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Le Canard Indépendant 230 du 20 fev. 2009 |
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Cadre
permanent de dialogue et de concertation : Dans l’attente d’une décision de
Gilchrist Olympio |
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Les
travaux du Cadre permanent de dialogue et de concertation, sont suspendus
jusqu’à lundi prochain. Leur sort est désormais lié à l’avis des mandants du
représentant de l’UFC, pour ne pas dire, Gilchrist Olympio.
Les
discussions au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC),
sont suspendues à la demande du représentant de l’Union des Forces de
Changement (UFC), qui souhaite prendre l’avis de ses mandants. Elles
reprendront le lundi 23 février prochain. La suspension fait suite à une
demande formulée par le représentant du parti de Gilchrist Olympio, du fait
des divergences persistantes sur la question d’un éventuel recours à un
facilitateur.
Comme le
Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), l’UFC exige que le recours à un
facilitateur en cas de blocage, soit consigné au règlement intérieur du CPDC.
Selon les responsables du parti, cette position se justifie par « la
crise de confiance qui prévaut jusqu’à présent au plan national ».
Le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), sans toutefois rejeter un éventuel
recours à la facilitation en cas de blocage, n’adhère pas à son inscription
au règlement intérieur du CPDC. « Ceux qui souhaitent le recours à la
facilitation sont en droit, ceux qui estiment qu’ils n’ont pas besoin
d’écrire dans un règlement intérieur le recours à la facilitation n’ont pas
tort », s’est contenté de résumer Pascal Bodjona, Ministre d’Etat,
représentant du Chef de l’Etat, président du CPDC.
Malgré les
divergences sur certains points notamment, sur la composition de la CENI, le
CPDC, a opté pour la poursuite des travaux quitte à revenir plus tard sur
les points n’ayant pas fait objet de consensus. On peut donc facilement
imaginer que l’avis que donnera Gilchrist Olympio, à son représentant sera
déterminant pour la suite des discussions. Si l’UFC exige le règlement de la
question du recours à la facilitation comme préalable aux autres
discussions, ce pourrait être la fin du CPDC. D’autant que le RPT semble
également braqué sur sa position.
Mais en même
temps, le règlement de ce point sera à certains égards illustratif de la
crédibilité des réformes à opérer et par conséquent du déroulement de
l’élection présidentielle à venir. Ce qui impose une rigueur et une lucidité
aux partis de l’opposition parlementaire, dans le règlement de cette
question.
Mais
curieusement, ainsi que le déplore un communiqué du CAR, daté du 18 février
2009, une proposition du parti de nature à débloquer la situation a été
rejetée. « Face au blocage de l’élaboration du règlement intérieur sur
la question du recours au facilitateur, le CAR a proposé, au cours de la
séance du
17 février
2009, que le Président des travaux, le Ministre D’Etat Pascal Bodjona, en
rende compte au Chef de l’Etat, Président du Cadre Permanent, en vue de
déblocage de la situation
», écrit Me.
Apévon, président national du parti.
Pourtant
cette proposition du CAR se justifie largement du fait que le décret
instituant le CPDC, place le Chef de l’Etat, dans le rôle de président des
travaux. On se demande dans ces conditions si certains membres du CPDC, ne
cherchent pas à faire constater le blocage comme insurmontable, dans le seul
but inavoué de mettre fin aux discussions.
Koffi
AMEGA
Hublot :
Encore l’impasse !
A peine le Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), a-t-il
donné espoir aux Togolais, que l’enlisement des débats en son sein est venu
les rappeler aux réalités politiques nationales. Deux petites questions en
principe facilement surmontables pour tout esprit réellement préoccupé par
la déliquescence avancée de l’état du pays, ont suffi pour replonger les
populations dans l’émoi.
Quelle suite faudra-t-il réserver aux questions qui n’auront pas fait
l’objet d’un consensus ? Quelle composition pour une Commission électorale
nationale indépendante (CENI), efficace ? Telles sont les deux équations qui
ont poussé les participants au CPDC, à décider de botter en touche, le temps
pour la délégation du parti de Gilchrist Olympio, de prendre l’avis de ses
mandants.
Bien de Togolais fatalement se résolvent à voir un prompt dénouement
intervenir. Pourtant, tous ou presque ont la conviction que le RPT et l’UFC,
ne sont guère à la recherche d’un consensus au sein de ce cadre, mais bien
dans une logique hégémonique qui a toujours guidé leur ligne politique. De
quoi rester sceptique pour un dénouement voire une issue favorable des
travaux du CPDC.
C’est ici que pourrait se poser à nouveau, la question de savoir le résultat
que donnerait une mise aux prises des deux partis extrémistes avec le CAR
seulement comme parti charnière. Les deux ayant d’ailleurs passé huit bons
mois en vain, dans des négociations secrètes. A moins à nouveau de recourir
au peuple, le pays est encore et pour longtemps (d’ici 2010), parti pour une
lancinante crise sociopolitique.
AMEGA Koffi
Peur sur Lomé :
L’Opération « Araignée » en panne de carburant
La ville
de Lomé vit une période sans précédant en matière d’insécurité. Vols et
tueries se succèdent à longueur de journée sans aucune réaction appropriée
des autorités compétentes. Le Ministre en charge de la sécurité, le Colonel
Atcha Titikpina a atteint ses limites dans son exercice de protection des
biens et des vies humaines au Togo. Son opération « Araignée » ne sert
plus à grande chose, lui-même et les premiers responsables de la nation le
savent.
Le danger
est partout
Les jours et
surtout les nuits sont, depuis un moment, très peu sécurisés à Lomé et
dans certaines villes de l’intérieur du pays. Des gangsters et des voleurs
armés opèrent à tout moment dès qu’ils en ont l’opportunité. Sur les grands
axes routiers du pays, les coupeurs de route font de plus en plus leurs
apparitions pour violenter et dépouiller les voyageurs nocturnes. Munis de
machettes, de pistolets ou de fusils de chasse, ces coupeurs volent, violent
et tuent à visage découvert ou quelques fois cagoulé.
A Lomé, il
ne se passe plus de jour sans que des vols souvent suivis de mort d’hommes
ne soient perpétrés. Les malfrats rodent de jour et de nuit dans tous les
quartiers de la capitale togolaise et agissent dès qu’une occasion se
présente. A l’exception du centre ville, les quartiers périphériques et les
banlieues de Lomé sont très exposés aux forfaits de ces bandits organisés en
bandes. Les nuits, les gangsters se promènent avec leurs armes, à deux sur
des motos ou plus nombreux à bord des véhicules banalisés et frappent dès
qu’ils aperçoivent quelqu’un d’isolé dans un quartier. Ils le dépouillent de
ses biens (téléphones portables, argent, moto, voiture…), le blessent ou le
tuent au cas où il leur résiste. Certains des malfrats agissent même en
plein jour comme s’ils bénéficiaient d’une protection au sein du corps sensé
les traquer. Ils filent souvent des hommes d’affaire sortis des banques, les
suivent et les attaquent dans des zones à faible densité de population.
L’opération « Araignées » est-elle en panne ?
C’est bien
la question que se posent bon nombre de Togolais face à cette recrudescence
sans précédant de l’insécurité à Lomé et l’intérieur du pays. Il y a
quelques mois, le Ministre Titikpina avait mis sur pied une opération
dénommée « Araignée » dont l’objectif est de sécuriser la vie et les
biens des citoyens et des étrangers vivants au Togo. Cette opération qui, à
un moment, avait suscité l’espoir auprès des Togolais semble, depuis un
temps, volée en éclat. Sur les routes de la capitale les véhicules de
l’opération « Araignée » se font très rares les jours comme les
nuits. Sur 30 véhicules opérationnels au début de l’opération, dont 15
pour la Police et 15 pour la Gendarmerie on ne voit circuler qu’à peine
trois ou quatre de la Police et une ou deux de la Gendarmerie. Nos
investigations nous ont permis de constater qu’aucun des 30 véhicules n’est
tombé en panne. Leur nombre qui doit normalement circuler a été diminué,
tout simplement, par manque de carburant. Ainsi deux fois dans chaque
semaine, moins du tiers de ces véhicules sont approvisionnés par le
Ministre Titikpina et les autres sont immobilisés. Quand on sait que Lomé
est divisée en deux secteurs séparés par la route Nationale numéro 1 et que
le secteur Ouest sécurisé par la Police comprend une quinzaine de sous
secteurs et le secteur Est placé sous la protection de la Gendarmerie en
compte autant, on se demande comment chaque corps peut-il assurer la
sécurité de la population dans son secteur avec un nombre si réduit de
moyens de locomotion ? En outre les patrouilles à pieds sont devenues rares
dans la plupart des quartiers. Les bouchons positionnés aux entrées de la
ville se révèlent très peu efficaces car aucune fouille n’est opérée à ces
endroits.
A
l’intérieur, à l’exception de Niamtougou, aucun autre commissariat de Police
ne dispose de véhicule pour agir contre les coupeurs de route.
