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Introduction
Le Président de
la République a pris le
04 février 2009 le décret portant création du Cadre Permanent de Dialogue
et de Concertation (CPDC). Ce décret était une réponse au vœu des partis
tant de l’opposition parlementaire qu’extraparlementaire de voir toute la
classe politique nationale réaliser un large consensus sur toutes les
questions relatives aux réformes constitutionnelle et institutionnelle.
Le parti «Le
NID» émet le vœu que les membres du Cadre Permanent de Dialogue et de
Concertation (CPDC) fassent preuve de responsabilité citoyenne et qu’ils
aient en vue les aspirations profondes du peuple togolais de façon qu’au
cours de leurs discussions, l’intérêt national l’emporte sur les
revendications égoïstes et les calculs politiciens qui remettent en cause le
«vivre ensemble» dans
la République. Le
parti «Le NID» compte sur leur sens élevé de l’esprit républicain et attend
en conséquence que les décisions qu’ils vont prendre ne violeront pas le
principe du caractère impersonnel de la loi.
Quand bien même
le parti «Le NID» dénonce le fait que le CPDC ne soit pas élargi à d’autres
formations politiques autres que celles présentes à l’Assemblée Nationale,
il veut croire que dans le souci de préserver la paix sociale, les points de
vues des partis qui, par écrit vont saisir le CPDC, feront l’objet d’une
attention particulière de la part des membres de ce cadre.
C’est fort de
la conviction de la sincérité des partis en dialogue au CPDC à réaliser le
consensus nécessaire sur des questions que va connaître cette institution
que le parti «Le NID» se propose de leur envoyer les présentes propositions
qui tirent leur fondement de la responsabilité citoyenne, des valeurs du
participationnisme et du « vivre ensemble»
A- L’institution qui doit organiser les élections
Une élection,
dans un Etat de droit démocratique, est une opération d’envergure, complexe
qui interpelle un grand nombre de personnes. Pour que son rendez-vous avec
la démocratie soit un succès et un facteur de cohésion et d’unité
nationales, une élection doit satisfaire certaines exigences de l’Etat de
droit démocratique. Une de ces exigences veut que l’élection soit fiable,
c’est-à-dire qu’elle satisfasse les critères d’indépendance vis-à-vis de
tous les partis politiques, de neutralité, de sincérité, et de transparence.
C’est dans ces conditions seulement qu’une élection peut générer la
confiance du peuple: gage de la crédibilité et de la légitimité des
institutions qui émanent de ses résultats. Pour ce faire, il faut un système
de gestion du processus électoral qui ne souffre d’aucune suspicion en terme
de son indépendance à l’égard de tout parti politique et qui ne consacre pas
le fossé entre les citoyens et les institutions de l’Etat.
Depuis
l’avènement du processus de démocratisation, la question s’est posée de
savoir de quelle structure de conduite et d’encadrement des opérations
électorales doit se doter notre pays le Togo pour que les élections ne
soient plus une source de tension et de la « décitoyenisation ». L’étude de
la question électorale révèle que devant une telle interrogation, quatre
options sont envisageables :
- la première
option est de considérer que la gestion du processus électoral relève
entièrement des prérogatives régaliennes du Ministère de l’Administration
territoriale;
- la deuxième
option consiste à confier la gestion du processus électoral à un organisme
autonome, indépendant de l’administration publique, souvent connu sous le
vocable CENI ou CENA, composé uniquement des représentants des partis
politiques et des personnalités dites de la société civile,
- la troisième
option veut que la gestion du processus électoral soit partagée entre les
acteurs gouvernementaux et une commission électorale,
- la quatrième
option est la gestion du processus électoral par une institution permanente
de l’Etat à laquelle l’on prend soin de donner un statut devant lui conférer
une indépendance vis-à-vis des partis politiques et du gouvernement en la
dotant d’un code de déontologie.
L’on
se rappelle qu’au moment fort de la crise qu’a connue notre pays le Togo, la
majorité RPT de l’époque avait opté pour la gestion du processus électoral
par le seul Ministère de l’administration territoriale.
Ce choix avait
fait renâcler l’opposition qui voyait dans cette attitude du RPT l’intention
manifeste de piper le jeu électoral et démocratique en sa faveur et
défendait de son côté la gestion du processus par une commission électorale
nationale «indépendante» composée des seuls représentants des partis
politiques. C’est aux Accords-cadres de Lomé de juin 1999 que le RPT a dû
lâcher du lest. Depuis, toutes les élections ont été organisées dans notre
pays par une commission électorale nationale dite indépendante.
