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Réactions de l’UFC et du CAR suite à l’assaut contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé et à son inculpation pour tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat
Suite à l’assaut contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé mené dans la nuit du 12 au 13 avril dernier par des éléments des forces armées togolaises (FAT) et son inculpation le 15 avril par la justice togolaise pour "tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires" l’Union des Forces de Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) ont réagi à travers des communiqués datés respectivement des 14 et 16 avril 2009. Nous ne voulons faire commentaire sur le contenu de ces communiqués dont l’un a suscité des commentaires dans certains milieux. Savourez plutôt leur contenu

Communiqué de presse de l’UFC

Dans la matinée du lundi 13 avril 2009, les médias nationaux et internationaux ont diffusé l’information selon laquelle des éléments de la Force d’Intervention Rapide (FIR) des Forces Armées Togolaises (FAT) ont lancé la veille vers 22 heures, une «attaque aux fusils d’assaut et aux armes de guerre» contre le domicile du député Kpatcha Gnassingbé, frère du Chef de l’Etat et ancien ministre de la Défense Nationale.

Au cours du journal de la mi-journée du 13 Avril sur TVT, le Procureur de la République a donné lecture d’un communiqué qui explique ces événements par une procédure d’enquête préliminaire en cours suite à la découverte d’une «tentative d’atteinte contre la sûreté de l’Etat», dans laquelle serait impliqué Kpatcha Gnassingbé. « Plusieurs personnes dont 05 officiers » des FAT seraient arrêtées.

Selon le communiqué du procureur, des éléments de la gendarmerie qui se sont présentés au domicile de Kpatcha Gnassingbé, le dimanche 12 avril vers 22h, pour interroger des membres de «l’entourage» de celui-ci sur leur participation à un complot contre la sûreté de l’Etat, ont été accueillis par des coups de feu de sa garde rapprochée. Le même communiqué précise que c’est en réaction à cette «réponse musclée» de Kpatcha Gnassingbé que les forces de défense sont intervenues pour soutenir la gendarmerie.

Selon les médias qui l’ont rencontré à son domicile ce même lundi après les événements, le député Kpafcha Gnassingbé soutient que cette opération, conduite par le colonel Kandanga, commandant de la FIR, vise tout simplement à l’assassiner.

En attendant d’en cerner les contours, l’opération militaire menée contre le député Kpatcha Gnassingbé par les FAT, suscite de la part de l’Union des Forces de Changement (UFC), les observations suivantes :

     1. Aucune disposition légale ne permet aux forces de sécurité de se présenter au domicile d’un citoyen à 22 heures, pour l’interroger. Il est inconcevable que le Procureur de la République prétende faire interpeller des personnes de l’entourage du député Kpatcha Gnassingbé au domicile de ce dernier en y envoyant la gendarmerie à une heure aussi tardive.

               2. L’interpellation d’un citoyen, pour quelque motif que ce soit, est une opération de police judiciaire qui ne relève nullement de la compétence des FAT et encore moins de celle de la FIR.

               3. M. Kpatcha Gnassingbé est député à l’Assemblée nationale et jouit d’une immunité parlementaire. Il ne saurait donc faire l’objet d’aucune procédure d’interrogation par la gendarmerie nationale tant que l’Assemblée nationale n’a pas procédé par un vote, à la levée de cette immunité. Au demeurant, l’Assemblée nationale n’a jamais été saisie d’une demande de levée de l’immunité du député Kpatcha Gnassingbé.

               4. Le régime RPT s’est engagé, aussi bien au titre des 22 engagements que de l’APG, à rendre l’armée apolitique et républicaine. Malheureusement, force est de constater que ce régime continue d’impliquer des éléments de l’armée nationale dans le débat politique.

En raison de ce qui précède, l’UFC demande à l’Assemblée nationale :

1) d’inscrire à l’ordre du jour de la session en cours, un débat sur la question de l’impunité et sur le respect de l’immunité parlementaire des députés ;

2) d’interpeller le ministre de la Défense Nationale pour éclairer la Représentation nationale sur les événements de la nuit du 12 au 13 avril 2009 ;

3) de mettre en place dans les plus brefs délais, une commission d’enquête parlementaire pour situer les responsabilités sur l’opération militaire des 12 et 13 avril 2009.

Cette affaire piteuse et lamentable met en évidence la persistance de l’insécurité entretenue par le régime RPT pour torpiller la préparation sereine de la prochaine présidentielle dans le but d’empêcher le véritable changement auquel aspire le peuple togolais. Elle traduit le refus du gouvernement de prendre à bras le corps, la question cruciale de l’impunité au Togo. Elle traduit également le manque total de volonté politique du gouvernement et du régime RPT de créer les conditions d’un règlement juste et durable de la crise qui mine notre pays.