Devant cette
situation de plus en plus préoccupante, le Ministre Titikpina ne prend
aucune initiative nouvelle. S’il n’en a plus d’autre, qu’il se fasse
relayer.
Michel
ADJAVOIN
Santé : Le CMS
d’Agoè confronté à la gestion des eaux usées des populations riveraines
C’est
presque un secret de polichinelle que de dire aujourd’hui que la
municipalité a démissionné face aux innombrables problèmes auxquels la ville
de Lomé est confrontée. Dans notre dernier numéro nous abordions cela sous
l’angle des boues de vidange. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement
interpellés par le cas du bourrage de rigole au niveau du Centre
Médico-Social à Agoè, banlieue nord de Lomé.
En effet, en bordure de la nationale N°1 à Agoè au niveau du centre
médico-social (CMS) stagne dans la rigole de l’eau usée. Le spectacle paraît
anormal dans la mesure où nous sommes en pleine saison sèche où logiquement
la sécheresse que connaît cette partie du pays est censée régler cette
contradiction.
Qu’est-ce
qui explique alors cette contradiction ? Sur les lieux, il se dit que ces
eaux usées proviennent des ménages et des activités commerciales des
habitants des environs. Sont particulièrement visés, les bars se trouvant de
l’autre côté de la route ainsi que les vendeurs de brochettes.
Ce qui
suscite encore plus de curiosité dans ce spectacle désolant que nous offre
cet endroit de la ville est que l’on est en face d’un Centre de Santé où
initialement on conseille les populations de se débarrasser des eaux usées
qui favorisent la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme. Ici,
on estime que le phénomène en observation dépasse le simple ressort du
centre et repose la vraie question des difficultés de gestion des eaux usées
et pluviales à cet endroit de la ville.
Certes,
reconnaît M. Djagba, technicien supérieur en Génie Sanitaire au CMS, les
ménages versent des eaux usées mais la question va au-delà. Car, dit-il, en
aval, la rigole est délibérément bouchée par des gens qui ont érigé des
bétons et empêchent l’eau de circuler. Ceci en réaction contre l’inondation
dont leur domicile fait l’objet en période des pluies où ils sont obligés
parfois de passer trois voire cinq jours cloîtrés dans leur chambre. Du
coup, l’eau qui doit aller vers l’exutoire naturel à quelques encablures de
là se trouve bloquée causant de sérieux problèmes au CMS. « Nous ne sommes
pas encore en saison des pluies mais c’est ce qui fait que les simples eaux
usées ont du mal à couler » explique M. Djagba qui renchérit que « dans
l’immédiat, ce que nous avons réussi à faire est de désinfecter cette eau
stagnante avec de l’eau de Javel, du crésyl et Décis afin de diminuer
l’odeur et d’éviter que cela soit source de diverses contaminations ».
A moyen ou à
long terme, il se dit que l’aménagement de l’exutoire naturel et la
restauration des canalisations restent les panacées. D’ailleurs, on allègue
que l’année dernière, lorsque la situation a atteint son comble avec
l’inondation du CMS, le préfet du Golfe et d’autres autorités
administratives ont fait le déplacement pour constater de visu la réalité
sur le terrain. Dans la foulée, nous a-t-on révélé, ils ont promis des
actions pour régler le problème une fois pour de bon. Le réaménagement de
l’exutoire avait été placé au fronton des priorités.
Et hier, sur
le terrain, des Caterpillars sont entrain d’aménager des espaces pour
favoriser le stockage des eaux à la tombée de la pluie.
Mais comment
le problème de ceux qui ont érigé des bétons pour bloquer le passage des
eaux pluviales va-t-il être réglé ? Tant que cette question ne trouvera pas
de réponse consensuelle, toute initiative visant à régler le cas des eaux
usées ou de ruissellement à cet endroit est à l’avance vouée à l’échec.
Sébastien
Economie : Le
chemin de croix des Togolais
Il n’y a pas
de Togolais dont le pouvoir d’achat n’est pas réduit. En effet, qu’il soit
fonctionnaire publique ou parapublique, le citoyen togolais s’est confronté
au phénomène de la vie chère. Le salaire dont l’indice date du temps de la
colonisation ne suffit plus à faire face aux besoins du foyer.
Christophe
est enseignant dans une école primaire de la ville. Son premier fils est en
classe de 1ère dans un
collège privé de Lomé. Ce fils vient d’être exclu pour non paiement de
l’écolage. Les négociations avec le fondateur du collège ont échoué.
Remonté, il retourne à la maison, laissant ses élèves en classe, abandonnés
à eux-mêmes : « je ne peux pas faire le cours dans ces conditions »,
déclare-t-il à son directeur. Christophe n’est pas en mesure de payer à
temps l’école de son enfant. Son salaire ne le lui permet. A cela, s’ajoute
le cas des petits frères et il doit les nourrir. Cette situation dramatique
est l’expression de ce que vivent bon nombre de Togolais.
A cela, il
faut ajouter la cherté des produits, qu’ils soient de première nécessité ou
de seconde nécessité. Le prix du bol du maïs n’est plus inférieur à 500FCFA
depuis quelques années. Or le maïs est la base de la nourriture de plus d’un
Togolais. Et d’autres produits céréalières connaissent le même sort : la
cherté.
De plus, les
prix des autres produits viennent donner le coup de grâce. Les produits
pétroliers par exemple sont presque hors de portée. Les Togolais se
demandent chaque jour pourquoi le prix de l’essence est encore à 500FCFA.
Nous avons rencontré un conducteur de taxi-moto. Il est très amer. Il
revient d’Aflao (localité située à 1Km à peine de la frontière Togo-Ghana).
« Je viens de faire le plein au Ghana. Là, l’essence coûte très moins
cher. J’ai payé
10 litres et
je n’ai même pas dépensé 3000F. On ne comprend pas pourquoi chez nous on ne
veut pas diminuer le prix de l’essence
», termine-t-il d’un ton très amer.
A côté de
nous, un autre, là, un simple citoyen qui est intéressé par notre discussion
: « ce que dit le Zedman, est vrai, intervient-il avant d’ajouter :
au Bénin le litre d’essence est à 350 FCFA. Vous voyez ? Le Ghana n’a pas
encore commencé par exploiter son pétrole donc il importe aussi ! Et alors
d’où lui il importe et le Togo ne connaît pas là-bas ? », s’interrog-
t-il d’un ton mi ironique mi révolté.
Voilà la
situation qui prévaut. Et cela, tous les Togolais le murmurent tout bas, la
peine dans l’âme et surtout sans actions concrètes. Les Togolais se taisent
pour mourir.
Parlant de
pétrole, ils évoquent aussi souvent la question du ciment. Le ciment est
aussi un produit très recherché. Le Togolais est prêt à manger chaque jour
de la farine délayée afin d’économiser pour construire son petit « chez
». Mais depuis un certain temps, ce vœu devient pieux car le ciment coûte de
plus en plus cher. Or ce produit est fabriqué au Togo, le minerai qui entre
dans sa fabrication se trouve dans le sous-sol togolais. Alors le Togolais
ne comprend pas pourquoi ce produit aussi coûte si cher. Au moment d’en
augmenter le prix, les autorités avaient argué comme argument (argument
fallacieux) que c’est dans le souci d’en harmoniser le prix dans la sous
région. Alors le Togolais s’interroge à savoir pourquoi les autorités de son
pays n’harmonisent pas les prix des produits pétroliers? Il faut être dans
le secret des dieux pour pouvoir comprendre quelque chose.
Les timides
grèves ne donnent pas grand-chose. Le Togolais vit et subit de plein fouet
la détérioration de son existence. Les autorités qui ont en réalité la
charge du bien-être de ce citoyen restent muettes comme des carpes. Pire,
c’est maintenant même qu’on licencie des citoyens dont l’existence est déjà
aléatoire. Il y a à peine un mois, des employés de l’OTP (SNPT) sont
licenciés sans autre forme de procès. Qu’ont pu faire les Togolais ? Rien.
Ils ont préféré se taire pour mourir.
Jean-David MESSANGAN
Vih et maternité
: La PTME, la solution pour sauver mère et enfant
Clarisse
est enceinte de quatre mois. Depuis la première consultation prénatale, la
sage-femme qui suit sa grossesse lui a prescrit une série d’analyses au
nombre desquelles le test du sida. Elle a personnellement décidé de s’y
soumettre malgré les réticences de son mari. Mais aujourd’hui qu’elle vient
pour le résultat, la peur lui fait presque regretter sa décision.
La
transmission mère enfant
« Pour
protéger mon bébé, je dis oui au test de dépistage du sida
». C’est le
message que véhicule une publicité pour le dépistage volontaire et anonyme
du sida. C’est d’ailleurs la seule publicité qui prend en compte la
problématique sida et maternité.
