliminatoires CAN et Mondial 2010 de football. Les staffs techniques  des deux équipes ont rendu publique la liste des joueurs présélectionnés pour prendre part  aux  dernières  préparations, la  semaine prochaine, avant le match programmé sur un samedi.

Les Eperviers prêts à refaire le coup de Kumasi

Les supporters togolais ont encore en mémoire la victoire des Eperviers devant les Lions Indomptables du Cameroun, à Kumasi, lors de la 3e journée de la phase finale de la CAN 2000, dont l’édition est  remportée par Rigobert Song et ses coéquipiers.   Les Eperviers  tenteront  à nouveau de venir à bout  de la bande  à Otto Pfister en terre Ghanéenne lors de leur rencontre du 28 mars prochain. La sélection togolaise a  les atouts  nécessaires,  lui permettant de relever un tel défi.

Un nouvel  entraîneur, M. Jean Thissen  a été engagé pour conduire les Eperviers lors  du troisième et dernier  tour de ces éliminatoires. Avant même la signature de son contrat avec le Togo, l’entraîneur  de nationalité belge a supervisé les Eperviers  lors du match amical avec les Etalons du Burkina-Faso,  le 11 février dernier à Rouen en France. Il avait dépêché au même moment un technicien français pour  inspecter  le Cameroun en amical avec la Guinée. Au lendemain de sa signature, Jean Thissen est allé passer  plus de deux semaines en Europe pour suivre certains de ses joueurs et se faire une idée réelle sur leur forme actuelle. Le nouveau directeur technique et sélectionneur national du Togo connaît bien le football camerounais. Entraîneur du Gabon en 1994, Jean Thissen  avait réussi à qualifier le pays d’Omar Bongo  pour la phase finale de  la CAN, en barrant la route aux Lions Indomptables.

La liste de 25 joueurs publiée par la Fédération togolaise de football comporte les noms de  tous les ténors de l’ossature des Eperviers.  Sheyi Adebayor, Oloufadé Adékanmi et Serge Akakpo revenus de blessure ont repris du service au sein de leur club respectif et  seront tous du  rendez-vous, même si on peut  craindre  un peu pour leur forme. Relégué sur les bancs depuis l’arrivée de Luis Fernandez à la tête du club, Agassa Kossi,  a lui aussi retrouvé sa place dans les perches de Reims depuis le week-end passé pour se rassurer avant ce match important. La surprise sur la liste des Eperviers est la présence d’un joueur d’origine  franco-malgache, Christophe Grondin évoluant à La Gantoise en Jupiler Pro League dans le championnat belge.

Jean Thissen et ses joueurs entameront la semaine prochaine la dernière ligne droite des préparatifs du match. Tous les joueurs  sont attendus au plus tard le 24 mars à Lomé et le départ sur la capitale ghanéenne, où se déroulera l’essentiel de ces préparatifs,  se fera le mercredi 25 ou le jeudi 26 mars.

Lions favoris à Accra

Le Togo purge le reste de sa sanction en accueillant le Cameroun,  à Accra le 28 mars 2009. Pour ce déplacement d’Accra, la Fédération camerounaise  de son côté a convoqué 23 joueurs, pour un stage qui se déroulera du lundi 23 au vendredi 27 mars. La plupart des cadres de la sélection des Lions Indomptables figurent sur cette liste. Le capitaine Rigobert Song, l’un des  rescapés de la rencontre de 2000 à Kumasi, sera encore sur le pré. Mais c’est sur  l’attaquant vedette de FC  Barcelone, Samuel Eto’o Fils que va se polariser toutes les attentions. On note néanmoins quelques absences dans les rangs des Lions Indomptables. Albert Meyong Zé et Timothée Atouba blessés, Alexandre Song suspendu ainsi que Achille Emana manquerons à la machine camerounaise le samedi 28 mars à Accra.

Véritable rouleau compresseur, l’équipe camerounaise fait peur. Avec des joueurs tous confirmés dans les plus grands clubs d’Europe,  les  Lions sont actuellement la meilleure sélection nationale du continent selon le dernier classement de la FIFA. L’équipe était à la dernière phase finale de la CAN au Ghana et a atteint la finale de cette édition qu’elle a perdu contre les Pharaons d’ Egypte. L’entraîneur Otto Pfister toujours en poste, maîtrise non seulement, très bien son équipe mais il connaît aussi, parfaitement la sélection togolaise pour l’avoir dirigé au Mondial 2006 en Allemagne.

Malgré ses nombreux atouts physiques, techniques et tactiques,  le Cameroun reste une équipe prenable sur le terrain et les Eperviers le savent. Pour alors arriver à battre cette formation, il faudra aux joueurs togolais beaucoup de discipline et de tactique, comme l’a affirmé le joueur Euloge Ahodikpé dans une interview qu’il a accordée à  nos confrères du magazine sportif Global Sport, dans leur parution N°85 du mercredi 18 mars 2009.

Michel Adjavoin

Le Canard Independant # 232  du 6 mars 2009
Hublot : Vers quel scénario ?

         A un an de la très capitale élection présidentielle, rien n’indique pour l’instant, la couleur que prendra cette échéance. Les discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de Concertation (CPDC), attendues comme une occasion pour les protagonistes de décrisper la situation en s’entendant sur les réformes à mener, sont venues replonger les populations dans la hantise des redoutables lendemains électoraux.

          C’est à peine que les participants sont parvenus à un règlement intérieur consensuel sur le déroulement des travaux. Que dire alors des réformes concernant la loi fondamentale qui soulève beaucoup de problèmes, le code électoral devant garantir des chances d’une élection régulière, équitable et transparente et enfin, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC).

          Nous sommes donc encore très loin des comptes. Et c’est dans ce contexte que le Chef de l’Etat  a choisi d’annoncer les couleurs du côté de Ouagadougou. Pour Faure Gnassingbé, la récréation ne saurait éternellement durer. Délai constitutionnel oblige, le pouvoir qui a le devoir d’organiser l’élection présidentielle dans le respect des délais constitutionnels, va à un moment prendre ses responsabilités. Vers donc quel scénario ? 

Koffi Améga


Faure Gnassingbé à propos du CPDC : « A l’impossible nul n’est tenu »

            Le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, trouve le temps mis par les parties au dialogue, pour parvenir à des réformes institutionnelles et constitutionnelles, trop long. Il l’a indiqué au détour d’une interview au sortir d’une audience que lui a accordée le 1er mars dernier, le Président Blaise Compaoré, facilitateur de l’Accord politique global (APG).

          « Vous savez que depuis 2007, nous faisons tout pour nous en tenir à la méthode qui marche. Le facilitateur Blaise Compaoré, est toujours à nos côtés. Nous discutons pour trouver des solutions aux problèmes que vous venez d’évoquer (les divergences sur les réformes du code électoral : ndlr)», a indiqué le Président de la république avant d’ajouter, seulement, à l’impossible nul n’est tenu ».

          Faure Gnassingbé a en outre laissé planer la perspective de recourir à l’arbitrage de l’Assemblée nationale, en cas de blocage. « Si les discussions durent trop, il y a des délais, en ce moment, il faut envisager d’autres moyens, et il y a le Parlement qui peut aussi voter », a dit le président du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC).

          Malgré le compromis récemment trouvé sur la question d’un éventuel recours à la facilitation, plusieurs observateurs pensent que, la Représentation nationale aura son mot à dire, en cas de persistance des divergences. «  Il ne faut pas se montrer naïf. Faure Gnassingbé encore, mais aucun facilitateur ne peut imposer un quelconque compromis entre dirigeants politiques, à l’Assemblée majoritairement RPT. Si l’UFC avait eu la majorité, il n’en aurait été ainsi également », nous a confié un observateur de la scène politique nationale.

          Faure Gnassingbé, semble lui désormais prêcher pour un rapprochement des positions. « Il faut tout faire pour rapprocher les points de vue», insiste le Chef de l’Etat avant de poursuivre, «des problèmes, il y en aura toujours, il faut tout faire pour les résoudre. Moi, j’ai choisi le dialogue et le consensus ».

          Suite aux problèmes que rencontre le CPDC, pour aboutir à un large consensus, le Chef de l’Etat a entrepris des consultations sur l’opportunité de son élargissement. Dans un communiqué rendu public le 04 mars, le Comité d’action pour le renouveau (CAR), a rejeté catégoriquement cette perspective. Pour le parti de Me Dodji Apévon, « …la composition du CPDC, issue de la volonté exprimée par les électeurs dans le cadre des dispositions définies par l’APG, ne saurait être remise en cause par un arrangement entre les acteurs politiques ».

          Seuls les trois partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, siègent au CPDC. D’autres formations politiques ayant participé à l’APG, comme la CPP de Edem Kodjo, la CDPA de Léopold Gnininvi ainsi que le PDR de Zarifou Ayéva, n’y prennent pas part pour n’avoir pas obtenu au moins 5% ; du suffrage électoral lors des législatives, comme le prévoit l’APG.

Améga Koffi


Fin de mission pour Sebregondi : Le diplomate européen se dit satisfait

            En fin de mission au Togo, le chef de la délégation de la Commission de l’UE, M. Filiberto Ciriani Sebregondi a rencontré la presse ce mercredi au siège de l’institution à Lomé. Une rencontre qui a permis au diplomate européen de louer les progrès réalisés par le Togo aux plans politiques économiques et diplomatiques et d’exprimer le sentiment du devoir accompli.

          « Je suis évidemment profondément satisfait d’avoir parcouru aux côtés des Togolais un chemin parsemé de progrès et de succès en un temps aussi court (…) Ma plus grande satisfaction a été en réalité celle d’avoir pu être un témoin privilégié de la période cruciale du retour au dialogue entre les frères togolais qui s’étaient tant divisés et affrontés par le passé ». Ainsi s’exprimait l’ancien étudiant de l’Université Paris I Panthéon - La Sorbonne. Au fond, la rencontre de mercredi a été l’occasion pour cette éminente personnalité né en 1954 de féliciter les Togolais pour l’accueil à lui réservé et qui lui a permis d’accomplir sa mission entamée au premier semestre 2005. Et si l’homme s’est si bien réjoui en fin de mission, c’est justement parce que les progrès enregistrés par le Togo selon lui n’étaient pas évidents quand il débutait son mandat. A cette époque, le président Eyadéma venait de mourir et l’élection présidentielle qui s’en est suivie a noyé les espoirs d’un lendemain radieux pour le Togo et les Togolais, eux qui souffraient déjà de la suspension de la coopération. Mais aujourd’hui, dit-il « si je dois être sincère, je termine ma mission avec un sentiment de mission accomplie ».  Ce disant, il fait allusion à tout ce processus qu’il a suivi de près, processus qui est parti du dialogue inter togolais pour aboutir à la reprise graduelle de la coopération en passant par le gouvernement d’Union Nationale, les législatives sans violences d’octobre 2007, l’Assemblée pluraliste actuelle.

          Sur les hésitations qui continuent de jalonner la marche du Togo vers la démocratie, le diplomate européen ne panique pas et se veut rassurant. « La vérité est que la démocratie elle-même est un processus permanent d’apprentissage. Toutes les nations démocratiques du monde y sont engagées et l’histoire de chaque pays connaît un chemin complexe, fait de pas en avant et de retour en arrière, d’accélération et de recul », a-t-il confié avant de relever que « l’important est de rester fidèle aux principes fondamentaux de la démocratie, de l’état de droit et du respect des droits de l’homme qui sont d’ailleurs les éléments essentiels du partenariat que nos autorités respectives ont signé à Cotonou en 2000 et qui nous lient encore pour les prochaines onze années ». Ce que Sebregondi a regretté par contre pour le Togo, c’est cette attitude des Togolais à regarder le verre à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein, ceci pour insinuer la méfiance et les visions passéistes qui caractérisent les gestes et actions quotidiennes des hommes politiques et freinent l’avancée. Pour lui, il faudra résolument rompre avec cette logique et aller de l’avant. Dans le même temps il invite à trouver une solution idoine à certaines dates dont la célébration ou la commémoration continue de peser énormément sur la vie politique du pays.

          Sur la question du processus Vérité – Justice – Réconciliation, il a invité le pouvoir à trouver un équilibre pour ne pas livrer les bourreaux au vindict populaire et en même temps frustrer les victimes qui attendent de voir le sort qui leur sera réservé. Surtout, il a souhaité le renouvellement de la classe politique togolaise et souhaité que 2010 soit pour le Togo une année de succès et non de recul.

          Le successeur de Sebregondi sera connu au mois de Mai et sa prise de fonction interviendrait vers juillet 2009.

L.R.


Justice internationale : Mandat d’arrêt contre Omar El Béchir, les potentats s’époumonent

          On l’attendait depuis quelques mois. Maintenant, c’est chose faite : Oumar El Béchir, le président soudanais est dans les mails de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui vient de délivrer un mandat d’arrêt à son encontre. Les avis sont partagés. Si certains craignent quelques conséquences plus graves, d’autres, les défenseurs des droits de l’homme se félicitent.

El Béchir le belliqueux

          Cela fait plusieurs années que la guerre civile dure au Soudan et plus particulièrement au Darfour (sud du Soudan). Et dans cette guerre, le président soudanais tient une grande part de responsabilité. Les violations des droits de l’homme se multiplient. Selon la Cour Pénale Internationale, si Béchir n’est pas directement auteur d’assassinats et de massacres de civils au Darfour, il endosse l’entière responsabilité en tant que chef de guerre.