L’UFC considère que cette opération est le fait d’un régime en mal de légitimité qui s’emploie à déjouer des complots réels ou imaginaires pour intimider les populations et éliminer des adversaires politiques ainsi que des citoyens civils et militaires supposés favorables au changement démocratique.

L’UFC constate que le régime RPT, fidèle à sa conception rétrograde de la politique, continue de recourir à la violence comme moyen de conquête et de conservation du pouvoir d’Etat. Elle dénonce les violations impunies et répétées des droits humains ainsi que la persistance des exécutions sommaires et extrajudiciaires perpétrées par ce régime. L’UFC déplore les morts et les blessés ainsi que les dégâts matériels occasionnés par cette attaque. Elle exprime ses condoléances aux familles éplorées ou affectées.

Face aux manœuvres d’intimidation d’un régime aux abois, l’UFC appelle les populations togolaises à ne pas céder à la peur et à rester vigilantes et mobilisées.

Fait à Lomé, le 14 Avril 2009
Pour le Bureau National,
Le Vice-Président
Patrick Lawson


Communiqué du CAR

Le CAR a appris à travers les médias que dans la nuit du dimanche 12 avril 2009, des scènes de violence ont eu lieu au domicile de l’Honorable député Kpatcha Gnassingbé.

Dans un communiqué rendu public dans la journée du lundi 13 Avril 2009, le Procureur de la République a déclaré que les services de sécurité avaient été informés d’une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat qui serait en voie de préparation et que dans le cadre d’une procédure ouverte par le Parquet en vue de la vérification de ces informations, il a été décidé qu’il soit procédé à l’interpellation des présumés auteurs des faits.

Le communiqué indique que parmi ces présumés auteurs, figuraient: " certains militaires de même que des civils de l’entourage de l’Honorable député Kpatcha Gnassingbé ".

Selon les termes du communiqué, "les gendarmes chargés d'interpeller les personnes susvisées ont essuyé des tirs nourris provenant de la résidence de l’Honorable député Kpatcha Gnassingbé dans le quartier Kégué", et que: "cette situation inattendue a donné lieu à un échange de tirs entre les éléments de la garde du député et un groupe des forces de défense appelé en appui' "

Dans la matinée de ce mercredi 15 avril 2009, l’Honorable député Kpatcha a été arrêté et gardé à la gendarmerie pour, est-il dit, les besoins de l’enquête préliminaire.

Dans l’après midi, le Procureur de la République, dans un second communiqué, a annoncé l’inculpation de l’Honorable député Kpatcha pour: "tentative d’attentat contre la sûreté de l’Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences volontaires avec usage d’armes à feu et complicité de violences volontaires".

Le CAR déplore les actes de violence.

Le CAR demande que toute la lumière soit faite dans les formes et délais prescrits par la loi sur la responsabilité de ces actes de violence ainsi que sur la réalité de l’atteinte à la sûreté de l’Etat alléguée, pour que les populations soient édifiées sur ce qui s’est passé.

Le CAR tient d’ores et déjà à mettre en garde tous ceux qui, par leurs agissements et manœuvres, compromettraient les chances de mise en œuvre des points de l’Accord Politique Global (APG) visant à instaurer au Togo, une stabilité politique durable et un environnement institutionnel propice au développement du pays.
Fait à Lomé, le 15 avril 2009
Le Président National
Me Paul Dodji APEVON

 
Editorial de Ted Hangui
Diplomatie : Kodjo Menan, nommé ambassadeur du Togo auprès des Nations Unies

L’ancien Secrétaire Général du ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Régionale, M. Kodjo Menan est depuis la semaine dernière le nouvel ambassadeur, représentant le Togo auprès des Nations Unies à New York.

Il a été nommé à ce poste le 02 avril dernier par décret du président de la République. M. Kodjo succède ainsi à M. Roland Kpotsra rappelé il y a quelques mois dans des conditions non encore élucidées et dont le rappel avait fait jaser certains et suscité des commentaires dans la presse togolaise.

Ministre plénipotentiaire, Kodjo Menan est un diplomate de carrière et maîtrise parfaitement les arcanes des Nations Unies pour y avoir exercé pendant plusieurs années les fonctions de chargé d’affaires.

C’est dire qu’il n’aura pas de difficultés à s’intégrer dans le système des Nations Unies et à défendre les dossiers du Togo quand il s’agit de le faire.

 

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