Le programme
de lutte contre le sida au Togo met un accent particulier sur la prévention
et c’est dans ce cadre que se fait la promotion du port du préservatif et de
l’abstinence. Un programme pour la prévention de la transmission du VIH de
la mère à l’enfant a été également mis en place dans les centres de planning
familial et de consultation prénatale.
Dénommée «
prévention de la transmission mère enfant » (PTME), ce programme a
pour objectif d’après les sages-femmes, de « protéger la santé de la mère
et celle du bébé à travers le suivi médical ».
Tout comme
cela a été proposé à Clarisse citée dans l’introduction, le test du sida est
proposé dans le cadre de la PTME à toute femme qui vient à la consultation
prénatale. Le docteur Tchama du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS)
explique que le circuit de la PTME concerne exclusivement les femmes
enceintes et celles qui allaitent. Le contexte PTME inclut quatre
composantes à savoir la prévention primaire de l’infection chez tout
individu, la prévention des grossesses non désirées, les interventions
visant à réduire la transmission de la mère à l’enfant et le soutien aux
femmes séropositives, leurs enfants et famille.
Le programme
de la PTME explique aux futures mères que « la transmission du sida de la
mère à l’enfant se fait soit lors de la grossesse donc à travers le
placenta, soit au cours de l’accouchement ou lors de l’allaitement ».
Réalités
de la PTME
Clarisse à
l’annonce du résultat négatif de son test, avoue qu’elle est soulagée. «
Quelles ques soient les précautions que l’on prend, à chaque fois que l’on
fait son test on ressent une telle anxiété lors de la réception du résultat
».
Mlle
Bessindi A. Marie-Thérèse, l’accoucheuse auxiliaire d’Etat qui suit sa
grossesse lui confie « tu as été déclarée négative mais ça ne veut pas
dire que le sida n’existe pas. Il y a des tests ici qui se sont avérés
positifs alors il faut faire très attention et tout faire pour rester
séronégative ». Elle a donc saisi l’occasion pour sensibiliser Clarisse
sur la maladie et les précautions à prendre pour l’éviter.
Selon Mme
Tchama, dès qu’une femme est déclarée positive, elle entre dans le circuit
PTME et profite des antirétroviraux. Ces médicaments vont (dans la plupart
des cas) empêcher la transmission au fœtus qui a donc la chance de naître
séronégatif. L’accouchement pour une femme séropositive est également soumis
à certaines conditions pour éviter que le bébé ne s’infecte à cette étape.
Et enfin, il est formellement interdit à ces femmes d’allaiter leur bébé
sinon il court de grands risques de contacter le virus à travers le lait de
sa maman.
Comme ce fut
le cas pour Clarisse, l’une des réalités de la PTME est la réticence ou le
refus formel des conjoints à ce que la future mère fasse son test. « Il y
a des maris qui refusent et dans ce cas soit la femme décide de le faire
sans leur consentement, soit elle demeure dans l’ignorance », déclare
Mlle Bessindi. Pourtant ajoute t-elle « ce test est censé protéger deux
vies : celle de la mère et également celle de l’enfant ». Alors
consciemment ou non, ces hommes mettent en danger la vie de leur famille.
Une autre
réalité de la PTME est le problème de la substitution de l’allaitement
maternelle. Une jeune mère séropositive a confié sous l’anonymat qu’elle a
« subi tant de pression quand je ne donnais pas le sein à mon bébé. Ma
belle-famille m’a contrainte à le faire sans connaître mes raisons.
Finalement, mon bébé a été infecté alors qu’il aurait pu être sauvé ».
Dans nos
sociétés encore très traditionnelles, il est difficile pour la famille
d’accepter la décision d’une jeune mère de ne pas allaiter son bébé. Le sida
reste un sujet difficile à aborder en famille et en l’absence de raisons
suffisantes, la pression de l’entourage l’emporte souvent sur la PTME.
Dans
l’avant-propos du rapport de 2005 consacré à la situation des enfants dans
le monde , l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan a déclaré que
« laisser l’enfance en péril, c’est compromettre l’avenir de tous ».
Dans les
pays les plus touchés comme le Zimbabwe, des milliers d’enfants naissent
avec le VIH et les orphelins du sida peuplent des centres. Pourtant grâce à
de simples mesures comme la PTME, l’on peut éviter que des enfants naissent
avec le sida et que leur avenir soit hypothéqué par une maladie qui n’a pour
l’instant pas de remède. Aujourd’hui encore, peu de femmes enceintes
acceptent comme Clarisse de se soumettre au test du sida et pourtant,
l’Afrique demeure le continent le plus touché par la pandémie. Peut-être
qu’une plus grande volonté de la part des mères et des futures mères peut
changer la donne et inverser la tendance. L’idéal serait que tout enfant ait
le droit de vivre sainement, sans le lourd et pénible héritage du sida.
Nadia
ZIBILILA
Protection de la
démocratie et du citoyen : Mettre un frein à la prolifération des ALPC
Les ALPC
signifient Armes Légères et de Petits Calibres. Ces armes sont souvent à la
base ou favorisent les conflits armés ou les braquages. Et ces armes
circulent en quantité au Togo, en Afrique, voire dans le monde.
Le phénomène
devient inquiétant au Togo quand on sait que pas plus tard qu’avant-hier,
des bandits armés de ces types d’armes sont arrêtés par la gendarmerie
nationale. On déplore d’ailleurs 3 morts côté braqueurs. On s’en souvient
aussi que le colonel Toyi Assiah a procédé par deux fois au moins ces cinq
dernières années à l’incinération de ces armes saisies sur les braqueurs.
C’est pour
contribuer à leur manière à la non prolifération de ces armes que le Réseau
d’Action sur les Armes légères au Togo (RASALT) a organisé un concours à
l’endroit de la jeunesse togolaise ; concours qui a connu son apothéose le
17 février dans la salle de réunion du ministère de l’environnement avec la
remise des prix aux lauréats. Objectif, sensibiliser les jeunes (eux qui
utilisent le plus ces armes) à prendre conscience du ou des dangers
qu’eux-mêmes encourent et ce que cela coûte au citoyen et à l’Etat. Les
candidats avaient planché sur un seul sujet : « le contrôle des ALPC,
est-il déterminent à l’édification de l’Etat de droit et au respect des
droit de l’homme au Togo ?».
Après la
phase préliminaire, cinq candidats, sont retenus. Ceux-ci donc ont présenté
sous forme orale, devant un jury et un public, leurs travaux. De ces
présentations, beaucoup de révélations en ce qui concerne les ALPC ont été
faites.
Pour un
candidat, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que les armes légères (les
mitrailleuses, les fusils d’assaut, les révolvers, les mitrailleuses légères
etc.) circulent très facilement à Lomé et à l’intérieur du pays. Le même
candidat a laissé entendre que tout forgeron au Togo est un fabricant
potentiel d’armes. Et il conclut : « pour combattre la prolifération des
armes légères, il faut contrôler les forgerons, concevoir un programme de
sensibilisation à leur endroit ». Car pour que l’effet cesse, il faudra
que la cause cesse aussi.
Un autre
candidat pense pour sa part que les actions menées par les autorités en
charge de la sécurité sont insuffisantes, à la limite, inefficaces. Il va
falloir penser la lutte autrement. Ce n’est pas parce qu’on a construit un
magasin de stockage de ces armes saisies que le phénomène va cesser. Et
d’ajouter qu’un élève de l’école française (un enfant d’une haute
personnalité du pays peut-être ou sans doute) lui a confié avoir loué tout
récemment un pistolet pour se rendre dans son village. C’est dire à quel
point le contrôle sur la circulation de ces armes est mince.
L’autre
candidat qui a retenu l’attention est celui qui a démontré comment la
prolifération des armes est un coup porté à la démocratie et à l’Etat de
droit. Pour lui, ces armes sont source de violence. Et qui dit violence, dit
atteinte à la démocratie. Il a donné l’exemple des pays en guerre tels la
RDC, le Soudan avant de revenir au Togo pour citer l’insécurité grandissante
que le citoyen vit au quotidien.
Le 1er prix
est allé à M. Kpadé Koffi Elom, étudiant en 4è année de droit à l’Université
de Lomé (UL). Il a empoché une enveloppe de 150.000FCFA.
Plusieurs
discours sont prononcés à l’occasion. Que ce soit M. Moussa Gassama,
représentant résident du Haut commissariat des Nations Unies pour les droits
de l’homme, que ce soit le représentant du ministre de la sécurité ou Mme
Claudine Kpondzo-Ahianyo, représentant le WANEP, tous sont unanimes : vivre
à l’abri des violences, est un besoin fondamental. Il n’y a pas de
développement durable sans sécurité. Droit de l’homme, sécurité vont de pair
et le non contrôle des armes légères contribue à la recrudescence de la
violence.