          Sous lui ou sous son ordre, les milices progouvernementales massacrent les civils Janjawids même jusque dans les camps des réfugiés. Les multiples appels de la communauté internationale surtout le Conseil de Sécurité des Nations Unies sont restés lettre morte. Durant des années le monde entier assiste, impuissant aux massacres des peuples de ce coin de l’Afrique. Dès lors, le chef d’accusation qui pèse sur Béchir est lourd : crime de guerre, crime contre l’humanité, viols, massacres de civils, enrôlement d’enfants soldats. C’est à peine que le chef d’accusation de « génocide » n’est délivré contre lui.

          Mais génocide ou pas, les chefs d’accusations sont déjà lourds pour que cet homme échappe à la justice.

De la pertinence du mandat

          Certains observateurs se demandent comment est-il possible qu’un chef d’Etat en activité soit arrêté. Tout d’abord, il faut savoir que les Statuts de Rome instituant la CPI stipulent que tout chef d’Etat, fut-il en action, reconnu coupable est passible de mandat d’arrêt. Et alors, ce mandat étant irréversible, il faut souligner donc que tôt ou tard, Béchir va répondre des faits qui lui sont reprochés.

          Aujourd’hui, la géopolitique mondiale a changé avec tout le changement qu’il y a eu aux Etats-Unis d’Amérique. Dès lors, tout porte à croire que rien ne sera plus comme avant. Pour preuve, Oumar Bongo du Gabon vient d’être rattrapé par la justice française qui a saisi quelques comptes bancaires du vieux Odimba.

          De plus, la CPI, depuis l’ouverture du procès contre Laurent N’Kunda, lui aussi accusé de crimes de guerre, est définitivement entrée dans sa véritable phase d’opération. Elle devient par ce geste, un instrument fiable de lutte pour le respect des droits humains dans le monde. On comprend dès lors les vaines gesticulations du procureur de la république soudanaise qui refuse d’appliquer le mandat.

Des réactions

La délivrance du mandat d’arrêt contre Béchir est à n’en pas douter, une première dans l’histoire de la justice internationale. En effet, Béchir est un Chef d’Etat en activité. Si ce n’est pas la raison fondamentale qui explique les diverses réactions, elle lance quand même un signal fort aux autres potentats qui sabordent leur peuple violant constamment leur droit.

          Les pays arabes contestent purement et simplement ce mandat qu’ils jugent inopportun. Mais tout le monde sait que, toujours, les intérêts se cachent derrière ces prises de position. C’est l’exemple de la Chine qui continue par soutenir Béchir. En effet, la Chine elle-même souvent indexée comme un pays qui viole les droits humains, ne veut pas laisser tomber la manne pétrolière qu’elle pompe du sous-sol soudanais. Conséquence, Béchir peut compter sur son soutien. Mais pour combien de temps encore quand Banki-Moon, un Chinois Secrétaire général des Nations Unies, se met du côté de la CPI ?

          Comme il fallait s’y attendre l’Union africaine (UA) par la voix du président de sa Commission, Jean Ping, reste évasive sur le sujet. Elle qui est une caisse à résonance, incapable d’arrêter le drame qui se joue au Darfour, n’a trouvé mieux que d’appeler à la modération.

          Dans tous les cas, les différentes associations de défense des droits humains, ont à l’humanité, salué la délivrance de se mandat contre Oumar El Béchir.

          Pendant tout ce temps, Luis Moreno Ocampo, le procureur de la CPI est serein et continue ses investigations pour trouver à qui le prochain tour. Décidément, les victimes des violations des droits humains peuvent entrer dans l’espérance avec la CPI.

Jean-David Messangan


CPDC : Les conditions d’organisation des élections examinées

          Les travaux du Cadre permanent de Dialogue et de Concertation se sont poursuivis ce jeudi à la Primature. Au centre des discussions, le Code électoral.

En présence de l’envoyé de l’Union Européenne Joào Melo de Sampaio, les discussions ont porté sur les conditions d’organisation des élections, avec un accent particulier sur le code électoral. « Les travaux du CPDC se sont poursuivis ce 05 mars 2009 sur les points des conditions d’organisation des élections. Les débats ont tourné sur la méthode suivante : les observations de chacune des parties - membre du CPDC sur le projet du code électoral du gouvernement », ainsi s’exprimait le secrétaire général de la présidence au sortir des travaux. Dans la foulée, a poursuivi le ministre Ahoomey-Zunu Arthème, les débats ont été ouverts sur « les propositions des membres du CPDC et se poursuivront ce vendredi ». C’est dire donc que ce matin, les débats vont se poursuivre sur ce point. Mais à l’image de la question de la facilitation, cette question constitue un tournant dans les pourparlers. Car il nous en souvient que c’est suite au code électoral que le gouvernement à connotation RPT a envoyé pour étude à l’Assemblée que les deux partis de l’opposition parlementaire ont opposé un blocus exigeant la création du CPDC. Puis plus tard, et le CAR et l’UFC ont publié  chacun par voie de presse leur projet de code électoral, qu’ils jugent chacun approprié pour la circonstance. Aujourd’hui, au CPDC trois logiques s’affrontent en matière de Code électoral. Lequel va-t-on privilégier ? Ce qui est pour le moins envisageable est que les parties prenantes au dialogue parviennent à fondre les trois projets en un seul. Ce qui visiblement risque de faire par endroit des mécontents.

L.R.


Economie togolaise : COTEC une institution vampire pour le Togo

          Dans notre pays, le citoyen se demande si les autorités ont vraiment le souci de son bien-être. Le Togolais est saigné à blanc partout où il se pointe. Des stations d’essence jusqu’aux services administratifs, il grince des dents. La Compagnie Togolaise d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) en est une illustration.

          Si à l’origine, cette institution est chargée de mission noble, à l’arrivée, elle n’est devenue plus qu’un bourreau financier pour le citoyen. Elle était destinée d’une part à lutter contre les fraudes à la  Douane ; d’autre part elle est guidée par l’intention d’informatiser le secteur. Mais seulement voilà. Ses prestations ont des conséquences désastreuses non seulement sur l’économie nationale mais encore sur la bourse du Togolais moyen.

          Pour amener les responsables de cette institution en l’occurrence M. Marc Antoine, à mettre un peu d’eau dans leur vin, les transitaires et les concessionnaires de voitures d’occasion (communément appelées venues de France) avaient mené une grève courant janvier. Mais le responsable de la COTEC et celui de la douane M. Marc Bidamon sont restés intraitables. Les prestations de la COTEC ont engendré une augmentation exorbitante du prix du dédouanement de voitures d’occasion à près de 300%. Conséquence, on note une chute considérable d’achat de voitures d’occasion au port autonome de Lomé.

          Selon des chiffres avancés par des sources proches de la Société Togolaise de Plaques (SOTOPLA) de 1270 voitures immatriculées en janvier 2008, la SOTOPLA n’a enregistré que 622 en janvier 2009. Comme on le voit cela constitue un manque à gagner pour les uns et pour les autres, surtout le service des impôts qui fait des prélèvements sur chaque véhicule importé.

          Autre aspect, c’est le ralentissement des activités du port, ce poumon économique du Togo. Certains concessionnaires préfèrent orienter les voitures marchandises sur les ports des pays voisins qui se frottent les mains. Tout le mystère est là. On ne comprend pas toujours pourquoi les autorités togolaises ne cherchent pas à résoudre les problèmes qui se posent au quotidien du citoyen ?

Jean-David Messangan


Journée internationale de la femme : La violence contre les femmes au centre des préoccupations

« Les vrais hommes ne battent pas les femmes», tel est l’un des slogans affichés lors de la campagne du ruban blanc et V-men, le volet masculin du mouvement V-Day lors d’une campagne contre les violences à l’égard des femmes. Cette campagne révélait chiffres à l’appui à quel point la violence contre les femmes est un fait réel et nuisible à la société. C’est sûrement pour cette raison que la journée internationale de la femme a pour thème cette année les violences contre les femmes.

Faire cesser les violences contre les femmes

Dès le début de son message à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, a expliqué que «  nous devons faire cesser cette violence ordinaire, profondément ancrée dans la société, qui détruit des vies, ruine la santé, entretient la pauvreté et entrave la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’émancipation des femmes ».

Le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme stipule en fait en son article 4 que « personne n’a le droit de battre une femme ou d’exercer sur elle des actes qui vont la honnir ou l’humilier ».

Outre les violences physiques (bastonnades et autres mutilations), les femmes sont victimes d’autres violences encore plus sournoises telles que les agressions sexuelles, la discrimination, les injures, le proxénétisme. Selon Ban Ki Moon, « en temps de guerre, les femmes et les filles sont systématiquement et délibérément victimes de viol et de violences sexuelles ». Ce fut le cas en République Démocratique du Congo où des organisations de défense des droits de l’homme ont tiré sur la sonnette d’alarme. 

De nombreuses études indiquent que l’Afrique du Sud est le pays qui compte le plus grand nombre de cas de viols signalés dans le monde. D’après une enquête menée par le Medical Research Council (MRC) d’Afrique du Sud auprès de 1370 volontaires de sexe masculin vivant dans 70 villages, près d’un homme sur quatre s’était déjà livré à des violences sexuelles. Mais la violence sexuelle n’est pas l’apanage de l’Afrique du Sud, une femme sur trois étant victime de violences conjugales dans le monde et M. Ban Ki Moon a expliqué qu’il n’existe « aucun pays, aucune culture ni aucune femme, jeune ou âgée, qui soit à l’abri du fléau »

Il a ajouté que  « la violence à l’égard des femmes est en contradiction flagrante avec la promesse de la Charte des Nations Unies de favoriser le progrès social et d’instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ». Selon lui, les répercussions de cette violence vont bien au-delà des conséquences immédiatement visibles. On peut dénombrer des blessures mortelles, des frais médicaux, des pertes d’emplois… « les effets de cette violence sur les femmes et les filles mais aussi sur leur famille, sur leur groupe social et sur la société en général, mesurés au nombre de vies anéanties, sont incalculables », conclut -il.

Des crimes souvent impunis

            Selon M. Ban Ki Moon, « bien souvent, ces crimes demeurent impunis et leurs auteurs libres ».

Pourtant dans le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique, il est clairement stipulé que « les Etats doivent faire en sorte que les violences faites aux femmes soient interdites (…) ».

Pour remédier à la situation, le secrétaire général de l’ONU conseille qu’il faut « faire évoluer les mentalités et bousculer des habitudes ancrées depuis des générations ». Il a précisé que ça ne sera pas une tâche facile mais qu’il appartient à chacun de nous de relever le défi : «  nous devons œuvrer ensemble pour dire haut et fort, au niveau le plus élevé, que la violence, qu’elles qu’en soient la formes et les circonstances, ne sera plus tolérée ».

Il a enfin préconisé la mise sur place des politiques économiques et sociales qui favorisent l’émancipation des femmes et l’amélioration de l’image des femmes dans les médias. Il existe déjà des lois qui condamnent la violence contre les femmes, il faut juste selon M. Ban Ki Moon, « faire respecter ces lois ».

Nadia Zibilila


Inondation / La saison des pluies, une hantise pour la population !

Le traumatisme des dernières inondations n’a pas encore quitté les populations de Lomé, de ses environs et ceux de l’intérieur du pays. Aussi, la saison des pluies qui s’annonce suscite-t-elle des interrogations. Revivrons-nous le même cauchemar ? Toits enlevés, maisons effondrées, populations déplacées causant désolation et famine. Les regards sont alors tournés vers le gouvernement. Quelles sont les mesures envisagées pour que les populations, premières victimes soient mises à l’abri.

          Une goutte de pluie suffit pour que la capitale, Lomé se retrouve sous les eaux, rendant la circulation urbaine quasi-impossible dans certains quartiers. Les récentes catastrophes naturelles issues des abondantes pluies qui se sont abattues sur le Togo l’année dernière l’ont encore démontré. Routes et ponts impraticables, destruction des cultures accentuant encore un peu plus la paupérisation des populations.

          Ainsi, l’exceptionnelle pluviométrie de juillet 2008 allant jusqu’à des hauteurs de 156,6mm a provoqué l’effondrement des ponts  d’Amakpapé, de Djagblé, de Togblékopé etc. Ces effondrements détruisant cultures et habitations ont poussé les populations à se déplacer avec le peu qu’ils ont pu sauver des eaux. Ils ont tant bien que mal survécu dans des camps de déplacés à la merci des agents censés leurs venir en aide, une autre paire de manche.

          Les prévisions pluviométriques de cette année ne sont pas de nature à rassurer les populations. Car selon le professeur géomorphologue Adotévi Blim Blivi, « de 2000 à 2007, les données de pluie sur des stations entretenues, montrent une tendance à la hausse des totaux pluviométriques sur les stations de la partie méridionale du pays. De cette hausse, il se dégage une variabilité climatique », souligne-t-il.

          En remontant les statistiques jusqu’en 1981, on constate que le centre météorologique d’Atakpamé a enregistré en une journée : 119,3mm le 21 juin 1981, 156,6mm le 15 juillet 2008. Ceci montre la progression des niveaux de pluie d’année en année. En se référant à la traditionnelle prise de la Pierre Sacrée à Aného par les Guins la couleur de celle-ci augure d’abondante pluie cette année venant conforter les statistiques du professeur Adotévi.

Il reste à savoir les mesures palliatives prises par le gouvernement pour protéger la population. Car dans les agglomérations, les inondations sont très souvent dues au manque d’infrastructures d’évacuation des eaux de pluies (canalisations appropriées entre autres). L’état défectueux des routes favorise leur engloutissement par les eaux des pluies. Les récents travaux entrepris par le gouvernement avec en tête le Premier ministre pour recouvrir les routes de terre battue semblent alors dérisoires face aux eaux qui s’annoncent. Le ministre en charge de l’Habitat et de l’Urbanisme, Okoulou Kantchatchi est alors interpellé. Le constat général fait est que la liste de nos routes et ponts défectueux est longue.