En 2006,
lorsque l’opportunité s’est offerte aux partis prenant part au dialogue
d’élaborer la loi électorale, quelle n’a pas été la surprise des autres
formations politiques de se voir marginaliser par un code électoral taillé à
la mesure des partis signataires de l’Accord Politique Global à travers la
composition de la CENI et de ses démembrements.
C’est la preuve
que la question électorale est très souvent abordée au Togo avec un peu trop
de partialité au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation.
A travers leurs
différentes prises de position, il apparaît que les partis parlementaires,
partagent tous le même point de vue que l’institution qui doit organiser la
prochaine élection présidentielle en 2010 soit composée de leurs seuls
représentants. Aujourd’hui la question qui oppose les membres du CPDC porte
sur les attributions de cette CENI et la proportion à la laquelle chacun des
trois partis y seront représentés.
Pour le parti
«Le NID», la gestion du processus électoral par une institution aussi
politisée tel que le soutiennent les partis parlementaires, constitue une
menace pour la cohésion nationale et pour la relation entre l’Etat et le
citoyen. Au nom de la responsabilité citoyenne, et compte tenu de son
attachement au principe d’un Etat respecté des citoyens et lui-même
respectueux des droits de la personne humaine et restauré dans toute ses
fonctions régaliennes, le parti «Le NID» n’adhère pas à cette conception de
la composition de l’institution qui doit organiser les élections au Togo.
En effet, pour
le parti «Le NID», confier la gestion du processus électoral à une
commission électorale nationale dite indépendante, composée des
représentants des partis politiques constitue une solution exceptionnelle à
une crise politique grave et ne devrait pas être érigé en une tradition
électorale comme semblent vouloir le faire bon nombre de partis de la classe
politique nationale; car ce système de gestion des opérations électorales
porte des empreintes d’injustice aux conséquences regrettables.
Le parti «Le
NID» soutient que, dans une situation de gouvernement majoritaire, il est
imprudent de laisser la gestion du processus électoral entre les mains d’un
département ministériel (Ministère de l’Administration territoriale)
politiquement engagé, qui, aussi a un intérêt certain à maintenir son
emprise sur le pouvoir.
Le parti «Le
NID» s’oppose pour cette raison à la gestion du processus électoral par un
département ministériel. Le principe qui refuse qu’on confie l’organisation
des élections à un seul parti politique aux affaires, refuse également qu’on
confie la gestion du processus électoral à un groupe de partis politiques
aussi parlementaires soient-ils. C’est pourquoi le parti «Le NID» estime que
les trois partis parlementaires n’ont reçu ni du peuple ni des autres
formations politiques, le droit de conduire et d’encadrer seuls le processus
électoral en leur nom. Il serait en effet difficile aux partis
extraparlementaires et leurs militants d’avoir confiance en un processus
électoral géré par les seuls partis parlementaires à la fois juges et partie
dans le jeu électoral. Les partis non signataires de l’Accord Politique
Global (APG) ont surtout encore en mémoire les difficultés qu’ils ont dû
affronter au cours des élections législatives du
14 octobre 2007
compte tenu de la partialité criarde qu’ont manifestée les délégués
représentant les différents partis signataires de l’APG et membres des
Commissions Electorales Locales Indépendantes et des Bureaux de Vote au
mépris de l’artic1e34 du code électoral. L’organisation des élections par
une CENI politisée nourrit la suspicion de la tricherie et remet en cause la
neutralité du processus électoral. En effet, comme tout candidat est un
potentiel fraudeur, tout membre de la CENI ou de ses démembrements est un potentiel trafiquant du résultat des
élections en faveur de son parti. En 2007, au moment où
la CENI devait désigner son président, c’est parce que chacun des partis
représentés à cette institution cherchait à tirer la ficelle de son côté que
le choix du président a été porté sur le représentant de l’administration
qui a priori était supposé plus neutre.
La gestion du
processus électoral par une CENI politisée consacre la déliquescence de
l’autorité de l’Etat et entretient le fossé entre le citoyen et les
institutions de la République; il est donc dangereux de laisser perdurer
cette situation née de la saison du mépris et du rejet de l’autorité de
l’Etat.
Quand bien même
il faudrait concéder que la démocratie a un coût financier, il est à noter
que l’organisation des élections par une CENI politisée conduit à des
dépenses exorbitantes voire inutiles. L’organisation des élections au Togo
s’apparente fort au travail de Sisyphe. En l’état actuel, une CENI composée
de trois partis politiques sur plus de la quatre vingtaine que compte le
pays ne garantit pas des lendemains sereins au processus électoral. Ce sera
un coup dur porté à la crédibilité de cette élection lorsque deux des partis
parviendraient à se retirer d’un commun accord de la CENI et de ses
démembrements. TI ne faudrait pas perdre de vue qu’en politique au Togo, la
tentation de se laisser aller à tout ce qui peut nuire à la fois à
l’adversaire et à la cohésion nationale est permanente.