Jean-David MESSANGAN
Université de
Lomé : Deux ouvrages du professeur
Amouzou Essè présentés hier
« La
sociologie de ses origines à nos jours »
et « Les handicaps à la scolarisation de la jeune fille en Afrique Noire
» ; voilà les titres de deux ouvrages au centre d’une présentation ce 19
février à l’auditorium de l’Université de Lomé. Publiés par M. Amouzou Essè,
Maître de Conférences et Responsable des Formations Doctorales en
Sociologie, ces ouvrages, par leurs orientations et les démarches
scientifiques ayant caractérisé leur rédaction, constituent un témoignage
vivant de ce que les enseignants chercheurs togolais peuvent apporter de
concret à la communauté scientifique.
Le premier,
« La sociologie de ses origines à nos jours » constitue selon
l’auteur, une réaction face au très infime « nombre d’ouvrages qui
retracent le parcours de cette science- carrefour, de sa genèse jusqu’à nos
jours… en mettant à la disposition du public universitaire et de toutes
personnes éprises des questions de développement, un livre susceptible de
les éclairer sur cette science en perpétuelle évolution et de son immense
contribution au progrès des sociétés humaines ». Pour l’Universitaire
togolais, ce qu’il faudra surtout retenir de cet ouvrage est l’accent «
qui y est mis non pas sur les africanistes mais sur les auteurs africains.
Car l’Afrique regorge de chercheurs de haute qualité mais dont les
réflexions et travaux sont jusqu’ici passés sous silence pour des raisons
surtout politiques ».
Le second,
« Les handicaps à la scolarisation de la jeune fille en Afrique Noire »
est selon le sociologue Amouzou, l’expression même des entraves à la
scolarisation de la junte féminine. L’auteur part des expériences tirées des
travaux de terrain au Togo, au Bénin et au Tchad pour aboutir à la
conclusion selon laquelle « il existe encore des religions, des coutumes,
des rites et des mœurs qui restent largement favorables à la non
scolarisation des filles parce qu’elles sont de sexe féminine ». Et de
citer ici les préjugés socio sexistes, les mariages forcés ou précoces, le
confiage…
Il s’agit
donc des travaux qui selon d’éminents chercheurs apportent un plus à la
connaissance humaine dans ces différents domaines. A la sortie de la
présentation, le Professeur Nubukpo, Doyen de la Faculté des Lettres et
Sciences Humaines de l’Université de Lomé a félicité « le collègue
Amouzou qui a sorti coup sur coup deux ouvrages. Le premier est une
archéologie de la sociologie… un outil de travail et de recherche qu’il a
mis à la disposition des étudiants et des autres. Le deuxième qui porte sur
le développement de la jeune fille, est également un sujet d’actualité. Et
je crois que les problèmes liés au retard de la jeune fille méritent d’être
pris au sérieux. Mais en même temps, je souhaiterais qu’on aille au-delà du
simple recensement des problèmes et que l’on se mette à trouver des
solutions très concrètes », appel que l’auteur a également lancé en
direction des décideurs politiques et des institutions internationales
acquise à la cause féminine..
Sébastien |
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Nouvelle
géopolitique mondiale : Barack Obama et les droits humains |
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Le Canard Indépendant 229 du 13 fev. 2009 |
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Une certaine euphorie s’est emparée du monde entier
lorsque, le 04 novembre 2008, un certain Barack Obama est élu 44ème président
des Etats-Unis d’Amérique (USA). Même la Russie, l’éternel « ennemie » des
USA sans pour autant jubiler, a quand même félicité implicitement le
nouveau locataire de la Maison Blanche.
En ce qui
concerne les défenseurs des droits humains, cette euphorie trouve sa raison
du moins pour le moment.
L’homme
du changement
« Yes we can
change ». Tel est le slogan qui a martelé toute la campagne de Barack Obama.
Très tôt donc, ses compatriotes ont compris à travers les joutes oratoires
du jeune président qu’une nouvelle ère souffle sur l’Amérique voire le monde
entier. Dès lors, à partir des élections primaires déjà, Obama force
l’admiration de nombre d’Américains par ses messages à propos de sa vision
sur les USA et le monde.
Pendant la
grande campagne présidentielle, les langues se délient. Les soutiens
viennent de partout, même du camp républicain. Alors, il sait que ses
messages sont compris. Conséquence, il est élu avec un nombre écrasant de
voix.
Dans son
discours d’investiture le 20 janvier, il est revenu sur son programme. Pour
nous, c’est un programme qui prend en compte sans le savoir les droits
humains. « Nos pères fondateurs ont rédigé une charte qui assure un Etat de
droit et les droits de l’homme (…). Ces idéaux éclairent toujours le monde
et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme » a dit en substance
Barack Obama pour faire comprendre qu’il va suivre et défendre la
constitution. Il ne la toilettera pas.
S’agissant
des erreurs commises par son prédécesseur en matière de relation
internationale ayant débouché sur les violations des droits de l’homme en
l’occurrence en Irak et en Afghanistan, le nouveau président a déclaré :
«nous commencerons par laisser l’Irak de façon responsable à son peuple. Et
nous forgerons une paix méritée en Afghanistan ». Privilégiant le dialogue,
il dit : « avec de vieux amis et d’anciens adversaires, nous travaillerons
sans relâche pour réduire la menace nucléaire et repousser le spectre d’une
planète réchauffée ».
S’adressant
aux dirigeants qui violent constamment les droits humains en sabordant leur
peuple, le président a déclaré « ces dirigeants à travers le monde qui
cherchent à semer le conflit ou à mettre les maux de leur société sur le dos
de l’Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous savez
construire, pas ce que vous détruisez ». Et Barack Obama de poursuivre : « à
ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption et le mensonge et qui
étouffent la dissidence, sachez que vous vous situez du mauvais côté de
l’histoire».
Des
actions de Barack Obama
Quelques
deux jours après son investiture, le nouveau locataire de la Maison Blanche
a commencé par joindre l’acte à la parole.
S’il a
mandaté une commission qui s’occupe du problème du Proche Orient (Israël et
la Palestine), il a surtout pris un acte concret : la fermeture de la prison
militaire de Guantanamo à Cuba. Cette prison devenue célèbre sous Georges
Bush Jr est reconnu célèbre par les violations massives des droits de
l’homme : des tortures à répétitions, tortures physique et morale sont
légion.
A l’annonce
de la fermeture de cette prison tristement célèbre, les associations de
défense des droits humains ont applaudi.
Irène Khan, secrétaire générale d’Amnesty International (AI) n’a pas hésité
à laisser éclater sa joie : « c’est un moment de grande joie pour nous tous
» a-t-elle laissé entendre quand 48 heures à peine après sa prise de
fonction, Barack Obama a pris trois grandes décisions : la fermeture de
Guantanamo Bay ; la fermeture des centres de détention de la CIA et
l’abolition de la torture et mauvais traitements durant les interrogatoires.
« Nous
analysons ces décisions pour s’assurer que tout sera mis en œuvre pour leur
application effective », a dit en substance Irène Khan qui a ajouté : « mais
en attendant nous avons une grande raison de célébrer notre victoire ».
En clair,
voilà un président qui, non seulement met en application son discours
programme mais surtout s’intéresse aux problèmes des droits humains. Alors,
tout ce qui reste à faire pour les défenseurs des droits humains est de
souhaiter que Barack Obama ne s’arrête en chemin mais d’aller jusqu’au bout
de ses actions. De plus, ces actes posés doivent encourager les défenseurs
des droits humains à continuer leurs lobbyings pour qu’ils célèbrent un jour
la joie de voir les USA adhérer aux statuts de Rome.
Jean-David
MESSANGAN
Poursuite des
travaux du CPDC : Risque d’enlisement sur deux points
Les travaux
du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation entamés il y a juste une
semaine à la primature sous la présidence du ministre d’Etat Pascal Bodjona
se poursuivront encore ce matin à 10h.La séance d’ hier qui s’est déroulée
de 11h à 16h a pris fin sans réelle avancée significative.
Le moins que
l’on puisse dire est que le dialogue peine à évoluer sereinement. Pour
l’instant, les différentes parties prenantes au dialogue donnent
l’impression de ne pas verser dans des déclarations tendancieuses de nature
à obscurcir l’horizon. Sinon dans la réalité pas grand – chose n’est fait.
Et ceci on peut le remarquer en disséquant les communiqués présentés à la
presse le mercredi et le jeudi par le secrétaire Général à la présidence, M
Seleagodji Ahoomey-Zunu.
Déjà
mercredi, le communiqué annonçait que « … Les points en suspens étaient
adoptés à l’ exception du point relatif au recours au facilitateur qui est
réservé pour demain (hier jeudi). Ensuite les questions prioritaires ont été
abordées. Les débats ont débuté sur le premier point de ces discussions
prioritaires en l’occurrence le Code électoral. Dans ce contexte, les
membres du CPDC sont tombés d’accord et ont réaffirmé le principe de
l’organisation des élections par la CENI. Les discussions se sont
poursuivies sur la composition de la CENI ». Logiquement, on doit alors
s’attendre à ce que les travaux, le jeudi permettent d’en finir avec les
questions relatives au facilitateur et à la composition de la CENI. Mais
rien n’y fit.