          Techniquement, il est possible de prévoir la pluie d’une façon générale. Le cas de la pluie est très particulier à cause des problèmes liés à sa répartition spatio-temporelle et c’est encore plus difficile d’estimer la quantité d’eau qui va tomber. Mais ce qui est possible de faire et qu’il y a lieu de faire est d’aménager les canalisations pour éviter à la population les souffrances qu’elle a endurées lors des récentes inondations de juillet 2008.

Kossi Wemene


Préparatifs du match Togo-Cameroun : Jean Thissen fait le tour des Eperviers d’Europe

Après sa signature avec le Togo, le lundi 02 mars 2009, le nouveau Directeur Technique et sélectionneur des Eperviers s’est envolé pour l’Europe le lendemain afin de superviser certains joueurs de l’effectif de l’équipe togolaise et d’entrer en discussion avec d’autres susceptibles de rejoindre le groupe.

Le match Togo-Cameroun comptant pour la première journée du 3e tour des éliminatoires CAN/Mondial 2010 programmé pour le 28 mars prochain à Accra, constitue non seulement un premier test grandeur nature pour Jean Thissen à la tête des Eperviers mais également une rencontre déterminante pour l’acquisition du seul billet qualificatif pour Afrique du Sud 2010. Ainsi, conscient de la portée de l’enjeu, Jean Thissen veut mettre toutes les chances de son côté pour faire gagner son équipe devant un adversaire reconnu, de tout temps, redoutable. Avant même de signer avec la FTF le technicien belge a supervisé l’équipe togolaise lors de sa rencontre du 11 février dernier avec le Burkina Faso. Il a dépêché à la même occasion un technicien français, un ancien sélectionneur adjoint des Ecureuils du Bénin pour suivre le match joué par le Cameroun contre la Guinée. Les rapports des deux matchs amicaux ont permis à Jean Thissen de se faire une idée précise des Eperviers du Togo et des Lions Indomptables du Cameroun puis de mieux orienter les préparatifs de son équipe. Alors le DT et sélectionneur des Eperviers s’est rendu en France depuis mardi dernier pour suivre certains joueurs togolais. Demain samedi, le tout nouveau sélectionneur du Togo sera au stade de Bollaert pour le match RC Lens contre SCO d’Angers. Il aura l’occasion de voir jouer Floyd Ayité d’Angers et surtout de discuter avec Razak Boukari de Lens de sa venue en équipe du Togo. Jean Thissen se rendra par la suite en Angleterre où il discutera avec le capitaine des Eperviers, Emmanuel Sheyi Adebayor et superviser Salifou Moustapha d’Aston Villa. Il prévoit convaincre  le polyvalent défenseur Ludovic Assemoassa à revenir en sélection. Un tour vers l’Allemagne lui permettra de suivre Assimiou Touré et Ousséni Labo. Le contact avec Serge Gakpé sera également renoué lors de cette tournée de Jean Thissen.

Michel Adjavoin

Le Canard Independant # 231 du 27 fev. 2009
Insécurité : Riposte des forces de sécurité : « Ce qu’en pensent les Togolais»

La vague de braquages et d’agressions qui a secoué différents quartiers de la ville de Lomé ces dernières semaines de jour comme de nuit a fait croire à juste titre aux populations qu’elles étaient laissées pour compte, car les malfrats agissaient dans une totale impunité et avec une désinvolture. Tendant même à croire à une complicité dans les rangs des forces de sécurité. Piqués au vif, ces derniers ont répondu à ces allégations  de la plus forte des manières. Sept bandits ont été mis hors d’état de nuire la semaine dernière. La population, première victime de ces agressions donne son avis sur la réaction des forces de l’ordre.

Bien organisés, armés de machettes, de pistolets automatiques ou artisanaux, ces bandits agissaient il y a quelques temps encore en maître de la ville. De jour comme de nuit ils terrorisaient et s’en prenaient aux paisibles populations.

Deux actions d’éclat des forces de l’ordre ont considérablement ralenti leurs funestes activités. Dans la nuit du mardi 17, c’était trois braqueurs qui étaient abattus dans leur planque à Agoé Kitidjan. Trois jours plus tard, le vendredi 20, c’était au tour de quatre autres malfaiteurs d’être abattus suite à une fusillade avec les forces de l’ordre à Aflao Soviépé. Des actions saluées par de nombreux Togolais à l’instar de Rufaï, mécanicien à Adidogomé. Il a lui-même évité de justesse la prison à la suite du vol d’une moto confiée à son cousin. En effet dans la nuit du 2 janvier, son cousin Zémidjan s’est fait agressé au marteau et dépouillé de la moto à lui confiée contre remboursement du double de son prix d’achat. S’étant porté témoin lors de la remise de la moto, il s’est vu accusé de complicité de vol. Son cousin après les soins s’est retrouvé derrière les barreaux quelques semaines avant d’être relâché. C’est donc très remonté qu’il nous donne son avis : « mon cousin aurait pu mourir, ces voleurs ne viennent plus pour voler et partir, ils viennent pour tuer, j’approuve l’action des policiers, ces voleurs ne méritent même pas d’être jugés, on doit tous les abattre ». Les Zémidjans présents dans son atelier sont tous du même avis la plupart connaissent au moins l’un des leurs qui s’est fait agressé et certains qui sont même morts. Ils sont les principales victimes des braqueurs vu qu’ils travaillent tard dans la nuit. L’un d’eux qui, depuis, ne travaille plus que le jour ajoute « j’ai cessé de travailler la nuit par peur, ces bandits n’ont eux peur de rien. Avant l’abattage de ces voleurs, moi je pensais que c’étaient des policiers qui braquaient vu l’impunité dans laquelle ils agissaient. Quand on fait des déclarations de perte, aucune enquête n’était menée.  Maintenant je sais que les policiers sont sérieux ».

Un autre pense plutôt que la capture d’un des voleurs aurait permis de démanteler tout le réseau : « sept voleurs tués, ce n’est rien, ils sont des centaines et bien organisés, Lomé risque de devenir comme Lagos où les bandits règnent dans la capitale ». La vigilance est donc de mise et souhaite du côté des forces de l’ordre afin que le sentiment d’insécurité qui plane sur les populations disparaisse pour que ces dernières puissent vaquer tranquillement à leurs activités.

Waliyullah Tajudeen


Libre circulation des personnes au sein de l’espace CEDEAO : L’Unité Pilote CEDEAO / Togo sensibilise les agents des frontières de Sanvee-Condji et de Hilla-Condji

            Organisé par l’Unité Pilote CEDEAO / Togo (UP CEDEAO/Togo), en collaboration avec le Forum de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO), un atelier de sensibilisation sur la libre circulation des personnes au sein de l’espace CEDEAO a regroupé à la frontière de Sanvee-Condji (Aného), policiers, douaniers, transitaires, transporteurs, responsables administratifs de la préfecture des Lacs et de la commune d’Aného et organisateurs, le mercredi 25 février 2009.

          C’est le préfet des Lacs, M. Komi Séna Adossi qui a ouvert les travaux de cet atelier de sensibilisation après le mot de bienvenue prononcé par M. Lagni de l’Unité Pilote. Pour M. Adossi, une telle rencontre permettra, non seulement, d’instruire les contrôleurs au niveau des frontières sur les textes relatifs à la libre circulation des personnes dans l’espace CEDEAO mais aussi d’orienter leurs comportements dans un sens positif pour une traversée paisible des frontières aux populations de la communauté.

          Deux communications ont meublé les travaux de cet atelier. La première concernant les textes de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des personnes a été présentée par Mme Kassah Traoré, directrice de la Cellule nationale CEDEAO-UEMOA. Après avoir rappelé l’objectif d’intégration visé par les pères fondateurs en créant la CEDEAO, Mme Kassah s’est attardée sur les différents textes en vigueur au niveau de la communauté sur la libre circulation des Personnes. Elle n’a pas manqué de rappeler  les cinq droits des citoyens de la CEDEAO, notamment le droit d’entrée, le droit de séjour, le droit de résidence, le droit d’établissement et le droit d’accès à la cour de justice de la communauté.

          Parlant du droit d’entrée, Mme Kassah a expliqué que pour voyager au sein de la CEDEAO, le citoyen doit posséder un passeport national ou un carnet de voyage CEDEAO ou un passeport CEDEAO. « Sur les 15 pays de la communauté, 9 utilisent déjà le passeport CEDEAO et seulement 6 pays dont le Togo sont encore en retard pour son établissement », a-t-elle ajouté. Elle a aussi indiqué qu’aucun ressortissant d’un pays membre de la CEDEAO n’a besoin de présenter un visa d’entrée avant de franchir les frontières des Etats membres de la Communauté et que l’utilisation de carte nationale d’identité est pour l’instant exclusivement réservée au pays de l’UEMOA.

          La Présidente de l’Unité Pilote CEDEAO/Togo, Mme Bamézon-Léguédé a présenté la communication sur le rôle de l’Unité Pilote CEDEAO/Togo. L’Unité pilote dont le rôle est de contribuer à la réduction des tracasseries aux frontières en veillant au respect des textes relatifs à la libre circulation des personnes est, selon Mme Bamézon-Léguédé en phase d’expérimentation dans huit des quinze pays de la CEDEAO. Créée en septembre 2006, l’Unité Pilote du Togo est la première qui a été mise en place sur les huit. Depuis sa création, elle multiplie des visites inspirées sur les frontières d’Aflao et de Sanvee-Condji, organise des caravanes et procède à des sensibilisations. La présidente de l’UP CEDEAO/Togo a appelé les agents opérant au niveau des frontières à apporter leur contribution à la réaction du défi d’intégration à travers la libre circulation des citoyens dans la sous-région.

          Plusieurs autres intervenants tels que les honorables députés à l’Assemblée Nationale et au Parlement de la CEDEAO, Ahli Komla Apenya Bruce et Koffi Santy Sany Adalé, le Président de la délégation spéciale de la commune d’Aného M. Patrice Ayivi et les responsables des policiers et des douaniers ont introduit, au cours du débat, des propositions très appréciées par les organisateurs.

Michel Adjavoin


Bienvenue au marché de fruits de Hanoukopé

Quelque part au marché de Hanoukopé communément appelé «le Togo », un espace situé de part et d’autre de l’avenue Champs de course, une ambiance exceptionnelle attire votre attention. Certains matins de quelques jours spécifiques les dimanches surtout,  les ballets des gros camions communément appelés « 10 tonnes » déversent des tonnes de fruits.

Alors, les revendeuses s’en occupent méticuleusement. Trient les fruits gâtés, protègent le reste jusqu’à mûrissement avant de l’exposer sur les étalages. Le visiteur est fasciné devant ces beaux fruits mûrs qui vous donnent l’envie d’être végétarien. Des mangues de tout acabit (greffées et ordinaires) jusqu’aux citrons en passant par les bananes, les ananas, les papayes, les pastèques, les goyaves et autres avocats, etc , le visiteur ou le client a l’embarras de choix s’il n’a pas identifié le fruit qu’il veut acheter depuis la maison. Et même s’il a choisi depuis la maison, arrivé sur les lieux, les couleurs vives des autres fruits lui font venir l’eau à la bouche et il sera tenté d’acheter d’autres en dehors de son choix. Et ne vous attendez qu’à trouver que des fruits tropicaux. Ce commerce est tenu essentiellement par les bonnes femmes qui ne lésinent pas sur les moyens. Elles vont à l’intérieur du pays surtout dans les régions des plateaux (Kpalimé, Badou) parfois même du Ghana pour acheter les fruits chez les paysans de ces régions.

Antou (diminutif de Antoinette) fait ce commerce depuis plus de 20 ans. « Je le faisais avec ma mère quand j’étais jeune. Maintenant, même mariée, je continue. J’ai mon propre étalage à côté de celui de ma mère (elle le montre du doigt). »

A la question de savoir s’il n’y a pas des difficultés dans ce commerce, Antou a été claire : « tout métier comporte des difficultés. Mais ici c’est encore trop. Nous allons jusqu’au fin fond des villages à Badou. Le voyage dure parfois deux semaines. Maintenant de retour, il faut penser au stockage. Il y a des fruits qui mûrissent et périssent vite. C’est le cas des bananes et des mangues…tout cela cause un grand handicap à notre commerce. »

Malgré ces difficultés, Antou ne démord pas. Ce qui est sûr c’est qu’elle y trouve son compte. Un client arrive. Après marchandage, le client part avec huit (8) oranges à deux cents (200) francs cfa et sept bananes plus ou moins charnues à 500 F cfa. Expliquant la cherté plus ou moins  apparente de la banane, Antou affirme : « nous sommes obligées de les vendre ainsi car il y en a eu de gâtées  que nous avons jetées. Nous avons des problèmes de conservation. »

Non loin de Antou, Lucie, la trentaine, toute occupée à disposer ses fruits nous accueille avec un large sourire les yeux aussi rayonnants que les couleurs rose-vive de ses ananas qu’elle étale : « il faut bien disposer les fruits pour attirer le client. Bien trier ceux qui sont charnus, gras et qu’aucun insecte n’a touchés et les disposer à part pour certaines catégories de clients ». Qui par exemple, tentons-nous de poser. (Sourire) « Oh ! Les Grandes personnalités n’aiment pas n’importe quel fruit. Des ministres viennent ici avec leur chauffeur, même des Blancs pour acheter des fruits ! A côté de tous ceux-là, il y a tout le monde : des apprentis, des élèves, tout quoi ! » (Éclat de rire).

Cet éclat de rire cache à peine les énormes problèmes qu’il y a dans ce marché de fruits. Problèmes d’insalubrité, entraînant les problèmes de santé. Les fruits pourris restent dans des paniers ou jetés même à terre pêle-mêle même si certaines femmes s’efforcent de maintenir les lieux propres.

