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LIBÉRER LE TOGO:
L'ULTIME COMBAT
Chers compatriotes,
En ce début d'année, le
Mouvement Patriotique du 5 Octobre (MO5) adresse à chacun d'entre vous ses
souhaits les meilleurs et formule le vœu, capital, que l'an 2003 corresponde à
la fin du règne de la dictature sur la terre de nos aïeux! En vérité, plus
qu'un vœu pieux, c'est un serment que nous faisons aux populations appauvries
du Togo, eu égard au spectacle de honte, d'impunité et d'apathie que nous
donne la classe politique togolaise, depuis le 30 décembre 2002, date de la
modification de notre Constitution par un Parlement illégitime à la solde du Général
Eyadéma.
Cet acte, apparemment insensé, a
semblé surprendre nos politiciens. Mais pour nous au MO5, cette démarche n'a
rien de surprenant. Elle obéit en fait à la ligne de conduite générale adoptée
par un seul homme qui, dans son délire de possession, s'est autoproclamé
"sauveur" d'une nation qu'il s'imagine avoir créé de toutes pièces.
Elle est aussi l'aboutissement de toutes les manœuvres de tromperie auxquelles,
depuis la Conférence Nationale jusqu'à l'Accord Cadre de Lomé, Eyadéma et
ses hommes de main nous ont habituées. Aujourd'hui, la coupe est pleine, aucune
discussion n'est plus possible avec un régime aux abois, un président
dinosaure qui rêve secrètement de perpétuer au sommet de l'État, une
dynastie familiale, à la manière de Duvalier père autrefois à Haïti. Mais
le Togo n'est pas Haïti, encore moins une monarchie, ou une entreprise
familiale!
La modification de la
Constitution est une véritable provocation, une déclaration de guerre à tout
un peuple jusque-là pacifique. Elle met tous les partis de l'opposition
togolaise devant le fait accompli et pose, comme disait Amilcar Cabral, les
vraies questions qui sont celles d'une libération nationale: la question de la
stratégie et surtout celle des moyens, humains et matériels. Est-il besoin de
le rappeler? Le Togo n'est pas une démocratie, alors trêve des discours qui
font semblant de donner l'impression que nous sommes un pays légaliste. Il n'y
aura pas de changement au Togo, si désormais chacun ne prend pas ses
responsabilités, les vraies, celles qui amèneront à renverser les rapports
de force, de façon à obliger la communauté internationale (avec en tête
la France hypocrite, perfide Albion s'il en fût!) à se repositionner sur le
drame togolais.
Le MO5 quant à lui prend dès
aujourd'hui ses responsabilités. Il invite l'opposition togolaise, qui n'a pas
démérité malgré l'immensité de la lutte, à ne pas se disqualifier
totalement en tombant dans le jeu que la France veut lui faire jouer en
l'incitant à aller aux élections sur des bases électorales complètement viciées.
Elle invite la France, sans se faire d'illusion, à condamner ouvertement le
tripatouillage des lois suprêmes de la Nation togolaise et inciter le Général
Eyadéma à respecter ses engagements.
L'heure est venue de passer aux
actes. Le MO5, en collaboration avec tous ceux qui partagent notre analyse de la
situation, s'y engage résolument. À partir d'aujourd'hui, il s'agit de fédérer
nos colères, car la voie est ouverte à la radicalisation de la lutte contre la
dictature d'Eyadéma.
Que Dieu bénisse le Togo!
Bruxelles, le 12 janvier 2003,
Éloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5
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