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Le samedi
dernier, une rencontre dite « séminaire de formation politique » a
réuni les militantes et militants, membres du RPT (Rassemblement du Peuple
Togolais) de Faure Gnassingbé à Lomé. Ce séminaire, selon la version
officielle donnée par les organisateurs, aurait pour objectif « …d’une
part de donner aux responsables et cadres politiques les moyens
intellectuels leur permettant à la fois de renforcer l’image du parti et de
s’impliquer davantage dans la vie politique nationale et d’autre part, de
faire face aux enjeux des prochaines échéances électorales, notamment celles
de 2010 ». Voilà ce qui est dit de cette rencontre. Sauf un naïf,
sinon, pour quelqu’un qui connaît le RPT, c’est bien là encore un signe que
le malaise existe et la plaie est si profonde qu’il faille la cicatriser le
plus tôt que possible.
La rencontre
comme on pouvait s’y attendre est une façon de tâter le pouls du parti pour
savoir s’il repond toujours au défit de leur, surtout après les événements
du 12 au 13 avril 2009 qui sont venus alourdir la liste des dissensions
déjà existantes. En parlant de cadres du parti, n’est-ce pas une forme
d’intimidation, lorsqu’on sait très bien que toute l’administration
appartient aujourd’hui au RPT et que, au risque de perdre leur boulot,
la majorité des cadres de l’administration sera obligée d’être là et de se
soumettre au bon vouloir du parti ? Il n’est un secret pour personne que
celui qu’on accuse aujourd’hui d’atteinte à la sûreté de l’Etat a beaucoup
donné pour ce parti. De ce fait il se raconte qu’il draine derrière lui de
nombreux militants et militantes et non des moindres. Ce séminaire improvisé
hâtivement ne serait qu’une série de stratégies des responsables du parti
pour museler toutes les voix qui tenteront de s’élever contre la situation
dans laquelle se trouve le Député Kpatcha Gnassingbé, membre du bureau
politique et qu’ils trouvent anormale. Lorsqu’on écrivait dans l’une de nos
parutions que l’ombre de Kpatcha Gnassingbé plane toujours sur le RPT,
certains n’ont pas voulu le croire. Mais la course dans laquelle s’est
lancée le parti en ce moment, en organisant des meetings de
sensibilisations dans les différentes préfectures du pays et des séminaires
improvisés, prouve bien les difficultés auxquelles sont confrontés Faure et
son parti dans cette affaire Kpatcha Gnassingbé. Mais jusqu’où pensent-ils
aller lorsqu’on sait que beaucoup de militants et militantes qu’on retrouve
dans ces meetings et séminaires ont un penchant pour celui qu’on accuse
aujourd’hui de vouloir déstabiliser les institutions de l’Etat ? L’on aurait
pu éviter tout ceci si ceux-là qui se disent membres du bureau politique et
sages du parti s’étaient levés plus tôt pour jouer leur rôle, empêchant
qu’on en arrive là. Les gens ont préféré au contraire tirer sur les
ficelles parce qu’ils en tirent profit de la situation. Et la famille
Gnassingbé, elle aussi, s’est laissée aller par une manipulation qui ne
profite qu’aux seuls instigateurs.
Au jour
d’aujourd’hui, les meetings de sensibilisation et les séminaires ne peuvent
plus cacher ce froid glacial qui s’est bel et bien emparé du parti et c’est
un faux pas qui risque de causer préjudice au parti au cours des
échéances à venir. Mais comme nous sommes au Togo où la loi de la force
prime la force de la loi, le RPT n’hésitera pas encore une fois à faire
utiliser sa force habituelle pour atteindre son objectif. Celui de voler
la victoire du peuple. Sinon lorsqu’on est sûr de soi-même on ne s’agite
pas. Tout ce boucan qu’organise le Rassemblement du Peuple Togolais prouve
bien leur peur pour 2010. à
l’opposition togolaise de le savoir afin de se préparer en conséquence pour
éviter que la victoire ne lui soit volée pour une nième fois.