Autre problème est celui de la conservation. Les bonnes femmes peinent à conserver vraiment les fruits hautement périssables. Alors, peut-être la municipalité peut-elle prendre à cœur la construction du marché en y aménageant également des dépotoirs pour les fruits gâtés. 

Jean-David Messangan


Hublot : Entre fatalité et révolte !

Les travaux du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), ont repris hier.

La première séance d’après la résolution de la problématique d’un éventuel recours à la facilitation du Président du Faso, Blaise Compaoré, a été réglée. Les parties au CPDC, ont convenu de couper la poire en deux.

          En cas de divergences persistantes, les membres du CPDC, vont d’abord recourir au Chef de l’Etat, puis le cas échéant, à la facilitation. La consignation de ce deal au règlement intérieur du Cadre, a permis la reprise des travaux. Mais cette solution ne rassure guère les Togolais, dans leur grande majorité.

          Les multiples blocages constatés dès l’entame des travaux, ont fini par plonger les Togolais dans une fatalité. Plus que les résultats probants du dialogue, ils n’attendent que l’occasion du premier blocage pour voir expérimenter la recette. Mais déjà, ils notent un manque de volonté auprès des acteurs à aboutir à un consensus pour organiser des élections acceptables par tous.

          Dans ces conditions, les Togolais sont partagés entre la fatalité et la révolte. Une crise de confiance profonde prévaut désormais entre les hommes politiques et le citoyen lambda. Toute chose qui n’est pas de nature à décrisper la tension qui monte à l’approche des échéances électorales au Togo. Les parties au CPDC, arriveront-ils à surprendre positivement les Togolais et la communauté internationale ?

Améga Koffi


Refus de baisse du prix du carburant : Le gouvernement met la vie des citoyens en danger

En baisse considérable depuis un moment, la vente sauvage du carburant prend à nouveau de l’ampleur au Togo, en particulier à Lomé. Une situation que favorise le prix élevé des produits pétroliers au Togo, contrairement à celui pratiqué dans les pays voisins. Un phénomène qui accroît des risques d’incendie et autres corolaires.

Une table sur laquelle sont posées des bouteilles en verre et en plastique contenant des liquides aux couleurs variant du jaunâtre à l’orange. Devant, un bidon de 25 ou 50 litres portant à la craie, l’inscription du prix au litre du précieux liquide. Ainsi se décrivent les points de vente sauvage des produits pétroliers à Lomé.

Le long de la portion urbaine de la nationale 2, allant du port autonome à Agbata, on trouve en moyenne un de ces points de vente, tous les 10 mètres. Parfois même, on en trouve des deux côtés de la route. « J’avais abandonné cette activité pour faire du taxi moto, car elle n’était plus rentable, mais depuis un mois, j’ai repris la vente de l’essence parce que, les clients préfèrent à nouveau ces points de vente aux stations d’essence, pour raison de coût moins élevé », explique Robert (27 ans), tenant un point de vente à Avépozo.

Les prix pratiqués aux points de vente sauvage, varient entre 375 et 400 francs, pour l’essence sans plomb. Il est de 500 francs dans les stations d’essence. Les vendeurs s’approvisionnent auprès de conducteurs de camions, venant du Bénin et du Ghana. Au Bénin, le litre de l’essence sans plomb est de 350 francs. Le même produit est vendu au prix de 315 francs, au Ghana.

« Moi je m’approvisionne aux points de vente sauvage parce qu’il y a une différence de 100 francs entre leur prix et celui de la station. Je fais ainsi une économie de près de 2000 francs par semaine. Ce n’est pas rien pour un salaire de 70.000 francs », nous a confié Emmanuel (37 ans), comptable dans une société privée, qui s’approvisionnait à un point de vente tout près de la Station Shell de Kagomé, dans la zone portuaire.

En l’espace des deux dernières semaines, les points de vente ont doublé à Avépozo et Baguida. « Avant j’étais le seul ici, mais depuis la semaine passée, deux autres vendeurs se sont installés ». Mais cela ne me gène pas, car la demande est très forte et tout le monde s’en sort pas mal », confie Kokoutsè à Baguida.

De gros risques pour les populations

Par le passé, le stockage de l’essence par ces marchands peu précautionneux, a causé des incendies occasionnant des pertes en vies humaines. Malgré les sommations du gouvernement interdisant la vente sauvage des produits pétroliers, le constat aujourd’hui est que ces points de vente accroissent. Ce constat est établi dans la capitale comme dans les villes de l’intérieur du pays, frontalières avec les pays voisins.

« Le premier responsable de cette situation, c’est le gouvernement, pointe du doigt un économiste, avant d’ajouter comment peut-on comprendre que le prix de l’essence au Niger (qui transporte l’essence de Lomé : ndlr) soit de 475 francs le litre, et qu’il soit de 500 francs au Togo ? », se demande-t-il. « Il est évident que les points de vente sauvage dans ces conditions prolifèrent. Les gens vont s’approvisionner là où ça coûte le moins », indique un autre client, surpris sur sa moto en train de s’approvisionner à Bè, quartier populaire au cœur de la capitale.

Récemment, pour justifier l’augmentation du prix du ciment, le gouvernement avait allégué le prix élevé dans les pays voisins qui justifiait un trafic induisant la pénurie du produit au Togo. Aujourd’hui, le maintien d’un prix élevé des produits pétroliers alors qu’ils sont nettement en baisse constante dans les pays voisins, est un encouragement au trafic et à la prolifération des points de vente sauvage de l’essence.

Mais tout comme le prix de l’essence dont on ignore la composition, bien d’autres prix comme ceux de la communication, sont très élevés au Togo par rapport à ceux pratiqués dans les pays voisins. Une situation dont se rendent complices, les associations de consommateurs et autres structures institutionnelles et associatives. Dans ces conditions, il faut craindre le pire, car la répression ne parviendra pas à éradiquer la prolifération des points de vente sauvage, tant que les prix resteront disproportionnés.

Améga Koffi


Fait divers : Une maman interdite de pleurer à la morgue !

Le mercredi 25 février, tôt au matin, la morgue du Centre Hospitalier Universitaire de Lomé- Tokoin, comme c’est souvent le cas ces derniers temps, battait son plein. De nombreuses familles étaient venues enlever les corps de leurs défunts pour aller les inhumer. Parmi elles, celle de l’un des braqueurs récemment abattus par les forces de sécurité, lors d’un échange de coups de feu à Soviépé, quartier situé du côté de la frontière avec le Ghana.

La pauvre maman du brigand abattu pleurait à chaude larme son enfant. Elle gémissait, invoquait le bon Dieu et le nom de son défunt fils. Assise à même le sol, est attirait l’attention et la sympathie de la foule des familles éplorées, qui ont fait le déplacement de la morgue ce matin.

Soudain, un « morguier » se rapproche de la dame et lui lance tout furieux. « Madame, taisez-vous là ! Pourquoi vous pleurez comme ça pour un braqueur ? Ne faites pas qu’un parent à l’une des victimes de votre enfant, vous identifie ici hein ! ».

Un conseil sous forme d’une mise en garde qui visiblement a fait son effet. La pauvre dame essuie astucieusement ses larmes, et va se mettre à côté sous un arbre. Pendant ce temps, une sœur du délinquant défunt, balbutie des onomatopées en guise d’explications des lamentations de leur mère. Elle tentait d’expliquer que leur mère pleurait également pour les victimes de la bande à son défunt fils, tout en maudissant le sort qui l’a conduit sur la piste du braquage.

La jeune et pourtant charmante fille, n’eut elle non plus le temps de s’expliquer. « Taisez-vous, ne vous faites pas remarquer », lui intime à son tour, le morguier. Certains spectateurs de la scène choqués, se demandaient si le « morguier », a eu à déplorer dans la famille ou ses proches, une victime de braquage. En tout cas, en ces temps où les forces de sécurité sont décidées à faire sans autres formes de procès, la peau aux malfrats, les parents de ces derniers savent à quoi s’en tenir, au moment d’aller retirer les corps de leurs défunts braqueurs à la morgue.

                                                        Améga Koffi


Poursuite des travaux au CPDC : La ville de Lomé divisée en cinq CELI

· Les divergences persistent sur la CENI

Après l’adoption au forceps du règlement intérieur du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation ce mardi 24 février, les travaux du dialogue se sont poursuivis hier jeudi à la salle de conférence de la primature. Les parties prenantes sont parvenues à un accord sur la question de la Commission Electorale Locale et Indépendante au niveau de Lomé Commune.

          Le point le plus important à retenir de la rencontre de ce jeudi 26 février est le consensus qui a caractérisé les discussions en ce qui concerne la CELI Lomé commune. Selon le communiqué ayant sanctionné les travaux et présenté à la presse par le Secrétaire général à la présidence  M. Séléagodji Ahoomey-Zunu, (…) « on est parvenu de manière consensuelle à un accord sur la création de cinq CELI pour la ville de Lomé à raison d’une CELI par arrondissement ». Cette nouvelle approche, selon plusieurs techniciens électoraux permettra à l’avenir de vite et facilement centraliser les résultats pour surtout éviter les cafouillages qu’on avait enregistrés à la mairie centrale lors des dernières législatives. Ainsi donc, la ville de Lomé est éclatée en cinq CELI et ce, pour les échéances électorales à venir. Il s’agit là d’une avancée significative dans les travaux quand on sait que des questions comme celle sur le recours à la facilitation par exemple ont monopolisé les débats depuis plus d’une semaine.

          Si la question de l’éclatement de Lomé commune en cinq CELI a trouvé un dénouement hier, il n’en est pas de même pour celle relative au nombre des représentants de l’Administration et leur statut au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante. « Les discussions ont porté sur le nombre de représentants de l’administration et leur statut au sein de la CENI, le principe de représentation étant déjà acquis. Les discussions se poursuivront lors des prochaines séances sur ce sujet » souligne en outre le communiqué. Déjà les séances dernières, cette question a constitué un sujet chaud sur lequel les participants au cadre n’ont pas accordé leurs violons. Et son report à la prochaine séance est la preuve qu’elle continue de constituer un sujet de discorde.

Sur la composition de la CENI, selon nos indiscrétions, les divergences ont persisté. L’UFC soutient le principe de la proportionnelle qui risque de faire la part belle au RPT, qui paradoxalement est favorable comme le CAR, à une composition paritaire entre le pouvoir et l’opposition parlementaire.

          Tout comme le précédent point, celui sur les démembrements de la CENI ont été loin de trouver un consensus. « Les débats ont également été ouverts sur les démembrements de la CENI avec la question de composition des CELI. Les débats se poursuivront également sur ce sujet lors de la prochaine séance » prévue pour ce lundi matin. Là aussi, on note des divergences sur la présidence des CELI, par les magistrats.

Sébastien


FRPC : le FMI attend du Togo une performance remarquable

          Une délégation du Fonds Monétaire Internationale conduite par M. Thomas Krueger, conseiller principal du FMI au sein du département Afrique a rencontré ce mercredi la presse à la salle de l’Entente du CASEF à Lomé. Cette conférence de presse vient sanctionner un séjour de deux semaines au Togo, séjour durant lequel ils ont eu à faire le tour d’horizon de la situation économique et financière du pays.

          Lors de la rencontre avec la presse ce mercredi, la mission a estimé qu’il s’est agi des consultations au titre de l’article IV relatives aux questions à moyen terme (pour l’année 2009) et de la 2e revue du programme du gouvernement appuyé par un accord conclu au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) au Togo. Les travaux de la mission, après le tour d’horizon de la situation du pays ont conclu à  un résultat mitigé pour l’année 2008. Cela a relevé la mission, est dû aux effets pervers de la flambée des prix des denrées de première nécessité et des produits pétroliers sans oublier les graves inondations qu’a connues le pays et qui ont causé un sérieux manque à gagner pour le pays au cours de cette même année. Finalement, la croissance économique 2008 pour le Togo faisait 1,1%.

          Dans la foulée, la délégation, par l’intermédiaire de M. Marshall Mills s’est réjouie de l’amélioration de la situation des Finances Publiques du Togo et ce, grâce aux efforts dans le domaine du recouvrement des recettes. Egalement, les experts du Fonds Monétaire International ont exhorté les autorités togolaises représentées par le ministre Adji Oteth Ayassor de l’Economie et des Finances à remplir les conditions nécessaires pour atteindre en 2010 le point d’achèvement en vue de « l’allègement de la dette du pays prévu dans le cadre de l’initiative Pays Pauvres Très endettés ».        

          La mission est surtout revenue sur le programme de Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) dans lequel elle attend du Togo une performance remarquable. Ce programme est un mécanisme de prêts à taux concessionnels du Fonds Monétaire International en faveur des pays à faible revenu. Dans ce domaine le FMI prend en compte les stratégies de réduction de la pauvreté propres à chaque pays pauvre et l’adopte à la suite d’un processus participatif impliquant la société civile et les partenaires au développement. Tout ceci se réalise dans le cadre du Documents de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté. La finalité de cette approche est de s’assurer que des programmes soutenus par le FRPC s’inscrivent dans un cadre global de politique macroéconomique, structurelle et sociale, destiné à favoriser la croissance et à réduire la pauvreté dans les pays concernés.

          A l’occasion, le ministre Ayassor a exprimé l’engagement du gouvernement et la détermination de celui-ci à œuvrer pour atteindre ces objectifs.

L.R.

Football/ Championnat national D1 : Place désormais au jeu : Après la réception des subventions de l’Etat, le championnat national de D1 a véritablement démarré

Manne financière pour la FTF. 13 des 16 clubs de la première division ont reçu samedi des mains des responsables de la Fédération togolaise de football (FTF) chacun une somme de 10 millions de francs CFA dans le cadre du démarrage effectif du championnat national de la D1.