Car selon le
communiqué final, « … les membres du CPDC ont convenu de poursuivre les
discussions sur la question du recours à la facilitation. S’agissant de
l’examen du code électoral, les membres du CPDC se sont accordés sur la
représentation politique au sein de la CENI. Celle-ci sera faite sur la base
d’une répartition entre la majorité parlementaire et l’opposition
parlementaire. En ce qui concerne le nombre des membres des partis
politiques au sein de la CENI et la clé de répartition, les membres du CPDC
ne se sont pas mis d’accord sur ces deux points », indique le
communiqué.
Ainsi donc,
la question du facilitateur et celle de la répartition des membres à la CENI
restent les points d’achoppement sur lesquels le débat trébuche. Or, à la
reprise des travaux mardi, après la première réunion d’il y a une semaine,
l’opposition parlementaire avait fait de la question du recours au
facilitateur son cheval de bataille estimant au passage que c’était ce que
prévoit l’Accord politique global signé le 20 août 2006. Le RPT lui, fort de
ses 50 députés à l’Assemblée nationale ne cache pas son envie de voir tout
se régler au parlement où les dés peuvent être facilement pipés en sa
faveur. Voilà pourquoi, depuis on fait du surplace sur ce sujet et que
chacun tente de tirer le drap de son côté. Mais le drame serait de voir ces
points constituer un blocage définitif sur lequel on ne parvienne pas à un
consensus. Car, au-delà des calculs politiciens, l’intérêt national doit
toujours prévaloir pour que, une fois pour de bon, l’on extirpe le Togo du
bourbier actuel. Loin de nous l’idée de vouloir donner l’impression des gens
qui se livrent à des prophéties de mauvais augures mais on craint fort que
les discussions s’enlisent. Car dans les coulisses bien de choses se disent
et elles ne sont pas de nature à plaire.
L.R.
Malaise social :
Le gouvernement Houngbo sous forte pression
Depuis le
début de cette année 2009, le gouvernement du Premier ministre Gilbert
Houngbo fait face à une série de grèves déclenchées pratiquement toutes les
semaines dans les différents secteurs de l’économie du pays. Malgré le
ras-le-bol exprimé à travers ces manifestations par divers corps sociaux,
des solutions définitives ne sont toujours pas trouvées à leurs problèmes et
le chemin conduisant aux élections présidentielles en 2010 reste bien
escarpé pour le parti RPT au pouvoir.
Après quatre
mois passés à la tête du gouvernement, le Premier ministre Gilbert Houngbo
n’a pu apporter de changements notables dans le quotidien des Togolais. Les
conditions de vie et de travail du citoyen togolais est et reste l’une des
plus misérables dans la sous-région. Du côté du pouvoir, on ne sent aucun
effort pour relever le niveau de vie de cette population malgré la hausse
quasi permanente des prix des produits sur le marché national et
international. Les richesses du pays continuent par profiter à une petite
tranche de la population comme ce fut toujours le cas depuis le régime de
Gnassingbé père. Dans certains secteurs, les dispositions prises ne sont pas
de nature à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la
population mais plutôt à les rendre plus difficiles.
Devant une
telle précarité de leurs conditions de vie, les travailleurs et mêmes les
étudiants n’ont pu s’empêcher d’organiser des manifestations pour mettre
sous pression les membres du gouvernement.
Les
étudiants de l’ENAM se signalent
Dans la
semaine du 12 au 16 janvier 2009, sages-femmes et étudiants de l’Ecole
Nationale des Auxiliaires Médicaux se sont faits entendre par des
manifestations organisées au sein de leur établissement pour exiger le
déblocage de l’aide qui leur est accordé pour cette année académique
2008-2009 et l’amélioration de leur condition de stage.
En effet
face aux difficultés engendrées par la suppression des bourses, les
étudiants ont entrepris, l’année écoulée, des démarches qui ont abouti à
l’octroi d’une aide en remplacement des bourses à tout étudiant inscrit à
partir de cette année académique. Mais au jour d’aujourd’hui cette
disposition n’est pas appliquée malgré les actions répétées des étudiants de
l’ENAM. L’achat de certains matériels de travail imposé aux étudiants lors
des stages non payés constitue un autre point de leurs revendications
auxquelles le ministre de la santé, Komlan Mally a du mal à trouver une
réponse.
Le
débrayage des enseignants
Les 5 et 6
février derniers les enseignants ont observé deux jours de grève pour
attirer l’attention du gouvernement sur leurs conditions de travail. Dès le
début de cette année, au cours d’une assemblée générale extraordinaire
tripartite tenue le 7 janvier, les délégués syndicaux des enseignants ont
formulé un certain nombre de doléances d’ordre professionnel et social à
l’endroit du gouvernement. Ils réclament entre autres des avancements de
grade avec jouissance rétroactive immédiate pour certains, des révisions de
situations administratives, des reclassements et le paiement des arriérés de
salaire d’octobre 1999 pour d’autres. Ils rappellent également aux autorités
de tenir leur engagement relatif à la réintégration des licenciés de 1999,
exigent l’abrogation du décret instituant le cadre des enseignants
auxiliaires et demandent qu’il leur soit accordé des primes de bibliothèque,
de nuit, d’éloignement, de recherche et de logement.
Face à la
détermination des enseignants, le gouvernement doit vite faire pour éviter
d’autres congés forcés aux élèves.
Les
transitaires furieux contre le COTEC
Les
activités ont été bloquées pendant près d’une dizaine de jours au Port
Autonome de Lomé (PAL) pour cause de grève lancée par les syndicats des
transitaires et déclarants en douane. A l’origine du mécontentement,
l’augmentation des taxes douanières perçues par la Compagnie Togolaise
d’Evaluation et de Contrôle (COTEC) pour le compte de la direction générale
des Douanes sur les véhicules d’occasion. En décembre 2008, les responsables
de la douane ont introduit un système d’évaluation informatique des voitures
d’occasion piloté par la COTEC. Un décryptage du numéro de châssis des
véhicules à partir des bases de données en Europe, Asie ou aux Etats-Unis
permet d’obtenir le prix de vente de chaque véhicule sur le marché
international. Alors la valeur douanière des véhicules calculée à la base de
ce prix est largement revue à la hausse. Des sources proches des syndicats
des transitaires estiment à plus de 50% la chute observée au niveau de la
vente des véhicules d’occasion au Togo.
Ainsi les
syndicats des transitaires ont-ils décidé de prendre le taureau par les
cornes en obligeant les autorités douanières à faire marche arrière dans ce
dossier du COTEC avant que les clients n’abandonnent tous, le Port de Lomé
pour celui de Cotonou ou d’ailleurs.
Les
étudiants de l’EAMAU persistent et signent
Entamée
depuis le 21 janvier dernier, la grève des étudiants de l’EAMAU se poursuit
malgré les menaces d’exclusion proférées à l’égard de ces étudiants par les
responsables du ministère de l’Enseignement technique et les membres du
conseil d’administration de cette école. Un communiqué ministériel en date
du 04 février 2009 invitait les étudiants, pour une dernière fois à
reprendre les cours le lundi 9 février à 7 h 30, passé ce délai, les
étudiants absents seront considérés comme démissionnaires. Ce communiqué lu
par Me Olivier Amédjogbé Kouevi, Ministre de l’Enseignement Technique et de
la Formation Professionnelle, vice-Président du Conseil d’Administration de
l’EAMAU n’a pas fait changer d’avis les étudiants qui se sont réunis en
Assemblée Générale le 05 février pour décider de poursuivre leur mouvement
en exigeant purement et simplement le départ de leur Directeur Général, M.
N’da Kuadjo N’Guessan. Les revendications des étudiants concernent la
construction de logements supplémentaires sur le site du campus pour
accueillir tous les étudiants (plus de la moitié des 250 étudiants, logent
en ville), l’amélioration des conditions d’étude, à commencer par les salles
de cours plus spacieuses et climatisées, l’accès à l’internet et la
suppression de frais d’entrée à la bibliothèque.
Michel ADJAVOIN
Conflit entre
la COTECNA et les commerçants d’Adawlato : Les regards des commerçants
tournés vers le PM
Mercredi
11 février. Dans le plus grand marché du Togo, l’ambiance est assez morose.
Comparativement au raz de marée humain qui a pris d’assaut le marché pendant
les préparatifs des fêtes de fin d’année, le marché est presque vide. « On
ne voit que les vendeurs. Les acheteurs sont presqu’inexistants. Et pourtant
c’est aujourd’hui un jour de marché. A cette allure et avec tous nos
problèmes, je ne sais pas comment nous allons faire pour rembourser nos
prêts aux banques », se lamente Da Madjé, revendeuse d’articles
vestimentaires qui tient une boutique.