La solution aux
élections conflictuelles au Togo passe donc par la création d’une
institution permanente de l’Etat chargée de la conduite du processus
électoral dans sa totalité: cette institution sera appelée l’Office National
des Elections dont les employés doivent être des fonctionnaires de l’Etat
recrutés pour leur grande connaissance et expérience de la question
électorale.
Le Directeur
National des Elections ne doit appartenir à aucune formation politique; il
doit jouir d’une probité morale et intel1ectuel1e et est élu à la retraite
ou à la démission par la majorité des 4/5 des Députés composant l’Assemblée
Nationale sur proposition du Président de la République.
L’Office
National des Elections est une institution indépendante du gouvernement et
de tout parti politique.
B- La modification de
la Constitution
Conformément à
l’Accord Politique Global, le débat sur la révision constitutionnelle doit
porter aujourd’hui sur le régime politique, la nomination et les
prérogatives du Premier Ministre, les conditions d’éligibilité du Président
de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel,
l’institution du Sénat et la réforme de la cour constitutionnelle.
L’expérience a
révélé que le régime mixte semi-parlementaire semi-présidentiel tel que
défini par
la Constitution
de 1992 était source de blocage des institutions de la République surtout
lorsque le Premier Ministre et le Président de
la République appartiennent à des sensibilités politiques
différentes ou opposées. Lorsque le Premier Ministre et le Président de
la République sont de la même sensibilité politique, on a noté
que le Premier Ministre peine à imprimer sa marque à l’action
gouvernementale et parfois se trouve phagocyté par le Président de
la République.
Dans ces
situations, il est difficile au peuple de juger convenablement celui qu’il a
investi d’un mandat et sur le respect de ses promesses.
Le régime
présidentiel à exécutif monocéphale, a l’inconvénient de permettre un retour
facile au régime présidentialiste puis à la dictature. Fort de ces
observations, le parti «Le NID» porte son choix sur le régime parlementaire
qu’il considère comme seul adapté à la situation socio-culturel1e et
politique du Togo.
Ce régime
parlementaire devra être non majoritaire mais rationalisé où les Députés et
les Maires seront élus au scrutin proportionnel intégral.
Le Président de
la République sera élu par l’ensemble des Maires et des Députés réunis en
Conseil National des Elus et aura une fonction purement honorifique; le
Premier Ministre sera élu par le parlement et détiendra l’essentiel du
pouvoir exécutif.
Le parti « Le
NID» adhère au principe de la limitation du mandat présidentiel et à
l’instauration de critère de résidence pour le Premier Ministre et le
Président de la République. Il propose que le mandat présidentiel et celui
du Premier Ministre soient de cinq ans renouvelables une seule fois. Il
soutient que le critère de résidence obligatoire de douze mois actuellement
en vigueur soit maintenu et qu’après 2010, ce critère soit renforcé et porté
à cinq ans.
Pour le parti
«Le NID, tout candidat à la présidence de la République et à la primature
doit être un citoyen togolais de naissance, âgé d’au moins 35 ans et de 70
ans au plus et ne doit jouir d’aucune autre nationalité d’un Etat non
Africain.
Le parti «Le
NID» propose la suppression du Sénat et son remplacement par le Conseil des
Sages de
la République, qui devra être une autorité morale devant donner
son avis consultatif sur les projets et propositions de loi et sur toutes
les questions d’envergure nationale.
Le Conseil des
Sages de la République se compose :
- des
représentants de la chefferie traditionnelle,
- des
représentants des femmes des marchés du Togo et du monde rural,
- des
représentants des confessions religieuses,
- des anciens
Présidents de la République,
- des
représentants des doyens de faculté admis à la retraite, élus par le collège
des professeurs titulaires des Universités du Togo,
- des
personnalités de notoriété publique reconnues pour leur probité morale.
Pour
la Cour
constitutionnelle, le parti «Le NID» adhère à sa composition telle que
définie par la loi fondamentale actuellement en vigueur mais propose que des
aménagements soient apportés à son mode de fonctionnement de manière à
faciliter sa saisine par les citoyens.
Lomé le
10 février 2009
Pour le Bureau Exécutif National
Gabriel Sassouvi Dosseh-Anyron |