" Comme nous l'avions annoncé, depuis notre élection le 18 janvier dernier, nous faisons en sorte que les activités reprennent pour le bonheur des sportifs togolais. Nous sommes heureux que l'Etat ait mis à notre disposition cette cagnotte afin de permettre aux clubs de démarrer le championnat dans de bonnes conditions. Mais les trois équipes soutenues par des sponsors officiels, notamment l'AS Togo Port, l'AS Douanes et Togo Télécom n'ont pas bénéficié de cette manne", a indiqué le porte parole du Bureau Exécutif, Amavi Patatu.

C'est un championnat marathon dans lequel s'engagent les 16 clubs de la D1. A la fin de la deuxième saison, la première division se retrouvera à 12 clubs. Quant à la deuxième qui débutera le 7 mars avec 33 clubs, elle va être réduite à l'issue de cette saison 16, 17 clubs seront donc relégués en troisième division. " Jouer la D1 à 12 et la D2 à 16 font partie d'une série de recommandations faites par  la FIFA afin de nous permettre d'intégrer un schéma qui, à terme, sera bénéfique pour notre fédération ", a en outre précisé Amavi Patatu.

Grâce à cette subvention, l'ouverture du championnat national de D1 a été effective dimanche avec deux rencontres sur les huit. En première rencontre, l'AS Douanes a dominé l'AS Togo Port 1-0. En seconde rencontre, l'Etoile Filante a fait voler en éclats Sémassi de Sokodé 3-1. Du coup, les Shooting Stars prennent la tête du classement avec 3 pts + 2 suivis de l’AS Douanes 3 pts + 1, l’AS Togo Port 0 pt -1 et Semassi 0 pt -2. Le reste des rencontres se joue ce week-end.

Calendrier du week-end

Asko - Gomido
US Masséda  - Foadan
Maranatha - Dyto
Abou Ossé - US Koroki
TAC - Togo Télécom
AC Merlan – Kotoko

Gilles Vevey


Championnat d’Afrique des Nations/ 1e édition : La grosse désillusion ivoirienne

La Côte d'Ivoire a été  sortie dès le premier tour de la première édition du Championnat d'Afrique des nations (CHAN) qu'elle abrite depuis le 22 février. Après la déculottée de la première journée face à la Zambie (0-3), les pachydermes ont encore perdu face à la Tanzanie mercredi soir (0-1). Une défaite sur le plus petit score qui élimine les Ivoiriens de cette première édition du CHAN.

 A l'entame de la partie, cinq remplaçants du premier match sont titulaires. L'équipe ivoirienne à fière allure au début de match. Le ballon circule bien et on pense que la Côte d'Ivoire fera mieux que le dimanche dernier. Mais très rapidement, la Tanzanie se signale. Et comme pour dire qu'il faudra compter avec elle, Mgosi Mussa arme une frappe lourde que capte difficilement Angban Vincent. La première alerte ivoirienne intervient à la 10ème minute. Sur un coup franc de Karamoko, Diomandé Hamed met une tête qui ne passe pas loin. La Tanzanie prend la mesure de la Côte d'Ivoire et assoit progressivement sa tactique qui empêche les Ivoiriens d'être véritablement dangereux. Les Taifa stars attendent tranquillement les pachydermes et procèdent ensuite par contre attaque. Et c'est sur une de ces montées rapides, que Ngasa Mrisho (36') place une tête imparable sur un centre. Contre toute attente, les Eléphants sont menés au stade Félix Houphouët Boigny. Les poulains de Kouadio Georges ne peuvent réagir jusqu'à la pause. La deuxième mi-temps est identique à la première. Le bloc équipe des Eléphants n'est pas assez soudé pour inquiéter les étoiles du Kilimandjaro. Kouadio Georges, quelque peu perdu dans ses plans, ne sait plus à quel saint se vouer. Surtout que son unique pointe, Tanoh Jacques, est loin d'être dangereux pour les défenseurs tanzaniens. Finalement, il se décide à faire entrer Trazié Charles et Zegbe Valery. Puis, un peu plus tard, Bohou Dieudonné. Mais la Côte d'Ivoire ne peut revenir au score. La Tanzanie s'impose par ce petit but.

 Les Eléphants, dès le deuxième match font leur adieu à la première édition du championnat d'Afrique des nations. Une grosse désillusion pour la Côte d'Ivoire qui attendait beaucoup de ce CHAN.

En second match du groupe A, le Sénégal et la Zambie  se sont séparés sur un score de parité 0-0. Au classement la Zambie totalise (4 points, +3), le Sénégal (4, +1), la Tanzanie (3, 0) et la Côte d'Ivoire (0, -3).

Les matches du groupe B disputés hier.  La RDCongo  battue par la Libye lors de la première journée 0-2, a concédé le nul devant le Zimbabwe. Pendant ce temps,le Ghana qui a obtenu un nul difficile devant le Zimbabwe avait de la peine à se débarrasser de la Libye. Dans ce groupe la dernière journée sera très décisive.

Gilles Vevey


Dialogue politique : Faure consacré premier facilitateur

            Restée objet à controverse entre les différents partis politiques membres du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) après huit séances de travail, la question de la facilitation est désormais tranchée à la suite de longues discussions. La formule consensuelle est toute aussi expressive : en cas de blocage des discussions, le CPDC convient de saisir le président de la République. Le chef de l’Etat recherche avec les leaders des partis membres du Cadre les solutions appropriées avec le recours à la facilitation le cas échéant. La présence du facilitateur reste donc la dernière parade après que Faure Gnassingbé, président du Cadre, eut échoué à concilier les prises de positions. Un facilitateur en second, en somme.

            Selon une source proche du CPDC, c’est la reconnaissance que les Togolais peuvent toujours s’essayer à trouver les solutions à leurs divergences. Avant d’exposer les tares à l’étranger. Mieux, c’est une approche qui rejoint une autre logique : remettre tout et tout de suite à la voix d’un facilitateur contraste avec la nature du décret qui crée le Cadre permanent de dialogue et de concertation. Autrement, cela remettrait en cause un acte de souveraineté qu’est le décret portant création du CPDC. En d’autres termes, le président de la République ne devait nier sa capacité intrinsèque à gérer les conflits d’intérêt au plan national.

            Jusqu’ici, l’opposition parlementaire a essayé de convaincre de ce que le chef de l’Etat ne peut être partie et juge dans le même processus. Ce qui revient à placer Faure Gnassingbé au rang des membres du Cadre du seul fait d’en être le président. Alors même que, selon le décret du 4 février 2009, le CPDC regroupe les partis représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le gouvernement. Chaque parti y étant représenté par son leader ou son représentant, le gouvernement par deux ministres. «La crise de confiance au plan national est telle qu’on ne peut pas mener une discussion sincère sans la présence d’un facilitateur», rappelait encore le chef de la délégation de l’UFC, Jean-Pierre Fabre.

            Pendant ce temps, le RPT (le parti au pouvoir) martelait dans un communiqué que le CPDC est un «cadre consultatif qui ne saurait être détourné de ses objectifs». Rappelant que ce Cadre a été mis en place par le Chef de l’Etat pour «rechercher  des solutions consensuelles par le dialogue et la concertation». Pour le camp de Solitoki Esso, l’Union des forces de changement (UFC) a fait de sa proposition un point de fixation à rejeter toutes les propositions de la délégation du RPT, notamment celle de recourir en cas de blocage au président de la République pour trouver des solutions appropriées en concertation avec les leaders des partis politiques du CPDC.

       Finalement, le parti de Gilchrist Olympio trouve satisfaction car le règlement intérieur adopté ce 24 février contient le point concernant le recours à la facilitation.

Sylvestre D.


Réformes politiques : Les compromis du CPDC transmis  aux institutions compétentes

            C’est l’autre formule trouvée pour régler la polémique de départ sur le sort des discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC). Selon une confidence qui cite le règlement intérieur, les compromis auxquels parviennent les membres du CPDC dans le cadre des réformes politiques seront transmis au pouvoir exécutif pour être retenus sur le fond par les institutions républicaines compétentes conformément aux procédures en vigueur au Togo. Les décisions étant prises par consensus au sein du CPDC. Dans les faits, il reviendra à soumettre tous ces compromis à l’organe législatif puisqu’il s’agira de retoucher certaines dispositions de la loi fondamentale, en cas de conflit de sens. C’est dire qu’il y aura rien qui soit imposé pour contourner le rôle républicain du parlement.

       Ceci rejoint la position du représentant du gouvernement au sein du CPDC : «sur le fond, il s’agit de privilégier l’esprit de dialogue et de concertation sans pour autant s’arc-bouter sur des considérations de pure forme ni donner le sentiment de dépouiller les institutions républicaines et démocratiques de la réalité de leurs prérogatives constitutionnelles, au risque de transformer les élus du peuple en députés godillots et de muer l’Assemblée nationale en une chambre d’enregistrement». Et pour le ministre Pascal Bodjona, aujourd’hui président du CPDC au titre de représentant du Chef de l’Etat, tout doit passer devant l’Assemblée nationale pour être exécuté.

       Le Cadre permanent de dialogue et de concertation s’attelle à rechercher le large consensus autour des réformes du code électoral, du statut de l’opposition et des questions institutionnelles et constitutionnelles. Il regroupe le RPT, le CAR, l’UFC, le Gouvernement et est présidé par le président de la République ou son représentant. Et comme nouveauté, précise le règlement intérieur, «les organisations et personnalités qui ont accompagné le dialogue national ayant abouti à l’Accord politique global peuvent assister aux travaux du CPDC sur invitation et selon les sujets inscrits à l’ordre du jour». De quoi satisfaire, peut-être, certaines revendications.

Sylvestre D.


Programme de réforme de l’administration : Les diplômes passés à la loupe dans la Fonction publique

       La précision est donnée par le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative, Ninsao Gnofame, à l’occasion de l’entrée en fonction des 4.000 nouveaux agents de l’administration publique recrutés fin décembre 2008. Récemment, pendant un mois, il avait été demandé aux admis de reconstituer un «dossier de carrière» en fournissant copie des diplômes obtenus et présentés avant l’étape de l’écrit. Le tout soutenu par le versement d’une somme de cinq mille francs Cfa. Une mesure qui devra permettre au ministère de la fonction publique d’enclencher un autre processus. «Nous avons les dossiers physiques, maintenant nous allons procéder à l’authentification des diplômes. C’est un travail qui va se faire parallèlement à l’installation des nouveaux fonctionnaires», précise M. Gnofame. Et d’ajouter : «s’il y en a qui ont fourni des dossiers qui ne sont pas bons, ils seront disqualifiés naturellement. Même aujourd’hui, il y a des fonctionnaires (qui sont déjà en fonction) que nous sommes en train de disqualifier pour s’être fait recrutés sur la base de faux diplômes. Donc ce travail ne concerne pas seulement les nouveaux qui arrivent, mais porte sur l’ensemble des fonctionnaires parce que nous avons l’objectif de mettre de l’ordre dans notre administration». Tout en concluant, en terme d’application de sanction : «Et puis la suite, on verra».

       Vraisemblablement, cette guerre du gouvernement contre les faux diplômes est menée de front avec une autre difficulté : celle d’arriver à déboulonner les retraités qui refusent de partir. Car, en réalité, il y en a qui, par des réseaux bien tissés, s’accrochent à leur poste tout en percevant les rémunérations dues à leur rang, contrairement à toutes les règles de l’administration publique et les lois du travail. «Il y a certains qui, sous prétexte qu’ils occupent des postes politiques, ne partent pas. D’autres pour des raisons qui ne tiennent qu’à eux ne partent pas», reconnaît à juste titre le ministre Ninsao Gnofame. Conséquence : il y a des agents –nouveaux comme anciens– qui sont toujours tendus pour n’avoir pas de bureau. Dans certaines directions, des fonctionnaires sont mis en nombre débordant dans un confort regrettable alors qu’il y a d’autres bureaux (plus larges) maintenus fermés parce que leurs occupants ne veulent pas remettre la clé. Même dans des cas où leur poste actuel reste incompatible avec le titre de commis de l’administration publique. Qu’à cela ne tienne, le chef de l’Etat a donné des instructions fermes pour que tous qui sont admis à la retraite cèdent leur place. «S’ils ne partent pas, nous serons obligés de sévir ou de les poursuivre. Pour l’instant, nous leur avons demandé amicalement de céder leur place et, déjà, on signale des départs», annonce M. Gnofame.

       Rappelons que le Togo souffre d’un manque de personnel pour avoir perdu en dix ans plus du tiers des effectifs de son administration publique, essentiellement les cadres. Avec 40.000, on se retrouve à 23.000 agents en fonction. Avant de prendre fonction, les nouveaux ont été répartis en fonction des besoins formulés par les différents ministères. Un traitement rationnel a donné des statistiques variées. En exemple, les départements de la Santé, des Enseignements primaire et secondaire et de l’alphabétisation, des Finances, de l’Agriculture et la pêche sont les ministères à gros effectifs et ont consommé près des deux tiers des recrutements. D’où un programme de recrutement qui va s’étendre jusqu’en 2010. Avant fin 2009, le gouvernement entend organiser des concours sectoriels et courant mi-année 2009 un concours pour l’administration générale. Déjà, il a été lancé depuis le 12 janvier 2009 un concours direct pour le recrutement du personnel de santé dans les différents corps des catégories A1, A2, B, C et D. La date d’écrit étant prévue le 6 mars prochain dans les centres de Lomé et de Kara.  Au total, 587 personnes à engager, entre autres des médecins généralistes, pédiatres, cardiologues, gynécologues, chirurgiens, infectiologues, des pharmaciens, des sages-femmes et infirmiers d’Etat, des assistants d’hygiène d’Etat, des architectes, des secrétaires de direction, des opératrices de saisie, des employés de bureau, des gardes-malades, … En raison de 61 pour la catégorie A1, 278 dans la catégorie A2, 186 pour la catégorie B, 20 dans la catégorie C, 2 pour la catégorie D et 40 dans la 5è catégorie.