La
COTECNA, le problème qui est de trop
Le problème
entre les commerçantes et la COTECNA concerne la majoration des frais
douaniers. Selon le collectif des commerçants et revendeurs du marché d’Adawlato,
le dédouanement des conteneurs de marchandises se fait par la capacité du
conteneur. Ainsi, le dédouanement d’un conteneur de 20 pieds revient à
2.000.000FCFA et celui de 40 pieds 3.000.000. Ces frais de dédouanement se
sont vus portés à 4.000.000 et 6.000.000, le double donc. Ceci agit sur les
bénéfices et les chiffres d’affaires car selon les femmes, « si on
n’augmente pas les prix des articles, on ne gagne pratiquement rien. Alors
qu’avec la crise actuelle, les clients ne sont pas prêts à supporter une
majoration des prix des articles et en plus il y a la concurrence ».
« Vue la
mévente qui prévaut sur le marché d’Adawlato due :
Au cout
actuel du dollar et à la montée des devises étrangères
A la
monté croissante du coût des impôts et taxes
Au
système (COTECNA) actuel imposé par les autorités portuaires entraînant la
sortie tardive des conteneurs et l’augmentation exorbitante des frais de
douanes…
Nous
commerçants et revendeurs du marché d’Adawlato avons jugé qu’il serait juste
et bon qu’on se retrouve pour en discuter et trouver des approches de
solutions en vue d’améliorer notre situation actuelle…………
».
Ainsi était
formulé le premier avis de réunion des femmes du marché pour discuter de la
crise qui secoue actuellement le secteur. Cet avis date du 07 janvier.
A la suite
de cette réunion, des solutions ont été proposées et une autre réunion a été
fixée une semaine plus tard au 15 janvier. Cette seconde réunion s’est tenue
au même lieu que la précédente à l’école primaire publique de Lomé-Port. Il
a été décidé à l’issue de cette deuxième réunion de rencontrer le directeur
général des douanes, M. Ably Bidamon Dédériwé et les représentants de la
COTECNA. Le jeudi 29 janvier, cette rencontre a eu lieu. Le collectif a
également rencontré le ministre du commerce, Madji Lorenzo le 30 janvier.
Toutes ces
rencontres n’ont accouché que d’une souris : la promesse de transmettre
leurs doléances au Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo.
Les
commerçants sont confiants
Après toutes
ces démarches, les membres du collectif se sont retrouvés le 02 février au
centre communautaire d’Adjangbakomé pour se concerter. « Pour le moment,
nous en sommes là à attendre la réponse du premier ministre. Ce n’est pas
encore tard. Ça fait moins de deux semaines et on espère qu’il donnera une
suite favorable à notre dossier sinon les choses ne vont pas bien du tout ».
explique Hamadou, un membre du collectif. Il ajoute que « les
marchandises que j’aies actuellement dans ma boutique, je les aies
dédouanées au nouveau tarif. Ça m’a couté les yeux de la tête. Il faut que
ce problème trouve rapidement une solution car la plupart d’entre nous, on a
contracté des prêts auprès des banques et il nous faut vendre et faire des
bénéfices pour rembourser ».
Au jour
d’aujourd’hui, ils espèrent encore la réponse du Premier ministre même si
certains comme Emilie, l’une des membres du collectif pensent qu’il faut
directement demander une audience au chef de l’état. Selon elle, « nous
sommes des acteurs de développement et nous avons notre place dans le
développement économique de ce pays. Pourtant on a l’impression que personne
ne se soucie de notre sort. Les boutiques appartiennent aux libanais alors
que le marché a un comité de gestion. Cet état de choses fait que ces
boutiques sont hors de prix et coûtent parfois jusqu’à
300.000f par
mois. Il y a tout un théâtre pour la réfection du marché mais on dirait que
tout est fait dans le désordre et sans souci pour nos ventes et maintenant
nous devons affronter cette histoire avec la COTECNA. Notre seul espoir est
qu’une solution soit vite trouvée à ce dernier problème».
Le Premier
ministre Houngbo a donc la lourde responsabilité de répondre aux attentes de
tous ces opérateurs économiques qui n’ont qu’un souci : rembourser leurs
prêts contractés auprès des banques et écouler leurs stocks de marchandises
sans peur de faire faillite.
Nadia ZIBILILA
Environnement : La ville de Lomé à
la merci des déchets liquides
Il y a
quelques jours, alors qu’il se rendait au stade de Kégué où devait se tenir
une rencontre des membres du nouveau bureau de la Fédération Togolaise de
Football à laquelle la presse était conviée, notre reporter avait été
interpellé par un fait : le déversement à l’air libre des boues de vidanges
dans la réserve aux environs du siège de la Fédération par des camions
citernes. Cet acte a priori anodin mais inadmissible aux yeux des
défenseurs de la cause de l’environnement a suscité ce papier dont la
préoccupation est de retracer les dangers des déchets liquides à Lomé.
« Les
citadins doivent faire face quotidiennement à un ensemble de problèmes dont
la dégradation avancée des voiries, la défaillance de la gestion des ordures
ménagères dans toutes nos agglomérations ». Cette déclaration du
ministre togolais de l’Urbanisme et de l’Habitat, Okoulou Kantchati lors de
la célébration de la journée mondiale de l’Urbanisme le 08 novembre 2008,
avait pratiquement tout dit en ce qui concerne les ordures ménagères
(déchets solides). Mais on était loin de penser que cette déclaration
pourrait être valable pour les déchets liquides qui, à l’opposé des déchets
solides, ne jonchent pas de façon visible les rues de la capitale.
Dans la
réalité, la situation est pire. Car, après le tour d’horizon du sujet, il
ressort qu’en dehors de Kégué d’autres endroits tels le campus, le Port
Autonome de Lomé, la lagune de Bè et même la mer font l’objet de ce
déversement. S’agissant de la mer, il se dit que la plupart des
entreprises se trouvant dans la zone portuaire y déversent leur déchet
solide comme liquide dans la mer. Ce qui pollue celle-ci la mer et détruit
les ressources halieutiques. A Bè ou autres quartiers en bordure de la
lagune, on affirme que les riverains y drainent les eaux usées de leur
maison. Mais le cas le plus alarmant est celui dont sont victimes les lieux
habités.
A la
municipalité, on reconnait volontiers que le problème est réel et que toute
la difficulté de la ville réside dans l’inexistence d’un véritable programme
de gestion de ces déchets. « Avant, entre 1970 et 1980, ces déchets
étaient à la charge de la Société Togolaise d’Enlèvement des Ordures
Ménagères et d’Assainissement, SOTOEMA. Mais, depuis les années 1990 avec
les troubles liés à la démocratie entrainant la rupture de la coopération
avec le pays et les difficultés de recouvrement, SOTOEMA a fait faillite et
la gestion de ces déchets n’est plus ce qu’elle devrait être », a
martelé M. Nagou de la Mairie de Lomé. Selon lui, avant les troubles, tout
se versait dans deux décharges à Bè-Kpota (Doganto) et à Kodomé. Mais
aujourd’hui, avoue-t-il, le domaine est tenu par des hommes d’affaires sans
scrupule qui inondent les rues de camions citernes et qui font la décharge
n’importe où.
La situation
a atteint un degré où, dans un communiqué daté du 18 décembre 2008, le
ministre Kossivi Ayikoé de l’Environnement et des Ressources Forestières
mettait en garde contre cette pratique. « Il m’a été donné de constater
que malgré les multiples rappels à l’ordre, des véhicules continuent à
déverser des boues de vidange dans les quartiers et au port autonome de
Lomé, compromettant ainsi la salubrité desdites zones », rappelait le
communiqué qui indique qu’à ce jour, le seul endroit approprié pour ce genre
de déchet est « la déposante transitoire d’Attidjin aménagée à cet effet
et située non loin du poste de péage de Zanguéra » sur la route de
Kpalimé. Un tour à Attidjin ce jeudi a permis de constater de visu
l’effectivité de la décharge. Entre 9 h et 10 h 30, cinq (5) camions chargés
de déchets liquides ont pu déverser des boues de vidange. Le responsable du
syndicat national des Services de vidange du Togo SYNASVITO (créé en 2006)
M. Klutsè, estime qu’en moyenne entre 15 et 25 camions arrivent tous les
jours. Ce qui visiblement ne représente rien par rapport au nombre de
camions opérant quotidiennement dans la ville. Selon M. Klutsè, les prix
sont pourtant fixés de manière à encourager les camionneurs à venir à
Attidjin. « Nous avons tenu compte de la situation du Togolais moyen en
fixant le prix part quartier. Zone Kpogan-Attidjin 50.000 ; zone Bè et
Akodesséwa-Attidjin 30.000 ; zone Adidogomé et Agoè-Attidjin 22.000 »,
a-t-il dit avant de déplorer que malgré cela, « certains camarades prennent
le vilain plaisir de le déverser à Kégué contre 15 ou 18.000 ». En tout, il
dit être en mesure de déceler 14 décharges anarchiques institués
illicitement par certains camionneurs.
