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Interview
exclusive de Eloi Koussawo, Coordinateur Général
du Mouvement Patriotique du 5 Octobre ( MO5 ).
Parue dans le journal CARREFOUR n° 335 du 24
octobre 2002.
« Il
faut tout faire pour barrer la route à la mafia
qui a pris en otage notre pays. »
Question :
Monsieur Eloi KOUSSAWO, nous sommes à la veille
de la tenue des élections législatives au Togo.
Quel est votre message à l’adresse des Togolais ?
Monsieur
Eloi KOUSSAWO : ce
qui se déroule sous nos yeux au Togo, n’a rien
de réjouissant. Nous sommes en présence d’une
poignée d’individus véreux qui ont décidé de
faire sombrer notre pays dans un chaos. Depuis que
Le général-président est au pouvoir, si sa
clique mafieuse et lui n’ont pu rien faire
pendant 40 années pour améliorer le sort des
Togolais, ce n’est pas maintenant qu’ils vont
le faire. Nous sommes en présence de personnes
vils, cupides et lâches qui ont décidé
d’organiser des élections sans enjeux (où le
parti au pouvoir est acteur et arbitre) pour pérenniser
la violation des droits de l’homme, le vol, la
corruption, les trafics de tout genre, la débauche…Depuis
quarante (40 ) ans qu’ils sont au pouvoir, il
est temps qu’ils rendent des comptes au peuple
togolais plutôt que de lui demander un
renouvellement forcé de contrat à vie. Tous les
Togolais doivent prendre leur courage à deux
mains pour s’opposer à ces élections bidon où
on voit chaque soir dans le pays des guignols qui
n’inspirent aucune confiance aux Togolais, venir
faire leur numéro ! tous ensemble renvoyons
– les du pouvoir avant qu’il ne soit trop tard !
Ce n’est qu’une question de courage et de détermination.
Question :
Tout comme le Premier Ministre, le Ministre de
l’Intérieur a mis en garde tous ceux qui sont
tentés de perturber ces élections dites anticipées…
Monsieur
Eloi KOUSSAWO :
Laissez-moi rire malgré la gravité de la
situation. Nous sommes en présence de criminels
et de voleurs demandant à leurs victimes de les
laisser opérer ! Ce que je demande à
Monsieur SAMA, c’est qu’il rende compte
d’abord de la gestion qu’il a faite de la
SOTOCO et dans quel état il a laissé cette société
poumon de notre économie qui faisait vivre nos
braves paysans. Les Togolais veulent savoir
comment il a géré le Ministère de l’Education
nationale dont il a eu la charge alors que les épreuves
des examens étaient dans la rue. Ailleurs c’est
suffisant pour qu’il soit enterré politiquement ;
mais au Togo d’Eyadema tout est possible. Est-ce
pour ces résultats-là qu’il veut être
candidat unique dans sa circonscription électorale ?
Chuan !
Quant
au général-ministre, nous voulons savoir ce
qu’il a apporté au processus de démocratisation
de notre pays. Rien de positif ! Croit-il
qu’il y a un mérite à poursuivre dans les rues
de Lomé des militants de l’opposition et les
vendeurs de journaux ? certainement qu’il
gagnera d’autres galons en organisant des élections
truquées d’avance. Quel mérite un Général a
à servir des causes aussi basses et
viles ?
Question :
Vous avez lancé une campagne de lettres aux présidents
Chirac et WADE ainsi qu’au Secrétaire Général
de l’ONU, quel but pensez-vous atteindre à
travers cette campagne ?
Monsieur
Eloi KOUSSAWO :
Notre objectif est simple : rappeler au
souvenir de ces personnalités qu’une promesse
a été faite aux Togolais ainsi qu’à la
communauté internationale par Monsieur EYADEMA à
savoir respecter la constitution en quittant le
pouvoir en 2003. Nous ne cherchons qu’ à faire
comprendre à ces personnalités que cette
promesse dont Monsieur le Président de la République
Française est caution solidaire doit être tenue.
Je demande à tous les Togolais et surtout aux
jeunes d’écrire massivement à ces personnalités.
Je crois que les leaders de l’opposition ont
fait de même en saisissant eux les facilitateurs
ainsi que les présidents français et allemand.
Question :
Le Togo n’est pas sortie de l’ornière. Le
Togo est de nouveau mis à l’index dans
l’affaire des violations des droits de l’homme
par l’ONU. Que dites-vous à propos de cette
affaire grave qui fixe le pouvoir au banc de la
communauté internationale ?
Monsieur
Eloi KOUSSAWO : Le
Général-président et sa clique n’ont rien
compris à l’évolution du monde. Des cadavres dérivants
sur une côte entre le Togo et le Bénin ne se
rangent pas facilement au placard de l’histoire ;
et quand l’ONU s’en mêle, vous pouvez être sûr
que tôt ou tard vous serez jugés. Je crois que
l’affaire rebondit au bon moment suite aux révélations
graves et sérieuses faites par le Premier
Ministre Agbéyomé KODJO qui constitue une pièce
importante dans cette affaire. Depuis que le fils
du chef de l’Etat l’a menacé de mort, il y a
lieu de croire qu’il existe au Togo des
personnes qui peuvent tuer impunément. Il
appartient à l’ONU de les rechercher. Ce que le
MO5 demande c’est que l’on ne s’arrête pas
seulement à la période de 1998. Il y va de la mémoire
des citoyens froidement abattus.
Je
rappelle que le nom du dictateur Eyadèma
Gnassingbé est cité dans plusieurs affaires de
corruptions aggravées
comme affaire ELF, les trafics d’armes et
autres. C’est vraiment honteux de voir encore
cet homme à la tête
de notre pays.
Question :
Votre dernier mot
Monsieur
Eloi KOUSSAWO : Je
tiens à dire à mes compatriotes,Togolais, que ce
n’est pas au moment où le pouvoir est rejeté
par l’ensemble de la communauté internationale
que nous allons voter pour les bouffons qui se présentent
comme candidats. Nous avons longtemps cru que Dieu
à lui tout seul peut nous sauver. C’est vrai,
Dieu a fait l’essentiel. Mais toutes les Eglises
nous rappellent que si nous ne nous aidons pas, le
ciel ne nous aidera pas. Alors il nous appartient
de tout faire pour barrer la route à Eyadéma et
à sa clique. Alors tous ensemble contre cette
mascarade du 27 octobre 2002.
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