       Reste que la motivation suive le même rythme. Même s’il faut se réjouir que les discussions permanentes au sein du Conseil national du dialogue social tendent à revoir la grille salariale. En attendant, le ministre Gnofame annonce que la question fait partie du tout prochain nouveau texte portant statut général de la Fonction publique.

Sylvestre D.


Relance économique au Togo : Le FMI table sur une croissance de 1,7% en 2009

  • La performance dans le cadre du programme soutenu par la FRPC a été très satisfaisante

         "En 2009, la croissance devrait être modeste (environ 1,7 %) car les effets du ralentissement de l'économie mondiale seront amortis par l'impact positif du programme économique du gouvernement…". C'est ce qui ressort du rapport, le 25 février, de la dernière mission du Fonds monétaire international (FMI) au Togo. Il est prévu une reprise de la production vivrière suite aux dommages causés par les inondations survenues l'année dernière, notamment grâce aux efforts déployés par le gouvernement pour stimuler la production par des subventions ciblées pour l'achat d'intrants. En outre, les réformes structurelles en cours, notamment dans le secteur financier, devraient favoriser la croissance, indique le rapport.

       Mais, dans le cadre du programme du gouvernement, l'activité économique sera tirée par un accroissement des dépenses d'investissement publiques, qui seront financées en grande partie par une aide extérieure accrue. Par ailleurs, la crise financière mondiale entraînera probablement une baisse des recettes d'exportation du phosphate et du coton, et des transferts des migrants. L'inflation devrait se situer dans la limite de 3 % fixé au niveau régional.

1,1% de croissance en 2008

       La mission du FMI, dirigée par Marshall Mills, a séjourné à Lomé du 11 au 25 février 2009 où elle s'est entretenue notamment avec les autorités togolaises au titre de l'Article IV pour l'année 2009 et de la deuxième revue du programme du gouvernement appuyé par un accord conclu au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).  Elle n'a tablé que sur une croissance économique de l'ordre de1,1 % en 2008, malgré des signes d'un retour de la confiance avec la mise en œuvre du programme de relance du gouvernement.

       Cette performance serait justifiée par l'impact de la flambée des prix mondiaux des denrées alimentaires et des produits pétroliers et des graves inondations qui ont endommagé les infrastructures routières, détruit la production vivrière et paralysé le commerce.

       Néanmoins, le constat est fait que la situation des finances publiques s'est nettement améliorée, grâce à un effort de recouvrement des recettes plus important que prévu, même si les dépenses d'investissement tant nécessaires n'ont pas atteint les niveaux visés en raison des contraintes liées aux capacités administratives. Avec le concours des partenaires au développement, les autorités togolaises ont élaboré un plan d'action pour lever les goulots d'étranglement en vue d'accélérer l'exécution des projets d'investissement, tout en maintenant des contrôles appropriés. Elles ont également exprimé leur détermination à remplir les conditions nécessaires pour atteindre en 2010 le point d'achèvement en vue de l'obtention de l'allègement de la dette prévu dans le cadre de l'initiative PPTE.

       Les autorités ont en outre souligné que la réalisation de progrès dans ces domaines serait indispensable pour favoriser une croissance forte et soutenue et faire reculer la pauvreté. Le Fonds s'est dit disposé à soutenir le Togo dans sa détermination à mettre en œuvre son programme de réforme.

       La performance dans le cadre du programme soutenu par la FRPC a été très satisfaisante, note le FMI. "Tous les repères quantitatifs et les critères de réalisation liés aux politiques budgétaires du gouvernement ont été largement observés. Le gouvernement a accompli des progrès notables dans la mise en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer la gestion des finances publiques, restaurer la santé du secteur bancaire et réformer les entreprises publiques afin de soutenir la croissance", a-t-il indiqué.

Jean Afolabi


Selon le SNEBTPT : Enfin, un rigoureux dans les travaux publics
Le Syndicat National des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo (SNEBTPT) n’a pas tardé à saluer le choix de Faure Gnassingbé qui a consisté à nommer au poste de ministre des travaux publics Comlan Kadjé, jusqu’ici Commissaire à la Commission de la CEDEAO chargé des infrastructures. «On ne peut que se réjouir avec cette nomination, le chef de l’Etat ne s’est pas trompé dans ce choix. C’est la première fois que je vois un président de la République réagir à la vitesse de l’éclair, cela témoigne que effectivement il a envie de bien faire, nous lui rendons un témoignage mérité (…) Je crois que maintenant il y aura de l’ordre au sein des travaux publics», a chanté le président du SNEBTPT, Hervé Piza.

Il n’a pas manqué de vanter les mérites du nouveau commis du gouvernement. «…il a été un ancien ministre du Commerce et des Transports, après Directeur général des TP et aujourd’hui ministre. C’est quelqu’un dont le profil répond à celui des TP. Donc, on n’a pas beaucoup de choses à lui apprendre ; je suis sûr que, le connaissant très rigoureux dans la gestion de la chose, il ne mettra pas assez de temps pour mettre de l’ordre». C’est l’un des grands chantiers à attaquer. Avant d’assainir la passation des marchés et le lancement des appels d’offres (voir L’Union n°166 du 20 février 2009). Encore que, de leur côté, les professionnels des travaux publics s’organisent mieux pour répondre aux normes internationales.

L'Union N°165 du 20 fev. 2009
Après sept séances du CPDC : Appel à la volonté de Faure

       Quelle solution miracle pour unir des positions (quoique de forme) lorsque la confiance minimum a disparu entre les acteurs ? C'est la grande question qui se pose si l'on veut mettre de côté l'acceptation du principe de la représentation de l'Administration et des partis politiques au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Après sept séances de discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), seul des principes sont acquis. Reste à fixer des chiffres. A la dernière rencontre du mardi, le communiqué officiel précise que "les membres du CPDC ne parvenant pas toujours à s'entendre sur le recours à la facilitation, l'UFC a demandé une suspension des travaux (…) en raison de la crise de confiance qui prévaut jusqu'à présent sur le plan national". L'objectif étant pour les affidés de Gilchrist Olympio de recourir à leurs mandants par rapport à cette question de la facilitation.

       Sur la question, tout semble dire que la balle est remise dans le camp du président Faure Gnassingbé, le noyau central du CPDC. Dans une interview à l'agence Savoir News, le ministre Pascal Bodjona, représentant du chef de l'Etat, précise : "…je ne crois pas convenable qu'un règlement intérieur puisse inscrire et lier la poursuite des travaux à une facilitation, puisque le décret (créant le CPDC) n'a pas institué le recours à un facilitateur. Mais il n'est pas exclu que l'initiateur de ce décret, c'est-à-dire le président de la République, en concertation avec les leaders, puisse voir ce qu'il y a lieu de faire en cas de blocage avéré". Il ne veut pas voir un blocage ou une crise. "Nous avons arrêté une méthodologie qui consiste à ce que nous continuons les accords et les désaccords, et qu'après avoir épuisé le chapitre inscrit, qu'on rende compte au président de la République sur l'état des désaccords auxquels nous sommes parvenus et celui des accords auxquels nous sommes également parvenus.

       Et il (le chef de l'Etat) peut en concertation avec certains leaders, voir les solutions appropriées à donner dans le cadre de la recherche des accords politiques".

       Contrairement à la délégation de l'UFC qui veut forcément évacuer le préalable de la facilitation avant toute avancée. "Sinon, les discussions risquent de s'interrompre", avertit Jean-Pierre Fabre qui n'entend pas être naïf. Ici, on ne parle pas d'évolution après sept séances. Une ambiguïté que corrobore cette déclaration : "ceux qui souhaitent le recours à la facilitation sont en droit, ceux qui estiment qu'ils n'ont pas besoin d'écrire dans un règlement intérieur le recours à la facilitation  n'ont pas tort". Vivement cette intervention de Faure Gnassingbé pour ramener la confiance.

       En attendant, d'aucuns voient le retour aux vieux démons entre les politiques de la Terre de nos Aïeux. Un scénario qui a prévalu au moment des négociations qui avaient abouti à l'Accord Cadre de Lomé. Conséquence : cet accord n'a pu connaître son application. Ceci a également secoué les acteurs au moment de l'APG au point qu'il se dit que le document paraphé à Lomé reste meilleur au document définitif de l'APG conclu à Ouaga et signé à Lomé en grande pompe. A cette étape, il se dit que le gouvernement ne veut pas exécuter l'essence même de l'APG qui est les réformes constitutionnelles et institutionnelles ; l'Exécutif, lui, applaudit une mise en œuvre presque totale.

       Au Togo, chacun ne se lasse d'épier son adversaire. Tout ce qui est fait est toujours suspecté de mauvais par le camp adverse, au point que des fois l'essentiel est bradé, tronqué ou dénaturé sous le coup des calculs politiciens d'intérêts. Aujourd'hui, on a du mal à savoir exactement si toutes les parties au CDPC s'accordent sur la nécessité d'un facilitateur, comme on veut le faire croire. Si ce paramètre est effectivement vidé, son inscription ou non ne devait pas diviser au point de bloquer les débats. Le reste n'est qu'une question de forme. Autant l'inscrire sur un parchemin et le coller à l'entrée de la salle de conférence de la primature.

       Dans l'autre sens, l'on est en droit de se demander ce que la facilitation burkinabé a pu faire depuis 2006 si les acteurs de la crise togolaise n'ont jamais eu la volonté d'avancer. Surtout qu'il n'est jamais fait cas d'une méthode coercitive du facilitateur à chaque fois qu'il est sollicité.

       Au finish, il faudra faire estomper la méfiance et tenir compte du temps. Car, "nous n'allons pas confondre précipitation et nécessité de répondre à un délai, qu'il soit légal ou un délai que nous nous sommes fixé", dixit Pascal Bodjona.

       Le CPDC est chargé de rechercher le large consensus autour des réformes du code électoral, du statut de l'opposition, des questions institutionnelles et constitutionnelles et de tout sujet jugé d'intérêt national.

Sylvestre D.


Vie chère au Togo : Des taxes indues paralysent le gouvernement

       "Certes, le gouvernement a fait des efforts". Cette précision du Secrétaire général de l'Association togolaise des consommateurs (ATC), Aladjou Agouta, à la sortie de l'audience avec le Premier ministre le 10 février dernier aurait permis, il y a quelques semaines auparavant, de dire que la vie chère aura vécu au Togo. Tant la fougue de l'Exécutif était réelle. Mais aujourd'hui, tout semble dire que l'action du gouvernement est émoussée par d'autres réseaux de taxation. En effet, de sources proches de l'ATC, la cause de la persistance du phénomène de la vie chère est simple : des taxes parallèles indues sont imposées aux produits et biens importés, en dehors du circuit officiel de perception des frais de douanes. En clair, trop de charges frappent les importations. Ce qui induit, en toute logique, une hausse des prix au bout de la chaîne. Puisque le commerçant ne doit jamais perdre. Le hic, c'est que ces frais perçus ne sont pas comptabilisés au niveau du Trésor public. L'approche est d'autant plus fondée que la diminution du prix des produits pétroliers -qui servait d'alibi aux commerçants au départ- n'a nullement influencé les prix d'achat des produits de première nécessité. Au finish, c'est le consommateur qui paie tout le fardeau. En application de la loi n°99-011 révisée portant organisation de la concurrence. Selon l'article 17, "est interdite la vente de tout produit en l'état à un prix inférieur à son prix de revient. Le prix de revient est présumé être le prix porté sur la facture majorée de toutes les taxes afférentes à cette revente et, le cas échéant, du prix de transport".

       Au Togo, les prix des produits et biens sont libres et déterminés par le seul jeu de la concurrence. Aussi se demande-t-on pourquoi le ministre chargé du commerce, sur autorisation par décret en conseil des ministres, n'adopte pas des mesures temporaires contre les hausses excessives des prix. Dans les faits, au lieu d'avoir des marges raisonnables par rapport aux prix d'achat dans la zone de production, ce sont des différentes allant jusqu'au double qui s'observent. L'Association togolaise des consommateurs trouve du coup le besoin de diligenter une enquête sur les diverses taxes appliquées sur les produits de grande consommation (sucre, lait, savon, huile, riz, poisson, farine de blé, produits pétroliers, ciment, fer, tôle, pâtes alimentaires, tomate concentrée, conserves, etc.).

       L'autre préoccupation de l'ATC à l'endroit du gouvernement reste le non respect de l'application du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) par certains employeurs. Surtout dans le privé, tous secteurs confondus. Ici, des gens qui travaillent même au-delà des huit heures quotidiennes continuent par percevoir 15.000, 18.000 ou 20.000 francs par mois. Même des avis de recrutement sont lancés avec la précision que le salaire est à 25.000 francs. Contrairement au SMIG qui est relevé à 28.000 francs depuis fin août 2008. Aujourd'hui, des salariés sont maintenus en deçà de l'ancien SMIG de 17.000 francs. Ce qui fait voir déjà un manque d'autorité de l'Etat qui devra s'imposer au nom de la démocratie. En attendant, le patronat, lui, veut être saisi par le salarié victime. Alors même que, devant le manque d'éducation à la dénonciation, devra mobiliser ses membres pour le respect de l'autorité étatique.