De fait, le
rappel à l’ordre du ministre ne faisait que prendre en compte les
préoccupations de la loi cadre sur l’environnement qui interdit le
déversement de ce genre de déchets dans des zones habitées. Seulement, dans
le contexte précis de Lomé, la solution du ministre qui invite à se rendre à
Zanguéra pose un problème en ce sens qu’il est difficile qu’un déchet
prélevé à Kpogan ou à Agbata sur la route d’Aného, soit acheminé jusqu’à
Zanguéra, sur la route de Kpalimé. D’où la nécessité de chercher une seconde
décharge.
En réalité,
la situation ne devrait pas être préoccupante si ce phénomène ne drainait
pas des conséquences néfastes. Car au-delà d’une simple mauvaise gestion de
déchets, il s’agit d’une situation qui prédispose à des maladies. Un
épidémiologue de la Faculté Mixte de Pharmacie et de Médecine de
l’Université de Lomé contacté à cet effet précise que ces décharges
anarchiques font courir de sérieux risques à la population. Selon cet
éminent enseignant qui s’est confié sous le couvert de l’anonymat, cela «
peut entrainer des maladies comme la diarrhée, la parasitose intestinale,
le choléra, des maladies bactériennes et virales… ». Et le professeur de
conclure en regrettant qu’il a « plusieurs fois mis en garde en vain
contre ces pratiques à haut risque ».
Comme pour
renforcer la position du médecin, M. Gado Tchangbedji, Maître de Conférences
à la Faculté des Sciences de l’Université de Lomé, et responsable du
Laboratoire de Gestion, de Traitement et Valorisation des Déchets, estime
qu’il existe un lien étroit entre ces déchets gérés de façon anarchique et
la propagation du choléra. Pour M. Gado, les matières fécales des malades de
choléra déversées à l’air libre peuvent être source de contamination pour
des gens bien portants. Il va plus loin et parle également de la fièvre
typhoïde. Toutes ces déclarations arrivent au lendemain d’une épidémie de
choléra déclenchée à Lomé en novembre 2008 faisant sept victimes et 620
malades (voir notre confrère Liberté N° 462 du lundi 02 février 2009 qui
reprend (Savoir News). Dire qu’il y a un rapprochement entre ces
déversements anarchiques et ce cas d’épidémie, il n’y a qu’un pas qui est
d’ailleurs très vite franchi. Surtout que les dernières inondations qu’ont
connues certains quartiers de la ville ont drainé des déchets qui ont
ensuite contaminé l’eau des puits dont se servent quotidiennement les
populations pour leurs divers besoins.
L’avenir
des déchets
De source
proche de la mairie de Lomé, on avance qu’à la faveur de la normalisation
des relations entre le Togo et les partenaires en développement, tout
rentrera très prochainement en ordre. Ici, il se dit qu’avec une
collaboration des partenaires, un véritable programme de gestion de ces
déchets sera mis en place. « Nous allons bientôt commencer un travail de
fond en ce sens avec la participation active des sociologues, urbanistes,
géographes, chimistes et autres, pour voir dans quelle mesure on peut
arranger cette situation », a confié M. Nagou.
Une position
qui certainement rencontrera un écho favorable auprès du Laboratoire GTVD
dont le responsable M. Gado se dit déjà disponible. Pour ce dernier, la
possibilité de recyclage de ces déchets existe. « L’étude sur ces déchets
n’est possible que quand on a un objectif à atteindre. Et nous au
Laboratoire, nous estimons qu’avec ces produits, nous pourrons passer par
des transformations pour voir dans quelle mesure on peut aboutir au gaz pour
la cuisine. Ce qui diminuerait la dépendance vis-à-vis du charbon de bois
dont l’obtention pose d’autres problèmes d’environnement », a dit M.
Gado. Pour lui, « les déchets liquides comme les déchets solides sont des
éléments que l’on peut mettre à profit pourvu qu’il y ait les moyens de
mener les recherches nécessaires. » Ce qu’il a d’ailleurs commencé à
faire au niveau des déchets solides grâce au projet CORUS de l’Ambassade de
France.
Sébastien
Métiers : Coup
d’arrêt au commerce d’essence aux abords des routes !
Un tour
ces jours-ci sur certaines artères de la ville de Lomé ne laisse aucun
doute. Les commerçants d’essence aux abords des rues ont rangé bouteilles,
entonnoirs etc. qui servent à ce commerce. La cause est que le gouvernement
par un communiqué publié le 20 janvier dernier en a décidé ainsi. Par cette
décision, le gouvernement compte amener les utilisateurs d’engins à
s’approvisionner désormais dans les stations d’essence agréées.
La vente
d’essence dans les coins et recoins de la ville de Lomé et ses alentours qui
avait pris de l’ampleur ces derniers temps vient de connaître un coup
d’arrêt. « … la vente des carburants aux abords des rues est formellement
interdite… », indique en substance le communiqué du ministre délégué
auprès du président de la République chargé du commerce et de la promotion
du secteur privé, Guy Madjé Lorenzo.
Les raisons
selon le gouvernement, c’est d’empêcher les commerçants véreux qui font des
stocks d’essence pour les revendre au Togo à cesser ces activités. La
majeure raison pour laquelle beaucoup s’adonnent à cette activité lucrative
est que le prix de l’essence est relativement bas dans les pays limitrophes.
Ainsi, des gens importent à moindre coût de l’essence du Bénin voisin pour
l’écouler sur le marché togolais à un prix concurrentiel à celui pratiqué au
Togo.
Gérard
Koumédzro, togolais, la trentaine environ, pratiquait ce commerce jusqu’à la
date du 28 janvier. « Je faisais ce commerce depuis 2006 et c’est mieux
que de rester à la maison », nous confie-t-il. Maintenant Gérard est
désemparé et ne sait à quel saint se vouer pour subvenir aux besoins de sa
petite famille de deux enfants. « C’est grave », se contente-t-il de
déplorer.
« …toute
vente en dehors des canaux de distribution agréés est formellement
interdite. Des contrôles et saisies sont effectuées par l’administration et
les contrevenants à cette disposition seront sévèrement punis conformément à
la loi n° 99-011 du 28 décembre 1999 portant organisation de la concurrence
au Togo », souligne le communiqué.
Jusqu’à
présent le prix de l’essence à la pompe reste élevé par rapport au Bénin 350
F le litre et au Ghana 250F le litre. Le gouvernement ne peut enrayer
définitivement ce commerce qu’en uniformisant les prix à la pompe avec les
pays limitrophes.
On se
rappelle les situations de pénurie de ciment qu’a connues notre pays dans
le courant du mois de juillet 2008 dues à l’exportation illégale du ciment
destiné à la consommation nationale vers les pays voisins où les prix de
vente sont plus élevés que ceux pratiqués au Togo. Le gouvernement a
purement et simplement revue le prix du ciment togolais à la hausse pour
dissuader les commerçants à exporter le ciment vers les pays voisins malgré
la situation financière difficile des Togolais à l’époque.
Dans ce cas
d’espèce, uniformiser le prix de l’essence à la pompe au Togo avec le prix
des pays voisins est la seule solution salutaire pour tous.
Messan
Akpata s’est déjà habitué à s’approvisionner au Ghana voisin. Il explique «
je vais faire le plein à Aflao avec 2000Fcfa et c’est parti encore pour
une semaine », confie-t-il. Alors si on empêche les commerçants de
vendre pourra-t-on empêcher les consommateurs d’acheter ailleurs?
K.
WEMENE (stagiaire) |
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Le Canard Indépendant 228 du 6 fev. 2009 |
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Blocage
du processus de modification du code électoral : Faure Gnassingbé opte pour
la solution conventionnelle |
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La perspective
de la capitale échéance électorale de 2010 approche. De plus en plus, la
tension monte entre les acteurs. La pomme de discorde, la démarche devant
aboutir à une modification convenue du code électoral. Désormais placé
devant ses responsabilités, le Chef de l’Etat, vient de prendre ses
responsabilités.
A l’issue de la
conférence des présidents tenue au niveau de l’Assemblée nationale le 2
février dernier, la Représentation nationale s’est résolue à renvoyer trois
projets de loi au gouvernement. Il s’agit du projet de loi modifiant le code
électoral, celui relatif au statut de l’opposition et un dernier portant
réforme de la Haute Autorité de Audiovisuel et de la Communication (HAAC).
On se rappelle
que le gouvernement réuni en conseil des ministres le 26 janvier, avait
demandé la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale, pour
plancher sur les trois textes. Mais les deux formations de l’opposition
parlementaire, le CAR et l’UFC, avaient élevé des protestations sur la
démarche du gouvernement. Les deux partis ont estimé que le gouvernement en
procédant ainsi, violait l’Accord Politique Global (APG).
En effet, signé
en Août 2007 entre les protagonistes de la crise socio-politique au Togo, l’APG
prévoyait des réformes constitutionnelles et institutionnelles, dans le but
de garantir la tenue d’élections régulières, équitables et transparentes.
L’Accord obtenu sous la facilitation du Président du Faso, Blaise Compaoré,
recommande un consensus entre les signataires, dans l’opération des
réformes.
