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Agni l'Abeille #225 du 3 mars 2009
Transaction immobilière au Togo : Quel rôle pour le notaire ?

Les transactions immobilières au Togo génèrent trop de contentieux qui encombrent les tribunaux. On estime que 80% des litiges devant nos tribunaux sont d’ordre foncier. Ces contentieux peuvent être évités en recourant au notaire qui fera entre autres, les vérifications préalables, qu’il ’agisse d’un immeuble avec titre foncier ou non immatriculé, objet de la transaction

Achat d’un immeuble avec titre foncier

Selon l’article 26 de la loi n° 2001-009 du 16 novembre 2001 fixant statut des notaires au Togo, « sont notariés (...) les actes constitutifs ou translatifs de droit réel immobilier tels que les ventes de gré à gré ou par adjudication, les échanges, les donations et les hypothèques d’immeubles immatriculés ». L’acquisition d’un immeuble (maison ou terrain) doté de titre foncier doit se réaliser par acte notarié devant notaire. Ce dernier, tenu par une obligation de conseil devra faire toutes les vérifications pour que l’acte ne soit pas vicié en vue de sécuriser l’investissement immobilier de son client.

Lors de la vente

Le notaire doit vérifier si le vendeur est bien le propriétaire de l’immeuble en se référant au titre foncier qui est en quelque sorte la carte d’identité de l’immeuble, comportant sa traçabilité, c’est-à-dire les renseignements concernant l’origine de l’immeuble, les différents propriétaires et les modes d’acquisition par eux de l’immeuble. Le vendeur peut être celui dont le nom correspond à celui inscrit dans le titre foncier ou alors une succession, représentée par un mandataire titulaire d’un mandat notarié mentionnant qu’il a reçu mandat pour accomplir ladite vente.

Le notaire devra demander l’état descriptif du titre foncier et l’état hypothécaire (obtenir la mainlevée si le vendeur avait hypothéqué l’immeuble). 

Après la vente

Après la signature de l’acte de vente rédigé par le notaire, ce dernier procédera aux formalités de morcèlement ou de mutation totale du titre foncier.

Le morcellement est la demande de division de titre foncier (ou de distraction dans un titre foncier) qui porte sur un immeuble déjà immatriculé dont un ou plusieurs lots ont fait l’objet de vente. Le notaire intervient pour la distraction dans le « titre foncier mère » afin d’obtenir un nouveau titre foncier établi au nom de l’acquéreur. Pour la mutation totale, le notaire intervient pour faire transférer le titre foncier au nom de l’acquéreur.

Dès lors qu’il existe un titre foncier, l’acquisition d’un immeuble doté d’un tel titre créée moins de risques juridiques qu’une transaction immobilière par acte sous seing privé et sans titre foncier, pourvu que le notaire ait fait les vérifications préalables précitées.

Achat d’un immeuble sans titre foncier

Beaucoup de propriétaires pour diverses raisons n’ont pas pu faire de titre foncier sur leurs propriétés immobilières. Aussi la grande majorité des ventes immobilières dans notre pays se fait par acte sous seing privé avec un niveau très élevé de risques juridiques.

Ces risques tiennent à la forme du contrat de vente d’où de nombreux litiges portés devant les juridictions pour : l’inexécution des obligations contractuelles ; vente d’un terrain consentie successivement par le propriétaire, au profit de personnes différentes ; escroquerie ; refus des héritiers de reconnaître la validité de l’aliénation consentie, de son vivant par leur auteur, vente d’un terrain indivis par un prétendu mandataire des indivisaires ; action en revendication exercée par les propriétaires réels contre les propriétaires apparents ou contre les acquéreurs (application de la théorie de l’apparence)...

Dans la pratique, la plupart des contrats de vente d’immeuble sans titre foncier sont sous seing privé. Or, en cas de litiges précités, l’acte sous seing privé a une force probante de preuve inférieure à celle d’un acte authentique. Alors que le premier n’est valable jusqu’à preuve de contraire, le second est valable jusqu’à inscription de faux.

En effet, l’acte auquel le notaire confère l’authenticité est assorti d’une force probante, c’est-à-dire incontestable mais aussi d’une force exécutoire obligeant chaque signataire au respect de ses engagements, sans jugement ni procédure.

Malgré l’obligation légale édictée par l’article 2 du décret n° 66-186 du 29 octobre 1966 modifiant certains articles du décret foncier du 24 juillet 1906, de faire constater les mutations du droit de propriété immobilière par acte authentique, les parties continuent à dresser les actes sous seing privé, au moment ou après la conclusion des contrats de vente de terrain. Toutefois, lorsque l’acquéreur voudra plus tard immatriculer le terrain en son nom, il sera obligé de recourir à un notaire ou au tribunal afin d’obtenir un acte authentique. Dans la pratique, la préférence est donnée au tribunal. Il est demandé alors au tribunal de rendre un jugement en confirmation de vente. Ce jugement ayant la valeur d’un acte authentique.

Mais encore faut-il avoir un contrat sous seing privé valable en faisant toutes les vérifications pour s’assurer de la qualité du vendeur et de l’identification du terrain vendu.