       Autres chantiers explorés par l'ATC : révision à la baisse du prix des produits pétroliers restés élevés par rapport aux pays voisins, malgré la chute vertigineuse du prix du baril de pétrole sur le marché international ; réglementation de la location des loyers et habitats afin d'interdire la fixation trop élevée des cautions de 1 an ou 2 ans exigés par les propriétaires ; Révision à la hausse des revenus des Togolais (salaires, pensions, allocations familiales, bourses, etc.) ; diminution du prix du ciment qui est resté haut pour "lutter contre la spéculation". Entre-temps, des magasins ont dû fermer leur porte et le ciment togolais est toujours prisé à l'extérieur. En plus, l'Association togolaise des consommateurs réclame une révision à la baisse les taxes douanières fixées par le COTEC sur les véhicules d'occasion et les taxes à l'importation fixées par le COTECNA sur les marchandises importées, une lutte contre le phénomène de la corruption qui prend de l'ampleur dans les administrations publiques et privées et un renforcement du contrôle de qualité des denrées alimentaires, médicaments et autres produits de consommation importés avant leur commercialisation. A y voir de près, les sorties inopinées du ministère du Commerce, sanctionnées par des opérations de destruction des produits avariés, doivent être renforcées et maintenues dans le temps. Non de manière irrégulière.

       Et pour soutenir ses capacités à agir, l'Association veut la subvention que l'Etat doit accorder aux organisations de défense des consommateurs conformément à l'article 51 des Accords de Cotonou des ACP-UE et la représentation des associations de consommateurs dans les instances de décision (comités techniques, commissions, conseils d'administration, comités interministériels, etc.) conformément aux dispositions des principes directeurs des Nations unies pour la protection des consommateurs (PDNU-PC).

Sylvestre D.


Grincements de dents dans les B&TP : Vivement le nouveau code des marchés !

       Le Syndicat National des Entrepreneurs en Bâtiments et Travaux Publics du Togo (SNEBTPT) est monté au créneau cette semaine pour dénoncer l'absence d'interlocuteur depuis que le ministère des Travaux publics est rattaché à la présidence de la République. A en croire cette organisation, les marchés sont mal attribués ; depuis deux ans, pas d'appels d'offres après la parenthèse d'octobre 2008. Aujourd'hui, plusieurs départements ministériels exécutent des marchés publics au grand dam des entreprises de B&TP, à savoir la Santé, l'Urbanisme, l'Administration territoriale, etc. Pour le SNEBTPT, le ministère des Travaux publics est partout. Il conteste l'exigence d'un agrément signé du ministre de l'Economie et des Finances et des Travaux publics et imposé aux entreprises de B&TP dans le cadre des politiques de réformes et des programmes financiers.

       En terme de recommandations, le Syndicat veut un ministre disponible en plein temps, une commission composée des cadres des services des TP et des chefs d'entreprises élargie éventuellement à d'autres acteurs pour élaborer les nouvelles méthodes de gestion de ce secteur. En réalité, beaucoup veulent voir la tête de celui qui gère le département. Récemment, il est dit que, en conseil des ministres, c'est sur rapport du Général Ayéva Essofa, Directeur de Cabinet du Chef de l'Etat, que le président Faure a donné les instructions pour que les grands travaux s'accélèrent. Que faut-il en déduire ?

       En plus, que les modes de passation de marchés fassent l'objet d'un projet de loi à l'Assemblée Nationale en vue de leur actualisation. C'est à croire que l'information n'est pas partagée ou que les acteurs du secteur ne vont pas à l'information. Car, depuis 2007, une politique de révision du cadre, des textes réglementaires et de l'ordonnance portant code des marchés publics au Togo est entrée dans sa phase active avec l'accompagnement des experts de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Nous en faisons souvent écho à toutes les étapes. On peut penser que les choses traînent, mais cela vaut le coup s'il faut renverser le taux de 90% des marchés qui échappent à la commission nationale des marchés.

       Du côté de l'Exécutif, tout en reconnaissant des dérives, on signale que la nouvelle politique vise à court-circuiter les entreprises qui se sont spécialisées dans le faux en profitant des lacunes du code des marchés. Ce n'est qu'une question de temps. Mieux, le nouveau projet de code est presque bouclé. Vivement qu'il voit le jour !

       Aujourd'hui, il est question d'arrêter la fantaisie dans les B&TP. Car le drame "s'explique par la profusion d'entreprises de bâtiments et de travaux publics qui n'ont aucune capacité tant en ressources humaines que financières comme cela est exigé par la profession sur le plan international". D'où la nécessité de l'agrément. Encore que tout le monde soit informé au même moment et que les entreprises qui ne répondent pas aux nouvelles conditions puissent reconnaître leur faiblesse en capacités matérielles et humaines. Dans notre parution du 6 février (L'Union n°164), nous faisions aussi écho de ce que le seuil d'appel d'offres national est ramené à 25 millions de francs CFA, en réponse à des soucis de transparence et d'efficacité.

       En rappel, lors de la mission de la revue des dépenses publiques et de la gestion financière (PEMFAR) effectuée au Togo par la Banque mondiale du 22 mai au 6 juin 2008, la composante "Système de passation des marchés publics" a été analysée et fait l'objet d'une série de recommandations qui visent, à terme, à la révision du code des marchés publics et de ses textes subséquents afin de répondre aux exigences d'un environnement socioéconomique en pleine mutation. Ainsi, la réforme du système de passation des marchés doit tenir compte des nouvelles directives de l'UEMOA sur les marchés publics et des mesures anti-corruption.


Banque : Le Togo et sa banque à l'honneur

       Lomé a été la capitale de la banque africaine, du 5 au 7 février derniers. A la salle de conférence de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) s'est tenue les récentes Journées annuelles du Club des dirigeants des banques et établissements de crédits d'Afrique une importante réunion des cadres de banques en Afrique. Après avoir vu naître ce Club en 1989, servi de cadre pour son dixième anniversaire, le Togo vient de graver encore son nom dans l'histoire de la Banque africaine en accueillant la réunion du vingtième anniversaire dudit club. A cette réunion, l'honneur a échu encore au Togo de gérer la présidence du groupe des patrons de banques au cours de l'année 2009.

       Zakari Darou-Salim, c'est le nom de celui qui devient le vingtième président du Club des dirigeants de banques et établissement de crédit d'Afrique. Déjà à la veille de cette réunion, une première réunion des acteurs du même profil, cette fois-ci de l'UEMOA, a consacré le même Togolais comme président de la Fédération des banques et établissements de crédit de la zone des huit pays membres. Voila qui vient enrichir le parcours de celui qui est avant tout président de l'Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo et directeur général de la Banque Togolaise de Développement (BTD).

       Darou-Salim devient dans l'histoire de la banque africaine le troisième Togolais à occuper le poste de président du club. C'est d'abord Rogui Paass qui en a été président fondateur. Dix ans après, Mensavi Mensah donne la chance au Togo d'inscrire de nouveau son nom sur le tableau d'honneur du patronat de la banque africaine. Dix nouvelles année plus tard, c'est le directeur de la BTD qui fait encore parler de son pays à la tête du leadership de la jeune et émergente banque africaine, mais dans un contexte particulier.

       La récente réunion de Lomé a focalisé toute son attention sur la crise financière internationale qui ne laisse aucune chance aux banques et établissements de crédit en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. Le thème des assises est  d'ailleurs très évocateur : " la place de la banque africaine dans le contexte de la mondialisation ".

       "La banque africaine est jeune et émergente", constate l'universitaire algérien Dhafer Saidane, expert invité pour la réunion, auteur du livre "L'industrie bancaire : mondialisation des acteurs et des marchés". Pour celui-ci, la banque africaine est restée jusqu'ici à l'abri des effets ravageurs de la crise, du fait de l'interventionnisme de l'Etat dans la fixation de ses taux. "Mais cette non vulnérabilité pourrait ne plus être le cas si l'on n'y prend garde". Dhafer recommande alors que "la banque africaine continue d'axer ses activités sur le financement de l'économie réelle sur le continent". "Elle doit être au service du tissu industriel, du tissu entrepreneurial, des artisans…et répondre aux besoins spécifiques des Africains", précise t-il.

       A propos de la place de la banque africaine dans le contexte de la globalisation, le Gabonnais Henri-Claude Oyima, président sortant du Club a, dans un discours passionné, invité ses collègues à donner une identité à leur banque en Afrique. "Il est important de trouver une communauté, une identité dans la réflexion et dans l'action pour assurer à la banque africaine une autonomie suffisante, une indépendance réelle indispensable pour apporter à nos économies les services adaptés dont elles ont tant besoin", a-t-il lancé à ses paires. "La banque africaine doit se doter de moyens pour lutter à armes égales avec les autres", a-t-il insisté. Pour ce faire, le Togolais, Darou-salim estime que "la banque africaine a besoin d'un environnement favorable et d'un accompagnement des pouvoirs publics".

       Pendant ce temps, le gouvernement togolais, à travers son ministre de l'Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor, craint que "la globalisation des systèmes bancaires, les fusions et les absorptions transforment les banques de proximité en de véritables monstres financiers, risquant ainsi de détourner la banque de sa mission  fondamentale qui est le financement du développement" Dom

Dom  Koami


Institut africain d'informatique : L'école supérieure d'informatique fait sa promotion

  • 56 étudiants reçoivent leur diplôme international lundi à Lomé.

         Malgré sa renommée sur le plan africain, l’Institut africain d’informatique branche Togo (IAI Togo) se fait trop discret par rapport à la pléiade d’écoles de BTS. Une cérémonie solennelle de remise de diplôme à 56 de ses étudiants lundi à Lomé vise, d’après ses responsables, à faire découvrir davantage cette institution supérieure interétatique de technologie.

       En quatre promotions depuis 2002, ils sont 56 étudiants togolais à être formés en développement d'applications informatiques et en maintenance de réseau par l'Institut africaine d'informatique branche Togo (IAI Togo). Cela avait débuté avec 7 étudiants, puis 20, puis 13, puis 16. Lundi, solennellement à Lomé, ils vont recevoir leur diplôme des mains de l'actuel président du Conseil d'administration de l'IAI-siège, en la personne du ministre gabonais des Finances. Même si certains étudiants, une vingtaine, sont à l'extérieur du pays.

L'occasion sera ainsi offerte particulièrement aux opérateurs économiques, invités, de découvrir ces "produits" dont certains sont déjà employés notamment en Côte d'Ivoire, au Gabon et en Europe. Et à d'éventuels étudiants de s'intéresser à l'institut.

       Entre-temps, les étudiants diplômés n'ont poursuivi leur parcours qu'avec leur attestation - bien autorisée, nous dira-t-on -, en attendant que le diplôme ne soit dûment signé par, seulement, le président du Conseil d'administration l'Institut africain d'informatique dont le siège est à Libreville, au Gabon.

L'historique

       Créé en novembre 1971 à N'Djaména, au Tchad, par onze chefs d'Etat dont le Togo, l'Institut africain d'informatique (IAI) est une école interétatique (publique), la toute première école supérieure en informatique en Afrique francophone, avec un statut d'organisme international. Libreville, la capitale gabonaise, a été retenue comme siège de l'institut. Au Conseil d'administration de 1998, il a été arrêté que les pays membres qui le pouvaient pourraient créer des représentations nationales. Histoire de rapprocher l'IAI des pays membres, d'autant que ceux-ci ont besoin de cadres informaticiens pour leur développement. Ce que le siège seul ne peut faire aujourd'hui.

       Ainsi naît l'IAI Togo en 2002, après l'IAI Cameroun en 1999 et l'IAI Niger en 2001. Les trois représentations - les seules pour l'instant - forment avec le siège le groupe IAI. Dans les pays membres, la charge est confiée aux structures nationales de statistiques de gérer les représentations. Ce qui revient au Centre national d'études et de traitement informatiques (CENETI) et à son directeur Kodjo Agbéti de veiller sur l'IAI Togo.

Les options

       Le siège formait en ingénieurs de travaux informatiques, ou en licence professionnelle à l'informatique. Il a évolué, en formant des ingénieurs concepteurs, ainsi que des maîtrises en informatique de gestion. Les représentations consistent à ce que les pays créent le premier cycle (ingénieurs de travaux informatiques). Les étudiants y accèdent par voie de concours, à la même date, à la même heure simultanément dans tous les pays membres. Les épreuves sont envoyées, corrigées et les résultats proclamés par le siège. Aucune interdiction n'est faite aux ressortissants d'autres pays de concourir.

       L'avantage pour l'IAI, c'est que l'institut applique par avance le système LMD (Licence-Masters-Doctorat). Après le premier cycle, l'étudiant continue le Masters (M), sans avoir à se rattraper comme pour les BTS. "Cette année, on a pu semestrialiser le processus et définir les volumes horaires. Il reste à attribuer les crédits et les mécanismes de rattrapage", explique à L'Union le directeur général du Ceneti, Kodjo Agbéti. Tout comme dans le système LMD, il y a des cours de mobilité, qui permettent aux étudiants d'aIler rattraper des cours ailleurs.

Un avenir serein

       Face à la farouche concurrence livrée par les écoles de BTS (Brevet de Technicien Supérieur), l'IAI Togo reste très serein. L'institut ne semble pas raisonner pas par rapport aux multitudes d'institutions de la place. "C'est une question de complémentarité. Nous, on n'est pas ébranlés parce que nous comptons sur la rigueur. Ici, la discipline ne se négocie pas. Nous ne sommes pas contraints par l'argent pour que l'étudiant vienne faire sa loi", souligne M. Agbéti. Il se dit "heureux que pour le moment, nos diplômés ne chôment pas". Trois sont recrutés en Côte d'Ivoire, un autre dans un organisme à Libreville après sa soutenance au siège, deux poursuivent au siège, trois sont au Canada pour se former en webmasters… trois en France. "Nos étudiants n'ont pas de problèmes, ils ont beaucoup d'ouverture", répète-t-il.