Ainsi, suite au
renvoie au gouvernement des textes, une options sur trois, s’imposait au
Chef de l’Etat, qui vient de trancher.
L’option du passage en force
Comme bien de
fois par le passé, des observateurs avertis de la scène politique togolaise,
soupçonnent le RPT de vouloir opérer un passage en force. Le président de
OBUTS, l’ancien premier ministre Agbéyomé Kodjo, ne s’est d’ailleurs pas
privé de soulever l’inquiétude dans un communiqué daté du 27 janvier 2009,
relatif au projet de loi modifiant le code électoral. « La précipitation du
chef de état pour exiger la ratification de ce projet de loi, en demandant à
l’Assemblée nationale de l’adopter dans un délai de deux mois, et en
convoquant celle-ci en session extraordinaire, ne peut que susciter des
interrogations. Pourquoi tant de précipitation, autour d’un projet qui viole
l’APG, et qui risque d’ouvrir des conflits post électoraux ? Est-ce la
tentation d’un nouveau hold-up qui hante l’esprit de ceux qui gouvernent ? »
s’s’est interrogé l’ancien baron de l’ex parti unique.
Pour l’UFC, la
démarche illustre bien la duplicité du pouvoir RPT. « …Tout en reconnaissant
la nécessité de dialogue et de consensus préconisés par l’APG pour le
règlement des problèmes politiques, le gouvernement sans aucune concertation
préalable et sans tenir compte des recommandations des missions
d’observations électorales, cherche à imposer de manière unilatérale, un
code électoral taillé sur mesure pour le RPT », relève le parti de Gilchrist
Olympio, dans un document daté du 30 janvier 2009.
Le CAR également
de son côté fustige la démarche unilatérale du parti de Faure Gnassingbé. Il
est donc clair dans ses conditions, qu’une obstination à faire adopter par
l’Assemblée les textes, sans concertation préalable, confirmerait une
volonté de Faure Gnassingbé, à opérer un passage en force en 2010
L’option non conventionnelle
Elle a été
avancée par l’UFC. Face à l’impasse née par le processus de modification du
code électoral, le parti de Gilchrist Olympio est très vite monté au
créneau. Tout en faisant référence à l’APG, un responsable du parti cité par
le confrère « Le Regard » dans son édition N° 613 du 03 février 2009, évoque
un concept de cadre adéquat. « Les discussions peuvent se dérouler dans un
cadre adéquat et représentatif regroupant les trois partis CAR, UFC RPT », a
déclaré ce responsable.
Ce concept de
« cadre adéquat », ne se fonde nullement sur une base légale ou
conventionnelle et est de ce fait porteur de contestations. Une probable
raison pour laquelle, le président de la République a fait l’option du CAR,
qui n’est autre que celle qui devrait prévaloir.
L’option conventionnelle
Dès le départ,
le CAR a constamment défendu la mise ne place du Cadre permanant de
concertation et de dialogue, prévu par le point 5.1 de l’APG. Pour le parti
de Me. Dodji Apévon, la mise ne place de ce cadre est le préalable à
l’amorce des réformes prévues.
Un décret, avait
d’ailleurs été pris à cet effet, au moment où Me. Yawovi Agboyibo, occupait
le poste de premier ministre du gouvernement d’union. Il s’agit du décret
n°2007/050/PR du 14 mai 2007, portant création du Cadre Permanent de
concertation et de dialogue, qui a pris soin de rappeler que c’est au sein
de cet organe que doivent être discuté, entre autres sujets d’intérêt
national, les questions relatives :
-aux partis
politiques
Au code
électoral
A l’accès équitables aux médias d’Etat.
Par ailleurs, ce
décret précise qu’ « en dehors des partis politiques habiletés à siéger
dans le Cadre permanent de concertation et de dialogue, les autres partis
légalement constitués ainsi que les principales confessions religieuses, la
chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la société
civile et des personnalités désignées par le chef de l’Etat », peuvent
apporter leurs contributions aux travaux du cet organe.
C’est cette
option conventionnelle que le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé a faite hier.
En effet, le Président de la république vient de désavouer le Ministre
d’Etat ministre de l’Administration du territoire qui avait rapporté le
décret créant le CPDC, en réhabilitant cet organe dans sa composition et ses
prérogatives. Ce faisant, Faure Gnassingbé vient de donner le gage de sa
volonté de voir se dérouler dans un esprit de consensus, le processus devant
aboutir à la tenue de l’élection présidentielle de 2010.
Améga Koffi
Célébration de
l’assassinat de Olympio et commémoration du décès de Eyadéma : Drôle de
recherche de la réconciliation nationale sous le pouvoir RPT
Hier presque un
mois, après la célébration du 13 janvier, des Togolais ont commémoré à Pya,
le quatrième anniversaire de la disparition du feu Gal Gnassingbé Eyadéma.
L’un et l’autre
ont été des chefs d’Etat, Présidents de la République du Togo. L’un et autre
ont fortement marqué l’histoire du Togo. Tous deux ont été différemment
emportés à l’affection des Togolais. Mais malgré cela, et faisant fi du
souci d’une recherche d’aboutir à une réconciliation nationale, le pouvoir
célèbre la date de la tragique disparition du premier, tout en plaçant sous
les signes de la piété et du recueillement, le décès survenu naturellement
du second.
Hier 05 février
2009, l’administration a été paralysée. Les sommités et autres cadres de la
République, ont été conviés à Pya, village natal du feu Gal Gnassingbé
Eyadéma. Des moyens de l’Etat ont été mobilisés. Tout a été mis en place
pour rendre un hommage mérité à la mémoire de celui qui a présidé aux
destinées du Togo, pendant près de 40 ans. C’est dans le recueillement et
les prières, que se sont déroulées les cérémonies, lancées depuis le milieu
de la semaine passée, par des séances de prières.
Les Togolais
ainsi rendaient un hommage à la mémoire de l’illustre disparu. Gnassingbé
Eyadéma, décédait le 05 février 2006, lors d’une évacuation sanitaire, au
dessus de Tunis. Il venait de boucler 38 années de règne à la tête du pays.
Un mois plus
tôt, c’est à une parade militaire et de certaines couches des forces vives
de la nation qu’on a assisté. Organisée à la place nouvellement aménagée en
face de la nouvelle présidence de la République, cette célébration dénommée
« Fête de la libération nationale », était marquée par une prestance que lui
envierait le 27 avril, date de l’accession du Togo, à la souveraineté
internationale. C’était le 13 janvier, date de l’assassinat du premier
Président de la République démocratiquement élu, Sylvanus Olympio.
M. Olympio s’est
vu tragiquement enlevé la vie, par des « démobilisés » de l’armée coloniale,
dont Gnassingbé Eyadéma. C’était le 13 janvier 1963. Depuis son accession au
pouvoir en 1967, feu Gal. Gnassingbé Eyadéma célébrait avec faste cette
date. Une célébration qui divise les Togolais et accentue la fracture de la
société togolaise. Pourtant, malgré les proclamations du pouvoir de son
successeur de fils, Faure Gnassingbé, on continue par célébrer le 13
janvier. Dans le même temps, tout est mis en œuvre, pour réduire le 27
avril, date de l’indépendance du Togo, à la plus simple des expressions. On
se demande comment on peut aboutir dans ces conditions, à une réconciliation
nationale au Togo.
Augustin Améga
Togotélécom :
Que cache la vérification de l’état des comptes ?
De certaines
autorités et observateurs, la société Togotélécom est actuellement celle
qui marche le mieux. Elle brasse beaucoup de millions, dans un pays où les
frais de communication restent des plus élevés. Mais des questions se posent
à propos de la gestion qui en est faite.
De source bien
introduite, le gouvernement togolais a demandé, l’établissement des comptes
de la société Togotélécom. Cette sorte d’audit de la société, est effectuée
par une entreprise américaine. Selon nos indiscrétions, le Directeur
Général, Bikassam intimerait à ses collaborateurs, l’ordre de renvoyer à lui
te à lui seul, les contrôleurs du cabinet américain, venus pour l’opération
de l’ « état des comptes » de la société.
Cette
information nous a conduit à découvrir des réalités qui contrastent avec la
publicité tapageuse qui est faite ces derniers temps autour de la gestion de
la boîte par le D.G Bikassam. De la cessation de payement de certains
fournisseurs, à la conclusion de marché de gré à gré avec d’autres
soupçonnés comme étant des propriétés de certains dirigeants de la société,
en passant par certains aspects du projet « Cap Transparence », avec
l’évocation du nom d’un certain Borgia Adotévi…etc, il y a bien de curiosité
sur lesquelles, nous continuons nos investigations. Nous continuerons par
ailleurs, nos tentatives pour avoir des précisions auprès du D.G et de
certains responsables de la société sur certaines allégations.
La gestion
actuelle de la société Togotélecom, un mirage ou une réussite d’un
technocrate nommé Bikassam ?
Augustin Améga (Affaire à suivre) |
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