Dans le contrat de vente, il doit être mentionné : des noms et prénoms du vendeur et de l’acquéreur, de leur capacité à contracter (le vendeur doit être le propriétaire de l’immeuble, si c’est un mandataire, il doit disposer d’un mandat express, ou les indivisaires doivent avoir donné expressément leur accord unanime pour la vente au représentant de l’indivision ou de la succession), la situation de l’immeuble, sa forme géométrique, sa superficie (le terrain doit être délimité et borné).

Il est donc vivement conseillé pour faire une transaction immobilière sans problème de recourir aux conseils du notaire (professionnel du droit immobilier), qui pourra faire les vérifications nécessaires en vue de sécuriser votre investissement immobilier.

Mais que les frais de notaire ne désarçonnent pas les clients car en faisant intervenir le notaire, il peut leur éviter des conflits devant les juridictions qui leur coûteront plus chers en termes d’argent et de temps sans pour autant avoir la garantie de gagner leurs procès.

Agni l'Abeille #224 du 17 fev. 2009
Affichage de portraits du chef de l’Etat dans les rues : Faure remonté contre les initiateurs
De sources dignes de foi, ceux qui on initié le projet d’affichage de portraits du chef de l’Etat un peu partout sur toute l’étendue du territoire national, ont de sérieux ennuis avec celui à qui ils pensaient faire du bien. Le président Faure aurait ordonné que toutes les affiches à son effigie soient immédiatement enlevées.  « C’est bien de me rendre servir ! Mais, c’est encore mieux de m’en informer. Je ne veux plus qu’on me fasse des bébés dans le dos », aurait martelé le président à propos de ces affiches à son image qui inondent ces derniers temps nos rues et autres lieux publics.

Aux dernières nouvelles, les initiateurs de  ce projet ont demandé indulgence pour que les affiches ne soient pas aussitôt enlevées.

Pour le chef de l’Etat, nous ne sommes pas encore en campagne électorale et de plus, ces affiches participent plus au  non respect des lois de la République qu’à autre chose.

« Cette opération est un gâchis, un étalage ostentatoire de richesse de gens rassasiés alors que le pays est frappé de plein fouet par la crise économique », a relevé un observateur.

Contrairement à ce que d’aucuns ont fait croire, la campagne d’affichage de portraits du président Faure n’a reçu l’assentiment de ce dernier. Cette campagne a été l’œuvre d’individus qui excellent en racolage politique.

En désavouant les initiateurs, Faure prouve une fois encore qu’il s’inscrit dans un style de gouvernance moderne en totale rupture avec l’époque où des « bitosards » de tout acabit prenaient sur eux d’entreprendre des projets bidon afin de soutirer les fonds à l’autorité.

Comme on le constate, les jours de la fameuse campagne d’affichage de portraits du chef de l’Etat, sont désormais comptés.
Agni

Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) : L’opposition ne compte plus sur la bonne foi du RPT et entend bloquer les travaux dans les tous prochains jours
C’est la grosse désillusion en ce moment dans le camp de l’opposition réunie au sein du Cadre permanent de dialogue et de concertation. Alors qu’elle réclamait du RPT la participation aux travaux d’un certain nombre d’observateurs et le recours à la facilitation, visant à s’assurer du témoignage de la communauté internationale, l’opposition fait l’amer constat de la malignité du parti de Faure Gnassingbé qui  repousse à chaque réunion, ces deux points au calendes grecques. Les discussions n’avancent aussi pas. Les  parties prenantes à ce cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) sont là à tourner au tour du pot et ne vont pas à l’essentiel. « Nos camarades ont pris toute une semaine à discuter de quelque chose qu’on peut discuter en cinq minutes », a fait remarquer un cadre du CAR, Comité d’Action pour le Renouveau, qui a pris le train en marche le vendredi 13 février 2009 avec ses pairs.

Selon une source très proche de l’UFC, les offensives à outrance qui ont eu lieu à l’Assemblée Nationale et les campagnes médiatiques dans le seul but d’obtenir la mise en place de ce CPDC n’auront été que de vaines tentatives de la part de l’opposition parlementaire. « Le RPT recommence son jeu et tente d’imposer son diktat. Si tel devrait être encore le cas, on risque de bloquer les discussions dès la semaine prochaine », nous avait-il confié la semaine dernière.

Cette opposition, notons-le, n’est pas à sa première tentative d’obtenir le gain de cause à travers ses discussions avec le RPT. L’histoire des assises de l’opposition avec le RPT est longue. Le RPT bien enraciné et s’appuyant sur la France, la CEDEAO et l’Union Africaine trouve toujours des arguties pour se maintenir au pouvoir. Pour l’horizon 2010, rien n’est sûr que le RPT va jouer le franc jeu. Déjà avec ce CPDC, le constat est amer, ce qui paraîtrait encore une fois comme une grosse déconvenue pour l’opposition en quête de l’alternance en 2010. Le CAR et l’UFC qui voient ainsi leur projet tomber à l’eau regardent désespérément leur protagoniste de toujours et n’espèrent plus continuer avec lui dans le sens du cadre permanent de dialogue et de concertation.

Qu’adviendrait-il si réellement l’opposition bloque les travaux au CPDC ?
Agni

 

 
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