       Quant à l'institut : "Je suis optimiste, et pense que l'institut va tenir, parce qu'il y a encore un noyau de pays fondateurs qui tiennent à cela", confie le directeur de l'IAI Togo. Les chefs d'Etats du Togo et du Gabon sont entre autres cités en exemple. "Le reste, c'est les hommes et le cerveau qu'il faut pour créer des projets d'autofinancement". C'est ce qui manque cruellement au continent.

Jean Afolabi


Au-delà de la fête de la beauté : Miss Togo reste un vecteur de communication

       De dents de scie à moyennement positif. C’est sous cette forme caricaturale que le président du Comité Togo, Gaspard Baka, a lancé le 12 février dernier l’édition 15 de la fête de la beauté togolaise. Une manifestation annuelle dont l’apothéose aura lieu le 29 août 2009 à Lomé, après l’ouverture des candidatures depuis lundi dernier, la clôture des candidatures le 29 mai et les élections préfectorales qui s’étalent du 6 au 27 juin 2009. Plus est, les phases régionales de la nouvelle aventure sont ainsi programmées : Dapaong : 10 juillet, Kara : 11 juillet, Sokodé : 18 juillet, Atakpamé : 25 juillet et Lomé 1er août. Les conditions sont restées intactes : être de nationalité togolaise, célibataire sans enfant, ni précédemment mariée, avoir entre 18 et 25 ans, être d’une bonne moralité et avoir une excellente réputation, avoir une taille minimale de 1,70m, parler couramment le français.

       Déjà, la prochaine porte-parole de la beauté togolaise connaît son chantier principal : l’eau potable pour tous. Il s’agira aussi d’offrir ici et là la possibilité aux populations choisies d’utiliser l’eau claire. Contrairement à ce qui se vit actuellement dans certaines contrées du pays. Mais, ceci reste plus une invite aux autorités étatiques à focaliser leur attention sur la cible de la Miss Togo. Miss Togo est un vecteur de communication, a justement précisé M. Gaspard Baka. Car, au demeurant, le comité Miss Togo n’aura jamais tous les moyens pour venir à bout d’un fléau social choisi au bout d’un an de mandat. Surtout qu’il faudra le mener de front avec un autre thème propre à celle qui est élue. D’où la possibilité de poursuivre les œuvres humanitaires après son mandat.

       Le 12 février, c’était l’occasion pour l’actuelle Miss Togo Paméla Aïcha Fofana de faire un bilan à mi-parcours. «Je me suis engagée dans un projet social visant à venir en aide aux enfants déshérités en  général et les orphelins du Sida. En plus de cette activité, s’ajoute la lutte contre le trafic des enfants, une mission que m’a confiée le chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé. En octobre lors d’un voyage que j’ai effectué dans le nord, notamment à Mandouri, puis à Dapaong où j’avais assisté à l’inauguration de la Poste et visité un orphelinat de 65 enfants orphelins du sida. Durant mon passage dans ces localités, j’ai fait des dons. J’ai également assisté à l’inauguration de l’orphelinat «Agbénoxevi» à Badja où j’ai également fait des dons. En Novembre dernier, j’étais en France, précisément à Amiens où j’ai représenté le Togo à la soirée togolaise de l’Association Picardi-Togo», a-t-elle précisé. Et d’ajouter : «très prochainement, le 2 mars, je compte lancer mon projet sur le trafic des enfants à Tchamba. Je profiterai pour faire une campagne de sensibilisation de deux semaines dans le nord et certaines localités du sud».

       Traditionnellement, le mandat d’une Miss est partagé entre les voyages et rencontres avec les partenaires et associations et l’exécution des projets.

       Le seul bémol, c’est qu’il n’y a pas de tapage médiatique autour des activités des Miss. Ce que promet toujours de corriger l’équipe du Comité Miss Togo.

Sylvestre D.


Equipe nationale du Togo : Razak Boukari ne dit pas non

Interrogé par nos confrères de Radio Sport F.M, depuis Lomé à la suite de leur victoire  en début de semaine lors de la 24ème journée de Ligue 2, sur Clermont Foot, Razak Boukari a confirmé sa disponibilité à éventuellement rejoindre les Eperviers. "Je ne ferme pas la porte. Si je le  (Ndlr : le maillot de Eperviers)  porterais, ce serait une fierté. Mon père l'a porté et si je dois le porter aussi, ça ferait plaisir à beaucoup de monde et à moi aussi", a déclaré l'international Espoir français d'origine togolaise.

Le fils de l'ancien international togolais Boukari Sadou est en outre revenu sur son absence en sélection le 11 février dernier à Rouen. Convoqué par la FTF, l'ancien castelroussin n'a pas favorablement répondu au rendez-vous, arguant "des raisons personnelles", dans la lettre qu'il a adressée le 3 février à la fédération. "Ce n'est pas que je renie mes origines", a tenu à préciser le joueur. Avant de poursuivre: "J'ai demandé à avoir le numéro du coach, discuter avec les dirigeants de la fédération, mais je n'ai pas eu d'appel, rien. C'est pour ça que j'ai eu quelques appréhensions. Sinon je ne referme jamais la porte. Après, à l'avenir, s'il y a une sélection, au moins j'aimerais avoir quelques dirigeants, discuter et pourquoi pas aller en sélection pour voir comment cela se passe".

Pour Razak Boukari, les préalables pour son ralliement sont simples. Il souhaite discuter, "voir ce qui se passe, voir ce qui est prévu à l'avenir". En somme, le joueur veut savoir ce que la Fdédération togolaise de football offre comme conditions et projets avant de s'engager.

"Mais le plus gros handicap qui pourrait empêcher la présence du joueur le 28 mars prochain résidera dans la procédure pour le changement de sa nationalité sportive. Il faut pouvoir le faire en un mois. Ce qui suppose que la FTF, s'adjuge des compétences pour monter le dossier en vue de s'assurer l'accord de la FIFA. Ce qui est loin d'être acquis étant donné que le joueur vient d'avoir 21 ans",  commente le magazine Global Sport dans sa parution de mercredi.

Razak Boukari s'est enfin imposé comme l'un des maillons forts de l'attaque du Racing Club de Lens. Après deux saisons en demi-teinte, l'attaquant franco-togolais est parvenu à faire son trou chez les Sang et Or. Au point de prolonger récemment son contrat avec la formation artésienne jusqu'en juin 2013. Formé à Châteauroux où il effectue ses premiers pas chez les professionnels en 2004, le natif de Lomé quitte la Ligue 2 et la Berrichonne pour rejoindre Lens et la Ligue 1 en juin 2006. Malgré la relégation des Sang et Or à l'issue de la saison dernière et de nombreuses convoitises de formations de l'élite, Boukari a préféré rester dans l'Artois. En L2 cette saison, l'attaquant franco-togolais a disputé 18 rencontres de championnat et inscrit 4 buts.

Gilles Vevey


Musique : Quand Afia Mala danse sa salsa

       Enregistré à la Havane aux studios Egrem, avec l'une des plus prestigieuses formations musicales cubaines, Orquesta Aragon, la princesse des rives du Mono propose un album de salsa pure, du montuno ; cet album est autant le fruit du riche chemin musical parcouru par Afia Mala que celui d'une très longue histoire qui unit la diaspora que constitue les pays comme Cuba à l'Afrique. Des stars de la musique cubaine sont venues rejoindre Afia sur cet album : Rubalcaba au piano et aux arrangements, Tata Guines, l'un des meilleurs percussionnistes au monde, Carment Flores et Laito Sureda au chant.

        Afia Mala, "la Princesse des rives du Mono" a officiellement présenté son huitième album à la presse nationale. Un disque qu'elle a choisi d'enregistrer à la Havane à Cuba aux mythiques studios Egrem et étiqueté "Afia Mala à Cuba avec Orquesta Aragon". Elle est allée aux sources de la salsa, elle nous offre un pur album "Montuno", (comprenez, la véritable musique traditionnelle cubaine), de la salsa pure chantée en espagnol cubain, en français et en mina-éwé. Les musiciens qui l'accompagnent et ont arrangé la plupart des morceaux sont ceux de La Orquesta Aragon, la plus ancienne et prestigieuse formation musicale cubaine, fondée en 1939, et continuée de pères en fils.

       D'autres stars de la musique cubaine comme Rubalcaba, nominé aux Grammy Awards en 2006, ont apporté leur touche à ce joyau. Rubalcaba était présent au piano et a arrangé quelques titres du disque. Tata Guines, l'un des meilleurs percussionnistes au monde, aujourd'hui disparu, a rythmé quelques morceaux, et les voix de Carmen Flores et de Laito Sureda accompagnent parfois celle d'Afia Mala. Égale à elle-même, Afia Mala aborde dans cet album, composé de onze titres, des thèmes comme l'amour, l'amitié, le travail, l'amour maternel, la reconnaissance qu'elle a dans la chanson "Togo", où elle peint une magnifique carte postale de son pays. Le disque  est sorti le 10 novembre 2008 à Paris chez Frochot Music - Cantos et  a  été  réédité trois déjà.

       "Afia à Cuba", c'est aussi le bruit des vagues de la mer de la Havane, et les senteurs des authentiques Cigares Cubains. Une musique qui vous entraîne, vous emporte et vous transporte vers l'essence même de ce rythme séculaire. C'est enfin une musique qui détonne et une artiste qui étonne toujours le public par son éternelle jeunesse et son charme qui défie les pesanteurs du temps.


Note de lecture : Serge Bilé dévoile son enquête sur le racisme au Vatican

       Après Noirs dans les camps nazis, La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, le journaliste et écrivain franco-ivoirien Serge Bilé fait paraître, en collaboration avec son confrère camerounais Audifac Ignace : Et si Dieu n'aimait pas les Noirs ? Enquête sur le racisme aujourd'hui au Vatican, aux éditions Pascal Galodé. Un ouvrage qui regroupe des témoignages de prêtres et de religieuses d'origine africaine, en poste à Rome, sur les conditions, les traitements et les discriminations dont ils seraient victimes.

       " Qu'aucun noir ne soit déployé aux portes du Vatican. " En 1944, ce message du pape Pie XII est adressé au commandement des forces alliées et transmis, par le secrétaire d'Etat du Vatican, à l'ambassadeur de Grande Bretagne près le Saint Siège. Une injonction que le diplomate rapporte ainsi : " Le secrétaire d'Etat du Vatican est venu me voir aujourd'hui pour me dire que le pape espère qu'il n'y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération. Il s'est empressé de souligner que le Saint Siège ne fixe pas de limite dans le degré des couleurs, mais espère que sa demande sera prise en compte. "

Les événements relatés datent de la Seconde Guerre Mondiale. Les choses ont-elles évolué depuis ? En 2006, le cardinal japonais Stephen Fumio Hamao dénonce les critères de nomination des évêques d'Afrique et d'Asie, en dévoilant au passage les dessous des réunions mensuelles auxquelles il a eu à prendre part, et où sont examinés les profils des personnalités pressenties pour la charge.

Deux poids, deux mesures

       Si les prélats sont touchés par le phénomène, on peut imaginer ce qu'il en est pour ceux qui évoluent dans des sphères moins élevées. Alors que les prêtres européens accèdent à la fonction de chapelains (aide de camp du souverain pontife), purement honorifique et gratifiante au bout de trois ans de présence au sein siège, les ecclésiastes africains doivent quant à eux, selon l'enquête de Serge Bilé et Audifac Ignace, attendre entre neuf et quinze ans!

       Dans l'enseignement, les auteurs de l'essai constatent les mêmes dérives à Urbaniana, l'université catholique qui dépend du Vatican. Les prêtres africains, qui y enseignent, doivent attendre parfois jusqu'à dix longues années pour être titularisés, alors que leurs collègues européens le sont au bout seulement de trois ans. Tout cela, au vu et au su du Saint-Siège.

       Comment l'Eglise peut-elle alors être crédible dans sa dénonciation du racisme dans le monde, quand elle n'a pas la volonté de le combattre dans sa propre maison ? Le silence du pape et de la curie romaine sur cette question, la rend plus criante encore pour les auteurs de l'enquête.

       Les plus gros bastions du catholicisme se trouvent désormais en Afrique, en Asie et en Amérique laine, tandis que l'Europe voit ses troupes rétrécir à vue d'œil. Pourtant, le racisme persiste : " Tout est fait pour nous rendre la vie difficile et nous décourager finalement de rester ici ", confie un prêtre africain. D'autres, moins chanceux, victimes de tracasseries administratives, sont tombés dans la déchéance. Ils se retrouvent aujourd'hui… sans papiers à Rome. Ils seraient une centaine dans ce cas. Obligés de mendier pour survivre, ils ont interdiction de célébrer la messe, alors que les églises italiennes, et plus généralement européennes, manquent cruellement de prêtres. Un comble !

Esclaves domestiques et religieuses prostituées

     Mais, il y a plus grave, nous disent les auteurs d'Et si Dieu n'aimait pas les Noirs ? : de jeunes recrues deviennent " captives ". Les congrégations romaines - crise des vocations oblige- font venir des religieuses africaines, pour travailler dans les maisons de retraite qu'elles possèdent et qui les font vivre. Les nouvelles venues, qui ne parlent généralement pas la langue, constitueraient une main d'œuvre taillable et corvéable à merci.

Ce serait le cas d'une religieuse congolaise qui raconte, dans le livre, comment la mère supérieure de son couvent lui a confisqué sa carte de séjour, le jour même de sa délivrance, pour être sûre de la tenir à sa merci. " On travaille de six heures du matin jusqu'à parfois vingt-heures le soir ", confie la jeune femme, en regrettant de n'avoir même pas de quoi s'acheter ne seraient-ce que des sous-vêtements. Du coup, de brimades en privations, certaines d'entre elles finiraient par sombrer et accepter, contre rémunérations, les avances de prêtres italiens. Puis l'argent qu'elles gagnent serait envoyé " au pays " dans leurs familles.

 

 
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