Agni
Faut-il
supprimer le 13 janvier et le 27 avril ?
Le
27 avril dernier, fête de l’indépendance nationale, les Togolais ont célébré
leurs divisions. D’un côté, l’UFC, premier parti d’opposition, l’a fêté à sa
manière…à la plage, après discours sans tête ni queue de son leader
national, Gilchrist Olympio, après avoir invité les militants et
sympathisants à en découdre avec les argousins du ministre de la sécurité et
de la protection civile. Lequel ministre n’a pas du tout eu un soupçon
d’intelligence de protéger la marche pacifique sans signification aucune de
l’UFC.
En
rappel, Gilchrist Olympio et ses compagnons ont fini le meeting de la plage
par un pique-nique. Pique-nique : drôle manière de symboliser le dur combat
des pères de l’indépendance ! Passons.
De
l’autre, l’Etat, représenté actuellement par le pouvoir en place, seul
habilité légalement, constitutionnellement,- c’est même un pouvoir régalien-
à organiser les festivités du 27 avril, a célébré de la manière la plus
banale l’indépendance. Indépendance : défilé militaire suivi d’une
procession civile folklorique, puis repas de gala. Comme à l’UFC, au sommet
du pouvoir, on ne s’est pas fait violence pour secouer le cocotier. Tant que
les habitudes ne dérangent personne, il vaut mieux se complaire dans la
routine, comme s’il y a quelque plaisir ou jouissance d’ordre spirituel ou
physique à faire un défilé militaire et civil. En quoi les Togolais se
reconnaissent-ils à cette folklorisation de l’indépendance nationale telle
que le défilé militaire et civil auquel on a assisté lundi 27 avril dernier
en face de la Nouvelle Présidence ?
confidentiel :
Le
Guide libyen, Muhamar Khadafi exige la libération de Kpatcha Gnassingbé
Depuis le 12
avril 2009, date de l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé par des
éléments de la FIR, il ne se passe un jour où cette affaire de tentative
d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne fasse ressortir de nouveaux compléments
dans l’actualité.
De
sources dignes de foi, des pressions viendraient du Guide libyen, Muhamar
Khadafi qui exigerait la libération sans condition de Kpatcha Gnassingbé. Le
père de l’Union Africaine aurait envisagé de se rendre à Lomé pour
rencontrer les deux frères Gnassingbé. Mais il exige d’abord que le
prisonnier soit libéré.
Nombre d’observateurs savent le rôle qu’a joué le Guide libyen dans cette
guéguerre entre les deux frères ennemis. Les multiples voyages de Faure
Gnassingbé en Libye depuis sa prise de pouvoir en sont les preuves.
Certaines indiscrétions n’hésitent pas à dire que Faure s’est trouvé un
nouveau Papa. Le Président Khadafi voudrait mettre toute son expérience en
œuvre pour résoudre cette affaire qui ne finit pas. Les mêmes sources
indiquent que Khadafi était appuyé par le Doyen Président gabonais, Omar
Bongo Ondimba qui voudrait lui aussi venir à Lomé pour la même cause. Mais
il est préoccupé ces derniers temps par ses problèmes de santé.
De
l’autre côté, on parle de l’exigence de Kpatcha à vouloir rencontrer son
frère Faure en tête-à-tête avant toute déclaration. D’aucuns parlent déjà
d’une arête dans la gorge du Président de la République puisqu’il lui serait
difficile de libérer son demi-frère après avoir confié l’affaire à la
justice qui suit son cours. Faure va-t-il vouloir rencontrer Kpatcha comme
le demande celui-ci ? Pourrait-il se plier aux exigences de son parrain
Khadafi ? Les jours à venir s’annoncent très houleux dans ce dossier de
tentative de coup d’Etat. En tout cas, aucun Togolais ne voudra pas être à
la place de Faure Gnassingbé en ce moment.
La
Rédaction |